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Psychologie

D’après le cours magistral et les transparents de

Steve Majerus
Docteur en Sciences Psychologiques,
Chargé de Recherches FNRS

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Cours 1 : Introduction

La psychologie, c’est quoi ?


Mise en perspective philosophique et historique

La psychologie, à quoi ça sert ?

• Un exemple: les états de conscience altérée suite à un traumatisme cérébral


– Coma
– État végétatif (coma éveillé)
– État de conscience minimal

Illustration 1 : les états de conscience altérée

• Coma: yeux fermés, absence de réponses verbales et motrices => INCONSCIENCE

• Etat végétatif (EV): ouverture des yeux, absence de réponses verbales et motrices, activités
motrices de type réflexe possibles => INCONSCIENCE

• Etat de conscience minimal (ECM) : niveau de conscience minimal, permettant des


interactions élémentaires avec l’environnement (serrer une main) => CONSCIENCE

•Distinction entre état végétatif et de conscience minimale: basée essentiellement sur des
méthodes psychologiques (observation comportementale méthodique et rigoureuse). La portée
du diagnostic est lourde puisqu’il peut décider du maintien ou non d’une assistance médicale.

Le cas de Terri Schiavo

• Date de naissance : 3/12/1963


• En février 1990: arrêt cardiaque
• Coma durant 10 semaines
• Ouverture des yeux mais pas de réaction « consciente »:
=> état végétatif
• Les parents continuent à affirmer que leur fille réagit à son environnement et est consciente ;
le scanner montre des lésions cérébrales massives
• 31/12/2005: mort par déshydratation suite au débranchement du cathéter d’alimentation 13
jours plus tôt (sur décision de justice)

Illustration 2 : les relations complexes entre cerveau, comportement et conscience

Etude de Owen et al. (2006)


• Juillet 2005 : F (23 ans) accident de la route
• 5 mois plus tard : ouverture des yeux mais non-réactive
=> état végétatif
• Etudes en IRMf : montrent des activations cérébrales
« normales » pour des tâches impliquant la
compréhension du langage ou l’imagination => F n’est
pas en état végétatif

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Illustration 3 : les relations complexes entre cerveau, comportement et conscience

Susan, 15 ans, hospitalisation en unité psychiatrique


• QI, passé de 120 (à10 ans) à70
• Troubles de l’adaptation
• Troubles épileptiques
• Comportement égocentrique, latence importante pour répondre à des réponses, fuite des
idées, préoccupation excessive pour la religion
• Susan : « mon problème c’est que je n’ai pas vécu assez longtemps avec ma mère ; tout ira
bien au retour de ma mère »
• Équipe médicale: hypothèse d’une affection cérébrale
• Plusieurs mois après sortie de l’hôpital: QI à100
• Diminution de la fréquence des crises épileptiques, et des difficultés sociales et scolaires
• Seul facteur qui a changé : retour de la mère!
L’exemple de Susan
– montre le poids important de l’environnement sur le comportement humain, et le
fonctionnement cérébral
– Le problème de Susan: interaction complexe entre facteurs environnementaux, affectifs et
cérébraux

– Erik Erikson (1963), «triple orientation du psychologue» vers trois domaines en


interaction complexe les uns avec les autres :
• Considération des événements biologiques (cerveau)
• Considération de l’expérience psychologique (esprit)
• Considération du contexte culturel et historique (culture)

La psychologie est :
• A l’intersection entre le biologique et le culturel
• L’étude scientifique des processus mentaux et du comportement
Les processus psychologiques:
- dépendent de l’interaction des cellules du système nerveux
- se déroulent dans un contexte de croyances culturelles et de valeurs
• La psychologie porte simultanément sur l’esprit, le cerveau et la culture

Limites de la psychologie :
• Déterminisme biologique et culturel : possibilités et contraintes à l’intérieur desquelles les
individus pensent, éprouvent des sensations et agissent.

Déterminisme biologique :

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Exemples de déterminisme biologique :
Si on effectue un processus mental, il y a un corrélat psychologique (biologique à
psychologique).
Après plusieurs répétitions d’un mot, les mêmes zones du cerveau ne sont plus
activées (psychologique à biologique).

Déterminisme culturel :
Exemple 1 : le concept de ponctualité pourrait être considéré comme naturel dans nos sociétés
où on peut se déplacer facilement alors que ce n’était pas de même dans le passé car voyager
était une aventure. Les sociétés nomades ont une autre représentation de la mobilité.
Exemple 2 : la relation au licenciement est différent : impensable au Japon car grande famille,
ici uniquement d’un point de vue économique suivant l’offre et la demande.
• Anthropologie psychologique : Margaret Mead, Ruth Benedict
• Benedict (1964) : «L’histoire de l’individu est d’abord et avant tout un ajustement aux
modèles et aux normes traditionnellement transmis par la communauté»
• Plus récemment, psychologie interculturelle : étudier les processus psychologiques et leurs
différences à travers les cultures
• Regain d’intérêt lié aux événements internationaux récents («choc des civilisations»)

Mise en perspective historique et philosophique de la psychologie

Origine : questions philosophiques

Racines philosophiques
– « Libre arbitre » vs « Déterminisme » de l’action humaine
– René Descartes (1596-1650) vs Démocrite (460 –370 av. J.C)
– Problème du corps et de l’esprit, inné vs acquis
• Sans résoudre ces questions, la psychologie apporte un éclairage différent, mettant en
relation le psychologique (pensée et comportement humains), son substrat biologique et
l’influence de l’environnement/culturel

De la philosophie à la psychologie
• Philosophie : logique et argumentation
• Au 19ème siècle : certains philosophes préconisent l’utilisation de la méthode scientifique
(vérification empirique) pour étudier ces questions
• 1879 : fondation du premier laboratoire de psychologie (Wilhelm Wundt ; Leipzig)
• Structure de la conscience à Structuralisme. Les questions principales de ce mouvement
étaient de savoir ce qu’était notre conscience (pense-t-on en couleurs, en images, en son).
(Titchener, 1867-1927, avait le projet de faire le tableau périodique des éléments de la
conscience.
• Fonction des processus psychologiques à Fonctionnalisme (William James, 1842-1910)

Les différents courants théoriques


• Importance d’un cadre théorique
• Théories sont en général imparfaites, mais
nécessaires pour structurer les questions qu’on se
pose
• Psychologie = science jeune à manque de
consensus sur le paradigme optimal è différentes
perspectives théoriques qui coexistent

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La perspective psycho-dynamique

• Sigmund Freud (1856-1939)


• Théorie psychanalytique
• Basée sur le concept de «psycho-dynamie» = interaction des forces mentales
Postulats de base:
– Actions déterminées par la façon dont les pensées, sentiments et désirs sont reliés
– Beaucoup des événements mentaux sont inconscients
– Les processus mentaux peuvent entrer en conflit
• Origines : étude de patients avec symptômes sans origine physiologique et sans explication
consciente
• Contexte culturel : les gens de la société de l’époque croyaient que tout événement
psychologique est conscient
• Freud : métaphore de l’iceberg (conscience = pointe de l’iceberg)
• Ces pensées et désirs inconscients sont en partie façonnés pendant l’enfance
• Mécanisme du refoulement
• Concept du Moi, du Surmoi et du Ça
• Basée sur l’interprétation de cas cliniques individuels à incertitude d’interprétation
• Récemment, investigation empirique de certains concepts freudiens
– Style répressif est associée à un plus grand nombre de problèmes médicaux et un niveau
de stress élevé

La perspective comportementale

• Rejet systématique des processus mentaux comme objet d’étude scientifique


• «Il n’y a pas de place pour l’esprit ou le soi dans une analyse scientifique du comportement»
(B.F. Skinner, 1904-1990) à rejet du psychologique
• Seul objet d’étude possible : le comportement et les lois d’apprentissage qui le régissent
• Rejet du dualisme cartésien («pensée peut produire une connaissance qui n’est pas dérivée
de l’expérience»)
• Le comportement peut être compris sans faire référence aux états internes tels que les
pensées et les sentiments
• Tout comportement peut être compris en référence aux apprentissages résultant de
l’interaction avec l’environnement
• Psychologie = science du comportement
• Application rigoureuse de l’approche expérimentale;
n’étudier que l’observable et le vérifiable
• Esprit = boîte noire qui ne peut être étudiée;
• Conditionnement operant : la fréquence d’un
comportement peut être augmentée ou diminuée, en fonction
des contingences de renforcement
• Perspective dominante entre les années 20 et 60
• Développement de techniques d’apprentissage très utiles
pour la thérapie et les apprentissages scolaires
• Techniques principales utilisées en psychopharmacologie
animale

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La perspective cognitive

• Retour aux processus mentaux (cognitifs et émotionnels/affectifs)


• Etude expérimentale de la cognition
• Approche actuellement dominante
• Considère le cerveau (et l’esprit) comme un système à traiter de l’information
• Traitements peuvent être conscients ou inconscients
• Traitements déterminés par des paramètres biologiques, psychologiques et culturels
• Origine : les premiers psychologues-philosophes (Wundt, psychologie de la Gestalt, …)
• On s’intéresse aux différentes fonctions cognitives (mémoire, attention, perception,
émotions, prise de décision)
• Mise à profit des développements technologiques issus des sciences informatiques
• Objet d’étude : les processus mentaux, dont l’existence
et le fonctionnement sont inférés à partir de données
mesurables (type d’erreurs, de réponse ou temps de
réaction pour diverses tâches censées faire intervenir le
processus en question)
• Exemple : structuration des connaissances en mémoire;
influence de l’émotion sur la mémoire

• Proche des philosophes rationalistes (Descartes) : rôle de la raison pour créer des
connaissances
• Exemple: les concepts (chien, chat) sont des abstractions mentales; dans la réalité physique,
LE chien ou LE chat n’existent pas
• Idée, concept, représentation : ensemble de neurones qui s’activent ; différents ensembles
pour différentes représentations ; certains concepts peuvent être à cheval entre deux
ensembles prototypiques

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La perspective évolutionniste

• Compréhension des processus mentaux et des comportements humains nécessite la


compréhension de l’évolution de l’être humain
• Beaucoup de comportements, réactions émotionnelles existent parce qu’elles ont un
avantage en terme de l’évolution de l’espèce humaine
– Lien affectif enfant-mère : assure la survie de l’enfant encore immature et dépendant
– Similarité entre comportement animal et humain
• Débat de l’acquis et de l’inné
• Question du déterminisme génétique
• Origine : Charles Darwin (1859)
• Génétique du comportement
• Méthodes : expérimentation + déduction
• Problème : vérifiabilité des déductions

à on n’est pas très loin du singe…

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Cours 2 : Sentir, percevoir, toucher

Percevons-nous tous les stimuli douloureux de la même façon?


Est-ce que la perception est innée ou résulte-t-elle d’un apprentissage?
Percevons-nous tous les stimuli sonores et langagiers de la même façon?
Quel est le lien entre percept psychologique et la réalité physique ?

Généralités :
• Sensation = les organes sensoriels captent les informations et les transmettent au cerveau
• Perception = sélection et interprétation des informations transmises
• Sensation + perception : portes vers le monde extérieur et intérieur
• Sensation + Perception = processus actifs
• Sensation + Perception = le résultat d’adaptations évolutionnaires
• Sensation + Perception = le résultat d’apprentissages
• Sensation + Perception ≠ photographie fidèle de la réalité physique

• Transduction : des cellules spécialisées, récepteurs, réagissent aux ondes sonores, à la


lumière, à la pression, et transforment les signaux physiques et signaux électriques qui vont
activer des régions spécialisées dans le cerveau

Seuils perceptifs
• Seuil absolu
• Seuil différentiel
Loi de Weber

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Loi de Fechner

Loi de puissance de Stevenson

La vue

• Stimulus: lumière
• Lumière = radiations électromagnétiques (photons)
qui oscillent à des fréquences plus ou moins grandes
• Fréquence différente = couleur différente
• Intensité différente = luminosité différente

L’œil
• Transmission de la lumière via la cornée, la
pupille et le cristallin à la rétine
• Transformation de la lumière en impulsions
neuronales (électriques) transmises au cerveau
• La taille de la pupille varie en fonction de la
luminosité, de la peur, du stress et de l’excitation
sexuelle
• Cristallin permet la focalisation sur des objets qui se trouvent à différentes distances

La rétine
• Photorécepteurs: cônes et bâtonnets
• Bâtonnets: très sensibles; permettent la
vue à faible lueur
• Cônes: réagissent aux couleurs et au noir
et blanc; nécessitent plus de lumière
• Disposent de pigments photosensibles
modifiant leur structure chimique sous
l’effet de la lumière, et déclenchant un
potentiel d’action (signal électrique)

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Le potentiel d’action

De la rétine au cerveau

Perception des couleurs


• Couleur est perçue via sa décomposition en stimulation d’ondes caractéristiques du bleu, du
rouge et du vert (théorie trichromatique –rétine)
• Couleur est perçue via trois systèmes de couleurs antagonistes –bleu/jaune, rouge/vert et
noir/blanc (théorie des couleurs complémentaires –cellules cérébrales)

L’audition :

Le pavillon (OE) recueille les vibrations de l’air ; la


pression de l’air exercée sur le tympan déplace celui-ci vers
l’OM. Dans l’OM, un système de leviers, la chaîne des osselets
(marteau, étrier, enclume) transmet le déplacement du tympan
à une autre membrane élastique, la fenêtre ovale, en contact
avec le liquide de l’OI (cochlée).
Le nerf auditif dont les extrémités (cellules ciliaires)
sont en contact avec le liquide de l’OI est ainsi stimulé et
transmet les informations au cortex auditif qui les traite.

Structure des ondes sonores :


– Le mouvement oscillatoire qui produit l’onde sonore est :
• Périodique ou non périodique
• Simple ou complexe (composé)
– La plupart des sons = le résultat de vibrations complexes
– Sons du langage humain = succession de vibrations périodiques et non périodiques

Vibration sonore simple (et périodique)


Cas d’un son «pur» : L’oscillation qui le caractérise peut-être représentée par une courbe
sinusoïdale
Exemple : vibration d’une branche d’un diapason (comparable à un mouvement de pendule)

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D’un point de vue psycho-acoustique :
•la fréquence de la vibration est responsable de la «hauteur»du son (plus ou moins aigu)
•l’amplitude de la vibration est responsable de l’intensité du son.

Vibration sonore complexe (et périodique)


• Résulte de la combinaison de plusieurs vibrations sonores simples
• Produit un son qui résulte lui-même de la combinaison de plusieurs sons simples= sons
composés ou complexes (les + courants)
• Détermine le timbre d’un son

Le champ auditif tonal


• Ensemble des fréquences audibles par l’oreille humaine : de +/-15 à20.000 Hz
N.B. : se réduit avec l’âge surtout dans les fréquences élevées
• Voix parlée normale H : 100 à200 Hz / F : 180 à400 Hz
• Chant : Basse : à 65 Hz /Soprano : à 1300 Hz
• En-dessous de 15 Hz = infrasons (sont perçus non comme des sons mais comme des
vibrations par le sens tactile; par ex., gros moteur tournant très lentement)
• Au-dessus de 20.000 Hz = ultrasons

La sensibilité tonale de l’oreille humaine :


• Est très fine
• Ainsi, dans la zone moyenne des fréquences
(500 à400 Hz) et pour des sons assez intenses,
il suffit d’augmenter de 3/1000 la fréquence
d’un son pour donner une sensation différente
de hauteur à celui-ci. ex.: passer de 500 à
501,5 Hz ou de 4000 à4012 Hz.

Le champ auditif pour l’intensité va du seuil


d’audibilité au seuil de la douleur

Perception du langage
• Les sons du langage (consonnes et voyelles) sont perçus en fonction de la composition
fréquentielle (spectrale) de l’onde sonore et le changement plus ou moins bref de cette
composition
• La perception du langage dépend d’un apprentissage et est très flexible
VOT = temps entre le relâchement d’une consonne occlusive et le début des vibrations des
cordes vocales.
Cet intervalle est plus court pour les consonnes sonores que les sourdes.

L’olfaction et la gustation :

Le toucher :

• Différentes cellules au niveau de la peau réagissent à


– La pression
– La température

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• Pour la douleur, pas de cellules propres:
– Théorie des terminaisons nerveuses libres

La douleur
• Phénomène complexe
• Modulé par anxiété, stress, normes sociales et culturelles
• Peut avoir des sources non sensorielles (exemple: douleur fantôme)
• Théorie du contrôle des portes (double circuit de la douleur: gros axones qui ferment la porte
à la douleur avant que l’information provenant des petits axones ne puisse transmettre son
message via la moelle épinière)

Effet placebo

Cognition et perception
• Pour donner sens, l’information perçue doit être organisée et interprétée
• Pour la vision:
– Organisation en percepts selon la forme, la profondeur, le mouvement et la
constance perceptive
• Organisation selon la forme: la distinction figure/fond à
• Organisation selon la forme: décomposition en éléments et recombinaison
en fonction des représentations stockées en mémoire ↓

Organisation selon la forme: ce processus peut aboutir à des mauvaises interprétations, les
illusions perceptives

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Cognition et perception (suite)
• Organisation du percept et profondeur
• Profondeur (perception en 3D)
• Indices binoculaires: objets proches produisent une image différente sur chaque œil
à cellules binoculaires (réagissent quand les deux rétines reçoivent exactement la même
information; d’autres réagissent quand disparité)
• Ce processus nécessite un apprentissage!
• Organisation du percept et profondeur
• Profondeur (perception en 3D)
• Indices monoculaires: interposition, élévation, gradient de texture, perspective linéaire,
ombrage, …
• Organisation du percept et mouvement
– Au niveau de la rétine (cellules détectrices de mouvements)
– Au niveau neuronal (thalamus, cortex visuel, pariétal, …)
– Mouvement des yeux
• Organisation du percept et constance perceptive
– Constance de la couleur
– Constance de la forme
– Constance de la taille
• Processus «bottom-up»et «top –down»
• On identifie plus vite un objet dont on sait qu’il va bientôt apparaître ou qu’on connaît
– Lceture ed lrettse sadn le sdérodre
– (Non)-Détection de fautes d’orthographe
• Ces processus agissent en parallèle
• Importance de l’attente, du contexte et de l’état motivationnel
– Exemple: reconnaissance contextuelle des visages
– Si préoccupé par nourriture: reconnaissance plus rapide de mots, objets reliés à la nourriture
– Si préoccupé par image propre: reconnaissance plus rapide de petites ‘imperfections’
physiques

Perception et personnalité
• Exemple de la douleur chronique
– Patients souffrant d’un zona
– Risque de développement de douleurs chroniques
– Ceux qui développaient plus tard des douleurs chroniques présentaient, au moment du
diagnostic, des traits d’anxiété et de dépression plus élevés, étaient moins satisfaits de leur vie
personnelle, et avaient une tendance à s’appesantir davantage sur leur maladie

Perception et culture
• La sensibilité aux illusions visuelles semble liée aux cultures, et surtout aux styles
architecturaux et picturaux (! Mais, études pas toujours irréprochables au niveau
méthodologique!)
• Langage et phonèmes (langues tonales versus langues non-tonales)

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Cours 3 et 4 : Apprendre, Connaître, Mémoriser

Plan
• L’apprentissage : Généralités (dont phobies : peur des souris et des araignées)
• La mémoire : des systèmes multiples pour acquérir et traiter des connaissances
• Mémoire, apprentissage et vie quotidienne

Comment apprenons-nous des informations?


Pourquoi oublions-nous des informations?
Comment améliorer notre mémoire?
Est-ce que toutes les connaissances sont conscientes?
Comment avoir accès à des souvenirs inconscients et quel est leur lien avec l’expérience
vécue? à Dans le contexte d’affaires judiciaires, des personnes en psychothérapie
commencent à se souvenir d’évènements qu’ils auraient refoulés et il est difficile de dire si ce
sont bien des souvenirs ou des reconstructions basées sur une partie de réalité mais
influencées par divers facteurs. Se souvenir, c’est reconstruire une information et la
rechercher activement. Nous n’obtenons pas une « photocopie » de ce qui s’est passé même si
c’est relativement proche, et le temps contribue à la déformation des évènements)

Partie 1 : L’apprentissage : Généralités

Les apprentissages élémentaires

• L’expérience forme le comportement (exemple :


normes culturelles, style vestimentaire ici à la
plage)
• L’apprentissage est adaptatif (s’adapter à
l’environnement)
• Des lois d’apprentissage existent, aussi bien
pour les humains que les organismes non-humains
• Base de l’apprentissage: les lois d’association (cf. Aristote, 384-322, courant des
associationistes = toutes les idées complexes ne sont qu’une association de connaissances plus
simples ; ce qui va conditionner l’association, c’est la similitude et la continuité (= proximité
temporelle))

Le conditionnement classique = première forme d’apprentissage


• Apprentissage de l’association entre un stimulus et une réponse (souvent réflexe)
• Exemple : le chien de Pavlov – Ivan Pavlov (physiologiste russe,
1849 – 1936) s’intéressait à l’appareil digestif des chiens ; il lui fallait
donc nourrir ces chiens. Il a mesuré la salivation. Quand on apporte la
nourriture au chien, il va commencer à saliver. Mais il a découvert
qu’après un certain temps les chiens commençaient à saliver alors
qu’ils n’avaient pas à manger devant eux et c’était le son d’une cloche
qui produisait la situation car à chaque fois que la nourriture est apportée dans la salle, une
cloche sonne. Donc le chien a associé de façon automatique le son de la cloche à la nourriture
et il salive donc au son de la cloche. Ce stimulus apparemment neutre provoque donc une
réaction automatique = conditionnement pavlovien.
• Prix Nobel
• Apprentissage très ancestral (possible en l’absence de cortex cérébral)

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Graphique : il faut trois quatre ou cinq
associations pour associer un stimulus
neutre à une réponse inconditionnelle

Le conditionnement classique : Autres facteurs qui interviennent :

– Généralisation du stimulus conditionnel (salivation pour toutes les cloches de son proche,
peur des animaux sauvages menaçants)
– Extinction : la réponse conditionnée disparaît peu à peu si le stimulus conditionnel n’est
plus associé avec le stimulus inconditionnel dans le futur (on fait sonner la cloche à une heure
différente de l’heure du repas du chien ce qui fait que progressivement il ne salive plus au son
de la cloche)
– Association temporelle entre stimulus conditionnel (cloche) et stimulus inconditionnel
(viande) (idéalement, le stimulus conditionnel doit précéder le stimulus inconditionnel, et ceci
de peu de temps : cloche juste avant nourriture plus efficace qu’après)
– Inhibition latente : l’exposition répétée à un stimulus neutre sans stimulus inconditionnel va
rendre un apprentissage conditionnel plus difficile (exemple du livre : on prend de l’eau à une
fontaine depuis notre enfance tous les jours puis tout à coup après avoir pris de l’eau de la
fontaine on tombe malade, on ne développe pas de suite une aversion pour la fontaine ; par
contre si on est à un endroit inconnu et qu’on boit à une fontaine inconnue puis qu’on tombe
malade, on évite cette fontaine par la suite)
– Prédispositions biologiques : certaines peurs se mettent en place plus facilement que
d’autres, c’est le cas de la peur de certains types d’animaux. On est surpris le soir
d’apercevoir une souris et ça fait peur, plus tard ça fait peur aussi. C’est une peur assez peu
adaptée puisqu’on n’a pas peur des voitures alors qu’elles sont plus dangereuses pour nous
que les souris ! (peur des serpents vs peur des voitures)
– Conditionnement paradoxal : la réponse conditionnelle est l’inverse de la réponse
inconditionnelle (exemple: toxicomanie, la première fois, au contact de la seringue et de la
substance, on a une réaction appropriée en fonction de la substance mais à force de répéter, la
substance à la même dose ne produit plus les mêmes effets, on a un apprentissage où la
réaction est l’inverse de la réponse inconditionnelle physiologique attendue.)

Cette loi d’apprentissage, très élémentaire, peut néanmoins expliquer beaucoup de


comportements humains
– Besoin de se soulager qui devient plus pressant à la vue d’un WC
– Réactions émotionnelles pour des objets apparemment neutres (phobies = réactions
émotionnelles apprises). Aussi état de stress post-traumatique : on a été impliqué dans un
accident de voiture et cette situation peut suffire pour que par après on ne veuille plus mettre
un pied dans une voiture avec un moment de stress intense. L’association de stimulus neutre

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et de danger de mort est suffisante pour créer une réaction de panique qui va perdurer si elle
n’est pas traitée.
– Réactions immunitaires acquises (?) Exemple : personnes qui subissent un traitement de
type chimiothérapie qui détruisent toutes les cellules qui se multiplient et aussi les cellules de
notre système immunitaire. Des chercheurs ont constaté que des personnes, au moment
d’entrer dans l’hôpital pour avoir une nouvelle chimio, avaient un système immunitaire déjà
déprimé alors qu’ils n’ont pas reçu le traitement. La vue de l’hôpital est associée au traitement
et provoque une réaction immunologique non contrôlée. Mais un état de stress ou de
dépression peut avoir les mêmes effets à exemple pas très convaincant.

Bases neuronales
• Travaux sur escargot marin (Aplysia) :
les neurosciences l’ont beaucoup étudié
pour les mécanismes d’apprentissage déjà
vus (puisque cortex non nécessaire). Ces
animaux ont peu de neurones et ils sont
bien plus gros et donc plus facilement
observables.
• On a remarqué que les connexions entre neurones
sensoriels et moteurs sont renforcées via:
– Facilitation de la libération de
neurotransmetteurs au niveau pré-synaptique
– Facilitation de l’excitation au niveau post-
synaptique
– Création de nouvelles protéines permettant la
construction de connexions (dendrites)
supplémentaires (apprentissage à plus long terme)
– Potentialisation à long terme (similaire que ci-
dessus mais pour groupes de neurones plus
importants)

à Des mécanismes de facilitation se mettent en place à force de répétition du même stimulus


et la transmission entre neurones se fait de plus en plus facilement.

Conditionnement operant
• Loi de l’effet: le comportement est fonction de ses conséquences (E. Thorndike, 1898). Ces
conséquences vont déterminer si le comportement sera répété dans le futur ou pas. Si on
étudie et qu’on réussit, ça augmente les chances qu’on étudie à nouveau. Il peut aussi y avoir
renforcement négatif en cas de non-occurrence : on roule en voiture, on se tient aux
limitations de vitesse et on ne reçoit pas de PV et dans le futur on continue. Si on roule trop
vite et qu’un flic nous arrête, en principe la fois d’après on tente de réduire la vitesse =
punition.
• Conditionnement instrumental
• L’apprentissage est fonction des conséquences de la réponse
• Ces conséquences peuvent renforcer un comportement (via un renforcement positif ou un
renforcement négatif = absence de stimulus aversif)
• Ces conséquences peuvent diminuer la probabilité d’un comportement (via une punition
positive ou négative = absence de stimulus appétitif, on étudie pour un examen et on le rate,
on arrête donc d’étudier)

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Marc Richelle
Professeur émérite ULg

• Punition : prédominante dans le fonctionnement de notre société mais problématique ; pour


augmenter ou diminuer la fréquence d’un comportement
- Lien entre punition et comportement puni : pas toujours perçu. Comportement d’un
chien : on veut qu’il vienne, il met du temps mais finit par arriver puis on l’engueule,
mais lui ne fait pas le lien. Chez le petit enfant, il n’y a pas de compréhension quand
on le punit en rentrant alors que sa bêtise a été faite il y a deux heures.
- Apprentissage conditionnel de la peur à l’égard du punisseur
- Punition peut avoir l’effet inverse de l’effet attendu. Punir celui qui ne se tient pas
tranquille et le gronder devant la classe et ainsi l’exposer peut lui donner ce qu’il
cherchait c’est-à-dire être au centre de l’attention
- Punition rend enfants plus agressifs plus tard, surtout si punition physique
- Extinction: se produit quand la conséquence attendue n’apparaît plus après le
comportement. L’enfant qui ne dort pas la nuit et pleure. Le fait que les parents
viennent pour s’en occuper renforce l’enfant dans son comportement de pleurs. Alors
on met l’enfant au lit mais quand il se met à pleurer, les parents ont l’instruction de ne
pas entrer dans la chambre. Au fil du temps, l’enfant finit par ne plus pleurer au
moment de dormir.

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Programmes de renforcement : le renforcement positif n’apparaît
pas toujours (réussir un exam)
- Programme à proportion constante (tous les dix
comportements)
- Programme à proportion variable, non prévisible (plus
efficace pour performances constantes)
- Programme à intervalle fixe
- Programme à intervalle variable (plus efficace pour
performances constantes)

Stimuli discriminatifs
• Contingences de renforcement peuvent être présentes que de façon intermittente
• Stimulus discriminatif permet de connaître quand les contingences de renforcement seront
présentes
• Exemple: chat sur table de cuisine : il sait qu’il peut quand ses maîtres ne sont pas là mais
qu’il ne peut pas quand ils sont là à maîtres = stimulus discriminatif.

Contexte
• Un comportement est souvent déterminé par de nombreuses contingences de renforcement :
publicités pour associer la cigarette à un environnement social agréable ; publicités qui
associent le fait de fumer au cancer.
• Economie comportementale: analyse des coûts et bénéfices impliqués dans le comportement
operant
• Contexte socioculturel détermine l’usage de renforcements plutôt que de punitions ou
l’inverse (tous les copains fument)
• Caractéristiques de l’individu et état émotionnel (refus de la punition si on est anxieux)

Type de renforçateurs
• Renforçateurs primaires (renforcent de façon directe, sans apprentissage préalable) : le
nomade qui chasse et est couronné de succès et se nourrit à continue
• Renforçateurs secondaires (renforcent suite à un apprentissage) : par exemple, symboles qui
s’échangent
– Exemple: ‘billets d’argents’ vs ‘chameaux’ comme renforçateurs secondaires
• Renforcements positifs : liés à un système d’approche comportementale et associé aux
sentiments d’espoir, de joie et de soulagement (système de neurotransmission
dopaminergique)
• Renforcements négatifs (et punition) : liés à un système d’évitement comportemental et
associé aux sentiments d’anxiété (système de neurotransmission norépinéphrine)

Applications et développements
• Extinction de la peur pour des objets phobiques en créant un autre apprentissage à la souris
qui est un stimulus positif : réaction de relaxation
• Diminution de la douleur via contrôle operant de réactions physiologiques (biofeedback)
• Economie, publicité, etc…
• Dépression: « learned helplessness »
– Aucun comportement ne pourra changer la situation et apporter des renforcements positifs
ou négatifs ; ça s’est produit dans une situation et la personne généralise cela.
– Style d’attribution dépressif (interne, global et stable) = attribution causale (interne = se
reproche les fautes ; globale = généralise les choses et se dit que c’est stable et que quoi

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qu’elle fasse ça n’aura aucune influence sur le monde extérieur) ; et lieu de contrôle extérieur
-> dépression
• Différences culturelles dans les styles attributifs
(cf. Allemagne de l’Ouest (lieu de contrôle intérieur et sentiment qu’ils pouvaient changer les
choses au niveau tant politique que personnel)
versus
Allemagne de l’Est (impression que tout était contrôlé par le parti et qu’ils avaient peu
d’influence sur le système), en 1989)

Apprentissage et société
• Apprentissage par observation (apprentissage vicariant = on reproduit un comportement
parce qu’on l’a vu renforcé pour quelqu’un d’autre)
• Albert Bandura, courant socio-cognitiviste, s’est intéressé au lien entre l’apprentissage et les
interactions.
• Différentes formes d’apprentissage peuvent produire des effets opposés : on a montré à des
enfants différents films où les modes d’interactions étaient différents :
- résolution du conflit sur le mode agressif
- résolution du conflit par le dialogue
et après qu’ils aient vu les différentes versions, on a vu que ceux qui
avaient vu les films agressifs avaient tendance à reproduire
davantage les comportements agressifs même s’ils trouvaient que ce
n’était pas bien. D’autres qui avaient déjà des modèles agressifs et
ont vu des films agressifs augmentent leurs réactions agressives.
Une partie des mécanismes qui peuvent justifier cet apprentissage
sont des amorçages : on a vu ce comportement donc il est plus
probable de s’en servir parce qu’il est dans notre mémoire.

Partie 2 : La mémoire : des systèmes multiples pour acquérir et traiter des


connaissances
www.lecerveau.mcgill.ca

Il y a trois types de mémoire :


- mémoire sensorielle = perception (ordre
de moins d’une seconde) ;
- mémoire à court terme, aussi mémoire
de travail ou mémoire instantanée, elle
détermine la quantité d’éléments qu’on
peut tenir en mémoire de manière
simultanée à un moment donné, elle
permet de prendre la bonne décision en
s’appuyant sur les données présentes,
c’est pourquoi on parle aussi de mémoire
de travail parce qu’on manipule des
informations ;
- mémoire à long terme (tout ce qui est au-
delà d’une minute).

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La mémoire à long terme se divise aussi en plusieurs parties :
- explicite = recherche active, ce qu’on a fait hier, situation précise dans un moment
précis
o Episodique permet de se situer dans le passé et le présent (le souvenir d’un
ballon de son enfance)
o Sémantique = les connaissances très générales (qu’est-ce qu’un ballon…)
- implicite = mémoire des connaissances que nous avons et qui sont très difficilement
verbalisable : certains aspects du langage, procédures en partie automatiques. Il y a
aussi les conditionnements operant et classique. Il y a aussi les effets d’amorçage
(rêve, sommeil, dodo, couette, plume) beaucoup disent qu’il y a aussi « lit » même s’il
n’a pas été cité.

La mémoire à court terme


• Stockage temporaire d’informations verbales et visuo-spatiales (quelques secondes) –
capacité limitée à 4 et 6-7 éléments.
• Permet de maintenir, dans un format actif et accessible à la conscience, des informations
perçues et/ou récupérées en mémoire à long terme, le temps nécessaire de sélectionner le
comportement le plus adéquat (réciter un exposé)
• MCT verbale impliquée dans
– Compréhension orale
– Planification et monitoring d’une réponse verbale
– Calcul mental
– Raisonnement verbal
– Prise de note
– Mémorisation temporaire d’informations phonologiques non familières
–…
C’est aussi une porte de la conscience : si toutes les infos étaient accessibles de façon
permanente à la conscience, ça serait le chaos.

Un modèle influent de la MCT: le modèle de la mémoire de travail


Beaucoup de modèles différents, celui-ci n’est plus le plus valide mais donne les concepts de
base de ce qu’est la mémoire à court terme. C’est le modèle de la mémoire à court terme
d’Allan … qui veut montrer qu’elle ne sert pas qu’à enregistrer l’information mais aussi à la
manipuler.

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La boucle phonologique permet de mémoriser
temporairement les informations phonologiques.
Le registre visio-spatial permet de mémoriser
temporairement des images.
L’administrateur central est un système actif qui
permet de manipuler les informations phonologiques
et visio-spatiales stockées.
Ces travaux se basent sur une série d’études et
on sait que ces différents systèmes peuvent être altérés
de façon isolée en cas d’une atteinte cérébrale.

Aspect de la boucle phonologique : cette composante peut encore être découpée, mais
au moins deux processus différents : pour retenir une série de chiffres, on la stocke dans une
mémoire à court terme mais il y a aussi le processus de récapitulation subvocale qui permet de
rafraîchir l’information dans la mémoire phonologique. On considère qu’en l’absence de
récapitulation de l’information, elle a disparu en 2 secondes, tandis qu’avec récapitulation elle
reste plus longtemps à on peut entraîner une personne qui a une mémoire à court terme
faible en entraînant le processus de récapitulation subvocale.
Quand on présente une liste à retenir, ce sont en général les éléments du milieu qui
sont le moins bien retenus (= effet de primauté, supériorité des informations présentées en
début d’une liste ; = effet de récence, supériorité des informations présentées en dernier).
L’administrateur central permet de réciter et de manipuler. Un processus important est
- la mise à jour : les consignes changent à on doit changer de stratégie car la tâche
n’est plus la même.
- La double tâche : réaliser deux choses en même temps. Bavarder et prendre note en
même temps à conflit dans la mémoire de travail.
- La manipulation : traiter l’information qu’on a en mémoire pour la changer : conflit
entre informations de deux cours

Mesure de la MCT
• Répétition immédiate de courtes séries de chiffres ou de mots (boucle phonologique)
– Effets de longueur et de similarité phonologique
– Effets de récence et de primauté

Reproduction de séquences visuo-spatiales (registre visuo-spatial)


• Répétition de séries de chiffres à l’envers (mémoire de travail – administrateur central)
– Administrateur central: composante très hétérogène
• Mise à jour
• Coordination (doubles tâches)
• Manipulation (rappel alphabétique)

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Bases cérébrales :
Lésion au niveau de la jonction temporopariétale : déficit du stock
phonologique
Lésion au niveau du gyrus frontal inférieur : déficit du mécanisme de
récapitulation
Lésions au niveau de régions pariétooccipitales droites : déficit de la mémoire
à court terme visuo-spatiale – aire de Broca
Lésions au niveau des régions frontales dorsolatérales : déficit de
l’administrateur central
Des lésions cérébrales différentes donnent des problèmes de mémoire
différents. La faiblesse d’une de ces mémoires peut être compensée par la
force de l’autre.

Neuroimagerie : IRMf
L’homogénéité du champ magnétique est différente en
fonction de la proportion d’oxyhémoglobine et de
déoxyhémoglobine dans le sang : l’oxyhémoglobine ne modifie
pas le champ alors que la déoxyhémoglobine crée des
inhomogénéités du champ : la vitesse de diminution de Mxy est
plus importante dans les régions actives car plus homogènes, et le
signal mesuré sera d’autant plus fort

Neuropsychologie de la MCT
• Patients avec déficit de la mémoire à court terme verbale
– Difficultés à mémoriser de nouvelles informations verbales, un nouveau numéro de
téléphone, calcul mental, compréhension de phrases longues et abstraites
– Restent capables de se souvenir et d’apprendre de nouvelles informations épisodiques (i.e.,
ce qu’ils ont fait hier, ce matin, il y a 10 minutes…)
• Patients avec déficit de la mémoire à court terme visuo-spatiale
– Difficultés en imagerie mentale (i.e., exercices de géométrie), copie de dessins
• Patients avec déficit de l’administrateur central
– Difficultés en situation de double tâche (compréhension du discours dans un groupe), mise à
jour de l’information …

La mémoire épisodique (déficitaire chez Jimmy), permet de se souvenir de ce qu’on a fait la


veille et de ce qu’on doit faire le lendemain, importante pour situer les souvenirs dans le
temps et l’espace.
• Mémoire pour les informations associées à un contexte spatio-temporel déterminé
• Evénements personnellement vécus dans un lieu et un instant donné
• Nous permet de nous situer dans le présent, par rapport au passé et au futur
• Est une mémoire déclarative : informations dont on a conscience de se souvenir et que l'on
peut décrire verbalement
• Est une mémoire explicite parce que l'on peut décrire et nommer explicitement ces
souvenirs
• En lien avec la mémoire autobiographique

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Trois étapes importantes pour la mémoire épisodique :
• Encodage = là où on met en mémoire les informations à apprendre
• Consolidation = se fait de façon plus automatique, le sommeil semble en être un facteur
important
• Récupération

• Encodage:
– Profondeur de l’encodage: surface (son des mots pour un poème) vs signification (ne reste
pas s’il ne représente rien ; reste longtemps si il a un rapport personnel). Le choix dépend de
l’usage qu’on veut faire par après : il faut les mots exacts pour le texte de théâtre tandis que ce
n’est pas important s’il faut faire une comparaison è différentes spécificités :
– Spécificité de l’encodage : adéquation entre mode d’encodage et exigences lors du
rappel
– Spécificité du contexte : adéquation entre contexte d’encodage et contexte de
récupération (les visages des gens de commu deviennent familier, on les reconnaît
devant l’amphi mais pas nécessairement en vacances parce que le contexte n’est pas le
même ; par contre si on les a rencontrés aussi au cours de soirées,… on les reconnaîtra
parce que mémorisation dans divers contexte) à on se souvient mieux avec
l’encodage multimodal.
à Avantage d’un encodage multimodal, y compris émotionnel (sauf en cas de stress car il y a
production d’une substance chimique qui perturbe le fonctionnement normal de la mémoire
épisodique)
• " Ce qui touche le coeur se grave dans la mémoire " (Voltaire)
– Espacement : encodage « groupé » permet de disposer de toute l’information à un moment x
– Espacement : encodage « espacé » permet d’assurer un maintien à long terme maximal

• Consolidation:
– Importance de l’apprentissage « espacé » plus efficace que le rapproché
– Importance du sommeil (phase paradoxale), permet de consolider les informations

La mémoire épisodique = mémoire imparfaite


• Rappel:
– Récupération « effortful » = reconstruction
– Importance des indices de récupération (contexte d’apprentissage, personnes
présentes…)
– Know (informations dont on est sûr et disponibles de façon quasi automatique)
vs
– Remember (informations plus floues pour lesquelles on utilise le processus de
récupération)

Mesure de la mémoire épisodique


• Apprentissage de listes de mots (> 12 mots)
– Rappel immédiat, rappel après 20 minutes, reconnaissance après 20 minutes
– Evaluation de l’interférence proactive et rétroactive
• Reconnaissance à long terme d’objets visuels (visages non familiers, portes non familières)

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Bases cérébrales : Patients amnésiques : lésion au niveau des
régions hippocampiques = réseau qui permet de créer des
associations entre différentes aires du cerveau.
Problèmes en mémoire épisodique peuvent également apparaître
suite à des lésions préfrontales (encodage et/ou récupération)
Une lésion bilatérale de l'hippocampe empêchera la formation de
nouveaux souvenirs à long terme, mais n'effacera pas ceux qui
ont été encodés avant l'accident.
Neuropsychologie de la mémoire épisodique : Patients
amnésiques :
– Difficultés à apprendre et se souvenir de façon explicite de
nouvelles informations vécues
– Désorientation
– Mémoire à court terme est souvent préservée et l’apprentissage
de nouvelles informations verbales (un nouveau vocabulaire) est
parfois possible, même si le patient sera parfaitement incapable
de se souvenir du fait qu’il a appris ces informations

La mémoire sémantique
• Connaissances factuelles, générales ou personnelles, dépourvues de tout souvenir du
contexte d’apprentissage
• En lien étroit avec le système langagier
• Informations accessibles de façon explicite, même si souvent apprises de façon implicite
• Accès rapide et automatique aux informations
La mémoire sémantique = mémoire à long terme à la fois implicite et explicite, elle se
caractérise par un accès rapide et quasi automatique à l’information. Cette mémoire s’enrichit
avec l’expérience et donc avec l’âge.
• Réseaux sémantiques
• Diffusion de l’activation
• Effets d’amorçage
• Organisation hiérarchique

Mémoire sémantique et schémas


• Schémas et encodage : on encode une histoire par rapport au schéma qu’on a, et si on doit la
raconter, on la racontera de façon cohérente par rapport à la façon dont elle aurait pu se
dérouler.
• Schémas et stockage
• Schémas et récupération

Mesure de la mémoire sémantique


• Définition d’objets, de mots; dessin d’objets
• Appariement d’objets selon leur catégorie sémantique
• Appariement d’images

Bases cérébrales : Patients avec déficit de la mémoire sémantique : lésions dans des régions
cérébrales multiples, en général au niveau des lobes temporaux et pariétaux
Ce type de lésion apparaît le plus souvent auprès de personnes âgées suite à un AVC ou une
forme de démence particulière, la démence sémantique

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Neuropsychologie de la mémoire sémantique :
• Patients avec déficit de la mémoire sémantique
– Mémoire épisodique (théoriquement) préservée
– Mémoire à court terme (théoriquement) préservée
– Perte des anciennes informations sémantiques et difficultés à apprendre de nouvelles
informations sémantiques
– S’accompagne souvent de changements de personnalité, apparition de comportements
stéréotypés

La mémoire procédurale
• Procédures, routines, habiletés
• Habiletés sensori-motrices activées et réalisées automatiquement (conduite de la voiture)
• Mémoire implicite (car difficile à expliciter de façon verbale)

La mesure de la mémoire procédurale : la phonologie (articulation), la répétition conduit à


ces connaissances spécialisées.
• Tâches sensori-motrices
– Lecture en miroir
– Rotor pursuit task

Bases cérébrales :
Patients avec déficit de la mémoire procédurale: lésions au niveau des
ganglions de la base et/ou du cervelet
Ce type de lésion apparaît en partie dans la maladie de Parkinson ou
d’autres syndromes de dégénérescence corticosous-corticale ainsi que
dans certaines formes de psychoses (schizophrénie)

Considérations générales
• En réalité les différents systèmes de mémoire interagissent
– MCT: rappel de mots vs rappel de non-mots
– MCT: utilisation de stratégies récupérées en mémoire à long terme
– Mémoire épisodique et sémantique : l’apprentissage à long terme dépend des capacités
de la MCT
• En réalité les systèmes de mémoire interagissent avec d’autres systèmes cognitifs
– Attention et MCT
– Attention et encodage en mémoire épisodique
– Emotion et mémoire épisodique

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Considérations générales :

Fonctionnement mnésique
= Fonctionnement cognitif
= Fonctionnement intégré
= Fonctionnement interactif

Partie 2 : Mémoire, apprentissage et vie quotidienne

La mémoire à court terme


• Forme de mémoire particulièrement importante pour apprentissages scolaires
• Impliquée dans apprentissage lexical (-> apprentissage d’une langue étrangère!)
• Impliquée dans manipulations visuo-spatiales (-> Mathématiques!)
• Impliquée dans capacités de raisonnement plus générales (-> résolution de problèmes,
rédaction, exposé oral …!)

Illustration : MCT et apprentissage lexical


Dans les tâches de MCT verbale, deux types
d’information doivent être stockés:
- Information “Item” information : les
caractéristiques phonologiques et
sémantiques des informations verbales
- Information “Ordre sériel” : l’ordre
séquentiel dans lequel les informations ont
été présentées

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MCT Item vs Ordre
Apprentissage du vocabulaire :
- MCT “Ordre sériel” : causalement reliée à l’apprentissage de nouvelles séquences
phonologiques
- MCT “Item”: corrèle avec vocabulaire parce que dépendant des connaissances
langagières

Etude 1 :
• Participants : 59 étudiants universitaires, âgés de 18 à 25 ans ; Langue maternelle: français


4° Apprentissage d’un
nouveau vocabulaire =
4 paires mot-non-mot :
Médecine - /divfak/
Beau-frère - /GezkCl/
Machine - /kiksRs/
Donner - /mastSs/

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Etude 2 :
• Participants : 52 étudiants universitaires, âgés de 18 à 40 ans ; Langue maternelle : anglais ;
Maîtrise variable de la langue française

Apprentissage d’un nouveau vocabulaire


4 paires mot-non-mot
Médecine - /divfak/
Beau-frère - /GezkCl/
Machine - /kiksRs/
Donner - /mastSs/
Connaissances langagières
• Vocabulaire réceptif et productif en anglais et en français
• Score composite reflétant le degré de maîtrise du français

Conclusions : Apprentissage lexical et MCT


- Lien très étroit et spécifique entre MCT “Ordre sériel” et capacités d’apprentissage
d’un nouveau lexique
- Ce lien subsiste même auprès de sujets ayant déjà un niveau de connaissances
langagières élevé

La mémoire épisodique : elle permet de se situer dans le passé et de savoir qui on est, elle se
développe lentement

• Amnésie infantile = cette période de l’enfance où on n’a pas de souvenir (les 2 – 3


premières années, mémoire inconsciente de cette période)

• Amnésie développementale

• Développement = les deux extrêmes, de l’enfance jusqu’à un âge avancé (quand on


présente un objet et qu’il s’agit de s’en souvenir, quasi pas de variation au cours du temps ;
pour la localisation, ce sont surtout les gens d’environ 22 ans qui y arrivent, plus de difficultés
pour les vieux et les enfants ; en ce qui concerne la couleur, ce sont les enfants de 10 ans qui
ont la meilleure mémoire, développement progressif puis perd de l’importance par la suite).

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• Durée d’un souvenir?
– Accessibilité (devient de plus en plus difficile au fil du temps pour diverses raisons : plus on
stocke d’informations en mémoire, plus l’expérience s’agrandit et plus la mémoire stocke des
informations ; si elles sont similaires, tendance à les confondre qui pose une difficulté) vs
disponibilité

• Précision d’un souvenir?


– Biais et erreurs sont possibles et probables !
Exemple : les témoins interrogés sur des évènements peuvent avoir des
souvenirs induits par les questions (détails pour évaluer la crédibilité). « Est-
ce qu’il y avait une lanterne sur les lieux du crime ? » « Y avait-il ceci près
de la lanterne ? ». La deuxième question induit un souvenir et convainc la
personne qu’il y avait une lanterne même si elle ne l’a pas vue.
– Erreurs liées aux stratégies de récupération associatives (sémantiques)
(paradigme DRM) (souvenir des notes d’examen – voir ci-contre)
– Facteurs émotionnels : se souvient-on mieux si un souvenir est lié à une
émotion ? L’émotion moyenne va rendre le souvenir plus riche, active
davantage la mémoire. Si l’émotion est trop forte, les capacités de mémoire
peuvent être submergées par l’émotion et soit le souvenir est encodé de
façon aberrante, soit il y a amnésie pour l’évènement en question.

• Témoignage oculaire: ATTENTION!


– Même un souvenir vécu comme particulièrement précis et marquant peut être erroné
– Façon de poser les questions influence souvenirs récupérés (exemple: Avez-vous vu le/un
phare cassé?)
– Même si la mémoire pour les détails est mauvaise ou inexacte, la mémoire pour faits
centraux peut néanmoins être correcte
– Refoulement de souvenirs traumatiques?

La mémoire épisodique
• Durée
• Précision
• Flashbulb memories

Pourquoi oublie-t-on?
• Détérioration spontanée
• Interférence (beaucoup d’informations de plus en plus similaires s’accumulent et vont se
superposer les unes sur les autres).
• Oubli motivé

Mémoire et culture
• Récit d’une histoire: « erreurs » de reconstruction dépendent des schémas et connaissances
culturellement déterminés

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Stratégies mnémoniques
• Mémoire = mémoires en interaction
• Les faiblesses d’un certain type de mémoire peuvent être compensées par les forces d’un
autre système
– Méthode des lieux: utilisation d’une structure visuelle pour y ‘accrocher’ les
informations à mémoriser
– Méthode des mots clés: idem mais à partir de mots clés transformés en image
(exemple: « Un est un pain, Deux est un nœud, Trois est un roi, etc….)

Méthode S.Q.3R.
– Survey : détecter la structure du texte ou de la matière (facteur organisationnel, mémoire
sémantique)
– Question: transformer information en questions (facteur motivationnel et mémoire
sémantique)
– Read: lire en apportant des réponses aux questions formulées
– Recite : réciter les réponses trouvées (encodage et consolidation)
– Revise : répéter l’ensemble et l’intégrer aux connaissances préexistantes
Il faut faire cette répétition de façon espacée et ça marche très bien.

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Cours 5 : Penser, comprendre et parler.

Plan :
- pensée : les unités de pensée
- pensée : les actes de pensée conscients et inconscients
- langage : du son au sens
- langage : développement

Est-ce que nous contrôlons toutes nos pensées ?


Est-ce que nous pensons de façon verbale ou non verbale ?
Comment le langage véhicule-t-il des significations ?
Le langage est-il spécifique à l’homo sapiens sapiens?

La pensée ne s’arrête pas avec le sommeil et continue à faire son chemin.

Pensée : les unités et processus de la pensée


La pensée est une extension de la perception et de la mémoire.
Penser, c’est manipuler des représentations mentales (pour résoudre un problème),
souvent vers un but.
Les unités de pensée sont des mots, des images, des odeurs, des émotions…
Les modèles mentaux sont des représentations multimodales et organisées sur les
relations entre évènements, choses (Exemples : infections virales, ordinateur, justice).
Comparer plusieurs évènements, c’est aussi penser.
On réfléchit surtout en termes de catégories. Les différents évènements de notre
conscience sont classés en catégories pour simplifier la pensée, la comparaison et la mise en
commun. Il faut distinguer le terme de concept = représentation mentale prototypique qu’on a
d’une catégorie (différentes images de chien), permet d’évaluer son danger.

Catégorisation
- en utilisant les traits définitionnels : liste de propriétés qui permettent de classer un
objet selon telle ou telle catégorie (nombre de membres, son, mouvements, fourrure)
- en utilisant la représentation prototypique : comparer l’objet qu’on a à classer selon sa
similitude avec la représentation prototypique qu’on a d’une classe donnée.
- en utilisant des exemplaires : on compare à un exemplaire d’une classe donnée. On a
un chien, on compare les animaux à l’image de notre chien qu’on a en tête.
• Traits définitionnels: « effortful »; explicite
• Représentation prototypique: « rapide et automatique »; implicite
• Exemplaires: « effortful »; explicite et implicite
La représentation prototypique est la plus rapide.

Organisation hiérarchique :
- niveau de base : niveau large, le plus distinctif et le plus riche
- niveau subordonné : niveau plus spécifique (exemplaire)
- niveau super-ordonné : niveau le plus large et le plus abstrait, beaucoup moins
distinctif. Important car il permet de comparer des objets qui pourraient ne pas avoir
beaucoup de similitudes.

Catégories et culture
• Aborigènes d’Australie : femme, feu et danger: même catégorie parce que même racine

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• Neige pour le non-expert (tous des flocons) et pour l’expert (assemblages différents de
molécles)
• Tri de riz pour nord-américains et africains du Liberia

Les actes de pensée


Raisonnement : processus permettant de créer et d’évaluer des arguments et des croyances.
• Raisonnement inductif : observations spécifiques qui vérifient des propositions plus
générales = Raisonnement basé sur des probabilités et non sur des certitudes
• Raisonnement déductif : proposition générale, qu’on applique ensuite sur des observations
pour en tirer des conclusions = Basé sur des certitudes, pourvu que l’hypothèse de départ soit
correcte
– Syllogismes: deux propositions et une conclusion qu’il faut évaluer
• Tous les étudiants rassemblés ici sont des êtres humains
• Tous les êtres humains sont le résultat de l’évolution
– Tous les étudiants rassemblés ici sont le résultat de l’évolution

Raisonnements déductif et inductif: difficiles à distinguer dans la réalité car ils sont
étroitement liés
• Pour disposer d’une hypothèse, il faut d’abord l’avoir formulée; formulation d’une
hypothèse dépend souvent d’une induction (à partir de l’observation de certains faits)
• Raisonnement analogique : une situation nouvelle est interprétée à partir d’une situation
similaire ancienne
• Processus très exploité dans la vie quotidienne:
– Iraq = Nazis, Hitler
– Iraq = Vietnam
• C’est un processus dépendant fortement de représentations en mémoire à long terme
(épisodique et sémantique) : il faut savoir ce qu’était la guerre du Vietnam, aussi de
conditionnement culturel.

La résolution de problèmes :
• Résolution de problèmes: transformation d’une situation en une autre afin d’atteindre un but
précis
• Transformer un état initial non satisfaisant en un état final satisfaisant, via une série
d’opérateurs (cognitifs puis comportementaux). Ces opérateurs sont des actes mais avant ils
sont cognitifs (il faut imaginer les étapes à réaliser) et il faut que le problème soit
correctement définit
• Importance de la définition du problème

La résolution de problèmes comporte 4 étapes


– Comparer E Initiale et E Finale afin de préciser les différences
– Identifier les opérateurs possibles
– Applications des opérateurs, en procédant par sous-buts
– Evaluation du résultat et poursuite de l’application des opérateurs (ou changement), jusqu’à
l’obtention du résultat final désiré
Mais pour certains problèmes qu’on rencontre fréquemment, on développe des stratégies :
• Stratégies de résolution (algorithmes) ; fonctionne pour des problèmes simples
• Test de l’hypothèse : formuler une ou plusieurs solutions probables et les tester
• Simulation mentale
• Freins à la résolution de problème : rigidité fonctionnelle ; biais de confirmation (test
d’hypothèses alternatives)

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La prise de décision :
• Mesurer les avantages et inconvénients afin de faire un choix
• En fonction de l’utilité de chaque facteur et de son importance : utilité pondérée
• En fonction de l’utilité de chaque facteur, de son importance et de la probabilité de l’obtenir:
utilité attendue

Pensée et conscience :
• Facteurs conscients et inconscients peuvent déterminer les différents processus de pensée
• Heuristiques de pensée (raccourcis de pensée)
– Heuristique de représentativité: comparaison d’un objet avec un prototype, sans tenir
compte de la probabilité réelle
– Heuristique de disponibilité: les faits facilement accessibles en mémoire sont jugés les plus
probables ou typiques (exemple: fréquence des accidents de voiture et d’avions)
• Détermination des comportements à avoir et ne pas avoir en situation sociale : basée très
souvent sur des apprentissages implicites
• Résolution de problème implicite : « pop up » ; « eureka »; résolution de problème continue
même si vous n’y pensez plus de façon consciente et contrôlée
• Rôle de l’émotion : décisions lors d’un achat; choix d’un partenaire
• Modèles du traitement de l’information: cerveau = ensemble d’unités (noeuds)
interconnectées (modèles connexionnistes) qui forment la base des représentations et qui
peuvent effectuer plusieurs traitements en parallèle, même sans contrôle cognitif
• Scanner figure page 7.11

Pensée et langage (St Toré)

Le langage
• Succession de sons qui transmettent une signification : au départ simplement une onde
acoustique mais qui permet de transformer une variable psychologique en une variable
physique qui permet de transmettre des idées, des mots, des émotions, d’une personne à une
autre
• Langage très important pour formuler, transmettre et partager nos pensées

Langage et pensée
• Hypothèse de Whorf, linguiste américain qui a proposé que le langage forme la pensée,
donc le langage détermine la façon dont nous pensons.
• MAIS hypothèse contredite par le fait qu’il existe l’inconscient, des représentations imagées
qui se rapportent à des objets, des animaux
• Hypothèse contredite car les bébés et les enfants savent catégoriser sans encore avoir de
langage verbal intérieur : ils regardent plus longtemps des choses nouvelles. Si on lui présente
plusieurs exemples de chien et qu’il reconnaît que chaque fois c’en est un, il va regarder les
images de moins en moins longtemps, si on lui met un chat à la place son langage va se fixer
plus longtemps, signe qu’il reconnaît quelque chose de différent.
• Tribu « Dani »: n’ont que deux mots pour les couleurs (donc selon Whorf ils ne devraient
distinguer que deux couleurs) mais savent discriminer toutes les couleurs de base à pensée
peut être indépendante du langage
• En même temps, des concepts plus abstraits nécessitent une formulation par le langage
• Pensée forme le langage puisque nous ne pouvons mettre en langage quelque chose que
nous ne pensons pas !

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Les éléments du langage

• Onde sonore (vibrations de l’air) composée de plusieurs


fréquences, donnant une courbe complexe même si régulière.

• Extraction des phonèmes (plus petites unités distinctives du


langage) en fonction de leurs caractéristiques acoustiques ; ils
permettent de constituer les différents mots.

• Identification des morphèmes (plus


petite unité qui a une signification) et
mots
• Regroupement en syntagmes
(ensemble de mots) et identification des
fonctions syntaxiques
• Activation du sens de la phrase

• Niveau phonétique : analyse


acoustique = cortex auditif primaire (mini ligne bleue) puis traite les différences de fréquence
(zone rouge)
• Niveau phonologique : filtrage de l’information pour voir ce qui est pertinent dans la langue
(zone rose)
• Niveau lexical : identifier les sons comme un mot (zones vertes)
• Niveau sémantique : activation du sens du mot (zones vertes)
• Niveau syntaxique : rassembler les mots au niveau grammatical = aire de Broca (zone noire)

Ces niveaux sont activés par des expériences sur des patients qui présentent des lésions qui
affectent les différents niveaux.

Les activations des différents niveaux se font en parallèle (schéma non important)

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Eléments du langage (suite) :

• Pragmatique: utilisation du langage dans sa fonction communicative = faire la distinction


entre une affirmation, une question, une exclamation, fait de prendre une expression dans un
sens littéral ou non.
• Prosodie: rythme de parole et accentuation
• Discours : structuration en introduction, arguments, conclusion…
• Éléments non-verbaux: gestes, grimaces, vocalisations non-verbales (cf. langage chez les
animaux), pointer, direction du regard

Le développement du langage

• Apprentissage du langage = apprentissage implicite


• Le bébé extrait des régularités phonologiques, puis lexicales et syntaxiques à partir du flot
de paroles dans lequel il baigne
• Importance de l’exposition au langage

Exemple :

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• Expérience de Majerus et al., 2004
• Phase 1: Familiarisation à la grammaire artificielle
• Présentation continue de syllabes CVCVCV…
– pumotilapupi.... en bruit de fond pendant 30
minutes. Cette séquence de sons n’était pas aléatoire,
il y avait une phonologie sous-imbriquée et ils
voulaient savoir si sans faire attention on pouvait
inclure ces régularités phonologiques.
• Deux niveaux de grammaire phonotactique :
– Niveau phonémique
– Niveau syllabique

• Procédure
• Les participants croyaient participer à une
expérience portant sur la créativité et l’influence du
bruit sur les performances.
• Les participants devaient colorier des dessins
complexes de la façon la plus originale possible.

• Phase 2 : tâche de MCT : on leur faisait répéter de longs mots dont certains étaient
composés comme la longue séquence de sons qui avait été répétée.
• Répétition de non-mots de structure CVCVCV…
• 2-7 syllabes
• 4 conditions
» non-mots légaux
» diphones légaux mais séquences syllabiques illégales
» diphones illégaux mais séquences syllabiques légales
» non-mots illégaux
• Non-mots appariés sur FP du français

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Ils répètent plus facilement les non-mots composés des
régularités apprises de façon inconsciente et implicite
qu’ils ont entendues (noir) que ceux qui n’étaient pas
composés de ce qu’ils ont entendu (gris), qu’ils soient
enfants ou adultes.
C’est une démonstration à l’inverse de ce qui se passe chez
le bébé qui va percevoir les sons qui sont associés de façon
plus fréquente que d’autres.

Le langage : inné ou acquis ?

• Prédisposition innée à acquérir le langage et à organiser les éléments du langage mais il lui
faut une exposition au langage pour se rendre compte que ça existe à à la fois inné et acquis
– Exemple: enfants sourds de parents normo-entendant qui vont très vite commencer à
communiquer par signes
– Langage des jumeaux, d’enfants vivant de façon isolée du monde extérieur

Période critique pour le langage ?


• Les bébés sont capables de discriminer tous les sons langagiers, même ceux qui n’existent
pas dans leur langue maternelle (fin vers 10 – 12 mois)

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• Vers 9 mois, ils commencent à se spécialiser pour les sons de leur langue maternelle
• Plus l’enfant est jeune, plus facilement va-t-il apprendre une langue étrangère
• A l’âge adulte, il est rare d’apprendre une nouvelle langue et de la maîtriser jusqu’à
perfection

Les grandes étapes de développement du langage


• Dès naissance, construction des premières représentations phonologiques à partir de
l’analyse du flot de la parole
• Vers 6 mois, babillage, ayant des caractéristiques de la phonologie de la langue maternelle
• A partir de 12 mois, premiers mots isolés
• A partir de 18 mois, premières phrases courtes (2 mots)
• A 4 ans, phrases grammaticalement correctes
• A 6 ans, lexique de plusieurs milliers de mots

Le langage : spécifique à l’homme ?


Singes (bonobos, chimpanzés):
• Peuvent acquérir un lexique d’une centaine de « mots » (via symboles
picturaux car ne sont pas physiologiquement capables d’articuler)
• Syntaxe très limitée
• Peuvent utiliser le langage gestuel pour communiquer de façon
spontanée (si appris via l’homme)
• Langage reste très concret et non génératif

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Cours 7 : l’Intelligence – Mythe ou réalité

Plan :
• L’intelligence: un concept fonctionnel, créé et extrêmement large. Il n’a de sens que par
rapport à sa mesure et aux outils utilisés pour ce faire.
• La mesure de l’intelligence
• Les approches théoriques de l’intelligence
• Intelligences extrêmes et formes d’intelligence

Questions :
• C’est quoi, être « intelligent »?
• Est-ce que le niveau d’intelligence est fixé dès la naissance?
• C’est quoi, être un « génie »?
• Sommes-nous tous intelligents de la même façon? Y a-t-il plusieurs types d’intelligence ?

L’intelligence, c’est ce que mesure mon test. Alfred Binet (1859-1911)


On lui doit le concept d’intelligence.

L’intelligence :

• Un concept, une description


• Le résultat du bon fonctionnement intégré des différentes fonctions cognitives (et socio-
émotionnelles)
• Intelligence = intelligences
• Intelligence = « capacité à avoir un comportement dirigé vers un but » (Sternberg &
Salter, 1982)
On n’est jamais intelligent de façon absolue ; on est intelligent dans une situation quand on a
un comportement qui permet de trouver la bonne réponse et la bonne réaction à but.
Néanmoins, ces capacités résumées sous le terme d’intelligence comportent une composante
héréditaire.
• Bases « héréditaires »
• Bases culturelles
– Intelligence d’un occidental sédentaire (équations, jeu d’échecs) <-> Intelligence de
peuples chasseurs (connaître les plantes, les modes de chasse, quels animaux chasser à quel
moment et comment s’y prendre) à but différent dans cultures différentes
– Habiletés cognitives ↔ Connaissances (les configurations des pièces aux échecs),
compétences, habiletés sociales
– Un comportement « intelligent » n’est intelligent que par rapport à son
environnement et ses exigences
– Beaucoup de comportements « intelligents » sont le résultat d’un apprentissage et
d’une transmission culturelle (apprendre à lire et à écrire avant d’écrire un chef d’œuvre)

• Intelligence: « Mise en application d’aptitudes cognitives et de connaissances pour


apprendre à résoudre les problèmes et parvenir à des fins auxquelles un individu ou une
culture attachent de la valeur » (Westen, p. 431)
Exemple : les autistes sont parfois capables de capacités mnésiques incroyables (apprendre
tout l’annuaire) mais est-ce intelligent ? Ca reflète des capacités surdéveloppées mais ces
connaissances ne sont pas très fonctionnelles.

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La mesure de l’intelligence
• Les tests d’intelligence : mesures pour évaluer le niveau individuel des capacités cognitives
en le comparant à celui des individus d’une population de référence
• Evoluent avec l’évolution des populations de référence
= Approche psychométrique, est surtout le résultat de mesure de performances pour un
individu donné qu’on compare à un groupe de référence qu’on considère comme étant la
norme (résultats différents selon la norme).

• Sir Francis Galton (1822-1911), érudit qui a laissé des contributions scientifiques dans de
nombreux domaines. C’est l’époque de Darwin et des théories évolutionnaires :
• Intelligence et classes sociales supérieures : processus évolutionnaire à survie du meilleur
adapté. Les scientifiques de l’époque utilisaient ces arguments pour justifier leur statut de
privilégié. Pour montrer ça, Galton s’est installé lors d’une foire internationale à Londres vers
1886 sur un stand où il a testé plus de 10 000 personnes : tests de réaction, de mémoire…
• Premier à utiliser des mesures d’intelligence (tâches simples) et à les « corréler » avec
d’autres variables qui n’étaient pas liées au niveau de scolarisation
• Aussi le premier à voir qu’il n’y avait pas de corrélation entre niveau d’intelligence et classe
sociale

Une corrélation est une mesure statistique qui


permet de mesurer le niveau d’adéquation entre
deux variables (par exemple : poids et taille).
En haut à gauche : corrélation parfaite
En haut à droite : corrélation zéro
En bas : pas tout à fait parfait

• Alfred Binet (1857-1911)


• Développement du premier test d’intelligence
• Utilisation de tâches complexes
• Etude du potentiel intellectuel des enfants (scolarisation obligatoire ! – Lois Jules Ferry
1881-1882 – enseignement spécialisé 1904) mais certains enfants n’arrivent pas à bien
apprendre, donc il faudrait pouvoir les localiser pour pouvoir leur donner un enseignement
spécialisé à besoin d’outils pour identifier ces enfants qui ont une capacité d’intelligence
« moindre » à création des tests d’intelligence.
• Concept de l’âge mental : si on prend un test de vocabulaire et 100 enfants de 10, 9, 8 ans
au hasard, qu’on leur présente des images et qu’ils doivent les dénommer : chez les enfants de
10 ans, 80% des images sont correctement dénommées ; 50% pour ceux de six ans. Si un
enfant de dix ans ne dénomme que 50% des images, il a l’âge mental des enfants qui
dénomment en moyenne le même pourcentage d’images à âge mental de six ans
= performance par rapport à des groupes d’âge ; pas absolu ; ne vaut que pour la tâche testée,
peut être meilleur ou moins bon dans une autre tâche.

• 1916 : Adaptation de l’échelle de Binet aux Etats-Unis à test de Stanford-Binet

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• Introduction du QI (quotient intellectuel)
– QI = (AM/AC)*100 : le QI est le reflet de performances à un test. Les premières
mesures étaient faites sur la base de performance à des tests, sa situation par rapport à son âge
mental (quel groupe obtient en moyenne ces performances), on divise par l’âge chronologique
et on multiplie par 100.
• Succès croissant de ces tests pour prédire capacités scolaires, sélection militaire …
• Tests actuellement utilisés : Echelles d’intelligence de Wechsler (1939 -…)
http://tests.qi.free.fr/
• Wechsler: abandon de la formule QI = (AM/AC)*100 (car selon cette formule, les
personnes âgées deviennent de moins en moins intelligentes …)
• Calcul du QI en situant les performances d’un individu par rapport aux performances des
personnes de son groupe d’âge

Courbe de Gauss par rapport à la population de


contrôle : distribution des performances dans une
population normale.
Si la population de contrôle change, le QI aussi, mais
on n’est pas plus intelligent pour la cause.

Test QI : validité et limites


• Un test valide = un test qui mesure bien ce qu’il est censé mesurer
• Intelligence = ? on ne sait pas bien la définir
• Si intelligence = aptitudes nécessaires pour réussir à l’école à validité OK (R = .70)
• Cependant, la réussite scolaire n’est pas tout. Un test d’intelligence ne mesure pas la
créativité, ni quelle réponse choisir quand il y en a plusieurs or c’est le cas dans la vie, on doit
faire le choix entre plusieurs solutions qui ont des conséquences plus ou moins positives
≠ intelligence de la vie de tous les jours
• Créativité? Choix de la meilleure réponse quand plusieurs réponses sont correctes?
Fonctionnement social? Ajustement émotionnel?
• Biais culturels
– Difficile à éliminer complètement
– Même des tests de vitesse de réaction (où il faut réagir à un stimulus simple)
impliquent une certaine notion culturelle mettant l’accent sur l’importance de la
vitesse lors de réalisation de tâches
– Tests QI favorisent enfants issus des classes blanches et aisées (enseignement de
meilleur qualité pour ces enfants aux USA)
– Influence de la scolarisation
Exemple :
– Robert L. Williams (noir) : QI de 82 à 15 ans et aurait dû faire maçon… OR
– 10 ans plus tard: obtient son doctorat et développe le Black Intelligence Test of
Cultural Homogeneity (1974). Conscient de cette situation absurde, il a développé un test
d’intelligence moins influencé par la culture.
• En résumé, un test QI permet de comparer des personnes en termes d’efficience
intellectuelle générale et de prédire la réussite scolaire et professionnelle (dans certains cas)
ultérieure
• Permet d’identifier les enfants qui ont besoin d’une assistance plus particulière (sans pour
autant en déterminer les raisons !)

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• Mais ceci ne signifie pas qu’un test QI mesure de façon pure « l’intelligence » de base ou
une intelligence innée

Les approches théoriques

• Approche psychométrique
– Identifier des variables sous-jacentes (latentes ; facteurs) qui expliquent
(statistiquement) la forte association entre un certain nombre de mesures:
• Corrélation forte entre tests de vocabulaire et de raisonnement verbal à
facteur sous-jacent: aptitudes verbales
• Procédé statistique utilisé : analyse factorielle

• Théorie bifactorielle de Spearman (1927)


– Facteur G : intelligence générale
– Facteur S : aptitudes spécifiques

• D’autres études identifient d’autres facteurs, et en nombre différents

• Theorie Gf – Gc (Cattell, 1957)


– Intelligence fluide (processus cognitifs nécessaires pour le traitement de l’information)
= habileté
– Intelligence cristallisée (connaissances apprises), augmentation constante au cours du temps
– Facteurs plus spécifiques: mémoire à court terme, mémoire à long terme, processus visuels,
processus auditifs, rapidité du traitement (tâches simples), rapidité du traitement (tâches
complexes), connaissances mathématiques
L’intelligence fluide est stable.
La rapidité des réponses suite à des stimuli visuels diminue.

L’intelligence est-elle stable au cours du temps ? Ca dépend du


type d’intelligence ! (oui si on en fait la moyenne mais ça ne veut
pas dire grand-chose).

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• Approche psychométrique :
– Problématique car purement empirique, non guidée par les découvertes scientifiques
concernant la cognition

• Approche du traitement de l’information :


– Quels sont les processus cognitifs qui permettent un comportement intelligent?
– Mesure de nombreuses capacités cognitives (mémoire à court terme, mémoire à long terme,
résolution de problèmes, etc), puis déterminer quelles capacités prédisent le mieux la réussite
dans une situation « intelligente » » donnée
– Trois capacités de base:
• Rapidité du traitement
• Connaissances de base
• Capacité à acquérir et appliquer des stratégies mentales

• Rapidité du traitement :
– Étroitement liée aux performances scolaires primaires ou universitaires

• Connaissances de base :
– Quantité d’informations stockées en mémoire à long terme (sémantique) et facilité d’accès à
ces informations
• Exemple : joueur d’échec spécialiste sait prévoir plusieurs coups à l’avance ou musicien de
jazz professionnel sait improviser de façon mélodieuse MAIS se situent par rapport à des
structures déjà connues (configurations du plateau et des pièces ; partitions connues).

• Acquisition et application de stratégies cognitives:


– Procédés mnémotechniques: leur application est plus facile chez l’adulte que chez l’enfant

• Théorie des intelligences multiples


– Howard Gardner (1983)
– Sept intelligences:
• Intelligence musicale
• Intelligence corporelle-kinesthésique
• Intelligence spatiale
• Intelligence verbale
• Intelligence logico-mathématique
• Intelligence introspective
• Intelligence interpersonnelle
– Basée en partie sur des travaux neuropsychologiques, suggérant que ces différentes
capacités pourraient être altérées de façon spécifique
– Savants prodiges: surdéveloppement d’une de ces formes d’Intelligence
– Met (trop) entre parenthèses l’existence de facteurs généraux

Intelligence et hérédité

• Des différences inter-individuelles pour toutes ces formes d’Intelligence existent


• Origine: à la fois héréditaire et environnementale
– Importance des apprentissages
– Importance de l’état cérébral pour pouvoir bénéficier de ces apprentissages

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• Etudes sur des familles et des jumeaux
monozygotes et dizygotes
– Montrent à la fois l’influence de facteurs
génétiques et de facteurs environnementaux
– Les facteurs génétiques semblent néanmoins
devenir de plus en plus importants avec l’âge de
l’enfant

Les intelligences extrêmes

• La déficience mentale (retard mental)


– Retard mental léger (QI 75-50)
– Retard mental modéré (QI 50-35)
– Retard mental sévère (QI < 35)
• 2 % de la population

• Causes
– Génétiques (trisomie 21, syndrome de Williams, …)
– Toxiques (phénylcétonurie, alcoolisme de la mère)
– Complications au cours de la grossesse, naissance
– Environnement (enfants abandonnés…)
– Non-spécifiques

• Retard mental :
– Ne signifie pas des « déficits » dans tous les domaines ou de la même manière
– Exemple du Syndrome de Williams
– Exemple de l’autisme

Syndrome de Williams :
• Trouble développemental neuro-cognitif associé à une microdélétion au niveau du
chromosome 7 (élastine, LIM-kinase 1)
• Caractéristiques physiques et faciales distinctives : nez retroussé, visage de type « elfe »,
problèmes cardio-vasculaires et rénaux, hypercalcémie, hyperacousie
• Retard mental léger à modéré
• Déficits sévères des habilités et de la MCT visuospatiale (scannent les visages pour tenter
d’identifier)

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• Préservation relative des capacités langagières, vocabulaire souvent assez riche et
correspondant à l’âge chronologique, parfois ils utilisent un vocabulaire très peu fréquent
parce qu’ils l’ont trouvé beau
• Préservation relative de la MCT phonologique : remarquent particulièrement, reconnaissent
des langues différentes.
C’est plutôt un développement différent qu’un retard mental.

• Aspects lexico-sémantiques :
• Vocabulaire réceptif et productif est riche
• Cependant, importante hétérogénéité et niveau de vocabulaire à l’âge adulte reste
souvent en-dessous du niveau attendu par rapport à l’âge chronologique

• Aspects morpho-syntaxiques:
• Difficultés pour l’accord entre le genre et l’article et la conjugaison des verbes
(imparfait)
• Difficultés grammaticales pourraient être plus particulièrement liées aux aspects qui
ont également une fonction sémantique (fonction sémantique des prépositions, genre)

• Aspects phonologiques:
• Souvent caractérisés comme les aspects les mieux préservés
• Langage oral est fluent et l’articulation est correcte, sans déformations phonologiques ou
phonétiques
• Bonnes capacités d’imitation de sons (‘cocktail party’ speech)
• Bonnes capacités de la MCT phonologique (répétition de non-mots)
• Hyperacousie

• Langage écrit:
• Malgré un niveau langagier mieux développé que prédit par le niveau de QI, surtout au
niveau phonologique, l’apprentissage de la lecture est souvent très difficile, voire impossible ;
peut-être lié aux problèmes visuo-spatiaux mais pas sûr. Il faut aussi un bon niveau
phonologique, ce qui est pourtant le cas chez eux.

Les surdoués
• Être surdoué: QI > 140
• Souvent limité à un domaine particulier
• Par exemple: capacités mathématiques surdéveloppées; capacités musicales extraordinaires
• Pas de problèmes particuliers d’adaptation (sauf cas extrêmes, QI > 180)

Créativité :
• Les personnes « surdouées » ne sont pas nécessairement plus créatives (corrélation nulle
entre un QI > 120 et le taux de créativité)
• Créativité dépend de nombreux facteurs:
– Pensée divergente (cf. la boîte d’allumettes)
– Indépendance d’esprit
– Energie
– Prise de risque
– Passion pour une tâche
– Susceptibilité de trouble bipolaire (trouble maniacodépressif) – 30% alors que cela touche
2-3% de la population (Robert Schumann). On ne connaît pas encore très bien la relation de
cette association.

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Cours 8 : La Conscience

Plan :
• La conscience : définitions
• Approches théoriques et données empiriques
• Etats de conscience modifiés:
– Sommeil
– Hypnose, méditation
– Drogues
– Coma, état végétatif

Questions :
• La conscience: un concept qui peut être étudié d’un point de vue scientifique ?
• A quoi le sommeil sert-il ? (état inconscient mais dont on peut conserver un souvenir ;
souvent pas sans rapport avec ce qu’on vit soit dans le contenu, le thème, les personnes)
• Conscience – inconscience : une dichotomie ou un continuum?

« La conscience n'est dans le chaos du monde qu'une petite lumière, précieuse mais fragile. »
(définition de la conscience comme une chose qui a une fonction, permet d’organiser
l’environnement mais est plus réduite)
Céline (Louis Ferdinand Destouches, dit Louis-Ferdinand), Semmelweis.

« Les douleurs de la conscience sont des choses dangereuses. Extirpons la conscience – il n'y
aura plus de douleur. » (aspect phénoménologique)
Evtouchenko (Ievgueni Aleksandrovitch), Les Affres de la conscience.

« Quand la bourse se rétrécit, la conscience s'élargit. » (effort mental pour arriver à un but
positif dans une situation difficile = définition fonctionnelle de la conscience)
Fail (Noël du), Contes et discours d'Eutrapel.

è plusieurs types de conception de la conscience, ce sont des descriptions et pas vraiment


des définitions.

La Conscience
• « Cogito, ergo sum » (conscience pour soi, conscience d’exister mais des personnes peuvent
être conscientes d’elles-mêmes mais inconscientes de leurs effets sur l’environnement ;
parfois même distanciation du corps où on n’a plus l’impression de le contrôler)
• Définir la conscience : difficile …
• Définir les fonctions de la conscience : possible
• Conscience : focalisation de la pensée sur un ensemble limité d’informations à direction et
contrôle de l’expérience interne et externe (on parle avec son voisin et on conduit de façon
automatique ; un chat arrive et on freine dans un état de conscience à la conscience intervient
quand les réflexes ne suffisent pas ;)
• Conscience intervient quand mécanismes de base, automatismes, procédures échouent ou ne
sont pas suffisants
• Fruit de l’évolution? ça serait aussi un produit de l’évolution car permet d’aborder les
situations complexes plus facilement
• Nécessité avant tout des capacités attentionnelles

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Conscience et attention
• Attention : permet de traiter préférentiellement des informations pertinentes, d’inhiber les
informations non-pertinentes, en fonction des buts d’une tâche
• Attention : ne permet de faire parvenir à la conscience qu’un ensemble limité
d’informations, alors que nos systèmes perceptifs en traitent beaucoup plus de façon
inconsciente
– Filtrage de l’information

Attention :
• Trois mécanismes principaux:
– Préparation (alerte) et Maintien de la vigilance
– Orientation vers les stimuli sensoriels importants (piéton au bord de la route)
– Contrôle du contenu / division de l’attention à mémoire de travail (réagir dans une
situation dangereuse en continuant la conversation mais risque de surcharge de l’information)

Attention : Alerte

Basique = éveil, inclut des régions profondes


du cerveau (tronc cérébral, pariétal)

Attention : Orientation,
intermédiaire et postérieure

Attention : Contrôle, frontale

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Le flux de la conscience :
• La conscience est changeante au cours de la journée, d’un point de vue quantitatif et
qualitatif
– Changements qualitatifs : conscience tournée vers l’environnement ou vers le monde
intérieur
– Rêve éveillé (daydreaming) : orientation de l’attention vers des pensées internes et
des scénarios créés par l’imagination -> 50% du « temps » de la conscience (Klinger,
1992) (l’écrivain en cours d’écriture)

Approches théoriques :
• Perspective psychodynamique (Freud, 1900):
– Conscience
– Pré-conscience : informations pas très conscientes mais qui risquent de le devenir
très rapidement.
– Inconscience
• Perspective cognitive
– Mémoire explicite – implicite ; schémas; routines; procédures (lire : on ne sait pas
comment on fait mais on le fait, on ne déchiffre pas toutes les lettres)
– Mémoire de travail: centration de l’attention sur les percepts, les représentations en
mémoire, les habilités nécessaires pour résoudre un problème à moment donné

Données empiriques :
• Perception subliminale
– Stimuli présentés à une vitesse trop rapide pour être identifiés, mais suffisamment
rapide pour être perçus
– Peuvent influencer processus cognitifs ultérieurs
• Apprentissages émotionnels sans conscience
– Patients amnésiques vont avoir des réactions émotionnelles pour des événements
appris, même s’ils n’ont aucun souvenir d’avoir vécu l’événement en question (quand
ils se retrouvent dans une situation similaire à une situation dont ils ne se souviennent
pas mais lors de laquelle ils ont eu peur)

Les processus inconscients


• Processus cognitifs inconscients : opèrent sans conscience et inaccessibles à la conscience
• Processus cognitifs préconscients : représentations activées de façon minimale, en dessous
du seuil de conscience à on peut y accéder plus facilement qu’à un autre mot (exemple du
Fanta ; en groupe, on pense tous à la même chose en reparlant d’une situation)
• Processus cognitifs conscients mais dissociés de la conscience de soi (à états dissociatifs)

Fonction des processus in/conscients

• Processus inconscients
– Rapides
– Automatiques
– Adaptation aux régularités de l’environnement
– Traitement en parallèle / simultané (traitement d’informations visuelles, tactiles,…
sans pour autant qu’on en ait conscience)

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• Processus conscients
– Capacité limitée (difficulté de faire deux traitements d’information conscients à la
fois).
– Demandent de l’effort
– Flexibles, peuvent s’adapter, contrairement aux routines qui ne fonctionnent plus si
la situation est légèrement différente de façon inattendue
– Information intégrée multimodal : odeur de l’eau de mer, couleur de l’eau et du sable
quand on repense à un souvenir agréable de vacances
– Redistribue l’activité dans les différents réseaux de traitement de l’information

Conscience et cerveau
• Patients ‘split-brain’: déconnexion des hémisphères car corps
calleux fin ou inexistant
– Garçon de 10 ans : sait répondre oralement si informations
présentées à l’hémisphère gauche ; et par désignation de lettres si
informations présentées à l’hémisphère droit ; HG : sentiments plus
positifs que ceux mentionnés par HD
La conscience est limitée à un hémisphère cérébral en fonction de
l’entrée auditive

• Cécité corticale
– Patients qui ont une lésion au niveau des aires occipitales
striées: ne ‘voient’ plus
– Par contre, restent capables (jusqu’à un certain degré) de
décrire où se trouve un objet, ou de décrire sa forme, voire
de l’éviter
• Existence d’une deuxième voie visuelle plus basique
(mésencéphalique - thalamique)

• Amnésie
– Souvenirs explicites impossibles
– Mais utilisation implicite de l’information apprise possible

• Localisation de la conscience ?
– Le tronc cérébral est important pour être éveillé et des lésions aux niveaux de structures du
tronc cérébral créent coma, perte de conscience
– Conscience subjective: réseau fronto-pariétothalamique : boucles de rétroaction entre
processus conscients et inconscients

Coma et états apparentés


• Coma : yeux fermés, absence de réponses verbales et motrices => INCONSCIENCE
• Etat végétatif (EV) : ouverture des yeux, absence de réponses verbales et motrices, activités
motrices de type réflexe possibles => INCONSCIENCE
• Etat de conscience minimal (ECM) : niveau de conscience minimal, permettant des
interactions élémentaires avec l’environnement => CONSCIENCE
• Origine: lésion du tronc cérébral et/ou lésion corticale diffuse importante
• Suite à un traumatisme crânien, un accident vasculaire cérébral, anoxie, intoxication
• Différence entre états conscients et inconscients : activation d’un réseau frontopariétal

Image 1 : Cerveau en action reflété par la consommation de sucre (jaune) ;

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Image 2 : cerveau mort ;
Image 3 : état végétatif où le cerveau est activé, consomme du sucre mais en quantité
beaucoup moins importante que chez l’être humain éveillé et conscient.

Le sommeil
• Durée du sommeil
– Très variable dans le domaine biologique
– Très variable d’une personne à une autre
• En moyenne, varie entre 6.5 et 8.5 heures
• Rythme du sommeil déterminé par le rythme circadien : cycles quotidiens de lumière et
d’obscurité
• Peuvent être décalés d’une personne à une autre
• Rôle de l’hypothalamus, relié à la rétine via une voie neuronale spécifique à production de
mélatonine pendant l’obscurité

Fonction du sommeil
• Régulation du métabolisme énergétique et de la température corporelle (en cas de manque
continu, ça s’effondre)
• Durée du sommeil liée à la mortalité
• Consolidation des informations en mémoire épisodique ou procédurale
– Sommeil lent (pour mémoire explicite?) et paradoxal (pour mémoire implicite?)
particulièrement importants

Sommeil et mortalité

Les phases du sommeil


• Phase 1 : brève (quelques minutes); ondes theta
• Phase 2 : poussées d’activité de haute amplitude (spindles); disparition des ondes alpha
• Phase 3 et 4 : apparition des ondes delta (très lentes)
• Phase paradoxale (rêves): sommeil rapide (mouvements rapides des yeux); activation des
aires associatives (mais pas les régions frontales)

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Les troubles du sommeil
• Insomnie
• Cauchemars (rêves)
• Terreurs nocturnes (apparaissent pendant le sommeil lent), on peut ne pas en avoir
conscience mais on bouge, on hurle, différent des cauchemars
• Apnée du sommeil
• Narcolepsie (génétiquement déterminé)

Hypnose / méditation

• Méditation
– Modification du flux de la conscience : conscience dirigée vers l’intérieur, sur des
stimuli très simples (respiration); toute pensée en lien avec un but est prohibée
– Apparition d’ondes alpha, voire theta (= ondes caractéristiques du sommeil)
– Utile pour la maîtrise du stress
• Hypnose
– Relaxation profonde et suggestibilité
– Sens modifié du temps, de soi et de la volition
– Tout le monde n’est pas hypnotisable
– Prédisposition: facilité à former des images visuelles mentales vives ; propension à
se laisser absorber par ses fantasmes
– Peut provoquer une analgésie : applications en anesthésie !
– Activité cérébrale spécifique
– En situation d’anesthésie, des apprentissages sont possibles lesquels peuvent être
rappelés dans un état d’hypnose ultérieur
– Récupération de souvenirs refoulés : moins sûr !
• Problème : état de suggestibilité accrue : la conscience de soi-même se distancie du corps et
des sensations, on est donc à la merci de celui qui hypnotise et suggère

Etat de conscience altérée induits par drogues

• Alcool
– Dépresseur: ralentit l’activité du système nerveux central
– Effet sédatif
– Favorise l’activité du GABA, inhibant la noradrénaline, impliquée dans les réactions
d’anxiété
– Si abus à atrophie corticale

• Amphétamines et Cocaïne
– Stimulants: augmente l’activité du système nerveux autonome et/ou central
– Amphétamines : Mécanismes similaires à la dopamine (euphorie, niveau d’activité)
et la noradrénaline (anxiété, vivacité)
– Amphétamines : psychoses chez individus vulnérables; mort par overdose

– Stimulants: augmente l’activité du système nerveux autonome et/ou central


– Cocaïne: mécanismes similaires à l’amphétamine; induit un trip, de durée variable
– Usage répétée : réduit activité des neurotransmetteurs impliqués à dépression
chronique, paranoïa
– Substance très puissante pour créer plaisir et dépendance : animaux en laboratoire
apprennent à appuyer 1000 fois sur un levier pour recevoir une seule dose de cocaïne

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• LSD (acide lysergique diéthylamide)
– Hallucinogène : création d’hallucinations
– Usage chronique : psychose, dépression, manque de motivation; phénomènes visuels
déclenchés par mouvements moteurs ; changement physiologiques, notamment au
niveau du cortex visuel (occipital)

• Marijuana (cannabis)
– Hallucinogène : création d’hallucinations ; sensation de planer (« stoned ») ;
euphorie ; diminution de l’attention ; diminution des capacités de jugement et de
résolution de problèmes; paranoïa ou panique parfois
– Abus : facteur de risque pour passer aux drogues dures ; action sur le système
dopaminergique àbaisse du système dopaminergique à problèmes de mémoire
épisodique

• Héroïne, Morphine, Opium


– Opiacés: effet d’analgésie; narcotique
– Usage chronique : drogue dure ! ; dépendance physique et psychologique sévère;
mort par overdose

Conclusions
• La conscience peut être définie à un niveau
– Quantitatif : Présente ou absente (éveil)
– Qualitatif : vécu subjectif du contenu de la conscience (drogues à émotions,
percepts qui se détachent de la réalité)
– Par rapport à son objet : conscience de soi versus conscience de son environnement
(hypnose, méditation)

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Cours 9 : l’émotion

Plan
• Les émotions: aspects biologiques, psychologiques et culturels
• Le stress : aspects biologiques, psychologiques et culturels
• L’adaptation au stress (coping)

Questions
• Jusqu’à quel degré contrôlons-nous nos émotions?
• Quelle est l’origine des émotions : physiologique ou psychologique?
• Comment faire face au stress?
• Le stress nuit-il vraiment à notre santé physique?

Photo : cette photo représente, en 1994, la désolidarisation de


la Norvège qui refuse d’entrer dans l’Union Européenne suite
à un referendum. Cette décision met des gens en extase. Une
grande force émotionnelle se reflète dans cette image. Une
réponse rationnelle peut susciter des réactions émotionnelles
affectives qui peuvent paraître incompréhensible à
définition psychologique de l’émotion :

L’émotion
• Réaction physiologique et psychologique suite à un événement extérieur ou intérieur,
entraînant souvent une évaluation de cet événement comme positif ou négatif

Les émotions : aspects physiologiques


• Théorie de James-Lange (théorie viscérale des émotions, 1884-1885) :
– L’émotion est une conséquence de l’activation physique qu’une situation engendre
• Théorie de Cannon-Bard (théorie thalamohypothalamique, 1927-1934)
– L’émotion engendre des réactions émotionnelles et physiques de façon simultanée (pas de
rapport de conséquence entre les deux)

• Activation physiologique, végétative est souvent très similaire entre différentes émotions :
augmentation du rythme cardiaque, du tonus musculaire pour peur, rage et excitation sexuelle
• Activation « viscérale » est relativement lente (plusieurs secondes) par rapport à la rapidité
du vécu subjectif d’une émotion (la transpiration après être monté sur scène)

• Néanmoins, le type de modification des réactions viscérales peut distinguer les émotions au
niveau quantitatif :
– Augmentation du rythme cardiaque: plus importante pour colère et peur que pour bonheur

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– Echauffement de la température dermique : colère surtout
– Réponse électrodermale (transpiration de la peau) diffère également en fonction des
émotions suscitées

Les émotions : aspects psychologiques


• Intensité du vécu émotionnel :
– Diffère d’une personne à une autre de façon importante
– Emotions vécues de façon extrême : troubles de la personnalité …
– Emotions non ressenties : alexithymie ; ces personnes souffriraient davantage de maladies
signes d’un stress (douleurs chroniques, ulcères)

• Expression de l’émotion :
– Semble avoir un impact positif sur l’état de santé
– Pour des événements émotionnels négatifs, permet de diminuer l’état d’alerte dans lequel
se trouve le corps, surtout à plus long terme
– Au niveau cognitif, permet de réorganiser les souvenirs de l’événement, et de diminuer
leur impact émotionnel (surtout si expression via écrit)
– Mais, attention, résultats controversés et parfois contradictoires !

• Le bonheur:
– Différences culturelles: sociétés individualistes rapportent des taux
de bonheur plus élevés que sociétés collectivistes
– Un revenu minimum semble nécessaire pour être heureux, mais
non suffisant

Abraham Maslow
(1908-1970)

• Le bonheur à travers le monde


• Emotions et mouvements faciaux:
– Relation entre émotions et
mouvements faciaux uniforme à travers
les cultures
– Imiter des mouvements faciaux
caractéristiques d’un certain type
d’émotion va déclencher le vécu
subjectif de cette émotion (à acteurs)
– « Vrai » versus « faux » sourires : un
vrai sourire implique à la fois des
mouvements des muscles de la bouche
et des yeux

Il y a une tendance pour que les pays plus riches


amènent plus de bonheur mais il y a des exceptions
et dans certains pays où le revenu est faible, les
gens s’estiment relativement heureux.

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• Culture et émotions :
– Six expressions faciales reconnues par toutes les cultures étudiées (Suédois, Kenyans, tribus
de la Nouvelle-Guinée) :
• Surprise
• Peur
• Colère
• Dégoût
• Bonheur
• Tristesse
• (Honte)
• (Intérêt)

• Culture et émotions:
– Culture détermine néanmoins la modulation de l’expression de ces émotions
– Américains et Japonais expriment la répulsion de la même façon quand ils ne se sentent
pas observés, mais différemment quand ils se savent observés

• Sexe et expression émotionnelle:


– Femmes expriment de façon plus forte et identifient de façon plus appropriée les émotions
que les hommes, surtout les émotions « douces »
– Ces différences sont présentes déjà chez le jeune enfant
– Le fruit de l’évolution ? (femme : rôle de soigner, materner ; homme : rôle de dominer ?)
– Le fruit de l’éducation

• Emotions de base:
– Colère
– Peur
– Bonheur
– Tristesse
– Dégoût
• + Variations à travers les cultures : langue tahitienne : 46 mots différents pour exprimer la
colère mais aucun pour exprimer la tristesse

Quels sont les sentiments des hommes? Ce sont la joie, la colère, la tristesse, la peur,
l’amour, le déplaisir et le penchant pour. Ces sept sentiments appartiennent aux hommes sans
qu’ils ne les aient appris.
(Le Li Chi, cité par Russell, 1991, p. 426)

Les émotions positives et négatives

• Une dimension fondamentale : négatif / positif


– Se trouve à travers toutes les cultures et dès le plus jeune âge
– Mécanismes cérébraux différents
• Evitement et approche :
– Évitement : système de comportements déterminé par des émotions négatives; cortex
frontal droit; système dopaminergique
– Approche : système de comportements déterminé par des émotions positives; cortex
frontal gauche; système noradrénergique

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Classification hiérarchique:
• Universalité culturelle pour les niveaux les plus généraux
• Distinctions culturelles pour les niveaux les plus spécifiques
– Sociétés occidentales: amour à entichement, tendresse, amour sexuel, amour platonique,
amour pour un jeune animal domestique, amour pour l’art, …
– Sociétés indiennes: vatsalya bhava (amour d’une mère envers son enfant); madhurya
bhava (amour érotique)

Catégories génériques et des émotions de bases : communes à toutes les cultures.

Emotions et cerveau

• Déclenchement de réponses émotionnelles : hypothalamus, cerveau primitif, battements


cardiaques, respiration, transpiration
• Mise en relation des informations sensorielles et émotionnelles : noyau amygdalien
• Contrôle des émotions et réactions : cortex

Emotions et conscience

• Emotions peuvent influencer comportement même si elles sont ignorées


par la conscience
• Alexithymie
• Répression des émotions

Réactions émotionnelles plus importantes chez ceux qui pensent avoir


une bonne santé mentale sans que ce soit le cas (courbe verte)

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• Théorie de Schachter-Singer : émotion comporte deux éléments, une activation
physiologique et une interprétation cognitive

• Expérience de Schachter & Singer (1962):


– Sujets: injection d’adrénaline
– Moitié sont informés de l’effet de la substance
– Comparse entre et présente des comportements colériques ou euphoriques
– Ceux non informés de l’effet de la substance ont ressenti soit de la colère ou de l’euphorie,
selon l’émotion présentée par le comparse

• Quelques considérations:
– Rôle du contexte néanmoins bien établi
• Un visage d’une personne reflétant la peur peut être interprété comme reflétant la colère
selon le contexte
– Cependant, on peut « ressentir » de l’émotion sans activation physiologique
– Effet de la simple exposition: on préfère les choses qui nous sont familières même sans en
avoir conscience et sans nécessiter d’inférence cognitive

• Emotion influence cognition :


– Diminution des performances cognitives (mémoire de travail) en situation de peur
– Sous-évaluation des chances de succès si humeur dépressive
– Interaction entre rappel d’événements négatifs/positifs et humeur
– Peur extrême à libération de cortisol, altération des structures hippocampiques

Stress
• Capacité d’une personne à s’adapter aux exigences internes et externes auxquelles elle doit
faire face
• Composantes physiologiques et émotionnelles
• Nécessite des réponses cognitives/comportementales

Stress et psychobiologie
• Modèle de Selye (1976): Syndrome général d’adaptation
– Alarme: libération d’adrénaline et de cortisol, activation du système nerveux sympathique
à augmentation des paramètres physiologiques (pression sanguine, rythme cardiaque, tension
musculaire)
– Résistance: mise en route du système parasympathique qui remet à la normale les
paramètres cardiaques et musculaires ; néanmoins, taux de glucose sanguin restent élevés
ainsi que concentration de certaines hormones du stress à corps continue à fonctionner à un
haut niveau d’énergie à si prolongé, le corps devient
très vulnérable à la maladie
– Epuisement: si le facteur stressogène persiste, corps
commence à s’épuiser à effondrement physiologique
à crises cardiaques si vulnérabilité

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Stress et psychologie
• Stress: résultat de l’interaction entre les ressources internes et les exigences d’une
situation à ajustement (coping) (Lazarus, 1993)
– Première phase: évaluation primaire (stress ou pas stress)
– Deuxième phase: si « oui » pour évaluation primaire, établissement des options de réponse
disponibles à évaluation secondaire
• Stress et « Eu-stress » : le stress peut être créé par un événement négatif ou positif
• Stress « positif » ou Eu-stress = avoir un enfant, se marier, avoir un nouvel emploi
Parce qu’il faut faire face à la situation et changer une série de comportements

Sources du stress
• Evénements vitaux
• Catastrophes
• Tracas quotidiens

Stress et santé
• Maux de tête, grippes, dépression, mal de dos
• Cancer ?
• Gens stressés ont tendance à fumer plus, boire plus d’alcool, dormir moins, diminuer
l’exercice physique
• Effets du stress accentués si peu de support social
• Effets du stress diminués si activité physique régulière
• Le stress a un effet dépresseur sur le système immunitaire
• Le stress peut influencer la façon dont on prête attention aux symptômes de son corps
– Déni, banalisation (c’est certainement dû au stress)
– Hypersensibilité (personnes anxieuses, dépressives)

• Stress modulé par paramètres psychologiques et génétiques


– Effets sur la santé plus marqués si tendance à l’anxiété et la dépression
– Héritabilité de 30-40% à se mettre dans des situations stressogènes

• Personnalité de type A
– Personnes impatientes, hostiles, hyperactives, ambitieuses, esprit de compétition
– Risque important de développer des maladies coronariennes (irrigation du cœur), surtout
si la composante « hostilité » est très exprimée

• Optimisme/Pessimisme
– Attitudes optimistes mènent à un meilleur état de santé et une plus grande longévité
– Meilleur système immunitaire
– Gens optimistes : Prennent davantage soin d’eux
– Gens optimistes : Font plus facilement face aux problèmes de la vie quotidienne

Mécanismes de Coping
• Stratégies centrées sur le problème
• Stratégies centrées sur l’émotion
– Nécessitent de bonnes capacités de résolution de problème
– Nécessitent une bonne connaissance de ses propres sentiments et la capacité de se
recentrer (recadrage)
– Dimension spirituelle peut être un élément facilitateur

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• Rôle du support social:
– Moins de maladies (hypertension, maladies cardiaques) si bon entourage social
– Singes macaques rhésus : suppression du système immunitaire si isolés de leur groupe
– Attention : situation de stress peut altérer les relations avec le réseau social
à le stress est un phénomène multidimensionnel.

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Cours 10 : Le développement cognitif et social

Plan :
• Le développement cognitif et ses ancrages dans le développement physique
• Le développement social

Questions :
Le développement cognitif : inné ou acquis ?
Existence de « périodes critiques » pour le développement de certaines fonctions cognitives
(langage) ?
Importance des premières expériences affectives sur le développement ultérieur
Développement et différences interindividuelles

Le développement embryonnaire

A trois mois, premiers mouvements spontanés des jambes et des bras.


Au 4e mois, les structures se développent de plus en plus et les mouvements réflexes
commencent à apparaître.
Au 5e, début de sensation des mouvements du bébé par sa mère. Ses organes sensoriels
commencent à se développer, surtout les oreilles qui perçoivent des informations via les
vibrations du liquide amniotique, apprentissage de la reconnaissance de la voix de la mère.
Commencer à sucer son pouce et balancer les pieds.
Au 6e, les yeux sont formés.
A 7e, le développement des cellules nerveuses continuent leur développement et migrent.

Le fœtus présente progressivement :


- des mouvements moteurs (sucer le doigt,…)
- des capacités d’apprentissage (certains aspects du langage, prosodie, voix de la mère)
- son tempérament
à Les capacités sensorielles, cognitives et affectives ne démarrent pas de façon brusque au
moment de la naissance, mais sont déjà présents in utero.

Le développement post-natal

Les réflexes doivent être présents à la


naissance pour prouver que tout est en place
cérébralement parlant puis doivent disparaître
progressivement pour pouvoir mettre en place
les mouvements volontaires
Exemples : réflexe de Moro : on laisse tomber
le bébé en arrière et il étend les bras en avant,
disparition vers 6 mois ; réflexe d’agrippement
qui disparaît au plus tard vers 9 mois pour
permettre une préhension volontaire ; réflexe
de fouissement ; réflexes labiaux de succion et
de déglutition ; réflexe de la marche
automatique qui disparaît vers 2 mois.

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La vision
Elle n’est pas parfaite au moment de la
naissance : champ de vision très réduit, voit flou
et ne distingue pas les couleurs les premiers
jours (cônes et bâtonnets pas encore assez
développés). Puis les couleurs sont perçues,
l’image devient plus nette et le champ de vision
s’élargit.

La motricité
Disparition des réflexes afin qu’elle se mette en
place. Il doit y avoir développement au niveau
du tonus musculaire pour pouvoir redresser la
tête, se tenir assis, se tenir debout avec ou sans
aide, ramper…

Le langage
Un nouveau-né est capable de percevoir plus de
sons que l’adulte à tous les bébés sont capables
de différencier tous les sons langagier du monde
à la naissance et c’est via la répétition exclusive
des sons d’une langue qu’il va se spécialiser et
perdre jusqu’à un certain degré la capacité de
distinguer des compositions qui n’existent pas
dans sa langue (plus on veut apprendre une
langue étrangère tard, plus on doit fournir
d’efforts).
Production de sons : voir image

La croissance
La proportion de mesure de la tête devient de plus en plus petite au fil du développement.
La formation cérébrale ne s’arrête pas au
moment de la naissance. Des choses continuent à
se développer (miélinisation, synapses).
Il y a aussi un développement inverse : le
développement cérébral est surtout caractérisé
par une élimination de structures qui se sont
mises en place au moment de la naissance. Les
neurones sont hyper-connectés, on va éliminer
les connexions non utilisées et développer les
autres. Cette disparition des connexions non
importantes est nécessaire pour ne pas être
attardé (graphiques voir dias 17 et 18).

Etude de la cognition chez le nourrisson


- Observation de changements de comportements (regard, succion) en fonction d’un
stimulus cognitif : regarde de façon prolongée, arrête le mouvement de succion.
- Observation de changements d’activité cérébrale à partir de capteurs (électrodes)
placés atour du crâne de l’enfant

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Les capacités cognitives de bébé
Le transfert intermodal
- les bébés sont très rapidement capables de relier différentes modalités sensorielles :
o orientation du regard vers des sons dès la naissance
o plus attentifs à un expérimentateur dont les mouvements labiaux sont
synchrones avec ce qu’il dit, dès trois mois !
o déplacement du regard d’une personne à une autre lors d’une conversation à
partir de 4-5 mois : imitation de mouvements perçus visuellement à partir de
42 minutes
o reconnaissance visuelle d’une tétine explorée préalablement de façon tactile,
bébés d’un mois !

La mémoire des bébés :


- mémoire implicite développée dès la naissance
- création de souvenirs, connaissances dès le plus jeune âge (mais pas de récupération
explicite)
- rudiments de la mémoire à court terme également disponibles vers 6 mois (maintient
des informations possibles sur un laps de temps de 3-5 secondes)

Le développement cognitif
- Jean Piaget (1896 – 1980)
- Biologiste, épistémologue
- S’intéresse à la construction des connaissances, sur fond théorique de courants
philosophiques tels que l’empirisme (John Locke), et la philosophie d’Emmanuel
Kant

Trois concepts importants :


- l’assimilation : interpréter des actions ou des évènements selon un schème
- schème : modèle de pensée ou de comportement organisé et exercé de façon répétée
(actionner une poignée de porte)
- accommodation : modification d’un schème pour s’adapter à de nouveaux éléments
qui contredisent l’organisation d’un schème donné
Ce développement est possible chez l’enfant parce qu’au départ il développe des schèmes
basiques, comme des briques qu’il va assembler pour affiner ses schèmes.

Les stades du développement cognitif selon Piaget

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Critique de la théorie piagétienne
- trop centrée sur la pensée formelle et
logique
- l’être humain n’est pas parfaitement
rationnel !
- existence de biais de la pensée
- le développement cognitif n’est pas aussi
régulier et homogène que décrit par les
stades piagétiens
- conservation de l’objet existe déjà dès 2
mois
- différences culturelles par rapport au
associés aux stades piagétiens
Que retenir de Piaget ?
Le développement de l’enfant se fait par une diminution de la pensée égocentrique, une
augmentation de la pensée symbolique (importance du langage qui permet un détachement du
monde physique en en conservant les aspects essentiels pour les utiliser dans le
raisonnement), permettant in fine le raisonnement abstrait.

Qu’est-ce qui se développe ?


- La vitesse de traitement : rapidité mentale augmente de façon importante
avec l’âge, même pour des opérations simples, avec un plafond vers 15 ans.
- Base des connaissances
- Automatisation (procéduralisation) des traitements nécessaires pour réaliser
une tâche cognitive
- Utilisation de stratégies mentales (exemple : lire un texte)
- Capacités métacognitives (connaissance de soi, de sa façon de réagir, du
temps qu’il faut pour étudier)
- Mémoire explicite (dépend de la maturation des régions hippocampiques)
- Mémoire de travail
- Langage oral et écrit
- Fonctions exécutives
- Fonctions attentionnelles

Le développement affectif et social

L’attachement
- liens affectifs durables entre enfants et parents qui permettent la survie de l’enfant
dans les premiers mois
- origine : biologie, alimentation ?
- plutôt : sécurité et réconfort
o expérience de Harlow : les singes orphelins préfèrent une « mère » (poupée)
de substitution à poil doux et chaud à une « mère » de substitution nourricière
mais froide.
o Théorie évolutionniste de John Bowlby (1969)
§ L’attachement est biologiquement nécessaire à la survie du nouveau-né
humain car il est neurologiquement et biologiquement encore immature
§ Théorie basée sur l’observation du comportement d’empreinte auprès
des animaux (vont se constituer une figure qu’ils vont suivre et qui est
la première présente au moment de la naissance)

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o Konrad Lorenz (1903 – 1989), éthologiste, prix Nobel de
physiologie/médecine (1973)
§ Empreinte : tendance de jeunes animaux de certaines espèces à suivre
un animal auquel ils sont exposés pendant une période sensible au
début de leur vie

- l’attachement se développe jusqu’à l’âge de 2 ans puis décroit en intensité


o visage de la mère est reconnu vers 3 mois
o vers 6-7 mois, angoisse de séparation (détresse lors de la séparation avec la
figure d’attachement)
o angoisse de séparation : présente plus ou moins au même moment à travers
toutes les cultures
o angoisse de séparation apparaît au même moment que les premiers
déplacements autonomes de bébé (ramper)

Plusieurs styles d’attachement :


- attachement sécurisé : enfants sécurisés lors du retour de la figure d’attachement
- attachement insécurisé – fuyant ou insécurisé – évitant : enfants qui ignorent leur mère
à son retour
- attachement insécurisé ambivalent : mélange de manifestations de colère, de rejet, et
de désir de proximité avec la figure d’attachement
Cela dépend du fait que les parents répondent adéquatement ou non au comportement de
l’enfant, avec adéquation et précision.

L’attachement
- détermine les représentations que le bébé se construit par rapport aux relations sociales
et donc aussi ses relations futures
- le style sécurisé permet de se sentir plus libre d’explorer son environnement, ce qui
peut se traduire par de meilleures capacités attentionnelles (car moins préoccupé par
des idées relatives à l’attachement)
- Détermine les représentations que le BB se construit par rapport à lui-même et son
rapport avec les autres

Styles d’attachement à l’âge adulte :


- les styles d’attachement à l’âge adulte sont en général très similaires à ceux de
l’enfance (études longitudinales)
- les styles d’attachement des parents influencent souvent également les styles
d’attachements de leurs enfants, via la façon dont ils répondent au besoin de leur
enfant
- Style d’attachement sécurisé : parents qui répondent de façon très précise, rapide et
appropriée aux besoins de l’enfant
- des styles d’attachement insécurisés mènent plus souvent vers des difficultés de type
trouble de la personnalité, conduites antisociales, parentage suboptimal
- cependant, ceci n’est pas une fatalité : ces styles peuvent être travaillés dans une
psychothérapie (adultes) ou modifiés via de simples conseils (pour les interactions
parents-enfant)

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Attachement et gardiennage des enfants :
- résultats en général peu concluants
- néanmoins la qualité du gardiennage (stabilité, réponse rapide aux besoins de l’enfant)
semble avoir un impact significatif sur le développement affectif et cognitif ultérieur
de l’enfant
- d’un autre côté, l’enfant ne gagne rien à être soigné en permanence par une mère qui
voudrait aller travailler et qui en devient dépressive

La cognition sociale
- concept de soi (self) : sentiment de soi comme une entité distinctive, avec ses propres
qualités physiques et processus psychologiques (expérience pour voir si c’est le cas
chez les éléphants)
- self visuel se développe vers l’âge de 15 – 24 mois (expériences du regard dans le
miroir avec un point coloré dessiné sur le front)
- self est d’abord concret (je vis chez papa et maman, ma chambre est peinte en bleu,
…) puis devient de plus en plus abstrait et complexe (à partir de 8 ans; je suis bon en
maths, je veux devenir médecin comme papa, etc…)

La théorie de l’esprit
- ensemble d’idées à propos de l’existence d’états mentaux, comme les croyances et les
désirs, chez soi et autrui
- se développe à partir de 2 – 4 ans
- par exemple, capacité de comprendre que quelqu’un peut avoir de fausses croyances,
que la réalité et la pensée peuvent différer
- il pense que je pense que…
- je pense qu’il pense que…

Le développement humain
Le développement tout au long de la vie :
- le développement cognitif et affectif ne s’arrête pas à l’adolescence / âge adulte mais
se poursuit tout au long de la vie
- au niveau cognitif, certains aspects continuent à s’enrichir (connaissances
sémantiques, intelligence cristallisée) alors que d’autres aspects commencent à
décliner (vitesse de traitement, mémoire de travail, capacités attentionnelles,
inhibition, capacités sensorielles)
- Les expériences de la vie nécessitent des mécanismes d’adaptation et d’ajustement
émotionnel permanents, parfois assez importants
- Au fur et à mesure que l’homme vieillit, il devient de plus en plus expert en matière de
gestion des situations de vie plus difficiles, et prend des décisions de plus en plus
matures et « sages »
- Cette expertise peut subsister, même quand les fonctions cognitives de base (vitesse de
traitement …) commencent à décliner

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Cours 11 : les troubles psychologiques

Souvent dans ce type de cours, on finit par croire qu’on est tous un peu malades
psychologiquement. Mais le fait de présenter quelques comportements qui font partie d’un
trouble pathologique ne veut pas dire qu’on l’a.

Je m'appelle XXXX j‘ai 15 ans. Il y a maintenant un peu plus d'un an j'ai fait une tentative de
suicide. Je n'en connais pas vraiment bien encore les raisons. J'avais juste une très grande
envie de disparaître, de pouvoir arrêter de vivre ma vie, de ne plus penser. Je pensais trop,
beaucoup trop, sur des sujets qui n'en valaient pas forcément la peine ! J'ai toujours eu
beaucoup de mal à m'endormir mais depuis un petit moment je n'y arrivais pratiquement plus,
et lorsque je m'endormais c’était d'épuisement... un très mauvais sommeil! Enfin donc un jour
j'en ai eu marre et j'ai pris de cachets pensant pouvoir flotter et cesser d'exister pendant un
petit moment! Je n'avais pas vraiment l'intention de mourir juste de m‘éclipser de ma vie
pendant quelques temps! Mais je n'ai pas été jusqu'au bout parce qu'il y avait quelque chose
de plus fort que moi qui m'a forcé à le dire à ma mère et tout s’est enchainé très vite, l'hôpital
et tout ce qui suit. J'ai suivi une psychothérapie pendant plusieurs mois qui m'a bien aidé car
à l'époque je n'avais personne à qui parler. Seulement mon problème est le suivant: depuis un
petit moment maintenant je recommence à avoir des idées noires, j'ai à plusieurs reprises eu
envie de recommencer (mais j'y ai renoncé pour diverses raisons) seulement je pense que si je
pouvais comprendre ce qui m'avait poussé à faire ce geste la première fois je pourrais éviter
de recommencer.

= dépression. C’est une émotion cognitive, de pensées qui tournent.

Cette image de moi vue comme une jeune personne à part entière, unique et prometteuse
commença à s’effondrer pendant l’hiver de mes 17 ans. Encore maintenant, j’ai le vif
souvenir de certains aspects de ma détresse émotionnelle d’alors. Par exemple, pendant
l’entraînement de basket, il m’était de plus en plus difficile de saisir la balle. Ma perception
de la profondeur et ma coordination semblaient étrangement entamées et il m’arrivait d’être
frappée à la tête sur une passe plutôt que d’attraper le ballon. Les objets autour de moi
commencèrent également à paraître différents. Les tablettes, chaises et tables avaient une
physionomie menaçante, funeste. Tout prenait une géométrie aiguë, angulaire et effrayante.
L’idée que les choses avaient une raison d’être m’échappait. Par exemple, une table ne
servait plus à y déposer des objets, mais devenait une série d’angles droits menaçants dirigés
contre moi. Un glissement similaire dans ma perception et dans mes capacités apparut lors
des conversations. Le langage devint difficile à comprendre. Progressivement, je ne sus plus
comprendre du tout ce que les gens disaient. Plutôt que de porter mon attention sur les mots,
j’observais la mécanique d’une bouche qui articule, et je voyais comme des tournevis à la
place des dents. Il devint difficile de croire que les gens étaient réellement ce qu’ils disaient
être. Ce dont je me souviens le plus était la peur extraordinaire qui me tenait éveillée des
nuits entières et l’effrayante conviction que j’étais mise à mort et devais me défendre.

= paranoïa, les choses sont perçues différemment de ce qu’elles sont en réalité.

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= poids de la société

Plan
• Les principaux syndromes psychopathologiques
• Les cadres théoriques, explicatifs et d’intervention
• Psychopathologie et culture

Les syndromes psychopathologiques


• Classiquement, distinction entre « névroses »,
« psychoses » et troubles de la personnalité
– Névroses : problèmes psychologiques fréquemment
rencontrés dans la vie, sans entraver le bon
fonctionnement de la raison
– Psychoses : problèmes psychologiques sévères et
moins fréquents, se traduisant par une perte du contact
avec la réalité et une altération du raisonnement
– Troubles de la personnalité : difficultés
psychologiques chroniques ayant des répercussions sur
les relations interpersonnelles, l’emploi, et
s’accompagnant souvent de névroses

• Classification actuelle
– DSM-IV: Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (1994)
– Classification empirique, a-théorique de l’ensemble des troubles psychologiques
– Elaboré par l’American Psychiatric Association
– Se base sur une approche médicale de la maladie mentale

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• Classification actuelle (suite)
– DSM-IV: Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (1994)
– Considère les différents troubles psychologiques comme des entités distinctes, à l’exemple
des troubles médicaux
– En même temps, prise en compte du contexte biologique et social via un système de
cotation multiaxial

Schizophrénie et autres troubles psychotiques


• Schizophrénie: terme générique pour plusieurs types de maladies mentales ayant des
répercussions graves sur quasi toutes les dimensions psychologiques (cognition et langage,
émotion, communication, relations interpersonnelles)
• Début : 15-25 ans
• Maladie le plus souvent chronique, mais pas une fatalité!
• Prévalence: 1% (-> 100.000 personnes en Belgique)

• Symptômes :
– Délires : fausses croyances (idées de persécution, de grandeur, d’être Jésus Christ)
– Hallucinations : perceptions visuelles, auditives ou tactiles en l’absence de stimulation réelle
extérieure (entendre des voix)
– Désorganisation de la pensée : pensée (et discours) par associations libres (exemple: J’étais
en train de peler des pommes de terre Nicolas, le président est un être fort, la tempête ne s’est
pas déclenchée par l’interrupteur…)
– Déficits cognitifs: mémoire de travail, attention, fonctions exécutives
• Fonctions essentielles pour contrôler consciemment les processus cognitifs et les pensées

• Symptômes positifs ou négatifs :


– Positifs délires, hallucinations … réagissent aux médicaments
– Négatifs émoussement des émotions, retrait et inadéquation sociale… résistent aux
médicaments

• Types de schizophrénie :

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• Les théories explicatives :
– Génétique : Héritabilité varie entre 50% et 83% ;
parents naturels (et non schizophrènes) d’enfants
schizophrènes présentent des troubles de la mémoire
de travail et de l’attention, fréquence accrue de
pensées incohérentes
– Neurotransmetteurs :
• Déséquilibre de production de dopamine (trop élevée dans certaines régions cérébrales sous-
corticales -> symptômes positifs; trop faible dans régions préfrontales -> symptômes négatifs)
• Déséquilibre de production de glutamate
– Neuroanatomie :
• Atrophie corticale (régions préfrontale et temporale)
• Cependant, cette atrophie n’est pas spécifique à la schizophrénie et peut apparaître
également dans d’autres troubles mentaux
– Environnement :
• Environnement familial hostile, conflictuel et confus
• Changement brusque et radical d’environnement (taux de
schizophrénie plus élevé dans populations immigrées)
• ? Environnement biologique ? : complications ou manques lors
du développement in utero, lors de la naissance, exposition à
certains virus
– En résumé :
• Pas de cause simple et unique, même si la vulnérabilité
génétique joue un rôle déterminant

Les troubles de l’humeur


• Les troubles de l’humeur:
– Trouble au niveau des émotions et de l’humeur, qui sont ‘excessivement’ négatifs (et
parfois, trop positifs)
– Incidences (légères) sur fonctionnement cognitif
– Incidences plus importantes sur fonctionnement social et professionnel
– Attention : ces changements d’humeurs apparaissent chez nous tous, et c’est leur intensité,
leur durée ainsi que la souffrance qu’elles engendrent qui vont amener les spécialistes à poser
un diagnostic de trouble

• Les formes :
– Trouble dépressif majeur : humeur dépressive, perte d’intérêt, difficultés à éprouver du
plaisir, trouble de l’appétit, trouble du sommeil, irritabilité, retrait social, troubles de la
concentration, sentiments de culpabilité, idées suicidaires
– Prévalence ponctuelle : 12% (25% pour prévalence au cours de la vie); risque accru pour les
femmes
– Dysthymie : dépression chronique mais de faible intensité
– Trouble bipolaire : alternance de périodes de dépression et de manie (humeur excessivement
positive, peu de besoin de sommeil, activité permanente, sentiment d’exaltation et de
grandeur, logorrhée) ; risque à développer des symptômes psychotiques
– Prévalence : 0.5 – 1.6% -> taux de suicide : 10-20%
– Plus fréquent dans les classes sociales supérieures (écrivains, artistes, compositeurs…)

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• Les théories explicatives :
– Génétique : Héritabilité de la dépression majeure de .30 à .50 ; moins important
pour la dysthymie ; héritabilité très importante pour le trouble bipolaire
– Neurotransmetteurs : implication de la sérotonine et de la noradrénaline ;
antidépresseurs agissent sur les systèmes sérotoninergiques et noradrénergiques
– Environnement : Présence continue de stresseurs importants (perte d’emploi,
décès d’un être cher), solitude, climat familial hostile, recherche de partenaires
qui ont une vision négative sur la personne déprimée

• Les théories cognitives :


– Style de pensée dépressogène :
• Attribution causale interne pour événements négatifs
• Attribution causale stable (ne peut pas changer)
• Attribution causale globale (surgénéralisation : j’étais nul dans cette situation -> je serai nul
dans toutes les situations similaires futures -> je suis nul)
• Triade cognitive dépressogène (Aaron Beck) : regard négatif automatique sur soi, le
monde et l’avenir

– Pensée dépressogène : biais erronés de pensée


• Inférence arbitraire : tirer une conclusion en l’absence de preuve confirmatoire ou en
présence de preuve contradictoire
• Amplification (minimisation) : mal évaluer l’importance d’un événement
• Personnalisation: mettre en rapport avec soi-même des évènements extérieurs et qui ne vous
concernent pas directement ou explicitement
• Surgénéralisation : tirer une conclusion générale à partir d’un seul exemple, d’une seule
situation

I was walking along a path with two friends—the sun was setting—suddenly
the sky turned blood red—I paused, feeling exhausted, and leaned on the
fence—there was blood and tongues of fire above the blue-black fjord and
the city—my friends walked on, and I stood there trembling with anxiety—
and I sensed an infinite scream passing through nature.
Edvard Munch

Les troubles anxieux


• Troubles anxieux: peur soudaine ou chronique, et excessive par rapport au stimulus qui la
déclenche
• Catégorie des troubles psychologiques la plus fréquente

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• Différentes formes :
– Phobies : peur irrationnelle devant un objet déterminé (arachnophobie, agoraphobie,
claustrophobie, peur des avions, phobie sociale…)
– Prévalence: 5%

– Trouble panique : attaques de peur intense, sentiments de perte ou de terreur injustifiés ;


battements du cœur, sensation d’étouffer, tremblements, vertiges, peur de mourir ou de
devenir fou
– Prévalence: 2 %

– Trouble obsessionnel-compulsif (TOC) : comportements compulsionnels et/ou idées


obsessionnelles, causant une grande détresse et interférant avec les activités de la vie
quotidienne (vérificateurs, laveurs, …)
– Prévalence: 2.5 %

– Etat de stress post-traumatique : symptômes de peur persistants, accompagnés des


reviviscences automatiques d’événements traumatisants réellement vécus à un certain
moment, cauchemars, irritabilité, hypervigilance; -> troubles du sommeil, dépression,
alcoolisme, suicide
– Prévalence: dépend des régions et de la probabilité d’être exposé à des situations
traumatisantes (très fréquents dans des pays en guerre, jusque 80%)

• Les théories explicatives :


– Génétique : certaine héritabilité
– Neurotransmission : système noradrénergique
– Environnement : vécu d’événements négatifs et stressants, à l’enfance ou plus tard
– Cognitives : conditionnement classique; schémas de pensée dysfonctionnels: interprétation
de tous les événements (même neutres) sous leur potentiel menaçant ; hypervigilance par
rapport aux symptômes de son corps qui vont rappeler ceux d’une attaque de panique vécue à
un moment donnée -> peur conditionnée: la « peur de la peur » se développe

Troubles de la personnalité:
– Ensemble de comportements, pensées inadaptés et durables, influençant la façon de penser,
de sentir et de se comporter de façon générale
– Prévalence: 10%?

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Les troubles liés à une substance
• Alcoolisme, toxicomanie
• Dépendance: développement d’une tolérance à une substance (quantités ++ pour même
effet) et/ou d’un sevrage (symptômes physiques si substance non disponible); désir persistant
pour diminuer ou contrôler l’utilisation de la substance ; beaucoup de temps est passé à se
procurer la substance; ces symptômes doivent être présents pendant au moins 12 mois
• Prévalence: 5% (alcoolisme) ; < 1% (toxicomanie sévère)

Point de vue critique

• Comment faire la distinction entre pathologie et normalité?


– Le fait qu’un ensemble de comportements est qualifié de trouble mental dépend de critères
fixés de façon consensuelle/statistique, et non de réalités psychologiques
– Continuum entre normalité et pathologie : différence entre une personne qui se sent
déprimée et dont l’intensité/la durée des symptômes ne correspond pas encore aux critères
fixés dans le DSM-IV, et une autre personne dont les symptômes correspondent aux critères ?

• Attention aux étiquettes !


– Être diagnostiqué de « schizophrène » : cela fait doublement mal!
– La représentation que nous avons des maladies mentales va influencer nos interactions avec
des personnes présentant une maladie mentale donnée, car la maladie mentale inclut des
représentations sur les comportements humains.

Remarquez aussi que dans la première illustration il y avait une cohérence entre la façon
dont je suis perçue par moi-même et par les autres. Après diagnostic, il n’y a plus de
cohérence. C’est-à-dire que, bien que j’étais en grande détresse, je me sentais encore
profondément être moi-même – Patricia. Cependant, les thérapeutes et plus tard mes proches
semblaient oublier Patricia et étaient plus intéressés par « la schizophrène ». Cela est
symbolisé par le remplacement de mon nom par le diagnostic dans le cercle central. Après le
diagnostic, la maladie mentale prit un statut majeur quant à la façon dont les autres me
voyaient. Le fait que j’étais une personne unique avec ma propre spiritualité, culture,
sexualité, carrière, valeurs et convictions était secondaire - on pourrait même dire accessoire.
Cela est symbolisé par les pétales détachés, et même manquants. Ce qui importait le plus
pour les psychiatres, assistants sociaux, infirmières, psychologues et thérapeutes était mon
statut de schizophrène. Mon identité avait été réduite à une maladie aux yeux de ceux qui
travaillaient pour moi. Il fallut peu de temps avant que je commence à intérioriser cette
perception flétrie et déshumanisée de moi-même.

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• Implications juridiques
– Un « schizophrène » ou un « dépressif » en état aigu et refusant de se faire hospitaliser peut
être hospitalisé de force par un psychiatre -> = collocation
– Au niveau juridique: déchéance (temporaire) de certains de ses droits (comptes bancaires,
garde des enfants…)

• Incertitude par rapport à la réalité de certains troubles ou la distinction entre troubles


– Il n’y a pas d’unanimité quant à la réalité psychologique de certains troubles de la
personnalité ; troubles anxieux sont associés à de nombreux troubles mentaux
– Dépression, anxiété peut être une réaction « normale » à une situation de vie
particulièrement difficile

Psychopathologie et culture

• Est-ce que les maladies mentales sont vécues de la même façon à travers les cultures ?
– Non ! Une dépression ou une schizophrénie auront un impact plus sévère dans une société
valorisant l’individu et sa productivité économique ; les sociétés collectivistes auront tendance
à prendre en charge la personne concernée ou à lui donner un autre rôle au sein de leur société
– Par contre, la prévalence de la schizophrénie est identique à travers toutes les cultures
étudiées

• Est-ce que les maladies mentales sont vécues de la même façon à travers les cultures ?
– Les symptômes peuvent s’exprimer de façon différente à travers les cultures: dépression
pour un Indien : « coeur brisé », pour un Nigérian: « les fourmis qui n’arrêtent pas de grouiller
dans des parties du cerveau »; symptômes plus ou moins physiologiques/psychologiques en
fonction du degré d’individualisme qu’une société valorise
– Le sentiment de culpabilité ne parait être associé au tableau de la dépression qu’à partir du
début de la Révolution industrielle, valorisant la productivité individuelle

Psychopathologie
• Les troubles psychologiques ne peuvent être compris qu’en interaction avec des variables
génétiques, psychologiques, environnementales, familiales et culturelles
• La limite entre normalité et pathologie est difficile à établir en ce qui concerne le
fonctionnement psychologique, un même comportement pouvant être considéré comme
normal dans un certain contexte/une certaine culture et anormal dans un/e autre

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Cours n°12 : Psychologie sociale

La psychologie sociale s’intéresse aux interactions entre les hommes et les


représentations mentales qui entrent en jeu lors de ces interactions.

Contenu
• Les attitudes et la persuasion
• La dissonance cognitive
• Les stéréotypes
• L’obéissance sociale

L’importance des interprétations sociales


• Expérience de Steele et al. (1997)
– Étudiants blancs et noirs, Université de Stanford
– Réalisation d’un test de raisonnement verbal (Monsieur X roule en voiture à…)
– Une condition : « ce test n’évalue rien d’important sur vous » à résultats équivalents
entre étudiants blancs et noirs
– Autre condition : « ce test mesure votre niveau intellectuel » à chute des performances
pour les étudiants noirs

Cette dernière phrase a déclenché certaines représentations sociales dans le groupe des
personnes de peau noire qui a fait chuter les performances, sans doute liée à l’anxiété.

• Expérience de Steele et al. (1997)


– Étudiants blancs et noirs, Université de Stanford
– Réalisation d’un test de raisonnement verbal
– Questionnaire anamnestique incluait le mot « race » ou non
– Si le mot « race » était présent, chute importante des performances pour les étudiants noirs

C’est une démonstration du fait que les représentations par rapport à


son groupe ont une importance. « Race » a déclenché une réaction en
termes de groupe social et les personnes de couleur noire ont activité
les représentations des personnes noires aux USA, pas très favorables,
et le fait d’activer cela suscite une peur de réussir qui va entraîner une
baisse des performances cognitives.

– Ces expériences démontrent l’influence importante que peuvent


avoir les représentations sociales (liées à l’appartenance à un groupe social, par exemple) par
rapport aux attitudes qu’on a sur soi-même et ses performances cognitives, ….

Les attitudes

• Attitude :
– Association entre un acte, objet et une évaluation de cet acte/objet
– Concept fondamental en psychologie sociale
– Trois composantes:
• Composante cognitive (croyance) (par exemple, fumer diminue la nervosité, coupe
l’appétit, est cancérigène…)
• Composante affective (fumer est mauvais)
• Composante comportementale (arrêter de fumer)

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– Une attitude peut être plus ou moins forte
– La force d’une attitude est définie par sa durabilité (stabilité au cours du temps) et son
impact sur les comportements et manières de pensée d’une personne
– Les attitudes peuvent être explicites ou implicites, et parfois les attitudes explicites et
implicites par rapport à un acte/objet peuvent se trouver en contradiction

• Le changement des attitudes


– La persuasion (utilisée par le gouvernement en matière de santé, sécurité routière…)
• Persuasion « centrale » et consciente : présenter des arguments rationnels sur lesquels la
personne à convaincre peut réfléchir, pour aboutir finalement à un changement d’attitude (ou
non) (importante dans les tribunaux pour les avocats, plaidoyers politiques)
• Persuasion « périphérique » (souvent implicite) : changer des attitudes avec des moyens
plus affectifs, automatiques, ne nécessitant pas ou peu de traitement conscient
– Publicités : associer produit à une image positive, par simple présentation répétitive
– Discours politiques : faire appel aux « grandes » émotions tel que patriotisme, besoin de
sécurité, protection des enfants, discours manichéens…
• Technique du « changement comportemental » : on fait d’abord réaliser/adopter le
comportement voulu, ensuite on argumente
– Par exemple, campagnes commerciales basées sur l’essai gratuit d’un produit

– La dissonance cognitive
• Incohérence entre une attitude et des informations nouvelles, des comportements
– Exemple : Comportement = fumer, Attitude = fumer va me tuer
• Si dissonance, état de tension, anxiété que la personne veut diminuer
→ Personne peut alors soit changer son attitude, soit son comportement

Les stéréotypes
• Nous catégorisons le monde social en fonction de représentations, de schémas ; cette
capacité permet de traiter notre environnement social de façon rapide, mais pas toujours de
façon approprié
• Si ce traitement est trop automatique et trop figé à stéréotype
– Composante cognitive : stéréotype
– Composante affective : préjugé
– Composante comportementale : discrimination
• Les stéréotypes sont au cœur des attitudes racistes (l’antisémitisme avant la guerre)
• Les stéréotypes seraient liés à son propre estime de soi : si estime de soi menacé
(chômage, dévalorisation), stéréotypes augmentent (par exemple, corrélation positive entre
chômage, prix du coton et nombre de lynchages aux Etats-Unis dans les années 30)
• Augmenter l’estime de soi de personnes enclines aux stéréotypes diminue la négativité du
jugement que ces personnes peuvent porter aux personnes ciblées par les stéréotypes

Racisme explicite et racisme implicite


• Le racisme explicite est en général peu autorisé dans nos sociétés et la plupart des
personnes se croient non racistes, au niveau explicite
• Ces mêmes personnes peuvent avoir des attitudes ou comportements racistes inconscients
(implicites)
– Patrons français qui préfèrent embaucher une personne d’origine française plutôt
qu’immigrée, à profil de qualification égal

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– Dans une situation d’urgence, les personnes ‘blanches’ vont avoir tendance à être
davantage solidaire d’une autre personne blanche que d’une personne de couleur noire (Etats-
Unis)
• Des mesures de centration sur soi et d’autoréflexion permettent de diminuer à la fois le
racisme explicite et le racisme implicite
– Par exemple, porter des jugements sur une personne tout en se regardant dans un miroir
va rendre la personne qui juge consciente qu’elle peut elle-même être jugée, et elle sera par
conséquent plus prudente dans ses jugements

L’obéissance sociale
• L’obéissance aveugle est un phénomène fréquent
– Soldats allemands sous le régime Nazi
– Suicides collectifs dans des sectes (culte du Temple à 900 membres ont tenté de se
suicider collectivement sur ordre du chef de la secte, en 1978)
• Est-ce lié à une personnalité particulière ou est-ce une propension commune à tout être
humain?

• Expériences de Milgram (1963, 1974)


– Personnes participent à une expérience sur les effets de la punition sur les
apprentissages
– Personnes reçoivent l’ordre de punir un apprenti par l’administration
d’électrochocs

– Sujets (S) étaient instruits de commencer par des doses légères, et


d’augmenter la dose à chaque erreur supplémentaire ; quand ils hésitaient, l’expérimentateur
(E) leur rappelait qu’ils devaient continuer et que c’était lui le responsable de l’étude
– Les apprentis (A = comparses) faisaient semblant de réagir réellement à des chocs
électriques
– 2/3 des participants sont allés jusqu’à la dose maximale (450 Volts) alors que le comparse
ne criait plus, laissant penser qu’il était devenu inconscient ou mort
– Les êtres humains obéissent, sans limite de conscience, quand ils croient qu’un ordre
provient d’une autorité légitime (qui endosse la responsabilité)

– Facteurs favorisant cette obéissance


• Degré de proximité physique entre victime et sujet (entendait mais ne voyait pas, si
voit : l’obéissance diminue)
• Degré de proximité physique entre expérimentateur et sujet
• Être seul avec l’expérimentateur (si présence de ‘dissidents’, l’obéissance décroit)
• Variables de personnalité : autoritarisme, hostilité

Ce type d’expérience pose des questions éthiques : peut-on mettre des personnes dans
des situations pareilles ? Après, elles ont eu des entretiens prolongés et n’ont pas regretté
parce que ça éclairait leur comportement et leur permettait de mieux se connaître. Si on est
conscient des comportements, on peut les éviter.

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Explications et exercices
pour la préparation de l’examen

Modalités de l’examen :
• Evaluation de la compréhension et de la reconnaissance de la matière vue au cours (= dias)
• Réponses Vrai/Faux
• Degrés de certitude à auto-estimation de son niveau de connaissances (on n’utilisera que 2,
3, 4 et 5)

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