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Amalgames: évolution, propriétés mécaniques, électrochimiques et biologiques

Amalgames: évolution, propriétés mécaniques, électrochimiques et biologiques

1. GENERALITES

Définition: all. métallique (poudre Ag,Sn,Cu: limailles ou sphères)+ Hg (seul métal liquide à t°ambiante).

Matériau très utilisé

champ d indication large

tolérance à la manipulation

espérance de vie (10 ans)

formation aux mat. adh. insuffisante

cout qualité et longévité restauration

• 1836: Taveau propose l amg d Ag (all binaire Ag-Hg)

• 1896: Black définit composition d un alliage amg et cavités normes ADA 1926

• 1975: all. non ɣ2 dispersées puis HCSC (R corrosion, fluage), particules sphériques ( Hg )

Critiques, de moins en moins utilisé dans les facultés

absence d adhésion (pas de mouillage)

dégradation dans le milieu buccal (corrosion, fluage: d orig méc, se déforme et remonte sur les bords de la cavité)

aspect inesthétique

conducteur thermique

biocompatibilité

• années 80: polémique sur la toxicité du Hg qd mise en oeuvre, restauration (appareils de me- sure)

• Hg: 40 à 50% amg 39,40%, moins toxique lorsqu il est allié.

• Effets systémiques du Hg: neuro, néphro, reproduction. LSD: hyperexcitabilité, tremblement.

• Voies de contamination (Toumelin 2007):

peau de chamois

renversement de flacon

amalgamateur défectueux

insertion, condensation, modelage, polissage, dépose

intr contaminés

déchets et capsules (séparateur d amg)

• Restrictions: femmes enceintes, maladie rénale

• Conseil supérieur dhygiène publique de France:

capsules

recueil des déchets

séparateurs

masque, gants

fraisage sous spray et aspiration

digue

polissage: spray d eau avec faible pression

amg non ɣ 2

locaux ventilés sans parquet ni moquette

2. CATEGORIES MORPHOLOGIQUES DE POUDRES DALLIAGES

• influencent propriétés amg via composition chimique, granulométrie, état de surface.

2.1. POUDRE DE LIMAILLES

• métal fondu lingot tr d homogénéisation sous le liquidus (400°C,diffusion)

• refroidissement: vitesse calculée. Si Ag Sn: β ou ɣ suivant vitesse

• copeaux puis recuit pour éliminer contraintes (sinon var.vol. après prise)

• tamis pour granulométrie

• éventuel tr. surface par acide pour réactivité

2.2.

POUDRE SPHERIQUE

• atomisation du métal fondu, gouttelettes (refroidissement rapide sous jets d eau) ou sphères (refr lent sous argon dans colonne de pulvérisation)

• contrôle précis de la granulométrie

• traitements thermiques d homogénéisation + lavages acides

2.3. TAILLE DES PARTICULES

• Granulométrie importante= cinétique de prise lente (cf surface développée des grains < par masse)

• Granulométrie faible: expansion

act. partic. petites ou moy. mélangées (5 à 100 μ , moy 15 à 35 μ ): prise et R

2.4. COMPARAISON LIMAILLES/SPHERES

• Sphérique:

néc. moins de Hg car étalement plus facile, cinétique de prise augmente même si SD<copeaux.

tps prise<: désav. au niveau manip. mais moins de risque de fracture après 1h.

modelable: R friction <.

2.5. POUDRES MIXTES

• Act.: mélanges limailles-sphères ou sphères-lim: compromis manip. et propr.

3. LES DIFFERENTS ELEMENTS ET LA REACTION DE PRISE

3.1. LES DIFFERENTS ELEMENTS

• Ag:

40 à 70% composition, + Hg= ɣ1

R méc

• Sn:

22 à 30 % max, +Hg= ɣ2

amalgamation, plasticité, expansion et tps de prise

mécanique, électrochimique

• Cu:

2 à 40%

se combine à Sn pour améliorer : ɳ’ pour éviter ɣ 2, précipités

• Zn:

<2%

controversé: expansion prise

désoxydant lors coulée: s unit à oxygène corrosion initiale et intégrité marginale

• Pfois composants mineurs: Pd/In

• Ce sont les propriétés des phases binaires qui influent sur les propriétés des amg

3.2. LES DIFFERENTES PHASES

1) Diagramme Ag-Sn (schéma)

Amg modernes basés su Ag3Sn: limites de composition très étroites

Si Sn>26.8% en poids: ɣ+ SnSn se combine à Hg

 

α : inutilisable, expansion ++ avec Hg

β : idem car cristaux hétérogènes

ɣ : Ag3Sn est la seule utilisable

(+ 300mV)

2) Diagrammes Ag-Hg et Hg-Sn expliquent la prise (schémas: pas à connaître)

ɣ1: Ag2Hg3 (terminologie dentaire)

ɣ2 Sn7Hg ou Sn8Hg, struct. hexagonale

(- 250 mV)

Hg: Tf= -38.9°c, plus d affinité pour Ag que pour Sn

• Si Hg> 46% : ɣ2 se forme qque soit le type d amalgame

• 3) Après mélange l amg est basé sur le système Ag-Hg-Sn (ternaire)

• 4) + Cu pour Résist., sous la dépendance de Ag-Cu (eutec) et Sn-Cu (transfo périct)

ɛ : Cu3Sn

ɳ’ : Cu6Sn5

(-180mV)

3.3. LA REACTION DE PRISE

• mat plastique après trituration durcit progressivement après condensation. 3 :

• Imprégnation: diffusion à l état solide via lacunes (Hg dans all, Ag et Sn dans Hg)

• Amalgamation: début R chim Hg et all, formation d une structure cristalline avec pls (dissolu- tion puis précipitation puis cristallisation)

• Cristallisation: durcissement

4. LES DIFFERENTS AMALGAMES

4.1. AMALGAMES CONVENTIONNELS (Cu<6%)

Composition:

Ag (63-70%) Sn (26-28%) et Cu (ternaires) évt + Zn 0-2% (quaternaires)

ɣ et β + pas ou peu ɛ

souvent limailles

R prise:

ɣ + Hg → ɣ1 70%, stable corrosion + ɣ2 10% instable corrosion + ɣ 20% résiduel

ɣ1 en premier (affinité Ag), CFC: matrice, cohésion

plus il y a de Hg, moins il reste de ɣ

Propriétés

mécaniques

fluage

corrosion

modif taille et forme partic améliorent mais résultats limités

4.2. AMALGAMES A HAUTE TENEUR EN Cu

4.2.1. A PHASES DISPERSEES

Composition:

1963: poudre conventionnelle (limaille)+ all. eutectique Ag-Cu (sphér) (72-28%)

Cu 9 à 20% en poids (min 12%)

R prise:

1) ɣ + Hg → ɣ1 + ɣ2 + ɣ

2) AgCu + ɣ2 ɳ’ + ɣ 1

ɣ2 est éliminée pendant le durcissement

Propriétés

propr méc (précipités d E >, bloquent dislocations)

disparition quasi totale de ɣ2 en une semaine propr méc, corrosion

fluage

4.2.2. HCSC (High Copper Single Composition)

Composition:

1974: particules homogènes Ag (40-60%)-Sn (22-30)-Cu(13-30)(Cu incorporé lors de la fonte du lingot)

Composition métallurgique de la poudre= ɣ + ɛ

R prise:

ɣ + ɛ + Hg → ɣ1 + ɳ’ + ɣ + ɛ résiduels

particules limailles: formation temporaire de ɣ2

particules sphères: Sn réagit directement avec ɛ pour donner ɳ’

Propriétés

propr méc (précipités d E >, bloquent dislocations)

bonne R corrosion

fluage négligeable

1. CLASSIFICATION AFNOR

type 1: all. ternaires à faible teneur en Cu

type 2: all. à haute teneur en Cu, se rapprochant dispersion de phase

type 3: all. à haute teneur en Cu, composition unique

type 4: all. de composition originale ou contenant d autres composants

2. LES PROPRIETES PHYSIQUES

2.1. VARIATIONS DIMENSIONNELLES En plus du choix des composants (Ag et Cu , Zn et Sn ) et du traitement thermique (expansion, origine inconnue) lors de la fabrication des poudres:

2.1.1. AU COURS DE LA PRISE- norme: -0,15 à +0,2%

Amg modernes: contraction car ɣ1<vol initiaux Ag et Hg sauf si Hg >> expansion

Partic petites (porosités s éliminent + facilement, réactivité d ɣ↘ et retrait), trituration (méc), condensation (élimination Hg sauf pour sphériques), favori- sent retrait.

2.1.2. INFLUENCE CONTAMINATION

Si Zn, contamination sang ou salive entraîne expansion après 3 jours qui peut se poursuivre des mois: dégagement d H2 pression, douleurs pulpaires et dégradation

marginale ou expansion si prise lente.

2.1.3. VARIATIONS THERMIQUES

‣ α 22 à 28 10-6/°C, dentine 8,3 et émail 11,4

2.1.4. CONSEQUENCES

Amalgame rigide conséquences accentuées. Dégradation marginale, si expansion,

douleurs pulpaires, fractures.

2.2. CONDUCTIVITE THERMIQUE

13X < or, 20X > composite, 37X > dentine mvts hydrodynamiques vers la pulpe

liner

3. PROPRIETES MECANIQUES

3.1. DURETE

Compatible avec dent et or.

+ durs au centre (+ de phase ɣ 2, la moins dure, en périphérie)

Dureté Vickers 300g 24 h (HVN): environ 100. Conv (100)< disp(130 < HCSC(160)

3.2.

RESISTANCE EN TENSION

environ 60 MPa

ɣ très supérieure à ɣ1 et ɣ2 Hg

favoriser sphériques, éviter très petites particules, condensation

3.3. RESISTANCE EN TRACTION (DIAMETRALE)

Fction du tps écoulé, environ 50 MPa sur 7 jours

HCSC: résistance à la traction précoce

taille partic, Cu, Hg, trituration, condensation: R

3.4. RESISTANCE EN COMPRESSION

avec le temps

HCSC 2X > conv, résistance précoce

3.5. FLUAGE

Déf: déformation plastique progressive et irréversible qu un corps subit dans le temps, sous charge cste inférieure à la limite d élasticité.

Origine:

glissement grains et disloc ( ɣ2 grande déform plast ɳ’ )

Conséquences:

aplanissement contacts

surcontours

débordements marginaux

fractures

Facteur essentiel: t°, proche du solidus de certaines phases

Mesure au niveau cylindre sous charge cste 7j

HCSC min 100 X> conv (6%) et 9X> disp: doit être < 3%

Facteurs: nature alliage (not. présence ɣ2), taille partic (mieux grandes), forme (mieux sphères), tr therm, Hg, condensation (ultrasonore augmente)

4. RESISTANCE A LA CORROSION

4.1. CORROSION ELECTROCHIMIQUE

dégradation en profondeur corrosionchimique: ternissement surface < sulfu- ration de Ag.

Salive= milieu électrolytique

Amg= phases, amgs, âge

Couple d aération différentielle

Couplages galvaniques

Aires relatives

courant pour HCSC 35X< conv

4.2. FACTEURS INFLUENCANT LA CORROSION

ɣ 2: pot. le plus bas, la plus attaquée par piqûre. ɣ2+ O2oxydes et sels Sn + Hg libre Hg libre + ɣ →ɣ1 + ɣ2 !!!

ɣ peu attaquée

ɣ1 la plus noble (pellicule protectrice de sels d Ag)

Importance du polissage

Zn générateur corrosion

conséquences

détérioration marginale

coloration dentine (sulfures Ag, Sn, Zn)

tatouages (sels Ag et Sn)

colmatage surface, effet anti-bactérien oxydes (de Cu)

4.3. EVALUATION DE LA CORROSION (schémas, cf question corrosion)

courbes potentiel-temps / potentiodynamiques

5. PROPRIETES BIOLOGIQUES: TOXICITE DES AMALGAMES

Hg quand condensation, polissage, dépose

Dose toxique??? INRS vapeurs et sels 0.1mg/m3 toxique vs 85 à 325 μ g/m3. Lo- caux: toxique quand exposition vapeurs toute la semaine 8h par jour.

amg frais= 25% apport journalier alimentaire, vieilli= 1/20ème.

valeurs dans le sang LSD< limites admises.

Pas de preuve scientifique: problème écologique ! (séparateurs)

allergie: lichen plan ?

6. QUALITE DES RESTAURATIONS A L AMALGAME

6.1. FABRICANT

Composition:

Cu(cf fractures marginales)

Zn

Taille des particules et forme:

pas trop petites (cf fractures marginales)

particules sphériques: meilleure condensation mélange

Présentation alliage

Tr. thermiques

6.2. OPERATEUR

Choix alliage

Hg: capsules (1/1 ou >)

Trituration XXX: surtrituration tps de travail, sph. tps trituration + court

Condensation 30 à 40 N (ni trop fort ni trop peu !), petits apports (cf porosités, trop peu de ɣ)

Brunissage: adaptation et poli mais couche riche en mercure

Polissage: limite corrosion, élimine couche riche en mercure

6.3. CAUSES D ECHEC

Caries II (70% remplacements)

Fractures de lamg

Fractures dent

Détérioration marginale