Journal du Parti de Gauche de la Vienne : écologie/ socialisme/ république

Le peuple grec dit non a l'austerite :
Le 5 juillet est à marquer d'une pierre blanche. Contrairement à ce que disaient les
derniers sondages (et on peut se demander dans quelle mesure ils n'ont pas été manipulés pour influencer le vote) qui prévoyaient une courte victoire du oui, contrairement aux premiers résultats de sortie d'urne qui annonçaient avec précaution une
courte victoire du non, c'est à une très large majorité, plus de 61 %, que les Grecs ont
dit non au coup d'état financier fomenté par la troïka. Comme l'a dit le ministre grec
de l'intérieur : « Le peuple grec a prouvé qu'il ne cédait pas au chantage ».

R

ien en effet n'aura été épargné à la
Grèce pour peser sur le vote et
même éviter le référendum. Rappelons nous que Papandréou, dans un
ultime sursaut de lucidité et d'honneur, avait
lancé l'idée d'un référendum avant de renoncer
et d'être finalement débarqué. Toutes les chancelleries et la quasi totalité des grands médias
ont déversé des messages de haine contre ceux
qui prônaient le non. L'habituel amalgame
ignoble entre un nationalisme étroit et le refus
d'une Europe ayant pour seul objectif la concurrence libre et non faussée revenait à la fin
de chaque phrase des ouiouistes.
Les annonces apocalyptiques en
cas de victoire du non ne cessaient de tomber de leurs
bouches. S'il ne s'était agi que de
cela ! Mais la BCE a mené une
action qui s'apparente à du terrorisme en coupant les liquidités à
la banque centrale grecque.
Malgré cela, le peuple grec a
tenu bon et nous ne pourrons
jamais assez le remercier d'avoir
ouvert cette voie. Malgré la pression énorme, le gouvernement
d'Alexis Tsipras a tenu bon. Ce gouvernement a
gardé le cap du programme pour lequel il avait
été élu. Ce gouvernement a fait appel au
peuple pour trancher une question qui engageait son avenir. Que la quasi totalité des institutions de l'UE et des gouvernements trouvent
cela insupportable en dit long sur l'état de la
démocratie.

Que va-t-il se passer maintenant ?
A l'heure où ces lignes sont écrites, il est difficile de le dire. Certains en France, comme Hervé Morin ou Nicolas Sarkozy se sont dits favorables à la sortie de la Grèce de la zone euro.
Jean-Christophe Cambadélis pour le PS s'est
prononcé pour « l'ouverture de négociations,
permettant à la Grèce d'honorer ses engagements immédiats », autrement on continue
comme avant, comme si rien ne s'était passé. Le
ministre de l'économie allemand, Sigmar Gabriel, a lui aussi appelé à sortir la Grèce de la
zone euro.
Même si les traités européens ne
prévoient pas de possibilité d'exclure la Grève de l'UE et de l'euro
si elle n'en fait pas la demande,
rien n'est à écarter de la part des
cinglés de la troïka. Qu'importe
pour eux que l'on condamne un
pays à la ruine, qu'importe que le
seul horizon qu'ils lui proposent
soit de rembourser une dette
illégitime. Ils essaieront par tous
les moyens de faire plier la Grèce
et ils ont montré, avec Chypre
notamment, de quoi ils étaient capables. Cette
UE qui est rendue invivable pour que soient
satisfaits les diktats de la finance, est en train de
craquer de toutes parts. A l'est et au nord, c'est
malheureusement l'extrême droite qui en tire
les bénéfices. Syriza en Grèce et Podemos en
Espagne nous montrent la voie. A nous de les
suivre.
Cédric Mulet-Marquis

N°45, juillet 2015

EDITO
C'était dimanche 5 juillet. La soirée
était douce sur la place glaçante du
centre de Poitiers et si nous n'étions
qu'une grosse soixantaine là réunis,
nous nous sentions, pour une fois,
multitude avançant. Comme un soir
de victoire où nous aurions eu notre
part, comme un soir d'espérances
que nous aurions construites. Souriants, tous ; détendus, tous ; joyeux,
tous. Et dans les discussions, nous
échangions des phrases simples,
débarrassées pour un temps des
embarras habituels de nos arrièrepensées partisanes. Un peuple s'est
réuni, un peuple a osé se retrouver
ensemble pour tracer une route qu'il
veut être seul à décider et qu'il veut
se donner les moyens de suivre jusqu'au bout. Nous, nous nous ne
pouvions que nous rejoindre dans la
gratitude : lui dire simplement merci
de résister ainsi à cette puissance qui
ne se contente plus de lui vouloir
courber la tête mais rêve aujourd'hui
de l'écraser ; lui dire merci de nous
donner à voir que l'Europe pourrait
se reconstruire sur les bases de ce
que l'on pourrait appeler l'appel
d'Athènes, lui dire merci, d'avoir, en
ce 5 juillet, discrédité définitivement
tous nos adversaires. Demain, pour
le Peuple grec, sera, nous le savons,
abrupt et rocailleux : mais il a la tête
haute, il a choisi son cap et regarde
aujourd’hui face à lui en défiant les
obstacles. Choisissons comme lui
avec clarté notre route, regardons en
face nos adversaires sans attendre
qu'ils nous tendent la main : ils ne le
feront pas sinon pour s'emparer
encore un peu plus de notre force
pour mieux nous asservir. Regardons
vers Athènes, apprenons et marchons...
Jacques Arfeuillère

PolitiQue
Apres le congres du PS,
en finir avec ces imposteurs !
Poitiers a récemment subi un congrès du PS qui a entériné
très majoritairement, l'unité derrière un Pouvoir qui continue de plus belle la barbarie néo-libérale. Jean Christophe
Cambadélis, secrétaire général du PS a ensuite beau jeu de
dire que Sarkozy, c'est « Fouquet’s, Rolex et Kärcher », car
cette devise qu'il dénonce, à juste titre, comme une devise de
droite, pourrait être également celle du PS de 2015.
Fouquet's
Le site du PS de Poitiers a diffusé à destination des congressistes une liste de restos et d hôtels. Le Top 4 est édifiant : on y
trouve les bars « branchés » les plus chers
du Plateau comme les Archives. Ne cherchez pas les bars alternatifs, ni même
votre Bar-Tabac-PMU de quartier, il n'y
sont pas. Au PS, on se mélange pas aux
hippies ou au bas peuple qui achète ses
clopes en sortant son teckel ! Le PS est
un parti de notables qui connaît tellement peu sa ville, qu'il recopie les indications de mauvais guides touristiques.
Cette déconnexion totale entre le PS et la
population, c'est tout ce qui ressort du
congrès, montrant un PS auto-satisfait de
la situation catastrophique qu'il crée.
Rolex
« Camba » soutient Valls sans réserve ainsi
que son ministre Macron qui disait que la
France manquait de jeunes qui voulaient
devenir milliardaires. Valls, décida le
temps d'un samedi après-midi de quitter
le congrès pour aller passer une soirée à
Berlin et revenir pour le lendemain matin : «Je vais à Berlin à l'invitation de
Michel Platini […] je rencontrerai les
dirigeants de l'UEFA, [...] j'assisterai à un
beau match de football» a-t-il déclaré.
Tout ça en avion privé bien sûr ! Dans le
livre Comment les Riches détruisent la
planète, du journalisme écolo Hervé
Kempf – 2007, il était décrit que le mi-

nistre UMP Thierry Breton avait les
mêmes habitudes. Le journaliste dénonçait alors dans ce bouquin, ce genre de
fait, théorisé sous le concept de « rivalité
ostentatoire ». Le modèle culturel de
consommation « décomplexée » d'un type
comme Valls tend à imprégner toutes les
sociétés, et il paraît difficile de généraliser
un mode de vie sobre et écologique, tant
que ce genre de comportement de notre
« élite » ne cesse pas. On est bien loin du
mode de vie de José Mujica, ex président
uruguayen, qui vivait dans sa ferme horticole avec l'équivalent de 800 €/mois au
lieu des 9000 euros habituels.
Kärcher
La politique répressive du gouvernement
parle seule. La politique anti-immigrés de
Valls et de Bernard Cazeneuve. Les enfants de 8 ans qui ont été inquiétés par la
police pour avoir dit des mots de travers
au sujet des attentats de janvier (les
« questionnements inadmissibles »
d'après la mère Vallaud-Belkacem) sans
aucune réaction la garde des sceaux Taubira, malgré les alertes lancées par Amnesty International. Au niveau du congrès, l'ensemble du quartier du parc des
expos était bouclé par les flics, la roseraie
était fermée durant les 3 jours, de même
que le centre-ville était parsemé de gendarmes mobiles. Bon d'accord c'était pas
l'état de siège qu'il y a eu à Strasbourg en
2009 lors du sommet de l'OTAN. Mais

quand même !
« Monsieur Cambadélis invente le
socialisme Canada Dry : cela ressemble au socialisme, mais cela n'est
pas le socialisme »
dirions nous, pour paraphraser ce que
disait Cambadélis (« Monsieur Sarkozy
invente la République Canada Dry : cela
ressemble à la République, mais cela
n’est pas la République. » Les
« frondeurs » du PS auraient tout intérêt à
quitter ce parti, car pour être passé de
20 % à 30 % en dix ans il faudra en attendre du temps avant que le PS redevienne socialiste. Si nous continuons à
chercher un avenir commun avec le PS,
on se retrouvera dans 50 ans avec un PS
qui aura légalisé le travail des enfants et
qui continuera à appeler au vote utile. Un
ex-militant PS, dégoûté de la tournure de
son parti, s'exprimait ainsi : « Sarkozy et
l'UMP auraient fait le quart de ce qu'ils
ont fait depuis trois ans, ils auraient
hurlé. ». Nous sommes solidaires du
peuple grec et du gouvernement Tsipras.
Ce même week-end, nous manifestions
joyeusement pour défendre l'ancien
théâtre. A peu près au même moment,
Papandréou, l'ancien premier ministre
affameur des Grecs, était invité par le PS à
un dîner de gala à la mairie de Poitiers.
Nous ne sommes définitivement pas du
même bord !
Thomas SAHABI

Nous ne pouvons laisser faire ! Le collectif de défense de l'Ancien Théâtre conteste en appel le déclassement de la salle de
spectacle (procédure non conforme) : tant que la justice ne s'est as prononcé, il est indécent d'attenter au théâtre comme salle
de spectacle. Par ailleurs, la mairie donne le coup d'envoi de travaux pour lesquels aucun permis n'a été déposé : si le promoteur a déposé un permis, la collectivité n'en a rien fait. Nous envisageons une procédure pour empêcher cet attentat. Tous
ceux qui peuvent nous rejoindre aujourd'hui à partir de 8 h (et bien au-delà) sur les marches du théâtre sont les bienvenus :

S
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C
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L
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R
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D O SS I
UK : TRAVAILLISTES : TOUS
LES FRONTS ONT CEDE
Le parti conservateur que l’on disait en
difficulté est donc parvenu à gagner les
élections en obtenant la majorité absolue
des sièges. L’opposition est divisée entre
des libéraux-démocrates laminés, des travaillistes qui progressent en voix mais perdent en sièges et des nationalistes écossais
(SNP) au meilleur de leur forme.
L’Ecosse en embuscade
Cette situation s’explique par les problèmes
stratégiques des travaillistes. Le 1er se trouve
en Ecosse. Poussés par les conservateurs
qui n’avaient rien à perdre dans cette région sauf un siège de député, les travaillistes ont fait campagne pour le non à
l‘indépendance et donc contre le SNP de
tendance sociale-démocrate. Comment être
ensuite crédible quand l’on prétend au plan
national constituer une majorité avec
comme partenaire principal le dit SNP ?
L’électorat travailliste indépendantiste s’est
reporté sur le SNP, les partisans du oui
dispersant leurs voix entre différents candidats. L’effet du scrutin majoritaire à un tour
a été sans appel : perte de 40 sièges pour
les travaillistes.
Les places lib-dém aux mains de l’adversaire
Pour compenser cette bérézina, la solution
était de récupérer les sièges abandonnés
par des libéraux-démocrates donnés largement perdant. Les conservateurs ont fait
une partie du job en faisant une véritable
OPA dans le sud-ouest de l’Angleterre, soit
13 sièges. Dans le sud, les travaillistes ne
sont pas parvenus à reprendre le contrôle
de sièges éparses qu’ils ont tenu autrefois.
La solution résidait alors dans une possible
reconquête des régions du centre-ouest qui
furent des bastions. Sans doute, le virage à
gauche d’Ed Milliband répondait-il à cette
stratégie. Mais rien n’a bougé au point
même que les conservateurs ont glané
quelques circonscriptions.
Avant la pluie, le brouillard
Conclusion : à avoir une ligne incohérente,
à vouloir ménager chacun, on finit par mécontenter tout le monde. Ce sera difficile
pour les travaillistes de sortir du brouillard,
à moins qu’une bonne averse antieuropéenne ne noie le parti conservateur.

Par Laurent Chevrel

ESPAGNE : RETOUR DE BALANCIER DOULOUREUX POUR LA DROITE
Tout le monde attendait avec impatience les élections locales, la répétition des élections générales de la fin de l’année que l’on parle dorénavant d’avancer. Personne
n’a été déçu… sauf le Parti Populaire
Des régions massivement à gauche
13 régions votaient pour les élections autonomes. 11 étaient administrées par le PP, seules les
Canaries et les Asturies lui échappant. Après la conclusion des accords de gouvernement, le
PP n’en dirige plus que 4 grâce à l’abstention des élus de Ciudadanos, sorte de Podemos de
centre-droit. La majorité ne tient qu’à un siège à la communauté autonome de Madrid. Le
PSOE a conclu des accords avec Podemos, notamment en Castille-Manche, en Aragon où la
situation est compliquée, ou encore dans la droitière Cantabrie grâce à un accord avec un
parti local centriste puissant, le PRC. Il dirige aussi les Baléares. Il gouverne en alternance
avec Compromis dans la Communauté Autonome de Valence où la défaite de la droite a été
sévère, après des années d’une direction toute puissante et reposant sur la
corruption. La Navarre sera dirigée pour la première fois de son histoire
par des nationalistes de gauche qui ont aussi emporté la mairie de Pampelune. Au Pays Basque, les élections départementales ont par contre conforté les nationalistes de centre-droit.
Et Madrid revint à gauche…
Le balancier est aussi allé très à gauche pour les municipales. Le bilan en M Carmena, mai
re de
voix n’est pas évident à faire compte tenu des appellations variées adop- Madrid
tées par Podemos. Dans certains cas, le mouvement soutenait deux listes sur
lesquelles il était présent. Il a aussi fait des listes incluant ou non Izquierda Unida (coalition
rouge vert). Au demeurant, IU a perdu toute représentation dans la commune de Madrid en
présentant une liste séparée.
Au total, si l’on prend les 30 communes les plus peuplées d’Espagne, le PP recule de 41,1 à
27,4% des voix. Le PSOE ne remonte pas : 23,8 et maintenant 18,8%. Podemos sous toutes
ses formes est la seconde force avec 22,9%. Cette progression se nourrit aux dépens d’IU :
10,4 à 2,5% en 2015. Enfin, Ciudadanos émerge nettement avec 10,1% tandis que l’UPyD,
parti social-libéral anti autonomiste dégringole. Partout, on constate un vote plus à gauche
dans chaque courant. Ainsi en Catalogne, la CiU de droite recule au profit de l’ERC de
gauche.
Les accords conclus ne sont pas uniformes dans tout le pays, certaines alliances étant à géométrie variable. Ciudadanos soutient souvent le PP mais parfois le PSOE. 4 très grandes villes
seront administrées par les « Indignés » : Madrid, Barcelone, Valence et Saragosse. Les maires
socialistes de nombreuses villes ont conclu des accords soit avec Podemos et IU, comme à
Cadix, Cordoue ou Séville. Le PSOE a repris Valladolid qu’il avait perdu en 1995.
Et maintenant, les générales…
Après cette large victoire, les choses deviennent plus difficiles. La droite qui n’a pas renoncé à
gagner les législatives est à la manœuvre et tout est bon : baisses d’impôts, renvoi des corrompus trop voyants, etc. Il compte sur la montée de Ciudadanos qui empêcherait une forte progression de la gauche. Le PSOE qui a profité de la poussée de Podemos pour masquer sa
défaite relative en concluant de nombreux accords avec cette formation, doit modifier son
orientation pour espérer gouverner. Podemos se trouve sous les feux
des projecteurs. Comment ses maires mettront-ils en œuvre leur programme de rénovation politique ? Or, même si l’Espagne est un pays
fortement décentralisée, l’action dans les communes est limitée par les
options politiques du pouvoir central. Enfin, pour remporter le maximum de sièges au scrutin proportionnel départemental, il ne faut pas
présenter plusieurs listes comme cela fut parfois le cas aux municipales. A l’heure actuelle, aucun accord n’est en vue avec IU, et pourtant
cela serait nécessaire. On le voit, la tâche de Pablo Iglesias est immense
surtout qu’à l’image de la Grèce, l’Union européenne n’a pas du tout A Colau, maire de
Barcelone
envie qu’il accède au pouvoir.

suite
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DOSSIER

ITALIE : SUPER MATTEO A LA PEINE
7 régions ont voté, et plus d’une centaine de communes fortement peuplées. Le bilan général est mitigé.
paraissait
pas très
crédible. Il a
été suspendu de ses
fonctions
moins d’un
mois après
Echec en Ligurie
La gauche a perdu en Ligurie au profit de
la Lega nord. Sa candidate était fortement
contestée au point que la liste la plus à
gauche a remporté 9,4%, confirmant une
dynamique antérieure. De plus, le Mouvement 5 Etoiles que beaucoup croyaient
moribond a conservé son score habituel
(24,8%). Cette tendance s’est d’ailleurs
vérifiée sur tout le territoire national. La
droite s’est donc imposée dès le 1er tour
avec un gros tiers des suffrages.
En Vénétie, malgré des querelles internes,
la Lega a nettement gagné (50,1%). Le
parti démocrate retrouve son score habituel (22,7%) arrivant loin des bons résultats des européennes de 2014 (37,5%).
Dans les Pouilles, le président sortant, le
populaire Niki Vendola ne pouvait pas se
représenter. La gauche a toutefois retrouvé son score de 2010, bien meilleur que
celui qu’elle obtient dans les autres scrutins. Cette fois, comme dans les Marches,
c’est la droite qui était divisée en deux
listes. Et quand la droite ne présente pas
de liste unique, Forza Italia est en grande
difficulté. Les bons résultats sont obtenus
grâce à la lega et à Fratelli d’Italia, anciennement Alliance Nationale.
Le mouvement 5 Etoiles marque des
points
La Campanie a posé de sérieux problèmes
à Mattéo Renzi et au Pd qui se sont bâti
une image d’incorruptibilité. Leur candidat, impliqué dans un procès en cours ne

une élection plutôt serrée.
Au total, la gauche a remporté 5 régions
ce qui lui en donne 16 sur les 20 que
compte le pays. Ses résultats sont généralement bons mais elle ne progresse plus
avec un M5S fort et une droite en embuscade. C’est ce que montre le bilan des
municipales où elle gagne des communes
importantes tout en en perdant autant. La
droite ne recule qu’au profit de listes sans
étiquette. M5S parvient à récupérer 5
communes.
Un équilibriste en danger ?
Cette situation générale s’explique par le
développement d’une opposition aux
réformes sociale-libérales de Mattéo Renzi. Celle de l’éducation vient de susciter la
forte mobilisation hostile du corps enseignant. Les discussions sur la réforme de la
loi électorale, et la quasi suppression du
Sénat trainent et leur adoption nécessite
une gymnastique fort compliquée. Celle-ci
rappelle à Mattéo Renzi qu’il dispose du
soutien discret d’un certain Berlusconi
qui compense à peine les dissidences de
l’aile gauche du parti démocrate.
Au lendemain de la perte de Venise où
l’ancien maire démocrate doit répondre
de détournements de fonds, M. Renzi a
répliqué, là ce n’est pas ma défaite. Vrai,
mais tout bon équilibriste sait que le
risque de chute est plus grand par vent
fort. Renzi parviendra-t-il à rester le maître
du temps ?
Laurent Chevrel

Guerre des civilisations : la fuite en
avant de Valls
Une nouvelle fois, bien sûr, mais pourtant, cette fois, on pourrait avoir l'impression qu'on est au bout du processus. Manuel Valls qui reprend le concept Sarkosiste de la guerre des civilisations, enterre, pour ceux qui voudraient
encore brandir ce que certains continuent de nommer les valeurs intangibles de La Gauche, les dernières raisons d'y croire. La prestation à propos
des derniers attentats de cet opportuniste qui nous tient lieu de premier
ministre est indigne et dangereuse et il
n'y a bien que Jean-Pierre Elkabbach et
ses complices en propagande pour la
trouver grave et responsable, dans un
numéro de servilité tout aussi écœurant
que les propos tenus. En long et en
large, le premier ministre a tenu à dramatiser la situation, à citer les chiffres
de la peur que nous sommes sommés
de ressentir, à stigmatiser derrière le
terrorisme, ce qui serait de l'ordre de la
confrontation entre l'occident chrétien
et un islam menaçant. Qui peut mesurer
ce que ces termes endossés par un chef
de gouvernement peuvent avoir comme
conséquences ? Vals ne fait plus seulement une politique de droite, il contribue à construire une droite extrême
dans sa course en avant vers un avenir
personnel sans foi ni lois.
J. Arfeuillère

Journal du parti de Gauche de la Vienne, juillet 2015. Directeur de publication : Jean-Luc Morisset et Séverine Lenhard. Rédacteurs : Laurent
Chevrel, Jacques Arfeuillère, Cédric Mulet-Marquis, Thomas Sahabi. Maquette : Séverine Lenhard. Photos : ©Severine Lenhard, sauf article Elections . Imprimé par nos soins à 1000 exemplaires. ISSN : 2116-3456
Contact de la rédaction : jacques.arfeuillere@wanadoo.fr, http://86.lepartidegauche.fr/
Abonnement de soutien : 15 € en chèque à l’ordre du
Parti de gauche 86, à adresser à Jacques Arfeuillère, 16 rue Maillochon, 86 000 POITIERS.

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