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Rapport de présentation

Projet de décret fixant le barème relatif à la compensation par l’Etat des sommes payées
par les communes de moins de 3 500 habitants pour la souscription de contrats d’assurance
relatifs à la protection fonctionnelle de leurs élus

L’article 104 de la loi n° 2019-1461 du 27 décembre 2019 relative à l’engagement dans la vie
locale et à la proximité de l’action publique a créé, pour l’ensemble des communes, l’obligation
de souscrire, dans un contrat d’assurance, une garantie visant à couvrir le conseil juridique,
l’assistance psychologique et les coûts qui résultent de leur obligation de protection fonctionnelle
à l’égard de plusieurs membres du conseil municipal.

En termes généraux, la protection fonctionnelle de la commune s’applique à l’égard du maire, de


l’élu municipal le suppléant ou d’un élu ayant reçu délégation, dans les cas suivants :
• Il fait l’objet de poursuites judiciaires civiles ou pénales pour des faits qui n'ont pas le
caractère de faute détachable de l'exercice de ses fonctions (s’agissant des élus des conseils
municipaux, la protection fonctionnelle relève de l’Etat lorsque l’élu agit en qualité d’agent
de l’Etat - article L. 2123-34 du Code général des collectivités territoriales – CGCT).
• Il est victime de violences ou d’outrages à l’occasion ou du fait de ses fonctions (article L.
2123-35 du CGCT).
• Cette protection peut également, à leur demande, être accordée aux conjoints, enfants et
ascendants directs des élus décédés dans l’exercice ou du fait de leurs fonctions à raison
des faits à l’origine du décès (article L. 2123-35 du CGCT).

L’octroi de la protection fonctionnelle doit faire l’objet d’une délibération expresse du conseil
municipal. La protection peut néanmoins être refusée, notamment lorsque le conseil municipal
constate l’existence d’une « faute personnelle détachable des fonctions de l’élu local » : il s’agit
d’actes ou de faits qui révèlent des préoccupations d’ordre privé, qui procèdent d’un comportement
incompatible avec les obligations qui s’imposent dans l’exercice de fonctions publiques ou qui, eu
égard à leur nature et aux conditions dans lesquelles ils ont été commis, revêtent une particulière
gravité.

De nombreux élus peuvent toutefois être amenés à renoncer à leur droit à cette protection, par
crainte de créer une charge trop lourde et imprévue pour le budget de leur collectivité, notamment
pour les petites communes qui ne disposent pas d’un budget important. C’est pourquoi l’article
104 de la loi n° 2019-1461 du 27 décembre 2019 relative à l’engagement dans la vie locale et à la
proximité de l’action publique a instauré un dispositif d’assurance obligatoire, afin que les coûts
qui résultent de la protection fonctionnelle soient pris en charge par l’assurance. La délibération
du conseil municipal accordant le bénéfice de la protection fonctionnelle a alors pour effet de
déclencher l’application des clauses du contrat souscrit auprès de l’assureur.

Ce dispositif permet à la commune de financer la protection fonctionnelle par le biais d’une


dépense annuelle stable et prévisible : la souscription d’un contrat d’assurance. Elle rend ainsi plus
effective et moins risquée la mise en œuvre de la protection fonctionnelle par les communes. La
loi précitée et l’article 260 de la loi n° 2019-1479 du 28 décembre 2019 de finances pour 2020
prévoient également que, dans les communes de moins de 3 500 habitants, le coût résultant de la
souscription de ces contrats fait l’objet d’une compensation par l’Etat, en fonction d’un barème
défini par décret.
C’est l’objet de l’article 1er du présent projet de décret, qui définit le montant forfaitaire annuel de
cette compensation, versée sous la forme d’une dotation budgétaire, par commune. Son niveau
varie selon la strate de population dont relève la commune, dans la mesure où le nombre d’élus
concernés augmente en fonction de la strate démographique de la commune.
En considérant l’effectif théorique du conseil municipal (et en supposant que le conseil municipal
a désigné 30% de ses membres en tant qu’adjoints), le forfait retenu s’élève à 41€ pour le maire,
et à 15,25€ pour chaque adjoint. Ces sommes sont sensiblement analogues aux coûts des contrats
constatés pour la protection fonctionnelle des agents publics.

L’article 2 étend l’application du décret aux communes de la Polynésie Française.

L’article 3 précise les ministres chargés de l’exécution du décret.

Tel est l’objet du présent projet de décret qui vous est soumis.
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

Ministère de la cohésion des territoires


et des relations avec les collectivités
territoriales

Décret n° du

fixant le barème relatif à la compensation par l’Etat des sommes payées par les communes
de moins de 3 500 habitants pour la souscription de contrats d’assurance relatifs à la
protection fonctionnelle de leurs élus

NOR : COTB2013147D

Publics concernés : communes de moins de 3 500 habitants.

Objet : compensation par l’Etat des frais de souscription d’assurances pour la protection
fonctionnelle des élus des communes de moins de 3 500 habitants.

Entrée en vigueur : les dispositions du présent décret entrent en vigueur dès leur
publication.

Notice : le présent décret établit le barème permettant de définir le montant de la


compensation par l’Etat des sommes payées par les communes de moins de 3 500 habitants pour
la souscription de contrats de couverture du risque lié à la protection fonctionnelle du maire et
des adjoints au maire.

Références : le texte peut être consulté sur le site internet Légifrance à l’adresse
suivante : http://www.legifrance.gouv.fr

Le Premier ministre,

Sur le rapport de la ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les
collectivités territoriales,
Vu le code général des collectivités territoriales, notamment ses articles L. 2123-34,
L. 2123-35, L. 2573-10 et R. 2151-2 ;
Vu la loi de finances n° 2019-1479 du 28 décembre 2019 de finances pour 2020,
notamment son article 260 ;
Vu l’avis du conseil national d’évaluation des normes, en date du XXX,
Vu l’avis du comité des finances locales, en date du XXX,

Décrète :
Article 1er

La section V du chapitre III du titre II du livre Ier de la deuxième partie du code général des
collectivités territoriales (partie réglementaire) est complétée par l’article D. 2123-29 suivant :
« Art. D. 2123-29 – I. – Le barème déterminant le montant de la compensation par l’Etat du coût
pour la commune de la souscription des contrats mentionnés aux articles L. 2123-34 et L. 2123-
35 est fixé comme suit, par commune :
POPULATION (HABITANTS) MONTANT DE LA COMPENSATION
ANNUELLE
De 1 à 99 habitants 72 €
De 100 à 499 habitants 87 €
De 500 à 1 499 habitants 102 €
De 1 500 à 2 499 habitants 117 €
De 2 500 à 3 499 habitants 133 €

II. – La compensation est versée annuellement sous la forme de la dotation prévue à l’article 260
de la loi de finances n° 2019-1479 du 28 décembre 2019 de finances pour 2020. La population est
appréciée selon les modalités prévues au deuxième alinéa de l’article R. 2151-2. »

Article 2

Le I de l’article D. 2573-8 du code général des collectivités territoriales est complété par un alinéa
ainsi rédigé :
« L’article D. 2123-29 est applicable aux communes de la Polynésie française dans sa rédaction
issue du décret n° XXX du XXX fixant le barème relatif à la compensation par l’Etat des sommes
payées par les communes de moins de 3 500 habitants pour la souscription de contrats d’assurance
relatifs à la protection fonctionnelle de leurs élus. »

Article 3

La ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales, le
ministre auprès de la ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités
territoriales chargé des collectivités territoriales et la ministre des outre-mer sont chargés, chacun
en ce qui le concerne, de l’exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la
République française.

Fait le .
Par le Premier ministre :

La ministre de la cohésion des territoires et


des relations avec les collectivités
territoriales,

Jacqueline GOURAULT
Le ministre auprès de la ministre de la
cohésion des territoires et des relations avec
les collectivités territoriales, chargé des
collectivités territoriales,

Sébastien LECORNU
La ministre des outre-mer,

Annick GIRARDIN
FICHE D’IMPACT GÉNÉRALE

N° NOR du (des) texte(s) : COTB2013147D

Intitulé du (des) texte(s) : Décret fixant le barème relatif à la compensation par l’Etat
des sommes payées par les communes de moins de 3 500 habitants pour la souscription
de contrats d’assurance relatifs à la protection fonctionnelle de leurs élus

Ministère à l’origine de la mesure : ministère de la cohésion des territoires et des


relations avec les collectivités territoriales

Date de réalisation de la fiche d’impact : 22/04/2020

Texte(s) entrant dans le champ de la règle de la double compensation : ☐ oui


☒ non
(si oui, joindre la fiche relative à la maîtrise du flux de la réglementation)

Texte(s) soumis au Conseil national d’évaluation des normes : ☒


oui ☐ non
I. PRÉSENTATION GÉNÉRALE

Intitulé(s)

Décret fixant le barème relatif à la compensation par l’Etat des sommes payées par les
communes de moins de 3 500 habitants pour la souscription de contrats d’assurance relatifs
à la protection fonctionnelle de leurs élus

Contexte et objectifs
L’article 104 de la loi n° 2019-1461 du 27 décembre 2019 relative à l’engagement dans la vie locale
et à la proximité de l’action publique a créé, pour l’ensemble des communes, l’obligation de souscrire,
dans un contrat d’assurance, une garantie visant à couvrir le conseil juridique, l’assistance
psychologique et les coûts qui résultent de leur obligation de protection fonctionnelle à l’égard de
plusieurs membres du conseil municipal.

La protection fonctionnelle de la commune s’applique à l’égard du maire, de l’élu municipal le


suppléant ou d’un élu ayant reçu délégation, dans les cas suivants :

• S’il fait l’objet de poursuites judiciaires civiles ou pénales pour des faits qui n'ont pas le
caractère de faute détachable de l'exercice de ses fonctions (s’agissant des élus des conseils
municipaux, la protection fonctionnelle relève de l’Etat lorsque l’élu agissait en qualité d’agent de
l’Etat - article L. 2123-34 du Code général des collectivités territoriales – CGCT).

• S’il est victime de violences ou d’outrages à l’occasion, ou du fait, de ses fonctions (article L.
2123-35 du CGCT).

• Cette protection peut également, à leur demande, être accordée aux conjoints, enfants et
ascendants directs des élus décédés dans l’exercice ou du fait de leurs fonctions, à raison des
faits à l’origine du décès (article L. 2123-35 du CGCT).

L’octroi de la protection fonctionnelle doit faire l’objet d’une délibération expresse du conseil
municipal. Cette protection peut néanmoins être refusée, notamment lorsque le conseil municipal
constate l’existence d’une « faute personnelle détachable des fonctions de l’élu local » : il s’agit
d’actes ou de faits qui révèlent des préoccupations d’ordre privé, qui procèdent d’un comportement
incompatible avec les obligations qui s’imposent dans l’exercice de fonctions publiques ou qui, eu
égard à leur nature et aux conditions dans lesquelles ils ont été commis, revêtent une particulière
gravité.

De nombreux élus peuvent toutefois être amenés à renoncer à leur droit à cette protection, par crainte
de créer une charge trop lourde et imprévue pour le budget de leur collectivité, notamment pour les
petites communes qui ne disposent pas d’un budget important. C’est pourquoi l’article 104 de la loi
n° 2019-1461 du 27 décembre 2019 relative à l’engagement dans la vie locale et à la proximité de
l’action publique a instauré un dispositif d’assurance obligatoire, afin que les coûts qui résultent de la
protection fonctionnelle soient pris en charge par cette assurance. La délibération du conseil
municipal accordant le bénéfice de la protection fonctionnelle a alors pour effet de déclencher
l’application des clauses du contrat d’assurance souscrit.
Contexte et objectifs
Ce dispositif permet à la commune de financer la protection fonctionnelle par le biais d’une dépense
annuelle stable et prévisible. Il rend ainsi plus effective et moins risquée la mise en œuvre de la
protection fonctionnelle par les élus. La loi précitée et l’article 260 de la loi n° 2019-1479 du 28
décembre 2019 de finances pour 2020 prévoient également que, dans les communes de moins de
3 500 habitants, le coût résultant de la souscription de ces contrats fait l’objet d’une compensation
par l’Etat, en fonction d’un barème défini par décret.

C’est l’objet de l’article 1er du présent projet de décret, qui définit le montant forfaitaire annuel de
cette compensation, versée sous forme de dotation budgétaire, par commune. Son niveau varie selon
la strate de population dont relève la commune, dans la mesure où le nombre d’élus concernés
augmente en fonction de la strate démographique de la commune.

L’article 2 étend l’application du décret aux communes de la Polynésie Française.

L’article 3 précise les ministres chargés de l’exécution du décret.

Stabilité dans le temps


Texte
Néant
modifié
Texte abrogé Néant

Détail des mesures du (des) projet(s) de texte


une mesure par ligne
Référence

codifiée,
article Référence du
Disposition envisagée modifiée ou Fondement
du fondement juridique /
du projet de texte créée juridique
projet Objectifs poursuivis
(le cas
de texte
échéant)
Loi n° 2019-1461 du 27
décembre 2019 relative à
Texte pris pour l’engagement dans la vie
Etablit le barème fixant le Création d’un l'application de locale et à la proximité de
niveau de remboursement de article
lois et l’action publique, article
1er chaque commune en fonction D. 2123-29 104 (actuels articles
ordonnances L. 2123-34 et L. 2123-35
de la strate démographique au sein du
dont elle relève. CGCT déjà entrées en du CGCT) ; article 260 de
vigueur la loi n° 2019-1479 du 28
décembre 2019 de
finances pour 2020
Détail des mesures du (des) projet(s) de texte
une mesure par ligne
Référence

codifiée,
article Référence du
Disposition envisagée modifiée ou Fondement
du fondement juridique /
du projet de texte créée juridique
projet Objectifs poursuivis
(le cas
de texte
échéant)
Ajout d’un
Etend l’application du décret alinéa au I de
2ème aux communes de la l’article Idem Idem
Polynésie Française D. 2573-8 du
CGCT
Article d’exécution,
contresignent la ministre de la
cohésion des territoires et des
relations avec les collectivités
territoriales, le ministre auprès
3ème de la ministre de la cohésion / / /
des territoires et des relations
avec les collectivités
territoriales, chargé des
collectivités territoriales, et la
ministre des outre-mer

II. CONCERTATIONS ET CONSULTATIONS

Organisme Date
Développer les sigles en toutes jj/mm/aaa Avis exprimés et recommandations
lettres a
Concertation avec les collectivités territoriales et les associations d’élus locaux
hors consultations d’instances où siègent des élus
Association des maires de France

Concertation avec les acteurs de la société civile


entreprises, organisations représentatives, associations

Commissions consultatives
Conseil national de l’évaluation des
normes
Comité des finances locales
Organisme Date
Développer les sigles en toutes jj/mm/aaa Avis exprimés et recommandations
lettres a
Autres concertations / consultations (hors services interministériels)
autorités indépendantes, agences, organismes administratifs, etc.

Consultations ouvertes sur internet


Préciser le fondement juridique

Notifications à la Commission européenne


Préciser le fondement juridique et l’avis rendu par la Commission et les États membres

Test PME
Test PME réalisé ☐ oui ☒ non
Justifier de la réalisation ou de la non-réalisation
du test Aucun impact
Impacts et complexité du texte pour les PME

III. MÉTHODE D’ÉVALUATION

Veuillez expliquer la méthodologie, les hypothèses et les règles de calcul utilisées pour évaluer
l’ensemble des impacts financiers. Il s’agit d’une exigence essentielle, notamment pour le conseil national
d’évaluation des normes qui souhaite disposer de précisions méthodologiques sur le chiffrage des
impacts de la réglementation nouvelle. À défaut, il convient d’indiquer dans quelle mesure l’impact
financier est nul ou n’a pu être chiffré.
Les articles L. 2123-34 et L. 2123-35 du code général des collectivités territoriales (CGCT) disposent
que les communes de moins de 3 500 habitants bénéficient, au titre de cette nouvelle obligation de
souscription d’une assurance pour la protection fonctionnelle de leurs élus, d’une compensation
financière par l’Etat, selon un barème fixé par décret. Ainsi, sur les 34 970 communes recensées en
France au 1er janvier 2019, la quasi-totalité, soit 31 840 communes, sont éligibles à cette
compensation. Afin de la financer, une enveloppe de 3M€ a été dégagée en application de l’article
260 de la loi n° 2019-1479 du 28 décembre 2019 de finances pour 2020. Cette nouvelle dotation est
instituée par un nouveau prélèvement sur les recettes de l'Etat pour compenser la souscription du
contrat d'assurance par les communes de moins de 3 500 habitants. La dotation, inscrite dans le
programme 119, sera versée aux communes concernées par la préfecture en application du barème.
Afin de déterminer un montant adéquat pour cette compensation, il est nécessaire de l’ajuster au
nombre d’élus potentiellement concernés dans chaque commune : le coût du contrat d’assurance
dépend en effet, généralement, du nombre de personnes à couvrir. Néanmoins, développer un
dispositif qui ferait dépendre cette compensation du nombre réel d’adjoints (et conseillers titulaires
d’une délégation de fonctions) dans chaque commune créerait inévitablement des lourdeurs et des
lenteurs de procédure : cela nécessiterait que chaque commune précise le nombre de ces élus en
son sein avant de se voir verser la compensation.
C’est pourquoi une formule plus générale a été privilégiée. Celle-ci consiste à établir un barème en
fonction des effectifs du conseil municipal (fixés à l’article L. 2121-2 du CGCT). Dans la mesure où
l’article L. 2122-2 du CGCT limite le nombre maximum d’adjoints que le conseil municipal peut
désigner à 30% de ses effectifs, il est possible de déduire le nombre d’adjoints maximal « théorique »
pour chaque strate de population, et d’obtenir ainsi le nombre de ces élus.
Effectifs du Nombre Nombre de Total adjoints
Strate de population conseil d’adjoints communes par strate
municipal théorique (30%)
De 1 à 99 hab. 7 2 3 306 6 612
De 100 à 499 hab. 11 3 15 077 45 231
De 500 à 1 499 hab. 15 4 9 633 38 532
De 1 500 à 2 499 2 617 13 085
19 5
hab.
De 2 500 à 3 499 1 207 7 242
23 6
hab.
Total / / 31 840 110 702

Il convient ensuite d’appliquer à ces effectifs un montant annuel correspondant au coût de la


souscription du contrat de protection fonctionnelle pour chaque élu. A ce jour, il n’existe aucune
analyse macroéconomique relative aux prix pratiqués par les assureurs en matière d’assurance des
communes au titre de la protection fonctionnelle des élus. Le nombre de communes ayant jusqu’à
présent fait le choix de l’assurance est en effet réduit, et les prix pratiqués n’ont fait l’objet d’aucune
publication.
Il est néanmoins possible d’observer les pratiques existantes dans deux matières proches dans leur
objet et leur public : la protection fonctionnelle des agents publics d’une part, et l’assurance
personnelle des élus ou hauts fonctionnaires d’autre part. Ces contrats coûtent généralement, pour
les élus de communes de moins de 3 500 habitants, autour de 4,5€ par mois (pour le maire) et 1€
par mois par adjoint. Il est donc proposé de retenir des montants similaires, avec un forfait spécifique
pour le maire (qui est, en pratique, le membre le plus exposé du conseil municipal), et un forfait pour
les adjoints, sans distinction entre eux.
La fixation du barème de compensation doit en outre prendre en considération les éléments suivants
:
• La compensation doit être établie à un niveau suffisamment élevé pour prendre en charge l’essentiel
du coût supporté par la commune, et servira probablement de référence aux assureurs pour fixer leurs
tarifs. De ce point de vue, un coût estimé aux montants ci-dessus semble raisonnable, d’autant qu’ils
concernent des assurances, s’agissant des élus, souscrites individuellement.

• Un montant de compensation trop élevé conduirait à une inflation des prix qui pénaliserait, in fine, non
seulement les petites communes, mais également celles qui ne sont pas concernées par la
compensation : elle provoquerait un alignement des prix du marché à la hausse.

- C’est pourquoi il est proposé de retenir un forfait de 41€ par an et par maire, et de 15,25€ par an et
par adjoint (le cas échéant arrondi à l’euro entier) :

Rappel nb Dotation
Strate de population Dotation maire Dotation totale
adjoints adjoints
De 1 à 99 hab. 41€ 2 30,50€ 72 €
De 100 à 499 hab. 41€ 3 45,75€ 87 €
De 500 à 1 499 hab. 41€ 4 61 € 102 €
De 1 500 à 2 499 76,25€ 117 €
41€ 5
hab.
De 2 500 à 3 499 91,50€ 133 €
41€ 6
hab.

- Coût global du dispositif

Nombre de Montant total par


Strate de population Dotation
communes strate
De 1 à 99 hab. 72 € 3 306 238 032 €
De 100 à 499 hab. 87 € 15 077 1 311 699 €
De 500 à 1 499 hab. 102 € 9 633 982 566 €
De 1 500 à 2 499 117 € 2 617 306 189 €
hab.
De 2 500 à 3 499 133 € 1 207 160 531 €
hab.
TOTAL / 31 840 2 999 017 €

Il est par conséquent proposé de retenir ces montants pour la compensation allouée aux communes.
IV. ÉVALUATION QUANTITATIVE DES IMPACTS

Impacts financiers globaux


Moyenne annuelle calculée sur 3 ans (ou 5 ans si le projet de texte l’exige)
Collectivités
Particuliers / territoriales État et
Services
et établisseme
Entreprises Association déconcentré Total
établisseme nts publics
s s de l’État
nts publics nationaux
locaux
Coûts 9M€
Gains 9M€
Impact net 9M€ -9M€ 0

Répartition dans le temps des impacts financiers globaux


à compter de la date de publication prévisionnelle
Année 4
Année 1 Année 2 Année 3 Année 5
(si
N+1 N+2 N+3 (si nécessaire)
nécessaire)
Coûts 3M€ 3M€ 3M€
Gains 3M€ 3M€ 3M€
Impact net 0 0 0

Les dispositions envisagées n’ont pas d’impact sur les entreprises ☒

Cartographie et nombre des entreprises concernées


Grandes
TPE PME ETI entrepris Total
es

Nombre total d’entreprises

Détails des impacts sur les entreprises


Moyenne annuelle calculée sur 3 ans
Nombre ETP
Investissement Fonctionnement Total
concernés
Coûts
Gains
Impact net
Les dispositions envisagées ne s’appliquent pas aux collectivités territoriales ☐

Cartographie et nombre des collectivités concernées


Établissements
Bloc Département
Régions publics locaux
communal s
(EPL)
Précisez le nombre
31 840 0 0 0
(voire « toutes » / « tous »)
si nécessaire, précisez le
périmètre/la typologie/la nature Moins de
/ / /
concerné(e) 3500h
(notamment pour les EPL)
Nombre total 31 840

Répartition des impacts entre collectivités territoriales


Moyenne annuelle calculée sur 3 ans
Bloc communal Départements Régions Total
Coûts 0M€ 0M€ 0M€ 0
Gains 9M€ 0M€ 0M€ 9M€
Impact net 9M€ 0M€ 0M€ 9M€

Détails des impacts sur les collectivités territoriales


Moyenne annuelle calculée sur 3 ans
Nombre ETP
Investissement Fonctionnement Total
concernés
Coûts 0M€ 0M€ 0M€ 0
Gains 0M€ 9M€ 9M€ 0
Impact net 0M€ 9M€ 9M€ 0

Répartition dans le temps des impacts financiers sur les collectivités territoriales
à compter de la date de publication prévisionnelle
Année 4
Année 1 Année 2 Année 3 Année 5
(si
N+1 N+2 N+3 (si nécessaire)
nécessaire)
Coûts 0M€ 0M€ 0M€
Gains 3M€ 3M€ 3M€
Impact net 3M€ 3M€ 3M€

Les dispositions envisagées n’ont pas d’impact sur les particuliers ou les associations ☒
Détails des impacts sur les particuliers / associations
Moyenne annuelle calculée sur 3 ans
Nombre personnes
Investissement Fonctionnement Total
concernées
Coûts
Gains
Impact net

Répartition dans le temps des impacts financiers sur les particuliers / associations
à compter de la date de publication prévisionnelle
Année 4
Année 1 Année 2 Année 3 Année 5
(si
N+1 N+2 N+3 (si nécessaire)
nécessaire)
Coûts
Gains
Impact net

Les dispositions envisagées n’ont pas d’impact sur les administrations de l’État et
assimilées ☒

Détail des impacts sur les administrations de l’État (et autres organismes assimilés)
Moyenne annuelle calculée sur 3 ans
Nombre ETP
Investissement Fonctionnement Total
concernés
Coûts
Gains
Impact net

Répartition dans le temps des impacts financiers sur les administrations de l’État (et autres
organismes assimilés)
à compter de la date de publication prévisionnelle
Année 4
Année 1 Année 2 Année 3 Année 5
(si
N+1 N+2 N+3 (si nécessaire)
nécessaire)
Coûts
Gains
Impact net
Les dispositions envisagées n’ont pas d’impact sur les particuliers ou les associations ☒

Détails des impacts sur les particuliers / associations


Moyenne annuelle calculée sur 3 ans
Nombre personnes
Investissement Fonctionnement Total
concernées
Coûts
Gains
Impact net

Répartition dans le temps des impacts financiers sur les particuliers / associations
à compter de la date de publication prévisionnelle
Année 4
Année 1 Année 2 Année 3 Année 5
(si
N+1 N+2 N+3 (si nécessaire)
nécessaire)
Coûts
Gains
Impact net

Les dispositions envisagées n’ont pas d’impact sur les administrations de l’État et
assimilées ☐

Détail des impacts sur les administrations de l’État (et autres organismes assimilés)
Moyenne annuelle calculée sur 3 ans
Nombre ETP
Investissement Fonctionnement Total
concernés
Coûts 0M€ 9M€ 9M€ 0
Gains 0M€ 0M€ 0M€ 0
Impact net 0M€ -9M€ -9M€ 0

Répartition dans le temps des impacts financiers sur les administrations de l’État (et autres
organismes assimilés)
à compter de la date de publication prévisionnelle
Année 4
Année 1 Année 2 Année 3 Année 5
(si
N+1 N+2 N+3 (si nécessaire)
nécessaire)
Coûts 3M€ 3M€ 3M€
Gains 0M€ 0M€ 0M€
Impact net -3M€ -3M€ -3M€
V. ÉVALUATION QUALITATIVE DES IMPACTS

Description des impacts

Contraintes nouvelles Allègements et simplifications

Impacts attendus sur les


entreprises, notamment
/ /
les artisans, TPE et
PME
Entreprises

Impacts attendus sur la


production, la
/ /
compétitivité et
l’innovation
Impacts sur les clients
ou usagers des / /
entreprises

Impacts attendus sur la


Associations

/ /
Particuliers /

société

Impacts attendus sur les


/ /
particuliers

Impacts attendus sur les Compensation du coût de la


Collectivités

collectivités territoriales, protection fonctionnelle par


territoriales

/
notamment les plus l’Etat (pour la souscription du
petites collectivités contrat d’assurance)
Impacts attendus sur les
usagers des services / /
publics
Impacts attendus sur les
services d’administration
centrale / /
(voir ci-après pour
État

services déconcentrés)

Impacts attendus sur


d’autres organismes / /
administratifs
VI. ÉVALUATION DES IMPACTS SUR LES SERVICES DÉCONCENTRÉS DE L’ÉTAT

Les dispositions envisagées n’ont pas d’impact sur l’organisation ou les missions des
services déconcentrés de l’État ☐

Description des objectifs poursuivis par le projet de texte sur les services déconcentrés de l’État

Les préfectures seront chargées de verser la compensation aux différentes communes de leur
département, selon le barème fixé. En termes de gestion, la dotation devrait s'apparenter aux
dotations "titres sécurisés" ou "Biodiversité" (délégation en AE=CP sur le programme 119).
La détermination du service compétent relèvera des choix d’organisation des préfectures, mais
pourrait logiquement relever du service chargé de la gestion de la dotation "titres sécurisés".

Portée interministérielle du texte : ☐ oui ☒ non


Nouvelles missions : ☐ oui ☒ non
Évolution des compétences existantes : ☒ oui ☐ non
Évolution des techniques et des outils : ☐ oui ☒ non

Types et nombre de structures déconcentrées de l’État concernées

Structures Types Nombre


Directions interrégionales / 0
Services régionaux / 0
Services départementaux Préfectures de département 101

Moyens / contraintes des services déconcentrés de l’État

Impacts quantitatifs

Année 1 Année 2 Année 3


Coût ETPT moyen 0 0 0
Gain ETPT moyen 0 0 0
Moyens humains supplémentaires ou
0 0 0
redéploiement
Coût financier moyen 0 0 0
Gain financier moyen 0 0 0
Dotations supplémentaires ou redéploiement 0 0 0
Impacts qualitatifs
Définition de l’indicateur de suivi
Taux de consommation de l’enveloppe allouée
Préciser l’indicateur
Structures ou outils de pilotage
/
Décrire
Formations ou informations
/
Décrire
Mesure de la qualité de service
/
Décrire

Appréciation sur l’adéquation objectifs / moyens / contraintes des services déconcentrés de l’État
VII. ÉVALUATION DES IMPACTS SUR LES JEUNES

Les dispositions envisagées n’ont pas d’impact sur la jeunesse ☒

Public cible Âge des


Dispositif envisagé par le(s) Nombre de
(étudiants, jeunes jeunes
projet(s) de texte jeunes concernés
actifs, …) concernés

Dispositifs contenant des bornes d’âges

Le projet de texte comporte-t-il des limitations suivant l’âge ? ☐ oui ☐ non

Les limitations envisagées sont-elles justifiées ?

Des mesures compensatoires sont-elles envisagées ?

Dispositifs spécifiques aux jeunes

Le projet de texte apporte-t-il des réponses spécifiques aux


☐ oui ☐ non
thématiques de la jeunesse ?
Les jeunes sont-ils sous-représentés dans le public concerné
☐ oui ☐ non
par le projet de texte ?
Si oui, faut-il prévoir des mécanismes compensateurs ? ☐ oui ☐ non
La situation des jeunes sera-t-elle différente après l’entrée en
☐ oui ☐ non
vigueur de ce projet de texte ?

Quels sont les dispositifs spécifiques envisagés ?


Liste des impacts sur les jeunes
Impacts économiques sur les
jeunes
Décrire
Impacts administratifs sur les
jeunes
Décrire
Autres impacts sur les jeunes
Décrire

Dimension prospective et intergénérationnelle

Quel est l’impact à long terme des mesures envisagées pour les jeunes d’aujourd’hui ?

Quel est l’impact des mesures envisagées pour les jeunes de demain ?
VIII. NÉCESSITÉ ET PROPORTIONNALITÉ

Nécessité
L’article 104 de la loi n° 2019-1461 du 27 décembre 2019
relative à l’engagement dans la vie locale et à la proximité
Marge de manœuvre laissée par la de l’action publique précise que le montant de la
norme supérieure compensation doit relever d’un barème fixé par décret. Les
critères de fixation de ce barème, ainsi que le niveau de la
Justifier le choix effectué compensation, relèvent donc bien du pouvoir
réglementaire, dans les limites de l’enveloppe définie par la
loi de finances.
Alternatives à la réglementation Fixation d’un barème en fonction du nombre réel d’élus,
Préciser les autres dispositifs écartée en raison de la complexité de mise en œuvre

Comparaison internationale
Décrire les mesures équivalentes /
adoptées

Proportionnalité
Mesures d’adaptation prévues pour
certains publics /
Préciser les mesures
Mesures réglementaires ou
individuelles d’application Dans le cadre de la notification de leurs dotations aux
communes
Préciser les mesures
Adaptation dans le temps
Entrée en vigueur immédiate
Justifier la date d’entrée en vigueur

Mesures d’accompagnement
Expérimentation
Préciser la date et la nature de /
l’expérimentation
Information des destinataires
/
Préciser la nature de support
Accompagnement des
administrations
Instructions transmises aux préfectures
Préciser la nature de
l’accompagnement
Obligations déclaratives
/
Préciser la nature des obligations
Mesures d’accompagnement
Évaluation ex-post
/
Préciser l’échéance
CONSEIL NATIONAL D’EVALUATION DES NORMES

Séance du 7 mai 2020

Délibération n° 20-05-07-02253

Projet de décret fixant le barème relatif à la compensation par l’Etat des sommes payées
par les communes de moins de 3 500 habitants pour la souscription de contrats
d’assurance relatifs à la protection fonctionnelle de leurs élus

Vu le code général des collectivités territoriales, notamment ses articles L. 1212-2, L. 2121-2,
L. 2122-2, L. 2123-34 à 35, L. 2573-10, R. 1213-19 à 23, R. 1213-27 à 28 et R. 2151-2 ;

Vu la loi n° 2000-647 du 10 juillet 2000 tendant à préciser la définition des délits non
intentionnels, notamment son article 10 ;

Vu la loi n° 2002-276 du 27 février 2002 relative à la démocratie de proximité, notamment son


article 101 ;

Vu la loi n° 2019-1461 du 27 décembre 2019 relative à l'engagement dans la vie locale et à la


proximité de l'action publique, notamment son article 104 ;

Vu la loi n° 2019-1479 du 28 décembre 2019 de finances pour 2020, notamment son article
260 ;

Vu la délibération n° 16-02-23-00000 du 23 février 2016 modifiant le règlement intérieur du


conseil national d’évaluation des normes ;

Vu la délibération n° 19-07-11-02038 du CNEN en date du 11 juillet 2019 relative au projet de


loi relatif à l’engagement dans la vie locale et à la proximité de l’action publique ;

Vu le projet de décret fixant le barème relatif à la compensation par l’Etat des sommes payées
par les communes de moins de 3 500 habitants pour la souscription de contrats d’assurance
relatifs à la protection fonctionnelle de leurs élus ;

Vu la demande d’inscription en urgence du 27 avril 2020 présentée par le Secrétariat général


du Gouvernement ;

Vu l’accusé de réception délivré par le secrétariat du conseil national d’évaluation des normes
le 27 avril 2020 ;

Sur le rapport de Mme Marianne HÉQUET, cheffe du bureau des élus locaux, du recrutement
et de la formation des personnels territoriaux, à la direction générale des collectivités locales,
au ministère de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales.
Considérant ce qui suit :

- Sur l’objet du projet de décret

1. Le ministère rapporteur fait valoir que le présent projet de décret est pris en application
de l’article 104 de la loi du 27 décembre 2019 relative à l’engagement dans la vie locale
et à la proximité de l’action publique qui a posé le principe de la souscription par
l’ensemble des communes d’un contrat d’assurance disposant d’une garantie visant à
couvrir le conseil juridique, l'assistance psychologique et les coûts qui résultent de
l'obligation pour la commune de protéger fonctionnellement certains de ses élus, à
savoir le maire, les élus municipaux le suppléant ou ayant reçu délégation. Cette
disposition vise, conformément à l’objectif du Gouvernement, à faciliter l’exercice de
leur mandat pour les conseillers municipaux et à sécuriser leur statut.

2. Dans le cadre des discussions au Parlement sur le projet de loi relatif à l’engagement
dans la vie locale et à la proximité de l’action publique, la souscription d’une telle
assurance est apparue justifiée au regard des coûts pouvant être induits par la mise
en œuvre de la protection fonctionnelle, la commune étant tenue d’accorder sa
protection aux élus concernés, tant lorsqu’ils font l'objet de poursuites pénales à
l'occasion de faits qui ne sont pas de nature à caractériser une faute détachable de
l'exercice de leurs fonctions que lorsqu’ils sont victimes, eux-mêmes ou leur famille, de
violences, menaces ou outrages dans le cadre de l’exercice de leurs fonctions.
L’insertion de cette obligation tient au constat d’un important renoncement des élus à
bénéficier de la protection fonctionnelle compte tenu de son coût, parfois substantiel,
pour les collectivités n’ayant pas contracté d’assurance, en particulier de petite taille.
Grâce à la mise en œuvre de cette réforme, les coûts qui résultent de la protection
fonctionnelle seront directement pris en charge par l’assurance, permettant ainsi de
sécuriser le financement par la commune de cette protection obligatoire dans les deux
hypothèses susvisées par le biais d’une dépense annuelle stable et prévisible, tout en
permettant aux élus concernés de bénéficier d’une protection effective. De plus, afin
de limiter le transfert de charges supplémentaires pour les plus petites collectivités
territoriales, le législateur a posé le principe d’une compensation par l’État pour les
communes de moins de 3500 habitants, conformément à l’article 104 de la loi du 27
décembre 2019 et à l’article 260 de la loi du 28 décembre 2019 de finances pour 2020.
A noter que l’octroi de la protection fonctionnelle devra toujours faire l’objet d’une
délibération expresse du conseil municipal.

3. Le projet de texte prévoit, en conséquence, les modalités de compensation de l’État


aux communes éligibles portant sur la souscription de contrats d’assurance relatifs à
la protection fonctionnelle de leurs élus. L’article 1er du projet de décret fixe le barème
de compensation applicable par strate de population pour les communes de moins de
3500 habitants et détaille les montants forfaitaires annuels versés (définition de cinq
strates en fonction de nombre de conseillers municipaux). Par ailleurs, l’article 2 du
projet de décret étend l’application du dispositif à la Polynésie française, conformément
à l’article 104 de la loi du 27 décembre 2019.

4. Le ministère de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités


territoriales estime le coût de la compensation par l’État à 3 millions d’euros par an
pour les 31 840 communes éligibles à la compensation (sur les 34 970 communes
recensées au 1er janvier 2019). Ce montant a été inscrit à titre prévisionnel en loi de
finances pour 2020 dans le cadre du programme 119 « Concours financiers aux
collectivités territoriales et à leurs groupements » de la mission « Relations avec les
collectivités territoriales ». Une dotation budgétaire a donc été instituée au profit des
communes concernées à compter de l’exercice budgétaire 2020, conformément à
l’article 260 de la loi du 28 décembre 2019, et sera versée en une fois par la préfecture
en application du barème défini par le présent projet de décret. Quant au versement
de la dotation, celui-ci devrait être automatique dès lors que la commune relève de la
strate concernée par la compensation, le contrôle par les préfectures des justificatifs
afférents à la souscription d’une assurance pouvant s’avérer disproportionné au regard
des montants concernés.

- Sur l’évaluation de la compensation versée au profit des communes de moins de


3500 habitants

5. Les membres représentant les élus soutiennent unanimement l’objectif du


Gouvernement d’améliorer les conditions d’exercice des mandats communaux à
l’occasion de leur renouvellement, et ce tout en tenant compte de la diversité des
collectivités et des moyens à leur disposition, comme l’illustre la compensation des
charges supplémentaires par l’État pour les plus petites collectivités. Ils tiennent
également à souligner l’effort de concertation entrepris par le ministère de la Cohésion
des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales en lien avec les
associations nationales d’élus pour l’élaboration de ce projet de décret, en particulier
s’agissant du barème de compensation, et ce en amont de la séance du CNEN
permettant ainsi de lever les dernières ambiguïtés au préalable concernant les
modalités de versement et de contrôle.

6. Le collège des élus est en conséquence favorable au barème fixé par l’article 1er du
projet de décret en concertation avec les associations nationales d’élus, les montants
ayant été déterminés par analogie avec les tarifs effectivement pratiqués dans le cadre
des contrats conclus au titre de la protection fonctionnelle des agents publics, d’une
part, et, des assurances prises à titre personnel par certains élus ou hauts
fonctionnaires, d’autre part. Sur cette base, chaque collectivité territoriale concernée
recevra ainsi un forfait annuel spécifique de 41 euros pour le maire, et de 15,25 euros
par adjoint sans distinction. Le choix de cette méthode d’évaluation s’explique
notamment par l’absence de données fiables au niveau macroéconomique quant aux
prix pratiqués par les assureurs au titre de la protection fonctionnelle des élus, du fait
du faible nombre de communes ayant jusqu’à présent fait ce choix. Pour le calcul des
montants forfaitaires annuels globaux, le ministère s’est basé sur le nombre maximal
d’adjoints au maire pouvant exercer leurs fonctions au sein d’une commune, ces
derniers ne pouvant représenter plus de 30 % des effectifs du conseil municipal,
conformément à l’article L. 2122-2 du code général des collectivités territoriales.
Comme l’a rappelé le ministère porteur dans la fiche d’impact transmise au CNEN, les
hypothèses de calcul retenues sont apparues raisonnables pour l’évaluation de la
compensation, le risque étant que la fixation d’un montant trop élevé conduise à une
inflation des prix qui pénaliserait, in fine, non seulement les communes éligibles, mais
également celles qui ne sont pas concernées par la compensation, mais en revanche
par l’obligation de contracter une assurance.

Article 1er : Après en avoir délibéré, le conseil national d’évaluation des normes émet, à
l’unanimité des membres présents, un avis favorable sur le projet de norme susvisé qui lui
est soumis.

Article 2 : La présente délibération sera notifiée au Gouvernement et publiée sur le site


internet du conseil national d’évaluation des normes.

Le Président,

Alain LAMBERT