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VETAGRO SUP

CAMPUS VETERINAIRE DE LYON


Année 2016 - Thèse n° 097

ÉTUDE DES TUMEURS DES CELLULES DE LA GRANULOSA


DE L'OVAIRE (GCT) CHEZ LA JUMENT, INTÉRÊT DE
L'HORMONE ANTI-MÜLLERIENNE (AMH) DANS LA
DÉMARCHE DIAGNOSTIQUE ; ILLUSTRATION PAR SEPT
CAS CLINIQUES ADMIS À VETAGRO SUP - CAMPUS
VÉTÉRINAIRE DE LYON

THESE
Présentée à l’UNIVERSITE CLAUDE-BERNARD - LYON I
(Médecine - Pharmacie)
et soutenue publiquement le 18 novembre 2016
pour obtenir le grade de Docteur Vétérinaire

par

Oscar CUILLÉ
Né le 14 juin 1990
à Montpellier (34)
VETAGRO SUP
CAMPUS VETERINAIRE DE LYON
Année 2016 - Thèse n° 097

ÉTUDE DES TUMEURS DES CELLULES DE LA GRANULOSA


DE L'OVAIRE (GCT) CHEZ LA JUMENT, INTÉRÊT DE
L'HORMONE ANTI-MÜLLERIENNE (AMH) DANS LA
DÉMARCHE DIAGNOSTIQUE ; ILLUSTRATION PAR SEPT
CAS CLINIQUES ADMIS À VETAGRO SUP - CAMPUS
VÉTÉRINAIRE DE LYON

THESE
Présentée à l’UNIVERSITE CLAUDE-BERNARD - LYON I
(Médecine - Pharmacie)
et soutenue publiquement le 18 novembre 2016
pour obtenir le grade de Docteur Vétérinaire

par

Oscar CUILLÉ
Né le 14 juin 1990
à Montpellier (34)
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LISTE DES ENSEIGNANTS DU CAMPUS VÉTÉRINAIRE DE LYON
Mise à jour le 09 juin 2015

Civilité Nom Prénom Unités pédagogiques Grade


M. ALOGNINOUWA Théodore UP Pathologie du bétail Professeur
M. ALVES-DE-OLIVEIRA Laurent UP Gestion des élevages Maître de conférences
Mme ARCANGIOLI Marie-Anne UP Pathologie du bétail Maître de conférences
M. ARTOIS Marc UP Santé Publique et Vétérinaire Professeur
M. BARTHELEMY Anthony UP Anatomie Chirurgie (ACSAI) Maître de conférences Contractuel
Mme BECKER Claire UP Pathologie du bétail Maître de conférences
Mme BELLUCO Sara UP Pathologie morphologique et clinique des animaux de compagnie Maître de conférences
Mme BENAMOU-SMITH Agnès UP Equine Maître de conférences
M. BENOIT Etienne UP Biologie fonctionnelle Professeur
M. BERNY Philippe UP Biologie fonctionnelle Professeur
Mme BERTHELET Marie-Anne UP Anatomie Chirurgie (ACSAI) Maître de conférences
Mme BONNET-GARIN Jeanne-Marie UP Biologie fonctionnelle Professeur
Mme BOULOCHER Caroline UP Anatomie Chirurgie (ACSAI) Maître de conférences
M. BOURDOISEAU Gilles UP Santé Publique et Vétérinaire Professeur
M. BOURGOIN Gilles UP Santé Publique et Vétérinaire Maître de conférences
M. BRUYERE Pierre UP Biotechnologies et pathologie de la reproduction Maître de conférences
M. BUFF Samuel UP Biotechnologies et pathologie de la reproduction Maître de conférences
M. BURONFOSSE Thierry UP Biologie fonctionnelle Professeur
M. CACHON Thibaut UP Anatomie Chirurgie (ACSAI) Maître de conférences
M. CADORE Jean-Luc UP Pathologie médicale des animaux de compagnie Professeur
Mme CALLAIT-CARDINAL Marie-Pierre UP Santé Publique et Vétérinaire Maître de conférences
M. CAROZZO Claude UP Anatomie Chirurgie (ACSAI) Maître de conférences
M. CHABANNE Luc UP Pathologie médicale des animaux de compagnie Professeur
Mme CHALVET-MONFRAY Karine UP Biologie fonctionnelle Professeur
M. COMMUN Loic UP Gestion des élevages Maître de conférences
Mme DE BOYER DES ROCHES Alice UP Gestion des élevages Maître de conférences
Mme DELIGNETTE-MULLER Marie-Laure UP Biologie fonctionnelle Professeur
M. DEMONT Pierre UP Santé Publique et Vétérinaire Professeur
Mme DESJARDINS PESSON Isabelle UP Equine Maître de conférences Contractuel
Mme DJELOUADJI Zorée UP Santé Publique et Vétérinaire Maître de conférences
Mme ESCRIOU Catherine UP Pathologie médicale des animaux de compagnie Maître de conférences
M. FAU Didier UP Anatomie Chirurgie (ACSAI) Professeur
Mme FOURNEL Corinne UP Pathologie morphologique et clinique des animaux de compagnie Professeur
M. FREYBURGER Ludovic UP Santé Publique et Vétérinaire Maître de conférences
M. FRIKHA Mohamed-Ridha UP Pathologie du bétail Maître de conférences
Mme GILOT-FROMONT Emmanuelle UP Santé Publique et Vétérinaire Professeur
M. GONTHIER Alain UP Santé Publique et Vétérinaire Maître de conférences
Mme GRAIN Françoise UP Gestion des élevages Professeur
M. GRANCHER Denis UP Gestion des élevages Maître de conférences
Mme GREZEL Delphine UP Santé Publique et Vétérinaire Maître de conférences
M. GUERIN Pierre UP Biotechnologies et pathologie de la reproduction Professeur
Mme HUGONNARD Marine UP Pathologie médicale des animaux de compagnie Maître de conférences
M. JUNOT Stéphane UP Anatomie Chirurgie (ACSAI) Maître de conférences
M. KECK Gérard UP Biologie fonctionnelle Professeur
M. KODJO Angeli UP Santé Publique et Vétérinaire Professeur
Mme LAABERKI Maria-Halima UP Santé Publique et Vétérinaire Maître de conférences
M. LACHERETZ Antoine UP Santé Publique et Vétérinaire Professeur
Mme LAMBERT Véronique UP Gestion des élevages Maître de conférences
Mme LATTARD Virginie UP Biologie fonctionnelle Maître de conférences
Mme LE GRAND Dominique UP Pathologie du bétail Professeur
Mme LEBLOND Agnès UP Santé Publique et Vétérinaire Professeur
Mme LEFRANC-POHL Anne-Cécile UP Equine Maître de conférences
M. LEPAGE Olivier UP Equine Professeur
Mme LOUZIER Vanessa UP Biologie fonctionnelle Maître de conférences
M. MARCHAL Thierry UP Pathologie morphologique et clinique des animaux de compagnie Professeur
M. MOUNIER Luc UP Gestion des élevages Maître de conférences
M. PEPIN Michel UP Santé Publique et Vétérinaire Professeur
M. PIN Didier UP Pathologie morphologique et clinique des animaux de compagnie Maître de conférences
Mme PONCE Frédérique UP Pathologie médicale des animaux de compagnie Maître de conférences
Mme PORTIER Karine UP Anatomie Chirurgie (ACSAI) Maître de conférences
Mme POUZOT-NEVORET Céline UP Anatomie Chirurgie (ACSAI) Maître de conférences
Mme PROUILLAC Caroline UP Biologie fonctionnelle Maître de conférences
Mme REMY Denise UP Anatomie Chirurgie (ACSAI) Professeur
Mme RENE MARTELLET Magalie UP Santé Publique et Vétérinaire Maître de conférences stagiaire
M. ROGER Thierry UP Anatomie Chirurgie (ACSAI) Professeur
M. SABATIER Philippe UP Biologie fonctionnelle Professeur
M. SAWAYA Serge UP Anatomie Chirurgie (ACSAI) Maître de conférences
M. SCHRAMME Serge UP Equine Professeur associé
Mme SEGARD Emilie UP Anatomie Chirurgie (ACSAI) Maître de conférences Contractuel
Mme SERGENTET Delphine UP Santé Publique et Vétérinaire Maître de conférences
Mme SONET Juliette UP Anatomie Chirurgie (ACSAI) Maître de conférences Contractuel
M. THIEBAULT Jean-Jacques UP Biologie fonctionnelle Maître de conférences
M. TORTEREAU Antonin UP Pathologie morphologique et clinique des animaux de compagnie Maître de conférences stagiaire
M. VIGUIER Eric UP Anatomie Chirurgie (ACSAI) Professeur
Mme VIRIEUX-WATRELOT Dorothée UP Pathologie morphologique et clinique des animaux de compagnie Maître de conférences Contractuel
M. ZENNER Lionel UP Santé Publique et Vétérinaire Professeur

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4
À Monsieur le Professeur Pierre COCHAT,
De la faculté de médecine Claude Bernard Lyon I,
Qui nous a fait l’honneur d’accepter la présidence de notre jury de thèse.
Pour sa gentillesse et sa très grande disponibilité,
Mes hommages les plus respectueux.

À Monsieur le Docteur Pierre BRUYÈRE,


Du campus vétérinaire de Lyon,
Qui a encadré et corrigé notre travail.
Pour sa gentillesse hors du commun, son écoute, son enthousiasme et son implication,
Qu’il trouve ici l’expression de mon respect et de ma reconnaissance

À Monsieur le Professeur Thierry BURONFOSSE,


Du campus vétérinaire de Lyon,
Qui a accepté de participer à notre jury de thèse.
Pour son aide précieuse, ses conseils avisés et son optimisme.
Qu’il trouve ici l’expression de mon respect et de ma reconnaissance.

À Madame le Docteur Anne JOSSON,


Du campus vétérinaire de Lyon,
Pour m’avoir aiguillé dans le choix de mon sujet de thèse et m’avoir fait confiance.
Qu’elle trouve ici l’expression de mes sincères remerciements.

À Madame le Docteur Debora CASARINI,


Du campus vétérinaire de Lyon,
Pour son aide précieuse dans l’élaboration de ce travail.
Qu’elle trouve ici l’expression de mes sincères remerciements.

À la mémoire du Docteur Honoré Fadat

5
6
À mes parents, pour l’enfance que vous m’avez offerte et à laquelle il ne manquait rien.
Je vous dois tout ce que je suis et ce que j’ai réussi à entreprendre. Merci pour la liberté de
choix que vous nous avez toujours assuré, pour votre amour inconditionnel et pour votre
soutien en toutes circonstances.

À César, Gaspard et Rosalie, ma fratrie, vous êtes ce que j’ai de plus précieux, soyez-en
assurés.

À Fanny, qui nous a assuré une enfance merveilleuse, merci pour tout l’amour que tu
nous as donné.

À ma parrain et ma marraine, qui ont toujours été là pour moi, merci pour votre
accueil, votre écoute et vos conseils.

À Alice ma filleule, et à ses parents qui m’ont fait l’honneur de me choisir. Je suis fier
que tu ais hérité de mon amour pour les animaux !

À ma famille, de Générac et d’ailleurs, et à ces liens familiaux qui nous unissent. Merci
pour votre soutien.

À Natacha, et à notre longue amitié qui ne demande qu’à continuer.

À Arthur et Julie, et au bonheur que c’est, à chaque fois, de vous retrouver.

À Isa, grâce à qui je suis vétérinaire,


Et à tous mes amis de Ginette, merci pour votre amitié malgré ma communication
désastreuse !

À Marilou ma Poulotte, j’ai eu sacrément de la chance d’être tombé sur toi, je ne


pouvais pas espérer mieux ! Et à Clément mon bébé Hypo, si jeune et si beau. À votre
grande générosité. Vous êtes parmi mes plus beaux souvenirs d’école.

À mon groupe de clinique, preuve que professionnalisme et humour font bon ménage,
merci pour ces semaines de symbiose en clinique et à l’extérieur.

À la Colocàlheure, à ce petit havre de paix défiant la loi du temps, et à ses nombreux


habitants à pieds et à pattes avec lesquels je me sentais bien.

Aux vétos, aux grands qui m’ont appris et inspiré, aux amis avec qui j’ai partagé ces
belles années à l’ENVL, et au bel avenir que nous avons à construire.

À Hélia, Mellow, Zoupie, Rousigue et Jazze, merci d’avoir fait grandir ma vocation.

À Coline,
À ton soutien permanent et sans condition. À ton don extraordinaire pour me comprendre
sans que j’aie à parler. J’ai confiance en nous, je t’aime.

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8
TABLES DES MATIERES
TABLES DES FIGURES ................................................................................................................... 11
TABLE DES TABLEAUX ................................................................................................................. 15
TABLE DES ABREVATIONS ET SIGLES ..................................................................................... 17
INTRODUCTION .............................................................................................................................. 19
I. PRE-REQUIS SUR L’ANATOMIE DE L’OVAIRE ET LA PHYSIOLOGIE SEXUELLE DE
LA JUMENT ....................................................................................................................................... 21
1. Cycle œstral ................................................................................................................................... 21
a. Saison anovulatoire ........................................................................................................................ 21
b. Saison ovulatoire ............................................................................................................................ 22
2. Contrôle hormonal au cours de la saison ovulatoire ...................................................................... 23
a. Contrôle hormonal du diœstrus ..................................................................................................... 24
b. Contrôle hormonal de l’œstrus et de l’ovulation ........................................................................... 25
3. Rôle et place de l’hormone anti-Müllérienne (AMH) dans le contrôle hormonal ........................... 26
a. Chez la femme et certains mammifères domestiques ................................................................... 26
b. Chez la jument ................................................................................................................................ 27
4. Evolution du tractus génital au cours du cycle................................................................................ 30
5. Anatomie et position anatomique de l’ovaire ................................................................................ 31

II. ETUDE CLINIQUE DE LA TUMEUR DES CELLULES DE LA GRANULOSA (GCT)


CHEZ LA JUMENT ............................................................................................................................ 35
1. Quelle est la place de la GCT au sein des différentes tumeurs de l’ovaire chez la jument ? ............ 35
a. Les différentes tumeurs de l’ovaire chez la jument ....................................................................... 35
b. Etude épidémiologique de la GCT .................................................................................................. 36
2. Etude descriptive de la GCT ............................................................................................................ 37
a. Description anatomo-pathologique et macroscopique .................................................................. 37
b. Description histo-pathologique et cytologique .............................................................................. 38
c. Modifications endocrinologiques : productions hormonales de la tumeur ................................... 41
3. Conséquences clinique de la GCT ................................................................................................... 42
a. Physiopathologie ............................................................................................................................ 42
b. Troubles de la reproduction et du comportement ......................................................................... 43
c. Autres troubles et complications.................................................................................................... 45
i. Modifications morphologiques ............................................................................................................ 45
ii. Complications ....................................................................................................................................... 45
d. Diagnostic différentiel .................................................................................................................... 49
e. Traitement et pronostic .................................................................................................................. 51
i. Traitement chirurgical .......................................................................................................................... 51
ii. Techniques chirurgicales ...................................................................................................................... 53
iii. Pronostic après retrait chirurgical ........................................................................................................ 55

III. ETUDE DIAGNOSTIQUE DE LA TUMEUR DES CELLULES DE LA GRANULOSA


(GCT) .................................................................................................................................................. 57

9
1. Analyse clinique et anamnestique.................................................................................................. 57
2. Imagerie : l’échographie ................................................................................................................. 57
3. Endocrinologie ............................................................................................................................... 59
a. Testostérone ................................................................................................................................... 59
b. Œstradiol ........................................................................................................................................ 61
c. Progestérone .................................................................................................................................. 62
d. Inhibine ........................................................................................................................................... 63
i. L’inhibine chez la jument saine ............................................................................................................ 63
ii. L’inhibine chez la jument à GCT ........................................................................................................... 64
e. Hormone Folliculo-Stimulante (FSH) et Hormone Lutéinisante (LH) .............................................. 66
4. Intérêt clinique de l’utilisation de l’hormone anti-Müllérienne (AMH) .......................................... 67
a. Expression de l’AMH par les GCT .................................................................................................... 67
i. Expression par les GCT humaines......................................................................................................... 67
ii. Expression par la GCT chez la jument .................................................................................................. 68
b. Sécrétion de l’AMH par la GCT ....................................................................................................... 69
5. Autres examens diagnostiques et pistes de recherche ................................................................... 71
a. Examen visuel direct ....................................................................................................................... 71
b. Biopsie ............................................................................................................................................ 71
c. Immunohistochimie ........................................................................................................................ 72

IV. ILLUSTRATION PAR SEPT CAS CLINIQUES ADMIS AU CAMPUS VÉTÉRINAIRE DE


LYON ................................................................................................................................................... 73
1. Anamnèse ...................................................................................................................................... 73
2. Clinique .......................................................................................................................................... 74
a. Modifications comportementales et cycle sexuel .......................................................................... 74
b. Modifications morphologiques ...................................................................................................... 75
c. Anomalies cliniques ........................................................................................................................ 77
3. Diagnostic échographique .............................................................................................................. 77
4. Diagnostic biologique ..................................................................................................................... 79
a. Méthodes de dosage ...................................................................................................................... 80
b. Résultats ......................................................................................................................................... 80
c. Cinétique de l’AMH ......................................................................................................................... 82
5. Traitements entrepris et suivi ........................................................................................................ 83
6. Analyse des GCT excisées ............................................................................................................... 87
a. Observation macroscopique ........................................................................................................... 87
b. Méthodes d’analyses histopathologiques et immunohistochimique ............................................ 89
c. Histopathologie .............................................................................................................................. 89
i. Etude histopathologique des GCT classiques ....................................................................................... 89
ii. Etude histopathologique d’une GCT atypique ..................................................................................... 93
d. Immunomarquage .......................................................................................................................... 94
7. Discussion ...................................................................................................................................... 97
a. Intérêt du dosage de l’AMH dans notre étude clinique ................................................................. 98
b. Suivi à long terme de FARDAU ........................................................................................................ 99
c. Effets potentiels du lymphome sur la concentration plasmatique en AMH ................................ 102

CONCLUSION ..................................................................................................................................105
BIBLIOGRAPHIE ...........................................................................................................................107

10
TABLES DES FIGURES
Figure 1 - Comportement de jument en chaleur (Brinsko et al., 2010) ................................................ 23

Figure 2 - Physiologie sexuelle de la jument (collection personnelle) .................................................. 24

Figure 3 - Evolution des concentrations hormonales en œstrogènes, FSH, LH, progestérone et PGF2α
durant le cycle œstral normal chez la jument (Estrogen = Œstrogènes, Estrus = Œstrus, Ov. =
Ovulation) (Brinsko et al., 2010)............................................................................................................ 25

Figure 4 - Immunomarquage de l'AMH (signal en rouge) dans une coupe d'ovaire sain à différents
stades précoces de maturation folliculaire (Ball et al., 2008) ............................................................... 28

Figure 5 - Immunomarquage de l'AMH (signal en rouge) dans une coupe d'ovaire sain à différents
stades tardifs de maturation folliculaire et au stade d’atrésie folliculaire (Ball et al., 2008) ............... 29

Figure 6 - Vue dorsale de l'appareil reproducteur chez la jument (d’après Brinsko et al., 2010) ........ 31

Figure 7 - Position anatomique de l'appareil sexuel chez la jument (d'après Budras et al., 2009) ...... 32

Figure 8 - Coupe transversale d'un ovaire de jument (d’après Budras et al., 2009) ............................. 33

Figure 9 - Photographie d'une GCT en coupe à forme classique multikystique (McCue et al., 2006) .. 37

Figure 10 - Photographie d'une GCT atypique en coupe composé d'un seul gros kyste (McCue et al.,
2006)...................................................................................................................................................... 38

Figure 11 - Photographie d'une GCT atypique en coupe composée par une masse entièrement
tissulaire (Ellenberger et al., 2007) ....................................................................................................... 38

Figure 12 - Observation histologique au microscope optique d'une coupe de GCT (Crabtree, 2011) . 39

Figure 13 - Observation histologique au microscope optique d'une coupe de GCT (Ellenberger et al.,
2007)...................................................................................................................................................... 39

Figure 14 - Observation histologique au microscope optique d'une coupe de GCT (Ellenberger et al.,
2007)...................................................................................................................................................... 40

Figure 15 - Observation cytologique au microscope optique de corps de Call-Exner (flèche rouge),


aspiration à l'aiguille fine d'une métastase de GCT (Harbhajanka et al., 2016).................................... 40

Figure 16 - Observation cytologique au microscope optique de cellules néoplasiques à noyau en


"grain de café" (flèches rouges), aspiration à l'aiguille fine d'une métastase de GCT (Harbhajanka et
al., 2016) ................................................................................................................................................ 41

Figure 17 - Photographie d'une jument à GCT ayant un comportement d’étalon et montant une autre
jument (McCue et al., 2006) .................................................................................................................. 44

11
Figure 18 - Utilisation d'un LigaSure sur pédicule ovarien lors d'une ovariectomie d'une jument à GCT
par laparoscopie (Terris et al., 2013)..................................................................................................... 55

Figure 19 - Aspect échographique d'une GCT (Terris et al., 2013) ........................................................ 58

Figure 20 - Immunomarquage de l'AMH (signal en rouge) dans une coupe de GCT de jument,
observation au microscope optique (Almeida et al., 2011) .................................................................. 69

Figure 21 - Plaies sur le membre postérieur gauche de la jument SHAKIRA (collection personnelle) . 74

Figure 22 - Clitoris hypertrophié de CALL-ME (collection personnelle) ................................................ 75

Figure 23 - Crête nucale développée sur la jument SHAKIRA (collection personnelle) ........................ 75

Figure 24 - Echographie transrectale de l'ovaire droit (pointillés rouges) de la jument FARDAU, aspect
structural multikystique classique pour une GCT (collection personnelle) .......................................... 77

Figure 25 - Echographie transrectale de l'ovaire gauche (pointillés rouges) de la jument FARDAU,


atrophie et inactivité de l'ovaire controlatéral à la GCT (collection personnelle) ................................ 78

Figure 26 - Voie d'abord chirurgical par le flanc sur CALL-ME (collection personnelle) ....................... 84

Figure 27 - Excision et récupération intra-abdominale de la GCT dans un sac (collection personnelle)


............................................................................................................................................................... 84

Figure 28 - Abord chirurgical suprapubique paramédian diagonal sur SHAKIRA (collection personnelle)
............................................................................................................................................................... 85

Figure 29 - Extériorisation de la GCT de SHAKIRA avant ligature et excision (collection personnelle). 85

Figure 30 - Gonflement en périphérie de la plaie chirurgicale de SHAKIRA (collection personnelle) .. 86

Figure 31 - Tumeur de l'ovaire après excision de SHAKIRA (collection personnelle)............................ 87

Figure 32 - Tumeur de l'ovaire après excision de FARDAU (collection personnelle) ............................ 88

Figure 33 - Observation en coupe de la GCT de FARDAU (collection personnelle) .............................. 88

Figure 34 - Analyse histopathologique d'une coupe de la GCT de CALL-ME, observation au microscope


optique grossissement x10 (laboratoire d'analyse de VetAgro Sup) .................................................... 90

Figure 35 - Analyse histopathologique d'une coupe de la GCT de FARDAU, observation au microscope


optique grossissement x10 (laboratoire d'analyse de VetAgro Sup) .................................................... 91

Figure 36 - Analyse histopathologique d'une coupe de la GCT de FARDAU, observation au microscope


optique grossissement x20 (laboratoire d'analyse de VetAgro Sup) .................................................... 91

12
Figure 37 - Observation d'un corps de Call-Exner (flèche) lors de l'analyse histopathologique d'une
coupe de la GCT de SERENA, observation au microscope optique grossissement x40 (laboratoire
d’analyse de VetAgro Sup) .................................................................................................................... 92

Figure 38 - Observation de cellules de type "cellules de Leydig" (flèches) lors de l'analyse histologique
d'une coupe de GCT de CALL-ME, observation au microscope optique grossissement x40 (laboratoire
d’analyse de VetAgro Sup) .................................................................................................................... 93

Figure 39 - Analyse histologique d'une coupe de la GCT de NIQUITA, observation au microscope


optique grossissement x5 (laboratoire d’analyse de VetAgro Sup) ...................................................... 94

Figure 40 – Immunomarquage (signal en rouge) de l'inhibine dans la GCT de la jument SERENA,


observation au microscope optique grossissement x10 (laboratoire d'analyse de VetAgro Sup) ....... 95

Figure 41 – Immunomarquage (signal en rouge) de l'inhibine dans la GCT de la jument SERENA,


observation au microscope optique grossissement x20 (laboratoire d'analyse de VetAgro Sup) ....... 95

Figure 42 – Immunomarquage (signal en rouge) de l'AMH dans la GCT de la jument SERENA,


observation au microscope optique grossissement x10 (laboratoire d'analyse de VetAgro Sup) ....... 95

Figure 43 - Immunomarquage (signal en rouge) de l'AMH dans la GCT de la jument SERENA,


observation au microscope optique grossissement x20 (laboratoire d'analyse de VetAgro Sup) ....... 95

Figure 44 - Immunomarquage (signal en rouge) de l'AMH dans la GCT de la jument FARDAU,


observation au microscope optique grossissement x10 (laboratoire d'analyse de VetAgro Sup) ....... 96

Figure 45 – Immunomarquage (signal en rouge) de l'AMH dans la GCT de la jument FARDAU,


observation au microscope optique grossissement x20 (laboratoire d'analyse de VetAgro Sup) ....... 96

Figure 46 – Immunomarquage (signal en rouge) de l'inhibine dans la GCT de la jument FARDAU,


observation au microscope optique grossissement x10 (laboratoire d'analyse de VetAgro Sup) ....... 97

Figure 47 - Immunomarquage (signal en rouge) de l'inhibine dans la GCT de la jument FARDAU,


observation au microscope optique grossissement x20 (laboratoire d'analyse de VetAgro Sup) ....... 97

Figure 48 - Frottis sanguin de la jument FARDAU (laboratoire d'analyse de VetAgro Sup) ................ 100

Figure 49 - Frottis sanguin de la jument FARDAU : observation des lymphoblastes (laboratoire


d'analyse de VetAgro Sup) .................................................................................................................. 100

Figure 50 - Cytométrie en flux de la jument FARDAU (laboratoire d'analyse de VetAgro Sup).......... 101

13
14
TABLE DES TABLEAUX
Tableau 1 - Cas cliniques issus de la littérature de troubles digestifs associés à une GCT ................... 46

Tableau 2 - Cas cliniques issus de la littérature d'hémorragie suite à la rupture d'une GCT ................ 47

Tableau 3 - Cas cliniques issus de la littérature de torsion d'une GCT .................................................. 47

Tableau 4 - Cas cliniques issus de la littérature d'ostéopathie hypertrophique associé à une GCT ..... 48

Tableau 5 - Etudes cliniques de juments à GCT : dosage de la testostérone ........................................ 60

Tableau 6 - Etudes cliniques de juments à GCT : dosage de l'inhibine ................................................. 65

Tableau 7 - Identification des cas étudiés ............................................................................................. 73

Tableau 8 - Modifications comportementales, morphologiques, et modification du cycle sexuel ...... 76

Tableau 9 - Palpation et aspect échographique des ovaires ................................................................. 79

Tableau 10 - Dosages plasmatiques de différentes hormones avant la chirurgie d’ovariectomie (NE :


non évalué) ............................................................................................................................................ 81

Tableau 11 - Cinétique de la concentration plasmatique en AMH, en ng/mL (NE : non évalué)......... 83

Tableau 12 - Numération formule et biochimie sanguine de FARDAU : valeurs anormales ................ 99

15
16
TABLE DES ABREVATIONS ET SIGLES
ADN : Acide DésoxyriboNucléique

AMH : hormone Anti-Müllérienne (ou Anti-Müllerian Hormone)

ARNm : Acide RiboNucléique messager

cerb : oncoprotéine c-erbB-2

CRI : perfusion à débit constant (ou Constant Rate Infusion)

eCG : gonadotropine chorionique équine (ou equine Chorionic Gonadotrophin)

FSH : hormone folliculo-stimulante (ou Follicle-Stimulating Hormone)

GCT : tumeur des cellules de la granulosa (ou Granulosa Cell Tumor)

GnRH : hormone de libération des gonadotropines hypophysaires (ou Gonadotropin-


Releasing Hormone)

GSTα : Glutathion S-Transférase α

GTCT : tumeurs des cellules de la thèque et de la granulosa (ou Granulosa-Theca Cell Tumor)

LH : hormone lutéinisante (ou Luteinizing Hormone)

PCR : réaction en chaîne par polymérase (ou Polymerase Chain Reaction)

PGF2α : Prostaglandine F2α

RIA : dosage radio-immunologique (ou RadioImmunoAssay)

TGF-β : facteurs de croissance transformant β (ou Transforming Growth Factor β)

17
18
INTRODUCTION

Les tumeurs ovariennes des cellules de la granulosa (ou Granulosa Cell Tumor –
GCT), sont les tumeurs de l’ovaire les plus fréquentes chez la jument. Elles font partie du
diagnostic différentiel du syndrome du gros ovaire ou « large ovary syndrome ». Bien que de
bon pronostic, ces tumeurs ont un impact important sur la fonction de reproduction des
équidés et peuvent induire des effets secondaires néfastes.

Les tumeurs des cellules de la granulosa sont connues et diagnostiquées depuis de


nombreuses années. Néanmoins beaucoup de travaux récents issus notamment d’études
américaines ont permis d’accroître nos connaissances à ce sujet et de développer des
nouvelles techniques diagnostiques. L’intérêt récent des études scientifiques pour l’hormone
anti-Müllérienne (ou AMH) fait de cette hormone un point clé du diagnostic des tumeurs de la
granulosa. Le but de ce travail est de faire le point sur les connaissances actuelles de la
médecine vétérinaire sur la tumeur de l’ovaire chez la jument et de réaliser une synthèse des
données bibliographiques existantes à ce sujet. Une étude rétrospective sur sept cas reçus à la
Clinéquine – campus vétérinaire de Lyon nous permettra ensuite d’illustrer et de confronter
nos résultats avec les données de la littérature scientifique.

Nous allons dans un premier temps rappeler les particularités anatomiques et


physiologiques de l’appareil reproducteur de la jument. Nous parlerons ensuite de la tumeur
des cellules de la granulosa en étudiant les particularités de cette tumeur, ses caractéristiques
épidémiologiques et cliniques, ainsi que les méthodes diagnostiques et les indications
thérapeutiques. Notre dernière partie nous permettra de présenter les cas cliniques étudiés et
ainsi d’illustrer notre partie bibliographique.

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20
I. PRE-REQUIS SUR L’ANATOMIE DE L’OVAIRE
ET LA PHYSIOLOGIE SEXUELLE DE LA JUMENT

1. Cycle œstral

La jument fait partie des espèces poly-œstriennes saisonnières. Elle a donc plusieurs
cycles d’œstrus pendant la saison ovulatoire – ou saison de monte. Cette saison dépend de la
photopériode et a lieu pendant les jours les plus longs, entre mars et septembre pour
l’hémisphère nord (Hughes et al., 1975).

La puberté de la jument apparaît entre 12 et 24 mois. Elle rentre ensuite dans une
alternance annuelle entre saison anovulatoire et saison ovulatoire.

La saisonnalité dépend de facteurs environnementaux et notamment de la


photopériode. La durée de l’ensoleillement journalier est à l’origine, via la stimulation
rétinienne, de la stimulation de glande pinéale produisant et sécrétant de la mélatonine
pendant la nuit ; lorsque les jours se raccourcissent, cette hormone prend le contrôle du
système reproducteur et inhibe l’activité de l’axe hypothalamo-hypophysaire. Avec
l’augmentation de la photopériode, cette inhibition est levée : l’hypothalamus va alors sécréter
l’hormone de libération des gonadotropines hypophysaires ou Gonadotropin-Releasing
Hormone (GnRH). Cependant, les biomécanismes précis de régulation de la saisonnalité ainsi
que ses différents acteurs ne sont pas encore précisément connus (Nagy et al., 2000). Il
semblerait que la température environnementale et la nutrition aient aussi un rôle dans cette
régulation.

a. Saison anovulatoire

La saison anovulatoire est définie par la période entre la dernière ovulation de l’année
N et la première ovulation de l’année N+1. Durant cette période, aucune ovulation n’a lieu.
Cette saison peut être divisée en trois phases (Brinsko et al., 2010) :

- L’anœstrus profond : l’anœstrus profond correspond à l’inactivité ovarienne


stricte, et s’étend normalement de novembre à janvier. Durant cette phase,
l’utérus est atone et flasque, le col est dur et ferme, et les ovaires sont petits et
contiennent des petits follicules inactifs inférieurs à 5mm. La sécrétion de
GnRH par l’hypothalamus est alors quasi nulle, et les concentrations
plasmatiques en hormone folliculo-stimulante ou Follicle-Stimulating

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Hormone (FSH) et en hormone lutéinisante ou Luteinizing Hormone (LH),
ainsi qu’en stéroïdes ovariens (progestérone et œstrogènes) sont basses.

- L’anœstrus superficiel : l’anœstrus superficiel correspond au réveil ovarien.


L’activité de l’ovaire reprend petit à petit et il contient des follicules de 5 à
30mm. L’utérus reste peu tonique et le col dur et fermé. La concentration en
FSH augmente mais celle en LH reste basse.

- L’œstrus prolongé : l’œstrus prolongé est la phase de transition vers la cyclicité


et commence jusqu’à 2 mois avant ovulation. La jument présente alors des
chaleurs plus ou moins marquées. Les ovaires sont actifs et il y a reprise du
développement folliculaire ovarien. Le col se relâche légèrement. La
concentration en FSH est élevée mais celle en LH reste basse jusqu’à son
élévation précédant la première ovulation de la saison ovulatoire.

b. Saison ovulatoire

Chaque cycle œstral dure 21 jours en moyenne (le cycle peut varier entre 18 à 24 jours
dans les conditions physiologiques). Cette durée correspond au temps entre deux ovulations.
Chaque cycle est divisé en deux périodes (Brinsko et al., 2010):

- L’œstrus – ou phase folliculaire : l’œstrus dure en moyenne entre 4 à 7 jours.


Cette durée est variable en fonction de la saison, et peut s’étendre de 2 à plus
de 12 jours dans les conditions physiologiques. La durée de cette phase est plus
longue au début de la saison de monte, ce qui est probablement dû à un pic de
LH moins important pendant cette période. Durant l’œstrus, la jument acquiert
un comportement caractéristique dit comportement de chaleurs (position
campée et queue redressée, urine en petits jets, clitoris éversé et vulve
« clignotante ») (Figure 1), et accepte le mâle. Le col est ouvert et le vagin est
humide, les voies génitales se préparent au transport du sperme jusqu’à
l’oviducte pour la fécondation. Durant cette phase, la progestérone est basse
(<1 ng/mL). L’œstrus se termine après l’ovulation.

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Figure 1 - Comportement de jument en chaleur (Brinsko et al., 2010)

- Le diœstrus - ou phase lutéale : le diœstrus dure en moyenne 15 jours ; cette


durée est relativement stable et indépendante de la saison. Durant le diœstrus,
la jument refuse le mâle. Son col se ferme et le tractus génital se prépare à
recevoir un éventuel embryon. Le diœstrus finit avec la régression du corps
jaune et le début de la phase folliculaire suivante, associée à l’apparition du
comportement d’œstrus.

Ces cycles ovariens réguliers sont sous contrôle hormonal. Ces hormones sont
produites par la glande pinéale, l’hypothalamus, l’hypophyse, les ovaires, et l’endomètre.

2. Contrôle hormonal au cours de la saison


ovulatoire

Les cellules neurosécrétrices de l’hypothalamus produisent la GnRH et la sécrètent


périodiquement au niveau de l’espace porte hypothalamo-hypophysaire. La GnRH va alors
stimuler la synthèse et la sécrétion de FSH et de la LH par l’antéhypophyse. Ces hormones
vont être libérées dans la circulation systémique et vont avoir une action sur l’ovaire : la FSH
sera responsable du recrutement folliculaire alors que la LH sera responsable de la maturation
des follicules, de la production d’œstrogènes, de l’ovulation et de la lutéinisation (Brinsko et
al., 2010) (Figure 2).

23
Figure 2 - Physiologie sexuelle de la jument (collection personnelle)

Une vague folliculaire correspond à la croissance initialement synchronisée d’un


groupe de follicules jusqu’à ce que un ou deux, rarement plus, deviennent dominants (15 à
20% des juments ont une double ovulation). Le follicule dominant va continuer de grossir
jusqu’à atteindre plus de 30 mm de diamètre pour finalement ovuler ou régresser (England,
2005).

a. Contrôle hormonal du diœstrus

Durant le diœstrus, le corps jaune produit de la progestérone qui exerce un


rétrocontrôle négatif sur la sécrétion de LH par l’antéhypophyse (Figure 2). Cependant, la
croissance folliculaire est continue même pendant la phase lutéale chez la jument (Brinsko et
al., 2010).

La phase lutéale commence après l’ovulation par la formation du corps jaune sécrétant
de la progestérone, à l’origine de l’arrêt du comportement d’œstrus par la jument. Le pic de
progestérone circulante est atteint 6 jours après l’ovulation. La durée de vie du corps jaune
dépend de la sécrétion de la prostaglandine F2α (PGF2α) par l’endomètre sans fécondation.

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La PGF2α est sécrétée dans la circulation systémique et atteint l’ovaire où elle induit la
lutéolyse entre 13 et 16 jours après l’ovulation. Il s’ensuit la diminution de la concentration en
progestérone et donc la levée de l’inhibition de la sécrétion en LH. L’augmentation de la
sécrétion en LH permet à nouveau la maturation folliculaire et donc le comportement d’œstrus
de la jument, caractéristique d’une nouvelle phase folliculaire du cycle œstral (England, 2005)
(Figure 3).

b. Contrôle hormonal de l’œstrus et de l’ovulation

L’œstrus, aussi appelé phase folliculaire, est sous contrôle hormonal des
follicules. Durant l’œstrus, les œstrogènes produits par les follicules matures, et en particulier
par le follicule dominant, activent une sécrétion supplémentaire de LH, permettant d’assurer
la maturation du ou des follicules dominants jusqu’à ovulation. L’inhibine et les œstrogènes
produits par les follicules en croissance exercent un rétrocontrôle négatif sur la sécrétion de
FSH, ce qui évite le recrutement et le départ d’une nouvelle vague folliculaire (Brinsko et al.,
2010) (Figure 2).

Le développement folliculaire est à l’origine de la production des œstrogènes qui sont


responsables du changement comportemental de la jument. La baisse de la concentration en
œstrogènes commence environ 24 heures après l’ovulation marquant la fin du comportement
d’œstrus et le début du diœstrus (Brinsko et al., 2010) (Figure 3).

Figure 3 - Evolution des concentrations hormonales en œstrogènes, FSH, LH, progestérone et PGF2α durant le cycle
œstral normal chez la jument (Estrogen = Œstrogènes, Estrus = Œstrus, Ov. = Ovulation) (Brinsko et al., 2010)

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3. Rôle et place de l’hormone anti-Müllérienne
(AMH) dans le contrôle hormonal

L’Hormone Anti-Müllérienne ou AMH (aussi appelée Mullerian Inhibiting Substance


ou MIS) est une glycoprotéine homodimérique de 140kD faisant partie de la famille des
facteurs de croissance transformant β (TGF-β) (Cate et al., 1986).

Lors de la phase de différentiation sexuelle des mâles, la testostérone est responsable


du développement du canal de Wolf (canal mésonéphrotique), alors que l’AMH est
responsable de la régression du canal de Müller (canal paramésonéphrotique) (Josso and
Picard, 1986). L’AMH est sécrétée par les cellules de Sertoli des testicules à partir de la
différentiation sexuelle du fœtus jusqu’à la puberté (Behringer et al., 1995; Donahoe et al.,
2003; Josso et al., 2001; Jost, 1953; Rey et al., 2003; Teixeira et al., 2001).

a. Chez la femme et certains mammifères domestiques

Chez les femelles, l’AMH n’est pas exprimée lors de la phase de différentiation
sexuelle, permettant un développement normal du tractus génital femelle (Hirobe et al., 1992;
Taketo et al., 1993)

Chez la femme après la naissance, l’AMH est exprimée dans l’ovaire par les cellules
de la granulosa des follicules au stade pré-antral et des petits follicules au stade antral, à une
concentration bien inférieure que celle retrouvée dans les testicules (Donahoe et al., 2003;
Josso et al., 2001; Rey et al., 2003; Teixeira et al., 2001; Visser et al., 2006). L’expression de
l’AMH commence dans les jeunes follicules primaires et augmente progressivement jusqu’à
atteindre son pic d’expression dans les formes pré-antrales et antrales des follicules, lorsqu’ils
sont sous contrôle de la FSH. L’expression de l’AMH dans les cellules de la granulosa
diminue ensuite pendant le reste du développement folliculaire jusqu’à devenir indétectable
lorsque le follicule atteint un diamètre de 8 mm (Visser et al., 2007). Il a été observé que la
diminution de l’expression de l’AMH commence au stade ou le développement folliculaire est
sous contrôle de la FSH (Visser et al., 2006). Ainsi, il semblerait que l’AMH joue un rôle sur :
- La régulation du recrutement et du développement des follicules : l’AMH inhibe
le recrutement des follicules primordiaux au sein du pool des follicules en
croissance (Teixeira et al., 2001). En effet, sur des souris où l’AMH est absente,
les follicules primordiaux sont recrutés de manière plus importante (Visser et al.,
2006).

- La baisse de la sensibilité à la FSH des follicules en croissance dans les formes


pré-antrales et antrales précoces : ce qui permettrait de limiter le nombre de

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follicules actifs en croissance, et induirait donc la sélection des follicules
dominants (Rey et al., 2003; Visser et al., 2007).

Cependant, en l’absence d’étude supplémentaire, le rôle précis de l’AMH et ses modes


d’actions restent encore à définir.

L’AMH peut être dosée dans le sérum. Il a été démontré qu’elle pouvait servir de
marqueur pour évaluer la réserve ovarienne chez la souris (Kevenaar et al., 2006), ainsi que
chez la femme (Fanchin et al., 2005; La Marca and Volpe, 2006; Seifer et al., 2002; Visser
and Themmen, 2005). La concentration plasmatique en AMH diminue au moment de la
ménopause chez la femme, signe de la dégénérescence de la population folliculaire. La
concentration en AMH apparaît comme étant prédictive de la réponse ovarienne à l’induction
d’ovulations multiples chez la femme (Fanchin et al., 2005). Ainsi, il est supposé que la
valeur de la concentration plasmatique en AMH soit le reflet du nombre de follicules antraux
(exprimant l’AMH) pouvant être observés à l’échographie (Jayaprakasan et al., 2010).

L’évolution de la concentration en AMH au cours du cycle menstruel est sujet à


controverses. Selon plusieurs études, la concentration en AMH chez la femme ne varie pas
significativement au cours du cycle menstruel (Hehenkamp et al., 2006; Marca et al., 2004;
Tsepelidis et al., 2007). Cependant, deux études ont montré des augmentations de la
concentration en AMH durant la phase folliculaire (Cook et al., 2000; Wunder et al., 2008).
Ces variations restent cependant minimes comparées aux variations observées lors
d’anomalies tumorales.

La stabilité de la concentration en AMH au sein du cycle peut s’expliquer par le fait


que le pool de follicules disponibles exprimant l’AMH correspond à une population en
évolution permanente, et donc en nombre relativement constant.

b. Chez la jument

Chez la jument, bien que peu d’études aient été réalisées par rapport à la femme,
l’expression de l’AMH par les cellules de la granulosa de l’ovaire normal apparaît être
similaire à ce qui a été décrit pour les autre mammifères : l’expression de l’AMH dépend des
follicules présents (Ball et al., 2008). L’AMH n’est pas détectée dans les follicules
primordiaux mais commence à être détectable dans les cellules de la granulosa des follicules
primaires issus de la population des follicules primordiaux (Ball et al., 2008; Visser and
Themmen, 2005) (Figure 4).

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a : follicules primordiaux (flèche) avec une seule couche de cellules de la granulosa : absence
d’immunomarquage de l’AMH
b : petit follicule (flèche) avec plus d’une couche de cellules de la granulosa : immunomarquage de l’AMH
présent
c et d : petits follicules aux stades antraux : l’immunomarquage de l’AMH s’intensifie avec la maturation du
follicule

Figure 4 - Immunomarquage de l'AMH (signal en rouge) dans une coupe d'ovaire sain à différents stades précoces de
maturation folliculaire (Ball et al., 2008)

Chez la femme et chez la souris, il a été montré que l’expression de l’AMH diminue
fortement après que le follicule soit devenu dominant (Visser et al., 2006; Visser and
Themmen, 2005). Chez la jument, la diminution de l’expression de l’AMH n’a pas été
précisément définie par rapport à un stade folliculaire. Cependant, comme chez la femme et la
souris, il a été montré chez la jument que l’expression de l’AMH s’arrête avec l’atrésie
folliculaire (Ball et al., 2008) (Figure 5).

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A : gros follicule (>30 mm) : diminution de l’intensité de l’immunomarquage de l’AMH
B : atrésie folliculaire en stade précoce : faible niveau d’immunomarquage de l’AMH détectée
C : atrésie folliculaire en stade tardif : absence d’immunomarquage de l’AMH
D : corps jaune : absence d’immunomarquage de l’AMH

Figure 5 - Immunomarquage de l'AMH (signal en rouge) dans une coupe d'ovaire sain à différents stades tardifs de
maturation folliculaire et au stade d’atrésie folliculaire (Ball et al., 2008)

Ainsi, l’AMH est produite par les cellules de la granulosa chez la jument adulte. Par
analogie à ce qui est démontré chez la femme, on peut penser que l’AMH joue un rôle majeur
sur la régulation de la reproduction durant la folliculogenèse chez la jument, en inhibant le
recrutement des follicules primordiaux et la croissance des follicules sensibles au FSH.

Il a été remarqué que les juments ovariectomisées ont une concentration en AMH
plasmatique à la limite ou sous la limite de détection du test. La concentration en AMH est en
moyenne supérieure pour les juments cyclées ou gestantes comparées aux juments
ovariectomisées. Cela confirme que l’ovaire est la source de l’AMH plasmatique (Almeida et
al., 2011). Le fait que l’AMH ne soit pas systématiquement en-dessous de la valeur de
détection pour les juments ovariectomisées suggère soit qu’il y aurait une sécrétion résiduelle
en AMH de source à notre connaissance non connue, soit qu’il y aurait une réaction croisée
entre l’antigène anti-AMH utilisé pour le dosage et une autre molécule, comme par exemple

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un autre membre de la famille des facteurs de croissance β dont font parties l’activine et
l’inhibine. Ces réactions croisées ne sont à notre connaissance pas encore étudiées.

Il n’existe actuellement pas d’étude permettant d’établir une relation précise entre la
concentration plasmatique en AMH et le nombre de follicules primordiaux et antraux
disponibles dans l’ovaire chez la jument, mais, à l’image de la femme, une corrélation est
fortement suspectée. En effet, des variations modérées mais significatives entre différentes
juments ont été observées (Almeida et al., 2011). A l’instar de la femme, il est supposé que
ces variations sont le reflet de la réserve ovarienne de chaque jument. Cette théorie est
soutenue par Claes et al. (Claes et al., 2015), qui ont montré que la concentration en AMH
plasmatique est significativement plus basse pour les juments âgées comparativement aux
juments jeunes.

Il a été montré que la concentration en AMH ne varie pas significativement au cours


du cycle chez une jument (Almeida et al., 2011) . De même, chez la femme comme chez la
jument, aucun impact significatif de la gestation sur la concentration en AMH n’a été observé
(Almeida et al., 2011; Marca et al., 2005; Nelson et al., 2010). Cette stabilité de la
concentration en AMH, indépendamment de l’état physiologique de la jument, lui procure une
valeur diagnostique très intéressante.

4. Evolution du tractus génital au cours du cycle

Durant l’œstrus, les œstrogènes produits par le follicule en maturation sont


responsables des modifications du tractus génital (Charlot-Valdieu, 2006). Ils induisent
l’absence de tonus utérin et l’œdème de l’utérus (visible par échographie transrectale : images
caractéristiques en « quartier d’orange »). L’utérus devient plus lourd et s’affaisse dans la
cavité abdominale, devenant déclive et permettant une meilleure progression du sperme dans
les voies génitales. Du mucus aux propriétés antibactérienne et lubrifiante est sécrété, une
hyperhémie du col et de la muqueuse vaginale est observée. Le col utérin se relâche et s’ouvre
pour atteindre une relaxation maximale entre 24 et 48h avant l’ovulation. L’augmentation de
l’irrigation sanguine du tractus génital est visible par examen visuel au speculum (coloration
rose prononcée) (Charlot-Valdieu, 2006; England, 2005).

Après l’ovulation, la progestérone produite par le corps jaune est responsable de


l’augmentation du tonus utérin et de la disparition de l’œdème et donc de la perte de poids de
l’utérus (Charlot-Valdieu, 2006; England, 2005).

Durant le diœstrus, le corps jaune produit de la progestérone, le col est fermé et haut
dans la cavité abdominale. Les surfaces vaginale et cervicale deviennent pales et sèches en
l’absence d’œstrogènes (Charlot-Valdieu, 2006; England, 2005).

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Durant l’anœstrus, le tractus génital n’est pas sous l’influence des hormones stéroïdes
ovariennes. Les muqueuses vaginale et cervicale sont blanchâtres et le col est flasque
(Charlot-Valdieu, 2006; England, 2005).

5. Anatomie et position anatomique de l’ovaire

Les ovaires sont des organes ovales chez la pouliche qui deviennent réniformes après
la puberté. Ils sont de forme et de taille variables en fonction des follicules qu’ils contiennent.
Un ovaire sain présente une fosse ovulatoire caractérisée par une dépression au niveau de la
surface médiale, où a lieu l’ovulation. Cette zone comprend l’épithélium germinal. Les
ovaires se situent en regard de la cinquième vertèbre lombaire.

Le mésovarium ou ligament suspenseur de l’ovaire, permet la suspension de l’ovaire à


la paroi abdominale. Il s’insère sur le bord dorsal de l’ovaire et mesure environ 15 cm.
L’oviducte lie chaque ovaire à l’extrémité de la corne utérine correspondante. L’ovaire est
recouvert par une extension du ligament large, excepté au niveau de la fosse ovulatoire
(Budras et al., 2009; England, 2005) (Figure 6).

Figure 6 - Vue dorsale de l'appareil reproducteur chez la jument (d’après Brinsko et al., 2010)

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Le ligament large permet l’attache des ovaires et de l’ensemble de l’appareil
reproducteur dans la cavité abdominale. Il est composé du mésovarium s’attachant aux
ovaires, du mésosalpinx, s’attachant à la partie crâniale de l’utérus, et du mésometrium,
s’attachant à la partie caudale de l’utérus (Budras et al., 2009; England, 2005) (Figure 7).

Figure 7 - Position anatomique de l'appareil sexuel chez la jument (d'après Budras et al., 2009)

Une coupe de l’ovaire permet de révéler une zone parenchymateuse englobant


l’épithélium germinal et entourant en profondeur la fosse ovulatoire, contenant les follicules,
et des zones vasculaires situées aux pôles et aux zones d’attaches du mésovarium. Cette
conformation est différente de l’organisation en cortex parenchymateux et medulla vasculaire
retrouvée chez la plupart des mammifères domestiques (Budras et al., 2009) (Figure 8).

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Figure 8 - Coupe transversale d'un ovaire de jument (d’après Budras et al., 2009)

Lors de l’anœstrus, la taille moyenne de l’ovaire varie de 4x2x2 cm à 8x4x4 cm ; la


taille de l’ovaire augmente avec l’âge de la jument. L’ovaire contient alors des follicules de
petites tailles (entre 10 et 15 mm de diamètre) (England, 2005).

Les ovaires s’élargissent durant la transition printanière. Ils peuvent contenir de


nombreux follicules de taille variable, pouvant aller jusqu’à 40mm de diamètre (England,
2005).

Des modifications physiologiques sont observées chez une jument normale au cours
du cycle. Les follicules peuvent faire protrusion à travers la surface de l’ovaire lorsqu’ils
dépassent 25mm de diamètre. De même, les corps jaunes font protrusion durant les 4 à 5 jours
suivant l’ovulation (England, 2005).

33
34
II. ETUDE CLINIQUE DE LA TUMEUR DES
CELLULES DE LA GRANULOSA (GCT) CHEZ LA
JUMENT

1. Quelle est la place de la GCT au sein des


différentes tumeurs de l’ovaire chez la jument ?

a. Les différentes tumeurs de l’ovaire chez la jument

Des tumeurs peuvent se développer à partir de n’importe quel tissu de l’ovaire


(McCue et al., 2006). Il existe une classification histologique des tumeurs de l’ovaire réalisée
par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), qui regroupe ces tumeurs en quatre types
(Chen et al., 2003; Kennedy et al., 1998) :

1) Les tumeurs de l’épithélium germinal : issues de la surface épithéliale de


l’ovaire. Peuvent être bénignes ou malignes en fonction de leur caractère
prolifératif et invasif.

2) Les tumeurs du stroma gonadique et des cordons sexuels, comprenant deux


sous-types :
- Les Tumeurs des Cellules de la Granulosa, ou Granulosa Cell Tumor
(GCT) : elles contiennent primairement uniquement des cellules de la
granulosa (Kennedy and Miller, 2012). Il s’agit de la tumeur la plus
commune.
- Les Tumeurs des Cellules de la Granulosa et de la Thèque, Granulosa-Theca
Cell Tumor (GTCT) : elles contiennent primairement des cellules de la
granulosa et de la thèque (Kennedy and Miller, 2012).

Ces deux types de tumeurs possèdent les mêmes caractéristiques


morphologiques, histologiques et biochimiques. Elles sont généralement
regroupées sous la même appellation de GCT. Ces GCT ont la particularité
commune d’engendrer une sécrétion active d’hormones.

3) Les tumeurs des cellules germinales

35
4) Les autres tumeurs (moins fréquentes) :
- Des tumeurs du tissu mésenchymateux (ex: fibromes, hémangiomes)
peuvent aussi se développer dans l’ovaire
- Des tumeurs secondaires issues d’une autre localisation (ex :
lymphosarcome, mélanome) peuvent métastaser dans l’ovaire
- La présence de deux tumeurs de types différents a déjà été rapportée
(Panciera et al., 1991).

Sauf précisions, aucune distinction ne sera faite entre les tumeurs des cellules de la
granulosa (GCT) et les tumeurs des cellules de la thèque et de la granulosa (GTCT) dans cette
étude, et elles seront regroupées sous le nom de GCT.

b. Etude épidémiologique de la GCT

Les CGT sont les tumeurs ovariennes les plus fréquentes chez la jument (MacLachlan
and Kennedy, 2002; McCue et al., 2006; Meagher et al., 1977; Norris et al., 1968; Stabenfeldt
et al., 1979). Elles représentent plus de 85% des tumeurs de l’appareil reproducteur (P. M.
McCue, 1998) et environ 2,5% des néoplasmes chez les chevaux (Sundberg et al., 1977).

Aucune prédisposition raciale n’a jusque-là été mise en évidence (McCue et al., 2006;
Meagher et al., 1977; Sherlock et al., 2016).

L’âge moyen où le diagnostic d’une GCT est réalisé est de 10,6 ans (Meagher et al.,
1977). Cependant, les cas de GCT rapportés s’étendent de la jument nouveau-née à une
jument de 20 ans (Meagher et al., 1977). Des GCT juvéniles ont été rapportées chez une
pouliche pur-sang nouveau-née (Green et al., 1988), chez une pouliche pur-sang de 7 jours
(Buergelt, 1997), et chez une pouliche arabe de 3 mois (Hultgren et al., 1987). Chez l’adulte,
des GCT ont été diagnostiquées chez des juments jeunes (Meagher et al., 1977; Stickle et al.,
1975), chez des juments gestantes (Meagher et al., 1977) et chez des juments ayant tout juste
pouliné (Meagher et al., 1977; Schmidt et al., 1976).

36
2. Etude descriptive de la GCT

a. Description anatomo-pathologique et
macroscopique

Les GCT sont généralement unilatérales, avec l’ovaire controlatéral le plus souvent
petit et inactif (Fessler and Brobst, 1972; Howard, 1949; Meagher et al., 1977; Perino and
Didier, 1985; Stabenfeldt et al., 1979). Cependant, de rares cas de tumeurs bilatérales sont
rapportés (McCoy, 1986; Turner and Manno, 1983; Zelli et al., 2006). Dans une étude récente
sur 52 juments à GCT, 14 juments présentaient des GCT bilatérales, sans que cette prévalence
exceptionnellement élevée ne soit expliquée (Sherlock et al., 2016). Il est intéressant de noter
que ces GCT bilatérales n’étaient pas associées à des métastases : il est donc supposé que les
tumeurs de chaque ovaire n’étaient pas liées mais étaient d’apparition spontanée.

En moyenne, la taille des GCT s’étend entre 9 et 30 cm de diamètre, et elles pèsent


entre 1,5 à 6 kg (Stabenfeldt et al., 1979). Des cas extrêmes existent cependant : une des plus
grosse GCT décrite pesait 59.1kg et a été retirée d’une jument Quarter Horse de 9 ans pesant
environ 350kg (sans sa masse) (Nyack and Johnson, 1983).

Les GCT observées macroscopiquement sont généralement de couleur rose pâle avec
une surface lisse. Cependant, des tumeurs présentant des bombements irréguliers de couleur
jaunâtre en surface ont été décrites (Fernandes et al., 2011).

L’Etude macroscopique en coupe de la tumeur révèle une masse le plus souvent poly-
kystique à stroma jaunâtre et présentant des zones de tissu solide (Figure 9). Des zones
focales de nécrose hémorragique sont fréquemment retrouvées (MacLachlan and Kennedy,
2002).

Figure 9 - Photographie d'une GCT en coupe à forme classique multikystique (McCue et al., 2006)

37
Des cas de tumeurs de la granulosa atypiques ont été décrits. Des GCT se présentant
sous la forme d’une masse composée d’un gros kyste unique rempli de liquide (Figure 10) ou
d’une masse entièrement ou partiellement tissulaire (Figure 11) ont été décrites.

Figure 10 - Photographie d'une GCT atypique en coupe composé d'un seul gros kyste (McCue et al., 2006)

Figure 11 - Photographie d'une GCT atypique en coupe composée par une masse entièrement tissulaire (Ellenberger et
al., 2007)

b. Description histo-pathologique et cytologique

Les caractérisation histologique des GCT sont décrites dans de nombreux articles
(Ellenberger et al., 2007; Kennedy and Miller, 2012; MacLachlan, 1987; McEntee, 1990;
Stabenfeldt et al., 1979, p. 1987). L’étude histologique des coupes de GCT se fait au
microscope optique après coloration à l’hémalun-éosine.

L’étude histologique des GCT révèle pour la majorité des cas que les kystes observés
macroscopiquement sont constitués d’un amas de macros et micros follicules désorganisés,

38
associés à des zones tubulaires et des zones trabéculaires (Figure 12). Ces follicules sont
bordés par plusieurs couches successives de cellules de type “cellules de la granulosa” ; ces
cellules peuvent avoir une morphologie de type “cellule de Sertoli” dans les zones tubulaires.
Le stroma contient généralement des cellules fusiformes du type “cellules de la thèque”. Ces
kystes sont entourés par du tissu conjonctif (MacLachlan, 1987) (Figure 13).

Figure 12 - Observation histologique au microscope optique d'une coupe de GCT (Crabtree, 2011)

Figure 13 - Observation histologique au microscope optique d'une coupe de GCT (Ellenberger et al., 2007)

Dans la majorité des GCT, des cellules ayant la morphologie des “cellules de Leydig”,
(cellules de grande taille, polygonales, plus ou moins vacuolisées), peuvent être retrouvées
dans le tissu stromal, entourées par les cellules de la thèque et en dessous des cellules de la
granulosa (McEntee, 1990; Stabenfeldt et al., 1979) (Figure 14). Il a été montré que la
présence de cellules de type “cellules de Leydig” est associée à une augmentation de la
concentration plasmatique en testostérone ou à un comportement d’étalon retrouvé chez la
jument à GCT, ou les deux associés (Ellenberger et al., 2007; Stabenfeldt et al., 1979). A
l’inverse, les tumeurs présentant plus de cellules de type “cellules de Sertoli” et moins de
cellules de type “cellules de Leydig” présenteraient une augmentation de la concentration en
œstrogène (Stabenfeldt et al., 1979).

39
Figure 14 - Observation histologique au microscope optique d'une coupe de GCT (Ellenberger et al., 2007)

La description cytologiques de ce type de tumeur en médecine humaine commence à


être bien documenté, avec 27 cas rapportés dans la littérature jusqu’en 2016 (Ali et al., 2008;
Harbhajanka et al., 2016; Ylagan et al., 2002). En revanche, il n’existe pas de travail de
synthèse sur ce sujet en médecine vétérinaire. La description cytologique de la GCT chez la
femme peut être extrapolée à la GCT de la jument. En effet, les rares études cytologiques de
cas décrits en médecine équine ont présenté les mêmes caractéristiques que ce qui est décrit
chez la femme.

Les quelques études cytologiques réalisées sur des GCT de jument décrivent un
agencement en micro-follicules avec présence occasionnelle de corps de Call-Exner (McCue
et al., 1991) (Figure 15), et de cellules monomorphiques présentant un noyau à rainures
longitudinales remarquable ayant l’aspect de « grains de café » (Angstrom et al., 1972;
Fernandes et al., 2011). Bien qu’ayant une très forte valeur diagnostique, les corps de Call-
Exner ne peuvent pas toujours être observés car ils se trouvent dans les espaces remplis de
liquide kystique au sein de la tumeur, ils peuvent donc facilement être rompus (Angstrom et
al., 1972; MacLachlan and Kennedy, 2002).

Figure 15 - Observation cytologique au microscope optique de corps de Call-Exner (flèche rouge), aspiration à l'aiguille
fine d'une métastase de GCT (Harbhajanka et al., 2016)

40
Les études de cas isolés en médecine vétérinaire semblent confirmer les extrapolations
issus de la médecine humaine : les cellules à noyau « en grain de café » (Figure 16) décrites
ont une forte valeur diagnostique et sont un marqueur plus fiable que les corps de Call-Exner
pour le diagnostic des GCT (Fernandes et al., 2011). Un travail à grande échelle sur la
cytologie des GCT chez la jument reste cependant nécessaire.

Figure 16 - Observation cytologique au microscope optique de cellules néoplasiques à noyau en "grain de café" (flèches
rouges), aspiration à l'aiguille fine d'une métastase de GCT (Harbhajanka et al., 2016)

c. Modifications endocrinologiques : productions


hormonales de la tumeur

Les GCT peuvent être à l’origine d’une sécrétion anarchique d’hormones stéroïdiennes
(Bailey et al., 2002). On peut ainsi s’attendre à des modifications de concentrations
plasmatiques des nombreuses hormones produites par la GCT ou régulées par ces hormones
produites. La plupart des modifications hormonales sont décrites et connues depuis plusieurs
années et sont ou ont été utilisées dans le diagnostic des GCT.

Plus récemment, des études se sont intéressées à la production en hormone anti-


Müllérienne ou AMH par les GCT.

Les modifications endocrinologiques induites par la présence d’une GCT et leur


intérêt diagnostic seront abordées dans la partie III « Etude Diagnostique de la GCT ».

41
3. Conséquences clinique de la GCT

a. Physiopathologie

Chez la jument, la grande majorité des GCT sont bénignes (Kennedy and Miller, 2012;
MacLachlan and Kennedy, 2002; McEntee, 1990). Quelques GCT malignes sont cependant
rapportées (Ellenberger et al., 2007; Gift et al., 1992; Meagher et al., 1977) ; nous
développerons ces cas dans la partie « complications ».

L’ovaire controlatéral à la GCT est généralement petit et montre une absence


d’activité folliculaire (Meagher et al., 1977; Stabenfeldt et al., 1979). Après retrait chirurgical
de la tumeur, on observe un retour au fonctionnement normal de l’ovaire controlatéral entre 2
et 16 mois (Meagher et al., 1977; Terris et al., 2013). Quelques rares cas d’ovaire
controlatéral actif en présence d’une GCT développée sont cependant rapportés (Hinrichs et
al., 1990; Terris et al., 2013).

Les GCT sont les seules anomalies ovariennes connues s’accompagnant d’une
inactivité de l’ovaire controlatéral (McCue et al., 2006). Deux hypothèses différentes
expliquent cette absence d’activité folliculaire.

La première hypothèse propose que cette inactivité est due à la production d’inhibine
et possiblement d’autres hormones par l’ovaire affecté inhibant ainsi la sécrétion de FSH par
la glande antérieure de l’hypophyse (McCue, 1993a). La baisse de la concentration en FSH
impliquerait la suppression de la fonction normale de l’ovaire controlatéral pourtant sain.

Selon McCue et al. (McCue et al., 2006), cette hypothèse d’absence de sécrétion de
FSH est consolidée par le fait que :
- La concentration en inhibine est inversement proportionnelle à la concentration en
FSH chez les juments saines pendant l’œstrus (Bergfelt et al., 1991; Roser et al.,
1994) ainsi que chez les juments à GCT (Bailey et al., 2002; McCue, 1993b).
- L’administration d’inhibine sous la forme de « steroid free follicular fluid » à des
juments cyclées induit la suppression de la sécrétion de FSH et du développement
folliculaire (Bergfelt et al., 1991; Roser et al., 1994).
- L’inactivation de l’activité biologique de l’inhibine par une immunisation active
est responsable de l’augmentation de la concentration en FSH et implique une
accélération du développement folliculaire et une superovulation (McCue et al.,
1992; Mckinnon et al., 1992).
- Les juments à GCT ont une FSH basale plus basse et une LH plus haute que les
juments normales (Bailey et al., 2002).

42
La sécrétion de stéroïdes ovariens par la tumeur pourrait aussi affecter le
développement folliculaire de l’ovaire controlatéral. En effet, l’administration de testostérone
à une jument normale ou à une jument ovariectomisée induit la baisse de la sécrétion en FSH
(Thompson et al., 1991, 1983). Bien que certaines juments à GCT n’aient pas une
concentration augmentée en testostérone ou œstradiol, la sécrétion continue de stéroïdes par
l’ovaire affecté (même à des concentrations dans les limites usuelles) induirait l’inhibition de
la sécrétion de FSH (McCue et al., 2006).

Cependant, cette première hypothèse s’appuyant sur l’action directe sur la FSH est
controversée puisqu’une autre étude a montré qu’il n’y avait pas de différence significative ni
pour la concentration basale en FSH ni pour la concentration en FSH induite par la GnRH
entre les juments à GCT et les juments saines (Zelli et al., 2006).

La deuxième hypothèse proposée par Ball (Ball et al., 2008) concernant l’inactivité de
l’ovaire controlatéral est basée sur le fait qu’une l’élévation de la concentration en AMH
bioactive circulante peut être mise en évidence dans le sérum de jument à GCT. L’AMH
pourrait induire une inhibition sur la réponse des petits follicules à la FSH (Visser et al.,
2006), impliquant l’arrêt de l’activité ovarienne chez les juments à GCT et l’atrophie de
l’ovaire sain.

b. Troubles de la reproduction et du comportement

La présence d’une GCT chez une jument s’accompagne le plus souvent de troubles de
la reproduction (modification du cycle sexuel normal, absence de chaleurs, stérilité) dus à
l’inactivité de l’ovaire controlatéral à la tumeur. Cependant, il existe quelques rares cas
rapportés de juments continuant à être cyclées malgré la tumeur (Hinrichs and Hunt, 1990;
Nie and Momont, 1992). Cela pourrait s’expliquer par le fait que ces tumeurs soient
diagnostiquées en stade précoce de développement et que l’observation de l’arrêt de la
croissance folliculaire soit d’apparition plus tardive. Il est fort probable qu’il y ait une période
transitionnelle entre la formation initiale de la GCT et la perte du cycle œstral.

Certaines de ces juments peuvent même être inséminées avec succès malgré la
présence d’une tumeur, mais cela aboutit le plus souvent à un avortement précoce,
s’expliquant par le défaut de production de progestérone par les ovaires anormaux (Terris et
al., 2013). Il existe des cas rapportés de juments étant arrivées au terme de la gestation malgré
la présence d’une GCT détectée avant l’insémination (Crabtree et al., 2013). Un cas de
gestation associée à une GCT ayant pu être menée au terme après ovariectomie à 74 jours de
gestation à récemment été décrit (Gee et al., 2012).

Les anomalies de comportement font très souvent parties du tableau clinique d’une
jument avec une tumeur de l’ovaire. Le type du comportement exprimé dépend du type de
cellules de la tumeur de l’ovaire et de l’hormone stéroïde produite en majorité. Par exemple,
lorsque la tumeur induit une élévation de la concentration plasmatique en testostérone
43
supérieure à 100 pg/mL, la jument peut exprimer un comportement d’étalon (McCue et al.,
1991). Cependant, la concentration en testostérone peut être au-dessus de cette limite chez
certaines juments saines et gravides qui peuvent aussi présenter un comportement agressif ou
comportement d’étalon (Patrick M. McCue, 1998). Le diagnostic différentiel d’un
comportement dit d’étalon doit notamment comprendre la gestation et les GCT.

Trois formes d’anomalies comportementales associées à une GCT ont été


décrites (Clark, 1975; Meagher et al., 1977; Sherlock et al., 2016; Stabenfeldt et al., 1979;
Stickle et al., 1975) :

- L’anœstrus prolongé, retrouvé chez 31,7% des juments à GCT présentant des
modification comportementales (Meagher et al., 1977).
- L’œstrus ininterrompu ou intermittent, associé à une nymphomanie, retrouvé chez
22,2% des juments à GCT présentant des modifications comportementales
(Meagher et al., 1977), à différencier de l’œstrus prolongé en période de transition
printanière. Ce changement comportemental peut être soudain et associé à une
virilisation (Fernandes et al., 2011).
- L’agressivité et le « comportement d’étalon » (Figure 17) retrouvé chez 46,0% des
juments à GCT présentant des modifications comportementales (Meagher et al.,
1977).

Figure 17 - Photographie d'une jument à GCT ayant un comportement d’étalon et montant une autre jument (McCue et
al., 2006)

Cependant, certaines juments à GCT peuvent ne présenter aucune anomalie de


comportement (Crabtree, 2011).

44
c. Autres troubles et complications

i. Modifications morphologiques

La présence d’une GCT peut s’accompagner d’anomalies de l’apparence de la jument


atteinte. En effet, les GCT produisant des androgènes peuvent induire le développent chez la
jument d’une crête nucale, d’une augmentation de la masse musculaire, ou l’élargissement du
clitoris (Clark, 1975; Finocchio and Johnson, 1969; Meagher et al., 1977; Nyack and Johnson,
1983).

ii. Complications

Les complications médicales associées à des GCT sont rares. (McCue et al., 2006).
Cependant, diverses complications sont rapportées dans la littérature :

 Développement de métastases : Bien que la grande majorité des GCT soient


bénignes, des métastases ont déjà été rapportées (Abbott et al., 2004;
Ellenberger et al., 2007; Gift et al., 1992; Lavoie et al., 1992; Meagher et al.,
1977; Patrick et al., 2003). Une étude de Patrick (Patrick et al., 2003) a montré,
sur 112 juments à GCT étudiées, une prévalence de développement
métastatique de 1,8%. Les métastases observées sont généralement retrouvées
dans la cavité abdominale, mais des métastases thoraciques, dans les nœuds
lymphatiques sous-lombaires ou des emboles vasculaires dans les poumons ont
déjà été rapportés (Gift et al., 1992). Le risque de dissémination de métastases
ne doit donc pas être écarté et doit être discuté avec le propriétaire.

 Problèmes digestifs : les GCT de grandes tailles peuvent causer des problèmes
gastro-intestinaux (Meagher et al., 1977; Nyack and Johnson, 1983; Schmidt et
al., 1976). Ces troubles peuvent être à l’origine de coliques aiguës ou
intermittentes, et peuvent même être à l’origine d’une rupture digestive
(impaction secondaire à l’occlusion du colon par le gros ovaire et son ligament
suspenseur. Le tableau ci-dessous résume quelques cas cliniques de troubles
digestifs liés à la présence d’une GCT trouvés dans la littérature.

45
Etude Anamnèse Tableau clinique et diagnostic
(van der Zaag et al., Jument Arabe en Coliques aiguës
1996) postpartum, GCT de 31,5 kg

(Wilson et al., 1989) Jument Quarter Rupture du petit colon secondaire à une impaction causée
Horse de 10 ans par l’occlusion du petit colon par le gros ovaire à GCT et
par son ligament suspenseur
(Hultgren et al., Pouliche Arabe Coliques récurrentes évoluant depuis 3 jours, distension
1987) de 3 mois abdominale et diarrhée intermittente
GCT de 7 kg (32x27x27 cm), torsion à 360° de la masse
(Sedrish et al., 1997) Jument Morgan Coliques aiguës, comportement d’étalon évoluant depuis
de 12 ans 45 jours
GCT de grande taille, torsion à 720°
(Gift et al., 1992) Jument Quarter Coliques aiguës d’apparition brutale
Horse de 5 ans GCT de grande taille associée à des métastases
(infiltrations mésentériques diffuses, omentum, foie, rate,
poumons)
Tableau 1 - Cas cliniques issus de la littérature de troubles digestifs associés à une GCT

 Rupture de la GCT et hémorragie : la rupture de la GCT induisant une


hémorragie intra-abdominale a été rapportée à la fois pour des formes
juvéniles et chez des adultes (Alexander et al., 2004; Gatewood et al., 1990;
Green et al., 1988; Harper et al., 2010). Les animaux atteints présentent le plus
souvent une douleur abdominale, de la distension abdominale, et de l’anémie
(Gatewood et al., 1990; Green et al., 1988). Une suspicion d’hémopéritoine
peut être confirmée par une échographie abdominale ou avec une paracentèse
abdominale (Alexander et al., 2004; Harper et al., 2010).
Dans le cas de rupture de la tumeur chez une pouliche nouveau-née, on
suspecte que la rupture ait eu lieu durant la mise-bas, causée par les forces
s’exerçant sur l’abdomen du poulain lors des contractions maternelles (Green
et al., 1988; Harper et al., 2010).
Au moins trois cas (Alexander et al., 2004; Harper et al., 2010) de traitements
chirurgicaux réussis sur des juments présentant une GCT rompue sont
rapportés. Il n’y a à priori pas dans la littérature de cas de métastases suite à
une rupture de la GCT chez des juments.
Le tableau ci-dessous résume quelques cas cliniques trouvés dans la littérature.

46
Etude Anamnèse Tableau clinique

(Harper et al., 2010) Pouliche Arabe Abattement, faiblesse, hémorragie ombilicale, distension
nouveau-née (18h) abdominale, hémopéritoine marqué

(Alexander et al., Jument Cob Anorexie et perte de poids évoluant depuis 2 semaines,
2004) de 6 ans hypovolémie marquée, hémopéritoine important

Jument Arabe Anorexie, abattement, colique modérée évoluant depuis


de 10 ans 3 jours, hypovolémie modérée et hémopéritoine ;
comportement d’étalon évoluant depuis 6 mois

(Gatewood et al., Jument Selle Coliques, distension abdominale, hémopéritoine en


1990) Américain de 9 ans grande quantité

(Green et al., 1988) Pouliche Origine Coliques, distension abdominale, anémie et


Non Constatée hémopéritoine
nouveau-née
Tableau 2 - Cas cliniques issus de la littérature d'hémorragie suite à la rupture d'une GCT

 Adhérences de la GCT aux structures abdominales adjacentes : de très rares


cas d’adhérences de la GCT à la paroi abdominale, à la vessie, à l’utérus, à la
rate, à l’omentum, ou au tractus digestif ont été rapportés (Rambags et al.,
2003).
La rupture ou le développement d’adhérences d’une GCT peuvent être la
conséquence d’une ischémie et d’une nécrose de la tunique albuginée induites
par la pression exercée par la croissance de la tumeur au sein de la capsule de
l’ovaire (Rambags et al., 2003).

 Torsion de l’ovaire tumoral : deux cas de torsion d’un ovaire à GCT ont été
décrits (Hultgren et al., 1987; Sedrish et al., 1997). Dans ces deux cas, la
torsion s’accompagnait d’une nécrose ischémique de la masse compliquée par
une hémorragie intra-abdominale. Le tableau suivant résume ces deux cas de
torsion rapportés.

Etude Commémoratifs Tableau clinique Traitement et évolution

(Hultgren Jument Morgan Distension abdominale et coliques Autopsie : torsion à 360° d’un ovaire
et al., de 12 ans aiguës évoluant depuis 3 jours à GCT (confirmation histologique),
1987) mesurant 32x27x27cm

(Sedrish et Pouliche Arabe de Troubles comportementaux Chirurgie : torsion à 720° de l’ovaire


al., 1997) 3 mois (comportement d’étalon) évoluant à GCT (confirmation histologique)
depuis 45 jours Bonne récupération après
Coliques aiguës sévères, anémie convalescence
modérée
Hémorragie intra-abdominale
récente active (abdominocentèse)
Tableau 3 - Cas cliniques issus de la littérature de torsion d'une GCT
47
 Ostéopathie hypertrophique : quelques cas cliniques rapportés ont montré la
présence d’ostéopathie hypertrophique associée à la présence d’une GCT avec
présence de métastases dans la cavité abdominale (Lavoie et al., 1992;
McLennan and Kelly, 1977). Le tableau ci-dessous résume les cas retrouvés
dans la littérature.

Etude Commémoratifs Diagnostic

(Lavoie et al., 1992) Jument Quarter Ostéopathie hypertrophique associée à une GCT et présence de
Horse de 8 ans métastases dans la cavité abdominale

(McLennan and Jument croisée Ostéopathie hypertrophique associée à une GCT et présence de
Kelly, 1977) Arabe de 4 ans métastases dans les nœuds lymphatiques abdominaux.

(McLennan and Jument Arabe de 8 Ostéopathie hypertrophique associée à une GCT et présence de
Kelly, 1977) ans métastases disséminées dans l’abdomen

Tableau 4 - Cas cliniques issus de la littérature d'ostéopathie hypertrophique associé à une GCT

La physiopathologie de l’ostéopathie hypertrophique, bien qu’incertaine, a été


associée à un processus néoplasique ou inflammatoire de la cavité abdominale
ou thoracique (Lavoie et al., 1992).

 Association d’une GCT et d’un lymphome histiolymphocytaire : un cas de


lymphome histiolymphocytaire cutané associé à une GCT a été décrit par
Hensen et al. (Henson et al., 1998) chez une jument Arabe de 9 ans. La jument
présentait des troubles du comportement (comportement d’étalon avec les
autres juments) et avait de multiples masses sous-cutanées sur le torse et les
membres. Une dégénérescence des masses sous-cutanées a été observée dans
le mois suivant la chirurgie de retrait de la GCT.
On suspecte que les hormones stéroïdes produites par la GCT peuvent être
impliquées dans la croissance et le développement du lymphome.

 Diabète insulinodépendant secondaire : un cas de diabète insulinodépendant


chez une jument de selle Américain de 10 ans présentant des GCT bilatérales a
été décrit (McCoy, 1986). Elle présentait une hyperglycémie et une glycosurie
importantes ainsi que des résultats anormaux au test de tolérance au glucose.
La cause physiopathologique du diabète n’a pas été déterminée mais
l’hypothèse de l’action des hormones stéroïdes issues des GCT a été évoquée.

 Dermatite granulomateuse : un cas de dermatite granulomateuse associé à une


GCT maligne a été rapporté chez une jument Chestnut Hunter de 15 ans
(Abbott et al., 2004). Elle présentait de nombreuses masses sous-cutanées
associées ou non à des lésions cutanées (alopécie, croutes sèches ou lésions
48
exsudatives) sur les 4 membres, et provoquant une démarche raide et
douloureuse. La découverte de la GCT a été fortuite. Chez l’humain, la
dermatite granulomateuse a été décrite comme un syndrome paranéoplasique
(effets systémiques indirects du cancer) possible (Schreckenberg et al., 1998).
Il est donc fort probable que la maladie de cette jument soit liée à sa GCT.

D’autres complications associées à des GCT ont aussi été rapportées comme des
boiteries (Gift et al., 1992; Meagher et al., 1977), sans qu’un lien avec la GCT ne soit
clairement expliquée. Une étude récente rapporte deux cas de juments présentant une glande
mammaire élargie ou une mammite associée à une GCT, mais la raison de ces signes
cliniques n’a pas été trouvée (Sherlock et al., 2016).

d. Diagnostic différentiel

Le diagnostic différentiel d’une GCT doit englober toutes les causes possibles de gros
ovaire ou de changement comportemental. Lors de GCT associées à un œstrus persistant, le
principal diagnostic différentiel sera l’œstrus de la période de transition printanière (McCue et
al., 2006).

Le diagnostic différentiel de l’élargissement d’un ovaire doit prendre en compte les


Tumeurs (CGT, tératomes, adénomes kystiques séreux, dysgerminomes), les follicules
anovulatoires persistants, les corps lutéaux multiples de gestation, et les hématomes post-
ovulation.

 Les tératomes : les tératomes sont issus des cellules germinales primitives au
sein de l’ovaire. Ces cellules pluripotentes subissent une différenciation
somatique. Les tératomes ovariens sont donc composé de tissu provenant des
deux ou trois feuillets embryonnaires (ie. ectoderme, mésoderme, endoderme)
(MacLachlan, 1987). Les tératomes peuvent contenir divers types de tissu
comme des poils, de la peau, des glandes sébacées, des cellules adipeuses, du
tissu nerveux, du cartilage, des os, de la moelle osseuse, des dents, du muscle,
de l’épithélium respiratoire et encore d’autres tissus (Catone et al., 2004;
Lefebvre et al., 2005; Norris et al., 1968). L’examen échographique peut
révéler la présence de structures kystiques solides au sein de l’ovaire affecté.
La tumeur n’est pas active hormonalement et l’ovaire controlatéral n’en est
pas affecté. Les juments avec tératomes sont cyclées normalement (Catone et
al., 2004; Frazer and Threlfall, 1986; Lefebvre et al., 2005)
Chez la jument, les tératomes sont le plus souvent unilatéraux, à croissance
lente, et sont généralement bénins. Les métastases sont très rares mais des cas
ont déjà été reportés (Frazer and Threlfall, 1986).

49
Bien que les tératomes soient la seconde cause de tumeur ovarienne chez la
jument, ils restent cependant rares (Lefebvre et al., 2005; Panciera et al., 1991;
Pugh et al., 1985). En effet, la fréquence du diagnostic d’un tératome ovarien
comparé au diagnostic des GCT, est de 1/18 chez la jument (Panciera et al.,
1991).
Les motifs de consultation sont généralement des coliques ou un ovaire élargi
repéré lors d’un examen de routine (Frazer and Threlfall, 1986). Le diagnostic
prend en compte la présence unilatérale d’un ovaire élargi avec, à l’examen
échographique, des structures hyperéchogènes et kystiques avec un ovaire
controlatéral normal.
Néanmoins, des cas de jument avec GCT et tératome coexistants ont été
décrits (Panciera et al., 1991)

 Les adénomes kystiques séreux : l’adénome kystique séreux est la tumeur


épithéliale primaire de l’ovaire ; elle est décrite comme étant la troisième
cause de tumeur ovarienne chez la jument (Lefebvre et al., 2005). Cet
adénome provient de la surface germinale de l’épithélium se situant dans la
fosse ovulatoire de la jument (Buergelt, 1997; MacLachlan and Kennedy,
2002). Il tient son nom du liquide contenu dans son ou ses kystes.
Les adénomes kystiques sont rares, unilatéraux et bénins. Aucun cas de
métastase suite à un adénome kystique séreux n’est à priori rapporté.
Ils n’affectent pas le développement de l’ovaire controlatéral (Held et al.,
1982) et les juments atteints d’adénomes kystiques peuvent continuer leur
cycle normalement et peuvent être gravides (Bridges et al., 1994; Hinrichs et
al., 1989).
Les adénomes kystiques ne sont théoriquement pas actif hormonalement.
Cependant, plusieurs cas de juments présentant un adénome kystique et un
taux élevé en testostérone ont été rapportés (Hinrichs et al., 1989). De plus, un
cas où la concentration plasmatique en testostérone a chuté de 0,15 à 0,09
ng/mL après retrait chirurgical de la tumeur a été rapporté (Hinrichs et al.,
1989). La question de l’action sécrétrice de la tumeur se pose alors.
Le diagnostic final passe par l’analyse histologique : l’espace kystique est
bordé par une couche simple de cellules épithéliales pavimenteuses pouvant
être ciliées (Buergelt, 1997).

 Les dysgerminomes : les dysgerminomes sont un autre type de tumeur des


cellules germinales de l’ovaire ; cette tumeur correspond aux séminomes
testiculaires de l’étalon (Chandra et al., 1998; MacLachlan and Kennedy,
2002). Ils diffèrent des tératomes car ils ne présentent pas de différentiation
somatique (Kennedy and Miller, 2012). Ils sont extrêmement rares,
unilatéraux, et ne produisent pas d’hormone. Ils sont très fréquemment à
l’origine de métastases (Chandra et al., 1998; McLennan and Kelly, 1977;

50
Pringle, 1988). Deux cas de dysgerminomes associés au développement d’une
ostéopathie hypertrophique sont rapportés (McLennan and Kelly, 1977).

 Les autres tumeurs pouvant induire l’élargissement de l’ovaire sont les


mélanomes, les épithéliomes, les hémangiomes, les adénocarcinomes, les
arrhénoblastomes, et les hémoblastomes (Lock and Macy, 1979; Pringle, 1988;
Van Camp et al., 1989).

 La formation d’un corps lutéal secondaire durant la gestation peut aussi


conduire à l’élargissement de l’ovaire (Hinrichs and Hunt, 1990; van der Zaag
et al., 1996)(Colbern and Reagan, 1987; Neely, 1983). Il commence à se
former à partir du 40eme jour de gestation et est associé au début de la
production en gonadotropine chorionique équine (eCG). La régression de ce
corps jaune secondaire commence entre le 160eme et le 180eme jour de
gestation. Les juments gestantes peuvent montrer des signes d’agressivité ou
un comportement d’étalon, associés à la production accrue en androgènes
durant la première moitié de la gestation.

 Les hématomes post-ovulation peuvent se présenter sous la forme d’un ovaire


gros et dur. La jument présentera des cycles normaux et la lésion régresse
spontanément en quelques semaines. Il est normalement facile de le
différencier par échographie de l’ovaire. Lors d’hématomes particulièrement
gros, leur position peut affecter la gestation soit en déplaçant et affectant la
mobilité de l’utérus, ce qui peut être à l’origine d’une mortalité embryonnaire,
soit en affectant la réception de l’ovocyte par l’oviducte lors de l’ovulation,
pouvant être à l’origine d’une infertilité (Held and Barton W Rohrbach, 1990).

Le diagnostic différentiel d’un changement comportemental avec le développement


d’un comportement d’étalon doit prendre en compte les GCT, la gestation, l’administration
de stéroïdes anabolisants, et les anomalies de développement (par exemple, le
pseudohermaphrodisme).

e. Traitement et pronostic

i. Traitement chirurgical

Le retrait chirurgical de l’ovaire est recommandé (McCue et al., 2006). En effet,


comme nous l’avons déjà vu dans le paragraphe « Complications », la tumeur peut continuer

51
de grossir doucement pouvant aller jusqu’à causer des complications secondaires, notamment
d’ordre gastro-intestinales (coliques, obstructions, perte de poids, etc.) (Hinrichs and Hunt,
1990; Nyack and Johnson, 1983; van der Zaag et al., 1996).

L’ovariectomie de l’ovaire tumoral peut se faire par chirurgie debout ou couchée. La


jument devra être correctement préparée à la chirurgie, au même titre que pour une chirurgie
abdominale classique, et devra notamment être mise à jeun (hors cas d’urgence chirurgicale),
et devra recevoir une antibio-prophylaxie ainsi que des anti-inflammatoires non stéroïdiens
(AINS) adaptés (Embertson et al., 2012).

- Chirurgie debout (Embertson et al., 2012) : la chirurgie debout permet d’éviter les
risques liés à l’anesthésie générale mais nécessite une sédation profonde, une
analgésie viscérale puissante, et une anesthésie locale efficace. Le plus souvent,
un protocole à base de Xylazine et Butorphanol est réalisé par voie intraveineuse,
associée une anesthésie locale à base de Lidocaïne. En cas de procédure longue,
une CRI (Constant Rate Infusion) de Détomidine peut se révéler utile. On peut
éventuellement réaliser en parallèle une anesthésie épidurale avec de la
Détomidine pour prolonger la sédation. Cependant, il a été montré que
l’anesthésie épidurale avec de la Détomidine n’est pas significativement plus
efficace que la CRI intraveineuse (Virgin et al., 2010), mais l’expérience clinique
montre que l’épidurale peut malgré tout faciliter la procédure.
L’inconvénient majeur de la chirurgie debout va être la difficulté d’obtenir et de
maintenir une asepsie chirurgicale durant l’acte, en comparaison avec une
chirurgie couchée dans un bloc opératoire. La préparation du site chirurgical devra
être minutieusement réalisée (bandage de la queue, vider le rectum et sonder la
vessie, tonte et lavage du site chirurgical…).

- Chirurgie couchée (Embertson et al., 2012) : la chirurgie couchée nécessite une


anesthésie générale, et le cheval est généralement positionné en décubitus dorsal.
Réaliser une anesthésie générale peut être particulièrement risqué et déconseillé si
la jument est gravide ou s’il s’agit d’une jument présentant un risque
cardiovasculaire ou respiratoire important (risques liés à l’utilisation de gaz
halogénés). Cependant, des protocoles d’anesthésie adaptés avec mise en place
d’une anesthésie intraveineuse « triple drip » (Kétamine, Détomidine,
Guaïfenesine) peuvent être utilisés pour limiter les risques anesthésiques
(Cornick-Seahorn, 2004).
Un suivi hospitalier est nécessaire durant au moins une nuit suivant la chirurgie.
La reprise du travail sera progressive sur minimum trois semaines avec une
semaine de marche en main quotidienne, deux semaines de récréations en petits
paddocks, puis un retour au travail normal.

Les complications majeures observées suite à une chirurgie des ovaires sont les
hémorragies du pédicule ovarien, les coliques abdominales, les infections du site chirurgical,
les adhérences des cornes utérines au site chirurgical, ainsi que les complications liées à
l’anesthésie ou la sédation (Embertson et al., 2012).

52
La formation d’adhérences semble être la complication à long terme la plus fréquente
suite à une laparotomie, avec une incidence variant entre 8 à 28% (Rocken et al., 2002). De
plus, 65% des adhérences suite à une laparotomie se développent au niveau des ovaires
(Rocken et al., 2002). Il n’existe à priori pas d’étude à long terme de complications suite aux
chirurgies des ovaires chez la jument, mais il est rapporté chez la femme que les chirurgies
impliquant les ovaires ou les oviductes sont associées au risque le plus élevé (16 à 35 % des
cas) de développement d’adhérences, et sont associées, comme chez la jument, à de
l’infertilité, des obstructions intestinales, ou des douleurs abdominales chroniques (Dubuisson
et al., 2010; Lower et al., 2004, 2000).

ii. Techniques chirurgicales

Le choix de la technique chirurgicale se fera en fonction de la taille de la tumeur et de


l’état de santé de la jument, des capacités du chirurgien, et des contraintes économiques liées
au propriétaire.

(1) Colpotomie

La colpotomie est une incision au niveau du vagin ; il s’agit de la première méthode


d’ovariectomie à avoir été mise en place (Neely, 1983). La technique de base n’a pas
beaucoup évoluée bien que les méthodes de sédation et d’analgésie ont été largement
améliorées (Colbern and Reagan, 1987). Cette chirurgie se fait sur cheval debout sous
sédation. L’incision est réalisée dans la paroi crâniale du vagin, à 4 ou 5 cm caudo-
latéralement au col de l’utérus, puis le péritoine est incisé. La petite taille de l’incision est un
facteur limitant pour l’extériorisation de la tumeur. Cette technique peut être réalisée pour des
tumeurs de petite taille.

Les complications les plus fréquentes suite à cette chirurgie sont les saignements du
pédicule ovarien (complication majeure et parfois fatale, due à l’absence d’accès visuel et
donc à la difficulté de réaliser et d’évaluer la ligature), les éventrations à travers la plaie
chirurgicale (si aucune suture n’est réalisée et qu’une cicatrisation par seconde intention est
choisie, la jument doit rester debout 2 à 3 jours), les abcédations, et les adhérences au site
d’incision. Cette méthode est de moins en moins utilisée de nos jours (Embertson et al.,
2012).

(2) Laparotomie

Différentes voies d’abord peuvent être réalisées :

- Laparotomie abdominale par les flancs : cette méthode peut être réalisée sur cheval
debout si l’anesthésie générale est déconseillée ou inenvisageable. Elle permet de
visualiser voire d’extérioriser entièrement l’ovaire et de réaliser une hémostase
directe, mais l’incision ne pourra dépasser 10cm. Les complications majeures suite

53
à cette chirurgie sont les collections au niveau du site chirurgical (plus difficile
qu’en accès ventral) et les abcès (Embertson et al., 2012).

- Laparotomie abdominale ventrale par la ligne blanche : cette méthode réalisée sur
cheval couchée est préférentiellement utilisée en cas de très larges tumeurs de
l’ovaire avec un pédicule ovarien tendu. Si ce n’est pas le cas, elle pose le problème
de l’accès du pédicule ovarien s’il se révèle trop court (Embertson et al., 2012).

- Laparotomie abdominale ventrale paramédiane diagonale : cette méthode réalisée


sur cheval couché est la plus utile et la plus fréquemment réalisée pour la plupart
des tumeurs de l’ovaire de taille normale ou augmentée (Embertson, 2008; Moll et
al., 1987). En effet, l’incision est directement en regard de l’ovaire, la tension à
exercer sur le pédicule ovarien pour réaliser les ligatures des vaisseaux est moins
importante. Les risques d’hémorragies ainsi que la douleur induite sont donc
réduits.

(3) Laparoscopie

La laparoscopie est généralement réalisée sur cheval debout avec une approche par les
flancs, ce qui permet d’éviter une anesthésie générale.

Les avantages principaux par rapport à la laparotomie sont nombreux. L’opérateur


peut avoir une excellente visualisation du site chirurgical et notamment du mesovarium, ce
qui permet d’évaluer l’hémostase après section et libération du pédicule ovarien. De plus, la
tension sur le pédicule ovarien est minimale, ce qui réduit les risques d’hémorragies. Enfin,
cette méthode étant peu invasive, les risques de contamination abdominale sont diminué car le
contact entre l’abdomen et l’extérieur est limité, et l’aspect cosmétique de la cicatrisation est
amélioré (Bouré et al., 1997; Hubert et al., 2006; Palmer, 1993; Ragle and Schneider, 1995;
Walmsley, 1999).

Cette méthode est réalisable pour des tumeurs ovariennes allant jusqu'à 40 cm de
diamètre, en drainant les kystes et en utilisant des techniques de dissection intra-abdominale
de la masse : des sacs en plastiques stériles permettent d’isoler l’ovaire de la cavité abdominal
et ainsi de récupérer tous les morceaux disséqués. Le risque de perdre un morceau dans la
cavité abdominale, qui pourrait donner lieu à des métastases, est ainsi maîtrisé (De Bont et al.,
2010; Goodin et al., 2011; Kummer et al., 2010; Ragle, 2002).

Les systèmes modernes comme le « LigaSure Vessel-Sealing System » (Figure 18)


permettent de ligaturer facilement et efficacement de gros vaisseaux contenus par exemple
dans le mésovarium en assurant une très bonne hémostase, et permettent de diminuer le temps
de chirurgie (De Bont et al., 2010; Hubert et al., 2006). Cependant, il est suspecté que
l’utilisation d’instruments électro-chirurgicaux induit une hausse du risque d’adhérences
postopératoires (Röcken et al., 2011), mais des études sur un plus grand nombre de cas sont
nécessaires pour vérifier cette hypothèse.

54
Figure 18 - Utilisation d'un LigaSure sur pédicule ovarien lors d'une ovariectomie d'une jument à GCT par laparoscopie
(Terris et al., 2013)

Les complications suite à cette méthode sont essentiellement liées à l’insertion de la


canule de laparoscopie dans l’abdomen : des ponctions intestinale ou splénique et des
hémorragies dues à la lacération de l’artère iliaque circonflexe ont été décrites (Hendrickson,
2008). Des complications au niveau du site d’incision restent les complications à court terme
les plus fréquentes (Brunt et al., 2016). De plus, si l’on n’utilise pas de sacs permettant
d’isoler la tumeur, le risque de « perdre » la masse ovarienne dans l’abdomen est augmentée.
Selon certaines études, le temps de chirurgie serait identique par rapport à la laparotomie, et le
temps de convalescence post-chirurgicale ne serait pas réduit (Hendrickson, 2006).
Cependant, avec l’utilisation de systèmes « vessel-sealing » comme le LigaSure, il a été
montré que cette méthode permet de réduire les temps de chirurgie et d’hospitalisation, et que
la morbidité et le temps de convalescence sont réduits (Hanson and Galuppo, 1999; Hubert et
al., 2006; Röcken et al., 2011).

Pour ces raisons, et malgré le fait qu’un matériel adapté soit nécessaire, cette technique
est en train de devenir la technique de choix dans de nombreuses structures hospitalières.

Il est intéressant de noter que la laparoscopie peut aussi être utilisée comme aide visuel
pour la laparotomie (Rodgerson et al., 2002).

iii. Pronostic après retrait chirurgical

Après retrait chirurgical de la GCT, on observe une diminution rapide de la


concentration plasmatique en testostérone et inhibine (Bailey et al., 2002; McCue, 1993a;
Stabenfeldt et al., 1979; Terris et al., 2013). L’ovaire controlatéral retrouve son
fonctionnement normal dans la plupart des cas suite au retrait de la tumeur ovarienne. Une
étude a montré que 42 sur 57 juments étudiées ont retrouvé un cycle d’œstrus normal après

55
une moyenne de 8,5 mois (2 à 16 mois) après la chirurgie, et 30 juments sur 39 mises à la
reproduction ont donné naissance à des poulains viables (Meagher et al., 1977). Une étude de
Stabenfeldt et al. (Stabenfeldt et al., 1979) a montré que 8 des 10 juments étudiées ont
retrouvé un cycle normal de l’ovaire controlatéral durant le printemps suivant la chirurgie. Le
pronostic de retour à la reproduction est donc généralement bon pour les juments à CGT
retirées chirurgicalement. Le pronostic devra prendre en compte les potentielles complications
liées à la procédure chirurgicale choisie.

56
III. ETUDE DIAGNOSTIQUE DE LA TUMEUR
DES CELLULES DE LA GRANULOSA (GCT)
Le diagnostic définitif est réalisable uniquement par analyse histopathologique
(McCue et al., 2006).

1. Analyse clinique et anamnestique

La présence d’une GCT peut être associée à des troubles du comportement ou à des
troubles de la reproduction, précédemment décrits dans le paragraphe « troubles de la
reproduction et du comportement ». De même, une GCT peut être associée au développement
d’une apparence anormale précédemment décrite dans le paragraphe « autres troubles ».
Ainsi, il est important de prêter une attention particulière à l’anamnèse et aux commémoratifs,
aux changements d’habitus et de morphologie de la jument, et d’adresser des questions
précises au propriétaire.

L’examen clinique devra être complété par une palpation transrectale de l’appareil
reproducteur. La présence d’un ovaire élargit unilatéralement, associé à un petit ovaire
controlatéral inactif, même pendant la saison de monte, est suggestif d’une GCT. Néanmoins,
une GCT peut se présenter sous diverses formes (plus ou moins souple ou ferme, uniforme,
lobulée avec une fine capsule souple) et peut avoir un taille très variable (McCue et al., 1991).

En cas de suspicion, une échographie de l’appareil reproducteur et des dosages


hormonaux pourront venir confirmer ou infirmer le diagnostic (McCue et al., 1991).

2. Imagerie : l’échographie

L’échographie des ovaires est un examen complémentaire très intéressant pour le


diagnostic des GCT. Elle permet le plus souvent de mettre en évidence un ovaire gros
unilatéral, et un ovaire controlatéral petit et inactif ou présentant une très faible activité
folliculaire. Généralement, il présente à l’échographie une structure en nid d’abeilles
caractéristique (Hinrichs and Hunt, 1990; McCue et al., 2006; Sherlock et al., 2016).
Cependant, la forme et la taille de l’ovaire atteint peuvent être variables (Hinrichs and Hunt,
1990; Sherlock et al., 2016; White and Allen, 1985).

57
A l’échographie, l’ovaire atteint peut habituellement se présenter sous la forme de :
- masses multikystiques (ou en « nid d’abeille »), forme la plus souvent observée
(Figure 19)

Figure 19 - Aspect échographique d'une GCT (Terris et al., 2013)

- masses entièrement ou partiellement tissulaires


- masses composées d’un gros kyste unique rempli de liquide
Le plus souvent, l’ovaire atteint présente une capsule ou tunique albuginée épaissie
encerclant un corps multikystique (Rambags et al., 2003)

Dans la majorité des cas, la taille de l’ovaire affecté varie de 10 à 20 cm de diamètre


(Meagher et al., 1977). Cependant, des cas d’ovaire de taille bien supérieure ont été rapportés
(Nyack and Johnson, 1983). Des GCT de petites tailles vont être difficiles à détecter et sont
souvent associées à un stade précoce de GCT. De plus, lorsqu’elles sont détectées
précocement, il est possible qu’il n’y ait pas encore d’effet sur l’ovaire controlatéral. Les GCT
de grande taille sont plus faciles à détecter, et sont dans la très grande majorité des cas
associées à un arrêt du développement folliculaire dans l’ovaire controlatéral.

La fosse ovulatoire est souvent effacée par la présence de la GCT. L’absence de fosse
ovulatoire est un paramètre caractéristique et pathognomonique de la GCT dans le diagnostic
différentiel des autres anomalies ovariennes (Baker, 1979).

58
L’échographie de l’appareil reproducteur est donc très indicative. Cependant, l’ovaire
pouvant prendre différentes formes, l’utilisation d’autres tests diagnostiques peut s’avérer
nécessaire.

3. Endocrinologie

Le dosage hormonal peut être utile pour la confirmation du diagnostic après suspicion
clinique ou échographique de GCT. La difficulté de ces tests réside dans l’interprétation des
résultats due aux différences techniques entre les laboratoires d’analyse. Ainsi, il est
important de se fier aux valeurs de référence établies par le laboratoire pour chaque hormone
(McCue et al., 2006). Les prélèvements sont en général réalisés sur plasma hépariné et
conservés à 4°C. Nous allons voir quelles hormones peuvent être utiles dans le diagnostic des
GCT.

a. Testostérone

La testostérone plasmatique est le marqueur hormonal le plus anciennement utilisé


pour le diagnostic des GCT. Chez une jument normalement cyclée, les valeurs normales
de référence de la testostérone varient entre 20 à 45 pg/mL selon le laboratoire d’analyse
de l’université de Davis (Patrick M. McCue, 1998). La testostérone sérique varie de
manière cyclique durant le cycle œstral normal, avec une augmentation de la
concentration au cours de l’œstrus (Silberzahn et al., 1978).

Les femelles gravides peuvent présenter une concentration élevée en testostérone


qui ne peut donc pas être utilisé pour le dépistage (Daels et al., 1996; Nambo et al., 1996).
En effet, la testostérone est produite par le corps lutéal en réponse à la sécrétion de
l’équine Chorionic Gonadotropin (eCG) en début de gestation (Daels et al., 1996), puis
synthétisée par l’unité fœto-placentaire en fin de gestation. L’élévation de la concentration
en testostérone au-dessus des valeurs usuelles chez la jument gravide se fait à partir du
60ème ou 90ème jour de gestation pour atteindre un pic de concentration vers le 7ème mois de
gestation (Silberzahn et al., 1984), cela peut aussi avoir un impact sur son comportement
(P. M. McCue, 1998).

Il a été montré que la testostérone plasmatique était supérieure à la limite usuelle


d’une jument normalement cyclée (soit 45 pg/mL) pour 40 à 50% des juments avec GCT
(Stabenfeldt et al., 1979). De plus, selon une étude de McCue (McCue, 1993b), la
concentration plasmatique en testostérone chez 21 juments avec une GCT (confirmée
histologiquement) a été mesurée entre 24,9 et 420 pg/mL avec une moyenne à 101,4
pg/mL.

59
Le tableau ci-dessous rapporte les résultats de sensibilité pour le dosage de la
testostérone chez des juments atteintes de GCT, obtenus sur différentes études.

Etude Valeur seuil de Sensibilité Nombre de juments


positivité à GCT faisant partie
de l’étude

(McCue, 1993b) 45 pg/mL 66,7% 21

(Ellenberger et al., 2007) 50 pg/mL 38,3 % 34

(Ball et al., 2013) 45 pg/mL 48 % 44

(Ball et al., 2014) 45 pg/mL 55 % 75

Tableau 5 - Etudes cliniques de juments à GCT : dosage de la testostérone

L’élévation de la concentration en testostérone est positivement corrélée à la


présence d’un grand nombre de cellules de type « cellules de Leydig » au sein de la GCT
(Bailey et al., 2000; Ellenberger et al., 2007; Stabenfeldt et al., 1979). Cela suggère que
ces cellules sont hormonalement actives et sont à l’origine de l’élévation de la
concentration en testostérone.

Cependant, ces résultats sont controversés : selon une étude plus récente écrite par
Bailey et al. (Bailey et al., 2002), il n’y aurait pas de différence significative de
concentration plasmatique en testostérone entre des juments avec GCT (304 ± 107 pg/mL)
et des juments saines (146 ± 32 pg/mL).Cependant, cette étude ne porte que sur 22
juments à GCT, et des différences réelles sont malgré tout observées entre ces deux
groupes, ces résultats doivent donc être interprétés avec précaution. Dans la même étude,
les variations de la concentration en testostérone chez une jument Arabe ont été mesurées
toutes les 12 heures pendant 21 jours, les résultats variaient beaucoup avec des valeurs
allant de non-détectable (21 des échantillons sur 41) à 268 pg/mL. Ainsi, il en a été déduit
que l’évaluation de la concentration de testostérone sur un seul prélèvement n’était pas
forcément représentative du taux de sécrétion moyen de testostérone.

Pour interpréter les dosages de testostérone pour les juments à GCT, il faut prendre
en compte que la variation de la testostérone va être différente en fonction du
comportement exprimée par la jument atteinte d’une GCT :
- Les juments avec un anœstrus ou un œstrus persistant ont généralement une
concentration en testostérone normale (Meagher et al., 1977; Meinecke and
Gips, 1987; Stabenfeldt et al., 1979; Stickle et al., 1975).
- Les juments présentant un comportement agressif ou comportement
d’étalon ont souvent une concentration supérieure à 100 pg /mL (= 0,35
nmol/L) (Hinrichs and Hunt, 1990; Stabenfeldt et al., 1979; Turner and

60
Manno, 1983), et présentent de nombreuses cellules Leydig-like au sein de
leur GCT (Ellenberger et al., 2007)

D’autres études ont montré que l’élévation de la concentration sérique en


testostérone au-dessus de 40 pg/mL chez les juments à GCT est associée à une absence de
cycle ou à un comportement d’étalon (Ellenberger et al., 2007; Hoppen, 1995).

Il est important de noter que d’autres tumeurs de l’ovaire peuvent être


hormonalement actives. Un cas de cystadénome de l’ovaire associé à une augmentation de
la concentration en testostérone a été rapporté (Hinrichs et al., 1989). De même, la
testostérone pourrait être synthétisée par des glandes non gonadales comme la glande
surrénale qui possède l’enzyme nécessaire pour la synthèse des androgènes (Neto et al.,
2010; Silberzahn et al., 1984). La spécificité de l’élévation de la concentration sérique en
testostérone pour le dépistage des GCT n’est donc pas maximale. Le diagnostic
différentiel doit donc rester complet et le diagnostic définitif ne peut se faire qu’en
confrontant différents résultats d’analyse.

Enfin, il est intéressant de noter que la concentration plasmatique en testostérone


revient dans les valeurs usuelles dans les 12 à 24 heures suivant l’ablation chirurgicale de
la tumeur (Stabenfeldt et al., 1979).

b. Œstradiol

La concentration plasmatique usuelle en 17β-œstradiol chez les juments saines non


gestantes varie entre 20 et 45 pg/mL. L’œstradiol est produit par les cellules de la
granulosa de l’ovaire et est sécrétée par les follicules. Chez la femme, la présence d’une
GCT est généralement associée à l’élévation de la concentration en œstradiol (Schumer
and Cannistra, 2003). En revanche, cette concentration est variable chez les juments avec
GCT et n’est pas corrélable au comportement prédominant exprimé (Kenney and Ganjam,
1975; Meinecke and Gips, 1987; Stabenfeldt et al., 1979). La concentration en œstrogènes
reste dans les valeurs usuelles pour les juments à GCT, même pour les cas de jument
présentant un œstrus persistant (Bailey et al., 2002; Ball et al., 2014; McCue et al., 2006),
et la concentration ne décroît pas après ovariectomie (Ellenberger et al., 2007; Stabenfeldt
et al., 1979).

Il a été montré que les œstrogènes étaient issus des androgènes, dont la
testostérone, après transformation par une enzyme aromatase située dans les cellules de la
granulosa des follicules préovulatoires. Chez les juments avec une GCT, et contrairement
à ce qu’on pourrait penser, l’élévation de la concentration en testostérone n’est
généralement pas accompagnée d’une élévation de la concentration en œstradiol.
L’hypothèse principale est que l’aromatisation de la testostérone en œstradiol est diminuée
chez les juments avec une GCT (Stabenfeldt et al., 1979). L’étude de Watson et Thomson
(Watson and Thomson, 1996) soutient cette hypothèse en démontrant que les cellules de
61
la granulosa des GCT ont une moins forte expression de l’enzyme aromatase cytochrome
P-450 comparée aux cellules de la granulosa normales.

L’œstradiol plasmatique n’est donc généralement pas plus élevé que la normale
chez les juments avec une GCT, même chez celles exprimant un œstrus ininterrompu. On
suppose que l’œstrus comportemental chez ces juments n’est induit que grâce au faible
taux d’œstradiol présent.

Ainsi, la mesure du taux d’œstradiol est généralement une information peu


significative dans le diagnostic des GCT, et cette hormone ne fait pas partie du dépistage
classique pour les GCT.

c. Progestérone

Le dosage de la progestérone peut refléter l’activité lutéale : la présence d’un tissu


lutéal actif se traduit généralement par une concentration plasmatique en progestérone
supérieure à 1,0 ng/mL. Cette concentration est indépendante de la taille des ovaires.
Deux dosages à 10 jours d’intervalle révélant un taux de progestérone inférieur à 1,0
ng/mL est compatible avec une absence de cyclicité.

Le plus souvent, la concentration en progestérone reste invariablement basse chez


les juments à GCT (< 1,0 ng/mL), ce qui est cohérent avec l’absence de tissu lutéal actif
(atrophie de l’ovaire sain et absence de formation de corps jaune) (Stabenfeldt et al.,
1979).

La détection d’un taux de progestérone élevé (>1.0ng/mL) permet d’éliminer dans


la majorité des cas l’hypothèse de GCT, puisque la majorité des juments à GCT ne sont
pas cyclées.

Cependant, il existe de rares cas ayant été rapportés de jument avec GCT où une
ovulation et un corps jaune fonctionnel ont été détectés sur l’ovaire controlatéral, et où la
présence d’un tissu lutéal actif a été confirmé par l’élévation de la progestérone
plasmatique (Hinrichs et al., 1990; McCue et al., 1991).

Le diagnostic d’exclusion ne peut donc pas se faire uniquement sur le dosage de la


progestérone, mais cette valeur peut être informative.

62
d. Inhibine

i. L’inhibine chez la jument saine

L’inhibine est une hormone glycoprotéique produite chez les femelles par les
cellules de la granulosa de l’ovaire (Cuevas et al., 1987). Elle fait partie de la famille des
TGF-β (Facteurs de croissance transformant β), avec l’Activine et la Follistatine (Phillips,
2005).

La conformation structurale de l’inhibine présente 2 sous-unités : une sous unité α


et une sous-unité β, soit β-A soit β-B. On a donc 2 formes d’inhibine : l’inhibine A et
l’inhibine B. Ces deux formes A et B de l’inhibine ont été mises en évidence par
immunohistochimie au sein des cellules de la granulosa et de la thèque interne des gros
follicules chez des juments normales (Nagamine et al., 1998). La technique de dosage de
l’inhibine par RIA (radioimmunoassay) a été décrite et validée chez le cheval (Roser et
al., 1994), et plusieurs études confirmes la fiabilité de cette technique par rapport à
d’autres (Bailey et al., 2002; Watson et al., 2002).

Chez la jument saine, le rôle physiologique primaire de l’inhibine est l’inhibition


spécifique de la sécrétion de la FSH (Follicule-Stimulating Hormone) par l’antéhypophyse
(Kretser and Robertson, 1989). Ainsi, l’inhibine a un rôle actif sur la régulation du
développement folliculaire et sur la limitation du nombre d’ovulation grâce au
rétrocontrôle négatif sur la FSH (Ginther, 2000).

La concentration plasmatique usuelle de l’inhibine pour une jument cyclée varie


entre 0,1 et 0,6 ng/mL (Roser et al., 1994). L’inhibine n’est pas détectable dans le plasma
de juments ovariectomisées (Roser et al., 1994). Les femelles gravides peuvent présenter
une concentration élevée en inhibine à partir du 220ème jours de gestation pour atteindre un
pic (7,2 ng/mL) autour du 290ème jours (Daels et al., 1996; Nambo et al., 1996) ; il
semblerait que l’inhibine soit sécrétée par les cellules interstitielles des gonades fœtales
(Tanaka et al., 2003, 2002). Le dosage de l’inhibine ne peut donc pas être utilisé pour les
femelles gravides, au même titre que le dosage de la testostérone. En cas de doute, le
dosage de la progestérone sérique dans les valeurs basses permet d’exclure une gestation.

La concentration de l’inhibine varie de manière cyclique durant le cycle œstral


normal. La courbe de sécrétion de l’inhibine au cours du cycle ovarien est bien définie
(Bergfelt et al., 1991; Nagamine et al., 1998; Roser et al., 1994) : la concentration
plasmatique en inhibine augmente en parallèle du développement folliculaire pendant
l’œstrus et atteint un pic de concentration le jour (ou très proche du jour) de l’ovulation et
décroît jusqu’à son minimum vers le 7ème jours post-ovulation (Bergfelt et al., 1991; Roser
et al., 1994).

63
La concentration en inhibine chez la jument normale est proportionnelle à celle en
œstradiol (Bergfelt et al., 1991; Roser et al., 1994). La concentration en FSH est
inversement proportionnelle à celles en inhibine et œstradiol pendant le cycle œstral
(Bergfelt et al., 1991; Nagamine et al., 1998; Roser et al., 1994).

ii. L’inhibine chez la jument à GCT

L’inhibine est utilisée comme marqueur diagnostique de la présence de GCT chez


la femme (Lappöhn et al., 1989), et diagnostique de la présence de tumeurs des cellules de
Sertoli chez le chien (Grootenhuis et al., 1990).

Il existe différentes méthodes de dosage de l’inhibine dans le sérum d’une jument


à GCT. La mesure de la concentration grâce à la technique RIA utilisant des anticorps
dirigés contre la sous-unité α de l’inhibine apparaît comme étant plus fiable pour la
détection des GCT que la mesure de la concentration en inhibine dimérique (sous unités α
et β) (Bailey et al., 2002). En effet, la sous-unité α libre de l’inhibine est sécrétée de
manière plus importante et plus uniforme que le dimère d’inhibine-αβ par la tumeur.

Une étude a montré que les GCT équines expriment l’ARNm pour l’inhibine
(Piquette et al., 1990). L’immunolocalisation de l’inhibine-α dans la GCT a aussi été
décrite (Ellenberger et al., 2007; Watson and Thomson, 1996). A partir de ces
observations, il a été montré que l’inhibine circulante était un bon marqueur diagnostique
de la présence d’une GCT chez la jument (McCue, 1993a, 1993b) : sur 21 juments à GCT
étudiées (GCT confirmée par histologie), les valeurs de la concentration en inhibine
plasmatique se situaient entre 0,5 à 3,0 ng/mL, avec une moyenne à 1,7 ± 0,2 ng/mL. La
concentration plasmatique en inhibine chez ces juments était au-dessus des valeurs de
référence (soit 0,06 ng/mL) pour 90,5% d’entre elles. Dans tous ces cas, la concentration
en inhibine après ablation de la tumeur diminuait en-dessous du seuil de détection dans les
24 heures suivant la chirurgie. De plus, aucune corrélation entre les concentrations en
inhibine et en testostérone chez les juments à GCT n’a pu être mise en évidence indiquant
des origines différentes des deux hormones.

Le tableau ci-dessous rapporte les résultats de sensibilité pour le dosage de


l’inhibine chez des juments atteintes de GCT, obtenus sur différentes études. La sensibilité
de l’inhibine varie selon les études entre 80 à 95 %.

64
Etude Valeur seuil de Sensibilité Nombre de juments
positivité à GCT faisant partie
de l’étude

(McCue, 1993b) 0,07 ng/mL 90,5 % 21

(McCue, 1993a) 0,07 ng/mL 87 % 39

(Bailey et al., 2002) 0,06 ng/mL 95 % 22

(Ball et al., 2013) 0,07 ng/mL 80 % 44

(Ball et al., 2014) 0,07 ng/mL 85 % 75

Tableau 6 - Etudes cliniques de juments à GCT : dosage de l'inhibine

La concentration plasmatique en inhibine est huit à neuf fois plus élevée en


moyenne chez les juments à GCT que chez les juments normales (Bailey et al., 2002;
Wilson et al., 1989). De plus, une corrélation entre le poids de la tumeur et la
concentration plasmatique en inhibine-α a été démontrée (Bailey et al., 2002; Cook,
2008).

L’inhibine semble donc être un meilleur indicateur de la présence d’une GCT


chez la jument que la testostérone (Bailey et al., 2002; McCue, 1993a; Watson et al.,
2002). Lorsque les 2 tests sont réalisés en même temps à des fins diagnostiques, 84% (Ball
et al., 2013) à 95,2% (McCue, 1993a) des GCT sont détectées. Le dosage simultané de
l’inhibine et de la testostérone est actuellement l’examen le plus courant pour
diagnostiquer une GCT.

Néanmoins, la spécificité de l’élévation de la concentration sérique en inhibine


pour la détection des GCT reste à étudier. En effet, il a été montré chez le mouton, la
souris, et le chien que la glande surrénale pourrait être à l’origine de production d’inhibine
(Brömel et al., 2013; Looyenga and Hammer, 2006; Peeters et al., 1997). Chez l’homme,
la concentration en inhibine peut être augmentée lors de néoplasmes de la glande surrénale
(Hofland et al., 2012; Nishi et al., 1995). Il n’existe pas à notre connaissance d’étude à ce
sujet chez le cheval. Cependant, une étude sur 31 juments saines non gravides a montré
une élévation de la concentration sérique en inhibine dans 16 % des cas (Bailey et al.,
2002).
De plus, des fluctuations importantes de la concentration en inhibine ont été
décrites chez les juments à GCT (Ellenberger et al., 2007), et, bien que l’expression de
l’inhibine par la GCT reste systématique, la concentration en inhibine peut parfois être
dans les normes chez certaines juments à GCT (Bailey et al., 2002; Ellenberger et al.,
2007; McCue, 1993a).

Le laboratoire de l’université de Davis en Californie (USA), qui a développé le


dosage pour l’inhibine, recommande le dosage de l’inhibine, de la testostérone et de la

65
progestérone simultanément pour le diagnostic des GCT chez la jument. Nous verrons par
la suite que l’AMH fait dorénavant aussi partie des dosages hormonaux conseillés pour le
diagnostic des GCT.

e. Hormone Folliculo-Stimulante (FSH) et Hormone


Lutéinisante (LH)

La concentration plasmatique en Hormone Folliculo-Stimulante (FSH) est de 4,0 ±


0,6 ng/mL chez les juments normales en œstrus, et est de 5,6 ± 0,8 ng/mL chez les
juments normales en diœstrus (McCue et al., 2006).

La concentration plasmatique en Hormone Lutéinisante (LH) chez les juments


normales en œstrus est de 15,1 ± 3,3 ng/mL (McCue et al., 2006). Cette concentration
baisse ensuite pendant le diœstrus.

Il a été rapporté que la concentration plasmatique en FSH tendait à être plus basse
chez les juments à GCT par rapport aux juments normales, et que la concentration en LH
tendait à être plus haute chez les juments à GCT par rapport aux juments normales (Bailey
et al., 2002; Hoque et al., 2003; McCue et al., 1992).

De plus, il a été montré que la concentration plasmatique en FSH était inversement


corrélée à la concentration plasmatique en inhibine (McCue, 1993a). Des juments ayant
une GCT et traitées avec un antisérum dirigé contre l’inhibine, présentaient une
concentration plasmatique en FSH plus élevée que les juments non traitées (Nambo et al.,
1996). Cela soutient l’hypothèse que l’inhibine serait responsable, via la suppression de la
sécrétion de FSH, de l’inactivité ovarienne. De plus, la sécrétion continue de la
testostérone et de l’œstradiol par la GCT, bien que toujours dans les limites usuelles,
pourrait aussi être à l’origine de l’inhibition de la sécrétion en FSH (McCue et al., 2006).

L’augmentation de la concentration en LH chez les juments à GCT pourrait être


expliquée par la baisse du rétrocontrôle négatif exercé par la progestérone, du fait de la
baisse de concentration en progestérone due à l’absence de tissu lutéal actif chez ces
juments.

Cependant, ces études ne prenaient en compte qu’un seul échantillon sanguin par
jument à une date donnée. Une autre étude de Zelli et al. (Zelli et al., 2006), a montré, en
répétant les échantillonnages sur plusieurs jours, qu’il n’existe pas de différence
significative entre les juments saines et les juments à GCT pour la concentration en FSH
et en LH. De même, aucune différence significative n’a pu être mise en évidence entre la
concentration en FSH et LH avant (FSH = 7,58 ± 5,57 ng/mL ; LH = 14,26 ± 18,42
ng/mL) et après le retrait chirurgical (FSH = 9,05 ± 5,59 ng/mL ; LH = 13,69 ± 8,92
ng/mL) des GCT chez les juments atteintes. Cependant, cette étude ne portant que sur 8
juments à GCT, les écarts-types sont très importants alors que les moyennes sont assez
66
rapprochées, ce qui rend l’analyse statistique peu significative. Il est donc difficile d’en
tirer des conclusions générales

Une étude de McCue (McCue, 1993b) a aussi montré que la concentration


plasmatique en LH chez les juments à GCT était fortement aléatoire et que la
concentration moyenne (29,9 ± 7,9 ng/mL) n’était pas significativement différente de celle
des juments normales en œstrus, bien qu’une différence réelle soit souvent observée.

L’évaluation de la fonction de la glande hypophysaire des juments à GCT a été


également réalisée en comparant la réponse gonadotropique à une GnRH exogène chez
des juments à GCT et chez des juments normales. Bien que l’étude ne porte que sur 9
juments, cette expérimentation n’a pas montré de différence significative entre juments
saines et celles à GCT, ni entre juments à GCT avant et après retrait chirurgical de la
tumeur (Zelli et al., 2006), mais de grandes variations entre chaque jument ont été
remarquées tant pour la LH que pour la FSH.

Les récentes constatations montrent donc que les concentrations en FSH et LH


sont peu informatives pour cette affection car les résultats sont controversés et pas encore
bien compris. Pour ces raisons, ces dosages ne sont donc pas couramment utilisés dans le
diagnostic des GCT chez la jument.

4. Intérêt clinique de l’utilisation de l’hormone anti-


Müllérienne (AMH)

Jusqu’à présent, le diagnostic usuel de détection d’une GCT chez la jument était basé
sur la détection de l’augmentation des concentrations plasmatiques en inhibine et testostérone
et sur la diminution de la concentration plasmatique en progestérone, chez des juments non
gravides (McCue et al., 2006). L’utilité de l’Hormone anti-Müllérienne (ou AMH) pour le
diagnostic des GCT chez la jument est reconnue depuis quelques années, et le dosage de cette
hormone fait dorénavant partie des dosages systématiques pour de nombreux laboratoires.

a. Expression de l’AMH par les GCT

i. Expression par les GCT humaines

Chez la femme, les GCT étudiées apparaissent être positives à l’immunomarquage


pour l’AMH, mais de façon très hétérogène au sein de la tumeur. L’immunomarquage est
aussi très hétérogène entre différentes tumeurs (Rey et al., 2000).

67
Le dosage de l’AMH est déjà utilisé chez la femme pour diagnostiquer la présence
d’une GCT et évaluer l’efficacité du traitement (Gustafson et al., 1992; Marca and Volpe,
2007), ainsi que pour évaluer les risques de récidives après ovariectomie ou pour évaluer la
progression des GCT (La Marca and Volpe, 2006; Lane et al., 1999; Marca and Volpe, 2007).
L’élévation sérique en AMH est présente chez 76 à 93% des femmes à GCT (Marca and
Volpe, 2007).

L’AMH semble être chez la femme un marqueur plus fiable que l’inhibine pour le
diagnostic des GCT (Marca and Volpe, 2007). En effet, l’augmentation de la concentration
plasmatique en AMH semble être spécifique des GCT chez la femme par rapport aux autres
troubles néoplasiques de l’appareil génital (Rey et al., 1996). De plus, la concentration en
AMH apparaît être moins fluctuante que la concentration en inhibine chez les femmes à GCT
où des analyses sanguines répétées ont été effectuées (Marca and Volpe, 2007).

Le dosage de la concentration sérique en AMH est donc reconnu comme étant un


marqueur sensible et spécifique pour la détection et l’évaluation des GCT chez la femme.

ii. Expression par la GCT chez la jument

Chez la jument, il semblerait que la première étude descriptive de l’expression de


l’AMH dans les GCT équines date seulement de 2008 (Ball et al., 2008). Des GCT
(confirmées par histopathologie) ont été prélevées sur 27 juments, et l’expression de l’AMH
au sein de la tumeur a été mise en évidence par la réalisation d’immunomarquages utilisant un
anticorps anti-AMH humain. Toutes les GCT étudiées exprimaient l’AMH au sein des
cellules de la granulosa. Il a été remarqué que l’intensité de l’immunomarquage était
fortement hétérogène entre différents tissus au sein de la tumeur ou entre différentes tumeurs
étudiées. De plus, sur 4 de ces cas, une étude de l’ovaire controlatéral a été réalisée, et
l’immunomarquage de l’AMH n’a révélé aucun signal malgré la présence d’un corps jaune
mature dans l’un des 4 cas. Il est intéressant de remarquer que 3 juments parmi les 27 avaient
une concentration sérique en inhibine dans les valeurs usuelles. Ces observations sont
similaires à celles qui avaient été données dans une étude des GCT humaine.

Une étude comparative de 2011 sur 11 juments à GCT et 17 juments saines a permis
de mettre en évidence des immunomarquages de l’AMH et d’ARNm codant pour l’AMH
dans les tissus et fluides kystiques de toutes les GCT étudiées, et principalement dans les
cellules dérivées de la granulosa des GCT (Almeida et al., 2011) (Figure 20). Les
observations étaient similaires à celles de l’étude précédente. Cela permet donc de confirmer
que l’AMH est bien exprimée et produite par les cellules de la granulosa des GCT.

68
Figure 20 - Immunomarquage de l'AMH (signal en rouge) dans une coupe de GCT de jument, observation au microscope
optique (Almeida et al., 2011)

De plus, il a été remarqué que l’expression de l’AMH dans les tumeurs était
positivement corrélée à la concentration plasmatique en inhibine dans la plupart des cas (Ball
et al., 2008). Cependant, dans l’étude de Ball et al., 3 cas sur 27 présentaient une
concentration en inhibine dans les valeurs usuelles malgré la présence de la GCT et
l’expression d’AMH par la GCT.

L’immunomarquage de l’AMH au sein d’une tumeur ovarienne est donc un outil


supplémentaire pour le diagnostic de GCT chez la jument. Dans l’hypothèse où la
concentration plasmatique serait corrélable à l’immunoréactivité en AMH de la GCT,
déterminer la concentration plasmatique en AMH pourrait être un élément diagnostique des
GCT à forte valeur.

b. Sécrétion de l’AMH par la GCT

La première étude sur la sécrétion de l’AMH par les GCT date de 2008 (Ball et al.,
2008). Ball et al. ont mis en évidence la présence d’AMH dans le sérum d’une jument à GCT
en étudiant la bio-activité de ce sérum sur le développement des canaux Müllériens chez des
fœtus de rat.

69
Selon l’étude d’Almeida et al. (Almeida et al., 2011), sur 11 juments à GCT
confirmées par histopathologie, une élévation en AMH sérique a été observée dans 100% des
cas, alors qu’une élévation en inhibine était présente dans 73% des cas, et une élévation en
testostérone dans 45% des cas. Le dosage de l’AMH apparaît donc avoir une valeur
diagnostique très intéressante. Une étude plus récente des mêmes auteurs réalisée sur 44
juments à GCT montre une sensibilité de l’AMH pour la détection des GCT à 98% (contre
80% pour l’inhibine, 48% pour la testostérone et 84% pour l’inhibine et la testostérone
combinées) (Ball et al., 2013).

L’élévation de la concentration plasmatique en AMH s’accompagne d’une forte


concentration en AMH des kystes contenant du liquide des GCT, ce qui confirme une
augmentation locale de la production en AMH due à la GCT (Almeida et al., 2011).

Après retrait chirurgical de la GCT, une baisse de la concentration en AMH de l’ordre


de 50% dans les 48 heures suivant l’intervention est observée (Almeida et al., 2011). Ceci
confirme le fait que l’augmentation de l’AMH plasmatique chez les juments à GCT dérive de
la présence de l’ovaire tumoral.

Les évolutions des concentrations en inhibine et AMH chez les juments à GCT
apparaissent être significativement corrélées (Almeida et al., 2011; Ball et al., 2013). Cela
confirme que ces deux hormones sont bien issues d’une origine commune chez les juments à
GCT, à savoir les cellules de la granulosa de la tumeur.

De plus, il a été montré que le temps de demi-vie de l’AMH était relativement


important comparé à l’inhibine (Stabenfeldt et al., 1979; Watson and Thomson, 1996), avec
une demi-vie estimée à deux jours chez la jument (Almeida et al., 2011), ce qui correspond
aux valeurs connues chez la vache (Vigier et al., 1983). Cela pourrait expliquer la stabilité de
la concentration plasmatique en AMH par rapport à la concentration fluctuante en inhibine
chez les juments à GCT. De ce fait, bien que ces deux hormones soient intimement corrélées,
le dosage de l’AMH apparaît plus fiable que l’inhibine dans la détection des GCT.

Les évolutions des concentrations en testostérone et AMH ne sont pas


significativement corrélées chez les juments à GCT, ce qui reflète les origines différentes de
ces deux hormones : les cellules « granulosa-like » pour l’AMH, et les cellules « Leydig-
like » pour la testostérone (Ball et al., 2013).

L’élévation de la concentration plasmatique en AMH est à l’origine d’une hypothèse


supplémentaire concernant l’inactivité de l’ovaire controlatéral : l’augmentation de la
production d’AMH par la GCT pourrait être à l’origine de l’inhibition de l’effet de la FSH sur
le développement folliculaire, impliquant l’atrophie de l’ovaire normal (Almeida et al., 2011).

Pour conclure, le dosage de l’AMH plasmatique dans la détection des GCT apparaît
significativement plus sensible que le dosage de la testostérone et/ou de l’inhibine
plasmatique. De plus, du fait que la concentration sérique en AMH n’augmente pas durant la
gestation (Almeida et al., 2011), le dosage de l’AMH permet d’inclure dans le dépistage les

70
femelles potentiellement gravides, contrairement au dosage de l’inhibine et de la testostérone
puisque, comme nous l’avons déjà vu, leurs concentrations sériques sont augmentées durant la
gestation. La stabilité de l’AMH sérique quelles que soient les conditions physiologiques de la
jument en fait un outil diagnostic très fiable.

Enfin, chez la femme, l’augmentation de la concentration plasmatique en AMH


apparaît comme étant très spécifique des GCT, les autres néoplasmes ovariens ou
gynécologiques n’exprimant pas l’AMH (Rey et al., 2000, 1996). Bien que le nombre
d’études portant sur le dosage de l’AMH pour des tumeurs ovariennes chez la jument autre
que des GCT soit limité et que d’autres études soient nécessaires, on peut supposer que
l’élévation de la concentration sérique en AMH lors d’une tumeur ovarienne soit spécifique
des GCT.

5. Autres examens diagnostiques et pistes de


recherche

D’autres techniques diagnostiques sont déjà décrites mais non couramment utilisés.

a. Examen visuel direct

En médecine équine, l’examen visuel direct de la masse peut être effectué par
laparoscopie diagnostique ou par laparotomie exploratrice. Cela peut être indiqué lorsque
l’examen échographique est en faveur d’une modification de type tumoral de l’ovaire et que
l’examen des hormones sanguines n’est pas envisageable, ou que la palpation transrectale
révèle une anomalie particulière (adhérences, consistance anormale…). Cette technique
permet d’avoir un accès visuel direct à la masse, ce qui permet d’évaluer correctement la taille
et la vascularisation de la masse et de décider au mieux de la voie d’abord chirurgicale
préalablement à la réalisation d’une ovariectomie. Cela permet aussi d’évaluer les
répercussions abdominales possibles et la présence éventuelle de métastases ou d’adhérences
(Catone et al., 2004; Rambags et al., 2003).

b. Biopsie

En médecine humaine, l’aspiration à l’aiguille fine de la masse ovarienne pour examen


cytologique des GCT est décrite et couramment utilisée (Ali et al., 2008; Angstrom et al.,
1972; Dubuc-Lissoir et al., 2001; Sevin et al., 1979), avec une sensibilité évaluée à au moins

71
90% (Angstrom et al., 1972; Sevin et al., 1979). Actuellement, cette technique se fait la
plupart du temps sous guidage scanner. Il n’existe a priori pas d’étude de synthèse sur la
cytologie des GCT chez la jument. La biopsie ovarienne avec trocardage sous guidage
scanner est également décrite chez l’homme.

c. Immunohistochimie

De nouveaux protocoles d’immunohistochimie pourraient avoir un nouvel intérêt


diagnostic et qualitatif, et certains pourraient notamment permettre d’évaluer la malignité des
GCT.

La glutathion S-transférase α (ou GSTα) est une protéine multifonctionnelle présente


dans de nombreux organes et notamment dans les testicules, les glandes surrénales et les
ovaires (Rahilly et al., 1991). Elle a un rôle dans la synthèse des stéroïdes (Keira et al., 1994).
Dans l’ovaire, la GSTα participe à la synthèse et au transport intra-cellulaire des androgènes
et progestagènes, et est localisée dans les cellules productrices de stéroïdes (Rahilly et al.,
1991). Dans l’ovaire sain, la GSTα est situé dans les cellules de la granulosa, mais dans
l’ovaire à GCT, elle se situe aussi dans les cellules Leydig-like (Ellenberger et al., 2007).
Cette protéine pourrait avoir un rôle dans l’activité endocrine anormale des GCT, et donc sur
les conséquences que ces changements hormonaux induisent. L’étude de l’expression et de
l’activité de cette protéine pourrait être un nouveau marqueur diagnostic et informatif sur le
fonctionnement des GCT.

Le marqueur oncoprotéique c-erbB-2 (ou cerb) est une protéine appartenant à la


famille des récepteurs de facteurs de croissance. Elle est un marqueur de la différenciation
cellulaire tumorale et joue un rôle dans le développement de tumeurs malignes (van Dam et
al., 1991; Wang et al., 1992, 1993). La surexpression de la protéine cerb dans l’ovaire tumoral
humain a été associée à un mauvais pronostic (Berchuck et al., 1990). En médecine équine, un
seul travail a été réalisé sur une seule GCT maligne, mais les résultats n’ont pas été concluants
(Ellenberger et al., 2007). La valeur pronostique de ce marqueur n’est donc pas encore connue
dans l’espèce équine, mais il pourrait être intéressant dans l’étude de la malignité des GCT.
Des études supplémentaires se révèlent nécessaires.

72
IV. ILLUSTRATION PAR SEPT CAS CLINIQUES
ADMIS AU CAMPUS VÉTÉRINAIRE DE LYON
Entre 2013 et 2016, concomitamment à ma scolarité, sept juments diagnostiquées avec
une GCT ont été admises à la Clinéquine du campus vétérinaire de Lyon. L’étude de ces cas
m’a permis d’illustrer mon travail bibliographique sur les GCT et de mettre en pratique les
enseignements issus des articles scientifiques étudiés. Ces cas présentent le plus souvent des
similitudes cliniques, mais aussi des différences me permettant de rappeler que des cas
particuliers isolés peuvent parfois sortir des études statistiques.

1. Anamnèse

Sept juments ont été diagnostiquées avec une GCT, confirmée par histologie, à la
Clinéquine du campus vétérinaire de Lyon entre 2013 et 2016. Leurs identifications sont
rapportées dans le tableau ci-dessous.

Nom de la jument Numéro de Race Age lors de


dossier Clovis l’admission à l’école
vétérinaire de Lyon

SERENA L14-2829 Selle Français 8 ans

MIMI L14-3172 Selle - Origine Non 14 ans


Constaté

SITJE L14-6583 Selle Français 8 ans

NIQUITA L15-2326 Selle Français 13 ans

CALL-ME L15-3571 Connemara 2 ans

FARDAU L14-6342 Frison 11 ans

SHAKIRA L16-5651 Selle 10 ans

Tableau 7 - Identification des cas étudiés

73
Ces juments étaient âgées de 2 à 14 ans, avec une moyenne d’âge de 9,4 ans. Sur sept
juments étudiées, seulement une ne fait pas partie de la classe d’âge « adulte » : CALL-ME
peut être classée dans la catégorie « jeune ». Aucune information n’était disponible sur
l’historique de reproduction de ces juments.

2. Clinique

a. Modifications comportementales et cycle sexuel

Sur les sept juments étudiées, quatre ont présenté un comportement modifié au sens
strict (MIMI, SITJE, CALL-ME et SHAKIRA). Ces quatre juments ont développé un
comportement typique dit « d’étalon » plus ou moins marqué. Ce changement pouvait aller
d’une modification comportementale légère visible par une dégradation du travail et par des
allures modifiées (piaffe, couine), comme c’était le cas pour SITJE, jusqu’à un comportement
d’étalon marqué visible en particulier en présence de juments en chaleurs, comme c’était le
cas pour MIMI, CALL-ME et SHAKIRA. Ces juments cherchent alors à renifler et monter les
autres juments, présentent des phases d’excitations marquées et développent de l’agressivité
envers leurs congénères. SHAKIRA présentait des blessures aux membres issues du
franchissement des clôtures pour rejoindre des juments en chaleur (Figure 21).

Oscar Cuillé

Figure 21 - Plaies sur le membre postérieur gauche de la jument SHAKIRA (collection personnelle)

74
Trois autres juments, SERENA, NIQUITA et FARDAU, ont eu des modifications
comportementales plus subtiles, avec des altérations du comportement sexuel normal sans
pour autant développer de nouveau comportement. NIQUITA et SERENA ne présentaient pas
de comportement de chaleurs, et FARDAU présentait des chaleurs anormalement courtes.

Toute modification du comportement, même subtile, doit être un signal d’alerte pour
le praticien. La détection d’une GCT est plus fréquente chez des juments reproductrices où
une attention particulière est portée au cycle sexuel. Cependant, une simple dégradation du
travail peut être un signe d’appel suffisant pour pratiquer un examen gynécologique.

b. Modifications morphologiques

Seule CALL-ME présentait des modifications morphologiques marquées, avec une


musculature anormalement développée, et un clitoris hypertrophié (Figure 22). Ces
modifications marquées peuvent s’expliquer par le fait que CALL-ME soit une jument jeune
et encore en croissance.

SHAKIRA présentait une légère modification morphologique avec le développement


d’une crête nucale (Figure 23).

Oscar Cuillé

Figure 22 - Clitoris hypertrophié de CALL-ME Figure 23 - Crête nucale développée sur la


(collection personnelle) jument SHAKIRA (collection personnelle)

75
Les modifications comportementales, sexuelles et morphologiques des sept juments
étudiées sont rapportées dans le tableau ci-dessous.

Nom de la jument Modifications Modification du Modifications


comportementales cycle sexuel morphologiques
physiologique

SERENA Absence de Absence de cycle RAS


comportement de œstral
chaleur

MIMI Comportement Absence de cycle RAS


d’étalon peu marqué œstral
Dégradation du travail

SITJE Comportement Absence de cycle RAS


d’étalon marqué, œstral
agressivité
Dégradation du travail

NIQUITA Absence de Absence de cycle RAS


comportement de œstral
chaleur

CALL-ME Comportement Absence de cycle Musculature


d’étalon marqué, œstral anormalement
agressivité développé
Dégradation du travail Clitoris hypertrophié

FARDAU Chaleurs Cycle anormalement RAS


anormalement courtes long

SHAKIRA Comportement Absence de cycle Crête nucale marquée


d’étalon marqué œstral
Dégradation du travail

Tableau 8 - Modifications comportementales, morphologiques, et modification du cycle sexuel

76
c. Anomalies cliniques

Six des sept juments étudiées ne présentait pas d’anomalie à l’examen clinique
général.

Seul FARDAU présentait une cataracte bilatérale de faible grade, sans autre anomalie
clinique observée.

3. Diagnostic échographique

Des échographies transrectales de l’appareil reproducteur ont systématiquement été


réalisées sur ces juments à l’aide d’un échographe à sonde linéaire (Tableau 9).

Six juments parmi les sept étudiées ont présenté un aspect échographique classique des
ovaires par rapport aux cas décrits des GCT dans la littérature. Ces six juments présentaient
un ovaire de taille augmentée (Figure 24) associé à un ovaire controlatéral de taille diminuée
voire atrophié (Figure 25). Les ovaires tumorisés présentaient des structures classiques de
GCT, avec un aspect arrondi multi-kystique dit en « nid d’abeilles », et une absence de fosse
ovulatoire. Une suspicion diagnostique de GCT, basée sur l’anamnèse et l’examen
échographique, a alors été portée pour ces six juments.

Figure 24 - Echographie transrectale de l'ovaire droit (pointillés rouges) de la jument FARDAU, aspect structural
multikystique classique pour une GCT (collection personnelle)

77
Figure 25 - Echographie transrectale de l'ovaire gauche (pointillés rouges) de la jument FARDAU, atrophie et inactivité de
l'ovaire controlatéral à la GCT (collection personnelle)

Il est intéressant de noter que les ovaires controlatéraux de SERENA et de FARDAU,


bien que atrophiés, semblaient conserver une légère activité ovarienne puisqu’elles étaient
encore cyclées (présence de corps jaunes au sein de l’ovaire controlatéral).

Seule la jument NIQUITA ne présentait pas une configuration des ovaires classique.
Ses deux ovaires étaient de taille identique. L’aspect échographique de l’ovaire tumorisé
n’était pas multikystique mais faisait apparaître une masse hyperéchogène relativement
homogène sans follicule, peu compatible avec une GCT. Sa consistance était cependant très
ferme, et sa forme arrondie.

Nous constatons que sur notre échantillon de juments, les ovaires tumorisés étaient à
chaque fois à droite.

L’aspect à la palpation transrectale et l’aspect échographique des ovaires des sept


juments étudiées sont rapportés dans le tableau ci-dessous.

78
Nom de la jument Palpation et aspect échographique Palpation et aspect échographique
de l’Ovaire Gauche de l’Ovaire Droit

SERENA Taille diminuée (5cm de diamètre) Taille augmenté (10cm x 12cm) et


Présence d’un corps jaune récent consistance ferme, avec quelques
(cyclée) irrégularités de surface
Fosse ovulatoire palpable Aspect structural multikystique
Absence de fosse ovulatoire
MIMI Atrophié (2,2 x 2,8 cm) Taille augmenté (20 cm)
Aspect hétérogène Aspect structural multikystique
Fosse ovulatoire palpable Absence de fosse ovulatoire
SITJE Taille diminuée (5 cm) Taille normale à augmentée (10 cm)
Présence d’un corps jaune récent Aspect structural multikystique
(cyclée) Absence de fosse ovulatoire
Fosse ovulatoire palpable

NIQUITA Taille normale (8 cm) Taille normale (8 cm), forme ronde


Présence de quelques follicules de et consistance dure.
petite taille Structure hyperéchogène,
Fosse ovulatoire palpable relativement homogène. Absence de
follicule. Peu compatible avec GCT
Absence de fosse ovulatoire.

CALL-ME Atrophié (3 cm) Taille augmentée (15 cm)


Présence de 2 petits follicules Aspect structural multikystique
Fosse ovulatoire palpable Absence de fosse ovulatoire
FARDAU Atrophié (3,8 cm) Taille très augmentée (30 cm)
Aspect hétérogène Aspect structural multikystique
Fosse ovulatoire palpable Absence de fosse ovulatoire
SHAKIRA Taille diminuée (4,5 cm) Taille très augmentée (30 cm)
Présence de quelques follicules de Aspect structural multikystique
petite taille Absence de fosse ovulatoire
Fosse ovulatoire palpable
Tableau 9 - Palpation et aspect échographique des ovaires

4. Diagnostic biologique

Des dosages hormonaux ont été réalisés sur chaque patient afin de confirmer le
diagnostic de GCT. Les dosages de la testostérone, de la progestérone, de l’œstradiol et de
l’AMH, dont le dosage est réalisable depuis quelques années à Lyon, font partie du panel

79
classique demandé pour la prise en charge des suspicions de GCT à la Clinéquine du campus
vétérinaire de Lyon. Lorsque cela a été possible, différents dosages avant et après la chirurgie
nous ont permis de réaliser une cinétique de l’évolution hormonale suite à l’ablation de la
tumeur.

a. Méthodes de dosage

Le dosage de la progestérone plasmatique a été effectué à partir d’un automate


d’exploration clinique (Immulite, Siemens Healthcare, Erlangen, Allemagne). Sur le principe,
il s’agit d’un immuno-dosage enzymatique en chimioluminescence (CLEIA) en support
solide. Le dosage est réalisé par compétition avec de la progestérone couplée à une
phosphatase alcaline, pour des anticorps couplés à une bille de polystyrène. La sensibilité
analytique est de 0,1 ng/mL (0,3 nmol/L), avec une précision de 7,0%-10,2% en intra-essai, et
de 9,5-21,7% en inter-essai.

Le dosage de la testostérone a été réalisé de la même façon que celui de la


progestérone. La sensibilité analytique est de 0,01 ng/mL (0,3 nmol/L). La précision est de
5,1-16,3% en intra-essai et de 7,2-24,3% en inter-essai.

Le dosage du 17β-œstradiol a été réalisé à partir d’un radioimmuno-dosage (Ultra-


sensitive œstradiol RIA, Beckman Coulter, Fullerton, CA, USA). Il s’agit d’un dosage par
compétition à l’aide d’une molécule d’œstradiol couplée à de l’iode 125. La calibration est
assurée par une gamme d’œstradiol en sérum humain. La sensibilité analytique est de 2,2
pg/mL (8 pmol/L) avec une précision intra-essai inférieure à 8.9%, et inter-essai inférieure à
12.2%.

Le dosage de l’AMH est effectué depuis 2014 à Lyon. Les mesures se font à l’aide du
kit « Equine and Ovine AMH ELISA » du laboratoire AnshLabs (Webster, NY, USA), par
dosage d’immunoabsorption enzymatique (ELISA) à l’aide de deux anticorps spécifiques, qui
permet une mesure quantitative de l’hormone. Il s’agit d’un dosage spécifique pour le cheval.
Les valeurs seuils ont été fixées arbitrairement par le laboratoire de VetAgro Sup à partir de
dosages réalisés sur cinq juments à GCT confirmées histologiquement. Le seuil de positivité
est de 2,5 ng/mL. Le seuil de détection est de 0,06 ng/mL. L’intervalle de confiance a été
évalué à 95% par comparaison avec des prélèvements issus de 10 juments reproductrices
saines.

b. Résultats

Les résultats des dosages réalisés sur les sept juments étudiées sont rapportés dans le
tableau ci-dessous. Aucun dosage n’est malheureusement disponible pour la jument MIMI.

80
Hormones Testostérone Progestérone AMH Œstradiol Inhibine

Valeurs de 69 – 156 Jument non < 2,5 ng/mL 73,42–165,20 0,1-0,6


référence pmol/L gravide et pmol/L ng/mL
hors
(= 20 - 45 diœstrus : (= 20-45
pg/mL) < 3,18 pg/mL)
nmol/L

(< 1 ng/mL)

SERENA 215 pmol/L <0,3 nmol/L 8,73 ng/mL NE 0,27 ng/mL


(Dosage (Dosage
réalisé à réalisé à
l’université l’université
de Davis) de Davis)

MIMI NE NE NE NE NE

SITJE < 300 pmol/L 16,7 nmol/L 15 ng/mL 42,1 pmol/L NE

NIQUITA < 300 pmol/L <0,3 nmol/L 11,8 ng/mL < 8 pmol/L NE

CALL-ME 1010 pmol/L <0,3 nmol/L 6,05 ng/mL < 8 pmol/L NE

FARDAU < 300 pmol/L <0,3 nmol/L 0,07 ng/mL < 8 pmol/L NE

SHAKIRA 17000 3,6 nmol/L 36,4 ng/mL 58 pmol/L NE


pmol/L

Tableau 10 - Dosages plasmatiques de différentes hormones avant la chirurgie d’ovariectomie (NE : non évalué)

Seules trois juments ont présenté une concentration plasmatique en testostérone


augmentée. Il est intéressant de noter que CALL-ME et SHAKIRA présentaient des valeurs
de la testostérone supérieures à 100 pg/mL (= 0,35 nmol/L), et que ces deux juments
présentaient toutes deux des comportements d’étalon marqués, ce qui est cohérent avec notre
étude bibliographique. Cependant, la concentration en testostérone plasmatique n’était pas
significativement élevée pour SITJE, qui présentait aussi un comportement d’étalon. Lorsque
cela a été possible, la mesure de la testostérone a été refaite à 2 ou 3 mois d’intervalle afin
d’exclure le fait que la jument soit gravide.
Une cinétique de la testostérone a pu être réalisée pour SERENA avec un prélèvement
effectué 48 heures après la chirurgie et un autre 2 mois après. La valeur de la concentration

81
plasmatique en testostérone était, dans les deux cas, inférieure à la limite détectable, ce qui est
cohérent avec la fonction sécrétrice de la tumeur.

Le dosage de l’inhibine n’est pas disponible à VetAgro Sup et n’a pas pu être fait
couramment. La mesure de l’inhibine plasmatique a été réalisée pour SERENA, où le
prélèvement a été envoyé à l’université de Davis (Californie). Nous remarquons que les
valeurs de l’inhibine, bien qu’ayant une bonne sensibilité pour les GCT, étaient dans ce cas-ci
dans les limites usuelles. Nous pouvons donc nous poser la question de la pertinence du
dosage de l’inhibine réalisé seul lors du dépistage de GCT. Dans ce cas, le dosage de l’AMH
nous a permis de confirmer la présence d’une GCT.

SITJE présentaient une élévation de la concentration plasmatique en progestérone, ce


qui est compatible avec le corps jaune observé sur l’ovaire controlatéral à l’échographie. Il est
surprenant de remarquer que la concentration en progestérone était sous le seuil de détection
pour SERENA malgré la présence d’un corps jaune. De même, la concentration en
progestérone pour SHAKIRA était légèrement supérieure à la valeur seuil, malgré l’absence
de tissu lutéal mis en évidence à l’échographie. La mesure de la progestérone était au niveau
de base pour les autres juments, ce qui indique et confirme l’absence de tissu lutéal.

Le dosage de l’œstradiol est réalisé en routine à VetAgro Sup. Le dosage de


l’œstradiol nous a permis de confirmer les conclusions sur cette hormone issues de la partie
bibliographique : la valeur de l’œstradiol plasmatique est fortement aléatoire chez les juments
à GCT, malgré le fait que cette hormone soit sécrétée par les cellules de la granulosa de
l’ovaire sain. Ce dosage n’est donc pas un critère fiable pour le dépistage.

La concentration en AMH plasmatique était supérieure à la valeur seuil dans tous les
cas étudiés, excepté pour FARDAU, permettant de confirmer la présence d’une GCT malgré
des concentrations hormonales en testostérone, progestérone ou inhibine pas toujours
significatives. La mesure de l’AMH s’est révélée utile dans la prise en charge de ces cas car
elle a permis d’établir le diagnostic avec plus de certitude et d’écarter les doutes. Cependant,
nous remarquons que la valeur de l’AMH plasmatique était sous le seuil de positivité pour
FARDAU. Ce résultat est très surprenant du fait de la très grande sensibilité de la
concentration en AMH pour la détection des GCT.

c. Cinétique de l’AMH

Lorsque cela était possible, nous avons réalisé des mesures à différentes dates par
rapport à la chirurgie afin d’établir une cinétique de la concentration plasmatique en AMH
après retrait de la tumeur (Tableau 11). Le cas de FARDAU mis à part, les résultats étaient
cohérents avec la fonction sécrétrice de la tumeur, puisqu’une chute de la concentration en
AMH a pu être observée après retrait de la masse.

82
Jour J par J -30 à -60 J -2 J0 J30 J >60
rapport à la date
de chirurgie

SERENA 3,88 8,73 NE NE 0,59

SITJE 1,48 15 NE 0,36 NE

NIQUITA NE 11,8 NE 0,06 NE

CALL-ME NE 6,05 10,78 5,11 NE

FARDAU 0,07 0,07 0,14 < 0.06 0,06

SHAKIRA NE 36,4 22,9 NE NE

Tableau 11 - Cinétique de la concentration plasmatique en AMH, en ng/mL (NE : non évalué)

La baisse progressive de la concentration plasmatique en AMH pour CALL-ME avec


une valeur à 5,11 ng/mL 30 jours après la chirurgie est très surprenante.

Le cas de FARDAU est atypique puisque la tumeur, pourtant identifiée à l’histologie


comme une GCT, n’était pas associée à une concentration élevée en AMH. De plus, le retrait
chirurgical de l’ovaire tumorisé n’a pas eu d’incidence significative sur la concentration
plasmatique en AMH. Le cas particulier de FARDAU sera analysé dans la dernière partie
« discussions ».

5. Traitements entrepris et suivi

Lorsque le diagnostic de tumeur de l’ovaire a été porté, toutes ces juments ont subi une
ovariectomie de l’ovaire tumorisé.

Sur les sept juments étudiés, quatre (SERENA, MIMI, NIQUITA et CALL-ME) ont
été opérées debout sous sédation et anesthésie péridurale, et trois (SITJE, FARDAU et
SHAKIRA) ont été opérées couchées sous anesthésie générale.

Dans les deux cas, des anesthésies locales du mésovarium étaient réalisées, des
ligatures transfixantes étaient posées sur le pédicule ovarien avant ablation de l’ovaire
tumorisé, et une fermeture par première intention était réalisée. Ces juments ont toutes reçu un
traitement post-chirurgical anti-inflammatoire à base de Flunixine Méglumine, ainsi qu’une

83
antibio-prophylaxie à base de Pénicilline et Gentamicine. Un repos strict au box de 2 mois
était recommandé.

Les chirurgies debout ont été réalisées avec un abord par le flanc (Figure 26), par
laparotomie abdominale par les flancs avec aspiration partielle du liquide intra-tumoral,
ablation du pédicule ovarien et récupération intra-abdominale de la tumeur dans un sac,
lorsque la configuration de la tumeur le permettait (Figure 27).

Ligne d’incision

Figure 26 - Voie d'abord chirurgical par le flanc sur Figure 27 - Excision et récupération intra-abdominale
CALL-ME (collection personnelle) de la GCT dans un sac (collection personnelle)

Les chirurgies couchées ont été réalisées avec un abord suprapubique paramédian
diagonal (Figure 28), ce qui est, comme nous l’avons vu dans notre partie bibliographique, la
voie d’approche permettant le plus facilement d’accéder aux vaisseaux ovariens (Figure 29).

84
Oscar Cuillé

Oscar Cuillé
Figure 28 - Abord chirurgical suprapubique paramédian Figure 29 - Extériorisation de la GCT de SHAKIRA avant
diagonal sur SHAKIRA (collection personnelle) ligature et excision (collection personnelle)

La technique chirurgicale a été décidée en fonction du patient (état de santé,


tempérament et gabarit) et de sa capacité à subir une anesthésie générale, de la taille de la
tumeur et de la facilité d’accès au pédicule ovarien, et de la préférence de chaque chirurgien.
Entre 2014 et 2016, période sur laquelle ces chirurgies ont eu lieu, le pôle équin de Lyon
n’était pas équipé pour réaliser ces chirurgies par laparoscopie.

Toutes les tumeurs retirées ont été analysées histologiquement et ont été décrites
comme des GCT. Le pronostic était donc favorable après exérèse pour chacune de ces
juments. L’école étant un centre de référé, nous n’avons pas eu de suivi à long terme pour 5
de ces 7 juments, mais nous savons que la période post-chirurgicale s’est bien déroulée pour
au moins trois d’entre elles.

MIMI a présenté des saignements dû plan musculaire et a du subir une reprise


chirurgicale, la période post-chirurgicale s’est correctement déroulée suite à cette épisode.

SHAKIRA a présenté un gonflement du flanc droit au cours de la première nuit


suivant la chirurgie (Figure 30). Une échographie de la plaie a révélé une déhiscence de la
partie caudale du plan musculaire qui a nécessité une nouvelle intervention chirurgicale, lors
de laquelle une hernie abdominale, de 8 cm de long en région caudale de l’incision
paramédiane d’ovariectomie, a été mise en évidence. SHAKIRA a aussi développé une
diarrhée aiguë lors de son hospitalisation, sans lien apparent avec l’intervention chirurgicale.

85
Oscar Cuillé

Oscar Cuillé

Figure 30 - Gonflement en périphérie de la plaie chirurgicale de SHAKIRA (collection personnelle)

Une des 6 juments (SERENA) a eu un suivi de reproduction au sein de l’école, et nous


savons qu’elle a été diagnostiquée gravide 4 mois après sa chirurgie, et qu’elle a donné
naissance à un poulain en bonne santé.

FARDAU a eu une période post-chirurgicale sans complication, mais a déclaré un


lymphome diagnostiqué 7 mois après sa chirurgie. Elle a dû être euthanasiée 8 mois après la
chirurgie.

86
6. Analyse des GCT excisées

a. Observation macroscopique

A l’exception de la tumeur de NIQUITA qui avait un aspect atypique pour une GCT,
les tumeurs excisées présentaient l’aspect macroscopique classique d’une GCT. Ces masses
étaient de couleur rose pâle à jaunâtre, avec une surface lisse (Figures 31 et 32). Certaines
présentaient des bombements irréguliers. L’observation des coupes de ces tumeurs révélait
une structure poly-kystique à stroma jaunâtre et présentant des zones de tissu solide (Figure
33). Les diamètres de ces masses s’étendaient de 10 à environ 30 centimètres. Le poids de ces
tumeurs n’a pas été mesuré.

Oscar Cuillé

Figure 31 - Tumeur de l'ovaire après excision de SHAKIRA (collection personnelle)

87
Figure 32 - Tumeur de l'ovaire après excision de FARDAU (collection personnelle)

Figure 33 - Observation en coupe de la GCT de FARDAU (collection personnelle)

La tumeur de NIQUITA était de petite taille (environ 8 cm), de couleur rose pâle à
jaunâtre, de forme ronde et de consistance ferme. L’observation en coupe révélait une masse
tissulaire relativement homogène, sans follicule ou kyste.

88
b. Méthodes d’analyses histopathologiques et
immunohistochimique

Après observation macroscopique, nous avons choisi au sein de chaque tumeur une
zone représentative du tissu tumoral observé. Ces morceaux ont été fixés dans du formol
tamponné, puis inclus dans de la paraffine. Ils ont ensuite été coupés en tranches fines (4 μm
d’épaisseur). Les coupes ont été recueillies sur des lames de verre. Une coloration standard à
l’hémalun-éosine a été réalisée pour l’analyse histologique.

Une analyse immunohistochimique de certaines de ces tumeurs a été réalisée.


L’immunomarquage de l’inhibine et de l’AMH a été effectué en utilisant respectivement des
anticorps monoclonaux de souris anti-inhibineα humaine (Anti-Human Inhibin-α, clone R1,
Agilent Technologies, Santa Clara, CA, USA) et des anticorps polyclonaux de chèvre anti-
AMH humaine (MIS (C-20): sc-6886; Santa Cruz Biotechnology Inc., Santa Cruz, CA, USA).

c. Histopathologie

L’étude histopathologique des tumeurs excisées a permis de confirmer le diagnostic de


GCT pour chacune des juments étudiées.

Six (SERENA, MIMI, SITJE, CALL-ME, FARDAU, SHAKIRA) des sept juments
étudiées présentaient une tumeur classique des GCT.

i. Etude histopathologique des GCT classiques

Ces tumeurs avaient une structure multinodulaire, à croissance expansive et cellularité


modérée. Les marges n’étaient pas toujours observables, les prélèvements étant le plus
souvent réalisés dans les zones kystiques centrales des tumeurs.

Sur les différentes coupes effectuées dans les prélèvements de ces 6 juments, on
observait une tumeur composée de l’association de kystes de taille variable, contenant un
matériel hyalin amorphe (Figure 34). Ces kystes étaient tapissés par une ou plusieurs assises
de cellules plus ou moins allongées et rangées en palissades, d’aspect pseudo-Sertolien,
correspondant à des cellules de la granulosa. La couche la plus externe était composée de
cellules cylindriques polarisées avec un noyau basal prenant une disposition palissadique,
ayant la morphologie de cellules basales.

89
Figure 34 - Analyse histopathologique d'une coupe de la GCT de CALL-ME, observation au microscope optique
grossissement x10 (laboratoire d'analyse de VetAgro Sup)

Le stroma était plus ou moins abondant suivant les territoires examinés, et


fibrovasculaire ; il présentait des remaniements hémorragiques récents (hématies extravasées)
ou anciens (présence de macrophages renfermant de l’hémosidérine). De nombreuses cellules
fusiformes du type “cellules de la thèque” étaient présentes.

L’anisocytose et l’anisocaryose étaient modérées, l’index mitotique était peu élevé


(moins d’une mitose par champ à fort grossissement), ce qui est en faveur d’un bon pronostic.

La tumeur de FARDAU présentait un aspect modérément plus solide que les autres
tumeurs, avec un stroma plus développé par rapport aux kystes, mais sa composition cellulaire
restait identique aux autres tumeurs décrites (Figures 35 et 36).

90
Figure 35 - Analyse histopathologique d'une coupe de la GCT de FARDAU, observation au microscope optique
grossissement x10 (laboratoire d'analyse de VetAgro Sup)

Figure 36 - Analyse histopathologique d'une coupe de la GCT de FARDAU, observation au microscope optique
grossissement x20 (laboratoire d'analyse de VetAgro Sup)

91
Des corps de Call-Exner, dont la présence est pathognomonique des GCT, ont pu être
retrouvés dans la tumeur de SERENA (Figure 37). Ces corps sont rarement mis en évidence
puisqu’ils sont souvent perdus après la rupture du kyste dans lequel ils baignent.

Figure 37 - Observation d'un corps de Call-Exner (flèche) lors de l'analyse histopathologique d'une coupe de la GCT de
SERENA, observation au microscope optique grossissement x40 (laboratoire d’analyse de VetAgro Sup)

Dans les sections de la tumeur de CALL-ME, des cellules polyédriques de grande


taille, avec un cytoplasme fortement éosinophilique et plus ou moins vacuolisés, et au noyau
central et rond avec un rapport nucléocytoplasmique modéré et un nucléole apparent, ont été
mises en évidence multifocalement dans le stroma tumoral. Ces cellules sont de type “cellules
de Leydig” (Figure 38). Cela est cohérent avec l’augmentation de sa testostérone plasmatique
et son comportement d’étalon observés avant sa chirurgie. En revanche, aucune cellule
“Leydig-like” n’a pu être mise en évidence dans la tumeur de SHAKIRA, qui présentait
pourtant les mêmes caractéristiques comportementale et hormonale que CALL-ME, avant sa
chirurgie.

92
Figure 38 - Observation de cellules de type "cellules de Leydig" (flèches) lors de l'analyse histologique d'une coupe de
GCT de CALL-ME, observation au microscope optique grossissement x40 (laboratoire d’analyse de VetAgro Sup)

ii. Etude histopathologique d’une GCT atypique

La tumeur de NIQUITA présentait un examen histologique atypique des GCT.


Comme nous l’avions vu précédemment, l’échostructure de cette tumeur était hyperéchogène,
relativement homogène, et on notait l’absence de follicule. Il n’y avait pas non plus de
différence de taille entre les deux ovaires. Ces observations rendaient cette tumeur peu
compatible avec une GCT.

L’examen histopathologique a mis en évidence la présence d’une lésion tumorale de


petite taille, modérément cellulaire, expansive et délimitée par un tissu conjonctif peu dense.
Cette tumeur était caractérisée par la prolifération de cellules de la granulosa, organisées en
lobules de taille variables et au sein d’un stroma fibreux modérément à fortement développé.
Au sein des lobules, on notait parfois des lacunes remplies de matériel mucineux gris à bleu
pâle. Comme pour les autres tumeurs, l’index mitotique était bas (moins d’une mitose par
champ au fort grossissement).

Sur les sections examinées, de larges plages de stroma ovarien fibreux non tumoral,
densément cellulaire, étaient visibles. Ce stroma présentait une hypoplasie sévère voire une
aplasie des follicules ovariens (Figure 39). Bien que l’analyse histologique n’ait été réalisée

93
que sur une petite partie du stroma ovarien, nous pouvons supposer que cette partie observée
était représentative de l’ensemble de l’ovaire, et que toute la partie ovarienne non tumorale
présentait une aplasie folliculaire. Cela serait cohérent avec les échographies réalisées sur
cette tumeur où l’absence de follicule avait été remarquée.

Tissu conjonctif
peu dense

Tumeur
Stroma ovarien non tumoral
Figure 39 - Analyse histologique d'une coupe de la GCT de NIQUITA, observation au microscope optique grossissement x5
(laboratoire d’analyse de VetAgro Sup)

Ces observations confirment donc l’identité de GCT de cette tumeur, associée à une
hypoplasie sévère (voire une aplasie) des follicules ovariens, ce qui est une présentation
originale pour une GCT. Nous pouvons supposer que cette tumeur était en stade précoce de
développement mais était déjà active hormonalement.

d. Immunomarquage

Les résultats des marquages effectués correspondaient à ce qui était attendu suite à
notre étude bibliographique. Nous avons observé un signal positif pour l’inhibine et pour
l’AMH dans les cellules tapissant les kystes des GCT, cellules décrites dans l’étude
histopathologique comme des cellules de la granulosa (Figures 40, 41, 42 et 43). Cette
expression n’incluait pas la couche basale palissadique.

94
Figure 40 – Immunomarquage (signal en rouge) de l'inhibine dans Figure 41 – Immunomarquage (signal en rouge) de l'inhibine dans
la GCT de la jument SERENA, observation au microscope optique la GCT de la jument SERENA, observation au microscope optique
grossissement x10 (laboratoire d'analyse de VetAgro Sup) grossissement x20 (laboratoire d'analyse de VetAgro Sup)

Figure 42 – Immunomarquage (signal en rouge) de l'AMH dans la Figure 43 - Immunomarquage (signal en rouge) de l'AMH dans la
GCT de la jument SERENA, observation au microscope optique GCT de la jument SERENA, observation au microscope optique
grossissement x10 (laboratoire d'analyse de VetAgro Sup) grossissement x20 (laboratoire d'analyse de VetAgro Sup)

95
Ce marquage nous a permis de confirmer l’expression de l’AMH et de l’inhibine par
les cellules de la Granulosa des GCT.

Cependant, pour l’immunomarquage de l’AMH dans la GCT de la jument FARDAU,


le signal était très faible voire quasi-inexistant (Figures 44 et 45). L’immunomarquage de
l’inhibine était lui présent comme sur une GCT classique (Figures 46 et 47). Ce résultat est
surprenant et atypique pour une GCT, mais reste cohérent avec la faible concentration
plasmatique en AMH mesurée chez FARDAU. On peut conclure pour cette jument que
l’AMH n’était pas exprimée par les cellules cancéreuses de la granulosa.

Figure 44 - Immunomarquage (signal en rouge) de l'AMH Figure 45 – Immunomarquage (signal en rouge) de l'AMH
dans la GCT de la jument FARDAU, observation au dans la GCT de la jument FARDAU, observation au
microscope optique grossissement x10 (laboratoire microscope optique grossissement x20 (laboratoire
d'analyse de VetAgro Sup) d'analyse de VetAgro Sup)

96
Figure 46 – Immunomarquage (signal en rouge) de l'inhibine Figure 47 - Immunomarquage (signal en rouge) de l'inhibine
dans la GCT de la jument FARDAU, observation au dans la GCT de la jument FARDAU, observation au microscope
microscope optique grossissement x10 (laboratoire d'analyse optique grossissement x20 (laboratoire d'analyse de VetAgro
de VetAgro Sup) Sup)

7. Discussion

L’étude de ces différentes GCT a permis de mettre en application les observations


issues de notre partie bibliographique et de nous familiariser avec les prélèvements et les
résultats de laboratoire. Cet échantillon d’animaux, bien que trop petit pour pouvoir tirer des
conclusions générales, a permis d’observer quelques cas de GCT « classiques », mais aussi de
travailler sur des cas atypiques de GCT, preuve que la biologie n’est pas une science exacte et
que le praticien doit garder l’esprit ouvert.

L’étude de ces cas nous permet de rappeler l’importance pour le vétérinaire de terrain
des gestes diagnostiques simples pour le dépistage des GCT. En effet, dans 6 cas parmi les 7
étudiés (NIQUITA mise à part), l’examen clinique associé à l’échographie transrectale seule
nous permettait de porter une première hypothèse diagnostique

Les observations cliniques issues de ces cas, FARDAU mise à part, rejoignent et
illustrent ce qui a été mis en évidence dans les différentes publications étudiées dans la partie
bibliographique.

97
a. Intérêt du dosage de l’AMH dans notre étude
clinique

Pour chacune de ces juments, FARDAU mise à part, le dosage de l’AMH s’est révélé
être un élément diagnostic clé pour l’exploration de l’affection. Dans le cas de SERENA et
SITJE, le fait que ces juments soient encore cyclées (présence de corps jaune et valeur haute
de la progestérone pour SITJE), rendait le diagnostic de GCT peu probable sans le dosage de
l’AMH. Pour SHAKIRA et CALL-ME, les seules valeurs hautes de la testostérone
plasmatique ne permettaient pas d’aboutir au diagnostic avec certitude. Enfin pour NIQUITA,
la concentration plasmatique en AMH était la seule valeur indicative de la présence d’une
GCT. Ces observations ont permis de confirmer la forte valeur diagnostique de cette hormone.

Les confirmations histopathologiques de la nature de ces GCT est cohérent avec


l’hypothèse de la grande spécificité de l’augmentation de l’AMH pour les tumeurs de la
granulosa.

L’étude de la cinétique de l’AMH, bien que n’ayant pas beaucoup d’intérêt sur le plan
diagnostic, s’est révélée intéressante puisqu’elle permettait d’observer la précocité de
l’élévation de sa concentration associée au développement d’une GCT. De plus, l’observation
systématique d’une chute du taux d’AMH après ablation chirurgicale de la tumeur a permis de
confirmer que la GCT était bien responsable de l’augmentation de la concentration en AMH
plasmatique.
Cependant, la baisse observée suite à la chirurgie de CALL-ME n’était pas aussi
rapide que ce qui était attendu, puisque son taux d’AMH était encore au-dessus de la valeur
seuil 30 jours après l’opération. Plusieurs hypothèses permettent d’expliquer cette valeur :
- On peut supposer que cette valeur élevée d’AMH pourrait être due à une source
secrétante persistante : une portion de la tumeur qui serait restée à l’intérieur de
l’animal (cela est peu probable du fait de l’aspect bien défini de la tumeur),
l’ovaire controlatéral sur lequel un processus tumoral pourrait également être
initié, ou une structure autre non définie.
- On peut sinon supposer que l’élimination de l’AMH sécrétée par la tumeur
pourrait s’être effectuée moins rapidement qu’habituellement, ce qui paraît être
une hypothèse plus probable. La diminution de la clairance de l’AMH pourrait
être due à une anomalie systémique, comme par exemple une maladie rénale qui
diminuerait la vitesse d’élimination de l’hormone, et augmenterait donc sa demi-
vie. Cependant, aucune analyse biochimique de cette jument n’est disponible
pour valider cette hypothèse.

Le cas de FARDAU a retenu toute notre attention par le fait que les dosages
plasmatiques de l’AMH n’étaient absolument pas cohérents avec la présence d’une GCT,
pourtant clairement identifiée par examen histopathologique. Le dosage de l’AMH
notamment n’était pas en faveur d’une GCT, alors que sa sensibilité pour les GCT est

98
excellente comme nous l’avons vu dans la partie bibliographique. Pour expliquer cette valeur
d’AMH, nous devons nous demander si un autre paramètre aurait pu influer sur la sécrétion
d’AMH par la GCT.

b. Suivi à long terme de FARDAU

Comme nous l’avons vu, la chirurgie d’ovariectomie de FARDAU s’est déroulée sans
complication. Cependant, FARDAU a été référée à la Clinéquine 7 mois après sa chirurgie
pour hyperthermie, abattement, anémie, et coliques modérées.

Les tests diagnostiques incluaient une numération formule du sang, une cytologie
sanguine et une biochimie sanguine

Une numération formule du sang a révélé une anémie sévère et une thrombocytopénie
ainsi qu’une leucocytose lymphocytaire sévères, et une neutropénie marquée. Une biochimie
sanguine a révélé une hypoprotéinémie (avec hypoalbuminémie légère). Les valeurs
anormales sont rapportées dans le tableau ci-dessous.

Paramètre Valeur Valeurs de référence

Numération Formule :

Hématies 3,14 M/mm3 6,5 – 12,5

Hémoglobine 6,2 g/dL 11 – 19

Hématocrite 17,2 % 32 – 53

Plaquettes 73 m/mm3 100 – 600

Leucocytes 17,3 M/mm3 5,5 – 12,5

Lymphocytes 12,3 x109/L 1,5 – 7,5

Polynucléaires Neutrophiles 1,9 x109/L 2,7 – 6,7

Biochimie :

Protéines plasmatiques 42 g/L 65 – 83

Albumine 26 g/L 25 – 39

SAA (Serum Amyloid A) 761 mg/L 0 – 50

Tableau 12 - Numération formule et biochimie sanguine de FARDAU : valeurs anormales

99
Une cytologie sanguine (Figure 48 et 49) a révélé la présence d’une population
monomorphe de grandes cellules blastiques (tailles augmentées, noyaux à chromatine matée
avec un ou deux nucléoles souvent apparents), en grande quantité, représentant environ 80%
des leucocytes observées. Ces anomalies sont en faveur d’un processus leucémique (plus de
20% de blastes en circulation). Certaines cellules étaient en mitose. L’aspect différencié de
ces cellules blastiques, évoquant clairement des lymphoblastes, a permis de supposer une
origine lymphoïde et non myéloïde. Ces cellules étaient négatives à la coloration à la
myélopéroxydase, ce qui a permis de confirmer l’origine lymphoïde. Une anisocytose des
hématies était aussi observée, témoin de l’anémie normocytaire hypo-régénérative.

Lymphoblastes

Anisocytose marquée

Figure 48 - Frottis sanguin de la jument FARDAU (laboratoire d'analyse de VetAgro Sup)

Chromatine matée

Nucléoles apparents

Figure 49 - Frottis sanguin de la jument FARDAU : observation des lymphoblastes (laboratoire d'analyse de VetAgro Sup)

100
L’étude de la population leucocytaire a été complétée par une cytométrie en flux. Le
nuage de point était anormal et mettait en évidence une population de cellules monomorphes
avec une mauvaise différenciation entre les lymphocytes et les monocytes.

Monocytes

Lymphocytes

SFL (Side Fluorescence Light) : taux d’ADN et ARN dans la cellule


SSC (Side SCatter) : granularité des cellules

Figure 50 - Cytométrie en flux de la jument FARDAU (laboratoire d'analyse de VetAgro Sup)

Une suspicion diagnostique de leucémie lymphoïde aiguë a donc été portée. Le


diagnostic différentiel incluait : une anémie infectieuse équine (un test de Coggins a été
réalisé et est revenu négatif), une piroplasmose (cette jument avait déjà présenté un épisode
quelques années auparavant) ou autre infection parasitaire sanguine (des PCR ont été réalisées
pour Babesia caballi, Theileria equi, Anaplasma phagocytorum, Borrélia burgdoferi et pour
les Leptospires, et sont revenues négatives), ou un processus néoplasique (la recherche d’un
épanchement ou de masses a été réalisée par échographies thoraciques et abdominales et n’a
révélé aucune anomalie).

Afin de confirmer le diagnostic, une ponction de moelle osseuse au niveau sternal pour
réaliser un myélogramme a été effectuée, permettant de confirmer l’infiltration blastique de la
moelle et la source médullaire. Bien que le lymphome soit la tumeur interne la plus fréquente
chez le cheval (1 à 3 % des tumeurs), ils sont la plupart du temps sans leucémie associée
(Savage, 1998).

Le diagnostic de leucémie lymphoïde aiguë a donc été porté. La jument a reçu des
soins palliatifs (corticoïdes) et a été euthanasiée un mois après le diagnostic suite à la
dégradation sévère de son état général malgré le traitement.

101
c. Effets potentiels du lymphome sur la concentration
plasmatique en AMH

Nous pouvons donc poser l’hypothèse que lors des dosages hormonaux pour le
dépistage de la GCT, FARDAU était au stade précoce du lymphome sans expression clinique,
ce qui pourrait avoir une conséquence sur l’expression de l’AMH par la GCT ou sur la
métabolisation de l’AMH. Or, comme nous l’avons vu sur l’immunomarquage en AMH de la
GCT de FARDAU, nous savons que l’AMH n’était pas exprimée par la GCT. La faible
concentration sérique en AMH était donc due à une absence d’expression en AMH de la
tumeur.

En médecine humaine, alors que la concentration plasmatique en AMH est utilisée


pour évaluer la toxicité ovarienne de la chimiothérapie et apparaît comme étant une valeur
indicative et prédictive de la réserve ovarienne après une chimiothérapie (El-Shalakany et al.,
2013; Peigné and Decanter, 2014), il a été montré que la concentration plasmatique en AMH
était diminuée chez des patientes atteintes de lymphome avant même le début d’une
chimiothérapie (Dorp et al., 2014; Lawrenz et al., 2012). Cela suppose que cette maladie et/ou
les conséquences de la maladie sur l’état de santé pourraient avoir un impact sur la fonction
ovarienne à long terme.

L’infertilité associée à la baisse de la concentration plasmatique en AMH sont des


syndromes paranéoplasiques fréquemment observés lors de cancers en médecine humaine, et
particulièrement lors de lymphomes Hodgkinien ou non. Des dommages sur les gamètes ont
été observés chez des femmes atteintes de lymphome (Brougham et al., 2012; Fabbri et al.,
2011) : les patients atteints de la maladie de Hodgkin ont des modifications des follicules
avant chimiothérapie. En effet, la majorité (73,7 %) des ovocytes présentent des micros et
macros vacuoles pouvant être le signe d’une dégradation des cellules germinales à l’origine de
l’infertilité observée.

Les mécanismes menant à cette infertilité et à la baisse de la concentration en AMH


n’ont cependant pas encore été expliqués. Trois théories tentent de répondre à cette question :

 Répercussions de l’état général de santé altéré :

Des études chez la femme atteinte de lymphome Hodgkinien ou non


Hodgkinien, ou atteinte d’une autre maladie systémique (diabète mellitus, lupus
érythémateux et maladies cardiovasculaires) proposent que l’état général de santé
altéré par l’aspect « consommateur » de la maladie pourrait être à l’origine de la
diminution de la concentration plasmatique en AMH (Dorp et al., 2014).

La diminution de la production d’AMH par les petits follicules en croissance


induite par la maladie chronique pourrait s’expliquer soit par un déclin plus rapide de
la réserve des follicules primordiaux, soit par une augmentation du métabolisme de

102
l’AMH chez les patients atteints de cancer (Dorman et al., 2001; Gast et al., 2011; Isik
et al., 2012; Lawrenz et al., 2011).

L’étude de Dorp (Dorp et al., 2014) a tenté d’établir une corrélation entre
l’altération de l’état général de santé (basé sur l’évaluation de plusieurs paramètres
cliniques) et la concentration plasmatique en AMH. L’influence de l’état de santé sur
la diminution de la concentration en AMH était non négligeable. Cela suppose que des
facteurs autres que le nombre de follicule préantraux ou antraux dans l’ovaire
pourraient avoir une répercussion sur la concentration plasmatique en AMH.

Physiologiquement, la concentration en AMH est un marqueur de l’aspect


quantitatif de la réserve ovarienne et reflète le nombre de follicules en croissance. Or
chez la femme atteinte de lymphome, la baisse de la concentration en AMH est
réversible. On suppose donc que l’état de santé altéré pourrait affecter la fonction des
cellules de la granulosa, induisant une diminution de la concentration en AMH sans
pour autant avoir une modification du nombre de follicules. Ainsi, l’AMH pourrait
être un marqueur de la fonction ovarienne, ou de la baisse de la réserve de follicules
primordiaux, ou une combinaison des deux (Dorp et al., 2014).

 Effet des cytokines :

Les lymphomes Hodgkiniens chez la femme sont à l’origine de la production


de cytokines et chémokines nécessaires au maintien et à la croissance de la tumeur
(Maggio et al., 2002), pouvant être à l’origine d’effets secondaires systémiques
(Nakayama-Ichiyama et al., 2010; Skinnider and Mak, 2002).

Le fluide folliculaire contient des cytokines et des facteurs de croissance


transformant (TGF), indiquant l’importance de la régulation immunitaire dans la
fonction ovarienne (Vinatier et al., 1995).

Ainsi, les cytokines pourraient avoir un rôle dans la pathogénie de l’infertilité :


l’élévation des cytokines pourraient être à l’origine d’une perturbation de l’axe
hypothalamus-surrénales-gonades et serait à l’origine de la diminution de la réserve
ovarienne (Fabbri et al., 2011).

 Modifications de l’ADN :

Des variations de la cartographie génétique des gènes codant pour la réparation


de l’ADN ont été associées aux cancers et au vieillissement de l’ovaire (Hoeijmakers,
2009; Stolk et al., 2012).

De plus, chez les hommes atteins de lymphome Hodgkinien, l’intégrité et la


compaction de l’ADN spermatique est altérée (O’Flaherty et al., 2008). On peut penser

103
qu’un mécanisme similaire chez les cellules germinales femelles soit à l’origine de
l’altération de leur ADN induisant une diminution de la réserve de follicules.

L’altération du mécanisme de réparation de l’ADN des cellules de la granulosa


lors de cancers pourrait aussi être à l’origine de la baisse de la concentration
plasmatique en AMH. Cette cause serait commune à de nombreux cancers et
expliquerait la baisse en AMH observée lors de ces différentes maladies.

La diminution de la concentration en AMH lors de lymphomes n’est donc pas encore


bien expliquée en médecine humaine, et il n’existe à notre connaissance pas de cas décrit de
lymphome et de GCT concomitants chez la femme. Le manque d’étude à ce sujet en
médecine vétérinaire nous impose de raisonner par extrapolation, tout en restant prudents.
Cependant, ces théories permettent d’expliquer les valeurs anormalement basses de la
concentration en AMH de FARDAU.

En médecine vétérinaire, il n’existe à notre connaissance pas de cas rapporté de jument


ayant développé une GCT et un lymphome en parallèle. Il serait intéressant d’évaluer la
concentration en AMH chez des juments atteintes de lymphomes et d’étudier l’impact du
lymphome sur la réserve ovarienne, cela pourrait faire l’objet d’une étude supplémentaire
spécifique.

Nous pouvons donc poser l’hypothèse que le lymphome de FARDAU avait une action
inhibitrice sur la sécrétion en AMH de sa GCT, expliquant sa concentration sérique en AMH
basse.

104
CONCLUSION
Les tumeurs des cellules de la granulosa (GCT) des ovaires font partie des affections
fréquemment rencontrées en reproduction équine. Lors de l’examen d’une jument infertile, la
présence d’une GCT doit faire partie du diagnostic différentiel. L’étude des commémoratifs et
de l’anamnèse est une étape primordiale à la détection des tumeurs de l’ovaire. La clinique,
confortée par la palpation transrectale doit primer sur les nombreux examens complémentaires
à disposition.
Lorsque la suspicion clinique est fondée, l’examen échographique et l’analyse
endocrinologique sont les méthodes de choix pour confirmer un diagnostic, et sont des
méthodes abordables pour le praticien de terrain. La connaissance d’un laboratoire de
référence auquel le praticien peut se fier est indispensable. Le panel classique “testostérone -
inhibine” pour la détection des GCT peut dorénavant être complété par le dosage de l’AMH
qui a une valeur diagnostique très importante. Cependant, lors d’examens endocrinologiques,
il est important de garder en tête que le dosage d’une hormone ne peut être exploité
individuellement et que l’ensemble des résultats orienteront vers une suspicion diagnostique
finale. Le diagnostic de certitude ne pourra être porté qu’après analyse histologique de la
masse.
Pour des animaux en bonne santé, prêts à subir une chirurgie, le retrait chirurgical
présente un intérêt important du fait du bon pronostic de retour de la jument à un cycle
ovulatoire normal. De plus, les complications potentielles suite à une GCT non retirée
chirurgicalement peuvent être dramatiques pour l’état de santé de l’animal. La décision de
traitement chirurgical et les complications possibles avec ou sans traitement devront être
clairement discutées avec les propriétaires.
L’étude des sept cas cliniques pris en charge à l’école nous a permis d’illustrer notre
travail bibliographique et de décrire une méthode systématique de prise en charge où l’intérêt
du dosage de l’AMH a été souligné. Le cas original d’une GCT associée à un lymphome a
montré les limites des méthodes diagnostiques utilisées et nous a permis d’ouvrir des pistes de
recherche sur l’impact des maladies systémiques sur la fonction ovarienne.
Par ailleurs, l’utilisation de l’AMH pour l’évaluation de la capacité de reproduction
d’une jument est une perspective intéressante qui pourrait se développer en se basant sur les
connaissances existantes en médecine humaine.

105
106
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CUILLÉ Oscar

ÉTUDE DES TUMEURS DES CELLULES DE LA GRANULOSA DE


L'OVAIRE (GCT) CHEZ LA JUMENT, INTÉRÊT DE L'HORMONE
ANTI-MÜLLERIENNE (AMH) DANS LA DÉMARCHE
DIAGNOSTIQUE. ILLUSTRATION PAR SEPT CAS CLINIQUES
ADMIS À VETAGRO SUP – CAMPUS VÉTÉRINAIRE DE LYON
Thèse d’Etat de Doctorat Vétérinaire : Lyon, le 18 novembre 2016

RESUMÉ :
Les tumeurs ovariennes des cellules de la granulosa (ou Granulosa Cell Tumor –
GCT), sont les tumeurs de l’ovaire les plus fréquentes chez la jument. Bien que de bon
pronostic, ces tumeurs ont un impact important sur la fonction de reproduction des équidés et
peuvent induire des effets secondaires néfastes. L’intérêt récent des études scientifiques pour
l’hormone anti-Müllérienne (ou AMH) fait de cette hormone un point clé du diagnostic des
tumeurs de la granulosa.
Le but de ce travail est de faire le point sur les connaissances actuelles de la
médecine vétérinaire sur les GCT chez la jument et de réaliser une synthèse des données
bibliographiques existantes à ce sujet. Sont en particulier étudiées les particularités de cette
tumeur, ses caractéristiques épidémiologiques et cliniques, ainsi que les méthodes
diagnostiques et les indications thérapeutiques.
Une étude rétrospective sur sept cas reçus à VetAgro Sup - Campus Vétérinaire de
Lyon nous a également permis d’illustrer et de confronter nos résultats avec les données de la
littérature scientifique. Un cas atypique ouvrira la discussion de l’impact potentiel du
lymphome sur la concentration plasmatique de l’AMH et sur la réserve ovarienne.

MOTS CLÉS :
- Juments
- Ovaire -- Tumeurs
- Cheval -- Reproduction
- Hormone antimüllerienne

JURY :
Président : Monsieur le Professeur Pierre COCHAT
1er Assesseur : Monsieur le Docteur Pierre BRUYÈRE
2ème Assesseur : Monsieur le Professeur Thierry BURONFOSSE
Invitée d’honneur : Madame le Docteur Anne JOSSON

DATE DE SOUTENANCE : le 18 novembre 2016

ADRESSE DE L’AUTEUR :
Mas de Valombré
Route de Saint-Gilles
30510 Générac