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July 15- July 30, 2010

Nkoulou: le drame caché chez les Lions

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No. 005

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caché chez les Lions I I ntegration ntegration page 15 No. 005 A VOTRE SERVICE GRATUIT

IL S’APPELAIT

PIUS NJAWE

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No. 005

L’EVENEMENT

Pius Njawe

LE CHANT DU CYGNE

L’une des plus grandes figures du journalisme africain vient de casser sa plume.

A quoi ressemble la vie dans un pays sans une presse libre ? Une presse de l’opposition comme les ten- ants du pouvoir l’appellent au Cameroun. Une presse au ser- vice du peuple et qui n’attend, ni d’ailleurs ne fait de cadeau à un pouvoir de corruption, d’oppression, de détournement du bien public ? Une presse indépendante au sens propre du terme. Une presse qui à la sueur de son front, contre vents et marées s’est frayé une place au soleil, s’est donné un nom qui vaut de l’or : Le Messager. La question fait la mode. Depuis ce jour funeste du lundi 13 juillet. Ce jour- là où Pius Njawé trouve la mort dans un accident de la circulation sur l’autoroute I… dans l’Etat de Virginie. Il était 14h 45 à en croire le rap- port de la police reprit par de nombreux journaux améric- ains, Pius Njawé était a bord d’une voiture engagée dans l’autoroute 664 à Chesapeake. La voiture se serait arrêtée, pour des raisons encore à iden- tifier, au milieu de la route et fut percutée à l’arrière par un camion remorque. L’enquête définitive n’est pas encore livrée.

Ce jour la ! Les partici- pants à la convention des

forces de l’opposition cam- erounaise qui s’étaient donné rendez-vous à Washington,

à l’appel de la CAMDIAC,

pouvaient enfin vaquer à d’autres occupations. Occa- sion toute trouvée pour Pius Njawé de jouer son rôle de père de famille. Justice, la

toute dernière de sa défunte épouse vit dans l’Etat voisin de Virginie dans un cocon fait de proches parents. Mais à dix minutes seulement de la maison où devait s’opérer l’émouvante réunion entre le père et la fille, la catastro- phe est arrivée. Selon le rapport de la po- lice rendu public quelques heures après l’accident… Ainsi prend fin sur terre la vie d’un homme que peu de terre va couvrir mais dont les lauriers couvriront à ja-

Puis arrive très vite l’étape où il jette le tablier de mé- cano. Et devient garçon de courses dans un journal privé La Gazette patronnée par Abodel Karimou. Le « boy » apprendra très vite et sera bientôt à signer des chiens écrasés dans la Ga- zette dont la chute unique et remarquable était « la Gazette était là ». En même temps, il signe des piges dans Wife, Bingo et Amina qui ont une notoriété inter- nationale.

ront Le Messager naître en

demeuré un homme qui par

1979. Puis suivre trente an- nées d’un parcours unique

respect pour la déontologie du métier de journalisme,

en

Afrique. Le Messager est

n’aura pas vendu son âme.

le

doyen d’âge de la presse

Malgré souvent l’inflation

indépendante en Afrique francophone et son combat pour les libertés et la dé-

de propositions qui af- fluaient à sa porte. Ce coté vertueux lui aura de toute

mocratie valent a son patron des distinctions sans nom- bre de par le monde. Mais si vous croyez que tout n’a été que rose. Fig- urez-vous que Pius Njawé

évidence fait gagner le re- spect du Président Biya, qui aura pour unique recours que de le brandir comme preuve vivante de la liberté d’expression au Cameroun,

a été arrêté 126 fois par

les forces de l’ordre. Il fut

lorsque celle-ci fut remise en cause par ses détract- eurs ! Autant parler de l’ as de pic qui incarnait le 4eme pouvoir Camerounais ! Patiemment, mé- thodiquement, Pius Njawé le self-made-man était de- venu un homme de noto- riété. Une figure incon- tournable quand il fallait débattre du Cameroun. Le contraire aurait surprit que lorsque la CAMDIAC en- gage une convention le 10 juillet dernier, dans le but de réfléchir sur l’alternance au Cameroun, Pius Njawé soit oublié. Non seulement il devait s’illustrer par une intervention pendant les débats, il se mit au service des organisateurs pour ac- cueillir à l’aéroport les au- tres invites, en assurant en même temps la couverture médiatique camera au po- ing. C’était donc le chant du cygne.

Celestin Ngoa Balla

ing. C’était donc le chant du cygne. Celestin Ngoa Balla mais l’ensemble de la terre africaine

mais l’ensemble de la terre africaine L’aventure commence au début des annees70. Le petit apprenti mécanicien automobile s’arrangera tou- jours a déjouer la vigilance de son patron pour croquer les belles pages de la presse.

Mais Pius Njawé aux cotes des Abodel Karimou , Rene Philombe l’ecrivain de renommée, et bien d’autres n’apprend pas seulement l’art d’écrire des articles de presse. Il a décidé de créer son propre journal. Et ceux qui ne le croyaient pas ver-

même emprisonné à New Bell pendant dix mois pour avoir osé parler de l’état de santé du président Paul Biya en 1998. Par-dessus le marche, ajoutez-y trois ten- tatives d’assassinat et toutes sortes de harcèlement. Mais Pius Njawe est

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L’EVENEMENT

Le Pius Njawé que j’ai connu

Il m’a fallu une journée entière pour me rendre à l’évidence de la dispari-

tion de Pius Njawé. J’ai eu un entretien avec Pius, tout récemment. Il me parlait de la période difficile que traverse Le Messager, et de ses espoirs de redresse- ment, malgré l’adversité économique. Connaissant l’homme et sa détermina- tion, je ne doute pas qu’il

y serait parvenu. N’était-il

pas déjà venu à bout de bien d’épreuves plus difficiles encore ? Mais, là, le sort a

voulu qu’il en soit autrement

et que Pius aille trouver la

mort dans sa deuxième pa- trie, cette terre de liberté qu’il chérissait tant. J’ai été l’un des plus proches collaborateurs de Pius Njawé pendant une décennie. De mai 1995 à décembre 2004, j’ai parta- gé avec lui les vicissitudes d’un journal indépendant et

engagé sous les tropiques. Mais, tout ami et proche que j’ai pu être, je ne suis jamais parvenu à le tutoyer ; car j’ai toujours été impressionné par son parcours exception- nel et le poids historique de son œuvre. Puis Njawé était un grand homme. A force de détermi- nation, de courage, d’envie d’apprendre, le vendeur de journaux qu’il fut, est devenu

l’un des journalistes les plus emblématiques d’Afrique. Il a créé Le Messager et lui a donné ce souffle qui a por- té les rêves de liberté et de démocratie de millions de Camerounais. D’aucuns ont voulu faire de lui un rebelle, une sorte de diable avec des cornes sur la tête. Le Pius Njawé que j’ai connu était un homme brave, un jour- naliste courageux, un esprit ouvert et fondamentalement indépendant, un passionné de la liberté, un Camerou-

nais de conviction, aimant profondément son pays. Pour moi, la disparition de Pius Njawé est une perte énorme pour la presse afric- aine et pour la démocratie camerounaise. Pius a sou- vent dû payer de sa personne pour conquérir des espaces d’expression, afin que la liberté et la démocratie soi- ent des réalités, chez nous aussi. Il n’y a qu’à se re- voir l’impact que l’affaire Monga – Njawé a eu sur l’évolution de notre pays, pour s’en convaincre. Pius Njawé me présentait souvent comme étant son ‘’fils’’. Et je lui répondais que je suis trop vieux pour le pouvoir être. Le journal- iste que je suis devenu est né entre les mains de Vian- ney Ombé Ndzana, Mau- rice Kamto et Mongo Beti, et a grandi aux côtés de Pius Njawé. En revanche, Pius Njawé a eu plusieurs

enfants. Tous ces titres qui

fleurissent dans les kiosques ainsi que ces nombreuses radios et télévisions nées après 1995, sont quelque

reprendre le souffle. Ce se- rait la meilleure façon pour eux, de lui rendre hommage et de perpétuer sa mémoire. Pius le mérite amplement.

part les fruits du combat de

A

titre personnel, je dois

Pius Njawé pour la liberté d’expression ; un combat qui

beaucoup à Pius Njawé. Nous sommes au Camer-

a

obligé le gouvernement à

oun, ne l’oublions pas. Je

était Bamiléké. Et, il a fait

concéder progressivement de vastes espaces de liberté

suis Boulou. Pius Njawé

au Cameroun. Ces journaux,

de

moi à 25 ans, le plus je-

ces radios et ces télévisions, ce sont ses enfants.

une rédacteur-en-chef de tous les temps, d’un journal

Pius Njawé s’en est allé. Et, il nous laisse sa plus belle œuvre : Le Messager, le

majeur au Cameroun. De surcroit, il m’a honoré de sa confiance pendant une

plus vieux journal indépen- dant paraissant en Afrique

décennie - et quelle décen- nie ! – alors même qu’autour

noire francophone. Un véri-

de

lui, on s’en étonnait et on

table phare pour la liberté de

le

lui déconseillait. Mais,

la

presse en Afrique. Je sou-

tel

était Puis Njawé, le Pius

haite que Le Messager lui survive. Ses collaborateurs d’aujourd’hui et ceux d’hier, ainsi que les amis de Pius ne doivent pas accepter que le phare s’éteigne ; ils doivent

Njawé que j’ai connu : UN VRAI PATRIOTE CAM- EROUNAIS

Melvin Akam

pas accepter que le phare s’éteigne ; ils doivent Njawé que j’ai connu : UN VRAI

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L’EVENEMENT

Le dernier coup de griffe

Alternance: Lettre de Pius N. Njawé a la diaspora

Camerounaise, Camerounais de la diaspora Ma sœur, Mon frère,

Je nourris depuis quelque temps déjà le désir de t’écrire personnellement; mais j’ai beaucoup hésité à franchir le rubicond, bloqué à l’idée que tu pourrais te demander qui suis-je pour oser t’écrire de la sorte, t’interpeller sur des sujets aussi délicats que ceux dont il sera question tout au long de cette lettre.

Aujourd’hui je prends mon courage à deux mains, défini- tivement convaincu qu’on n’a pas besoin d’être quelqu’un de spécial pour se préoccuper du sort de son pays, et que chaque citoyen a non seulement le droit, mais aussi l’obligation patriotique de s’interroger et d’interpeller ses compatriotes sur ce qu’ils ont de plus cher à partager : l’avenir de leur pays et de leur peuple.

Je ne suis donc que l’un des 15 millions de Camerounais que nous sommes ; comme bien d’autres compatriotes et de par ma profession, j’ai l’avantage d’avoir vécu toutes les muta- tions politiques, économiques et sociales qui s’opèrent au Cameroun depuis ces vingt dernières années. Je ne doute pas de l’intérêt que tu portes à notre pays et à son avenir ; aus- si suis-je certain que tu suis de près la situation qui y prévaut. C’est de l’évolution récente de cette situation que je voud- rais t’entretenir aujourd’hui, convaincu que la distance et le temps ne te permettent pas toujours de prendre toute la mesure des problèmes dont les échos peuvent te parvenir de façon parcellaire.

Tu es certainement au courant de la création par le président de la République, il y a un peu plus d’un an, du « commande-

ment opérationnel », une force spéciale chargée de lutter con- tre la grande criminalité dans une ville de Douala alors plon- gée dans l’insécurité totale, et où les braqueurs et autres gang- sters de grand chemin font la loi. Une insécurité somme toute entretenue par des chefs mili- taires connus qui fournissent aux malfaiteurs armes et muni- tions, de même qu’ils recèlent les fruits de ces braquages. Si l’initiative fut bonne et saluée par les populations, le manque

enlevées ne sont jamais rev- enues amputées d’un membres ou avec de graves blessures consécutives à des sévices corporelles. Selon des infor- mations fiables, beaucoup ont fait l’objet d’exécutions som- maires et leurs corps enfouis dans des fosses communes, jetés dans les fleuves aux alen- tours de Douala ou dissouts dans de l’acide.

C’est sans doute le cas des neuf jeunes gens qui ont été enlevés à Bépanda – Omnisports le

me l’a laissé croire la rumeur à un moment donné. Les familles ont épuisé tous les moyens de droit pour accéder à leurs en- fants ou tout au moins avoir de leurs nouvelles ; les plaintes qu’elles ont déposées auprès du tribunal militaire ont été purement et simplement reje- tées. Les populations excédées ont entrepris des manifesta- tions pour exiger du gouverne- ment que lumière soit faite sur ce cas précis, mais celles-ci sont violemment réprimées

ce cas précis, mais celles-ci sont violemment réprimées de vision prospective et de garde-fou a très

de vision prospective et de garde-fou a très vite conduit à des dérives sanglantes qui ont tôt fait de déchanter les ha- bitants de Douala ; le « com- mandement opérationnel » s’est ainsi révélé comme une sorte de maffia d’Etat, avec des éléments qui se compor- tent exactement en « tontons- macoutes » à la haïtienne. Ils débarquent dans une famille sur dénonciation – même cal- omnieuse -, s’emparent d’un ou de plusieurs jeunes qu’ils conduisent à leurs bases si les parents n’ont pas « bien payé », c’est-à-dire s’ils n’ont pas payé la rançon exigée, qui peut aller jusqu’à 500 000 francs cfa par personne. Dans de nom- breux cas, les personnes ainsi

23 janvier dernier, et dont on n’a toujours pas de nouvelles aujourd’hui. Ce jour-là, des éléments du « commandement opérationnel » conduits par le capitaine Abah Dzengue, chef de « brigade de renseignement et transmission » (BRT), autre- ment appelée « brigade anti- gang » de la légion de gendar- merie du Littoral, débarquent, dans le quartier et en ressor- tent avec les neuf jeunes gens, soupçonnés par une voisine d’avoir volé une bouteille de gaz domestique ! depuis lors, tous les efforts déployés par leurs familles n’ont pas permis de savoir ce qu’ils sont devenus ; tout laisse penser aujourd’hui qu’ils ont été tués, sans doute »dilués » dans de l’acide com-

par les forces de « sécurité ». les leaders politiques et les membres de la société civile sont interdits de rendre visite aux familles des disparus ; des députés de l’opposition et le chairman du SDF Ni John Fru Ndi se sont ainsi vus bloquer l’accès dans la ville de Douala la semaine dernière ; d’autres membres de l’opposition ont été violentés et détenus lors des manifestations. Mais les braves populations de Bépan- da ne démordent pas, décidées comme elles sont de poursuiv- re leurs revendications jusqu’à ce que la lumière soit faite sur la situation de leurs camarades et amis.

Face à cette pression de la rue

et à l’intérêt désormais accor-

dé à cette situation par des or- ganisations humanitaires com- me Amnesty International, la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme, la Commission des droits de l’Homme de l’Onu, etc., le président de la République a préféré se débiner en affectant

a d’autres postes de respons-

abilité ou en prétendant limo- ger les principaux acteurs sur le terrain des crimes d’Etat dont sont victimes depuis un an les

populations de Douala. Plus qu’une fuite en avant, c’est une façon pour le président de protéger contre la colère popu-

laire des gens a qui il prescrit

il y a deux semaines de dire

enfin ce que sont devenus les

« neuf de Bépanda». De plus,

l’histoire des 20 officiers que

le président dit être aux arrêts

ressemble étrangement à tous ces subterfuges auxquels il a souvent eu recours pour en- dormir le peuple et contenir la contestation pour mieux en en- terrer l’objet sans solution ap- propriée ; la preuve c’est qu’il

ne dit pas qui sont ces officiers

et où ils sont détenus, alors que

les auteurs connus des enlève- ments et assassinats continu- ent à circuler librement dans la ville de Douala, narguant les populations et menaçant de faire sauter la cervelle aux journalistes s’ils osent encore parler d’eux. Le président se contente de dire que ces offi- ciers ( sans noms et sans vis- ages) seront traduits devant la justice militaire. La même qui depuis trois mois menace les familles des disparus qu’elle mène en bateau ! Que peut- on en attendre à vrai dire, si- non qu’elle classe sans suite le dossier, ou qu’elle sacrifie, pour avoir bonne conscience, quelques hommes de troupe malchanceux ?

Selon les informations de l’ACAT (Action chrétienne pour l’abolition de la torture)

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L’EVENEMENT

qui tient une comptabilité rigoureuse sur ces dérives mil- itaires du régime camerounais, il y aurait déjà eu près d’un

millier de disparitions a Douala depuis l’institution du « com- mandement opérationnel », le cas des « neuf de Bépanda » n’étant que la goutte d’eau qui

a fait déborder le vase.

Chère Sœur, cher frère Camer- ounaise de la diaspora,

Comme tu peux le constater à la lumière de ce qui précède, le Cameroun, notre cher et beau pays, est en train de sombrer dans une dérive totalitaire dan- gereuse. Où l’on ne se con- tente plus de nous spolier de nos richesses et de nos droits, de nous nourrir décemment, nous loger, nous soigner, nous instruire à la bonne école, penser différemment etc., mais aussi on nous arrache le pre- mier de nos droits : le droit à la vie. Vas-tu continuer à as- sister en spectateur résigné ou désintéressé à ce cirque mon-

strueux qui, petit à petit et sans que l’on s’en rende compte, installe notre pays dans un cy- cle infernal de violence géno- cidaire interminable ? Vas-tu continuer à te rendre complice, par ton silence, de ces crimes d’Etat qui pourraient compro- mettre à jamais l’avenir de nos enfants et des générations futures ? Hier c’était les vic- times par centaines des « villes mortes » ; aujourd’hui ce sont ceux du « commandement opérationnel » ; sans compter ceux qui tombent chaque jour de famine ou de maladie parce qu’ils n’ont pas de la nourri- ture ou quelques comprimés d’aspirine, dans un pays pour- tant particulièrement « gâté » par la nature. Peut-être n’as-tu pas encore perdu un proche dans les circonstances pareilles

; mais dis-toi bien que demain

ce pourrait être ton père, ta sœur, ta nièce, ton cousin ou simplement un ami. Et pour- quoi pas toi-même à l’occasion d’un voyage au pays ?

Comme toi, beaucoup d’autres Camerounais de la diaspora se demandent ce qu’ils peuvent bien faire, se trouvent à des milliers de kilomètres du pays. Ecoute-moi bien : chaque Camerounais, qui qu’il soit et où qu’il se trouve, peut jouer un rôle essentiel pour que les

choses aillent mieux au Cam- eroun. Parce que, comme le disait déjà si bien le regretté Martin-Luther King, Jr., « tu n’as pas à faire accepter ton sujet et ton verbe pour servir. Tu n’as pas à connaître Pla- ton et Aristote pour servir. Tu n’as pas à connaître la théorie de relativité de Einstein pour servir. Tu n’as pas besoin de connaître la seconde théorie des thermos-dynamiques en physique pour servir. Tu as juste besoin d’un cœur plein de grâce. Une âme générée par l’amour… » L’amour pour ton pays, l’amour pour ton pe- uple, l’amour pour ta famille, l’amour pour ta propre per- sonne.

En vivant à l’étranger, c’est-à- dire hors du triangle infernal, loin de cette vaste prison de 475 000 Km2 qu’est devenu ton pays le Cameroun, tu oc- cupes une position privilégiée qui peut avoir une influence très positive sur le cours des événements. Tu vis certaine- ment dans l’un de ces pays qui ont une longue tradition dé- mocratique, et dont les peuples sont sensibles aux souffrances des autres et peuvent y com- patir ne serait-ce qu’en attirant l’attention de leurs dirigeants sur le sort que fait subir à tes frères et sœurs restés au pays le pouvoir en place. Ton voi- sin de pallier, ton collègue au travail, ton camarade de classe etc. est peut-être un élu ou a des connaissances parmi les décideurs locaux ou nationaux ? Parle-lui de ton pays et de

ses problèmes. Tu es employé à l’ambassade du Cameroun, cesse de servir aux visiteurs la propagande mensongère sur la situation politique de ton pays et aide-le à mieux con- naître la vérité. Tu es fonction-

aide-le à mieux con- naître la vérité. Tu es fonction- naires des Nations unies, de la

naires des Nations unies, de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international ou de tout autre organisme extra na- tional pouvant faire pression sur les dirigeants camerounais, ou simple débrouillard menant une vie de bohème en terre étrangère multiplie autour de toi des actions d’information et de sensibilisation, cela peut être une chance de survie pour les 15 millions d’otages que nous sommes sous le joug du « Renouveau ».

Tu peux constituer, avec les autres compatriotes de ton pays d’accueil, un important relais des efforts que tes frères et sœurs restés au Cameroun déploient actuellement, dans des conditions extrêmement difficiles et sous la répression aveugle des forces de « sécu- rité », pour que la vérité éclate au grand jour sur les milles disparus du « commandement opérationnel ». Deux actions concrètes et ponctuelles me vi- ennent à l’esprit : pourquoi ne pas envisager avec les autres une impressionnante manifes- tation pacifique (non-violente) devant l’ambassade du Camer- oun dans ton pays d’accueil le 20 mai prochain à l’occasion de la fête nationale du Cam-

eroun ? Ceci aurait pour effet d’attirer l’attention du départe- ment des Affaires étrangères et des médias de ce pays sur la gravité de la situation que vivent les Camerounais. La seconde action consisterait à mobiliser des fonds pour aider les familles des disparus du « commandement opérationnel » à engager des procédures judiciaires contre l’Etat du Cameroun, aussi bien devant la Cour suprême camerounaise – malgré sa totale dépendance vis-à-vis de l’Exécutif – que devant les instances judiciaires internationales.

En tout état de cause, il est temps que chaque Camerou- nais s’engage, à son niveau et selon ses moyens d’action, dans la lutte pour la survie de notre peuple et de notre pays que l’on pousse progressive- ment vers des règlements de comptes sanglants pouvant dé- boucher sur une guerre civile dont nul ne pourrait mesurer l’ampleur. Il faut donc arrêter cette folie meurtrière qui s’est emparée des dirigeants cam- erounais, et mettre l’Etat face à ses responsabilités régali- ennes. Ton concours est plus que précieux dans cette phase déterminante de notre histoire,

et c’est pour cela que tu DOIS sortir de ta léthargie habitu- elle pour participer à l’action. Maintenant et tout de suite, car demain ce pourrait être trop tard. Et surtout, ne l’oublie jamais, nous sommes TOUS comptables devant les généra- tions futures, devant l’histoire.

Tu voudras bien me pardonner de m’être ainsi introduit par effraction dans ta vie, d’avoir ainsi troublé ta qiétude. Mais je pense que cela était néces- saire, dans la mesure ou la vraie quiétude n’a de sens que si elle est partagée avec ceux qui sont dans le besoin.

C’est donc par devoir patri- otique et par acquis de con- science que j’ai agi, et je te re- mercie d’avoir pris un peu de ton temps ô combien précieux pour me lire. Puisses-tu pren- dre un autre peu pour AGIR ? Ton pays et ton peuple t’en se- ront reconnaissants.

Texte paru dans Le Messager n° 1203, mercredi 18 avril 2001 page 2 Lettre ouverte à chaque Cam- erounais de la diaspora Denton (Texas, U.S.A.) Le 16 avril 2001

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L’EVENEMENT

Bonne feuille

CAMEROUN – UN AUTRE JOURNALISTE FAUCHE

Le régime Biya, principal bénéficiaire de la mort de Njawé

Tous les articles que Njawé promettait d’écrire sur la Convention de Wash- ington n’apparaîtront ja- mais. Parce qu’aucun au- tre journaliste ne pourra jamais mettre ensemble ses notes écrites et surtout celles dans son esprit pour écrire l’article qu’il voulait. L’écho qu’il voulait faire au Cameroun de cette Conven- tion ne sera pas entendu. Biya et son régime sont débarrassés du trouble fête à l’approche de sa rencon- tre avec Barack Obama et des élections de 2011. Les agents au service du régime Biya, conscients que leur roi est le premier suspect, sont en ordre de bataille sur In- ternet et dans la presse lo- cale pour vite désigner des « comploteurs » et autres « assassins » de Njawe aux Etats-Unis.La panne ayant conduit à l’accident de la voiture transportant Njawé (Si panne il y a eu vraiment) n’était elle pas un sabo- tage, et pourquoi pas un at- tentat ? L’hôtel dans lequel logeait Njawé, Guérandi et d’autres, comprenait tout aussi des agents de ren- seignements au service du pouvoir de Yaoundé. Que dire d’une attaque mystique en provenance du centre de satanisme qu’est Etoudi ? Ndzana Seme

BALTIMORE 07/13/2010 - La nouvelle nous est tombée dessus comme un couperet hier vers 15 heures ET. Un coup de fil d’un Camerou- nais, Moïse Ngomsu Foki, pour vérifier si c’est vrai que Pius a eu un accident en Virginie. Deux coups de

fils quelques minutes plus tard confirment que tel est le cas… et qu’il est MORT.

Suivent d’autres appels où la plupart des interlocuteurs ne parviennent pas à mas-

quer leurs pleurs. Telle cette jeune femme, Mireille Die- upe, qui nous avait accostés tous les deux, Njawe et moi,

à la pause de la Conven-

tion, pour nous inviter à tra- vailler ensemble avec toute la presse camerounaise pour la cause du Changement.

« J’espère que toi et moi, nous nous entendrons seule- ment après nous être cas- sés les pommes. Et tiens toi bien, c’est toi qui seras par terre ».

C’était l’une des dernières blagues qu’il m’a lancées dans la nuit du 10 juillet quand nous travaillions en- semble à l’hôtel. C’était toujours ainsi toutes les fois que nous nous rencontrions. Nous simulions toujours des bagarres afin de bien rire ensemble de nos divergenc- es d’opinions, quelles que profondes soient elles. Car Njawe était très bon pour désamorcer les conflits.

Notre dernier semblant de

conflit portait sur mon inter- view qu’il n’avait pas pub- liée. Car Njawe, malgré sa position de président d’un groupe de presse, restait

à chaque instant de sa vie

le reporter ordinaire qui n’hésitait jamais à tendre le micro… même à son con- frère journaliste.

Mais quel homme généreux,

Njawe ! J’ai par exemple consommé pendant plus d’un mois les colas et le café camerounais qu’il m’avait offerts à Genève l’an derni- er, après les avoir trimballés depuis le Cameroun dans sa mallette.

Au moment où ce combat- tant de la liberté de la presse

est fauché aussi violem- ment, il avait sur lui une multitude d’interviews qu’il avait accumulées depuis quatre jours qu’il était dans la région du DC, logé dans l’hôtel Crowne de Siver Spring au Maryland. Il avait aussi sur lui une multitude de notes.

Car, comme il le disait dans son intervention lors de la Convention, il était venu pour regarder et écouter, afin d’aller en faire écho et rendre compte au Camer- oun. Et il avait déclaré la veille de sa mort, lors d’une réunion, qu’avec tout ce qu’il a accumulé, la Con- vention de Washington sera sur les colonnes de toutes les éditions du Messager pendant le prochain un mois ou plus.

C’est certain que tous les articles qu’il devait écrire n’apparaîtront jamais, parce qu’aucun autre journaliste ne pourra jamais mettre en- semble ses notes écrites et surtout pas celles dans son

esprit pour écrire l’article qu’il voulait.

A qui profite le crime ?

Quand on retient que Bar- rack Obama aurait invité

Paul Biya à DC en Août prochain, et qu’une mau- vaise publicité contre lui par les Camerounais n’est pas parmi ses souhaits. Quand on sait que les intervenants camerounais de cette con- vention ont tous dénoncé le caractère dictatorial, anti- démocratique et terroriste du régime de Paul Biya, et demandé unanimement que ce gouvernement ennemi du Peuple Camerounais tombe. Quand on sait que la dic- tature de Biya ne souhaite pas que le Peuple camerou- nais connaisse les critiques acerbes formulées par la Convention de Washington.

L’on comprend clairement que le plus grand bénéfi- ciaire de la mort subite de Pius Njawé est le régime de Paul Biya. Sinon comment comprendre que certains agents au service du régime intervenant sur les sites In- ternet et au pays n’aient pas fait l’économie de la célébration de leur victoire. C’est ainsi qu’ils n’ont pas hésité d’accuser la Camdiac et Jean Bosco Tagne d’avoir tué Njawé afin de bien se- mer la confusion ?

Une analyse de l’accident qui a coûté la vie de Njawé amène des constats trou- blants, auxquelles l’on es- père, même timidement, que la police de Virginie trouvera des réponses satis- faisantes.

Quand on sait qu’aux Etats- Unis vivent des centaines de milliers de Camerounais et que c’est rarement, sou- vent annuellement sinon

après plusieurs mois seule- ment, que l’on apprend qu’un Camerounais est mort d’accident de route. L’on comprend très difficilement que ce soit seulement Pius Njawé, venu du Cameroun quatre jours auparavant, qui vienne fausser cette faible « malchance » de mort des Camerounais par accident de route aux USA.

Qu’est-ce qui a provoqué la perte aussi rapide de vitesse de la voiture transportant Njawé, roulant semble-t-il sur le troisième couloir de gauche, pour que le camion assassin n’ait pas pu ralentir pour éviter de la cogner ?

Pour avoir une telle perte rapide de vitesse, une voiture doit avoir une panne, soit de crevaison, soit d’un moteur qui s’est éteint et qui exerce le frein à moteur. Si c’était la crevaison, le pneu a-t-il éclaté tout seul ou quelqu’un l’a-t-il fait éclater à partir d’un autre véhicule ?

Si c’est le moteur qui s’est éteint, la voiture était-elle sabotée ? Surtout quand on sait que cette voiture de 1994 était vieille et pouvait donc servir de meilleur pré- texte pour couvrir un mon- tage d’accident.

Au moment où nous écrivi- ons ces lignes, nous nous en tenions aux déclarations de la police de Virginie selon lesquelles la voiture avait perdu de vitesse et s’était arrêtée, une version qui ne peut être que celle du chauf- feur du camion assassin.

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L’EVENEMENT

Le jeune homme qui con- duisait la voiture Lexus transportant est revenu du comma et, hier 14 juillet, il a parlé. D’après lui, sa voiture ne s’est nullement pas arrê- tée. Le camion les a cognés subitement de derrière au moment où il avait fini de changer la ligne.

Le jeune homme qui condu- isait la voiture Lexus trans- portant Njawe est revenu du comma et, hier 14 juillet, il a parlé. D’après lui, sa voiture ne s’est nullement pas arrê- tée. Le camion les a cognés subitement de derrière au moment où il avait fini de changer de couloir.

Des sources locales, une grande opération d’assassinats par le pouvoir Biya, nommée “ Opération Cigale”. Elle mobiliserait des corps pluridisciplinaires tels que des militaires, des journalistes, des gendarmes, des “étudiants”, des “hom- mes d’affaires”, des pros- titués, qui ont été envoyés un peu partout et particu- lièrement en Allemagne, en France, aux USA, au Canada, au Burkina Faso, au Tchad, et en RCA. Des personnalités de tout bord, d’après l’une d’elles, vont être tuées, neutralisées ou

anéanties très prochaine- ment, notamment le Cardi- nal Tumi, Noucti, Cavayé Dibril, Noucti Tchokwago, Djino Léandre, Abanda Kpama, Me YONDO Black, Ndzana Nsémé,Talla Jean- Bosco, James Onobiono, Joseph Owona, les colonels Mbida du quartier général, Eyenga du Btap, Etoundi de la 2e région militaire, et plu- sieurs officiers supérieurs de l’armée et de la police. etc

Un constat personnel m’a fait constater que l’hôtel dans lequel logeait Njawé, Guérandi et d’autres, com- prenait tout aussi des agents de renseignements au ser- vice du pouvoir de Yaoun- dé.

Tel cet individu qui le 10 juillet, depuis la salle de la Convention à la fin des travaux, s’était présenté à moi comme un « frère » qui ne cessait de me parler Ewondo, tout en se passant pourtant pour un Eton Es- sélé. Il m’avait acheté un jus au bar de l’hôtel après avoir longuement insisté, et proposait que je sorte man- ger avec lui. J’avais décliné et lui avais confié quelqu’un d’autre. Curieusement, il s’était aussitôt éclipsé.

L’individu répondait à toutes les apparences d’un agent de renseignements du pouvoir de Yaoundé.

C’est dire que la voiture de Njawe pouvait bien avoir été sabotée et pouvait être suivie, parce que des agents de Biya surveillaient ses mouvements à partir de cet hôtel. Nous disposons par ailleurs de l’information sel- on laquelle au moins quinze éléments de la Dgre du pou- voir Biya sont arrivés dans la région du DC avant et pendant cette Convention.

La piste de l’attaque mys- tique

Le Cameroun est de nos jours secoué par la multi- plication des attaques d’une sorcellerie de plus en plus grandissante. De sorte que dans toutes les églises, catholiques comme protes- tantes, les pasteurs et prêtres se spécialisent de plus en plus dans l’exorcisme et les guérisons des affections spi- rituelles.

Par ailleurs, il est documenté et de notoriété publique que Paul Biya et son entourage sont versés profondément dans les pratiques magiques et recourent systématique-

ment à la sorcellerie pour conserver le pouvoir. Paul Biya puise dans les caisses du trésor public et dans celles de la société nation- ale des hydrocarbures pour payer les services sataniques à travers le monde, dont l’affaire des 15 milliards de francs Cfa payés à une secte occulte française n’en est que le bout de l’iceberg.

Les sorciers sont organi- sés en réseaux. Que ce soit dans un village au fin fond de Nguélémendouga ou à Washington, des réseaux de sorcellerie existent et com- muniquent sans difficulté.

Quand un sorcier, disons Beti, veut tuer une victime qui est un bamiléké, il doit passer par la famille dans laquelle se trouvent les racines de la vie de la vic- time. Des fois il peut aussi passer par un intime de la victime, comme une épouse. Le réseau de sorcellerie de la famille de la victime est seul capable de la « donner » à l’ennemi, parce que ses sorciers portent le même sang qu’elle. Ils peuvent la « donner », parce qu’en le faisant c’est comme s’ils se donnaient eux-mêmes.

C’est une fois « donné » par

les siens que l’ennemi a tous les pouvoirs sur la victime, qu’il peut dès lors frapper comme il désire. Soit en bloquant son destin, en le maudissant, ou alors en le tuant.

La protection la plus efficace contre la sorcellerie est celle de Dieu. Parce que suivant la dualité universelle, il n’y

a que Dieu qui puisse vain-

cre Satan. Utiliser un autre pouvoir de Satan pour vain- cre une attaque satanique est souvent une vaine solution.

Hors, je sais personnelle- ment que Pius Njawé était un fervent Chrétien qui fait sa prière au moins une fois par jour. Pius a dû faire sa

prière le matin du ce 12 juil- let fatal. Même comme les prières ne contrent et ne dé- mantèlent pas toutes avec la même efficacité les forces de sorcellerie. Toujours est-

il qu’il priait beaucoup. Il ne

devait par conséquent pas se faire frapper aussi vio- lemment par l’esprit de la mort subite. Mais ceci serait sous-estimer la puissance des forces magiques au pou- voir au Cameroun.

Ndzana Seme

des forces magiques au pou- voir au Cameroun. Ndzana Seme Advertise your business with us. And

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08 Integration

July 15- July 30, 2010

No. 005

L’INVITE

08 Integration July 15- July 30, 2010 No. 005 L’INVITE Omgba Essama Il est le president

Omgba Essama

Il est le president de Nkul Beti-Washington

Intégration

Dites-nous, monsieur Omg- ba Essama, qu’est-ce que l’association Oyili Beti de Washington?

Omgba Essama:

Oyili Beti est une asso- ciation culturelle qui regroupe les ressortissants Beti, leurs conjoints quelque soit leur origine et aussi les amis des Beti en général. L’association existe depuis environ 20 ans et ses principaux objectifs sont la sauvegarde et la promotion de la culture Beti, le soutien com- munautaire des ressortissants Beti dans la région de Wash-

ington, DC en particulier et de la communauté camerounaise en général, et la participation active au développement du Cameroun à travers la réalisa- tion des projets sociaux princi- palement dans les communau- tés rurales.

Intégration

Votre association vit depuis deux décennies environ. Autant parler d’une ex- ception dans la nébuleuse d’associations camerounaises aux USA en générale. Et si on demandait votre secret ? Com- ment expliquez-vous que tant d’associations camerounaises naissent et disparaissent des

le lendemain ?

Omgba Essama: Je ne sais pas si on peut parler de secret mais si Oyili Beti a survécu jusqu’à présent c’est grâce à la ferme volonté de ses membres à ne pas se laisser détourner des principaux objectifs de l’association. Evidemment le trajet n’est pas sans obstacle mais à chaque trébuchement il y a eu des gens qui ont re- fusé l’échec, qui ont refusé de baisser les bras, c’est pour cela qu’aujourd’hui Oyili Beti est toujours là et pour nous l’échec n’est pas une option quelques soient les difficultés

Intégration

Quels sont vos rapports avec les autres associations camer- ounaises d’ici ? Avec le reste de la communauté cameroun- aise en générale ?

Omgba Essama: Nous en- tretenons de très bonnes re- lations avec les autres asso- ciations camerounaises. Vous savez, certains le prendront peut-être pour un cliché, mais la diversité du Cameroun est l’un des ses atouts majeurs. Les associations culturelles sont une bonne chose et ont leur place dans notre com- munauté mais nous ne devons jamais oublier que nous som- mes tous des Camerounais et que nous œuvrons tous pour le même intérêt, c’est à dire la promotion du Cameroun et de ces cultures et aussi son dével- oppement socio-économique pour ne citer que ceux-là. Nous coopérons donc avec les autres associations camerounaises dans l’aide de la communauté camerounaise en général.

Intégration

Vous organisez un fund raising le 14 Août prochain. Qu’entendez-vous faire avec les fonds générés par cet évé- nement et qui y est attendu ?

Omgba Essama: Oui effec- tivement nous avons un fund raising le 14 Août 2010 au Mirage Hall à Langley Park dans l’état du Maryland. Les fonds collectées à cette occa- sion nous permettrons d ‘of- frir des puits d’eau potable à des communautés rurales du Cameroun. Vous savez il ya deux secteurs qui sont cru- ciaux dans le développement d’un pays : l’éducation et la santé, et nous croyons ferme- ment que si l’eau potable était à la portée de tous les Camer- ounais, ceux des villes comme ceux des villages, on aura fait un grand pas en avant vers l’éradication d’une grande partie des maladies communes au Cameroun. L’animation de

la soirée sera assurée par notre invitée spéciale Lady Ponce, la star internationale du Bikutsi qu’on ne présente plus. En in- vitant Lady Ponce nous avons tenus à associer à notre projet de développement la promo- tion de la culture Beti. Lady Ponce se produira en Live avec des musiciens cameroun- ais de la région. Nous aurons aussi différentes personnalités de la région présentes pour la soirée.

Intégration

L’an passé, Oyili Beti s’était illustré au Cameroun grâce à un don de tables-bancs au CES d’Obala. Le choix des bé- néficiaires de vos dons ne crée t-il pas des troubles au sein de l’association compte tenu que vos membres sont originaires de localités différentes ?

Omgba Essama: Merci de souligner cette modeste con- tribution d’Oyili Beti au profit de ce CES. Nous avons établis un système très simple pour le choix des bénéficiaires : le choix est effectué par un tirage au sort par une personne neutre non-affiliée avec l’association, ceci au vus et sus de tous. Les personnes ayant déjà gagnés ne sont plus autorisées à partici- per au tirage au sort jusqu’à ce que chaque localité ait bénéfi- cie’ d’un don. Le système n’est surement pas parfait mais c’est celui sur lequel nous sommes tombés d’accord et il a bien fonctionné jusqu’à présent.

Intégration

Et puis d’aucuns pourraient vous dire que ce n’est pas de l’argent pour faire face à ses défis de développement qui fait défaut au Cameroun…

Omgba Essama: Et moi je répondrais que même si cela était le cas ça ne nous dédom- mage pas de notre responsabil- ité envers notre pays. S’il était un pays au monde où on pour- rait tenir ce genre d’argument

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Integration 09

L’INVITE

sans risque de se tromper c’est surement aux Etats Unis mais vous conviendrez avec moi que c’est aussi le pays où l’apport des dons privés, et là je parle de l’Américain ordinaire si je peux m’exprimer ainsi, au prof- it des œuvres sociales est aussi le plus élévé dans le monde. Même les gouvernements les mieux intentionnés ne peuvent toujours pas tout faire dans un pays. Vous avez surement ou vous avez eu des enfants dans des écoles ici aux Etats Unis et je suis sûr que vous avez eu à participer à des « fund rais- ing » pour ces écoles ou encore peut-être à donner de votre temps comme volontaire dans des hôpitaux pour ne citer que ces exemples là. Nous croyons qu’il est important que chaque enfant du Cameroun apporte quelque chose à l’édifice qui est le développement du Cam- eroun, quelque soit ce que le gouvernement fait ou ne fait pas. Ne rien faire serait une tragédie.

Intégration

Le Cameroun ne peut-il pas aussi profiter de l’expérience et du savoir faire acquis aux USA par bon nombre de vos membres ?

Omgba Essama: La ques- tion n’est pas de savoir si le Cameroun peut profiter de l’expérience et du savoir-faire, pas seulement de nos membres mais de la communauté cam- erounaise toute entière aux Etats Unis, puisque vous savez comme moi que la réponse est un tonitruant OUI mais je crois que la vraie question devrait être que faire pour que le Cameroun profite de nos ex- périences et savoir-faire acquis ici aux Etats Unis et là je crois qu’il devrait y avoir un désir et une volonté des Camerounais des Etats Unis et d’ailleurs à mettre au profit du Cameroun leurs différents talents et con- naissances, et en même temps il devrait aussi y avoir cette même volonté et ce même désir de la part des autorités

camerounaises à encourager la participation active de tous les Camerounais, où qu’ils soient dans le monde, à œuvrer pour le développent du Cameroun. Je connais plusieurs Camer- ounais de l’extérieur qui font des choses dans ce sens mais je crois que l’effort devrait être

Par un tel engagement, on pourrait vous soupçonner d’avoir des visées politiques. Roulez-vous pour un parti politique ?

Omgba Essama: Pas du tout, ni moi ni Oyili Beti ne rou- lons pour un parti politique

t-il un commentaire ?

Omgba Essama: Comme je l’ai dit plus haut tous les Cam- erounais où qu’ils soient ont un rôle à jouer dans le dével- oppement du Cameroun. Il y

a le développement social, le développement économique

y a le développement social, le développement économique mieux coordonne’ et surtout encouragé. Je sais que

mieux coordonne’ et surtout encouragé. Je sais que ce n’est pas la volonté ni le désir qui manquent du côté des Camer- ounais de l’extérieur.

Intégration

Quel est l’intérêt de votre en- gagement au développement du Cameroun ?

Omgba Essama: Personnelle- ment et à travers l’association Oyili Beti, le seul intérêt de mon engagement au dével- oppement du Cameroun est l’amélioration de la vie quo- tidienne des Camerounais de tous bords, ni plus ni moins. J’aimerais voir un Camer- oun où l’éducation, la santé et l’emploi sont à la portée de tout Camerounais quelque soit son statut social.

Intégration

pour reprendre votre expres- sion. Nous sommes et demeu- rons apolitique dans nos œu- vres, mais ca ne veut pas dire qu’individuellement, chacun n’ait pas une position ou une opinion. Vous savez quelqu’un, je crois que c ‘est un Améric- ain mais je ne me rappelle plus du nom, avait dis et je para- phrase : « if you don’t stand for something you will fall for anything », ce qui, traduit en français aussi bien que je peux, serait : « c’est facile de se laiss- er emporter par n’importe quoi quand on n’a pas d’idéal ». La traduction n’est certainement pas exacte mais je crois que le fonds y est.

Intégration

Jamais on a vu à une autre époque la diaspora cameroun- aise aussi courtisée, aussi sol- licitée dans le débat politique nationale. Ceci vous inspire

et le développement politique,

tous sont importants à part égale. Donc je trouve normal que la diaspora camerounaise s’intéresse au débat politique national et je l’encourage d’ailleurs dans ce sens. Pour ce qui est de la « courtisance » dont vous faites mention je crois que ce n’est pas un fait exceptionnel en tant que tel puisque c’est du devoir de toute entité politique de ral- lier le plus grand nombre de personnes à leur cause, main- tenant c’est à chaque individu d’analyser le message et de dé- cider si le message rejoint ou pas leur idéal.

Intégration

D’après vous quel est l’attitude à adopter par les camerounais de la diaspora à un an environ de l’élection présidentielle ?

Omgba Essama: Comme je viens de le dire plus haut tout Camerounais devrait s’intéresser à l’avenir poli- tique du Cameroun, pas seulement à l’élection prési- dentielle. Sans vouloir don-

ner des leçons, l’engagement politique ce n’est pas seule- ment protester contre le pouvoir en place, même comme on attend pas moins de l’opposition et c’est d’ailleurs son droit dans une démocratie, nous n’avons qu’à voir ce qui se passe ici aux Etats Unis avec le parti qui n’est pas au pouvoir et comment il se comporte, mais l’engagement politique dont je parle c’est surtout l’éducation des masses, la re- cherche et la proposition des solutions pour l’amélioration des conditions de vie de chaque Camerounais. C’est vrai que l’échéance politique dont vous faites allusion est très importante mais je n’ai pas de code de conduite à suggérer aux Camerounais de la diaspora vis-à-vis de cette élection. Il revient à chaque membre de la diaspora, com- me d’ailleurs à tous les Cam- erounais du triangle nation- al, de chercher où se trouve l’intérêt national, l’intérêt du Cameroun, l’intérêt de tous les Camerounais et à partir de là décider en toute âme et conscience quelle attitude adopter. L’objectif n’est pas la présidence de la répub- lique, l’objectif c ‘est la ré- publique. Nous devons tous œuvrer pour la construction de notre nation et nos choix doivent le refléter, c’est ça le plus important.

Propos recueillis par Frank Felix Gutenberg

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No. 005

COMMUNAUTE

METTRE OBAMA DANS LA POCHE

L’opposition camerounaise vient de se manifester sur le sol américain. La bataille pour les présidentielles de 2011 semble désormais lancée.

C’est un point d’honneur pour Barack Obama. En une année et demie passée à la Maison Blanche, le premier président Black des USA, fils d’un immigré kenyan, a réus- sit à faire de l’Afrique une des priorités d’un gouvernement americain. « Cette admin- istration voit un immense potentiel en l’Afrique, et nous sommes déterminés à travailler avec les africains de part et d’autre du conti- nent », a récemment déclaré Johnnie Carson, le Vice Secré- taire d’Etat charge des Affaires Africaines. Distançant la Maison Blanche de l’Elysée de Jacques Chirac qui était la cours de tous les dictateurs africains, Barack Obama a tout de même reçu quelques uns des dirigeants af- ricains :Ellen Johnson-Sirleaf du Liberia, Kikwete de Tan- zanie, Khama du Botwana, Goodluck Jonathan Ebele du Nigeria, Jacob Zuma d’Afrique du Sud et le Premier Ministre du Zimbabwe Morgan Tsvan- garai. En plus d’avoir déjà ef- fectué, plus tôt que n’importe quel autre président améric- ain, deux déplacements sur le continent. Quant à lui, le vice- président Joe Biden sort d’un long séjour africain qui l’a con- duit en Egypte, au Kenya puis en Afrique du Sud. Il y a un an environ, c’est la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton qui sig- nait un « safari » de onze jours dans treize pays d’Afrique. La totalité de hauts respons- ables chargés de la politique extérieure ont joué pareil à de nombreuses occasions signant la présence américaine en Af- rique. Mais si vous croyez que tout s’arrête au contact phy- sique. En effet, des actions de l’Amérique sous Obama en

faveur de pays africains sont flattent. La Mauritanie a été la place pour expliquer les rela- tions USA-Islam. La Somalie a bénéficié d’un programme pour la démocratie. Si tout se passe si bien dans la transition

et le déroulement des élections

présidentielles en Guinée, de- mandez aux américains. Fig- urez vous que l’ambassade US

a Conakry, grâce aux outils

modernes de la communica- tion et travaillant aux côtés de la presse a réussit à rendre transparent le processus élec- toral. Et le Cameroun alors ? Oui le Cameroun où le nom Obama est porté par des héros des récits épiques du Mvet et signifie, l’épervier, « l’oiseau dont nul n’a jamais vu le dos »ou l’invulnérabilité chez les Béti ? Depuis son arrivée au pouvoir, Barack Obama n’a eu de cesse d’être courtisé par les camerounais de tout bords politiques. Alors que les jours du mandat qui assure tr- ente ans de règne à Paul Biya s’égrainent de façon critique, les politiciens camerounais ont décidé de faire ce qui se serait passé si Moïse n’était allé à la montagne. Ce samedi 10 Juillet, des figures parmi les plus en vue de l’opposition au régime de Yaoundé, des patrons des me- dias et des personnalités en vue de la société civile se sont donné rendez-vous à Wash- ington. Sacré plateau qui vaut déjà à la CAMDIAC, dans sa première sortie, de signer un coup de maître. Puis Njawé le patron du journal Le Messager a y a fait sa dernière apparition publique. Aux cotes des Cé- lestin Bedzigui , Mboua Mas- sok alias « le père des villes morts » ,Guerandi Mbara l’un des cerveaux du coup d’Etat manqué du 6 Avril 1984 ,Ada-

mu Ndam Njoya le président de l’UD ,Christopher Fomunyoh, le monsieur Afrique du NDI, pour ne citer que ceux-là. Tout au long de la journée du 10 juillet, ces figures vont se succéder sur la tribune de

Howard University à Wash- ington pour, selon les organisa- teurs « parler de leur expéri- ence de la réalité de notre

pays et comment ils pensent que la diaspora peut être im- pliquée pour l’instauration véritable de la démocratie au Cameroun ». Le moins que l’on puisse dire est que depuis le retour du multipartisme au Cameroun en 1990, des ren- contres entre des figures de l’opposition se comptent en nombre. Mais jusque là, l’on n’avait vu aucune se tenir en dehors du triangle national et avec autant de fracas. Et quoi qui sortira de cette réunion, certains l’observent déjà com- me le point de départ de la cam- pagne pour l’élection présiden- tielle de l’an prochain. Lorsque Paul Biya s’arrange à retoucher la con- stitution pour s’assurer cette fois-ci la voie de se présenter à nouveau et à volonté à la suc- cession d’un pouvoir qu’il tient depuis novembre 1982, les américains sont au premier rang de ceux qui n’applaudissent pas. La dent de Washington se fait plus dure quand il apparait que ELECAM crée par le ré- gime de Yaoundé pour gérer les élections dont la prési- dentielle de l’an prochain, est taillé sur mesure pour assurer le triomphe de Paul Biya et de son parti politique. Un récent rapport du Département d’Etat classe d’ailleurs le Cameroun parmi les 106 pays au monde ou la démocratie n’existe pas ou est très peu avancée. « En Décembre 2008, le Président

est très peu avancée. « En Décembre 2008, le Président Mboa Massock etait du rendez-vous du

Mboa Massock etait du rendez-vous

du Cameroun a crée la com- mission électorale, Elections Cameroon (ELECAM), dont plus de douze membres sont de hauts cadres du régime au pouvoir. Les Etats Unis ont publiquement critiqué cette composition partisane d’ ELECAM, notant son peu de crédibilité auprès des populations, et a appelé le gouvernement de s’assurer que ELECAM fonctionne comme une véritable com- mission électorale indépen- dante », lit-on dans le rapport établit en mai dernier. Mais la colère de Wash- ington vis-à-vis de Yaoundé n’a pas pour unique alibi les ma- nipulations de la constitution par Paul Biya. L’assaut phy- sique de l’ambassadeur camer- ounais en poste à Washington contre un gréviste, l’an passe a valu une descente et un rapport sévère du Département d’Etat américain. Les transactions fi- nancières partant de la trésore- rie Centrale de Yaoundé pour les caisses de l’ambassade de Washington ont mit le FBI en alerte qui semble avoir dépisté un vaste réseau de blanchi- ment de l’argent détourné des caisses camerounaises. Et que dire de cette révélation faite dernièrement par The Journal News de New Rochelle faisant état de plus d’un million de

dollar d’impôts impayés pour le compte de la résidence du représentant camerounais au- près des Nations Unies ? C’est tout dire si la CAMDIAC n’a pas visé juste. L’Amérique prêtera forcement l’oreille aux as- sises de l’intéressante bro- chette d’opposants camerou- nais venus des quatre coins du monde. Mais est-ce assez pour crier au triomphe ? On se doute que pour les uns et les autres, le discours qui se tien- dra sera de « chasser Paul Biya d’Etoudi ». En fait du déjà en- tendu autant de fois que des présidentielles se sont tenues depuis 1990. Et Paul Biya se retrouve toujours détenteur des clés du Palais de l’Unité. Car le péché mignon des opposants camerounais aura toujours été de ne pas s’entendre au finish. Si jamais Ni John Fru Ndi ne revient pas sur sa décision de bloquer les élections de l’an prochain pour protester contre ELECAM, il créera forcement des frustrations voire la révolte des tenants pour la tenue de ces présidentielles. Et que dire du vide qua la mort de Pius Njawe laisse dans les rangs de cette opposition ?

Célestin Ngoa Balla

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Integration 11

COMMUNAUTE

Guinée-Conakry

ESPOIR APRES DES DECADES DE DICTURES.

Classée l’un des pays les plus pauvres de la planète, la Guinée depuis l’ère d’âpres le président Sékou Toure vie une situation politique précaire conduisant nombreux des ses fils à traverser ses frontières à la quête d’une liberté. Car avec le régime autoritaire du général président Lansana Conte, les guinéens fuyaient le pays pour la cote d’ivoire, le Sénégal la France et aussi les états unis. Cependant après la mort du général Conte en décembre 2008, la reprise du pouvoire

par la junte sous la houlette du Conseil National pour la Dé- mocratie et le Développement (CNDD) dirige par le capit- aine Moussa Dadis Camara, constituait une lueur d’espoir pour le peuple de Samory Toure. Mais une fois encore la désillusion envahissait la gui- née avec l’autoritarisme mani- feste par l’armée. La tenta- tive d’assassinat a l’encontre du capitaine Dadis Camara plonge le pays dans le chaos. Depuis lors le pays est dirige par intérim par le général Sek- ouba Konate et s’achemine bientôt vers le deuxième tour des premières élections libres de son histoire politique. Pour déterminer une parfaite impli- cation dans la vie politique de leur pays, un membre influent de la communauté Guinée- nne de New York ayant requis l’anonymat s’est livre à Inté- gration. Depuis des mois la Guinée vie au rythme des élections

à venir, pourriez-vous nous

éclairer si à votre niveau ici

à new York vous ressentez

cette situation électorale ? Vous savez de temps en temps nous suivons les nou- velles du pays a la télévision,

mais ce n’est pas tous les jours car vous savez qu’ici on n’a pas trop de temps pour une telle implication. Donc je peux simplement vous dire que c’est à peine si on peut dire grand- chose de ce qui se prépare au pays. Même si vous n’avez toutes les informations sur ce qui passe en Guinée, quelle idée avez-vous des élections à venir ? Depuis très longtemps on n’a pas eu d’élections dans le vrai sens du terme au pays, je ne me souviens même pas quand est-ce qu’était la dernière fois. Mais a mon avis cela peut-être le début d’une démocratie en guinée. Je peux vous assurer que les guinéens ont besoin d’une stabilité poli- tique pour pouvoir penser à un retour au pays. Beaucoup de guinéens ont fuis le pays à cause du régime du défunt gé- néral Lassana Conte qui était vraiment répressif. Vous dites que les gui- néens ont besoin d’une sta- bilité politique pour penser à un retour au pays. Est-ce- que cela voudrait dire que l’absence de démocratie con- traint les guinéens à rester hors des frontières de leur pays ? Evidemment, vous savez que les deux-tiers des guinéens qui sont a l’étranger sont entre la Côte-D’ivoire et le Sénégal et ce sont deux pays qui sont voisins de la guinée. Ceci sig- nifie que les guinéens sont res- té dans ces pays pas parce que c’est mieux que chez eux, mais

tout simplement parce que ils s’y sentent plus a l’aise et en

paix. C’est donc cette paix qu’il faut au peuple de guinée. Ce peuple souffre depuis la mort de Sékou Toure en 1984. Il est temps que la guinée fasse

partie des pays les paisibles en Afrique. Quel regard portez sur les politiques en guinée ? Vous savez comme j’ai dis tout a l’heure, nous ne sommes pas trop impliquer sur la situ- ation nationale, mais je peux vous dire qu’il sera difficile pour celui qui va prendre le pouvoir de faire marcher les choses. La guinée est tres en retard par rapport à certains pays africains et ses hom- mes politiques aussi. Car la politique d’un pays évolue et s’améliore avec le temps. Je peux vous donnez l’exemple de beaucoup de pays afric- ains. Vous ne pouvez pas dire qu’âpres une seule élection présidentielle que les hommes politiques guinéens sont dé- mocrates et exemplaires. Pourquoi vous nourris- sez une telle perplexité par rapport à ces politiques ? Au fait ce n’est pas une af- faire de perplexité ou de confi- ance. C’est simplement qu’en prenant les choses dans leur cours logique, on sait que ses hommes politiques vont de- voir faire face a une situation de pauvreté tres avancée. La

vie est tres difficile en guinée, tout est cher, tout ce dont les gens ont besoin pour vivre, nous en savons quelque chose puis que nous y avons de la famille. Nous sommes con- scients que les temps sont durs mais cette situation existait depuis longtemps en guinée. Et tout ceci a était causer par

le régime du général Conte qui

a pillait le pays de toutes ses

richesses. Au regard de tous les événements qu’a vécu la gui- née ces derniers temps, c’est- a-dire le massacre au stade du 28 septembre, la tentative

d’assassinat sur le capitaine Dadis Camara. Pensez-vous que le peuple guinéen soit résolu a oublie ces événe- ments et bâtir une nouvelle démocratie ? La seule chose dont nous sommes certains c’est que le général Sekouba Konate

a montre sa bonne volonté a

mener a bien ces élections et

a donner a la guinée une nou-

velle image politique. Toute fois nous restons incertains sur

les ambitions des candidats. Pourquoi vous dites que vous êtes incertains par rap- port aux ambitions des can- didats ? Vous savez, ils sont tous prêts à promettre monts et merveilles à la population et une fois au pouvoir ils mettent toutes ces promesses aux ou- bliettes. Le capitaine D’adis Camara lui-même avait promit

de rendre le pouvoir, mais a force de vouloir rester il a eu cette accident. Malheureuse- ment, il avait bien débuté avec

la commission de clarté qui a

pu mettre au jour nombres de malversations commises avec

le régime du général Conte.

Pensez-vous le capitaine D’adis Camara avait le pro- fil de l’homme parfait pour la guinée ? Il nourrissait beaucoup d’espoirs pour le peuple de gui- née. Avec son arrive au pou- voir la guinée entière croyait a une démocratie. La ferveur se manifestée partout et a toutes les couches sociales (chez les

étudiants, les hommes, les

femmes, la guinée en quelque sorte). Il menait à bien sa mis- sion pour le peuple, avec lui le pays commençait à se ragail-

lardir sur le plan international.

Il avait même reçu des chefs

d’états lors d’une manifestation

se qui avait pesé sur sa cote de popularité et sur la diplomatie guinéenne. Malheureusement les choses ont mal tourne pour lui comme pour le peuple de guinée meurtrie par le massa- cre du 28 Septembre.

Comment définissez- vous le candidat parfait

pour le peuple de guinée pour ces élections à ve-

nir ? La guinée a tellement souffert depuis son indépen- dance. Certes elle a connu des années de grâce avec le président Sékou Toure. Cependant depuis 1984 elle souffre de pillage, corrup- tion, pauvreté et j’en passe. Pour ainsi vous dire que le candidat parfait sera celui qui aura à prendre en compte tous ces éléments que je vi- enne de citer. Je ne peux lequel des candidats en lisse il s’agit ou qu’il pourrait être, mais seulement il aura

vraiment beaucoup de tra- vail. Il va hériter d’un pays vide et d’un peuple épuiser.

Ce nouveau président devra sortir la guinée de sa torpeur et le conduire au rang des nations ou il fait bon à vivre. J’espère seulement qu’avec ces élections nous aurons un président qui va aider la gui- née a ne plus être l’un des les plus pauvres de la pla- nète comme l’enseigne les rapports du Programme des nations Unis pour le Dével- oppement.

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DISCOURS

Discours du chef de l’Etat camerounais à l’occasion du déjeuner de travail au Palais de l’Elysée, le 13 juillet 2010

de travail au Palais de l’Elysée, le 13 juillet 2010 Monsieur le Président de la République

Monsieur le Président de la République Française, Messieurs les Chefs d’Etat, Messieurs les Représen- tants des Chefs d’Etat, Mesdames, Messieurs, Je mesure l’honneur qui m’est fait de prendre la parole, au nom de mes collègues, au cours de ce déjeuner offert à l’occasion de la célébration à Paris du 50ème anniversaire de la naissance de nos Etats.

Je voudrais, avant toute chose, vous remercier, Monsieur le Président, des propos aimables que vous venez de prononcer à notre endroit. Je voudrais aussi vous remercier chaleureuse- ment de l’heureuse initiative de la présente rencontre. Elle nous permettra de revis- iter, pour mieux l’assumer, notre histoire commune, de réaffirmer notre volonté de continuer à construire, plus ensemble que jamais, notre avenir. Diverses célébrations

Paul Biya President du Cameroun

ont déjà eu lieu dans cer- tains de nos pays. D’autres suivront dans les prochains mois. Mais que l’ancienne puissance de tutelle se prête à la commémoration d’un moment historique pour chacun de nos Etats confère bien évidemment à la sym- bolique de l’événement une dimension supplémentaire. Vous venez de le relever avec sincérité, foi et conviction. Sur ces dif- férents points, Monsieur le Président, nous partageons, pour l’essentiel, votre vision. Pour tout pays, l’accession à la souveraineté a, par définition, un caractère fondateur. Elle marque la fin et le début d’une époque. Elle figure et figurera en lettres d’or dans les livres d’Histoire du pays concerné. Pour nous, Af- ricains, l’indépendance a, en outre, revêtu une double signification.

Elle a d’abord été synonyme de liberté, qu’elle ait été conquise, négociée ou concédée. A cet égard, nos leaders nationalistes, comme ceux d’Europe centrale au 19ème siècle, étaient les lointains héritiers de vos grands hommes du siècle des Lumières et des révolutionnaires de 1789. C’était aussi, pour nos prédécesseurs, nos aînés, accéder aux responsabili- tés, être comptables de leurs actes, avoir le droit à l’erreur, être maîtres de leur destin. Bref, retrouver leur dignité. Tel est le patrimoine moral commun que nous avons reçu en héritage. Ce qui n’est pas surprenant puisque nous avons con- nu la même tutelle, quelle qu’en soit la forme, colonie, mandat, ou la durée, de deux siècles à quelques décen- nies selon les territoires. Certes, la colonisation

ne fut pas un long fleuve tranquille. Heureusement, grâce au Général de Gaulle et au sens de l’Histoire qui était le sien, elle a connu une issue honorable. Depuis lors, nous avons évolué progressivement vers des formes de gouvernement et des modes de développe- ment adaptés à notre temps. Bien sûr, nous savi- ons, d’un côté comme de l’autre, que nos rapports étaient appelés à changer. Jetés dans le « grand bain » de la communauté interna- tionale, une certaine diver- sification de nos relations avec l’extérieur, au mieux de nos intérêts, devenait év- idente. Pour ma part, je n’ai jamais eu le sentiment que la France nous en ait fait grief. C’est pourquoi je récuse les termes tels que « pré carré » ou « Françafrique » parfois employés pour qualifier nos relations. Vous venez vous-

même, Monsieur le Prési- dent, d’évoquer l’ouverture de la France à d’autres Etats africains. La participa- tion de nombreux pays non francophones au dernier sommet Afrique/France, à Nice, en est la confirmation. Après 50 années d’indépendance, quel bi- lan peut-on tirer de ce long chemin parcouru ensemble ? Notre présence ici aujourd’hui apporte une première réponse. Mais si l’on veut aller plus loin, je dirais qu’il en reste surtout une « aspiration à la Justice », sous toutes ses formes, que nos peuples ont in- contestablement héritée de notre histoire commune. Et qui n’est pas parfois sans poser de problèmes aux dirigeants que nous som- mes ! J’ajouterais à cela le partage d’une belle langue qui demeure un instrument de communication incom- parable et l’accès à une prestigieuse culture qui s’enrichit en se diversifiant. Sur ces fondations communes, nous avons, au fil du temps, constru- it des rapports modernes et décomplexés. Dans de nombreux domaines, qu’il s’agisse notamment du réchauffement climatique, de la sécurité alimentaire, de la régulation de la mon- dialisation, nos points de vue sont le plus souvent proches ou identiques. Je n’aurai garde d’omettre l’aide au dével- oppement pour laquelle la France reste à l’avant-garde des contributeurs. Les dif- férentes annonces que vous venez de faire, en matière d’aide, sont particulièrement significatives à cet égard.

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OPINION

PAYS AFRICAINS DU PRECARRE FRANÇAIS :

50 ans d’indépendance, 50 ans de gâchi

En cette année 2010, les pays africains indépendants depuis 1960 célèbrent les 50 ans de leur accès à la sou- veraineté internationale. Pour l’auteur du texte ci-dessous, les pays africains, surtout ceux du précarré français, il n’y a pas lieu de jubiler parce que les 50 ans d’indépendance ont été des années de gâchis Après les pères des in- dépendances comme les Kru- mah, Nyéréré, Sékou Touré, Amilcar Cabral, Modibo Kéïta, qui furent des visionnaires, l’Afrique de 2010 est un con- centré de tous les drames de l’humanité. Ils doivent cer- tainement se retourner dans leur tombe (ces pères des in- dépendances). Faible niveau de vie, difficile accès à l’eau potable, aux soins de santé, à l’éducation. Démocratie à géo- métrie variable, misère sociale indicible, chaque jour que Dieu fait, le nombre de misérables et de pauvres augmente en Af- rique. Les apprentis sorciers qui adorent les courtes échelles et les esprits simplistes qui ai- ment endormir les peuples africains parlent de la “malé- diction” du pétrole et d’autres

matières premières. Ils veulent faire prendre aux Africains des vessies pour des lanternes. Il faut leur retourner la question, pourquoi les pays évolués comme les Etats-Unis d’Amérique, l’Union europée- nne, les pays arabes, l’Asie ne connaissent pas cette “malé- diction” du pétrole et d’autres matières premières ? Le problème de l’Afrique et sur- tout du précarré français c’est que c’est des pays dominés et dépendants qui n’ont pas de dirigeants visionnaires, toute leur politique économique, diplomatique, militaire, leur est dictée depuis Paris. La misère de l’Afrique se trouve dans la tête des Africains, si- non le continent africain est celui qui dispose de toutes les matières premières pour son développement sur tous les plans. Qu’est-ce que l’Afrique (le précarré français) fait avec le franc CFA ? Communauté financière africaine, voilà la triste réalité. L’Afrique n’a pas été le seul continent colo- nisé, et c’est même sa partie francophone qui n’arrive pas à couper le cordon ombilical avec l’ancien colonisateur.

La France s’est tou- jours débrouillée pour avoir des serviteurs fidèles et zélés com- me les Eyadéma, Houphouet, Mobotu, Bongo, etc., pour défendre ses intérêts. Malgré le décès de ces dinosaures, la France a trouvé d’autres hom- mes de service. Pour l’Afrique équatoriale française (AEF), Paul Biya du Cameroun tient la corde de doyen des chefs d’Etat de cette région. Quant à l’Afrique occidentale fran- çaise (AOF) : “Invité à assister au défilé du 14 juillet en 1995, le président burkinabè Blaise Compaoré est considéré com- me un ami fidèle de la France, essentiel à la politique de Paris en Afrique de l’Ouest depuis la mort de Félix Houphouët en 1993.” (1). Comment peut-on développer un continent selon les humeurs des bailleurs de fonds ? Les dirigeants n’ont aucune vision pour leur pays. Ces bailleurs de fonds font la pluie et le beau temps avec des projets bidons qui partent dans tous les sens, sans impact réel sur l’amélioration des condi- tions de vie des populations. Ces projets sont toujours à court terme, après, ils ferment

boutique et c’est l’éternel re- commencement. Les ONG (organisations non gouverne- mentales) poussent comme des champignons après une pluie d’hivernage et dépendent toutes d’aides extérieures. Or, ces derniers (les bailleurs de fonds) ne don- nent jamais leurs sous pour les beaux yeux des Africains, mais c’est toujours pour per- pétuer leur domination. La population de l’Afrique sub- saharienne est très jeune (50% ont moins de 15 ans) et ces je- unes se moquent éperdument des relations entre le chevalier et le cheval qu’entretiennent leurs dirigeants avec la France. La France est pratiquement en train de se tirer une balle dans le pied car le ressentiment de ces jeunes envers la France est très grand et profond. Et com- ble de l’ironie et du cynisme, la France ose proclamer 2010, année de l’Afrique (cinquan- tenaire des indépendances oblige), et on va les voir (les dirigeants du précarré) tous autant qu’ils sont, aller se pa- vaner à l’Elysée (palais prési- dentiel français). L’Afrique est vraiment le “continent

malade” de l’humanité ( “Cependant, alors que la crise financière jette le doute sur le libéralisme économique, le champ des possibles politiques semble s’ouvrir. Les peuples protestent (grèves, manifestations dy- namiques du monde associatif, etc.) tandis que les pouvoirs issus de la démocratisation des années 1990, tendent à se crisper. Coups d’Etat (Mauri- tanie, Guinée), détournement des élections (Gabon, Ougan- da), manipulations constitu- tionnelles destinées à pérennis- er des pouvoirs impopulaires (Niger, Burkina Faso, Congo Brazzaville, etc.) demeurant fréquents”. “Quel mouvement, quel dirigeant sera capable de mettre à profit l’énergie popu- laire et les atouts du continent afin que celui-ci devienne vrai- ment acteur de son destin ? Après des siècles de domina- tion, l’Afrique saura-t-elle devenir indispensable à elle même ? “.

Hamadou DEM

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CULTURE

Jamaique

LA FUREUR DU DANCEHALL

La nouvelle musique a la mode célèbre le banditisme

Le débat fait rage dans les Car- aïbes. Que dire du dancehall, cette musique nouvellement mise en vogue par des artistes jamaïcains ? Pour certains, il ne fait aucun doute que cette musique favorise l’éclosion des gangs. Tandis que d’autres avancent que le dancehall ne fait que s’inspirer des faits des gangsters. Le débat est reparti de plus belle depuis les événe- ments du mois dernier lorsque la police en avait après Chris- topher « Dudu »Coke, un red- outable trafiquant de drogue et d’armes recherché aux USA. Car le style de vie brutale de « Dudu »est plutôt glorifié par le dancehall. On en arrive a voir certains classer cette danse au meme titre que le reggae, le rocksteady et le Ska parmi les patrimoines culturels. Le moins que l’on puisse dire est que les paroles de cette nouvelle fièvre jamaï- caine ne sortent d’aucun livre

saint ou d’une plume trempée dans l’encre par un enfant de chœur. Les tenants de cette musique sortie des ghettos de Kingston tissent des vers qui relatent des scènes de combats armés très violents entre gang- sters. Ils glorifient le pouvoir du fusil et chosifient la femme. Mais cette musique n’en finit pas de moissonner des sup- porters. Surtout parmi les je- unes fous en même temps de la cadence qui les fait inlass- ablement sauter, et des paroles dans lesquelles ils décèlent des messages codés, des leçons du « badmanisme ». A en croire l’universitaire et musicologue jamaïcain Dona Hope, le dancehall n’est que le reflet de la réalité du quotidien et de l’environnement d’où il émerge. Adrian Demetrius, un jeune de 20 ans de son cote, assène que : « Il y a des cho- ses qui se déroulent dans la société jamaïcaine mais que

l’on couvre. Le dancehall les expose en plein jour ». Comme on peut bien s’en douter, le gouvernement jama-

des radios émettant dans l’ile avec pour consigne de ne pas diffuser du dancehall. Mais coup d’épée dans l’eau. Car

du dancehall. Mais coup d’épée dans l’eau. Car ïcain n’a pas baissé les mains face à

ïcain n’a pas baissé les mains face à la montée en flèche du dancehall. Il a, en effet, créé une commission de contrôle

dans les iles environnantes, le dancehall est en plein boom. Et de plus en plus, des chan- teurs sont payes par des chefs

de gang pour leur dédier des chansons ou mieux, chanter leur Geste satanique. Mais la médaille porte un revers. Plusieurs musiciens du dancehall ont subit des agressions de la part de ceux qu’ils insufflent le gangster- isme. En mai dernier, Edwards Oneil fut tué à coup de fusil dans des circonstances qui demeurent troubles. Un autre chanteur, Mad Cobra-excusez du peu- s’en est en sorti avec des blessures. Du coup beau- coup commence a prendre peur de cette musique là. , avance le vieux producteur musical Don McDowell. Un retour au reggae des Bob Marley, U-Roy et consort ne ferait que du bien. C’est grâce à cette musique de combat mais non violente que la Jamaïque s’est imposée au monde. Que s’est-il passe au pays des Jah ?

Franck Felix Gutenberg

non violente que la Jamaïque s’est imposée au monde. Que s’est-il passe au pays des Jah

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SPORTS

Lions Indomptable

LA MERE DE NICOLAS NKOULOU EST MORTE

Le jeune joueur camerounais disputait le match contre la Hollande

Il y a un drame dont on tait dans la délégation cam- erounaise ayant participée au mondial 2010 en Afrique du Sud. C’est celui du décès de la mère du jeune milieu de terrain Nicolas Nkoulou. Selon des sources dignes de foi à Mfou, c’est peu après que les Lions Indomptables aient encaissé le deuxième but contre la Hol- lande que la mère de celui qui, malgré la déroute honteuse de l’équipe camerounaise, peut garder la tête haute a rendu le dernier souffle. Nos sources ne nous disent pas si oui ou non elle regardait la retransmis- sion du match au moment où la mort l’a emporté. Ce qui est sûre, c’est que on la connaissait gravement malade avant le début du mon- dial. Au point où elle était la grande absente lorsque la fa- mille, réunie à Soa dit aurevoir à Nicolas Nkoulou de passage au bercail avant le débarque- ment en Afrique du Sud. Deux ans plus tot, tandis que Nicolas Nkoulou éclatait au grand jour

pendant les Jeux Olympiques de Beijing(Chine), elle fut en catastrophe mise dans l’avion pour aller finaliser le contrat qui faisait du prodige de 17 ans

Fille ainée de l’un des insti- tuteurs les plus respectes dans la ville de Mfou, la mère de Nicolas Nkoulou a longuement travaillé comme secrétaire à

préfecture du Mfoundi, Edgar Alain Mebe Ngo’o refuse de laisser derrière cette femme d’expérience et travailleuse et plusieurs fois distinguée com-

et travailleuse et plusieurs fois distinguée com- footballeur professionnel ligue avec le non moins célèbre

footballeur professionnel ligue avec le non moins célèbre AS Monaco.

la préfecture du chef lieu du département de la Mefou- Afamba . A sa nomination à la

me Miss de Mfou. C’est donc en poste à Yaoundé qu’elle a prit sa retraite, il ya quelques

années seulement. En plus d’avoir donné au Cameroun l’un des footballeurs les plus prometteurs de l’heure, elle est aussi la mère de la star du très talentueux musicien Patou Bass. Autant le dire. Le black-out autour de ce décès a de quoi intriguer. Il serait en effet peu probable de croire que cette nouvelle n’a pas circule tandis que la délégation camerou- naise faisait ses valises pour décamper d’Afrique du Sud après trois défaites consécu- tives. Du ministre des sports a certains joueurs en passant par des responsables de la fédéra- tion camerounaise de football, l’on a jusqu’ici vu du beau monde monter au créneau pour justifier l’aventure maudite de l’équipe du Cameroun. Mais personne ne s’est prononce sur le drame qui afflige Nicolas Nkoulou. Authentique travail d’équipe

Thomas Biambi

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Biambi Thomas Ngankui Jean-Blaise Montage Paul Teller Assistants Brian Nawroth Curtis Williams Marc Tenze r

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