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LE FILM PUBLICITAIRE-LES DROITS DU

REALISATEUR

Une fiche rédigée par Claire BOUCHENARD, juriste de la société

Deprez Dian Guignot


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LE FILM PUBLICITAIRE LES DROITS DU REALISATEUR

1. Titularité des droits sur l’œuvre publicitaire :

Le film publicitaire est une œuvre audiovisuelle au sens de l’article L 112-2-6 du CPI qui
répute comme telles « les œuvres consistant dans des séquences animées d’images,
sonorisées ou non ».
Ainsi, l’article L 113-7 du CPI a-t-il vocation à s’appliquer en l’espèce, le réalisateur d’un film
publicitaire est présumé coauteur de ce dernier.
Le réalisateur est donc titulaire des droits de représentation et de reproduction de l’œuvre
publicitaire.

2. La cession des droits d’auteur relatifs à un film publicitaire :

a. Régime général de l’œuvre audiovisuelle :


L’article L 132-24 du CPI prévoit que le contrat liant le producteur aux auteurs d’une œuvre
audiovisuelle emporte , sauf clause contraire, cession au profit du producteur des droits
exclusifs d’exploitation de l’œuvre audiovisuelle.
Sous la loi de 1957, cette présomption avait une portée limitée, elle ne concernait en effet
que les droits d’exploitation cinématographique et non télévisuelle ou vidéographique. Ce
cas de figure reste applicable aux contrats en cours.

Cass.civ.1ère, 29 juin 1994 : RIDA 1995, n°163 , p.197.


Cass.civ.1ère, 6 mai 1997 : RIDA 1997, n°174, p.231.

Depuis, la loi de 1985, la présomption de cession s’appliquerait à la diffusion sous toutes les
formes possibles…
Sinon, l’article L 132-24 du CPI réserve expressément l’application de l’article L 122-7 du
CPI qui dispose en son dernier alinéa que, lorsqu’un contrat comporte cession totale du droit
de représentation et/ou de reproduction, « la portée en est limitée aux modes d’exploitation
prévus au contrat. ».
Internet constitue un mode d’exploitation autre que cinématographique et doit donc, à ce
titre, faire l’objet d’une stipulation particulière dans le contrat.

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En d’autres termes, les droits numériques sont des droits spécifiques dont la cession doit
être expressément envisagée.
En outre, la jurisprudence a eu l’occasion de préciser que « dés lors qu’aucun contrat de
production audiovisuelle n’a été passé pour définir les modes d’exploitation d’une œuvre,
leur étendue et la rémunération de l’auteur, le consentement du réalisateur n’a porté que sur
la réalisation et la production en nombre ; la représentation et la diffusion de l’œuvre, en
méconnaissance de ses droits, constituent une contrefaçon » (Paris, 6 juin 1991, légipresse
1992, I, 21).

b. Régime spécifique du contrat de commande pour la publicité :


Selon l’article L 132-31 du CPI : « dans le cas d’une œuvre de commande utilisée pour la
publicité, le contrat entre le producteur et l’auteur entraîne, sauf clause contraire, cession au
producteur des droits d’exploitation de l’œuvre, dès lors que ce contrat précise la
rémunération distincte due pour chaque mode d’exploitation de l’œuvre en fonction
notamment de la zone géographique, de la durée d’exploitation, de l’importance du tirage et
de la nature du support » ;
Ce texte s’applique bien entendu à la publicité audiovisuelle, comme l’a précisé la décision
du 23 février 1987 rendue par une commission ad hoc .
L’Union des Annonceurs et les organisations représentatives d’auteurs ont passé un accord
le 22 février 1993 afin de préciser les aménagements pratiques de cette disposition.
Il prévoit notamment une rémunération forfaitaire pour chaque mode d’exploitation visé au
contrat, quelle que soit l’utilisation effective de l’œuvre.
Il a été observé qu’il convenait d’exclure du champs d’application de ce texte les cessions
partielles de droits, pour lesquelles le droit commun serait seul applicable (Paris, 3 décembre
1992, GP, 1993, 2, som. p.359).

c. Le droit commun :

- l’article L 131-2 du CPI prévoit l’exigence d’un écrit, ad probationem, en cas de contrat
de production audiovisuelle, nonobstant la destination publicitaire de l’œuvre.
Autrement, la preuve de la cession des droits est soumise aux articles 1341 à 1348 du
cc.
- l’article L 131-3 al.1 du CPI exige que le domaine d’exploitation des droits cédés soit
délimité notamment quant à sa destination. Ce texte a une portée générale et a donc
vocation à s’appliquer en matière publicitaire .

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Cass.Civ.1ère, 17 juillet 1990, Bull.Civ.I, n°203, p.144 ; JCP 1991, E, n°147, p.102.
Cass.Civ.1ère, 9 octobre 1991, Bull.Civ.I, n°253, p.167.

Une cession pour un mode d’exploitation ne peut donc pas être étendue à un autre mode
d’exploitation en vertu du principe d’interprétation restrictive des cessions énoncé à l’article L
122-7 du CPI.

Cass.Civ.I, 21 novembre 1995, Bull.Civ.I, n°421, p.294 : la cession des droits sur un cliché
publicitaire pour « des posters et chemises » ne permet aucune utilisation sur un autre
support.
Ainsi, le réalisateur d’un film publicitaire qui a cédé ses droits pour une exploitation sur
support cinématographique ou télévisuel, ne les a pas pour autant cédés pour une
exploitation sur support numérique.

A titre de remarque, il est aussi de jurisprudence constante, que le seul fait d’avoir réglé les
prestations de création et les fournitures nécessaires, y compris dans le cadre d’un contrat
de commande, vaut certes cession des droits corporels sur le film publicitaire réalisé, mais
n’emporte pas cession des droits incorporels de l’auteur.

Cass.Civ.I, 11 octobre 1983, Bull.Civ.I, n°225, p.201 ; D.1984, IR, p.287.

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