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15 techniques infaillibles pour prendre votre interlocuteur

pour un con

PAR DJINNZZ · PUBLICATION 5 MAI 2016 · MIS A JOUR 5 MAI 2016

Des gens d’une mauvaise foi absolue, vous en avez forcément dans
votre entourage. En général, ceux-ci sont prêts à user de toutes les
malhonnêtetés argumentatives pour tenter de vous convaincre… ce
qui est souvent très énervant! Mais voyez plutôt le bon côté des
choses, ces abrutis vous offrent sur un plateau un véritable terrain
d’expérimentations qui vous permettra de devenir expert ès
sophisme.
C’est parti pour une visite guidée des arguments les plus fallacieux
qu’on peut vous opposer!

1
La généralisation abusive
Le principe: tirer une conclusion générale d’un événement précis,
d’un exemple particulier.

Exemple:
– Les fonctionnaires sont tous des fainéants!
– Pourquoi tu dis ça?
– Ben hier, j’ai été à la mairie et une des standardistes se faisait
une manucure. Non mais tu te rends compte??? Et après, on se
demande pourquoi on doit payer toujours plus d’impôts!

(En gros, faire ressortir une généralité d’un échantillon non


représentatif est d’une incongruité impardonnable!)

2
Le Non Sequitur, ou la conclusion qui ne suit pas les
prémisses
Le principe: bien connu des mathématiciens, ce sophisme consiste
à confondre volontairement la notion d’implication et d’équivalence.
En gros, la conclusion tirée peut être soit vraie soit fausse, mais ce
n’est certainement pas pour les raisons données par l’orateur!

Exemples:
« Même les plus grands scientifiques ne savent pas comment la vie
a été créée sur Terre. C’est donc bien que Dieu existe! »
« Tous les consommateurs de drogue dure ont commencé à fumer
de l’herbe. Donc si tu fumes du cannabis, tu finiras héroïnomane! »

3
Le syndrome Galilée
Le principe: Faire appel à une situation vaguement analogue pour
appuyer ses propos.

Exemple:
– Vous pensez tous que j’ai tort? Personne non plus ne croyait
Galilée quand il avançait que la Terre tournait!
– Euh… Ouais, forcément, vu comme ça…

Autre exemple :
– Quoi?! Tu manges de la viande?
– Ben… ouais.
– Mais quelle horreur! Sais-tu que Mussolini ou Hitler, eux aussi,
mangeaient de la viande? On voit ce que ça a donné!

(À ce stade de la conversation, vous êtes autorisés à saisir à pleine


main le morceau de gigot avec lequel vous vous apprêtiez à vous
régaler et à le foutre violemment dans la gueule de votre
interlocuteur. Non, ne me remerciez pas.)

4
L’appel à l’ignorance (aussi appelé le renversement de
charge de la preuve)
Le principe: Affirmer que l’on a raison tout simplement parce que
personne ne peut prouver le contraire!
Exemple:
* DING DONG *
– Ouais, c’est pour quoi?
– Nous venons sauver votre âme, Monsieur. Saviez-vous que lors
du Jugement dernier ceux qui ne sont pas témoins de Jéhovah
finiront par brûler en Enfer?
– Pfff…
– Vous avez l’air sceptique, Monsieur. Pourtant, PERSONNE n’a
jamais pu démontrer que c’était faux!
– Ah bon? C’est vrai? C’est sûrement que c’est vrai alors.
Heureusement que vous êtes passés!

(marche aussi avec l’Atlantide, le trésor des Templiers ou le père


Noël…)

Note: D’une certaine manière, le sacro-saint « principe de


précaution » peut être considéré comme un sophisme de ce genre.
Ben oui, quoi. Prenez les ondes WiFi, par exemple. PERSONNE n’a
jamais réussi à démontrer qu’elles n’étaient pas dangereuses pour la
santé, pas vrai? Donc elles le sont…

5
L’effet Atchoum (ou effet post hoc ergo propter hoc pour
les intimes)
Le principe: confondre allègrement postériorité et conséquence…

Exemple:
– Hé, mec, je crois que j’ai un super-pouvoir…
– Ah ouais? Raconte!
– Hier, j’ai éternué et… PAF! Il a plu!
– Dingue!

Autre exemple:
– Je viens de trouver un remède miracle contre le hoquet!
– Ah oui? Quoi donc?
– Manger une pomme! Figure-toi qu’à peine j’avais terminé de la
manger que PAF! Mon hoquet avait disparu!
– Incroyable!
– Mais bon, c’était une Pink Lady. Je peux pas garantir que ça
marche avec toutes les espèces!

6
L’ argumentum ad hominem
Le principe: s’attaquer personnellement à l’orateur pour démonter
ses arguments.

Exemple:
– Quoi?! Toi, tu es pour le mariage gay? Nan mais je rêve!
– Ben quoi?
– Peuh! Je ne suis pas étonné: toi qui as divorcé il y a dix ans, tu
n’as aucun respect pour les valeurs traditionnelles!

(et ma main dans ta gueule, elle est traditionnelle ?)

7
La pente savonneuse
Cet argument-là, il est particulièrement énervant quand quelqu’un
s’en sert contre vous… Le principe? Faire semblant d’adhérer à la
thèse de son interlocuteur et extrapoler pour mieux le ridiculiser.
Avec un exemple, c’est tout de suite plus simple, vous allez voir.

Exemple:
– T’en penses quoi du mariage gay, toi ?
– Le mariage gay? C’est super! Comment être contre? Autorisons
les pédés à se marier, c’est génial! Et puis tant qu’on y est, on a qu’à
légaliser la zoophilie, aussi, non ?

(C’est énervant, hein?)

8
La technique de l’épouvantail
Le principe: s’arranger pour travestir la pensée de son
interlocuteur pour mieux la démonter. Particulièrement pervers et
très énervant!

Exemple:
– Alors si je comprends bien, tu veux que je réduise mon budget
fringues et chaussures?
– Oui, Mimine, tu sais bien que depuis que j’ai été viré, je suis à
découv…
– Moi, ce que je crois surtout, c’est que t’es un gros radin et que tu
ne m’aimes plus, et pis c’est tout!
– Mais Mimine…

(Un conseil: divorcez avant qu’il ne soit trop tard!)

9
L’appel à la popularité
Le principe: plein de gens le font/le pensent, c’est que ça doit pas
être si mauvais!

Alors là, des exemples, y’en a plein!


– Ouais, je regarde TPMP, et alors? J’te signale que c’est un des
programmes télé les plus regardés! Je suis pas plus con qu’un
autre!

ou, a contrario…

– T’as vu les statistiques d’audience des chaînes télé? ARTE a moins


de 1% de part de marché! Ah ah ah! Quelle chaîne de merde!

10
Le silence empoisonné (argumentum a silentio)
Le principe: Se servir du fait que son interlocuteur n’ait pas
mentionné un argument pour lui en mettre plein la tronche!

Exemple:
– Alors moi, je pense qu’il faudrait baisser les taxes et les impôts
pour relancer la consommation en France.
– Et la théorie keynesiano-malthuséenne, vous en faites quoi ?
– Euh…
– Quoi? Vous osez parler économie sans même connaître la théorie
keynesiano-malthuséenne sur la valeur intrinsèque de la richesse
immatérielle?!
– Euh… Nan, mais moi j’disais juste que…
– Tatata! Votre inculture vous discrédite complètement, mon cher
ami!

(Ouais mais franchement, on n’a pas idée de pas connaître la théorie


keynesiano-malthuséenne sur la valeur intrinsèque de la richesse
immatérielle, non plus. Faut vous mettre à niveau, là.)

11
La réduction des choix
Le principe: Faire en sorte de réduire les solutions à un problème
à seulement deux possibilités. Une sorte de sophisme manichéen, en
quelque sorte…

Exemple:
– Tu fais grève avec nous la semaine prochaine?
– Ben… euh… c’est que… non… en fait…
– Non? Donc tu es pour le patronat qui nous presse comme des
citrons en nous faisant suer sang et eau?
– Non, non, non…. Bien sûr que non… Mais euh… je…
– Y’a pas 36 possibilités, camarade. N’essaye pas de tourner autour
du pot! T’es avec nous ou contre nous!

(Et si t’es contre nous, je te fous mon poing dans ta gueule ! Alors je
répète ma question. Tu fais grève avec nous la semaine prochaine ?)

12
L’appel à une autorité
Le principe: faire référence à une personnalité dont l’interlocuteur
n’osera pas remettre la crédibilité en doute. Ce phénomène
d’identification est très utilisé par la publicité et le marketing!

Exemple:
– Mais, il est pas un peu bizarre ton nouveau pull?
– Alors là, nan, j’ crois pas… Claire Chazal porte le même pour
présenter le journal de 20 heures. Tu connais rien à la mode, c’est
tout.
– Ouais, c’est ça. T’as raison. Connasse.

(Oui, quand votre interlocuteur est un gros con – ou, en


l’occurrence, une grosse conne – l’insulter est parfois salvateur. Ça
sert à rien, mais ça soulage!)

13
L’appel aux Modernes (ou aux Anciens) :
l’argumentatum ad novitatem (ou ad antiquitatem)
Le principe: Soyons modernes, allons de l’avant! Les arguments
les plus nouveaux, les théories les plus novatrices ont forcément
raison… A contrario, donner forcément raison aux théories antiques
pour la seule raison qu’elles sont anciennes n’est pas forcément
beaucoup plus intelligent…

Exemple:
– Même les Grecs antiques, les pères de la démocratie, étaient pour
la peine de mort !

(Euh, oui… Mais ils étaient aussi pour l’esclavage, crétin !)

14
Sophisme de la double faute
Le principe: faire appel à d’autres exemples bien pires pour
défendre sa thèse.
Exemple:
– Oui, bon, d’accord, à seulement 14 ans il a agressé une mamie
dans la rue pour lui voler son porte-feuille… Mais que voulez-vous,
il faut bien jeunesse se fasse! D’autres avant lui ont fait bien pire!

15
L’appel à la pitié
Le principe: Faire naître chez son interlocuteur un sentiment de
pitié pour lui faire passer la pilule.

En reprenant l’exemple précédent, cela donnerait quelque chose du


genre:
– Oui, bon, d’accord, à seulement 14 ans il a agressé une mamie
dans la rue pour lui voler son porte-feuille… Mais il faut le
comprendre, quand il était petit, ses parents ne le laissaient même
pas mettre du beurre sur ses tartines de Nutella. Beaucoup
auraient été traumatisés pour beaucoup moins que ça, c’est sûr!

16
*BONUS* La manipulation statistique
Certainement un des sophismes les plus insidieux et une des plus
difficiles à remarquer quand on n’a pas un esprit rodé aux
mathématiques!

Le principe: se servir des résultats contre-intuitifs de certains


calculs de statistiques ou de probabilités pour induire son
interlocuteur en erreur. L’arme préférée des politiciens!

Exemple:
– Un test de dépistage d’ une maladie est fiable à 99%. S’il se révèle
positif, vous avez donc 99% de chance d’être atteint de cette
maladie.
– FAUX!
– P… Pardon?
– J’ai dit: FAUX!
Eh oui, vous avez bien raison de vous insurger contre cette
affirmation péremptoire! Contre toute attente, le pourcentage de
chance d’être réellement atteint par la maladie dépend de comment
ladite maladie est répartie sur le territoire.
Si on considère que la maladie touche 1 personne sur 100.000, alors
un test fiable à 99 % donnera 1000 positifs là où il n’y a en réalité
qu’un seul vrai malade. Donc, même si le test annonce que vous êtes
atteint, vous avez encore 99.9% de chance de ne pas l’être! Si vous
n’avez rien compris à ce charabia, ce n’est pas bien grave. Rappelez-
vous seulement qu’on se doit de manier avec une EXTRÊME
précaution les outils mathématiques… Un contre-sens est très vite
arrivé!

00
Conclusion
Et voilà! Vous connaissez maintenant 15, non 16!, techniques
infaillibles pour prendre à coup sûr votre interlocuteur pour un
abruti. Usez-en, abusez-en et vous deviendrez un orateur hors-pair!
Ces mêmes orateurs, appelés sophistes, dont Socrate avait horreur…
Tiens, et vous pourrez même vous lancer dans la politique !