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DEFINITION DE L’OCDE

Par fiscalité environnementale, l’OCDE entend "impôts,


taxes et redevances dont l’assiette est constituée par un
polluant, ou plus généralement par un produit ou un service
qui détériore l’environnement ou qui se traduit par un
prélèvement sur des ressources naturelles renouvelables ou
non renouvelables ;
Définition qui met l’action sur le binôme "Pollueur - Payeur".
LES INSTRUMENTS DE DEVELOPPEMENT DURABLE
ET L’ECONOMIE VERTE

 Les écotaxes : à travers lesquelles on rend la pollution coûteuse pour le pollueur


en lui faisant payer une taxe dont le montant a une relation avec la pollution qu’il
émet
 Les subventions: un pollueur reçoit une subvention unitaire par unité de pollution
évitée ou dont l’intensité est en deçà d’un seuil de pollution de référence
 Les systèmes de consigne qui consistent à imposer une taxe sur un produit
potentiellement polluant. La taxe est remboursée quand la pollution est évitée par le
retour du produit après son utilisation
 Les marchés de droits à polluer ou les systèmes de permis négociables (Ex : le
marché des droits à émettre du CO2 par les grandes centrales thermiques aux
Etats Unis dans le cadre du Clean Air Act) qui imposent qu’un pollueur ne peut
émettre que la quantité de pollution qui correspond à celle autorisée au niveau des
permis d’émissions dont il dispose.
FISCALITE = INSTRUMENT ENVIRONNEMENTAL

Dans les politiques publiques, la fiscalité peut revêtir plusieurs


formes :
Outil budgétaire
Facteur de croissance économique
Moyen d’encouragement de l’investissement
Récemment : Instrument environnemental (fiscalité verte)
FISCALITE VERTE
La fiscalité écologique, aussi nommée fiscalité environnementale ou éco-fiscalité,
est une forme de fiscalité émergente qui vise clairement, par un signal-prix à protéger
l‘environnement et les ressources naturelles en limitant leur dégradation et
surexploitation, voire en finançant leur restauration.
La fiscalité environnementale va donc affecter positivement ou négativement des
produits ou services ayant un effet (positif ou négatif) sur l'environnement.
On distingue parfois trois grandes approches:
l’intention déclarée: mesure fiscale présentée par le législateur comme visant à
améliorer l'environnement ; but par ailleurs clairement inscrit dans la loi ;
le comportement: mesure fiscale fonctionnant comme incitation économique en faveur
de comportements améliorant l'environnement ;
le produit ou le polluant visé: mesure fiscale dont l’objet porte sur un bien physique
pouvant avoir un impact négatif sur l’environnement.
FISCALITE VERTE
La fiscalité environnementale vise à intégrer, dans les coûts supportés par les
acteurs économiques le coût des dommages environnementaux causés par leurs
activités.
Elle représente ainsi un moyen économiquement efficace pour modifier le
comportement des acteurs, conformément au principe de « pollueur-payeur ».
Les taxes environnementales peuvent être distinguées en fonction de la
problématique environnementale à laquelle elles s’appliquent :
Consommation de ressources: ressources biotiques, ressources en eau, matières
premières énergétiques et minérales
Changement climatique: émissions de gaz à effet de serre
Pollutions: pollution de l’air, de l’eau et gestion des déchets.
CONTEXTE NATIONAL
Le Maroc a déployé des efforts considérables pour faire face aux menaces qui pèsent sur notre
environnement et sur nos ressources naturelles.
1. Volet juridique
Sur le plan juridique, notre arsenal a été renforcé par l’adoption de cinq lois environnementales :
(loi sur l’eau, loi-cadre sur la protection et la mise en valeur de l’environnement, loi sur les études
d’impact, loi relative à la lutte contre la pollution de l’air, loi sur la gestion des déchets et leur
élimination)
2. Développement de Nouvelles filières de l’économie verte
Energies renouvelables (CSP, PV, et éolien) ; Efficacité énergétique ; Assainissement liquide ;
Gestion et valorisation des déchets ; Aquaculture ; Filières de valorisation du capital forestier ;
Plantes aromatiques et médicinales.
3. Les incitations financières sectorielles
4. Mécanismes et instruments économiques et financiers
Le Fonds de dépollution industrielle (FODEP), Le Fonds National pour la protection et la mise en
valeur de l’environnement (FNE), Le Mécanisme pour un Développement Propre (MDP), Le Fonds
pour l’efficacité énergétique (FEE) , Le Fonds d’investissement industriel , Le Fonds
d’Assainissement Liquide et d’Epuration des Eaux Usées (FALEEU) , Le Fonds national forestier ,
Le fonds de financement conjoint avec les banques « RENOVOTEL 3 ».
CONTEXTE NATIONAL
L’action environnementale au Maroc est régie par la Loi 99-12 portant charte
nationale de l’environnement et développement durable (Dahir du 6 mars
2014).
L’article 30 de cette loi-cadre prévoit l’institution d’un système de fiscalité
environnementale composée de taxes et de redevances écologiques imposées
aux activités qualifiées de polluante ou consommatrice de ressources naturelles.

Le système fiscal marocain prévoit des :


- Taxes et redevances ayant un soubassement environnemental ;
- Exonérations et réductions fiscales encourageant la protection de
l’environnement.
CONTEXTE NATIONAL
Impôts et taxes ayant un soubassement environnemental

• Taxe sur les opérations de construction

 Taxe spéciale sur le ciment

 Taxe spéciale sur le sable

 Taxe spéciale sur le fer à béton

 Taxe sur les eaux minérales et de table

 Taxe sur l’extraction des produits de carrières

 Taxe sur les exploitations minières

 Taxe sur la vente des produits forestiers


CONTEXTE NATIONAL
Impôts et taxes ayant un soubassement environnemental

 Taxe sur les permis de chasse

 Taxe spéciale annuelle sur les véhicules automobiles

 Taxe sur le transport public de voyageurs

 Taxe sur les permis de conduire

 Taxe sur les véhicules automobiles soumis à la visite technique

 Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques

 Taxe écologique sur la plasturgie


CONTEXTE NATIONAL
Exonérations et réductions fiscales encourageant la protection de
l’environnement

 Exonération de TVA pour les métaux de récupération, des trains et matériel


ferroviaires destinés au transport de voyageurs et de marchandises

 Taux de TVA réduit de 7% pour la location des compteurs d’eau et d’électricité

 Taux de TVA réduit de 10% pour les chauffe-eaux solaires, le gaz de pétrole et
autres hydrocarbures gazeux

 Taux de TVA réduit de 14% pour l’énergie électrique

 Exonération de TVA totale et permanente des revenus des plantations


sylvestres non fruitières destinées à préserver les sols de l’érosion due aux
vents et aux pluies
CONTEXTE NATIONAL
Exonérations et réductions fiscales encourageant la protection de
l’environnement (PLF 2017)

 Réduction des droits d’importation applicable à certains intrants utilisés pour la


fabrication des panneaux photovoltaïques (PLF 2017)

 Exonération des véhicules à moteur électrique et des véhicules à moteur


hybride de la taxe spéciale annuelle sur les véhicules automobiles (PLF 2017)
CONTEXTE NATIONAL

Peut-on parler d’une politique fiscale


environnementale verte au Maroc ?
CONTEXTE NATIONAL
Une politique fiscale se construit autour d’objectifs et principes ;
Au Maroc, nous disposons certes de plusieurs taxes, redevances et exonérations mais
peut être pas de véritable fiscalité environnementale ;
Absence de principes clairement retenus de la fiscalité verte :

• Incitation et encouragement des comportements verts ;

• Maintien des prélèvements fiscaux à leur niveau ;

• Simplicité, clarté, lisibilité et cohérence du système FV ;

• Affectation des recettes vertes à la protection de l’environnement et au développement


durable ;

• Progressivité de la mise en œuvre de la FV ;

• Association de la fiscalité verte et la justice sociale,...


CONTEXTE NATIONAL
• Impôts et taxes adoptés en fonction des besoins temporaires (Taxes sur le sable, taxe
sur le ciment, taxe écologique sur la plasturgie,…) ;

• Impact financier du dispositif de la FV non évalué par le gouvernement ;

• Problématique de l’environnement ignorée par la réforme fiscale ;

• Absence de structure ou organisme chargé de la gestion, centralisation, impact,


évaluation et suivi de la FV ;

• Plusieurs intervenants : Collectivité locale, département gouvernemental, DGI,…

• Absence de base de données centralisée sur la fiscalité verte.