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3

Campagnes expérimentales

3.1 Matériaux testés

3.1.1 Sable d’Hostun (« RF » et « S28 »)

3.1.2 Sable de Toyoura

3.1.3 Mélanges sable/argile

3.1.3.1 Composition des mélanges

3.1.3.2 Diagramme de phases

3.1.3.3 Essais préliminaires : essais triaxiaux drainés

3.1.3.4 Discussions

3.2 Bilan des essais réalisés sur l’appareil « T4C StaDy »

3.2.1 Présentation et nomenclature

3.2.2 Récapitulatif des essais

3.3 Essais sur sables secs

3.3.1 Exemple d’essais de compression : les essais C80.63_H et

C75.65_H

3.3.1.1 Description générale

3.3.1.2 Termes du tenseur rhéologique équivalent

3.3.1.3 Modules d’Young et de cisaillement

3.3.1.4 Conclusion

3.3.2 Exemple d’un essai de type « torsion à K 0 » : l’essai K80.90_T

3.3.2.1 Description générale

3.3.2.2 Termes du tenseur rhéologique équivalent

3.3.2.3 Modules d’Young et de cisaillement

3.3.2.4 Coefficient d’amortissement et cycles biaxiaux

3.3.2.5 Fluages

3.3.2.6 Conclusion

3.4 Essais sur mélanges sable/argile

3.4.1 Préliminaires

95

3.4.2 Exemple d’un essai de compression : l’essai C70.99_M15

3.4.2.1 Description générale

3.4.2.2 Termes du tenseur rhéologique équivalent

3.4.2.3 Modules d’Young et de cisaillement

3.4.2.4 Coefficient d’amortissement et cycles biaxiaux

3.4.2.5 Fluages

3.4.2.6 Conclusion

3.5

Conclusion

96

Partie 3 : Campagnes expérimentales

Introduction

Deux campagnes expérimentales ont été réalisées au cours de cette étude sur l’appareil « T4C StaDy » présenté dans la partie précédente. Ces deux campagnes ont bénéficié du soutien d’Electricité De France.

La première porte sur des sables secs, le sable d’Hostun et le sable de Toyoura, la seconde sur des mélanges sable/argile peu saturés (à forte majorité de sable). Ces derniers matériaux ont été étudiés dans le souci de se rapprocher de matériaux naturels et de généraliser les résultats déjà obtenus sur sables secs à ces matériaux différents, munis d’une faible cohésion apparente mais demeurant pulvérulents à l’état initial, facilitant ainsi leur expérimentation sur l’appareil « T4C StaDy ».

L’objectif de la première série d’essais sur le sable d’Hostun et de Toyoura vise à caractériser le comportement en petites déformations et le comportement différé (dépendant du temps) de ces sables de granulométrie différente à travers des essais avec et sans rotation des axes principaux de contrainte. Enfin, la second série d’essais reprend les mêmes objectifs pour deux mélanges sable/argile peu saturés mais à partir d’essais sans rotation des axes principaux.

Les différents matériaux étudiés sont tout d’abord plus précisément présentés, accompagné d’une caractérisation préliminaire du comportement en grandes déformations et à la rupture pour les mélanges sable/argile (à partir d’essais triaxiaux).

Dans un deuxième temps, le bilan des essais réalisés sur l’appareil « T4C StaDy » est

dressé.

Enfin, dans un dernier temps, afin d’illustrer l’analyse des résultats expérimentaux proposée en partie 4, des exemples d’essais réalisés sur chacun des matériaux (sables secs et mélanges sable/argile) sont exposés.

97

98

Partie 3 : Campagnes expérimentales

3.1 Matériaux testés

3.1 Matériaux testés

Les différents matériaux testés au cours de cette étude sont présentés dans les paragraphes qui suivent. Les caractéristiques respectives des sables d’Hostun, de Toyoura, et des mélanges sable/argile sont décrites.

3.1.1 Sable d’Hostun (« RF » et « S28 »)

Le sable d’Hostun est utilisé en France comme un matériau modèle dans le domaine de la mécanique des sols. Il a fait partie des matériaux tests employé dans le cadre de l’atelier international sur les équations constitutives pour sols non cohérents ou du « GRECO géomatériaux » (Groupement de REcherches COordonnées - Ministère de la Recherche et de la Technologie - Ministère de l'Education Nationale, 1986-1992).

Le sable provient des usines SIKA implantées à Hostun dans la Drôme. Il s’agit d’un

sable « artificiel » à grande majorité de silice (quartz) et extrait d’une carrière, qui subit par la suite différents tamisages pour être stocké par classe granulométrique. La classe granulométrique du sable utilisé dans un premier temps dans notre étude porte le nom de « RF ». Le sable Hostun RF a fait l’objet de nombreuses recherches (Desrues, 1984, Fargeix,

Entre autres, Flavigny et al. (1990) rassemblent, dans une note

technique, des informations sur les origines géologiques, la fabrication et les principales

caractéristiques physiques de ce sable.

1986, Colliat, 1986, etc

).

La masse volumique des grains est de 2,65 g/cm 3 . La morphologie des grains est de type sous-angulaire à angulaire. La figure 3.1 en présente une vue microscopique.

En raison d’un changement de production, ce sable a changé de granulométrie et est maintenant dénommé « S28 » selon Combes (1998). Ce dernier étudie les différences granulométriques entre les deux sables et les différences dans le comportement mécanique à partir d’essais triaxiaux classiques. De très légères différences sont constatées au niveau de la granulométrie et au niveau mécanique.

au niveau de la granulométrie et au niveau mécanique. Figure 3.1 : Vue microscopique des grains

Figure 3.1 : Vue microscopique des grains du sable d’Hostun RF (Tatsuoka, 2005)

99

Partie 3 : Campagnes expérimentales

3.1 Matériaux testés

La figure 3.2 regroupe les courbes granulométriques données par Flavigny et al. (1990) pour des sables d’Hostun RF dénommés par « plus fin », « moyen » et « plus gros », celles des sables Hostun RF&S28 utilisés au cours de notre étude, et enfin, celle fournie par Combes (1998) du sable d’Hostun S28. Les différentes granulométries présentées diffèrent peu, la taille de la majorité des grains restant comprise entre 0,2 et 0,6 mm. Les principales caractéristiques granulométriques sont reprises dans le tableau 3.1.

100 80 60 40 20 Hostun RF plus fin (Flavigny et al. , 1990) Hostun
100
80
60
40
20
Hostun
RF plus fin (Flavigny et al.
, 1990)
Hostun
RF moyen (Flavign
y et al., 1990)
Hostun
RF plus gros (Flavi
gny et al., 1990)
Hostun
RF
(cette étude)
0
Hostun
S28
(Combes, 199
8)
Hostun
S28
(cette étude)
0,1
1
Tamisat (%)

Diamètre des grains (mm)

Figure 3.2 : Courbes granulométriques des sables Hostun RF&S28 (avec données de Flavigny et al., 1990, Combes, 1998)

 

D 50 (mm)

D 10 (mm)

D 30 (mm)

D 60 (mm)

C u

=

D

60

C

(D

30

 

D

10

c

=

D

10

.D

60

Hostun RF

(Flavigny et al.,

0,32~0,37

0,19~0,21

0,25~0,30

0,36~0,40

1,88~1,90

 

0,95~1,03

1990)

Hostun S28

(Combes,

1998)

0,355

0,27

0,33

0,35

1,35

1,11

Hostun RF

0,37

0,25

0,27

0,37

1,48

0,84

Hostun S28

0,34

0,25

0,29

0,36

1,44

0,97

Tableau 3.1 : Données granulométriques des sables d’Hostun RF&S28

Les sables d’Hostun RF&S28 apparaissent comme des sables fins et uniformes dont 60% en masse passe au tamis de 0,4mm. Le diamètre moyen des grains se situe aux alentours de 0,35mm pour les deux sables. Flavigny et al. (1990) et Combes (1998) donnent pour indices des vide minimal et maximal les valeurs suivantes :

100

Partie 3 : Campagnes expérimentales

3.1 Matériaux testés

Hostun RF (Flavigny et al.,1990) :

et e max = 1,041

Hostun RF (Combes,1998)

:

e min = 0,648 e min = 0,637

et e max = 0,927

Hostun S28 (Combes,1998)

:

e min = 0,657

et e max = 0,909

3.1.2 Sable de Toyoura

Le sable Toyoura est un sable de référence essentiellement utilisé au Japon. Il s’agit d’un sable naturel, à très grande majorité de silice et produit exclusivement par la société Toyoura Keiseki Kogyo Company dans la ville de Toyoura à l’Ouest du Japon. Le sable porte le nom de « Toyoura Sand » ou de « Toyoura Silica Sand », ou bien de « Toyoura Standard Sand ».

La morphologie de ses grains est sous-angulaire à angulaire (figure 3.3) apparaissant légèrement plus angulaire que pour le sable d’Hostun. La masse volumique des grains est de 2,64 g/cm 3 .

La masse volumique des grains est de 2,64 g/cm 3 . Figure 3.3 : Vue microscopique

Figure 3.3 : Vue microscopique du sable de Toyoura (Tatsuoka, 2005)

La figure 3.4 présente la courbe granulométrique du sable de Toyoura utilisé au cours de notre étude ainsi que celles fournies par le Département Génie Civil de l’Université de Tokyo (pour des sables achetés entre 1974 et 2000). A titre de comparaison, la granulométrie du sable d’Hostun S28 a également été ajoutée sur cette même figure.

Les différences relevées quant au sable de Toyoura proviennent essentiellement des tamis utilisés, les tamis standards japonais ne comprenant pas celui de 0,16mm. Les granulométries restent malgré tout proches les unes des autres, dans un même fuseau de grains compris entre 0,1 et 0,3 mm, relativement plus fins que ceux du sable d’Hostun. Les principales caractéristiques granulométriques associées à ces courbes sont reportées dans le tableau 3.2.

Le sable de Toyoura, au même titre que le sable d’Hostun, peut être caractérisé comme un sable fin et uniforme mais dont, toutefois, la granulométrie apparaît moins étalée, c’est-à-

101

Partie 3 : Campagnes expérimentales

3.1 Matériaux testés

dire resserrée autour des grains les plus fins. Le diamètre moyen des grains est d’environ

0,18mm.

Goto (1986), et Hoque (1996) fournissent pour exemple, les indices des vides maximal et minimal suivants :

Goto (1986) : Hoque (1996) : e min = 0,605 et e max = 0,977
Goto (1986)
:
Hoque (1996) :
e min = 0,605 et e max = 0,977
e min = 0,590 et e max = 0,960
100
80
60
40
20
0
0,1
1
Diamètre des grains (mm)
Tamisat (%)
 

1997

1993

1990

1990

1991

1991

1996

1996

1995

1995

1996

1996

1987

1987

2000

2000

1974

1998

1997

1997

1985

1985

1998

1998

1999

1999

1999

1999

1997

1997

1998

1998

1993

1999

2000

2000

2000

2000

1999

1999

1999

1999

Toyoura (cette étude)

Toyoura

(cette étude)

Hostun S28 (cette étude)

Hostun S28

(cette étude)

Figure 3.4 : Courbes granulométriques du sable de Toyoura (années 1974 à 2000 : données de l’Université de Tokyo) et du sable d’Hostun S28

D 50 (mm)

D 10 (mm)

D 30 (mm)

D 60 (mm)

C

u

=

D

60

D

10

C

c

=

(D

30

D

10

.D

60

Toyoura

0,19

0,15

0,175

0,20

1,33

1,02

Toyoura

(Université de

Tokyo)

0,17~0,19

0,11~0,12

0,14~0,16

0,185~0,21

1,48~1,83

0,77~1,2

Tableau 3.2 : Données granulométriques du sable de Toyoura

3.1.3 Mélanges sable/argile

La seconde classe de géomatériaux testée au cours de notre étude est un mélange sable/argile peu saturé dont deux teneurs en argile ont été expérimentées. Le sable utilisé est le sable d’Hostun S28 et l’argile employé l’argile de Kaolin sous forme de poudre déshydratée.

102

Partie 3 : Campagnes expérimentales

3.1 Matériaux testés

Le sable d’Hostun S28 a déjà été présenté dans les paragraphes précédents. Les différentes caractéristiques de l’argile de Kaolin, déterminées à partir des essais d’Atterberg sont reportées dans le tableau 3.3.

limite de plasticité w p (%)

limite de liquidité w l (%)

Indice de plasticité I p (%)

Kaolin

21

35

14

Tableau 3.3 : Caractéristiques de l’argile de Kaolin utilisé

La composition précise des mélanges utilisés est détaillée dans les paragraphes qui suivent.

3.1.3.1 Composition des mélanges sable/argile

Les mélanges sable/argile testés au cours de notre étude sont désignés par M15 et M30. Ils comprennent respectivement :

15% (resp. 30%), en masse sèche, d’argile de Kaolin sous forme de poudre déshydratée,

à laquelle est ajoutée une quantité d’eau correspondant à environ 30% de la masse sèche d’argile,

85% (resp. 70%), en masse sèche, de sable d’Hostun

Le tableau 3.4 récapitule les pourcentages massiques des différents constituants.

M15

M30

Masse sèche (%)

Masse totale (%)

Masse sèche (%)

Masse totale (%)

Kaolin

15,0

14,4

30,0

27,5

Hostun S28

85,0

81,3

70,0

64,2

Eau

--

4,3

--

8,3

Tableau 3.4 : Composition des mélanges testés

En pratique, les quantités d’argile de Kaolin sèche et d’eau sont tout d’abord mélangés au moyen d’un malaxeur (figure 3.5.a) pendant 30 mn auxquelles est ajoutée par la suite la quantité de sable d’Hostun considérée. Le mélange est ensuite homogénéisé pendant 30mn supplémentaires. Les figures 3.5.a&b. présentent l’aspect pulvérulent respectivement des mélanges M15 et M30 réalisés.

103

Partie 3 : Campagnes expérimentales

3.1 Matériaux testés

3 : Campagnes expérimentales 3.1 Matériaux t estés (a) (b) (c) Figure 3.5 : Malaxeur utilisé

(a)

3 : Campagnes expérimentales 3.1 Matériaux t estés (a) (b) (c) Figure 3.5 : Malaxeur utilisé
3 : Campagnes expérimentales 3.1 Matériaux t estés (a) (b) (c) Figure 3.5 : Malaxeur utilisé

(b)

(c)

Figure 3.5 : Malaxeur utilisé (a.) pour la confection des mélanges M15 (b.) et M30 (c.)

3.1.3.2 Diagramme de phases

Dans le but de clarifier les volumes, masses spécifiques et les indices des vides des différents composants à l’état initial de fabrication, la figure 3.6 et le tableau 3.5 rappellent la décomposition habituellement considérée de l’échantillon suivant plusieurs phases (grains solides supposés incompressibles, et vides – eau et air).

V tot

air V air V vides m v w V eau w m V c argile
air
V
air
V
vides
m
v
w
V
eau
w
m
V
c
argile
m
tot
c
V
sable
m
g
g

Figure 3.6 : Diagramme de phases (de manière conventionnelle en mécanique des sols, l’eau et l’air sont considérés comme les vides)

 

Abréviation

Masse

Volume

Masse volumique

Echantillon

tot

m tot

V tot

ρ tot

Sable

g

m

g

V g

ρ g

Argile

c

m

c

V c

ρ c

Eau

w

m w

V w

ρ w

Air

a

--

V a

--

Tableau 3.5 : Notations utilisées pour les différentes phases

104

Partie 3 : Campagnes expérimentales

3.1 Matériaux testés

La décomposition fait ainsi apparaître une phase granulaire (sable et argile), une phase liquide et une phase gazeuse. Il est d’usage de considérer la masse volumique des grains de sable et d’argile comme identiques, notée ρ s aux alentours de 2,65 t/m 3 :

ρ

g

= ρ

c

= ρ

s

(3.1)

Les indices des vides respectivement de l’échantillon (e), du sable (e g ), de l’argile (e c ), la porosité (n) de l’échantillon, sa teneur en eau (w) ainsi que la teneur en eau rapportée à l’argile (w c ) et enfin, le degré de saturation (S r ) sont alors définies par les relations suivantes :

 

V

v

=

V

a

+

V

w

et

 

V

v

=

e

e =

V

c

+

V

g

V

c

+

V

g

n =

V

tot

1 +

e

 

V

v

+

V

c

V

a

+

V

w

+

V

c

 

=

=

 

e

g

V

g

V

v

V

a

+

V

g

V

w

 

e

c

=

V

c

=

V

c

(3.2&3.3)

(3.4)

(3.5)

en supposant pour cette dernière relation (3.5) que le sable ne joue aucun rôle (compte tenu de la différence de taille entre les grains de sable et d’argile)

et

w =

m

w ; =

w

c

m

w

(3.6&3.7)

 

m

c

+

m

g

m

c

enfin

S

=

V

w

=

V

w

(3.8)

 

r

V

 

V

+

V

 

v

a

w

Il est également d’usage de définir la fraction d’argile, C, par :

 
 

C =

V

c

V

c

+

V

g

(3.9)

La démarche de calcul de ces paramètres à partir des masses et des volumes initiaux des différents constituants de l’échantillon est illustrée par le tableau 3.6.

Il convient de préciser dans un premier temps le comportement des mélanges M15 et M30 en grandes déformations et à la rupture. Une première série d’essais préliminaires (essais triaxiaux consolidés drainés) est ainsi présentée dans le prochain paragraphe. Ces essais sont réalisés à partir d’un appareil triaxial « classique » avec une mesure des contraintes et des déformations externe à la cellule. Enfin, pour fixer un ordre de grandeur des paramètres initiaux (relations 3.2 à 3.9), un tableau regroupe en annexe B l’ensemble de leurs valeurs pour les différents essais triaxiaux présentés.

105

Partie 3 : Campagnes expérimentales

3.1 Matériaux testés

Données

 

M tot , V tot , ρ tot , m c , m g , m w , ρ s , ρ w

 

Air

V

=

V

V

V

V

=

m

tot

m

g

+

m

c

 

m

w

 

a

tot

g

c

w

ρ

tot

 

ρ

s

ρ

w

   

=

V

tot

V

g

=

1

 

ρ

s

 

g

 

Sable

e

g

V

g

m

g

m

tot

ρ

tot

 

m

   

=

V

tot

V

c

V

g

=

1

   

ρ

s

g

 

e

c

V

c

m

c

m

tot

ρ

tot

m

c

m

Argile

C

=

m

c

 

m

c

+

m

g

w

c

=

m

w

 

m

c

   

V

tot

V

V

 

1

 

 

 

=

c

g

=

   

ρ

s

 

e

V

c

m

tot

ρ

+

s

V

g

(

m

c

+

m

m

g

c

)

+

m

ρ

tot

g

m

tot

ρ

tot

m

c

m

g

n

=

 
 

Echantillon

 

m

tot

ρ

s

w

=

m

w

 
 

m

c

+

m

g

S

=

1

m

w

ρ ρ

s

tot

 

r

ρ

w

m

tot

ρ

s

(

m

c

+

m

g

)

ρ

tot

Tableau 3.6 : Démarche de calcul des paramètres caractéristiques initiales des mélanges sable/argile

3.1.3.3 Essais préliminaires : essais triaxiaux drainés

a) Appareillage d’essais

L’appareillage d’essai comprend une cellule triaxiale « classique » de type Bishop&Henkel, de diamètre 160mm et de hauteur 200mm pour un échantillon d’élancement 2 (diamètre 7cm, hauteur 14cm) ainsi qu’une presse triaxiale CONTROLAB (réf. S0301) reprise sur la figure 3.6. Les données constructeur indiquent une capacité de 50kN et l’application de vitesse de déplacement de 10 -4 à 6 mm/mn suivant une précision de ±0,5%. La force et le déplacement axial sont mesurés de manière externe par un anneau dynanométrique de capacité 3 kN et de résolution 2,692 N/div. et par un comparateur de 30mm de course de résolution 0,01mm/div. Le confinement est assuré au moyen d’air comprimé. L’appareillage ne dispose pas de mesure de la pression interstitielle.

b) Essais réalisés

Les essais réalisés sont des essais triaxiaux drainés consolidés à différentes pressions de confinement (de 50 à 200 kPa) et effectués à différentes vitesses de déformations (maintenues constantes durant l’essai, de 0,014 à 1,4%/mn). Ils sont regroupés dans le tableau

106

Partie 3 : Campagnes expérimentales

3.1 Matériaux testés

3 : Campagnes expérimentales 3.1 Matériaux t estés Figure 3.6 : Vue schématique de la presse

Figure 3.6 : Vue schématique de la presse triaxiale (réf. CONTROLAB S0301) utilisée

3.7, des essais à même pression de confinement et à même vitesse de déformation ayant été reproduits afin de s’assurer de leur répétabilité.

La présence d’argile dans les mélanges a pour effet de générer des structures très lâches (Kumar, 1996, Georgiannou et al., 1990), si bien que les échantillons les plus denses ont été recherchés. Des premiers échantillons ont été réalisés en versant à la cuillère les mélanges considérés par couches de 1cm environ densifiées par damage (manuel) et par vibration en tapant sur le moule extérieur avec un marteau en plastique (figure 3.7). L’indice des vides initial (e) le moins élevé qu’il a été possible d’obtenir est de 0,98 pour le mélange M15 et de 1,03 pour le mélange M30. La préparation des échantillons pour les essais présentés dans le tableau 3.7 a suivi le même protocole.

Une fois l’échantillon réalisé, une dépression de 15kPa est appliquée pour enlever le moule de fabrication de l’échantillon. La dépression est ensuite progressivement remplacée par une pression de confinement de même valeur dans la cellule. Enfin, la pression de confinement est augmentée à une vitesse de 5 kPa/mn environ jusqu’à la valeur souhaitée et

107

Partie 3 : Campagnes expérimentales

3.1 Matériaux testés

une période de consolidation d’une heure est observée avant l’application du déviateur de contrainte suivant la vitesse de déformation choisie.

Essai

σ 3 (kPa)

ε

0

(%/mn)

e 0 i)

w 0 (%) ii)

S r0 (%) iii)

w f (%) ii)

 

01_M15

100

0,014

0,98

4,48

12,1

3,30

02_M15

100

0,014

0,98

4,52

12,1

3,32

03_M15

100

0,07

0,99

4,44

11,8

3,89

04_M15

100

0,07

0,98

4,45

12,0

3,94

05_M15

100

0,07

0,98

4,51

12,1

3,98

06_M15

100

0,7

0,98

4,46

12,1

4,20

07_M15

100

0,7

0,98

4,43

11,9

4,22

08_M15

100

0,7

0,98

4,53

12,2

4,19

09_M15

100

1,4

0,98

4,50

12,1

4,33

10_M15

50

0,014

0,99

4,47

12,0

3,34

11_M15

50

0,07

0,98

4,49

12,1

3,82

12_M15

50

0,07

0,98

4,52

12,2

3,87

M15

13_M15

50

0,7

0,98

4,47

12,0

4,16

14_M15

50

0,7

0,99

4,49

11,9

4,13

15_M15

50

1,4

0,98

4,54

12,2

4,23

16_M15

150

0,014

0,98

4,51

12,1

3,36

17_M15

150

0,07

0,99

4,54

12,1

3,97

18_M15

150

0,7

0,99

4,52

12,0

4,15

19_M15

150

0,7

0,98

4,48

12,1

4,19

20_M15

150

1,4

0,98

4,41

12,0

4,18

21_M15

200

0,014

0,98

4,49

12,1

3,34

22_M15

200

0,07

0,98

4,47

12,0

3,81

23_M15

200

0,7

0,99

4,50

12,1

4,20

24_M15

200

0,7

0,99

4,52

12,1

4,17

25_M15

200

1,4

0,98

4,48

12,1

4,29

 

01_M30

100

0,014

1,03

8,94

22,7

7,18

02_M30

100

0,7

1,04

8,96

22,8

8,38

03_M30

100

0,7

1,04

8,86

22,7

8,30

M30

04_M30

150

0,014

1,03

8,91

22,9

6,95

05_M30

150

0,7

1,04

8,89

22,8

8,21

06_M30

200

0,014

1,04

8,85

22,6

7,03

07_M30

200

0,7

1,04

8,93

22,7

8,41

i) erreur estimée inférieure à 1%

ii) erreur estimée inférieure à 0,1%, la masse sèche est déterminée après séchage dans un four à 150°C pen- dant 10h

iii) erreur estimée inférieure à 2%

Tableau 3.7 : Récapitulatif des essais triaxiaux consolidés drainés réalisés sur les mélanges M15 et

M30 (σ 3 désigne la pression de confinement,

ε

0

la vitesse de déformation, e 0 ,, l’indice des vides initial

w 0 ,, w f , la teneur en eau initiale et finale, S r0 , le degré de saturation initial)

La teneur en eau initiale des échantillons (w 0 ) varie aux alentours de 4,5% pour le mélange M15 et de 8,9% pour le matériau M30. A la fin de chaque essai, la teneur en eau est mesurée (w f ). Une évolution est notée entre le début et la fin de chaque essai, évolution d’autant plus importante que la vitesse de déformation imposée est faible, c’est-à-dire que la durée de l’essai est élevée.

108

Partie 3 : Campagnes expérimentales

3.1 Matériaux testés

damier

échantillon

3.1 Matériaux t estés d a m i e r échantillon membrane moule dépression a. choc
membrane moule dépression a.
membrane
moule
dépression
a.

choc léger

choc léger

damage manuel

moule dépression a. choc léger choc léger damage manuel b. choc léger choc léger Figure 3.7

b.

choc léger

choc léger

Figure 3.7 : Préparation de l’échantillon : a. damier et échantillon, b. densification des couches par damage manuel et vibration

Compte tenu des paramètres initiaux de fabrication (teneur en eau, indice des vides, degré de saturation), les mélanges testés apparaissent comme des matériaux peu saturés. Ils comportent une phase gazeuse continue qui occupe la grande majorité de l’espace poreux, et une phase liquide discontinue au droit des contacts intergranulaires. Deux hypothèses sont considérées : la première consiste à considérer la pression d’air à l’intérieur de l’échantillon comme très proche de la pression atmosphérique ; la deuxième à estimer que la déformation observée est celle du squelette granulaire, c’est-à-dire de la phase gazeuse.

Les résultats des essais sont présentés dans le paragraphe qui suit : la répétabilité des essais et l’influence de la vitesse de déformation sont examinées. Ensuite, les caractéristiques à la rupture sont dressées ainsi qu’une comparaison avec le sable d’Hostun S28 lâche et l’argile de Kaolin normalement consolidé.

3.1.3.4 Discussions

Dans le souci de prendre en compte la déformation en tonneau de l’échantillon (supposée de forme parabolique), l’expression suivante du déviateur de contrainte, q, peut être utilisée :

q

=

σ

z

P

=

F mesuré

3

h

S

0

2

H

0

(1

)

(3.10)

où {σ z ; P} désignent la contrainte axiale et la pression de confinement, F mesuré , la force mesurée sur l’anneau dynanométrique, h le déplacement vertical mesuré et H 0 , S 0 la hauteur et la surface de la section initiales de l’échantillon.

Les relations déviateur de contraintes - déformation axiale de l’ensemble des essais réalisés sont reportées sur les figures 3.8 à 3.18.

a) Répétabilité

Plusieurs essais identiques (pression de confinement et vitesse de déformation imposées identiques) ont été réalisés sur les matériaux M15 et M30 afin de s’assurer de leur répétabilité. Les évolutions du déviateur de contrainte en fonction de la déformation axiale

109

Partie 3 : Campagnes expérimentales

3.1 Matériaux testés

pour ces essais, sont données sur la figure 3.8. Entre ces essais, les différences relevées sur les valeurs du déviateur de contrainte restent inférieures à 5% dans le domaine des grandes déformations (>0,1%). Dans le domaine des petites et moyennes déformations, les écarts sont plus importants mais l’appareillage utilisé (capteur de force externe, dispositif à barres

ne permet pas de mesures précises à ces niveaux

externes, mesure du déplacement externe de déformation (cf. §1.1.3).

)

300 M15 (a) e 0 ≈0,98 ; e e 0,98 ; e 1,28 ; e
300
M15
(a)
e 0 ≈0,98 ; e
e
0,98 ; e
1,28 ; e
≈1,3 ; e c0 ≈6,6
7,52
g
g0
c
0
w 0
≈4,5% ; S
≈12,1%
w
r0
4,5% ; S
12,1%
0
r
0
.
σ 3 =100kPa
ε 0 =0,014%/mn
200
100
Essai 01_M15
Essai 02_M15
0
0
5
10
15
20
25
Déviateur de contrainte, q(kPa)
Déviateur de contrainte, q(kPa)

Déformation axiale, ε z (%)

450 M15 (c) e ≈0,98 ; e 0,98 ; e 1,28 ; e ≈1,3 ;
450
M15
(c)
e
≈0,98 ; e
0,98 ; e
1,28 ; e
≈1,3
; e c0 ≈6,6
7,52
e 0
0
g
g0
c
w
≈4,5%
;
S
≈12,1%
σ
3 =200kPa
w
0
4,5% ; S
12,1%
r0
0
r0
.
ε 0 =0,7%/mn
300
σ
3 =150kPa
σ 3 =100kPa
150
σ 3 =50kPa
Essai 13_M15
Essai 14_M15
Essai 06_M15
Essai 07_M15
Essai 08_M15
Essai 18_M15
Essai 19_M15
Essai 23_M15
Essai 24_M15
0
0
5
10
15
20
25
Déviateur de contrainte, q(kPa)
Déviateur de contrainte, q(kPa)

Déformation axiale, ε z (%)

200

100

0

M15 (b) e 0 ≈0,98 ; e e 0,98 ; e 1,28 ; e ≈1,3
M15
(b)
e 0 ≈0,98 ; e
e
0,98 ; e
1,28 ; e
≈1,3 ; e c0 ≈6,6
7,52
g
g0
c
0
w 0 ≈4,5% ; S
≈12,1%
4,5% ; S
12,1%
r0
w 0
r 0
σ 3 =100kPa
.
ε 0 =0,07%/mn
σ 3 =50kPa
Essai 11_M15
Essai 12_M15
Essai 03_M15
Essai 04_M15
Essai 05_M15

300

200

100

0

0 5 10 15 20 25 Déformation axiale, ε z (%) M30 (d) e ≈1,04
0
5
10
15
20
25
Déformation axiale, ε z (%)
M30
(d)
e
≈1,04 ; e
1,04 ;
1,65 ;
≈1,9 ; e c0 ≈3,5
4,51
e 0
0
e g
g0
e c
w 0
≈8,9% ; S
≈22,8%
8,9% ; S
22,9%
r0
w 0
r0
.
ε 0 =0,7%/mn
σ 3 =100kPa
Essai 02_M30
Essai 03_M30
0
5
10
15
20
25

Déformation axiale, ε z (%)

Figure 3.8 : Répétabilité de la relation contrainte-déformation pour : a. 2 essais réalisés à une vitesse de déformation constante de 0,014%/min. sur 2 échantillons de mélange M15 consolidés à 100kPa, b. 5 essais réalisés à une vitesse de 0,07%/min. sur 2 échantillons de mélanges M15 consolidés à 50kPa et 3 à 100kPa, c. 9 essais réalisés à une vitesse de 0,7%/min. sur 2 échantillons de mélange M15 consolidés à 50kPa, 3 à 100kPa, 2 à 150 kPa et 2 à 200 kPa, d. 2 essais réalisés à une vitesse de 0,7%/min. sur 2 échantillons de mélange M30 consolidés à 100kPa

Compte tenu de la bonne répétabilité des essais, les résultats des essais effectués à même pression de confinement et à même vitesse de déformation sont moyennés par la suite.

b) Influence de la vitesse de déformation

L’influence de la vitesse de déformation est illustrée pour le mélange M15 et M30 sur la figure 3.9.

110

Partie 3 : Campagnes expérimentales

3.1 Matériaux testés

En ce qui concerne le mélange M15, quelque soit la pression de confinement considérée (figure 3.9.a.b.c), la relation déviateur de contrainte-déformation axiale semble très peu influencée par la vitesse de déformation : pour une gamme comprise entre 0,07 et 1,4%/mn., les courbes se superposent. En revanche, le mélange apparaît légèrement plus rigide (différences sur la valeur du déviateur légèrement inférieures à 10%) dans le cas d’une vitesse très faible de 0,014%/mn. Ces observations ne semblent pas en accord avec un caractère visqueux du matériau (c’est-à-dire un comportement dépendant de la vitesse de sollicitation) puisque le comportement demeure inchangé pour des vitesses comprises dans un rapport de 20 et que le matériau semble plus rigide pour une vitesse de déformation encore plus faible (0,014%/min). Un autre point de vue doit être considéré. Pour ces essais à vitesse de déformation très faible, il est noté que la teneur en eau chute de manière plus importante (de l’ordre de 1,2%, cf. tableau 3.7) que pour les autres essais, compte tenu de

M15 (a) e e ≈0,98 ; e 0,98 ; e 1,28 ; e ≈1,3 ;
M15
(a)
e
e
≈0,98 ; e
0,98 ; e
1,28 ; e
≈1,3 ; e
7,52
≈6,
6
0
0
g
g0
c
c0
.
w
≈4,5% ; S
≈12,1%
ε 0 =0,014%/mn
0
r0
w
4,5% ; S
12,1%
r
400
σ 3 =200kPa
.
0,014%/mn
ε 0 =0,07à1,4%/mn
0,07%/mn
0,7%/mn
1,4%/mn
200
.
ε
0 =0,014%/mn
σ 3 =50kPa
.
0,014%/mn
ε
0 =0,07à1,4%/mn
0,07%/mn
0,7%/mn
1,4%/mn
0
0
5
10
15
20
25
Déviateur de contrainte, q(kPa)
Déviateur de contrainte, q(kPa)

Déformation axiale, ε z (%)

M15 (c) 0,98 ; e 1,28 ; e 7,52 e ≈0,98 ; e ≈1,3 ;
M15
(c)
0,98 ; e
1,28 ; e
7,52
e
≈0,98 ; e
≈1,3 ; e
≈6,6
e 0
0
g
g0
c
c0
.
w
0 ≈4,5% 4,5% ; S ; S
≈12,1%
ε 0 =0,014%/mn
r0
w
12,1%
0
r0
300
σ 3 =150kPa
.
ε 0 =0,07à1,4%/mn
150
0,014%/mn
0,07%/mn
0,7%/mn
1,4%/mn
0
0
5
10
15
20
25
Déviateur de contrainte, q(kPa)
Déviateur de contrainte, q(kPa)

Déformation axiale, ε z (%)

300

200

100

0

400

200

0

M15 (b) e 0 ≈0,98 0,98 ; e ; e e 1,28 ; e ≈1,3
M15
(b)
e 0 ≈0,98 0,98 ; e ; e
e
1,28 ; e
≈1,3 ; e
7,52
≈6,6
g0
c0
g
c
0
w 0
≈4,5% ; S
≈12,1%
.
r0
w
4,5% ; S
12,1%
ε
0 =0,014%/mn
0
r0
σ 3 =100kPa
.
ε
0 =0,07à1,4%/mn
0,014%/mn
0,07%/mn
0,7%/mn
1,4%/mn
0 5 10 15 20 25 Déformation axiale, ε z (%) M30 (d) e e
0
5
10
15
20
25
Déformation axiale, ε z (%)
M30
(d)
e
e
≈1,04 ;
1,04 ; e
e
1,65 ; e
≈1,9 ; e c0 ≈3,5
4,51
g
c
0 0
g0
w 0
≈8,9% ; S
≈22,8%
8,9% ; S
22,9%
r0
w 0
r 0
σ 3 =200kPa
σ 3 =150kPa
.
ε 0 =0,014%/mn
σ 3 =100kPa
.
ε 0 =0,7%/mn
0,014%/mn
0,7%/mn
0,014%/mn
0,7%/mn
0,014%/mn
0,7%/mn
0
5
10
15
20
25

Déformation axiale, ε z (%)

Figure 3.9 : Influence de la vitesse de déformation sur la relation contrainte-déformation du mélange M15 pour une pression de confinement de a. 50 et 200kPa, b. 100kPa, c. 150 kPa et du mélange M30 pour une pression de confinement de 100,150 et 200 kPa (d.)

la durée plus élevée pour atteindre un même niveau de déformation. Cette diminution de la teneur en eau se traduit par un degré de saturation final plus faible par rapport aux autres essais. Coussy & Fleureau (2002) reporte un nombre important d’essais sur des limons et des argiles et montrent qu’à contrainte mécanique constante, la baisse du degré de saturation

111

Partie 3 : Campagnes expérimentales

3.1 Matériaux testés

contribue à rigidifier le matériau par rapport à un cas saturé. Ceci résulte de l’augmentation de la pression capillaire définie comme la pression de l’air moins la pression de l’eau interstitielle (celle–ci est négative pour des matériaux partiellement saturés). Elle peut atteindre des valeurs importantes pour les limons et argiles mais restent faibles pour les sables. Dans le cadre de notre étude, la pression capillaire n’a pu être mesurée. Par ailleurs, pour nos essais, l’augmentation de la pression capillaire intervient en parallèle à la compression monotone qui aurait tendance à réduire le volume des vides (si l’on considère le caractère lâche des échantillons soit un comportement contractant du matériau) et ainsi à augmenter le degré de saturation, soit à réduire ce phénomène. Néanmoins, en prolongeant le raisonnement à contrainte mécanique constante, une diminution du degré de saturation (de la teneur en eau) et donc une augmentation de la pression capillaire provoque une rigidification du mélange M15 : l’écart observé sur les valeurs du déviateur traduirait cette influence, somme toute limitée, puisque l’écart reste inférieur à 10%. De plus, l’écart se réduit pour les fortes pressions de confinement (200 kPa, figure 3.9.a) atteignant environ 5%. Pour le mélange M30 (figure 3.9.d), les mêmes observations peuvent être menées : il est noté un comportement légèrement plus rigide du mélange pour une vitesse de déformation très faible.

En conclusion, les résultats de la figure 3.9 mettent en évidence une faible sensibilité des mélanges sable/argile avec la vitesse de déformation, dans des valeurs comprises entre 0,07%/mn et 1,4%/mn pour lesquelles la teneur en eau varie peu. Lorsque la teneur en eau évolue de manière plus importante, le comportement est légèrement plus rigide, ce qui peut s’interpréter comme une augmentation de la pression capillaire.

c) Caractéristiques à la rupture et comparaison avec le sable d’Hostun, l’argile de Kaolin

Sur la figure 3.10 sont reportées les valeurs du déviateur de contrainte à la rupture (considérée à une déformation axiale de 20% pour le mélange M30) en fonction de la pression moyenne. Ont également été ajoutées les droites de rupture obtenues par Combes (1998) à partir d’essais triaxiaux sur le sable d’Hostun S28 (pour un indice des vides de 0,908) et par Doanh (1984) à partir d’essais triaxiaux drainés sur des échantillons saturés d’argile de Kaolin (identique à celle utilisée dans notre étude,w l =35, I p =14) normalement consolidés. Les échan-

M15 (e ≈0,98 ; e (e ≈1,3 ; e ≈6,6 ;w 0 ≈4,5% ; S
M15
(e ≈0,98 ; e
(e
≈1,3 ; e
≈6,6 ;w 0 ≈4,5% ; S
≈12,1%)
0
≈0,98 ; e
g0
≈1,3 ; e
c0
≈7,5 ; w
≈4,5% ; S
r0
≈12,1%)
0
g0
c0
0
r0
500
M15 0,014%/mn
M15 0,07%/mn
M15 0,7%/mn
M15 1,4%/mn
M15 Linear Fit
M15 (φ=30,5°;C=15,2kPa)
Hostun S28
(φ=33,5°;C=0kPa)
M30 (φ=25,2°;C=25,8kPa)
Kaolin NC (φ'=23,5°;C'=0kPa)
σ
3 =200kPa
250
σ
3 =150kPa
M30
σ
3 =100kPa
(e ≈1,04 ; e
(e
≈1,04 ; e
≈1,9 ; e
≈1,7 ; e
≈3,5 ;w 0 ≈8,9% ; S
≈4,5 ; w
≈8,9% ; S
≈22,9%)
≈22,8%)
0
g0
c0
r0
0
g0
c0
0
r0
M30 0,014%/mn
σ
3 =50kPa
M30 0,7%/mn
M30 Linear Fit
0
0
150
300
450
Déviateur de contrainte à la rupture, q f (kPa)

Contrainte moyenne, p(kPa)

Figure 3.10 : Droite de rupture obtenues dans le plan déviateur-pression moyenne pour les mélanges M15 et M30, pour le sable d’Hostun S28 (e 0 =0,908) (données de Combes,1998), et pour l’argile de Kaolin normalement consolidé (données de Doanh, 1984)

112

Partie 3 : Campagnes expérimentales

3.1 Matériaux testés

échantillons d’argile de Kaolin ont été préparés à partir de poudre déshydratée à laquelle est ajoutée une quantité d’eau correspondant à 1,5 fois la limite de liquidité puis consolidés à 50 kPa.

Des droites de rupture sont obtenues dans le plan déviateur-pression moyenne pour les deux mélanges M15 et M30. Ces deux matériaux présentent une cohésion apparente respective de l’ordre de 15 kPa et 25 kPa et des angles de frottement interne de 30,5° et 25,2°.

Ces valeurs sont cohérentes avec plusieurs observations menées par différents auteurs. En ce qui concerne l’angle de frottement interne, Wheeler&Sivakumar (1992), Verbrugge &Fleureau (2002), Duchêne (1998) constatent que l’angle de frottement n’est pas affecté par le degré de saturation, ce qui suggère que les valeurs obtenues pour les mélanges M15 et M30 sont identiques à celles des mêmes mélanges secs ou saturés. Ensuite, Kumar (1996) et Wood&Kumar (2000) qui réalisent des essais triaxiaux drainés sur des mélanges sable/argile saturés (mélanges de sable grossier - D 50 =1,5mm - et d’une argile de Kaolin -w l =80 ; I p =41 - comprenant une fraction d’argile variant de 30 à 100%), montrent que la valeur de l’angle de frottement interne des mélanges sable/argile devient identique à celui de l’argile dans le cas de fractions d’argile C supérieures à 30%. Or cette tendance semble vérifiée puisque l’angle de frottement interne obtenu pour le mélange M30, de 25,2° est inférieur à celui obtenu pour le mélange M15, et se rapproche de celui de l’argile de Kaolin de 23,5° déterminé par Doanh

(1984).

Par ailleurs, les données issues de Kumar (1996) et Wood&Kumar (2000) montrent des cohésions drainés C’ quasi-nulles des mélanges sable/argile. Celles des mélanges M15 et M30, de l’ordre de 15 à 25 kPa, suggèrent que la non saturation se traduit par une augmentation de la cohésion apparente. Cette propriété a été vérifiée par Duchêne (1998) sur un limon très peu saturé ou par Wheeler&Sivakumar (1992) sur l’argile Speswhite non saturé ou par Verbrugge&Fleureau (2002) sur le limon de Jossigny non saturé.

La figure 3.10 montre également que pour des pressions de confinement supérieures ou égales à 100 kPa, les droites de ruptures des mélanges sable/argile M15 et M30 restent comprises dans un fuseau délimité par celles du sable seul et de l’argile seule. Ceci est illustré dans le plan contrainte-déformation par la figure 3.11. Sur cette figure sont tracés en première approximation les courbes contrainte-déformation du sable d’Hostun et de l’argile de Kaolin à partir des données de Combes (1998), de Doanh (1984) et d’une relation hyperbolique de la forme :

q

=

σ

z

P

=

A .

ε

z

B

+

ε

z

(3.11)

avec A le déviateur à la rupture (donnée par la figure 3.10) et A/B la pente à l’origine, autrement dit le module d’Young E. Pour deux pressions de confinement différentes P 1 , P 2 , les modules d’Young E 1 , E 2 sont évalués par l’expression (cf. §4.2.2) :

E 2

=

E .

1


P

2

P

1

m

(3.12)

m=0,5 pour le sable d’Hostun et m=0,65 pour l’argile de Kaolin (cf. §4.2.2).

113

Partie 3 : Campagnes expérimentales

3.1 Matériaux testés

M1 5 (e ≈0,98 ; e g0 ≈1,3 ; e c0 ≈7,5 ; ≈4,5% ;
M1 5 (e
≈0,98 ; e g0 ≈1,3 ; e c0 ≈7,5 ;
≈4,5% ; S r0 ≈12,1%)
(e ≈0,98 ; e
≈1,3 ; e
≈6,6 ;w 0 ≈4,5% ; S
0
g0
c0
w 0
≈12,1%)
r0
0
30
0
M3
0
(e0≈1,04 ; eg0≈1,9 ; ec0≈3,5 ;w0≈8,9%
(e 0 ≈1,04 ; e g0 ≈1,7 ; e c0 ≈4,5 ; w
≈8,9% ; S
≈;22,Sr09%≈22,)
8%)
0
r0
Hostun S28 (e 0 =0,908)
σ 3 =100kPa
(Combes,1998)
Hostun S28
M30
(hyperbol.)
20
0
M15
Kaolin NC
10
0
(hyperbol.)
.
.
M30 (ε 0 =0,7%/mn)
M30 (ε 0 =0,014%/mn)
M15 (ε 0 =0,07%/mn)
.
.
M15 (ε 0 =0,7%/mn)
M15 (ε 0 =1,4%/mn)
.
(a)
.
M15 (ε 0 =0,014%/mn)
0
0
5
10
15
20
Déviateur de contrainte, q(kPa)
Déviateur de contrainte, q(kPa)
M15 ( (e ≈0,98 ; e ≈1,3 ; e c0 ≈6,6 ;w 0 ≈4,5% ;
M15 (
(e
≈0,98 ; e
≈1,3 ; e c0 ≈6,6 ;w 0 ≈4,5% ; S r0 ≈12,1%)
e ≈0,98 ; e
0
≈1,3 ; e
g0
≈7,5 ; w 0 ≈4,5% ; S
≈12,1%)
0
g0
c0
r0
≈1,04 ; e
≈1,9 ; e c0 ≈3,5 ;w 0 ≈8,9% ; S r0 ≈22,8%)
Hostun S28
M30
0
≈1,04 ; e g0 ≈1,7 ; e c0 ≈4,5 ; w
g0
(e (e 0
≈8,9% ; S
≈22,9%)
0
r0
(hyperbol.)
σ 3 =150kPa
M15
M30
Kaolin NC
(hyperbol.)
.
.
M30 (ε 0 =0,7%/mn)
M15 (ε 0 =0,07%/mn)
.
.
M30 (ε 0 =0,014%/mn)
M15 (ε 0 =0,7%/mn)
M15 (ε 0 =1,4%/mn)
.
(b)
.
M15 (ε 0 =0,014%/mn)
0
0
5
10
15
20

400

200

Déformation axiale, ε z (%) Déformation axiale, ε z (%) M15 ( (e e 0
Déformation axiale, ε z (%)
Déformation axiale, ε z (%)
M15 (
(e
e 0 ≈0,98 ; e g0 ≈1,3 ; e c0 ≈7,5 ;
≈0,98 ; e
≈1,3 ; e
≈6,6 ;w 0 ≈4,5% ; S r0 ≈12,1%)
≈4,5% ; S r0 ≈12,1%)
0
g0
c0
w 0
500
Hostun S28
M30
(e
≈1,04 ; e
≈1,9 ; e
≈3,5 ;w 0 ≈8,9% ; S r0 ≈22,8%)
(e 0 ≈1,04 ; e g0 ≈1,7 ; e c0 ≈4,5 ; w 0 ≈8,9% ; S r0 ≈22,9%)
0
g0
c0
(hyperbol.)
σ 3 =200kPa
400
300
M15
Kaolin NC
(hyperbol.)
200
Kaolin NC
(Doanh,1984)
M30
.
.
100
M15 (ε 0 =0,07%/mn)
M30 (ε 0 =0,7%/mn)
.
.
M15 (ε 0 =0,7%/mn)
M30 (ε 0 =0,014%/mn)
.
M15 (ε 0 =1,4%/mn)
(c)
.
M15 (ε 0 =0,014%/mn)
0
0
5
10
15
20
Déviateur de contrainte, q(kPa)

Déformation axiale, ε z (%)

Figure 3.11 : Comparaison des relations contrainte-déformation obtenues sur les mélanges M15 et M30 à différentes vitesses de déformation (figures 3.10), et celles obtenues sur le sable d’Hostun S28 et sur l’argile de Kaolin à partir d’une relation hyperbolique (équations 3.11 et 3.12) pour des pressions de confinement de a. 100kPa, b. 150 kPa, c. 200kPa

d) Conclusion

Une

première

série

d’essais

préliminaires

(consolidés

drainés)

réalisés

sur

les

mélanges M15 et M30, a permis de dégager les aspects suivants :

- un caractère lâche des matériaux engendré par la présence d’argile dans les mélanges (notamment dans le cas du mélange M30),

- une sensibilité excessivement faible de la relation déviateur-déformation axiale avec la vitesse de déformation,

- une rigidification du comportement sous l’effet de l’évolution (décroissante) de la teneur en eau au cours de l’essai, mise en évidence par des essais à vitesses de déformations imposées très faibles,

- des caractéristiques à la rupture qui révèlent une augmentation de la cohésion apparente des matériaux due à la non saturation, et des angles de frottement interne plus faibles que celui du sable, se rapprochant de celui de l’argile pour le matériau M30.

114

Partie 3 : Campagnes expérimentales

3.2 Bilan des essais réalisés sur l’appareil « T4C StaDy »

3.2 Bilan des essais réalisés sur l’appareil « T4C StaDy »

3.2.1 Présentation et nomenclature

Deux campagnes expérimentales ont été réalisées sur l’appareil « T4C StaDy » portant sur les matériaux présentés précédemment. La première porte sur les sables secs d’Hostun et de Toyoura et vise à caractériser le comportement de ces sables de granulométrie différente à partir d’essais avec ou sans rotation des axes principaux de contrainte. La seconde campagne suit le même objectif mais sur les mélanges sable/argile peu saturés M15 et M30 à partir d’essais de compression uniquement.

Le

paragraphe

suivant

dresse

plus

précisément

le

récapitulatif

des

essais.

La

nomenclature utilisée pour désigner chacun des essais fait apparaître dans l’ordre :

le type de l’essai (« C » pour un essai de compression « triaxiale », ou « K » pour un essai de type « torsion à K 0 », le rapport K 0 étant fixé à 0,5 pour les essais réalisés),

la pression utilisée pour consolider l’échantillon (en kPa),

l’indices des vides initial de fabrication,

le type de matériau.

Pour exemple, l’essai K80.90_T est un essai de torsion pure à partir d’un état anisotrope K 0 sur un échantillon de sable sec de Toyoura ayant un indice des vides initial de 0,90 et consolidé isotropiquement jusqu’à une pression de 80 kPa. L’essai C60.99_M15 est un essai de compression sur un échantillon de mélange M15 (mélange sable/argile avec 15%, en masse sèche, d’argile) ayant un indice des vides initial (granulaire – sable et argile) de 0,99 sous une pression de confinement de 60 kPa.

3.2.2 Récapitulatif des essais

Le tableau 3.8 regroupe l’ensemble des essais réalisés sur l’appareil « T4C StaDy ». Une première série d’essais n’a pas été réalisée dans le cadre de cette étude : il s’agit des essais C50.81_H, C80.63_H, C50.64_H, K50.72_H, K50.65_H, et K75.65_H réalisés sur le sable d’Hostun. Ces essais ont été effectuées par Sauzeat (2003) au cours de sa thèse, exploités au cours de notre DEA (Duttine, 2000), et déjà présentés, par exemple dans Sauzeat et al. (2003). Leurs résultats sont néanmoins repris afin d’appuyer la modélisation. Il doit être noté que pour ces essais, la mesure de la distorsion a été réalisée uniquement sur un seul côté de l’échantillon avec une seule paire de capteurs sans contact (cf. §2.1.4.1). Les essais C75.65_H, C55.71_H, et C59.71_H, réalisés au cours de cette étude, viennent compléter cette série d’essais sur le sable d’Hostun avec une mesure de la distorsion à partir de deux paires de capteurs sans contact. La campagne sur le sable sec d’Hostun comprend ainsi 6 essais de compression et 3 essais de type torsion à K 0 (torsion à partir d’un état de contrainte anisotrope K 0 ) sur des échantillons lâches et denses pour des pressions de confinement comprises entre 50 et 80 kPa.

115

Partie 3 : Campagnes expérimentales

3.2 Bilan des essais réalisés sur l’appareil « T4C StaDy »

Les essais réalisés sur le sable sec de Toyoura comportent 8 essais de compression, et 3 essais de torsion de type K 0 sur des échantillons lâches et denses pour des pressions de confinement variant de 55 à 80 kPa.

La seconde campagne portant sur les mélanges sable/argile inclut 9 essais de compression sur des échantillons les plus denses obtenus sur cet appareil (indice des vides aux alentours de l’unité) pour des pressions de confinement comprises entre 55 et 70 kPa.

Matériau

Nom de l’essai

Type

Nbre de capteurs (distorsion)

   

C50.81_H i)

Compression Compression Compression Torsion à K 0

2

Etat lâche

C55.71_H

4

C59.71_H ii)

4

 

K50.72_H i)

2

Hostun

 

C75.65_H iii)

Compression Compression Compression Torsion à K 0 Torsion à K 0

4

C80.63_H i)

2

Etat dense

C50.64_H

i)iv)

2

K50.65_H

i)

2

K75.65_H

i)v)

2

   

C77.88_T iii)

Compression Compression Compression Compression Torsion à K 0 Torsion à K 0

4

C65.91_T

4

Etat lâche

C80.90_T

4

C55.89_T ii)

4

 

K77.88_T iii)

4

Toyoura

K80.90_T

4

 

C72.63_T iii)

Compression Compression Compression Compression Torsion à K 0

4

C80.63_T iii)

4

Etat dense

C80.64_T iii)

4

C75.65_T

4

K80.69_T

4

   

C60.99_M15

Compression

4

M15

C62.98_M15

Compression

4

C65.99_M15

Compression

4

C70.99_M15

Compression

4

Sable/Argile

M30

C65.99_M30 iii) v) C60.99_M30 iii)v) C55.98_M30 v) C60.97_M30 v) C62.99_M30 v)

Compression

4

Compression

4

Compression

4

Compression

4

Compression

4

i) essai déjà présenté dans Sauzeat (2003)

ii) essai comprenant uniquement l’application de périodes de fluage

iii) essai pour lequel la mesure de la déformation radiale et orthoradiale reste imprécise dans le domaine des petites déformations (cf. §2.1.4.2)

iv) essai sans mesure de la déformation radiale, les signaux des capteurs radiaux externes n’ayant pas été enregistrés

v) essai réalisé sans propagation d’ondes ultrasonores, en raison d’une défaillance du dispositif dynamique

Tableau 3.8 : Récapitulatif de l’ensemble des essais réalisés sur l’appareil « T4C StaDy »

116

Partie 3 : Campagnes expérimentales

3.2 Bilan des essais réalisés sur l’appareil « T4C StaDy »

Dans la suite, des exemples d’essais « typiques » réalisés sur sables secs (Hostun et Toyoura) et sur mélanges sable/argile sont exposés. Ces exemples permettent d’illustrer l’exploitation des sollicitations cycliques de faible amplitude, des sollicitations dynamiques et des périodes de fluage réalisées (décrites au §2.2.3). Ces investigations permettent de caractériser le comportement en petites déformations et le comportement différé (dépendant du temps) de ces matériaux (cf. partie 4).

117

118

Partie 3 : Campagnes expérimentales

3.3 Essais sur sables secs

3.3 Essais sur sables secs

Deux exemples d’essais réalisés sur les sables secs d’Hostun et de Toyoura sont présentés dans ce paragraphe. Il s’agit des essais de compression C80.63_H et C75.65_H réalisés sur le sable d’Hostun, ainsi que l’essai de type « torsion à K0 », K80.90_T, sur le sable de Toyoura. Les essais C80.63_H et C75.65_H sont de plus, comparés afin d’illustrer l’apport d’une deuxième paire de capteurs sans contact sur la caractérisation du comportement, particulièrement en petites déformations. Afin de ne pas alourdir les paragraphes qui vont suivre et d'empêcher d’inévitables redondances, une partie seulement des résultats est présentée pour ces deux essais. Une exploitation complète des résultats est proposée pour l’essai K80.90_T (§3.3.2) et pour l’essai C70.99_M15 (§3.4.2). L’ensemble des résultats sont fournis en annexe C.

3.3.1 Exemple d’essais de compression : les essais C80.63_H et

C75.65_H

3.3.1.1 Description générale

Les essais C80.63_H et C75.65_H désignent des essais de type compression (« triaxiale ») drainée réalisés sur le sable d’Hostun sec (respectivement RF et S28). Ils sont effectués sur des échantillons d’indice des vides initial respectifs de 0,63 et 0,65 (échantillons denses) consolidés sous des pressions de confinement de 80 et 75 kPa. Les chemins de contrainte suivis dans le plan déviateur-contrainte moyenne sont reportés sur la figure 3.12 :

après une consolidation isotrope (augmentation de la pression de confinement de 5kPa/mn environ jusqu’à la valeur souhaitée), les échantillons sont soumis à une compression axiale

(

. =0,5 kPa/s) dont les étapes sont reprises dans le tableau 3.9.
z

σ

Hostun RF C80.63_H : e 0 =0,63 ; P=σ 0 =80kPa 400 Hostun S28 C75.65_H
Hostun RF
C80.63_H : e 0 =0,63 ; P=σ 0 =80kPa
400
Hostun S28
C75.65_H
C75.65_H : e 0 =0,65 ; P=σ 0 =75kPa
Point 6
300
C80.63_H
Point 5
Point 4
200
Point 3
Point 2
100
Point 1
C75.65_H
C80.63_H
Point 0
0
0
100
200
300
Déviateur de contrainte, q(kPa)

Contrainte moyenne, p(kPa)

Figure 3.12 : Chemins de contrainte suivis pour les essais C80.63_H et C75.65_H dans le plan déviateur-contrainte moyenne

 

C80.63_H

 

Points

q (kPa)

P (kPa)

φ(°)

0 0

80

0

1 50

80

14

2 100

80

23

3 150

80

29

4 200

80

34

5 250

80

38

 

C75.65_H

 

Points

q (kPa)

P (kPa)

φ(°)

0 0

75

0

1 50

75

14

2 100

75

24

3 150

75

30

4 200

75

35

5 250

75

39

6 300

75

42

Tableau 3.9 : Etapes de chargement des essais C80.63_H et C75.65_H (q désigne le déviateur de contrainte axial, P la pression de confinement,

φ l’angle de frottement mobilisé, de Mohr-Coulomb)

119

Partie 3 : Campagnes expérimentales

3.3 Essais sur sables secs

A chacune de ces étapes, une période de fluage de 2 à 3 heures est observée (durant laquelle l’état de contrainte est maintenu constant). Le comportement en petites déformations est ensuite investigué à partir des mesures de vitesses de propagation d’ondes d’une part, et d’autre part à partir des sollicitations cycliques de faible amplitude (axiales, puis de torsion et enfin bi-axiales, cf. § 2.2.3).

Dans le cas de l’essai C75.65_H, la pression de confinement visée de 80 kPa n’a pu être atteinte en raison de la présence de faible fuites entre l’embase inférieure et l’échantillon. La compression axiale a été poursuivie jusqu’à la rupture de l’échantillon. Dans le cas de l’essai C80.63_H, des mesures n’ont pu être réalisées qu’en 6 points d’investigation, un problème lié à la régulation de la presse hydraulique ayant empêché la poursuite du chargement. Enfin il est rappelé que pour l’essai C75.65_H, l’appareil dispose de deux paires de capteurs pour la mesure de la distorsion alors qu’il ne dispose que d’une seule paire pour l’essai C80.63_H (cf. §2.1.4.1 et §3.2, tableau 3.8).

Les relations déviateur-déformation axiale sont présentées sur la figure 3.13. Sont visibles les périodes de fluages observées avant chaque point d’investigation ainsi que les sollicitations cycliques axiales d’amplitude croissante. Le comportement s’avère légèrement pus rigide dans le cas de l’essai C80.63_H en raison de la pression de confinement plus importante et du caractère plus dense de l’échantillon.

Sur la figure 3.14 sont reportées l’évolution de la distorsion moyennée au cours de l’essai C75.65_H et celle de la distorsion au cours de l’essai C80.63_H. Les sollicitations cycliques de torsion sont également, aisément discernables aux différents points d’investigation. Pour l’essai C75.65_H, les deux valeurs distinctes de la distorsion, notées γ 1 et γ 2 , sont reprises sur la figure 3.15. Plusieurs constatations peuvent être émises à partir de l’observation de ces deux figures :

- l’évolution de la distorsion demeure faible face à celle de la déformation axiale, quelque soit l’essai considéré (figure 3.13) et quelque soit le côté de l’échantillon considéré pour l’essai C75.65_H (figure 3.14). Les valeurs finales obtenues atteignent ±0,06% contre 1% pour la déformation axiale.

- les distorsions γ C80.63_H de l’essai C80.63_H (figure 3.13) et γ 1 de l’essai C75.65_H (figure 3.14) sont évaluées du même côté de l’échantillon à partir des mêmes capteurs sans contact : leurs évolutions sont similaires mais de sens opposé par rapport à celle obtenue de l’autre côté de l’échantillon (γ 2 figure 3.14).

Ce dernier point explique en partie l’écart observé entre les deux essais, de 30% environ, sur la mesure de la distorsion (figure 3.13). Les différences relevées entre chacun des deux côtés de l’échantillon pour l’essai C75.65_H (figure 3.14) peuvent provenir d’une non-homogénéité de l’échantillon ou d’une légère excentricité de l’axe du piston par rapport à l’axe de l’échantillon. Ces phénomènes sont invisibles à partir d’une seule mesure de la distorsion, comme pour l’essai C80.63_H. Dès lors, l’addition de deux capteurs angulaires permet de prendre en compte ces phénomènes à travers une mesure moyennée de la distorsion.

La déformation axiale fait également l’objet d’une moyenne sur les deux côtés de l’échantillon, ce, pour les deux essais. Leurs valeurs obtenues sur chacun des côtés sont

120

Partie 3 : Campagnes expérimentales

3.3 Essais sur sables secs

0,10 Hostun S28 Hostun S28 400 C75.65_H : e 0 =0,65 ; P=σ 0 =75kPa
0,10
Hostun S28
Hostun S28
400
C75.65_H : e 0 =0,65 ; P=σ 0 =75kPa
C75.65_H : e 0 =0,65 ; P=σ 0 =75kPa
Hostun RF
Hostun RF
C80.63_H : e 0 =0,63 ; P=σ 0 =80kPa
C80.63_H : e 0 =0,63 ; P=σ 0 =80kPa
Point 6
0,05
C80.63_H
Point 3
Point 1
Point 5
Point 6
Point 3
200
Point 5
γ
C75.65_H
C75.65_H
Point 4
0,00
C75.65_H
Point 2
γ
C80.63_H
C80.63_H
Point 1
C80.63_H
Point 2
C75.65_H
Point 4
C80.63_H
0
Point 0
-0,05
Point 0
C75.65_H
0,0
0,5
1,0
0,0
0,4
0,8
Déformation axiale, ε z (%)
Déformation axiale, ε z (%)
Figure 3.12 : Relation déviateur de contrainte –
déformation axiale (essais C75.65_H et C80.63_H)
Figure 3.13 : Evolution de la distorsion en fonction
de la déformation axiale (essais C75.65_H et
C80.63_H)
0,12
1,2
Hostun S28
Hostun S28
1,5
C75.65_H : e 0 =0,65 ; P=σ 0 =75kPa
C75.65_H : e 0 =0,65 ; P=σ 0 =75kPa
γ
2
γ
1
Hostun RF
C80.63_H : e 0 =0,63 ; P=σ 0 =80kPa
C75.65_H
1
γ 2
0,06
0,8
ε
z2
Point 3
Point 1
Point 6
C80.63_H
Point 5
Point 4
0,00
0,4
Point 0
Point 2
ε
z1
γ 1
-0,06
0,0
0,0
0,5
1,0
0,0
0,4
0,8
Déformation axiale, ε z (%)
Déformation axiale 1, ε z1 (%)
Figure 3.14 : Evolution des distorsions en fonction de
la déformation axiale (essai C75.65_H)
Figure 3.15 : Evolution des déformations axiales
(essais C75.65_H et C80.63_H)
représentées sur la figure 3.15. L’écart entre les valeurs obtenues sur chacun des deux côtés
de l’échantillon est de l’ordre de 20 à 50%, pour les deux essais. Des phénomènes tels que la
présence de non-homogénéités dans l’échantillon (irrémédiable dans le cas d’échantillon de
grande dimension tel que celui de l’appareil T4C StaDy) et une légère excentricité de l’axe
du piston par rapport à l’axe de l’échantillon peuvent de nouveau être avancés pour expliquer
cet écart.
Distorsion, γ(%)
Déviateur de contrainte, q(kPa)
Distorsion, γ(%)
Déformation axiale 2, ε z2 (%)

Suivant le même principe, les figures 3.16 à 3.18 présentent l’évolution des distorsions et des déformations axiales au cours des sollicitations cycliques de faible amplitude réalisées aux différents points d’investigation. Des séries de cycles d’amplitude croissante étant réalisés, les déformations sont prises nulles au début de chaque série de cycle d’amplitude différente. Une nouvelle fois, des écarts du même ordre de grandeur (15 à 20%) sont notées entre les déformations mesurées sur chacun des côtés de l’échantillon. Ceci souligne particulièrement la nécessité de déterminer les déformations en plusieurs points de l’échantillon y compris et surtout dans le domaine des petites déformations.

121

Partie 3 : Campagnes expérimentales

3.3 Essais sur sables secs

Hostun S28 C75.65_H : e 0 =0,65 ; P=σ 0 =75kPa 0,02 1,15 Sollicitations cycliques
Hostun S28
C75.65_H : e 0 =0,65 ; P=σ 0 =75kPa
0,02
1,15
Sollicitations cycliques
Points 0 à 6
γ
2
0,00
Linear
Fit
γ
1
-0,02
-0,02
0,00
0,02
Distorsion 2, γ 2 (%)

Distorsion 1, γ 1 (%)

Figure 3.16 : Evolution des distorsions au cours des sollicitations cycliques (essai C75.65_H)

Hostun S28 C75.65_H : e 0 =0,65 ; P=σ 0 =75kPa 1,20 0,02 Sollicitations cycliques
Hostun S28
C75.65_H : e 0 =0,65 ; P=σ 0 =75kPa
1,20
0,02
Sollicitations cycliques
Points 0 à 6
ε
z2
0,00
Linear Fit
ε z1
-0,02
-0,02
0,00
0,02
Déformation axiale 2, ε z2 (%)

Déformation axiale 1, ε z1 (%)

Figure 3.17 : Evolution des déformations axiales au cours des sollicitations cycliques (essai C75.65_H )

Hostun RF Hostun S28 C80.63_H : e 0 =0,63 ; P=σ 0 =80kPa 0,0 0,02
Hostun RF
Hostun
S28
C80.63_H : e 0 =0,63 ; P=σ 0 =80kPa
0,0
0,02
C75.65_H : e 0 =0,65 ; P=σ 0 =75kPa
1,22
Hostun
RF
Sollicitations cycliques
Points 0 à 5
C80.63_H : e 0 =0,63 ; P=σ 0 =80kPa
-0,2
ε
z2
-0,4
0,00
C80.63_H
-0,6
Linear Fit
C75.65_H
-0,8
C80.63_H
ε z1
C75.65_H
-0,02
-1,0
-0,02
0,00
0,02
0,0
0,4
0,8
1,2
Déformation axiale 1, ε z1 (%)
Déformation axiale, ε z (%)
Figure 3.18 : Evolution des déformations axiales au
cours des sollicitations cycliques (essai C80.63_H )
Figure 3.19 : Relation déformation radiale-
déformation axiale (essais C75.65_H et C80.63_H )
0,3
Hostun S28
Hostun S28
0,0
C75.65_H : e 0 =0,65 ; P=σ 0 =75kPa
C75.65_H : e 0 =0,65 ; P=σ 0 =75kPa
Hostun RF
Hostun RF
C80.63_H : e 0 =0,63 ; P=σ 0 =80kPa
C80.63_H : e 0 =0,63 ; P=σ 0 =80kPa
0,0
-0,2
C80.63_H
-0,4
-0,3
C75.65_H
C75.65_H
C80.63_H
-0,6
C80.63_H
-0,6
C80.63_H
C75.65_H
C75.65_H
0,0
0,4
0,8
1,2
0,0
0,4
0,8
1,2
Déformation axiale, ε z (%)
Déformation axiale, ε z (%)
Figure 3.20 : Relation déformation orthoradiale-
déformation axiale (essais C75.65_H et C80.63_H )
Figure 3.21 : Relation déformation volumique-
déformation axiale (essais C75.65_H et C80.63_H )
122
Déformation orthoradiale, ε θ (%)
Déformation axiale 2, ε z2 (%)
Déformation volumique, ε v (%)
Déformation radiale, ε r (%)

Partie 3 : Campagnes expérimentales

3.3 Essais sur sables secs

Les évolutions des déformations radiales et orthoradiales au cours des deux essais sont fournies par les figures 3.19 et 3.20, qui combinées à celles des déformations axiales donnent celles des déformations volumiques reportées sur la figure 3.21. Des évolutions similaires de la déformation volumique sont observées d’un essai à l’autre, témoignant d’un caractère moyennement dense des échantillons avec une phase contractante puis une phase dilatante (figure 3.30). L’état caractéristique, correspondant au passage entre la phase contractante et dilatante, est situé à environ 0,18% et 0,26% respectivement pour l’essai C80.63_H et l’essai C75.65_H, correspondant aux points d’investigation n°3 soit à des angles de frottement interne compris entre 29 et 30° pour ces deux essais. Ces valeurs d’angle de frottement caractéristique sont cohérentes avec les valeurs obtenues, par exemple, par Pham Van Bang (2004) (à partir d’un appareil triaxial de précision, cf. §1.1.3.2) ou par Combes (1998) (à partir d’appareils triaxiaux plus « classiques ») (valeurs comprises entre 30 et 33°).

De plus, la symétrie de révolution de l’échantillon et le type de chargement appliqué (compression) qui respecte cette symétrie, imposent que les déformations radiales et orthoradiales soient identiques (figures 3.19 et 3.20). Ceci semble vérifié dans le domaine subcaractéristique ; en revanche, un écart de 30% est noté au delà entre les déformations radiale et orthoradiale aussi bien pour l’essai C80.63_H que C75.65_H.

Sont présentés dans la suite uniquement les principaux résultats quant au comportement investigué en petites déformations (termes du tenseur rhéologique et « modules dynamiques »). Une présentation plus complète des résultats est proposée par exemple pour l’essai K80.90_T au paragraphe 3.3.2.

3.3.1.2 Termes du tenseur rhéologique équivalent

Les sollicitations cycliques (axiales, de to