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Cours : Gestion de l’entreprise – L2 : Big Data

Chapitre I : L’entreprise
Définition
Parmi les nombreuses définitions de l’entreprise, nous proposons la définition de Marcel Capet :
« L’entreprise est un groupe humain, de production, autonome, disposant d’un patrimoine,
exerçant un effet d’attraction sur son environnement et dont le devenir dépond de la vente
des produits de son activité. ». Cette définition dénombre six caractéristiques fondamentales
de l’entreprise :

1) C’est un groupe humain : L’entreprise ne peut exister que suite à l’association de deux
personnes ou plus pour la production d’un bien ou d’un service c’est une entité sociale. Le
personnel de l’entreprise travaille ensemble, exerçant des tâches différentes mais
complémentaires. L’activité de l’entreprise ne peut être réalisée que grâce à la contribution
de chacun de ces membres : c’est une œuvre collective.
2) C’est un groupe de production : Les membres d’une entreprise s’associent afin de
produire et/ou commercialiser un produit. Ce produit peut être un bien matériel (bureau,
ordinateur…) ou un bien immatériel, c'est-à-dire un service (de transport, banques,
assurances…).
3) C’est un groupe autonome : L’entreprise jouit d’un degré d’autonomie dans un cadre légal
bien déterminé. Elle dispose d’une autonomie financière dans la mesure où elle peut
utiliser librement ses ressources financières dans le cadre de son activité. Elle dispose aussi
d’une autonomie décisionnelle : elle fixe librement, selon les préférences de ses dirigeants,
les objectifs à atteindre, ainsi que la politique et la stratégie à suivre pour la réalisation de
ses objectifs.
Cependant, certains éléments peuvent entraver la liberté d’action de l’entreprise : divers
groupes de pression, l’action développée de la concurrence, la difficulté de disposer de
certaines informations…
4) L’entreprise possède un patrimoine : Pour assurer son activité (production de bien
matériel/immatériel), l’entreprise utilise et combine des facteurs de productions qui forment
son patrimoine : des ressources humaines (travail), matérielles (machines, matières
premières…) et financières (capital).
5) L’entreprise poursuit des objectifs : À travers les tâches qu’elle attribue à ses membres
et les actions qu’elle mène, l’entreprise cherche à atteindre un ou des résultats (augmenter
son chiffre d’affaire, produire ou commercialiser de nouveaux produits, améliorer la qualité
de ses produits…). Les résultats que l’entreprise cherche à atteindre, constituent ses
objectifs. Ces derniers guident son comportement et orientent les activités de ses membres.
6) L’entreprise exerce un effet d’attraction sur son environnement : L’entreprise exerce
un effet d’attraction sur son environnement qui lui fournit des matières premières, des
capitaux, des moyens humains et techniques. L’entreprise fournit à son tour des biens et des
services pour satisfaire les besoins de l’environnement.

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Rôles de l’entreprise
L’entreprise assure plusieurs rôles complémentaires :

1) Rôle économique : L’entreprise est une cellule économique dont la fonction principale est
de créer des richesses par la production de biens et services destinés à la satisfaction des
besoins du marché.
2) Rôle social : L’entreprise est une cellule sociale dans la mesure où elle contribue à la
création des emplois, l’intégration sociale des individus, la formation des salariés tout en
favorisant des conditions acceptables et favorables de travail et de rémunération…
3) Rôle de distributrice de revenus : Lorsqu’elle vend sa production, l’entreprise réalise une
valeur ajoutée (VA) qui est égale à la valeur de la production diminuée de la valeur des
consommations intermédiaires (consommation de matières premières, énergie…). Cette
valeur ajoutée va être distribuée par l’entreprise aux autres agents économiques et constitue
pour eux des revenus : impôts versés à l’État, cotisations versées à la sécurité sociale,
rémunérations versées aux salariés, intérêts versés aux prêteurs de fonds telles que les
banques…
4) Rôle citoyen (l’entreprise citoyenne) : L’entreprise est un système ouvert qui influence
l’environnement, tout en étant influencé par lui. En effet, elle joue le rôle d’une entreprise
citoyenne par sa contribution à :

- L’équilibre des Hommes à l’intérieur de l’entreprise (conditions favorables au travail,


salaire motivant…)
- L’emploi : par la lutte contre le chômage : création de poste d’emploi
- L’écologie : par la protection et le respect des normes de l’environnement.

Les différentes conceptions de l’entreprise


3.1 La conception fonctionnelle de l’entreprise

Cette conception considère l’entreprise comme une simple unité de production autonome et
isolée, c’est une vision traditionnelle où chaque fonction de l’entreprise est prise en compte à
part, sans chercher la cohérence interne entre ces différentes fonctions ou unités et sans prendre
en compte les facteurs de l’environnement lors de la prise des décisions. Chaque fonction est
prise en compte dans les moindres détails sans s’assurer nécessairement de la cohérence interne
et externe.

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3.2 La conception systémique de l’entreprise

Un système « est un ensemble de structures actives inter reliées et en interaction, qui œuvrent
dans le cadre d’un objectif commun. Il est défini par rapport à son environnement et échange
avec celui-ci des entrées et des sorties. De ce fait l’environnement exerce une influence sur le
système et réciproquement le système influe sur l’environnement ».

L’approche systémique favorise une perception globale de l’entreprise en mettant l’accent sur
les liaisons aussi bien entre les différentes fonctions de l’entreprise qu’entre l’entreprise et son
environnement. Cette approche complète la conception fonctionnaliste.

Tout système a des entrées, une boite noire, des sorties et un feed-back.

➢ Les Entrées : peuvent être fournies par l’entreprise elle-même ou par son environnement.
L’entreprise fournit dès sa création des capitaux, des idées, des hommes, etc. Durant son
existence et grâce à son activité, les revenus des produits et services vendus son réinjectés
en partie dans l’entreprise. L’environnement fournit à l’entreprise des matières premières,
de l’énergie, des équipements…
➢ La Boite Noire : correspond à l’entreprise elle-même, aux actions et décisions recouvrant
l’ensemble de son activité (mode de gestion, ressources humaines ou matériel…)
➢ Les Sorties : les ventes des biens et services de l’entreprise. Les règlements financiers
concernant les fournisseurs, les salariés, l’État, les actionnaires…
➢ Le Feed-back : les effets du feed-back peuvent s’observer à la fois au niveau de l’entreprise
et au niveau des entrées. L’entreprise peut ainsi être amenée à modifier une partie de son
activité.

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La classification des entreprises


4.1 La classification sectorielle

On peut classer les entreprises dans quatre secteurs d’activité :

1) Le secteur primaire : englobe toutes les activités économiques productrices de matières


premières, telles que les entreprises agricoles, la pêche, les activités extractives,
2) Le secteur secondaire : composé des entreprises ayant pour fonction de transformer les
matières premières en biens de consommation finale ou intermédiaire, ce sont les
entreprises industrielles.
3) Le secteur tertiaire : recouvrant toutes les activités de service et donnant lieu aux
entreprises de service et de distribution (commerces, banques, assurances, hôtellerie, santé,
…).
4) Le secteur quaternaire : c’est un nouveau secteur en développement, il est représenté par
les activités liées à la technologie de l’information et de la communication (TIC) :
informatique, bureautique, télécommunication, internet, …

4.2 La classification selon la dimension ou la taille :

En fonction de la taille, on classe les entreprises en petites, moyennes et grandes. Cette


classification ne peut être que relative. Pour qu’elle soit significative, elle doit se rapporter aux
entreprises d’un même secteur ou d’une même branche. Il existe plusieurs critères de
dimension :

o L’effectif employé : (N : nombre de salariés dans l’entreprise)


✓ N<10 ➔Micro entreprise : il s’agit des entreprises artisanales.
✓ N< 50 ➔Petite entreprise : l’entrepreneur tout en dirigeant son affaire prend
une part active à l’exécution du travail.
✓ 50 ≤ N < 199➔Moyenne entreprise : l’entrepreneur n’exécute pas lui-même
les tâches, mais il contrôle le travail.
✓ N ≥ 200 ➔Grande entreprise : nombre élevé de fonction, décision complexe.
Le contrôle de l’exécution des tâches est assuré par le service technique et
l’entrepreneur se focalise sur les décisions stratégiques.

Remarque : Un tel classement doit être analysé avec prudence, la généralisation des nouvelles
technologies (robotique, ateliers flexibles, …) ayant fait fondre les effectifs de certaines grandes
entreprises tels que dans le secteur d’automobile…

o Le chiffre d’affaires :

Mesure la valeur des ventes réalisées par une entreprise pendant une période donnée. C’est un
critère couramment utilisé. Il est surtout significatif, rapporté au chiffre d’affaires de la branche
à laquelle appartient l’entreprise.

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4.3 La classification juridique :

On distingue :

o Les entreprises privées : elles appartiennent à des personnes physiques ou morales privées,
elles sont de deux types :
✓ Les entreprises individuelles : elles sont la propriété d’une seule personne :
l’exploitant individuel : seul apporteur de capitaux. Son entreprise fait partie de son
patrimoine au même titre que les autres biens et il en est le seul dirigeant. Ce sont les
petites entreprises ou industrie de l’artisanat, du commerce ou de l’agriculture.
✓ Les entreprises sociétaires : elles réunissent les apports de plusieurs personnes
appelées associés, et ce, en échange de part sociale. Ainsi, le capital de la société est
réparti entre plusieurs personnes.
o Les entreprises publiques : elles appartiennent en totalité à l’État. Diverses raisons ont
amené les pouvoirs publics à prendre une part active dans l’économie nationale, telles que
la volonté d’assurer de façon satisfaisante certains services publics (éducation nationale,
SNCFT) et la nécessité de contrôler certains secteurs indispensables à la mise en œuvre des
décisions politiques, économiques, de défense nationale…
o Les entreprises semi-publiques : leurs capitaux appartiennent en partie à l’État et en partie
à des personnes privées.
o Les coopératives : la coopérative est une entreprise formée par plusieurs personnes qui
veulent se procurer des biens et des services à prix avantageux. La coopérative diffère des
autres modes d’organisation puisque son but n’est pas de réaliser des bénéfices mais de
garantir des prix avantageux. Toutefois, s’il y a un surplus de bénéfices, ceux-ci peuvent
être répartis entre les membres en proportion du capital investi ou des biens et services
achetés par chaque membre.

4.4 La classification des entreprises sociétaires privées

o Les sociétés de personnes : La notion de société de personne désigne les formes sociales
qui donnent une importance privilégiée aux individus composant le capital social de
l’entreprise. Concrètement, dans le cadre d’une société de personne, le choix de chaque
associé est déterminant. Des personnes veulent entreprendre entre elles et éviter que des
inconnus ne fassent partie du capital social. Le choix d’une société de personne est donc
directement lié à la confiance accordée aux associés composant le capital social. Le choix
de l’associé est donc le critère déterminant dans une société de personne (à l’inverse des
sociétés de capitaux dont le critère déterminant est le montant du capital apporté
indifféremment de la personne). La forme la plus connue est la société en nom collectif
(SNC). Le capital est formé par l’apport de deux ou plusieurs personnes morales ou
physiques (associés). Les relations entre les associés sont fondées sur la confiance. Toute
cession de part sociale nécessite l’unanimité des associés. Les associés sont responsables
solidairement (le créancier peut poursuivre n'importe lequel des associés, qui conserve le
droit de se retourner contre ses coassociés pour recouvrer une partie des sommes versées)
et indéfiniment (les associés sont responsables sur l'ensemble de leurs biens personnels) des

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dettes de l'entreprise. Le gérant, lui, est responsable pénalement et civilement. La société


est dirigée par un ou plusieurs gérants (tiers ou associé). Si rien n'est prévu dans les statuts,
tous les associés ont la qualité de gérant. En l'absence de limitations statutaires, le ou les
gérants ont tous pouvoirs pour agir au nom et pour le compte de la société. Leur nomination
et leurs pouvoirs sont fixés soit dans les statuts, soit par un acte séparé. La responsabilité
est dite illimitée.

o Les sociétés de capitaux : la forme la plus connue est la société anonyme (SA). Ces sociétés
sont fondées sur l’apport de capitaux et non sur la personne des associés qui disparait
complètement. L’associé est une personne anonyme, de sorte que la mort d’un actionnaire
n’implique pas la mort de l’entreprise. Les patrimoines des associés et de l’entreprise ne sont
pas confondus. La responsabilité est limitée à la participation au capital. Une SA est
composée d’au moins sept associés. Lors de la création, un capital minimum est exigé (il est
fixé par la loi). Le conseil d’administration désigne parmi ses membres un président du
conseil d’administration qui occupe la fonction du président directeur général « PDG » de la
société. Le titre de propriété, c'est-à-dire la part sociale, est appelé action. Le prix des actions
évolue en fonction de l’offre et de la demande.

o Sociétés à responsabilité limitée : La (SARL) a une nature mixte : une société de capitaux et
une société de personnes. C’est une société où la relation entre les associés est basée sur la
confiance (comme la SNC), mais les associés ne sont responsables que sur leurs apports et non
sur leur patrimoine personnel (comme la SA). Les associés désignent le gérant associés ou non.
La SARL répond difficilement à la logique de la distinction entre sociétés de personne et
sociétés de capitaux. En effet, cette dernière accorde une grande importance à la circulation des
capitaux ce qui la rapproche des sociétés de capitaux mais présente également un attachement
à la personne des associés (exemple : en matière de cession de parts) ce qui la rapproche des
sociétés de personnes. La SARL représente donc une forme sociale hybride.