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LES LIMITES DE L’OUTIL DE NOTATION INTERNE APPLIQUÉ PAR LES BANQUES AUX PETITES ET MOYENNES ENTREPRISES (PME) :

CAS DU MAROC

Asmae Benthami

Épargne sans frontière | « Techniques Financières et Développement »

2016/3 n° 124 | pages 139 à 154

ISSN 1250-4165

Article disponible en ligne à l'adresse :

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Pour citer cet article :

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Asmae Benthami, « Les limites de l’outil de notation interne appliqué par les banques aux petites et moyennes entreprises (PME) : Cas du Maroc », Techniques Financières et Développement 2016/3 (n° 124), p. 139-154.

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LES LIMITES DE L’OUTIL DE NOTATION INTERNE APPLIQUÉ PAR LES BANQUES AUX PETITES ET MOYENNES ENTREPRISES (PME) : CAS DU MAROC

Asmae Benthami, Enseignante chercheure, Université Mohammed V de Rabat

Les petites et moyennes entreprises (PME) sont des acteurs déterminants dans le développement socio-économique du Maroc. Néanmoins, leur contribution à la création de la valeur ajoutée reste très faible et ne dépasse pas les 20 %. En cher- chant les causes qui empêchent les PME de jouer pleinement leur rôle et de fran- chir le stade de grandes entreprises, nous trouvons la difficulté d’accès aux crédits bancaires. Jusqu’en 2008, ce problème a touché principalement les crédits d’investissement. En effet, « les banques ont poursuivi l’assouplissement des conditions d’octroi de crédit aux entreprises qui a davantage concerné les crédits accordés aux PME et aux TPE. Cet assouplissement a concerné plus particulièrement les prêts à court terme, ceux à moyen et long termes ont vu, en revanche, leurs conditions se resserrer » (Bank Al Maghrib, 2008). Or, pour les PME, c’est cette dernière catégorie de crédits qui est la plus importante, elle constitue pour elles le principal moyen pour financer leur crois- sance, surtout qu’elles « ne peuvent pas recourir aux marchés de capitaux aussi faci- lement que les grandes entreprises pour obtenir des ressources tant en dette qu’en fonds propres » (Chertok et al., 2009). A partir de 2009, la difficulté d’accès s’est généralisée à tous les types de crédits demandés par les PME. En effet, il s’est révélé qu’à cause de la dégradation des pers- pectives économiques générales et du renchérissement des coûts des ressources, les banques marocaines ont procédé au durcissement des conditions d’octroi de crédits

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aux PME (Bank Al Maghrib, 2009). Ainsi, pour aider les PME marocaines, il est nécessaire de leur faciliter l’accès à plus de crédits, mais il faut aussi s’assurer de la bonne fin de l’opération, car si le crédit accordé se transforme en une créance en souffrance 1 , la situation des PME se dégra- dera encore plus. Quant à la banque, elle deviendra plus réticente à l’égard de cette catégorie d’entreprises. Pour éviter d’arriver à ce stade, Bâle 2 a mis en place le système de notation interne et a préconisé son adoption en raison des avantages qu’il présente : « une diminution potentielle des besoins en fonds propres pour une banque au profil de risque moyen [et] une meilleure gestion du risque » (Ogien, 2008). Bank Al Maghrib, à son tour, a for- tement recommandé aux banques marocaines l’utilisation de la notation interne, surtout que la première approche dite standard s’est révélée insuffisante. D’une part à cause de « l’impact du risque pays qui ne permet pas aux entreprises d’obtenir une note meilleure que la note souveraine ainsi que du nombre faible de notation conjugué à l’absence d’agences de notations domestiques » (Bank Al Maghrib, 2007). D’autre part, « l’application des modèles internes nécessite la construction d’une base de données complète et de qualité. Elle est soumise à la validation et à l’approbation de la commis- sion bancaire, qui apprécie si les dispositifs de gestion du risque internes à la banque sont d’une qualité suffisante » (Ogien, 2008). Mais sur le plan pratique, l’application par les banques du système de notation interne implique-t-elle une meilleure appréciation de la clientèle des PME ? Car seul un jugement approprié et objectif est de nature à sauvegarder les intérêts des différentes parties et atteindre le développement escompté. Pour y répondre, nous allons, dans un premier temps, présenter les outils de mana- gement du risque de crédit appliqués par les banques en nous focalisant sur les raisons de passage d’un outil à l’autre. Dans un deuxième temps, nous allons mettre l’accent sur les apports de l’outil de notation interne appliqué aux PME en nous basant sur l’étude du cas de la Banque Populaire qui gère, à elle seule, environ 50 % des PME marocaines, soit 10 000 entreprises (Belghazi, 2009) et en procédant à une étude comparative entre l’ancienne technique de cotation que cette banque utilisait et son actuel système de notation interne. Dans un troisième temps, nous allons préciser que malgré tous ses apports, l’outil de notation interne reste d’une qualité insuffisante.

Les outils de management du risque de crédit

La distribution des crédits constitue la principale activité bancaire, mais elle demeure la plus risquée. Face à cette situation, les entreprises bancaires ne cessent de changer de méthode d’évaluation du risque de crédit en vue d’en trouver une qui soit la plus efficace.

1 Les créances en souffrance désignent, généralement, les encours de crédit dont le remboursement ne s’est pas produit durant plus de 90 jours

après l’échéance. Pour plus de détail, voir la Circulaire N°19/G/2002 du 23/12/2002 relative à la classification des créances et à leur couverture par les provisions.

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Le diagnostic nancier

Il s’agit d’une approche traditionnelle qui vise à « étudier le passé pour diagnostiquer

le présent et prévoir l’avenir » (Vernimmen, 1998). Elle consiste à analyser de nom- breux ratios, principalement les ratios de structure et d’endettement, les ratios de rentabilité et les ratios de liquidité.

Le diagnostic financier a certainement aidé les banques à évaluer la santé de leur clientèle de PME, mais avec le temps il s’est révélé inefficace pour plusieurs raisons. D’une part, son caractère purement quantitatif a encouragé les PME souhaitant bénéficier du crédit demandé à présenter des états de synthèse modifiés, ce qui

a exposé davantage les banques au problème d’asymétrie d’information résultant

du fait que « l’emprunteur dispose d’un degré d’information beaucoup plus fin que le prêteur » (Chertok et al., 2009). D’autre part, les facteurs qualitatifs ont été négli- gés alors que leur intégration est aussi déterminante dans l’analyse du risque de défaillance des PME car elle « permet de compléter l’analyse financière » (Lelogeais, 2003). Parmi ces facteurs qualitatifs, il y a lieu de citer l’incompétence du diri- geant (Altman, 1984 ; Argenti, 1976), l’organisation industrielle (Picory et Geffroy, 1995) et les difficultés financières (Blazy et Combier, 1998), etc. Enfin, l’interpréta- tion des informations collectées paraît subjective, et le diagnostic financier « néces- site pour une banque beaucoup de temps et un personnel qualifié, ce qui entraîne une augmentation des coûts » (Elhamma, 2009).

La méthode du crédit scoring

Le crédit scoring a intéressé de nombreux auteurs comme Altman (1968), Collongues (1977), Conan et Holder (1979), Holder et al. (1984). Grâce à leurs recherches, ils ont pu améliorer la notoriété de la méthode du crédit scoring et ont contribué au développement de ses techniques. Le crédit scoring est le processus d’assignation d’une note à un emprunteur poten- tiel pour estimer la performance future de son prêt (Feldman, 1997). Ce proces- sus repose, dans une première étape, sur la constitution d’un échantillon composé d’emprunteurs défaillants et d’emprunteurs sains ; dans une deuxième étape, sur le

choix des variables (ratios) à utiliser ; et dans une dernière étape, sur l’élaboration de

la fonction score en se basant sur des techniques statistiques, principalement l’ana-

lyse discriminante qui est la plus utilisée par les banques. Cette technique définit la fonction score comme suit : Z= a 1 R1+ a 2 R2+ …+ a n Rn + b Avec : Ri : les ratios comptables et financiers ; a i: les coefficients associés aux ratios ; b : une constante. Certes, la méthode du crédit scoring a permis aux banques de remédier aux pro- blèmes du coût et du temps, et même d’améliorer leurs relations avec leurs clients, car en utilisant la fonction score, le banquier parvient à traiter rapidement la demande de crédit faite par le client. Cette technique permet aussi « le traitement identique de tous les emprunteurs » (Dietsch et Petey, 2003). Toutefois, le crédit sco- ring ne tient généralement compte que des variables quantitatives.

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Les systèmes de notation

En vue de combler les lacunes des méthodes de gestion du risque de crédit déjà présentées, le comité de Bâle a mis en place deux approches. La première, dite stan- dard, repose sur la notation externe. Elle consiste à confier l’évaluation de la pro- babilité de défaillance de l’emprunteur à une agence externe. Pour de nombreuses banques, l’utilisation de cette méthode n’est pas assez motivante et ce, pour trois principales raisons : le nombre des agences de notation externe est insuffisant (les plus connues sont Standard and Poor’s, Moody’s et Fitch) ; les exigences en fonds propres sont plus importantes ; et les entreprises n’empruntant pas sur les marchés de capitaux (cas des PME) ne font pas l’objet de notation (De Coussergues, 2007). D’où le recours à la deuxième approche basée sur la notation interne. Avec cette méthode, l’évaluation du risque de défaillance de la contrepartie est assurée par la banque elle-même qui, pour le faire, tient compte des facteurs aussi bien quantita- tifs que qualitatifs. Le système de notation interne permet à la banque de choisir entre deux méthodes :

l’une dite avancée et l’autre dite de base. Ainsi, si la banque opte pour la méthode avancée, elle aura à déterminer les quatre indicateurs de risque, à savoir : la proba- bilité de défaut, l’exposition en cas de défaut, la perte en cas de défaut et la maturité moyenne restant à courir sur l’engagement. Si la banque opte pour la méthode de base, elle n’aura à déterminer que la probabilité de défaut de la contrepartie, les trois autres indicateurs de risque restent de la compétence du superviseur. Au Maroc, c’est cette dernière méthode qui est appliquée par les banques.

Les apports de l’outil de notation interne appliqué aux PME : le cas de la Banque Populaire Avant 2008

Avant 2008, la Banque Populaire (BP) utilisait la technique de cotation (scoring) qui lui permettait d’évaluer le dossier de crédit présenté par les PME à travers l’étude des critères suivants :

• la qualité des engagements : la BP cherchait à éviter d’opérer avec les PME dont l’un des crédits s’est transformé en une créance en souffrance ;

• la situation financière : la BP cherchait à s’assurer de la bonne santé finan- cière de la PME en tenant compte de deux ratios : d’une part, l’équilibre de la structure financière (la PME étudiée devait disposer d’un fonds de roule- ment positif et assez suffisant pour financer une part importante de l’actif circulant hors trésorerie, en principe de plus d’un tiers) ; et d’autre part, la rentabilité (la BP utilisait en particulier le ratio mettant en relation le cash flow avec le chiffre d’affaires moyen des trois derniers exercices : lorsque ce ratio dépassait 10 %, cela signifiait que la PME concernée disposait d’une capacité d’investissement et que, par la suite, elle serait en mesure d’honorer ses engagements) ;

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• le taux d’endettement : la BP acceptait d’opérer avec les PME ayant déjà béné- ficié d’un ou de plusieurs crédits, à condition que les charges financières y affé- rentes ne dépassent pas, de préférence, 5 % du chiffre d’affaires réalisé. L’analyse menée par la Banque portait aussi sur l’importance des garanties présen- tées par la PME, la qualité de ceux qui la dirigeaient ainsi que la situation du secteur dans lequel elle opérait. La PME la mieux notée était celle obtenant un total de points égal à 60 répartis dans le tableau ci-dessous.

Tableau 1 : La note maximale correspondant à chaque critère de cotation de la PME

Critères

Note

maximale

Qualité des engagements Situation nancière : sa note est égale à la plus basse des deux notes relatives aux deux critères suivants : équilibre de la structure nancière et rentabilité Taux d’endettement Garanties Appréciation des actionnaires et/ou dirigeants Situation du secteur d’activité

10

10

10

10

10

10

Source : Direction aux crédits des entreprises de la Banque Populaire

L’obtention d’une note totale égale à 60 permet à la PME d’être cotée « A » sur l’échelle de cotation des risques 2 . La technique de cotation appliquée par la Banque Populaire lui a permis de nor- maliser la procédure de traitement des dossiers de crédits et de mieux apprécier la qualité du risque encouru vis-à-vis de la PME.

Après 2008

Afin de se conformer aux exigences de Bâle 2, la Banque Populaire, à l’instar de nombreuses autres banques marocaines, a mis en place à partir de janvier 2008, l’outil de notation interne (méthode de base) qui a pu combler les lacunes de la pre- mière technique. Cet outil a permis l’élargissement de l’échelle de notation (Tableau 2) qui doit comprendre « un nombre de classes minimales (sept classes d’emprunteurs sains et deux classes de défaillants) en partant de la définition réglementaire de référence de la défaillance proposée par Bâle » (Tordjman et Freiha, 2003).

2 De 50 à 60 points, cote A ; de 30 à 39, cote B ; de 40 à 49, cote C ; de 0 à 29 cote D. Source : Direction aux crédits des entreprises de la Banque Populaire.

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Tableau 2 : Echelle de notation adoptée par la Banque Populaire

Notes

Libellé

Intervalle de score

A

Excellent

[87 ; 100]

B

Très bon

[76 ; 86]

C

Bon

[70 ; 75]

D

Assez bon

[63 ; 69]

E

Moyen

[54 ; 62]

F

Passable

[46 ; 53]

G

Médiocre

[40 ; 45]

H

Très médiocre

[0 ; 39]

Défaut

Défaut

-

Source : Banque Populaire Régionale Rabat - Kénitra (2008)

En augmentant le nombre de classes d’emprunteurs sains (sept classes au lieu de trois pour la technique de cotation et qui sont représentées par les cotes A, B et C), l’outil de notation interne offre à la PME la possibilité d’être traitée avec plus d’objectivité. L’outil de notation interne a permis aussi de modifier la méthode de calcul de la note finale. Celle-ci ne repose plus sur une simple sommation des notes obtenues suite à l’évaluation des différents critères retenus, comme c’était le cas avec la tech- nique de cotation. En premier lieu, la détermination de la note finale consiste en une séparation entre les facteurs quantitatifs et les facteurs qualitatifs qui, tous les deux, sont devenus plus abondants. Pour les facteurs quantitatifs, leur nombre est passé de deux (la situation financière et le taux d’endettement) à dix, qui est d’ailleurs le nombre maximal autorisé par Bâle 2 car « au-delà, la qualité discriminante peut diminuer à cause de la redondance d’information » (Tordjman et Freiha, 2003). Ces facteurs intègrent deux types de critères, financiers et de taille. Les critères financiers se présentent comme suit.

Critères nanciers

Utilité

Vitesse de rotation de capital (TATO) = Chiffre d’affaires / (Actif immobilisé net (AIN) + BFR (Besoin en Fonds de Roulement)) avec : AIN = AI – Dotations aux amortissements

Permet de mesurer les répercussions des investissements effectués sur le chiffre d’affaires.

Frais nanciers / Chiffre d’affaires

Plus l’entreprise paie des charges nancières, plus l’indicateur est important ce qui donne une idée sur la dépendance du volume d’activité des frais nanciers. Lorsque ce ratio est supérieur à 1, l’entreprise n’a plus de marge de manœuvre en termes de recours à un nancement externe.

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Dettes nettes / Fonds Propres (FP)

Permet de dégager l’engagement de l’entreprise dans l’affaire. Il est préférable que ce ratio soit inférieur à 1, mais il ne devrait pas être trop faible (moins de 30 %). Si c’est le cas, l’entreprise est considérée comme trop prudente et ne prote donc pas de toutes les opportunités qui se présentent à elle.

Ratio de liquidité réduite = (actif circulant - stocks) / dettes à court terme

Permet de savoir si l’entreprise dispose de la liquidité nécessaire pour faire face à ses dettes à court terme.

Fonds de roulement (FDR) / Actif circulant hors trésorerie

Permet de savoir si l’entreprise dispose d’un FDR sufsant, permettant de nancer les opérations courantes de l’entreprise.

Résultat net / FP

Permet de mesurer l’aptitude de l’entreprise à rentabiliser les capitaux engagés par les actionnaires.

Croissance du Résultat net : (Résultat net N - Résultat net N-1) / Résultat net N-1

Permet

de

donner

une

idée

sur

le

développement

de

l’activité

et

sur

la

performance

de

la

gestion

au

sein

de

 

l’entreprise.

 

Les critères de taille comprennent le chiffre d’affaires et le nombre d’employés. La BP intègre un troisième critère, celui de l’âge afin de s’assurer de la stabilité de l’en- treprise. A ce titre, il a été précisé que la probabilité de fermeture d’une entreprise décroît à mesure que cette dernière prend de l’âge (OCDE, 2009). La BP a ainsi élargi son champ d’analyse à tout facteur quantitatif pouvant lui apporter plus d’informations sur la solvabilité de la PME. Concernant les critères qualitatifs, leur nombre a augmenté et sont regroupés dans deux catégories. La première vise à aider la banque à mieux déterminer le position- nement de la PME dans son secteur d’activité. A cet égard, la BP accorde plus de points à la PME qui : appartient au secteur d’activité jugé sans risque ; bénéficie d’une forte position concurrentielle sur le marché national et n’est nullement expo- sée à la concurrence internationale ; et dispose d’un fort pouvoir de négociation face à ses partenaires (clients et fournisseurs). La deuxième catégorie permet à la banque d’évaluer la qualité de la gestion de la PME. Celle-ci obtiendra la meilleure note si : elle dispose d’un plan de succession, à savoir un outil visant à garantir la continuité de l’exploitation à travers l’iden- tification des postes clés dans l’entreprise, la mesure du risque de défaillance des personnes occupant ces postes et la mise en œuvre des actions nécessaires pour en assurer la succession ; son dirigeant a plus de 10 ans d’expérience et détient moins de 10 % du capital ; elle n’a connu aucun incident de paiement durant les 12 der- niers mois ; elle n’opère qu’avec une seule banque. Ceci permet, généralement, de réduire le risque d’asymétrie d’informations.

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Avec la multiplicité des critères qualitatifs, l’outil de notation interne ne cherche pas à compliquer la tâche à la PME (plus de questions qui nécessitent des réponses assez précises), mais il vise surtout à aider la banque à mieux connaître sa cliente (la PME), à l’évaluer de façon équitable et à lui apporter les solutions nécessaires. En second lieu, le calcul de la note finale repose sur l’application de coefficients, d’abord aux facteurs de risque et, ensuite, aux scores calculés. Pour ce qui est des facteurs de risque, ils ne contribuent pas à part égale au calcul de la note finale. La banque attribue à chacun d’eux un coefficient (poids) qu’elle détermine selon que le critère retenu impacte fortement ou faiblement la solvabilité de la PME, comme le montre le tableau ci-dessous.

Tableau 3 : Poids des facteurs quantitatifs et qualitatifs

Facteurs quantitatifs

Poids

Facteurs qualitatifs (par thème)

Poids

Vitesse de rotation de capital

20

%

Situation du secteur d’activité

20

%

Frais nanciers / Chiffre d’affaires

5

%

 

Dettes nettes / Fonds Propres (FP)

5

%

Concurrence

15

%

Ratio de liquidité réduite

20

%

Pouvoir de marché

10

%

Fonds de roulement / Actif circulant hors trésorerie

5

%

 

Résultat net / FP

10

%

Qualité et structure du management

35

%

Croissance du Résultat net :

5

%

Historique bancaire

15

%

(Résultat net N - Résultat net N-1) / Résultat net N-1

 

Chiffre d’affaires

10

%

Exposition aux crédits

5 %

Nombre d’employés

10

%

Age de l’entreprise

10

%

Source : Banque Populaire

Pour la Banque Populaire, les facteurs les plus déterminants dans le calcul du score quantitatif sont : d’une part, la vitesse de rotation de capital, du fait que son aug- mentation implique une hausse de taux de profit qui est d’une grande importance pour la PME car elle exprime sa capacité d’accéder au crédit et surtout de pouvoir le rembourser ; d’autre part, le ratio de liquidité réduite considéré comme un ratio clé pour les banques, il leur permet de s’assurer de l’aptitude de la PME à honorer ses engagements à court terme et, par la suite, à pouvoir continuer son activité sur le long terme. McMahon (2004) a ainsi associé la liquidité à une question de survie de la PME. Ceci a été confirmé par l’étude de Welsh et White (1981) qui a montré que les PME peuvent survivre assez longtemps sans bénéfices mais qu’elles s’approchent de la faillite dès qu’elles doivent manquer un paiement important. Par rapport au score qualitatif et parmi tous les critères qui servent à son calcul, la BP donne plus d’intérêt au dirigeant et à ses qualités. A cet égard, nombreux sont

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les auteurs qui ont considéré la personnalité du dirigeant comme une des clefs de la réussite entrepreneuriale (McClelland, 1961 ; Gartner, 1988 ; Cooper, 1993 ; Saporta, 1994), d’autres l’ont même qualifiée de facteur déterminant dans la déci- sion d’octroi du prêt bancaire. C’est le cas notamment de Papin (1997) qui précise que « le crédit repose tout d’abord sur l’homme ou la femme qui crée (ou développe) l’entreprise et sur la confiance que le banquier peut avoir en cet homme ou cette femme :

confiance en son honnêteté, sa loyauté, son esprit d’entreprise, sa capacité d’adaptation et sa compétence ». Concernant les deux scores calculés, quantitatif et qualitatif, la BP associe à chacun d’eux un poids qui varie en fonction du chiffre d’affaires réalisé par la PME, comme le montre le tableau ci-dessous.

Tableau 4 : Le poids des scores quantitatif et qualitatif

Chiffre d’affaires de la PME En dirhams (DH)

Poids quantitatif

Poids qualitatif

> 150 millions

75

%

25

%

[50 M ; 150 M]

70

%

30

%

[10 M ; 50 M]

60

%

40

%

<

10 M

50

%

50

%

Source : Banque Populaire

Il ressort du tableau ci-dessus que malgré le nombre si important des critères inter- venant dans le calcul du score qualitatif, ce dernier n’est jamais considéré comme étant le plus déterminant dans le calcul de la note finale ; ceci montre encore une fois que l’outil de notation interne vise à permettre à la banque d’être assez objective au moment de l’appréciation de la PME.

Les limites de l’outil de notation interne des PME

Si l’outil de notation interne a été préconisé par Bâle 2, c’est principalement pour permettre à la PME d’être évaluée avec objectivité. « L’accord de Bâle II répond, de ce point de vue, au souci de faire reposer la création et la croissance des PME sur une infrastructure financière solide. Ainsi, au-delà des objectifs prudentiels qui représentent la vocation fondamentale du dispositif, la mise en œuvre de cet accord devrait contribuer au développement des PME et TPE » (Golitin, 2007). Or, dans la pratique et sur la base d’un ensemble d’entretiens réalisés avec des responsables de banques (cas de la Banque populaire et de la Banque marocaine pour le commerce et l’industrie), il nous a été précisé qu’un même dossier de crédit présenté par une PME peut être rejeté par une banque et, par la suite, accepté par une autre. Ceci montre que les dossiers de crédit des PME ne sont pas étudiés de la même façon, et donc, l’objec- tivité visée par l’outil de notation interne et qui constitue son principal apport n’est généralement pas vérifiée. Ce problème d’inefficacité de l’outil de notation interne de la PME peut être expliqué par trois principales limites.

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Un simple outil d’aide à la décision

Bâle 2 précise au paragraphe 444 que « les notations internes et les estimations de défauts et pertes doivent jouer un rôle essentiel dans l’approbation du crédit, la ges- tion des risques, l’allocation interne des fonds propres et la gouvernance d’entreprise des

banques ayant recours à l’approche NI. Il n’est pas admissible, en effet, de ne concevoir et mettre en place de tels systèmes que pour être agréé à l’approche NI et de ne s’en servir qu’en saisie » (Banque des règlements internationaux, 2006). Mais dans la pratique,

il s’est révélé que la note calculée « ne décide pas de l’octroi de crédit » (Fleitour,

2010), elle doit faire l’objet de nombreuses discussions entre les personnes respon- sables pour décider de servir ou non la PME concernée. La notation interne n’est donc qu’un simple outil d’aide à la décision, son rôle consiste principalement à permettre aux banques « d’identifier les niveaux de risques individuels caractérisant chacun de leurs prêts et de s’assurer une rémunération appropriée des risques qu’elles prennent » (Commission européenne, 2007).

Une absence d’un outil normalisé

L’outil de notation interne appliqué à la PME diffère d’une banque à l’autre, ceci revient au fait qu’« aucune méthode particulière n’est prescrite pour la notation des contreparties ou l’appréciation des paramètres ; il est de la responsabilité de chaque établissement de choisir les éléments qui lui semblent les mieux adaptés à sa situation » (Banque de France, 2004). Certes, c’est une grande flexibilité qui est offerte aux banques, mais concernant la PME, elle s’en trouve généralement victime, surtout lorsqu’elle n’arrive pas à bénéficier de la même décision pour un même dossier de crédit. Pour apporter plus de précision à cette idée, nous avons procédé par une étude comparative entre l’outil de notation interne de la Banque Populaire et celui d’Attijariwafabank. Nous avons pu relever trois principales différences qui touchent à la définition de la PME, à l’échelle de notation et aux critères d’évaluation.

A propos de la première différence, il parait d’abord nécessaire de préciser que la

Banque populaire et Attijariwafabank ont élaboré chacune un outil de notation interne spécifique aux PME et ce, afin de permettre à cette catégorie d’entreprises d’être appréciée sur la base des critères qui lui sont propres et qui diffèrent de ceux appliqués à la grande entreprise, ce qui correspond parfaitement aux objectifs de Bâle 2. En effet, « au-delà des objectifs prudentiels qui représentent la vocation fon- damentale du dispositif Bâle II, sa mise en œuvre tenant compte des caractéristiques propres des PME, témoigne de l’importance de l’intégration de cette catégorie d’entre- prises dans les circuits de financement de l’économie » (Bank Al Maghrib, 2007). Toutefois, les deux banques n’adoptent pas la même définition de la PME. De ce fait, si pour la Banque populaire, une PME est toute entreprise dont le chiffre d’affaires réalisé se situe entre 3 et 50 millions de dirham, pour Attijariwafabank, le chiffre d’affaires retenu doit se situer entre 10 et 100 millions de dirham. Il paraît que cette deuxième banque est plus exigeante pour classer une entreprise comme PME, mais sa définition reste la plus proche de celle adoptée par Bank Al Maghrib, précisant qu’une PME est toute entreprise « qui répond à l’une des deux conditions suivantes : - le chiffre d’affaires hors taxe (CAHT), ou celui du groupe d’intérêt auquel

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elle appartient, est supérieur à 10 millions de dirhams (DH) et inférieur ou égal à 175 millions de DH ; - le CAHT, ou celui du groupe d’intérêt auquel elle appartient, est inférieur ou égal à 10 millions de DH et le montant global des créances que détient l’éta- blissement à son égard, ou sur le groupe d’intérêt auquel elle appartient, est supérieur à 2 millions de DH » (Bank Al Maghreb, 2010). En ce qui concerne l’échelle de notation, celle adoptée par la Banque Populaire comprend neuf classes d’emprunteurs, ce qui correspond au nombre minimal exigé par Bâle 2. Celle retenue par Attijariwafabank n’est composée que de huit classes réparties dans le tableau ci-dessous.

Tableau 5: Echelle de notation adoptée par Attijariwafabank

Note

Score

A

78,51 à 100

B

69,76 à 78,50

C

56,44 à 69,75

D

48,01 à 56,43

E

39,51 à 48,00

F

34,01 à 39,5

G

0 à 34,00

H

-

Source : Attijariwafabank

Le tableau ci-dessus précise que le nombre de classes d’emprunteurs sains retenus par Attijariwafabank est réduit à six (au lieu de sept pour la Banque Populaire). Mais malgré cela, les scores qu’elle applique sont relativement moins élevés. Pour cette banque, une PME est qualifiée d’emprunteuse saine si elle obtient un score minimum égal à 34,01, ceci n’est pas le cas pour la Banque Populaire qui exige un score relativement plus élevé, au moins égal à 40. Concernant les critères d’évaluation, ceux retenus par Attijariwafabank se présen- tent dans le tableau ci-dessous.

Tableau 6 : La notation de la clientèle PME

Facteurs

Poids

Facteurs

Poids

Facteurs

Poids

quantitatifs

qualitatifs

comportementaux

Total Bilan

8,3%

Secteur

15%

Solde moyen / Autorisations

20%

(CAn-CAn-1) / CAn-1

21%

d’activité

   

Appartenance à un groupe

15%

Nombre

 

Crédits Bancaires CT / Total Bilan

10,08%

d’autorisations

15%

 

temporaires

Endettement LMT / Fonds Propres (FP)

6,16%

Qualité de

17,5%

Nombre d’impayés

30%

l’information

Total Dettes Bancaires/Total Bilan

11,76%

nancière

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RN / Capitaux propres

8,58%

Actionnariat

17,5%

Mouvements créditeurs nets / CA

20%

CAF / CA (HT)

2,6%

Plan de

17,5%

Frais Financiers / CA

14,82%

succession

FP nets / Total Bilan

4%

Ancienneté de la relation avec la banque

17,5%

Nombre de jours débiteurs

 

(FDR*360) / CA

8,32%

15%

FDR / BFRE

4,68%

 

LMT : Long et moyen terme ; RN : Résultat net ; FDR : Fonds de roulement ; CA : Chiffre d’affaires ; BFRE : Besoin en fonds de roulement d’exploitation ; CAF : Capacité d’autofinancement. Source : Attijariwafabank

En comparant les critères retenus par Attijariwafabank à ceux appliqués par la Banque Populaire, nous constatons ce qui suit. Du côté des facteurs quantitatifs, Attijariwafabank utilise 11 critères, ce qui dépasse le nombre maximal autorisé par Bâle 2. Pour apprécier la taille de la PME, cette banque prend en considération le total du bilan et la croissance du chiffre d’affaires, et néglige totalement le nombre d’employés et l’âge de l’entreprise. Or, ces deux derniers facteurs sont d’une grande utilité pour la banque du fait qu’ils lui per- mettent de mieux s’informer sur le degré de stabilité de la PME, la continuité de son exploitation ainsi que sa contribution à la création d’emploi. Pour ce qui est des facteurs financiers, les deux banques utilisent des ratios dif- férents, à l’exception des deux suivants : frais financiers / CA et RN / capitaux propres, qui même s’ils sont calculés de la même façon par les deux banques, ces dernières leur appliquent des pondérations différentes (Tableaux n°3 et 6). Du côté des facteurs qualitatifs et comportementaux, les deux banques s’intéressent à la collecte des mêmes informations mais chacune d’elles applique aux critères retenus des pondérations qui lui sont propres (Tableaux n°3 et 6).

Un horizon temporel très court

Pour déterminer la note finale à attribuer à la PME, l’établissement bancaire se base sur les données, quantitatives et qualitatives, relatives à l’exercice précédent. Il cherche alors à se conformer aux exigences de Bâle 2 précisant que « les banques doivent estimer une probabilité de défaut à un an » (Tordjman et Freiha, 2003). En procédant de cette façon, la banque néglige toute l’expérience passée de la PME et risque de fonder toute l’opération d’évaluation sur une année qui pourrait être exceptionnelle, ce qui n’aidera jamais la banque à connaître sa cliente, non plus à déterminer sa situation réelle. Certes, les critères retenus par la banque pour évaluer la PME ne peuvent être significatifs, apporter une information fiable, claire et utile et permettre à ladite banque de prendre la décision la plus correcte que si c’est leur évolution dans le temps qui est étudiée et analysée. En limitant l’horizon temporel de l’évaluation à un an, la banque néglige aussi l’évolution future de la PME. En effet, au moment de la détermination de la note

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finale, la banque ne tient absolument pas compte des informations relatives au projet à financer et ce, même si la PME concernée a présenté, au moment de la demande de crédit, un dossier comprenant, entre autres, son business plan sur cinq ans, le plan de financement et le cash flow prévisionnel. Nous constatons donc que l’outil de notation n’aide pas assez la banque dans l’ap- préciation du risque de défaut relatif à la PME.

Recommandations

L’outil de notation interne est mis en place pour qu’il soit au service de la banque et de la PME. Pour la banque, il cherche à lui permettre d’améliorer sa rentabilité

à travers une économie des fonds propres. Quant à la PME, il vise à lui faciliter le

financement de sa croissance à travers un accès plus rapide et moins contraignant aux crédits bancaires, tout ceci dans l’objectif d’assurer la stabilité du système finan- cier et de renforcer sa solidité.

Tous ces objectifs ne peuvent d’ailleurs être atteints que si l’outil élaboré et appliqué par la banque est de qualité, chose qui n’est pas encore assurée. Pour cela, nous recommandons :

• d’élargir l’horizon temporel de la notation en intégrant l’expérience passée de l’entreprise et les prévisions futures relatives au projet à financer ;

• de faire de la notation interne le seul et unique outil de prise de décision, ceci permettra de garantir l’objectivité recherchée ;

• de s’assurer que les outils de notation approuvés ne présentent pas de diver- gences, ni de contradictions entre eux ;

• de mettre à la disposition des PME, l’outil de notation interne appliqué pour leur évaluation, ceci permettra d’instaurer plus de transparence dans la relation banque - PME.

Conclusion

Un outil de notation interne de qualité est, certes, une condition nécessaire pour

réussir l’opération de crédit, mais elle n’est pas suffisante. Deux autres conditions doivent alors être remplies (Benthami, 2012). La première consiste, pour la banque,

à confier l’opération de notation à des personnes compétentes et vigilantes qui par-

viendront à évaluer la PME sans erreur. La seconde consiste, pour la PME, à travers le respect des recommandations du code spécifique de bonnes pratiques de gouver- nance des PME, à agir avec sincérité en vue de pouvoir tisser une relation durable avec son banquier. En effet, « en établissant des relations à long terme avec leurs clients, les banques sont bien placées pour connaître leurs besoins et apprécier le risque de leurs différents projets » (Diamond, 1984 ; Jensen et Meckling, 1976).

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