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Centre Universitaire Larbi Ben M’Hidi -------Institut des Sciences Exactes ------- Département d’Informatique ------- 2008/2009

CHAPITRE 02 : LA COUCHE PHYSIQUE

1 Définitions :
1.1 Couche physique :
La couche physique fournit les moyens mécaniques, électriques, fonctionnels et procéduraux
nécessaires à l'activation, au maintien et à la désactivation des connexions physiques destinées à la
transmission de bits entre deux entités de liaison de données.
On aborde dans ce chapitre l’étude des interfaces de connexion : interface analogique V24 et
numérique X21. L’étude des supports de communication, des modems, des multiplexeurs et des
concentrateurs.
On s'occupe donc de la transmission des bits de façon brute, l'important est que l'on soit sûr que si
l'émetteur envoie un bit à 1 alors le récepteur reçoit un bit à 1. Les normes et standards de la couche
physique définissent le type de signaux émis (modulation, puissance, portée...), la nature et les
caractéristiques des supports (câble, fibre optique...), les sens de transmission...
1.2 Sens de transmission :
Tout d'abord une liaison entre 2 équipements A et B peut être simplex (unidirectionnelle), dans ce cas A
est toujours l'émetteur et B le récepteur. C'est ce que l'on trouve par exemple entre un banc de mesure
et un ordinateur recueillant les données mesurées. La communication est half-duplex (bidirectionnelle à
l'alternat) quand le rôle de A et B peut changer, la communication change de sens à tour de rôle
(comme avec des talkies-walkies). Elle est full-duplex (bidirectionnelle simultanée) quand A et B
peuvent émettre et recevoir en même temps (comme dans le cas du téléphone).

1.3 Transmission parallèle et transmission série :


La transmission de plusieurs bits peut s'effectuer en série ou en parallèle.
La transmission parallèle c’est la transmission simultanée des bits d’un même caractère. Ce type de
transmission pose des problèmes de synchronisation et reste cantonnée à des courtes distances, du

style Bus d’un ordinateur ou câble d’une imprimante. Le câble est le plus souvent plat.

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En série, les bits sont envoyés les uns derrière les autres de manière synchrone ou asynchrone. Ce type
de transmission est utilisé sur tous les ordinateurs du marché. Chacun possède un port, dit port série,
appelé sur les PCs : COM1 .. COM4 .
1.4 Synchronisation de la transmission :
Signaux Isochrones (égaux) : Il existe un écart fixe entre deux signaux successifs. Exemples: Son : le
réseau téléphonique utilise des échantillons de 8 bits isochrones selon une base de temps de 125
microsecondes. Image : la vidéo utilise généralement des images de format donné espacées de 40
millisecondes. Z L'intervalle constant doit être reproduit fidèlement chez le récepteur sous peine de
perte de qualité de la restitution.
Signaux anisochrones : (Antonyme du précédent) Il n'y a pas d'intervalle fixe entre les signaux. Il peut
néanmoins être très important de restituer l'espacement variable de l'émission lors de la délivrance au
récepteur (contraintes temps réel).
Signaux synchrones (ensembles) : Des signaux synchrones sont à la même cadence (sont rythmés par
la même horloge).
Signaux asynchrones : Antonyme du précédent, des signaux asynchrones n'apparaissent pas selon un
rythme constant défini par une horloge mais apparaissent aléatoirement :
Les caractères sont transmis de façon irrégulière (clavier, …).
L’intervalle entre 2 caractères est aléatoire.
Le début du message peut arriver { n’importe quel moment.
Donc, les avantages de la transmission asynchrone : Simple à mettre en œuvre, Peu coûteuse, Débit
limité.
Signaux plésiochrones (voisins) : Des signaux plésiochrones sont rythmés par des horloges dont les
fréquences sont peu différentes (plésio = voisin).
Signaux Mésochrones (moyens) : Les écarts entre signaux ne sont pas constants mais la moyenne des
intervalles est fixe (le débit est constant). Permet de restituer des signaux isochrones par utilisation de
mémoire tampon (par exemple en ATM).
Transmission synchrone : On transmet une horloge sur un canal spécial de l'émetteur au destinataire
de sorte que ces deux sites peuvent utiliser exactement la même base de temps => génération et
échantillonnage selon le même rythme. Il faut une bonne qualité d'acheminement de l'horloge =>
Solution assez coûteuse en bande passante nécessitant un canal spécial pour l'horloge.

Transmission asynchrone : (Start-Stop) pas d'horloge commune. Chacun de l’émetteur et du récepteur,


utilise sa propre horloge. L'asynchronisme se place sur l'instant de commencement d'une suite binaire.
On ne transmet que des suites binaires courtes isochrones (en fait des octets ou caractères). On table
sur une dérive relative entre l'horloge d'émission et l'horloge de réception qui permet de ne pas perdre
la synchronisation bit.

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Adapté à des débits faibles. Donc, il n'y a pas de négociation préalable mais chaque caractère envoyé
est précédé d'un bit start, suivi de données et immédiatement suivi d'un bit stop égal à 1, 1.5 ou 2
intervalles. Ces deux bits spéciaux servent à caler l'horloge du récepteur pour qu'il échantillonne le
signal qu'il reçoit afin d'y décoder les bits qu'il transmet. Il faut distinguer le zéro d’une tension nulle.
Un bit 0 n’est pas le rien du tout. L’interface V24 utilise des tensions +- 12Volts.

1.5 Valence :
Quel que soit le mode de transmission retenu, l'émission est toujours cadencée par une horloge dont la
vitesse donne le débit de la ligne en bauds, c'est-à-dire le nombre de tops d'horloge en une seconde.
Chaque top d’horloge définit un intervalle élémentaire ∆t durant lequel un symbole peut être émis.
Ainsi, une ligne d'un débit de 100 bauds autorise 100 émissions par seconde. Si à chaque intervalle
élémentaire ∆t un signal représentant « 0 » ou « 1 » est émis, alors dans ce cas le débit en bit/s est
équivalent au débit en baud. Cependant, on peut imaginer que le signal émis puisse prendre 4 valeurs
distinctes (0, 1, 2, 3) dans ce cas le signal a une valence de 4 et le débit en bit/s est double de celui en
baud.

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La valence V est le nombre d'états physiques significatifs que peut prendre le signal.
D'une manière générale, si le signal peut prendre 2n valeurs distinctes on dit alors que sa valence est de
2n, ainsi à chaque intervalle significatif ∆t, n bits peuvent être transmis simultanément et si le débit de la
ligne est de x bauds il est en fait de n.x bit/s.
1.6 Caractéristiques du support physique :
Les supports de transmission, quels qu’ils soient, ne sont malheureusement pas parfaits. Ils ont une
bande passante limitée, supportent divers bruits et ont de ce fait une capacité à transmettre les
signaux limitée. Les signaux, transmis sur des lignes de communication, tant en numérique (digital)
qu’en modulé (analogique) sont soumis à des phénomènes divers qui les altèrent. Ces phénomènes
sont liés pour partie aux caractéristiques et à la qualité des divers médias employés.

1.6.1 BANDE PASSANTE ET PHENOMENE DE FILTRAGE:


Le mathématicien français Jean Fourier à démontré que chaque fonction périodique g(t), un signal par
exemple, ayant une période T, peut être décomposée en une suite infinie de fonctions périodiques
sinusoïdales appelées composantes harmoniques, de la même manière, on peut reconstituer la fonction
g(t) à partir des harmoniques d’autant plus fidèlement que le nombre d’harmoniques tend vers l’infini.

 
1 1
g (t )  c   a n sin( 2nft )  b n cos(2nft ) ou f 
2 n 1 n 1 T
Donc, f est la fréquence fondamentale du signal considéré, an et bn représentent respectivement les
amplitudes des composantes harmoniques de rang n. Cette décomposition s’appelle la série de Fourier.
T T T
2 2 2
an   g (t ) sin( 2nft )dt bn   g (t ) cos(2nft )dt c   g (t )dt
T 0 T 0 T 0
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Exemple : Considérant le signal suivant :

Donc :

Signal carré de la séquence de bits 1010.

03
premières harmoniques et signal reconstitué la
séquence de bits 1010.

On remarque que plus la fréquence augmente plus l'amplitude diminue.


D’autre part, chaque support de transmission est caractérisé par une bande passante, ce qui lui permet
de faire passer les signaux dont la fréquence est comprise entre une fréquence minimale ω 1 et une
fréquence maximale ω2 , donc la largeur de la bande passante B = ω2 -ω1 est mesurée en hertz. Par
conséquent, on considère le support comme un filtre qui ne laisse passer qu’un nombre fini
d’harmoniques, ce qui entraîne une déformation du signal émis et il faut adapter le signal à cette bande
passante.
La bande passante d’un support est la gamme de fréquences qu’il laisse passer avec une atténuation
faible et uniforme. En fait on s’intéresse surtout { la largeur de cette bande (fréquence maximale,
fréquence minimale). Un abus de langage confond souvent bande passante et largeur de bande.
La ligne téléphonique fonctionne dans la plage 300Hz et 3400 Hz.Sa largeur de bande=3100 Hz.

ω1 ω2
1.6.2 PHENOMENE D’ATTENUATION :
Provoque une réduction (affaiblissement) de l’amplitude du signal émis, cela est dû { la perte de
l’énergie. Il est proportionnel avec la longueur du support, à la fréquence et inversement avec
l’impédance. Il est mesuré en dB (décibel) et égal à A = 10Log10 (Niveau du signal en sortie/Niveau du
Aout
signal en entrée) = 10Log10 , il est généralement donné en dB/Km ou dB/m
Ain

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Ou bien en pourcentage par la formule :

Ce problème est réglé sur de courtes distances par les répéteurs ou amplificateurs et l’utilisation du
support dans la plage de fréquence où l’affaiblissement est constant.

1.6.3 BRUIT ET PARASITES :


Les parasites (souvent appelé bruit) sont l'ensemble des perturbations modifiant localement la forme
du signal. On distingue généralement trois types de bruit:
Le bruit blanc (Gaussien) qui est une perturbation uniforme du signal dû à l’agitation thermique. Il
rajoute au signal une petite amplitude dont la moyenne sur le signal est nulle. Le bruit blanc est
généralement caractérisé par un ratio appelé rapport signal/bruit, qui traduit le pourcentage
d'amplitude du signal par rapport au bruit (son unité est le décibel). Celui-ci doit être le plus élevé
possible.
Les bruits impulsifs sont de petits pics d'intensité provoquant des erreurs de transmission. Mesuré en
S
dB par la formule : 10Log10 qui est le rapport entre S l’énergie significative du signal émis et B
B
l’énergie des bruits et parasites, donc un rapport de 100 entre S et B donne 20 dB et un rapport de 1000
donne 30 dB.
La diaphonie est un phénomène dû au couplage inductif des paires proches, qui limite l’utilisation de la
paire torsadée à des distances relativement faibles. La paradiaphonie ou NEXT (Near End CrossTalk
loss) indique l’atténuation du signal transmis sur une paire, en fonction du signal transmis sur une paire
voisine.

1.6.4 PHENOMENE DE DEPHASAGE


Les harmonies n’arrivent pas au même instant au destinataire, elles sont décalées proportionnellement
à la fréquence, ce qui entraîne une déformation du signal à la réception. Ce problème de déphasage est
partiellement réglé par les égaliseurs (equalizers) et l’utilisation d’une plage de fréquence où le
déphasage est constant.

1.6.5 VITESSE DE PROPAGATION


La vitesse de propagation ou coefficient de vélocité est une caractéristique importante d’un support de
communication. Sur une voie de transmission les signaux se propagent à des vitesses différentes selon
les caractéristiques des matériaux traversés. Les fabricants indiquent la vitesse de propagation en

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pourcentage de la vitesse de la lumière dans le vide soit 300 000 km/s. La vitesse de propagation varie
couramment de 60 % à 85 %.
1.7 Capacité d’une voie de transmission
Le temps de propagation Tp (Latence) est le temps nécessaire à un signal pour parcourir un support
d’un point { un autre, ce temps dépend donc de la nature du support, de la distance et également de la
fréquence du signal.

Le temps d’émission (transmission) Te est le délai qui s’écoule entre le début et la fin de la transmission
d’un message sur une ligne, ce temps est donc égal au rapport entre la longueur du message et le débit
de la ligne.

Temps de transfert Tt (délai d’acheminement ou temps de traversée) est la durée qui sépare le début
de l’émission de la fin de la réception :
T transfert = T émission + T propagation.
Taux d’erreur: Probabilité de perte ou d’altération d’une information (1 bit). On peut la mesurer en
calculant pendant un temps significatif le rapport du nombre de bits erronés sur le nombre de bits émis.
Selon les résultats de Nyquist, Gabor et Shannon :
La rapidité de modulation R est calculée en Bauds et signifie le nombre d’intervalles élémentaires dans

une unité de temps (seconde) qu’on peut exploiter pour envoyer un symbole.

La quantité d’information Q contenue dans un intervalle élémentaire Q=Log2 V. Mesurée en bits. La


valence V = 2q.
Le débit binaire maximum C en bit/seconde : C=R Log2 V. Pour un signal à support de largeur de bande
B il ne sert à rien d'échantillonner plus de R = 2B fois par unité de temps d’où C=2B Log2 V. C’est le débit
théorique maximale qu’on peut atteindre appelé aussi débit nominal. Pour améliorer le débit il faut
pouvoir augmenter V le nombre de niveaux. Il faut remarquer aussi que cette formule est pour un canal
sans bruit. (Nyquist).

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En considérant le bruit. La capacité de transmission maximale (débit binaire) est donnée par (Shannon-
Hartley) :
S
C  BLog 2 (1  ) en bit/s. Où S et N sont respectivement les puissances moyennes du signal émis et
N
du bruit. (Théorie de l’information : Claude. E. Shannon 1948).
S
Exemple : avec une ligne téléphonique de 3100 Hz et un rapport signal/bruit de 20 dB, = 100, sa
N
capacité C=3100*Log21001≈3100*6.6 ≈20600 bit/s.

Donc : 2B log2 V = B log2 (1 + S/N), d’où le nombre de niveaux (valence) :


Le débit mesure la quantité d’information que le réseau peut transmettre par unité de temps
(seconde).

Le débit effectif ou utile est la quantité d’information effectivement transmise par unité de temps.
Le taux d’utilisation d’une voie physique est le rapport entre débit utile et débit nominal.

Round-Trip Time RTT est le temps de propagation aller-retour (entre deux points A et B).
La latence est le temps de propagation d’un point A vers un point B.
1.8 Transmission numérique et transmission analogique :
Il convient de bien distinguer l’information de la transmission. L’information est représentative de faits,
de données. Ces données peuvent être d’origine analogique ou numérique. Elles sont numériques
lorsqu’elles sont représentées par une suite binaire (discrète). Une information analogique est sous
forme continue mais peut être numérisée. Les systèmes informatiques ne peuvent traiter que des
informations numériques, ceux analogiques doivent être numérisés d’abord.
Un signal est dit numérique lorsque son amplitude ne prend que des valeurs discrètes par intervalle. Il
est dit analogique lorsque son amplitude varie de manière continue dans le temps.

Une transmission numérique (dite en bande de base) est utilisée uniquement sur des supports ne
nécessitant pas de transposition de fréquence. Un signal de plusieurs niveaux discrets est utilisé :
Utilisée sur des supports à grande bande passante

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Ou des distances limitées (de l’ordre de quelques km)


Le modem est réduit { un simple codeur (“modem en bande de base” ou codec), le modem est peu coûteux.
La transmission analogique (dite par transposition de fréquence) utilise un signal continue est
caractérisée par :
Bonne protection contre le bruit
Possibilité de multiplexage fréquentiel
Optimisation de l’utilisation du support
Généralement ces modems sont plus coûteux et moins flexibles
Nous pouvons constater les différentes combinaisons nature de l’information/type de transmission :
Transmission analogique d’informations analogiques : émission de la parole sur le réseau téléphonique
classique, du son sur les ondes radio, d’images de télévision sur le réseau de télédiffusion terrestre,...
Transmission analogique d’informations numériques : transmission de données informatiques sur des lignes
téléphoniques, par satellite,...
Transmission numérique d’informations numériques : transmission de données informatiques en bande de
base sur fibres optiques,...
Transmission numérique d’informations analogiques : transmission de la parole, du son ou d’images en bande
de base, sur réseau téléphonique numérique...
Le processus de numérisation se décompose en trois étapes :
L’échantillonnage : passage d’un espace de temps continu { un espace de temps discret,
La quantification : passage d’un espace de valeurs continu { un espace de valeurs discret,
Le codage : chaque niveau quantifié de valeurs est codé sur un nombre déterminé de bits.
La technique de base la plus connue pour la numérisation de la parole en téléphonie numérique est le
MIC (Modulation par Impulsion et Codage) à 256 niveaux de quantification, ou en anglais PCM (Pulse
Coding Modulation).

2 Les supports de transmission :


Nous décrivons succinctement quelques uns des supports de transmission les plus usités.
La paire téléphonique : bande passante < 1 MHz. Débit : quelques Mbps si < 1 Km, quelques Kbps au
dessus. Taux d’erreur : 10-5 (bit erroné / bit envoyé). Très fort affaiblissement.
2.1 La paire torsadée:
C’est un câble téléphonique constitué à l'origine de deux fils de cuivre isolés et enroulés l'un sur l'autre
(d'où le nom). Actuellement on utilise plutôt des câbles constitués de 2 ou 4 paires torsadées. Elle est
très répandue, de connexion facile et d'un faible coût mais elle possède une faible immunité aux bruits.
Pour améliorer les performances on utilise la paire torsadée blindée plus résistante aux perturbations
électromagnétiques et qui autorise un débit pouvant aller jusqu'à 16 Mbits/s. D'une manière générale
les performances (et les coûts) de ce support dépendent de la qualité des matériaux employés et des
détails de réalisation.
On recommande actuellement d'utiliser de la 4 paires non blindées UTP (Unshielded Twisted Pair) de
catégorie 5 avec une impédance de 100 ohm (la catégorie 3 est inférieure en qualité, et l'impédance 120
ohm est une particularité française) FTP ou STP Foiled Twisted Pair (blindé); FTP = feuille métallique en
Aluminium, STP = tresse métallique. Utilisée en ligne de téléphone classique leur débit est au maximum
de 56 Kbit/s avec les modems les plus récents, mais les progrès de cette technologie autorisent, sur de
courtes distances, des débits de l'ordre de 10 Mbit/s voire 100 Mbit/s. On la rencontre très souvent
comme support des réseaux 10 Base T, chaque extrémité d'un tel câble étant muni d'une prise RJ45.

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Son intérêt principal est que cette même paire torsadée peut servir au réseau téléphonique, au réseau
informatique et vidéo d'une même entreprise et de plus elle pourra être utilisée ultérieurement pour
évoluer vers des réseaux 100 Base T et même «Gigabits».

Il y a 6 catégories de câbles UTP illustré dans le tableau suivant (les catégories 7 et 8 sont déjà à l'étude
auprès de l'ISO-IEC):
Catégori Débit Spécifications
e théorique
maximum
CAT 1 1 Mbps Utilisé seulement pour du câble téléphonique. Les paires ne sont pas torsadées.
CAT 2 4 Mbps Supporte un trafic réseau et téléphonique. Utilisé dans les réseaux Token-Ring
jusqu'à une vitesse maximale théorique de 4 Mbps
CAT 3 10 Mbps Utilise 4 paires de câbles. Compatible sur les réseaux informatiques Token-Ring et
Ethernet jusqu'{ 10 Mbps. Jusqu'{ 100 mètres de différences entre 2 nœuds.
CAT 4 16 Mbps Utilise 4 paires de câbles. Compatible avec les réseaux Token-Ring jusqu'à
16Mbps. 200 mètres maximum entre 2 nœuds.
CAT 5 100 Mbps Utilise 4 paires de câbles. Celles ci sont plus torsadées que les CAT3 et 4 ce qui
réduit les interférences et agrandit la distance maximale entre 2 nœuds. Utilisé
dans des réseaux jusqu'à 100 Mbps (Ethernet, Fast-Ethernet, Token-Ring).
CAT 5e 1000 Autorise le gigabit-ethernet à 1000Mbps sur du CAT5.
Mbps
CAT 6 1000 Similaire à la CAT5 sauf qu'il y a en plus une séparation physique entre les 4 paires
Mbps afin de réduire les interférences électromagnétiques. Cela permet de supporter le
gigabit-Ethernet à 1000Mbps.

2.2 Le câble coaxial :


Est un câble utilisé également en téléphonie et en télévision, il est constitué d'un cœur qui est un fil de
cuivre. Ce cœur est dans une gaine isolante elle-même entourée par une tresse métallique (de cuivre),
le tout est recouvert d'une gaine isolante. Certains coaxiaux «large bande» peuvent atteindre un débit
maximal de 150 bits/s mais son immunité { l’encombrement est nettement supérieure à celui de la paire
torsadée et ses performances n'atteignant pas celle de la fibre optique il a tendance à disparaître des
nouveaux plans de câblage. On le rencontre dans sa version 10 Base2 (ou Ethernet fin 10 Mbit/s sur 200
m maximum) ou 10 Base 5 (ou Ethernet épais 10 Mbit/s sur 500 m maximum) pour la réalisation de
réseaux locaux à topologie en bus. Les connexions de chaque poste sur le bus se font à l'aide de
connecteur en T et la connexion du câble sur le poste se fait à l'aide de connecteur AUI pour l'Ethernet

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épais et BNC pour l'Ethernet fin. Il est actuellement beaucoup utilisé pour relier entre eux deux
éléments actifs (hub, routeur,...)
Deux types de câbles coaxiaux dans les réseaux locaux:
- transmission en bande de base (50 ohms)
- transmission analogique (75 ohms).
2.3 La fibre optique:
Est un support d'apparition plus récente mais son utilisation prend de l'ampleur de jour en jour car elle
permet des débits de plusieurs Gbit/s sur de très longues distances. Elle est particulièrement adaptée à
l'interconnexion de réseaux par exemple entre plusieurs bâtiments d'un même site. En plus de ses
capacités de transmission, ses grands avantages sont son immunité aux interférences
électromagnétiques et sa plus grande difficulté d'écoute, contrairement aux supports électriques, ce
qui la rend également attrayante dans les contextes où la confidentialité est requise. D'un point de vue
technique une fibre optique est constituée d'un cœur et d'une gaine en silice de quelques recouvert
d'un isolant. À une extrémité une diode
électroluminescente (LED) ou une diode laser émet un
signal lumineux et à l'autre une photodiode ou un
phototransistor est capable de reconnaître ce signal.

Âme : Support physique transportant le signal optique.


Gaine optique : Fine couche qui entoure l'âme retenant les ondes et provoquant la réfraction.
Revêtement : Couche protégeant l'âme et la gaine optique. Elle absorbe les chocs et évite les pliures
excessives du câble.
Armature : Fibres protégeant l'âme et la gaine contre les pliures excessives.
Gaine du câble : Partie visible du câble.
Les différents rayons lumineux issus de la source sont guidés par le fil de verre en suivant un principe de
réflexion interne qui se produit au niveau de la frontière entre le cœur et la gaine. Si la réflexion ne
laisse subsister qu'un seul rayon, car le diamètre du fil est très réduit, alors on parle de fibre monomode
sinon, lorsqu'il existe plusieurs rayons simultanément on parle de fibre multimode. Enfin, la bande
passante d'une fibre optique étant très large (plusieurs MHz) il est aisé de faire du multiplexage
fréquentiel pour faire transiter simultanément plusieurs communications.
2.4 Les liaisons sans fil :
Sont possibles grâce à des liaisons infrarouges, laser ou hertziennes sur de courtes distances et grâce
aux faisceaux hertziens pour les liaisons satellitaires. Les débits sont très élevés mais les transmissions
sont sensibles aux perturbations et les possibilités d'écoute sont nombreuses. Elle présente aussi de
nombreux avantages par rapport au réseau filaire :
On a une simplification de l’installation du matériel qu’il soit définitif ou temporaire
Les postes peuvent être mobiles
La topologie du réseau est flexible.
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Onde électromagnétique Fréquence Longeur d'onde Application

Rayons X >3000 THz <100 nm Imagerie médicale - Radiographie

Rayons UV 750 à 3000 THz 400 nm à 100 nm Banc solaire

Lumière visible 385 THz à 750 THz 780 à 400 nm Vision humaine, photosynthèse

Infrarouges 0,3 THz à 385 THz 1 mm à 780 nm Chauffage

Fréquences extrêmement hautes (EHF) 30 GHz à 300 GHz 0.01 m à 1 mm Radars, communication par satellite

Fréquences superhautes (SHF) 3 à 30 GHz 0.1 m à 0.01 m Radars, alarmes anti-intrusion

Télévision, radars, téléphones mobiles, fours à micro-ondes,


Fréquences ultrahautes (UHF) 0.3 à 3 GHz 1 à 0.1 m
hyperthermie médicale, Wi-Fi

Très hautes fréquences (VHF) 30 à 300 MHz 10 à 1 m Télévision, radio FM

Hautes fréquences (HF) 3 à 30 MHz 100 à 10 m Soudage, collage

Fréquences moyennes (MF) 0.3 à 3 MHz 1 km à 100 m Radiodiffusion MO-PO, diathermie médicale

Basses fréquences (LF) 30 à 300 KHz 10 à 1 km Radiodiffusion GO, fours à induction

Très basses fréquences (VLF) 3 à 30 kHz 100 Km à 10 km Radio-communications

Transmission de données vocales, métallurgie, chauffage par


Fréquences audio (VF) 0.3 à 3 kHz 1000 Km à 100 km
induction

Extrêmement basses fréquences (EBF- 3 Hz à 300 Hz 100 000 à 1000 km


Transport et distribution de l'électricité, électroménager
ELF) 50 Hz 6000 Km

Champ magnétique terrestre 0 Hz (continu) infinie Boussole

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2.4.1 LIAISONS RADIOS


Les ondes radio sont faciles à générer, se propagent à longues distances et pénètrent facilement les
immeubles. Ces ondes sont omnidirectionnelles (propagation vers toutes les directions), l’alignement
de l’émetteur et du récepteur n’est pas exigé. Pour les basses fréquences, elles traversent facilement
les obstacles mais la puissance chute avec la distance. A hautes fréquences, elles tendent à voyager en
ligne droite en rebondissant les obstacles. Elles sont aussi absorbées par la pluie. En général, quelque
soit la fréquence, l’interférence avec des systèmes travaillant sur la même plage ou bien des
équipements électriques est un problème en commun.
En VLF, LF, MF les ondes suivent la courbature de la terre. En HF et VHF elles sont absorbées par la
terre, mais celles qui atteignent l’ionosphère (100 à 500 Km) sont réfractées.

2.4.2 LIAISONS MICROWAVES (1GHZ A 100GHZ)


Au del{ de 100 MHz, les ondes voyagent en lignes droites. L’alignement entre l’émetteur et le récepteur
est donc nécessaire. Alors la courbure de la terre demeure un obstacle et pour de longues distances,
des répéteurs sont nécessaires. Contrairement aux ondes radio, les micro-ondes à basse fréquence, ont
du mal à traverser les obstacles. Elles sont largement utilisées en communications téléphoniques
longues distance et la téléphonie mobile. Actuellement, les technologies WPAN IEEE 802.15-1
Bluetooth, IEEE 802.15-3 WiMedia ainsi que IEEE 802.15-4 ZigBee, WLAN IEEE 802.11 (2.4 GHz et 5GHz) et
WMAN IEEE 802.16, IEEE 802.20 et IEEE 802.22 sont en plein essor.

2.4.3 L’INFRAROUGE :
Bien que le débit soit intéressant (jusqu’{ 16 Mbits/s). L’infrarouge a un défaut majeur, pour que la
connexion se passe dans de bonnes conditions, il faut que le récepteur et l’émetteur soient proches
l’un de l’autre (moins d’un mètre) et il ne faut pas qu’il y ait d’obstacles entre les deux. L’infrarouge
nécessite une visibilité directe ce qui limite grandement son utilisation. Il ne peut donc pas être utilisé
pour une connexion entre ordinateurs.
Il existe des claviers et des souris infrarouges qui permettent de s’affranchir des fils contraignants. On
trouve aussi des capteurs infrarouges sur les portables mais ils sont très peu utilisés. Par contre, les
mobiles et surtout les agendas électroniques (Palm,…) sont de plus en plus intéressés par les liaisons
infrarouges. Les télécommandes des équipements d’électroménager fonctionnent en infrarouge.

2.4.3 LES LIAISONS SATELLITES :


Différents types de satellites existent. Ils peuvent être classés selon l’altitude de leurs orbites :
GEO (Geostationary Earth Orbit) : Un observateur le voit immobile par rapport à lui. A une altitude de
36 000 km au-dessus de l’Équateur, la période de rotation est de 24 heures. Elle est égale à celle de la
terre. MEO (Medium-Earth Orbit), LEO (Low-Earth Orbit).

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Les bandes de fréquences de 3,7 à 4, 2 GHz et 5,925 à 6,425 GHz sont attribuées aux satellites de
transmission de données. Les bandes 12/14 et 20/30 GHz sont attribuées aux télécommunications. Un
satellite utilise généralement une bande de fréquences de l’ordre de 500 MHz qui est partagée entre
une douzaine de répéteurs, chacun d’eux n’utilisant qu’une sous-bande de 36 MHz.

Un satellite peut être considéré comme un relais d’ondes { très hautes fréquences (en fait plusieurs
répéteurs). Répéteur :
Écoute une fraction de la bande passante de fréquences des signaux reçus par le satellite,
Détecte et amplifie les signaux qu’il reconnaît
Réémet dans une autre bande de fréquences.
Ceci évite toute interférence entre les divers canaux de transmission concernés.
Un satellite utilise généralement une bande de fréquences de l’ordre de 500 MHz qui est partagée
entre une douzaine de répéteurs, chacun d’eux n’utilisant qu’une sous bande de 36 MHz. Les satellites
permettent de réduire le nombre de points hertziens grâce à leur grande couverture. Ils sont utilisés en
télécommunication pour les liaisons intercontinentales et nationales pour les applications nécessitant la
couverture de grandes zones géographiques telles que le GPS, la télévision par satellite, la téléphonie
mobile etc. Les fréquences utilisées se situent entre 4 et 15 GHz.
Les caractéristiques de ces 3 types de satellites sont résumées dans le tableau suivant :

GEOs MEOs LEOs

Altitude 36000 km 13000 km De 640 à 1600km

Applications Diffusion radio et TV, VSAT Téléphonie mobile, transmission Téléphonie mobile, transmission
de données à faible débit de données

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Débit binaire Jusqu'à 155 Mbit/s De 9.6 à 38.4kbits/s De 2,4 à 155 Mbits/s

Durée de vie 10 à 15 ans 8 à 10 ans 8 à 10 ans

Temps de transit 0.25 à 0.5s 0.1s 50ms

3 Techniques de codage, modulation et multiplexage :


3.1 Les codages en bande de base :
Le signal binaire n’est généralement pas transmis directement sur la ligne et différents codages
numériques sont utilisés pour différentes raisons :
La récupération de l’horloge nécessaire en transmission synchrone est facilitée par des séquences qui
présentent des changements d’états fréquents et évitent ainsi les longues suites de 1 ou de 0.
Le spectre d’un signal binaire est concentré sur les fréquences basses qui sont les plus affaiblies sur la ligne.
Les perturbations subies par un signal sont proportionnelles à la largeur de sa bande de fréquence.
La transmission est dite en bande de base (numérique) si elle ne subit aucune transposition de
fréquence par modulation. Les fréquences initiales du signal émis sont donc préservées. La
transmission en bande de base ne peut donc par essence être utilisée que sur support cuivre (ou fibre
optique).
Les signaux bande de base sont sujets { une atténuation dont l’importance dépend du support
employé et doivent donc être régénérés périodiquement sur une longue distance.
3.2 Les codages de base :
Les principales qualités d’un code sont :
Largeur de sa plage de fréquences : la plus étroite possible.
Répartition fréquentielle de la puissance : peu de puissance aux faibles fréquences, aucune à la fréquence
nulle
Codage de l’horloge : fréquence minimale des transitions
Résistance au bruit : Espacement des niveaux.
Complexité du codage : coût et vitesse de codage.
Dépendance à la polarité : facilité d’installation. (inversion des fils !)
Équilibrage des symboles : mesure approximative de l’influence du codage sur des bits successifs
Pour la plupart des codes décrits, nous prendrons la même suite binaire afin de permettre la
comparaison :
10000101111

3.2.1 CODAGE RZ (RETURN TO ZERO):


C’est le plus simple de codages, 1 est représenté par une tension non nulle et 0 par une tension nulle.

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3.2.2 CODAGE NRZ (NON RETURN TO ZERO) :


Utilisation : souvent entre l’ordinateur et ses périphériques, comme la jonction V24.
Principe : très proche du codage binaire de base, il code un 1 par +V, un 0 par –V

Le codage NRZ améliore légèrement le codage binaire de base en augmentant la différence


d’amplitude du signal entre les 0 et les 1. Toutefois les longues séries de bits identiques (0 ou 1)
provoquent un signal sans transition pendant une longue période de temps, ce qui peut engendrer une
perte de synchronisation.
Le débit maximum théorique est le double de la fréquence utilisée pour le signal : on transmet deux bits
pour un hertz. Le spectre de fréquence est proche du zéro et même les filtres passe bas transmettent
mal au voisinage de zéro.

3.2.3 CODAGE NRZI (NON RETURN TO ZERO INVERTED):


Utilisation : Fast Ethernet (100BaseFX), FDDI
Principe : on produit une transition (changement de niveau) du signal pour chaque 1 (inverser le signal
précédent), pas de transition pour les 0 (garder le signal précédent). On commence par +V. c’est un
codage différentiel (relatif).

Avec le codage NRZI, on voit que la transmission de longues séries de 0 provoque un signal sans
transition sur une longue période. Le débit binaire est le double de la fréquence maximale du signal : on
transmet deux bits pour un hertz. Le spectre de fréquence est toujours proche du zéro.

3.2.4 CODAGE MANCHESTER (BIPHASE):


Utilisation : Ethernet 10Base5, 10Base2, 10BaseT, 10BaseFL
Principe : Le signal présente toujours une transition au milieu de l'intervalle, dans le codage
Manchester, l’idée de base est de provoquer une transition du signal pour chaque bit transmis. Un 1 est
représenté par le passage de +V à -V transition vers le bas (front descendant), un 0 est représenté par le
passage de -V à +V transition vers le haut (front montant).

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Si di représente la série de données et qi représente la série des états du signal, alors :


 1 
1 2
d i q  v q  v

i i
1 2
d i  0  q  v
i
q i
 v

La synchronisation des échanges entre émetteur et récepteur est toujours assurée, même lors de
l’envoi de longues séries de 0 ou de 1. Par ailleurs, un bit 0 ou 1 étant caractérisé par une transition du
signal et non par un état comme dans les autres codages, il est très peu sensible aux erreurs de
transmission. La présence de parasites peut endommager le signal et le rendre incompréhensible par le
récepteur, mais ne peut pas transformer accidentellement un 0 en 1 ou inversement.
Toutefois, le codage Manchester présente un inconvénient : il nécessite un débit sur le canal de
transmission deux fois plus élevé que le codage binaire. Pour 10 Mbit/s transmis, on a besoin d’une
fréquence { 10 Mhz. Ceci le rend difficilement utilisable pour des débits plus élevés. L’utilisation de ce
codage pour une transmission à 1 Gbit/s nécessiterait une fréquence maximale du signal de 1 Ghz, ce qui
est incompatible avec les possibilités des câblages actuels ainsi qu’avec les normes sur les
compatibilités électromagnétiques. Plus la fréquence du signal est élevée, plus les phénomènes de
paradiaphonie pouvant perturber les installations avoisinantes du câble sont sensibles. Les normes ISO
11801 et EN 50173 fixent entre autres les règles de compatibilité électromagnétiques (EMC : Electro
Magnetic Compatibility). Son spectre est symétrique à large bande, ce qui convient bien aux supports
passe bas à bande large

3.2.5 CODAGE MANCHESTER DIFFERENTIEL (BIPHASE DIFFERENTIEL) :


Utilisation : Token Ring
Principe : Le signal présente toujours une transition au milieu de l'intervalle qui sert pour la
resynchronisation d'horloge.
Codage du 0: garder la transition précédente.
Codage du 1: inverse de la transition précédente.
C’est la présence ou l’absence de transition au début de l’intervalle du signal d’horloge qui réalise le
codage. Un 1 est codé par l’absence de transition, un 0 est codé par une transition au début du cycle
d’horloge.

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A noter la présence de deux symboles particuliers : J et K. Ils sont codés par +V et –V sur toute la durée
d’un cycle d’horloge. Ils ont pour but de marquer le début et la fin d’une trame.
Le codage présente le même inconvénient que le codage Manchester : nécessite une fréquence égale à
celle du débit utile. Il présente par contre un avantage : ce sont les transitions du signal et non pas ses
états qui représentent les bits transmis, il est donc insensible aux inversions de fils dans le câblage.

3.2.6 CODAGE DELAY MODE (DE MILLER) :


Le codage Delay Mode, aussi appelé code de Miller, est proche du codage de Manchester. Le code de
Miller est obtenu en gardant une transition sur deux du code Biphasé. Code 0 : Pas de transition. Code 1
: Transition en milieu d’intervalle. Quand un 0 est suivi d’un autre 0, on force une transition en début du
deuxième intervalle.

Horloge
+ V Signal binaire
0 1 0 0 1 1 0 0 1 0 0
0V
+V
Manchester
-V
+V
Manchester
différentiel
-V
+V
Miller
-V

3.2.7 CODAGE MLT3 :


Utilisation : Fast Ethernet (100BaseTX, 100BaseT4), ATM,
Principe : Dans ce codage (pseudo ternaire), seuls les 1 font changer le signal d’état. Les 0 sont codés
en conservant la valeur précédemment transmise. Les 1 sont codés successivement sur trois états : +V
puis 0 puis –V puis 0 …etc.

Le principal avantage du codage MLT3 est de diminuer fortement la fréquence nécessaire pour un débit
donné grâce { l’utilisation de 3 états. Pour 100Mbps de débit, une fréquence maximale du signal de
25Mhz seulement est atteinte. Les longues séquences de 0 peuvent entraîner une perte ou un
déphasage de l’horloge du récepteur.

3.2.8 CODAGE BIPOLAIRE OU AMI (ALTERNATE MARK INVERSION) :


Utilisation : Lignes DS1/T1
Principe : Les 0 sont représentés par des potentiels nuls, les 1 par +V et –V en alternance.

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Ici encore, il peut y avoir de longues séquences sans potentiel et donc perte de synchronisation.

3.2.9 CODAGE 2B1Q :


Utilisation : RNIS/ISDN, HDSL
Principe : Le code 2B1Q fait correspondre à un groupe de deux éléments un créneau de tension dit
symbole quaternaire pouvant endosser quatre valeurs différentes suivant la table ci-dessous :

Table de codage2B1Q

Les données sont donc transmises à deux fois la fréquence du signal.

3.2.10 CODAGE NB/MB :


Utilisation : 4B/5B : Fast Ethernet ; 8B/10B : Gigabit Ethernet, FDDI.
Principe : Il s’agit d’un codage par bloc. On utilise une table de transcodage pour coder un groupe de n
bits usagers en m bits, avec n < m. Ce codage ne définit pas la mise en ligne des bits. On utilise
généralement pour cela un codage de type NRZI ou MLT3.
La suite binaire 1 0 0 0 0 1 0 1 1 1 1 précédemment utilisée va être découpée en groupes de 4 bits. La
table de transcodage ci-dessous permet de transformer chaque groupe de 4 bits en groupe de 5 bits.
La suite à transmettre ne comporte pas plus de deux 0 consécutifs, ce qui la rend plus facile à
transmettre une fois codée en NRZI ou MLT3. Ce type de codage apporte la garantie de ne pas avoir à
transmettre plus de deux 0 successifs. Les caractères spéciaux, hors données utiles, peuvent trouver
leur place dans la table de transcodage sans nécessiter un état spécial du signal comme dans les
codages Manchester. Le codage 4B5B augmente la fréquence du signal. Par exemple 125Mhz pour
100Mbps. Associé à un codage de type NRZI, on obtient dans le cas du Fast Ethernet (100BaseFX) une
fréquence de 62.5Mhz. Avec un codage MLT3, la fréquence du signal tombe à 31.25Mhz pour le Fast
Ethernet 100BaseTX.
Par ailleurs ce type de codage laisse un nombre important de mots de 5 bits inutilisés. Même en
éliminant les groupes pouvant poser des problèmes de transmission comme 00000 par exemple, il

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reste des mots pouvant être utilisés pour le contrôle de la transmission ou d’autres fonctions comme
début ou fin de paquet par exemple.

Table de transcodage 4B5B

3.2.11. CODAGES HDB3 ET B8ZS :


Le code de base est AMI. On remplace des suites binaires de taille fixe (4, 8) sans transitions.
B8 ZS "Bipolar with eight zero substitution" : Si 8 bits consécutifs sont à 0 on les remplace. On génère
ainsi une violation.
Si la dernière excursion était positive (+) on remplace par la chaîne 000+-0-+.
Si la dernière excursion était négative (-) on remplace par la chaîne 000-+0+- .
Exemple: RNIS américain.
HDB3 "High Density Bipolar - three zero" : Si 4 bits consécutifs sont à 0 on les remplace selon une règle
qui dépend de la polarité de la dernière excursion et également du nombre d'excursions. Exemple:
RNIS européen.
Polarité précédente: Nombre d'excursions
depuis la dernière
violation.
Impair Pair
- 000 - +00+
+ 000+ - 00-

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Un autre exemple HDB3 :

La figure suivante présente la densité spectrale des différents schémas de codage. Une comparaison
des différentes techniques de codage, puissance par unité de bande passante en fonction de la
fréquence normalisée.

Les codages utilisés en bande de base ont pour caractéristiques communes :


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Simplicité d’implémentation.
Nécessité d’un certain niveau de qualité dans le câblage.
Distance courte entre émetteur et récepteur

Seuls les codages jouant sur plus de deux états (MLT3) ne peuvent être implémentés sur fibre optique,
car le traitement optique du signal n’autorise que deux états.

4 Les modulations de base


Différentes raisons rendent impossible la transmission en bande de base à des vitesses élevées et sur
de grandes distances :
Pas de propagation pour les fréquences en dehors de la bande passante du support ;
Pertes et affaiblissements sur la ligne ;
Impossibilités de différencier plusieurs communications sur un même support ;
Bruit, diaphonie…
Pour les transmissions longues distances utilisant comme support le réseau téléphonique commuté
(RTC) dont la bande passante est comprise entre 300 Hz et 3400 Hz, les débits sont limités à environ 20
kbit/s.
Toutes ces raisons imposent la transformation des données numériques à transmettre en un signal
analogique modulant (rendre avec des inflexions variées, changements variés) une onde porteuse,
signal adapté au support de transmission. Les opérations de modulation en émission et de
démodulation en réception sont réalisées par l’ETCD couramment appelé modem (modulateur-
démodulateur).
Le principe général est :
Signal de base S(t), Porteuse sinusoïdale P(t)=A0 sin (ω0t+φ0).
Pour la modulation d'onde porteuse on transforme S(t) en X(t) = f(S(t)) en introduisant l'information du
signal dans l'une des composantes: Amplitude A, Fréquence ω ou/et Phase φ.
4.1. Modulation par saut de fréquence ou FSK (Frequency Shift Keying)
Les niveaux logiques sont représentés par la variation de la fréquence de la porteuse.
X(t) = f(S(t)) = A0 sin (ω0s(t)t+φ0)
Exemple de base: Utilisation de deux fréquences
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0  A0 sin (ω1t+φ0)
1  Ao sin (ω2t+φ0)

Par exemple : La modulation FSK est utilisée pour des transmissions à faible débit sur le réseau
téléphonique commuté.
4.2. Modulation par saut de phase ou PSK (Phase Shift Keying)
La modulation de phase associe à un code binaire une valeur de la phase de la porteuse.
X(t) = f(S(t)) = A0 sin (ω0t+s(t)φ0)
Exemple de base: Utilisation de deux phases
0  A0 sin (ω0t+φ1)
1  A0 sin (ω0t+φ2)
La vitesse peut être facilement augmentée en utilisant un code binaire sur 2, 3 bits ou plus sans
augmentation de la fréquence de la porteuse. Le déphasage peut être considéré par rapport à une
référence, mais généralement, on le considère par rapport au dernier symbole émis (différentiel) ce qui
est pratiquement plus simple. Par exemple :
0  A0 sin (ω0t) un déphasage de 0° pour coder le « 0 ».
1  A0 sin (ω0t+П) un déphasage de 180° pour coder un « 1 ».

La modulation PSK permet ainsi d’obtenir des vitesses de transmission plus élevées que la modulation
FSK avec les mêmes limitations en bande passante du support de transmission. De plus, dans ce type de
modulation, le saut de phase peut ne pas avoir une valeur constante et dépendre de l’état de phase
précédent. Il s’agit alors d’une modulation différentielle (DPSK – Differential Phase Shift Keying).
4.3. Modulation d'amplitude ou ASK (Amplitude Shift Keying)
La modulation d’amplitude s’applique en faisant varier l’amplitude du signal en fonction des bits {
coder. Par exemple :
X(t) = f(S(t)) = A(S(t)) sin (ω0t+φ0)
Exemple de base: Deux amplitudes
0 A1 sin (ω0t+φ0)
1 A2 sin (ω0t+φ0)

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A noter que la modulation d’amplitude est la seule utilisable sur fibre optique, car les équipements
utilisés actuellement ne sont pas en mesure d’appliquer une autre modulation sur les ondes
lumineuses. Dans ce cas, la modulation s’effectue par tout ou rien. Par contre, elle est peu employée
sur d’autres supports, car elle provoque une détérioration du rapport signal sur bruit.
4.4. Modulation QAM
La modulation QAM (Quadrature Amplitude Modulation) ou modulation d’amplitude en quadrature de
phase est une technique qui emploie une combinaison de modulation de phase et d’amplitude. Elle est
largement employée par les modems pour leur permettre d’offrir des débits binaires élevés.
Prenons par exemple un signal modulé QAM avec 3 bits transmis par baud. Une telle modulation
requiert donc 23 soit 8 combinaisons binaires différentes. Dans notre exemple, nous prendrons 2
amplitudes combinées avec 4 décalages de phase différents. La table de correspondance pourra être
du type :

Exemple de codage de la suite binaire 1 0 0 0 0 1 0 1 1 1 1 0 à partir de la table ci-dessus :

Les combinaisons possibles en modulations QAM sont souvent représentées par une constellation de
points représentant chacun un groupe de bits.

Exemple de constellation QAM8 (3 bits par baud)


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Dans une constellation QAM, l’éloignement du point par rapport { l’origine indique l’amplitude, son
angle indique le décalage de phase. Chacun des canaux définis par le multiplexage DMT en ADSL est
modulé en QAM sur 15 bits au maximum. 32768 combinaisons d’amplitudes et de décalages de phase
sont donc nécessaires.
Il existe également une variante de la modulation QAM, la modulation codée en treillis TCM (Trellis
Coded Modulation). Ce type de modulation est utilisé pour les modems rapides (V32, V34, V90).
Remarque : On peut combiner les diverses modulations (par exemple, une modulation d’amplitude sur
4 niveaux + une modulation de phase sur 2 niveaux). Cette technique est appelée modulation combinée
ou hybride.
4.5 Les techniques de multiplexage
Pour l’optimisation de la transmission, on utilise deux types de matériel : les multiplexeurs et les
concentrateurs. L’objectif est de regrouper les informations en provenance de voies basse vitesse (voies
BV) sur un unique circuit à plus fort débit appelé la voie haute vitesse (voie HV), ou encore circuit
composite.
Deux techniques de multiplexage existent :
Partage du circuit composite (par une méthode statique invariable dans le temps) en plusieurs canaux
acheminant chacun les données d’une voie BV.
multiplexeur fréquentiel et multiplexeur temporel (par caractère ou par bit).
Allocation dynamique du circuit composite à une voie BV uniquement lorsque celle-ci transmet réellement.
multiplexeur statistique (ou dynamique) et concentrateur.

4.5.1 MULTIPLEXAGE FDM


FDM (Frequency Division Multiplexing) est une technique de multiplexage par répartition de fréquence
(MRF). Elle est utilisée pour accroître les débits sur paires torsadées et plus particulièrement des lignes
téléphoniques.
Le multiplexage fréquentiel consiste à partager la bande de fréquence disponible en un certain nombre
de canaux ou sous-bandes plus étroits et à affecter en permanence chacun de ces canaux à un
utilisateur ou à un usage exclusif.
L’organisation du groupe primaire ou groupe de base utilisé en téléphonie est basée sur un
multiplexage fréquentiel. Ce dernier consiste à regrouper 12 voix téléphoniques de 4 kHz chacune (3
kHz utilisables plus 2 espaces inter-bandes de 500 Hz) ce qui donne une largeur de bande de 48 kHz
répartie entre 60 et 108 kHz.

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Multiplexages fréquentiel.

Un autre exemple, la télévision par câble analogique (câble coaxial : largeur de bande passante 400
MHz, on attribue 10 MHz par canal TV).
On trouve également un bon exemple de l’utilisation de FDM avec ADSL (Asynchronous Digital
Subscriber Line). ADSL est né de l’observation qu’une ligne téléphonique possède une bande passante
d’environ 1 Mhz dans laquelle seule, une largeur de bande de 4 Khz est utilisée pour les communications
téléphoniques. Il reste donc une bande passante importante disponible pour un autre usage. C’est un
multiplexage en fréquence qui va permettre son utilisation :

Multiplexage des fréquences en ADSL

Une bande de 4 kHz est réservée pour la téléphonie classique (POTS : Plain Old Telephone Service)
Une bande est réservée pour le flux de données usager vers réseau. (Upstream Data : Voie montante).
Une bande est réservée pour le flux de données réseau vers usager. (Dowstream Data : Voie
descendante)
L’ensemble de la bande passante s’étend sur 1,1 MHz.
Le canal dédié au téléphone est séparé des canaux dédiés aux données par un filtre passe-bas (Splitter)
passif. Le filtre envoie également l’intégralité du signal au modem ADSL (ATU-R : ADSL transceiver unit-
remote). Celui-ci est doté d’un filtre passe-haut qui élimine le canal dédié au téléphone. Le signal est
ensuite traité par la technologie DMT pour être transmis { l’équipement informatique via une liaison de
type Ethernet 10BaseT ou ATM25.

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4.5.2 MULTIPLEXAGE TDM


Le multiplexage TDM (Time Division Multiplexing) ou MRT (Multiplexage à répartition dans le temps)
consiste à affecter à un utilisateur unique la totalité de la bande passante pendant un court instant et à
tour de rôle pour chaque utilisateur. Le multiplexage TDM permet de regrouper plusieurs canaux de
communications à bas débits sur un seul canal à débit plus élevé. Son inconvénient est si une VBV est
muette durant son slot, aucune autre voie ne peut l’exploiter.

Schéma de principe d’un multiplexage à répartition dans le temps

On retrouve ce type d’utilisation sur les canaux T1 aux Etats-Unis qui regroupent par multiplexage
temporel 24 voies à 64 kbit/s en une voie à 1,544 Mbit/s ou sur les canaux E1 en Europe qui regroupent
30 voies analogiques en une voie à 2,048 Mbit/s.
Les canaux T1 ou E1 peuvent être multiplexés entre eux pour former des canaux à plus hauts débits, etc.
Cette hiérarchie des débits est appelée hiérarchie numérique plésiochrone ou PDH (Plesiochronous
Digital Hierarchy).

Multiplexage temporel dans la hiérarchie PDH en Europe

Cette technique présente toutefois un inconvénient dans le cas de PDH. L’accès ou l’insertion d’une
information dans un canal E4 oblige { démultiplexer l’ensemble du train numérique.

De même les technologies SONET (Synchronous Optical NETwork) et SDH (Synchronous Digital
Hierarchy) utilisées comme techniques de transport dans les réseaux téléphoniques des grands
opérateurs pratiquent un multiplexage temporel pour assembler plusieurs lignes en une seule ligne de
débit supérieur.
Le multiplexage TDM peut être utilisé indifféremment sur paire torsadée ou fibre optique, il est
indépendant du média de transmission.

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4.5.3 MULTIPLEXAGE STATISTIQUE


C’est une optimisation du multiplexage temporel. Utilise un codage spécial type Huffman en vue
d’améliorer la transmission, notamment prise en charge des voies muettes. Les slots sont
dynamiquement alloués aux terminaux actifs. Par conséquent, on peut avoir plus de terminaux
connectés que de slots temporels.
Un multiplexeur statistique est intelligent mais nécessite plus d’espace mémoire. Si les slot sont tous
occupés, la quantité de donnée excédante sera mémorisée, mais il faut veiller à ce que cet espace de
stockage ne soit pas entièrement exploité, faute de quoi les données peuvent être perdues.

4.5.4 MULTIPLEXAGE WDM/DWDM


A l’inverse de la technologie TDM qui n’utilise qu’une seule longueur d’onde par fibre optique, la
technologie WDM (Wavelength Division Multiplexing) met en œuvre un multiplexage de longueurs
d’onde. L’idée est d’injecter simultanément dans une fibre optique plusieurs trains de signaux
numériques sur des longueurs d’ondes distinctes.
La fibre optique se prête bien { ce type d’usage car sa bande passante est très élevée : de l’ordre de 25
000 GHz. Elle présente donc un fort potentiel au multiplexage de très nombreux canaux sur de longues
distances.
La norme ITU-T G692 définit la plage de longueurs d’ondes dans la fenêtre de transmission de 1530 {
1565 nm. L’espacement normalisé entre deux longueurs d’ondes est de 1,6 ou 0,8 nm. La fibre optique
utilisée est de type monomode. La technologie WDM est dite DWDM (Dense Wavelength Division
Multiplexing) lorsque l’espacement utilisé est égal ou inférieur { 0,8 nm ou lorsque plus de 16 canaux
sont utilisés.

5. Les jonctions, interfaces ou connectiques


5.1. Les jonctions
ETTD : Equipement Terminal de Traitement de Données ou DTE (Data Terminal Equipment). Il assure le
traitement des données transmises et reçues (ordinateur, terminal, écran, clavier, …)
ETCD : Equipement Terminal du Circuit de Données ou DCE (Data Communication Equipement). Il
assure la gestion des communications et la bonne émission et réception des signaux. Il permet de
transformer les bits en signaux (ex : modem)
Une jonction est l’interface entre ces deux types d’équipements.

Nous pouvons distinguer entre deux types de jonctions, ceux qui sont destinées aux réseaux
analogiques, comme par exemple la jonction V24 et V28 (ou RS232C) qui décrit l’interface du port série
d’un PC, permettent de communiquer avec un appareil externe, et la jonction X.21 destinée aux réseaux
numériques.

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5.1.1. JONCTION ANALOGIQUE RS 232 C


La norme V24 hélas n’a jamais décrit le connecteur physique et pendant de nombreuses années, les
connecteurs étaient non normalisés. Il fallait créer des câbles spécifiques pour connecter des appareils
de constructeurs variés. Depuis l’arrivée des micro-ordinateurs, une interface de type Canon ® DB25 ou
DB9 est devenue un standard. C’est celle que l’on voit { l’arrière de l’ordinateur. Cette sortie est
trapézoïdale. Elle permet des débits < 20kb/s. Vue de face de la sortie V24 / DB25 (iso 2110). Voici DB9
male et DB25 femelle ressemblent à :

L’avis V24 du CCITT définit les spécifications fonctionnelles de la jonction; V28 correspond aux
caractéristiques électriques des signaux de la jonction : (-3V) à (-25V) 1 logique, (+4V) à (+25V) 0 logique,
on prend -5,+5 v. Le RS232 (Recommended Standard-232) de l’EIA utilise une connexion série pour
communiquer. Sa première version a été reconnue par l'EIA en 1960. Plusieurs versions du RS232 ont
permis de faire évoluer cette norme. Le dernier en date qui est le RS232D date tout de même de 1987.
RS-232A = 9 broches. RS-232B = 25 broches. RS-232C = 25 broches = V24+V28+ ISO 2110. RS-232D = RJ45
La norme fonctionnelle V24 englobe trois étapes principales :
 Établissement / libération du circuit
 Initialisation
 Transmission
Les fonctions des circuits (broches) de DB25 :
Nom Origine Broche/V24 2ème TD ETTD 14 (118)

Blindage 1 (101) TC : Transmit Clock ETCD 15 (114)

TD :Transmitted Data ETTD 2 (103) 2ème RD ETCD 16 (119)

RD : Received Data ETCD 3 (104) RC : Receive Clock ETCD 17 (115)

RTS : Request to Send ETTD 4 (105) LL : Local Loopback ETTD 18 (141)

CTS : Clear to Send ETCD 5 (106) 2ème RTS ETTD 19 (120)

DSR : Data Set Ready ETCD 6 (107) DTR : Data Terminal Ready ETTD 20 (108.2)

SG : Signal Ground (Masse) 7 (102)


RM : Remote Loopback ETTD 21 (140)
DCD : Data Carrier Detect ETCD 8 (109)
RI : Ring Indicator ETCD 22 (125)
Réservé 9
DSRS : Data Signal Rate
Réservé 10 ETTD 23 (111)
Selector
Non attribué 11
TC : Transmit Clock ETTD 24 (113)

2ème DCD ETCD 12(122) TI : Test Indicator ETCD 25 (142)

2ème CTS ETCD 13(121)

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Établissement et libération du circuit :


125 (22): Indication d'appel (coté modem), (ex : sonnerie du téléphone) ETCD -> ETTD.
108/1 (20): Connexion sans condition
108/2 (20): Autorisation de connexion (du modem) ETTD->ETCD.
107 (06): Acquittement indiquant que le modem est relié à la ligne ETCD -> ETTD.
Initialisation :
105 (04): Demande pour émettre ETTD-> ETCD
106 (05): Prêt à émettre ETCD -> ETTD
109 (08): Détection de porteuse ETCD -> ETTD
Transmission :
103 (02): Données ETTD vers ETCD
104 (03): Données ETCD vers ETTD
113 (24): Horloge émission (terminal pilote)
114 (15): Horloge émission (modem pilote)
Les correspondances entre DB9 et DB25 sont illustrées dans le tableau suivant :
N° de broche DB9 N° broche DB25 Signal
3 2 TD
2 3 RD
7 4 RTS
8 5 CTS
6 6 DSR
5 7 SGround
1 8 DCD
4 20 DTR
9 22 RI

Les principaux circuits V24 :

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Diagramme de temps d’une connexion V24 (Transmission de A vers B).

ETTD A ETCD A LIGNE ETCD B ETTDB


108 108
107 107

105
Temp Début porteuse
Délai
s
T 109
106
Modulation
103 104
105 Fin porteuse
109
106

Etapes d’une communication utilisant une liaison V24 :

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Une connexion entre 02 ETTD utilisant la jonction V24 (Null Modem) peut se faire comme suit :

Ou bien :

Ou bien :

5.1.2 JONCTION NUMERIQUE X.21 :


La recommandation UIT-T X21 définit les caractéristiques fonctionnelles de la jonction entre un ETTD et
un ETCD pour la connexion d’équipements synchrones { un réseau de type numérique (RNIS, réseaux
locaux). L’interface X21 permet des débits plus imposants que l’interface V24 (couramment 64 kbit/s),
des temps d’établissement plus courts et utilise un nombre limité de circuits. L’adaptation des
équipements pourvus d’interfaces V24 aux réseaux numériques synchrones est par ailleurs définie par
les procédures de l’avis X21 bis.

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Les signaux d’horloge S et B fournis par l’ETCD permettent de synchroniser l’ETTD au niveau bit et au
niveau caractère ; une période d’horloge du signal B correspond { la durée de transmission d’un
caractère. Le contrôle de la liaison se fait { l’aide des signaux de commande C et I, et l’échange de
données sur T et R.
Une liaison X21 se fait selon le schéma suivant :

Etat 1 l’ETTD et ETCD sont prêts. En état de repos, R=C=T=I=1 (OFF)


Etat 2 : T et C passent { 0 signifiant une demande d’appel de la part de l’ETTD.
Etat 3 : l’ETCD envoie sur le circuit R une suite de caractères « + » précédés de deux ou plus caractères
de synchronisation (S) et positionne I { 1, ce qui signale une invitation { numéroter { l’ETTD.
Etat 4 : à la réception des caractères « + », l’ETTD entre en phase de numérotation et émet, après des
caractères de synchronisation, le numéro de l’appelé codé suivant l’alphabet n°5. La numérotation se
termine par l’envoi du caractère « + ».
Etat 5 : T passe { 1, l’ETTD est en attente.
Etat 6 : l’ETCD émet sur R des caractères de synchronisation, l’ETCD est en attente d’une réponse du
réseau.
Etat 7/10 : l’ETCD est en progression d’appel et envoie sur R des caractères codés donnant { l’ETTD des
informations sur cette progression (appelé occupé, congestion du réseau …). La fin de cette phase est
signifiée par l’envoi du caractère « + ».
Etat 11 : R passe { 1, signifiant connexion en cours. Le passage direct de l’état 5 { l’état 11 est possible si
la durée du temps de connexion est suffisamment faible.
Etat 12 : I passe { 0, l’ETCD signifie { l’ETTD que la connexion est établie et qu’il est prêt pour les
données.
Etat 13 : la transmission des données est effective.

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Les caractéristiques mécaniques, fonctionnelles et électriques sont résumées ci-dessous :


Voltages: +/- 0.3Vdc
Débit: Max. 100Kbps (X.26)
Max. 10Mbps (X.27)
Sub-D15 Male Sub-D15 Femelle

Pin Signal abbr. DTE DCE


1 Shield - -
2 Transmit (A) Out In
3 Control (A) Out In
4 Receive (A) In Out
5 Indication (A) In Out
6 Signal Timing (A) In Out
7 Unassigned
8 Ground - -
9 Transmit (B) Out In
10 Control (B) Out In
11 Receive (B) In Out
12 Indication (B) In Out
13 Signal Timing (B) In Out
14 Unassigned
15 Unassigned

Pour connecter 02 ETTDs directement, on suit le schéma suivant :


X.21 Cross Cable
X . 2 1 X . 2 1

1 1
2 4
3 5
4 2
5 3
6 7
7 6
8 8
9 1 1
1 0 1 2
1 1 9
1 2 1 0
1 3 1 4

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1 4 1 3
1 5

5.2 Les modems :


Les fonctions de MOdulation et de DEModulation entre le poste d'abonné et le Réseau Téléphonique
Commuté sont réalisées grâce à un appareil appelé MODEM, qui peut se présenter sous la forme d'une
simple carte PCMCIA enfichée dans l'ordinateur, d'une carte électronique interne ou d'un boîtier
distinct. Le modem assure également dans la plupart des cas une éventuelle compression, l'encryptage
et le contrôle contre les erreurs... ainsi, bien entendu, que la décompression, décryptage, ...
Les modems sont normalisés par des avis de l'UIT-T. La boucle locale d'abonné représente la partie de
la ligne qui va de l'abonné au central téléphonique. La modulation concerne donc cette boucle locale
d'abonné, voire tout le réseau si on reste en analogique ce qui est de moins en moins courant.

5.2.1 AVIS V23 :


Débit : 600/1200 bits/seconde, transmission : asynchrone.
Support utilisable : Réseau commuté (2 fils), lignes spécialisées (4 fils), Mode : Duplex à l'alternat
(ancien), Duplex intégral (voie retour 75b/s) : Modem du minitel, Modulation de fréquence :

Données 600 b/s 1200 b/s Voie retour


1 1700 Hz 2100 Hz 390 Hz
0 1300 Hz 1300 Hz 450 Hz

5.2.2 AVIS V29 :


Débit : 9600 bits/seconde, Transmission : synchrone, Support utilisable : ligne spécialisée 4 fils de
qualité supérieure, Modulation combinée d'amplitude et de phase, Rapidité de modulation 2400 bauds
. Valence 16, Chaque intervalle élémentaire correspond à un groupe de 4 bits, Porteuse à 1700 Hz, 4
amplitudes différentes A1,A2,A3,A4, 8 phases différentes.

5.2.3 AVIS V32 :


Débit : 2400, 4800,9600 bits/seconde, Transmission : synchrone, Support utilisable : 2 fils ou RTC, Mode
: duplex, Modulation d'amplitude de deux porteuses en quadrature. Débit 9600 b/s, Rapidité de
modulation 2400 bauds, Valence 32, Le débit réel 12 000 b/s est supérieur au débit utile permettant
l'utilisation d'un code auto-correcteur défini dans le modem.
Voici un tableau récapitulatif des normes des anciens modems :

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Syn : mode synchrone


Async : mode asynchrone
Am Q : modulation d'amplitude de porteuses
en quadrature
Ph : modulation de phase
Fr : modulation de fréquence
RTC : Réseau téléphonique commuté
LS 2/4 : liaison spécialisée 2 ou 4 fils.
Dup : mode bidirectionnel simultané

5.2.4 MODEM 56 KB/S :


Les modems traditionnels considèrent le RTC (Réseau Téléphonique Commuté) comme un réseau
entièrement analogique. Avec un bruit de quantification des codecs de l'ordre de 36dB le débit maximum
théorique est de l'ordre de 35 Kb/s. D'ou la norme V34 constituant une limite pour cette approche avec un
débit de: 33,600 Kb/s. Mais :
Le réseau téléphonique est souvent numérisé sur toute son étendue sauf le rattachement abonné.
Les serveurs d'accès peuvent être directement rattachés au réseau numérique via des interfaces T1 (Etats-
Unis) ou E1 (Europe). Donc la seule partie analogique est le rattachement usager sur lequel le rapport signal à
bruit peut-être beaucoup plus élevé.
Idée de solution : (Rockwell , US Robotics) : Le modem offre deux débits différents : 33 600 b/s sens
client vers serveur, 56000 b/s sens serveur vers client, le serveur envoie des configurations numériques
sur 8 bits vers le client. En fonction de la loi de quantification le codec génère des "symboles"
analogiques (des niveaux de voltage).
Rappel : deux lois de quantification existent A en Europe et M aux Etats-Unis. Le modem client

interprète les voltages pour reconstituer les octets transmis.


Pour que le débit 56 Kb/s fonctionne il faut que le RTC soit entièrement numérique MIC et selon la
même loi de quantification:
Pas de section analogique
Pas de conversion loi A loi m interne.
Pas de section avec codage non MIC
Lors de l'établissement de la communication les modems opposés doivent tester s'ils peuvent
effectivement fonctionner à 56 Kb/s sinon le fonctionnement de repli est celui du V34.
2.6 Les répéteurs :
Un répéteur est un dispositif capable de :
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Écouter une fraction de la bande passante de fréquences des signaux reçus d’un bout.
Détecte et amplifie les signaux qu’il reconnaît
Réémet sur l’autre bout dans la même ou dans une autre bande de fréquences.
Ils jouent souvent un rôle d’amplification.
2.7 Le concentrateur :
C’est un calculateur recevant un nombre non statique de lignes d'entrée et disposant d'une seule ligne
de sortie. Il extrait les informations utiles en provenance des sources et ne transmet donc pas "les
silences des stations". La somme des débits en entrée peut être supérieure au débit de sortie. Il
ressemble { un multiplexeur statistique mais il n’est pas transparent du fait qu’il doit analyser les
données reçues pour les acheminer aux destinataires. Les multiplexeurs sont totalement transparents.

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