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22 en treti en Les Verts: “Sète doit devenir la ville pilote de l’écologie” Ils étaient

Les Verts:

“Sète

doit devenir la

ville

pilote de

l’écologie”

Ils étaient membres actifs du groupe d’opposition municipal Tous pour Sète, mais contre toute attente ils s’engagent dans la bataille des municipales d’une manière autonome : les Verts expliquent ici les raisons de cette candidature. Ils exposent aussi leur conception de la ville et lèvent le voile sur quelques-uns de leurs projets. Attention, ça cartonne.

sur quelques-uns de leurs projets. Attention, ça cartonne. Candidature La Gazette : Vous avez décidé de

Candidature

La Gazette: Vous avez décidé de lancer une liste autonome au premier tour des élections munici- pales de mars 2014, n’allez-vous pas contribuer à la dispersion des voix et à rendre difficile l’union de la gauche au deuxième tour?

Marie-Thérèse Mattera:Nous espérons sincè-

rement que non. L’union de la gauche n’a pas pu se faire pour le premier tour, nous le déplorons.

On dit que vous étiez favorable à ce que quelqu’un de plus jeune que François Liberti, et plutôt une femme, soit tête de liste de l’union de la gauche, c’est vrai?

Max Horde : Nous, en général, nous sommes plutôt pour le renouvellement, pour l’innova- tion. Alors oui, nous étions plutôt pour une femme, mais pas forcément une Verte. Les per- sonnes qui composent Tous pour Sète sont sé- rieuses, elles travaillent, mais il faut changer, l’écologie porte en elle le changement.

Marie-Thérèse Mattera : François Liberti est

un homme de terrain et un personnage re- connu, mais pour nous c’était important d’in- sister sur le renouvellement. On a essayé de faire le message. Ça n’a pas eu d’écho.

Qui était votre candidate pour mener cette liste de l’union de la gauche?

Marie-Thérèse Mattera : Véronique Calueba.

Pour nous, elle pouvait aplanir les différents obstacles à une union de la gauche. Elle partira avec Tous pour Sète.

une union de la gauche. Elle partira avec Tous pour Sète. Mais ce n’est pas uniquement

Mais ce n’est pas uniquement parce que la tête de liste n’est pas une femme que vous avez décidé de présenter une liste autonome…

Max Horde : Notre programme est différent de celui des autres composantes de cette gauche.

Marie-Thérèse Mattera : Moi, je suis élu d’op-

position au sein de la gauche plurielle depuis

2008…

… Et tout semble s’être bien passé au sein de ce groupe,c’est donc étonnant qu’au moins vous ne repartiez pas avec Tous pour Sète?

Marie-Thérèse Mattera: Oui c’est vrai, tout s’est bien passé.

Cécile Broucet : Du bon travail a été réalisé, mais les idées écolo n’étaient pas assez identi- fiées sur cette ville.

Max Horde : Moi aussi, j’ai travaillé avec Tous pour Sète, nous avions une réunion tous les mercredis où je représentais les Verts. Nous avons fait évoluer la perception de l’écologie, fait comprendre que ce n’est pas un accompa- gnement d’une politique urbaine, mais la clé de cette politique, environnementale, sociale et économique en même temps puisque c’est interactif. Notre message était bien perçu, mais le lendemain il était un peu oublié. C’est cela qui nous décide d’affirmer notre point de vue.

Françoise Alamartine : On a rencontré Lu-

brano, Sans, le PC, on va rencontrer le Parti de gauche. Nous étions pour une alliance complète,

Parti de gauche. Nous étions pour une alliance complète, Les deux têtes de liste des Verts

Les deux têtes de liste des Verts : Marie-Thérèse Mattera et Max Horde.

La Gazette n° 292 - Du 2 au 29 janvier 2014

mais nous pensons aussi qu’il est important au premier tour que chacun exprime ses idées. Nous avions l’impression d’être un peu noyés dans Tous pour Sète.

Vous avez déclaré que “la guerre des trois n’aura pas lieu”:les deux premiers,ce sont André Lubrano et François Liberti, qui est le troisième?

Marie-Thérèse Mattera : C’est nous! Cela veut

dire qu’on ne compte pas sur nous pour nous lancer dans une guéguerre personnelle. Actuellement, c’est un peu la guerre des chefs.

Max Horde : Ça ressemble à des joutes, ce sont les anciens qui s’installent sur la tintaine pour faire la revanche des élections précédentes.

Marie-Thérèse Mattera : À droite comme à

gauche.

Max Horde : Ça peut faire rire, mais en fait ça fait aussi réfléchir. Comment changer la société si on n’arrive pas à changer aussi la représen- tation des mouvements?

Marie-Thérèse Mattera : Ça nous paraissait

incohérent de dire aux gens: “Nous devons chan- ger”, et repartir avec les mêmes têtes.

En 2001, les Verts s’étaient présentés avec une liste autonome,mais n’avaient recueilli que 6,2 % des voix: ce score ne vous fait-il pas réfléchir?

Marie-Thérèse Mattera: La rupture avec Jean-

Baptiste Giordano (1) date de là. En 2001, vu le bon fonctionnement au sein de la gauche plu- rielle, les Verts ont souhaité poursuivre cette alliance. Mais, à ce moment, Jean-Baptiste Giordano a préféré mener une liste autonome alors que les plus actifs et motivés poursuivaient leur travail au sein de l’union. À ce moment-là, ils ont été exclus. Ce score, c’est uniquement celui de Giordano et de ses amis, il ne veut pas dire grand-chose.

Quel résultat espérez-vous atteindre, cette fois?

Marie-Thérèse Mattera : Notre objectif, c’est

de faire 5 % pour pouvoir nous maintenir au

deuxième tour et pour pouvoir rentrer dans nos frais. Être au-dessus de 5 % nous permettra aussi de nous rapprocher de façon un peu plus incisive de nos amis de gauche.

Pensez-vous que les néo-Sétois sont plus sensibles que les anciens à votre discours?

Max Horde : Oui, et c’est l’une des raisons pour lesquelles nous présentons une liste autonome.

Cécile Broucet : Si Sète attire beaucoup de nou- veaux, c’est que le cadre de vie est intéressant. Nous, nous voulons préserver, c’est pour ça que nous lançons cette idée: Sète doit devenir la ville pilote de l’écologie. La crise est bien réelle, mais nous voulons montrer que des solutions écologiques fonctionnent.

Marie-Thérèse Mattera : M. Marchand dit:

“Sète attire Montpellier par son côté typique et folklorique.” Nous, nous parlons plutôt d’identité, et cette identité, nous voulons la préserver!

Des personnes qui soutenaient Jean-Baptiste Giordano vous font-elles des offres de service?

Marie-Thérèse Mattera : Je vais être brutale,

Jean-Baptiste Giordano ne partage absolument pas notre remise en cause du système de déve- loppement. Il a le même objectif d’aménage- ment que le PS en se contentant de peindre cet aménagement en vert. Nous, nous ne souhaitons pas aménager, nous souhaitons engager la tran- sition. Nous n’avons pas de fonds commun avec lui.

Max Horde : Nous n’avons aucun lien avec lui. On peut même dire qu’on n’en parle pas.

Françoise Alamartine : Si nous étions allés

avec Tous pour Sète, nous laissions un espace pour une soi-disant écologie autonome.

D’ici le mois de mars,la création d’une liste d’union de la gauche est-elle encore possible?

Marie-Thérèse Mattera : L’idéal rassemble-

ment de la gauche est formé de ses trois com-

PARTICIPENTÀ

CETTEINTERVIEW

Les têtes de liste des Verts

Marie-Thérèse

Mattera: médecin

généraliste,elle est

conseillère municipale

d’opposition au sein du groupeTous pour Sète (tête de liste, le communiste François Liberti).

Max Horde: artiste.

Sans être conseiller municipal, il a travaillé tout au long de la mandature avec le groupeTous pour Sète. Artiste et politique, c’est possible? “Pour faire de la politique, il faut de l’imagination,être visionnaire et être utopiste. Bien sûr, il faut mettre cette utopie au pas de la réalité, mais il faut avoir cette étoile comme objectif, sinon, il vaut mieux rester chez soi.”

Deux représentantes

des Verts

Françoise Alamartine:

jusqu’ici, membre du bureau exécutif d’Europe Écologie-les Verts,secrétaire nationale adjointe déléguée à l’international.Depuis

quelques jours,elle a quitté cette fonction. Elle est porte-parole et directrice de campagne des Verts de Sète.

Cécile Broucet: elle est la porte-parole de la campagne des Verts.

ÉLEC TIONS

Propos recueillis par Raquel Hadida et Henri-Marc Rossignol / Photos Guillaume Bonnefont /

Cécile Broucet, Marie-Thérèse Mattera, Max Horde et Françoise Alamartine.

posantes, or André Lubrano dit: “Rassemblez- vous derrière moi.”.

Programme

Vous êtes favorables aux circuits courts,mais com- ment une mairie peut-elle agir sur le développe- ment des productions locales?

Marie-Thérèse Mattera: Pour nous, les ventes

en circuits courts sont un outil de développe- ment. Par exemple en choisissant des produc-

teurs locaux pour les cantines scolaires, les

crèches, les maisons de retraites municipales. Notre objectif, c’est de faire de Sète une ville pilote. La ville peut tenter d’être autonome éner- gétiquement. Elle peut faire isoler ses bâtiments, implanter des éoliennes, installer des panneaux solaires. Le tout en faisant appel à des artisans locaux.

Ce genre de développement peut créer beaucoup d’emplois?

Françoise Alamartine : Au niveau national,

on a dit que la transition énergétique peut créer un million d’emplois, c’est peut-être exagéré, mais en Allemagne ils en sont déjà à 400000 emplois. Localement, il y a des possibilités: par exemple, pourquoi ne pas favoriser l’implan- tation de filières de granulés de bois pour le chauffage? Pour me chauffer, c’est ce que j’uti-

lise, mais il faut que je monte à Lodève pour en acheter, et ils sont produits en Allemagne…

Marie-Thérèse Mattera : Et il faut le rappeler,

nous sommes pour le partage du travail. Il faut commencer à réfléchir aux 32 heures par se- maine.

Là-dessus, une ville ne peut pas grand-chose.

Marie-Thérèse Mattera : Pas d’accord! Une

ville peut, et doit montrer l’exemple, et lancer

la concertation sur ce thème. Avec le port et

l’hôpital, la Ville est le premier employeur de Sète, il faut qu’elle aussi innove. Mais on ne peut pas, d’un côté, soutenir les pro- ducteurs locaux et, de l’autre, supprimer des

réserves foncières agricoles, comme veut le faire la Région à Poussan pour l’hinterland (2).

Le port, justement. André Lubrano dit: “Je ne dis- cute qu’avec les gens qui ne remettent pas en cause les projets de la Région sur le port.” Vous allez avoir du mal à discuter avec lui…

Max Horde : La Région a des logiques qui nous paraissent contradictoires. Elle affiche la démo- cratie participative, mais elle arrive avec des projets “clés en main” dont personne n’a débattu. Comme dans le quartier les Quatre-Ponts autour de la rue Honoré-Euzet, sur l’aménagement du quai de la République: un jour, les riverains et les gens qui ont des bateaux voient arriver des pelleteuses. Ils n’ont été avertis de rien. C’est un manque total de démocratie.

Sur le fond,reconnaissez-vous que la Région tente de faire décoller le port?

Max Horde : Les décisions doivent se prendre en concertation.

C’est une critique sur la forme, mais le fond?

Marie-Thérèse Mattera : Ah non, non, non!

La défense de la forme, la concertation, ça c’est le fond!

Max Horde : Au début, avec Tous pour Sète on était allé rencontrer le directeur de la Région et la personne qui travaillait sur la transformation du port. J’avais posé une question concernant l’hinterland: “Est-ce que vous ne voyez pas trop grand?” “Non, non, nous avaient-ils répondu, c’est nécessaire, il faut un grand port !” C’était l’esprit Frêche. Nous, on appelle ça les grands projets inutiles. Nous nous avons discuté avec les gens du port et ils nous ont dit: l’intérêt du port de Sète, c’est sa polyvalence. Ils ont raison. Nous nous appuyons sur l’expertise populaire.

Mais la Région ne remet pas la polyvalence en question…

Marie-Thérèse Mattera : Nous reconnaissons

que le seul acteur sur le port, c’est la Région. Mais elle a des logiques qui nous paraissent contradictoires.

Max Horde : Je crois que tout n’est pas dit. Certaines transformations nous laissent sup- poser que la Région veut que le port soit consacré à la plaisance de luxe. Mais ils n’iront pas jusque- là, parce qu’ils n’y arriveront pas.

Françoise Alamartine : Ils ont une vision très

ancienne du développement. Nous l’avions vu avec Agrexco. Nous leur avions dit: “Vous mettez les employés du port en porte-à-faux entre leur éthique et leur salaire.” Ils ne cherchent pas com- ment avoir des échanges nouveaux, équitables avec d’autres pays, ils foncent dans des choses anciennes pour faire du quantitatif. Nous, nous estimons qu’on ne peut pas dissocier le local du global. En fait, y a une sorte d’amateurisme qui se cache derrière leur soi-disant expertise.

Y a-t-il des ports où ce principe d’échanges nou- veaux est mis en pratique?

Françoise Alamartine : Très peu.

Sur la pêche:vous dites vouloir favoriser la pêche artisanale, mais vous savez bien que la santé de la pêche dépend en grande partie des décisions prises à Bruxelles, et pas à la mairie de Sète…

Marie-Thérèse Mattera : Sur les 3 milliards

consacrés par Bruxelles à la pêche, 70 % vont revenir aux plus gros armements. C’est la même chose que pour l’agriculture. Nous avons le pro- jet d’aménager un site spécifique dédié à la pe- tite pêche, non pas serré près de la criée, mais de l’autre côté du môle, sur le site de l’America… géré par la Ville.

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24 entretien

ELEC TIONS

24 en treti en ELEC TIONS “La construction de l’immeuble Gaffinel, ce n’est pas anecdotique, c’est

“La construction de l’immeuble Gaffinel, ce n’est pas anecdotique, c’est symbolique. On marche sur la tête !” Marie-Thérèse Mattera, ici aux côtés de Max Horde et Françoise Alamartine.

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Ce n’est pas parce qu’elle aura un espace dédié que la pêche artisanale sera plus rentable.

Marie-Thérèse Mattera: Il faut que les petits

métiers soient mieux représentés au Parlement de la mer (3) pour peser sur une meilleure ré- partition des quotas non utilisés par le chalutage.

Autre domaine:que préconisez-vous pour la gestion et le traitement des ordures,sachant que c’est une compétence de Thau Agglo?

Marie-Thérèse Mattera: Nous savons que l’in-

cinérateur doit être doublé. Les solutions doivent se trouver dans la concertation et le partenariat.

Vous êtes contre le doublement de l’incinérateur?

Max Horde: Oui!

Quel mode de traitement des ordures préconisez- vous?

Marie-Thérèse Mattera: Déjà, nous sommes

pour un meilleur tri.

Max Horde: Et pour la méthanisation, la pro- duction de gaz. Mais pas comme l’a fait Montpellier. Nous, nous sommes pour de petites unités disséminées sur le territoire.

La Ville de Lunel,UMP,lance la fiscalité des ordures ménagères au poids:vous êtes prêts à militer pour que cette solution soit adoptée dans l’Agglo?

Marie-Thérèse Mattera: LesVertssontcritiqués

pour leur manque de pragmatisme, mais on voit qu’au quotidien leurs idées sont reprises par des communes de gauche comme de droite!

Françoise Alamartine: C’est une bonne chose,

mais est-ce que dans ce calcul, à Lunel, ils font entrer le quotient familial? Si on ne le fait pas, c’est une manière de favoriser la discrimination sociale. C’est la même chose que pour la consom- mation de l’eau: pour le prix, à partir d’une base commune, il faut introduire des conditions so- ciales, on ne va pas faire payer un petit agriculteur comme un gros.

Sur l’eau justement,on imagine que vous êtes pour la gestion en régie municipale?

Marie-Thérèse Mattera : Oui! L’année pro-

chaine, le contrat de Veolia doit être renégocié. Et nous sommes effectivement pour un retour en régie municipale.

Françoise Alamartine: Plus précisément, nous

nous inspirons d’une vieille idée que défendait Alan Lipietz (4) dans “Le tiers secteur”. La gestion n’est alors confiée ni au privé, ni au public, car les services publics tels qu’ils sont développés ne sont pas toujours au service du public, mais elle est confiée à une structure tierce. Où la collectivité territoriale, les salariés de l’entreprise et les ci- toyens sont parties prenantes de la gestion.

La Gazette n° 292 - Du 2 au 29 janvier 2014

Urbanisme: vous condamnez la politique de construction de François Commeinhes, mais vous savez bien que Sète manque de logements.

Oui, il y a 1700 demandes HLM en instance. Mais plutôt que de construire du nouveau, servons- nous déjà de tous les logements vides dans le centre-ville, mais aussi dans les quartiers nou- veaux. Rendez-vous compte: il manque des loge- ments, mais les résidences secondaires ne sont occupées que 42 jours par an! Ces constructions ne servent pas aux Sétois, elles servent à faire des placements d’argent.

Vous ne pouvez pas contraindre les propriétaires à louer s’ils ne veulent pas: que peut une ville?

Marie-Thérèse Mattera: Elle peut favoriser la

rénovation des habitations anciennes. Et là, je fé- licite la municipalité Commeinhes d’avoir dégoté au niveau national des aides pour rénover des quartiers anciens du centre-ville.

Max Horde: Attends, son premier projet c’était de tout détruire et de reconstruire du neuf! Il a été contraint de mener une politique de rénova- tion. Cette municipalité recherche à augmenter la population à tout prix. Il y a une démarche quantitative qui n’est pas nécessaire.

Le maire s’en défend…

Max Horde : Mais regardez le PLU (5)! Il est conçu pour 53000 habitants, donc 10000 habi- tants de plus!

Marie-Thérèse Mattera: Nos critiques se por-

tent surtout sur les projets de la zone est. Les seules réserves foncières dont dispose Sète se trouvent là. Il faut les garder pour le développe- ment de l’activité portuaire.

Si vous êtes élus à la mairie, l’immeuble Gaffinel - construit en contradiction avec les règlements d’urbanisme - sur la corniche,vous le gardez ou vous le détruisez?

Marie-Thérèse Mattera: Moi qui suis médecin,

si j’ai une verrue sur le nez, je l’enlève! L’argent du contribuable a permis de consolider la falaise sur laquelle quelques personnes riches vont venir habiter. On marche sur la tête! Ce n’est pas anec- dotique, c’est symbolique. Les Verts sont des calmes, mais quand la ligne verte est franchie, ils sont capables de se fâcher!

Transport: André Lubrano propose la réalisation d’un tramway qui irait de Poussan à Sète et Frontignan,c’est un mode de déplacement qui doit avoir assentiment,non?

Françoise Alamartine: Non, parce qu’un tram-

way coûte très cher au kilomètre. Il vaudrait mieux développer de petites navettes à gaz ou mettre en place des trolleybus. Pourquoi ne pas faire comme à Béziers: une navette gratuite qui fait le tour de la ville? Et des parkings aux entrées de ville. Voire des navettes fluviales dans les canaux

et sur l’étang. L’été, Sète devient une ville agres- sive. Nous, les Verts, nous ne sommes pas agres- sifs, alors nous sommes pour les parkings et les navettes!

Tourisme:vous semblez allergiques au fait que Sète puisse devenir une station balnéaire?

Cécile Broucet: Non, mais nous ne souhaitons pas une économie touristique de trois mois, nous

préférons que cette ville profite d’emplois à l’an- née. Je suis voileuse, on nous dit que 1500 places vont être créés pour les bateaux, c’est bien, mais

il ne faudrait pas oublier les Sétois.

Max Horde: On dit aussi qu’on va favoriser l’hi- vernage de yachts. Pourquoi pas, mais quand Lubrano est venu rencontrer les gens du quai, il

a dit: “Oui, ici il va y avoir des places à 10000 à l’annéepourlesyachts.”Lesgensluiontdemandé:

“Et pour les vieux gréements?”, et il a répondu:

“10000 aussi!”

Marie-Thérèse Mattera: Et puis les personnes

qui font de la voile sont économes, c’est un leurre de croire qu’elles vont faire marcher le petit com- merce.

Mais les propriétaires de ces voiliers dépenseront de l’argent dans les commerces de Sète,ce sont des ressources indirectes pour la ville?

Max Horde: C’est très intéressant pour la Région oui, et aussi pour la ville. Mais cet argent, qu’est- ce qu’on en fait? Est-ce que c’est encore pour aménager un peu plus les quais pour que les riches puissent se poser? J’aimerais qu’une charte municipale dise que cet argent va être investi par exemple à l’Île-de-Thau. La ville doit se développer de façon harmonieuse.

Culture: beaucoup de festivals sont aidés par la Ville: êtes-vous favorable à continuer cette poli- tique?

Max Horde: Certains festivals existaient avant Commeinhes, il faut le dire. Nous, nous sommes pour un développement culturel sur toute l’année et dans tous les quartiers. Et puis il y a un point noir, un point mégalo: la poésie, c’est trop!

Qu’est ce que vous voulez dire?

Max Horde: Le festival de poésie, c’est les poètes parlent aux poètes. Je me suis promené dans le Château-d’O pendant le festival, il y a du monde, mais c’est surtout les familles des poètes qu’on rencontre, plus quelques intellos du coin. C’est 70 % de ringards. Et c’est coûteux.

Françoise Alamartine: Moi, je trouve l’occupa- tion de la rue par ce festival très agréable. C’est vrai qu’il y a eu moins de monde cette année. Mais il faut veiller à ce que la population de Sète soit impliquée dans ce genre de projet. Sur l’ani- mation à l’année, nous avons un exemple à suivre avec le festival de photo.

Marie-Thérèse Mattera: Ce qui est fait au musée

Paul-Valéry est intéressant, mais beaucoup de Sétois continuent à ne pas oser y aller, il faut veiller à plus l’ouvrir. La culture ne doit pas oublier les Sétois.

Que préconisez-vous pour favoriser le bouillonne- ment artistique sétois?

Marie-Thérèse Mattera: Il faut à Sète des lieux

partagés, ouverts à tous: les locaux de M.Bricolage sont restés vides pendant six ans, alors qu’ils au- raient pu servir aux artistes sétois. Nous voulons lancer des forums réguliers qui permettent aux Sétois de s’exprimer. Dans ce domaine aussi, nous devons être une ville pilote.

(1) Le Sétois Jean-Baptiste Giordano, élu à la Région, se présente comme un candidat de centre-gauche, proche de Génération Écologie (Yves Piétrasanta), et des idées écologiques. (2) Le projet d’hinterland ou zone d’arrière-port de Sète n’est plus prévu à Poussan. Les élus du Syndicat mixte du bassin de Thau viennent de décider de l’enlever du document d’urbanisme, le Scot. Mais cet espace viticole demeure en zone d’aménagement différé (ZAD). (3) Structure consultative mise sur pied par la Région pour orienter ses grands projets liés à la mer. (4) Alain Lipietz: ancien membre du PSU, membre d’Europe Ecologie Les Verts, il est l’un de penseurs de la théorie du tiers secteur. (5) Plan local d’urbanisme.

sorties

Photo nmazeas

Pas à côté, pas n’importe où…

Sous le soleil exactement. Cécile de France (photo) chante Serge Gainsbourg, dans Anna, au théâtre Molière à Sète. Une première. L’actrice y incarne une femme en quête de l’amour idéal, un rôle principal créé en 1967 pour l’actrice Anna Karina, à l’occasion d’un téléfilm. Gainsbourg en avait composé la bande originale. Mardi 21 et mercredi 22

à 20h30 au théâtre Molière à Sète.

PHOTO VILLE DE FRONTIGNAN
PHOTO VILLE DE FRONTIGNAN

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Tradition

Premier bain

de l’année

à Frontignan

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SÉLECTION

 

P.28

AGENDA

P.38

EXPOS

 

P.40

CONVIVIALES

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