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l’écologie

industrielle:
une stratégie de
juin 2004
auteur :
SUREN ERKMAN * développement
v01.4

*professeur à l’Ecole polytechnique fédérale de


Lausanne, directeur de l’Institut ECAST à Genève.
Spécialiste et auteur d’ouvrages en
matière d’écologie industrielle.

centre d’animation et de recherche en écologie politique


En quelques mots créer des réseaux d’utilisation des
ressources et des déchets dans les
écosystèmes industriels, de sorte que
tout résidu devienne une ressource
Le système industriel et la biosphère pour une autre entreprise ou un autre
sont habituellement considérés comme agent économique (par exemple par
séparés: d’un côté, les usines, les villes; le biais de parcs éco-industriels).
de l’autre, la nature, «l’environnement».
L’écologie industrielle explore
l’hypothèse inverse: le système 2) Minimiser les pertes
industriel peut être considéré comme
une forme particulière d’écosystème.
par dissipation :
Après tout, les processus de fabrication Aujourd’hui, dans les pays industrialisés,
et de consommation des biens et des la consommation et l’utilisation pollue
services consistent en des flux de souvent plus que la fabrication. Les
matière, d’énergie et d’information, tout engrais, les pesticides, les pneus, les
comme dans les écosystèmes naturels. vernis, les peintures, les solvants, etc.,
sont autant de produits totalement
Par rapport aux nombreuses
ou partiellement dissipés dans
approches des questions
l’environnement lors de leur usage
d’environnement, l’écologie normal. Il s’agit de concevoir de
présente trois spécificités : nouveaux produits et de nouveaux
1. le recours à un cadre services minimisant ou rendant
conceptuel très large et rigoureux inoffensive cette dissipation.
(l’écologie scientifique) ;
2. une volonté de stratégie
opérationnelle, économiquement 3) Dématérialiser l’économie :
réaliste et socialement responsable ; Il s’agit de minimiser les flux totaux de
3. une approche coopérative : matière (et d’énergie) tout en assurant
alors que tous les outils actuels des services au moins équivalents. Le
de développement durable (éco- progrès technique permet d’obtenir plus
efficacité,…) visent à accroître la de services avec une quantité moindre
viabilité et la compétitivité des de matière, notamment en fabricant des
entreprises individuelles, l’écologie objets plus légers. Plus généralement,
industrielle propose une approche l’une des meilleures manières de
systémique et collective, nécessitant dématérialiser l’économie consiste à
la coopération de nombreux agents optimiser l’utilisation, autrement dit à
économiques qui d’habitude vendre l’usage au lieu de l’objet (par
s’ignorent ou sont en compétition. exemple, un fabricant de photocopieurs
qui vend le service «photocopies» au
lieu de la machine, a ainsi tout intérêt
à ce que son photocopieur, dont il
1) Valoriser systématiquement
reste propriétaire, nécessite le moins
les déchets : de matière possible, ait une durée
A l’image des chaînes alimentaires de vie fonctionnelle la plus longue
dans les écosystèmes naturels, il faut possible, soit aisément recyclable, etc.).

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4) Décarboniser l’énergie : et Nicholas Gallopoulos, responsable
de la recherche sur les moteurs,
Depuis les débuts de la Révolution également chez General Motors.
industrielle, le carbone sous forme
d’hydrocarbures d’origine fossile Dans leur article, les deux auteurs
(charbon, pétrole, gaz) représente développent l’idée qu’il devrait être
l’élément principal, la substance vitale possible de mettre au point des
irriguant toutes les économies qui se méthodes de production industrielle
développent sur le mode occidental. Or dont l’impact sur l’environnement
ce carbone fossile se trouve à la source serait considérablement réduit. Cette
de nombreux problèmes: intensification hypothèse les conduit à introduire
de l’effet de serre, smog, marées la notion d’écosystème industriel :
noires, pluies acides. Il faut donc rendre «Dans le système industriel traditionnel,
la consommation d’hydrocarbures chaque opération de transformation,
moins dommageable (par exemple en indépendamment des autres, consomme
récupérant le gaz carbonique issu de la des matières premières, fournit des
combustion) et favoriser la transition produits que l’on vend et des déchets
vers une diète énergétique moins que l’on stocke; on doit remplacer cette
riche en carbone fossile (énergies méthode simpliste par un modèle plus
renouvelables, économies d’énergie). intégré: un écosystème industriel. (...)
Les nombreuses activités, souvent Un écosystème industriel pourrait
inédites (puisque l’on établit de fonctionner comme un écosystème
nouvelles relations entre agents socio- biologique: les végétaux synthétisent
économiques) que supposent ces quatre des substances qui alimentent les
grands axes d’action représentent animaux herbivores, lesquels sont
autant d’opportunités pour développer mangés par les animaux carnivores, dont
(ou re-développer) l’économie, les déchets et les cadavres servent de
notamment au plan local et régional. nourriture à d’autres organismes. On
ne parviendra naturellement jamais
à établir un écosystème industriel
Développements parfait, mais les industriels et les
consommateurs devront changer leurs
habitudes s’ils veulent conserver
ou améliorer leur niveau de vie,
Chaque année, au mois de septembre, sans souffrir de la dégradation de
le mensuel de vulgarisation Scientific l’environnement.» (note 1)
American ( Pour La Science , en version
française) publie un numéro thématique. Ces lignes semblent avoir joué un rôle
En septembre 1989, le numéro spécial de catalyseur, comme si elles avaient
est consacré à «la gestion de la planète cristallisé une intuition latente chez bon
Terre». On peut y lire un article intitulé nombre de gens à la recherche d’un
«Des stratégies industrielles viables». nouveau modèle de développement
Ses deux auteurs travaillent dans la économique. Dès sa publication, l’article
plus grande entreprise industrielle du de Frosch et Gallopoulos a inspiré
monde: Robert Frosch, vice-président plusieurs auteurs, qui ont tous proposé
de la recherche chez General Motors leur interprétation, de sorte qu’il
(aujourd’hui à l’Université de Harvard), n’existe pas de définition standard de

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l’écologie industrielle. Mais, quelles de masse et d’énergie. Les études de
que soient les définitions, tous les métabolisme industriel peuvent se faire
auteurs s’accordent pour reconnaître au à l’échelle d’une ville, d’une région,
moins trois éléments principaux dans d’un pays, mais aussi d’un produit, d’un
service, ou d’une filière (note 2).
L’écologie industrielle entend franchir
Le concept d’écologie une étape supplémentaire: en s’inspirant
des connaissances sur les écosystèmes
industrielle : et la Biosphère, il s’agit de déterminer
les transformations susceptibles de
rendre le système industriel compatible
C’est une vision globale, intégrée, avec un fonctionnement «normal»
de tous les composants du des écosystèmes biologiques. Une
système industriel et de leurs bonne compréhension du métabolisme
relations avec la Biosphère. industriel constitue donc un préalable
indispensable à l’écologie industrielle.
Le substrat biophysique du système
industriel, c’est-à-dire la totalité
des flux et des stocks de matière et
d’énergie liés aux activités humaines, Une alternative à
constitue le domaine d’étude de
l’écologie industrielle, par opposition l’approche «end of pipe»
aux approches usuelles, qui considèrent schéma 1
l’économie essentiellement en termes
d’unités de valeur immatérielle. L’écologie industrielle diffère
profondément de la conception
La dynamique technologique, c’est-à- traditionnelle, qui considère le système
dire l’évolution sur le long terme de industriel et la Biosphère comme
grappes de technologies-clés, constitue séparés: d’un côté, les usines, les villes;
un facteur crucial (mais pas exclusif) de l’autre, la nature, «l’environnement».
pour favoriser la transition du système L’intuition de base de l’écologie
industriel actuel vers un système industrielle explore l’hypothèse
viable, inspiré par le fonctionnement inverse: le système industriel peut
des écosystèmes biologiques. être considéré comme une forme
particulière d’écosystème. Après
La méthodologie de base de l’écologie
tout, les processus de fabrication et
industrielle se nomme «métabolisme
de consommation des biens et des
industriel». Il s’agit d’une méthodologie
services consistent en des flux de
essentiellement analytique et
matière, d’énergie et d’information,
descriptive, qui vise à comprendre la
tout comme dans les écosystèmes
dynamique des flux et des stocks de
naturels. L’enjeu est de faire évoluer
matière et d’énergie liés aux activités
l’ensemble du système industriel vers
humaines, depuis l’extraction et la
un mode de fonctionnement viable, à
production des ressources jusqu’à leur
l’image de la Biosphère actuelle, elle-
retour inévitable, tôt ou tard, dans
même fruit d’une longue évolution.
les grands cycles de la Biosphère. En
Naturellement, le concept d’écosystème
pratique, une étude de métabolisme
industriel est une analogie qu’il ne
industriel consiste à établir des bilans
faut pas prendre au pied de la lettre.

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schéma 1

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Traditionnellement, l’impact des Par conséquent, bien que l’approcheend-
activités humaines est considéré of-pipe ait rendu d’indéniables services
comme se réduisant essentiellement ces dernières décennies, il est clair qu’à
à des problèmes de «pollution terme, une telle stratégie sectorielle
ne suffit pas. Par ailleurs, les pays
de l’environnement». La solution,
industrialisés sont confrontés à un
estime-t-on alors, consiste à traiter
phénomène croissant, face auquel la
la pollution par le biais de divers
stratégie end-of-pipe est inopérante:
dispositifs techniques intervenant
généralement en fin de processus (ce le fait que les émissions polluantes
que l’on désigne habituellement par deviennent, proportionnellement, de
l’expression anglaise «end of pipe»). plus en plus diffuses. Par exemple, en
Historiquement, l’approche end-of-pipe novembre 1986, l’incendie d’une halle
s’est développée selon une stratégie de stockage de l’entreprise Sandoz,
administrative sectorielle. Le traitement à Schweizerhalle (Bâle), entraîna le
des déchets solides, des déchets déversement de 33 tonnes de substances
dangereux ou toxiques, des déchets toxiques dans le Rhin. Cet accident
liquides, des pollutions atmosphériques, provoqua une émotion considérable.
relève généralement de différents Pourtant, à la même époque, le Rhin
corps administratifs, qui vont de la charriait chaque jour 27 tonnes de
santé publique au service des eaux. matières toxiques se déversant dans
le delta hollandais et la mer du Nord,
Toutefois, il faut bien réaliser que la soit dix mille tonnes par an, sans que
«solution» d’un problème aux yeux d’un personne, à part quelques spécialistes,
département peut fort bien se révéler ne s’en émeuve outre mesure!
n’être que son transfert sur un terrain
relevant d’un autre département, la Au premier abord, le concept
«dépollution» consistant simplement d’écologie industrielle apparaît simple
à déplacer la pollution. Le traitement et séduisant; il semble offrir une
des eaux usées, par exemple, produit alternative bienvenue aux impasses de
de l’eau «propre», mais également l’approche «end of pipe». Mais a-t-il la
des boues d’épuration en très grandes moindre chance de dépasser le stade
quantités. Or, le stockage de ces d’une belle idée abstraite? Telle est
boues, ou leur épandage sur les la question qui se posait au début
terres agricoles, peut entraîner une des années 90, lors des premières
contamination du sol et des eaux réflexions issues de l’article de Frosch
souterraines, notamment par des et Gallopoulos. C’est alors qu’intervint
métaux lourds. De même, l’incinération la «découverte» de la Symbiose de
des déchets solides permet de réduire Kalunborg (jusqu’alors pratiquement
considérablement leur volume, mais inconnue), preuve de l’existence
le stockage des cendres d’incinération réelle d’un écosystème industriel
présente également un problème pour en vraie grandeur, fonctionnant sur
le sol et les eaux souterraines. De des bases économiques solides.
plus, l’incinération risque de polluer
l’atmosphère. Pour satisfaire aux
normes de qualité de l’air, on peut
alors installer des filtres. Ces derniers
se chargent de substances solides qu’il
convient, à leur tour, d’éliminer.

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Enfin, la municipalité de Kalundborg,
La symbiose de qui utilise pour le chauffage à
Kalundborg distance de toute la ville de la vapeur
vendue par la centrale électrique.
schéma 3
L’eau, sous forme de liquide ou de vapeur,
Située au bord de la Mer du Nord, à constitue le «déchet» valorisé de la
une centaine de kilomètres à l’ouest de manière la plus systématique. Elle provient
Copenhague, Kalundborg est une petite soit directement du lac Tissø, distant
ville industrielle de vingt mille habitants. d’une quinzaine de kilomètres, soit du
Au fil des ans, les principales entreprises réseau de la municipalité de Kalundborg.
de Kalundborg ont commencé à échanger La raffinerie Statoil fournit de l’eau usée
des «déchets»: de la vapeur, de l’eau (à pour refroidir la centrale électrique
différentes températures et différents Asnaesvaerket. Cette dernière vend de
degrés de pureté), ainsi que divers sous- la vapeur à la raffinerie Statoil, mais
produits. A la fin des années 80, les aussi à Novo Nordisk (pour ses tours de
responsables du développement local ont fermentation). La centrale électrique vend
réalisé qu’ils avaient progressivement et de la vapeur également à Gyproc, ainsi
spontanément créé un système, qu’ils qu’à la municipalité de Kalundborg pour
baptisèrent «symbiose industrielle». son réseau de chauffage urbain à distance.
La symbiose de Kalundborg comprend Elle fournit même de l’eau chaude à une
cinq partenaires principaux, distants les ferme d’aquaculture qui élève des turbots.
uns des autres de quelques centaines de En 1990, la centrale électrique a mis
mètres seulement, et reliés entre eux en service sur l’une de ses unités une
par un réseau de pipelines ad hoc : installation de désulfuration: le soufre
1. Asnaesvaerket, la plus grande centrale des gaz de combustion réagit avec de la
électrique du Danemark. D’une capacité chaux, ce qui donne du gypse (sulfate
de 1’500 MW, alimentée au mazout de calcium). Asnaesvaerket produit ainsi
puis au charbon (après le premier choc plus de cent mille tonnes de gypse par an.
pétrolier), elle emploie 600 personnes. Transporté par camion jusqu’à l’entreprise
voisine, Gyproc, ce gypse est aujourd’hui
2. Statoil, la plus grande raffinerie de utilisé comme matière première pour
pétrole du Danemark, avec une capacité ses panneaux de construction. Gyproc
supérieure à trois millions de tonnes a pu ainsi cesser d’importer du gypse
de pétrole par an et 250 employés. naturel, jusqu’alors extrait de gisements
en Espagne. Quant au gaz produit en
3. Novo Nordisk, la grande société
excès par la raffinerie, il est utilisé comme
danoise de biotechnologies, l’un des
combustible aussi bien par Asnaesvaerket
principaux producteurs mondiaux
que par Gyproc (voir le schéma).
d’enzymes industriels et d’insuline.
Schéma de principe montrant les
4. L’usine de Kalundborg, la plus grande
principaux échanges en vigeur (état 1999)
du groupe, occupe 1’200 personnes.
au sein de la «symbiose industrielle» de
5. Gyproc, société suédoise dont l’usine Kalundborg. (Source : Colin Francis, ICAST,
de Kalundborg produit des panneaux de d’après Jørgen Christensen, Symbiosis
construction en gypse (14 millions de Institute.) [cliquer sur le graphique
m 2 par an) avec 175 collaborateurs. pour le voir dans sa taille initiale]

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schéma 3
Sur la base des informations Malgré ses limitations, la symbiose de
partielles disponibles actuellement, Kalunborg a surtout valeur d’exemple:
on voit que les avantages serait-il possible de reproduire ailleurs,
environnementaux et économiques voire de généraliser, ce succès? D’abord,
de la symbiose industrielle de il faut remarquer que l’on rencontre
Kalundborg sont clairs (note 3): un peu partout de nombreux proto-
Réduction de la consommation des écosystèmes industriels similaires: dans
ressources : 45’000 tonnes par an des régions à forte tradition industrielle,
de pétrole, 15’000 tonnes par an de comme la Ruhr, la Lorraine ou le Houston
charbon, et surtout 600’000 m3 par an Channel, on pratique depuis longtemps
d’eau. Réduction des émissions de gaz à des formes plus ou moins élaborées de
effet de serre et de polluants : 175’000 symbioses entre différentes entreprises.
tonnes par an de gaz carbonique, 10’200 La principale différence réside dans
tonnes par an de dioxyde de soufre. le fait qu’à Kalundborg les échanges
symbiotiques se sont développés d’une
Réutilisation des déchets : 130’000 manière consciente et systématique.
tonnes par an de cendres (pour la
construction routière), 4’500 tonnes
par an de soufre (pour la fabrication
d’acide sulfurique), 90’000 tonnes par an Parcs et réseaux
de gypse, 1’440 tonnes par an d’azote
et 600 tonnes par an de phosphore.
éco-industriels
Les avantages économiques, qui se schéma 4
trouvent en réalité à l’origine de ces En fait, lorsque l’on réfléchit au concept
échanges, sont également substantiels. d’écosystème industriel, l’une des
Selon les indications dont on dispose premières analogies qui vient à l’esprit
publiquement, les investissements est celle des «chaînes alimentaires
totaux sur une période de vingt ans (soit industrielles». De même que dans les
seize projets d’échanges de déchets) écosystèmes naturels, certaines espèces se
sont estimés à 60 millions de dollars. nourrissent des déchets ou des organismes
Les revenus annuels sont évalués d’autres espèces, on pourrait imaginer
à 10 millions de dollars (du fait de un processus similaire de valorisation
l’économie en ressources et de la vente des déchets entre différents agents
des déchets), et les revenus cumulés économiques. C’est ainsi qu’est apparu
jusqu’à aujourd’hui s’élèvent à environ au début des années 90 le concept
120 millions de dollars. Le temps moyen de «parc éco-industriel» (en anglais:
d’amortissement reste inférieur à cinq ans. eco-industrial park, ou EIP), basé sur
Depuis quelques années, l’expérience une généralisation de la Symbiose de
de Kalundborg suscite une attention Kalundborg. Il s’agit d’une zone où les
croissante. Toutefois, il vaut veiller à entreprises coopèrent pour optimiser
ne pas trop l’idéaliser, car le système l’usage des ressources, notamment en
présente aussi certains inconvénients valorisant mutuellement leurs déchets
(notamment la rigidité des échanges et le (les déchets d’une entreprise servant de
risque de perturbations du système en cas matière première pour une autre) (note 4).
de défection de l’une des entreprises). Toutefois, la notion de «parc» ne doit

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pas être comprise au sens d’une zone 1. améliorer le fonctionnement de
géographiquement confinée : un parc leurs centrales existantes, et surtout
éco-industriel peut très bien inclure
b) construire une base de données
l’agglomération voisine, ou une entreprise
permettant de détecter de nouvelles
située à grande distance, si celle-ci est la
synergies possibles entre différentes
seule à pouvoir valoriser un déchet rare
activités économiques, notamment celles
qu’il serait impossible de traiter sur place.
susceptibles d’utiliser de l’électricité.
Pour cette raison, on parle de plus en
plus de «réseaux éco-industriels», dont Le but est de proposer aux clients un
les parcs représentent un cas particulier. nouveau service à forte valeur ajoutée:
L’idée des parcs (ou réseaux) éco- la détection et la mise en œuvre de
industriels se distingue des traditionnelles synergies, permettant un meilleur usage
pratiques d’échanges de déchets, car elle des ressources. EDF teste actuellement
vise une valorisation systématique de ce nouvel outil, notamment à Troyes,
l’ensemble des ressources dans une région autour de quelques entreprises actives
donnée, et ne se contente pas simplement dans l’agro-alimentaire (distillerie,
de recycler des déchets au coup par coup. boucherie, betterave, notamment).
En quelques mois, à partir de 1993, on La raison de l’intérêt de grands groupes
a assisté à une floraison de projets de comme EDF, Suez, Veolia (ex-Vivendi)
parcs éco-industriels, principalement se comprend aisément: ces grandes
aux Etats-Unis. D’autres projets ont vu entreprises fournissent déjà l’eau,
le jour à la même époque au Canada l’énergie, et offrent des services de nature
(Halifax), en Hollande (port de Rotterdam), environnementale (traitement de déchets,
et en Autriche (Graz). Depuis la fin des etc.). L’étape suivante, en bonne logique,
années 1990, l’idée de parc éco-industriel consistera à proposer aux entreprises
rencontre un intérêt particulièrement et aux collectivités locales des services
vif dans plusieurs pays d’Asie (Thailande, intégrés («multi-services, multi-énergies»,
Philippines, Chine, etc.), où l’écologie selon le slogan actuellement en vigueur
industrielle est clairement perçue comme chez EDF): un seul opérateur pour fournir,
une stratégie permettant d’accroître traiter et gérer de manière optimale, à
leur compétitivité économique. l’échelle d’une zone industrielle ou d’une
Les réseaux éco-industriels ne vont ville, l’ensemble des flux de matière
pas surgir et devenir opérationnels du et d’énergie. Or, cette optimisation
jour au lendemain, mais l’idée fait son peut se faire précisément par le biais
chemin. En France, par exemple, des de réseaux éco-industriels. Dans un
entreprises comme Gaz de France (qui contexte de libéralisation des marchés,
a co-financé en 1999/2000 la première les fournisseurs d’énergie, notamment,
étude du genre en France, avec la y voient une manière de fidéliser la
municipalité de Grande Synthe, sur une clientèle et d’assurer ainsi leur survie,
zone industrielle près de Dunkerque), tout en ménageant l’environnement.
Electricité de France, Veolia (ex-Vivendi),
Suez Lyonnaise, commencent à s’intéresser
de près à l’écologie industrielle (note 5).
Electricité de France, en particulier, a
mis sur pied dès l’été 2000 un programme
d’écologie industrielle avec deux objectifs:

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Les biocénoses un territoire donné peut amener de
nouvelles entreprises à venir s’installer
industrielles pour traiter ou tirer profit de ressources
jusqu’alors inutilisées (chaleur perdue,
sous-produits divers, etc.). Dans cette
optique, il est probable que les études
Une idée voisine des parcs éco-industriels
de métabolisme régional vont connaître
est celle de «biocénoses industrielles».
un intérêt croissant, car elles permettent
En biologie, le concept de biocénose se
non seulement d’optimiser l’usage des
réfère au fait que, dans les écosystèmes,
ressources existantes dans une région
les différentes espèces d’organismes se
donnée, mais également de détecter des
rencontrent toujours selon des associations
ressources non- ou sous-utilisées, qui
caractéristiques. On peut étendre ce
pourraient devenir la source de nouvelles
concept aux complexes industriels en
activités économiques. Autrement dit,
cherchant à déterminer les «bonnes»
l’approche du métabolisme régional (dans
associations, les meilleurs panachages,
une perspective d’écologie industrielle)
d’activités industrielles. Par exemple, au
pourrait devenir un outil crucial pour
lieu d’implanter isolément une unité de
planifier le développement régional (mais
production de sucre de betterave, on
également local et national), et donc gérer
devrait, dès le départ, songer à réaliser
le territoire à différentes échelles (note 7).
un complexe intégré visant à utiliser de
manière optimale tous les flux de matière
et d’énergie liés à l’exploitation de la
betterave, notamment pour la production Les quatre axes de l’éco-
de biocarburant. On peut ainsi envisager restructuration
des complexes «pulpe-papier», «engrais- D’une manière générale, l’enjeu
ciments», «aciéries-engrais-cimenteries», consiste à restructurer en profondeur
etc. (note 6). Comme dans les écosystèmes le système industriel, ce que l’on
naturels, il existe des «espèces clés» dans
nomme parfois «l’éco-restrucuration»,
les biocénoses industrielles. Les centrales
pour tenter de le faire évoluer vers
thermiques constituent à l’évidence l’une un mode de fonctionnement viable
des principales «espèces». Il est possible à long terme, compatible avec la
d’envisager toute une série de complexes Biosphère. Concrètement, dans
éco-industriels autour des centrales l’optique de l’écologie industrielle, il
thermiques, notamment en raison de la
quantité considérable d’énergie gaspillée. s’agit de relever un quadruple défi:
D’où l’intérêt croissant dans nos pays
pour les unités de co-génération, qui
permettent la production simultanée de 1. Valoriser systématiquement
chaleur et d’électricité, par exemple à les déchets :
base de produits issus de la biomasse.
A l’image des chaînes alimentaires dans
les écosystèmes naturels, il faut créer
des réseaux d’utilisation des ressources
Enjeux pour la planification
et des déchets dans les écosystèmes
et l’usage du territoire industriels, de sorte que tout résidu
Pour les collectivités locales, l’enjeu devienne une ressource pour une autre
concerne également le développement entreprise ou un autre agent économique
économique : la valorisation de l’ensemble (par exemple par le biais de réseaux
des flux de matière et d’énergie sur éco-industriels). Le recyclage, au sens
courant du terme, ne constitue donc qu’un

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aspect de cette stratégie de valorisation (charbon, pétrole, gaz) représente
en cascade des flux de matière. l’élément principal, la substance
vitale irriguant toutes les économies
2. Minimiser les pertes industrielles. Or ce carbone fossile
par dissipation: se trouve à la source de nombreux
Aujourd’hui, dans les pays industrialisés, problèmes: intensification de l’effet
la consommation et l’utilisation pollue de serre, smog, marées noires,
souvent plus que la fabrication. Les pluies acides. Il faut donc rendre
engrais, les pesticides, les pneus, les la consommation d’hydrocarbures
vernis, les peintures, les solvants, etc., moins dommageable (par exemple en
sont autant de produits totalement récupérant le gaz carbonique issu de la
ou partiellement dissipés dans combustion) et favoriser la transition
l’environnement lors de leur usage vers une diète énergétique moins
normal. Il s’agit de concevoir de riche en carbone fossile (énergies
nouveaux produits et de nouveaux renouvelables, économies d’énergie).
services minimisant ou rendant En termes abstraits, il s’agit de
inoffensive cette dissipation. séparer la fonction «énergie» de son
substrat «carbone fossile» (note 9).
3. Dématérialiser l’économie:
Il s’agit de minimiser les flux totaux de
matière (et d’énergie) tout en assurant
des services au moins équivalents. Le L’évolution du
progrès technique permet d’obtenir système industriel
plus de services avec une quantité
moindre de matière, notamment en
fabricant des objets plus légers. La notion d’écosystème industriel
Plus généralement, l’une des meilleures est une analogie qu’il convient de
manières de dématérialiser l’économie ne pas prendre au pied de la lettre.
consiste à optimiser l’utilisation, Néanmoins, cette analogie mériterait
autrement dit à vendre l’usage au d’être explorée en détail, sur la base
lieu de l’objet (par exemple, un du savoir considérable accumulé
fabricant de photocopieurs qui vend depuis une cinquantaine d’années
le service «photocopies» au lieu de concernant le fonctionnement des
la machine, a ainsi tout intérêt à ce écosystèmes naturels. Sur le plan
que son photocopieur, dont il reste théorique, les premiers jalons ont certes
propriétaire, nécessite le moins de été posés, mais presque tout reste à
matière possible, ait une durée de vie faire pour analyser sérieusement la
fonctionnelle la plus longue possible, validité et les implications du concept
soit aisément recyclable, etc.). On d’écosystème appliqué au système
appelle cette nouvelle approche industriel dans son ensemble (note 10).
«l’économie de fonctionnalité» (note 8). Les connaissances sur l’évolution
4. Décarboniser l’énergie: de la vie sur Terre offrent ainsi des
perspectives intéressantes pour réfléchir
Depuis les débuts de la Révolution sur l’évolution du système industriel, qui
industrielle, le carbone sous forme résulte, tout comme la Biosphère, d’une
d’hydrocarbures d’origine fossile

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longue histoire évolutive. Au début de la très variées. Idéalement, la société
vie, les ressources potentielles étaient industrielle (y compris les matière
si vastes, et la quantité d’organismes
infrastructures et l’agriculture) devrait
si minime que leur présence exerçait
s’approcher autant que possible
un impact tout à fait négligeable sur
d’un écosystème de ce type.
les ressources disponibles. On peut
décrire cette situation comme étant On le voit, l’écologie industrielle
un processus linéaire, dans lequel les s’intéresse à l’évolution du système
flux de matière sont indépendants industriel dans sa globalité et à
les uns des autres. Les ressources long terme. En tant que domaine
apparaissent illimitées, et les déchets explicitement constitué, l’écologie
peuvent aussi être produits de manière industrielle est jeune, à peine une
dizaine d’années. Bien que l’idée en
illimitée. La vie a pu assurer les
elle-même ne soit pas nouvelle, on
conditions de son développement à long
peut dire que l’on assiste actuellement
terme, un processus dont la société
à la naissance d’un nouveau champ
industrielle pourrait s’inspirer, grâce à
scientifique et technique, à la
une longue succession d’«inventions»:
confluence de l’ingénierie, de l’écologie,
fermentation anaérobique, puis
de la bioéconomie et de nombreuses
aérobique, puis photosynthèse
autres disciplines. Malgré sa jeunesse,
L’analogie entre les premières étapes l’écologie industrielle jouit déjà d’une
de la vie sur Terre et le fonctionnement reconnaissance académique certaine,
de l’économie moderne est frappante: comme en témoigne le lancement, au
en fait, le système industriel actuel printemps 1997, du Journal of Industrial
est moins un véritable «système» Ecology (MIT Press), la première revue
qu’une collection de flux linéaires qui scientifique consacrée à ce domaine
s’ignorent entre eux. Ce fonctionnement, en plein développement, ainsi que la
consistant simplement à extraire création, début 2001, de l’International
des ressources et à rejeter des Society for Industrial Ecology (note 11).
déchets, se trouve à la source de Le monde de l’économie n’est pas en
nos problèmes environnementaux. reste : des entreprises comme AT&T,
General Motors, Xerox, Dow, EDF, Gaz
Pour devenir vraiment viables, les
de France, parmi d’autres, intégrent
écosystèmes biologiques ont évolué
désormais l’écologie industrielle
jusqu’à devenir presque entièrement
dans leur réflexion stratégique.
cycliques. Dans ce cas, il devient
impossible de distinguer entre les Cette convergence d’intérêt entre les
ressources et les déchets, car les cercles académiques et les milieux
déchets d’un organisme constituent d’affaires (suffisamment rare en ce
une ressource pour un autre domaine pour mériter d’être relevée),
organisme. Seule l’énergie solaire résulte sans doute du double projet
constitue un apport extérieur. Au de l’écologie industrielle, qui vise
sein d’un tel système, les nombreux à mener de front une approche
cycles, interconnectés entre eux à la fois rigoureuse sur le plan
et auto-entretenus par l’énergie théorique (l’écologie scientifique) et
solaire, fonctionnent sur des opérationnelle (en préconisant des
échelles temporelles et spatiales actions concrètes, économiquement

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viables). Les problèmes d’environnement
ne constituent donc qu’un aspect, parmi
d’autres, de l’écologie industrielle,
qui oeuvre pour l’avènement d’un
système industriel plus élégant, c’est-
à-dire capable de générer plus de
richesses et de bien-être avec moins
d’impacts sur la Biosphère (note 12).

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Notes et références bibliographiques

(note 1)
Robert A. Frosch et Nicholas E. Gallopolous: «Des stratégies industrielles
viables», Pour La Science, N° 145, Novembre 1989, pp. 106-115.
(note 2)
Sur le métabolisme industriel, voir:
-Robert U. Ayres and Udo E. Simonis (eds.): Industrial
Metabolism. Restructuring for Sustainable Development.
-Tokyo, New York, United Nations University Press, 1994.
-Peter Baccini and Paul Brunner: Metabolism of the
Anthroposphere. Springer Verlag, Berlin, 1991.
-Adriaanse A. et al.: Resource Flows: The Material Basis of Industrial
Economies. Washington, DC, World Resources Institute, 1997.
-Emily Matthews et al.: The Weight of Nations. Material Outflows from
Industrial Economies. Washington, DC, World Resources Institute, 2000.
-Sur les études de flux de matière, le principal centre de recherche en Europe
est l’Institut Wuppertal, près de Bonn. Site web: http://www.wupperinst.org/
L’Institut Wuppertal héberge également le site web de ConAccount, le réseau
européen pour les études de flux de : http://www.conaccount.net

(note 3)
John Ehrenfeld and Nicholas Gertler :
-Industrial Ecology in practice: The Evolution of Interdependence at
Kalundborg. Journal of Industrial Ecology , Vol. 1, No. 1, 1997, pp. 67-79.
-On peut également consulter le site web de l’Institut
de la Symbiose: http://www.symbiosis.dk

(note 4)
Sur les parcs et réseaux éco-industriels, voir :
Raymond P. Côté & al.: Designing and Operating Industrial Parks as Ecosystems.
Report of the project «The Industrial Park as an Ecosystem», Dalhousie
University, School for Resource and Environmental Studies, August 1994.
Voir les sites web : http://www.mgmt.dal.ca/sres/research/
Ecogroup.htm et www.dal.ca/eco-burnside

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(note 5)
Suren Erkman et Jean-Claude Ray : Ecologie industrielle à Grande-Synthe. Première
expérience française : pré-étude sur la zone industrielle des Deux-Synthe.
Ville de Grande-Synthe, Mission pour un Développement durable,
Rapport final, Mai 2000. (Mairie de Grande-Synthe, BP 149, 59760
Grande-Synthe. Contact : M. Daniel Truy, Tél. : 03 28 62 77 82)

(note 6)
Nelson L. Nemerow : Zero Pollution for Industry. Waste Minimization
Trough Industrial Complexes. New York, John Wiley & Sons, 1995.

(note 7)
Paul H. Brunner and Peter Baccini : Regional Material Management and Environmental
Protection. Waste Management & Research, Vol. 10, pp. 203-212, 1992.

(note 8)
Robert Herman, Siamak A. Ardekani, and Jesse H. Ausubel: Dematerialization.
In : Jesse H. Ausubel and Hedy E. Sladovich (eds.) : Technology and
Environment. Washington, D.C., National Academy Press, 1989, pp. 50-69.

(note 9)
Nebojsa Nakicenovic : Freeing Energy from Carbon. In : Jesse H. Ausubel
and H. Dale Langford (eds.) : Technological Trajectories and the Human
Environment. Washington, D.C., National Academy Press, 1997, pp. 74-88.

(note 10)
Braden R. Allenby and William E. Cooper : Understanding Industrial
Ecology from a Biological Systems Perspective, Total Quality Environmental
Management , Vol. 3, No. 3, Spring 1994, pp. 343-354.
Thomas E. Graede l: On the Concept of Industrial Ecology. Palo Alto, CA, Annual
Review of Energy and the Environment , Vol. 21, pp. 69-98, 1996.

(note 11)
Journal of Industrial Ecology, MIT Press ( http://mitpress.mit.edu/JIE).
International Society for Industrial Ecolog : http://www.is4ie.org/

(note 12)
Pour une synthèse détaillée, voir : Suren Erkman: Vers une écologie industrielle.
Paris, Editions Charles Léopold Mayer, 1998 (2 e édition, 2004).