Vous êtes sur la page 1sur 1
n° 17 Décembre 2010 pratiques.sociales@wanadoo.fr www.pratiques-sociales.org La désespérance ne fait pas une
n° 17 Décembre 2010 pratiques.sociales@wanadoo.fr www.pratiques-sociales.org La désespérance ne fait pas une

17 Décembre 2010

pratiques.sociales@wanadoo.fr

www.pratiques-sociales.org

La désespérance ne fait pas une politique Les raisons de désespérer ne manquent certes pas.
La désespérance
ne fait pas une politique
Les raisons de désespérer ne manquent certes pas.
Comment continuer à faire le travail qu’on aime, dans lequel on se
sent utile et qui rend service à beaucoup d’individus et de groupes…
tout en subissant l’emprise de valeurs, modus operandi, pratiques et
diktats carrément opposés ? Il n’en reste pas moins que cette
désespérance n’est pas seule en lice. Elle prend le contre-pied de la
béatitude naïve ou cynique, au choix, de ceux pour qui il n’y a rien
de nouveau sous le soleil, « il faut attendre, ça finira bien par se
tasser ».
Sans oublier ceux - fort nombreux - pour qui les temps actuels sont
on ne peut pas plus normaux, désirables et de préférence
indépassables…
Voilà trois attitudes typiques et typées. Nullement de simples
différences d’opinion ! Ces points de vue énoncés avec plus ou
moins de conviction mobilisent des positionnements subjectifs, à la
fois conscients et inconscients, ils emblématisent des souffrances
et des joies, des manières de se rapporter à soi et aux autres.
Ils représentent également des postures professionnelles, des façons
de penser et d’agir dans son travail, avec ses collègues et sa
hiérarchie, et bien entendu avec les destinataires de ses actions.
Il s’agit d’orientations idéologiques et politiques, des modalités de
prise de parti dans le monde. Quel que soit le domaine concerné, de
fait le professionnel se trouve toujours déjà engagé, l’enjeu étant de
confirmer le monde tel qu’il va, de le questionner, ou de participer à
en dessiner un autre. Enjeu de plus en plus visible et incontournable.
Examiner de près ce qu’on défend et ce qu’on rejette s’avère donc
indispensable. Condition sine qua non : se gargariser le moins
possible de phrases toutes faites. Car même si, subjectivement, le
professionnel ne s’occupe pas de politique, la politique n’a de cesse
de s’occuper, elle, objectivement, de lui. C’est bien le cas de la
désespérance : loin de ne mener nulle part, elle a beaucoup à voir
avec le ressentiment subjectif, soit le consentement objectif au
monde tel qu’il va. Et, là-dessus, les trois attitudes évoquées
ci-dessus convergent presque naturellement.
Chacune à sa manière atteste de cette passion de l’ignorance dans
laquelle Jacques Lacan décelait une des passions majeures des
humains.
Pour une formation exigeante Personne ne niera l’intérêt de la formation pour l’ouverture de chacun
Pour une formation
exigeante
Personne ne niera l’intérêt de la formation pour l’ouverture de chacun et de tous au
monde. Mais si l’on veut dépasser les banalités, la formation doit être envisagée
au-delà des seuls programmes, des déclarations de principe.
Il y a nécessité de creuser derrière un simpliste plaquage à la toujours trop dure
réalité de terrain. L’exercice professionnel se pratique au cœur de difficultés
concrètes, lesquelles exigent une capacité certaine d’objectivation, et non
seulement d’engagement subjectif.
La formation doit aider à dépasser le sens commun : la voie royale en est le savoir,
les savoirs. Toujours plus. Mais le savoir est tout sauf homogène et harmonieux.
La complexité, là aussi, est à l’œuvre, d’où l’impératif besoin de transdisciplinarité
pour puiser des ressources complémentaires, stabiliser quelques pistes, afin de
continuer à penser, à se mettre en perspective soi-même, ses actions autant que
la demande de formation et ses effets.
Nous en parlerons à Brest, vendredi 28 janvier 2011
thème de cette journée : « La formation au coeur des pratiques aujourd’hui,
incontournable, essentielle, déterminante ».
www.girfas-bretagne.fr
www.pratiques-sociales.org
>>>>>> Journées d’Étude Les JOURNÉES D’ÉTUDE ont porté, en novembre dernier, dans les
>>>>>>
Journées d’Étude
Les JOURNÉES D’ÉTUDE ont porté, en novembre dernier,
dans les confortables locaux du CIEP, sur la question :
« Eduquer, accompagner, soigner… pourquoi et comment, aujourd’hui ? »
Ce fut l’occasion de travailler, par des exposés en plénière repris dans
des ateliers, les pistes théoriques et stratégiques indiquées par des intervenants délibérément pluriels
de par leurs centres d’intérêt et leurs orientations. C’est ce dont le présent numéro du PasDeC t
se fait l’écho.
A partir des exposés, un ouvrage devrait paraître courant 2011.
Par ailleurs, la préparation des JOURNÉES D’ÉTUDE 2011 est déjà bien avancée.
>>>>>> Témoignages de retour des
Journées d’Étude 2010
1. « Il s’agit donc, par ces Journées, de produire du savoir au travers de la mise en débat d’arguments
aussi élaborés que possible, articulés aux pratiques de ceux qui s’intéressent à cette production.
Celle-ci est également soumise à l'exigence du concret et du singulier. Il s'agit alors de créer
quotidiennement des espaces de débats avec les publics et avec nos partenaires.
La question de l'évaluation peut se poser dans ce cadre. Vécue comme une forme de contrôle,
l’évaluation est avant tout une injonction de la puissance publique que nous pouvons
instrumentaliser à notre tour…, n’est-ce pas de bonne guerre !?
Pourquoi ne pas investir l'évaluation comme un temps de production collectif de savoirs et de
pistes d’intervention, sorte de contre-pouvoir argumenté ? Quand on se soucie du concret, on ne
saurait isoler le pourquoi faire du comment faire. »
2. « Je n’ai pas tout compris (tant mieux peut-être, il me reste du chemin à parcourir…). Cela me
donne envie de me former davantage. Je retire du désir d’apprendre de cette première participation
aux Journées d'Etude de Pratiques Sociales". »
3. « Ces Journées permettent une distanciation avec le travail au quotidien pour une réflexion, voire
un ajustement dans une réalité institutionnelle paradoxale. Elles apportent une possibilité d'échange
pour une meilleure compréhension ».
>>>>>>
Contraintes/initiatives,
impositions/trouvailles…
Si elles peuvent apparaitre comme trois tâches impossibles, les activités
d’accompagnement, d’éducation et de soin sont cependant investies par des
professionnels sociaux et médico-sociaux vivant d’inquiétantes
préoccupations. Celles-ci concernent les conditions d’exercice de leurs
métiers, les injonctions paradoxales, les diverses contraintes auxquelles ils
sont soumis.
Les Journées d’Étude 2010 ont su montrer, mettre à jour, faire s’exprimer non seulement ces
préoccupations mais aussi des trouvailles des intervenants et des participants, témoins de leurs
craintes mais aussi de leurs résistances.
Nous avons très certainement à penser le monde tel qu’il va, tel qu’il est proposé-imposé à une partie
importante et de plus en plus précarisée de la population. La révolution néolibérale est en cours, qui
fait depuis quelques décennies le projet d’une société concurrentielle dans laquelle chaque individu
prendrait à son compte cette « politique de société » et devrait « fonctionner comme une petite
entreprise »*.
Il y a lieu sans doute aussi de s’interroger sur la place que chacun prend dans ce qui lui arrive, de
passer de la contrainte subie à l’identification critique et argumentée de la contrainte, sous peine de
se retrouver, comme la grenouille, bouillie dans une eau qu’elle n’a pas sentie chauffer
progressivement.
La force des idéologies est d’autant plus accablante que nous les prenons pour des modèles naturels,
des repères intangibles, des idéaux sine qua non : c’est précisément ce qui nous rend dupes de ce
à quoi nous prenons part et parti. La contrainte, vécue comme une évidence indépassable par ceux
qui s’en plaignent, comme une donnée imparable par d’autres qui larmoient, peut nous empêcher,
voire nous éviter, de traquer les interstices dans lesquels nous pouvons agir.
C’est pourtant l’analyse raisonnée de la contrainte inhérente à toute injonction hiérarchique,
institutionnelle, politique, et même budgétaire qui peut permettre l’innovation, soit le déploiement
d'une certaine créativité et le dégagement de marges de manœuvre pour faire autrement, pour
contourner partiellement l’obstacle…
* Dardot et Laval, La nouvelle raison du monde, essai sur la société néolibérale
(Paris, La Découverte, 2009).

>

SITE À VISITER

www.spirale-bebe.fr

Journées Spirale les 13 et 14 janvier 2011 à Toulouse

sur le thème :

Naitre au monde et à la culture.

Intervention de Saül Karsz :

"Les bébés, organismes culturellement modifiés ?"

VOTRE AGENDA PRATIQUES SOCIALES 28 janvier 2011 - Brest. En partenariat avec le GIRFAS Bretagne,
VOTRE AGENDA PRATIQUES SOCIALES
28 janvier 2011 - Brest. En partenariat avec le GIRFAS Bretagne, journée sur
«La formation au cœur des pratiques aujourd’hui : incontournable, essentielle, déterminante»
29
janvier 2011 - Brest. Conseil d’Administration de PS, réunion ouverte aux adhérents et non-adhérents
26
mars 2011 - Paris. Assemblée Générale du RÉSEAU PRATIQUES SOCIALES.
Ouverte aux adhérents et aux non-adhérents.
24 - 25 juin 2011 - La Rochelle. Atelier d'été du RÉSEAU PRATIQUES SOCIALES.
Thème : "Sous l'évaluation, les pratiques. Etat des lieux, analyse, perspectives".
14 - 15 - 16 novembre 2011 - XVII è Journées d'Étude Pratiques Sociales :
"Quelle(s) clinique(s) pour l'intervention sociale et médico-sociale aujourd'hui ?"
> Réseau LePasDeC t Pratiques Sociales bulletin numérique mensuel du RÉSEAU PRATIQUES SOCIALES formes et
> Réseau
LePasDeC t
Pratiques Sociales
bulletin numérique mensuel du RÉSEAU PRATIQUES SOCIALES formes et contenus soumis à votre opinion critique et à vos propositions !
l ' i d é o l o g i e
e t
l ' i n c o n s c i e n t
f o n t
n œ u d