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ZAD AL MUSTAQNI' - Imam Al Hajjawy

Commentaire par Salih ibn Fawzan al Fawzan

CHAPITRE - LES ANNULATIFS DES PETITES ABLUTIONS :

Hajjawy : Al Wudhu est annulé par le déchargement, de l'anus, des organes génitaux ou de
toute autre partie du corps : l'urine, l'excrétion ou quelque chose de similaire à partir de
najasah.

Fawzan : Après avoir énuméré les règles des petites ablutions, il devient alors approprié de
discuter des facteurs, des causes qui l'annulent. Il est indispensable de connaître ces facteurs et,
par extension, les facteurs qui rendent le wudhu moins parfait.

Il y a huit annulatifs de al wudhu:

Premier annulatif : Déféquer et uriner, qu'elle soit fréquente ou rare, pure ou impure.

Deuxième annulatif : Qu’une partie du corps (cuisse, genoux etc) soit touché par de l’urine ou
des excréments. Toute quantité petite ou abondante annule le wudhu.

De même, toute forme de najasah autre que l'urine ou les excréments annule le wudhu sous deux
conditions :
a) Que la décharge soit impure (najis). Par exemple vomi ou sang.
b) Que la décharge soit kathir (dans une grande quantité)

Si la décharge du corps n'est pas najasah, comme la transpiration, la salive ou le mucus, son
wudhu n'est pas annulé. De même, si la najasah (autre que l’urine et les excréments) est petite, son
wudhu n'est pas affecté et reste valide.

Hajjawy : L’Inconscience, sauf le sommeil léger en position debout ou assise.

Fawzan: Troisième annulatif : L’inconscience signifie ici le sommeil profond, l’évanouissement,


la folie ou en état d'ivresse, annule son wudhu. C'est parce que l'individu ne sera pas conscient de
ce que le corps décharge dans de tels états. La preuve pour prouver que l'inconscience est un
annulatif de al wudhu est le hadith raconté par Safwan Ibn Asal. Le Prophète (Alayhi salat wa
salam) a dit "... Mais de l'urine, de l'excrétion et du sommeil". [Hadith rapporté par Ahmad (4 /
239-240), At-Tirmidhi (96; 3535) et d'autres.] Il a inclus le sommeil avec l'urine et l'excrétion
comme facteurs qui annulent le wudhu.
« Excepté le sommeil léger debout ou assis. » Comme le faisaient certains Compagnons du
Prophète (Alayhi salat wa salam) en attendant que les prières commencent à la mosquée. Leurs
têtes tombaient en position assise pour dormir. Cependant, dès qu'il était temps de prier, ils se
levaient pour prier sans renouveler leur wudhu. [Hadith rapporté par Abu Dawud (200), Al
Bayhaqi (1/119) et Al Daraqutni (1/131)] Cela prouve que le sommeil léger en position assise
n'annule pas le wudhu.

Hajjawy : Toucher directement les organes génitaux et l'anus avec la paume extérieure ou
intérieure annule al wudhu. Et pour la problématique de l'hermaphrodite, touchant les
deux organes génitaux. Un homme touchant sensuellement les organes génitaux de
l'hermaphrodite ou une femme touchant ses parties intimes avec désir annule al wudhu.
Un homme touchant une femme avec désir annule son wudhu et de même pour la femme
quand elle le fait pour lui.

Fawzan : Quatrième annulatif : "Toucher directement les organes génitaux ou l'anus avec la
paume extérieure ou intérieure » : Ceci est encore un autre annulatif de al wudhu. Le Prophète
(Alayhi salat wa salam) a dit : "Quiconque touche ses parties génitales, qu’il fasse les ablutions."
[Hadith rapporté par Ahmad (6 / 407,408), Abu Dawud (181) et d'autres.] Et "Quiconque touche
son" farj "(organes génitaux et anus), qu'il fasse le wudhu." [Hadith rapporté par Ibn Majah (479),
At-Tahawi (1/75) et d'autres.]

L'hermaphrodite est celle qui a à la fois les organes génitaux masculins et féminins et on ne peut
pas déterminer si elle est principalement masculine ou féminine. Ils ne peuvent être ni classés ni
masculins ni féminins.

Si un homme touche avec désir les organes génitaux masculins de l'hermaphrodite, il annule le
wudhu. C'est parce que l'homme a touché les parties intimes d'un autre homme. Si
l'hermaphrodite est principalement féminin, alors l’homme a touché une femme avec envie et
ainsi le wudhu est annulé.

Si une femme touche l'organe génital qui ressemble à un organe reproducteur féminin avec désir,
son wudhu devient invalide. Si l'hermaphrodite était principalement masculin, alors elle a touché
le sexe opposé avec le désir et si l'hermaphrodite est principalement féminine, alors la femme a
touché les organes génitaux féminins d'une autre femme.

Cinquième annulatif : "Un homme touchant une femme avec désir » : La preuve pour ceci est
dans le Coran où Allah mentionne des actes qui annulent le wudhu dans le verset : "Ou vous avez
touché les femmes." (S5V6) Cette lecture du verset signifie que la femme est touchée par désir.
C'est parce qu'une telle action provoque l'éjection de fluides corporels, toucher le sexe opposé sans
désir est innofensif. Ce dernier n'annule pas le wudhu.
Si le touché mentionné ci-dessus est effectué par une femme à un homme, il rompt également son
wudhu s'il est fait avec désir.
Hajjawy : Et toucher l'anus annule le wudhu. Les cheveux, les ongles d'une femme ou le
contact d'une personne qui n'a pas atteint la puberté n'annule pas le wudhu. Le contact
indirect n'annulera pas non plus le wudhu. De même, si quelqu'un est touché par
quelqu'un d'autre, même avec désir, il n'invalidera pas son wudhu.

Fawzan : "Toucher l'anus annule les ablutions." Comme cela a été mentionné plus tôt.

Si les cheveux et les ongles de la femme sont touchés, alors le wudhu n'est pas annulé.

Toucher peut éveiller le désir sexuel chez les gens. Évidemment, toucher un jeune enfant ne
provoque pas de désir et donc leur toucher n'invalide pas le wudhu. Le verset 6 de la source Al
Ma'idah: "Ou si vous avez touché une femme." parle de femme, mais ne comprend pas toutes les
femmes.

Si la femme est touchée indirectement comme si elle portait des gants, cela n'annulera pas le
wudhu. L’évidence et les preuves indiquent un contact direct. Par conséquent, un toucher indirect
n'est pas considéré comme touché du tout. Deux facteurs sont considérés pour le « toucher» qui
annule wudhu: (1) Il doit être combiné avec le désir, (2) Il doit être un contact direct, sans aucune
barrière, peau contre peau.

Al Wudhu n'est pas annulé si quelqu'un d'autre la touche ou se frotte contre son corps. Cela est
valable même s'il y a stimulation du désir sexuel. L'ayah du Coran fait référence à ceux qui
touchent et non à ceux qui sont touché par quelqu’un.

Hajjawy : Le lavage du cadavre annule les ablutions, tout comme la viande de chameau.

Fawzan : Sixième annulatif : Quiconque lave un cadavre ou entre en contact avec par le touché
ou en l'examinant de près, son wudhu est annulé. Certains des Compagnons du Prophète (Alayhi
salat wa salam) avaient l'habitude de faire les ablutions après avoir lavé le défunt. [Rapporté par
Ahmad qui est rapporté par Ibn Qudamah et Shaykh Taqidin dans Al Insaf (1 / 215-216) L'opinion
correcte est cependant qu'elle n'annule pas wudhu car il n'y a aucune preuve pour étayer cette
affirmation.

Septième annulatif : Manger du bœuf ou du mouton n’annule pas les ablutions. Le Prophète
(Alayhi salat wa salam) a été questionné si une personne devait faire les ablutions après avoir
mangé du chameau et il a répondu « Oui ». [Hadith rapporté par Muslim (1/189), Ahmad (5/87, 92,
93) et d’autres.] L’imam Ahmad a dit « Il y a deux hadiths authentiques qui affirme qu’il faut faire
ses ablutions après avoir mangé du chameau. Le hadith d’al Bara’a et le hadith de Jabin ibn
Samrah. » L'auteur utilise ici le mot "laham" pour spécifier la viande de chameau et exclure tout ce
qui n'est pas clairement défini comme la viande comme le foie, la rate ou l'estomac et le tendon, le
cerveau ou le lait de chamelle. L'école juridique Hanbali affirme que ces derniers n'annulent pas le
wudhu car ils ne sont pas techniquement appelés viande.

Hajjawy : Chaque acte qui oblige à faire le ghusl, oblige à faire les petites ablutions. La
seule exception est la mort.

Fawzan : Huitième annulatif : Un exemple de cela est la « janabah » (etat de grande impureté).
Quiconque est dans cet état, doit faire les petites ablutions et prendre un bain obligatoire de sorte
que les impuretés mineures et plus grandes soient enlevées. Il devient indispensable pour cette
personne d'effectuer les petites ablutions et ensuite le ghusl. Ou il peut prendre un bain avec
l'intention de se nettoyer des deux impuretés. Le bain compense l'impureté mineure dans ce cas.
Si une femme n’a plus ses menstrues, il est obligatoire qu'elle exécute le ghusl et les petites
ablutions.

La mort nécessite de faire le ghusl mais ne nécessite pas de petites ablutions. Il n'y a aucune
preuve que les petites ablutions fut effectuée sur une personne morte. Le ghusl ne fait rien pour
purifier le défunt car en vérité il est taché par la mort et cela ne peut être levé. Le cadavre est
baigné parce que c'est une exigence dans l'Islam. Certaines exigences de l'Islam peuvent paraitre
étranges que parce que leur sagesse n'est pas connue de l'homme. Un musulman se conforme aux
exigences du fait qu'Allah et son messager (alayhi salat wa salam) l'ont ordonné.

Certains érudits du fiqh Hanbali ont inclus un annulatif de plus concernant l’annulation des
petites ablutions : une personne qui apostasie de l'Islam et devient apostat. Son wudhu est invalide
en conséquence. Cela est évident à partir de la déclaration des auteurs que "chaque acte qui oblige
al ghusl oblige al wudhu."

Hajjawy : Quiconque a ses ablutions mais doute qu'il l'ait brisée, ou vice versa, alors il
devrait pencher vers ce dont il est sûr. S'il est également convaincu (par l'idée) qu'il est
dans l'état de taharah (pureté) comme il est (avec l'idée) qu'il est sans wudhu, alors il
revient à la condition qu'il était avant cette confusion.

Fawzan : Le doute est le fait de savoir s'il a fait quelque chose qui a annulé ses ablutions mais ne
se rappele pas ou il ne peut pas décider de l'état dans lequel il est. La règle sous-jacente est de
maintenir la condition réelle ; c'est-à-dire la continuation du wudhu. Ce doute n'affecte pas
"yaqin" (certitude) que son wudhu est toujours valide. Cette règle "Al yaqinu la yazulu bilshaq" (la
certitude n'est pas supprimée par le doute) apparaît Usul al fiqh, la preuve en est le hadith du
Prophète (Alayhi salat wa salam): "Si quelqu'un a des troules dans son estomac pendant la prière
et il doute s'il a émis un gaz ou non, qu'il ne quitte pas sa place jusqu'à ce qu'il entende un son ou
s’il sent (le gaz). " [Hadith rapporté par Muslim (1/190), Ahmad (2/414) et d'autres.] Le Prophète
d'Allah (Alayhi salat wa salam) nous a ordonné de maintenir la condition actuelle sauf si
l'annulation des ablutions est tangible ou évidente .
Si dans la situation où il est convaincu de son impureté et doute si il a renouvelé ses ablutions,
alors il maintient la condition actuelle (asl) qui est l'état impur sans ablutions.

Si dans la situation où il est également convaincu d'avoir les ablutions et l'avoir cassé, mais ne sait
pas qui a précédé qui, alors il doit revenir à la condition qu'il était avant que ses pensées ont été
brouillées. S'il était dans l'état de wudhu avant la confusion, alors il continuait à le maintenir et
vice versa.

Hajjawi : Il est interdit à un mubdith de toucher le Coran, d'accomplir la prière et le


Tawaf.

Fawzan : Trois choses sont interdites pour le « Mubdith » (Celui qui n’a pas les ablutions)
1- Toucher le Qu’ran directement, le Prophète (Alayhi salat wa salam) a dit : « Personne,
hormis le purifié peut toucher le Qu’ran. » [Hadith rapporté par Malik (141), Al Hakim
(1/395-396) et d’autres.] Une personne ne doit pas toucher le Qu’ran sans avoir les
ablutions. C’est un consensus des quatre imams (Abu Hanifa, Malik, Shafi’i et Ahmad).
2- Faire la prière, il est obligatoire d’avoir les ablutions pour faire la prière. Allah a dit :
« Lorsque vous vous levez pour la prière, lavez vos visages. » (S5V6) Le Prophète (Alayhi
salat wa salam) a dit : « Allah n’accepte pas la prière d’une personne en état d’impureté
jusqu’à ce qu’il fasse les ablutions. » [Hadith rapporté par Al Bukhary (1/46) (9/29) ;
Muslim (1/140)]
3- Faire le Tawaf : La circumambulation autour de la Ka’Bah à la Mecque. Inclus dans cette
règle le Tawaf obligatoire et le Sunnah. Le Prophète (Alayhi salat wa salam) avait pour
habitude de faire les ablutions lorsqu’il voulait accomplir le Tawaf. [Hadith rapporté par Al
Bukhary (2/186-187) et Muslim (4/54)] Il avait l’habitude de faire deux unités de prière
après avoir accomplit le Tawaf. [Hadith rapporté par Muslim (4/38-43)] et ceci est une
preuve qu’il faisait le Tawaf en étant en état de pureté (taharah)