Chapitre 3: Les produits imposables

Le bénéfice ou le déficit d'un exercice est égal à la différence entre les produits
acquis et les dépenses engagées. Les produits comprennent essentiellement les
sommes reçues en contre partie de la livraison des biens ou de l'exécution des
prestations de service.

Section 1: Les produits d'exploitation
I- Les ventes ou recettes
Elles sont constituées par le prix de marchandises vendues, des travaux effectués ou
des services fournis par l'entreprise.
Les ventes à retenir pour chaque exercice sont celles qui se rapportent aux
opérations ayant leur naissance au cours de l'exercice (créances acquises certaines
dans leur principe même si le prix sera payé ultérieurement). Le fait générateur ici
est la livraison ou l'exécution.
Les réductions accordées en termes de ristourne, rabais, remises dûment justifiées
viennent en diminution des ventes, à l'exception des escomptes de règlement qui
sont des

charges financières directement comptabilisées dans leur compte par

nature.
Les ventes en devises doivent être comptabilisées au jour de l'opération pour leur
contre valeur en CFA. Les fluctuations du cours de la devise n'entrainent pas des
modifications sur le total des ventes de la période. Toutefois, en fin de période lors
des inventaires, on peut retrouver l'influence des fluctuations monétaires dans les
pertes ou les gains de change.

II-Les produits accessoires
On entend par produit accessoire, des revenus qui sans être tirés de l'activité
principale de l'entreprise participent à la formation du résultat comptable. Ils peuvent
être de nature diverse:
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1°) Les revenus fonciers
En matière d'IS, le principe de la liberté d'affectation des immeubles est inopérant
dans la mesure où tous les biens, droits et obligations de l'entreprise constituée sous
forme de société doivent figurer à son bilan. Par conséquent, les loyers d'immeubles
inscrits à l'actif du bilan est donné en location doivent être compris dans les produits
d'exploitation.
Les dépôts de garantie versés par le locataire demeurent des recettes non
imposables tant qu'ils ne sont pas acquis au bailleur.
Les droits d'entrée ou les pas-de-porte sont versés par les locataires sont des
suppléments des loyers à moins qu'ils ne représentent le prix de vente d'un élément
du fonds de commerce.
2°) Les commissions, courtages et honoraires
Ces revenus à l'instar de toutes les rémunérations qu'une société perçoit en sa
qualité d'administrateur, représentant commercial, courtier, rentrent dans les produits
d'exploitation.

3°) Les redevances pour utilisation des brevets et licence
Les résultats de la concession de licences d'exploitation, des brevets ou procédés de
fabrication industrielle sont imposables à l'IS suivant le régime du droit commun.
4°) Les bénéfices agricoles
Une simple extension de l'activité agricole aux activités industrielle et commerciale
transforme les revenus agricoles en BIC passible de l'IS sans qu'on puisse
rechercher s'il y a prépondérance de l'une ou de l'autre de ces activités.

III-Les produits exceptionnels
Dans cette catégorie, nous allons loger les subventions, les abandons de créance et
les dégrèvements d'impôts.

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1°) Les subventions (à retenir avant chaque devoir)
Elles sont constituées par les aides accordées par l'Etat, les collectivités publiques
locales ou pour des tiers personnes en vue de permettre à l'entreprise d'assurer son
équilibre d'exploitation ou de fonctionnement pour cause de la sous tarification.
Elles peuvent être également constituées par des aides financières destinées à
renforcer la capacité de production des entreprises bénéficiaires : il s'agit des
subventions d'équipement.
En principe, les subventions reçues de l'entreprise doivent être comprises dans les
bénéfices imposables de l'exercice de leur perception. Toutefois, le régime fiscal
diffère suivant qu'il s'agit d'une subvention de fonctionnement ou d'une subvention
d'équipement.
a) Régime fiscal des subventions d'équilibre ou fonctionnement
Les subventions d'équilibre ou d'exploitation sont imposables au titre de l'exercice au
cours duquel elles ont été attribuées.
b) Régime fiscal des subventions d'équipement
Dans les subventions d'équipement, on distinguera les subventions destinées au
financement d'une immobilisation amortissable.
Cette subvention est imposée à la cadence de l'amortissement c'est -à-dire chaque
année le montant correspondant à l'amortissement de ce bien est rapporté au
résultat imposable.
2°) Les abandons de créances
Le remboursement d'une dette régulière est fiscalement neutre pour le résultat
imposable.
Les abandons de créance sont de remises des dettes, ils se traduisent par une
diminution du passif de l'entreprise qui bénéficie de cette remise et dont une
augmentation de son actif net: c'est donc un bénéfice imposable chez l'entreprise.
Les abandons de créance constituent en principe un produit d'exploitation.

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3°) Les dégrèvements d'impôts
Si une entreprise bénéficie d'un remboursement d'impôts, ce dégrèvement constitue
un profit imposable si le remboursement correspond à un impôt antérieurement
déduit. Dans le cas contraire, le dégrèvement n'est pas imposable et doit être déduit
extra-comptablement.

Autrement dit, c’est le fait de diminuer un impôt déjà paie, alors qu’il ne devait pas
paie autant.
Exemple : X paie 50 000 000 FCFA
Alors qu’il doit paie 30 000 000 FCFA
Dans se cas en fait un dégrèvement sur les 50 OOO 000

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Section 2: Les produits financiers
Sont des revenus des capitaux mobiliers, ils sont à inclure dans le résultat
imposable. Toutefois, une distinction doit être faite suivant leur nature.
1°) Les produits de créances, dépôts et cautionnements
Si ces valeurs figurent à l'actif du bilan, les produits de ces différents placements
sont imposables dans le bénéfice de l'exercice au cours duquel ils ont couru.

2°) Les dividendes
Même si les titres figurent au bilan, les dividendes perçus ne sont pas soumis à
l'impôt sur le revenu dans la catégorie des BIC mais imposés comme revenus des
capitaux mobiliers.

3°) Les gains de change
Les gains de change sont normalement imposables.

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