Vous êtes sur la page 1sur 20

Les jeunes

une relève
déjà présente

André Brisebois
Vanessa Racine
Étienne Ranger
Marie-Claude Vachon
Partenariat avec
la Commission de
formation
de l’Est ontarien

Adaptation de la
Roue du main-d’œuvre
aux techniques
développement agricoles
Incubateur
d’entreprises
Gratuit • Automne 2007 • No10

Lauriers de la PME 2007


Et les finalistes sont...
La Maison familiale rurale en partenariat avec le CEPEO

Ton champ
d’intérêt

On va avoir un « fun» vert !


Si tu rêves de te mesurer à toi-même dans la Axé sur la théorie et la pratique, ce pro-
«vraie vie», le nouveau programme d’études gramme te permet d’aller chercher ton
de la Maison familiale rurale, en partenariat diplôme d’études secondaires en même
avec le Conseil des écoles publiques de l’Est temps qu'une spécialisation en agricul-
de l’Ontario (CEPEO) est fait pour toi! ture avec une sous-spécialisation
En alternance, tu vivras deux semaines de telle que :
cours, en classe, suivies de deux semaines • Agriculture alternative
de stages pratiques sur le terrain, à la ferme • Production laitière
et en plein air. • Commerce agricole
Pendant les deux semaines de cours, la nou- • Production céréalière
velle Maison familiale rurale t’accueille sous • Horticulture
son toit, pour y vivre en groupe avec d’autres
élèves. Pendant les deux semaines de stage,
tu peux habiter chez le maître de stages. Fais ton choix maintenant
et sois parmi les premiers à t’inscrire pour la
première session de septembre prochain!
Tu vas voir: on va avoir un «fun» vert!

Pour plus d'informations, vois les Services à l'élève de ton école


MOT
du rédacteur en chef
5 Les jeunes :
une relève déjà présente
Une rencontre avec quatre jeunes
de la région d’Ottawa

André Brisebois

E
n juin dernier avait lieu le Sommet des communautés francophones et acadien- Vanessa Racine
nes organisé par la Fédération des communautés francophones et acadienne du Étienne Ranger
Canada. Un point a été soulevé à maintes reprises lors du sommet : la place des Marie-Claude Vachon
jeunes au sein de l’épanouissement de la francophonie canadienne. Tantôt on parlait
de place et à d’autres moments, de relève des jeunes. Dans cette dixième édition du
bulletin du Réseau de développement économique et d’employabilité de l’Ontario

10
(RDÉE Ontario), nous rencontrons quatre jeunes de la région d’Ottawa qui ont un
cheminement professionnel et communautaire important. Lauriers de la PME 2007
Notre concours Lauriers de la PME - édition Ontario, mettant en vedette des Nos finalistes
entrepreneurs francophones de la province, a été lancé en juin dernier. Les gagnants
seront dévoilés en septembre prochain. Dans les prochaines pages, nous vous présen-
tons les 16 finalistes de ce concours. Aussi, nous prenons l’occasion pour vous inviter
au gala qui se tiendra le 29 septembre au Centre de conférence du Hampton Inn à
Ottawa. Communiquez avec le RDÉE Ontario pour plus de détails.
Nous vous avons parlé précédemment du Réseau des incubateurs d’entre-
prises du Centre-Sud-Ouest de l’Ontario. C’est un projet important appuyé par notre

14
organisme. Dans ce numéro, Jean-Denis Barry vous parle un peu de la continuité du
projet. Aussi, il nous offre un texte qui nous présente un centre d’adaptation de la Les incubateurs d’entreprises
main-d’œuvre aux techniques agricoles. du Centre-Sud-Ouest de l’Ontario
Cette édition contient deux textes sur la Roue du développement, projet qui au service de l’entreprise électronique

15 Partenariat stratégique
offre des formations sur la réalisation d’entreprises sociales dans la province.
Enfin, un projet important en Ontario est sur le point de voir le jour. Je me
rappelle que lors d’une assemblée générale annuelle de l’APCM au début des années avec la Commission de formation
90, des musiciens avaient souhaité que l’on crée une compagnie de disques en Onta- de l’Est ontarien
rio. Michel Bénac, du groupe Swing, a décidé de tenter sa chance avec cette idée. Il
veut fonder une entreprise ontarienne compétitive.
Sur ce, j’espère vous voir à l’assemblée générale annuelle du RDÉE Ontario
16 Un centre d’adaptation de la
main-d’œuvre aux techniques agricoles
le 28 septembre et au gala des Lauriers de la PME le lendemain. À bientôt!
17 La Roue du développement
Un souffle nouveau pour la francophonie
du Niagara
Roch Archambault
Formation en gestion de projets
Directeur des communications
communautaires
RDÉE Ontario

18 Une maison de disques


pour les francophones de l’Ontario,
l’histoire d’une idée

Automne 2007 Vox RDÉE 3


L’équipe du

Siège social (Ottawa) Alfred


Nicole Sauvé, Directrice générale Kathy Chaumont
RÉDACTEUR EN CHEF nsauve@rdee-ont.ca kchaumont@rdee-ont.ca
Roch Archambault (613) 679-2218, poste 322
Diane Kyd, Adjointe à la direction
ÉQUIPE DE RÉDACTION dkyd@rdee-ont.ca Casselman
Léo Audette Marie-Eve LaRocque
Jean-Denis Barry Patrick Cloutier, Contrôleur melarocque@rdee-ont.ca
André Brisebois pcloutier@rdee-ont.ca (613) 764-3262
Marie-Eve LaRocque
Martine Plourde Roch Archambault, Hearst
Alain Royer Directeur des communications Francine Lecours
rarchambault@rdee-ont.ca flecours@rdee-ont.ca
RÉVISION et IMPRESSION (705) 372-0029
Imprimerie Impressions (Embrun) François Désormeaux,
Directeur des services Mississauga
CONCEPTION GRAPHIQUE fdesormeaux@rdee-ont.ca Jean-Denis Barry
Roch Archambault jdbarry@rdee-ont.ca
Tél.: (613) 834-1300 (905) 277-8885
Automne 2007 - N°10 Téléc.: (613) 834-1346
Ottawa
© Réseau de développement Direction régionale Nord Alain Royer
économique et d’employabilité (Sudbury) aroyer@rdee-ont.ca
de l’Ontario 2007 Guy Robichaud, Directeur régional (613) 236-1280
grobichaud@rdee-ont.ca
Courriel Pascal Samson
communications@rdee-ont.ca Micheline J. Groulx, Adjointe régionale psamson@rdee-ont.ca
Internet mgroulx@rdee-ont.ca (613) 834-1300
www.rdee-ont.ca
Tél.: (705) 560-1121 Sault-Sainte-Marie
Photo de la couverture Téléc.: (705) 560-9699 Patricia Ricard
© iStockphoto.com/lisegagne pricard@rdee-ont.ca
Direction régionale Est (705) 759-9909
Vox RDÉE est publié par le Réseau de (Ottawa)
développement économique et Martine Plourde, Directrice régionale Timmins
d’employabilité de l’Ontario, mplourde@rdee-ont.ca Rachel Quesnel
au tirage de 2 000 exemplaires. rquesnel@rdee-ont.ca
Tél.: (613) 834-1300 (705) 267-1886
La réalisation de ce présent bulletin est Téléc.: (613) 834-1346
rendue possible grâce à l’appui financier du Toronto
gouvernement du Canada. Direction régionale Centre-Sud-Ouest Yollande Dweme M. Pitta
(Toronto) ydwemempitta@rdee-ont.ca
Annie Dell, Directrice régionale (416) 596-9917
adell@rdee-ont.ca
Windsor
Patricia Gaspar, Adjointe régionale Lynne Maher
pgaspar@rdee-ont.ca lmaher@rdee-ont.ca
(519) 944-8284
Tél.: (416) 596-0549
Téléc.: (416) 596-7968

4 Vox RDÉE Automne 2007


Les jeunes :
une relève déjà présente
Une rencontre avec quatre jeunes
de la région d’Ottawa

Par Roch Archambault André Brisebois, 25 ans

C
ertaines personnes s’installent à Par la suite, il s’est rendu en Europe où il minique m’a rappelé et j’ai réussi à décro-
Orléans pour être à proximité d’Ot- a voyagé pendant deux mois. Il a écourté cher un poste à ses côtés au Conseil de la
tawa, de leur travail. Orléans est un ce voyage qui devait être plus long car il a coopération de l’Ontario, comme coor-
bon endroit pour y vivre. Cette ancienne voulu revenir à Orléans avec une idée très donnateur du secteur jeunesse. Au CCO,
ville (elle fait maintenant partie d’Ottawa) précise, le travail avec et pour les jeunes j’ai formé une équipe d’étudiant(e)s pour
a toujours eu l’allure d’une petite banlieue de sa région. Il avait déjà de l’expérience livrer le programme Jeunesse Canada au
paisible aux superbes maisons. Dernière- dans ce domaine par son travail dans des travail dans les deux langues officielles. J’y
Photo par Roch Archambault

ment, cette région a plutôt l’air d’une ban- camps d’été, des garderies, dans des éco- développe aussi une coopérative jeunesse
lieue qui se transforme en ville à cause des les et même comme éducateur pour enfants de service (CJS), la première depuis 20 ans
multiples édifices commerciaux qui pous- autistiques. Dans sa tête, un but important, en Ontario. Depuis l’apparition originale
sent comme des champignons. ouvrir un centre pour les jeunes. de ce concept à Hearst en 1980, le Québec
André Brisebois, contrairement à André raconte : « Orléans est une a pris le modèle sous ses ailes et en déve-
d’autres, est né à Orléans. Il y a passé toute banlieue, une ville dortoir. loppe maintenant jusqu’à 160 par été. Cette
sa vie, 25 ans. Pour lui, Orléans chan- Il n’y a pas beaucoup de nouvelle coopérative est située à Hawkes-
ge, mais n’apporte toujours services socio-récréatifs bury et offre différents services : entretien,
rien de plus pour les jeunes. pour les jeunes. Un ami, animation, kiosque de vente de produits
Il sent un réel besoin de se Michaël Bergeron, et du terroir, etc. Nous avons l’intention de
regrouper chez les jeunes, de moi avons décidé il y développer un réseau provincial de CJS en
faire des activités. De là lui est a trois ans de réaliser Ontario. »
venue l’idée de créer le Centre de ce centre des jeu- Malgré un horaire chargé à son
ressources des jeunes d’Orléans nes ». La démarche travail au CCO, André continue à don-
(opérant sous le nom de SKETCH de création du cen- ner beaucoup de temps pour son projet de
Orléans). tre l’a finalement centre de jeunes. Le Centre de ressources
André est allé à l’école à amené à avoir un emploi des jeunes d’Orléans est maintenant un
Orléans et s’est dirigé ensuite vers dans le domaine. « À travers le proces- organisme sans but lucratif et a un conseil
l’Université d’Ottawa où il a complété un sus, j’ai rencontré Dominique Guénette du- d’administration dont André est le prési-
baccalauréat qui contenait des études en rant les réunions d’Équipe Ottawa-Orléans. dent. À l’heure actuelle, le conseil d’ad-
environnement, ainsi qu’en géographie. Il semblerait que je l’ai impressionné. Do- ministration est composé d’adultes, mais

Automne 2007 Vox RDÉE 5


V
éventuellement on souhaite confier quelques pla- anessa Racine est journaliste au quée. « J’ai animé le volet média du-
ces aux jeunes. Le centre est virtuel pour l’ins- journal La Nouvelle à Embrun, rant les jeux. Nous avons vécu pendant
tant : <www.sketchorleans.com>. Le site Web ainsi qu’au journal L’Express plusieurs jours tous ensemble. C’était
donne de l’information sur les activités pour les d’Ottawa. Ce travail lui permet de ga- un deuil de quitter tout le monde. J’y ai
jeunes. La première activité a été de trouver un gner de l’expérience dans ce domaine vécu beaucoup de moments intenses. »
nom pour le centre, un nom plus court et plus tout en terminant ses études en journa- Selon elle, nous devons don-
facile à retenir. Le concours, réalisé parmi huit lisme à l’Université du Québec à Mon- ner une place à la jeunesse franco-
écoles secondaires, a permis de trouver le nom tréal. Un parcours professionnel inté- ontarienne dans nos organisations.
« Sketch ». Une deuxième activité de grande en- ressant pour une jeune femme de son « Avoir un jeune dans une équipe ap-
vergure est prévue pour le 28 juillet 2007. L’évé- âge, 20 ans, où elle n’est pas seulement porte une fraîcheur et une nouveauté.
nement, nommé « Toast », se déroulera au parc à l’emploi de deux journaux régionaux, Les organismes qui invitent un jeune à
de skateboard. « Ce sera le premier événement mais elle est aussi impliquée dans sa siéger à leur conseil d’administration,
à Orléans spécifiquement organisé pour les ado- communauté. c’est important. Ces jeunes peuvent
lescents. La Commission de la formation de l’Est Vanessa est née à St-Isidore changer des choses. Je n’aime pas par-
ontarien a appuyé financièrement l’initiative. en Ontario. Elle a fréquenté l’école se- ler de relève. Ce n’est pas comme si les
West 49 est partenaire de l’événement. Tag Ra- condaire Le Sommet à Hawkesbury. Le jeunes arrivent et les autres partent. Ça
dio et Live 88.5 seront présentes. Nous aurons côté urbain de Montréal l’enchantait se fait graduellement ». Selon elle, les
des groupes de musique, des professionnels de et elle rêvait d’y demeurer. Déména- gens s’attendent beaucoup des jeunes.
skateboard, un bar-b-q et beaucoup d’autres! » geant à Montréal et débutant ses études « Ce qui me désole, c’est qu’on leur im-
SKETCH se veut d’être un véhicule de livraison à l’université, elle a finalement réalisé pose un point de vue. On ne leur permet
d’activités pour les jeunes. « L’emphase n’est que cette métropole n’était pas un en- pas d’avoir un point de vue contraire.
pas sur les services sociaux. Nous voulons éven- droit où elle se sentait bien. « J’ai dé- Par exemple, si le jeune n’écoute pas
tuellement avoir un coordonnateur qui s’occupe- cidé de revenir en Ontario. J’ai réalisé le groupe de musique Swing, automati-
ra d’organiser des activités, et à plus long terme, que je suis franco-ontarienne », me ra- quement on lui dit qu’il n’est pas franco-
d’avoir un centre physique et non plus virtuel ». conte-t-elle. Pour l’instant, à Montréal, ontarien. Nous avons peur d’ébranler.
Côté communautaire, il perçoit la jeu- elle poursuit ses études universitaires La Fédération de la jeunesse
nesse d’un bon œil. « Oui, il y a des jeunes qui durant l’année et revient dans la région franco-ontarienne (FESFO) a été très
ne s’impliqueront pas, tout comme chez les adul- d’Ottawa pour le travail d’été. « J’ai importante pour elle. Par contre, elle
tes. Mais, d’un autre côté, je vois des jeunes qui travaillé trois étés au journal Le Ca- a remarqué un manque de soutien aux
sont impliqués et qui ont des convictions. Nous rillon à Hawkesbury. C’était une belle jeunes franco-ontariens après les étu-
sommes bons à nous plaindre, mais ceux qui expérience avant même d’avoir terminé des secondaires, « l’après-FESFO ».
passent à l’action sont parfois un peu plus rare. mon baccalauréat ». « Quand on se retrouve à l’Université
En premier lieu, nous devons savoir ce que nous Dans son travail actuel, elle d’Ottawa, il n’y a plus rien du côté
voulons, quel est notre objectif. Il faut identifier doit couvrir plusieurs événements de la franco-ontarien. On ne sait pas où nous
l’objectif et ensuite, passer à l’action, et ce, en région. Dernièrement, elle a assisté au pouvons nous impliquer. Bien sûr, il y
suivant les bonnes étapes. Mais, le jeune doit Festival Franco, au Colloque Les arts a l’Assemblée de la francophonie de
être intéressé à la cause. Comme par exemple, et la ville, ainsi qu’aux Jeux franco- l’Ontario (AFO), mais elle a l’air d’un
la cause environnementale s’en vient de plus en ontariens qui l’ont profondément mar- organisme inatteignable pour un jeune.
plus importante chez les jeunes. »
À ma question sur la relève des jeunes
Vanessa Racine, 20 ans
qui s’en vient dans nos communautés, il me ré-
pond : « Je n’aime pas le terme de ‘relève’. Cela
implique que tu t’en viens, que tu n’y es pas en-
core mais que ce sera ton tour bientôt. Je préfère
que nous parlions plutôt de ‘présence’ des jeunes
dans la communauté. Il faut donner aux jeunes
une place concrète. Il y a plusieurs jeunes très
dynamiques et passionnés qui sont déjà présents
et actifs dans plusieurs secteurs. Ils assument
Photo par Roch Archambault

déjà un rôle important dans leur communauté...


souvent un rôle qui est comparable à celui de
leurs collègues dits ‘adultes’. Il y a plusieurs
jeunes dans nos communautés qui font preuve
de leadership. Je ne vois pas pourquoi nous de-
vrions attendre pour leur donner l’occasion de
nous démontrer leur potentiel. On dit souvent
que nous (la jeunesse) sommes les leaders de de-
main; j’aimerais simplement souligner que nous
sommes déjà ici et capables. »

6 Vox RDÉE Automne 2007


Étienne Ranger, 24 ans

É
C’est difficile de se trouver une pla- phonie ontarienne. Elle se fait un de-
tienne Ranger se décrit comme « un franco-

Photo par Roch Archambault


ce. Les organismes ne tendent pas la voir d’être présente chaque année à
ontarien montréalais ». Il est né à Pointe-Claire
main aux jeunes. Ils attendent que La Nuit sur l’étang, événement musi-
et a habité à Vaudreuil, près de Montréal, du-
les jeunes cognent à leur porte. Les cal par excellence. Cette année, elle
rant sa jeunesse. Son père avait déjà eu une ferme à
organismes donnent l’impression a aussi participé en tant que bénévole
Cumberland et avait le goût de retourner dans cette
qu’ils sont des cliques très fermées.» à la soirée des Trilles d’Or organisée
région. Il demanda un transfert à son employeur, le
Vanessa a été très impliquée par l’Association des professionnels
ministère de l’Agriculture. La famille déménagea fi-
dans sa communauté. Elle a été pen- de la chanson et de la musique.
nalement dans l’Est de l’Ontario.
dant quatre ans une bénévole pour Après avoir terminé ses étu-
Durant son adolescence, Étienne fréquenta
l’Écho d’un peuple, projet appuyé des l’année prochaine, elle ne sait pas
l’École secondaire catholique Garneau. Le côté mé-
par le RDÉE Ontario. Elle a été co- où la vie l’amènera mais elle compte
diatique l’intéressait et il s’est inscrit à des études en
médienne, responsable des enfants et tout de même revenir dans la région
prémédia à la Cité collégiale en l’an 2000 pour fina-
finalement, assistante à la production. d’Ottawa. « Durant mes cours, j’ai
lement changer en 2002 en s’inscrivant aux études
« J’admire François Désormeaux (du bien aimé la radio et la télé. J’aime-
en administration et en gestion d’événements. Il me
RDÉE Ontario) qui est présentement rais bien un jour travailler à Radio-
raconte : « Avant la fin du stage coop, j’ai réalisé que
à la tête de l’Écho d’un peuple. Il est Canada, c’est un de mes rêves! Ou
je voulais faire de la photographie. Mes parents m’ont
intègre. Il met le travail des autres bien peut-être travailler pour un
supporté. J’ai été plus d’un an sans fréquenter l’école
en valeur et non le sien. C’est un hebdo à Whitehorse ou ailleurs au
et je me suis inscrit aux études en photographie à la
don qui est rare ». Elle mentionne Canada, ou peut-être même faire une
Cité collégiale en 2005. J’ai gradué en 2007 ».
l’avocat Ronald Caza et Richard Le- maîtrise. On verra! ».
Le goût de la photographie ne lui est pas
bel, directeur général à La Nouvelle
venu spontanément. Étienne travaillait depuis 1999 à
Scène, comme des personnes qu’elle
un centre de photo au Loblaws. Il pratiquait sa passion
admire.
durant ses temps libres et développa un côté hardi et
En plus de L’Écho d’un
audacieux dans son approche artistique. En 2004, La
peuple, elle a participé à la table de
Rotonde utilisa ses services et un après, il décrocha le
concertation des jeunes de Prescott-
titre de directeur de photo pour ce journal de l’Uni-
Russell, que le RDÉE Ontario a dé-
versité d’Ottawa. Le journal Voir, intéressé par son
marré. Vanessa essaie de participer
travail, lui demanda aussi de faire les photos spécia-
aux divers événements de la franco-
Automne 2007 Vox RDÉE 7
Marie-Claude Vachon, 24 ans

lement pour la section critique des restau- est d’être compétitif. Je suis quelqu’un de franco-ontarien du Québec. Il est né près
rants. Mais son intrépide parcours n’était très compétitif. J’ai fait du karaté à l’âge de Montréal, mais les dernières années
pas sur le point de se terminer. En 2006, il de sept ans; décroché une ceinture noire à comme photographe du côté franco-onta-
débuta comme photographe pour plusieurs 11 ans; et je suis devenu champion cana- rien ont développé en lui un sentiment pour
journaux du groupe de médias Transconti- dien à 12 ans. Le besoin d’en faire toujours la cause. « Au début, comme adolescent,
nental : L’Express d’Ottawa, La Nouvelle, plus provient peut-être du désir de garder je m’en lassais. Maintenant, je suis fier
Orleans Star, Weekly Journal, City Journal sa place. Je ne sais pas. Une chose est cer- d’être franco-ontarien. J’ai une profonde
et le Business Journal, ceci, sans oublier taine, j’aime mon travail. Chaque jour est admiration pour des gens comme Made-
son travail pour le journal Le Droit depuis différent et chaque matin, je ne sais pas où leine Meilleur qui se donne pleinement à la
quelques mois dont il est très fier. « Flo- les journaux vont m’envoyer en assigna- francophonie en Ontario. J’apprécie aussi
rence Bolduc de l’Express d’Ottawa est tion. Par exemple, dernièrement, il m’a d’autres personnes, je les ai toutes photo-
une personne dans les médias qui m’en- fallu suivre Claude Julien des Bruins de graphiées! ».
courage beaucoup et c’est grâce à elle que Boston à plusieurs endroits dont son par- À ma question sur la relève des
je travaille autant en photographie du côté cours sur un terrain de golf! Un travail in- jeunes en ontarien français, il me répond :
franco-ontarien. Florence m’a ouvert les croyable! L’appareil photo est un passeport « Les gens disent que la relève s’en vient,
portes à l’Express et je suis vraiment chan- pour la ville. À cause de l’appareil, les gens comme s’ils étaient pour partir! C’est quand
ceux de l’avoir rencontrée. Elle est plus me donnent des cadeaux. Ils sont contents même étrange. Tu sais, il y a des jeunes qui
qu’une patronne, elle est devenue une véri- de se faire prendre en photo. À cause de ce sont impliqués depuis longtemps. Ils sont
table amie! Florence est le type de person- même appareil, je rencontre des gens diffé- la relève. André Brisebois en est un bon
ne que tu rencontres et qui devient une clé rents avec une histoire différente. Ceci me exemple. Je connais André depuis 15 ans.
vers ton épanouissement professionnel. » comble bien plus que l’argent! Mais, je ne André a toujours eu des idées intéressantes
« Aujourd’hui, je travaille toujours prends rien pour acquis. C’est un privilège et ses plans commencent à démarrer. On ne
au centre de photo, en plus de faire de la d’être photographe. Je ne sais pas qui m’a devient pas un Bernard Grandmaître en une
photographie pour tous ces journaux. Mon donné ce cadeau, ce don, mais j’en fais le journée. Ça prend du temps et de l’énergie
rêve? Je rêve d’être directeur de photos plus possible pour protéger ce rêve, ce pri- et une passion. À 30 ans, on fait encore par-
d’un journal ou d’un magazine, où j’aurai vilège. » tie de la relève! ».
une équipe de photographes. L’important Étienne mentionne qu’il est un

8 Vox RDÉE Automne 2007


E
lle n’a que 24 ans et déjà son parcours professionnel
est admirable. Après avoir travaillé pour le Regroupe- Le samedi, 28 juillet 2007, nous avons été
ment des gens d’affaires de la Capitale nationale, elle est
maintenant agente des communications et du marketing pour le « toastés » à TOAST 2007!
Mouvement d’implication francophone d’Orléans (MIFO).
Marie-Claude Vachon est née à Curran, dans l’Est de Par André Brisebois

T
l’Ontario. Elle y fréquente l’école St-Luc pour ensuite étudier à
l’école secondaire L’Escale de Rockland. À son entrée à la Cité OAST était la première activité organisée par Sketch Or-
collégiale, elle se dirige en administration des affaires. Ne s’y léans, en collaboration avec West 49. Ni un festival, ni un
plaisant pas, elle négocie aussitôt un transfert pour étudier en spectacle... c’était un événement organisé par des jeunes
relations publiques. pour des jeunes d’Orléans et ses alentours. Les organisateurs et
Elle débute sa carrière professionnelle à la Caisse la clientèle visée étaient adolescents et jeunes adultes. En plus de
populaire Trillium de Rockland, alors qu’elle étudie à l’éco- permettre à l’organisation de se faire connaître dans la commu-
le secondaire puis au collège. La Chambre de commerce de nauté et auprès des jeunes, TOAST a réussi à démontrer qu’il y
Clarence-Rockland, reconnaissant son travail, est par la suite a bel et bien quelque chose à faire d’intéressant dans notre com-
venue la recruter pour un emploi comme agente de développe- munauté, que les ressources sont nombreuses et que le besoin est
ment économique. certainement là pour une telle organisation.
Un peu plus tard, pendant une période de trois ans, elle Les activités à TOAST étaient nombreuses et livrées en-
travaille en tant que coordonnatrice des communications et du tièrement par des jeunes : skateboard, frisbee, murs légaux pour
service aux membres au sein de l’équipe du RGA de la Capitale le graffiti, barbecue et bar non alcoolisé. Les jeunes de Katimavik
nationale. Ce travail fut extraordinaire pour elle, élargissant son ont organisé divers jeux qui ont permis à des jeunes chanceux de
réseau de contacts et son expérience dans le domaine des rela- gagner des certificats-cadeaux auprès d’entreprises locales. Éric
tions publiques. Depuis un an, elle a joint les rangs du MIFO. Leclerc était captivant comme animateur, en plus de nous offrir
« J’aime beaucoup mon travail. Je m’occupe des communica- un excellent spectacle de magie. Ce dernier est un jeune magicien
tions et du marketing pour l’organisme ainsi que chacun de ses local récipiendaire de nombreux prix. Enfin, en plus d’avoir deux
programmes. Il va sans dire, le milieu communautaire est bien stations de radios sur place (francophone et anglophone), nous
différent de la vie corporative à laquelle je suis habituée! Ce qui avions des spectacles de groupes de musique de jeunes locaux.
me plaît le plus, c’est la grande marge de manœuvre pour créer Ce qui était le plus fantastique... c’était l’ambiance de
des projets; j’ai beaucoup de liberté pour expérimenter », me plaisir qui régnait. Même si la météo n’était pas de notre côté,
raconte-t-elle. le feedback était unanime : « Il était grand temps que quelqu’un
À ma question sur la place faites aux jeunes, elle me organise un tel événement! C’est vraiment chill! » Nous avons eu
répond « je ne pense pas que l’on doit dire que la relève s’en en moyenne 125 jeunes en tout temps sur le site et nous estimons
vient dans la francophonie en Ontario. Elle est là ou elle n’est les visites totales de la journée à 400 jeunes.
pas là, c’est tout. Ce qui est essentiel c’est de donner une bonne Les nombreuses années de préparation pour que Sketch
base aux jeunes. Il faut les éduquer pour qu’ils développent un Orléans s’organise et se développe de manière à avoir une bon-
sentiment de fierté et d’appartenance à leurs origines. C’est ne base solide ont maintenant démontré leur importance. Nous
comme ça qu’ils vont accrocher et qu’ils vont rester. Pour la avons pris notre temps pour bien suivre les étapes de développe-
question du français en Ontario, ce n’est pas important pour ment d’une entreprise sociale tel que démontré par la « Roue du
tout le monde, mais c’est important pour moi. J’ai fait mes étu- développement ». Nous sommes aussi fiers d’être appuyés par
des en français et je fais le choix de travailler et de vivre en d’excellents partenaires tels que le Centre de ressources commu-
français. Bien sûr, je lis des livres anglais et je regarde la télé nautaires d’Orléans-Cumberland, l’Équipe Ottawa-Orléans, Vir-
ainsi que des films en anglais. Cependant, tout ce que je fais en tuo.ca, CMS technologies, la ville d’Ottawa et le RDÉE Ontario.
anglais, je le fais aussi en français. Les organismes francopho- Le vent est maintenant dans nos voiles. TOAST était une
nes en Ontario devraient avoir un jeune à leur conseil d’admi- première qui a confirmé nos hypothèses et nous a ainsi donné no-
nistration. Pas n’importe quel jeune, mais le candidat idéal qui tre envol. Ce n’est que le premier chapitre... Maintenant que nous
pourrait apporter fraîcheur et nouveauté. » avons une base solide accompagnée d’une bonne réputation et des
Marie-Claude compte siéger à un conseil d’adminis- bons partenaires, nous allons accroître l’implication des jeunes
tration. Elle attend le moment et la cause. Par contre, elle a déjà dans l’organisation. Nous voulons nous assurer de bien répondre
fait du bénévolat. Elle a aidé la World Armwrestling Federa- à leurs besoins. Lorsque chacun et chacune, jeune et adulte, par-
tion dans la gestion de ses championnats mondiaux. Ceci lui a tagera la même vision, nous serons certains que le projet est sur
permis de voyager à Durban en Afrique du Sud et à Tokyo au la bonne voie. Les jeunes nous communiquent déjà leurs idées et
Japon. « J’ai adoré l’Afrique. J’y ai vécu des aventures fabuleu- leurs besoins : il y aura certainement un TOAST pour l’été 2008
ses. Par contre, j’ai eu un dépaysement, un choc culturel, quand et peut-être même un je ne sais quoi pour cet hiver.
je suis arrivée à Tokyo. J’aimerais bien un jour aller en Égypte
et je prévois me rendre en Europe en 2010, sac au dos, accom-
pagnée d’une amie. Le goût du voyage et de l’aventure me vient
probablement de mes parents. Quand j’étais très jeune, nous
partions un mois en voilier toute la famille. C’est assez unique
comme expérience! ».

Automne 2007 Vox RDÉE 9


Lauriers
2007
de la PME
nos finalistes
Le premier concours national des Lauriers de la PME a eu lieu
en 2001. Le RDÉE Canada avait créé ce concours pour célébrer
l’excellence entrepreneuriale des francophones au Canada.
Les RDÉE provinciaux et territoriaux devaient soumettre des
candidatures pour le concours national.
En 2003, à la deuxième édition du concours national, le RDÉE
Ontario devait à nouveau soumettre des candidatures. Pour
ce faire, il décida de créer sa propre version du concours mais
cette fois-ci au niveau provincial. Le RDÉE Ontario a donc
tenu son propre gala en célébrant quatre gagnants provinciaux.
Ces mêmes gagnants se sont retrouvés par la suite finalistes au
niveau national. L’expérience a été satisfaisante et le RDÉE
Ontario a répété l’expérience en 2005 et maintenant en 2007.
Dans les pages qui suivent, nous vous présentons les finalistes
du concours provincial « Lauriers de la PME Ontario ». De ces
seize finalistes, il y aura un gagnant pour chacune des quatre
catégories suivantes : entreprises de transformation, entrepri-
ses de services, micro-entreprises et nouvelles entreprises. La
remise de prix aura lieu au gala provincial des Lauriers de la
PME 2007 Ontario le 29 septembre 2007 au Centre de confé-
rences du Hampton Inn à Ottawa. Par la suite, les gagnants Bestech Bestech est une entreprise se spécialisant en gé-
seront finalistes pour le concours national des Lauriers de la nie électrique et en automatisation industrielle. Son principal
PME, organisé par le RDÉE Canada, qui aura lieu le 10 no- marché est à Sudbury et à Timmins, mais Bestech est aussi
vembre 2007 à l’Hôtel Fairmont Château Laurier à Ottawa. présente dans le Grand Nord et au North Dakota aux États-
Unis. L’entreprise de Sudbury existe depuis 1995 et a plus de
50 employés.

Propriétaire : Marc Boudreau


Site Web : www.bestech.com

The Green Beaver Company


The Green Beaver Company déve-
loppe et fait la mise en marché de
produits de soins personnels natu-
rels. L’entreprise de Hawkesbury,
qui s’est incorporée en 2002, vise
des produits sains et respecteux de
l’environnement.

Propriétaires :
Alain Ménard et Karen Clark
Site Web : www.greenbeaver.com

Note : les photographies nous ont été


offertes par chacune des enteprises.

10 Vox RDÉE Automne 2007


Lauriers de la PME 2007 - finalistes

Vetagri Consulting Inc. Cette entreprise de


Brampton fait de la consultation auprès de fermiers
qui font l’élevage biologique des poules et des bo-
vins. Elle fabrique aussi des formulations à base
biologique pour ces fermiers, tels que des produits
biologiques pour le traitement des déchets et rejets
d’élevage.

Propriétaire : Dr. Steve Tuekam

Brews & Cues Billiards Pub Brews & Cues a ouvert ses portes à Windsor
en 1997. Le restaurant-bar peut maintenant recevoir jusqu’à 330 personnes et
on y retrouve 14 tables de billard, 11 téléviseurs et un simulateur de golf. L’en-
treprise compte plus d’une vingtaine d’employés.

Propriétaires : Éric Bergeron et André Mailloux

Balestra Productions Inc. En affaires depuis 1999 à Ottawa,


Balestra Productions produit des documentaires uniques et des
séries documentaires jeunesse et grand public, qui sont diffusés
entre autres par Radio-Canada, TV5, TFO et TVA.

Propriétaire : Mark Chatel


Site Web : www.balestra.tv

Chabo Design Chabo Design est une


entreprise de Hawkesbury qui a débuté ses
activités en 1996. Cette agence de publicité
a maintenant sept employés. Elle offre des
services de conception graphique, de multi-
média, de production de vidéo corporatif, de
création Web, de marketing, d’animation de
groupes de discussion, de photographie, de
design pour des emballages, ainsi que pour
des kiosque d’exposition.

Propriétaire : André Chabot


Site Web : www.chabo.ca
Lauriers de la PME 2007 - finalistes

Groupe financier Luc Bessette Financial Group


Le Groupe financier Luc Bessette dessert environ 500 clients
et investit plus de deux millions de dollars par année. Ses
clients proviennent principalement de la Capitale nationale,
des Comtés-unis de Prescott et Russell, de Montréal et de
Paper Chase Consulting Cette firme de gestion de dossiers et
d’information est une division de R. Salituri ltée. Paper Chase Consul-
Gatineau. Installée à Limoges depuis 1999, l’entreprise of- ting a été fondée en 1998 à Sault-Sainte-Marie. Cette entreprise offre
fre des services tels que la tenue de livres, la planification des services tels que la transformation de dossiers réguliers en dossiers
financière et les investissements pour ses clients. électroniques et leur entreposage.
Propriétaire : Luc Bessette Propriétaires : Suzanne et Rob Salituri
Site Web : www.lucbessette.ca

La Gantoise Inc. La Gantoise


Inc., à la base une ferme laitière, se
démarque par l’élevage et la vente
directe à la ferme de viande Blanc
Bleu Belge, bœuf originaire de Belgi-
que. L’entreprise est en affaires depuis
1980 à Lefaivre.

Propriétaire : Marie Goubeau


Site Web : www.lagantoise.com
Landscape Effects Group Cette entreprise d’Emeryville travaille dans le
domaine de l’aménagement paysager. Landscape Effects Group offre des services
pour la cour extérieure, tels que le trottoir, la piscine, l’entrepôt, le gazebo, les clô-
tures, l’éclairage, les murs en maçonnerie, la cuisine extérieure et le système de
son. L’entreprise existe depuis 1995 et emploie maintenant 12 employés à temps
plein et 12 à temps partiel.

Propriétaire : Paul St Pierre


Site Web : www.landscapefx.com

Forest Bio-Products Incorporated Cette entreprise offre ses servi-


ces dans le domaine de la foresterie et dans les produits dérivés biologi-
ques. Depuis 2004 à Sault-Sainte-Marie, elle offre des services d’experts
en consultation, tels que sur l’énergie renouvelable, les opérations fores-
tières et la recherche scientifique.

Propriétaires : Norman R. Jaehrling et Dr. Luc C. Duchesnes

12 Vox RDÉE Automne 2007


Lauriers de la PME 2007 - finalistes
Richard Robinson Haute Couture Inc. Richard Robinson a fondé sa
Maison de Haute Couture en 1969 à Ottawa. Ses lignes de vêtements sont
commercialisées à travers le Canada et aux États-Unis. Des clients impor-
tants le consultent pour des occasions spéciales. En 1972, il a fondé l’Acadé-
mie de Dessin Mode Richard Robinson. Depuis 2004, l’Académie offre des
camps d’été Mode pour les jeunes de 13 à 17 ans.

Propriétaires : Richard et Louise Robinson


Site Web : www.richardrobinson.com

Ferme Proulx L’histoire de cette ferme


remonte à 1920. L’entreprise de Cumber-
land a commencé ses opérations en 1993.
Elle compte maintenant 20 employés à
temps plein et 25 à temps partiel. La Ferme
Proulx fait la culture de la fraise, de la fram-
boise et de légumes et offre plusieurs acti-
vités tels qu’un festival de la citrouille et un
festival des fraises.

Propriétaires : Gisèle et François Proulx


Site Web : www.proulxberryfarm.com

KCS Enterprise Windsor Inc./Holistic Wellness Centre Ce cen-


tre holistique de Windsor a ouvert ses portes en 2003. Il compte mainte-
nant dix praticiens. La société KCS Enterprise Windsor Inc. est composée
de quatre partenaires francophones : Louise et Julian Klimczak, Natalie
Champagne et Linda Skoyles. Le centre offre des services de : chiropratie,
homéopathie, acupuncture, réflexologie, Reiki, massages thérapeutiques,
thérapie crânio-sacrale, application de ventouses chinoises, développement
personnel, toucher thérapeutique, naturopathie, thérapie shiatsu, counsel-
ling, nutrition, hypnothérapie, myo-massothérapie, yoga, préparation à
l’accouchement avec l’hypnose.

Propriétaire : Louise Klimczak, présidente

Wake Up Work Inc. Wake Up Work Inc., lancée


en 1999 à Toronto, est spécialisée dans le placement des
nouveaux arrivants sur le marché du travail au sein des
entreprises de la région du Grand Toronto et de Durham.
L’entreprise compte cinq employés et donne des services
à plus de 100 personnes par mois.

Propriétaire : Jean-Claude Mbuyi

Riverside Hideway Renovations Riverside Hideway


Renovations a débuté ses activités en 2003 oeuvrant dans la
rénovation de meubles et d’antiquités. En réponse à la deman-
de, l’entreprise de Dalkeith a étendu ses activités en offrant un
service de rénovation de maison : peinture, planchers, tapis et
autres. L’entreprise œuvre principalement dans les régions de
Prescott et Russell et de Stormont, Dundas et Glengarry.

Propriétaire : Michael Booth


Automne 2007 Vox RDÉE 13
les incubateurs
d’entreprises du Centre-Sud-Ouest de l’Ontario
au service de l’entreprise électronique
Par Jean-Denis Barry
LE RÉSEAU DES INCUBATEURS environ 100 000 $ pour que le Collège Bo- grandissant d’entreprises électroniques.
DU CSO réal : À partir de 2006-2007 et jus-
• accompagne les incubateurs dans la con- qu’en 2008, ces incubateurs d’entreprises
En 2004, trois organismes commu- solidation du site; développeront leur aptitude à faciliter le
nautaires à vocation économique créaient • accompagne les incubateurs dans l’amor- démarrage ou l’expansion d’entreprises
leur incubateur d’entreprises et formaient ce d’une veille « technologique » à l’écoute de nature électronique. Le développement
le Réseau d’incubateurs d’entreprises du de sujets pouvant aider les entrepreneurs en de cette capacité se réalisera grâce à une
Centre-Sud-Ouest ontarien (CSO), avec région; contribution d’Industrie Canada totalisant
l’appui du RDÉE Ontario. Il s’agissait du • procède à l’intégration de la base de 161 000 $, applicable de 2006 à 2008, et
Club 2000 Niagara, de la Clé d’la Baie (en données du site STICO (Centre de Sous- grâce aussi au partenariat avec le Collège
Huronie) et du Regroupement des gens traitance industrielle et commerciale de Boréal, qui a conçu une série de modules
d’affaires canadiens africains de Toronto. l’Ontario) au site interPME grâce à un lien de formation pour aider à préparer les en-
Le Collège Boréal joignait aussi ses efforts Internet réciproque. trepreneurs intéressés à exploiter ce type
à ceux des incubateurs. L’ACFO de Lon- À partir de l’été 2007 et jusqu’à la d’entreprises.
don-Sarnia se joignait à eux au début de fin de l’année, un peu plus d’une centaine
2007. Leur but : former une alliance stra- d’entrepreneurs bénévoles commenceront à UNE EXPERTISE INTERNET
tégique afin de mieux favoriser le dévelop- alimenter ce site Web francophone, accom- DANS L’ACCOMPAGNEMENT
pement économique communautaire dans pagnés par le Collège Boréal et le person- EN INCUBATEUR
leur région en facilitant le développement nel de leur incubateur régional. Ils l’enri-
d’entreprises commerciales issues de leurs chiront des résultats de leurs recherches en La démarche appliquée par les
communautés. ligne ainsi que de leur propre expérience et coordonnateurs des incubateurs prévoit
De nombreux partenaires ont par- de leurs questions quant aux produits et à la que ce cours appliqué, conçu par le Collège
ticipé à la création et à l’expansion du Ré- gestion de petites entreprises. Il est difficile Boréal, sera intégré au cadre d’accompa-
seau des incubateurs du CSO. La Fondation d’attribuer une valeur financière à de tel- gnement des entrepreneurs participant au
Trillium de l’Ontario avait déjà contribué les contributions, notamment en conjonc- projet. Ces modules totalisent une trentaine
300 000 $ pour 2004-2006 afin d’aider au tion avec le lien prévu entre interPME et d’heures contacts avec un formateur et vi-
démarrage des trois incubateurs constituant STICO. Elles représentent sans aucun dou- sent à familiariser les jeunes entrepreneurs
alors le Réseau. D’autres partenaires finan- te quelques centaines de milliers de dollars avec les complexités des affaires par Inter-
ciers ont aussi contribué, à l’échelle locale en temps, en expertise et autres ressources. net et à leur permettre ainsi de prendre des
ou régionale, à l’établissement de ces incu- Ces participants s’appliqueront décisions éclairées sur les outils et les four-
bateurs. aussi à faire connaître cette ressource et nisseurs dont ils auront besoin dans l’ex-
à encourager son utilisation au sein de la ploitation de leur entreprise électronique.
CRÉATION D’UN OUTIL communauté des affaires de leur région. Le Quant à la nature de ces entrepri-
DE PARTAGE DES SAVOIR FAIRE but de ce projet entre 2006 et 2008 est de ses, il convient de rappeler qu’elle déborde
faire du site un outil informatique franco- largement du cadre du commerce électro-
En 2005-2006, Industrie Canada phone utile dans l’accompagnement d’en- nique au sens restreint. Il peut s’agir de la
appuyait d’une contribution de 98 000 $ la trepreneurs en démarrage ou en développe- production de biens intellectuels par infor-
création, en collaboration avec le Collège ment d’entreprises. matique et de leur distribution via Internet.
Boréal, du site Web interPME. Ce dernier On pense, par exemple, à la composition
permet aux utilisateurs et aux coordonna- LE DÉVELOPPEMENT D’ENTRE- musicale (ou littéraire) disponible unique-
teurs des incubateurs ainsi qu’aux mentors, PRISES ÉLECTRONIQUES ment via Internet. Il peut aussi s’agir de
au sein du Réseau des incubateurs, de s’en- services qui intègrent les caractéristiques
traider en partageant leurs connaissances et Un des résultats visés par le Ré- d’Internet, comme la gouvernance à distan-
savoir faire. Le site est un lieu de réseau- seau des incubateurs d’entreprises du CSO ce ou un programme informatisé interactif
tage et ultimement d’échange commercial. demeure l’implantation dans ses commu- de formation ou de traduction.
En 2006-2007, le même ministère octroyait nautés franco-ontariennes d’un nombre

14 Vox RDÉE Automne 2007


Partenariat stratégique avec la
être audacieux
Commission de formation de l’Est ontarien
Par Marie-Eve LaRocque et Martine Plourde

Depuis l’arrivée de la nouvelle directrice régionale,


Madame Martine Plourde, un nouveau positionnement se déve-
loppe pour le RDÉE Ontario dans l’Est. Les quatre agents de
développement sont redéployés sur le territoire de l’Est-ontarien
par secteur géographique. Cette nouvelle répartition des agents
vise à augmenter l’impact des interventions du RDÉE Ontario en
lien avec les quatre axes de développement économique choisis
par le RDÉE Canada.

•Services et appui aux entreprises en démarrage et existantes


•Services et appui aux industries et aux secteurs économiques
•Services et appui en employabilité
•Services et appui en renforcement des capacités
communautaires.

Dans la pratique, ce nouveau déploiement permet la


création de partenariats dynamiques et axés sur les résultats.
Déjà, une belle collaboration débute entre la Commission de for-
mation de l’Est ontarien (CFEO) et le RDÉE Ontario. Par le biais
d’une entente de partenariat échelonnée sur une année, certains
projets bénéficieront d’un appui financier du CFEO ainsi que de
l’appui technique du RDÉE Ontario.
La Commission de formation de l’Est ontarien parraine
le développement de la main-d’œuvre locale dans les comtés de
Prescott, Russell, Stormont, Dundas et Glengarry en identifiant
les besoins et en facilitant les solutions.
À l’échelle de la province, on compte 21 commissions
locales qui sont financées par le ministère de la Formation et des
Collèges et Universités de l’Ontario et par Service Canada. Au
sein de celle-ci se trouvent des représentants de groupes qui ont
un grand intérêt dans la vitalité de leur marché du travail local,
tels que les éducateurs, les organismes de formation, les femmes,
les francophones, les personnes handicapées, les minorités visi- Le RDÉE Ontario favorise le développement
bles, les jeunes, les Autochtones et d’autres secteurs pertinents économique et la création d’emplois afin
au sein de l’économie locale. d’assurer la vitalité et la pérennité des com-
Il existe un lien naturel entre le mandat du RDÉE On-
tario, exprimé par ses quatre axes de développement, et les cinq
munautés francophones de l’Ontario. Le RDÉE
enjeux identifiés par la CFEO lors de consultations communau- Ontario est membre de RDÉE Canada, une
taires : organisation qui depuis 10 ans constitue le
seul Réseau national travaillant au dévelop-
1. Demande accrue de travailleurs ayant les compétences pement économique et à l’employabilité des
en littératie, les compétences générales et essentielles;
2. Exode continu des jeunes;
communautés francophones et acadiennes au
3. Pénurie croissante de main-d’œuvre qualifiée; Canada.
4. Besoin accru de diversification économique
dans les collectivités rurales ;
5. Changement dans l’économie locale crée un déséquilibre
dans l’offre et la demande de main-d’œuvre.

Ce partenariat permettra un échange d’expertise, de


ressources et de données sur le marché du travail et permettra à
chacun des partenaires d’augmenter sa présence active dans les
territoires visés.
WWW.RDEE-ONT.CA
Automne 2007 Vox RDÉE 15
Un centre d’adaptation
de la main-d’œuvre
aux techniques agricoles
UN ÉLÉMENT DE SOLUTION comité directeur du projet, on compte
En 2006, le ministère ontarien de la NOVATEUR À L’EXODE RURAL d’ailleurs le Centre communautaire fran-
Formation et des Collèges et Univer- cophone (Place Concorde) de Windsor-
sités acceptait d’octroyer au RDÉE Le projet a pour point de départ Essex-Kent, l’ACFO London-Sarnia, le
Ontario la somme de 157 000 $ pour une double problématique. D’une part, Club 2000 Niagara, le Conseil des or-
la conception d’un modèle d’adap- on note en Ontario une pénurie de tra- ganismes francophones de la région de
tation et de planification de la main- vailleurs de catégories technique ou in- Durham, la Clé d’la Baie (Huronie) et
d’œuvre en agriculture. Son dévelop- termédiaire en milieu rural. D’autre part, le Collège Boréal. Il est à noter que ces
pement et l’amorce du Centre qui en l’offre de main-d’œuvre compétente en organisations administrent ou sont asso-
appliquera les outils et les méthodes milieu urbain est souvent excédentaire, ciées à des activités d’accueil et d’aide à
furent dès lors entrepris. Ses maîtres particulièrement parmi la population l’établissement dans leurs communautés.
d’œuvre sont la Corporation néo- immigrante. Le projet de Centre d’adap- Ils auront donc un rôle crucial à jouer.
canadienne de développement et de tation de la main-d’œuvre en agriculture D’autre part, la main-d’œuvre
leadership communautaire (COCDEL) offre des éléments de solutions novateurs à recruter, du moins dans le cadre du
et le Campus d’Alfred de l’Université à cette situation et appuie le développe- présent projet, se situe dans la région de
de Guelph, appuyés par le RDÉE On- ment socioéconomique des collectivités Toronto-Mississauga. La Corporation
tario. francophones urbaines et rurales. néo-canadienne de développement et
Le modèle de formation propo- de leadership communautaire jouera un
Par Jean-Denis Barry sé est le fruit d’une réflexion de près de rôle clé dans les relations entre le Cen-
trois ans et de l’apport d’experts de ca- tre d’adaptation de la main-d’œuvre en
libre national et international travaillant agriculture et les groupes d’immigrants
dans le giron du Campus d’Alfred de intéressés à migrer vers un milieu de vie
l’Université de Guelph. Unique en On- et de travail rural.
tario francophone, il est axé sur les be-
soins en perfectionnement de migrants MISE EN APPLICATION
qui possèdent des compétences ou un DÈS 2007-2008
savoir faire transférables à l’agriculture
ou à des entreprises rurales connexes. Le modèle sera finalisé en sep-
Il prévoit l’application des principes de tembre 2007 et le plan d’action prévoit
la formation en cours d’emploi avec ac- un projet pilote dans les mois qui sui-
compagnement par un compagnon ou vront. Le Campus d’Alfred de l’Univer-
mentor. sité de Guelph a signifié son intention
d’en assumer la gestion et le financement
L’IMPLICATION en partenariat avec COCDEL.
DES COMMUNAUTÉS Il va sans dire que le succès
d’un tel modèle d’intégration profession-
Pour atteindre les résultats es- nelle et communautaire dépend aussi de
comptés, les accompagnateurs du Centre certains facteurs de réussite qui ressor-
collaboreront aussi avec les organismes tent du cadre pédagogique. Ainsi, les
communautaires du milieu. En effet, un participants seront choisis en fonction de
double résultat visé est l’intégration de compétences, expériences ou savoir faire
ces nouveaux employés dans les com- transférables qui faciliteront leur succès
munautés francophones rurales qui les dans des carrières de techniciens ou tra-
accueillent, de même que leur intégra- vailleurs intermédiaires en agriculture ou
tion dans un milieu de travail, lequel sera dans des entreprises rurales connexes. Le
souvent anglophone. modèle comprendra les outils nécessai-
Nombre d’organismes régio- res pour bien appuyer le renforcement
naux à vocation socioéconomique ap- visé des capacités professionnelles.
puient ce projet. Parmi les membres du

16 Vox RDÉE Automne 2007


LA ROUE DU DÉVELOPPEMENT
Formation en gestion
de projets communautaires
Un souffle nouveau pour la francophonie du Niagara Par Léo Audette
Par Léo Audette

G
râce à l’appui financier de l’ACFO Niagara et

D
ébutée au mois de mars 2006, la planification stratégique pour la au support technique du RDÉE Ontario et du
francophonie du Niagara (comprenant Welland, Niagara, Ste Ca- CCCE, plus d’une centaine de bénévoles ont
therine et Port Colborne) a conclu la première phase et une étape été formés afin d’acquérir les concepts de base dans la
importante : la concertation de la communauté grâce à un partenariat entre gestion de projets communautaires. Cette formation est
le Club 2000 Niagara, Entreprise Niagara et le RDÉE Ontario. une composante intégrale du processus de la planifica-
Cette initiative a également permis, en cinq ateliers par le biais tion stratégique qu’a lancé la communauté francophone
du projet de la Roue du développement, de former des bénévoles dans la du Niagara. Il est primordial de renforcer les capacités
gestion de projets communautaires. La Roue du développement est le fruit professionnelles et économiques des groupes et orga-
d’un partenariat entre l’ACFO Niagara et le RDÉE Ontario. Plus de 150 nismes qui s’engageront dans la mise en œuvre des dix-
participants et une vingtaine d’organismes francophones ont contribué au sept projets prioritaires acceptés le 8 mai 2007.
succès de cette démarche et nous en sommes maintenant au stade de tran- Les six ateliers offerts depuis le mois de mai
sition de ces consultations par secteurs et aux rencontres par projets. 2006 procurent à la communauté les outils indispen-
Le 8 mai 2007, les représentants des organismes et groupes com- sables à la bonne compréhension du processus de pla-
munautaires de la région se sont réunis pour une prise de décisions au sujet nification et de mise en œuvre de projets prioritaires.
des projets prioritaires suggérés pendant la première phase. Parmi les vingt Conçus pour favoriser l’épanouissement économique
deux proposés, dix-sept furent acceptés. Nous prévoyons le démarrage de et l’autonomie de la communauté, ils permettent à ses
quelques projets communs à certains secteurs, tandis que pour d’autres cas, membres d’acquérir une capacité de mise à l’étude, de
ils seront propres aux besoins du secteur. conception, de création et d’autogestion d’entreprises,
Parmi les premiers à être lancés figure une demande de finance- favorisant en même temps la création d’emplois.
ment pour la réalisation d’une étude de faisabilité en vue de la création Les ateliers propres à la « Roue du développe-
d’un Centre multiservices desservant la région. Un Centre spécifique aux ment » réduisent considérablement le temps de démar-
concepts qui seront à l’étude et à l’incorporation de nouveaux services à la rage d’un projet communautaire, en rendant possible sa
communauté : services aux nouveaux immigrants francophones, services création en seulement quatre étapes et trois composan-
en employabilité, formation collégiale, théâtre pour spectacles, services de tes. La simplicité du processus n’amenuise aucunement
téléconférences pour la communauté et les gens d’affaires. L’éventualité de son efficacité, ni n’ignore ou ne lèse les étapes nécessai-
donner à ce Centre l’envergure d’une entreprise sera aussi à l’étude. Toute- res à assurer le succès d’un projet. Nous sommes fiers
fois, cette étude se penchera particulièrement sur le concept d’un Centre dit d’avancer que les outils que nous avons fournis à nos
« zero footprint, autrement dit, sur l’impact écologique réduit à zéro » : en bénévoles se révéleront inestimables et incontournables
d’autres termes, il pourrait devenir un modèle écologique, ayant le poten- pour la communauté francophone lorsqu’elle mettra en
tiel d’auto produire l’énergie électrique nécessaire à son fonctionnement, œuvre ses projets.
et d’utiliser de nouvelles technologies de chauffage, le tout dans un modèle Nous avons déjà pu observer que ces ateliers
d’architecture étudiée et conçue pour favoriser l’économie d’énergie. ont été fructueux pour la région du Centre-Sud-Ouest de
Nous avons d’ores et déjà organisé des rencontres avec les jeunes l’Ontario, car, grâce à l’appui de la Fondation Trillium
des écoles secondaires afin de démarrer quelques projets suggérés durant de l’Ontario et du Secrétariat rural, cinq projets en en-
le processus de concertation, à savoir le développement du potentiel de lea- treprise sociale soumis au RDÉE Ontario par des grou-
dership généré par les étudiants de nos écoles élémentaires et secondaires. pes communautaires de Welland, Port Colborne, com-
L’automne présage une bonne époque pour mettre en œuvre les tés de Simcoe et d’Oshawa, ont bénéficié d’un appui
autres projets prioritaires. Quoi qu’il en soit, nous avons constaté de la technique de 40 000 $.
part de la communauté du Niagara, un éveil et une volonté d’amélioration, Nous avons détecté non seulement un éveil et
comme jamais depuis ces trente dernières années! une envie de réussir de la part de la communauté fran-
cophone du Niagara et des autres communautés de la
province, mais aussi leur forte volonté de se prendre
en main et d’assumer leur avenir indépendamment des
bailleurs de fonds. Elles veulent devenir autonomes,
et assurer par leurs propres moyens l’épanouissement
de la francophonie dans toute la province. Les entre-
prises sociales sont une solution possible, et confirment
le bien fondé des ateliers de « la Roue du développe-
ment ».

Automne 2007 Vox RDÉE 17


Une maison de disques pour les francophones de
l’Ontario, l’histoire d’une idée
Par Alain Royer

C
réer une maison de disques pour les pas bête pantoute ». mais aujourd’hui, les opportunités demeu-
artistes franco-ontariens et franco- Après la tournée, Michel voulait rent minces. Déménager à Montréal, ce
ontariennes professionnels de la laisser sa carrière de musicien. Il ne voyait n’était pas une option pour Michel. Comme
musique qui désirent réaliser et diffuser leur pas comment il pouvait gagner sa vie en Franco-Ontarien, il ne voyait aucune solu-
création au grand public, telle a été l’idée exerçant son art. Comme dernier recours, tion, sauf de faire tout lui-même (écrire la
de Michel Bénac, mais cette idée n’est pas il envisageait de gagner sa vie comme pro- musique, gérer les ressources, s’occuper de
venue du jour au lendemain. Un parcours fesseur de musique. Michel retourna donc l’enregistrement, produire le CD, trouver
semé d’embuches et d’expériences enri- à l’Université d’Ottawa pour commencer un distributeur et faire la mise en marché).
chissantes a fait de Michel une personne un bac en musique. Heureusement, parce Selon lui, il y a de bons artistes
expérimentée et prête à offrir une option que c’est là que le monde s’est ouvert et de franco-ontariens et franco-ontariennes,
et une aide aux artistes franco-ontariens et nouvelles opportunités inespérées se profi- sauf qu’ils ne sont pas tous des entrepre-
franco-ontariennes qui cherchent à percer lèrent pour lui. neurs et ils ne sont pas tous prêts non plus
et à se faire connaitre dans leur patelin. Un Il explora plusieurs styles mu- à tout entreprendre afin d’exercer leur art.
cheminement peu ordinaire qui donne de sicaux. Il a fait partie d’un groupe Daddy Les défis sont grands et, trop souvent, ils
bons résultats jusqu’à maintenant et qui ap- Cool and the Grouve Bug, qui jouait du décrochent. C’est afin d’éviter ce décro-
portera surement le même succès à d’autres funk américain. Il fonda le groupe à capella chage ou l’expatriation des artistes franco-
artistes francophones de l’Ontario. « Saij » (des arrangements vocaux à cinq phones que Michel a eu l’idée de créer une
Dès le secondaire, le chant a été la voix) avec lequel il remporta le Trille Or maison de disques. Il ne désire pas devenir
passion de Michel. Sa première formation, du meilleur groupe lors du deuxième Gala un sauveteur, mais trouver des artistes qui
Vizion, s’est rapidement transformée en de la chanson et de la musique franco- ont les mêmes intérêts et le même amour
Michael B. and the Power. La musique cor- ontariennes. Il a été dans la chorale de Ca- de l’Ontario francophone. Des artistes qui
respondait plus à du rap, à du hip-hop ou à lixa Lavallée pendant deux ans et cinq ans veulent rester en Ontario et qui veulent
de la musique urbaine typiquement améri- dans la chorale The Stairwell Carollers. Ses avoir accès à une distribution profession-
caine. Avec ce groupe, les prix déferlaient nombreuses expériences ont fait de lui un nelle et à une promotion d’albums. Il veut
comme une bourrasque : Royal Conserva- passionné de la musique et un boutentrain offrir la chance aux artistes francophones
tory of Music à Ottawa, American Guild of de la chanson et, petit à petit, ses premiers d’avoir une distribution plus grande et plus
Music à Toronto à deux reprises, un autre pas dans le monde musical lui ont fait dé- visible.
prix à Détroit, etc. couvrir des talents d’artiste et d’entrepre- « C’est garanti, ce n’est pas facile
Avec cet entrain, la formation en- neur. d’être artiste, mais avec de la patience, de
visagea de créer un album et avec la ren- Le groupe « Swing » se forma en la persévérance et de la confiance en soi,
contre de Gilles Godard de Cornwall, le 1998, mais c’est en 1999 que les specta- nous pouvons vivre de notre art. »
rêve se réalisa, non pas en Ontario, mais à cles ont commencé et le premier album est Avec sa maison de disques, Mi-
Nashville. Michel resta donc deux ans aux paru. Au début avec Bobby Lalonde et, par chel veut offrir directement de la produc-
États-Unis. Entouré de musiciens de renom, la suite avec Jean-Philippe Goulet. tion de disques pour les artistes et en faire
par exemple, Bill Labounty qui a composé C’est à partir de ce moment que la promotion, ou encore, offrir tout simple-
une pièce sur le disque de Pretty Woman Michel a commencé à saisir le fonctionne- ment la distribution pour les artistes qui ne
(un disque diamant aux États-Unis), Mi- ment de l’industrie de la musique (tournées cherchent pas à s’affilier avec une maison
chel composait des chansons. Le premier promotionnelles à la radio et à la télévision, de disque. Il veut offrir plusieurs possibili-
album de Michael B. and the Power n’est spectacles, vidéoclips, vente de disques et tés et répondre à plusieurs besoins qui sont
pas sorti immédiatement. Le groupe avait redevances). P’tit train va loin, l’appren- là et qui ne sont pas satisfaits.
d’autres ambitions, il visait un contrat de tissage se faisait et les premiers pas dans Finalement, Michel désire déve-
disque mondial. Les offres défilaient, même la création commerciale s’amorçaient. Par lopper une infrastructure pour encourager
du Japon. Par contre, quand on a 19 ans, contre, l’expérience avec les grosses com- le talent musical francophone en Ontario
il nous manque l’expérience ou le savoir- pagnies de disque n’était pas concluante et et, du même coup, créer un « réservoir » de
faire pour prendre les meilleures décisions en Ontario les avenues étaient peu nombreu- talents où les industries pourront s’alimen-
possible. Après plusieurs mésaventures et ses. Il y a une rareté dans la fabrication, la ter. En un mot, offrir une autre solution aux
à vouloir danser plus vite que le violon, la distribution et la vente des enregistrements artistes francophones de l’Ontario.
formation se brisa. musicaux francophones hors du Québec
Par la suite, le disque solo anglo- au Canada. Il fallait donc se retrousser les
phone de Michel (Why do things change?) manches et faire tout soi-même. Il y a les
sortait au Brésil, au Canada et dans plu- compagnies de disque anglophones qui ont
sieurs autres pays. Le disque avait du suc- un volet francophone (dans les années 70, il
cès et « aller faire une tournée au Brésil y a eu le groupe CANO avec A & M Record
avec le disque en vente là-bas, ce n’était et Robert Paquette avec London Record),
18 Vox RDÉE Automne 2007