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Prise de connaissance de l’entreprise

C’est une étape d’approfondissement de la connaissance relativement sommaire de l’entreprise que l’auditeur a acquise lors de l’acceptation de la mission .Elle lui permettra d’orienter sa mission et d’appréhender les domaines et systèmes significatifs. 12.1 Les techniques de prise de connaissance de l’entreprise Les techniques les plus adaptées à cette étape de la démarche sont :  La visite de l’entreprise, observation physique  Les questionnaires de prise de connaissance  Les entretiens avec les responsables et les anciens auditeurs ou commissaires aux comptes.  La revue analytique  La collecte des documents  La constitution de dossiers permanents. 12.1.1 La visite de l’entreprise, observation physique La visite de l’entreprise est un élément essentiel de la prise de connaissance de l’entreprise. L’auditeur assure une visite d’ensemble de l’entreprise en vue d’appréhender la nature de l’activité et les moyens mis en œuvre, les méthodes d’organisation, le climat de l’entreprise. Un temps privilégié sera consacré au service comptable. Dans la suite de la mission, la visite sera élargie aux autres locaux de l’entreprise pour permettre à l’auditeur de comprendre l’entreprise dans tous ses rouages externes et internes. L’observation physique permet à l’auditeur d’examiner la réalité d’un actif précis (une immobilisation, les espèces en caisse, les effets en portefeuille…) et d’observer par exemple, la qualité d’une procédure de prise d’inventaire. 12.1.2 Les questionnaires de prise de connaissance Afin de veiller à l’exhaustivité de la prise de connaissance, certains cabinets d’audit utilisent des questionnaires de prise de connaissance qui couvrent l’ensemble des cycles d’activités de l’entreprise et qui sont adaptés aux différents secteurs d’activités. Cette adaptation peut se faire au cours d’un séminaire en interne lors de la préparation de la mission. 12.2.3 Les entretiens avec les responsables et les anciens auditeurs ou commissaires aux comptes L’auditeur rencontre le chef d’entreprise d’une part et les autres responsables de l’entreprise d’autre part. L’entretien avec le chef d’entreprise vise à : • Avoir une vue d’ensemble sur l’entreprise : éléments d’information générale sur l’entreprise • Définir les besoins de l’entreprise et les fonctions de la mission

la collecte des documents est importante. les procédures analytiques permettent à l’auditeur de se faire une idée suffisamment précise non seulement de l’activité et de la rentabilité de l’entité contrôlée. . de leur dossier de travail. postérieures ou prévisionnelles de l’entité ou des données d’entités similaires afin d’établir des relations entre elles. le commissaire aux comptes prend contact.Les entretiens avec les responsables des autres services sont le plus souvent conduits dans la suite de la mission. mais de sa situation financière également. Il obtient communication. si possible. Sur la base du principe que pose dans certains cas le partage du secret professionnel. le cas échéant. avec ses prédécesseurs. 12.1.1. • A analyser les variations significatives et les tendances • A éditer et analyser les éléments ressortant de ces comparaisons.5 La collecte et l’examen des documents L’auditeur se fait communiquer un certain nombre de documents en vue de l’appréciation des risques. dans le cadre des relations confraternelles d’usage. Il s’agit notamment de : • Les informations générales • Les informations juridiques • Le système comptable • La politique financière • Les immobilisations • La paie et le personnel • Les ventes et la clientèle • Les achats et les fournisseurs • La production et les stocks Ces différents documents sont développés ci-dessous dans la rubrique « la collecte d’information » 12. En cela.6 La constitution des dossiers permanents Les travaux de prise de connaissance relatifs à l’entreprise contrôlée donnent lieu à la constitution de dossiers permanents.4 La revue analytique Lors de la prise de connaissance de l’entreprise. 12. Ceux-ci constituent la base des données récurrentes régulièrement mise à jour et permanent aux équipes de conserver en mémoire la connaissance générale de l’entreprise et du secteur conformément aux normes. Ces procédures consistent : • A faire des comparaisons entre les données résultant des comptes et des données antérieures.1.

téléphones)  Politique commerciale. succursales (adresse.12. légales. bureaux. de l’entreprise.2.3 Système comptable         Manuel de procédures Plan comptable Système comptable utilisé (manuel. sociales  Problèmes comptables particuliers au secteur  Informations internes à l’entreprise  Statuts  Historiques de l’entreprise  RCCM (Registre de Commerce et de Crédit Mobilier)  Liste des usines. nombre de comptes individuels 12.2 Informations juridiques        Composition du capital Composition du conseil de gestion et d’administration Procès-verbaux des conseils et des assemblées des trois derniers exercices Contrats importants Etat des conventions réglementées Derniers redressements fiscaux.2. des services financiers etcomptables)  Système d’information interne (journal d’entreprise) 12.4 Immobilisations   Généralités Politique générale d’investissements .2. description des produits. informatique) Comptes annuels des 3 derniers exercices Copie des situations intermédiaires Livre des journaux comptables Organisation de l’archivage Statistiques relatives aux opérations comptables : nombre de lignes d’écritures.2. mode de financement  Rapport des commissaires aux comptes précédents et/ou des auditeurs externes  Activités de l’entreprise  Organigramme général (du groupe.2 La collecte des informations 12.1 Les informations générales  Informations externes à l’entreprise  Statistique du secteur  Spécialités fiscales. sociaux Noms et adresses des principaux conseils 12.

2.5 Fonction de production  Répartition des types de produits (en valeur.6 Ventes et clientèle          Ventilation du chiffre d’affaires par produits et catégories de produits Nombre et adresse des ventes des centres d’expéditions Nombre de comptes clients Listes des principaux clients (en volume d’affaires) Volume de facturation Politique commerciale Politique de contentieux Principe de la provision pour clients douteux Schéma général du système de facturation 12. licences accordées) 12.2.         Immobilisations corporelles Politique de distinction entre charges et immobilisations Principales catégories Mode de financement Assurances Immobilisations incorporelles Nature Système de protection Utilisation (propre à l’entreprise.7 Achats et fournisseurs            Valeur relative des principaux types de charges Identification des principaux circuits de contrôle Volume approximatif des transactions traitées Nombre de comptes fournisseurs Liste des principaux fournisseurs Politique de choix des fournisseurs Politique de contrôle qualité Nom et adresse des centres de réception Conditions financières obtenues Mode de financements utilisés Schéma général du système de contrôle 12.8 Politique financière  Politique de financement .2. en volume)  Schéma général du cycle de production  Description du système de suivi des quantités  Périodicité et organisation des inventaires physiques  Description du système de validation 12.2.

b) Le principe d’intégration ou auto-contrôle . c’est-à-dire. utilisés par l’entreprise. l’auditeur approfondit sa connaissance des risques inhérents à l’activité de l’entreprise. manuels ou informatisés.Il en déduit les risques d’erreurs possibles sur les états financiers audités. financières et comptables adapté à l’entreprise  Un manuel d’organisation (dictionnaire de poste) qui comporte les séparations convenables des fonctions notamment :  Les fonctions de décisions (ou opérationnelles)  Les fonctions de détention matérielle des valeurs et des biens  Les fonctions d’enregistrement (saisie et traitement de l’information)  Les fonctions de contrôle On doit éviter le cumul de l’ensemble de ces fonctions ou même simplement deux d’entre elles. Car un tel cumul favorise les erreurs. 13. les négligences.2. les fraudes et leur dissimulation. et statue définitivement sur les risques de non contrôle.9 Paie et personnel          Règlement intérieur Nombre de salariés (par catégorie.     Liste des comptes bancaires Contrats d’emprunts Prévision de trésorerie Liste des caisses Périodicité et format des rapprochements bancaires 12.2 Les principes du contrôle interne et actions à mener a) Le principe d’organisation et séparation des fonctions L’on doit vérifier s’il existe :  Un manuel de procédures administratives. Durant cette phase. par lieu) Montant des salaires par catégories Montant et nature des charges sociales Mode de rémunération Nature et avantages sociaux accordés Système de paiement utilisé Système comptable utilisé Statistiques de rotation du personnel L’évaluation du contrôle interne 13.1 Objectif La phase d’évaluation du contrôle interne permet à l’auditeur d’évaluer les procédures et systèmes. sur la capacité des procédures en place à neutraliser les risques de perte de patrimoine .

la communication et la vérifiabilité • La qualité du personnel ne fragilise pas l’application des procédures donc l’information g) Le principe d’harmonie Il s’agit de vérifier s’il y a harmonie entre la taille de l’entreprise.L’auditeur s’interroge sur l’existence possible des recoupements et des contrôles réciproques.3 Mise en œuvre de l’évaluation du contrôle interne . 13. c) Le principe de permanence • • Application régulière des procédures dans le temps pour tous les flux concernant le même flux d’opération Conservation des procédures pendant la durée obligatoire des documents comptables auxquels elles ont servi de support d) Le principe d’universalité Il s’agit de voir : • Si toutes les personnes sont conforment aux procédures • Si les procédures sont respectées en tout lieu et en tout temps e) Le principe d’indépendance Il s’agit de vérifier que le paramétrage des systèmes automatisés de gestion n’élimine pas certains contrôles. au moment de la rédaction du manuel des procédures. l’objectivité. l’utilité. total des relevés de chèques reçus et total des bordereaux de remise en banques Ces aspects. En ce quoi concerne les petites entreprises. Par exemple : • Correspondance entre le chiffre d’affaires figurant dans les comptes (tenu par la comptabilité) et celui du service commercial • Recoupement entre la valeur du stock comptable et celui tenu en magasin . f) Le principe d’information et qualité du personnel Il s’agit de vérifier si : • L’information répond à certains critères tels que la pertinence. le volume et le coût de conception puis d’application des procédures. doivent être pris en compte. la maîtrise que le chef a de son entreprise d’annuler les risques liés au cumul de fonction du à l’insuffisance du personnel. Par exemple • la suppression d’une écriture passée • le défaut d’impression possible ou de reconstitution d’information traité en informatique.

les points forts théoriques mais non appliques et les faiblesses .3.1 La description des systèmes et des procédures L’auditeur prend connaissance du contrôle interne de l’entreprise en s’efforçant de saisir l’ensemble des méthodes et des procédures qui ont trait à son organisation comptable. l’ensemble de ces éléments lui fournit les bases de son évaluation définitive du contrôle interne qu’il porte dans un document de synthèse(ou le tableau d’évaluation du système). Il détermine à ce stade : • Les points forts théoriques du contrôle interne • Les points faibles du contrôle interne Les phases suivantes intéressent les points forts. ceux-ci seront examines ultérieurement lors de l’examen des comptes. des tests de permanence.3. 13. les points faibles .3. l’auditeur est à même de faire la distinction entre les points forts appliques.On peut distinguer plusieurs phases dans l’évaluation du contrôle du contrôle interne : • La description des systèmes et des procédures • La confirmation de la compréhension du système • L’évaluation préliminaire du contrôle interne • La confirmation de l’application des points forts du système • L’évaluation définitive du contrôle interne 13. un mémorandum ou des diagrammes de circulation.3 L’évaluation préliminaire du contrôle interne L’auditeur procède à une première évaluation du contrôle interne . momentanément. .5 L’évaluation définitive du contrôle interne A ce stade. Il utilise à cette fin.4 La confirmation de l’application des points forts du système L’auditeur cherche à s’assurer que les points forts sont appliques de manière permanente.2 La confirmation de la compréhension du système L’auditeur s’assure qu’il a bien compris le système en vérifiant la description qu’il en a reçue : il met en œuvre a cette fin des tests de conformité (ou tests de compréhension) 13. 13.3. L’auditeur abandonne en effet. 13. il le fait normalement sur la base du questionnaire et de la grille d’analyse. Il met en œuvre à cette fin.3.