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Un musée où se tient ce genre d’expositions [les expositions discursives], réunit

trois acteurs problématiques qui sont : la politique, le public, les médias.

Le public constitue son propre problème, il doit donc être protégé de lui-
même.

L’impressionnisme était un escapisme pour retrouver des paysages qui


n’existent pas.
En 2001, j’étais le premier au monde je pense à faire une exposition d’Olafur
Eliasson
Nous avons eu énormément d’écho dans les médias et p
La foie dans la sphère publique lorsque celle-ci est
Le public est une autre sphère publique / la sphère publique s’est effondrée
Le public et les médias, les pages culturelles, sont des variables qui font l’objet
d’une recomposition permanente.
La presse et le public sont à voir comme les ennemis du musée en quelque
sorte puisqu’ils ne soutiennent pas le travail d’un musée ou d’un centre d’art.
La sphère publique est devenue un problème pour le musée et les centres
d’art qui doivent désormais trouver leur public eux-mêmes.
Jacques Derrida, le public est devenu une variable qu’il faut
Toute politique culturelle doit prendre le risque de trouver son public.
Nous sommes donc un système de support, de soutien pour que les œuvres
ZKM : Un musée qui aide à la production. Le musée ne doit pas dicter ce
qu’est l’art, il doit suivre l’art.
Sur l’expression « exposition discursive », une des sources c’est Charles
Baudelaire qui en 1900, en parlant des nazaréens, a justement dit que leur art
discursif allait très loin et que leurs images projettent ce qu’ils savent de la
sociologie, de la philosophie, etc. C’est étrange de lire ça chez Baudelaire
parce que c’est quelque chose qu’on retrouve en permanence par
exemple, dans Documenta, on reproche souvent : ce n’est pas de l’art parce
que ça nous montre trop de sociologie, de philosophie, de politique (23:00) ;
donc le reproche qui est fait n’est pas d’aujourd’hui. Déjà Baudelaire disait :
les nazaréens nous montrent trop de sociologie et de philosophie.
Les expériences de la pensée nous ont conduit à cette « exposition
discursive » qui est une exposition qui n’est pas consacrée à l’art conceptuel,
qui ne montre pas que des concepts ou des idées, mais une exposition qui
présente un nouvel assemblage des productions et des expériences.
Depuis Habermas, depuis son écrit de 1962, la transformation de la sphère
publique, nous savons que le public qui jusqu’à présent était en mesure
d’être confronté de façon résonante est devenu un consommateur de l’art,
de la culture.
Alors, est-ce que les institutions culturelles doivent accompagner cette
consommation culturelle ou bien est-ce que ces institutions ne doivent pas
redevenir des lieux de réflexion et de raisonnement sur la culture et l’art. Voilà
un des objectifs que nous poursuivons avec cette « discussion discursive », – je
vous dirai par la suite si la tentative est concluante ou pas – il s’agit de trouver
un nouveau public car je crois qu’il n’y a que dans l’art qu’on peut recréer
une sphère publique démocratique. Ce n’est plus possible dans les médias,
dans la politique mais une idée ou une représentation de ce que peut être
une démocratie ne peut plus s’exprimer que dans une exposition. C’est l’une
de mes thèses. (25:09)
Alors, comment je me suis étayé cette thèse : Aristote disait que tous peuvent
réfléchir à tout, tous peuvent parler de tout et tous peuvent tout voir. C’est ça
la démocratie. C’est cette justice-là que recherche la démocratie. Hannah
Arendt a parlé de la condition humaine et disait que la ville est une
organisation de personnes qui rassemblent leurs activités et leur permet
d’échanger. Mais la réalité de cet espace public s’exprime dans la présence
simultanée d’innombrables perspectives et aspects qui cohabitent et
coexistent et pour lesquels il n’y a pas de dénominateur commun. Nous
devons donc admettre qu’il n’y a pas de mesure commune, pas de
dénominateur commun et donc on peut avoir un avis divergent dans le
cadre démocratique et donc l’espace démocratique est celui qui reconnaît
la possibilité de la dissension et c’est ça que le musée doit chercher, la
dissension, la divergence de vue en vue de promouvoir l’espace
démocratique comme les médias qui pour avoir autant de lecteurs que
possible cherchent en permanence la mesure commune, le dénominateur
commun. (26:57)
[…]
À propos de l’exposition « Zur Vorstellung des Terrors : Die RAF-Austellung » au
Kunst-Werke à Berlin sur la RAF (Fraction armée rouge ou « la bande à
Baader »), 2005 : […] nous n’avons pas montré ce qu’était la Fraction Armée
Rouge en réalité mais nous avons montré son reflet dans les médias. Or nous
savons que les médias, les quotidiens, la télévision ont donné une image
falsifiée, déformée de ce mouvement politique. Nous n’avons pu faire cette
exposition qu’en rétablissant cette image, en reconstituant la sphère
publique et en faisant comprendre au public que si vous observez ce que
nous vous montrons, vous verrez la réalité ; si vous observez ce qu’en disent
les médias, vous ne serez qu’un observateur de deuxième rang. On a ensuite
montré comment le public réagissait. Ni en Italie, ni en Allemagne, ni en
Autriche il n’aurait été possible de faire une exposition où on aurait vraiment
essayé de reproduire, de réinterpréter l’expérience historique que
représentait ce mouvement. On ne pouvait montrer que ce qui a déjà été
montré. (30:34) C’est ce que les philosophes, de Heidegger jusqu’à
Baudrillard, Anders et d’autres en disant que l’image précède la réalité. Nous
ne pouvions rendre compter que des images que la sphère publique avait
construites. Nous avons redonné sa publicité. Ça a été ensuite un très grand
succès. Les médias quand ils ont revu leurs propres images, étaient
absolument emballés.
Je parle donc d’une expérience vraiment vécue et acquise au quotidien.
[…]
Le ZKM était une ancienne usine d’armes qui est devenue un centre de
production culturelle.
[…]
iconoclash et Making things public sont deux expositions discursives
Malevitch et Duchamp sont deux symboles de la crise de la représentation
Ce n’est pas une image, ce n’est que l’objet » Duchamp
Karl schmit et walter benjamin : une

Entre l’organisation esthétique et l’organisation sociale, il y a des liens. Ces


liens, on a tendance de façon superficielle à les qualifier de miroirs de l’art.
alors, le miroir des arts n’est pas comme le miroir dans lequel je me regarde, il
ne déforme que légèrement, et le miroir de l’art n’est pas le miroir de Lacan –
le miroir de l’art, et notamment de l’art contemporain, est devenu très
complexe mais la fonction reflétante de l’organisation sociale qui consiste à
établir un lien entre la sphère sociale et la sphère de l’art, cette fonction-là
reste. Donc, la crise de la représentation dans l’art annonçait, en fait, la crise
de la démocratie parlementaire représentative. Aujourd’hui où nous
traversons cette même crise, au cœur même de l’Europe à un degré bien
plus intense, le moment est venu de se poser la question de savoir comment
résoudre cette crise. L’art et la science peuvent nous aider à comprendre
qu’il ne s’agit pas de revenir vers l’ancienne solution, c’est-à-dire pas de
représentation, plus d’objets ou en tout cas un objet et pas d’image de
l’objet, le monde sans objet, ça c’est une solution obsolète. Ce que nous
demandons aujourd’hui c’est plus de représentation mais il faut voir
comment on peut hors de la sphère parlementaire arriver à ce plus de
représentation. […]
Net_condition : l’univers en ligne, première exposition en 1999 consacrée à la
toile (42:24) / corps anagrammatique _ corps et sa construction
génétique / la thèse étant que le beau n’est plus la scène sur laquelle
travaille l’art. les lieux des beaux corps beaux se trouvent dans les médias […]
les corps anagrammatiques (CTRL)
Dans ces expositions discursives, on montre des thèses et on les réfute. (44:44)
Notamment, on essaie de réfuter la thèse de Foucault selon laquelle on vit
dans une société de contrôle et Big Brother, la téléréalité, etc. conduit à ne
plus vouloir être contrôlés, observés, on ne souhaite que ça, on ne demande
que ça donc on est passés d’une société qui ne souffre plus d’être sous l’œil
de Big Brother mais qui jouit de cette surveillance. Une société qui s’expose
pour participer à la téléréalité pour voir les autres vivre leur vie. Il y a donc les
classes visibles et les classes invisibles et les classes visibles sont celles qui
gagnent dans la lutte des classes, raison pour laquelle les classes invisibles
aimeraient en moins avoir accès à la télévision pour vivre dans l’illusion
qu’elles font partie des classes visibles et donc gagnantes. (45:56)

Jamie Wagg, History Painting ___ scandale suite à la peinture : exploitation du


malheur d’autrui alors que dans les médias on leur a rien dit !
Cela montre l’énorme écart entre la sphère publique des médias et la sphère
intime.
Ce qui prouve que c’est l’art qui pose
Selon Marx, les idéologues sont ceux qui ne savent pas ce qu’ils font.
Future Cinema
2004 : Call me Istanbul exposition faite parce que plusieurs allemands et
autrichiens sont contre l’adhésion de la Turquie dans l’UE

(53:00) réécouter _ il parle de la Turquie, Atatürk et les modernistes.

L’avantage de ces expositions discursives, lorsqu’on se consacre à une


exposition discursive, on voit bien que l’idée ou le concept même de
« virtualité » ont précédé l’ordinateur