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Jardin

botanique

Meise

Rapport annuel

2014

Jardin botanique Meise Rapport annuel 2014
Jardin botanique Meise Rapport annuel 2014

L’année 2014 fut mémorable pour le Jardin bo- tanique Meise. Le 1 er janvier 2014, le Jardin bota- nique national de Belgique est devenu une agence de la Communauté flamande. De ce fait, le trans- fert de l’institution fédérale à la Flandre, décidé en 2001 dans le cadre de la cinquième réforme de l’État, est devenu effectif. Ce transfert implique que la Flandre a finalement obtenu l’entière res- ponsabilité de cet établissement scientifique de renommée mondiale.

Le Jardin botanique Meise abrite une collection vivante de plus de 18 000 espèces de plantes, sous serre et en plein air, dans des jardins et un arbo- retum, au sein d’un domaine de 92 ha. Cette col- lection vivante de grande valeur est l’une des plus diversifiées au monde.

Le patrimoine scientifique du Jardin, sa collec- tion de plantes vivantes, ses précieux herbiers, sa riche bibliothèque, restent la propriété de l’État fédéral belge, qui les a confiés en prêt permanent à la Communauté flamande. Cet accord important a permis d’éviter la division des collections et leur dispersion entre les différentes communautés du pays.

En mars, un nouveau Conseil d’administration a été instauré; il a pour objectif de rendre à l’institu- tion sa gloire d’antan. En combinant l’expérience

Introduction

et les compétences de chacun, je suis convaincu que nous pourrons offrir à nos collections, à nos collaborateurs et à nos visiteurs un jardin pres- tigieux aux portes de Bruxelles. Nous ne sommes pas seuls pour réaliser nos objectifs ambitieux ! Nous bénéficions aussi du soutien du Conseil scientifique constitué de représentants des uni- versités des Communautés flamande et française, de chercheurs scientifiques internes et d’experts étrangers. Le Conseil d’administration a ainsi la garantie de pouvoir appuyer ses décisions sur des appréciations scientifiques appropriées.

Un nouvel administrateur général a aussi été désigné pour le Jardin botanique, Steven Des- sein. Son expérience et ses compétences nous dé- montrent que nous avons en sa personne un ex- cellent gestionnaire pour l’un des plus importants jardins botaniques d’Europe. Notre institut est donc bien armé pour poursuivre sa triple mission :

effectuer des recherches scientifiques de haut ni- veau, développer un programme éducatif de qua- lité et devenir l’une des destinations touristiques les plus appréciées de Flandre.

Ce rêve ne deviendra une réalité que si nous pouvons compter sur une équipe expérimentée, soutenue par un groupe de bénévoles. Toutes ces personnes manifestent quotidiennement leur en- gagement à travailler avec vous et tous nos visi- teurs, pour que le Jardin resplendisse à nouveau et continue à être un centre mondialement réputé de découvertes scientifiques, d’éducation, de conser- vation et de tourisme.

Dr Jurgen Tack Président du Conseil d’administration

Sommaire

Découvrir et inventorier la biodiversité 6 - 13

Préserver le monde végétal

14 - 18

Comprendre les écosystèmes

19 - 21

(Re)connecter les plantes et les hommes

22 - 23

Inspirer et informer

24 - 29

Valoriser notre patrimoine

30 - 36

Organisation

37 - 41

Le Jardin botanique en chiffres

42 - 63

et informer 24 - 29 Valoriser notre patrimoine 30 - 36 Organisation 37 - 41 Le

Le Jardin botanique est la seule institution scientifique belge spécialisée en taxonomie bo- tanique. La description de nouvelles espèces et la compréhension du rôle que les végétaux jouent dans le fonctionnement des écosystèmes sont au cœur de ses activités. En 2014, la productivité scientifique du personnel a été remarquable. Au total, 99 nouveaux taxons ont été découverts: en plus de nouvelles espèces de plantes, de champi- gnons et d’algues, ont été décrits un nouvel ordre et une nouvelle famille de lichens! Des expéditions menées notamment en Thaïlande et au Mozam- bique ont aussi permis la découverte de nouvelles espèces qui seront décrites au cours des pro- chaines années. Le Jardin botanique a également pris sa responsabilité dans la documentation de la diversité végétale au niveau mondial et se charge dorénavant, avec Naturalis à Leiden, de la publica- tion de la Flore du Gabon, tandis que la production des volumes de la Flore d’Afrique centrale s’accé- lère. Nos scientifiques s’engagent également dans la protection de la biodiversité. Une étude est no- tamment en cours, qui vise à étudier l’impact du changement climatique sur les espèces submonta- gnardes présentes en Belgique. Nous partageons aussi nos connaissances avec d’autres institutions, notamment dans le cadre de la mise en place d’un centre éducatif dans le Parc national des Virunga à l’est de la République démocratique du Congo.

Le Jardin a accueilli plus de 126.000 visiteurs en 2014, un record absolu en terme de fréquentation et qui représente plus du double du nombre de vi- siteurs enregistrés en 2000. Le beau temps a cer- tainement joué un rôle, mais les nombreuses ini- tiatives pour améliorer l’expérience des visiteurs commencent aussi à porter leurs fruits. Ainsi, en 2014, les visiteurs ont pu profiter de l’ouverture de deux nouvelles serres de la forêt tropicale et du spectacle des orchidées Flori Mundi, qui a été inau- guré fin octobre. Ces nouvelles initiatives, combi- nées à l’amélioration des collections existantes, comme celle des rhododendrons, devraient ren- forcer, aux plans national et international, la po- sition du Jardin botanique en tant que destination touristique.

Introduction

En 2014, les travaux urgents de restauration ont enfin pu être lancés. La structure extérieure d’un des bâtiments les plus emblématiques du Jar- din botanique, la serre de Balat, a été rénovée. En concertation avec le conseil d’administration et l’administration flamande en charge de l’immobi- lier et des équipements, un calendrier a été établi pour la mise en œuvre du master plan du Jardin botanique qui s’échelonnera sur 12 ans. Certaines procédures d’urgence ont néanmoins déjà débuté.

L’année 2014 restera marquée par la dispari- tion inopinée de Gert Ausloos, chef du service des relations publiques au Jardin botanique. Sa vision était ambitieuse et son regard dirigé vers l’avenir ; son engagement et son enthousiasme étaient re- marquables. Ses idées lui survivront et inspireront encore longtemps les collaborateurs du Jardin bo- tanique.

Les nombreuses réalisations du Jardin bota- nique n’ont été possibles que grâce aux efforts de tout le personnel, des bénévoles et des guides. Le soutien de l’administration, des finances et du bud- get, ainsi que des services d’appui de EWI/WSE/ RWO ont été importants lors de cette première année sous tutelle du gouvernement flamand. Avec le conseil scientifique et le conseil d’adminis- tration, nous pouvons continuer à construire un avenir prometteur pour le Jardin botanique Meise.

Dr. Steven Dessein Administrateur général

Découvrir et inventorier la biodiversité

À l’heure actuelle, le nombre total d’espèces sur notre planète demeure inconnu. Beaucoup de ces espèces restent à découvrir, en particulier dans les régions tropicales et au sein de groupes comme les champignons et les algues. Cela consti- tue une lacune scientifique importante vu que les espèces sont les constituants de base des écosys- tèmes et que leur connaissance est essentielle à la compréhension du fonctionnement de notre planète. Découvrir, décrire, nommer et classer les espèces est au cœur de notre recherche scienti- fique. Nos taxonomistes combinent des méthodes classiques, comme la morphologie, l’histologie et l’anatomie avec des techniques modernes, notamment la microscopie électronique à ba- layage, l’imagerie numérique et le barcoding de l’ADN. Le résultat vise à ordonner, d’une manière acceptée à l’échelle mondiale, stable et scienti- fique, toutes les formes de vie dans un système qui reflète leur origine et leur évolution. Les don- nées taxonomiques et les outils d’identification, comme les Flores, développés par nos spécialistes sont d’une importance cruciale dans de nombreux autres domaines de recherche et pour des activi- tés à but commercial.

Les chercheurs de Meise décrivent 99 nouveaux taxons en 2014

L’exploration des écosystèmes les plus menacés au monde et la découverte de nouvelles espèces font partie du travail fascinant de nos chercheurs. En 2014, nos scientifiques se sont surpassés en dé- crivant 99 taxons nouveaux pour la science, dont 54 diatomées, 15 lichens, 3 champignons, 3 fougères et 24 végétaux supérieurs, tous inconnus jusqu’ici.

De nos jours, les études taxonomiques s’appuient aussi sur les résultats d’analyse d’ADN qui peuvent révéler des liens inattendus entre espèces et servir d’arguments pour définir de nouveaux taxons

de rangs élevés. En 2014, les études taxonomiques réalisées au Jardin botanique Meise et appuyées par des données moléculaires ont per- mis la description de 10 nouveaux genres de lichens, d’une nouvelle famille (Lecanographaceae Ertz, Tehler, G.Thor & Frisch) et, plus exceptionnel, d’un nouvel ordre (Lichenostigmatales Ertz, Diederich

& Lawrey).

L’étude des milliers de spécimens collectés pendant l’expédition de 3 mois le long du fleuve Congo en 2010 se poursuit au Jardin. En 2014, ces échantillons ont à nouveau révélé 8 nouvelles espèces de lichens. Petit à petit, ces découvertes scientifiques améliorent notre connaissance de l’extraordinaire biodiversité des forêts riveraines de la République démocratique du Congo. Pour achever cette année très chargée, notre équipe de lichénologues a également décrit une nouvelle espèce endémique, Trapelia antarctica Ertz, Aptroot, G.Thor

& Ovstedal, découverte sur une crête de granit à proximité de la Sta-

tion de recherche belge Princesse Elisabeth située en Antarctique. Ce lichen est l’un des rares organismes capables de survivre aux conditions climatiques extrêmes enregistrées sur ce continent.

La région subantarctique est un « point chaud » de diversité pour les diatomées, ces algues unicellulaires dont l’intérêt est tout particulier dans le cadre d’études biogéographiques. Parmi les nom- breuses nouvelles espèces de diatomées collectées en 2014 dans les eaux douces des îles de cette région, Halamphora ausloosiana Van de Vijver & Kopalová mérite d’être soulignée car elle a été dédiée à notre regretté collègue Dr Gert Ausloos.

La famille des Rubiaceae, comprenant les caféiers, est l’une des plus diversifiées au monde et a toujours été une spécialité de nos chercheurs. En 2014, 8 nouvelles espèces d’Ixora de Madagascar ont été décrites et publiées dans des revues scientifiques internationales. Les missions de terrain dans les régions montagneuses d’Afrique permettent souvent de faire d’intéressantes découvertes. Bien qu’en- démique, Sabicea bullata Zemagho, O.Lachenaud & Sonké, une Ru- biaceae récemment décrite, a ainsi été trouvée en abondance dans les montagnes de l’Ouest du Cameroun.

De nouvelles espèces sont aussi occasionnellement découvertes parmi les échantillons d’herbier. Les taxonomistes, passant en revue des spécimens de Begonia clypeifolia, ont ainsi mis au jour 2 espèces inédites et 2 nouvelles sous-espèces de Begonia. Ces trésors cachés sont d’une importance capitale car ils sont menacés dans leurs ré- gions d’origine en Guinée Equatoriale, au Gabon et en République démocratique du Congo. De nouvelles espèces africaines dans les genres Combretum et Cyperus ont également été décrites pour la première fois en 2014. Toutes ces publications de nouveaux taxons sont une première étape dans la préparation de Flores régionales. L’année 2014 fut exceptionnelle en termes de découvertes pour nos chercheurs.

“ Peu à peu, ces découvertes scientifiques améliorent notre connaissance de la biodiversité ”

améliorent notre connaissance de la biodiversité ” Sabicea bullata Zemagho, O.Lachenaud & Sonké, une

Sabicea bullata Zemagho, O.Lachenaud & Sonké, une nouvelle Rubiaceae originaire du Cameroun.

& Sonké, une nouvelle Rubiaceae originaire du Cameroun. Le complexe Begonia clypeifolia , extrêmement variable,

Le complexe Begonia clypeifolia, extrêmement variable, néces- sitait une révision taxonomique (B. clypeifolia Hook. f. subsp. clypeifolia). Photographie Jacky Duruisseau.

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Perichaena pulcherrima sur branches et litière aérienne, nouveau pour l’Afrique centrale, récolté dans la Réserve

Perichaena pulcherrima sur branches et litière aérienne, nouveau pour l’Afrique centrale, récolté dans la Réserve Homme et Biosphère à Yangambi.

récolté dans la Réserve Homme et Biosphère à Yangambi. Physarum sp. sur litière, probablement nouveau pour

Physarum sp. sur litière, probablement nouveau pour la science, récolté dans la Réserve Homme et Biosphère à Yangambi.

“ L’Herbier du Jardin botanique compte 1.094 spécimens de myxomycètes en provenance d’Afrique ”

Myxomycètes en République démocratique du Congo

Les Myxomycètes sont des amibes géantes fascinantes. Leur cycle de vie comprend notamment un stade mobile, se déplaçant sur son substrat en se nourrissant de bactéries. Au moment de la reproduction, l’organisme se fixe et se transforme en fructifications contenant des spores. Les Myxomycètes se développent dans tous les écosystèmes terrestres, sur le bois et la litière en décomposition. Certains sont cosmopolites, d’autres sont associés à des habitats spé- cifiques, l’écorce d’arbres vivants ou des champs de neige dans les régions (sub-)alpines par exemple.

Les Myxomycètes sont relativement bien étudiés dans les zones tempérées de l’hémisphère nord. Depuis une trentaine d’années, des recherches se sont aussi orientées vers les régions tropicales. Une check-liste des myxomycètes africains publiée en 2009 dans la revue Mycotaxon (et basée sur des données de la littérature) ne mentionne que 9 espèces en République démocratique du Congo. Pourtant, 21 espèces congolaises avaient été traitées dans 2 volumes de la Flore Il- lustrée des Champignons d’Afrique Centrale publiés au début des années 1980 par notre institution. La rédaction d’un nouveau volume de la série “Fungus Flora of Tropical Africa”, également publiée par le Jardin botanique Meise, a débuté en 2014.

L’Herbier du Jardin botanique Meise rassemble 1094 spécimens de myxomycètes en provenance d’Afrique, dont 407 (soit 84 es- pèces) de République démocratique du Congo. La plupart des spé- cimens congolais ont été récoltés dans les provinces du Katanga, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu au cours de la période 1980–1990. Au retour de l’expédition Boyekoli Ebale Congo 2010, ce sont 159 spéci- mens (soit 50 espèces) qui ont enrichi notre Herbier.

La région visitée, localisée à l’ouest et au nord-ouest de Kisan- gani, est une zone inconnue en termes de myxomycètes. Différents habitats ont été explorés en 2010, des clairières en forêt claire aux profondeurs de la forêt équatoriale. Plus de 60% des récoltes pro- viennent des souches d’arbres morts, de branches et de troncs de dif- férentes espèces, notamment de palmiers à huile souvent couverts de vastes colonies de myxomycètes en fructification. La litière fores- tière apparaît également comme un substrat intéressant à échantil- lonner et susceptible de fournir des espèces inédites.

En 2013, dans le cadre du projet COBIMFO (Congo Basin Inte- grated Monitoring for Forest Carbon Mitigation and Biodiversity), une expédition a été menée à Yangambi dans la réserve Homme et Biosphère. Cet inventaire a permis de recenser 100 espèces de myxomycètes et de constater que 55% des 305 spécimens collectés se développaient sur la litière forestière.

Les inventaires de l’expédition Boyekoli Ebale Congo 2010 et du projet COBIMFO en 2013 ont permis d’ajouter 45 espèces à la check- liste de République démocratique du Congo, portant le nombre to- tal de myxomycètes à 129 espèces. Ce nombre est le même que celui enregistré à Madagascar, ce qui place ces 2 pays en seconde position des plus diversifiés en myxomycètes pour l’Afrique, juste derrière la Tanzanie qui compte 133 espèces. A l’inverse, moins de 20 espèces sont recensées dans 49% des pays africains, alors que les conditions y sont idéales pour le développement des myxomycètes. Cette dis- parité prouve que ces organismes n’ont pas été suffisamment inven- toriés, un rôle que le Jardin botanique Meise peut endosser en orga- nisant des missions de collecte et en formant des spécialistes locaux.

Termitomyces reticulatus (ADK6069), appartient à un groupe très large de champignons symbiotiques directement associés à des termites et non à des plantes.

De nouveaux outils pour estimer la diversité globale des champignons terricoles

L’estimation de la diversité fongique devrait idéalement se ba- ser sur l’identification des mycéliums. Néanmoins, ces derniers ne peuvent être identifiés sur base de caractères morphologiques et, pour déterminer cette diversité, les chercheurs utilisent les fructifi- cations, appelées sporophores.

Dans de nombreux pays, des check-lists et d’autres données de biodiversité ont été utilisées pour calculer un rapport entre le nombre d’espèces de plantes et de champignons. En fonction de la localité, ce rapport varie généralement entre 4 à 6 espèces de cham- pignons par espèce de plantes. Ce ratio « plantes-champignons » se base sur des relevés locaux et a été utilisé pour estimer la diversité globale des champignons terricoles à environ 1,5 million d’espèces. Baser ce type d’analyses sur l’observation des sporophores serait problématique car leur apparition est souvent brève et imprévisible. En conséquence, les chercheurs ont tenté de trouver de meilleures méthodes pour estimer la diversité fongique.

Les techniques de metabarcoding de l’ADN et les bases de don- nées de séquences constituent d’excellents outils pour mesurer la diversité. Un des mycologues du Jardin a rejoint une équipe de 35 chercheurs basée en Estonie afin de reconsidérer les précédentes estimations de la diversité fongique. Durant 2 années, l’équipe de chercheurs a collecté des échantillons de sol dans 365 écosystèmes naturels de par le monde. Le Jardin botanique Meise a focalisé son échantillonnage sur diverses forêts claires de type Miombo pré- sentes en République démocratique du Congo.

Les résultats du projet ont montré que la richesse spécifique des plantes n’était pas le meilleur critère pour estimer la diversité fon- gique. Des facteurs climatiques (précipitations moyennes annuelles, saisonnalité), édaphiques (teneurs en calcium et phosphore du sol, pH), géographiques (distance à l’équateur) et la périodicité de pas- sage du feu, sont beaucoup mieux corrélés à la richesse fongique du sol et à la composition des communautés à l’échelle globale.

Une autre découverte intéressante est que la richesse de tous les groupes fonctionnels de champignons (à savoir, les saprotrophes, les symbiontes et les parasites) n’est pas liée à la diversité des plantes, à l’exception des espèces ectomycorhiziennes, ce qui indique que les changements de propriétés du sol causées par les plantes n’in- fluencent pas la diversité des champignons terricoles.

L’équipe de chercheurs a également mis en évidence que: le ra- tio ‘plantes-champignons’ n’est pas constant à l’échelle globale; la diversité des champignons terricoles augmente lorsqu’on s’éloigne des pôles; l’endémisme est plus important dans les régions tropicales et diminue de manière exponentielle lorsqu’on s’approche des pôles. Enfin, beaucoup de groupes taxonomiques sont représentés sur des continents éloignés, ce qui suggère que la distribution à longue dis- tance des champignons est plus efficace que celle des macro-orga- nismes.

Cette recherche a changé fondamentalement la vision géné- rale que nous avions de la distribution de la diversité fongique. Elle prouve que la méthode du ratio « plantes-champignons » surestime d’un facteur de 1,5 à 2,5 la richesse fongique du sol.

Les résultats complets de cette étude peuvent être trouvés dans L. Tedersoo et al., Global diversity and geography of soil fungi. Science 346, 1256688 (2014). http://dx.doi.org/10.1126/science.1256688

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Olivier Raspé en train de récolter et photographier des bolets dans le Xishuangbanna, Province du
Olivier Raspé en train de récolter et photographier
des bolets dans le Xishuangbanna, Province du Yunnan, Chine.

Des analyses ADN révèlent une importante diversité de Boletales dans le nord de la Thaïlande et dans le Yunnan (Chine)

Les Boletales constituent un groupe de champignons distribué à l’échelle du globe, dont la plupart forment des associations symbio- tiques avec des arbres, les ectomycorhizes. La majorité des espèces connues à ce jour ont été découvertes et décrites dans les régions tempérées. Relativement peu de recherches ont été consacrées aux Boletales des régions tropicales. Et pourtant, les Boletales des régions tropicales sont très diversifiées et ont régulièrement remis en cause la classification du groupe, basée principalement sur des taxons tempérés.

L’Asie du Sud-Est abrite 3 des 25 « points chauds » de biodiversi- té les plus importants au monde. Le nord de la Thaïlande et le Yun- nan, en particulier, renferment une biodiversité impressionnante, notamment parce que ces régions se situent au confluent des zones tropicales et tempérées et que leur paysage est essentiellement mon- tagneux, ce qui engendre une mosaïque d’habitats forestiers diver- sifiés.

Depuis 2010, Olivier Raspé, chercheur au Jardin botanique Meise, a récolté des centaines de spécimens dans le nord de la Thaï- lande et dans le Yunnan. En 2014, il a achevé des analyses d’ADN sur ces spécimens, qui ont révélé l’existence de plus de 230 espèces de Boletales dans les régions prospectées. Bon nombre de ces espèces sont nouvelles pour la science. Par exemple, 5 nouvelles espèces de Sutorius, un genre récemment publié et ne comprenant à ce jour que 2 espèces (une provenant des Amériques et du Japon, l’autre d’Aus- tralie), ont été découvertes. De plus, des analyses phylogénétiques ont révélé l’existence de plusieurs genres nouveaux pour la science.

Cette étude de la diversité des Boletales d’Asie du Sud-Est a contribué à une meilleure compréhension de la systématique et de l’évolution de ce groupe de champignons et suggère qu’il y a en- core de nombreuses espèces à découvrir. Des analyses statistiques montrent en effet que près de 300 espèces existent vraisemblable- ment dans le nord de la Thaïlande, ce qui fait potentiellement de cette région un « point chaud » de diversité des Boletales.

région un « point chaud » de diversité des Boletales. Pulveroboletus fragrans sp. nov., une espèce

Pulveroboletus fragrans sp. nov., une espèce nouvelle pour la science, produisant une forte odeur aromatique, un caractère distinctif et rare parmi les Boletales. Cette espèce n’a été trouvée que dans une localité du nord de la Thaïlande.

Diversité botanique dans les Monts Chimanimani au Mozambique

Les Monts Chimanimani constituent la frontière entre le Zim- babwe et le Mozambique. Ils forment une chaîne isolée s’élevant, à partir de l’est, de la plaine côtière du Mozambique vers son point le plus élevé, le Mont Binga qui culmine à 2 436 m. Ces montagnes sont principalement constituées de grès quartzitiques à l’origine de sols pauvres en nutriments qui, combinés à un isolement important, expliquent le pourcentage élevé d’espèces endémiques. C’est parti- culièrement le cas sur les hauts-plateaux herbeux, sur les flancs des montagnes et dans les zones marécageuses.

Historiquement, l’essentiel de la recherche botanique et des efforts de collecte ont été menés du côté zimbabwéen de ces mon- tagnes qui bénéficie du statut de Parc national. Néanmoins, cette partie des Monts Chimanimani ne représente que 20% de leur surface totale. Par ailleurs, très peu de données ont été collectées dans cette zone ces 50 dernières années. Les données botaniques en provenance de la partie non protégée au Mozambique sont très fragmentaires et même si on sait que beaucoup d’espèces rares et endémiques y sont présentes, aucune information officielle n’est disponible pour cette région.

Récemment, le développement de l’exploitation de l’or a révélé un problème réel de menace pour certaines parties des montagnes du côté mozambicain. En avril et en octobre 2014, deux expéditions ont été organisées par les Jardins botaniques royaux de Kew, MI- CAIA (une ONG locale basée à Chimoio), le Jardin botanique Meise, l’Herbier National du Zimbabwe et l’Herbier National de Maputo.

Ces expéditions avaient pour objectifs :

• de réaliser un inventaire actualisé des espèces végétales rares et endémiques, de leur statut et de leur distribution, particu- lièrement du côté mozambicain des montagnes;

• de découvrir et de recenser des zones spécifiques à haut inté- rêt botanique ou écologique;

•d’identifier les menaces et les impacts potentiels à long terme de l’exploitation minière artisanale sur la diversité botanique, particulièrement sur les espèces rares et endémiques;

• de répertorier et photographier la flore et d’actualiser ces données sur le site www.mozambiqueflora.com.

Sur une période de 4 semaines, 580 spécimens de plantes ont été récoltés avec, dans la mesure du possible, la constitution de doubles destinés aux 4 herbiers participant à l’expédition (K, BR, SRGH, LMA). Dans la plupart des cas, des échantillons ont également été conservés en gel de silice afin de réaliser ultérieurement des ana- lyses d’ADN. Au cours de cette période, environ 70% des espèces ciblées ont été collectées, souvent d’ailleurs pour la première fois au Mozambique. Par ailleurs, 65 spécimens de lichens corticoles et saxicoles ont également fait l’objet d’un échantillonnage pour être étudiés ultérieurement au Jardin botanique Meise.

L’identification et la confirmation des collectes sont en grande partie terminées et toutes les données et images de la première ex- pédition sont disponibles gratuitement en ligne

•http://www.mozambiqueflora.com/speciesdata/outing-dis-

play.php?outing_id=32,

•https://www.flickr.com/photos/zimbart/

sets/72157644203545549/,

•https://www.flickr.com/photos/62615101@N02/

sets/72157644547376913/

Les résultats préliminaires indiquent que 5 ou 6 des espèces col- lectées seraient nouvelles pour la science. Les données de la seconde expédition ainsi que les récoltes de lichens sont en cours d’analyse. Les résultats finaux et les découvertes liées à ces expéditions seront publiées dans un rapport qui constituera un complément aux publi- cations originales de Goodier & Phipps (Kirkia 1: 44–66, 1960) et de Wild (Kirkia 4: 125–157, 1963).

1: 44–66, 1960) et de Wild (Kirkia 4: 125–157, 1963). Collecte d’échantillons sur le terrain. Presses

Collecte d’échantillons sur le terrain.

(Kirkia 4: 125–157, 1963). Collecte d’échantillons sur le terrain. Presses à herbiers séchant sous le soleil.

Presses à herbiers séchant sous le soleil.

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Une nouvelle Flore à Meise

Avec une flore estimée à 7 000 espèces, le Gabon abrite la forêt équatoriale de basse altitude la plus diversifiée de toute l’Afrique. Les nombreux volumes de la Flore du Gabon offrent les outils essen- tiels à l’identification de ces plantes et constituent, dès lors, une aide cruciale pour un large éventail d’utilisateurs, comme les chercheurs, les défenseurs de l’environnement ou les botanistes amateurs. Cette flore contient également des informations primordiales pour ap- puyer le programme de conservation dans le pays, qui compte 13 Parcs Nationaux et dont 11% de la surface du territoire sont protégés. La série Flore du Gabon a été initiée par le Muséum national d’His- toire Naturelle de Paris en 1960, puis prise en charge par l’Herbier National des Pays-Bas – Wageningen en 2005. La récente relocali- sation de ce dernier vers Leiden et son intégration au Naturalis Bio- diversity Center, ainsi que l’engagement de l’éditeur-en-chef de la Flore du Gabon par le Jardin botanique Meise afin de revitaliser la Flore d’Afrique centrale, laissaient planer des doutes quant à l’avenir de la série. Néanmoins, en 2014, un accord a été conclu avec Naturalis afin de poursuivre ensemble la publication de la Flore du Gabon et finaliser la série endéans les 5 ans. Nous renforçons ainsi notre position de centre d’expertise sur la flore d’Afrique centrale et apportons une contribution significative à la conservation, la recherche et l’utilisa- tion durable de l’exceptionnelle diversité botanique du Gabon !

de l’exceptionnelle diversité botanique du Gabon ! Dessus : Couverture du volume 46 de la Flore

Dessus : Couverture du volume 46 de la Flore du Gabon, fruit de la collaboration entre le Naturalis Biodiversity Center et le Jardin botanique Meise, achevé en 2014 et qui paraîtra début 2015. Dessous : Marc Sosef, éditeur-en-chef de la Flore du Gabon (droite) et un des éditeurs gabonais, Henry-Paul Bourobou Bourobou (gauche).

European Journal of Taxonomy publie son centième numéro

L’équipe éditoriale de European Journal of Taxonomy a eu l’hon- neur de publier le centième numéro de la revue le 24 octobre 2014. Ce numéro consiste en une monographie richement illustrée sur les millipèdes africains rédigée par Henrik Enghoff, décrivant 20 nou- velles espèces.

European Journal of Taxonomy (EJT) est une revue internationale à comité de relecture, traitant de taxonomie descriptive. La revue est publiée en version électronique uniquement, et son contenu est disponible en accès libre (« open access ») sur internet (www.euro- peanjournaloftaxonomy.eu), sans contraintes financières, légales ou techniques. EJT est l’unique revue taxonomique qui couvre à la fois la zoologie, la mycologie et la botanique, y compris les fossiles.

La revue fut créée en 2011, et depuis lors environ 3 500 pages ont été publiées, dans lesquelles plus de 400 nouveautés taxonomiques ont été décrites. La revue est unique dans son domaine, car elle ap- plique le modèle « diamant » de l’accès libre : l’entièreté du contenu est publié sans frais pour les auteurs, et est accessible gratuitement par les lecteurs. Les frais financiers de cette revue électronique sont couverts par les instituts d’histoire naturelle composant le consor- tium EJT. Ce consortium est composé des musées de Paris (France), de Copenhague (Danemark), de Bruxelles et de Tervuren (Belgique), de Londres (Royaume-Uni), et du Jardin botanique Meise (Belgique).

(Royaume-Uni), et du Jardin botanique Meise (Belgique). Couverture du centième numéro publié par European

Couverture du centième numéro publié par European Journal of Taxonomy. Photographie de couverture David Koon-Bong Cheung (Sanje Falls, Réserve Forestière de Mwanihana, Monts Udzungwa,Tanzanie).

La consultation de lensemble du contenu est libre et la publication est gratuite ”

Redémarrage de la Flore d’Afrique centrale

En 2013, le Jardin botanique Meise a engagé un nouvel éditeur pour redynamiser la production de la Flore d’Afrique centrale. Cette série comportant de nombreux volumes devrait, à terme, inclure quelque 10 000 espèces présentes en République démocratique du Congo, au Rwanda et au Burundi, et constituer donc un outil crucial pour l’identification des plantes, la recherche et la conservation dans cette région.

En 2014, le nouvel éditeur a mis sur pied un solide réseau de col- laborateurs. Plus de 40 spécialistes ont exprimé leur volonté d’ap- porter leur expertise à cette tâche. Sept botanistes locaux ont rejoint le projet, parmi eux figurent non seulement des scientifiques très ex- périmentés, mais également des jeunes très prometteurs. Un objectif fondamental de notre institution est en effet d’améliorer l’enseigne- ment et la formation en Afrique centrale pour aider les jeunes bota- nistes et augmenter le potentiel régional pour l’étude scientifique du monde végétal.

Cette année 2014 a été une année prospère pour la Flore d’Afrique centrale : 5 familles supplémentaires (Caricaceae, Colchicaceae, Eri- caceae, Flagellariaceae et Restionaceae) ont été publiées et plusieurs autres manuscrits sont en cours. C’est une première étape dans nos efforts pour achever ce travail monumental endéans les 15 pro- chaines années.

ce travail monumental endéans les 15 pro- chaines années. Une espèce de graminée disparue est retrouvée

Une espèce de graminée disparue est retrouvée à l’état sauvage dans le domaine du Jardin botanique Meise

Au cours de l’évaluation de la flore spontanée dans notre jardin, nous avons trouvé une graminée inconnue appartenant au complexe Festuca ovina (fétuque des moutons). Elle fut envoyée à des spécia- listes à l’étranger qui, à notre grande surprise, l’identifièrent comme Festuca valesiaca. La présence de F. valesiaca dans le jardin est limitée au microclimat chaud et sec d’une zone relativement pentue et expo- sée au sud, située au pied d’un grand hêtre.

Festuca valesiaca est une herbe à feuilles étroites dont l’aire de ré- partition naturelle s’étend de la partie orientale de l’Europe centrale au nord-ouest de la Chine. Les populations européennes sont consi- dérées comme rares ou menacées. Bien que la Belgique se trouve en dehors de son aire de répartition, la présence de cette espèce a déjà été rapportée dans les zones calaminaires du sud-est du pays. Toute- fois, la détermination des plantes observées a été régulièrement re- mise en cause par les scientifiques parce que les espèces du complexe F. ovina sont difficiles à distinguer. L’examen de plantes séchées de l’herbier de Meise nous a néanmoins permis de confirmer l’identifi- cation des fétuques calaminaires comme F. valesiaca. Il est donc avéré que plusieurs échantillons de cette espèce furent récoltés avant 1860 dans le sud-est de la Belgique, avant qu’elle ne disparaisse.

Comment expliquer alors que F. valesiaca soit retrouvé au- jourd’hui dans une zone naturelle du Jardin? Nous formulons 2 hy- pothèses. Cette graminée forme une petite population constituée d’une douzaine de plantes située sous un vieux hêtre. Elle est asso-

ciée avec une autre fétuque rare, Festuca brevipila (fétuque à feuilles scabres), que l’on pense avoir été introduite accidentellement par l’utilisation au 19ème siècle de mélanges de graines récoltées de plantes sauvages. Ces graines furent utilisées pour le semis de « pe- louses arborées » réalisé dans le cadre de l’aménagement de jardins

à l’anglaise dans le domaine de Meise. Elles furent probablement

récoltées dans le sud de l’Allemagne, où une petite population na-

turelle de F. valesiaca était présente. Par conséquent, la première hy- pothèse est que les 2 espèces de fétuque ont été introduites en même temps et que ce sont des espèces « néophytes de pelouse arborée ».

Si cela se vérifie, cela signifierait que les 2 graminées ont survécu plus

de 150 ans dans notre jardin. En observant la distribution naturelle de toutes les « néophytes de pelouse arborée » trouvées dans le jardin, nous avons pu identifier l’aire où les graines des graminées furent ré- coltées à l’origine.

Une autre hypothèse pour expliquer la présence de F. valesiaca est qu’elle se soit échappée des collections vivantes, où cette espèce

a également été cultivée pendant 25 ans. Il semble cependant que

les arguments en faveur de la première hypothèse soient plus nom- breux.

en faveur de la première hypothèse soient plus nom- breux. Localisation de Festuca valesiaca dans le

Localisation de Festuca valesiaca dans le Jardin.

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Préserver le monde végétal

On estime que près d’un tiers des espèces vé- gétales sont actuellement menacées ou promises

à une extinction à l’état sauvage, principalement

en raison de la fragmentation et de la destruction des habitats combinées au changement clima- tique. Chaque plante joue un rôle crucial dans le fonctionnement d’un écosystème. Certaines peuvent receler des trésors inconnus, comme des molécules présentant des propriétés médicinales. La préservation des espèces végétales est, par conséquent, essentielle. Notre recherche contribue au développement d’outils de gestion dans le cadre de la conserva- tion in situ de zones naturelles précieuses tant au niveau national qu’international. La conservation hors site, ou ex situ, est tout aussi importante. Nous collectons des végétaux à l’état sauvage pour en assurer la préservation et la propagation dans nos collections vivantes, ainsi que dans des jardins botaniques partenaires. Notre banque de semences conserve les graines de nombreuses es- pèces rares et menacées, ce qui permet de préser- ver une diversité génétique qui est essentielle. Le

fait de combiner notre expertise et nos collections nous permet d’aider actuellement nos partenaires

à réintroduire des espèces dans leurs habitats

naturels et de garantir qu’ils puissent continuer à le faire dans le futur.

Les caractères reproductifs des espèces peuvent jouer un rôle dans leur déclin

La destruction, l’eutrophisation et la fragmentation des habi- tats sont généralement considérés comme les principales causes de déclin et d’extinction des populations. L’extinction des plantes est un phénomène complexe dont nous ne connaissons pas toujours les signes avant-coureurs. Il est donc essentiel d’examiner dans quelle mesure les caractères intrinsèques des espèces peuvent biaiser leur vulnérabilité. Si ceux-ci étaient corrélés avec le degré de vulnérabi- lité des espèces, alors une nouvelle évaluation critique serait dispo- nible pour les scientifiques afin de les aider à prédire la sensibilité des espèces à l’extinction locale ou globale.

Les caractères intrinsèques des espèces sont nombreux et com-

prennent ceux liés à la reproduction. Cela peut inclure par exemple une capacité de dispersion limitée, une faible production de graines ou l’absence de banque de graines dans le sol. Les chercheurs du Jar- din botanique Meise ont exploré dans quelle mesure certains carac- tères reproductifs peuvent jouer un rôle dans le déclin des popula- tions.

Dix caractères reproductifs ont été comparés à la tendance des

espèces (un indice montrant une diminution ou une augmentation de leur fréquence) en 2 ensembles de données géographiquement distinctes, compilées à partir de sous-échantillons de la flore belge (1 055 espèces) et de la flore britannique (1 136 espèces). Parmi les 10 caractères considérés, le type de reproduction (par graines ou vé- gétative) et le vecteur de pollen (insectes ou vent) ont montré le lien le plus étroit avec la tendance des espèces (augmentation ou déclin). Ces résultats sont significatifs dans les 2 régions, mais l’ampleur et la direction des relations observées est différente dans les données belges et britanniques. En Grande-Bretagne, les espèces pollinisées par le vent se portent mieux que celles qui sont pollinisées par les insectes, alors que les données belges ont montré que des espèces autogames sont moins menacées que les espèces pollinisées par les insectes.

D’autres caractères tels que la morphologie florale jouent égale- ment un rôle dans le déclin des espèces, mais les tendances ne sont à nouveau pas comparables d’un pays à l’autre. Par exemple, au sein de la flore belge il n’y a pas de lien direct entre la forme des fleurs et la tendance des espèces à régresser, alors que pour la flore britannique les plantes ayant des fleurs à corolle profonde sont davantage mena- cées d’extinction que celles à corolle courte. Ceci est à mettre en re- lation avec le déclin des insectes pollinisateurs inféodés aux corolles profondes, comme les papillons par exemple. Notre analyse a égale- ment mis en évidence le fait que les espèces de la flore belge qui sont capables de faire de l’auto-pollinisation se portent nettement mieux que celles nécessitant une pollinisation croisée. Ceci peut également être dû au manque d’insectes pollinisateurs. Pour la flore belge, on notera également que les espèces qui se reproduisent par voie vé- gétative sont davantage menacées que celles qui se reproduisent par graines. Cela peut s’expliquer par le fait que la reproduction végéta- tive produit des clones identiques à eux-mêmes qui sont moins ca- pables de s’adapter aux conditions changeantes.

L’étude a mis en évidence l’importance non seulement de cor- réler les caractères des plantes avec le déclin des populations, mais aussi la pertinence de comparer 2 régions géographiques distinctes. Ce dernier point a permis de démontrer pour la première fois que les résultats sont dépendants du contexte, indiquant ainsi que l’identi- fication fiable des espèces les plus sujettes à disparition uniquement sur base de leurs caractéristiques de reproduction reste malgré tout incertaine.

de reproduction reste malgré tout incertaine. L’arnica ( Arnica montana ) est une espèce

L’arnica (Arnica montana) est une espèce auto-incompatible qui dépend totalement des insectes pollinisateurs pour sa reproduction. Elle est en danger d’extinction en Belgique.

reproduction. Elle est en danger d’extinction en Belgique. L’andromède ( Andromeda polifolia ) peut se reproduire

L’andromède (Andromeda polifolia) peut se reproduire à partir de graines, mais la survie des plantules à l’état sauvage est rare. La reproduction végétative est donc plus importante, ce qui rend cette espèce moins capable de s’adapter aux conditions changeantes. Elle est gravement menacée en Belgique. Photographie Maarten Strack Van Schijndel.

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Épicéas du Jardin botanique sous le feu des projecteurs à l’occasion de la journée d’étude de la Société Belge de Dendrologie

La journée d’étude annuelle de la Société Belge de Dendrologie sur le thème des épicéas (Picea) s’est tenue le 7 septembre 2014 au Jardin botanique Meise.

En préparation à cette journée, tous les épicéas en collection furent localisés, mesurés et cartographiés par géoréférencement. L’identification de chaque accession fut vérifiée. La collection inclut 66 accessions représentant 43 taxons. La base de données des collec- tions vivantes (LIVCOL) renferme 105 noms taxonomiques distincts pour Picea, lesquels furent vérifiés et mis à jour. Un nom vernaculaire en français et un en néerlandais ont été attribués à tous les taxons. Les étiquettes d’identification sur les plantes ont été renouvelées. Les informations ont été ajoutées à la base de données BELTREES, ce qui a permis de révéler un certain nombre d’arbres exceptionnels. Notre exemplaire de Picea asperata présente la plus grande circonfé- rence (148 cm) de tous les arbres de la même espèce en Belgique, tout comme P. meyeri (135 cm) et P. smithiana (36 cm).

En tant qu’organisateurs de la journée Picea, nous avions pro- grammé le jour précédent une visite au Pinetum de C. Anthoine à Ja- mioulx. Il s’agit d’une collection renommée pour sa très large diver- sité de conifères avec plus de 1 700 espèces et cultivars différents. Ce jour-là, les délégués eurent l’opportunité de rafraîchir leurs connais- sances en matière de Picea, un genre généralement peu connu et im- populaire, en essayant de localiser et d’identifier différents taxons.

essayant de localiser et d’identifier différents taxons. Picea abies ‘Acrocona’ : jeunes cônes terminaux,

Picea abies ‘Acrocona’ : jeunes cônes terminaux, d’où le nom du cultivar (“acro + cona”).

terminaux, d’où le nom du cultivar (“acro + cona”). Visite de la Société Belge de Dendrologie

Visite de la Société Belge de Dendrologie : présentation de notre collection de conifères. Photographie Koen Camelbeke.

Quarante-six membres de la Société se réunirent le jour suivant, cette fois dans notre Jardin. En matinée, les délégués écoutèrent les exposés captivants donnés par le Professeur P. Goetghebeur (phylo- génie et morphologie), Ph. De Spoelberch (épicéas dans le monde), J. De Langhe (clés d’identification) et M. Herman (technologie du bois). Pendant les pauses, les délégués purent admirer une riche col- lection de cônes d’épicéas prêtés par l’Arboretum Wespelaar et les échantillons de bois de W. Wessels.

L’après-midi fut consacrée à une visite de la collection Picea du Jardin au cours de laquelle les participants étaient invités à recon- naître les différentes espèces en utilisant la clé d’identification éla- borée par J. De Langhe. Celle-ci est basée sur des caractères végé- tatifs, plus spécifiquement les aiguilles (uni- ou bicolores, dirigées vers l’avant ou sur le côté, de section quadrangulaire ou aplatie, à extrémité piquante ou non), les pousses (pubescentes ou glabres, de couleur jaune, ivoire ou brun) et les bourgeons (résineux ou non). D’autres caractéristiques observées sur le terrain furent discutées et des sujets intéressants furent débattus, comme l’aire de répartition naturelle, la menace de disparition dans la nature, la rusticité, les techniques de culture et les caractéristiques horticoles.

La plupart de nos épicéas se trouvent dans le Coniferetum; ils y ont été plantés au cours des 4 dernières décennies. Les autres épicéas (comme l’épicéa de Norvège) ont été plantés dans le cadre de l’amé- nagement du domaine au début du 20 ème siècle. Un troisième groupe correspond à des arbres plantés juste après la Seconde Guerre mon- diale pour former un écran de verdure autour des bâtiments. Le der- nier groupe d’épicéas dont la plantation date des années 1960 se si- tue à l’emplacement d’une pépinière abandonnée. Outre les espèces mentionnées ci-dessus, nous pensons qu’il serait intéressant de cultiver et de planter de manière plus intensive les taxons suivants :

P. abies ‘Acrocona’ aux cônes terminaux rouges, P. orientalis aux ai- guilles de petite taille et de couleur vert foncé et P. torano aux cônes magnifiques .

Le Jardin botanique Meise contribue à l’étude d’impact d’un projet minier et à l’inventaire d’un site Ramsar au Gabon

Les forêts du Gabon sont les mieux préservées d’Afrique. Dans un pays grand comme la moitié de la France, environ 80% du terri- toire est couvert de forêts. Le Jardin botanique Meise développe un intérêt croissant pour l’étude de la flore gabonaise et est récemment devenu coéditeur de la Flore du Gabon. Olivier Lachenaud, chercheur au jardin, a visité le pays à 2 reprises en 2013 et en 2014 pour un total de 6 semaines, dans le cadre de missions de collecte organisées par le Missouri Botanical Garden, USA. Ces expéditions faisaient partie de 2 projets d’envergure, tous deux menés en partenariat avec l’Herbier National du Gabon et l’Institut de Recherche pour le Développe- ment (Montpellier, France).

Le premier projet avait pour but l’étude d’impact environnemen- tal du site minier potentiel de Mabounié, où prospecte actuellement la compagnie Eramet. Dans cette région se trouvent des gisements de terres rares, en particulier de niobium, un métal essentiel pour l’industrie électronique. Le site en question couvre 20 000 hectares de forêts sur collines et n’avait pas été étudié jusqu’à présent. Notre tâche était d’inventorier sa flore et d’identifier quelles espèces né- cessitent des mesures de conservation particulières. Environ 30 es- pèces d’intérêt pour la conservation ont été identifiées, dont 5 sont des nouvelles espèces apparemment endémiques du site. Beaucoup de ces espèces sont liées aux bords de ruisseaux forestiers, un ha- bitat vulnérable à l’exploitation minière en raison des changements de sédimentation qu’elle entraîne. Plusieurs parcelles ont été choisies pour évaluer l’impact des activités minières sur cet habitat. Des bou- tures des espèces les plus importantes ont également été prélevées pour mise en culture, dans le cadre d’un partenariat avec un jardinier hors pair, Jean-Philippe Biteau (Directeur de Jardi-Gab, Libreville).

Le second projet, répondant à une demande du WWF-Gabon et du Ministère des Eaux et Forêts, était un inventaire botanique préli- minaire du site Ramsar du Bas-Ogooué. Ce vaste bassin a été classé en 2009 comme zone humide d’importance internationale, selon la convention de Ramsar. Il s’étend sur 862 000 hectares et montre une remarquable diversité d’habitats, notamment des prairies flottantes, des savanes, des forêts de terre ferme et différents types de forêts inondables. Mais sa flore reste mal connue. Nous avons visité 5 sites dans la région et découvert au moins 3 espèces nouvelles qui pa- raissent endémiques de la zone. Parmi les autres trouvailles de l’ex- pédition figurent Macaranga letestui et Strombosia fleuryana, 2 taxons qui n’avaient pas été vus dans la nature depuis 1908 et 1912 respecti- vement, et que nous avons trouvés localement communs.

Ces voyages au Gabon ont fait beaucoup progresser nos connais- sances sur la flore du pays, mais bien des merveilles restent encore à découvrir dans ces forêts tropicales.

restent encore à découvrir dans ces forêts tropicales. Mosaïque forêt-savane près du Lac Alombié, dans le

Mosaïque forêt-savane près du Lac Alombié, dans le site Ramsar du Bas-Ogooué

près du Lac Alombié, dans le site Ramsar du Bas-Ogooué Bord rocheux d’un ruisseau forestier à

Bord rocheux d’un ruisseau forestier à Mabounié, Gabon. Cet habitat est particulièrement important pour les espèces rares et endémiques.

important pour les espèces rares et endémiques. Fleur de Whitfieldia letestui , endémique du sud-ouest du

Fleur de Whitfieldia letestui, endémique du sud-ouest du Gabon et l’une des espèces d’intérêt pour la conservation identifiées durant le projet Mabounié. Cette grande herbe à fleurs très décoratives croît le long des ruisseaux forestiers; elle est commune par endroits, mais n’est connue que de 4 localités. Photographie Ehoarn Bidault.

“ Déterminer quelles espèces de plantes ont besoin d’une protection supplémentaire ”

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Comment les plantes font-elles face au changement climatique ?

Le changement climatique actuellement observé constitue à l’échelle mondiale l’une des plus grandes menaces pour la biodiver- sité. Des études démontrent que le changement climatique pourrait causer d’ici la fin du 21 ème siècle l’extinction de 10 à 30% des espèces végétales européennes. Au Jardin botanique Meise nous examinons comment différentes espèces végétales réagissent au changement climatique. Les résultats de cette recherche nous permettront de prendre des mesures de conservation appropriées, d’identifier les es- pèces potentiellement les plus vulnérables et d’en garantir la conser- vation de graines dans notre banque de graines. Une étude, financée par à une subvention « Belspo - Mandat de retour », nous permet d’étudier différents effets du changement climatique sur un certain nombre d’espèces de plantes indigènes.

Une des espèces étudiées est Meum athamanticum. Cette espèce submontagnarde, dont la distribution en Belgique se limite à la Haute Ardenne, est potentiellement vulnérable au réchauffement clima- tique. En effet, elle ne peut pas migrer en altitude et une migration vers des régions plus septentrionales est entravée par un habitat na- turel fragmenté.

Pour simuler le réchauffement climatique et en étudier les ef- fets sur Meum athamanticum, des chambres à ciel ouvert (« open-top chambers ») ont été placées sur le terrain autour d’un certain nombre de plantes. Les chambres à ciel ouvert sont de petites serres sans toit construites en plexiglas. Elles permettent d’augmenter la tempéra- ture ambiante d’environ 1°C. En comparant les plantes situées dans les chambres à ciel ouvert avec les plantes de contrôle, nous pouvons quantifier les conséquences de l’augmentation de la température sur la phénologie de la floraison, la croissance et la germination de Meum athamanticum.

Les espèces végétales caractérisées par une aire de répartition étendue montrent généralement des populations adaptées aux conditions climatiques locales. Nous avons récolté les fruits et les graines de 35 populations de Gentiana pneumonanthe à travers l’Europe pour vérifier si cette règle s’applique également à cette espèce. Nous envisageons de cultiver 3 000 plantes de ces différentes populations au sein du Jardin botanique Meise, ce qui nous permettra d’observer comment les plantes s’adaptent au climat local et de vérifier si les dif- férentes populations sont suffisamment diversifiées génétiquement pour pouvoir répondre rapidement à un environnement changeant.

Non seulement nous sommes en mesure de prédire comment les plantes seront altérées par le changement climatique, mais la banque de graines du Jardin botanique Meise nous offre également une opportunité exceptionnelle de vérifier si les plantes se sont déjà adaptées au changement climatique récent. Au cours des 2 dernières

au changement climatique récent. Au cours des 2 dernières Mise en place de chambres à ciel

Mise en place de chambres à ciel ouvert (« open-top chambers ») pour augmenter artificiellement la température ambiante pour Meum athamanticum.

la température ambiante pour Meum athamanticum. Gentiana pneumonanthe en fleurs dans la Serra da Estrela,

Gentiana pneumonanthe en fleurs dans la Serra da Estrela, Portugal.

pneumonanthe en fleurs dans la Serra da Estrela, Portugal. Fruits mûrs de Gentiana pneumonanthe dans le

Fruits mûrs de Gentiana pneumonanthe dans le Kranzbachvenn,Allemagne.

décennies la température annuelle moyenne en Belgique a augmenté de 0,4°C par décennie alors que les précipitations sont restées relati- vement stables. Nous allons utiliser les graines de 5 espèces annuelles qui ont été stockées pendant plus de 25 ans dans la banque de graines du Jardin botanique pour vérifier si l’augmentation de température observée modifie déjà la phénologie de la floraison, la période de germination et certaines caractéristiques foliaires. Ceci sera réalisé par la culture conjointe de plantes obtenues à partir des graines stoc- kées et de plantes obtenues à partir de graines « fraîches » récoltées 25 ans plus tard exactement au même endroit.

Comprendre les écosystèmes

Dans un monde souffrant de plus en plus de la pression environnementale, les plantes, les éco- systèmes et les services qu’ils fournissent doivent être préservés pour garantir la bonne santé de notre planète. Les plantes réduisent notamment l’impact des gaz à effet de serre, jouent un rôle important dans le cycle de l’eau et contribuent à combattre la désertification. Les travaux de nos chercheurs nous aident à comprendre le fonctionnement des écosystèmes, et la manière dont ils peuvent être décrits et surveillés. Ils s’intéressent également aux plantes invasives qui influencent les espèces indigènes. Partout dans le monde, en Afrique comme en Bel- gique, l’humanité dépend de la bonne santé des écosystèmes.

Le Lac Challa, situé au pied du Kilimandjaro, à la f rontière entre le Kenya et la Tanzanie.

Reconstruction des changements climatiques en Afrique de l’Est sur base des diatomées

Des événements climatiques extrêmes, comme de terribles sécheresses et de fortes inondations, ont récemment touché plu- sieurs régions d’Afrique de l’Est et ont eu un impact important sur le bien-être des populations locales et sur leurs systèmes socio-éco- nomiques.

Dans la région du Lac Challa, un lac de cratère situé au pied du Mont Kilimandjaro, le phénomène El Niño (aussi appelé ENSO) a une influence importante sur le régime climatique avec des pluies très fortes et des inondations pendant les années où survient El Niño, suivies de sécheresses intenses et prolongées pendant les années où survient La Niña. Sur base d’analyses de lames minces d’une carotte de sondage du Lac Challa, Wolff et al. (2011) ont découvert un lien étroit entre la variabilité inter-annuelle des précipitations et l’épais- seur des couches annuelles de sédiments, également connues sous le nom de varves : les plus épaisses correspondent à des conditions plus sèches et plus venteuses, les plus fines à des années humides avec moins de vent. L’épaisseur des varves est principalement déterminée par l’abondance des diatomées, des algues unicellulaires caractéri- sées par leur squelette siliceux. Des conditions venteuses mélangent la colonne d’eau et stimulent la croissance et la multiplication des al- gues grâce à la remontée d’eau profonde riche en nutriments.

Dans le cadre du projet PAMEXEA (PAtterns and Mechanisms of EXtreme weather in East Africa) financé par la Politique scien- tifique fédérale belge, nous étudions les changements de composi- tion spécifique des communautés de diatomées préservées dans les couches de sédiments du Lac Challa. Nous rassemblons ainsi des données détaillées sur les changements saisonniers et les extrêmes climatiques survenus ces 500 dernières années. Presque toutes les varves ont été échantillonnées et des préparations permanentes de diatomées ont été réalisées puis analysées. L’interprétation de ces données s’appuie sur l’analyse effectuée sur le phytoplancton actuel du Lac Challa, échantillonné chaque mois durant un an.

Par ailleurs, chaque mois depuis décembre 2006, le contenu d’une trappe à sédiments a été échantillonné. Les modifications dans la composition du phytoplancton peuvent ainsi être suivies

sur une période d’observation de 10 ans ou plus. La relation entre le phytoplancton actuel d’une part, et les données sur les précipitations annuelles liées à l’ENSO d’autre part, permettra de lier les modifica- tions dans les assemblages fossiles de diatomées aux changements climatiques d’origine anthropique en Afrique de l’Est.

L’objectif du projet PAMEXEA est de fournir des pistes de ré- flexion aux décideurs dans les pays en développement en vue d’as- surer une économie agricole durable et une gestion appropriée des ressources en eau dans un futur qui sera caractérisé par des chan- gements climatiques, une pression démographique croissante et une raréfaction de ces ressources.

démographique croissante et une raréfaction de ces ressources. Echantillonnage d’une carotte de sondage du Lac Challa.

Echantillonnage d’une carotte de sondage du Lac Challa.

Des envahisseurs en Antarctique

La région antarctique constitue un des environnements les plus primitifs sur Terre, gravement menacé par l’introduction involon- taire de plantes et d’animaux exotiques dans les bagages ou sur les vêtements de ses visiteurs.

Chaque année, 33 000 touristes et 7 000 scientifiques visitent l’Antarctique et y introduisent des graines et des spores emportées de pays qu’ils ont visités juste avant leur séjour en Antarctique.

Les espèces invasives figurent parmi les causes principales du changement de la biodiversité dans le monde. Les changements cli- matiques facilitent l’établissement de ces espèces qui finissent par perturber et détruire les écosystèmes naturels de l’Antarctique.

Le Jardin botanique Meise a participé au projet international ‘Aliens en Antarctique’. L’objectif de ce projet était d’estimer les risques environnementaux encourus par l’Antarctique en recher- chant quelles graines sont introduites, quelle est leur provenance et où elles sont susceptibles de s’établir. Des chercheurs de plus de 10 pays ont examiné 850 touristes et membres d’équipes scientifiques qui visitaient l’Antarctique au cours de la première saison de l’Année Polaire Internationale (2007) et les ont interrogés au sujet de leurs voyages précédents. L’échantillonnage a consisté à passer au peigne fin et à aspirer les etuis à appareils photo, les vêtements, les chaus- sures et les sacs à dos afin de mettre au jour les graines dissimulées accidentellement.

Les résultats ont été publiés en 2012 et en 2014. Dix graines ont été trouvées en moyenne sur chaque personne avec une tendance des scientifiques à transporter plus d’ « aliens » que les touristes. Grâce à l’utilisation de photographies rassemblées dans des atlas de graines et de bases de données en ligne, il a été possible d’identifier la plupart des 2 600 graines collectées. Les résultats ont indiqué que la moitié des graines et des spores collectées provenaient d’autres ré- gions froides à travers le monde et avaient déjà été signalées comme invasives dans des régions froides comme l’Arctique et la région su- bantarctique.

froides comme l’Arctique et la région su- bantarctique. Bart Van de Vijver et Marc Lebouvier (IPEV)

Bart Van de Vijver et Marc Lebouvier (IPEV) passant à l’aspirateur les vêtements d’un passager à bord du navire de recherche Marion Dufresne. Photographie Maurice Hullé.

L’étude a fait explicitement la preuve de la nécessité de mesures de gestion pour conserver les environnements vulnérables de l’An- tarctique. Les gouvernements peuvent utiliser cette analyse de risque pour déterminer quelles régions du continent antarctique devraient être surveillées attentivement et protégées. Avant d’entreprendre un voyage en Antarctique, les visiteurs sont priés d’adopter des me- sures simples et bon marché de prévention comme le nettoyage de leurs bottines, de leurs sacs et de leurs vêtements afin d’éviter l’intro- duction d’espèces invasives. Sans le respect de ces consignes, c’est l’aspect des écosystèmes antarctiques dans leur ensemble qui risque d’être modifié à jamais.

Travail de terrain dans la forêt tropicale atlantique au Brésil :

le Nouveau Monde offre de nouvelles perspectives de recherche

Outre des travaux focalisés de longue date sur la biodiversi- té végétale africaine, notre institution s’intéresse également à la flore du Nouveau Monde bien représentée dans nos collections qui s’enorgueillissent notamment de posséder le célèbre herbier de von Martius.

Inspirés par les expéditions épiques des anciens naturalistes, 2 chercheurs du Jardin botanique Meise, accompagnés d’un collègue de la KU Leuven et d’un collègue du Naturalis Biodiversity Center de Leiden, ont mis le cap sur le Brésil, à destination de Bahia.

L’objectif était la prospection de la forêt tropicale atlantique, un des hauts lieux de la biodiversité, qui s’étend sur une immense super- ficie le long de la côte du Brésil. Si, malheureusement, il ne subsiste que peu de forêt primaire, cela reste néanmoins l’un des écosystèmes les plus riches au monde, avec un nombre très élevé d’espèces en- démiques. Ces espèces constituent un matériel fondamental pour étudier l’origine et l’évolution de la forêt tropicale atlantique. En fonction de leurs thèmes de recherche, les participants ont concen- tré leurs efforts sur la récolte de Rubiaceae et de Lauraceae et sur des espèces myco-hétérotrophiques (des plantes qui reçoivent tout ou partie de leurs nutriments des champignons qui les parasitent, plutôt que de les élaborer par la photosynthèse). L’étude des espèces endé- miques appartenant à ces 3 groupes et la détermination par calcul de l’époque à laquelle elles sont apparues permettront d’évaluer l’âge des forêts tropicales atlantiques de ces régions.

l’âge des forêts tropicales atlantiques de ces régions. Les fleurs de Rubiaceae peuvent avoir des couleurs

Les fleurs de Rubiaceae peuvent avoir des couleurs spectaculaires.

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(Re)connecter les plantes et les hommes

Partout sur la planète et depuis des millé- naires, des espèces végétales ont fourni aux po- pulations locales de quoi se nourrir, de l’énergie, des matériaux pour construire leurs habitations et leurs outils, des fibres pour leurs vêtements et des médicaments. Dans de nombreuses parties du monde, les plantes demeurent le principal moyen de lutte contre la faim, la maladie et l’extrême pauvreté. Les plantes sont également souvent présentes dans les expressions culturelles et les religions. Aujourd’hui la connaissance ancestrale des plantes est en train de se perdre et, avec elle, le lien vital que nous entretenons avec les végétaux et les champignons. Nos chercheurs consignent les multiples ma- nières dont les plantes et les champignons sont utilisés, pour que cette connaissance puisse être partagée et diffusée. La capacité de nos cher- cheurs à identifier des plantes, notamment à par- tir de fragments minuscules ou parfois anciens, a des conséquences dans des domaines aussi divers que les enquêtes médicolégales et l’archéologie, et permet ainsi d’établir en permanence les liens entre les plantes et les hommes.

Le renforcement des capacités et le déve- loppement du paysage de l’après-conflit en République démocratique du Congo

Réouverture de l’arboretum Lisowski à Kisangani (République démocratique du Congo)

Le renforcement de liens de collaboration avec les institutions impliquées dans la conservation in situ en République démocratique du Congo constitue un nouveau challenge pour le Jardin botanique Meise.

Le Parc national des Virunga, géré par l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), est un site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. S’étendant sur 7 800 kilomètres carrés dans l’est de la République démocratique du Congo, c’est le plus ancien parc d’Afrique et le site protégé avec la plus grande diversité biolo- gique sur le continent africain.

Depuis février 2012, le Jardin botanique Meise a établi un par- tenariat avec l’Université de Kisangani et le programme REFORCO (Recherche forestière au Congo), pour renforcer le cursus des Mas- ters forestiers dans le domaine de la conservation ex situ et réaména- ger les espaces verts de la Faculté de Sciences. La réhabilitation du Jardin botanique Lisowski était une des priorités.

Ce Jardin a été créé en 1975 par Stanislas Lisowski, professeur de botanique systématique et de phytosociologie à l’Université de Kisangani, dans le but de fournir aux étudiants et aux enseignants le matériel botanique de référence pour leurs études.

En 2013, après des années d’insécurité, le parc a lancé un pro- gramme de développement qui promeut, entre autres, l’apport de l’énergie électrique dans les régions rurales et éloignées comme ca- talyseur pour la création d’emplois et la réduction de la pauvreté. Le but du programme est d’offrir des alternatives énergétiques durables pour améliorer les moyens de subsistance des communautés rurales locales afin de diminuer la pression sur les ressources naturelles de la région et de soutenir les efforts de l’ICCN pour protéger la bio- diversité.

En 2015, la Virunga Foundation va achever la construction d’une centrale hydroélectrique de 14 mégawatts dans la région de Rutchuru, au Nord-Kivu. L’usine de Matebe aura un impact positif immédiat en termes de développement de cette région, mais elle doit s’harmoniser avec le paysage naturel. L’ICCN et la Virunga Foundation ont demandé la collaboration du Jardin botanique Meise pour l’aménagement du site de la centrale, les activités d’éducation environnementale dans la région et le lancement de programmes de recherche en botanique.

L’objectif premier est d’intégrer la centrale hydroélectrique dans le paysage existant. Pour ce faire, des pépinières ont été mises en place pour la production des plantes indigènes qui seront utilisées pour revégétaliser le site et en faire un centre éducatif et touristique. Le projet met l’accent sur des actions qui impliquent les populations locales, en particulier les jeunes, dans la conservation et le déve- loppement des espaces naturels en tant que patrimoine historique et culturel. C’est un défi à la fois très intéressant et audacieux, car Virunga Foundation et le Jardin botanique Meise travailleront dans une zone d’après-conflit où la plupart des gens ont vécu dans des camps de réfugiés.

Dans sa structure originelle la surface, d’environ 7 800 m 2 ², était divisée en parcelles, chacune abritant des plantes représentatives de la région de Kisangani. Aujourd’hui, le site est devenu un véritable arboretum au cœur du campus.

Afin de réhabiliter l’arboretum et de relancer son rôle éduca- tif, environnemental et récréatif, d’importants travaux d’aménage- ment et d’entretien ont été réalisés. Le jardin a été clôturé pour le protéger des utilisations inappropriées, et des bancs pour le repos des visiteurs ont été installés. Les arbres ont été étiquetés et, pour les espèces les plus importantes, des panneaux descriptifs ont été placés pour en faciliter l’identification.

L’arboretum ainsi réhabilité a été inauguré le 14 juin 2014 par le directeur du Jardin botanique Meise et le Doyen de la faculté des Sciences de Kisangani, en présence des personnalités les plus impor- tantes de la ville.

L’Arboretum Lisowski offre maintenant une opportunité unique pour les étudiants et les visiteurs de découvrir les espèces les plus représentatives de la forêt tropicale des alentours de Kisangani. Cet espace est essentiel pour la recherche, la conservation et la protec- tion du patrimoine naturel et culturel de la région.

tion du patrimoine naturel et culturel de la région. Le deuxième objectif du projet pour notre

Le deuxième objectif du projet pour notre jardin est de pro- mouvoir l’éducation environnementale dans les écoles, la société civile et les médias dans le Nord-Kivu, plus particulièrement pour sensibiliser au rôle du Parc dans la préservation de l’une des régions d’Afrique les plus riches en biodiversité.

des régions d’Afrique les plus riches en biodiversité. Travailleurs à la centrale hydroélectrique de Matebe.

Travailleurs à la centrale hydroélectrique de Matebe.

Étudiants dans l’Arboretum Lisowski.

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Inspirer et informer

Le Jardin botanique abrite 18 000 espèces de plantes dans un domaine historique s’étendant sur 92 hectares. Il s’agit d’un espace vert magni- fique et diversifié qui constitue une source de plaisir, d’émerveillement et d’inspiration attirant 100 000 visiteurs par an. Grâce à une grande diversité d’expositions botaniques, de pages Web, d’outils de commu- nication scientifique, d’événements, d’activités d’apprentissage informelles, d’instruments de sensibilisation et d’ateliers pédagogiques basés sur l’expérimentation, le Jardin botanique a la capacité de changer la perception du public sur l’importance des plantes pour le bien-être de l’humanité et de le sensibiliser à la conservation des végétaux. S’appuyant sur cette compréhension, le Jardin botanique peut encourager les personnes de tous âges et de tous milieux à agir sur leur environne- ment de manière durable et responsable.

les personnes de tous âges et de tous milieux à agir sur leur environne- ment de

Un voyage dans la forêt tropicale humide

La présentation des plantes à destination du grand public dans plusieurs serres du Palais des Plantes a vécu une véritable métamor- phose au cours de la dernière décennie. Des plantes en cuvelles dis- posées le long de chemins en terre nous sommes passés à des par- celles de plantes cultivées en pleine terre que séparent des sentiers pavés. La présentation est maintenant davantage axée sur des thèmes éducatifs démontrant les missions de notre jardin. Inaugurées en avril 2014, 2 serres paysagères supplémentaires exhibent certains aspects de la forêt tropicale. Huit des 13 serres interconnectées du Palais des Plantes sont ainsi aujourd’hui rénovées.

Les 2 serres de la forêt tropicale humide, riches de 600 espèces, furent inaugurées, au son de chants pygmées et accompagnés de visages d’enfants aux grimages très colorés.

La première serre jouxte la Serre de l’Evolution, au climat froid

et humide. Venant de cette dernière, le visiteur est surpris par l’en-

vironnement humide et chaud qui caractérise la forêt tropicale. Un cabanon au toit en tôle ondulée au cœur d’un jardin rempli de plantes comestibles, médicinales ou autres sert de maison d’accueil. Les vi- siteurs à l’esprit aventureux sont invités à traverser le pont suspendu mobile au-dessus d’une étendue d’eau.

La serre suivante, plus basse, expose la végétation de la forêt

dense secondaire que l’on retrouve le long des routes, des cours d’eau

et des clairières des forêts tropicales. Des plantes herbacées géantes

comme les gingembres spirales et les bananiers étalent leurs grandes

et belles fleurs, tandis que les arbres à croissance rapide pourvus de

racines échasses ou garnis d’épines ferment le paysage. Beaucoup de récits d’expéditions rapportent que ces forêts sont impénétrables

et dangereuses, mais ne vous inquiétez pas, à Meise, nous en avons

chassé les serpents. Quelques plantes myrmécophiles sont expo- sées dans un coin de la serre. Ces espèces sont fascinantes car elles ont co-évolué avec les fourmis dans une association gagnante pour chaque partie. Cette relation procure une protection à la colonie de fourmis et les déjections de fourmis constituent une source de nour- riture pour les plantes.

Le voyage se termine ici, du moins à titre provisoire, puisque

nous attendons la prochaine phase de réaménagement des serres.

A

la fin de celle-ci, programmée fin 2017, la forêt tropicale occupe-

ra

l’entièreté des 5 serres de l’aile nord du Palais des Plantes. Après

avoir traversé les paysages ethnobotaniques et les forêts secondaires, les visiteurs pourront poursuivre leur voyage dans la forêt tropicale primaire, la palmeraie, la cime des arbres drapés d’épiphytes et enfin

visiter les forêts d’Afrique centrale, dont la flore constitue un thème

de recherche privilégié pour le Jardin botanique Meise.

de recherche privilégié pour le Jardin botanique Meise. Chants de pygmées pendant le weekend d’inauguration. Les

Chants de pygmées pendant le weekend d’inauguration.

Chants de pygmées pendant le weekend d’inauguration. Les visiteurs à l’esprit aventureux sont invités à

Les visiteurs à l’esprit aventureux sont invités à traverser le pont branlant en bois suspendu au-dessus d’une étendue d’eau. Photographie Lies Engelen.

“ La présentation est maintenant davantage axée sur des thèmes éducatifs ”

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Flori Mundi : Le spectacle des orchidées

Le Jardin botanique Meise inaugurait le 25 octobre 2014 une merveilleuse exposition présentant plus de 10 000 orchidées, bro- méliacées et autres fleurs tropicales. Après des mois de préparation par le personnel et les bénévoles du Jardin, les tapis rouges et les bandes de gazon furent déroulés et les projecteurs allumés. Le plus important événement de l’année pouvait alors commencer.

important événement de l’année pouvait alors commencer. La gracieuse statue de femme dans la Serre du

La gracieuse statue de femme dans la Serre du Printemps était vêtue d’une magnifique robe de Cyclamen.

Le traditionnel coupé de ruban à l’occasion du gala d’ouverture

signifiait le début d’un festival tropical haut en couleur. Jeunes ou plus âgés se régalèrent d’un magnifique spectacle floral dans l’at- mosphère tropicale et subtropicale des serres du Palais des Plantes.

À

par une grande pyramide d’orchidées Cymbidium, suivie par la gra- cieuse statue de femme vêtue d’une magnifique robe de Cyclamen.

Le parcours enchanteur se poursuit le long de « tableaux » vivants,

de montages floraux ou sous des cascades d’orchidées Vanda, des arcades décoratives et un lustre garni de broméliacées envoûtantes. Des orchidées en fleur et des broméliacées de nos propres collec- tions sont présentées dans des vitrines en verre disposées le long du parcours. En plus des plantes vivantes, de grandes photographies ré- alisées à partir des plus belles fleurs de notre collection vivante sont affichées comme des chefs-d’œuvre.

l’entrée de la Serre du Printemps, les visiteurs sont d’emblée attirés

Sans l’ombre d’une hésitation, l’attraction phare de Flori Mun-

di fut l’énorme sphère recouverte de Phalaenopsis miniatures placée

au-dessus du bassin à Victoria. Ce montage floral semblait flotter à

la surface de l’eau et était entouré de nénuphars et de bougies flot-

tantes. À la fin de la visite l’opportunité était donnée à nos visiteurs

de

et

se faire photographier sous une gloriette ornée de fleurs blanches

jaunes. À la sortie du Palais des Plantes, un train électrique était

à la disposition du public pour une visite guidée le long du Château

de Bouchout et dans le parc, paré à cette période de l’année de cha-

toyantes couleurs automnales.

Flori Mundi 2014 fut un succès ! L’exposition a attiré au cours des cinq semaines plus de 27 000 visiteurs. Au moment où les fleurs com-

mençaient à faner, les plans pour l’élaboration d’une nouvelle édition

en 2015 étaient déjà sur la table.

Dans la Serre des nénuphars géants, plus de 27.000 visiteurs ont admiré un magnifique globe
Dans la Serre des nénuphars géants, plus de 27.000 visiteurs
ont admiré un magnifique globe couvert de milliers d’orchidées Phalaenopsis.

Le revêtement de la sphère par les jardiniers et les bénévoles fut un véritable exploit.

Flori Mundi :

le spectacle des orchidées réalisé avec l’aide des bénévoles du Jardin botanique

Flori Mundi, une spectaculaire exposition d’orchidées, a illu- miné le Palais des Plantes à l’automne 2014. Le succès de ce festival floral n’aurait jamais été possible sans le dévouement d’une fidèle équipe de bénévoles, incluant notamment un groupe de 15 jeunes en service citoyen (Plateforme pour le Service citoyen).

Un effort considérable a été fourni dans les coulisses du Jardin afin d’offrir pendant plusieurs semaines une éblouissante palette de couleurs à un public émerveillé. Avant l’arrivée des orchidées, nos bénévoles avaient aménagé une série d’espaces d’exposition pour présenter les plantes sous leur plus beau jour. Dès leur arrivée, les orchidées ont été soigneusement déballées et triées par espèce et par couleur et selon les combinaisons florales possibles. Une équipe a commencé à préparer 2 800 Phalaenopsis miniatures pour les com- positions. Il s’agissait de percer des trous dans les pots, de passer un collier de serrage à travers ces trous et d’enlever le substrat meuble autour de la plante. Les pots ont ensuite été attachés à une grande sphère posée sur l’eau, ainsi qu’à une traverse suspendue au-dessus du bassin des Nénuphars géants, au Palais des Plantes. Ce montage était l’un des plus flamboyants du festival floral. Après plus d’une se- maine de travail minutieux, la sphère rayonnait de ses milliers d’or- chidées fleuries.

Une autre équipe a disposé de manière artistique des orchidées des genres Vanda et Guzmania, ainsi que des broméliacées et des Tillandsia, sur des arcades et d’autres ornements répartis dans nos serres tropicales. Certaines de ces compositions florales ont été en- tièrement créées par nos volontaires passionnés. L’investissement de ceux-ci au cours de cette période équivaut à plus de 6 mois d’un travailleur à temps plein. Le Jardin botanique exprime sa gratitude aux bénévoles pour leur collaboration enthousiaste et très profes- sionnelle qui a permis de faire resplendir les magnifiques fleurs de Flori Mundi.

de faire resplendir les magnifiques fleurs de Flori Mundi. Préparation par des bénévoles de l’APM et

Préparation par des bénévoles de l’APM et des jeunes au service de la société.

“ Un nouveau partenariat avec la Plate-forme Jeunes pour la Société ”

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Plantation record de Rhododendrons en 2014 pour une fascination maximale

Après l’expansion de notre collection de magnolias en 2013, nous avons poursuivi en 2014 notre objectif d’augmenter l’attractivité de nos collections de plein air, en particulier celle de Rhododendron. Les rhododendrons captivent l’imagination des visiteurs et leurs fleurs somptueuses aux couleurs de l’arc-en-ciel embellissent le Jardin de mars à juin.

La collection initiale fut aménagée de 1984 à 1987 dans le centre du Jardin botanique, une zone désormais connue sous la dénomi- nation « Bois des Rhododendrons » ou « Jardin arboré ». Une sélec- tion préliminaire de 480 espèces et cultivars fut établie sur base de la rusticité, des exigences en lumière, de la tolérance à un sol riche en calcaire, de la forme et de la couleur des fleurs, de la forme des feuilles et de la disponibilité dans le commerce ou dans d’autres jar- dins botaniques.

Fin 1987, la collection comprenait 140 plantes. Les plantations supplémentaires réalisées en 1988 firent de Rhododendron le genre le mieux représenté dans les collections extérieures, avec 119 espèces et 191 cultivars et hybrides.

Une diminution des moyens pour gérer la collection et la pro- lifération de maladies (armillaire, pourridié phytophthoréen) et d’ insectes nuisibles (par exemple la cicadelle du rhododendron) a en- traîné une réduction progressive de la collection. Un programme de rétablissement de la collection a cependant démarré en 2014 grâce à l’enthousiasme de la direction et des collaborateurs ainsi qu’un financement supplémentaire. Avec 193 nouvelles plantes, le « Bois des Rhododendrons » comprend aujourd’hui 500 plantes représen- tant 341 taxons et 386 accessions. Si l’on y ajoute les rhododendrons plantés dans d’autres parties du domaine, le nombre total de taxons du genre Rhododendron présents dans le Jardin est de 485 (145 taxons botaniques et 340 taxons horticoles) tandis que le nombre total d’ac- cessions s’élève à 670.

L’élargissement de la collection concerne principalement les groupes des hybrides à grandes feuilles persistantes (93 spécimens), des hybrides Williamsianum (8), des hybrides Yakushimanum (11) ainsi que les azalées des groupes de Gand (51), Knap Hill (13) et Mollis

(8).

des groupes de Gand (51), Knap Hill (13) et Mollis (8). Rhododendrons à grandes feuilles (

Rhododendrons à grandes feuilles (R. ‘Gladys rose’) aux fleurs magnifiques : une attraction spectaculaire pour le visiteur !

: une attraction spectaculaire pour le visiteur ! Nouvelle plantation d’azalées rustiques gantoises. Les

Nouvelle plantation d’azalées rustiques gantoises.

Les rhododendrons en fleurs attirent beaucoup de visiteurs. Pour améliorer l’accessibilité à cette collection, les chemins parcou- rant le « Bois des Rhododendrons » ont été réaménagés. De plus, l’in- formation à destination du public a été améliorée avec le placement de nouvelles étiquettes et la mise à disposition de cartes basées sur le géoréférencement de nos plantes. Ce travail a été réalisé grâce au travail acharné, à la compétence et à la persévérance de la direction, des jardiniers et des bénévoles.

Au printemps prochain, les visiteurs découvriront avec plaisir une magnifique collection de rhododendrons dédiés à des person- nalités de la noblesse (‘Chevalier Felix de Sauvage’, ‘Countess of Athlone’, ‘Comte de Papadopoli’), à des améliorateurs de renom (‘Souvenir of Anthony Waterer’, ‘Koichiro Wada’, ‘Van Houtte Flore Pleno’) ou présentant des fleurs aux couleurs chatoyantes (‘Goldsworth Yellow’, ‘Lee’s Dark Purple’, ‘Loder’s White’, ‘Moser’s Maroon’, ‘Pink Pearl’).

Le « Bois des Rhododendrons » est appelé à devenir avec le temps une des attractions botaniques phare dans le Jardin et dans la région.

à devenir avec le temps une des attractions botaniques phare dans le Jardin et dans la

Rhododendron insigne

Un modèle en bronze du château de Bouchout pour les malvoyants et les aveugles

Le bâtiment le plus prestigieux du Jardin botanique est certai- nement le château de Bouchout, dont les parties les plus anciennes remontent au 12 ème siècle. Au siècle dernier, le château fut la demeure de l’impératrice Charlotte (veuve de l’archiduc Maximilien d’Au- triche, empereur du Mexique), jusqu’à sa mort en 1927. Alors que le château est un bijou architectural qui suscite l’admiration des visi- teurs voyants, il était impossible d’en faire profiter les aveugles et les malvoyants.

Afin de célébrer en 2009, le 180 ème anniversaire du système d’écriture braille, il a été décidé de chercher des fonds pour réali- ser un modèle architectural en bronze du château. Quatre années furent nécessaires pour trouver les fonds, commander le bronze et construire la réplique du château. Toute notre gratitude va au Rotary Club de Meise – Bouchout, qui a généreusement financé ce projet, ainsi qu’au service technique de la commune de Meise, qui a installé cette œuvre au Château.

L’inauguration officielle s’est déroulée le 27 septembre 2014. La nature tactile du modèle permet à tous de percevoir la beauté du château. C’est devenu une attraction populaire des visites spécia- lement développées pour les malvoyants et les aveugles. Ces visites permettaient déjà au public de découvrir une maquette en 3D du Palais des Plantes, de toucher des cartes en relief et en braille repré- sentant les types de végétation du monde et d’effectuer un parcours sensoriel parmi des plantes choisies pour leur parfum ou leur tex- ture. Ces développements contribuent à rendre notre jardin de plus en plus accessible à un nombre toujours croissant de visiteurs.

accessible à un nombre toujours croissant de visiteurs. Tissage avec des feuilles de palmier. Les enfants

Tissage avec des feuilles de palmier.

Les enfants des écoles primaires explorent la forêt tropicale

En 2014, le Jardin botanique a développé un atelier pour per- mettre aux enfants de 6 à 12 ans de découvrir comment les animaux et les hommes dépendent de la riche diversité botanique de la forêt tropicale pour leur nourriture et leur logement, et comment les po- pulations locales utilisent les produits issus des plantes tropicales dans leur vie quotidienne. La nouvelle serre de la forêt tropicale est l’en- droit idéal pour explorer ces questions d’une manière passionnante et créative avec les enfants dans le contexte de l’enseignement primaire.

En plus de ces sujets, l’atelier amène les enfants à s’interroger sur l’utilisation durable des ressources de la forêt tropicale, au dé- part d’une question surprenante : « La plante à hamburgers existe- t-elle ? » Cette question intéressante amène les enfants à découvrir les fèves de soja, l’huile de palme et à explorer le végétarisme avec l’idée que nous pouvons tous agir afin de diminuer notre impact sur les forêts tropicales.

L’atelier a été suivi par plusieurs écoles néerlandophones, an- glophones et germanophones, dont les élèves se sont engagés avec enthousiasme dans des discussions sur la durabilité de leurs actes. Enfants et enseignants ont apprécié l’approche active et créative de l’atelier dans le cadre de leur semaine thématique, autant de sujets qui ont ensuite alimenté des discussions à l’école. Cet atelier a eu un tel succès qu’il est à présent intégré dans la liste des offres éducatives permanentes du Jardin botanique.

Observer et dessiner la diversité végétale des forêts tropicales.
Observer et dessiner
la diversité végétale des forêts tropicales.

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Valoriser notre patrimoine

Au cours de sa longue histoire, le Jardin bo- tanique n’a cessé d’accroître son patrimoine et de se constituer un large éventail de collections botaniques, de plantes vivantes, de livres, de pièces muséales et d’instruments mais également de bâtiments, de serres et de paysages. Beaucoup de ces éléments jouent encore un rôle actif dans notre travail quotidien : les livres et les archives sont consultés par les chercheurs, les serres his- toriques protègent nos collections vivantes alors que les bâtiments sont accessibles au grand public et que les paysages dans le domaine font le bon- heur de nos visiteurs. Ce patrimoine unique nécessite une gestion spécifique permanente mais est aussi une irrem- plaçable source d’inspiration pour développer des approches innovantes et mener à bien la mission du Jardin botanique dans un monde en constante évolution.

Le barcoding de l’ADN au service de l’identification des taxons de forêt dense en République démocratique du Congo

Avant l’avènement des techniques moléculaires, il y a de cela 2 décennies, les arbres de forêt dense humide ne pouvaient être iden- tifiés que d’après des caractères morphologiques comme la taille et la forme de leurs feuilles, de leurs fleurs ou de leurs fruits. Même si les clés morphologiques constituent toujours des outils utiles, l’aide d’un spécialiste est souvent nécessaire pour identifier les arbres lorsqu’aucun fruit ou aucune fleur n’est disponible. De nos jours, la technique moléculaire, dite du barcoding de l’ADN, fournit une aide complémentaire pour l’identification des espèces. Le barcoding de l’ADN utilise une courte séquence du matériel génétique d’un orga- nisme et l’identifie comme correspondant à une espèce particulière. Ainsi, le moindre fragment de feuille peut être utilisé pour identifier une espèce. Chez les plantes, les régions les plus efficaces pour le bar- coding sont les gènes matK et rbcL. La technique du barcoding nous a ainsi permis d’identifier jusqu’à l’espèce un grand nombre d’arbres de forêt dense de la région de Yangambi (République démocratique du Congo). Beaucoup de ces arbres n’auraient pu être déterminés par les méthodes traditionnelles car aucun fruit ni aucune fleur n’étaient disponibles au moment de l’échantillonnage. L’utilisation d’outils moléculaires modernes a fourni des données précieuses sur la formi- dable biodiversité des forêts denses africaines. Dans le cadre de cette étude, 7 835 arbres africains ont pu être identifiés correctement, ce qui prouve que le barcoding de l’ADN est un auxiliaire extrêmement utile aux taxonomistes pour améliorer leur connaissance botanique.

taxonomistes pour améliorer leur connaissance botanique. Echantillons de feuilles conservés dans du gel de silice

Echantillons de feuilles conservés dans du gel de silice pour le barcoding de l’ADN.

dans du gel de silice pour le barcoding de l’ADN. Spécimen d’herbier de Trichilia gilletii De

Spécimen d’herbier de Trichilia gilletii De Wild. collecté à Yangambi (République démocratique du Congo).

“ L’utilisation de la technologie moderne a généré des indications précieuses sur l’énorme variété des espèces ”

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Des réseaux d’échange historiques entre botanistes britanniques et irlandais révélés par des spécimens d’herbier

L’utilisation scientifique des réseaux sociaux comme Facebook et Twitter est devenue monnaie courante mais l’existence de tels réseaux ne date pas d’aujourd’hui. Au milieu du 19 ème siècle, alors que le transport ferroviaire était en pleine expansion, le coût des en- vois postaux était de plus en plus réduit. Les botanistes profitèrent de cette situation pour établir des sociétés d’échange de spécimens d’herbier dont le Botanical Exchange Club of the British Isles et le Watson Botanical Exchange Club. Ces sociétés constituaient les réseaux sociaux de l’époque dont les botanistes, professionnels et amateurs, tirèrent profit pour étudier la botanique au niveau inter- national.

La collecte de spécimens d’herbier était un passe-temps popu- laire au 19 ème et au début du 20 ème siècle et était considérée comme une quête scientifique saine à laquelle les femmes et les membres du clergé s’adonnèrent. Leur legs a consisté en centaines de milliers d’échantillons d’herbier collectés de par le monde. L’échange de ces spécimens a largement participé à la diffusion de la connaissance botanique mais il est très difficile d’imaginer ce qu’était ce réseau et quelle était la contribution de chacun de ses membres.

En collaboration avec le projet Herbarium@home au Royaume- Uni et en Irlande, nous avons entrepris de reconstituer le réseau des botanistes du 19 ème et du début du 20 ème siècle. Herbarium@home est un site web auquel chacun peut contribuer et qui rassemble environ 150 000 spécimens en provenance de 19 Herbiers. En plus de rendre accessibles des données botaniques, ce site permet d’évaluer le rôle que les femmes ont joué dans ce réseau historique. Il apparaît en effet que, à l’opposé de leur faible contribution à la littérature botanique, les femmes ont joué un rôle crucial dans la collecte de spécimens à cette époque.

Au cours de la période étudiée, le nombre de membres féminins du Botanical Exchange Club of the British Isles et du Watson Bota- nical Exchange Club est ainsi passé de 10% à 20% au début du 20 ème siècle. Ces pourcentages sont beaucoup plus élevés que ceux enre- gistrés au sein d’autres sociétés scientifiques de l’époque, certaines interdisant même l’accès aux femmes.

certaines interdisant même l’accès aux femmes. Un exemple de réseau d’échange de spécimens d’herbier

Un exemple de réseau d’échange de spécimens d’herbier récoltés entre 1878 et 1888. Chaque cercle représente une personne et son diamètre indique le nombre de spécimens échangés. Les lignes illustrent les connexions entre les individus déterminées sur base des noms figurant sur les spécimens d’herbier.

La Déclaration de Bouchout, promotion de l’accès libre à l’information sur la biodiversité

En 2014, le Jardin a accueilli la réunion finale du projet pro-iBio- sphere dont l’objectif était d’améliorer l’acquisition, la diffusion et l’intégration des connaissances sur la biodiversité. Le projet envisa- geait que, dans le futur, cette connaissance ne soit plus réservée à un petit nombre de personnes ayant accès à une bibliothèque spéciali- sée mais qu’elle soit disponible à tous, gratuitement et sous forme digitale. Pour promouvoir cet idéal, le projet a formulé la Déclara- tion de Bouchout, qui tire son nom du Château de Bouchout situé au cœur du Jardin botanique (www.bouchoutdeclaration.org). La décla- ration promeut l’accès libre et gratuit aux informations relatives à la biodiversité tout en encourageant la mention des créateurs de cette connaissance. Actuellement, 90 institutions, et notamment certains des plus grands Musées et Herbiers du monde, ont signé la déclara- tion. Bien que le projet pro-iBiosphere soit terminé, nous espérons que la Déclaration de Bouchout pourra poursuivre son objectif en permettant à tous un accès libre à l’information sur la biodiversité.

un accès libre à l’information sur la biodiversité. Différentes versions du logo de la Déclaration de

Différentes versions du logo de la Déclaration de Bouchout peuvent être téléchargées ici : http://www.bouchoutdeclaration.org/downloads/

ici : http://www.bouchoutdeclaration.org/downloads/ Les participants à la réunion finale du projet

Les participants à la réunion finale du projet pro-iBiosphere en juin 2014 au Château de Bouchout où la Déclaration de Bouchout a été formulée afin de promouvoir l’accès libre à l’information sur la biodiversité.

Spécimens des années 1870 conservés dans des flacons.
Spécimens des années 1870 conservés dans des flacons.

Recherches sur la laque ancienne :

échantillons de résines du Cabinet de curiosités botaniques

Le Jardin botanique Meise recèle un vaste assortiment de col- lections qui peuvent être utilisées à de multiples fins. En 2014, nous avons été contactés par l’Institut royal du Patrimoine artistique (IRPA) qui demandait notre aide pour identifier les ingrédients in- tervenant dans la préparation des laques anciennes. Les résines vé- gétales ont en effet été largement utilisées comme constituants de la laque parce que, après dissolution dans des solvants non-aqueux, elles sèchent et forment une couche protectrice, parfois colorée. De- puis le 16 ème siècle, meubles et autres objets ont été enduits de laques « d’Europe » à la suite de l’interdiction d’exporter l’arbre à laque de l’Asie (Toxicodendron vernicifluum).

C’est avec plaisir que nous avons répondu à la demande de nos collègues de l’IRPA, qui offrait une excellente occasion pour effec- tuer des recherches ciblées dans le Cabinet de curiosités botaniques. Cette collection contient une surprenante diversité d’objets pour la plupart d’origine végétale (environ 15 000), conservés dans des fla- cons et dans des boîtes, en complément au matériel d’herbier. Les spécimens les plus anciens proviennent de la « collection de produits et graines » du célèbre herbier von Martius, acquis par notre institu- tion en 1870, au moment où elle devint le Jardin botanique de l’État à Bruxelles.

Les investigations sur les composants de la laque ont débuté par une sélection de 150 spécimens, parmi lesquels 50 (pour la plupart des résines) étaient répertoriés comme ingrédients dans d’anciennes re- cettes de laque, bien que tous ces exsudats ne fussent pas strictement d’origine végétale. De nombreuses résines de copal ont été échan- tillonnées, notamment du copal d’Afrique de l’Est ou de Zanzibar, réputé être le plus dur parmi les variétés commercialisées, des copals d’Afrique de l’Ouest, du Sierra Leone et du Congo, jadis mondiale- ment utilisés par les fabricants de vernis, du copal américain, et le

par les fabricants de vernis, du copal américain, et le La gomme adragante, une gomme exsudée

La gomme adragante, une gomme exsudée par plusieurs espèces Astragalus, sous forme de rubans enroulés ou de flocons.

précieux copal australien (kauri). D’autres résines végétales de cette liste portent des noms évocateurs comme mastic, gomme-gutte, sandaraque, ambre et sang-dragon. La gomme-laque est un cas par- ticulier car elle est produite par des insectes, les cochenilles, qui se nourrissent de la sève de différentes espèces d’arbres et utilisent les sécrétions de résine de la plante-hôte pour protéger leurs larves. En- core un secret de la nature

Cette recherche a souligné l’importance des informations de l’étiquette d’origine qui fournissent des preuves pour corréler les in- grédients originaux aux plantes correspondantes.

L’identification des ingrédients de la laque à l’aide du Cabinet de curiosités botaniques, ainsi que d’anciens manuscrits de von Martius et des données de la littérature, démontre l’importance de conserver au Jardin botanique un large éventail de collections ; pour la première fois, des manuscrits et des ouvrages de la bibliothèque ont contribué à mettre en valeur le Cabinet de curiosités botaniques avant même que les spécimens ne soient catalogués.

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Mise au jour d’un trésor oublié

Une image en dit bien plus que mille mots. Une affirmation qui s’est avérée exacte à l’aune de la redécouverte au Jardin botanique d’une collection de quelque 2 000 négatifs photographiques sur plaque de verre exhumés des réserves, où ils avaient été oubliés du- rant de longues décennies. Ces négatifs sur verre réalisés entre 1880 et 1930 constituent un réel trésor. La collection contient des vues du Jardin botanique dans son ancienne implantation à Bruxelles, des représentations des bâtiments, des jardins, des serres, de plantes vivantes mais aussi de spécimens d’herbier issus des collections de l’institution. Seule une petite vingtaine de prises de vue peut être attribuée à 2 photographes belges : Léon Gois (1877–1931) et Félix Lambert.

Dans la foulée, 2 autres séries de négatifs ont elles aussi refait surface. Il s’agit, d’une part, de quelque 200 négatifs sur la végéta- tion en Belgique pris par Jean Massart lors des campagnes photogra-

phiques qu’il entreprit entre 1904 et 1911. Certaines de ces images ont été publiées, notamment dans les Aspects de la végétation en Belgique. Par ailleurs, une série de 160 plaques photographiques dépeignent la nature et la vie quotidienne au Congo, au Sierra Leone et en Guinée

à l’époque coloniale. Elles proviennent des missions qu’Albert-Louis Sapin, pharmacien et collecteur en Afrique (1869–1914), entreprit entre 1905 et 1914.

Étant donné la valeur documentaire et patrimoniale de ces images, un projet de conservation de leur support d’origine et de

mise en valeur de leur contenu visuel a été lancé. Les négatifs ont été nettoyés et placés dans de nouvelles enveloppes en papier non- acide ; parallèlement, ils ont été numérisés et chaque photographie

a été décrite en tenant compte des annotations provenant des boîtes d’origine et des documents qui les accompagnaient.

boîtes d’origine et des documents qui les accompagnaient. Jardin italien au Jardin botanique de l’État à

Jardin italien au Jardin botanique de l’État à Bruxelles.

C’est tout un pan de l’histoire à la charnière des 2 siècles pré- cédents que donnent à voir ces images qui sont intéressantes pour notre institution, mais aussi, dans une plus large mesure, pour toute personne s’intéressant à l’histoire de Bruxelles et de son architec- ture, à l’histoire de l’Afrique à l’époque coloniale, à l’évolution du paysage en Belgique ou encore à l’histoire de la photographie dans notre pays.

Certaines de ces images ont déjà été utilisées pour illustrer un livre sur l’histoire du Jardin botanique. Gageons que leur mise en ligne dans le catalogue de la bibliothèque permettra de faire connaître ces images anciennes à un large public.

Jardinier dans la serre aux fougères au Jardin botanique de l’État à Bruxelles.
Jardinier dans la serre aux fougères
au Jardin botanique de l’État à Bruxelles.

L’histoire au Jardin botanique ou des vertus de la curiosité

Le Jardin botanique est un extraordinaire réservoir de res- sources, notamment historiques (archives, périodiques anciens, photographies etc.). Écrire l’histoire de la botanique est donc, depuis longtemps, devenu une tradition dans notre établissement.

Cette dernière s’est renforcée, aujourd’hui, comme l’illustre la présence du Jardin botanique sur les scènes nationale et internatio- nale de l’histoire des sciences. Ainsi, en 2014, a-t-on produit, au sein de notre institution et grâce à ses archives, une contribution inno- vante sur la pénétration du darwinisme en Belgique et, d’autre part, un article illustrant la tension entre les professionnels et les amateurs au sein de la Société royale de Botanique de Belgique.

Par ailleurs, différents exposés à caractère scientifique ou aca- démique ont également été donnés : l’un sur l’histoire du Jardin bo- tanique, un autre sur l’histoire de la Société royale de Botanique de Belgique, et un troisième sur la naissance d’une conscience écolo- gique au sein du monde botanique belge du 19 ème siècle, respective- ment à l’Arboretum Gaston Allard (Angers), dans le cadre de la 6 th International Conference of the European Society for the History of Science (Lisbonne) et à l’Université Libre de Bruxelles. L’ensemble de ces productions relevant de la recherche pure tend à confirmer la solide réputation du Jardin botanique Meise dans le secteur de l’his- toire des sciences.

D’ailleurs, notre institution a désormais un représentant, au sein du comité qui représente la Belgique auprès de l’International Union of the History and Philosophy of Science. Cet historien-archiviste participe également aux travaux de l’Unité de recherche Mondes modernes et contemporains de l’Université Libre de Bruxelles, éta- blissement où il est également collaborateur scientifique. En outre, il a siégé dans le jury d’un mémoire de maîtrise sur l’histoire du rap- port que les hommes entretiennent avec les champignons, des l’Anti- quité à la Renaissance (Université Catholique de Louvain).

Objet d’intérêt pour le profane comme pour le scientifique, la recherche en histoire des sciences et en épistémologie permet de mieux comprendre l’humain et ses productions, y compris scienti- fiques. Afin d’exciter cette curiosité, une quinzaine de conférences ont donc été données devant des publics variés et élargis, sur des sujets tels que les naturalistes-collecteurs belges, le passé du Jardin botanique, la pensée écologique précoce, etc.

Toujours dans la perspective de faire connaître la richesse de ses collections, l’institution s’est fortement impliquée dans des évé- nements à vocation plus populaire, comme l’exposition Viva Brasil ! Les Belges au Brésil (Musée BELvue, Bruxelles, 12/6-31/8) ; ou le grand événement que constitue l’Année de Flore, dont le point d’orgue fut l’exposition Bruxelles, capitale de Flore (Halles Saint Géry, Bruxelles, décembre 2014–février 2015). Dans ce type de perspective, on doit encore signaler que notre historien-archiviste a été invité comme expert étranger dans l’organisation de l’exposition Orchidées, cacao et colibris, Explorateurs et chasseurs de plantes luxembourgeois en Amé- rique latine qui se tiendra au Muséum National d’Histoire Naturelle (Luxembourg), en 2015.

L’expertise de l’institution en histoire des collecteurs de plantes, de la botanique et de l’horticulture a encore été mise en valeur par la publication d’un long article sur l’horticulture bruxelloise au 19 ème siècle, dans la revue Hommes et Plantes, périodique du Conservatoire des Collections Végétales Spécialisées (France). De surcroît, une contribution sur l’histoire des collections de plantes succulentes du Jardin botanique a assuré la promotion de notre institution dans les pages de Cactus et Succulentes, le magazine des Amis du Jardin exo- tique de Monaco.

Ce dynamisme a suscité un intérêt nouveau pour les ressources historiques de la bibliothèque du Jardin botanique Meise. Un accrois- sement notable du nombre de demandes de renseignements l’atteste.

Ces requêtes sont le fait d’académiques, de chercheurs, d’étudiants, mais aussi d’amateurs inspirés par la mise en valeur de nos collections. Signalons que l’enthousiasme des auteurs de nos productions et tra- vaux historiques n’est pas utile qu’aux sciences humaines, seulement, mais également aux botanistes eux-mêmes. Les longues recherches effectuées dans les archives afin de documenter les pièces qui consti- tuaient l’ancien Musée forestier du Jardin botanique illustrent parfai- tement ce que l’histoire peut apporter aux sciences naturelles.

ANNÉE DE FLORE – JA AR VAN FLOR A YEAR OF FLORA BRUSSELS, MARCH 2014
ANNÉE DE FLORE
– JA AR VAN FLOR A
YEAR
OF
FLORA
BRUSSELS,
MARCH 2014 - MARCH 2015
EXPO – BALADES – WANDELINGEN
HALLES SAINT-GÉRY / GALERIES ROYALES SAINT-HUBERT
SINT-GORIKSHALLEN / KONINKLIJKE SINT-HUBERTUSGALERIJEN
1664-2014, 350 ANS DE PASSION POUR L’HORTICULTURE ! L’ ANNÉE DE FLORE ASBL
VOUS INVITE PENDANT UN AN À EXPLORER LE GLORIEUX PASSÉ DE BRUXELLES.
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BUT CULTUREL – EXEMPT DE TIMBRE / ILLUSTRATION : DENDROBIUM PHALAENOPSIS PAR ALPHONSE GOOSSENS (IN DICTIONNAIRE ICONOGRAPHIQUE DES ORCHIDÉES PAR ALFRED C. COGNIAUX ET A. GOOSSENS. BRUSSELS, F. HAVERMANS, 1841-1916, CROMOLTH. J.I. GOFFART). AVEC L'AIMABLE AUTORISATION DE HÉRITIERS D'A. GOOSSENS. / ED. RESP. PAUL GROSJEAN, CHSÉE DE LOUVAIN, 422 1380 LASNE / DESIGN : ANOUK & CO.

Pour le projet « Année de flore », il a été largement fait appel au Jardin botanique, vu ses collections et son expertise. Le succès du projet a été démontré par son large écho dans les médias, tant en radio et télévision que dans les journaux.

tant en radio et télévision que dans les journaux. Denis Diagre, historien et archiviste du Jardin

Denis Diagre, historien et archiviste du Jardin botanique guide un groupe de visiteurs lors de l’exposition « Bruxelles, Capitale de Flore », qui constituait le point d’orgue du projet « Année de Flore ».

35

Coup de froid dans les collections

Le Jardin botanique héberge environ 4 millions de spécimens végétaux séchés, principalement sous forme d’herbier, provenant du monde entier. L’une des principales missions de notre Jardin est de préserver cette riche collection à des fins de recherche scientifique. Maintenus dans des conditions adéquates, les spécimens peuvent être conservés pendant des siècles et consultés à tout moment par le monde scientifique.

Conserver des plantes séchées n’est toutefois pas une tâche simple. Les insectes ravageurs constituent la principale menace. Les Herbiers du monde entier mènent une lutte permanente pour les empêcher de détruire leurs collections et prennent des mesures urgentes lorsque des attaques se produisent. La vrillette du pain (Ste- gobium paniceum) est l’un des ravageurs les plus difficiles à éradiquer.

Le moyen le plus efficace pour préserver un herbier est de main- tenir une humidité et une température peu élevées et constantes. Malheureusement, cette option n’est pas applicable dans le bâtiment actuel du Jardin botanique. Il est donc important de pratiquer une bonne gestion pour réduire les risques de dégâts dans la collection.

Après avoir comparé plusieurs techniques, la congélation s’est avérée être la meilleure méthode pour éliminer les insectes. En au- tomne 2013, une grande chambre de congélation (environ 60 m 3 ) a été installée dans le bâtiment de l’herbier. Elle est utilisée pour fri- gorifier les échantillons durant une semaine, période suffisante pour tuer les insectes. Chaque semaine, le matériel d’herbier de 12 armoires subit ce type de traitement.

Cette méthode nécessite beaucoup de travail (plus d’un équiva- lent temps plein). Elle implique de sortir les spécimens des armoires et de les placer dans le congélateur et ensuite de les reclasser dans les salles d’herbier ; le processus s’étend sur 2 semaines. Les armoires vides sont traitées avec un insecticide à rémanence longue, présen- tant une faible toxicité pour l’homme. La procédure de congélation de toute la collection est prévue sur 2 ans. Une fois terminée, l’opé- ration sera répétée une seconde fois. Ce travail a un impact majeur sur la gestion de l’herbier et, parfois, sur la disponibilité du maté- riel pour les chercheurs. Les cycles hebdomadaires de congélation des herbiers sont gourmands en énergie, mais ce coût est considéré comme faible face à la nécessité de préserver ces trésors historiques, culturels et scientifiques. À la fin de l’année 2014, environ 60% de nos spécimens de plantes vasculaires avaient déjà subi un traitement de ce type. Les résultats démontrent que le processus de congélation est très efficace : après 8 mois, les échantillons traités restent exempts d’organismes nuisibles.

traités restent exempts d’organismes nuisibles. Chaque semaine environ 25 000 spécimens sont déplacés de

Chaque semaine environ 25 000 spécimens sont déplacés de l’herbier au congélateur.

spécimens sont déplacés de l’herbier au congélateur. Avec 86 espèces endémiques (et 19 taxons

Avec 86 espèces endémiques (et 19 taxons infra-spécifiques), le genre Crotalaria (Fabaceae) a plus de taxons endémiques que tout autre genre en Afrique centrale. Ici sur la photo, de gauche à droite, on trouve C. germainii, C. andromedifolia, et C. minutissima.

Les espèces endémiques d’Afrique centrale

Les taxons endémiques sont ceux qui se développent naturelle- ment dans une zone bien délimitée et nulle part ailleurs. Bien que ce soit une notion relative, toutes les créatures vivantes connues sont en effet endémiques à la Terre, ce terme est habituellement utilisé pour désigner les organismes présents uniquement dans un continent, une région, un pays ou une localité déterminés. Les plantes endémiques intéressent particulièrement les botanistes et ont souvent la priori- té dans les programmes de conservation parce que leur distribution limitée les rend particulièrement vulnérables à la perte d’habitat et aux changements environnementaux.

Depuis la fin 2011, le Jardin botanique a entrepris la compilation d’une liste d’espèces (et taxons infra-spécifiques) de plantes vascu- laires endémiques de l’Afrique centrale. Cette liste rassemble les

plantes à fleurs, cycas, fougères

blique démocratique du Congo, du Rwanda, du Burundi, et, le cas échéant, des pays voisins (République du Congo, République centra- fricaine, Soudan, Ouganda, Tanzanie, Zambie et Angola y compris Cabinda). Elle aidera à établir une « Liste rouge » pour l’Afrique cen- trale, en soulignant les taxons les plus préoccupants.

connus exclusivement de la Répu-

Cette liste n’est pas figée, mais dynamique. Les systématiciens redéfinissent les taxons à la suite de nouvelles recherches, tandis que le travail de terrain permet de compléter le schéma de répartition des taxons. En 2014, une étape importante a été franchie avec l’en- codage dans la base de données de tous les spécimens de taxons en- démiques à la zone sélectionnée. Plus de 30 000 spécimens ont été encodés, parmi lesquels 22 000 sont répertoriés pour la première fois dans le cadre de ce projet. Au total, ces spécimens représentent plus de 2 800 taxons. Ces données permettent déjà d’identifier des groupes biologiques et de localiser des régions particulièrement riches en espèces endémiques, comme la vallée du Rift dans l’Est et le Sud du Katanga.

La publication de la liste des plantes endémiques d’Afrique cen- trale est prévue pour 2015.

Organisation

Notre Jardin s’appuie sur une organisation dynamique comptant environ 180 membres du personnel, 70 bénévoles et 20 guides. Le domaine, qui couvre 92 hectares, compte environ 50 bâti- ments où le personnel travaille, se rencontre et préserve les collections végétales. Un des défis majeurs est de préparer l’avenir de notre Jardin en limitant sa dépendance aux énergies fossiles et en réduisant ainsi son impact environnemental. Dans le futur, des réponses devront être appor- tées à tous les niveaux.

In Memoriam Gert Ausloos

En 2014, le Jardin botanique a été durement éprouvé par la perte de Gert Ausloos, responsable du Service éducatif (SEED), membre du Conseil de direction et du Conseil scientifique du Jardin bota- nique Meise, décédé inopinément le dimanche 2 mars 2014 à l’âge de 47 ans.

Né à Tirlemont le 24 février 1967, Gert Rene Jos Ausloos gran- dit dans le village d’Oplinter où, très tôt, il fut fasciné par la nature. Durant sa dernière année au Collège O.L.V de Tirlemont, il fut sé- lectionné pour participer au Prix Jacques Kets destiné aux jeunes passionnés par la biologie.

Conforté dans sa vocation, Gert poursuivit ses études dans le domaine des sciences naturelles et en 1985, débuta ses études en bio- logie à l’Université de Louvain où il termina avec grande distinction. Son mémoire de fin d’études concernant le « transfert du signal in- duit par des blessures chez Lycopersicon » l’encouragea à poursuivre dans le domaine de la physiologie végétale. Entré dans le laboratoire du professeur J.C. Vendrig, il y prépara une thèse sur le rôle des inhi- biteurs de protéases dans le système de défense et la biologie florale des Solanacées, et décrocha, en 1996, le titre de docteur en biologie (Botanique) avec la plus grande distinction.

Parallèlement à ses recherches doctorales, il communiqua son enthousiasme et son amour de la botanique à d’innombrables étu- diants en biologie, lors de travaux pratiques en microscopie et d’ex- cursions au Jardin botanique national de Belgique (aujourd’hui Jardin botanique Meise). Ces excursions, remarquablement organisées, et le travail de Gert dans la conception d’expositions permanentes, scientifiques et pédagogiques, au musée des plantes Hortus Michel Thiery de Gand, attirèrent l’attention des responsables de notre Jar- din botanique et lorsque notre institution décida d’investir davan- tage dans l’éducation, Gert fut sans surprise le meilleur candidat.

Gert entra en service au Jardin botanique le 20 janvier 1997. Il mit sur pied le service éducatif et le développa en une structure pro- fessionnelle qui, au-delà de l’éducation, s’occupe aussi de la com- munication, de l’accueil touristique, d’événements spécifiques, de conception graphique et de l’encadrement des volontaires. Pendant plus de 17 années, Gert a donné son cœur au Jardin botanique et a été le concepteur de magnifiques expositions, sur l’histoire moins connue des roses, l’illustrateur botanique Albert Cleuter, les orchi- dées, l’ikebana, les bonsaïs, les plantes d’aquarium et d’autres, tel- lement nombreuses qu’il est impossible de toutes les mentionner. Il était aussi le maître d’œuvre enthousiaste de la rénovation du Palais des Plantes et un participant très apprécié aux réunions internatio- nales des jardins botaniques. Il fut également le moteur de la forma- tion de guides botaniques dont il a organisé à 4 reprises des sessions sous l’égide de l’Association des Jardins botaniques et Arboreta de Belgique (VBTA).

Sa passion des plantes rayonnait autour de lui et son enthou- siasme pouvait convaincre tout un chacun que les plantes sont des organismes dynamiques qui jouent un rôle essentiel dans notre vie quotidienne. L’onde de choc provoquée parmi ses collègues et amis par la disparition soudaine de Gert se répercutera encore longtemps au sein du Jardin botanique et il ne fait aucun doute que son souvenir se perpétuera chez tous ceux qui l’ont côtoyé.

au sein du Jardin botanique et il ne fait aucun doute que son souvenir se perpétuera

Récompenses aux chercheurs du Jardin botanique Meise

Fabienne Van Rossum, chercheuse au Jardin botanique Meise, a été récompensée pour son travail exceptionnel sur la flore et la végé- tation de Belgique en se voyant attribuer le Prix François Crépin par la Société royale de Botanique de Belgique. Nommé d’après le cé- lèbre botaniste belge et ancien directeur de notre institution, ce prix est décerné à l’auteur de travaux d’excellence. Il distingue les études du Dr Van Rossum sur les modèles de pollinisation dans les popula- tions végétales fragmentées et ses conclusions sur l’importance de la restauration de la dispersion du pollen comme facteur-clé de la persistance à long terme des taxons fragmentés. Elle a également dé- montré que l’établissement de corridors biologiques réduisait l’isole- ment spatial des populations végétales en fournissant des possibilités de nidification aux insectes pollinisateurs.

Emiel Van Rompaey était un célèbre botaniste amateur et fon- dateur de l’I.F.B.L. (Institut Floristique Belgo-Luxembourgeois), une association de bénévoles intéressés par la floristique. Tous les 2 ans, c’est en son honneur qu’est attribué le Prix Emiel Van Rompaey aux auteurs d’études botaniques sur la flore de Belgique et du Grand-Du- ché de Luxembourg. En 2014, ce prix a été décerné à 3 chercheurs du Jardin botanique Meise.

Arthur Vanderweyen et André Fraiture ont été récompensés pour leur check-list des charbons (Ustilaginales) de Belgique, soit 88 espèces dont 18 n’avaient jamais été répertoriées en Belgique. Les charbons sont des champignons pathogènes responsables de mala- dies graves chez les plantes et à l’origine de lourdes pertes écono- miques dans les récoltes, notamment de céréales.

Dries Van den Broeck est également lauréat de ce prix pour l’inventaire des lichens épiphytes et des champignons lichénicoles qu’il a réalisé dans la région de Bruxelles-capitale. Les résultats de son étude ont montré que les facteurs influençant le plus la richesse spécifique et la distribution de ces organismes étaient le diamètre des arbres et la pollution de l’air. Les lichens sont des bio-indicateurs fiables pour le suivi de la pollution atmosphérique dans les villes. Dries Van den Broeck en a recensé 146 espèces sur le territoire de la seule région bruxelloise, soit environ 65% de la flore lichénique connue en Flandre.

Le Jardin botanique Meise se félicite que l’excellence du travail de ses chercheurs ait été récompensée en 2014.

travail de ses chercheurs ait été récompensée en 2014. Les lauréats des prix botaniques 2014 (de

Les lauréats des prix botaniques 2014 (de gauche à droite :André Fraiture, Kenny Helsen, Fabienne Van Rossum, Dries Van den Broeck,Arthur Vanderweyen).

Van Rossum, Dries Van den Broeck,Arthur Vanderweyen). Micheline Wegh et Dries Van den Broeck, lauréat du

Micheline Wegh et Dries Van den Broeck, lauréat du Prix Emiel Van Rompaey, étudient des lichens dans la Région de Bruxelles-Capitale. Photographie Daniel De Wit.

Région de Bruxelles-Capitale. Photographie Daniel De Wit. Une abeille sauvage ( Lasioglossum sp.) collectant du

Une abeille sauvage (Lasioglossum sp.) collectant du pollen. Photographie Daniel Parmentier.

39

Premier rassemblement des volontaires et des guides du réseau VBTA

Le Jardin botanique Meise a accueilli la première rencontre des volontaires et des guides de l’Association des Jardins botaniques et Arboreta de Belgique (VBTA) en novembre 2014.

Cette réunion a rassemblé des participants enthousiastes des ar- boretums de Kalmthout, Hof ter Saksen, Robert Lenoir, Wespelaar, ainsi que des jardins botaniques d’Anvers, de Gand, de Louvain et de Meise.

La journée a commencé par une présentation des différents types de travail bénévole effectués au sein de notre Jardin botanique. Une activité « pour briser la glace » a ensuite permis aux participants de partager leurs plus lointains souvenirs sur les plantes. Ils ont également pris part à une visite guidée dans le Jardin et visité Flori Mundi, le spectacle des orchidées. Tout au long de la journée, des bénévoles et des guides du Jardin botanique Meise ont expliqué et démontré, non sans une certaine fierté, le travail colossal qu’ils réa- lisent. Cela va du montage des spécimens d’herbier à la plantation de plantes couvre-sol dans les collections du Fruticetum, en passant par la géolocalisation et la collecte de données sur plus de 2 600 arbres du domaine, l’aide apportée dans l’atelier « Les plantes dans ta vie quotidienne » que peuvent suivre les écoles du secondaire…

La rencontre s’est terminée par une réception conviviale qui a vu fleurir des discussions enthousiastes et a renforcé les liens entre les différents jardins botaniques. Nul doute que cette expérience enri- chissante renforcera les compétences et les expériences des volon- taires et des guides du réseau.

les expériences des volon- taires et des guides du réseau. Visite guidée dans le Fruticetum. Les

Visite guidée dans le Fruticetum. Les plantes sont regroupées selon leurs relations, suivant le système évolutif de Dahlgren.

leurs relations, suivant le système évolutif de Dahlgren. Bénévole montrant le travail de précision nécessaire au

Bénévole montrant le travail de précision nécessaire au montage d’un spécimen d’herbier.

nécessaire au montage d’un spécimen d’herbier. Le nouveau mastic sous son meilleur jour. La serre Balat,

Le nouveau mastic sous son meilleur jour.

La serre Balat, un trésor national restauré

En 1854, l’architecte du roi Léopold II, Alphonse Balat, dessine une serre pour la culture du nénuphar géant, Victoria amazonica, récemment découvert en Amérique tropicale. Cette serre, qui est incontestablement l’une des plus remarquables de Belgique, a été construite à l’origine au Zoo de Bruxelles dans le parc Léopold ; elle fut par la suite déménagée à 2 reprises : une première fois vers l’an- cienne implantation du Jardin botanique au centre de Bruxelles, puis, en 1941, vers le nouveau site du Jardin botanique à Meise.

À la suite du manque d’investissement et faute d’un entretien ap- proprié durant les trente dernières années, l’édifice se trouvait dans un état de délabrement avancé et sa structure exigeait une restau- ration urgente. L’oxydation du métal à cause de l’écaillement de la peinture et des fissures était le principal problème ; le silicone et le mastic utilisés pour fixer les vitrages se détachaient et s’effritaient en plusieurs endroits. L’année 2014 a sonné la fin de cette regrettable situation.

Une firme spécialisée dans la restauration à l’ancienne a réalisé

les travaux sous la supervision du service technique et de l’architecte paysagiste du Jardin botanique, qui avait établi le cahier des charges

et a assuré le suivi du projet.

Le processus de restauration a commencé par le démontage

des vitres et le sablage de la structure métallique. L’étape suivante

a consisté à appliquer 3 couches successives de peinture et à fixer

les vitres sur les châssis avec un nouveau mastic blanc, composé d’un mélange d’huile de lin et de chaux pour assurer la flexibilité de l’ensemble. C’est ainsi que la serre qui se trouvait dans un triste état est redevenue une véritable œuvre d’art au cœur de l’Herbetum du Jardin botanique et a retrouvé son rang parmi les fleurons de notre pays.

Travaux d’infrastructure pour de nouvelles sensations et pour le confort de nos collections

Le service technique œuvre dans l’ombre pour offrir aux visi-

teurs, au personnel et aux collections du Jardin botanique un cadre agréable, sécurisé et respectueux de l’environnement. Tout comme

les années précédentes, 2014 fut une année riche en projets et en ré-

alisations.

Notre Jardin a la chance de posséder un château historique, dont

le toit offre une vue imprenable sur tout le domaine. Par le passé, cette terrasse trop dangereuse était inaccessible au public. Le service technique y a remédié en remplaçant les caillebottis glissants par des dalles de sol en béton et en installant un garde-fou, autorisant ain- si les visiteurs à venir y découvrir un panorama exceptionnel sur le parc. Fièrement campé au cœur du domaine, le château est ainsi de- venu le point d’orgue de la visite, mais son entretien requiert encore une attention particulière. En 2014, les menuiseries extérieures ont

été repeintes et 96 fenêtres et 16 portes ont fait l’objet de réparations.

Garantir un accès confortable au public est essentiel. Les che- mins du fruticetum, mal drainés depuis plusieurs années et inondés

après chaque pluie, ne permettaient plus aux visiteurs de parcourir confortablement ces magnifiques collections d’arbres et arbustes.

Un nouveau système de drainage a été installé afin d’évacuer l’eau

excédentaire, pour le plus grand plaisir des visiteurs et des plantes

qui

croissent aux environs.

Le Palais des Plantes reste toujours l’attraction principale pour

de

nombreux visiteurs. Le service technique y a entrepris les tra-

vaux d’infrastructure nécessaires pour poursuivre la rénovation des

serres de la forêt tropicale. C’est ainsi qu’à côté de canaux de drai- nage, des sentiers de promenade ont été tracés et des bacs à plantes

ont

été installés.

Un autre site d’intérêt est l’Orangerie, dont le bâtiment consti-

tue

la partie sud du mur enserrant le jardin de l’Orangerie. Jusqu’en

2014, ce jardin clos n’était pas visible de l’intérieur du bâtiment, mais le percement d’une large baie a ouvert la vue vers le jardin depuis le restaurant.

Le bâtiment d’herbier abrite plusieurs millions de spécimens de plantes séchées, qui sont essentiels pour la recherche scientifique

et dont la conservation est cruciale. La toiture plate nécessitait des réparations urgentes pour éviter les infiltrations d’eau. En collabo- ration avec une entreprise de construction, les cheminées ont été démontées, le toit a été étanchéisé et recouvert d’une couche de 10

cm d’isolant. Ces travaux devraient permettre de réduire de 10% les dépenses énergétiques du bâtiment.

réduire de 10% les dépenses énergétiques du bâtiment. Le toit du bâtiment d’herbier en cours de

Le toit du bâtiment d’herbier en cours de rénovation pour arrêter les infiltrations et accroître sa capacité d’économies d’énergie.

et accroître sa capacité d’économies d’énergie. Bienvenue aux visiteurs ! 41 Le Fruticetum garde les pieds

Bienvenue aux visiteurs !

d’économies d’énergie. Bienvenue aux visiteurs ! 41 Le Fruticetum garde les pieds des visiteurs bien au
41
41

Le Fruticetum garde les pieds des visiteurs bien au sec.

“ La serre Balat restaurée a retrouvé sa gloire d’antan ”

Le Jardin botanique en chiffres

Finances

Résultat budgétaire (K€)

En 2014, le budget disponible s’élevait à 12.064 K€, dont 11.535 K€ ont été utilisés en 2014.

2014

Recettes Dépenses Balance budgétaire annuelle

12 064

11 535

529

Répartition des recettes

Les recettes sont composées d’une subvention du Gouverne- ment flamand de 10 776 K€ et des revenus propres totalisant ainsi 1 288 K€. Les revenus propres proviennent principalement de projets externes, de missions de consultance et de la vente de tickets. Par rapport aux deux dernières années, les revenus propres ont encore augmenté. Ceci est principalement dû à l’augmentation des revenus provenant de la vente de tickets. Les recettes de projets ont diminué en raison de l’arrêt du projet de digitalisation de la Mellon founda- tion pour lequel le Jardin botanique recevait chaque année environ 200 K€.

Répartition revenus propres

Location Vente de tickets Boutique Cantine du personnel Projets et consultance Concession Orangerie Assurances
Location
Vente de tickets
Boutique
Cantine du personnel
Projets et consultance
Concession Orangerie
Assurances
Total
73 455
412 532
129 044
45 901
601 854
11 800
13 770
1 288 356
Location
Vente de tickets
Boutique
Cantine du personnel
Projets et
consultance
Concession Orangerie
Assurances

Evolution revenus propres

2010 2011 2012 2013 2014 1 170 1 449 1 002 1 181 1 288
2010
2011
2012
2013
2014
1 170
1 449
1 002
1 181
1 288
Evolution revenus propres
1 600
1 400
1 200
1 000
800
600
400
200
0
2010
2011
2012
2013
2014

Dépenses

Les coûts salariaux constituent un peu plus de 70% du budget total. En 2014, des travaux d’entretien importants ont pu être réali- sés grâce à des ressources supplémentaires pour l’investissement et les réparations. Les coûts énergétiques représentent près de 5% du budget. Pour les collections, la recherche et les activités destinées au public, les fonds disponibles étaient respectivement de 449 K€, 310 K€ et 239 K€.

Dépenses

Coûts salariaux

8 264

Collections

449

Recherche

310

Activités grand public

239

Fonctionnement

808

Investissements et réparations

700

Coûts énergétiques

556

ICT

209

Total

11 535

énergétiques 556 ICT 209 Total 11 535 43 Coûts salariaux Collections Recherche Activités grand

43

Coûts salariauxénergétiques 556 ICT 209 Total 11 535 43 Collections Recherche Activités grand public Fonctionnement

Collections556 ICT 209 Total 11 535 43 Coûts salariaux Recherche Activités grand public Fonctionnement

209 Total 11 535 43 Coûts salariaux Collections Recherche Activités grand public Fonctionnement

Recherche

Activités grand publicTotal 11 535 43 Coûts salariaux Collections Recherche Fonctionnement Investissements et réparations Coûts

FonctionnementCoûts salariaux Collections Recherche Activités grand public Investissements et réparations Coûts énergétiques ICT

Investissements et43 Coûts salariaux Collections Recherche Activités grand public Fonctionnement réparations Coûts énergétiques ICT

réparations

Coûts énergétiques535 43 Coûts salariaux Collections Recherche Activités grand public Fonctionnement Investissements et réparations ICT

ICTCollections Recherche Activités grand public Fonctionnement Investissements et réparations Coûts énergétiques

Personnel

Répartition du personnel (situation au 1 er janvier de chaque année)

Le nombre de membres du personnel (y compris les contrats de remplacement) a légèrement augmenté et est revenu au niveau de 2012. Il y a eu une augmentation significative du nombre de membres du personnel statutaire.

 

2010

2011

2012

2013

2014

Statutaires scientifiques

17

16

14

13

21

Statutaires non scientifiques Contractuels scientifiques Contractuels non scientifiques

71

66

85

81

92

15

18

16

18

13

85

79

70

69

61

Total

188

179

185

181

187

2010 2011 2012 2013 2014 100 90 80 70 60 50 40 30 20 10
2010
2011
2012
2013
2014
100
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
Statutaires
Statutaires non
Contractuels
Contractuels non
scientifiques
scientifiques
scientifiques
scientifiques
scientifiques scientifiques scientifiques scientifiques Répartition du personnel selon la source financière

Répartition du personnel selon la source financière (situation au 1 er janvier de chaque année)

Le personnel du Jardin botanique est payé sur la dotation de la Communauté flamande (129 membres du personnel, 69%), sur res- sources propres (27 membres du personnel, 14%) et sur les moyens de la Communauté française (31 membres du personnel, 17%).

 

2014

Communauté flamande

129

Communauté française

31

Ressources propres

27

Total

187

27 (14%) 31 (17%) 129 (69%)
27
(14%)
31
(17%)
129
(69%)

Communauté flamande27 Total 187 27 (14%) 31 (17%) 129 (69%) Communauté française Ressources propres Répartition du

Communauté française187 27 (14%) 31 (17%) 129 (69%) Communauté flamande Ressources propres Répartition du personnel selon la

Ressources propres129 (69%) Communauté flamande Communauté française Répartition du personnel selon la communauté et la

Répartition du personnel selon la communauté et la fonction (situation au 1 er janvier 2014)

Trente-quatre membres du personnel (18%) sont des scientifi- ques dont un tiers est payé par la Communauté française. La Com- munauté française rétribue également 19 membres du personnel (10%) impliqués dans d’autres processus du Jardin botanique.

 

2014

Scientifiques de la Communauté française

12

Scientifiques de la Communauté flamande

22

Non scientifiques de la Communauté française

19

Non scientifiques de la Communauté flamande

134

12 (6%) 22 (12%) 19 (10%) 134 (72 %)
12
(6%)
22
(12%)
19
(10%)
134
(72 %)

Scientifiques de la Communauté françaiseflamande 134 12 (6%) 22 (12%) 19 (10%) 134 (72 %) Scientifiques de la Communauté flamande

Scientifiques de la134 (72 %) Scientifiques de la Communauté française Communauté flamande Non scientifiques de la Communauté

Communauté flamande

Non scientifiques de la Communauté françaisede la Communauté française Scientifiques de la Communauté flamande Non scientifiques de la Communauté flamande

Non scientifiques de la Communauté flamandede la Communauté française Scientifiques de la Communauté flamande Non scientifiques de la Communauté française

Pyramide des âges

Près de deux tiers des membres du personnel sont âgés de moins de 50 ans, 10% ont plus de 60 ans. Le personnel de la Communauté française est globalement plus jeune que celui de la Communauté flamande avec un tiers entre 35 et 44 ans. Environ 40% du personnel est féminin, mais la répartition entre les différents services est très inégale, ainsi par exemple, la plupart des jardiniers sont des hommes.

Ensemble du personnel 2014

 

Femme

Homme

Total

60-+

7

13

20

55-59

7

13

20

50-54

14

18

32

45-49

9

15

24

40-44

14

9

23

35-39

6

18

24

30-34

10

14

24

25-29

5

10

15

20-24

0

5

5

Total

72

115

187

Homme Femme 2 0 1 5 1 0 5 0 5 1 0 6 0
Homme
Femme
2 0
1 5
1 0
5
0
5
1 0
6
0 - +
5
5 - 5 9
5
0 - 5 4
4
5 - 4 9
4
0 - 4 4
3
5 - 3 9
3
0 - 3 4
2
5 - 2 9
2
0 - 2 4

1 5

Communauté française

Femme Homme Total 60-+ 1 3 4 55-59 1 2 3 50-54 0 5 5
Femme
Homme
Total
60-+
1
3
4
55-59
1
2
3
50-54
0
5
5
45-49
1
3
4
40-44
3
2
5
35-39
0
7
7
30-34
2
1
3
25-29
0
0
0
20-24
0
0
0
Total
8
23
31
Homme
Femme
8
3
2
7
6
0- +
5
5- 5 9
5
0- 5 4
4
5- 4 9
4
0- 4 4
3
5- 3 9
3
0- 3 4
2
5- 2 9
2
0- 2 4
Communauté flamande
Femme
Homme
Total
60-+
6
10
16
55-59
6
11
17
50-54
14
13
27
45-49
8
12
20
40-44
11
7
18
35-39
6
11
17
30-34
8
13
21
25-29
5
10
15
20-24
0
5
5
Total
64
92
156
Homme
Femme
1 5
1 0
5
0
5
10
6 0 - + 5 5 - 5 9 5 0 - 5 4 4
6
0 - +
5
5 - 5 9
5
0 - 5 4
4
5 - 4 9
4
0 - 4 4
3
5 - 3 9
3
0 - 3 4
2
5 - 2 9
2
0 - 2 4

45

15

Les stagiaires et les stages en milieu professionnel

Le Jardin botanique offre aux stagiaires de nombreuses possibi- lités d’apprentissage. De cette façon, nous essayons de les préparer au mieux au marché du travail.

Nombre de stagiaires et de stages

Visiteurs

Nombre total de visites

Total Rémunéré Non rémunérés 32 1 31 Stagiaires et stages avec invalidité Le nombre de
Total
Rémunéré
Non rémunérés
32
1
31
Stagiaires et stages
avec invalidité
Le nombre de visites a augmenté de près de 40% en 2014. Par
rapport à l’an 2000, année où les visiteurs ont été comptabilisés pour
la première fois systématiquement, le nombre de visiteurs a plus que
doublé. Le beau temps était un facteur important. De même, l’inau-
guration de deux nouvelles serres de la forêt tropicale, en avril, et le
spectacle des orchidées « Flori Mundi », en novembre, ont rencontré
un franc succès auprès des visiteurs.
Total
Rémunéré
Non rémunérés
2010
2011
2012
2013
2014
3
0
3
Nombre total
de visites
94 218
110 909
88 612
91 171
126 486
Stagiaires et stages
avec arrière-plan de migration
140
000
Total
Rémunéré
Non rémunérés
120
000
11
0
11
100
000
80
000
Bénévoles
60
000
40
000
En mettant à jour la liste des bénévoles (des bénévoles inactifs
durant une longue période ont été retirés), le nombre de bénévoles
20
000
a
moins augmenté en 2014. Pendant la préparation de Flori Mun-
di, nous avons pu compter sur l’aide supplémentaire de 25 jeunes
bruxellois issus de la ‘Plate-forme pour le Service citoyen’, ces der-
niers ne sont pas comptabilisés dans les statistiques. La conversion
du nombre de bénévoles en équivalents « temps plein » est basée sur
0
2010
2011
2012
2013
2014

la norme du Gouvernement flamand (1520 h/an).

2010 2011 2012 2013 2014 Nombre 66 80 70 98 108 ETP 5,1 6,5 5,7
2010
2011
2012
2013
2014
Nombre
66
80
70
98
108
ETP
5,1
6,5
5,7
6,7
8,6
12
0
1
0
9
10
0
8
7
8
0
6
N ombre
6
0
5
ETP
4
4
0
3
2
2
0
1
0
0
2 0 10
2 0 11
2 0 1 2
2 0 1 3
2 0 1 4
0 9 10 0 8 7 8 0 6 N ombre 6 0 5 ETP 4

Répartition du nombre de visites (gratuit / tarif réduit / plein tarif)

Participation à des visites éducatives organisées

Le nombre de visites scolaires a légèrement diminué. Ceci s’explique principalement par la diminution du nombre de visites scolaires libres.

L’augmentation du nombre de visiteurs a été la plus forte parmi les visiteurs payants (plein tarif ou tarif réduit).

 

2010

2011

2012

2013

2014

 
 

Visite libre

2 034

3 060

2 771

3 523

2 467

 

2010

2011

2012

2013

2014

Visite guidée

1 276

1 368

1 091

989

1 156

 

Module BAMA

187

201

551

713

671

Gratuit

25 988

36 602

30 913

31 368

39 312

Atelier scolaire

913

584

1 763

1 127

1 917

Tarif réduit

48 973

46 820

38 215

38 992

57 676

Total

4 410

5 213

6 176

6 361

6 211

Plein tarif

19 257

27 487

19 484

20 811

29 498

Gratuit Tarif réduit Plein tarif 70 000 60 000 50 000 40 000 30 000
Gratuit
Tarif réduit
Plein tarif
70
000
60
000
50
000
40
000
30
000
20
000
10
000
0
2010
2011
2012
2013
2014

Cartes annuelles

2010 2011 2012 2013 2014 4 000 3 500 3 000 2 500 2 000
2010
2011
2012
2013
2014
4
000
3
500
3
000
2
500
2 000
1 500
1 000
500
0
Visite libre
Visite guidée
Module BAMA
Atelier scolaire

Visiteurs à la Boutique

Une augmentation notable du nombre de cartes annuelles (+ 22%), réparties selon les différents types,
Une
augmentation
notable
du
nombre
de
cartes
annuelles
(+ 22%), réparties selon les différents types, est confirmée.
Au total, près de 6 250 visiteurs ont acheté des produits de la
Boutique. Les clients ont dépensé en moyenne 20 EUR. Les produits
typiques issus du Jardin botanique, comme le miel ou le café, sont
restés très populaires cette année.
2010
2011
2012
2013
2014
2010
2011
2012
2013
2014
Carte annuelle
Visiteurs
5 958
6 655
4 729
5 189
6 244
individuelle
1 253
1 382
1 113
1 443
1 756
Individuelle Gold
106
99
100
94
112
7
000
Gold 1+3
329
353
384
411
514
Total
1 688
1 834
1 597
1 948
2 385
6
000
5
000
Carte annuelle individuelle
Individuelle Gold
Gold 1+3
3
000
4
000
2
500
3
000
2 000
2
000
1 500
1
000
1 000
0
2010
2011
2012
2013
2014
500
0
2010
2011
2012
2013
2014

47

Le Jardin botanique dans les médias et les résaux sociaux

En 2014, le Jardin botanique a diffusé 24 communiqués de presse (12 en néerlandais et 12 en français). Actuellement, 3 270 personnes se sont inscrites à la newsletter saisonnière Musa qui est publiée en néerlandais et en français. Pas moins de 78 messages en français et néerlandais ont été postés sur la page Facebook du Jardin botanique.

2010 2011 2012 2013 2014 Abonnements Musa 2 108 2 515 2 640 2 715
2010
2011
2012
2013
2014
Abonnements
Musa
2 108
2 515
2 640
2 715
3 270
3
500
3
000
2
500
2
000
1 500
1 000
500
0
2010
2011
2012
2013
2014

En 2014, le site du Jardin botanique a été consulté par 766 838 visiteurs depuis 306 834 ordinateurs en provenance de 134 pays. La majorité des visiteurs proviennent de Belgique, d’Allemagne, de France et des Pays-Bas. Un total de 9 817 900 pages de notre site ont été consultées, et elles ont été cliquées 22 982 176 fois.

Collections

Collections vivantes

Les collections vivantes comprennent toutes les introductions dont les plantes vivantes et/ou les graines sont disponibles. Elles re- présentent 33 056 introductions de 18 638 taxons différents. 95% ap- partiennent au patrimoine scientifique fédéral, 5% est propriété de la Communauté flamande.

 

Fédéral

Communauté Flamande

Global

Taxons

17 765

1 387

18 638

Espèces

13 335

1 024

13 798

Introductions

31 418

1 638

33 056

Introductions 2014

176

1 522

1 698

Collection de plantes vivantes

La collection de plantes vivantes du Jardin botanique compte actuellement 26 259 introductions. Elles représentent 343 familles, 3 034 genres, 17 524 taxons et 12 961 espèces. Elles sont partagées entre les serres (57%) et les collections de plein air (43%). Les familles de plantes les plus représentées dans les serres sont les Cactaceae (2 506 introductions), les Orchidaceae (1 696), les Euphorbiaceae (1 284), les Liliaceae (949), les Rubiaceae (575) les Crassulaceae (513), les Araceae (464) et les Agavaceae (393).

Dans les collections de plein air, les familles les mieux représen- tées sont les Ericaceae (807 introductions), les Rosaceae (752), les Li- liaceae (481), les Asteraceae (468) et les Malaceae (431).

Plein air Serres Plein air Serres Plein air Serres 2012 2013 2014 2012 2012 2013
Plein air
Serres
Plein air
Serres
Plein air
Serres
2012
2013
2014
2012
2012
2013
2013
2014
2014
Nombre de visiteurs
746 963
640 046
766 838
Taxons
7 551
9 091
7 526
9 307
7 887
9 637
Espèces
4 967
7 475
4 887
7 675
5 024
7 937
Introductions
11 030
13 929
10 894
14 291
11 390
14 869
Nombre de visiteurs
900
000
800
000
Plein air 2012
Serres 2012
Plein air 2013
700
000
Serres 2013
Plein air 2014
Serres 2014
600
000
16
000
500
000
14
000
400
000
12
000
300
000
10
000
200
000
8
000
100
000
6
000
0
2012
2013
2014
4
000
2
000
Le nombre d’abonnés à Dumortiera, un périodique numérique
publié par le Jardin botanique et lié à la floristique, a augmenté
jusqu’à approcher les 1 050.
0
Taxons
Espèces
Introductions

Évolution de l’acquisition de matériel végétal vivant

Comparé à l’année dernière, la croissance a très fortement aug- menté en 2014 (52%). Cette augmentation est principalement due à l’acquisition d’un grand nombre de cultivars de Rhododendron pour les collections de plein air et de nombreuses nouvelles plantes succu- lentes, principalement des espèces d’Euphorbia, dans les serres.

Confiscation de plantes CITES

En 2014, 10 saisies ont été effectuées par les douanes belges, conformément à la législation CITES ; les plantes ont été transférées au Jardin botanique. Ce chiffre confirme la tendance à la baisse de- puis 2010. Les 10 saisies représentent 43 introductions et 102 spéci- mens.

2010 2011 2012 2013 2014 Cultivé Origine sauvage Total Introductions CITES 278 69 86 122
2010
2011
2012
2013
2014
Cultivé
Origine sauvage
Total
Introductions CITES
278
69
86
122
43
2010 614
881
1 495
Introductions CITES
2011 1 021
863
1 884
300
2012 1 631
528
2 159
2013 710
404
1 114
250
2014 1 233
465
1 698
200
150
Cultivé
Origine sauvage
2
500
100
50
2
000
0
2010
2011
2012
2013
2014
1
500
1
000
2010
2011
2012
2013
2014
500
Nombre de plantes
confisquées
2 205
105
240
1 152
102
0
2010
2011
2012
2013
2014
Nombre de plantes confisquées
2
500
2
000
Évolution du nombre
de recherches dans LIVCOL
1
500
LIVCOL est la base de données utilisée pour la gestion quoti-
dienne de la collection de plantes vivantes et de la documentation
connexe. Sur le site du Jardin botanique, cette base de données est
partiellement accessible au grand public. En 2014, on a observé une
augmentation relativement importante du nombre de recherches
(5 838).
1
000
500
0
2010
2011
2012
2013
2014
2010
2011
2012
2013
2014
Recherches dans
2010
2011
2012
2013
2014
LIVCOL
2 664
3 633
3 734
3 962
5 838
Nombre de saisies CITES
30
18
12
10
10
Recherches dans LIVCOL
7 000 6 000 5 000 4 000 3 000 2 000 1 000 0
7
000
6
000
5
000
4
000
3
000
2
000
1
000
0
2010
2011
2012
2013
2014

Nombre de saisies CITES000 3 000 2 000 1 000 0 2010 2011 2012 2013 2014 35 30 25

35 30 25 20 15 10 5 0 2010 2011 2012 2013 2014
35
30
25
20
15
10
5
0
2010
2011
2012
2013
2014

49

Distribution de matériel vivant

Le nombre d’échantillons de plantes envoyés varie fortement d’une année à l’autre. En 2014, un total de 1 830 échantillons ont été expédiés, dont environ 75 % sous forme de graines.

2010 2011 2012 2013 2014 Distribution 1 370 1 889 1 664 1 770 1
2010
2011
2012
2013
2014
Distribution
1 370
1 889
1 664
1 770
1 830
de matériel
Distribution de matériel
2
000
1 800
1 600
1 400
1 200
1 000
800
600
400
200
0
2010
2011
2012
2013
2014

Montage de spécimens d’herbier

Le montage de spécimens est une étape importante et de longue haleine qui permet une conservation à long terme du matériel vé- gétal.

Le nombre de spécimens montés en 2014 a augmenté à plus de 35 000. Ceci est principalement dû à la présence d’un monteur d’her- bier supplémentaire à temps plein (via une mutation interne) et une augmentation du nombre de bénévoles.

 

2010

2011

2012

2013

2014

Spécimens

7 900

17 000

6 500

6 811

12 440

montés BT

Spécimens

13 828

20 191

11 596

17 500

23 074

montés SP

Total

21 728

37 191

18 096

24 311

35 514

Spécimens montés BT 7350 Spécimens montés SP 9519 40 000 35 000 30 000 25
Spécimens montés BT 7350
Spécimens montés SP 9519
40
000
35
000
30
000
25
000
20
000
15
000
10
000
5 000
0
2010
2011
2012
2013
2014

Conservation à long terme des semences

La banque de graines est un moyen de conservation ex situ très important pour soutenir les projets de conservation in situ. Elle per- met de stocker, dans un espace très limité, une très grande diversité génétique à long terme (plus de 100 ans). La banque de graines du Jardin botanique stocke actuellement des graines prélevées dans la nature dont 906 introductions d’espèces belges et 803 de plantes du cuivre du Katanga. La collection de graines de haricots sauvages et d’espèces apparentées reste la plus importante collection avec 2 152 introductions.

Flore belge

Flore du cuivre

Haricots sauvages

2012 841

536

2 144

2013 890

626

2 152

2014 906

803

2 152

23% 56% 21%
23%
56%
21%

Flore belge2 152 2 0 1 4 906 803 2 152 23% 56% 21% Flore du cuivre

Flore du cuivre2 0 1 4 906 803 2 152 23% 56% 21% Flore belge Haricots sauvages 2012

Haricots sauvages803 2 152 23% 56% 21% Flore belge Flore du cuivre 2012 2013 2014 2 500

2012 2013 2014 2 500 2 000 1 500 1 000 500 0 Flore belge
2012
2013
2014
2
500
2
000
1
500
1
000
500
0
Flore belge
Flore
Haricots
du cuivre
sauvages

Encodage des collections dans les bases de données

Les étiquettes des spécimens d’herbier contiennent de pré- cieuses données sur la répartition, l’écologie et l’utilisation des plantes. Par la numérisation des collections et l’encodage dans une base de données, cette information est rendue accessible à un vaste groupe d’utilisateurs potentiels.

Par rapport à 2013, on constate une baisse. Toutefois, en compa- raison avec les années précédentes, on observe une augmentation du nombre de spécimens introduits. Cet accroissement est le résultat d’un « encodage rapide », avec moins de données, qui a été effectué afin de réaliser l’inventaire complet de la collection fédérale. En 2014, de nombreux spécimens de la Flore d’Afrique centrale ont aussi été introduits.

 

2010

2011

2012

2013

2014

BT

21 935

18 159

17 487

49 341

18 289

SP

23 447

21 880

30 324

26 105

32 748

Total

45 382

40 039

47 811

75 446

51 037

Prêts et programmes d’échange

Le transfert de spécimens d’herbier entre institutions est essen- tiel pour la recherche botanique. Les spécimens peuvent être transfé- rés vers un autre Herbier sur base d’une convention temporaire sous forme de prêt, de façon permanente comme don ou dans le cadre d’un programme d’échange. Il est clair que le nombre d’échanges, à la fois entrants et sortants, a fortement chuté en 2014. Cette forte diminution des échanges avec Wageningen est due à leur déménage- ment vers Leiden, où ils ont transféré la majeure partie de leur maté- riel d’échanges. Outre les petits dons enregistrés dans le graphique, on retrouve aussi un certain nombre de collections, qui étaient en dépôt au Jardin botanique, lors du transfert vers la Communauté flamande, et qui sont devenues propriété du Jardin botanique, ap- partenant donc au patrimoine flamand. Il s’agit des collections Van Heurck (AWH, c. 250 000 spécimens), Imler (5 154 spécimens), Bruylants (1 686 spécimens) et Antonissen (793 spécimens). Environ 6,5% des collections appartiennent au patrimoine flamand.

2010 2011 2012 2013 2014 BT SP 80 000 Echanges entrants 3 249 11 261
2010
2011
2012
2013
2014
BT
SP
80
000
Echanges
entrants
3 249
11 261
7 892
15 536
853
70
000
60
000
Dons entrants
9 668
2 463
8 591
3 918
7 141
50
000
40
000
Prêts entrants
595
539
2 391
678
1 394
30
000
Echanges
sortants
1 426
2 897
1 655
1 991
459
20
000
10
000
Dons sortants
177
221
175
128
116
0
2010
2011
2012
2013
2014
Prêts sortants
2 012
3 114
1 701
2 366
2 430
2010
2011
2012 2013
2014
012 3 114 1 701 2 366 2 430 2010 2011 2012 2013 2014 18 000
18 000 16 000 14 000 12 000 10 000 8 000 6 000 4
18
000
16
000
14
000
12
000
10
000
8
000
6
000
4
000
2
000
0
Echanges
Dons
Prêts
Echanges
Dons
Prêts
entrants
entrants
entrants
sorants
sortants
sortants

51

Base de données de la bibliothèque

Le nombre d’enregistrements dans la base de données de la bi- bliothèque est en augmentation constante. Le catalogue complet, qui est également disponible en ligne, comprend plus de 125.000 enre- gistrements.

 

2010

2011

2012

2013

2014

Articles

48 516

48 834

49 030

49 150

49 404

Séries

4 475

4 596

4 695

4 789

4 828

Correspondance

7 300

7 443

7 444

7 444

7 444

Monographies

47 500

48 796

49 969

50 743

51 268

Ouvrages

précieux

3 383

3 385

3 386

3 421

3 461

Périodiques

8 352

8 742

8 979

9 117

9 168

Matériel

iconographique

0

500

560

1 554

2 185

2010 2011 2012 2013 2014 60 000 50 000 40 000 30 000 20 000
2010
2011
2012
2013
2014
60
000
50
000
40
000
30
000
20
000
10
000
0
Articles
Séries
Correspondance
Monographies
Ouvrages précieux
Périodiques
Matériel
iconographique

Acquisitions de la bibliothèque

Le nombre de nouvelles acquisitions de la bibliothèque est resté stable en 2014. Environ un tiers des acquisitions appartiennent à la Communauté flamande. Un petit deux-tiers est ajouté au Patrimoine fédéral. Cela concerne les livres qui ont été commandés, à la fin de 2013, sur le budget fédéral mais qui n’ont été livrés qu’en 2014 et les livres en provenance de la bibliothèque de recherche qui n’ont pas été enregistrés de manière centralisée. Un petit nombre de livres reste la propriété de la Société royale de botanique de Belgique, dont la bibliothèque est hébergée au Jardin botanique.

 

2010

2011

2012

2013

2014

Monographies

3 124

1 244

1 035

926

965

Fascicules de

périodiques

3 000

3 025

2 733

2 500

2 500

Monographies Fascicules de périodiques 3 500 3 000 2 500 2 000 1 500 1
Monographies
Fascicules de périodiques
3
500
3
000
2
500
2
000
1
500
1
000
500
0

2010

2011

2012

2013

2014

Flamand

Fédéral

Société royale de botanique de Belgique

Monographies

315

615

35

35 (3%) 315 (33%) 615 (64%)
35
(3%)
315
(33%)
615
(64%)

FlamandMonographies 315 615 35 35 (3%) 315 (33%) 615 (64%) Fédéral Société royale de botanique de

FédéralMonographies 315 615 35 35 (3%) 315 (33%) 615 (64%) Flamand Société royale de botanique de

Société royale de botanique de Belgiqueroyale de botanique de Belgique Monographies 315 615 35 35 (3%) 315 (33%) 615 (64%) Flamand

Consultation externe de la bibliothèque

La bibliothèque est ouverte au public. Le nombre de visiteurs a chuté. Ce nombre va continuer à diminuer à l’avenir car la littéra- ture botanique est de plus en plus disponible en ligne. Le Jardin bota- nique participe donc activement à divers projets de digitalisation. Le nombre de prêts inter-bibliothèques a fortement augmenté.

Recherche

Nombre de publications

Le nombre de publications scientifiques du personnel a très for- tement augmenté ; en particulier, le nombre de publications à facteur d’impact. Le ratio de publications avec facteur d’impact et sans fac- teur d’impact atteint ses plus hauts niveaux représentant maintenant 64%. L’objectif est de porter cette augmentation encore plus loin, sans perdre de vue la recherche avec un impact plus local, mais sou- vent très important.

Manuscrits Résumés de et chapitres posters ou Total de livres présentations Autres publications (rapports,
Manuscrits
Résumés de
et chapitres
posters ou
Total
de livres
présentations
Autres publications
(rapports, comptes
rendus de livres…)
2010
2011
2012
2013
2014
Visiteurs externes
494
504
457
440
342
2010 64
61
5
130
Prêts inter-bibliothèques
58
49
61
58
95
2011 114
26
18
158
2012 83
72
14
169
2013 116
50
26
192
2014 131
100
14
245
Visiteurs externes
Prêts inter-bibliothèques
600
2010
2011
2012
2013
2014
500
300
400
250
300
200
200
150
100
100
0
2010
2011
2012
2013
2014
50
0
Manuscrits et chapitres
de livres
Résumés de
Autres publications
(rapports, comptes
rendus de livres )
Total
posters ou
présentations
de livres Résumés de Autres publications (rapports, comptes rendus de livres ) Total posters ou présentations

53

Publications

Publications internationales ou nationales sans IF

 

internationales

Livres ou chapi- tres de livres

avec IF

2010 34

25

5

2011 47

36

31

2012 30

45

8

2013 49

40

27

2014 75

42

14

2010 2011 2012 2013 2014 80 70 60 50 40 30 20 10 0 Publications