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Rendez grâce au Seigneur car Il est bon,

car éternel est son Amour!


Psaume 117, 1

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Barcelone, décembre 2014

Chers amis,

Plusieurs d’entre vous se sont étonnés de ne pas avoir reçu de


nouvelles de Barcelone depuis longtemps. C’est tout simplement parce
que nous n’avons pas pu écrire notre lettre en français l’année dernière !
Avec vous, nous voulons faire mémoire… Et entrer dans un grand chant
d’actions de grâces car, comme dit l’apôtre Pierre, « C’est à cela que
nous avons été appelés ! » (I P 3, 3)
Dieu est à l’œuvre. Le Royaume de Dieu est au milieu de nous :
triomphe d’un amour humble et désarmé qui, dans le secret de la vie des
gens soi-disant ordinaires, résiste à toutes les destructions. Petits frères
et petites sœurs de l’Agneau, nous avons mission d’être les joyeux
témoins de cette victoire de l’amour plus fort que la mort qui se laisse
entrevoir au cœur d’un monde chaque jour plus brisé sous les coups de
la violence et de la haine. Mystère de la Lumière que les ténèbres ne
peuvent atteindre.
Le petit monastère qui va bientôt voir le jour à Barcelone a reçu
un très beau nom : « Lumière de l’Agneau ». Ce nom qui nous est si
cher évoque précisément l’Amour de Dieu victorieux de tout mal qui,
de la crèche à la croix et au matin de Pâques, s’est manifesté en Jésus-
Christ. Lumière de l’Agneau qui illumine tous les temps. C’est dans
cette lumière que nous voulons voir ce que nous avons vécu au long de
l’année et tous ceux qui nous ont accompagnés.

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Le Royaume de Dieu est au milieu de nous
cf. Lc 17, 21

Le petit monastère « Lumière de l’Agneau » vu depuis la rue Doctor Trueta

Alors que nous rédigeons cette lettre nous sommes encore dans
les dernières démarches administratives en vue de l’obtention du Permis
de Construire. Mais, très bientôt, nous serons sur le chantier !
Le Seigneur, quant à Lui, n’a pas perdu son temps. Il a posé,
cette année, les fondations les plus solides du petit monastère.

La prière des enfants et de ceux qui leur ressemblent


Si deux d’entre vous, sur la terre, unissent leurs
voix pour demander quoi que ce soit, cela leur
sera accordé par mon Père qui est dans les cieux.
Mt 18, 19

Il y a quelques mois, nous avons fait des petites cartes pour


demander aux enfants de prier pour le petit monastère afin que
« beaucoup d’enfants et de pauvres puissent y découvrir l’Amour de
Jésus ».
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En la recevant, Oriol n’a pas caché sa déception : « Mais
pourquoi est-ce que les petites sœurs m’envoient cela ? Est-ce qu’elles
ne savent pas que je prie déjà depuis longtemps pour le petit
monastère ? »
Nous apprenons ainsi par les parents et grands-parents que leurs
enfants, sans que personne ne le leur ait dit, prient tous les soirs avant
de s’endormir « pour le petit monastère, pour les pauvres, pour les petits
frères et pour les petites sœurs. »
Certains ont même voulu donner leurs économies pour la
construction. « J’ai donné tout ce que j’avais ! 29 centimes ! Et mon
frère aussi, d’ailleurs ! », nous dit fièrement une petite de 7 ans. Alors
qu’une petite sœur cherche à lui expliquer que Jésus nous rend toujours
au centuple, son frère de 9 ans, « qui a tout donné » déclare d’un ton
sentencieux : « De toute façon, c’est bien mieux d’avoir un monastère
que d’avoir de l’argent. »

Ce n’est pas la première fois que nous vous parlons de Paco. Il


vit, avec plus de 170 malades, dans une résidence du Cottolengo, « sa
maison », comme il aime à dire. Tous les jours il fait une visite à la
grotte de Lourdes qui se trouve dans le jardin et il prie là pour la
Communauté de l’Agneau « parce que c’est la Vierge de France et que
vous êtes françaises », dit-il. « Et qu’est-ce que tu dis à la Vierge ? »,
demande l’une de nous. La réponse fuse comme une évidence malgré sa
diction maladroite : « Eh bien, l’histoire du monastère, dans le quartier
du Poblenou ! Pour les petites sœurs et pour les pauvres ! »

Natalia a découvert l’Amour de Dieu et sa présence dans sa vie


au cours d’une grave maladie. Elle nous disait : « Le Seigneur ne nous a
pas abandonnés. Il a entendu notre prière. Je ne suis pas guérie, mais
d’où me viendraient tout l’amour que j’éprouve pour ma famille, tant de
joie, tant de force pour vivre ce moment, si ce n’est de Lui ? Quand je
me sens très mal, sans bien savoir ce que signifie « offrir la
souffrance », je sens que je dois prier pour le petit monastère. »

Nous sommes aussi très touchés de la prière explicite pour cette


intention de plusieurs personnes qui souffrent la grande épreuve de la
maladie psychique : « Je prie avec mes larmes. »

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Ana, Dolores, Miguel et d’autres personnes âgées qui ne
peuvent presque plus sortir de chez eux à cause de tout ce qu’implique
la vieillesse montrent un grand enthousiasme pour le petit monastère et
en parlent volontiers à leurs voisins et amis. Parfois, ils nous disent avec
regret : « Mes sœurs, j’aimerais pouvoir vous aider, mais je ne peux
plus le faire. » « Bien sûr que si ! Priez pour nous et pour tous ceux qui
viendront au petit monastère. » Un beau sourire se dessine alors sur leur
visage marqué par le fil des années : « Cela, je vais le faire ! Vous
pouvez y compter. »

Le don de l’amitié
Je vous ai appelés amis, parce que tout ce que
j´ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait
connaître. Jn 15, 15

Giovanni passe la journée sur la place où sera le petit monastère,


et fréquemment aussi les nuits parce qu’il n’a pas de maison. Chaque
fois qu’il nous voit, il se lève, vient nous serrer la main
respectueusement et nous salue en disant : « Comment ça va, quand
viendrez-vous ? » Il exprime toujours sa joie de nous voir et son désir
que nous soyons bientôt « voisins ». Comme un grand frère, il se soucie
aussi de nous : « Petites sœurs, il pleut ! Ne restez pas ainsi dans la rue,
rentrez vite chez vous », sans s’inquiéter du lieu où il pourra s’abriter.
Un jour il a entendu que certaines personnes ne sont pas contentes qu’il
y ait là un petit monastère : « Ils ne se rendent pas compte ! »,
s’exclame-t-il triste et désolé tout en essayant d’être compréhensif…

Comme cette « aventure » du petit monastère nous dépasse,


l’Esprit Saint nous donne ses idées à travers les amis ou bien les amis
des amis qui deviennent ainsi des amis. Le petit monastère sera
réellement fondé sur l’amitié.

Il n’y a pas de doute : c’est bien l’amitié qui fait porter du fruit à
toutes les initiatives pour trouver des fonds. Le petit monastère
« Lumière de l’Agneau » sera vraiment le petit monastère de tous et
aura été construit par tous.

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─ Je vais inviter des amies à prendre un café chez moi pour qu’elles
vous connaissent.
─ Ce que vous racontez ferait beaucoup de bien à nos amis. La
prochaine réunion, nous l’organisons chez nous : vous viendrez et
vous leur expliquerez.
─ J’ai une réunion d’anciens élèves. Donnez-moi des dépliants. Je
parlerai du petit monastère.
─ Venez dans notre groupe de réflexion. Nous prions ensemble et
vous faites un témoignage.
─ J’ai demandé à mon curé que vous puissiez expliquer votre mission
et faire une quête.
─ Si vous êtes d’accord, nous allons monter un concert au bénéfice du
petit monastère.
─ Est-ce que cela vous paraîtrait bien de jouer un théâtre de
marionnettes et d’inviter aussi des enfants qui n’ont jamais la
possibilité de voir quelque chose de si joli ?
─ Il y a un groupe folklorique d’étudiants du Mexique qui vient en
Catalogne. Est-ce que je leur demande s’ils peuvent offrir un
spectacle ?
Nous avons par avance décidé de dire « oui » à vos propositions.
Chacun offre ce qu’il est et ce qui est à sa portée. Et l’Esprit qui conduit
toute chose accorde aussi la grâce : toutes ces initiatives ont été
l’occasion de donner et de recevoir l’Évangile.
Plus de 1600 dons sont ainsi arrivés, la plupart de moins de 10
euros, de bienfaiteurs entre 4 et 94 ans, sans compter les dons anonymes
reçus lors des concerts, des quêtes faites dans 13 paroisses, de la vente
d’artisanat, de « l’opération 1 euro par mois » que nous proposons dans
notre église ou grâce aux 110 « porte-monnaie et tirelires de l’Agneau »
qui circulent dans Barcelone et avec lesquels certains ont le courage de
faire des « micro-collectes » parmi leurs connaissances tout en
s’affichant comme chrétiens.
Grâce à tout cela, quand nous recevrons le Permis de Construire
nous pensons être en mesure de faire les fondations et la structure du
petit monastère jusqu’à la toiture.
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Dans le même élan de docilité à l’Esprit Saint, une Association
d’amis s’est mise en route : « les Amis des petits monastères1 ». Elle a
comme objectif d’aider à construire le petit monastère et également de
répondre à d’autres besoins ponctuels de la famille de l’Agneau, comme
par exemple, des situations d’urgence ou de précarité parmi ceux qui
fréquentent la Communauté. De cette manière, on peut venir en aide à
des personnes concrètes tout en gardant l’anonymat.
L’association est capable de donner une représentation légale à
toutes les idées que vous pouvez avoir pour nous aider. L’un de ses
membres prenait cette image pour l’expliquer : « L’Association, c’est
comme un porte-manteaux. Elle offre une structure. Chacun peut venir
y suspendre ses idées… tant que cela ne dépasse pas nos forces ! »
En voici un exemple : « le petit marché de l’Agneau ».
Plusieurs amis qui ne pouvaient pas aider économiquement à la
construction du petit monastère ont voulu collaborer en faisant quelque
chose de concret. Chacun s’est mis à confectionner des articles
magnifiques et pleins d’amour. D’autres sont arrivés avec des objets
dont ils sentaient qu’ils devaient se détacher pour passer à une nouvelle
étape dans leur vie et souhaitaient que cela puisse servir à « la gloire de
Dieu ». Mais pour installer une vente dans la rue, il faut une
autorisation. L’Association des « Amis des petits monastères » a pris en
main cette démarche auprès de la Mairie et… ils n’ont pas reçu de
permis pour la vente. Ils ont obtenu bien mieux : une place du quartier à
notre disposition durant tout un week-end pour présenter la
Communauté et le projet du petit monastère, pour chanter, faire des
témoignages, un théâtre de Noël, un repas dans la rue auquel beaucoup
pourraient se joindre et l’autorisation d’organiser, dans ce cadre, « un
petit marché ».
Toute la famille de l’Agneau en marche ! Ce qui prétendait
n’être qu’une petite vente d’artisanat s’est transformé en l’occasion de
déployer une infinité de qualités, d’exprimer la beauté avec des choses
très simples et surtout de vivre ensemble une mission: montrer la beauté
de l’Église ; une Église de pauvres, d’enfants, de grand-mères, de

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Si vous êtes intéressés pour recevoir plus d’informations sur cette association, vous
pouvez vous adresser à amicspetits@gmail.com
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familles, de jeunes, de religieux, ouverte à tous ; une Église qui vit la
communion fraternelle dans la différence, qui prie et annonce à tous le
bonheur que Dieu veut donner à chaque être humain. Un ami très
pauvre disait à l’un des jeunes qui avaient préparé les tables de fête :
« Merci ! Vous nous avez fait vivre à l’avance, ce que nous n’aurons
pas ce Noël. »
Oui, le Royaume de Dieu est au milieu de nous. (cf. Lc 17, 21)

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Je serai leur Dieu et eux seront mon peuple
Jer. 31, 33

Parmi les plus belles choses que nous vivons, comme un trésor
que le Père des cieux déposerait au creux de nos mains pour que nous
en prenions grand soin, il y a le chemin personnel de plusieurs proches,
jeunes ou moins jeunes. C’est un grand privilège de recevoir la
confiance de quelqu’un qui vous ouvre son cœur et vous rend ainsi
témoin direct de l’œuvre de Dieu dans sa vie.
Cette année, nous n’avons pas vécu de rencontres régulières
avec un groupe de jeunes, mais plusieurs d’entre eux sont fréquemment
venus nous demander un moment personnel pour les écouter et surtout
pour écouter ensemble le Seigneur. Ils cherchent leur chemin, bien sûr,
et découvrent qu’il s’agit avant tout d’être habité par une Présence, et
qu’alors tout le reste trouve peu à peu sa place.
Certains ont souhaité recevoir la croix des jeunes de l’Agneau
pour manifester leur choix de donner au Seigneur la première place
dans leur vie et trouver la force de tenir ferme dans les combats de
chaque jour. « J’ai fait un "coin prière" dans ma chambre et j’y ai
déposé la croix. Tous les jours, je prends là un moment de prière avec
l’Évangile. Je sens que c’est mon lieu d’intimité avec Jésus. Je suis très
heureuse ! » témoigne l’une d’elle.
Il nous faut bien souvent embrasser leurs souffrances : porter
tous les désespoirs dans l’Espérance et l’intercession. Beaucoup ont
simplement besoin d’entendre – et de voir ! – que la vie vaut la peine
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d’être vécue. Oui, les jeunes souffrent, peut-être de plus en plus : parce
qu’ils sont aux prises avec la dureté de notre société, le mal, la division
des familles, le vide intérieur. Derrière une apparente superficialité ils
portent une immense attente et un vrai désir d’authenticité. Mais
combien est long le chemin pour comprendre et accepter que le bonheur
auquel ils aspirent avec tant de force passe nécessairement par le don de
leur vie sans réserve ! Et quelle joie quand ils découvrent qu’il n’y a pas
de vrai bonheur sans amour et qu’il n’y a pas d’amour sans remise de
soi !
Le Seigneur donne à la Communauté la grâce d’être pour eux un
lieu fraternel et, pour ainsi dire, maternel, parce qu’elle transmet la vie.
Ils viennent y chercher la paix et surtout la Parole de Dieu, source de
toute guérison. Chaque fois que nous célébrons la vigile d’une fête
liturgique importante, l’un ou l’autre demande l’hospitalité pour profiter
de la célébration de la nuit et du matin.
Récemment, une jeune fille qui chemine vers le baptême nous
téléphone : « J’aurais besoin de partir quelques jours à l’écart. Je vais
très mal. Je n’arrive plus à prier. Est-ce que je peux venir chez vous…
tout de suite ? » Deux heures plus tard, dans le petit oratoire de la
fraternité, nous prions ensemble les Vêpres et l’heure silencieuse
d’Adoration du Saint-Sacrement. Lors du repas, elle nous dit avec un
grand soulagement : « Rien qu’avec cette prière, je me sens déjà
mieux ! Cet Évangile m’a fait beaucoup de bien ! On dirait qu’il était
fait pour moi… Est-ce que c’est comme cela tous les jours ? Vous ne
vous rendez pas compte de la chance que vous avez ! » Grâce à la
disponibilité de nos petites sœurs qui l’accueilleront dès le lendemain,
elle pourra prolonger sa retraite trois jours au petit monastère « Lumière
de la Transfiguration », au-delà de Valencia, et retrouver la paix et la
joie.
Elle fait partie de ces jeunes qui, aujourd’hui, sont appelés à la
vie chrétienne comme « ex nihilo » à partir de rien. L’Esprit Saint lui-
même, sans autre médiation, révèle dans leur cœur les vérités de la foi
et l’Amour du Père. Ainsi agit le Seigneur au vingt-et-unième siècle !
Ainsi conclut-il la nouvelle alliance dont parle le prophète Jérémie : Je
mettrai ma Loi au fond de leur être et je l’écrirai sur leur cœur. Je serai

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leur Dieu et eux seront mon peuple. Nous voudrions laisser la parole à
Érika qui est en train d’en faire l’expérience.
Dans mon cas, bien que cela puisse vous paraître étrange,
je ne savais absolument rien de Dieu, ni de la Vierge Marie et
encore moins de l’Église. Je me considérais athée car on ne
peut pas croire en un Dieu que l’on ne connait pas. J’ai trente
ans et je suis économiste. J’ai travaillé pendant six ans dans
une banque. Je suis en bonne santé et l’on pourrait dire que
« j’ai tout ce qu’il faut dans la vie». Cependant, cela ne me
suffisait pas, dans un monde où l’on nous vend l’idée d’être
heureux grâce à cela. J’ai donc traversé l’océan Atlantique et
suis venue vivre un an à Barcelone, laissant tout derrière moi,
à la recherche de nouveaux horizons, de nouveaux amis, de
nouvelles expériences. Je voulais me trouver moi-même mais
j’ai fini par être trouvée par Dieu.
Cela s’est passé un jour de juillet, à Vienne, alors que je me
sentais seule, chose inhabituelle chez moi, étant donné que je
vis et voyage seule depuis plusieurs années. J’ai commencé à
marcher sans but, pensive, essayant de comprendre ce qui me
manquait. À force de courir vers le futur j’avais oublié
comment on profite de chaque instant. Perdue, je suis entrée
dans une église sans pouvoir décrire le sentiment qui me
saisissait. Je peux seulement vous dire que j’ai pleuré comme
jamais je ne l’avais fait auparavant. Je ne savais pas pourquoi
mais j’en éprouvais le besoin. J’ai tellement pleuré que je ne
suis sortie qu’à la fermeture de l’église. Lorsque j’ai cessé de
pleurer, la paix m’a envahie. Après cet épisode à Vienne, je
suis allée en Pologne. Mon désir de visiter les églises ne faisait
que grandir, non pas par intérêt pour l’art, l’architecture, ou
pour prendre une bonne photo : je me sentais appelée à
écouter, à assister à la Messe. Je ne comprenais rien, car je ne
parle pas polonais, mais Dieu parlait à mon cœur. Cela a

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éveillé ma curiosité et, de retour à Barcelone, j’ai senti le
besoin de m’approcher de quelqu’un qui pourrait m’orienter.
C’est ce qui me poussa à suivre une petite sœur dans la rue.
Arrivées près de l’église, je l’ai arrêtée et lui ai dit : « je ne
sais pas pour quelle raison ni dans quel but, mais je sais que je
dois parler avec vous ! » Cela a été non seulement le début
d’une amitié avec une communauté qui m’a pris par la main et
qui a répondu à toutes mes questions, mais aussi le début
d’une rencontre avec Dieu, la découverte du bonheur que lui
seul peut nous offrir par sa présence et sa Parole.
Vous n’aurez pas de mal à imaginer comme nous jubilons et
rendons grâce à Dieu pour Érika et chacune de ces personnes qui,
comme elle, manifeste en leur propre chair l’œuvre de Dieu qui nous
crée et nous recrée. Miracles actuels de Jésus ressuscité si semblables à
ceux que nous racontent les Actes des Apôtres ! Nous nous sentons
presque dans l’obligation de vous en faire part car ces témoignages de
conversion sont un signe des temps : temps de la Miséricorde qui vient
à la rencontre d’un monde déboussolé. Depuis toujours, bien sûr, Dieu
nous a aimés le premier (I Jn 4, 19) mais il semble aujourd’hui se
déclarer ouvertement, faisant chavirer la vie de nos contemporains par
la manifestation surabondante de son Amour. Notre fraternité a vécu
cette aventure aux côtés de Montse dont le chemin a marqué toute notre
année.
« Cela fera bientôt deux ans que les petites sœurs de
l’Agneau sont entrées dans ma vie. Ma vie à ce moment-là… un
vrai désastre : drogues, alcool, vices… Ma foi était nulle ;
j’avais beaucoup de dieux et aucun d’eux n’était… Lui !

Ma vie n’avait pas de sens. Je buvais pour ne pas penser, je me


droguais pour ne pas penser, je me battais pour ne pas penser,
etc. Et c’est alors qu’elles sont apparues (les petites sœurs) et
avec elles, une phrase : « Dieu est proche de ceux qui ont le
cœur brisé ». Ce fut le point de départ de mon chemin. Avec
elles, j’ai découvert :
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Aussi désastreuse que soit ta vie… il existe toujours une issue,
une nouvelle opportunité.

Même si tu penses que « tu n’es rien »… tu es vraiment


quelqu’un, et quelqu’un d’unique ! Et sachant cela tu peux
atteindre tout ce que tu te proposes.

Tu peux sortir du pire enfer si tu prends la main de la Vierge et


te laisses conduire par elle.

Dieu ne nous éprouve jamais au-delà de nos forces… et avec la


patience on peut tout obtenir, et apprendre à tout porter !

Il existe un « Lui » (Dieu !) Et la foi transporte les montagnes.

Elles m’ont fait sortir de mon trou, elles m’ont montré la


lumière, elles m’ont montré leur foi… Et m’ont changé la vie !
Le chemin jusque-là a été long (je leur en ai fait voir !) mais
elles n’ont jamais cessé de croire en moi et ce qu’elles m’ont
appris m’a montré l’infinie Miséricorde de Dieu ! Grâce à cela,
je suis passée des ténèbres à la paix.

Aujourd’hui, je suis saine : plus d’alcool, plus de drogue.


J’étudie et j’ai un appartement. Ma vie n’a plus rien à voir
avec ce que j’étais auparavant. Le mérite ? Je l’attribue à la
Vierge Marie. Je crois sincèrement que c’est elle qui a mis les
petites sœurs sur mon chemin et qu’ensuite, elle a fait en sorte
qu’elles s’occupent de moi… et me donnent un cœur nouveau,
un cœur de chair ! J’aurai toujours une immense
reconnaissance pour elles et « deux mains » pour leur rendre
service.

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À toi qui lis cette lettre, un seul conseil :

Laisse Dieu mettre dans ta vie les moyens et les personnes qui
te feront devenir meilleur. Attends simplement qu’ils viennent,
et laissent-les travailler ! Tout arrive un jour… Ne te
décourage pas !
Montse

Nous avons aussi traversé cette année au rythme de la Pâque, en


accompagnant dans la dernière étape de leur vie deux personnes qui
nous sont très chères. Là encore, et de façon éminente, nous avons
touché du doigt l’œuvre du Père au plus intime de l’être. Dans le grand
dépouillement de la souffrance, de l’impuissance face à la maladie, de
« l’adieu » inévitable et si déchirant, elles ont été emmenées à un cœur à
cœur avec le Seigneur et la Vierge Marie qui a entrouvert pour nous une
fenêtre sur le Ciel. Nous avons été à l’école de leur confiance, de leur
offrande, de leur charité qui avait déjà un goût de Paradis. Les gens qui
partent nous remettent devant l’essentiel. Et leur pâque, tout comme
celle de Jésus, produit un fruit de gloire, une effusion de l’Esprit Saint
sur leurs proches mais aussi dans le monde entier. Nous rendons grâce à
Dieu d’avoir vécu ces moments si beaux et si privilégiés auprès d’elles
et de pouvoir maintenant compter sur leur présence invisible à nos côtés
et leur intercession pleine d’affection.

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« Dans ma pauvreté, tu es mon trésor ! »

En frappant aux portes pour demander le pain du jour, ou en


rencontrant nos amis de la rue nous recueillons bien souvent le
témoignage d’une sagesse qui vient du cœur de Dieu et qui est déposée
dans le cœur des pauvres. Eux seuls savent ces choses, justement parce
qu’ils sont pauvres. Cette sagesse, c’est le visage rayonnant d’un
homme africain qui nous tend un beau croissant tout juste acheté,
visiblement. Il nous avait croisées dans la cage d’escalier délabrée de
son immeuble. Arrivées à son étage, la porte était ouverte. Il était assis
dans un appartement absolument vide: il n’avait rien et pourtant il était
heureux de tout donner. Quelle parole silencieuse dans ce geste
d’offrande !
Un autre jour, à la soupe populaire des sœurs de Mère Teresa
nous nous trouvons assises devant un homme qui, immédiatement, nous
dit en français qu’il est athée. Il a perdu sa situation. Bien qu’il ne soit
pas croyant, il nous pose des questions sur la prière du chapelet. À la fin
de la conversation, alors que nous lui souhaitons une bonne journée il
nous dit de façon inattendue : « Ce qui est important, c’est surtout que
vous, vous alliez bien. Car si vous allez bien, le monde ira bien. »
Appels saisissants ! Ils nous disent le sérieux et la beauté de
notre vocation. C’est justement cette beauté qui s’est révélée aux yeux
de tous lorsqu’au mois d’octobre nous avons célébré à Barcelone les 80
ans de notre petite sœur Christine. Elle aussi nous enseigne la Sagesse.
La célébration de cet anniversaire a été une grande action de
grâce pour cette vie totalement consacrée au Seigneur et au Seigneur à
travers ses frères les plus petits : les pauvres… que nous sommes nous
aussi. Comme en famille, nous avons regardé ensemble des photos qui
retracent son histoire depuis son enfance jusqu’à aujourd’hui. Nous
avons pu admirer la fidélité de toute une vie et sa docilité à l’Esprit
Saint qui lui a enseigné la joie, la simplicité, la liberté, et lui a donné
une grâce toute spéciale pour encourager et envoyer. C’est en grande
part ce qui a rendu possible la naissance de la Communauté de
l’Agneau, la fondation à Barcelone, et la « résurrection » de nombreuses
personnes…

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L’action de grâce s’est manifestée dans la joie de cette journée,
la fraîcheur de la fête, la profondeur de tout ce qui s’y est partagé, la
tendresse et la gratitude de tant d’amis de toutes les générations.
Beaucoup d’entre nous pouvons témoigner combien la présence
de la petite sœur Christine a été décisive dans nos vies. Elle nous a
accompagnés sur notre chemin vers Jésus, nous a tendu la main quand
nous étions chancelants et nous a toujours soutenus avec ce qu’il y a de
plus essentiel : la Charité.
La voir vivre et prier nous enseigne l’amitié, l’intimité avec
Jésus, la vie quotidienne et toute simple avec Lui : « Arrête-toi un
moment, une demi-minute, trois secondes, et dis-lui : Seigneur, me
voici, tu es là, tu m’aimes … Pour cela, il n’y a pas besoin de téléphone,
cela ne prend pas de temps, et cela nous aide pour la journée ! »

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Pauvres, familles, prêtres, petits frères, petites sœurs, jeunes…
Nous pouvons tous attester combien chaque rencontre avec cette petite
sœur imprégnée de l’Évangile est une épiphanie.
Et maintenant que l’âge avance, nous découvrons avec elle
comme il est doux d’embrasser sa propre fragilité tout en disant à Dieu :

« Dans ma pauvreté, tu es mon trésor ! »

***

Nous avons souhaité partager ces merveilles avec vous afin que
chacun puisse faire sienne la Parole: Restez toujours joyeux, priez sans
cesse. En toute condition soyez dans l’action de grâces. C’est la volonté
de Dieu sur vous dans le Christ Jésus. (I Th 5, 16-18)
Nous aimerions que toutes les personnes que nous avons
évoquées soient prises dans le rayonnement de votre amitié et de votre
prière.
Nous osons vous demander à nouveau de l’aide pour la
construction du petit monastère « Lumière de l’Agneau ». Cette lettre
parviendra à plus de 2000 personnes au cours de l’année. Une
participation, aussi petite soit elle, multipliée par des milliers d’amis
peut rapidement achever le petit monastère !
Notre action de grâces ne serait pas tout à fait complète sans un
remerciement : Merci à vous aussi qui nous aidez de façon
inconditionelle de vos biens, votre prière, votre disponibilité et votre
amitié et rendez possible que nous vivions ce que nous vous avons
raconté.
Nous prions pour vous et vos familles afin que la lumière de
l’Agneau brille dans vos cœurs.

les petits frères et les petites sœurs de l’Agenau

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Merci!

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petits frères de l’Agneau petites soeurs de l’Agneau
c. Mercè, 5 c. Ferran, 28
E-08002-BARCELONE E-08002-BARCELONE
T : 0034- 93 295 52 93 T : 0034- 93 317 09 37

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