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Ce jour-la, en attaquant Londres de jour, la Luftwaffe subit un revers si sérieux qu'elle abandonna la bataille d‘Angleterre. Les acteurs de cette journée capitale, Al nent. Ne 2 aa id nr, a, ep a aac DOCAVIA ire nage “Fillemagne SP oy 5 pu Z ‘Attaque frontale. Composition de Lucio Perinotto. ‘Toures mores DR, enue aesnon comm. laviat = chy, epyeuble SRS ae fe Sr SREY ACB ecpex ial nan atsnsedhinsiarwere ae: 014103813 nsoe ionic coun REDACTION, sam araoaae gdactutn ene Mefiel Bérchow lcci: tel aot dave: Mel ius ars eeoael ae. feorophts cou Segoe a eee. a ry nee oa es one, ses neuer “gE Eh ee en TEAS iesietialte PETITES ANNONCES CLASSES . ate Behont Tél 20141403492 Fan! 0141 4035 12 ‘ABONNEMENTS Tél, : 0147565400 Pail azspeah smal: abo@edivons-arviere fe Email: ype@editionsarviee ft “ARIES ABONNEMENT 1 AN range ata gb ue gi Sisa "ane pi oi 7855€ {fone de avadon et ane pubis Ea CINE es ra aol Uc “Suis Lammas pede 80 ‘de Taintedonmunattace Fns9572071 885 Cop TY S815 Par deans 572.071 HY CEDEX, Sasa Cs Tee DENISE Bac O18 A005. SOIMMAIRE HORS-SERIE N° 240% Objectif Londres Par Alfred Price. Traduit de l'anglais par Patrick Facon. Titre original: The Battle of Britain Day. Editions Greenhil Books. Prologue: 4000 m au dessus de Brixton. 8 La carte du site Les ordres de bataille ‘De minuit 810 heures Premiéres escarmouches De 10810. 13 heures Attaque 4 midi De 13 heures 4 13845 Interméde BA ABABRS anscerécit,touteslesindications de temps sont ’heured’été bri- tannique. Celle-cise situe 60 mi- nutes apres celle de Greenwich, mais aussi de Pheure d'été alle mande,le Sommerzeit,en usage dansla Lutt- wwaffe. Les personnescitées dansle texte ont les grades, ct les positions higrarchiques qui Gtaient les leurs le 15 septembre 1940, En ce qui conceme les unités, les désignations de la Luftwaffe ont été conseryées::Jagdgesch- wader pour les groupes de chasse, Kampf- geschwader pour les groupes de bombarde- ment,etAufklrungsgruppe pourles groupes de reconnaissance. Comme elles ne tradui- sent pas exactement les mémes réalités que dans les autres forces aériennes, les appel- lations telles que Staffel, Gruppe ou Ges- chwader ont été elles aussi maintenues. Les dénominations de Bf 109 et BE L10,cor- respondant respectivement aux Messersch- mitt 109 et 110 (BI, pour Bayerische Flug- zeugwerke), reviennent dans divers ou- vragi Les documents officiels allemands, igés 4 l'épogue, utilisent aussi bien les premiers que les seconds. Ici, seule Vabré- viation Me est employée. Sans Vaide librement consentie par beau- coup de personnes, 'écriture de ce récit au- rait été impossible, Je souhaiterais remer- ier tout particuliérement Arno Abendroth. Theodor Rehm et Horst Schultz, en Alle- ‘magne, qui m’ont permis de reconstituer cette histoire du cdté de la Luftwaffe. En Grande-Bretazne méme, Alan Cooper a ac- compliun travail remarquableenconsultant Jesdocumentsofficiels du Public Record Of- fice de Kew, Entre autres choses, il est par- vyemuarassembler lacollection presque com- plete des rapports rédigés par les pilotes de Ja Royal Air Force ce jour-la. Herr Noack, conservateurau Bundesarchiy Militararchiv, de Freiburg, m’a fourni une aide trés pré- cieuse en exhumant les archives conservées 1anas a toa Lattaque de l'aprés-midi De 14023. minut Les autres actions du jour Le 15 septembre 1940 Yue d’ensemble [ZZ] Communiqués de presse Avec du recul Controverses fi Sur un événement Les pertes des belligérants, Je 15 septembre 1940 encelieu,sans parlerdu Généralde brigade Lewendon, du Royal Artillery Museum, de Woolwich, Ces historiens infatigables de la bataille d’ Angleterre que sont Andy Saun- ders et Peter Comwell ont gentiment mis & ma disposition la documentation qu’ils ont rassemblée et m’ont adressé bon nombrede remarques d'une grande pertinencesurmon manuserit, Ron McGill m’a communiqué tous les documents qu'il a amassés, Parmi tous les autres qui m’ont aidé figurent le Major John Ellingworth, John Vasco, Phil Goss, LG. Smith, Michael Payne, Dilip Sar- kar, Max Probst et Colin Brown, Comme toujours,le Wing Commander Norman Han- cock, de la Battle of Britain Pilot's Associa- tion, m’a apporté un concours précieux. Le ‘Wing Commander T.Neilm’a accordélaper- mission de citer sa magnifique autobiogra- phie Gun Button t0 Fire. Le Meteorogical Office de Bracknell m’a four des précisions sur les conditions mé- téorologiques de cette période de 24 heures. LeNational RailwaysMuseum d’York amis, ma disposition les clichés des dommages infligés au réseau ferré. Bon nombre de bi- bliotheques publiques détiennent les ar- chives dela défensecivile pendant la guerre chacune dans son secteur respe j’adresse ma reconnaissance pour son aide aupersonneldesarchivesdela ville de West- minster, de la Battersea District Librairy,la Central Librairy de Tower Hamlets, la Re- ference Librairy de Stratford, la Southwark Librairy de Borough le service des archives du Kent, la Central Librairy de Bromley et Ja Guildhall Librairy de la ville de Londres. Enconclusion, etplusque tout, je souhaite adresser mes remerciements les plus cha- Jeureuxaux témoins quim’ontpermis d’en- registrer leurs histoires. Les recherches engagées pource hors-série reposent prin- cipalement sur les témoignages cités dans les pages qui suivent Alired Price 3h 4000 m au-dessus 4900 m au-dessus de la commune de Brix- ton, prés de Londres, 1209. Gaz & fond, en montée rapide,le Fight Lieutenant Peter Brothers,du Squa: dron 257, placa son “Hurricane” en position de tir dans Ja queue d'un Dornier a Varriere de la formation allemand. Les quatre autres pilotes de sa section, échelonnés a droite, le suivaient, Agé de 22ans,originaire du Kent, Brothers avait déja huit victoires & son crédit, Aprés s’étre employe a ali- gner le réticule de son viseur sur le bombardier qu'il avait choisi pour cible et mis sesailes Vhorizontale. il appuya sur la détente d'un coup sec. Emettant le craquement du calicot quisse déchire, les mitrailleuses crachérent des balles perfo- antes, incendiaires et tragantes,a la cadence de 18 par secon de, Huit doigts de feu convergerent vers le bombardier. Brothersn’était pas le seul a tirer. Les mitrailleursallemands ayant réagi, des langues lumineuses encadrérent le “Hurri- cane” de téte,s’entremélant aveccellesdu pilote britannique. Brothers sentit son avion encaisser des coups: “Les tirs ne provenaient pas tellement de Vappareil dont je m'occupais, ‘mais de ceux quise trouvaient a sa droite. Nayant noté aucun effet immédiat sur fe comportement de mon avion, j'ai pour- suivimon attaque.” Apres avoir laché decourtes rafales, Bro- thers vira serré et plongea afin de s’6loigner de sa victime et de permettre aux quatre “Hurricane” de la deuxiéme section attaquer @ leur tour. Puisle squadron se scinda en deux for- mations qui partirent, chacune de son c6té, & la recherche autres bombardiers. Plus d’une centaine de chasseurs bri- tanniquesse trouvaient a proximité, bourdonnant autourdes Dornier comme des guépes furieuses défendant nid La formation d’attaque allemande comprenait 24 Dornier 17 du Kampfgeschwader 76, dont un était piloté par le Feldwe- bel Wilhelm Raab. Celui-ci, un jeune homme de 25 ans ori- ginaire de Dresde, s’était battu en Pologne et en France, et il en était asa 44* mission opérationnelle Il avait survolé An. gleterre 8 15 reprises, mais n’avait encore jamais rencontré opposition aussi déterminée. Depuis qu’elle avait dépassé Ashford, environ 20 minutes plus tot, son unité avait subi des attaques répétées. A présent, Jes chasseurs ennemis chargeaient les Dornier avec une rage acerue. Raab s'appliqua a maintenir son avion en ligne droi te et Phorizontale pendant approche de Pobjectif, tandis qu’a Varrigre,al'étroit dans leurs postes.les mitrailleurs ren: daient coup sur coup 4 ’ennemi, Les Dornier laisserent par- tirleursbombes puis.leurtacheachevée, virérent surla gauche et s'éloignérent qu’ils avaient provoqué. Les intercepteurs, 4 de Brixton... poursuivirent leurs assauts sans relache, Peu de temps apres, Raab sentit'appareil tresaillr comme sl avait encaissé une rafale bien placée. “Un coup dail sur les aiguilles des comp- te-tourset, par le diable !. le moteur de gauche fonetionnat au ralenti ln’ avaitaucune fumée, aucun feu, mais Phélice tow naitsilentement que je pouvais distinguer les pales. Lentement, nous nous sommes éloignés dela formation Nousallions deve nr une proie tré facile pour les chasseurs ennemis. Leseul espoir ce Raab était de plongerdansdescumulus, un peu plus loin, en des- sous. Lal serait aPabri , desaitaques.Le pilote ¢ allemand ayant abaissé le nezdu bom- bardier, la vitesse aug- menta rapi dement,mais cela ne suffi- sail pas. Plu- sieurs chasseurs, qui s‘étaient détachés de VPessaim, fondirent sur le Dornier endomma pilotes de“Hurricane”.le Flight Lieutenant Gi Sheddon, du Squadron 242, devait déclarer plus tard: “Nous étions aprés lui comme we meute de chiens. Le Squadron Leader Brian Lane, du Squadron 19, se prépa: rait a attaquer une autre formation ennemie lorsque le Dor- nier de Raab passa pres de lui: “Inversant mon virage, je Vai suivi, ouvrant le feu sur son moteur de droit. Comme je me placais derriére le Boche, un “Hurricane” est venu derriére ‘moietatirédson tour. Tournant latét, j'ai apergu deux autres cchasseursderriére ce dernier. Bigre ! Quiavaitapercule Boche en premier? Puis jai réalisé que les autres “Hurricane” douted la poursuite du Dornier lorsque 'avaisdécidédem'oc- cuper de tui. Peut-éere, apres tout, étais-je mélé de ce qui ne me regardait pas.J’ai observé encore plus loin derriére etm ai rien vu d’autre. Non, il n'y avait que le Boche, les “Hurrica ne” et moi-méme, Prenant ma place dans la file dattente, j'ai attend mon tour pour owvrirle few. Le piloie allemand ne semblait vouloir ten: ter aucune maneuvre d’évasion, te Dornier plongeait sim plement verslesnuages. N’en pouvant plusd’attendre,j'aiviré etentamé une attaque parle cdté, visantd nouveau son moteur tribord. Cette fois, il m'a semblé avoir atteint, mais il aurait puaussibiens’agird’un des pilotesde“Hurricane” quitiraient enmémetempsque moi, Liavionennemiacommencéa piquer plus sec.” Pour Wilhelm Raab, la course vers les nu: jamais devoir finir: “Quand elles faisaient m s semblait ne che, les bales enemies produisaient une sorte de cliquetis identique @ celui de pois secs qui auraient été versés dans une cuvette. A deux reprises, avant que nous n’ayons pu atteindre le havre protec- teur des cumulus, notre bombardier, déja bien mal en point, a 6 towché. Puis nous avons gonité un moment de repos; nous nous en étions sortis. | Une fois dans le cocon blane, Raab comprit que son équi page et lui-méme n’étaient pas tirés d'affaire, mais qu’ils bénéticiaient d'un sursis, Le mitralleur supérieur, tué lors de la derniére attaque, était alfaissé sur son sidge. Les com- mandes de pas des helices s’étaient coineées: le pilote ne pouvait mettre en drapeau celle du moteur de gauche, qui ne fonetionnait plus, pour réduire la trainée. Au lieu de cela, hélice moulinait dansle vent relatif,ce quiralentissait consi- ablement Pappareil. Le moteur tribord n’avait pas ét endommagé, maisson hélice étant régiée sur le mauvais pas, i fournissait une puissance réduite. Raab s‘intéressa aux volets, mais n’obtint rien. La faiblesse du seul moteur qui lui restait lempéchait de défier les lois de la pesanteur. Meme avec un angle de volets optimum, le Dornier continuait de descendre & 30m par minute. A tout moment, le bombardier pouvait sortir des nuages. Raab et ses compagnonsse retrouveraient alorsanouveau face auxchas- seursennemis,mais.cette fois, sans défense vers V'arriére, Soudlain,leciel sedégageaet, Un Dornier 17 du Kampfgeschwader 76 va s'écraser prés d’Oxted, un moteur en feu. Cette photo saisissante a été prise au cours des combats du 18 aout 1940, au-dessus de l'Angleterre presque immé- diatement,!’appareil frémit sous les impacts. Les “Hurricane” revenaient & la charge. A présent, Peter Brothers avait rejointles chasseursqui traquaient le bombardier allemand. Il se rap- procha du Dornier pour lui porter Pestocade, mais sa vietime volait moins vite qu'il ne Pavait supposé. Brothers avait sous: estimé la vitesse de rapprochement et il dut dégager brus- quement pour éviter la collision: “'ai da donner du manche pour abaisser mon aile gauche et ne pas le oucher. Puisils'est produit un bruit sourd; mon edble d aileron avait laché.” Bas- culant sans aucun contrdle sur la gauche, le chasseur frdla Te bombardier Collé contre son blindage dorsal pour étre protégé du mieux possible des balles, Wilhelm Raab vit le “Hurricane” passer devant lui: “J'ai jeté un el sur la droite et j'ai apercu le chas- seur ennemi me doubler, trés incliné. Son aile a raté la mien- rede Sem seulement.” Raab n’eutpasle tempsde se deman- der pourquoi le “Hurricane” était passé si pres: il avait autres chats 8 fouetter. L’attaque avait endommagé les cables des ailerons et des gouvernes de profondeur, et le Dornier commengait & échapper au controle de son pilote Celui-ci ordonna aux deux membres survivants de son équi- page de se parachuter, avant de les suivre par la trappe du poste de pilotage. Tournant autour du Dornier en compagnie des autres chas- seurs britanniques, Brian Lane observait la scene, Plus tard, il devait écrire: “Réduisant les gaz, j'ai incliné mon avion afin d’avoir une meilleure vue de Vappareil aux croix noires Jai regardé son ombre, derriére, se rapprocher des arbres, des hhaies, des champs et des routes. Alors que le contact avec le sol devenait imminent, latrajectoire du bombardier semblait le conduire sur une maison. A mon plus grand soulagement, je Pai vu passer Vobstacle. Le Dornier et son ombre se sont rejoints dans un immense jaillissement de flammes quand Favion a heurté le sol et que ses réservoirs de carburant ont, explosé.” Le Dornier s'abima prés d’Underriver, au sud de Sevenoaks. Wilhelm Raab atterrit dans un taillis,a quelques centaines de metres du point impact. La coupole de soie s'accrocha au sommet d'un bouleau de haute taille, laissant le pilote allemand flotter au gré du vent. Aprés plusieurs tentatives, Raab parvint & en agripper le tronc. Il y enroula ses jambe: se laissa glisser avec de grandes précautions, puis défit les harnais: “Je n'avais encore jamais foulé le sl de l’Angleter- re,etcan’a pas été une mince affaire dy parvenir! n'y avait aucune prise, et les branches faitiéres ne powvaient supporter ‘mon poids. Liarbre était sans cesse secoué par le vent.” Len- tement, le pilote allemand descendit vers le bas, jusqu’a ce quill atteignit le sol. Peu apres, il se rendit & un civil qui le conduisit & deux membres de la Home Guard. Controlant avec peine son “Hurricane”, Peter Brothers le mit en montée afin de gagner un peu d'altitude et de se para- chuter. Mais, alors que sa vitesse déclinait, V'aviateur sentit que lavion répondait beaucoup mieux a ses sollicitations.A 250) km/h, manche a fond a droite il vit qu’il pouvait main tenir l'appareil en vol horizontal. Jetant un ceil sur [aile auche,il constata que aileron était enti¢rementrelevé vers Tehaut, Rien d’étonnant a ce que le “Hurricane” se fat mon- tré incontrOlable & grande vitesse! Brothers monta jusqu’a 1200 m et effectua une rapide vérification: “J'ai ralenti jus qu'd 120 mph (190 km/h), et7'ai découvert que je perdais alors tout controle en roulis et que Vavion s‘enfoncait. ai alors aceéléré é 140 mph (225 krn/h) etj’en ai retrouveé le contrdle. Brothers pensa qu'il controlait suffisamment la situation pour tenter un atterrissage sur laérodrome le plus proche celui de Biggin Hill. Il aceomplit une longue approche plate et jeta le chasseur récalcitrant sur la piste en herbe, & pres de 250 km/h, deux fois la vitesse d’atterrissage normale du ‘Hurricane”. Puis, par des actions sur les freinsil parvint & arréter le chasseur 8 la limite du terrain, sans le mettre en pyldne, Peter Brothers avait réussi lui aussi a rejoindre sain et saul le sol britannique. Les deux aviateurs avaient eu la chance de sortir vivants des combats de ce 15 septembre 1940, Apres la guerre, Wilhelm Raab devint professeur, enseignant aux éleves allemands la langue anglaise, qu'il avait apprise lors de sa captivité au Canada, Peter Brothers fit carriére dans la Royal Air Force et atteignit le grade d’Air Commodore avant de prendre sa retraite. Au cours des recherches menées pour ce livre, 'au- teur, ayant interrogé les deux hommes, parvint a les réunir tune seconde fois dans le cadre d’une rencontre plus amica- le. Ce fut la suite d’une histoire que chacun des deux ayia- teurs n’oublierait jamais. 7 __ PRELUDE] Londres, le samedi 14 _En attendant septembre 1940 Jonctionne beaucoup plus di m an ch e tmnt trop tard.” © OO ioideabernon Un détail des remparts britanniques: la chaine de radars. Ici, les antennes de la station de Swingate, pres de Douvres Les émetteurs étaient sur les tours de 106 m, les récepteurs sur des tours de 73 m. Ces antennes semblent fragiles. En fait, leur structure en treilis, trés = peu sensible a effet de souffle, était extrémement difficile € abattre avec des bombes, Parad amedi 14 septembre 1940. Le début de la Seconde Guerre mondialedataitd’a peineunan, Depuisquatre mois que Winston Chur- chill était devenu Premierministre, la Grande-Bretagne et ses alliés n’avaient cessé de subir des d faites. Début mai, les Allemands avaient achevé occupation de la Norvage et, dans la demni@re se- maine du mois suivant, les Pays- Bas la Belgique eta Franceavaient 6téconquises.A présentlesilesbri- tanniquessetrouvaientsouslame- nace d’une Luftwaffe au faite desa puissance, et d'une armada consti tuée de péniches et de petits bat mentsrassemblésdanslesports du nord de Europe en vue d'une in- vasion programmée, Les actions aériennes connues au- jourd’hui sous le nom de bataille ’Angleterreavaientcommencéen juillet, lorsque les bombardiers s‘Gtaient attaqués aux convois an- lais qui franchissaient le détroit du Pas-de-Calais. Cette entreprise gagna rapidement en férocité et, dans la deuxiéme semaine daotit, la Luftwatfe dirigea son offensive vers les aérodromes du Fighter ‘Command. Son intention était de conquérir la supériorité dans les airs,préalable indispensable a'in- vasion. ‘Comme dans les campagnes pr eédentes,laLuftwaife prévoyaitde soumettre les forces aériennes ad- verses en bombardant ses terrains etenabattanttousleschasseursqui tenteraient des’opposer delle. Les altaques causérent des dommages a plusieurs aérodromes du sud de Angleterre, mais les cratéres de ‘bombes furent comblés en peu de temps, et seules quelques plate formes d’envol furent rendues i utilisables pour plus de deux heures. Le Fighter Command fut soumis & rude épreuve, mais il ne fut jamais réellement menacé par ces attaques Dra rag Pay ers Debut septembre, les Allemands appliquerent une autre tactique pour subjuguer leurs ennemis:lan cer une série de grandes attaques aériennessur Londres. Lanouvelle phase de la bataille s‘ouvrit dans ‘apres-mididusamedi7septembre, el des dommages considérables fu rent causés aux docks du quartier de East End. Plus de 400 civils fu rent tués.et un millierd’autresbles- sés. Ce brusque changement d'ob- jectifprit les défensesbritanniques 8 par surprise, et de nombreux squa- drons de la RAF n’interceptérent aueunbombardier-Lorsd’une suite tions désordonnées, le Fighter Command perdit 28 appareils, 'as- saillant une quarantaine,Cettenuit- 1a,comme lorsdechacune desnuits quiallaient suivre,les bombardiers allemandsrevinrent surla capitale, causant davantage de morts et de destructions. Pendant la deuxitme attaque de joursurlaville,lelundi9,lesnuages empéchérent un bombardement précis. 27 avions allemands furent détruits, pour la perte de 19 chas- seurs britanniques. Deux jours plus tard, le 11, la Luftwaffe survola de nouveau lacité provoquant denou: veaux dommages dans le secteur desdocks Le Fighter Command fut Hugh Dowding, 58 ans, commandant en chef du Fighter Command pendant la bataille Angleterre. Ce “technocrate” mmisa sur le radar et Fintégra ala défense britannique; iljoua de ce fait un role décisif inegalé dans la bataille. Mais ilen fut aussi le mal aimeé... Marshal Keith Park. Néo-2élandais de 48 ans, ancien pilote de chasse, il commandait le 11 group de la RAF, auquel incomba le gros de la défense londonienne, en septembre 1940, Pour Hitler, important était de menacer Angleterre d’un débarquement allemand leperdant de cette bataille,avee 29 pitlire” et “Hurricane” detruits, contre 23 appareilsennemis, Le 14 Jes bombardiers allemands ten rent une autre attague sur Vagglo- mération londonienne, confrontés unenouvellefoisa des nuagesmas- quant objectif,Cejour-lalespertes furent égales, avec 12 avions abat- tus de chaque c0té. Lorsde chacun des quatre premiers raids de jour sur Londres, les controleursbritanniques,pour une raison ou une autre, n’avaient pas réussiadirigercontrelesforcesen- nemies un nombre suffisant d'in- tercepteurs Lorsdelapremitre attaque,lebom- bardement de la capitale constitua tunesurprise,leschasseursayant &16 répartis pour arréter une attaque attendue sur les aérodromes. Au cours des trois assauts suivants, les contrariérent la précision des bombardements, mais aussi observation des formations alle mandesparlesguetteuts.cequiren- ditdiffcileleguidagedessquadrons de chasse. Comme la suite des 6 nements le montrera, cette série déchees devait conduire les ser- vives de renseignement dela Lutt waffe a se tromper lourdement sur les capacités du Fighter Command A poursuivre la bataille Per Peau Les récits des bombardements fi- guraient a la une de tous les quoti- diens londoniens du dimanche 15 septembre, imprimésdans asoi- rée du 14, Dans un article du Sun- day Times, Lord Elton écrivait: “Cela devait se produire. Qui ne Va as ressenti jusqiaw plus profond desoncwur meme pendaniles mois déconcertants de la dre de guerre. Maintenantque celaestarrive,apré- sent que le premier choc psychique a été prestementabsorbé par Vesprit tenace etinébranlable de la popula tion,ileonvient que nousanalysions froidement et précisément le mons- trucuxphénonéne.S agi-ild 'unacte froidement caleulé ou d'une réac- tion de colére? Qu’il en aille d'un calcul, cela est certain. Le Premier ‘inistrenousaavertismercredi-des préparatifed invasion méthodiques sedéveloppentioutaulongdescotes, dela Norvégeaugolfede Gascogne.” Selon Elton, les Allemandsdevaient Sattendre a une grosse déception en croyant entamer la détermina tion du peuple britannique a dé. fendre son territoire: “Le chemin ‘que nous devons suivre des @ pré= sent est difficile et peut-étre long, mais il ne nous est pas inconnu It siinseritdans la tradition des Drake etdela Grande Armada, des Nelson etde la flottlle de Boulogne... Les viewx périls resurgissent, mais Bien plus menacants encore; les mémes enjewxséeulaires sont en cause, mais dune échelle plus considérable que jamais. Le meme viel ennemi nous assaille, mais sous wn autre visage Londres a bien montré que les ‘mémes vieilles qualités pouvaient permettre d’y faire face. Les journaux rapportaient aussi quelessirenesde lacapitaleavaient retenti a six reprises pendant la journée du 14. Comme c’était pré- visible, Ia guerre avait perturbé quelque peu la bonne marche des affaires & la bourse lors de la se~ maine précédente: “La bourse a donné wne louable image de sans froid sil’on tient compte des condi- tions de travail de ta semaine der- niére. Fréquemment,tesaffairesont &é interrompues par des alertes aé- riennes, mais cela n’en a pas moins laissé le temps de traiter le volume tres modéré dey ordres publics. Ceut-ciontessentiellementconsisté en ventes au nom de personnes dé- eédées ou pour des raisons pre santes liées dla guerre et, du fait ‘meme que Vintéréts'estorienté vers autres types d'investissements la demande est restée modérée, Le méme chroniqueur notait ég lement une chute du prix des actions des chemins de fer, parti culitrement celles de la Southern Railway Company, dont es instal: lations étaient objet dattaques aériennes systématiques Lesportluiaussi¢taitsérieusement affecté, et le correspondant d'un journal, commentateurdefootball, ait: "Arsenalabaitu Fulham ven Cottage par un but dzéro, AV issued une partie qui aduréprés de trois heures aprés le coup d’en- voi. Comme pour souligner les in- certitudes liées aujourd'hui a ce sport le coup de sfflet final avait & eine retenti qu une nouvelle alerie aérienne se produisait. La partie ‘avait été engagée depuis seulement T8minuteslorsquelapremiérealerte s'éait produite, amenant Pévacua- tion du terrain. Il fallut attendre 82 minutes avant que le danger ne séloigne et que le match reprenne.” Considérant importance des pé- rilsauxquelsétaientconfrontéstous lesaspects dela vienationale,lecor- respondantd'unjournal decourses hippiques analysait le probléme sousl'angle particuli@rementétroit de son sujet: “Les raids aériens ont aiteint une telle intensité que Le Generalfeld ‘marschall Albert Kesselring, 47 ans, commandait la Luftflotte 2 avec un grand sens de organisation. Le Generalfeld marschall Hugo Spertle, 55 ans (droite) ‘commandait la Luftflotte 3, & ouest de Paris. Les héroines de la bataille d'Angleterre furent les, WAAR. Ces auxiliaires féminines de la Royal Air Force eurent un role vital dans. le controle aérien ara conduireunejournéede coursesjus- quiasontermedevientquelquechose @extrémement hasardeux,et seul le temps dira s'il est possible de s’en tenirauprogramme établiMestsou- haitable que la Luftwaffe de Hitler nne provogue pas wn arrét complet de cette activité pour le reste de ta guerre. L’élevage des pur-sangs su birait un coup done il ne se remet trait jamais. ‘Au Coliseum de Londres, la pidce de théatre The White Horse Inn (LAuberge du cheval blanc) rem- portait un grand succes, malgré ses origines allemandes. Au London Pavilion passait lefilm Dr Kiladre’s StrangeCase,avec Lew AyresetLio- nel Barrymore,etauRegal Cinema, & Marble Arch, était projeté The Westerner, avec Gary Cooper. Dans son édition du 15 septembre, le Volkischer Beobachter, organe officiel du parti nazi, donnait son point de vue sur la situation dans la capitate britannique en titrant ‘La premiére semaine de Londres sans sommeil,”PuisvenaitV'article ‘Implacablement, tes attaques sur Londres continuent, Pour la sep- time fois depuis le commencement des raids allemands de représailles sur la capitate britannique, sa po- ulation dehuitmillionsdhabivants ne trouve pas fe sonvmeil. Pendant uit heureset demie, dans lait de vendredi d samedi, les Londoniens ont dé rester dans leurs abris. Dans asoirée,les bombardiersetleschas. seurs allemands ont franchi un fort barrage antiaérien britannique et laché un tir de bombes précis et groupé,Celles-ciontalluméde now veaut incendies et causé d'impor- tanty domimages aux installations militaires. Lors de ces raids des dé- gis ont été infligés d Buckingham Palace, au Palais de Westminster (siégedes chambres haute et basse du Parlement), a Downing Street, et d différents quartiers affaires, tels que Regent's Street et Bond Street, qui sont les vitrines deem pire. Des bombes sont également tombées a proximité de Piccadilly Cireusetdetacathédrate Saint Paul Le matin suivant, les Londoniens avaient a peine quitter leurs abris quilsdurentlesregagnerd nouveau 4 8h28, les sirénes retentissant en- core une fois. Les raids allemands étaient pré- sentés comme des attaques de re- présailleseffectuéesenréponse aux bombardements de la Royal Air Forcesurl’Allemagne.Selonle Vol- kischer Beobachter, les quartiers aisés de Londres continuaient de vivre comme a Paccoutumée, tan- dis que les habitants plus pauvres étaient abandonnés a leur sort “Malgré le ressentiment considé- rable d’une population doulourew- sententéprouvée aussitotquelanuit survient,uneatmosphéredeboitede ruitsinstalle dans fes abris des ho- telscle luxe. Lesorchestres jowentde la musique dansante, tandis que le champagne et le whisky coulent @ flot. Ces parties de Londres non en- core évucuées sontdevenues des en- droits oii les filles de joie s’offrent aux playboys ploutocrates qui ont évité la conscription. En attendant, les femmes et les enfants abandon- nnés se demandent dans quel abr ils trouverontde aptace dans une ville engrande partie dévoréeparlefeu.” Les Berlinois ne voyaient rien ironique dans ce que deux des plus grands théatres de leur ville jouaient des pices de Shakes- peare: Comme il vous plaira,et Le Songe d'une nuit dé. era Pala its DansV'aprés-midi du 14, Adolf Hit- lerprésida unecontérencealachan- cellerie du Reich, Berlin, afin de traiter des orientations futures de laguerre. Lesresponsables destrois forces armées y assistaient, le Ge neralfeldmarschall Milch repré- sentant le Reichsmarschall Her- ‘mann Goering, en visite d’inspec- tion des unités basées en France Aprésun examen dela situation mi litaire générale, le Fuhrer amena la discussion sur le projet di de l’Angleterre, l'opér: Seeldwe. Ilprécisa que les attaques jennes de la Grande-Bretagne avaientététresefficaces.etqu’elles auraient causé bien plus de des- tructions si le mauvais temps ne s'€taitmisde lapartie. Assurément, la Royal Air Force avait beaucoup souffert, mais la Luftwaffe n’avait toujours pasatteint leniveau de su- périoritéaérienne quidevaitluiper- mettre le Jancement de 'attaque amphibie. Le grand amiral Rader, commandant en chef de Ia Marine enconvint,confirmant son pointde ‘yue selonfequeluneinvasionnede- vait étre envisagée que comme un recours ultime. Hitler poursuivit en précisant qu'il Gtaitimportant de maintenirla me- naced’un débarquement.enlacom- binant avec de nouvelles attaques intensives sur la capitale britan- nique. Le Général Hans Jeschon- nek, chefd'état-major général dela Luftwaffe, soutigna que les raids contre les cibles militaires dans Londresétaientpeususceptiblesde provoquer un effondrement du ‘moraldelapopulationcivile,iaplu- part des objectifs visés et les docks tant fort éloignés des principaux quartiers résidentiels. Il s’ensuivit tne discussion sur ’opportunité de faire porter le poids des attaques I lation, solution alaquelk Ht i nementsimportésd’outre-mer ;il: Titersoppesa,beson pom de LA Luftwaffe disposait criente mora acs cris en ‘ucils'agisitd’uneoptionaltime demontrant la vulnérabilite de awilsouhaitattenirentéserve pour encore d’environ estieetereteaee ser eae Jemoment. et.enfin,ilsimposeraient unenou: Aprés la conférence de Berlin 1850 avions velle saignée aux forces de chasse Ja consultation des prévisions m de la Royal Air Force, déja bien téorologiquesquiconfirmaunepé- mal poini, riode de beau temps sur la France, lesBritanniquesn’auraientd’autre Bien qu’elle eit subi de lourdes les Pays-Bas, la Belgique et le sud solution que @accepter la bataille pertesdepuisledébutde labataille del’Angleterrepourlelendemain, et, de ce fait, de s’exposer ade d’Angleterre, un mois plus t6t, la 15 septembre, létat-major de la ourdes pertes face aux Messersch- Luftwaffe lesavaitcomblées en pui- Lufiflotte 2, dont le sigge était & mitt chargés d'escorter les bom- sant dans ses réserves et grice aux Bruxelles, finalisa les plans d’une bardiers. appareils nouvellement sortis, double offensive aérienne sur usine, Par rapport & leurs 2226 Londres, Re a avions disponibles le 17 aod, les Lobjectif de la premiére attaque, DAMM e a trois Luliflotien engagées en dis- programméeauxalentoursde midi, Siilsréussissaient,lesraids prévus posaient encore de 1805 le 7 sep- était le neud ferroviaire de Bat- pour le 15 favoriseraient la cause _tembre,soitappeine 15 % de moins. tersea, undes points clés duréseau allemande de quatre manigres Pendant les combats, un regroupe- ferré autour de la capitale. Les conséquentes: ils porteraient un ment important des unités navi- voies, au nombre de douze en cer- coupfatalaunpointimportantdu gantes avait été réalisé. La Luft- tains endroits,reliaient le Sud-Est réseau ferré; ils détruiraient de flotte 5,déployéeen Norvege,avait du pays aux Midlands et au Nord, et assuraient également le trafic entre les gares principales de Vic- tori et Waterloo et leurs réseaux Vorganisation du Fighter respectifs dans le sud de I’Angle- terre. Cet ensemble de lignes in- Shaideunvadue ts valatables Command aux bombardements, que les pla- nificateurs allemands considéré- rent comme étant des cibles prin- cipales de leurs attaques. Les objectifs impartisa la seconde et a la plus importante des offen- sivesaériennes, programmée pour Vaprés-midi,étaient encore les sec- teursdesdocksetlecomplexed’en- trepéts situés a extreme est de Londres. Les docks de Victoria, Royal Albert et King George V. au nord de la Tamise, devaient etre frappés, de méme que les Surrey Commercial Docks, au sud du fleuve: Pour les officiers de la Luftwaffe, qui trouvaientdanslesinformations produites par les services de ren- seignement matiere apenserquela chasse britannique était aubord de Pasphyxie,les quatre premigres at- taques de joursur Londres consti tuaient un indicateur précieux. A aucun moment les formations de bombardiers n’avaient été atta quées avec la pugnacité et Veffica cité qui avaient caractérisé la plu- partdes actions menéesenaoat.Le Fighter Commandétantsurle point des’effondrer. les deux grandesat- taquesprévues pourle ISseptembre ne pourraient quehatersa fin Siles, analyses du renseignement étaient correcteset que le commandement de la chasse britannique était ef- fectivement moribond, la bonne stratégie consistait & attaquer des cibles d'une telle importance que randes quantités d’approvision- _cédé ses bombardiers et ses chas- > (ara seurs bimoteurs aux Lufiflotten 2 et 3. Cette demniére, basée en France, dans le Nord-Ouest. avait transféré la plupart de ses unités Equipées de chasseurs monomo- teurs dans les rangs de la Luft- flotte2, installée en France,en Bel- sique et aux Pays-Bas. Le Tseptembre,date la plus proche du 15 pour laquelle existe un ordre debataille complet dela Luftwaffe lestrois Luftflottenen question di posaient de 1895 avions (voirle bleau en bas de la page 10) Tey TRES COMBATIF ‘Toutes les unités assignées aux at- taquesdejoursurLondresle 1Ssep- tembre viendraient dela Luftlotte2 Pendant six semaines de combats intensifs, le Fighter Command de la Royal Air Force avait maintenu ses capacités combatives bien au- dela de ce que les officiers de ren- seignement de Luftwaffe Pavaient imaging. Au soir du 14 septembre lesquatre Groupsclece grand.com- mandement alignaient 943 avions dechasse (voirle tableau en bas de la page 10). Parrapportauxmoyens disponibles Ie 17 aott,ily avait 22“Spitfire” et Hurricane” de moins, mais huit “Gladiator” et“ Whirlwind” deplus (codernier n’étant pasencore opé- rationnel), et la force de chasse de nuit avait été accrue de 40 “De- fiant”, “Blenheim” et “beaufigh- ter” Ainsi,lenombre total dechas- seurs de toustypesétait légerement plusimportant que quatresemaines auparavant. Seuleune proportionassez peu éle- vée des squadrons de chasse bri tanniques était en position, ou su fisamment bien équipés, pour af- fronter les formations de bombar- dement allemandes escortées dans la région de Londres, Le commandant en chef du Fighter Command, I’ Air Chief Marshal Hugh Dowding, était responsable de la défense aérienne de l'en- semble du pays.et pas uniquement delacapitale. Le Group 13,aunord, Etait beaucoup trop Eloigné pour prendre part a la bataille dans le Sud-Est. Aussi la plupart des squa- drons opérationnels avaient-ils configs aux Groups 10 et 12. Les squadrons équipés de “Defiant”, “Gladiator”, “Blenheim” et de “Beaufighter” ne convenaient guérea desopérationsdanslesquels ils pourraient rencontrer des chas setirs monomoteurs allemands. Pour toutes ces raisons, le Fighter Command ne pouvait envoyer ila mas rencontre des bombardiers escor- 1téslancéssur lacapitalequ’environ 300 “Spitfire” et “Hurricane”, soit un tiers de ses effectifs totaux, Pendant la bataille, ce grand com- mandement avaitsubiune sérieuse hémorragie de personnel navigant expérimenté. A la mi-septembre,il disposait de 1492 pilotes opéra- tionnels pour des effectifs théo- riques de 1662, oit une différence environ 10 %.Nombre de pilotes deremplacement venaient directe- ‘ment des écoles de formation et se ‘montraient inefficaces, & moins d'etre commandés par des chefs chevronnés Auparavant.’AirChief Marshal Dowding avait appliqué ‘une politique consistant & rempla- cer les squadrons a bout de forces, quise battaient dans le Sud-Ouest par des unités fraiches de secteurs, ‘ranquilles. Mais, début septembre, Te taux de pertes était si élevé que cette procédure de rotation avait di étre abandonnée; i fallait que les squadrons déployés dans la ba- taille fussent vraiment bien étrillés avantd’étrerelevés.A tempsdéses- pérés érées. Le Sseptembre,’son corpsdéfendant Dowding répartitses squadronsen trois catézories: CATEGORIE A: les squadrons du Group 11 et ceux de Middle Wal- lop et Duxford, qui étaient suscep- tibles de supporter 'essentiel du poids des combats. Ces unités de- vaient étre maintenues a effectits plein tant en avions qu’en pilotes. Elles ne seraient retirées de la ba~ taille que si elles subissaient de lourdes pertes. Carticonte Bsquelquessquadrons, cing 8 Vorigine, puis tous ceux du Group 10, devaient rester opéra- tionnels, préts & etre utilisés pour tenforcerlesunitésengagéesencas de nécessité absolue. ‘Carticontt C:lesautressquadrons de chasse de jour du Fighter Com- mand, dans lesquels devaient étre prélevés les pilotes opérationnels au bénéfice des unités de catégo- rie A ils devaient étre maintenus, 2.un effectif minimum de cing ou six navigants, Ces formations de- vaientconsacrer/'essentiel de leur énergie 4 Fentrainement des jeunespilotes Bien qu’ellesne fus- sent pas en mesure de livrer ba- taille aux chasseurs ennemis, elles devaient étre prétes a étre enga- _géesdansdes secteurspluscalmes, afind’intercepterlesbombardiers non escortés. Si elle avait 616 appliquée sur une plus longue période, une telle poli- tique aurait pu avoir de graves Les civil de Observer Corps formaient un réseau de guet d'une grande cfficaité pour identifier et suivre les avions ennemis. conséquencessurlescapacitésopé- rationnellesdesforcesde Dowding, les unités de catégorie C risquant de se montrer de moins en moins efficaces. Toutefois, dans la soirée du 14septembre,lesyst?me n’avait pasétéappliquésuffisamment lo temps pour engendrer de sérieux problemes, Les squadrons de caté- gorie C étaient encore capables de donner le meilleur d’eux-mémes silsvenaient aétre jetésdanslaba- taille principale, Pray ices TT ZT La géographie opposa pendant cette phase des opérations les avions du Group 11 a ceux de la Loftflotte 2. Le commandant du Group 11 était’ Air Vice-Marshal Keith Park, un Néo-Zélandais de 48ans,quiavaitétépilotedechasse en France pendant la Premiere Guerre mondiale,et avait terminé le conflit avec 20 victoires. Mesu- rant plus de 1,80 m, quelque peu dgcharnéetle regard austere, Park Gait un chrétien dévot qui tirait une grande force de sa religion. A présent, som assise territoriale en- slobait toute la pointe sud-est de PAngleterre.surunelignecourant approximativement de Sou- thampton & Lowestoft, en passant par Aylesbury, Tandis que des a tions aériennes majeures étaient en cours de développement au- dessus desonsecteur, Park se trou yait dans son poste de comman- dementsouterraind’ Uxbridge,ot le personnel travaillait, dans la fievre, a assembler et & présenter sousune forme aisément utilisable la masse des rapports provenant du réseau de stations de radar et des postes de Observer Corpsde tout le pays.Ce fut surla foide ces informations que le commandant du Group 11 prit ses décisions Entre deux opérations, avec son “Hurricane” personnel, Park ren- ditde fréquentes visites ses squ: drons afin davoir une vision reote de evolution de la bataill. Chef énergique et populaire, il avait le don tres rare de pouvoir communiquera tous ceux qui touraientlesentimentqueses vues et les leurs coincidaient Lecommandant dela Lufiflotte 2, Ie Generalfeldmarschall Albert Kesselring,avait servidansl'armée de Terre pendant la Premigre Guerre mondiale et était élevé jjusqu’a un poste assez important. ‘Administrateurextrémement qua- lifié, i avait été transféré dans la nouvelle Luftwaffe quand elle avaitété formée,en 1933,devenant chef des services administratifs. Nommé général en 1934, il avait progressivement occupé despostes deplusen plusimportants.En 1938, il était devenu commandant de la Lufiflotte 1,qu'ilavaitdirigée pen- dant la campagne en Pologne. Au début de 1940, il fut placé ala téte- de la Luftflotte 2, la plus impor- tante des armées aériennes all mandes engagées dans l'offensive prévue contre la France, la Bel- gique et les Pays-Bas. Avec son quartier général installé a Bruxelles, la Luftflotte 2 était la pluspuissante detoutes lesgrandes unitésaériennes déployées contre T’Angleterre:toutesles formations delaLuftwatfe baséesenterritoire néerlandais, belge et franeais, us- qu’a Vouest de la Seine, lui étant subordonnées, Kesselring était un officierallemanddela vieilleécole malgré un sourire apprété, il était ferme,maistoujourscourtois.avec ses subalternes, et considérable- ‘ment respecté. Comme Park,ilétait capable d’inspirer les autres, et, si les circonstances avaient été dif- férentes, il est probable que les deux hommes se seraient trouvé beaucoup de points communs. Tels étaient les deux adversaires salfrontaientle 14septembre 1940, Dans les chapitres qui suivent sera examinée la facon dont chacun centre euxemploya les moyens en sapossessionlelendemain. a 1 he La carte du théétre © duartier général du Fighter Command w= Limite de Group Limite de secteur ‘Aérodrome de secteur __Aérodrome secondaire % Autres lieux et villes N° 12 Group === ee oa > aos : r---- 4 4 t S. t N° 10 Group ' cae : i ¢ Weybridge 9¢ : — Westhampnett @ Bangmere des opérations —~— @ cambridge e ¢ a be a ¢ % Colchester ‘3% Bilericay Rochford " LONDRES “¥% Southend on Sea Basel 36 Gravesend Jartford 3% Croydon © v5 % Chelmsford e ‘3 Turbridge Wells Dungeness, estings Beachy Head 100 KM __ORDRES DE BATAILLE! Lordre de bataille de la Luftwaffe Unités déployées contre le Royaume-Uni, le 7 septembre 1940. La Luftwaffe dressait un état des matériels disponibles et indisponibles tous les dix jours. Uindisponibilité peut avoir de nombreuses raisons et peut étre bréve. L'état suivant était donc le plus récent avant le 15 septembre 1940. Luftflotte 2, G a Bruxelles WGruppe ua? 4 ‘Saint-Omer, St-Trond Bombardiers a grande autonomie Gruppe v8? 2814 Tramecourt Unite Avions Disp, Indisp Base E Gruppe Me109 = 27 5 Saint-Omer Stab He 111 5 i Rosiéres en Santerre Gruppe He 11 «22S 14 ~—‘Montdder, Clermont) Chasseurs monomoteurs ‘Gruppe He 111 23 13 Moniciier, Nimégue Gruppe Junkers 88 9 Posies en Santerte | Stab Me103_ 3 1 Pas de Calas ‘Stab Do 17 6 Saint-Leger ‘Stab Me109 3. ‘Samer VGruppe 001727 Cambrai | 1Gruppe Met09 14 ‘Samer | Gruppe Do17 20 a Saint-Léger I Gruppe: Me109 21 3 Samer WGruppe D017 2010 Cambrai | Gruppe Me109 23 2 eswres ‘Stab Do17 5 iT Le Culot ‘Stab Me109 3 1 ‘Audembert | Gruppe Do 17 25 4 Le Culot ‘Gruppe Me109 20 7 ‘Audembert Gruppe Do 17 23 4 ‘Anvers-Deurne | Gruppe Me 109 28 4 ‘Marquise WGruppe D017 19S Saint-Trond | Gruppe Me 109263 Cafiers Stab Heit 5s Soestervorg | Stab Me109 4 1 IGruppe = He1t1 18 t Soesterverg | (Gruppe Me109 27 Etaples | Gruppe He 11 30 es Eindhoven 1 Gruppe Me109 = 33 4 Montreuil WGruppe 881416 Amsterdan-Scipipol | WGruppe Me109 274 Stab Hell! = 3 a Giize-Rijen | Stab Me109 4 1 Saint-Omer ——— Gruppe He 111718 Wevelghemie 15/09 | 1Gruppe Me 109 $3.-=«=S 3. StOmer St-nglevert | Gruppe Het) 7 19 Giize-Rijen | Gruppe Me 10.13 9 St-Omer, StInglevert > Ce CoE) Gruppe Me 10931 13 ‘Saint-Omer ————— Stab Ju 88 1 Brvelles) | RETA (Gruppe Ju 88 1 a Bruxelles ‘Stab Me109 1 1 Laon-Couvron Il Gruppe Ju 88 4 6 Gilze-Rijen | Gruppe Me109 17 4 ‘Laon-Couvron a 40 tN Gruppe Me109 23 5 Pas-de-Calais Stab Fw 200 a 1 Bordeaux ill Gruppe Me109 16 15. Pas-de-Calais Stat Cee tite | ‘Stab Me109 2 Pas-de-Calais ' Gruppe He 111 19 4 Lille Il Gruppe Me109 24 9 ‘Wissant Ml Gruppe He 111 7 22. Lille Gruppe Me109 22 8 Pas-de-Calais WGruppe Het11 48 Le Stab Meioa 2 2 Pays-Bas Stab ARES Cormeites enVexin. | 1Gruppe Me 109.235 Pays-Bas (Gruppe D017 19° 7 Beauvais-TIlé | Gruppe Me 109 27 8 Pays-Bas WGrppe = u88 1G Crel | Gruppe Me109 235 Pays-Bas MW Gruppe Do 17. 7 em Cormeilles enVexin | Jagdgeschwader 77 [Kampfgeschwader 77] Gruppe Me109 402 Pas-de-Calais Stab EATER Laon | Gruppe (Ju 88 31 5 Laon Chasseurs bimoteurs Wonupoe W885 7 Asch i Gruppe Ju 88 19, W Laon Stab Me 110 1 Pas de Calais ii Gruppe Me110. 1010 ‘Amiens, Caen HEH APR RE Marq | Gruppe Me110. 1018 Guyancourt Bombardiers en piqué et chasseurs-bombardiers ‘Stab Me110 3. Lille: SET Gruppe e110 149 Abbeville, S-Omer Stab 4u87,0017.5 2 SaintPol | Gruppe = Me110 «178 Giéoy | Gruppe Ju 87 29 14 Calais IM Gruppe Me110 17 8 Barley, Arques Stab Wu87,00179 2 Tramecout | WGruppe = MeT10 «194 Lgescour, Alengon 16 Unité Avions Giinther porte la combinaison de vol Me 109 8110 des équipages de bombardement de la Luftwaffe, Elle est munie Re rca itor de résstances électriques cece anrn 1 talel Do 17, Me 110 Le serre-téte avec casque de radio Seems LKS101 est en toll, 2 Stafel_ Ju 68, He 11 eee 3.Stafel Ju 88, He 111 sauvetage Fi30156 Staffel u88, He 111 ‘est rembourré Me 110 area aa 5Stafel Ju 88, He 111 S 1Stafel He 115 28tatel D018 3Stafel He 15 Gruppe 1 Gruppe SS stab | Gruppe Gruppe Stab ' Gruppe Gruppe Gruppe. Stab lGruppe Stab 1 Gruppe — Gruppe ae Gruppe Disp. Indisp, 6 3 3 Base Denain Lille Pays-Bas Metsbroek Eindhoven Bruxelles Haute-Fontaine on Bretagne en Bretagne Borkum Luftflotte 3, 0G a Paris Stab Ju 88 Gruppe Ju 88 WGruppe Ju 88 W-Gruppe Ju 88 Stab He 111 Gruppe He 111 Gruppe He 111 Gruppe He 111 Fw 200 Wu 88 Wu 88 Wu 88 Wu 88 Wu 88 Wu 88 Ju 88 He 11 He 111 Het Het He tnt Do He tit u 88 He 111, Do 17 ua Chasseurs monomoteurs Me 108 Me 109 Me 108 Me 109 Bombardiers & grande autonomie 3 13 19 19 4 13 5 13 4 13 7 a 8 14 6 20 2 20 7 a 6 18 6 34 24 18 4 12 12 12 2 4 7 ® rH a Oriéans-Bricy Oriéans-Bricy Oriéans-Bricy Chateaudun Tours Tours Dinard, Bourges Rennes Bordeaux tty Melun: Orly Etampes Evreux Evreux Saint-André de TEure Vilacoublay Dreux Chartes Vilacoublay \annes-Meucon, Brest, Cherbourg Marq Nantes, Caen Bombardiers en piqué et chasseurs-bombardiers en Bretagne en Bretagne Beaumont-e-Roger Beaumont-le-Roger Beaumont-e-Roger Le Havre aya Unité Avions: Disp. —Indisp. ETSI | Gruppe ‘Me 109 ar 7 Chasseurs bimoteurs Sab Me 110 a | Gruppe ‘Me 110 a 15 WGuppe Me 110 eam Reconnaissance lantane (ORCI 7 Staffel ‘Me 110 9 5 4Stafel D0 17,Met10. 93 3Stafel Do 17.Me 10 54 3Stafel —8B,He IIT 64 4Stafel — Wu88,0017 5B 1Stafel — Wu88,0017 73 2 Staffel Ju 88, 00 17 8 2 L’ordre de bataille du Fighter Command Base en Bretagne LeMans, Abbeville Laval en Normandie Sain-Brieue Nord-Ouest France en Normandie Région de Pars Région de Pars. de la Royal Air Force Forces prétes a 6 heures du matin, le 14 septembre 1940. Avions disponibles et indisponibles. Lexpression “demi” désigne les demi-escadrons. N° 10 Group, QG a Box, Wiltshire Squadron Avons Disp. Indisp, 238 “Hurricane” Ww 1 609 “Spitfire” 15 3 oa “Blenheim” = 514 ~Beautghter” 1 23 (demi) “Blenheim" 6 152 =spitre” mo 56 sjuricane’ 17 FSocteurdeFiton 79 “uricane” = 135 FSoctour excter 87 “Hurricane” W7 4 601 sfuricane’ = 24 “spite” wo 247 “Gladiator” 9 N° 11 Group, OG a Uxbridge, 253, “Hurricane” 4 3 501 sfuricane’ = 181 605 “Hurricane” 16 2 cs “Spitfire” 10 Fe 92 “Spitfire” 16 a) 141 (demi) “Defant 10 66 “Spitfire” 4 2 18 Base ‘Middle Wallop Middle Wallop ‘Middle Wallop Middle Wallop armel Bocombe Down Pembrey. Exeter Exeter Saint Eval Roborough idlesex Kenley Kenley Croydon Biggin Hill Biggin Hill Biggin Hil Gravesend ‘Avions. Disp. Indisp. Base 3Stafll — u88,0017 93 Buc Luftflotte 5, QG 4 Kristiansund (Norvége) Chasseurs monomoteurs agdgeschwader 77 Gruppe Me 109 SN Sud Norvege Reconnaissance lointaine 2Stafel D0 17 emma Stavanger 3Stafel Do 17 oe Stavanger ETT 1Stafel — Ww88 Het 200 11 Stavanger 1Stafel = Ww8BHeTT 2 6 Stavanger, ‘Aalborg Reconnaissance maritime et moyage de mines ‘Kstenbleuer Gruppe 506 1Statfel He 115 ORB Stavanger 2Statfel He 115 5 3 Trondheim, Troms 3Statfel He 115 ORR, List Squadron __Avions Disp. Indisp. [Secteur de Northolt 4\(Canada)—*Huricane” 15 Northott 229 19 Northolt 303 Poloras| i Northolt 141 (demi 8 Northolt 66 “Huricane” 15 Hendon 603 wos Hornchurch 600 aa Hornchurch BiRCTG RES a 2 6 Rochford 222 2 Rochford EEC 257 14 & ——Mattlesham Heath 25 (demi) 5 5 Mattlesham Heath 249 AE North Weald 23 (demi) 7 North Weald neR 5 6 14-3 Stapelford Tawney 7 ee Detxen 73, 4 Castle Camps 213 1a Tangmere 607 one Tangmere 602 154 Westhamonett 23 (dem) ORNS Ford *Beaufighter” 1 Ford Squadron Avions Disp. Indisp. Base John, Flight Sergeant dans la RAF, porte le battle dress complet avec son insigne de grade, le foulard blanc destiné a proteger le cou des inritations contre le col, le ilet de sauvetage modele gon 4932 (en anglais "Safety vest’, aa sol ee ee ewer eo ‘310 tchéque “Hurricane” = 182 Duxford SE ie ccky S12tcheque *Huricane” 4 Duxford” poitrine de actrice Mae $! oa a Wes) ses bottes sont 19. i mere dumodtle'936 Lesere, oat! téteen cuirestdu type EAS ee Spit 48 Coltishal N° 12 Group, QG 4 Watnalll, Nottinghamshire duypeo, ESOTERIC aa 1 “Hurricane” «162 Wittering 266 ‘Spitfire" 14 5 Wittering FSecteur de Digby] 611 “Spitfire a Digoy* 151 "Huricane” 174 Diaby 20 Blenheim” 15S "Beaufighter” 1 Dighy * A roimere, 15 sstte Se 616 “spire 44 Kirton in Lindsey 614 (demi) “Defiant 4 Kiton in Lindsey 307 polonais "Defiant 8 8 Kirton in Lindsey ca (Church Fenton aS Church Fenton 1% 2 Leontilé™ 6 Leonfield, Ringway 2 Catterick a Caterik 1 8 sone Usworth 44 cng 610 1 Ackington 219 (demi) "Blenheim = 8 Aektington 3 mam Tunhouse 5 44 Jummouse 141 (demi) 4 5 Turnhouse 615 CA) Prestwick m2 Orem = orem 4 3 ‘pas opérationnels: 13. 8 Dyce: 722 Hurricane” 71 ssumburoh Fsecteur dAldergrove | 246 Huricane”™ 184 Aerorove CES “Spitfire! 26 24 *urcane a7 40 SE RAS 16. 9 C= "spite 47 disponibles 10 disponibles sous 4 jours Hurricane” 80 disponibles 17 disponibles sous 4 jours "Defiant £81 disponibles 1 disponible sous 4 jours “Blenheim” 1 disponible 7 disponibles sous 4 jours