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KFJbH~iUM
Études pour le temps présent
Etude

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PREMIERS

PRINCIPES
DE

SOCIOLOGIE
CATHOLIQUE
PAR
iabbé

NAUDET

au coHege libre des Sciences sociales
Pfof~~ur
'Jjtrecteur de « La Justice Soct<t<e
r.

PARIS
LIBRAIRIE BLOUD ET BARRAL
RUE MADAME ET RUE DE RENNES,
¡.

1899
Tous droits réservés.

59

SCIENCEET RELIGION
Etudes pour le temps présent
Collection

de vol. in-12 de (M pages
Prix: Ofr. 60 le vol

eom/M

Les revues et les journaux les plus importants de la presse ronservatrice et catholique ont accueilliavec les plus grands éloges les Etudes
pour te temps présent
mais mise à la
C'est avec la plus rigoureuse méthode scientifique
portée detoutes les intelligencesquelquepeucujtivées–qu'eues traitent les
problèmes et !es questions qui tourmentent i'âme contemporaine et déroutent les meilleurs esprits.
Le nom de l'auteur de chacune d'elles est une recommandation.
Dès l'apparition des premiers volumes, les Etudes pour le temps
présent ont obtenu un succès dépassant toute espérance. « Elles ne
méritent pas seulement ~'e<7'elues, a écrit dans r~cefa un excellent
il
juge, M. Edmond BtRÉ,ce sont des (tr/nes pour le
co/a~
faut les répandre. »
OM~'a~Mparus
L'Ap«tm;)étt<)ue historique au XtX stècte – La CriMLa viede J~u< –
«ue irrétt~feuse de Renan (Lesprécurseurs
Le*<t<~ce/'«tt''e<–Les rMtt«<t<~),par l'abbé Ch. DENts, directeur dea
1 vol.
Annales de philosophie chrétienne.
Nature et Htst~re
de la liberté de conscience,
par
M. l'abbé CANET.docteur en philosophie et és lettres de l'Université de
Louvain,ancien professeur de théo)ogiedogmatique au grand séminaire
1 vol.
de Lyon.
L'Amtmat raisonnable
et rAnimat tout court, e<Mf/<de
1 vol.
pt~eto~o~tecomparée, par C. DEKIRWAN.
La Conception cath«ti<)ue de t'Enter, par M. BttËMOND,
en
de
au
séminaire
de
docteur théologie, professeur dogme
j~rand
Digne.
1 vo).
L'Eglise Russe, par I.-L. GONDAL,
professeur d'apologétique et
1 vol.
d'histoireau séminaire Saint Sutpice.
La Fausse Science contemporaine
et tes Mystères
1 vol.
0. M. ).
d'Outre-tombe,
par le R. P. Th. ORTOLAN,
Du même auteur Vie et Mattere ou MatérfaUsme et Spii vol.
ritualisme en présence de la CristaH«aénte
et Musiciens
1 vol.
Du même aM<et<rMatértatistes
-Le Mat, sa nature son origine, sa réparation. Aperçu /)M<MOpAt~'<<
M.
t'abbé
docteur
en
lauréat
de
et re<t~te<MC,
CONSTANT,
théologie,
par
1 vol.
Hnstitut catholiquede Paris.
Dieu auteur de la vie, par M. l'abbé Tno~tAS, vicaire généra)
i vol.
de Verdun.
Du même auteur La Ftn du monde d'après la Foi. 1 vol.
L'Attitude du catholique devant la Science, par G. FoNSE
1 vol.
<tMvB,directeur de la Quinzaine.
Du même <tM<ettr Le CathoHctsme
et la Metia~n de
i vol.
l'Esprit,

Du Bteme auteur Jésus-Otftst est Dieu. le besoin. par le R. 1 vol. – .1 ~ot. par M. par Pierre setenti)i<)ue 1 vol. !)E LA BARRE. BET. lauréat de l'Institut catholique ~e Paris.auteur de A~ef'oses et Possessions c~M&oh'~Mee. et par M. J. 1 vol . ancien professeur 1 vol. 1 vol.par le marquis de NADAILLAC. de théologie. supérieur du séminaire de 1 vol. HÉLOT. par A. professeur 1 vol. )auréat de )'jnst)tut catho)ique de Paris. t. 1 vol. L'Au <te)à ou la Vie tutu< e d'après la tôt et la science. politique et social. l'abbé Guvor. 111. Séez. d'AxAMNjjA. scientifiques à institut cathotique de uar le R. auteu. t.M 1 vol. 2. de l'existence de Dieu. – Z.AN. par M. 2' édition. 1 vol.édition. par J. <e''aM'e.<M. Gabriel ARDANT.de Z. t'tnstihucathoHque de Paris. est-il à la mode et pourquoi P<mr<)U<n teRmmam immoral Etude eocfa~ et M le K«man mot at n'est-it pas à lu m«de 1 vol. S. et Certitudes Certitudes phi)ms«phi<u'es. L'Ame de t'h«mme. BERTRAND. 2* édition..docteur en théologie.Les //f<ma'«'<e! fM<<i[~«et <ftcartta<Mt. Unité de l'espice humaine. de Paris. 2' édition. l'abbé J. 3 vol. P.)Use et le Travail par rahbé SABATIER. par P. les devoirs. sa doctrine et son culte. &M<ort~Me. – L'E. La Synaqnque moderne. aucune professent re)tai«n ? 2' édition.~E/KMtOft<Memen< de la vie ot'~«nt~«e à travers les /)<atnM de 1 vol. Gu!«ERT. ROMAIN. L. F.<Me et la Liberté. Le Mystère de t'Eucharistip – Aperçu sctenttnque. Faut-ft une re))<)i<tn? par M. docteur en de t'tnea<'nat. par G. )t. son rôle religieux. – L'Hypnotisme et t'Hypn~ttsme trane Vt'at. ToUKNEMXE.. 4'édition. prouvée par la <tmt~rt<e des conee/)<ton~e<<<Mc''ea<MMMt!e~MWtme. 1 vol. et le dotante Etudes sur la pluralité des mmndes habites le R. P.du clergé vol. t-xris. Convenance de t'tncarnatten. 2' édition.par M. <'M/. e manue). 2* édition. COURBET. sa morale et ses pratiques. théotogio et en de droit canonique. supérieur au gr 1 vo!. L'Inquisition. docteur en droit canon. – Soleils et terres célestes. CouR – Mécessité scientifique 1 vol. l'abbé CONSTANT. 2' édition. de t'Académie de Saint-Thomas-d'Aquin.Du doute à la Foi.AXENAIRE. son dogme. 2* édition.S. les raisons. 1 vol. 1 vol. par La Religion spirite.4per(. la possibilité de croire. PRUKIER. Le Socialisme c«mtemp<tt ain et la t'< opt iete. professeur au grand séminaire de Saint-Dié. SAUNN. Cha'jue vol. Ev«tut«tn et Immutabilité de la dMCtrine reti<)'euse dans grand séminatre de tEntise. membre t'Académie de Saint-Raymond de Pennafort. P.!<m. les moyens. 1 vol. Du même auteur des )«tmmes <)ui ne t*nurf)u«t y a-t-il 1 vol. par le docteur 1 vol.J. par 0)tTOt. se vend séparément. docteur en théotogie et en droit canon. par G.

morale. psychiques.tM«t<t«me. THOMAS.auteur de Notre-Dame de Lourdes. D. LAssEME. 2' édition. CtttMMM – QpmMn~– Démonstration. Satnt Thomas et la Ouestton juive. 2' édit. professeur Catholique Premiers principes de Socfot«f)ie Catholitlue. et economt~fte.. 2 vol. etc. etc. La Patrie. fesseur au grand sénunaire Rouen. L'ilomme et le Singe.. <!< J. Opinions du jour sur tes peines d'outt e-t«n)be Feu Universalisme CoftfMtonnaiKsme – par me<<~pAor!~<te – M<7:~<t<Mt. auteur du Spiritisme dévoilé. 1 vol.par L. Viennentde ~x~'aK/'e – L'Ordre de la nature et le Mtraete.. ~a de mec~e. par René de CLÉRË. – l. P. Ivot. – L'OeeutUsme ancien et moderne. Méceastté mathématique de l'Existeitee de Dieu. Les mf/s<e/e~ re<t~M<M: <tef<tn(to<H<e p~fenne– Z.par A.par le comte de VoRGEs. 1 vol. Philosophie des macérations. desOrph. par G ROMAIN. Mahomet et son œuvre. membre de l'Académiede Saint-Thomas.– L'EqUse catholique et tes Protestants.ancien ministreplénipotentiaire. S. dangers. – L'tmpot et tes Théotoqtens. CALMES. . 1 vot. par le P. de Le détuqe de Moé et tes races Prédttuvtennes. –l. professeur a l'Institut catholique de Paris. Paris-Auteuit.-Appr. KntWAN. logétique Christianisme et Bouddhisme (Etudes orientales). F. Etude philosophique.. La Saint-Barthé1 voL temy. DoT. par A. etc. collège Justice Sociale.~l/)e/'c<tphilosophique historique. en face de la pttHosophte L'llypnotisme transcendant DU chréttenne. professeur d'apo1 vol. auteur de L'Egli3e et la Liberté et Le Moyen ~t~e/'K~ une époquede t vol.o. M. – Ascétisme oriental et ascétisme chrétien. 1 vol. Comment se sont formés tes Evan<)ttes La ~Me~Km Saint Jean. le P. JEANNIARD 1 vol. faits surnaturels et forces naturelles. J. physiques. le marquis de NADAILLAC. BERTRAND. S. son histoire.par le R.t'abbé 2 vol. TOURNEBIZE.par M.'ËspWt et ta Chair. par LBFttANCHE. Expli1 vol. DELA BARRE. SAUBIN. Saint-Sulpice. TH. Première partie Le Bouddhisme.par Henri HEu. ouvrage dédie au D' CH.pro<yn<!p<t~«e ~'J?mtH~7ede de 1 vol.par t. par Henri 1 vol. C par 2 vot. JEANMARD sa nature et ses Du mêmeauteur Ou en est le Spiritisme. <et«&eitet de servitude 2' édition. par Simon DEPLOIGE. à l'Université de Louvain. par A. sa nature et ses dangers. J. et d'histoire au séminaire 2' édition. HÉLOT. professeur sociales. ~'otettantt e< Catholiques au xvr siècle. Deuxième partie Le Bouddhisme dans <e~t'ai/)po''<savec le <!A.etc. DUDoT.<t Aa<)&a!<e maco~t~Me – A~a~teet mai~Mten~ i vol. Vn. rue La Fontaine. 1 vol. vicaire général de Verdun. !mp. Fontaine. 1 ot. 2' édition.e Talmud et la Synaqoque motterne. GONDAL. – Omen est l'hyp notisme. par M. par l'abbé au libredes sciences directeur de la NAUDET. chimiques. 40. 1 vol. 1 vol.

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jL~/ drotts 1899 jL~/ S~ drotts réserves. RUE MAOAME ET RUE DE RENNES. 59 réserves. .SCIËN6E ET RELIGION Études pour le temps présent PREMIERS PRINCIPES DE SOCIÛMGIE CATHOLIQUE rntt – BAUDET 'ë~bbë cottége libre des Sciences sociales \<~&~u~<!t ~TS<MCteurde «La Justice Sociale i PARIS LIBRAIRIE BLOUDET BARRAL 4.

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dans /'eMet~M'weK< cA~ten. L'ABBÉ Mon Cher Ami. dans ~E~. Vb~ brochureest un exposéde doctrine. l'émanationdirectede ~'Ecet~t~e. c'est la doctrine de l'Encyclique sur la < Co~t<M7tdes oHCfte~B. non est mea. Maisle fond.et pour des hommesvivant en société. mais de décote sociaux. sed ejus qm misit me.letravailn'est pasuneMt<t/'cANftd<se un acte humain destinéà entretenirla vie du corps M<tM des choses. sible à tous et toujours accompagné destinéeà enrichir.? ce (j'M we et je mecontentede dire qu'elle recevoirchez ble.-que ~~)youn droit accespriété n'estpas unprivilègede caste. dans l'association professionnelle. L'Encycliquenefait queles &notre tempset pour notresociété apjp~t~t<e/' Plusieursquestionsde détails et de miseen pratiquesont .dans la famille. roM<es cesoert<eset beaucoupd'autres quevousrappel moncher ami. que leslois ne son<~<M~t<es~oM/mais pour des hommes. cœH~e< crânerie Mttte~-<ïnc~e~MtOOMsdMi!t~Hen<.Et cette doctrine n'est point neMcedans le monde elle n'est pas une inventionde Léon XIII. se <OHce7t< renfermées fôrt opportunément. le plus bel élogequ'une doctrine puisseMeadoctrina nouscatholiques:ellen'estpoint personnelle. que. Z. et de l'âme. 7~ a longtempsqu'onrépètecheznous quel'autoritéest un set~tce~M&~tc et non une jouissance~Ot~e. Elle est la tradition constante de l'Eglise. l'entrain debrave.œb/Ke est bienà BOtM:on y nattée la nettetéd'esprit. haut Je lui souhaiteuneapprobationqui viennede plussemMe/'t~e.LEMIRE LETTREDEM.

méthodique.M~comtMtMrc temps. .MaMt cela voustouchera peu.rpMe~&. Pour leur ~/a<cplaisir. Mais vous. Par les tempsque nous traversons.MM<que nous <ïMtOM. t~ n'aient <MMM étant daM /'o/)poM<to/t qu'en/)a/'<tCM/te/ /e co/)!/)/<Me~< et care Kt souci de &tlibertéd'<M<ocMt<MMt.a l'appréciationde chacun.4 PREFACE <<KM<'M parle Souverain~OK<t/C l'expérience. tion sur ces questions/Më/Me~ Vousne connaissezni les <<~oyw/MCK<~ ni les/t<<~<t0~~ c. car vous K'ë<C< point un critique.? etsurtout nepointoublier distinguerd<itCaft<a~ leurs opinionset leurs ~s<eMM. nous. vous «<? l'hommed'unedoctrine complète./M~M'~ emraycrle progrès parce qu'il marche plus vitequ'eux étant au pouooir. mais.??<. ? des M<!mc< obs<t/t~.. affaire de <<M/)~<t/Meyt<. Donc. maisonleurparait belleet commode:ils l'ontconstruiteet ila l'habitent. vous6<Mun conZVto/Kme convaincune regarde ni à droite ni a ctttmcM.vous trouaerontexclusif.la oublierou les taire.toujours logiqueet ferme.c'e<<moi! encore une Ctt'ecM/OM~d'AMt /bM rien d'étonnant.rien d'invraisemblable. Que d'autresle troucent<Mt/Mt/'ao/e.des //e/Mde cette trempe ne sont pas tellementnombreuxen 7<<Mce qu'il ~<tt<M lesdécouragerpar des <tM&<<7t<<~ et des entraces.« l'initia<tpe.les libertésqu'ils ont proçtf*t~fq/<Men<.c'est co<<b/'ce.c<c'estpar tttM'~Me. . et c'est pour cela qu'il entraînelesautres à sa suite. il va droit devant lui./e le sais. de la /)e/'<tKMtOH.eoM~/)/'e/K')OMet vous~tN/'C/tM de /'<).dire .mon c/M'yami. de la vie. gauche.parce que la /<t~<tMtm<tC de diminueraitl'omnipotence /<<t<et ~tter~ d'<MMCMt<Mtt ils disent <<œ<.Les gens co/H~M~ et minutieux qui K'e[~/MC«Cm< point qu'on parle d'unechosesans /Ctt/'e une~:Mn<f<c de mentionshonorablesAd'autreschosesanalogues.Qu'ils aillent M<e . rien de plus naturel.Que ceux quiperpétuentlespires errements des~o«oeme/Hem<< déchusse fassent et sedisentconservateurs. jamais Nous devon.qui ooKf! malgréla modérationet la charitédont poKs/i~M/)/'cMee. deo<'M/' les besoins de notre <rot<&~r leur quiétude. ? que vousace?de la e~ L'État socialactueln'estpoint fait pour nousc~c~aM<c/ La cela ~ccoM/)/'e~d.nous <o!My de timidementà &t remorque!que nous allions. ?)!« <<C6/'tC. de <<M<<M les /t&c/'<~< individuelles.catholiques.

. nous co/K&a~oM pour la c ause. Le peuple. On ne cesserapoint de si tôt denous demanderce que noussommes.?que/Mhommesde cceMr droitureet /'OM/* 7toi.sur ce <e/atn. et bienhaut.ycM~c sérénité <t/e<. conclureen/tn une solideallianceentre /'E~Meet le peuple. &~<tft<t/te. nousne devonsplus~<«Mpcc< les pouvoirsétablie.d'<ttde jBo<n< de <c/M&/<it&&*8 .et n'ont rien A cacher. nous n'acont ~«~ vouloirpour adoucir des ca?M/<t(~<~f<t/ncncr au vrai desespritségarés. de France. Cy«'/c. de . et nousentendons<'<ede notre bons f/'<tMC<tt< entendonsagir en ct<ov<'M tempset d notre ~a~s. ~Mn<c. A~OM~ leurs deooirsetfaisant respecterleurs /ttn'~ /~Mt/)/MSMm< d<-0t<t. con<<'t«c des ce<~yo/*t<'<. <sn<~)c<t<e«M d'hommesqui veulentle bien. depuisce Co/M~ deLille dont aeecune malicieusebonhomie. et pas ailleurs.. /)MM<~«<'wcyt< Sur des terrains t<cn<<. cousen remercient. Gràceà /'t/t<c/~cn<M~A de Z~onXIII quia d<~<~/'E'«e de Francedetouteallianceofficielleavec/Mj9<<t< anctens./<Myc d'éplucher/M )ycM.cette manie se co/t~/e6!<ct/eMcn<. Puissions-nous le faire utilement! ~<t~c tout ce que oous écrivez. qui connais CO<Cchevaleresque po<cindomptablecoM/'e~e. Vous<<'dites nettement. enavantet non/)<M Notreplace est là. avec le Pape! Mais nous sommesFrançais aussi. vousac<pM/<~~MC/a'Mepa/'< je ne/<[Mquemonaccotyde ~yc/'cd'armesen vous<crr<ïtt< la main.préparer de &onn"~ et salu<enfc<r<br<Me<.qui <ten< à la formede ~OMpe/'nc/Mcn< qu'il s'est donn~~ett< venirà noussans renoncerà M~p/encM./îe/'<e~et qui tiennentplus qu'on ne à leursdroits c<ct~He<. Dans ce«conditions. Nous entendons qu'il y ait dans notre pays autre chose que des fonctionnaireset des administrés: cen'est pas mot qui MccM<c ~a/t/'a<e elleest d'un de nosarchecesprélats dans lesquelson ne soupçonnait c~Mee. nous<o/M/KC< ca<Ao/t~«c~ /</w.je crains quel'on ne de discuteret c<pt/o~tM' La maniec/cclasser.quellebonnebesognesociale<'o~c à nous N'est-ilytMvrai que. et nouspouvonsaller à lui sans lui imposerde sacrifices.moncher ami.t'ttt~ACK 5 enarritre. commeil faut ~A1 monDieu. M~/KC J. sans regrets de co<c/*<e~ aeec la yo. avec-les/tommesde /b/)!0.

.6 PRÉFACE Oftdit que nouscherchonsà domite/*et quec'estdansce but quenousnousoccuponsdesquestionssociales. Je suis aoecoous. J.et je souhatteque po<rebrochurenous donne beaucoupd'alliés parmi les ~re</iM~'<tmcaM qui aimentce quenous aimons. Votred~coMe confrère.ce droit au travail du bten.Nousprotestonscontre elle. Nous y demandonstout~Mtp/e-' mentnotrepart. Ce qu'ondit là est une calomnie. Il y a du bienà faire. C'es<un droit au travail qui nous appartient pourle moinsautant qu'à d'autres.Députédu JVb~.moncher ami. Prêtre. pour le revendiqueret J'ea'ereer. LEMIRE.

(JACQUES DU CLERC. Peut-être. la passion sainte du Droitet de la Vérité.laissant de côté les points secondaires. parce qu'ils ont dansl'âme la mêmefoi.) AVANT-PROPOS Depuis quelquesannées. M'yjooM?' a princequisoit. en faisant naitre la lumièreaurait aussi donnéla paix et voilàquejamais la scissionn'a été plusprofonde. au même degré. Aussi.tt'~hommet'y femme ne voulantainsi/heorMer quice~cttt seunulà monpouvoir. n'y a-t-il que des malentendus entre des hommes qui ont.Les esprits se troublent hélast parfoisles cœurs s'aigrissent et des hommesfaits pour s'entendre. les mêmesespéranceset le même amour. n'y pour arcompte oent. se heurtent douloureusementet refusentde se donner la main.dans FEncycliquesur !a Condition des ouvriersw.n'ypoursalaire.«JemetM:< enquisau mieux~Me y<t< <cettet pu etje cef~e à touts queje ne ~'ayfait. . n'y poMr or. en tout cela. à l'occasion des questions redoutablesquesoulèventles problèmes sociaux. Onavait pensé que la grande voix du Pape tombant sur le mondedes hauteursdu Vatican.croyons-nous.qu'il est possible de rallierla grandemajoritédes esprits autourd'une expositionde principesclaire et nette. ~oy'~ n'yMdmer a ~emtnt <<ëc<<tfe'' les chosesa:<<eenMei(. conformeauxenseignements théotogtqueset à ces doctrinessocialesde l'Eglise que LéonXIII a rappeléessi éloquemmentau monde. de fâcheusesdivisionssont venuesrompre la belleordonnance de l'arméecatholique.

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avec une liberté qui rend encore plus douloureuses les . dans la vieille France si chrétienne. C'était le temps où. on travaillait à son application. dans l'exercice de leur activité physique. elle a donné à l'organisation sociale une incroyableforce et une admirablevitalité. Voici le point de départ Les rapports sociaux. certes. maintes foisles deniers des pauvres surpassant la sommedes royales aumônes des grands.. pendant le moyen âge. Non pas que tout fût parfait à cette époque qui. c'est-à-dire les rapporta qui existent entre les hommes. le sol se couvrait de monuments merveilleux qui semblaient sortir de terre comme le blé sort du sillon où chacun.doivent être fondésd'abord sur les principes de la justice chrétienne. Cettedoctrine n'est pas nouvelle. ne représente point l'idéal mais le principe était reconnu et. riche. Alors s'organisaient les communeset se tenaient les assemblées provinciales.On la trouve exposée tout au long dans le Décalogue et.PREMIERS PRINCIPES DE SOCIOLOCIE CATHOLIQUE r 1 L'iDÉK DK JuSTtCE. dans une large mesure. pauvre~grand et petit. apportait son obole pour bâtir la matson de Dieu.

l'illustre Ketteler. et qui permettent à peine de saluer un ouvrier vivant du !a!)curde ses bras..1.1~1~L. parmi nous L'injustice est partout injustice dans les lois qui frappent si durement un misérable ayant volé poussé par la faim. des :<ans-travail et des sans-logis pour qui la parole de Dieu est devenue d'une réalisation impossible: a TYt ton pain à la sueur du /'rOM<.M PREMIERS PRINCIPES . Combien lointaine est cette époque où la société reconnaissait une « bourgeoisie du travail » où un serrurier habile en sa profession était t'égal d'un avocat beau parleur. cette autre injustice qui atteint sa vie et les conditions mêmes de son existence qui nombrera la foule des haillonneux. grands services. 7. avait fait de cette idée l'âme de son action sociale et. et plus considéréqu'un méchant médecin. quand l'idée de justice sembla se perdre. Puis. l'école de Fribourg. Plus tard. des voix éloquentesretentirent dans le sein de l'Eglise pourla rappeler.ç. celles des Cercles catholiqueset de très érudits théologiens. à côté de ces injustices qui atteignent ta dignité de l'homme. tant qu'elles restèrent fidèles à l'esprit de leur institution la Justice chrétienne régnait. dans tous les cas. ~MM~CMM ?» Et si on nous objecteque le Christ a dit « 77 aura toujours des pauvres parmi ooMa a nous répondrons qu'a notre avis.f. vers le milieu dé ce siècle. La doctrinen'est donc pas nouvelle mais. les catholiques belges de l'école de Liège dans leurs savants congrès. injustice dans les mœurs qui réservent les honneurs et l'estime pour une opulencetrop souvent oisiveou malfaisante. comme elle est oubliée. tel n'est pas le sens de la parole évangélique et que. depuis. . T oppressions d'aujourd'hui alors s'écrivait le « Livre des métiers)) et se fondaientd'admirables corporations ouvrières qui ~rendirent de si.7a 1. cela ne veut point sigmner Il y aura toujours des multitudes qui iront . l'ont exposée et développéeà leur tour. tandis qu'elles s'arrêtent impuissantes devantdesagioteurs richissimes qui ontruiné des milliersde pauvresgens. On n'a pas oublié que.archevêquede Mayence.

ont amené le mondeau point où nous le voyons. Voilà pourquoi. chose qu'il est beaucoup plus facile de méconnaître ou d'oublier.en économiesociale. du droit chrétien que Nôtre-Seigneur Jésus-Christ est venu apporter sur la terre. Voilàpourquoiaussi. Nous ne pouvonspas suivre les mêmeserrements.qualifiée de scientifiquepar ses promoteurset qui n'est. non seulementde le combattre. La justice qui implique un droit pour les autres. Ainsi.dans les thèses que soutiennent ces deuxécoles? Noncertes. en réalité. depuis cent ans surtout. Faut-il en conclure que tout est mauvais et doit être condamnéradicalement. Or. que nous nous sommesenfoncésdans le gâchis c'est parce que l'on continue à l'oublier qu'un si grand nombre de tentatives généreuseset d'efforts considérables ne peuvent aboutir. sous peine d'échouer lamentablement. ils sont les adversaires déterminésde l'organisation socialiste. nous plaçons la justice.r ciété souffre d'un mal qui est la méconnaissance du droit du droit naturel que tout homme porte gravé en sa conscience. et toute une classe d'hommes qui sera réduite à la mendicité. à la base de notre doctrine socialecatholique. du droit historiquequ'entraînent avec soi la marche des siècles et l'évolution des sociétés. les catholiques se séparent nettement de l'école libéraliste dont les principes. mais même de le contrarier. doit tenir grand compte de ce triple droit et nous pensons que c'est faire fausse route. que là conceptionartificielled'une société impossibleà établir. Il serait souverainement injuste de ne point faire la part du bien qui se trouve . C'est parce qu'on a oublié cette vérité. c'est-à-dire à un état de décompositionavancée. La so. tandis que la charité impose seulement un devoir pour nous. en honneur jusqu'à ce jour. la réorganisation sociale.DE SOCIOLOGIECATHOLIQUE Il demander leur pain de porte en porte.

laissent le faible désarmé. formuledes socialistes la liberté quand même. en présence du fort ceux-là organisent trop. de la franc~niaçonnerieet du jacobinisme. Le mal est dans le principe générateur des théories maîtresses. Entre ces deux extrêmes. formuledes prétendus libéraux. impuissant. où trouver notre vie nationale.et de ne pas rendre hommage au savoir profond et aux travaux remarquables de plusieurs des économistes que nous combattons. ni intérêts communs et qui deviennent le jouet de la cupidité sans-freindes politiciens auxdents longues et des partis anamés. C'est grâce à cette prétendue liberté que notre belleFrance a si rapidement succombé sous la triple coalitionde la juiverie.12 PREMIERS PRINCIPES cheznos contradicteurs. il y a une route à suivre. en France. Nous ne voulons plus de cette liberté menteuse qui n'est que le désordre et qui nous a amenés au point que nous ne savons plus. étouffentl'initiative privée. la franc-maçonnerielui prenant sa foi. la juiverie lui prenant son pain. le jacobinisme lui prenant sa liberté. e Nous ne voulons pas davantage de l'idéal collectiviste qu'un journal socialisteallemandexposait dans un des- . Ceux-cin'organisent pas assez et. arrêtent l'essor de l'intelligenceet rendent impossibles les conquêtes du génie. nous ne disons pas que le mal est dans telle ou telle thèse particulièrequi peut être plus où moins défendue. théories qui nous paraissent être exprimées en deux brèves formules l'oppression quand même. sinon des masses d'hommes qui n'ont ni idées communes. La province n'existe plus la commune est un enfant toujours tenu en laisse par le pouvoir central le groupement syndical est entouré de mille restrictions qui empêchent le développementde la personnalité les Chambres ne représentent rien. Aussi. font peser sur toutes les têtes un joug uniforme. par suite.

avant tout. on n'avait jamais vu les porcs se battre devant leur auge pleine comme si. figurant le monde nouveau sous la forme d'une étableà porcs.DS SOCIOLOGIECATHOLIQUE 13 sin devenu célèbre. . Comme si. il devient nécessaire de mettre en regard du principe de justice les grandes choses qui intéressent l'ordre social et. où chaque « individu » a sa caseet peut manger à son aise. le travail et la propriété. d'ailleurs. Ce point étant acquis et notre situation bien établie. toutes les questions d'ici-bas se ramenaient à des questions d'estomacs plus ou moins satisfaits. même en acceptant l'ignobte comparaison.

aboutit en fait à la libertéde l'oppression les contractants n'étant égaux ni endroits. pour constater que la fameuse liberté des contrats. n'en est pas même resté le mercenaire il en est trop souventdevenul'esclave. écrivait Benoît Malon.est devenu la valeur des valeurs.disait Lassalle. et l'ouvrier subissant une conditionde travail plus dure. le résultat de l'idée absolumentfausse que l'on se forme de la nature du travail. cette loi est une nécessité . « C'est une chosemorte qui dévoredes êtres vivants ». «étouffele travail ». Or. ni en indépendanceréelle. Il n'est pas besoin d'être grand clerc. il ne connaît pas d'autre moyen d'avoir du pain. Le travail est une marchandise. d'ailleurs. le plus souvent. ce palladium de Fécolelibéraliste. affirment les libéraux. lorsqu'il peut être mis en demeure d'accepter l'esclavage pour échapper à la faim. dans la proportion où la richesse augmentait pour les autres. une marchandise qui est soumiseà la loi de l'offreet de la demande or.maisesclavequiretombebientôt sous le joug. En sorte qu'on a vu ce spectacle incroyabledu paupérisme et du servageaugmentant pour les uns. parcequ'il est sans ressourceset que. Esclave révoltéquelquefois. Nous n'hésitons pas à le dire.t4 PREMIERS t'MNC!PES II LE RÉGIME DU TRAVAIL. Le capital. à mesure que le machinismedont il devait tirer aide et secours faisait plus de progrès. Ainsi le travail qui devrait être l'employeur du capital. le travail vit aujourd'hui sous le régime de l'oppressioh.nous soutenonsqu'un homme n'est pas libre. dussions-nousencourir toutes les malédictionsde l'école libéraliste. Cetétat lamentableest. Evidemment il y a dans ces formules une part d'exagération mais il n'en est pas moins vrai qu'on a interverti les rôles et que l'argent ayant pris la place de l'homme.

Carle. tu ne monteras jamais dans un omnibus.etc. en la prononçant. tu ne porteras que des sabots. semble avoir vouluétablir une étroite corrélation « Tu mangeras ton pain à la sueur de ton front ».de lois essentiellementvariables. nous n'entendons pointparler debesoins facticeset de luxe exagéré nous n'entendons pas non plus parler d'une vie réduite au strict minimum.il ne peuty avoirdes hommesainsi déshérités. au milieu d'une société prospère. tu ne fumeras jamais. est une injustice. Il s'ensuit pareillementque tout salaire moyen Inférieur à ces nécessités. de la concurrence. qui sont entièrement étrangères aux nécessitésde l'existence. soit par suite d'un concours de circonstances indépendantesde toute volonté. de la surproduction. Qu'on ne se méprennepas. et le Créateur. Dieua dit à l'homme « Tu mangeras ton pain à la sueur de ton front. est une injustice lui dire lorsque les souliers sont d'un usage commun. II s'agit d'une vie humaine placée dans les conditions d'existencede son milieu et de son temps. il s'ensuit que le salaire ne doit pas dépendre. lui dire tu n'as pas besoin de vêtements propres pour tes dimanches.DE SOCIOLOGIECATHOLIQUE 1!> à laquellenous n'échapperonspas. est uneinjustice lui dire tu seras sevrédetoutes lesjouissancesque l'ordre commun permetaux autres. pour poser l'équation mathématiquement.tes pèress'en contentaient. soit par l'effet d'unevolontépositive. dans sa conception primordiale. c'est-à-dire ta vie matérielle sera le prix de ton travail salaire égale vie. Quand nous parlons des nécessités de la viehumaine. Dire à un homme tu ne vivras que de pain.. tu ne recevras jamais chez toi un parent ou un ami dire cela est encoreune injustice. Mais si le salaire doit égaler la vie. Erreur complète. En droit. se trouve contraire au principe de justice et à la loi de Dieu. » De cette parole découlela nature du travail.travail est un acte humainet il doitêtreconsidère comme tel. . comme les lois de l'offre et de la demande. dans ses rapports avec le capital. tandis que tout le monde fume autour de toi.

formant la transition entre cesdeux vertus. « l'équité. II suit de là que l'équité n'est pas une chose absolue qu'elle varie selon les appréciations diverses et qu'elle ne peut être prise comme fondement. comme une espècegénérale sous un genre. que l'équité puisse servir d'intermédiaire entre la justice stricte et la charité. d'une façonproportionnée à. à ses services. Mais nous ne pouvons admettre ce raisonnement la matière est trop délicate pour que l'on puisse se payer de mots les mots. et ce nous parait une erreur de faire de l'équité un être moral hybride. et d'une façon tempérée par l'extension du droit moral des cotontractants a. cet heureux intermédiaireentre la justice stricte et la libre -charité». Certains catholiques. Ils ont enseigné que. contre des abus trop criants. l'équité que l'on pourrait définir « une vertu qui assure à chacun la jouissance de son droit moral. malgré les observationsde nos éminents adversaires. A notre sens. demandeun taux de salaire suffisant pour te développementrégulierde la classe ouvrière.i 1(.espérant trouver ainsi un moyen de remédieraux inconvénients d'une doctrine que l'on disait trop avancée chez nous et trop dure chez eux. ont essayé de faire intervenir un autre élémentdans la discussion. arrivant à fausser les idées.quii la repoussent ces réclamations formulées au nom de la conscienceet le cœur mais dont protestent justice. se range sous la justice. PREMIERS PMNCÏPES Le salaire doit donc permettre à l'ouvrier devivred'une -vienormale. Nous ne croyonspas. pour employerla langue des philosophes. à ses besoins.sa nécessité.écor. tôt ou tard. l'industrie étant prospère. telle que le comporte l'état actuel de la civilisation. ni même comme . en plus de la jouissance de sondroit strict.omisteset théologiens. Justice et charité sont des vertus d'espèce différenteet non deux degrés d'une même vertu.

portance du salaire. Et c'est pourquoi il faut s'en tenir au principe de justice qui seul ne varie pas. 2 .DE SOCIOLOGIE 17 CATHOLIQUE j)-–ij'–– -)'–~ -~–~–A -t?'_ élément–*–t principal dans la discussiond'un contrat d'imhumaine et sociale comme le taux absolue.

18 PREMIERS PRINCIPES in LE SALAIRE FAMILIAL. devant Dieuet devant les hommes. d'éleverdes enfants. afin de réparer. le père seuldoit travaillerau dehors et rapporter au foyerles ressourcesnécessaires pour l'entretien de la femmeet des enfants. commedevoirpremier. L'homme n'est pas un isolé Dieu l'a créé non seulementêtre social. de toute justice que l'industrie répare ou compense le mal qu'elle peut faire.Il a le droit de prendre une compagne. pour éleverdes enfants. parfois même. Or. de ce côté aussi. elle s'est liée par le contrat du mariage. Des assurances nous ne dirons qu'un mot. en effet. demôme qu'une industrie bien ordonnée doit prévoir le cas où il lui faudra remplacer ses machines. Ce principe nous amène à parler des assurances et du cataire ~ann~a~. Lorsque. mais encore être familial. l'obli- . ellea accepté. Il est aussi de toute justice qu'il y ait dans l'industrie un amortissement du capital humain. l'idée en étant généralementacceptéeaujourd'hui. lorsqu'elle blesse l'ouvrier et l'affliged'une incapacité de travail transitoire ou permanente. pour fonder une famille. l'usure qu'elle a causée. de même elle doit prévoir le cas où l'homme ne pourra plus'travailler. Ce n'est pas à dire que la mère ne puisseet. ne doive concourir à cette œuvre mais elle ne le peut et ne le doit que dans les conditionsde son existence normale. Et. de fonder une famille. Mais il n'en est pas de mêmede la question du salaire familial. réparant ainsi l'usure faite à son service. Mais pour prendre une compagne. comme il y a un amortissementdu capital outil. Il est. il faut avoir des moyens d'existence suffisants. Tout ceci est admis en général aussi ne croyonsnous pas nécessaired'insister.

et nous traitent avec un dédain superbe. discutent généralementsur deux abstractions î'une qui s'appellecapital. parce qu'il tend à la déformationd'un caractère sacré. les statistiques le montrent. lorsqu'on essaie de la leur exposer. Une mère n'est pas mère pour mettre son enfantà la crèche. si elle enfante. nous comptonsavec les principesquirégissent la vie humaine. et nous adhérons pleinementà la forte doctrine exposéedans la bellelettre du regretté cardinal Manning à FévêquedeLiège.DE SOCIOLOGIE CATHOLIQUE 19 gation d'être épouseet d'être mère. dans toute leur étendue. l'autre qui s'appelle travail. souvent incapable d'être mère. et la femmene peut rien accepter en violation de cet engagement. ou plutôt ceux qui revendiquent ce nom. commele travail du dedans est relativement peu de chose. à cause du temps qu'absorbent les soins du ménage. et l'effrayante mortalité infantile de la classe ouvrière montre. ou. Ipso ~ae<o. commesi eux seuls avaient droit de le porter. dans la manière d'envisager les problèmes sociaux. ses devoirs d'épouse.Un tel contrat prime tout. Leséconomistes. La femmequi passe sa vie à l'usine ou à l'atelier ne peut remplir. où il est dit que . les terribles conséquencesengendréespar la violationde cette loi. il est nécessaire de prendre quelque part les moyensde vivre. et qu'il empêche une créature humaine d'atteindre sa fin. car elle devient. C'est qu'il y a entre eux et nous une différencefondamentale. C'est le travail du père qui y pourvoira. tout autre contrat subséquent est nul de plein droit nul et barbare. comme on traite des ignorants qui ont encore beaucoup à étudier. Les économistesn'admettent pas cette doctrine. Ils poussent les hauts cris. La question de savoir si on achète à meilleurcompteou si l'on vend plus cher. Nous. bien mieux que tous les raisonnements. elle ne peut remplir les devoirsde la maternité. car elle n'a pas d'intérieur. nous paraît relativementsecondaire. Mais si la femmenedoit pas aller travaillerau dehors.

vous sera-t-il répondu. une exception. c'est une anomalie. en prenant des engagements qui rendraient.les nécessités de la vie humaine et domestique. le soir. se levant plus tôt que le soleilet se couchant longtempsaprès lui.puisqu'il ne pourra pas compter sur ses enfants. épuisé sur sa couche. un droit inamissibleet inaliénable si bien qu'un ouvrier ne peut pas y porter atteinte.mais on ne discute pas sur les exceptions et elles n'empêchent jamais d'établir le principegénéral.je ne prendrai chez moi que des célibataires. il n'y a plus de vie domestique. mangeant à la hâte une nourriture insuffisante et tombant. N'oublions pas. que l'ouvrier a le droit de prolifier. il faut considérer l'état normal dans lequelce principe doit être appliqué. quand on discute sur un principe général. Et remarquezque ce droit de l'homme à mener une existencehumaine est un droit absolu.mais t& . amène tout naturellement des conclusions. et de .. Or. car vous devrezdonner à ce célibataire le salaire familial. d'ailleurs. il a besoinde quelques avances pour son établissement s'il veut rester seul. font des épouses et des mères des machines vivantes. Non.impossible la vie de famille.__1_=_~ « faire passer le travail et le salaire avant l-. le desseinde Dieuest renversé.20 1! PREMIERS .Le travail et le mariagp sont deux choses saintes. en prolongeant outre mesure sa journée. c'est renverser l'ordre de Dieu et de la nature c'est ruiner la société humaine dans son principe originel. objecterez-vous.l'homme une bête de somme.t PRINCIPES 1. Ce que nous venons de dire. il aura besoin de plus d'économies. mettent obstacleaux soins des enfants. Si cet homme veut se marier. le droit à l'existence et au foyerfamilialest violé il est impossibledecontinuer dans cette voie. Si les conditionsdu travail détruisent la vie domestique. en se tuant de travail.Il est dans l'ordre que l'ouvrier soit père de famille s'il ne l'est pas. » Alors..

parce que. nous voyons grandir de plus en plus le fléau de l'immoralité en certains lieux le concubinageest la condition d'un grand nombrede famillesouvrières. démoralise la conscience. engendretoutes les maladies et tous les vices. a 'connu la faim.. puisque Dieu t'a élevéà la dignitéde sacrement. prime lecontrat de travail et ce deuxièmecontrat se trouve nul s'il est établi en violationdu premier. mais la grandehistoire. Voici même que la langue s'est pervertie avec les mœurs. mais qui se composede toutes les privations et de tous les regrets. malgré sa force et sa vaillance. et partout. le travail qui était l'honn. de toute l'année. Ceuxqui connaissent l'histoire. Quoiqu'il ait moins d'enfants que jamais. méconnaissant la céleste originede l'hommeet sa fin sublime. Parce qu'on a méconnu cette vérité. qui sans cesse mine le corps. tu ne tueras point. abâtardit la race.DE SOCIOLOGIE CATHOLIQUE 21 contrat de mariage. on semblene considéreren lui que la quantité d'os. le travailleur n'est plus désignéque par le nom qui rappelle sa puissance prolifique. et nous avons vu se former lagrande classe dite du prolétariat.tr de la vie en a été maintes fois le bourreau l'industrie moderneest devenuehomicide jusque dans ses moelles. non pas l'histoire des manuels idiots qui fonttout remonter à 1789. que nous sommes ici sur leterrain des vivre oblige principes.Malheureusement. cette faim que décrivait Proudhon « Cette faim de tous les instants. violant au premier chef le saint commandement Non oect~es. Et letravailleur. » Parce qu'on a méconnu cette vérité. lastérilité systématique du mariage fait trembler pour l'avenir du Pays. de chair ou de muscles qu'il peut engendrerpour la société. d'une nature plus haute. cellequi s'appuie sur des documentset . de toute la vie. mot si dur aux lèvres chrétiennes. une fois pour toutes. qui ne tue pas en un jour.la nécessitédemais ledroit souventle travailleurà subir l'oppression n'en reste pas moins le droit. délabre l'esprit. Je fais remarquer.

traitéesdanscette brochurey sont amplement tionsrapidement dévetoppees. dusalaireen généralet dusalairefamilialen (1)Surlavoirnotre question vol. ayant toujours à redouterl'apparition imprévuedu chômage.un ouvrageP''op<'<e<e.Les quesin-12. écrasés par des impôts énormes. que la misère et que la faim (1). que nous ne donnons point comme l'idéal consommé. notamment.Ï2 PRÉMIERS PRtXCIPES des faits. .rueMadame.Paris Bloudet Barra). et ne pouvant laisser à la femmeet aux enfants. Prix3fr.mais qui fut un siècle très chrétien cependant cherchez si vous trouverez une classe d'êtres comparablesà nos millionsde prolétaires. savent que pareilles misères n'existaient pas. Cherchez.50. sous l'empiredu droit chrétien. vivant dans l'insécurité absoluedu lendemain. dans tout le xui"siècle. CapitaletTravail. dans l'hypothèse d'une disparition subite. particulier.

son salaire quotidien. sans énumérer. il a donc droit à une situation privilégiée c'est une injustice dele mettre sur le même pied que le travail. Certes. nous demanderons Est-cebien vrai Supposonsque l'industrie subisse une crise et que de ce fait le capital se trouve entamé. en un mot à l'économie chrétienne de la société. ou mieux les ouvriers qui louent leur activité à un patron. N'est-ce donc pas là participer aux risques et périls de l'entreprise Y ? Mais. en face des accirisques du capital. se trouve jetée sur le pavé. En réalité. la louent pour un temps indéterminé. Cetteréponseest inadmissible. abaissement moyennede la vie. permanence de son engagement et ne soit pas réduit à vivre dans une perpétuelle insécuritédu. du moins. Et vraiment ne trouvez-vouspas qu'il est tout à fait conforme à l'ordre naturel. tous les risques du travail de la dents. à la bonne harmoniede la république. quelle que soit l'issue de l'entreprise. lui.nous n'avons engagé l'ouvrier que pour le temps durant lequel l'entreprise « marcheraa.etc. dans une notable partie. On opposeà cettedoctrine des réponses que l'oncroit absolument péremptoires. ne risque rien. Sans entrer ici dans la fameuse question de la participationaux bénéfices.. que l'ouvrierqui remplitfidèlementson devoirpuissecompter sur la. c'est un malheur. et nous contentant de prendre l'objection telle qu'elle est posée. le travail. nécrose professionnelle. . l'ouvrier. direz-vous. Le capital court seulles risques des entreprises qu'il a fondées. ayant toujours reçu. Mais regardez à côté. vous verrez que la collectivitéouvrière dans sa totalité ou.DB SOCIOLOGIECATHOLIQUE 2~ IV OBJECTIONSET RÉPONSES.

. C'est pourquoi nous réclamons partout. dans un moment de crise.1'L_L1lendemain? Et alors. précisémentparce qu'elle est classe ouvrière et attachée à des travaux matériels. vous parait-il équitable qu'un homme qui.l'institution de la caisse corporativedont le rôle serait d'assurer la suffisanceet ta. précisément à cause de cette multiplicité des usines et des ateliers où' l'on croit trouver travail. doit et devra pâtir fatalement. étant depuis longtemps au servicede l'industrie. hélas 1 que le chômage et que la faim. qui. mais notre raisonnement sera bien plus fort. patrons. que vous serez obligésde liquiderou de faillir et que les ouvriers en souffrirontcruellement on pourra vous répondrequ'une entreprise qui ne peut p&sfaire subsister son personnel doit disparaître que son maintienest un mal social. est à peu près nécessairement composéede gens imprévoyants. voiesa condition rester identiquement la même. durant des années et des années. collabore et contribue à la prospérité d'une industrie. fixitédu salairedans les jours de variation ou dans les cas d'imprévoyancenon coupable. les campagnes manquent de bras et cependantl'émigration continue vers les villes. Et si vous objectez.L'industrie attire trop de mondedans les grands centres.2~ PREMIERS PRINCIPES 11 t.vous. dans les cas de décadencecontinueou de non-prospéritépassagère. si nous envisageons cet ensemble que l'on pourrait appeler le corps-ouvrier. Il y a là des idées fécondes. a dû. quelle que soit la prospéritéde cette industrie tandis qu'il est exposé à être mis dehors et privé de pain. et subsistancé et où on ne rencontre trop souvent. comme moyen de palliercette in-équité.etdes horizonsnouveaux éclairés par un soleil de justice s'ouvrent devant nos . lorsque l'industrie « ne va pas)) '1 ? Remarquezque nous n'envisageons ici l'ouvrier que comme individu. que vos usines ou vos ateliers sont incapablesde soutenir la concurrence dans de pareilles conditions. Car c'est encore une chosedont il faut tenir grand compte la classeouvrière.

est absolument insuffisante pour les besoins. c'est sa faute. s'il buvait moins.opposentune objectionsuperbe et croient avoir répondu à tout. nous a affirmésolennellementet très catégoriquement que ces pauvres gens sont dans une « condition de misfre imméritée ». soit mais c'est comme hommequ'il est cupide. le salaire. ilsdoiventsavoir que sur les87. en 1892. Est-cebien sur ?'1 D'abordle Pape. lorsqu'ils ont parlé de la naturelle cupiditédes ouvriers. lorsqu'on veut ainsi juger les grands faits qui forment le fondde la question ouvrière le capital. en tenant compte des chômages. sans do- .en France.000 contre lesquelleson n'avait d'autre délit à relever que la misère. qui apparemment sait ce qu'il dit. lui.000personnes qui. et non comme ouvrier.ont passé par le dépôt. avaient pas. Puis ceux qui parlent ainsi ont-ils fait leur enquête sur les salaires S'ils l'ont faite. estce toujours leur faute ? Ceux qui refusent à peu près tout et n'accordent quelque chose que contraints et forcés. il y en avait 50. mais ils étaient sans ressources. Ont-ils fait leur enquête sur la misère ? S'ils l'ont faite. s'il économisait un peu. se trouve-t-il toujours sans défaut? Puis. doivent-ilss'étonner si les réclamants demandent trop pour obtenir un peu ?'l Autre objection Quand l'ouvrier est malheureux.qu'entendent-ils par là ? L'ouvrier est cupide. ce qui exclut déjà la culpabilité du' plus grand nombred'entre eux. Mais. De casier judiciaire. ne l'est-il point? Retiént-il pour lui toutes les vertus. le travail. ces malheureux n'en.DE SOCIOLOGIECATHOUQUR 25 veux. Et le patron. S'il dépensait moins. ils ont pu constater que la moyenne. si les travailleurs exagèrent certaines revendications. Ceux qui ne vont pas si loin et qui ne s'abaissent pas à discuterles principes. pareillessouffrancesn'arriveraient pas.

est une lutte acharnée.)n au Quant au reproche d'immoralité que l'on adresse réalité et choses dans leur il faut les envisager peuple. le jugement de la conscience le sommeil honnête. )) . a fait quelques excursions au pays du travail et de la misère. je déclare très haut qu'un chrétien ne peut et que. seul moyen d'échapper à l'abrutissement. MDc d'économiste ta noble d'exercer content profession peu en chambre. a pu constater et commetoucher la vérité de ce fait douloureux l'impossibilitédans le réd'amégime actuel. sans tfnva!) Quiconque. proiepromise à la faim Les tatistiques nous apprennent. ciple du Maître qui nous a mis le Pater nous ne pouvons pas accepter comme tolérable. que. et elles ne disent pas il y a tout. disvisager de sang-froid une pareille situation sur les lèvres. Contentons-nousd'en indiquerquelques-unes le pain quotidienqui empêchela faim d'atrophier. pour lui plus que pour tout autre. <f Pascal. meurtri. sauf de très rares exceptions. la moralité. trop souvent. L'existence. du reste. sauvage qui.. même en plein dix-neuvième siècle. Si ce minimum de besoins physiques n'est pas satisfait. Tout cela parait essentiel pour que la moralité se développedans un être humain. chacun reposant dans son lit le gagnée le repos hebdomadaire. dit micile.etpouvant donner un peu de relâche à son esprit et à son corps.26 PREMIERS PRINCIPES de Pt « Omcnnauedit lele P. dans une certaine mesure. subit l'influence de circonstances extérieures dont il faut tenir grand comptecommeélément d'appréciation. liorer d'une manièrerégulière et stable sa conditionde vie. ne sera guère possibleet. un ordre social où se passent de telles abominations. ne pas s'exposer à être injuste pour avoir jugé trop superScieUement. des milliers decréatures humaines qui meurent defaim. P. de travail. l'ouvrier ayant sa vie dimanche. lelaisse et au désespoir. brisé. . La moralité du peupleaussi bien que sa religion. D'autres penserontet diront ce qu'ils voudront pour pas enmoi. pour le travailleur sans exception.

qu'il garde sa personnalité et qu'il puisse. les yeux dans la lumière. si. la morgue ou l'hôpital. ni le temps matériel pour descendre en eux-mêmes. nous a rappelé que~ dans l'homme. par suite.jusque dans la culture du sol. l'ouvrier se trouve de plus en plus réduit à ne produireque des mouvementsautomatiques. quand nous voyonstant d'êtres humains qui ne le possèdentpas qui. l'exercice de la vertu requiert ce minimum de biens matériels. nous sommesindulgents et nous nous sentons pris d'une. forçats du travail dont le froid et la. tant d'êtres humains qui n'ont ni le tempsmoral. L'histoire de l'industrie en notre siècleet jusqu'en ces dernièresannées. Ajoutezà cela que tout concourt à faire de l'homme une machine et que. après saint Thomas. ne vous étonnezpas. vers le progrès moral Y Aussi. compassion immense pour certains déshérités. subit une effroyable dépression. la responsabilité du malheureux pourra être atténuée. frapperleur poitrineet prendre des résolutions?Ledroit au salut et à la sanctificationest absolument méconnu dans l'ordre socialactuel et.si vous ne donnezpas à cet homme un peu de répit par ailleurs. qui aperçoiventcommetriste conclusion à leur pitoyable existence. peuvent se trouver dans l'impossibilité de jamais connaîtreJésus et d'entendre jamais la voix de l'Eglise au moins d'une manière suffisante pour en retirer quelque profit. par suite de l'absencede ce minimum de biens matériels.connaître leur devoir. qui n'ont jamais le repas du lendemainassuré. sans nier des fautes extérieures très réelles. se trouve pratiquement annulé.compter leurs fautes.DE SOCIOLOGIECATHOLIQUE 111 2T dans une largeproportion. pour des milliers et des milliers d'âmes. Que dire alors. dans la mêmedirection comment voulez-vous. où quelques effortsont été faits pour . et dont le sens moral. Léon XIII. La vie de beaucoupde travailleurs se passe à pousser toujours le même ressort. faim tenaillent la chair. par suite d'une organisation du travail absolument désastreuse. marcher.

Cependant. la baisse des salaires a une limite. écoutezles économistes « Za!sse. qui pousse. laissei passera ils chantent toujours chanson.Les jeunes filles auront leur place à l'usine ou a. commeles machines paient l'impôt aussi bien la nuit que le jour. plus de fêtes. nous remplacerons les hommes par des femmes. offre un spectaclelamentable. l'atelier. ce serait pour nous tout profit la concurrenceest toujours là N'est-ce pas odieux laissez Or. La concurrence est là. la concurrenceest toujours là Alors. passer. Et si. » Peu importe que l'homme souffre~que la race s'abâtardisse. Or. .l'ouvrier est incapable de fonder une familleet d'avoir une femme à lui. il La concurrenceest là faut diminuerles salaires au besoin. et réclamedu travailleur le maximum de rendement. il faut diminuer les frais généraux. Et le service denuit est organisé la concurrence est toujours là Quefait cet homme? Je lui paie son temps et il ne me le donne pas tout entier. les devoirs religieux font perdre trop de temps. dans ces conditions. on lui en fournira.:y<H'ye. Plus de dimanches. « Z<MSSM la même ni /htfe. en n'interrompant jamais le travail la concurrenceleveut ainsi. on fournira à meilleur comptedes vivres de qualité inférieure. partout où la chose sera possible. Le labeur commencera avant l'aube et finira plusieurs heures après le coucher du soleil qu'importe que l'homme arrive chez lui harassé et incapable de jouir de la vie de famille la concurrenceest là Il faut abaisser les prix.28 PREMIERS PRINCIPES remonter le courant. Puis. eh bien il se passera de familleet s'il ne peut se passer de femmes. qui pousseimpitoyablement. Son métier marche tout seul et lui laisse des moments de répit si nousluidonnions deux métiers à surveiller à la fois. on doubleraleur nombre. l'industrie y gagnera et le diable n'y perdra rien. que les droits de la justice soient violés périsse le monde plutôt que nos principes.

si. Il ne leur suffit pas d'être bien traités et bien payés. ils veulent la reconnaissancede leurs droits et une organisation légalequi leur permette de débattre librement leurs intérêts. dont nul ne peut les dépouiller. .en dehors de certains cas prévus. et cela pour maintenir le présent. c'est un affranchissement économiquequi leur apportera l'affranchissement moral. Ce' qu'ilspoursuivent.quant à nous. n'ayant pas le temps radis pour son âme. il n'y a plus de nourriture la matière envahit tout. parfois. en tant que membres d'une profession. certains droits et certaines garanties. il cherche un paradis pour son corps?1 Et c'est là qu'il faut chercher la cause de cette aspiration encore vague et indéterminée. Est-ce entièrement sa faute. pousse les travailleurs à demander. comment voulez-vous parler de moralité à un homme pareillement exploité? Son regard ne se lève plus vers le ciel. mais très réelle cependant. de faire de la profession une propriétépersonnelle. souvent inconsciemment. assurer l'avenir et échapper à la dépressionde t'âme que cause une perpétuelle et angoissante insécurité. il se dédommagedans des plaisirs de songer au pagrossiers et si.mais toujours ardemment. prétentionque nous trouvons.DE SOCIOLOGIECATHOLIQUE 2~ Dans ces conditions. les horizons se voilent pour son esprit et pour son cœur. Et c'est pourquoi ils ont la prétention. afin d'échapper à l'esclavage et de sauvegarder leur vie morale. fort justifiée. qui.

aujourd'hui. dans notresociété redevenuepaïenne et où se retrouvent les mêmes injustices qu'autrefois 1 Allezdoncdire à un de nos braves propriétaires qu'il n'a pas le droit de laisser ses champs en triche. -que la propriété privée devient commune pour un hommequi meurt de faim. Qu'est-ce que la propriété? Les uns disent c'est un droit. et que le Sénat donnait par fragments aux individus et aux peuplesqu'il voulait s'attacher. La notion de la propriétéqu'on a ressuscitée de nos jours est absolument contraireà cette idée.~30 PREMIERS PRINCIPES v t7' LE RÉGIME DE LA PROPRIÉTÉ. ni ne peut. rappelant ce fameux jus quiritium qui était à Rome la clé de toute la puissance. la sourcede tous les biens. Le droit d'user est un droit légitime le droit d'user à sa fantaisie.Il me semble qu'on pourrait concilier les deux opinions en disant que la propriété confère des droits dans la mesure où elle impose des devoirs. anti-naturel. le droit d'userà l'exclusion de tout autre. sur des espaces immenses. à entretenirdes chasses pour le plaisir de . que la terre doit nourrir l'homme et non pas être consacrée. il n'y a pas de droit absolu saint Thomas enseigne formellementet très explicitement. les autres disent c'est une fonction. ni ne veut jouir. La question du travail amène nécessairement la -questionde la propriété. et c'est pour cela qu'elle nous parait profondémentinjuste et destructive de l'ordre social. et dans toute l'étendue du terme.de propriété. de ce <lont on ne sait. sans aucun égard aux besoins du corps social.Car. Combiencet enseignementest méconnu. anti-chrétien. en fait. est un droit injuste. engendré par une théorie païenne directement contraire à la doctrine catholique.

puisque nous avons le bonheur de croire que ces principessont en parfaite conformité avec l'enseignement de l'Eglise. permettant à tout étranger de défricherle tiers d'un domaine que le propriétaires'obstinait à ne pas cultiver. cette doctrine qui fait de l'homme le dieu de son avoir et qui lui donne le droit de détourner les fruits de la propriétéqu'il devait distribuerà ses frères pauvres. et il méconnaît d'une manière évidente son devoir social. c'est Sixte IV. le propriétaire est responsable de l'usage qu'il fait de son bien. avec une candeur absolument naïve Ma terre est à moi. ne peut jouir de cet usufruit que selon l'ordre établi par Dieu. Il n'a pas le droit d'en user selon son caprice et les Papes. dans un discours fameux « Elle n'est pas seulement antichrétienne.DE SOCIOLOGIE CATHOLIQUE 31 ~Qo ~~c'roti\7T*~c T ttfav~ ruT~rtr~tatr~ vmiR T'f~G~n* quelques désœuvrés. même restreint à l'usufruit. selon la parole de l'Ecriture. déclarant « qu'il serait permis. Il se croit honnête. la propriété comme un fief prêté par le Seigneur.sans avoir le loisird'entrer dans de longs développements. à l'avenir et toujours. gardiens de la loi de justice. Ce n'est pas le lieu d'entreprendre ici une thèse sur le droit de propriété nous ne faisons guère qu'exposer nos principes.j'en fais ce que je veux. brièvement. D'abord le Droit canon. au xve siècle.Il ne faut jamais oublier cette doctrine du prince des théologiens. n'appartient qu'à Dieu et que le droit de l'homme. de labourer et . ainsi que le constate très savamment le grand historien Janssen. au xnf siècle.Le brave propriétairevous regardera tout étonné et vous répondra.Mais.pour la satisfaction de ses plaisirs et de sa sensualitédébordante. à tous et chacun. La conséquenceest facile à tirer devant Dieu. commesur tous les biens de la terre.que le droit de propriété véritable et complet sur l'homme. commele faisait admirablement remarquer Mgr von Ketteler. Et pourtant cet homme est dans le faux. ont maintes fois rappelé ce principe aux possédantsqui l'oubliaient. C'est Clément IV. considère. Car. elle est aussi antinaturelle. nous ne voulons pas nous priver du plaisir de le montrer ici.il se trompe. a Telleest la vérité.

Saint-Père. C'est ClémentVII revenant sur le mêmedécret et le confirmantdans un motuproprio. églises. croyons à la métempsycose a dû passer dans quelque savant manchèstériend'aujourd'hui. chapitres. surtout. en Toscane. Et cette doctrineest affirmée jusqu'au commencement du xtx° siècleoù Pie VI et Pie VII interviennentencore pour rappeler les devoirssociaux de la propriété. on en ait demandéla permission » des juges spéciaux devaient régler toutes les questions subsidiaires. pourvu que. CeBatiste Casàti. Sous ClémentVII en particulier. très habile en son art. à leur choix. avait accumulé unnombre incroyabled'arguments pour le grand pront de l'injustice et de l'oppression. le Protestantisme~ ? – . ou lieux consacrés. Son discours à Clément. même sans l'obtenir. Il est vraiment curieux de suivre. dans le très intéressant ouvrage de GabrielArdant . dont l'âme pour un instant. la similitude est frappante et les juristes raisonnent absolument commenos contradicteurs.Il en est un. quel qu'en fut le tenancier monastères. vous allez pousser tous lea riches vers.. VII est extrêmementremarquable l'orateur s'efforcede prouver que le Pape est très mal Informé et termine par cet avertissement solennel « Prenez garde que de pareilles mesures ne jettent tous les intérêts menacés dans les bras de Luther. un tiers des champs incultes. uncertain Batisto Casali. ou personnes privées ou publiques de tout état et de toute condition.Quelle imprudence. » Est-ce que cela ne vous rappelle pas ceux qui nous traitent de aocifdistestJIn'yaqueles personnages de changés. l'histoire de la lutte des grands propriétaires de l'Etat romain contre le Droit et les Papes qui en rappelaient l'obligation. aux époques voulues et habituelles. . On se croirait à notre époqueet on s'imaginerait entendre discuter les économistes contemporains. disait l'ineffableBatiste Casali! En rappelant ainsi le droit.32 PREMIERS PRINCIPES d'ensemencer dans le territoire de Rome et du Patrimoine de Saint-Pierre. aussi bien que sur le littoral de la Campanie.Papes et Paysans.

à l'orphelin. nous dit-on En rappelant ainsi le droit/vous allez pousser tous les pauvres vers le Socialisme. tu feras pour l'étranger. ni aux pauvres il n'y a plus qu'une chose à faire. le législateur établit là ce qu'on nomme une servitude et nous rappelons ce fait et cette doctrine. en Droit chrétien. l'Eternel. tu ne couperas pas tout à fait les coins et les boutsde ton champ.» En sorte qu'il ne faut parler du Droit ni aux riches. lorsquenous disons que Dieu a grevé la propriétéd'hypothèquesau bénéficedu corps social.il n'y a que des servitudes contractuelles. » En fait. la servitude devient légale 3 . Droit romain. à cause de la notion plus préciseFet plus e et imjuste de la propriété. Quand tu auras secouéton les <KMores olivier.que le Droit slaveet le droit germaniqueimEn prègnesde christianismeont au contraire adoptée. des servitudesvendueset rachetables tandis que. à la peMoe. Quandtu ta moissonde la terre. Insistons encore pour bien montrer que l'usage de la propriété ne saurait avoir un caractèreabsolu.DE SOCIOLOGIECATHOLIQUE 33 « Quelle imprudence. envoyer le Droit au fond d'un' puits. tu ne retourneras point pour l'emporter. Elle sera à l'étranger.sur les biens appropriés par les individus. l'orphelin et la oeuoe. rejoindre la Vérité. Quand tu auras oeMglaneras point auprès ce sera dangé ta pt~ne. tu n~ reviendras point aprés ce sera pour l'étranger. maistu laisseras tout cela pour le pauore et l'étranger. des droits conservés par la collectivité.hypothèquesqui peuvent être considéréescommedesdroits restrictifs de la propriété. oo<reDieu. l'orphelin et la oeuoe. Moi.o/~t o«ef~erne~ ton Dieute bénissedans toutes de <esmains. Tout le mondeconnaît ce texte de la loi deMoisequi marquesi nettement la fonction sociale du possédant « Lorsque tu feras <a recelé dans ton champ et quetu y auras oubliéune gerbe. Le Jus romanum n'a jamais eu cette notion de la servitude. ni ne raMasseras les épis isolés.

La grande faute vient de ce qu'on ne se rend pas suffisammentcomptedesdeuxé!émentsquise trouventdans l'idéede propriété. les lieux. La jouissance du droit a fait disparaître peuà peu le sentiment du devoir.Puis. fondésur les faits contingents et qui est nécessairement variable selon les temps. il faut chercher une des causes principalesdu mal. C'est pourquoi partout possibleArHflictfr.les droits de glanage. Et il ajoute absolumentméconnuede nos jours que. en sorte qu'on doit en faire part aux autres en leurs nécessites.tandis que l'on agiotait. sous le rapport de l'usage. que . la légitimité du principe a été remise en question. le conseil de Guizot «Enrichissez-vous». de glandée. Mammon est devenu le roi de ce monde. et nous avons vu se produire des attaques formidablescontre l'existence même de la propriété. de passage et tant d'autres qui ont peu à peu disparu.f!'fst où la loi chrétienneétait respectée. Comme conséquencede la résurrection des théories paiënnes. L'opulence s'est montrée d'une insolenceinouïeet la foulea pu voir passer devant elleles spectacles les plus démoralisateurs. Ainsi. Saint Thomas qui a étudiéavecson admirableluciditéd'esprit et sa géniale profondeurde pensée cette question si importante. trou à racheter.34 PRINCIPES PREMIERS nnaa)h)f< nourauoi on trouvait. mais pour que l'industrie humaine et les institutions des peuples en assignent la délimitationau vérité presque commun profitde tous. par un retour inévitable. les régimes divers. nécessaire et abstrait. L'un. lorsqu'il enseigne que Dieu a donné la terre au genre humain. à mesure que la conception du Droit païen revenait en faveur. fondé sur la nature l'autre. de vaine pâture. établit clairementle droit. a servi der<%gle dé conduiteà tous ceux qui avaient quelque force dans la volonté. Dans l'oubli de ces principes. la richesse a pris une prépondéranceaussi injuste dans le présent quedésastreuse pour l'avenir. concret. les choses extérieures sont communes et non privées. non pour êtredominée confusément.

il n'y avait plus qu'une chose à faire supprimer la propriété. en vertu des théories nouvelles. on voyait les ruines s'accumuler. finissait par dire que les abus de la propriété devenant intolérables. comme Dieu le lui avait promis. Et la misère règnait en souveraine. et le travailleur. .escorté. par une foulede petits carnassiers. sous la formede judaïsants. que l'on tripotait. et sur les ruines. apparaître un grand fauve. le juif vorace.DE SOCIOLOGIECATHOLIQUE 35 l'on spéculait. à la sueur de son front. ne pouvant plus manger son pain.

36 PREMIERS PRtNCtPES VI LE SOCIAUSMB. Mais.gît dans la question de la propriété. Ne pourrait-on pas dire. en effet. les causes qui l'engendrèrent sont multiples. des causes sociales. il y a entre les catholiques et les socialistesun abîme que certains disent infranchissable. Il y a des causes morales.. Toutefois. sociale et économique. non sans quelque apparence de raison.toutes fort intéressantes à étudier. il y a des causes religieuses. et il faudrait de longues pages pour en faire la complèteénumératton. je puis donc en user a mon gré je puis doncprolongerà mon gré les heures de ce travail et transformer l'être humain en une machine qui marchera sanstrêve ni repos. le socialismen'étant. religieuse. dans ce nombre. Sur ce point. entre les socialisteset les catholiques. avant d'être allé jusqu'au bout ils seront toujours à temps de me maudire. lorsqu'ils arriveront à la fin. Je puis offrir . cause à la fois morale.des causes économiques. selon la parole d'un grand évoque américain. Ainsiest né le socialisme. l'une des plus importantes. « que l'Evangileaigri w? Je prie mes lecteurs de ne pas s'épouvanter. que n 'us sommestombés dans le gâchis au milieu duquel nous nous débattons aujourd'hui t Un homme me vend son travail. quec'est pour avoir regardé l'usage de la propriété en général comme un druit absolu. pour lavoir ramené à la conception ]):uennedu Droit romain dont nous avons parlé. et cela.. Sans doute. qui sait si ce n'est pas précisément sur cette question de la propriété que s'opérera. une réconciliationqui est dans la forcedes choses.

beaucoupdepossédantsavaient tiré la conséquence fausse donc je puis en user et en abuser les socialistes partirent de ce point et conclurentà leur tour. Je puis laisser mes domaines en friche. sans violer la stricte justice.. On comprendqu'enprésence de ces corollairesmonstrueux et malheureusementtrop réels. sous peine de se croiser les bras et de mourir de faim.DE SOCIOLOGIECATHOLIQUE 37 pour ce travail un salaire dérisoire que l'ouvrier sera bien forcé d'accepter. c'est le vol. C'est ainsi que Proudhon arrivait logiquementà son fameux aphonsme « La propriété. je puis. etc. certainshommes se soient levés pour protester et pour combattre le mal. s'il est journalier. des logements insalubres. malgré les commissionsde surveillanceet malgréla loi. tripoter. tandis que des milliersde bras demandentdu travail je puis tenir mon usine ou mon atelier dans des conditions hygiéniques déplorables. Je puis. Au point de vue de la stricte justice. depuis quelques années. sans limites. entrainant la négationou la suppressiondu devoirsocial de l'autre applicationmal comprise du devoir social entrainant la négation du droit naturel. l'usage de la propriété étant un droit absolu. quand il me plaira. l'expulser de mon chantier ou de ma terre et le jeter sur le pavé. » La situation est ainsi bienétablie d'un côté. agioter. Ma propriété est absolue. et cela sans aucun motif.nul n'a le droit d'y trouver à redire. l'affirmation du droit naturel mal compris. Et maintenant. on commence à . etc. l'exposant ainsi à mourir de faim avec sa femmeet ses enfants. Dans le premier camp. confondant l'usage et l'abus l'institution engendre d'effroyaMes désordres. comme nous en trouvons par centaines dans nos grandes villes.je puis sur elle ou à son sujet. il n'est pas ici question d'humanité ou de charité louer à de pauvresgens qui ne peuvent aller ailleurs. suivons le mouvement. D'un principevrai lapropriétéestconformeau droit naturel. donc elle doit être supprimée.

une marche contraire atténuations dans la négation radicale du droit de protrès priété. sinon à faire disparattre du moins à restreindre ce que nous avons appelé la les conception païenne du droit de propriété. de là lois nouvelles. Il y a là un sujet d'étude très curieux et aussi très consolant on y trouvera peut-être un peu de confiance au milieudu péril. Dans le second. efforts très évidents. sur le régime du travail. pour concilier la doctrine collectiviste la propriétéindividuelle. et chez certains avec sincères.38 PREMIERS PRINCIPES comprendrequ'il y a nécessité. .quoiquebien insuffisantes.

qui « l'Etat est n'ignore pas que « l'Etat est athée ?. de cesbienssetrouve de l'ouvriermai*quandt'unou l'autreen comme les pouvoirs menaeÉ oucompromis. si vous le fortifiez encore.ferontœuvredelesvrais it convient intéet de carà euxit appartient sauvegarder de_proteger» deLéonXIIIMX rêtsdescitoyens.la dignitéhumaine. leurssubordonnés. c'est la mort de l'Eglise.DE SOCIOLOGIECATHOLIQUE 39 VII L'INTERVENTION DE L'ETAT. publics. l'Etat persécuteur! Vous voulezdonc tout perdre. » Et le Pape. L'intervention de l'Etat Quelles protestations soulevait naguère cettethèse. qui a la garde de l'Eglise et des âmes. L'Etat est déjà bien assez sommes puissant. avant l'apparition de l'Encyclique AeTMMnooarMM et quelles protestations ne soulève-t-elle pas encore. Maissi telle est la doctrine. lorsque nous la défendions. vous réclamezla tyrannie.) pèlerins . laviedomestique olfense la momtité.danstesconditions it nese rencontrerien qui le travailet l'exercice de l'industrie. decespouvoirs ne «ontpas etl'action (1)«Sansdoutel'intervention nécessité. d'organiser le règne de la justice et de rétablir l'ordre social. la justice. C'est que le Vicaire du Christ voit plus loin. quirèglent d'uneindispensable quand. mettant en œuvre ces théories. et on a le droit de nous demander par quels moyens il serait posssible.. qui voit clairement la situation. dans l'exercice de leur activité des hommesentre physique. il n'est pas nécessairede nous livrerà de longuesrecherches. doiventrégler les rapports eux. Nous avons exposé la doctrine et les principes fondamentaux qui. il est évident que tels ne sont point les faits. MM. n'en demande pas moins l'intervention de l'Etat (1). nous les trouvons de indiqués dans l'Encycliquequi réclamel'intervention l'Etat et l'organisation du travail. «L'intervention de l'Etat mais vous n'y songezpoint 1 L'Etat athée. (Dtscours Octobre ouvriers français. etc. intervenant saintsocmt etdansunejustemesure. que persécuteur? le Pape. nous perdus etc. mêmechez des catholiques qui se croient « bien pensants ». Pour découvrir ces moyens.

à « ceux qui prë<taeM<<!Ma'affaires publiques. Car. Derrière le présent qui est sombre.des lois qui sot'e/t~les < m~Mes.par un vote unanime. w Ils sont donc en bonne compagnie. dit-il dans sa lettre à Gaspard « Decurtins.40 PREMIERS PRINCIPES t parce qu'il voit de plus haut.que la protection donnée au travail < ~e<OMOfter< aer<tt<très imparfaite. si ellel'était par tt <fe</bM<K~'eM<et que chaque peuple élaborerait · < pour son compte. « en vertu de laquelle doit être prochainement convo« quée une nouvelleet plus nombreuse réunion d'ou« vriers qui recommandera. le Pape ne veut pas lui enlever sa.cette autre résolutiondu congrèsdeBienne. malgré certaines réclamations.par<OM~. Et~d'autre part. « De grandes démonstrationsne sont pas nécessaires. « afin de protégerpar des lois lesintérêts des ouvriers. quoique l'Etat soit « persécuteuret païen ». et fassent passer dans la pra« tique les conseils que nous avons donnésdans notre « lettre. pro~ë~e~ la faiblesse des enfants et des « femmes qui travaillent. Mais Léon XIII va plus loin. ceux qui. « onne pourraassurément pas en trouver de plus grave « et de plus juste. Réduirele Souverainà n'être qu'un gendarme ou un veilleurde nuit. de ? petMerd ce ~Me. demandent nationalement et internationalement-l'intervention de l'Etat. c'est méconnaîtrele caractère essentiel du pouvoir « qui vient de Dieu ». c'est-à-dire d'être l'agent du progrès et le promoteur intelligent du bien social.que la nécessitédesecourirla faiblesse « des enfants et desfemmes. il voit l'avenir qui est radieux et.fonctionnaturelle et sublime d'être « minister Dei in bonum». et il affirme nettement la nécessitéd'une législation internationale du travail Nous approuvons. il est ept« dent pour tous. « pour faire comprendreque ce pa?Mest souverainement « !'aM<MmaMe. . s'il y a un motif grave et juste w pourlequel l'autorité publiquea le droit d'intervenir.

des droits ?KoraM. « modéreréquitablementles droits de chacun et remédierà cet abominable a<ft<~<e/br life dans lesquels les petits seront toujoursmangés par les gros. Mais ce principequi pourrait évidemmentenfanter la plus abominable des tyrannies a . l'individu puisse jouir des bénéficesde l'état social. tel ouvrier ne peutexiger strictement de tel patron l'absoluesécurité du lendemain mais cela ne nous empêche pas d'affirmeraussi que tout citoyen a le droit d'exiger de l'Etat une organisation socialequi lui permette d'obtenir une somme modéréede bien-être. il y a un droit moral ou. C'est là surtout que peut apparaître. plus larges que les droits stricts et qui peuvent se plier aux circonstances. son tempspar la caserne et les prestations. Voilàle rôle du Souverain » autrementditde l'Etat. en échange de son travail. Mais il ne faut pas oublier non plus qu'à côté du droit strict.DE SOCIOLOGIECATHOLIQUE 41 Certes. dans toute sa bienfaisante influence. li doit veiller à ce que la justice régne dans la république il doit. commenous l'avons dit. à produire l'extrême richesse en haut et l'extrême misèreen bas et à partager les citoyensen deux catégories. pour faire régner la justice et la paix. il ne s'agit pas ici de violer le droit strict du prochain comme fait le socialisme. Tel est le principe. La sociétéimpose des charges fort lourdes à l'individu elle lui demandeson argent par les impôts. Or celan'est pas possibledans une organisationqui aboutit fatalement. le rôle de l'Etat qui doit « modérer» équitablementces droits divers. pour défendre le sol menacé il est bien juste que. en retour.)?. Nous reconnaissons parfaitement que l'individune peut eait'~erde l'individutoute l'ampleur de son droit moral par exemple. sa vie même en certains cas. mieux. ceux qui doivent devenirnécessairementde plus en plus riches et ceux qui doivent devenir nécessairement de plus en plus pauvres. les capitaux se concentrantde plus en plus dans les mêmes mains.

42 PREMIERS PRINCIPES tout *il aussi cason contre-poidsdans un autre nninninp principe tnnt pital. Hélas nous sommes aujourd'hui au minimum d'organisation. qui seul aujourd'hui peut le faire. surtout en ce qui concerneles femmeset les enfants de fixer une limite à la durée du labeur quotidien. et c'est pourquoi il nous faut réclamer un maximum d'intervention qui diminuera. afin d'empêcher que l'ouvrier ne devienneune machine de rappeler à tous le principe malheureusement trop oublié que l'industrie est faite pour l'homme et non l'homme pour l'industrie de songer enfinaux invalidesdu travail et de faire respecter. à un maximum d'organisation sociale doit répondre un minimum d'intervention. même quand elle veut protéger ou caressar? Non. d'ailleurs.Nousdemanderonsà l'État d'assurer à l'ouvrier le repos de ses dimancheset l'instruction chrétiennede ses enfants d'élever une digue devant les flots débordantsde la corruption desurveiller les conditionsdu travail.ann~a_nn. dans les questionsde salaire.agent le plus puissant de la paix sociale. le principede l'association.r1Q1 ~~ana nn ontno Mais quel sera le mode decette interventiont Voutons-nous courber tes générations nouvelles sous un joug odieuxet faire peser sur elles cettemain de fer qui est toujours trop lourde.un maximum d'interventionde l'État. nous ne voutons de cette ingérenceimportune et nous ne l'acceptons provisoirementque parce que nous ne pouvons . nous demanderonsà l'Etat. d'assurer à l'homme la part de biens religieux. Pas plus que d'autres. onn .et à un minimumd'organisation sociale. En attendant. le droit si souvent violé de nos jours. moraux et matériels sans lesquelsil ne saurait vivre et satisfaire les exigencesde la nature que luia donnéeleCréateur. par la forcemême des choses.complétant et modérant l'action du « Prince » en sorte que. lorsque l'ordre sera revenu dans la société en général et dans le monde du travail en particulier.

. la profession.qui doits'organiser corporativement elle-même. Nous croyons que l'État est le gardien de la justice: c'est lui qui sauvegarde les principes et qui. pour mieux dire. seul.appelant ensuite l'Etat pour donner une sanction aux règlements. a la forcematérielle suffisante pour les faire respecter mais c'est le groupement social ou.DB SOCIOLOGIECATHOLIQUE 43 nous en passer.

qu'il ne sait plus produire la richesse qu'en engendrant la division et la haine entre deux classes. ce mal endémiquede notre époque qui fait qu'une moitié du corps social sera bientôt uniquement occupée à gouverner l'autre moitié. il faut envenir là. dans la lutte pourl'existence. L'homme.afin de ne point voir. et à la faim aiguë peut-être demain. Au moyen âge. On se demandemême comment.avec une force singulière. Bon gré mal gré. . l'absolue nécessité.individualismepartout. mais une agglomération d'atomes qui menacent de se désagréger à chaque instant. individualisme dans le régime économique. fondée sur un principe aussi contraire à la nature des choses. dont l'une jouit tandis que l'autre souffre. Il est vrai qu'elle est à bout de voie et il n'y a pour le nier que les aveugles ou ceux qui ferment les yeux. notre sociétécontemporainea pu subsister si longtemps. en l'aggravant. condamnéeaujourd'hui à la faim lente. la société ne formant plus un corps. de reconnaltre que le monden'est plus orienté vers l'amour. si on ne veut succomber sous les maux engendréspar l'individualismeou devenir la proie du régime bureaucratique et perpétuer.44 PREMIERS PRINCIPES vin L'AsSOCIATION. Il est pourtant bien facile de constater le mal. la situation était bien différente. L'individualismedans lequel nous vivons est peutêtre le plus dissolvant de tous les principes antichrétiens et antisociaux qui creusent les abimes où semble devoir se perdre la pauvre humanité individualisme dans le régimepolitique.ne peut compter que sur son Mo<. C'est donc en définitivedans l'association que nous trouvons le véritable remède aussi l'Encyclique De conditione opificum en représente-t-elle.

nous pouvonsdire que l'idée libéraliste. beaucoups'imaginent que la condition des hommes était abominable. en tout ce qui concerne le l'élément formel d'un ordre de travail. s'habiller. Le mal vient surtout de ce que les conditionsnouvellesdel'industrieont coïncideau commencementde ce siècleavec le triomphe de l'idée ubéraliste et la désorganisationdu travail. il y avait des désordres.lorsque la productionétait réglée selon les besoins. dans ces temps. que les paysans étaient de vrais sauvages et que le portrait fantaisiste et ridiculementodieux qu'en a tracé La Bruyère représente la vérité. s'installer dans sa maison. La doctrinede Turgot. depuis les savants travaux qui ont été faits sur cette époque le peupletravaillant a pu alors se nourrir. ont été comme .Lorsque chaque métier était protégécontre la concurrence. la législation libéraliste. qu'il ne le peutaujourd'hui. pour employerles termes et le langage de l'Ecole. les mœurs libéralistes. Ona prétendu que le péril social avait pour cause la révolutioncausée dans le monde économiquepar le développement du machinisme cette affirmation ainsi présentéene nous para!t pas exacte. Sans doute. à cette époque. c'est chosedésormais acquise. le mondedu travail était organisé.DE SOCtOLOS!ECATHOLIQUE 45 Sur la foi de je nesais plus quelles histoires écrites commeon écrit les romans. C'est que. Et. Ils croient.ont produitun milieu éminemment favorable au développement de l'arbre dont nous cueillons aujourd'hui les fruits. à la ville et à la campagne. plus commodément et plus richement. se chauner.le système de crédit financier résultat naturel de l'individualisme. et lesalaire fixé de façon à assurer la vie de l'ouvrier. C'est une erreur profonde. la suppression des corporations qui en a été la conséquence. entre autres choses. des guerres publiques et privées sans doute. la misère était certes moins grande qu'aujourd'hui. certaines parties de l'industrieétaient en retard et l'agriculture avait un outillage imparfait mais.

le peuple travaillant est mal nourri. aujourd'hui. la loi de l'offre et de la demande le salaire. la doctrine qui fait du travail une marchandise jetée sur le marché. la Province.les admirables institutions du passé la Famille. héles effroyablesseraconter les las 1 seront-ils de obligés de raconter cousses et les douloureuses épreuves d'une société voulant s'arracher aux étreintes d'un Etat. les malades .qui a étouffetoute initiative individuelle. comme une marée irrésistible. les Associations. toute vie localeet qui. incapable de nourrir femmeet enfants et toujours angoissé par une perpétuelle incertitude du lendemain. ils constateront qu'il a fallu de longues années pour que ce cri fût écouté et que le seul bruit des flots du Sociaiisme qui montait en grondant. Et voilà comment.nouveauqui.a pu réveillerles endormis. l'élément Ainsinous sommes arrivés à la situation actuelle.46 -L. en un mot le libéralismemanchestérienet le capitalismejuif qui nous oppriment. a laissé dépérir. la jeunesse dans ses casernes. Ils entendront l'écho de quelques voix isolées qui ont poussé le cri d'alarme mais. presquejusqu'à la mort. rameaux jadis superbes l'arbre social. l'enfant dans ses écoles. non content de prendre.j'imagine qu'ils éprouveront de profondsétonnements et qu'ils seront obligés de se demandercomment une société a pu vivre et se une développerdans de pareilles conditions. PREMIERS PRINCIPES 1~ le ~X~T~t~vt~ ~11 f~tiatit) machinismeconstituait du t~Q~~m!am~ chosesdont développement matériel. consLorsque les historiens de l'avenir étudieront la titution socialede notre époque.ont amené ce résultat que. l'anarchie dans la production. mal habillé.Ils verront puissance formidable qu'on appelle l'Etat. en même temps. Peut-être. commel'ancien. par une centralisation insensée. la concurrence sans restriction. servie ou plutôt commandéepar une bureaucratie qui peut tout se permettre. l'inorganisation comdans plète. la de Commune. mal logé.

sous prétexte de socialisation. prétendra. . le pain et les plaisirs.obliger un peupledevenu esclaveà recevoir de sa main. panem et circenses. en échange de l'honneur et de la liberté. les produitsdu travail et de l'épargne nationale dans ses coffres et ses budgets.DE SOC!OLOG!ECATHOLIQUE 47 dans ses hôpitaux.

~8

PREMIERS PRINCIPES

IX
LA RÉVOLUTION SOCIALE.

C'est, en effet, à l'avènement du monstrequ'aboutira
fatalement la désorganisation socialedans laquelle nous
sommes plongés.
Voilà longtempsque l'oeuvrese prépare. Le droit rationaliste et paienqui fleurit dans toute sa splendeur,
la centralisation à outrance, la morale de l'intérêt devenue un principe, l'indépendance absolue de la propriété érigée en axiome, le tout aboutissant au monstrueux système du « /<M'88e~a:re ~a:s8M-passer »,
agissent avec une puissance incomparable pour miner
les basesde la société.Un reste des mœurs chrétiennes
d'autrefois lutte encore et retarde l'apparition des dernièreset désastreuses conséquencesde cet état de perversion sociale, mais cela même ne sera bientôt plus
qu'un souvenir. A l'heure où nous sommes, la résistance ne trouve plus de force où s'appuyer, et déjà on
peut suivre aisément, à travers l'histoire du siècle, les
effetsproduits par cet individualismedissolvant.
Le Droit nouveau, institué en dehors de la pensée
chrétienne, a l'intérêt pour principe et l'intérêt pour
unique régulateur; chacun ayant liberté pleine et entière de poursuivre son avantage, pourvu qu'il respecte
les droitsdu voisin. Je sais bien que certains hommes
s'extasient devant cette conceptionsocialequi, paraït~il,
donné l'élan aux initiatives et doit forcément produire
de merveilleuxrésultats. Hélas nous les connaissons,
les résultats. Ils oublient, ces économistesà vue courte,
que le summumjus entratne avec soi le summa M/MrM; ils oublient que l'intérêt général devient, dans
leur système, une quantité absolument négligeable,
chacun s'efforçant de réaliser les plus grands bénéfices,
sans prendre aucun souci du prochain. La propriétén'a

DE SOCIOLOGIE CATHOUQUE

49

son sens
plus la notion de ses devoirs devenue, dans
littéral, le jus utendi et abutendi, elle méconnaîtsa
fonctionsocialeet ne se définit plus que par ses droits.
Quant au travail, ce n'est plus un honneur, comme à
l'époque du Paradis, ni même cette punition infligée
d'un cœur de père par le Créateur, après le péché c'est
un chàtiment âpre et cruel, qui, sauf de très rares exceptions, ne laisse entrevoir aucun adoucissement aux
condamnés. Toujours vaincu par l'or, la seule puissance du jour, le travail ne peut pas même revendiquer le droit d'être un des moyens directs, naturels et
légitimes d'acquérir la propriété.
En bas de l'échelle sociale, nous avons des ouvriers
industrielsou agricolesqui tombent les uns après les
autres dans le prolétariat. N'ayant à peu près rien
gagné au progrès économique, car s'ils ont plus de
salaires, ils ont aussi plus de besoins, ils constatent
qu'il n'y a aucune proportionentre les avantages qu'ils
retirent de ce progrès et les avantages qu'en retire la
classe possédante. Isolés dans la vie, comme des enfants perdus jetés sur le trottoir, ne pouvant, dans
l'ordre économique,compter que sur eux-mêmes travaillant un jour au delà de leurs forces, livrés le lendemain au chômageimprévu ayant sous les yeux le
spectacled'un luxeinsolentet démoralisateur; victimes
de la concurrenceet de toutes les désastreusesconséquencesde la loide l'offre et de la demande ils sentent
fermenterla haine dans leurs cœurs aigris et sont tout
prêts à déchaîner le fléau des révolutions.
Il y a des rapports étranges entre le mouvement socialistede notre époqueet ce terrible mouvementhussite
qui, au xv" siècle, ayant pris son origine en Bohêmeet
s'étant propagé rapidement, mit une partie de l'Allemagneà feu et à sang. Alors, comme aujourd'hui, le
petit peuple écrasé, pressuré, exploité sans trêve ni
merci, tandis que la classe supérieure jouissait sans
pudeuret s'abimait dans le luxe et là corruption, senjHttiUt.
tait que la coupe decolère allait déborderterriblement.
1

50

PREMIERS PRINCIPES

Et, quand il vit se lever dans son sein ou venir vers
lui, des hommes capables de donner une expression a
ses colèreslatentes et une organisation à sa forcenon
encore soupçonnée,il se leva, poussa son cri de guerre,
et voulut couper toutes les têtes trop hautes, au nom
de 1'egante.
Les modernessocialistess'appuient encoresur )emôme principe. Ils n'ont pas, comme jadis, l'idée religieuse
pour levier les sentiments sont moins nobles et l'idéal
moins élevé mais la passion de l'égalité se présente
avecla mêmeintensité, et la souffrancecausée par les
dénis de justice soulèveles mêmes colères qu'autrefois.
L'antagonisme des catégories sociales est la caractéristiquespécialedu malaisedont nous souffrons.Cet
antagonisme s'accentuede jour en jour, mais aveccette
circonstance terriblement aggravante qu'il ne s'agit
plus, comme autrefois, d'un fait local et intermittent,
mais d'une lutte internationale et permanente dont la
seule préparation constitue un effrayant danger pour
l'avenir.
Ajoutez à cela que, partout, les issues sont fermées.
Le prolétaire ne peut plus s'élever jusqu'à cette condition moyennequi autrefois étaitle premieréchelondans
la montéesociale.Car, de plus en plus, ce qu'on appelait jadis la classe moyenne tend à disparaître et, bientôt, sera disparue entièrement, laissant tomberune partie de ses fils dans le prolétariat, et n'ayant pour l'autre
qu'une ambition fournir des employéset des fonctionnaires aux
et à l'Etat.
grandes Compagnies
Quant à Paristoçratie,Ilné peut plus enêtre ques"s'n:
elle s'est suicidée elle-même. Aujourd'hui, avec une
bonnegrâce parfaite, elle cèdela placeau dieu Million,
à la suprêmetoute-puissance de Sa Majesté l'Argent.
Et, fatalement, il devait en être ainsi, parce que l'individuatisme méconnaissaittoutes les lois de la résistance sociale.Jt est impossiblede briser le câble qui retient le navire, ma~scombienfacile de rompre successivementles fils de chanvre dont il est composé
Ainsila société .sans cohésion entre ses membres,

Parmi ces passants.DE SOCtOLOGIECATHQUQUE 51 est devenuecommeune sorte d'hôtel-tcrminus où chacun a essayé d'avoir la meilleurechambre. n'ayant aucun souci de ses voisins plus ou moins anonymes. ne songeant qu'à soi. et la terrible question de l'existencerevient aussitôt. mauvais ou bons. jusqu'à l'heure de se lever et de partir. les mauvais. dans les lointains de l'avenir. mais ce n'est que le secours d'un moment. Si on dit à l'un d'eux Qu'as-tu fait de ton frère? H répond Suis-jedoncle gardien de mon frère Y Telle fut jadis la défensede Caïn. enfin. s'entre-tuant sous un ciel livide. et mangeant à pleine bouche. et peut-être serre les poingset grince les dents tandis que le penseur attristé qui s'arrête devant ce douloureux spectacle entrevoit. la sombrevision de Byron le monde réduità une poignéed'hommes ramenés à la barbarie des temps préhistoriques. autour de la table d'hôte égalitaire et banale.autour d'un foyer mort. de prendre au banquet la place la plus commode pour manger les morceaux les plus succulents. ne daignent même pas retourner la tête et.tandis que le frère malheureux pleure des larmes de misère. . Et ils la renouvellent superbement. les meilleurs donnent une aumôneou jettent un os à celui qui n'a pas le nécessaire. ils ne se croient responsables de rien. au détriment du prochain. Les autres.

n'est pas une agglomération quelconque. l'association nous sauvera. travaillant au profitde ses membres et au profit de tous. opposant une barrière infranchissable à l'oppar la perpression. et qui seule peut . arrivât à former un organisme vivant. abominable lutte pour la vie ramenant la paix dans l'atelier et dans l'usine. au moyendes conseils permanents. une collectivité solide. restituant aux provinces leur liberté. des arbitres préalablement désignés et constituant le tribunal corporatif.52 PRINCIPES PREMIERS x LACORPORA TtON. et leur autonomie aux corps professionnels. sauvegardant ainsi la didomestique. que chaque profession. formant la base d'un système représentatif opposé au parlementarisme. pourvoyant àl'avenir du travailleurpar les institutionsd'assurances. garantissant le consommateurpar un contrôle régulier sur la façon du travail et la fourniture de la matière servant enfinde base pour arriver à la représentation des intérêts qui nous débarrassera.sionnelle. sans toutefois les confondre. L'individualismenous a tués. aux communes leurs franchises. Il faudrait. pour cela. L'associationdont nous parlons.ressuscitant le régime corporatif étendu aux diversesconditionssociales. ramenant l'ordre nécessairedans le corps socialdésorganise. garantissant l'avenir du travailleur manence des engagements. réunissant ses éléments divers. à l'avenir de l'industrie par l'instruction professionnelle./or life que nous connaissons. Il s'agit de l'association profes. gnité de sa vie et l'existencede son foyercette concuropposant d'infranchissables barrières à rence déloyale qui autorise le s<rM~e .

Ceappelons n est pas le lieu ici de montrer dans le détail le fonctionnementdu système corporatif. celle du Pape Léon XIII. Dangerpour la famillenaturelle qui se divise. ~n. écrivant dans l'Encyclique Rerum MooarMMque la première place dans l'oeuvrede la réforme sociale« appar- . de cette bande de politiciens famélileur choseet se ont fait de la France qui préques qui cipitentsur elle comme une meute à la curée. approprié aux exigences de l'ordre nouveau car il ne saurait être question de copier servilement les institutions d'autrefois qui ne s'accommodertient en aucune façonavec les idéeset les mœurs d'aujourd'hui. s'étale au grand jour danger pour la sociétécivile dont la famille est un fondementindispensableet où des abus d'autorité que rien ne comprimeprovoquentdes haines terribleset de redoutablesexplosions.pour le respect et la protectiondes intérêts communs. ce qui est déjà commencé. société du patron et de l'ouvrier assemblés par les nécessitésde 1exploitation et unis. devant nous c'est l'association syndicaleautorisée par la loi. sans vergogne. et qui constituent un danger permanent. nous croyons qu'on cherchera vainement un autre moyen de remédier aux désordres que causent nécessairement les immenses agglomérationsouvrières qui tendent à se multiplierde jour en jour. par la pratique de devoirs réciproques.tandis que te vice.DE SOCIOLOGIECATHOLIQUE 53 1 1~1a_ _~1:=. où l'éducation des enfants par les parents devient à peu près impossible. et aboutissant enfin à la Chambrerégionaleque nous de tous nos vœux. L'instrument de cette reconstitution est là. C'est le régime corporatif. Pour le moment. Léon Harmell'a fait bien mieux que nous ne saurions le faire. il nous suffira d'en indiquer l'idéeet d'apporter à l'appui de notre thèse la plus haute autorité du monde. se continuant en union syndicale. dans son Manuel d'une corporation et dans le Catéchisme du patron.A1:nous débarrasser. Le régimecorporatif reconstituera la grande famille ouvrière. Or.

Respecter ses principes. rapidement exposée. à ellesseules. dans la mesure où nous le permettentles infirmitésde la pauvre nature humaine. mais la sociétécivile ne se confondpas avec la sociétéreligieuse. dans la liberté. . l'orientation générale de la sociologie catholique. employerses moyensne serait certes pas mettre le paradis sur terre et nous ramener aux jours de l'Eden mais nous avons la conviction profonde que la société ne fera rien en dehors de cette voix et qu'il faut la suivre pour arriver à rétablir. la justice et la vérité. au unipoint de vue pratique du moins. Si le mouvement se limitait à ces associations. embrassent à peu près toutes les œuvres)). ellesseraient bientôt retombéesdans leur isolementet rejetées en dehors du corps social pour le dire en un mot. le soufflede la morale chrétienne doit passer à travers nos institutions et les vivifier. le règne de Dieu. il ne s'agit pas ici d'un « parti catholique » à fonder.Les associations religieusesont leur place dans notre programme.54 PREMIERS PRINCIPES tient aux corporations ouvrières qui. nous nous plaçons leterrain et non sur sur le terrain économique quement religieux. Sans doute. Nous tenons cependant à faire remarquer qu'ici.sous peine d'échecabsolu mais il ne faut pas oublier que nous avons à vaincre des difficultésénormes et que nous compliquerionsterriblement la situation en nous plaçantde primeabord sur le terrain confessionnel. Telle est.

. général etde longuedurée. mais tel qu'il puisse s'accommoder aux difficultésde l'heure présenteet servir de point de départ à nos efforts. que l'on reconnaisseson droit de manifester. de la Patrie. non pas tel que nous le concevons. c'est-à-direles règles et les institutionsdont nous avons besoin. en l'aidant d'abord à sortir des sacristies où le siècle prétendait l'avoir confinée.dans une société définitivementorganisée. il faut que nous cherchions les moyens de rétablir cet ordre social./K. En tête de ce programme. les remèdes pratiques. Nous demandons que la Religion ait la liberté de vivre dans les conditionsde son existence normale et. nous sommes encore trop loin de cet idéal. D'après ces principeset ces traditions. Puis.DE SOCIOLOGIE CATHOLIQUE 55 XI LE PROGRAMME. du Travail et de la Propriété. commele socialismeest l'expression d'un malaise réel. I. nous plaçons le respect de la Religion. en y ajoutant plusieurs questions qui n'avaient pas pu trouver place dans le discoursdu grand orateur. de la Famille.~<ee sociale. et nous avons essayé de le développerdans notre journal ~<t. Il est de notre devoirabsolu d'aider l'Eglise dans son œuvre de régénération. Principes. produit par une série prolongéede violationsde l'ordre social. nous avons essayé de formuler un programme. Le comtede Mun en a posé les bases dans son beau discours de Saint-Etiennequi reçut du SouverainPontife une si haute approbation. et que nous demandionsaux principes éternels du Christianisme et aux traditions historiques de la civilisation chrétienne. par suite.

Pour cela. hors de laquelle la loi morale n'a point de sanction. mais que nous regardons. nous reclamons. faveur que nous demandons également pour une partie du salaire à déterminer. Nous demandonsle respect de l'idée de Patrie. avec possibilité pour le travailleur de devenir propriétaire d'une propriété incessibleet insaisissable. d'acquérir. que nous ne confondonspas avec l'étroit chauvinisme. que les Conseils municipaux ou mieux la réunion des pères de famille eussent.comme formant une des bases nécessaires de l'ordre social. Nous demandons la suppression de la loidu divorce qui rompt les liens de la famille. dans l'intérêt des mœurs et de ta santé publique. une égale répartition des subsides entre toutes les écoles françaises. une vie moralequi doit être sauvegardée. Les . le choix de l'instituteur à donner aux enfants. elle a aussi sa vie morale. une protectionefficacepour la jeune fille.par la répression plus rigoureusede la séduction. nous réclamons. commeMndroit imprescriptible. à l'heure actuelle.Pour que cette famille puisse vivre et se développer.Nous demandons que l'enseignementsoit libreà tous les degrés et nous voudrions que l'Université actuelle fùt soustraite progressivementà la direction officiellede l'Etat. au prorata du nombre de leurs élèves. Nous demandonsque l'enseignement soit moral. L'enseignement forme l'âme de la famille et l'âme de ta patrie. avec une législation largementconçue sur la recherchede la paternité. des lois pénales très sévères pour arrêter le débordementdes publicationsobscènes. de favoriserla constructiondes habitations ouvrières. Et.nous soutenonsles réformes qui ont pour but de retenir la mère à son foyer. en attendant ces réformesqui peuvent être lentes à venir.56 PREMIERS PRINCIPES de posséder. de se recruter et de former ses diversesassociations. tout en respectant lés situations légitimementacquises. c'est-à-dire fondé sur l'idée religieuse. Si la famillea sa vie matérielle. dans chaque commune. une réglementationsérieuse des cabarets et des heux de plaisir.

il est important de régler le minimum du salaire. Le meilleur moyen. Quant à la propriété. que l'ouvrier laborieux. qu'elle est conformeau droit naturel nous ajoutons comme nous l'avons expliqué plus haut. composé en nombre égal d'ouvriers et de patrons. et en cela nous suivons toujours les enseignements de l'Encyclique. afin qu'il puisse remplir ses devoirs envers Dieu. II. L'ouvrier n'est pas une machine à travail qui doit marcher sans trêve. aussi bien pour les fillesque pour les garçons. Avec le maximum des heures du travail.DE SOCIOLOGIECATHOLIQUE 57 programmesde l'enseignementprimaire tendentde plus en plus à devenirencyclopédiques nous en demandons la revision. . nous voudrionsque cette clause du maximumentrât dans tous les cahiers des charges detoutes les adjudicationspubliques. mais encore pour les collectivités. Nous demandons la même suppression pour les hommes. au moins indiqué par Léon XIII. qu'elle a des fonctions socialesà remplir et qu'elle est un droit non seulement pour les individus. Régime du travail. dans l'industrie. vivre de la vie de famille et se récréer honnêtement il faut supprimer le travail de nuit et protéger tout spécialementle travail de jour des femmeset des enfants.avecla fixation d'un maximum des heures de travail. dans le sens de l'enseignement professionnel. sobre et honnête doit pouvoirsuffireà ses besoins. nous parait être l'élaboration des tarifs par le conseil syndical de l'associationprofessionnelle. De là découle la nécessité de protéger le travail de l'hommecontrel'avilissementdu prix de la main-d'œuvre causé par l'emploi abusif. Dès maintenant. des femmes et des enfants. nous professons d'après la doctrine de la théologieet de l'Encyclique.à ceux de sa famille. dans la plus large mesure possible. d'après ce principe. Il faut lui assurer le repos du dimanche.

sous un contrôleà déterminer.par le développementmatériel. . et la fondation de conseils d'usine ou comités permanents d'arbitrages. C'est un moyen. lorsqu'il s'agira des intérêts de la corporation nous réclamons. élues par les intéressés et obligatoirementconsultées. l'établissement des syndicats mixtes ne nous semble pas pouvoirse généraliser.et la libre disposition de leurs capitaux. d'arriver à la propriété des instruments ou del'instrument de travail. La sécurité de la familleexige la sécurité morale et matérielle de l'atelier. pour le travailleur. quoiqu'ellene soitpas facile à réaliser pour l'heure présente. Les associationsdoiventpouvoir sefonderlibrement. maritime et industriel. On les remplacerait utilement par des syndicats ouvriers et des syndicats patronaux dont les délégués.58 PREMIERSPRINCIPES A la question du salaire se rattache la participationaux bénéfices. nous demandons l'interventionde l'élémentouvrier dans les commissionsde surveillanceforméesou à former. nous préférons dire à la prospérité de l'industrie. nous sommes partisans de la fédération locale.des chambres régionales du travail agricole. intellectuel et moral du travailleur. se réunissant dans des chambres syndicales. Nous sommesles dévouéspartisans de cette réforme et. outre les chambres de commerce. posséder la plénitude de la personnalitécivile. nationale et même internationale des syndicats nous demandons.A ce double point de vue. Enfin. composésde déléguéspatrons et ouvriers. Les institutions de crédit ouvrier et agricole deviennent de plus en plus nécessaires. Dans les conditionsactuelles de défianceet d'antagonisme.pour acheversur ce point. nous sommesconvaincus que l'avenir l'imposera. le droit à la propriété même immobilière.s'occuperaientdetout ce qui peut faire aboutir les revendicationslégitimesdu travail et de l'industrie et favoriser l'ascension normale de la classe ouvrière. ce qui nous sembledevoir être une des solutions maîtresses des difficultésprésentes et de l'organisationfuture.

collections. nn les Pnic fois nn qu'on enfin. l'Administration. terricapitaux de luxe improductif (parcsune taxe plus forte toire de chasse. En ce qui concerne les questions de prévoyance.a" 1. une législation réformatrice III.etc. La France périt écrasée sous les charges fiscales. ce n'est pas davantage d'institutions du passé qui ont fait leur temps et que rien ne pourra rétablir. ne consiste à élaborerdes règlements pour faciliter l'exerciced'une la résurrection profession. sauf des cas exceptionnelsà déterminer. toutes aura reconnul'insuffisance de l'initiative privée. et le nous ravit la parlementarisme. revenu et les grands d'agrément. la Législation. les douanes et les tarifs de transport un dégrèvementpour les objets de des frais de transpremière nécessité. le capitalisme.et que nous mettons l'assurance contre les accidents à la charge de l'industrie.) sur les valeurs mobilières.DE SOCIOLOGIECATHOLIQUE 5~ 1 1 Ill~s. c'est travaillerà constituerdes corps sociaux autonomes. un point d'appui contre de fournir et capables propre. la suppression au moins dans la mission par Héritageen ligne directe. La réorganisation de la société pas telle que nous la comprenons. . les impôts. Ce que nous voulons. disons rapidement que nous sommes partisans de 1 assurance obligatoire. régime politique qui liberté.régime économique qui nous tue. Les Impôts.approayant leur vie priés aux nécessités de l'heure présente. Nousvenons-d'écrire le mot corporation c'est là notre grand objectif. des octrois qui pèsent petite propriété la suppressionla sur le lourdement suppression du prinpauvre plus et la revision foncier cadastrale une de cipal l'impôt des droits comrépartition plus équitabledes charges la fronpensateurs sur toutes les marchandises passant tière l'impôt progressif sur le. l'intervention de l'Etat. Nous demandonsd'abord l'égalité de l'agriculture et de l'industrie devant la loi. en effet.

..60 PREMIERS PRINCIPES de la Bourse. pour lui rendreson caractère purement judiciaire. la représentationdes intérêts et le rétablissement des assembléesprovinciales tout en conservant l'unité et la force du pouvoir central. il en est dont on peut discuter l'urgence ou FefHcacité. réforme du code de procédure civile. Parmi les réformes que nous proposonset qui nous semblentnéèessaires à la reconstitution normale de la société. Au point de vue de l'organisation politique. nous pourrons le reprendre plus tard. Il nous suffit ici d'avoir indiqué les grandes lignes de la transformation sociale que nous poursuivonset à laquelle nous ne cessons de travailler. des lois pénalestrès sévèrescontre l'agiode tage la suppression des emplois et des pensions complaisance. nous réclamons le référendum. mais on doit reconnaître que l'ensemblerépond aux principesque nous avons exposés.l'amortissement régulier de la dette devenu obligatoire un articlede la Constitution interdisant les emprunts déguisés ou qui n'auraient pas une cause absolument en dehors du cours ordinairede la vie de l'Etat. Notre législation a besoin de nombreuses réformes nous nous contentons d'en indiquer quelques-unes restitutionaux compagniesjudiciaires du droit de présentationpour lerecrutementde leurs membres. afin de proportionner les frais à l'importance des affaires revision des lois et règlements qui concernent la formation de la liste des jurés. Ce programme est évidemmentincomplet. nous croyonsà la nécessitéd'une large décentralisation.

Le mal a été plus lent qu'on ne se l'imagine ce n'est que d'hier qu'il a atteint les grandes masses urbaines et rurales. on écoute. Verr<E~!s le résultat de leurs efforts? Nul ne peut le dire ornaisnous avons la conviction que ces eftbrts ne seront pas perdus. avec l'aide de Dieu.DE SOC!OLOG!ECATHOLIQUE 61 r_ CONCLUSION.tassés.On attend. et nous voyonsdéjà les nuages sombres. Il y a dans le sol une germination nouvelle. Mais.la douce et bénie influencede l'Eglise se fait déjà sentir.qui ferment l'horizon mais nous savons que derrière resplendit le grand soleil et ici le grand soleil c'est l'Eglise de Dieu. horribles. dans ses mains tendues vers le monde. Mêmeà travers la nue profonde. Dieuveuillebénir la tâche de ceux qui travaillent au rétablissementdes principeschrétiens dans l'ordre économiqueet social. au printemps. et là seulement. La semencejetée dans les sillons est peude chose ettoutefoisc'est la semencequi donne les moissons. mais qui a contre lui les penchants mauvais de la nature. qui a vu la banqueroute de tant d'idées que le plus grand nombre admettait naguère comme des certitudes. l'image mystique du pale Crucifié. Laudetur Jesus CAr/s~MS 1 . En cette fin de siècle. on sent bien que là.secret de l'avenir. il le regagnera. tient. mettra aussi longtemps pour regagner le terrain qu'il a perdu. Peut-être faudra-t-il pour cela traverser quelquetempête. travaille la terre pour la déchirer et pousser des tiges d'épis au dehors. debout. comme ce mystérieux mouvementdu blé qui. Le bien qui a pour lui la force invincible de la vérité. Il faut nous attendre à ce que le labeur soit rude et prolongé. les regards se tournent vers la sainte montagne où le grand vieillard blanc. se trouve le.

1 Impr. 52 XI. 40. 2. LE SOCtAUSME. 48 X. ParM-Auteui).<T% f~ ~L' 1. des Orphelins-Apprentis. Les twptMs 39 55 gl. 18 IV. Fontaine. LE SALAIRE FAMiUAL. 44 IX. LA CORPORATION. VIII. 30 VI. L~IDÉE DE JUSTICE. OBJECTIONSET RÉPONSES. D. L'INTERVENTION DE L'ETAT. AVANT-PROPOS.f~ctpes. rue La Fontaine. L'ASSOCIATION. 55 · 36 · § ~<~MHe du 3. III. LA RÉVOLUTION SOCIALE. LE RÉGtME DE LA PROPRtÈTË. tl. . 1) I. 14 57 <<tMM/ la /<~ts/a<tcw fa~/Mtfus~ct- 59 M CONCLUSION. LE PROGRAMME. 23 V. LE RÉGIME DU TRAVAIL. VII.TABLE DESMATIÈRES 3 LETTRE DE L'ABBÉ LEMIRS.