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Agriculture et société

Réponses

aux idées reçues

Agriculture et société Réponses aux idées reçues

Bousculons

les idées reçues

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2

sur l’Agriculture !

économie

production

environnement

alimentation

santé

semences

pages 4 à 9

pages 10 à 17

pages 18 à 23

pages 24 à 31

pages 32 à 37

pages 38 à 43

Edito

L’agriculture, de beaux métiers, soyons en fiers !

De nombreux consommateurs, loin des réalités du monde agricole, ont une vision déformée de l’agriculture : image idyllique d’une agriculture d’autrefois ou négative d’une agriculture technologique perçue comme trop intensive, responsable de tous les maux.

Loin des idées reçues, la réalité de l’agriculture d’aujourd’hui est tout autre. Relevant les défis agronomiques, techniques, réglementaires et environnementaux l’agriculture française est un secteur dynamique qui garantit la sécurité alimentaire, se soucie d’environnement, génère des emplois et contribue positivement à la balance commerciale.

Agriculteurs, vous faites un beau métier et nous sommes fiers d’y contribuer à vos côtés. Demain, partout dans le monde, vous devrez produire plus et mieux afin de satisfaire des consommateurs exigeants et de répondre aux besoins de plus en plus variés d’une population croissante.

Nous avons conçu ce document pour vous afin de vous apporter des éléments factuels de réponse aux interrogations ou critiques sur l’agriculture, cette agriculture qui nous passionne. Nous l’enrichirons par de nouvelles contributions sur notre site internet www.syngenta.fr.

Nous vous le dédions ainsi qu’à tous ceux, chercheurs, techniciens ou pédagogues… qui s’investissent au quotidien pour répondre au défi de conjuguer compétitivité, environnement et responsabilité sociétale.

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Idée reçue

« L’agriculture

est un secteur économique de second plan pour l’économie française »

L e secteur de la production agricole

est indissociable de l’industrie agro

alimentaire, du marché du tourisme

et de la réputation de la marque France. Ces secteurs se renforcent mutuellement et constituent un pôle majeur de l’économie française.

L’agriculture française est largement première en valeur en Europe. Elle est très diversifiée du fait de la position géographique de la France et de la richesse de son territoire. On y cultive à la fois des cultures du nord et du sud de l’Europe.

N°1 mondiale dans de nombreux secteurs (vin, produits laitiers, foie gras…) avec un haut niveau de sécurité alimentaire, l’industrie agroalimentaire est le secteur le plus dynamique à l’exportation : +12.6 %

le secteur le plus dynamique à l’exportation : +12.6 % en 2011/2010, loin devant l’automobile (+7

en 2011/2010, loin devant l’automobile (+7 %) et l’aéronautique (+1.1 %).

Les exportations du secteur agricole et agroalimentaire représentent 57 milliards € en 2011. La croissance repose essentiellement sur les produits agricoles non transformés (céréales) et le secteur des vins et boissons.

L’agriculture contribue aussi largement à la beauté des paysages, à la réputation gastronomique, à la richesse des terroirs et à l’attractivité de la France, numéro 1 mondial du tourisme (70 millions de touristes par an).

agriculture et économie

L’agriculture génère un excédent commercial de 11.4 milliards €, N° 2 Aéronautique + 17,7 Parfums,
L’agriculture génère un excédent commercial de 11.4 milliards €,
N° 2
Aéronautique
+ 17,7
Parfums, cosmétiques
+ 8,3
Industries agroalimentaires
+ + 6,8
Produits agricoles
+ 4,6
après l’aéronautique
Excédents
Déchets
Equipements auto
Electricité et gaz
Pharmacie
+ 3,3
+ 3,1
+ 2,6
+ 1,9
-2,5
-3,2
-4,6
Excédents et déficits
en milliards € (Douanes-2011) (1)
Déficits
-5,1
-6,4
-7,6
-8,4
-12,2
-13,6
-14,8
-54,8
Equipements électriques
Machines ind. & agr.
Bois, papier
Caoutchouc, plastique
Produits métallurgiques
Prod. Manuf. divers
Véhicules auto
Textiles, habillement
Pétroles raffinés
Informatique, électronique
Hydrocarbures nat. & Ind. extrac
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-50
-40
-30
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-10
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ZOOM SUR

LA GéNétiquE FRANçAisE s’ExpORtE !

La production de semences génère un chiffre d’affaires de 2,9 milliards € en 2011-12. Elle emploie 15 000 personnes de la recherche à la production et génère des revenus à 17 000 agriculteurs multiplicateurs. Avec 1,2 milliard € exportés en 2011, elle est n° 2 mondial à l’exportation toutes espèces confondues et n° 1 pour les semences de grandes cultures. Le premier débouché en matière d’exportation de semences est l’union Européenne notamment l’Allemagne pour les semences de maïs et de colza. La demande est forte vers d’autres pays comme la Russie et l’ukraine en semences de tournesol ( 2) .

En production animale, la France est n° 2 mondial en génétique aviaire (n° 1 pour le canard). Elle exporte annuellement 55 000 reproducteurs bovins, 9 500 ovins et caprins. Les ventes de reproducteurs en races porcines ont été multipliées par 6 en 15 ans.

La France est leader en Europe pour l’exportation d’animaux vivants (1,3 milliard € en 2010 pour les bovins) (3) . Le marché de la génétique (reproducteurs, embryons, semences) au niveau mondial est très dynamique (+ 10 % / an), offrant de belles perspectives !

Sources et références bibliographiques

(1) Département statistiques et études économiques de la Direction des douanes et droits indirects, Le commerce extérieur en France, 07/12/ 2012 (2) Gnis, Les semences au cœur de l’agriculture durable, décembre 2012 (3) France Génétique Elevage, mai 2011

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Idée reçue

« L’agriculture emplois »

intensive détruit

des

L ’agriculture compétitive, contri- buant à assurer régularité et qua- lité d’approvisionnement, permet

d’alimenter une filière génératrice de valeur et source d’emplois. Près de 14 % de la population active travaille dans la filière agricole et agroalimentaire.

Un emploi agricole génère 5 emplois ! L’évolution du nombre d’agriculteurs bien que négative (3 % des exploitations dispa- raissent chaque année) ne reflète pas la dynamique de ce secteur.

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La filière génère un grand nombre d’emplois

dits indirects. il s’agit souvent d’emplois qua- lifiés à haute valeur ajoutée qui concernent, aussi bien l’amont (recherche, formation,

que l’aval (industries agroali-

mentaires, distribution et exportation

agrofourniture

)

mentaires, distribution et exportation agrofourniture ) L’agriculture, premier secteur d’embauche en 2012 Le

L’agriculture, premier secteur d’embauche en 2012 Le nombre de contrats à durée indéterminée n’a jamais été aussi élevé dans le secteur agricole depuis 2005. Ce sont 50 000 CDi et plus de 800 000 CDD recrutés par an (1) . tous les niveaux de qualification sont représentés, du CAp aux ingénieurs et titulaires de doctorats. La modernisation de l’agriculture crée de nouveaux métiers et offre des perspectives attractives notamment avec le développement des nouvelles technologies et de la chimie verte.

Des emplois au cœur des territoires. L’agriculture est un contributeur clé du maintien de l’emploi sur le territoire et au désenclavement des campagnes.

agriculture et économie

L’agriculture est un facteur de développement de l’emploi sur tout le territoire national.

970 000 emplois directs

en agriculture, 1,7 million d’emploi pour le secteur (2) .

Avec 415 000 salariés,

l’industrie agroalimentaire est

le 1 er employeur

industriel français (3) .

60 000 emplois

en agriculture et

10 000 en

agroalimentaire ne seraient pas pourvus faute de main-d’œuvre qualifiée (4) .

Sources et références bibliographiques

ZOOM SUR

quAND LEs BuLLEs GéNèRENt DEs EmpLOis GRâCE Aux vitiCuLtEuRs !

La filière Champagne a su s’organiser et créer des emplois. Depuis les années 1970, la surface plantée en vigne en Champagne a augmenté de plus de 50 % et le nombre de bouteilles a plus que triplé, créant des emplois et dégageant un excédent commercial très important. En 2011, avec 34 000 ha, le chiffre d’affaires du Champagne s’élève à 4,4 milliards € dont 2,2 à l’exportation pour 323 millions de bouteilles expédiées. La production est assurée par plus de 15 700 vignerons, 67 coopératives et 300 maisons de Champagne (5) . Cela représente 30 000 emplois directs dont 15 000 salariés et 120 000 vendangeurs. La réputation du Champagne et la qualité des paysages contribuent au tourisme qui emploie plus de 12 000 personnes dans la région (6) .

plus de 12 000 personnes dans la région ( 6 ) . (1) FAFsEA (2) FNsEA

(1) FAFsEA (2) FNsEA 2012 (3) ministère de l’Agriculture et de la pêche 2012 (4) ANiA (5) CivC (6) umC

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Idée reçue

« La part

des subventions européen

agricoles dans

le budget

est démesurée »

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L e budget de la PAC* est d’environ 57 milliards d’euros en 2011 soit 41 % du budget de l’Union mais c’est la

seule politique presque uniquement financée par l’Europe. Cela représente seulement 100 € par an et par habitant pour assurer notre indépendance ali- mentaire !

La pAC répond à des objectifs stratégiques de l’union pour les zones agricoles et rurales (1) :

Valoriser durablement le potentiel de production agricole pour assurer la sécurité alimentaire à long terme en Europe et répondre à la demande mondiale dans un environnement concurrentiel et volatil.

Aider les communautés agricoles qui res- pectent des engagements tels que : qualité de l’eau, santé et bien-traitance des animaux, santé des végétaux et santé publique.

*PAC : Politique Agricole Commune

et santé publique. *PAC : Politique Agricole Commune Assurer la viabilité des collectivités rurales pour l

Assurer la viabilité des collectivités rurales pour l e s q u e l l e s l’agriculture constitue une activité créatrice d’emplois.

Le budget de la pAC s’articule autour de deux piliers :

Le premier pilier concerne les aides directes à l’agriculteur, majoritairement découplées de la production, ainsi que le financement d’outils de gestion des marchés et de promotion de l’assurance récolte.

Le deuxième pilier concerne le développe- ment rural. En France, au plan de déve- loppement rural hexagonal s’ajoutent des plans pour la Corse et les DOm.

agriculture et économie

La PAC, un levier important pour la compétitivité de l’agriculture.

Le budget de la pAC représente moins de

1% des dépenses publiques totales

de l’union alors que les budgets des états s’élèvent en moyenne à 44 % du piB.

au sein

Estimation du soutien aux producteurs en % des recettes agricoles brutes, moyenne 2006-08 70% 60%
Estimation du soutien aux
producteurs en % des recettes
agricoles brutes, moyenne 2006-08
70%
60%
58 60 61 62
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50%
40%
30%
27
21 23
20%
18
13
10
10%
6
1
0%
Nouvelle-Zélande
Australie
Etats-Unis
Mexique
Canada
Turquie
OCDE
Union
européenne
Japon
Islande
Suisse
Corée
Norvège

En France, le niveau d’aide en 2011

représente environ15% de la valeur de la production agricole.

70% des importations agricoles de l’Union proviennent des pays en développement, témoignant que la pAC ne nuit pas aux pays les plus pauvres (2) .

Sources et références bibliographiques

ZOOM SUR

LA tENDANCE s’iNvERsE : L’uNiON DEviENt ExpORtAtRiCE NEttE !

Avec un total d’environ 200 md € d’échanges commerciaux en 2011 (import et export), l’Union européenne est n°1 mondiale pour l’activité agroalimentaire (3) . La pAC joue un rôle important pour permettre aux agriculteurs d’être compétitifs. L’union est le premier importateur mondial en agroalimentaire avec près de 100 md € en 2010, loin devant les Etats-unis, la Chine et le

Japon (vs 42 md € en 1990). Les postes principaux d’importation sont les produits tropicaux (18 md €), les aliments pour

animaux (15.4 md €). Les principaux fournisseurs

sont le Brésil (14 md €), l’Argentine (6.3 md €),

les Etats-unis (8.2 md €).

Les exportations agricoles de l’Union ont atteint 105 Md € en 2011, deux fois plus que celles du Brésil mais inférieures à celles des Etats-unis. Les principaux clients sont les Etats-unis (14.6 md €), la Russie (10.5 md €) et la suisse (6.5 md €) devant la Chine (4.8 md €) et le Japon (4.7 md €). Les postes principaux d’exportation sont le vin (7.6 md €), les produits laitiers (7.2 md €) et les céréales (5.8 md €). L’union est importatrice nette en produits bruts et exportatrice nette en produits transformés. Le secteur des produits finis concerne 4 millions d’emplois dans l’union.

(1) www.ec.europa.eu (2) www.oecd.org (3) www.ec.europa.eu

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Idée reçue

« Le modèle d’agriculture actuelle montre ses limites

et ne permettra pas

de satisfaire

les besoins de 9 milliards d’habitants »

L a généralisation dans le monde

du modèle d’une agriculture

moderne et la poursuite de son

amélioration permettront de produire 50 % de plus pour satisfaire les

besoins d’une population croissante dont les habitudes évoluent.

Le niveau d’investissement en recherche et développement très élevé du secteur agricole dans des domaines diversifiés et complémentaires (protection des cultures, génétique, matériel d’équipement, fertilisa- tion, agriculture de précision, irrigation, in- formatique et services) permet des marges de progrès tant en productivité qu’en qualité et respect de l’environnement. Ainsi certains pays (Etats-unis, Brésil…) se fixent des ob- jectifs très ambitieux d’augmentation des rendements (jusqu’à + 50 %). L’imbrication

de toutes les technologies va permettre une accélération du progrès.

Les pays en voie de développement bé- néficient relativement peu de ces techniques. La productivité y reste encore faible. Alors qu’en Europe de l’Ouest un actif agricole produit plus de 1 000 tonnes de grains, en Afrique, il en produit souvent moins d’une tonne. il y a 1,3 milliard d’actifs agricoles dans le monde (43 % de la population active) mais seulement 30 millions d’exploitations sont mécanisées (un tracteur pour 150 actifs agricoles en Chine).

Avec les besoins croissants en alimenta- tion, biocarburants, textiles, matériaux de construction et chimie verte, l’enjeu est d’augmenter fortement la production par actif. Au-delà de la malnutrition, ces progrès permettent de faire reculer l’analphabétisme grâce au temps libéré.

agriculture et production

L’accès à l’innovation technologique permet de produire plus et mieux et de répondre aux besoins de la population.

sous-alimentation :

toujours une réalité !

La modernisation de l’agriculture a déjà largement contribué à réduire la part de population sous-alimentée. Elle est passée

de 30 % environ

en 1980 à 13

% en 2012.

Aujourd’hui, 870

millionsde

personnes sont encore sous-alimentées dans le monde (1) .

sur un total d’environ 13

milliards d’hectares,

les terres arables et cultures permanentes représentent 1.5 milliard, les prairies et les forêts respectivement 3,3 et 4 milliards. il existe un potentiel de

500millions d’ha

supplémentaires pour les terres arables.

Sources et références bibliographiques

ZOOM SUR LEs COmpORtEmENts ALimENtAiREs évOLuENt Dans les pays en développement, plus le revenu s’élève,
ZOOM SUR
LEs
COmpORtEmENts
ALimENtAiREs
évOLuENt
Dans les pays en développement, plus le
revenu s’élève, plus la demande alimentaire
s’accroît, se diversifie et plus la part des
protéines animales dans les régimes alimentaires
tend à augmenter. Les pays en voie de
développement, où va se concentrer l’essentiel
du boom démographique, vont également
consommer de plus en plus de viande.
Compte tenu de ces données, il est prévu un
doublement de la demande mondiale de
viande et une augmentation de 75 % de celle
des céréales destinées à l’alimentation du
bétail d’ici 2050.

(1) FAO 2012

Idée reçue

« L’agriculture

pourrait se passer des pesticides »

C omme tous les organismes vivants, les plantes cultivées sont attaquées par des para-

sites (maladies, insectes, ravageurs). Elles sont également concurrencées par des mauvaises herbes. Les pes- ticides sont utilisés pour protéger les cultures. Ils préservent les récoltes en qualité et quantité.

La production agricole est fragile. Elle dépend du climat et du développement des parasites. La régularité de la production est fondamentale, pour sécuriser les approvision- nements alimentaires, limiter les fluctuations de prix et assurer d’autres débouchés comme le textile. Sans protection, la production des six cultures principales mondiales (riz, blé, orge, maïs, soja et pomme de terre) chu-

terait de 50 % environ dans le monde (1). Ces pertes entraîneraient une augmentation des prix, provoquant des émeutes de la faim.

Pour subvenir aux besoins de 9 milliards de personnes d’ici 2050, la production agri- cole devra augmenter de 70 %. Les produits phytosanitaires sont indispensables pour assurer une production suffisante et régulière. Les pesticides préservent la qualité sa- nitaire. ils évitent par exemple la prolifération des mycotoxines cancérigènes dans les cé- réales, ou des mauvaises herbes comme le datura, qui entraîne des intoxications graves. ils contribuent à la bonne conservation des aliments. Ils jouent aussi un rôle sur la qualité gusta- tive en prévenant des maladies qui impactent le goût comme la pourriture grise qui rend les vins imbuvables et non commercialisables.

agriculture et production

La protection des plantes assure la sécurité alimentaire tant en quantité qu’en qualité.

insectes et maladies :

des pertes importantes ! (2)

Blé tendre : Les ravageurs du sol peuvent détruire jusqu’à 20 % des plantes. pour 5 millions d’hectares, en l’absence de protection insecticide, cette perte correspondrait à la consommation moyenne de pain de

40 millions de français sur 3 ans (2) .

Betterave : La jaunisse virale transmise par les pucerons représente un risque de perte au niveau national de plus de 5 % auquel s’ajoutent les dégâts des ravageurs souterrains. sans protection insecticide, pour 380 000 ha, l’ensemble des pertes équivaudrait à la consommation annuelle moyenne brute de sucre de 46 millions de français (2) .

Haricots pour l’industrie : sans protection des semences, les fontes de semis peuvent

entrainer jusqu’à 40 % de perte de plantes à la levée (2) .

Pomme de terre : Le mildiou de la pomme de terre est un champignon qui peut détruire les cultures en quelques jours. En 2007, la pression de maladie a été si forte que sans fongicide, il n’était pas possible de soigner les cultures et sauver les récoltes.

Sources et références bibliographiques

ZOOM SUR

LE pARAsitismE sE mONDiALisE !

De tous temps les échanges commerciaux ont favorisé l’arrivée de nouveaux bio- agresseurs : phylloxera, oïdium et mildiou de la vigne, doryphore… Ce rythme s’accélère avec l’augmentation des échanges commerciaux qui favorisent l’apparition de nouveaux ennemis des cultures malgré les précautions sanitaires prises aux frontières.

Entre 2000 et 2005, plus de 41 nouvelles espèces d’insectes ravageurs ont été introduites sur le territoire français dont la chrysomèle du maïs qui peut entraîner jusqu’à 80 % de pertes des récoltes (4) . Les conséquences liées à la prolifération de ce ravageur sont telles que la filière s’est mobilisée pour créer un dispositif professionnel d’indemnisation.

pour créer un dispositif professionnel d’indemnisation. (1) Organisation mondiale de la santé et FAO, 2005 (2)

(1) Organisation mondiale de la santé et FAO, 2005 (2) CEtiOm, COOp de France, FNA, Gnis, ORAmA, uFs, uipp, uNiLEt, protéger les semences une solution d’avenir pour protéger les récoltes, janvier 2013 (3) martinez et streito, 2005 (4) mAAp- DGAL

Idée reçue

« L’agriculture

biologique peut nourrir

le

monde »

L ’agriculture biologique ne permet pas d’atteindre les niveaux de production de l’agriculture conven-

tionnelle ni de garantir un approvision- nement régulier.

En agriculture biologique, la variabilité des rendements est très forte en raison des aléas du parasitisme. En maïs, le différentiel de rendement moyen entre agriculture bio- logique et conventionnelle en France a varié de - 29 à -36 % entre 2008 et 2010, un écart difficile à gérer pour l’agriculteur et la filière de transformation.

Le tout bio en France obligerait à importer une part significative et variable d’une année sur l’autre de notre alimentation, creusant la dette. Le surcoût de main-d’œuvre et la compensation des pertes à la production et

et la compensation des pertes à la production et à la conservation, entraînent un renchérisse- ment

à la conservation, entraînent un renchérisse- ment des prix : en 2011, les produits biolo- giques étaient 58 % plus chers que ceux de l’agriculture conventionnelle (1) .

Au niveau mondial, il faudrait défricher plus de terre accentuant la pression de l’homme sur les milieux naturels. En 2007, le directeur de la FAO a déclaré « compte tenu des don- nées et des modèles concernant la producti- vité de l’agriculture biologique par comparai- son à l’agriculture traditionnelle, le potentiel de l’agriculture biologique n’est pas suffi- sant, loin s’en faut, pour nourrir le monde. »

agriculture et production

La diversité des modes d’agriculture est essentielle, mais les rendements de l’agriculture biologique ne répondront pas à l’augmentation des besoins.

Rendements de l’agriculture biologique comparés à ceux de l’agriculture conventionnelle en % (2)

100 100% 90 80 75% 70 60 50 40 30 20 10 0 En moyenne
100
100%
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10
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En moyenne
Soja Maïs Tomate
Orge Blé

Production agriculture biologique80 75% 70 60 50 40 30 20 10 0 En moyenne Soja Maïs Tomate Orge

Production agriculture conventionnelle90 80 75% 70 60 50 40 30 20 10 0 En moyenne Soja Maïs Tomate

10 0 En moyenne Soja Maïs Tomate Orge Blé Production agriculture biologique Production agriculture conventionnelle

Sources et références bibliographiques

ZOOM SUR

L’AGRiCuLtuRE BiOLOGiquE pROtèGE Aussi sEs CuLtuREs !

L’argument souvent avancé par les promoteurs de ce type d’agriculture est une moindre ex- position aux résidus de produits chimiques. Or l’AB traite aussi les cultures.

Les agriculteurs utilisent par exemple des pro- duits à base d’élément comme le soufre ou le cuivre. Comme les autres produits phytosani- taires, ces produits sont encadrés par une ré- glementation très stricte. Les études montrent que suivant les années entre 6 et 30 % des denrées issues de l’AB contiennent des rési- dus détectables (3) .

L’AGRiCuLtuRE BiOLOGiquE NE GARANtit pAs uN ALimENt pLus sAiN.

Comme toute filière, l’agriculture biologique n’est pas à l’abri d’accident. Récemment, en Europe, des produits issus de l’AB contaminés par des organismes toxiques ou pathogènes pour l’homme ont provoqué des accidents graves chez les consommateurs : Escherichia coli sur graines issues de l’AB est responsable de 53 morts et 3971 malades dont 862 cas avec des syndromes hémolytiques et urémiques (4) .

(1) Enquête Linéaire 2011 (2) Nature, seufert et al., compilation d’études, 2012 (3) quae, Le tout bio est-il possible ?, 2012 (4) ANsEs, O104/H4 Escherichia coli entérohémorragique-L’énigme d’une crise présentation, 2011

Idée reçue

« Les agriculteurs

sont de plus en plus dépendants

des

lobbies

industriels »

P our faire face à la concurrence et

répondre aux exigences du mar-

ché, les agriculteurs ont besoin

de technologies. Elles nécessitent des investissements conséquents en re- cherche et développement. L’accès à l’innovation est une condition indis- pensable au maintien de la productivité des exploitations agricoles et de l’in- dustrie agroalimentaire française.

Différents modèles de production agri- cole existent en France liés à la diversité des sols, des climats, de l’histoire. ils ont tous un point commun : le besoin de productivité. Celle-ci répond à des exigences en termes de quantité, de régularité de production, de qualité et de conformité aux normes. Elle doit, de plus, répondre aux enjeux de l’agri- culture durable et tout cela dans un contexte

de concurrence

internationale.

et tout cela dans un contexte de concurrence internationale. pour répondre aux évolutions du marché, les

pour répondre aux évolutions du marché, les agriculteurs doivent pouvoir s’appuyer sur des technologies performantes : variétés, produits de protection des plantes, mais aussi machinisme, génétique animale, aliments du bétail, outils informatiques…

Le développement de ces technologies passe par des recherches plus complexes et toujours plus coûteuses. Elles sont assurées par des organismes de recherche publics mais surtout des sociétés privées, seules à même de supporter de tels investis- sements jusqu’à la mise en marché.

vous avez dit puissants lobbies industriels ?

il faut relativiser. Le marché annuel mondial de la protection des plantes en 2011 est de l’ordre de

50 milliards d’€ (1) .

En comparaison, c’est :

82 % du budget du ministère français de l’éducation nationale

7

jours de

consommation mondiale de pétrole

11 % du chiffre d’affaires de Walmart (1 er groupe mondial de grande distribution)

agriculture et production

ZOOM SUR

pEstiCiDEs : uNE misE suR LE mARCHé séLECtivE Et ONéREusE !

La mise sur le marché de nouvelles solutions de protection des cultures nécessite en moyenne dix années de travaux de recherche et développement. De la découverte de la substance active au produit utilisé par l’agriculteur, il y a de nombreux obstacles à franchir : études toxicologiques, éco- toxicologiques, tests de laboratoires, essais sous serres et de plein champ, développement de formulation… 1 molécule sur 150 000 arrive au bout du processus de sélection. L’investissement est d’environ 200 millions d’€ (2) . seuls des groupes industriels de taille significative peuvent supporter de tels coûts.

pour les anciennes matières actives, afin de répondre aux nouvelles exigences, une procédure de révision a été entreprise au niveau européen. En 1993, il y avait plus de 800 substances actives (3) ! En 2012, il en reste moins de 400.

actives ( 3 ) ! En 2012, il en reste moins de 400. Sources et références

Sources et références bibliographiques

(1) Etude phillips mac Dougall 2011 (2) ECpA, innovation and new technologies in agriculture, 16/10/2012 (3) iNRA, pesticides agriculture et environnement, expertise scientifique collective, décembre 2005

Idée reçue

« La France

est le premier pays consommateur de pesticides

en Europe »

L a France est un grand pays agricole avec de vastes surfaces cultivées. Sa consommation de pesticides,

rapportée à la surface cultivée, se situe en 4 éme position européenne.

La France est le premier pays agricole d’Europe avec près de 31 millions d’hectares de surfaces cultivables, soit 56 % du territoire français. Elle fait partie des acteurs majeurs de la production mondiale :

5 ème producteur de céréales après la Chine, les états-unis, l’inde et la Russie.

5 ème producteur d’huile de colza après la Chine, le Canada, l’inde et l’Allemagne.

5 ème exportateur mondial de maïs et 3 ème exportateur mondial de vin.

de maïs et 3 è m e exportateur mondial de vin. C’est pourquoi il n’est pas

C’est pourquoi il n’est pas pertinent pour juger de la consommation de pesticides en France, de se référer à la quantité globale.

En Europe, la France est le 1 er marché pour les produits phytosanitaires mais, rapporté à la surface cultivée, elle est dans la moyenne des autres pays et n’est en fait que le 4 ème utilisateur de pesticides après les pays-Bas, la Belgique et le portugal (1) .

agriculture et environnement

La consommation française de pesticides à l’unité de surface cultivée se situe dans la moyenne européenne.

Au plan mondial, avec3,2

kg

de substance active par hectare et par an

la consommation française de pesticides se situe environ au 10 e rang mondial. (2) .

Le saviez-vous ?

Les zones non agricoles, qui incluent les jardins familiaux, les espaces verts, les golfs ou les voies ferrées représentent 10 % de la consomma- tion de pesticides (3) .

ZOOM SUR

 

RéDuCtiON D’usAGE DEs pEstiCiDEs : DEs pROGRès CONsiDéRABLEs Et DEs OBJECtiFs AmBitiEux !

 

Entre 2001 et 2009 la consommation de pesticides a baissé en quantité de 36 % grâce à une innovation constante et un meilleur ciblage des interventions (3) Les pesticides représentent un coût non négligeable que les agriculteurs cherchent à minimiser. C’est ainsi qu’ils combinent plusieurs techniques pour limiter les problèmes de maladies ou de parasites dans leurs cultures afin de pouvoir réduire l’usage des produits phytosanitaires :

utilisation de variétés tolérantes ou résistantes, rotation des cultures, méthodes mécaniques. L’application des produits

phytosanitaires se fait en dernier recours de façon raisonnée en utilisant par exemple des outils d’aide à la décision (OAD) qui renseignent sur le niveau d’infestation et aident à appliquer le bon produit à bon escient.

$

Comparaison des dépenses pesticides/t de blé produite

70

70  
 

60

50

France

 

40

Grande Bretagne

30

Canada

Les consommations de pesticides ramenées à la tonne de blé produite montrent d’ailleurs que la France optimise bien l’utilisation de ces facteurs de production (3) .

Ukraine

20

Argentine

10

0

2002/03

2004/05

2006/07

2008/09

2010/11

Sources et références bibliographiques

(1) iNRA, pesticides agriculture et environnement, expertise scientifique collective, décembre 2005 (2) Eurostat/ECpA, 2010 (3) uipp, Les démarches de progrès de l’uipp et de ses adhérents, 2011 (4) ECpA, innovation and new technologies in agriculture, 16/10/2012

Idée reçue

« L’agriculture intensive entraîne une perte de biodiversité

et tue les

abeilles »

L es agriculteurs sont les premiers acteurs de la biodiversité !

L’agriculture entretient des interrelations étroites avec la biodiversité : elle en bénéficie, elle la modifie, elle en est aussi créatrice en ouvrant les paysages. En tout état de cause, l’agriculture qui gère environ 50 % du territoire en est dépendante et son rôle est donc fondamental dans le maintien de la biodiversité.

Les pesticides sont souvent tenus pour res- ponsables de la perte de biodiversité. s’ils ne sont pas anodins, en cas de mauvais usage, leurs actions ne sont jamais irréversibles. De nombreuses données démontrent qu’une gestion adaptée des bords de champs, l’im- plantation d’inter-rangs en vigne ou de haies

l’im- plantation d’inter-rangs en vigne ou de haies en zones humides et l’adaptation du travail du

en zones humides et l’adaptation du travail du sol permettent de retrouver de bons ni- veaux de biodiversité sans mettre en cause la productivité (1) (2) . Ces actions positives sur la biodiversité sont d’ail- leurs considérées comme des services écolo- giques que rend l’agriculteur à la société (3) .

En revanche, de nombreuses autres études montrent que les destructions et modifica- tions d’habitats naturels liées aux activités humaines telles que l’installation de routes, parkings, appelées « artificialisation des sols » sont à l’origine de pertes souvent irréversibles de biodiversité. C’est ainsi que l’équivalent d’un département français dis- paraît tous les 7 ans !

agriculture et environnement

La perte de biodiversité : une conséquence de la disparition de nombreux habitats.

Évolution de l’occupation des sols entre 1993 et 2003 en France métropolitaine (4) en 000
Évolution de l’occupation des sols entre 1993 et 2003 en France métropolitaine (4)
en 000 ha
3,9%
600
500
400
300
21,1%
Arbres
15,8%
10,7%
isolés,
200
Landes,
haies,
parcours
chemins,
Cultures
Roches
100
0,4%
Prairies
alpages
peupleraies
pérennes
et eaux
0
Cultures
Sols
Routes
Sols
Forêts
-1%
-3,5%
annuelles
artificiels
et
artificialisés
-100
bâtis
parkings
non bâtis
-200
-8,6%
-300
-8%
-400
-500
-600
-5,7%

ZOOM SUR

quE DiRE DEs pOLLiNisAtEuRs EN GéNéRAL Et DEs ABEiLLEs EN pARtiCuLiER ?

De nombreuses études mettent en lumière un déclin des insectes pollinisateurs et souvent les pesticides en sont tenus pour responsables.

toutefois, il faut distinguer les abeilles domes- tiques des pollinisateurs sauvages. Ces der- niers ont besoin de sites naturels de nidifi- cation et de ressources florales pour se nourrir soit, « le gîte et le couvert ». ils sont affectés par la réduction des espaces naturels et la simplification des systèmes de cultures. Des aménagements fleuris permettent de restaurer les populations.

Concernant les abeilles domestiques, le nombre de ruches est passé de 1,3 à 1 million entre 2006 et 2010 en France. Au contraire, dans le monde, leur nombre a augmenté de 45 %. il n’y a donc pas de risque de dispari- tion de l’abeille domestique. En revanche, l’élevage des abeilles est devenu plus complexe en raison de nouveaux parasites difficiles à maîtriser tel que le varroa arrivé en France au début des années 80, de nouvelles maladies, des déficits de ressources alimen- taires dans certaines zones agricoles et d’une intensification des méthodes de production apicole devenue fréquente en raison de la concurrence internationale.

Sources et références bibliographiques

(1) uipp-ACtA-ONCFs , productions végétales pratiques agricoles et faune sauvage (2) ONCFs-Arvalis-Cetiom-itB-FNC-syngenta, Gestion des bords de champs (3) ministère de l’Agriculture, prospective et évaluation, mars 2009 (4) iFEN, L’environnement en France-les synthèses

Idée reçue

« Les pesticides

polluent l’eau »

I l ne faut pas confondre détection de résidus dans l’eau et toxicité.

Au fil des années, les seuils d’analyse des laboratoires sont devenus de plus en plus bas :

c’est pourquoi on détecte plus fréquemment des pesticides et des particules polluantes dans l’eau. Les traces de pesticides qui peuvent être détectées dans l’eau au seuil réglementaire européen ne mettent pas en danger la santé du consommateur.

Les seuils réglementaires pour l’eau de boisson en Europe sont très stricts. ils sont fixés indépendamment de la toxicité intrinsèque de chaque pesticide et sont plusieurs milliers de fois plus sévères que les normes préconisées par l’Organisation mondiale de la santé, basées elles sur

la toxicité de chaque matière active. par ailleurs, les seuils varient selon les pays :

sur certaines molécules, comme l’atrazine, l’Europe recherche des seuils 300 fois plus bas qu’aux Etats-unis.

Le niveau fixé en Europe par molécule est de 0,1 microgramme (µg) par litre et de 0,5 µg/l pour la somme des traces de

matières actives trouvées. 0,1 µg/l équivaut

à la détection de seulement 1 g dans un

tronçon de rivière qui ferait un mètre de profondeur sur un mètre de large et 10 km de long.

une eau conforme n’est jamais exempte de matières polluantes. Elle est consommable

à condition que leur concentration ne mette pas en danger la santé du consommateur.

agriculture et environnement

Le respect de la réglementation et des bonnes pratiques par les agriculteurs permet de prévenir les pollutions et contribue à assurer la distribution d’une eau de qualité.

En France, plus de 26

millions

danalyses ont été effectuées depuis 13 ans par les autorités.

Elles montrent que 73 %

des eaux de surface et 99 % des eaux

souterraines sont conformes au seuil réglementaire établi pour l’eau de boisson, le seuil le plus exigent au monde. (1)

s sont conformes au seuil réglementaire établi pour l’eau de boisson, le seuil le plus exigent

Sources et références bibliographiques

ZOOM SUR

pRévENtiON DEs pOLLutiONs EN AmONt :

L’ApRès-puLvéRisAtiON RéGLEmENtéE !

Après pulvérisation, il reste toujours des reliquats de bouillie dans les fonds de cuve et il est nécessaire de rincer tuyaux et machine. Ces opérations, si elles sont mal gérées, sont source de pollutions. C’est pourquoi elles sont strictement encadrées. 2 possibilités existent :

Epandre les reliquats de bouillie sur la parcelle traitée à condition de diluer les fonds de cuve au 6 ème . La vidange totale du pulvérisateur et son épandage sur la parcelle est autorisée sous réserve d’avoir divisé la concentration initiale de la bouillie par 100. Dans tous les cas, l’épandage doit se faire en respectant la dose maximale autorisée sur la culture et les distances réglementaires par rapport aux points d’eau et habitations.

Eliminer les effluents phytosanitaires résiduels en équipant l’exploitation avec l’un des systèmes de gestion reconnus par le mi- nistère de l’Environnement. plusieurs disposi- tifs existent utilisant les principes de dés- hydratation, lit biolo- gique, floculation ou osmose inverse, ou combinant ces diffé- rentes méthodes.

osmose inverse, ou combinant ces diffé- rentes méthodes. (1) uipp, posture de l’uipp, Les résidus de

(1) uipp, posture de l’uipp, Les résidus de pesticides dans l’eau, avril 2012

Idée reçue

« Nos aliments

contiennent des résidus

pesticides »

de

C ’est vrai, il sont parfois détectés et on en analyse même de plus en plus car les plans de surveil-

lance sont plus importants et les mé- thodes d’analyse plus précises. Détection ne veut pas dire dégradation de la qualité sanitaire de l’alimentation !

L’évolution technologique permet de détec- ter des substances introuvables il y a 10 ans. On peut détecter 0.001 mg de résidus d’une substance dans 1 kg d’aliment, soit une pré- cision qui équivaut à 1 seconde sur 32 ans !

L’innocuité des résidus est évaluée avant toute mise en marché d’un produit phytosanitaire. La présence d’un résidu est normale dès lors qu’elle ne dépasse pas une limite maximale autorisée (LmR) publiée au Journal officiel de la Communauté Européenne.

publiée au Journal officiel de la Communauté Européenne. L’étude des expositions alimentaires aux substances

L’étude des expositions alimentaires aux substances chimiques de l’ANsEs (1) , la plus importante au monde, porte sur 445 substances dont 283 phytosanitaires recherchées dans des aliments couvrant 90 % de l’alimentation des français. sur ces molécules « 210 n’ont jamais été détectées » et « 73 dans moins de 1 % des 146 000 analyses ». L’étude conclut que le risque pesticides peut être écarté pour la population.

Les aliments issus de l’agriculture biologique ne sont pas exempts de résidus car l’utilisation de certains produits de traitements y est autorisée (dont certains ont une LmR).

agriculture et alimentation

L’alimentation n’a jamais été aussi saine ni aussi surveillée.

tous les résidus ne sont pas issus de la chimie !

Les plantes peuvent aussi produire des substances chimiques naturelles suscep- tibles de se retrouver dans l’alimentation. Elles sont sécrétées par les plantes pour se défendre contre les prédateurs.

Certaines comme les mycotoxines ou les alcaloïdes ont des toxicités très supérieures aux matières actives phytosanitaires.

99,99 % des

substances chimiques ingérées dans l’alimentation sont d’origine naturelle. En moyenne, une personne ingère entre 5 000 et 10 000 pesticides naturels différents.

A hauteur de 1,5 milligramme par jour,

c’est 10 000 fois

sa dose quotidienne de résidus de substances phytosanitaires ! (2)

Sources et références bibliographiques

ZOOM SUR

 

qui suRvEiLLE NOtRE ALimENtAtiON ?

Au niveau de l’union européenne, c’est l’EFsA, autorité de sécurité sanitaire, qui réalise les rapports scientifiques des programmes de surveillance et de contrôle des pays membres.

Le nombre d’analyses a considérablement augmenté ces dernières années. En 2009,

834 substances actives phytosanitaires dans

70

000 échantillons de denrées alimentaires

ont été analysées (3) ce qui représente plus de

14

millions d’analyses !

Les prélèvements sont réalisés de manière aléatoire ou ciblée, en incluant les produits importés des pays tiers.

En France, les plans de surveillance et de contrôles sont réalisés par la DGAL (Direction Générale de l’Alimentation) et la DGCCRF (Di- rection Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes).

et la DGCCRF (Di- rection Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression

(1) ANsEs, Etude de l’alimentation totale française 2 EAt 2 - Edition scientifique, juin 2011 (2) Bruce N. Ames et Lois swirsky Gold, Neuf idées reçues passées au crible de la science – La Recherche, octobre 1999 (3) EFsA, the 2009 European union report on pesticides in Food – scientific Report of EFsA, Journal 2011; 9(11) : 2430, avril 2012.

Idée reçue

« Les aliments avant »

étaient meilleurs

O n reproche aux modes de productions agricoles actuels de favoriser la quantité au détriment

de la qualité. Au contraire, qualités visuelles, gustatives, nutritionnelles,

sanitaires et technologiques y sont préservées, voire enrichies.

Le contrôle des champignons ou des insectes sur les fruits et légumes peut nous faire oublier qu’avant, ces attaques dégradaient nos denrées. C’est le cas des vers dans les pommes, des pucerons dans les laitues ou les légumes.

La qualité gustative est un critère majeur pour la commercialisation. Le développement du champignon botrytis sur le raisin entraine la production de mauvais goûts et détériore la couleur dès 10 à 20 % d’attaque suivant les

la couleur dès 10 à 20 % d’attaque suivant les cépages, rendant les vins inven- dables.

cépages, rendant les vins inven- dables. La sélec- tion variétale des fruits et légumes joue un rôle essentiel dans l’amélioration du goût et l’élargissement de l’offre.

parce qu’elle permet de contrôler moisis- sures, mycotoxines, bactéries…, la protec- tion phytosanitaire contribue à l’amélioration de la sécurité sanitaire. il y a moins de risque d’intoxication alimentaire aujourd’hui que du temps de nos grands-parents.

La qualité technologique est primordiale pour répondre aux exigences des filières de transformation. Elle est le fruit des travaux de sélection mais également des pratiques agricoles en amont.

agriculture et alimentation

Les techniques actuelles de production contribuent à la qualité.

quand la qualité est officiellement reconnue !

Dès 2003, l’autorité sanitaire française (1) statuait sur l’équivalence entre la qualité nutritionnelle et sanitaire des produits issus de l’agriculture biologique et des produits issus de l’agriculture conventionnelle. plus récemment, des médecins américains (2) ont étudié

237 publications

comparant les aliments biologiques et conventionnels. sur le plan nutritionnel ou sanitaire, les auteurs concluent qu’il n’y a pas de différences significatives.

Les reconnaissances de la qualité se développent depuis plusieurs années avec des cahiers des charges rigoureux. En France, les signes officiels d’identification de l’origine et de la qualité (AOC, AOp, iGp, Label Rouge, …) concernent plus de 1 000 produits (3) .

D’après le recensement agricole de 2010,

une exploitation agricole sur 4 est inscrite

dans ces démarches.

Sources et références bibliographiques

ZOOM SUR LEs pLANtEs sONt pARFOis tOxiquEs ! La contamination de farine de sarrasin biologique
ZOOM SUR
LEs pLANtEs sONt pARFOis tOxiquEs !
La contamination de farine de sarrasin
biologique contaminée par des graines de
datura a occasionné fin 2012 plusieurs cas
d’intoxications et 18 hospitalisations.
Cette plante contient des alcaloïdes très
toxiques. Le datura est difficile à contrôler en
production biologique alors que la gestion du
risque par le désherbage est très efficace.

(1) Rapport AFssA 2003 (2) standford university, Annals of internal medicine, méta analysis, septembre 2012 (3) iNAO, Les produits sous signes officiels de la qualité et de l’origine, Chiffres clés 2011

Idée reçue

« A cause des pesticides, en bouteille »

Il faut acheter de l’eau

L ’eau délivrée au robinet en France est tout à fait potable. Elle fait l’objet d’un suivi sanitaire très rigoureux.

selon la Direction Générale de la santé du ministère des affaires sociales, 97 % de la po- pulation a été alimentée en 2011 par une eau dont la qualité a respecté en permanence les limites de qualité fixées par la réglementation européenne en matière de pesticides qui est parmi les plus strictes au monde.

À chaque étape de son cycle, l’eau est contrôlée par les sociétés responsables du traitement de l’eau et les pouvoirs public. L’eau brute prélevée et celle fournie aux usagers après traitement doivent toutes deux être conformes aux normes en vigueur. sur l’eau du robinet, 63 paramètres sont mesurés. Dans les agglomérations

63 paramètres sont mesurés. Dans les agglomérations importantes, plusieurs contrôles sont réalisés par jour

importantes, plusieurs contrôles sont réalisés par jour et certains paramètres sont constamment suivis.

En matière de polluants d’origine agricole, les statistiques fournies par les autorités mettent en évidence des améliorations d’année en année. par exemple, en mayenne, département agricole majeur avec 9 % des actifs travaillant dans l’agriculture (1) , l’eau non conforme concernait 23,3 % des habitants en 2001 contre seulement 0,7 % en 2010.

agriculture et alimentation

Les pratiques agricoles sont encadrées pour prévenir les pollutions.

un français utilise en moyenne 151 litres d’eau par jour, soit l’équivalent de

100 bouteilles d’eau. L’alimentation en eau potable est assurée par près de

30 000 captages produisant chaque jour 18,5 millions de m 3 d’eau !

ZOOM SUR

 

DEs RèGLEs tRès stRiCtEs pOuR pRévENiR LEs pOLLutiONs !

Les zones de captages font l’objet d’une réglementation particulière. trois périmètres de protection sont définis par le code de la santé :

L’activité agricole est soumise à des règles très strictes afin de limiter l’impact sur la qualité des eaux. il est obligatoire par

- le périmètre de protection immédiate :

c’est l’environnement proche du point d’eau. il est acheté par la collectivité et est clôturé. toute activité y est interdite sauf celle liée à la production d’eau.

- le périmètre de protection rapprochée :

exemple de créer des bandes enherbées le long des cours d’eau.

pour chaque produit phytosanitaire des zones non traitées (ZNt) le long des points d’eau sont réglementairement définies. Elles vont de 5 m minimum à 100 m suivant les produits en tenant compte de leurs caractéristiques.

La gestion des fonds de cuve par épandage sur la parcelle après dilution ou par récupération sur des aires spécifiques est obligatoire.

un périmètre de quelques hectares, à l’intérieur duquel toutes les activités susceptibles de provoquer une pollution sont interdites ou soumises à des prescriptions particulières (constructions, rejets, épandages, etc.) ;

- le périmètre de protection éloignée : il est créé si certaines activités sont susceptibles d’être à l’origine de pollutions.

pour un particulier, l’équivalent serait un bac spécifique réservé au rinçage des verres ou des cuillères après leur utilisation pour un médicament.

Sources et références bibliographiques

(1) Chambre d’agriculture de la mayenne (2) CNRs, www.cnrs.fr, les dossiers scientifiques de l’eau NB : La direction générale de la santé (DGs) et de la santé publie mensuellement les statistiques sur l’eau potable dans chaque commune. http://www.sante.gouv.fr/resultats-du-controle-sanitaire-de-la-qualite-de-l-eau-potable.html

Idée reçue

« Nos aliments

coûtent de plus en plus

chers »

E

n

la

valeur absolue les dépenses

d’alimentation augmentent mais

part consacrée à l’alimenta-

tion dans le budget des ménages en France ne cesse de diminuer.

La modernisation de l’agriculture a permis d’augmenter les rendements tout en réduisant les coûts de main-d’œuvre, contribuant à diminuer le prix de l’alimentation. Dans la seconde moitié du 20 ème siècle, les prix des matières premières agricoles de base telles que les céréales, les oléo-protéagineux, les viandes ou le lait ont été divisés par 3 ou 4 dans les pays développés (1) .

L’augmentation et la régularité de la production conduisent à augmenter l’offre et à réduire les prix. La gamme de produits de qualité, accessibles au plus grand nombre

de produits de qualité, accessibles au plus grand nombre s’est élargie contribuant à démocratiser l’accès à

s’est élargie contribuant à démocratiser l’accès à une alimentation variée.

En valeur absolue, le budget alimentation (hors boissons alcoolisées) a beaucoup augmenté. En euros constants, il représente le double de sa valeur en 1960 mais sa part dans le budget des ménages s’est considérablement réduite : il représentait 21.5 % des dépenses en 1959, contre 13.4 % aujourd’hui (2) .

agriculture et alimentation

Grâce à la modernisation des pratiques, les produits alimentaires

sont accessibles au plus grand nombre.

Les produits Bio sont plus chers !

Le marché des produits issus de l’agriculture biologique a quadruplé en dix ans mais il ne représente aujourd’hui que

2,7

% de la

consommation alimentaire nationale (3) .

malgré des subventions et bien que l’écart de prix entre produits bio et conventionnels se réduise (-14 points en deux ans) il se situerait encore à

+ 58 % (4) .

plus gourmande en main- d’œuvre et plus aléatoire, l’agriculture biologique revient plus cher à la production.

Sources et références bibliographiques

à la production. Sources et références bibliographiques ZOOM SUR quE CACHE LE pRix DE LA BAGuEttE

ZOOM SUR

quE CACHE LE pRix DE LA BAGuEttE ?

Depuis 1960, le prix de la baguette de pain a été multiplié par 12 alors que celui du smiC horaire a été multiplié par 35, celui d’une place de cinéma par 36, celui d’une consultation médicale par 18.

selon la Chambre professionnelle des artisans boulangers de paris, la hausse du prix de la baguette est d’abord due à l’augmentation du coût de la main-d’œuvre, du coût de l’énergie, et de façon mineure à la hausse du prix du blé. La farine ne représente que 10 % du prix du produit fini, le blé de l’ordre de 70 % du coût de la farine. Le blé ne compte donc que pour 5 % à 10 % maximum du prix soit, moins de 10 centimes pour une baguette à 0,90 €. une augmentation de 10 €/t du prix du blé augmente le prix de la baguette de 0,03 centimes (5).

Décomposition du prix de la baguette traditionnelle

Blé

5%
5%

Frais et charges

35%
35%

Masse salariale

50%
50%

Résultat

Blé 5% Frais et charges 35% Masse salariale 50% Résultat net 10% (1) sénat, rapport sur

net

10%

(1) sénat, rapport sur le défi alimentaire à l’horizon 2050, 2012 (2) DGCCRF, 2012 (3) Recensement agricole 2010 (4) Audrey Garric, Le monde.fr, m planète, octobre 2012 (5) Fdsea60.fr, 2011

Idée reçue

« A cause des

pesticides,

les agriculteurs sont malades

de cancers »

L a population agricole souffre significativement moins de can- cers que la population générale

et l’espérance de vie des agriculteurs est supérieure de près de 2 ans à la

moyenne française.

selon les 1 ers résultats de l’enquête AGRiCAN (1) , la plus vaste étude mondiale sur la population agricole, celle-ci présente un meilleur état de santé que la population générale qui s’explique en particulier par une meilleure hygiène de vie (alimentation plus saine, activité physique).

Le risque de cancer est significativement plus faible dans la population agricole (-27 % de risque de décéder d’un cancer pour les hommes et -19 % pour les femmes).

d’un cancer pour les hommes et -19 % pour les femmes). seuls certains cancers sont un

seuls certains cancers sont un peu plus présents, mais en général de façon non significative. Ces cas justifient une investi- gation plus poussée des facteurs de risque spécifiques à ce métier comme le soleil, les produits chimiques (fuels, pesticides, détergents, solvants), les poussières, les virus animaux, etc.

agriculture et santé

Des chiffres rassurants sur la santé des agriculteurs, un encouragement à poursuivre les efforts de prévention !

sur la période 2000-08 (2) , l’espérance de vie d’un agriculteur à 35 ans est de

+ 44,6 années,

soit plus que celle d’un ouvrier (40,9), d’un inactif (30,4) ou de la moyenne des hommes (42,8).

Espérances de vie à 35 ans, INSEE octobre 2011.

Hommes

50 40 30 20
50
40
30
20

Cadresde vie à 35 ans, INSEE octobre 2011. Hommes 50 40 30 20 Professions intermédaires Agriculteurs

Professions intermédaires Agriculteurs Artisans, commerçants, chefs d’entreprise Employés Ouvriers Inactifs non retraités Ensemble(30,4) ou de la moyenne des hommes (42,8). Espérances de vie à 35 ans, INSEE octobre

Agriculteurs Artisans, commerçants, chefs d’entreprise Employés Ouvriers Inactifs non retraités Ensemble

Sources et références bibliographiques

ZOOM SUR

AGRiCuLtEuRs : quELs sONt vOs pLus GROs RisquEs pROFEssiONNELs ?

Etre agriculteur reste un métier à risque même si le secteur agricole est moins durement frappé par les maladies professionnelles ou les accidents du travail que les secteurs du Btp ou de la métallurgie.

Au niveau des maladies professionnelles, plus de 8 cas sur 10 concernent des troubles musculo-squelettiques (TMS) dus à des tra- vaux physiques répétitifs.

Du fait de l’utilisation de matériels agricoles et de la proximité avec le bétail, les accidents mécaniques et les coups de pied d’ani- maux sont les principales causes des arrêts de travail.

quant aux intoxications ou incidents avec des produits phytosanitaires, le réseau phyt’Attitude mis en place par la msA recueille environ 200 signalements annuels avec comme 1 ère cause, les projections accidentelles (période 1997-2007). Ces signalements sont à mettre en regard des 5 à 6 millions de cuves de pulvérisateurs préparées et pulvérisées chaque année (estimation syngenta) ou encore des quelques 91 000 accidents du travail déclarés en une année pour d’autres motifs (3) .

(1) Enquête AGRiCAN [AGRiculture et CANcers], Centre François Baclesse (et al.), rapport juin 2011 (2) iNsEE, L’espérance de vie s’accroît, les inégalités sociales face à la mort demeurent, n° 1372, octobre 2011 (3) msA, Atexa-Annuaire stat, 2008

Idée reçue

« Les pesticides

sont dangereux,

d’ailleurs les agriculteurs

traitent

en “tenue de cosmonaute” ! »

L es pesticides d’aujourd’hui n’ont

plus rien à voir avec ceux d’hier !

Les savoir-faire de l’industrie

phytosanitaire ont permis de les sécuriser considérablement selon 3

axes d’amélioration.

Grâce à l’innovation chimique, les molécules d’aujourd’hui sont de l’ordre de 6 fois moins toxiques qu’il y a 65 ans selon le paramètre de la DL50 (mesure la toxicité aiguë en laboratoire). Dans le même temps, les doses d’utilisation ont été divisées par 25 depuis les années 1950 et sont passées d’un ordre de grandeur moyen de 2 kg de substance active par hectare à environ 50 g (1) .

Les nouvelles techniques de formulation des produits permettent de limiter le contact

formulation des produits permettent de limiter le contact de l’utilisateur avec les substances actives. Les poudres

de l’utilisateur avec les substances actives. Les poudres d’autrefois ont été transformées en granulés dispersables qui génèrent moins de poussières, donc moins de risque d’inhalation. Elles sont aussi remplacées par des liquides technologiques qui contiennent par exemple des micro-capsules emprisonnant les molécules.

Les emballages aussi s’améliorent. plus de fûts métalliques, de moins en moins de boîtes ou de sacs mais des bidons en plastique recyclable spécialement étudiés pour réduire les risques de contact lors des manipulations : poignées et goulots larges, disparition progressive des opercules thermo-scellés, évents anti-éclaboussures.

Examinons ce que révèle la « toxicité » !

L’indicateur le plus courant de la toxicité aiguë

d’une molécule est la DL50.

La Dose Létale 50 est la dose qui, administrée en laboratoire, tue 50 % d’une population-test (rats ou souris). Plus la DL50 est faible, plus la substance est toxique !

molécules naturelles ou de synthèse, certaines sont très toxiques, d’autres le sont beaucoup moins… dans tous les cas, c’est l’usage ou « la dose qui fait le poison » :

la caféine est 20 à 50 fois plus toxique que beaucoup de pesticides.

le sulfate de cuivre, fongicide utilisé en agriculture biologique est plus toxique que de nombreux pesticides de synthèse.

DL 50 rat (mg/kg) 10 000 (> à 5 000) mésotrione • (> à 5
DL 50 rat (mg/kg)
10 000
(> à 5 000) mésotrione •
(> à 5 000) fludioxonil •
(> à 5 000) pymétrozine •
(4 320) glyphosate •
• sel de cuisine (3 000)
1 000
acide acétyl-salicylique
= aspirine (1 200)
caféine (150-200)
100
nicotine (50)
sulfate de cuivre (30)
(10) parathion •
vitamine D(10)
10
aflatoxine B1 (5)
solanine (5)
1
[ • toxine botulique (< 10 -6 ) ]

Sources et références bibliographiques

agriculture et santé

Réduire le risque, c’est utiliser des produits moins dangereux mais c’est aussi limiter l’exposition à ces produits.

ZOOM SUR

 

DEs « tENuEs DE COsmONAutE » pOuR LimitER L’ExpOsitiON !

De la même manière que tous les professionnels utilisent des équipements pour se protéger des expositions spécifiques à leurs métiers (gants et masque du chirurgien, visière du soudeur), les agriculteurs utilisent des équipements de protection, tels que des gants, des masques voire des combinaisons de protection qui peuvent faire penser à des «tenues de cosmonautes».

Ces équipements doivent également être utilisés en agriculture biologique lors des traitements avec du soufre ou du cuivre.

Les améliorations techniques sur le matériel de traitement jouent aussi un

rôle important pour diminuer le contact

des agriculteurs avec les pesticides.

L’incorporateur facilite le remplissage du

pulvérisateur et évite éclaboussures et

débordements. Les cabines de tracteurs permettent aujourd’hui de travailler dans des conditions plus sécurisées.

(1) uipp, Les produits phytopharmaceutiques et la santé, octobre 2011

Idée reçue

« Les agriculteurs

utilisent des pesticides, à tort et à travers et sans se soucier

de leur

voisinage ! »

L es pesticides sont parmi les

produits les plus strictement

réglementés à chaque étape de

leur vie.

La commercialisation des produits phytosa- nitaires est soumise à l’obtention d’une au- torisation de mise en marché. Cette Amm repose sur l’évaluation préalable et appro- fondie des risques. seuls les médicaments présentent un même niveau d’exigence et une Amm.

L’entreprise doit établir un dossier afin d’éva- luer le risque vis-à-vis du consommateur, de l’utilisateur et de l’environnement, soit en- viron plus de 300 études pour un investis- sement de l’ordre de 200 millions d’euros par molécule.

Ce dossier jugé par des comités d’experts européens et français détermine l’Amm, délivrée pour 10 ans, assortie des conditions d’usage du produit (cultures autorisées, parasites ciblés, dose, délai avant récolte, etc). Aucun produit présentant un risque jugé inacceptable pour l’homme ou l’environnement, selon des critères réglementaires, ne peut être autorisé.

Cette réglementation existe depuis près de 40 ans, bien avant la mise en place de la réglementation REACH qui concerne les autres produits chimiques (produits ménagers, colles, peintures, etc) ! … et elle ne cesse de se renforcer : aujourd’hui 75 % des molécules disponibles au début des années 1990 ont été retirées du marché suite à l’application de critères d’évaluation plus exigeants (1) .

agriculture et santé

La mise en marché des pesticides est réglementée pour l’industriel, leur utilisation strictement encadrée pour l’agriculteur… jusqu’à la gestion des déchets.

Recyclage des déchets : l’agriculture pionnière !

Dès 2001, la filière agricole crée ADivALOR pour récupérer et éliminer en toute sécurité les pesticides obsolètes et les emballages (2) .

2012 :

53 000 tonnes

d’emballages et plastiques usagés collectés

un bénéfice pour l’environnement et une deuxième utilité pour ces déchets :

production d’énergie, fabrication de tubes et gaines, etc.

5 bidons de 10 litres recyclés

= 1 mètre de tube pour l’industrie.

73 % des emballages de pesticides sont valorisés contre 50 % pour les déchets des particuliers !

pour l’industrie. 73 % des emballages de pesticides sont valorisés contre 50 % pour les déchets

Sources et références bibliographiques

ZOOM SUR

pERmis DE tRAitER, CONtRôLE tECHNiquE DEs puLvéRisAtEuRs… DEs OBLiGAtiONs DE pLus EN pLus stRiCtEs pOuR LEs AGRiCuLtEuRs !

De la même manière qu’il faut un permis de conduire pour utiliser une voiture, d’ici 2014, tout applicateur devra détenir un «Certiphyto» pour pouvoir acheter et appliquer des produits phytosanitaires… certificat à renouveler tous les 10 ans.

Du côté du matériel, depuis 2010, le pulvé- risateur doit passer un contrôle technique afin de garantir qu’il délivre la juste dose, sans dérive vers le voisinage et l’environne- ment… pulvérisation qui n’aura pas lieu si la vitesse du vent est supérieure à 3 sur l’échelle de Beaufort (maximum 19 km/h).

Sur l’exploitation agricole, le stockage des produits dans un local spécifique fermé à clé ou la préparation du pulvérisateur sur une aire dédiée sont également réglementés. il en va de même des effluents (fonds de cuve ou eaux de rinçage) dont l’élimination par dilution dans les champs ou le traitement dans des équipements spécifiques à la ferme sont strictement encadrés (3) .

(1) uipp, Les produits phytopharmaceutiques et l’environnement, juin 2009 (2) www.adivalor.fr (3) Arrêté 12 septembre 2006 relatif à la mise sur le marché et à l’utilisation des produits visés à l’article L.253-1 du code rural

Idée reçue

« Modifier les plantes, c’est contre nature »

A méliorer les plantes se fait depuis toujours et permet d’adapter les modes de production agricoles

aux enjeux du moment.

Toutes les espèces que nous consommons aujourd’hui sont issues de l’amélioration des plantes, processus né il y a 10 000 ans, quand nos ancêtres ont commencé à vivre d’agriculture et d’élevage. ils domestiquent alors les plantes sauvages et les adaptent à leurs besoins, en sélectionnant et resemant de manière empirique les plus intéressantes. Depuis, le principe est toujours resté le même. Ce sont les méthodes et les enjeux qui ont évolué. (1)

Le travail de sélection a permis d’adapter des plantes venues d’ailleurs à nos terroirs :

adapter des plantes venues d’ailleurs à nos terroirs : artichauts, épinards et aubergines originaires d’Orient,

artichauts, épinards et aubergines originaires d’Orient, ou encore tomates, pommes de terre et maïs qui nous viennent d’Amérique. Grâce à une meilleure productivité, une plus grande résistance aux maladies, aux ravageurs, au froid et à la sécheresse, les rendements ont augmenté et sont devenus plus réguliers, mettant fin aux famines en Europe.

La qualité n’est pas en reste. Fruits sans pépin, légumes plus goûteux ou croquants (2) , blé mieux adapté à la panification. De nombreux critères ont été améliorés grâce à la main de l’homme.

agriculture et semences

L’amélioration des plantes est pratiquée depuis le néolithique, avec des bénéfices considérables.

La sélection variétale a permis des gains considérables :

• Blé :

multipliés par 3 en 40 ans.

> Des rendements

> La qualité a été améliorée :

78 % de blés panifiables supérieurs en 2012

contre 46 % en 1997 (3) .

• Tournesol :

> La teneur en huile est passée

de 20 % à 50 %,

> La qualité a évolué :

les variétés oléiques offrent un meilleur profil d’acides gras.

Sources et références bibliographiques

ZOOM SUR

AméLiORAtiON vARiétALE : LE pRiNCipE REstE, LEs métHODEs évOLuENt !

L’amélioration variétale a commencé de manière empirique : les graines des « meilleurs individus » étaient choisies comme semences pour la culture suivante. Répétée de génération en génération, cette opération a permis d’améliorer les perfor- mances des cultures. La découverte de la sexua- lité des végétaux à la fin du 19 e siècle a permis d’améliorer cette méthode, en contrôlant les croi- sements. (4)

Enfin, la découverte de la génétique à la fin du 19 e , puis de la molécule d’ADN dans les années 1950, ont forgé la sélection variétale moderne qui permet de gagner un temps précieux.

Là où on estimait « à vue de nez » les critères de sélection, il est dorénavant possible de cibler les caractères d’intérêt d’une plante, grâce à des méthodes d’investigations précises.

Les biotechnologies représentent un outil de travail précieux pour les sélectionneurs, en leur permettant d’étudier précisément les fonctions des gènes. Dans le cas des OGM, les gènes d’intérêt sont directement intégrés dans le génome de la plante au lieu d’être in- sérés par des croisements successifs sur de nombreuses années.

(1) Gnis, Dossier Amélioration des plantes, semence mag (2) interfel, Fiches « fruits et légumes » du site Fraîch’Attitude (3) France Agrimer, Arvalis, ANmF (4) Cetiom, De nouveaux outils pour la sélection variétale

Idée reçue

« En

brevetant

des plantes, vivant »

le

l’industrie s’accapare

L oin de « privatiser » les plantes, le système mis en place en France garantit le libre accès aux variétés

tout en protégeant la création.

que ce soit en littérature, arts ou sciences, pour encourager la création, il faut la protéger. Et le domaine végétal ne fait pas exception. La création variétale exige en effet des investissements longs et coûteux. sans un système équitable de protection, ces efforts seraient mis à mal, et les agriculteurs ne se verraient plus proposer des variétés sans cesse améliorées.

Deux systèmes coexistent pour proté- ger la création variétale : le brevet, tel qu’on le connaît dans les autres domaines et le certificat d’obtention végétale (COv),

domaines et le certificat d’obtention végétale (COv), pensé spécifiquement pour le vivant. Le COv protège la

pensé spécifiquement pour le vivant. Le COv protège la création variétale (seul le « créateur » a le droit d’accomplir des actes tels que produire, vendre, etc.) mais laisse dans le même temps la variété libre de droits pour des travaux de recherche. En Europe, c’est ce système qui a été retenu pour pro- téger les nouvelles variétés créées (1) . Seules les innovations biotechnologiques, par exemple une variété dans laquelle on a in- corporé un gène naturellement absent de l’espèce, peuvent prétendre à une protec- tion par brevet.

agriculture et semences

Les variétés protégées sont librement accessibles pour quiconque veut les utiliser à des fins de recherche.

Les semenciers français investissent

chaque année 12 % de

leur chiffre d’affaires

dans la recherche, un taux comparable à la pharmacie.

il leur faut en moyenne

11 ans pour créer

une nouvelle variété.

pour rétribuer ces investissements, des royalties sont prélevées sur les ventes de semences certifiées, par exemple

7,5 €/q en blé tendre

en 2011-2012.

Chaque année, plus

de 400 nouvelles

variétés sont ainsi inscrites au catalogue français, qui compte

dorénavant plus de 6 500 variétés

potagères et agricoles (2) .

Sources et références bibliographiques

ZOOM SUR

LEs sEmENCiERs, ACtEuRs DE LA BiODivERsité CuLtivéE

parce qu’elle représente la palette dans laquelle ils pourront puiser, les semenciers ont tout intérêt à conserver une biodiversité aussi large que possible. La diversité génétique est la base du travail du sélectionneur, qui vise à associer les gènes les plus favorables d’une espèce dans une même variété. préserver la variabilité génétique (environ 30 000 gènes pour la plupart des espèces cultivées) est essentiel pour répondre à des enjeux qui évoluent constamment, dans le temps mais aussi selon les régions.

En France, les ressources génétiques végé- tales sont conservées par 27 réseaux asso- ciant sélectionneurs privés, instituts publics et associations (3) . ils sont organisés par groupe d’espèces (maïs, céréales à paille, fourragères et gazons, melon, etc.). pour le blé et l’orge par exemple, la collection compte plus de 2 000 variétés aussi bien anciennes que récentes.

A l’international, des initiatives similaires sont en place. Basé à mexico, le Centre international d’amélioration du maïs et du blé (CimmYt) maintient une grande collection dans le but de développer des variétés adaptées aux pays en voie de développement.

(1) Gnis, www.gnis.fr, Guide – Loi sur les obtentions végétales et les semences de ferme (2) uFs, www.ufs-semenciers.org (3) Gnis, www.gnis.fr, semences et biodiversité - préservation et enrichissement de la biodiversité par la filière semences

Idée reçue

« A cause des lobbies industriels, les agriculteurs ne peuvent plus semer leur propre récolte »

E

France, les semences de ferme

sont autorisées, moyennant un

«

droit d’auteur » à payer au

n

créateur pour les variétés protégées.

L’agriculteur est libre de resemer une partie de sa récolte. Dans le cas où il s’agit de variétés protégées, une participation financière aux efforts de recherche lui est alors demandée (1) . pour le blé, elle représente par exemple 20 kg à l’hectare, pour un rendement moyen de 7 000 kg. Les variétés tombées dans le domaine public (450 en France) sont par ailleurs libres d’utilisation.

En pratique, le recours aux semences de ferme n’est pas toujours possible car pour certaines espèces et variétés, la descendance ne présentera pas les mêmes caractères

la descendance ne présentera pas les mêmes caractères d’intérêt. L’agricul- teur trouve souvent plus

d’intérêt. L’agricul- teur trouve souvent plus d’intérêt à ra- cheter chaque an- née des semences certifiées. Cela lui permet de gagner du temps (il n’a pas à préparer ses semences, les trier, les manipuler, les stocker) et il est sûr de disposer de semences de qualité (pureté spécifique, variétale et faculté germinative). Les semences certifiées sont en effet issues d’un processus de multiplication et de tri particulièrement contrôlé. Leur qualité est garantie par un certificat officiel apposé sur chaque emballage. Elles sont protégées contre les parasites par une technique d’enrobage de produits strictement maîtrisée, qui permet d’assurer une meilleure levée.

agriculture et semences

Quand l’agriculteur choisit d’acheter des semences certifiées, c’est qu’il y trouve son intérêt.

De quoi se compose le prix d’une semence certifiée ?

pour fabriquer des semences de qualité, plusieurs acteurs sont mis à contribution. Leurs investissements se retrouvent dans le prix. (2)

Prix des céréales

45,8%

Coût de la fabrication

19,1 %

Achat sacs, palettes et protections de semences

18,7 %

Droits de licence

15,3 %

Gnis 1,1 %

Sources et références bibliographiques

ZOOM SUR

mAïs : LE CHOix DEs vARiétés HYBRiDEs !

En maïs, quasiment toutes les surfaces en France sont cultivées avec des semences certifiées. La raison : les variétés les plus intéressantes aujourd’hui sont des variétés hybrides qui, resemées, ne permettent pas d’obtenir une descendance « équivalente » (rendement diminué de 20 à 30 % et population hétérogène).

L’agriculteur a alors tout intérêt à acheter chaque année des semences certifiées plutôt que de resemer une partie de sa récolte.

Cette caractéristique des variétés hybrides est due au modèle de sélection dont elles sont issues. La technique d’hybridation, née aux Etats-unis au début du 20 e siècle, repose sur le croisement de deux lignées. L’avantage est l’effet d’hétérosis (l’hybride est supérieur à la moyenne des deux parents) mais l’inconvénient est que cet hybride donnera une descendance hétérogène.

pour certaines espèces, comme le maïs, l’hybridation représente néanmoins la meilleure technique d’amélioration variétale à ce jour car l’effet d’hétérosis est particulièrement fort.

L’hybridation permet d’obtenir des variétés bien supérieures techniquement (rendement, qualité, résistance…) aux variétés issues des voies d’amélioration variétale classiques. (3)

(1) Gnis, www.gnis.fr, Guide - Loi sur les obtentions végétales et les semences de ferme (2) Gnis, statistique annuelle, céréales et protéagineux, 2010-2011 (3) Gnis, www.gnis.fr, techniques d’amélioration des variétés de maïs

Guide MKG Trans Idees reçues_06_02/13 - ATRI - édition février 2013 - Photos : Istockphoto,

Jupiter Image, Getty Images, Shutterstock, Thinkstock, Watier © 2013

Getty Images, Shutterstock, Thinkstock, Watier © 2013 Syngenta Seeds S.A.S. 12, chemin de l’Hobit - 31790
Getty Images, Shutterstock, Thinkstock, Watier © 2013 Syngenta Seeds S.A.S. 12, chemin de l’Hobit - 31790
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Syngenta Seeds S.A.S. 12, chemin de l’Hobit - 31790 Saint Sauveur. Tél. : 05 62 79 98 00 ; Fax : 05 62 79 99 90 Capital social : 51 800 840 Euros ; SIREN 443 716 832 RCS Toulouse - 443 716 832 RSAC Toulouse - N° TVA Intracommunautaire FR 11 443 716 832

Syngenta Agro S.A.S. 1, avenue des Prés - CS 10537 - 78286 Guyancourt Cedex. Tél. : 01 39 42 20 00 ; Fax : 01 39 42 20 10. Capital social : 22 543 902,80 Euros ; SIREN 433 886 934 RCS Versailles - 433 886 934 RSAC Versailles - Identification TVA FR 63 433 886 934. Agrément IF01749 : distribution de produits phytopharmaceutiques à des utilisateurs professionnels.

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