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QUELLE STRATEGIE

POUR LES AMENAGEMENTS PAYSAGERS


DE NOS MILIEUX URBAINS ?

Qui ne s’inquiète de l’état actuel de notre paysage urbain, même si en réalité


cette dégradation est le produit de nos activités ordinaires qui nous paraissent
absurdes ou criminelles et que parfois, on se sent mal à l’aise devant ce que sont
devenus nos milieux urbains et leurs environnement, après la déchirure des
systèmes sociaux traditionnels et l’installation de la passivité de nos responsables
locaux comme dénominateur commun.

L’évolution du paysage de nos milieux urbains révèle une extension très


rapide et anarchique, au point que cette émergence d’espaces sans normes
urbanistiques et paysagères, font révéler des carences de conception et de gestion
des espaces de nos milieux urbains existants, où même l’héritage des espaces
publics avec leurs espaces verts paysagers, ont été détourné de leur vocation
première, qu’est l’amélioration du cadre de vie des citoyens.

Lors du séminaire international le 24 Mai 2001, monsieur le président de la


république dénonçait un urbanisme placé sous l’éternel signe de l’urgence et il
plaidait pour une politique d’action contre la dégradation de nos sites urbains et
donnait le signal d’une nouvelle politique basée sur le diagnostic des erreurs du
passé et une concertation à même de créer une dynamique à la mesure des
ambitions algériennes en matière de développement et d’harmonisation de nos
agglomérations urbaines.

Sur un ensemble de 70 pays en voie de développement, seul six pays ont fait
l’effort pour atteindre le niveau des pays développés en matière de l’environnement
et du respect de l’aménagement du territoire et du paysage des milieux urbains.
C’est parce que les villes algériennes accueilleront d’ici à l’horizon de 2025 pas
moins de 15 millions d’habitants que notre pays a adopté une politique basée sur la
création de villes nouvelles autour des grandes agglomérations afin de mieux répartir
la population et gérer le déséquilibre démographique du à l’exode rural qui menace
la cohérence de nos villes actuelles car la réalisation de ces villes nouvelles obéira
aux critères modernes et spécifiques qui tiennent compte de la rentabilité de ces
villes et du cadre de vie de leurs habitants, loin de l’expérience et des erreurs des
nouvelles villes de Bab-Ezzouar et de Ain-Naâdja, qui ont raté leurs missions
culturelle et civilisationnelle.

La nouvelle ville de Sidi Abdellah, qui a démarré en 1998 à 25 kilomètres à


l’ouest d’Alger, constitue une véritable aubaine pour notre capitale qui étouffe à tout
point de vue car à terme, elle pourra abriter plus de 500 000 habitants qui trouverons
tous les équipements sociaux nécessaires ainsi que les équipements scientifiques et
technologiques, appelés à structurer le nouveau paysage urbain et mettre en place
un meilleur cadre de vie des citoyens de l’Algérie de demain. Parce que l’argent ne
manque pas aujourd’hui, qu’il est primordial que nos décideurs insufflent une forte
dynamique à l’édification de cette ville nouvelle, tout en exhortant les ministères et
les institutions publiques à démarrer au plus tôt les équipements qu’ils y avaient
prévus, pour que « Sidi Abdellah », qui est déjà baptisés par nos citoyens « Les Mille
et Une Nuits », offrira un meilleur paysage urbain et une nouvelle destination pour

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tous les amoureux de la nature car au sein de cette ville nouvelle, les espaces verts
paysagers auront leurs places primordiales grâce aux bonnes volontés de nos
responsables et des meilleurs intentions des spécialistes d’aménagements
paysagers, qui à terme arriveront par leurs savoir-faire de se frayer un passage pour
la réussite de ce premier mega-projet en Algérie.

Evoqué depuis le 12 Décembre 2001 et créée officiellement par décret


exécutif n°04-97 du 1er Avril 2004, le projet de réalisation d’une ville nouvelle dans
les hauts plateaux à 170 km au sud de la capitale, commence à prendre forme. La
ville nouvelle de Boughezoul, qui s’étend sur une superficie totale de 13 724 ha et
aura un programme d’habitat de quelque 350 000 logements, est l’objet d’une longue
maturation et sera un projet culturel et civilisationnel qui nécessitera une longue
concertation entre tous les partenaires concernés et un travail de proximité pour
recueillir toutes les données techniques, démographiques, socioéconomiques et
culturelles pour rompre avec la vision traditionnelle en matière d’urbanisation qui
consistait jusque-là en la création de « villes dortoirs » car face à la poussée
démographique dont souffre nos milieux urbains du nord, notre pays n’a que le choix
d’opter pour une politique urbanistique harmonieuse pour un plus grand équilibre de
nos villes et villages et par conséquent, un meilleur cadre de vie des citoyens en
milieu urbain afin de ne pas refaire les erreurs des trente dernières années où 600
regroupements urbains, 300 zones d’habitations urbaines nouvelles et 30 villes
nouvelles ont été bâtis sans l’établissement au préalable de plans d’urbanisme et
d’études paysagères, ce qui laisse aujourd’hui l’Algérie à la 55 ème place loin de la
25 ème place de la Tunisie sur les 70 pays.

Un groupe constitué d’une vingtaine de pieds-noirs natifs d’El Kala, est venu
spécialement pour la fête des morts et revisiter les endroits de leur enfance, leur
adolescence et beaucoup d’autres souvenirs. Ces visiteurs de quelques jours dans
cette ville mythique, sont étonnés par l’accueil extraordinaire de la population et des
autorités mais regrette la saleté et les ordures qui sont partout et qui défigurent le
paysage de leur plus beau pays du monde, que même Yann Arthus-Bertrand, le
célèbre photographe de « la terre vue du ciel » vendu à 3 millions d’exemplaires,
trouve non seulement l’Algérie comme l’un des plus beaux pays qu’il a photographiés
mais surtout celui où il a été le mieux reçu pour la préparation de son nouveau livre
« l’Algérie vue du ciel ».

Il ne se passe pas un seul jour, sans que des écrits de presse ne fassent état
de la dégradation continuelle des paysages de nos milieux urbains avec leurs
espaces verts, par des individus sans foi ni loi, en l’absence des autorités
compétentes et sous les yeux de citoyens impuissants qui y perdent de jour en jour la
qualité de leur cadre de vie en milieu urbain.

Transformée depuis plusieurs mois en un véritable « souk » de fruits et


légumes, la place « champs de Mars », située en plein centre ville de Annaba, est
devenue un véritable casse-tête pour les pouvoirs publics et les riverains car cet
espace était naguère parsemé d’espaces verts et fréquentés par des personnes en
quête de repos, pour devenir par la suite une source de nuisance de toutes sortes
dont particulièrement les ordures et les odeurs puantes.

Jadis, la place de la république de la ville de Béchar était un endroit attrayant


par sa propreté et son jardin verdoyant agrémenté par un jet d’eau lumineux,
aujourd’hui cette place n’est plus un motif de fierté pour ses riverains car elle se
dégrade au fil des jours, tout en se transformant en dépotoir et un lieu de retrouvailles
de jeunes dealers ou d’ivrognes qui s’adonnent à l’intérieur des carrés du jardin, à des
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beuveries devant des passants indignés qui la contournent tout en dénonçant l’état
déplorable de cette place, de l’incivisme avéré de certains citoyens et du laxisme
flagrant des services concernés aussi bien des responsables administratifs que des
élus qui ne se soucient plus de la salubrité de leur ville.

A Constantine, alors qu’un plan de construction conséquent de milliers de


logements est lancé aussi bien dans les villes nouvelles Ali Mendjeli et Massinissa,
ces programmes urbanistiques grandioses semblent, selon de nombreux
observateurs, pécher par manque d’équilibre et d’harmonisation au plan urbanistique.
A cet égard, les sites ayant abrité des bidonvilles, comme le terrain Tanoudji et la
carrière Gance, seront normalement convertis en espaces verts pour échapper au
bétonnage. Parce que, l’accent est mis par le premier responsable de la wilaya, sur le
fait que les espaces verts réalisés ces dernières années ont été pour la plupart
abandonnés par faute d’entretien et de gardiennage et sont livrés aux exactions d’une
catégorie de population marginalisée car malgré qu’ils ont coûté des millions de
Dinars, rien n’a été prévu pour assurer leur entretien, leur gardiennage et leur
conservation, parce que souvent dès la fin des travaux d’aménagements des ces
espaces verts, les entrepreneurs ainsi que les promoteurs se retirent sans laisser un
embryon d’encadrement ou pour le moins des gardiens, ce qui a pour conséquence
que la majorité des équipements sont pillés et que les structures de ces espaces verts
sont laissées à l’état d’abandon.

A Bejaia, désespérés de voir venir les services de l’APC concernés par


l’aménagement urbain, les habitants de la cité 5 Juillet, ont décidé de résoudre eux-
mêmes les problèmes liés à l’amélioration du cadre de vie de leur cité, en engageant
des particuliers pour les travaux de réfection de la remise des dalles et la réhabilitation
des espaces verts, tout en continuant à payer aux caisses de l’état la taxe
d’habitation avec chaque facture d’électricité.

Une étude récente réalisée par une équipe de chercheurs de l’université Djilali
Liabès, montre que la ville de Sidi Bel Abbès se retrouve aujourd’hui avec un très
grand déficit en arbres d’ornement et que sa planification, dans le cadre de son
programme d’aménagement urbain, reste presque dépourvu de projets d’espaces
verts paysagers. Le P.APC de Sidi Bel Abbès n’a trouvé de solution pour remédier à
ce problème majeur de l’amélioration du milieu urbain de sa ville, que de déposer
une plainte, en bonne et due forme, contre les membres de l’association du quartier
« 144 logements de Sidi Djillali », pour avoir planté quelques malheureux arbres qui
ne feraient qu’enjoliver la ville et l’aérer afin de contrer avec le peu de moyens, à
une désertification effrénée qui menace la ville de Sidi Bel Abbès, qu’on appelait
jadis « le petit Paris ».

Dans le cadre des accords de jumelage qui sont signés entre la commune
d’Oran et les villes Françaises de Bordeaux et de Lyon, deux ateliers ont été lancés,
le premier concerne la formation des cadres de la commune d’Oran et le second est
relatif au renouvellement urbain de la ville d’Oran. Concernant le jumelage entre
Oran et Lyon, il y a eu deux missions d’exploration de techniciens lyonnais, l’une au
mois de janvier 2004 et l’autre au mois de janvier 2005, et ce, pour établir les
premiers accords de coopération, l’un pour la réhabilitation du patrimoine ancien et
l’autre pour l’assistance technique et urbanistique dans la conception et la réalisation
des espaces publics et des espaces verts au sein du milieu urbain Oranais.

Selon la division de l’urbanisme et de la planification (DUP) de l’APC d’Oran,


d’importants travaux d’aménagement seront lancées au niveau de l’avenue de
Choupot, devenue l’une des artères commerçantes la plus importante de la ville
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d’Oran. Les travaux concerneront le revêtement des trottoirs, l’éclairage public, le
traitement des arbres d’alignement et éventuellement le revêtement total de la voirie
car la profonde transformation qu’à connue cette artère durant les dix dernières
années, n’a pas suivie de travaux d’aménagement des espaces publics, toutefois il y
aura lieu, normalement, pour ces travaux d’aménagement le respect des règles
urbanistiques et de l’espace public comme l’indique le délégué du secteur urbain de
la ville d’Oran.

Dans le but de préserver l’environnement et de donner un aspect agréable au


nouvel axe routier à double sens reliant Sainte Clotide à Mers El-Kébir ville, sur un
tronçon de 5 km, une vaste opération de plantation d’environs 1500 arbustes et
palmiers ainsi que de nettoyage, a été entamé en collaboration de la subdivision des
travaux publics de la daïra d’Ain El -Turck avec les services des forets d’Oran.

Une enveloppe de 201 milliards de centimes a été alloué à la commune de


Maghnia dans le cadre du soutien au programme de développement, ce qui
représentera sans doute une amorce pour un avenir meilleur auquel aspire chaque
citoyen car parmi pas moins de 28 nouveaux projets, en plus de l’aménagement
urbain, la commune sera doté de nouvelles routes, d’une piscine olympique, d’un
tribunal, d’un institut de formation professionnelle, d’un lycée de 1000 places, d’une
auberge de jeunes et biens d’autres réalisations mais malgré la consistance de ce
programme, il reste néanmoins insuffisant parce qu’il ne semble pas répondre à
l’aspiration de l’amélioration du cadre de vie de toute la population de Maghnia, qui
ne cesse depuis des lustre à implorer les responsables communales pour
l’aménagement du stade hippique, seul espace disponible dans la ville pour la
pratique du sport public car devant le laxisme des responsables de Maghnia, le stade
hippique commence à être envahi par les détritus déversés à coups de camions,
comme c’est le cas aussi pour le nouveau stade, dont le pourtour a été envahi par
toutes sortes de déchets au point que l’entrée a failli être obstruée.

A Ghardaïa, qui recèle des atouts non négligeables en matière de tourisme,


vu sa position géographique aux portes du désert et son style architectural qui sort
de l’ordinaire, la société civile montre du doigt les élus locaux qui n’arrivent plus à
faire face aux multiples dégradations du patrimoine touristique dans leur ville, où le
développement local accuse un retard considérable par rapport à d’autres
communes de la wilaya. En effet, des insuffisances sont constatées dans plusieurs
quartiers de la ville en général et dans les quartiers Belghanem et Saloha en
particulier où l’état déplorable des routes est vétustes ou inexistantes et la
dégradation totale de l’environnement du fait de l’existence de très nombreuses
écuries, ce qui expose les riverains aux maladies transmissibles. Par ailleurs, il y a
lieu d’évoquer l’existence du commerce informel, des trabendistes et vendeurs à la
sauvette de toutes sortes grignotant chaque jour de nouveaux espaces publics de la
ville. Cette nouvelle « race » de commerçants venus de l’extérieur de Ghardaïa, ne
trouve pas mieux que d’étouffer les commerçants possédant un local, un registre du
commerce et payant leurs impôts pour participer à l’amélioration du cadre de vie de
leur ville.

En plus des commerçants illicites qui occupent les trottoirs. Sur les 100 000
établissements commerciaux recensés dans la wilaya d’Alger, 10 000 propriétaires
d’entre eux ont effectué des travaux d’extension, occupant les trottoirs ou en les
déformant. Ce chiffre inquiétant est visiblement appelé à augmenter, malgré
l’interdiction de ce genre de travaux qui sont devenus coutume chez nos
commerçants d’occuper les trottoirs en installant leurs marchandises, directement sur
l’espace destiné aux passant tout en les obligeant à emprunter la voie réservée aux
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véhicules, ce qui n’est pas sans risque car les opérations de contrôle ou de
démolition ne sont pas très fréquentes, ce qui encourage certains commerçants à
enfreindre la loi sans crainte, pour rendre les rues de la capitale difficiles à parcourir
et pas du tout agréable à regarder.

Les habitants de la cité Sellier, du nom de l’urbaniste et réformateur social


Henry Sellier, située au niveau de la commune d’Hydra, se morfondent dans un
environnement morose car ses espaces verts, déjà mis à mal par la gabegies
municipale, sont présentement ensevelis sous les éboulis causés par des actes
d’incivilité de quelques locataires réfractaires.

Malgré que notre capitale a adopté de nombreux programmes de développement


urbain depuis les années 1960, la plupart de ces programmes, ont été interrompus
ou gelés par manque de financement, de changements de politique ou encore de
remplacement de certains responsables, ce qui fait qu’actuellement la majeure
partie des constructions incluse dans les 25 000 ha urbanisés de la ville d’Alger, ont
été réalisées de façon anarchique, au point que notre capitale est appelé à devenir
un milieu urbain sans perspectives de développement du cadre de vie des citoyens
tant que les bidonvilles et autres habitations précaires, qui sont un véritable frein à
l’expansion des tissus urbains, existent et occupent une superficie total de 2000 ha
environ.

Si la capitale Tunisienne Tunis, est surnommée par « la ville verte » car elle
a connue ces dernières années une évolution en matière d’embellissement végétal
et d’aménagement des espaces verts, avec la création des boulevards de
l’environnement, dans le but de soutenir l’amélioration du cadre de vie de ses
habitants. Notre capitale, connaît un déficit de 70 000 arbres par rapport aux
standards applicables à une ville de la dimension de la ville d’Alger car le manque
d’entretien, le vandalisme et d’incompétence des opérateurs en matière
d’aménagement des espaces verts paysagers, ont fait échoué dans notre capitale,
un projet ambitieux relatif à la plantation de 100 000 arbres, en plus d’un bon nombre
d’arbres plantés aux abords des autoroutes qui meurent, chaque année, en raison du
manque d’entretien par les sous-traitants de la wilaya, ce qui réduit sensiblement
leurs chances de survie, car la question des espaces verts, qui rentre dans le cadre
des aménagements primordiaux pour la réussite de l’amélioration du cadre de vie
des citoyens pose un véritable problème dans notre capitale, au point que la plupart
des espaces verts qui existent actuellement à la wilaya d’Alger, datent de l’époque
coloniale et souffre eux aussi, à quelques exceptions prés, d’un sérieux manque
d’entretien pour leurs survies et subissent régulièrement des actes de vandalisme
comme on le constate depuis quelques années chez le célèbre jardin d’essais d’el
Hamma, qui est un jardin légendaire et mondialement connu pour ses valeurs
historiques, esthétiques et scientifiques parce que en 1832 était déjà réputé pour ces
6000 variétés de plantes, que par notre incompétence ou par manque de savoir-
faire, nous n’avons pu conserver que quelques 1200 espèces.

La disparition des espaces verts de notre capitale représente un sérieux problème


qui devrait plus que jamais susciter l’intérêt de nos autorités car à coté des jardins
publics, qui se trouvent actuellement dans un état lamentable, les prairies, qui
faisaient autrefois la fierté d’Alger, se réduisent drastiquement à mesure que le
temps passe, au point que sur les 200 ha qui existaient en 1995, il ne reste
aujourd’hui que quelques 20 ha. La disparition de ces espaces verts naturels est
essentiellement due à l’invasion du béton par des constructions individuelles érigées
de façons anarchique, qui ont pris de l’ampleur durant ces dernières années, sous le
regard des élus de chacune des 57 communes de la capitale car ces constructions
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envahissent les prairies algéroises sans autorisations préalables pour l’acquisition
des lots de terrain, malgré les politiques successives insuffisantes à réduire l’acuité
de ce problème, qui prive nos citoyens d’un meilleur paysage urbain dans notre
capitale.

En plus du manque flagrant d’espaces verts dans notre capitale, l’image d’El Bahdja
d’antan, propre et verdoyante, est fortement ternie par la présence d’une
mégadécharge publique, à quelques encablures d’un aéroport international flambant
neuf, que les délégations étrangères, les groupes de touristes et passagers, ne
peuvent qu’être que médusés et choqués devant la détérioration du cadre de vie de
nos citoyens dans notre capitale et que nos décideurs et hommes politiques refusent
de voir en face pour faire sortir notre capitale du marasme dans lequel est entrain de
végéter aujourd’hui.

Selon une étude britannique réalisée par un bureau de recherche spécialisé,


en l’occurrence « The Economist Intelligence Unit », notre capitale est l’une des
villes les moins fréquentables dans le monde, loin des villes comme Vancouver,
Melbourne, Vienne et Genève qui passent pour être les meilleurs villes au monde ou
il fait bon vivre. La ville d’Alger est considérée, par cette étude, parmi les plus
mauvaises destinations de la planète, tant pour les touristes que pour les
investisseurs ou les étrangers désireux de s’y établir car ses infrastructures et son
cadre de vie sont en déca des normes internationales souhaitées, pour donner à
ses citoyens ou à ses hôtes, les conditions de vie agréables.

Ce travail de recherche réalisé sur la base de données scientifiques où les


conditions sanitaires, d’infrastructures, de sécurité et d’environnement sont les
paramètres de base pour l’évaluation, à le mérite de montrer qu’à la ville d’Alger, au
dèla de son image d’Epinal et sa blancheur mystique qui l’enveloppait, existe un vrai
problème de qualité de vie qui semble n’avoir jamais été une préoccupation majeur
pour ses responsables et ses habitants, car rien que pour le problème d’hygiène, il y
a tellement à dire.

Au moment que La ville de Dubaï ravirait la vedette aux grandes métropoles


internationales et qu’au rythme où vont les choses, elle sera aux Emirats ce que la
Californie est pour les Etats-Unis aujourd’hui parce que les projets les plus fous sont
lancés en un tour de main avec un savoir-faire recherché. La ville d’Alger, cité de
Beni Mezghenna et ville de Sidi Abderrahmane, que l’insalubrité ronge de partout
comme un cancer et avec un manque flagrant d’infrastructures de transport et de
structures de divertissement, a peu de chance de rivaliser, avec les mégalopoles
européennes, sud-américaines ou asiatiques, tout en restant condamné à se joindre
au coté des villes de Dacca, Karachi, Lagos et Phnom Penh, tant que nos décideurs
ne sauront accorder leur violon en matière d’harmonisation et de valorisation des
espaces publics pour l’amélioration du cadre de vie des citoyens en milieu urbain.

A l’occasion de la journée nationale de l’arbre, le 25 octobre, le ministre de


l’Agriculture et de développement rural a plaidé pour l’ouverture à nos citoyens des
forets suburbains de la wilaya d’Alger, afin de leur permettre de respirer et de fuir de
temps en temps l’exguité des milieux urbains. Le ministre souhaite que les services
concernés de la wilaya, lance le projet de réhabilitation des 20 forets, d’une
superficie total de 1334 hectares dans les meilleurs délais, avec la participation
d’investisseurs privés et l’implication de tous les acteurs spécialisés, tout en
interdisant la présence même d’un centimètre de béton dans les forets qui seront
aménagées car suite aux échecs des expériences précédentes de gestion de ces
forets par des Etablissements publics à caractère industriel et commercial (Epic)
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sous la tutelle de la wilaya d’Alger, avec des budgets débloqués suite à de simples
fiches techniques, sans aucune étude préalable d’un spécialiste d’aménagements
paysagers et des espaces verts, que ces forets suburbaines sont aujourd’hui dans
un état d’abandon total, malgré que beaucoup d’argent et de temps ont été gaspillés
pour leurs réhabilitations, au détriment de l’argent des contribuables et de notre
pays.

C’est parce que l’Algérie est unique au monde car la majorité de ses
responsables de collectivités locales font les choses à l’envers, que la wilaya d’Alger
qui possède 30 APC déficitaires parmi ses 57, collabore presque toujours avec les
mêmes établissements (Epic), pour satisfaire ses urgences politiques
d’embellissement souvent disparates de ses milieux urbains, sans toutefois respecter
la réglementation des marchés en vigueur, qui exige la présence d’un bureau
d’études spécialisé pour chaque projet d’aménagement et interdit le gré à gré pour
les entreprises de réalisation, sans une consultation conforme à la réglementation en
vigueur car par cause de ces pratiques qui perdure du temps de la gestion de
l’enfermement idéologique, notre capitale est souvent privée de la compétence et du
savoir-faire des quelques spécialistes Algériens qui œuvrent à la recherche de
meilleurs solutions pour améliorer le cadre de vie et le paysage de nos milieux
urbains parce que c’est avec ces Epic d’aménagements des espaces publics et du
nettoyage des milieux urbains, que l’incompétence professionnelle dominera le
paysage urbain de notre capitale ainsi que celui des autres agglomérations urbaines
de nos autres wilayas, tant que leurs premiers responsables pratiquent les mêmes
pratiques révolues d’un autre temps, loin des solutions modernes de l’aménagement
paysager qui feront avancer notre pays vers la prospérité du paysage de ses milieux
urbains et la promotion de son tourisme national et international car même si certains
directeurs du tourisme, estiment que puisque notre pays bénéficie déjà d’un bon
réseau routier de 104 000 km, de 35 aéroports, dont 13 aux normes internationales,
de 13 ports et d’un réseau ferroviaire de 4500 km avec 200 gares commerciales déjà
opérationnelles, peut se vanter qu’il va atteindre à terme, son objectif touristique de
13 millions de visiteurs parce que les chaînes et leaders mondiaux de l’hôtellerie
comme Accor, Hilton, Sheraton et Méridien sont déjà présent sur son territoire, tout
en oubliant que les millions de visiteurs par an, ne viendront dans notre pays que
lorsque nos agglomérations, qui continuent a se disloquer et que leurs espaces verts
sont toujours disparates, seront aménagés par des spécialistes d’aménagements
paysagers des zones urbaines et que le cadre de vie de nos milieux urbains sera
aussi amélioré que celui des agglomérations urbaines de nos voisins, en Tunisie et
au Maroc.

Si en terme d’aménagement urbain, au sein de nos agglomérations que le


mal s’éternise et devient fécond parce que l’attentisme fait loi et trouve son compte,
au point que nombre d’exécutifs communaux désespèrent de leurs tutelles qui
tardent a donner l’approbation pour matérialiser les monceaux des projets
d’aménagements urbains des sessions plénières, qui demeurent en veilleuse au
niveau des wilayas malgré leurs nombreuses requêtes comme si nos élu ne peuvent
avoir le bonheur de la par de leurs tutelles de voir leurs démarches aboutir dans un
délais raisonnable et acceptable, pour rendre aux paysages urbains de nos
agglomérations, la ligne droite vers un meilleur cadre de vie d’une population qui
désespère, tant qu’elle ne saura pas découvrir un jour le sésame qui lui permet de
réagir en temps opportun.

C’est parce que un département au service des citoyens, qui s’avère


incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est un
département décadent et qu’une autorité qui ruse avec ses principes est une autorité
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moribonde, que l’Etablissement de Développement des Espaces Verts de la wilaya
d’Alger a été au centre de la grogne du ministre des Travaux publics, réputé pour
ses mises en garde et ses ultimatums, au point de décider que son département
prendra en charge le volets des aménagements des espaces verts el leurs entretiens
des abords des autoroutes et des aéroports, parce que les espaces verts qui
embellissent les ouvrages d’art comme ceux qui parent les artères de la capitale,
sont à l’abandon malgré que cet établissement de la wilaya d’Alger, emploie environ
1200 agents et que sa vocation première était l’entretien des espaces verts de notre
capitale comme le sont, depuis toujours, les services des espaces verts des
collectivités locales des pays développés.

Il serais inconvenant de nier la réalité de notre capitale et de nos autres


agglomérations urbaines, car juste en se mesurant à des grandes villes arabes du
bassin Méditerranéen, ont remarque que leurs villes, à l’instar des nôtres, offres des
conditions de vie aussi agréables qu’intéressantes, comme en témoigne le taux de
touristes qui afflue vers les villes comme Tunis, Marrakech, Tanger, Alep, Damas ou
encore Beyrouth qui en dépit des violences, demeure l’une des destinations la plus
prisée de la région du Proche-Orient. Si aujourd’hui nos villes sont dans un état
lamentable, ce n’est que parce que en matière d’aménagement urbain, l’Algérie vit
toujours au temps des pratiques de la gestion de l’enfermement idéologique et des
pensés du moyen age européen, lorsqu’on se souciait peu à mettre en diapason
l’amélioration des milieux urbains avec le développement économique et social.

Comment ne pas être déçu par le classement de la ville d’Alger parmi les dix
villes les moins vivables sur 127 agglomérations du monde choisies par le rapport,
quant on voit que notre capitale « Alger la blanche » est devenu si repoussante et
qu’à quelques encablures de l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique, se trouve le
bidonville « Nass El Kazirna » où l’éclairage public est inexistant au point que
l’insécurité est totale dés la tombée de la nuit, où des groupuscules épars de jeunes
vivent de petits larcins et s’adonnent à la consommation de drogues et d’alcool, sous
les regards de l’exécutif communal, qui semble ignorer même son existence, tout en
honorant des cérémonies de distinction régulières, dans des salles de fêtes privées
ou des hôtels huppés de la capitale aux coûts exorbitants, au lieu de se préoccuper
de l’amélioration des conditions et du cadre de vie de la majorité de leurs citoyens,
afin de vaincre l’insalubrité de cette partie de la capitale car selon le président du
Collège national des experts architectes (CNEA), la ville d’Alger risque de se
transformer en une multitude de ghettos dans les quelques années à venir, si aucune
mesure n’est prise pour améliorer la situation et d’éviter le risque d’encourager la
généralisation de nombreux fléaux sociaux au sein de ses zones urbaines.

Il est impératif de réguler la vie des citoyens algérois, afin de réhabiliter


l’image de notre capitale aux yeux des Algériens et de ses visiteurs étrangers, mais
cela ne peut se faire qu’avec la volonté de ses premiers responsables locaux et de
ses directeurs des services d’aménagements, de renoncer à passer la majorité de
leurs temps dans leurs bureaux à signer des documents, pour être présents sur le
terrain afin de vérifier les étapes de réalisation de leurs projets en milieux urbains et
de faire instaurer au même temps au sein de la population algéroise une politique
culturelle, sociale et sécuritaire, afin de leur permettre d’avoir un cadre de vie de
qualité, tout en leur apprenant à vivre dans leur tissu urbain d’une façon civilisée
dans le but de réussir à en faire de cette grande expérience d’aménagement et de
civisme, un projet pilote pour toutes nos zones urbaines, qui servira à résoudre
l’ensemble des problèmes de fond, qui sont les rapports des Algériens avec leurs
tissus urbains et cela en accompagnant ce projet pilote par une compagne nationale
de vulgarisation et de sensibilisation pour l’ensemble de nos citoyens à travers des
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spots publicitaires et par la voie de cours spécialisés dans nos écoles, afin de réussir
en particuliers, l’amélioration du cadre de vie dans notre capitale et en général, des
autres agglomérations urbaines à aménager.

Si quarante trois ans après l’indépendance, on n’arrive toujours pas à


maîtriser la réussite de l’action d’amélioration du cadre de vie de nos citoyens en
milieu urbain, au point que nos zones urbaines se dégradent de jour en jour et qu’ils
sont de plus en plus laids avec un paysage incompréhensible, ce n’est que parce
que au niveau des collectivités locales et des ministères concernés, on garde
toujours le réflexe de la gestion qui a été décrété après l’indépendance, quant il y
avait des zones urbaines avec un semblant de cadre de vie et des citoyens avec
quelques notions d’éducation civique, hérité du temps de la présence Française en
Algérie, et que la priorité était donné à l’amélioration des conditions de vie de nos
citoyens, qui consistait à leur apporter de l’électricité, de l’eau, du gaz et des
logements décents pour vaincre la création anarchiques des bidonvilles qui
symbolisaient pour nos responsables de ce temps là, la continuité de la présence du
cadre de vie colonialiste.

Malgré que le rapport sur l’état de la population mondiale en 2005, estime que
l’Algérie a enregistrée des résultats positifs durant les quatre dernières années et
que notre pays est sur la bonne voie car il est l’un des rares pays en développement
qui investi dans la santé et l’éducation. Il reste beaucoup d’effort à fournir pour notre
pays, afin de réussir un développement harmonieux et une amélioration de ses
milieux urbains, car la majorité de nos acteurs de décisions des projets
d’aménagements urbains, sont en général sans savoir-faire pour pouvoir différencier
entre l’amélioration des conditions de vie et l’amélioration du cadre de vie des
citoyens.

Si la qualité de la vie est le degré de bien-être des citoyens dépendent d’un


certains nombre de facteurs, notamment le droit au logement, l’accès à l’eau potable,
les possibilités de scolarisation, l’accès aux soins et le bénéfice de certain
prestations de services. L’amélioration du cadre de vie des citoyens, est tout
d’abords la revalorisation de la ville et ses quartiers, en requalifiant leurs espaces
extérieurs et en créant des espaces verts munis de lieux de détente et de récréation
pour toutes les tranches d’ages, tout en assurant un entretien permanent grâce à des
agents spécialisés, qui entretiennent le mobilier urbain extérieur (jeux public, bancs,
abribus…), les fontaines, les végétaux et ils nettoient les monuments, les panneaux
de signalisation, les trottoirs et les espaces publics.

A l’instar de l’état actuel du cadre de vie des citoyens dans nos


agglomérations urbaines, qui reste loin des normes demandées, les conditions de vie
au sein des 1541 communes que compte notre pays n’arrivent toujours pas à trouver
la vitesse de croisière requise dans les milieux urbains malgré tout l’argent dépensé
et les efforts fournis par notre pays depuis l’indépendance, comme le démontre
l’étude réalisée par l’agence nationale de l’aménagement du territoire en
collaboration avec le PNUD, qui constate que 177 de nos communes connaissent
une précarité avancée pour leurs populations, 168 sont pauvre dans le domaine de
la santé et 229 sont dans un état critique où ils ont les plus faibles taux de
branchement aux différents réseaux (eau potable, assainissement, gaz et électricité).

L’absence en Algérie, d’une action réelle pour améliorer le cadre de vie en


milieu urbain avec la création de lieu de détente comme les espaces verts et les
jardins publics, laisse les citoyens amoureux de la nature se contenter de jardins
suspendus loin des mythiques jardins suspendu de Babylone, comme c’est le cas de
9
ce citoyens algérois de Meskiana, qui a crée un vrai jardin où fleurissent et
s’épanouissent des arbustes, des rosiers et diverses plantes grimpantes dans le
moindre espace de ses balcons à l’étage, comme s’il voulait donner un signe à nos
autorités compétentes de commencer à réfléchir à mettre en place une action
concrète pour aboutir à l’amélioration des espaces publics avec la création d’un
urbanisme végétale au sein de nos milieux urbains, qui sont aujourd’hui envahis de
plus en plus par la fureur du béton, qui rend nos paysages urbains insupportables à
voir.

Parce que l’avenir de notre pays peu avoir des conséquences économiques
évidentes, par cause des coûts que notre Etat va dépenser pour éviter les
dégradations à venir de nos paysages urbains et à ceux destinés à la réparation des
dommages causés sur tout les projets d’aménagement disparates réalisés à coup de
milliards de Dinars, avec un manque de savoir-faire chez la majorité de nos maîtres
d’ouvrages et de nos maîtres d’œuvres, qui se sont défilés depuis l’indépendance
pour l’aménagement de nos milieux urbains, qu’il est urgent aujourd’hui de réfléchir à
résoudre ce problème majeur qui touche l’ensemble de nos agglomérations urbaines,
en faisant appel à des experts-conseils spécialisés en études d’impact pour les
milieux urbains afin d’arriver à proposer de nouvelles mesures qui nous permettrons
de tracer les grandes lignes pour solutionner nos problèmes urbains actuels, dans un
premier temps, avant d’engager les grands travaux d’aménagement et de
réhabilitation avec des entreprises de réalisation munis d’une équipe d’ingénieurs et
de techniciens compétents dans les techniques de réalisation des aménagements
urbains et tout en suivant à la lettre les études d’aménagement, déjà achevés par les
ambulanciers de l’urbanisme moderne choisis selon les procédures légales de la
législation en vigueur et loin des abus de pouvoir ou du passe-droit de certains de
nos responsables, car il n’y a plus de sens commun, de la part de nos aménageurs,
qui s’imposerait à l’ensemble des acteurs sociaux afin de dissuader les citoyens,
sans foi ni loi, de dégrader leur cadre de vie et les espaces verts de leur milieux
urbains.

C’est en étudiant la relation de notre société à l’espace public en milieu urbain


et les échecs de nos expériences précédentes, qui ont abouti à cette chimère qui
continu à infester nos agglomérations, que nous réussirons à mettre en place un
premier pas vers une solution globale pour améliorer le paysage de nos milieu
urbain, tout en fixant comme objectif d’arriver à proposer une armature conceptuelle
susceptible d’être appliquée au sein de nos villes et villages pour atteindre le sens
désiré de faire de nos milieux urbains un cadre de vie amélioré pour nos citoyens et
aux millions de touristes étrangers qui viendront visiter notre pays dans quelques
années, si l’objectif touristique avec une amélioration du cadre de vie dans nos
milieux urbains, sera atteint dans les délais.

Il n’y a aucune explication à donner pour justifier les retards que connaît notre
pays dans le domaine de l’aménagement paysager des milieux urbains, sinon le
manque d’imagination et la volonté pour venir à bout des contraintes qui empêchent
le bon déroulement des projets d’aménagement paysager car malgré toutes les
exigences pour réussir l’amélioration des nos zones urbaines, depuis les années
quatre-vingt, la majorité des programmes réalisés sont, souvent, des projets
chimérique.

Parce que pour aménager nos milieux urbains, on continu à faire appel à une
interdisciplinarité de maître d’œuvre et d’entreprises de réalisation, qui s'y
développent avec des faiseurs d’aménagements disparates, sans faire appel aux
architectes paysagistes, qu’on appel en occident les ambulanciers de l’urbanisme
10
moderne que nous continueront à faire de nos agglomérations des lieux avec des
places publics où nos citadins continueront à jouer aux dominos.

Les architectes paysagistes font un travail de qualité loin des avant-projets


sans concept d’aménagement et des pratiques du bricolage pour la réalisation des
projets d’aménagement paysager à coup de milliards de centimes, parce qu’il donne
au projet urbain avec ses espaces verts un sens dans l’homme et autour de
l’homme, grâce aux lois de l’architecture du paysage.

Les lois de l’architecture du paysage sont celles qui règlent la réalité des
choses en milieu urbain car elles sont une logique inhérente aux représentations que
l’homme se fait de la nature et de la beauté, parce que c’est la sensibilité humaine
qui est à l’origine du cadre de vie amélioré des paysages urbains des villes
modernes grâce à l’introduction des techniques de l’architecture du paysage dans les
aménagement des espaces verts et des milieux urbains.

L'architecture du paysage est un art mixé aux normes architecturales, qui


s'intéresse à l'organisation des espaces extérieurs et des jardins publics. Son artiste
appelé « architecte paysagiste », élabore le design et l'esthétique grâce à un travail
minutieux qu'on retrouve aussi bien dans de grands parcs, qu'à l'intérieur des parcs
municipaux, boulevards et trottoirs, ainsi que dans des lieux publics dégarnis de
toute verdure.

L'architecte paysagiste qui offre un savoir-faire professionnel en planification


et design des aménagements urbains et des espaces verts, de la préparation à la
surveillance des travaux de réalisation, pratique une profession de synthèse mais
lorsque l'envergure ou la complexité d'un projet nécessite la collaboration d'autres
experts comme l’architecte ou l’urbaniste, l'architecte paysagiste dirige et coordonne
les diverses disciplines liées au projet, tout en s’assurant que tous les rouages
fonctionnent en douceur pour la réussite du projet d’aménagement.

L’architecte paysagiste est un élément majeur dans les projets


interdisciplinaires car il est plus une aspiration qu'un état de fait et c’est grâce à son
intervention que les architectes et les urbanistes pourront achever les finitions de
leurs aménagements en milieux urbains parce que malgré que tout le monde a
tendance à vouloir continuer à jouer dans sa cour, Il est évident de se rendre compte
que les architectes et les urbanistes n’ont pas le savoir-faire adéquat pour réussir les
aménagements d’amélioration du cadre ce vie en milieu urbain avec des espaces
verts paysagers et qu’il est primordial de changer cette situation et de faire introduire
les ambulancier de l’urbanisme moderne pour guérir nos agglomérations urbaines de
cet état de fait, qui continu à gangrener nos milieux urbain, parce que l’urgence s'en
fait sentir en Algérie.

C’est en intégrant l’architecte paysagiste dans le processus d’amélioration du


cadre de vie des milieux urbains et la création des espaces verts publics, que nous
pouvons parler du paysage urbain de nos agglomérations car le mot paysage
continue d’évoquer fortement la nature et symbolise l’intégration des espaces verts
dans le processus de planification des aménagements urbains, car le paysage ne
peut guère se passer de la nature, qui est instituée en objet distinct par les projets
en milieu urbain et par voie de conséquence devenu de plus en plus hétérogène aux
œuvres humaines au point que la nature, les notions de milieu, d’environnement et
de paysage sont devenus la relation des sociétés à l’espace construit du milieu
urbain.

11
Le paysage est un écheveau « saturé de détails » et de singularités, la nature
est le plus souvent hétérogène et n’a pas d’ordre apparent ; cependant, pour œuvrer
dans ce brouillard de multiplicités, il faut nécessairement avoir recours à la
géométrie, au cordeau…. Ne serait-ce que pour approcher la réalité et s’informer sur
elle.

Le paysage est la manifestation sensible d’un aménagement paysager parce


qu’il traduit le sens du milieu en termes immédiatement accessibles à la vue et c’est
pour cette raison que la question du paysage doit tenir une place essentiel et
particulière dans chacun des aménagements ou de restauration de nos milieux
urbains car c’est dans l’espace paysager que s’exprime d’abord la relation d’une
société à son environnement, au point qu’un milieu urbain muni d’aménagements
paysagers conçus par des architectes paysagistes, métamorphosent ses citoyens en
d’autres êtres avec une nouvelle culture de civisme parce qu’il est ressenti et
aménagé pour le bien être de la société, qui perçoit son milieu urbain en fonction de
l’usage qu’elle en fait et l’utilise en fonction de la perception qu’elle en a de son cadre
de vie.

Le nombre de professions qui sont impliqués dans l’objectif d’améliorer le


cadre de vie de nos citoyens en milieu urbain, ne cesse de croître parce que notre
gouvernement a donné une grande place à cette action, comme c’était le cas, pour
la réalisation de la nouvelle ville « Akid Othmane » et des différents programmes
d’habitat et d’amélioration du cadre de vie des citoyens à la wilaya de Ain
Témouchent, que le Ministre de l’habitat n’a pas manqué de se féliciter de l’état
d’avancement des travaux, tout en complimentant son Wali pour le dynamisme que
le secteur de la construction et de l’aménagement urbain a enregistré à travers cette
wilaya, au point que cette expérience géré par le soutient technique de la banque
mondiale est a l’étude par le ministère de l’habitat dans le but de la généraliser à
l’ensemble des wilayas de notre pays.

La réussite de la construction de la nouvelle ville de la wilaya de Ain


Témouchent, avec un meilleur cadre de vie pour ses citoyens et l’obtention de
félicitations de la part de la banque mondiale pour l’existence d’un aspect
environnementale et paysager au sein de ce projet de 3500 logements, n’est devenu
une réalité en Algérie de ce XXI eme siècle, que grâce aux efforts quotidiens des
premiers responsables de la wilaya, qui ont su collaborer avec la compétence d’une
équipe interdisciplinaire de techniciens et d’ingénieurs autochtones, majorée, d’un
architecte paysagiste Algérien diplômé de Versailles, qui est venu apporter à cette
nouvelle ville, sa touche paysagère final inspiré du nouveau concept paysager
occidentale et son savoir-faire dans la maîtrise des normes de l’urbanisme végétal
moderne.

Pour l’amélioration du cadre de vie des citoyens, depuis quelques années nos
milieux urbains connaissent un profond processus d’aménagement mais reste en
général dans un état embryonnaire parce qu’elle continu à buter sur les mauvaises
mentalités de certains de nos responsables locaux érigées depuis l’indépendance et
qui travaillent dans le sens contraire de l’évolution des techniques des
aménagements paysagers des milieux urbains et des normes de l’urbanisme
végétale, car les aménagements de nos milieux urbains ne sont pas accompagnés
de la vision paysagère des architectes paysagistes, qui ont le savoir-faire pour
élaborer les paysages urbains loin des pratiques de faiseurs d’aménagements avec
leurs espaces verts disparates des milieux urbains et qui n’ont de spécialité en
aménagement des espaces verts paysagers, que le code du registre de commerce
hérité du temps de la gestion de l’enfermement idéologique.
12
Le ministre des travaux publics, suite aux explications lors de sa visite à la
wilaya de Tipaza, pour les travaux de réalisation des ports de Tipaza ville, de
Cherchell et de Gouraya, a averti qu’il faut faire des aménagements attractif, qui
seront réalisés par des spécialistes comme les architectes, les architectes
paysagistes et les spécialistes en esthétiques et non pas par des bricoleurs qui ne
savent respecter les cahiers des charges car le port de Tipaza, en particulier, sera un
port de plaisance plus que de pêche avec des gargotes et de bidonvilles, surtout que
cet aménagement sera impérativement économique, fonctionnel et rationnel pour la
wilaya.

Par une initiative commune, le ministre de l’Environnement et de


l’Aménagement du territoire, avec le ministre de l’Emploi et de la Solidarité Nationale,
dans le but d’améliorer le cadre de vie de nos citoyens, ont mis en œuvre un projet
intitulé « Blanche Algérie ». Ce projet aura pour objectif, à court terme
l’assainissement des quartiers par la collecte des ordures ménagères et la création
d’activités génératrices de revenus pour 50 000 demandeurs d’emplois et cela afin
d’améliorer la qualité de vie en milieu urbains et semer la culture du civisme au sein
de notre société. Quant aux objectifs à long terme, ils visent l’amélioration du cadre
de vie de nos milieux urbains et d’annihiler la pollution qui dégrade nos milieux
naturels et fait perdre à nos paysages leurs valeurs touristiques.

Lors de l’installation du comité intersectoriel de concertation avec le ministère


l’Environnement et de l’Aménagement du territoire, le ministre du Tourisme a mis
l’accent sur la volonté du gouvernement de prendre en charge le dossier du
développement du tourisme, parce que les mesures d’aide et de soutien à l’activité
touristique, ont pour objectifs d’impulser la croissance économique, d’encourager la
compétitivité et de promouvoir un environnement propice pour mettre en place un
esprit d’entreprise et un développement touristique durable.

Le tourisme est une industrie qui pourra être notre or vert qui remplacera la
rente pétrolière à long terme et changera les mentalités de nos citoyens envers le
paysage de leurs milieux urbains, tout en brisant les enfermements que nous vivons
actuellement. Au moment où notre Algérie est assise sur plus de 55 milliards de
Dollars de réserves de change, une politique forte dans le sens d’améliorer les
objectifs touristiques de notre pays, s’avère primordiale de la part de nos
gouvernants car nos citoyens attendent une meilleur visibilité sur les reformes
économiques en cours, qui permettront dans quelques années de résorber le
chômage et de diminuer la crise du logement grâce au programme présidentiel d’un
million de logements, qui seront normalement intégrés dans un nouveau paysage
urbain où résultera une organisation d’ensembles construits avec une association de
logements, de commerces et d’espaces extérieurs aménagés par des architectes
paysagistes afin que la vie sociale s’épanouira dans un cadre de vie agréable, qui
viendra pour réussir le sens touristique du paysage de nos milieux urbains, grâce à
l’introduction des normes modernes de l’urbanisme végétale dans ce programme
présidentiel.

Si notre pays est presque dans une régression irréversible dans le domaine
de l’urbanisme végétal et de l’architecture du paysage, ce n’est que parce que
aucune mesure gouvernementale n’a été prise sérieusement dans l’application des
normes de réalisation des aménagements paysagers urbains avec leurs espaces
verts et que depuis l’indépendance, la plupart de nos responsables des collectivités
locales et des directions d’urbanisme considèrent les aménagements des parcs et
jardins dans les zones urbaines, ainsi que la présence végétale vis-à-vis du bien-être
13
et de la qualité du paysage en milieu urbain comme secondaires, par rapport aux
fonctions plus sérieuses que représentent la circulation, l’habitat et le commerce pour
ne citer que les plus évidents.

Pour que notre pays, ne restera pas au dernier rang des pays en voie de
développement, en matière d’aménagement paysagers des milieux urbains et la
créations des espaces verts, tout en satisfaisant la demande des citoyens, une
batterie de textes législatifs s’avère nécessaires de la part de nos élus, pour
permettre aux bonnes volontés de nos spécialisés d’aménagements urbains
d’intervenir dans un bon sens, pour l’instauration d’un meilleur cadre de vie des
citoyens et de protéger le paysage de nos agglomérations urbaines, tout en faisant
promouvoir les aménagements des espaces verts paysagers dans nos zones
urbaines grâce à la mise en place des moyens législatifs adéquats pour exiger la
présence de l’architecte paysagiste dans l’élaboration des études et l’exécution des
projets d’aménagements en milieu urbain afin qu’en de ce début du XXI ème siècle,
notre pays aura dans sa législation le statut du bureau d’études spécialisé en
aménagement paysager, qui remplacera le simple code de registre du commerce
pour la création et la réalisation des espaces verts, qui est à la porté de toute
entreprise de réalisation, sans aucune exigence d’une maîtrise de l’architecture du
paysage.

Il faut que cette nouvelle « loi paysagère », soit légiférée par notre
gouvernement sans un débat caduc à l’APN et qu’elle ne soit pas créée que dans le
but de remplir le journal officiel parce que comme disait le cardinal Richelieu : « Faire
une loi et ne pas la faire exécuter, c’est autoriser la chose qu’on veut défendre »,
surtout que trop de gaspillage guette l’avenir de la restauration pour l’amélioration du
cadre de vie des citoyens au sein de nos milieux urbains, durant le programme de
développement quinquennal 2005/2009.

L’instauration des outils d’accompagnement pour la création de pépinières


ornementales modernes et des cycles de formation de jardiniers paysagistes et
d’architectes ou d’ingénieurs paysagistes, par la création de cursus professionnels
et universitaires spécialisés, s’avèrent nécessaire pour l’avenir des aménagements
paysagers de nos milieux urbains car avec 960 centres de formation professionnelles
(CFPA) repartis sur tout le territoire nationale, en tenant compte qu’un seul centre de
formation par wilaya, sera doté de la spécialité pour la formation des jardiniers
paysagistes et avec une moyenne de 30 jardiniers paysagistes formés
annuellement ; en sept ans dans un premier temps et chaque cinq ans par la suite,
l’Algérie pourra avoir une capacité de 7200 jardiniers paysagistes à répartir sur ses
1541 communes, ce qui fera une moyenne de 4 jardiniers paysagistes par commune
pour oeuvrer dans l’entretien des espaces verts de chacune des communes et la
production des plantes ornementales, au sein des pépinières instaurés dans la
circonscription de chacune des chefs lieux de daïra. Dans le cadre de donner à
l’Algérie une élite dans le domaine de la maîtrise d’œuvre des projets
d’aménagements paysagers et des techniques modernes pour la production et
l’entretien des plantes ornementales des espaces verts, la formation des architectes
et des ingénieurs paysagistes seront gérés par l’Institut Nationale Agronomique d’El
Harrach en collaboration avec les écoles et les instituts d’architecture du paysage
des pays francophones occidentaux, comme la France, la Belgique et le Québec.
L’Institut Nationale Agronomique d’El Harrach, qui a déjà la vocation et les moyens
pour fournir à l’aménagement paysager de nos milieux urbains une vingtaine de
paysagistes par an, ce qui fera que l’Algérie disposera tout les cinq ans, en plus des
jardiniers paysagistes, une moyenne de 100 architectes paysagistes pour concevoir,
suivre les projets d’aménagement paysager en milieux urbains et gérer les
14
pépinières de production des plantes ornementales ainsi que de l’entretien des
espaces verts existants. Avec des ingénieurs paysagistes pour nos futurs pépinières
qui seront conçus selon les normes internationales, grâce au recours au partenariat
avec les pépinières de la rive nord des pays méditerranéens, nos futurs
aménagements des espaces verts auront une variété de plantes ornementales
diversifiées et de meilleur qualité, que celle qui existe actuellement sur notre marché
embryonnaire des plantes ornementales.

Parce que les forets constituent un cadre agréable de détente pour s’y mettre
au vert que les Algériens ne s’y trompent pas quant ils revendiquent avec force leur
attachement à toute forme de présence végétale dans leurs milieux urbains, comme
ils veulent de l’eau dans leurs robinets, des routes appropriées et une meilleur
éducation pour leurs enfants, car pour les normes de l’urbanisme végétale, les
espaces végétaux, qui viennent pour agrémenter le cadre de vie du milieu urbain,
sont les jardins et les espaces verts qui sont maintenant, à la disposition de tous et
offrent des moments de plaisir aux visiteurs car ils sont démocratisés et ne sont plus
réservés aux seuls privilégiés d’antan.

Loin d’être de simple accessoires juste pour le temps d’une visite


présidentielle ou pour consommer un budget d’un programme gouvernemental, les
espaces verts sont des éléments nécessaires pour l’obtention de l’élégance
paysagère du milieu urbain et ont un rôle décisif dans l’organisation et le
développement des mentalités des citadins car contre toute attente, c’est souvent en
associant les espaces verts et les aménagements paysagers dans le projet
urbanistique, que l’on trouve les clefs de la compréhension pour la réussite du milieu
urbain et l’instauration des principes de civisme chez le simple citoyen, comme on l’a
constaté chez les habitants de la nouvelle ville de Ain Témouchent, deux ans après
son inauguration par le président de la république.

C’est parce que la majorité des aménagements récents de nos zones


urbaines ont montré tout le mal que peuvent faire des aménagements aveugles au
cadre de vie de nos citoyens car ils ont été conçus de la sorte de ne pas marcher,
qu’il faut faire appel aux techniques de conception des architectes paysagistes, qui
en concevant un aménagement paysager, le considère comme un élément de la
nature dont il ne lui empreinte que ce qui peut lui servir pour le faire valoir dans le but
d’améliorer les paysage urbains, car les espaces verts paysagers sont une
composante primordiale de l’urbanisme végétale moderne.

L’exigence de l’introduction de l’urbanisme végétale avec l’instauration des


aménagements des espaces verts au sein du paysage de nos milieux urbains afin
de rendre le cadre de vie de nos citoyens meilleur, demande un sacrifice réciproque
de la part de l’Etat et des contribuables car si l’Etat s’engage pour l’instauration d’un
meilleur paysage urbain de nos villes et villages, en finançant les aménagements
paysagers a l’ordre de 50%, le citoyen doit apprendre à contribuer, en payant la
différence avec ses d’impôts annuels, afin qu’il s’implique dans le processus des
aménagements paysagers de nos agglomérations urbaines et d’apprendre à
respecter son milieu urbain et son environnement car ils sait que c’est en partie
grâce à son argent, qu’il joui d’une meilleur qualité de cadre vie dans sa ville ou son
village.

L’objectif de cette réflexion est de tirer la sonnette d’alarme pour l’instauration


à court terme en Algérie d’un processus d’aménagements paysagers en milieux
urbains, avec un urbanisme végétal moderne géré par des spécialistes, parce que
les aménagements actuels de nos agglomérations avec leurs espaces verts sont loin
15
des principes du travail des vrais spécialistes en architecture du paysage, qui sont
une composante primordiale pour les aménagements paysagers et l’amélioration du
cadre de vie au sein des nos villes et villages car l’amélioration de leurs paysages
urbains est un facteur primordiale pour la réussite des vocations touristiques
actuelles de notre pays.

C’est grâce aux connaissances spécifiques en botanique, en arboriculture


ornementale et un savoir-faire unique pour la conception des jardins et des espaces
verts que les architectes paysagistes réalisent les projets paysagers en milieux
urbains avec des espaces verts intégrés, tout en prenant comme modèle sur le
concept de nos maîtres du passé et en exprimant leur propre goût en tenant compte
de la volonté des maîtres des lieux et des lois de l’urbanisme végétal moderne, car
les paysagistes sont différents et meilleurs que les faiseurs d’aménagements
disparates, qui continuent à faire de notre cadre de vie dans nos agglomérations
urbaines, une qualité en deçà des normes exigées de l’urbanisme végétale moderne
et de l’architecture du paysage.

Si le bilan des aménagements paysagers et des espaces verts de nos milieux


urbains est connu par tout ceux qui y vivent quotidiennement en Algérie, ou qu’ils y
sont informés par les quelques écrits de notre presse quotidienne, il est temps pour
nous tous de dégager les voies rapides de l’application des solutions adéquates qui
nous permettront d’acquérir les moyens possibles pour intervenir efficacement dans
la réussite des aménagements paysagers de nos milieux urbains, tout en alliant les
besoins urgents de nos zones urbaines au respect de l’urbanisme végétale moderne
et des aspects paysagers de nos villes et villages, par la promotion et l’exigence des
normes esthétiques de l’architecture du paysage et des aménagements en milieux
urbains, afin de préserver et d’optimiser l’amélioration du cadre de vie de nos
citoyens, tout en assurant un avenir plus durable à nos agglomérations urbaines et
de redorer la place de l’Algérie touristique parmi le bal des nations car seul
l’intelligence réfléchie des architectes paysagistes saura manier un projet
d’amélioration urbaine dans un contexte paysager, à court terme, jusqu’à sa réussite
total et sa pérennité, tout en respectant l’évolution des normes modernes de
l’urbanisme végétal et des lois du paysage urbain.

Meziane Abdellah
Architecte paysagiste
Diplômé de Versailles

16
VALORISATION DU POTENTIEL PAYSAGER
DES VILLES ALGERIENNES

I. Introduction :
A l’aube de l’indépendance et jusqu’au début des années 80, l’Algérie était un
pays qui donnait de l’importance à la place primordiale des espaces verts paysagers
au sein des aménagements de ses villes, parce que pour les pouvoirs publics,
l’aménagement des espaces verts étaient une partie prenante de l’amélioration du
cadre de vie des citoyens et de nos paysages urbains.

Jusqu’au début de la pensé de la gestion de l’enfermement idéologique,


l’Algérie avait su perpétué la tradition de faire du jardinier un fonctionnaire et de
l’ingénieur paysagiste le gestion des espaces verts, tout en allouant à la création des
espaces verts leurs propres budgets annuels, au sein de chaque collectivité locale
ou établissement publique, ainsi que pour leurs entretiens, sans parler des
pépinières et des jardins hérités de la France coloniale, qui suivaient leur vitesse de
croisière, au point que chaque Algérien était fière de la qualité de son cadre de vie,
même si en réalité les choses allaient beaucoup plus vite au delà de l’horizon car nos
compétences en matière d’aménagement paysager, étaient aux moyen de l’état, par
rapport à la vitesse de croissance démographique que l’Algérie avait amorcé depuis
le début des années 70.

Aujourd’hui, que nos villes se disloquent et se déchirent, les murs se fissurent,


le carrelage se brise, les escaliers de marbre dans les jardins n’en garde que le nom,
l’urbanisme végétal de nos milieux urbains a perdu son esthétique malgré que ni les
urbanistes et ni les faiseurs de jardins disparates n’ont arrêté de travailler et de gérer
nos zones urbaines et leurs aménagements d’espaces verts.

Au vu des transformations que subissent nos villes, nos quartiers, nos villages
et tout le bâti laissé par la présence Française en Algérie, le doute n’est plus permis
car en ce début du XXI ème siècle, le paysage de nos milieux urbains se dégrade à
une vitesse incontrôlable, la verdure urbaine disparaît à vue d’œil, sous l’œil, qui
regarde ailleurs, du ministre, du wali, du maire et d’un Parlement, qui se moque du
cadre de vie des citoyens, comme s’il s’agissait d’un problème secondaire, laissant le
champs libre à des architectes destructeurs élaborer des plans dément, dés lors que
les normes de l’urbanisme, des espaces verts et de l’aménagement paysager, n’ont
plus personne pour les faire respecter, quant ils existent et peu importe qu’il ne fera
plus bon vivre en Algérie dans vingt ans au plus, quant 80% des 42 millions
d’Algériens, que nous serons en 2025, vivront en milieu urbain.

II. Situation des espaces verts en Algérie:


Grâce à la civilisation musulmane, les Arabes ont su se retrouver sur cette
terre avec la tâche difficile de construire la ville et son jardin, même si nomades du
désert, ils n’étaient pas destinés à créer des jardins, ni même une tradition aussi
ancestrale. De cette civilisation et de celle des Othmans et des Français, nous
avons hérité en Algérie, la tradition de faire la ville avec ses jardins mais ce qui nous
reste aujourd’hui ce n’est que le réflexe des nomades car actuellement nous

17
habitons des agglomérations où nous nous considérons comme des ambulants,
sinon comment expliquer la décadence de nos espaces verts et de nos
aménagements urbains sur tout le territoire nationale.

L’insalubrité de nos zones urbaines a commencé à s’installer dans les mœurs


algériennes depuis la fin des années 70, dés lors que particuliers et puissance
publique se sont autorisés à déboiser nos zones urbaines et à raser les poumons de
nos agglomérations, au profit d’une poussée horrible du béton afin que le paysage
urbanistique ne ressemblera plus qu’à une continuité de béton où les espaces verts
deviennent disparates ou inexistants.

Si notre société, aujourd’hui, en matière d’aménagement paysager et de


création des espaces verts, marche à l’envers, c’est parce que souvent nos
décideurs aux sein de nos agglomérations urbaines, pensent selon leurs techniques
et leurs économies, peu importe que nos villes et villages se rompent et se
fragmentent, au point qu’on coupe un arbre pour construire un magasin, un garage
ou pour réaliser une extension superflue d’une bâtisse.

Malgré une population Algérienne qui a presque doublé depuis la fin des
années 70, la législation qui régis les espaces verts en milieux urbains Algériens n’a
pas changé et que ces espaces verts sont devenus abandonnés et leurs budgets
sont détournés pour d’autres nécessités de la qualité de vie des citoyens et s’ils
existaient, ils sont souvent alloués à des entreprises sans compétences dans
l’aménagement des espaces verts et géré par des architectes de bâtiment, qui ne
connaissent des arbres et des arbustes que leurs distances de plantation, ou à des
forestiers, qui leur vocation primordiale est de faire pousser les forets ou de faire des
boisements et non se mêler des aménagement paysagers en milieux urbains.

Les villes Algériennes sont, actuellement, en déficit végétal parce que même
notre capitale comparé à Paris qui en compte 6 m² d’espaces plantés par habitant
(hors bois), à Amsterdam qui en compte 36 m² et à Londres qui en compte 45 m²,
est vraiment appauvri en matière d’espaces verts que ses 3 millions d’habitants
utilisent quotidiennement, sans parler de nos autres agglomérations qui ne sont
qu’une continuité de béton sans verdure, sans aucune politique d’urbanisation
végétale, au point que le conseil national économique et social (CNES) a
recommandé, au titre du dossier de la prise en charge des actions de
l’environnement, au niveau des collectivités locales, la réhabilitation de la commune
dans ses activités traditionnelles, pour une meilleure prise en charge des actions
relevant de la préservation du cadre de vie du citoyen en matière d’espaces verts,
parce que le besoin de verdir est ressentie par tous et devient une nécessité pour le
citoyen qui aspire à une amélioration de son cadre de vie et de voir son paysage
urbain ressembler aux belles maquettes montrées aux autorités et au public durant
les différentes expositions des projets à réaliser ou aux villes du moyen orient, qu’ils
regardent à travers les chaînes satellitaires.

L’aménagement paysager urbain y compris la création des espaces verts,


d’espaces de loisirs et de détentes dans les villes en Algérie, deviennent une priorité
pour nos collectivités locales de ce début du XXI éme siècle car c’est une des
composantes incontournables pour la réussite des grandes lignes de la stratégie de
développement durable du tourisme, qui est mise en application par le programme
présidentiel et suivi par le ministère du tourisme, pour qui a été prévu un budget de
près de un milliard de dollars d’ici à la fin 2013 car les investisseurs étrangers et leur
touristes ne peuvent venir en Algérie que si nos villes ne ressembleront plus à des

18
villes bombardés, sans aucune logique d’aménagement paysager, avec des espaces
verts conçus juste pour le temps d’une visite présidentiel ou ministériel.

III. Les acteurs des aménagements paysagers en Algérie:


Selon Gérard François Dumont, l’aménagement est l’organisation globale et
concertée de l’espace, destinée à satisfaire les besoins des populations en réalisant
des équipements adaptés et en valorisant les ressources naturelles et le patrimoine
historique.

La notion d’aménagement des espaces verts dans le cadre de la politique de


l’amélioration du cadre de vie des citoyens en milieux urbains, instaure un dialogue
entre les autorités centrales et locales, tout en intégrant la société civile.

Dans la plupart des pays, les acteurs des aménagements en milieu urbain
sont multiples mais pour l’aménagement paysager dans le cadre de l’urbanisme
végétal, on se tourne vers « l’ambulancier de l’urbanisme moderne » qu’ils
s’honorent d’appeler « Architecte paysagiste » et que chez nous, on persiste à
l’appeler « Jardinier » tout court.

On a toujours associe les architectes paysagistes à l’idée des plantes, mais


leur rôle consiste aujourd’hui à réintégrer la ville dans son histoire et sa géographie
car la ville n’est pas seulement l’ensemble de flux, de masse ou de réseaux mais
une évolution des espaces dans le temps.

De sa formation pluridisciplinaire, à la fois concepteur, maître d’œuvre et


médiateur, l’architecte paysagiste est le partenaire et l’interlocuteur des décideurs de
l’aménagement ainsi que des architectes, urbanistes et ingénieurs, pour penser
l’environnement en termes culturels, plastiques, sociaux et écologiques.

Dans des milieux de toute nature et à toute échelle, l’architecte paysagiste


intervient dans les processus de programmation, d’élaboration et de réalisation des
projets d’aménagement, tant au niveau d’une place urbaine qu’au niveau d’une zone
régionale car ils ont le plus souvent dans l’histoire, instruit leur création par
l’observation de la campagne et où la géométrie est un de leurs outils familiers.

L’architecte paysagiste, peut être représenté comme un être multiple


coexistant en lui un jardinier, un artiste et un ingénieur car quant il observe le
paysage d’un milieu urbain, c’est tout un débat intérieur, qui se met en place pour
trouver un pacte entre les trois voix, afin de trouver la démarche adéquate pour
anticiper la transformation du paysage urbain, pour lui donner un nouvelle
urbanisation végétale intégrée dans son histoire et sa géographie.

Par le travail des architectes paysagistes, le paysage de nos milieux urbains,


deviendra le lieu du rationnel où toutes ses composantes, ne sont compréhensibles
que par référence à un ensemble d’aménagement qui s’intègre par les éléments qui
les composent, sans s’ignorer car elles sont liées par une même pensé paysagère.

L’architecte paysagiste répond à sa fonction suprême qui est de produire un


concept sur un site inconnu où il fait dérouler un raisonnement en établissant une
théorie, qui définira un vocabulaire afin de faire passer ses découvertes pour des
vérités.

19
Cet aperçu des pratiques paysagères dans le milieu urbain reste cependant
partiel. Il n’évoque ni leurs interventions de réhabilitation des grands ensembles, ni
leur rôle dans la création des bases de loisir, l’aménagement des établissements
scolaires, la restauration des jardins historiques ou l’aménagement des autoroutes, ni
encore la commande privée comme celle des sièges d’entreprise ou leur rôle de
conseillers des maître d’ouvrage publics et privés et leur capacité à projeter les
processus d’encadrement du devenir d’un territoire, puis à relayer ces intentions
pour les inscrire matériellement dans l’espace.

Contrairement au jardinier qui a les mains occupées et l’esprit libre, l’architecte


paysagiste est celui qui aura toujours les mains et l’esprit occupés, car il est celui qui
espère un jour planter la forêt que sa moisson de projet aura fait disparaître. Car
comme ceux qui travaillent dehors, les architectes paysagistes ont, de la nature et de
la géométrie, une idée convergente.

IV. Les dix avantages des architectes paysagistes :


Voici les dix avantages concurrentiels des architectes paysagistes par rapport aux
autres intervenants usuels en aménagement urbains :

1. Par rapport à l'architecture, les architectes paysagistes maîtrisent le design


avec des formes vivantes (plantes). C'est la garantie d'un aménagement
durable et évolutif.
2. Par rapport à l'urbanisme, les architectes paysagistes assurent la maîtrise
d'oeuvre. C'est la garantie de la cohérence entre la planification à la
réalisation concrète.
3. Par rapport au design, les architectes paysagistes maîtrisent la création des
espaces. C'est la garantie que les objets seront élégants mais que l'espace
dans lequel nous nous trouvons le sera également.
4. Par rapport à l'horticulture, les architectes paysagistes maîtrisent les effets
sensibles des plantes. C'est la garantie que les plantes seront utilisées pour
créer l'ambiance des espaces verts.
5. Par rapport à l'environnement, les architectes paysagistes maîtrisent le projet.
C'est la garantie d'intégration coordonnée du changement et de la
préservation.
6. Par rapport à la sociologie, les architectes paysagistes réalisent la maîtrise
d'oeuvre. C'est la garantie que les façons de vivre et de voir le territoire seront
pris en compte dans la réalisation des espaces verts.
7. Par rapport à l'ingénierie, les architectes paysagistes maîtrisent le vivant, la
forme ou la perception selon les domaines de formation. C'est la garantie de
ne pas sous-estimer l'une ou l'autre des composantes d'un aménagement et
de proposer un ensemble qui puisse être différent de la somme de ses parties.
8. Par rapport à la politique, les architectes paysagistes réalisent la maîtrise
d'oeuvre. C'est la garantie que la vision d'avenir sera inscrite dans le territoire.
9. Par rapport à un entrepreneur de espaces verts disparates, les architectes
paysagistes maîtrisent la création. C'est la garantie d'avoir un espace vert
différent du précédent ou de la ville voisine.
10. Par rapport à au budget, les architectes paysagistes maîtrisent les raisons et
les effets des solutions choisies. Le hasard fait rarement bien les choses. Le
professionnalisme est la garantie de l'atteinte des objectifs et du moindre coût.

20
V. La logique d’une charte du paysage:
C’est parce que, aujourd’hui, on se souci moins des limites d’anticipation des
architectes paysagistes dans l’amélioration du paysage urbain, là où les pensées
architecturales, urbanistiques et environnementalistes sont défaillantes, que les
quelques architectes paysagistes, exerçant en Algérie, se trouvent à l’écart de la
politique de l’aménagement du territoire dans le cadre de l’urbanisation végétal, au
point qu’ils exercent souvent comme fleuristes, laissant le champs libre aux faiseurs
d’espaces verts disparates, qui consomment les 15 000 dinars, alloues aux
aménagements extérieurs, pour chaque appartement construit, sans oublier les
rallonges budgétaires colossaux que l’état met, annuellement, à la dispositions des
collectivités locales, pour constituer un cadre de vie agréable pour nos citoyens, au
sein de nos paysages urbains.

Dans le processus d’anticipation pour la transformation de nos milieux urbains


et la création de nouvelles villes dans le cadre de l’amélioration du cadre de vie des
citoyens, l’architecte paysagiste fera ressortir les divers changements utiles aux
citoyens au sein de leurs villes et villages et même de leur quartier, pour aboutir à
une nouvelle forme d’aménagement paysager, sans qu’elle ne soit celles de la
rupture, car le paysage de nos milieux urbains doit se réconcilier avec notre culture
et notre histoire, pour lui donner la forme et le sens qui lui garantissent la présence
dans l’avenir.

Par cette nouvelle forme d’aménagement paysager des milieux urbains,


l’Algérien du XXI eme siècle saura retrouver son civisme, parce qu’il trouvera au seuil
de sa maison la sensation d’un ailleurs où toutes les commodités nécessaires pour
un meilleur cadre de vie sont existantes, semblables au cadre de vie constitué qu’il
voit à travers les chaînes de télévision satellitaires et durant ses voyages en
occident, en péninsule Arabe ou chez nos voisins Tunisiens et Marocains, mais cela
ne peut devenir une réalité dans notre pays que grâce à l’introduction de
l’ambulancier de l’urbanisme moderne qui saura anticiper le nouveau paysage de
nos milieux urbains et de façonner un vocabulaire urbanistique, par une recherche
approfondie du fonctionnement de toutes choses dans nos milieux urbains, tout en
recomposant différemment des éléments souvent tirés de nos paysages quotidiens
et qui seront la base de création des nouveaux espaces paysagers de nos futurs
villes et villages.

Pour faire advenir réellement le future de l’amélioration du paysage urbain


dans notre pays, il est indispensable d’instaurer une charte du paysage pour nos
milieux urbains, qui englobera un plan d’action paysager pour nos agglomérations,
afin de déterminer ce qui doit être fait au niveau de chaque zone urbaine, pour
réussir sa restauration, sa conservation ou son aménagement paysager.

Qu’il s’agisse de la ville ou du village, la charte du paysage en milieu urbain,


sera la version contractuelle entre les élus et les différents opérateurs des
aménagements urbains, pour mobiliser les compétences tels que les architectes, les
urbanistes et les paysagistes, sous la houlette des collectivités et de l’Etat garant de
l’amélioration de notre paysage urbain, dans le cadre de la politique d’aménagement
du territoire et d’urbanisation végétale.

La charte du paysage, qui est un cadre d’orientation pour la réussite des


aménagements paysagers de nos milieux urbains, intervient comme un outil
privilégié car, à la fois, elle propose une démarche d’action et elle formule des
21
principes d’intervention qui sert d’appui aux engagements des intervenants
gouvernementaux, municipaux, associatifs et privés, dont les actions ont des
impacts sur le paysage urbain. En s’inspirant des principes de la Charte, ces acteurs
peuvent contribuer au développement durable des milieux urbains en Algérie, tout
en assurant la protection des paysages urbains.

VI. Les objectifs de la charte:


La Charte énonce les principes propres à guider les acteurs dans leur
réflexion et leur concertation. Ceux-ci s'appliqueront à les respecter et rendront
compte des moyens pris pour tenir compte de la spécificité du paysage urbain et de
son évolution.

La Charte est également un outil de sensibilisation et d’éducation. Elle


propose de soutenir l’action locale et la concertation avec les organismes de
protection de l’environnement urbain et de mise en valeur de leurs nouveaux
paysages. Elle vise à promouvoir la valeur des paysages urbains et le caractère
propre des citoyens qui les habitent.

La Charte constitue un contrat dont les signataires s’engagent à respecter les


principes et à adopter des pratiques d’intervention assurant la protection et la mise
en valeur du paysage partout au sein de nos agglomérations urbaines. Ses
signataires seront les maîtres d’ouvrage, les maîtres d’œuvre, les entreprises de
réalisation, les organismes professionnels et associatifs de tous les paliers.

VII. La charte du paysage de nos milieux urbains:


Avec la charte du paysage, les signataires s’engagent à respecter les principes
suivants:

1. Les citoyens et les instances publiques doivent partager la responsabilité de


reconnaître, de mettre en valeur et de protéger le paysage urbain de nos
agglomérations.
2. L’amélioration du paysage de nos milieux urbains doit devenir une
préoccupation fondamentale lors de toute intervention dans l’aménagement
ou la restauration, au sein de nos milieux urbains.
3. Le paysage urbain de nos villes et villages évolue et se modifie constamment
selon les régions de notre pays, si bien que toute intervention doit :
• Tenir compte des spécificités et des caractères particuliers de chaque
agglomération urbaine, qui se reposent sur une connaissance adéquate de
ses dimensions temporelle, géographique, économique, patrimoniale,
culturelle, écologique et esthétique;
• assurer un développement durable du paysage urbain, fondé non
seulement sur la viabilité économique mais aussi sur le droit des citoyens à
vivre dans un cadre de vie qui leur soit culturellement et traditionnellement
significatif.

Les signataires s’assureront que les moyens privilégiés pour la mise en œuvre
des principes de la charte du paysage soient adaptés à la variété des
aménagements au sein des milieux urbains et à la nature des acteurs impliqués.

22
Les moyens privilégiés sont de plusieurs ordres :

1. Reconnaître la valeur multidimensionnelle des paysages urbains et en tenir


compte lors de l’arbitrage des projets d’aménagements réalisés;

2. Identifier les caractères distinctifs des paysages urbains afin d’éclairer les
meilleurs choix de pratiques et d’activités susceptibles d’assurer la viabilité du cadre
de vie des citoyens tant en milieu rural qu’en milieu urbain ;

3. Établir et présenter les liens nécessaires entre le patrimoine, l'environnement et le


paysage urbain pour assurer la cohérence de l'action ;

4. Adopter une approche de planification concertée qui inscrit dès ses débuts, un
processus participatif permettant une discussion publique chez les citoyens et
l’implication des différents intervenants dans la prise de décisions et la mise en
marche de projets de conservation et de valorisation des paysages urbains;

5. Reconnaître la dimension intégratrice du paysage dans les agglomérations et à


développer en matière de planification et de gestion du territoire notamment dans les
schémas d'aménagement, les plans d’urbanisme, les diverses réglementations et
des plans de développement touristique ;

6. Obtenir l'engagement des différents intervenants de se concerter avec les citoyens


et d’intégrer, à leurs projets, l'analyse des paysages affectés, l'identification de
mesures de protection et leur implication à l'égard de projets de valorisation du
paysage urbain;

7. Obtenir des intervenants publics l’engagement de contribuer au respect de la


Charte par l'énoncé de politiques, de plans d'action et de mesures d’encadrement
dans leurs propres champs d’intervention ;

8. Sensibiliser les intervenants socio-économiques a la valeur du paysage urbain en


tant que capital à valoriser et pas seulement ressource à exploiter.

9. Intensifier les efforts en matière d'éducation et de sensibilisation à la valeur des


paysages urbains, notamment auprès des jeunes et dans les programmes
d’enseignement à tous les niveaux.

10. Appuyer des projets de recherche susceptibles de favoriser la protection et la


mise en valeur des paysages urbains et favoriser la diffusion des connaissances et
de l’information concernant le paysage en général.

Pour promouvoir la Charte du paysage, l’Algérie doit se doter de moyens


nécessaires afin de diffuser cette Charte dans notre société en vue d’obtenir
l’adhésion des citoyens, des entreprises, des organismes professionnels et
associatifs et de tous les paliers gouvernementaux.

VIII. Le Plan d’action paysager :


En matière des espaces verts, les milieux urbains Algériens de ce début du
XXI eme siècle, à quelques exceptions, ressemblent aux milieux urbains du Moyen-
âge Européen car dans les espaces publics les arbres sont peu nombreux, mais ils
sont majestueux et leur présence antérieure est du temps de la construction de nos
23
villes, durant la période coloniale. Actuellement, en Algérie, coté rue, la végétation
est très rare mais on trouve une multitude de jardins, qui constituent les villas et les
palais comme ceux qui constituaient les espaces de clarté dans les mailles serrées
de la trame médiévale du Moyen-âge.

C’est parce que dire qu’en Algérie, les responsables pensent à faire
accompagner les équipements de grandes envergures avec des espaces verts, de
bonne qualité et adaptés au projet en milieu urbain est presque une chimère, qu’il est
primordial de mettre en place le plan d’action paysager, qui est un projet fédérateur
de l’urbanisme, du paysage et des espaces verts car il permettra d’apporter quelque
cohérence aux paysages urbains Algériens désarticulés, constitués par des
aménagements non maîtrisés durant 43 ans d’indépendance.

Le plan d’action paysager, doit être arbitrée pour qu’il soit compatible avec
d’autres plans d’action architecturaux ou urbanistiques car le plan d’action paysager
des milieux urbains est, avant tout, l’aboutissement du projet urbanistique et
architectural.

Le plan d’action paysager, viendra, par ses décisions et sa législation, donner


au milieu urbain son harmonie, tout en lui permettant de s’adapter à toutes formes de
projets car c’est on associant le jardin à l’urbanisme que l’on trouve les clefs de la
compréhension de l’amélioration du cadre de vie des citoyens en milieu urbain.

Le plan d’action paysager, viendra pour développer un système urbanistique


basé sur la trame végétale, à l’instar de la nouvelle ville « Akid Othmane » de Ain
Témouchent et où nos collectivités locales auront un nouveau vocabulaire végétal
adapté aux besoins de la ville moderne où le citoyen trouvera un cadre de vie
meilleur et amélioré.

IX. Mesures de réussite du plan d’action paysager :


Pour la réussite de l’urbanisme végétal, il n’existe pas en la matière de
solutions définitives mais une compréhension qui permette de concevoir et
d’apprécier le projet végétal de façon plus éclairée. Il s’agit essentiellement
d’attitudes de bon sens et de sagesse de l’architecte paysagiste qui s’attache à
recevoir un patrimoine et le transmettre en l’améliorant de façon à ce qu’il bénéficie
aux citoyens d’aujourd’hui et de demain.

La gestion des espaces verts et des aménagements paysagers en milieu


urbain, fait appel, de la part des collectivités locales, à des connaissances
spécifiques en botanique et en arboriculture, à une maîtrise des principes de
composition et de gestion végétales ainsi qu’aux références de typologies urbaines
tels les avenues, cours, boulevards, squares, etc., car loin d’être réductrices ces
compétences alimentent l’invention des projets contemporains que la collectivité fera
siens, en collaboration avec les architectes paysagistes dans le cadre du plan
d’action paysager.

Le plan d’action paysager pour l’amélioration du cadre urbain viendra pour


faciliter la mobilisation des moyens nécessaires pour la réussite de l’urbanisme
végétal car un environnement urbain et d’autant mieux défendu qu’il est perçu
comme beau par une majorité de la population.

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L’objectif du plan d’action paysager pour nos milieux urbains est de :

• Faire reconnaître l’identité et la place de l’architecte paysagiste.

• Clarifier sa fonction et sa place dans l’aménagement paysager et des


espaces verts auprès de la maîtrise d’ouvrage.

• Ouvrir un dialogue avec d’autres disciplines qui interviennent dans le


paysage urbain et avec qui le paysagiste doit travailler.

• Revendiquer l’utilisation des compétences des architectes paysagistes


par les différentes instances de l’Etat tels que les ministères et les
collectivités locales.

• Définir un champ de compétences réservé auquel personne ne peut


accéder s’il n’a pas la formation nécessaire avec une acquisition
permanente des compétences.

• Ouvrir la profession à de nouveaux marchés.

Il serait nécessaire que ce plan d’action paysager, ne se fasse pas


uniquement sous l’égide du ministère de l’Environnement mais en collaboration avec
les autres ministères concernés : Equipement, Agriculture, Culture, d’Intérieur et les
des collectivités locales.

X. Conclusion :
Le paysage urbain de nos agglomérations urbaines doivent présenter des
qualités certaines pour le bien être des citoyens et que des choix méritent toutefois
d’être précisés par le plan d’action paysager et de la charte du paysage, pour
accroître la qualité des milieux de vie et contribuer au développement économique
de chaque ville et village de notre pays.

Cette culture de la qualité doit également se traduire par le respect des


particularités du tissu urbain de nos villes et par le renforcement de l’identité de
chaque ville par une amélioration continue du paysage urbain. Dans cet esprit,
chaque occasion offerte par l’aménagement d’une rue ou d’un lieu public, par la
construction d’un bâtiment ou par l’implantation d’une infrastructure de transport doit
être saisie pour enrichir le plan d’action paysager.

Même si la plupart des collectivités locales auront la volonté stratégique de se


donner une image capable de fédérer dans les bases du développement durable
pour le tourisme en Algérie, pour favoriser cet objectif l’Etat doit mettre à leur
disposition les moyens financiers avec un contrôle rigoureux sur la qualité paysagère
et matériel des aménagements selon les closes de la charte du paysage, afin que la
réussite sera visible par l’ensemble des citoyens Algériens qui aspirent à de
meilleures conditions de vie en milieu urbain car la charte du paysage et le plan
d’action paysager seront le nouveau code de l’urbanisation végétale au sein de
chacune de nos collectivités locales, afin de réussir de meilleurs résultats pour
l’amélioration du cadre de vie des citoyens, grâce à une collaboration étroite avec les
architectes paysagistes parce que sans une initiative de cette grandeur, pour le
domaine de l’aménagement urbain et sans donner les moyens à chacune de nos
agglomérations urbaines, en matière d’aménagement des espaces verts et du
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paysage urbain, notre pays ne pourra que s’attendre à ce que les problèmes actuels
de nos milieux urbains, ne feront qu’accentuer au point que nos villes et villages en
2025, ne seront jamais disposer à donner un meilleur cadre de vie aux 80% des 42
millions d’Algériens et que le doute subsistera sur la réussite du programme de
développement durable du tourisme en Algérie.
©Eurl. « L’empreinte végétale »

JARDIN CENTRAL A AIN TEMOUCHENT

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