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Dictionnaire

des
Mathémati
algèbre7
analvse
geometrie
PRÉFACE

Le monde scientitïque est de plus en plus imprégné de mathématiques, ou de


mathématique ~ le singulier, rare dans le langage courant, semblant néanmoins
préférable. C’est pourquoi cette discipline a pris une place de choix dans l’ensei-
gnement : tout élève, au cours de ses études, y est nécessairement confronté.
Mais, a la fois Valorisée et redoutée, elle garde, au-delà des rudiments dispensés
au collège et au lycée, une aura de mystère : seuls quelques initiés ont le privilè-
ge de faire des recherches en mathématiques, ou même simplement d’avoir une
claire vision de ce qu’elles sont.
Dès sa première édition (1968-1974) l’Encyclopa?diu Univemlis a voulu offrir au
public une vue d’ensemble des mathématiques contemporaines et de leur déve-
loppement historique. L’ambition de ce projet - les exigences propres à la
présentation de cette discipline s’ajoutant à celles qui sont inhérentes à toute entre-
prise encyclopédique - en rehausse la réussite.
Le présent ouvrage: qui rassemble l’essentiel des questions d’algèbre. analyse> arith-
métique et théorie des nombres, géométrie, topologie, algèbre topologique et géo-
métrie algébrique, offre un vaste panorama qui permet de saisir la démarche, les
acquis, les avancées des inventeurs de cette architecture abstraite qu’est la mathé-
matique. Un second volume réunira les interrogations sur les fondements, les
articles spécifiques historiques, ainsi que tout ce qui touche aux probabilités, aux
statistiques et à la plupart des applications.
N Architecture abstraite )), disions-nous. En effet, à partir de quelques notions
premières, telles qu’(( ensemble P, H élément )), N appartenance )), et de quelques
axiomes, les structures mathématiques - dans le cadre desquelles tous calculs et
démonstrations se font - ne se déploient-elles pas progressivement les unes à
partir des autres, des plus (( simples H (ensemble ordonné, groupe, espace topo-
logique...) aux plus o subtiles )) (espace disqué, espace localement annelé...) ?
Là, semble-t-il, réside la beauté mathématique, ou PlutÔt la partie la plus abstraite
de cette beauté car, s’il est de belles théories, il est aussi de jolies formules
(eix = - 1) et la formule de Stirling, par exemple), de beaux calculs, de splendides
démonstrations et, bien sûr, de manière plus visible, des courbes dont l’harmonie
n’échappe à personne.
Bien entendu, la contemplation de cette beauté exige un minimum dc compré-
hension, jusqu’où il convient de hisser son esprit : songeons qu’en musique OU
dans le domaine sportif de sérieux entraînements sont nécessaires si l’on veut
trouver vraiment du plaisir à jouer d’un instrument ou à pratiquer un sport, a

5
PRÉFACE

fortiori si l’on veut accéder aux concerts ou aux compétitions. Mais, au moins a
partir d’un certain niveau, cette activité, sérieuse certes, acquiert une dimension
ludique : les mathématiques, pour qui les aime, ouvrent aussi sur tout un espace
de jeux. De sorte que la résolution d’un joli problème peut se révéler aussi dis-
trayante que, par exemple, une partie d’échecs ou de shogi (un jeu japonais proche
des échecs). Joie de chercher, joie de trouver, joie de la communion enfin avec
une beauté qui, pour abstraite qu’elle soit, n’en suscite pas moins de très réels
plaisirs : qui est capable de faire ainsi des mathématiques est dans une situation
très voisine de celle de l’alpiniste.
Au lecteur, à la lectrice, qu’il ou qu’elle soit ou non mathématicien ou mathé-
maticienne, à tout lecteur tel que le définissait Paul Valéry ~ c’est-à-dire G de
bonne foi )) autant que (( de mauvaise volonté H - de relever le détï...
Mais la mathématique est aussi et d’abord un langage et, de ce point de vue,
intéresse linguistes et lexicographes. Chaque mot ou locution reçoit une détïnition
précise et, à côté de termes spécitïquement mathématiques (morphisme, simplexe...),
d’adjectifs honorant un mathématicien (euclidien, eulérien, népérien...) ou une
mathématicienne (noethérien...), tïgurent un assez grand nombre de substantifs
(anneau, clan, corps, distribution, fibre, groupe, lacet, spectre, tribu...) ou d’ad-
jectifs (complet, conforme, séparé, simple...) empruntés à la langue courante mais
avec un sens mathématique précis, où l’aspect métaphorique est d’ailleurs parfois
présent (tïhre, noyau, treillis...). De sorte que, au-delà de son aspect faussement
ésotérique, il y a parfois une certaine poésie, voire une poésie certaine - osons
aller jusque-là ! -, dans le langage mathématique. Avec une pointe d’humour, un
grand bol d’enthousiasme et une réserve inépuisable de persévérance, chevauchons
donc (sur un paraboloïde hyperbolique, évidemment) à travers les univers mathé-
matiques pour y découvrir les corps algébriquement clos, les endomorphismes dia-
gonalisables, les espaces bornologiques, les fonctions holomorphes ou les produits
de convolution.
L’aventure mathématique, Commencée sans doute depuis qu’Adam et Ève ont
pensé qu’ils étaient deux, n’a certes pas tïni de nous passionner. Le présent volume
de la collection (( Encyclopzdia Universahs H nous rappelle ~ alors que le grand
théorème de Fermat vient enfin, après plus de trois siècles de travaux, d’être
démontré - qu’il reste bien des questions simples non résolues, par exemple celle-
ci : existe-t-il une infïnité de nombres premiers N jumeaux )), c’est-à-dire de nombres
premiers consécutifs dont la différence est deux?
L’Éditeur
INTRODUCTION

Présenter les mathématiques contemporaines dans le contexte d’une encyclopédie


destinée au grand public cultivé pouvait paraître une gageure. Le sujet, dont la
réputation d’inaccessibilité n’est plus à faire, paraissait devoir être esquivé.
Néanmoins 1’EncyclopEdiu Univemdis n’a pas hésité, dans ce domaine comme
dans tous les autres, à garder le modèle qu’elle s’était donné : l’encyclopédie que
Diderot et d’Alembert ont élaborée pour l’époque des Lumières. Considérant
qu’il était du devoir des scientifiques de partager leur savoir avec l’ensemble du
monde cultivé, Diderot et d’Alembert ont découpé le savoir mathématique qui
leur était contemporain en autant de disciplines et de sous-disciplines, et ont alors
demandé à ses scientifiques de premier ordre de rédiger ces présentations à
caractère introductif.
C’est le même pari qui a été à l’origine de la première conception du traitement
des mathématiques dès l’édition de 1968 de 1’Encycfopediu Univetxalis : traiter
des mathématiques dans leur forme contemporaine de manière 1 en rendre acces-
sibles les concepts fondamentaux, les principaux courants, les résultats décisifs à
des lecteurs possédant une formation scientifïque minimale. À cedétï, l’on doit
ce qui constitue la présentation la plus complète, la plus approfondie de
l’état actuel des mathématiques dans une entreprise encyclopédique de langue
française. Une telle tentative n’aurait pu être conçue sans l’intervention décisive
de Jean Dieudonné. C’est à lui que nous devons l’élaboration en quelques mois
d’un découpage initial des mathématiques qui allait constituer la trame de l’en-
treprise pour la première édition. Il a par ailleurs participé activement, comme
auteur, à de nombreux articles clés avec le style exceptionnel qui le caractérisait
et qui a donné le ton à l’ensemble de l’oeuvre.
Les mathématiques sont en effet introduites ici de manière historique, dans la
mesure OÙla genèse des concepts contemporains nous a paru constituer le meilleur
accès qui puisse y conduire. La présentation de la partie historique des mathé-
matiques se prolonge par l’exposé de ces théories sous leur forme moderne. Le
XIX~ siècle constitue un moment charnière dans l’évolution des mathématiques,
et leur présentation s’articule autour de ce constat. Ainsi, l’algèbre se réduit
d’abord à la théorie des équations, et c’est au XIX~ siècle que vont naître toutes
les nouvelles structures. L’article de synthèse sur l’algèbre renvoie aux différentes
entrées du dictionnaire. L’évolution des conceptions de la géométrie est évoquée
dans la grande fresque du père Russe, Elle débouche, de manière naturelle, d’une
part, sur la géométrie différentielle, d’autre part, sur l’étude des courbes algé-
briques, point de départ de la géométrie algébrique, qui à son tour rencontre la
théorie des nombres.

7
INTRODUCTION

F à s i i d o m Id ’ n pU ’ è a a v é n pE l l cs o r i ane
r l t e aq r f s lua m l u e ’ nt a c é b l s a os t o t
s d d e d le P o m
s e as e mL p cb d n1 aa ré il e s9 i er ee
l d s ’ ue dt f a tq ur s o p ue u m
’ r o ni c ea m g
p l p a aa r d b r b é l u om s d e c u a bo o q e r r
d l d Le ad i u e é s d l vs cc c ei t o see i mv é i
t e d de t ’ d m or a e c a m, l mu s o t a e a at mh i
q j ua u r éb l s d e d c es e L q r t ed i 1se u ’ tu o r e t 9n
c d c mo eg e à uum m r t pnt p o s â pt d oae 3t pd u1 c er e rt
d t e e s x t e
D q d
ec u c e a se e i o n u r pn l n u d o xl tC ut q q d a t e i o
1 U ’ a q n Ed l i d u i n a v e n i a ev c n oo ts s f n e y
m c D a r e i u t e l ca n i q p e tr i lq ug r s it q eu
p d ra X sé e os u I l i g t t ub X e è aj r il l ~ u c ug a vè
c Lol p es nef o a ’ t lca n u vo y eetmmo r eb m
m d l a od ’ ct nel ma oi etv m ap nq I y sa o tp su
t u p r cn r o d ote é cu e nh U sa l v e s té n eu a e
d t ’d q r é ae u a ph r s e io d i t sp tu ’ s i
c f o l d re n ’ u ’ er t o l u ca e b t n u m
B q d i a u ’ c e n ae o e dn c mp r r e ic ap i t s
l n ’ f u da ci s m va n eg Qe é a on ac u dcu r u ls la
p d rl n od oad a X s na sb u pi V i tt a aa rs I è e x b
c do a K u n d od 1 eC t a l l er 9 p ’e tl a m a 3 o em
n e a ro n a v q é ul l i o mu s sa o n nl a’ e d g sc s’ tà r
v u o l l t u é m r
C D d e mi e s uvc a l sr e tet d fi e e hui eu dno f
l ’d d d ee i m i ns v Ca s l cs e ot c e ho
s J D o ce ci u( i ’a ee v( nH i en qtu f e lt nf s ut d a n
e l d t m’ e c ao s Lo tra d l en hir e ’ st
U o t n d r n c e i ed ec t o n c v u na omt o e d cdr u pé n r
d é m a r
J V e E
COMMENT UTILISER L’INDEX

Platé en fin de volume, c’est I?ndex qui donne sa valeur proprement encyclopédique
i ce dictionnaire. C’est par lui que toute recherche ou. plus généralement, toute
consultation devraient commencer. Nous avons adopté pour sa constitution un
certain nombre de conventions qui nous sont propres. Le lecteur les trouvera
défïnies ci-après, exemples A l’appui, sous la forme d’un tableau.

l BARYCENTRE 63 ~ ENTRÉE précédée d’une puce et suivie d’un numéro


de page : signifie que cette entrée est le titre d’un
article du dictionnaire, commençant à la page
indiquée
l HILBERT ESPACE DE 596
ALGÈBRE 22
ERGODIQUE (THiORIE) 332 ce même type d’entrée peut être suivi de références
GROUPES - Représent&ion linéaire
des groupes 559
HARMONIQUE (ANALYSE) 5x7, 592
NORMÉES (ALGÈBRES) 726 1

GAUSS CARL FRIEI,R,CH (1777.1855) ~ ENTRÉE simple suivie de références


ALGÈBRE 14. 17 1
COMPLEXES (NOMBRES) //6 l
DIopHANnENNEs (+PPR~~I~~ATI~NS) 255 1
DIOPHANTIENNES (EQUATIONSj 263, 267
DIVISIBILI~É 290

l SUITES
CALCUL INFliwrÉSIMAL - c&U~ à une - RÉFÉRENCE à un article long : titre d’article
variable 7/ et numéro de page lwalisant la partie de texte
CONVEXITÉ - Fonctions convexes /46 pertinente au sein de l’article
DISTRIBUTIONS 276
FONCuONS (REPRESENTATION ET
APPROxIMATION DES) 364, 373, 385
LIMITE (N~TT~N DE) RÉFÉRENCE à un arhck court : titre de l’article

RENVOIS d’un terme à un autre

NAPIER JOHN b NEPER .IOHN- pour des raisons relevant de l’orthographe ou du


système de transcription

CALCUL SYMBOLIQUE pour des raisons dc choix alphabétique


b SYMBOLIQUE CALCUL

ALEMBERT THÉORÈME DE D’
* ALGEBRE THÉORÈ,~ pour des rkms d’ordre sémantique
FONDAMENTAL DE L’

9
AFFINES ESPACE a REPÈRE

même forment un groupe, appelé groupe


affine de A et noté GA(A). Une applica-

A
tion affine u de A dans A est bijective si et
seulement si son application linéaire asso-
ciéefest aussi bijective. Ainsi l’application
qui à L fait correspondre ,f est un mor-
phisme du groupe affine GA(A) dans le
groupe linéaire GL(E).
4. Soit A et B deux espaces affines de
dimensions finies (dim A = q). Pour défi-
nir une application affine de A dans B, il
suffit de se donner (q + 1) points affine-
ment indépendants dans A et leurs images
dans B.

JACQUES MEYER
A A FP P F L I I

S
oit E et F deux espaces vectoriels sur
un corps commutatif K et A et B des
espaces affines attachés à E et F. On dit A E & R F S E
qu’une application u de A dans B est une

D
application linéaire affine (ou application ans la conception intuitive de
affine) si, quelle que soit la famille finie l’espace usuel, il n’y a pas d’origine
d’éléments (M;, &), pour 1 < i < k, où k privilégiée ; c’est une fois qu’une origine
est quelconque, de A X K, possédant un est choisie que cet espace devient un
barycentre G, u(G) est le barycentre des espace vectoriel. La structure d’espace
éléments (u(M,), A,) de B X K. affine formalise cette situation à partir de
On démontre les résultats suivants : la notion de translation associée à un
1 Il existe une application
. linéaire,fet vecteur d’extrémités données, défini
une seule de E dans F telle que, pour tout comme bipoint, Plus précisément, la struc-
M et tout N dans A et pour M’ = u(M) et ture affine se définit comme suit.
N’ = u(N) : Espuce @ne. Soit E un espace vectoriel
sur un corps commutatif K. Un ensemble
fG=zKzL
A est dit espace attaché à l’espace E s’il est
f s’appelle l’application linéaire associée muni d’une application de A X E dans A,
à ll. notée (M, x ) - M + _x,telle que le groupe
2. La Composée v 0 u de deux appli- additif de E opère simplement transitive-
cations affines z et v est une application ment sur A, i.e. telle que à (M, x) E A X E
affine et l’application linéaire associée 1 correspond un point N de A et un seul, tel
v 0 L est g 0 f (où f et g désignent les que N = M + x ; et à un couple quelcon-
applications linéaires associées à u et v). que de points (M, N) de A X A, que l’on
3. Les applications linéaires affines désigne sous le nom de bipoint, corres-
bijectives d’un espace affine A dans lui- pond dans E un vecteur .x (appelé opéra-

11
ALGÈBRE

teur de translation de A) et un seul, tel que barycentres des u(. Par définition, les
N = M + .Y. Ce vecteur .Y se note z (k + 1) points ui sont dits affinement
Deux bipoiz ABz CD sont dits équi- indépendant (ou forment une famille affi-
pollents si AB = CD. nement libre) si la dimension de la variété
Soit 0 un point quelconque de A. Le linéaire qu’ils engendrent est égale à k ; si
couple (A, 0) s’appelle espace affine muni cette dimension est inférieure à k, ils sont
de l’origine 0. L’application de A dans E, dits affinement liés.
définie par M - .Y = OM, est une Rep&e afine. On appelle repère affine
bijection qui permet d’identifier l’espace A d’un espace affine A attaché à un espace
muni de l’origine 0 à l’espace vectoriel E. vectoriel E de dimension /r la donnée d’un
Réciproquement, par l’application qui point 0 de A et d’une base 3 de E. Le
a tout couple de vecteurs (.Y,y) de E associe point 0 est l’origine du repère et les
le vecteur x + y, l’ensemble E devient un coordonnées d’un point M sont les com-
espace affine attaché à l’espace vectoriel E. posantes de ?%?Sur la base 3. Ainsi, si :
Le vecteur nul de E s’appelle origine
33= @J,
canonique de l’espace affine E.
Si l’espace E est de dimension finie, on pour 1 < i < rz, et si :
pose dim (A) = dim (E).
vfké tb linéuire ujïne. Un sous-
ensemble A’ CA est appelé variété linéaire
affine (ou variété linéaire) de l’espace les Coordonnées de M sont les .Y,.
affine A si, pour toute famille finie de Géomét~ie ujïne. La géométrie affine
points de A’, tout barycentre de ces points est l’étude des espaces affines et des
appartient à A’. Une condition nécessaire variétés linéaires affines ainsi que des
et suffisante pour qu’une partie non vide A’ invariants par le groupe affine.
de A soit une variété linéaire affine est que,
en prenant un point 0 quelconque dans A’, JACQUES MEYER

l’ensemble des vecteurs G OÙ M 6Z A’,


soit un sous-espace vectoriel E’ de l’espace
vectoriel E auquel est attaché A. Le
sous-espace E’ ne dépend d’ailleurs pas du ALGÈBRE
choix de 0 dans A’. D’autre part, on peut
montrer que la variété linéaire A’ est un
espace affine attaché à E’ (qui est appelé
direction de A’). Si E’ est de dimension L 7 algèbre au sens moderne, à savoir
l’étude des structures algébriques
finie, on pose : dim (A’) = dim (E’). Étant indépendamment de leurs réalisations
donné un sous-ensemble B de A, on concrètes, ne s’est dégagée que très pro-
appelle variété linéaire affine engendrée gressivement au cours du XIX~ siècle, en
par B la plus petite variété linéaire conte- liaison avec le mouvement général d’axio-
nant B : on montre que c’est l’intersection matisation de l’ensemble des mathémati-
de toutes les variétés contenant B. D’autre ques et la préoccupation croissante des
part, la variété linéaire affine engendrée mathématiciens de (( substituer les idées au
par (k + 1) points de A notés (ai), pour calcul )) ; jusqu’alors, le propos essentiel de
1 < i < k + 1, est l’ensemble des l’algèbre avait été la résolution, par des

12
A

f e o d é x ar e q pn lm as u lo cg u p al i t o oé l p
q L t u i e e e p n s en s op f é s t l . cuo r t sea s e oru u
r l é é g e q d sd é s f u ea o e n a c a l u g àé l gc o t g d r
s o é u à c ua g qp li ti a ué en a rn l e;r a sq s b i s g i i ,
p d l rt d e na o h le l o b é g es a m el o aé cn b èn r lo
c a o l m l ne àa m o ds L t u r l u ’ ph t us i i a
i d ên m e tt da gs r ri et r l e om h u a oa s d p
n n qa p o eu t r e u m n i u é uc v a tl r ms xo e t re e ea n
d a é e dn l mt s a e s ra nl d uc’ on l os u rdaa n i i i g
e p s àr t a l ub ed d r e ie b s e é s t s r es d g li e o e t e de a ’t
c q p ê e cu o 5 tt oic u p o r de l v r ue
m Eems ci a o ( t l t uo
s I f i a a l u à tp i m sm r ue n ee au e o an s snd t n n lr t s i
q l Nn N d u oa am ee b t af vs j a p u to c i e l o r hr o t t’
é e a ft s s u ou e l e t u dnd ts e pc n N ( edi e aoC i H é s
m a a G Bn t p e d ol g ch o o e d ao l1 oé u lr e l aa9 nm - ’
v d e 1 a :éG L m n 8 i c a ra 4ta ls et l 7 v apu l jhc ’ e ra
t l o r c e p ea e o s éd ni ls n ré s t u li ms aer u e nem iê
m i ê n d m m d be d a s e é las e t t s e t pel ir , t
d a ie p u ê v al e xq t ( e pl u q u a r c r lep b v u e i de o sasl r
q 1 u ) é m e aa s a pt t . l
T a l do X u so vu u s I li n a t e X oè g ~ gc
d c p é d e r v ’ o e a c l x e o
d i q ea ’ a us b a u it o l x r ug u t i
?+
a S d 1c l mi è 8t e a, s u5 s t e0 h l,
a o d n a un pé g vn nt ga l ee e ra a ct fg i -
t l n d e l ad oc e t o ee t o é i t im o p
l à d ’ s V e a i( a 1 s Lp t vt dr . ga pu eh ei r l a cé
t m ae da l l l u i te a o g r l r g ès i i b,
f a 1a1 p t t 9du 0 ol t r L s ad uad e go a t nr r e n ru r sa
v s d aS y l e a st n ’ L s bte td e g a t seei u he dx r s r tsn n
q m l d u da l e ém i e r ’ t b ao qa ul pu ld s u l ere s l t ge i eg
p d r i o c t p l p io e r a d l m mn . e eu
L d g ’ d e r té to s omot im S uuouu q i o n pndtd
d l p ’ e dr c a é s se é e bp p l : l p’ o t oa o àP e as ac m t rs - i
q ;i p uC n e s a em a t te u é r ui rl r n er v scj oe ôp tsc i eho d
e é p Gn v q e a a ma i u nn r dol d l i mo oan eme ét d l nit n ês
l d ’l t d aé i a h Pe nq m e é H P se su pa t po . d o nq al o ur i
c n v j e u or e a o t d n tô ns u t d a gi l os p e e e n rode ten r r s ona
p t l dr o d e m oe u e s ac m s l g ss nt a qsa ac é p p he r uei o o
t e p i e e nm h q qt n é sy e u uC c as i l ae fa e p a ni lul s an p
t L t i d em r q e s as a pu s q t i sv d oe su hè ef a é .u o
a s l l n ua el o a r l s e cm n b g m eb o s é a t r
s à l e d l ’ d r ce ’ o Ae o o é r xs u n rg t i e iu n t pr u
e d a t ce n e ocs ne t m me den l d m us c ’ as o e nuo

1
ALGÈBRE

interne (,Y, y) - X*y associative [c’est-à- entiers modula un entier m ou le groupe


dire @*y)+.~ = .X+X)] telle qu’il existe un multiplicatif des racines w-ièmes de l’unité
élément privilégié e, appelé élément neu- dans le corps des nombres complexes, mais
tre, tel que .5t2 = e*X = .Xet telle que tout la notion de groupe n’apparaît pas formu-
élément ait un inverse (c’est-i-dire pour lée avec netteté avant Cauchy. En 1830,
tout .X il existe un élément y tel que dans ses travaux sur la résolubilité des
,~*y = JXX = e). Un tel groupe est dit équations algébriques, Galois ramène
abélien, ou commutatif, si .~*y = y*x. l’étude d’une telle équation à celle du
Les ensembles usuels de nombres groupe (fini) de permutations de ses raci-
(entiers relatifs, nombres rationnels, nom- nes ; à ce propos, l’auteur introduit les
bres complexes) sont des groupes abéliens notions fondamentales de sous-groupe dis-
pour l’addition ; les ensembles des nom- tingué et de suite normale. Les groupes
bres rationnels non nuls, ou réels non nuls, finis, et plus précisément les groupes de
sont des groupes abéliens pour la multi- permutations, vont être l’objet presque
plication. Un important exemple de exclusif de la théorie des groupes pendant
groupe non commutatif est celui des trans- de nombreuses années ; les résultats les
formations de notre espace usuel i trois plus profonds obtenus dans ce domaine au
dimensions qui conservent la distance de XIX~siècle sont ceux de Jordan (Trait& des
deux points (ce sont les déplacements). substitutions et des iquutions ulgkbriques,
Elles constituent un groupe non abélien si Paris, 1870) et de Sylow sur la structure des
on convient que le produit S 17 de deux groupes finis. Beaucoup plus récemment,
transformations S et 7 est la transforma- en liaison avec des préoccupations d’arith-
tion obtenue en effectuant successivement métique et de géométrie algébrique, la
la transformation T puis la transforma- théorie des groupes finis a connu un
tion S. nouvel essor; les découvertes les plus
spectaculaires de ces dernières années sont
les groupes finis surtout relatives aux caractères et aux
Le premier exemple de groupe formé représentations linéaires de ces groupes :
d’éléments de nature assez différente de travaux de Brauer, Chevalley, Feit-
celle des nombres est fourni par les travaux Thomson, Novikov (cf. GROUPES FINISet
de Gauss sur les formes quadratiques représentation linéaire des GROUPES).
u.$ + ~.KY+ c_$, OÙu, b, c sont des entiers
relatifs premiers entre eux. Deux telles Groupes et géométrie
formes étant dites équivalentes si l’on C’est à Jordan que remonte la première
passe de l’une à l’autre par un changement étude de groupes contenant une infinité
de variable ,Y’= ~.y + qy et y’ = IX + ~y, d’éléments, notion qui allait prendre une
OÙ~, q, r, s sont des entiers relatifs tels que importance considérable durant la deu-
ps - qr = 1, Gauss définit sur l’ensemble xième moitié du XIX~siècle. En liaison avec
des classes de formes, de discriminant le renouveau des études géométriques et
D = @ ~ 4 UC donné, une loi de compo- les préoccupations axiomatiques de cette
sition qui en fait un groupe abélien fini. époque, la notion de groupe de transfor-
Dans ses Disquisitiones urithmeticue de mation va prendre un essor considérable
180 1, Gauss rencontre également d’autres avec l’étude systématique des invariants
groupes finis tels que le groupe additif des d’un tel groupe, i.e. l’étude des propriétés

14
A

q n s p m u e o p al t o i n a n se r d d t r o s a i a’ p t t sn f i r
m d g a A u dr tn i v ao ai o ln d a nu ov t es dé ll sp ner s
e u à t s d s rl pa i u m oe an m e ea ési cg e l l f nt qsv el tn
e l d n ts e pi c e po s u sa ht s an n ts pao e t rte au onun nr l n
d l aé e l r e np d t e d a s gl e s ’Cp al( i i e p Nec( d
l r oi ep u nn s dsa g n gv i i ter r e aua m cs es ào l l er i o
l l n i d p a o t oe la tt u du lar r hi d e ala e éo d e il
n d c a s ’ i o t po u n g n u q a n e n vl r r i r u r et s le aao e q d e i t
u t n lr r e ida gé dnen m rg i eéss a o(u sà af
c C o F K d’ o s . l d ae hr o e é nsà udo gn i df ts nom r
c ( p é d ( r l) d ’ o L èt) e Ep g e rb, s l rgr r s ar u a
1 q d 8 u up é g 7 n ir ag é 2m e i é va n l, i n n v ag d é’ s
q n é u os nu ef u o Nogn o csu e ; sous
nr N r ol s oc d m n’
v vo e i al : l t nS L geo d as é t. i putn e d e É lC u e uet e s
d d e o e d’ gs n dt ’u c rp n n e a un eê oa lo gé l dn t t udcet e l
t ro s c ape u t e nsé L p r ch t spr de l m eé faa es u
d u ( g é )n q ( eé lf ) e uq so c ’i , iu tm : ol ént d e g éan tih
d p qe rr i us eo p n d Li ( sp G e v e - G i cRt r ds La eOr f e i
l a o l t p r e dr tp sq s ual al d qu g ’n ni c e ue r es
g A l gr i m a éo( n éq cour s àtu l t ompe d i gr ea h n ées e
a r p f ee Lr f d s s a ’o i e q pat l é j d n s u . d g a t e ’ e i
p i r p l ng oo a e cvr pr e rg aao art n é true e l ih o
g ( a or rp f en ec e r t f t amse s o hd i n l opt p j ée n o d.t .
t c hu l o c én aq n o o nu s m r gi t m i a
e à l f ln g a o e eg é i u sl o s c o m l b é
n e n e e t co u às c on c e n l t s i t
2 l o . e r s i
é ( Gp C RO Gf L Oq É.
A UL OS PK MS E ÉI
d l c e ’ o a
T ;l t R d l r a hI a e aa e E é l t )l o l t a r a i t
l s l ’g uc a a é à ro t o n t m s e é
p d g ad L u r q j re ou oC u o et a rn uo i u it ne pr er nn
r e d ô l ts qa l e hs L un e sd ée c ’ e as d ae on o ét t n e ns rt r
L t d K e ar é e l s la s go e dlv o l art i aaad nl e l ir n in
m e é el n n vd g ta o ai e r t d t x ld ss o r p ui r le i ue r o
i : e 1s K d n 8o q l cé d 7mK u e eK c e 7ou e D i uor e , rm ne
l g d p e r de re od eH ar A u ed s i l cmm u p é sl e i ui o e p
l d c ’ d u ei s é e e sn uq g l s t tq bu d ré a s h u s a e
t i i a g d d e t u r pe el l tr o a un sa l ha d u rn it e én e
f d po r u o ra éa lm p q g ld y pa d ru u gé è et e e
i ; b qc t i uo c e re es ea c t en da tuFh h l ; p eè t en é
n d g o i e r at és t o ii to e j a u tlo ém t ucr p ’n o
U p G te m a G a d it dê r ap l a l l em g uoo nai a s e é sr ai é ssl o
c p e a na s l sf ’ r é o l o a ut s g u de r pin e o a s ’ m pce s
g q c éé uE f e cnpn ’ n aLt neéo’ d à i ta dor qe s’ f t e ét a us oa
q b pu re l qe éla a u u l acau b C s e e enc p s e o s m ao

1
ALGÈBRE

p ld ae nl smaniement e d en o sm b r e s e n t i e r s n o m b r e s algébriques ; c s eo nd t e c so r p s
r e l a t i fes d tepolynômes
s : u a n n e a eu us t n Q ( Oo b) t e n u sd l ef aa ç os un i v a n t e: s ( ei1 s 3 t
ensemble m u nd i d ee ul xo di sc oem p o s i - u nno m b r ecomplexe r a c i n de ’ u n ée q u a -
t i oi nnt e r n e s: t i of (n . = ~ )0 d d ee g r né a ,coefficients
e n t i e r s irréductible
, s u l r c eo r p Qs d e s
n o m b r e s rationnels, o an p p e l l e Q ( O )
a p p e l é e s a d d i t i o ne multiplication
t r e s p e c - l’ensemble, q ue isu tc no r p sd , en osm b r e s
tivement, t e l l qe s ul ep r ae m i è r e s o ui tnl eo complexes i u + 0a , + 0 + u , ~ _ , @ ’ o ù
d g er o u p ea b é h e ne q t u l es eac o n d e s o i tl eu ss io nd t e n osm b r e s rationnels q u e l -
associative ( L (e x . y = ) z x ( y z :) o) i m n p o s e conques.
d p e l ul seconditions s suivantes d d ei s t r i - T o ul s ec os r pd s n oe m b r e s algébriques
b u t i v i t ée n t rl e ed es ul xo :i s s o nd t esous-corps
s d c uo r pd s en osm b r e s
complexes ; reprenant u n i ed éd eC ea u c h y
q u définissait
i l e n os m b r e s complexes
p o ux ry ,2 quelconques
, d a nl’anneau.
s 1 1c o m m ec l a s s erésiduelles
s d polynômes
e à
e scommode t d s uep p o s e r l’existence d ’ u n coefficients r é e lms o d u l o l polynôme e
é l é m e n tu n i pt éo ul rmultiplication.
a L o r s - J + ? l Kronecker , d o n n e ,e 1n 8 8 2l , e s
q u ec o, m m ed a n l s c e a d s e n os m b r e s p r e m i e r s exemples d c eo r p( sn ot r ni v i a u x )
rationnels p a e xr e m p l e , l’ensemble d e sd é f i n i abstraitement s e mno n t r a n t q u e ,
é l é m e n t sd i s t i n c t sd l’élément
e n e u t rpe o u r a v eL c notations e s ci-dessus, l c oe r pQs ( O )
l p r ae m i e r e l o( n io 0t ée ) su tg nr o u p pe o u r e sisomorphe t a c uo r pds e c lsa s s e rs é s i -
l s eac o n d el o o i d, n qi tu l ’ ae m r e a u e su t n d u e l l eds polynômes e à coefficients r a t i o n -
c o r p Is . co iconsidérera
n seulement l c e a sn e lm so d u l ol polynôme e Y ( X )V . e rl s a
o l ù multiplication
a e scommutative,
t e n m ê m éep o q u e ,Dedekind e Wt e b e fr o n t
renvoyant a l f a id nc hu a p i t r e3 l c e an so n r e n t r edr a nl st haé o r i de ec os r pl s c ae l c u l
commutatif. d econgruences
s m o d u l ou n no m b r ep r e -
m i e( mr e t t a n t a i n es i é nv i d e n c e l ep sr e -
L ta h é o r i e d e c so r p s m i e rc so r pf si n ids é, jé tàu d i é ps aG ar l o i s )
L e p rse m i e r s exemples d c eo r pns o t nr i e- d ot n n e n t u n p ree m i è r e e s q u i s s e d ’ u n e
v i a uox né ttintroduits é p al rt haé o r i de e st h é o r i axiomatique
e d ec os r p s .
équations. L e t r sa v a u xd Gea u s as v a i e n t À l f a id nXu I X s i ~è c l el , eexemples
s d e
famiharisé l e mathématiciens
s a v e l c ec o r pd sé f i n iabstraitement
s v o ns t m eu l t i -
maniement d e n os m b r e s complexes e tp l i e Ir . f la uc it t es ur r t o u tl e c os r p ds e
A b e l ,p u i G s a l o i s , d é g a g e n t l ’ i d é e n o m b r e sp-adiques, introduits p a H er n s e l
d’adjonction : i lconsidèrent
s l e c os r p s e d to nl’importance t d a nd s nombreuses
e
engendrés p al rer a csi n eos l uecoefficients s b r a n c h e s d emathématiques
s e sc o nt s i d é -
(indéterminés) d ’ u n éeq u a t i o n m a i se , n r a b l ee , l t e c os r p ds s eé r i eformelles, s
f a i s t c, i ea ust e u r sdéfinissent a v ep cr é c i - introduits p aVéronèse r e l i na i s oan v ed c e s
s i ol’appartenance
n d ’ u nq eu a n t i t éà u t n e préoccupations
l d géométrie
e algébrique.
c o r p si , nl considèrent
se p aexplicitement
s T o uc s eexemples s a l l a i e n ct o n d u i r e S t e i -
l’ensemble a i n constitué. s i I f al au t tte n d r e n i t ez , 1 n9 1 0à ,développer systématique-
Dedekind ( q iun t ir o d u i tl m e oc ot r p sp ) o u r m e n l t t ha é o r i ed e c so r p es d t l ee u r s
u n é et u dsystématique
e d c ee r t a i n sc o r p s extensions s o ul s f oa r m qeu ’ e l l pe o s s è d e
d ’ u t n y p a es s e gzé n é r a l , l e c os r p ds e actuellement.

1 6
ALGÈBRE

la théorie des idéaux d l t é d F e h d m de e é


Àl d l t ’ d ea a h o o e t n n é r n sc r n o o i aè e mr g
t e r ds r o d e s e L u de s eK c ’ ve e e nugh i L es n
t d n h E 1e 1o G é a n 8s s, m a o v: s 3. u bué r a o d Yl in r sl i i i e
é a ap t dm s c r ér e e e é Z o[ q e a n s ld cp d uc d é èe ]od é i h m ,
c s l r h ub e é e àri fs s s s qp é s i o :u o r i d i a
é d p t d ed r u d e si o d a v p i n i r e s
l Z d s’ e d[ G e aDnd l e; a s n t e a ] u ni s ee
f a + ! c oe 1 e J r i rt e n où; le mé t t _ , e_l _le . i s Y t saY éY Y e
iz = ~ 1; i a C lu v p o p n a a ;no s r e i d r p sn q u c e d t e f l t u p
a a l pn vc e ra eod s ol nc ré d po p s erc i rg a
t d l Z ed ee ’ r se nc a pa u s éte n at i n li n K ri n ée e
q s d u l’ l ma i ee a d on qx n pé rds up g lem é ee ’l a
p l f q ca de a a u er s e i nm e sn o u n t nde l o n x u c ene ’ n t l
p L t r d K e r i s l e uc s a nou e d m o n v c bre ’ m mmo a i jn
g t dr F h a ea f e é d l nm a r o ’l e dudi m r l ua lt lar a è
a d ap p e l np l o ds e n a a ue é f s e r p rn c aqe a a r
s e s i t sd o t ; ir tci u f u d lè d ef m vo a éu s e ftA a e i t f n
s d a ’ c e n a a y s pn t g i c
é o s #o 0 d l Z [ u a s ut s eoé
e i n l
d :p é ué n tp nf eo < ia r (i tms d mne xn eb d ém atm )i rr e
é u r t p n ap a r d e u c - ne i ef n i ip t n m a ( i i nèr D i c(
l o a ’ Z [ nl p u q < ’ m p cn fu ] e ape e i ai n sn i rl p st c e
f u a od c n n reh o nn msn m l eé i eéd cb e acm é ae em
r a c ee od p sn dee m u dt l e f ie Z [ ie; d’ fm sn uc e ea i
5 C o l. s o l t n e a m d e éh pi em dlé l rt Ze [ neéo ’ p e, I
F a qe l r f : ur a e f e m l i a a r t
n pé i u X on c m nt
i H p d L r d é d’ e
d éd r ci e
e i p s . m1 z e o n t Yn p’ n u o ,u o. t rn ls i ss
c p . si oa Y: i’- e ui
e e s t o né àu t ; pe uf t g pr n ai a éo ie l ri tr
d ( n i e ( ) op,, p2, p3, d p4 s t )m
o v f na o au s b u i à ce e o ’ t iu r o lt n n
q : u e
é c i t e p mp pa t o p rb t u o eh e r s mr
> 3 I e p . q l sl ( r d u at (( o é = e @ XP=b m P 2 l 3I a o ) P P
t Hd F iu ei e ot l mr ni e p@m = P l G l 3a =l P i 4
f e d a l rc g a i eq ra é n t u os n s , e n é , é
e l d d t e e d éx s s u: e c ’
c d l o Z at é’ m d . on al m e us én e t m
n
l Z [ s ’ d m Q ’uuiqw a e (à a é n &) = n c = nP i P lr e è
u é i n ld l n péa ’ v r mn a e è es n r s n
q d s u i p l e i df a ’
c p do r p ’m E o r ém n d e l e u m é
f a c
1 a h 8a dp u K 4n ’ r i u 5s eè t m , f s m f
L n d ad o a ’ s ’ t n
e i sn n( n i e t( )o d s r jm é o b a d r
g a q r e s d p umo s t d a
( a mq p d d au p e i i’ e s v no l i tn
r c cpe au o)éa i aq n b~l t
d ~r u
é c l l op u d le m
d d t ai ca e nv e yi l s ni a é
t cm i ’ es e tl n
ls a a ai n éi

1
ALGÈBRE

les travaux de Kummer, par Dedekind algébriques d’un corps K de nombres


dans le cas des anneaux d’entiers algébri- algébriques forment un anneau, que Dede-
ques (cf. i@u). Dedekind montra que les kind appelle un ordre (le mot anneau est
N nombres idéaux N peuvent être représen- de Hilbert). Dans un théorème célèbre et
tés par les idéaux de l’anneau, donnant profond, Dirichlet décrit complètement le
ainsi un exemple de loi de composition groupe multiplicatif des éléments inversi-
entre ensembles d’éléments. En général, bles de l’anneau des entiers d’un corps de
un idéal n’est pas inversible pour la loi de nombres algébriques et ce résuhat a
composition ainsi définie ; par symétrisa- d’importantes applications arithmétiques,
tion de cette loi, on introduit les idéaux notamment dans l’étude des représenta-
fractionnaires qui sont importants en théo- tions des nombres entiers par des formes
rie des nombres et en géométrie algébri- quadratiques.
que. Plus généralement, si A est un anneau
Les anneaux auxquels on peut généra- contenu dans un corps K, on peut définir
liser la théorie de Kummer ont été étudiés les éléments du corps qui sont entiers sur
systématiquement à l’époque contempo- A ; un tel anneau A est dit (( intégralement
raine, conduisant à la notion générale clos )) s’il est égal à l’ensemble des éléments
d’anneau de Dedekind. Un outil essentiel de son corps des fractions qui sont entiers
est ici la notion de valuation d’un corps sur lui. Ces anneaux ont pris une grande
introduite sous forme générale par Krull importance en géométrie algébrique
en 193 1 mais déjà Utilisée antérieurement contemporaine depuis que Zariski et ses
dans des cas particuliers, par Ostrowski élèves ont mis en évidence l’intérêt des
notamment ; les idéaux premiers d’un variétés algébriques dites normales, qui
anneau de Dedekind sont en correspon- possèdent la propriété qu’en chacun de
dance biunivoque avec les classes de vahta- leurs points l’anneau des fonctions ration-
tions équivalentes du corps des fractions nelles définies en ce point est intégralement
de cet anneau. clos.

Éléments entiers Géométrie algébrique


L’étude arithmétique systématique des et algèbre commutative
corps de nombres algébriques n’était pos- Il n’est pas question même d’esquisser ici
sible qu’en introduisant une notion d’éié- l’histoire de la geometrie algÇbrique, qui
ment entier jouant, pour un tel corps, le était au départ l’étude des courbes algé-
même rôle que les entiers usuels pour le briques, et qui, sous sa forme actuelle, la
corps des nombres rationnels. Les progrès théorie des schémas, due au mathémati-
dans ce domaine furent réalisés à peu près cien français A. Grothendieck, est devenue
simuhanément et indépendamment par une des branches les plus abstraites et les
Kronecker et Dedekind pendant la plus vivantes des mathématiques contem-
seconde moitié du xtxe siècle. La notion poraines ; nous essayerons seulement de
d’entier ulgkbrique est due à Dedekind : un montrer, de manière d’ailleurs bien incom-
nombre complexe est un entier algébrique plète, comment les premiers besoins de
s’il est racine d’un polynôme à coefficients cette science ont conduit à l’introduction et
entiers rationnels dont le coefficient du à l’étude axiomatique de nouveaux types
terme dominant est égal à 1 ; les entiers d’anneaux.

18
ALGÈBRE

À l l p ’ d l ge r o e da é od rt o o dpe ( ihd n m eos ( gé


a é e l t l sg d ta ’ Ns éd e i i i ée e ibe s d ot tnd n nrs é
c d l po p a ce l u r e n n o a r n o t so m q n db o j t up l ée ue
l t d Gaf h ae o é 1 cl s dn co 1a ga ( d ec er , r éd ( p é t t i t
d p Wé e a R ev à mt r i )i e; c A a e )e l C f Ï i m ~r o .
p d t da ee Jr ur’ st a S ttA p t cv i ii qb o l ne oag d lr ue u a
p u r d mn et e éi d sr sd qt i i qa id l hugm s un re
c A Re e D v in l t t e a ed e a ér cdc l ma ti aeog an
c d s ep ’s l e n o d iu m’ tp r e dnr a a rcot s et n nt t eoue sé
f r o p a dn a gt éc e e ér éi d fm t t s t a no e i i a t ou
( àl ;l s m ’ e ad a i d cs ué at n a e fc nh f n s o né i
v a q l rp l gu e er o ée s no r o tp s m r
d l c s r e a od c e ae eua Anneaux e nf locaux
t r n ett localisation
ln bs èe e
q l d cu a’ ee ele né L t ’s Z nt d n’ é r , ue e oa d t a, da s
g v éd p o oe a l dn m i ne ét p éd r ’p n ua ti .
H d s t i s a l ae r l unn e ns pa b pr oso s l n rv e d , gmu ’ e ea r e
d p àp e o v l d l a d f u é y h r e o s g dn o i u v n i a aô l a
l f i qe a t m l i u d i oc pe nd de elt ue os adé p e ’c ss r gua p l oo t
a s e n p o u nn n f a n ns og ue i p r t è m ec na n r : i d e nbo eu i o
d C ’c de j éo u esi n l nd c a n d qi é de e e d n é d tumi s t i
a p lu g r i ln r e l m a e aq nc’ p i t t nu l daoa o e o di e
a l t vd l e m r ee a s a a i dc t dvd l i ( h eaél ’ p s d
a E N l q v . o1 l é u em e9 ce tc i lr i t2 am u’d , n’s e h0 s a -ee
d s i yc a ( e se n r a dts nl an p éo e eed t u p mn s
a a c n n t L o p pn s u qa el ad e a e u tle sré ea n l e h
g a é s lp o ’ dg r l m s é c aé lo e eé t d a gnb’g ct a e
m d ep é l p ne b d a f r t n ca e o e q d s or s nm à u a ’ nr
m d x s o d t u xh i i es o cly è t Du u m ’ p c g i er t oa oa o l é é e n
l c d b ee l o n e da s t a r a aes i l p t t nase n op s u o nn c g c o r u
t o p d dé n 1e ei es q 9u p nr p, ue o4t ér ev cu eat n0 to ,is ei n
t r r o a é a e nu u s n f l oat x u n; ol a eb d cl e ’rn t ts e te
r au i i n( g n e ~ e( éet q n i1 osee up s n tm t rn l’a c
d c c Da ec ao dna e dar ’ns d gt rnd d fis e e (enr e od r
s p e i u r a x gi n é rn e dm n se m o iaap u l q up flno
t :b q l ta id K u a h nn s ee u el r é te o n d m’ l et o i d a vom a nh r t e
p v p l a a d op ’ s l à e a uo a a d s l rl n o b ia gy n u l fn
n v s u ca K o u p n co r , nEr el er i a l nn ui dp a vv a o dat ees b ae
d a à t a i s d c ao n d us e ue nud t aé no nt nate d pa éc S e e s é pl ti
e b dn di és p c’e t e ru a in e e m en i u d- xr b - m
m e c d ci i t e p e ee qd u dr sr ulé x ’ee c s oia p asm l o cu
s m c o i a o cn n a u r ot d vi n x :r um es am n eAnp o l a
s i a d lr n d e ’r d c t é Keé q ’ e ode f , ndd u uK s e ri s i sue
d K p l a ’ d a p’ n d l e r aoa us ae s pl nd v n n d py K ne sa n
l P a ’ o pa i i ie n er p l c t dn . # 0u qo l ni o éc X tpuu eà’ Au ao

19
ALGÈBRE

son inverse x appartient à A ; ces anneaux début du XIX~ siècle dans l’enseignement
correspondent à l’ensemble des éléments élémentaire et négligée des mathémati-
de K OÙ une valuation de K prend des tiens, lorsqu’une axiomatisation convena-
valeurs supérieures à 1. ble montra la puissance des notions nou-
Reprenons l’exemple de l’anneau ZwJ velles ainsi mises en évidence. Sous sa
ci-dessus pour expliquer dans un cas parti- forme actuelle, l’algèbre linéaire est une
culier la méthode générzdle de localisation. remarquable synthèse conduisant à un
Considérons une équation diophantienne : vocabulaire et à des résultats qui s’appli-
P(x,, . . . . X”) = 0, quent presque universellement dans tous
les domaines des mathématiques et de la
OÙ P est un polynôme à coefficients entiers physique contemporaine, tandis que le
rationnels. Pour trouver les solutions entiè- processus de (( linéarisation N apparaît
res de cette équation, on peut d’abord cher- comme essentiel dans de nombreuses bran-
cher les solutions qui appartiennent au ches des mathématiques pures et appli-
corps des quotients Q de l’anneau Z, puis, quées. La notion fondamentale est ici celle
dans une seconde étape, les solutions d’espace vectoriel ; elle généralise les pro-
rationnelles dont le dénominateur n’est pas priétés de l’ensemble des vecteurs de notre
divisible par un nombre premier p, i. e. les
espace à trois dimensions. Un espuce
solutions qui appartiennent à l’anneau Ztil,
vectorie/ E sur un corps K est un ensemble
appelé l’anneau local de Z qui correspond
d’éléments, appelés (( vecteurs F), muni
au nombre premier p Bien entendu, si.
d’une loi de groupe abélien notée additi-
l’équation considérée à une solution dans
vement et d’une loi externe qui à tout
Z, cette solution appartiendra à tous les
couple (a, x) d’un élément a du corps K et
anneaux locaux Zwj. Dans le cas d’un
d’un vecteur ,Y de E fait correspondre un
anneau général A, on peut de même résou-
vecteur u.,~ de E de telle sorte que l’on ait :
dre le problème posé dans les anneaux
locaux correspondant aux idéaux premiers = (ub).x, pour u, b dans K et x dans E;
u.(b.x)
lx = x, pou tout x de E (1 est l’élément neutre
de l’anneau. La résolubilité de l’équation de K pour la multiplication) ;
dans chacun des anneaux locaux (locahsa- (u + b .x = u.x + b) ~IJW a, b dans
. K et x x
tion) est une condition nécessaire d’exis- dans E;

tence d’une solution dans l’anneau A. a.(.~ + y) = IZX + b.y, pour L dans K et x, y dans
E.
l,‘étude de la suffisance de ces conditions
(en nombre infini dans le cas général) Les applications d’un tel espace vecto-
s’appelle la globalisation ; signalons tout de riel E dans un autre qui respectent la
suite qu’en général la globalisation n’est pas structure d’espace vectoriel, i.e. telles que :
possible sous la forme indiquée ci-dessus.

pour a dans K et x, _Vdans E, sont dites


3. L’algèbre linéaire et les origines linéaires.
de l’algèbre non commutative Une aZgèbre E sur un corps K est un
K-espace vectoriel E muni d’un N pro-
Structures linéaires duit N qui est une loi E X E -+ E hnéaire
L’étude des équations et systèmes d’équa- par rapport à chaque facteur (on dit
tions du premier degré était reléguée au bilinéaire). Si cette loi est associative,

20
ALGÈBRE

et admet un élément unité, on a une depuis le XVIII~ siècle et que Grassmann


structure d’anneau. avait rattachés à son calcul extérieur. Les
Par exemple, les nombres complexes concepts généraux d’algèbre linéaire et
forment une algèbre sur le corps des multilinéaire relatifs aux espaces vectoriels
nombres réels. de dimension finie sont précisés rapide-
ment et on assiste successivement à l’éla-
Espaces de dimension finie boration du calcul matriciel par Cayley et
La représentahon géométrique des nom- à l’introduction du produit tensoriel par
bres complexes introduite par Argand Kronecker ; cependant tous les travaux des
l’avait amené implicitement à définir mathématiciens de cette époque restent
l’addition des vecteurs du plan ; plus géné- truffés d’hallucinants calculs OÙ les déter-
raIement, la nécessité d’un calcul de nature minants jouent un rôle essentiel et le
(( géométrique )), ou (( intrinsèque )) (i.6~ caractère intrinsèque des éléments qui
indépendant du choix du système d’axes de interviennent est souvent peu visible.
Coordonnées), allait conduire Grassmann, En liaison avec le renouveau de la
M6bius et Hamilton à dégager durant la géométrie, la notion de dualité se dégage
première moitité du XIX~siècle, les règles peu i peu pour les espaces vectoriels,
du calcul vectoriel et, presque simultané- mettant en évidence la notion de variables
ment, à généraliser les propriétés de u cogrédientes N ou (( contragrédientes )),
l’espace <(usuel N à deux ou trois dimen- c’est-à-dire variant dans un espace vecto-
sions en introduisant des espaces de rie1 ou dans l’espace vectoriel dual. L’étude
dimension supérieure. Ces derniers appa- des coniques et des quadriques, ainsi que
raissent tout d’abord comme un langage de nombreuses recherches arithmétiques
géométrique commode pour interpréter avaient mis en vedette les formes quadra-
des résultats algébriques valables sans tiques à 2, 3 puis n variables et les formes
modification pour un nombre quelconque bilinéaires qui leur sont associées ; la
de variables et susceptibles d’une interpré- théorie des invariants, créée par Cayiey,
tation géométrique dans le cas de deux ou Hermite et Sylvester, introduit systémati-
trois variables. Grassmann définit, de quement des formes multilinéaires à plu-
manière déjà presque axiomatique, les sieurs séries de variables cogrédientes et
espaces h n dimensions, l’addition des contragrédientes, ce qui, aux notations
vecteurs, l’indépendance d’un système de près, revient à définir des tenseurs. En
vecteurs, étudie la dimension des sous- liaison avec la géométrie différentielle, ces
espaces vectoriels, sans recours aux coor- travaux allaient conduire, au début du
données, et construit l’algèbre extérieure XX~siècle, Ricci et Levi-Civita à construire
d’un espace vectoriel. Dans ce cadre allait le calcul tensoriel et Poincaré et É. Cartan
s’insérer tout naturellement l’étude géné- le calcul différentiel extérieur, issu direc-
rale des systèmes d’équations linéaires : la tement de la multiplication extérieure de
notion de rang d’un tel système est dégagée Grassmann.
par Frobenius et les résultats généraux
sont obtenus par Kronecker : en liaison Axiomatisation
avec ces préoccupations, Kronecker et de l’algèbre linéaire
Weierstrass donneront une définition axio- Dès 1888, Peano avait donné une défini-
matique des déterminants, déjà connus tien axiomatique des espaces vectoriels

21
ALGÈBRE

g ( l cé d ns e on r e uol r éé e s érm i pr e nd mlnb sa l t’


e d a tle p d c ies p L a e ns h l n’ s e épno i s as s aa om c e
c m c l e aq ’f ’ ls p i u eod a e, ll s i seue n s d’u l t tsr v a eos a o
i e m d x v p ’ a e e o em le m vc r sf a gs p det t pé i
d d i e ie c n à s mt o n f a ae n os i id un md em n se ts au
t l P do l a o l eu ’ À rq i c t a t u n ; osous e ll f é e aé n ga o
p d r r s e le é o u m ec q pq lr osah d u o u H u C n t e o ae s e . i a
d e si l é t uf a e qE rf uc s sui té e xeé cla 1or s tg
d p é H a i r i 1 rl n i d l l t t’ t d v ec b a h io r a e é a e é
l d x s ’ l cu x ie a ed é l’ ès u e l i cp b è e la e b
S e u cs t t hyd i ms e l it s i dé
t l e p é i l c oo t Algèbres
n e h pnu c u é s n éor o d a i -n m
r d c ae a( ee t s d nc L std e p ed l sf e pé un a ce ’ . s ab ro c o a
H e c I T t é L’ d H o B l ae e ei E é è ps Rp
l l i t vl pt T bl i i r .e
q d l d u o d ae é iv n ’ t s f d le n u li p i e ’cL e n ioHa n at o
r s u c qi u n oe é ue à cr trt t c el e u nop e o l c s n onls +n nLc o
e d n s r e o d p é c m ’ au c s oo b a cn ( o u/ d mrn r l e u u lI
l e c i q n so in u bon rn é l ’ o rns éd a d e i p ette deé i ’ s l é
d d l t a d eda h n ee é m é t s t et u od t s c ne l ér e e o tr
s s s u q a l u b e u cn ’ pq s s s de es e pdu i co t éu l s s oui s an ds
d d f e Qi ai pm
u l n nn lee c e n i o iuln c o s ée em lsqs h m
t B a a é a s l r t n dy l d u u a m és a , d nc c u ft i i eo h
m l o e l e p e l dn i s éS t é a ut n l pr I t a éd e c ra e d l au s o o
d l e av e s d f ne s pn e o sc c ao àn d t o( t cmN oc e o m( e
( 54 t qc ) aE N uf e , n.G q o .’ t) c d u e A i d) ’s i a t r e, ey
K a m r e lé e l uc n l v d t t e la o aqi e rnt lr u irud poor a eéae
t p e è r l n d r l e i c t e e ’ us n ao i ja qn é p l n è l ol ue a o
b m r o e d r d el o i t ed r’ t lr i ne
A l c ’ oo s é m nn r ’ qp l ê n t ô e uoc e m o e l s eqo
a d l pq ye a ’ à ge u v ip l ér r ’ anpo e ndçoic 0i tlu C s écutl e
l l n d i a vo ’ es r et a eqne e c ci i svur mlo to l n q pe’ -Xn on
p l c d lb p e uo a e a a ( a nrt m c s pp r pee ~ a edra c srdx c l n es o
n cé d oc m é me n u f p m s c ’ l i a su o e
a l n d im a o( le cn o n td C e eas de o i a d’ g nsi us n osn ede é ls nas
c i f od dl a m mi v e u oe m s i e s t dnp tu n e r l uai t t x
àd e àg r L t da m o ’ b eu o i é q i sH c d t t f ua q ha ; u e u u em
s f a o so é b u s ’r pd s s lo e m f aqé t p eu s ade nug r u e s t i é
l d S ’M He C . ia e s. a n c d t t s ruf Le’ v r u t nl asa e
S E p .a i à u o b bl d n du r o e f eee ird a un l i ( t n mod n t b an (
n d l o l e ’ h u ’ ma o v a N d ul ém e l d e lgb l o l g ’
q i d u s d i p e s e L r rm , ua s e e od a d el n s c bo t el o
p p l t o aa a o es d l r a p teé o g du o xs n é c ’ t l e to b o
l b p e el u r d q s ’ t o i e t u t m é ù nc s in e qta ce1 v’ s q uui i 8
i d nr d d e te eB é Ps el d u. p i d ra o a n ee é vt n x

2 2
ALGÈBRE

q e i l un t n f e e o t os s t q r gnu i uc o édi d l o ie d
r a a
e d du f l f e ; i xl g a i d vm o è d t n ’l e ee n b da i i ue s
d p l
t’ da L e ( r ad s er di s e a ue of t : ei t v t ni , m ar n
é à p dc a r q peo l o ua i osl =g 0 s p e si) / re è s i xot= e0 ;_ t) b i
s n a do o lln énf m a l o bl Ilg,x o + y Il<aIlxt 11 + Il yan11,pour ,Y,i J’
i quel- gd
m d r e e É. e C a na t ca d t dl E ;or i ala nt c lan
m e é e l r n ev t je ô si c) l~a.~~~
t o =f 1a 1~I.Y~I,
sd p r ua de ee e o. e é a
K
p l a sa e l U er a s g d n E m(u 1e è i a l ve . i1t a s bc n ao al - ~r b t
a t ip dr l mp mèe ’ pl d n os r a oiou c o d éa l cur o m
n c o e ol r n s ma e L c t m p da o ( uf r ’ n (
h d g n e a e r d é t l s n o ) é a( g e u d) v ci è v l p ’ e r’ b
p d 1 à 1 é p e F8 9 eB a r9 d 1 l u ré o6 o s 0e rd l fb n o s neé
s e S i t c d h m de nu u c ’ o re nd o u r
n u d o u e n e du l e s s et
c o n
4. Algèbre topologique L t d e a h v e sn é e
m s C é ’d 1 o à s 1 ee 9 n
L c d ao o a e p n a l s é t p ge i er i l p ét c na n
e d c s d’ l o t c au ’ d uH l nas j a eu r ri ah sa o n nc a ôl si g u
q : d l du de X e s é e e up Id i b H n u aXé d è u d i x i s ur~ é fc t ul x s
l a l i v d ’ n a e ae i o i à i c m s n u ds nn e t dv eo to
ê m t c a p r h o t c l e a n h d o u s s u sl ié n ds u t i’ m f
l m e aa r s lt s e ( ldh n u n . r aeét o iq c l xé im
e
d d n a p e o d n r m e as o b t b r u l
V d e a m e nd nr u s s s’ oi . n s éeuc ét Y i oe rém no ie ; s i
Z
d c eed ol d c t e no e o vi m es p r
( c p (c o n od c e n o l uce o t t td na ro nt i a ie o n ve n po
g D C m e f . e da l n r l er ’ c Qé i ai a e puq t n nav l l eu
e d l t t ae ca o à é o p1 t Sn o9 Fu cd e l0R rd hu
a xc s i ie i g n os t l l é d
t m u l g e a n d e
r a aa é
s a d n a is e o t n u nt e u r t dt rsd s v è f ie àuii l p e sdi l cm’
e t r q tj r i u r ue o è c n Hô i s ue s i h il sl et n n e d le cea n o t s
d d n a t e o m n h mc ap s é ; l ba n t a d o a rsvo h r ’ r
q c u ; oà t d e n i r ’n s g t t i a eo a é e rv e p 1xr ln m
o p s nl e e i v e u s gd el st t p nda H ce re d a B aen a ts at e c
t e lo g t t ep r o U s do o a pe n el uds p os so pep r
s l e vu e sn er e s f p o
Espaces vectoriels normés t d l dh t e a ué q o
et espaces vectoriels topologiques o d u cp cé n d cl l e j e
U e v n ns se l c opK ut c e o d r a F Rr t s r el mc .e i a o dup e ée s
d n r e o od n é s cu me of e o m bs o l À pm t r d nb1 s
m a -é e
p e u e l v s n Es s el e t H p u xee B c a a a r teq ta d m h b c su on e
e d u f s é x . n11 .Y11,
oà vt f - ge n a l i p . é c dl eln rd n et e ai ou
r p pé o l p eo s em r ls q i ps o o m ls u l td e n d p ueé ’e i

2
ALGÈBRE

espace normé d’une structure d’espace À partir de ce résultat, le mathématicien


normé (complet) ; itérant cette construc- soviétique Pontriaguine construisit sa
tion, Hahn pourra poser de manière géné- théorie des caractères pour les groupes
rale le problème des espaces réflexifs, I. e. commutatifs localement compacts, dont
qui sont isomorphes à leur bidual topolo- un des aspects les plus spectaculaires est
gique. Vers 1932, la théorie des espaces sans doute le théorème de duahté.
normés est i peu près achevée avec le livre Essayons d’expliquer ce résultat en quel-
de Banach, Théorie des opénztions linéda. ques mots : un caractère d’un groupe
Une notion telle que la convergence topologique G est un homomorphisme
simple d’une suite de fonctions dans un continu de G dans le groupe multiplicatif
espace fonctionnel n’est pas associée à une des nombres complexes de module 1 ; il est
norme, et il était nécessaire de considérer clair que l’ensemble des caractères forme
sur des espaces vectoriels des notions de un groupe commutatif X et on montre que
convergence plus générales que celles défi- si G est commutatif localement compact,
nies par des normes, situation étudiée pour le groupe X peut être muni de manière
la première fois par Fréchet. Mais, sans naturelle d’une structure de groupe topo-
hypothèse restrictive, la théorie générale logique localement compact. Le théorème
était trop pauvre ; la notion essentielle qui de dwdhté s’exprime alors par le fzdit que le
allait permettre à la théorie de s’épanouir groupe G est isomorphe, algébriquement
est la convexité, étudiée par Banach et ses et topologiquement, au groupe des carac-
élèves, conduisant von Neumann en 1935 2 tères du groupe X.
définir les espaces localement convexes. Issue directement de la théorie des
Des branches essentielles des mathémati- espaces de Banach, la belle théorie des
ques contemporaines, la théorie des distri- algèbres normées (algèbres de Banach),
butions par exemple, utilisent de manière développée A partir de 1940 par le mathé-
constante la théorie de ces espaces.
maticien soviétique Gelfand et ses élèves,
allait éclairer d’un jour nouveau la dualité
Groupes topologiques
de Pontriaguine et permettre d’obtenir
La nécessité d’étudier des groupes (( conti- d’importants résuitats sur la représenta-
nus )) plus généraux que les groupes de
tion linéaire des groupes localement com-
Lie conduisit Schreier en 1927 i définir
pacts générzmx (et en particulier des gros
des groupes dits topologiques, tels que la
pes de Lie).
multiplication et le passage à l’inverse
soient des opérations continues. Ceux de JEAN-LUCVERLEY
ces groupes qui, comme les groupes de Lie,
sont localement compacts possèdent des
propriétés remarquables dont l’étude cons-
titue une branche nouvelle de l’analyse,
l’analyse harmonique généralisée. En
1933, Hxdr démontra le théorème suivant,
qui est le point de départ de toute la
théorie : il existe sur un tel groupe une
mesure qui est invariante par multiphca-
tion i gauche par les éléments du groupe.

24
ANNEAUX COMMUTATIFS

A D B L EA O GH NO ÈA
- B A 8 A OL D -N H GE O N AÈ A E NLB

A L &L I A GD B N N ÈE O
M - LU - B I LA & A OL DN T N
& M A U L LG È T

A C N O
A T L O G P È
- T O P O
D
A L G on se bornera
ans tout ce qui suit, aÈ
considérer des anneaux commutatifs
unitaires, c’est-à-dire possédant un élément
unité pour la multiplication, noté 1. Les
définitions sont celles de l’article suivant,
ANNEAUX ET ALGÈBRES.

A N L O De G
nombreux cas Rparticuliers È
- N A O L
d’anneaux
étudiés au
commutatifs
G
XIX~
Rsiècle, unitaires ont
È
principalement
été
M
à propos de recherches de théorie des
nombres et de géométrie algébrique. Intro-
duits à l’origine pour étudier la divisibilité
dans de tels anneaux, les idéaux, cas
particuliers de modules, se sont révélés
A N L O essentiels dans G Mde nombreuses B
questions. É
- N ( O En T
fait. la M
classification des H
différents B
D -N a E o l S m g ]

1
i
A C N O A M L
- C A O N M A L B

25
ANNEAUX COMMUTATIFS

types d’anneaux s’effectue suivant la struc-


ture de leurs idéaux.
L’arithmétique des anneaux dits
principuux est analogue à l’arithmétique 1. Notions fondamentales
des nombres entiers ou des polynômes ;
plus généralement, on peut étudier de Divisibilité

manière satisfaisante l’arithmétique des La présence dans un anneau de diviseurs


UWWUTJX de Dedekind : ici, les propriétés de zéro, c’est-à-dire d’éléments I et /I, tous
de divisibilité, déroutantes a priori, s’expri- deux non nuls, dont le produit est nul, rend
ment harmonieusement dans le cadre de illusoire toute théorie satisfaisante de la
la théorie des idéaux. Une autre généra- divisibilité. Les anneaux commutatifs sans
lisation possible des anneaux principaux, diviseurs de zéro sont appelés des anneaux
qui englobe d’ailleurs la précédente, est intègres ou anneaux d’intégrité. Nous
liée i des conditions de finitude : tout idéal allons, dans ce qui suit, préciser quelques
d’un anneau principal est formé des propriétés de la divisibilité dans un tel
anneau d’intégrité A. Dans toutes ces
multiples d’un élément ; plus générale-
questions de divisibihté, seul intervient le
ment, on peut considérer les anneaux dans
fait que l’ensemble A* des éléments non
lesquels tout idéal est formé des combi-
nuls de l’anneau A est muni d’une loi de
naisons hnéaires (à coefficients dans
composition interne (x, y) - xy (la mul-
l’anneau) d’un nombre fini d’éléments, et
tiplication) associative, commutative, avec
ces anneaux, appelés noethériens, possè-
un élément unité ; un ensemble muni d’une
dent une remarquable propriété de stabi-
loi possédant ces propriétés est appelé un
lité, découverte par Hilbert, à savoir que
rnonoLde, Nous énoncerons les définitions
l’anneau des polynômes sur un anneau
générales relatives à la divisibilité dans le
noethérien est lui-même noethérien. Pour
cadre d’un monoïde A* quelconque, ce qui
terminer, mentionnons ici la classe impor-
sera utile dans la troisième partie.
tante des anneaux locaux, qui possèdent
On dit qu’un élément h de A* divise un
un unique idéal maximal : cela signifie qu’il
élément a de A*, ou encore que a est
existe un idéal propre contenant tous les divisib/e par b s’il existe un élément c tel que
autres idéaux propres de l’anneau ; ces a = bc. Il est clair que cette notion de
anneaux jouent ml grand rôle dans la divisibilité généralise la notion usuelle de
théorie des variétés algébriques, différen- divisibilité dans le monoïde Z* des entiers
tiables ou analytiques, car les anneaux de relatifs non nuls et possède des propriétés
germes de fonctions sont de ce type. analogues : par exemple, si c divise I et si
L’étude des anneaux locaux est très liée à L divise a, alors c divise a.
des considérations topologiques ; nous Dans toutes les questions de divisibilité,
renvoyons 1 ce propos aux articles algèbre un rôle essentiel est joué par les unitfL~, qui
TOPOLOGIQUE et théorie des NOMBRES sont les éléments inversibles (ou encore,
Nombres padiques, avec la terminologie ci-dessus, les éléments
Le tableau ci-dessus précise les rapports qui divisent l’élément unité 1) ; si A* est lc
entre ces différents anneaux, chaque flèche monoïde des éléments non nuls d’un
exprimant qu’une propriété en entraîne anneau d’intégrité A, ces éléments sont
une autre. aussi appelés les unités de l’anneau : par

26
ANNEAUX COMMUTATIFS

exemple, dans l’anneau Z des entiers p’/q’, distinctes, possédant des numéra-
relatifs, les seules unikks sont les nombres teurs et des dénominateurs distincts, peu-
+ 1 et - 1 et, dans l’anneau des poiynô- vent définir le wêlne nombre rationnel si
mes i coefficients dans un corps K, ce sont pq’ = p’q. De plus, si p/q et p’/q’ sont des
les polynômes constants non nuls. Dans fractions définissant des nombres ration-
tous les cas, on vérifie facilement que les nels t et ~j, les fractions (pq’+p’q)/qq’ et
unités forment un groupe multiplicatif; pp’/qq’ définissent les nombres rationnels
pour un anneau A, la structure de ce U+V et w. La démonstration générale est
groupe est une importante caractéristique Calquée sur la construction ci-dessus ;
arithmétique de A. Deux éléments CIet !I, donnons-en l’esquisse.
qui diffèrent seulement par un élément Nous allons d’abord définir la notion de
inversible, c’est-i-dire tels que a = ub, u G fraction )). Pour cela, désignons par A*
inversible, possèdent des propriétés de l’ensemble des éiéments non nuls de A et
divisibilité très analogues et sont dits considérons l’ensemble A X A* des cou-
ussociés. Pour terminer ces définitions, ples (.x, _J,),y # 0 ; un tel élément (x, J>)
indiquons qu’un élément a de A* est dit s’appelle une (( fraction H de numérateur ,Y
premier, ou irréductibk, s’il n’est pas inver- et de dénominateur y. Nous allons main-
sible et si pour toute décomposiCon tenant identifier des fractions (,Y, y) et
a = /TC; b, c éléments de A*, l’un des deux (.x’, y’) telles que .x_$ = ,~‘y, c’est-k-dire
facteurs b ou c est inversible, Un des considérer sur l’ensemble A X A* la
problèmes fondamentaux de la divisibilité relation d’équivalence ainsi définie.
dans A* est l’étude de la décomposiCon L’ensemble des classes d’équivalence
éventuelle de tout élément comme produit forme un ensemble que nous désignerons
d’éléments premiers. par K. On vérifie alors facilement que, si
on déjinit la somme et le produit de deux
(Cfractions )) par les formules :
Corps des fractions
d’un anneau d’intégrité
La construction du corps Q des nombres
rationnels i partir de l’anneau Z des on obtient sur K, par passage uu quotient,
entiers relatifs se généralise sans difficulté deux opérations qui en font un corps ; cela
i un anneau d’intégrité quelconque. Plus signifie que, si L et z/ sont des éléments de
précisément, on a le résultat suivant : ccSi K représentés par des (( fractions )) (x, J,)
A est un anneau d’intégrité, il existe un et (,Y’,y’), alors par définition, u+u’ et CM’
corps K contenant A comme sous-anneau sont les éléments de K représentés
et dont tous les éléments sont de la forme par les (( fractions )) (x, y) + (.Y’,y’) et
.YY ’ , ,Y, y éléments de A. De plus, un tel (.Y,_J,)(_Y’,y’) et que u + u’ et w’ ainsi
corps K est unique à un isomorphisme définis dont indépendants du choix des
laissant A fixe près. H (( fractions 1) représentant t et v.
Pour faire comprendre la démonstra- Le plongement de A dans K s’effectue
tien, analysons ce qu’est un nombre ration- maintenant en identifiant tout élément de
nel. Un nombre rationnel u est C(défini H A à l’élément de K défini par la (( fraction ))
par une fraction p/q, OÙ p et q sont des (0, l), dont le numérateur est égal à u et le
entiers relatifs, mais deux fractions p/q et dénominateur 1 1. Remarquons que, si on

27
ANNEAUX COMMUTATIFS

identifie deux éléments u et !I de A à leur quatrième partie est Consacrée à l’étude


image dans K, l’élément de K représenté des anneaux dans lesquels tout idéal est de
par la (( fraction H (u, h) est bien le quotient ce type.
(dans K) de a par b. Étant donné deux idéaux a et b, leur
Le corps K que nous venons de cons- intersection a n b est encore un idéal.
truire s’appelle le corps des jactions de Généralisons aux idéaux la notion de
l’anneau A. produit : a et b étant deux idéaux, l’ensem-
ble des sommes finies a,b, + + u,&,
ldéaux où les u, et les bj sont des éléments de a et
Rappelons qu’un id&1 d’un anneau A est b respectivement, est encore un idéal,
un sous-groupe additif qui est stable par appelé produit des idéaux a et b et noté ab.
multiplication par un élément quelconque Le produit ainsi défini est commutatif,
de A, qu’il possède certaines propriétés. associatif et admet un élément unité qui est
Nous nous contenterons de montrer com- l’anneau tout entier A = (1) (parfois
ment on peut étendre aux idéaux le langage appelé, pour cette raison, idéal unité). Si A
arithmétique usuel relatif aux nombres est un anneau d’intégrité, le produit de
entiers. deux idéaux non nuls (c’est-à-dire diffé-
Les idéaux du type le plus simple sont rents de [O}) est non nul et par suite
obtenus ainsi : si a est un élément d’un l’ensemble M(A) des idéaux non nuls est
anneau A, l’ensemble des multiples de u, un monoïde pour cette loi de composition ;
c’est-à-dire l’ensemble des éléments de la le monoïde M(A) jouera un rôle très
forme XI pour x parcourant A, est un idéal important dans la troisième partie. Remar-
de A, noté (a), et appelé l’idéal principal quons que si a = (u) et b = (!I) sont
engendré par u. Un tel idéal est propre principaux, alors on a ab = (ub) et par
c’est-à-dire non réduit à 0 et différent de A suite l’application u - (u) est un homo-
tout entier si, et seulement si, a est non nul morphisme du monoïde A* dans le
et non inversible. On verra, dans la deu- monoïde M(A) (l’image d’un produit est le
xième partie, que tout idéal de l’anneau Z produit des images, et l’élément unité a
des entiers relatifs est de ce type. Remar- pour image l’élément unité).
quons au passage que, dans un anneau Deux éléments ~2 et b de A sont dits
d’intégrité, deux éléments u et h non nuls congrus ruodulo un i&ul a, et on note :
engendrent le même idéal principal si et
L G b (mod. a)
seulement s’ils sont associés, c’est-à-dire si
h = wz, c inversible dans l’anneau : en si la différence a ~ h appartient à a ; dans
effet, si (u) = (!T), il existe des éléments u le cas où a = (c) est principal, on retrouve
et v tels que h = ua, a = vb, d’où la notion usuelle de congruence modulo c.
wu = a ; si a # 0, on a donc w = 1 Considérons l’ensemble quotient, noté
puisqu’il n’y a pas de diviseurs de zéro A/a, de A par cette relation (c’est mani-
dans l’anneau et ainsi u est inversible. Plus festement une relation d’équivalence). Si
généralement, si u,, .... a,z sont des élé- Ü et b sont les classes de a et h respecti-
ments de A, l’ensemble, noté (u,, . . . . u,J des vement, on vérifie que a + h et
éléments de la forme x,a, + + .ylan ub sont indépendants des représentants
pour ,Y, .... .x,~parcourant A indépendam- u et I choisis et que les deux lois de
ment l’un et l’autre est un idéal ; la composition ainsi définies font de A/a

28
ANNEAUX COMMUTATIFS

un anneau commutatif unitaire appelé trer que l’ensemble des éléments de K qui
uwz~uu quodenf de A par l’idéal a. Dans sont entiers sur A forme un anneau (qui
le cas OÙ A est l’anneau Z des entiers contient donc A) appelé la fermeture
relatifs et a l’ensemble (ti) des multiples inte’grde de A duns K. Un cas particuliè-
d’un entier rz, cet anneau n’est autre que rement important est celui OÙ K est le
l’anneau des classes résiduelles d’entiers corps des fractions de A (cf. mpra) ; si les
modulo n. seuls éléments du corps des fractions de A
Un idéal II # A est dit premier s’il ne qui sont entiers sur A sont les éléments de
contient le produit & de deux éléments de A, on dit que l’anneau A est i&gra/etnent
A que lorsqu’il contient au moins l’un dos. Ces anneaux jouent un rôle essentiel
d’entre eux ; dans l’anneau Z des entiers, dans de nombreuses questions, en théorie
cette condition caractérise les idéaux prin- des nombres et en géométrie algébrique
cipaux @) engendrés par un nombre pre- notamment.
mier p. On voit facilement qu’un idéal est
premier si, et seulement si, l’anneau quo-
tient est sans diviseurs de zéro ; ainsi, un 2. L’arithmétique élémentaire
exemple important d’idéaux premiers est et les anneaux principaux
constitué par les idéaux maximaux n
(idéaux qui ne sont contenus dans aucun Un anneau principul est un anneau d’inté-
autre idéal propre) caractérisés par le fait grité dans lequel tout idéal est principal,
que A/p est un corps. Généralisons main- c’est-à-dire formé des multiples d’un même
tenant aux idéaux quelconques les proprié- élément, appelé g&&ateur de i’idéal.
tés des idéaux principaux de Z engendrés L’étude de la divisibthté dans un tel anneau
par les puissances des nombres premiers : est analogue à la théorie arithmétique
un idéal q est dit primaire si & E q et u 6? q élémentaire des nombres entiers, qui en
enttaînent qu’une puissance de h appar- constitue d’ailleurs un cas particulier.
tient à q, il résuhe des définitions que si q L’étude de la divisibihté dans l’anneau
est primaire, son radical, qui est l’ensemble K[X] des polynômes à une variable sur un
des éléments dont une puissance appar- corps K rentre aussi dans ce cadre.
tient à q, est premier. NOLIS verrons, dans
la quatrième partie, l’importance des Exemples
idéaux primaires. o) Montrons que l’anneuu Z des entier.~
relat$ est principal. La démonstration
Élérnmts entiers repose sur la propriété suivante de divisi-
Soit A un anneau d’intégrité contenu bihté dans cet anneau : étant donné deux
dans un corps K. On dit qu’un élément de entiers rationnels a et b, h > 0, il existe un
K est entier sur ,4 s’il est racine d’un couple et un seul d’entiers rationnels q et
polynôme : I tels que :

xn + apx- + .., + an a = bq + r, O<r<b;

a coefficients dans A et dont le coefficient les nombres q et r s’appellent respective-


dominant est égal à 1. Il est clair que tout ment le quotient et le reste de la division
élément de A est entier sur A puisqu’il est de a par b. Soit donc maintenant a un idéal
racine du polynôme .x ~ a ; on peut mon- de Z. Si a = {O}%on a a = (0) ; sinon a

29
ANNEAUX COMMUTATIFS

contient des éléments strictement positifs constitué par les éléments de la forme
puisque avec tout élément 0 il contient son u_x+ !~y, u, b t2 A. Puisque A est princi-
opposé - 0 = ( - 1) u. Soit b le plus petit pal, cet idéal est engendré par un élément
élément strictement positif de a ; montrons u’, déterminé a cela près qu’on peut le
que tout élément a de a est un multiple de remplacer par ud, où u est un élément
b. En effet, l’existence de la division dans Z inversible quelconque de l’anneau. On
permet d’écrire u = hq + r, 0 < r < h ; appelle plus grund conmun diviseur (en
or le multiple hq de h appartient à a, donc abrégé P.G.C.D.) de .Yet y tout élément d
aussi r = u ~ bq : la définition de b tel que (.x, y) = (4.
entraîne I = 0. Puisque d E (d), on voit en particulier
/T) Un autre exemple important qu’il existe u, I E A tels que :
d’anneau principal est l’anneau K[X] des
(*) d = Q.X+ by
polynômes a coefficients dans un corps
commutatif K. La démonstration repose (ce résuhat constitue le théorème de
ici encore sur l’existence dans cet anneau Bezout). Justifions la terminologie adoptée
d’une division (( euclidienne N : si A et B en montrant qu’un élément z de A divise
sont des polynômes, il existe un couple et simultanément ,x et y si et seulement s’il
un seul de polynômes Q et R tels que divise d : puisque (4 contient x et y, ces
A = BQ + R, le degré de R étant stric- nombres sont des multiples de d et, par
tement inférieur au degré de B. On montre suite, tout diviseur de d divise x et y ;
alors, par une démonstration analogue à ce réciproquement. si z divise .Yet y, écrivons
qui précède, qu’un idéal a # (0) de K[X] .x = ~2, _Y= $, et portons dans (*) ; on
est formé des multiples de tout polynôme obtient d = z(a,x’ + hy’), ce qui prouve
B non nul de a dont le degré est le plus petit que 2 divise d, Dans le cas de l’anneau Z
possible (cf. PoLYNôMEs). des entiers rationnels, d est déterminé au
C) À propos de recherches sur les signe près puisque les seuls éléments inver-
formes quadratiques, Gauss a utilisé le fait sibles sont ici + 1 et - 1 ; on peut donc
que l’anneau des nombres complexes de la prendre d > 0 et on retrouve la notion
forme 0 + bi, a, 1 E Z (appelés entiers de élémentaire de P.G.C.D. enseignée dans
Gauss), possède une arithmétique compa- les classes primaires.
rable à celle des entiers ordinaires. Ce fait Deux éléments _Yet _)Jde A sont dits
s’explique, avec la terminologie ci-dessus, premiers entre eux s’ils admettent 1 pour
par le fait que cet anneau est principal. P.G.C.D., c’est-à-dire si leurs seuls divi-
seurs communs sont les unités de l’anneau.
Plus grand commun diviseur D’après Je théorème de Bezout indiqué
et plus petit commun multiple ci-dessus, ,Yet L sont premiers entre eux si
Dans ce qui suit, nous nous limiterons, et seulement s’il existe des éléments u,
pour simplifier les notations, au cas de 1 fF A tels que U-Y+ by = 1 (la condition
deux éléments, mais il est clair que tous les suffisante résulte du fait que, si cette
résultats s’étendent sans difficulté au US relation est satisfaite, tout diviseur com-
d’un nombre fini d’éléments. mun a x et y divise 1). Ce résuhat entraîne
Soient x, y deux éléments d’un anneau facilement le théorèrne de Gauss (ou lente
principal A et considérons l’idéal (x, y) d’Euclide), qui s’énonce : ccSoit .x et ~1des

30
A C N O N

éléments non nuls d’un anneau principal A p’i sont associés (c’est-à-dire p’[ = u,p,, u,
et d un diviseur du produit .~y ; si d et ,Ysont inversible), pour 2 = 1,2,..., n.
premiers entre eux, alors d divise y. H En Remarquons que, puisque deux élé-
effet, puisque d e _ sont premiers t Y entre ments de A engendrent le même idéal
eux, il existe U, v E A tels que : si et seulement s’ils sont associés, les
u + v = 1 d x
conditions (Fr) et (FJ expriment que tout
idéal de A non nul et différent de A (de
d’où après multiplication par V, la forme (_Y) puisque A est principal)
y=yud+wy s’écrit, de nzunihe unique à l’ordre près
des facteurs, comme un produits d’idéaux
puisque d divise XJJet yud, il divise aussi y.
premiers :
Soit encore x et _r des éléments d’un
anneau principal A. Les multiples de _Y
et de y sont les éléments de (x) et (J)
ainsi la situation est plus simple dans le
respectivement et par suite les multiples
monoïde M(A) que dans le monoïde A*
communs à x et J sont les éléments de
puisqu’il n’y a plus cette fois d’ambiguïté
l’idéal (x) f7 b). Puisque l’anneau A est
quant au sens à donner à l’expression
principal, cet idéal est formé des multi-
unicité de lu décomposition. Dans la prati-
ples d’un élément défini à un facteur
que, on élimine cette ambiguïté en choi-
inversible près : on appelle plus petit
sissant une fois pour toutes un ensemble P
commun multiple (en abrégé P.P.C.M.)
d’éléments premiers de A tels que pour
de .X et _r tout élément WI de A tel
tout élément premier p’ de A il existe un
que (,Y)f’ (_r) = (w) ; a v
cette défini- e c
élément premier p de P et un seul qui soit
tien, tout multiple de x et _r est un multiple
de m. associé à p’. Les propriétés (F,) et (FJ
s’expriment alors ainsi : tout élément .Xde
A s’écrit, de manière unique a l’ordre près
D eé f p nc a r o c e m t m pe i
des facteurs, sous la forme :
Pour tout anneau d’intégrité, on a défini
sous le titre 1 les éléments premiers. On ,x = U .. P . l

peut montrer que les anneaux principaux O c est une unité


< de A et OÙIles p, sont des
possèdent les deux propriétés fondamen- éléments de P (pas nécessairement dis-
tales (F,) et (FI) suivantes. tincts), Ainsi, dans le cas de l’anneau Z des
(Fr) Décompusitiun en ,fuctews pw-
entiers relatifs, on peut prendre pour P
mius. Tout élément x non nul et non
l’ensemble des nombres premiers positifs,
inversible est produit d’un nombre fini
et tout entier relatif ,Y s’écrit de manière
d’éléments premiers (pas nécessairement
unique sous la forme :
distincts).
(Fz) (( Unicité B de la décomposition. Si . = & .. x &
P . =l p

x =p,pz...pn =p;p;...p;

sont deux décompositions d’un élément .Y A f n a n c e

comme produit d’éléments premiers, alors De manière générale, on appelle GWWUU


m = n, et, quitte à modifier éventuelle- jbctoriel tout anneau d’intégrité possédant
ment l’ordre des facteurs, les éléments p, et les propriétés (F,) et (FJ; remarquons

31
ANNEAUX COMMUTATIFS

d’ailleurs que l’on peut remplacer la condi- 3. Les anneaux de Dedekind


tion (FJ par la condition suivante : et la théorie multiplicative
(Fj) Si un élément premier de A divise des idéaux
un produit, il divise au moins un des
facteurs de ce produit. L’extension de l’arithmétique classique
Les anneaux factoriels constituent une aux anneaux d’entiers algébriques s’est
classe plus vaste que celle des anneaux longtemps heurtée au fait que ces anneaux
principaux ; cette classe possède la remar- ne sont pas factoriels. Par exemple, dans
quable propriété de stabilité suivante : si A l’anneau Z[m] des nombres complexes
est un anneau factoriel, alors l’anneau A[X] de la forme a + ih VT, a, h entiers relatifs,
des polynômes a coefficient dans A est lui le nombre 4 admet les deux décomposi-
aussi factoriel. On obtient ainsi, par récur- tions :
rente, que l’anneau K[X,,...,X,J des poly-
4=2x2=(l+iVT)(l-iV3)
nômes a n variables sur un corps K est
factoriel, alors qu’il n’est pas principal pour en facteurs premiers non associés deux à
I > 2 (en effet, dans l’anneau K[X,Y] des deux et par suite cet anneau n’est pas fac-
polynômes a deux variables, l’idéal (X,Y), toriel. Dedekind, à partir des travaux de
formé des polynômes de la forme Kummer, mit en évidence que, pour un tel
XP(X,Y) + YQ(X.Y), n’estpasprincipal). anneau A, la notion importante était celle
L’anneau K[[X]] des séries formelles à coef- d’idéal premier et non pas d’élément pre-
ficients dans un corps K est factoriel ; mais, mier, comme pouvait le faire croire l’étude
par contre, l’anneau A[[X]] peut ne pas être élémentaire des entiers relatifs. En somme,
factoriel même si A est un anneau factoriel tout revient ici à remplacer l’étude du
(contre-exemple dû a Samuel). monoïde A* des éléments non nuls de A par
Pour terminer, signalons, en liaison celle du monoïde M(A) des idéaux non nuls
avec la définition donnée plus haut, que de A ; on trouve l’unicité de la décomposi-
tout anrwau,jtictotiel est iritigraletnent clos. tion en facteurs premiers (( idéaux H. Cha-
En effet, soit .y~~‘, .y, y éléments de A, un que élément a non inversible de A* étant
élément du corps des fractions de A ; on identifié à Pidéal principal (a) qu’il engen-
peut supposer que s et y n’ont pas de dre peut ainsi s’écrire, de manière unique,
facteurs premiers communs. Si ,~_J~’ est comme un produit d’idéaux premiers.
entier sur A, il est racine d’un polynôme à La définition abstraite des anneaux de
coefficients dans A dont le coefficient Dedekind que nous formulons ici a été
dominant est égal à 1, soit : donnée pour la première fois, en 1927, par
la mathématicienne allemande Emmy
xny-” + a,x”-‘y-“+’ + + a” = 0,
Noether.
a, E A ; on en déduit que :
Anneaux de Dedekind
Par définition, on appelle anneau de Dede-
c’est-à-dire que .? est un multiple de J>. kind tout anneau intégralement clos et
Mais si y n’est pas un élément inversible de noethérien (c’est-a-dire dans lequel tout
A, on obtient une contradiction puisque, idéal est engendré par un nombre fini
d’après (F& tout diviseur premier de L d’éléments, cf. infia) dans lequel tout idéal
doit alors diviser .y. premier non nul est maximal. Cela signifie

32
ANNEAUX COMMUTATIFS

que le quotient de A par un idéal premier en convenant que ~~(a) = 0 quand l’idéal
non nul quelconque est non seulement un premier p ne figure pas dans la décompo-
anneau d’intégrité mais même un corps. sition de a ; par définition le produit
L’exemple le plus simple d’un tel anneau ci-dessus est alors égal au produit fini
est l’anneau Z [W] des nombres de la correspondant aux idéaux tels que
forme a + b XT, u, I entiers relatifs, d v&a) > 0. L’intérêt de cette convention
entier tel que d E 2 ou 3 (mod. 4). Plus réside dans des formules du type suivant :
généralement, Dedekind a démontré que, si a et b sont deux idéaux, alors on a :
si K est une extension finie du corps Q des
nombres rationnels (K est appelé un corps
de nombres algébriques), alors la fermeture
intégrale A de l’anneau Z dans K est un c’est-à-dire, avec les notations ci-dessus,
anneau de Dedekind (A est appelé l’anneau r&ah) = r,,(a) + t+(h).
des entiers du corps K ; cf. théorie des Remarquons que l’existence et l’unicité
N - Nombres
O algébriques).
M En fait, B de la décomposition
R de tout
E idéal de M(A)
S
l’exemple précédent, qui est très important comme produit d’idéaux premiers permet
en théorie des nombres, est lui-même un cas d’appliquer à M(A) tous les résultats
particulier du résultat algébrique suivant : élémentaires relatifs à la divisibihté des
soit A un anneau de Dedekind. de corps des entiers ; par exemple si a et b sont deux
quotients K, et soit Lune extension finie de idéaux non nuls, leurs diviseurs communs,
K (cf. C ; alors O
la fermeture intégrale
R ou P leurs multiples
S communs, ) sont Les
de A dans L est un anneau de Dedekind. diviseurs, ou les multiples, d’éléments
L’intérêt essentiel des anneaux de appelés respectivement Le P.G.C.D. et le
Dedekind réside dans la structure particu- P.P.C.M. de a et b et qui s’écrivent :
lièrement simple, pour un tel anneau, du
monoïde M(A) des idéaux non nuls. On a
le résultat suivant : un anneau d’intégrité
A est un anneau de Dedekind si, et respectivement.
seulement si, tout idéal non nul de A s’écrit
idéaux fractionnaires
de manière unique (à l’ordre près des
facteurs) comme produit d’idéaux pre- Soit A un anneau d’intégrité ; la structure
miers non nuls. Soit a un tel idéal non nul ; du monoïde M(A) des idéaux non nuls
écrivant p” si l’idéal premier p figure a fois donne des indications sur la structure du
dans la décomposition de a, on peut donc monoïde multiplicatif A*. De la même
écrire a de manière unique sous la forme : manière, pour étudier La structure du
groupe multiplicatif K* du corps des
quotients K de A, on est amené a étendre
les p! étant des idéaux premiers distincts. la notion d’idéal.
Un sous-ensemble a, non réduit à [OI,
Désignant par P L’ensemble des idéaux
de K est appelé un idia f~uctionnuiw si
premiers non nuls de A, on écrit souvent
c’est un sous-anneau de K stable par
cette décomposition sous la forme :
multiplication par les éléments de A et
pour Lequel il existe un élément d # 0 de
A tel que & appartienne à A pour tout .Y

33
A C N O N M E M A U U T X

d a;c d e r e é5 d q e t uf i d u v t ni dr é t ’ (i e : p en ue cy u e1
i f d e lr d é s p ’a p d e a t r ec V a = é V s l o nte é~ r f & - si t t (
d d ‘ d n u n P fy l oi u _ i , c o f nt l V a x ce r oKs d f u é ot s dn e r ,
p u i a( s nu d d ra A e1 sA ée pecu . n1: u an o o s e l su
e c q i s nl nu e du t i ao u’ s én d in lu t a é r n l a
f ;d r l t d a ai a h e n cd é s s té o ia r
f o ra s n ai p o cd p u té e v i ul
e l i nu ep d é ts t so O é v v iuo q u p an i zé = eeX u u ’ dr o u Kt r l rl tJ e a u
c o n v af d a e i iu é l sd ln ns f
I e f d gl s a a e ié t c d u dn . i é x c éé ; l ~ln c h ar e ey
f l ro u e ap s V s s a c é du n , u ai t r qér l ’ , e un i a uf ’
l i :e p e d s a ne ab s s éd i d t pr do ale d e t an uas( é d l i nt x2 c e
i f d or v é q na f é a u ( c r( r ud e é z t af i E xe l)i
l d s’ f e d oe i p s ’ umnp n oA é O m sa o i a u) ul n eer b ei
d t . , d u ay e I Xd Y ab e put J av n, s (en J na n s t d s K
, sl co iu ,
n i f o d a r lu p é pà a euv r f a p- cv d ne o o s l K ed et éà el - n u
d d a e b n ua ; el t o I i b d’ v t ( t d ee Z U a{ é CA at sn q + l: C ) ne s u
i f d n rn e aé ou a u ( s p i a z np c l at o nKu Va t sp ) u s*x (r i a
m p c o m o e n Uu lu t o n Zl d’r et ï t r ee nee d ie
i f d a er d i é s a i Vm = a+ C’t c; t ( x l iC t Ow l i
e u i fx n d b tri q é eas u a lct e l te
P ~ = I~ ( @ ~
a = A A c b t . v e o ep e t n re c t m
u e ti
C V +Z >m c ( @~ J lh ~ I@
m d au n o d in o n é ne u n f t v e i e e
d a d De n : e Ue aes n A n ind t e i ip ne o p nad n nr o a ke u oué u
d D e ue ae d s n ndt f’ tc ne aui ov ekl d inne ra ai i
q t i f u o d n r ne eu ét o a; pu sdt ai n uc al t té v le tn r e f a
i ) L mn I ) ed ovi ( p e ndde v A r p s oeré ao n) e o s sïsa lu u
f n rn e a ou ag u s lt né cr l t d oA o R l tos e r u. éoé i u s
m e t u é d t co g l l pe eum r t é q et t ovoi m u ( ou s naup e e a
p s d me ’ u e i lau é n c ’nt p c i i s oAi e o r o q - u à rè s s i b u
d f p es a l f r : so c a o p è d u t i r ap s ’ s; ie d e m rr a, u lu é x e
u c n bo e e ilr n
v ( a n d p l o i o
s A e l i u p t e nd nr r d s oé
O l l s dÙ e e , wo e ns n & l n l s A u t Ua ’e t u el. i dn) ax p t ss e o
s p u n a of dn o u p ui l’ m f Zr d rn e ’i br e e ie ln ad er - s t ’t
m D c i d a e e lé n Z d t nr ec sp , e t os ( so t a] sde .mc mh
i e s d c n po é l a f t N an ae -r aN Oi p rt u a Mi o e - Bx c t m r
q l > 0 p ut j i p o e o n& d r u uo a é e r t n) a m l
n u l .
4 A n. n o n e
V e i a p t d l r éu e aa m ut i xi
S A u a od D n n P ie t e n
A o t H
od ev l u mui e aa e r alt k
é C # 0 d lA l Ip e é,(’ a rc m ui f iop d e r)d o nns e l e né é r

3 4
ANNEAUX COMMUTATIFS

anneaux de poiynômes à plusieurs varia- fini, tels que a soit l’ensemble des éléments
bles. À propos de recherches sur la théorie de la forme U,X, + + u,,x~ lorsque a,,
des invariants, Hilbert mit en évidence le .... an parcourent A indépendamment l’un
fait que tout idéal d’un tel anneau est de l’autre.
engendré par un nombre fini d’éléments et Esquissons la démonstration de l’équi-
montra tout le parti que l’on pouvait tirer valence de ces trois conditions car elle est
de cette propriété ; par là même, il instructive. Pour montrer que (u) entraîne
dégageait l’importance des anneaux avec (b), on raisonne par l’absurde. Si la famille
conditions de finitude qui allaient être (a,), fz l n’admettait pas d’élément maximal,
étudiés systématiquement sous forme alors pour tout i E 1 on pourrait trouver
générale par E. Noether. Signalons que les j E 1 tel que l’idéal aj contienne strictement
conditions de finitude en un sens plus large l’idéal a[ et on pourrait construire ainsi, par
jouent un rôle absolument essentiel dans récurrence à partir d’un idéai ai, une suite
toutes les recherches (( géométriques )) infinie strictement croissante d’idéaux.
contemporaines en géométrie algébrique Montrons que (b) entraîne (c). Soit a un
ou analytique (au sens moderne, à savoir idéal et considérons la famille des idéaux
l’étude des espaces analytiques) et dans de de type fini (c’est-à-dire engendré par un
nombreuses questions d’algèbre homolo- nombre fini d’éléments) contenus dans a ;
gique. cette famille est non vide car elle contient
{OI et par suite elle admet un élément
Définitions équivalentes maximal b engendré par des éléments
Un anneau noethérien est un anneau com- ,Y,, .....Y~.Pour tout .Xde b, l’idéal engendré
mutatif unitaire A qui vérifie une des trois par les éléments ,Y,, .... ,Y,,, x contient b,
conditions de finitude équivalentes suivan- appartient à la famille d’idéaux considérée
tes : et par suite est égal à b puisque b est
Condition (u), dite de chaîne ascen- maximal. Ainsi a = (x,, .... .Y~).
dante : G Toute suite strictement croissante Pour terminer, montrons que (c)
d’idéaux est finie )), ou encore : a Si : entraîne (a). Soit an une suite croissante
d’idéaux encastrés. On vérifie que, dans ce
a,C a2C Ca” C ...
cas, la réunion des idéaux an est encore un
est une suite infinie d’idéaux de A idéal ; d’après (c). cet idéal est engendré
encastrés, il existe un entier n tel que par un nombre fini d’éléments x,, .... -Y~
a” = an _, = >). et, par définition d’une réunion, il
Condition (b) : a Toute famille non vide existe des entiers p,, ,,., pm tels que
d’idéaux a un élément maximal )), ce qui ,Y,E aP, , , ,Y” E ap,,Il est maintenant clair
signifie que si (a)), E ,, 1 non vide fini ou non, que, si JJ est le plus grand des entiers p,. .
est une famille d’idéaux de A, il existe un p,,, on a ak = a pour k 2 p.
indice i0 pour lequel l’idéal a+ n’est
contenu strictement dans aucun autre idéal Exemples d’anneaux noethériens
de la famille. Par définition, les anneaux de Dedekind, et
Condition (c) : N Tout idéal est engen- en particulier, bien entendu, les anneaux
dré par un nombre fini d’éléments )F, principaux, sont des anneaux noethériens.
c’est-à-dire que si a est un idéal de A, il Une source importante d’exemples ne
existe des éléments ,Y,, .... ,Y,,, en nombre rentrant pas dans les précédents est la

35
ANNEAUX COMMUTATIFS

remarquable propriété de stabilité sui- Le théorème de décomposition de


vante, découverte par Hilbert : si A est un Lasker-Noether affirme que tout idéal d’un
anneau noethérien, l’anneau A[X] des anneau nœthérien s’écrit sous la forme :
polynômes 1 coefficients dans A est lui
aussi noethérien ; par récurrence, ce résul-
tat s’étend i l’anneau A[X,, . . . . X,,] des OÙles q! sont des idéaux primaires auxquels
polynômes à I variables sur un anneau on peut imposer les deux conditions sui-
noethérien A. On obtient ainsi que vantes ; aucun des idéaux q, ne contient
l’anneau des polynômes à I variables à l’intersection des autres et les radicaux pI
coefficients dans un corps K est noethé- des idéaux q, sont des idéaux premiers
rien, alors que cet anneau n’est ni princi- distincts (cf. supru, chap. 1). Il n’y a pas
pal, ni même de Dedekind, pour TI > 2. unicité pour une telle décomposition, mais
Signalons que le théorème de Hilbert les idéaux premiers p, définis ci-dessus sont
s’étend à l’anneau A[X,, .... X,J des séries déterminés de manière unique et appelés
formelles à coefficients dans un anneau les idhtx ptwniers 0% l’idéul a. Parmi ces
noethérien A ; dans le même ordre d’idées, idéaux premiers, ceux qui sont minimaux,
si K est le corps des nombres réels ou c’est-à-dire qui ne contiennent aucun des
des nombres complexes, l’anneau autres sont dits ~~~~1~~s et ont une grande
K {X,, . . . . X,!] des séries convergentes est importance en géométrie algébrique. Cette
noethérien (cc ANNEAUX ET ALGÈBRES), terminologie est justifiée par le fait que,
dans le cas OÙ a est un idéal de l’anneau
Décomposition primaire K[X,, .... X,J des polynômes à n variables
sur un corps K. ces idéaux isolés corres-
Remarquons que, pour un anneau com-
pondent aux composantes irréductibles de
mutatif avec unité, les opérations d’inter-
l’ensemble des points K’l OÙ s’annulent
section et de produit de deux idéaux jouent
simultanément tous les polynômes de
des rôles assez semblables. Dans le cas des
l’idéal.
anneaux principaux par exemple, si p et q
sont deux éléments premiers, alors
JEAN-LUC VERLEY
@) (q) = @) n (q) et par suite la décom-
position d’un idéal en idéaux premiers peut
s’écrire indifféremment :

cette situation est d’ailleurs la même pour


un anneau de Dedekind quelconque. Dans
le cas d’un anneau noethéricn, le monoïde
multiplicatif M(A) n’est guère utilisable,
mais on peut donner un théorème de
décomposition de tout idéal comme inter-
section d’idéaux d’un type plus gknéral que
les idéaux premiers, les idéaux primaires
(cf. sz.tpru).

36
ANNEAUX & ALGÈBRES

ANNEAUX & ALGÈBRES (d) existence. pour tout .Y de A, d’un


élément, noté ~ .Y, tel que :

x+(-x)=0
(-x est appel.4 l’opposé de X) ;
éfinis par des axiomes qui déga-
(4 x (MI = @Y&
D gent les propriék usuelles des (associaGviGde la m&iplication) ;
opérations d’addition et de muhiplica-
OI X(Y +z) =J? +.=
tien dans les ensembles de nombres ou
(y +zjx =_VX+zx
les polynômes, les anneaux cons&uent (double distributivité de la multiplication
le cadre général dans lequel on peut par rapport à l’addition) ;
appliquer les règles du calcul algébrique
(g) bien que cela ne soit pas toujours ainsi
élémentaire. Nous donnerons dans cet
dans la littérature, nous supposerons l’exis-
arkle les défïnitions générales et des
tente d’un élément unité pour la mukipli-
exemples. Pour une étude plus détaillée des
cation, souvent noté 1, tel que :
anneaux qui interviennent en théorie des
nombres ou en géomékie algébrique, nous l x =
renvoyons i l’intérieur de ce texte i
Les propriétés (a) à (d) expriment que
d’autres articles.
A est un groupe commutatif pour l’addi-
tion.
Dans de nombreux exemples. la mul-
* tiplication est de plus commutative, c’est-
i-dire XY= !,Y : un tel anneau est alors dit
commtdf~ Cependant on ne peut pas se
limiter à ce cas. car des anneaux impor-
tanb dans la pratique, les anneaux de
1 Définihons .
matrices par exemple, ne possèdent pas
cette propriék ; comme on le verra au
Anneaux début du chapitre, le calcul algébrique
Un u~~rwu~ A est un ensemble muni dans de tels anneaux réclame quelques
de deux lois de composition internes précautions. Pour terminer, indiquons
@, J) - .Y+ y et (.I-,J,) - A-J, appelées qu’un cas particulier Vès important est
addition et multiplication respective- constitué par les anneaux dans lesquels
ment, qui possèdent les propriéks suivan- tout élément non nul est inversible, c’est-
tes : il-dire a un inverse pour la mukiplication ;
un kl anneau s’appelle un corps (cf.
( ~ 4 + ( . Y
CassociaGviG de l’addition) : C O R P
Un sous-ensemble B non vide d’un
@l x + y = y
(commu~ahhé de l’addition) ; anneau A est appelé un XXMVIMW~~,s’il
contient l’unité multiplicative et .Y~ 1 et
(c) existence d’un élément, noté @,tel que, .\-y pour tout couple d’éléments Y et 1’ de
pour tout élément Y de A on ait : B : B est alors un anneau pour les
x+o=x res&ictions i B de l’addition et de la
(élément neutre pour l’addition) ; mukiplicaCon,

37
ANNEAUX & ALGÈBRES

Algèbres B U c p . nt a i a e r s mr
Nous i m n i ua t o c l ni r f eb u i ao en o s t b n pr t d
a s q u s rt ud t e d er t ; l ia r e nu ii ’ ne e a c avn ua s s l ot
n q o u m h e b ;o os d r q f em nt u i e u
S K u c co n o O doi i r n itm e sq p A er mB ts ou ds ta u o
q e Eu e u n K ’ s o ns a- u to u dee ana n i u e m l n/ D s s b
u u ~ nK sl c uV e , ig ’ p n, d s v è d e l o t W e p ud b ae s a i h i a e r nt
v s l c e K m u de o c a u r n ’ a rp t p l dn d’ u pao p i e ei eyi n d s s r l e n
c n i ma o c ut: t a i li i é n to s n in o
E x E - E

q e b uc s i l i ’ pt l i 2. e a i
Exemples n
d’anneauxs r et nalgèbres
é t é
r i c af p hs ap :r aé cp i qp to s ua er
O r d n ae e d e a nn t e
;;; (~+~~).z=~(x.~)+~~.z),
b d d n r aa e od pe nr mu
x. (Ay+ w) =A@ .y) + P@.z),
o ;n n u c o od v o i u u
q q s l u é u o , y eze dl Ee id Y c , s l eéq ee ,eh s mu d mn xo ee e
e l Gs Pt Aee p ac ) sàt K pa u p a . pl n de rd aad au te iro
O p a d n eu ut sé un sev tf d mt e sl a ri e p a m li r unl s o t o
l K n po u c ’ m lr s n o re a us d e c rs i s i sq e u e pt c t s u - s sr
l u a e c n n mo n L eem ed e n nn m s ae sd o ts u o
S l m i ae ua o s ls e t n t s ts x d r i ipo e l ’ è mp
p d m a ’ ;c s r c u eo o l eul pp d c e r s g e deé m ’ i - uèt
t a o a ud l p u i e te et r b n :lt e i é l s
Z d ’e u p r c i e enr
i l n d ’ l d c a a t a eé lu a n s i c sf un n su s f o ti e e n no
d a m ’ p l q a u i rn g l u e i n l é ’ è Qe aR ns Ce c yd b n, s n, s , i e r
a p a a s s s r r o ea c é cr tt o e ie
m s d c e S oA e e u o a n in ss nr
Homomorphismes d’onneoux et aigèbres
c l o A [ ’ .... Xm d X e
S A e B do a t ( ei d n p o ue e i nH v o u hxnc u e a l d to x a r
a e la t d A dgp B f Ae e u aèp a . cu s nnbl n ; s A o=n Kt e sri n i
C ao d gu n é u c é x f af l n o n do li p ’ r é& er on o a
d m e o do q f es n u ir c
u s d
nrp K oe e u t a a ah e
s s Kn l ni
l dl ( d ’o s o ’ U e
aï i u af n n?x d o l n e
n~ ’ n
, l s f d a t ( rd ’ c r o e ’ a e ocu u s a pn s l m oc pl an t ’
b : r e Y )d e ( e nd eE s d’
v E ; s E ee d d i sfc e H i
a c a l e ie l ào ls s t g
b d m rC e da ePa i s n ’t
( é e sv A e B s t ide tl o e n cen i ( nat ost L g c Etl Il u
a = lA p t sg i o Mo cè u Lu ab r It lr
h p d é ) o. e ye q k u dt s u mC
Y re e edo xn la n’ m eo
A ; on i d p q ml e pl u p’ t acu e loi i a ri s d esmLv l ( tf e se a
l u d ’A s l n eué o d ’ iG nl - iGe é t R d Lié t r l é Oe tim o é

3 8
A & A N L

A d B n e o n otion
e par un nombre
l a e ules fonc-
réel h sont x
L’exemple suivant montre le caractère un tions dont les valeurs en chaque point sont
peu insolite que peuvent présenter certains respectivement la somme et le produit des
anneaux. L’ensemble , (E) des parties 2 valeurs en ce point ou le produit par P, de
d’un ensemble donné E est un anneau pour la valeur de la fonction en ce point. Si on
les opérations d’(( addition H et de (( mul- analyse les propriétés qui ont permis de
tiplication H qui a deux sous-ensembles X munir l’ensemble précédent d’une struc-
et Y de E font correspondre les sous- ture d’algèbre, on constate que, de manière
ensembles : générale, on peut munir d’une structure
d’anneau ou d’algèbre l’ensemble des
( exx t nn yy y
applications d’un ensemble quelconque E
respectivement, en désignant par X’ et dans un anneau ou une algèbre respecti-
Y’ les complémentaires de X et Y dans vement, les valeurs en un point _vde E des
E ; l’élément nul est ici l’ensemble vide fonctions somme, produit et éventuelle-
et l’élément unité est l’ensemble E tout ment produit par un scalaire étant données
entier. Remarquons que le (( produit )) de par :
X par lui-même est égal a X car on a
xnx=x.
Revenons aux notations usuelles en
désignant les éléments d’un anneau par des Le procédé précédent permet, bien
lettres minuscules. Généralisant la situa- entendu, de définir des structures
tion précédente, on considère des anneaux, d’anneaux ou d’algèbres sur de nombreux
appelés u d B n qui possèdent
e O t la & w dc fonctions
ensembles , u contenus u
dans
propriété que le carré de tout élément est l’ensemble, considéré ci-dessus, de t
égal à cet élément : x = x = x Il en 2 les. fonctions
, définies xdans un ensemble et
résulte que, pour tout élément _x, on a à valeurs dans un anneau ou une algèbre.
.v + .x = 0 ; en effet, écrivant que le pro- Ainsi, les fonctions continues ou différen-
duit de x + ,y par lui-même est égal à tiables à valeurs réelles définies dans un
.y + .y, on obtient : ouvert du plan constituent des algèbres sur
le corps des nombres réels. Il est clair qu’il
est possible de multiplier à volonté les
= x x + x
exemples de ce type.
d’où la conclusion. Ces anneaux sont Lorsqu’on s’intéresse a l’étude locale
importants en logique symbolique (algèbre des fonctions au voisinage d’un point, on
des propositions) et dans la théorie des est conduit a introduire des anneaux et
circuits électroniques (algèbre des cir- algèbres d’un type différent du précédent.
cuits). N prendrons pour o exemplel’algèbre u des
g e
di~jbnctionsmul~Qtues ?Ilàt?gitwm0
A e a n d tf l n e o g due plan complexe.
n è a Considérons c b lesu couples t r x

Les fonctions réelles d’une variable réelle (U,f) d’un voisinage ouvert de 0 dans le
définies dans un intervalle [a, b] de la plan complexe et d’une fonction,fdéfinie et
droite réelle constituent une algèbre en analytique dans U. Nous dirons que deux
convenant que la somme et le produit de tels couples (U, f) et (V, g) définissent lc
deux fonctions ou le produit d’une fonc- même germe a l’origine sifet g coïncident

39
ANNEAUX & ALGÈBRES

sur un voisinage ouvert W de 0 contenu A : (q, u,, . . . . an ,...) ; une telle série for-
dans U f7 V ; il est clair que cette relation melle est souvent notée :
est une relation d’équivalence ; par défini-
tien, le germe d’une fonction analytique
définie dans un voisinage de 0 est sa classe
d’équivalence pour cette relation. Mon- notation qu’il faut considérer pour l’ins-
trons que cet ensemble des germes peut être tant comme un pur symbole. Définissons la
muni d’une structure d’algèbre sur le corps somme et le produit de deux telles séries
des nombres réels ou des nombres comple- formelles ; on pose, par définition,
xes. Soient A et B deux germes et h un
nombre réel ou complexe. Si (U,f) et (V,g)
définissent les germes A et B respective-
ment, nous appellerons germe somme,
germe produit et germe produit par le sca-
laire A, noté A + B, AB et AA respective-
ment, les germes à l’origine des couples où Ci est la somme finie :

(U n V,.fr + .g,), (U n VJ; g,), et aobp -k a,bp-, -k + akbp-k + •k apbw


(U f’ V, Af,), OÙ,~, et g, désignent les res-
trictions au voisinage U n V des fonctions Il est facile maintenant de vérifier, en
f et g ; on vérifie alors facilement que les utilisant les règles du calcul algébrique
germes A + B, AB et AA sont indépen- dans les anneaux (cf. chap. 3) que l’ensem-
dants des représentants (U,f) et (V,g) ble A [[Xl] de ces séries formelles est muni
choisis et que l’ensemble des germes est d’une structure d’anneau ; si A = K est un
ainsi muni d’une structure d’algèbre. De corps, cet anneau est une algèbre quand on
manière générale, les anneaux de germes de définit la multiplication scalaire par la
fonctions différentiables ou analytiques formule :
jouent un rôle absolument essentiel dans la
théorie des variétés différentiables ou ana-
lytiques.
Par récurrence, on peut définir l’anneau
des séries formelles à I vdriables à coeffi-
Anneaux de séries
cients dans A ; par définition, cet anneau,
A étant un anneau commutatif, on noté A [[X,, .., XJ, est égal à l’anneau des
peut définir de manière purement formelle
séries formelles (à une variable) à coeffi-
et algébrique des séries à coefficients dans
cients dans l’anneau A [[XI, .... X+,]] des
A ; dans le cas OÙ A est le corps des séries formelles à (n - 1) variables. Toute
nombres complexes ou des nombres réels, série formelle à n variables est définie par
nous ferons jouer un rôle particulier à
la donnée, pour tout système de n entiers
celles de ces séries, dites convergentes, qui p,, ....pf7 positifs ou nuls, d’un élément
possèdent un rayon de convergence non
a ,~, ,,,~” de l’anneau A et s’écrit symboli-
nul.
qucment sous la forme :
On appelle série _f~rmelle (à une varia-
ble) a coefficients dans un anneau com-
mutatif A une suite infinie d’éléments de

40
ANNEAUX & ALGÈBRES

Limitons-nous maintenant au cas où A e,, .... efl de cet espace. On appelle tubk de
est le corps des nombres réels ou des multiplicutionde A la donnée des produits :
nombres complexes. La série (*) est dite n
convergente si elle a un rayon de conver-
gence non nul, c’est-a-dire s’il existe un
nombre réel strictement positif R tel que la (les & éléments u,,~ de K ainsi définis sont
famille de nombres positifs : appelés les constantes de structure de l’algè-
bre A) ; connaissant la table, on peut caku-
ler le produit de deux éléments quelconques
soit sommable (cela signifie qu’il existe un par bilinéarité. On représente souvent la
nombre M qui majore toute somme finie de table par un schéma à double entrée. Par
tels nombres). On montre que si deux séries exemple, la table de multiplication du corps
sont convergentes, alors les séries formelles des nombres complexes considéré comme
somme et produit sont aussi des séries une algèbre de dimension 2 sur le corps des
convergentes ; ainsi les séries convergentes nombres réels est la suivante :
à coefficients dans le corps des réels ou des 1 i
nombres complexes forment des anneaux, 1 1 i
qui sont d’ailleurs aussi des algèbres sur R ti i -1

ou c, notés R IX,, .... X,J et Réciproquement, soit E un espace vec-


C {X,, . . . . X,?} respectivement. L’étude de toriel muni d’une base e,, . . . . e,,. Si on se
ces anneaux constitue la partie locale de la donne, pour tout couple i, j d’entiers
théorie des fonctions analytiques de plu- compris entre 1 et FZ, des éléments de
sieurs variables ; ainsi, montrons, pour l’espace E, notés e,, e,, on peut prolonger
?z= 1 par exemple, que l’anneau C {X} cette loi par bilinéarité à l’espace E tout
des séries convergentes à coefficients com- entier. L’espace E est alors une algèbre
plexes est isomorphe a l’anneau des germes associative admettant cette loi pour mul-
de fonctions analytiques à l’origine intro- tiplication si, et seulement si, on a
duit ci-dessus. En effet, toute fonction ana- (ci e,) eA = e, (c, ek) i remarquons que
lytique dans un voisinage de l’origine est l’algèbre ainsi construite est commutative
développable en série entière convergente si, et seulement si, e, e, = ei e,. Ce qui
et deux telles fonctions définissem le même précède montre l’utilité des tables pour
germe si, et seulement si, elles sont somme définir des algèbres. Nous allons donner
d’une même série entière dans un voisinage un exemple célèbre de cette situation.
de l’origine ; par ailleurs, la valeur, pour z Soit K un corps commutatif; désignons
complexe assez voisin de 0, de la somme des par e, i, j, k la base canonique de l’espace
séries (( somme D et (( produit D est égale vectoriel K4 et choisissons deux éle-
respectivement à la somme et au produit ments p et q de K. On appelle ulgsbre de
des sommes des séries considérées (cf. quuterniom sur K l’algèbre obtenue en
FONCTIONS ANALYTIQUES). considérant sur K4 la table de multiplica-
tion notée H :
Algèbres de dimension finie
$ = e, ei = ie = i, ej = je = j, ek = ke = k,
Soit A une algèbre sur un corps K dont i2 = pe, ~2 = qe, kz = -pqe,
l’espace vectoriel sous-jacent soit de u c - ji c k, jk = - kj x - qi,
dimension finie n et choisissons une base ki z -ik z -pj.

41
ANNEAUX & ALGÈBRES

Un cas particulier très important situation précédente constitue historique-


s’obtient en prenant pour K le corps ment le premier exemple d’une telle repré-
des nombres réek et en choisissant sentation.
p = CJ= ~ 1 : on obtient ainsi les quuter-
nions proprement dits, introduits par
Hamilton. Pour ces quaternions, on peut 3. Propriétés
développer une théorie analogue 5 des anneaux et algèbres
celle des nombres complexes : si
Y = UC>+ bi + cj + dk est un tel quater- Calcul algébrique dans les anneaux
nion, on appelle conjugué de .Yle quater- Les règles du calcul algébrique usuel
nion .? = UC~ bi - c:j ~ dk : les règles de s’appliquent dans les anneaux moyen-
calcul montrent alors que : nant quelques précautions dans le cas
non commutatif: par exemple. si
.Y,, .... .Y,~~,
J',,.... y,,sont des éiéments d’un
et par suite tout quaternion non nul ,Ya un anneau A. le produit
inverse :

x-l = (a*+ bz + c* + d*)-‘Z, est égal 1 la somme des WI produits .y,~‘,.


Mentionnons une importante notation qui
’ = .Y-‘.Y= e. On traduit cette
tel que _Y.\~~ montre qu’on peut faire (( opérer ))
propriété en disant que les quaternions l’anneau Z des entiers relatifs sur un
forment un corps mn ~mmututff; cet anneau A quelconque. Si Y est un entier
exemple des quaternions constitue une relatif et x un élément de A, on désigne par
situation très privilégiée, car on peut mon- n.~ la somme d’une suite de I tcrmcs égaux
trer que c’est le seul corps non commutatif à s si I > 0, l’élément 0 si 12= 0 et
de dimension finie sur le corps des nom- l’opposé de la somme de ~7’= ~ n termes
bres réels. égaux i ~ s si I < 0 ; il est clair que cette
Pour terminer, remarquons que les notation possèdc les propriktks habituel-
matrices de la forme : les :

L+ ib c + id I (m) = (mn) x, (n + m) .x = ?Cc + mx,


C-c+id a-ib 1 n (x +Y) = t2.x + ny, (n.x) (my) = (WI) @Y),

Où u, h, c, d sont des nombres réels pour m, 17 dans Z et s, _I’dans A.


quelconques forment une algèbre et que L’exemple des amieaux de Boole mon-
l’application qui, au quaternion flc + & tre qu’il peut exister dans certains anneaux
+ d + dk. fait correspondre la matrice des entiers I > 0 tek que f?l = 0 ; on
ci-dessus est un isomorphisme car les appelle uwmtkristique d’un tel anneau lc
opérations usuelles sur les matrices cor- plus petit entier n > 0 pour lequel tzl = 0
respondent ici aux opérations correspon- et on dit qu’un anneau est de caractéris-
dantes sur les quaternions ; ainsi l’algèbre tique nulle si ~21f 0 pour tout II > 0.
des quaternions est isomorphe i une algè- Ainsi tout amieau de Boole est de carac-
bre de matrices. La recherche d’algèbres téristique 2, alors que l.anneau des entiers
de matrices isomorphes i une algèbre relatifs est de caractéristique nulle : de
donnée est le problème fondamental de la manière générale, tout anneau de caractk-
représentation hnéaire des algèbres ; la ristique nulle contient une infinité d’élé-

42
ANNEAUX & ALGÈBRES

ments (si n et fn sont deux entiers relatifs une égalité du type u_x= u_r. Ainsi, dans
distincts les éléments nl et ~1 sont dis- un anneau de Boole unitaire, on a toujours
tincts car (n - ~7) 1 # 0) et par suite tout .~‘-~y = s (.y- 1) = 0 et, par suite, le
anneau ne contenant qu’un nombre fini produit de deux éléments non nuls peut
d’éléments est de caractéristique non nulle. être nul; de même, dans l’anneau (de
Pour terminer avec les notations, indi- caractéristique nulle) des fonctions a
quons qu’on désigne par ,xJ’,n entier > 0, valeurs réelles définies sur l’ensemble réu-
le produit d’une suite de n termes égaux a nion de deux ensembles X et Y sans point
_x; il est clair que deux telles puissances de commun, le produit de deux fonctions
.x vérifient : l’une nulle sur X et non nulle sur Y et
l’autre nulle sur Y et non nulle sur X est
nul (cf. chap. 2). De manière générale, on
Remarquons que, si .x et y sont deux dit qu’un élément .x # 0 d’un anneau A est
éléments quelconques d’un anneau A, on un diviseur de &a (à gauche) s’il existe un
a: élément ,r # 0 tel que xy = 0. Un cas
particulier de cette situation est constitué
par les éléments non nuls dont une puis-
si .y et _)’cwnniutent : . = y alors on x sance x est nulle y(ainsi, , dans l’anneau des
retrouve la formule classique : entiers modulo 4, cf. icfra, le carré de la
classe du nombre 2 est la classe nulle) ; un
tel élément non nul dont une puissance est
Cette situation se généralise aux idmtitb nulle est appelé un élément nilpatent. Les
rwnurquubles, qui sont valables si les élé- anneaux commutatifs sans diviseurs de
ments qui y figurent commutent. Par zéro sont dits int>gres (on dit aussi qu’un
exemple, on a : tel anneau est un anneau d’intégrité) ; on
peut alors (( simplifier 1) par un élément a
xn-y” = (x-y) (x+’ + xn-zy +
non nul puisque ux = uy est équivalent à
+ xy”+* +y”+l),
u (_x-y) = 0, qui entraîne s ~ y = 0.
(x +y)n = xa + +-‘y +
+ cfp-pyp + + y”
Idéaux
(formule du binôme) si .x et J commutent. Soient A et B deux anneaux (ou deux
Puisque pour I premier tous les coef- algèbres) et f un homomorphisme
ficients CA, Ci, C:i-’ sont des entiers d’anneau (ou d’algèbre) de A dans B.
divisibles par n, il résuhe de la formule du L’ensemble N des éféments de A dont
binôme que si .y et J) sont deux éléments qui l’image par f est l’élément nul de B est
commutent dans un anneau de caractéris- appelé le ~UJW def; c’est un sous-groupe
tique n premier, on a (_y+ y)!?= ,?’ + y” ; additif (ou une sous-algèbre) de A qui
d’autre part, sous les mêmes hypothèses, possède la propriété supplémentaire sui-
on a (.y~)“= ,V_r”. Ainsi dans un anneau vante : a Pour tout élément x de A et tout
commutatif de caractéristique I premier élément 2 de N, les éléments ,vy et ~‘.y
l’application .y- _y’! est un homomor- appartiennent encore a N. 1) De manière
phisme d’anneau. plus générafe, on appelle id&& à guuchc
Dans un anneau quelconque, il n’est pas d’un anneau (ou d’une algèbre) A tout
toujours possible de Hsimplifier par a ~1 sous-groupe additif (ou sous-algèbre) u tel

43
A 8 A N s L N G E È A B U R X

q s s e y s du é i t oq ee l g nu se é pa te l n m c au l ’ g e o
d A e 7 r e t l Xe s u ,u Jss o é n n a Jpee i l l deus t ’ é
é d ? Ol d e d. mné é l é Le ê m df e l f l . x ml e ie sa Y o p é u oe nn r a
i a d c d r p l afé q oA a ce r a a u l i r, ’ a i ud e G m ’ t e càt xe eu e
_ a a X Jp p , d W e ’xo dp r a g _ t YHu daa C ; nd am rgenr I se ula ést
A U e q , cn n l n u do s àe g o i e’ m e pa y u, nup m m M dau aAn gna e b
h oe à l f u ims àa o f no dnto e ii i u é oàml s dsn d a no’ t e
d e u i rà g t n e d a o a u ss é p i f u n . ot +a p + t i .c xo m ( l ee e n xh , ù
i M ;b d e a s l i é n At ui ’ ef a t è q n a na / e d r u e n m d n’ e
e c ts o c t dot me y M e l’ u . d m s é p t eiqs x e u l e d Asdu ! s t é
c T ao c o a nïm o u U u nin o % n # At dn decai t A e ’ d éai nn i
d i b e dp i u éa m l x s anr a c a ’ d u’t ax o t i a xei
s l ni c ’ s um o i a e il p n p d u d u A d l Dt r é t e l àé. e ée o a
l 0 e l ’ m ct ’ é p i to i d k a t l i n i d’ m m r & et s d dÇe e a
l t e ’ ; u io dn a dn d u l it n Z de ée t ’ si r n e A an a te e e s d lt
c d i ee d e p d O ssv i u r é ici (Cf. n t ANNEAUX
é t x o a COMMUTATIFS) r p qUCu tOUt i r
f q s au a ue ui cnc n i es n d i o Z ne é d t à lel r es g (é d ’ e p at a
i n p d l p ’ a ’D r ad s i om o ed éd nu Ip u; ’ o vlé nl q r xu n oé
e s xd pi e’: d rl
m (mi ac o’p l Fdp(n o s epil s’ Zélws n i t
l d e ’ r e l n ma e s me t us n m l es ie il un m au nd es n t ;ne tiu
d n n f ’ ou i on u ( mn da lr o n n@b e éim ’mt s ) e) rss an a i eé i t eet
e a l pt p e’ r p p n ni s n i a e p dg ’ ’ nn r#l ap d ’eéi e Fc é s i e
( i n pc nd s ’n # 0ae e eué i ee t qst t ( sl a # Ats ec u n t l I # ,t kl’ 1 e; )
différent de Z si n # k 1) et on peut a d l i Z al i’ n m , ne da
m q t io e ud co t dn ( s eem eu ys ét cf t ad t m po ar fo d uen eun le . r e
ANNEAUX COMMUTATIFS); d m d eb ê p a Lr m r nd l e’n e e se a
u a d f n n l e o dn ’d n m ee e r’ c s a sa dn éi t t ux u us
f q s o e uu p’ ne u n nir oa scs n d è ian Kutt e ûd m nn l rii t
i d é d a u é l l d t cm ’ : . ui
I m n u p a sd n HrD i u oi a o a tn ni uq n à g c not d -u n
v u p ec t do i no i; d eu d t n d l l i sr é ts e i e’ f e a ot s na
i s id i i c é in g c i a dd na m o ul aéi i u a gno n nadf f
à g à d oa b rs puu i mo a r cH l N a ri u é h a oà l xte f ce t u
s c i oO v f o mn o a a n NORMÉES p i lp c v u bl et go i o n eé x
q l ud ’ f q e’ i a d l u u dn l m ne ’ ed n et ami o u l ’ e e al
q d f u o ’n e ie e u ui o s Lnn dn n d tg ’ic d fé , e e eo e oa s
i O e d d q sn Mn e é u é pu i ds d n a a ae d et su e n l r n e ms éi n . t o
q d A ul e d , ’ie l e idl d ’ a s ncé p e i n u toa o s
d Aq c e Mu ( oe a m i i nx u u io m
l ti n q d i e aa is i m u é n s l x et
u t i à s n eA td e a e l u oé mn v cs n ua ut q o c’t tl t imu li oe , o
i Y q e ld p Lp u i s céc l , e ii d t ado u l t d éd len s ’ d i l é a i t a et ’
n M ;o d a a q M ne i u l s n u sl t n o y t eD utl c r s d la ei ad s t e ’ n
d g d eU éo e qe ,W neu n g u d ésf c e ea e rt o o àr l n an r
e p M nP e a .l g a àx gr ’l e r g e i d i e nu e r m n o d s dn r e p

4 4
ANNEAUX 8c ALGÈBRES

(U,,fl s’annule pour 2 = 0 (if en est alors pendantes des représentants s et J choisis
de même de tous les représentants d’un tel et que l’ensemble quotient est un anneau
germe) forment manifestement un idéal. (ou une algèbre) noté A/u pour les
Cet idéal contient tout idéal propre : en opérations ainsi définies. A s’appelle
effet si g est une fonction analytique dans l’anneau quotient de A pur llde’al TL. Il est
un voisinage de l’origine qui ne s’annule clair que si A est commutatif, alors
pas pour z = 0, il existe un voisinage U de l’anneau quotient par un idéal est encore
0 dans lequel g(z) # 0 et, par suite, dans commutatif, Avec ces notions, un idéal %
lequel Il (2) = l/g(z) est analytique ; ainsi d’un anneau commutatif est maximal si et
le germe A, défini par g, a un inverse B seulement si l’anneau quotient A/% est un
dans l’anneau (c’est le germe défini par 11); corps.
tout germe C est alors un multiple de A car
C = (CB)A et le seul idéal contenant A est Anneau des entiers relatifs
donc l’anneau des germes tout entier. On modula n
démontre également que tout anneau de Nous allons maintenant indiquer un exem-
séries possède un unique idéaf maximal. ple fondamental d’anneau quotient qui
Les anneaux de ce type, qui peuvent aussi montrera que le calcul des congruences
être caractérisés par le fait que l’ensemble dans l’anneau Z des entiers relatifs rentre
des éléments non inversibles est un idéal. dans la théorie des anneaux.
sont appelés des anneaux locaux. Soit TIun entier positif et considérons la
relation d’équivalence définie par l’idéal
Anneau quotient (n) = TZZdes multiples de n ; deux entiers
Les idéaux bilatères d’un anneau (ou d’une ,v et Jj sont équivalents pour cette relation
algèbre) A jouent un rôle fondamental d’équivalence si, et seulement si, leur
dans l’étude des relations d’équivalence différence est un multiple de n, c’est-a-
sur A compatibles avec sa structure dire avec la terminologie classique en
d’anneau (ou d’algèbre). De manière pré- arithmétique, si .y et y sont congrus ~~~o~iulo
cise, toute relation d’équivalence telle TI (cette relation est notée .v e y, mod. n) ;
qu’on puisse munir l’ensemble quotient la classe d’un entier x s’appelle la classe
d’une structure d’anneau (ou d’algèbre) résiduelle de Y modula n. D’après les
pour laquelle l’application canonique (qui propriétés du quotient d’un anneau com-
a un élément fait correspondre sa classe) mutatif unitaire par un idéal, l’ensemble
soit un homomorphisme s’obtient de la Z/?rZ des classes résiduelles modula IZ est
façon suivante : il existe un idéal bilatère W un anneau commutatif unitaire ; il en
tel que deux éléments .y et _r soient équi- résuke en particulier qu’on peut appliquer
valents si et seulement si leur différence aux congruences les règles usuelles du
.v -_)I appartient a l’idéal TL. Si X et Y sont calcul algébrique.
deux classes, on définit leur somme, leur Dans l’anneau Z/nZ, les classes des
produit, et éventuellement leur produit par nombres 0, 1, .... H - 1 sont distinctes car
un scalaire A, en choisissant des représen- la différence de deux tels nombres est
tants ,y et y de X et Y ; on vérifie alors (ct inférieurc a /z cn valeur absolue et par suite
ici intervient le fait que % est un idéal) que ne peut être un multiple de n ; réciproque-
les classes X + Y, XY et AX des éléments ment, tout nombre entier est égal a un de
.v + y, .y~, et, éventuekment k sont indé- ces nombres à un multiple de n près. Cela

45
ANNEAUX & ALGÈBRES

montre que Z/nZ est un anneau fini premier avec p et par suite il existe des
contenant exactement I éléments qui sont entiers relatifs u et v tels que up + vq = 1
les classes 0, 1, .... n ~ 1 des nombres (théorème de Bezout) ; passant aux classes
0, 1, .... I ~ 1. Le tableau ci-joint donne d’équivalence, on a ti@+ $4 = kj = j et
par suite 4 est inversible, d’inverse G; ainsi
tout élément non nul de Z/(p) est inversible
et cet anneau est un corps souvent noté F,,
(Cf. C O R P S

J V E E A

I l = Bibliographie
3

N, B , O ! U % livre
de rnuf/wGmfi~ue.~, R Il, w B
Alg2w, chap, I à I Association Collaborateurs
I
Bourbaki, Paris, 1982 / R. G CO OD
d’ulgcXwe. Hermann, 3’ éd. 1980 / N. J A
Lwiurt~ in Abstruci Algebra, 3 vol., Vm Nostrand,
Princeton, 1977 / S. L A
Undugraduote Algeh, N
Springer-Verlag, New York, 1987 / C. M ~
Le Di/i ulgébriyue t I Vuibert? 1976. . I

les tables d’addition et de multiplication A A P F


dans les anneaux Z/2Z, Z/3Z et Z/4Z. On
y remarque que Z/2Z est un anneau de
- A N E APPLICATION F
Boole, car (b)z = t!l et (i)2 = 1 ; récipro-
quement, on peut montrer que tout anneau
de Boole sans diviseur de zéro est isomor-
phe à l’anneau Z/2Z. Dans l’anneau Z/4Z,
l’élément 2 est nilpotent car son carré est
nul. L’anneau Z/3Z est un corps, car tout A P P
élément non nul a un inverse dans - P R
APPLICATIONS
l’anneau. Montrons plus généralement que
l’anneau Z/pZ est un corps si, et seulement
si, p est un nombre premier. En effet, si p
est un nombre entier positif non premier,
p est le produit de deux nombres entiers q,
et q2 positifs et strictement inférieurs à p ;
on a donc d = p = q,q? et Z/pZ n’est pas A DP
un corps car il contient des diviseurs de F - F O
zéro. Réciproquement, si p est premier,
REPRÉSENTATION8 APPROXIMATION DES
tout nombre q > 0 plus petit que p est

46
A S Y M P T cAtcuts
O T I Q U

A P P ?+ R
D I O P
- D I O P
1. Comparaison de la croissance
APPROXIMATIONS
des fonctions

L’étude de la manière dont des quantités


tendent vers l’infini ou tendent vers zéro
a constitué, i la naissance du calcul
A CS infinitésimal,
AY au X siècle,
V
KM
la I théorie I ~

des ((infiniment grands H et de leurs


1 est difficile de définir avec précision ce inverses, les (( infiniment petits )), et a
1 que l’on appelle méthodes U.YJWZJI~~~~-
qua en analyse mathématique. Ainsi, lors
fait l’objet
souvent
de polémiques
paramathématiques.
Passionnées,
En effet,
de l’étude d’une suite ou d’une fonction l’absence d’une conception précise de la
dont la nature est Compliquée, certaines notion de limite (problème qui ne fut
questions ne nécessitent que des rensei- pas abordé sous forme rigoureuse) ren-
gnements d’ordre qualitatif tek que dait mystérieuse la nature de ces quan-
Y(X) + 0 ou .f(_~) -.+ + w pour ,Y+ + c0. tités qui, tout en étant comparables entre
D’autres exigent un contrôle quantitatif elles, n’étaient pas comparables aux nom-
très précis, défini par des inégalités expli- bres ou aux fonctions. De plus, cela
cites. Les comportements asymptotiques représentait l’intrusion de l’infini dans
relèvent d’une préoccupation intermé- les calculs et, bien que cet infini fût
diaire : dans de nombreux problèmes, on potentiel et non actuel (en ce sens que
remplace la quantité étudiée par une autre l’infini n’était pas considéré en lui-même
plus simple sans que, (( c la limite )), le comme un être mathématique soumis k
résultat soit modifié. Par exemple, la rela- des règles opératoires précises), cela sus-
tion citait des problèmes philosophiques aux
mathématiciens, éChaudés par les nom-
breux ((paradoxes de l’infini H qui
n’étaient pas encore clairement analysés.
suffit i établir la convergence SIl’infini de La recherche des H vraies valeurs H des
l’intégrale de J Les exemples qui suivent formes indéterminées, rencontrées dans le
montreront la nature de ces préoccupa- calcul des dérivées par exemple, allait
tiens. cependant montrer l’importance de ces
Du point de vue strictement technique, notions et les justifier, tout au moins
les méthodes asymptotiques sont extrême- empiriquement, aux yeux des mathémati-
ment Variées et, en dehors de quelques tiens. Ces questions ont été systématique-
résultats relativement généraux, chaque ment élucidées par Paul Du Bois-
cas particulier exerce l’ingéniosité de celui Reymond, qui, dans une série d’articles de
qui l’étudie. Nous nous limiterons, dans les 1870-1871, a posé les fondements du
chapitres 2 et 3, h l’exposé de quelques- calcul des infiniment grands (Znjïnittir-
unes de ces méthodes. culcul) en mettant en évidence l’impor-
A S a Y t M c P u T t O

t dl n a d e a do c n ’ det lo c é l e i l ’ mv e c o t oavi pa h r e
s ; i a é o é l t e nd g l u n éa ’ d tl i i ae
l e l ’d dt ar i é e S efn er g s ds i l ft it o de a éo v n
d c eT o c r o om e pé . a u np g s ose àYv s s t a rn unut as r ao
t l f rr e oe d oi u o rt d é uqg f er g nsm i f a vuo t o e t i s éeu
d l t da H e r en a s a 6 s r p v xq t vd o l a u e e ey u ’
o n : n o t
R d c e e o l m a pf b - t a ) - i r
D d n a q e o d n u m ’ s e b a s r n t
a v d ul o s l er ’ i i e
o e c n& é s o l o t td n ’ r ue d ( d d u ( r i
f ( t v x1 p e. t e ) v o Y
n e r
g ) d r f ) ,’ a do fu n’ n (n du c ne en t
l R ’ q ec n i u m e ’
v e pa pn n g or o ot r si u ui a ia rè nt b r
m p q l dê a u( -a i m s s _e g
d f y ’ d o v ( uc ’ n a _ no u c r ~ en n t i ) t e i
n , l . e u g Y o o v Y s edr r u b o t ’ca s l o im uon l q e r s od nmd’ u
v u F a l . po l d e f
rr e a e oom u s é nb u r yq
m p ea n lr nan oc ié . + . e
ui au , a m
c xv Y t
è s d
Y lu i ?
o L r e? ’ st
d v c’ a p f ou l r o r i nn e i ud f e é
x te s a r e o c à d eiq nb
i d é f e d o e p s s o on t p l . i n
S f f o à uv or i o ra m n é t ue il u a c pe s ee e n n t lr t us
c d op a ~ h é < x <mo u o ( f P pu u c i i a c lr 2 e q f n pn r h e ) t
a < s < a + 1 ( d a 2q o , ie l ê fu n fd rs o ;t a oe s iKat d r r i rl i f ( és
d d u vé a k g n of o à n n a ii d u n s o u p sn e o < X lmc( r l i i m .
d d a o p r . a e )g u o ( o Xd s rd r uo i i s d ae né r nt r e p e n op ) e a z r s
q f e d au v s é d l ue o t fC e ’ i p Gi o i q se a na nq n:u ix r
P e l a x : ’ r e a m p p p l
1
X l
x - e u r a p s n éd l t r t d se a h o
t l v r à de o da a e rns i en q n n éoo d s s u q’ tim 1 é i f i ua
l v d el o e p es s’ io t pa Hu i sn , e adr Lai nV i t r e adt f a n
p e c e l nf o : u a o n N t a n ms o , l p c ia c u l r t
m o p c e nl ec o n d e ur m

f L f
a
p
s n
A
x o- C O od q n. f O
d y é g
e n ui
e
u

r l ad f a v’ m
e d u éo o q ge ce ti uv u q n r p xust i e u eo o di
( d à l i dr a ’ f o’ uv é ol ui s pte t ’nt tn& >i 0ror ou ioac ee ,
a v d lu o ; n en ’ l i o 1 ( o 1i< iEs1g u1 p. . u xn a mi ( g s fo y ; os f s in , r
t à c c ed c ce a ra I e e h s on l s a ns t p s
é a : c l r o
c d pl q’ l ana ua e roi eu s trt t , ,i r
c s i d m ’ é- e a é fvd = O n t z ( i e C i e z xd s !è
a c O l v u a n Ùp a a q ds e r r u e e ( i e d sL nn a e a
v e aN nn p lo ot 1r e e uc qui l 1o ds u sl uèsc a p ét r a rei
i d m q c ee po du iC cs on s e’ (qot ls t r i i f u( m esr a gs le xe - i e p
p ) l f a d ) e oa v r é s nu o e f c i r i t s n

A8
ASYMPTOTIQUES c/,wJts

défini pour x assez grand, tend vers 0. dominée par g pour .Ytendant vers l’infini.
Remarquons que le symbole de Landau et on écrit :
doit être considéré seulement comme une
f(x) = O(~(X)), .x - ,X (notation de Landau) ;
écriture commode mais ne représente pas
une fonction déterminée croissant moins bien entendu, sifest négligeable devant g,
vite que g et ne doit donc pas être manipulé elle est aussi dominée par g. Si g est la
comme les nombres ou les fonctions ; ainsi fonction constante 1. l’égalitéf(,Y) = 0( 1)
écrire que o(g) + o(g) = o(g) exprime exprime simplement quej”est bornée pour
que la somme de deux fonctions négligea- Y assez grand ; par exemple :
bles devant g est négligeable devant g, mais 1
sine +; = O(l), x -=.
cela n’aurait aucun sens d’en conclure que
o(g) = 0 ! Pour une formulation mathé- Le symbole 0 permet de préciser cer-
matique satisfaisante, on pourrait convenir tains ordres de croissance ; ainsi écrire
que o(g) désigne l’enser~~ble des fonctions que :
négligeables devant g, qui est un espace
vectoriel ; la notationy= o(g) est alors un
abus de langage pour ,fg o(g).
La notation précédente permet de tra- est plus précis que :
duire maintenant facilement les résultats
sur la G croissance Comparée )) des fonc-
tions puissance, logarithme et exponen-
tielle ; ainsi, pour a < b, Les Anglo-saxons utilisent les notations
dc Hardy :

pour a quelconque et 1 > 0, on a


pour j’est négligeable devant g, ou :

c’est-à-dire les fonctions puissance crois-


sent plus vite que les fonctions logarithme. pour ,f est dominée par g
Enfin, pour u quelconque, c > 0 et d > 0,
Fonctions de comparaison
x” = o(ecXd) et échelles de comparaison
Les fonctions les plus simples auxquelles
au voisinage de l’infini, c’est-à-dire les
on est tenté de comparer (au sens du
fonctions exponentielles croissent plus vite
chapitre 1) une fonction donnée, pour .Y
que les fonctions puissance.
tendant vers l’infini, sont les fonctions :
Indiquons, pour terminer, une dernière
notation fort utile. Dans de nombreux cas. x 0 (a réel), (In x )b (b réel # 0),
on a besoin d’une relation de comparaison ecx’ (c # 0 et d > 0)

plus faible que la précédente, qui puisse et les produits d’un nombre fini de telles
s’appliquer à des fonctions dont la crois- fonctions. Remarquons au passage que, à
sance n’est pas très régulière. S’il existe une l’exception de la fonction 1 (obtenue pour
constante M telle que if(.~) 1< M I~(X) 1 u = O), chacune de ces fonctions tend vers
pour .Y assez grand, on dit que ,f est 0 ou vers l’infini lorsque ,Y tend vers

49
ASYMPTOTIQUES atcuts

l’infini ; de plus, d’après les propriétés de rer trouver une échelle dénombrable telle
croissance Comparée de ces fonctions, sij” que toute fonction s’(( intercale )) exacte-
et g sont de ce type, on a une et une seule ment dans l’échelle ; en effet, on peut
des trois relations : montrer que, pour toute échelle dénom-
brable, il existe une fonction qui croît plus
f(x) = ~k(~N* f(x) = k?(x), vite que toute fonction de l’échelle (Du
x-ce.
’ Bois-Reymond) et une fonction qui croît
cette propriété signifie que deux fonctions moins vite que toute fonction de l’échelle
distinctes f et g du type considéré ont des (Hadamard).
croissances que l’on peut comparer et ne Tout ce qui précède sur les relations de
font pas (Cdouble emploi )), en ce sens qu’il comparaison au voisinage de l’infini se
n’existe pas de constante c telle que définit de même pour les fonctions définies
J(X) - cg(Y), X + CO. De manière géné- dans un voisinage (à droite par exemple)
raie, une famille E de fonctions définies et d’un point u : ainsi l’échelle de comparai-
positives pour x assez grand peut être son qui correspond à (2) est dans ce cas :
Utilisée de manière profitable pour étudier ....(.X---CzPfl,....(X-CI-I, 1,
(3)
la croissance d’une fonction quelconque si, X-ll, . . . . (X-UP, ...
quelles que soient,fet g dans E, on a une
et une seule des relations (1) ; on dit alors
que la famille E constitue une éclwlle de
comparaison pour x tendant vers l’infini. 2. Développements asymptotiques
Bien entendu, toute partie d’une échehe de
comparaison en est aussi une ; dans la Dans ce chapitre, on supposera choisie une
pratique, on se limite à des &wlles échelie de comparaison E (au voisinage
logarithmico-exponentielles Constituées de d’un point a ou au voisinage de l’infini).
fonctions du type considéré ci-dessus ou de
Composées (au sens de la composition des Partie principale
fonctions) de telles fonctions, par exem- L’idée la plus simple pour étudier le
ple : comportement d’une fonction donnée ,j’
(au voisinage de u ou de l’infini) est de
L*x = lnlm, e*(x) = exp(expx).
chercher si, à une constante près, elle est
On utilise souvent des échelles de compa- équivalente f une fonction de l’échelle E
raison dénombrables ; l’exemple le plus choisie. S’il existe une telle fonction g de
simple est : E et une constante c # 0 telles que f - cg,
c et g sont déterminées de manière unique
(2) ,.., xn,xn-‘,..., .x,l,x-l,..., x-a ,.,,,
et on dit que cg est la purtie principale de
x- a,
,f (par rapport à l’échelle E) ; remarquons
qui est décroissante, en ce sens que chaque que cela équivaut 1 dire que :
terme est négligeable, pour .Ytendant vers
l’infini, devant tous les termes précédents.
Indiquons, pour terminer, que le choix ou encore que j”(.x)/g(,x) tend vers une
d’une échelle de comparaison dépend limite finie c # 0. Dans le cas où l’échelle
essentiellement du type de fonction que choisie est (2) ou (3), on retrouve la notion
l’on veut étudier et il serait illusoire d’espé- usuelle de partie principale ; ainsi, 1/sur.~ a

50
ASYMPTOTIQUES c~tcuts

pour partie principale l/x pour x- 0, telle que la différence ,f- g soit néghgea-
ey - eu a pour partie principale eU(x - 0) ble? les g, formant une suite c décrois-
pour x + u, sante N de fonctions de E, en ce sens que,
pour chaque i, la fonction gi+ , est négh-
2xz+ 1
x-l geable devant g!.
L’exemple le plus simple de cette situa-
a pour partie principale 2x pour _Y+ X. tion est la théorie classique des développe-
Remarquons que la partie principale ment.~ limités au voisinage d’un point a : ce
n’existe pas nécessairement ; en effet, n’est autre que la recherche du dévelop-
toutes les fonctions d’une échelle pement asymptotique d’une fonction par
logarithmico-exponentielle sont positives rapport à l’échelle (3). Le résultat classique
pour x assez grand et par suite une le plus important est ici la jhrzuie de
fonction (( oscillante )) (comme x sinx, qui TaJYor, qui affirme que toute fonction k
s’annule dans tout voisinage de l’infini)
fois continûment dérivable au voisinage de
n’est comparable à aucune fonction de
a admet le développement limité d’ordre
ce type, pour x+ c0, If se peut aussi
k:
que L’échelle choisie ne soit pas assez
N riche N et quey croisse plus vite ou moins f(x) =_T-(u) +_w)(x-~) + ..
vite que toute fonction de f’échehe, ou + JF(x-uy
( W
+ o((x-u)k), x-u. )
encore tombe dans un G trou N de
l’échelle : ainsi la fonction x ln x n’a pas de On obtient ainsi, pour les fonctions usuel-
partie principale par rapport à l’échelle (2) les de l’analyse, des développements limi-
car elle croît plus vite que x et moins vite tés d’ordre arbitrairement grand ; par
que x2. exemple, au voisinage de 0 :

(1 + x)S = 1 + sx +
Développements asymptotiques
+ s(s- 1) (s-k + Oxk + o(xk)
au sens de Poincaré k!
Si ,f a une partie principale erg, par ,xk
ex = 1 +x + + E + o(xk).
rapport à une échelle E, on peut chercher
à préciser un peu plus Lecomportement de On trouvera de nombreux autres exemples
f en étudiant la différence,f- L,g, ; si cette dans l’article SÉRIES & PRODUITS INFINIS.
fonction a une partie principale c2gz, on a Les résultats précédents permettent
alors : déjà d’étudier un grand nombre de formes
indéterminées.

De manière générafe, on appelle &e-


loppement asynptotique (au sens de Henri 3 Cas des ,
intégrales
Poincaré) d’ordre k d’une fonction f par
rapport à une &chelle de comparaison E une Il s’agit d’étudier le comportement asymp-
somme finie (nécessairement déterminée totiquc des restes des intégrafes convcr-
de manière unique si elle existe) : gentes :

51
ASYMPTOTIQUES cacuts

ou d’évaluer des intégrales divergentes : De même, la fonction d’erreur, intro-


duite par Gauss en calcul des probabilités,
X- XJ-(r)&.
s ,J
Erf(x) = 2 xe-f2dt
v52 /
Cette étude s’effectue en deux étapes.
On se ramène au cas 0ùJ”appartient a une tend vers 1 si .Y+ + m et son développe-
échelle classique de comparaison, grâce au ment asymptotique se déduit de la relation :
théorème d’intégration des relations de
comparaison : +me-P,&= e-x2 && + ..
s C
Théo~if~ze.Si f et g sont positives et X
équivalentes au voisinage de + ca, alors :
+ c- IY l$.;ya; l) + 0 (x&J).
- dans le cas convergent : Il est important de ne pas confondre les

s 1
mf(t) dt -
scc
.r
g(t) dt,
développements asymptotiques avec les
séries ; dans de nombreux cas, on n’est
capable de déterminer explicitement qu’un
dans le cas divergent :
petit nombre de termes et d’obtenir cepen-
dant ainsi de très précieux renseignements
sur les fonctions considérées. De toute
Les énoncés sont analogues pour les façon, un développement asymptotique est
re1ations.f = o (g) et f = 0 (g). En revan- essentiellement une somme$nie et, même
che, on ne peut pas toujours d&ivcr les si on peut obtenir un nombre arbitraire-
relations de comparaison ; par exemple : ment grand de termes, cela n’entraîne
nullement que la série correspondante
converge, comme le montre l’exemple
suivant, étudié par Laplace. Considérons
mais : la fonction :

n’est pas équivalent a 1. (à une constante près, c’est la fonction


Pour f appartenant à une échelle clas- (( exponentielle-intégrale ))) ; par intégra-
sique, si on ne dispose pas d’une primitive tion successive par parties, on obtient
explicite, on effectue des intégrations par facilement, pour tout k.
parties successives. Par exemple, le com-
portement asymptotique du logarithme e-‘f(f) = i + $ + + w + 0 c i),

intégral : f-.-CO.

ii(x) = 2x&, on constate facilement que, pour tout t, la


s
série de terme général (k- 1) !/tk est
étudié par Euler et Gauss, est donné par : divergente.
Dans l’exemple du logarithme intégral
xdt
_=- ~1 !x li (x) donné ci-dessus, on remarquera
s 2 1nr htx + (lnxy + “’
+ (k- l)!x + c même que [OU.Yles termes du développe-
(+Y ment tendent vers + w avec ,Y!

52
ASYMPTOTIQUES CALCULS

À travers les exemples précédents, on logue à celui des intégrales. Il s’agit d’étu-
voit que le rôle de l’intégration par parties dier le comportement asymptotique des
est de transformer l’intégrale à étudier en restes de séries convergentes :
une intégrale négligeable devant la précé-
dente. On peut expliquer le schéma de cal-
cul de la manière suivante. Soit l’intégrale :

xfWg QI & et des sommes partielles de séries diver-


SI gentes :
OÙfvarie lentement devant g (par exemple
,f(f) = I/f, ou ,f(t) = ln t, et g(t) = e’,
g(t) = exp (- t’), ou g (t) = k’). En pre-
mière approximation, on assimile ,f à une
Ici encore, on se ramène au cas OÙf
constante, ce qui conduit i l’estimation :
appartient à une échelle classique, grÉce au
théorème de sommation des relations de
lxf(Qg (t)dr #.f(x)G(x),
s comparaison :
oti : Théorème. Si ,f et g sont positives
et équivalentes au voisinage de + w,
G(x) = ;g(t)dt. alors :
s
dans le cas convergent :
La non-constance de f se traduit par
l’apparition d’un terme correctif portant
sur la dérivée de f, ce qui constitue la
formule d’intégration par parties :
dans le cas divergent :

J ;NkW = ifV)W) rr,- ~f’~~~(W~~~.

La faible variation def se traduit par le fait


que l’intégrale du second membre est négli-
Enfin, lorsque f appartient à une
geable devant l’intégrale initiale. Dans les
échelle classique, on compare les som-
applications, on rencontre très souvent le
mes précédentes à des intégrales. Cette
cas de l’amortissement constant g (t) = e
comparaison est facile lorsque f varie
k~ ou de la phase tournante uniforme
(( lentement )) ; plus précisément, on
g (t) = eiw’. Ce double aspect amortisse-
a:
ment et phase tournante se retrouve dans la
Théorème de Hardy. Soity une fonction
méthode de Laplace et dans la méthode de
à valeurs complexes de classe (Z’, pour
la phase stationnaire (cf. chap. 5).
x > 0, telle que sa dérivée y’ soit inté-
grable au voisinage de + w Alors, la
suite :
4. Cas des séries

Générahés

Le cas du développement asymptotique


des sommes partielles des séries est ana- est convergente.

53
ASYMPTOTIQUES c~tcuts

Par exemple, la suite : de droite par les changements de variable


u + TI- 1 = t. On a, pour chacune de ces
intégrales :

admet une limite, traditionnellement notée


y et appelée constante d’Euler. Ce nombre
est de nature encore très mystérieuse et on
ne sait même pas s’il est rationnel ou
irrationnel. Une valeur approchée a
20 décimales est :

0.57721 56649 01532 86060. après intégration par parties, en prenant


une primitive P, du polynôme constant
P0 = 1. De même, en prenant une primi-
Formule sommatoire
tive P2 de P,, on a, par intégration par
d’Euler-Maclaurin
parties :
Si l’on désire un développement asympto-
tique à une précision plus grande, on fait ‘(u + I - l)P,(u) du
appel à une technique beaucoup plus
x
élaborée, la formule sommatoire d’Euler-
Maclaurin. On suppose ici que f est - o1f “(u + I - l)P&) du.
s
sufhsamment dérivable et que, pour tout
entier k, la dérivée k-ième ,ftk) est négli- On poursuit ce processus jusqu’au rang
geable devant f k ‘). r, c’est-a-dire jusqu’à un reste portant sur
On se propose d’évaluer des sommes du f (r+'), et on choisit les primitives succes-
type : sives PA de PO= 1 de telle sorte que les
termes tout intégrés disparaissent deux à
deux dans la sommation lorsque n varie de
p + 1 à q. Il suffit pour cela d’imposer au
polynôme PL de vérifier les relations :
par comparaison avec l’intégrale :
P’k=Pk_,pourk> letPA(l)=P,\(0)
pour k 2 2, ou, ce qui revient au même,
pour tout k > 1,
Plus précisément écrivons :
Fk = Pk_I et = 0.

On démontre qu’il existe une suite (PL)


et une seule satisfaisant à ces conditions.
Plus précisément, pour tout entier naturel
k,

on se ramène d’abord à l’intervalle [O, l]


pour chacune des intégrales de la somme

54
A S C

OÙ Bk est le k-ième polynôme de Bernoulli, On en déduit les développements en


considéré par Jacques Bernoulli comme séries entières des fonctions trigonométri-
solution de l’équation aux différences : ques :
P(x + 1) - P(X) = k&‘. Ces polynômes Cz
peuvent être introduits par la série géné- cotgz = ; ==I(- l)?zh &zk-l,
ratrice formelle : “ =

En fait, dans ce qui précède,


seuls interviennent les nombres de Ber-
noulli & = BA(0). En particulier, & = 1, La formule d’Euler-Maclaurin s’appli-
fi, = ~ 1/2, Dzp+, = Osip 2 1, Dz = 1/6, que 5 l’évaluation de sommes portant sur
fi4 = - 1/30, &, = 1/42, 0s = ~ 1/30, une fonctionfdont les dérivées décroissent
&, = 5/66. de plus en plus. Les cas les plus fréquents
Pour expliciter les calculs précédents, il en mathématiques appliquées sont ceux OÙ
convient de distinguer deux cas, suivant fprésente un amortissement constant, une
que : phase tournante constante, et la situation
f est intégrable au voisinage de + m ; mixte. Par exemple, supposons que l’on
il s’agit alors d’évdluer le reste : veuille évaher :

avec z = Y + iy, x > 0 (z # 2ikr) et


f n’est pas intégrable ; il s’agit alors CX> 0. On peut penser à comparer e +zz/n’X
d’évaluer la somme partielle : i l’intégrale :

s”

n-t
=
ta
d

Or, en première approximation, l/P varie


peu sur [H- 1, n] tandis que c+= présente
Il convient de noter que la formule de manière mixte un amortissement et une
sommatoire d’Euler-Maclaurin est de type phase tournante, ce qui conduit à l’esti-
asymptotique, c’est-i-dire que les restes ne mation :
tendent pas nécessairement vers 0. Mais,
lorsque ce reste tend vers 0, la formule
sommatoire fournit des développements
en série. Ainsi, appliquant cette formule & Autrement dit, le terme epFTz/naest multi-
la fonction t - e on montre que, : pour plié par un
‘ facteur constant , dû à l’amor-
iz 1 < 2Tr, tissement et à la phase, L’estimation pré-
cédente permet de conjecturer :

55
ASYMPTOTIGNJES w_cuts

pour établir rigoureusement cette relation, et g(u) = 0 et que le maximum de /I(X)


il faut évidemment remplacer l’estimation dans tout sous-intervalle [a’, b[. avec
(1) par une intégration par parties comme u’ > u, est inférieur à /7(a) ; on a alors :
indiqué supru.

5. Cas des fonctions définies


par des intégrales
Par exemple, si :
Nous dégagerons ici trois méthodes impor-
tantes pour étudier le comportement
asymptotique d’intégrales dépendant d’un
paramètre lorsque ce paramètre tend vers on obtient :
l’infini.

La méthode de Laplace
Donnons également une application à
Considérons une fonction :

sg
la fontion gamma d’Euler :
I(f) = b (x) et,+@)
dx,
a

définie par une intégrale ; (u, b) est ici un


qui extrapole la fdctorielle, i savoir, pour
intervalle quelconque, borné ou pas. Pour
12 entier naturel, r(n + 1) = I !. Après
simplifier, nous supposerons que la fonc-
tion h admet un seul maximum. L’idée changement de variable u =_Y[, on
essentielle ici est que, sous cette hypothèse, obtient :
c’est la partie de l’intégrale Située au
voisinage de ce maximum qui est prédo-
minante pour t grand ; par suite, si on
où l’intégrale est la forme ci-dessus avec
remplace la fonction g (.Y)&cY’ par sa
/7(.x)= ~II~ .Y. La fonction I admet un
partie principale au voisinage de ce point,
unique maximum pour .Y= 1 dans l’in-
il est plausible que l’on obtienne, par
tervalle (0, + m) et h”(l) = 1 ; appli-
intégration, la partie principale de I(t) pour
quant le théorème 2 à chacun des inter-
t tendant vers l’infini. Nous nous limite-
rons à un cas particulier simple où le valles (0, 1) et (1, + m), ce qui revient
raisonnement ci-dessus est applicable. Plus à multiplier par 2 la formule du théo-
précisément : rème 1, on obtient la célèbre formule de
Stirling :
Tlkw>~~ze 1. Soit g et II deux fonctions
continûment dérivables dans un intervalle
[u, b[ borné ou pas (on suppose cependant qui précise le comportement asymptotique
u fini) telles que g (_Y)er”cY’soit intégrable de la fonction gamma lorsque t tend vers
sur [u, !T[pour tassez grand. Supposons de l’infini. Le développement asymptotique
plus que la fonction h admet un maximum de ln r peut être obtenu par la formule
pour Y = 0 tel que K(a) = 0, /Z”(U) < 0, d’Euler-Maclaurin.

56
ASYMPTOTIQUES CALCULS

I.a méthode de la phase fonctions indéfiniment dérivables dans


stationnaire l’intervalle compact [u, b]. Si la fonction /T
La méthode de la phase stationnaire a été n’a pas de point stationnaire dans l’inter-
Utilisée par lord Kelvin en 1887, i propos valle, on a :
de problèmes d’hydrodynamique, pour
étudier des intégrales du type :

T/zkor&w _?(rôle des points OÙla phase est


OÙg et Iz sont des fonctions très régulières
stationnaire). Supposant encore que g
dans (u, b) ; dans les applications physi-
et Iz sont indéfiniment dérivables dans
ques, g (.Y) apparaît comme l’amplitude et
l’intervalle compact [a, b], nous suppose-
P$x) comme la phase du phénomène
rons, de plus, que 11’ s’annule en un seul
considéré. L’idée essentielle de Stokes et
point c de cet intervalle avec g (c) # 0 et
Kelvin est que la partie prédominante de
/z “(c) # 0. Alors on a, pour t tendant vers
l’intégrale pour t tendant vers l’infini est
l’infini :

f---
obtenue au voisinage des extrémités de
l’intervalle d’intégration et surtout au voi- lT

sinage des points c OÙ la phase est H sta- 2 th ” (c)


tionnaire ~1,c’est-i-dire tels que V (c) = 0. I(t) = si h"(c)> 0,

Intuitivement, lorsque t est grand, le point


g (.Y) e”‘(‘) tourne (( très vite 1) autour de 0
dans le plan complexe au voisinage de tout
point c de l’intervalle (0, !T) tel que Nous renvoyons aux ouvrages spécialisés
/T’(C)# 0, et cela a pour conséquence de pour l’étude détaillée des cas obtenus
rendre G petite )) la partie correspondante par superposition des phénomènes
de l’intégrale ; si maintenant /z’(c) = 0, la ci-dessus et pour le cas des intervalles non
phase est stationnaire au voisinage de c, compacts.
c’est-à-dire que cette rotation est très
ralentie et la contribution de l’intégrale au ta méthode du col
voisinage d’un tel point est prédominante Cette méthode a été Utilisée par Riemann
sur le reste. Ce principe peut présenter de en 1863 pour étudier le comportement
nombreux aspects ; nous nous limiterons, asymptotique de la fonction hypergéo-
à titre indicatif, A deux énoncés mettant en métrique et Debye l’a systématiquement
évidence le rôle joué par les extrémités de développée dans deux mémoires de 1909
l’intervalle d’intégration, d’une part, et par et 1910. Il s’agit d’étudier, pour t réel
la présencc de points OÙ la phase est tendant vers l’infini, des intégrales du
stationnaire, d’autre part. En fait, c’est la type :
contribution de ces derniers qui est pré-
pondérante sur la contribution des extré-
mités.
OÙ L est un chemin, fini ou pas (pouvant
Tlz&or&w 2 (rôle des extkmités de l’inter- dépendre de f), contenu dans un ouvert D
valle d’intégration), Soit g et II deux du plan complexe dans lequel g et h sont

57
ASYMPTOTIQUES atcuts

des fonction analytiques. Le théorème de d’une telle courbe, elh(:) a une phase
Cauchy montre qu’on peut, dans de nom- constante, alors que son module varie (( le
breux cas, modifier le chemin L sans plus vite possible 11,car les lignes de plus
changer la valeur de l’intégrale ; la grande pente sont les lignes de gradient du
méthode du col consiste a profiter de cette relief. Limitons-nous, pour simplifier, au
possibihté en choisissant un chemin L’ sur cas d’un coi d’ordre 2. Par un tel point
lequel la fonction IV(Z)= 1erhcz) 1= e’R’~hc’) passent deux lignes de niveau et deux lignes
n’atteigne son maximum qu’en un seul de plus grande pente, la ligne de faîte, qui
point, dans des conditions qui permettent suit la crête, et la ligne de thalweg, qui
d’appliquer la méthode de Laplace (un peu descend dans la vallée. L’idée, ici, est
modifiée pour tenir compte du fait que I essentiellement de chercher une ligne L’
prend des valeurs complexes). Intuitive- qui passe par un seul col et qui soit aussi
ment. on choisira le chemin L’ passant par proche que possible (au voisinage de ce
un point z0 de telle sorte que, sur L’ au col) de la projection de la ligne de thalweg ;
voisinage de ce point, la phase Im /Z(Z) en effet, sur cette dernière, la phase de e’A(Z)
varie peu, alors que l’amplitude W(Z) reste constante et le module de e’hcr)
décroît assez vite. Indiquons l’aspect présente un maximum au col. Si on sait
géométrique de cette question, ce qui trouver une telle ligne, la méthode du col
justifiera la terminologie Utilisée. Consi- consiste à remplacer fintégrale étudiée par
dérons dans l’espace 1 trois dimensions l’intégrale prise le long d’un petit segment
la surface d’équation z = NJ (X + iy) de la tangente à la ligne de thalweg du coi,
= e’Rc’h(‘+lJ ), appelé le rekf de e’h(z).Cette et de remplacer g et Iz par leurs dévelop-
surface ne présente pas de N sommet )) pements aymptotiques dans cette inté-
relatif, d’après le principe du maximum grale.
pour les fonctions analytiques, et, par Donnons un exemple significatif de
suite, les seuls points OÙ le plan tangent cette méthode. Dans ce qui suit, nous
est horizontal (ce sont les points où la considérerons seulement des chemins infi-
dérivée /I’(Z) s’annule), sont des cols ; on nis L :
dira donc qu’un point 2” du plan complexe
tel que Y(:,,) = 0 est un ~1; l’ordre du col
est. par définition, le nombre m tel que : définis pour -m < .Y< + CO,et satisfai-
h '(zo)
= ,..= h@-)(q) = 0, sant aux conditions (A) :
h e + l)(zo)
# 0.

Revenons à l’interprétation géométri- et :


que ; les /ignes de niwzux du relief (c’est-
à-dire les courbes rr = CT”“)ont pour pro-
jection sur le plan des 2 = s + iy, les
courbes sur lesquelles Ref/z(:) reste cons- au voisinage de + w ;
tant ; les lignes de plus grunde pente du
relief, qui sont orthogonales aux lignes de
niveau, ont pour projection les courbes du
plan complexe sur lesquelles la partie
imaginaire de ~Jz(z) reste constant. Le long au voisinage de -W (cf. figure)

58
ASYMPTOTIQUES cAtcuts

l’intégrale. Remplaçant alors L’ au voisi-


nage du col z,, = ~ 1 par le segment
tangent u + ~ 1 + ;24,~ r < u < + Y, et
h(- 1 + iu) par les deux premiers termes
de son développement de Taylor ~ 213 -
u?, on obtient l’intégrale :

La formule de Laplace, appliquée à


chacun des deux intervalles [ ~ r, 0] et [O, r]
donne :

Jév&ppemenis asvmptot!ques

On voit facilement, en appliquant le


théorème de Cauchy et en passant à la
limite, que l’intégrale d’Airy, introduite en
1838 par Airy dans ses recherches sur
l’optique : 6. Cas des solutions d’équations
différentielles

On se bornera aux systèmes d’équations


ne dépend pas du chemin L, pourvu
différentielles hnéaires, en distinguant deux
qu’il satisfasse aux conditions (A). Effec-
cas, le champ réel et le champ complexe.
tuant le changement de variable : w = E,
on a :
Systèmes dons le champ réel

exp (t 3(z - 1 z 3))dz, Plaçons-nous d’abord dans le cas d’un


système linéaire a coefficients constants :
OÙ le chemin L, = f-‘L satisfait encore
(11 x’=Ax,
(A) ; appliquons la méthode du col à cette
intégrale. La fonction /r(z) = z - z3/3 a OÙ A est une matrice Carrée d’ordre H a
pour dérivée /z’(z) = 1 - zz, d’où deux cols coefficients complexes et .Y : t - .Y(f) une
z0 = + 1 et z0 = --- 1. Ici, la ligne de faîte fonction de classe e’ sur [O, + w [ A
passant par z0 est l’axe réel, et la ligne de valeurs dans Cl. Pour toute condition
thalweg est la branche L’ de l’hyperbole initiale 0 fS Ci, l’unique solution du pro-
1 - ,Y?+ _rz/3 = 0 telle que ,Y < 0 blème de Cauchy.y(O) = 0 est donnée par :
(cf. figure). Ce chemin satisfait aux condi-
x(r) = (expfA)u
tions (A) et on peut ici prendre exactement
la ligne de thalweg comme nouveau che- (Cf. éqUatiOnS DIFFÉRENTIELLES). LOrSClLle
min d’intégration sans changer la valeur de A est diagonalisable, de valeurs propres

59
A S cAtcut.s Y M P T O

A, . . . . . &, le comportement asymptotique Les fonctions t + e et t - e cons- + L


de -x(r) est gouverné par la valeur propre tituent une base de l’espace vectoriel des
de plus grande partie réelle. En parti- solutions de l’équation non Perturbée
culier, les solutions tendent vers 0 à l’infini u” + u = 0. D’après le résultat précé-
si et seulement si, pour tout J, on a dent, il existe donc un couple (ut, UJ de
Re $ < 0. Lorsque A n’est pas diago- solutions et un seul de l’équation Perturbée
nalisable et que h, est d’indice n,, il existe tel que :
des solutions se comportant comme Fe”,
t, - e u - ( ’ # e t
OÙ 0 < k < n, ~ 1. Les solutions tendent
encore vers 0 à l’infini si et seulement si cette méthode donne donc le comporte-
Re A, < 0. ment asymptotique des fonctions de Bes-
Examinons maintenant l’effet d’une sel.
perturbation t (t) de A sur- le com- Si, Rmaintenant, A n’est pas diagonali-
portement asymptotique d’une solution du sable, il convient d’imposer à R des
système linéaire (1). On peut conjecturer conditions plus strictes. Lorsque hj est
que, si la perturbation est assez petite à d’indice ni , on suppose que :
l’infini, ce comportement n’est pas nota-
blement modifie Plus précisément, suppo-
sons A diagonalisable et soit h une valeur
ce qui entraîne l’existence d’une solution x
propre de A. Si l’intégrale :
telle que :

x(t) - P-*eAj’b.

est convergente, alors, pour tout vecteur Pour le comportement asymptotique


propre !J de A associé à la valeur propre A, des systèmes linéaires à cœfficients pério-
il existe une solution x et une seule de diques (par exemple, le théorème de
i’équation Perturbée : l’équation séculaire des Planètes), on se
reportera à 1 & ' D p a I a
x ’ = ( A + R
T La théorie
~ de Floquet.
E L

telle que x(t) - eil au voisinage de + CQ


Par exemple, soit l’équation de Bessel Le champ complexe
réduite (cf. fonctions de B pour ceE qui Pour Sobtenir des développements
S E asymp- L
suit) : totiques des solutions d’un système diffé-
rentiel dans le champ complexe, l’idée
cl0 +(IL$ = o ,
principale consiste à obtenir des représen-
tations intégrales des solutions. On utilise
qui équivaut au système linéaire :
ensuite des développements tayloriens ou
on applique à ces intégrales les méthodes
esquissées au chapitre 5.
Considérons, par exemple, une équa-
ici : tion différentielle linéaire d’ordre n :

U +u &+ +u , = 0 ) n(

où a,,, a, . . . . a,7 sont des polynômes.

6 0
ASYMPTOTIQUES atcuts

Pour obtenir des représentations inté- équation se ramène à l’équation hypergéo-


grales des solutions, les méthodes sont très métrique :
Variées. Citons, par exemple, la méthode
de Laplace, qui s’applique lorsque les z(Lz)~$+ Cc-@ +b + Qz+bu =0,

polynômes a, sont de degré < 1 : on


cherche les solutions sous la forme : où 0, b, c sont des nombres complexes.
Lorsque c n’est pas un entier négatif. ~>n
obtient une solution holomorphe dans le
disque 1~1 < 1 par la série entière, dite
OÙ L est un contour du plan complexe hypergéométrique :
convenablement choisi.
F(u,b,c,z)
a.b
= 1 + ~z +
a@+ l)b@ + ljz2
Ainsi, dans le cas de l’équation différen- 1.2.c(c + 1)
tielle :

un -zu = 0
on trouve V(Z)= exp(- c’/3) et : qui s’écrit aussi :

où L est le contour décrit dans l’intégrale


d’Airy (cf. Lu mt!thode du col, in chap. 5).
Le comportement asymptotique de la solu-
où l- désigne la fonction gamma
tion s’en déduit.
d’Euler (cf. fonction GAMMA).
On utilise aussi la méthode d’Euler,
On peut prolonger analytiquement
oti :
F(u, !J, c, Z) au plan fendu C-R+ par
la représentation intégrale de Mellin-
Barnes :
pour un choix convenable de M et L. Une
variante est la méthode de Mellin, OÙ :

où D désigne l’axe imaginaire et (- z)~


Nous nous bornerons 5 deux exemples
= exp (< In (-z)) en prenant la détermi-
significatifs, importants pour les applica-
nation principale du logarithme, c’est-à-
tions.
dire 1arg(- z)) 1< K.
Cette représentation intégrak permet
l’équation hypergéométrique
alors d’obtenir la relation suivante :
Considérons l’équation de Riemann
(cf. Les kquutions di@rentiek de lu phy-
sique muthémutique. in chap. 2 de équa-
tions DIFFÉRENTIELLES),admettant trois
points singuliers deux à deux distincts. Par
une transformation homographique, cette

61
ASYMPTOTIQUES CALCULS

qui fournit aussitôt le développement est satisfaite par W,,,,,(z) et W& z). La
asymptotique de F((I. !I, c, z) au voisinage décomposition de la fonction de Bessel JV
de l’infini sur C ~ R+. dans cette base (cf. fonctions de BESSEL)
s’écrit :
t’équation hypergéométrique confluente
1
L’équation hypergéométrique confluente J”(z) = G W&2iz) exp i(” + k)xi
t
est le cas OÙ deux des trois singularités de
l’équation de Riemann confluent en un
1
+ WO,>(- 212) exp -T(U
1
+ ~)TG ,
même point. Ici encore. on se ramène au
ce qui fournit un développement de J, i
cas OÙ ce point est i l’infini et où l’autre
toute précision.
singularité est au point 0. On obtient alors
l’équation de Whittaker, qui s’écrit : JEAN-LOUIS OVAERT et JEAN-LUC VERLEY

dh 1-4m* ~ TO
z+ -;+;+7
c 1

OÙ k et m sont des nombres complexes. La


méthode de Laplace ou celle de Mellin
fournissent une solution de la forme :

sous condition que Re(k ~ % ~HZ) < 0,


qui est holomorphe dans le plan fendu
C ~ R Cette fonction est appelée fonc-
tion de Whittaker. En développant :

en série de Taylor, on obtient le dévelop-


pement asymptotique de W,I,,II au voisi-
nage de l’infini sur C ~ R
De nombreuses fonctions classiques
apparaissent comme des cas particuliers
des fonctions de Whittaker. Ainsi, la fonc-
tion d’erreur :

Il en est de même pour le logarithme inté-


gral. Enfin? l’équation de Bessel réduite :

62
BESSEL FONCTIONS DE

dans laquelle v est un paramètre complexe vérifie que JV satisfait à l’équation diffé-
quelconque. Les fonctions de Bessel, ainsi rentielle donnée. Si v est entier, JC peut
que d’autres fonctions voisines. les fonc- être définie pour tout x complexe. Si v
tions de Neumann et de Hankel, sont des n’est pas entier, on peut étendre le
solutions particuhères de cette équation domaine de définition de JL, à l’ensemble
différentielle. Supposant que .X est une des _Ycomplexes non nuls, mais l’origine
variable réelle positive, cherchons des SO~U- sera un point critique à cause du facteur
tions de la forme : (42)V.
Si v n’est pas entier, la solution ci = ~ v
fournit la fonction :

Par identification terme 5 terme, on


obtient :
J_” est encore une solution de l’équa-
(c72 - VL) c. = 0,
tion différentielle (l), et on vérifie que J I
[(1 + cg* - VZ] Cl = 0,
[(k + CX)~- uz]ck + c~_~ = 0, k > 2;
et JV sont linéairement indépendantes. La
solution générale de (1) est donc :
donc. on doit avoir cx = k v,
Si on choisit CI = v, on trouve :
cx et fi étant deux constantes arbitraires. Si
ccl
CZk = (-- 1y
2= k ! (v + l)...(v + k) ’ v est un entier n, on constate que :

on est alors amené i choisir : J-n (~1 = C- 1)” Jn @)

1 Tous ces faits peuvent être justifiés


CO= 2v r (v + 1) ’ en remarquant que l’équation différen-
tielle (1) est une équation du type de
d’où :
Fuchs (cf. équations DIFFÉRENTIELLES),
1 dont l’équation déterminante est .Y? + vz
CU = (- 1)k 21k k ! r (k + ” + 1) ’
= 0. La différence des racines de l’équa-
tion déterminante est 2v. Si 2v n’est pas
r désigne ici la fonction eulérienne ; c’est
entier, on a une base de la forme .Y”A@)
une fonction continue qui a pour pro-
et .Y~~B(X), A(X) et B(X) étant deux
Priété fondamentale I-(~I + 1) = 17! pour
fonctions holomorphes au voisinage de
I? entier (cf. fonction GAw+w).
.Y = 0. Si 2v est entier, on n’obtient
Par définition, la fonction de Bessel JV, ainsi qu’une seule solution .Y ” A@). Pour
d’indice v. est donnée par ces coefficients.
obtenir une deuxième solution dans ce
soit :
cas, on est amené à introduire les fonc-
tions de Neumaml. On appelle fonction
de Neumann d’indice v, N\, la fonc-
tion :
La série qui intervient dans la défi-
nition de J” converge pour tout ,Yréel et on

6A
BESSEL FONCTIONS ~JE

pour v non entier et : Voici une application de ces for-


mules.
On vérifie directement que :
pour IZ entier. On vérifie alors que, pour
tout v, la fonction de Neumann est une
solution de (1) et que N,Z et J,, sont
linéairement indépendantes. Donc, si n est
J-w(x) =
entier, la solution générale de (1) est :

par suite, si v est de la forme n + 1/2, avec


PI entier, les formules de récurrence mon-
Enfin, on introduit parfois les fonctions
de Hankel : trent que J” est une combinaison hnéaire
de fonctions élémentaires.
Hi = Jv + iNv,
Représentution intégrde. Il est souvent
Hz = Jv-iNu;
commode de représenter Jv sous la forme
que v soit entier ou non, Hb et Ht forment d’une intégrale. On a la formule :
une base de solutions de (1).

Propriétés principales

Forn~ules asynptotiques. Le comporte- qui est valable pour Re v + 1/2 > 0.


ment a l’infini des fonctions introduites est Fonction génératrice. Les fonctions de Bes-
donné par les formules : sel sont liées a un développement en série
de Laurent. En effet, introduisons la fonc-
tion :

pour ~4complexe et x paramètre complexe


non nul ; son développement en série de

H~~~~=~~~~[_j~x y ;j]+T4(XI, Laurent a l’origine s’ecrit :

OÙ les fonctions ~)(.y) tendent vers zéro


lorsque Y tend vers l’infini avec
1arg Y l< K-E, &> 0 ; d’une manière plus
(formule de Schlomilch). La fonction F(U)
précise, les quantités _@$,(.Y) restent bor-
est appelée fonction génératrice. Chan-
nées.
geant u en l/u et faisant le produit membre
For~mles de récurrence. À partir des déve-
a membre des égalités obtenues, on
loppements en séries, on obtient les deux
obtient :
formules de récurrence :
=
J”-,(x) + J”+,(x) = $J”W 1 = [J,,(x)P + 2 IJn(X)I*i
Z
J”-rG)--J~+,@) = 2JXxJ. 1

65
B A &O
A LD NO GE N L È E EB A R U E

o e déduit, npour
n tout Y réel, les majo- alors, on a la formule suivante d’inver-
rations : sion :

lJ&~l -c 1, lJn@ll ~$3 b> 1.

Voici une autre présentation de la Des fonctions voisines des fonctions de


formule de Schlomilch ; posant L = @, on Bessel sont parfois Utilisées. Ce sont, par
obtient : exemple :

les J,,(x) sont donc ainsi les coefficients de


Fourier de la fonction : appelées respectivement fonctions de Bes-
sel modifiées, et fonctions de Bessel sphé-
riques.
Théorème de Neumann. À partir des fonc-
P S I A
tions de Bessel on peut obtenir des repré-
sentations analogues au développement en
séries entières. Plus précisément, toute
fonction holomorphe dans le disque
B i b
R C 8 D. HO M . IUq & LRf
! z 1< R peut être développée en série sous / P 2 iv Wh N d oY i y 1 e i ol l 9s
la forme : E G c. B R P c e O > i oL s Sl nl e
A i M b Sn u s pN Yt re o
1 / F O 9 . BT 1o B E
Td 9 J e R
/ i 11 ï b 9 x i 7 m d

OÙ la série converge absolument et unifor-


mément dans tout disque compact
izi<R,<R.
De phts, il faut signaler que l’on peut
faire une théorie analogue à la transfor- B A 8 A OL D , N G
mation de Fourier en employant les fonc-
tions de Bessel : soit &Y) une fonction

L
a notion d’algèbre de Boole, introduite
définie pour _Y> 0, à valeurs réelles ou
par G. Boole (1847) et par A. De
complexes, continue par morceaux, telle
Morgan afin d’algébriser les opérations
que :
propositionnelles de la logique, joue un
rôle très utile dans plusieurs branches
des mathématiques (algèbre, théorie
des ensembles ordonnés, calcul des pro-
pour tout entier U, positif, posons : babihtés) et en logique mathéma-
tique (logique algébrique, modèles boo-
léens).

6 6
BOOLE ALGÈBRE
& ANNEAU DE

On appelle ulgèbre de Boole


(A, V, nique sur toute algèbre de Boole en
/I, 1, 0, 1) la donnée d’un ensemble A posant :
(non vide) muni de deux lois de compo-
x <y-x vy =y.
sition interne V et A, associatives et
commutatives, d’une application unaire 1
et de deux éléments privilégiés 0 et 1, Exemples d’aigèbre de Boole
ces données vérifiant les axiomes sui- 1. Pour tout ensemble X, l’ensemble
vants : :I(X) des parties de X devient une algèbre
de Boole si on pose :
vYcxvzcxYvz=Yuz,
vYcxvzcxYAz=Yllz,
VYCXlY=X-Y,
O=@,l=X.

Il résulte d’un théorème fondamental,


dû à M. Stone, que toute algèbre de Boole
On appelle uuwuu CI~Boole la donnée est isomorphe à une sous-algèbre de Boole
(A ; +, ., 0, 1) d’un anneau commutatif d’une algèbre du type précédent.
unitaire vérifiant : 2. Soit 9 l’ensemble des formules
propositionnelles construites a l’aide des
VxEA X~=X.
connecteurs V , A, 1 a partir d’un ensem-
ble P non vide de variables proposition-
Les structures d’algèbre de Boole et
nelles. Posons A - B si et seulement si la
d’anneau de Boole sont équivalentes au
formule A - B est une tautologie. La
sens suivant :
relation - est une relation d’équivalence
~ On peut associer a toute algèbre de
sur 3 compatible avec les connecteurs V ,
Boole (A, V , A, 1, 0, 1) l’anneau de Boole
A, 1, ce qui permet de définir sur F/- une
(A ; +, ., 0, 1) défini par :
structure d’algèbre de Boole. Cette algèbre
de Boole est appelée ulg6bre de Lindett-
Vx~AVy~Ax+y=(xAly)V(~~Alx),
VxeA VyeAx.y=xAy; buwtt du calcul propositionnel P et semble
avoir été considérée implicitement par
-- On peut associer a tout anneau de Boole
Boole.
(A : +, ., 0, 1) l’algèbre de Boole (A, V. Les algèbres de Boole ont servi de
A, 1, 0, 1) définie par : prototype au développement de plusieurs
techniques. Citons la logique ~dgéhiquc :
VxeA Vy(SAxVy=x+y+x.y,
VxEA VyEAxAy=x.y on adapte l’exemple 2 au contexte plus
VxEAlx=l+x.
généraf de la logique du premier ordre, OÙ
l’on doit tenir compte de l’action des
Les deux correspondances précédentes
quantificateurs ; on obtient ainsi les struc-
sont inverses l’une de l’autre, comme on le
tures d’algèbres polyadique et cylindrique.
vérifie facilement, et permettent de ratta-
cher la théorie des algèbres de Boole à la
théorie des anneaux. On peut également La notion de spectre d’anneau
rattacher la théorie des algèbres de Boole Le théorème de Stone établit une dualité
à celle des ensembles ordonnés en obser- entre la catégorie des algèbres de Boole et
vant que l’on peut définir un ordre cano- celle des espaces topologiques compacts

67
CALCUL INFINITÉSIMAL

totalement discontinus. Plus générale- C I A N


ment, La notion de spectre d’anneau four-
nit un foncteur très utile de la catégorie des
anneaux commutatifs dans la catégorie des
anneaux topologiques. A. Calcul à une variable
Les algèbres de Boole sont d’un emploi
constant et traditionnel en théorie de la Créée au XVII~ siècle par Newton, Leibniz
mesure et en calcul des probabihtés. On a et leurs prédécesseurs immédiats, transfor-
introduit récemment avec S l Lnotion a I mée au CXVIII~,par C Euler, en
~ un prodigieux
S

de modèie booléen, qui a permis dc donner instrument de calcul, débarrassée, sous la


des démonstrations relativement simples Restauration, de sa métaphysique par Le
de l’indépendance de i’hypothèse du baron Cauchy, l’analyse infinitésimale a,
continu et de faire fdire des progrès a la depuis longtemps, atteint un degré de
théorie proprement dite des algèbres de perfection tel qu’il est devenu possible d’en
Boole (construction d’algèbres de Boole exposer l’essentiel en moins d’une dizaine
sophistiquées n’ayant aucun automor- de pages. C’est ce que nous allons essayer
phisme non trivial, etc.). de faire, en renvoyant le lecteur à l’article
qui précède pour des considérations his-
GABRIEL SABBAGH
toriques moins schématiques, et en nous
plaçant ici au point de vue le plus G uni-
dimensionne1 H possible. Le lecteur qui
désirerait un exposé plus philosophique et
plus historique ne saurait mieux faire que
de consulter l’ouvrage classique
d’Otto Toephtz. On n’a voulu, ici, exposer
que les résultats les plus importants et les
plus simples de la théorie classique à une

C
variable, en s’efforçant de tout démontrer,
et en ne demandant du lecteur que les
connaissances Les plus élémentaires sur les
inégalités entre nombres décimaux. plus
tout de même, cela va sans dire, une
certaine habitude des raisonnements
mathématiques.

1. Notion de borne supérieure

Nous désignerons par R l’ensemble des


nomb~s réek ; il nous suffira de savoir
qu’un nombre réel est un développement
C D V A E A L S R
décimaf ilhmité précédé d’un signe (qu’on C
- V CALCUL DES A R
omet s’il s’agit du signe +), par exemple
le nombre - 3,141 59. ou bien le nom-
I

68
CALCUL INFINITÉSIMAL

bre 1 = 1,000 0.. = 0,999 99. .... et que plus précises sur les éléments de E en
l’on peut effectuer sur ces nombres des écrivant qu’ils sont tous inférieurs à M’,
opérations algébriques que tout le monde qu’en écrivant qu’ils sont tous inférieurs a
connaît. On peut aussi comparer deux M (exemple concret : savoir que tout
nombres réels x et y, autrement dit donner homme vit au plus 500 ans est mieux que
un sens à la relation .Y < J (qui exclut, rien, mais il vaut mieux savoir que tout le
notons-le, l’égalité x = _J,). On peut, a monde meurt avant 200 ans). Pour obte-
partir de là, définir des interwlles de nir, de ce point de vue, les informations les
plusieurs natures ; par exemple, si a et 1 plus précises possibles sur E, on est donc
sont deux nombres réels donnés, on définit amené a choisir le nombre M aussi petit
quatre intervalles dont u et 1 sont les que possible, d’où la définition suivante :
extrémités, et qui ne diffèrent entre eux que on dit que M est la borne sup&ieure de E
dans la mesure OÙ ils contiennent, ou non, si x < M pour tout x E E, et si, de plus, il
leurs extrémités : l’intervalle [u, !7] est n’existe aucun nombre M’ < M possédant
l’ensemble des nombres Y tels que la première propriété, ou encore si, pour
Q < x < b, l’intervalle [u, b[ est formé des tout M’ < M, il y a au moins un Y f& E tel
s tels que L < x < !I, etc. Les intervalles que M’ < x < M. Par exemple, la borne
de la forme [u, b] sont dits compucts, e les supérieure tde l’intervalle [O, l[ est le nom-
intervalles de la forme 1~7,h[ sont dits brel:ona.v< ldèsqueO<x< l,et,
owert3. pour tout M’ < 1, il y a des nombres x tels
Considérons maintenant un ensemble E que l’on ait à la fois 0 < x < 1 et M’ < x.
de nombres réels. On dit qu’il est kwk On désigne par SU~(E) la borne supérieure
supérieurement s’il existe un nombre réel d’un ensemble E de nombres réels, et par
M tel que l’on ait ,Y < M pour tout .YE E inf(E) sa borne inférieure, définie de façon
(rappelons que cette notation signifie que analogue en renversant les inégalités.
le nombre .Y appartient à E, ou est un Thkorhe 1. Tout ensemble non vide
élément de E), et borné inférieurement s’il borné supérieurement de nombres réels
existe un nombre ~2 tel que Ton ait 171< x possède une borne supérieure.
pour tout x E E. Si E est borné supérieu- La démonstration très simple de ce
rement et inférieurement (c’est-à-dire s’il théorème d’existence (il ne suffit pas de
existe un intervalle qui contient E), on dit parler d’un objet possédant des propriétés
que E est bornÇ tout court. Par exemple, données pour que l’objet en question
l’ensemble N des entiers naturels (ses existe) procède comme suit. Supposons,
éléments sont 0, 1, 2, . ..) est borné infé- pour fixer les idées, que l’ensemble E
rieurement, mais non supkieurement, tan- considéré soit contenu dans l’intervalle
dis que l’ensemble des nombres rationnels [O, l[ ; on notera 0, .Y,.Y~.Y~...
le développe-
s tels que x3 < 2 est borné supérieurement ment décimal illimité de tout XE E. de
(en effet x3 < 2 implique .y3 < 8 = 2j, sorte que les chiffres sA sont des entiers
d’où .Y < 2, comme on le voit facilement). compris entre 0 et 9. Nous allons cons-
Soit E un ensemble borné supérieure- truire les décimales successives u,, u:, de
ment, et soit M un nombre tel que .Y < M la borne supérieure Cherchée ~1.On prend
pour tout .YE E. S’il existe un nombre pour u, la plus grande valeur prise par la
M’ < M tel que l’on ait aussi Y < M’ pour décimale _Y, de x lorsque x décrit E
tout .YE E, on obtient des informations (autrement dit : on a Y, < u, pour tout

69
CALCUL INFlNlTÉSlMAl

s E E. et il existe un x fG E tel que i e nl a S <t fi’ U


_ = a ; s aY E, l o l , d ), ’ Pi qo S e e =ot i ur iUsf en iu sn se l ~a t
YE E t q x = 0 ; eo pu , p , a l n rqe p o t z s e eu p o ui e o un ne. E , A u lr x u nt
l p g v a l p r p l ad u r a a e ua l é_ G sBi t n qr t nl e cr a L s e- d. u< 1O ’ u i i e l xe
. l . d Y o E ; s x éa * r E, o C cl s lB e i n o or v q i es t o dmir i u l xt
l d x’ E E t qe ,e = t a e n us Yn q 2al oe *s uà Bps e qm p e i , p t
( d . cE E d l e d Y’ p o se s eme r n t us , Eu aAs : pe tso i Y A ex j t -a uu
m d si a ée U ; o oèp , ct bt n s nrr i o) Au eten mp r v psn’ aa
p o l p g o v3 a l p r up y a lu rm a ra r 3l es i ê n mr a e q Bs me d o i u u
l . d oE e Ya é d r ?s t i b c eis ,u n o r S nyq ( i B o sa rxi < iJf u 5t , n
i C n a ol nd l p en ot é , oA o e s odmf YS r, u t i J uoib EU
0 = 0 U a c, , Oi a ol U p n p an d ~ u s s a As ée U li p i u r t fs
r . < a p e t .YE E co l s ol x p , aun a i u’ q ed r ro t tot ul t.é E Ami on ei
a . = u . ... , = Y a ( , Y s,, xc , M , c i, ’ S a >e o i e U ài t s mn s ~
a à l p E c ’ p p p lo eJ E B a lo e cen n! pr, un u n a oss s ta s n r
h o a , a < a n p Yd u , aa , é t q, S rn , f< )i u+ PU a t+ i ,n e, o~
m d a ; o êa e b, a n mbà l ,ie i eo a +en n u ,nt s t
r c p è c l d o gdo a l e au l :é m s ’ u ir e v p s o xt e ai
l d o D p é p p t e l c o p o u i u e u s m r mt
SU~(A) - 10-~-~ < x < SU~(A) < inf(B)
e p i ya e n , l d f. E t E t e fx i e s e e l c r s
< y < inf(B) + 10-~-‘,
q l a . = ua .’. .. x i= Y a e e, d o P t !, t , o n , n , c
a ~ l < s < a ; cO i e po _ dl x : omp ’ i um o s r e
t M < a u eo ’ t q , nM nu< a - e u ’ tt l e i e
y < inf(B)-sup(A)- + 2.10-~-~ z
1O i e d aP f l x u o. G E” ot i n nx , er s < inf(B) c - SU~(A) tl t + lO-p, i e
q M < , u ’ Y e .
L t 1 e d e hé a t e én e n p s os t ay-,~
a < rnu10~” l sir èci
e t lx ( m o ap ) ( d é iu =r )S u t nt I i U a sfen l m ~ p
c i a à sn l l af p ’ p c t vi p et e o u u o . noE ,Aur e xu u l n uY i
d n r ’p o u é d uo m y En eBé tn s q b y ~ . l< ve1 s Pu a r lx f el 0 é , e l e
p d ea é dmr cq l oeab x < S i u ’ < nini ( <
UmJe m o ntt B ~
T c c o es o u s ’s t n q it i -é S r s u <ne 1 - ;cc Ue t é e fs 0 p re
l n c ’ q el o n or u e n o vrai na e s tout
pour n m p, it s a b q li ’ i
n c l b se a a do e ul r ’Sr n ps= i uU
n s é, n ne~ e r f
d n r e o ( ea md p xtL n eb ad b ei a os r re o dom tu e
l d . r’ t e q Y a.e < 2 e es u txn d ) n l n e i Isr e p os s do eé em
p f b êe io i tu( r r de r tcd r td bén se ea a e o(f d u ln t
l c ’ c l on e V’ e n(o m x 2e ) &(sm a f e )s ) 2 Uvi bx o m . t )
P l a o àe l pt ud s ra ph S r eX u é e lé o ( ne dn i o i p
l n ’ a b o i du ue i u n ’r d nl s n s t uo d a n ’ o t é nn e n o
a r p u é é l t l s r u er f é u u f é s tde mn l so eX e à é ee t un
T 2 S Ahe B d .e o kt e v n i r o : uf a a s t é d G a xcl s e eo r
n v d n o ir ee os n dé . tE m uX u n ee xr pb n qo sl e g é pr um s n
s < 1p t x E A ’e ot oy t B A t uo d u Z . dl x N ru é t , eol . ot p fd r’ t
A e b s s o uB b t r n p or _n t o q é reé rué e m s Gu rX nxe n

7 0
CALCUL lNFlNlTÉSlMAL

tel que L =f(x) ((( image H de X par f), pour tout entier p, il existe un entier q tel
autrement dit l’ensemble des (( valeurs H que l’on ait 1.Y,)>
~ .Y,~
1< 10 JJdès que m et
prises par la fonction f(x) lorsque x TI dépassent q. Alors il existe un nombre
G décrit H X. On dit que f est bornée réel u tel que, pour tout p, on ait :
supérieurement (resp. inférieurement) sur
IX” -a 1< lO-p *wr tout ” > q.
X si l’ensemble ,f(X) est borné supérieu-
rement (resp. inférieurement), c’est-à-dire Nous supposerons (on s’y ramènerait
s’il existe un nombre réel u tel que l’on ait facilement) que tous les nombres .Y, sont
f(x) < 0 (resp. f(.~) > u) pour tout compris entre 0 et 1. Écrivons le dévelop-
xEX. Le nombre SU~(~(X)) [resp, pement décimal de ,Y, sous la forme :
inf(,f(X))] s’appelle alors la borne supé-
rieure (resp. inférieure) ou le maximum x, = o,xr,xr2x~~
....
(resp. minimum) de la fonctionfsur X, et
en désignant par .Y,~la k-ième décimale de
on le désigne par l’assemblage de lettres et
,Y(,comprise entre 0 et 9. Comme on a :
de signes que voici :
xm -xn 1< lO-p pour n > 4 et I 2 Q,

il est clair (tout au moins si l’on néglige les


On peut donc caractériser le nombre difficultés accessoires dues aux développe-
M = SU~~(X) par les deux propriétés ments décimaux impropres) que l’on peut
,Ex
supposer que les p - 1 premières décima-
suivantes :
les de A-,~, et .Y,~sont les mêmes dès que w
(a) on a f(x) < M pour tout x E X ;
(b) pour tout entierp, il existe un x E X tel et n dépassent q, autrement dit qu’A partir
que M - 10Pp <f(x) < M. du rang I = 4 les F - 1 premières déci-
On fera attention au fait qu’il n’existe males de y7 restent fixes. Faisant succes-
pas toujours un x E X où l’on a exactement sivement p = 2, 3, .... on voit donc qu’à
f(x) = M, comme le montre le contre- partir de l’entier q2correspondant àp = 2
exemple suivant : on prend pour X l’inter- la première décimale _Y,?,de .Y,?aura une
valle [O, l[, ensemble des x réek tels que valeur fixe u,, puisqu’à partir de l’entier q3
0 < .x < 1, et pour.fla fonctionf(.Y) = .Y, correspondant à p = 3 la seconde déci-
dont le graphe est un segment de droite, male .Y,~,aura en outre une valeur fixe a?,
comme chacun le sait ; on a ici M = 1, et ainsi de suite indéfiniment. Considérons
mais f(_~) < 1 pour tout .x E X. alors le nombre réel u = 0, U,U?U~.... dont
L’existence d’un nombre réel dont on se on vient de construire les décimales de
donne d’avance des approximations à 1O-‘> proche en proche ; choisissons un entier p
près pour tout p peut encore se traduire quelconque et considérons l’entier q qui lui
par le résultat suivant (qui nous sera utile correspond d’après l’énoncé du théorème ;
plus loin), habituellement connu sous le pour tout I > q, les p ~ 1 décimales de .Y,~
nom de G critère de Cauchy H, bien que les sont égales à celles de U, par construction
énoncés qu’on en donne classiquement même de U. On a donc :
diffèrent légèrement de celui que l’on
1xn-q < la-p+’ pour tout I > 9;
trouvera ci-dessous :
Tl&w?me 3. Soit x,, .Y?,.... une suite il reste à montrer qu’on peut en fait, au
illimitée de nombres réels. Supposons que, second membre, remplacer 10 p+’ par

71
CALCUL INFINITÉSIMAL

IOmm’l.Pour cela choisissons un entier r X,, . . . . Xp tels que la fonctionf(.x) prenne,


quelconque ; d’après ce que l’on vient de dans chaque Xk, une valeur constunte q ;
voir, on a 1,Y,,,~ L 1 < 1OF pour tout w noter que nous n’excluons aucunement le
suffisamment grand (remplacer p par cas où certains XA se réduiraient 1 un
I + 1 dans ce qui précède) ; mais si l’on point, et que nous n’imposons pas aux Xk
suppose /rz et I supérieurs a q on a aussi, d’être compacts ~ certains Xk peuvent
par hypothèse, 1.Y,),- _Y,~1< 10 p ; combi- contenir leurs extrémités, d’autres ne pas
nant ces deux inégalités, on en conclut que les contenir. Le graphe de la fonction f se
l’on a : compose alors de segments de droite
horizontaux, et on dit que f est une
fonction &q&. La portion de plan com-
et pour tout entier Y. Cela étant valable prise entre le graphe et l’axe des x est alors
pour tout I entraîne évidemment l’inégahté (fig. 1) réunion de p rectangles ayant pour
Cherchée 1_Y,~ - u 1 < 10 “, d’où le théo-
rème. fig. 1

On énonce habituellement le théorème +


3 en termes de suites convergentes et de
limites, mais nous ferons en sorte, ici,
d’éviter l’usage de ces notions - ce qui est
parfaitement possible - afin de Faciliter la
tâche du lecteur.

2. lntégrale d’une fonction étagée

Considérons, sur un intervalle compact


X = [0, b], une fonction _/“(.v) a valeurs
réelles ; nous la supposerons même, pour
le moment, à valeurs positives. Si l’on
trace le graphe dey, on obtient dans le plan
une N courbe H, l’ensemble des points
(.Y,y) tels que l’on ait .YE X et _r =f(.~),
bases les intervalles XL, et pour hauteurs
qui délimite avec l’axe des abscisses et les
les valeurs U~correspondantes. Supposant,
verticales des points L et b une portion de
ce qui est permis, les intervalles Xk deux à
plan dont on se propose de calculer la
surface (dans l’hypothèse où la portion en deux disjoints (c’est-à-dire sans points com-
question serait assez simple pour que l’on muns), nous appellerons alors, par défini-
puisse attribuer une signification à ce tien, intégrale de ,f sur l’intervalle X le
calcul). nombre :
Les surfaces les plus simples à calculer I(Y) = uJ(X,) + .. + upl(XJ
(1)
sont celles des rectangles. On est ainsi
amené à envisager d’abord un cas parti- où l(X) désigne, d’une manière générale, la
culier, celui où l’on peut découper l’inter- longueur d’un intervalle X, Le nombre
valle donné X en intervalles partiels I(f) ainsi obtenu dépend naturellement de

72
CALCUL INFINITÉSIMAL

la fonction,fconsidérée, mais non du décou- prend des valeurs constantes


page de l’intervalle X en intervalles partiels a,( 1 < 1 < p), et en intervalles deux à
Xk sur lesquels,fest constante ; si, en effet, deux disjoints Y,, sur lesquels g prend des
l’on découpe, d’une autre façon, X en inter- valeurs constantes b,( 1 < j < q), il est
valles deux à deux disjoints Y,, .... Y(, sur clair que X est réunion des pq intervalles
lesquelsfprend les valeurs hi, bq,de sorte X, n Yj, que f+ g prend sur Xl n Y, la
que nous devons prouver que : valeur constante a8 + h, (d’où le fait que
y+ g soit étagée), et enfin que 1 (f+ g)
est la somme de toutes les expressions
(a[ + b,) 1 (X, n Y,), c’est-à-dire des
il est clair que chaque Xk est réunion de ses expressions u,l (X,n Y,), dont la somme
intersections Xk f’ Y,, avec les divers Yh ; est égdle 11 (f) comme on l’a vu plus haut,
ces intersections sont des intervalles deux et des expressions b,l (X, n Y,), dont la
à deux disjoints ; on a donc : somme est égale à 1 (g) pour des raisons
analogues ; d’où la relation (3).
On déduit évidemment de cette relation
d’où il résulte aussitôt que le premier (3) que I(f-g) = I(f) ~ I(g) ; et il est
membre de (2) est la somme de tous les évident que :
nombres de la forme uk/(Xk n Y,!), le
(4) 1 Wl = C 1 U-1
second étant, de même, somme de tous les
nombres Z$ (Xk f’ Y,!). Il suffit donc de pour toute constante c, en convenant de
montrer que l’on a akl(xkn Y,J = définir la fonction étagée cf = g par la
h,,l(Xkf’ Y,,) quels que soient k et /z. Or la condition que g (.x) = c f (x) pour tout x.
fonction f est égale, sur l’intersection Enfin, si,fest une fonction étagée (donc
Xk n Y,,, à la fois à ak et à & ; si l’inter- bornée) sur un intervalle compact X, on a
section n’est pas vide, on a donc ak = b,j l’inégalité :
et le résultat s’ensuit ; si l’intersection est
(9 II u-l l c ~G-9 S”P Iv-61 17
vide, on a /(Xk n Y,)) = 0, et le résultat *fzx
cherché s’écrit 0 = 0 ; d’où la relation (2). où nous utilisons (pour la fonction
Nous utiliserons encore la relation (1) étagée 1f(x) 1) la notion de borne supé-
pour définir I(f) lorsque la fonction f n’est rieure définie à la fin du chapitre précé-
plus positive. dent. En effet, l’inégalité classique
Les intégrales des fonctions étagées 1a + b 1 < 1a I+ 111, appliquée à la défi-
possèdent des propriétés simples dont nition (1) ci-dessus, montre que l’on a :
nous aurons besoin plus loin. Tout
d’abord, si f et g sont deux fonctions
étagées sur le même intervalle compact X, mais, si l’on pose M = sup 1,f(x) 1,il est
alors la fonction Iz = f + g donnée par clair que M est le plus grand des JJ nombres
!$.y) = f (x) + g(x) pour tout .y fZ X est 1a, 1,.... 1a,, 1, d’où :
encore étagée, et l’on a la relation :
~ICt-)~< MJC%)+ + M.l(XJ
(3) I(f+ 8 = I(f) + I(g). = M[l(X,) + + l&,)J = M.[(X),

En effet, si l’on partage X en intervalles puisque les intervalles Xl sont deux à deux
X, deux à deux disjoints, sur lesquels f disjoints, et remplissent X tout entier.

73
CALCUL INFINITÉSIMAL

3 I d . fn r e ot e é qs lné x g
C u ’cg d pf d lh e i tr e
ê c e t Mo e M ; n n r q mt ot
C m o l c ag n ; e c a i é st é o s dn n Eoi e l i m et àé *du s én
n n s o p e q u l f u l f u p t a oé s u d e pEo c nl so ev o*u do cél n i
s é m on ts a io p a u voir,
i on t u oa gaussip ~TZs < Ms ;u pour ép que la r eo
é d d v s e i iq e s rf tum <c I ef < M es’ o (à d li rue nf
e b c s wq e’ u t n ~u xne l nn o é’ I ies c e o m eii s ( s rt dh m - l,l uf
b M t q l r a ~ e u< f ’ e <i MMl de (s o t q l e xu an 1 = Mu E ’ v )p ~ .e n
p t x E X ; op ol m uso ue o d t uru t2 m l u ch pr , eqe opé p
s a 2 o0 p u t , S n $o es o c Y o sd u ts u è . d i é s r i at d o t t a . m
c d f ép e ot q tl” sa en I u s a’ l i lc ( se i oga t e l t r f u :né’ s ei e
0 < $ < f < c( p ( t _p (, op x o t Y”eY
i uop ) i uoe @
ln) s rX
u, dl t ux t) u
e e :p n cx = 0r p pi e fe a é’s t qo n er r t t(t q l’n d t t af e a.e u
T = M p ” p e a (L a x d r Yp’ r 0e <’ qt ( )a< f m< u To’ A ri (
l p l id . e a l ’g me d Yf t r e p ar t is e, E X oexa d o t Yp , I utep ’ -ué a
c l a o r ’ àn q n e e e a I a ’<t t1 s l Si (e le, i a 0 t ao ’r d$n qos e i P t nie
c d l o a a r’ n nà ln fea t a , eas intkgruble
ol i e l f ( s s nar n o a
T n ; s l p a i ’ u es tr o n d u
e R ta ns e t
ln i r i X u e ’ sl e i s ,r
n àl aI d’l f b( o e i a po : fl n n on )e t sc é
d d a l or o :v a ie n o t l c i a r t

O e a c n squel j’.wit o ou non t o I en s d r p l s d a d do s r t u n e éu


pxitive, ài d en E e e n ta l * ut t s tr u e d ox eeo c ’ u m
E d n r * : el po s é f e rm muthémutique ee o e bd l r l r d re s ’ ase m
m ei e i
d Kt q e e ue f u x sé n l o d’ l i t f es n iea e ps a i m c l u t ret g g e
q s X t q ’ lu a e _ = uI ’ r e i lq Y e(n po t e t lu qe en f x e ’ a u’ u a p
q < f( ’ q’(t) c< f(t) p t ’ à l op o e d a L us u s s ie e ry t u t
t E X) ; le s s l e ed ’ c s m q
re ne oa e a u
as o
t n n n ln i i rus
n r s op l é o mo p e e p n bu e s lj r ru q sp u o e t hu
t s X ur f u é no oq r g t eut n” c r aq rv s cdu e gu oee ter
v l r é < Te ee . = r I Os ctl x i( u é, oa f f q np t mt b i i U eo e
L r ( e a e q l 6n x I l u e ê)o po (a e e jt m rb f t u n uri b i t ) i n
c e s h à ts us E eE e ot d p r* it u ’ é c, L n r t é r d h a f é
i à t . nE E O l o x f *E r ’mu é . * à ec at g r d q ne t e e i e u
e b inf&icurement
s o e E l t s r t d* p’ lu n e re d ’pb é v isl e i éi o
rkurement ( é d lE sl é e fe * oé a vp os u nm du ir muthk-
u n t e é -é
d i e ac dn E p m e efmatique
* um d ut é q, i e e xe ar u s msn r
l r q < aq e p d’ f ” l o qe co , la ur uds b ’n dat tèr de aec ei og
é i t v m l a i ps ’ mchhztique
g s li si é i ( iot né e b o
I < I e ( l ( i n v e S q nm t ’d u gi ” l pê r p) e r e ) éqom el r s s n
n d p o m lé b s a u a s o r u r sd c i r c e p e ne g n pos s é ’t n e a
d l E e e’ p M l * b te a p a , o qn r r u r e us d é td n n ee e
i d l n E el ’r f ( * m a ee é 6 , ; ea nlc r t ) e tt as’ i r x

7 4
C I A N

parce que personne, en vingt siècles, n’a Pour qu’une fonction f définie et
été capable de lui fournir des définitions bornée sur un intervalle compact X soit
précises de ces termes que le mathémati- intégrable sur X, il faut et il suffit, comme
cien, en tant que tel, les rejette vers les on l’a vu plus haut, que l’on puisse trouver,
ténèbres dialectiques de la métaphysique, pour tout entier JJ > 0, des fonctions
de la psychologie et de l’histoire humaines, étagées q’ et q” sur X vérifiant les
sans chercher à (( comprendre 1) au sens relations :
des philosophes. À la limite, la seule chose I(v#)-I(q’) < lO-p.
(7) q’ <f< 9*,
qui intéresse le mathématicien, en tant que
tel, est d’être en mesure de calculer des La seconde de ces relations s’écrit
intégrales, voire, diraient beaucoup de encore I(cpm~ q’) < 10 P. Or on a,
gens, d’édifier des procédures mécanisées d’après la relation (5) appliquée à la
qui, introduites à l’entrée d’une calculatrice fonction étagée positive q” - q’, l’inéga-
électronique, fourniront automatiquement hté :
le résultat cherché avec une marge d’erreur
calculable. La définition des intégrales que
nous venons d’exposer est éminemment en sorte que, pour réaliser la seconde
adaptée à ce point de vue H opérationnel H condition (7) ci-dessus, il s de choisir z
~ il suffit de substituer, au calcul de I(f), les fonctions étagées q’ et y” de telle sorte
celui de l’intégrale I(q) d’une fonction que l’on ait :
étagée q (( suffisamment voisine D de f
1( X <
s”p [(&,, (x) - $l‘(X)l 1 - ; 0)p
~ comme aussi, bien entendu, au point de x = x

vue (( absolu H du mathématicien pur, qui si l’on choisit un entier y tel que l(X). 10 (1
désire poursuivre indéjïniment la construc- < lO_“, on est évidemment ramené à
tion du nombre I(f) par approximations construire des fonctions étagées q’ et q”
de plus en plus étroites. C’est probable- vérifiant les conditions suivantes :
ment dans ce désir de précision ukw/w que
se sont réfugiées les conceptions métaphy-
siques des Anciens et des classiques, pour tout x G X.
puisqu’on n’imagine pas une machine cal- S’il est possible, quel que soit q de
culant éternellement... trouver deux telles fonctions q’ et q”, on
Indépendamment des problèmes de dit que la fonction f est régl& sur l’inter-
calcul pratique, qui n’intéressent pas le valle X. Il est bien clair que ces considé-
mathématicien, la notion d’intégrale serait rations n’ont d’autre but que d’assurer le
inutilisable si l’on ne connaissait pas résuhat (xic) suivant :
(( beaucoup H de fonctions intégrables, et si Th&w6/7ze 4. Soit X un intervalle com-
l’on ne disposait pas de procédés mathé- pact. Toute fonction réglée sur X est
matiques pour calculer (absolument, c’est- intégrable sur X.
a-dire sans marge d’erreur) les intégrales Il est à peu près évident que, si .f
de beaucoup de fonctions. Nous allons et g sont deux fonctions réglées sur X,
définir ici une catégorie de fonctions inté- il en est de même de leur somme f + ,
grables qui, en pratique, permet de couvrir de leur différence f-g, et de leur
tous les besoins de l’analyse classique. produit _& = h, défini par la relation

75
CALCUL INFINITÉSIMAL

/?(.y) =f(,r)g(.v). On a de plus les rela- de la moyenne D. En pratique, il est encore


tions : plus utile d’utiliser l’inégalité :

(9) I(f+&?) = I(f) + I(k)> W) =c.IW (Il) ~/;wx~ G ~~lWx3


(ou c désigne une constante), qui résultent
immédiatement des relations analogues (3) qui s’obtient immédiatement sur la for-
et (4) pour les fonctions étagées. Établis- mule (1) lorsqu’il s’agit de fonctions éta-
sons par exemple la première. Pour chaque gées, et qu’on étend ensuite facilement aux
entierp, on peut par hypothèse trouver des fonctions réglées par des arguments
fonctions étagées q’, vu, v’, WV vérifiant d’approximation analogues a ceux qu’on a
les conditions suivantes : déja exposé plus haut.
q’ <f < T”, I(q y - I(q’) < 1ow-‘,
v’<g<vU, I(v#)-I(#l’) < 10-p-‘,

d’où résulte que I(,f) est égal à I($) à 4. Caractérisations des fonctions
lO~~~~+’près, et que I(g) est égal à I(v’) a réglées
lO~J’+’ près aussi. Mais les fonctions éta-
gées 0’ = q’ + v’ et OU= qw + wH véri- Soitfune fonction à valeurs réelles définie
fient évidemment les relations suivantes : sur un intervalle X, et Y un intervalle (ou
0’ <f +g < em, I(t3 y - I(l3’) < 2.lo-p-‘, un ensemble) contenu dans X. Nous
dirons que f estcmstmteB ~O~~~I?S sur Y
la seconde résultant du fait que l’on a :
s’il existe un nombre c tel que l’on ait
lj’(.v) ~ c 1< 10 31 pour tout .v E Y.
= PC9 7 + 1cv31 - 11Cq‘)+ 1w ‘)l T 5 Soit,funel fonction. définie k
= [I(q,y-I(q’)] + [I(tpU)-I(ql’)] < 2.lo-p-‘.
sur un intervalle compact X. Pour que ,f
Par suite, I(f+g) est égal à 2.10 ” ’ soit réglée dans X il faut et il suffit que pour
près à I(W) = I(v’) + I(i$), lui-même égal tout entierp, on puisse partager l’intervalle
a 2.10 I ’ près à I(.f) + I(g), de sorte X en un nombre fini d’intervalles partiels
que I(,f+ ,g) et I(f) + I(g) sont égaux X,, . . . . X,, tels que,f soit constante a 10 ”
à 4.10~~“-’ près, à plus forte raison à 10 ” près dans chaque X,.
près, et cela pour tout p : d’où la première C’est presque la définition Si en effet
relation (9). on peut trouver, pour chaque X!. une
À partir de la relation (5) établie pour constante c, telle que l,f(.v) ~ c, 1 < 10 ”
les fonctions étagées on démontrerait, par pour tout .v E X,. on peut immédiate-
des raisonnements analogues, que celle-ci ment construire deux fonctions étagées
est valable plus généralement pour les $‘* et v” véritiant q’ < ,f < q” et
fonctions réglées. On l’exprime encore, en q” (.y) ~ q’ (.y) < 2.10 ” pour tout s E X.
utilisant la notation de Leibniz. en écrivant a savoir les fonctions qui dans chaque X!,
que l’on a : sont respectivement égales a <.i~ 1O-I’
et à ci + lO_‘J. Inversement, si ,f est
w9 ~[:f(x)a’+ M(b-a) réglée, il est possible de réaliser les
conditions (8) ci-dessus, puis de partager
si I.~(X) 1 < M pour touts E [cl, b], résultat X en intervalles sur chacun desquels q’ et
connu sous le nom de (( premier théorème v” sont constantes, et sur chacun desquels

76
CAKUL INFINITÉSIMA~

f est. par suite, constante à 10 4 près si l’on décompose X en interwlles partiels


sur chacun desquels f est constante. le
point u est soit intérieur à l’un de ces
fig. 2
intervalles, soit l’extrémité gauche de l’un
d’entre eux) ; il est alors clair que si .Y > u
se rapproche de CI,,~(.Y),qui ne bouge pas.
se rapproche de plus en plus d’une valeur
limite (A savoir de sa valeur, constante,
dans l’intervalle u < Y < u’),
Dans le cas général, nous savons qu’il
existe, pour chaque entier p, une partition
de X en intervalles partiels sur chacun
desquels f(_~) est constant à 10 Y’ près.
Pour chaque entier p, il y a donc dans X
un point a,, > u tel que,f(,y) soit constant
h 10 J’ Z près dans l’intervalle u < Y < u,,,
d’oL1 un nombre réel h,] tel que :

(12) L < .Z < czpd~f(x)-b+, < l O

Dans la pratique, on a besoin de carac- o n


peut évidemment supposer, si on le
tériser les fonctions réglées par un critèrc désire. que u, 2 li? > Ut > ..,, en rempla-
exprimant que leur comportement (( au çant au besoin u,, par ll,]__,pour chaque p
voisinage de chaque valeur de la variable H tel que u,] > llj, , Cela dit. choisissons un
est assez simple pour que,f(.\-) n’oscille pas entier p et considérons les nombres b,>,
d’une manière incontrôlable lorsque Y se /J/ b,,+z, .,. , si /FIJet H sont deux entiers
+
rapproche de plus en plus d’une G limite )) supérieurs à p, tels par exemple que
donnée. Cela va nous obliger à développer 17 < w < H. considérons un .Y tel que
quelques considérations sur les W/WK~ 0 < .Y < ll,>; on aura aussi les inégalitk
l i
d’une fonction. m i < s < u,),, d’où.
~1 t à la fois : a
Soitfune fonction réglée sur un inter-
valle X. et soit ~1un point de X ; considé-
rons les valeurs de.faux points .YE X tels
que cl < _Y(ce qui suppose c/ distinct de c qui montre e évidemment que l’on a :
l’extrémité droite de X) ; nous allons mon-
(13) 1bm -bn 1< 2 < 1 . 0 .
trer que lorsque I se (( rapproche de plus
en plus )) de u, le nombre f(.~) (( se dès que 1~7 et 17 dépassent 11. D’après le
rapproche de plus cn plus H lui aussi d’une critère de Cauchy (théorème 3). il existe
certaine valeur /T bien définie. que l’on donc un nombre réel 11 tel que l’on ait
appellera la wl~u~ l 2 d id , a r me f <u 10o ” ’ pour
~+/I,,~ i tout i FI > JI.
t et en t e
p u Noter o que . cette propriité
i est n
particulier pour t ~7= p. Si 0 < .Y < l/,], on
évidente si,fest une fonction étagée ; il y a alors à la fois I,~(.Y)~ bp 1 < lO-“- Z et
a en effet alors un 0’ > 0 tel quej’(.x) soit /$~~~ < 10--+, d’où évidcmment
constant dans l’intervalle L < I < LZ’(car ,f(Ij ~ /I 1< 10 p.

77
CALCUL INFINITÉSIMAL

Cela nous conduit à la notion de On définirait, bien entendu, de même la


limite à droite : on dit qu’une fonction notion de valeur limite a gauche de f au
f(x) définie sur un intervalle X possède point u, notée J (u) ou f(u - 0) : c’est un
en un point u de X une w/eur hite L nombre b (forcément unique s’il existe) tel
droite s’il existe un nombre h possédant que, pour tout p, il existe dans X un Q,, < o
la propriété que, pour tout p, il existe dans tel que la relation up < .Y < Q implique
X un nombre a,, > 0 tel que l’on ait If(x) hl < lO_p (le nombre que nous
If(x) - b 1 < 10 p pour tout .Y tel que désignons ici par a,, n’a, bien entendu,
0 < _Y< fi,, (faire attention au fait que l’on aucun rapport avec celui que nous avons
n’impose aucune condition pour s = 0). noté de la même façon plus haut). Au point
Cela signifie encore que, pour tout p, il y OÙ nous en sommes, nous avons évidem-
a un intervalle a < ,Y < Ut d’origine CI ment démontré une moitié de l’énoncé
dans lequel y(_~) est égal à 1 à 1OW près. fondamental que voici :
S’il existe un tel nombre !T, il est unique T&on+ne 6. Pour qu’une fonction f
(car si !J’ satisfait aux mêmes conditions, définie sur un intervalle compact X soit
il existe, pour tout p, des Y > u OÙ réglée sur X, il fdut et il suffit qu’elle
l’on a à la fois if(.~) ~ bi < 10 P+i et admette en tout point de X des valeurs
I.~(Y) - h’ 1 < 10 “+‘, d’ou h’- b 1< 10 ” limites à droite et à gauche,
pour tout p, et finalement !T’= b). Ce Il nous reste maintenant à montrer
nombre b s’appelle, par définition, la qu’inversement une fonction f qui admet,
valeur limite à droite de,fau point a, et se en chaque point a de X, des valeurs limites
désigne soit par la notation j&(I), soit par à droite et à gauche, est nécessairement
la notation ,~(Lz+ O), artifice amusant reglée sur X. Choisissons pour cela un
pour rappeler que l’on considère la limite entier p ; nous devons prouver l’existence
de l’expression .f(a + h) lorsque /r tend d’un nombre j% d’intervalles X,, ....
vers 0 en restant strictement positif. Bien X,, possédant les propriétés suivantes : X
entendu, il ne faut pas, dans la notation est la réunion de X,, .... X,,, et la fonction
précédente, remplacer a + 0 par u ,f(.x) est constante 1 10 JJ près sur chacun
(l’assemblage 0 + 0 ne désigne pas, ici, des X,.
la somme de deux nombres ; il ne constitue Mais l’existence de valeurs limites
qu’un graphisme dépourvu de tout montre que, pour chaque Q f5 X, il existe
autre sens que celui que nous lui avons dans X des nombres (1’ et a” tels que l’on
attribué conventionnellement), En fait, il ait 0’ < 0 < a# et tels que la fonction ,f
peut fort bien arriver que l’on ait soit constante à lO-p près dans chacun
des deux intervalles U’ < s < u et
Y((( + 0) # f@), comme le montre
l’exemple fort simple de la fonction ,j”(.x) L < .Y < u” (si u est l’extrémité gauche
définie quel que soit s réel par les formules de X, on considère seulement u”, et
suivantes : seulement LT’ si a est l’extrémité droite de
X). Désignons alors par I([l) l’intervalle
six > 1, u’ < .Y < un, dans le cas où a n’est pas
(14) f(x) = : six= 1,
x-4 six<l. une extrémité de X, et définissons I(u) de
1
la façon suivante, lorsque u est une
On a ici f(l+O)=l et extrémité de X : si a est l’extrémité gauche
.f(l) = 0 # 1. de X, on choisit arbitrairement un u’ < LT

78
CALCUL INFINITÉSIMAL

(donc en dehors de X), et on prend pour du théorème 6, de prouver que l’on peut
I(u) l’intervalle u’ < x < u”, où un E X trouver des points u,, . . . . Q,,E X en nom-
est choisi comme ci-dessus ; et si a est l’ex- bre fini tek que X soit contenu dans la
trémité droite de X, on choisit arbitraire- réunion des intervalles I(u,), . . . . I(cJ,J,
ment, en dehors de X, un u” > u, et on puisque, en décomposant chaque intersec-
prend pour I(Q) l’intervalle u’ < x < u”, tion X n X(uJ en, au plus, trois intervalles
où u’ E X est choisi de telle sorte qu’on ait sur chacun desquels ,fest constante à 1OPp
CJ’ < u et que f soit constante a 1 O-P près près, on obtiendrait alors une décomposi-
dans l’intervalle u’ < x < u. Les interval- tion de X en un nombre fini d’intervalles
les I(a), pour tous les a E X, jouissent alors possédant chacun cette propriété. Tout
des propriétés suivantes (fig. 3) : revient donc, finalement, à étabhr le résul-
tat suivant, qui peut servir à démontrer
beaucoup d’autres théorèmes, et qui se
généralise a beaucoup d’autres (( espaces
topologiques 1) que les intervalles com-
pacts :
Th&km 7 (Bore]-Lebesgue chez les
francophones, Heine-Bore1 à Tétranger).
Soit X un intervalle compact. Pour tout
a E X, soit I(u) un intervalle ouvert conte-
nant u. Il existe alors des points u,, . . . . CJ,)
de X en nombre fini tels que tout ,\efGX
appartienne à l’un au moins des intervalles
+
l I(U,)> .... I(cJtj).
Soit L et v les extrémités gauche et
droite de X, et considérons l’ensemble
E C X des points Y G X qui possèdent
la propriété suivante : on peut trouver
(a) chaque I(u) contient u (de sorte que des points a) E X en nombre ,fini tels que
X est contenu dans la réunion des I(u)) ; tout point de l’intervalle compact [u, J]
(b) chaque I(u) est ouvert, c’est-à-dire appartienne à l’un au moins des inter-
de la forme lu’, u”[. donc défini par valles I(u,) i tout revient à montrer que
des inégalités strictes de la forme v E E. On a évidemment t f5 E, par
0’ < s < ü ; exemple, parce que l’intervalle [u, zl] est
(c) l’intersection de X et de I(u) peut se contenu dans l’intervalle I(u). L’ensemble
décomposer en trois intervalles au plus sur E n’étant pas vide, et étant borné supé-
chacun desquels la fonctionfest constante rieurement (on a Y < r pour tout _YE E)
a 10 ” près ; si par exemple a est distinct admet donc (théorème 1) une borne
des extremités de X, ces trois intervalles supérieure IZ < 1~; nous allons montrer
sont lu’, CJ[, [a u] et lu, u”[ ; (noter qu’un que u G E, puis que a = V, ce qui termi-
intervalle peut fort bien être réduit à un nera la démonstration.
seul point). Considérons en effet l’intervalle ouvert
En raison de la propriété (c) ci-dessus, I(u) = lu’. u~[ avec u’ < a < un. Comme
il suffirait, pour achever la démonstration u = sup (E), il existe un x E E tel que

79
CALCUL INFINITÉSIMAL

u’ < x < a. Comme x G E, l’intervalle Parmi les fonctions réglées figurent


[u, x] est contenu dans la réunion d’un aussi les fonctions monotones, c’est-à-dire
nombre fini d’intervalles I(Q,), . . . . I(u,,) ; les fonctions croissantes et les fonctions
posant u,?+, =u, il est alors clair que décroissantes ; une fonction f, sur un inter-
l’intervalle [u, u], réunion de [u, x] et de valle X, est dite croissunte dans X si, quels
[x, a], est contenu dans la réunion de que soient x’, Si E X, la relation x’ < x#
I(u,), .... I(u,>+,). Cela montre que u E E. implique f cx’) < f Lx”) - la valeur de f (_y)
Montrons enfin que a = v. Supposons augmente lorsque x augmente - et décrois-
en effet L < L’. Posant I(u) = ]0’, u”[, sunte si, au contraire, la relation x’ < x0
comme ci-dessus, il existe évidemment des implique .f (x’) > f (x”) ; ne pas se fier,
x (5 X tels que I < x < a” ; pour un tel x, pour ces notions, aux définitions bizarres et
l’intervalle [u, x], réunion de [u, a] et de Compliquées, bien que prétendument
[Q, x], est contenu dans la réunion de [u, a] (( intuitives )), que l’on trouve encore dans
et de l(u) ; comme l’on peut (( recouvrir N de nombreux manuels. Pour montrer
[u, a] A l’aide d’un nombre fini d’intervalles qu’une fonction f croissante, par exemple,
I(u,) comme on vient de le démontrer, il en est réglée, on considère un point quelcon-
est donc de même de [u, x]. Par suite, que a fF X et l’ensemble E des valeurs f (x)
x E E ; ce qui est absurde puisque x est prises par f aux points xe X tels que
strictement supérieur au nombre x>u ; comme f est croissante, on a tou-
a = sup (E). On a donc bien u = v, ce qui jours f (x) > f(u) pour un tel x, et par suite
démontre le théorème 7, ainsi par consé- E est borné inférieurement, donc admet
quent que le théorème 6. une borne inférieure b = inf (E), dont
Les exemples les plus simples de fonc- nous allons montrer que c’est précisément
tions réglées sont les .fonctions continues. la limite à droite f (u + O), dont l’existence
On dit qu’une fonction f est continue en sera ainsi établie. Soit, en effet, p un entier
un point a si elle admet en ce point des quelconque ; il y a dans E un nombre qui est
valeurs limites à droite et à gauche et si de égal à b à 10 p près, donc un a’ E X
plusonaf(u~O)=f(u)=f(u+O).Il vérifiant les relations u’ > u et
revient évidemment au même de dire b < f (u’) < b + lO-p. Pour a < x < u’,
qu’une fonction,L définie sur un intervalle on a alors d’une part b < f(x) puisque
X (compact ou non), est continue en a si, f(x) C E, et d’autre part aussi ,f(x) <
pour tout p, il existe un intervalle ouvert f (u’), puisque f est croissante ; il s’ensuit
I(u) contenant u et tel que f soit constante que l’on a b < ,f(x) < b + lO_p, dès que
à IOmm’l près dans X n I(Q). Lorsque f est u < .Y < u’, ce qui prouve très exactement
continue en tout point de X, on dit quef est que f admet, au point u, une valeur limite
continue sur X. Le théorème 4 montre alors c droite égale à b. On établirait de même
que, sur un inttwalle eompuct, toute fonc- l’existence de valeurs limites à gauche.
tion continue est inte’gruble, résultat classi-
que obtenu par Darboux en 1875, et dont
on peut aujourd’hui donner, à partir de rien 5. Intégration et dérivation
(la notion expérimentale de nombre réel
conçu comme développement décimal illi- Soit X un intervalle quelconque, et f une
mité), une démonstration parfaitement fonction réglée dans X, c’est-à-dire qui
rigoureuse et complète en quelques pages. admet des limites à gauche et à droite en

80
CALCUL INFINITÉSIMAL

dès que t < t + ii < t,,, ou, puisque la primitive de yen un point u de X, Alors
IJ > 0, que : la fonction F admet en chaque point t E X
des dérivées h droite et i gauche domlées
Wf++W_b’< IOpP
(201 \ par :
h
(23) F;(f) =f(t + 0), F;(t) =f(t--0).
dès que t < t + II < t,,.
On est ainsi conduit à dire qu’une Le cas le plus fréqucnt est celui d’une
fonction F admet en un point t une dérivée fonction ,f partout : alors
C~~TC/~UCJ
N droite égale à b si, pour tout entier p, il F:,(t) = F,;(t) pour tout t E X, ce qui
existe un nombre t,, > t tel que l’on ait la exprime que la fonction F admet en
relation (20), ou, si l’on préfère (poser chaque point tEX une dkriv&
t,, = t + 17,,),un nombre /7,,> 0 tel que la F’(t) = F,;(t) =Fz,(t), donnée, puisque
relation : f(t-O)=,f(t+O) =.f(/). par :
(21) 0 < h < hp implique:
(24) F’(f) =f@).
FG + f+FC~)_b
.- < lopp
\
h Nous allons maintenant montrer que
cette relation suffit pour caractériser pres-
le rapport [F (t + h) ~ F (t)]/h représente,
géométriquement, la pente de la droite que entièrement la fonction F, de sorte que
k cukul des int&ulcs prtut7t .sw~ 111,f&w
joignant les points Ct,F Ctl) et
tien ,f wviend7z L7 10 ~i~:tt,~777i77f~ti~)77
d’w7c
(t + h, F (t + h)) du graphe de F. On
désignc habituellement la dérivée à droite solutio77F C~ClXquutio7~ (24) ; c’est Ii le
au point t, si elle existe, par F’(, (t). cœur même du C(calcul infinitésimal H tel
On définit bien entendu de même que le concevaient les analystes du
la notion de dhivbe 6 gmche au point t : xvn? siècle,
c’est un nombre c possédant la pro-
Priété que. pour tout p, il existe un nom-
bre II,, < 0 (aucun rapport avec ce que
nous avons désigné ci-dessus par /f,J tel 6. Détermination d’une fonction
que : par sa dérivée

(22) hp<h<Oa
Soit F et G, deux fonctions admettant en
~F(~+h)-WO_c~< lo_9
\ un point t des dérivées F’(t) et G’(t) : on
1 l
voit facilement qu’alors les fonctions
Le raisonnement qui, pour la primi- F + G, F ~ G et FG admettent aussi. au
tive F dex nous a conduit i la relation (19) point t, des dérivées données par des
avec I>=,f(t + 0) conduirait. moyennant forp&tu!es sipnl6~
AY-.,. P+
-. 6~21~~ r*Q~w~tiv~n7~nt
a...-d .U.,YU~.~.-.~.-~~.
des modifications triviales, à la relation à:
(22) avec cette fois c =.f(f -- 0). En
résumé : F’(z) + G’(f), F’(t) -G’(t),
F’(t)G(r) + F@)G’@).
Tl7kw&77w 8. Soit f une fonction réglée
sur un intervalle X, et La meilleure t”dcon d’établir ces rksul-

s
tats est d’utiliser la notation de Landau et
F (f) = ‘f(x) dx d’écrire, ce qui est clair d’après (19)?
a

82
CALCUL INFINITÉSIMAL

qu’une fonction F admet au point t une OÙ c est une constante indépendante de t,


dérivée égale i k~si et seulement si l’on a En particulier, pour t = u, on obtient la
la relation : relation :

F(t + A) = F(f) + bh + o(h) 0 = F(o) + c,


(251

lorsque Iz tend vers 0 ; écrivant de même d’où : c= - F(a) et ‘f(x) & = F(t) - F(a).
sa
que :
Autrement dit :
G(r + h) = G(t) + ch + o(h) Thko&ne 10. Soit f une fonction conti-
nue dans un intervalle X et F une fonction
lorsque I tend vers 0, avec I = G’(f), on
dérivable dans X telle que F’(f) = f (t)
en déduit par addition que :
pour tout t E X. On a alors :
F(t + h) + G(f + A)
= F(f) + G(r) + (b + c)h + o(h), (27) ;j+) dx = F(b) - F(u),
s
d’où l’existence et le calcul de la dérivée de
quels que soient a, b E X.
F + G...
C’est ce qu’on appelle fréquemment le
Cela dit, et en nous bornant aux fonc-
th&orèïne fondumeWul du culcul infinit&-
tions dérivables pour éviter des complica-
fwul puisqu’il montre l’équivalence entre
tions secondaires (mais les résultats que les deux problèmes suivants : calculer
nous allons établir seraient encore vala-
bles, moyennant des modifications trivia-
les, pour des fonctions admettant partout
des dérivées i droite et i gauche), consi- pour toutes les valeurs possibles de u et IJ ;
dérons deux solutions F, et Fz de l’équa- trouver une fonction F telle que
tion (24) ; la fonction F = F, ~ FI admet F’(f) = f (t) quel que soit t. Si, par exem-
alors dans l’intervalle X considéré une ple, l’on sait que la dérivée de la fonction
dérivée : .Y’~est 15,~‘~. de sorte qu’on a F’(f) =,f(f)
si f(t) = xl4 et F(r) = _~‘~/15, on peut
F’(t) = F’,(z)-F’~(~) =f(f)-f(f) = 0.
immédiatement écrire :
On est alors amené à établir le résukat
suivant :
Thekxim~ 9. Soit F une fonction définie
quels que soient u et b, sans autre calcul.
dans un intervalle X et admettant, en tout
point de X, une dérivée égale i 0. Alors la
fonction F est constante dans X.
7. Théorème des accroissements
Si l’on admet ce théorème, on voit que
finis
deux solutions quelconques de (24) diffè-
rent entre elles d’une simple constmte. Si Il nous faut maintenant démontrer le
donc l’on connaît une solution F de (24), théorème 9, c’est-à-dire prouver que l’on a
et si l’on choisit un point a de X, on aura F(u) = F(b), quels que soient a et b dans
une relation de la forme : X. L’idée de la démonstration est d’une
extrême simplicité, et fort ingénieuse. Elle
consiste i observer que, si l’on contemple

83
CALCUL INFINITÉSIMAL

le graphe F dans l’intervalle ]a, /J[, on peut (Par une fonction dérivable sur [u, h]
trouver un point c de cet intervalle OÙ la nous entendons une fonction qui admet
tangente au graphe de F (fig. 4) est une dérivée en tout point x tel que
u < .X < b, ainsi qu’une dérivée à droite en
fig. 4 a et une dérivée à gauche en h. On démon-
tre souvent le théorème 11 sans supposer
l’existence de ces dérivées en u et b.)
Notons d’abord qu’il sufit dZtublir le
thkor$me 11 pour les fonctions F telles que
F(a) = F(b). Supposons-le en effet établi
moyennant cette hypothèse supplémen-
taire, et substituons à la fonction F donnée
ta fonction :

G(t) = F(t) - F(b;I;(a+-a);

on a évidemment G(u) = F(u), et G(b)


= F(!I) - [F(b) - F(u)] = F(u) = G(u).
De plus, il est clair que G admet partout
dans X une dérivée donnée par :
parallèle a la (( corde H joignant les points
(u, F(U)) et (b, F(h)) du graphe ; si G’(f) = F(+F(+;(a),
(29)
F(Q) # F(b), cette corde n’est pas hori-
zontale, la tangente en c non plus, et l’on puisque la dérivée d’une fonction linéaire
a par sutte F’(c) # 0, contrairement à ct + d est égale à c. Établi pour G, le
l’hypothèse ! théorème 11 exprime l’existence d’un nom-
Mais ce raisonnement purement géo- bre :
métrique doit être rendu rigoureux grâce a
une démonstration effective de l’existence cE]a,b[ où G’(c) =
W-WI = ,,
b-a ’
du point c en question. Noter que la pente
de la corde joignant les points (u, F(u)) et ce qui. d’après (29). fournit aussitôt la
(h, F(b)) est égale a : relation (28) pour la fonction F.
Nous pouvons donc bien supposer
F(b) -F(a)
F(u) = F(/I) = 0 ; le théorème 11
b-a
s’énonce alors comme suit :
Nous sommes donc ramenés, pour Thkor?me 11 bis. Soit F une fonction
établir le théorème 9, à établir le résultat A&.,,>hlo
.L.#LL.LL” u A,>nc
uLL1*0 II~ Atmra!le”
u11 LllLU, comp2c~ [fi, cb]

bien plus utile encore que voici : et telle que F(U) = F(b). Il existe un point
T/zéorCme 11 (formule des accroisse- c E 1~7,!T[OÙl’on a F’(c) = 0.
ments finis). Soit F une fonction dérivabie Ce résultat est connu sous le nom de
dans un intervalle compact [u. /T]. Il existe CTthéorcme de Rolle )), académicien fran-
un point c E lu, LI[ OÙ l’on a : çais de la fin du XVII~ siècle, et resté célèbre
pour avoir eu le premier, du moins le
suppose-t-on, l’idée géométrique d’une

84
CALCULINFINITÉSIMAL

démonstration du théorème 11 !~k. Cette F’(c) ; on en conclut que F’(c) doit être à
idée, identique à celle que nous avons la fois positif et négatif, ce qui prouve que
exposée au début de ce chapitre, consiste F’(c) = 0. On parviendrait évidemment à
à remarquer que le théorème 11 bis la même conclusion en supposant :
exprime l’existence d’un point du graphe
(31) L < c < b et F(x) > F(c)
de F OÙ la tangente à celui-ci est lmkmz-
tule ; et la meilleure façon de trouver un tel pour tout s E [u, b].
point (c’est du moins l’impression que l’on On voit ainsi qu’en définitive les théo-
retire d’une réflexion géométrique simple) rèmes 9, 10 et 11 reposent sur l’existence
consiste à le chercher parmi les points OÙ d’un point c vérifiant soit les conditions
la fonction F est rm,~imutw ou mirzimun (30), soit les conditions (31).
v% 3.

fig. 5 8. Théorème du maximum

Comme nous allons le voir, il suffit pour


cela d’établir le résultat suiwnt :
Thém?me 12. Soit F une fonction défi-
nie et continue sur un intervalle compact
X. Il existe un c’~X tel que l’on ait
F(.Y) < F(c’) pour tout x E X, et un C”E X
tel que l’on ait F(c”) < F(x) pour tout
.YEX.
Avant d’établir le théorème 12, mon-
trons comment il implique le théorème 11
bis. Tout d’abord la fonction F du théo-
rème 11 k, étant dérivable en tout point
de X, est continue. En effet, pour tout
t E X, il existe, d’après les relations (21) et
Supposons en effet trouvé un point c (22). que l’on écrira pour p = 0, des
vérifiant les conditions suivantes ; on a nombres /z’ et /z” tels que l’on ait
12’< 0 < 1~~ et tels que :
(30) L < L< b et F(x) < F(c)
(32) h’<h<h”ti
pour tout .YfZ [CI,b]. Le rapport :

F(c +h)-F@l
(le cas oti Iz = 0 est exclu de (21) et (22),
h ’
mais se traite dircckmcnt par vérikation
défini pour tout /z # 0 assez petit (parce triviale). Posant M = 1 + 1F’(t) 1,on en dé-
qu’on suppose c distinct des extrémités u duit que l’on a 1F(t + /z) ~ F(t) 1 < M 1h 1
et h de l’intervalle considéré) est alors pour /z’ < 11 < 11”. Choisissons un entier 12
positif ou nul pour Iz < 0 (quotient de tel que M < 10” ; alors M i h i < 1OW’
deux nombres négatifs), et négatif ou nul pourvu que 1h 1 < 10 Jl+“. Les t’ tels que le
pour Iz > 0. Mais si 1h1est suffisamment nombre I = t’ ~ t vérifie à la fois /z’ <
petit, ce rapport est égal, à lO--J’près, à Iz < h” et 1h 1< 10mJ’~‘J forment un inter-

85
CALCUL INFINITÉSIMAL

valle ouvert I(t) contenant le point t, et le posé être compact), et nous nous bornerons
raisonnement précédent montre que, pour à prouver l’existence de c’, celle de c” se
t’ E X 0 I(t), on a 1F(t’) - F(t) 1< 10 P, démontrant de la même façon (ou, mieux
autrement dit que F est constante à lO--p encore, se déduisant de l’existence de c’
près dans X f’ I(t) : d’où la continuité de F puisque c” joue pour la fonction - F le
en t (cf. fin du chap. 5). même rôle que c’ pour la fonction F).
Cela dit, le théorème 12 s’applique a F, Or nous savons que. pour tout p,
d’où des points c’ et c” dans X tels que l’on il existe des xE X où l’on a
ait F(c”) < F(x) < F(c’) pour tout x E X. M - lO_P < F(x) < M. Soit A,, l’ensem-
Si l’on a (1 < c’ < b, la condition (30) est ble de ces x E X ; tout revient à prouver
realisée ; si l’on a Q < c” < b, la condition qu’il existe un point c commun à tous les
(31) l’est, et dans chacun de ces deux A,,, car si l’on a :
cas le théorème 11 bis est démontré,
M- lO-p < F(c) < M
comme on l’a vu. Il reste à examiner le
cas OÙ L’ et Ci sont situés aux extrémités quel que soit p, on aura évidemment aussi
de X. Mais comme F(Q) = F(b), on a F(c) = M. Nous allons maintenant raison-
alors F(c’) = F(c”) = F(a) = F(b), donc ner par l’absurde, en supposant que les
F(x) = F(u) = F(b) pour tout x E X, et la ensembles A,? n’ont aucun point commun
fonction F est constante, d’où F’(t) = 0, et en déduisant de la. une contradiction.
quel que soit t E X, de sorte que le Si les AP n’ont aucun point commun,
théorème 11 bis est trivialement vrai dans alors, pour tout x E X, il existe un entier p
ce cas aussi. tel que x @A,,, c’est-à-dire tel que l’on ait
Passons maintenant à la d&wnstmtion F(x) < M - lO_P. Comme F est continue
du théorème 12, Tout d’abord la fonction, en tout point de X, il existe alors un
étant continue sur l’intervalle compact X, intervalle ouvert I(x) contenant x, et tel que
est réglée sur X d’après le théorème 6, F soit constante à lO-‘+’ près dans
comme nous l’avons déjà observé au cha- Xn I(x); pour tout x’ EXn I(x) on a
pitre 5 ; elle est donc bornée sur X : choisir donc alors F(x) < M - 10 P + lO~J’+’ <
sur X une fonction étagée q telle que l’on M - lO-‘+’ puisque l’on a :
ait par exemple 1F(x) ~ cp(_x)1< 1 pour
tout .x E X, désigner par u et v la - 1 + l o c - l + L1op + ’
-
P
P p P &
plus petite et la plus grande des valeurs - 10+1 -9 -1
-_p=__-<-m->
(en nombre fini) prises par la fonction lop+’ loP+l 1oJ,+1
cf sur X, et observer qu’on a alors
u - 1 < F(x) < v + 1 pour tout Y E X. comme on le voit en observdnt que
L’ensemble F(X) des valeurs prises par la ~ 9 < - 1, Désignant par q Ientier p + 1
fonction F sur l’intervalie X est donc borné on voit donc que, pour tout x E X, il existe
et admet par suite une borne supérieure M un intervalle ouvert I(x) contenant s et un
et une borne inférieure m (cf. chap. 1) ; entier q tels que l’on ait :
toute la question est de prouver l’existence F(x’) < M - 10-9
(33)
de nombres c’ et c” E X tels uue JH = F(c”)
et M = F(c’) (ce qui, nous l’avons vu au pour tout x’ E I(x) n X.
chapitre 1, pourrait fort bien se révéler Appliquons alors le théorème 7 ; on
impossible si l’intervalle X n’était pas sup- trouve des points xi, . . . . x,, de X, en nom-

86
C I A N L F C I U N L I

S m u f d ca Cp qe lsi d 3p i u aen é ,o dm ( i stS d s e m


d y o C ”; o e p l
d c cn i n l e a f a cl p a’ eu s ri l e o b opnt s exu c i
l d ia e e nf r pn vta n t E oX o aoéi i l r i, n rbg:s èa e
U ” ( e V( =f ( ~ , b t
= d(Y l , Y) aI ) a Y )l -n / )s
( f = + 4 ( +_ Y 0 f .& (
f ( p o a 3 V (u r= . ~ l 6 ’ , i m x o ) Ys u r )q l s
+ @ U +JI ) P
L ; i v d p l i r o= 0 u: e ( n i n b c s t ) , q
q e f c u xs do i p p o ’m
f ( - b . ) r - ( f u (
n e te d ôGr n ) :t ’ m e ) u
_ * & ? $ !
s
=y(a)(b--a) + & ( R = l4
4 PI y ;
v1 )( &f ) 2(f

+
N q l p o u e eq o t en u
p a p uo l m u o& ,s e q i ir
S , e d c iCf so pe l c 4 tn e a a , u s l t s c
hf f U ol p ji bn un
l d i a e e p n dr n r t an e é ni n g sè
c q l c e ue e a p in r u
l f d a o p ’ p r a i a m r n r u t t l
e d d p a sp e e u tl g
U = ( e ( V, = x( ~ bt X f( ; ). ) ) ,X Y 3 ,) / ’
L f d T a on p de a sr’ a ’
c v = 0 oi v (a m, m l i [l a me ?o n en )r i t s
l n c p ’ d me o s a o ep é n i s
m : e n t
é l dv g ’ d re a r R o u e
f - = f ( - a + f y b - f Q) Uu d) (( )o @() pa u 3 d* u)( 4l p )un 9 qban 0a r
o d t ns é s o p a’ s e u o
c l f h l ap o d ed e o n e
pc c o S i p nc u - o
I e c q l l sr l u es t a a e e i i s r o
a < b d ( l ac s3 t ’ d na e8 r
p a l o qu l o d u us e n é r es s g r s i ti u
m a d êc v ed m hs e se
e e s xc t oA i o nu s n tt t t r e i
t d l rr a e dia s n s e
d s , e d c i i ( f s oe al lt r Y t n a a, e + s l ‘ s a ,
q l a ( - x u > ’0 p b a < ) .e < ob o J
t : i o n
S n e M l mo ? t e l em i i t e a n
(j?‘)f(b)-f(a) = f
+f”(u)(b--a)*/2 +...’ d l ( c a u’ [ b d ol)n f i u ] ( e
+ _+ R t c P f i ( o ; o, (a a@ o : . n n u l +

O l a p Ùp !’= 1 o ( o , s p n 2 é r . o .
( l v &
4 = na I 9 d2 ba
d p p en r e s o e e n m t m t b i i r e
o l R
ù ’e d p, esl o C R <a] bxta n E Mb n
+ r p , ’
M r( (
sC P l s C p!I l
r : e l a t i
d s q t er o àu é o el r ev u
R = ( 1 J3 P + l- ) ; ) ~ f
( @ 8 g= ( : ) ’ @
rx$ )
ad
=
Jbf~+l~(~)~~&(
a Pf
*
s04 P
V
3
!
L d T a a r e iu , v e ny f e s tl o c t to r
P c a o lef p ( u a al o p
e l r : s a e t l a t i
l f . a = o( ~ ~ f + 1n. ! y l
( = + 3 +f y 9 y@ d @ )l d( )o ) sfe é a n s ( u(s r)
+. ( ) - Q ! + FR a ( ( - Pu ! P.. . . b, .~ u /e) 1 p , , l Y xd ~tJ o a

8 8
CALCUL INFINITÉSIMAL

d’ordre F + 1 ; les dérivées d’ordre < ,Y Tluz’o&~e 14. Soit vz et M le minimum


sont nulles pour .Y= u, de sorte que, pour et le maximum d’une fonction continue sur
cette fonction. la formule (39) se réduit un intervalle compact [u, b]. Pour tout
a son reste, précisément égal a (43) puis- nombre k compris entre ~1 et M, il existe
que l’on a, pour la fonction considérée. un nombre c compris entre LZet h et tel que
f@+‘)(x) = 1 pour tout _Y; d’où la valeur k =Y(c).
de l’intégraie (43) à savoir : On sait (théorème 12) qu’il existe dans
[u, LI] des points a’ et /Y OÙY(~‘) = m et
j(F) = M ; remplaçant l’intervalle [u, Lr]
par l’intervalle [LT’,F], on est encore
Portant dans (42) on trouve donc, pour ramené a l’énoncé suivant (G théorème des
le reste (38) associé à une fonction f de valeurs intermédiaires D, fig. 6) :
nouveau quelconque, les inégalités :
fig. 6
(b
(45) n ~~-
-up+ <
(b--ap+’
RP < M------a
(p + l)! cp + I)l

ce qui montre encore que l’on a :

On ne connaît pas exactement le nom-


bre k, mais on sait qu’il est compris entre
le minimum et le maximum, sur l’intervalle
[u, !J], de la fonction continuej”lJ+‘l (x) ; en
appliquant aj” W’) le théorème 14 qui sera
démontré ci-dessous, on en conclut qu’il
existe dans l’intervalle [LI, !I] un point c où
l’on a k = f’@+‘~ (c) ; portant dans (46) et
(39) on obtient finalement le résultat
suivant :
Tl&Sme 13. Soit ,f une fonction de
classe Ci’+’ sur un intervalle X. Quels que Tl~~ow%e 14 bis. Soit f une fonction
soient les points u et 1 de X, il existe un continue sur un intervalle X, a et 1 deux
nombre c compris entre a et h et tel que points de X, et k un nombre compris entre
l’on ait : u et h. Il existe un nombre c compris entre
u et LJtel que,f(c) = k.
Pour fixet- les idÇes, supposons u < b et
/(cl) < k < j(b). Soit E l’ensemble des
+ . . . +f@)(u)(b-uyJ/p!
points .YE [u, b] OÙ l’on a y(.~) < k ;
+f@+~)(c)(b-a)~+‘Ap + l)!.
l’ensemble E n’est pas vide (on a visible-
Il nous reste a établir le théorème 14, ment u G E), et il est borné supérieurcmcnt
auquel nous avons fait allusion plus haut ; (on a .Y < I pour tout ATE E) ; il admet
c’est, de toute façon, l’une des propriétés les donc (théorème 1) une borne supérieure c.
plus importantes des fonctions continues. Comme Y < I pour tout .x G E on a aussi

89
C i A N L F C i U N L

c < b ;c L E E o ao a a < c dn mud ,( e P ms ’s c 4E E ;am seau c ” 9 ra


s q c E [ bo N u a u m]r o e l a , o.t p u lcb d ne u ss o”s é l t i t
q = k c qu p ,l et u e r b e h i sf o oc dé lul u rE eoL ’ cp v
I s p c ld u m o qe l e f no u t ul ’ f 1en / r he ea d o i d4 t k és eo n t é r
p a n j e> k vn f i (< k u ,oi ( a c l. t l f i c v )d u T a or ) e e i a r
S q lu a f u> k ’ pO i ( L e ao. pn t c e p pn o ) d s lr p s
a a a # uc p l “ <r k u e o f f a d i. Tt ir o c i e s aal s d r o t ) q ye
d a I < c oD u p i e. n’ s a p l x ca e ss r ed fi u n éi (t é m e os t r (,
u e p t q n l n a e e u : ’ t i nt l e) o: i f t ac )t n e o io r r n
e lx eo p (
( j 4> 1 + l - 8 O ( ) - c p ) ,
E XE L P T FO O OG
p l u , > ’k e si f i A s ts ( Nn O tt rq c A é én r iLu ) g
M c aa p oc ; i y ai du o cn l s lo i it d l ff’n n d-i Te a eoe c t
u i o n In c u c e(t t o l va f t ce e n od eup o )r l vt re rxl n v ae
q f s c u à ol op e d iO n r a t _ sè n p t s s
R G O O
[ b n I C u ]a < (c c o i , , c e mn ) t mt . t ee
t c a i m o u c u to oq n n ’ en i u t l ne i s e
a < 1 < c d c ’ , t ol o o B n’ n u i ci t t b n i
[ c l cp ] e c = s ’ u (, q H B u, i EF B .uE p s )
e .a AF H e t ] c CWq ,N
c c o u _ e6 E O na a n Xr M . n t l v o t I : A i oo ~ IM a n l e~ Ir .
P i
, < k p j x E E . e u: ( , t iC . 1 /a Ns B ~ 9 F m . Oq d )8 o b U
w r M r P & 1 a /i R Ca l & 9 s u . O
J E A .AZ nC 5 é Rr 1 uo / ’ dA
A D & M . ED L . L Id c e EE e
p . E 1 ( ud : X c i’ i ) so i n1 / , J Dqùb f9 É . I i u i 8 l
d t 1: F ’ d I. o o m e ~ nn o
f < + l <( k + fl O c GO ( - 3 a- é ) p1 x ; C ’&pid 9 a) ,ne.
H 2 é e1 / J ’ D d r9 C . Id . m8 o
c q c (e u L o 4 di ’ n m 8 a dé tpu c ) n2u vvrt r G y . sohe e ea
l o a a > k ne ud qe s Vr o Pux y é it a1n a ec / Cdl D 9 i c r 8 l .l O 7
S m u q al pa Bu Z ’i i . W
pC de on e&iot A ( v 1 entt dn Hs j
I :F r I do w é I& ’ n P r e I u c
, < k C f k < f . o o la a ( p
mn c l br o m ) L o o l) 1
e a / rmy ,
c c < eh C d r. p o H’ G t am & 1 L. R aD a .r Imu A I i u iE t nU e n f
l j < ’k e s ( i ie s t cc l n vx t I rSh ) o é i _ Bpmi 1 l /gs er m c
c p h o u e l p ta q mn l n u S euL u mA’ t s. A &
l t Ie m eo i N I 1 ,n dl nGe l
P L S B . &mA &L. C . w,TH &
a : i t A u Cp Sn op N Y pd ml e
1 /J P C9 d. I l Ec8 C
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( ) - D E. O C pd i I n E ) . e e @P t
M , e c a a f p s o c ; i yi au ont n B l s 1 u ;i t et a 9 T n Cr n r ni L 5 h g au
G A Um o pC P ne Cf ph r it h
d c po h o u i l n a m 1n n u c u m 9 ts , t 8 e e 1,
o I c u c e( d o l v l ct a n e e a ) n t q r se u t
f f e é o à l sp g n2 f O t r a c. ( _ è l t c p s e i )
C L < h i yo a u c E I. l n m[ n! ” ( m0 7 c ,e ] )
B C à p . a v l l a u
t q c < c ee c u o ” a it l o e - n, , m f m f e
, 1< l P i v f : O , l i( _ ec n) t
L c i e a d nf ld e fo
f < + 1 (< k f 0 p C (~v l a e ) u~ dc
a u u n ér )

9 0
CALCUL INFINITÉSIMAL

plus tardif que celui des fonctions d’un seul variables. Malheureusement, cette notion
argument. Inauguré avec un siècle de est essentiellement liée au choix d’un
retard, il ne parvient à établir solidement système de coordonnées
ses fondements qu’au début du XX~siècle. Par exemple, considérons les formules
Ce n’est qu’aux environs de 1930 que W = RI’ = EI = El/R, qui traduisent un
sont abordés les problèmes difficiles de cas particulier des lois d’ohm en électri-
cette branche de l’analyse, très Utilisée cité. On constate que le symbole aW/aI est
depuis lors. égal à 2 RI, E ou 0 selon l’expression de W
que l’on adopte. L’explication de ce para-
doxe vient de ce que la dérivation par
1. La préhistoire rapport à 1 n’a pas la même signification
selon que l’on opère à R constant (et E
le formalisme variable), ou à E constant (et R variable)
des dérivées partielles et enfin si l’on fixe E et R.
Avant d’étudier le comportement d’une S’inspirant de ce que Leibniz avait fait
fonction f(x,y) de deux variables, lorsque pour la différentielle des fonctions d’une
,y et y varient simultanément et indkpen- variable, Euler et Clairaut étudièrent une
dumment, on commence par faire varier .y expression remarquable, la dij&entielle
et y successivement. Fixons la valeur de ,r : totule :
la dérivée de la fonction x - j’(,x,y),
lorsqu’elle existe, s’appelle la dérivée par-
af (~,y) de f par rapport
tielle Zy à .y (à ,V c’est une fonction de quatre variables
constant). La notation utilisant le a pour indépendantes ,y. y, d,x, dy (hnéaire par
désigner la dérivation partielle, par oppo- rapport aux deux dernières). Cette expres-
sition au d désignant la dérivation ordi- sion possède un caractère invariant
naire, a été préconisée par Legendre lorsqu’on la soumet à des changements de
(1786) et vulgarisée par Jacobi (1841). variables du type particulier suivant : si
Si, maintenant, on fdit varier x et y en l’on exprimes et y en fonction de nouvelles
fonction d’une même variable t, on trouve variables X,Y au moyen des formules
que : .y = _y(X,Y), y = y (X,Y), et si l’on effec-
tue, epr t&ne temps, le changement de
variables (( covariant D, selon les formules :

ci.x= &WJdX + &(X,Y)dY,

ce qui tait apparaître les dérivees partielles dy = &(X,Y)dX + &(X,Y)dY,


de f comme des intermédiaires de calcul
commodes. on constate que la différentielle totale de,f
Les dérivées partielles apparaissent, en prend la même forme (2) que l’on exprime
1755, dans le traité Institutiones culcuii dj”A l’aide de ,y, y, d.y et dy ou à l’aide de
d@êrentiulis d’Euler, et, en 1147, chez X, Y, c/X et a.
A. Clairaut. Ils y ont reconnu l’outil de Les dérivées partielles sont susceptibles
base du calcul différentiel à plusieurs d’être dérivées partiellement à leur tour.

91
CALCUL INFINITÉSIMAL

On obtient ainsi les dérivées partielles nômes C [X,Y] à deux indéterminées X et


secondes : Y. )) (Par exemple, à l’opérateur cité
ci-dessus correspond le polynôme AX +
BYI - CXY2.) L’isomorphisme précédent
s’explique par l’analogie complète qui
que Jacobi note respectivement : existe entre les règles de calcul qui régis-
sent l’addition et la multiplication des
polynômes d’une part, l’addition et la
composition des opérateurs différentiek à
Eufer et Clairaut avaient déjà Constaté coefficients constants d’autre part. Parmi
que le résultat ne dépend pas de l’ordre ces règles, la formule (3) exprime la
dans lequel on effectue les dérivations commutativité des dérivations partielles.
(pour autant que ces auteurs n’opéraient Mais, au XVIII~ siècle, de telles explications
tacitement que sur de ((bonnes fonc- ne pouvaient être pleinement comprises :
tions H, c’est-à-dire des fonctions que nous les calculateurs imaginaient une profusion
nommons aujourd’hui analytiques), soit : de règles de calcul H symboliques F), dont
ay
-=-. ay l’efficacité restait mystérieuse.
(3) axJy JyJx Voici une application des considé-
rations précédentes. En tenant compte
À titre de preuve, Euler se borne à
de l’isomorphisme précité, on peut déve-
invoquer la symétrie de l’expression :
lopper l’opérateur (8/&x + d/+) itéré n
.fN + h, Y + ~b.f@,~ + k) fois, grâce à la formule du binôme de
-.0~ + ky) +f@s~h Newton :

et Clairaut opère formellement sur un


[&+$~+!&.&.
dévefoppement en série.
Une combinaison linéaire à coefficients k=ll
complexes de dérktions partielles En appliquant les deux membres à fa
s’appelle un opérateur différentief linéaire fonction~(.~)&r) et en remplaçant _r par s
à coefficients constants (par exemple : dans le résultat, on aboutit à la formule de
Leibniz :
*&+dL-, JX
ayz axay* k=n
OÙA, B, C sont des nombres complexes).
Ces opérateurs sont susceptibles d’être
ajoutés et composés entre eux : il en résulte La théorie des équations aux dérivées
une structure algébrique sur l’ensemble des partielles oblige à manipuler de plus en plus
opérateurs différentiels à coefficients cons- des expressions différentielles : l’impor-
tants qu’en langage moderne on peut tance du laplacien : 8/dx* + d2/dy’ pro-
formuler ainsi : N L’ensemble des opéra- vient du fait que c’est (à un coefficient près)
teurs différentiek à coefficients complexes le seul opérateur différentiel a coefficients
opérant sur des fonctions de deux variables constants, homogène du second ordre, qui
est un anneau (pour l’addition et la com- soit invariant par rotation des axes. Le
position), isomorphe à l’anneau des poly- laplacien, à cause de cette signification

92
CALCUL INFINITÉSIMAL

intrinsèque, apparaît dans de nombreux de dépendance fonctionnelle analogue à


phénomènes physiques. la dépendance linéaire entre formes linéai-
L’étude de certaines équations aux déri- res.
vées partielles liées à des problèmes de Au XIX~ siècle commence l’étude algé-
géométrie différentielle a conduit à adop- brique des opérateurs différentiels linéai-
ter les notations de Monge : res à coefficients variables : deux tels
opérateurs ne commutent pas nécessaire-
ment (on s’en convaincra en composant
les opérateurs d/d,x et x (d/dx) relatifs à des
fonctions d’une seule variable). On intro-
duit alors diverses expressions différentiel-
Utilisées SIla fin du XIX~siècle, mais qui sont
les (déterminants hessiens ou wronskiens,
tombées en désuétude, faute de pouvoir se
crochets de Lie, parenthèses de Poisson,
généraliser aux cas des fonctions de I
invariants intégraux, etc.), qui préparent la
variables, et à valeurs vectorielles.
voie au calcul différentiel extérieur, i
Euler s’est également occupé du calcul
l’analyse tensorielle et à la géométrie
des dérivées d’une jànction implicite : différentielle moderne (cf. GÉOMÉTRIE
partant d’une équationf(.x,y ) = 0, il sup-
DIFFÉRENTIELLECLASSIQUE). L’aboutisse-
pose, sans trop de scrupules, que l’on peut ment de cet effort d’algébrisation sera
trouver une fonction .X-L (x) satisfaisant
l’édification d’une science traitant abstrai-
àf[.y,_v (x)] = 0. Il calcule alors la dérivée
tement des objets mathématiques soumis
y’ (x) à partir de l’équation :
aux mêmes règles de calcul que les opéra-
teurs différentiels : l’algè&e d@Awzti&
ainsi édifiée s’affranchit de toutes considé-
rations de continuité et de limite, et trouve
et en déduit l’expression des dérivées
des applications dans l’étude des fonctions
successives de y.
définies sur un corps quelconque et
Étudiant de la même façon la résolution
jusqu’en arithmétique.
d’un système :
En ce qui concerne les notations, un
perfectionnement important a été apporté.
en 1934, par H. Whitney, qui a introduit
l’usage des mdti-indices. Un multi-indice à
Jacobi introduit la notion de déterminant I variables est un système ordonné de I
fonctionnel (appelé aussi déterminant entiers (CI,, a?, .... CI,)),que l’on désigne par
jacobien) défini par : un seul symbole CX.Dans ces conditions, on
écrit :

on pose, de plus :

et dégage les règles du calcul formel qui le la1 = a, + a2+ . . + an


régissent. Il met en évidence la notion et a! = a,! a2! a”!;

93
CALCUL INFINITÉSIMAL

avec de telles notations, la série de Taylor composantes X(M), Y(M), Z(M) du vec-
s’écrit alors comme une série i une varia- teur q on associe une fonction scalaire, la
ble, mais avec une sommation étendue i divergence du champ :
l’ensemble de tous les multi-indices :
ax ay az

et une fonction vectorielle. le rotutiomelde


c dont les comuosantes sont :
Formulation intrinsèque
az ay ax az ay
de la théorie KG$)= --z> z--x, x-c,
C aY aY I
Les inconvénients des dérivées partielles
posèrent, dès l’apparition du calcul vecto- Le gradient, la divergence et le rotation-
riel, le problème de la formulation intrin- ne1 sont des notions invariantes par chan-
sèque de la théorie, en mettant en évidence gement d’axes orthonormés et sont soumi-
des expressions invariantes par change- ses i un grand nombre de règles de calcul
ment de Coordonnées ; M étant un point de (( symboliques D, dont les plus simples sont :
Coordonnées (x,~l,z, ...). on ne parlera plus
de fonctions des variables, mais de fonc- z(sf) = 0, div (z 7) = 0.

tiens du point M.
Ces notions permettent d’écrire, sous
Une étape historique importante,
une forme concise et suggestive, un grand
aujourd’hui complètement dépassée, a été
nombre de formules de la physique théo-
l’élaboration, par 0. Heaviside et
rique, de la mécanique et de la géométrie.
W. Gibbs, de l’analyse vectorielle, qui met
Par exemple, les divers cas particuliers de
l’accent sur certaines expressions invarian-
la formule de Stokes (attribués i Green,
tes par changement de Coordonnées rec-
Ampère, Ostrogradsky, etc.) prennent la
tangulaires dans l’espace à trois dimen-
forme :
siens. La structure euclidienne y joue donc
un rôle primordial. À une fonction numé- &f .dr = f.;do,
rique M -f(M) = f(.x,~,z) (OÙ l y, z
sont les Coordonnées de M par rapport à div?.dT = (;.;)dq
11 11
une base orthonormée), on associe le
--
vecteur, dont les composantes sont : rotV.dT = ;AVdq
Ii1 JJ

g WI> $W, $f). OÙ dT (resp. do) désigne l’élément de


volume (resp. d’aire), OÙ l’intégrale triple
C’est le gradient de la fon&ionJ Il est est étendue à un domaine tridimensionnel
lié à la différentielle tovale de J par la Orienté, et OÙ l’intégrale de surface est
formule : étendue au bord Orienté dans ce domaine,
Greprésente le vecteur normal 5 la surface
df =;df.dii,
considérée.
où le second membre représeme un pro- Mais cette analyse vectorielle ne couvre
duit scalaire et fi le vecteur dont les pas l’ensemble de tous les besoins de la
composantes sont &, dJ>,dz. À un champ physique mathématique. Elle ne déborde
de vecteur M +-+ v(M), défini par les trois pas le cadre des fonctions de trois variables

94
CALCUL INFINITÉSIMAL

et des changements de bases orthonorma- forme qui s’applique également aux fonc-
les. La véritable solution du problème de tions définies sur des espaces de dimension
la formulation intrinsèque du calcul diffé- infinie (cf. chap. 2).
rentiel n’a été obtenue qu’après l’édifica- Après que R. Gateaux et V. Volterra
tion de l’analyse tensorielle (par Ricci et eurent dégagé la notion de dérivée direc-
Levi-Civita) et du calcul différentiei exté- tionnelle d’une fonction définie sur un
rieur (par Élie Cartan). Bien que ces espace fonctionnel (établissant ainsi la syn-
théories n’aient été exposées à l’origine thèse entre le calcul des variations [cf. calcul
qu’en termes de Coordonnées, il n’a pas été des VARIATIONS] et le calcul différentiel clas-
difficile (après la construction axiomatique sique), 0. Stoltz et M. Fréchet donnaient la
de falgèbre linéaire et multilinéaire), de les définition intrinsèque de la notion de diffé-
traduire en langage intrinsèque. rentielle. Ces travaux ont fait prendre cons-
Le calcul différentiel extérieur explique cience du fait fondamental suivant : pour
l’origine (qui paraissait quelque peu mys- traiter le calcul différentiel des fonctions
térieuse) des notions de gradient, de rota- définies sur un espace vectoriel normé E et
tionnel et de divergence, puisque les déri- prenant leurs valeurs dans un espace normé
vées extérieures de : F, il est indispensable de manier simultané-
ment de nombreux espaces auxiliaires obte-
nus a partir de produits tensoriek des espa-
XcGY,@dX + Y@>Y>G~Y + wGY,a~&
ces E, F et du dual de E. En particulier,
X(x,_r,z)dy A dz + Y(x,y,z)dz A dx
chacune des dérivées successives d’une
+ W,.v,z)dx A dy
application différentiablefdoit prendre ses
sont respectivement : valeurs dans un espace différent.
Cette conception oblige à manipuler
simultanément un grand nombre d’espaces
normés, ayant des dimensions différentes,
(g-z)dy/ldz+($g)dz/ldx
ce qui n’est pas fait pour faciliter l’intuition
géométrique. Pour obvier à cet inconvé-
+(+&g)dxAdy,
nient, C. Ehresmann a créé, en 1943 et en
g+c+g dxAdy/ldz. 1952, deux outils extrêmement commo-
dY )
des : la notion d’espucejbré et la notion de
La formule de Stokes qui s’exprimait, variété cIesjets. Grâce à ce langage, on peut
nous l’avons vu, sous des formes très concevoir le support géométrique du
diverses et d’emploi limité dans le langage calcul différentiel a n variables comme un
de l’analyse vectorielle s’écrit aujourd’hui : domaine !A de l’espace à n dimensions, et,
N au-dessus 1) de chaque point M de 0, on
imagine une (( fibre H, formée par une
collection d’objets mathématiques (vec-
OÙ ti est une forme différentielle, &J sa teurs. tenseurs, matrices, covecteurs et
différentielle extérieure, 0 une chaîne cotenseurs, etc.), dont on aura besoin pour
Orientée, et 30 le bord orienté de 0, décrire la théorie. La description a priori
Les progrès de l’algèbre linéaire ont de la variété des jets, exprimée de façon
permis enfin de définir la différentielle sans intrinsèque, permet de s’affranchir de la
aucun recours aux Coordonnées sous une manipulation de signes hérissés d’indices

95
CALCUL INFINITÉSIMAL

compliqués et d’utiliser i nouveau un tions : on pensait que l’inspection des


langage géométrique. termes de plus bas degré du développe-
ment de Taylor, au voisinage de l’origine
Apparition de la rigueur d’une fonction, ainsi que le comportement
de cette fonction sur chaque droite passant
Le flux de formalisme qui caractérise la
première époque du calcul infinitésimal fut par l’origine permettait de décider de
suivi par un reflux critique dans le domaine l’existence d’un extrémum en ce point. Or
la fonction (J ~ .~~)(y ~ 2 ,y?), pour
de la rigueur.
Sous l’influence de Cauchy, Abel et laquelle le terme de plus bas degré est _J,?,
admet un minimum relatif nul sur chaque
Weierstrass, on se préoccupa de reprendre
droite passant par l’origine ; cependant,
les principales formules découvertes plus
elle prend des valeurs négatives dans tout
ou moins empiriquement au siècle précé-
voisinage de l’origine.
dent, pour en préciser au mieux les limites
Vers la même époque paraissent, dans
de validité. Ainsi, H. A. Schwarz prouva,
les traités d’analyse, les premik-es démons-
en 1873, que la formule :
trations correctes du théorkme des fonc-
J2f
~=~ J2f tions implicites et de quelques-unes de ses
JxJy JyJx
variantes. La préhistoire prend fin, le
véritable déveioppement commencera
est valabk, sous réserve de la continuité
d’un des deux membres par rapport i trente ans plus tard.
l’ensemble des variables. Peano donna
l’exemple de la fonction :
2. Exposé moderne
de la théorie élémentaire

Prolongée par continuité en posant Dérivée première


.f(O,O) = 0, pour laquelle la permutation Soit E et F deux espaces normés, et 0 un
des dérivées partielles n’est pas licite. ensemble ouvert de E : on dit que deux
Peano entreprit systématiquement de fonctions continues ,f et ,g (définies sur 0
dépister les affirmations non rigoureuses, et à valeurs dans F) udmettent un contuct
largement répandues 3 l’époque, construi- d’ode Y (OÙ Y est un nombre entier) ~IL!
sit des contre-exemples, aujourd’hui clas- point A E 0 si le rapport :
siques, et tenta de redémontrer certains
théorèmes, sous les hypothèses les plus
faibles possibles. C’est ainsi qu’il améliora
l’exposition du théorème des accroisse- tend vers 0 lorsque M tend vers A. En
ments finis et démontra la formule de particulier, lorsque r = 1 on dit que,/‘et g
Taylor (cf. chap. 2), pour les fonctions sont tmgentes uu point A ; cette définition
d’une ou plusieurs variables, en éliminant implique que ,f(A) = g (A).
toute hypothèse superflue ; on lui doit en Une fonction continue ,f (définie sur Q
outre la formule classique sur le reste de et à valeurs dans F) est &fvuble en A G 0,
Young (trouvée par Peano avant cet s’il existe une fonction continue affine :
auteur). Il signala une erreur célèbre tou-
chant les maxima (ou minima) des fonc- M -f(A) + L@]

96
CALCUL INFINITÉSIMAL

remarquons que lorsque E est de dimen- s’exprime ici par :


sion finie et que l’on exprime Gi l’aide
de ses composantes, on n’obtient pas un
monôme ordinaire, mais un polynôme
lzonzogène de degré k ayant pour coeffi- où l’intégrale curviligne est prise le long de
cients des vecteurs de F. Un JJO~JYZ&W~ n’importe quelle courbe rectifiable joi-
sur E et i valeurs dans F est maintenant, gnant A i B dans 0.
par définition, une somme finie de monô- L’expression (2), appelée reste intégrul
mes. de la formule de Taylor, donne la valeur
Une formule de Taylor permet de exacte de f(B) - T,&B). On utilise aussi
remplacer les vecteurs GG+qui intervien- diverses majorations de ce reste. Si la
nent dans la définition précédente par des dérivée A + Dzest une fonction unifor-
vecteurs AM oti A E E. On dira qu’une mément continue dans 0, on peut majorer
fonction ,J définie sur 0, admet un &w- le reste par une expression de la forme :
loppement linzité dbrdw m au point A, s’il
existe des LA E :d (E, F), k = 1,2, .... n,
tels que le polynôme :
où w (x) est une fonction continue qui tend
vers 0, lorsque x tend vers 0 (WXZ~OKZGO~ de
Young).

satisfasse i la condition : Le théorème des fonctions implicites


et ses variantes
Étant donné deux domaines 0 C E (resp.
0, C El), rappelons qu’une applicationf
où la fonction O~ tend vers 0 lorsque
- de 0 sur 0, est un hom6onzorphisme si,fest
11
AB 11
tend vers 0.
bijective, continue ainsi que l’application
Si un tel N polynôme de Taylor H existe
réciproque f-l. Un homéomorphisme
en tout point A E Q, si les (( coefficients H
peut être de classe C”l mais on dit que c’est
k !Lk (que l’on note PlutÔt D’y(A) et que
un d$&morphisnw (de classe C?“) si
l’on appelle les d&riv&e.~ k-ièmes de ,j)
l’application réciproque ,f ’ est également
varient continûment sur 0, et s’il existe en
de classe C”’ (et l’on montre qu’il suflit
chaque point A E 0 une fonction O~
pour cela que ,f ’ soit de classe Cl).
satisfaisant i la condition (1) on dit que ,f
L’exemple de l’application t - fl de R sur
est de classe C”l dans 0 (ou encore tiz fois R montre qu’un homéomorphisme de
continûment dérivable). Il est possible classe C’ n’est pas nécessairement un
alors de transposer au cas des fonctions difféomorphisme.
définies sur C2la plupart des formules à une Théorème d’inversion locale, E et F étant
variable. Par exemple, si f est de classe deux espaces de Banach (c’est-à-dire des
C”‘+ ‘, le reste de son développement espaces normés coruplets), soitfune appli-
d’ordre rn. qui s’écrit. dans le cas d’une cation de classe C? définie dans un voisi-
variable : nage du point A E E et prenant ses valeurs
dans F. Si la dérivée D’J(A) est un
isomorphisme linéaire de E sur F, alors il

98
CALCULINFINITÉSIMAL

existe un voisinage U de A dans E et un


voisinage U, de f(A) dans F, tel que la
restriction de ,f 1 U soit un difféomor-
phisme sur U,.
Commentons cet énoncé. Une fonction
différentiable ,f est (( approximativement )) (OÙj ZZZ1, 2. . . . . p) sont de classe C? et si
égale au voisinage de A à sa dérivée le déterminant jacobien des fonctions,/; par
D’f(A). Le théorème précédent exprime rapport aux variables 1, ne s’annule pas a
que si l’application linéaire tangente en A l’origine, on peut exprimer localement les
est inversible aiorsfest lui-même inversible y, comme fonctions de classe C”) des
au voisinage de A. Ainsi le comportement variables X = (.y,. .I-?. . . . . .Y~~
P) de façon a
de la dérivée en un point conditionne le satisfaire au système d’équations G impli-
comportement local de f dans tout un cites )) :
voisinage de A.
Le théorème précédent s’applique, par
(Où J = 1, 7, .... p).
exemple, à l’application de R2 dans R*
Il existe une autre variante de ces
définie par X = e’ COSy, Y = eVsin L
théorèmes, appelée tkk&nw du rang cons-
(inspirée par l’application z - ez de C dans
tmt, relative au cas où la dérivée de
C). On notera que cette application n’est
l’application ,f garde un rang constant au
pas globalement bijective.
voisinage de l’origine.
Théo~èrne.~ de subnwrsian et d’immer-
Les (( images 1) et G noyaux )) des appli-
sion locale. Si l’un au moins des espaces de
cations diflërentiables satisfaisant aux
Banach E et F est de dimension finie, soit
énoncés précédents sont localement des
f une application de classe P, définie dans
morceaux de (( variétés différentiables ))%
un voisinage de A E E. Si la dérivée D’y(A)
qui devront être convenablement recollés
est swj~ctiw (resp. injective), alors il existe
pour aboutir à une théorie globale.
un voisinage U de A dans E et un voisinage
Un théorème beaucoup plus fin.
U, de f(A) dans F, et enfin un difféomor- démontré par J. Nash (1956). concerne le
phisme 0 de U sur U (resp. un difféomor- cas où DQi sans être surjective, a une
phisme 0, de U, sur U ,) tel que,f 0 0 (resp. image partout dense dans l’espace de
0, O,fi soit la restriction a U d’une appli- Banach F. de dimension infinie. Dans ces
cation linéaire surjective (resp. injective) conditions. la résolution locale du système
de E dans F. d’équations implicites ne peut s’obtenir
Ces théorèmes signifient que, si une qu’au prix d’une certaine perte de dériva-
application ,f est (( approximativement )) bilité.
une application linéaire surjective (resp.
injective). on peut la transmuer en une
application linéaire du même type. La 3. la théorie fine contemporaine
restriction sur la dimension finie d’un des
espaces n’est pas indispensable, mais il faut L’œuvre de H. Whitney
ajouter une hypothèse supplémentaire Le mathématicien américain Hassler Whit-
pour que les énoncés précédents restent ney, dont la contribution à des branches
valables. très Variées des mathématiques a été sou

99
CALCUL INFINITÉSIMAL

vent décisive (théorie des graphes, topo- H. Whitney a démontré, en 1944, le


logie algébrique et différentielle, axioma- théorème suivant concernant les idéaux
tisation de la notion de variété ou de fermés.
produit tensoriel, étude des ensembles Théorème. Pourqu’une fonction f de
analytiques réels, etc.), est le véritable classe CM1sur K appartienne à un idéal
initiateur du renouveau du calcul différen- fermé J, il faut et ii suffit qu’à chaque point
tiel des fonctions de plusieurs variables. de K on puisse associer une fonction
Parmi ses contributions, citons : g*E J telle que f- et gA aient les mêmes
Le théorème du prolongement (1934). polynômes de Taylor en A. Ce théorème
En chaque point d’un ensemble fermé F signifie que l’appartenance ponctuelle à 3
quelconque de RI’ on se donne un poly- implique l’appartenance globale.
nôme i I variables de degré inférieur ou
égal à rn. Whitney énonce une condition Classification des singularités
nécessaire et suffisante pour qu’un tel En 1925, le mathématicien américain
chump de poly&nes soit la restriction à F Marston Morse a inauguré l’étude des
du champ des polynômes de Taylor d’une singularités des fonctions de classe Cm’en
fonction f de classe (Y. Ce théorème montrant que l’on pouvait approcher toute
permet, en particulier, de construire des fonction numérique f de classe C? à n
fonctions ,f de classe C? ayant certaines variables par des fonctions dont les seuls
singularités données à l’avance : on com- points singuliers sont des points isolés
mence par se donner l’ensemble F des critiques (c’est-à-dire dont la dérivée
points singuliers puis l’on cherche à pro- s’annule) dont la dérivée seconde est une
longer un champ de polynômes défini sur forme bilinéaire associée à une forme
F. Indiquons que ce théorème est encore quadratique non dégénérée. Il montra en
valable pour m = M. Un cas particulier outre qu’il était possible de transmuer un
très important est celui OÙ F se réduit à un tel point singulier, à l’aide d’un difféomor-
seul point ; on obtient le thkorème phisme local, en une fonction qui est une
d’É. Bore/ généralisé ù n variables : ccIl somme algébrique des carrés des coordon-
existe une fonction ,fde classe Cm dont les nées.
dérivées partielles prennent en un point Ainsi, on abandonne l’étude inextrica-
donné des valeurs arbitrairement choi- ble de toutes les singularités possibles pour
sies. N En d’autres termes, la série de ne s’intéresser qu’à des singularités gbné-
Taylor d’une fonction de classe Cm peut riques auxquelles on peut toujours se
être n’importe quelle &Ye fotwelle. ramener grke à une approximation et à
Caractérisation des idéaux fermés de une transmutation.
,f&ctions d$érentiables. L’ensemble des En 1955, H. Whitney résoud la même
fonctions numériques de classe C”’ définies question concernant les applications du
sur un pavé compact K constitue une plan Rz sur le plan RI. Il met en évidence
algèbre de Banach (lorsque nj est fini) pour deux singularités génériques : le pli qui se
la norme de la convergence unij&me ramène au modèle (.x,J,) - (x’,_Y) et la
d’ordre m (c’est-à-dire de la convergence fronce dont le modèle est (.~,y) ++ (.Y’-
uniforme de chacune des dérivées partiel- 3 .~y, JJ). Dans ces travaux, un rôle essen-
les). La structure des idéaux de cette tiel est joué par le théorème d’A. Sard
algèbre est d’une grande complexité, mais (1942), dont le cas particulier simple relatif

100
C I A N

a f C ua o d é dm xv n é bt é( a F c j lé Amc iO t à e rN of N t i
p M : a o r r v p sl f a o C ee o l u= s
T É dh u at o& n pIa s n do e d lpn ’ a n ’r r i ( l t a v é uè
d c C d Re dl R ? l em ’ aa a P l a e là l ns ud o es as i :g i ueu e v
s d L e d le e d np e ’ bp e sod di e oa vs ie imd l s su o n v ae
s e n il n s > un - no + 1 ? tu l pf gr C n ld o uns + 1 vme ee n lq
( ac W u e o m h n x b n X o = i ( . e . , s.. ..) . n t yp Y muY tp x t n ,a ,
q c i u e en n e s té én : t tc gô ee am s
U c r t R T e éa d i . h s é l o u m i m l o s
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q c uu a o f ned Rp n I lele unp sd d c fel ( l oi C e iq ose i
d W p êa a e pt n dp su ar s epp X’t = 0 er a soru r a q, v uon
f n o q d ’ s n u e ea i u pc e s dsy ndn ot i etàa kge e li n
d C û a m t_ d le c a Y o s en Co e l X , n o st fe
L c ~ 1e ~ a =e ~ ,s = s 2t D= l c2 a / a2 eo a ns n q 2 n1 n sa
e é n p W l ct a h t u d io r s i e c id enf ’ u t l i vIe r sa e
t s c ut o dé p eh n uln l e né p d m è’ o sd to l l ec bêeC n ct a r u e
s l t ev e d o la à Iqi q u f orl d fu u t d a t nia fi e d i eM ui h é é f l
d a i p ê b rm e gt s é e u rr t an t ae r hs
c s o d o e mR ’ u s mZ u s p en n- a .
O p m s nc e ê d ee o u m’ s n t eu Gp t G n E a e

R s l a Z d li ’ sc ” ed a o uc - ei n be ’ ss sp s
( s e () P e l l )( ba xf a .( o-r e i u m n -
t d K N pe ê e r l dei tR ée B aul r j aii ntl e b ln es l
à c d s to e e e rn e Gl BEAUDOIN, a d t C&ul. l w ve i l ePc et t i
U L 1 n/ C BOUCHET
a 9 & Ji . SAGNET,
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d R s a a p 4 ad u n o no c s i su u n b n t
Culeul &j%mW e/ i M C n a h
( 1 /Q H CARTAN, 9 COU~S u . & UIINI 8 é
É d i t e d u s é dd“. Ha ei n ée u 1 / oJf DIEU- dr x 9
d f d e o i n f DONNÉ,
c F f d lt o mé e ~Ci n o r
V 3 é 1 ; Ci i d’ 9 H al n. 7
Àl s d ta ud H uWh d ie , 2 héé 1 é/ tJ DOUCHET io j e
’ d 9 & B. .ZWAHLEN, . t8C&I/
r à
c S L i a d. o et 1 é j Q né 9e mi a @ P , 5f p no s er 9o ~n
q t i e u o d d l n e du a é r ’ g L et n a o1a e /a Js
l m9l n
sTOUGERON, u.
I d f d~ e oS
h ~ B xpn i
f C p ou f m a nn o rn ce n a t c l i t
1 / P VEREECKE, F9 . d c o d7 u u n
r e n é s fé e t ce t P l 1 e ;rA i . ld c9 s m dp t U u ea s8 ~
C t s e hq f i f éu i o1g o’ & n9n ru f c 8 i è
d c C e de : p i ~ s f~ a a ~t ov s r ~ ,~ s ï ï s e
a g s lnd G, p i a a i n o lv n yi c ts
d fs e dé T o e cs er a r n h i y m a e l e q s o
p d d od u go e p i e ms o n f at s te i s t
E 1 B M n 9 e .p a à 6 s a l 2 t r g , v r
d q l ét dup e m h eer éo é on C p rtS A Y
d W ce e d l lc di a
-
e aa ee n ss
C
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S s
A
s
Y
f a o d pn nv e l a ca u l tr s y ii

1
COMBINATOIRE ANALYSE

CALCUL TENSORIEL
- TENSORIEL CALCUL
1. Dénombrements élémentaires

Dans Les opérations élementaires de


dénombrement, on utilise un langage très
CALCULS ASYMPTOTIQUES proche du réel. On parle de choi.~ir LUI ohjet
- ASYMPTOTIQUES CALCULS de m fuçom dflérentes, on dit qu’il n’y a
qu’un nombre tz de possibihtés... Considé-
rons ainsi l’exemple suivant. Une urne
contient 10 boules numérotécs de 1 à 10 ;
on tire su~~.e.~~~i~~~tl~e~lt deux boules de
COMBINATOIRE ANALYSE l’urne sans remettre la première apres
tirage. Combien y a-t-il de tirages crois-
mm. c’est-à-dire de façons de tirer deux

L
7 analyse combinatoire est l’ensemble boules dont les numéros vont en crois-
des techniques qui servent, en mathé- sant? Pour déterminer ce nombre. on
matiques. a cowpter (ou &hxduw) cer- raisonne de la façon suivante. Si la pre-
taines structures jïnics, ou 2i les énwnérer mière boule a été tirée et que son numéro
(établir des listes exhaustives de structures est 1 (1 < 1 < 10) pour obtenir un tirage
considcrécs), enfin à démontrer leur c~xi~- croissant, on peut choisir le numéroj dc la
tenu pour certaines valeurs des paramè- seconde de 10 ~ i façons différentes.
tres dont elles dépendent. Ces structures Enfin, pour obtenir un tirage croissant. on
sont très Variées ; leur seul trait commun peut choisir soit un tirage commençant par
c’est d’êtrejkc.y. En revanche, les problè- le numéro 1, soit un tirage conimençant
mes qu’on se pose sur ces structures sont par 2, etc. Le nombre de tirages croissants
très divers. et les techniques mathémati- est alors égal a (10 ~ 1) + (10 ~ 2) +
ques qu’on utilise pour résoudre ces pro- +(lo-9)+(10--10)=45. 011 a

blèmes, très différentes. Par exemple, si on implicitement utilisé les deux règles su-
veut dénombrer les arbres de I sommets, vantes (la seconde avant la première) :
on établit une correspondance biunivoque Règle de la .~omme : Si on peut choisir
entre l’ensemble de ces arbres et L’ensem- un objet a de THfzrçons et un objet h de 17
ble de certaines suites qu’on sait compter. façons, on peut choisir ll OLI I de TII + 17
Mais, si l’on veut démontrer l’existence façons.
d.une famille infinie de codes correcteurs, - Règle du produit : Si on peut choisir LII?
on utilise des résultats fins sur les anneaux objet a de n7 façons, puis un objet b de 17
de polynômes a coefficients dans un corps façons, on peut choisir 0 puis h, h7s C~V

fini. Pourtant, dans les deux cas, on dit ordre, de n7n façons
qu’on s’occupe d’analyse combinatoire. Reprenons l’exemple ci-dessus. Pour
Dans le foisonnement des sujets dits de caracleriser un tirage, il sutlit de se donnera
nature combinatoire, on a donc dû faire un un couple (i,,j) d’entiers tels que i et,j soient
choix et laisser de côté des objets impor- compris entre 1 et 10. Désignons par X
tants. l’ensemble des couples (i,,j) tels que

102
COMBINATOIRE ANALYSE

1 < i< j < 1 0 L . e stirages croissants c o r - - Formule d uproduit : S Xi e tY s o n t deux


respondent a u x éléments d e X e t , pour ensembles finis, l e produit cartésien
trouver l enombre d etirages croissants, i l X X Y d eX p a r Y e s tf i n ie tl ’ o n a :
sufht d e &~w~~rbw~ l’enseA& X , c’est-à-
(4) ~XXY~=~Xl.lY~.
d i r e d ecompter l enombre d es e séléments.
Pour l < I i< 1 0 ,notons X I zl’ensemble C e s deux formules s e démontrent d e
d e scouples (i.,j) d eX t e kq u e i = h ; ainsi l a même façon. O n détermine une
X , !e s tl eproduit cartésien d e s ensembles numérotation d e X U Y e td e X X Y ,
{ / z ]e t{ A+ 1 h, + 2 .,. .. lO}. D e plus, l e s supposant données d e s numérotations
ensembles X , !s o n t disjoints deux à deux e t d eX e td eY e to n vérifie l e sformules ( 3 )
l e u r réunion e s tX .Désignons p a r 1X , z1l e e t( 4 ) .
nombre d e s éléments d e X h; alors e n C e s formules o n t é t éUtilisées, d efaçon
posant k = 1 0 ,l enombre, noté 1X 1 d e s explicite, dans l’exemple, e n( 1 )e (t 2 ) .Elles
éléments d eX e s tdonné p a r : s o n t l atraduction dans l elangage d e l a
théorie d e s ensembles d e s règles d e l a
(1) ~x~=~x,~+~x~~+..~+~x~~.
somme e td uproduit. O n n eparle p l u s d e
Depluspourl <!r< 10,ona: G choisir u nobjet a d em façons ) ) mais , o n
considère l’ensemble X d e s choix possibles
( 2 ) I X 1, =, 1 V I11.1 M + 1 h, + 2 ,.. . . 1011
= 1 . (lO-A) = lO-h. pour a e lt ’ o n suppose q u e l ’ o n a 1X 1 = m .
Cette transcription nous permettra dans l a
E nappliquant l e sformules ( 1 )e t( 2 ) o n suite d’utiliser indifféremment l e s deux
retrouve bien 4 5 pour l enombre d e s é I é - langages. Lorsque l e sensembles X e tY
ments d eX .Dans cette dernière démarche, s o n t d e s ensembles finis quelconques, o n
nous avons résolument adopté l elangage peut exprimer l e sensembles X U Y e tY
d e l athéorie d e s ensembles e tutilisé c e r - comme d e s réunions d e deux ensembles
tains résultats s u r l e s ensembles jinis. disjoints, à savoir :
D’abord comment caractérise-t-on les
ensembles finis ? E npremier lieu, o ndéfinit xuY=xu(Yncx)

u n e M.uGv~~~~~~ d’un ensemble X comme e t Y=(XfIY)U(YflCX).

u n e suite . y , x, l .,... . x ,d’éléments


~ d eX telle E n appliquant l aformule d el asomme
. x#i . ypour
, i # j e ttelle q u e t o u t élément dans l e sdeux c a s , o n obtient :
d e X s o i t l ’ u n d e s , QL e s ensembles finis
s o n t ceux q u ipossèdent u n e numérotation. (5) ~XUY~=~X~+~Y~-~XfIY~.

L’entier I q u i apparaît dans u n e numéro-


Rappelons enfin u nprincipe fondamen-
tation d’un ensemble f i n i X s’appelle l e
t a ldans l edénombrement :
cardinul d eX o ul enombre d’e’lbwents d eX
( 6 ) Pour q u e deux ensembles t % s X
e ts enote 1X 1 C. e t entier n edépend p a s e n
e t Y aient l emême cardinal. i lf a u t e t
effet d e l a numérotation choisie. O n
i suffit
l qu’il existe u n e bijection d eX s u r
convient q u e 1 0 l = 0 .O n obtient alors :
Y .
- Formule d el asomme : S iX e tY s o n t
Dans d enombreux c a s , l adifficulté s e r a
deux ensembles finis, dixjoints, l’ensemble
effectivement d econstruire u n e telle bijec-
X U Y e s tf i n ie tl ’ o n a :
tion. Examinons maintenant quelques
(3) lxuYl=lxl+lYl. dénombrements fondamentaux.

ïO3
COMBINATOIRE ANALYSE

D’abord les trois formules (3) (4) et (5) 1 < 2 < k. On définit ainsi une bijection de
s’étendent au cas général de k ensembles l’ensemble XL des k-uples (.x,, ,Y~,.... .Y~)
(k > 2). On obtient : pris dans X sur l’ensemble, noté Xy, de
toutes les applications de Y dans X. La
(7) 1x, u x*u u Xk 1
formule (10) et le principe (6) impliquent
=l~,l+l~2l+...+lw> dont:

si .X, n X, = @, pour i #j.


De même, on a toujours :

(8) lx, x x2 x x xkl


D’autre part, l’application qui fait cor-
=l~,l.l~2l...l&l. respondre à toute partie A de X sa fonction
caractéristique qA est une bijection de l’en-
Quant à la formule (5) sa généralisation semble, noté T(X), de toutes les parties de
est la suivante : X sur l’ensemble {0, 1 lx des applications
(9) 1x, u x2 u u Xk 1 de X dans {0, 11. La formule précédente
implique alors1 !T(X) 1= 1{O, l} 1xi = 2 xi.
= ~lx‘l-~lx,,nx,~l+... Soit
it < t*
W) I$(X)1 = 21x1.

+ (- 1y-’
Il <
z
i2 <
1xztn
< 3,
x,>n n x,, 1+

Dénombrement des iniections


+(-iyyx,nx2n...nxk~.
Considérons deux ensembles finis X et Y
La formule (9) peut s’établir aisément avec lXi=fz, lYl=p et n <p. Soit a
par récurrence sur k. On l’appelle la for- l’ensemble des iqjections de X dans Y, c’est-
mule du principe d’inclusion et d’exclusion. à-dire des applications,fde X dans Y telles
Elle a reçu de nombreuses applications, que les relations x, .y’ E X, x # .II’ entraî-
Si, dans la formule (8) on prend tous les nent f(x) #y(,~‘). Il est clair que 1a 1ne
ensembles X, égaux au même ensemble X, dépend que de p et de n ; posons
on a alors : 13 l= A(p, n). Prenons un ensemble X’ dis-
joint de X avec 1X’ 1= p ~ n, L’ensemble
X” = X U X’ a ainsi p éléments. Pour
Ainsi, l’ensemble XL de tous les k-uples définir une bijection de X” sur Y, il suffit
(.y,. xI, . . . . .Y~), OÙ les _y,sont pris dans X, a de se donner une injectionfde X dans Y et
pour cardinal 1X h. Dans la littérature une bijection g de X’ sur Y -f(X). On
classique, si 1X I= n, un k-uple peut choisir f de A($, n) façons, puis
(.v,, .vl, . . . . ,Vk) était appelé urrangenzent g de A@- n,p - n) façons. La règle
mec répétition de n objets pris k h k. du produit permet ainsi d’écrire :
Soit maintenant y,, y?, . . . . _rk une numé- A@,p)=ACp,n)Af&n, p-n), OÙ
rotation d’un ensemble fini Y. Pour définir O<n<p.Commeona:A(p,l)=pet
une applicatiotr,fde Y dans X, il sufit de se A@, 0) = 1 (en convenant qu’il y a une
donner arbitrairement des éléments application d’un ensemble vide dans tout
.y,, ,y?, .... Si (non nécessairement distincts) ensemble), il vient : A(& p) = pA(p ~ 1,
de X et de poser f(~,) =.x! pour p ~ 1). D’OÙ A(p,p) = p !, en posant

104
C O
ANALYSE

O!=l etp!=p(@-l)!)pourp> 1. combinaisons de p &ment.~ pris n ù n, mais


On a enfin : on tend à abandonner cette terminologie,
une combinaison n’étant qu’un sous-
( A = 1 ( p 3 p ! ) , & n - ) -
ensemble A, de cardinal u, d’un ensemble
= p + 1 ( ) p . - -
Y de cardinal p.
Soit .y,, . .... . une numérotation
Y Y don- ? , , ~
née de X ; pour définir une injectionfde D éd a ne p os
X dans Y, il suffit encore de se donner c d X
r d Y e o a i n
arbitrairement une suite de I éléments (J,, Supposons que l’on prenne les ensembles
J+, .... ~1,~)de Y tous distincts et de poser X={l,2 ,..., n} etY= {1,2 ,..., p},où
y(_~,) = ~~~ pour 1 < i < n. On trouve ainsi les entiers n et p sont quelconques. Une
que le nombre de n-uples (J),, JJ~, . . . . y!,), OÙ applicationfde X dans Y est dite croissunte
les y, sont des éléments tous distincts, si l’on a,f(i) < f(j) pour tout couple (i,,j)
pris dans un ensemble Y de cardinal p, e tel que 1s < i < j < n, tPar un raisonne-
égal à p !/(J- n) !. Dans les ouvrages ment déjà utilisé plus haut, on vérifie que
classiques, un tel n-uple est appelé mm- l’ensemble l- de toutes les applications
gement sans répétition de p objets pris I croissantes de X dans Y a même cardinal
ù n. que l’ensemble r’ des suites croissuntes (y,,
Si on prend Y = X, la formule (13) y2, . . . . y,,) de I termes pris dans Y,
implique que le nombre de bijections de X c’esGt-dire qui satisfont à y, < J+ <
sur lui-même on dit aussi p de e< Y~. Une telle suite r est encore appelée m
X - est égal à n !. cotnbimison user ripétition de p objets pris
Soit Ci le nombre de parties de Y qui n ù n. À son tour, r’ a même cardinal que
ont n élémenk Pour définir une injection l’ensemble r” des suites (z,, zz, . . . . . n) de
de X dans Y, il suffit de se donner une n termes où les I, sont pris dans l’ensemble
{ 1, 2, . . . . p + n - 1} et satisfont à
partie A de Y ayant n éléments, puis une
Zl < z? < < z,,. On établit en effet une
bijectionfde X sur A. On peut choisir A
bijection de l-’ sur l?” en faisant corres-
de C: façons, puis f de n ! façons. On a
pondre i la suite (J,, y?, . . . . y,,) de r’ la
donc 1 l C n ! D’OÙ 2 = ; = . A(p, n)/
Ci
suiteb, +O,y?+ l,..., ~~+n-l).On
n != p ! ! - n ! Les/ nombres ( ) )Ci ( p . n
a ainsi 1r 1= 1r 1= C ; ”
sont les co@icients binomiux~ : C e aussi ; s i t
noté fréquemment : ( C sont euxi quie ) .
D éd s ne u os
apparaissent dans la formÇe dite du
Soit X et Y deux ensembles finis, respec-
binôrne :
tivement de cardinal n et p. Désignons par
S l’ensemble des surjections de X sur Y,
c’est-à-du-e des apphcatlonsj de X dans Y,
telles que pour tout 1~E Y, il existe un
valable dans tout anneau commutatif, s E X satisfaisant à,f(.x) = y. L’ensemble
Notons que l’on a : C = C = 1, Cjj = p,; 8 est vide si n < p. Supposons désormais
Cj: = CSP”. On vérific igalement la pro- que l’on a n > p. On ne connaît pas de
Priété Ci = C;_, + Ci-1, qui permet de formule explicite donnant le cardinal de S
les déterminer de proche en proche. Le en fonction de 17 et p. Toutefois, il existe
coefficient CI; est aussi le nombre des une formule de récurrence, qui permet de

105
C OA N M A B L IY S N E A

l c d p e ae p e rO a ln r m o n sp cu oe e c d upp uén cn n mh e re ll hs
d p d’ l u X lae d’ r o p ab oef ta n e o nanc ni p u r -ise to
n d r s é e Ao A e.... A ,cu Z c r , os d , os L m - f’ eé
( > 0 d X ( r c) e p d êe t e od d tr v i u ne e u rt = a e o (v t u ) ea r x
v s i 5 A a A = @ sd I #i t , t - 1 ie s fj d i ) es e ’s és s )l n) é vf
e X = A U A t U A, N * q , Uf o : u . o t e . r o
p d u po é o n s au f n e ’ rr i i t n mi i
p u o s la An Dr u esp P$ dé r sa ! sr r , ei g
l n d p e o d Xe ea p s m e n r ob t ur i se
e n v n P do i es o én d ne u f e sm r i s ub
l n d S e o q a e t d m p i
u s f dn Xu s Y i s ee dr u , l u ej r f e f c
p n ! c ac , o d m ro m u
s d u ep o d n X ae np ee rn n t e i r
unP. O d q l f n i ,f(t, u u) a eo t e
s no v p u o ub i u nn si d i e -j e s ee s
l f g a o d kn n e no
t d l i f e ’p c op so ea e n or nr s m
u s sé e
~ !; p /c ul Fo d i ’
e s Yn D ul r .s ’d ar è e au g m p l b r
c f ge o o épt n n
p o a 1S1r= p ! S$n I e mo l s ad t iu ni
r d ép ’ c sr a o
n f d v a qa l en é n xuc e o r t ie s mi l bf e
r o t d e f u r g e s o o é s
s a r a d ru e t s e éx l i u c a s i u t f -
d n ’ l a o n a i d u mo
v : a n t e s
S t i
S = s = 1 e qA ;= s t+ + f p , S - s d u’ u ai o A c pn n n
m e a uu é t y u tn Ol a n
pour 1 < p < n.
a s f p àc é o dp Ao r r
C r d re e p e és l e c a r u t m r i
e e u i t n n u nu s e , dn
d d c 18o 1d ep a e pn e r l n rc o c o c u c h
s i y: n m f
L c x es o l n s’ e e o a f s mp f bp i
d S ( d e t e d eD i s e uo r p xn h è in g c
l t d p e a c e r yb : o s e il e m e f i a f

O l u s d ÙAe ( n> o0 Oa d sq I n) nn
a e l c ! d s ue do c e? s t ae e
L s e l ap o d td e rs m e e
f s od d o m ré à e n a
r l r e u e d èd s s s e gi
P e l n a x d s e or e e u m m r b p j r l
v p l p i d od e s r it e u e éo
d e d’ 5 né seu u sl un n ée r m eb
e l c s l pt e a uU e = u U l r% s
e d 3 né ee és k à s ge m t am e lbn
( A E Ac N c T 2 Lf : s oN h )
3 ! s; = 1 5 0 .
a d s : e é u r

2 F g o. é n n c é t r i
l s e le s o : s au é m t
O a v q nns u pu t e a d a’ r v e so o a n u i
f e o d x l nr o p e om n l mu n i bl a
d s d e ue d ’ n érn eu lj s n éee -cm

1 0 6
COMBINATOIRE ANALYSE

et leur produit est donné par : Le coefficient du monôme :

C”un,
Ix
nao dans u est donc égal à :
OÙl’on a : c,, = auh,,+ a,b+, +...+ u,&
pour tout I > 0. Si U est une telle skie
sans terme constant, c’est-à-dire telle que le
coefficient de u” soit nul, on appelle On peut vérifier que ce nombre est le
exponentielle de U la série : nor~bw de partitions de type (rn,, rn2, . . . .
m,J, c’est-à-dire de partitions de l’ensemble
X = [ 1, 2, .... n} en m, + nzz + + w,,
sous-ensembles non vides, parmi lesquels
En d’autres termes, exp U est la série m, sont de cardinal 1, wrx de cardinal 2, . . . .
formelle dont le coefficient de un est le w,, de cardinal II.
coefficient de r/’ dans la somme (finie) : Cette interprétation nous permet de
retrouver le nombre de partitions de
1 + U/l! + V/2! + . . . + un/n ! (n > 0).
l’ensemble X = { 1, 2, .... TZ} en p sous-
Une suite infinie d’indéterminées ensembles non vides. En effet, le nombre
t = (f,, t!, . ..) étant donnée, nous prenons de sous-ensembles non vides d’une parti-
pour anneau A l’anneau des polynômes à tion de type (wr,, w2, . . . . nz),) est
coefficients rationnels dont les indétermi- p = m, + Q + + I~I,,. Si donc l’on
nées sont prises dans la suite t. Posons pose r, = tl = = f), = t dans l’expres-
alors : sion (1) le coefficient de P dans le second
membre va être égal au nombre de parti-
tions de X en p sous-ensembles non vides,
soit :
son terme constant est nul, on peut donc n
prendre son exponentielle, qu’on peut a” (t, 1, . . . . t) = s$ tp.
z
p=l
écrire :

Par conséquent la fonction génémtrice


des nombres de Stirling de seconde espèce
est donnée par :
Il est facile de voir que a,, est un
polynôme de degré I en les FI variables t,,
(2) 1 + c (U”h !) 2 sf tP.
t?, .... t,(, oti n > 1. Plus précisément, on a :
n>l p=l
(1) a” = U”(t,, ta . . . . tn)
= .zxp(t (expr4- 1)).

z (n!/(m,!m~!...mn!)) Par exemple, pour trouver le nombre de


1
surjections d’un ensemble de n éléments
X (t I/l !)mb(tz/2!p (t nh !)y
sur un ensemble de p éléments @ < I j, on
OÙ la sommation est étendue à toutes les détermine le coefficient c de u”P dans le
suites (HT,,rnz, .... wr,J de n entiers positifs développement de exp (f(exp u - 1)) et le
satisfaisant a 1~2, + 2~2~+ + nrr~,~= n. nombre cherché est égal à n ! p ! c.

107
COMBINATOIRE ANALYSE

3. Construction de n sommets qui est connexe et sans


de correspondances cycles. On a l’habitude de représenter un
graphe fini de n sommets comme un
Dans la première partie, nous avons passé ensemble de n points du plan numérotés de
en revue tous les ensembles finis qu’il était 1 à n où les sommets i et j sont reliés entre
aisé de dénombrer en faisant usage des eux si et seulement si l’on a {i,j} E U.
deux règles de la somme et du produit. Ces Considérons par exemple le graphe de la
techniques élémentaires s’appliquent plus figure ci-dessous. C’est un arbre de sept
difficilement lorsqu’on veut dénombrer sommets, numérotés de 1 à 7.
d’autres structures finies plus élaborées Soit An l’ensemble de tous les arbres
comme celles des urbres ou certains types possibles de n sommets numérotés 1, 2, . . . .
de gruphes. Le plus souvent on est conduit n. Cayley fut le premier à démontrer que
a chercher une correspondance biunivo- l’ona~A~~=~~~2. Or ce nombre est pré-
que entre ces structures et les ensembles cisément le cardinal de l’ensemble H,z de
finis considérés dans la première partie. tous les (n - 2)uples (x,, ,Y*, . . . . _Y,~_~)
où les
Jusqu’ici, il n’existe pas de théorie pour xi sont pris dans X = { 1, 2, .... n] (formule
construire ces correspondances, tout est (11) de la première partie). Pour démontrer
une question d’ingéniosité et de patience. la formule 1A,? l= nnp2, il suffit donc de
À titre d’exemple, on peut décrire construire une bijection Q de An sur Hfl.
ci-dessous une telle correspondance entre Nous donnons ici la construction d’une
les arbres de n sommets et les (n - 2)-uples telle correspondance due à Prüfer. Celle-ci
(,Y]>.Q>...Y_Y,? .2)> où les xl sont des entiers fait usage des deux propriétés suivantes sur
compris entre 1 et n. les arbres, faciles à vérifier. D’abord, un
Un gruphe est la donnée d’un ensemble arbre a toujours (au moins) un sommet
X - ses éléments sont les sonmets du pem’mt, c’est-a-dire un sommet qui n’est
grdphe et d’une classe U de sous- adjacent qu’à un seul autre sommet.
ensembles de X à deux éléments, appelés

5+-----?<
6
urtks. Si l’on a .K,,r E X et {.x, y} E U, on
dit que .Yet y sont adjacents. Une c!&w
du graphe [X, U} est une suite {.Y,, y,],
{,Y?,y?}, . . . . {.x,!,y,,} d’arêtes distinctes telle
que, lorsque n > 1, on ait :

b,,Y,l n bi+*>Y,+*l f 0, 3

pour i = 1, 2, . . . . n ~ 1. Si de plus, on a
17 > 1 et Ensuite, si l’on (( efface n un sommet pen-
dant d’un arbre de I sommets, et l’arête qui
le contient, on obtient un arbre de (TT- 1)
on dit que la chaîne est un ci&. Un graphe sommets. La construction de Prüfer est
est dit cwzne_~e si. pour tout couple de alors la suivante : pour un arbre de A,,
sommets distincts (s, y), il existe une donné, on efface le plus petit sommet pen-
chaîne {.Y,,y, 1, I.x?, ~~1, .... {,Y,~,
y,$] telle dant et l’on désigne par ,Y,l’unique sommet
que .x, = x et yfl = y. Un arbre de II qui était adjacent à ce sommet pendant. On
sommets est alors défmi comme un graphe répète cette opération avec l’arbre restant

108
COMBINATOIRE ANALYSE

d’un ensemble non vide X, on dit que cette groupe fini d’ordre n est un carré latin. En
suite possède un système de représentants fait, un carré latin peut être considéré
distincts, s’il existe une suite (.x,, .x?, . . . . .xJ comme la table de multiplication d’un
de I éléments distincts de X satisfaisant à système afgébrique dont la loi est seule-
.Y~E X, pour tout i tel que 1 < I < n. ment Supposée simplifiable. Soit l,, le nom-
Théorème de Hull-Khig. La condi- bre de carrés latins d’ordre n ; jusqu’à ce
tion nécessaire et suffisante pour qu’une jour, on a pu déterminer les valeurs exactes
suite (X,, X?, . . . . XJ de parties d’un de ln pour 1 < n < 8. Pour calculer ls, on
ensemble non vide X possède un sys- a dû recourir à l’usage d’ordinateurs, mais
tème de représentants distincts est même avec ceux-ci, en l’absence de nou-
que, pour tout k (1 < k < n) et tout velles méthodes, on ne peut espérer aller
sous-ensemble {i,, iI, .... &} de k in- bien loin dans cette direction. En revanche,
dices extrait de { 1. 2, . . . . n} on ait l’orthogonalité a permis de trouver des
1X,, U X,? U U X,k 1 > k. résultats plus intéressants. Soit A = (a,,) et
La condition nécessaire est tout à fait B = (b& deux carrés latins d’ordre n ; on
évidente, mais la condition suffisante est dit qu’ils sont orthogonaux si tous les n*
loin de l’être. couples (a,,, bJ, où i,j = 1, 2, .... n, sont
distincts. Par exemple, les deux carrés
latins d’ordre 4 indiqués ci-dessous sont
5. Existence et construction orthogonaux :
de modèles

Un certain nombre de modèles ont été tout


particulièrement étudiés, c’est le cas des
carrés [atins, sans doute parce qu’un
mathématicien célèbre comme Euler fit à
Soit C la matrice ayant pour coefficients
leur sujet une conjecture malheureuse et
les couples (a,,, b,,) ; dans C tous les n*
qu’il fallut attendre 177 ans pour prouver
couples (1, 1). (1, 2) .... (n, n) apparaissent
son inexactitude. En introduisant des
une et une seule fois. Dans l’exemple
notions comme celle d’orthogonalité, on a
ci-dessus, on obtient la matrice :
pu établir des liens étroits entre les carrés
latins et certaines géométries finies, ou
encore avec d’autres modèles comme les 2,3 1,4 4,1 3,2
c=
blocs incomplets équilibrés, ce qui a permis 3,4 4,3 1,2 2,1
souvent d’étudier le même objet avec des 4,2 3,1 2,4 1,3
optiques différentes.
Un carre4htin d’ordre n est une matrice On dit parfois que C est un carr6
Carrée A = (CI,,),, <,, ,<,? dont les coeffi- gréco-Lutin. On s’est alors posé le problème
cients a,, sont 1, 2, . . . . n et dans laquelle de savoir s’il existe une paire de carrés
chaque entier k apparaît une et une seule latins orthogonaux pour tout TZ.Avec un
fois dans chaque ligne et chaque colonne peu de patience, il est facile de construire
(1 < k < n). Il existe naturellement un de telles paires pour n = 3,4 et 5 et même
carré latin d’ordre n pour tout n > 1. Par pour des entiers supérieurs à 6. C’est Euler
exemple, la table de multiplication d’un qui en 1782 formula ce problème en termes

110
COMBINATOIRE ANALYSE

récréatifs Supposons, en effet, que, dans ple de carrés latins orthogonaux d’ordre I
six régiments donnés, on relève, dans pour tout n différent de 2 et 6. Avant cette
chacun, six officiers, tous de grades diffé- date, cependant, on savait construire un
rents, et qu’on veuille disposer ces trente- couple de carrés latins orthogonaux pour
six officiers dans un carré de six cases de tout I non congru 1 2 modula 4. Une des
CÔté, de sorte que dans chaque ligne et méthodes qui s’est révélée des plus fécon-
dans chaque colonne if y ait un représen- des a été de considérer pour tout n > 3,
tant de chaque régiment et un représentant de la forme p”, OÙp est un nombre premier
de chaque grade. Une telle disposition et r > 0, le corps fini F,! ayant n éléments.
est-elle possible ? La réponse est non, et ce Désignons par ,Y~= 0, x,, .... .x,?_, les I
n’est qu’en 1900 que Tarry démontra cette éléments de Ffl et formons les matrices A,,
impossibilité par une analyse très systéma- A?, .... A,,_,, où Ak = (kui,) avec
tique de tous les cas possibles. Leproblènw Aui,,= x~.x, + ,x, (i, j = 0, 1, . . . . n-l ;
des trente-six oJï&rs était donc impossi- k = 1, 2, . . . . ?I-1). 11 est facile de vérifier
ble. Si l’on numérote de 1 à 6 les six que A,, A2, .... A, , sont des carrés latins
régiments et les six grades, chacun des orthogonaux deux à deux. On a pu étendre
officiers peut être repéré par un couple cette construction a tous les entiers n + 2
(i,j), OÙ 1 < 1,j < 6 ; le premier indice 1 modulo 4 et démontrer que sip,~~p~~~. ..pk”h
désigne son régiment et le second j son est la décomposition d’un entier pz en
grade. Vouloir un représentant de chaque facteurs premiers (lespi étant tous distincts
régiment (resp. grade) dans chaque ligne et et les r, strictement positifs) et si t = min
chaque colonne et vouloir quand même (JJ: - 1) pour 1 < i < k est supérieur ou
disposer les trente-six officiers, c’est cher- égal à 2, alors il existe t carrés latins d’ordre
cher à satisfaire aux trois exigences : n orthogonaux deux à deux.
Les premiers indices 1 forment un carré Notons que pour n > 3, il est aisé de
latin ; démontrer que le cardinal de tout ensem-
- Les seconds indices j forment un carré ble de carrés latins orthogonaux deux à
latin ; deux est au plus égal à (n - 1). Lorsque I
Les deux carrés latins ainsi formés sont est supérieur ou égaf à 3 et de la forme p’
orthogonaux. OÙ p est premier et r > 0, d’après ce qui
L’impossibilité du problème des trente- précède, on peut construire un ensemble
six officiers démontrée par Tarry équivaut de carrés latins orthogonaux deux à deux
donc à l’impossibilité de construire deux qui soit de cardinal maxima, à savoir
carrés latins d’ordre 6 orthogonaux, Euler (n ~ 1). Qu’en est-il pour les autres
n’ayant pu réussir à construire de couples entiers? La question est loin d’être réso-
de carrés latins orthogonaux d’ordre n lue. Le théorème de Bruck-Ryser démon-
pour des entiers de la forme n = 4 k + 2, tré en 1949 et énoncé ci-dessous apporte
conjectura qu’il n’existait pas de couples un premier élément de réponse. 11affirme
de carrés latins orthogonaux d’ordre n la non-existence de certaines configura-
pour tout I de la forme 4 k + 2. À tions dites plans project$ d’ordre n, pour
l’exception du seul cas I = 6, sa conjec- une famille infinie d’entiers, Sans vouloir
ture s’est révélée complètement erronée et, donner de nouvelles définitions, disons que
en 1959, Base, Shrikhande et Parker l’existence d’un plan projectif d’ordre n est
démontrèrent qu’il existe en effet un cou- équivalente à l’existence d’un ensemble de

111
COMPLEXES NOMBRES

(n - 1) carrés latins d’ordre I orthogonaux une (v, k, A)-configuration de paramètres


deux a deux. v = 6 + n + 1, k = n + 1 et A = 1.
Tl~k~&we de Bruck-RJjser. Si pour
DOMINIQUE FOATA
I s 1 ou 2 mod 4, il existe un nombre
premier p de la forme 4 k + 3 et un entier
Y > 0 tek que J?+’ divise I et p2’ ne divise Bibliographie
pas ~1,alors il n’existe pas de plan projectif htrodu~~tuy
R. A, BRUALDI, Combimhrics, Elsevier
d’ordre n. Science Publ,, 1991 / R, C. Box B B. MANVEL,
Imroductim ro Combinaforial Theory, Wiley, New
Il n’y a, par exemple, pas de plan York, 1984 / L. COMTET,,4@w conzbinuzoire,
proiectif d’ordre 14 et par conséquent on 2 vol., P.U.F., Paris. 1970 / 0. FAVARON,M. MAHEO
ne peut trouver 13 carrés latins d’ordre 14 8 1. FOURNIER,Combinaroire et algorithique,
Orsay-Plus, 1990 / D. FOATAdir., Combinatoire e/
orthogonaux deux a deux. repr&ntution du grwpe spétrique, Springer-
Donnons pour terminer un bref aperçu Verlag, Berlin, 1977 / M. HALL Jr., Combinatorid
sur les modèles dits en blocs incomplets T~o~J,, Wiley, New York, 1986 / P. RAYMOND,De
ICIcombinatoireUKYprobabilith : la cotnbinatoire de
&quilibr& Soit X un ensemble de v
Cardan L hcque~ Bernodi, Maspero, 1975 /
éléments .Y,, xz . . . . xV et Xi, X?, . . . . X,, J. RIORDAN,Introduciion io Combinaiorial ha~J~si.Y,
des sous-ensembles, dits blocs, de X qui Princeton Univ. Press, Princeton, 1980 / A. SLOM-
SON,A?II?zPo&?~o~ fi Cwnb~nu~orics, Chapnxan &
soient distincts. On dit que ces SOUS-
Hall, 1991 / W. A. WHKWORTH,Choice ad Chue,
ensembles forment un nro&/e en bhxs widz 0~ T/~US~ Ewcicex Londres, 190 l_
incomplets &qui/ibr&s de paramètres réimpr. Hafner Pnbl., New York, 1965
(b. 11. r. k. A), si les propriétés suivantes
sont vérifiées :
(1) 1X, l= k pour l < i < b ;
(II) tout ,Y~GX appartient a exactement r
blocs (1 < 1 < v) ; COMPLEXES NOMBRES
(III) toute paire d’éléments de X apparaît
dans A blocs.

1
ntroduits a l’origine comme symboles
Les paramètres b, v, r, k et A ne sont pas
purement formels destinés à rendre
indépendants. Il est aisé de vérifier les deux
compte des propriétés des équations algé-
relations :
briques, les nombres imaginaires sont d’un
(1) bk=w et r(k-l)=k(v-1). usage courant au xvnF siècle, mais ce n’est
qu’au siècle suivant qu’ils seront définis et
Mais i leur tour, si b, v, r, k et A satisfont utihsés correctement, avec la rigueur qui
aux relations (l), cela n’implique pas caractérise les préoccupations des mathé-
nécessairement qu’il existe un modèle maticiens du XIX~siècle. Et c’est alors le
en blocs incomplets équilibrés de paramè- prodigieux essor de la théorie des fonctions
tres (b, v, r, k, A). Beaucoup de résuhats d’une variable complexe et l’entrée en
partiels sont connus au sujet de la cons- force des imaginaires dans presque tous les
truction de tels modèles. Lorsque b = v domaines des mathématiques. De nos
(donc k = r), on dit que le modèle est jours, Ies nombres complexes intervien-
symétrique ; on l’appelle encore (Y, k, A)- nent de manière essentielle, comme un
conjîgurution et l’on montre qu’un pIan cadre naturel, dans maintes théories
projectif d’ordre n est équivaIent à mathématiques et physiques.

112
COMPLEXES NOMBRES

qu’il serait souvent beaucoup plus long ou


beaucoup plus difficile d’obtenir directe-
ment.
Pour ces raisons, somme toute empi-
1. Historique
riques, les mathématiciens utihsèrent avec
une confiance croissante les nombres
Les nombres G impossibles x
imaginaires depuis le début du XVII~ siècle.
Alors que de nombreux mathématiciens Dès 1629, A. Girard soupçonnait que
(dont Viète) hésitaient encore à utiliser les toute équation de degré I a TI racines
nombres négatifs, les algébristes italiens du
réelles ou imaginaires, ce qui revenait a
XVI~ siècle, Cardan et ses élèves, s’enhar-
pressentir que les nombres imaginaires
dirent à introduire dans les calculs des
constituent le cadre (( naturel H de la
symboles purement formels G, a > 0,
théorie des équations. À partir de 1675,
représentant le résultat de l’extraction
Leibniz applique avec succès ses méthodes
N impossible H de la racine Carrée du nom-
(de développements en série par exemple)
bre négatif ~ u ; ils décrivent en détail des
aux nombres imaginaires et obtient ainsi
règles de calcul permettant de manipuler
de nombreux résuhats, tandis qu’A. de
ces nouveaux (( nombres )), appelés par eux
Moivre, au début du XVIII~ siècle, met en
nombres impossibles,
évidence, par une utilisation systématique
À l’origine, il s’agissait seulement de de la trigonométrie, les liens entre la
donner des racines à toutes les équations
recherche des racines des nombres ima-
du second degré ; les résultats obtenus
ginaires et la division d’un arc de circon-
dans l’étude de l’équation du troisième
férence en parties égales.
degré allaient familiariser les mathémati-
La possibilité, admise implicitement,
tiens avec ces symboles et mettre en
d’étendre aux nombres complexes la plu-
évidence leur rôle comme intermédiaire
part des notions relatives aux nombres
commode de calcul dans de nombreux cas.
réels allait se trouver mise en question par
Au moyen de la formule dite de Cardan,
la controverse des logarithmes des nombres
Bombehi montre, en 1572, que la racine
complexes, dont Pintérêt était apparu, par
x = 4 de l’équation x3 = 15 x + 4 peut
analogie avec le cas des pôles réels, dans
s’écrire :
l’intégration des fractions rationnelles. Les
différentes formules contradictoires obte-
nues suscitèrent contre les imaginaires un
mettant par la en évidence le fait que vent de méfiance, qui fut dissipé par
certaines quantités réehes peuvent être L. Euler ; celui-ci comprit qu’il fallait
représentées par des expressions en appa- abandonner le caractère univoque du loga-
rence imaginaires. Ainsi, la formule de rithme pour obtenir une théorie satisfai-
Cardan permet de représenter des racines sante et étabht d’innombrables formules
réelles par l’intermédiaire d’opérations relatives aux fonctions élémentaires d’une
effectuées sur des nombres impossibles, ou variable complexe.
(( imaginaires )). Les nombres imaginaires À la fin du XVIII~ siècle, les imaginaires
fournissent donc des méthodes de calcul, sont d’usage courant, mais leur (( existence
de nature certes mystérieuse, mais qui mathématique H véritable n’est pas éta-
permettent d’obtenir des résuhats (( vrais H blie ; c’est aux mathématiciens du ~IX~ siè-

113
COMPLEXES NOMBRES

cle qu’il appartenait de les construire à


partir des quantités connues, de leur don-
ner une G réalité mathématique )). Avec
Cauchy, c’est le prodigieux essor de la
théorie des fonctions d’une variable com-
plexe et le début de l’analyse contempo-
raine (Cf. FOXCTIOXS .4N4LYTIQUES).

Théorie géométrique
L’idée, non seulement de représenter les
nombres imaginaires par les points du
plan, exprimée maladroitement par Wallis
dès 1685, mais de les déjinir à partir de ces
notions, est apparue dans deux mémoires,
passés inaperçus à l’époque, du Danois
Wessel(l798) et du Suisse Argand (1806).
En fait, c’est Cauchy qui diffusera ce point
de vue.
Dans le plan muni de deux axes de
Coordonnées OX et Oy, on dira que les
vecteurs d’origine 0 portés par 0.~
définissent les nombres réels, tandis que les
autres vecteurs d’origine 0 définissent les
nombres imaginaires ; le terme nombres
opposé du vecteur a c’est-a-dire que la
complexes recouvre à la fois les nombres
multiplication par i2 revient à multiplier
réels et les nombres imaginaires.
par le nombre réel - 1.
L’addition des nombres complexes se
définit a partir de l’addition usuelle des
Théorie arithmétique
vecteurs. Pour la multiplication, on fait la
construction suivante : soit Güle vecteur La théorie géométrique présente l’incon-
-
unitaire de l’axe 0.~ ; le vecteur OC N pro- vénient de subordonner toutes les proprié-
duit )) des vecteurs x et s s’obtient tés algébriques des nombres complexes a
alors en construisant sur GTun triangle des considérations géométriques qui peu-
OAC directement semblable au triangle vent sembler étrangères. La théorie arith-
OUB (fig. 1). À partir de là, on retrouve métique, due à Hamilton (1835) consiste
géométriquement toutes les propriétés des à considérer les nombres complexes
nombres complexes. comme des couples de nombres réels et à
Le nombre complexe i est défini par le déjnir la somme et le produit par des
vecteur unitaire de l’axe Oy, et fa multi- formules explicites ; nous n’insisterons pas
plication d.un vecteur x par I revient davantage ici sur cette approche, que nous
donc à prendre un vecteur ?%? directe- exposerons ci-dessous. Ce point de vue
ment perpendiculaire à x; répétant cette conduit à essayer de définir plus généra-
opération, on obtient le vecteur c lement des opérations d’addition et de

114
COMPLEXESNOMBRES

multiplication pour des systèmes de I C des nombres complexes ; par exemple, si


nombres réels et a conduit Hamilton à 2 = (x, y) # (0, O), son inverse est le nom-
introduire les quaternions et plus généra- bre complexe :
lement les algèbres de dimension finie
(appelées, au xtxe siècle, systèmes fgper-
Comple_xes ; Cf. ANNEAUX ET ALGÈBRES).

aussi noté l/z.


Les équivalences algébriques Il est aussi souvent commode de repré-
Dès 1847, Cauchy considère que les calculs senter géométriquement le nombre com-
sur les nombres complexes reviennent à plexe z = (x, y) par le point M de coor-
calculer sur les polynômes en la variable i, données (x, y) dans le plan muni d’un
soumis aux règles usuelles de l’algèbre, en système d’axes de Coordonnées ortho-
remplaçant i2 + 1 par 0 ; cela revient à normé ; M s’appelle l’imuge de z et il est
considérer que deux polynômes sont équi- clair que tout point M du plan est l’image
valents, c’est-à-dire définissent le même d’un unique nombre complexe appelé
nombre complexe, si leur différence est ufixe de M.
divisible par X2 + 1. Dans le langage Les nombres complexes de la forme
contemporain, cela revient à définir (x, 0) forment un sous-corps de C qui est
l’ensemble des nombres complexes comme isomorphe au corps R des nombres réels
des classes d’équivalence de polynômes à par l’application qui à (x, 0) fait corres-
coefficients réels modulo le polynôme irré- pondre x ; dans la suite, nous identifierons
ductibie X2 + 1. C’est cette approche qui donc le nombre complexe (x, 0) au nombre
allait conduire Kronecker à la théorie géné- réel x, ce qui fait apparaître R comme un
rale des corps de nombres algébriques sous-corps de C. Parmi les nombres com-
(Cf. CORPS). plexes, les nombres réels ont donc pour
images les points de l’axe Ox, appelé pour
cette raison axe Gel ; remarquons que si a
est un nombre réel, le produit de a et du
2. Le corps des nombres complexes nombre complexe z = (_Y,~2)est simple-
ment uz = (ux, uy).
Construction Le nombre complexe i = (0,l) vérifie
Par définition, un nombre complexe sera un ?=-1, et tout nombre complexe
couple z = (x, y) de deux nombres réels ; z = (x, _y)peut s’écrire de manière unique
si z = (x, _y) et z’ = (Y, _y’) sont deux z = x + i_v,pour x et y réels ; nous adop-
nombres complexes, on appelle alors tons désormais cette écriture, dite carté-
somme et produit de ces deux nombres sienne, pour tout nom*bre compiexe. Les
complexes les nombres complexes : nombres réels x et _y s’appellent respecti-
vement la partie réelle et la partie imagi-
,z+ z’ = @ + x’, y + y’)
naire de z et on note :
et zz’ = (xx’ -yy’, xy’ + x’y).
Rez=x, Imz=y.
est alors facile de vérifier que, pour
Il

ces deux opérations, l’ensemble des cou- Les nombres complexes écrits sous
ples de nombres réels est un corps, le corps forme cartésienne satisfont aux règles

115
COMPLEXES NOMBRES

usuelles du calcul élémentaire, en tenant le théorème fondamental de l’algèbre


compte du fait que ? = - 1 ; par exem- Les nombres complexes sont donc apparus
ple : très tôt comme le domaine naturel de la
(x + iy) (x ’ + iy ‘) théorie des équations algébriques : toute
= xx’ + ixy’ + ix’y + i2yy’ équation algébrique peut être résolue dans
=XX’-yy’+i(xy’ +~‘y), ce corps. Plus précisément, le résultat
ce qui redonne la formule ci-dessus du fondamental est le suivant, Si P est un
produit. Les nombres complexes non polynôme de degré I à coefficients com-
nuk de la forme iy, J’ G R, ont pour plexes, il existe n nombres complexes
carré le nombre réel négatif -y2 ; ut, u2, .... a,!, pas nécessairement distincts,
pour cette raison, ils sont dits irmgimiws tels que l’on ait identiquement :

purs et l’axe 0~ est appelé 1’0.~ inmgi- P(z) = k(z-q)(z-02) (Z--U”),


nuire.
On appelle cnn&gué du nombre com- OÙ A est le coefficient du terme de plus haut

plexe z = .Y+ iy le nombre complexe degré. Ainsi, si l’on appelle ordre de


z = _Y- iy ; l’application de conjugaison, multiplicité d’une racine le nombre de fois
qui à tout nombre complexe fait corres- OÙ elle apparaît dans la décomposition
pondre son conjugué, est un automor- ci-dessus, tout polynôme de degré n a
phisme involutif du corps C, c’est-à-dire exactement 11racines, chacune étant comp-
que l’on a : tée avec son ordre de multiplicité.
Cette propriété était implicite pour de
zcjz=~+~‘, zz’zji’, ;LT=;
nombreux mathématiciens, mais c’est à
il en résulgar exemple que si z # 0, alors d’Alembert que l’on doit la première
5#Oet l/z= I/f. tentative de démonstration, d’où le nom de
Pour tout nombre complexe I, le pro- théorème de d’Alembert que l’on donne
duit N (2) = 2 = .Y?+ ,v’ est un nombre souvent à cet énoncé. La démonstration de
réel positif; c’est le carré de la distance de d’Alembert (1746) repose sur une argu-
l’image de z à l’origine des coordonnÇes. mentation analytique habile mais qui uti-
On appelle wzu~/ul~ de z le nombre réel lise des résultats de topologie. On doit a
positif : Euler (Recherches sur 1~s rucines inmginui-
res des équukms, 1751) la première ten-
tative de démonstration algébrique, qui fut
le module des nombres complexes possède reprise et améliorée tout au cours du
les mêmes propriétés que la valeur absolue xvnF siècle par Lagrange, Laplace et
des nombres réels : 1 z l= 0 si et seulement d’autres, Mais ces démonstrations présen-
siz=O; taient toutes des lacunes importantes.
Gauss, dans sa dissertation de 1799, en fait
l’historique critique et donne la première
Remarquons que l’inverse d’un nombre démonstration complète. fl reviendra à
complexe non nui est égal à 1jz = ?/i 2 i2 ; plusieurs reprises sur ce sujet et ne donnera
en particulier, les nombres complexes de pas moins de quatre démonstrations dif-
module 1, sur lesquels nous reviendrons, férentes du théorème fondamental de
ont pour inverse leur conjugue l’algèbre. Les développements de la théo-

116
COMPLEXES NOMBRES

rie des fonctions de variable complexe usuelles des suites de nombres réels ne
au XIX~ sièck ont vu naître d’innom- faisant pas intervenir la relation < sont
brables démonstrations de ce résuhat valables ici ; en particulier, le critère de
(cf. FONCTIONS ANALYTIQUES - Fonctions Cauchy, qui permet d’affirmer qu’une suite
analytiques d’une variable complexe, est convergente sans connaître sa limite,
chap. 4). s’applique.
Un corps sur lequel tout pofynôme se Les .se’~Yes
de nombres complexes jouent
décompose en facteurs du premier degré un rôle absolument essentiel car elles
est dit algébriquement clos ; cette pro- interviennent dans fa définition des fonc-
Priété explique par exemple pourquoi la tions analytiques d’une ou de plusieurs
théorie des courbes algébriques se déve- variables complexes, qui est une branche
loppe plus harmonieusement sur le corps fondamentale de l’analyse. Soit (z,,) une
des nombres complexes que sur le corps suite de nombres complexes et soit (.y,J la
des nombres réek (cf. COURBES ALGÉBRI- suite des sommes partielles :
QUES).

Limites
on dit que la série de terme général z,,, ou
Puisque le module des nombres complexes que la série :
possède les mêmes propriétés que la
valeur absolue des nombres réels, on
peut définir de manière analogue toutes
les notions relatives aux limites ; remar-
est convergente de somme S. et on écrit :
quons d’ailleurs que les définitions qui
suivent, appliquées au cas particulier des
nombres réels, redonnent toutes les Ix Z” = s,

notions correspondantes pour ces nom-


si la suite (s,J converge vers S. Les séries
bres.
permettent de définir de nombreuses fonc-
On appelle suite de nombres complexes
tions : ainsi, la série de terme général ?I/n !
la donnée, pour tout entier naturel 12,d’un
converge pour tout nombre complexe z et
nombre complexe z~,; la suite correspon-
sa somme, la fonction exponentielle com-
dante est alors notée (z,?). On dit qu’une
plexe :
suite (:,J de nombres complexes tend vers
une limite u, ou converge vers u, pour I
tendant vers l’infini, si pour tout nombre E
strictement positif, on a :

lzn-ul <E est sans conteste une des fonctions les plus
importantes des mathématiques (cf. EXPO-
pour n assez grand, c’est-à-dire sauf pour
NENTIELLE ET LOGARITHME). La règle de
au plus un nombre fini d’entiers n. On écrit
muhiphcation des séries permet d’étabhr la
alors :
propriété fondamentale de la fonction
limon = 24
n-m exponentielie : si z et :’ sont deux nombres
complexes, on a :
La limite si elle existe est déterminée de
manière unique, et toutes les propriétés

117
COMPLEXES KI~BR~~

3. Forme trigonométrique pmsque 1ei’1= 1, on a cos*f + si& = 1


pour tout nombre réel t.
Trigonométrie L’étude de e” (cf. EXPONENTIELLE ET

Les nombres complexes de module 1 LoG4Rmrm) montre alors qu’il existe un


peuvent être caractérisés comme les nom- nombre réel T > 0 tel que e@ = i et tel
bres complexes # 0 dont le conjugué et que l’application qui a t associe el’ soit une
l’inverse sont égaux ; on vérifie facilement bijection de l’intervalle [O, 2 T[ sur U.
qu’ils forment un groupe muhiphcatif que Puisque, d’après (*) :
nous désignerons par U. Les images des
éléments de U sont les points du cercle de
centre 0 et de rayon 1 (appelé souvent on en déduit, toujours d’après (*), que la
(( cercle trigonométrique 1)) ; l’application fonction e” est périodique de période 2 T,
qui au nombre complexe L E U, d’image Ainsi, tout nombre complexe ~4de module
M, fait correspondre l’angle A(u) du demi- 1 s’écrit sous la forme :
axe réel positif avec la demi-droite OM est * = et’ = COSI + i sin f,
un isomorphisme du groupe multiplicatif
OÙ t est un nombre réel déterminé à 2 kr
U sur le groupe additif des angles Orientés
de demi-droites et pourrait d’ailleurs servir près, k entier relatif ; cela revient à dire que
à donner une définition rigoureuse de ces si x et ~1sont deux nombres réels tels que
angles. L’étude du groupe U constitue ce x2 + y2 = 1, il existe un nombre réel t,
défini à 2 kr près, tel que x = COSt et
qu’on appelle traditionnellement la trigo-
c = sin t. La propriété (**) montre,
nométrie ; l’outil pour défmir de fdcon
d’autre part, que si t et t’ sont deux
correcte les fonctions trigonométriques est
nombres réels, on a :
la fonction exponentieile complexe.
Pour tout nombre réel r, le nombre (cosf +jsinf) (cost’+jsinf’)
complexe e” appartient à U. En effet. on = cas (f + 1’) + j sin (f + t ‘),
voit facilement sur le développement en
série de 6 que le conjugué de cz est ez pour ce qui, en égalant les parties réelles
tout nombre complexe z; on a donc, en et imaginaires des deux membres, donne
utilisant aussi (*), les formules trigonométriques d’addition
des arguments. On déduit facilement
de ce qui précède la formule de De
Moivre, valable pour tout entier rela-
la formule (*) montre aussi que l’on a :
tif n,
eIQ+r’I = CT<
ez,’
(*Y (Cosf + i sin r)* = cas rzf + i sin rzt,

ce quj exprime que l’application qui au


qui permet d’obtenir de nombreuses for-
nombre réel t associe le nombre complexe mules de trigonométrie.
C”G U est un homomorphisme du groupe
additif R sur le groupe multiplicatif U.
Par définition, on appelle COSt et sin t Forme trigonométrique
respectivement les parties réelle et imagi-
Nous désignerons par C* le groupe mul-
naire de c”, soit :
tiplicatif des nombres complexes non nuls.
Si z # 0, le nombre complexe z/ 1z 1est de
CONIQUES

Bibliographie seule qui contienne tous les cas particuliers


R. ARGAND. Essai sur une munière de reprêsenter les et elle s’étend immédiatement en dimen-
quunti&b imuginaires dans les consrrucfions g&mé- sion supérieure aux quadriques et aux
triques, ~CYUV.tir., Blanchard, Paris, 1971/ G. CHE-
hyperquadriques.
VALIER, J.-F. FOURNIER & J. SIMÉON, Le3 Nombres
compk~es, Université scientifique, technologique et On se limite dans ce qui suit à des
médicale de Grenoble, Saint-Martin-d’Hères, 1987 / résultats purement classiques, en ren-
J. TNGNAN, Lu Gêombtrie des nombres compkws, VOyxIt à l’xtkk fOI-ITKS QUADRATIQUES
Bréai, 1991.
pour un exposé plus moderne.

E. U.

?G
CONIQUES
1. les sections coniques

L
7 étude des coniques a été pendant
deux millénaires le terrain de prédi- le cône circulaire
lection des géomètres qui ont accumulé sur Le cercle est la figure conique la plus simple
ce sujet d’innombrables théorèmes. Dès la et la plus ancienne ; il a été considéré
fin du III~ siècle avant J.-C., les mathéma- comme une figure bien avant le couple de
ticiens avaient obtenu par des méthodes droites, pourtant plus simple a priori (de
purement géométriques des résultats très tels couples existent dans toute géométrie,
complets : le Tmité des sections coniques alors que le cercle n’apparaît que dans
d’Apollonius (né vers 245 avant J.-C.) est quelques-unes). On peut alors définir le
un des sommets de la mathématique grec- cône circulaire, ensemble des droites
que. s’appuyant sur un point fixe (le sommet 0)
Le xvne siècle allait voir à nouveau se et sur un cercle (la base C). Le plus simple
développer la théorie des coniques dans de ces CÔnes est le cône de révolution, où la
deux directions très différentes. Descartes droite qui joint 0 au centre de C est
met en évidence les équations des coniques perpendiculaire au plan du cercle.
et reconnaît qu’elles constituent les cour- Les sections d’un cône circulaire par un
bes du second degré, tandis que Pascal et plan sont appelées sections coniques. On
Desargues donnent une impulsion consi- peut ainsi obtenir, outre le cercle, des
dérable à la géométrie pure en inaugurant ellipses, des paraboles, des hyperboles et
l’étude projective des coniques. des figures particulières (droites sécantes si
De nos jours, les mathématiciens ne se le plan passe par le sommet, droites
préoccupent plus guère d’enrichir l’herbier confondues s’il contient de plus une tan-
un peu vieillot des théorèmes sur les gente au cercle). Seul échappe à cette
coniques, qui ont été réduites 1 un chapitre définition (conforme à l’étymologie) le cas
de la théorie des formes quadratiques. Une de deux droites parallèles distinctes.
conique apparaît aujourd’hui comme une Celui-ci pourra néanmoins venir complé-
courbe non vide du plan projectif, définie ter la famille en application du théorème :
par une équation Q(x, y, r) = 0, OÙ Q est Toute section plane d’un cône dont une base
une forme quadratique en les Coordonnées est une conique est elle-rnême une conique
homogènes X, y, t ; cette définition est la ou le plan tout entier.

120
CONIQUES

Ce théorème capital, qui va beaucoup que les coniques ont été reconnues et
plus loin que la définition grecque (qui ne étudiées. Dans un plan métrique tel que le
considérait que certains types de CÔnes), plan euclidien traditionnel, les cas parti-
affirme en quelque sorte que la notion de culiers de coniques décomposées sont
conique est la notion projective fondamen- triviaux et on ne les considérera plus
tale, c’est-à-dire la notion invariante dans dans le cadre de cet article. Il suffira de
toute perspective par excellence, si l’on dire que deux droites sécantes forment
consent naturellement à étudier, dans le le cas de décomposition d’une hyper-
plan ou l’espace projectifs, autre chose que bole, deux droites parallèles (ou même
des configurations exclusivement formées confondues) celui d’une parabole ; nous en
de droites. tenant ici aux coniques réelles, il est clair
Dans le plan projectif OÙ la notion de qu’une ellipse ne peut se décomposer en
droites parallèles ne se différencie pas de droites dans notre système volontairement
celle de droites sécantes (en un point a limité.
l’infini), les ellipses, hyperboles et parabo-
Restent les trois grands types : ellipse
les sont de même nature : ce sont des
(dont le cercle est un cas particulier
coniques propres. Deux droites distinctes,
capital), hyperbole (pour laquelle l’hyper-
deux droites confondues forment les deux
bole équilatère joue un rôle analogue),
sous-familles de coniques décomposées.
parabole.

Un théorème de Pascal
Citons maintenant un important résultat
projectif, le célèbre théorème de Pascal : si 2. La parabole
A, B, C, D, E, F sont six points d’une
conique (décomposée ou non), les points
Définitions
d’intersection de BF et CE, AF et CD, AE
La parabole est la plus simple des trois
et BD sont alignés. Cela permet une
coniques traditionnelles (cercle mis à part,
construction point par point à partir de
naturellement : on ne le considérera ici que
cinq points d’une conique. Elle provient de
comme un cas particulier d’ellipse). La
ce que le point d’intersection de deux
droites passant par des points fixes dont les notion de parabole est affine, non métri-
pentes sont liées homographiquement que ; c’est-a-dire qu’il suffit de choisir,
décrit une conique ; cette définition, très parmi les droites d’un plan projectif, une
élémentaire, est peut-être la meilleure de tangente a une conique pour en faire la
toutes et ramène très simplement à la droite de l’infini : la conique en question
définition analytique par une forme qua- devient alors une parabole. Par contre, les
dratique. Elle explique, par sa simplicité, concepts d’axe, de sommet, de foyer
pourquoi des coniques interviennent si surtout, étant métriques, nous donnerons
souvent dans les problèmes élémentaires de la parabole des définitions équivalentes
de géométrie pure ou de mécanique. plus élémentaires que celle qui la décrit
comme une (( conique tangente a la
Coniques décomposées droite de l’infini )), utilisant les longueurs
Historiquement, c’est pourtant par des (ou, ce qui est équivalent, la notion de
considérations affines et surtout métriques cercle).

121
CONIQUES

Étant donné une droite D, appelée détermine entièrement la tangente en M


directrice. et un point F (le foyer) non situé (fig. 1). La normale coupe l’axe en LINpoint
sur elle, la parabole est : N tel que les vecteurs Eel aaient des
l’ensemble des points M qui sont centre projections de même valeur sur l’axe :
d’un cercle passant par F et tangent i la l’invariance de la projection de MN est une
droite D (définition 1) ; propriété caractéristique de la parabole.
l’ensemble des points AM tels que la Tout point d’une parabole pouvant
distance MF soit égale h la distance MH être pris comme sommet si l’on modifie
de M A la droite D (définition 2). convenablement la condition d’orthogo-
La perpendiculaire i D issue de F est nalité dans le plan, certaines des proprikks
l’axe de la parabole. Si elle coupe la précédentes sont en fait afines et non
directrice en un point K, la distance réellement métriques. Prenons par exen-
FK =p est le paramètre de la parabole. pie une paralklc quelconque (H) A
Le sommet S, situé sur la courbe, est le l’axe. Elle coupe la parabole en un point
milieu de KF ; la médiatrice de KF est unique Z OÙ la tangente sera notée (V) :
d’ailleurs la tangente au sommet. Toute la on constate alors que la parabole est
courbe est connexe, convexe et symétrique invariante dans la symétrie par rapport i
par rapport i l’axe (fig. 1). (H) parallèlement h (V), et que Z est le
milieu de la projection de la partic de
1 fig. 1
tangente A la parabole comprise entre son
point de contact et (H) [fig. 21. (H) est
appelé diamètre de la direction de (V).
c’est-i-dire ensemble des milieux des seg-
ments PQ parallèles SI (V) dont les extré-
mités sont sur la parabole : les tangenks
en P et Q se coupent d’ailleurs sur (H). La
démonstration de ces propositions peut se
T
ramener i une simple projection d.une
parabole sur un autre plan, Z étant
alors l’image du sommet, (H) celle de
l’axe, etc.
Le dénombrement des points d’inter-
section d’une droite avec une parabole. la
partition du plan en G exkrieur )) et G inté-
rieur )) sont naturellement des noGons
affines. On se bornera pourtant. pour la
commodité, i considérer une parabole
Tangentes métrique, la projection signalée ci-dessus
En chaque point M de la parabole. il existe permettant l’extension de ces notions it une
une tzzngente. Celle-ci est bissectrice de parabole affine.
l’angle formi par MF et la parallèle &
l’axe ; cette bissectrice rencontre l’axe en Intersection avec une droite
un point 7 tel que S soit milieu de la Une droite coupe une parabole en LIII OLI
projection sur l’axe du segment MT : cela deux points. Si le point d’intersection est

122
CONIQUES

1
Donnons-nous une droite quelconque
fig. 2
D. Si la projection de F sur D est sur la
tangente au sommet, on vient de voir que
D est une tangente a la parabole. Si cette
projection est du même côté de cette
tangente au sommet que F, D coupe
effectivement la parabole en deux points
distincts (un seul si D est parallèle à l’axe)
que l’on peut construire a la règle et au
compas (suivant les vieilles règles grec-
ques). Si cette projection est Située dans
l’autre demi-plan, il n’existe aucun point
d’intersection.
Prenant le problème d’un point de vue
Diamèires de la parabole différent, on peut chercher les tangentes à
la parabole issues d’un point donné M. Il
en existe une seule si M est sur la courbe.
Sinon MF > MH définit l’extérieur de la
parabole, d’où l’on peut mener deux tan-
unique et la droite non parallèk a l’axe,
gentes a la courbe (perpendiculaires si M
la droite est tangente. Pour qu’il en soit
appartient à la directrice) ; de l’intérieur,
ainsi, il faut et il suffit que la projection
caractérisé par MF < MH, on ne peut
du foyer F sur elle appartiemre a la
mener de tangentes. Le foyer est à l’inté-
tangente au sommet, ce qui donne une
rieur.
définition traditionnelle de la parabole
comme enveloppe de droites (dont la
projection sur elles d’un point fixe décrit Propriétés différentielles et intégrales
une droite fixe). Le point de contact est Px un point donné, il peut exister jusqu’a
alors aisément déterminé par sa projection trois normales à la parabole, coupant
sur l’axe, symétrique de T par rapport a S celle-ci en trois points définissant un cer-
Il existe une tangente unique ayant une cle passant par le sommet, et un triangle
direction donnée, sauf si celle-ci est celle dont le centre de gravité appartient à
de l’axe. Si une tangente variable coupe l’axe.
deux tangentes Iixes distinctes en U et U’, Le centre de courbure C en M, point OÙ
les abscisses de ces points sont liées par la normale en M est tangente à son
une relation affine (.Y’= M + b), ce qui enveloppe, se projette en P sur MF de
. __-__.
est une propriété affine, et ie triangle UPU façon que FM = FP = FN (N étant
reste semblable à lui-même (ses angles l’intersection de la normale et de l’axe) ;
sont constants), ce qui est une propriété CM = R est le rayon de courbure, Iié à
métrique ; toutes deux sont caractéristi- MF par l’égalitépR? = 8MF3. La normale
ques de la parabole. Si les tangentes fixes CNM coupe la directrice en D tel que Cc
se coupent en V, F appartient au cercle =2KE
(UVU’) et l’orthocentre du triangle UVU’ L’aire comprise entre un arc de para-
est sur la directrice. bole SM, l’axe et la projetante de M sur

123
CONIQUES

l’axe est égale aux deux tiers de l’aire du parabole, si test un nombre tel qu’abscisse
rectangle de diagonale SM, de CÔtés paral- et Ordonnée de M soient égaies respecti-
Ièles et perpendiculaires a l’axe (une telle vement a :
propriété se conserve, mututis mutadis, x = @/2) shzI, y = p sh t (d’où y2 = 2px),
par projection). Cette quadrature, la pre-
rnière du genre. était déja connue d’Archi- alors la longueur de l’arc SM est :
mede qui utilisait la sa méthode d’exhaus- s = @/4) (2 + sh 29.
tion (cf. CALCUL INFINITÉSIMAL). Des
géomètres tek que Roberval retrouvèrent Les longueurs des arcs des autres coni-
ques ne peuvent s’exprimer en général qu’à
ce résultat par des raisonnements inspirés
l’aide de fonctions elliptiques.
de la mécanique et du fait que la portion
de tangente comprise entre M et l’axe était
Coupée en son milieu par sa tangente au 3. Les coniques à centre
sommet : ils obtenaient ainsi deux arcs
symétriques de paraboles découpant trois Foyers
aires égales dans un rectangle (fig. 3). Pour les coniques à centre, les deux
définitions métriques courantes sont les
l fig. 3
suivantes :
l’ensemble des points M qui sont centre
d’un cercle passant par un point donné F
et tangent à un cercle donné C’ de centre
F’ : définition bifocale (fig. 4) ;

fig. 4

Quadrature de /a parabole

La plupart des propriétés de la para-


bole sont évidemment générahsables aux
autres coniques, dites coniques à centre ;
pour certaines d’entre elles, la parabole
apparaît en quelque sorte comme un
moyen terme entre l’ellipse et l’hyperbole.
Mais la parabole garde son originahté : par

L-._._
exemple, ce qui est rare pour une conique
autre qu’un cercle, la parabole est recti-
fiable, ce qui veut dire que l’on peut
Défktion bifocale de l’ell@e
1
donner une formule explicite pour la - l’ensemble des points M tels que la
longueur d’un arc de parabole SM. Dans distance MF soit proportionnelle à la
un système d’axes orthogonaux d’origine distance MH de M à la droite D (directrice
S dont l’axe des abscisses est l’axe de la associée a F) : définition monofocale.

124
CONIQUES

La première met en jeu deux foyers, F Pour une hyperbole, on pose au contraire :
et F’, et le cercle directeur C’ de centre F’ 3 - a2 = P, si l’on veut n’utiliser que des
et de rayon (2~). Par hypothèse, FF’ = 2c nombres réek.
est distinct de 2u (F n’appartient pas à C’).
Si l’on peut écrire c < u, alors F est Tangentes
intérieur à C’ et la courbe obtenue, lieu de
En chaque point d’une conique a centre il
M tel que :
existe une tangente. Celle-ci est la bissec-
MF+MF’=2a, trice de l’angle géométrique FMF’ (exté-
rieure pour l’ellipse, fig. 6, intérieure pour
est une ellipse, convexe, connexe et bornée
(fig. 5). Si c > u, F est extérieur à C’ : fig. 6

fig. 5

Tangente à l’ellipse

l’hyperbole). On ne peut mener deux


tangentes MT et MT’ distinctes à la
conique que par un point M extérieur a
l’hyperbole obtenue est Composée de celle-ci, défini par exemple par la relation
deux parties convexes et connexes res- MF > eMH, OÙ tu = c/u est l’excentricité
pectivement définies par MF ~ MF’ = 2~ de la conique (inférieure à 1 pour l’ellipse,
et MF’ ~ MF = 2~. Pour un cercle, égale à 1 pour la parabole par définition,
c = 0. et supérieure à 1 pour l’hyperbole), Sur la
Ces coniques admettent deux axes de conique même (MF = eMH), ce qui est la
symétrie perpendiculaires (dont FF’, seconde définition, il y a une tangente
appelé axe focal) et un centre de symé- unique (double). D’un point intérieur
trie 0, milieu de FF’, L’axe focal coupe (MF < eMH) on ne peut pas mener de
La courbe aux sommets A et A’, tels tangentes ; c’est notamment le cas en F ou
que : en F’. Si les tangentes existent, MT et MT’
OA=OA’=a. ont mêmes bissectrices que MF et MF’ : de
plus FM est bissectrice de l’angle ?Ï?’
Une ellipse a deux autres sommets B et B’
(cf. fig. 7, pour l’ellipse). MT est per-
sur l’axe secondaire de symétrie, définis
pendiculaire à MT’ si M appartient au
par OB = OB’ = I avec
cercle de Mange, de centre 0 et de rayon
ul- cz = bz (fig. 5). *R (pour e < V?I).

125
CONIQUES

fig. 7 Il existe une réciproque importante à


cette propriété affine : une droite joignant
deux points de deux droites fixes dont les
abscisses sont reliées par une telle relation
(OÙa # 0) enveloppe une conique à centre
(a = 0 correspond à une parabole). Le
produit des distances des deux foyers à une
tangente variable est égale à b2 ; les foyers
sont de part et d’autre pour une hyperbole,
du même côté pour une ellipse. Certaines
des propriétés précédentes s’étendent
naturellement à une parabole, en suppo-
sant par exemple que la direction de F’ est
celle de l’axe.
Pour que quatre points d’une conique
soient sur un même cercle, il faut et il
La projection de F sur une tangente suffit que deux des cordes les joignant
décrit le cercle de diamètre AA’ : si la soient symétriques par rapport aux
projection de F sur une droite est dans la axes de la conique. D’un point du plan,
même région que F par rapport à ce on peut mener jusqu’à quatre normales à
cercle, la droite donnée coupe la conique une conique a centre. Les pieds de trois
en deux points distincts que l’on peut d’entre elles et le point diamétralement
construire ; si la projection est dans l’autre opposé au quatrième sont sur un même
région, la droite ne coupe pas la conique. cercle.
On peut déduire de cela des définitions Si l’on se donne deux directions per-
de l’ellipse et de l’hyperbole comme pendiculaires, les points d’où les tangentes
enveloppes de droites, comme pour la issues ont des directions symétriques par
parabole. rapport à ces directions privilégiées appar-
Parmi les tangentes à une hyperbole, tiennent à une hyperbole (équilatère) de
deux sont particulières. Issues de 0, elles même centre que la conique, passant par
n’ont aucun point de contact à distance les deux foyers ; il en serait de même si l’on
finie avec la courbe dont elles sont des remplaçait les deux directions choisies par
asymptotes ; elles déterminent deux angles celles de leurs bissectrices, d’où la position
contenant chacun une branche connexe de des foyers à l’intersection des deux hyper-
Yhyperbole. boles.

Correspondances linéaires Propriétés différentielles et intégrales


Si une tangente variable coupe deux tan- La normale en M coupe l’axe focal en N
gentes fixes a une conique à centre, les tel que NF = eMF. La perpendiculaire en
abscisses .X et X’ des deux points d’inter- N à MN coupe MF en P, projection du
section sont reliées par une relation homo-
centre de courbure C en M sur MF, et
graphique du type :
coupe MO en Q, point tel que QC soit
~X_X’+ bx + cx’ + d = 0. perpendiculaire à l’axe focal (fig. 8) : cela

126
C O

fig. 8 P e p ô t o l l e

S u c M i cn o l d M oe D r a i
e P F e u n b , P s dn l i t
% S M p % p iF M l t a ‘ a , e’
en M et en M’ se coupent en T sur
L d e Pa ei c th sr o
q d F p r u e à Ma e aMe ; d r t
p l = l e ’d C u ds a r e
t D e S r a u sd i i u n t i t
d 0 e p e , s a el f et r’
S d m ci d u 0 êq Ftô E e mu
n p p u’ c a p o l en e F s o u
F e 0 s c ’ t do co = e = 0 : ’ n n
c f q l ed d u m a lé i e o
q m d ul c a éd die a s j
s d l cy ne a p o m a ’
g q pé 1 eu n an 1 x’
m u d e a n i D np n e r
f d c o e d oc u d u l u ne fr e F x’ sn on ’ a tt yi .
c s a os ad l u u of ue P’ x ruom c f poa bncmq o xru à uea eu n
o l r d c ù e a R = eM o e é y c C u so gp o e l r ctu aa n hn e b o lr
a p = b p d? l ca ( e/ an or d e p u i f an M ’ p t ro , qi m ia u a ai
l d l do ei a edn F e se meg P t e Q sxd ci u pt ut’ p -oe a
p à eF E u p rFq n nM os p ’ us s iuo e)die ua nnn n. rtl
c o a : o n n p qd M ( o9 A ue u f d l ) i e n i
e f p d f s ac o u ot S ol
a = M % J F= M z + J NR R M 3z F ’

O r a ln pe u c e at l so rr sm ao fig. 9
i m m
l d l po oe a r n d r o g e t j u h e e
M
M s M o N M u S N F eu s F lr i ’ s u ’ a t r.
m d F é e s Me FM d t s u N ’ Ni e r , ’a t
p s u r l u é n oa o i g e sj n v a e g a l t u
M o M lF t u vs eN r e s ’o tc Ni t ,s
N e N s ’ p t M o M ar n uo t xp o
n ? a eo u - c ,( 2 p t m 2u 2 @ o b n u r e r e
e - @ p lu h o l n y u i e p r p e s r
L c d c e e e l es o s n n e o u t s mr r mb
A e B d e ts ’a l a ol u l l v ne ni i e t eg p c
p d o d ’t ei Ae e ia nn s t nn t tg e
B ;c d e p e r s a eA t ; o t r Bt i pe t e
l c d a co d c e en e e o s rs n u ct r lr
A e Bp u ct e gn o r re n m a s e p t
t S d lr Ao e ’è Bi as g. r n c é

1
CONIQUES

le centre n’a pas de polaire. Un point de égale à U!I,comme on le voit en prenant les
la conique a sa tangente comme polaire. axes de l’ellipse pour D et D’ (fig. 10). De
Toute droite ne passant pas par le centre
fig. 10
éventuel est la polaire d’un certain point
qui est appelé son pôle.
Si la polaire de M passe par M’, celle de
M’ passe par M. Si M, P, Q sont alignés,
leurs polaires sont concourantes et réci-
proquement. Si MT et MT’ sont des
tangentes issues de M, la corde TT’ qui
joint leurs points de contact est la polaire
de M (cf. fig. 9 pour l’ellipse). Ces pro-
priétés peuvent être obtenues très simple-
ment par perspective (conique éventuehe-
Diamèws conjugués d‘une ellipse
ment) à partir des propriétés analogues
pour le cercle, où elles sont bien connues ;
elles sont projectives en dépit des appa- plus OP2 + OQ2 = u2 + b2 est constant.
rences. De tels diamètres conjugués sont simpie-
ment les projections orthogonales de deux
diamètres perpendiculaires d’un cercle de
Diamètres
diamètre AA’ placé de façon que l’ellipse
Donnons-nous une direction D ; les soit sa projection : la plupart des propriétés
milieux des cordes parallèles 1 D sont de la conjugaison (ainsi que la formule
situés sur un diamètre, c’est-à-dire une donnant l’aire de l’ellipse : S = mb) sont
droite passant par le centre (ellipse ou des conséquences immédiates de cette
hyperbole) ou parallèle à l’axe (parabole). projection.
La conique est invariante dans la symétrie
par rapport à ce diamètre parallèlement
a la direction D. Fixons un point M ; à
tout diamètre de direction D. associons 4. Propriétés particulières
son point d’intersection avec la perpen-
diculaire issue de M au diamètre conju- L’ellipse
gué de D défini ci-dessus. Ces points Une construction très simple permet
engendrent une hyperbole (équilatère), d’obtenir autant de points de l’ellipse que
coupant la conique aux points où la l’on en désire. Donnons-nous deux droites
normale passe par M, ce qui permet de les perpendiculaires 0.~ et OJ, et un segment
construire. constant PQ dont les extrémités décrivent
Pour une ellipse, a tout diamètre D, on respectivement 0,~ et 0~ (fig. 11). Un
peut associer le diamètre conjugué D’ dont point M situé entre P et Q tel que MQ = u
D est à nouveau le conjugué. D et D’ et MP = b décrit une ellipse de centre 0,
coupent l’ellipse en P et Q, par exemple, d’axe focal 0,~. La tangente en M est
tels que la tangente en P soit parallèle à D’, perpendiculaire à IM, OÙ 1 est le quatrième
et forme avec D, D’ et la tangente en Q, sommet d’un rectangle OPIQ. Deux posi-
un parallélogramme d’aire constante, tions perpendiculaires de PQ (appel&

17R
CONIQUES

fig. 11 formules d’Euler, valables également pour


une hyperbole :

MF=la-exl, MF’=~a+ex~

pourvu que F soit le point de Coordonnées


(c, 0). Cette équation s’écrit :

.x2/a2 + y2/b2 = 1.

L’ellipse intervient notamment en


astronomie. Tout point attiré par un autre
point F suivant la loi de Newton décrit une
conique de foyer F. Les Planètes, qui ont
un mouvement périodique, décrivent des
Bande de papier
ellipses, seules coniques à être bornées.
L’aire comprise entre la courbe et les
droites joignant F a deux positions du
N bande de papier )) dans la littérature)
point mobile est proportionnelle à l’inter-
correspondent à deux extrémités de dia- valle de temps séparant les deux positions ;
metres conjugués. 1 décrit le cercle de pour une Planète, la période T du mouve-
centre 0 et de rayon (u + b) ; le symétri- ment est telle que Tl soit proportionnel au
que J de 1 par rapport a M est lui aussi sur cube cl3 de la longueur :
la normale en M ; il décrit le cercle de
centre 0 et de rayon (u ~ b), et 0.~ est
a= OA = AA’/2 ;

bissectrice intérieure de l’angle z; IJFF’ ce sont les fameuses lois de Kepler.


sont sur un même cercle, et forment la
figure connue sous le nom de quadrangle l’hyperbole
harmonique, inverse d’une division har- L’hyperbole, à cause de ses asymptotes,
monique (fig. Il). possède des propriétés très particulières. Il
La projection considérée, que l’on n’existe pas nécessairement de tangentes
peut relier à l’affinité d’axe AA’ et de ayant une direction donnée (il suffit de
rapport b/u, qui transforme le cercle de considérer des droites passant par le centre
diamètre AA’ en l’ellipse, est à l’origine et Situées dans les deux angles déterminés
d’une représentation paramétrique parti- par les asymptotes OÙ sont Situées les deux
culièrement simple de celle-ci. Le trans- branches). L’angle de ces asymptotes est
fnrrnk du point du cercle défmissant, avec l’angle 22 défini par COSz = 1/e. Les points
OX, un angle t est en effet le point de d’intersection avec les tangentes en A et A’
l’ellipse de Coordonnées Y = u COSt, sont les sommets d’un rectangle de CÔtés
_Y= b sin t ; test l’anomalie excentrique de Z7 et 2!7.
ce point. Deux extrémités de diamètres Cette dernière propriété se généralise
conjugués, dont les pentes dans ce système de la façon suivante. Considérons un
d’axes ont pour produit b2/a2, ont des diamètre P’OP de l’hyperbole. La droite
anomalies excentriques différentes dùn passant par 0 et parallèle à la tangente en
angle droit. L’équation de l’ellipse en P est le diamètre conjugué de la direction
découle ; on pourrait aussi la déduire des OP. Il ne coupe pas l’hyperbole. Mais si

17Q
CONIQUES

l’on y construit le point Q tel que OP? - parallèlement à elle-même, le produit


OQ? = & ~ b?, l’aire du triangle OPQ est MP MP’ reste constant : il est notamment
constante (et vaut 42) ; quand P varie, Q égal à .5l si MPP’ est perpendiculaire à
décrit une autre hyperbole, dite Conjuguée l’axe focal.
de la précédente, ayant même centre et
mêmes asymptotes, échangeant a et I avec L’hyperbole équilatère
la précédente (fig. 12). De plus, la tangente Parmi toutes les hyperboles, l’hyperbole
équilatère, d’excentricité m (u = !J), est
fig. 12
particulièrement intéressante. Ses asymp-
totes sont perpendiculaires.
Considérons les sommets A et A’, le
cercle de diamètre AA’, un point P décri-
vant ce cercle (fig. 13). Menons par A la

fig. 13

en QJ, est parallèle à OP, et coupe la


tangente en P sur une asymptote. Enfin la
Conjuguée de la Conjuguée est l’hyperbole
originale. Les deux diamètres N conju-
gués 1) OP et OQ forment un faisceau
harmonique avec les asymptotes. La symé-
droite symétrique de AP par rapport à la
trie par rapport à OP et parallèlement à direction de AA’ ; cette droite coupe A’P
OQ laisse invariante chacune des deux en M, point de la branche contenant A de
hyperboles Conjuguées. l’hyperbole équilatère de sommets A et A’.
Revenant 1 une hyperbole simple, la Le triangle AMA’ est pseudo-rectangle,
famille de ses tangentes jouit d’une pro- c’est-à-dire que la différence des angles en
Priété remarquable (due au fait que les A et A’ est égale à un droit. La tangente
asymptotes sont des tangentes très parti- en M au cercle (AMA’) est perpendiculaire
culières) ; partant du fait qu’une corde 1 AA’, qu’elle coupe en H tel que
MM’ coupe les asymptotezdes points P HM* = HA. HA’ (comme dans un véri-
et P’ tels que l’on ait MP = P’M’, la table triangle rectangle). Si A’PM coupe la
tangente en M coupe les asymptotes en Q tangente au sommet A en le point T,
et Q’ tels que M soit le milieu de QQ’. conjugué harmonique de A’ par rapport à
QQ’FF’ sont situés sur un même cercle et M et P, les tangentes en P (au cercle) et en
forment un quadrangle harmonique. De M (à l’hyperbole) se coupent sur AT au
plus, si une droite passant par M coupe les milieu de ce segment ; elles coupent AA’ en
asymptotes en P et P’ et se déplace les projections de P et de M ; M se projette

17f-l
CONVEXITÉ

sur AT en un point appartenant à OP, etc. l’hyperbole, le cercle de diamètre MM’


(fig. 13). Cette figure est la base de la passe par deux points fixes OÙ la normale
correspondance entre les trigonométries est parallèle à MM’.
circulaire et hyperbolique ; elle inspira à
A WARUSFEL
N
Abraham de Moivre sa fameuse formule :

( x + i s x C= c r +i i s) O f a z n iS
~ z s x n x .
Bibliographie
Si l’aire comprise entre OA, OM et A PERGA,
P DE L C O ( a ’ K L
l’hyperbole est égale à &/2, les coordon- P V é
P. e1 / Md Ba r 9G E.. r &
trk, t. I : F q V o q u re ma
nées de M (dans les axes convenables) sont c C m N Pe z 1 a / J H ad i 9 t
alors x = a ch t y = a sh t d’où , l’équa- M, L Ad g q Rd e é m D2 vé o ,

tion ,y2~ ,v2 = a*. Toute hvnerbole étant


, L
A C 1 r . oJ G 9 Se l. 1 a 4 / cp
H L L E. C JBe C o S E s. in
affine d’une hyperbole équilatère de même
1 / J P 9G I . u i 8C c mm H 8
sommet, l’équation générale d’une hyper- E 1 l 9 l 9 i
bale est donc :

et celle des asymptotes est obtenue en y


remplaçant 1 par 0. La fonction (( guder- C O
manien de t n Utilisée pour construire
, les

:
cartes géographiques selon la projection de

L
A CONVEXITÉ, étude des ensembles et
Mercator, est définic par
des fonctions convexes, constitue une
1’=2arctgei-w2. branche de la géométrie et de l’analyse qui
unifie des phénomènes à première vue
u2/2.t’ est la moitié de l’aire comprise entre
totalement dissemblables. Elle intervient a
OA, OP et le cercle.
divers niveaux dans des branches très
Dans une hyperbole équilatère :
Variées des mathématiques : théorie des
M = MF M zO M F z 2N ’
nombres, Z
problèmes ,
combinatoires, ana-
lyse fonctionnelle et applications (théorie
l rayon de e courbure R est tel que
des graphes, théorie des jeux...).
u2R = OM3. Si C et C’ sont deux points
La convexité se retrouve dans des
de l’hyperbole symétriques par rapport à
contextes très divers ; mais le cas fonda-
0, les bissectrices de 6%?’ sont parallèles
mental, le seul qui sera considéré ici, est
aux asymptotes, et la différence des angles
celui des espaces vectoriels sur le corps R
C et C’ est constante. Tout cercle passant
des nombres réels,
par CC’ est recoupé suivant un diamètre :
un cercle de centre C et de rayon CC’
recoupe l’hyperbole équilatère suivant les
sommets d’un triangle équilatéral. Deux
hyperboles équilatères se coupant en les
sommets et l’orthocentre d’un triangle, on
A E c . n o s
peut en déduire de nombreuses propriétés.
Si une corde MM’ se déplace en restant Un sous-ensemble C d’un espace vectoriel
parallèle à elle-même, en coupant toujours réel E est dit corzve,ye si, pour tout couple
C O N V E X I

de points quelconques de C, le segment qui avec le cas de l’espace usuel R3 (représen-


a pour extrémités ces deux points est tation paramétrique de la droite définie
emièrement contenu dans C. Par exemple, par deux points), on appelle droite joignant
un cube est convexe, mais sa surface ne .x et J l’ensemble des points de E de la
l’est pas, car elle ne contient le segment forme :
d’extrémités s et J que si s et y appartien-
(1 -vx + A.Y,
nent à la même face. Les ensembles
convexes interviennent dans de nombreux où A est un nombre réel quelconque. Les
domaines des mathématiques et il est points tels que h 2 0 constituent la dmi-
souvent possible, en pareil cas, d’obtenir droite .~y d’origine Y; les points tels que
d’intéressants résultats en ne faisant appel 0 < A < 1 constituent le segment [.Y, y]
qu’à des arguments (( géométriques D rela- d’ext&nités x et y.
tivement élémcntaires. Par définition, on appelle sous-vurie%
Minkowski (1864-1909) fut le premier à linéui~e de E tout sous-ensemble de E qui
étudier systématiquement les ensembles contient toute droite joignant deux quel-
convexes et ses œuvres contiennent la conques de ses points ; par exemple, dans
plupart des idées importantes Utilisées l’espace usuel R3, les sous-variétés hnéaires
pour ce sujet. Les premiers développe- sont : l’ensemble vide, les ensembles
ments se limitaient aux espaces vectoriels réduits à un point, les droites, les plans et
de dimension finie et l’objet principal de l’espace R3 tout entier. Toute sous-variété
ces études était de résoudre des problèmes linéaire V de E est la translatée d’un
de nature quantitative ; depuis 1940, les sous-espace vectoriel de E, c’est-à-dire
aspects combinatoires et qualitatifs ont l’ensemble des points de la forme Q + -y,
bénéficié d’une plus grande attention. OÙ L est un élément fixé de V et où s
Après quelques préliminaires généraux, on parcourt un sous-espace vectoriel F de E ;
traitera d’abord les aspects quantitatifs et si F est de dimension finie p, on dit que V
combinatoires, en se limitant au cas OÙ est de dimension p.
l’espace est de dimension finie ; on abor- Par analogie avec le cas des plans dans
dera ensuite les aspects qualitatifs de la R3, on appelle hyperplan de E toute
théorie et ses applications à l’analyse sous-variété linéaire qui n’est contenue
fonctionnelle. strictement dans aucune autre variété
Un des aspects les plus fascinants de la linéaire que E lui-même ; par exemple, les
théorie des ensembles convexes est le hyperplans de R’l sont les variétés linéaires
grand nombre de problèmes très faciles et de dimension n - 1. Le complémentaire
intuitifs à formuler que l’on ne sait pas (ensembliste) d’un hyperplan H est la
toujours résoudre. réunion (ensembliste) de deux ensembles
convexes disjoints appelés les demi-espuces
ouverts limités par H ; leurs réunions avec
1 P g
. r é o n p
H s’appellent é r
les demi-espuces ferr&sr limi-
i a
tés par H. On dit que deux ensembles X et
D é f Yi sont skparbs npar H si l’un est i contenu t
Soit ,v et J’, deux points distincts d’un dans un de ces deux demi-espaces fermés
espace vectoriel réel E (cf. algèbre et l’autre dans l’autre demi-espace ; on dit
LINÉAIRE ET MULTILINÉAIRE). F%r analogie que H est un hyperp!an dbppui de X au
C

p s , a o à Xi ev sp X e i. s t c ip t nx oX q p o a Tt pn u o ndr sa r t i
s p H éL f a 1 .d pa ui rc o a d gn t oe n r a c u o nc n é n o r
n X ;2 s a l ’ C n ’ d a
fig. 1 ~ X ( 3 O p af d) n eX c ui .é

d ;m
\
f i

X
x
0 Y 0

H
.
.
e d h x H ’d y de X e u’ p em n na . e p p r l
, s X e Yx( é E = R et H ,ei pu z t cs an . , it r e a
d r o i t e

. .
E c n o s n e v m e b
X f i n i
U s nC do E e d c eu s s i o si t t n - v e
p t c .oy dop o d xu edu o u i , r et i p s n l t
C Ts [ y ,e eee . ]c s ng l x o t tm d t ’ , nT ci ee oe t e èo n
d C ( 2 I ae c f q ) t l ns i l i uc .o tsn da gp e o u d t Xei c. o n t e e ,sr
l d p ’ d l f e o: e e a o s
r f 2 i g .
l

O l x s d Ù p e , d o X e e o ol s A e n t
s d n o r e p o qné s o m
q d s 1u O e a o e .e n p m
c do X l ed n X ’
L e ec n d s so v
e j dn R s ïa e s ’d o r p
p ( i o E pc n l o n af
a s pd d i n ple i m
s d e c ’ e e c o u e l s n c t n n nd o (t +c o1i pv sed pt o no) oe
e c n P s o s d
X se a u u n i R n s
es r n i v d e n u omm
t i th ae n n bê t e
s q o d E lu u e ( , ’e s p n =s 1 itl - o p en =, nrc2 e u o
t k d t il e e o c oe n t u o ns p s F é= s 3 ne o; ec Z tn , vt u me
c X ( y eo a t ai m n n ou j lu ou t run f o in e ôj,e ot u n n lon
E l e uu e s c ni n a t o - s l n m e g v ê m
C O N V E X I

Un point _xd’un ensemble convexe C est E m p i


appelé un p e osi son x complé- i Unt empilement
n hest un arrangement
t i de d
mentaire dans C est convexe, c’est-a-dire si corps convexes tel qu’aucune paire de ces
x n’appartient a l’intérieur d’aucun seg- corps n’ait de point intérieur en commun.
ment contenu dans C. Unefice F de C est Indépendamment de l’intérêt que les pro-
un sous-ensemble convexe de C tel blèmes d’empilements ont en eux-mêmes,
qu’aucun segment contenu dans C ne ce genre de problèmes se retrouve égale-
traverse F, c’est-a-dire que tout segment ment en théorie des nombres, en théorie de
[.Y,y] dont les extrémités appartiennent à C l’information, en cristallographie, en bota-
et dont un point différent des extrémités nique, en construction des réacteurs
appartient à F est entièrement contenu nucléaires, etc. Très souvent, on cherche à
dans F. Ainsi, le cube a six 2-faces, douze réaliser un empilement de densité maxi-
l-faces (les arêtes) et huit O-faces (les mum. Ainsi, l’empilement de densité maxi-
sommets) ; de plus, le cube est l’enveloppe mum de cercles égaux dans le plan est
convexe de ses points extrémaux, qui sont obtenu en décomposant le plan en hexa-
ici les sommets. gones réguliers égaux et en inscrivant dans
Les termes corps et CÔnes sont utilisés chacun de ces hexagones le cercle de
de manière assez différente par plusieurs diamètre maximum ; ainsi, chaque cercle
auteurs. Nous adopterons les définitions en touche exactement six autres (fig. 4).
suivantes : Un corps est un sous-ensemble
fig. 4 1
borné de R” d’intérieur non vide (c’est-à-
dire contenant au moins une boule de
rayon > 0) et un &e est un sous-
ensemble d’un espace affine réel E, qui est
réunion d’une famille de demi-droites de
même origine.

2 A q . s u p a e n c t t i

G d né e oo s m
m bé rt er

C e
sont des recherches de théorie des
nombres qui furent à l’origine des premiers
travaux de Minkowski. Nous renvoyons, Dans le cas de l’espace à trois dimensions,
pour cet aspect, à l’article approximations on a conjecturé que l’empilement de den-
DIOPHANTIEKWES, en nous COnktItmt de sité maximum de bou/es égales est obtenu
rappeler ici l’énoncé du célèbre théorème par une construction due à Kepler : on
de Minkowski : Si C est un sous-ensemble commence par diviser R3 en un échiquier
convexe de R’l, symétrique par rapport à à trois dimensions, OÙ les cubes sont
l’origine, et de volume V(C) > 2”, alors C Coloriés alternativement en blanc et en
contient au moins un point dont toutes les noir ; on construit ensuite des boules
Coordonnées sont des nombres entiers. Centrées en chacun des centres des cubes

1 3 4
CONVEXITÉ

noirs et tangentes à chacune des douze positifs ; l’ensemble des points de la


arêtes du cube ; de cette façon, chacune forme :
des boules en touche exactement douze
autres. Cette conjecture n’a été démontrée
que pour des empilements assez réguliers. où .Y, parcourt C, pour tout i, est un
corps convexe C, que nous désignerons
par :
lnégahés
Il y a toute une série de résultats quanti- A + + A ; & &
tatifs relatifs au volume, à la surface, au
lorsque C,, .... Ck sont fixés, le volume
diamètre, etc., d’un corps convexe. Par de C s’exprime par un polynôme homo-
exemple, l’inégalité isopériméWique
gène de degré I en les variables A,, .... AA,
exprime que la surface S et le volume V Certains des problèmes les plus fonda-
d’un corps convexe C de Rn vérifient mentaux de la théorie quantitative des
l’inégalité : corps convexes sont liés à l’étude des
coefficients de ces polynômes, appelés
volumes rnktes de C,, .... Ck. L’outil de
O L est le volume deÙlaI boule unité de R” ; base, dans l’étude des volumes mixtes, est
de plus, cette inégdlité est une égalité si et le théorème de Brunn-Minkowski, qui
seulement si C est une boule, c’est-à-dire affirme que, pour tout h compris entre 0 et
que, parmi les corps convexes de volume 1, on a :
don&, les boules constituent ceux dont la
surface est minimum. De plus, tout corps [ 1- h +A V ) C ( C
convexe C de Rn est contenu dans une
>( - q + W1 y
boule de rayon minimum r, et cette boule c’est-à-dire que la racine n-ième du volume
est unique ; l’inégalité de Jung affirme que est une fonction concave de A. Les inéga-
si on désigne par d le diamètre du corps C lités pour les volumes mixtes engendrent
(c’est la borne supérieure des longueurs de nombreuses inégdlités d’intérêt géomé-
des segments dont les extrémités appar- trique, en particulier l’inégalité isopérimé-
tiennent à C), on a : trique.
I < (n/(2n + 2))“ld :
Corps de largeur constante
cette inégalité devient une égalité si et
Un corps convexe C de Rfl est dit &
seulement si C est un simplexe régulier de
/argeur constante b si la distance entre
n + 1 sommets dans R’. Un théorème de
n’importe quelle paire d’hyperplans
Loewner affirme que tout corps de Rn est
co~ïteïï.~ da~ïs uïï ellipso~dc de ~olu~~ïe d’appui de C parallèles est constante, égale
à b. Contrairement à l’intuition, un tel
minimum ; cet ellipsoïde joue un rôle
corps n’est pas nécessairement circulaire
important dans la théorie des modèles
(dans le plan) ou sphérique. La définition
expérimentaux.
précédente équivaut à la suivante : C a
pour diamètre b et tout ensemble réunion
Volumes mixtes de C et d’un point quelconque de R”
Soit C,, C?, .... Ck des corps convexes de n’appartenant pas à C est de diamètre
R”, et A,, AZ, .... Ak des nombres réels supérieur à b. Par suite, tout ensemble de

135
CONVEXITÉ

Ri’ de diamètre < b est contenu dans un notion de graphe d’intersection. qui est
corps convexe de largeur constante h. Utilisée dans des domaines aussi variés que
Cette propriété permet, par exemple, de la génétique moléculaire, la psychologie et
ramener le problème suivant de Borsuk au l’écologie. Pour toute famille d’ensembles,
cas oti X est de largeur constante : Peut-on on appelle gwpiw dïntmcction un graphe
recouvrir tout ensemble X de diamètre 1 abstrait OÙ chaque ensemble correspond à
dc R’j par (/z + 1) ensembles de diamètres un sommet du graphe et OÙ chaque inter-
< 1 ? La réponse est affirmative si tz < 3, section non vide est représentée par un arc
mais inconnue pour /? > 3. réunissant les sommets correspondants ; la
Euler (en 1778) et de nombreux mathé- figure 5 donne un exemple d’une famille
maticiens après lui ont étudié les corps
convexes de largeur constante dans le plan fig. 5

c!i+J
(n = 2) ; les propriétés trouvées ont été
Utilisées en cinématique et même pour
construire un foret utilisé pour forer des 2
1
trous carrés : un corps possédant ces 4
3
propriétés peut être placé dans un carré de
telle sorte qu’en les tournant il reste 5

perpétuellement en contact avec les quatre


CÔtés de la boîte.

3. Aspects combinatoires

Intersections
Une partie des problèmes combinatoires
est reliée zY+l’étude des intersections d’ensembles convexes et de leur graphe
d’ensembles convexes qui sont toujours d’intersection. Tout graphe ayant un nom-
convexes, comme on l’a vu ci-dessus bre fini d’éléments est un graphe d’inter-
(l’ensemble vide est, par définition, section d’ensembles convexes de R’, mais
convexe). pas nécessairement un graphe d’intersec-
D’après un théorème démontré par tion d’ensembles convexes de Rz ou de R.
Helly. l’intersection C d’une famille de Un gw,!Ac d?ntmdles est un graphe
convexes de R”, telle que l’intersection de d’intersection d’une famille finie d’ensem-
toute sous-famille de (e + 1) de ces ensem- bles convexes de R (ce sont des interval-
bles soit non vide, est non vide si l’une ou les) : on peut caractériser ces graphes
l’autre des hypothèses suivantes est réali- d’intervalles, mais le problème correspon-
sée : la famille est finie ou chacun des dant pour le plan n’est pas résolu.
convexes de la famille est fermé et borné
(c’est-à-dire compact). Ce théorème admet Étude des enveloppes convexes
de nombreuses généralisations et applica- Une autre série de problèmes combinatoi-
tions. res est la recherche de formes algébriques
L’étude des propriétés des intersections pour la représentation des enveloppes
d’ensembles convexes est facilitée par la convexes. Voici, dans cet ordre d’idées, un

136
CONVEXITÉ

théorème très simple et très utile, dû i c’est-i-dire P est l’ensemble des points de
Carathéodory : Si X est un sous-ensemble la forme :
de R’l et u un point de l’enveloppe convexe
de X, alors u appartient à l’enveloppe
convexe d’un sous-ensemble fini Y de X 4 P est l’enveloppe convexe fermée de
contenant au plus (f? + 1) points. Par la réunion d’un polytope B et du translaté
exemple, si X est un sous-ensemble du plan d’un cône polyédral. (On a représenté, sur
et si ,y appartient à l’enveloppe convexe de la figure 6. un polyèdre P de dimension 2,
X, alors s appartient soit à X. soit à un
segment ayant pour extrémités deux points flg.6

de X, soit i un triangle ayant pour sommet


trois points de X. Le théorème de Cara-
théodory a de nombreuses applications ;
on en déduit, par exemple, que l’enveloppe
convexe d’un ensemble fermé borné de Rn
est un ensemble fermé borné.

Polyèdres
Parmi tous les probièmes combinatoires
que l’on rencontre dans la théorie de la
convexité, celui qui est le plus ancien et qui
a éti étudié de la manière la plus approfon-
die est la structure des faces des polyèdres
convexes. Nous appellerons po/y&/re tout ainsi que le polytope B et le cône C
mentionnés ci-dessus.)
sous-ensemble de R” intersection d’un
Le premier résultat, dans l’étude com-
nombre fini de demi-espaces fermés, en
binatoire des polytopes est le théorème
réservant la dénomination depo/yfope, aux
d’Euler (1752) qui affirme que si V, c’,,f
polyèdres /wwA ; un lemme, dû à Farkas,
sont respectivement le nombre de som-
montre qu’un ensemble est un polytope si et
mets, d’arêtes et de Faces d’un polytope U’<J
seulement s’il est l’enveloppe convexe d’un
hmwion 3. on a :
nombrej% de points. On peut caractériser
de même les CÔnes polyédraux comme v-e+f=2
enveloppes convexes d’un nombre fini de
(on appelle ici sommets les points extré-
demi-droites de même origine. De manière
maux du polyèdre). Poincaré et SchMi ont
générale, un sous-ensemble P de R’r est un
g&n&ra!is& ce th&rkme ZdX polytopes de
polyèdre si et seulement s’il satisfait à une
dimension I : siJ (P) est le nombre de faces
des conditions équivalentes suivantes :
de P de dimensions i, on a la relation :
u) P est un ensemble convexe fermé qui
a un nombre fini de faces : n-1

b) P est l’enveloppe d’un nombre fini Ix


,=o
(- 1)sft(P) = 1 - (- 1p.

de points et de demi-droites ;
c) P est la somme vectorielle B + C En 1934, Steinitz est parvenu i UIW-
d’un polytope B et d’un cône polyédral C, t&ixr les graphes des polytopes de dimen-

137
CONVEXITÉ

sion 3 (on appelle graphe d’un polytope la


fig. 8
structure combinatoire déterminée par les
sommets et les arêtes) : le graphe d’un
polytope de dimension 3 est équivafent à un
graphe planaire (qui peut se dessiner dans
le plan sans qu’il y ait aucune intersection
d’arcs) connexe de degré 3 (c’est-à-dire qui
ne peut être séparé en deux parties disjoin-
tes en enlevant moins de trois sommets).
Par exemple. le graphe de la figure 7 est le

fig. 7

premier n’est pas connexe de degré 3 et le


second n’est pas semblable à un graphe
planaire (c’est le graphe d’un simplexe de
dimension 4). On a découvert de nombreu-
ses propriétés des graphes des polytopes de
dimension n (par exemple, ils sont conne-
xes de degré H), mais on ne connaît à ce jour
aucune caractérisation combinatoire des
graphes des polytopes de dimension > 3.
De nombreux problèmes de program-
graphe du polytope obtenu en tronquant mation hnéaire et d’optimisation revien-
chacun des sommets d’un cube ; les deux nent à trouver les points d’un polyèdre P
graphes de la figure 8 ne sont pas des où une fonction linéaire atteint son mini-
graphes de polytopes de dimension 3, car le mum ; on montre que, si P est borné, le

138
CONVEXITÉ

m e a i a s e lu n d t ot nt o n pi e t a u ùs o r m of se n y u ds iuo i
s d P eo c ep tm e d vr m rce oo : o s elt o ii c à nd e ita n
r d p é he r s r nr o oie aé e g r hnp p pa n rl e udo
s s c pe u eO e rn d r tdn s o t o a a té t ep n u v r ef sr c x
a a e ml n s d s ee o tN e o ne me i o v m ét bs - m R e m i rp
d p P e’ f o d s ndu o l Q e a in n y U m cE t Se t o
s e d n i d tf u do d o e a em i n c bm e r e s
( ~ 1 P 2 <H I <) k od p . , uéEspaces normés a rs r i
u k l n (m ) e o d s n a Om e so . x s nb om il r e dr ul m m e ô
q p u pu o d d n oe sn e c i l Rs om q y anè ns e u è pod
q a k f d du a ( - e 1 i ie p c T e )m vt a eE sI( s e i r r s epq u e cn c é
q k l s ( d ) ca o ~ be o fm , pi s à v e o mp n da f n deo o él
m : i a E t qu : e x
u l e
a P = 0 s e )s ( s i _ t= e0 ;X i
b p = 1A 1J ) p( , E EJ e o b Y
p = k~ L 1oK4, q = k - i@ b + u W k + r E p R
2 e d p 1 [n l é p e a , r da s a c n /r + ] eyi r< p ) t +~ p )g( t ( i ( ( sn
r c l ,p ’ g e e l <e r r; t n u s a i t s t n v i - d
a c n v o ea a o : e n s l t U cn oe a s n on rs~t o e ro
L d e ’ v e sn é e s
e d c s f ’ l e t a du ’ r
e c i dt e en f u eé t né aP n vgd t gc i é ed i u’ e la t ct ’ eW u
si I < 8, ou k < I + 3, ou k 2 n2/4 (on x ; l l e é e e
p i l fs t s d a e a ot
n s s yat e a é’ L
o i dg i j u’ S ~
t ea l e a u éj n i ~l s s u En oto o iu
l f u m a o p e o l nf a x a n e/wL~~ca r unité e p (t tis mpu rr itp
r q pe t k > un i omy a uo p e c,l ua nnu lo e rr od t , E’ uE t t q re Y
p d d o n à ek si l t q om ] y < (e Iu me=] 1t Lrl p l e m n. )o ee r
q c g u d h[ s r ede na o d o l n é /q e me u a oq t l 2ubn m pu ru e a ]e ot
m u f : a i i yna d a p i n l d e e c o n e e s e l s
U e u e c
s n n d l t
o
y i so
d 4 a iu n qv mn o s ue a
e t
m e d ec pvn ob p c r0 l e a e
s ur
d s o ce o p dù sh m a u e s oa s i
m n e m [q . Xye (r r g -m u Y ]m t ne
e r p u sa e d pa n tr l u ora ep ê 0i R l u o t )é és y U iu e .e oc
e c ns o a c s ap n
p ;p t r _ # 0 od o i Yp , ué
4. Aspects qualitatifs P l p p (e e pl e h tXn q ou t
. f U e p x ~ 5 = 0t ( o f / ( p ls o
C 1 co q p l ene u r e a e t s i l éj s dp sl r p a c Ut eO p’ aa w
è
c c i se oq c ose nnu v i fnt os e qé l j at ni dl U eur ua a c dce
n déd f eci n i se m E p o ln us eU e o l r bai rs n s u
L c i a o d mn n u e (a t f l vj n de ne ae a ea i p ’ n i r in
e d ls e av es s d sne d s e ps e d e sc hé n ao b e t yf t cu
l :e ’ v sn a eo pp o g n c u A l a r t é a t l p i u c mon l oe r
p g le é v u st n ed e s po én c ’ p s ap êr o dt u e p co ta r
l l o c o c g o cu ’ i n e af n e q d vs n b ol i so u e ea

1
CONVEXITÉ

de sa sphère unité. Par exemple, la b) un des deux ensembles a un intérieur


conve.xit& stricte d’un espace vectoriel non vide :
normé, caractérisée par l’inégalité stricte c) un des deux ensembles est fermé,
11,~+ ~11< ~/XII+ llyll lorsque x et Y ne l’autre compact, et E est localement
sont pas sur une même demi-droite d’ori- convexe.
gine 0, équivaut au fait que sa sphère unité Dans chacun de ces cas, on peut choisir
ne contient aucun segment. l’hyperplan de séparation fermé> c’est-à-
On appelle espace de Minkmvski tout dire défini comme l’ensemble des zéros
espace vectoriel normé de dimension finie. d’une fonction affine continue.
Par exemple, pour tout I > 1 : Remarquant que l’intérieur d’un
ensemble convexe est convexe, on en
déduit que si A est un ensemble convexe
d’intérieur non vide et A une sous-variété
linéaire de E ne rencontrant pas l’intérieur
OÙ.Y= (A-,,.....x,JE R!I, est une norme sur de C, alors il existe un hyperplan qui
R” ; pour y = 2, on retrouve la norme contient A et qui sépare A de C (forme
euclidienne usuelle. Une autre norme (( géométrique N du théorème de Hahn-
importante sur Rn est la norme : Banach). En particulier, si C est un ensem-
ble convexe d’intérieur non vide, C admet
un hyperplan d’appui en chaque point de
.y = (~y,, . . . . .y,,) E R!I, pour laquelle la sa frontière (théorème de Mazur). On ne
boule unité est l’hypercube de R>I. peut pas étendre ce théorème au cas OÙ C
Tous les problèmes quantitatifs indi- n’a pas de point intérieur, mais on peut
qués ci-dessus ont fait l’objet d’études montrer que, dans certains cas (C fermé
analogues pour les espaces de Minkowski : dans un espace de Banach, ou C compact
inégalité isopérimétrique, inégalité de pour la topologie faible d’un espace loca-
Jung, etc. lement convexe), les points de la frontière
de C, où C admet un hyperplan d’appui,
forment un sous-ensemble dense de la
Théorèmes de séparation
frontière de C.
En analyse fonctionnelle, en théorie des Soit A une sous-variété linéaire d’un
jeux, en intégration et même dans certains espace vectoriel E, p une fonction convexe
problèmes relatifs aux graphes Coloriés en dans E (cf. CONVEXITÉ - Fonctions conve-
théorie des graphes, on utilise des théorè- xes), et f une fonction affine définie dans
mes de séparation et de support. A telle que,fl_y) < p(x) en tout point _xde
Les théorèmes de séparation établissent A ; alors il existe une fonction affine g
les conditions sous lesquelles on peut définie dans E qui prolonge f (c’est-à-dire
séparer (au sens du chapitre 1) deux que g(x) = f (x) pour tout x E A) telle que
sous-ensembles convexes disjoints X et Y l’on ait g(x) < p(x) en tout point _yE E
d’un espace vectoriel topologique E. Pour (théorème de Hahn-Banach). Ce résultat,
que cela soit possible, il suffit, par exemple, essentiel en analyse fonctionnelle, équi-
que l’une des conditions suivantes soit vaut en fait aux théorèmes énoncés ci-des-
réalisée : sus : il résulte, par exemple, du théorème
a) E est de dimension finie ; de séparation en prenant pour ensembles

140
CONVEXITÉ

le graphe de la fonctionfet l’épigraphe de si C est un convexe fermé de R’l ne


la fonction p. D’autre part, ce théorème de contenant aucune droite, alors C est l’enve-
Hahn-Banach entraîne que si C est un loppe convexe de ses points extrémaux et
ensemble convexe contenant l’origine de ses demi-droites extrémales (il n’est pas
comme point intérieur et si u est un point nécessaire de prendre l’enveloppe convexe
frontière de C, alors C admet un hyper- fermée ; par définition, une demi-droite
plan d’appui en L (on retrouve le théorème extrémale de C est une demi-droite qui
de Mazur ; il faut prendre comme fonction n’est (( traversée )) par aucun segment
convexe p la jauge de C). contenu dans C).
Voici une application du théorème de
Points extrémaux Krein-Milman à l’analyse fonctionnelle.
Les fonctions convexes et concaves pré- Soit C un sous-ensemble compact convexe
sentent des propriétés très utiles dans les d’un espace localement convexe E et soit
problèmes d’optimisation. Par exemple, X l’ensemble de tous les points extrémaux ;
soitfune fonction convexe définie dans un alors, d’après le théorème de Krein-
domaine convexe D d’un espace vectoriel Milman, pour tout point JJ de C, il existe
topologique localement convexe E ; alors une mesure positive u sur l’adhérence X de
tout minimum locul de f dans D est un X telle que n(X) = 1 et telle que :
minimum globul, c’est-à-dire que si un
point + de D possède un voisinage U tel
que Ö > f&) pour tout _xf&U n D,
pour toute forme linéaire continuey@) est
alors cette inégalité est valable pour tout
le G barycentre )) de la mesure p). Ce
.x E D. Sifest concave et D compact, alors
résultat entraîne de nombreux théorèmes
fatteint son minimum en un point extré-
de représentation intégrale en analyse.
mal de D ; cette propriété justifie l’étude
des points extrémaux en analyse fonction-
nelle. Théorèmes de point fixe
Le théorème de Krein-Milman attire Indiquons rapidement, pour conclure,
l’attention sur d’autres propriétés impor- deux théorèmes de point fixe pour les
tantes des points extrémaux. Ce théorème ensembles convexes.
établit que si C est un sous-ensemble Le théorème de Brouwer-Schauder-
compact convexe d’un espace localement Tychonov montre que si C est un compact
convexe et si X est un sous-ensemble de C, convexe d’un espace localement convexe
alors C est l’enveloppe convexe fermée de et ,f une application continue de C dans
X si et seulement si l’adhérence de X lui-même, il existe au moins un point p de
contient tous les points extrémaux de C ; C tel que f@) = p. Ce théorème permet
ainsi, l’adhérence de l’ensemble des points d’obtenir des théorèmes d’existence pour
extrémaux de C est le plus petit sous- les solutions des équations différentielles et
ensemble X de C tel que chaque point de intégrales, les théorèmes du minimax en
C soit adhérent à l’ensemble des combi- théorie des jeux et de nombreuses proprié-
naisons convexes (cf. chap. 1) de points de tés des ensembles convexes, Par exemple
X. On peut généraliser ce théorème au cas un compact C de Rfl ou d’un espace de
OÙ C n’est pas compact moyennant des Hilbert H est convexe si pour chaque point
hypothèses supplémentaires ; par exemple, _Yde l’espace, il y a un point unique de C

141
CONVEXITÉ

qui minimise la distance entre x et C (pour problèmes ainsi abordés sont des questions
R’j, il suffit que C soit fermé ; dans le cas d’optimisation provenant de divers domai-
d’un espace de Hilbert quelconque le nes : la mécanique. l’économie, les équa-
problème n’est pas résolu). tiens aux dérivées partielles. l’analyse
Le théorème de Markov-Kakutani numérique. Compte tenu de la difficulté
affirme que si C est un compact convexe d’aborder de manière un peu générale les
d’un espace vectoriel topologique et si @ problèmes non linéaires, c’est I~I un rôle
est une famille commutative de transfor- très important qui a motivé le développe-
mations affines continues de C dans C, ment autonome de la théorie.
alors il y a au moins un point p de C tel que Les travaux de W. Fenchel, de T. Roc-
~(II) = p pour toute fonction de @. Ce kafellar, de J.-J. Moreau ont déveioppé les
théorème sert à établir l’existence de mesu- outils de base de l’u~~u/~~wu~7w.w notam
res invariantes pour les groupes commu- ment la notion de fonctions convexes
tatifs et à construire des mesures qui Conjuguées et la notion de sous-différentiel
généralisent la mesure de Lebesgue pour qui sert de produit de remplacement pour
les ensembles bornés de R”. les fonctions convexes non dilYércntiables.
Nous renvoyons à la partie A ci-dessus -
VICTOR KLEE
Ensembles convexes, pour tout cc qui
concerne les résultats g&iéraux sur les
convexes.

1. Les fonctions convexes

Soit E un espace vectoriel sur R. C une


partie convexe de E et,fune fonction définie
sur E i valeurs dans R (c’est-i-dire prenant
éventuellement les valeurs ?zm). L’6/@w
phe de y, noté épiv), est l’ensemble des
couples (.Y,u) de C X R tels que.[(.\-) < U.
La fonction,fsera dite m77ww si son épi-
graphe est une partie convexe de E X R.
On obtient immédiatement une inter-
prétation analytique de cette définition : La
fonction ,f est convexe si et seulement si%
pour tout réel A de l’intervalle [O. 11%on a :

(11 _I”N + U-9Y) < hf@) + (1 -VJ”bJ)


B. Fonctions convexes
pour tous les couples (s, J,) d’él&ments de
L’étude des fonctions convexes a permis C ne vérifiant pas ,f (.Y)= ~ f(~ ) = k x
de fournir un cadre dans lequel peut se (auquel cas le second membre de l’in&alité
résoudre toute une classe de problèmes (1) n’est pas défini). En raisonnant par
d’analyse fonctionnelle non linéaire ; les récurrence, on prouve que, si A,, AZ. . . . . A,,

142
CONVEXITÉ

s o dn t er és e pl oss i t i fds o nl ts oa m m ee s1 t , 2 C. a d s l e dimension


a 1
on a :
L’exemple d efonctions s convexes d é f i n i e s
s uR re sinstructift p o ul ’ ré t u dultérieure
e
d efonctions
s convexes d é f i n i e s uR r ”o , u
m ê m se ud ree s sp a c e svectoriels topologi-
c h a q u ef o iq s u l e s e c o n dm e m b r e d e
q u e Es . o nu t r ec , c e aa us i n t é r êpt r o p r e
l’inégahté ( 2a u) s ne n s .
p o ul rdéfinition
a d ’ u nc el a s sintéressante
e
L possibihté
a p o ul r f oa n c t i o nf d e
d’espaces : l ee s ps a c e sd ’ o r l i c z . D a nt so u t
p r e n d r e l v aa l e u +r s p e r m e td ne e
c c he a p i t r e2 , e, su tn f oef n c t i o nc o n v e x e
considérer q u de e fonctions
s convexes
p r o p r de é f i n ise uR r .
d é f m i e s uE rt o ue nt t i e; er e nf f es t o, i n
Supposons q u . eY. ,Y ., ~ xs, o 3i e ndt a n s
p r o l o n g e l f oan c t i o n, d é ff i n ise uC re l n a
d o m ( f ) e v ét r i f i e n t . Y < .; Y < . ~ ;x e 3 n
f o n c t i o n , d Té f i n i es u E r e pn o s a n t
remarquant q u : e
? ( , Y = )+ 0 s =. 6i X C Zl , efonctions
s f e f t
o na lt o lr sm eê m épigraphee e d to nf ce s t
c o n v e x e s e iseulement
t s , ei Tsc o nt v e x e .
Désormais, n o u n s considérerons e d o n c e e t appliquant
n l’inégahté ( 1 o ) o nb t i e n t
q ud eefonctions s d é f i n i ess uE t r o eu n tt i e r . l einégahtés
s :
C e ln a o u c so n d u i tà d é f i n il r d oer m i n e
c $ f e c t l fd 5 en o td é o ( m f : )

d o m
( J -= ) { cE cE ; f ( x ) < + - 1 .

L d oe m a i n e e f f e c t idf , e slf projection


t a
c’est-à-dire q ul coefficient
e e directeur d l e a
s uE dr l’épigraphe
e d f ec ’ e us tn p; ae r t i e
d r o i tMe [ M (3 c f f i . 1g e. ) sc o m
t p r i se n t r e
c o n v e x ed E e .
L v aa l e u~r , p Xe us t présenter e d a n s
c e r t a i n sc a particuliers
s ; n o un s l ’eé l i m i - 1

r i o pn s aa ps r i o ;r néammoins,
i n o ui ns t r o -
d u i s o n ls terminologie
a s u i v a n t e: L f ao n c -
t i oc onn v e x ef e sp r to p r se s io d onm a i n e
effectifest n ov ni de se et linl pe re e nj ad m a i s
l v aa l e u~ r m ; l restriction
a d fà e d o (m f )
e sa l to ur s nf o en c t i o nà v a l e u r ds a nR s( c f .
l p aa r t iAe ci-dessus - Ensembles c o n v e -
x e s U) . n f oen c t i o nd e uf xo contimiment
i s
différentiabie s uu ro nu v e rcto n v e x eC d e
R à’ v la l e u r rs é e l l ee s sc o nt v e x es e si et u l e - t

m e ns tl m i a t r i c ehessienne :

c e l du il ed ra o i Mt e , M e? c et l du il ed ra o i t e
M I M 3 E. s n s eer v a ndt c e einégalités,
s o n
e s et t, no pu ot i n. td YC e l .m a t r i c ed ’ u n e m o n t r qe u e e, f cs o ntt i n u es ul’intérieur
r d c
f o r mquadratique
e positive. s o d onm a i n e e f f e c t i f .

1 4 3
C O N V E X I

L d i ’ ( p e n ud 3 es é t e ) r gi m al
f 2 i
m q e ot p u i n no ào e n tu i , t rt n é e t
d l f o, a a ou d mf d à nn é J m ce r e t i t
d _ ( e u r d / _à gt n o , é ‘ Y a e i ~r ( ) u t Ji i c e .v
e q a e ot u y , <nJ u( ’D $ C xt oe . ; r) n ~ e. )
p f ( e cl i x e sc r u a ) t t o os n i, t s
d s l r d du ’ S X oe eu or i i ” is n m n tt , t e c
p i à do nt q , oi = 0 te u f tn , él e ( nt r . f i
p t x i o oà d n o u p u o t n r e t m é u L r t
é : c r i r e

Y 0

L N e - s f o n c t
C m o l fa n e S oi f s N s o n uei - s i lct rxd f
c d os R à vé dnu R aff a(vr ; p lio : 4ne o enr )s x s
e q a ut u r d n d i el m e e~ pa e ( r t ~ é t
( 5 )
f : o r m e
S q e c i s s o c t t n
( f =4 ~ ( )~ sx y‘ e l a) f k s r an o f t é
d 9 ( 3 e f ) i ,
O 9 e u f Ù d s n s o [ + Cét e un O Cf rc , i[ t n,
c c r à d on o e 0r nu i n ,o t l s i fi l 3 s i t
t q : e u l e l e

l + i ~ m e & t ) q =
X - + m

c f pe o u rsi n n én c st t eé i
p p al d o d ar e é u e t s f r s i p i c an
c d ; c e s ’ l N e s o O e - n r s f t l o i
I s e f ld ’ f n a c ea o i o sg n t n i c , v t t
p d s a R à év ud i R fa rar il ne ne ss iu
s c t s [ r+ Cr t u Oo Ci e r , i [c l s ,t l
q : u e

L N ve - e o ésl f n u re o t is n fr c
i ( f n2 : c i é) f g
R g .q .e u a i u m l
s n n
f <a s (x E e 0fi < a < 1a R t l ( q e, x c ex c s) o uq ) s o t n
f < a s (x # 0 e 0f < a i < 1a t d( l f ,x y exe a q o u) s )td ul n n a
f q c o u i o n s n n r
l v e c e ; s ls or q a i ’t na

1 4 4
CONVEXITÉ

courbes représentatives de q et de v les Comme g(y) > _y)’-f(X) et que l’égalité a


segments verticaux qui correspondent aux lieu pour au moins une valeur _y0de X, on
sauts des fonctions q et tt~(ce sont les seules peut dire que :
discontinuités possibles puisque ces fonc-
(7) g(J) = m;xW---%)).
tions sont monotones), on obtient des
courbes symétriques par rapport à la Cette inégalité a une interprétation
première bissectrice. Une démarche ana- géométrique simple en introduisant le
logue effectuée sur la fonction r+ redonne point M d’abscisse x sur la droite D
la fonction q. passant par l’origine de coefficient direc-
Si, maintenant, on pose : teur J et le point N d’abscisse x sur la
courbe représentative de g (cf. fig. 5) ;
$T(X)= p0%
0
on obtient une N-fonction appelée&&w
wr&gzke de la fonction ,/:
L’inégalité suivante, appelée inégahté
de Young, dont la signification géométri-
que obtenue en interprétant f(v) et g (J)
comme des aires est suggérée sur fa
figure 4, a lieu :

fig. 4
Y

alors :

g(y) = rn:x NM = N&I,,.

Remarquons que, si ,f est dérivable, fa


tangente au graphe de,fen N0 est parallèle
à la droite D et l’équation de cette tangente
est t(x) = .~y~ g(y). La fonction g est la
transformée de Legendre de ,$
On peut aussi dire que la fonction
t(x) = .YJ-g(y) est la plus grande fonc-
tion affine de coefficient directeur _r qui
L’égalité est atteinte lorsque .v > 0 et minore f
1%= q (x) : si bien que l’on a : Si p > 1, la fonction y(.~) = i 1s 1” est
un exemple de N-fonction ; pour x > 0, on
l4~~l4~ =f@l +&T~~~l4N af’(.v) = _IF’ et ~‘))r(.~) = .v+, OÙ
et qu’on a de même : I/]I + l/q = 1 ; par conséquent la fonc-
tion g Conjuguée de f est définie par
IYIVW~ =d.!JI +fw.!lH g(v) = ; 1Y p.

145
CONVEXITÉ

Les espaces d’orlicz l’espace $ est aussi l’espace des suites


Soitfune N-fonction, notons !fl’ensemble @JiaO tel que, pour tout a > 0, l’inéga-
des suites réelles (.x,),~~ telles qu’il existe hté (8) ait heu ; lf est alors un espace de
a > 0 pour lequel : Banach séparable ; son dual est isomorphe

n
à $, où g est la Conjuguée de f, grâce à
+=

i=o
f 2
I <+m. l’isomorphisme :

4 est un sous-espace vectoriel de l’espace


des suites que l’on munit d’une norme en
posant :

avec :

Muni de cette norme, 1, est un espace de


Banach (cf. espaces vectoriels NORMÉS), L’application de ces considérations à la
appelé espace d’Orhcz de suites associé à N-fonction y(.~) = i 1x IJ’, avec p > 1,
la N-fonction J donne pour espace d’Orhcz de suites
On peut montrer que 1, est aussi l’espace /,>. Une étude analogue peut être
l’ensemble des suites réelles @Ji2,, telles conduite dans le cadre de l’intégration, en
que : définissant l’ensemble L, (K) des fonctions
X(I), définies à un ensemble de mesure
dk! Pr& (Cf. INTÉGRATION ET MESURE),

d’un compact K de RE, à valeurs dans R


telles qu’il existe a > 0 pour lequel on a :
où g est la fonction Conjuguée de,fi
On définit alors une autre norme sur /r
en posant : s xf (x @)/a) dt < + m.

Comme dans le cas des suites, L,(K) est


aussi l’ensemble des fonctions .Y([) pour
lesquelles :

Cette norme est équivalente à la pre- ~~P~I xV)_v@)df l i gC.y(r))dr < 11 < +m.
sI sK
mière ; plus précisément :
LAK) muni de l’une des deux normes
équivalentes :

Lorsquefvérifie, en outre, la condition : llx(t)ll= tiffa; JKf(x(t)/a)df < 11

(9) pour tout A > 1, il existe K > 0 et


x > 0 tels que f(k) < Kf(x) ; ou :

ce qui se produit si et seulement si : IllxQlll = ~UP@ j-.KWdOd~ i

146
CONVEXITÉ

est un espace de Banach appelé espace L’importance des hyperplans d’appui


d’Orlicz de fonctions associé a la N-fonc- dans l’étude des ensembles convexes nous
tion ,L amène à introduire pour une fonction
convexe f de E dans R la famille A, des
fonctions affines continues qui minorent$
Si on noteJE) l’ensemble des fonctions h
3. Cas général
de E dans R qui sont enveloppe supérieure
d’une famille de fonctions affines conti-
Dans ce chapitre, E désigne l’espace R’j
nues, le théorème de séparation (cf. chap. 4
ou, plus généralement, un espace vectoriel
de la partie A ci-dessus - Ensembles
topologique séparé localement convexe
convexes) permet de montrer que :
sur R ; dans ce dernier cas, le dual
L’ensemble h est élément de f’(E) si et
topologique E* de E sera muni de la
seulement si II est une fonction convexe
topologie faible T~(E) donnée par E et E
propre semi-continue inférieurement ou
sera muni de la topologie faible 7,(E*)
vaut identiquement - C=X
donnée par E*.
Pour une fonction f de E dans R, la plus
Il ne faudrait pas croire que l’on peut,
grande fonction g de f(E) qui minore,fest
comme dans le cas des fonctions convexes
aussi l’enveloppe supérieure des fonctions
de R dans R, conclure à fa continuité des
affines continues qui minorent f; dans le
fonctions convexes de E dans R; on
cas oùf est une fonction convexe et OÙA,
dispose, en fait, du résuhat suivant :
est non vide, g est aussi la plus grande
Soit ,f une fonction convexe prenant une
fonction semi-continue inférieurement qui
valeur finie en un point .V de E ; s’il existe
minore,f; si bien que, lorsque f est de plus
un voisinage de x sur lequel f est majorée
semi-continue inférieurement, f= g.
par une constante finie, elle est continue au
point ,y.
Fonction coniuguée
Ce résultat permet, dans le cas particu- d’une fonction convexe
lier OÙ E = R”, d’établir que :
L’inégalité de Young du chapitre 2 s’écrit
Toute fonction convexe propre sur R’? est
.~j~~g~) < f(x), ce que l’on peut inter-
continue sur l’intérieur de son domaine
préter en disant que la fonction affine
effectif; en particulier, si f est à valeurs
&y) = .~y -go,) est une minorante def; la
dans R, alors dom (y) = R’l et f est
fonction gQ) est choisie de telle sorte que
continue sur R”.
/(,y) soit la plus grande minorante affine de
Rappelons qu’une fonction f de E dans
f de coefficient directeur y.
R est dite semi-continue inférieurement si,
Si, maintenant, ,f est une fonction
pour tout réel a, l’ensemble des éléments .X
convexe de E dans R, de fa même façon,
de E tels que ,f(.y) < a est fermé ; il est
pour tout X*E E*, introduisons la fonction
équivafent de dire que l’épigraphe de,fest
affine l(y) = X*(X) - o et cherchons a
fermé, ou encore que f est enveloppe
déterminer si po.wihh a, de manière à
supérieure d’une famille de fonctions
obtenir la plus grande minorante affine de
continues, c’est-à-dire que : f de forme linéaire associée .y* ; cela nous
conduit à introduire :

où ,fci est continue pour tout M E u.

147
CONVEXITÉ

Si f*(,y*) E R, alors la fonction


fig. 6
&y) = .x*(,x) -y(.x*) est effectivement la
plus grande minorante affine continue de
forme hnéaire associée x*.
La formule (10) généralise la transfor-
mation de Legendre (7) du chapitre 2 et
permet de définir sur E* une fonction y
convexe qui est dans la classe r(E*) ; la
fonction y est, par définition, la fonction
conjuguée de ,fI
Remarquons que si la fonction y(.~) est
finie, de la formule (10) on tire l’inégalité
de Young :

uu f61 +_f*@*l > X*@l


qui généralise l’inégalité (6) du chapitre 2.
Recommençons maintenant le procédé de f ayant x* pour application linéaire
en posant, pour tout x fZ E, associée est donnée par _X*(Z)~ f *(x*), on
en conclut que f *(x*) = x*(x”) ~ f (x”) ;
en fait, cette égalité est une conditon
f **est alors le plus grand éiément de l-(E) nécessaire et suffisante pour que
qui minore f; donc, si ,ftZ l-(E), alors x* E df (xo).
f=f**. Si f est dans r(E) (cas où f =,f**), les
propositions suivantes sont équivalentes :

Sous-différentiel w x*Ev(x),
Soit f une fonction convexe de E dans QI x E Jf*(x *),
R. Supposons qu’il existe un élément I de (3) J.(x) +f*(x*) =x*(x),
A, (c’est-a-dire une minorante afine conti- (4) f(x) +f*(x*)-x*(x) < 0.
nue def) tel que /(.y,,) = f (x”) ; on dit alors
Le sous-différentiel en x0 d’une fonction
que f est sous-d$jëwntiablc en .\-(,: l’appli-
convexe f est un sous-ensemble convexe
cation linéaire continue .y* associée a
fermé de E*.
l’application affine I est un ~~~~~~.s-~~/,[/~/j~,~t
de
Le résuhat suivant donne une condition
f en .y0 ; l’ensemble des sous-gradients def
intéressante de sous-différentiabilité d’une
en .y0 est appelé le sous-d@+cwtic/ en s,) de
fonction convexe :
,fet est noté d&).
Si f est finie et continue en un point +J”est
Remarquons que, dans ces conditions,
sous-différentiable en tout point intérieur
on a :
de dom(f) et en particulier en .xU.
If@& < + mi [GI =~*@-~d +_fcxLJ; Dans le cas où f est Gâteaux-différentiable
en +, c’est-a-dire s’il existe un élément
l’hyperplan H graphe dans E X R de 1 est
f ‘(x”) de E* tel que, pour tout y de E, on ait :
un hyperplan d’appui du convexe épi
(fig. 6). Comme on a vu, par ailleurs, que
la plus grande minorante affine continue

148
C

la fonctionfest sous-différentiable en _y0et couple(.~, _Y*)tel que .Y*G df (x), il existe


j”&) est l’unique sous-gradient defen x”. un couple (~,y*) tel que :
Réciproquement si, en .Y~),
,j’est continue.
(!J*-x*)(!-x) < 0.
sous-différentiable et ne possède qu’un seul
sous-gradient .Y*, alors f est Gâteaux- La théorie des opérateurs maximaux
différentiable en ,Y”et f ‘(x,,) = _Y*. monotones, qui généralise l’analyse
Le sous-différentiel permet de remplacer la convexe, est très utile pour l’étude des
différentielle et d’exprimer notamment des équations d’évolution non linéaires de type
conditions d’optimalité dans des problè- parabolique ou hyperbolique.
mes de contrôle.
R R O O
Donnons l’exemple de la fonction F,
définie sur L?(O), OÙ CI est un ouvert de R’l
suffisamment régulier, par :

WA.~(Q) représente ici le sous-espace de


l’espace de Sobolev W’.2(0) constitué des
u dont la restriction au bord de a est nulle.
F est alors une fonction convexe semi-

CORPS
continue inférieurement, sous-
différentiable en chaque point de
W;,‘(O) n W2,2(C2) ; pour chaque point u

L
de ce sous-espace, le sous-différentiel ~F(IA) a structure de corps n’est en fait qu’un
est constitué du seul élément : cas particulier de la structure plus
générale d’anneau (cf. A EN A N T
B : en plus Rdes axiomes généraux,
E on S
stipule que le groupe multiplicatif des
éléments inversibles est le complémentaire
c’est-à-dire que, pour v E L?(O), on a :
de 0. Les corps sont donc les domaines
dans lesquels les opérations habituelles du
u = - * 2 ( v )
calcul sont valables, y compris la division
1 = ,
par un élément non nul. La terminologie
Notons encore que, sij’est une fonction habituelle sous-entend la commutativité de
convexe propre de l-(E) pour tous les la multiplication, mais il s’introduit de
.Y,, xs, XT, $ vérifiant XTE d f (.y,) et manière naturelle des corps OÙ la multi-
.$E df (xl), on a : plication n’est pas commutative (cf. QUU-
twnkw,in A EN T A N L G2 E È
et iafro, chap. 3). Du point de vue arith-
On dit que le sous-différentiel est un métique, l’étude d’un corps commutatif se
opérateur monotone ; il est même maximal caractérise par l’absence d’idéaux non
monotone en ce sens que, pour tout triviaux.

1
CORPS

On se limitera ici à la théorie propre- sur lui-même, ou automorphismes du corps


ment algébrique des corps, mais on ren- K, jouent un rôle particulièrement impor-
contre aussi des corps munis de structures tant dans l’étude de la structure du corps
additionnelles compatibles avec fa struc- (cf. Théorie de Galois).
ture de corps : les corps ordonnés, les corps
topologiques et les corps Valués (cf. algèbre ?J$
TOPOLOGIQUE; théorie des NOMBRES -
Nombres p-adiques).
Un sous-ensemble K d’un corps L qui
1. Exemples
est un corps pour l’addition et la multipli-
cation induites est appelé un sous-corps de Suffisamment (( rigides H pour être maniés
L. Pour ne prendre que des exemples bien et étudiés précisément, les corps consti-
connus, les nombres rationnels forment un tuent à la fois un modèle et un outil qui
sous-corps Q du corps R des nombres interviennent dans de nombreux domaines
réels, qui est lui-même un sous-corps du des mathématiques et dans des questions,
corps C des nombres complexes. même relativement élémentaires, de géo-
Si K apparaît comme sous-corps d’un métrie algébrique, analytique ou projective
corps L, on dit aussi que L est une ou de théorie des nombres. Voici quelques
extension de K. On peut alors considérer exemples.
L comme un espace vectoriel à gauche sur
K, l’opération externe n’étant autre que la Caractéristique d’un corps
multiplication à gauche des éléments de L et corps finis
par les éléments de K. Si cet espace L’intersection d’une famille de sous-corps
vectoriel L est de dimension finie I sur K, d’un corps K est encore un corps. Consi-
on dit que L est une extensionjnie de K ; dérant en particulier la famille de tous les
le nombre n s’appelle le degrÇ de L sur K, sous-corps de K, on obtient le plus petit
et on le note [L : K]. Si M est une extension sous-corps de K, appelé sous-corps premier
finie de L, c’est une extension finie de K et K0 de K. Notant n.1 la somme de I
on a : exemplaires de 1, pour tout entier naturel
n, on définit la caractéristique (cf. ANNEAUX
[M : K] = [M : L][L : K].
ET ALGÈBRES,chap. 3).
Un homomorphisme ,f d’un corps K Si n. 1 # 0 pour n # 0, on dit que K est
dans un corps L est un homomorphisme de caractéristique nulle. Les n. 1 et - (n. 1)
d’anneau, c’est-à-dire qui respecte les deux pour I E N forment donc un sous-anneau
lois additive et multiplicative, avec la de K isomorphe à l’anneau Z des entiers
condition importante .f( 1) = 1. Un tel relatifs et le corps K0 est isomorphe au
homomorphisme est nécessairement injec- corps Q des nombres rationnels. Le
tf car tout x # 0 a un inverse .YI, d’où corps K est donc une extension du corps
f(l) ==~(.w’) =~(I)~(x) ’ = 1, d’où des nombres rationnels.
,f(.~) # 0 ; ainsi f identifie K a un sous- Dans le cas contraire, la caractéristique
corps K’ =,f(K) de L et réahse ainsi L de K est le plus petit entier strictement
comme une extension de K. Si cette positif tel que p.1 = 0. C’est un nombre
injection est une bijection,fest un isomor- premier et le corps K,, est alors isomorphe
phisme. Les isomorphismes d’un corps K au corps fini Fp = Z/pZ des entiers relatifs

150
CORPS

modula p (cf. A N
ET ALGÈBRES, N
définir abstraitementE les corps de nombres
A
chap. 3). Ainsi, tout corps de caractéristi- algébriques comme des extensions finies de
que p est une extension du corps F,, et deux Q. Ainsi, si, dans l’anneau Q[X] des
corps de caractéristiques différentes ne polynômes à coefficients rationnels, on
peuvent être extension l’un de l’autre. identifie deux polynômes R(X) et R’(X)
Soit K un corps fini. Un théorème dû 5 dont la différence est un multiple d’un
J. H. M. Wedderburn affirme qu’un tel pojynôme P(X), à coefficients entiers, de
corps est nécessairement commutatif. La degré n, irréductible sur Q, on obtient, sur
caractéristique de K est nécessairement un l’ensemble quotient Q[X]/P(X) muni de
nombre premier p et K est une extension l’addition et de la multiplication induites
finie du corps premier F,,. Si n = [K : F,,], par celles des polynômes, une structure de
alors K est isomorphe 1 (F,$’ comme corps qui en fait une extension finie de
espace vectoriel sur F,] et il a donc p” degré n de Q. En choisissant une racine .Y
éiéments. On verra ci-dessous que pour de l’équation P(X) = 0 dans le corps des
tout entier de la forme p avec n premier, ” nombres complexes, , on peut expliciter un
il existe un corps (unique à un isomor- isomorphisme de Q[X]/(P(X)) sur Q(,Y)
phisme près) possédant p éjéments ; on le n défini précédemment : à un polynôme
note F,,n. R(X) on associe sa valeur R(.x) en x et,
comme deux polynômes congrus nzo&1(1
Corps de nombres P(X) ont même valeur en x, cela définit un
Le corps C des nombres complexes est un homomorphisme :
exemple bien classique de corps. Les J : Q[xjI(P(@jj - Q(xj,
sous-corps de C forment une vaste famille
à laquelle appartiennent le corps Q des qui est l’isomorphisme annoncé. La der-
nombres rationnels (qui est le plus petit) et nière définition des corps de nombres
le corps R des nombres réels. Les corps de algébriques, qui est, au langage près, celle
nombres algébriques présentent un intérêt de Kronecker, est ainsi reliée à celle de
tout particulier. Dedekind en donne la Dedekind.
description suivante : Soit .Y un nombre
complexe algébrique, c’est-i-dire une Corps de restes

racine d’une équation P(X) = 0, OÙ P(X) Le procédé de Kronecker pour définir les
est un polynôme à coefficients entiers, de corps de nombres algébriques peut être
degré n irréductible sur le corps Q ; alors présenté dans un contexte plus général. Un
l’ensemble Q(x) des nombres complexes idéal m d’un anneau commutatif unitaire A
de la forme : est appelé idéd muximal s’il n’est contenu
strictement dans aucun autre idéal que A
l +c + - a x z k ” 0 , _ . , x
lui-même. L’anneau quotient A/U~ ne pos-
O les a8 sont des Ù nombres rationnels sède alors aucun idéal autre que 0 et A/~I,
quelconques, est un corps. De la définition. car de tels idéaux sont en correspondance
il résujte que Q(,Y) est un espace vectoriel biunivoque avec les idéaux de A qui
sur Q de dimension finie n. Inversement, contiennent m. Tout élément non nul x de
on peut montrer que toute extension finie A/~?I engendre donc A/tn tout entier ; il en
de Q est isomorphe c une extension de la résulte qu’il existe un élément xpl de A/S~
forme précitée Q(x). Si bien que l’on peut tel que .w-’ = 1 et que l’anneau unitaire

151
CORPS

A/n? est en fait un corps, le corps des restes puis on vérifie que la relation d’équiva-
de A ~no&lo M. lente 3, définie sur A X (A-{O]) par
Nous avons déjà apphqué ce résultat au (u,b)%(a’,b’), lorsque ub’ = bu’, est com-
plus simple de tous les anneaux unitaires : patible avec ces lois de composition et que
l’anneau Z des entiers relatifs. Les idéaux le quotient K est un corps : l’unité est la
maximaux de Z sont les idéaux pZ engen- classe de (a,~), et l’inverse de la classe de
drés par un nombre premier p et le corps (a,b) existe dès que a n’est pas nul et n’est
des restes F,, = Z/pZ possède p éléments. autre que la classe de (&z).
Nous avons ici un premier exemple de Il est d’usage de noter u/b la classe d’un
corps à un nombre fini d’éléments, ou couple (o,b). L’anneau A s’identifie alors
corpsfinis. Nous reviendrons sur ces corps au sous-anneau de K formé des classes du
(parfois appelés champs de Galois dans la type 0/1. Il est à remarquer que cette
vieille littérature), dont l’importance est construction est (( universelle H : chaque
essentielle en théorie des nombres. fois que A sera obtenu comme sous-anneau
Dans l’anneau K[X] des polynômes à d’un corps K’, le corps K’ pourra être
une variable sur un corps commutatif K, considéré comme extension du corps K.
un idéal est maximal si, et seulement si, il On dit que K est le corps des fractions de A.
est engendré par un polynôme irréductible Nous allons appliquer ce qui précède à
non constant P(X). Les classes de polynô- deux importants cas particuliers. Si K est
mes modula P(X) forment donc un corps un corps commutatif, l’anneau K[X] des
K[X]/(P(X)). C’est ainsi que le corps des polynômes :
nombres complexes peut être défini, avec
P(X) = ao + a,x + + anX”,
Cauchy, comme le corps de restes
R[X]/(X? + 1). Si K = Q, on retrouve les à coefficients dans K est intègre. Il est alors
corps de nombres algébriques de Kronec- possible de former le corps des fractions de
ker. K[X], noté K(X), et dont les éléments
P(X)/Q(X), OÙ P(X) et Q(X) sont deux
Corps de fractions polynômes, sont appelés jmtions rufian-
Tout corps possède la propriété que le nelles sur K. Il est facile de généraliser cela
produit de deux éléments non nuls est au cas de plusieurs variables : on obtient
lui-même non nul ; il en est de même de alors le corps K(X,, Xz, .... XJ des frac-
tout sous-anneau (c’est-à-dire de tout sous- tions rationnelles à I variables indétermi-
ensemble du corps qui, pour l’addition et nées comme corps des fractions de
la multiplication induites, est un anneau). l’anneau intègre K[X,, Xz, . . . . . X,,] des
Un anneau possédant une telle propriété polynômes à n variables.
est appelé un anneau intègre. La construc- De même, l’anneau des séries formelles
tion des nombres rationnels à partir des entières :
entiers relatifs suggère un moyen de consi-
S =a +a + (+ U o+ ...., X ”
dérer tout anneau commutatif intègre A
comme un sous-anneau d’un corps K. On à coefficients dans K (cf. A E N
considère d’abord, sur A X (A - {O}), les A queL l’on note habituellement
G È
lois de composition : K[[X]], est intègre. Il est donc de nouveau
possible de former le corps K((X)) des
fractions de K[[X]]. Si l’on remarque que

152
CORPS

Nous avons parlé plus haut du corps extension Ï? qui soit algébrique sur K et
C(V) des fonctions algébriques rationnel- algébriquement close. On appelle une telle
les sur une sous-variété algébrique V de C?. extension une clôture algébrique de K. Si
Le degré de transcendance de C(V) sur C K, et Kz sont deux ciôtures algébriques de
est égdl à la dimension de V considérée K, il existe un isomorphisme de K, sur
comme variété analytique complexe K2 qui laisse fixe chaque élément du
(dimension elle-même égale à la moitié de sous-corps K, si bien que, dans la pratique,
la dimension de V considérée comme on ne les distingue pas. Le corps C est
variété différentiable, mais cela est une algébrique sur R et est donc une ClÔture
autre histoire !). En particulier, si V est une algébrique de R ; mais ce n’est pas une
courbe, le degré de transcendance est 1. ClÔture algébrique de Q, car des éléments
On appelle parfois une extension de degré tels que 7r et e sont transcendants sur Q. Le
de transcendance 1 de C, et plus généra- sous-corps Q de C, formé par l’ensemble
lement d’un corps K, un corps de fonction.7 des nombres complexes algébriques sur Q,
sur K. est algébriquement clos, et, comme, par
définition, il est algébrique sur Q, if en est
une ClÔture algébrique.
Corps algébriquement clos,
Pour le corps fini Fp, on a :
ClÔture algébrique, corps de rupture
Une équation algébrique à coefficients
dans un corps K n’admet pas nécessaire-
ment de racine dans K. Ainsi, l’équation à
coefficients réels Xz + i = û naa pas de
racine réelle. De même, dans Z/2Z, le On connaît aussi la structure de la
ClÔture algébrique du corps K((X)) des
polynôme X* + X + 1 prend fa valeur 1
sur les deux éléments 0 et 1 et n’a donc séries formelles à coefficients dans un
corps K algébriquement clos de caracté-
aucun zéro. Si un corps K est tel que tout
ristique nulle. Elle s’obtient par une
polynôme à coefficients dans K admette
méthode analogue à Fp. On a :
une racine dans K, on dit qu’il est ulgé-
briquement clos. Un tel corps ne saurait
avoir d’extension algébrique propre ;
inversement, un corps qui n’admet pas OÙK((X”“)) est l’extension de degré H de
d’extension algébrique propre est algébri- K((X)) obtenue en adjoignant les racines
quement clos. Dans un corps algébrique- de l’équation algébrique T’l~ X = 0. Ces
ment clos, un polynôme non constant se corps sont appelés corps de Puiseux.
décompose en un produit de facteurs Étant donné un corps K, K une ClÔture
(irréductibles) du premier degré. Un théo- algébrique de K, les racines dans K d’un
rème, démontré par Gauss (cf. nombres polynôme P(X) à coefficients dans K
COMPLEXES), montre que le corps C des engendrent sur K un corps Kp. Tout corps
nombres complexes est algébriquement dans lequel P(X) se décompose en facteurs
clos. Le mathématicien allemand Steinitz, du premier degré peut être considéré
qui a exposé vers 19 10 une nouvelle théorie comme une extension de Kp : on dit que
des corps commutatifs, a démontré que Kp est un corps de rupture pour le poly-
tout corps K admettait au moins une nôme P(X). Comme le corps Kp est

155
CORPS

engendré par un nombre fini d’éléments les corps finis, on dit que le corps K est
algébriques sur K, c’est une extension finie pwfkit. On peut alors chercher quels sont
de K. les invariants dans K pour le groupe
d’automorphismes H engendré par q : ce
Automorphismes, extensions normales, sont les racines de l’équation :
groupes de Galois Xp-X==O;ilyenadoncauplusp,et
Un K-autwnorphime d’une extension L KH n’est autre que le sous-corps premier
d’un corps K est un automorphisme o du KO, qui est isomorphe au corps 2 p
corps L tel que, pour tout .x dans K, on ait éléments Z/pZ.
9 =.x (nous utilisons la notation expo- Il est clair que les K-automorphismes
nentielle, et le composé 0~ de deux auto- d’un corps L respectent le caractere de
morphismes o et T est défini par transcendance ou d’algébricité sur K des
JOT zzzz(Y~)~). Ainsi, tout automorphisme éléments de L. Le dernier point peut être
d’un corps K est un K,,-automorphisme, précisé : si .Y est racine d’une équation
K0 étant le sous-corps premier de K. On algébrique :
notera G(L/K) le groupe des UnX”+ Q”_lx+’ + + a,.x + ao = 0
K-automorphismes d’une extension L d’un
corps K. Pour tout sous-groupe H de irréductible sur K, on a, en posant JJ = Y’,
G(L/K), on peut considérer l’ensemble LH o E G(L/K) :
des éléments de L laissés fixes par tout
a”yn + Q”_,Y”_’ + + a,y + ao
automorphisme appartenant 5 H. Il est = (a”x~+u”_~x”-‘+...+u,x+u~~ = oa=o,
immédiat que Ln est un corps qui contient
K. On l’appelle le corps des irzwwiunts de H. si bien que ,Y et son transformé .xO ont
Voici deux exemples de cette situation : même polynôme minimal (deux éléments
- La conjugaison complexe o qui, à tout algébriques de L qui sont dans ce cas sont
nombre Y = a + ib de C, associe le nom- dits w@g&s sur K).
bre .? = a - ib, est un automorphisme du Une extension algébrique nomule L
corps C. Le groupe H d’automorphismes d’un corps K est, par définition, une
de C formé par o et l’identité admet R extension algébrique dans laquelle le poly-
pour corps des invariants. nôme minimal de tout élément Y se décom-
Dans un corps K de caractéristique p pose en facteurs du premier degré (en
non nulle, l’application q de K dans K qui, d’autres termes, L contient tous les conju-
i tout élément .Y, associe sa puissance gués de ,Ydans une ClÔture algébrique L de
p-ième 9 est un endomorphisme du corps, L). Il est évident qu’un corps de rupture
que l’on appelle endom~rphisme de Fro- sur un corps K d’un polynôme P(X) à
benius. Le seul point non trivial à vérifier coefficients dans K est une extension
est que : algébrique normale de K. Le groupe
G(L/K) d’une extension algébrique nor-
(x -yp = xp -yp ;
male L d’un corps K, que l’on appelle alors
mais cela résulte du fait que dans la le groupe de Gulois de l’extension, opère
formule du binôme, les coefficients non transitivement dans toute classe d’élé-
extrêmes sont divisibles par p puisque p est ments conjugués, c’est-à-dire que, si .x et _J’
premier. Lorsque cet endomorphisme est sont deux éléments conjugués, il existe
un automorphisme, ce qui est le cas pour o E G(L/K) tel que y = Y’. Lorsque L est

156
CORPS

le corps de rupture sur K d’un polynôme opérations d’addition et de multiplication


P(X) à coefficients dans K, le groupe sur celles-ci. De plus, Galois sut dégager un
G(L/K) est parfois nommé gwupe de sous-groupe significatif du groupe de tou-
1Fquulion P(X) = 0. tes les permutations des racines de l’équa-
À titre d’exemple, remarquons que le tien, le groupe de l’équation, et lire sur ce
corps Q(a) n’est pas une extension groupe, entre autres choses, la possibilité
normale de Q : en effet, a = m a deux ou l’impossibilité de résoudre l’équation
conjugés @et c$. OÙ~ et] sont les racines par radicaux. Son résultat avait pour
cubiques non réelles de l’unité. Le corps corollaire le théorème pressenti par Ruffini
Q(a, j) obtenu par adjonction de j i Q(a) puis démontré par Abel : l’équation géné-
est un corps de rupture de P(X) = X3 ~ 2, rale du cinquième degré n’est pas résoluble
le polynôme minimal de a, et c’est aussi par radicaux. C’est Dedekind, qui a,
la plus petite extension de Q(u) normale comme nous l’avons déjà dit, introduit le
sur Q. terme de corps (pour les corps de nombres
algébriques), et c’est lui encore qui a
Théorie de Galois présenté le groupe d’une équation comme
Jusqu’Ö Abel et Galois, le problème cen- un groupe d’automorphismes de corps,
tral posé par les équations algébriques Exposés en un langage moderne, les
était celui de leur solution par radicaux, résultats de Galois concernent une cxten-
c’est-i-dire l’expression des racines au sion finie, normale et sfTpudde (une exten-
moyen d’opérations rationnelles et sion algébrique est dite séparable si le
d’extractions de racines (cf. ÉQUATIONS polynôme minimal d’un élément quelcon-
ALGÉBRIQUES). Les Grecs connaissaient que n’a pas de racines multiples : toutes les
déjà des cas particuliers de la formule extensions algébriques d’un corps de
.x = (- I * V/I~ - 4uc)/(2u) pour la solu- caractéristique 0 ou d’un corps parfait sont
tion de l’équation du second degré séparables). Dans la suite, nous dirons
a.~’ + LJ.Y+ c = 0, et de semblables for- qu’une telle extension est gduisieme.
mules avaient été trouvées pour les équa- Le premier théorèmc précise la défini-
tions du troisième et quatrième degré par tion des extensions galoisiennes ; une
J. Cardano, N. Tartaglia et L. Ferrari. Les extension finie L d’un corps K, de degré n.
échecs répétés pour parvenir à une solu- est galoisiennc si, et seulement si, le corps
tion dans le cas de l’équation du cinquième LG des invariants du groupe de Galois
degré amenèrent Lagrange (1770) à exa- G= G(L/K) est réduit à K ; dans ce cas.
miner avec plus de profondeur ce qui le groupe de Galois G est d’ordre n.
permettait d’arriver au but jusqu’au degré Le deuxième théorème a trait à ce qu’on
4. C’est ainsi qu’il fut conduit à mettre en appelle la mwspondunce c/e G&is. Une
Çvidence certaines fonctions rationnelles extension galoisienne L d’un corps K étant
des racines qui restaient invariantes par donnée, l’application de l’ensemble des
certaines substitutions effectuées sur celles- sous-groupes du groupe de Galois G(L/K)
ci : les résolvantes qui portent son nom. dans l’ensemble des sous-corps de L qui
Mais ce ne sera qu’avec Abel. et surtout contiennent K, qui, i un sous-groupe H de
Galois (1832), que l’on considérera les G(L/K), associe le corps des inwriants LH,
fonctions rationnelles des racines d’une est bijective. L’application inverse peut
équation polynomiale P(X) = 0 et les être décrite ainsi : si M est un sous-corps

157
CORPS

de L qui contient K, l’extension L du corps que ce groupe n’est pas résoluble lorsque
M est encore normale et séparable, donc n > 5, il est inutile d’espérer une formule
galoisienne ; son groupe de Galois de résolution par radicaux des équations
G(L/M) est un sous-groupe du groupe de degré supérieur ou égal à 5. La théorie
G(L/K), et l’application M - G(L/M) est de Galois a permis de ramener le théorème
inverse de l’application H - LH. De plus, de Ruffini-Abel 1 un théorème de théorie
un sous-corps M de L qui contient K est des groupes.
une extension galoisienne de K si, et Signalons pour terminer qu’une exten-
seulement si, le groupe de Galois G(L/M) sion L d’un corps K est dite cyclique (resp.
est un sous-groupe normal de G(L/K) et, ubélienne, kohble) si elle est galoisienne
dans ce cas, le groupe de Galois G(M/K) et si son groupe de Galois est cyclique
s’identifie au groupe quotient G(L/K)/ (resp. commutatif, résoluble). L’étude
G(L/M). des extensions abéliennes des corps
Il est maintenant possible de donner un de nombres algébriques constitue l’objet
sens précis à la (( résohtbilité par radi- de la théorie du corps de clusses, dont
caux )). Une équation algébrique l’initiateur fut D. Hilbert (1900) et dont les
P(X) = 0 à coefficients dans un corps K principaux résuhats furent démontrés par
de caractéristique 0 est tksoluble pur T. Takagi et E. Artin, 1920-1930 (cf.
rudicmx, par définition, si le corps de théorie des N - Nombres
O algébri-M
rupture K,, de P(X) sur K peut être ques).
(( plongé )) comme sous-corps dans un
corps L tel qu’il existe une suite de Exemple de détermination
sous-corps de L, L0 = K, L,, . . . . Lk_,, d’un groupe de Galois
LA = L, avec L,+, = L!(x,), xZ étant Nous avons déjà considéré le corps de
racine d’une équation .Y’- a; = 0 avec rupture L de P(X) = Xj ~ 2 sur le corps
u,e Li. En traduisant cette définition au Q des nombres rationnels. Comme d’habi-
moyen du dictionnaire que fournit la tude, L sera vu comme un sous-corps de C.
correspondance de Galois, on obtient Soit M la racine réelle de P(X) = 0. Les
assez facilement le critère : la résolubilité conjugués de o sont uj et oj?, ou
par radicaux de l’équation P(X) = 0 équi-
vaut à la résolubilité du groupe de l’équa-
tion G = G(KJK). Rappelons qu’un
groupe G est un groupe rkwhble sont les racines cubiques non réelles de
s’il
possède une suite de composition : l’unité. Nous avons donc L = Q(o,,j).
Comme [L : Q] = 6, l’ordre du groupe de
Galois G(L/Q) est 6. 11 reste donc, pour
telle que les quotients G,/G!+, soient des déterminer complètement ce groupe, à
groupes commutatifs. trouver six automorphismes distincts de L.
L’équation générale du wième degré : Un automorphisme de L est connu dès que
X + q X + ” + r _x + ’ t = 0 i , ,l’onl oconnaît, son action - sur o et j. La’
coefficients algébriquement indépendants conjugaison complexe o échange j et j et
dans le corps Q(tO. l,, .... t,,_,), a pour laisse fixe o ; l’automorphisme T échange
groupe le groupe symétrique S!! des per- j etj d’une part et o et oj de l’autre. N
mutations de /T éléments Comme on sait pouvons dresser un tableau donnant les

158
CORPS

images de o et j par différents automor- L’automorphisme de Frobenius q, consi-


phismes : déré comme un automorphisme de F,jz sur
Fp, est d’ordre 17 et il engendre donc le
groupe de Galois G(F,I,,/F,J. Soit plus
généralement /rz et I deux entiers 2 1, le
corps F,,f,I est extension du corps F,?? si, et
seulement si, tz divise ~1 ; cette extension
Dans cet exemple, le groupe de Galois est alors cyclique de degré ~/n et son
est le groupe de toutes les permutations des groupe de Galois est engendré par IJI”.
racines. mais, en général, c’est seulement
un sous-groupe de ce corps, car toute
permutation des racines ne se prolonge pas
nécessairement en un automorphisme des 3. Corps non commutatifs
corps.
On a examiné jusqu’à présent des corps qui
Corps finis étaient commutatifs, mais l’étude des
corps non commutatifs n’est pas d’un
Une application intéressante de la théorie
de Galois est l’étude et la classification des moindre intérêt.
corps finis. Soit donc F un groupe fini Si K est un corps non commutatif.
possédant q = p’j éléments (cf. chap. 1). l’ensemble Z des éléments de K qui
Le groupe multiplicatif des éléments non permutent avec tout élément .Y,c’est-à-dire
nuls de F est d’ordre q ~ 1, donc tout tels que .vz = :_Y,est visiblement un corps
éiément de ce groupe vérifie Y-’ - 1 = 0 commutatif que i’on appelle le wn~ de K.
et, par suite, tout élément de F vérifie : Nous avons déjà Signalé l’exemple des
quaternions H dont le centre n’est autre
P”(X) = _v” -x = 0.
que le corps R des nombres réels. Voici un
Comme il est clair que Les racines autre exemple dû à Hilbert :
de P,,(X) dans une ClÔture algébrique Soit F(, un corps fini à q = pr éléments
F,, de F,] forment un corps, le corps à (r > 2) si on munit l’ensemble des séries
q = p’l éléments F est un corps de rupture formelles z)>+= u,~T’I sur FY de l’addition
sur F,, pour le polynôme PJX). Ce qui habituelle et d’une muhiphcation déduite
démontre l’existence et l’unicité, à un par distributivité et associativité de la règle
isomorphisme pres, de corps finis à pH élémentaire Ter = #T, on obtient un corps
éléments non commutatif FJ(T)). 11est facile de voir
Nous pouvons interpréter ce qui pré- que le centre de ce corps est formé des
cède en termes de théorie de Galois. Soit séries formelles constantes u0 OÙ u0 E F,, et
F,, une CLÔturealgébrique du corps premier qu’il est dvnc isomorphe a F,,. Les séries
F,) = Z//IZ, et soit q L’automorphisme de formelles à coefficients dans Fp forment un
Frobenius qui associe à tout élément x de sous-corps commutatif de F(i((T)).
F,> sa puissance pième d Si Gn désigne le On peut développer au sujet des corps
sous-groupe de G(F&F,,) engendré par @‘, non commutatifs des considérations tout a
le corps des invariants de G,, n’est autre fait analogues a celles qui ont été faites
qu’un corps de rupture pour PJX) que dans le cas des corps commutatifs. En
nous noterons Enn, et qui a pfl éléments. particulier, on sait définir la uzruct&istfque

159
CORPS

d c n c ’ o eo c o uc r [t n e: Zm n=a [ p : Z K [ t : Z] m rI Lr s ] Li t ] ual é
t n aé q c ’ d u rc u e ed u t ie d e d l si r snq e sé l ta e t tu s of e
D m s L e e u êc in sc n mo Loe cto er s nse som p, s iL C t eLmm s i
t e K u s a t d nL ol tn e e , q au i ol s t u sc f et o m e - o si u
d i K d’ s ’a S do m sud ceu p a l onj e s L =o uL eS no u-
L g t s s a I eo à or e r l su b en q n d s n t te i lm ud s e i s sZe de a e . u
q s K e c u i e xs u o é e d t t sn ml ce o m é m o d uK m uo a m e
L q p a ut e é vd Koi L r l a [ e:eZ ,=u enmé : l K d c J d t * cum e en ’ ot e
s K do L o ( p aeu b c Xa ds st s o )cr j- e uet o m e u oc s rno
t d , à K e ei ec Y s no c q o c t cC n e u bm ac q o’ v i i m dre u l re é e u
p d d e l e é dr s ’ c d cm o e H d a oq u oe u x o e s Cnue rt s i u
m e
c c om o d L r(a m ua s pcx m nnc o s’i u m os u em t
a d s - c e o dq on u[ : R iu= 4m e= 2H s = [ ] ri: R m 2 - C e I u
s c so o d t na n a S r tu te nqi i Rc B en asug puc .u r nf
a s cu o L ot d u m ’ m lr e s u é ’edm sc -
B nrd t e eu l c
a du e c et x m o so t d c o md mc e e Z o re dm e oe n
t f d ci ci ’ ocv on du rfoe s m i Z d en s pi ns u emd ’ g g t nsd r s ue u
à c q a el ut p d G a h’ C p eg a aéo el e rg l dpon B e l ord o epr r
M i e u a t l x d nGi h iZ re eas u é g s , ne l ndo rp t of o e r ar
n c o d oà E N n u em . a o e t md rc e Z a uuq io l t , i tu
T S ( . kd o1 d o o m n9 oH Hl n 2
eo R B . a l n e t tn . r 8 n m
s u
c q i r u S K -e é u ei ds s n l et u q s l
c n c o do c o Z r i e en e m ,pl s n m GERGONDEY
ROBERT s t t et uE
f d m ea é e e d a nc v t e u i i t s t l d r oe e
p d K q lh Ze f :up ai t i i o is o x u sm u e r se t
é n n l x d Ko l u é e ,n ’ l m a e p n
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S L e u s i ds Kn q o c eZ
t unu o 3i >,2 éd, i>ws1971. n h ’ n- t i
l L d ’é y d’ eK tel q e s ené u l sm e s ee
. = p ty J . d o L oe ’ ux a u us _ n n r tt Y s
s d K qo c eZ e quu lo t ui s ’n e - ot c ni
a l c p d eL oO v p f e . mn o e a m i l c u t l i
l q s o er lu i n mé o a ’e ep n o, nè p t é
(L’)’ = L. De plus, on a l’égalité

1 6 0
COURBES ALGÉBRIQUES

COURBES ALGÉBRIQUES cialisant une droite i l’infini et en munis-


sant le repère des propriétés adéquates
(orthogonalité, normes) : c’est la raison

E
n fondant la géométrie analytique, pour laquelle les mathématiques ont connu
Descartes avait substitué au plan de la toute une abondante Hflore N de courbes
géométrie d’Euclide l’ensemble R2 des algébriques remarquables.
couples de nombres réels et, de ce fait, 1
la notion de courbe, celle d’équation. La
construction d’un point, puis la détermi-
nation d’un lieu géométrique se trouvaient
ainsi remplacées par une représentation
paramétrique, et une élimination L’exis-
1. Courbes irréductibles
tence de méthodes canoniques d’élimina-
tion en théorie des polynômes est sans Considérons donc un plan projectif com-
doute à l’origine de l’intérêt porté aux plexe, dans lequel les Coordonnées homo-
courbes algébriques, c’est-à-dire, grosso gènes sont .~,y, I, et un polynôme (à
modo, à l’ensemble des points d’un plan OÙ coefficients réels ou complexes) homo-
s’annule un polynôme. gène F de degré n ;
Le rôle important de l’homogénéité
dans la théorie des polynômes, aperçu au
moment OÙ s’élaborait la géométrie pro- est l’équation d’une courbe algébrique. Le
jective, a conduit à concevoir les modèfes point A (u, /I, c) appartient à la courbe si :
de courbes algébriques comme apparte-
F(a,b,c)=O.
nant au plan projectif, qui a l’avantage
d’être compact. D’autre part, si la concep- Si l’on représente le même point par les
tion initiale de la géométrie analytique était Coordonnées Aa, Ah, Ac, OÙ A # 0, on a :
essentiellement une question de variables
F(kz,hb,k)= iVF(a,b,c)= 0;
réelles, les géomètres algébristes ont été
amenés à prendre comme corps de base le on voit que ce fait est bien indépendant du
corps complexe 1 cause de la propriété choix des Coordonnées homogènes et que
fondamentale suivante : Tout polynôme de des polynômes proportionnels définissent
degré n à coefficients complexes a exacte- la même courbe.
ment I racines complexes, en tenant Si F(x, _r, z) n’est pas décomposable sur
compte de leur ordre de multiplicité (pro- le corps complexe en un produit de fac-
Priété de ClÔture algébrique du corps C des teurs non constants, tout polynôme qui
nombres complexes) ; les courbes algébri- s’annule partout OÙ s’annule F est de la
ques ont été les premiers exemples de forme :
variétés analytiques complexes.
Cela n’empêche pas, au moins dans le
cas des polynômes à coefficients réels, par suite, si on appelle COU& irrkhclible
pour aider l’imagination, de s’intéresser à l’ensemble des points OÙ s’annule un poly-
la courbe réelfe, heu des points à coordon- nôme indécomposable, la connaissance de
nées réelles, dans un plan affine ou même la courbe entraîne celle de son équation (à
métrique déduit du plan projectif en spé- un facteur constant non nul près).

161
COURBES ALGÉBRIQUES

L d ad é p q ’ c o S u u o ml u eq n mAay e pu lu p
c e p od f n ri ne a po r dq l c c odr F e u=a t 0 o c fiué ( e e. u t
m a q o c l au n o o v l ’ B t a u r a g u : rs r l pr s r é n : ei be bo
g d ê éc o c t no c i o r én o t me rs n m ai s
t d composmtes
i idductibles,
e t a u f é f ee
t c d é e h q’ ee x u a n u u p ss np ncq ’q i nsa t M uo tuu eud os l, s one
e n s nmz4ltiplicit6.
a Ca t a t p ’ i p i A uc a le ce an ero c s p as or r s neu
q l c : u a o e u a l m r v 1 aà l u b e d, l ’ l e
d : r o

e f d l ds o double e z a= r0
t e rd o t me i é t e
l c .sirnplea .$ o+ y’ ~ z’ = 0 n q c. i l cu o e q Aa a o i u u n u v
B e l ni nd c a oe t em o tna m e u mé i 2u L no p l pgA o . e di
i ( lr m e c ar u e t oa é l a su r lpoint
d t p~simplc t nd rol u i p
d s d na po e on i rn c s t t en l ots o ei e td a jé u e ox ) é ec
p d c e d r u hm n qu e a o a dl utmgcnt~
p p e iA i aa( i a è p an xs ne c r
s e o l s a f nq i ls ul af tu é eed e io e d e l ni g s t r e s aft é
c d b e oa e a s crl sa t lpg en osé a sb
L : o r
PI(A, M) = = PL_,(A, M) E 0

2. Tangentes s n q q os M
u s u q u neo s l . a e u e
a d P t i d e pA o np r A a, u
I a nu d v tn r c e ele co o c c ra p oi a u n l cs o ut
C u do p n j rn r m e o o s ko à l u i i i d , jd ’ l q g t d e e r e
l p A _ ez oe B ( y vz s,e sit ( ~v ? ,2 )t Pon . MIé , = , )0 q knt cY -) r l. u ( o?
i a nl c F v y 2at =o 0 (c e , )ee uA .a .uo c m rn r v a Ynum u s b e u
O o : n b t é g k + i 1 L gp A e e a. e ao s nl
u point nu4ltiple k-L@ n d l c e l e a o
s e é s x a c l o c p
E A”F(A) + An-’ pP,(A, B) + kn-2 p*P2(A, B)
t e A a n . n
+ + pnF(B) = 0.
L p A e me o k s du l i -
S t l c i o s e no c u o cs ue s et s nl o d lf i to d et uké sf 1 tu ’
é e u qi : st n p ud d t od F e so ae n e eue c poi tn u( p ntt e on it le a
l d a a r 2 l pc qo a l po d ui d e auké B ti e’ s r r )ru i e no
a l d cd ac r om i o oc me r dm ihv mt r p e p t aa s eé r o
d u c ( p ot s ( A y )z ium u . q , , )l b o r Y
T d q no pr c u ’u a or o i pet s ié m s i r se t s opd n é t
d l c l c e a e o I p a o( é n u Z or un t r ie p a b np e n e
l d d F c e e t e d) l o og e e em rr n u p dé u r t r
d m e ec éu a e t e nl É x t t to q a a in u c np c
l m s a ê q il m u: g’L q e e s anpa u a fi
de co e l e
u é a n q d d l I ea u e er g u d ca gi aé n m ot n sr l~~LIS b e e iu o
f r z a c c li o d s ’n p m me e ee o

162
COURBES ALGÉBRIQUES

comme l’ensemble de ses tangentes, fig. 1


L’équation tangentielle est une condition
nécessaire et suffisante entre les nombres
u, V, w pour que la droite d’équation pro-
jective :

soit tangente 1 la courbe. L’élimination de


.Y,_r,z entre les relations :

W,Y>~) = 0
et FJU = y,/v = Fz/w

conduit à une équation tangentielle algé-


brique :

G(U,~,W) = 0.

Lorsque la courbe est irréductible (et


n’est pas une droite), l’un des facteurs
irréductibfes de G représente l’enveloppe
proprement dite, c’est-à-dire l’ensemble tes projectivement identiques. On rencon-
des tangentes ; les autres facteurs irréduc- tre le modèle métrique :
tibles sont linéaires : chacun exprime le y = XV(0 + x)/(a-x),
passage d’une droite par l’un des points
singuliers de la courbe. qui a quelques propriétés liées à la géo-
métrie du cercle et qu’on appelle la stro-
phoïde. On rencontre également le modèle
métrique :
3. Quelques exemples

La courbe dont l’équation affine est :

xJ+.x*--_y~= 0, appelé cubique de Tsehirnhausen, pour


lequel la longueur de l’arc est fonction
c’est-à-dire dont l’équation projective, en
rationnelle des coordonnées,
Coordonnées homogènes, est :
La courbe dont l’équation affine est :

est appelée cubique nodule (fig. 1).


est appelée cubique cuspidule (fig. 2). Elle
Elle admet l’origine (X = 0, J’ = 0,
admet l’origine (,Y= 0, y = 0, 2 = 1)
L = 1) comme point double (de multipli-
comme point double (de multiplicité 2) ; il
cité 2) ; les deux tangentes en ce point sont
y a en ce point une tangente unique _)a= 0.
les droites JJ = k X. Le point (.Y= 0,
Les cubiques cuspidales sont toutes pro-
_Y= 1, 2 = 0) est un point simple, pour
jectivement identiques. On rencontre le
lequel ta tangente z = 0 coupe fa courbe
modèle métrique :
avec la multiplicité 3 : on l’appelle un JJO&
dïnjfexion. Les cubiques nodales sont tou-

163
COURBES ALGÉBRIQUES

fig. 2

Hypoc@oïde d trois rebroussements

Iié à la @ométrie du cercle. et qu’on et n. qui n’ont aucune composante com-


appelle la eissoïde. La développée de para- mune, a été faite par Bezout : il y a un
bole est aussi une cubique nodale. nombre fini de points communs, et
La courbe dont l’équation projective chacun est affecté d’un entier naturel.
est : sa mukiplicité (d’intersection) ; dénom-
brés avec cet élément de pondération, il y
y~z~+z~x~+x~y~-2xyz(x +y +z) = 0
a wi points communs (sur le corps com-
est une quantique tricuspidale. Elle admet plexe). Ce théorème, tiré d’une étude
les trois sommets du repère (0, 0, 1 ; 0, attentive du résukant, n’a pas été apprécié
1, 0 ; 1, 0, 0) comme points doubles, à sa juste valeur par les non-spécialistes :
en chacun desquels il y a une tangente faute d’avoir une définition explicite de la
unique : respectivement les droites .Y= y, mukiplicité d’intersection, ils voyaient
z = ~Y, y = 2, concourantes au point dans le théorème de Bezout une espèce
unitaire. Lorsque le repère est choisi sui- d’affirmation alchimique. On s’est borné à
vant un triangle équilakral dont le point utiliser le théorème de Bezout dans cer-
unitaire est le centre, la courbe métrique tains cas simples : lorsque tous les points
ainsi définie est connue sous le nom communs ti F et G sont simples sur
d’l~~poc~~cloïke à trois rebroussements chacune d’elles, avec des tangentes distinc-
(fig. 3). tes, il y a exactement n?n points communs.
C’est ainsi que la courbe formée de ~II
droites parailèles à 0~ et la courbe formée
4. Intersection de n droites parallèles k O-Yse coupent aux
de courbes algébriques /II/I sommets d’un quadrillage.
Un autre cas assez simple est celui où
L’étude de l’intersection de deux courbes un point commun étant multiple d’ordre I
algébriques F et G de degrés respectifs WI pour F et d’ordre s pour G, il n’y a aucune

164
COURBES ALGÉBRIQUES

droite commune aux deux faisceaux de La courbe (irréductible) F(x, y) = 0,


tangentes en ce point : la multiplicité qui passe en 0, définit y comme fonction
d’intersection est alors KY (et elle est algébrique de la variable complexe _Y,
supérieure dans le cas contraire). multiforme, dont cet-mines déterminations
La situation n’est devenue claire que s’annulent pour .Y= 0.
lorsque G. Halphen eut montré comment, On appelle bmwhe dgkbroïde de la
par une étude locale des courbes F et G en courbe F un ensemble de ces détermina-
un point commun, on pouvait définir la tions qui subit une permutation circulaire
multiplicité d’intersection. lorsque la variable complexe .Xdécrit, dans
Considérons par exemple les deux cubi- le plan complexe, un petit cercle autour de
ques : l’origine. Si k est le nombre de détermi-
nations constituant une branche, en faisant
le changement de variable x = 8, chacune
de ces déterminations devient une fonction
Elles ont en commun trois points sim- entière de t : y = f (t), et on passe de l’une
ples, avec la multiplicité 1, dont les coor- à la suivante en changeant t en ct, le
données satisfont a : x3 = 1, y = 1, et le coefficient c étant une racine primitive
k-ième de l’unité.
point 0 qui est pour chacune d’elles un
point double (T = d = 2) avec une seule Les propriétés arithmétiques des expo-
tangente O.Y. Ce point a la multiplicité sants qui figurent dans la série entière.f(t)
d’intersection 6. ont été interprétées topologiquement
(variété analytique complexe) et dans la
On le vérifie en portant Y = 6, y = t3,
géométrie infinitésimaie de la courbe au
représentation paramétrique de F, dans
voisinage de l’origine.
G:

G(fz,r3) = fg--r6 = (fj- l)fe = 0.

6. Courbes unicursales

Lorsqu’on a obtenu pour une courbe une


5. Étude locale représentation paramétrique uniforme, on
détient un moyen commode pour l’étude
d’un point singulier
de ses propriétés globales. C’est la raison
Un point d’une courbe algébrique étant de l’intérêt porté aux courbes unicursales,
pris comme origine des Coordonnées dans c’est-à-dire aux courbes qui, en coordon-
un modèle affine, l’étude du voisinage de nées affines, admettent une représentation
0 a été poursuivie par deux méthodes paramétrique rationnelle :
Celle ûe Xoether consiste i effectuer des
x = F’(t)/R(r), y = Q(r)/R(t),
transformations birationnelles ayant 0
pour point d’indétermination : elle relève OÙ P, Q, R sont des polynômes en t,
des techniques de la géométrie algébrique. Les courbes unicursales sont souvent
Celle de Enriques consiste à utiliser les appelées les courbes rationnelles, car il
développements de Puiseux : elle relève de résulte d’un théorème de Lüroth qu’elles
l’analyse classique des fonctions d’une sont les transformées birationnelles des
variable complexe. droites projectives.

165
COURBES ALGÉBRIQUES

Les coniques (courbes algébriques irré- rationnelle de degré I n’a que des points
ductibles du second degré) sont rationnel- doubles de même nature que ceux des
les ; elles admettent en effet la forme cubiques, ces points sont au nombre de :
réduite projective :
(n - 1)(n- 2)/2.
xz-y* = 0,
C’est ainsi que la quartique tricuspidale
qui conduit a la représentation : Citée plus haut est rationnelle ; elle admet
la représentation :
.x =rz, _!J=r& z=e*,
x = I/l~, y = l/(f - l)Z.
OÙf, 0 sont des paramètres complexes. De
ce fait, on peut définir sur une conique le Mais la quartique d’équation (affine) :
birapport de quatre points, les divisions
homographiques et involutives. Ces
notions peuvent être étendues à toute que l’on appelle parfois fr~oliuru (fig.4),
courbe rationnelle. admet un seul point singulier, l’origine, qui
L’équation de la tangente au point est un point triple. En coupant cette courbe
courant d’une courbe paramétrique et la
fig. 4
théorie des enveloppes montrent qu’if y a
identité entre les courbes qui sont ration-
Y
nelles du point de vue ponctuel et les +

courbes qui sont rationnelles du point de


vue tangentiel.
Les cubiques rationnelles sont les cubi-
ques à point double, dont nous avons
donné les deux modèles ; la cubique nodale
Citée ci-dessus admet pour représentation :

x=4t/(l-ty, y=4q1 +f)/(l-f)a,

et la condition nécessaire et suffisante pour


que trois points de la courbe soient alignés
est t,f2f3 = 1.
La cubique cuspidale Citée ci-dessus
admet la représentation :
x = t*, y = t3,
et la condition d’alignement de trois points par les droites issues de 0, on obtient sans
est : difficulté la représentation paramétrique :

l& + 1/t2 + lb3 = 0. 3t-tj 3tz-t4


x=m’ y = (1 + ty
Les courbes rationnelles sont, parmi les
courbes irréductibles de leur degré, celles L’cxistcnce de points doubles plus com-
qui ont les singularités les plus importan- plexes (points infiniment voisins, contact
tes, soit par leur nombre, soit par la des branches afgébroïdes) permet de don-
complexité de leur structure : si une courbe ner des exemples d’une nature différente.

166
COURBES ALGÉBRIQUES

La quartique (fig. 5) d’équation fig. 6

(affine) :
V
1
2xd+y4-y(3x2 + 29) +y2 = 0

admet deux points doubles ; le point A

f1g. 5

v
1

7. Courbes elliptiques

Définitions
Nous avons dit que les cubiques sont
(,Y= 0, _y= l), qui est un point nodal, et rationnelles lorsqu’elles ont un point dou-
l’origine, qui est un point tacnodal (contact ble. Les cubiques sans point singulier sont
de deux branches algébroïdes). Cette quar- projectivement réductibles à la forme :
tique admet la représentation paramétri-
Y* = 4x!-g2x--g3
que :

.x = t(tz - l)vPD, y = tz/D, (dans laquelle l’équation y = 0 doit avoir


Où : D = 3t4- 8t2 + 6. trois racmes simples). Cette forme réduite,
définie 1 une homothétie près, dépend du
La quartique (fig. 6) d’équation seul paramètre :
(affine) :
1 = g;/g;.
(XZ-y)Z+y3@- 1) = 0
La définition de la fonction elliptique
admet un point double unique, a l’origine ; P(U) de Weierstrass met en évidence la
c’est un point oscnodal (osculation de deux représentation paramétrique x = $I(U),
branches algébroïdes). Cette singularité y = P’(U) ; c’est la raison pour laquelle les
suffit a assurer la rationalité, et la quartique cubiques sans singularité sont appelées
Proposée admet la représentation paramé- cubiques elliptiques.
trique : L’argument :

,x = 4r(rz + 3)/D, y = 16f2/‘D, dx

D = (t + 3)z(t - l)* + 16tz. 4xj--g2x-g,

167
COURBES ALGÉBRIQUES

est l’i&g&c &wX~nn~ (de première Loi de groupe


espèce) attachée a la courbe. Plus généra- Le théorème des points alignés (théorème
lement, deux fonctions elliptiques de de Lamé) consiste en ceci (fig. 7) : coupons
mêmes périodes sont liées par une relation la cubique par trois droites AIA2Aj,
algébrique : elles constituent la représen- B,B2Bj, C,C2CX, telles que les points
tation paramétrique d’une courbe algébri- A,B,C, et A2B2C2, respectivement, soient
que dite ~OUI& elliptique. alignés. Alors AjB& sont aussi alignés,
Si w et 0’ sont deux périodes de base car la somme totale des affixes est nulle.
d’une fonction elliptique, on appelle paral-
fig.
lélogmmme de période tout parallélo-
gramme admettant pour sommets les ima-
ges des nombres complexes :

ku+k’d,(k+ l)w+k’w’,
kw + (k’ + l)~‘, (k + 1)~ + (k’ + l)w’,

où k, k’ sont des entiers relatifs. Dans un


parallélogramme de période, une fonction
elliptique prend le même nombre de fois
toute valeur, et la somme des zéros est
égale a la somme des pôles. Comme la
fonction p(u) a un pôle double à l’origine,
la fonction :

fournit la condition nécessaire et suffisante


d’alignement de trois points d’une cubique
elliptique :

w et 0’ étant deux périodes de base (cf. Lorsque, dans la condition d’aligne-


ment, on fait u, = u2 = Ut, on voit que la
FONCTIONS ANALYTIQUES - Fonctions ellip-
cubique elliptique a neuf points d’inflexion
tiques et modulaire).
(la cubique nodale trois et la cubique
Si, dans l’étude des cubiques nodales,
cuspidale un seul) :
nous faisons le changement de représen-
tation, L = log t la condition d’alignement u= 143 + 1 ‘o’/3
devient : (où k, k' sont des entiers relatifs modulo 3).
U, + Ut + u3 s 0 modula 2ix.
Ces points sont tels que toute droite qui en
joint deux en contient un troisième, et cette
Pour les cubiques cuspidales, L est le propriété définit complètement la configu-
paramètre l/t lui-même. On voit ainsi ration. Un modèle métrique est obtenu en
comment les cubiques rationnelles sont coupant un triangle équilatéral par la
obtenues par dégénérescence des cubiques droite de l’infini et le cercle de rayon nul
elliptiques. qui lui est concentrique.

168
COURBES ALGÉBRIQUES

Sur la figure 7, cpi illustre le théorème courbes qui admettent une intégrale abé-
des points alignés, nous avons placé B2 en lienne hyperelliptique ; pour cette raison
un point d’inflexion. Cela va nous permet- on les appelle courbes hyperelliptiques.
tre de montrer la structure de gmqw L’extension aux courbes algébriques géné-
abélien de la cubique elliptique, qui a B1 rales de la méthode paramétrique nécessite
pour élément neutre : deux points (tels que l’emploi des fonctions fuchsiennes intro-
B, et B3) alignés sur B2 sont opposés ; duites par Henri Poincaré.
quand trois points sont alignés chacun est
opposé à la somme des deux autres. Ainsi,
la somme A, + A3 est C2 opposé de A?. 8. le genre
Cette opération est évidemment commu-
tative et le théorème de Lamé établit son L’étude locale a permis de définir en
associativité : chaque point d’une courbe algébrique une
ou plusieurs branches algébroïdes : on
(4 + A,) + BI = (- AJ + (-- BJ = G
appelle place la donnée d’un point et d’une
AZ + (A, + BI) = (- CJ + C-C,) = G.
branche algébroïde issue de ce point.
La détermination du point (X, Y) L’ensemble des places d’une courbe est la
somme des points (x,, y,) et (.y?, y?) se fait riemannienne de cette courbe et on appelle
rationnellement et cette propriété es1 en CJ& (parfois aussi &kw) de la courbe
liaison directe avec le théorème d’addition une combinaison linéaire formelle à coef-
pour la fonction n(zf) : ficients entiers. positifs, négatifs ou nuls,
des points de la riemannienne, un nombre
fini seulement de points ayant un coeffi-
cient non nul. Les cycles d’une courbe
forment un groupe abélien.
On appelle w&e d’un cycle la somme
D’un point arbitraire d’une cubique de ses coefficients. Un cycle est dit @cctf
elliptique, on peut lui mener quatre tan- (ou positif) si tous ses coefficients sont
gentes, dont les contacts ont des arguments positifs ou nuls. Un cycle effectif ayant une
qui diffèrent d’une demi-période. D’après signification géométrique simple peut, par
un théorème de Salmon, lorsque le point exemple, être obtenu en envisageant, sur
parcourt la cubique, le faisceau de ces une courbe C irréductible Coupée par une
quatre tangentes reste projectivement courbe aigébrique y, chaque branche algé-
constant. broïde affectée de la multiplicité de Bezout
L’invariant (birapport symétrisé) de ce correspondante.
faisceau s’exprime au moyen de 1, ou du Plus généralement, étant donné une
quotient a’/~ des périodes : c’est la signi- fraction rationnelle N(,y, JS,:)/D(x, _)‘,z),
fication géométrique de la fonction modu- OÙ N et D sont deux polynômes homogè-
laire : nes de même degré, dont aucun n’est nul
sur toute la courbe C, on peut lui associer
le cycle ZN -Zo, différence des cycles
associés au numérateur et au dénomina-
Les méthodes Utilisées pour l’étude des teur : on vérifie en effet que toutes les
courbes elliptiques ont été généralisées aux fractions, formellement différentes, qui ont

169
C A O L U G R É B B E R S

la même valeur le long de C, conduisent au morphes sur la courbe définissent des


même cycle. Les cycles associés aux frac- cycles équivalents qui constituent la classe
tions rationnelles sont d’ordre zéro et canonique K : les cycles canoniques effec-
forment un sous-groupe abélien. tifs constituent la série canonique qui a
Deux cycles sont équivalents si leur l’ordre 2 p - 2 et la dimension p - 1. Sur
différence est un cycle associé a une une courbe rationnelle, K a l’ordre - 2.
fraction rationnelle. On appelle S~I+ Sur une courbe elliptique, K a l’ordre
liwhire complète l’ensemble des cycles zéro ; seul le cycle nul appartient à la série
effectifs équivalents à un cycle effectif canonique qui a la dimension zéro. Cela
donné ; cet ensemble a la structure d’un tient a ce que, selon un théorème de
espace projectif : si n est l’ordre commun Liouville, les seules fonctions elliptiques
a tous ces cycles et r la dimension de holomorphes sont les constantes.
l’espace projectif qu’ils constituent, on Soit G un cycle d’une série linéaire gFI:
désigne la série hnéaire par g;. La classe si la classe K-G contient des cycles
d’équivalence d’un cycle est souvent appe- effectifs, on dit que la série est spéciale, et
lée série hnéaire virtuelle. le nombre de cycles effectifs de K-G
Deux séries linéaires étant données, linéairement indépendants est appelé son
prenons un cycle effectif (respectivement indice de spécialité I. Lorsqu’il n’y en a pas
Z, Z’) dans chacune d’elles : le cycle (ce qui est, par exemple, le cas pour
Z + Z’ est effectif et définit une série n > 2p - 2) la série gk est dite régulière.
linéaire complète, somme des deux séries La signification géométrique du genre
linéaires dormées. Par exemple, les droites est alors donnée par les deux théorèmes
qui coupent une cubique elliptique en un suivants : Si une série linéaire complète gr3
point fixe découpent sur la courbe une gi. est régulière, on a r = n-p (Riemann).
Deuxg; étant définies par les droites issues Plus générafement, si une série linéaire
des points A et B de la courbe, la somme complète g; a l’indice de spécialité I, on a
est la gi découpée sur la courbe par les r = n -p + i (Riemann-Roch).
coniques qui passent par A et B ou par tout L’ensemble des séries linéaires complè-
couple de points équivafents. tes &p d’ordre p peut, par application du
Le théorème du reste de Brill-Noether théorème du reste, être muni d’une struc-
énonce que tous les cycles effectifs (s’il en ture de variété abélienne de dimension p :
existe) obtenus par différence des cycles de c’est la jacobienne de la courbe.
deux séries linéaires forment une série La classe canonique et, par conséquent,
hnéaire. Il a trouvé de nombreuses appli- le genre p ont été introduits d’une façon
cations à l’étude des intersections complè- purement algébrique par Enriques, au
tes. C’est ainsi, par exemple, que si, parmi moyen d’une construction tirée du jaco-
les neuf points communs à deux cubiques, bien. Liée à la théorie des enveloppes, cette
il y en a six qui sont situés sur une même construction élégante perd malheureuse-
conique, les trois autres sont alignés. ment sa valeur en géométrie algébrique
Introduit par Riemann, le genrep d’une abstraite sur les corps de caractéristique
courbe algébrique irréductible est le nom- non nulle.
bre des intégrales abéliennes de première Une autre définition du genre a été
espèce, attachées à la courbe, linéairement présentée par Weierstrass, qui s’intéresse
indépendantes. Les différentielles holo- aux cycles associés aux pôles d’une fraction

1 7 0
D P É AA
ÉQUATIONS R

r d as u c é it u n o f ri r e u i ro r n én
t U p Pi m nd l m b u ee a u l n c l e i e t . e

D
n p ê l ep t d ’ f uô r ’ u r t l e u n a e n i c
r à c a q n no f t p u e na i a e ds o s is n
p d c ae ’ ed F er n u re nt s n t ti e a ie m
l ( l ) i e ( a à 2 )p -n s1 S cP , f .i u é n r
p s l r r u ea ip h i d r s er o s ’ t m i r u sa s n
c e ef l n l ris e s a t no s e c ain mu i, t
1 2 .. .. p E g , , .a n é a l o b g m s é é -
t s u c r d c u n o a en a r r i o m p t n c s e
n l s up ade t la d u c h lr e oé et no ,i
W n pe v : i ’p ai r l ee rse a su rr i tt is e
q p t p u P ol l o ld e ue a u ai sr c t cf ue ef
d 1 2, p e , . . . . ,

L G U A C U T
DÉRIVÉES
PARTIELLES
É A Q u U
B i b l i o
A C C .H d o E gP uN éu C
r hb Ib rl N e
t m i d la Po e ’ t P an uh a rs né r i imi s

L
1 / H C 9A S . L o 7 m EC / 8 EpM É w ‘ abE Swd Q C pNo u é oU S
T P P h N l Y r r e 1e o / e o w 9n r s r 8u k s y 0m - , ,
s s d l od a do m e no n
J F G . d,,éhrique,
R Ué d mE . o e a S F k t .N ~h R E
m e d a dt ’l t d B e i’ m i e o onu l lq a a r l fn pù eu i t ev - loi a h e
d T 1e / F a A 9 a U Cl l 8pu L é ue I gn 9 xsT l prnt s cl O e, ’ udwc far eb N
A Nd Y 1 /ed P Ao G 9 qwi . .lr R r 8 s u lIk e p e9 a o F ,e e es l c cn -
F l I Q An TC I Alt H u g.r S r o ,
eM w bd. s
g l p i é e lo ém n m s un
P ( r1 / A GR o9 . FR . v8 OO I i9 T ~. d H I) e
d d i e d e a 2 vr S g g ovn e ép dé q l e éc b da op e .un r Ire s etr h s t e
m 1 a/ J P L9 C t .I d e 8 aho C e m .s 5 éuHu d fys t uq O mr l s iu a ru ab
N
L p e d l l Et m kl ; É l s 9s a q l
m p p?l p p mi e anu7 a h tpp l tc ro
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J V C d. E oS iL m ue Up d rc , / t br i h eé q
t 1 i 9 q 7 uc p
8 g e a o . fl é l. o d n l ou n e
p p d ll ué O e e ue t it n
v p e e l d l x ar u a
q s u u i i
C é a e e à st t uut ou
i f n s ol d f u ne
m g d le é m e ’n n a
a X s L u c V l pi c e a eI e lè
l q d s a us t ef a e ei o o
d e és t n vé r
P d p ol t ’ d a d se r a
b e D B e t sa l e r d un ’
c v po p ic d Fur a be

1
DÉRIVÉES PARTIELLES ~ A N U A X T I O N

s l d u l ’c ( e r&a éh d cp R qa d em f r I uld e ms é . o E aee


~RIGONOMÉ~RIQUES). ckl PeLltC a l cU i d aS po t d S é é ai nee e q c
t d p h ( u POTENTIEL
o é ETc q t o f u e r . e n i
FONCTIONS HARMONIQUES), n d l é Le t’ e a d ré F e p e at o
d l g e e d a pr é t u oa t l tv b i a e àeil i c d cd nt’ e
e d u d t e h p n eo vd a é nm à
ee c r q t a c n o e
t u e i ia o u e
l m ’ L am a p e t é p d
n a s h td e d l e
a r d i d éh rs è e l é s u
d q G u G ua e a dr ep od l ée e ’
p r q i je o x s e
l g d u t in n p e
a é a ud q p u x éd u am x r aL a r of d i nc’ t t t di e v seé i r
l d d aa é 1 eo nj c u 8 m sn on a e n 3 l a t ué lp n v 0 oét ée ’p n e ,
r e ; e ô o s é r l l pn s t d e rl e at e eé e pl eep r n n sora lsr t t
H P pe p o J uHn a i al i era l r np ca sitd ca cr qt a o ao
( l p d’ é a d ei q
m C p d va d e s o e fru e o i ade s l n i. ut b t
o o d S n u eU c d d n h i
d é a e dq p u s é uk a x r a r i t t v i
f e ol s : is nna u lt
é s t yu p él s t a ’ t i r é él c mi
p d f an e n o à ss o un u
r ( G u IS eS s ze los rr f be ag a o iu
c d l ot o d a Frm n e
e a a L t Sm aà l c e u ’ h n r é wé e l a
s a k s o c u uC io o s pe
t d l t i de ad h o e i é n s s o t r
v s e au v i ms tn em at
( t d Dc h e q I fc é s u S. o o i Tn r Rs i
q n d l u a d eH ’ e ï e ei
t d n j u l ce o n o e ed al s a u e da tr r us e
C p e ’ d oc s e c e uo s
t d é h a ed q pé u sé u oa x r a r i t ti v
d q H i eu s o c f te e r o
l l e i s n é a i
r o i a l n c n t d e t o t
L t d da h es i é s’ s o i t r m r i
m i c
a p l pu o n e lr s u os ios r n n bi él
c l d an e l o g ro s i n é CLAUDEn n BARDOS n n e MARTIN é éZERNERè t a e
m à p dê d a r em o r é e n t g n i u é
d s s e o ( i s l i n u n g t t d i e
d l l ad de a ne C i n ss e s g st a r g
i a d d p c R é é p h i e j a e e s à r z m a
( 1 8 6 0 )
L e ’ l d n i e é
A. Sources t n
etv applications r t e e e l
d l p e de la h f t e ’ y o
O s p a s n
d nd e r t n i s e é c o r a q o
s e p’ l f ae d’ f m qrs ei e t e cut sn c yd n le t t p
é a d q p u é: l u a tx r ’a a d r i p i eu t é i t op a v sx i rs i
d H L ee l i nZ s ’dl p a t edeb l pa t esese da phl u tp r e r
s d l o d Se ’ l d e cl é iu e he q d nt d d ru u a ti e oc
l m qa é ; d um c v e daê ma a enm an r st e t i
l d S ’ H ( ec o 2 L e t’ c h b A se yq f l a s o l p pud . eé p o l o a ee s q
e d ll p A ac al a - dni i r o is- pd t r fdd t éi d
S e a o e t6 O p u s t op d rp u uléc e cl r a iro eu r
l w e e lp a s t er i p c d s én p e e es sq r dl t sy eu o
r e ae dt p F t ea pr Od i p s u ér Néd o a d x os C ré
T e l I n s d’ s O a t fee o N ta oss ; l i Syur a d np d ul ) rb o

172
DÉRIVÉES PARTIELLES ÉQIJATIONSAIJX

familles beaucoup plus riches de solutions dans chaque problème particulier). Cette
Ce fait se voit sur l’exemple particulière- condition est automatiquement vérifiée
ment simple d’une équation linéaire du dans les problèmes linéaires (c’est une
premier ordre : conséquence du théorème du graphe
n
fermé ; cf. espaces vectoriels roror,oci~-

j
1a I =
= j , l,..., n;
l
f QUES).
=i , &
Il est remarquable, ce qui sera évident
+

ci-dessous, que les premiers travaux


on lui associe le syst>me diJf&entiel des systématiques ont porté sur des équa-
cuructkristiques : tions du second ordre, qui se sont pré-
xj(s) = ul(x(X)), j = 1, . . . . n, Sentées en mécanique, puis dans la théorie
de la chaleur. L’étude des équations du
dont les trajectoires sont les courbes curuc- premier ordre, la plus simple du point de
tkristiques de l’équation. L’équation aux vue mathématique, n’est venue que plus
dérivées partielles équivaut alors à une tard.
équation différentielle ordinaire sur cha-
que courbe caractéristique. Posant :

w(s) = ~@C~)h 1. L’équation des ondes


et le type hyperbolique
cette équation différentielle s’écrit :
L’équation des ondes (équation de
d’Alembert) :
il faut la compléter par une donnée initiale
sur chaque caractéristique, ce qui introduit & a ? z
w g ( - a I a x
une fonction arbitraire. On remarquera sur 1 2
cet exemple qu’une solution d’une équa- régit le comportement de la densité dans
tion sans second membre u= 0) ne peut une onde sonore, c’est-à-dire une pertur-
s’annuler en un point sans s’annuler sur bation de faible amplitude d’un gaz non
toute la courbe caractéristique qui passe visqueux au repos. Dans une série de
par ce point. phénomènes physiques représentés par des
La façon la plus courante de détermi- grandeurs vectorielles, chaque compo-
ner une solution, en particulier dans les sante des vecteurs concernés obéit 1 cette
problèmes d’origine physique, est de fixer même équation : ondes transversale et
les valeurs de la fonction et d’une ou longitudinale dans un solide élastique,
plusieurs de ses dérivées sur des hyper- ondes électromagnétiques, etc. Il faut y
surfaces. On dit que le problème est bien ajouter les phénomènes analogues dépen-
~OS~lorsque cela détermine une solution et dant seulement d’une ou deux variables
une seule. Pour traduire une situation d’espace ; parmi eux, les vibrations trans-
physique, un problème doit non seulement versales d’un fil élastique donnent lieu au
être bien posé au sens précédent, mais cas particulier de l’équation des cordes
posséder en plus une propriété de stabi- vibrantes :
lité : la solution doit dépendre continû-
ment des données (en un sens à préciser

173
DÉRIVÉES PARTIELLES ~ A N U A X T I O N

1 p a ~ à l a3 n é e uv c pt x sdo C i ré pa eitu nae o p hv r un


m é (
el d t d 1 na pé u s ea 7 t acsd U i en U 4 s rei i ” m t s e 0, ’ n é
d ’ B D ea E A e d tn u l d r i e i l e ’ [n b n hu e _e muuo ] t
L p d a o t l ’ s sos e é lo s u. ’ e es cdol i d tYal s n re ru b ee
t d l i d ec’ vo e oé v i [n s ri q a b ~s 1 ( ,d u1l S r - 1 f be
s l f : o a o u r c fs sm l e d i di e eCt o g e
~ . e a ( ( , sY t u e0 d0Y ’ ) / n,
u(t,x) =Y&--Cl) +g@ +Cc)
d [ b f s e La s ] a o s t , ’l , lu
p d v fe ’ c o ar p e re i cO
m r n ér r im
e o gt l tb -
p : r i C é p ep t sr ted é ’o
a L p )d eC r e be a of sé i u ab e t t q e d dc çl n e u n e oh
p t d l of a ( > a r qe su d nt dnOd u ét a t : u(t, es )s)
é en ,udn q pd e rés
l p ( < Q Ce pa t s . e rs i : r’ osc d ue é e u béi à el U sn t , l ’
HT u v r l é ( eo ’d r 2 ti,x+~j
[.y--clt u ée t li ) vq ]f eu
p l c l : e o u s n d d s dd e p é P e l isu o p s e te
r s l ed s ; ou p ’ cn e nr e a
U = e (+ U = u t f A u& à&l o d d( t , e
’) d C oPs) c a, e Xa s
s e g
où L+, et U, s d f o de o n
os n t n c - t
c L s ) de l i s s se un o
n ) é ) e s .
p e ar à [ v l cu oS p a i l .s
b L s )s e p o ù el s r l a o u p t q
e u p x u d, r e na i é
v c C ai . ed ft té fe tl is ei rs
p _ o r o xd nd e i Oe i t
v p s ap e d e p gr u e l ué t u ec s i
d d p e é d u ar sp r e ue
f P e a e a r x ç a n r e e o u v m n e p s
(t, x ~ et ) e (t, x + ct ). t
L p d a o t ’ l s o
f 1
s i
s g
u o f .
so n e l ot i u e
à f s a ld p d c’ i é e
v M li p a q eb n r i u
e a t n s v d i ep o é r
d m ’ p t é u ac o o t n
d e d ’s q t e aéy u
h Cy d c ’ pc a e
q t l ué r d eb ’q a o e sa
q o ul p b eep h é
q r àu c é p le o v a
t d o i L ef n o ad s o d
p d C r n p e b a od ’ a e u
C d m h t q u so l a a à u ei i
u é d sn q o Lu ege u r a
t d l p r e da r p i c e o l
P d r s ee od o d tsd po l e pé amu e ppg at l f d e a hit do ni laoo cé , - oaun
d p l a a d ’c n v , e é o c: /es fr s q r e b ud r ae a ts n ; t
pe”tesd d o e rS kbl s oo /l i ”g ;c mt t lq. é e i f uê r si n ea l a m e sn
c b o i N ua c o

174
DÉRIVÉES PARTIELLES ÉQUATIONS
AUX

décrire ici deux résuhats simples sur otih est une fonction qui se calcule à partir
l’équation : des coefficients de (3) et de S. On voit donc
que la discontinuité [u] vérifie une équation
(3) g-divx(c2(x)gradxu) + b$ = 0, hnéaire du premier ordre dont le système
caractéristique est :
équation qui décrit la propagation d’une
onde amortie avec une vitesse dépendant
du point OÙ on se trouve (comme le son
(5) X’(s) = -C~(X) gradxS
dans une atmosphère inhomogène). Nous
poserons : = 1 gadp(r, xF , gradx S) ;

les trajectoires de ce système qui ont un


(c’est ce qu’on appelle le SJW~& princi- point sur ZE sont tout entières sur cette
P4. hypersurface du fdit qu’elle est caractéris-
Soit u une solution de (3) qui s’annule tique, ce sont des courbes bicaractéristiques
d’un côté d’une hypersurface X d’equa- de l’équation (3).
tion : S(t, x) = 0. On peut démontrer Le point important est que u vérifie une
que si u ne s’annule pas sur tout un équation différentielle le long de chacune
voisinage de Z, S vérifie l’équation aux de ces bicaractéristiques, d’où il résulte que
dérivées partielles non hnéaire du premier sa valeur en un point la détermine sur toute
ordre : la bicaractéristique issue de ce point. C’est
en ce sens que la discontinuité se propage
(4) o(&x,$gradxS) = 0; le long des bicaractéristiques. De même, si
a l’instant t = 0 la discontinuité présente
on dit que c’est une hypersurfice caracté- un pic au voisinage de xO, ce pic se
ristique. retrouvera en chaque point de la bicarac-
Supposons de plus que u soit deux fois téristique issue de (0, xO). On notera la
continûment dérivable en dehors de E nature cinématique des bicaractéristi-
mais discontinue sur Z. Nous noterons [u] ques : elles représentent des points qui se
sa discontinuité ; [ est donc définie usur I?I déplacent ] à la vitesse c perpendiculaire-
comme limite de U(X) quand x tend vers ment aux surfaces S = Cfc ; on retrouve
un point de E en restant du côté OÙ u ne ainsi le comportement des rayons lumi-
s’annule pas identiquement, Si on cherche neux.
alors à écrire l’équation (3) au sens des Pour achever de se ramener à la défi-
distributions, on voit apparaître une dou- nition générale des bicaractéristiques, on
ble couche Portée par E de densité [u] que vérifiera que, si on pose :
multiplie le premier membre de (4), ce qui
donne la démonstration dans ce cas par-
ticulier. Il apparaît également une simple
couche dont la densité est à un coefficient
non nul près : on a sur les bicaractéristiques :

175
DÉRIVÉES PARTIELLES ÉQUATIONS AUX

Il est remarquable que les conclusions Une série de problèmes importants


de l’étude que nous venons de présenter dans les applications concernent la diffu-
aient été dégagées par Huygens dans son sion (G scattering ))) : c’est l’étude du
Truité de lu hnièw (écrit en 1678 et publié rapport entre les comportements asymp-
en 1690) sur la base de considérations totiques des solutions pour t tendant vers
physiques et géométriques avant que qui moins et plus l’infini.
que ce soit n’ait écrit une équation aux On appelle systemes d’évolution du
dérivées partielles (cf. fig. 2). premier ordre symétriques, ceux qui ont la

Une méthode importante est l’approxi- forme :


mation des hautes fréquences qui repose
sur la construction de solutions appro-
chées de la forme exp (ivq) u, OÙu possède
un développement limité en v au voisinage
de l’infini. On trouve que q vérifie encore OÙ 1 est la fonction inconnue (vectorielle)
l’équation des caractéristiques (4) et que et les A, des matrices autoadjointes. Ce
chaque terme du développement limité de sont des systèmes hyperboliques et, en fait,
u vérihe une équation linéaire du premier la plupart des systèmes les plus importants
ordre dont les courbes caractéristiques peuvent se mettre sous cette forme.
sont des bicaractéristiques de l’équation L’équation de Dirac, qui décrit l’évo-
étudiée. On arrive a donner une base lution d’une particule relativiste de spin 55,
mathématique rigoureuse aux calculs qui est un tel système, OÙla fonction d’onde de
se faisaient en optique, dans l’étude des la particule a quatre composantes. L’équa-
radars, etc. tion des ondes peut elle aussi se mettre sous

176
DÉRIVÉES PARTIELLES ÉQUATIONSAUX

l f d s a o s ’ y Pr y ud s omd tm né q t p ueu ef é p u&è a r n m


a
c o p p e f n r i o l o : e o n c u aU(tn- tu),n ou cva r . q c dv n oos u t
a u l d H ’ : e e é
u " = ~ ~

" = q i j = 11, . . . . n.
C é a de p q t et à r u
L d o ’ d e a n é: e sl d q v o e u i r s a
a f à cG nd L et ae a
O r l n e d L ’ ( t e a
! k ! -
J - t d v ie a cnu r
j=l
c d oc d e C no e
e o c l t s n o e é e y l m nR c s eE p e i rd t v sl l s pe i o l è é l
é q e q q u l x du u pi e p r éa e l epa s rié rt t a par dimei
t p r ia . ae ia t c eu Y r:t p t o fnx , apo m os d nvou m n ’
c C f o a é l es a m dt a o
ut - G, j = 1, . . . . n. c p e d lr t r de a o h
é a d q p u é(u a x
L s o ee y b sb s ti yts l p
t èe o
me d e f r mn na
én e s oo e
D é ’ q l qh a u et u y q pu e is ê a p gu et q it t ?e éi ru
q o d s u qn s e p o e out e s r1 l a a s ni & lo1 u s u d t c ap t o s eé
e v d e n e t e nx h r o s aoe n r du p nl m p é ac os pea p l a é n
d l p C c a a aÉ i nn r qm - sdo J t ué a ( enu o ic at pi n u
l M di c a a é a n e u ai q n é s t l spc u s ad é r e ,pa a i ’ ce
l v d p a i d e r t t é i o o e p an p u ds eauc a sj ’s
d l s c e a o o l r n à u up a s d rn t r m i e e i o
c o n
p L b e pr p l i s oo o
d L t ci e a e g oo l p n é
2 Le t e . y l l ps
s u o oe bi u ! nd uR” l d po r A e
n n l l of o L - d a ur p t e
L’équahon de Laplace, s :
u s o u n
ou de Poisson L , d De w : GT e i uo
S d l id a o ’ o s e nn é n ’ v (
s s d q s 0 é e i d 6l eru u r t n o à )a esr
A d s s e o ( t s l l e
c a d uH - s
’ t o t et i n i
i dnt o t u de s - L pwblcbne
n o ém u d N e
m p pr : cc T e e bu e s
l d P ’ : e o é v i q ( s é0 se ud 6 lu dr st ao ) ar
n s r e od uB s ro r
À v d c d r ni p e te aà ’ r a
f b p D a i i no a p ’ iu e l ’ s a
p a u à u js i u n oo
plus c s l no d o e don ’c u oemn r éo s u a n ue s qn n u et
L l l as om e epe n re D s lcp u p s m ’ q yt aoa l e o q ba u l cnir , x u
e p d ét r e e q oD ld s u dt e vl o ua ooc ié n q nt i t o
m s o s ê a i sn ’ qm nu o n i a ue ex t l on e l i,u r u ult nl t o

1
DÉRIVÉESPARTIELLESÉQUATIONSAUX

fondamental pour ce genre de questions, la (Cf. POTENTIEL ET FONCTIONS HARMONI-

formule
de Glwrl : QUES).

Applications à la topologie
Considérons une variété compacte V et
c-J gradt,.gradudx + ranudq munissons-la d’une métrique rieman-
n sI
nienne, comme il est possible de le faire.
OÙ 8n désigne la dérivée normale sortante On sait que cette métrique riemannienne
et 0!0 la mesure superficielle ; nous notons induit pour tout k un produit scalaire sur
g la dérivée normale sortante (donnée) de l’espace vectoriel AL des champs de for-
t et nous appliquons la formule de Green mes extérieures de degré k sur V. La
avec IJ = 1, ce qui nous donne compte différentiation extérieure d qui opère de
tenu de (6) : A k dans II k+, possède donc un adjoint ci*.
Posons :
A = dd* + d*d.

Cette condition aune interprétation très Dans le cas des fonctions sur un espace
claire dans tous les cas où ~ grad u est le flux euclidien, on retrouve bien le laplacien
d’une grandeur (par exemple si ~ 1 est le usuel ; c’est essentiellement la formule :
potentiel des vitesses d’un liquide animé
Au = divgradu.
d’un mouvement irrotationnel ; ou si on est
dans le cas stationnaire de l’équation de la Notons en général Ak la restriction de
chaleur, L est alors la densité d’énergie A à II k, On a alors le 0zé~rè~~zcde Hodp-de
interne et - grad u, moyennant un choix Rham : la dimension du noyau de AA.est le
d’unités, son flux). Dans cette situation, le k-ième nombre de Betti de V.
premier membre de (7) est la quantité de la Ce théorème a reçu une série de géné-
grandeur en question créée à l’intérieur de ralisations dont le célèbre théorème de
!2 et le second membre la quantité qui sort i l’indice d’Atiyah-Singer et, tout récem-
travers la frontière. ment, le résultat d’Alain Connes classifiant
On rencontre très souvent des problè- les feuilletages en attachant un indice EUX
mes mêlés, c’est-à-dire OÙ on donne u sur opérateurs elliptiques sur chaque feuillet.
une partie de la frontière et sa dérivée
normale sur le reste. Ces problèmes sont Principe des travaux virtuels et formulations
bien posés. Une série de problèmes géné- variationnelles
ralisent celui de Neumann (condition de Les équahons vérifiées par le déplacement
Newton, dérivées obliques...). d’un solide élastique en équilibre forment
Les solutions des équations de Poisson un système elliptique. Nous allons en
et de Laplace et des équations analogues donner une formulation fondée sur le
possèdent de multiples propriétés : elles principe des travaux virtuels.
sont analytiques, ne peuvent pas avoir de Soit !2 le volume occupé par le solide au
maximum ni de minimum à l’intérieur repos, l- sa frontière. Supposons que sur
d’un domaine où l’équation est vérifiée. une partie r0 de l- le solide soit fixé et que
On appelle fonctions hwnoniques les fonc- sur le reste I-, on lui applique une force de
tions qui vérifient l’équation de Laplace densité superficielle g. Un déplacement

178
D P É A AUX
ÉQUATIONS R

a e u dc d sv n mh q e ct e ia ui q ’ cs sm sci T u e1 ’t f s p ui
s s I S’ @ ul d , oa ) er d é, p ni q v e p. l u tn uc é l ud n u ’ o
d p d s u q o s tu o e ,u ia e r r l n Yi qnu a o é i a m ut s u gl d u i i
r O s q ec n ca u ph d oti e do a l e m et q es qf ’ d np ul . iui
l d d f a eé e so n:l fs ’r ( sa n oy r éc 9 i s o O r ae ce ) tt u
t à l j i v ba dt u pm
b d l r l d e da e è au é c
l : T ’ u d r é n é
a L q dv p J tu m éd o oi
o e l t d s ce e qe t eo n us sn s i tt e r
c a eu : d r m
s L yt d eu d rm a un é aé n r p vt s l ar
m v a e iu e :d n r s m t t t i u s e

E g un pé o a nà le n n r
f s o O V e u u er Ù s in
O l Ié Ù l’ m c i v Hei; l o dn o f n e t s et0 qo( pd s u êe unq à ei r
/ s l c r o ed oh nk n s ev m i ov t a ep l r eF d f l t o e m c! e
s e & l mo s t a er s I u c st u( .e p c o ua rei ps e or n rn lt et r
S d op id c ia re od s tr eqs ne vu c s
F u ( 0 ép = !t’ x
p q s h t l u d e dy r o 0’ : ee rTés o L na )i a r ci pa V t gpl q i o rq
i s e a c oà ( n u p i i i 8 npp n t , t f ) eol tt ao o iuà Véi :pu n
p p e ea t a c t n r de lr o en at m a i p n e
s d o oy a ea l , nnm r a o é r u t i vr v
f : o r m u l

v.gdS.

L l d c a o ed o l i o mD ’ i n ppe e pn m n oas x at
s d oq d i d e d u é d ot e e ( é i q p ue vn t s s lr u e éa id ’i e pn ru é év
l s é e ei o t d s nU l u t et dh s i s d io . :uoude i er y meec
l s l d e i e a aé mp s sf ee t so nt er ti
p q l s ro éu e o i seu dle l l usr ea i ft s d fe t
s l d u e au l é pM n ip p a ne o i én s s
i e i dl cs m q e nto p u om o e up r sr t
n p b ’ d c a s e a e e s i s v t mo o t pi n e
i ;n n l f c do ep a a i ou ae d i c ns ast els o q c d .u sio n u é
A d q vl t ’ v u dae r éd ci e d en l a cu hrV e st ’ v r to. ea
f é eo é là c d sl r f g a e Le atpc o a g s l a e le r l dr t uf v us c ea i
a i r pà p l c e q p ru t e s u vl én i t ’e ai jc o e des rq ui
d a é I f dq p s l ac mu l aà l f uol i’ a t aa o dt n’ si c i u i
f a l a i u i a s s m x ap u y s pe l iac s e ot a e lsro t s us

1
DÉRIVÉES PARTIELLES ÉQIJATIONSAUX

Voyons cela de plus près pour les problè- appartenant à l’espace de Sobolev). On
mes mêlés. Sous forme classique, nous arrive finalement à la formulation sui-
cherchons u deux fois différentiable qui vante : ccTrouver u E H’(G) telle que sa
vérifie (6) sur 0, L = g0 sur Fa et 8,+ = g, restriction à r. soit g0 et que, pour tout
sur F,, OÙ g0 et g, sont des fonctions u E V, la relation (13) soit vérifiée. ))
données. C’est la formule de Green qui va On notera que les conditions de Diri-
nous permettre de passer à la forme chlet et de Neumann ont des statuts très
variationnelle. Elle assure que pour toute différents dans la formulation variation-
fonction u sufhsamment régulière et nulle nelle : la première doit être imposée à u et
sur F0 : aussi, par l’intermédiaire de Ia définition de
V, à v, alors que la seconde est intégrée dans
la relation (1 O), (11) ou (13) selon le cas,

Il reste à définir l’espace V.


la monotonie
DÇbarrassons-nous d’abord d’un détail :
Le fait d’admettre une formulation varia-
une fonction appartenant à V devra
tionnelle du type (11) n’implique pas
s’annuler sur F0 alors que la solution u y
qu’une équation ou un système soit ellipti-
vaut g,, ; il faudra en tenir compte dans la
que. Au demeurant, les méthodes d’étude
formulation du problème. En dehors de
liées à la formulation variationnelle admet-
cela, il nous reste seulement à préciser
tent une extension au cas hyperbolique,
quelle condition de régularité doit vérifier
c’est ce qu’on appelle la méthode des iné-
une fonction nulle sur F0 pour appartenir
gulités d’énergie. Ce qui caractérise l’ellip-
à V. La condition (13) suggère de deman-
ticité, c’est une propriété des fonctions F,
der que son gradient ainsi qu’elle-même
que nous allons aborder maintenant.
soient de carré intégrable. Or, c’est exac-
Les propriétés des solutions d’une équa-
tement la condition que dicte la physique.
tion aux dérivées partielles sont surtout
Dans les applications les plus usuelles,
déterminées par les termes contenant les
l’expression :
dérivées de l’ordre le plus élevé (ici 2).
Nous allons donc concentrer notre atten-
tion sur la dépendance en grad u des
appelée intégrale de Dirichlet, est à un fonctions F, de la formuIe (1 1). Nous
coefficient près l’énergie du système étu- supposerons que F0 = 0, comme c’est
dié. C’est le cas en élasticité, en électro- d’ailleurs le cas dans l’équation de Poisson-
statique, dans l’écoulement irrotationnel Laplace et dans les équations de l’élasticité,
d’un liquide. L’ensemble des fonctions qui entre autres. Enfin, nous examinons le cas
sont de carré intégrable, ainsi que leur d’une équation, le passage à un système
gradient, a reçu le nom d’espuce de Sobolev n’implique pas ici d’idée nouvelle, seule-
et on lui a attribué la notation H’(Q) (il y ment une complication du formalisme,
a des espaces de Sobolev plus généraux). V Nous posons F = (F,, .... FJ.
sera donc l’ensemble des fonctions qui On dit qu’une fonction F est monotone
si pour tout couple (u, u) E Rn X R” :
appartiennent à H’(G) et s’annulent sur F,,
(un théorème assure que cette dernière (14) (U-U) . (F(u)-(F(v)) > 0.
condition a bien un sens pour les fonctions

180
DÉRIVÉES PARTIELLES ÉQUATIONS
AUX

Cette terminologie est d’ailleurs assez mal- une partie de la frontière. Dans d’autres
heureuse, puisque dans le cas d’une seule cas, c’est la présence d’un terme en F,)
variable réelle elle amène à dire qu’une strictement positif qui élimine la constante.
fonction croissante est monotone mais Dans d’autres cas encore, tel celui du
qu’une fonction décroissante ne l’est pas ! problème de Neumann, il existe bel et bien
Il reste qu’elle est adoptée par tous les toute une famille de solutions différant
spécialistes. On dit que la fonction est deux & deux d’une constante.
strictement monotone si le seul cas d’éga- Avec des conditions d’uniformité de la
lité dans (14) est celui où u = u. monotonie et des conditions de continuité
Si F est linéaire par rapport i grad U, on assez faibles pour pouvoir être vérifiées
peut écrire : dans la plupart des problèmes usuels, on
démontre l’existence d’une solution (théo-
F, (grad u ) = rème de Minty-Browder). La démonstra-
,=1 tien, assez technique, se fait en deux
La condition de Fonotonie signifie alors étapes. La première consiste à démontrer
que la partie symétrique de la matrice des l’existence dans le cas de la dimension
a;, est positive, et définie positive s’il y a finie. Elle s’appuie essentiellement sur un
monotonie stricte. On notera en particulier résultat de topologie algébrique (le (( théo-
que dans le cas de l’équation de Poisson- rème des antipodes P de Borsuk). La
Laplace c’est l’opérateur -A qui a la seconde étape consiste à démontrer la
propriété de monotonie. convergence des approximations de Ritz-
Montrons que si F est strictement Galerkine.
monotone, deux solutions du problème
variationnel ne peuvent différer que par Formulation varia~ionneile
l’addition d’une constante. Soient U, et et calcul des variations
z+ ces deux solutions. Écrivons la rela- Dans de nombreux problèmes, parmi les-
tion variationnelle (11) pour chacune quels les plus fréquents dans les applica-
des deux avec la même fonction u = U, - tions, la formulation variationnelle
u2, puis retranchons l’une à l’autre les exprime que la solution u est point critique
deux équations obtenues. Nous aboutis- d’une fonctionnelle J sur l’espace V. Ainsi
sons à : du problème mêlé pour l’équation de

s t,
Poisson-Laplace (et comme cas particu-
(grad - grad u 2) liers des problèmes de Dirichlet et de
fl
X [F(grad u ]) - F(grad # *)] dx = 0. Neumann). La fonctionnelle J est dans ce
cas définie par la formule :
Si U, ~ U2 n’était pas constante, la fonction
à intégrer dans le premier membre de cette
équation serait positive et non nulle et, par
suite, l’intégrale strictement positive. Les équations linéaires du second ordre
Si F est strictement monotone, il suffit pour lesquelles une telle fonctionnelle peut
donc que l’espace V du problème varia- se trouver sont celles qui s’écrivent :
tionnel ne contienne pas de constante non
div(A(x).gradu)+c(x)u+f=O,
nulle pour qu’il y ait unicité ; ce sera le cas
si on a imposé la valeur de la solution sur où A est une matrice symétrique.

181
D P É É AA Q R U U R XI A T T V I I ÉO

L cf o e e o ro l tf x n s nc a tr i d cD q o oeo sde t i u n
e d r as u o p a d t n nr mN ’ oco m e e do u bp ê n u L ’p la l
s L p a d m a r t é e o do i qa nl i pc h o u v oe f rae ya n i e
v al c ad l fa o ue qa o n c t du n l vc h a’ cve eo e d ni t i
s d d m’ o e i a n l v n g t c aD a i i o e n d ’ r im t n m e o
L f J aa so u i on q ln v n iuc u dae ua et p nvtc e d e s l te a iiee
p c ré po én d odm t Ee u etémc la nr~ i ter e’ et gs~ m
s S c y i a o ds l n l s n ot na d a eo vg nè ’ q i d nl e él cm e uq
s d l c t ed a o a e ’ f n cb l épu f l ’ i v l pqot i e el a e
l e m éu s ê d q il ct mdea t.u e Ona retrouve en i la s l’opposition s v
l D l i f a ve n o nr sa é r sé r a mL c v i i ua o
n l de f ’ cel o a d d lo n i b e oe edr cd n s a ntl sre to i e
p s à uo n o nn od u f ed d ne v o r d ’ - e nu o p ’ uc n’
l l c ’ d ma o é i e oe n n n : o l nt s d ae d dn a orcs i ur i a
q q y a d u u i a ’ p s n h i r s t y l o i p
C p e d l r dr l e ’ o
c l r h da la a d c ’p
3 L d. l ’ c e aé h L S q aa p l u m u l p qo ep o a
f 0 ( =q cn a n s u n ’ i o
e l t p t e y a p r e a b
a d c b L se h s s e o a
S l é hi e q d y s u a é p i a l d
c e n t o e i
r rd i
l d ’p e p éh l s h vé f t o c ys on di f, r e os l o xe o
r l pé ei hv a sr ée d . nEr p n r e Yl anéd a os .
r d t pe u yd all p s po e ère i r i en d s va nco s oq t a ts be se- e
t e l o d s l ’c t d e t a déh uy p i aqm
a n pl r dt inuli ae o oe
a d F :u e o s u e n s e d r s d
u i vn e i t d ’l o h
p d q t eo s è u p si t i s e o
a
- + =
u A f n a p a
~ p. ’ al U v u o d
y uu o c
( a 1 t5 )
l s r an o C re u pl e és
N t d so q o c e ut du u a o s i od e’ t d u n vet né ad p’ s t ee sd uu
l d o’ c eé né ee dsq m dq s t a u u a eau l t t d ad xl s a’ e a
m p l c o a d e t he d ~ t rc e an i . h nf a gi
E d l d l é d la c i l c e aN hf ae r é o afl l i t d u l lu’ l t
m a b da u p i ’i d s h ce a sp eus ér hn u a niq na ac t r u
d e p i c nd a c f ee n’ r o f nml au t s r u ola bna i ’ p s edu
s o l p u d d h tN ep i é i o rf
L p b e pr t i s d oo p y u l e d e s b do pl a n e i é l eu i’ n n sè
l d l c’ e de a é hé t ce q daq s es d u elu o t l ’ a esa u h
p e ga s dn épr o N e nnar n l o se éébo d a lt e du f grob u a
n m O dm i u o n o0 d x n t u t n e t ai v h n n a nuo e e e o .
l e o c ’ u t sn h e L s n or e ps uà e( il m r apS u r s1 ou a oc saI n y5
[ w X 0 q Ov [ u u c é, n f i o r c ée i n ei ce qd g f d ft et u
i :~ . = nU (Z f Y i ”d 0Qto ) lt (t o m , ,i n p ei Y oun c o c c da a un) - o d
n e ac i é t t uh c n e ,s ,n a co é s u eeq en eqt Nr nud s d l ua o t

1 8 2
DÉRIVÉES PARTIELLES ÉQUATIONS AUX

rons par u le flux d’énergie thermique, Le justifiée dans les situations les plus usuel-
bilan d’énergie dans un domaine U nous les. Dans tous les cas, (16) et (17) se
donne ainsi : combinent en :

(18) $ = div (K(x, u) . grad u) +j,

où Xl désigne la frontière de U. Nous Si K est le produit par un nombre constant,


transformons une fois de plus l’intégrale de un choix adéquat des unités donne la
surface en intégrale de volume par une forme (15).
intégration par parties ; faisons passer la Dans le raisonnement qui précède,
dérivation par rapport au temps sous le on peut remplacer l’énergie interne par
signe d’intégration (u peut-être Supposée la concentration d’une solution sans
assez régulière pour que nous en ayons le rien changer d’autre. Des raisonnements
droit) et obtenons : analogues s’appliquent aux fluides cir-
culant dans un milieu poreux. Très sim-
ples dans le cas d’un liquide saturant
les pores, les équations deviennent
Comme cette équation doit être vraie pour beaucoup plus Compliquées dans le
tout domaine U. on en déduit : cas d’un gaz ou du mélange dc deux
fluides.
On notera que (18) peut s’écrire :

C’est l’~~quutiwzde continuitÇ dont la vali- du


z+W=O,
dité est extrêmement générale : elle
exprime simplement une loi de conserva- où A a la propriété de monotonie. C’est
tion quelconque. la la clef de propriétés d’existence et
Il faut maintenant une relation entre u d’unicité pour les équations et systèmes
et u. C’est la loi de diffusion proprement paraboliques, sur lesquelles on revien-
dite qu’on prend de la forme : dra dans la partie C ci-dessous - Équations
non linéaires.
(171 c=-K(x,t~).grad~u,
L’équation de la chaleur et les équa-
où K est a priori une matrice. Les tions analogues ont un lien étroit avec la
physiciens démontrent qu’elle est symétri- théorie des probabilités. On ne s’en éton-
que. Elle est définie positive : cette nera pas puisque la relation ( 17) repose sur
propriété exprime que l’énergie thermique une théorie relevant de la physique statis-
diffuse des régions les plus chaudes vers les tique.
plus froides et pas l’inverse. Dans un Pour nous borner a un aspect assez
milieu isotrope, c’est simplement le pro- simple de cette question, considérons des
duit par un nombre, Si le milieu est solutions de l’équation :
homogène elle ne dépend pas de ,Y. Pour
aboutir a l’équation ( 15) on suppose toutes $=KAu
ces propriétés vérifiées et on fait de plus
l’hypothèse que K ne dépend pas non vérifiant une condition de décroissance a
plus de u, ce qui est une approximation l’infini surR’?(par exemple intégrables). On

183
DÉRIVÉES PARTIELLES ÉQUATIONSAUX

passe alors de la solution à l’instant t, à la En dehors de cela, le principal intérêt de


solution à un instant ultérieur tl par la l’équation de Tricomi est sa simplicité qui
formule : a permis d’en faire une étude assez
détaillée. On rencontre un système présen-
WI U(t*, .l = U,*_,,u@,,.h
tant le même changement de type dans
OÙ U, est l’@wtwr d’éwiutim, défini l’étude des écoulements stationnaires de
dans ce cas par la formule : fluides compressibles non visqueux. En
admettant que l’équation d’état permet
d’écrire la pression comme une fonction p
de la densité, les équations du mouvement
Cet opérateur transforme les mesures de s’écrivent dans ce cas :
probabilités sur Rfl en mesures de probabi-
lités sur R’l et les gaussiennes en gaussien- P u,g +p’(p)gmd P = 0,
1
ries. C’est donc l’opérateur de transition
d’un processus de Markov gaussien. p div u + u . grad p = 0.

Réciproquement. on vérifie que tout Les notations ont le même sens que dans
processus de Markov gaussien à accroisse- l’équation (22) ; p’(p) est le carré de la
ments indépendants et stationnaires, com- vitesse de propagation du son dans le
mutant avec les déplacements de l’espace,
fluide, on voit qu’elle dépend de Y par
est donné par les formules (20) et (21).
l’intermédiaire de la densité. Dans la
En plus des équations de diffusion, les
région subsonique, c’est-à-dire celle où
systèmes paraboliques comprennent les
1124ii2 < p’(p), le système est elliptique, il est
équations de Navier-Stokes pour un fluide
hyperbolique dans la région supersonique,
incompressible :
c’est-à-dire celle où 11 c 11
z > $(p).Dans les
équations et systèmes hyperboliques dont
nous avons parlé jusqu’ici, la variable
temps jouait un rôle privilégié ; ce rôle est
tenu dans la région supersonique par le
OÙ1 est la vitesse du liquide, p sa pression, déplacement dans la direction de l’écou-
p sa densité, p son coefficient de viscosité lement, On peut d’ailleurs dans ce cas
et,fla force extérieure. De plus, on impose entendre la propagation des singularités
à ZAd’être de divergence nulle : c’est dans la région hyperbolique : c’est le
l’équation de continuité. G bang H de l’avion passant le mur du son.
Naturellement, c’est dans les régions
4. Autres équations
comportant à la fois des parties superso-
niques et des parties subsoniques que
Équations qui changent de type l’étude de l’écoulement est la plus délicate
L’équation de Tricomi : (régions transsoniques, fig. 3). L’étude de
ces régions transsoniques connaît un
JIU JZu
x*-+7=0 regain d’intérêt car la hausse du prix du
ax; ax2
carburant a amené à renoncer, pour les
est hyperbolique dans le demi-plan .Y?< 0, avions de ligne du futur, aux vitesses
elliptique dans le demi-plan ,Y? > 0. supersoniques.

184
DÉRIVÉES PARTIELLES ÉQUATIONS AUX

fig. 3

Photos prkes en souff/erk, oh /es gradknts de pression sont visua//sés. On vo2 /a d;fférence entre un régime
subson;que (en haut) et un régime transsomque (en bas/.

l’équation de Schredinger comme une approximation à faible vitesse


L’équation de Schrodinger : de l’équation de Dirac qui, elle, est un
système hyperbolique.
Malgré une certaine ressemblance for-
melle avec l’équation de la chaleur, elle
décrit en physique quantique l’évolution de n’est pas non plus parabolique ; le facteur
la fonction d’onde L d’une particule non I devant La dérivée par rapport au temps
relativiste de masse HT soumise à un assure la réversibilité.
potentiel V. Elle n’est pas hyperbolique, ce L’équation de Schrodinger n’appar-
qui semble mettre en défaut l’assertion tient finalement pas à un type particulier
selon laquelle la physique des phénomènes d’équations. Malgré son importance
réversibles est décrite par des systèmes physique, elle apparaît assez comme un
hyperboliques. Mais il ne faut pas oublier cas particulier au moins pour le
que l’équation de Schrodinger apparaît moment.

185
D P É ÉQUATIONSA AUX R R I T V I É

D l m o a d e ê l r n ’ mA’ dd s i ce éu eér d n eq m eq é
d K e ed oV e l t ae rr vt e p u d ti d i p s a t a ee p e e r s r n ws h s
é ( à s q ) d ( l o pu ) o eEh r ap , n l s nt to tr dt aS o hp i i e
t s e é de l xp sc ar a Kpa o noe K aor d n psnt a sts u o s e t w
c a p r n u l r oé od x i o c ne ne d
n b l s t l e
s é l a y a i s
a
c a a : e nn s r p l dae o a p a l élM n c a s e ro ae t t r s
h m y l à d éa p i ee dqi e éc ss t ’us r ea a t e uae b sr b
h y p d e q én e r u g t’ v n b ’ u
d à u’ c p na na a
c l a
É g q é u n a é G r o
O d c d é ’ c a e q a u u s u b pMARTIN
x ZERNER
a o o
d p él aà c ri r o in t e vé i f éa
c d s o o à ut e v n r r c a s d o o r t r i n i a e
i Pn u c ad nd h B ré e a i p n b e
v o p ta snr e or à u e Ya V u EGOROV,
ui nM.A.. SHLJBINSZ
m t. ajR.V. GAMKRELIDZE, e bo
d t c s e r: a u s o sP i D i u E
v @ 2 s vol,, r q S
aw t u
V N York, 1991-1992
e e / J. KEVORKIAN, r w
a) l p p a a ( r r h di
P mE t oi nC ct f i B H m c th i f
d d d l’ e e i e ’o u s1990 n /éJ:’r RAUCH, x Pt c qd &) o ur t
( q nc f p u d d’ i aS ’ e eyé g 1 1. sp i sr u 9 r l ti r 9
t p r ià u a d a v o n; r e p a n e s pr oi
b) c p p e ae l r t rs ’ i t tt o n e i p c
t d L le e a e e ’u ; p sB lT ér l l t l
. h q ia i ué c
c) l p p a ae l r rs ’ i tt o n i p c e
d o ( d e d n à ed s i d I e u
’ m
u e t l xm e
x e
n h s ai as en é
l e h ’ s y é bt pC q d i é eo u a ed e q r n a u s
S o p à q i nv a iu a sp na l r sa dd t i n i e r a oé r no a
d u q a c sn pu nc a
e rea td e ds éstu i ee l E o c ssr n d s u n o
d i : e ’ é
l é q n eh q up o s n uu ar n
f d op e de m ir t e
d d p s ge o e S o q és n n ua n u
l p à ce r f c h éd o e
C é e e aq t us pu r t lqt n pa é a e tdu o et ds l l roe ui
h p ya a f a q pl y a u c a rl u le s g a i i ’ ur a en é l s t n i sb u o n
u s d p nq i d el l u gd a ’P u e nm en éco s f esê sp qeu d l o ma
o M c ne a ne d d x i t et é el p s sh tq s isl r g oé eu i na, e é
p u t c a ln y o so ’ l p n ml u h e s e ol mi à dy o s in ne ep i i
p ; c aa f u d’ ru o n t ée r a n esr ssq e b nd s oo itup s o e ’
p n u E n cé r l n e odg u e lt i rca n m eh ront e e é
à d p d ep r b e psr o Pi po o p c eo osl b n r o nud éue l oi
o à d s u d es i n à ue s o n l p i pn l g a a p rle up u ro eé t r
f q s a c u a ms la ’ d u ui arn o ’ n r plr ao n sé o ua l cu
f d l o y ce ’ pr l o éo omd Re m( qul u ee *C s pà eu’v n r +? r
o s rà d u d e p n r eu g é o I = e ( nx J é, r yt l s_ . n, i

1 8 6
DÉRIVÉES PARTIELLES ÉQUATIONS AUX

Coordonnées. Pour ci E N”+I, nous pose- 1. Le théorème


rons : de Cauchy-KovalevskaÏa

Supposons l’opérateur P de la forme :

où les Q,> sont des opératcurs différentiels


d’ordre au plus k et où V, désigne le
gradient relativement g _Y,
Un opérateur hnéaire aux dérivées Le problème de Cauchy s’énonce alors :
partielles (on dit plus brièvement ~JW’IW- ccTrouver 1 vérifiant :
twr d$&entie~ est défini par un poly-
nôme A coefficients pouvant dépendre (2) Pu=f
de J’ : ~(O,x)=g&), k=O ,..., m-l,
(3)
1

où ,f et go, g, ,..., , sont des fonctions


g ,,,.
données. 1)
il agit selon la formule : Le thédm de Cuu~ll),-K~~lule~,skuï(i
suppose que les coefficients de P ainsi que
les données A gO, . . . . g,?l , sont des fonc-
tions analytiques (réelles ou complexes) de
~7 s’appelle l’w&e de P. L’opérateur P?), t et de X. Il affirme alors l’existence d’une
obtenu en ne gardant que les termes où la solution analytique et une seule sur un
dérivation est d’ordre w~ exactement voisinage de tout point (0, .Q). Ce voisi-
s’appelle la~~~t~e~~%&/~ de P. On notera nage dépend de P et des domaines d’ana-
V le gradient : IyGciG complexes des données.
Ce théorème s’applique aussi aux sys-
Gmes, pourvu qu’ils soient de la forme :

(cf. CALCUL INFINIT~IMAL- Calcul à plu-


sieurs variables). où @ est une fonction analytique de t, .Y, u
À côté de ces notations, il nous arrivera et ses dérivées d’ordre total I~Iau plus mais
d’utiliser des notations en (t, .Y) où t E R strictement plus petit que w en t. Il reste
(ou C) et s E R’l (ou C’j) avec des conven- un des rares résultats très généraux de la
tions analogues pour les multi-indices, théorie. Il a été publié par Cauchy en 1842
puissances et dérivations. dans les Comptes wmfus de l%xfhie Lfca
Nous ne nous priverons pas A l’occasion sciences.
de noter les distributions comme des Le travail de Sofia Kovalevskaïa est
fonctions et les produits scalaires paru en 1874 : apparemment elle ne
fonctions-distributions comme des intégra- connaissait pas celui de Cauchy (et son jury
IeS (Cf. DISTRIBUTIONS). non plus puisqu’il s’agissait d’une thèse !).

187
DÉRIVÉES PARTIELLES ÉQIJATIONS
AUX

La démonstration d’unicité est simple ble pour l’époque par la façon dont elle
et instructive. Si u est une solution analy- met en jeu des idées de l’analyse moderne :
tique, elle possède un développement de dualité et densité.
Taylor en t : Le résultat de Holmgren a été étendu
par Hkmander aux solutions distributions.
Il est nécessaire dans ce nouveau cadre de
reformuler le problème, puisque la restric-
tion d’une distribution à l’hyperplan 2 = 0,
Où :
qui intervient dans les données de Cauchy,
n’a a priori pas de sens. Notons 0 la fonc-
tion qui vdut 0 pour t < 0 et 1 pour t > 0,
et 6 la distribution de Dirac. La fonction u
pour tout k positif cette fois. Les gk sont
vérifie les conditions (2) et (3) si et seule-
donnÇs pour k < m. En faisant t = 0 dans
ment si on a l’équation entre distributions :
l’équation aux dérivées partielles, on
trouve : P(&i) = ef
.
,.-!,.s-‘

+
XE ekS('-')(f)QdO,x, Vx)g'--'(x).
k=O ,=,

En dérivant l’équation (2) par rapport i t En généralisant cette formule, on est


et en y faisant t = 0, on trouve des amené à poser le problème de Cauchy de
formules analogues donnant chaque ,gk en la façon suivante : GTrouver une distribu-
fonc- tion u i support contenu dans le demi-
tion de ceux d’indices strictement plus espace t > 0 qui vérifie : PU =T, T
petits. distribution donnée à support contenu
La démonstration d’existence consiste dans ce même demi-espace. ))
essentiellement à démontrer la conver- L’unicité de la solution du problème de
gence de la série ainsi Calculée. Elle repose Cauchy devient ainsi une affirmation sur le
sur une technique de majoration établie support des distributions qui vérifient
par Cauchy i cette occasion (méthode des l’équation :
séries majorantes).
(3 PU = 0.
La même démonstration s’applique
d’ailleurs au système non linéaire (4) Si le support d’une telle distribution est
moyennant des complications légères. contenu dans le demi-espace fermé t > 0,
il est aussi contenu dans le demi-espace
UniciG de la solution distribution ouvert t > 0.
Le théorème de Cauchy-Kovalevskaïa
n’exclut pas l’existence de solutions non Le problème de Cauchy
analytiques au problème de Cauchy. Cette en Coordonnées générales :
lacune a été Comblée, en 1901 par le hypersurfaces caractéristiques
I~I~~I&~~ & Hohgrm qui affirme l’unicité Dans certaines situations, on a besoin
des solutions G classiques )) (c’est-à-dire ni d’étudier un problème de Cauchy OÙ les
fois différentiables). Très élégante, la données, au lieu d’être Portées par l’hyper-
démonstration de Holmgren est remarqua- plan t = 0, le sont par une autre hyper-

188
DÉRIVÉES PARTIELLES ÉQUATIONS AUX

surface X. Il y a donc heu de voir si on peut Un point important à retenir est que
trouver des coordonnées (f, .y) telles que : les hypersurfaces qui peuvent faire partie
a) l’opérateur P prend la forme (1) au de la frontière du support d’une solution
produit près par une fonction non nulle de l’équation (7) sont les caractéristiques.
(nous pourrons diviser le second membre Un autre est la caractérisation des équa-
par cette fonction) ; cela revient a dire que le tions elliptiques : elles n’ont pas de carac-
coefficient de (8%)/(8?) ne s’annule pas ; téristiques réelles. Dans le cas elliptique,
b) l’équation de X devienne t = 0. il n’y a pas d’hypersurfaces pour limiter
Supposons donc que Z soit déhnie par le support des solutions de (7) et pour
une équation S(J~) = 0, ou S est une cause : on démontre qu’elles sont analyti-
fonction analytique dont le gradient ne ques.
s’annule pas. Nous prenons pour nouvelles Les 1hitution.s du théohne de Cuuchy-
Coordonnées t = S(J) et des fonctions .y,, Kov~~le&~~ï~~ont été mises en lumière de
.... x,? de façon que l’ensemble (t, .Y) fasse Façon particulièrement claire par Hada-
un système de coordonnées. Un calcul mard dans ses Lesons sur le problème de
sans histoire montre que le coefficient de
Cauch_y (Publiées à Yale en 1923 et à Paris
(d%)/(dP’) est : en 1932). Elles portent sur trois points liés
entre eux qui rendent le résultat inopérant
dans les applications physiques :
Trois cas peuvent alors se présenter. - sa nature très locale ;
Le premier cas est dit non caractéristi-
- l’hypothèse d’analyticité des données ;
que : l’expression (6) est non nulle ; le
les situations physiques OÙ l’analyticité est
théorème de Cauchy-Kovalevskaïa et celui
une propriété naturelle sont rares et en tout
de Holmgren s’appliquent au problème de
cas ce ne sont pas celles OÙ se posent des
Cauchy avec données Portées par X.
problèmes de Cauchy ;
Le deuxième cas est le cas caractéristi-
- conséquence des deux circonstances
que, c’est-à-dire que l’équation :
précédentes, une instabilité de la solution :
P,&, @adWN = 0 si on modifie les données en leur ajoutant
est vérifiée. On dit que X est une l~~,per- des fonctions analytiques si petites soient-
surjtice curactéristique. Ou peut démontrer elles, on perd tout contrôle de la solution,
dans ce cas que l’équation : et même de son domaine d’existence, si on
ne connaît pas le domaine d’analyticité
(7) P(!J,v)u =o complexe de la perturbation.
a des solutions dont le support a X pour Ces limitations expliquent l’importance
frontière, et des solutions dont les singu- des équations hyperboliques définies
larités sont Portées par X. comme celles où il y a encore existence
Il reste des cas intermédiaires OÙ pour le problème de Cauchy a données
l’expression (6) s’annule, mais pas identi- indéfiniment différentiables (ou à données
quement. C’est le plus délicat. Il y a lieu a distributions : si le passage de l’analytique
ce sujet de signaler les résultats de Leray au différentiable implique dans ce pro-
sur l’uniformisation du problème de Cau- blème une différence essentielle, le passage
chy : la solution se ramifie autour de la des fonctions différentiables aux distribu-
variété OÙ l’expression (6) s’annule. tions est au contraire automatique pourvu

189
DÉRIVÉES PARTIELLES ÉQUATIONSAUX

que les coefficients soient eux-mêmes indé- d’hypoehipticité. Une de ces conditions
finiment différentiables). s’exprime sur les opérateurs (( à coeffi-
cients gelés )), c’est-à-dire les opérateurs à
coefficients constants obtenus, pour cha-
2. Problèmes de régularité que point y, en remplaçant les coefficients
variables b par leur valeur !I(JJ) désormais
fixée. La condition est que chacun de ces
On a déja Signalé que si P est un opérateur
opérateurs soit hypoelhptique et qu’ils
elliptique à coefficients analytiques et L une
distribution vérifiant l’équation (2) L est aient tous le même domaine dans L?. Une
analytique sur tout ouvert OÙf l’est. De faiblesse de cette condition (obtenue à peu
plus, cette propriété caractérise les opéra- près simultanément par Hormander et
teurs elliptiques. Malgrange) est qu’elle n’est pas Conservée
On dit que l’opérateur P est hypoellip- par les changements de coordonnées,
tique si toute u vérifiant (2) est indéfini- comme le montre l’exemple de 1 ‘équation
ment différentiable sur tout ouvert OÙ le de la chaleur.
second membre f est indéfiniment diffé- Par la suite, Hormander a étudié les
rentiable. opérateurs de la forme :
Dans sa thèse, Hormander a donné
la caractérisation suivante des opéra-
teurs hypoelliptiques à coefficients cons-
tan& :
OÙ c est une fonction indéfiniment diffé-
Pour tout o différent de 0 on a :
rentiable et XO,X,, .... Xk des opérateurs
Jii? v aP(g/P(Q = 0. d’ordre un sans terme d’ordre zéro :
chacun de ces opérateurs est donc défini
La dérivée est évidemment prise par rap- par un champ de vecteurs (cf. la partie A
port à c : c’est la seule variable dont dépend ci-dessus - Sources et applications). Dési-
P puisque les coefficients sont constants. gnons par [X,, X,] le commutant XkX,-
L’intervention de ces dérivées est assez X,Xk ; c’est encore un opérateur de la
naturelle du fait qu’on cherche à localiser même nature et le champ de vecteurs qui
les propriétés de u en multipliant cette lui correspond est le crochet des deux
distribution par une fonction indéfiniment autres champs de vecteurs au sens de la
ditférentiable a support borne On utilise géométrie différentielle. Nous noterons
alors la générahsation de la formule de désormais de la même Façon opérateurs du
Leibniz. valable pour tout opérateur dif- premier ordre et champs de vecteurs.
ferentiel linéaire : Appelons encore Z le plus petit espace
vectoriel stable par le crochet auquel
XO,XI, . . . . Xk appartiennent et Yb) la
dimension de l’espace vectoriel formé par
oi /3 ! désigne le produit des factorielles de les valeurs au point y des champs appar-
0,. tenant à E. Cet entier ~b) prend son
Pour les opérateurs à coefficients varia- maximum m sur un ouvert non vide. Si m
bles (indéfiniment différentiables), on ne est strictement plus petit que la dimension
connaît que des conditions suffisantes n + 1 de l’espace, l’opérateur P n’est pas

190
D P É É A AR Q

hypoelliptique. En effet, d’après le théo- du potentiel coulombien - 1/441 j, ~ z 11,


rème de Frobenius, on peut trouver un noyau élémentaire de l’opérateur de
système de Coordonnées locales dans Laplace en dimension 3.
lequel P ne contient pas de dérivations par
rapport à certaines des variables. Horman- O à cp oé er
der démontre une réciproque partielle : si c e c o t o n n s
on a partout r(y) = I + 1, alors P est Un opérateur différentiel à coefficients
hypoelliptique. constants est un opérateur de convolution
puisqu’il commute avec les translations.
Plus précisément :
3 S é. o l l é u Pum= RIt * u e i
e p t a r a m é
Les noyaux élémentaires les plus com-
modes s’écrivent alors eux aussi comme
On dit qu’une distribution de deux varia-
noyaux de convolution E(_),~ z), où E, qui
bles E est un noyau élémentaire de P si elle
ne dépend plus que d’une variable dans
vérifie la relation :
Rn+l, est une solution &mentaire, c’est-
P t ? i E qu’elle Cvérifie (:
à-dire y y

qui entraîne, du moins pour f à support P 6 E


compact, que la distribution : L’utilisation systématique de ce point
de vue est un des traits caractéristiques du
développement qu’a connu l’étude des
équations aux dérivées partielles dans les
vérifie l’équation (2), d’où la précision
années 1950 sous l’impulsion de la théorie
noyau élémentaire ù droite qu’il est pru-
des distributions. En particulier, Mal-
dent d’apporter, sauf, comme nous le
grange a démontré en 1953 que tout
verrons, dans le cas des équations a
opérateur différentiel à coefficients cons-
coefficients constants.
tants non nul avait une solution élémen-
Nous avons déjà rencontré un tel noyau
taire.
(cf. chap. 3 Lëquation de la chaleur et le
type parabolique, dans la partie A
S é o e hl l t éy u
ci-dessus - Sources et applications, à pro-
pos du mouvement brownien). En effet les Si P est un opérateur a coefficients cons-
formules (20) et (21) de cette partie tants hypoelliptique, ses solutions élémen-
montrent que le noyau : taires doivent évidemment être indéfini-
ment différentiables en dehors de l’origine.
Mais la réciproque est aussi vraie comme
on va le voir. Il faut savoir que si T est une
o 0(t ) = 1 pour
ù t positif et 0 sinon, est distribution indéfiniment différentiable en
un noyau élémentaire pour l’opérateur de dehors de l’origine, alors, pour toute dis-
la chaleur d - A,. tributi0n.f: le produit de convolution 7 *f
dt est indéfiniment différentiable sur tout
Le plus ancien exemple de noyau élé- ouvert où ,f l’est, pourvu qu’une au moins
mentaire connu est sans aucun doute celui de ces deux distributions soit a support

1
DÉRIVÉES PARTIELLES ÉQUATIONS
AUX

compact. Supposons donc que P ait une port dans le (( futur )) (c’est-à-dire le demi-
solution élémentaire E indéfiniment diffé- espace t 2 0). Si P est hyberbolique, il faut
rentiable en dehors de l’origine, et soit q en particulier (puisque le second membre
une fonction indéfiniment différentiable à peut être la distribution de Dirac) qu’il
support compact qui vaut 1 sur un voisi- existe une solution élémentaire dont le
nage de l’origine. Posons : support est contenu dans ledit futur (dans
le cas des coefficients variables, un noyau
F=cpE.
élémentaire dont le support est contenu
Il est facile de s’assurer que : dans l’ensemble des couples (y, Z) tels que
J soit dans le futur de z).
I’F = F + y~,
Inversement, supposons que l’hyper-
OÙ y~ est indéfiniment différentiable h plan t = 0 soit non caractéristique et qu’il
support compact. On a donc : existe une solution élémentaire E à support
dans le futur. Supposons aussi, mais uni-
quement pour simplifier, que P soit à
la deuxième égalité à cause de l’associati- coefficients constants. Le théorème de
vité, et la commutativité du p