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RESUME

:
L’acte d’écrire est certes difficile, mais il est indispensable dans notre société. Rendre les enfants capables de maîtriser l’écrit, dans la diversité de ses usages et de ses formes, est par conséquent l’un des objectifs majeurs de l’école. Le maître doit donc trouver des supports adaptés pour que les élèves puissent produire des écrits variés. Le conte en est un qui, me semble-t-il, est à privilégier du fait de son attrait auprès des enfants. La question est maintenant de savoir comment l’utiliser dans une classe. Un projet d’écriture me paraît être la meilleure façon d’organiser l’activité. Il faut permettre aux élèves de comprendre pourquoi ils écrivent, en les plaçant dans une situation réelle de communication.

ABSTRACT :
Writing is surely difficult but it is essential in our society. Making children be able to master writing, in its different uses and shapes, is consequently one of the major school goals. So, school-teatcher has to find adequate supports to allow children to write about various things. Tale is one which, according to me, is to be privileged because of its liking near children. Presently, the question is to know how to use it in a classroom. A writing project seems to be the best way to organize this activity. Putting them in a real situation of communication, children understand why they are writing.

MOTS-CLES :
Production d’écrits, conte, projet d’écriture, structure narrative, cycle 2.

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« L’accès à une bonne maîtrise de la langue et de la culture écrite est une

condition essentielle à la réussite scolaire et, au-delà, à la réussite sociale. Elle est, pour cette raison, l’objectif premier de l’école primaire ».

Extrait de La Maîtrise de la langue à l’école CNDP, 1992, p.6

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INTRODUCTION

Lors de mon premier stage en responsabilité, j’ai tout de suite eu envie d’axer ma réflexion sur l’écriture d’un conte au cycle 2. La production d’écrits occupe une place primordiale dans les Instructions Officielles (1): « L’accès à la langue écrite est aujourd’hui, prioritairement, un accès à la production de textes ». Sachant que l’un des principaux objectifs de l’école primaire est de développer chez les élèves un comportement d’«écrivant», il paraît indispensable de différencier les situations d’écriture pour familiariser les élèves avec les différents types d’écrits et ce, dès la maternelle.

De plus, il m’a semblé capital d’aider les enfants à développer leur propre imagination : l’enfance étant une période propice et privilégiée dans le domaine de l’imaginaire. L’imagination joue en effet un grand rôle dans la construction de l’enfant et elle est un facteur essentiel de son épanouissement futur. Chaque individu a droit à une part de rêve et d’évasion nécessaire à son équilibre. Les Instructions Officielles évoquent l’imagination et la création comme faisant partie des objectifs de l’école primaire. Les programmes mettent l’accent sur le fait que le développement de l’imaginaire et de la créativité doit commencer le plus tôt possible.

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j’ai donc choisi d’organiser ma réflexion autour d’un type d’écrit bien précis : le conte. Toutefois. p. Pour conclure. C’est seulement dans un dernier temps que je pourrai présenter le projet mis en place lors de mon stage en responsabilité dans une classe de cycle 2 (CP-CE1). Voilà donc en quelques mots comment est né le thème de ce mémoire. faire l’analyse des séances menées et m’interroger sur la manière de mener à bien un tel projet. un deuxième temps un peu plus théorique sera nécessaire pour définir et ainsi mieux comprendre ce qu’est un conte: quelles sont ses grandes caractéristiques et quelle est la spécificité de sa structure narrative. où l’imagination tient une place importante. mon choix en ce qui concerne le conte comme texte-support et évoquer par la même occasion l’intérêt d’un tel type de texte à l’école primaire. 4 . La maîtrise de la langue à l’école.__________________________ (1) Ministère de l’Education nationale. je ferai un bilan de mon expérience et j’essaierai de définir quels sont les profits que l’on peut tirer d’une telle utilisation du conte en classe. Je vais donc expliciter. dans un premier temps.46 Pour toutes ces raisons et par goût personnel pour les écrits fictionnels. 1992.

il faut que les textes intéressent l’élève. j’ai choisi de faire travailler les élèves sur la production de textes originaux. entre autres. I ) LA PRODUCTION D’ECRITS L’importance de l’écriture pour la maîtrise de la langue est certaine : «Une véritable maîtrise de la langue passe. De plus. du fait de ses spécificités. Pour ma part. Voilà ce qu’affirment les Instructions Officielles (2).PREMIERE PARTIE Il va être question dans ce premier temps de montrer que. C’est dire l’importance des situations écrites proposées par l’enseignant: elles doivent impérativement répondre à 5 . Même si l’écriture est un acte difficile. le conte est un support parfaitement adapté à la production d’écrits en classe. par la production d’écrits ». En effet. « apprendre à écrire aux enfants c’est leur apprendre à produire des textes longs et non des phrases décontextualisées ». éveillent sa curiosité et son envie de se les approprier par une production écrite individuelle. elle est cependant très importante car elle permet d’aller vers une maîtrise correcte de la langue écrite. comme le dit le groupe ECOUEN (3).

il faut en outre qu’elle stimule son imagination. 6 . le conte merveilleux apporte un enseignement utile non pas sur le monde extérieur.6 Le choix des textes-supports apparaît donc comme déterminant. qu’elle lui fasse prendre conscience de ses difficultés tout en suggérant des solutions aux problèmes qui le troublent. p. La maîtrise de la langue à l’école. qu’elle l’aide à développer son intelligence et à voir clair dans ses émotions. il est indispensable de citer Bruno Bettelheim. il faut qu’elle le divertisse et qu’elle éveille sa curiosité. l’identification est l’un des moteurs de la construction de l’identité. Selon Bettelheim. Former des enfants producteurs de textes. Le conte met en scène des personnages et des situations auxquels l’enfant peut aisément s’identifier et retrouver la nature de ses problèmes. Par conséquent. Le conte merveilleux va ainsi contribuer à la formation de la personnalité tout entière. L’enfant est un être en construction. Dans Psychanalyse des contes de fées(4). 1994. j’ai choisi de travailler sur un mode de récit qui suscite un vif intérêt auprès des élèves: le conte. En effet. de comprendre les règles internes de la production écrite.cette envie d’appropriation. on retrouve à travers le conte les voies de l’imagination. Celle-ci est d’autant plus indispensable qu’elle permet à l’enfant. 1992. par la même occasion. de la création et de l’identification. (3) Groupe Ecouen. II ) L’IMAGINATION Avant tout. Mais pour enrichir sa vie. mais sur la réalité psychique: il est une réponse imaginaire à un conflit réel. p. (2) Ministère de l’Education nationale. il nous explique que pour qu’une histoire accroche vraiment l’attention de l’enfant. Ainsi. il a besoin de réponses à ses questions et à ses doutes.

on constate une grande motivation des élèves pour ce type de texte. Dans les contes. on peut imaginer des choses impossibles dans notre réalité. 1976 Le conte semble donc être l’outil privilégié pour accéder à l’imaginaire. L’utilité du conte est certaine : c’est un support très intéressant. tout est magique. tout est possible. 7 . C’est le cas du récit. Il permet ainsi de se fixer un certain nombre d’objectifs : _ se représenter mentalement l’histoire. dès leur plus jeune âge. Psychanalyse des contes de fées. tout est MERVEILLEUX ! (4) Bruno Bettelheim. _ procurer un plaisir certain de la lecture et de l’écoute ( lorsque l’adulte lit ou raconte). de s’évader. Il est un stimulant pour l’imagination et par conséquent un support à privilégier pour l’écriture. III ) L’INTERET DU CONTE POUR LES ELEVES Ce mode de récit semble être privilégié à l’école maternelle et à l’école élémentaire. à cette forme de récit en ne négligeant pas pour autant les autres. Le conte y est cité comme exemple: «Certaines formes littéraires peuvent être travaillées pour ellesmêmes et donner lieu à des progressions spécifiques. En effet.Les contes merveilleux permettent à l’esprit de voyager. C’est aussi le cas du conte pour lequel on dispose de modèles d’analyse structurale suffisamment adaptés à des apprentissages didactiques pour que les élèves puissent s’en servir à leur tour dans des situations de production ». D’après les Instructions Officielles (5). il est indispensable de familiariser les enfants.

_ s’approprier les mécanismes du conte et sa structure. _ s’améliorer en production d’écrits par la lecture et inversement. 1992. C’est ce que j’essaierai de montrer un peu plus loin dans ce mémoire en analysant des séances de production d’écrits menées après tout un travail préalable sur le conte. p. c’est une forme de récit très structurée où il est facile de se repérer pour un lecteur débutant.90-91 Le conte constitue un véritable attrait non seulement pour les élèves mais aussi pour l’enseignant : c’est un outil pédagogique précieux. 8 . _________________________ (5) Ministère de l’Education nationale. La maîtrise de la langue à l’école. Auparavant. En effet. afin de pouvoir les réinvestir ensuite dans la production d’écrits. il me semble nécessaire et intéressant de réfléchir sur le conte en s’attachant à ses caractéristiques propres et sa structure narrative.

Toutefois. Celle-ci a pratiquement servi dans ce cas de « magnétophone » puisqu’elle permet simplement de garder la trace d’un message oral. la littérature pour enfants se développant depuis de nombreuses années et le conte populaire étant ressenti comme spécifique de celle-ci.DEUXIEME PARTIE I ) DEFINITION DU CONTE POPULAIRE Le mot « conte » a été synonyme de « nouvelle » jusqu’au début du XXè siècle. Il a en commun avec la légende et le mythe. son appartenance à une société orale. Le mot « conte ». son origine anonyme. Afin de clarifier l’étude de ce genre littéraire. est de nos jours clairement perçu comme un court récit d’aventures destiné aux enfants. où le merveilleux et l’imaginaire ont une part essentielle. Ceci explique par exemple le titre des Contes de Maupassant qui ne sont plus appelés ainsi aujourd’hui. jusqu’à la fixation de l’écriture. beaucoup d’écrivains pour la 9 . il convient de préciser cette définition. Le conte populaire provient d’une tradition orale. en général.

Elle permet une analyse simple de la structure qui est adaptée à l’apprentissage de l’écriture. Le merveilleux Structure stéréotypée Formules rituelles LE CONTE Lieu et époque imprécis Une fin heureuse Personnages stéréotypés 10 . II ) LES CARACTERISTIQUES DU CONTE Le conte possède une forme relativement fixe composée de plusieurs éléments.jeunesse ont exploité ce genre en le transformant plus ou moins. L’enseignant peut donc s’appuyer sur la structure des contes pour demander à ses élèves une production écrite. On appelle ces récits des contes savants.

baguette magique. objets. 2) Un récit initiatique qui se termine toujours bien En général. trouve le bonheur. L’une des grandes caractéristiques de cette fin se constate dans l’ascension sociale du héros qui est devenu roi. Elle s’adresse à des personnalités qui n’accepteront pas l’angoisse finale due à l’échec du héros. actions ) : fées. sorcières. décors. l’argent ou devient roi… Le lecteur cherche une promesse de bonheur : ceci explique qu’un enfant demande qu’on lui lise le même conte plusieurs fois par semaine. C’est en général grâce à une conquête. il est question d’éléments sortant du réel ( personnages. géants… On rencontre très souvent le merveilleux dans les contes : le héros se débarrasse de son ennemi avec un objet magique ou grâce à la présence d’un être irréel. l’histoire doit « bien » finir. a grandi ou a trouvé un trésor… et dans l’ascension dans la vie dans la mesure où presque toujours il se marie. Il se marie.1 ) Le merveilleux et le fantastique Dans les contes. un 11 .

ces formules aident à la structuration mentale du récit. « le prince charmant ». On trouve aussi souvent des formulettes répétitives telles que « Miroir. la tournure « Il était une fois » ou une tournure approchante est toujours présente. en ce qui concerne le début du conte. De plus. la bonté et le courage des gentils s’opposent à leurs contraires chez les méchants. 3) Des formules rituelles La fin du conte est souvent figée sous la formule : « Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants ». mon beau miroir ». on n’a qu’une vague idée de leur portrait : un jeune garçon. un problème difficile à résoudre ( épreuve . Certaines expressions comme « la baguette magique ».dépassement de soi. une belle et 12 . Tous les personnages sont indéterminés : pas de nom de famille mais plutôt des prénoms ou des surnoms. affrontement … ) qu’il y parvient. On peut observer dans le conte les gentils d’un côté et les méchants de l’autre. De même. Le conte est un parcours initiatique. ni de richesse dans la variété des expériences. « Anne. la jeunesse. « la sorcière et son balai » permettent de reconnaître le genre. 4) Des personnages stéréotypés Il n’y a pas d’épaisseur psychologique chez les personnages de conte. ma sœur Anne… »… Outre ce qu’elles apportent sur le plan émotionnel. La beauté.

le bûcheron …). par une caractéristique physique ou morale ( le vieillard. 13 . Le plus souvent. Le héros dispose rarement d’un état civil. il est appelé par sa fonction sociale ( le roi. un garçon … C’est toujours un personnage réel.jeune fille. _ les gentils (adjuvants) : On trouve souvent un être « magique » : une fée. le bossu … ). on ne donne que quelques lignes directrices qui vont susciter l’imaginaire. le roi. Physiquement. on distingue principalement : _ le héros : Un prince. par sa relation à un savoir-faire ( le cavalier ) ou par ses attributs merveilleux ( la fée . On laisse donc une grande liberté d’imagination au lecteur. la belle-mère. les belles-sœurs… Ils restent méchants jusqu’au bout et ne connaissent pas la bonté. C’est un point très important des contes : on ne décrit pas tout. on dispose de peu de renseignements mais ceux-ci sont signifiants (Blanche-Neige ou La Barbe Bleue). une fille. un magicien ou un animal… _ les méchants (opposants) : L’ogre. On ne connaît pas leur âge précis. l’ogre …). Parmi les personnages des contes. une petite vieille…Tous les personnages sont sans passé. une princesse. comme les autres personnages. la sorcière.

on peut se contenter d’une structure narrative en 5 étapes ( les principaux éléments d’analyse de la grille de Propp simplifiée ) : - Etat initial : 14 . En ce qui concerne l’époque. A partir de recueils de contes russes. Là aussi. D’une façon générale. la forêt…On remarquera aussi qu’il n’y a pas véritablement de décor. à part peut-être « Il était une fois ». « jadis » ou « autrefois ». Pour simplifier. une large place est laissée à l’imagination du lecteur. Son étude a permis de mettre en évidence 31 « fonctions » (voir annexe 1 ).5) Les lieux et l’époque imprécis Les lieux généralement fréquentés par le héros sont assez limités: la chaumière. On a très peu de détails sur les endroits où le personnage évolue. Il s’agit d’un passé reculé et il est difficile de situer de façon précise l’époque. le pays et la région dans lesquels se déroule le récit ne sont jamais précisés. on a très peu de datations et de renseignements. III ) LA STRUCTURE NARRATIVE Les travaux de Propp ont permis de faire une analyse scientifique des textes. Propp a pu remarquer des actions analogues. le château. des personnages aux caractéristiques bien définies et une trame bien précise.

4. Le héros s’en va pour régler son problème. Victoire du héros. 15 . Rencontre avec l’opposant principal : « le méchant ». 9. 5. - Quête : 3. - Sanction : 10. 7. Le héros est riche. Rencontre d’un adjuvant ( « un gentil » ) souvent merveilleux (fée. Le héros continue son chemin avec un objet souvent magique ou une information nouvelle. 11. Affrontement ou combat. Il est exceptionnel que le héros reste chez lui ou revienne y accomplir l’action.1. lutins…). Problème ou situation de manque Il manque quelque chose au héros. heureux et souvent il se marie. - Etat final : 12. 6. Retour du héros ou arrivée dans un nouveau cadre de vie. Présentation du héros Elément déclencheur : 2. Ce dernier aide le héros. 8. Le problème est résolu.

c’est une analyse séquentielle qui découpe le récit en une suite d’étapes chronologiquement invariables : . . Entre l’état initial et l’état final. 16 . * Le schéma narratif du conte ( Propp ) : Il reprend la représentation formelle du récit. l’essentiel étant de leur faire sentir que la structure est la même pour tous les contes. un dénouement : le problème est résolu. manque ).les épreuves du héros et ses rencontres avec des gentils et des méchants(action) . .un élément déclencheur qui met le héros à l’épreuve ( perturbation.une résolution. . le sujet rencontre des opposants (ennemis) et obtient l’aide d’adjuvants (alliés).Ce découpage en 5 étapes paraît plus accessible pour les élèves. Au cours de sa recherche (quête).une situation initiale ( point de départ de l’histoire : équilibre ). * Le schéma actanciel ( Greimas ) : Le récit est ici réduit à quelques rôles clés : Le sujet ( le héros ) part à la recherche d’un objet sur les conseils d’un destinateur.une situation finale se traduisant par un nouvel équilibre. Une fois victorieux. il s’est produit une transformation qui appelle une conclusion et parfois même une morale. le sujet confie l’objet à son destinataire qui récompense le héros.

TROISIEME PARTIE Les séances que je vais décrire et analyser dans ce dernier temps se sont déroulées dans une classe de CP / CE1 ( 26 élèves ) lors de mon stage en responsabilité.Comme il est rare que ce dernier schéma s’applique facilement et complètement à un récit. écrire collectivement ( CP ) et individuellement ( CE1 ) un conte : 1er jet. d’autant plus qu’il s’agissait d’un cycle 2 et qu’il m’a paru bon de simplifier les éléments du conte. s’imprégner de contes par l’écoute. réécriture : 2ème jet. Pour mieux comprendre toutes ces remarques et explications. observons et analysons concrètement comment cela s’est passé en classe. communication et socialisation des contes sous forme d’un recueil pour la BCD. il a fallu passer par plusieurs étapes successives : - mettre en place le projet. partir de l’étude d’un conte précis pour mettre en évidence sa structure. 17 . Avant d’arriver à la création de contes avec les élèves. lire d’autres contes ( séances de lecture ). relecture et correction. je n’ai pas choisi de m’en servir dans ma classe.

inter-écoles.Pourquoi ? Pour qui ? .J’écris quoi ? . une valorisation de ses textes et un encouragement à écrire.Comment ? 18 . en réponse aux questions élémentaires que se pose l’enfant : . BD… et promis à la publication externe : prêts inter-classes. dépôt en BCD… Un tel avenir de l’écrit produit. C’est la finalisation de l’activité qui établit le statut du travail sur le texte. déterminé dans le projet d’écriture. recueils. La tâche d’écriture proposée aux élèves s’inscrit dans une démarche de projet. assure à « l’enfant écrivain » une récompense de son effort.I ) MISE EN PLACE DU PROJET Comment motiver l’effort d’écriture? Il faut pour cela donner aux textes produits leur prolongement naturel : la communication. livres. Ces textes peuvent prendre la forme d’un « objet-livre » le plus proche possible du produit de consommation lecture : albums.

Ils s’engageront ainsi plus facilement dans l’activité. Avant de commencer tout travail sur le conte. 19 . Il n’était plus question d’écrire un conte simplement pour le plaisir d’en écrire un. j’ai donc présenté le projet aux élèves : « Parvenir à l’élaboration d’un recueil de contes qui sera placé dans leur future BCD et par conséquent lu par toute l’école ». les enfants ont besoin d’une motivation. Il y avait là pour eux une véritable motivation. mais il y avait un but : les contes pourraient être lus par de nombreux lecteurs. S’imprégner de la structure narrative des contes.Pour entrer dans un projet. deux objectifs étaient visés : • • Eprouver le plaisir de l’écoute de contes merveilleux. Il s’agit de familiariser les enfants avec ce genre littéraire et préparer les références textuelles utiles aux activités d’analyse puis de production. Cette perspective a suscité un vif enthousiasme chez les enfants. Les élèves se trouvaient ainsi dans une véritable situation de communication. II) L’IMPREGNATION Lors de cette première phase.

résumé. Même si l’enseignante utilise le schéma narratif avec les enfants. les méchants…). l’objet magique. questions sur le sens de l’histoire. III) ETUDE DE LA STRUCTURE D’UN CONTE 1. L’imprégnation des contes par une lecture quotidienne permet de nourrir l’imagination de l’enfant qui va alors faire des essais et réinvestir ces nouvelles connaissances. Objectifs de la séance L’objectif ici est l’appropriation du mécanisme des contes grâce à l’étude d’un conte précis : . Ils se sont sentis très impliqués par la démarche et c’est avec un grand enthousiasme que ces lectures sont devenues un rituel dans la classe. Les trois petits cochons. La Barbe-Bleue. à la fin de la première semaine. il n’y a pas de présentation théorique de ses éléments.dégager les différentes étapes de l’histoire. Ce sont simplement des outils opératoires au service de l’adulte.comprendre que le conte est un récit structuré (structure narrative propre). Le Petit Chaperon Rouge… Toutefois. j’ai lu de nombreux contes aux élèves : Le Petit Poucet. . des livres de contes qu’ils avaient chez eux. Tout au long des quatre semaines. les finalités et les exploitations ont été variées : lecture-plaisir. observation des illustrations. Le but ici est d’expliquer l’organisation du conte aux élèves afin de 20 . manipulation de l’objet.On ne crée pas à partir de rien.déterminer les éléments essentiels du conte ( le héros.livre. . commentaires libres… Ce qui a été le plus enrichissant pour moi a sans doute été l’impact que ces lectures ont eu sur les élèves : presque tous ont amené.

* Lecture orale du conte par l’enseignante * Travail collectif oral : questionnement oral : on pose des questions sur la compréhension du texte. * Questionnement sur la structure narrative du conte : Les élèves se reportent sans cesse au texte. il permet aux élèves de structurer et de mieux mémoriser le texte. 2.leur donner un référent pour leurs créations ultérieures. j’ai choisi de faire travailler les enfants sur le conte : Malik et Flèche écrit par Régis Delpeuch qui servira de texte de référence ( annexe 2 ). 21 .Comment commence-t-il ? ( situation initiale ) La réponse attendue est la tournure : « Il était un fois… ». le relisent et trouvent les réponses qu’ils cherchent. il faut répondre à ces questions : . résumé oral du conte : il montre la compréhension face au texte . Pour écrire un conte. L’essentiel est de leur faire découvrir la permanence des rôles tenus par les personnages. L’enseignante fait justifier les réponses : elle pose une série de questions permettant d’arriver peu à peu à la structure narrative du conte ( annexe 3 ). Déroulement de la séance Pour ma part.

Quel est le résultat de cette action ? ( la sanction ) Le héros est victorieux.. les alliés ) et les méchants (les ennemis. les péripéties. .Que nous apprend-on sur lui ? ( son problème ) Il s’agit de la situation initiale : il est important de dégager le fait que le héros se trouve dans un état d’insatisfaction ou de manque. les épreuves ) Les élèves se rendent compte que. .Qui rencontre-t-il pendant son voyage ? Evoquer tous les autres personnages de l’histoire et les classer en deux catégories : les gentils ( les amis.Que se passe-t-il un beau jour ? ( le déclenchement ) Relever l’élément nouveau et perturbateur : un problème se pose. Comment s’appelle-t-il ? Comment est-il ? .Que fait-il ensuite ? ( l’action. les opposants ). il va lui arriver des aventures.Quel objet devient important pour le héros ? . grâce à cet objet.Que se passe-t-il finalement ? ( la situation finale ) 22 . .Qui est le personnage principal ? Introduction du terme : le héros. . .

Celle-ci deviendra la grille d’évaluation du premier jet. C’est en multipliant les exemples que l’on peut arriver à montrer le mécanisme du conte et à se l’approprier. dans le cadre de séances de lecture. . c’est à partir de ce questionnement que sera élaborée collectivement une grille de relecture ( annexe 4 ). il a été mis en place. lors des séances de lecture. IV) SEANCES DE LECTURE Parallèlement. on reviendra à nouveau sur ce travail. il est bien évident que l’étude d’un seul conte. Il s’agissait là de la première séance sur la structure narrative du conte. La classe se donne ainsi un outil essentiel pour l’évaluation et l’amélioration ultérieure des textes produits. même si elle est approfondie. l’étude d’autres contes pour permettre aux élèves de développer un comportement de lecteur et de s’imprégner plus facilement de leur structure narrative spécifique. En effet. ne suffit pas à en fixer la structure narrative.Quel titre le conte a-t-il ? C’est un élément à ne surtout pas oublier car il joue parfois un rôle important pour l’histoire. En effet. 23 . Il est important de préciser que les différentes étapes du récit sont notées par l’enseignante au tableau à mesure que les enfants donnent leurs réponses.Constater le changement et l’amélioration dans la vie du héros : l’histoire se finit bien (insister sur cette caractéristique : dénouement heureux ).

De plus. elles ont suscité chez les enfants l’envie de multiplier ce genre de lectures ( personnelles notamment ) car elles leur apportent beaucoup de plaisir. Ils y ont trouvé un intérêt nouveau et ont lu avec une réelle envie. Aide à l’écriture Avant de laisser les enfants seuls devant leur feuille blanche ( cahier de brouillon ). 24 . L’un de ces contes donné en lecture silencieuse a été plus travaillé que les autres. Ces lectures ont été intéressantes car elles ont constitué une véritable source d’inspiration pour les élèves lors de la création de leurs propres contes. De plus. des questions sur la structure narrative du texte (qui est le héros. V) CREATION DES CONTES 1. ces lectures de contes ont motivé nombre d’enfants pour qui la lecture posait problème. Un certain nombre de questions sont formulées par l’enseignante : des questions sur la compréhension générale du texte permettant de vérifier si les élèves ont bien saisi le sens du texte (donner du sens à la lecture). quel objet permet d’avoir un certain pouvoir?… ). il m’a paru intéressant et nécessaire de consacrer une séance à l’élaboration d’une fiche-ressource ( annexe 6 ). Il s’agit de La boule de cristal de Grimm ( annexe 5 ). Cette lecture individuelle a été suivie d’un travail oral collectif sur sa structure. où se situe l’action.

Chacun proposait plusieurs idées : il a donc fallu en choisir certaines et en écarter d’autres en essayant d’expliquer pourquoi elles ne convenaient pas. 25 . Toutes les propositions des enfants étaient notées au tableau par l’enseignante. l’histoire…Tous les enfants ont eu des idées que je notais au tableau. Cette fiche a été élaborée collectivement et six thèmes ont été retenus : le héros. les lieux et ce que veut le héros. Cette séance a donc consisté à rechercher et à mettre en commun des éléments possibles pour écrire des histoires. l’objet magique. étaient particulièrement actifs. Ces éléments choisis par les enfants ont fait l’objet d’une mise en commun. Phase écrite : 1e r jet Pour mener à bien ce projet d’écriture de contes. Il est important de préciser que les élèves. ils ont eu à leur disposition et individuellement cette fiche d’aide à l’écriture à utiliser lors de leur production. les gentils. Le lendemain. les lieux. 2.Il s’agit en fait d’aider les élèves qui auraient du mal à inventer et à imaginer : grâce à une banque de données utiles pour l’écriture. les méchants. il a fallu dans un premier temps se mettre d’accord sur les personnages et notamment le héros. Dans le groupe des CP. j’ai choisi de faire travailler ces élèves de CP / CE1 de deux façons différentes : les CP collectivement avec dictée à l’adulte ( 6 élèves ) les CE1 individuellement ( 20 élèves ) a. lors des discussions. ils pourront tous créer une histoire. C’est à partir d’un véritable échange entre élèves que nous sommes arrivés petit à petit à avoir une idée précise de la trame de l’ histoire.

Cette écriture est commentée par l’enseignante ( graphie et morpho-syntaxe ). J’ai alors commencé à reprendre les idées retenues et à demander aux enfants de formuler des phrases. A la fin de cette séance. Un jour. Nous avons ensuite essayé d’améliorer le texte en mettant la ponctuation correctement et en employant des connecteurs logiques ( Il était une fois. A la fin… ). Lors de la dernière séance d’écriture. les enfants ont repris la grille de relecture où étaient notées toutes les choses à respecter pour écrire un conte et il y a eu une vérification 26 . Cette phase écrite se termine par une lecture magistrale. C’est seulement à partir de cette oralisation de la trame que nous avons pu passer à la phase écrite. ils ont fait preuve de beaucoup d’imagination. Alors. L’objectif est de familiariser les élèves avec la spécificité du récit écrit par rapport au récit oral.Ce travail a été particulièrement enrichissant car il a appris à chacun à savoir écouter les propositions des autres et à les respecter. tout en sollicitant les acquis des enfants. De plus. Elle sera suivie de deux autres séances du même type afin de terminer le conte. J’ai aussi pris le temps de faire oraliser par les élèves les différents moments de leur histoire. A noter que les élèves de CP ne se sont pas servis de la fiche d’aide à l’écriture. Je pense que la phase d’imprégnation et de lectures a été suffisamment enrichissante pour eux. les enfants avaient une idée précise de la trame du conte. il a permis aux enfants de réinvestir les connaissances acquises précédemment en respectant la structure narrative du conte. à l’occasion de la dictée à l’adulte. J’ai ensuite transposé le récit oral des élèves en récit écrit sur une feuille.

Ils pouvaient à n’importe quel moment consulter un dictionnaire. je comptais déjà voir si certains mécanismes se mettaient en place : tous les élèves ont commencé leurs histoires par « Il était une fois ». lors de ces séances. grammaire. ponctuation… 27 . d’autres ne savaient pas quelle sorte de héros choisir… Une fois ces problèmes débloqués. d’abord pour les élèves de CP.collective du respect des critères. Tous se sont investis dans ce travail . Avec les CE1. b. puis à toute la classe. il faut les aider à écrire un texte correct. utiliser la fiche d’aide à l’écriture… Dans cette première séance. Mon rôle. Certains ne trouvaient pas d’idées pour la trame. Par contre quelques enfants ont eu du mal à commencer leur récit. j’ai relevé tous les travaux et j’ai corrigé les erreurs d’orthographe. ce qui montre bien qu’il y avait un véritable projet mobilisateur chez les enfants. A la fin de ces séances. J’ai aussi noté dans la marge les points à reprendre : construction des phrases. a été de les aider. L’intervention de l’enseignante sera plus grande auprès de ces enfants. le travail a été plus long et plus complexe notamment pour certains enfants. Il faut souligner tout d’abord que la participation des élèves a été totale.… » pour marquer l’élément déclencheur. il est arrivé que les textes produits au brouillon ne soient presque pas compréhensibles. Presque tous aussi ont employé la tournure « Un jour . L’enseignante a ensuite lu l’intégralité du conte. Il y a eu encore deux autres séances pour terminer les contes. de les conseiller mais en aucun cas d’écrire ou de leur imposer quoi que ce soit.

28 . me semble-t-il. Cela a été long mais surtout très enrichissant pour tout le monde. Collectivement. tous ont voulu passer pour lire ! J’ai aussitôt profité de cet entrain pour réaliser une évaluation générale : la classe évaluait le conte d’un élève grâce à la grille de relecture. c’est. à l’oral. les enfants utilisant souvent le présent ( seul temps connu ). J’avais précisé que si certains d’entre eux souhaitaient lire leur production aux autres.A noter l’utilisation correcte des temps du récit ( imparfait et passé simple) alors que leur étude n’est pas présente au cycle 2. Malgré ces quelques erreurs. On peut penser que certains élèves racontent leur histoire comme ils parlent. les échanges oraux ont été critiques mais aussi constructifs. A ma grande surprise. Au cours de ce travail d’amélioration. Même si les élèves ont fait de nombreuses erreurs morpho-syntaxiques. un excellent point de départ ! 3. ils ont presque tous eu le souci d’utiliser un temps du passé dans leur conte. les problèmes de cohérence posés par certains passages sont immédiatement repérés. Cette interaction et cette confrontation entre les élèves sont bénéfiques car elles permettent de faire jaillir de nombreuses idées variées. chacun a écouté avec attention et tout un travail de reformulation et de correction s’est mis en place. Malgré les erreurs. on essayait de voir les réussites et les manques des enfants l’un après l’autre. d’évaluation et de correction L’objectif est de familiariser les élèves avec le système d’évaluation et d’amélioration afin d’attirer l’attention sur certaines erreurs. Parfois les temps du passé n’ont pas été respectés. De plus. ce serait possible à condition que l’histoire soit cohérente et compréhensible. Phases de relecture .

Les élèves réécrivent leur texte sur une feuille A4 destinée à prendre place dans le recueil de contes de la classe. la ponctuation. Ils ont encore beaucoup de mal à écrire quelques lignes et ils ne comprennent pas toujours l’intérêt d’avoir à recommencer quelque chose qui leur a demandé déjà tant d’effort. en rajouter d’autres. Ils n’ont absolument pas l’habitude de se relire et ils ont beaucoup de mal à refaire.A noter cependant que ces lectures ont été différées de quelques jours par rapport à l’écriture du 1er jet. les répétitions. Parfois même. mais les erreurs orthographiques sont corrigées. Cette phase n’est pas dans certains cas très concluante : le résultat final n’est pas toujours celui espéré. Phase de réécriture C’est là pour les enfants la tâche la plus difficile. à réécrire ou à rallonger leur texte. en transformer… L’enseignante distribue aux élèves leurs premiers jets avec des annotations concernant la cohérence. Ils devaient enlever des éléments. Les enfants ont eu ainsi un recul suffisant pour juger plus objectivement les productions. Ils doivent tenir compte des annotations de l’enseignante ainsi que des remarques faites lors de l’évaluation ( critères de la grille à respecter ). 29 . j’ai dû intervenir auprès d’élèves qui n’arrivaient pas à modifier leur texte. 4. Je pense que l’âge des enfants y est pour quelque chose.

Cette phase a bien sûr été individuelle : la première écriture est progressivement corrigée.A ce moment-là. améliorée et elle s’achève par une réécriture du texte définitif. Ceci a été l’une des premières demandes des enfants. Il a fallu insister sur le fait que tous les contes devaient être « parfaits » pour pouvoir figurer dans le recueil destiné à la BCD. L’enseignante aussi avait son rôle à jouer : elle conseillait et guidait tous les enfants car ils n’avaient pas tous les mêmes manques ni les mêmes besoins. Mon rôle a alors été de leur rappeler que leurs histoires allaient être lues par toute l’école. les enfants semblaient être un peu démotivés. je 30 .là d’une aide individualisée. VI ) SOCIALISATION DES CONTES Les élèves étaient heureux d’avoir mener à bien le projet. l’enseignante corrige les dernières erreurs orthographiques mais s’interdit toutes « améliorations » qui dénatureraient le texte de l’enfant. Il s’agit en fait à ce moment . Vous trouverez en annexe 7 quelques-unes des productions des élèves. se trouve le dessin correspondant. A noter que chaque conte a été illustré par son auteur et qu’après chaque texte. A ce moment-là. dans le recueil. la coopération inter-élèves a bien fonctionné : les uns aidant certains sur tel ou tel point. Mise en page et calligraphie ont été les maîtres-mots de cette séance. L’effort d’écriture de chacun a atteint maintenant la finalité définie dans le projet d’écriture : la communication des textes avec le dépôt du recueil à la BCD. Dans cette phase. les autres pouvant eux-aussi rendre quelques services.

Nous avons pu atteindre le but que nous nous étions fixés. Les élèves ont également émis le souhait de lire quelques contes aux enfants de la maternelle. En effet. je pense que je prendrais plus de temps. Ils auraient pu aussi transformer un conte en changeant l’époque. ainsi que nos objectifs de départ. Si j’avais à mener cette expérience dans ma propre classe. tout en conservant la trame du conte d’origine. ou d’écrire la fin de l’histoire. VII ) ANALYSE ET BILAN DES SEANCES Dans l’ensemble. surtout en ce qui concerne la création des textes. j’ai dû «concentrer » la phase écrite. Un petit problème toutefois est apparu en ce qui concerne le manque de temps. une sorte de revendication. Ils ont tout de suite voulu donner un côté plaisant et attractif à leurs textes mais aussi à l’ensemble du recueil que tout le monde pourra lire à la BCD. J’aurais pu leur demander d’insérer un épisode dans une histoire.dirais même. 31 . les séances mises en place se sont bien passées. les lieux ou les personnages. ne disposant que de quatre semaines pour réaliser l’ensemble de ce travail et voulant consacrer une large part à l’imprégnation. je n’ai pas proposé de situations d’écritures partielles avant d’engager les élèves dans l’écriture intégrale des contes. en accord avec les deux enseignantes. Par exemple. Ceci montre à quel point ces enfants ont compris l’intérêt d’avoir écrit dans une situation réelle de communication.

elle est intéressante dans la mesure où elle permet à chaque élève de réaliser personnellement son histoire et de laisser ainsi libre cours à son imagination. le fait qu’il s’agissait d’élèves de cycle 2 a rendu le projet plus long et plus complexe. Ce qui a été peut-être le plus gratifiant pour moi a été l’adhésion totale des enfants au projet. Même si certains enfants ont eu du mal à écrire seuls de peur de faire des erreurs. la calligraphie et l’écriture sont en cours d’acquisition chez ces enfants et la production d’écrits leur demande une grande attention et par conséquent beaucoup de temps. Aucun enfant n’a été passif et tous ont fait preuve d’une grande motivation face à l’activité proposée. une organisation en groupes est souvent difficile à organiser et à gérer.Toutefois. tous sont parvenus à une production individuelle correcte. je n’ai pas jugé bon d’instaurer pour si peu de temps une telle organisation dans la classe : d’où mon choix de faire travailler les CE1 individuellement et de prendre en charge les CP pour un travail collectif avec dictée à l’adulte. Même les élèves les plus en difficulté ont fourni un effort aussi bien en lecture qu’en écriture. Toutefois. Comme cela était le cas dans ma classe. L’histoire écrite a constitué mon évaluation car j’ai pu me rendre compte s’ils avaient ou non assimilé et réinvesti les connaissances concernant la 32 . Une organisation collective ou en groupes permet de pallier ce problème : ceux en difficulté sont guidés par les autres plus à l’aise dans ce type d’exercice. D’après les textes obtenus. Cela est encore plus vrai si les élèves n’ont pas l’habitude de ce genre de travail. Pour ce qui est de l’organisation de type individuel. Des échanges très fructueux et une véritable entraide entre les enfants se créent. il semble que les enfants aient compris globalement comment fonctionne le conte. En effet.

j’ai constaté qu’un tel projet est tout à fait réalisable et que l’écriture d’un texte long ne doit pas être réservée qu’aux enfants de cycle 3. 33 .structure narrative du conte. certaines réserves sont à émettre en ce qui concerne cette séquence : . Pour ma part. A partir de l’étude d’un conte et de la lecture de plusieurs autres. il est indispensable que les élèves soient placés dans une situation réelle de communication. il est question de véritables lecteurs extérieurs à la classe puisque les autres enfants de l’école pourront lire ce recueil de contes à la BCD. Il serait souhaitable de prolonger cette séquence par un travail sur la description (personnages et lieux ) pour les rendre plus « consistants » et étoffer ainsi davantage l’histoire.elle manque parfois de cohérence. Ici. Les élèves ont ainsi été amenés à réinvestir dans leurs productions les notions nouvellement acquises. La production à réaliser doit être un véritable texte destiné à être communiqué voire diffusé. La plupart des enfants est en train d’intégrer les aspects particuliers du conte et d’acquérir les mécanismes du récit. Mais pour qu’un tel projet réussisse . j’ai choisi d’utiliser le conte dans le cadre d’activités de lecture-écriture.l’histoire produite est courte. .elle est aussi trop ancrée dans le réel. nous avons tenté de dégager les particularités de ce type de texte dans l’optique d’écrire un recueil pour la BCD. Toutefois. . CONCLUSION Même si au départ l’idée de faire écrire des contes à des élèves de cycle 2 me faisait un peu peur. La création obtenue est en fait le témoin de ce que les enfants ont réellement acquis.

si j’ai attaché une si grande importance à un texte fictionnel. je voudrais insister sur le fait que cette démarche est valable pour tous les autres types d’écrits et de textes. Pour conclure. 34 . De plus. c’est que les récits et les contes recèlent une puissante motivation de lecture et d’écriture. Il est un support privilégié pour aider les enfants à développer leur imaginaire. En effet. j’espère avoir montré l’intérêt du conte pour la production d’écrits. Il serait donc enrichissant de renouveler cette expérience avec d’autres supports. le rôle le plus important du conte est sans doute qu’il permet de solliciter l’imagination des élèves. Toutefois.L’expérience a montré que les élèves s’y sont intéressés davantage : ils ont eu quelque chose à dire à quelqu’un. la fixité relative de la forme du conte permet une analyse structurale simple et adaptée à l’élaboration d’une stratégie de production. En effet. afin que les élèves se familiarisent avec un éventail très varié d’écrits et développent ainsi des compétences en lecture et en production écrite. il faut familiariser les élèves avec tout ce qui existe en différenciant les situations d’écriture. C’est donc grâce à leur enthousiasme et à leur volonté que ce projet a pu être mené à bien. Pour ce qui est du choix du type d’écrit. C’est donc pour toutes ces raisons qu’il est un outil indispensable au service de la production d’écrits. Ils pourront alors adopter un véritable comportement de lecteur et d’«écrivant».

.. La production d’écrits ………………………………………………….. Définition du conte populaire …………………………………………. 2.SOMMAIRE Pages INTRODUCTION …………………………………………………………………. Intérêt pour les élèves ………………………………………………….... 16 1. 17 2. 4 4 5 6 8 8 9 13 II) LE CONTE ………………………………………………………………… 1. La structure narrative …………………………………………………… III) PRATIQUES DE CLASSE ………………………………………………. L’imagination …………………………………………………………… 3.. 1. Mise en place du PROJET ………………………………………………... Les caractéristiques du conte …………………………………………… 3. 18 35 . 2 I) LE CONTE COMME SUPPORT D’ECRITURE ……………………. Imprégnation ……………………………………………………………. 2.

Analyse de la structure d’un conte ……………………………………… 4. Former des enfants producteurs de textes. 1994 Ministère de l’Education nationale.3. Le pouvoir des contes. Robert Laffont. Analyse des séances menées ……………………………………………. Socialisation des contes ………………………………………………… 19 22 23 29 7. 1976 ( ouvrage consulté ) 36 .. Hachette. 1990 ( ouvrage consulté ) Bruno Bettelheim. La maîtrise de la langue à l’école. 30 CONCLUSION …………………………………………………………………… BIBLIOGRAPHIE ANNEXES 32 BIBLIOGRAPHIE A l’école des contes et des récits.. Psychanalyse des contes de fées. Production écrite : écriture .. CNDP. relecture et réécriture ……………………. Séances de lecture ………………………………………………………. 1992 Georges Jean. 6. CRDP du Nord Pas-de-Calais. 5. 1995 Groupe ECOUEN. Casterman.