Vous êtes sur la page 1sur 14

Qu’est-ce qu’un principe ?

TE en 4h, au choix dissertation (références du cours + perso attendues) ou explication de texte (extraite de
l’un des grands livres travaillés en cours, bibliographie indicative en ligne). /!/ Méthode importante dans la
notation, faire dissertation/explication dans les règles.
Mercredi 29 janvier, 18h30-20h30 en Richardot, thème L’espace de la représentation : le modèle perspectif.

Introduction - Peut-on espérer définir ce qu’est un principe ou bien


doit-on se contenter de le caractériser, de l’exposer ?
Approche générale :
Premier constat : certaines images nous permettent d’illustrer non pas ce qu’est un principe mais
l’ambivalence du concept de principe. Ex : le soleil est principe de lumière ou de chaleur = il est à la fois
autre que la chaleur, que la lumière qui émanent de lui et en même temps le soleil a du rapport à cette chaleur
et lumière qui s’en dégage. ==> Le soleil est en tant que principe à la fois le même et l’autre de la chaleur ou
de la lumière qu’il dégage. Il est à la fois le même et l’autre de son principiat. Il n’est pas de la chaleur en
acte mais de la chaleur en puissance, qui produit de la chaleur en acte. Le principe vaut comme une source
à la fois immanente et transcendante à son principiat, à la fois hétérogène et homogène, intérieur et
extérieur à la série qui émane de lui.
==> Qu’est-ce qu’un principe ?
Tout principe semble avoir un principiat, s’il est vrai que tout principe est principe de quelque chose.
Le mot principe ne s’utilise jamais tout seul, on dit principe DE quelque chose.

Étymologies
1. Principe vient du latin, princepes qui vient de primons (premier) + caperer (prendre)
2. Principe vient du latin principior qui veut dire prendre la première place, marcher en avant d’où son
deuxième sens régner sur, commander, avoir sous ses ordres. Désigne aussi le chef des armées, d’où le
prince ou l’empereur —> sens politique et militaire, principe de hiérarchisation.
3. Principe vient du latin, principuim qui désigne à la fois le début, le commencement, ce qui inaugure un
processus ou une série, d’où le fondement, l’origine, le point de départ et par ailleurs désigne aussi un
élément simple fondamental constitutif d’une substance composée. Désigne ce qui vient avant lui ou
après lui, le principiat : au sens chronologique, dans l’ordre ontologique, au sens axiologique c'est-à-dire
au sens d’une hiérarchie de valeur.
4. Arkhe en grec, désigne le point de départ, le commencement, l’origine, le fondement et même plus
précisément le bout, la limite, l’extrémité + désigne l’ordre, le commandement, le souverain.
Archonte-roi : le roi des rois, le roi principiel qui assume la fonction fondatrice. Cet archonte-roi dirige huit
autres archontes qui sont membres de l’aréopage (conseil qui siège sur la colline dédié au Dieu Arès).
Monarchie (mon-archie) : désigne le gouvernement d’un seul principe, qui puise son principe dans l’unité
d’un seul homme.
L’anarchie (an-archie) : régime dépourvu de tout ordre, de principe.
Archaïque : ce qui se rapporte à l’origine, le premier commencement d’une chose.

De toutes ces étymologies, on peut déduire qu’il y a dans le principe au moins une double dimension : 1. la
dimension d’un commencement premier 2. un être ou une proposition qui sert de fondement ultime au-delà
duquel il est impossible de remonter et qui donne une légitimité à son principiat (= série des êtres ou des
propositions qui en découlent).
Le principe est donc commencement et fondement : il a le sens à la fois d’un point de départ temporel,
chronologique, historique et le sens dérivé, qui fait de lui un fondement en légitimité et donc la source
d’un commandement vertical qui émane de ce qui a le plus de valeur dans la relation. Mais en disant du
principe, on ne définit pas ce qu’est un principe : on le caractérise.
Peut-on même espérer de définir en général un tel concept ?
Difficultés méthodologiques auxquels se heurtent la tentative philosophique de définir le principe :
1. Comment accède-t-on au principe ? Quel est le mode de saisit des principes ? La connaissance, la pensée
? Peut-on prétendre connaitre un principe absolument premier s’il l’on n’a pas une intuition sensible du
principe (cf. Kant) ? Ne connait-on jamais que des principes seconds, dérivés et donc relatifs ? Si on doit

1 sur 14
se contenter de le penser, quelle utilité si on ne peut pas le connaitre ou le définir (en termes Kant, en
vivre l’expérience sensible) ? Quelle faculté de l’esprit humain est la plus appropriée pour connaitre ou
penser le principe premier et les principes dérivés ? Faut-il privilégiera la rationalité ou d’autres facultés
en l’homme (ex le coeur de la foi), quel usage de la raison ? Faut-il privilégier une rationalité pure ou au
contraire une rationalité empirique qui connait les phénomènes ? Une raison théorique ou pratique ? Le
principe au sens fort n’est-il pas qu’une réponse verbale que l’on donne à l’embarras de l’intellect ? Une
manière de dire notre impuissance à résoudre l’aporie d’un commencement premier. Le mot même de
principe aurait été forgé uniquement pour échapper à un risque radical qui menace de perte la pensée
elle-même, le risque d’une régression à l’infini. Le principe exprime un besoin essentiel
d’inconditionné, c'est-à-dire le besoin d’aller aux limites du connaissable voire du pensable. On n’exclut
pas que le principe soit un simple concept limite.
5. Si les principes sont premiers dans l’ordre de l’être, il est peu probable qu’on les découvre en premier
dans l’ordre de la connaissance. Peut-on accéder à ce qui est premier au(x) principe(s) autrement qu’à ce
qui est dernier ? Peut-on accéder immédiatement à l’immédiat (= ce qui est premier) ? Le principe est
donc un objet philosophique paradoxale car c’est un objet qui semble reculer et échapper au rets de la
raison dès qu’on s’efforce de le saisir. Plus on essaie de remonter vers lui, de s’enfoncer vers ce qui est
premier, plus ce principe recule et nous échappe.
6. A quoi reconnait-on un principe ? Y a-t-il un critère sûr de la principialité d’un être ou d’une
proposition ? Le mot principe est-il utilisé de manière stable ou y a-t-il une marge de manoeuvre dans ce
qu’on entend par le mot principe ?
7. Peut-on espérer définir le principe en son être ? Peut-on capturer dans les rets de la philosophie et du
discours rationnel l’essence d’un principe ? Ou bien tout effort de définition appliqué au principe est-il
d’emblée voué à l’échec étant donné la nature même du principe ?

cf. Kant, Critique de la raison pure, qui définit « définition » en philosophie. Postulat : il n’y a de
définition à proprement parler ni des concepts empiriques (ex : l’or) ni des concepts factices (ex :
télépathie) ni des concepts philosophiques (ex : idée de justice, de République, de sagesse). Que reste-
t-il ? Les seuls concepts qui peuvent être proprement définis sont les concepts mathématiques car ils
peuvent être construits a priori dans l’intuition pure de l’espace et du temps. Une définition suppose au
moins 3 pré-requis : « définir [•••] ne doit signifier qu’autrement qu’exposer originairement le
concept explicite d’une chose, en la renfermant dans ses limites ».
1. Explicite = clarté et suffisance des caractères
8. Limites = précision, de telle sorte qu’il n’y ait pas plus de caractères que n’en contient le concept
explicite.
9. Originairement = cette détermination des limites n’est pas dérivée d’ailleurs, elle doit se tenir à
l’intérieur a priori du concept de la chose.
Pour Kant, définir un concept = en donner par une liste exhaustive toutes les propriétés,
caractéristiques claires et distinctes et ce de façon entièrement a priori. Si la définition est a priori, elle
ne peut s’appliquer toute façon qu’à des objets susceptibles d’être intuitionnés.
Tous les autres concepts peuvent tout au plus être explicités.
==> Pour Kant, on n’arrivera jamais à définir le concept philosophique de principe.

Problème : peut-on construire a priori dans l’intuition la liste exhaustive des caractères propres du principe ?
Si on ne peut pas en donner une définition mathématiques, on pourra analyser en allant assez loin la plupart
de ses caractères.
En procédant ainsi, on va s’apercevoir que la définition du principe n’est pas une définition au sens strict
mais une définition par approximation, imparfaite, c'est-à-dire « les définitions philosophiques ne sont que
des expositions de concepts donnés, tandis que les définitions mathématiques [seules définitions au sens
strict] sont des constructions de concepts originairement formés ». Les définitions philosophiques ne sont
faites qu’analytiquement, par le moyen de la décomposition (décomposition dont l’apodicticité [= dont le
caractère universel, nécessaire et absolument certain] n’est jamais absolument certaine), tandis que les
définitions mathématiques sont faites synthétiquement et elles constituent ainsi elles-mêmes le concept que
les premières ne font qu’expliquer. D’où il suit :
a. « En philosophie, on ne doit pas imiter les mathématiques en commençant par les définitions à moins
que ce ne soit qu’à titre d’essai. En effet, comme les définitions philosophiques ne sont que des analyses
de concepts donnés […] l’exposition incomplète précède l’exposition complète (qui n’arrivera peut-être
jamais). En philosophie, la définition doit plutôt terminer l’oeuvre que la commencer. Dans les
2 sur 14
mathématiques au contraire, nous n’avons aucun concept qui précède la définition, puisque c’est par elle
que le concept est d’abord donné […].
b. Les définitions mathématiques (synthétiques) ne peuvent jamais être fausses […]. Les définitions
philosophiques (analytiques) au contraire, peuvent-être fausses, et elles peuvent l’être de plusieurs
manières, soit en introduisant des caractères qui n’étaient pas réellement dans le concept, soit en
manquant de cet exact étendu qu’est l’essentiel de la définition car on n’est jamais sûr de l’intégralité de
son analyse. La philosophie fourmille de définitions défectueuses, surtout de définitions qui contiennent
bien réellement certains éléments de la chose définie, mais non pas tous. […] Dans la philosophie, la
définition se rapporte au melious essai (= ce qu’il y a de mieux, ce qu’il y a de meilleure —> les
définition en philosophie sont de l’ordre d’un idéal). Il est beau mais souvent très difficile d’y parvenir. »
A cela s’ajoute d’autres difficultés : la caractérisation du principe sera rendue plus difficile par la diversité
même des principes. Car les principes diffèrent par l’intensité, l’originarité, la généralité, le degré
d’évidence, la transcendance ou l’immanence vis-à-vis de leur principiat, etc.

L’enjeu et la problématique : peut-on connaitre le principe et si oui comment ? Le type de


connaissances qu’on peut espérer avoir d’un principe est indexé directement au type de rapport que chaque
principe entretient avec son principiat. Autant de principes qu’il y a de type de rapports au principiat + autant
de types de connaissances adaptées.
Méthode : trouver une question qui va être liée à toutes les autres, la colonne vertébrale de toutes les
questions.
Problématique : Peut-on connaitre le principe, ou minimalisent le penser, et si oui comment si l’on suppose,
à titre d’hypothèse méthodologique préliminaire, que le type de connaissances qu’on peut avoir d’un principe
est indexé non pas à la nature du principe et au champ dans lequel il se situe mais à son degré d’intensité ?
Nature du rapport que le principe entretient avec son principiat. On fait du rapport
principe/principiat pour définir le principe, du moins le caractériser.
Si le principe est le premier à la fois dans le sens spatio temporel, ontologique, logique, et ce dans les ≠
champs ou régions ontiques (ex : archonte, principe au sens militaire) peut-on le connaitre, ou seulement le
penser ? Peut-on connaitre ce qui est absolument premier en tant que premier ? Ou bien, ne peut-on jamais
que le penser comme un concept limite ; voire comme une idée régulatrice de la raison (en particulier de la
raison pure) ? C’est-à-dire, peut-on voir dans le principe autre chose qu’un horizon de visée, une norme de
référence ? Peut-on coïncider avec le principe lui-même dans son exigence d’absolue antériorité, voire dans
son exigence de primauté absolue ? En termes kantiens : Si connaitre exige toujours une intuition, en
particulier une intuition sensible de l’objet connu, peut-on avoir une telle intuition d’un principe
radicalement premier ? OU bien, faut-il se rabattre sur une connaissance des seuls principes seconds ? Si l’on
vise à connaitre un principe absolument premier, au sens fort et transcendant, ne risque-t-on pas d’être pris
dans une régression à l’infini et que l’on éprouve cet embarras chaque fois que l’on tente de saisir un
principe absolument premier en et pour lui-même au delà de tous ses principiats possibles ? En effet, on peut
souvent remonter de principes dérivés en principes plus originaires, antérieurs, mais jusqu’où peut aller cette
remontée ? Cette régression a-t-elle un terme ? Où s’arrête cette remontée vers le principe le plus originaire ?
Comment l’atteindre ? L’entendement humain peut-il s’aider encore dans l’intuition empirique lorsqu’il
s’agit de saisir un principe absolument premier (ex : Dieu) ? On ne peut répondre à cette question qu’en
graduant les principes quant à leur rapport au principiat, c'est-à-dire à la façon dont ils se rapportent aux êtres
ou aux propositions. Le principe (le premier, le fondement) suppose donc une hiérarchisation, une échelle de
degré (= typologie, classification) non pas par champ mais par degré d’intensité.

Hyp 1 : si on le considère absolument premier, alors il s’autonomise par rapport à son principiat —> on voit
le principe se séparer de la série qu’il fonde. On souligne la transcendance, l’extériorité du principe avec son
principiat ; sa ≠ de nature, ontologique entre le principe et ce don t il est principe.
Hyp 2 : si on considère que tout principe est principe de quelque chose, qu’il se rapporte à la série qu’il
fonde —> on souligne le lien intime entre principe/principiat, rapport de dépendance du principiat à son
principe. Le principe devient alors le premier terme d’une série, c'est-à-dire que le principe est ici homogène
à la série qu’il fonde, immanent ou intérieur à son principiat.

==> Il reste un point commun à tous les principes (hyp 1 et 2) ils ne sont dit premiers que par rapport
à ce qui n’est pas premier. Un principe n’est devant ou avant que parce qu’il y a quelque chose qui le suit,
qui le succède (= le principiat). D’une certaine façon, au moins logiquement, le principe dépend aussi et
contre toute attente, de ce dont il est principe.
3 sur 14
Bref, le principe ne serait rien sans son principiat. Il n’est premier que par et pour ce qui n’est pas lui-même
premier. Il doit avoir après lui, temporellement, spatialement, axiologiquement, d’autres êtres ou
propositions qui dérivent de lui. Il est inexact de dire unilatéralement que le principiat a besoin de son
principe pour existe. On peut dire tout autant, dans un autre sens, que le principe a besoin de son
principiat pour être dit tel.
Le rapport de dépendance n’est pas le même dans les deux cas : en effet, le principe requiert son principiat
du point de vue logique tandis que le principiat a besoin de son principe du point de vue de l’existence voire
du point de vue ontologique. Problème épistémologique, ou un problème gnoséologique (problème de
connaissance) = aporie du commencement, problème de la régression à l’infini vers un terme plus
radicalement premier. Pour qu’un principe soit absolument principe, il doit être absolument premier :
ne reposer sur aucun principe antérieur ou supérieur à lui ; il doit être autosuffisant et trouver en lui-
même sa raison d’être. Il doit être cause de lui-même, son propre fondement autarcique. La substance n’a
besoin de rien d’autre que d’elle-même pour exister, cf. Leibniz, Descartes : la substance est principe.
L’autonomie autarcique se manifeste dans le vocabulaire même puisque la substance est littéralement ce qui
perdure sous, ce qui se tient de façon permanente. C’est pourquoi, la substance a souvent été confondu avec
le sujet ou le substrat.
Substance = support des attributs sans pouvoir être elle-même l’attribut de quelque autre chose. La
substance-principe a des prédicats mais elle n’est le prédicat de rien d’autre. Si donc les principes diffèrent
entre eux, il semble que le premier et le plus général critère réside dans la nature du rapport que chacun
entretient à son principiat.

3 grandes classes de principes : (cf. Schéma au dos de la Biblio indicative)


- Principe immanent au principiat
- Principe immanent et transcendant au principiat
- Purement transcendant à leur principiat

I. Le principe au sens faible : le principe immanent à la série


de ce qu’il fonde, le principiat
A. Le principe comme règle (technique, artistique, pratique)

1. Le principe comme règle technique d’habilité - Aristote


Chaque art se dote de principes (art du maçon, du charpentier). Les principes de ces arts sont immanents à la
production des objets. Ils nécessitent en outre une expérience, un savoir-faire de sorte que ces principes sont
intermédiaires entre un principe pratique au sens faible et un principe au sens fort de loi.
Aristote situe les arts et techniques et les principes qui sont les leurs au sein d’une échelle des savoirs
humains, cf. Aristote Métaphysique Alpha I. « L’art est un degré de connaissances intermédiaire entre
l’empirie et l’expérience d’un côté, et la science de l’autre. L’art repose sur l’expérience, mais il a en plus la
connaissance des causes. » L’art provient de l’expérience mais ne s’y réduit pas, puisqu’il y ajoute une
strate proprement intellectuelle, connaissance des causes et surtout connaissance des lois. « Par
exemple, la maison en bois est moins solide parce que le bois pourri sous l’action de l’humidité, craque sous
l’action du froid, brûle sous l’action du feu. L’art tire des jugements généraux de l’expérience particulière et
il applique ensuite ces jugements généraux aux cas particuliers, par exemple à la construction de telle
maison. » L’art transite par des jugements généraux mais son point de départ reste l’expérience
particulière de telle ou telle maison et la singularité de telle ou telle maison à construire. L’art, bien
qu’il soit issu de l’expérience, il repose sur une connaissance générale et il suppose une connaissance des
causes.
Aristote, Etique à Nicomaque, Livre I, chapitre 1 « L’art est le domaine propre de la fabrication, acte de
produire et résultat final de cette production, oeuvre extérieure à l’artiste ou à l’artisan. La praxis au contraire
est une activité qui ne produit aucune oeuvre extérieure à elle-même : elle est sa propre fin. » Le principe de
l’art est donc immanent à l’expérience puisqu’à la fois en amont et en aval de lui se trouve l’expérience.
Mais ce principe artisanal poursuit une fin autre que lui-même, à savoir la fabrication d’un objet autonome.
Les principes des arts sont des impératifs hypothétiques qui sont seulement problématiquement pratiques. Il

4 sur 14
est possible de se fixer comme fin de construire une maison solide (en pierre faite pour durer) ou une maison
éphémère (en bois).

2. Le principe comme précepte subjectif pragmatique de prudence - Kant


Les principes pragmatiques, de prudence, sont dits assertoriques dans la mesure où ils produisent une fin
réelle. Pour Kant, seule fin réelle pour tous = le bonheur. Nouveau domaine d’application du principe :
non passe du principe technique à un principe tout aussi hypothétique et faible mais qui vise une fin réelle,
plus générale : le bonheur. Ces deux types de principes ont en commun d’être hypothétiques et par
conséquent d’être des principes contingents, relatifs toujours à un sujet donné.
Les maximes de vie peuvent être de trois sortes, deuxième second des Fondements de la métaphysique :
- Les règles d’habilité techniques (les principes des arts, donc la fin est problématique c'est-à-dire
seulement possible et n’a que peu de généralités car dépend de l’expérience)
- Les conseils pragmatiques de prudence (maximes subjectives d’action poursuivant le bonheur), ex :
commence ta journée de bonne heure
Si tu veux telle fin, accomplit telle action. Mais on peut toujours changer le contenu de ces principes, les
abandonner et parfois un même homme peut en changer plusieurs fois au cours de sa vie. Ils n’ont donc
qu’un faible degré de généralité.
- Les principes moraux, qui ont eu le statut de loi morale (= loi pratique pure). Ce sont des principes à la
fois subjectivement et objectivement valable. Ils valent pour tout sujet, tout être raisonnable possible dans
l’univers. Les principes moraux ont alors le principe de loi universelle ou nécessaire, a priori ou
apodictique, qui valent en tout temps et en tout lieu, ex : tu ne dois pas mentir.
C’est à ce sujet que Kant rappelle la ≠ qu’il fait entre une simple maxime et une loi (= principe objectif
universel et nécessaire).
« On entend par maxime le principe subjectif du vouloir ; le principe objectif (c'est-à-dire qui servirait aussi
subjectivement de principe pratique à tous les êtres raisonnables) est la loi pratique. » Double équation :
maxime = principe subjectif, loi = principe objectif, qui vaut objectivement et subjectivement.

L’acte de vouloir, selon ces trois sortes de principe, est clairement spécifié par la ≠ qu’il y a dans le genre de
contraintes qu’ils exercent sur la volonté. Au fond, Kant distingue les principes en fonction de leur degré de
subjectivité/objectivité.
Ce sont ou bien des règles de l’habilité, ou bien des conseils de prudence, ou bien des commandements (des
lois) de la moralité. Ce qui fait la ≠ entre les règles et les conseils d’une part, et les conseils et les
commandements d’autre part, c’est que la loi implique en elle une nécessite inconditionnée, véritablement
objective. La loi implique en elle une nécessité universelle. On pourrait appeler les principes de premier
genre les principes techniques (se rapportant à l’art), on pourrait appeler ceux du second genre les
principes pragmatiques ou des impératifs pragmatiques (se rapportant au bien-être), et on pourrait
appeler ceux du troisième genre des principes ou des impératifs moraux (se rapportant à la libre
conduite en général).
Critique de la raison pratique, Partie I, Livre I, Chap 2, La table des catégories de la liberté
Kant applique son schéma des catégories de la quantité (l’un, le multiple, et le tout) aux maximes pratiques
(= principe subjectif d’action).
3 types de maximes pratiques :
- Seulement subjectives, qui valent comme simple opinion pratique d’un individu donné et dont la fin est
seulement possible // impératifs d’habilité techniques
- Maximes relativement objectives, qui constituent des préceptes, dont la fin est réelle : le bonheur //
conseils pragmatiques de prudence
- Maximes qui valent obligatoirement pour tous, des principes qui poursuivent une fin nécessaire et ce
en vertu d’une obligation absolue : ils ont le statut d’impératif catégorique.

3. Les principes des beaux-arts - Kant


Position intermédiaire entre les principes techniques des arts et les principes moraux.

Critique de la faculté de juger, Chap. analytique du beau

5 sur 14
Dans les beaux arts, on peut rencontrer des principes d’habilité techniques. Mais, ces derniers, qui permettent
de forger le talent d’un artiste, se distinguent des principes créateurs qui président à la création des artistes
de génie.
Dans les beaux arts, on trouve des principes d’habilité techniques qui permettent d’imiter des oeuvres
d’art de génies, ils forgent au mieux le talent des artistes. Le principe du talent technique dans les beaux
arts vise une définition formelle de la beauté, dans une définition technique et formelle où une oeuvre d’art
serait conforme à des canons esthétiques qui imposent à une certaine époque de certaines normes mais ils
sont susceptibles de varier : selon l’époque, le lieu. Ex : Égypte ancienne, représentation de profil. Ce
principe de représentation de profil a été pendant dans siècles un véritable dogme pour les artistes.

Mais ces règles d’habilité technique, dans la réalisation formelle d’une certaine perfection, ne sont-elles pas
étrangères à la vraie nature du beau et surtout, à la vraie nature du jugement de goût sur le beau. Kant prend
la question non pas du point de vue du beau objectif, mais prend la question par l’intermédiaire du jugement
subjectif de beau, au moyen d’un libre jeu de ses faculté (entendement, sensibilité, imagination). Il semble
que les principes d’habilité technique, à terme, risquent d’effacer toute différence et d’abolir toute frontière
entre les arts et les beaux arts. Les principes d’habilité techniques (= les principes du talent) risquent de
gommer la différence entre l’art et les beaux arts. Ils ne sauraient épuiser la richesse d’une belle oeuvre
d’art. Le principe d’habilité technique et le talent qu’il est censé mettre en oeuvre ne font qu’effleurer le
phénomène esthétique du beau dans les arts et ne permet pas de comprendre la création libérée, la création
artistique de génie. On ne saurait réduire les beaux arts et leur produit à un talent d’imitation ou de
reproduction, on ne saurait réduire les productions du beau dans les beaux-arts.
Pour comprendre le beau dans l’art, l’essence du jugement de goût sur le beau, il faut arracher le beau
artistique à tout concept de perfection formelle de l’objet représenté. Le jugement de goût doit être
indépendant de toute fin de notre faculté de désirer : il est gratuit, libre, désintéressé. En effet, le beau dans
l’art et le jugement de gout qui porte sur ce beau doit être désintéressé de même qu’en amont, dans le
processus de création artistique, le principe de création de l’artiste de génie doit être lui aussi
symétriquement libre de tout principe d’habilité technique.
==> Libération du principe de création vis-à-vis de tout principe d’habilité technique. Il faut que
l’artiste exprime son génie non pas indépendamment de son talent, mais uniquement comme un moyen.

Pour Kant, la véritable oeuvre d’art n’est pas dite belle du fait de sa conformité au concept de l’objet. La
vraie beauté artistique doit dépasser le savoir-faire, elle est un faire créateur qui n’a pas à se réduire aux
normes et aux prescriptions du savoir-faire. Il en résulte une définition kantienne de la beauté artistique =
beauté libre. Emancipation de l’artiste de génie qui crée librement indépendamment des règles
artistiques, techniques.
Le génie est le moyen dont la nature se sert pour donner à l’art, aux beaux arts les principes du beau, d’une
beauté libre (≠ beauté formelle ou adhérente). Le principe qui préside à la création artistique n’est pas une
règle de l’art mais c’est un principe qui s’invente en même temps que l’oeuvre d’art qui le met en scène.
Le principe, appliqué au génie artistique, n’est nullement incompatible avec le talent. Le génie n’est pas le
contraire du talent, c’est un type de talent. Le principe est immanent à l’oeuvre dont il est le principe. Le
principe de génie est donc strictement immanent à son principiat, ici l’oeuvre d’art, et peut s’accompagner
d’un talent d’habilité technique. Le génie dans l’acte de création outrepasse toute dimension scolaire. Il crée
pour ce que Kant appelle une formation méthodique obéissante à des règles (= méthode, école d’art).
Elle a pour rôle de transformer le principe indicible du génie artistique créateur ; en l’extrayant de
l’immanence de son principiat. L’école d’art transforme donc ce principe indicible en une série de règles
(principe = immanent à l’oeuvre d’art/règle = principe formulé, extrait).

Les beaux-arts montrent qu’en leur sein coexistent deux types de principe :
- Le principe au sens fort, que crée le génie sans en avoir conscience en vertu d’un don naturel inné. Ces
principes, le génie est incapable de les formuler et de les enseigner.
- Les principes que Kant appelle les règles, qui sont mises en forme après coup et qui résultent d’un travail
d’extraction. Ces règles servent de méthode pour l’imitation des artistes de talent.

4. La relativité intrinsèque des principes - Alain, Les éléments de philosophie


Vers une possible relativité intrinsèque de tous les principes, et en particulier des principes de la
connaissance ?
6 sur 14
Alain, lecteur critique de Kant qui reprend la doctrine kantienne des principes de la raison.

Même les principes rationnels, qui sont les principes supérieurs de la connaissance tels qu’ils ont été énoncés
par le criticisme kantien reste des principes arbitraires, relatifs et contingents.
Alain étend le sens faible des principes à la sphère théorique du connaitre. En effet, tout type de principe,
dans la sphère de la connaissance, est nécessairement relatif. Il n’existerait aucun principe absolu. « Un
système des principes est toujours sujet à discussion. […] Les principes ne sont que de brefs discours, en
forme de règle ou de maxime, propres à rappeler l’esprit à lui-même dans le moment où les apparences se
brouillent. […] Encore faut-il distinguer les principes de l’entendement d’avec les préceptes de la raison. Nul
ne l’a fait aussi bien que Kant, chez qui vous trouverez un exposé systématique des uns et des autres. » La
raison produit un premier rang de principes qui sont régulateurs, puis l’entendement produit des principes
plus faibles, immanent à leur principiat : l’entendement informe au moyen de ces principes les intuitions
sensibles et donne corps à l’expérience, de la rendre connaissable. Les principes de l’entendement sont
immanents à l’expérience, on les voit à l’oeuvre dans et par l’expérience. Les principes régulateurs de la
raison sont extérieurs à l’ensemble des connaissances expérimentales que nous pouvons acquérir. Les
principes de l’entendement sont les principes d’une moindre dignité, ce sont des règles ou des maximes
méthodo qui aident à s’orienter et à totaliser nos connaissances. Ces principes restent relativement
subjectifs, liés à la structure de notre entendement. En revanche, Alain reconnait à Kant le primat des
principes rationnels sur les simples principes intellectuels. « Pour les principes de la raison, il faut dire
qu’ils sont à un niveau plus abstraits, […] la nature (= le monde de l’expérience sensible possible) les soutien
moins et l’esprit les suit par préférence comme des règles pour sa santé. » ==> pas d’absoluité dans les
principes.

La conclusion d’Alain : « ces préceptes (de la raison) sont plutôt de volonté que d’expérience […]. Qu’on
dise hypothèse ou idée directrice, c’est toujours principe. La raison humaine est composée de principes, qui
sont des règles de la recherche. » Les principes même supérieurs de la raison kantien, et les principes de
l’entendement, sont des simples règles méthodiques, euristiques, zététiques pour la recherche et la
découverte du vrai. Ils sont immanents relatifs et contingents. Selon Alain, les principes seraient des
auxiliaires ou de simples moyens subjectifs que l’esprit se donne pour mieux connaitre le monde réel.
Idée directrice : les principes kantiens de l’entendement et de la raison ne sont pas des principes en soi,
objectifs ou absolus, mais ce sont simplement des règles ou des préceptes subjectifs de bonne méthode ; qui
aident l’esprit humain à s’orienter. Ces principes, loin d’être des principes absolus, sont de simples
suppositions qu’on pose avant toute connaissance par expérience.
« Ces principes sont des règles de méditation par lesquelles nous interrogeons l’univers. »
B. Les principes comme préceptes méthodologiques - Descartes
Règles méthodiques qui permettent d’atteindre le vrai dans l’expérience et en dehors de l’expérience.
Principes méthodo qui ont une prétention à une validité la plus large possible, dans l’espace et dans le
temps = l’une des exigences de la raison humaine.

On peut lire l’aspiration de Descartes a une méthode dont les principes seraient universels et a temporel. Les
principes que Descartes énoncent dans le Discours et dans les Règles ont une prétention à valoir pour toute
science en général et quelque soit l’époque. Dans ces deux textes, les principes cartésiens de la méthode
semblent donc contenir en eux une prétention ou une visée d’une valeur illimitée dans l’espace et le temps.
Les règles pour la direction de l’esprit : guider notre manière de raisonner et nous éviter des erreurs. Ces
principes méthodiques, ont peut les considérer comme immanent à l’exercice de notre propre raison mais pas
indépendamment de son acte de connaitre. S’il les expose à part, c’est parce qu’ils sont directement issus par
la raison elle-même de son exercice en acte lorsqu’elle est raison connaissante. Ces principes méthodiques
sont immanents à l’art ou à la science qui en est le principiat ; c'est-à-dire qui n’existent qu’en acte.
Descartes les formule en les extrayant de sa pratique des sciences et en particulier des 5 principales sciences
de l’arbre des sciences.

A l’instar des principes aristotélicien, et à l’instar des principes kantiens du génie, on a affaire ici de nouveau
à des principes immanents non pas à l’expérience empirique mais qui sont immanents à l’expérience
intellectuelle de la pensée scientifique en acte. Dans les 3 cas, ces principes se sont révélés immanents à une
pratique et ils ne peuvent exister que parce qu’on les extrait d’une pratique (art, beaux arts ou science). Dans

7 sur 14
les trois cas envisagés, on a affaire à des principes qui s’appliquent en retour à cette pratique ou à cette
expérience.

Règle 5 : la règle de l’analyse et la règle de la synthèse. « Toute la méthode consiste dans l’ordre et
l’arrangement des objets. […] Partant de l’intuition de celles qui sont les plus simples de toutes, nous tachons
de nous élever, par les mêmes degrés, à la connaissance de toutes les autres. »

Règle 7 : Principe corrélatif au principe d’ordre : le principe des séries et des dénombrements exhaustifs. « Il
faut passer une à une toutes les choses qui se rattachent notre but, par un mouvement de pensée continu et
sans nul interruption. Il faut les embrasser dans une énumération suffisante méthodique. » Métaphore du
passage en revu // vocabulaire miliaire —> lien continu qui lie les hommes entre eux. Le geste que décrit
Descartes = geste double qui comprend à la fois une vue synoptique et embrassante (+ capacité à voir un lien
entre les ≠ pensées + capacité d’intuitionner les éléments + être capable de les énumérer).

2ème partie du Discours de la méthode : Descartes reprend les principes de sa méthode tels qu’ils ont été
énoncés dans les Règles. Il les réduit à 4 principes cardinaux :
- On doit admettre en sa connaissance que les jugements clairs et distincts, relatifs à des choses indubitables
= précepte de la connaissance claire et distincte = précepte de l’évidence.
- Diviser chacune des difficultés que j’examinai en autant de parcelles qu’il se pourrait.
- Conduire par ordre mes pensées —> le précepte de la synthèse entre dans le précepte général de l’ordre.
En commençant par les objets les plus simples et les plus aisés à connaitre, pour monter peu à peu comme
par degrés jusqu’à la connaissance des plus composés.

Les principes cartésiens de la méthode règlent le fonctionnement de l’esprit, ils dirigent l’esprit dans sa soif
de connaissances vraies. Quatre conseils relatifs à un sujet de connaissances, immanent à l’exercice en acte
de notre pensée connaissante et qui représentent un idéal méthodique puisqu’ils sont censés valoir pour tous
les objets de toutes les sciences.

C. Les principes scientifiques

1. Distinction entre principe et loi physique - Bachelard, Kant, Leibniz


Principe, valable de manière éternelle et nécessaire et les lois, relativement stables mais pas de pérennité
absolue puisqu’on peut les formuler ≠ment en fonction des avancées scientifiques.
Les principes physiques sont des lois de la nature au sens fort, universel tandis que les lois auraient une
validité moindre. Les principes ont une plus grande généralité que les lois.

Principe de vase communicant : deux liquides mis en contact tendent à égaliser le niveau de leur surface.
Principe d’Archimède : un corps immergé dans un liquide a d’autant plus tendance à remonter vers la surface
que son volume est important.

Les principes ≠ règles subjectives, mais ce sont des lois générales et stables qui se veulent nécessaires, qui
valent pour l’objet lui-même et qui constituent l’objet lui-même et ses changements, déplacements.
Ces principes valent indépendamment du moment historique contingent où il a été découvert et formulé, il ne
s’applique pas au réel phénoménal mais vaut pour toute éternité. Certes, c’est avec Archimède que ce
principe prend la forme d’une loi mathématique mais c’est un principe que tout un chacun peut expérimenter.

4 critères :
- Principe plus universel, nécessaire, intangible d’une loi
- Principe a une portée plus grande que la loi
- Une loi peut dériver de l’expérience (induction) alors que la formulation d’un principe suppose le recours
à une raison a priori qui suppose le recours à une hypothèse indépendamment de l’expérience
- Principe = proposition fondamentale / loi = règle qui dérive de la nature des choses et qui exprime un
rapport constant et invariable entre les phénomènes.

8 sur 14
- Les principes fondateurs, dans une science donnée, doivent être en nombre limité alors que rien ne
restreint les lois.

==> On peut dire que le principe physique formulé a priori par la raison vaut pour fondement pour des lois
qui dérivent de l’expérience et qui sont plus encore immanentes à l’expérience.

Dans les sciences de la nature, l’énonciation des lois, c'est-à-dire de lois physiques que l’on peut vérifier
expérimentalement, découle de la formulation de principes rationnels a priori. Les lois physiques sont
formulées au contact de l’expérience.
Au contraire, les principes sont d’abord des hypothèses que la raison formule a priori et qui doivent guider la
raison vers la formulation des lois. Les principes sont plus originaires que les lois. Ils s’articulent sans se
confondre : résultent d’une même interrogation. Naturforscher = physicien, le savant dans les sciences de
la nature, celui qui s’efforce de rechercher les lois physiques à partir d’un nombre minimal de
principes a priori, avec le support de protocoles expérimentaux. Il manie : les principes rationnels, d’une
raison a priori, pour progresser. Le physicien interroge les phénomènes au moyen de l’expérience. Les
protocoles expérimentaux du physicien sont une forme de torture qu’exerce le naturforscher pour
contraindre la nature a dévoilé ses secrets, ses lois.
Kant prend le contrepied de la position newtonienne : Newton considère que le physicien ne doit point forger
d’hypothèses (déliées de l’expérience, désolidarisées de tout protocole expérimentaux). Pour Kant, on doit en
science physique formuler des hypothèses = se guider à travers les principes a priori de la raison
pourvu que ces hypothèses qu’inventent la raison du naturforscher puisse se vérifier dans l’expérience.

Le progrès de la science physique est pensé par Kant comme un progrès reposant sur l’articulation de deux
leviers : l’expérience et les hypothèses, fictions de la raison; Lorsqu’une hypothèse est prouvée, alors on peut
en tirer une loi physique. Les lois physiques elles-mêmes ne peuvent être formulées que sur la base d’un
principe.
Le principe = manière dont la raison répond à une question qu’elle adresse à la nature de manière a priori.
Loi = répond à une question que la raison adresse à la nature a posteriori, c'est-à-dire après l’expérience.

Galilée, etc « comprirent que la raison n’aperçoit que ce qu’elle produit elle-même d’après ses propres plans,
qu’elle doit prendre les devants avec les principes et qui régulent l’expérience, jusqu’à produire un savoir
totalisant […], que la raison doit forcer la nature à répondre à ses questions, au lieu de se laisser conduire par
elle comme à la lisière. Car autrement [sans principe direct, sans ces hypothèses que forgent la raison], sans
cela, nos observations, faites au hasard et sans aucun plan tracé d’avance [au sens d’une carte d’orientation]
ne sauraient se rattacher à une loi nécessaire, ce que cherche et exige pourtant la raison. La rationalité
scientifique doit se donner des principes. Celle-ci doit se présenter à la nature tenant d’une main ses
principes, qui seuls, peuvent donner à des phénomènes concordant l’autorité de loi, et de l’autre,
l’expérimentation, telle qu’elle l’imagine d’après ces mêmes principes. Elle lui demande (la raison demande
à la nature) de l’instruire […] comme un juge en fonction, qui contraint les témoins à répondre aux questions
qu’il leur adresse. La physique est donc redevable à l’heureuse révolution qui s’est opérée dans sa méthode
[…], qui cherche dans la nature, conformément aux idées que la raison même transporte, ce qu’elle doit en
apprendre. »

DEFINITION DE PRINCIPE/LOI PHYSIQUE SELON KANT : Principe = ce que la raison produit elle-
même d’après ses propres plans et qui lui permet d’anticiper, sur les résultats probables des expériences ; =
produit hypothétique que la raison tire d’elle-même entièrement a priori, et qui va lui servir à interroger les
phénomènes naturels au moyen de protocoles. C’est de ces principes que pourront découler les lois
physiques proprement dites.
Science = système de connaissances. Il n’y a de système de connaissances que si celui-ci est fondé et régulé
par des principes rationnels. La science physique est pensée comme une science où la raison accomplit un
aller-retour entre l’expérience et ses propres principes ou hypothèses, qu’elle formule ou qu’elle invente
d’abord a priori.
Le naturforscher a besoin d’être régulé par une instance supérieure (= la raison) qui est productrice de
principes. Principe = hypothèse cartographique, plan tracé d’avance.

Conclusion

9 sur 14
Les principes physiques sont des idées hypothétiques que la raison humaine produit a priori, qu’elle projette
sur l’expérience de manière à progresser dans la connaissance expérimentale, selon un ordre planifié que la
raison a institué a priori. Ces principes physiques constituent la matrice, la source des lois physiques. Les
principes ne sont pas l’autre des lois, mais plutôt des lois vérifiées par l’expérience ; des hypothèses qui ont
trouver des réponses dans les phénomènes expérimentaux.
Pas de ≠ de nature entre les principes et les lois, mais une ≠ de degré : le principe précède la loi, mais si le
principe réussit le test de l’expérience, il devient une loi. On peut dire que les principes et les lois traduisent
deux niveaux de questionnement que le physicien adresse à la nature. Le principe physique est en tout cas,
par son antériorité par rapport à l’expérience, l’indexe d’une universalité et d’une intangibilité dans la
mesure où il n’a pas encore été confronté à l’expérience. La loi, a été confronté à l’empiri : jouit d’une
universalité et intangibilité inférieures à celles du principe.

On peut considérer que ce que Kant entendait dans principe physique —> susceptibles d’être modifiés.
Stahl : toute combustion peut être interprétée par le principe de la déphlogistication (= perte du phlogistique
par les corps que l’on brûle). Hypothèse supplantée par Lavoisier : le principe chimique stahlien doit être
supplantée par un autre principe chimique, le principe de l’oxydation. Toute combustion est une captation
d’oxygène ==> principes rigoureusement symétriques. Kant a été le témoin de cette révolution
chimique/historique, de changement de paradigme (//Kuhn).
Même le principe de phlogistique de Stahl, qui était censé unifié la chimie allemand, a été supplantée par le
principe d’oxydoréduction.
Pour Kant, les principes physiques bien qu’ils sont censés servir de matrice voire de fondement, ne sont pas
eux-mêmes universels, nécessaires et intangibles. Puisque dans l’histoire des sciences, Stahl avait interprété
la combustion selon le principe de déphlogistication (+ admettre que la matière a un poids négatif) mais
Lavoisier a expliqué tous les phénomènes de combustion à partir du principe d’oxydation. La formulation
des principes physiques que les naturforscher donnent des principes est tout à fait susceptible d’être modifié.
/!/ Il ne faut pas désolidariser le Kant métaphysicien et le Kant historien de la nature, voire naturforscher lui-
même /!/
Il ne faut pas exclure les hypothèses par principe (Newton). Il faut forger des hypothèses, autoriser
l’inventivité de notre raison, mais pourvu que ses hypothèses on les transforme en loi que si et seulement si
elles ont été avérées par l’expérience. Critère pour qu’un principe devient une loi = conformité directe à
l’expérience.

Conclusion
A supposer que les principes physiques aient si non une validité absolue (ce que Kant n’a jamais pensé), du
moins si on admet qu’ils sont supérieurs en généralité/universalité/nécessité par rapport aux lois physiques ;
en revanche, la validité des lois physiques est toujours reconnue comme limitée. Les lois ne sont pas des
principes, elles sont des règles générales que la nature se donne à elle-même ou que Dieu donne à la nature,
mais seulement comme étant dotées d’une nécessité hypothétique.

Leibniz, Discours de métaphysique


Les lois naturelles, loin d’être des nécessités absolues, des principes au sens fort, ne sont que « des maximes
subalternes de Dieu ». Elles sont susceptibles d’évoluer dans l’histoire du progrès, mais encore, ces lois
naturelles peuvent changer du point de vue de Dieu lui-même. Pour Dieu même, les lois physiques sont
contingentes : obéissent à une nécessité hypothétique.

§6 : Le point des miracles


Les principes qui régissent l’univers comme tout sont eux des principes immuables. La muabilité est du côté
des lois, les principes sont des lois éternelles, supérieures en dignité et en être, qui sont ceux de Dieu et qui
régissent la totalité de l’univers, c'est-à-dire le tout des essences, des existences, des possibles tel que Dieu
l’a conçu.
==> Tout dans la nature (≠ univers, plan supérieur à la nature) = plan des phénomènes, obéit à des lois. Mais
cet ordre n’est que relatif, et ne peut se comprendre que parce qu’il fait signe à un plan ontologique supérieur
: le plan des principes. Il considère que les lois physiques sont muables, en soi et par soi muables, pour nous
et pour Dieu. Il identifie les lois physiques à des principes au sens faible, ou encore à des maximes
subalternes de la volonté divine. Dieu peut, absolument parlant, changer à son gré, ces lois ou ces maximes.
Ainsi, les lois physiques sont susceptibles de changer pour Dieu comme pour les hommes.

10 sur 14
Les miracles prouvent que les lois naturelles sont susceptibles d’être suspendus du fait du devoir divin. Dieu
peut suspendre les lois de la nature et cela donne lieu aux miracles. Leibniz admet les miracles en
considérant qu’ils ne sont pas hors de tout ordre, ils contreviennent et suspendent l’ordre naturel (ordre
faible, bas) qu’est l’ordre des lois physiques. Mais en revanche, les miracles confirment et illustrent un ordre
supérieur qui est celui des principes que Dieu a voulu pour l’ensemble de l’univers (harmonie universelle,
pré-établie). Le Dieu de Leibniz peut en conséquence changer nos pas les principes universels qui co-
régissent son entendement et l’univers, en revanche, il peut à son gré changer les lois de la nature =
modifier ou suspendre les lois physiques ==> miracles.
Le miracle n’est tel (interruption extraordinaire) qu’aux yeux des hommes. Si les hommes pouvaient s’élever
au plan ou à l’ordre universel voulu par Dieu, ils apercevraient que les miracles n’existent pas (au plan
supérieur de l’ordre et des principes).
Miracle = phénomène que les savants sont incapables d’expliquer par les lois physiques connues ou en
vigueur, mais pour autant, le miracle n’est jamais totalement hors de tout ordre. S’il contrevient de tout ordre
général de la nature, il ne contrevient nullement à cet ordre supérieur universel qui guide ultimement la
volonté et le choix de Dieu.
« Dieu ne fait rien hors d’ordre. Ainsi, ce qui passe pour extraordinaire ne l’est qu’à l’égard de quelque ordre
particulier [ordre des lois physiques, immanent aux phénomènes tels que nous pouvons les voir]. Car quant à
l’ordre universel, tout y est conforme. »

§7 : Miracles comme interruption des lois


« Les miracles sont aussi bien dans l’ordre que les opérations naturelles, qu’on appelle ainsi parce qu’elles
sont conformes à certaines maximes subalternes que nous appelons la nature des choses. Car on peut dire que
cette nature n’est qu’une coutume de Dieu dont il peut se dispenser de celle qui l’a mue […]. Dieu fait tout
selon sa volonté la plus générale, qui est conforme au plus parfait ordre qu’Il a choisi, mais on peut dire aussi
qu’Il a des volontés particulières, qui sont des exceptions de ces maximes subalternes. »

2. Différence en mathématiques entre les définitions, les axiomes, les postulats,


les théorèmes - Pascal, Kant

a. L’axiome
Un axiome = proposition évidente par elle-même, admise sans démonstration et qui constitue néanmoins le
fondement théorique d’une science, et en particulier dans les sciences hypothético-déductives (cf. maths). 2
critères : évidence + indémontrabilité.
Axiome = proposition évidente ET DONC indémontrable, c’est parce qu’elle est évidente qu’elle n’a pas
besoin d’être démontrée.
Axiome = principe, dans la mesure où il a cette double propriété indémontrable car évidente. Pour une
science donnée, l’axiomatique désigne l’ensemble des propositions principiennes de cette science ainsi que
« les notions premières de cette science ».

// Kant : axiomes , propres aux maths, prennent la forme de propositions synthétiques a priori.

Kant, Critique de la raison pure


« Les axiomes sont des principes synthétiques a priori qui sont immédiatement certains […]. Comme la
philosophie n’est qu’une connaissance rationnelle fondée sur des concepts, il n’y a point en elle de principe
qui mérite le nom d’axiome. S’il n’y a pas d’axiome en philosophie, en revanche il y en a en mathématiques.
Les mathématiques au contraire sont susceptibles d’axiomes. » Pourquoi y a t il des axiomes en maths ?
Parce que maths = science qui construit les concepts de ses objets dans l’intuition pure. Les maths sont
capables d’atteindre un degré de certitude et d’évidence dans leur jugement synthétique a priori que ne peut
atteindre la philosophie (≠ science synthétique a priori, = science qui analyse les concepts des objets
uniquement par la raison pure).
« La philosophie n’a donc pas d’axiomes, et il ne lui est jamais permis d’imposer ses principes a priori aussi
absolument [elle ne peut pas imposer ses principes a priori avec une évidence aussi absolue que les axiomes
en maths], mais elle doit s’appliquer à justifier ses droits à leur égard par une solide déduction. » ==> Si la
philosophie déploie des principes a priori, elle ne peut le faire que selon une méthode déductive
transcendantale, mais en aucun cas par voie axiomatique. La philosophie a pour tâche de déduire tous ses

11 sur 14
principes a priori (ils ne sont pas immédiatement évident mais ils acquièrent leur évidence par la déduction),
ex : déduction transcendantale de la liberté pratique, liberté d’autonomie, qui se déduit à partir de la loi
morale. // équivalent négatif, compensatoire de l’axiome en maths. Ex : principe philosophique de
causalité. Kant s’interroge sur le statut de ce principe, issu de Leibniz.
« Ce principe n’a le statut ni d’une définition ni d’un théorème ni d’un postulat ni d’un axiome au sens
mathématique de tous ces termes. Le principe de causalité [produit a priori par l’entendement pur] a ceci de
particulier qu’il rend lui-même possible sa preuve. » Il est censé rendre possible l’expérience, laquelle est
censée légitimer le dit principe de causalité.
Ce principe ne peut être prouvé que dans et par l’expérience. Paradoxe de cet équivalent d’axiome en
philosophie : le principe de causalité est en lui-même a priori (jamais déduit de l’expérience) bien que sa
validité ne puisse être prouvée qu’a posteriori par l’expérience.

b. Pascal : « ce que c’est que définition ».

Peut-on admettre des principes et définitions en maths et en philosophie ?


Contexte : Pascal décrit l’idéal de la méthode géométrique, modèle possible pour tout discours rationnel
(aussi philosophique). Pour Pascal (≠ Kant), la philosophie doit s’inspirer de la méthode mathématique et
notamment géométrique, dans sa version idéale (= forme la plus haute) consiste à définir tous les termes
qu’on emploie sans exception. Cette méthode consiste à démontrer toutes les propositions qu’on avance sans
exception. Pourtant, cette méthode n’est qu’un idéal : elle rencontre des limites.
Premier constat : on ne peut pas tout définir ni tout prouver, à commencer en maths. On se heurte toujours
et nécessairement à des termes premiers (= « notions primitives ») et à des termes indéfinissables car
évident immédiatement, et on se heurte à des propositions indémontrables parce qu’évidentes. Il nomme
« principes » = propositions indémontrables car évidentes. Si traditionnellement, l’indéfinissabilité et
l’indémontrabilité sont classiquement des critères considérés comme négatifs, et comme l’indice d’une
défaillance de nos facultés de connaitre. Pour Pascal, l’indéfinissable et l’indémontrable, en tant que
signe de l’évidence, sont des critères positifs. L’indéfinissable et l’indémontrable signifie ou manifeste
l’évidence immédiate des principes en question.

Postulat = proposition qu’on suppose nécessairement en reconnaissant qu’elle est indémontrée voire en soi
indémontrable mais on se la donne nécessairement parce qu’elle est requise pour établir une démonstration.
==> hypothèse nécessaire.
On trouve des postulats en maths, mais c’est en un sens par référence aux postulats mathématiques que Kant
utilise les postulats dans la Critique de la raison pratique. Les postulats en maths sont des propositions
nécessaires objectivement alors que les postulats en philosophie sont subjectivement nécessaires.
Un postulat = proposition nécessaire pour le sujet moral mais que néanmoins le sujet ne saurait démontrer au
moyen de la raison théorique. ==> Kant accepte la diff entre postulats en maths et postulats en philosophie.
3 postulats kantiens, de la raison pure pratique : Liberté, immortalité de l’âme, existence de Dieu. /!/ Ils n’ont
pas le même statut ni la même dignité. Liberté (elle est postulée par la raison pure théorique et prouvée par la
raison pure pratique) ≠ immortalité et Dieu.
Pour Kant, un postulat = proposition nécessaire mais qui n’est pas démontrable. Ex : géométrie,
postulat d’Euclide avec les droites //, valeur d’un principe = proposition nécessaire, néanmoins elle n’est pas
démontrée et pas démontrable. Pourtant, ≠ axiomes car ce n’est pas une proposition évidente immédiatement.

c. Le théorème
= Proposition susceptible d’être démontrée quoi que peut-être elle ne le soit pas encore, cf. Aujourd'hui de
notre actualité ou au moment de la première énonciation.
Ex : théorème de Pythagore. Au moment où il est énoncé, il n’est pas automatiquement assorti de sa
démonstration. Théorème de Thalès, énoncé par Thalès et démontré plus tard par Euclide. La démonstration
de son évidence est venue bien après. Théorème de Fermat, énoncé en +/- 1670, démontré en 1995.

Pascal a décrit que l’idéal de la méthode géométrique qui constitue à définir tous les termes employés et à
démontrer tous les principes sans exception ; il est conscient des limites de cette méthode car en toute
science on se heurte à des notions primitives + à des propositions premières, c’est-à-dire indémontrables. Ces
notions primitives + prop indémontrables = principes de la science en question. Pour Pascal, les définitions
qu’on utilise en géométrie sont des définitions nominales.

12 sur 14
« On ne connait en géométrie que les seules définitions que les logiciens appellent définitions de nom. C'est-
à-dire que les seules impositions de nom aux choses qu’on a clairement désignées en termes connus. » Cette
méthode = idéal.

L’ordre géométrique de la méthode doit renoncer à son idéal du tout prouver tout définir, et se contenter
d’une méthode de repli : se tenir dans un milieu, cf. Chapitre 4 §22. Implique de renoncer à tout définir et
tout prouver, et implique de renoncer à l’autre extrême de rien prouver et rien prouver. Juste méthode :
définir et prouver que les les propositions qui ne sont pas par elles-mêmes évidentes, qui doivent être
définies à partir de principes antérieures. Toutes les connaissances évidentes en elles-mêmes et clairement
et distinctement reconnues comme telles par tous les hommes sans exception ==> critère de l’universalité
de l’évidence. « Il y a des mots incapables d’être définis, et si la nature n’avait suppléer à une idée pareille
qu’elle a donnée à tous les hommes, toutes nos expressions seraient confuses. » ==> face l’indéfinissabilité,
la nature à pallier à une ruse : donner de façon innée à l’entendement de chaque homme une idée claire et
distincte.

Ch. 11 §51 Principe : n’est pas susceptible d’être démontré ou prouvé (du fait de son évidence, ≠ notre
finitude). « Toutes ces vérités ne se peuvent démontrées, et cependant, ce sont les fondements et les principes
de la géométrie [c’est précisément parce qu’ils sont indémontrables qu’ils peuvent servir de fondement],
mais comme la cause qui les rend incapable de démonstration n’est pas leur obscurité mais au contraire leur
extrême évidence, ce manque de preuve n’est pas un défaut. » Le caractère indémontrable est l’indice d’une
perfection du principe lui-même.
§52 : « La géométrie ne peut pas prouver les principes. »
Les principes supposent-ils le silence de la raison discursive ? Ils imposent le silence à la rationalité
discursive. Pour Pascal, il importe de distinguer pour chaque science ce qui dépend du coeur (intuition) et de
la raison (discursivité immédiate). Un principe, évident, échappe à toute démonstration possible.

Principe = double propriété (indéfinissable + indémontrable), sert de fondement à toutes les autres
propositions. Pour Pascal, fondements = principes.

Pascal, de l’art de persuader


Les vérités naturelles entrent en nous par deux voies d’accès. 1 : l’esprit (= la raison, esprit discursif doté de
raison), 2 : le coeur. Si ce sont des principes évidents —> entrent en nous directement par le coeur. Si ces
vérités sont des propositions nécessitant une démonstration, présupposant d’autres principes plus primitifs, et
si elles peuvent être démontrées uniquement par le raisonnement discursif —> elles rentrent en nous
uniquement par la raison.
Les principes = axiomes, prop immédiatement évidentes, indémontrables à la raison mais sensibles à
l’intuitivité du coeur. En science, la raison discursive est donc confrontée à la fois à la perfection intrinsèque
des principes et en même temps, à sa propre finitude double (la raison est incapable d’intuitionner les
principes + incapable de les démontrer).

4 principales ≠ entre esprit de géométrie et esprit de finesse :


- Esprit de géométrie déduit = tire d’un principe évident les bonnes conséquences. Problème : les principes
géométriques sont souvent difficiles d’accès à l’entendement commun. Pour l’esprit de finesse, les
principes sont immédiatement accessibles à tous.
- Pour l’esprit géométrique, les principes sont peu nombreux. Pour l’esprit de finesse, les principes sont
forts nombreux, et sont en si grand nombre qu’il est presque impossible qu’il n’en échappe. ==> L’esprit
géomètre se trompe peu, en revanche l’esprit de finesse se trompe plus souvent.
- Détails
- L’esprit de géométrie est économe : petit nombre de principe dont il tire bcp de conséquences fécondes.
L’esprit de finesse ne tire pas beaucoup de conséquence de ses nombreux principes, ses principes sont
plus stériles.

13 sur 14
3. Les principes mathématiques sont-ils falsifiables ? Ils peuvent être falsifiés, ils
sont infalsifiés par les hommes mais ces principes restent en droit falsifiable
(Descartes), ils sont infalsifiables et par Dieu et par l’Homme (Leibniz)

II. Le principe au sens méfiant : principe à la fois immanent et transcendant à son principiat

A. Les deux voix d’accès au principe, l’analyse et la synthèse : le principe est-il un point de départ ou un
point d’arrivée ? - Aristote et Kant
B. Des principes qui sont à la fois immanent et transcendant aux sciences qu’ils fondent - Hussern, Les
logiques I
C. Principe comme condition sinéquanone
1. Principes à la fois logique et ontologique
a. Principe de non contradiction - Aristote
c. Principe de raison suffisante - Leibniz, Heidegger, Schopenhauer
d. Principe de non contradiction et le principe de causalité - Kant, Critique de la raison pure
C. Principe de l’entendement et principe de la raison

III. Le principe au sens fort : le principe absolument transcendant à son principiat ; les apories du
commencement, absolument premiers et inconditionnels

A. Deux exemples de principes platoniciens


1. l’âme automotrice et le mythe platonien de l’âme du monde, la théorie des deux aphrodites
2. L’idée du bien en soi, principe inopothétique
B. La critique aristotélicienne de l’âme platonicienne - Recherche d’un autre principe premier, véritable
absolu, appelé le premier moteur - De Anima
C. Principe comme cause de lui-même ou Dieu de la métaphysique, comme cause productrice et cause finale
de toute essence et de toute existence - Pascal, Leibniz
D. Le principe maximale : la générosité absolue de l’un-bien qui donne ce qu’il n’a pas et ce qu’il n’est pas.

Conclusion
La nature du principe n’est pas intrinsèque, autonome mais directement fonctionnement de la nature du lien
entre principe et principiat (= ce qui résulte du principe).

14 sur 14