Vous êtes sur la page 1sur 121

http://energie.cnrs.

fr/colloque2011
SOMMAIRE
AVANT-PROPOS 1

LE CONTEXTE 1

LE PROGRAMME INTERDISCIPLINAIRE ENERGIE DU CNRS 2


 Les recherches sur l’énergie au CNRS 2
 Pourquoi un programme interdisciplinaire énergie au CNRS ? 2
 Un creuset de l’interdisciplinarité, le lieu du changement d’échelle…. 2
 L’appel à projets 2010 3
 Un dispositif d’animation interdisciplinaire 4
 S’appuyant sur une structuration disciplinaire 4

LES OBJECTIFS DU COLLOQUE DE MONTPELLIER 5

PROGRAMME 7
 LUNDI 28 MARS 7
 MARDI 29 MARS 9
 MERCREDI 30 MARS 10

CONFERENCE PLENIERE 11
 « Le stockage d'électricité : un enjeu pour le déploiement des énergies renouvelables et de mobilité
électrique » 11

CONFERENCE DEBAT 13
 « Disponibilité des matières premières pour l’énergie » 13

CONFERENCE DEBAT 15
 « Analyse du cycle de vie des métaux pour l'énergie » 15

LES PRESENTATIONS DES ATELIERS 17


 Participants aux groupes de travail des différents ateliers 17

BIO-ENERGIES 19
 PROHYD « Production d’hydrogénases multi-résistantes » 19
 REPROGRAMHYDROGEN « Reprogrammation du métabolisme cyanobactérien pour une meilleure
bio-production d'hydrogène à partir d'énergie solaire » 20
 LIPALG « Production de lipides par microalgues : diversité et influence des conditions de culture » 21
 Biopiles Microfluidiques « Biopiles enzymatiques microfluidiques à alcools. » 22
 DIALOG « DIAtomées: Lipides et/Ou assimilation du Gaz carbonique » 23
 FUNZYMPLANT « Etude de faisabilité de mélanges d’enzymes hydrolytiques issues du champignon
industriel Penicillium funiculosum pour la biodégradation de complexes polysaccharidiques de
plantes » 24

GESTION RATIONNELLE DE LA CHALEUR 25


 GIMEP « Gestion Intégrée Multisite de l'Energie et de la Production » 25
 MIEMUF « Micro-échangeurs multifonctionnels » 26
 INPACT « INtensification des transferts dans les Pompes A Chaleur Thermoélectriques » 27
 CITAMPE « Contrôle et intensification des transferts de chaleur et de masse par auto-adaptation de
la morphologie des parois d’échange » 28
 REDINGOTE « Rationalisation Energétique de la Distillation par l'INtensification et la Gestion
Optimale des Transferts pour l'Environnement » 29
 ADN-BATI « Amélioration de la Description Numérique du BÂTIment » 30

STOCKAGE DE L’ENERGIE POUR LE VECTEUR ELECTRICITE 31


 NoMaStock « Nouveaux Matériaux hydrures nouveaux pour un Stockage optimum de l’hydrogène » 31
 Stockage chaleur d’été « Stockage saisonnier de chaleur à grande échelle. Etude thermo
hydraulique par simulation numérique de diverses configurations au cours des phases de
chargement et déchargement » 32
 PTGC « Analyse des comportements en transitoires thermiques et cinématiques des turbines de
petites cogénérations » 33
 HYNERGIE « Nouveaux hybrides électrochimiques pour la génération et conversion d’énergie » 34
 SELENSOL « Technologie Lithium-ion pour le stockage électrochimique de l’énergie d’origine
solaire » 35
 PON « Pseudocondensateurs à base d’Oxyde de Nickel » 36

ACCEPTABILITE 37
 REDETE-Sud « Gouvernance des réseaux énergétiques et développement des territoires dans les
pays émergents d’Amérique du Sud » 37
 Eoliennes et paysage « Eoliennes et paysage : la politique éolienne entre politique de
l'environnement et politique du paysage » 38
 PRICAPE « Interaction entre prix du carbone, prix des ressources fossiles et pari technologique de
long terme » 39
 ALICANTE « Analyses interdisciplinaires et comparatives de l’acceptabilité des nouvelles
technologies d’énergie » 40
 PEPITTE « Projet d’Etude Physico Economique de la Transition Technologique de l’Electro-
Nucléaire » 41
 PROMOV « Prospective des modes de vie urbains et facteur 4 » 42

LA REVUE DES PROJETS 43

EFFICACITE ENERGETIQUE 43
 FROID MAGNETIQUE « Réfrigération magnétique à base de matériaux à forts effets
magnétocaloriques » 43
 ILLUMINATION « EnergIe LUMInescente de NAnoparticules dans des bulles de cavitaTION » 44
 Living walls « Vers le prototypage d’un élément préfabriqué de façade apportant une ventilation
contrôlable et des services thermiques » 45
 COREMAG « Etude de nouveaux COmposés pour la REfrigération MAGnétique » 46
 MADELIO « Mise au point d’une dérive du point de couleur en gradation pour l’adaptation d’un
système d’éclairage urbain à la vision mésopique » 47
 HISTEN « De l'histoire de l'énergie à son enseignement aujourd'hui » 48

ELECTRICITE PROPRE 49
 SISCO « Semi-conducteurs Isotropes et Stables pour Cellules Solaires Organiques » 49
 STACELORGA « Amélioration de la stabilité des cellules solaires organiques par l’utilisation de
matériaux photoactifs réticulables » 50
 NanoZnOsol « Cellules Solaires Nanostructurées à Base de ZnO Electrodéposé » 51
 PESP solaire « Procédé d'Elaboration Spray plasma pour électrode Photovoltaïque » 52
 NANODISFLEX « NANOmatériaux oxydes pour DISPOSITIFS électrochromes et photovoltaïques
FLEXibles » 53
 FORCO-PV « Fortes concentrations pour la conversion photovoltaïque de l'énergie solaire » 54
 SOLINTENSE « Intensification des transferts dans les récepteurs solaires à gaz pressurisé à haute
température » 55
 OTOGETH « Optimisation Technologique d’Oxydes pour la Génération Electrique Haute
Température » 56

VECTEURS 57
 MENOXHY « Développement de nouvelles membranes céramiques et hybrides de non-oxydes pour
la séparation de l’hydrogène », 57
 STEPPES « Nanotubes de TiO2 ordonnés pour le développement de photoanodes pour la
production d'hydrogène sous illumination solaire » 58
 HY-GEO « Caractérisation des processus de production d’hydrogène induits par l’altération
hydrothermale de minéraux ferromagnésiens » 59

PILES A COMBUSTIBLE 60
 AMELI-OPt « Assemblages Membrane ELectrodes Innovants pour Pile Alcaline à Membrane Sans
Platine » 60
 CO-CONPAC « CO-CONception d’un cœur de Pile A Combustible PEM associé à son convertisseur
statique » 61
 SWCNT/HDL-Biopiles « Conception de Biopiles à base de Nanotubes de carbone monofeuillets
(SWCNTs) et d’Hydroxydes doubles lamellaires (HDL) » 62

CHAINE DU CARBONE 63
 PYCATMIS « Capture du CO2 associée aux réactions catalytiques de pyrolyse / gazéification de
Miscanthus ou de mélanges Miscanthus / bois » 63
 DISCO2 « Dissociation thermochimique et recyclage du CO2 en combustible solaire » 64
 ReformagePlasmacat « Procédé de reformage CH4+CO2 et production de gaz de synthèse par le
couplage plasma/catalyse » 65
 COCASE « Optimisation du Couplage des Procédés de Combustion et de Capture du CO 2 par
Membranes » 66

SOCIO-ECONOMIE 67
 VAETII « Vers l'Autonomie Energétique des Territoires Isolés ou Insulaires » 67
 RIDER : « Réseau et Inter connectivité Des Energies classiques et Renouvelables » 68

LES PROJETS HORS PRESENTATION ORALE 69

EFFICACITE ENERGETIQUE 69
 COTHECOULE « Contrôle thermique dans des écoulements laminaires basé sur des modèles
réduits obtenus par identification » 69
 VORFLEX « Concept innovant d’échangeurs-réacteurs de haute efficacité par contrôle dynamique
passif avec des générateurs de vorticité flexibles » 70
 TIMAC « Mesure des Températures Instantanées dans les Moteurs à Air Chaud » 71
 COCORACOPHA2 « Couplage Convection Rayonnement Condensation pour l’Habitat 2 » 72

ELECTRICITE PROPRE 73
 PERENCAP « Pérennité de l’encapsulation de cellules solaires flexibles : vieillissement sous
l’impact de la lumière des couches organiques polymères, hybrides et nanocomposites utilisées
pour l'élaboration de structures ultra-barrières » 73
 CELASOL « Cellules solaires organiques à bas coût et rendement optimum par contrôle à l’échelle
nanométrique de la couche active » 74
 TELLURELESS « Inclusion de particules métalliques dans une matrice Mg2Si : réduction de la
conductivité thermique par nano-structuration » 75
 Nanothermat « Nanostructures pour la thermoélectricité » 76
 OxyMuPV « Oxydes Multifonctionnels pour cellules PV » 77
 MOLUCELS « Etudes exploratoires d'une durée d'un an ayant pour objet l'évaluation des
potentialités pour l'application PV des matrices oxydes SnO2 et ZnO dopés TR » 78
 METACARBO « Etude de composites carbone-intermétallique pour matériaux d’électrodes
négatives d’accumulateurs » 79
 MATHERSILCOM « Matériaux thermoélectriques siliciures composites pour thermo-générateurs » 80
 STEP-UP « Silane Trapezoidally-Excited Plasmas for Ultimate Photovoltaics » 81
 COLHYBRIDE « Nouvelles Cellules Solaires Hybrides contenant des Oxydes Sensibilisés par des
Colorants Organiques » 82
 OLIGO-VOLT « Synthèses et caractérisations de co-oligomères organiques -conjugués : de la
nano-structuration en couche mince à la conversion photovoltaïque » 83

VECTEURS 84
 InHaBioH2 « Interaction Hydrogénase – Electrodes pour la bioconversion de l’hydrogène » 84
 SOLCYREDOX « Production d’hydrogène via un cycle thermochimique solaire redox à base
d’oxydes de terres rares dopés » 85
 PARTISUN « Récepteur solaire à suspension dense de particules » 86
 COMMERCE H2 « Réseaux de catalyseurs moléculaires pour la production de H2 » 87
 PHOTORAD « Problèmes de rayonnement en diffusion multiple pour l'optimisation d'un
photobioréacteur solaire » 88

PILES A COMBUSTIBLE 89
 ORFEO « Observation par RMN du Flux Electro-Osmotique: étude de l'impact des cations dans les
membranes pour pile à combustible » 89
 Biopile Animale 90
 AMEPLAS « Elaboration et Caractérisation d’Assemblages Membrane Electrodes PLasma
AutoSupportés » 91
 GesteauPAC « Etude in situ de la gestion de l’eau dans des membranes pour piles à combustible,
en fonctionnement, par des méthodes de diffusion Raman, RX et Neutrons » 92

CHAINE DU CARBONE 93
 CRAKIN « Etude de la conversion des goudrons de pyrolyse de la biomasse » 93
 OxyChar « Etude des mécanismes physico-chimiques de dévolatilisation et de combustion du
charbon pulvérisé sous atmosphères enrichies en oxygène » 94
 VALCO2 « Valorisation énergétique du CO2 par hydrogénation catalytique sélective en méthane » 95
 BIOHDO « Etude des mécanismes d'hydrodésoxygénation (HDO) pour la fabrication de
biocarburants de 2nd génération à partir de matière lignocellulosique. Recherche de catalyseurs
spécifiques » 96

SOCIO - ECONOMIE 97
 MDP facteur 4 post-Kyoto 1 « Le recours au Mécanisme pour un Développement Propre par les
pays de l’Union Européenne : quelle signification par rapport à l’objectif du facteur 4 et quelle
perspective en tant qu’option de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour la période
post-Kyoto 1? » 97
 COREN « Communautés renouvelables : cas, processus, enjeux » 98
 TRANSNUC « La transparence sur les activités nucléaires » 99

L’ESPACE POSTERS 101


 Les projets du PIE 101
 Projets financés par le Conseil Scientifique de l’Université Montpellier 2 en 2009 et 2010 104

LES EQUIPES DES PROJETS 105

COMITE LOCAL D’ORGANISATION 113


http://energie.cnrs.fr/colloque2011
AVANT-PROPOS

Le contexte

L
’énergie fait partie, avec l’eau, des « deux matières
premières » les plus déterminantes pour toute collectivité
humaine désireuse de poursuivre son développement. C’est
précisément l’existence d’une énergie abondante et très bon
marché qui a rendu possible la mondialisation économique
effrénée de la planète dans les dernières décennies du XXème
siècle.

Cette période faste a permis, dans un premier temps, aux pays


industrialisés d’atteindre un niveau de vie élevé, et dans un
deuxième temps, à partir des années 80, aux pays émergents les
plus importants de véritablement décoller. Mais ce résultat a été obtenu au prix d’une lourde hypothèque pour
les temps à venir : la mondialisation a puisé largement dans les ressources fossiles. Il en résulte pour la planète
la perspective à la fois :

d’une sévère pénurie énergétique alors même que les pays émergents ont besoin impérativement de
quantités croissantes d’énergie pour poursuivre leur développement et se rapprocher davantage du niveau
occidental ; les projections tendancielles indiquent, même dans le cas de mise en place de politiques
volontaristes d’économies d’énergie, un doublement de la demande à l’horizon 2050.

d’un possible réchauffement climatique dramatique du fait du niveau élevé atteint par les émissions de gaz
à effet de serre liées à l’utilisation excessive des énergies fossiles.

La situation actuelle est donc caractérisée par un contexte d’urgence et de contraintes. L’urgence est, à
l’horizon 2050, de diviser par deux les émissions de gaz à effet de serre au niveau planétaire et de les diviser
par quatre au niveau des nations industrielles. Une contrainte est la modification de l’organisation de nos
sociétés face à la fin des énergies fossiles bon marché et à la nécessaire recherche de sources alternatives.

La raréfaction des énergies fossiles et les contraintes climatiques (émission de Gaz à effet de serre GES)
mettent donc directement en cause nos choix de société et nos styles de vie, qu’il va falloir repenser autour
d’une énergie devenue rare donc chère. Les nouvelles technologies énergétiques (NTE) requises pour sous-
tendre un tel système énergétique propre et durable s’inscrivent dans un réseau de contraintes extrêmement
sévères :

Les NTE, qu’il faut concevoir et développer, doivent s’imposer alors que les technologies existantes,
établies de longue date, bénéficient d’un retour d’expérience colossal et de plus, continuent de faire des
progrès considérables. Elles continues de plus de faire des progès considérables, notamment grâce aux
potentialités ouvertes par les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) ;

Les NTE doivent tout particulièrement prendre en compte les exigences du développement durable ;

Les NTE doivent aussi prendre en compte les facteurs humains et sociaux de l’adaptation de nos sociétés
à la nouvelle donne énergétique et environnementale.

1
Le Programme Interdisciplinaire Energie du CNRS

Les recherches sur l’énergie au CNRS

L’énergie peut avoir des origines très diverses : pétrole, charbon, nucléaire, solaire, éolienne, géothermie,
chacune appartenant traditionnellement à un univers bien spécifique. L’énergie peut prendre des formes très
variées au niveau de l’usage final (électricité, chaleur, fioul, gaz, charbon, hydrogène etc..) tandis que la
conversion d’une forme d’énergie en une autre fait appel aux différents mécanismes internes de la matière
(électron, phonon, photon, neutron).

Cette situation suppose des efforts de recherche, en particulier pluridisciplinaires, intégrant les sciences
physiques, chimiques, biologiques, sociales, capables de mobiliser en profondeur les acteurs de la recherche
publique et privée.

Près d’un quart des 1100 UMR du CNRS développent des recherches qui, de très près ou de plus loin, ont
rapport à l’énergie et le budget consolidé qui est consacré par l’ensemble du monde académique aux
recherches sur l’énergie avoisine le milliard d’Euros. C’est dire si la question de l’énergie est présente dans tous
les domaines de recherche couverts par le CNRS et le monde académique, qu’il s’agisse de mieux l’utiliser en
améliorant l’efficacité énergétique, de rechercher de nouvelles formes d’énergie de substitution, d’en améliorer
le stockage, de chercher à reproduire en les accélérant les procédés naturels de conversion de l’énergie solaire
ou de transformation de la biomasse, de mieux optimiser le bouquet énergétique, d’étudier les relations entre
énergie et formes d’organisation sociale...

Pourquoi un programme interdisciplinaire énergie au CNRS ?

L’énergie est donc omniprésente dans les recherches soutenues par le CNRS, et il n’est pas illégitime de poser
la question de la nécessité d’un programme de recherche destiné à soutenir ce qui fait déjà l’objet d’une
affectation implicite de moyens. Il n’est pas non plus inutile de se poser la question de savoir, alors que les
agences nationales de financement de la recherche, l’ANR et l’ADEME pour ne citer qu’elles, développent des
programmes spécifiques de soutien à l’énergie et y consacrent des budgets importants, quel doit être le
positionnement d’un programme interdisciplinaires du CNRS.

Le CNRS a décidé de relancer en 2001 un programme interdisciplinaire sur l’énergie, domaine qu’il avait
soutenu dès les années 75 en prenant l’initiative, dès le premier choc pétrolier, de lancer un programme de
recherche sur le développement de l’énergie solaire, le PIRDES. En dépit de cette prise de conscience et de
cet effort avant-gardiste, la disponibilité d’une énergie bon marché et abondante sur la fin du 20 ème siècle a
détourné les efforts de recherche de l’énergie en tant que telle vers d’autres priorités, comme celles du
développement durable…

Un creuset de l’interdisciplinarité, le lieu du changement d’échelle….

Résoudre les questions de l’énergie demande de conjuguer un ensemble de connaissances scientifiques


provenant de disciplines diverses, qui doivent être agencées collectivement. Pour prendre un exemple, il est
clair que la nanostructuration des matériaux est à même d’apporter des progrès considérables dans
l’élaboration de nouveaux matériaux spécifiques, qu’il s’agisse de catalyseurs pour les procédés biochimiques
ou électrochimiques ou de matériaux pour le photovoltaïque ou la thermoélectricité. Ces perspectives
pourraient être de nature à enfermer les chercheurs de physico-chimie du solide dans une échelle
d’investigation de nature sub-micronique, voire nanométrique. Si les progrès attendus peuvent justifier cette
tendance, il ne faut évidemment pas oublier que de produire les quantités d’énergie demande de transposer les
quantités ou les dimensions à des ordres de grandeur commensurables avec les besoins. L’aspect changement
d’échelle prend alors une dimension incontournable et exige que les comportements ou améliorations

2
observées à l’échelle microscopique perdurent ou soient transposables aux échelles macroscopiques
caractéristiques des niveaux extensifs attendus.

Le Programme Interdisciplinaire Energie a donc vocation à soutenir des recherches à risque, celles dont il n’est
pas interdit de penser qu’elles trouveraient difficilement un soutien dans les appels des agences, et à
promouvoir les recherches intégrant les avancées sur les matériaux ou les composants dans le contexte des
dispositifs ou des systèmes, incluant également les aspects de cycle de vie.

L’appel à projets 2010

Une des modalités d’action du PIE s’exerce à travers son appel d’offres annuel, qui est actuellement structuré
en quatre champs thématiques, et les sous-champs associés, à savoir :

Contribution des sciences de base : nanosciences et catalyse

Réduction du contenu carbone de l’offre énergétique


 Production d’énergie électrique décarbonée.
Thermoélectricité
Filière photovoltaïque
Conversion solaire thermodynamique
Stockage électrochimique de l’électricité
 Optimisation de la conversion du carbone
Thermochimie de la biomasse lignocellulosique et carburants alternatifs
Combustion et CO2
Stockage géologique du CO2
Chimie de valorisation du CO2

Hydrogène et piles à combustible


 Production d’hydrogène économe en émission de CO2 (hors électrolyse)
 Le stockage solide de l’hydrogène
 La pile à combustible

Efficacité et régulation énergétique


 Efficacité énergétique et intégration système
 Bâtiment
L’énergétique des bâtiments
Systèmes d’éclairage du futur

couvrant une très grande partie du champ des recherches pour l’énergie. Comme le montre le tableau ci-
dessous, le nombre de propositions soumises confirme l’intérêt pour l’appel à projets du PIE.

2007 2008 2009 2010


Déposés Retenus Déposés Retenus Déposés Retenus Déposés Retenus
PE 34 21 18 9 19 10 18 12
PR 29 15 38 17 36 18 41 15
PRC 2 1 3 1 4 3 0 0
PB 1 0 0 0 3 0 4 1
Global 66 37 59 27 62 31 63 28

Parmi les 12 Projets exploratoires et 15 Programmes de recherche retenus en 2010, 3 concernent les biopiles,
3 la thermoélectricité, 5 le photovoltaïque, 1 le Solaire thermique, 3 le stockage électrochimique, 3 la
conversion thermochimique de la biomasse, 1 la combustion, 1 la valorisation du CO 2, 3 la production d’H2, 3
les Piles à combustible, 1 l’intégration système et 1 l’efficacité énergétique dans le bâtiment.

3
Par ailleurs, 4 projets concernant spécifiquement les Sciences Humaines et Sociales ont été retenus dans le
cadre de l’appel à projets conjoint avec le Programme PACEN (Programme sur l’Aval du Cycle et l’Energie
Nucléaire).

Un dispositif d’animation interdisciplinaire

Une autre dimension du PIE concerne son dispositif d’action interdisciplinaire. Ce dispositif repose actuellement
sur des Groupes d’Analyse Thématique (GAT), actuellement au nombre de sept :

 H2 et PAC,
 Biomasse, combustion, CCS,
 Efficacité énergétique,
 Bâtiment,
 Électricité propre,
 Nucléaire du futur,
 Socio-économie de l’énergie.

Les objectifs de ces GAT sont de structurer la réflexion du PIE en ce qui concerne les enjeux de recherche,
d’effectuer une analyse de l’état de l’art, des forces et faiblesses nationales par rapport aux enjeux nationaux et
internationaux, et de contribuer à la définition des orientations des appels d’offres que le PIE met en œuvre.
Compte tenu des évolutions du paysage et de l’expérience acquise, une réflexion est actuellement en cours
pour renouveler ces GAT, en privilégiant ce qui fait l’originalité du PIE, sa dimension interdisciplinaire.

S’appuyant sur une structuration disciplinaire

Si les recherches pour l’énergie comportent une dimension intrinsèquement pluridisciplinaire qui se doivent
d’être mise en œuvre et confortées, voire suscitées, il n’en demeure pas moins que chaque thématique se doit
de se donner un lieu d’échanges pour promouvoir, partager et coordonner ses propres développements
thématiques.

De ce point de vue, le CNRS a mis en œuvre depuis longtemps la notion de Groupement de Recherche (GdR),
visant à coordonner et à structurer, au plan national, les équipes de laboratoires qui travaillent dans le même
champ thématique. Quand il s’agit également de coordonner institutionnellement les autres organismes, le GdR
prend la forme d’un GNR. Parmi ceux qui touchent directement à l’énergie, on peut notamment citer les GdR en
cours ou récemment terminés :

 PACS : Pile à Combustible, Systèmes


 Thermoélectricité
 Bio-Hydrogène
 ACTHYF
 AMETH
 Combustion industrielle

En plus des GdR, différents autres dispositifs incitatifs ou structurants sont actuellement en vigueur au CNRS.
Parmi ceux dont la mission contribue à la diffusion de l’interdisciplinarité, dans le domaine de l’énergie, on peut
citer en premier lieu la MRCT (Mission des ressources et compétences technologiques) qui coordonne un
certain nombre de réseaux autour de technologies métiers et en particulier le réseau Nanorgasol, qui fédère et
coordonne le monde du photovoltaïque organique. Le PIE anime directement quelques réseaux thématiques,
dont il n’est pas interdit de penser qu’ils conduisent peut-être à une certaine impression de foisonnement de
structurations.

4
Les objectifs du Colloque de Montpellier

Comme à l’accoutumée, le Colloque 2011 sera l’occasion de faire le point sur l’avancement des projets du PIE :
ainsi, cette année il sera offert aux projets en cours (16 PR 2008, 10 PE et 21 PR 2009, 12 PE, 17 PR, 3 projets
SHS 2010) une présentation par affiche et, en relation avec les ateliers évoqués plus loin, certains auront
également la possibilité d’une présentation orale (voir le programme).

Le Colloque offrira également l’opportunité de discuter, au cours de conférences-débats, de deux sujets


particulièrement importants, les questions essentielles de la disponibilité et de l’analyse du cycle de vie des
matériaux et matières premières pour l’énergie

Dans la continuité du Colloque de Nantes, et pour enrichir le spectre des thématiques abordées, nous avons
réédité la formule consistant à cibler une réflexion prospective sur quelques grands enjeux scientifiques et
technologiques qui conditionneront la composition du futur mix énergétique et son évolution. Ces questions
dépassant évidemment le seul cadre de la recherche académique, nous avons souhaité de plus faire en sorte
que le Colloque constitue une aide aussi décisive que possible vers des partenariats plus forts entre le CNRS et
les autres acteurs nationaux de la recherche énergétique, symbolisés par la création de l’Alliance Nationale de
Coordination de la Recherche pour l’Energie (ANCRE) qui vient de fêter ses 18 mois d’existence.

A cette fin, nous avons demandé, à l’automne, à des groupes de travail de préparer un exercice de réflexion
pour quatre thématiques:

 les bioénergies,
 la gestion rationnelle du vecteur chaleur,
 le stockage de l’énergie pour le vecteur électricité,
 l’acceptabilité sociétale des nouvelles technologies de l’énergie.

Chacun des quatre groupes de travail, dont la composition a été souhaitée aussi mixte et représentative que
possible, a été animé par un tandem constitué d’une personnalité extérieure au CNRS et d’une personnalité
académique assistée d'une équipe de collaborateurs. Chaque groupe avait pour mission de mener sa réflexion
autour des points suivants :

 établir une analyse de l’état de l’art à l’échelle internationale (scientifique et technologique)


 identifier les principaux acteurs académiques et industriels, ainsi que les atouts structurels dont ils
bénéficient
 analyser la structure de la recherche en France dans le domaine concerné, et identifier ses forces et
faiblesses,
 mettre en évidence les défis les plus critiques à relever en les hiérarchisant de manière argumentée,
 déboucher sur des pistes de partenariat à privilégier, incluant en particulier la culture de la confiance et des
complémentarités, le principe d’une consultation pérenne…

Les ateliers, qui se tiendront en parallèle lundi après-midi, se veulent un lieu de débat participatif à partir des
propositions de ces groupes de travail, qui intègreront dans leurs conclusions définitives, restituées mercredi
matin en séance plénière, les principales contributions issues des débats.

Patrick Le Quéré

Directeur du Programme Interdisciplinaire Energie du CNRS

Mars 2011

5
L'usage et la pratique ont précédé toutes les sciences et tous les arts ; mais les
sciences et les arts ont ensuite perfectionné la pratique. [César Chesneau]

6
PROGRAMME
LUNDI 28 MARS

9 h00 Accueil – Inscriptions


Auditorium Einstein
10h00 Ouverture du Colloque - Présidents de séance : Patrick Le Quéré, Gérald Pourcelly, Déborah Jones
10h30 Conférence Plénière - Hélène Burlet – CEA Liten
« Le stockage d'électricité : un enjeu pour le déploiement des énergies renouvelables et de mobilité électrique »
Président de séance : Patrick Le Quéré
11h15 Pause-café
11h30 Bilan à mi-parcours du PIE3 - Patrick Le Quéré - Directeur du PIE du CNRS
Président de séance : Gérald Pourcelly
12h00 Conférence débat - Patrice Christmann – BRGM
« Disponibilité des matières premières pour l’énergie »
Président de séance : Déborah Jones

13h00 Déjeuner dans les salons du Corum

14h30 Les 4 ateliers : Présentations générales et revue des projets afférents du PIE
Salle Joffre : Bioénergies
Présidents de séance : Mireille Bruschi, Gilles Peltier
 PROHYD « Production d’hydrogénases multi-résistantes », Marie-Thérèse Giudici-Orticoni – BIP
 REPROGRAMHYDROGEN « Reprogrammation du métabolisme cyanobactérien pour une meilleure bio-production d'hydrogène à
partir d'énergie solaire », Corinne Cassier-Chauvat – SMPSD
 LIPALG « Production de lipides par microalgues : diversité et influence des conditions de culture », Jérémy Pruvost – GEPEA
 InHaBioH2 « Interaction hydrogénase – électrodes pour la bioconversion de l’hydrogène », Elisabeth Lojou – BIP
 DIALOG « DIAtomées: Lipides et/Ou assimilation du Gaz carbonique », Brigitte Gontero-Meunier – BIP
 FUNZYMPLANT « Etude de faisabilité de mélanges d’enzymes hydrolytiques issues du champignon industriel Penicillium
funiculosum pour la biodégradation de complexes polysaccharidiques de plantes », Jean-Marie François – LISBP

Salle Sully 1 : Management du vecteur Chaleur


Présidents de séance : Jean-Paul Gourlia, Christophe Goupil
 GIMEP « Gestion Intégrée Multisite de l'Energie et de la Production », Raphaëlle Thery – LGC
 MIEMUF « Micro-échangeur multifonctionnel », Bertrand Garnier – LTN
 INPACT « INtensification des transferts dans les Pompes A Chaleur Thermoélectriques », Julien Ramousse – LOCIE
 CITAMPE « Contrôle et Intensification des Transferts de chaleur et de masse par Auto-adaptation de la Morphologie des Parois
d’Echange », Marc Miscevic – LAPLACE
 REDINGOTE « Rationalisation Energétique de la Distillation par l'INtensification et la Gestion Optimale des Transferts pour
l'Environnement », Hubert Monnier – LRGP
 ADN-BATI « Vers une Amélioration de la Description Numérique globale des flux dans les BÂTIments », Michel Pons – LIMSI

Salle Sully 2 : Stockage d’énergie pour le vecteur Electricité


Présidents de séance : Jérôme Perrin, Bernard Multon

7
 NoMaStock « Nouveaux Matériaux hydrures nouveaux pour un stockage optimum de l’hydrogène. », Jean-Louis Bobet– ICMCB
 Stockage chaleur d’été « Stockage saisonnier de chaleur à grande échelle. Etude thermo hydraulique par simulation
numérique de diverses configurations au cours des phases de chargement et déchargement », Jean-Marie Loiseaux – LPSC
 PTGC « Analyse des comportements en transitoires thermiques et cinématiques des turbines de petites cogénérations »,
Gérard Bois – LML
 HYNERGIE « Nouveaux hybrides électrochimiques pour la génération et conversion d’énergie », Nicolas Mano – CRPP
 SELENSOL « Technologie Lithium-ion pour le stockage électrochimique de l’énergie d’origine solaire : matériaux d’électrode,
mécanismes électrochimiques, dispositif photovoltaïque avec stockage intégré », Lorenzo Stievano – ICGM
 PON « Pseudocondensateurs à base d’Oxyde de Nickel », Montserrat Casas-Cabanas – CRISMAT

Salle Sully 3 : Acceptabilité sociétale des Nouvelles Technologies de l’Energie


Présidents de séance : Iskender Gökalp, Françoise Charbit
 REDETE-Sud « Gouvernance des réseaux énergétiques et développement des territoires dans les pays émergents d’Amérique
du Sud », Sébastien Velut – C3ED
 Eoliennes et Paysage « Eoliennes et paysage : la politique éolienne entre politique de l'environnement et politique du
paysage », Alain Nadaï – CIRED
 PRICAPE « Interaction entre prix du carbone, prix des ressources fossiles et pari technologique de long terme », Jean-Charles
Hourcade – CIRED
 ALICANTE « AnaLyses Interdisciplinaires et Comparatives de l’Acceptabilité des Nouvelles Technologies d’Energie », Iskender
Gokalp – ICARE
 PEPITTE « Projet d’Etude Physico Economique de la Transition Technologique de l’Electro-Nucléaire », Adrien Bidaud – LPSC
 PROMOV « Prospective des modes de vie urbains et facteur 4 », Cyria Emelianoff – ESO

16h30 Pause-café, espace posters

17h30 Les 4 ateliers : Tables rondes


Salle Joffre : Bioénergies - Présidents de séance : Mireille Bruschi, Gilles Peltier
Salle Sully 1 : Management du vecteur Chaleur - Présidents de séance : Jean-Paul Gourlia, Christophe Goupil
Salle Sully 2 : Stockage d’énergie pour le vecteur Electricité - Présidents de séance : Jérôme Perrin, Bernard Multon
Salle Sully 3 : Acceptabilité sociétale des NTE - Présidents de séance : Françoise Charbit, Iskender Gokalp

8
MARDI 29 MARS

Revue des projets du PIE - Auditorium Einstein


9h00 - Efficacité énergétique - Président de séance : Jean-Bernard Saulnier
 FROID MAGNETIQUE « Réfrigération magnétique à base de matériaux à forts effets magnétocaloriques », Vincent Hardy –
CRISMAT
 ILLUMINATION « EnergIe LUMInescente de NAnoparticules dans des bulles de cavitaTION », Frédéric Ayela – LEGI
 Living walls « vers le prototypage d’un élément préfabriqué de façade apportant une ventilation contrôlable et des services
thermiques », Ahmed Ould El Moctar – LTN
 COREMAG « Etude de nouveaux COmposés pour la REfrigération MAGnétique », Valérie Paul-Boncour – ICMPE
 MADELIO « Mode d'Alimentation des Diodes ElectroLuminescentes Inorganiques et Organiques : étude d'impact et stratégies de
commandes d'un système d'éclairage à LED et OLED », Georges Zissis – LAPLACE
 Action UM2 Histen « De l'histoire de l'énergie à son enseignement aujourd'hui », Muriel Guedj – LIRDEF-IUFM Montpellier

10h30 Pause-café, espace posters

Revue des projets du PIE - Auditorium Einstein


11h00 - Electricité propre - Président de séance : Jean-Pierre Rognon
 SISCO « Semi-conducteurs Isotropes et Stables pour Cellules solaires Organiques », Jean Roncali – LIMA
 STACELORGA « Amélioration de la stabilité des cellules solaires organiques par l’utilisation de matériaux photoactifs
réticulables », Christine Dagron-Lartigau – IPREM
 NanoZnOSol « Cellules solaires nanostructurées à base de ZnO électrodéposé », Thierry Pauporté – LECA
 PESP Solaire « Procédé d'Elaboration Spray plasma pour électrode Photovoltaïque », Mehrdad Nikravech – LSMP
 NANODISFLEX « NANOmatériaux oxydes pour DISpositifs electrochromes et photovoltaïques FLEXibles », Thierry Toupance –
ISM
 FORCO-PV « Fortes concentrations pour la conversion photovoltaïque de l'énergie solaire », Alain Dollet – PROMES

12h30 Déjeuner dans les salons du Corum

Revue des projets du PIE - Auditorium Einstein


14h00 – Electricité propre - Vecteurs – Piles à combustible - Président de séance : François Beguin
 SOLINTENSE « Intensification des transferts dans les récepteurs solaires à gaz pressurisé à haute température », Gilles
Flamant – PROMES
 OTOGETH « Optimisation Technologique d’Oxydes pour la Génération Electrique Haute Température », Christophe Goupil –
CRISMAT
 MENOXHY « Développement de nouvelles membranes céramiques et hybrides de non-oxydes pour la séparation de
l’hydrogène », David Cornu – IEM
 STEPPES « NanotubeS de TiO2 ordonnEs pour le développement de Photoanodes pour la Production d’hydrogènE sous
illumination Solaire », Nicolas Keller – LMSPC
 HY-GEO « Caractérisation des processus de production d’hydrogène induits par l’altération hydrothermale de minéraux
ferromagnésiens », Muriel Andréani – LST
 Ameli-OPt « Assemblages Membrane ELectrodes Innovants pour Pile Alcaline à Membrane Sans Platine », Christophe
Coutanceau – LACCO
 CO-CONPAC « CO-CONception d’un cœur de Pile A Combustible PEM associé à son convertisseur statique », Christophe Turpin

9
– LAPLACE
 SWCNT/HDL-Biopiles « Conception de Biopiles à base de Nanotubes de carbone monofeuillets et d’Hydroxydes doubles
lamellaires », Serge Cosnier - DCM

16h00 Pause-café, espace posters

Revue des projets du PIE - Auditorium Einstein


16h30 – Chaîne du carbone - Socio-économie - Président de séance : Jean-Marie Loiseaux
 PYCATMIS « Capture du CO2 associée aux réactions catalytiques de pyrolyse / gazéification de Miscanthus ou de mélanges
Miscanthus / bois », Alain Kiennemann – LMSPC
 DISCO2 « Dissociation thermochimique et recyclage du CO2 en combustible solaire », Stéphane Abanades – PROMES
 ReformagePlasmacat « Procédé de reformage CH4+CO2 et production de gaz de synthèse par le couplage plasma/catalyse »,
Mehrdad Nikravech – LSMP
 COCASE « Optimisation du Couplage des Procédés de Combustion et de Capture du CO2 par Membranes », Eric Favre, LRGP
 VAETII « Vers une Autonomie Energétique des Territoires Isolés/Insulaires », Sandrine Mathy – CIRED
 Action Régionale RIDER « Réseau et Interconnectivité Des Energies Classiques et Renouvelables », Alain Foucaran – IES,
François Briant – IBM-Montpellier

18h00 Session posters

MERCREDI 30 MARS

Les 4 ateliers : Restitution - Présidents de séance : Michel Lebouché, Hassan Peerhossaini


Auditorium Einstein
9hOO Bioénergies
9h30 Management du vecteur chaleur
10h00 Stockage d’énergie pour le vecteur électricité
10h30 Acceptabilité sociétale des Nouvelles Technologies de l’Energie

11h00 Pause café

11h30 Conférence débat - Jacques Villeneuve - BRGM


« Analyse du cycle des métaux pour l’énergie »
Président de séance : Patrick Le Quéré
12h20 Bilan et Clôture du Colloque – Dominique Wolton, CNRS
Président de séance : Patrick Le Quéré

13h00 Déjeuner dans les salons du Corum

10
CONFERENCE PLENIERE

« Le stockage d'électricité : un enjeu pour le déploiement des énergies renouvelables et


de mobilité électrique »

Hélène Burlet, CEA Liten, Laboratoire d'Innovations pour les Technologies des Energies Nouvelles et les
Nanomatériaux, Grenoble

Le réchauffement climatique représente le défi majeur des prochaines années. La réponse de l’Europe à
l’urgence de la situation a conduit à l’adoption en 2008 du Paquet Energie Climat (améliorer l'efficacité
énergétique de 20 %, porter à 20 % la part de renouvelable dans la consommation finale d'énergie et réduire de
20 % les émissions de CO2 par rapport à leur niveau de 1990). Au niveau national, le Grenelle de
l’environnement a défini une feuille de route pour la France et les services du Ministère de la Recherche (DGRI)
ont lancé en janvier 2009 une réflexion stratégique nationale dont le volet « Energie durable » reprend
l’ensemble des cadres réglementaires (POPE, PAC, Grenelle) afin de définir les priorités de recherche pour la
France dans les prochaines années.

C’est dans ce contexte de défi énergétique que se pose l'enjeu du stockage de l'électricité. L'augmentation de
la part des énergies renouvelables comme l'éolien et le photovoltaïque dans la production d'énergie électrique
pose le problème de la gestion de l'intermittence. La baisse d'émission de gaz à effet de serre en France qui
sera en partie réalisée par l'introduction du véhicule électrique renforcera le risque de déséquilibre du réseau
électrique lié à la future demande en recharges électriques. La prise en compte de ces 2 facteurs nécessitera
d'adapter le réseau électrique français en y introduisant de l'informatique et de l'intelligence (c'est ce qu'on
appelle le smart grid) couplées à des moyens de stockage de l'électricité.

Dans le réseau actuel, les écarts entre production et consommation en électricité nécessitent déjà la mise en
œuvre de moyens de régulation. Ceux-ci sont multiples puisqu'ils interviennent soit au niveau de la production
(injection/soutirage), soit au niveau de la consommation (par le biais d'une politique tarifaire par exemple) soit
en ayant recours à des moyens de stockage. Différentes fonctions peuvent être demandées aux moyens de
stockage en fonction de leur positionnement sur le réseau depuis la production jusqu'aux consommateurs:

Le stockage peut contribuer à assurer l'équilibre production/consommation en reportant des grandes


quantités d'énergie des périodes de faible demande vers les périodes de pointe, c'est le lissage de la
charge;

Le stockage peut intervenir sur la qualité du courant en participant au maintien d'une consigne en
fréquence et en tension;

Le stockage peut également remplir la fonction de secours que ce soit pour pallier la perte d'un gros moyen
de production couplé au réseau, ou une défaillance locale (les installations de stockage n'auront
évidemment pas la même taille).

Par ces 3 fonctions, le stockage interviendra directement sur la stabilité et la sécurité du réseau électrique.
Avec l'augmentation des sources d'énergie renouvelables intermittentes, le stockage devra en plus assurer le
contrôle et la maîtrise de la puissance injectée sur le réseau: on parle alors de contrôle de la production pour le
couplage ENR.

La variété de fonctions demandées au stockage se traduit nécessairement par une variété de typologie de
moyens de stockage. Les différents moyens de stockage disponibles aujourd'hui seront évoqués ainsi que les
futures technologies comme par exemple le stockage par le vecteur hydrogène.

Les performances comparées des différentes technologies d'accumulateurs, de supercondensateurs, de


systèmes de volant d'inertie, d'air comprimé (CAES) et de STEP (Station de Transfert d'Energie par Pompage)
seront évoquées en fonction de leurs utilisations potentielles. Les critères de choix ne se limitent pas à la seule

11
performance technique (puissance/capacité). Il faut également tenir compte de considérations économiques et
environnementales, de gestion de fin de vie et enfin de contraintes de règlementation et de sécurité. Le cas
particulier de l'hydrogène comme moyen de stockage sera également évoqué que ce soit dans le cas d'une
installation isolée alimentée par une source EnR, ou comme moyen de régulation à une centrale nucléaire.

Dans une deuxième partie nous aborderons le problème du stockage dans le cadre de l'électromobilité.
L'introduction progressive des véhicule hybrides (thermique/électrique), hybrides rechargeables ou tout
électrique se fera de façon contrastée entre les pays. Pour la France, l'essor du véhicule électrique commence
tout doucement et à partir de véhicules utilitaires. Le déploiement plus conséquent du véhicule électrique pour
les particuliers nécessite des développements d'une part sur le véhicule lui-même et d'autre part sur les
infrastructures. Concernant le véhicule, il s'agit de développer des batteries moins chères, plus performantes et
à sécurité accrue, d'améliorer leur suivi (jauges plus fiables, mesures de l'état de charge, de l'état de santé et
de l'état d'énergie permettant au conducteur d'être rassuré sur le fait qu'il arrivera à destination ), de développer
des systèmes de gestion des batteries pour gagner en autonomie, et augmenter leur durée de vie. Si les
critères sont identiques pour le véhicule tout électrique et pour l'hybride thermique/électrique, les valeurs
objectifs sont elles différentes entraînant des solutions technologiques différentes. Les systèmes optimisés
seront donc fonction de l'application visée. Si tous les développements actuels se focalisent sur les
technologies Li-ion qui semblent les mieux répondre aux enjeux de l'électromobilité, les recherches sont déjà en
cours sur les systèmes post Li-ion permettant de gagner encore en densité d'énergie comme le Li-air, le Li-S ou
les systèmes à électrolyte solide. Concernant l'infrastructure il faut imaginer un système de recharges rapides
sécurisées. Ces systèmes spécifiques permettent de récupérer 80% de la charge totale des batteries en trente
minutes. Leur développement sera assuré conjointement par les énergéticiens, les fournisseurs de matériel
électrique et les constructeurs de voitures. Si les 2 millions de véhicules annoncés à terme en France sont
chargés pendant les heurs creuses, le réseau actuel sera capable d'absorber ce surcroît de consommation,
mais si les conducteurs utilisent massivement la recharge rapide dans la journée, le réseau ne pourra supporter
ce pic de consommation que par la mise en place d'un système de gestion approprié. On revient à la notion de
smart grid évoquée pour gérer l'intermittence des sources d'énergie renouvelable. On imagine par exemple un
système de gestion pilotant plusieurs bornes de recharge sur le parking de l'employeur afin de répartir les
recharges des différents véhicules utilisés sur les trajets domicile-travail afin que tous soient rechargés à la fin
de la journée de travail. Dans le cas particulier de la mobilité solaire, c'est à dire quand l'électricité servant à
recharger les batteries des véhicules rechargeables provient de panneaux solaires, il faudra imaginer un
système de gestion pour utiliser au mieux la production solaire. Cela nécessitera la mise en place d'un système
de gestion et des moyens de stockage complémentaires stationnaires!

Au-delà du véhicule électrique alimenté par des batteries, un deuxième scénario est en cours d'étude reposant
sur l'hybridation d'une batterie avec une pile à combustible fonctionnant à l'hydrogène. Dans ce scénario
alternatif, la pile peut être vue comme un moyen d'augmenter l'autonomie de la batterie, ou au contraire c'est la
batterie qui vient alléger le fonctionnement de la pile par exemple en absorbant les pics de puissance. Quelque
soit le type d'hybridation retenu, un des verrous actuels concerne le stockage de l'hydrogène dans le véhicule.
La tendance actuelle s'oriente vers un système de bouteilles comprimées pour les systèmes embarqués.

12
CONFERENCE DEBAT

« Disponibilité des matières premières pour l’énergie »

Patrice Christmann, BRGM, Direction de la Stratégie, Orléans

Notre vieille, et si unique planète, la Terre

L'industrie minière et la métallurgie sont de très grands consommateurs d'énergie: 22% de l'énergie totale
consommée en 2009 par l'industrie mondiale, selon les données d’International Energy Outlook (Edition 2010,
US Department of Energy,) ont été consommés par la production de fer et d'acier (15%), de minéraux
industriels tels que le ciment, les phosphates et la potasse (6%) et de métaux non-ferreux (3%). Or, une bonne
partie de cette production minière et métallurgique est destinée à la production de la vaste gamme de
substances minérales indispensables à la production de l'énergie, et aux multiples formes de cette production
que ce soient, par exemple, le cuivre de nos moteurs électriques et des câblages électriques, le niobium dans
les tuyaux en aciers à haute limite d'élasticité des pipelines indispensable à l'industrie des hydrocarbures; le
molybdène des aciers spéciaux nécessaires à la chaudronnerie nucléaire; le néodyme et le dysprosium des
aimants permanents indispensables aux éoliennes les plus performante; l'indium, le gallium, le sélénium et le
molybdène des panneaux solaires à couches minces aux séléniure de cuivre, indium et gallium et à substrat
comportant du molybdène.

Les mondes de l'énergie et des ressources minérales sont indissociables, tous deux liés par les propriétés
uniques de chaque élément du tableau de Mendeleïev.
Quelles sont les substances d'origine minérale indispensables au vaste domaine de l'énergie? Que sait-on de
nos besoins aujourd'hui?

Quelles anticipations peut-on avoir des besoins d'une humanité où aujourd'hui seulement 1 humain sur 7 vit
dans un pays dont le produit intérieur brut est supérieur à 8 € par jour et per capita et où les questions liées aux
ressources naturelles sont de la plus grande importance géopolitique?

Quels sont les facteurs qui conditionnent la disponibilité de ces ressources? Quels sont les défis à surmonter
pour répondre actuels et futurs aux besoins de l'Union Européenne, et du monde, dans le contexte du
développement durable?

Quelles sont les réponses à ces défis, au niveau français et européen?

La réponse à ces défis majeurs pour la France, l'Union Européenne et tout simplement pour l'écosystème Terre
et l'humanité qui en dépend nécessite une approche horizontale, éminemment multidisciplinaire. L'extrapolation
prudente, avec un rythme de croissance de la production de 3%/an, des niveaux de production minière
observés en 2008 montre qu'il faudrait au cours des prochaines quarante années produire plus de ressources
minérales qu'il n'en a été produit depuis l'aube de l'humanité. Les défis nécessitent un changement dans le
paradigme du développement, des changements dans les modes de consommation, un grand effort
d'éducation aux enjeux liés à l'utilisation durable, éco-efficiente, des ressources naturelles, une migration vers
une économie basée sur le concept "3R":

Réduire notre consommation de ressources naturelles non renouvelables, par exemple en développant des
produits offrant les mêmes fonctionnalités aux consommateurs avec une consommation significativement
réduite des intrants rares (certaines substances d'origine minérale, énergie, eau lorsque celle-ci provient de
zones à faible recharge) et/ou une génération significativement réduite d'émissions polluantes dans l'air,
l'eau ou les sols; en éliminant la notion de produits à obsolescence programmée; en substituant lorsque
celà est possible l'utilisation des substances rares par des substances plus abondantes;

13
Réutiliser tout ce qui peut l'être, par exemple des composants d'équipements par ailleurs en fin de vie;

Recycler les substances rares, dès lors que l'analyse de leur cycle de vie intégrant la collecte et le
traitement des produits en fin de vie démontrera l'avantage du recyclage. La valorisation de la "mine
urbaine" constituée par le stock de substances minérales "hors sol" est un élément important pour
l'approvisionnement futur de nos économies en matières premières minérales.

Mais, malgré tous les progrès qui pourront réalisés dans le développement de l'approche "3R" et la valorisation
de nos ressources secondaires, il va falloir continuer de trouver de nouveaux gisements de ressources
minérales primaires pour satisfaire les besoins d'une humanité qui comportera 9 milliards d'individus en 2050 et
sera très fortement urbanisée.

La recherche interdisciplinaire, mobilisant les sciences économiques et sociales, les géosciences, la science
des matériaux, les sciences de l'environnement, la minéralurgie et la métallurgie et bien sûr les nombreuses
facettes des sciences de l'énergie ont un rôle cardinal à jouer. Il faut une mobilisation du monde scientifique,
mue par les impératifs du développement durable, tant au niveau français, qu'européen.

L'Initiative Matières Premières de la Commission Européenne, le Partenariat pour l'Innovation que celle-ci
pourrait lancer d'ici la fin 2011 dans le domaine des ressources minérales, l'initiative qu'a pris le CNRS en
assurant la coordination du montage d'une proposition pour un ERA-NET "Matières premières minérales", la
création par le Gouvernement d'un Comité pour les Métaux Stratégiques, les divers programmes à naître des
Investissements d'Avenir forment un cadre porteur d'avenir.

14
CONFERENCE DEBAT
« Analyse du cycle de vie des métaux pour l'énergie »

Jacques Villeneuve, BRGM, Service Environnement et Procédés, Orléans

Cycles des métaux

Les métaux ont été condamnés à tourner en rond pour l'éternité dans un "cycle biogéochimique" qui les extirpe
du magma vers la surface, les véhicules en surface jusqu'à des lieux d'où ils pourront, un jour, retourner au
magma. Ce cycle est alimenté par les énergies considérables et patientes (millions d'années) que sont les
énergies telluriques et solaires.

Depuis le XXème siècle, la patte de l'homme perturbe considérablement ces cycles. On parle de cycle
"anthropo-biogéochimique". L'extraction des minerais à partir de la croûte terrestre est suivie de la séparation
des minéraux porteurs de métaux de la gangue qui les enferme pour les offrir à la pyrométallurgie ou à
l'hydrométallurgie. La production des métaux se fait en utilisant des énergies fossiles (charbon
essentiellement). Les métaux entrent ensuite dans les produits nécessaires à l'agriculture et à l'industrie
manufacturière. De cette dernière résulte leur accumulation dans des stocks anthropogéniques qui seront
dispersés à leur tour par l'altération météorique, recyclés en partie et déposés sur le sol de manière plus ou
moins bien contrôlée.

L'impact sur les divers compartiments de l'environnement (air, biodiversité, biomasse, climat, eaux, sols,) par
les activités humaines est considérable (pour le cas du cuivre: multiplication par 3 des flux de cuivre dans les
eaux de surface, par 2.7 dans les océans, par 2.5 dans l'atmosphère, par 150 dans les sols, etc.). L'extraction
de tous les métaux participe à l'accroissement des flux vers (et des stocks dans) tous les compartiments de
l'environnement terrestre et marin (Voir les travaux de l'université de Yale, Rauch, 2009).

Métaux utilisés pour l'énergie

Parmi les matières premières utilisées pour l'énergie, les métaux remplissent des fonctions qui n'ont pas de
substituts envisageables à court terme (Cu et Al pour le transport d'électricité par exemple). Le développement
récent du secteur des "technologies vertes", en particulier dans le stockage de l'énergie, l'amélioration des
performances des moteurs électriques, l'éclairage basse consommation entraîne une diversification de l'emploi
des métaux: accumulateurs Li-ion (cobalt, lithium), aimants [Nd-Fe-B] (dysprosium, néodyme, praséodyme,
terbium), cartes électroniques (argent, palladium, platine, gallium), condensateurs (tantale), écrans LCD
(indium), lampes fluo compactes (terbium, yttrium, europium, gadolinium, lanthane, cérium), LED (gallium,
germanium), panneaux photovoltaïques (argent, gallium, germanium, indium).

On utilise ainsi des métaux de plus en plus nombreux, couvrant presque leur domaine de la classification
périodique des éléments, en particulier pour la production d'énergies renouvelables (éolien, photovoltaïque).
Les applications "technologiques" induisent la présence d'alliages, la miniaturisation, et la dispersion des
produits, ce qui rend ces métaux plus difficiles à récupérer et à recycler et donc augmente les facteurs de leur
dispersion.

Energie utilisée pour les métaux

Aujourd'hui, l'extraction et le raffinage des ressources métalliques demandent 8 à 10% de l'énergie primaire
mondiale. La diversité géologique offre un profil de distribution du couple (tonnage-teneur) qui met en évidence
une "barrière minéralogique" (dite de Skinner). En deçà de cette barrière, les métaux sont uniformément

15
répartis dans la croûte terrestre, souvent en substitution atomique dans des minéraux abondants (silicates). Au
delà de cette barrière, ils sont concentrés dans des gisements, à des teneurs "exploitables", dont le tonnage
diminue au fur et à mesure que la teneur augmente. Avec l'augmentation des tonnages exploités, la teneur
moyenne des gisements exploitables diminue. Ce phénomène s'observe sur de nombreux métaux.

Or, la consommation d'énergie nécessaire à la production des métaux augmente de manière inversement
proportionnelle à la teneur des gisements. Cela apparaît de manière patente quand on compare les émissions
de CO2 de la production de différents métaux entre le cuivre (5 à 10 t CO2/t de cuivre produite présent à 0.8%
en moyenne dans les gisements), l'argent (de l'ordre de 200 t CO2/t pour des gisements exploités à quelques
centaines de g/t), le platine (10000 t CO2/t pour des gisements de quelques g/t). Pour un métal, quand la teneur
baisse, l'exploitation s'accompagne d'une augmentation de la consommation d'énergie. C'est d'ailleurs sur ce
concept qu'est basée une notion d'impact sur la "déplétion des ressources naturelles" dans les analyses de
cycle de vie : l'impact de l'utilisation d'un métal est mesuré en "MJ extra" qui correspond au supplément
d'énergie qu'il faudra fournir pour l'extraire à l'avenir.

Le cercle (vicieux?) métaux/énergie

Comme de son côté l'énergie fossile facilement accessible[1] est aussi de moins en moins disponible, nous
entrons dans un cercle vicieux de l'exploitation des ressources minérales et énergétiques, l'une étant
nécessaire à l'autre: la tendance des teneurs des minerais ayant baissé, il faut plus d'énergie pour produire les
métaux et cette énergie est moins accessible. La production de plus d'énergie nécessitant à son tour plus de
métaux, il faut plus de matières premières minérales pour produire de l'énergie. A quel point pouvons-nous
établir les données nécessaires à l'évaluation de ce cycle, en kWh/kg pour une part et en kg/KWh pour l'autre?
C'est assurément encore un beau sujet de recherche.

L'exploitation des ressources d'énergie fossile, qui a permis entre autres à nos sociétés de s'équiper en
infrastructures métalliques, a vraisemblablement engendré des changements climatiques majeurs. Le besoin de
compenser la diminution de la disponibilité des ressources énergétiques fossiles faciles d'accès, mais aussi de
lutter contre les effets environnementaux que cause leur utilisation, nous conduit aujourd'hui à exploiter des
ressources minérales rares pour développer l'efficacité énergétique et l'utilisation des énergies renouvelables,
sans nous préoccuper outre mesure du véritable bilan, tant énergétique qu'environnemental auquel risque de
nous mener cette frénésie.

En outre, si les ressources naturelles en général sont données à l'humanité, elles ont l'heur de se trouver
inégalement réparties et objet d'appropriations avec des risques de compétitions violentes entre Etats-nations
et investisseurs, dont le rôle est central, puisqu'il il faudra investir des trilliards d'euros pour développer les
sources d'énergie et de ressources minérales dont l'humanité aura besoin ces prochaines décennies. S'il n'est
pas possible de marquer chaque atome de métal afin d'en déterminer le propriétaire, il semblerait d'ores et déjà
éthique de concevoir le système de responsabilité, à l'instar du CO2-eq, qui rende l'exploitation des métaux, au
travers du cycle anthropo-biogéochimique, redevable des altérations potentielles à venir du bien-être humain et
des pseudo-équilibres de la planète. Les métaux sont une des bases du développement économique et social,
il serait dommage qu'ils deviennent par les caprices non maîtrisés de leur cycle de vie un facteur pouvant
menacer cette même vie.

[1] Il existe encore de très abondantes ressources d'énergies primaires "non-conventionnelles" dont la mise en
exploitation peut cependant s'avérer très délicate, à cause du prix de revient potentiellement élevé du kWh et
des impacts environnementaux potentiels de leur mise en production; schistes bitumineux, hydrates de
méthane…
16
LES PRESENTATIONS DES ATELIERS
Participants aux groupes de travail des différents ateliers

Groupe Bio-énergies Chaleur Electricité Acceptabilité

Gilles Peltier Jean-Paul Gourlia Jérôme Perrin Iskender Gokalp


Animateur
(CEA) (TOTAL) (RENAULT) (CNRS)

Adjoint(s) CNRS, Hassan Michelle Dobré


Bernard Multon
Mireille Bruschi Peerhossaini
Université Firmin Cuevas Lusin Bagla
Christophe Goupil

Jean-Claude André
Gérard Goma Laurence Yvan Faure-Miller
Jérémy Pruvost Groguennec Jean-Marie Loiseaux
Brigitte Meunier- Salvatore Miraglia Pierre Matarasso
Membres Gontero Daniel Tondeur Alain Nadaï
Annick Percheron
Académiques Sylvain Mauran Girolamo Ramunni
Catherine Boyen Patricia de Rango
Yvan Faure-Miller Marie-Christine
Marc Rousset Zelem
Ally Aukauloo Markku Lehtonen
(Sussex)
Pierre Galtier
ADEME Roland Gérard Stéphane Biscaglia Albane Gaspard
Bruno Gagnepain

AIR LIQUIDE Françoise Barbier

BRGM Laurent Le Bel

Alain le Digou
CEA Gilles Peltier Pierre Mercier Florence Mattera Timothee Jobert
Philippe Mallein

Sylvie Douzou
EDF Laurent Levacher Philippe Stevens
Mathieu Brugidou

GDF-Suez Olivier Guerrini Jean-Paul Reich

Bernard Bourbiaux Patrick-Paul Duval


IFP Jean-Luc Duplan Valérie Sauvant
Thierry Gauthier François Kalaydjian

SAFT Anne de Guibert

Vincent Schachter Sophie de Richecour


TOTAL Jean-Paul Gourlia
Henri Strub
Pôle de
Compétitivité Françoise Charbit
TENERRDIS

17
Bio-énergies Chaleur Electricité Acceptabilité

18
BIO-ENERGIES

PROHYD « Production d’hydrogénases multi -résistantes »

Coordonnateur : Marie-Thérèse Giudici-Orticoni, Lab. de Bioénergétique et Ingénierie des Protéines, UPR


9036, Marseille

Les partenaires : voir détails page 106


Marianne Ilbert, Mouna Abbed, Laboratoire de Bioénergétique et Ingénierie des Protéines, UPR 9036, Marseille
Cécile Jourlin-Castelli, Vincent Mejean, Laboratoire de Chimie bactérienne, UPR 9043, Marseille

Dans un contexte de promotion des énergies propres, la recherche et la création de nouveaux biocatalyseurs
pour la consommation et la production de biohydrogène constitue un enjeu majeur et novateur tant sur le plan
scientifique qu'industriel. Le projet PRODHYD vise à comprendre et utiliser les bases moléculaires de la
résistance de certaines hydrogénases, catalyseurs réversibles de l’oxydation de l’hydrogène, aux
environnements extrêmes et à mettre en place une stratégie d’optimisation de ces biocatalyseurs à haut
potentiel technico-économique. Notre stratégie est basée sur une sélection des hydrogénases naturellement
résistantes, la compréhension des bases moléculaires de cette résistance, la mise au point des conditions de
production hétérologue qui permettront l’optimisation de cette résistance. A terme l’objectif de ce projet est de
lever les verrous conduisant à la création de nouvelles enzymes hybrides multi-résistantes.

Les gènes codant pour deux hydrogénases d’un organisme hyperthermophile Aquifex aeolicus ont été clonés
dans un organisme hôte Shewanella oneidensis. Ces hydrogénases ont comme particularité d’être
particulièrement résistantes à l’oxygène et aux sulfures et de fonctionner à des températures supérieures à
80°C. Nous avons donc décidé de mettre en place le clonage puis l’expression de l’hydrogénase soluble
(HaseIII) et de l’hydrogénase membranaire (HaseI). En parallèle, nous avons mis en place une série d’études
spectroscopiques afin de mieux comprendre leurs mécanismes de résistance.

Après un screen des conditions de cultures et de substrats énergétiques, nous avons mis en place une
méthode de détection rapide d’une enzyme active in vivo par électrochimie sur cellule entière associée à une
identification par protéomique fonctionnelle. Ces travaux ont conduit à la mise en évidence de l’expression
d’une faible quantité d’hydrogénase recombinante active.

Parallèlement à ces études, nous avons entrepris des recherches pour comprendre les bases moléculaires de
la résistance aux inhibiteurs de l’hydrogénase. Par électrochimie, nous avons ainsi montré que le potentiel
d’activation de l’enzyme est beaucoup plus élevé que celui décrit pour les hydrogénases « classiques »
suggérant des potentiels d’oxydoréduction des différents centres métalliques beaucoup plus élevés et donc
moins sensibles à l’oxygène. Cette hypothèse a été validée par la détermination des différents potentiels
d’oxydoréduction par FTIR et RPE. Par ailleurs, la combinaison d’approches de type Mössbauer et RPE
résolues dans le temps ont permis de montrer que le cluster FeS proximal était pentacoordiné. Cet état du
cluster semble être commun à l’ensemble des hydrogénases énergétiques et résistantes à l’oxygène.

Nos travaux se poursuivent sur cet axe. Leur aboutissement permettra de lever les verrous technologiques à
l’utilisation d’hydrogénases avec comme perspectives essentielles la création et la production d’enzymes multi-
résistantes utilisables dans un processus biotechnologique de production et/ou consommation de
biohydrogène.

[1] Infossi P, Lojou E, Chauvin JP, Charles L, Brugna M, Giudici-Orticoni MT. International Journal of Hydrogen
Energy 35, 2010, 10778-10789
[2] Fourmond Vincent, Infossi Pascale, Giudici-Orticoni Marie-Thérèse, Bertrand Patrick and Léger Christophe
J. Amer. Chem. Soc. 2010 132(13):4848-57
[3] Pandelia, Maria-Eirini; Fourmond, Vincent; Tron, Pascale; Lojou, Elisabeth; Bertrand, Patrick; Léger,
Christophe; Giudici-Orticoni, Marie Thérèse; Lubitz, Wolfgang. J. Amer. Chem. Soc. 2010 132, 6991-7004
[4] Pandelia M-E; Tron-Infossi P, Giudici-Orticoni MT; Lubitz W. Biochemistry 49(41):8873-812010
[5] Maria-Eirini Pandelia, Wolfgang Nitschke, Pascale Infossi, Marie Thérèse Giudici-Orticoni, Eckhard Bill and
Wolfgang Lubitz PNAS 2011 sous presse

19
REPROGRAMHYDROGEN « Reprogrammation du métabolisme cyanobactérien pour une
meilleure bio-production d'hydrogène à partir d'énergie solair e »

Coordonateur : Corinne Cassier-Chauvat, Lab. Systèmes Membranaires, Photobiologie, Stress et Détoxication,


URA 2096, Gif sur Yvette

Les partenaires : voir détails page 106


Laurent Cournac, Biologie Végétale et Microbiologie Environnementales, UMR 6191, Saint Paul les Durance

Le développement futur d'organismes photosynthétiques capables d'utiliser l'énergie solaire pour une vraie
production d'hydrogène par voie biologique passe par une meilleure compréhension du rôle de l'hydrogénase
dans le métabolisme photo-autotrophique. C'est pourquoi, nous utilisons une approche de "Biologie Intégrative"
pour analyser l'influence d'une production accrue d'H2 sur le métabolisme global de la cyanobactérie modèle
Synechocystis PCC6803.L'hydrogénase de Synechocystis comporte 5 sous-unités protéiques, HoxEFUYH,
codées par l'opéron hoxEFUYH. HoxEFU forment la partie diaphorase qui alimente en pouvoir réducteur la
partie catalytique, HoxHY, qui produit l'hydrogène (H2) à partir des protons. Cette production naturelle est faible
et transitoire; elle devrait être, prochainement augmentée grâce aux résultats importants (souches et
connaissances) générés par notre projet impliquant 2 équipes d'expertises complémentaires, qui ont intensifié
leur collaboration.Le partenaire 1 (URA 2096) a caractérisé l'architecture et la régulation du promoteur de
l'opéron hoxEFUYH à l'aide de son vecteur de test de promoteur basé sur les fusions transcriptionnelles au
gène rapporteur cat (l'activité chloramphénicol-acetyltransférase se dose facilement). Les différents fragments
promoteurs clonés dans ce plasmide ont été introduits dans la souche sauvage de Synechocystis et dans
diverses souches mutantes dépourvues ou déplétées pour plusieurs régulateurs transcriptionnels. Ceci nous a
permis notamment de caractériser un nouveau régulateur (négatif) de l'opéron hoxEFUYH. Par la technique de
retard sur gel, nous avons montré que ce régulateur "Hreg2" se fixe directement sur le promoteur hox; Hreg2
est donc un répresseur de l'hydrogénase. Pour confirmer ceci, nous avons construit un mutant dépourvu
d’Hreg2 (Hreg2), et un autre mutant surproduisant Hreg2 (overHreg2). Comme attendu, nous avons vérifié, en
collaboration avec le partenaire 2, que l'activité hydrogénase (mesurée par spectrophométrie en phase
gazeuse) est respectivement augmentée (environ 3 fois) et diminuée chez les mutants Hreg2 et overHreg2,
par rapport à la souche sauvage.. Ainsi le mutant Hreg2 est un châssis cellulaire intéressant pour augmenter
le niveau de photoproduction d'hydrogène par voie biologique. En outre, l'analyse du transcriptome de diverses
souches mutantes et sauvage nous a également permis de définir un premier modèle du réseau de régulation
des gènes hoxEFUYH, et de montrer que le métabolisme du carbone (assimilation du CO2), de l'azote et la
production de l'hydrogénase sont intimement liés. C'est pourquoi, pour mieux comprendre l'influence du
métabolisme cyanobactérien sur la production d'hydrogénase, nous développé, en collaboration avec une
équipe de l'iBiTecS à Saclay (LMM), une méthode performante d'extraction et d'analyse des métabolites de
Synechocystis par LC-ESI/LTQ ORBITRAP. Nous sommes désormais capables de définir et comparer les
profils métaboliques de cellules sauvages et mutantes, cultivées dans diverses conditions favorisant la
production d'H2.
Parallèlement, l'équipe 2 (UMR 6191) a également défini des conditions de culture et d'analyse favorisant le
niveau et la durabilité de la production d'H2 (addition de glucose exogène en anaérobiose). Dans ces
conditions, l'hydrogénase participe activement au métabolisme cellulaire qui sera analysé très prochainement
par les techniques de métabolomique développées par l'équipe 1. L'équipe 2 a également analysé des mutants
de la sous-unité catalytique HoxH de l'hydrogénase ainsi que de 2 sous-unités de la partie diaphorase (HoxE et
HoxF). Des mesures de l'activité de l'hydrogénase ex vivo dans divers extraits cellulaires des souches mutantes
et sauvage ont permis de montrer, pour la première fois, que le NADPH joue préférentiellement un rôle
d'activateur de l'enzyme, tandis que le NADH sert plutôt de donneur d'électrons vers la sous-unité catalytique
HoxH. L'équipe 2 à aussi montré que la partie catalytique (HoxHY) de l'ydrogénase peut s'assembler
indépendamment de la présence de la sous-unité HoxE, qui sert plutôt de relais dans la chaîne de transfert
d’électrons; tandis que la sous-unité HoxF joue un rôle essentiel pour l’activation et le transfert d’électrons
produisant l'hydrogène. Ces résultats sont importants pour une meilleure compréhension de l'activation de
l'hydrogénase.
L'ensemble de nos résultats (souches mutantes, nouvelles connaissances de l'hydrogénase et protocole de
métabolomique) sont importants pour une future reprogrammation du métabolisme cyanobactérien permettant
une meilleure photoproduction d'hydrogène par voie biologique.

20
LIPALG « Production de lipides par microalgues : diversité et influence des conditions de
culture »

Coordonnateur : Jérémy Pruvost, GEPEA, Lab. Génie des Procédés – Environnement – Agroalimentaire, UMR
6144, Saint-Nazaire

Les partenaires : voir détails page 108


Yanic Marty, CEMCA Lab. de Chimie – électrochimie moléculaire et Chimie analytique, UMR 6521, Brest
Gilles Peltier, LB3M, Lab. de Bioénergétique et Biotechnologie des Bactéries et Microalgues, UMR 6191, Saint-
Paul-lez-Durance

Les microalgues présentent un potentiel élevé pour la production de biocarburant liquide. Cette bioressource se
caractérise toutefois par sa grande diversité, le nombre d’espèces étant estimé à plusieurs centaines de
milliers. Ainsi, même si certaines de ces microalgues sont aujourd’hui envisagées comme nouvelle source de
lipides pour leur rendement de production supérieur aux plantes oléagineuses, les lipides synthétisés peuvent
être de nature diverse aussi bien du point de vue moléculaire (hydrocarbures ou acyls glycerol), classe de
lipides (neutres, phospho ou glycolipides) que de la composition en acides gras. Le caractère innovant de ce
projet réside dans la volonté d’étudier les profils lipidiques complets de différentes souches de microalgues et
de leur possible évolution en fonction des conditions de production, puis de discuter ces résultats pour des
applications en tant que biodiesel ou biokérosène. Cela passe par le développement d’un ensemble de
méthodologies qui constitue le cœur du programme LIPALG : analyse détaillée des lipides, mise au point de
banc spécifique de criblage à haut débit, étude en photobioréacteurs contrôlés.

La première partie de ce programme a eu pour but principal d’étudier quantitativement et qualitativement les
profils lipidiques de différentes souches de microalgues. Les efforts ont porté principalement sur la précision et
la reproductibilité de l’analyse et ce, en relation étroite entre les trois partenaires afin de définir des pratiques
communes au niveau analytique (intercalibration des protocoles préexistants). Un système spécifique de
criblage haut débit de souches a également été mis en place chez le partenaire LB3M (culture sur
microplaques de 96 puits en conditions de production de lipides). La méthode validée a été appliquée sur une
centaine de souches du genre Chlamydomonas. De manière surprenante, il a été constaté l’existence d’une
variabilité intra-spécifique importante des capacités d’accumulation de TAG avec identification à l'issue du crible
de 3 souches d’intérêt présentant des contenus en lipides élevés. Ces souches ont alors fait l'objet
d’expériences complémentaires montrant par exemple que le contenu intracellulaire en amidon est plus élevé
chez les souches accumulant le plus de TAG (contrairement à une idée répandue dans littérature).

Plusieurs souches d'intérêt ont fait l'objet d'études systématiques en photobioréacteurs (souches issues du
crible du LB3M et une souche marine). Ces études ont montré que, malgré une accumulation plus marquée de
lipides pour certaines souches (notamment celles issues du crible), une productivité en biomasse inférieure
pouvait être obtenue. Ce type d’approche est donc un complémentaire obligé aux études de criblage amont. La
mise en place de l’analyse en routine des lipides sur photobioréacteurs a permis également de mieux
comprendre la réponse du métabolisme à la carence en azote. Ainsi, une carence instantanée en azote induit
une augmentation du contenu des acides gras totaux qui est principalement le résultat de l’augmentation du
contenu des TAG. Cette augmentation explique également l’évolution des profils lipidiques. Au final, le contenu
lipidique devient plus saturé (évolution favorable à l’application biodiesel). Ce phénomène a été observé sur les
souches types (eau douce et marine), ce qui pourrait indiquer un comportement général des microalgues
similaire face à un stress azoté. Cela reste néanmoins à confirmer lors de la deuxième partie du programme par
une étude élargie de la biodiversité.

21
Biopiles Microfluidiques « Biopiles enzymatiques microfluidiques à alcools. »

Coordonnateur : Christophe Innocent, Institut Européen des Membranes, UMR 5635, Montpellier

Les partenaires : voir détails page 111


Louis Renaud, Institut des Nanotechnologies de Lyon (INL), UMR 5270
Amael Caillard, Groupe de Recherche sur l’Energétique des Milieux Ionisés (GREMI), UMR 6606, Orléans

L’élaboration de sources d’énergie miniatures, autonomes, pour l’alimentation d’équipements électroniques


portatifs (calculette, téléphones portables...) fait l’objet de nombreux travaux. Le développement de source
d’énergie alternative utilisant des catalyseurs biologiques, les biopiles, est un domaine en pleine expansion.

Le système que nous proposons d’étudier est une biopile microfluidique capable de produire de l’électricité en
utilisant des catalyseurs enzymatiques. Le fonctionnement est assuré par le jeu de deux réactions d’électrodes:
à l’anode, l’oxydation catalytique d’un carburant par exemple de l’alcool (figure 1) par l’enzyme Alcool
Déshydrogénase (ADH)) et à la cathode, la réduction de l’oxygène par l’enzyme Laccase ou Bilirubin Oxydase.
De part les dimensions géométriques de ces dispositifs, les flux des solutions de carburant et de comburant
(oxygène dissous) circulent en parallèle (régime laminaire) dans un micro-canal sans mélange convectif.

Le travail de recherche consiste à améliorer les performances électriques (transfert électronique, stabilité des
enzymes) de ces micro-systèmes. L’objectif est de développer des électrodes métalliques nanostructurées en
carbone, obtenues par PVD (Physical Vapor Deposition). Une couche de nanotubes de carbone sera ensuite
déposée par CVD à la surface des dépôts métalliques pour simultanément immobiliser et connecter les
enzymes. La structure de la couche (épaisseur, densité) sera évaluée en fonction de divers paramètres (nature
du catalyseur et température) et caractérisée par MEB. Les enzymes seront immobilisées soit par greffage soit
par piégeage dans un polymère. L’efficacité des électrodes nanostructurées catalytiques à base d’enzymes
sera testée dans une biopile microfluidique.

éthanol NAD+ Medred

ADH Di

acétaldéhyde NADH Medox

électrode
Figure 1 : Schéma de l’oxydation de l’éthanol

Une thèse financée par le ministère (MERS) a débuté sur ce sujet en octobre 2010 (Vincent TECHER).

22
DIALOG « DIAtomées: Lipides et/Ou assimilation du Gaz carbonique »

Coordonnateur : Brigitte Gontero-Meunier, BIP-CNRS, UPR 9036, Marseille

Les partenaires : voir détails page 108


Fréderic Carriere, EIPL-CNRS, UPR 9025, Marseille

Le dioxyde de carbone ou CO2 atmosphérique a augmenté de 1860 (280 ppm) à nos jours (360 ppm) de 28 %
générant une augmentation de l’effet de serre et une augmentation de la température moyenne de l’air. Si cette
augmentation se poursuit, on peut s’attendre à une concentration de 700 ppm en 2050. De plus, le CO2
atmosphérique même si on arrêtait de le produire resterait 50 à 100 ans dans l’atmosphère. L’étude de
microalgues telles que les diatomées qui sont de véritables pompes à carbone présente donc un intérêt majeur.
En relation avec cette observation de l’augmentation de la concentration du dioxyde de carbone, un des défis
essentiels de ce siècle concerne les énergies renouvelables et en particulier, un espoir repose sur le biodiesel.
De nouveau, les microalgues ont un fort potentiel dans ce domaine. En effet, les algues à l’instar des plantes
oléagineuses ont développé un métabolisme qui leur permet d’accumuler des lipides sous forme de
triacylglycérols (TAG). De plus, colonisant les milieux aquatiques, elles présentent un avantage évident par
rapport aux plantes car elles n’empiètent pas sur la production agricole traditionnelle. Notre projet a pour but
d’étudier au niveau fondamental une diatomée, Asterionella formosa. Le cycle de Calvin ou cycle responsable
de l’assimilation du CO2 est central et ses intermédiaires (métabolites) au carrefour de nombreuses voies
(synthèse des acides aminés, des glucides, du shikimate, des lipides et de la glycolyse). Cependant chez les
diatomées, il n’existe quasiment pas de données biochimiques sur ce cycle, malgré son rôle crucial. Tel est
donc l’enjeu de ce projet: décrypter cette voie métabolique et sa régulation chez les diatomées. De plus, en
parallèle à A. formosa, la régulation de ce cycle chez d’autres organismes nécessite d’être étudiée. Nous avons
étudié la régulation de certaines enzymes du cycle chez 16 espèces (Maberly S et al., 2010) pour tenter
d’extraire des principes généraux qui permettront par la suite d’améliorer la fixation du CO 2 et la production de
lipides. Enfin, en fonction de différentes conditions environnementales, le contenu lipidique ainsi que la
composition en lipides de cette diatomée ont été déterminées.

Maberly, SC, Courcelle, C, Groben, R & Gontero, B. (2010) Phylogenetically-based variation in the regulation of
the Calvin cycle enzymes, phosphoribulokinase and glyceraldehyde-3-phosphate dehydrogenase in algae, J.
Exp. Bot. 61 735-745.

23
FUNZYMPLANT « Etude de faisabilité de mélanges d’enzymes hydrolytiques issues du
champignon industriel Penicillium funiculosum pour la biodégradation de complexes
polysaccharidiques de plantes »

Coordonnateur : Jean-Marie François, Laboratoire d'ingénierie des Systèmes Biologiques et Procédés (LISBP),
UMR 5504 & INRA 792, Toulouse

Les partenaires : voir détails page 109


Thierry Giardina, ISM2/Biosciences, UMR 6263, Marseille
Estelle Bonin, BIA UR 1268, INRA, Nantes
Marc Maestracci, Adisseo/Cinabio, Toulouse

L’objectif de ce projet est d’exploiter les potentialités des enzymes hydrolytiques du champignon industriel
Penicillium funiculosum pour la biodégradation de complexes polysaccharidiques. Bien que ce potentiel
hydrolytique soit déjà utilisé par Adisseo comme additif en alimentation animale sous la forme d'un cocktail
d'enzymes appelé 'Rovabio', celui-ci apparaît largement plus important que prétendu. En effet, les données de
séquençage du génome de ce champignon, révèlent un très grand nombre de gènes codant des enzymes
cellulolytiques et hemicellulolytiques dont l'activité catalytique n'est pas à ce jour caractérisée. Notre intention
est donc de caractériser ces nouvelles enzymes potentielles, et nous avons focalisé notre travail sur deux
catégories d'enzymes importantes: les arabinofuranosidases (Abf) et les xylanases (Xyn). Le clonage des 7
ABF et des 5 XYN a été réalisé par expression hétérologue chez Pichia pastoris, suivi de leurs études
biochimiques. Ce travail qui correspond aux lots 1 et 2 du projet est à ce jour presque terminé. Les principales
données obtenues sont:

les Xylanases: XynD de la famille GH10 se distingue des quatre autres de la famille GH11 par une plus
grande stabilité à la T° et par une activité optimale à pH 5, alors que les autres se situent entre pH 3.5 et
4.0. Elles présentent toutes une activité sur les arabinoxylanes (AX°de blé et maïs), avec XynB et XynC
ayant les meilleures efficacités catalytiques alors que XynE et XynF sont moins actifs et moins spécifique.
Les produits d'hydrolyses (xylooligosaccharides) relargués par chacune des Xyn ont été analysés,
montrant un mode d'action distinct de Pf XynD par rapport à celles de la famille GH11. De plus, il existe
des différences d'action catalytique entre les pfXyn de la famille 11.

Concernant les Abf: Nous avons constaté que deux des 4 enzymes de la famille GH54 (AbfB3& AbfB4) ne
montrent pas d'activité sur les AX, et que l'isoforme AbfB1 est celle exprimant la plus forte activité sur une
gamme d’AX d'origine diverse. D'autre part, la caractérisation des propriétés enzymatiques des 3 enzymes
de la famille GH62 est en cours.

La suite prévue au cours des prochains 6 mois consistera à effectuer les combinaisons d'enzymes entre Xyn et
Abf, de les tester sur substrats 'solubles' de type AX et ensuite d'effectuer des analyses de digestion de
substrats plus complexes en réacteur torique, mis au point actuellement par l'équipe de Nantes. Cette action
qui concerne le lot 3 du projet devrait commencer en septembre 2011.

24
GESTION RATIONNELLE DE LA CHALEUR

GIMEP « Gestion Intégrée Multisite de l'Energie et de la Production »

Coordonnateur : Raphaële Hetreux, Laboratoire de Génie Chimique (LGC), UMR 5503, Toulouse

Les partenaires : voir détails page 105


Gilles Hetreux, Mujtaba Hassan Agha, Laboratoire de Génie Chimique, UMR 5503, Toulouse
Christian Artigues, Pierre Lopez, Laboratoire d'Analyse et d'Architecture des Systèmes, UPR 8001, Toulouse

Le projet de recherche GIMEP vise à mettre au point un prototype de système de gestion qui couple les
échanges d’énergie et les activités de production dans un réseau multisite, en s’appuyant sur l’expérience
complémentaire du LGC et du LAAS dans les domaines de l’énergie et de la gestion de la production et des
flux. Le projet GIMEP s'inscrit dans la continuité du projet exploratoire PRIME déposé lors de l'appel à projet du
programme interdisciplinaire énergie du CNRS en 2007. Ce dernier ayant permis de montrer l'intérêt de la mise
en place d'une gestion intégrée de la production des biens et de la production des utilités, le projet GIMEP vise
à formaliser l’approche en développant plusieurs aspects :

Le premier aspect consistait à établir un formalisme graphique générique permettant de modéliser sans
ambiguïté les flux matières et surtout les flux énergétiques traversant le système globale (unité de
production et centrale d’utilités). Celui-ci permet de représenter des systèmes complexes tels que des
centrales de cogénération (systèmes considérés dans cette partie des travaux) qui apparaissent
aujourd’hui comme une première réponse technologique pour améliorer globalement le rendement
énergétique (taux de conversion "énergie primaire/énergie utile") d’une installation.
S’appuyant sur le formalisme ERTN ainsi élaboré, le second aspect du projet s’est intéressé à
l’implémentation d’un prototype logiciel s’appuyant sur cette méthodologie afin de la valider sur des cas
d’études et/ou des installations de partenaires industriels. Le formalisme ERTN conduit à une relation
directe entre la représentation graphique et la formulation mathématique. A chaque élément sémantique
correspond un ensemble de contraintes mathématiques. Cette généricité ouvre donc naturellement la voie
au développement d’un logiciel de modélisation qui, à partir de la représentation graphique du
comportement du système, permettrait non seulement de valider le modèle en s’appuyant sur les règles de
construction d’un modèle ERTN mais aussi de générer de manière automatique le modèle mathématique.
Cet outil formel a ensuite permis de modéliser et d’évaluer différents processus de gestion des utilités.
Notamment, le processus de gestion de type « Maitre/Esclave » classiquement rencontré sur les sites de
production est comparé à un processus « idéal » consistant à gérer de manière intégrée et cohérente le
fonctionnement de l’unité de production et la centrale d’utilités qui l’alimente, sachant qu’une
implémentation « réaliste » se situe à mi-chemin. Pour démontrer la faisabilité de cette approche et estimer
les gains énergétiques potentiels, la programmation linéaire en variables mixtes a été mise en œuvre.
Enfin, l’aspect résolution a été le point traité plus spécifiquement par l’équipe du LAAS. En effet, l’objectif
visé étant un outil d’aide à la décision pour la gestion efficace de l’énergie, deux caractéristiques
importantes doivent être satisfaites. D’abord, les temps de résolution doivent être compatibles avec la
dynamique du système de production et de gestion. D’autre part, il est souhaitable d’obtenir un ensemble
de solutions (et non une solution unique) dans le but d’intégrer l’expertise du gestionnaire, ce qui peut
constituer un atout important dans le processus de décision. S’appuyant sur une modélisation restreinte du
système initial, différentes stratégies et/ou des techniques de résolution ont été analysées. Ces différentes
techniques ont été validées à travers plusieurs cas d’étude, ce qui permet à présent d’envisager leur
intégration dans l’outil logiciel évoqué plus haut.

25
MIEMUF « Micro-échangeurs multifonctionnels »

Coordonnateur : Bertrand Garnier, Lab. Thermocinétique de Nantes (LTN), UMR 6607, Nantes

Les partenaires : voir détails page 108


Hervé Willaime, Fabrice Monti, Marie-Caroline Jullien, Lab. Gulliver, UMR 7083, Paris
Michel Gradeck, Michel Lebouché, LEMTA, UMR 7563, Nancy
Karine Loubière, Laurent Prat, Christophe Gourdon, LGC, UMR 5503, Toulouse
Bertrand Garnier, Ahmed Ould el Moctar, Hassan Peerhossaini, LTN, UMR 6607, Nantes

L’objectif général du projet de recherche « Micro-échangeurs multifonctionnels » est de rendre possible le


passage au continu de procédés industriels de réactions chimiques qui offrent ainsi une meilleure efficacité
énergétique ainsi qu'un gain sur le plan sécurité, économique et environnemental. Ces micro-échangeurs
multifonctionnels associent plusieurs opérations de base : mélange, réaction, transfert thermique,
séparations…En outre, la miniaturisation des canaux induit un plus fort rapport surface d’échange sur volume
de l’échangeur et une meilleure maîtrise des températures. Finalement, le concept de "micro-échangeurs
multifonctionnels" est particulièrement intéressant lorsqu' il s'agit d'écoulements de fluides avec des réactions
fortement exothermiques et à cinétique rapide pour lesquelles la maîtrise des processus réactionnels est
difficile.

Au cours de ce projet, les aspects hydrodynamique, thermique et chimique sont étudiés avec des écoulements
de réactifs en monophasique ou diphasique avec des réactions modèles (neutralisation acide-base, oxydation
du thiosulfate de sodium…). D’une manière générale, les techniques expérimentales constituent un verrou dans
l’étude et la maîtrise des processus réactionnels au sein des microréacteurs, ceci étant lié à la faible taille des
microsystèmes étudiés. Ainsi les travaux portent sur la mise au point et le test des techniques d’analyse de la
structure de l’écoulement dans les microréacteurs (microPIV pour le champ de vitesse, polarographie pour le
gradient pariétal de vitesse) ainsi que les techniques de mesure de température et de flux de chaleur. Pour ces
dernières, on a privilégié les procédés d’une part le moins intrusif possible et d’autre part permettant des
mesures locales sur l‘interface fluide/paroi ou au sein du fluide (thermo-résistance en couche mince d'or,
caméra infrarouge, PLIF….).

A ce jour, les principaux résultats obtenus sont l'analyse des effets thermiques de la neutralisation NaOH/HCl
grâce à la réalisation d'un fluxmètre 2D à base de couches minces d'or thermorésistives d'épaisseur 85nm qui
permettent d obtenir des mesures avec des capteurs très sensibles et très peu intrusifs. Il est apparu que, pour
de tels écoulements monophasiques avec des débits de réactifs compris entre 0,4 et 1mL/h et des
concentrations de 0,8 mole/L, l'enthalpie de réaction est retrouvée à 7% près, et que le mélange des réactifs
pilote la cinétique réactionnelle. La mesure de température au sein du fluide par µ-LIF ainsi qu'un procédé de
cartographie de température et de flux de chaleur par caméra infrarouge sont en cours de mise au point. Sur le
plan hydrodynamique, les travaux innovants concernent l'effet du rapport de forme des microcanaux sur
l'écoulement diphasique de réactifs (réactions en goutte) avec des mesures par micro-PIV ainsi que sur
l'insertion d'électrodes parmi les thermorésistances pour la réalisation de mesures par polarographie (gradient
de vitesse ou autres). Les travaux ultérieurs porteront sur les écoulements au sein de microcanaux à structure
3D pour lesquels des tests de fabrication ont déjà été réalisés avec succès, l'intérêt étant l'intensification du
mélange et des transferts.

26
INPACT « INtensification des transferts dans les Pompes A C haleur Thermoélectriques »

 Coordonnateur : Julien Ramousse, LOCIE, FRE 3220, Le Bourget du Lac

Les partenaires : voir détails page 107


Gilles Fraisse, Lingai Luo, LOCIE, FRE 3220, Le Bourget du Lac
Christophe Goupil, CRISMAT, UMR 6508, Caen

Ce projet exploratoire a permis d’identifier les principaux verrous scientifiques et technologiques à la


généralisation de l’utilisation de systèmes thermoélectriques en mode Peltier pour les applications de type
pompe à chaleur dans l’habitat. Les principales avancées de ce projet concernent l’analyse du fonctionnement
du système et le développement de modèles.

Une synthèse des différentes configurations de pompes à chaleur thermoélectriques relevées dans la littérature
a été effectuée. La diversité des solutions proposées est révélatrice de la variété des applications envisagées.
On distinguera alors les pompes à chaleur thermoélectriques en fonction des fluides caloporteurs et de la
nature de l’écoulement dans les échangeurs de chaleur. Ce travail bibliographique a également mis en
évidence les différentes solutions permettant d’intensifier les transferts thermiques dans les échangeurs, sans
pénaliser l’écoulement.

Concernant les aspects modélisation, ce projet a permis de développer un modèle basé sur l’analogie
électrique. L’utilisation d’une résistance thermique équivalente pour modéliser les transferts dans les
échangeurs permet de simuler, avec le même modèle, différentes configurations d’échangeurs. L’analyse des
résultats a débouché sur une proposition de stratégie de gestion d’un système de pompe à chaleur
thermoélectrique, constitué de plusieurs unités thermoélectriques. Par le choix de la configuration appropriée
(association cascade ou parallèle) en fonction des conditions de fonctionnement, il est possible de maintenir le
Coefficient de Performance maximal d’une unité thermoélectrique pour n’importe quelle demande de puissance
(pour une différence de température donnée). La modularité en fonction de la demande est assurée par un
système de contrôle et un réseau hydraulique modulaire à l’aide d’électrovannes. Ce principe, développé dans
le cadre d’une thèse CIFRE avec l’industriel ACOME, a fait l’objet d’un dépôt de brevet commun, référencé
BFF100088, N° : FR 10 53420. Enfin, de nombreuses simulations numériques ont été entreprises afin de
caractériser et de comparer différentes configurations d’échangeurs. Ces travaux doivent être prolongés par
une optimisation de la géométrie en fonction de la nature de l’échangeur retenu. Enfin, une réflexion a été
entamée sur l’optimisation de l’écoulement fluidique dans le cas d’un échangeur associé à plusieurs modules
thermoélectriques.

Dans un dernier temps, différentes pistes ont été proposées afin d’établir des critères pertinents des
performances du système. Nous avons notamment mis en évidence la nécessité de calculer le COP du
système en fonction des températures moyennes des fluides caloporteurs, et non en fonction des températures
de face des modules thermoélectriques, qui sont inconnues. Ce coefficient peut être encore affiné en intégrant
la consommation des auxiliaires de circulation, due aux pertes de charges dans les échangeurs, dans la
puissance électrique fournie au système. Le choix de l’échangeur de chaleur le plus approprié, en fonction de
l’application visée, est fonction de deux critères opposés : un coefficient d’échange élevé et des pertes de
1/ 3
charges faibles. Pour répondre à ce choix, différents auteurs proposent d’utiliser le critère d’efficacité Nu / f

L’ensemble de ces travaux a permis de renforcer la collaboration déjà existante entre le LOCIE et le CRISMAT.
Ces deux laboratoires présentent des compétences clairement complémentaires pour l’étude de ces systèmes :
approche système et intensification des transferts pour le LOCIE et synthèse et caractérisation de matériau
thermoélectrique pour le CRISMAT. Ces travaux ont donné lieu à 4 communications orales, une publication et
le dépôt d’un brevet. Deux autres publications sont en cours de rédaction.

27
CITAMPE « Contrôle et intensification des transferts de chaleur et de masse par auto -
adaptation de la morphologie des parois d’échange »

Coordonnateur : Marc Miscevic, LAboratoire PLAsma et Conversion d'Energie (LAPLACE/GREPHE), UMR


5213, Toulouse

Les partenaires : voir détails page 109


Lounès Tadrist, Institut Universitaire des Systèmes Thermiques Industriels (IUSTI), UMR 6595, Marseille
Bertrand Nogarède, LAboratoire PLAsma et Conversion d'Energie (LAPLACE/GREM3), Toulouse

En termes d’intensification des transferts thermiques, on distingue les techniques actives et passives. Même si
des potentialités d’optimisation des techniques passives demeurent, les très forts flux de chaleur dissipés par
l’électronique moderne nécessiteront à court terme d’aller plus loin que leur simple mise en œuvre.
Parallèlement aux recherches sur l’intensification des transferts thermiques, d’importantes avancées ont été
réalisées dans le domaine électromécanique. Le « morphing électro actif » est une voie particulièrement
prometteuse pour augmenter les perturbations des couches limites tout en permettant d’avoir une action de
contrôle sur les écoulements et les transferts. De plus il s’adapte bien au cas des microcanaux de part même la
nature des concepts mis en jeu. Dans ce contexte, ce projet a pour ambition de concevoir de nouveaux
systèmes de refroidissement auto-adaptatifs pour l’électronique embarquée, en rupture technologique avec les
systèmes existants.

Pour cela, on se propose d’exploiter simultanément :

les transferts d’énergie importants mis en jeu lors du changement d’état liquide-vapeur,

l’intensification des transferts provoquée par la réduction des dimensions caractéristiques (microfluidique),

le morphing électro-actif dans un objectif d’une part d’intensification des transferts et d’autre part de
contrôle des instabilités.

En conséquence, le programme de recherche en cours s’établit comme suit :

Réalisation d’expériences à l’aide de maquettes de compréhension

1) dans un objectif de contrôle d’écoulement : une étape du projet consiste à développer un dispositif
expérimental d’étude du contrôle des écoulements à pompage capillaire dans une géométrie simplifiée
(de type plans parallèles) utilisant pour l’une des parois au moins un matériau à mémoire de forme.
2) dans un objectif d’intensification des transferts : une maquette est développée permettant d’étudier
l’effet d’une modification dynamique du milieu par utilisation de matériaux piézoélectriques sur les
transferts. De plus, afin de rendre le système autonome, les potentialités d'utilisation de la propriété
pyroélectrique des matériaux piézoélectriques pour fournir une source électrique à partir d’une source
de chaleur sont explorées.

Développement d’outils de modélisation et d’analyse.

Application au cas du refroidissement de l’électronique.

On s’attachera dans le cadre de ce projet à explorer les possibilités d’extraction de densités de flux de chaleur
très élevées, notamment grâce à une fiabilisation de l’échangeur de chaleur utilisant le concept de « surface
intelligente ».

28
REDINGOTE « Rationalisation Energétique de la Distillation par l'INtensification et la
Gestion Optimale des Transferts pour l'Environnement »

Coordonnateur : Hubert Monnier, LRGP, UPR 3349, Nancy

Les partenaires : voir détails page 105


Olivier Fudym, RAPSODEE – Ecole des Mines d’Albi, Albi

Le projet a consisté à étudier comment réaliser et gérer des gradients thermiques dans un système de faible
dimension. L’application visée était la conception d’une colonne à distiller microstructurée à film tombant. Car
en effet, il est démontré que dans de nombreux procédés de transformation de la matière, les dégradations
entropiques, et les consommations énergétiques qui en découlent, peuvent être minimisées en répartissant les
flux d’énergies dans le volume plutôt qu’aux bornes du système : c’est le cas de la distillation diabatique.
Cependant la réalisation et la gestion de profils thermiques contrôlés (gradients thermiques et étagements
de température) dans les appareils classiques est difficile à mettre en œuvre pour des raisons techniques.

La microstructuration a permis de mettre en exergue l’intérêt de son utilisation pour une telle opération de
séparation mais a aussi montrer ses limites. En effet, les faibles dimensions internes associées à la grande
conductivité thermique du matériau constituant les parois du contacteur entraînent l’homogénéité thermique de
l’appareil.

Le travail a donc été de caractériser l’appareil par des mesures thermiques avec un corps pur mais aussi avec
un mélange binaire de deux alcools pour montrer la faisabilité de la distillation microstructurée. Afin de
caractériser le transfert de chaleur à travers le support micro structuré, les coefficients de transfert de chaleur
ont été déterminés expérimentalement. Les résultats montrent que pour générer une phase vapeur, cela ne doit
pas s’effectuer à fort flux de chaleur pour des raisons d’assèchement des parois, de caléfaction et de
confinement. Le fonctionnement a donc lieu à une faible différence de température (peu différent de 10°C) ce
qui est une bonne nouvelle car une faible différence de température permet de diminuer les irréversibilités. Dit
autrement, il sera dans un futur proche possible de chauffer avec un fluide caloporteur à bas niveau de
température. Par ailleurs, les mesures de visualisation thermique à partir d’une caméra IR (RAPSODEE – Albi),
montre la difficulté de générer un film liquide stable sur une paroi lisse. La structuration permet ainsi de
stabiliser le film liquide. Les résultats de simulations (LRGP – Nancy) ont aussi montré que la structuration a un
effet sur le coefficient global d’échange. Cependant, des expériences sont nécessaires pour corroborer ses
résultats. Enfin, les résultats expérimentaux, en présence d’un binaire, ont démontré la faisabilité d’une
séparation microstructurée, même si celle ci doit être améliorée. La puissance de séparation (cf. Figure) a été
calculée pour différentes conditions opératoires ( Psep. (W )  RT0  F x ln x , F
i i i i les débits molaires); elle
i
montre la présence d’un optimum qu’il faudra utiliser dans un
avenir proche lors de la conception d’un pilote. Pour conclure,
2.0E-02

1.8E-02

la pluridisciplinarité thermique – thermodynamique –procédé 1.6E-02

a beaucoup apporté à la compréhension et l’explication des qelec=2986 W/m2


Puissance de séparation (W)

1.4E-02

phénomènes. Une interdisciplinarité qui doit être intensifié en 1.2E-02


qelec=3935 W/m2

particulier dans le domaine de la métrologie.


qelec=4588 W/m2
1.0E-02

8.0E-03

6.0E-03

4.0E-03
Figure : Evolutions de la puissance de séparation en fonction du débit d’alimentation 2.0E-03
pour différents flux de chauffe électriques - xA=0.46, Téb.=87°C
0.0E+00
0.0E+00 5.0E-04 1.0E-03 1.5E-03 2.0E-03 2.5E-03
débit d'alimentation (mol/s)

29
ADN-BATI « Amélioration de la Description Numérique du BÂTIment »

Coordonnateur : Michel Pons, LIMSI, UPR 3251, Orsay

Les partenaires : voir détails page 107


Alain Bastide, PIMENT, St-Pierre de la Réunion
Etienne Wurtz, LOCIE, FRE 3220, Le Bourget-du-Lac

Le benchmark ADN-BATI (http://adnbati.limsi.fr)

Un benchmark portant sur la ventilation naturelle d'une


chambre générique du nouveau bâtiment d'accueil de l'IES de
Cargèse a été mis en place (voir schéma ci-contre). Le but est
de comparer toutes les approches développées pour aborder
un tel problème, depuis les formules phénoménologiques utilisées dans les bureaux d’études jusqu'aux
modèles MFN des laboratoires. Actuellement, l'étude se limite au 2D.
Ce benchmark rassemble, en plus des trois laboratoires partenaires, un groupe composé d'autres académiques
(LEPTIAB à La Rochelle, le LTM du GRESPI à Reims), d'un laboratoire CEA à l'INES (le LEB/LITEN au
Bourget-du-Lac), mais aussi deux bureaux d'étude (CENAERO à Liège, et NOBATEK à Bordeaux). Des
premiers résultats (champs de température moyens) sont présentés ci-dessous (respectivement PIMENT,
LOCIE, LEB/LITEN).

Actuellement, le groupe rassemble les données (débit traversant, température moyenne en sortie, flux sur les
parois) en vue de la rédaction d'un article de revue.

Nouvelles techniques numériques pour l'habitat

Les méthodes RANS et LES sont adaptées à la problématique de l'habitat, à savoir grandes dimensions mais
vitesses réelles limitées. La viscosité de sous-maille est évaluée par une méthode inverse basée sur les
résultats de simulations numériques directes, le modèle de Smagorinsky ainsi modifié prend partiellement en
compte le terme inertiel. Sans pénaliser le temps de calcul comparé au modèle SST-k-epsilon, la qualité des
résultats est nettement améliorée.
Par ailleurs, des méthodes multi-niveaux sont étudiées. Premièrement, sur deux maillages emboîtés il est
montré qu'un terme source adéquat donne un sens physique aux variables calculées sur le maillage sous-
résolu. Deuxièmement, les efforts portent actuellement sur une méthode associant une description fine, à
calculer en parallèle et une représentation du bâtiment en réseau résolvant la quantité de mouvement, et donc
les directions des écoulements.

30
STOCKAGE DE L’ENERGIE POUR LE VECTEUR ELECTRIC ITE

NoMaStock « Nouveaux Matériaux hydrures nouveaux pour un Stockage optimum de


l’hydrogène »

Coordonnateur : Jean-Louis Bobet, ICMCB-CNRS, UPR 9048, Pessac

Les partenaires : voir détails page 106


Aline Rougier, Laboratoire de Réactivité de Chimie des Solides, UMR 6007, Amiens
Valérie Paul-Boncour, Chimie Métallurgique des Terres Rares, UMR 7182, Thiais
Salvatore Miraglia, Institut Néel, CNRS/UJF, UPR 5031, Grenoble

Le Projet de Recherche Nomastock nous a permis de déterminer les propriétés de deux phases utilisables pour
le stockage de l’hydrogène : TR4NiMg et Mg0.6Ca0.4Ni2.6. Une attention particulière a été portée aux propriétés
magnétiques des phases de types 411. Une étude systématique des propriétés électrochimiques a montré une
bonne adéquation entre propriétés mesurées en voie solide-gaz et propriétés électrochimiques. Les
nombreuses substitutions réalisées sur les composés 411 et sur les pseudo binaire (Mg,Ca)-Ni ont permis de
modifier les propriétés de sorption d’hydrogène sans pour autant atteindre les propriétés visées initialement.
Enfin, une étude fondamentale sur les pseudos phases de Laves nous a permis de mieux comprendre le rôle
de la terre rare sur les propriétés de ces composés.

De manière très schématique nos principaux résultats peuvent être résumés comme suit :

Elaboration et caractérisation structurale du composé (Mg0.45Ca0.55)Ni2.6 grâce à l’utilisation de la


mécanosynthèse. La structure est basée sur l’empilement de 6 blocs de type AB2 et trois blocs de type
AB5. La structure moyenne peut être décrite comme étant analogue à celle de Gd2Co7 dans laquelle la
moitié des blocs AB5 ont été remplacés par des blocs AB2.

Les isothermes pression-composition réalisés sur le composé (Mg0.45Ca0.55)Ni2.6 mettent en évidence une
capacité réversible d’absorption massique d’environ 1.5 % à la température ambiante.

Mise au point de la méthode de test électrochimique de manière à traiter de très petits échantillons et
application à tous les échantillons de notre étude.

Synthèse et caractérisation de composés riche en terre rare (TR4NiMg).

Synthèse et caractérisation de solutions solides TR4NiMg1-xAlx (TR = Gd et Y).

Mesure des capacités d’absorption d’hydrogène de ces composés riches en terre rare (mise en évidence
d’une absorption irréversible de l’ordre de 2,5 % massique).

Détermination des propriétés magnétiques de composés dérivant des phases de Laves AB2 dont les
propriétés d’hydruration ont été déterminées au préalable.

31
Stockage chaleur d’été « Stockage saisonnier de chaleur à grande échelle. Etude thermo
hydraulique par simulation numérique de diverses configurations au cours des phases d e
chargement et déchargement »

Coordonnateur : Jean-Marie Loiseaux – LPSC, UMR 5821, Grenoble

Les partenaires : voir détails page 107


Shihe XIN, Centre de Thermique de Lyon, CETHIL, UMR 5008, Lyon

Ce PE visait à compléter le travail commencé auparavant par le Groupe de Grenoble qui avait montré que
l’utilisation à grande échelle d’énergies sans CO2 pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire de l’habitat et du
tertiaire, était possible et que son efficacité serait largement améliorée si un stockage saisonnier de chaleur
était réalisable.

Il a été montré grâce à ce PE que le stockage saisonnier de chaleur dans le sol était tout à fait réalisable et ce,
avec une efficacité de l’ordre de 80% de la capacité nominale. Ceci constitue une avancée conceptuelle
importante.

Grâce aux calculs du groupe du CETHIL, cette conclusion semble bien validée dans une des configurations
envisagées. Des calculs sont en cours sur la deuxième configuration qui est plus simple à expérimenter et à
réaliser et d’un coût plus maîtrisable. Les premières estimations montrent que cette 2ème configuration montre
des performances comparables à la première configuration mais cela reste à préciser par des calculs
numériques qui devraient être réalisés au CETHIL.

On notera que l’exploitation de cette nouvelle configuration de stockage est basée sur une circulation forcée
dans des ensembles d’environ 50 puits borgnes, de 100m de haut, espacés de 2 mètres environ, mis en série
par le haut, supprimant ainsi le creusement de galeries souterraines et présentant une moindre sensibilité aux
instabilités. L’échange entre le fluide caloporteur et le sol qui stocke la chaleur se fait sur une portion d’environ
20% de la longueur totale de la série de puits. Une approche analytique réalisée à Grenoble permet d’en
appréhender les caractéristiques générales. Cette technique a de grandes similitudes avec celle de la
géothermie profonde.

Le groupe de Grenoble a aussi développé et amélioré les simulations de l’ensemble du système d’exploitation
qui met en œuvre une source de chaleur sans CO2 alimentant les besoins en chaleur et eau chaude sanitaire
d’une agglomération de 400.000 habitants et envisageant des capacités de stockage qui permettent soit un
fourniture continue de chaleur durant toute l’année, soit une fourniture largement modulée au cours de l’année
et adaptée aux besoins saisonniers de chaleur et donc sans stockage saisonnier, avec quelques cas
intermédiaires. Cette démarche a permis d’évaluer l’intérêt économique d’un stockage saisonnier de chaleur et
d’obtenir un prix maximum par unité d’énergie stockée. Ceci est un pas aussi important dans notre
problématique générale de l’efficacité énergétique en général.

A l’issue de ce PE, il nous parait possible et peut être souhaitable de définir un PR ou un programme ANR qui
aurait pour but de qualifier dans le détail les performances d’un stockage saisonnier de chaleur, de les vérifier
par la réalisation d’une maquette, de vérifier que tous les effets sont bien maîtrisés, d’optimiser la conception et
la réalisation d’un tel type de stockage, d’en optimiser les coûts de réalisation.
Cette étude semble aussi montrer que le problème du stockage saisonnier de chaleur est un problème
complexe qui doit être abordé avec un cahier des charges précis dans le cadre d’applications bien spécifiques.

Ce PE a donc rempli sa fonction exploratoire en donnant les éléments pour définir un lancement possible d’un
PR ou d’un programme ANR avec des objectifs bien définis et une redéfinition complète du périmètre de la
collaboration.

32
PTGC « Analyse des comportements en transitoires thermiques et cinématiques des
turbines de petites cogénérations »

Coordonnateur : Gérard Bois, LML, UMR 8107, Lille

Les partenaires : voir détails page 108


Philippe Degobert, L2EP, EA 2697, Lille

L’objectif du projet consiste à modéliser les transitoires de petites turbines à gaz utilisées en cogénération afin
d’établir des lois d’utilisation qui servent de point d’entrée du système de gestion multi sources de génération
d’énergies réparties.

Ce système hybride multi sources de Générateurs d’Energie Répartie (GER) est prévu pour associer une
centrale photovoltaïque existante avec une centrale de petite cogénération multi machines afin d’une part, de
palier l’intermittence des sources photovoltaïques en journée, et d’autre part, de participer au service système
lors des pointes journalières grâce à une gestion et une supervision approprié Il s’inscrit dans un projet de Plate
Forme Technologique qui se monte dans le cadre d’une collaboration de deux équipes de deux laboratoires, le
LML et le L2EP, essentiellement basées sur le site d'Arts et Métiers ParisTech de Lille.

La phase de modélisation fonctionnelle globale d'une micro turbine à gaz de type CAPSTONE C30 fournissant
30 kWe (électrique triphasé) et 54 kWth (thermique) est réalisée.

Il en est de même pour la modélisation du système hybride photovoltaïque -micro turbine.

Un exemple de résultats de simulation est donné ci-après pour deux consignes de puissance.

Consigne de puissance en palier de 10000W Consigne de puissance en palier de 5000W

Du point de vue des approches systèmes et des problèmes liés à la modélisation des transitoires, deux études
respectives ont été initiées : l’une porte sur une approche système par l’utilisation de la techniques des BOND
GRAPH , l’autre porte sur la mise en place des équations à résoudre à partir de la connaissance des courbes
caractéristiques stationnaires du compresseur et de la turbine , que celles-ci soient mesurées ou estimées par
l’approche monodimensionnelle déjà citée. Les résultats obtenus sur un exemple de démarrage rapide d'un
compresseur centrifuge donne des résultats très encourageants en particulier sur les phénomènes de
surpressions locales pendant les phases de montée en régime.

Enfin, la phase de mise en configuration des équipements de la salle devant recevoir les micro-turbines de type
CAPSTONE a pris du retard. Outre les procédures de marché public, les dépenses initialement prévues se sont
avérées insuffisantes à cause des problèmes de faisabilité et de sécurité. Les travaux d’équipement de la salle
sont en cours de réalisation avec une livraison prévue pour le premier trimestre 2011, soit avec un an de retard.

33
HYNERGIE « Nouveaux hybrides électrochimiques pour la génération et conversion
d’énergie »

Coordonnateur : Nicolas Mano, Centre de Recherche Paul Pascal, (CRPP), UPR 8641, Pessac

Les partenaires : voir détails page 111


Philippe Poulin, Centre de Recherche Paul Pascal (CRPP), UPR 8641, Pessac

Ce projet vise la réalisation d’hybrides électrochimiques pour la génération et la conversion d’énergie


chimique en énergie électrique (biopiles) ou la conversion d’énergie électrique en énergie mécanique
(actionneurs). Des nouveaux matériaux d’électrode à base de nanotubes permettront de réaliser des biopiles
capables de puiser l’énergie chimique du couple O2/glucose naturellement présent dans les fluides
physiologiques pour alimenter des dispositifs médicaux implantés tels que, par exemple, des capteurs
autonomes sous-cutanés mesurant le taux de glucose chez les patients diabétiques. Les propriétés spécifiques
des nanotubes combinées à des électrolytes solides seront mises à profit pour réaliser des actionneurs à haute
performance pour la conversion d’énergie électrique en énergie mécanique. De tels actionneurs sont
recherchés pour les nombreuses applications ou la miniaturisation et les rendements de conversion d’énergie
restent des défis majeurs (robotique, chirurgie, micromécanique, muscle artificiel). Les performances de ces
systèmes, compte tenu des propriétés physiques et structurales des nanotubes, devraient largement dépasser
celles de technologies concurrentes telles que les biopiles avec des micro-électrodes en fil de platine ou de
carbone massique ou des actionneurs réalisés avec des céramiques piézo-électriques, des membranes
diélectriques ou encore des polymères conducteurs.

Le projet a démarré fin 2010 avec l’installation de dispositifs pour la caractérisation des propriétés
électrochimiques et électromécaniques des fibres de nanotubes (potentiostat-galvanostat, capteur de force
pour caractérisations mécaniques en différents mode de contraintes (isotonique, isométrique, sous pré-
tension constante). Ces équipements seront utilisés notamment par Anne-Sophie Michardière qui vient de
démarrer une thèse (financement Région Aquitaine) sur ce projet. Des premiers tests de fibres de nanotubes
de carbone mono paroi sont en cours.

34
SELENSOL « Technologie Lithium-ion pour le stockage électrochimique de l’énergie
d’origine solaire »

Coordonnateur : Lorenzo Stievano, Institut Charles Gerhardt de Montpellier (ICGM), UMR 5253, Montpellier

Les partenaires : voir détails page 110


Christian Glaize, Institut d’Électronique du Sud, Groupe Energie et Matériaux (IES-GEM), UMR 5214,
Montpellier

Le projet SELENSOL vise à développer l’intégration des batteries Li-ion comme moyen de stockage
électrochimique de l’énergie de type photovoltaïque. L’objectif principal de ce projet est de concevoir des
accumulateurs Li-ion adaptés au stockage photovoltaïque, à coût raisonnable, en utilisant de nouveaux
matériaux permettant une réponse performante au cyclage dans les conditions imposées par la production
photovoltaïque de l’énergie (gestion des cycles journaliers et des intermittences).

Le premier objectif de ce programme est la conception d'outils adaptés permettant d'étudier des matériaux
d'électrode à l'échelle du laboratoire sous les contraintes réelles des installations photovoltaïques. Pour cela, un
banc d'essai électrochimique permettant l'injection des profils d'ensoleillement préalablement enregistrés sur
des panneaux photovoltaïques commerciaux a été mis au point. Ce dispositif est piloté par un ordinateur
permettant à la fois de conditionner les profils d'injection sur la base de la taille et de la capacité théorique de la
batterie étudiée, et de "monitorer" constamment son état de charge. Des régimes de décharge variables sont
imposés à la batterie en fin de charge, suivis par des périodes de relaxation plus ou moins longues. Il est
important de souligner que le système conçu permet une flexibilité totale non seulement pour ce qui concerne
la taille et la capacité de la batterie étudiée, mais permet aussi différentes configurations et stratégies de
stockage (systèmes isolés, systèmes avec connexion à un réseau de distribution, etc.)

Le programme de recherche a commencé par l'étude de matériaux d'électrodes déjà bien connus, de type
Li4Ti5O12 ou LiFePO4, capables de fonctionner sous les contraintes de la production photovoltaïque de l’énergie.
Les premiers résultats obtenus sont très prometteurs, et ils ont fait l'objet d'une publication récemment soumise.
Après environ 300 cycles complets, nous montrons l'effet des profils d'ensoleillement de type plein soleil ou
nuageux et des temps de relaxation sur l'évolution de la capacité, des rendements faradiques et énergétiques.
En particulier, nous montrons que les normes actuellement utilisées pour la caractérisation des accumulateurs
ne semblent pas être très adaptées au stockage de l'énergie photovoltaïque.

Dans la suite du projet, nous comptons développer et utiliser de nouveaux matériaux d’électrode (en particulier
d’électrode négative basés sur des mécanismes électrochimiques différents, comme par exemple les matériaux
de conversion qui peuvent fournir des capacités accrues) qui nous permettront d’augmenter sensiblement la
densité d’énergie stockée, ceci tout en conservant les propriétés spécifiques décrites ci-dessus et nécessaires
pour la gestion des intermittences typiques de la production d'énergie photovoltaïque.

35
PON « Pseudocondensateurs à base d’Oxyde de Nickel »

Coordonnateur : Montserrat Casas Cabanas, CRISMAT (Lab. de Cristallographie et Sciences des Matériaux),
UMR 6508, Caen

Les partenaires : voir détails page 110


Jean-Michel Rueff, Daniel Chippaux, CRISMAT (Laboratoire de Cristallographie et Sciences des Matériaux),
UMR 6508, Caen
Pierre-Louis Taberna, Barbara Daffos, CIRIMAT (Centre Interuniversitaire de Recherche et d'Ingénierie des
Matériaux), UMR 5085, Toulouse

L’objectif de ce projet est l’étude et la compréhension des mécanismes de stockage de charges d’une électrode
à base d’oxyde de nickel et en particulier les processus mettant en jeu un comportement de type
pseudocapacitif. Dans la même famille de composés, les hydroxydes de nickel ont été étudiés et mis au point
pour la réalisation d’électrodes positives d’accumulateurs alcalins. Récemment quelques travaux ont démontré
que par simple déshydratation il est possible d’obtenir une réponse électrochimique de type capacitive. A ce
jour ces matériaux ont été peu explorés en tant que matériau d’électrode pour pseudo-condensateurs. Ce projet
exploratoire consiste donc à réaliser une étude systématique permettant d’établir les paramètres structuraux et
microstructuraux clés donnant lieu à un mécanisme de stockage de charges de type pseudocapacitif.

La démarche de ce projet consiste en deux étapes différenciées. Dans un premier temps, une étude
systématique aura pour but de définir les paramètres de synthèse essentiels qui permettront l'obtention d'un
éventail d'échantillons avec différentes caractéristiques microstructurales (surface spécifique, taille des pores,
taille des cristallites, etc.). Puisque les poudres d’oxyde de nickel sont généralement synthétisées par
décomposition thermique de son hydroxyde à une température de 300 ºC, la limitation de la croissance des
particules s'avère particulièrement complexe. Pour cela différentes techniques de chimie douce sont explorées,
notamment la co-précipitation, qui est la technique utilisée lors de la synthèse industrielle des hydroxydes de
nickel pour batteries; et la microémulsion inverse, qui permet un contrôle de la porosité ainsi que l’obtention des
distributions étroites de la taille des pores. Dans un deuxième temps, l’influence indépendante de chacune des
caractéristiques précédentes sera étudiée à l’aide des techniques électrochimiques, afin d’identifier et de
caractériser des matériaux prometteurs pour des applications de type pseudocapacitives.

Les résultats obtenus permettront d'amener quelques briques de connaissance supplémentaires à


l'identification des mécanismes de stockage de charges dans de tels systèmes. Une meilleure compréhension
des propriétés des oxydes de nickel de type pseudocapacitif pourrait permettre des avancées notables pour la
réalisation de nouveaux systèmes de stockage de l’énergie à faible coût.

36
ACCEPTABILITE

REDETE-Sud « Gouvernance des réseaux énergétiques et


développement des territoires dans les pays émergents
d’Amérique du Sud »

Coordonnateur : Sébastien Velut (IHEAL/CREDA), UMR 7227, Paris

Les partenaires : voir détails page 106


Silvina Carrizo (CEUR), Laura Duarte (UNB - IHEAL), Martine Droulers (CREDA),
Pierre Valarie (CEPEL).

Satisfaire une demande croissante en énergie tout en prenant mieux en compte les enjeux environnementaux a
amené les Etats latino américains à miser sur de nouvelles filières de production/conversion d'énergie mais
aussi des formes différentes de gouvernance des réseaux énergétiques. Si l'on assiste un peu partout à un
retour de l'Etat dans la planification et la régulation du secteur énergétique, et notamment dans le domaine de
l'électricité, il subsiste des conséquences des privatisations et une participation variable des acteurs régionaux.
Ce mouvement s'accompagne d'une reconfiguration des réseaux énergétiques dans leur double dimension
matérielle et organisationnelle. Ce point de vue amène à reposer la question de "l'acceptabilité" en la faisant
porter sur le degré de mobilisation des acteurs sociaux, locaux et régionaux, autour de projets de
développement énergétique, d'installations de réseaux. La question de l'acceptabilité ne se limite pas en effet à
celle de la réaction vis à vis d'installations nouvelles mais de l'implication des acteurs sociaux autour des projets
de déploiement de réseaux énergétiques.

La communication porte plus particulièrement sur ces mécanismes de territorialisation de la filière biocarburants
en Argentine et au Brésil. Les stratégies de production de biocarburants, bien étudiées pour le Brésil et
l'Argentine mobilisent en effet une série d'acteurs qui font l'interface entre le monde agricole et le monde de
l'énergie pour articuler les deux filières. Des enquêtes ont été menées dans le cadre du projet REDETE auprès
des différents acteurs des filières qui permettent de dessiner avec plus de précision les contours de l'ensemble
des acteurs animant les réseaux.

Nous montrons comment se structurent les réseaux des acteurs locaux du domaine de l'énergie et comment ils
s'articulent avec d'autres réseaux locaux, notamment institutionnels, ainsi qu'avec des réseaux nationaux ou
internationaux.

37
Eoliennes et paysage « Eoliennes et paysage : la politique éolien ne entre politique de
l'environnement et politique du paysage »

Coordonnateur : Alain Nadaï, Centre International de Recherche sur l’Environnement et le Développement,


(CIRED), UMR 8568, Nogent sur Marne

Les partenaires : voir détails page 106


Jean-Charles Hourcade, CIRED, Nogent sur Marne
Dorle Drackle, Université de Brême, Brême (Allemagne)
Ana Isabel Afonso, Universida de nova de Lisboa, Lisbonne (Portugal)

Cette recherche analyse la politique de développement de l'énergie éolienne dans trois pays européens -
Allemagne, France et Portugal - et son lien aux traditions et aux pratiques paysagères dans chacun de ces
pays. Le travail est basé sur des études de cas choisies dans chacun de ces pays. Elles décrivent les
recompositions sociales et paysagères profondes qui accompagnent le développement éolien au niveau local.
L’analyse comparative montre que la transition énergétique est aussi une transition paysagère. Le paysage
constitue la matrice par laquelle l’éolien se territorialise. Ceci confère aux processus locaux un rôle décisif dans
l’émergence d’une gouvernance de la transition énergétique.

La France, l’Allemagne et le Portugal ont adopté, bien qu’à des périodes différentes, un même instrument
économique, le tarif d’achat, pour soutenir le développement éolien. Les différences significatives de capacités
éoliennes installées dans chacun de ces pays ne peuvent s'expliquer uniquement par les modalités de mise en
œuvre de cet instrument. Il convient de prendre en compte d’autres facteurs institutionnels et sociaux, tels que
les approches et cultures du paysage et leurs liens aux institutions et pratiques d’aménagement du territoire.
Au Portugal, le paysage fait l’objet d’une gestion centralisée mais les institutions traditionnelles de gestion des
communs au niveau local sont restées vivaces. Le développement éolien met en tension ces deux niveaux et
renforce la place des communautés locales en leur conférant un pouvoir économique et de négociation face au
pouvoir central. L’effort significatif du Portugal en matière d’éolien peut être compris par ce jeu de rééquilibrage
des pouvoirs.

En Allemagne, au-delà des tarifs d’achats et de l’ouverture de la politique éolienne allemande aux parties
prenantes, l’innovation majeure de l’Etat allemand a été l’intégration autour d’une politique énergétique
émergente, de l’éolien, des structures fédérales et de planification avec les communes et les assemblées
locales de paysage (Landschaft). Le système institutionnel permettant cet ancrage local de l’éolien était en
quelque sorte en place. Encore fallait-il, cette innovation politique pour actualiser les institutions permettant
ainsi à l’éolien de s’adosser à la gestion traditionnelle du paysage par les assemblées locales.

En France, l’éolien se heurte à une tradition centralisée de gestion des paysages appuyée sur des
représentations extrêmement normées, ce qui a rendu difficile la négociation collective de qualités paysagères
émergentes sans une remise en cause de l’action de l’Etat elle-même. La crise est bien souvent la modalité par
laquelle les différents acteurs s’articulent autour de l’éolien. Ceci met en avant une différence notable avec le
Portugal et l’Allemagne, à savoir l’absence de communautés en charge du paysage au niveau local pour
négocier l’implantation des parcs éoliens. Ceci se traduit par un double enjeu de décentralisation qui rend le
déploiement éolien très délicat : décentralisation énergétique et renouvellement de la gouvernance paysagère.
La comparaison met donc en lumière trois types d’enjeux de politique éolienne : la négociation et le
rééquilibrage entre le pouvoir national et le pouvoir local au Portugal ; l’intégration et l’actualisation des
institutions en Allemagne ; enfin, la crise des formes de gouvernances traditionnelles et le défi d’une double
décentralisation, énergétique et paysagère, en France.

38
PRICAPE « Interaction entre prix du carbone, prix des ressources fossiles et pari
technologique de long terme »

Coordonnateur : Jean-Charles Hourcade, Centre International de Recherche sur l’Environnement et le


Développement (CIRED), UMR 8568, Nogent sur Marne

Les partenaires : voir détails page 107


Patrick Criqui, Laboratoire d’économie de la production et de l’intégration internationale, FRE3389, Grenoble

Le projet PRICAPE s’appuie sur le constat que, alors que se mettent en place en France et en Europe, et que
se discutent à l’échelle internationale des dispositifs visant à un véritable changement de paradigme
énergétique dans les prochaines décennies, il est plus important que jamais de renforcer et développer les
capacités de prospective énergétique raisonnée.
En effet, La gestion de ces changements majeurs ne se fera pas dans le cadre d’une planification ou d’une
programmation détaillée des systèmes techniques et de leur contexte économique et institutionnel. Pour autant,
la réussite de l’effort entrepris dépendra grandement de notre capacité à débattre de façon raisonnée de la
montée des contraintes environnementales ou liées aux ressources naturelles ainsi que des options offertes
par l’innovation technologique ou sociale, et à intégrer les incertitudes et risques économiques et sociaux qui
leur sont associés.
Cette capacité à anticiper renvoie à un enjeu scientifique majeur, celui d’outils dédiés permettant de structurer
l’information disponible, de réduire l’arbitraire de la description en éliminant les combinaisons de variables non
cohérentes et d’intégrer les connaissances des différentes disciplines scientifiques et les savoirs d’expert.

Dans ce contexte, le projet PRICAPE avait pour but de constituer les bases méthodologiques de modélisation
hybride permettant un dialogue plus rigoureux entre prospective technologique et prospective macro
économique. PRICAPE a notamment permis de tester les conditions de production de modèles hybrides, ceci
par un exercice de couplage entre le modèle POLES du LEPII, modèle de prospective énergétique mondiale et
le modèle IMACLIM du CIRED, modèle de prospective macroéconomique. Ceci a conduit à de premiers
exercices de couplage entre le modèle POLES et IMACLIM. Il a permis aussi de dégager des principes
d’organisation permettant la mise en place d’un dispositif permettant de soutenir, sur le long terme un effort
déjà engagé mais qui bute sur des contraintes institutionnelles fortes liées à l’organisation de l’interdisciplinarité
et à la mise ne place d’une culture de dialogue interdisciplinaire en particulier entre sciences « a-humaines » et
sciences humaines et sociales, qui soient appuyer sur les outils de la modélisation numérique.
PRICAPE a enfin débouché sur une proposition d'agenda de recherche qui a constitué une part importante de
la contribution du CNRS au groupe programmatique de "ANCRE" consacré à la prospective techno-socio-
économique pour l’énergie.

39
ALICANTE « Analyses interdisciplinaires et comparatives de l’acceptabilité des nouvelles
technologies d’énergie »

Coordonnateur : Iskender Gökalp, Institut de Combustion, Aérothermique, Réactivité, Environnement (ICARE),


UPR 3021, Orléans

Les partenaires : voir détails page 109


Lusin Bagla, Laboratoire Orléanais de Gestion –LOG, EA 2635, Université d’Orléans
Xavier Galiegue, Laboratoire d’Economie d’Orléans –LEO, UMR 6221, Université d’Orléans
Janusz Kozinski, College of Engineering, University of Saskatchewan, Saskatoon, Canada

Le projet ALICANTE a comme objectif d'utiliser la valeur heuristique de la comparaison et les apports d'une
collaboration entre différentes disciplines pour une meilleure compréhension du choix et de la faisabilité des
Nouvelles Technologies d'énergie (NTE) compatibles avec le développement durable (notamment via leur
contribution à la réduction des émissions de CO2), à partir de la question d'une articulation vertueuse Energie-
Environnement-Economie qui est l'élément crucial de leur acceptabilité sociale et politique. Outre les approches
et les réflexions théoriques mobilisées et développées dans le cadre d'une coopération entre d'une part des
spécialistes de l'énergie et des SHS et d'autre part, entre une équipe de l'Université d'Orléans et une équipe de
l'Université de Saskatchewan, le projet s'appuie essentiellement sur l'exemple du captage et la séquestration
du CO2 (CSC), choix résultant d'une concertation entre les partenaires français et canadiens. Par ailleurs,
comme l'analyse de la perception des risques par les interviewés dans différents pays où l'on a conduit des
études d'acceptabilité du CSC révèle l'existence d'une analogie entre le stockage du CO2 et l'enfouissement
des déchets nucléaires, la comparaison entre les deux technologies est riche d'instruction. Sans oublier la
concurrence entre les deux, car comme l'affirmait le PDG d'AREVA Canada, si le CSC gagnait du terrain, cela
ne serait pas bon pour le nucléaire.

La démarche systémique, interdisciplinaire et comparative du projet permet de réfléchir à l'influence des


différences dans les contextes institutionnels, culturels, historiques, politiques, juridiques, démographiques,
géographiques (s'ajoutant à celles concernant la dotation en ressources), sur le choix des NTE à développer et
les modalités de leur mise en œuvre dans chaque cas. On saisit ainsi mieux les interactions entre les sciences,
les techniques et la société ainsi que la spécificité des compromis à trouver entre les parties prenantes.

Ce projet a abouti aux résultats préliminaires suivants :

Grâce à trois séjours effectués à Saskatoon par l'un des membres de l'équipe orléanaise, des critères et un
cadre pour l'approche comparative ont été mis en place.

Les jalons d'une interaction de type interdisciplinaire (sciences économiques, sociologie, sciences de
l'ingénieur, notamment) furent posés.

Une synthèse importante des analyses de l'acceptabilité des NTE et aussi de celles de l'économie des
transitions énergétiques et de l'innovation environnementale a vu le jour. Une approche en termes de
systèmes techniques à grande échelle (STAGE) aux centrales thermiques fut initiée.

Des interviews avec les parties prenantes dans les NTE choisies, côté canadien, la visite d'un centre de
recherche sur le CSC à Regina, l'analyse des médias sur le sujet, notamment depuis les trois dernières
années ajoutées à des interviews en France et à l'analyse de la presse et des blogs ont permis de détecter
les différences dans la manière dont la question du CSC est posée dans les deux cas.

Une analyse des débats sur le statut juridique du CO2 et de l'influence du cadre législatif sur la manière
dont se pose la question de sa régulation (comment intégrer cet "alien" dans les rapports sociaux?). Pour
ce dernier point la comparaison entre le Canada et les Etats-Unis fut aussi mobilisée.

40
PEPITTE « Projet d’Etude Physico Economique de la Transition Technologique de
l’Electro-Nucléaire »

Coordonnateur : Adrien Bidaud, Laboratoire de Physique Subatomique et de Cosmologie (LPSC), UMR 5821,
Grenoble

Les partenaires : voir détails page 109


Abdou-Aziz Zakari, LPSC, UMR 5821, Grenoble
Sylvana Mima, Patrick Criqui, Philippe Menanteau, Laboratoire d’économie de la production et de l’intégration
internationale (LEPII), UMR 5252, Saint-Martin-d’Hères
Sylvain David, Institut de Physique Nucléaire, UMR 8608, Orsay
Maurice Pagel, IDES, Université de Paris-Sud 11, UMR 8148, Orsay

Les échelles de temps caractéristiques du nucléaire sont nettement plus importantes que celles d’autres
technologies de production d’électricité de base. Ces échelles sont imposées par celles de la gestion des
déchets nucléaires et par la grande durée de vie attendue des installations, nécessaire à leur amortissement.
Ainsi, alors qu’elle ne représente qu’une petite fraction du coût de l’électricité nucléaire, la fourniture en uranium
naturel sur le long terme est une question stratégique pour tous les acteurs de la filière. Les réacteurs de
nouvelle génération pourraient ne plus consommer de fissiles une fois démarrés. Leur déploiement serait donc
favorisé par la perspective d’un cout de l’uranium important. Paradoxalement, leur déploiement à l’échelle
industrielle pourrait réduire la consommation d’uranium du parc nucléaire et donc se freiner lui-même. L’étude
de la dynamique de déploiement des différentes filières de réacteurs et de la consommation des réserves
d’uranium nécessite donc de bien comprendre les relations entre différents paramètres issus de champs
disciplinaires variés : disponibilité de ressources faciles d’accès, flux de matières nucléaires entre les réacteurs
de différentes générations, évolution de la demande d’électricité et des couts des technologies…

Ce projet rassemble des spécialistes des disciplines concernées : géologues, physiciens des réacteurs et
économistes de l’énergie.

Nous présentons les premiers résultats obtenus en utilisant et en développant l’outil de simulation de
prospective du marché de l’énergie POLES (Prospective Long Terme Energy Simulation). Deux évolutions
importantes de POLES ont été apportées. La première permet de prendre en compte une anticipation d’un
risque de rupture d’approvisionnement à moyen terme. Elle réduit la volonté des électriciens d’installer de
nouvelles centrales nucléaires à eau si la visibilité sur les ressources est insuffisante. La seconde permet de
simuler le recyclage des combustibles usés des réacteurs actuels lors du démarrage des réacteurs de
nouvelles technologies. Nos premiers résultats mettent en évidence des effets inattendus de la
complémentarité des générations de réacteurs, ainsi que l’importance primordiale pour toute l’industrie
nucléaire d’avoir une visibilité étendue des ressources prouvées et donc l’importance d’une recherche amont en
géologie de l’uranium.

41
PROMOV « Prospective des modes de vie urbains et facteur 4 »

Coordonnateur : Cyria Emelianoff, ESO, UMR 6590, Le Mans

Les partenaires : voir détails page 109


Jacques Chevalier, Elsa Mor, Aurélien Taburet, Marc Dumont, Emmanuelle Renaud-Hellier, ESO, Le Mans et
Rennes
Michelle Dobre, Aldo Haesler, Maxime Cordellier, CERReV, EA 3918, Caen
Carine Barbier, IDDRI, Paris.
Nathalie Blanc, LADYSS, UMR 7533, Paris.
Agnès Sander, équipe Mosaïque, LAVUE, UMR 7218, Nanterre.
Jean-Yves Authier, Groupe de recherche sur la socialisation, UMR 5040, Lyon.
Jean-Pierre Traisnel, LATTS, UMR 8134, Marne-La-Vallée.
Damien Joliton, BE Energie Demain, Paris.
Pierre Radanne, BE Futur Facteur 4, Paris.

La division par quatre des émissions de CO2 d’ici 2050 appelle des évolutions majeures en termes de modes
de vie, éléments structurants de l’empreinte énergétique et environnementale des villes. Le projet de recherche
vise à construire des scénarios contrastés de modes de vie urbains facteur 4 à l'horizon 2050.

En premier lieu, l’évolution des modes de vie urbains inducteurs de comportements générateurs de gaz à effet
de serre a été analysée, en prenant en compte les consommations d'énergie directes et indirectes. Entre les
années 1960 et 2000, l'accroissement des émissions de CO2 en France s'explique principalement par
l'augmentation du pouvoir d'achat, la hausse de la mobilité quotidienne, l'agrandissement des logements et la
diminution de la taille des ménages. 11 variables ont été étudiées, en prenant en compte les différences entre
les groupes sociaux : démographie, revenus, consommation, logement, localisations résidentielles, mobilité,
éducation, rapports au travail, rapports au temps, valeurs et liens sociaux, loisirs/tourisme/culture.

En second lieu, l’analyse des tendances émergentes (ou signaux faibles) en matière de modes de vie urbains a
permis d’identifier des bifurcations potentielles à intégrer dans certains scénarios. Il s’en dégage une forte
préoccupation sociétale pour les pressions temporelles subies dans la vie quotidienne (aspirations à la
décélération), ainsi qu'une diversification des modes d'habiter et de consommation, tels que l’éco-habitat
groupé, de nouvelles formes de cohabitation, la vie en solo, le double habitat, ou différents modes de
déconsommation.

Le troisième élément ayant permis de préparer la phase de construction des scénarios est l'analyse de la
littérature de science-fiction et des visions des modes de vie qui s'y déploient. En complément, une étude
spécifique sur les promesses des nouvelles technologies a été conduite.
La construction collective des scénarios s’appuie sur ces travaux préparatoires et sur des ateliers de
prospective où sont auditionnés des experts nationaux et internationaux. Quatre scénarios de modes de vie
urbains en 2050 seront proposés. Les consommations d'énergie et émissions de CO2 associées seront
quantifiées, et une restitution littéraire des scénarios permettra de comparer des « récits de vie » selon leur
capacité à produire une société « post-carbone » ou non. Ce projet de recherche se place résolument dans une
démarche prospective visant à dessiner des images différentes du futur, à les mettre en débat et à en tirer in
fine des enseignements pour l’action.

42
LA REVUE DES PROJETS
EFFICACITE ENERGETIQUE

FROID MAGNETIQUE « Réfrigération magnétique à base de matériaux à f orts effets


magnétocaloriques »

Coordonnateur : Vincent Hardy, Laboratoire de Cristallographie et Sciences des Matériaux, CRISMAT, UMR
6508, Caen

Les partenaires : voir détails page 105


Bernard Chevalier, Institut de Chimie de la Matière Condensée de Bordeaux (ICMCB), UPR 9048, Pessac
Cyrille Train, LNCMI, Grenoble
Daniel Fruchart, Institut Néel, Groupe Intermétalliques et Interstitiels - Conversion de l’Energie, UPR 2940,
Grenoble
Afef Lebouc, Laboratoire de Génie Electrique de Grenoble (G2Elab), UMR 5269, Saint Martin d’hères

Le projet « Froid Magnétique » vise à faire progresser les applications de matériaux à forts effets
magnétocaloriques (MC) dans des dispositifs de réfrigération magnétique (RM). Cette technique émergeante
possède deux avantages majeurs sur les méthodes actuelles : des rendements énergétiques plus élevés, et
l’absence totale de gaz nocifs pour l’environnement. L’effet MC se caractérise par la mesure de la variation
d’entropie (dST, en régime isotherme) et/ou celle de la température (dTad, en régime adiabatique), résultant de
l’application d’un champ magnétique sur un matériau. La RM repose sur la mise en œuvre de cet effet MC dans
des cycles thermodynamiques adaptés, tel que l’AMRR (Active Magnetic Regenerative Refrigeration).

Le projet englobe tous les aspects de la problématique, allant de la préparation des matériaux jusqu’à leur mise
en œuvre dans un démonstrateur, en passant par la caractérisation physique de l’effet MC. Les recherches de
nouveaux matériaux sont conduites sur diverses familles, en suivant des approches à la fois « incrémentale »
(pour ceux actuellement les meilleurs), et « de rupture » (en se basant sur de nouveaux phénomènes de
couplage spin/charge/réseau). La métrologie de l’effet MC est abordée d’une façon inédite en combinant des
mesures magnétiques, calorimétriques et une thermométrie directe. Des tests en démonstrateur couplés à des
outils de simulation numérique permettent de prendre en compte l’ensemble des propriétés des matériaux (au-
delà de l’effet MC) qui sont impliquées en RM.

Principaux Résultats
Matériaux : (i) Nouveaux intermétalliques avec des propriétés au moins comparables à celles du gadolinium
pur, mais une teneur moindre en Gd (ex : Gd6Co1.67Si3 ; TC = 294 K) ; (ii) Verres métalliques ayant une très
large plage de fonctionnement (ex : Gd60T30In10 avec T = Mn, Fe, Co, Ni, Cu) ; (iii) Oxydes mettant en jeu des
phénomènes nouveaux en termes de MC (ex : effets de mise en ordre cationique dans NdBaMn2O6 ; effets
d’interface dans des super-réseaux LaSrMnO3/SrRuO3) ; (iv) Caractérisation de phases de Laves du type
Er1−xDyxCo2 ; (v) Contrôle du processus de production en grande quantité de matériaux de la famille LaFe13-
xSixHy (hydrogénation, recuits, reproductibilité).

Métrologie MC : (i) Pour les transitions de 1er ordre -qui sont celles conduisant aux plus forts effets MC- mise au
point d’une nouvelle méthode de mesure des pics de capacité calorifique (Cp) et définition des corrections à
apporter aux méthodes magnétiques et calorimétriques pour estimer les dS ; (ii) Mise au point d’un dispositif
permettant une mesure directe de dTad et de Cp sur une large gamme de température et de champ.

Tests RM : (i) mise au point d’un dispositif (DEMC) pour évaluer l’influence des paramètres du cycle et
comparer les performances de différents types de matériaux dans des conditions proches de leur utilisation
réelle en RM ; (ii) Mise au point d’un outil numérique dans l’environnement Fluent pour décrire les différentes
étapes du cycle AMRR. Ce programme permet actuellement de bien rendre compte des résultats
expérimentaux, et commence à être utilisé pour définir des règles de fonctionnement optimal pour le
régénérateur.

43
ILLUMINATION « EnergIe LUMInescente de NAnoparticules dans des bulles de
cavitaTION »

Coordonnateur : Frédéric Ayela, Laboratoire des Ecoulements Géophysiques et Industriels, LEGI, UMR 5519
Grenoble.

Partenaires : voir détails page 107


Gilles Ledoux et Olivier Tillement, Laboratoire de Physico Chimie des Matériaux Luminescents, UMR 5620,
Villeurbanne.

Le projet ILLUMINATION s’inscrit dans un programme de recherche visant à mesurer, à l’aide de


nanoparticules fluorescentes, les niveaux de température atteints à l’intérieur de bulles de cavitation au terme
de leur implosion. L’idée directrice est d’exploiter la dépendance en température de l’intensité et du temps de
décroissance de fluorophores de terres rares, composés à même de résister aux conditions sévères supposées
régner à l’intérieur des bulles cavitantes. Ce programme s’intéresse à des aspects énergétiques fondamentaux
(l’évolution de la température à l’intérieur d’une bulle en train d’imploser est mal connue et les estimations
empiriques proviennent de mesures indirectes) tout comme à des aspects appliqués (la maîtrise de l’énergie
ainsi dissipée pourrait permettre le développement de nouveaux procédés dépolluants ou le développement de
laboratoire sur puces pour le génie des procédés).

Les difficultés expérimentales à surmonter en priorité se résument comme suit :

maîtriser et contrôler les phénomènes de cavitation à petite échelle, sur une aire parfaitement localisée,
pour observation ultérieure par microscopie confocale (problème de la bulle unique).

influence de la présence de nanoparticules dispersées dans le liquide, sur les phénomènes de cavitation.

Au terme de ce projet exploratoire nous maitrisons et comprenons la cavitation hydrodynamique à travers des
microsystèmes fluidiques (micro diaphragmes et micro venturi de diamètre hydraulique de quelques dizaines de
µm). Des phénomènes de métastabilité de l’eau ont été clairement mis en évidence que ce soit pour
l’apparition ou la disparition de la cavitation. Ces phénomènes disparaissent dès lors que le liquide est
suffisamment chargé en nanoparticules (= nanofluide). Ces résultats inattendus constituent pour l’instant la
principale avancée scientifique de ce projet. Ces premières caractérisations de la cavitation sur des nanofluides
circulant à travers des microsystèmes fluidiques ont été accompagnées d’observations par caméra rapide qui
ont confirmé les résultats analytiques. Nous possédons donc désormais les outils technologiques et les
connaissances scientifiques qui permettront de caractériser ‘in situ’ les nanoparticules fluorescentes immergées
dans un écoulement cavitant.

Pour en savoir plus : cf Faits marquants 2011 de l’INSIS – CNRS


http://www.cnrs.fr/insis/recherche/faits-marquants/faits-marquants.htm

44
Living walls « Vers le prototypage d’un élément préfabriqué de façade apportant une
ventilation contrôlable et des services thermiques »

Coordonnateur: Ahmed Ould el Moctar, Lab. Thermocinétique de Nantes (LTN), UMR 6607, Nantes

Les partenaires : voir détails page 100


Oliver Hans, Bergische Universität Wuppertal - Department of Building Science – 42285 Wuppertal, Germany
Véronique Boutin, Schneider-Electric, Grenoble

Living Walls est un projet d’innovation visant à concevoir et prototyper un nouvel élément pour les façades de
bâtiment : cet élément standardisé apportera une ventilation contrôlable associée à des fonctions thermiques
de mise en condition d’air entrant ou de récupération de chaleur sur l’air sortant.

Les principales valeurs attendues sont l’efficacité énergétique et le confort, la réduction des hauteurs d’étage, et
la possibilité d’adresser les bâtiments existants lors de rénovations.

Le projet a été initié de façon à favoriser l’innovation : comprendre les expériences et tentatives précédentes
dans le périmètre des façades actives afin de tirer partie des meilleures idées et de pallier aux écueils, valider
et dimensionner l’idée en s’appuyant sur des simulations thermiques robustes, explorer les possibilités de mise
en œuvre de l’idée par des séances de créativité mixant les problématiques d’usage et les briques
technologiques disponibles.

De cette démarche sont issues les lignes directrices du projet: ventilation décentralisée, module de façade
multifonctionnel et énergétiquement autonome. Ce module dynamique permettra de fournir les besoins d'une
pièce en termes de chauffage, de rafraichissement et de ventilation.

Ce module se composera notamment d'une isolation transparente (en face extérieure) permettant de laisser
passer le rayonnement solaire (une alternative serait un écran thermo-chrome), d'un collecteur d'énergie
solaire, d'un système de stockage d'énergie mettant en œuvre des matériaux à changement de phase (MCP).
L'ensemble est associé à une circulation d'air contrôlée selon une stratégie adaptée aux conditions extérieures
et à l''occupation du local.

Dans un premier temps, nous avons mené une étude de dimensionnement global des besoins énergétiques
d’une pièce (bureau) en jouant sur les paramètres tels que la saison et la situation géographique. Des calculs
globaux appuyés par des simulations par des logiciels tels que DesignBuilder et Pleiades-Comfie ont permis de
déterminer ces besoins et montrer que dans le cadre de bâtiments à faible consommation, les apports solaires
et la stratégie de stockage/déstockage permettraient de compenser ces besoins.
Une étude en cours vise à développer des modèles élémentaires sur Matlab pour aboutir à leur intégration
dans un modèle global sur TRNSYS. Ainsi, un modèle d'échangeur intégrant des MCP a été développé sur
Matlab.

A partir de ce modèle (actuellement en phase d'optimisation), il sera possible de concevoir la stratégie de


contrôle du module et d'établir une simulation dynamique complète du module (intégrant la circulation d'air), en
vue de confirmer la faisabilité et l'intérêt énergétique du système.

Enfin, le prototypage des différents sous-systèmes et leur intégration permettra de faire des aller/retour entre
les caractérisations expérimentales et les simulations numériques.

Cette étape plus ambitieuse nécessitera d'impliquer d’autres partenaires (proposition ANR en cours).

45
COREMAG « Etude de nouveaux COmposés pour la REfrigération MAGnétique »

Coordonnateur : Valérie Paul-Boncour, Institut de Chimie et des Matériaux de Paris-Est (ICMPE), UMR 7182,
Thiais

Les partenaires : voir détails page 108


Thomas Mazet, Institut Jean Lamour, UMR 7198, Nancy
Olivier Isnard, Institut Néel, UPR 2940, Grenoble

Les systèmes de réfrigération utilisent aujourd’hui 15 % de la consommation électrique mondiale et sont en


majorité basés sur des cycles de compression-détente d’un gaz réfrigérant. Les gaz utilisés sont des
hydrocarbures (CFC, HFC, HCFC) responsables du réchauffement climatique ou de la destruction de la couche
d’ozone. La réfrigération magnétique est une technologie émergente qui utilise des matériaux solides non
volatiles ainsi que de l’eau et de l’alcool comme fluides transportant la chaleur. Cette technique est prometteuse
pour produire un refroidissement écologique et énergétiquement efficace (les rendements sont de 20 à 30 %
supérieurs à ceux des systèmes classiques par compression-détente) à des prix compétitifs. Compte tenu de la
demande énergétique, toujours croissante, des systèmes de réfrigération au sens large (climatisation,
réfrigération domestique, congélation, cryogénie, liquéfaction de gaz …), l’avènement de cette technologie
moins énergivore engendrerait donc de substantielles économies d’énergie. La réfrigération magnétique est
basée sur l’utilisation de matériaux présentant des effets magnétocaloriques (MCE) importants.
L’objectif général de notre projet de recherche est d’explorer de nouvelles familles de composés pouvant
présenter des EMC importants et originaux.

Pour ce projet nous nous sommes intéressés à deux familles de composés Y1-xRxFe2(H,D)4.2 (R= Terre Rare)
et GdMn23-xMx (M= metal de transition) pour lesquelles des travaux exploratoires avaient montré l'existence
d'effets magnétocaloriques.

Les résultats obtenus pour les composés de type YFe2(H,D)4.2 ont montré que ceux-ci présentent une variation
d’entropie magnétique comparable à celle du Gd mais à des températures plus basses (autour de 100 K) [1-2].
La température de transition peut être augmentée en jouant sur l’effet isotopique (H,D) ou sur la substitution
chimique de Y ou Fe par d’autres éléments. Nous avons pu observer un effet magnétocalorique fort proche de
l’ambiante pour un certain type de substitution. Nous poursuivrons ces travaux afin d’obtenir des
caractéristiques EMC proches de (ou supérieures à) celles du Gd au voisinage de la température ambiante.

Les composés de type Gd6Mn23 présentent un effet magnétocalorique (EMC) modéré mais s’étalant sur un
très large domaine de température entre 2 K et l’ambiante [3]. Ce comportement est très original et n’a que très
rarement été observé jusqu’à présent. Ce type de réponse magnétocalorique pourrait présenter un intérêt pour
la liquéfaction de gaz à grande échelle. On peut adapter la forme de cet effet ainsi que la température de travail
en substituant le Gd et/ou le Mn par d’autres éléments (autres terres rares et métaux de transition).

[1] T. Leblond, V. Paul-Boncour, F. Cuevas, O. Isnard, and J.F.


Fernandez,
International Journal of Hydrogen Energy, 34(5) (2009) 2278-2287.
[2] V. Paul-Boncour and T. Mazet, J. Appl. Phys., 105 (2009) 013914.
[3] P. Lemoine, V. Ban, A. Verniere, T. Mazet, and B. Malaman, Solid
State Comm., 150(33-34) (2010) 1556-1559.

46
MADELIO « Mise au point d’une dérive du point de couleur en gradation pour l ’adaptation
d’un système d’éclairage urbain à la vision mésopique »

Coordonnateur : Georges Zissis, Laboratoire LAPLACE, UMR 5213, Toulouse

Les partenaires : voir détails page 110


Marc Fontoynont, Département Génie Civil et Bâtiment de l'Ecole Nationale des Travaux Publics de l'Etat,
Vaulx en Velin
Manuela Sechilariu, Equipe AVENUES Analyse des Vulnérabilités ENvironnementales et UrbainES - Université
de Technologie de Compiègne, Compiegne
Laurent Massol, Led Engineering Development, Ramonville Saint -Agne.

Dans l'état actuel de la technologie, même si les meilleures LED blanches pour l'éclairage affichent
individuellement une efficacité supérieure à 120lm/W, elles développent peu de puissance (de l'ordre de 1W) et
doivent donc être associées et intégrées pour former des sources de lumière pour l'éclairage urbain. Dans ces
conditions, l'efficacité du luminaire à LED intégré chute radicalement (typiquement, 60-80lm/W), ce qui est
inférieur aux performances de nombre de sources à décharges. Ainsi, les sources d’éclairage urbain (lampes
au sodium ou aux halogénures métalliques) affichent des performances de l’ordre de 100 à 150lm/W. Les LEDs
ne peuvent donc intervenir dans ce domaine en simple remplacement, mais elles doivent être mises en œuvre
de façon à exploiter leurs propriétés spécifiques.

Un aspect innovant dans ce domaine est l’obtention d'une dérive du point de couleur d'un système d'éclairage à
LED en gradation: lorsque le système entre en gradation, le point de couleur dérive vers le vert afin de s'ajuster
avec le maximum de sensibilité de l'œil qui fonctionne dans un régime mésopique. Le résultat obtenu a conduit
à la mise au point d'un système à rayonnement variable et adaptatif, parfaitement susceptible de réduire
significativement la consommation énergétique.

Un prototype a été réalisé, exploitant une topologie d'alimentation électronique originale contrôlant le
rayonnement d’une LED blanche et d’une LED verte combinée. Le système permet la dérive du point de
couleur attendue lors de la gradation. Les mesures d’efficacité du circuit d'alimentation ont révélé une valeur de
75% pour le convertisseur de puissance, ce qui est une valeur satisfaisante, compte tenu de la marge de
progrès liée à l'optimisation de la topologie. D'autre part, une étude d'acceptabilité réalisée dans le cadre de ce
PRC a montré que, bien qu'une solution d'éclairage blanc (quel que soit le niveau de gradation) a la préférence
des observateurs interrogés; d’autres solutions d’éclairage obtiennent des valeurs de mérite supérieures à 0,7 /
1. Ainsi, parmi les solutions d'éclairage offertes par le système (selon le taux de dérive chromatique en
gradation) certaines ont été jugées acceptables pour les populations interrogées, et permettraient toutes une
économie d’énergie de 20% par rapport à une solution d'éclairage réalisée exclusivement à base de LEDs
blanches.

Le projet a ainsi permis de mettre au point, à l'échelle du prototype, une topologie innovante d'alimentation
électronique pour un luminaire constitué de LEDs vertes et blanches combinées, d'évaluer son efficacité
énergétique et d'étudier son acceptabilité sociétale sur un échantillon représentatif de la population. Une
valorisation industrielle de ces résultats est actuellement en cours par la société LED Engineering
Development.

47
HISTEN « De l'histoire de l'énergie à son enseignement aujourd'hui »

Coordonnateur : Muriel Guedj – LIRDEF-IUFM Montpellier

Le concept d’énergie occupe aujourd’hui une place centrale non seulement dans le domaine des sciences mais
aussi dans les débats de société qui ne cessent de souligner l’importance des questions attachées à la maitrise
de l’énergie et la portée des choix opérés, dans ce domaine, sur l’environnement. Pourtant, paradoxalement, il
demeure très difficile d’identifier dans chaque situation ce qu’est précisément l’énergie. L’énergie du physicien
est-elle analogue à celle de l’écologiste ou bien à celle de l’économiste ? Chaque domaine d’usage n’est-il pas
l’occasion d’une interprétation spécifique participant ainsi, avec les pratiques de la langue courante, à la
polysémie du terme ? De fait, l’enseignement du concept s’avère délicat et les tentatives d’élucidation se
heurtent notamment au contenu plurivoque du concept.

Un premier pan de cette recherche consistera à prolonger les travaux historiques existants, à interroger le
devenir du concept dans la physique du XXe siècle -notamment avec l’avènement des théories de la relativité
restreinte et générale et de la mécanique quantique- et, afin d’appréhender la diversité des acceptions du
concept, étudier sa diffusion dans d’autres disciplines ainsi que dans les médias

De façon transversale nous mènerons une analyse sémantique du concept afin de produire un atlas scientifique
permettant d’identifier les multiples significations et usages de l’énergie, mettant en lumière les évolutions,
extensions, déformations et emplois inadéquats qui en ont été proposés, ainsi que les obstacles qui peuvent
entraver l’appropriation du concept scientifique d’énergie.

Le second pan de cette recherche sera consacré à la question de l’enseignement de l’énergie. En raison de
son rôle unificateur et opératoire et de son importance dans les débats de société auxquels les futurs citoyens
sont invités à prendre part, ce concept se trouve au cœur des programmes scolaires en sciences de nombreux
pays. Cependant, les multiples publications de didactique des sciences sur l’énergie depuis les années 1980
témoignent d’une réelle difficulté à enseigner ce concept. Les sources de cette difficulté ont bien été identifiées
(conception substantialiste persistante, caractère abstrait du concept, confusion entre formes et transferts de
l’énergie, etc.). En revanche, la stratégie à suivre pour enseigner ce concept ne cesse de faire débat. Notre
recherche va se décliner en deux temps : analyse et ingénierie. Le travail d’analyse consistera, d’une part, à
mener une étude historique et comparative de l’introduction du concept d’énergie dans les programmes
scolaires en sciences de plusieurs pays européens, sur l’évolution de la place qui lui est accordée et les
justifications apportées à cette évolution. Il s’agira d’autre part de mener une analyse critique permettant de
revisiter les arguments avancés en didactique des sciences à l’appui des stratégies concurrentes
d’enseignement de l’énergie, arguments qui bien souvent font appel à l’histoire des sciences et à
l’épistémologie mais de manière succincte ou biaisée. Ces deux analyses prendront avantage de l’étude
historique et épistémologique approfondie menée dans le premier pan de la recherche. Le travail d’ingénierie
visera, premièrement, à rénover la formation des enseignants ; la complexité du concept et la polysémie qui lui
est attachée conduisant à privilégier cette entrée. Dès lors, l’accent doit être mis sur l’appropriation d’un bagage
historique et épistémologique nécessaire pour maîtriser le concept d’énergie dans ses propriétés et sa
dimension opératoire et connaître les obstacles à son assimilation.

Ces questions constituent des pistes de réflexion qui devront alimenter cette communication consacrée au
caractère pluridisciplinaire de l’énergie ; l’objectif étant de mieux appréhender le concept depuis son émergence
dans le domaine de la physique aux alentours de 1850, jusqu’à son insertion dans divers domaines de la
connaissance durant le XXème siècle et ainsi de proposer des parcours pédagogiques afin de rénover son
enseignement.

48
ELECTRICITE PROPRE

SISCO « Semi-conducteurs Isotropes et Stables pour Cellules Solaires Organiques »

Coordonnateur: Jean Roncali, Groupe Systèmes Conjugués Linéaires, UMR 6200, Angers

Les partenaires : voir détails page 105


Raymond Ziessel, Laboratoire de Chimie Moléculaire, ECPM, UMR 7509, Strasbourg

Les cellules solaires organiques à base d’hétérojonction en volume (bulk heterojonctions (BHJ)) entre un
matériau donneur d’électrons et un matériau accepteur, généralement un dérivé soluble de fullerènes, sont
actuellement les plus performantes et présentent l’avantage d’une mise en œuvre simple et économique par
voie humide.

Les BHJ les plus efficaces actuellement connues utilisent comme matériau donneur des polymères conjugués
et ont permis d’atteindre des rendements de conversion de 6 à 8%. Cependant, en dépit de ces résultats,
l’utilisation de donneurs polymères pose un certain nombre de problèmes liés à leur synthèse et à leur
purification et en particulier au contrôle de différents paramètres tels que masse moléculaire, polydispersité et
régio-régularité.

Afin d’apporter une réponse à ces problèmes, nous développons une approche alternative basée sur la mise en
œuvre des deux concepts originaux. D’une part l’utilisation de matériaux donneurs moléculaires
monodisperses, de structure chimique parfaitement définie, reproductible et facile à purifier. D’autre part le
concept de donneur à transfert de charge interne qui permet d’étendre la réponse spectrale des BHJ
moléculaires vers les grandes longueurs d’onde, d’augmenter de manière significative le voltage des cellules et
d’améliorer la stabilité du matériau donneur.

La validité de ces idées a déjà été démontrée sur différentes séries de matériaux donneurs moléculaires
dérivés de systèmes conjugués 3D qui offrent par ailleurs l’avantage de présenter des propriétés d’absorption
et de transport isotropes, contrairement aux systèmes unidimensionnels.

Au cours du projet SISCO ces idées ont été développées à partir de la synthèse, la caractérisation et la mise en
œuvre de deux séries de donneurs moléculaires :

Les donneurs dérivés de la triphénylamine (TPA).


Les donneurs à base de quaterthiophènes cruciformes.
Les donneurs dérivés du BODIPY, travail effectué en collaboration avec l’équipe de Raymond Ziessel à
Strasbourg.

Ces systèmes ont en commun d’être solubles et de conduire à des matériaux amorphes de propriétés
électroniques isotropes.

Dans le cas des donneurs TPA, de nouvelles séries de molécules comportant des chaînes latérales conjuguées
étendues ainsi que des groupes accepteurs donnant lieu à un transfert de charge ont été synthétisées et
évaluées et ont conduit à des BHJ présentant des rendements de conversion de 2%. L’essentiel de l’effort sur
les donneurs à base de quaterthiophènes cruciformes a porté sur l’optimisation des propriétés de transport de
charges. Nous avons ainsi montré sur des systèmes modèles à chaînes conjuguées courtes que l’introduction
de groupes dithiénopyrrole dans ces structures permet d’améliorer considérablement le rendement de
conversion des cellules.

Enfin, les premiers résultats obtenus en série BODIPY nous ont permis d’atteindre des rendements de
conversion de l'ordre de 3% parmi les plus élevés obtenus jusqu’à présent sur des BHJ moléculaires à base
d'accepteur dérivé du C60. De plus nos résultats ont permis de mettre en évidence pour la première fois des
effets coopératifs dans des BHJ utilisant des donneurs multiples.

49
STACELORGA « Amélioration de la stabilité des cellules solaires o rganiques par
l’utilisation de matériaux photoactifs réticulables »

Coordonnateur : Christine Dagron-Lartigau, IPREM, UMR 5254, Pau

Les partenaires : voir détails page 105


Guillaume Wantz, IMS, UMR 5218, Talence
Olivier Dautel, ICGM-AM2N, UMR 5253, Montpellier

L’un des verrous à lever concernant les cellules solaires organiques est la stabilité des performances dans le
temps, liée à la fois à la qualité de l’encapsulation et à la stabilité des couches constituant le dispositif. Très peu
d’études visent à améliorer la stabilité de la couche active. Pourtant, celle-ci étant constituée d’un mélange
physique de donneur (D) et d’accepteur (A), subit au cours du fonctionnement une séparation de phases
provoquant une diminution de la conversion photovoltaïque. La stratégie abordée dans ce projet est d’utiliser
des matériaux fonctionnalisés par des groupements réticulables permettant de figer par traitement chimique,
thermique ou photochimique le donneur et l’accepteur dans un réseau.

Deux voies ont été explorées pour stabiliser la couche photoactive : i) réticulation entre chaînes de polymère
donneur (par l’intermédiaire des chaînes latérales) ; ii) réaction entre le polymère donneur et l’accepteur
fullerène. Ces stratégies ont été développées par AM2N et IPREM, respectivement, en étroite relation avec
l’IMS pour les caractérisations des matériaux en cellules photovoltaïques.

i) Des dérivés du polythiophène fonctionnalisés sur les chaînes latérales par des groupements susceptibles
d’être réticulés ont été synthétisés. Les groupements choisis sont hydrolysables/polycondensables tels que le
triéthoxysilane ou encore des groupements photoréticulables tels que la fonction vinyle. Dans un premier
temps, un polythiophène silylé a été envisagé pour la mise en place de réseaux semi-conducteurs réticulés.
Des calculs de modélisation moléculaire ont en effet montré que le réseau bidimensionnel généré par le
procédé sol-gel peut donner naissance à une architecture composite optimisant les interactions
interchromophores tout en stabilisant la couche.
La mise au point de la synthèse de ce polythiophène sillé a été réalisée selon une approche originale
permettant d’obtenir un polythiophène régiorégulier ou non en fonction de la taille du groupement protecteur de
la fonction alcool. La mise en œuvre de cellules solaires basées sur le polythiophène silylé en tant que donneur
et sur le C60 en tant qu’accepteur a été réalisée. Ceux préparés à partir de polythiophènes non hydrolysés-
polycondensés ne présentent pas d’effet photovoltaïque. Par contre, lorsque le film du polythiophène a subi la
réaction d’hydrolyse-polycondensation des fonctions triéthoxysilanes, l’effet photovoltaïque est obtenu. Les
performances de ces dispositifs étant très modestes, elles ont été améliorées en résolvant deux problèmes
majeurs : le design moléculaire du donneur et le mode de réticulation mis en jeu. En effet, le donneur basé sur
un cœur thiophène-méthanol a été substitué par un cœur thiophène-éthanol. Ce dernier montre une
organisation supramoléculaire optimisée. D’autre part, nous nous sommes affranchis des problèmes liés à la
catalyse acide du procédé sol-gel en remplaçant la fonction triéthoxysilane par le groupement photoréticulable
vinyle. La photoréticulation a été mise en évidence par DSC et FTIR. Ainsi, grâce à l’ingénierie moléculaire et
supramoléculaire, nous avons pu mettre en place des dispositifs pouvant atteindre des rendements de 2%.

ii) Des dérivés du polythiophène ont été fonctionnalisés en bout de chaînes par des groupements
photoréticulables de type anthracène. Des essais réalisés sur le polymère seul n’ont pas permis de démontrer
des réactions de réticulation. Par contre, lorsque ce dérivé est mélangé au dérivé du fullerène PCBM, traité par
irradiation UV après dépôt par spin-coating, il est observé une nette amélioration de la stabilité de la
morphologie du mélange. Ces observations ont été confirmées lors des premiers tests réalisés en cellules
solaires à partir de ces polythiophènes modifiés où les performances ne sont pas affectées par le traitement
UV, il semblerait même que cela les améliore. La couche active est stabilisée grâce aux réactions intervenant
entre les bouts de chaîne du polymère donneur et le PCBM, permettant de figer celui-ci dans le volume de la
couche active et de prévenir ainsi la séparation de phases. Différentes études ont été menées afin de confirmer
ce résultat et en particulier d’optimiser les conditions d’irradiation UV (longueur d’onde, durée d’irradiation, etc.)

50
NanoZnOsol « Cellules Solaires Nanostructurées à Base de ZnO Electrodéposé »

Coordinateur : Thierry Pauporté, Lab. d’Electrochimie, Chimie des Interfaces et Modélisation pour l’énergie,
LECIME, UMR 7575, Paris.

Les partenaires : voir détails page 105


Frédérique Donsonti, Gilles Renou, Daniel Lincot, IRDEP, UMR 7174, Chatou
Nathalie Simon, Arnaud Etcheberry, Jacky Vigneron, Institut Lavoisier de Versailles, UMR 8180, Versailles
Claude Levy-Clément, Jamil Elias, Ramon Tena-Zaera, Institut de Chimie des Matériaux de Paris Est, ICMPE,
UMR 7182, Thiais

Le concept des cellules interpénétrées est apparu dans les années 90 dans le domaine de la conversion
photovoltaïque avec les travaux de M. Grätzel et de son groupe. Les dispositifs de type cellules solaires à
colorant (DSSC), basés sur la sensibilisation d’une matrice mésoporeuse d’oxyde de titane par un colorant à
base de ruthénium et imprégnée par un électrolyte, a ouvert la voie à une nouvelle génération de cellules
solaires hybrides organique-inorganique. Ceux-ci ont connu un développement exceptionnel depuis lors sur le
plan de la recherche fondamentale (rendement de conversion de l'énergie supérieur à 11 %) et un début de
développement industriel notamment par la société G24i.

Parallèlement se sont développées récemment des recherches concernant les cellules nanostructurées solides
à sensibilisateur inorganique, nommées ETA cells (extra-thin absorber). Les meilleures cellules ont
actuellement des rendements proches de 4%.

Le projet a visé à étudier des cellules solaires à colorants (DSSC) et ETA en partant de l’utilisation de matrices
nanostructurées à base de ZnO préparée par voie électrochimique.

L’originalité de cette approche a résidé dans l’utilisation d’une voie de synthèse originale pour la matrice oxyde
nanostructurée, mais également dans l’utilisation du ZnO comme oxyde transparent conducteur (le ZnO est un
des oxydes les plus prometteurs dans le domaine du photovoltaïque en substitution de l’ITO). Contrairement au
TiO2 obtenu par frittage de poudres, les matrices de ZnO électrodéposées sont réalisées en une seule étape,
sans recuit haute température. Le procédé est donc compatible avec l’utilisation de substrats plastiques. Les
couches possèdent un caractère monocristallin permettant un transport rapide des porteurs de charge qui ne
sont pas ralentis par les joints de grains.

La surface de ZnO est également très réactive ce qui permet le greffage aisé de molécules organiques.

Les recherches développées dans le cadre du projet ont été les suivantes :

Elaboration de nanostructures de ZnO (nanofils, nanotubes et matrices nanoporeuses) et étude des


mécanismes de formation des nanostructures.

Etude de la sensibilisation de ces couches par différents types de sensibilisateurs.

Réalisation de cellules solaires photovoltaïques de type DSSC et ETA à partir de ces nouvelles
nanostructures de ZnO.

Réalisation de couches de ZnO : Al conducteur et utilisation de ces substrats pour la réalisation de cellules.

51
PESP solaire « Procédé d'Elaboration Spray plasma pour électrode Photovoltaïque »

Coordonnateur : Mehrdad Nikravech, Laboratoire des Sciences pour Procédés et Matériaux, LSPM, UPR 3407,
Villetaneuse

Les partenaires : voir détails page 107


Luc Museur, Laboratoire de physique des lasers (LPL), UMR 7538, Villetaneuse
Pere Roca I Cabarrocas, Lab. de Physique des Interfaces et Couches Minces, LPICM, UMR 7647, Palaiseau

L'objectif de ce projet est d'adapter le procédé Spray Plasma, mis en œuvre au LSPM, à l'élaboration des
couches de ZnO dopées à aluminium pour applications photovoltaïques. Ce procédé basé sur la réactivité du
milieu plasma hors-équilibre permet la transformation à température ambiante d'un aérosol de sel nitré en
couches minces d'oxydes métalliques. Les analyses réalisées sur ces couches de ZnO-Al obtenues mettent en
évidence la formation d'une structure cristalline Wurtzit. Les expériences réalisées montrent que les paramètres
du procédé permettent d'influencer la direction de croissance des cristallites. Des croissances préférentielles
dans les plans 002 et 101 peuvent être obtenues. Le calcul de la taille des cristallites par la méthode de
Willamson-Hall donne des valeurs de l'ordre de 20 à 50 nm. L'analyse XPS des couches élaborées montre la
formation de ZnO avec un rapport Zn/O = 0,93. Ce matériau montre une forte fluorescence dans le domaine
spectrale entre 300 et 600 nm. Deux bandes observées : (UV) à 360 nm et (Bleu) à 410 nm témoignent du
caractère particulier des couches de ZnO nécessitant des travaux d'investigations supplémentaires. La surface
des échantillons observée par AFM et examinée par profilométrie présente une rugosité de l'ordre 500
nanomètres. De ce fait ces couches ne nécessitent pas de traitement de texturisation chimique supplémentaire.
Les couches déposées doivent être à la fois transparentes et conductrices pour les applications
photovoltaïques. Les couches obtenues présentent des transparences de 85 à 95% selon la longueur d'onde.
Cependant les premières mesures de conductivité montrent des couches relativement résistives. Des taux de
dopage à l'aluminium de 3 à 8% n'ont pas permis d'améliorer la conductivité de nos couches. L'étude
bibliographique montre que les défauts en oxygène mais aussi la présence des atomes d'hydrogène dans la
maille cristalline sont en partie à l'origine de la conductivité des couches de ZnO. Or les couches que nous
avons obtenues dans un plasma argon-oxygène présentent un excès en oxygène. Des expériences sont en
cours de réalisation afin d'élaborer des couches de ZnO dans un plasma d'hydrogène permettant de réduire le
taux d'oxygène présent dans les couches et d'y inclure de l'hydrogène radicalaire.

Ce procédé a plusieurs avantages, en particulier ses paramètres expérimentaux permettent d'en modifier la
réactivité chimique conduisant ainsi à l'ajustement de la stœchiométrie des couches déposées. Il présente
aussi l'avantage d'utiliser des précurseurs minéraux à bas coût avec le rejet des sous-produits peu toxiques et
facilement destructible (faible concentration d'acide nitrique). Enfin son avantage décisif réside dans la
possibilité d'intégration dans une filière entièrement plasma pour fabriquer des cellules photovoltaïques à base
de silicium µ-cristallin en silicium amorphe en couche mince.

52
NANODISFLEX « NANOmatériaux oxydes pour DISPOSITIFS électrochrom es et
photovoltaïques FLEXibles »

Coordonnateur : Thierry Toupance, Institut des Sciences Moléculaires (ISM), UMR 5255, Talence

Les partenaires : voir détails page 108


Céline Olivier et Yohann Nicolas, Institut des Sciences Moléculaires (ISM), UMR 5255, Talence
Guy Campet et Marie-Hélène Delville, Institut de Chimie de la Matière Condensée (ICMCB), UPR 9048, Pessac
Lionel Hirsch, Laboratoire de l’Intégration du Matériau au Système (IMS), UMR 5218, Talence

Ce projet transverse associe les savoir-faire de trois laboratoires aquitains, l'ISM, l'IMS et l'ICMCB, en termes
de synthèse de nanoparticules semi-conductrices fonctionnalisées, d'élaboration de matériaux hybrides
organiques-inorganiques, d'électrodes métalliques transparentes sur substrats souples, de synthèse de
colorants organiques et de caractérisations de dispositifs électrochromes et photovoltaïques. Le but est de
développer une nouvelle voie, compatible avec les supports plastiques, pour la réalisation de systèmes
photovoltaïques et électrochromes hybrides à base de nanoparticules obtenues par de nouvelles voies liquides.
Un premier objectif des recherches est de préparer des couches nanocristallines d'oxyde métallique semi-
conducteurs, tels que le dioxyde de titane (TiO2) et le dioxyde d'étain (SnO2), à basse température à l’échelle
nanométrique afin de développer une surface photo- et électrochimiquement active élevée, conduisant de ce
fait à des performances électrochromes et/ou photovoltaïques accrues. Un second objectif est de développer
de nouveaux chromophores organiques adaptés à la photosensibilisation de ces couches pour remplacer les
chromophores au ruthénium habituellement utilisés dans les cellules solaires à colorants. Les performances en
cellules de ces nouveaux matériaux sont évaluées sur des matériaux déposés en films minces et homogènes,
sur substrats conducteurs rigides ou flexibles.

Au cours de ce colloque, la préparation par irradiation UV de couches nanocristallines de TiO 2 et de SnO2 sera
présentée. Les performances des cellules à colorants correspondantes sont très prometteuses dans le cas de
films de SnO2 préparé à basse température, avec un rendement de conversion de 2,3% sous irradiation
AM1.5G comparable aux meilleurs décrits pour des couches calcinées. Par ailleurs, les performances
photovoltaïques de nouveaux colorants organiques seront également décrites et discutées. Après
photosensibilisation de couches de TiO2 calcinées à haute température par ces chromophores, des rendements
de conversion supérieurs à 5% ont été atteints. Enfin, de premiers résultats concernant les performances
électrochromes seront décrits.

53
FORCO-PV « Fortes concentrations pour la conversion photovoltaïque de l'énergie
solaire »

Coordonnateur : Alain Dollet, Laboratoire Procédés, Matériaux et Energie Solaire (PROMES), UPR 8521,
Perpignan et Odeillo

Les partenaires : voir détails page 106


Arnaud Perona, Vincent Goetz, Alexis Vossier, Loic Pujol, PROMES, UPR 8521, Perpignan et Odeillo
Vincent Ayel, Yves Bertin, Matthieu Fénot, Karl Joulain, Institut P', UPR 3346, Futuroscope
Yvan Cuminal, Alain Foucaran, Nicola Cammalleri, Jean Podlecki, Frédérique Pascal-Delannoy, Philippe
Christol, Jean-Baptiste Rodriguez, Institut d'Electronique du Sud (IES), UMR 5124, Montpellier

Dans les systèmes CPV ( Concentrating PhotoVoltaics) actuels, le rayonnement solaire est concentré quelques
centaines de fois - typiquement 500 - sur des cellules PV multi-jonctions à base d'éléments III-V qui débitent
alors environ 500 fois plus de courant que sous irradiation solaire directe. Mais même à ce niveau de
concentration, ces cellules haut rendement représentent encore une fraction importante du coût d'un système
CPV. Le projet FORCO-PV porte sur les verrous à lever en vue de l'utilisation de concentrations bien plus fortes
(plusieurs milliers de soleils) qui permettraient de réduire encore les coûts de production de l'électricité CPV.
Les principaux axes de recherche portent sur : i) la caractérisation in situ de cellules soumises à de très hauts
flux solaires, ii) la réalisation de cellules PV adaptées aux fortes concentrations, iii) l'étude thermique et le
refroidissement des cellules, iv) l'optimisation énergétique de systèmes CPV à très forte concentration.

Dans une première phase du projet, nous avons testé des cellules commerciales à base de semi-conducteurs
III-V à 1, 2 ou 3 jonctions (GaAs, GaInP/GaInAs, GaInP/GaInAs/Ge), prévues pour fonctionner à quelques
centaines de soleils seulement, jusqu'à des concentrations approchant 10000 soleils. Nous avons montré que
des cellules de petites dimensions pouvaient opérer avantageusement et sans dégradation notable jusqu'à des
concentrations comprises entre 2000 et 4000 soleils, conduisant à des densités de courant de l'ordre de
100 A.cm-2. En effet, le rendement de conversion ne baisse que progressivement au-delà du seuil de
concentration nominal, et les cellules produisent toujours plus d'électricité lorsque la concentration augmente.
Certaines petites cellules ont même été testées jusqu'à 9000 soleils sans endommagement apparent, en
utilisant un système de refroidissement efficace. Dans quelques cas seulement, une faiblesse des jonctions
tunnel a été observée au delà d'une certaine densité de courant, mais sans que cela n'entraîne pour autant une
dégradation irréversible des cellules.

Nous nous sommes également engagés dans la réalisation de cellules mieux adaptées aux fortes
concentrations. Après une phase de modélisation de structures et de design de grilles de collecte de courant,
des cellules ont été réalisées par Epitaxie par Jets Moléculaires. Pour des raisons pratiques, des cellules GaSb
ont d'abord été réalisées et testées sous haut flux solaire, puis des cellules en GaAs. Des structures tandem
monolithiques plus performantes en GaAs/GaSb et AlGaAsSb/GaSb ont finalement été modélisées et sont en
cours de réalisation.

Les premiers tests de cellules sous très haut flux ont été réalisés avec un système de refroidissement actif
conventionnel, mais des simulations donnant l'élévation de température de la cellule en fonction de ses
dimensions, du niveau de flux solaire et du mode de refroidissement utilisé ont montré l'intérêt de systèmes de
refroidissement plus performants, tant passifs qu'actifs. Des expériences ont confirmé que des systèmes
passifs combinant radiateurs à ailettes et caloducs permettaient de refroidir efficacement des cellules de
plusieurs mm2 jusqu'à au moins 4000 soleils. L'adjonction d'un ventilateur permet d'atteindre des concentrations
de 10000 soleils sans surchauffe; mais pour des cellules de plus grandes dimensions, il faut utiliser des
systèmes actifs alliant par exemple jets d'eau impactants et microcanaux.

54
SOLINTENSE « Intensification des transferts dans les récepteurs solaires à gaz
pressurisé à haute température »

Coordonnateur : Gilles Flamant, Lab. Procédés, Matériaux et Energie Solaire, PROMES, UPR 8521, Font-
Romeu.

Partenaires : voir détails page 108


Lingai Luo, Laboratoire Optimisation de la Conception et Ingénierie de l’Environnement (LOCIE), FRE 3220,
Campus Scientifique, Le Bourget du lac.
Igor Smurov, DIPI, Diagnostic et Imagerie des Procédés Industriels, EA 3719, ENISE, Saint-Etienne

Ce projet vise à atteindre trois objectifs majeurs :

Développer des outils de conception des récepteurs solaires à haute température à partir des concepts
des échangeurs compacts en assurant une distribution du fluide homogène, une faible perte de charge et
un coefficient de transfert fluide-paroi élevé.

Fabriquer des microrécepteurs solaires par une technologie originale : le frittage laser.

Qualifier les performances des récepteurs solaires dans une vaste gamme de conditions
expérimentales à l’aide de fours solaires.

Le micro-récepteur conçu par PROMES et LOCIE a été réalisé par DIPI-ENISE. Il est représenté sur la figure 1.
Cet élément (30 mm x 30 mm) a été conçu à partir d’une analyse détaillée de la bibliographie. Il comprend des
microcanaux (1 mm de diamètre) et des zones de mélanges (à 90° des entrées et sorties).

Fig. 1a : Micro-récepteur conçu par PROMES et LOCIE Fig. 1b : Micro-récepteur réalisé par DIPI-ENISE
par frittage laser.

Les résultats de simulation des performances de cet élément montrent en particulier que des coefficients
d’échange équivalents de l’ordre de 1900 W/m2.K sont atteignables. Les essais doivent être réalisés au
printemps 2011.

55
OTOGETH « Optimisation Technologique d’Oxydes pour la Génération Electrique Haute
Température »

Coordonnateur : Christophe Goupil, CNRT Matériaux de Normandie, UMS 3318, Caen

Partenaires : voir détails page 108


Michael Pollet, ICMCB, UPR 9048, Pessac
Emmanuel Guilmeau, Jacques Noudem, Sylvain Marinel, CRISMAT, UMR 6508, Caen
Gilles Fraisse, Julien Ramousse, Christophe Ménézo, LOCIE, FRE 3220, Le Bourget le lac

Dans la perspective d’une réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre, toutes les voies de
production d’énergie « propre » ou de réduction de consommation énergétique doivent être explorées. Ainsi la
génération d'électricité à partir de chaleur perdue aux moyens de modules thermoélectriques (effet Seebeck)
représente un réservoir d'énergie « propre » conséquent. Le développement croissant des programmes de
recherche traitant de la thermoélectricité dans le monde, principalement au Japon et aux Etats-Unis, démontre
tous les intérêts technologiques et économiques qu’apporte la thermoélectricité.

La communauté scientifique est très fortement mobilisée sur les volets matériaux de ces recherches afin d’en
optimiser le facteur de mérite, qui caractérise la capacité de transformation Chaleur-Travail d’un matériau.
L’essentiel des efforts est porté sur les matériaux intermétalliques dont les performances sont bonnes et dont la
mise en œuvre technologique reste maitrisée car elle s’approche de celle des alliages métalliques. En revanche
ces matériaux souffrent d’une mauvaise tenu en température due fait des processus de diffusion aisés et de
leur faible résistance à la corrosion sous atmosphère oxydante.

Dans ce contexte, les matériaux oxydes offrent des avantages certains en termes de stabilité chimique et
mécanique, de coût et de toxicité. Les oxydes thermoélectriques seront donc appelés à jouer un rôle certain
dans la production thermoélectrique.

Cependant la place actuellement occupée par les oxydes thermoélectrique reste actuellement marginale, en
raison principalement de leur délicate mise en œuvre. En effet les dispositifs à base d’oxyde souffrent de
plusieurs verrous technologiques :

Résistances de contact électrique élevées résultant de l’inadaptation entre matériaux thermoélectriques et


matériau d’électrode métallique.

Résistances de contact thermique importantes résultant de procédés d’assemblage dédiés aux


applications à basse température et donc inadaptés

Architectures thermique et géométrique des dispositifs totalement inadaptées à des générateurs hautes
températures, en particulier, en raison des contributions radiatives.

Le projet OTOGEHT se propose d’adresser ces trois problèmes afin de lever les verrous technologiques dont
souffrent aujourd’hui les oxydes thermoélectriques.

56
VECTEURS

MENOXHY « Développement de nouvelles membranes céramiques et hybrides de non -


oxydes pour la séparation de l’hydrogène »,

Coordonnateurs : David Cornu et Vincent Rouessac, Institut Européen des Membranes (IEM), UMR 5635,
Montpellier

Les partenaires : voir détails page 110


Philippe Miele, Laboratoire des Multimatériaux et Interfaces (LMI), UMR 5615, Villeurbanne
Nadine Delbianco, Céramiques Techniques et Industrielles (CTI), Salindres

L'hydrogène industriel est actuellement généré par des procédés de gazéification ou reformage qui conduisent
à un mélange composé au minimum de H2, CO et/ou CO2. Son utilisation pour différentes applications, et
notamment comme combustible de piles, nécessite donc une étape préalable de purification. Les membranes
sélectives à H2 permettent d’effectuer cette opération à moindre coût et de manière continue. L’objectif de cette
étude concerne le développement de nouvelles membranes inorganiques non-oxydes dont la stabilité chimique
et thermique permettrait d’augmenter significativement la durabilité des dispositifs de purification,
particulièrement dans le domaine des hautes températures.

Des membranes hybrides a-SiCxNy:H sont actuellement élaborées à l’IEM par PECVD à partir de
l’hexaméthyldisilazane, (Me3Si)2NH (disponible commercialement). Le procédé plasma développé au
laboratoire permet d’ajuster dans une certaine latitude la composition chimique de la couche hybride déposée
(stœchiométrie) en jouant sur la nature de l’atmosphère de dépôt (hydrocarbures, amines, ammoniac, etc.). Il
ne permet cependant pas, de façon simple, l’introduction d’un nouvel élément chimique avec une
reproductibilité élevée et une homogénéité à l’échelle atomique. Par ailleurs, les procédés de dépôt de
membranes par voie liquide utilisent généralement des solutions de précurseurs commerciaux, ce qui limite la
gamme des membranes ainsi accessibles. L’objectif de cette étude est de dépasser ces compositions définies
autour du ternaire « Si-C-N » pour étudier des phases plus complexes (« Si-M-C-N » (M : métalloïde ou métal
de transition) susceptibles de présenter des performances accrues, tant en terme de durabilité que de
perméance et de sélectivité.

Les premiers résultats de ce projet seront présentés. Ils concernent la préparation de supports poreux
compatibles avec le dépôt de membranes de non-oxydes. Des polymères inorganiques commerciaux de type
polysilazane, éventuellement chimiquement modifiés par l’introduction de métaux de transition, ont été utilisés
pour la réalisation (par spin-coating) de membranes et/ou couches poreuses intermédiaires entre les supports
et les membranes plasma. Pour la réalisation de dépôts par PECVD, des précurseurs moléculaires volatils ont
été synthétisés.

57
STEPPES « Nanotubes de TiO 2 ordonnés pour le développement de photoanodes pour la
production d'hydrogène sous illumination solaire »

Coordonnateurs : Sergey Pronkin, Nicolas Keller, Laboratoire des Matériaux, Surfaces et Procédés pour la
Catalyse (LMSPC), UMR 7515, Strasbourg

Les partenaires : voir détails page 109


Thomas Cottineau, Valérie Keller, LMSPC, Equipe 'Photocatalyse et Nanostructures', UMR 7515, Strasbourg
Elena Savinova, LMSPC, Equipe 'Electrocatalyse, Surfaces et réactivité', UMR 7515, Strasbourg

Le projet consiste à développer des photoanodes nanostructurées performantes à base de films de nanotubes
de TiO2 verticalement alignés pour la production d’hydrogène par dissociation de l’eau sous irradiation solaire. Il
relève des thématiques ‘Maintien du cap sur l’hydrogène’ et ‘Production d’hydrogène économe en CO2’, et vise
une production d’hydrogène à zéro émission de carbone. Cette étude doit conduire à la mise au point d'une
nouvelle cellule photoélectrocatalytique constitué d'une photoanode de nanotubes de TiO2 alignés activés par la
lumière solaire.

Tout d'abord, deux voies de synthèse ont été explorées, hydrothermale et électrochimique. La voie
hydrothermale a été écartée, car, si la synthèse s'avère flexible, et modifiable avec l'ajout d'urée pour doper les
nanotubes à l'azote et augmenter l'absorption dans le domaine du visible, les nanotubes présentent un
rendement de photoconversion faible.

La voie de synthèse électrochimique a été privilégiée, i.e. par


anodisation contrôlée d'une feuille de titane métallique en
présence d'ions fluorures. Un exemple d'image MEB d'un film
de nanotubes est présenté. Une étude paramétrique a été
réalisée, et les propriétés morphologiques des nanotubes
alignés (longueur, diamètres interne et externe,…) sont à
présent contrôlables par les conditions de synthèse
(électrolyte, pH, température, potentiel et durée
d'anodisation).

Les mesures de rendement de conversion de ces


photoanodes ont été menées dans une cellule 0.025 H3PO4 (P)
G L=2.9 m
photoélectrochimique à trois électrodes, en milieu acide. Glycérol (G)
Une forte dépendance du photocourant vis-à-vis de la 0.020 Eth. Glycol (EG)
Rendement (%)

P L=1.5 m
longueur des nanotubes (L en µm) et de l'électrolyte
utilisé pour la synthèse est observé : le rendement dans la 0.015 G L=1.3 m
Figure ci-contre s'exprime comme [E(produite) -
E(électrique appliquée)] / E(solaire incidente, visible et 0.010 EG L=1.4 m

UV). Les résultats d'XPS indiquent que des hétéro- EG L=4.5 m


0.005
éléments (P, F, N…) induits par la synthèse sont présents
dans la structure. Ils peuvent être responsables d'une 0.000
EG L=11 m
augmentation/inhibition de la conversion photo- -0.6 -0.4 -0.2 0.0 0.2
électrochimique. Des tests de photoluminescence en E (V vs MSE)
température sont en cours pour étudier les mécanismes
qui induisent ces différences d'activités via la connaissance de l'énergie et de la concentration des excitons.

A l'avenir, il est prévu de suivre en continu la formation d'hydrogène à la cathode, et d'oxygène à la


photoanode. De plus, des modifications de la photoanode sont menées pour améliorer le rendement de
conversion soit par l'ajout de particules de catalyseur ou par dopage du TiO 2 pour améliorer l'absorption
lumineuse dans le domaine visible.

58
HY-GEO « Caractérisation des processus de production d’hydrogène induits par
l’altération hydrothermale de minéraux ferromagnésiens »

Coordonnateur : Muriel Andréani, Laboratoire des Sciences de la Terre, UMR 5570, Lyon.

Les partenaires : voir détails page 109


Isabelle Daniel, Razvan Caracas, Laboratoire des Sciences de la Terre, UMR 5570, Lyon.
Aline Auroux, Simona Benici, Institut de recherches sur la catalyse et l’environnement, IRCELYON, UMR 5256
Philippe Gouze, Marguerite Godard, Benoit Gibert, Linda Luquot, Géosciences Montpellier, UMR 5243

De l’hydrogène est produit naturellement au niveau de champs hydrothermaux océaniques ou continentaux par
réaction hydrothermale entre de l’eau et des minéraux ferromagnésiens de type olivine et pyroxène (réaction de
serpentinisation - e.g. A pour l'olivine) :

6 (Mg,Fe)2SiO4 + 8H2O  3 (Mg,Fe)3 (Si, Fe)2O5 (OH)4 + (Mg,Fe)(OH)2 + Fe3O4 + H2 (A)


Olivine Serpentine Brucite Magnetite

Cette source énergétique est un système propre n’impliquant pas de carbone. L'étude de ces sites montre
aussi qu'une partie de l’hydrogène ainsi produit peut réduire le CO2 dissout dans l’eau pour produire du CH4 et
des molécules organiques via une réaction supposée de type Fischer-Tropsch (B) mais en phase aqueuse, et
dont on ne connaît pas encore les cinétiques ni les facteurs de contrôle (ex : effets catalytiques) :

4 H2 + CO2  CH4 + 2 H2O +/- molécules carbonées (B)

Le CO2 peut aussi réagir directement avec les minéraux ferromagnésiens, ce qui le piège sous forme minérale
via une réaction dite de carbonatation:

(Mg,Fe)+SiO4 + 2 CO2  2 (Mg,Fe)CO3 + SiO2 (C)

Le présent projet est dédié à l'étude des mécanismes réactionnels mis en jeu dans la production d’H2 naturel
par serpentinisation, versus ceux responsables de sa consommation, donc en présence ou non de CO 2. Cette
étude constitue une étape amont visant à déterminer le potentiel de ces réactions naturelles méconnues pour
une production propre de dihydrogène, en parallèle d’une possibilité de stockage ou de recyclage du CO 2 en
matière carbonée valorisable. Pour cela nous utilisons une étude intégrée comprenant tout d’abord l’analyse de
systèmes naturels océaniques afin d’identifier les phases pouvant jouer un rôle réactif et/ou catalytique. Cela
est complété par deux approches expérimentales complémentaires. La première permet de reproduire les
réactions de serpentinisation en conditions hydrothermales en cellule enclume diamant (CED) et de mesurer in
situ par spectrométrie Raman l’évolution des phases solides et la composition du fluide. La seconde approche,
par percolation réactive, permet de caractériser le rôle de la dynamique de l'écoulement sur le rendement et la
pérennité des réactions naturelles.

Les expériences en CED ont permis un premier résultat important qui montre la forte influence de la présence
d’Al en solution sur la cinétique de serpentinisation : moins de 48h sont nécessaires pour totalement
serpentiniser de l'olivine au lieu de plusieurs semaines sans Al. Dans ce cas, Mg est alors plus abondant en
solution ce qui favorise la formation de carbonates au lieu de CH4 en présence d'une faible PCO2. La prochaine
étape est de préciser le rôle de certains minéraux accessoires observés dans les échantillons naturels et
présentant un potentiel catalytique, comme les alliages FeNi et les oxydes de Fe-Cr. Les expériences réalisées
par percolation réactive au travers de frittés d’olivine ont également permis de produire de la serpentine et un
oxyde de fer avec un taux de serpentinisation de 20% en 125h (sans Al). En présence d'une forte PCO 2
(dissout), une forte hétérogénéité réactionnelle est observée avec précipitation des carbonates (type MgCO 3)
en entrée de l’échantillon et de la serpentine localisée en sortie, donc après une phase de consommation du
CO2. Ces taux de réactions doivent désormais être mesurés et comparés pour d'autres débits et avec ajout
d’Al.

59
PILES A COMBUSTIBLE

AMELI-OPt « Assemblages Membrane ELectrodes Innovants pour Pile Alcaline à


Membrane Sans Platine »

Coordonnateur : Christophe Coutanceau, LACCO, UMR 6503, Poitiers

Les partenaires : voir détails page 105


Pascal Brault, Groupe de Recherches sur l'Energétique des Milieux Ionisés, GREMI, UMR 6606, Orléans
Serguei Martemianov, Institut PPRIME, UPR 3346, Poitiers
Stéphanie Roualdès, Institut Européen des Membranes (IEM), UMR 5635, Montpellier

L’objectif principal du projet AMELI-0Pt consistait à valoriser un des sous produits de la réaction de
transestérification pour la production des esters méthyliques d’huiles végétales (EMHV), ajoutés à raison de 5%
au gazole : le glycérol. Parce que tous les atomes de carbone de ce polyol portent une fonction alcool, il a été
supposé qu’il serait assez facilement oxydable au sein d’une pile à combustible, permettant ainsi la production
d’énergie électrique pour des applications nécessitant de petites puissances (portables). Pour réaliser cette
réaction, l’utilisation de piles à membrane alcaline de type SAMFC (Solid Alkaline Membrane Fuel Cell) a été
privilégiée : les réactions mises en jeu au sein de la pile (réduction de l’oxygène à la cathode et oxydation de
l’alcool à l’anode) possèdent des cinétiques plus élevées qu’en milieu acide, ce qui laisse entrevoir la possibilité
d’’utilisation de catalyseur sans platine.

Des catalyseurs à base de Pt, Pd, Au, Ni et Bi de différentes compositions atomiques ont été synthétisés, soit
par voie chimique (LACCO), soit par pulvérisation plasma (GREMI) et caractérisés ; leurs activité et sélectivité
vis à vis de l’oxydation du glycérol ont été évaluées. Les catalyseurs bimétalliques Pd xAu1-x/C, PdxNi1-x/C,
PdxBi1-x/C et PtxBi1-x/C, et trimétalliques Pt1-x-yPdxBiy/C ont présenté une excellente activité électrocatalytique
vis-à-vis de la réaction d’oxydation du glycérol. L’ordre d’activité est: Pt0.45 Pd0.45 Bi0.1/C = Pt0.9 Bi0.1 > Pt = Pd0.9
Bi0.1 > Pd0.3 Au0.7 /C > Pd0.5 Au0.5 /C > Pd0.5 Ni0.5 /C > Pd0.7 Ni0.3 /C. Les expériences électrochimiques couplées à
la spectroscopie infrarouge in situ, à la HPLC et à la RMN ont montré que la distribution des produits
d’électrooxydation dépendait du catalyseur employé et du potentiel d’électrode appliqué. Les catalyseurs de Pt
et Pd monométalliques et modifiés par du bismuth conduisent à des lactates, glycérates et tartronates. La
formation d’hydroxyacétone, d’hydroxypyruvate, de lactate et de formate a été obtenue sur de l’or pur.

Enfin, une étude faisant appel à un plan d’expédiences simple a été réalisée au LET afin de déterminer les
meilleures conditions de tests en pile (concentrations de glycérol, concentration d’ions hydroxyles, contre-ions,
méthode de dépôt des catalyseurs, etc.). Le traitement de membranes électrolytiques commerciales par plasma
d'argon a permis d'augmenter les performances de pile; il est apparu qu'une meilleure gestion de l'eau aux
électrodes et une diminution du crossover de glycérol étaient à l'origine de cette amélioration. Il ainsi pu être
montré que les performances de piles pouvaient être fortement améliorées en optimisant ces divers
paramètres.
Les avancées obtenues au cours du projet AMELI-0Pt, ambitieux et difficile, ont permis de démontrer la
faisabilité d’un réacteur électrochimique permettant de combiner la production simultanée d’énergie électrique
(pile à combustible) et de composés pour l’industrie chimique (réacteur d’électrosynthèse).

Ce nouveau concept ouvre de nouvelles perspectives quant aux domaines d’application des piles à
combustible (autres que transport, spatial, portable, nomade, stationnaire). Il ouvre la possibilité à une industrie
de produire des composés chimiques à haute valeur ajoutée à partir de sous-produits issus des agro-
ressources, de façon propre (chimie verte) et tout ou partie de son énergie électrique pour faire fonctionner le
procédé. Plusieurs publications et communications internationales sont issues de ce projet. Cependant, la mise
en commun de toutes les briques n'a pas été pleinement réalisée et sera accomplie dans les semaines à venir.

60
CO-CONPAC « CO-CONception d’un cœur de Pile A Combustible PEM associé à son
convertisseur statique »

Coordonnateur : Christophe Turpin, LAPLACE, UMR 5213, Toulouse

Les partenaires : voir détails page 107


Daniel Hissel, FEMTO-ST/ FCLAB, UMR 6174, Belfort
Jacques Rozière, ICGM – AIME, UMR 5253, Montpellier
Fabien Harel, INRETS/FCLAB, Belfort

Dans le cadre du précédent appel à projets CNRS PIE 2008, un projet exploratoire (intitulé CONPAC) visant à
évaluer l’impact des ondulations de courant haute fréquence (liées à la présence du convertisseur statique de
sortie d’une pile à combustible) sur la durée de vie de cette dernière avait été retenu (projet exploratoire mené
entre les laboratoires FEMTO-ST/FCLAB de Belfort et LAPLACE de Toulouse). Au niveau du cœur de PAC,
ces ondulations de courant haute fréquence sont a priori filtrées par les phénomènes de double couche qui
protègent ainsi les sites catalytiques, mais les membranes n’en sont pas protégées.

Malgré tout, des études menées à ce jour, il ressort qu’il y aurait une réduction significative de la durée de vie
de la pile à combustible (de l’ordre de 5% à 10% pour une pile de type PEMFC) vis-à-vis d’un vieillissement
obtenu dans les mêmes conditions opératoires, mais sans ondulation de courant à haute fréquence. Cela reste
encore à confirmer. Il convient d’ajouter à ce constat expérimental que, systématiquement, est inséré entre la
PAC et le convertisseur statique un système de filtrage (pouvant être très volumineux et coûteux) pour protéger
la PAC contre les ondulations de courant hautes fréquences.

Ces deux constats nous laissent imaginer qu'une co-conception d'une association "cœur de PAC" /
convertisseur statique" dès l'origine permettrait 1) d’augmenter la durée de vie de la PAC en présence d'une
ondulation haute fréquence du courant, 2) d’utiliser la capacité de double couche équivalente de la PAC pour
assurer le rôle de système de filtrage. Cette co-conception pourrait optimiser le volume et le coût du système
complet, tout en garantissant une grande durée de vie.

Dans le cadre de ce projet, une nouvelle campagne d’essais sur les impacts des harmoniques de courant sur
un cœur de PAC a été réalisée. Un stack de 5 cellules de 100cm² alimenté en H2/air a été soumis à deux
campagnes de 1000h: la première avec un courant comportant une composante alternative triangulaire haute
fréquence (type convertisseur DC-DC boost), la seconde avec un courant parfaitement constant. Entre les deux
campagnes les AMEs du stack ont été nécessairement changées puisque dégradées à l'issue de la première
campagne. Dans un déroulement idéal, la comparaison entre les deux campagnes doit mettre en évidence
l'impact des seuls harmoniques de courant. Il s'avère au final que nous ne sommes pas dans ce cas idéal
puisque les performances ont plus chuté dans le deuxième cas. Malgré tout, il semblerait possible de postuler
pour une dégradation accélérée des membranes soumises à des ondulations de courant haute fréquence.
Dans ce projet, il est illustré, une nouvelle fois, toute la difficulté de mener de tels essais et de conclure
assurément. A l'avenir, il faudrait être capable de tester simultanément plusieurs piles afin de pouvoir effectuer
des statistiques et lisser les aléas expérimentaux.

61
SWCNT/HDL-Biopiles « Conception de Biopiles à base de Nanotubes de carbon e
monofeuillets (SWCNTs) et d’Hydroxydes doubles lamellaires (HDL) »

Coordonnateur : Serge Cosnier, Département de Chimie Moléculaire, UMR 5250, Grenoble

Les partenaires : voir détails page 105


Michael Holzinger, Chantal Gondran, Dan Shan, Shou-Nian Ding, Karine Gorgy, Abdelkader Zebda, Fabien
Giroud, Département de Chimie Moléculaire, UMR 5250, Grenoble.
Christine Mousty, Claude Forano, Joël Celier, Yvens Cheremond, Laboratoire des Matériaux Inorganiques,
UMR 6002, Clermont-Ferrand.
Christophe Innocent, Sophie Tingry, Abdelkader Zebda, Institut Européen des Membranes, UMR 5635,
Montpellier.

Durant ce projet, les compétences complémentaires des trois laboratoires ont été mises à profit pour
développer de nouveaux concepts de biomatériaux d’électrodes, de nouvelles configurations d’électrodes et
finalement des biopiles à glucose et oxygène innovantes. Ainsi des matériaux hybrides bio-inorganiques
mésostructurés, permettant simultanément une immobilisation et une connexion électrique des enzymes, ont
été synthétisés. Les enzymes Laccase (Lac) et glucose oxydase (GOx) ont été immobilisées avec succès dans
des matrices hybrides hydroxydes doubles lamellaires (HDL) du type Zn2Cr-X et Zn2Al-X intercalées par un
médiateur redox (X). Les Hydroxydes Doubles Lamellaires (HDL) sont des matériaux synthétiques exhibant des
propriétés d'échange d'anions qui ont été exploités pour intercaler des médiateurs rédox organiques portant un
ou deux groupements sulfonates ou des complexes métalliques, susceptibles de connecter la GOx et la
laccase. Ces matériaux hybrides ont été caractérisés par DRX, FTIR, UV-Vis et par voltammétic cyclique [1].

Afin d'améliorer le transport de charge dans la couche de LDH redox et la communication électrique avec la
laccase immobilisée, des nanotubes de carbone monofeuillets (SWCNTs) ont été intercalés dans le biofilm
laccase-[ZnCr-ABTS] LDH. Pour obtenir une dispersion aqueuse de SWCNTs et faciliter l’intercalation des
nanotubes entre les particules LDH chargées positivement, des groupements hydroxyles et carboxyliques ont
été générés sur les nanotubes par oxydation chimique. Une augmentation des performances des biopiles pour
une quantité croissante de SWCNTs a ainsi pu être obtenue illustrant le rôle des nanotubes dans la connexion
électrique des enzymes et le processus du transport des électrons [2].

Différentes configurations de biopiles basées sur des composites argiles rédox-polymères ou argiles rédox-
SWCNTs ont été développées soit sur des supports conventionnels (disque de carbone) soit sur des structures
tubulaires poreuses de carbone [1]. Un nouveau concept de formation de bioélectrode par compression de
particule de graphite, d’enzyme et de médiateur rédox a également été mis au point et un principe original de
biopile à pH a été démontré [3,4].

[1] Zebda, S. Tingry, C. Innocent, S. Cosnier, C. Forano, C. Mousty, Electrochim. Acta, acceptée
[2] S.-N. Ding, M. Holzinger, C. Mousty, S. Cosnier, J. Power Sources, 195 (2010) 4714-4717
[3] S. Cosnier, D. Shan, S. Ding, Electrochem. Commun., 12 (2010) 266-269.
[4] F. Giroud, C. Gondran, K. Gorgy, A. Pellissier, F. Lenouvel, P. Cinquin, S. Cosnier, J. Power Sources, 196
(2011) 1329-1332.

62
CHAINE DU CARBONE

PYCATMIS « Capture du CO 2 associée aux réactions catalytiques de pyrolyse /


gazéification de Miscanthus ou de mélanges Miscanthus / bois »

Coordonnateur : Alain Kiennemann, LMSPC, UMR 7515, Strasbourg

Les partenaires : voir détails page 108


René Gruber, LCME, EA 4164, Metz
Yann Rogaume, LERMAB, EA 4370, Vandœuvre-lès-Nancy
Claire Courson, LMSPC, UMR 7515, Strasbourg

Les objectifs du projet PYCATMIS concernent le conditionnement de la biomasse (Miscanthus et bois) adapté
au réacteur de gazéification, la construction et la mise au point d'un réacteur pilote de gazéification spécifique
pour la matière première choisie (lit fluidisé dense) ainsi que le design d’un catalyseur permettant de
promouvoir la gazéification du Miscanthus/bois, avec absorption de CO2, pour favoriser l'élimination des
goudrons et la production d’hydrogène.
Les matières premières utilisées sont du bois (sciure de résineux des Vosges) et de la paille de Miscanthus X
Giganteus (MXG). Au LCME, des expériences de production de granulés par extrusion ont été réalisées sur
une extrudeuse à bivis corotatives. L'ajout de polyéthylène (PE), considéré comme un déchet, peut modifier les
propriétés rhéologiques des mélanges précédents et conforter le pouvoir calorifique de la biomasse. Dans ces
conditions, des joncs de 3mm de diamètre, taille adéquate pour le réacteur de gazéification, ont été produits.
Les quantités élevées de PE utilisées (supérieures à 20%) sont imposées par le procédé d’extrusion. L’effet du
glycérol (déchet ex-biodiesel), en tant que liant plastifiant, sur le comportement rhéologique de la biomasse a
été testé.
Le réacteur de type lit fluidisé mis en place au LERMAB a été conçu pour étudier la pyrolyse/gazéification de
granulés de mélanges Miscanthus/bois. Il a été dimensionné pour un débit de biomasse de 300g/h. Le domaine
de température étudié se situe entre 650°C et 800°C. La fluidisation est obtenue en alimentant le réacteur avec
de la vapeur d’eau à 500°C (biomasse/eau=50/50) ce qui génère un gaz plus riche en H2 qu'avec une
fluidisation à l’azote et autorise aussi les réactions de gazéification. Ces dernières sont cinétiquement
beaucoup plus lentes que la pyrolyse en elle-même et conduisent à une accumulation de charbon, limitant ainsi
la durée d’utilisation du réacteur à environ 3 heures. La régénération indispensable du lit est réalisée par
substitution de la vapeur d’eau par de l’air pour oxyder le charbon résiduel.
Les gaz issus de la pyrolyse/gazéification traversent une série de trois condenseurs. Ils passent alors dans un
compteur à gaz avant d’être analysés en continu par un spectromètre IRTF (CO, CO2, CH4, C2H4, C2H6) puis
sont envoyés vers un système d’échantillonnage pour une analyse semi-continue par GC de H2, N2, C2H2 en
plus des gaz précédents. Le prélèvement des goudrons se fait dans différents barboteurs (type "tar-protocol").
Des essais de faisabilité réalisés sur du bois conduisent à une production de l'ordre de 6Nl/min de gaz secs soit
1,2Nm3 de gaz secs par kg de biomasse (en adéquation avec la littérature). A 800°C, la composition des gaz,
proche de celle de la littérature, est :
CO2 CO CH4 C2H4 C2H6
19-23% 22-32% 8-15% 0,9-1,6% Non détecté
Des essais à plus basse température incluant l'ajout de l'absorbant/catalyseur dans le lit fluidisé et l'analyse des
goudrons (LCME), par spectroscopie UV ou chromatographie planaire, sont prévus.
Plusieurs absorbants/catalyseurs Fe/CaO ont été préparés au LMSPC à partir de trois précurseurs de CaO et
de deux sels de fer. L’effet de la température de calcination (600 - 900°C), du précurseur de CaO, du sel de fer
et des conditions de préparation (imprégnation, sol-gel, mélange mécanique) sur les propriétés
physicochimiques et sur la capacité d’absorption de CO2 a été étudié. Les absorbants ont été caractérisés par
différentes techniques telles que la Diffraction des Rayons X (DRX), la BET et la Réduction en Température
Programmée (TPR) et leur capacité d’absorption évaluée. Le choix final s’est porté sur une préparation par
mélange mécanique des acétates de calcium et de fer suivi d’une calcination à 750°C. Cette voie conduit à la
meilleure efficacité d’absorption de CO2 mais aussi, dans les conditions réductrices de la gazéification, à la plus
grande teneur en fer métallique, responsable de la rupture des liaisons C-C des aromatiques constituant les
goudrons. Compte tenu de la méthode de préparation, l’extrapolation d’échelle ne devrait pas poser de
problème pour alimenter le réacteur.
63
DISCO 2 « Dissociation thermochimique et recyclage du CO 2 en combustible solaire »

Coordonnateur : Stéphane Abanades, Laboratoire Procédés, Matériaux et Energie Solaire (PROMES), UPR
8521, Font-Romeu

Les partenaires : voir détails page 107


Anne Julbe, Institut Européen des Membranes (IEM), UMR 5635, Montpellier

Afin de réduire les émissions de CO2 dans l’atmosphère, une solution proposée aujourd’hui est la capture et la
séquestration géologique du CO2, mais la sûreté à long terme de ce type de stockage doit être garantie. En tant
que solution alternative et durable, l’étude a pour objectif global de développer des procédés thermochimiques
solaires innovants permettant de recycler et de valoriser le CO2 émis par les procédés industriels.

La décomposition thermique directe du CO2 nécessite des températures supérieures à 2500°C pour obtenir des
taux de dissociation significatifs. L’approche proposée doit permettre une diminution importante de la
température de dissociation du CO2 par la mise en œuvre d’un procédé cyclique. Selon ce principe, l’oxyde
métallique subit une réduction thermique libérant ainsi l'oxygène de son réseau cristallin dans une première
étape (étape solaire), puis le sous oxyde réduit dissocie CO2 en captant l'oxygène (génération CO).
L’objectif est d’utiliser l’énergie solaire concentrée en tant que source de chaleur à haute température.

Les travaux proposés dans ce projet ont pour objectifs l’identification et la caractérisation des systèmes
thermochimiques conduisant à la conversion de CO2, et la mise au point de nouveaux matériaux réactifs.
Concernant les systèmes comme ZnO/Zn et SnO2/SnO, l’étude a porté sur l’étape de réduction à haute
température afin de définir les conditions opératoires (T, P, trempe), et sur l’étape de dissociation de CO 2 à
basse température (rendements chimiques et études cinétiques).

Les travaux ont permis de mettre au point et qualifier un premier concept de réacteur solaire rotatif en
fonctionnement continu, puis de concevoir un nouveau réacteur solaire plus efficace et de suivre plusieurs de
ses paramètres opératoires au cours du temps (températures, teneur O2 en sortie de réacteur), ce qui a permis
de produire par voie solaire de la poudre de Zn ou SnO (matériaux actifs) en quantités significatives pour
l’étape exothermique, et de caractériser les cinétiques de dissociation de ZnO et SnO2 à haute température.

Les matériaux produits ont été caractérisés par DRX, MEB et mesures BET. Les poudres sont formées
d’agglomérats de nanoparticules (10-50 nm) ayant une grande surface spécifique. De plus, la réaction de
recombinaison de Zn et SnO avec O2 pénalisant l’étape de réduction solaire a pu être caractérisée
(identification des paramètres cinétiques) à l’aide d’une méthode inverse associant les résultats de
caractérisation chimique des poudres à un modèle de réacteur. La réaction de dissociation de CO2 à partir de
poudre de zinc a été étudiée à l’aide d’un lit fixe couplé à un analyseur de CO/CO 2 en fonction de la
température et de la teneur en CO2. Les résultats montrent que la poudre de zinc synthétisée par voie solaire
est réactive vis à vis de CO2. Des oxydations quasi totales de Zn et SnO produits par voie solaire ont été par
ailleurs observées en ATG sous CO2 avec des cinétiques différentes.

64
ReformagePlasmacat « Procédé de reformage CH 4 +CO 2 et production de gaz de synthèse
par le couplage plasma/catalyse »

Coordonnateur : Mehrdad Nikravech, Laboratoire des Sciences pour les Procédés et Matériaux, LSPM, UPR
3407, Villetaneuse

Les partenaires : voir détails page 108


Brahim Sarh, Institut de Combustion, Aérothermique, Réactivité et Environnement (ICARE), UPR 3021, Orléans
Sylvie Bonnamy, Centre de Recherche sur la Matière Divisée (CRMD), UMR 6619, Orléans
Jean-Michel Tatibouët, Laboratoire de Catalyse en Chimie Organique (LACCO), UMR 6503, Poitiers

L'objectif de ce projet est de développer des catalyseurs ayant un couplage efficace avec les décharges
électriques dans des procédés de reformage et plus particulièrement pour la valorisation des gaz à effet de
serre CH4 et CO2.

Pour réaliser cet objectif l'équipe LSPM a mis en œuvre, d'une part, un procédé de reformage plasma-
catalyseur comportant deux types de réacteur de décharge (i) un réacteur de décharge de surface en
configuration plane et (ii) un réacteur de décharge à barrière diélectrique (DBD) en configuration fil-cylindre.
D'autre part l'équipe LSPM a développé un nouveau dispositif Fluidized Spray Plasma permettant le dépôt de
couches nanostructurées de catalyseur sur la surface de support granulaire disposé en lit fluidisé dans un
réacteur plasma basse pression. Ce dispositif a permis de réaliser le dépôt de couches d'oxyde de zinc dopé à
6% au cuivre sur la surface de billes d'alumine de 3 mm de diamètre. Ce dispositif fait l'objet d'une modélisation
par l'équipe d'ICARE.

Des expériences de reformage de mélange de CH4+CO2 ont été réalisées dans diverses configurations. Des
taux de conversion de plus 70% pour le CH4 et de plus de 50% pour le CO2 sont obtenus dans les deux types
de réacteurs. En absence de particules solide le réacteur DBD fil-cylindre donne un meilleur taux de conversion
que le réacteur de décharges de surface. En présence de particules d'alumine les taux de conversion obtenus
sont meilleurs dans le réacteur de décharge de surface par rapport au réacteur volumique. On observe
clairement que la présence de particules d'alumine dans les deux réacteurs améliore le taux de conversion de
CH4 de plus de 10% et celui du CO2 entre 7 et 10%. Les particules d'alumine recouvertes de couches minces
de ZnO-Cu6% permettent d'augmenter de 6 à 7% le taux de conversion par rapport aux particules d'alumine
seules. Le mécanisme de formation de suie des mélanges à faible teneur en CO2 est à l'étude au CRMD.

Parallèlement l'équipe du LACCO a effectué tout d'abord une étude en absence de catalyseur à l'aide d'un
réacteur cylindrique de symétrie coaxiale avec une décharge plasma de type DBD volumique obtenue par une
excitation électrique pulsée. Ensuite, un catalyseur (Ni/Al2O3) supporté sur un monolithe formé d'une mousse
céramique a été introduit dans la zone plasma afin d'en évaluer les effets sur la conversion et les sélectivités.
Enfin une comparaison entre une activation électrique sinusoïdale (1,6 w) et pulsée (3,3 w) a été effectuée.

Il apparait très nettement que la présence du catalyseur ne semble avoir un effet positif que dans le cas de
l'alimentation sinusoïdale avec laquelle nous atteignons des conversions du méthane et du CO 2 équivalentes à
celles obtenues avec l'alimentation pulsée, bien que l'énergie déposée soit deux fois plus faible. Il est alors
vraisemblable que dans le cas du dépôt d'énergie pulsé, les espèces activées par le plasma puissent réagir
directement en phase gazeuse sans l'aide du catalyseur. Dans le cas de l'alimentation sinusoïdale, où les
espèces activées sont à un niveau d'énergie plus faible, la réaction en phase gazeuse est limitée et seule
l'assistance du catalyseur (qui abaisse le seuil énergétique des réactions) permet à la réaction chimique de se
développer.

65
COCASE « Optimisation du Couplage des Procédés de Combustion et de Capture du CO 2
par Membranes »

Coordonnateur : Eric Favre, LRGP, UPR 3349, Nancy

Les partenaires : voir détails page 106


Gilles Cabot, Mourad Boukalfa, CORIA, UMR 6614, Saint Etienne du Rouvray
Bouchra Belaissaoui, LRGP, UPR 3349, Nancy.
Stéphanie de Persis, Laure Pillier, Iskender Gokalp, ICARE, UPR 3021, Orléans
Jean-Michel Most, PPRIME, UPR 3346, Poitiers Futuroscope.

La capture du dioxyde de carbone à partir d’un point source important (centrale thermique, unité de production
industrielle) en vue de son stockage, constitue un enjeu technologique et scientifique majeur dans les stratégies
de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. Les études de faisabilité technico-économique de cette
approche, souvent qualifiée de CCS (pour Carbon Capture and Storage), aboutissent invariablement à identifier
le coût du procédé de capture du dioxyde de carbone comme principal facteur limitant, cette étape représentant
60 à 80% du coût global de la chaîne (capture / transport / injection). Dans une situation de post-combustion,
l’objectif de l’étape de capture est de concentrer le dioxyde de carbone, prélevé au niveau des fumées à une
teneur comprise entre 4 et 30%, à un niveau de l’ordre de 90% de pureté, tout en réalisant un taux de capture
de l’ordre de 80 à 90%.
Le projet COCASE explore une solution de capture du dioxyde de carbone basée sur une combustion à l’air
enrichi en oxygène (typiquement 30 à 80%) et non en oxygène pur (cas de l’oxycombustion), afin de produire
une fumée à forte teneur en CO2. L’objectif général est de maximiser la production d’énergie, tout en assurant
un fonctionnement correct du dispositif d’ensemble et une pénalité énergétique relative à la capture minimale.
Une production d’air enrichi en oxygène par cryogénie a été retenue en amont du dispositif de combustion.
Pour la partie capture (post combustion) un procédé membranaire a été retenu.
Z 1-Z 4000 1

3800
Combustion chamber 0.9
Cooler
3600
Coût de capture( MJ/TCO 2)

3400 0.8
Coût 50
3200
Turbine

Membrane 0.7
Gas

XO2

C4 C3 C2 C1 C5 module N2 3000 Coût 75


Work
O2 Coût 100
0.6
2800 Coût 200
50
Natural gas
CO2 2600 0.5
O2 enriched air 75
O2,  N2 Air : 2400 100
(1+e).2.(O2+ 3.78N2) 0.4
2200
200

Cryogenic 2000 0.3


process N2,  O2 0 5 10 15 20 25 30
PIN
Air

L’ensemble des travaux réalisés a conduit à un ensemble de résultats originaux dans trois domaines
principaux : simulation de conditions de combustion pour une alimentation à l’air enrichi en oxygène et/ou en
dioxyde de carbone (afin de prédire la composition des fumées), étude des performances de séparation des
modules membranaires pour différentes composition de mélanges gazeux à traiter, analyse énergétique du
couplage turbine à gaz / procédé de capture par membranes. Au final, l’étude globale d’optimisation
énergétique conduit à une architecture originale de procédé (figure de gauche) associant combustion à l’air
enrichi, recyclage partiel des fumées d’une turbine à gaz et capture du CO2 par membranes, avec une dépense
énergétique globale de 2.6 GJ par tonne de CO2 récupéré (figure de droite).

66
SOCIO-ECONOMIE

VAETII « Vers l'Autonomie Energétique des Territoires Isolés ou Insulaires »

Coordonnateur : Sandrine Mathy et Elsa Mosseri, CIRED, UMR 8568, Nogent-sur-Marne.

Les partenaires : voir détails page 109


Marie-Christine Zelem, Chloé Lecomte et Matthias Roche, ERT-SPEED, Albi.

Le projet VAETII propose une approche pluridisciplinaire (socio-anthropologie, évaluation économique)


permettant de définir et d’évaluer des politiques et mesures adaptées au contexte des territoires
insulaires/isolés dans le but d’atteindre une autonomie énergétique dans ces territoires.

L’approche sociologique sur la base d’entretiens (ménages, tertiaire et institutions) a permis :

la caractérisation des obstacles à la réalisation de l’autonomie énergétique: les premiers éléments de


l’analyse sociologique laissent entrevoir pour les deux territoires visés un manque de gouvernance globale
sur les questions énergétiques. Le réseau d'acteurs est dense avec de nombreux partenariats entremêlant
les niveaux régionaux, départementaux et nationaux. De nombreuses structures existent mais évoquent
avant tout un effet mille feuilles créant une sensation de flou, où les compétences ne sont pas reconnues et
où les prises de décision s'organisent autour d’affinités et d’ententes informelles. Non sans lien se pose la
question de la cohérence des actions engagées : dans le discours, l'objectif d'autonomie énergétique
oscille entre projet utopique et désir de réalité, ce qui met en cause la complémentarité des visions et des
moyens à disposition.

l’établissement d’une nomenclature des 3 types de projets/visions/logiques dans lesquels les acteurs
inscrivent l’autonomie énergétique, mais qui semblent se confronter: i) une logique de développement
réglementaire où les lois et normes permettront de faire évoluer la société dans un cadre défini par
avance ; ii) une logique de développement technologique, où le tout technologique permettra de résoudre
les problèmes liés à la production ou à la consommation d'énergie ; iii) une logique de développement
culturel, basée sur le changement des mentalités et des comportements pour intégrer de nouveaux usages
de l'énergie. Cette nomenclature s’est construite sur la base d’une grille d’analyse Forces, Faiblesses,
Opportunités, Menaces des différents éléments inscrits dans des projets d’autonomie énergétique.

Il apparaît alors que l'enjeu de la réussite d'un projet d'autonomie énergétique est que chaque vision ne soit pas
une solution exclusive à un problème spécifique, mais une solution partielle à un problème commun. La
valorisation énergétique de la bagasse paraît ainsi s'inscrire dans chacune de ces 3 visions. La prospective
économique s'est donc focalisée dans un premier temps sur les potentialités socio-technico-économiques de la
bagasse. Pour cela, une Matrice de Comptabilité Sociale a été développée pour la Réunion. Il s'agit d'un
tableau comptable représentant l’ensemble des structures productives et sociales d’une économie y compris les
échanges intersectoriels et les échanges avec le reste du monde. La MCS décrit la structure de l’économie, les
activités de production, l’emploi et les revenus des ménages, la consommation, l’épargne, l’investissement et le
commerce extérieur. Les informations sur les caractéristiques structurelles socio-économiques qu’elle fournit
permettent de déterminer les effets d’entraînement en amont et en aval de certaines activités sur d’autres. Une
attention particulière a été portée à la représentation fidèle des spécificités économiques des petites économies
insulaires notamment sur l'importance des effets de seuil relatifs aux niveaux d'activité des capacités de
production. Différentes évolutions en lien avec la filière canne ont été simulées (subventions européennes ou
nationales sucrières, cours des énergies fossiles, tarifs d’achat d’électricité produite à partir de bagasse…) de
manière à évaluer les impacts sur la croissance, sur les différents secteurs, sur les différentes classes de
revenus, sur la balance commerciale et notamment sur la facture énergétique.

67
RIDER : « Réseau et Inter connectivité Des Energies classiques et Renouvelables »

Coordonnateurs :
Alain Foucaran, Institut d’Electronique du Sud (IES), UMR 5214, Montpellier
Francois Briant, IBM, Montpellier

Les partenaires :
Industriels : IBM, Cofely GDF-Suez, Pyrescom, Coronis, EDF;
Universités & laboratoires: LIRMM et IES (UM2) - ELIAUS (UPVD).

Les énergies renouvelables étant de plus en plus présentes à tous les niveaux de notre société, les entreprises
ainsi que les particuliers se trouveront bientôt au milieu de centaines de sources et de consommateurs
d’énergies, de tout type. D’autre part les objectifs du Grenelle de l’environnement imposent de faire
d’importantes économies d’énergie et d’avoir recours d’une manière extensive aux énergies renouvelables.
Pour atteindre ces objectifs, le projet RIDER (« Réseau et Inter connectivité Des Energies classiques et
Renouvelables ») veut démontrer que l’utilisation des TIC permettra d’optimiser l’efficacité énergétique d’un
groupe de bâtiments (incluant centres de calcul, bâtiments tertiaires et habitats), en prenant en compte un
niveau d’optimisation intermédiaire, situé entre les dispositifs existants au niveau d’un bâtiment
(équipementiers) et ceux du gestionnaire du réseau de distribution électrique globale (EDF/ERDF).

Ce niveau intermédiaire permettra des échanges d’énergies entre les différents bâtiments pris en compte par le
système, intégrant énergies classiques, énergies renouvelables (thermiques, photovoltaïques ou éoliennes, …)
et énergies « fatales » (chaleur générée par un Data Center ou un processus industriel).
Le système RIDER sera développé et testé sur des sites pilotes (« Green Data Center » et bâtiments industriels
associés, sites tertiaires régionaux, dont le théâtre de l’Archipel à Perpignan).

Nous mettrons en œuvre dans notre projet des modèles théoriques et des expérimentations pratiques, issus de
la recherche réalisée par les équipes projet du consortium RIDER. Ces théories et expérimentations couvriront
la chaîne complète des TIC, incluant les capteurs, la transmission d’informations, le stockage, l’analyse et le
traitement en temps-réel de ces informations, ainsi que la prise de décisions et les actions permettant
d’optimiser la consommation globale d’énergie au sein de l’infrastructure informatique et non informatique
constituant un centre de calcul de grande entreprise.

De nouveaux services verront le jour pour accompagner la croissance de ce nouveau marché de l’efficacité
énergétique. Tous ces développements seront faits en se basant sur les standards ouverts, permettant ainsi à
l’ensemble des partenaires du projet d’en tirer un avantage concurrentiel sur leur propre marché, et d’en faire
bénéficier l’ensemble des acteurs de ce marché en très forte croissance.

Les théories et les expérimentations développées dans ce projet et lors des pilotes, seront conduites de façon à
pouvoir être appliquées à d’autres environnements énergétiques (tout type de bâtiments et d’infrastructures
industrielles ou de particuliers), et étendre ainsi les retombées économiques de ce projet de recherche et
développement pour les PME du consortium.

68
LES PROJETS HORS PRESENTATION ORALE
EFFICACITE ENERGETIQUE

COTHECOULE « Contrôle thermique dans des écoulements laminaires basé sur des
modèles réduits obtenus par identification »

Coordonnateur : Yann Favennec, LTN, UMR 6607, Nantes

Les partenaires : voir détails page 107


Manuel Girault, Daniel Petit, PPRIME, UPR 3346, Poitiers
Yvon Jarny, LTN, UMR 6607, Nantes

Le projet Cothecoule s'est situé dans le contexte du contrôle thermique d'écoulements laminaires pour
l'efficacité énergétique. Il consistait à mettre au point une structure de programmes en vue de contrôler, en
temps réel et de manière active et optimale, les transferts thermiques d'un fluide en écoulement dans un canal.
Le projet reposait sur les volets modélisation numérique, identification de modèles réduits, et contrôle optimal
par retour d'état.
Alors qu'il y a eu récemment des avancées significatives dans les thèmes suivants : réduction de modèle pour
des problèmes de conduction non-linéaires (transitoire), de mécanique des fluides (stationnaire), et de
convection forcée par identification, réduction de modèle en mécanique des fluides transitoire, et application
d'algorithmes d'optimisation pour du contrôle optimal en boucle ouverte, contrôle feedback de couches de
cisaillement, ainsi que sur la théorie du contrôle au sens large, rares sont les expériences menées sur tous ces
fronts en même temps, c'est-à-dire utilisant des modèles d'ordre réduit couplés à des algorithmes de contrôle
en boucle fermée (i.e. par retour d'état) et portant en plus sur la physique des transferts de type diffusion-
convection thermique.
L'objectif de ce projet exploratoire était de poursuivre l'élaboration des méthodes numériques de réduction par
identification, d'optimisation, de contrôle en boucle fermée et d'identification de l'état (inversion de mesure),
toutes devant être adaptées collectivement au contrôle/commande de transferts thermiques dans des
écoulements.
On a travaillé plus particulièrement sur la construction de modèles réduits basée sur la méthode d'identification
modale. Cette méthode consiste à définir, en premier lieu, une structure de modèle réduit analogue à la forme
modale du modèle détaillé, ce dernier provenant de la discrétisation spatiale des équations aux dérivées
partielles du système : les équations de l'énergie et de Navier-Stokes. En second lieu, on a déterminé les
paramètres du modèle (les composantes des systèmes matriciels constitués) par l'utilisation d'algorithmes
d'optimisation. Ces derniers sont basés sur les méthodes de quasi-Newton avec calcul des gradients par état
adjoint ou sur des méthodes globales de type essaim particulaire.
En aval des travaux portant sur la réduction de modèle, les études ont également porté sur l'architecture du
contrôleur et sur l'apport de termes intégraux et dérivés pour le rejet de perturbations lentes et rapides.
L'évaluation des matrices de gain (de contrôle) repose sur les notions de contrôle optimal pour des systèmes
linéaires ; on résout en fait une équation de Riccati portant sur une matrice carrée de taille égale à la taille de
l'état. On se place par la suite sur la condition stationnaire de la matrice de Riccati, c'est-à-dire pour un temps
infini.
Concernant l'évaluation de l'état, le nombre de mesures étant classiquement inférieur à l'ordre de l'état (réduit),
et l'état devant être évalué à chaque instant pour effectuer le contrôle sur retour d'état, nous nous basons sur
les filtres de Kalman pour lesquels l'équation d'état est un processus stochastique, les signaux inconnus étant
gaussiens de moyennes supposées connues.
A ce jour, les études numériques ont pu montrer la robustesse des algorithmes développés, autant sur les
aspects de réduction de modèle, de construction de gain de contrôle, et d'identification de l'état. Les
expériences numériques menées ont concerné le contrôle en temps réel de tout un profil de température en
sortie de canal, les températures d'entrées variant aléatoirement à basse et haute fréquences.

69
VORFLEX « Concept innovant d’échangeurs-réacteurs de haute efficacité par contrôle
dynamique passif avec des générateurs de vorticité flexibles »

Coordonnateur : Thierry Lemenand, Laboratoire de Thermocinétique de Nantes (LTN), UMR 6607, Nantes

Les partenaires : voir détails page 111


Sylvain Serra, Jean-Luc Harion, Charbel Habchi, DEI - Ecole des Mines de Douai, Douai
Dominique Della Valle, Hassan Peerhossaini, Laboratoire de Thermocinétique de Nantes, UMR 6607, Nantes

Ce projet vise l’amélioration de l’efficacité énergétique dans des échangeurs multifonctionnels par le re-
engineering d’un dispositif du type HEV (High Efficiency Vortex), échangeur tubulaire muni en paroi de
promoteurs de vorticité. Nous proposons l’introduction d’un concept innovant d’échangeurs-réacteurs de haute
efficacité par contrôle dynamique passif : l’innovation principale consiste à utiliser des générateurs de vortex
flexibles et non pas rigides. Ce concept original, prometteur en terme d’accroissement des performances de
mélange et/ou de micro mélange, est basé sur l’utilisation de perturbateurs flexibles : suffisamment souples
pour pouvoir se déformer mais suffisamment rigides pour ne pas être totalement pliés par l’écoulement.

La succession de promoteurs de vorticité sur laquelle est construit l’échangeur- mélangeur statique HEV fait
que les déformations possibles apporteront des degrés de libertés supplémentaires au système, susceptibles
d’accroître les performances de mélange et de transferts thermiques. Ce qui apparaît particulièrement
intéressant dans ce projet est l’approche qui consiste à rechercher des solutions qui restent passives tout en
apportant une dynamique d’écoulement supplémentaire par rapport à des technologies passives standards
basées exclusivement sur des géométries fixes.

En première approche, le partenaire de l’Ecole des Mines de Douai commence des simulations numériques
dynamiques avec le logiciel libre OpenFOAM, et en parallèle le partenaire du Laboratoire de Thermocinétique
met en place un banc expérimental permettant de caractériser le caractère flexible des générateurs de vorticité.

70
TIMAC « Mesure des Températures Instantanées dans les Moteurs à Air Chaud »

Coordonnateur : Pascal Stouffs, Laboratoire de Thermique, Energétique et Procédés, LaTEP, EA 1932, Pau

Les partenaires : voir détails page 111


François Lanzetta, Franche-Comté Electronique Mécanique Thermique et Optique - Sciences et Technologies
(FEMTO-ST), UMR 6174, Belfort

La connaissance des températures locales instantanées est fondamentale pour la compréhension des
phénomènes physiques au sein des moteurs volumétriques alternatifs à apport de chaleur externe, c'est-à-dire
les moteurs Stirling et Ericsson, communément regroupés dans la famille des moteurs dits 'à air chaud'. Pour
ces deux types de moteurs à air chaud, les champs de température sont instationnaires, du fait de la nature
oscillante de l'écoulement et/ou du recours à des machines de compression et de détente volumétriques
alternatives. La caractérisation fine de ces machines et des phénomènes physiques dont elles sont le siège
nécessite des capteurs permettant une mesure locale de la température instantanée du fluide de travail.

Par ailleurs, la modélisation fine des moteurs à air chaud suppose de disposer de modèles de transferts
thermiques en écoulement oscillant afin d'être capable de prédire les champs de température instationnaire
indispensables au calcul du champ de pression instantanée, donc au calcul du travail des pistons. Or, ces
modèles sont à l'heure actuelle encore largement insatisfaisants, tant pour les écoulements laminaires dans un
milieu poreux comme un régénérateur de moteur Stirling par exemple, que pour les écoulements turbulents (se
relaminarisant 2 fois par cycle) en conduite cylindrique comme dans le heater ou le cooler d'un moteur Stirling.
Cette problématique constitue encore à l'heure actuelle un champ de recherche scientifique très actif au niveau
international.

Dès lors, l'objectif de ce projet exploratoire est d'effectuer une investigation préalable à la préparation d'un
projet de recherche portant sur la conception, la réalisation et l'utilisation de microthermocouples pour l'étude
des champs de température dans des prototypes de moteurs à air chaud en cours de développement par les
partenaires, ainsi que pour l'étude fondamentale des transferts thermiques en écoulement oscillant.

Les enjeux scientifiques et technologiques de cette problématique sont d'une triple nature :

Conforter l'expérience acquise principalement par FEMTO sur la conception, la réalisation, l'utilisation de
microthermocouples à temps caractéristiques très courts en conditions fluidiques difficiles (écoulements
instationnaires, à haute température, en milieu sous pression, avec des vitesses d'écoulement de plusieurs
mètres par seconde) ;

Disposer d'une métrologie thermique performante permettant la caractérisation fine des prototypes de
moteurs à air chaud (moteurs Stirling et moteurs Ericsson) en cours de développement par les partenaires
(FEMTO et LaTEP) du projet TIMAC en vue de l'optimisation de ces prototypes ;

Disposer de capteurs permettant l'étude fondamentale des transferts thermiques en écoulement oscillant
pour les configurations rencontrées dans les échangeurs de chaleur et les cylindres (principalement pour le
LaTEP) et les régénérateurs (principalement pour FEMTO) des moteurs à air chaud, afin de développer
des modèles de transferts thermiques plus satisfaisants que les modèles actuels.

71
COCORACOPHA2 « Couplage Convection Rayonnement Condensation pour l’Habitat 2 »

Coordonnateur : Shihe Xin, CETHIL, UMR 5008, Villeurbanne

Les partenaires : voir détails page 112


Frédéric André, Ronnie Knikker, CETHIL, UMR 5008, Villeurbanne
Denis Lemonnier, Hamou Sadat, Didier Saury, Institut PPRIME, UPR 3346, Chasseneuil-Futuroscope
Anne Sergent, Jalel Chergui, Yann Fraigneau, Michel Pons, LIMSI, UPR 3251, Orsay
Xavier Nicolas, Eric Chenier, Guy Lauriat, MSME, UMR 8208, Marne la Vallée

L'objectif du projet est de mettre au point une plate-forme de logiciels autonome et performante dédiée à la
simulation des transferts couplés d’air humide dans l’habitat et dans les ambiances intérieures de manière
générale. Il s’agit de poursuive les développements réalisés lors du projet COCORACOPHA, de rassembler les
modèles physiques propres au problème de l’habitat qui y ont été développés et d’unifier les méthodes
numériques et d’étudier leurs couplages.

Lors du projet COCORACOPHA, trois programmes ont été développés pour fonctionner sur une architecture
parallèle avec le langage MPI : un code de transfert radiatif par méthode de Monte Carlo, un code de
rayonnement entre surfaces par la méthode des radiosités et un code résolvant les équations 3D de Navier-
Stokes sous l'approximation de Boussinesq par une approche multi-domaine. Le code Navier-Stokes a ensuite
été couplé, d'une part au solver Monte Carlo portant sur l'équation de transfert radiatif avec Corba, et d'autre
part au programme de rayonnement entre surfaces avec MPI. En 2D, les équations de Navier-Stokes,
discrétisées par la méthode des différences finies, ont été couplées à la méthode des ordonnées discrètes pour
le rayonnement. Par ailleurs, l'influence de la condensation-évaporation surfacique sur la convection thermo-
solutale dans des enceintes fermées a été modélisée et simulée avec une approche volumes finis.

Ces acquis constituent une base solide pour envisager une plate-forme de calcul parallèle couplant les modèles
physiques et répondant à la préoccupation de l'habitat. La plate-forme numérique envisagée utilisera le langage
F90 pour la programmation de bas niveau et le langage MPI pour le calcul parallèle et le couplage des codes
3D parallèles. Cette plateforme devra pouvoir simuler les transferts convectifs thermique et massique dans des
géométries complexes (méthodes DF/VF, meshless) de grand volume. Pour cela, elle devra considérer les
éléments suivants : la simulation des grosses structures (LES), les transferts radiatifs dans des milieux
transparents ou participants non gris, les phénomènes de condensation/évaporation sur les parois. Elle devra
par ailleurs garder la compatibilité entre les formulations dites de "Boussinesq" et "à faible nombre de Mach" et
être compatible avec des schémas de discrétisation d'ordre élevé (l'ordre 2 sera le minimum requis).

La validation de la plate-forme sera réalisée en partie avec les résultats de l’expérience de l’Institut P’ (ex LET)
en convection naturelle turbulente dans une cavité remplie d’air. L'objectif ultime du projet COCORACOPHA2
est de simuler et d'étudier, après la validation de la plate-forme, les différents couplages physiques rencontrés
dans l'habitat ou dans les systèmes particuliers de l'habitat.

L'enjeu premier de ce projet est la plate-forme, sa conception et sa réalisation informatique. L’étude préliminaire
que nous avons menée a montré que le couplage de deux codes parallèles, l'un pour le modèle de Navier-
Stokes et l'autre pour le transfert radiatif, est la solution la plus adaptée à notre situation. Mais les difficultés
résident essentiellement dans la conception du code 3D parallèle pour résoudre les équations de Navier-
Stokes : une géométrie un peu plus complexe et la simulation d’écoulements aux échelles spatio-temporelles
dispersées exigent une méthode numérique autre que les méthodes spectrales et un schéma semi-implicite en
temps. Incorporer la condensation/évaporation peut nécessiter dans certaines situations une formulation faible
Mach et la prise en compte du transfert conductif dans les parois. Le code Navier-Stokes 3D parallèle devra
donc traiter des transferts conjugués et utiliser la méthode des différences finies/volumes finis.

72
ELECTRICITE PROPRE

PERENCAP « Pérennité de l’encapsulation de cellules solaires flexibles : vieillissement


sous l’impact de la lumière des couches organiques polymères, hybrides et
nanocomposites utilisées pour l'élaboratio n de structures ultra-barrières »

Coordonnateur : Jean-Luc Gardette, Laboratoire de Photochimie Moléculaire et Macromoléculaire (LPMM),


UMR 6505, Aubière

Les partenaires : voir détails page 105


Stéphane Cros, Laboratoire des Composants Solaires (LCS) CEA/DRT/LITEN/DTS/LCS, Le Bourget du lac

Le dernier verrou à l’émergence de cellules solaires organiques sur substrats flexibles est leur faible résistance
aux contraintes environnementales, en particulier aux actions combinées de l’eau, de l’oxygène et du
rayonnement solaire. L’une des réponses à cette problématique d’instabilité des cellules sous irradiation passe
par la voie de l’encapsulation. Ainsi, afin d’obtenir des cellules possédant une durée de vie répondant aux
exigences du marché, il est indispensable de développer des matériaux qui soient hautement barrières à l’eau
et l’oxygène. Ces matériaux doivent présenter un ensemble de propriétés parmi lesquelles transparence dans
le visible et flexibilité sont requises. Ils doivent de plus être de bas coûts et technologiquement transférables sur
de grandes surfaces. Ces matériaux doivent bien évidemment conserver leurs propriétés pendant toute la
durée de vie de la cellule.

Ces barrières sont constituées d'une alternance de couches inorganiques denses (de type oxyde ou nitrure) et
de couches organiques ou hybrides dites d’intercalation. Le rôle de ces dernières est de limiter la propagation
des fissures entre les couches inorganiques et d’assurer un lissage de la surface de dépôt de ces couches. Les
couches organiques représentent le point faible de la structure notamment du point de vue du
photovieillissement. L’objectif du projet est d’élaborer des matériaux optimisés pour la réalisation de ces
couches d’intercalation, d’en étudier le comportement à long terme et d'en optimiser la durabilité.

Pour obtenir les propriétés barrière visées, les nanocomposites polymère/argile apparaissent comme le meilleur
choix. Au cours de cette étude, des nanocomposites obtenus à partir de polymères et de nanocharges de
différentes natures ont été comparés. Nous nous sommes intéressés aux aspects visant à l'élaboration des
nanocomposites et la caractérisation de l'état de dispersion des nanocharges, aux propriétés barrière obtenues
et à l'évolution des nanocomposites sous irradiation lumineuse, en terme de structure chimique, de morphologie
et de perméabilité. Les résultats obtenus ont montré que le meilleur compromis par rapport aux différentes
propriétés visées était obtenu à partir de poly(vinylalcool) (PVA) comme matrice organique et d'une
montmorillonite naturelle non modifiée comme nanocharge.

0,20
PVA
 +
Abs 1735 cm (carbonyl products)

PVA/Cloisite Na 2%
 +
PVA/Cloisite Na 5%
0,15
PVA/Laponite 2%
PVA/Laponite 5%

0,10
-1

0,05

0,00
0 500 1000 1500 2000 2500
Irradiation time (hour)

Perméabilité à l'oxygène de PVA Cinétique de photooxydation


et PVA/MMt 5% Na+ PVA/Nanocomposites

73
CELASOL « Cellules solaires organiques à bas coût et rendement optimum par contrôle à
l’échelle nanométrique de la couche active »

Coordonnateur : Bernard Ratier, XLIM, UMR 6172, Limoges

Les partenaires : voir détails page 106


Fabrice Rossignol, SPCTS, UMR 6638, Limoges
Renaud Demadrille, SPrAM, UMR 5819, Grenoble

Les cellules solaires organiques développées pour la production d’énergie par conversion photovoltaïque
possèdent des avantages pour une production de masse: les matériaux constituants ces cellules sont en effet
disponibles en abondance et nécessitent des procédés de synthèse peu coûteux en énergie. Elles reposent sur
le concept de couche absorbante composite exploitant le transfert de charge photo-induit entre un polymère
donneur d’électrons et une molécule accepteuse d’électrons. La nanostructure de ces composites est cruciale
pour obtenir de bon rendements car elle conditionne la séparation des charges photogénérées et leur
acheminement vers les électrodes. CELASOL s'est donné pour but de réaliser des cellules à rendement
optimum par contrôle, à l’échelle nanométrique, de la morphologie de la couche active. La caractérisation fine
des cellules et de leur fonctionnement a été effectuée par microscopie en champ proche et sous illumination:
cartographie de courants par CAFM dans des conditions d’illumination simulant un spectre solaire et mesures
du potentiel électrique local de surface par microscopie à sonde de Kelvin (KPFM) sous ultra-vide en résolution
sub-moléculaire.

L’équipe d’XLIM a développé une méthode d’élaboration de cellules solaires polymères, à partir du couple
donneur-accepteur (DA) P3HT-PCBM, qui permet de faire varier la nanostructure de la couche active. Des
cellules solaires avec des tailles de domaines donneurs ou accepteurs variant de la dizaine de nanomètres à la
centaine de nanomètres ont pu être réalisées par cette méthode, avec des rendements de conversion en
énergie à l’état de l’art dans le cas des domaines de l’ordre de la dizaine de nanomètres, ce qui correspond à
l’ordre de grandeur des longueurs de diffusion des excitons photogénérés dans ces matériaux [1].
L'optimisation des cellules a porté sur 4 matériaux donneurs et 2 matériaux accepteurs, le but ultime étant de
relier les paramètres d'optimisations de réalisation des cellules (concentrations, rapport massique DA,
température de recuit...) avec les caractéristiques physico-chimiques des matériaux (régiorégularité, poids
moléculaire, polydispersité, taux d'impureté...).

Les mesures effectuées par le SPrAM en mode KPFM sur des échantillons à faible taille de domaines ont
permis la visualisation de la phototension de surface de la couche active avec une résolution jusqu’ici inégalée
dans la bibliographie [2].

Le développement de la technique de caractérisation de type AFM Current Sensing au SPCTS a permis


d'obtenir les premières cartographies AFM en mode « current sensing » sur des structures à tailles de
domaines de l’ordre de la centaine de nanomètres. Toutefois il reste encore un travail de calibration afin de
pouvoir extraire des données quantitatives de ces observations.

Ce projet aura contribué, en synergie avec deux programmes ANR, à la genèse d'un projet photovoltaïque
organique dans la région Limousin, avec une collaboration de XLIM et de l'INES avec la société Disasolar
(financement Région Limousin, OSEO et FEDER).

[1] Nanotechnology, Vol. 21, Issue 3, (2010), 035201


[2] Nano Letters 10 (9), pp. 3337-3342

74
TELLURELESS « Inclusion de particules métalliques dans une matrice Mg 2 Si : réduction
de la conductivité thermique par nano-structuration »

Coordonnateur : Franck Gascoin, Laboratoire CRISMAT, UMR 6508, Caen

Les partenaires : voir détails page 110


Laurent Chaput, Institut Jean Lamour, UMR 7198, Nancy

L’utilisation de module thermoélectrique pour des applications de réfrigération est aujourd’hui devenue courante
(glacière électrique, siège de voiture…). De même, plusieurs sociétés proposent à des prix plutôt raisonnables
des modules thermoélectriques pour des applications de récupération de chaleur perdue. Ces modules, basés
sur le tellurure de bismuth Bi2Te3, sont très fiables et peuvent être utilisés dans de nombreux domaines (le plus
prometteur étant peut être la récupération de la chaleur perdue au niveau des pots d’échappement des
automobiles) et de nombreux projets sont d’ailleurs en cours à ce sujet.

Ce projet vise à trouver une solution de remplacement au Bi2Te3 qui, de par son prix, sa toxicité et aussi sa
densité devra à terme être remplacé. Cela implique l’utilisation de matériaux répondant aux contraintes
environnementales. Cela suppose donc l’utilisation d’éléments ‘légers’ qui forment donc plutôt des composés à
haute conductivité thermique. Cette caractéristique allant au détriment du rendement thermoélectrique, l'idée
consiste à réduire cette conductivité thermique par l’ajout dans la matrice thermoélectrique de nanoparticules
métalliques, à même de réduire la conductivité thermique en augmentant la diffusion des phonons sans altérer
la conductivité électronique.

Lors de cette phase exploratoire nous proposons de valider la possibilité d'insérer des particules métalliques
(Ag, Fe, Co, ..) dans une matrice de Mg2Si, et d'étudier par le calcul la conductivité thermique de réseau de la
matrice pour en comprendre les spécificités. Cette étude conjointe devrait permettre, à terme, de mieux
comprendre les effets de la nanostructuration d'une matrice active avec ultime but d'optimiser les propriétés du
matériau composite nanostructuré ainsi obtenu.

75
Nanothermat « Nanostructures pour la thermoélectricité »

Coordonnateur : Olivier Bourgeois, Institut Néel, UPR 2940, Grenoble

Les partenaires : voir détails page 110


André Barski, SiNaPS-INAC CEA, Grenoble
Stefan Dilhaire, CPMOH-LOMA, UMR 5798, Talence
Younès Ezzahri, Institut PPRIME, UPR 3346, Poitiers

Notre projet de recherches présenté conjointement par l’équipe Thermodynamique des Petits Systèmes (TPS)
de l’Institut Néel (CNRS) et par le laboratoire SiNaPS de l’INAC-CEA Grenoble porte sur l’élaboration et l’étude
des propriétés thermiques et thermoélectriques de nanomatériaux compatibles avec la technologie silicium.
Dans l’équipe TPS (Institut Néel-CNRS), nous développons depuis quelques années des méthodes innovantes
d’étude des propriétés thermiques des nano-objets. Au laboratoire SiNaPS (CEA), nous disposons d’une
plateforme d’élaboration par MBE de matériaux à base de silicium et de germanium. Nous partirons de
matériaux nouveaux (nanofils de Ge/GeMn, film mince avec des inclusions de GeMn, nanocolonne etc.)
déposer sur des substrats isolants de AsGa par épitaxie par jet moléculaire. Ces méthodes de dépôt
permettent de contrôler la structure des nanograins, leur taille et leur répartition dans la matrice de Ge. Nous
souhaitons démontrer que lorsque l’on maîtrise l’état de surface ou la position des diffuseurs phononiques,
nous améliorons substantiellement les propriétés thermoélectriques par la structuration à l’échelle du
nanomètre.

Pour le démontrer, nous utiliserons des techniques de mesures innovantes nécessaires pour mettre en
évidence des effets thermiques de faible amplitude sur des très petits objets (mesure 3w, méthode Harman
etc…). Les méthodes de mesure de conduction thermique sur membrane que nous avons proposées sont une
réelle avancée dans la mesure de propriétés thermiques de films minces. Elles ont été mise en place durant
l'année écoulée avec succès puisque des mesures 3w ont été réalisées sur membranes nitrure de silicium et
sur membrane diamant.

De plus dans le cadre d'une nouvelle collaboration ces mesures seront complétées par des mesures de
transport thermique par des méthodes pompe-sonde réalisées par nos collaborateurs du laboratoire CNRS
LOMA de l'université de Bordeaux. Nous mettons aussi en place un banc de mesure d'effet Seebeck à très
petite échelle pour une mesure directe des coefficients S dans nos nanofilms structurés de GeMn. Enfin une
collaboration avec un groupe théorique de l'université de Poitiers va permettre de calculer ce qui est attendu en
termes de transport thermique dans ces nouveaux matériaux et de confronter les modélisations aux résultats
expérimentaux, aussi bien thermique que thermoélectrique.

A l’échelle nanométrique cet enjeu consiste en l’élaboration de matériaux dans lesquels la propagation de la
chaleur est considérablement réduite. Le défi réside donc dans la compréhension et la maîtrise (ou le contrôle)
des propriétés thermoélectriques de ces nanomatériaux par des mesures thermiques de très haute sensibilité.

76
OxyMuPV « Oxydes Multifonctionnels pour cellules PV »

Coordonnateur : Eric Millon, Groupe de Recherche sur l'Energétique des Milieux Ionisés (GREMI), UMR 6606,
Orléans

Les partenaires : voir détails page 110


Jacques Perriere, Institut des NanoSciences de Paris (INSP), UMR 7588, Paris

Les cellules photovoltaïques font appel pour la plupart, à une couche conductrice et transparente disposée en
face avant pour disposer d'un contact ohmique. La qualité structurale et les propriétés optiques et électroniques
de cet oxyde transparent conducteur (TCO : transparent conductive oxide) sont essentielles aux performances
de la jonction sous-jacente. Actuellement l'ITO, oxyde d'indium et d'étain, assure cette fonction sur la majorité
des cellules commerciales mais le coût élevé de l'indium et sa rareté conditionnent les recherches sur d'autres
matériaux alternatifs. Des solutions existent avec l'oxyde de zinc ZnO dopé par Ga ou Al qui est employé sur
des cellules à base de CIGS.

Notre projet repose sur le concept d'une couche mince multifonctionnelle déposée en face avant de la jonction
p-n pour assurer à la fois des propriétés de transport électronique équivalentes à celles de l'ITO, et des
propriétés optiques actives pour la conversion de photon permettant ainsi une augmentation du rendement
global de la cellule. De plus, l'utilisation d'un matériau de haut indice présentant une texturation de surface
adaptée à un piégeage plus efficace des photons (light trapping), peut permettre de s'affranchir également de la
couche antireflet (SiN). La conversion de photon vise à adapter le spectre solaire au gap du semiconducteur via
l’insertion à l’avant et/ou à l’arrière de la cellule conventionnelle au silicium, d’une couche dite de conversion
d'énergie photonique. Le but est d'augmenter le rendement des cellules par une limitation des processus de
pertes par recombinaison, et une augmentation de l'absorption du rayonnement solaire par les cellules. Le rôle
de cette couche sensible est de fournir à la jonction p-n, des photons d’une énergie légèrement supérieure à la
bande interdite. Deux approches sont possibles : convertir les photons solaires IR en photons du visible
(processus dit de "up-conversion") ou bien exploiter le domaine UV –visible (200-500 nm) du spectre solaire en
convertissant les photons dans le rouge-proche IR (processus de "down conversion" ou de "down-shifting").
Notre approche utilise le down-shifting basé sur l'emploi de composés photoluminescents absorbant la lumière
solaire et réémettant un rayonnement décalé vers le rouge ou le proche IR. Ces composés à base d'oxyde zinc
ou de titane dopés par des métaux et/ou terres rares seront non seulement optiquement actifs pour le down-
shifting mais pourront assurer également les fonctions d'un TCO (en substitution de l'ITO) et participer au
piégeage des photons grâce à une texturation de surface.

Les objectifs du projet sont les suivants : i) réaliser des couches d'oxydes de zinc dopés par des terres rares :
ZnO étant un semiconducteur dopé n naturellement, il s'agira d'évaluer ses propriétés optoélectroniques
classiques (par comparaison avec l'ITO) et de déterminer ses propriétés de conversion photonique après
dopage au néodyme; ii) réaliser des films minces d'oxyde de titane à stœchiométrie contrôlée en oxygène
(TiOx) : le rapport Ti/O conditionne la nature des porteurs (n ou p), la conductivité électronique pouvant être
améliorée par dopage au niobium. Les propriétés de conversion seront étudiées après dopage Nd iii) Etudier
leurs propriétés antireflet et de light trapping en fonction de la texturation de surface induite par un procédé
laser original.

77
MOLUCELS « Etudes exploratoires d'une durée d'un an ayant pour objet l'évaluation des
potentialités pour l'application PV des matrices oxydes SnO 2 et ZnO dopés TR »

Coordonnateur : Aziz Dinia, Institut de Physique et Chimie des Matériaux de Strasbourg (IPCMS), UMR 7504,
Strasbourg

Les partenaires : voir détails page 110


Hervé Rinnert, Institut Jean Lamour (IJL), UMR 7198, Nancy
Abdelilah Slaoui, Institut d'Electronique du Solide et des Systèmes (InESS), UMR 7163, Strasbourg

Un des enjeux majeurs pour le développement de l'énergie électrique à base du photovoltaïque est
l’augmentation des rendements des cellules solaires. Parmi les alternatives, il ya la possibilité de convertir les
photons de grande énergie (essentiellement UV) en photons dont l’énergie se situe dans le maximum
d’efficacité des cellules (down conversion). Cette modification spectrale peut être mise en œuvre via la
disposition d'une couche mince de conversion photonique déposée en face avant des cellules. Le principe
physique utilisé pour la conversion spectrale est la photoluminescence. Parmi les systèmes les plus
prometteurs, nous avons choisi d'étudier les matériaux diélectriques ZnO et SnO 2. Ces matrices hôtes sont
cependant dopées par différentes terres rares (Yb, Nd) afin d’obtenir les propriétés de conversion recherchées.
Les techniques d’élaboration utilisées sont la pulvérisation et l’évaporation, qui sont compatibles avec les
procédés de fabrication actuels de la cellule standard. L’objectif scientifique est la compréhension des
mécanismes de transfert d’énergie entre la matrice et la terre rare ou entre les terres rares. Pour mener à bien
ces études, le projet réunit des partenaires expérimentées dans l’élaboration des couches minces, des
processus de conversion par photoluminescence, et des cellules photovoltaïques à base de silicium cristallin (c-
Si).

Nous avons dans un premier temps commencé par une étude sur des couches minces de ZnO dopées par Yb
et déposées par Spray Pyrolysis. Les premiers résultats obtenus sont prometteurs; ils démontrent qu'il est
possible d'insérer de l'Yb dans la matrice de ZnO jusqu'à une concentration de 5% d'Yb en préservent la
structure de la matrice hôte. Il est aussi intéressant de signaler que les mesures de photoluminescence ont
donné lieu à un pic à 980 nm caractéristique de la transition entre les niveaux électroniques 2F5/2 et 2F7/2 de l'ion
Yb3+. Les mesures d’effet Hall ont montré que les valeurs de la résistivité et la mobilité des porteurs sont
prometteuses pour les applications photovoltaïques. L'étape suivante consiste à élaborer les couches de
ZnOYb par pulvérisation cathodique (comme décrit dans le projet) et confirmer les résultats obtenus sur les
couches minces préparées par Spray Pyrolysis.

Nous avons également étudié les couches minces de SnO2 dopées avec du Nd. L’élaboration par évaporation
conduit à l’obtention d’un film amorphe ayant une composition chimique des films sous-stœchiométrique. Une
première étude a permis de montrer que le recuit thermique sous air permettait de cristalliser le matériau et de
modifier la composition chimique. Après un recuit à 500 °C, le film est constitué de la phase SnO tétragonale
alors qu’un recuit à 700 °C conduit à la phase tétragonale de SnO2. Les mesures de photoluminescence
démontrent que le film recuit à 700 °C présente des propriétés intéressantes pour le domaine PV puisqu’une
luminescence à 890 nm due au Nd est obtenue, ce qui démontre l’activation optique du Nd dans cette matrice.
La détermination de la concentration optimale de dopants est en cours. L’étude menée sur les mécanismes de
luminescence a déjà montré l’existence d’un processus d’excitation indirecte de la terre rare, ce qui est
prometteur pour l’application visée.

78
METACARBO « Etude de composites carbone-intermétallique pour matériaux d’électrodes
négatives d’accumulateurs »

Coordonnateur : Michel Latroche, Inst. De Chimie et des Matériaux Paris-Est, ICMPE, UMR 7182, Thiais

Les partenaires : voir détails page 110


François Béguin, Raymundo-Piñero Encarnacion, Laurent Demarconnay, CRMD, UMR 6619, Orléans
Fermìn Cuevas, ICMPE, UMR 7182, Thiais

Ce projet a pour ambition de développer des matériaux composites pour électrodes négatives d’accumulateurs
en combinant les propriétés électrochimiques des carbones nanoporeux avec celles des hydrures métalliques.
La synthèse de ces composites se fait en utilisant une technique de frittage flash (SPS) à haute température et
sous pression mécanique afin de remplir les pores de la matrice carbonée avec des particules nanométriques
d’alliages intermétalliques capables de former des hydrures par réaction électrochimique. Les objectifs du projet
sont d’augmenter la capacité volumique du carbone et de diminuer le coût des matériaux des électrodes
négatives à base de métaux rares tout en conservant des propriétés électrochimiques attrayantes par rapport à
l’état de l’art.

Les premiers essais ont été menés sur un carbone activé comme matériau poreux et un alliage de type
La(NiAl)5 pour former l'hydrure métallique. Avant d'effectuer le traitement thermique d'infiltration par SPS à des
températures comprises entre 1100 et 1400°C et sous une pression uniaxiale de 50MPa, il est nécessaire
d'effectuer un mélange homogène des deux composants. Cette étape est rendue difficile par les densités très
différentes de ces deux types de matériaux (de l'ordre de 2 pour le carbone et 8 pour l'alliage). Différents liants
ont été testés (PTFE, CMC, PVDF) de façon à empâter la matière et disperser ensuite les particules
métalliques par malaxage. Si une bonne homogénéité du mélange a ainsi pu être obtenue, la calcination du
liant à basse température, avant l'étape d'infiltration, s'est révélée inefficace et une réactivité des espèces
métalliques avec le liant a été observée, conduisant selon les cas à la formation de fluorure de lanthane (avec
le PTFE) ou d'oxydes de lanthane et d'aluminium (avec la CMC). La formation d'un alliage de type AlNi 3 est
aussi systématiquement observée, traduisant une décomposition partielle de l'intermétallique. Une deuxième
option a constitué à effectuer le traitement thermique sur un matériau préparé sans liant, par simple mélange
mécanique. L'analyse du composite révèle de nouveau la formation d'un alliage de type AlNi3 qui coexiste avec
une phase de type carbure La2Ni5C3, indiquant une réactivité de l'intermétallique avec le carbone dans cette
gamme de température et de pression.

Les propriétés texturales de ce dernier composite ont été étudiées et comparées à celle du carbone seul et du
carbone traité dans les mêmes conditions de SPS. Une légère diminution de la porosité est observée sur le
carbone traité par SPS. Pour le composite, le volume poreux diminue encore plus fortement, ce qui semble
indiquer que des pores sont occupés par l'alliage, comme nous le souhaitons, ou encore que les entrées de
certains pores sont obstruées par la présence de particules métalliques.

Des cycles de charge/décharge ont également été mesurés sur les composants seuls et comparés au
composite. Si l’on confronte les courbes du carbone seul et du composite, on note que la surtension de
réduction est beaucoup plus faible dans le cas du composite. Cet effet pourrait indiquer que les espèces
métalliques présentes dans le composite auraient tendance à catalyser la formation de dihydrogène au
détriment de la capacité électrochimique.

79
MATHERSILCOM « Matériaux thermoélectriques siliciures composites pour thermo -
générateurs »

Coordonnateur : Philippe Jund, Institut Charles Gerhardt - Equipe C2M, UMR 5253, Montpellier

Les partenaires : voir détails page 111


Mathieu Fèvre, Gilles Hug, Lab. d’étude des microstructures (LEM), UMR 104, ONERA-LEM, Chatillon
Romain Viennois, Jean-Claude Tédenac, Institut Charles Gerhardt (ICGM), UMR 5253, Montpellier

L’objectif original du projet de recherche MATHERSILCOM est la mise en œuvre de matériaux


thermoélectriques nanostructurés afin de produire de l’énergie électrique à partir de sources de chaleur situées
dans la gamme de température 200-700°C, correspondant à la chaleur perdue dans les secteurs de l’industrie
et de l’automobile. Les matériaux à base de Mg2Si sont actuellement très étudiés en France comme à l’étranger
en raison de leurs bonnes propriétés thermoélectriques et leur faible impact écologique et économique. On se
propose d'augmenter significativement les caractéristiques thermoélectriques de Mg 2X (X=Si,Ge,Sn) en
introduisant des inclusions de taille nanométrique de W5Si3 dont le rôle est de diminuer le libre parcours moyen
des phonons. De cette manière, on prévoit de réduire substantiellement la conductivité thermique sans affecter
significativement la conductivité électrique. Notre objectif est d'obtenir des facteurs de mérite supérieurs à 1.

Pour arriver à cet objectif, nous mettons en œuvre une démarche expérimentale et théorique selon quatre
axes :

optimisation des conditions d’élaboration et étude de la stabilité thermique des inclusions. Détermination
des équilibres thermodynamiques de phases des systèmes Mg-Si(Ge,Sn)-W. Méthode Calphad avec
calculs DFT des enthalpies de formation des différents composés et des défauts. Le terme entropique est
pris en compte via des calculs de spectres de phonons dans l'approximation quasiharmonique ;

détermination de la stabilité relative des défauts ponctuels en fonction de la température ;

synthèses des échantillons et caractérisations microstructurales par microscopie électronique, microscopie


Raman et diffraction des rayons X ;

mesures des propriétés thermoélectriques en température.

Les enthalpies de formation à température nulle ont été déterminées dans les systèmes Mg-Si-W et Mg-Ge-W
en utilisant un large spectre de fonctionnelles d'échange et de corrélation disponibles grâce à la
complémentarité des méthodes mises en œuvre à l'ICG et à l'ONERA. Ces calculs sont d'une aide précieuse
pour l'étude des équilibres de phase car la présence du tungstène, dont le point de fusion est très haut, rend
l’étude de ces matériaux difficilement accessible expérimentalement. La réévaluation du diagramme de phase
W-Si et la détermination des autres diagrammes de phase d’intérêt sont en cours. Par ailleurs les calculs des
énergies de formation des défauts intrinsèques confirment et rationalisent le caractère n de la conductivité
électronique de Mg2Si pur observé expérimentalement.

Nous avons synthétisé des nanocomposites dont la matrice Mg2Si contient différentes concentrations
d'inclusions de W5Si3 par broyage mécanique, suivi d'un recuit sous vide et d'une mise en forme par SPS
(frittage flash). Une large dispersion de la taille des grains de siliciure de tungstène est observée par
microscopie électronique à balayage. Nous trouvons des propriétés électroniques améliorées par rapport au
Mg2Si pur (notamment un pouvoir thermoélectrique deux fois plus élevé) et les mesures de conductivité
thermique sont en cours. Néanmoins, la résistivité électrique est trop élevée (comme dans Mg2Si pur) et il
faudra un dopage assez important pour la réduire.

80
STEP-UP « Silane Trapezoidally-Excited Plasmas for Ultimate Photovoltaics »

Coordonnateur : Erik Johnson, Laboratoire de Physique des Interfaces et Couches Minces (LPICM), UMR
7647, Palaiseau

Les partenaires : voir détails page 111


Jean-Paul Booth, Laboratoire de Physique des Plasmas (LPP), UMR 7648, Palaiseau

Pour les applications photovoltaïques, le dépôt à très grand vitesse de silicium microcristallin hydrogéné (µc-
Si:H) est une clef critique pour réduire le cout de l'énergie produit par ces dispositifs. Ce procédé est limité par
le fort couplage entre la puissance livrée au plasma et l'énergie du bombardement ionique engendré. Le projet
STEP-UP (démarré en juin 2010) vise le découplage de ces deux paramètres en utilisant une tension RF
d'excitation non-sinusoïdale - idéalement trapézoïdale - du plasma. Ce
concept a été protégé par un brevet co-déposé par le CNRS et l'École
Polytechnique en juillet 2010. Les formes d'onde asymétriques -
obtenues expérimentalement pour un plasma Ar+SiF4+H2 en figure 1a
et b - nous ont permis de contrôler la répartition de la tension entre les
gaines devant la cathode et l'anode indépendamment de la puissance
fournie au plasma. Une boucle de contrôle qui corrige la réponse en
fréquence du système a été mise au point, et nous permet d'obtenir
précisément la forme d'onde désirée sur l'électrode d'excitation. L'effet
Fig 1(a) sur la répartition entre les gaines est évident par le changement dans
l'auto-polarisation dans le plasma (VDC) de -127V à -9V pour un
réacteur géométriquement asymétrique.

L'efficacité du changement a été démontrée au niveau du matériau par


Fig 1(b) le dépôt de couches minces de µc-Si:H à partir d'un mélange de SiF4,
Ar, et H2 dans un réacteur qui intègre un ellipsomètre in-situ. L'évolution
de la morphologie du matériau d'une forme amorphe vers une forme
microcristalline -
causée par le
changement dans le bombardement ionique - est évidente de
par leurs spectres pseudo-diélectriques, voir Figure 2.

Profitant des connaissances acquises dans cette


démonstration "proof-of-concept", nous poursuivrons par :
l'amélioration du couplage multifréquence à un réacteur
capacitif, la caractérisation détaillée d'un plasma généré par
une forme d'onde trapézoïdale, l'utilisation d'une sonde
différentielle pour mesurer précisément la puissance injectée,
et le dépôt des couches d'une mélange gazeuse industrielle
(SiH4 + H2).
Fig 2

Les résultats obtenus dans ce projet ont contribué à une publication dans Journal of Physics D: Applied Physics
(Fast-Track Publication), et trois présentations orales en conférences internationales.

81
COLHYBRIDE « Nouvelles Cellules Solaires Hybrides contenant des Oxydes Sensibilisés
par des Colorants Organiques »

Coordonnateur : Johann Bouclé, XLIM, UMR 6172, Limoges

Les partenaires : voir détails page 111


Renaud Demadrille, SPRAM, UMR 5819 CEA/INAC, Grenoble
Jörg Ackermann, Centre Interdisciplinaire de Nanosciences de Marseille, CINAM, UPR 3118, Marseille

Le projet COLHYBRIDE s’inscrit dans le cadre de la production d’énergie par conversion photovoltaïque (PV)
en visant la conception de nouvelles cellules solaires hybrides contenant des nanoparticules d’oxydes
métalliques sensibilisées par des colorants organiques. Actuellement, les meilleures cellules solaires hybrides
sont fabriquées à partir d’un semi-conducteur inorganique massif nanostructuré dont la surface est sensibilisée
par greffage de colorants photosensibles très souvent organométalliques. Après photo-excitation du colorant,
un électron est transféré dans le semi-conducteur inorganique (le plus souvent de l’oxyde de titane
mésoporeux, TiO2) pour être collecté par une cathode semi-transparente. En parallèle, la régénération du
colorant s’effectue classiquement via un électrolyte liquide (couple d’oxydo-réduction), qui permet un
remplissage efficace des pores de la couche poreuse inorganique de TiO2. Les colorants les plus efficaces
dans ce domaine sont des complexes organométalliques et les rendements de conversion sont compris entre
11 et 12%. Plus récemment des molécules purement organiques ont été développées et employées de manière
efficace dans ce type de cellule. De manière générale, ces sensibilisateurs doivent impérativement posséder
des niveaux énergétiques dont les positions sont bien ajustées au potentiel redox de l’électrolyte et au niveau
de la bande de conduction de l’oxyde. Le principal désavantage de ces cellules hybrides réside dans le fait
qu’elles renferment un électrolyte liquide. Cet électrolyte peut au cours du vieillissement de la cellule, fuir ou
encore s’évaporer rendant ainsi la cellule inopérante. Son remplacement par un composé solide est souhaitable
pour obtenir des dispositifs stables à long terme, néanmoins, les rendements associés restent encore limités (5-
6%), et il est nécessaire de démontrer des cellules solaires hybrides à bas coût par des procédés à basse
température et nécessite des matériaux actifs moins rares et/ou moins difficiles à purifier.

Dans ce contexte, l’objectif du projet COLHYBRIDE est de développer de nouvelles cellules hybrides sans
composants liquides intégrant des colorants organiques spécifiquement conçus pour ces applications. Ainsi, le
projet vise la synthèse, l’étude et l’intégration de nouvelles molécules photo-actives organiques au sein de
composants photovoltaïques hybrides innovants (géométrie sensibilisée classique ou nouvelle approche de
composants coaxiaux hybrides à base de ZnO), dans le but de démontrer une amélioration des performances
de ce type de composants, encore peu développé au niveau français, compatible avec l'émergence d’une filière
photovoltaïque organique et hybride compétitive.

82
OLIGO-VOLT « Synthèses et caractérisations de co -oligomères organiques -conjugués :
de la nano-structuration en couche mince à la conversion photovoltaïque »

Coordonnateur : Nicolas Leclerc, Laboratoire d'Ingénierie des Polymères pour les Hautes Technologies
(LIPHT), EAC 4379, Strasbourg

Les partenaires : voir détails page 111


Patrick Lévêque, Thomas Heiser, Institut d'Electronique du Solide et des Systèmes (InESS), UMR 7163,
Strasbourg

Ce projet se donne pour objectif la synthèse et la caractérisation des propriétés photovoltaïques d’une nouvelle
famille d’oligomères et de co-oligomères semi-conducteurs organiques. Les structures chimiques bien définies
associées aux propriétés de nano-structuration de co-oligomères devraient nous permettre d’obtenir des
performances photovoltaïques élevées et de résoudre les problèmes récurrents des polymères de référence : la
pureté des matériaux et la reproductibilité des synthèses (uniformité des propriétés). La conception des blocs
donneurs d’électrons reposera sur une stratégie consistant à alterner les unités aromatiques riches et pauvres
en électron de façon à obtenir une faible bande interdite. Ce projet décrit trois approches moléculaires
successives dans un ordre croissant de difficulté. Chaque approche représente une étape permettant de
préparer la suivante et à l’issue de laquelle l’évaluation des propriétés photovoltaïques du matériau devrait
représenter une réalisation finale, sous la forme d’une cellule photovoltaïque organique efficace.

Ce projet de recherche fondamental et hautement pluridisciplinaire repose sur les expertises complémentaires
de deux laboratoires situés sur le campus CNRS de Cronenbourg à Strasbourg.

La première étape de ce projet consiste à synthétiser et étudier les propriétés optoélectroniques de nouveaux
monomères conjugués. De ce fait, une nouvelle famille de molécules de type échelle est actuellement en cours
d'étude. Les premières versions de ces molécules actuellement en cours d'étude présentent des propriétés
d'absorption et de transport de charges qui en font de bons candidats pour l'application photovoltaïque
organique [1].

[1] L. Biniek, I. Bulut, P. Lévêque, T. Heiser et N. Leclerc, Tetrahedron Letters, 2011, sous presse.

83
VECTEURS

InHaBioH 2 « Interaction Hydrogénase – Electrodes pour la bioconversion de l’hydrogène »

Coordonnateur : Elisabeth Lojou, Laboratoire de Bioénergétique et Ingénierie des protéines (BIP), UPR 9036,
Marseille

Les partenaires : voir détails page 109


Sophie Lecomte, Laboratoire de Chimie et Biologie des Membranes et Nanoobjets (LCBMN), UMR 5248,
Bordeaux

InHaBioH2 se propose d’évaluer les performances d’une biopile à combustible H2/O2 reposant sur l’utilisation de
l’hydrogénase, enzyme catalysant la réaction réversible de transformation de l’Hydrogène en protons, comme
biocatalyseur d’oxydation de l’Hydrogène. L'objectif principal est le développement de stratégies permettant la
fixation ou l’encapsulation fonctionnelles et contrôlées de l’hydrogénase sur un support conducteur. Les travaux
doivent conduire i) à la compréhension et à la maîtrise des paramètres clés, de leur nature, et des effets de
l’interaction de l’enzyme avec le support sur le processus de transfert d’électrons, ii) à déterminer les conditions
assurant stabilité de l’enzyme à l’électrode et efficacité maximale.

Nous avons montré que l’utilisation d’hydrogénases extraites de bactéries ancestrales, qui ont acquis de
nombreuses résistances au cours de l’évolution, permettait d’obtenir une bioanode résistante à l’oxygène, au
CO et à la température. Nous avons reconstitué artificiellement l'environnement physiologique de l'enzyme, en
l'insérant dans des liposomes. Nous avons montré que les protéoliposomes obtenus permettaient une efficacité
catalytique d’oxydation de l'hydrogène 5 fois plus forte que celle obtenue avec l’hydrogénase isolée, mais aussi
que la résistance à l'oxygène était encore renforcée. Nous avons par ailleurs développé des électrodes
modifiées par des réseaux de nanotubes de carbone. Nous avons démontré que des densités de courant de 1
mA/cm2 pouvaient être atteintes sur des électrodes stationnaires dans ces conditions, soit un gain d’un facteur
10 par rapport aux électrodes non modifiées, avec en plus une stabilisation du signal électrochimique. Enfin, le
programme InHaBioH2 nous a conduits à étudier plus particulièrement l’orientation de l’hydrogénase à
l’électrode, qui contrôle le processus de transfert d'électrons interfacial. Nous avons montré que deux
populations d’hydrogénases coexistaient à l’interface: la première qui autorise un transfert d’électron direct pour
l’oxydation de l'hydrogène, et la deuxième qui nécessite l’addition d’un médiateur redox. Nous avons pu corréler
ce résultat avec le modèle cristallographique de cette hydrogénase, qui ne présente dans l’environnement du
FeS distal ni résidus chargés, ni résidus hydrophobe. L’ancrage de la protéine dans la membrane se fait en fait
via une hélice trans-membranaire, dont la position doit jouer un rôle clé dans l’orientation lors de
l’immobilisation.

84
SOLCYREDOX « Production d’hydrogène via un cycle thermochimique solaire redox à
base d’oxydes de terres rares dopés »

Coordonnateur : Nicolas Bion, Laboratoire de Catalyse en Chimie Organique (LACCO), UMR 6503, Poitiers

Les partenaires : voir détails page 110


Stéphane Abanades, Laboratoire PROcédés, Matériaux et Energie Solaire (PROMES), UPR 8521, Odeillo

Ce projet exploratoire vise à démontrer l’intérêt de la production d’hydrogène de très haute pureté au moyen de
cycles thermochimiques à 2 étapes mettant en œuvre des oxydes métalliques à base de cérium de type CeO2-
MOx où M représente 1 voire 2 autres cations dopants. Ces cycles permettent la production d’hydrogène à
partir de l’eau et de l’énergie solaire concentrée sans émission de gaz à effet de serre en vue de l’alimentation
d’une pile à combustible. Les cycles concernés dans ce projet sont les cycles à 2 étapes à base d’oxydes qui
se composent :

d’une réaction de réduction à haute température (réaction endothermique)


Réduction solaire : MxOy MxOy-z + z/2 O2 (1)

d’une réaction d’hydrolyse de la forme réduite de l’oxyde (2) à une température inférieure générant H2
Hydrolyse et génération H2 : MxOy-z + z H2O  MxOy + z H2 (2)

L'oxyde métallique régénéré est ensuite recyclé dans l'étape solaire donc il n'est pas consommé dans le
procédé. D’une part, la température maximale de ces cycles est accessible grâce au rayonnement solaire
concentré et, d’autre part, H2 et O2 sont produits séparément avec une extrême pureté.

Notre objectif principal est de démontrer que la température de régénération des matériaux développés est
compatible avec une application centrale solaire et qu’à cette température, la stabilité des matériaux permet la
tenue au cyclage. Afin d’abaisser au maximum la température de réduction du cérium, l’ajout d’un métal est
proposé. Les deux laboratoires LACCO et PROMES ont mis en évidence de manière indépendante l’intérêt des
matériaux à base de cérine pour la production d’hydrogène à partir de l’eau. Le LACCO possède une
connaissance approfondie de la mobilité des atomes d’oxygène dans les oxydes à base de terres rares ainsi
que dans les catalyseurs métalliques supportés sur oxydes. PROMES est un laboratoire de référence dans le
domaine des procédés thermochimiques qui utilisent la chaleur issue de la concentration du rayonnement
solaire.

Les solutions mises en œuvre pour augmenter la réactivité des matériaux sont :

1) la synthèse de cérine sous forme de poudre nanométrique afin d'augmenter la surface spécifique des
grains d’oxydes;
2) le dopage de la cérine afin de créer des lacunes d’oxygène;
3) l'ajout d’un métal noble catalyseur afin d'abaisser la température de réduction.

Les paramètres sur lesquels nous nous focalisons pour évaluer l’intérêt des cycles étudiés et la faisabilité pour
un couplage avec les systèmes à concentration actuels comme les centrales solaires à tour seront :

le rendement du cycle en hydrogène (g H2/g solide) ;

la température d’activation du solide ;

la stabilité au cyclage (tests de recyclage)

85
PARTISUN « Récepteur solaire à suspension dense de particules »

Coordonnateur : Daniel Gauthier, Laboratoire Procédés, Matériaux, et Energie Solaire (PROMES), UPR 8521,
Odeillo Font-Romeu

Les partenaires : voir détails page 111


Mehrdji Hémati, Laboratoire de Génie Chimique (LGC), UMR 5503, Toulouse

Nous proposons d’utiliser des suspensions denses (proportion de solide d’environ 50%) de particules dans un
gaz en écoulement vertical (ascendant ou descendant) dans des tubes qui constituent les éléments actifs de
l’absorbeur solaire. Toutefois, lors du transport des suspensions gaz/solide denses, la modification locale des
propriétés du gaz interstitiel, sous l’effet de la température et de la pression, provoque des instabilités
hydrodynamiques locales dans l’écoulement. Ces phénomènes, peu connus, sont à l’origine d’une
défluidisation ou d’une sur-aération locale, responsables de l’apparition de différents régimes hydrodynamiques
dans l’écoulement : lit mobile, lit fluidisé homogène et lit fluidisé à bulles. Les limites de stabilité des
écoulements gaz-solide denses verticaux vis-à-vis des conditions opératoires (flux massique de solide,
évolution de la pression et de la température le long de l’écoulement, conditions d’aération,…) ne sont
actuellement pas connues. Nous transposerons la méthodologie développée au LGC aux cas envisagés dans
ce projet.

Les tubes métalliques sont soumis au rayonnement solaire concentré. Le rayonnement absorbé par ces tubes
est transmis par conduction, convection et rayonnement vers la suspension qui s’échauffe au contact des
parois chaudes. Cette suspension en circulation dans le récepteur assure le transport de l’énergie absorbée
vers les dispositifs de stockage et de conversion d’énergie. Un dispositif complet de « stockage-conversion »
utilisant ce nouveau récepteur solaire est représenté ci-après : il se compose d’un réservoir de stockage chaud,
connecté à la sortie du récepteur solaire, qui alimente un échangeur de chaleur à lit fluidisé dans lequel les
particules cèdent leur énergie à des tubes immergés à l’intérieur desquels est générée de la vapeur, vapeur qui
est ensuite détendue dans une turbine (dispositif classique dans l’industrie de production d’électricité). Les
particules refroidies sont évacuées de l’échangeur (circulation continue des particules) et dirigées vers le
réservoir de stockage froid. Ce dernier est connecté à l’entrée du récepteur solaire.

Le projet PARTISUN comprend :


 le dimensionnement d’une boucle
d’essai,
 la validation des concepts sur maquette
froide, la construction et la mesure des
performances d’un récepteur solaire pilote de 15
à 40 kWth environ (température de la
suspension : 300°C-600°C),
 l’extrapolation du système à grande
échelle (plusieurs MWth) à partir d’un modèle
simple,
 la détermination des pertes
énergétiques dues à la compression du gaz de
transport.

Schéma de principe d’une installation

86
COMMERCE H 2 « Réseaux de catalyseurs moléculaires pour la production de H 2 »

Coordonnateur : Ally Aukauloo, Laboratoire de Chimie Inorganique, ICMMO, UMR 8182, Orsay

Les partenaires : voir détails page 112


Pierre Millet, LPCES-ICMMO ICMMO, UMR 8182, Orsay

Le remplacement du platine utilisé à la cathode (pour la réduction des protons en hydrogène moléculaire en
milieu acide) par des catalyseurs à base de métaux de transitions (non-nobles) est un thème important qui
continue de conditionner le développement industriel de ce type de technologie. Nous avons découvert qu’un
chlatrochélate de Co(III) présente des propriétés très prometteuses en réduction de protons à un potentiel de -
0.55V vs ECS [1]. En collaboration avec l’équipe partenaire (P. Millet), nous avons montré que l’immobilisation
de ces catalyseurs sur électrode en présence de noir de carbone modifie très notablement l’activité du
complexe en abaissant notablement le potentiel nécessaire pour fournir une densité de courant équivalente.

Une étude par microscopie électronique en balayage sur le dépôt catalyseur/noir de carbone révèle la formation
de microcristaux enchevêtrés au sein du carbone. Ceci est un problème crucial que nous voulons surmonter
dans COMMERCE H2. Pour ce projet, le matériau visé est un réseau de coordination basé sur l’insertion de
chlatrochélates de Co(III) actifs en électroréduction de protons. Le programme de recherche est comme suit:

Synthèse et caractérisations structurales des matériaux :


- synthèse des complexes catalytiques porteurs d’une fonction coordinante (carboxylates,
acetylacétonates, phosphonates…). Etudes électrochimiques.
- synthèse et étude structurale des phases des réseaux M(cla-Co)3 ou M(cla-Co) (m est un ion
métallique) La croissance de monocristaux se fera par des techniques conventionnelles (diffusion
lente, gels, conditions hydrothermales ou microondes).

Etude des propriétés électrocatalytiques des poudres déposées sur électrode. Cette étude permettra de
valider la stabilité des réseaux catalytiques formés et sera réalisée par l’équipe partenaire.

Optimisation de mise en forme du réseau catalytique


- synthèse de nanoparticules : les méthodes envisagées sont i) la précipitation contrôlée ii) la synthèse
en microémulsion dans le cas où le sel du catalyseur présente une solubilité suffisante iii) la synthèse
par confinement en présence de polymères qui permettra la stabilisation et l’enrobage des particules
par un polymère conducteur (polyéthylèneimine par exemple) et favorisera le dépôt sur électrode de
graphite.
- synthèse de films minces sur électrode : l’électrode de graphite sera préalablement immergée en
milieu acide de manière à créer des fonctions acides carboxyliques qui serviront de sites de
nucléation. Différentes épaisseurs seront étudiées afin de trouver un optimum entre stabilité,
conductivité et diffusion au sein du film.

Etude des propriétés électrocatalytiques des matériaux finalisés : les films minces et nanoparticules
déposées sur substrats seront comparées aux performances des poudres de ces matériaux. Concernant
les nanoparticules, elles seront également étudiées au sein de composites incorporant un matériau
conducteur (polymère conducteur, nanotubes, noir de carbone…)

Des tests sur électrolyseurs industriels sont également prévus.

[1] a) O. Pantani et al, Angew. Chem. Int. Ed. 2008, 9948. b) O.Pantani et al. Elect. Commun. 2007, 9, 54.

87
PHOTORAD « Problèmes de rayonnement en diffusion multiple pour l'optimisation d'un
photobioréacteur solaire »

Coordonnateur : Richard Fournier, Lab. Plasmas et Conversion d’Energie (LAPLACE), UMR, 5213, Toulouse

Les partenaires: voir détails page 110


Mouna El Hafi, Centre de Recherche d'Albi en génie des Procédés, Solides Divisés, Energie et Environnement
(RAPSODEE), FRE 3213, Albi
Jean-François Cornet, Laboratoire de Génie Chimique et Biochimique (LGCB), EA 3866, Clermont-Ferrand
Cyril Caliot, Laboratoire Procédés, Matériaux et Energie Solaire (PROMES), UPR 8521, Odeillo

En comparaison des végétaux supérieurs, les microorganismes photosynthétiques ont des capacités
intrinsèques qui les positionnent favorablement dans nombre d'applications, notamment bioénergétiques. Les
photo-bioréacteurs solaires intensifiés à dilution du rayonnement développés actuellement sont des objets
technologiques dans lesquels sont assurées les conditions d'une croissance contrôlée de tels organismes et qui
sont placés en aval d'un système solaire à concentration permettant d’introduire puis de diluer le rayonnement
visible à l’intérieur du réacteur. Leur conception vise à approcher l'optimum thermodynamique de la
photosynthèse ce qui permet d'envisager un gain de deux ordres de grandeur en productivité surfacique par
rapport à la photosynthèse en plein champ.

Ces objectifs d'optimisation soulèvent de nombreuses questions relevant de la physique des transferts de
rayonnement, depuis la détermination des propriétés radiatives des microorganismes jusqu'à l'analyse du
champ de rayonnement au sein des réacteurs, dont certains sont géométriquement très complexes. Ces
questions ont été abordées rigoureusement par la communauté du génie des procédés biochimiques, mais
plusieurs verrous demeurent. L'objectif du présent projet est de reconsidérer ces verrous, au regard des
avancées méthodologiques les plus récentes dans le domaine du transfert radiatif.

Le premier axe de travail concerne la modélisation des propriétés d'absorption et de diffusion des
microorganismes, ce qui passe par la résolution des équations de Maxwell pour des géométries complexes et
des paramètres de tailles qui dépassent les limites d'applicabilités des techniques usuelles. Le second
concerne la simulation et l'analyse (éventuellement l'inversion) des transferts radiatifs en diffusion multiple et en
géométrie complexe, ce qui rejoint un ensemble de réflexions méthodologiques actuelles autour de:

l'analyse statistique des longueurs des chemins optiques de multi-diffusion (pour le développement de
modèles macroscopiques);

la méthode de Monte Carlo et son potentiel en termes d'analyse de la sensibilité aux paramètres de
conception.

Nos résultats préliminaires indiquent qu'une approche systématique pourra être proposée en ce qui concerne la
détermination des propriétés radiatives à partir des paramètres biologiques, et qu'elle répondra aux attentes
actuelles de précision. En ce qui concerne les deux autres points, nous pouvons déjà conclure que les
techniques explorées sont pertinentes dans le présent contexte. Les premières mises en oeuvre ont donné des
résultats très convaincants sur un ensemble de configurations académiques, mais la transition vers des
modèles et des analyses à l'échelle du procédé réel soulèvent de nouvelles questions, notamment en ce qui
concerne les sensibilités de type géométrique, les non-linéarités liées à la biologie et l'extension des plages de
validité des modèles approchés.

88
PILES A COMBUSTIBLE

ORFEO « Observation par RMN du Flux Electro -Osmotique: étude de l'impact des cations
dans les membranes pour pile à combustible »

Coordonnateur : Feina Xu, Lab. d’Energétique et de Mécanique Théorique et Appliquée (LEMTA), UMR 7563,
Vandœuvre-lès-Nancy

Les partenaires : voir détails page 111


Daniel Canet, Cristallographie, Résonance magnétique et Modélisations (CRM2), UMR 7036, Vandœuvre-lès-
Nancy

Le projet ORFEO s'inscrit dans la compréhension des mécanismes fondamentaux de fonctionnement et de


dégradation d'une pile à combustible (PAC). Il a pour but entre autre d'appréhender le phénomène d'électro-
osmose (EO) dans une membrane pour PAC (avec ou sans colmatage chimique) en développant la technique
ENMR (Electrophorèse sous RMN).

En sondant la dynamique de l'eau dans le Nafion par RMN, nous avons constaté que le coefficient d'auto-
diffusion de l'eau est affecté par le contre-cation présent dans le Nafion [1]. De ce fait, nous pensons que la
RMN peut-être un outil de choix dans la caractérisation du processus de dégradations des membranes pour
PAC. En effet, une des causes possibles de dysfonctionnement d'une PAC est la dégradation chimique ou le
colmatage de l'électrolyte polymère, du fait de la présence de polluants ioniques provenant de la formulation
des électrodes, de la corrosion des plaques bipolaires métalliques…

Bien que les méthodes RMN habituelles aient été fréquemment utilisées pour mesurer les mouvements de l'eau
dans les membranes pour PAC, elles ne sont pas adaptées pour mesurer un flux d'eau sous un champ
électrique. Ainsi, l'objectif général de ce projet consiste à développer la technique ENMR (Electrophorèse sous
RMN) pour caractériser les systèmes ioniques en mode dynamique.

L'application de cette technique permet de déterminer dans un premier temps une constante de perméabilité
électro-osmotique (K drag) des membranes. Par la suite, nous étudierons l'effet de la nature et de la taille des
contre-cations sur la mobilité de l'eau dans une membrane en comparant les flux électro-osmotiques mesurés.
Le but de cette étude est de démontrer que le colmatage ou la dégradation chimique affecte le nombre de sites
échangeurs d'ions et par conséquent réduit la mobilité électrophorétique des cations. Le flux électro-osmotique
de l'eau doit donc suivre cette tendance.

Il est à noter que la technique ENMR est non intrusive et une fois développée, elle pourrait devenir une
technique de choix dans l'étude du phénomène d'électro-osmose et de sa quantification.

[1] F. Xu, S. Leclerc, O. Lottin, D. Canet, "Impact of Chemical Treatments on the Behavior of Water in Nafion®
NRE-212 by 1H NMR: Self-Diffusion Measurements and Proton Quantization", 2011, accepted in Journal of
Membrane Science.

89
Biopile Animale

Coordonnateur : Serge Cosnier, Département de Chimie Moléculaire, UMR 5250, Grenoble

Les partenaires : voir détails page 111


Michael Holzinger, Chantal Gondran, Alan Le Goff, Karine Gorgy, Abdelkader Zebda, Fabien Giroud, DCM,
UMR 5250, Grenoble.
Philippe Cinquin, Jean-Pierre Alcaraz, TIMC, UMR 5525, La Tronche
Naceur Belgacem, Anne Blayo, Didier Chaussy, Nadège Reverdy-Bruas, Martin Céline, Laboratoire de Génie
des Procédés Papetiers, LGP2, UMR 5518, St Martin d’Hères

Les objectifs de ce programme consistent à développer de nouvelles stratégies de construction de biopiles


implantables afin d’atteindre des puissances (100-300µW) susceptibles d’alimenter des dispositifs médicaux
implantés classiques voire une nouvelle génération de systèmes médicaux plus énergétivores comme les
sphincters urinaires artificiels.

Bien que les biopiles à glucose dont le fonctionnement est basé sur des catalyses électro-enzymatiques,
occupent une place de choix dans la recherche mondiale, leur application à l’implantation dans le corps animal,
n’a encore jamais été réalisée. Nous avons récemment réussi à implanter dans un rat une biopile capable de
produire plusieurs micro-watts grâce à une architecture électroenzymatique originale basée sur une
compression de poudre de graphite [1]. L’amplification de puissance des biopiles est entreprise d’une part en
optimisant la composition des compressions graphite-enzyme-médiateur rédox et le choix des catalyseurs
compatibles avec les expériences in vivo mais également en extrapolant cette stratégie aux nanotubes de
carbones qui remplaceront les particules de graphite. Eu égard à leur conductivité et leur taille, ces derniers
permettent une connexion électrique directe des enzymes et permettent de s’affranchir des médiateurs rédox.
Des résultats préliminaires nous conduisent déjà à un gain d’un facteur 20 par rapport à notre première biopile.
D’autre part, l’augmentation des performances sera entreprise via l’augmentation de la surface spécifique des
demi-piles. Des matériaux multicouches de différentes natures seront ainsi préparés, notamment : support,
anode, séparateur, cathode, etc. De plus, le séchage et le dosage des couches transférées sont modulés en
fonction des constituants de la couche pour assurer le maximum de son activité.

Parallèlement à l’optimisation de la biopile, nous avons entrepris avec des médecins et des chirurgiens leur
implantation dans des animaux (actuellement des rats) et testons en conditions réelles leurs performances
(puissance, durée de vie). Les premières biopiles basées sur des compressions de nanotubes ont ainsi été
implantées confirmant in vivo, le gain de puissance observé in vitro.

[1] P. Cinquin, C. Gondran, F. Giroud, S. Mazabrard, A. Pellissier, F. Boucher, J.-P. Alcaraz, K. Gorgy, F.
Lenouvel, S. Mathé, P. Porcu, S. Cosnier. PLoS ONE 5 (2010) e10476.

90
AMEPLAS « Elaboration et Caractérisation d’Assemblages Membrane Electrodes PLasma
AutoSupportés »

Coordonnateur : Pascal Brault, GREMI, UMR 6606, Orléans

Les partenaires : voir détails page 112


Christophe Coutanceau, LACCO, UMR 6503, Poitiers

Le projet vise à réaliser, caractériser et optimiser des assemblages membrane-électrodes pour des piles à
combustible à membrane ionique (protonique ou anionique) obtenus par dépôt pulvérisation plasma
directement sur une membrane polymère (en l’occurrence Nafion comme membrane protonique et FUMATECH
comme membrane anionique). L’étude sera consacrée de façon détaillée à l’obtention de couches minces
catalytiques de type Carbone – Platine avec ou sans fonctionnalisation plasma ou chimique. La caractérisation
physico-chimique fine de ces couches permettra de définir le meilleur assemblage possible du point de vue de
l’accessibilité au gaz, de la stabilité du catalyseur, en particulier la migration du platine dans la membrane, et de
la tenue en pile. Les performances en pile visées sont de 500 mW.cm-2 pour une électrode de 500 à 1000 nm
d’épaisseur.

Les techniques d’analyse mises en œuvre seront le TEM, le MEB, l’XPS, la RBS, l’IR (adsorption, oxydation, ..)
et la microbalance à quartz électrochimique (EQCM). Des tests en piles H2/O2 valideront les meilleurs
assemblages en température et en fonction de la pression. La recherche d’un fonctionnement efficace en H2 à
la pression atmosphérique et à 25°C sera poursuivie pour valider ce concept de pile autosupportée.

Les premières études ont concerné les dépôts directs par pulvérisation plasma de Pt et de co-dépôts PtC sur
membrane Nafion® 212. Les premiers résultats montrent que la charge optimale en platine est de l'ordre de 10
à 15 µgPtcm-2 à la cathode conduisant à des performances en pile H2/O2 de 300 mW.cm-2 à 2 bars et 170
mW.cm-2 à la pression atmosphérique et à 70°C. L'augmentation de la pression et de la température améliore
les notablement les performances. Les épaisseurs de ces électrodes déposées directement sont de l'ordre de
100nm.

Parallèlement à la recherche de performances, les études électrochimiques nécessaires à la compréhension


des résultats vont être entreprises.

Les études à venir vont également concerner la durabilité et le vieillissement de ces assemblages du fait des
faibles épaisseurs d'électrodes.

91
GesteauPAC « Etude in situ de la gestion de l’eau dans des membranes pour piles à
combustible, en fonctionnement, par des méthodes de diffusion Raman, RX et Neutrons »

Coordonnateur : Stefano Deabate, Institut Européen des Membranes (IEM), UMR 5635, Montpellier

Les partenaires : voir détails page 112


Gérard Gebel, Structure et Propriétés d’Architectures Moléculaires (INAC/SPrAM), UMR 5819, Grenoble
Arnaud Morin, Laboratoire des Composants pour Piles à combustible, Electrolyseurs, et de Modélisation
(Liten/LCPEM), CEA, Grenoble

L’amélioration des performances et de la durée de vie des PEMFCs implique une meilleure connaissance et
compréhension des mécanismes de transports dans le cœur du système. La complexité de l’architecture de la
pile, des mécanismes réactionnels aux électrodes et des phénomènes de transport d’eau et de protons
intrinsèques à l’électrolyte implique une distribution fortement hétérogène de l’eau dans l’épaisseur sur toute la
surface de la zone active de l’assemblage membrane électrode d’une manière générale et de la membrane en
particulier. Cette distribution varie en fonction du régime opératoire (permanent ou transitoire). Il est donc
difficile d’établir des relations entre les propriétés de transport, notamment la conductivité, de l’électrolyte isolé
(hors du cœur de pile) et son comportement à l’intérieur d’une pile en opération. Même dans le cas de mesures
effectuées en fonctionnement, obtenir des résultats expérimentaux pertinents reste un exercice délicat car
toutes les grandeurs mesurées en sortie d’une cellule électrochimique sont des valeurs résultant d’une
moyenne des phénomènes se déroulant sur toute la surface de l’ensemble électrode-membrane-électrode.

L’objectif de ce projet est l’analyse fine des phénomènes de transport dans les cœurs de piles en et hors
fonctionnement, en couplant différentes techniques expérimentales (spectroscopie Raman confocale, diffusion
des rayons X et des neutrons, mesures des bilans d’eau, spectroscopie d’impédance, mesures RMN,…) et la
modélisation. Les études in situ et operando visent à déterminer l’évolution des profils de concentration d’eau
locaux au travers de l’électrolyte, à la fois en fonction du régime de fonctionnement de la pile (taux d’hydratation
des gaz, température, rendement électrochimique, etc.) et en fonction du lieu d’étude (dans le canal de
distribution des gaz, sous la dent de collection du courant, en entrée, au milieu et en sortie du cœur de pile).

Des mesures électrochimiques hors fonctionnement sont employées pour dissocier et quantifier les paramètres
physiques respectivement associés à l’électroosmose et à la rétrodiffusion. Les nouvelles informations
obtenues de l’exploitation croisée de l’ensemble des résultats provenant de plusieurs techniques et matériaux
(deux membranes de type perfluorosulfonée, Nafion™ et Aquivion™, et une membrane hydrocarbonée, PEEK
sulfoné, seront étudiées) permettront non seulement d’améliorer les capacités prédictives des modèles du cœur
de pile couramment employés mais aussi de proposer des nouvelles stratégies de mise en forme d’électrolytes
polymères à performances accrues.

92
CHAINE DU CARBONE

CRAKIN « Etude de la conversion des goudrons de pyrolyse de la biomasse »

Coordonnateur : Anthony Dufour, Laboratoire Réactions et Génie des Procédés (LRGP), UPR 3349, Nancy

Les partenaires : voir détails page 112


Yann Rogaume, LERMAB, EA 4370, Epinal

Enjeux :

La conversion des goudrons reste l’un des principaux verrous technologiques des procédés de gazéification de
la biomasse, pour toutes les applications : production d’électricité, de gaz naturel de substitution (SNG) ou de
diesel Fischer-Tropsch, etc. Les goudrons sont produits durant la pyrolyse de la biomasse. La pyrolyse de la
biomasse est la première réaction mise en jeu dans les procédés de gazéification et elle contrôle en grande
partie la répartition des produits (gaz, goudrons et charbon).

Les réactions de conversion des goudrons sont encore mal connues. Elles sont le plus souvent modélisées à
l’aide de modèles globaux. Ces modèles globaux sont valables sur une plus faible gamme de conditions
expérimentales que les modèles détaillés (radicalaires). Ce projet a donc pour objectif de modéliser de manière
globale et détaillée les vitesses des principales réactions de conversion des goudrons, de comparer ces 2
approches et de développer une voie originale de conversion des goudrons : la conversion hétérogène sur
charbon de bois. Le charbon de bois serait l’un des meilleurs catalyseurs « verts » pour convertir les goudrons
car il est produit au sein même de l’unité de pyrolyse/gazéification, il est moins sensible, moins cher et moins
toxique que les catalyseurs à base de métaux nobles (nickel, etc.). Il est de plus facilement régénérable par
oxydation.

Programme de travail :

Le programme de recherche est réparti en 3 tâches principales :


1) étude (essais et modélisation) de la conversion homogène de goudrons modèles,
2) étude de la conversion homogène de goudrons réels, présents dans un gaz de pyrolyse de la biomasse,
3) étude de la conversion de goudrons modèles et réels sur un charbon de bois.

Premiers résultats :

Le projet a débuté en Octobre 2010.

Pour la tache 1, un banc expérimental existant a été modifié. Il couple un réacteur parfaitement agité à un
système de contrôle de gaz permanents et de vaporisation de goudrons modèles. Les produits sont quantifiés
en sortie de ce réacteur par plusieurs chromatographes (GC) couplés. Une revue bibliographique complète des
mécanismes de conversion des goudrons a déjà été effectuée.

Pour la tache 2, les rendements massiques des produits de conversion de goudrons réels ont été déterminés
pour la cellulose, la lignine, les hémicelluloses et le chêne. Il faut encore préciser la composition des goudrons
produits sous une pression partielle mieux maîtrisée.

Pour la tache 3, un nouveau banc d'essais a été mis au point. Un lit fixe est couplé à un µGC en ligne et les
produits condensables sont quantifiés par GC/FID-MS. Un lit fluidisé double de gazéification a été modélisé de
manière détaillé par un couplage Aspen/Fortran. Nous avons montré qu'une conversion des goudrons sur du
charbon de bois permettrait d'augmenter le rendement du réacteur (PCI gaz permanent/ PCI biomasse
anhydre) de 61% à 68%.

93
OxyChar « Etude des mécanismes physico-chimiques de dévolatilisation et de combustion
du charbon pulvérisé sous atmosphères enrichies en oxygène »

Coordonnateur : Romain Lemaire, Ecole des Mines de Douai - Département Energétique Industrielle, Douai

Les partenaires : voir détails page 112


Eric Therssen, Laboratoire de PhysicoChimie des Processus de Combustion et de l’Atmosphère (PC2A), UMR
8522, Villeneuve d'Ascq

La part croissante que va occuper le charbon dans la partition énergétique des prochaines décennies va se
heurter aux problématiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Différentes stratégies de
capture et de stockage du CO2 sont de ce fait actuellement étudiées. Dans ce domaine, la combustion sous air
enrichi en oxygène voire sous oxygène pur (on parle alors d’oxycombustion) permet d’obtenir des fumées
riches en CO2 ce qui limite de fait le coût énergétique associé à sa capture postcombustion (un optimum
économique devant cependant être trouvé du fait du surcoût occasionné en amont par la production
d’oxygène). Si de nombreuses études portant sur la pyrolyse et la combustion du charbon pulvérisé ont permis
d’optimiser les paramètres de combustion industrielle, le fait de recourir à des atmosphères enrichies en
oxygène va tendre à modifier de manière significative les processus de dévolatilisation et de combustion. Des
études approfondies sont donc nécessaires et c’est dans ce contexte que s’inscrit ce projet de recherche qui
vise à analyser et améliorer la compréhension des mécanismes physico-chimiques impliqués dans la
dévolatilisation et la combustion du charbon pulvérisé sous atmosphères enrichies en oxygène. Outre le choix
du charbon en guise de combustible, le caractère innovant de ce projet repose sur l’utilisation d’un banc d’essai
permettant d’étudier la combustion du charbon dans des conditions proches de celles rencontrées
industriellement (température et vitesse de chauffe du combustible). En plus de la caractérisation détaillée des
champs réactionnels (mesures de température par pyrométrie bichromatique et de vitesse par PIV), des
mesures d’espèces gazeuses (O2, Source laser Particules

CO, CO2, NOx et SOx) seront Etude des

réalisées à différents stades de la Mesure de champs


mécanismes
physicochimiques Analyse

combustion. Une innovation dans de vitesse par PIV de dévolatilisation et


de combustion du
thermogravimétrique
couplée à la

le domaine analytique sera température Mesure de spectrométrie de


par Caméra charbon pulvérisé masse
Ecoulement
pyrométrie sous air enrichi en
également proposée via le bichromatique oxygène

couplage de l’Incandescence et de Brûleur hybride

la Fluorescence Induites par Laser


Flamme de
charbon
Etude de la
pulvérisé
appliqué dans les flammes de
Mise au point et
réactivité du
caractérisation
charbon et des
charbon pour la détection des détaillée du
dispositif
semi-cokes sous
atmosphères
suies et de leurs précurseurs expérimental
controlées

gazeux. Le comportement Analyse de gaz (O , CO, 2 Couplage LII/LIF appliqué de

d’oxydation des particules de CO , NOx et SOx) et


2
détermination du taux de
manière originale au sein de
flammes de charbon

charbon et des semi-cokes dans


dévolatilisation tout au long pulvérisé pour la détection
de la combustion Obtention de données des suies et des HAP
cinétiques inédites
des conditions d’oxycombustion dans des conditions de LII des
particules

sera également étudié par analyse flamme industrielle Pulse laser


Suie
de suie

thermogravimétrique couplée à la 532 – 1064 nm


HAP LIF des
spectrométrie de masse. précurseurs
de suies

Ces travaux permettront ainsi de collecter de façon inédite un grand nombre de données essentielles afin de
mettre au point les mécanismes chimiques et les simulations numériques nécessaires au dimensionnement des
futures installations de production d’énergie.

94
VALCO 2 « Valorisation énergétique du CO 2 par hydrogénation catalytique sélective en
méthane »

Coordonnateur : Anne-Cécile Roger, Laboratoire des Matériaux Surfaces et Procédés pour la Catalyse
(LMSPC), UMR 7515, Strasbourg

Les partenaires : voir détails page 112


Sébastien Thomas, Laboratoire de Catalyse et Spectrochimie, UMR 6506, Caen
Carlos Henriques, Catalysis and Reaction Engineering Research Group, Lisbonne

Toute utilisation de CO2 comme réactif va dans le sens d’une gestion maîtrisée des émissions de gaz à effet de
serre. Actuellement son usage comme réactif chimique est limité à quelques procédés (synthèse de l’urée,
acide salycilique, carbonates) et ce malgré un nombre considérable de travaux de recherche dans le domaine
de la réduction catalytique (catalyse homogène, catalyse hétérogène, électrocatalyse) de CO 2 vers les
carburants.

L’objectif du projet VALCO2 est d’évaluer les différents procédés catalytiques permettant la production de
méthane à partir de gaz de synthèse obtenu par vapogazéification de la biomasse.

L’étude, qui sera menée par 3 équipes aux compétences complémentaires, portera sur les points suivants :

1) mise au point de catalyseurs performants en hydrogénation de CO2 ; l’effet de la présence de CO et d’H2O


sur la production de méthane ; optimisation de la formulation catalytique selon les points 1 et 2.
2) détermination des sites actifs en hydrogénation de CO2 et en hydrogénation de CO ; étude de la
compétition CO2/CO ; modification des sites actifs en présence d’eau
3) étude cinétique de la méthanation de CO2 et de la méthanation de CO ; influence des différentes
atmosphères réactionnelles
4) modélisation des différents procédés envisagés selon les résultats obtenus aux points 1, 2 et 3 ;
établissement des bilans matière et de chaleur des procédés globaux (biomasse→méthane).

95
BIOHDO « Etude des mécanismes d'hydrodésoxygénati on (HDO) pour la fabrication de
biocarburants de 2nd génération à partir de matière lignocellulosique. Reche rche de
catalyseurs spécifiques »

Coordonnateur : Sylvette Brunet, Laboratoire de Catalyse en Chimie Organique (LACCO), UMR 6503, Poitiers

Les partenaires : voir détails page 111


Arnaud Travert, Laboratoire Catalyse et Spectrochimie (LCS), UMR 6506, Caen
Jean-François Paul, Unité de Catalyse et de Chimie du Solide (UCCS), UPR 8181, Lille

Le développement de procédés de production de carburant à partir de la biomasse est une des alternatives à la
production de carburants fossiles. Pour valoriser les liquéfiats de biomasse (obtenus par pyrolyse de matière
ligno-cellulosique) sous forme de carburants, il est essentiel d’effectuer un traitement de manière à éliminer tout
ou partie de l’oxygène (30 – 40 % pds sous forme de différentes fonctions oxygénées), ceci de manière à les
stabiliser et à les rendre compatibles avec les carburants pétroliers et donc les moteurs actuels. La difficulté du
traitement d’hydrodésoxygénation de ces liquéfiats est la présence de fonctions oxygénées très différentes
(alcool, cétones, ester, acides, …) dont la réactivité et l’impact sur le catalyseur (en terme de désactivation et
sites actifs) peuvent être très différents. L’étape d’hydrodésoxygénation constitue donc un point clé dans la
valorisation de ces bio-huiles.

Le but de ce travail est par conséquent d’acquérir une banque de données inexistante à ce jour dans la
littérature académique permettant de définir les conditions de fonctionnement et la formulation de catalyseurs
spécifiques aux réactions d’HDO quelque soit le type de composé oxygéné. Pour cela il est nécessaire à partir
de molécules modèles représentatives de celles présentes dans les biohuiles de déterminer les schémas de
transformation, les réactions et mécanismes impliqués de manière à définir les sites actifs et les propriétés des
catalyseurs mis en jeu. Ceci nécessite une caractérisation poussée à chaque stade de la réaction c'est-à-dire
avant, pendant et après la réaction. Une approche théorique permettra également d’apporter des éléments de
compréhension tant au niveau moléculaire que du catalyseur. Les groupes de recherche académiques
impliqués dans ce projet ont été choisis en fonction de la complémentarité de leurs expertises et
approches (reconnues au niveau national et international); ils ont aussi déjà démontré leur capacité à travailler
ensemble sur des sujets de type hydrotraitement.

Compte tenu de l’étendu de la problématique, des priorités ont été fixées :

choix des catalyseurs permettant de favoriser les voies de désoxygénation directes, de décarboxylation et
de déshydratation.

étude de la stabilité des catalyseurs avec notamment les effets de la nature de la charge (molécules
modèles, mélanges synthétiques de molécules modèles, pour reconstituer une charge réelle), des co-
produits (CO, CO2, H2O, …). Ceci pourra être relié aux caractéristiques du catalyseur (avant, après et
pendant la réaction), dans la mesure du possible.

Le but ultime de cette recherche est, à partir d’une démarche à caractère fondamental, de constituer un capital
de connaissances pour bâtir le socle d’une technologie de production de carburant (surtout diesel) à partir de
matière renouvelable.

96
SOCIO - ECONOMIE

MDP facteur 4 post-Kyoto 1 « Le recours au Mécanisme pour un Développement Propre


par les pays de l’Union Européenne : quelle signification par rappor t à l’objectif du facteur
4 et quelle perspective en tant qu’option de réduction des émissions de gaz à effet de
serre pour la période post -Kyoto 1? »

Coordinateur : Moïse Tsayem Demaze, Lab. Espaces et Sociétés, UMR 6590, Le Mans

Partenaires : voir détails page 111


Jean-Christophe Simon, IRD et UMR CNRS 201 Développement et Sociétés, LEPII, Grenoble
Pierre Teisserenc, CERAL, EA, Villetaneuse

Ce projet exploratoire propose d’examiner le fonctionnement et l’efficacité du Mécanisme pour un


Développement Propre (MDP), en analysant la participation des pays de l’Union Européenne (UE), afin
d’évaluer l’apport potentiel ou réel de ce mécanisme par rapport au principe du facteur 4. Après avoir traité et
analysé les données MDP des Nations unies pour mettre en exergue les pays de l’UE, une recherche
bibliographique sera effectuée pour produire un état critique des connaissances scientifiques sur ce
mécanisme, en cherchant des éléments de réponse à la question de savoir comment et dans quelle mesure le
MDP permet-il aux pays de l’UE de remplir leurs engagements de réduction de leurs émissions de gaz à effet
de serre. L’analyse bibliographique critique sera focalisée en particulier sur la France, la Belgique, le Royaume
Uni et la Hollande, ces pays paraissant assez illustratifs de la participation des pays de l’UE au MDP. Nous
examinerons l’impact du MDP dans les profils énergétiques et dans les secteurs socio-économiques concernés
par les types de technologies énergétiques « propres » que ces quatre pays développés déploient dans des
pays en développement. Nos analyses seront mises en perspective avec les négociations internationales sur la
lutte contre le changement climatique, afin d’esquisser une prospective à court terme, en prenant en compte le
facteur 4, les critiques (additionnalité, fuites de carbone, etc.) et les autres options et scénarios géopolitiques et
énergétiques qui émergent pour l’après Kyoto 1.

97
COREN « Communautés renouvelables : cas, processus, enjeux »

Coordonnateurs : Alain Nadaï, Olivier Labussiere, CIRED, UMR, Nogent-sur-marne

Les partenaires : voir détails page 112


Yannick Régnier, CLER, Comité de Liaison des Energies Renouvelables

Le processus international de Kyoto et les travaux du Groupement International d’Experts sur le Changement
Climatique (GIEC) ont permis d’asseoir la réalité d’un réchauffement d’origine anthropique aux conséquences
économiques et sociales possiblement majeures. Les deux dernières décennies ont été marquées par
l’émergence et le déploiement des premières politiques d’atténuation, initiant une transition énergétique (i.e.
vers un mix énergétique non-carboné et une réduction de la demande d’énergie), quelquefois à grande échelle
(e.g. politique éolienne), et le plus souvent sous la forme de politiques d’offre « d’énergie renouvelable » (e.g.
politique « éolienne», politique « solaire » …) conçues et déployées à la manière de politiques énergétiques
sectorielles.
Confrontées à leurs propres limites, et notamment aux tensions suscitées par leur mise en œuvre, ces
politiques ont progressivement évolué vers une plus forte prise en compte de la dimension territoriale et sociale
de la transition énergétique au travers de l’’émergence d’une politique climat-énergie au niveau européen.
Celle-ci semble porteuse d’une réouverture des possibles du fait de son approche intégrée (potentiels et
usages des énergies, futurs climatiques) et de la place, relativement inédite pour une politique de l’énergie,
qu’elle confère aux territoires, comme l’atteste par exemple, le modèle de plans d’action nationaux qui
accompagne la Directive de 2009. Si la région semble devenir une entrée cruciale, c’est plus largement une
coordination nouvelle qui émerge autour des enjeux climat – énergie. Elle procéderait davantage d’un
déplacement profond de formes de gouvernance, de plus en plus ouvertes au marché et territorialisées.
Ce déplacement des formes de la gouvernance énergétique occasionnerait une mise en relation de processus
inter- ou supra- nationaux (e.g. le « 3x 20 » du « paquet énergie climat ») à des échelles régionales voire
locales, sans forcément opérer de manière classique par le relais des Etats et la délégation de pouvoirs, de
moyens et de compétences.
Le projet COREN vise à étendre l’analyse de la transition énergétique aux processus locaux relevant de
« communautés renouvelables ». Ces dernières sont définies à dessein d’une manière assez large, comme
des projets de construction de futurs énergétiques soutenables conduits à l’initiative de territoires
ruraux (PNR…), de collectivités territoriales ou d’autres types de collectifs locaux. Ils peuvent donc
inclure sans s’y restreindre les cas urbains, déjà plus explorés, de quartiers durables ou les opérations « ville
durable ». Du point de vue de leur contenu, ces « communautés renouvelables » vont du portage de projet
d’énergies renouvelables par des communautés locales à des actions de maîtrise de la demande d’énergie
(e.g. territoires à énergie positive), ou encore à des initiatives analogues à des plans énergie – climat, lorsque
ces initiatives sont articulées à une mise en représentation de futurs climatiques.
Il s’agit ainsi de compléter l’étude des dispositifs institutionnalisés de la transition énergétique par celle
d’initiatives émergentes, moins formalisées, mais significatives d’une transition également sous-tendue par
l’apparition de nouvelles formations sociales et territoriales autour des enjeux climat – énergie.
L’objectif de cette recherche est donc de produire une connaissance scientifique sur les communautés
renouvelables en France et d’en comprendre : les cas exemplaires, les processus politiques et de projet, les
enjeux de politique climat – énergie et l’articulation aux formes institutionnalisées de la transition énergétique.
En effet, alors que les « sustainable communities » constituent une réalité sociale, politique et spatiale bien
étudiée dans le monde anglo-saxon, il est encore difficile en France de cerner les limites de semblables
expériences – tous décalages culturels et institutionnels considérés. Il s’agira donc aussi de mettre en
perspective les cas d’étude français avec des analyses internationales existantes et des cas connus (e.g.
Güssing (Autriche), Samsø Island (Danemark), Rizhao (Chine)…) afin de produire une connaissance critique et
comparée sur le rôle de ces communautés renouvelables.

98
TRANSNUC « La transparence sur les activi tés nucléaires »

Coordonnateur : Pierre Bringuier, Dynamiques du Droit, UMR 5815, Montpellier

Les partenaires : voir détails page 112

Les activités nucléaires sont, traditionnellement, entourées du secret le plus opaque, justifié le plus souvent par
des considérations touchant à la non-prolifération. Mais ces activités, pour une part tout au moins, relèvent du
droit de l’environnement qui postule au contraire, depuis la Déclaration de Rio, de juin 1992, que « la meilleure
façon de traiter les questions d'environnement est d'assurer la participation de tous les citoyens concernés, au
niveau qui convient » et que « au niveau national, chaque individu doit avoir dûment accès aux informations
relatives à l'environnement que détiennent les autorités publiques, y compris aux informations relatives aux
substances et activités dangereuses dans leurs collectivités ». La Convention sur l’accès à l’information, la
participation du public au processus décisionnel et l’accès à la justice en matière d’environnement, adoptée à
Aarhus le 25 juin 1998, a définitivement mis en place ce dispositif d’accès à l’information et le principe de
transparence qui lui est lié.

Appliquée au domaine nucléaire par la loi française 2006-686 du 13 juin 2006 relative à la transparence et à la
sécurité en matière nucléaire, la transparence est définie comme «[l’]ensemble des dispositions prises pour
garantir le droit du public à une information fiable et accessible en matière de sécurité nucléaire ».

C’est ce champ que se propose d’explorer le séminaire TRANSNUC, en deux étapes.

Durant la première étape (en préparation), il y aura réflexion en ligne, sur un site dédié, ouverte à différents
spécialistes. Elle durera d’avril à novembre 2011. Il s’agira de dégager les principaux problèmes liés à ce
principe de transparence appliqué aux activités nucléaires et indiquer les solutions apportées (y compris en
abordant la situation dans certains pays étrangers).

Un colloque, réuni à Montpellier en décembre 2011, constituera la seconde étape.

L’ensemble fera l’objet d’une publication.

99
100
L’ESPACE POSTERS
Les projets du PIE

EFFICACITE ENERGETIQUE
1. FROID MAGNETIQUE « Réfrigération magnétique à base de matériaux à forts effets magnétocaloriques », Vincent
Hardy, CRISMAT
2. REDINGOTE « Rationalisation Energétique de la Distillation par l'INtensification et la Gestion Optimale des
Transferts pour l'Environnement », Hubert Monnier, LRGP
3. GIMEP « Gestion Intégrée Multisite de l'Energie et de la Production », Raphaëlle THERY – LGC-CNRS
4. ILLUMINATION « EnergIe LUMInescente de NAnoparticules dans des bulles de cavitaTION », Frédéric Ayela, LEGI
5. INPACT « INtensification des transferts dans les Pompes A Chaleur Thermoélectriques », Julien RAMOUSSE,
LOCIE
6. Living walls « vers le prototypage d’un élément préfabriqué de façade apportant une ventilation contrôlable et
des services thermiques », Ahmed Ould El Moctar, LTN
7. COTHECOULE « Contrôle thermique dans des écoulements laminaires basé sur des modèles réduits obtenus par
identification », Yann FAVENNEC, LTN
8. COREMAG « Etude de nouveaux COmposés pour la REfrigération MAGnétique », Valérie Paul-Boncour, ICMPE
9. MIEMUF « Micro-échangeur multifonctionnel », Bertrand Garnier – LTN-CNRS
10. CITAMPE « Contrôle et Intensification des Transferts de chaleur et de masse par Auto-adaptation de la
Morphologie des Parois d’Echange », Marc Miscevic, LAPLACE
11. VORFLEX « Concept innovant d’échangeurs – réacteurs de haute efficacité par contrôle dynamique passif avec
des générateurs de vorticité flexibles », Thierry Lemenand, LTN
12. TIMAC « Mesure des Températures Instantanées dans les Moteurs à Air Chaud », Pascal Stouffs, LaTEP
13. COCORACOPHA2 « Couplage Convection Rayonnement Condensation pour l’Habitat II », Shihe XIN, CETHIL
14. ADN-BATI « Vers une Amélioration de la Description Numérique globale des flux dans les BÂTIments », Michel
Pons, LIMSI
15. MADELIO « Mode d'Alimentation des Diodes ElectroLuminescentes Inorganiques et Organiques : étude d'impact et
stratégies de commandes d'un système d'éclairage à LED et OLED », Georges Zissis, LAPLACE

ELECTRICITE PROPRE
16. SISCO « Semi-conducteurs Isotropes et Stables pour Cellules solaires Organiques », Jean Roncali, LIMA
17. STACELORGA « Amélioration de la stabilité des cellules solaires organiques par l’utilisation de matériaux
photoactifs réticulables », Christine Dagron-Lartigau, IPREM
18. PERENCAP « Pérennité de l’encapsulation de cellules solaires flexibles : vieillissement sous l’impact de la lumière
des couches organiques polymères, hybrides et nanocomposites utilisées pour l'élaboration de structures ultra-
barrières », Jean-Luc Gardette, LPMM
19. CELASOL « Cellules solaires organiques à bas coût et rendement optimum par contrôle à l’échelle nanométrique
de la couche active », Bernard Ratier, XLIM
20. FORCO-PV « Fortes concentrations pour la conversion photovoltaïque de l'énergie solaire », Alain Dollet, PROMES
21. NanoZnOSol « Cellules solaires nanostructurées à base de ZnO électrodéposé », Thierry Pauporté, LECA
22. PESP Solaire « Procédé d'Elaboration Spray plasma pour électrode Photovoltaïque », Mehrdad Nikravech, LSMP
23. NANODISFLEX « NANOmatériaux oxydes pour DISpositifs electrochromes et photovoltaïques FLEXibles », Thierry
Toupance, ISM
24. SOLINTENSE « Intensification des transferts dans les récepteurs solaires à gaz pressurisé à haute
température », Gilles Flamant, PROMES
25. OTOGETH « Optimisation Technologique d’Oxydes pour la Génération Electrique Haute Température », Christophe
Goupil, CRISMAT
101
26. TELLURELESS « Inclusion de particules métalliques dans une matrice Mg2Si : réduction de la conductivité
thermique par nano-structuration », Franck Gascoin, CRISMAT
27. Nanothermat « Nanostructures pour la thermoélectricité », Olivier Bourgeois, Institut Néel
28. OxyMuPV « Oxydes Multifonctionnels pour cellules PV », Eric Million, GREMI
29. MOLUCELS « Etudes exploratoires d'une durée d'un an ayant pour objet l'évaluation des potentialités pour
l'application PV des matrices oxydes SnO2 et ZnO dopés TR », Aziz Dinia, IPCMS
30. METACARBO « Etude de composites carbone-intermétallique pour matériaux d’électrodes négatives
d’accumulateurs », Michel Latroche, ICMPE
31. HYNERGIE « Nouveaux hybrides électrochimiques pour la génération et conversion d’énergie », Nicolas Mano,
CRPP
32. MATHERSILCOM « Matériaux thermoélectriques siliciures composites pour thermo-générateurs », Philippe Jund,
ICGM
33. STEP-UP « Silane Trapezoidally-Excited Plasmas for Ultimate Photovoltaics », Erik Johnson, LPICM
34. COLHYBRIDE « Nouvelles Cellules Hybrides contenant des Oxydes Sensibilisés par des Colorants Organiques »,
Johann Bouclé, XLIM
35. OLIGO-VOLT « Synthèses et caractérisations de co-oligomères organiques-conjugués : de la nano-structuration
en couche mince à la conversion photovoltaïque », Nicolas Leclerc, LIPHT

VECTEURS
36. PROHYD « Production d’hydrogénases multi-résistantes », Marie-Thérèse Giudici-Orticoni, BIP
37. REPROGRAMHYDROGEN « Reprogrammation du métabolisme cyanobactérien pour une meilleure bio-production
d'hydrogène à partir d'énergie solaire », Corinne Cassier-Chauvat, SMPSD
38. NoMaStock « Nouveaux Matériaux hydrures nouveaux pour un stockage optimum de l’hydrogène. », Jean-Louis
Bobet, ICMCB
39. Stockage chaleur d’été « Stockage saisonnier de chaleur à grande échelle. Etude thermo hydraulique par
simulation numérique de diverses configurations au cours des phases de chargement et déchargement », Jean-
Marie Loiseaux, LPSC
40. PTGC « Analyse des comportements en transitoires thermiques et cinématiques des turbines de petites
cogénérations », Gérard Bois, LML
41. HY-GEO « Caractérisation des processus de production d’hydrogène induits par l’altération hydrothermale de
minéraux ferromagnésiens », Muriel Andréani, LST
42. STEPPES « NanotubeS de TiO2 ordonnEs pour le développement de Photoanodes pour la Production d’hydrogènE
sous illumination Solaire », Nicolas Keller, LMSPC
43. InHaBioH2 « Interaction hydrogénase – électrodes pour la bioconversion de l’hydrogène », Elisabeth Lojou, BIP
44. MENOXHY « Développement de nouvelles membranes céramiques et hybrides de non-oxydes pour la séparation
de l’hydrogène », David Cornu, IEM
45. SELENSOL « Technologie Lithium-ion pour le stockage électrochimique de l’énergie d’origine solaire : matériaux
d’électrode, mécanismes électrochimiques, dispositif photovoltaïque avec stockage intégré », Lorenzo Stievano,
ICGM
46. PON « Pseudocondensateurs à base d’Oxyde de Nickel », Montserrat Casa-Cabanas, CRISMAT
47. SOLCYREDOX « Production d’hydrogène via un cycle thermochimique solaire redox à base d’oxydes de terres
rares dopés », Nicolas Bion, LACCO
48. PARTISUN « Conversion thermodynamique de l’énergie solaire, fluide de transfert, milieux gaz-solide, fluidisation,
stockage », Daniel Gauthier, PROMES
49. COMMERCE H2 « Complexes Métalliques, Réseaux de Coordination, Electrocatalyse, H2 », Ally Aukaulo, ICMMO
50. PHOTORAD « Problèmes de rayonnement en diffusion multiple pour l'optipmisation d'un photobioréacteur
solaire », Richard Fournier, LAPLACE

102
PILES A COMBUSTIBLE
51. SWCNT/HDL-Biopiles « Conception de Biopiles à base de Nanotubes de carbone monofeuillets et d’Hydroxydes
doubles lamellaires », Serge Cosnier, DCM
52. Ameli-OPt « Assemblages Membrane ELectrodes Innovants pour Pile Alcaline à Membrane Sans Platine »,
Christophe Coutanceau, LACCO
53. ORFEO « Observation par RMN du Flux Electro-Osmotique : étude de l’impact des cations dans les membranes
pour pile à combustible », Feina Xu, LEMTA
54. Biopile Animale « Production d’énergie électrique dans l’animal par implantation de biopiles électro-
enzymatiques », Serge Cosnier, DCM
55. Biopiles Microfluidiques « Biopiles enzymatiques microfluidiques à alcools », Christophe Innocent, IEM
56. AMEPLAS « Elaboration et Caractérisation d’Assemblages Membrane Electrodes PLasma AutoSupportés », Pascal
Brault, GREMI
57. GesteauPAC « Etude in-situ de la gestion de l’eau dans des membranes pour piles à combustible, en
fonctionnement, par des méthodes de diffusion Raman, RX et Neutrons », Stefano Deabate, IEM
58. CO-CONPAC « CO-CONception d’un cœur de Pile A Combustible PEM associé à son convertisseur statique »,
Christophe Turpin, LAPLACE

CHAINE DU CARBONE
59. COCASE « Optimisation du Couplage des Procédés de Combustion et de Capture du CO2 par Membranes », Eric
Favre, LRGP
60. DISCO2 « Dissociation thermochimique et recyclage du CO2 en combustible solaire », Stéphane Abanades,
PROMES
61. DIALOG « DIAtomées: Lipides et/Ou assimilation du Gaz carbonique », Brigitte Gontero-Meunier, BIP
62. ReformagePlasmacat « Procédé de reformage CH4+CO2 et production de gaz de synthèse par le couplage
plasma/catalyse », Mehrdad Nikravech, LSMP
63. LIPALG « Production de lipides par microalgues : diversité et influence des conditions de culture », Jérémy
Pruvost, GEPEA
64. PYCATMIS « Capture du CO2 associée aux réactions catalytiques de pyrolyse / gazéification de Miscanthus ou de
mélanges Miscanthus / bois », Alain Kiennemann, LMSPC
65. FUNZYMPLANT « Etude de faisabilité de mélanges d’enzymes hydrolytiques issues du champignon industriel
Penicillium funiculosum pour la biodégradation de complexes polysaccharidiques de plantes », Jean-Marie
François, LISBP
66. CRAKIN « Etude de la conversion des goudrons de pyrolyse de la biomasse », Anthony Dufour, LRGP
67. OxyChar « Etude des mécanismes physico-chimiques de dévolatilisation et de combustion du charbon pulvérisé
sous atmosphères enrichies en oxygène », Romain Lemaire, DEI-Ecole des Mines de Douai
68. VALCO2 « Valorisation énergétique du CO2 par hydrogénation catalytique sélective en méthane », Anne-Cécile
Roger, LMSPC
69. BIOHDO « Etude des mécanismes d'hydrodésoxygénation (HDO) pour la fabrication de biocarburants de 2nd
génération. à partir de matière lignocellulosique. Recherche de catalyseurs spécifiques », Sylvette Brunet,
LACCO

SOCIO-ECONOMIE
70. REDETE-Sud « Gouvernance des réseaux énergétiques et développement des territoires dans les pays émergents
d’Amérique du Sud », Sébastien Velut, C3ED
71. Eoliennes et Paysage « Eoliennes et paysage : la politique éolienne entre politique de l'environnement et politique
du paysage », Alain Nadaï, CIRED
72. PRICAPE « Interaction entre prix du carbone, prix des ressources fossiles et pari technologique de long terme »,
Jean-Charles Hourcade, CIRED

103
73. PEPITTE « Projet d’Etude Physico Economique de la Transition Technologique de l’Electro-Nucléaire », Adrien
Bidaud – LPSC
74. VAETII « Vers une Autonomie Energétique des Territoires Isolés/Insulaires » Sandrine Mathy – CIRED
75. PROMOV « Prospective des modes de vie urbains et facteur 4 », Cyria Emelianoff – ESO
76. ALICANTE « AnaLyses Interdisciplinaires et Comparatives de l’Acceptabilité des Nouvelles Technologies
d’Energie », Iskender Gokalp, ICARE
77. MDP facteur 4 post-Kyoto 1 « Le recours au Mécanisme pour un Développement Propre (MDP) par les pays de
l’Union Européenne : quelle signification par rapport à l’objectif du facteur 4 et quelle perspective en tant
qu’option de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour la période post-Kyoto 1? », Moïse Tsayem
Demaze, ESO
78. COREN « Communautés renouvelables : cas, processus, enjeux », Alain Nadaï, Olivier Labuissiere, CIRED
79. TRANSNUC « La transparence sur les activités nucléaires », Pierre Bringuier, Dynamiques du Droit

Projets financés par le Conseil Scientifique de l’Université Montpellier 2 en 2009 et 2010

L’Université Montpellier 2 dans le thème Energie

« Programme Pluridisciplinaire Energie », Deborah Jones et Alain Foucaran, Conseil Scientifique de l’UM2
« Master Energie Pluridisciplinaire: Gestion, Sources, Conversion et Stockage » Deborah Jones et Alain Foucaran, CS
de l’UM2

ACTIONS 2009
80. « Batteries Li-Ion innovantes et spécifiques pour le stockage d'énergie photovoltaïque », Laure Monconduit, ICGM,
UMR 5253 Montpellier
81. « Histoire, Epistémologie et Didactique du concept d'énergie », Muriel Guedj, LIRDEF, EA 3749 Montpellier
82. « Electrodes nanostructurées catalytiques à base d'enzymes pour biopiles microfluidiques », Sophie Tingry, IEM
UMR 5635, Montpellier
83. « Exploitation des données génomiques de la cyanobactérie photosynthétique ARTHROSPIRA PLATENSIS en vue de
l'optimisation de voies métaboliques impliquées dans la production de molécules à haute valeur bioénergétique »
Tatania Vallaeys, ECOLAG UMR 5119, Montpellier
84. « Stockage énergétique et conversion photovoltaïque associés à l'étiquette intelligente (RFID) », Brice Sorli, IES
UMR 5214 Montpellier

ACTIONS 2010
85. « Stockage du CO2 dans les roches ultrabasiques et les basaltes associés et co-production d’hydrogène et de
molécules carbonées complexes » Marguerite Godard, GM UMR 5243 Montpellier
86. « METTRO: METhane production in a hyper productive TROpical soda crater lake: a field example for ecological
engineering in biofuels? (Production de méthane dans un lac de cratère alcalin tropical hyper productif: un
modèle naturel pour l'ingénierie écologique » Christophe Leboulanger, ECOLAG UMR5 5119, Montpellier
87. « Cellules solaires hybrides nanotubes de carbone / poly (3-hexylthiophène)-porphyrine à hétérojonction »
Bastien Clément, ICGM UMR 5253 Montpellier
88. « μGENE-π, Micro-générateurs pyroélectriques sur substrats nanostructurés » Philippe Combette, IES UMR 5214
Montpellier
89. « Etude et conception d'un capteur d'ondes acoustiques en milieu sous-marin à base de laser à fibre dopée ou de
Réseau de Bragg » Bernard Orsal, IES UMR 5214 Montpellier.

104
LES EQUIPES DES PROJETS

N° projet Nom projet Responsable scientifique Laboratoire Unité Tutelles


PR08-1.1-6 FROID HARDY Vincent CRISMAT Laboratoire de Cristallographie et sciences des matériaux UMR 6508 CNRS-INC ENSICAEN, Univ. Caen
MAGNETIQUE CHEVALIER Bernard ICMCB Institut de Chimie de la Matière Condensée de Bordeaux UPR 9048 CNRS-INC Univ Bordeaux
FRUCHART Daniel Institut Néel UPR 2940 CNRS-INP UJF
LEBOUC Afef G2ELab Grenoble Génie Electrique Laboratoire UMR 5269 CNRS-INSIS UJF, INPG
TRAIN Cyrille LCMI Laboratoire National des Champs Magnétiques Intenses UPR 3228 CNRS-INP IJF, UPS
PR08-1.2-1 REDINGOTE MONNIER Hubert LRGP Laboratoire Réaction et Génie des Procédés UPR 3349 CNRS-INSIS INPL, UHP
FUDYM Olivier RAPSODEE Centre de Recherche d'Albi en génie des Procédés de SOlides FRE 3213 CNRS-INSIS Ecole des Mines d’Albi
Divisés, en Energétique et Environnement
PR08-1.2-2 GIMEP THERY Raphaële LGC Laboratoire de Génie Chimique de Toulouse UMR 5503 CNRS-INSIS INPT, UPS
MERCE Colette LAAS Laboratoire d’Analyse et d’Architecture des Systèmes UPR 8001 CNRS-INSIS INPT, UPS
PR08-1.5-2 SWCNT/HDL- COSNIER Serge DCM Département de Chimie Moléculaire UMR 5250 CNRS-INC UJF
Biopiles MOUSTY Christine LMI Laboratoire des Matériaux Inorganiques UMR 6002 CNRS-INC UBP
PR08-1.5-3 AMELI-0Pt COUTANCEAU Christophe LACCO Laboratoire de Catalyse en Chimie Organique UMR 6503 CNRS-INC Univ. Poitiers
BRAULT Pascal GREMI Groupe de Recherches sur l’Energétique des Milieux Ionisés UMR 6606 CNRS-INSIS Univ. Orléans
MARTEMIANO Serguei Institut Laboratoire d'Etudes Thermiques UPR 3346 CNRS-INSIS ENSMA, Univ. Poitiers
V PPRIME
ROUALDES Stéphanie IEM Institut Européen des Membranes UMR 5635 CNRS-INC UM2
PR08-2.1-10 NanoZnOSol PAUPORTE Thierry LECIME Laboratoire d’Electrochimie, de Chimie des Interfaces et de UMR 7575 CNRS-INC ENSCI
Modélisation pour l'Energie
ETCHEBERRY Arnaud Institut UMR 8180 CNRS-INC UVSQ
Lavoisier
LEVY- Claude ICMPE Institut de Chimie et Matériaux de Paris Est UMR 7182 CNRS-INC Univ. Paris 12 Val de
CLEMENT Marne
NAGHAVI Negar IRDEP Institut de Recherche et de Développement sur l'Energie UMR 7174 CNRS-INC Chimie ParisTech, EDF
Photovoltaïque
PR08-2.1-2 SISCO RONCALI Jean LIMA Laboratoire d'Ingénierie Moléculaire d'Angers UMR 6200 CNRS-INC Univ. Angers
ZIESSEL Raymond LCM Laboratoire de Chimie Moléculaire UMR 7509 CNRS-INC Univ. Strasbourg
PR08-2.1-3 STACELORGA DAGRON- Christine IPREM Institut Pluridisciplinaire de Recherche sur l'Environnement et les UMR 5254 CNRS-INC UPPA
LARTIGAU Matériaux
DAUTEL Olivier ICGM Institut Charles Gerhart- Laboratoire d'Architectures Moléculaires UMR 5253 CNRS-INC Univ. Montpellier 2
et Nanostructurés (AM2N) de Montpellier
WANTZ Guillaume IMS Laboratoire d'Intégration du Matériau au Système UMR 5218 CNRS-INSIS Univ. Bordeaux
PR08-2.1-5 PERENCAP GARDETTE Jean-Luc LPMM Laboratoire de Photochimie Moléculaire et Macromoléculaire UMR 6505 CNRS-INC UBP

105
CROS Stéphane LITEN Laboratoire d’Innovation pour les Technologies des Energies CEA
Nouvelles et les nanomatériaux-LCS (Laboratoire des
Composants Solaires)
PR08-2.1-7 CELASOL RATIER Bernard XLIM Institut de recherche XLIM UMR 6172 CNRS-INSIS Univ. Limoges
DEMADRILLE Renaud SPrAM Structures et Propriétés d'Architectures Moléculaires UMR 5819 CNRS-INP UJF, CEA
ROSSIGNOL Fabrice SPCTS Laboratoire de Science des Procédés Céramiques et de UMR 6638 CNRS-INC Univ. Limoges, ENSCI
traitement des Surfaces
PR08-2.1-9 FORCO-PV DOLLET Alain PROMES Laboratoire PROcédés, Matériaux et Energie Solaire UPR 8521 CNRS-INSIS UPVD
FOURCARAN Alain IES Institut d’Electronique du Sud UMR 5214 CNRS-INSIS Univ. Montpellier 2
JOULAIN Karl Institut Laboratoire d'Etudes Thermiques UPR 3346 CNRS-INSIS ENSMA, Univ. Poitiers
PPRIME
PR08-2.3-2 COCASE FAVRE Eric LRGP Laboratoire Réaction et Génie des Procédés UPR 3349 CNRS-INSIS INPL
CABOT Gilles CORIA COmplexe de Recherche Interprofessionnel en UMR 6614 CNRS-INSIS Univ. Rouen, INSA
Aérothermochimie Rouen
GOKALP Iskender ICARE Institut de Combustion, Aérothermique, Réactivité et UPR 3021 CNRS-INSIS Univ. Orléans
Environnement
MOST Jean-Michel Institut Laboratoire de Combustion et de Détonique UPR 3346 CNRS-INSIS ENSMA, Univ. Poitiers
PPRIME
PR08-2.5-1 PRODHYD GIUDICI- Marie BIP Bioénergétique et Ingénierie des Protéines UPR 9036 CNRS-INSB Univ. Marseille
ORTICONI Thérèse
MEJEAN Vincent LCB Laboratoire de Chimie Bactérienne UPR 9043 CNRS-INSB
PR08-2.5-2 REPROGRAM CASSIER- CORINNE SMPSD Systèmes Membranaires, Photobiologie, Stress et Détoxication URA 2096 CNRS-INSB CEA
HYDROGEN CHAUVAT
COURNAC Laurent Biologie végétale et microbiologie environnementales UMR 6191 CNRS-INEE CEA
PR08-2.5-3 NoMaStock BOBET Jean-Louis ICMCB Institut de Chimie de la Matière Condensée de Bordeaux UPR 9048 CNRS-INC Univ Bordeaux
MIRAGLIA Salvatore Institut Néel UPR 2940 CNRS-INP UJF
PAUL- Valérie ICMPE Institut de Chimie et des Matériaux Paris-Est UMR 7182 CNRS-INC Univ. Paris 12 Val de
BONCOUR Marne
ROUGIER Aline LRCS Laboratoire Réactivité et Chimie des Solides UMR 6007 CNRS-INC Univ. Amiens Jules
Verne
PR08-3.4-1 REDETE - SUD VELUT Sébastien C3ED Centre d’économie et d’éthique pour l’environnement et le UMR 063 IRD
développement
DROULERS Martine CREDAL Centre de recherche et de documentation sur l'Amérique latine UMR 7169 CNRS-INSHS Univ. La Sorbonne
VALARIE Pierre CEPEL Centre d'Etude du Politique en Europe Latine UMR 5112 CNRS-INSHS Univ. Montpellier 1
VERDEIL Eric EVS Environnement, Ville, Société UMR 5600 CNRS-INSHS UJMSE
PR08-3.5-1 Eoliennes et NADAÎ Alain CIRED Centre international de recherche sur l’environnement et le UMR 8568 CNRS-INSHS EHESS, AgroParisTech
paysage développement
AFONSO Ana Isabel Faculdade de Ciencias Sociais e Humanas da UNL- Universidade Univ. Lisbonne
Nova de Lisboa

106
DORLE Drackle Bremer Institut fuer Kulturforschung - University of Bremen UNIV. Bremen
PE09-1.1-1 ILLUMINATION AYELA Frédéric LEGI Laboratoire des Ecoulements Géophysiques et Industriels UMR 5519 CNRS-INSIS UJF, INPG
TILLEMENT Olivier LPCML Laboratoire de Physico-Chimie des Matériaux Luminescents UMR 5620 CNRS-INC UCBL
PE09-2.1.1-2 PESP Solaire NIKRAVECH Mehrdad LSPM Laboratoire des Sciences des Procédés et des Matériaux UPR 3407 CNRS-INSIS Univ. Paris 13
MUSEUR Luc LPL Laboratoire de Physique des Lasers UMR 7538 CNRS-INP Univ. Paris 13
ROCA I Péré LPICM Laboratoire de Physique des Interfaces et Couches Minces UMR 7647 CNRS-INSIS Ecole Polytechnique
CABARROCAS
PE09-2.2.3-1 DISCO2 ABANADES Stéphane PROMES Laboratoire PROcédés, Matériaux et Energie Solaire UPR 8521 CNRS-INSIS UPVD
JULBE Anne IEM Institut Européen des Membranes UMR 5635 CNRS-INC Univ. Montpellier 2
PE09-3.1.1-2 Stockage Chaleur LOISEAUX Jean-Marie LPSC Laboratoire de Physique Subatomique et de Cosmologie UMR 5821 CNRS-IN2P3 UJF
d’été XIN Shihe CETHIL Centre de Thermique de Lyon UMR5008 CNRS-INSIS INSA Lyon, UCB
PE09-3.1.1-4 INPACT RAMOUSSE Julien LOCIE Laboratoire Optimisation de la Conception et Ingénierie de FRE 3220 CNRS-INSIS Univ. Savoie
l’Environnement
GOUPIL Christophe CRISMAT Laboratoire de Cristallographie et sciences des matériaux UMR 6508 CNRS-INC ENSICAEN, Univ. Caen
PE09-3.1.1-5 Living walls OULD EL Ahmed LTN Laboratoire de Thermocinétique de Nantes UMR 6607 CNRS-INSIS Ecole Mines de Nantes,
MOCTAR Univ. Nantes
BOUTIN Véronique Schneider Electric Corporate Research & Development R&D
HANS Olivier Bergische Universität Wuppertal, Department of Building Science Univ. Bergische
PE09-3.1.1-6 COTHECOULE FAVENNEC Yann LTN Laboratoire de Thermocinétique de Nantes UMR 6607 CNRS-INSIS Ecole Mines de Nantes,
Univ. Nantes
PETIT Daniel Institut Laboratoire d'Etudes Thermiques UPR 3346 CNRS-INSIS ENSMA, Univ. Poitiers
PPRIME
PE09-3.2.1-1 ADN-BATI PONS Michel LIMSI Laboratoire d'Informatique pour la Mécanique et les Sciences de UPR 3251 CNRS-INSIS UPMC, Univ. Paris Sud
l'Ingénieur
BASTIDE Alain Laboratoire de Physique du Bâtiment et des Systèmes EA 4076 Univ. La Réunion
WURTZ Etienne LOCIE Laboratoire Optimisation de la Conception et Ingénierie de FRE 3220 CNRS-INSIS Univ. Savoie
l’Environnement
PE09-4.2-4 CO-CONPAC TURPIN Christophe LAPLACE LAboratoire PLAsma et Conversion d'Energie UMR 5213 CNRS-INSIS INPT, UPS
HAREL Fabien INRETS / INRETS
Institut
FCLAB
HISSEL Daniel FEMTO-ST Franche-Comté Electronique Mécanique Thermique et Optique – UMR 6174 CNRS-INSIS Univ. Franche Comté
Sciences et Technologies
ROZIERE Jacques ICGM (Institut Charles Gerhart) - Institut de Chimie Moléculaire et des UMR 5253 CNRS-INC Univ. Montpellier 2
Matériaux de Montpellier AIME (Laboratoire des Agrégats,
Interfaces-Matériaux pour l'Energie)
PE09-5.3-1 PRICAPE HOURCADE Jean- CIRED Centre international de recherche sur l’environnement et le UMR 8568 CNRS-INSHS EHESS, AgroParisTech
Charles développement

107
CRIQUI Patrick LEPII Laboratoire d’économie de la production et de l’intégration FRE 3389 CNRS-INSHS Univ. Pierre Mendes
internationale France
PR09-2.1.1-2 NANODISFLEX TOUPANCE Thierry ISM Institut des Sciences Moléculaires UMR 5255 CNRS-INC Univ. Bordeaux
CAMPET Guy ICMCB Institut de Chimie de la Matière Condensée de Bordeaux UPR 9048 CNRS-INC Univ. Bordeaux
HIRSCH Lionel IMS Laboratoire de l'intégration du matériau au système UMR 5218 CNRS-INSIS Univ. Bordeaux
PR09-2.1.2-1 SOLINTENSE FLAMANT Gilles PROMES Laboratoire PROcédés, Matériaux et Energie Solaire UPR 8521 CNRS-INSIS UPVD
LUO Lingai LOCIE Laboratoire Optimisation de la Conception et Ingénierie de FRE 3220 CNRS-INSIS Univ. Savoie
l’Environnement
SMUROV Igor DIPI Laboratoire Diagnostic et Imagerie des Procédés Industriels EA 3719 Univ. St Etienne
PR09-2.1.3-1 OTOGEHT GOUPIL Christophe CRISMAT Laboratoire de Cristallographie et sciences des matériaux UMR 6508 CNRS-INC ENSICAEN, Univ. Caen
FRAISSE Gilles LOCIE Laboratoire Optimisation de la Conception et Ingénierie de FRE 3220 CNRS-INSIS Univ. Savoie
l’Environnement
POLLET Michaël ICMCB Institut de Chimie de la Matière Condensée de Bordeaux UPR 9048 CNRS-INC Univ Bordeaux
PR09-2.2.3-1 DIALOG GONTERO- Brigitte BIP Bioénergétique et Ingénierie des Protéines UPR 9036 CNRS-INSB Univ. Marseille
MEUNIER
CARRIERE Frédéric EIPL Enzymologie Interfaciale et Physiologique de la Lipolyse UPR 9025 CNRS-INSB Univ. Marseille
PR09-2.2.3-2 Reformage NIKRAVECH Mehrdad LSPM Laboratoire des Sciences des Procédés et des Matériaux UPR 3407 CNRS-INSIS Univ. Paris 13
Plasmacat BONNAMY Sylvie CRMD Centre de Recherche sur la Matière Divisée UMR 6619 CNRS-INP Univ. Orléans
SARH Brahim ICARE Institut de Combustion, Aérothermique, Réactivité et UPR 3021 CNRS-INSIS Univ. Orléans
Environnement
TATIBOUËT Jean-Michel LACCO Laboratoire de Catalyse en Chimie Organique UMR 6503 CNRS-INC Univ. Poitiers
PR09-2.2.3-3 LIP-ALG PRUVOST Jérémy GEPEA Laboratoire de Génie des Procédés, Environnement, UMR 6144 CNRS-INSIS Univ. Nantes, Ecole de
Agroalimentaire Mines de Nantes
MARTY Yanic CEMCA Laboratoire de Chimie - Electrochimie Moléculaire et Chimie UMR 6521 CNRS-INC UBO
Analytique
PELTIER Gilles LB3M Laboratoire de Bioénergétique et Biotechnologique des Bactéries UMR 6191 CNRS-INSB Univ. Marseille, CEA
et Microalgues
PR09-2.2.3-4 PYCATMIS KIENNEMANN Alain LMSPC Laboratoire Matériaux, Surfaces, Procédés pour la Catalyse UMR 7515 CNRS-INC ULP
GRUBER René LCME Laboratoire de Chimie et de Méthodologie pour l'Environnement EA 4164 Univ. Metz
ROGAUME Yann LERMAB Laboratoire d’Etude et de Recherche sur le MAtériau Bois EA 4370 AgroParisTech
PR09-3.1.1-1 PTGC BOIS Gérard LML Laboratoire de Mécanique de Lille UMR 8107 CNRS-INSIS USTL
DEGOBERT Philippe L2EP Laboratoire d’Electrotechnique et d’Electronique de Puissance de EA 2697 USTL
Lille
PR09-3.1.1-2 COREMAG PAUL- Valérie ICMPE Institut de Chimie et des Matériaux de Paris-Est UMR 7182 CNRS-INC Univ. Paris 12 Val de
BONCOUR Marne
ISNARD Olivier Institut Néel UPR 2940 CNRS-INP UJF
MAZET Thomas IJL Institut Jean Lamour, Matériaux - Métallurgie - Nanosciences - UMR 7198 CNRS-INC INPL, UHP, Univ. Metz
Plasmas - Surfaces
PR09-3.1.1-3 MIEMUF GARNIER Bertrand LTN Laboratoire de Thermocinétique de Nantes UMR 6607 CNRS-INSIS Univ. Nantes

108
GOURDON Christophe LGC Laboratoire de Génie Chimique de Toulouse UMR 5503 CNRS-INSIS INPT, UPS
GRADECK Michel LEMTA Laboratoire d'Energétique et de Mécanique Théorique et UMR 7563 CNRS-INSIS INPL, UHP
Appliquée
WILLAIME Hervé Laboratoire Gulliver UMR 7083 CNRS-INC ESPCI
PR09-3.1.3-2 CITAMPE MISCEVIC Marc LAPLACE LAboratoire PLAsma et Conversion d'Energie UMR 5213 CNRS-INSIS INPT, UPS
NOGAREDE Bertrand LAPLACE LAboratoire PLAsma et Conversion d'Energie UMR 5213 CNRS-INSIS INPT, UPS
TADRIST Lounès IUSTI Institut Universitaire des Systèmes Thermiques Industriels UMR 6595 CNRS-INSIS Univ Marseille
PR09-4.1.1-3 HY-GEO ANDREANI Muriel LST Laboratoire des Sciences de la Terre UMR 5570 CNRS-INSU
AUROUX Aline IRCELYON Institut de Recherches sur la Catalyse et l'Environnement de UMR 5256 CNRS-INC Univ. Lyon 1
Lyon
GOUZE Philippe GM Géosciences Montpellier UMR 5243 CNRS-INSU Univ. Montpellier 2
PR09-4.1.1-4 STEPPES KELLER Nicolas LMSPC Laboratoire Matériaux, Surfaces, Procédés pour la Catalyse UMR 7515 CNRS-INC ULP
PRONKIN Sergey LMSPC Laboratoire Matériaux, Surfaces, Procédés pour la Catalyse UMR 7515 CNRS-INC ULP
PR09-4.2-1 InHaBioH2 LOJOU Elisabeth BIP Bioénergétique et Ingénierie des Protéines UPR 9036 CNRS-INSB Univ. Marseille
LECOMTE Sophie CBMN Chimie Biologie des Membranes et Nanoobjets UMR 5248 CNRS-INC Univ. Bordeaux
PR09-5.1.4-1 PEPITTE BIDAUD Adrien LPSC Laboratoire de Physique Subatomique et de Cosmologie UMR 5821 CNRS-IN2P3 UJF
DAVID Sylvain IPNO Institut de Physique Nucléaire d'Orsay UMR 8608 CNRS-IN2P3 Univ. Paris-Sud
MENETEAU Philippe LEPII Laboratoire d’économie de la production et de l’intégration UMR 5252 CNRS-INSHS Univ. Pierre Mendes
internationale France
PAGEL Maurice IDES Interactions et Dynamique des Environnements de Surface UMR 8148 CNRS-INSU Univ. Paris-Sud
PR09-5.2-1 VAETII MATHY Sandrine CIRED Centre international de recherche sur l’environnement et le UMR 8568 CNRS-INSHS EHESS, AgroParisTech
développement
MAÏZI Nadia CMA Centre de Mathématiques Appliquées ENSMP
ZELEM Marie- CERTOP Centre d'étude et de recherche Travail, Organisation, Pouvoir UMR 5044 CNRS-INSHS Univ. Toulouse
Christine
PR09-5.4-1 PROMOV EMELIANOFF Cyria ESO Espaces géographiques et sociétés UMR 6590 CNRS-INSHS UHB
AUTHIER Jean-Yves GRS Groupe de recherche sur la socialisation UMR 5040
BLANC Nathalie LADYSS Laboratoire dynamiques sociales et recomposition des espaces UMR 7533 CNRS-INSHS Univ. Paris 10
DOBRE Michelle CERReV Centre d'Étude et de Recherche sur les Risques et les EA 3918 Univ. Caen
Vulnérabilités - MSH Caen
MAIZIA Mindjid CITERES Citées, Territoires, Environnement et Sociétés UMR 6173 CNRS-INSHS Univ. Tours
PR09-5.4-2 ALICANTE GOKALP Iskender ICARE Institut de Combustion, Aérothermique, Réactivité et UPR 3021 CNRS-INSIS Univ. Orléans
Environnement
BAGLA Lusin LOG Laboratoire Orléanais de Gestion - Faculté de Droit, Economie et Univ. Orléans
Gestion - Université d'Orléans
GALIEGUE Xavier LEO Laboratoire d'Economie d'Orléans UMR 6221 CNRS-INSHS Univ. Orléans
KOZINSKI Janusz College of Engineering, University of Saskatoon - Canada Univ.Saskatoon
PRC09-2.2.1- FUNZYMPLANT FRANCOIS Jean-Marie LISBP Laboratoire d’Ingénierie de Systèmes Biologiques et des UMR 5504 CNRS-INSIS INSA Toulouse
1 Procédés

109
BONNIN Estelle Biopolymères Interactions Assemblages INRA
GIARDINA Thierry ISM2 Institut des Sciences Moléculaires de Marseille UMR 6263 CNRS-INC Univ. Marseille 3
MAESTRACCI Marc ADISSEO France SAS / CINABio R&D
PRC09-3.3-1 MADELIO ZISSIS Georges LAPLACE LAboratoire PLAsma et Conversion d'Energie UMR 5213 CNRS-INSIS INPT, UPS
FONTOYNONT Marc DGCB Département Génie Civil et Bâtiment FRE 3237 CNRS-INSIS Ecole Nationale de
Travaux Publics de
l'Etat
MASSOL Laurent SARL LED Engineering Development R&D
SECHILARIU Manuela AVENUES Génie des Systèmes Urbains - équipe Analyse des Vulnérabilités UTC
ENvironnementales et UrbainES
PRC09-4.1.1- MENOXHY CORNU David IEM Institut Européen des Membranes UMR 5635 CNRS-INC UM2
1 DELBIANCO Nadine CTI SA Céramiques Techniques et Industrielles R&D
MIELE Philippe LMI Laboratoire des Multimatériaux et Interfaces UMR5615 CNRS-INC UCBL
PE10-2.1.1-1 TELLURELESS GASCOIN Franck CRISMAT Laboratoire de Cristallographie et Sciences des Matériaux UMR 6508 CNRS-INC ENSICAEN, Univ. Caen
CHAPUT Laurent IS2M Institut de Sciences des Matériaux de Mulhouse LRC 7228 CNRS-INC Univ. Mulhouse
PE10-2.1.1-2 Nanothermat BOURGEOIS Olivier Institut Néel UPR 2940 CNRS-INP UJF
BARSKI André SiNaPS Silicium Nanoélectronique Photonique et Structure CEA
PE10-2.1.2-1 OxyMuPV MILLON Eric GREMI Groupe de Recherche sur l'Energétique des Milieux Ionisés UMR 6606 CNRS-INSIS Univ. Orléans
PERRIERE Jacques INSP Institut des NanoSciences de Paris UMR 7588 CNRS-INP UPMC
PE10-2.1.2-2 MOLUCELS DINIA Aziz IPCMS Institut de Physique et Chimie des Matériaux de Strasbourg UMR 7504 CNRS-INC Univ. Strasbourg
RINNERT Hervé IJL Institut Jean Lamour, Matériaux - Métallurgie - Nanosciences - UMR 7198 CNRS-INC INPL, UHP, Univ. Metz
Plasmas - Surfaces
SLAOUI Abdelilah InESS Institut d'Electronique du Solide et des Systèmes UMR 7163 CNRS-INSIS Univ. Strasbourg
PE10-2.1.4-1 METACARBO LATROCHE Michel ICMPE Institut de Chimie et des Matériaux de Paris Est UMR 7182 CNRS-INC Univ. Paris 12 Val de
Marne
BEGUIN François CRMD Centre de Recherche sur la Matière Divisée UMR 6619 CNRS-INP Univ. Orléans
PE10-2.1.4-3 SELENSOL STIEVANO Lorenzo ICGM Institut Charles Gerhardt de Montpellier UMR 5253 CNRS-INC Univ. Montpellier 2
GLAIZE Christian IES Institut d'Électronique du Sud, Groupe Energie et Matériaux UMR 5214 CNRS-INSIS Univ. Montpellier 2
PE10-2.1.4-4 PON CASAS Montserrat CRISMAT Laboratoire de Cristallographie et Sciences des Matériaux UMR 6508 CNRS-INC ENSICAEN, Univ. Caen
CABANAS
TABERNA Pierre-Louis CIRIMAT Centre interuniversitaire de recherche et d'ingenierie des UMR 5085 CNRS-INC INPT
matériaux
PE10-2.2.1-1 PHOTORAD FOURNIER Richard LAPLACE Laboratoire Plasma et Conversion d'Energie UMR 5213 CNRS-INSIS INPT
EL HAFI Mouna RAPSODEE Centre de recherche d'Albi en génie des procédés des solides FRE 3213 CNRS-INSIS Ecole des Mines d’Albi
divisés, de l'énergie et de l'environnement
CORNET Jean- LGCB Laboratoire de Génie Chimique et Biochimique EA 3866 Univ. BP Clermont-
François Ferrand
CALIOT Cyril PROMES Laboratoire Procédés, Matériaux et Energie Solaire UPR 8521 CNRS-INSIS UPVD
PE10-3.1-1 SOLCYREDOX BION Nicolas LACCO Laboratoire de Catalyse en Chimie Organique UMR 6503 CNRS-INC Univ. Poitiers

110
ABANADES Stéphane PROMES Laboratoire Procédés, Matériaux et Energie Solaire UPR 8521 CNRS-INSIS UPVD
PE10-3.3-1 ORFEO XU Feina LEMTA Laboratoire d’Energétique et de Mécanique Théorique et UMR 7563 CNRS-INSIS INPL
Appliquée
CANET Daniel CRM2 Cristallographie, Résonance Magnétique et Modélisations UMR 7036 CNRS-INP UHP
PE10-4.1-1 VORFLEX LEMENAND Thierry LTN Laboratoire de Thermocinétique de Nantes UMR 6607 CNRS-INSIS Univ. Nantes
SERRA Sylvain DEI Département Energétique Industrielle, Ecole des Mines de Douai Ecole des Mines de
Douai
PE10-5-2 MDP facteur 4 post- TSAYEM Moïse ESO Espaces et Société UMR 6590 CNRS-INSHS UHB
Kyoto 1 DEMAZE
QUENAULT Béatrice CRESS – Centre de Recherche en Sciences Sociales – Laboratoire Univ. Rennes 2
LESSOR d’Economie et Sciences Sociales de Rennes
DENIS Benjamin CReSPO Centre de Recherche en Science Politique Univ. Bruxelles
PE10-B1 TIMAC STOUFFS Pascal LaTEP Laboratoire de Thermique, Energétique et Procédés EA 1932 UPPA
LANZETTA François FEMTO-ST Franche-Comté Electronique Mécanique Thermique et Optique - UMR 6174 CNRS-INSIS Univ. Franche Comté
Sciences et Technologies
PR10-1-1 Biopile Animale COSNIER Serge DCM Département de Chimie Moléculaire UMR 5250 CNRS-INC UJF
CINQUIN Philippe TIMC Techniques de l’Ingénierie Médicale et de la Complexité UMR 5525 CNRS-INSIS UJF
BELGACEM Naceur LGP2 Génie des Procédés Papetiers UMR 5518 CNRS-INSIS INPG
PR10-1-2 Biopiles INNOCENT Christophe IEM Institut Européen des Membranes UMR 5635 CNRS-INC Univ. Montpellier 2
Microfluidiques RENAUD Louis INL Institut des Nanotechnologies de Lyon UMR 5270 CNRS-INP ECL, INSA Lyon, UCBL
CAILLARD Amael GREMI Groupe de Recherches sur l’Energétique des Milieux Ionisés UMR 6606 CNRS-INSIS Univ. Orléans
PR10-1-3 HYNERGIE MANO Nicolas CRPP Centre de Recherche Paul Pascal UPR 8641 CNRS-INC Univ. Bordeaux
POULIN Philippe CRPP Centre de Recherche Paul Pascal UPR 8641 CNRS-INC Univ. Bordeaux
PR10-2.1.1-1 MATHERSILCOM JUND Philippe ICGM Institut Charles Gerhardt de Montpellier UMR 5253 CNRS-INC Univ. Montpellier 2
FEVRE Mathieu LEM Laboratoire d'étude des microstructures UMR 104 ONERA
PR10-2.1.2-2 STEP-UP JOHNSON Erik LPICM Laboratoire de Physique des Interfaces et Couches Minces UMR 7647 CNRS-INSIS Ecole Polytechnique
BOOTH Jean-Paul LPP Laboratoire de Physique des Plasmas UMR 7648 CNRS-INSIS Ecole Polytechnique
PR10-2.1.2-4 COLHYBRIDE BOUCLÉ Johann XLIM Institut de recherche XLIM UMR 6172 CNRS-INSIS Univ. Limoges
DEMADRILLE Renaud SprAM Structures et Propriétés d’Architectures Moléculaires UMR 5819 CNRS-INP UJF, CEA
ACKERMANN Jörg CINaM Centre Interdisciplinaire de Nanoscience de Marseille UPR 3118 CNRS-INP Univ. Aix Marseille
PR10-2.1.2-5 OLIGO-VOLT LECLERC Nicolas LIPHT Laboratoire d’Ingénierie des Polymères pour les Hautes EAC 4379 CNRS-INC ULP
Technologies
HEISER Thomas InESS Institut d’Electronique du Solide et des Systèmes UMR 7163 CNRS-INSIS Univ. Strasbourg
PR10-2.1.3-1 PARTISUN GAUTHIER Daniel PROMES Laboratoire Procédés, Matériaux et Energie Solaire UPR 8521 CNRS-INSIS UPVD
HEMATI Mehrdji LGC Laboratoire de Génie Chimique UMR 5503 CNRS-INSIS INPT, UPS
PR10-2.2.1-3 BIOHDO BRUNET Sylvette LACCO Laboratoire de Catalyse en Chimie Organique UMR 6503 CNRS-INC Univ. Poitiers
TRAVERT Arnaud LCS Laboratoire Catalyse et Spectrochimie UMR 6506 CNRS-INC ENSICAEN, Univ. Caen
PAUL Jean UCCS Unite de Catalyse et de Chimie du Solide UMR 8181 CNRS-INC USTL, ENSCL
François

111
PR10-2.2.1-4 CRAKIN DUFOUR Anthony LRGP Laboratoire Réactions et Génie des Procédés UPR 3349 CNRS-INSIS INPL, UHP
ROGAUME Yann LERMAB Laboratoire d’Etude et de Recherche sur le MAtériau Bois EA 4370 AgroParisTech
PR10-2.2.2-2 OxyChar LEMAIRE Romain DEI Département Energétique Industrielle, Ecole des Mines de Douai Ecole des Mines de
Douai
THERSSEN Eric PC2A Laboratoire de PhysicoChimie des Processus de Combustion et UMR 8522 CNRS-INSIS USTL
de l’Atmosphère
PR10-2.2.4-2 VALCO2 ROGER Anne-Cécile LMSPC Laboratoire des Matériaux, Surfaces et Procédés pour la UMR 7515 CNRS-INC ULP
Catalyse
THOMAS Sébastien LCS Laboratoire Catalyse et Spectrochimie UMR 6506 CNRS-INC ENSICAEN, Univ. Caen
HENRIQUES Carlos CRERG Catalysis and Reaction Engineering Research Group, Lisbonne Lisbonne
PR10-3.1-3 COMMERCE H2 AUKAULOO Ally ICMMO Institut de Chimie Moléculaire et des Matériaux d'Orsay UMR 8182 CNRS-INC Univ. Paris-Sud
MILLET Pierre ICMMO Institut de Chimie Moléculaire et des Matériaux d'Orsay UMR 8182 CNRS-INC Univ. Paris-Sud
PR10-3.3-1 AMEPLAS BRAULT Pascal GREMI Groupe de Recherches sur l’Energétique des Milieux Ionisés UMR 6606 CNRS-INSIS Univ. Orléans
COUTANCEAU Christophe LACCO Laboratoire de Catalyse en Chimie Organique UMR 6503 CNRS-INC Univ. Poitiers
PR10-3.3-2 GesteauPAC DEABATE Stefano IEM Institut Européen des Membranes UMR 5635 CNRS-INC Univ. Montpellier 2
GEBEL Gérard SprAM Structures et Propriétés d’Architectures Moléculaires UMR 5819 CNRS-INP UJF, CEA
MORIN Arnaud LCPEM Laboratoire des Composants pour Piles à combustible, CEA
Electrolyseurs et de Modélisation
PR10-4.2.1-2 COCORACOPHA 2 XIN Shihe CETHIL Centre de Thermique de Lyon UMR 5008 CNRS-INSIS INSA Lyon, UCB
LEMONNIER Denis Institut UPR 3346 CNRS-INSIS ENSMA, Univ. Poitiers
PPRIME
SERGENT Anne LIMSI Laboratoire d'Informatique pour la Mécanique et les Sciences de UPR 3251 CNRS-INSIS UPMC, Univ. Paris Sud
l'Ingénieur
NICOLAS Xavier MSME Modélisation et Simulation Multi Echelle UMR 8208 CNRS-INC UMLV
PR10-5-1 COREN NADAI Alain CIRED Centre international de recherche sur l’environnement et le UMR 8568 CNRS-INSHS EHESS, AgroParisTech
développement
LABUISSIERE Olivier CIRED Centre international de recherche sur l’environnement et le UMR 8568 CNRS-INSHS EHESS, AgroParisTech
développement
REGNIER Yannick CLER Comité de Liaison des Energies Renouvelables CLER
PR10-5-1 TRANSNUC BRINGUIER Pierre Dynamiques UMR 5815 CNRS-INSHS Univ. Montpellier 1
du droit

112
COMITE LOCAL D’ORGANISATION

Responsable organisation locale


Gérald POURCELLY

Membres
Deborah JONES, Alain FOUCARAN, Muriel GUEDJ

Secrétariat
Romie LOPEZ, Dominique DIAMANTE

Conception et réalisation
Romie LOPEZ
Programme Interdisciplinaire

Energie

du CNRS

Direction : Patrick LE QUERE


LIMSI-CNRS
BP 133
91403 Orsay Cedex
 : 01 69 85 80 85 - Télécopie : 01 69 85 80 88
e-mail : plq@limsi.fr ou patrick.le-quere@cnrs-dir.fr

Secrétariat : Romie LOPEZ


Rambla de la Thermodynamique – Tecnosud - 66100 Perpignan
 : 04 68 55 68 55 – Télécopie : 04 68 55 68 69 – e-mail : carnot@univ-perp.fr

http://energie.cnrs.fr