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Perception, attention et
mémoire
24 janvier 2013 – CM

La perception
Introduction :

Percevoir semble être une activité simple et spontanée. On ouvre les yeux et on perçoit.
Mais c’est une activité complexe qui nécessite de nombreuses structures biologiques et/ou
mentales…

 Quelles structures biologiques ?


 Quelles structures mentales ?
 Quelles théories sous-jacentes ?

Objectif de la psychologie cognitive :

- Savoir comment cela fonctionne/s’organise


- Pose des difficultés car souvent c’est une activité qui se réalise à notre insu/peu
consciente…

Historiquement : Succession de théories sur la perception

 Béhaviorisme Stimulus – Boite Noire – Réponse


 Gestalt Théorie de la forme
 Approche cognitive Modèle du traitement de l’information

1. La théorie de la Gestalt

Origine = 1890

Christian Von Ehrenfels


1859-1932
Philosophie

Développement : Ecole de Berlin = 1912

Max Wertheimer 1880-1943 (étudiant de Ehrenfels) – Psychologie criminelle


Wolfgang Köhler 1887-1967 – Psycho-acoustique
Kurl Koffka 1886-1941 – Perception du rythme

Ces 3 premiers sont à l’origine de l’école de Berlin.


Kurt Lewin 1890-1947 – Biologie Médecine

Généralisation de leur approche.


 Perception, motricité, mémoire et intelligence
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 Principe de base : « Gestalt » de l’allemand « forme »

 Théorie de la forme
 Postulat de base : Le stimulus s’impose d’emblée au sujet comme une forme, une
configuration : une « Gestalt »

Stimulus = Une stimulation visuelle/auditive/Etc.


S’impose = Peu de réflexion
D’emblée = Immédiatement
Configuration = structuré

Il y aurait une résonnance entre :

Organisation de organisation du
La forme cerveau

Mise en évidence de lois d’organisation (structuration) perceptive

 Deux lois principales : les plus générales

La loi de la bonne forme

Prédit que, parmi plusieurs interprétations possibles, la plus simple sera toujours privilégiée
car elle correspond au formes les plus naturelles (les « bonnes » formes)

Exemple : la bonne forme par excellence : le cercle


Forme régulière, symétrique, continue, définit un espace, stable…
Exemple : facilité à percevoir des visages dans une scène visuelle riche

 Génère une interprétation plus simple quand il y’a présence d’ambigüité

La loi de la familiarité (ou de la signification)

Précise le rôle des attentes pré-perceptives, c’est-à-dire des connaissances antérieures au


sujet.
 Permet une structuration selon ces connaissances antérieures
Exemple : visage, expérience régulière depuis la naissance…
Quelques indices suffisent... : -)

Génère des attentes : présence d’objets dans un endroit donné


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Exemple :

Foret, ruisseau, personnage, cheval, rochers…

Ciel étoilé – grande ours

 Près de 200 lois « plus ponctuelles » :

Loi de la proximité, similarité, symétrie, destin commun, conne continuité…

Quelques exemples :

a) Loi de la proximité (voir doc)

Les éléments proches vont être regroupés plus facilement.


On crée presque des choses qui n’existent pas, comme les lignes dans le a) et b).
b) Loi de la similarité

Eléments similaires = éléments regroupés


Similarité de forme, couleur, orientation, brillance, teinte, etc.
c) La loi d’orientation
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Eléments orientés identiques = éléments regroupés


En fonction de la complexité des formes c’est plus ou moins évident de regrouper…
d) Loi du destin commun

Eléments déplacés ensemble = changement de localisation pas de la forme.


Quand ce principe est respecté=constance de la forme
Loi qui régit les relations entre configurations.

Conclusion :

La Gestalt est une posture théorique qui suppose une perception directe et organisée.
Ce sont des lois qui sont toujours utilisées pour décrire notre perception.
 Utilisation possible en ergonomie des interfaces, design web…

/ !\ Décrire mais pas expliquer notre perception !


Depuis 1912…
Beaucoup de changement/Beaucoup de travaux…

2. Plusieurs perceptions
Il existe plusieurs types de perception :

Kinesthésie Extéroception
(ou proprioception)

Connaissance de notre mon intérieur (i.e Connaître notre monde environnant


Sens du mouvement et de la position du
Corps dans l’espace. Stimuli Externes :
Vision
Stimuli interne Olfaction Audition
Gustation
Proprioception : Perception de la position du corps Toucher
=Récepteurs au niveau des muscles, des articulations
Et des tendons.  Rend possible la
_Savoir qu’on a le bras tendu communication avec les
autres, avec les objets, etc.
Système vestibulaire : perception des mouvements Cécité= perception modifiée,
De la tête = récepteurs dans l’oreille interne. nécessité d’être actif
_Savoir qu’on se déplace (train, manèges, problème :
Espace, mal des transports) Perception distale = perception à
distance du stimulus. (vision, olfaction,
audition)
Perception proximale= perception
nécessitant le contact avec le stimulus.
(gustation, toucher)
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Le cas de la perception visuelle :

Introduction :

C’est le sens le plus étudié : énormément de littérature.


Principe : La lumière rencontre un objet -> projection de l’image inversée sur la rétine.

 La lumière = énergie électromagnétique faite de particules élémentaires, les photons.


Elle est définie par sa longueur d’onde (nanomètre ou nm) : spectre (voir doc)

La partie visible est très étroite.


Certaines espèces perçoivent plus de longueurs d’ondes.
La perception visuelle humaine) une vision du monde particulière.

 L’œil = possède des récepteurs sur la rétine : cônes et bâtonnets


Les cônes contiennent des pigments qui sont décomposées par les photons de la
lumière.
 Processus photochimique
 Génère une activité électrique
 Transmise aux neurones du système visuel
 Vers le cerveau…

Questions :
-Malgré la tâche aveugle liée au nerf optique, on ne perçoit pas une image trouée ?
-Malgré une perception des couleurs uniquement au niveau du fovéa on perçoit la scène
complète en couleur ?
-Malgré une projection en 2D sur la rétine, on perçoit en 3D ?
-Malgré une projection inversée sur la rétine on perçoit « à l’endroit » ?

Il existe certaines anomalies de la vision des couleurs :

- Achromasie : non perception de la couleur


- Daltonisme : certaines couleurs ne sont pas ou mal perçues

Bâtonnets Cônes

Nombre : 125 millions Nombre : 6,5 millions


Position : surtout autour de la Position : surtout au niveau de la
fovéa fovéa
Sensibilité : très élevée (vision Sensibilité : faible
nocturne) Perception des couleurs : oui
Perception des couleurs : non
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 Le cortex = Première projection des informations dans les aires visuelles primaires.
(Aires visuelles dans le lobe occipital) Puis traitement par plusieurs zones du
cerveau…
 Pour générer une perception « consciente », les informations captées par les
récepteurs doivent parvenir au cortex pour y être traitées, codées, interprétées…

Pas que la couleur… forme, distance, profondeur…

31 janv 2013

3. Le traitement de l’information

Introduction

 Notre objectif :

Comprendre ce qui se passe au niveau du cortex et plus généralement dans le cerveau

 Quel courent théorique ?

- Behaviorisme Ne s’intéresse pas à la boite noire !


- Gestalt Permet juste de décrire (pas forcement de comprendre) !
- Approche cognitive Modèle du traitement de l’information

Entrée dans le cognitivisme…

_ Courant de recherche = réaction au béhaviorisme

 Comprendre ce qu’il se passe dans la boite noire


 Modéliser la pensée (boites, flèches, relations entre boites…)

_ La pensée = système de traitement de l’information

 Acquisition / Manipulation / Transformation / Stockage de l’information


 Par analogie au fonctionnement d’un ordinateur (historiquement //)

Captée Codé Stockée Manipulée


Web cam Processeur Disque dur Mémoire vive
Clavier/souris Fichier Octets Processeur

 Influence de plusieurs disciplines ) sciences cognitives


 Psycho/ philo/ neuro/ informatique/ I. A. / Linguistique etc.

 Quels objets d’étude :

 L’intelligence, la pensée… La Cognition


La cognition est mobilisée dans de nombreuses activités ; mémoriser ; agir ;
résoudre des problèmes ; raisonner, comprendre, parler,… Percevoir

 Quels objectifs :
 Identifier les localisations (les boites) et les processus (i.e. opérations élémentaires,
les flèches) nécessaire à l’accomplissement de ces activités.
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 Quels moyens ?
 Méthodes expérimentales, imageries, cliniques, tests…

Retour à la perception visuelle :

Si le système cognitif = système de traitement de l’information


Percevoir= traiter de l’information
Mémoriser, parler, raisonner, bouger = traitement de l’information

Information = captée, codée, sous forme de représentation, stockée, manipulée.


Au cours de différents niveaux de traitement…
Du plus simple, automatique, au plus complexe élaboré.

Perception= ensemble de mécanisme et de processus intervenant à différents niveaux de


traitement

Les niveaux de traitement : (voir PDF page 12)

a) Le codage des dimensions


La scène visuelle va être décomposée en différentes caractéristiques.
- La couleur
- Le mouvement
- Profondeur
- Mais aussi forme, texture, luminosité…
Le codage de la profondeur : disparité rétinienne
Quand on fixe « A »
 Formation images sur chaque rétine
 Formation d’un angle 1

Quand on fixe « B »
 Formation images sur chaque rétine
 Formation d’un angle 2

« B » étant plus loin que « A »


Angle 2 < Angle 1 = disparité rétinienne
 Certaines cellules dans V1 traitent cette disparité
 Reconstruction d’une profondeur perçue

Chaque caractéristique est traitée par un groupe de neurones particuliers (=un module)
 Mise en évidence par des études en neurophysiologie

Schématiquement : V1 Le traitement primitif orientation


V2 Les formes
V3 Les formes en mouvement
V4 Les formes colorés et directions
V5 Les mouvements et directions
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 Le traitement est parallèle et modulaire (chaque dimension est codée par un module
indépendant).

Une scène visuelle captée par l’œil arrive dans le cerveau par des modules en parallèle
(forme, couleur, mouvement, texture…)

Ce traitement est ascendant car le codage des dimensions est automatique et sans
référence aux connaissances.

Traitement ascendant Traitement qui utilise les informations provenant du stimulus,


(oubottum-up) des organes sensoriels, et analysent l’environnement
seulement sur la base de ces informations

Les études :

Les travaux de Hubel et Wiesel (1959, 1962)

 Travaux sur le système visuel (chat)


Prix Nobel de médecine en 1981

 A Caractéristique particulière du stimulus


Réponse de certains neurones particuliers
 Nombreux neurones de l’aire 17 (aire visuelle 1 du chat)
Réponse sélective à l’orientation
Réponse maximale quand l’orientation de la barre lumineuse et le grand axe de leur
champ récepteur sont identique
 Ainsi, certaines cellules répondent à certaines orientations et positions dans le champ
visuel

 D’autres cellules plus complexes vont répondre à un mouvement particulier

Les travaux de Zeki

 Travaux sur le système visuel (singe)


Par TEP (Tomographie par émission de positions)
Confirmation des travaux de Hubel et Wiesel

PET Scan
Injection d’un traceur qui émet des positions
Détection de la position de ces positions
 Visualisation de l’activité des cellules
 Imagerie fonctionnelle (en live)

IRMF (Imagerie par résonnance magnétique fonctionnelle)

Enregistrement des variations des propriétés du flux sanguin, il a pu distinguer des zones du
cerveau qui répond directement aux lettres, aux zones de luminance, aux nombres et aux
couleurs.
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Cl°- Il a montré que le système visuel est organisé en cartes séparées et spécialisées (les
modules). Et ces cartes permettent de traiter des éléments particuliers de notre
environnement.

Travaux de Treisman et Gelade (1980)

 Regardons « très rapidement » les images suivantes. (PDF 8-9-10)


 Image 1 et 2, la cible se différencie par 1 dimension (ou primitive)
 Image 3, conjonction de 2 dimensions (couleur et orientation)

 Mise en évidence que les dimensions élémentaires sont traitées de façon


automatique en quelques milli seconde.
 Plusieurs dimensions nécessitent plus de temps…
 Effet du nombre de distracteurs (très peu pour le 1 & 2, nombre de distracteur est
plus important pour le 3)

Cl°- Le codage est effectué par des modules séparé, il est effectué par des zones
spécialisées du cerveau mais aussi en parallèle. C’est un codage automatique qui est un
traitement ascendant. Mais l’organisation de dimensions semble plus « couteux »..

b) L’organisation perceptive

Cette étape de traitement permet de mettre en relation les différentes dimensions codées
précédemment.

(schémafédik)

De nouveaux modules reçoivent le produit des traitements précédents et organisent les


dimensions en une représentation globale.

Nécessite des ressources attentionnelles mais c’est toujours un traitement ascendant.

Cette organisation suit les lois de la théorie de la gestalt.

Théorie de Marr (1982)

(schéma)

(PDF – 11) Mise en relation forme + couleur + mouvement + profondeur

= représentation perceptive globale de l’objet


= en volume mais dépendante de mon point de vue.
= Non située dans l’espace 3D -> Représentation en 2D ½