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Campagnes expérimentales

3.1 Matériaux testés

3.1.1 Sable d’Hostun (« RF » et « S28 »)


3.1.2 Sable de Toyoura
3.1.3 Mélanges sable/argile
3.1.3.1 Composition des mélanges
3.1.3.2 Diagramme de phases
3.1.3.3 Essais préliminaires : essais triaxiaux drainés
3.1.3.4 Discussions

3.2 Bilan des essais réalisés sur l’appareil « T4C StaDy »

3.2.1 Présentation et nomenclature


3.2.2 Récapitulatif des essais

3.3 Essais sur sables secs

3.3.1 Exemple d’essais de compression : les essais C80.63_H et


C75.65_H
3.3.1.1 Description générale
3.3.1.2 Termes du tenseur rhéologique équivalent
3.3.1.3 Modules d’Young et de cisaillement
3.3.1.4 Conclusion

3.3.2 Exemple d’un essai de type « torsion à K0 » : l’essai K80.90_T


3.3.2.1 Description générale
3.3.2.2 Termes du tenseur rhéologique équivalent
3.3.2.3 Modules d’Young et de cisaillement
3.3.2.4 Coefficient d’amortissement et cycles biaxiaux
3.3.2.5 Fluages
3.3.2.6 Conclusion

3.4 Essais sur mélanges sable/argile

3.4.1 Préliminaires

95
3.4.2 Exemple d’un essai de compression : l’essai C70.99_M15
3.4.2.1 Description générale
3.4.2.2 Termes du tenseur rhéologique équivalent
3.4.2.3 Modules d’Young et de cisaillement
3.4.2.4 Coefficient d’amortissement et cycles biaxiaux
3.4.2.5 Fluages
3.4.2.6 Conclusion

3.5 Conclusion

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Partie 3 : Campagnes expérimentales

Introduction

Deux campagnes expérimentales ont été réalisées au cours de cette étude sur l’appareil
« T4C StaDy » présenté dans la partie précédente. Ces deux campagnes ont bénéficié du
soutien d’Electricité De France.

La première porte sur des sables secs, le sable d’Hostun et le sable de Toyoura, la
seconde sur des mélanges sable/argile peu saturés (à forte majorité de sable). Ces derniers
matériaux ont été étudiés dans le souci de se rapprocher de matériaux naturels et de
généraliser les résultats déjà obtenus sur sables secs à ces matériaux différents, munis d’une
faible cohésion apparente mais demeurant pulvérulents à l’état initial, facilitant ainsi leur
expérimentation sur l’appareil « T4C StaDy ».

L’objectif de la première série d’essais sur le sable d’Hostun et de Toyoura vise à


caractériser le comportement en petites déformations et le comportement différé (dépendant
du temps) de ces sables de granulométrie différente à travers des essais avec et sans rotation
des axes principaux de contrainte. Enfin, la second série d’essais reprend les mêmes objectifs
pour deux mélanges sable/argile peu saturés mais à partir d’essais sans rotation des axes
principaux.

Les différents matériaux étudiés sont tout d’abord plus précisément présentés,
accompagné d’une caractérisation préliminaire du comportement en grandes déformations et à
la rupture pour les mélanges sable/argile (à partir d’essais triaxiaux).

Dans un deuxième temps, le bilan des essais réalisés sur l’appareil « T4C StaDy » est
dressé.

Enfin, dans un dernier temps, afin d’illustrer l’analyse des résultats expérimentaux
proposée en partie 4, des exemples d’essais réalisés sur chacun des matériaux (sables secs et
mélanges sable/argile) sont exposés.

97
98
Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.1 Matériaux testés

3.1 Matériaux testés

Les différents matériaux testés au cours de cette étude sont présentés dans les
paragraphes qui suivent. Les caractéristiques respectives des sables d’Hostun, de Toyoura, et
des mélanges sable/argile sont décrites.

3.1.1 Sable d’Hostun (« RF » et « S28 »)

Le sable d’Hostun est utilisé en France comme un matériau modèle dans le domaine
de la mécanique des sols. Il a fait partie des matériaux tests employé dans le cadre de l’atelier
international sur les équations constitutives pour sols non cohérents ou du « GRECO
géomatériaux » (Groupement de REcherches COordonnées - Ministère de la Recherche et de
la Technologie - Ministère de l'Education Nationale, 1986-1992).

Le sable provient des usines SIKA implantées à Hostun dans la Drôme. Il s’agit d’un
sable « artificiel » à grande majorité de silice (quartz) et extrait d’une carrière, qui subit par la
suite différents tamisages pour être stocké par classe granulométrique. La classe
granulométrique du sable utilisé dans un premier temps dans notre étude porte le nom de
« RF ». Le sable Hostun RF a fait l’objet de nombreuses recherches (Desrues, 1984, Fargeix,
1986, Colliat, 1986, etc..). Entre autres, Flavigny et al. (1990) rassemblent, dans une note
technique, des informations sur les origines géologiques, la fabrication et les principales
caractéristiques physiques de ce sable.

La masse volumique des grains est de 2,65 g/cm3. La morphologie des grains est de
type sous-angulaire à angulaire. La figure 3.1 en présente une vue microscopique.

En raison d’un changement de production, ce sable a changé de granulométrie et est


maintenant dénommé « S28 » selon Combes (1998). Ce dernier étudie les différences
granulométriques entre les deux sables et les différences dans le comportement mécanique à
partir d’essais triaxiaux classiques. De très légères différences sont constatées au niveau de la
granulométrie et au niveau mécanique.

Figure 3.1 : Vue microscopique des grains du sable d’Hostun RF (Tatsuoka, 2005)

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Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.1 Matériaux testés

La figure 3.2 regroupe les courbes granulométriques données par Flavigny et al.
(1990) pour des sables d’Hostun RF dénommés par « plus fin », « moyen » et « plus gros »,
celles des sables Hostun RF&S28 utilisés au cours de notre étude, et enfin, celle fournie par
Combes (1998) du sable d’Hostun S28. Les différentes granulométries présentées diffèrent
peu, la taille de la majorité des grains restant comprise entre 0,2 et 0,6 mm. Les principales
caractéristiques granulométriques sont reprises dans le tableau 3.1.

100

80

60
Tamisat (%)

40

20
Hostun RF plus fin (Flavigny et al., 1990)
Hostun RF moyen (Flavigny et al., 1990)
Hostun RF plus gros (Flavigny et al., 1990)
Hostun RF (cette étude)
0 Hostun S28 (Combes, 1998)
Hostun S28 (cette étude)

0,1 1
Diamètre des grains (mm)

Figure 3.2 : Courbes granulométriques des sables Hostun RF&S28 (avec données de Flavigny et al.,
1990, Combes, 1998)

D50 (mm) D10 (mm) D30 (mm) D60 (mm) Cu = D60 Cc = (D30)²
D10 D10.D60
Hostun RF
(Flavigny et al., 0,32~0,37 0,19~0,21 0,25~0,30 0,36~0,40 1,88~1,90 0,95~1,03
1990)
Hostun S28
0,355 0,27 0,33 0,35 1,35 1,11
(Combes, 1998)

Hostun RF 0,37 0,25 0,27 0,37 1,48 0,84

Hostun S28 0,34 0,25 0,29 0,36 1,44 0,97

Tableau 3.1 : Données granulométriques des sables d’Hostun RF&S28

Les sables d’Hostun RF&S28 apparaissent comme des sables fins et uniformes dont
60% en masse passe au tamis de 0,4mm. Le diamètre moyen des grains se situe aux alentours
de 0,35mm pour les deux sables. Flavigny et al. (1990) et Combes (1998) donnent pour
indices des vide minimal et maximal les valeurs suivantes :

100
Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.1 Matériaux testés

Hostun RF (Flavigny et al.,1990) : emin = 0,648 et emax = 1,041


Hostun RF (Combes,1998) : emin = 0,637 et emax = 0,927
Hostun S28 (Combes,1998) : emin = 0,657 et emax = 0,909

3.1.2 Sable de Toyoura

Le sable Toyoura est un sable de référence essentiellement utilisé au Japon. Il s’agit


d’un sable naturel, à très grande majorité de silice et produit exclusivement par la société
Toyoura Keiseki Kogyo Company dans la ville de Toyoura à l’Ouest du Japon. Le sable porte
le nom de « Toyoura Sand » ou de « Toyoura Silica Sand », ou bien de « Toyoura Standard
Sand ».

La morphologie de ses grains est sous-angulaire à angulaire (figure 3.3) apparaissant


légèrement plus angulaire que pour le sable d’Hostun. La masse volumique des grains est de
2,64 g/cm3.

Figure 3.3 : Vue microscopique du sable de Toyoura (Tatsuoka, 2005)

La figure 3.4 présente la courbe granulométrique du sable de Toyoura utilisé au cours


de notre étude ainsi que celles fournies par le Département Génie Civil de l’Université de
Tokyo (pour des sables achetés entre 1974 et 2000). A titre de comparaison, la granulométrie
du sable d’Hostun S28 a également été ajoutée sur cette même figure.

Les différences relevées quant au sable de Toyoura proviennent essentiellement des


tamis utilisés, les tamis standards japonais ne comprenant pas celui de 0,16mm. Les
granulométries restent malgré tout proches les unes des autres, dans un même fuseau de grains
compris entre 0,1 et 0,3 mm, relativement plus fins que ceux du sable d’Hostun. Les
principales caractéristiques granulométriques associées à ces courbes sont reportées dans le
tableau 3.2.

Le sable de Toyoura, au même titre que le sable d’Hostun, peut être caractérisé comme
un sable fin et uniforme mais dont, toutefois, la granulométrie apparaît moins étalée, c’est-à-

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Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.1 Matériaux testés

dire resserrée autour des grains les plus fins. Le diamètre moyen des grains est d’environ
0,18mm.

Goto (1986), et Hoque (1996) fournissent pour exemple, les indices des vides maximal
et minimal suivants :

Goto (1986) : emin = 0,605 et emax = 0,977


Hoque (1996) : emin = 0,590 et emax = 0,960

1997
1993
100 1990
1991
1996
1995
80 1996
1987
2000
1974
60 1998
Tamisat (%)

1997
1985
1998
1999
40 1999
1997
1998
1993
20 1999
2000
2000
1999
1999
0
Toyoura (cette étude)
Hostun S28 (cette étude)

0,1 Diamètre des grains (mm) 1

Figure 3.4 : Courbes granulométriques du sable de Toyoura (années 1974 à 2000 : données de
l’Université de Tokyo) et du sable d’Hostun S28

D50 (mm) D10 (mm) D30 (mm) D60 (mm) Cu = D60 Cc = (D30)²
D10 D10.D60
Toyoura 0,19 0,15 0,175 0,20 1,33 1,02
Toyoura
(Université de 0,17~0,19 0,11~0,12 0,14~0,16 0,185~0,21 1,48~1,83 0,77~1,2
Tokyo)
Tableau 3.2 : Données granulométriques du sable de Toyoura

3.1.3 Mélanges sable/argile

La seconde classe de géomatériaux testée au cours de notre étude est un mélange


sable/argile peu saturé dont deux teneurs en argile ont été expérimentées. Le sable utilisé est
le sable d’Hostun S28 et l’argile employé l’argile de Kaolin sous forme de poudre
déshydratée.

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Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.1 Matériaux testés

Le sable d’Hostun S28 a déjà été présenté dans les paragraphes précédents. Les
différentes caractéristiques de l’argile de Kaolin, déterminées à partir des essais d’Atterberg
sont reportées dans le tableau 3.3.

limite de plasticité limite de liquidité Indice de plasticité


wp (%) wl (%) Ip (%)
Kaolin 21 35 14

Tableau 3.3 : Caractéristiques de l’argile de Kaolin utilisé

La composition précise des mélanges utilisés est détaillée dans les paragraphes qui
suivent.

3.1.3.1 Composition des mélanges sable/argile

Les mélanges sable/argile testés au cours de notre étude sont désignés par M15 et
M30. Ils comprennent respectivement :

• 15% (resp. 30%), en masse sèche, d’argile de Kaolin sous forme de poudre
déshydratée,

• à laquelle est ajoutée une quantité d’eau correspondant à environ 30% de la masse
sèche d’argile,

• 85% (resp. 70%), en masse sèche, de sable d’Hostun

Le tableau 3.4 récapitule les pourcentages massiques des différents constituants.

M15 M30
Masse sèche (%) Masse totale (%) Masse sèche (%) Masse totale (%)

Kaolin 15,0 14,4 30,0 27,5


Hostun S28 85,0 81,3 70,0 64,2
Eau -- 4,3 -- 8,3
Tableau 3.4 : Composition des mélanges testés

En pratique, les quantités d’argile de Kaolin sèche et d’eau sont tout d’abord mélangés
au moyen d’un malaxeur (figure 3.5.a) pendant 30 mn auxquelles est ajoutée par la suite la
quantité de sable d’Hostun considérée. Le mélange est ensuite homogénéisé pendant 30mn
supplémentaires. Les figures 3.5.a&b. présentent l’aspect pulvérulent respectivement des
mélanges M15 et M30 réalisés.

103
Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.1 Matériaux testés

(b)

(c)
(a)
Figure 3.5 : Malaxeur utilisé (a.) pour la confection des mélanges M15 (b.) et M30 (c.)

3.1.3.2 Diagramme de phases

Dans le but de clarifier les volumes, masses spécifiques et les indices des vides des
différents composants à l’état initial de fabrication, la figure 3.6 et le tableau 3.5 rappellent la
décomposition habituellement considérée de l’échantillon suivant plusieurs phases (grains
solides supposés incompressibles, et vides – eau et air).

air
Vair
Vv vides mw
Vw eau

Vtot Vc mc mtot
argile

Vg sable mg

Figure 3.6 : Diagramme de phases (de manière conventionnelle en mécanique des sols, l’eau et
l’air sont considérés comme les vides)

Abréviation Masse Volume Masse volumique


Echantillon tot mtot Vtot ρtot
Sable g mg Vg ρg
Argile c mc Vc ρc
Eau w mw Vw ρw
Air a -- Va --
Tableau 3.5 : Notations utilisées pour les différentes phases

104
Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.1 Matériaux testés

La décomposition fait ainsi apparaître une phase granulaire (sable et argile), une phase
liquide et une phase gazeuse. Il est d’usage de considérer la masse volumique des grains de
sable et d’argile comme identiques, notée ρs aux alentours de 2,65 t/m3 :

ρ g = ρc = ρ s (3.1)

Les indices des vides respectivement de l’échantillon (e), du sable (eg), de l’argile (ec), la
porosité (n) de l’échantillon, sa teneur en eau (w) ainsi que la teneur en eau rapportée à
l’argile (wc) et enfin, le degré de saturation (Sr) sont alors définies par les relations suivantes :

Vv V + Vw Vv e
e= = a et n= = (3.2&3.3)
Vc + Vg Vc + Vg Vtot 1 + e

Vv + Vc Va + Vw + Vc
eg = = (3.4)
Vg Vg

Vv Va + Vw
ec = = (3.5)
Vc Vc

en supposant pour cette dernière relation (3.5) que le sable ne joue aucun rôle (compte tenu de
la différence de taille entre les grains de sable et d’argile)

mw mw
et w= ; wc = (3.6&3.7)
mc + mg mc

Vw Vw
enfin Sr = = (3.8)
Vv Va + Vw

Il est également d’usage de définir la fraction d’argile, C, par :

Vc
C= (3.9)
Vc + Vg

La démarche de calcul de ces paramètres à partir des masses et des volumes initiaux
des différents constituants de l’échantillon est illustrée par le tableau 3.6.

Il convient de préciser dans un premier temps le comportement des mélanges M15 et


M30 en grandes déformations et à la rupture. Une première série d’essais préliminaires (essais
triaxiaux consolidés drainés) est ainsi présentée dans le prochain paragraphe. Ces essais sont
réalisés à partir d’un appareil triaxial « classique » avec une mesure des contraintes et des
déformations externe à la cellule. Enfin, pour fixer un ordre de grandeur des paramètres
initiaux (relations 3.2 à 3.9), un tableau regroupe en annexe B l’ensemble de leurs valeurs
pour les différents essais triaxiaux présentés.

105
Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.1 Matériaux testés

Données Mtot , Vtot , ρtot , mc , mg , mw , ρs , ρw


mtot mg + mc mw
Air Va = Vtot − Vg − Vc − Vw = − −
ρtot ρs ρw
Vtot − Vg 1 ⎛ ρs ⎞
Sable eg = = ⎜ mtot − mg ⎟
Vg mg ⎝ ρtot ⎠
Vtot − Vc − Vg 1 ⎛ ρs ⎞
ec = = ⎜ mtot − mc − mg ⎟
Vc mc ⎝ ρtot ⎠
mc
Argile C=
mc + mg
m
wc = w
mc

Vtot − Vc − Vg 1 ⎛ ρs ⎞
e= = ⎜ mtot − mc − mg ⎟
Vc + Vg mc + mg ⎝ ρtot ⎠
mtot ρ s − (mc + mg ) ρtot
n=
mtot ρ s
Echantillon
mw
w=
mc + mg
1 mw ρ s ρtot
Sr =
ρ w mtot ρ s − (mc + mg ) ρtot
Tableau 3.6 : Démarche de calcul des paramètres caractéristiques initiales des mélanges
sable/argile

3.1.3.3 Essais préliminaires : essais triaxiaux drainés

a) Appareillage d’essais

L’appareillage d’essai comprend une cellule triaxiale « classique » de type


Bishop&Henkel, de diamètre 160mm et de hauteur 200mm pour un échantillon d’élancement
2 (diamètre 7cm, hauteur 14cm) ainsi qu’une presse triaxiale CONTROLAB (réf. S0301)
reprise sur la figure 3.6. Les données constructeur indiquent une capacité de 50kN et
l’application de vitesse de déplacement de 10-4 à 6 mm/mn suivant une précision de ±0,5%.
La force et le déplacement axial sont mesurés de manière externe par un anneau
dynanométrique de capacité 3 kN et de résolution 2,692 N/div. et par un comparateur de
30mm de course de résolution 0,01mm/div. Le confinement est assuré au moyen d’air
comprimé. L’appareillage ne dispose pas de mesure de la pression interstitielle.

b) Essais réalisés

Les essais réalisés sont des essais triaxiaux drainés consolidés à différentes pressions
de confinement (de 50 à 200 kPa) et effectués à différentes vitesses de déformations
(maintenues constantes durant l’essai, de 0,014 à 1,4%/mn). Ils sont regroupés dans le tableau

106
Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.1 Matériaux testés

Figure 3.6 : Vue schématique de la presse triaxiale (réf. CONTROLAB S0301) utilisée

3.7, des essais à même pression de confinement et à même vitesse de déformation ayant été
reproduits afin de s’assurer de leur répétabilité.

La présence d’argile dans les mélanges a pour effet de générer des structures très
lâches (Kumar, 1996, Georgiannou et al., 1990), si bien que les échantillons les plus denses
ont été recherchés. Des premiers échantillons ont été réalisés en versant à la cuillère les
mélanges considérés par couches de 1cm environ densifiées par damage (manuel) et par
vibration en tapant sur le moule extérieur avec un marteau en plastique (figure 3.7). L’indice
des vides initial (e) le moins élevé qu’il a été possible d’obtenir est de 0,98 pour le mélange
M15 et de 1,03 pour le mélange M30. La préparation des échantillons pour les essais
présentés dans le tableau 3.7 a suivi le même protocole.

Une fois l’échantillon réalisé, une dépression de 15kPa est appliquée pour enlever le
moule de fabrication de l’échantillon. La dépression est ensuite progressivement remplacée
par une pression de confinement de même valeur dans la cellule. Enfin, la pression de
confinement est augmentée à une vitesse de 5 kPa/mn environ jusqu’à la valeur souhaitée et

107
Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.1 Matériaux testés

une période de consolidation d’une heure est observée avant l’application du déviateur de
contrainte suivant la vitesse de déformation choisie.


Essai σ3 (kPa) ε (%/mn)
0
e0i) w0 (%)ii) Sr0 (%)iii) wf (%)ii)
01_M15 100 0,014 0,98 4,48 12,1 3,30
02_M15 100 0,014 0,98 4,52 12,1 3,32
03_M15 100 0,07 0,99 4,44 11,8 3,89
04_M15 100 0,07 0,98 4,45 12,0 3,94
05_M15 100 0,07 0,98 4,51 12,1 3,98
06_M15 100 0,7 0,98 4,46 12,1 4,20
07_M15 100 0,7 0,98 4,43 11,9 4,22
08_M15 100 0,7 0,98 4,53 12,2 4,19
09_M15 100 1,4 0,98 4,50 12,1 4,33
10_M15 50 0,014 0,99 4,47 12,0 3,34
11_M15 50 0,07 0,98 4,49 12,1 3,82
12_M15 50 0,07 0,98 4,52 12,2 3,87
M15 13_M15 50 0,7 0,98 4,47 12,0 4,16
14_M15 50 0,7 0,99 4,49 11,9 4,13
15_M15 50 1,4 0,98 4,54 12,2 4,23
16_M15 150 0,014 0,98 4,51 12,1 3,36
17_M15 150 0,07 0,99 4,54 12,1 3,97
18_M15 150 0,7 0,99 4,52 12,0 4,15
19_M15 150 0,7 0,98 4,48 12,1 4,19
20_M15 150 1,4 0,98 4,41 12,0 4,18
21_M15 200 0,014 0,98 4,49 12,1 3,34
22_M15 200 0,07 0,98 4,47 12,0 3,81
23_M15 200 0,7 0,99 4,50 12,1 4,20
24_M15 200 0,7 0,99 4,52 12,1 4,17
25_M15 200 1,4 0,98 4,48 12,1 4,29
01_M30 100 0,014 1,03 8,94 22,7 7,18
02_M30 100 0,7 1,04 8,96 22,8 8,38
03_M30 100 0,7 1,04 8,86 22,7 8,30
M30 04_M30 150 0,014 1,03 8,91 22,9 6,95
05_M30 150 0,7 1,04 8,89 22,8 8,21
06_M30 200 0,014 1,04 8,85 22,6 7,03
07_M30 200 0,7 1,04 8,93 22,7 8,41
i)
erreur estimée inférieure à 1%
ii)
erreur estimée inférieure à 0,1%, la masse sèche est déterminée après séchage dans un four à 150°C pen-
dant 10h
iii)
erreur estimée inférieure à 2%

Tableau 3.7 : Récapitulatif des essais triaxiaux consolidés drainés réalisés sur les mélanges M15 et

M30 (σ3 désigne la pression de confinement, ε la vitesse de déformation, e0,, l’indice des vides initial
0

w0,, wf, la teneur en eau initiale et finale, Sr0 , le degré de saturation initial)

La teneur en eau initiale des échantillons (w0) varie aux alentours de 4,5% pour le
mélange M15 et de 8,9% pour le matériau M30. A la fin de chaque essai, la teneur en eau est
mesurée (wf). Une évolution est notée entre le début et la fin de chaque essai, évolution
d’autant plus importante que la vitesse de déformation imposée est faible, c’est-à-dire que la
durée de l’essai est élevée.

108
Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.1 Matériaux testés

damage manuel

damier échantillon

membrane

moule choc léger choc léger

dépression

choc léger choc léger

a. b.

Figure 3.7 : Préparation de l’échantillon : a. damier et échantillon, b. densification des couches


par damage manuel et vibration

Compte tenu des paramètres initiaux de fabrication (teneur en eau, indice des vides,
degré de saturation), les mélanges testés apparaissent comme des matériaux peu saturés. Ils
comportent une phase gazeuse continue qui occupe la grande majorité de l’espace poreux, et
une phase liquide discontinue au droit des contacts intergranulaires. Deux hypothèses sont
considérées : la première consiste à considérer la pression d’air à l’intérieur de l’échantillon
comme très proche de la pression atmosphérique ; la deuxième à estimer que la déformation
observée est celle du squelette granulaire, c’est-à-dire de la phase gazeuse.

Les résultats des essais sont présentés dans le paragraphe qui suit : la répétabilité des
essais et l’influence de la vitesse de déformation sont examinées. Ensuite, les caractéristiques
à la rupture sont dressées ainsi qu’une comparaison avec le sable d’Hostun S28 lâche et
l’argile de Kaolin normalement consolidé.

3.1.3.4 Discussions

Dans le souci de prendre en compte la déformation en tonneau de l’échantillon


(supposée de forme parabolique), l’expression suivante du déviateur de contrainte, q, peut être
utilisée :

Fmesuré 3 ∆h
q =σz −P = (1 − ) (3.10)
S0 2 H0

où {σz ; P} désignent la contrainte axiale et la pression de confinement, Fmesuré, la force


mesurée sur l’anneau dynanométrique, ∆h le déplacement vertical mesuré et H0, S0 la hauteur
et la surface de la section initiales de l’échantillon.

Les relations déviateur de contraintes - déformation axiale de l’ensemble des essais


réalisés sont reportées sur les figures 3.8 à 3.18.

a) Répétabilité

Plusieurs essais identiques (pression de confinement et vitesse de déformation


imposées identiques) ont été réalisés sur les matériaux M15 et M30 afin de s’assurer de leur
répétabilité. Les évolutions du déviateur de contrainte en fonction de la déformation axiale

109
Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.1 Matériaux testés

pour ces essais, sont données sur la figure 3.8. Entre ces essais, les différences relevées sur les
valeurs du déviateur de contrainte restent inférieures à 5% dans le domaine des grandes
déformations (>0,1%). Dans le domaine des petites et moyennes déformations, les écarts sont
plus importants mais l’appareillage utilisé (capteur de force externe, dispositif à barres
externes, mesure du déplacement externe..) ne permet pas de mesures précises à ces niveaux
de déformation (cf. §1.1.3).

300
M15 (a) M15 (b)
ee00≈0,98
0,98 ; e;g e1,28
g0≈1,3c; ec0≈6,6
; e 7,52 ee00≈0,98
0,98 ; ;egeg0
1,28 ; ec;7,52
≈1,3 ec0≈6,6
w w 4,5% ; S; S12,1%
w0≈4,5% r0≈12,1%
4,5% ; S; S
w 0≈4,5% r0
r0≈12,1%
12,1% 0
r0 σ3=100kPa
0 200
. .
ε0=0,014%/mn σ3=100kPa ε0=0,07%/mn

Déviateur de contrainte, q(kPa)


Déviateur de contrainte, q(kPa)

200

σ3=50kPa
100

100

Essai 11_M15
Essai 12_M15
Essai 01_M15 Essai 03_M15
Essai 02_M15 Essai 04_M15
Essai 05_M15
0 0

0 5 10 15 20 25 0 5 10 15 20 25
Déformation axiale, εz(%) Déformation axiale, εz(%)

450 300
M15 (c) M30 (d)
ee00≈0,98
0,98 ; e;g e1,28
g0≈1,3c; ec0≈6,6
; e 7,52 ee001,04 ; eg;e
≈1,04 g0≈1,9
1,65 ; ec0≈3,5
; ec4,51
w 4,5% ; S; S12,1%
≈4,5%
w0 r0≈12,1% σ3=200kPa w0≈8,9%
w ; 22,9%
8,9% ; Sr0 Sr0≈22,8%
0 r0 0

. .
Déviateur de contrainte, q(kPa)

ε0=0,7%/mn ε0=0,7%/mn σ3=100kPa


Déviateur de contrainte, q(kPa)

300 200
σ3=150kPa

σ3=100kPa

150 100

σ3=50kPa

Essai 13_M15 Essai 14_M15


Essai 06_M15 Essai 07_M15
Essai 02_M30
Essai 08_M15 Essai 18_M15
Essai 19_M15 Essai 23_M15 Essai 03_M30
Essai 24_M15
0 0
0 5 10 15 20 25 0 5 10 15 20 25
Déformation axiale, εz(%) Déformation axiale, εz(%)

Figure 3.8 : Répétabilité de la relation contrainte-déformation pour : a. 2 essais réalisés à une


vitesse de déformation constante de 0,014%/min. sur 2 échantillons de mélange M15 consolidés à
100kPa, b. 5 essais réalisés à une vitesse de 0,07%/min. sur 2 échantillons de mélanges M15
consolidés à 50kPa et 3 à 100kPa, c. 9 essais réalisés à une vitesse de 0,7%/min. sur 2 échantillons de
mélange M15 consolidés à 50kPa, 3 à 100kPa, 2 à 150 kPa et 2 à 200 kPa, d. 2 essais réalisés à une
vitesse de 0,7%/min. sur 2 échantillons de mélange M30 consolidés à 100kPa

Compte tenu de la bonne répétabilité des essais, les résultats des essais effectués à
même pression de confinement et à même vitesse de déformation sont moyennés par la suite.

b) Influence de la vitesse de déformation

L’influence de la vitesse de déformation est illustrée pour le mélange M15 et M30 sur
la figure 3.9.

110
Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.1 Matériaux testés

En ce qui concerne le mélange M15, quelque soit la pression de confinement


considérée (figure 3.9.a.b.c), la relation déviateur de contrainte-déformation axiale semble très
peu influencée par la vitesse de déformation : pour une gamme comprise entre 0,07 et
1,4%/mn., les courbes se superposent. En revanche, le mélange apparaît légèrement plus
rigide (différences sur la valeur du déviateur légèrement inférieures à 10%) dans le cas d’une
vitesse très faible de 0,014%/mn. Ces observations ne semblent pas en accord avec un
caractère visqueux du matériau (c’est-à-dire un comportement dépendant de la vitesse de
sollicitation) puisque le comportement demeure inchangé pour des vitesses comprises dans un
rapport de 20 et que le matériau semble plus rigide pour une vitesse de déformation encore
plus faible (0,014%/min). Un autre point de vue doit être considéré. Pour ces essais à vitesse
de déformation très faible, il est noté que la teneur en eau chute de manière plus
importante (de l’ordre de 1,2%, cf. tableau 3.7) que pour les autres essais, compte tenu de

300
M15
ee00≈0,98
0,98 ;;egeg01,28
≈1,3; ec;e
(a) M15 (b)
c0≈6,6
7,52 ee0≈0,98
0,98 ; e;geg0 ; ec;7,52
≈1,3
1,28 ec0≈6,6
w0≈4,5% ; Sr0≈12,1%
. 0
ε0=0,014%/mn w0≈4,5% ; Sr0≈12,1% .
w 4,5% ; Sr12,1% w0 4,5% ; Sr0 12,1% ε0=0,014%/mn
400
σ3=100kPa
Déviateur de contrainte, q(kPa)

σ3=200kPa Déviateur de contrainte, q(kPa) 200


.
ε0=0,07à1,4%/mn 0,014%/mn
0,07%/mn
0,7%/mn .
1,4%/mn ε0=0,07à1,4%/mn

200
. 100
ε0=0,014%/mn

σ3=50kPa 0,014%/mn
. 0,014%/mn 0,07%/mn
ε0=0,07à1,4%/mn 0,07%/mn 0,7%/mn
0,7%/mn 1,4%/mn
1,4%/mn 0
0
0 5 10 15 20 25 0 5 10 15 20 25
Déformation axiale, εz(%) Déformation axiale, εz(%)

M15 (c) M30 (d)


0,98 ; ;egeg01,28
ee00≈0,98 ≈1,3; e;ce7,52
c0≈6,6 400 ee00≈1,04
1,04 ; e;g e1,65
g0≈1,9c; ec0≈3,5
; e 4,51
.
w0≈4,5% ; Sr0≈12,1% ε0=0,014%/mn w
w0 4,5% ; Sr012,1% w00
8,9% ; S; S22,9%
≈8,9%
r0
r0≈22,8%
σ3=200kPa
300
Déviateur de contrainte, q(kPa)

Déviateur de contrainte, q(kPa)

σ3=150kPa
σ3=150kPa
.
ε0=0,07à1,4%/mn

. σ3=100kPa
ε0=0,014%/mn
200
150

.
ε0=0,7%/mn
0,014%/mn
0,7%/mn
0,014%/mn 0,014%/mn
0,07%/mn 0,7%/mn
0,7%/mn 0,014%/mn
1,4%/mn 0,7%/mn
0 0
0 5 10 15 20 25 0 5 10 15 20 25
Déformation axiale, εz(%) Déformation axiale, εz(%)

Figure 3.9 : Influence de la vitesse de déformation sur la relation contrainte-déformation du


mélange M15 pour une pression de confinement de a. 50 et 200kPa, b. 100kPa, c. 150 kPa et du
mélange M30 pour une pression de confinement de 100,150 et 200 kPa (d.)

la durée plus élevée pour atteindre un même niveau de déformation. Cette diminution de la
teneur en eau se traduit par un degré de saturation final plus faible par rapport aux autres
essais. Coussy & Fleureau (2002) reporte un nombre important d’essais sur des limons et des
argiles et montrent qu’à contrainte mécanique constante, la baisse du degré de saturation

111
Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.1 Matériaux testés

contribue à rigidifier le matériau par rapport à un cas saturé. Ceci résulte de l’augmentation de
la pression capillaire définie comme la pression de l’air moins la pression de l’eau
interstitielle (celle–ci est négative pour des matériaux partiellement saturés). Elle peut
atteindre des valeurs importantes pour les limons et argiles mais restent faibles pour les
sables. Dans le cadre de notre étude, la pression capillaire n’a pu être mesurée. Par ailleurs,
pour nos essais, l’augmentation de la pression capillaire intervient en parallèle à la
compression monotone qui aurait tendance à réduire le volume des vides (si l’on considère le
caractère lâche des échantillons soit un comportement contractant du matériau) et ainsi à
augmenter le degré de saturation, soit à réduire ce phénomène. Néanmoins, en prolongeant le
raisonnement à contrainte mécanique constante, une diminution du degré de saturation (de la
teneur en eau) et donc une augmentation de la pression capillaire provoque une rigidification
du mélange M15 : l’écart observé sur les valeurs du déviateur traduirait cette influence,
somme toute limitée, puisque l’écart reste inférieur à 10%. De plus, l’écart se réduit pour les
fortes pressions de confinement (200 kPa, figure 3.9.a) atteignant environ 5%. Pour le
mélange M30 (figure 3.9.d), les mêmes observations peuvent être menées : il est noté un
comportement légèrement plus rigide du mélange pour une vitesse de déformation très faible.

En conclusion, les résultats de la figure 3.9 mettent en évidence une faible sensibilité
des mélanges sable/argile avec la vitesse de déformation, dans des valeurs comprises entre
0,07%/mn et 1,4%/mn pour lesquelles la teneur en eau varie peu. Lorsque la teneur en eau
évolue de manière plus importante, le comportement est légèrement plus rigide, ce qui peut
s’interpréter comme une augmentation de la pression capillaire.

c) Caractéristiques à la rupture et comparaison avec le sable d’Hostun, l’argile de Kaolin

Sur la figure 3.10 sont reportées les valeurs du déviateur de contrainte à la rupture
(considérée à une déformation axiale de 20% pour le mélange M30) en fonction de la pression
moyenne. Ont également été ajoutées les droites de rupture obtenues par Combes (1998) à
partir d’essais triaxiaux sur le sable d’Hostun S28 (pour un indice des vides de 0,908) et par
Doanh (1984) à partir d’essais triaxiaux drainés sur des échantillons saturés d’argile de Kaolin
(identique à celle utilisée dans notre étude,wl=35, Ip=14) normalement consolidés. Les échan-

M15
(e ≈0,98 ;; e
(e0≈0,98 ≈1,3 ;; e
eg0≈1,3 ec0≈6,6
≈7,5 ;w ≈4,5% ; ;SSr0≈≈12,1%)
; w0≈4,5% 12,1%)
0 g0 c0 0 r0
500 M15 0,014%/mn
Déviateur de contrainte à la rupture, qf(kPa)

M15 0,07%/mn M15 (φ=30,5°;C=15,2kPa)


M15 0,7%/mn Hostun S28
M15 1,4%/mn (φ=33,5°;C=0kPa)
M15 Linear Fit
M30 (φ=25,2°;C=25,8kPa)

Kaolin NC (φ'=23,5°;C'=0kPa)

σ3=200kPa
250

σ3=150kPa

σ3=100kPa
M30
(e ≈1,04;; eeg0≈1,9
(e0≈1,04 ≈1,7;; eec0≈3,5
≈4,5;w ≈8,9% ;;SSr0≈≈22,8%)
; w0≈8,9% 22,9%)
0 g0 c0 0 r0
M30 0,014%/mn
σ3=50kPa M30 0,7%/mn
M30 Linear Fit
0
0 150 300 450
Contrainte moyenne, p(kPa)

Figure 3.10 : Droite de rupture obtenues dans le plan déviateur-pression moyenne pour les
mélanges M15 et M30, pour le sable d’Hostun S28 (e0=0,908) (données de Combes,1998), et
pour l’argile de Kaolin normalement consolidé (données de Doanh, 1984)

112
Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.1 Matériaux testés

échantillons d’argile de Kaolin ont été préparés à partir de poudre déshydratée à laquelle
est ajoutée une quantité d’eau correspondant à 1,5 fois la limite de liquidité puis consolidés à
50 kPa.

Des droites de rupture sont obtenues dans le plan déviateur-pression moyenne pour les
deux mélanges M15 et M30. Ces deux matériaux présentent une cohésion apparente
respective de l’ordre de 15 kPa et 25 kPa et des angles de frottement interne de 30,5° et 25,2°.

Ces valeurs sont cohérentes avec plusieurs observations menées par différents auteurs.
En ce qui concerne l’angle de frottement interne, Wheeler&Sivakumar (1992), Verbrugge
&Fleureau (2002), Duchêne (1998) constatent que l’angle de frottement n’est pas affecté par
le degré de saturation, ce qui suggère que les valeurs obtenues pour les mélanges M15 et M30
sont identiques à celles des mêmes mélanges secs ou saturés. Ensuite, Kumar (1996) et
Wood&Kumar (2000) qui réalisent des essais triaxiaux drainés sur des mélanges sable/argile
saturés (mélanges de sable grossier - D50=1,5mm - et d’une argile de Kaolin -wl=80 ; Ip=41 -
comprenant une fraction d’argile variant de 30 à 100%), montrent que la valeur de l’angle de
frottement interne des mélanges sable/argile devient identique à celui de l’argile dans le cas
de fractions d’argile C supérieures à 30%. Or cette tendance semble vérifiée puisque l’angle
de frottement interne obtenu pour le mélange M30, de 25,2° est inférieur à celui obtenu pour
le mélange M15, et se rapproche de celui de l’argile de Kaolin de 23,5° déterminé par Doanh
(1984).

Par ailleurs, les données issues de Kumar (1996) et Wood&Kumar (2000) montrent
des cohésions drainés C’ quasi-nulles des mélanges sable/argile. Celles des mélanges M15 et
M30, de l’ordre de 15 à 25 kPa, suggèrent que la non saturation se traduit par une
augmentation de la cohésion apparente. Cette propriété a été vérifiée par Duchêne (1998) sur
un limon très peu saturé ou par Wheeler&Sivakumar (1992) sur l’argile Speswhite non saturé
ou par Verbrugge&Fleureau (2002) sur le limon de Jossigny non saturé.

La figure 3.10 montre également que pour des pressions de confinement supérieures
ou égales à 100 kPa, les droites de ruptures des mélanges sable/argile M15 et M30 restent
comprises dans un fuseau délimité par celles du sable seul et de l’argile seule. Ceci est illustré
dans le plan contrainte-déformation par la figure 3.11. Sur cette figure sont tracés en première
approximation les courbes contrainte-déformation du sable d’Hostun et de l’argile de Kaolin à
partir des données de Combes (1998), de Doanh (1984) et d’une relation hyperbolique de la
forme :

εz
q = σ z − P = A. (3.11)
B + εz

avec A le déviateur à la rupture (donnée par la figure 3.10) et A/B la pente à l’origine,
autrement dit le module d’Young E. Pour deux pressions de confinement différentes P1, P2 ,
les modules d’Young E1, E2 sont évalués par l’expression (cf. §4.2.2) :

m
⎛P ⎞
E2 = E1. ⎜ 2 ⎟ (3.12)
⎝ P1 ⎠

où m=0,5 pour le sable d’Hostun et m=0,65 pour l’argile de Kaolin (cf. §4.2.2).

113
Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.1 Matériaux testés

M15(e(e00≈0,98
≈0,98 ;;eeg0≈≈1,3
1,3 ; e;c0e≈c07,5
≈6,6 ≈4,5%
; w0;w ; Sr0≈;12,1%)
0≈4,5% Sr0≈12,1%)
g0 M15 ((e 0,98
e00≈≈0,98 ; e;g0≈e1,3
g0≈1,3
; ec0≈;7,5
ec0; ≈w6,6 ;w;0≈
≈4,5% S4,5% ; Sr0≈12,1%)
≈12,1%)
300 M30(e(e00≈1,04
≈1,04 ;; eeg0≈≈1,9 ; e≈4 ,5 ; w0;w
c0≈3,5 ; Sr0≈;22,9%)
0≈8,9%
≈8,9% Sr0≈22,8%)
0 r0
M30 (e 1,04; e; e g0≈1,9 ; ec0≈3,5 ;w0≈8,9% ; Sr0≈22,8%)
1,7 ; e
g0 c0 Hostun S28 (e0=0,908) 400 (e00≈≈1,04 g0
≈1,7 ; ec0≈4,5 ; w0≈8,9% ; Sr0≈22,9%) Hostun S28
(hyperbol.)
σ3=100kPa (Combes,1998) σ3=150kPa

Déviateur de contrainte, q(kPa)


Déviateur de contrainte, q(kPa)

Hostun S28 M30 M15


(hyperbol.)
200

M15
200 M30 Kaolin NC
(hyperbol.)
Kaolin NC
100 (hyperbol.)

. . . .
M30 (ε0=0,7%/mn) M15 (ε0=0,07%/mn) M30 (ε0=0,7%/mn) M15 (ε0=0,07%/mn)
. . . .
M30 (ε0=0,014%/mn) M15 (ε0=0,7%/mn) M30 (ε0=0,014%/mn) M15 (ε0=0,7%/mn)
. .
M15 (ε0=1,4%/mn) M15 (ε0=1,4%/mn)
. .
0
(a) M15 (ε0=0,014%/mn)
0
(b) M15 (ε0=0,014%/mn)

0 5 10 15 20 0 5 10 15 20
Déformation axiale, εz(%) Déformation axiale, εz(%)

M15 (e 0,98; e; e
(e00≈≈0,98 g0≈1,3
≈1,3 ; ec0≈;7,5
ec0;≈w6,6 ;w;0≈S4,5%
≈4,5% ; Sr0≈12,1%)
≈12,1%)
500 g0 0 r0
Hostun S28
M30 (e 1,04; e; e≈g0
(e00≈≈1,04 g0
1,7≈1,9
; ec0;≈4e,5c0;≈w
3,5
0
;w;0≈S8,9%
≈8,9%
r0
; Sr0≈22,8%)
≈22,9%)
(hyperbol.)
σ3=200kPa
Déviateur de contrainte, q(kPa)

400

300
M15
Kaolin NC
(hyperbol.)
200 Kaolin NC
(Doanh,1984)

M30
. .
100 M30 (ε0=0,7%/mn) M15 (ε0=0,07%/mn)
. .
M30 (ε0=0,014%/mn) M15 (ε0=0,7%/mn)
.
M15 (ε0=1,4%/mn)
.
0
(c) M15 (ε0=0,014%/mn)

0 5 10 15 20
Déformation axiale, εz(%)

Figure 3.11 : Comparaison des relations contrainte-déformation obtenues sur les mélanges M15 et
M30 à différentes vitesses de déformation (figures 3.10), et celles obtenues sur le sable d’Hostun S28
et sur l’argile de Kaolin à partir d’une relation hyperbolique (équations 3.11 et 3.12) pour des
pressions de confinement de a. 100kPa, b. 150 kPa, c. 200kPa

d) Conclusion

Une première série d’essais préliminaires (consolidés drainés) réalisés sur les
mélanges M15 et M30, a permis de dégager les aspects suivants :

- un caractère lâche des matériaux engendré par la présence d’argile dans les mélanges
(notamment dans le cas du mélange M30),

- une sensibilité excessivement faible de la relation déviateur-déformation axiale avec la


vitesse de déformation,

- une rigidification du comportement sous l’effet de l’évolution (décroissante) de la teneur


en eau au cours de l’essai, mise en évidence par des essais à vitesses de déformations
imposées très faibles,

- des caractéristiques à la rupture qui révèlent une augmentation de la cohésion apparente


des matériaux due à la non saturation, et des angles de frottement interne plus faibles que
celui du sable, se rapprochant de celui de l’argile pour le matériau M30.

114
Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.2 Bilan des essais réalisés sur l’appareil « T4C StaDy »

3.2 Bilan des essais réalisés sur l’appareil « T4C


StaDy »

3.2.1 Présentation et nomenclature

Deux campagnes expérimentales ont été réalisées sur l’appareil « T4C StaDy » portant
sur les matériaux présentés précédemment. La première porte sur les sables secs d’Hostun et
de Toyoura et vise à caractériser le comportement de ces sables de granulométrie différente à
partir d’essais avec ou sans rotation des axes principaux de contrainte. La seconde campagne
suit le même objectif mais sur les mélanges sable/argile peu saturés M15 et M30 à partir
d’essais de compression uniquement.

Le paragraphe suivant dresse plus précisément le récapitulatif des essais. La


nomenclature utilisée pour désigner chacun des essais fait apparaître dans l’ordre :

• le type de l’essai (« C » pour un essai de compression « triaxiale », ou « K » pour un


essai de type « torsion à K0 », le rapport K0 étant fixé à 0,5 pour les essais réalisés),

• la pression utilisée pour consolider l’échantillon (en kPa),

• l’indices des vides initial de fabrication,

• le type de matériau.

Pour exemple, l’essai K80.90_T est un essai de torsion pure à partir d’un état anisotrope K0
sur un échantillon de sable sec de Toyoura ayant un indice des vides initial de 0,90 et
consolidé isotropiquement jusqu’à une pression de 80 kPa. L’essai C60.99_M15 est un essai
de compression sur un échantillon de mélange M15 (mélange sable/argile avec 15%, en masse
sèche, d’argile) ayant un indice des vides initial (granulaire – sable et argile) de 0,99 sous une
pression de confinement de 60 kPa.

3.2.2 Récapitulatif des essais

Le tableau 3.8 regroupe l’ensemble des essais réalisés sur l’appareil « T4C StaDy ».
Une première série d’essais n’a pas été réalisée dans le cadre de cette étude : il s’agit des
essais C50.81_H, C80.63_H, C50.64_H, K50.72_H, K50.65_H, et K75.65_H réalisés sur le
sable d’Hostun. Ces essais ont été effectuées par Sauzeat (2003) au cours de sa thèse,
exploités au cours de notre DEA (Duttine, 2000), et déjà présentés, par exemple dans Sauzeat
et al. (2003). Leurs résultats sont néanmoins repris afin d’appuyer la modélisation. Il doit être
noté que pour ces essais, la mesure de la distorsion a été réalisée uniquement sur un seul côté
de l’échantillon avec une seule paire de capteurs sans contact (cf. §2.1.4.1). Les essais
C75.65_H, C55.71_H, et C59.71_H, réalisés au cours de cette étude, viennent compléter cette
série d’essais sur le sable d’Hostun avec une mesure de la distorsion à partir de deux paires de
capteurs sans contact. La campagne sur le sable sec d’Hostun comprend ainsi 6 essais de
compression et 3 essais de type torsion à K0 (torsion à partir d’un état de contrainte anisotrope
K0) sur des échantillons lâches et denses pour des pressions de confinement comprises entre
50 et 80 kPa.

115
Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.2 Bilan des essais réalisés sur l’appareil « T4C StaDy »

Les essais réalisés sur le sable sec de Toyoura comportent 8 essais de compression, et
3 essais de torsion de type K0 sur des échantillons lâches et denses pour des pressions de
confinement variant de 55 à 80 kPa.

La seconde campagne portant sur les mélanges sable/argile inclut 9 essais de


compression sur des échantillons les plus denses obtenus sur cet appareil (indice des vides aux
alentours de l’unité) pour des pressions de confinement comprises entre 55 et 70 kPa.

Nbre de capteurs
Matériau Nom de l’essai Type
(distorsion)
C50.81_H i) Compression 2
C55.71_H Compression 4
Etat lâche
C59.71_H ii) Compression 4
K50.72_Hi) Torsion à K0 2
Hostun C75.65_H iii) Compression 4
C80.63_Hi) Compression 2
Etat dense C50.64_Hi)iv) Compression 2
K50.65_Hi) Torsion à K0 2
K75.65_Hi)v) Torsion à K0 2
C77.88_T iii) Compression 4
C65.91_T Compression 4
C80.90_T Compression 4
Etat lâche
C55.89_T ii) Compression 4
K77.88_T iii) Torsion à K0 4
Toyoura K80.90_T Torsion à K0 4
C72.63_T iii) Compression 4
C80.63_T iii) Compression 4
Etat dense C80.64_T iii) Compression 4
C75.65_T Compression 4
K80.69_T Torsion à K0 4
C60.99_M15 Compression 4
C62.98_M15 Compression 4
M15
C65.99_M15 Compression 4
C70.99_M15 Compression 4
Sable/Argile C65.99_M30 iii) v) Compression 4
C60.99_M30 iii)v) Compression 4
M30 C55.98_M30 v) Compression 4
C60.97_M30 v) Compression 4
C62.99_M30 v) Compression 4
i)
essai déjà présenté dans Sauzeat (2003)
ii)
essai comprenant uniquement l’application de périodes de fluage
iii)
essai pour lequel la mesure de la déformation radiale et orthoradiale reste imprécise dans le domaine des petites
déformations (cf. §2.1.4.2)
iv)
essai sans mesure de la déformation radiale, les signaux des capteurs radiaux externes n’ayant pas été enregistrés
v)
essai réalisé sans propagation d’ondes ultrasonores, en raison d’une défaillance du dispositif dynamique

Tableau 3.8 : Récapitulatif de l’ensemble des essais réalisés sur l’appareil « T4C StaDy »

116
Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.2 Bilan des essais réalisés sur l’appareil « T4C StaDy »

Dans la suite, des exemples d’essais « typiques » réalisés sur sables secs (Hostun et
Toyoura) et sur mélanges sable/argile sont exposés. Ces exemples permettent d’illustrer
l’exploitation des sollicitations cycliques de faible amplitude, des sollicitations dynamiques et
des périodes de fluage réalisées (décrites au §2.2.3). Ces investigations permettent de
caractériser le comportement en petites déformations et le comportement différé (dépendant
du temps) de ces matériaux (cf. partie 4).

117
118
Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.3 Essais sur sables secs

3.3 Essais sur sables secs

Deux exemples d’essais réalisés sur les sables secs d’Hostun et de Toyoura sont
présentés dans ce paragraphe. Il s’agit des essais de compression C80.63_H et C75.65_H
réalisés sur le sable d’Hostun, ainsi que l’essai de type « torsion à K0 », K80.90_T, sur le
sable de Toyoura. Les essais C80.63_H et C75.65_H sont de plus, comparés afin d’illustrer
l’apport d’une deuxième paire de capteurs sans contact sur la caractérisation du
comportement, particulièrement en petites déformations. Afin de ne pas alourdir les
paragraphes qui vont suivre et d'empêcher d’inévitables redondances, une partie seulement
des résultats est présentée pour ces deux essais. Une exploitation complète des résultats est
proposée pour l’essai K80.90_T (§3.3.2) et pour l’essai C70.99_M15 (§3.4.2). L’ensemble
des résultats sont fournis en annexe C.

3.3.1 Exemple d’essais de compression : les essais C80.63_H et


C75.65_H

3.3.1.1 Description générale

Les essais C80.63_H et C75.65_H désignent des essais de type compression


(« triaxiale ») drainée réalisés sur le sable d’Hostun sec (respectivement RF et S28). Ils sont
effectués sur des échantillons d’indice des vides initial respectifs de 0,63 et 0,65 (échantillons
denses) consolidés sous des pressions de confinement de 80 et 75 kPa. Les chemins de
contrainte suivis dans le plan déviateur-contrainte moyenne sont reportés sur la figure 3.12 :
après une consolidation isotrope (augmentation de la pression de confinement de 5kPa/mn
environ jusqu’à la valeur souhaitée), les échantillons sont soumis à une compression axiale
.
( σ z =0,5 kPa/s) dont les étapes sont reprises dans le tableau 3.9.

C80.63_H
Hostun RF
C80.63_H : e0=0,63 ; P=σ0=80kPa Points q (kPa) P (kPa) φ(°)
400
Hostun S28 C75.65_H
0 0 80 0
C75.65_H : e0=0,65 ; P=σ0=75kPa 1 50 80 14
Point 6 2 100 80 23
Déviateur de contrainte, q(kPa)

300 C80.63_H 3 150 80 29


Point 5 4 200 80 34
5 250 80 38
Point 4
200 C75.65_H
Point 3 Points q (kPa) P (kPa) φ(°)
0 0 75 0
Point 2
100 1 50 75 14
Point 1 2 100 75 24
C75.65_H 3 150 75 30
C80.63_H
Point 0 4 200 75 35
0
5 250 75 39
6 300 75 42
0 100 200 300
Contrainte moyenne, p(kPa)
Tableau 3.9 : Etapes de chargement des essais
Figure 3.12 : Chemins de contrainte suivis pour C80.63_H et C75.65_H (q désigne le déviateur de
les essais C80.63_H et C75.65_H dans le plan contrainte axial, P la pression de confinement,
déviateur-contrainte moyenne
φ l’angle de frottement mobilisé, de Mohr-Coulomb)

119
Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.3 Essais sur sables secs

A chacune de ces étapes, une période de fluage de 2 à 3 heures est observée (durant
laquelle l’état de contrainte est maintenu constant). Le comportement en petites déformations
est ensuite investigué à partir des mesures de vitesses de propagation d’ondes d’une part, et
d’autre part à partir des sollicitations cycliques de faible amplitude (axiales, puis de torsion et
enfin bi-axiales, cf. § 2.2.3).

Dans le cas de l’essai C75.65_H, la pression de confinement visée de 80 kPa n’a pu


être atteinte en raison de la présence de faible fuites entre l’embase inférieure et l’échantillon.
La compression axiale a été poursuivie jusqu’à la rupture de l’échantillon. Dans le cas de
l’essai C80.63_H, des mesures n’ont pu être réalisées qu’en 6 points d’investigation, un
problème lié à la régulation de la presse hydraulique ayant empêché la poursuite du
chargement. Enfin il est rappelé que pour l’essai C75.65_H, l’appareil dispose de deux paires
de capteurs pour la mesure de la distorsion alors qu’il ne dispose que d’une seule paire pour
l’essai C80.63_H (cf. §2.1.4.1 et §3.2, tableau 3.8).

Les relations déviateur-déformation axiale sont présentées sur la figure 3.13. Sont
visibles les périodes de fluages observées avant chaque point d’investigation ainsi que les
sollicitations cycliques axiales d’amplitude croissante. Le comportement s’avère légèrement
pus rigide dans le cas de l’essai C80.63_H en raison de la pression de confinement plus
importante et du caractère plus dense de l’échantillon.

Sur la figure 3.14 sont reportées l’évolution de la distorsion moyennée au cours de


l’essai C75.65_H et celle de la distorsion au cours de l’essai C80.63_H. Les sollicitations
cycliques de torsion sont également, aisément discernables aux différents points
d’investigation. Pour l’essai C75.65_H, les deux valeurs distinctes de la distorsion, notées γ1
et γ2, sont reprises sur la figure 3.15. Plusieurs constatations peuvent être émises à partir de
l’observation de ces deux figures :

- l’évolution de la distorsion demeure faible face à celle de la déformation axiale, quelque


soit l’essai considéré (figure 3.13) et quelque soit le côté de l’échantillon considéré pour
l’essai C75.65_H (figure 3.14). Les valeurs finales obtenues atteignent ±0,06% contre 1%
pour la déformation axiale.

- les distorsions γC80.63_H de l’essai C80.63_H (figure 3.13) et γ1 de l’essai C75.65_H


(figure 3.14) sont évaluées du même côté de l’échantillon à partir des mêmes capteurs
sans contact : leurs évolutions sont similaires mais de sens opposé par rapport à celle
obtenue de l’autre côté de l’échantillon (γ2 figure 3.14).

Ce dernier point explique en partie l’écart observé entre les deux essais, de 30%
environ, sur la mesure de la distorsion (figure 3.13). Les différences relevées entre chacun
des deux côtés de l’échantillon pour l’essai C75.65_H (figure 3.14) peuvent provenir d’une
non-homogénéité de l’échantillon ou d’une légère excentricité de l’axe du piston par rapport
à l’axe de l’échantillon. Ces phénomènes sont invisibles à partir d’une seule mesure de la
distorsion, comme pour l’essai C80.63_H. Dès lors, l’addition de deux capteurs angulaires
permet de prendre en compte ces phénomènes à travers une mesure moyennée de la
distorsion.

La déformation axiale fait également l’objet d’une moyenne sur les deux côtés de
l’échantillon, ce, pour les deux essais. Leurs valeurs obtenues sur chacun des côtés sont

120
Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.3 Essais sur sables secs

0,10
Hostun S28 Hostun S28
400 C75.65_H : e0=0,65 ; P=σ0=75kPa C75.65_H : e0=0,65 ; P=σ0=75kPa
Hostun RF Hostun RF
C80.63_H : e0=0,63 ; P=σ0=80kPa C80.63_H : e0=0,63 ; P=σ0=80kPa

Point 6
Déviateur de contrainte, q(kPa)

C80.63_H 0,05
Point 1 Point 3
Point 5 Point 6

Distorsion, γ(%)
Point 3
200 Point 5 γC75.65_H
C75.65_H
Point 4
0,00
C75.65_H
Point 2

Point 1 γC80.63_H
C80.63_H
C80.63_H
C75.65_H Point 2 Point 4
0 Point 0 C80.63_H
-0,05 Point 0
C75.65_H

0,0 0,5 1,0 0,0 0,4 0,8


Déformation axiale, εz(%) Déformation axiale, εz(%)

Figure 3.12 : Relation déviateur de contrainte – Figure 3.13 : Evolution de la distorsion en fonction
déformation axiale (essais C75.65_H et C80.63_H) de la déformation axiale (essais C75.65_H et
C80.63_H)
0,12 1,2
Hostun S28 Hostun S28
C75.65_H : e0=0,65 ; P=σ0=75kPa C75.65_H : e0=0,65 ; P=σ0=75kPa
1,5
γ2 γ1
Hostun RF
C80.63_H : e0=0,63 ; P=σ0=80kPa C75.65_H
1
γ2
Déformation axiale 2, εz2(%)

0,06 0,8 εz2

Point 3
Distorsion, γ(%)

Point 1

Point 6 C80.63_H
Point 5
Point 4
0,00 0,4

Point 0
Point 2 εz1
γ1

-0,06 0,0
0,0 0,5 1,0 0,0 0,4 0,8
Déformation axiale, εz(%) Déformation axiale 1, εz1(%)

Figure 3.14 : Evolution des distorsions en fonction de Figure 3.15 : Evolution des déformations axiales
la déformation axiale (essai C75.65_H) (essais C75.65_H et C80.63_H)

représentées sur la figure 3.15. L’écart entre les valeurs obtenues sur chacun des deux côtés
de l’échantillon est de l’ordre de 20 à 50%, pour les deux essais. Des phénomènes tels que la
présence de non-homogénéités dans l’échantillon (irrémédiable dans le cas d’échantillon de
grande dimension tel que celui de l’appareil T4C StaDy) et une légère excentricité de l’axe
du piston par rapport à l’axe de l’échantillon peuvent de nouveau être avancés pour expliquer
cet écart.

Suivant le même principe, les figures 3.16 à 3.18 présentent l’évolution des distorsions
et des déformations axiales au cours des sollicitations cycliques de faible amplitude réalisées
aux différents points d’investigation. Des séries de cycles d’amplitude croissante étant
réalisés, les déformations sont prises nulles au début de chaque série de cycle d’amplitude
différente. Une nouvelle fois, des écarts du même ordre de grandeur (15 à 20%) sont notées
entre les déformations mesurées sur chacun des côtés de l’échantillon. Ceci souligne
particulièrement la nécessité de déterminer les déformations en plusieurs points de
l’échantillon y compris et surtout dans le domaine des petites déformations.

121
Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.3 Essais sur sables secs

Hostun S28 Hostun S28


C75.65_H : e0=0,65 ; P=σ0=75kPa C75.65_H : e0=0,65 ; P=σ0=75kPa
0,02
1,15 1,20
Sollicitations cycliques 0,02
Points 0 à 6
Sollicitations cycliques
Points 0 à 6

Déformation axiale 2, εz2(%)


γ2
Distorsion 2, γ2(%)

εz2

0,00 0,00

Linear Fit Linear Fit

εz1

γ1 -0,02

-0,02
-0,02 0,00 0,02 -0,02 0,00 0,02
Distorsion 1, γ1(%) Déformation axiale 1, εz1(%)

Figure 3.16 : Evolution des distorsions au cours des Figure 3.17 : Evolution des déformations axiales au
sollicitations cycliques (essai C75.65_H) cours des sollicitations cycliques (essai C75.65_H )
Hostun RF Hostun S28
C80.63_H : e0=0,63 ; P=σ0=80kPa 0,0
C75.65_H : e0=0,65 ; P=σ0=75kPa
0,02 1,22
Hostun RF
Sollicitations cycliques
C80.63_H : e0=0,63 ; P=σ0=80kPa
Points 0 à 5
-0,2
Déformation axiale 2, εz2(%)

Déformation radiale, εr(%)

εz2
-0,4

0,00
C80.63_H
-0,6
Linear Fit
C75.65_H

-0,8

εz1 C80.63_H
C75.65_H
-0,02 -1,0
-0,02 0,00 0,02 0,0 0,4 0,8 1,2
Déformation axiale 1, εz1(%) Déformation axiale, εz(%)

Figure 3.18 : Evolution des déformations axiales au Figure 3.19 : Relation déformation radiale-
cours des sollicitations cycliques (essai C80.63_H ) déformation axiale (essais C75.65_H et C80.63_H )

0,3
Hostun S28 Hostun S28
0,0
C75.65_H : e0=0,65 ; P=σ0=75kPa C75.65_H : e0=0,65 ; P=σ0=75kPa
Hostun RF Hostun RF
C80.63_H : e0=0,63 ; P=σ0=80kPa C80.63_H : e0=0,63 ; P=σ0=80kPa
Déformation orthoradiale, εθ(%)

0,0
Déformation volumique, εv(%)

-0,2

C80.63_H
-0,4 -0,3
C75.65_H
C75.65_H C80.63_H

-0,6
-0,6 C80.63_H
C80.63_H
C75.65_H
C75.65_H

0,0 0,4 0,8 1,2 0,0 0,4 0,8 1,2


Déformation axiale, εz(%) Déformation axiale, εz(%)

Figure 3.20 : Relation déformation orthoradiale- Figure 3.21 : Relation déformation volumique-
déformation axiale (essais C75.65_H et C80.63_H ) déformation axiale (essais C75.65_H et C80.63_H )

122
Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.3 Essais sur sables secs

Les évolutions des déformations radiales et orthoradiales au cours des deux essais sont
fournies par les figures 3.19 et 3.20, qui combinées à celles des déformations axiales donnent
celles des déformations volumiques reportées sur la figure 3.21. Des évolutions similaires de
la déformation volumique sont observées d’un essai à l’autre, témoignant d’un caractère
moyennement dense des échantillons avec une phase contractante puis une phase dilatante
(figure 3.30). L’état caractéristique, correspondant au passage entre la phase contractante et
dilatante, est situé à environ 0,18% et 0,26% respectivement pour l’essai C80.63_H et l’essai
C75.65_H, correspondant aux points d’investigation n°3 soit à des angles de frottement
interne compris entre 29 et 30° pour ces deux essais. Ces valeurs d’angle de frottement
caractéristique sont cohérentes avec les valeurs obtenues, par exemple, par Pham Van Bang
(2004) (à partir d’un appareil triaxial de précision, cf. §1.1.3.2) ou par Combes (1998) (à
partir d’appareils triaxiaux plus « classiques ») (valeurs comprises entre 30 et 33°).

De plus, la symétrie de révolution de l’échantillon et le type de chargement appliqué


(compression) qui respecte cette symétrie, imposent que les déformations radiales et
orthoradiales soient identiques (figures 3.19 et 3.20). Ceci semble vérifié dans le domaine
subcaractéristique ; en revanche, un écart de 30% est noté au delà entre les déformations
radiale et orthoradiale aussi bien pour l’essai C80.63_H que C75.65_H.

Sont présentés dans la suite uniquement les principaux résultats quant au


comportement investigué en petites déformations (termes du tenseur rhéologique et « modules
dynamiques »). Une présentation plus complète des résultats est proposée par exemple pour
l’essai K80.90_T au paragraphe 3.3.2.

3.3.1.2 Termes du tenseur rhéologique équivalent

Les sollicitations cycliques (axiales, de torsion) d’amplitude croissante, qui sont


réalisées à chaque point d’investigation, permettent de déterminer 8 termes du tenseur
rhéologique équivalent (cf. §2.2.3.4) : {Mrzeq, Mθzeq, Mzzeq, Mγzeq, Mrγeq, Mθγeq, Mγγeq, Mzγeq}.
Dans la suite, afin d’éviter des notations trop lourdes, l’exposant " eq " est omis.

Les figures 3.22 et 3.23 fournissent des exemples de sollicitations cycliques


aboutissant à la détermination de ces termes. Sont respectivement présentées une série de 5
cycles de compression d’amplitude en contrainte 4kPa et une série de 5 cycles de torsion
d’amplitude en contrainte 3 kPa.

Les valeurs de ces 8 termes sont déterminés pour une amplitude de contrainte donnée.
Elles peuvent donc être tracées en fonction de l’amplitude de contrainte. Un choix plus
judicieux toutefois consiste à tracer les termes en fonction de l’amplitude de déformation
(correspondante à la sollicitation appliquée et sous une échelle logarithmique) , (figures 3.24
et 3.25) :

- les termes {Mrz, Mθz, Mzz, Mγz} sont reportés en fonction de l’amplitude de la
déformation axiale puisque ces termes sont déterminés à partir des sollicitations cycliques
axiales (ou de compression),

- les termes {Mrγ, Mθγ, Mγγ, Mzγ} sont reportés en fonction de l’amplitude de la distorsion
puisque ces termes sont déterminés à partir des sollicitations cycliques de torsion.

123
Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.3 Essais sur sables secs

106 0,6 0,002 20


Hostun RF Point 2 (q=100kPa) Hostun RF
C80.63_H : e0=0,63 ; P=80kPa σz = 180kPa, σr = σθ = 80kPa, τ = 0kPa C80.63_H : e0=0,63 ; P=80kPa Mzz
sa
σz = 4,0 kPa, τsa = 0 kPa
104 0,4 Point 2 (q=100kPa)
σz=180kPa, σr=σθ=80kPa, τ=0kPa
0,001 sa sa 10
σz =4,0kPa ; τ =0kPa

Contrainte de cisaillement (kPa)


q(t)
Déviateur de contrainte, q(kPa)

Déformation (10 )
102 0,2 εz

Déformation (%)
τ(t)

100 0,0 0,000 0


Mθz

-6
98 -0,2
εθ
-0,001 -10

96 -0,4

0 100 200 300 96 98 100 102 104


Temps (s) Contrainte axiale (kPa)

106 0,6 0,0015 15


Hostun RF Point 2 (q=100kPa) Hostun RF
C80.63_H : e0=0,63 ; P=80kPa σz = 180kPa, σr = σθ = 80kPa, τ = 0kPa C80.63_H : e0=0,63 ; P=80kPa
sa
σz = 4,0 kPa, τsa = 0 kPa
104 0,4 0,0010 Point 2 (q=100kPa) 10
σz=180kPa, σr=σθ=80kPa, τ=0kPa
sa sa
σz =4,0kPa ; τ =0kPa
Contrainte de cisaillement (kPa)

q(t)
Déviateur de contrainte, q(kPa)

Déformation (10 )
102 0,2 0,0005 5
γ
Déformation (%)

τ(t)

100 0,0
0,0000
√2Mγz 0

-6
98 -0,2
Mrz
-0,0005 -5
εr

96 -0,4
-0,0010 -10
0 100
Temps (s)
200 300
a. 96 98 100
Contrainte axiale (kPa)
102 104 b.

Figure 3.22 : Exemples de sollicitations cycliques appliquées (essai C80.63_H) : a. cycles axiaux ou de
compression (f=0,02Hz), b. évolution des déformations permettant de déterminer les termes Mrz, Mθz,
Mzz, Mγz du tenseur rhéologique équivalent

0,004 40
Hostun S28 Point 3 (q=150kPa) Hostun S28
C75.65_H : e0=0,65 ; P=75kPa σz=225kPa, σr=σθ=75kPa, τ=0kPa C75.65_H : e0=0,65 ; P=75kPa 2Mγγ
4 150,4
sa
τ =3,0 kPa, σzsa=0 kPa Point 3 (q=150kPa)
τ(t) σz=225kPa, σr=σθ=75kPa, τ=0kPa
0,002 20
Déviateur de contrainte, q(kPa)

sa sa
τ =3,0 kPa γ
Contrainte de cisaillement (kPa)

2 150,2
Déformation (10 )
Déformation (%)

q(t) 0,000 0
0 150,0
√2Mzγ
-6

sa
-0,002 εz -20
-2 149,8

-4 149,6 -0,004 -40


0 100 200 a. -4 -2 0 2
Contrainte de cisaillement (kPa)
4 b.
Temps (s)

Figure 3.23 : Exemples de sollicitations cycliques appliquées (essai C75.65_H) : a. cycles de torsion
(f=0,02Hz), b. évolution des déformations permettant de déterminer les termes Mγγ, Mzγ du tenseur
rhéologique équivalent (les termes Mrγ, Mθγ, sont inaccessibles pour cet essai, cf. §2.1.3 ou §3.2.2)

124
Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.3 Essais sur sables secs

0,0

Mrz(1/GPa) 0,5
Mrγ(1/GPa)
Hostun RF Hostun RF
C80.63_H : e0=0,63 ; P=80kPa C80.63_H : e0=0,63 ; P=80kPa
-0,4
0,0

-0,8 -0,5

Point 0 Point 0
Point 1 Point 1
Point 2 -1,0 Point 2
Point 3 Point 3
-1,2
Point 4 Point 4
Point 5 Point 5
-1,5
1 10 100 1000 1 10 100
SA -6 SA -6
Déformation axiale, εz (10 ) Distorsion, γ (10 )
0,0 0,0

Mθz(1/GPa) Mθγ(1/GPa)
Hostun RF Hostun RF
C80.63_H : e0=0,63 ; P=80kPa C80.63_H : e0=0,63 ; P=80kPa
-0,1
-0,4

Point 0 -0,2 Point 0


Point 1 Point 1
Point 2 Point 2
-0,8
Point 3 Point 3
Point 4 Point 4
Point 5 Point 5
-0,3
1 10 100 1000 1 10 100 1000
SA -6 SA -6
Déformation axiale, εz (10 ) Distorsion, γ (10 )
8

Mzz(1/GPa) Mzγ(1/GPa)
Hostun RF 0,0 Hostun RF
C80.63_H : e0=0,63 ; P=80kPa
6 C80.63_H : e0=0,63 ; P=80kPa

-0,5

Point 0 Point 0
Point 1 Point 1
2
Point 2 Point 2
Point 3 Point 3
Point 4 Point 4
Point 5 Point 5
0 -1,0
1 10 100 1000 1 10 100 1000
SA -6
SA -6
Déformation axiale, εz (10 ) Distorsion, γ (10 )

0,2

Mγz(1/GPa) Mγγ(1/GPa)
Hostun RF 8 Hostun RF
0,1 C80.63_H : e0=0,63 ; P=80kPa
C80.63_H : e0=0,63 ; P=80kPa

0,0
6

-0,1 Point 0 Point 0


Point 1 Point 1
Point 2 Point 2
Point 3 4 Point 3
-0,2 Point 4 Point 4
Point 5 Point 5

1 10 100 1000 1 10 100 1000


SA -6
SA -6
Déformation axiale, εz (10 ) Distorsion, γ (10 )

Figure 3.24 : Termes du tenseur rhéologique équivalent (essai C80.63_H) (les zones grisées
correspondent à un domaine d’imprécision supérieure à 15%, cf. annexe A)

125
Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.3 Essais sur sables secs

0,4

Mzz(1/GPa) Mzγ(1/GPa)
8
Hostun S28 Hostun S28
C75.65_H : e0=0,65 ; P=75kPa C75.65_H : e0=0,65 ; P=75kPa

6
0,2

Point 0 Point 0
Point 1 Point 1
4 Point 2 Point 2
Point 3 Point 3
Point 4 Point 4
Point 5 Point 5
Point 6 Point 6
0,0
2
1 10 100 1000 1 10 100 1000
SA -6 SA -6
Déformation axiale, εz (10 ) Distorsion, γ (10 )

8
0,1
Mγz(1/GPa) Mγγ(1/GPa)
Hostun S28
Hostun S28
C75.65_H : e0=0,65 ; P=75kPa
C75.65_H : e0=0,65 ; P=75kPa

0,0
6

Point 0
-0,1 Point 0 Point 1
Point 1 Point 2
Point 2 4 Point 3
Point 3 Point 4
Point 4 Point 5
-0,2 Point 5 Point 6
Point 6

1 10 100 1000 1 10 100 1000


SA -6
SA -6
Déformation axiale, εz (10 ) Distorsion, γ (10 )

Figure 3.25 : Termes du tenseur rhéologique équivalent (essai C75.65_H) (les termes Mrγ, Mθγ,
sont inaccessibles pour cet essai, cf. §2.1.3 et §3.2.2)

Sur les figures 3.24 et 3.25 sont ainsi reportées l’évolution des huit termes avec
l’amplitude de déformation, et ce, aux différents points d’investigation des essais C80.63_H
et C75.65_H (les termes Mrγ, Mθγ sont inaccessibles pour l’essai C75.65_H en raison de
l’imprécision observée sur la mesure des déformations radiale et orthoradiale, cf. §2.1.3 et
§3.2.2) .

Les points suivants peuvent être soulevés quant à l’évolution des différents termes au
cours des deux essais :

- tout d’abord, en fonction de l’amplitude en déformation : les termes {Mrz, Mθz, Mzz, Mγγ}
semblent présenter une limite pour des amplitudes inférieures à 2.10-5, puis au delà, une
augmentation en valeurs absolues, quelque soit le point d’investigation considéré. Quant
aux quatre autres termes, {Mγz, Mrγ, Mθγ, Mzγ}, leur évolution reste très faible autour de
valeurs proches de 0.

- ensuite en fonction de l’état de contrainte (c’est-à-dire d’un point d’investigation à un


autre) : une évolution nette (diminution en valeur absolue) des termes {Mθz, Mzz, Mγγ} est
notée, le terme {Mrz} paraissant moins sensible à l’évolution de l’état de contrainte.
Encore une fois, les termes {Mγz, Mrγ, Mθγ, Mzγ} évoluent très peu et affichent des valeurs
pratiquement constantes. Ces valeurs apparaissent, de plus, négligeables par rapport aux
termes {Mzz, Mγγ} du tenseur (inférieures à 10% en valeur absolue).

126
Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.3 Essais sur sables secs

Ces observations valent pour les deux essais C80.63_H et C75.65_H.

Compte tenu des sollicitations globales appliquées (compression de type « triaxiale » à


partir d’un état isotrope), une hypothèse de comportement isotrope transverse de l’échantillon
en petites déformations peut être une bonne approximation. Cette hypothèse implique
toutefois que les termes {Mγz, Mrγ, Mθγ, Mzγ} soient nuls (ce qui semble vérifié à 10% près
compte tenu du point précédent) et que les termes {Mrz, Mθz} soient égaux. Pour vérifier ce
dernier point, il est proposé de comparer les deux coefficients de Poisson νrz et νθz, qui
découlent directement de ces deux termes :

M rz Mθ z
ν rz = − et ν θ z = − (3.13)
M zz M zz

L’évolution de ces deux coefficients, selon le même principe que pour les figures 3.24 et 3.25,
est reportée selon l’amplitude de déformation aux différents points d’investigation (figure
3.26).

νrz ν θz
Point 0
Point 1
Hostun RF Hostun RF
Point 2
C80.63_H : e0=0,63 ; P=80kPa Point 3 C80.63_H : e0=0,63 ; P=80kPa
0,4 0,2 Point 4
Point 5

Point 0
Point 1
0,2 Point 2
Point 3
Point 4
Point 5
0,1
1 10 100 1000 1 10 100
SA -6 SA -6
Déformation axiale, εz (10 ) Déformation axiale, εz (10 )

Figure 3.26 : Evolution des coefficients de Poisson νrz et νθz avec l’amplitude de déformation aux
différents points d’investigation de l’essai C80.63_H

D’un côté, en fonction de l’amplitude de déformation, ces coefficients évoluent peu


quelque soit le point considéré. D’un autre côté, face à l’évolution de l’état de contrainte, le
coefficient νrz présente une sensibilité plus forte que le coefficient νθz. Ceci provient de la
faible variation du terme Mrz d’un point d’investigation à un autre. Leurs valeurs restent
globalement dans un rapport de 1,25 à 1,5, ce qui ne permet pas de vérifier l’hypothèse
isotrope transverse. Le fait que les termes {Mγz, Mrγ, Mθγ, Mzγ} restent négligeables, conduit
toutefois à ne pas infirmer totalement cette hypothèse de comportement.

Maintenant, si les valeurs des termes {Mzz, Mγz, Mzγ, Mγγ}, communs aux deux essais,
sont comparés d’un essai à l’autre, les termes {Mγz, Mzγ} n'offrent que peu de différences,
leurs valeurs étant très faibles (entre –0,1 et –0,2 GPa-1). Pour les deux autres termes {Mzz,
Mγγ}, il doit être noté que ces termes représentent des termes particuliers : ils désignent plus
précisément l’inverse du module d’Young et l’inverse du double du module de cisaillement,
respectivement (cf. §2.2.3.4) :
1 1
M zz = et M γγ = (3.14&3.15)
Ez 2Gθ z

127
Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.3 Essais sur sables secs

Ces deux modules de déformation qui sont très fréquemment utilisés pour décrire le
comportement des sols, sont étudiés plus en détail dans le paragraphe qui suit.

3.1.3.3 Modules d’Young et de cisaillement

Les évolutions des termes {Mzz, Mγγ} présentées au paragraphe précédent permettent
de dégager des valeurs limites minimales de ces termes avec le niveau de déformation. Ces
valeurs correspondent ainsi aux valeurs maximales des modules d’Young et de cisaillement
en petites déformations (<2.10-5). Ces valeurs peuvent être mises en relation avec celles
obtenues à partir des sollicitations dynamiques, c’est-à-dire à partir des essais de propagation
d’ondes réalisées aux mêmes points d’investigation, c’est-à-dire pour des états de contrainte-
déformation très proches de ceux des sollicitations cycliques.

Les vitesses des ondes de compression et de cisaillement obtenues au cours des essais
C80.63_H et C75.65_H sont présentées sur la figure 3.27 en fonction de l’état de contrainte
caractérisant chacun des points d’investigation. Un écart de 10 à 15% est observé entre les
deux essais.

Afin de relier respectivement ces vitesses d’ondes de compression et de cisaillement


aux modules d’Young et de cisaillement, une hypothèse de comportement élastique isotrope
est adoptée (cf. §2.2.3.5). Le choix d’une hypothèse peut-être plus adaptée, est plus
amplement discuté en parties 4 et 5. Le tableau 3.10 et la figure 3.28 présentent ainsi les
modules d’Young et de cisaillement « dynamiques » notés Edyn et Gdyn (correspondant aux
vitesses des ondes mesurées) en comparaison avec les valeurs maximales de ces mêmes
modules obtenues à partir des sollicitations cycliques notées Eqs et Gqs (cf. § précédent et
relation 3.14&3.15). Les écarts relatifs proposés se fondent sur la valeur des modules
dynamiques :

∆E Edyn − Eqs ∆G Gdyn − Gqs


= et = (3.16&3.17)
E Edyn G Gdyn

Hostun RF
C80.63_H : e0=0,63 ; P=σz0=80kPa
Hostun S28
Vitesse des ondes, vp ou vs (m.s )

600 C75.65_H : e0=0,65 ; P=σz0=75kPa


-1

C80.63_H
C75.65_H

400
C80.63_H
C75.65_H

200
vp vp
vs vs

100 200 300 400


Contrainte axiale, σz(kPa)

Figure 3.27 : Evolution des vitesses des ondes de compression et de cisaillement en fonction de la
contrainte axiale (essais C80.63_H et C75.65_H)

128
Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.3 Essais sur sables secs

C80.63_H
Contrainte Ecart relatif Gqs(MPa) Ecart relatif
Points Eqs(MPa) Edyn(MPa) Gdyn(MPa)
axiale (kPa) (%) (2 capteurs) (%)
0 80 215 253 15,1 77 113 31,9
1 130 261 303 13,8 87 133 34,6
2 180 310 317 2,4 95 130 26,9
3 230 350 391 10,4 96 170 43,5
4 280 397 382 -4,0 98 155 36,8
5 330 434 427 -1,7 97 177 45,2
C75.65_H
Contrainte Ecart relatif Gqs(MPa) Ecart relatif
Points Eqs(MPa) Edyn(MPa) Gdyn(MPa)
axiale (kPa) (%) (4 capteurs) (%)
0 75 186 219 15,2 90 101 10,9
1 125 236 261 9,4 104 116 10,3
2 175 275 292 5,8 110 121 9,1
3 225 307 308 0,3 115 128 10,2
4 275 335 335 -0,1 122 138 11,6
5 325 369 353 -4,7 124 144 13,9
6 375 393 386 -1,8 153 155 1,3

Tableau 3.10 : Comparaison des modules d’Young et de cisaillement « quasi-statiques » et


« dynamiques » (essais C80.63_H et C75.65_H)

600
Hostun RF
C80.63_H : e0=0,63 ; P=σz0=80kPa
Hostun S28
Modules de déformation E ou G(MPa)

C75.65_H : e0=0,65 ; P=σz0=75kPa


C80.63_H

400 C75.65_H

C80.63_H
200

C75.65_H

Eqs Edyn
Gqs Gdyn
Eqs Edyn
C80.63_H Gqs Gdyn
0
100 200 300 400 500
Contrainte axiale, σz(kPa)

Figure 3.28 : Modules d’Young et de cisaillement « quasi-statiques » et « dynamiques » en


fonction de l’état de contrainte (essais C80.63_H et C75.65_H)

Plusieurs comparaisons méritent d’être dressées : d’une part, pour chacun des essais,
une comparaison entre modules « dynamiques » {Edyn, Gdyn} et « quasi-statiques » {Eqs, Gqs},
d’autre part une comparaison des modules « dynamiques/quasi-statiques » {Edyn, Gdyn Eqs,
Gqs} d’un essai à l’autre.

129
Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.3 Essais sur sables secs

En ce qui concerne l’essai C80.63_H, les écarts entre modules d’Young


« dynamiques » et « quasi-statiques » sont inférieurs à 15%, en revanche entre les modules de
cisaillement, les écarts atteignent près de 35%. Pour l’essai C75.65_H, les écarts entre les
différents modules de déformation sont comparables, de l’ordre de 10 à 15%. La différence
majeure entre les deux essais se situe donc sur l’écart entre les modules de cisaillement,
comme l’illustre la figure 3.28.

Ceci amène à comparer tour à tour les modules d’Young « dynamiques/quasi-


statiques » et les modules de cisaillement « dynamiques/ quasi-statiques » d’un essai à l’autre.

Les modules d’Young, aussi bien « dynamiques » que « quasi-statiques » sont


comparables entre les deux essais (écart entre 10 et 15%), les modules les plus élevés étant
notés pour l’essai C80.63_H. Ces écarts peuvent s’expliquer par les contraintes axiales plus
élevées aux différents points d’investigation de l’essai C80.63_H, par de légères différences
entre le sable d’Hostun RF d’une part et le sable d’Hostun S28 d’autre part, et enfin, par le
caractère plus dense de l’échantillon pour l’essai C80.63_H, ceci d’autant plus si est prise en
compte l’erreur commise sur la détermination de l’indice des vides initial (de l’ordre de 1 à
2%) pouvant conduire à un échantillon en réalité plus dense pour l’essai C80.63_H et à un
échantillon plus lâche pour l’essai C75.65_H.

Pour les modules de cisaillement « dynamiques », des écarts similaires (10 à 15%)
entre les deux essais ainsi que des valeurs supérieures pour l’essai C80.63_H que pour l’essai
C75.65_H entraînent les mêmes explications. Toutefois, ces considérations ne suffisent plus à
expliquer l’écart observé entre les modules de cisaillement « quasi-statiques », où cette fois-ci
la tendance inverse est notée, à savoir que les modules obtenus au cours de l’essai C75.65_H
sont cette fois-ci supérieurs d’environ 20 à 25% à ceux de l’essai C80.63_H. Est traduite ici
l’influence de la mesure de la distorsion réalisée des deux côtés de l’échantillon pour l’essai
C75.65_H. Cette influence était par ailleurs prévisible compte tenu de la différence observée
sur les deux valeurs de la distorsion au cours des sollicitations cycliques pour cet essai (cf.
figure 3.25 : un écart de 10%, à amplitude de contrainte équivalente, serait obtenu sur la
valeur du module de cisaillement si une seule des deux mesures de la distorsion était
considérée). Ainsi, il est fortement probable que, pour l’essai C80.63_H, le module de
cisaillement « quasi-statique » soit sous-évaluée en raison d’une amplitude de distorsion sur-
estimée par une seule mesure sur un seul côté de l’échantillon.

Compte tenu de cette remarque, pour les deux essais, les écarts faibles obtenus entre
modules de déformation dynamiques ou quasi-statiques démontrent une bonne concordance
entre les deux méthodes de détermination de ces modules de déformation, à savoir entre une
méthode « quasi-statique » et une méthode « dynamique », fondées sur des sollicitations de
nature très différente. Une analyse plus détaillée est proposée en partie 4 et 5.

3.1.3.4 Conclusion

Deux essais de compression sur des échantillons d’indice des vides initial proches et
sous des pressions de confinement comparables ont été réalisés sur le sable d’Hostun
(respectivement RF et S28). De l’analyse et de la comparaison de ces deux essais, les
conclusions suivantes peuvent être dressées :

- i) aussi bien en terme de déformation cumulée qu’en terme d’amplitudes de déformation


(lors des sollicitations cycliques), des différences de 15 à 30% sont relevées entre les

130
Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.3 Essais sur sables secs

valeurs de la distorsion (ou de la déformation axiale) moyennées sur les deux côtés de
l’échantillon et celles obtenues sur un seul côté de l’échantillon,

- ii) l’existence de termes limites du tenseur est observée pour des amplitudes de
déformations inférieures à environ 2.10-5,

- iii) le caractère isotrope transverse du comportement de l’échantillon n’est que


partiellement vérifié en petites et moyennes déformations. Les déformations cumulées,
radiales et orthoradiales (identiques sous une hypothèse de comportement isotrope
transverse) demeurent toutefois du même ordre de grandeur, de même que les termes
{Mrz, Mθz} pour de faibles amplitudes de déformation.

- iv) un bon accord est obtenu entre modules d’Young « dynamiques » (estimés à partir
d’essais de propagation d’ondes, hypothèse élastique isotrope) et « quasi-statiques »
(estimés à partir des sollicitations cycliques de faible amplitude), leurs valeurs étant de
plus comparables d’un essai à l’autre,

- v) la valeur moyennée de la distorsion conduit à une meilleure évaluation du module de


cisaillement « quasi-statique » face au module « dynamique ».

Les points i) et v) soulignent ainsi, de manière claire, la nécessité de disposer d’au


moins deux mesures de la déformation pour caractériser de manière précise le comportement
en petites déformations.

De plus, les points ii) et iv) suggèrent un comportement de type « quasi-élastique »


en petites déformations du sable d’Hostun. Le terme « quasi » provient du fait que, dans ce
domaine de déformation, les valeurs du coefficient de dissipation, non présentées dans ce
paragraphe et qui traduisent l’énergie dissipée au cours d’une sollicitation cyclique, ne sont
pas nulles (comme elles pourraient l’être pour un matériau parfaitement élastique) mais très
faibles.

131
Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.3 Essais sur sables secs

3.3.2 Exemple d’un essai de type « torsion à K0 » : l’essai K80.90_T

3.3.2.1 Présentation générale de l’essai

L’essai K80.90_T est présenté en détail dans ce paragraphe. Il s’agit d’un essai de
torsion réalisé en conditions drainées sur le sable sec de Toyoura à partir d’un état de
contrainte anisotrope (donné par le rapport K0=σr/σz=0,5). L’indice des vides initial de
fabrication est de 0,90 (échantillon lâche). Le chemin de contrainte suivi dans le plan
contrainte de cisaillement - contrainte moyenne est exposé sur la figure 3.29. L’échantillon est
tout d’abord consolidé isotropiquement jusqu’à une pression de 80 kPa (environ 5 kPa/mn)
.
(point –1 sur la figure 3.29). Une compression axiale est ensuite appliquée ( σ z =0,5 kPa/s)
afin d’atteindre l’état de contrainte K0. A partir de cet état, l’échantillon est soumis à un large
.
cycle en torsion (donné par -0,4≤τ/p≤0,6, τ =0,2 kPa/s) suivant plusieurs étapes reprises dans
le tableau 3.11 et pour lesquelles le comportement en petites déformations est investigué à
partir d’essais de propagations d’ondes et à partir de sollicitations cycliques de faibles
amplitudes (après une période de fluage de 2 à 3 h, suivant le même schéma que pour les
essais de compression, cf. § précédent).

90
Toyoura
75 K80.90_T : e0=0,90 ; P=80kPa ; K0=P/σz=0,5 Point 8

60
K80.90_T
Points τ (kPa) P (kPa) σz (kPa) φ(°)
Contrainte de cisaillement, τ(kPa)

45 Points 2&7
-1 0 80 80 0
30
Points 1&6
0 0 80 160 19,5
15
1 20 80 160 22
Points 0&3&5 2 40 80 160 28
0 3 0 80 160 19,5
-15 Point -1
4 -40 80 160 28
5 0 80 160 19,5
-30
6 20 80 160 22
-45 Point 4 7 40 80 160 28
-60
8 60 80 160 37
0 40 80 120 160
Contrainte moyenne, p(kPa)
Tableau 3.11 : Etapes de chargement de l’essai
Figure 3.29 : Chemin de contrainte suivi pour K80.90_T (τ désigne la contrainte de cisaillement,
l’essai K80.90_T dans le plan contrainte de
P la pression de confinement,σz la contrainte
cisaillement-contrainte moyenne
axiale et φ, l’angle de frottement mobilisé)

Les relations contrainte de cisaillement - distorsion et déviateur de contrainte -


déformation axiale sont présentées respectivement sur les figures 3.30 et 3.31. Sont
retranscrits de manière nette le large cycle en torsion réalisé, les périodes de fluage observés
avant chaque point d’investigation ainsi que les sollicitations cycliques de torsion appliquées
en ces mêmes points (figure 3.30). Sur la figure 3.31, est illustrée l’application de la
compression axiale (du point –1 au point 0) ainsi que les sollicitations cycliques de compres-
sion suivies des sollicitations bi-axiales effectuées en chacun des points.

L’évolution des déformations axiale, radiale, orthoradiale et volumique au cours de


l’essai est successivement reportée, en fonction de la distorsion, sur les figures 3.32 à 3.35.

132
Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.3 Essais sur sables secs

Toyoura
Toyoura
K80.90_T : e0=0,90 ; P=80kPa ; K0=P/σz=0,5
80 K80.90_T : e0=0,90 ; P=80kPa ; K0=P/σz=0,5
120

Point 0 Point 1 Point 5 Point 7


Point 7 Point 3
Contrainte de cisaillement, τ(kPa)

Déviateur de contrainte, q(kPa)


Point 8
40 Point 6
Point 2 80
Point 5 Point 1

Point 2 Point 8
0 Point 4 Point 6
Point 3 40
Points -1&0

-40
Point 4 0 Point -1

0,0 0,9 1,8 2,7 0,0 0,4 0,8 1,2


Distorsion, γ(%) Déformation axiale, εz(%)

Figure 3.30 : Relation contrainte de cisaillement- Figure 3.31 : Relation déviateur de contrainte-
distorsion (essai K80.90_T) déformation axiale (essai K80.90_T)
1,5
Toyoura Toyoura
0,0
K80.90_T : e0=0,90 ; P=80kPa ; K0=P/σz=0,5 K80.90_T : e0=0,90 ; P=80kPa ; K0=P/σz=0,5
Point -1
Point 0 Point 1
Point 7
Point 4 Point 2
Point 5
Déformation axiale, εz(%)

1,0 Point 8
Déformation radiale, εr(%)

Point 4
-0,2
Point 6 Point 3
Point 5
Point 3
Point 6
Point 7
0,5
Point 1
Point 2 -0,4
Point 8
Point 0

Point -1
0,0
-0,6
-1 0 1 2 0 1 2 3
Distorsion, γ(%) Distorsion, γ(%)

Figure 3.32 : Evolution de la déformation axiale Figure 3.33 : Evolution de la déformation radiale
(essai K80.90_T) (essai K80.90_T)

Point -1 Toyoura Toyoura


0,0 Point 1
K80.90_T : e0=0,90 ; P=80kPa ; K0=P/σz=0,5 K80.90_T : e0=0,90 ; P=80kPa ; K0=P/σz=0,5
Point 0
Point 6
Point 4 Point 7
Point 2 Point 5
0,6
Déformation orthoradiale, εθ(%)

Point 8
Déformation volumique, εv(%)

Point 3
Point 5 Point 6 Point 4
-0,2 Point 7

Point 3
0,3
Point 8 Point 1

Point 0 Point 2
-0,4

0,0 Point -1

0 1 2 3 0 1 2 3
Distorsion, γ(%) Distorsion, γ(%)

Figure 3.34 : Evolution de la déformation orthoradiale Figure 3.35 : Evolution de la déformation


(essai K80.90_T) volumique (essai K80.90_T)

133
Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.3 Essais sur sables secs

Durant la phase de compression (point –1 au point 0), la distorsion relevée est pratiquement
nulle, et les déformations radiale et orthoradiale varient dans un rapport de 2 (figures 3.32 à
3.34). L’évolution de la déformation volumique (figure 3.35) révèle un comportement
globalement contractant de l’échantillon.

Dans les paragraphes qui suivent est décrit l’ensemble du comportement investigué en
petites déformations et au cours des périodes de fluage.

3.3.2.2 Termes du tenseur rhéologique équivalent

De manière analogue aux essais de compression sur sable d’Hostun (§3.3.1),


l’application de sollicitations cycliques d’amplitude croissante permet de traduire l’évolution
de 8 termes du tenseur rhéologique avec l’amplitude de déformation et avec l’état de
contrainte (figure 3.36). Les points suivants peuvent être déduits de l’examen de cette figure :

- l’ensemble des termes accessibles {Mrz, Mθz, Mzz, Mγz, Mrγ, Mθγ, Mγγ, Mzγ} affiche un
palier pour des amplitudes de déformations inférieures à 2 ou 3.10-5 puis augmente (en
valeurs absolues) avec l’amplitude de déformation,

- lors de la phase de compression (points –1 à 0), le comportement isotrope transverse de


l’échantillon apparaît vérifié : les termes {Mγz, Mrγ, Mθγ, Mzγ} présentent des valeurs
proches de 0, et les termes {Mrz, Mθz} se révèlent tout à fait comparables (dans un rapport
de 1 à 1,3).

- durant cette même phase, en fonction de l’état de contrainte (valeurs du point –1 au point
0), les termes {Mrz, Mθz} et {Mzz, Mγγ} décroissent en valeurs absolues, identiquement au
cas des essais de compression sur le sable d’Hostun (cf. § précédent),

- en revanche, lors de la phase de torsion (points 0 à 8), l’ensemble des termes croît (en
valeurs absolues) avec l’état de contrainte, les évolutions restant toutefois limitées,
excepté pour les termes {Mγz, Mzγ},

- ces derniers termes, {Mγz, Mzγ}, présentent en effet des évolutions aussi bien avec
l’amplitude de déformation qu’avec l’état de contrainte, nettement plus marquées que lors
d’essais de compression. Elles sont de plus remarquablement semblables entre elles.

- enfin il est intéressant de comparer les valeurs des différents termes aux points {0, 3, 5},
{1,6} et {2,7} (pour lesquels les états de contraintes sont respectivement identiques).
L’ensemble des termes pour un même état de contrainte diffèrent de ±10%.

Il convient de s’intéresser également aux deux coefficients de Poisson νrz et νθz. La


figure 3.37 dresse leur évolution excessivement faible avec l’amplitude de déformation pour
les différents points (d’investigation) réalisés. Aux 2 points de la phase de compression est
retrouvée une bonne concordance de leurs valeurs (correspondant à celle des termes {Mrz,
Mθz} : rapport proche de l’unité au point –1, et de 1,3 au point 0). Au cours du grand cycle en
torsion (points 1 à 8), les deux coefficients de Poisson évoluent peu, excepté pour le
coefficient νθz qui marque une valeur faible (≈0,1) proche de la rupture (point 8).

134
Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.3 Essais sur sables secs

0,8

Mrz(1/GPa) Mrγ(1/GPa)
-0,8

Toyoura Toyoura
K80.90_T : e0=0,90 ; P=80kPa 0,4
K80.90_T : e0=0,90 ; P=80kPa
K0=P/σz=0,5 K0=P/σz=0,5

-1,2
Point -1 0,0 Point -1
Point 0 Point 0
Point 1 Point 1
Point 2 Point 2
Point 3 Point 3
Point 4 Point 4
Point 5 -0,4 Point 5
-1,6 Point 6 Point 6
Point 7 Point 7
Point 8 Point 8

1 10 100 1000 1 10 100 1000


SA -6
SA -6
Déformation axiale, εz (10 ) Distorsion, γ (10 )

-0,4
Mθz(1/GPa) Mθγ(1/GPa)
0,8
Toyoura
K80.90_T : e0=0,90 ; P=80kPa Toyoura
0,4 K80.90_T : e0=0,90 ; P=80kPa
K0=P/σz=0,5
-0,8 K0=P/σz=0,5

0,0

Point -1 Point -1
Point 0 Point 0
Point 1 -0,4 Point 1
-1,2 Point 2 Point 2
Point 3 Point 3
Point 4 Point 4
Point 5 -0,8 Point 5
Point 6 Point 6
Point 7 Point 7
-1,6 Point 8 Point 8
-1,2
1 10 100 1000 1 10 100 1000
SA -6 SA -6
Déformation axiale, εz (10 ) Distorsion, γ (10 )
7
2
Mzz(1/GPa) Mzγ(1/GPa)
Toyoura 1 Toyoura
K80.90_T : e0=0,90 ; P=80kPa K80.90_T : e0=0,90 ; P=80kPa
6
K0=P/σz=0,5 K0=P/σz=0,5
0

Point -1 Point -1
5
Point 0 -1 Point 0
Point 1 Point 1
Point 2 Point 2
Point 3 Point 3
Point 4 -2 Point 4
Point 5 Point 5
4 Point 6 Point 6
Point 7 Point 7
Point 8 Point 8
-3

1 10 100 1000 1 10 100 1000


SA -6 SA -6
Déformation axiale, εz (10 ) Distorsion, γ (10 )
1,6 11

Mγz(1/GPa) Mγγ(1/GPa)
Toyoura 10 Toyoura
0,8
K80.90_T : e0=0,90 ; P=80kPa
K80.90_T : e0=0,90 ; P=80kPa
K0=P/σz=0,5
K0=P/σz=0,5
9
0,0

Point -1 8 Point -1
-0,8 Point 0 Point 0
Point 1 Point 1
Point 2 Point 2
Point 3 7 Point 3
-1,6 Point 4 Point 4
Point 5 Point 5
Point 6 Point 6
Point 7 6 Point 7
Point 8 Point 8
-2,4

1 10 100 1000 1 10 100 1000


SA -6
SA -6
Déformation axiale, εz (10 ) Distorsion, γ (10 )

Figure 3.36 : Termes du tenseur rhéologique équivalent (essai K80.90_T) (les zones grisées
correspondent à un domaine d’imprécision supérieure à 15%)

135
Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.3 Essais sur sables secs

0,3

νrz Toyoura ν θz
K80.90_T : e0=0,90 ; P=80kPa
0,4 K0=P/σz=0,5
Toyoura
K80.90_T : e0=0,90 ; P=80kPa
K0=P/σz=0,5
0,2

Point -1 Point -1
0,3 Point 0 Point 0
Point 1 Point 1
Point 2 Point 2
Point 3 Point 3
Point 4 0,1 Point 4
Point 5 Point 5
Point 6 Point 6
Point 7 Point 7
Point 8 Point 8
0,2
1 10 100 1000 1 10 100 1000
SA -6 SA -6
Déformation axiale, εz (10 ) Déformation axiale, εz (10 )

Figure 3.37 : Evolution des coefficients de Poisson νrz et νθz avec l’amplitude de déformation aux
différents points d’investigation de l’essai K80.90_T

3.3.2.3 Modules d’Young et de cisaillement

Les modules d’Young et de cisaillement sont donnés par l’inverse des termes {Mzz,
2Mγγ}. Leurs valeurs maximales en petites déformations (<2.10-5) sont comparées à leurs
valeurs « dynamiques » obtenues à partir des vitesses des ondes de compression et de
cisaillement et d’une hypothèse élastique isotrope. Cette comparaison est dressée sur le
tableau 3.12 et la figure 3.38.

Dans un premier temps, il peut être noté une décroissance de ces modules avec l’état
de contrainte. Pour les valeurs « quasi-statiques », il s’agit là, de la traduction de la croissance
des termes {Mzz, Mγγ}. Autrement dit, l’application d’une sollicitation croissante de torsion (à
partir d’un état anisotrope) tend à diminuer la rigidité du matériau face à la compression ou à
la torsion en petites déformations.

Dans un second temps, il est relevé des écarts entre modules « dynamiques » et
« quasi-statiques » faibles, de l’ordre de 10%, ce qui témoigne d’une bonne concordance entre
méthodes de détermination « quasi-statique et dynamique ».

3.3.2.4 Coefficient d’amortissement et cycles biaxiaux

Ce paragraphe conclue l’exploitation du comportement en petites déformations à partir


de l’étude du coefficient d’amortissement et des sollicitations bi-axiales.

Le coefficient de dissipation traduit l’énergie dissipée au cours de sollicitations


cycliques (cf. § 2.2.3.4). Il est nul pour un matériau élastique linéaire.

La figure 3.39 présente la valeur du coefficient d’amortissement estimée pour les


sollicitations cycliques axiales (ou de compression) et de torsion réalisées en chacun des
points d’investigation, en fonction de la norme du tenseur de déformations : ε z SA pour les

136
Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.3 Essais sur sables secs

cycles de compression (les autres composantes du tenseur sont négligées) et γ SA / 2 pour


les cycles de torsion (les autres composantes du tenseur sont négligées).

Contrainte de Ecart relatif Ecart relatif


Points E (MPa) Edyn(MPa) Gqs(MPa) Gdyn(MPa)
cisaillement (kPa) qs (%) (%)
-1 0 164 170 4,0 66 72 9,5
0 0 241 219 -10,0 77 82 6,4
1 20 244 222 -10,0 79 83 4,5
2 40 238 224 -6,3 77 83 8,4
3 0 236 216 -9,3 74 81 9,5
4 -40 225 200 -12,5 69 75 8,4
5 0 239 218 -9,6 75 82 8,8
6 20 239 218 -9,4 72 82 13,3
7 40 230 208 -10,3 69 78 13,6
8 60 209 196 -6,7 65 75 14,7
Tableau 3.12 : Comparaison des modules d’Young et de cisaillement « quasi-statiques » et
« dynamiques » (essai K80.90_T)

Toyoura
K80.90_T : e0=0,90 ; P=80kPa ; K0=P/σz=0,5
300
Modules de déformation E, G(MPa)

0&5 1 2
4 6 7
3 1 8
2
6
0&3&5 7
4 8

Point -1
150

0&3&5
1&6 2 7
4
8
0&3&5 1 6 2
4 7
8
Point -1
Eqs Edyn
Gqs Gdyn
0
-40 0 40
Contrainte de cisaillement, τ(kPa)

Figure 3.38 : Modules d’Young et de cisaillement « quasi-statiques » et « dynamiques » en


fonction de l’état de contrainte (essais C80.63_H et C75.65_H),

Une certaine dispersion des résultats est relevée avec l’amplitude de déformation.
Toutefois, pour des amplitudes inférieures à 2.10-5, il est clairement noté des valeurs très
faibles du coefficient d’amortissement, inférieures à 1%. L’énergie dissipée au cours des
cycles (qui mettent en jeu ces amplitudes) est donc très faible, proche de celle d’un matériau
parfaitement élastique linéaire.

137
Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.3 Essais sur sables secs

9
Toyoura
0,00008.x
K80.90_T : e0=0,90 ; P=80kPa ; K0=P/σz=0,5 y=450.(e -1)

Sollicitations cycliques

Coefficient d'amortissement, D(%)


Point -1 à 8
6

Cycles de compression
Cycles de torsion
Exponential Fit

0
1
(10 )
sa
Norme du tenseur de déformation, ε
-6

Figure 3.39 : Coefficient d’amortissement en fonction de la norme de l’amplitude du tenseur des


déformations (essai K80. 90_T) (la régression exponentielle est de type y=B.[exp(A.x)-1] où {A ;B}
sont déterminés à partir d’un critère de minimisation aux moindres carrés)

Des sollicitations de type « bi-axiales » sont également réalisées en chacun des points
d’investigations. Au cours de ces sollicitations de très faible amplitude, la contrainte axiale et
la contrainte de cisaillement varient de manière proportionnelle. Sont relevées pour ces
sollicitations, les amplitudes de déformation {εrSA, εθSA, εzSA, γSA}m qui sont ensuite
comparées aux amplitudes calculées {εrSA, εθSA, εzSA, γSA}c à partir des termes limites du
tenseur (cf. §2.2.3.4, relations 2.17 à 2.20). L’existence des termes limites du tenseur a pu être
vérifiée précédemment.

La figure 3.40 présente l’exemple d’une sollicitation cyclique bi-axiale réalisée (une
série de 5 cycles d’amplitude {σzSA=2kPa ;τSA=1kPa}), qui conduit à la détermination des
amplitudes de déformation {εrSA, εθSA, εzSA, γSA}m .

La comparaison des amplitudes de déformations mesurées et calculées, pour


l’ensemble des sollicitations bi-axiales réalisées est reportée sur la figure 3.41. Les résultats
obtenus s’alignent sur la première bissectrice pour des niveaux de déformations jusqu’à
2.10-5. Ceci souligne que le tenseur rhéologique limite (définie effectivement pour des
déformations inférieures à 2.10-5) demeure indépendant, dans le cas de cet essai, de la
direction de l’incrément de contrainte à partir de laquelle il est déterminé.

3.3.2.5 Fluages

Avant chaque point d’investigation, où le comportement en petites déformations a pu


être étudié au travers des paragraphes précédents, une période de fluage est observée jusqu’à
la stabilisation des déformations, c’est-à-dire jusqu’à ce que la vitesse de déformation
devienne très faible.

138
Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.3 Essais sur sables secs

Toyoura Toyoura
42 K80.90_T : e0=0,90 ; P=80kPa ; K0=P/σz=0,5 K80.90_T : e0=0,90 ; P=80kPa ; K0=P/σz=0,5
Sollicitation cyclique biaxiale
0,001 10
Contrainte de cisaillement, τ(kPa)

Sollicitation cyclique biaxiale εz


sa sa
41 σz =2,0 kPa ; τ =1,0kPa

Déformation (10 )
Déformation (%)
sa
εz

sa
40 εθ
0,000 0

-6
εθ
39
Point 7
Point 7
σr=σθ=80kPa ; σz=160 kPa ; τ=40kPa
σr=σθ=80kPa ; σz=160 kPa ; τ=40kPa sa sa
σz =2,0 kPa ; τ =1,0kPa
-0,001 -10
38
78 79 80 81 82 78 79 80 81 82
Déviateur axial, q(kPa) Déviateur axial, q(kPa)

Toyoura Toyoura
42 K80.90_T : e0=0,90 ; P=80kPa ; K0=P/σz=0,5 K80.90_T : e0=0,90 ; P=80kPa ; K0=P/σz=0,5
Sollicitation cyclique biaxiale
0,0009 9
Contrainte de cisaillement, τ(kPa)

γ
Sollicitation cyclique biaxiale
sa sa
41 σz =2,0 kPa ; τ =1,0kPa

Déformation (10 )
Déformation (%)
sa
γ
sa
εr

40 0,0000 0

-6
εr
39
Point 7
Point 7
-0,0009 σr=σθ=80kPa ; σz=160 kPa ; τ=40kPa -9
σr=σθ=80kPa ; σz=160 kPa ; τ=40kPa sa sa
σz =2,0 kPa ; τ =1,0kPa

38
78 79 80 81 82 78 79 80 81 82
Déviateur axial, q(kPa) Déviateur axial, q(kPa)
a. b.
Figure 3.40 : Exemple de sollicitations cycliques biaxiales ( point 7 de l’essai K80.90_T) :
a. cycles en contrainte appliqués, b. détermination des demi-amplitudes de déformation

Toyoura
Amplitude des déformations calculées, (ε )c(10 )
-6

K80.90_T : e0=0,90 ; P=80kPa ; K0=P/σz=0,5 1


20
sa

+
Sollicitations cycliques biaxiales
Points -1 à 8

10

sa sa
εz &γ

sa sa
εz γ
sa sa
εr &εθ εr
sa
εθ
sa

0
0 10 20
sa -6
Amplitude des déformations mesurées, (ε )m(10 )

Figure 3.41 : Comparaison des demi-amplitudes de déformation calculées et mesurées pour les
sollicitations bi-axiales réalisées (essai K80.90_T)

139
Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.3 Essais sur sables secs

La figure 3.42 présente l’exemple d’application de périodes de fluage avant les points
d’investigation n°2 et n°8. Pendant cette période, l’état de contrainte est maintenu constant
(contrainte axiale, contrainte de cisaillement, pression de confinement) et les évolutions des
déformations (axiale, radiale, orthoradiale, distorsion) avec le temps peuvent être relevées.
Sur la figure 3.42 est représentée l’évolution de la contrainte de cisaillement et de la
distorsion avec le temps (origine du temps fixée au début du fluage).

0,40 60,075
Toyoura 40,1 Toyoura
K80.90_T : e0=0,90 ; P=80kPa ; K0=P/σz=0,5 K80.90_T : e0=0,90 ; P=80kPa ; K0=P/σz=0,5
0,12
0,32 60,000

Contrainte de cisaillement, τ(kPa)


Contrainte de cisaillement, τ(kPa)
40,0

τ(t)
τ(t)

Distorsion, γ(%)
Distorsion, γ(%)

0,24 59,925
0,08 39,9
γ(t)
γ(t)

39,8 0,16 59,850

0,04

39,7 0,08 59,775


Point 2 Point 8
σr=σθ=80kPa ; σz=160 kPa ; τ=40kPa σr=σθ=80kPa ; σz=160 kPa ; τ=60kPa

0,00 39,6 0,00 59,700


0 2000 4000 6000 0 2000 4000 6000
Temps (s) Temps (s)

Figure 3.42 : Exemples de fluages observés aux points 2 et 8 : évolution de la distorsion et de la


contrainte de cisaillement avec le temps (essai K80.90_T)

0,3 Toyoura
K80.90_T : e0=0,90 ; P=80kPa ; K0=P/σz=0,5

Point 8 (τ=60kPa)
0,2
Distorsion, γ(%)

Point 7 (τ=40kPa)
Point 2 (τ=40kPa)
0,1

Point 1 (τ=20kPa) Point 6 (τ=20kPa)

0,0

Point 5 (τ=0kPa)
Point 3 (τ=0kPa)
Point 4 (τ=-40kPa)
-0,1

0 2000 4000 6000


Temps (s)
Figure 3.43 : Evolution de la distorsion lors des fluages précédant les points 1 à 8 de l’essai
K80.90_T

La figure 3.43 regroupe les évolutions de la distorsion au cours de l’ensemble des


périodes de fluage réalisées. Il est noté, pour des paliers croissants de chargement (charge et
recharge), des amplitudes de déformation positives, et d’autant plus importantes que la
contrainte de cisaillement est élevée. Pour des paliers décroissants (décharge), les amplitudes
sont négatives et augmentent en valeur absolue au fur et à mesure que la contrainte de
cisaillement diminue. Enfin pour des états de contrainte et des directions de chargement
identiques (points 1&6, 2&7), les déformations de fluage restent comparables.

140
Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.3 Essais sur sables secs

3.3.2.6 Conclusion

L’essai K80.90_T désigne un essai de torsion réalisé sur le sable sec de Toyoura
(indice des vides initial de fabrication de 0,90) sous une pression de confinement de 80 kPa.
L’examen des courbes globales de contrainte et de déformation, du comportement investigué
en petites déformations et des périodes de fluages conduit aux conclusions suivantes :

- i) un comportement isotrope transverse de l’échantillon est relevé localement aux points


–1 et 0 (état de contrainte respectivement isotrope et anisotrope – K0=0,5) (à savoir :
termes {Mγz, Mrγ, Mθγ, Mzγ} nuls et termes {Mrz, Mθz} comparables). En revanche, ce
comportement n’est pas vérifié tout au long de la compression (du point –1 au point 0) en
considérant les déformations radiale et orthoradiale cumulées,

- ii) l’existence de termes limites du tenseur pour des amplitudes de déformations


inférieures à environ 2.10-5 est vérifiée,

- iii) une influence nette de la torsion (c’est-à-dire de la rotation des axes principaux de
contrainte) est notée sur les termes {Mγz, Mrγ, Mθγ, Mzγ},

- iv) la symétrie du tenseur est validée sur les termes {Mγz, Mzγ} (écart de 10%),

- v) le tenseur limite apparaît indépendant de la direction des contraintes,

- vi) l’énergie dissipée au cours des sollicitations cycliques s’avère très faible pour des
amplitudes de déformation inférieures à 2.10-5 (coefficient d’amortissement < 1%),

- vii) un bon accord est obtenu entre modules de déformation « quasi-statiques » et


« dynamiques » (écart de 10%), dont les évolutions montrent de plus, une décroissance
avec l’état de contrainte,

- viii) l’influence du large cycle de charge/décharge/recharge en torsion (c’est-à-dire de


l’histoire de chargement) peut être estimé à ± 10% sur les différents termes du tenseur,

- ix) l’évolution de la distorsion au cours des phases de fluage montre que le signe et les
amplitudes des déformations de fluage dépendent de la direction et des valeurs actuelles
et historiques de la sollicitation

Les points ii) et iv) à vii) caractérisent un comportement de type quasi-élastique en


petites déformations.

Le point viii) établit un ordre de grandeur de l’influence de l’anisotropie induite par


l’histoire de chargement sur les termes du tenseur, et à fortiori sur les modules de
déformation.

Enfin, le point ix) contribue à caractériser l’influence de l’histoire de chargement sur


les déformations de fluage du sable de Toyoura, c’est-à-dire sur son comportement dépendant
du temps.

141
Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.4 Essais sur mélanges sable/argile

142
Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.4 Essais sur mélanges sable/argile

3.4 Essais sur mélanges sable/argile

3.4.1 Préliminaires

La seconde campagne expérimentale réalisée sur l’appareil « T4C StaDy » comprend


9 essais de compression effectués sur les mélanges sable/argile M15 et M30 décrits au
paragraphe 3.1. Ces essais sont repris dans le tableau 3.13 en précisant le nombre de points
d’investigation réalisés ainsi que les évolutions de la teneur en eau et du degré de saturation.
En effet, compte tenu des essais triaxiaux préliminaires réalisés sur ces matériaux peu saturés,
le nombre de points a été restreint afin de limiter la durée de l’essai et l’évolution de la teneur
en eau. Les teneurs en eau finales atteintes autorisent ainsi une très faible marge d’incertitude
sur la valeur du déviateur. L’évolution du degré de saturation reste également très faible.

Nombre de
Nom de l’essai w0(%) Sr0(%) wf(%) Srf(%)ii)
points
C60.99_M15 2 4,42 11,9 3,98 11,1
C62.98_M15 3 4,45 12,0 3,77 10,8
M15
C65.99_M15 3 4,51 12,0 3,82 10,7
C70.99_M15 3 4,48 12,0 3,80 10,9

C65.99_M30i) 2 8,71 23,3 8,15 22,9


C60.99_M30i) 2 8,85 23,6 8,21 22,8
M30 C55.98_M30 3 8,80 23,7 7,78 22,5
C60.97_M30 2 8,87 24,1 8,25 23,1
C62.99_M30 3 8,64 23,2 7,70 22,0
i)
essais pour lesquels la mesure de la déformation radiale et orthoradiale reste imprécise dans le domaine
des petites déformations
ii)
estimé à partir de wf et de la déformation volumique finale mesurée

Tableau 3.13 : Rappel des essais réalisés sur les mélanges M15 et M30 avec précision du nombre
de points d’investigation et des valeurs des teneurs en eau et degrés de saturation
initiales et finales

Les essais sont réalisés en suivant un protocole expérimental identique à celui des
sables secs décrit au §2.2. Uniquement la méthode de déposition est modifiée : au lieu d’un
versement par pluviation, les mélanges sont versés à la petite cuillère suivant des couches de 1
à 2cm puis densifiées par vibration et par damage léger de manière identique à la figure 3.7.

Le paragraphe suivant présente l’exemple détaillé d’un essai de compression réalisé


sur le mélange M15, l’essai C70.99_M15.

143
Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.4 Essais sur mélanges sable/argile

3.4.2 Exemple d’un essai de compression : l’essai C70.99_M15

3.4.2.1 Présentation générale de l’essai

L’essai C70.99_M15 correspond à un essai de compression (« triaxiale ») réalisée sur


le mélange sable/argile M15 sous une pression de confinement de 70 kPa. Les paramètres
initiaux de fabrication de l’échantillon sont les suivants (cf. §3.1.3) :

e0=0,99 ; eg0=1,34 ; ec0=6,61 ; w0=4,48% ; Sr0=12,0%

Après une consolidation isotrope jusqu’à 70 kPa, l’échantillon est soumis à une
compression verticale dont les étapes sont reprises sur la figure 3.44 et le tableau 3.14. A ces
étapes de chargement, le comportement en petites déformations est étudié au travers des
essais de propagation d’ondes et des sollicitations cycliques de faible amplitude, qui suivent
l’observation d’une période de fluage et de stabilisation des déformations.

160

M15
C70.99_M15 : e0=0,99 ; P=70kPa
w0=4,48% ; Sr0=12,0% ; wf=3,80% ; Srf=10,9%
120
Déviateur de contrainte, q(kPa)

Point 2

C70.99_M15
80
Points q (kPa) P (kPa) φ(°)i)
Point 1
0 0 70 -11,7
40
1 50 70 6,4
Point 0 2 100 70 17,6
0 i)
estimé avec la valeur de la cohésion détermi-
0 40 80 120 160 née au §3.1.3.3
Contrainte moyenne, p(kPa)

Figure 3.44 : Chemins de contrainte suivi pour Tableau 3.14 : Etapes de chargement de l’essai
l’essai C70.99_M15 dans le plan déviateur- C70.99_M15
contrainte moyenne

La relation déviateur de contrainte - déformation axiale est donnée sur la figure 3.45,
où peuvent être distinguées les périodes de fluage observées ainsi que les sollicitations
cycliques de compression.

L’évolution de la distorsion au cours de l’essai est reportée sur la figure 3.46 en


fonction de la déformation axiale. Les sollicitations cycliques de torsion apparaissent
nettement aux différents points d’investigation. La déformation cumulée est très faible, proche
de quelques 10-5.

Les figures 3.47 à 3.49 présentent respectivement les évolutions des déformations
radiale, orthoradiale et volumique en fonction de la déformation axiale. Les déformations
radiales et orthoradiales restent dans un rapport compris entre 1 et 1,5. La déformation
volumique obtenue traduit un comportement fortement contractant de l’échantillon, qui
illustre le caractère très lâche du squelette granulaire (argile et sable).

144
Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.4 Essais sur mélanges sable/argile

150 0,03
M15 M15
C70.99_M15 : e0=0,99 ; P=70kPa C70.99_M15 : e0=0,99 ; P=70kPa
w0=4,48% ; Sr0=12,0% ; wf=3,80% ; Srf=10,9% w0=4,48% ; Sr0=12,0% ; wf=3,80% ; Srf=10,9%
0,02
Déviateur de contrainte, q(kPa)

100

Distorsion, γ(%)
Point 2 0,01
Point 0 Point 1 Point 2

Point 1
50
0,00

-0,01
Point 0
0

0,0 0,7 1,4 2,1


0,00 0,75 1,50 2,25
Déformation axiale, εz(%) Déformation axiale, εz(%)

Figure 3.45 : Relation déviateur de contrainte – Figure 3.46 : Evolution de la distorsion en fonction
déformation axiale (essai C70.99_M15) de la déformation axiale (essai C70.99_M15)

M15 M15
0,0 C70.99_M15 : e0=0,99 ; P=70kPa 0,0 C70.99_M15 : e0=0,99 ; P=70kPa
w0=4,48% ; Sr0=12,0% ; wf=3,80% ; Srf=10,9% w0=4,48% ; Sr0=12,0% ; wf=3,80% ; Srf=10,9%
Point 0
Déformation orthoradiale, εθ(%)

Point 0
Point 1
Déformation radiale, εr(%)

Point 1
-0,2

-0,2

-0,4
Point 2

Point 2
-0,4
-0,6

0,0 0,8 1,6 2,4 0,0 0,8 1,6 2,4


Déformation axiale, εz(%) Déformation axiale, εz(%)

Figure 3.47 : Relation déformation radiale- Figure 3.48 : Relation déformation orthoradiale-
déformation axiale (essai C70.99_M15) déformation axiale (essai C70.99_M15)

M15
C70.99_M15 : e0=0,99 ; P=70kPa
w0=4,48% ; Sr0=12,0% ; wf=3,80% ; Srf=10,9%
1,2
Déformation volumique, εv(%)

Point 2

0,6
Point 1

Point 0

0,0

0,0 0,8 1,6 2,4


Déformation axiale, εz(%)

Figure 3.49 : Relation déformation volumique-


déformation axiale (essai C70.99_M15)

145
Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.4 Essais sur mélanges sable/argile

3.4.2.2 Termes du tenseur rhéologique équivalent

Les différents termes accessibles du tenseur rhéologique {Mrz, Mθz, Mzz, Mγz, Mrγ, Mθγ,
Mγγ, Mzγ} sont obtenus à partir des sollicitations cycliques de compression et de torsion
réalisées aux 3 points d’investigation de cet essai.

La figure 3.50 fournit l’évolution de ces termes en fonction du niveau de déformation


et de l’état de contrainte. L’examen des différents termes conduit aux remarques suivantes :

- les termes {Mrz, Mθz, Mzz, Mγγ} présentent tous une évolution nette avec le niveau de
déformation : des valeurs constantes se dégagent pour des demi-amplitudes de
déformations inférieures à 1 voire 2.10-5, puis les valeurs absolues des termes augmentent
avec des amplitudes croissantes de déformation,

- cette évolution se retrouve à chacun des points d’investigation, mais l’ensemble des
valeurs est d’autant plus élevé que le déviateur appliqué est important,

- les termes {Mγz, Mrγ, Mθγ, Mzγ} affichent des valeurs qui évoluent nettement moins que
les termes précédents avec le niveau de déformation ou du déviateur. Ces valeurs restent
faibles, c’est-à-dire négligeables face aux termes de référence {Mzz, Mγγ} (inférieures à
7% en valeurs absolues),

- les valeurs des termes {Mrz, Mθz} apparaissent très proches au point 0 (écart de 6%) mais
s’éloignent aux points suivants dans un rapport de 1,5 à 1,6,

- compte tenu de ces deux derniers points, le comportement isotrope transverse de


l’échantillon est vérifié au point 0 mais reste incertain aux points suivants,

Ces remarques s’avèrent identiques à celles formulées pour le sable d’Hostun sec
(§3.3.1) et pour le sable de Toyoura (pour la phase de compression précédant la torsion de
l’échantillon, §3.3.2).

La figure 3.51 présente les valeurs des coefficients de Poisson νrz et νθz aux différents
points d’investigation. Le coefficientνrz montre une augmentation nettement plus marquée
avec l’état de contrainte que le coefficient νθz. Les écarts relevés entre les termes {Mrz, Mθz}
se retrouvent également sur ces deux coefficients.

3.4.2.3 Modules d’Young et de cisaillement

De manière analogue aux essais sur sables secs, les modules d’Young et de
cisaillement « quasi-statiques » en petites déformations (estimés à partir de l’évolution des
termes {Mzz, 2Mγγ}) peuvent être comparées aux modules de déformation « dynamiques »
déterminés à partir des vitesses de propagation d’ondes. L’hypothèse d’un comportement
élastique isotrope est adoptée comme pour les essais précédents. Le tableau 3.15 présente la
comparaison de ces deux méthodes de détermination, « quasi-statique » et « dynamique ».

Les écarts relevés sur le module d’Young et le module de cisaillement restent compris
entre ± 10%.

146
Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.4 Essais sur mélanges sable/argile

Mrz(1/GPa) Mrγ(1/GPa)
-0,8
M15 M15
0,0
C70.99_M15 : e0=0,99 ; P=70kPa C70.99_M15 : e0=0,99 ; P=70kPa
w0=4,48% ; Sr0=12,0% w0=4,48% ; Sr0=12,0%

-1,6 wf=3,80% ; Srf=10,9% wf=3,80% ; Srf=10,9%

-0,2

-2,4

-0,4

Point 0 Point 0
-3,2 Point 1 Point 1
Point 2 Point 2
-0,6
1 10 100 1 10 100
SA -6 SA -6
Déformation axiale, εz (10 ) Distorsion, γ (10 )

-0,5 Mθz(1/GPa) Mθγ(1/GPa)


M15 M15
C70.99_M15 : e0=0,99 ; P=70kPa C70.99_M15 : e0=0,99 ; P=70kPa
0,0
w0=4,48% ; Sr0=12,0% w0=4,48% ; Sr0=12,0%
-1,0 wf=3,80% ; Srf=10,9% wf=3,80% ; Srf=10,9%

-0,1
-1,5

Point 0 Point 0
-2,0 Point 1 Point 1
-0,2
Point 2 Point 2
1 10 100 1 10 100
SA -6 SA -6
Déformation axiale, εz (10 ) Distorsion, γ (10 )

M15 Mzz(1/GPa) M15 Mzγ(1/GPa)


C70.99_M15 : e0=0,99 ; P=70kPa C70.99_M15 : e0=0,99 ; P=70kPa
10 0,2
w0=4,48% ; Sr0=12,0% w0=4,48% ; Sr0=12,0%
wf=3,80% ; Srf=10,9% wf=3,80% ; Srf=10,9%

8 0,1

Point 0
Point 1
6 Point 2
0,0

Point 0
Point 1
4
Point 2
-0,1
1 10 100 1 10 100
SA -6 SA -6
Déformation axiale, εz (10 ) Distorsion, γ (10 )
0,1 15,0

Mγz(1/GPa) M15 Mγγ(1/GPa)


C70.99_M15 : e0=0,99 ; P=70kPa
M15
w0=4,48% ; Sr0=12,0%
C70.99_M15 : e0=0,99 ; P=70kPa 12,5
0,0 wf=3,80% ; Srf=10,9%
w0=4,48% ; Sr0=12,0%
wf=3,80% ; Srf=10,9%

10,0
-0,1

7,5
-0,2

Point 0 Point 0
Point 1 Point 1
Point 2 5,0 Point 2
-0,3
1 10 100 1 10 100
SA -6 SA -6
Déformation axiale, εz (10 ) Distorsion, γ (10 )

Figure 3.50 : Termes du tenseur rhéologique équivalent (essai C70.99_M15) (les zones grisées
correspondent à un domaine d’imprécision supérieure à 15%)

147
Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.4 Essais sur mélanges sable/argile

0,5 0,3

νrz M15
ν θz M15
C70.99_M15 : e0=0,99 ; P=70kPa C70.99_M15 : e0=0,99 ; P=70kPa
w0=4,48% ; Sr0=12,0% w0=4,48% ; Sr0=12,0%
0,4 wf=3,80% ; Srf=10,9% wf=3,80% ; Srf=10,9%

0,3 0,2

0,2

Point 0 Point 0
Point 1 Point 1
Point 2 Point 2
0,1 0,1
1 10 100 1000 1 10 100 1000
SA -6
Déformation axiale, εz (10 ) SA -6
Déformation axiale, εz (10 )

Figure 3.51 : Evolution des coefficients de Poisson νrz et νθz avec l’amplitude de déformation aux
différents points d’investigation de l’essai C70.99_M15

Contrainte Ecart relatif Ecart relatif


Points Eqs(MPa) Edyn(MPa) Gqs(Mpa) Gdyn(MPa)
axiale (kPa) (%) (%)
0 70 138 145 5,0 56 61 8,2
1 120 194 188 -3,0 70 75 6,7
2 170 252 227 -11,0 84 92 8,7

Tableau 3.15 : Comparaison des modules d’Young et de cisaillement « quasi-statiques » et


« dynamiques » (essai C70.99_M15)
400
M15
C70.99_M15 : e0=0,99 ; P=70kPa
w0=4,48% ; Sr0=12,0%
Modules de déformation E, G(MPa)

300 wf=3,80% ; Srf=10,9%

200

100

Eqs Edyn
Gqs Gdyn
0
80 120 160
Contrainte axiale, σz(kPa)
Figure 3.51 : Comparaison des modules d’Young et de cisaillement « quasi-statiques » et
« dynamiques » en fonction de l’état de contrainte (essai C70.99_M15)

3.4.2.4 Coefficient d’amortissement et cycles biaxiaux

Enfin, un dernier aspect du comportement investigué en petites déformations, illustré


par la figure 3.52, comprend l’estimation du coefficient d’amortissement et l’exploitation des

148
Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.4 Essais sur mélanges sable/argile

sollicitations bi-axiales.

Dans le domaine de déformation précédemment évoqué (de 1 à 2.10-5, tirée de


l’évolution des différents termes du tenseur rhéologique), il est noté des valeurs faibles du
coefficient d’amortissement (<2%) et une très bonne concordance entre déformations
mesurées et calculées lors des sollicitations bi-axiales. Au delà de ce domaine, les valeurs du
coefficient d’amortissement ainsi que les écarts entre déformations mesurées et calculées
augmentent sensiblement. Cette sensibilité paraît plus forte que dans le cas du sable sec.

12 30

Demi-amplitude des déformations calculées, (εsa)c(10-6)


M15 0,0001.x
M15
y=800.(e -1) C70.99_M15 : e0=0,99 ; P=70kPa
C70.99_M15 : e0=0,99 ; P=70kPa 1
w0=4,48% ; Sr0=12,0% w0=4,48% ; Sr0=12,0%
Coefficient d'amortissement, D(%)

wf=3,80% ; Srf=10,9% wf=3,80% ; Srf=10,9%

8 20
Sollicitations cycliques Sollicitations cycliques biaxiales
Points 0 à 2 Points 0 à 2
Cycles de compression
Cycles de torsion
Exponential Fit
4 10
sa sa
εz &γ

sa sa
sa sa εz γ
εr &εθ
sa sa
εr εθ
0 0
0 10 20 30
1 10 100 sa -6
Norme du tenseur de déformation, ε (10 ) sa -6

a. b.
Demi-amplitude des déformations mesurées, (ε )m(10 )

Figure 3.52 : Coefficient d’amortissement en fonction de la norme du tenseur des déformations (a.)
et comparaison des demi-amplitudes de déformation mesurées et calculées pour les sollicitations
biaxiales (b.) (essai C70.99_M15)

3.4.2.5 Fluages

Deux périodes de fluage ont été observées au cours de cet essai précédant les points
d’investigation n°1 et 2. La figure 3.53 donne l’évolution de la déformation axiale au cours du
temps.

M15
0,4
C70.99_M15 : e0=0,99 ; P=70kPa
Point 2 (q=100kPa)
w0=4,48% ; Sr0=12,0%
wf=3,80% ; Srf=10,9%
Déformation axiale, εz(%)

0,3

0,2

Point 1 (q=50kPa)
0,1

0,0
0 2000 4000 6000 8000
Temps (s)

Figure 3.53 : Evolution de la déformation axiale lors des fluages précédant les points 1&2 de
l’essai C70.99_M15

149
Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.4 Essais sur mélanges sable/argile

L’amplitude de déformation relevée est d’autant plus forte que le déviateur est élevé.
Autrement dit, pour un pallier croissant de chargement, les déformations de fluage
augmentent avec le niveau de contrainte. Ces remarques restent identiques à celles réalisées
pour le sable de Toyoura dans le cas de l’essai K80.90_T.

3.4.2.6 Conclusion

L’essai de compression C70.99_M15 (indice des vides initial : 0,99, pression de


confinement : 70 kPa) réalisé sur le mélange sable/argile M15 est présenté dans ce
paragraphe. L’examen du comportement en petites déformations et du comportement différé
(visqueux) a permis de dégager les points suivants:

- i) un tenseur limite peut être exhibé en petites déformations (inférieures à 1 ou 2.10-5) en


supposant généralisés les résultats obtenus sur les termes {Mrz, Mθz, Mzz, Mγγ} de ce
même tenseur,

- ii) un comportement isotrope transverse de l’échantillon en petites déformations peut être


avancé au point initial isotrope (termes {Mrz, Mθz} proches, termes {Mγz, Mrγ, Mθγ, Mzγ}
négligeables) (la confirmation d’un comportement isotrope demanderait l’accès aux
autres termes du tenseur). Il n’est que partiellement vérifié lors de la compression (termes
{Mrz, Mθz} dans un rapport de 1,5 à 1,6) dans le cas de cet essai,

- iii) une bonne concordance est obtenue entre modules de cisaillement « dynamique » et
quasi-statique » (écarts en valeur absolue de l’ordre de 10%),

- iv) l’énergie dissipée lors des sollicitations cycliques de faible amplitude (mettant en jeu
des déformations inférieures à 1 ou 2.10-5) reste faible (coefficient d’amortissement
inférieur à 2%),

- v) le tenseur limite peut être considéré comme indépendant de la direction des contraintes
dans le domaine de déformations pour lequel il est défini,

- vi) l’évolution de la déformation axiale lors des phases de fluage apparaît d’autant plus
importante que l’état de contrainte est élevé,

L’ensemble de ces points reste identique à ceux qui ont pu être formulés pour les
sables secs d’Hostun et de Toyoura. Des différences peuvent être relevées quant à la
sensibilité des termes {Mrz, Mθz, Mzz, Mγγ} face au niveau de déformation (croissance plus
marquée en valeurs absolues) ou quant aux valeurs du coefficient d’amortissement plus
élevées pour un même niveau de déformation. Le mélange M15 apparaît ainsi comme un
matériau légèrement plus dissipatif que le sable sec mais dont le comportement en petites
déformations (<1 à 2.10-5) demeure qualitativement similaire à celui d’un sable sec, à savoir
« quasi-élastique » linéaire (avec le niveau de déformation).

150
Partie 3 : Campagnes expérimentales 3.5 Conclusion

3.5 Conclusion

Les campagnes expérimentales réalisées au cours de cette étude portent sur les sables
secs d’Hostun et de Toyoura, ainsi que sur des mélanges sable/argile peu saturés désignés par
M15 et M30 (respectivement 15% et 30% d’argile en masse sèche). Ces quatre matériaux sont
présentés dans le premier paragraphe. Une première série d’essais triaxiaux (consolidés
drainés) réalisés sur les mélanges M15 et M30 a permis de conclure à une sensibilité quasi-
nulle du comportement de ces matériaux face à la vitesse de déformation imposée. Une
rigidification du comportement a été observée sous l’effet de l’évolution (décroissante) de la
teneur en eau (résultant d’une durée élevée des essais à très faible vitesse de déformation), et a
pu être estimée au travers d’une augmentation de l’ordre de 10% du déviateur de contrainte.
Les caractéristiques à la rupture ont pu mettre en évidence l’influence de la non saturation
traduite par des cohésions apparentes de l’ordre de 15 à 25 kPa respectivement pour le
mélange M15 et le mélange M30. Les angles de frottement interne (respectivement de 30,5°
et 25,2°) restent inférieurs à celui du sable lâche (de 33,5°) et se rapprochent de celui de
l’argile (de 23,5°) pour le mélange M30.

Le deuxième paragraphe dresse le bilan et rappelle les objectifs des essais réalisés au
moyen de l’appareil « T4C StaDy » sur les matériaux cités précédemment. Les essais sur le
sable d’Hostun, sur le sable de Toyoura et sur les mélanges sable/argile ont pour but d’étudier
et de préciser le comportement de ces matériaux en petites déformations ainsi que leur
comportement visqueux. Des exemples d’essai sur chacun des matériaux testés sont présentés
dans le troisième paragraphe.

Ainsi, deux essais de compression sur le sable d’Hostun (avec un indice des vides
initial et une pression de confinement proches) sont exposés et comparés. L’examen du
comportement en petites et moyennes déformations a permis de souligner une meilleure
évaluation de la distorsion de l’échantillon et à fortiori du module de cisaillement, nettement
plus en accord avec les valeurs « dynamiques » (obtenues à partir d’essais de propagation
d’ondes). Le comportement en petites déformations a pu être caractérisé comme « quasi-
élastique » linéaire avec le niveau ou l’amplitude de déformation (pour des valeurs inférieures
à 1 ou 2.10-5). La quasi-élasticité reste non linéaire avec l’état de contrainte.

Un essai de torsion à partir d’un état anisotrope (de type « torsion à K0 ») est présenté
sur un échantillon lâche de sable de Toyoura. L’influence de la rotation des axes principaux
de contrainte a pu être mise en évidence sur le comportement en petites déformations, qui
s’avère, identiquement au sable d’Hostun, « quasi-élastique » linéaire. L’influence de l’état de
contrainte et de son histoire a pu être notée aussi bien sur le comportement en petites
déformation que sur le comportement visqueux.

Enfin, un dernier essai de compression sur le mélange sable/argile M15 est exposé à
titre d’exemple. Le comportement en petites déformations et le comportement visqueux se
révèlent qualitativement similaires à ceux d’un sable sec. Une sensibilité plus forte du
comportement en petites déformations est cependant notée avec l’amplitude de déformation
ainsi qu’un caractère visqueux plus prononcé, se traduisant par une évolution plus importante
des déformations sous les phases de fluage.

151