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Brigitte Mamba Tuekam

Martine Motard Noar

FRE 3304

Dissertation finale Printemps 2018

Devriez-vous fermer votre page Facebook ?

Créé le 3 février 2004, Facebook qui à la base, était un réseau réservé aux étudiants

d’Harvard s’est élargi progressivement aux universités prestigieuses américaines, puis, est

devenu l'apanage de tous. Il est à l’heure actuelle, le moyen de communication le plus répandus,

tant pour les adolescents que pour les jeunes adultes. Déjà en 2011, Facebook possédait vingt-

trois million d’utilisateurs en France. Il permet de communiquer avec d’autres personnes en

créant des liens d’amitié et de partage d’information. Il propose également différentes façons

d’échanger : sur une même page sont disponibles les discussions par mail, par messagerie

instantanée ou les publications de statuts, de commentaires, de photographies ou de vidéos. Les

adultes substituent les relations proches par les relations en ligne, favorisées par les réseaux

sociaux. On assiste donc à la réduction de la communication dans les foyers, ainsi qu’à la taille

du cercle social, et a une augmentation de la dépression et de la solitude. Lorsqu’on regarde

l’investissement des jeunes et des adultes sur leur profil Facebook, il y a lieu de chercher à

mieux connaître les enjeux de ces réseaux sociaux. Dans cette dissertation, je vais essayer à

travers certaines recherches, de montrer comment à travers Facebook, toute une population

peut être détournée tant dans le domaine politique, que psycho-social. Mais, également, je
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montrerai qu’en dépit de ses côtés négatifs, on trouve des personnes qui l’utilisent a de bonnes

fins dans le monde professionnel et également dans le secteur commercial.

A travers Facebook, on peut déstabiliser toute une nation, a l’instar du jeu qu’a joué la

Russie en 2016 lors de la propagande électorale aux Etats Unis. En fait, les Russes auraient

manipulé des outils conçus pour attirer l’attention des abonnes et favoriser la discussion ouverte

avant de les transformer en armes pour causer la discorde. Car selon Wells dans l’Australien,

l'unité d'influence de l'IRA, créée en 2014 pour exploiter les médias sociaux, comptait au moins

80 employés en 2016 et avait pour objectif bien déclaré de « semer la méfiance envers les

candidats et le système politique en général ». C’est ainsi que les employés de cette division

ont créé des messages Facebook virulents sous des profils frauduleux pour déstabiliser la

population et mieux perturber les élections. Wells signale que « des centaines de milliers

d'Américains qui ont suivi de fausses pages Facebook et certains ont même participé à des

événements bidon organisés par les provocateurs » (traduction) . La page de l'IRA « Born

Patriotic » aurait « acheté des publicités Facebook pour promouvoir plusieurs rassemblements

pro-Trump en Floride en août 2016 qui ont atteint 59 000 utilisateurs de Facebook en Floride »,

selon Wells et « Plus de 8300 utilisateurs de Facebook ont cliqué sur les annonces, qui ont

conduit les utilisateurs à la page Being Patriotic » (traduction) sur Facebook.

L’utilisation de Facebook se présente comme une problématique émergente, encore peu

étudiée au sein de nos sociétés. Delfour dans son article sur la Psychopathologie dit qu’une

Comparaison faite sur les caractéristiques psychopathologiques des utilisateurs problématiques

et non problématiques de Facebook révèle que « Quatre cent cinquante-six adolescents et

jeunes adultes âgés de 12 à 25 ans possédant un compte Facebook ont complété un

questionnaire en ligne comprenant plusieurs échelles : l’Internet Addiction Test (IAT) adapté

à Facebook et des questionnaires mesurant les symptômes de dépression, d’anxiété sociale, et

les traits de la personnalité limite du DSM-IV. Et comme résultats, douze pour cent des
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participantes et 5 % des participants avaient une utilisation problématique de Facebook ».

Selon lui, les utilisateurs problématiques avaient des scores significativement plus élevés de

motivations à l’utilisation de Facebook, de symptomatologie dépressive, d’anxiété sociale, et

de traits de la personnalité limite du DSM-IV. Sinon, depuis le début de la création de ce

fameux mode de communication, combien comptons-nous de suicides ? De débordements ?

Bref, on ne les évalue même plus, tellement il y en a. Il a perturbé la vie de nos jeunes, les

rendant malade à la limite.

Par ailleurs, Facebook est un moyen de faire subir aux autres du harcèlement moral

(voir sexuel). Quand on prend le cas de ses jeunes filles fragiles et influençables, deux ou trois

belles paroles sur le réseau, et hop ! Elles envoient des photos d'elles, se sentant aimées et

adulées. Ces maîtres chanteurs se servent de ces photos pour en obtenir d'autres victimes de

l’intimidation et de harcèlements moraux. En réaction aux plaintes des parents d’élèves,

Bazelon témoigne dans Atlantique avoir créé un profil Facebook avec une fausse identité : «

Drama Queen » sous lequel les photos de filles sont postées côte à côte, avec la légende « Qui

est la plus belle ». Ceci, afin de voir combien de fois les élèves étaient préoccupés à faire des

jugements négatifs sur les camarades. Elle affirme que « Ce profil a attiré 109 commentaires

sur trois jours ». « Un combat a éclaté entre deux garçons qui étaient en vedette sur Let's Start

Drama », parce son amie avait été dénigrée. Puis, elle conclut qu’ils « auraient fini par se battre

les uns les autres sur les terrains de l'école un jour après les cours ». Grâce à son expérience,

elle pourra mieux comprendre les plaintes des parents par rapport à Facebook, et projeter

comment les aider, et aussi aider les jeunes qui, à force d’utiliser le réseau social, oublient son

côté virtuel, et finit par le prendre pour la réalité. D’ailleurs, les jeunes d’aujourd’hui préfèrent

passer leur temps sur les réseaux sociaux plutôt qu’à étudier, conséquence moins de temps pour

les études et baisse du niveau intellectuel de plusieurs.


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En plus d'effets scolaires, plusieurs jeunes sont bien déçus après leur sorties d'école,

car, ils ont passé leur temps à poster des photos osées et à faire des jugements sur Facebook,

ce qui compromet leur crédibilité. Eudes dans le journal Le Monde nous présente le témoignage

de la jeune Fanny qui à l'issue d'un stage de formation, commence une nouvelle période d'essai

dans une agence de communication parisienne. Elle est alors contactée par la petite agence de

recrutement Elaee, qui lui propose un autre poste. Elle se prépare pour un nouvel entretien

d'embauche. Mais elle a oublié un détail, sur le CV en ligne envoyé à Elaee, elle avait placé un

lien vers son profil Facebook. Elle dit : « Au départ, il était plutôt orienté pro, je voulais montrer

que je savais rédiger un article. Puis j'ai trouvé un job, et mon blog est devenu de plus en plus

perso, je racontais ma vie, mes états d'âme, je faisais de l'humour ». Informée de l'existence du

profil, la patronne de la société qui souhaite l'embaucher va y faire un tour. Là, elle tombe sur

un texte dans lequel Fanny explique sur un ton ironique qu'elle est une fille paresseuse.

Troublée, la patronne décide de téléphoner à la candidate. Cette dernière se souvient : « Elle

m'a posé des tas de questions sur mon ego, je ne voyais pas où elle voulait en venir. » Quelques

jours plus tard, Fanny est informée par l'agence que sa candidature est rejetée. Avec le recul,

elle reconnaît son erreur, car elle dit : « J'ai été prise de court. Si j'avais eu plus de temps,

j'aurais effacé certains textes de mon blog, et je lui aurais donné une allure sérieuse, motivée et

tout. » Échaudée, Fanny fait une recherche sur elle-même, en tapant son nom dans des moteurs

de recherche, elle trouve qu’il y a quelque temps, elle avait participé à une opération de charité

sur un site humanitaire. Pour inciter les gens à envoyer de l'argent tout en les faisant rigoler,

elle avait écrit « pour un don de 200 euros, je montrerais mes seins ». Juste en tapant son nom

dans Google, le texte s’affiche en haut de la première page. Horrifiée, elle a effacé rapidement

cette information, mais le poste est perdu d'emblée, il lui faudra du temps pour avoir une autre

opportunité.
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Par contre, quoi que ce réseau social déçoit certaines personnes, d’autres

l’utilisent à bon escient et y trouvent leur succès. Dans Question de santé génésique, Purdy

témoigne comment à travers Facebook une l’entreprise DKT a pu transformer les mentalités

d’une population par rapport à une situation. En effet, il témoigne qu’en Turquie, la

contraception est devenue une préoccupation, car, le préservatif est très peu utilisé et la majorité

opte pour le retrait, aboutissant à de nombreuses grossesses non désirées. Pour corriger cette

situation une entreprise de marketing social, DKT International, s'est servie de la large

couverture d'Internet et des réseaux sociaux pour faire connaître Fiesta, une marque haut de

gamme de préservatifs, et promouvoir la vente et l'emploi du préservatif. Il témoigne : « (…)

une page sur Facebook, la marque Fiesta est parvenue à une forte reconnaissance parmi le

public cible de jeunes sexuellement actifs ». Après sondage des audits des points de

distribution, les analyses sur Internet et les résultats des ventes suggèrent que le choix d'Internet

a été déterminant pour établir Fiesta sur le marché. « Pendant les 18 premiers mois, 4,3 millions

de préservatifs Fiesta ont été vendus (dont 8% en ligne), contre 2,6 millions pour Kiss, un

préservatif de DKT nettement moins onéreux, lancé en même temps, mais sans campagne

numérique », ce qui explique clairement qu’avec la disponibilité et l'utilisation croissantes

d'Internet et de Facebook dans le monde, les organisations de planification familiale devraient

envisager d'inclure ces technologies dans leurs programmes d'éducation, de vulgarisation et de

marketing.

Par ailleurs, c’est également le moyen de communication par excellence, car à travers

ce réseau, on garde un lien avec la famille, les amis, relations sentimentales et professionnelles,

toutes les sphères sont concernées. Medane dans SHS Web des Conférences, nous explique

qu’à travers Facebook, ils ont pu exploiter une utilisation fautive et exagérée du Français en

Algérie. En fait, les jeunes Algériens appellent « le français cassé » ou « le français déformé ».

Il explique « à travers des lettres publiées sur Facebook, des productions et des réponses de 50
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jeunes algériens à un questionnaire semi- directif, nous avons pu voir comment l’interférence

et le calque peuvent rendre service à l’humour ». A travers ce mode de communication, il est

plus facile de toucher la masse, d’entretenir son cercle d’amis, de renouer avec des vieilles

connaissances, ou de s’en faire de nouvelles. Dans cet espace relationnel virtuel, la timidité

n’est plus un frein, les échanges semblent faciles, et l’intimité peut se créer au détour d’un clic

; particulièrement pour certaines personnes que l'on pourrait qualifier de « timides » parce

qu’ils sont incapables d'aller vers les autres personnes « en vrai », le fait de se sentir protégé

par un écran d'ordinateur peut faciliter la connexion, bref, un bon moyen d'être « dans le vent »

comme disent les jeunes d'aujourd'hui. Facebook permet aussi de suivre les groupes (de

musique) que nous aimons et dont nous ne sommes pas forcément abonnés à la « Newsletter ».

Il fait partie intégrante de notre quotidien : certains y racontent leur vie, d’autres observent

celle de leurs amis, et beaucoup interagissent via ce réseau social.

Toutefois, face à l’insécurité grandissante sur Facebook, plusieurs adultes préfèrent

fermer leur compte pour éviter des surprises désagréables. Mais, le problème se pose au

niveaux des adolescents qui pour eux, ce mode de communication est une nécessité pour

s’affirmer en société. Jourdain dans Phénomène internet dit que : « Facebook s'inscrit

particulièrement dans les pratiques des jeunes générations : 83% des 15-24 ans possèdent un

compte, contre 62% chez les 25-34 ans, 31% chez les 35-49 ans, 16% chez les 50-64 ans et 4%

chez les 65 ans et plus. » ce qui revient à dire que le problème que pose ce réseau social, n’est

pas individuel, mais universel. Je peux supprimer mon compte, mais je n’aurai pas d’outil

nécessaire pour contrôler mes enfants ou mes proches. Il y a quand même une lueur d’espoir

quand on voit les promesses fait par Facebook après le scandale de la Russie, à savoir, son

intention d'élargir son équipe de sécurité et de sûreté à 20 000 personnes, d'ici la fin de l'année

pour prévenir de futures attaques, c’est encourageant. Car Wells a écrit : « Facebook a réitéré

son intention d'élargir son équipe de sécurité et de sûreté à 20 000 personnes d'ici la fin de
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l'année. "Nous savons que nous avons plus à faire pour prévenir de futures attaques", a déclaré

la compagnie. » (Traduction).

De plus, à ce jour, malgré les problèmes que traine Facebook, aucune organisation n'a

publié de politique interdisant les communications sur les réseaux sociaux. Par exemple,

Camirand et Poulin affirment dans leur journal qu’au « lieu de restreindre l'utilisation des

médias sociaux, de nombreuses entreprises cherchent à préserver leur réputation sans

enfreindre les droits de leurs employés. » et elle ajoute que « De nombreuses entreprises

encouragent en fait une plus grande connectivité par courrier électronique et par messagerie

instantanée ». De nombreux cadres et professionnels des ressources humaines comprennent ce

que représentent les médias sociaux, mais ne comprennent peut-être pas encore complètement

leur fonctionnement ou leurs risques. Les faits sont évidents parmi les changements et la

variation des politiques de médias sociaux à travers diverses organisations et industries. Dans

le même temps, ces politiques sont continuellement mises à jour pour répondre aux

technologies émergentes et aux conséquences inattendues en raison de l'utilisation des médias

sociaux, ce qui oblige les organisations à naviguer continuellement entre l'utilisation appropriée

et l'utilisation inappropriée.

Finalement, l’avis sur l’utilisation de Facebook est vraiment partagé. Bien que

Facebook soit un excellent moyen de communication, son usage excessif peut être

dommageable pour les jeunes et adultes. Son utilisation problématique concerne une minorité

significative d’adolescents et plus précisément les filles. Réduire à un niveau modéré et sain

l'utilisation de Facebook pourrait aider dans le cadre professionnel et commercial, en particulier

pour le lancement de nouveaux produits. Quoi que Facebook traîne avec lui toute une pléthore

d’effets néfastes, c’est un mal nécessaire du 21e siècle, il n’est pas facile de s’en séparer.

Mainiero et Jones estiment que pour l’harmonie et une parfaite communication dans
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l’entreprise, les « Collègues de travail » sont susceptibles d’être amis sur Facebook et collègues

sur LinkedIn pour une bonne harmonie et communication professionnelle.

Bibliographies

Bazelon, E. Atlantique Vol. 311, 2, 82, 7. 2013.


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Camirand, E; Poulin, F. “Quantité des relations interpersonnelles et utilisation de Facebook

chez les adultes émergents,” Revue canadienne des sciences du comportement. 48, 2,

101-111, 2016. ISSN: 0008-400X.

Delfour, M; et al. “Utilisation problématique de Facebook à l’adolescence et au jeune âge

adulte.” Neuropsychiatrie de l'enfance et de l'adolescence. Vol. 63, 244-249, 2015.

0222-9617.

Eudes, Y. Régional Business News. Le Monde p16. 1020. 2009.

Jourdain, Christophe. Le phénomène Internet et Facebook en France mars 2011

Mainiero, L. A.; Jones, K. J. Academy of Management Perspectives. Vol. 27, 3, 187-203. 2013.

Medane, H; Yahiaoui, K. SHS Web des Conférences, Vol 8, 1669-1683, 2014.

Purdy, Ch. “Utiliser internet et les médias sociaux pour promouvoir l’utilisation du préservatif

en Turquie”. Questions de santé génésique, 19, 157-165, 1er janv. 2011. 0968-8080.

Wells, Georgia. « How Russia’s techies fooled US (Comment les techniciens de la Russie ont

dupé les États-Unis. L'Australien (National, Australie). 19 février 2018 : Nouvelles:

p10.