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Canaux de communication sans

fil radio-mobile
Laurent ROS, Octobre 2016

Séances d’introduction au cours « WirelessLAN et Internet of


Things », 3°année Grenoble-INP /Filière ISSC
(filière commune ENSIMAG et PHELMA)

1
Objectifs: quelques éléments fondamentaux sur la
couche physique des communications sans fil radio

Spécificités du canal de communication sans fil : principaux


paramètres et modèles, effets et conséquences sur la communication
Principe de schémas d’émission / réception adaptés à certains
problèmes (techniques de diversité, modulation multi-porteuse OFDM)

Schéma de communication de Claude Shannon, 1948

Bruit, perturbations

Source(s) Émission Réception Destinataire(s)


(codage, Canal (démodulation,
bits modulation) signal signal décodage) bits

2
Schéma typique* d’une chaîne de transmission RF
* avec Décodage canal à décisions « dures »
(1 utilisateur)
D Étage RF Signal
S Modulateur
O
E
C
~
x (t )
M
O
signal Emetteur émis
Conversion A/N . formation
U Codage Source U B D
Codage Symboles voies Transpo. HF
R Multiplexage L
I Canal + I I Amplification xRF(t)
C (Codage ligne) bits bits
G Mise en / FI filtrage
E N Q
forme Q
E

Canal RF
D physique
E
S Démodulateur
C
T
O D
Étage RF rRF(t)
I D D Récepteur
(Décodage ligne) Egalisation, E
N E
Démultiplexage U’ . B’ C
M
A Décodage Traitements O Filtrage,
Décodage Source L I
T Canal S avant D
Amp faible bruit
A
conversion N/A bits I bits
I détection
FI Signal
G I Transpo. HF reçu
I N O
CAG
/
R E N
Q
E
Synchronisation

Débits binaires (bit/s) : Db(U) < Db(B) FI: fréquence intermédaire, typiquement 70MHz à 400 MHz
RF: radio-fréquences, typiquement 900 Mhz à 40 GHz 3
Contexte du cours : réseau sans fil

Exemples d’applications:
téléphonie cellulaire
mobile (3G, 4G,...),
WIFI mobile (WIMAX),
Réseau longue portée basse
consommation (LoRa,
SigFox),
Internet des objets (IoT)

ondes radio-électriques, avec émetteur ou/et récepteur mobile :


spécificités systèmes: bande passante, puissance, type d’accès multiple, ...
canal “riche”: échos + évolutions dynamiques (effet Doppler), ...
4
Illustration: téléphonie mobile cellulaire, en lien descendant

1- « interférence »
- propre,
- d’accès multiple
(intra et inter-cellules)

Mobile
« d’intérêt »

Station de base 2- « fading »


ou évanouissements
d’amplitude au
cours du temps
5
Différentes échelles de fluctuation du canal avec la distance (1)
=> focus du cours sur petite échelle (quelques longueurs d’ondes λ)

en fonction de l’éloignement du mobile

(échelle log)

Phénomènes physiques en jeu :


• Réflexions (sur grandes surfaces lisses >> λ), Diffractions (grandes arrêtes => déviations)
• Diffusions « scattering » (surfaces rugueuses, feuillage, irrégularités < λ )
• Obstructions ou masquage « shadowing » (par obstacle dim >> λ)
6
Différentes échelles de fluctuation du canal avec la distance (2)

4πd  n
1) Atténuation d’espace (“path loss”): ∝  
due à la distance, espace libre : n =2,  λ 
environnements réels les + typiques: n entre 2 et 4

2) Fluctuations sur de longues distances / λ : 5 m (intérieur) à


20 m (extérieur), dû aux effets de masque (immeubles, forêts, terrain, … )
=> V.A. de loi log-normale pour l’enveloppe (en dB, incertitude
gaussienne centrée, écart type typique entre 6 et 10 dB )

3) Fluctuations sur de courtes distances / λ : variation rapide


dûe aux trajets multiples => modèles aléatoires de Rayleigh, Rice, …
(nœuds et/ventres espacés de λ /4 dans le cas déterministe d’ondes stationnaires)

Note: 1) et 2) => dimensionement zones de couverture, bilan de liaison, …


3) => + grande difficulté Traitement du Signal, objet de ce cours

7
partie I:
Spécificités des canaux de
communications radio-mobiles

But: présenter les classes de canaux de communication , et les effets


et conséquences d’un canal de propagation sur un système de
communication, selon les valeurs des principaux paramètres :

• Système de communication (paramètres Ts, B)


• Canal radio-mobile (paramètres Bcoh, Tcoh)

8
A) Système de com. sur fréquence porteuse (en modulation linéaire) :
=> Cas mono-voie (1 utilisateur) : rappel
• Expression (de l’enveloppe complexe du signal Radio-Fréquence xRF(t)) :
+∞
x (t ) = Ts. ∑ a~[ m ] . he(t − m.Ts )
~
m = −∞

symboles numériques he(τ ) : forme d’onde émission


∈ alphabet complexe taille M (filtre de mise en forme
TF
1 symbole / Ts sec des symboles)
He(f)

9
rappel: Modulation linéaire (mono-voie)

Passage bits => symboles (de modulation)


Type de modulation définie par : M(taille) et correspondance bits / symboles

Débit binaire n bits Tb : temps bit


Db = 1/Tb (en bits/sec)

Rapidité de modulation R a~[ m ] a~[ m +1] a~[ m + 2] temps


(en symb/sec ou Bauds),
1 Db 1 symbole
R= = Ds = Ts : temps symbole
Ts n à M = 2n états

• 1 symbole est émis aux instants m.Ts ( m ∈ Z),

• Alphabet (taille M) complexe pour une trans. sur fréquence porteuse


~ = a + j. a
(correspondant à deux trains de symboles réels « I » et « Q »): a I Q

10
rappel: Modulation linéaire (mono-voie)

Exemple de formes d’ondes élémentaires pour illustration:


1) sinus-cardinal , ou +/- amorties (=> filtres 1/2 Nyquist avec roll-off)
he(τ) = 1/T . sinc(π τ /T ) B = 1/∆T
|He(f)|
∆T
τ f
0 ∆T 0 1/ 2∆T
pour ∆T =Ts => 1 / Ts = Bmin. pour trans. sans IES
avec canal mono-trajet
(Critère de Nyquist)
2) Forme rectangulaire
he(τ) = 1/ ∆T.Rect∆T (τ) Beq = 1/ ∆T |H (f)|
e

∆T

τ f
- ∆T/2 0 ∆T/2 0 1/ ∆T
En pratique (et dans ce cours) on suppose : B ≥ Bmin
• si B ≈ Bmin (par exemple Bmin ≤ B ≤ 1,5.Bmin ) : systèmes à Bande minimum (plus courants);
• si B >> Bmin : systèmes large-bande (largeurs d’impulsions ∆T << Ts ; forte résolution temporelle liée à 1/B)
rappel: Modulation linéaire (mono-voie)

xRF(t) rRF(t)
~ ~
r (t) ~ ~ â [m]
{ a~ }
x (t) y (t) y[ m]
[m]
he Re + PB hr
tm= t0+ mTs
Filtre d’émission
(mise en forme) e+j2πf0 t nRF (t ) 2e-j2πf0 t Filtre échantillonneur
de réception circuit de
Bruit
x (t) = Ts ∑ a~[ m ] . he(t-mTs)
~
(BBAG)
décision
m
DSP bi N0 /2

Performances optimales pour un canal mono-trajet invariant à Bruit Blanc


Additif Gaussien (BBAG) obtenues ssi:
• Absence d’Interférence-Entre-Symboles (IES): critère de Nyquist
vérifié pour le filtre global Tx/Rx p = he * hr
• Filtre de Réception adapté au filtre d’émission: hr(t) = he*(- t + t0)

⇒ Corrélation (produit scalaire) entre signal reçu et


forme d’onde (correctement retardée) : ~
y = ~
r (t ) ; h (t - mT )[m] e s
12
=> Cas modulation linéaire multi-voie (multi-utilisateur)

symboles xRF(t) Signal en bande portée:


d’information formes d’ondes signal en Bande globale
bande de base Transposition
{a1 [m]} φ1 (t) ~
x (t ) sur fréq. porteuse
B

{a2 [m]} φ2 (t) + Re


f

B Station 0 f0
{aK [m]} φK (t) Fréquence porteuse
f e+j2πf0 t
téléphonie 3G:
Émission (partie bande de base) 0 B = 5 MHz et f0 = 2 GHz

K +∞
x (t ) = ∑ ∑ k [m] k
~ ~ . φ (t − m.Ts ) • Temps symbole Ts,
a • Largeur bande B1 d’une voie
k =1 m = −∞ selon formes d’ondes φk(t)

• Pas d’Interférence Entre Symboles successifs (IES) => B1 ≥ 1/Ts = Bmin


• K voies (ou utilisateurs): pas d’Interférence Entre Voies (IEV) après filtre
adapté (produit scalaire avec φk’(t) ) à la réception si : 〈 φk(t) , φk’ (t) 〉 = 0
13
Exemples de Formes d’ondes : OFDM et CDMA
Orthogonal Frequency Division Multiplexing Coded Division Multiple Access

Parties réelles de φk (τ) Parties réelles de φk (τ)


Voies fk Voies
k=1 0 k=1
2 ∆f 2
3 2∆f 3
4 3∆f 4

⁞ ⁞ ⁞

8 8
⁞ τ ⁞ τ
0 +Ts 16 0 +Ts
bande 1 voie proche largeur min. (B1 ≈ 1/Ts ) bande 1 voie très large (B1 >> 1/Ts )
occupe fraction B. globale : (B1 ≈ B/K ) occupe toute la Bande : (B1 ≈ B )
14
B) Canal radio-mobile: paramètres, effets et conséquences
Classification des canaux de communication : ou comment apparait un
canal de propagation (de Bande de cohérence Bcoh, Temps de cohérence Tcoh)
pour un système de communication (débit symbole Ds = 1/Ts , et bande B)
TCOH Temps symbole Ts

Canal de com. lent, Canal de com.rapide,


plat en fréquence plat en fréquence

BCOH

Canal de com. lent, Canal de com. rapide,


sélectif en fréquence sélectif en fréquence

Bande du signal B (ou bande B1 d’une voie dans le cas multi-voie) 15


B1- Modélisation en B.B. du canal multi-trajet :
de la chaîne RF réelle vers la représentation complexe BB

Mod. I/Q (f0) BBAG Démod. I/Q (f0)


nRF(t)
xI (t) rI (t)
cos(2πf0t) Canal RF
2cos(2πf0t)
+π/2 + hRF +
+π/2
xQ (t) rQ (t)

bande B
Canal équivalent (complexe)
(autour de 0 Hz)
en Bande de Base (BB)
~
x (t ) ~
r (t )
h +
= =
xI (t) +j.xQ (t) n~ (t ) rI (t) + j.rQ (t)

16
Canal multi-trajet:
représentation réelle en Radio-Fréquence (cas statique)
Amplitude (réel) BBAG (réel)
Nombre de trajets Delai
L
rRF (t ) = ∑ ρ l × xRF (t − τ l ) + nRF (t)
l =1

Filtrage (convolution * ) => Rép. imp. Canal réel en R.F.


L
rRF (t ) = ( hRF * xRF )(t ) + nRF (t ) hRF (τ ) = ∑
l =1
ρ l .δ (τ − τ l )

17
Canal multi-trajet: représentation complexe
équivalente en Bande de Base (BB) (cas statique)

jφl
L
avec α l = ρ l .e
r (t ) = ∑ α l × ~
~ x (t − τ l ) + n~ (t)
l =1 et φl = −2πf 0τ l

Filtrage (convolution * ) => Rép. imp. Canal complexe en B.B.


L
~
r (t ) = (h * ~
x )(t ) + n~ (t ) h(τ ) = ∑ α .δ (τ − τ )
l =1
l l

Chaque trajet (#l) est caractérisé par 3 paramètres:


• αl : amplitude complexe (module ρl , phase φl )
• τl : retard
18
N.B: φl et τl estimés indépendamment (sinon amplification erreur s car f 0 >> B)
Modélisation en B.B. du canal multi-trajet : conclusion
(cas statique)
xRF(t) L trajets rRF (t) L

ρ1 , τ 1 r (t ) ≈ ∑ α l × ~
~ x (t − τ l )
~
x (t ) transposition retour l =1

Émission
freq. porteuse f0
ρ2 , τ 2 bande base
Réception
(partie bande Re (partie bande
de base)
ρL , τ L de base)

e+j2πf0 t e-j2πf0t
Canal équivalent (complexe) en Bande de Base modélisé par un
filtre linéaire de
Réponse Impulsionnelle h(τ, t) α1 paramètres:
α2
à l’instant t = t0
αL
τ τl , pour l = 1, ..., L
0 τ1 τ2 τL retards jφ
α l = ρl .e l
∆τ
φl = −2πf 0τ l
=> étalement temporel du canal : ∆τ = τL − τ1
∆τ = largeur du support de h(t) (durée des échos ou « delay spread ») 19
Annexe : Illustration en fréquence du filtrage équivalent en
B.B. associé au filtrage RF d’un signal (réel) à bande-étroite

|HRF-(f)| |X(f)| |HRF+(f)

f
-f0 +f0
~
x (t ) r% (t )
x(t) r(t)
HRF (f) HBB (f)

2
%
X(f)
1
fonction de transfert HBB(f) => R. I. hBB(τ) est complexe
0 f

20
B2) Effet (statique) liés aux échos (étalement des
retards ∆τ): sélectivité en fréquence

Exemple: canal à 2 rayons typique en Faisceau Hertzien Hyperfréquence


H(jω) = A.{ 1 + ρ .exp( - jω ∆τ ) }

∆τ : retard du trajet indirect


ρ : amplitude relative du rayon indirect

1 / ∆τ = 159 MHz A: atténuation apériodique


Minimums d’amplitudes périodiques
Bande de cohérence
tels que: ω ∆τ = (2k+1)π

Bande de cohérence Bcoh ≈ 1 /∆τ


Pratiquement, canal est quasi plat sur une bande faible vis à vis
de la Bande de cohérence Bcoh (typ. Bcoh /100)

=> Canal de com. non sélectif (ou plat) en fréquence ssi B << Bcoh
(pour syst. com. de bande B, remplacée par B1 dans le cas multi-voie)

21
Conséquences de la sélectivité en fréquence du canal
de communication (B1 ≅ ou ≥ Bcoh)

distorsion (fréquentielle) des formes d’ondes


(sauf si B1 << Bcoh : canal non sélectif en fréquence)

Conséquences de cette distorsion sur la communication :


Perte d’orthogonalité des formes d’ondes (cas multi-voie) entrainant:
Interférence Entre Voies (IEV) en sortie du récepteur conventionnel
(corrélateur avec forme d’onde désirée),

Interférence Entre Symboles successifs (IES) dans le cas d’un


système à bande minimale (B1 ≈ Bmin = 1/Ts)
Mais dans le cas d’un système large-bande (B1 >> Bmin = 1/Ts),
on peut assurer quasi pas d’ IES (Ts >> ∆τ Ds << Bcoh ) malgré sélectivité
en fréquence du canal de com. (B1 >> Bcoh) => Cf transparent suivant

22
Interférence Entre Symboles successifs (IES)
• si Ts < ou ≈ ∆τ : => Présence IES
Ts
1 symbole
h (τ ) (figure à titre illustratif seulement
avec Beq ≈ 1/Ts =Bmin)
τ
0∆τ∆τ
t
0 t 0
R.I. du canal

• mais si Ts >> ∆τ : (quasi) pas d’IES (avec filtres émission/réception adéquats et B ≥ Bmin)

Ts (Cas Beq ≈ 1/Ts = Bmin et canal de com.


quasi non sélectif en fréquence

t
0 0
t

Ts (Cas Beq >> 1/Ts =Bmin permettant


largeur impulsion ∆T << Ts et canal de
com. sélectif en fréquence)
t
0 0
t
B3) Effet dynamique lorsque le canal varie au cours
du temps t (dû à la mobilité) : h(τ) => h(τ, t)
Allure au cours
Réponse Impulsionnelle Réponse en fréquence
du temps
h(τ , t) TFτ
H( f , t) à une fréquence pure f
| H( f , t) |

0
| | dB
instant
τ Βcoh = 1/∆τ
t = t0 f t0
Τcoh
0 τ1 τ2 τL retards
0 fréquence =
∆τ (statique) 1 / fd
durée des échos

instant
t = t1 τ f t1
0
temps t t
temps t

Temps de cohérence Τcoh ≈ 1 / fd où fréquence Doppler fd = (vm / c).f0


Pratiquement, canal quasi-invariant sur durée << Tcoh (typ. Tcoh /100)
=> Canal de com. à variation lente ssi Ts << Tcoh (pour syst. com. de temps symbole Ts)
Modèle de variation du canal :
du modèle déterministe au modèle aléatoire
Modèle déterministe: pour appréhender les phénomènes,
mais non complet/adéquat en radio-mobile (sauf si espace très dégagé)
L
rRF (t ) = ∑ ρ l × xRF (t − τ l (t ) )
l =1
• sur quelques λ : ρl(t) ≈ ρl

• dérive linéaire du retard (et donc de


phase au cours du temps t :

τ l (t ) = ∆ l × t + τ l (0)
vm
où ∆ l = . cos(θ l )
c
φl (t ) = - 2πf 0 ×τ l (t )
vm : vitesse uniforme du mobile ; c = 3.108 m /sec 25
Variation des paramètres : modèle déterministe
• Cas L= 1 trajet avec éloignement du mobile θl=0 (et convention τl(0) = 0) :

si retard τl(t) = (vm / c) . t


Sans bruit : rRF (t) = ρl . xRF (t – τl (t))

=> ~
r (t) = ~
x (t - τ l (t )) . ρl . exp{ -j2π f0 . ( vm / c) t }
fd
≈ ~
x (t - τ l )
1 trajet
vm αl (t)

=> décalage de fréquence Doppler -fd


A.N. (UMTS): f0 = 2 GHz, vm < 500 km/h => fd < 926 Hz ; ∆l = +4,6.10 -7
B = 5 MHz (1/B = 200 ns)

Durant T = 1 msec => déplacement d < λ = 15 cm :


=> délai τl quasi-constant vis-à-vis ~ x (t ) (résolution temp. 1/B) : δτl < 0,46 ns
=> phase φl (t) à variation linéaire non négligeable : |δφl| = 2πf0 ×δτ < 334°
26
Conclusion sur quelques λ: variation surtout des amplitudes complexes
L
r (t ) ≈ ∑ α l (t ) × ~
~ x (t − τ l ) avec α l (t ) = ρ l . exp[ jφl (t )]
l =1
Conclusion modèle déterministe (espace libre, peu de diffuseurs) :
φl (t ) = − 2π . f d cos(θ l ) × t + constante
⇒ gain complexe αl du trajet l traduit une dérive linéaire de phase,
i.e. décalage de fréquence – fd cosθl où fréquence Doppler: fd = (vm/c).f0
Modèle aléatoire de variation des amplitudes complexes :
plus “unanime” en radio-mobile (nombreux diffuseurs autour du récepteur)

trajet n° l => 1 macro trajetl = un groupe de µ-trajets


tous de délais # τl pour résolution 1/B
(UMTS 1/B = 200 nsec ; GSM 1/B = 5 µsec)
Région de diffusion Note: différence de marche de 1 m
et micro-trajets différence de 1/c = 3,33 nsec

• Loi de l’amplitude complexe αl(t):


loi normale complexe circulaire
- centrée => Modèle de Rayleigh
- non centrée => Modèle de Rice

28
Annexe modèle aléatoire des amplitudes complexes (1)

1) Distribution des amplitudes complexes αl(t)


[ref: Brossier]
Modèle de Rayleigh « flat fading »:
NLOS (No Line of Sight)
jφl ( t )
N
jφl ,n ( t )
L= 1 macro-trajet, α l (t) = ρ l (t ).e = ∑ ρ l ,n (t ).e pdf module ρ
n =1

αl(t) : V.A. Gaussienne complexe (circulaire)


~ CN (0 ; σαl2)
Re{αl(t)} et Im{αl(t)} : 2 V.A. gaussiennes,
centrés, non corrélées, même variance ½ σ2αl

• Module ρl(t) = | αl(t)| : loi de Rayleigh


pdf phase
2ρ ρ2
pdf ( ρ ) = exp(− 2 ) pour ρ ≥ 0, 0 sinon
σα
2
σα
et pdf( ρ2) : loi exponentielle (=Chi 2 à n =2 ddl)

• Phase φl(t) = Arg{αl(t)} : loi Uniforme sur [0;2π] 29


Annexe modèle aléatoire des amplitudes complexes (2)

Modèle de RICE « flat fading »:


LOS (Line of Sight)

• Un composante deterministe (constante A)


ajouté par rapport au modèle de Rayleigh :

α l ' (t) = α l (t) + A

=> Distribution de probabilité des amplitudes complexes


modifiée : CN (A ; σαl2)

30
Annexe modèle aléatoire des amplitudes complexes (3)

2) Corrélation et Spectre (Doppler) de αl(t)


Hypothèse : WSS (« Wide sense stationary »)
Auto-correlation Spectre (DSP)
Sα l (ν ) = TF∆t { Rα l (∆t ) }
def def
Rα l (∆t ) = E{ α l (t ) × α l (t − ∆t ) } TF∆t
*

=> Modèle ou spectre de Jakes (ou spectre Doppler en U):


θ) = 1/2π
(pour environnement isotrope, c’est-à-dire pdf(θ π)

σ α2 l
Rα l (∆t ) = σ αl .J 0 (2πf d ∆t )
2 TF∆t Sα l (ν ) = pour ν < f d
2
ν 
πf d 1 −  
 fd 
Spectre de Jakes (ou en U)
vm
fd = . f0
c
ν
-fd + fd 31
Annexe modèle de variation du canal (4)

Conclusion : Canal “Flat fading” (L=1 macro-trajet)


de Rayleigh avec Spectre Doppler de Jakes
canal équivalent en B.B.
délai
~
x (t ) τl x +
~
r (t )
α l (t )
n~ (t ) BBAG

v ν complexe circulaire

fd = m . f0
c -fd + fd

BB Gaussien centré
complexe circulaire

Canal « plat » (non-sélectif) en fréquence dans la bande B, équivalent à un


simple gain complexe, mais qui varie au cours du temps (d’autant plus vite que
fd grand) avec de fortes fluctuations de puissance instantanée ( « fading » )
(| αl |2 ~ Loi du chi 2 à 2 ddl = Loi exponentielle de moyenne σl 2, de valeur + probable 0)
32
Annexe : Modèle de variation : canal “frequency selective fading” (5)

Modèle de Rayleigh à spectre Doppler de Jakes : cas multi-trajet


Hypothèse : US (« Uncorrelated Scattering »):
⇒ L gains complexes αl(t) (mod. Rayleigh à spectre de Jakes) indépendants,
et L retards τl (« distinguables ») , associés aux L (macro-)trajets.

canal équivalent en B.B.


délai
τ1 x

~ α1 (t)
x (t ) τ2 x
+ +
~
r (t )
α 2 (t )

τL x n~ (t )
BBAG
α L (t ) complexe circulaire

33
Annexe: Modèle de variation : canal “frequency selective fading” le + général (6)

Modèle statistique du canal « sélectif en fréquence »: + général


• Hypothèse WSS-US (stationnarité 2nd ordre + diffuseurs non corrélés)
• A partir de la R.I. 2D du canal h(τ,t) (ou F.T. H(f,t), …), définition de 4 fonctions de
corrélation (2D) du canal de P.A. Bello (1963), et relations de passage :
Spaced-delay time correlation function

Rh(τ , ∆t)
TFτ TFt
h(τ , t)

Spaced - Scattering
frequency
RH(∆f , ∆t) H(f , t) h2(τ , ν) Sh(τ , ∆ν) function
spaced-time
cor. function H2(f , ν)
TFt TFτ
τ: retard, t : temps, SH(∆f , ν)
f : fréquence, ν : (fr.) Doppler Spaced-frequency Doppler power spectrum

Rh(τ , 0) : Delay power spectrum ; SH(0 , ν) : Doppler power spectrum 34


Annexe: Modèle de variation : canal “frequency selective fading” le + général (7)

Coherence : Bande de cohérence (Bcoh),


et Temps de cohérence (Tcoh) :
• Exemple : à partir de la Fonction d’auto-corrélation temps-fréquence du
canal aléatoire : RH (∆f, ∆t) = E[ H(f; t) . H*(f- ∆f; t- ∆t) ]

• Bande de cohérence : Bcoh = support{ RH(∆f ; 0) }


Ecart fréquentiel minimum ∆f tel que les atténuations du canal soient décorrélées.
Bcoh # 1 / ∆τ , où ∆τ est l’étalement des retards (support mono{ Rh( τ , 0) })

• Temps de cohérence : Tcoh = support{ RH(0 ; ∆t) }


Ecart temporel minimum ∆t tel que les atténuations du canal soient décorrélées.
Tcoh # 1 / fd , où fd est l’étalement Doppler (support mono{ SH(0 , ∆ν) })

35
Effets et conséquences possibles de la dynamique du canal

Phénomène de « fading » ou d’évanouissements : forte dispersion au


cours du temps de la puissance instantanée du signal reçu (d’une voie de com.),
avec présence de valeurs quasi nulles (dégradant le Taux d’Erreur Binaire moyen).
Remarques :
- se produit même si canal de com. à variation lente (« slow fading »)
- phénomène de « fading » très limité si bande du signal d’1 voie B1 >> Bcoh
( canal sélectif en fréquence: apporte diversité de fréquence et effet moyenneur sur puis. inst.)

Distorsion des formes d’ondes si canal de com. rapide (« fast fading »),
pouvant entrainer de l’interférence entre voies IEV
(mais négligeable si canal de com. lent, c’est à dire Ts << Tcoh fd. Ts << 1)

Exemple de fluctuation de puissance instantanée « pseudo périodique » observée sur récepteur


mobile (vitesse vm) en réponse à une fréquence pure f0 = 2 GHz (λ = 15 cm)

Évanouissement profond
(« deep fade »)

(ou Tcoherence /2) Distance (ou temps)

0 140 cm => 1 sec à vm = 5 km/h)


Exemple de trajectoire (de la partie réelle) du gain (Modéle
Rayleigh à spectre de Jakes) d’un trajet au cours du temps :

Re{αl (t)}
avec fd.T = 0.001 avec fd.T = 0.3

Ref [Thèse H. Hijazi] t/T t/T 37


Exemple de trajectoire du module du gain (Modéle
Rayleigh à spectre de Jakes) d’un trajet au cours du temps,

en décibel : 20.log | {αl (t)} |


avec fd = 10 Hz avec fd = 100 Hz

Extrait de Wikipedia (“Rayleigh fading”):


38
http://en.wikipedia.org/wiki/Rayleigh_fading
Conclusion sur les effets du canal radio-mobile :
1) statique (filtrage « parasite »)
distorsion fréquentielle non négligeable peut amener de l’interférence entre
voies ou/et entre symboles.
=> 1 remède : schéma multi-porteuse OFDM : transforme un canal large-bande
sélectif en fréquence (largeur B>>1/ ∆τ) en de multiples canaux bande étroite
(largeurs B1 = B/K << 1/ ∆τ ) quasi-plats en fréquence et sans IES (Ts >> ∆τ).

2) dynamique (modulation « parasite »)


a- « fading » : évanouissements du RSB au cours de la transmission (d’un
grand nombre de symboles) => TEB moyen vs RSB moyen très dégradé
=> 1 remède: introduire de la diversité (fréquentielle, temporelle, spatiale, …
par du codage, des antennes multiples, …)

b- Et si canal rapide à l’échelle de Ts (``fast fading’’): distorsion des formes


d’ondes/interférences entre voies, difficultés d’estimation/synchronisation

39
Synthèse des effets d’un canal de propagation “underspread” ( ∆τ << Tcoh fd << Bcoh)
sur un système de communication selon les choix du temps symbole Ts et de la bande (d’1voie) B1

40
Ordres de grandeur pour
quelques liaisons RF (1)
• Liaison radio-mobile (canal « UMTS ») :
évolutions dues au mouvement du téléphone portable
Exemple: f0=2GHz, vitesse vm = 120 km/h, on mesure ∆τ < 20µs

Choix système du débit symbole (1voie) Ds = 1/Ts ?

1- => Bcoh = 1/ ∆τ = 50 kHz


canal de com. sans IES => système tel que Ds+ << = 50 ksymb/sec

2- => élargissement Doppler fd = f0.vm/c =220 Hz => Tcoh = 1/ fd ≈ 4 ms


canal de com. lent (vs Ts) => système tel que Ds- >> 220 symb/sec.
N.B.: on vérifie Tcoh / ∆τ ≈ 200 >> 1 41
Ordres de grandeur pour quelques liaisons RF (2)

• Faisceaux Hertziens fixes (signaux TV ou téléphone) :


évanouissements « évolutifs » dues aux irrégularités atmosphériques
Exemple: liaison en visibilité radio-électrique de 58 km à 11.7 GHz,
1- ∆τ de quelques nanosecondes => Ds+ << 300 Msymb/sec
(Bcoh = 300 MHz)
2- Tcoh de l’ordre de la seconde => Ds- >> 1 symb/sec

• Transmission ionosphérique :
évolution ionique des couches (entre 50 et 250 km) avec l’activité solaire, …
Exemple (source CNET Lannion): liaison de 600 km à 8 MHz,
1- 5 trajets majeurs étalés sur ∆τ = 5 ms => Ds+ << 1/ ∆τ = 200 symb/sec
(Bcoh = 200 Hz) => très faible débit possible avec dispositif simple/1 voie
2- Tcoh entre 0.5 s et 10 s => Ds- >> 2 symb/sec

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Exemple de fonction de diffusion (« scattering function »)
mesurée (transmission troposphérique).
Exercice :
1) Ordres de grandeurs de Bcoh, Tcoh ?
2) Pour les formes d’ondes des systèmes GSM (B = 200
kHz) et l’UMTS (B = 5 MHz), le canal apparaitrait-il
Sh(τ , ν) « flat fading » ou « frequency selective » ?
3) Annexe: IES ? Robustesse à l’effet de « fading »
(forte variation temporelle de la puissance instant.) ?
si on suppose Ds ≈ 125 ksymb/sec (durant la période
de transmission, i.e. seulement 1/8 du temps en GSM)
4) Annexe: Quelle forme serait théoriquement observée
pour un canal multi-trajet de type ``Rayleigh-Jakes’’ ?

Delay τ
( in 1/10 of µsec)
Figure extraite du livre de référence
[Proakis, « Digital communications »]

Doppler ν ( in Hz)
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Bibliographie
• John G. Proakis, « Digital Communications », Mc Graw Hill edition,
5th edition, 2008

• David Tse, and Pramod Viswanath ,« Fundamental of Wireless


Communication », Cambridge University Press, 2004,

• Andrea Goldsmith, « Wireless Communications », Cambridge


University Press, 2005

• H. Meyr, M. Moeneclay, S. Fechtel, “Digital Communication Receiver :


Synchronization, Channel Estimation, and Signal Processing”, Wiley, 1998

=> Notes rédigées pouvant s’appliquer à ce chapitre d’introduction:


• Chapitre 4 du manuscrit HDR « Traitement du signal pour les communications
numériques au travers de canaux radio-mobiles », Laurent Ros, Mars 2016
https://hal.archives-ouvertes.fr/tel-01345384
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