Organismes Modèles en Recherche Biomédicale
Organismes Modèles en Recherche Biomédicale
Durant les deux derniers siècles, l'expérimentation, à partir des organismes modèles,
a permis l'essor de la recherche biomédicale et l'expression "animal modèle de maladie
humaine" est devenue courante, sans pour autant que ses significations soient entièrement
précisées. Ainsi, le développement des modèles animaux en médecine depuis la fin de la
seconde guerre mondiale a connu une période d’euphorie durant les décennies 1960-1990.
De nouveaux outils ont permis de rêver à la construction d’une souris idéale, mais la science
des modèles animaux a suivi d’autres chemins.
Le concept de « modèle animal » est devenu central dans les sciences médicales
contemporaines de manière progressive et surtout à partir des années soixante, avec des
occurrences de citation maximales du concept au cours des années quatre-vingt-dix. Le
développement de ces modèles a connu une époque d’expansion prodigieuse tout au long de
ces quatre décennies. Elle a initié une période plus récente d’interrogation épistémologique
et historique sur la signification de ce phénomène et une critique, de ce qu’est, d’une part, un
modèle animal aujourd’hui et, d’autre part, de ce qu’il ne peut pas être. (Jean-Gaël ,2015)
Un modèle animal est un animal modifié ou présentant une caractéristique spontanée,
intégré dans un système expérimental en vue d’étudier des processus pathogéniques et/ou
des actions thérapeutiques qui seront utiles pour comprendre et soigner des pathologies
humaines. L’établissement de ces systèmes expérimentaux constitue une stratégie de
contournement épistémologique pour répondre à des problèmes de manière indirecte, sans
recours immédiat à l’expérimentation sur l’homme pour envisager des traitements et analyser
les causes des maladies. En ce sens, les modèles animaux ont une histoire ancienne puisque
l’observation d’une chèvre épileptique du corpus hippocratique fait de cet animal un véritable
modèle de l’épilepsie humaine dans le cadre de la théorie des humeurs. Dans le domaine de
la chirurgie, l’entraînement aux procédés opératoires sur des animaux, ou la reproduction de
lésions sur l’animal en vue d’imaginer des traitements, sont des pratiques anciennes qui
utilisent des modèles animaux bien caractérisés au XVIIIe siècle et dans la physiologie
expérimentale du XIXe siècle. (Jean-Gaël ,2015)
Ce concept est éloigné de celui d’« organisme modèle » ou d’« animal modèle ». Dans
ces derniers cas, on a affaire à des animaux sélectionnés par une communauté de chercheurs
pour aborder, d’une même façon et au sein d’une culture épistémique particulière, une série
de problèmes scientifiques fondamentaux. Par exemple, le développement du mouvement
des neurosciences s’est largement inspiré, à partir des années 1950-1960, d’une culture
d’animaux modèles vertébrés et invertébrés dont les caractéristiques physiologiques et
anatomiques rendaient l’étude de certaines fonctions particulièrement aisées. (Jean-Gaël
,2015)
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Chapitre I : Organismes modèles, Présentation générale
Les modèles animaux ont été développés pour répondre à des interrogations
concernant les traitements et les causes de certaines pathologies humaines dans des cadres
théoriques particuliers caractérisés par certaines théories pathogéniques en lien avec les
sciences biologiques du moment. Il est possible d’envisager de prime abord à grands traits
l’évolution historique de la création de ces modèles animaux en distinguant de grandes
catégories pathogéniques définies de manière transhistorique, afin de faire apparaître
certaines continuités et les changements caractéristiques des nouveaux modèles animaux des
sciences médicales après la seconde guerre mondiale. (Jean-Gaël ,2015)
a. Le modèle animal
Les modèles animaux ont été développés pour répondre à des interrogations
concernant les traitements et les causes de certaines pathologies humaines dans des cadres
théoriques particuliers caractérisés par certaines théories pathogéniques en lien avec les
sciences biologiques du moment.
Il est possible d’envisager de prime abord à grands traits l’évolution historique de la création
de ces modèles animaux en distinguant de grandes catégories pathogéniques définies de
manière transhistorique, afin de faire apparaître certaines continuités et les changements
caractéristiques des nouveaux modèles animaux des sciences médicales après la seconde
guerre mondiale. (Gayon Jean ; 2006)
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Chapitre I : Organismes modèles, Présentation générale
d’épilepsie qui sont tout aussi bien déterminées par le fond génétique, les conditions
d’élevage et les facteurs environnementaux immédiats. Le modèle animal est donc bien un
dispositif et pas seulement une catégorie d’animaux de laboratoire.
Par conséquent, les modes de constitution de modèles animaux ne se limitent pas à la
possibilité de créer un animal susceptible de développer ou pas une maladie, mais s’étendent
à toutes les conditions expérimentales du système.
Il s’agit de modèles animaux chez lesquels des maladies ou des affections d’origine
naturelle sont identiques à celles que l’on retrouve chez l’humain, comme le diabète,
l'hypertension, l'arthrite et les immunodéficiences en sont quelques exemples. Ou pour des
Maladies ou affections souvent associées à des mutations naturelles conduisant à des
désordres similaires à ceux décrits dans l’espèce modélisée (homme). (Jann Hau, 2002; Jean-
Claude Desfontis, 2008)
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Chapitre I : Organismes modèles, Présentation générale
La Souris
La souris, Mus musculus, ne possède pas un génome plus réduit que celui de l'espèce
humaine, mais, en tant que mammifère, c'est le modèle animal qui en est le plus proche. La
possibilité de conduire tous les croisements désirés, l'existence de lignées pures et d'un grand
nombre de mutations identifiées (dont certaines apparentées à des maladies génétiques
humaines), en font un modèle irremplaçable pour les études de génétique et de biologie
moléculaire chez les mammifères.
Grâce à la transgenèse on peut étudier :
L’inactivation de gènes (plus de 1000, à ce jour) par recombinaison homologue permet
de déterminer leur rôle, avec l'obtention de souris recombinées dites "knock out" ;
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Chapitre I : Organismes modèles, Présentation générale
Vers Nématode
Le nématode Caenorhabditis elegans est un modèle animal pluricellulaire très prisé
des embryologistes et des neurobiologistes. Cet animal présente l'avantage d'être totalement
transparent, ce qui permet de suivre le devenir de chaque cellule tout au long de son
développement. Les chercheurs ont pu ainsi déterminer la filiation exacte de chacune des
cellules de cet organisme depuis la fécondation jusque chez l'adulte (959 cellules).
On connaît aussi exactement l'ensemble des jonctions synaptiques établies par chacun des
302 neurones. De ce point de vue, nul autre organisme n'est aussi bien connu.
Les expériences de transgenèse sur C. elegans ont permis d'élucider le fonctionnement de
certains gènes du développement pour d'autres animaux, y compris l'Homme.
Drosophile
Le diptère Drosophila melanogaster est un modèle très étudié, et ceci depuis les études
pionnières effectuées au début du XXe siècle par Morgan sur cette mouche, dans le domaine
de la génétique.
Une caractéristique particulièrement intéressante de cet animal est l'existence de
chromosomes polytènes dans certains de ses tissus. Ces chromosomes comprennent jusqu'à
un millier de molécules d'ADN identiques, qui sont le produit de multiples réplications de
l'ADN chromosomique sans qu'il y ait séparation des brins. Ces brins demeurent parallèles et
unis, ce qui leur confère une structure facilement observable, très utile pour la cartographie
physique de ce génome. On peut ainsi reconnaître environ 5 100 bandes par simple coloration
et observation microscopique de ces chromosomes, et la résolution obtenue est de l'ordre de
quelques dizaines de kilobases.
L'utilisation de la drosophile dans des expériences de transgenèse a permis de comprendre le
fonctionnement des gènes du développement (gènes homéotiques) responsables de
l'organisation antéro-postérieure du corps.
Levure
La levure Saccharomyces cerevisiae est un modèle unicellulaire eucaryote utilisée
depuis de nombreuses années par les généticiens, les biologistes moléculaires et
microbiologistes. C'est aussi une espèce économiquement importante, puisqu'elle est utilisée
par les industries agroalimentaires.
Avantages (par rapport à E. coli) : les levures recombinées ne forment pas d'inclusions ; les
modifications des protéines recombinées sont possibles.
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Chapitre I : Organismes modèles, Présentation générale
Escherichia coli
La bactérie Escherichia coli est un modèle unicellulaire procaryote utilisé depuis de
nombreuses années par les généticiens, les biologistes moléculaires et microbiologistes. C'est
aussi une espèce économiquement importante, puisqu'elle est utilisée par les industries
agroalimentaires.
Dans le domaine pharmaceutique E. coli recombinée est utilisée pour la production d'insuline
et d'hormone de croissance, strictement identiques aux protéines humaines.
Inconvénients : d'une part, les protéines recombinées produites sont souvent stockées sous
forme d'inclusions insolubles, d'où la difficulté d'extraction et de purification. D'autre part, les
protéines obtenues n'ont pas toujours leur conformation biologiquement active.
Arabidopsis thaliana
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Chapitre I : Organismes modèles, Présentation générale
Aussi, ces espèces ont été retenues car elles partagent plusieurs caractéristiques intéressantes
du point vue génétique, expérimental et économique :
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Chapitre II : Notions en Génomique
La molécule d'ADN est polynucléotidique bicaténaire, autrement dit double brin. La synthèse
d'une molécule d'ADN se fait à partir d'une amorce (à gauche) qui sera allongée et d'un brin
de la molécule initiale clivée, brin qui servira de matrice (à droite) et qui permettra, par
complémentarité des bases, l'enchaînement des nucléotides de la chaîne en voie d'extension,
ou élongation. Les deux brins seront appariés par des liaisons hydrogène entre les bases
complémentaires : trois liaisons entre la guanine (G) et la cytosine (C), deux entre l'adénine
(A) et la thymine (T). (Strachan, 1996)
L’ADN est une molécule chargée négativement, cette propriété permet de faire migrer
de l’ADN sur différents supports dans un champ électrophorétique. Ainsi, l’ADN a d’autres
propriétés physico-chimiques qui permettent de lui faire subir des centrifugations, dosages,
précipitations, chromatographies et autres manipulations. (J. RIQUET, F. PITEL, 2000)
L’ADN est formé par 2 chaînes polynucléotidiques anti parallèles, reliées par des ponts
hydrogènes entre les bases ; on dit que l’ADN est bicaténaire et il a une double fonction :
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Chapitre II : Notions en Génomique
Largeur 1 barreau =
2nm
1 tour Hélice = 10
barreaux
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Chapitre II : Notions en Génomique
pour former une fibre de 300A°, chacun de ces fibres s’enroulent sous forme de spirale
(comportant 50 fibres), ces spirales se regroupent sous forme de mini bande. (Figure 2)
Le chromosome est enfin est composé de plusieurs mini bandes (≈ un million). Le chromosome
apparaît constitué de 2 sous unités = chromatides.
Tableau II : Caractéristiques de Chargaff pour quelques organismes modèles (d’après JALOUZOT ; 2010
Organisme A T G C Rapport
A+T/G+C
E. Coli 26,0 23,9 24,9 25,2 1,00
D. Pneumoniae 29,8 31,6 20,5 18,0 1,59
Levure 31,3 32,9 18,7 17,1 1,79
Souris 28,6 28,4 21,4 21,5 1,33
Homme 30,3 30,3 19,9 19,8 1,52
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Chapitre II : Notions en Génomique
thymine et la proportion de guanine est la même que celle de cytosine, par contre, le rapport
A + T / G + C semble caractéristique de la source d'ADN. Jalouzot ; 2010)
Propriétés de l’ADN
Complémentarité
Les deux chaines de la double hélice sont complémentaires, l’espacement entre les
deux hélices est tel qu’à chaque fois une base purine interagit avec une base pyrimidique, ces
bases contractent des liaisons hydrogènes de faible énergie qui aident à stabiliser la double
hélice. (Masselot, 2018)
Dénaturation
Une autre conséquence physique est la sensibilité de la molécule native d'ADN à la chaleur.
Les liaisons hydrogène qui assurent la structure en double hélice sont sensibles à la chaleur et
le chauffage au-delà de 80°C suffit à les rompre, on voit alors l'ADN natif se dénature en deux
simples brins qui ne sont plus maintenus ensemble. Ces liaisons labiles vont cependant se
rétablir si le refroidissement des brins est lent et les deux brins vont se repositionner en
respectant les règles d'appariement en sorte que l'on peut retrouver l'ADN natif initial. Par
contre, si le refroidissement est brutal les simples brins sont " figés " et restent sous la forme
simple brin. (Masselot, 2018)
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Chapitre II : Notions en Génomique
Reproduction
Antiparallélisme
Chaque brin d’ADN est orienté selon ses extrémités (5’phosphate, 3’ hydroxyle) les deux brins
ont des orientations antiparallèles afin que les bases puissent s’associer correctement par les
liaisons hydrogène. (Masselot, 2018)
Information
La séquence de l'ADN porte un message qui doit être traduit comme tout langage codé.
L’intermédiaire qui va assurer la traduction du message codé par les nucléotides en mots des
protéines est l'ARN de transfert. De plus l'ADN lui-même ne va pas être utilisé directement
pour être traduit mais c'est une copie qui va être utilisée. Cette copie pourra être plus ou
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Chapitre II : Notions en Génomique
moins multiple ce qui permettra de moduler le niveau final de la protéine (voir le cours de
régulations). Cette copie est l'ARN messager, qui est, comme l'ADN un polymère nucléotidique
qui ne se distingue du précédent que par quelques caractéristiques. (Masselot, 2018)
La copie se fait sur l'ADN dont les deux brins se séparent localement. Seul un brin
(toujours le même pour une zone donnée) est copié (brin transcrit) en respectant la
complémentarité des bases à ceci près que les appariements AT sont remplacés par des
appariements AU. L'ARNm a donc la même séquence que le brin non transcrit à condition de
remplacer les T par des U. Masselot, 2018)
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Chapitre II : Notions en Génomique
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Chapitre II : Notions en Génomique
séquence de l'ARNm (brin non transcrit). Si tel est le cas il existe également trois phases
possibles de lecture sur l'autre brin.
Dans l'exemple ci-dessus une seule phase n'est pas interrompue par un ou plusieurs codons
stop(en gras) : la phase +2 qui est qualifiée de phase ouverte de lecture. C'est la seule qui soit
susceptible d'être fonctionnelle. Si une phase ouverte est suffisamment longue c'est un bon
candidat pour coder un polypeptide.
Dans le code génétique il faut distinguer 4 codons particuliers AUG qui précédé d'un signal
particulier (TATA box) et situé en début de phase indique précisément le début de la
traduction.
UAG, UAA et UGA qui sont des codons stop et indiquent la fin de la chaîne polypeptidique.
Figure 8. Les six phases possibles de lecture d'une séquence d'ADN (Masselot, 2018)
La succession des bases possède un caractère informatif qui contrôle la synthèse d'un
polypeptide qui peut être doué d'activité catalytique (ou autre), c'est l'unité de fonction
biochimique.
La structure double brin permet que le message entier soit reproduit fidèlement de génération
en génération. (Masselot, 2018)
Formation de sillon
Il existe trois structures classiques des doubles brins d’ADN, la forme A rarement observée, la
forme B la plus courante et la forme Z observée quelque fois, les deux formes A et B sont
composées d’hélice droite emmêlée en torsade par contre la forme Z est composée d’hélice
en zigzag. Pour la forme la courante, l’enchainement des groupements phosphatés crée deux
sillons ou s’exercent les interactions entre les protéines et l’ADN.(Petit, 2018)
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Chapitre II : Notions en Génomique
Petit sillon présente deux groupements accepteurs de la liaison pour les deux paires
A – T et C- G, il permet l’attache des histones.
Grand sillon est tapissé aussi d’atomes qui peuvent interagir avec des composants
extérieurs aux acides nucléiques comme les nucléases, les enzymes de destruction, les
facteurs de transcription, les polymérases (Petit, 2018)
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Chapitre II : Notions en Génomique
génétiquement modifiées est un travail long et parfois laborieux. De plus, la spécificité des
nucléases est aussi un point souvent mal caractérisé. Cette dernière peut avoir des
conséquences importantes in vitro, mais particulièrement in vivo. (Fleury, 2018)
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Chapitre II : Notions en Génomique
Les surprises
Les premiers génomes séquencés rappelèrent rapidement à quel point des
connaissances fondamentales manquaient. Avec le génome de la levure, trois surprises
majeures attendaient les généticiens. D’abord, il y avait dans le génome beaucoup plus de
gènes pour chaque fonction que ce que la génétique laissait prévoir. En d’autres termes, les
cribles génétiques classiques mêmes les plus systématiquement appliqués n’arrivaient jamais
à l’exhaustivité. Ensuite, beaucoup de gènes avaient des séquences entièrement nouvelles,
sans similarité dans les bases de données existantes. Une explication triviale était que ces
bases de données étaient très incomplètes, ce qui n’était pas faux. Mais même aujourd’hui
chaque nouveau génome séquencé fait apparaître une fraction non nulle de tels gènes qu’on
désigne donc comme « orphelins ». Une autre explication commune à l’époque était que ces
gènes orphelins n’étaient pas des vrais gènes. Ce qui n’est pas nécessairement faux non plus
pour certains d’entre eux. (Fleischmann et al. 1995, Goffeau et al. 1996
Mais leur nombre élevé exclu la généralisation de cette hypothèse. Une réalité plus
intéressante, comprise seulement maintenant, est que certains des gènes orphelins sont en
réalité des gènes créés de novo dans les différentes lignées évolutives. Enfin, la troisième
surprise était que nombre de gènes étaient dupliqués. Ceci était incompréhensible dans la
vision classique de mutations aléatoires soumises à la sélection naturelle. On sait maintenant
que cette redondance est vraie pour tous les génomes, même si le cas de la levure était
particulier. En d'autres termes, la nature ne connaît pas les génomes minimums dont rêvent
les ingénieurs. La raison est à rechercher dans la perpétuelle dynamique évolutive des
génomes.
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Chapitre II : Notions en Génomique
Les chiffres
Actuellement, de nombreux génomes bactériens ont été séquencés entièrement ou
partiellement (plus de 219 000 projets). Il en va de même d'environ deux mille génomes
d'Archaea (un déficit important comparé aux bactéries) et d'un nombre rapidement croissant
d’eucaryotes (environ 14 500 sont terminés ou en cours). Historiquement, ce fut la levure
Saccharomyces cerevisiae avec son génome d'environ 13 millions de nucléotides (Mb) le
premier eucaryote séquencé (Goffeau et al. 1996, 1997). Puis, alors que le nombre de
génomes bactériens augmentait, on a vu apparaître successivement les séquences de
génomes eucaryotes plus grands tels que ceux de Caenorhabditis elegans, (97 Mb, Sulston,
Waterston et Consortium, 1978), un nématode servant de modèle expérimental, et
d'Arabidopsis thaliana (115 Mb, Arabidopsis Genome Initiative, 2000), une crucifère modèle.
Ces débuts étaient très laborieux. Ils nécessitaient plusieurs années de travail de consortiums
de laboratoires qui établissaient d'abord une cartographie détaillée des génomes avant un
séquençage ordonné des segments par la méthode de Sanger. Chacun de ces projets marquait
une étape importante de la génomique naissante.
3 * Approche bio-informatique
La biologie moléculaire occupe une place dominante dans les sciences biologiques.
Cette “vision moléculaire” du vivant est née de la génétique et de la biochimie. On peut dater
l’émergence de cette nouvelle discipline scientifique avec la mise en évidence de l’ADN
comme vecteur de l’hérédité.
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Chapitre II : Notions en Génomique
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Chapitre II : Notions en Génomique
- Les développements informatiques sont d’une plus grande ampleur, ils convoquent et
combinent différentes techniques,
- Les informations traitées ne sont plus uniquement des données expérimentales, mais
aussi des données “textuelles ” (non factuelles) issues de la littérature scientifique. (Gabriel
Gallezot, 2007)
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Chapitre III : Analyse des génomes
1. Interaction génique
En génétique élémentaire on suppose, pour la simplicité de la chose, que les gènes se
comportent comme des unités héréditaires autonomes, qu'il y a interaction entre les allèles
d'un même gène, mais non pas entre gènes situés à différents loci. Ce genre de
comportement, simple, est celui que l'on pouvait observer dans les expériences de Mendel.
En fait le mode d'action d'un grand nombre de gènes est modifié par l'action de gènes situés
à d'autres loci. L'expression de nombreux caractères mendéliens, c'est-à-dire du type
qualitatif, tels la pigmentation, la forme de la corolle, la couleur du pelage, etc., de même que
de nombreux caractères quantitatifs est contrôlée par l'action simultanée d'une série de
paires alléliques. On parle d'interaction génique réciproque. (Griffiths, 2013)
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Chapitre III : Analyse des génomes
Figure 11 : Répartition des différents types de mutations identifiées dans des gènes humains à
l’origine de maladies génétiques. Données extraites de la base de données HGMD, avril 2005
(http://www.hgmd.org).
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Chapitre III : Analyse des génomes
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Chapitre III : Analyse des génomes
Mutations dynamiques
La grande majorité des maladies liées à des mutations dynamiques impliquent des
répétitions de triplets. Il est possible de distinguer les répétitions qui affectent la région
codante des gènes, où l’amplification de codons CAG (glutamine) reste modérée, et celles qui
affectent les régions non codantes des gènes, où la taille de l’élément amplifié peut atteindre
10 kb. Il existe quelques cas où le motif nucléotidique répété est supérieur à trois paires de
bases. L’épilepsie myoclonique autosomique récessive d’Unverricht-Lundborg est associée à
une amplification d’un motif de 12 paires de bases (CCCCGCCCCGCG) en amont du site
d’initiation de la transcription du gène CSTB, (Figure 13). L’ataxie spinocérébelleuse de type
10 est due à une amplification du motif (ATTCT) localisé dans l’intron 9 du gène E46L. Enfin,
dans le cas de la dystrophie myotonique de type 2, le motif nucléotidique répété correspond
à une séquence de 4 paires de bases (CCTG) dans le premier intron du gène ZNF9. (Krawczak
M, 1998, Stenson PD, 2003)
Les maladies dues à des mutations dynamiques sont nombreuses et pour la plupart
des maladies neuro-dégénératives. Elles sont caractérisées par le phénomène d’anticipation :
au cours des générations successives, l’âge d’apparition de la maladie est de plus en plus
précoce et s’accompagne d’une accentuation de la gravité, en raison de l’amplification du
nombre de motifs répétés au cours des générations successives. Il est généralement admis
qu’au-delà d’un certain seuil de longueur (environ 50 répétitions), les répétitions formeraient
25
Chapitre III : Analyse des génomes
des structures anormales, de type épingles à cheveux ou triple hélice, perturbant la réplication
et favorisant les dérapages ou glissements réplicatifs. La deuxième hypothèse, non exclusive,
pour expliquer ce phénomène d’instabilité des trinucléotides implique le mécanisme de
réparation des mésappariements (MMR) produits lors de la réplication.
Réarrangements génomiques : délétions, duplications, inversions et
translocations
Les réarrangements génomiques résultent en général, mais non obligatoirement,
d’événements de recombinaison homologue non allélique (NAHR, non allelic homologous
recombination) intra- ou extrachromosomique, impliquant des séquences très semblables
mais non nécessairement identiques, comme les séquences répétées dispersées Alu.
Récemment, l’étude de réarrangements récurrents et la connaissance de la séquence
complète du génome humain ont permis d’identifier une catégorie particulière de séquence
répétée, appelée duplication segmentaire ou LCR (low-copy repeats). Ces séquences, qui
représentent environ 5 % du génome humain, correspondent à des doublements de 10 à 500
kb survenus généralement il y a moins de 25 millions d’années (Shaw CJ, 2004, Emanuel
BS,2001).
Les deux copies sont quasiment identiques (plus de 95 % de similitude), mais non
alléliques, et sont situées soit sur des chromosomes distincts, en particulier dans les régions
péricentromériques ou subtélomériques, soit sur un même chromosome, à distance variable
(faible dans le cas des gènes alpha de globine ou de l’intron 22 du facteur VIII de la coagulation,
très importante (>1 Mb) dans le syndrome Williams). Ces duplications constituent des
structures hautement recombinogènes, favorisant les réarrangements génomiques par
recombinaison inégale au moment de la méiose, avec comme conséquences des délétions,
inversions, duplications ou translocations. Ces réarrangements sont observés de façon
récurrente dans certaines maladies monogéniques lorsqu’un seul gène est impliqué dans le
réarrangement: a thalassémies, hémophilie A sévère, neurofibromatose de type 1 (Figure 12),
maladie de Charcot-Marie-Tooth type 1A/neuropathie tomaculaire…). Dans le cas des
syndromes dits «des gènes contigus», plusieurs gènes sont impliqués dans le réarrangement :
syndromes de Di-George, de Smith-Magenis.
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Chapitre III : Analyse des génomes
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Chapitre III : Analyse des génomes
(A) Type sauvage : protéine qui s’exprime que dans les cellules bleues ciel et son activation
nécessite le ligand jaune. (B) Perte de fonction dominante : expression des protéines
dominantes négatives (en rouges) dans ces cellules pour inhiber l’activité de la protéine
endogène en séquestrant le ligand jaune. (C) Expression ectopique : gain de fonction de la
protéine en induisant une expression ectopique du gène dans d’autres types cellulaires.
(D) Activité constitutive : par l’induction d’une protéine modifiée toujours active, même en
l’absence de ligand.
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Chapitre III : Analyse des génomes
Figure 14 : Schématisation d’un trouble génétique complexe (d’après Weinberg, 2001 in D' Amato,
2003)
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Chapitre III : Analyse des génomes
lorsque ce dernier se trouve à l’état hétérozygote, être modificateur d’une maladie due des
mutations d’un autre gène.
1 2
Aa a1a2
3 4 5
Aa1 Aa1 Aa2
Figure 15 : Gènes allèles du gène délétère, modificateurs du phénotype dans une maladie dominante
autosomique. (Feingold, 2000)
A est le gène délétère, α , α 1 et α 2, des variants du gène normal. Les sujets 3 et 4 ont le
même phénotype pathologique, tandis que le sujet 5, bien qu’également malade porte un
allèle normal différent et n’a pas le même phénotype que ses deux germains.
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Chapitre III : Analyse des génomes
seconde catégorie. Ce résultat s’explique bien par l’existence d’allèles non délétères modulant
le phénotype. Feingold, 2000)
Cas des maladies héréditaires à prions qui sont dues à une mutation du gène prion et se
transmettent selon le mode dominant autosomique. La mutation 178 acide aspartique,
ou l’asparagine peut être à l’origine soit de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, soit d’une
insomnie fatale familiale selon que le codon 129 en position cis code respectivement la valine
ou la méthionine. ( Feingold, 2000)
Cas de la mucoviscidose qui est une maladie récessive déterminée par diverses mutations
délétères du gène CFTR. Des polymorphismes, lorsqu’ils sont associés à certaines mutations,
peuvent modifier le phénotype de cette maladie. C’est ainsi que les sujets hétérozygotes
composites ∆ F508/R117H ont différentes gravités de la maladie qui dépendent dans une large
mesure du variant du polymorphisme Tn (n est le nombre de thymidine) situé dans l’intron 8
du gène CFTR. Quand la mutation R117H est associée au variant T5 en position cis les sujets
∆F508/R117H ont une mucoviscidose classique mais sans insuffisance pancréatique. Lorsque
la mutation R117H est associée au variant T7, trois phénotypes sont possibles : une
mucoviscidose sans insuffisance pancréatique, une absence des canaux déférents, un
phénotype normal. Rappelons que le variant T5 est associé à une perte fréquente de l’exon 9
du gène CFTR et qu’il peut s’avérer délétère indépendamment de la présence de toute autre
mutation en cis. Il a été par ailleurs montré que d’autres variations pouvaient avoir un rôle
modulateur sur le phénotype, notamment un microsatellite (TG)m, situé lui aussi dans l’intron
8, et la mutation 470 méthionine → valine. (Aams, 1994, Craig 1996)
Cas de la drépanocytose qui est une maladie récessive, mais l’association du gène muté β s
avec une deuxième mutation en cis est à l’origine de formes dominantes. C’est le cas des
hémoglobines S. Antilles et S. Oman. On ne peut toutefois pas exclure que la deuxième
mutation soit à elle seule délétère. (Labie, 1996)
Cette situation est mise en évidence par l’étude moléculaire de l’haplotype (segment
chromosomique suffisamment court pour que les recombinaisons y soient très rares) associé
au gène délétère. Elle doit en particulier être suspectée quand on observe chez des sujets
porteurs de la même mutation une grande hétérogénéité phénotypique interfamiliale
contrastant avec une forte ressemblance intrafamiliale. Les méthodes de la génétique
formelle ne permettent pas de distinguer cette situation de celle d’un modificateur
hétéroallélique agissant en cis. (Figure 16). ( D' Amato, 2003, Feingold, 2000)
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Chapitre III : Analyse des génomes
Cas de la drépanocytose, bien que due à la même mutation, n’a pas la même gravité en
Afrique et en Inde. Il existe en effet dans ce dernier pays des formes bénignes compatibles
avec une survie normale, alors qu’en Afrique la maladie est grave, son évolution présentant
toutefois une certaine variabilité. Ces différences sont pour une part dues à des facteurs
régulateurs polymorphes, situés non loin du gène de la β -globine, qui jouent un rôle dans
l’expression des gènes fœtaux : en Inde, un taux élevé d’hémoglobine F à un effet favorable
sur l’évolution de la maladie. (Labie, 1996).
Les méthodes mises en œuvre pour détecter et identifier de tels gènes non pathologiques
et dont le polymorphisme n’a qu’un petit effet sur le phénotype sont proches de celles qui
sont utilisées en épidémiologie génétique pour l’analyse des maladies multifactorielles. On
peut ainsi chercher à repérer des gènes candidats. Un gène candidat est un gène dont la
fonction, connue, est supposée interagir avec celle du gène majeur impliqué dans la maladie.
Cette interaction peut concerner soit le phénotype de la maladie au sens strict, soit l’une ou
l’autre des complications qu’elle peut présenter. On peut tenter de détecter un éventuel effet
32
Chapitre III : Analyse des génomes
Cas des cardiomyopathies hypertrophiques familiales (CHF) : sont des maladies dominantes
autosomiques, très hétérogènes sur le plan génétique, les mutations d’au moins six gènes y
étant impliquées. Or on sait que l’enzyme de conversion de l’angiotensine 1 (ACE) joue un rôle
dans l’hypertrophie du muscle cardiaque chez le sujet sain. Le gène de l’ACE apparaît donc
comme un candidat plausible en tant que modificateur des CHF. De fait, il a été démontré
qu’un polymorphisme insertion/délétion (I/D) de ce gène était associé à une modulation de
l’hypertrophie dans les CHF dues à une mutation de la chaîne lourde de la β -myosine (β -
MHC). Plus précisément, dans le cas de CHF dues à une mutation du codon 403 du gène β -
MHC, l’hypertrophie du septum inter-ventriculaire est significativement plus importante chez
les sujets D/D que chez les sujets I/D ou I/I, ces derniers ayant l’hypertrophie la moins
importante. (Tesson, 1997)
4. Le criblage moléculaire
Les stratégies actuelles du criblage moléculaire peuvent être regroupées en fonction de leur
orientation génomique : spécifique à une région ou de l'ensemble du génome. Au sein de ces
grandes catégories, il existe plusieurs approches pour l'identification de nouvelles mutations.
En général, les cribles spécifiques à une région sont conçus pour examiner le contenu
fonctionnel d'un segment génomique, alors que les stratégies de l'ensemble du génome sont
mieux adaptées à la dissection d'un processus biologique spécifique. Dans certains cas, un
crible spécifique à une région pourrait être une méthode plus appropriée pour l’identification
de mutations qui affectent un processus particulier - par exemple, le développement - dans
laquelle un grand nombre de gènes ont des rôles essentiels. Une approche spécifique à une
région, bien qu’elle puisse réduire le nombre de mutations potentielles qui pourraient être
identifiées, elle peut augmenter considérablement la facilité avec laquelle le crible est réalisé
ce qui permet de maintenir les mutations. (El Hakam, 2016 )
33
Chapitre III : Analyse des génomes
Figure 17 : Processus de criblage phénotypique, ou HCS (Le high content screening) (Priscille, 2015)
34
Chapitre III : Analyse des génomes
Chaque image correspond à un champ d’un puits d’une microplaque. Le phénotype est extrait en
segmentant chacune des cellules du champ puis, au sein de celles-ci, en déterminant la taille, la surface
et la texture des structures intracellulaires, et en établissant une corrélation avec un processus
biologique.
→ Criblage virtuel consiste à sélectionner et identifier des molécules bioactives par voie
informatique. Nous disposons d’une base de données de 10 à 15 millions de molécules
commercialement disponibles. Il est impossible de les tester toutes expérimentalement, alors
on les passe au crible : on définit les critères (forme, taille, structure…) selon les propriétés
recherchées, pour ne retenir que celles qui sont d’intérêt, environ 100 à 200. Et ce sont celles-
ci qui seront testées expérimentalement en laboratoire. (Figure 19)
35
Chapitre III : Analyse des génomes
36
Chapitre III : Analyse des génomes
Tableau III : Nombre de gènes chez quelques organismes modèles, (Bernot, 2001)
37
Chapitre III : Analyse des génomes
des ARNt). Les rrn peuvent être répétés au sein des génomes bactériens: il en existe par
exemple 10 exemplaires chez B. subtilis. Mais chez d'autres espèces, telles que A. fulgidus ou
M. genitalium, un seul est présent. Chez certaines espèces, les loci rrn sont organisés
différemment (23S-16S-5S chez Vibrio harveyi), et il existe aussi des cas où les gènes 16S, 23S
et 5S ne sont pas assemblées en opéron (A. fulgidus ou H. influenzae).
Généralement, le nombre de pseudogènes (gènes mutés, non transcrits ou non traduits)
est faible, de l'ordre de 1 à 2%: chez C. jejuni sont par exemple présents 20 pseudogènes. Mais
à l'inverse, M. leprae présente une fraction importante d'ADN non codant (24%) et de
pseudogènes (27%). (Bernot, 2001)
38
Chapitre III : Analyse des génomes
probablement corrélé au fait que ce parasite, isolé au sein de la cellule hôte, n'est pas amené
à acquérir d'ADN externe.
La transformation a joué un rôle historique dans le domaine de la génétique, puisque c'est
à partir des expériences de Griffith (1928) sur Streptococcus pneumoniae et la caractérisation
du facteur transformant par Avery (1944) que l'ADN a été caractérisé comme support de
l'hérédité. (Bernot, 2001)
39
Chapitre III : Analyse des génomes
→ Chez S. cerevisiae, environ 6.200 gènes ont été identifiés (sans compter les ARNt et les
gènes de moins de 300 bases), soit cinq fois plus que ce à quoi on s'attendait. Ceci est corrélé
au fait que beaucoup de ces gènes ne se manifestent pas par un phénotype directement
observable: ils ne sont par conséquent pas décelables par les mutations les affectant, et
n'avaient donc pas été identifiés pas les techniques génétiques conventionnelles. Des gènes
recouvrants ont été mis à jour, tels que SMD1 et PRP38, localisés sur les brins opposés de
l'ADN chromosomiques, et dont les régions 3' codantes se recouvrent.
Le génome de S. pombe comporte environ 4.900 gènes. Alors que peu de gènes sont
fragmentés en plusieurs exons chez la levure (moins de 5%), cette fragmentation est plus
fréquente chez S. pombe, puisqu'elle concerne 43% des gènes (le nombre d'exons le plus élevé
observé chez un même gène est de 16). (Bernot, 2001)
→ Chez C. elegans, la densité en gènes prédits sur le génome a aussi dépassé tous les
pronostics: 19.100 gènes ont été identifiés. Chez cette espèce, le séquençage génomique a
révélé un nombre étonnamment élevé de gènes localisés dans l'intron d'un autre gène, ainsi
que de gènes recouvrants. Plus inattendu encore a été la mise en évidence d'une fréquente
organisation de ces gènes en opérons: plus de 15% des gènes du nématode s'organisent ainsi,
alors que l'on pensait que ce type d'agencement ne se rencontrait que chez les Procaryotes.
→ Chez D. melanogaster est de 13.600. Dans ce cas cependant, il était surprenant que ce
chiffre soit inférieur à celui obtenu chez le nématode: la drosophile est en effet un Métazoaire
triblastique coelomate, traditionnellement considéré comme représentant un stade
d'évolution plus avancé que celui du nématode, qui est un pseudocoelomate. Et une
drosophile comprend 10 fois de cellules que le nématode, et présente des comportements
bien plus évolués.
→ Chez la souris, le nombre total de gènes est de l'ordre de 27.000 - 30.500, fourchette
tout à fait comparable à l'estimation obtenue chez l'homme. Plus de 98% d'entre eux sont
d'ailleurs homologues à un gène humain. Aucun opéron n'a jamais été observé, ni chez la
souris, ni chez aucun autre Vertébré (à ce jour, des opérons eucaryotes n'ont été observés que
chez quelques espèces de Némathelmintes - dont fait partie C. elegans - ou de Plathelminthes
- tel que par exemple Schistosoma mansoni).
40
Chapitre III : Analyse des génomes
→ Chez A. thaliana, 25.500 gènes ont été identifiés. Ce chiffre est supérieur à ceux
obtenus chez le nématode ou la drosophile. Mais une telle comparaison doit être prudente:
d'une part les épissages alternatifs sont peu fréquents chez A. thaliana (moins de 5% des
gènes, contre 20-35% chez les Métazoaires). Ce génome a d'autre part récemment subit une
tétraploïdisation (duplication globale du génome, fréquente chez les végétaux), ce qui rend
probablement compte de ce nombre élevé de gènes (ce qui se retrouve dans le nombre de
gènes codant des ARNt, plus élevé que chez toute autre espèce eucaryote entièrement
séquencée). (Bernot, 2001)
Tableau IV Caractéristiques des génomes de quelques organismes modèles ainsi que la fréquence
des gènes sur les autosomes (Bernot, 2001)
Levure Nématode Drosophile Arabette Homme
Taille physique (Mb) 13 100 180 125 3.000
Taille moyenne d'un cM (kb) 3 500 300 220 800
Teneur en [G+C] 38% 36% nd 41% 41%
Nombre de gènes 6.200 19.100 13.600 25.500 ~30.000
Fraction codante 68% 27% 13% 29% 1,4%
Nombre moyen d'exons par gène 1,04 5,5 4,6 5,2 8,7
Taille des gènes (kb) 1,4 2,7 3 2,1 28
Taille moyenne du codant 1.450 1.311 1.497 1.300 1.340
(introns exclus)
Taille moyenne des exons (pb) 1.450 218 150 250 145
Taille moyenne des introns (pb) 500 267 487 168 ~3.300
Fréquence des gènes (par kb) 2 4,8 / 6 9 4,5 ~100
Nombre d'ARNt 273 584 284 589 535
Localisation chromosomique des 12 1 X et Y 2, 4 13, 14, 15, 21,
NOR 22
41
Chapitre III : Analyse des génomes
L'importance de l'ADN transcrit mais non traduit a été établie chez toutes ces espèces. Elle
comprend en particulier les gènes codant les ARNt, les ARNr, qui forment les organisateurs
nucléolaires, localisés dans différentes régions chromosomiques, et les 5S. Curieusement, 40%
des gènes codant des ARNt sont situés sur le chromosome X chez le nématode. (Bernot, 2001)
La répartition des séquences répétées chez les organismes modèles ainsi que chez l'homme
est représentée dans le tableau V. Sur l'ensemble du génome, elle atteint près de 15% chez la
drosophile (en raison de l'abondance de l'hétérochromatine); mais cette fraction est toujours
nettement plus faible que chez l'homme. (Bernot, 2001)
42
Chapitre III : Analyse des génomes
motifs dont la taille peut varier entre 1 et 13 nucléotides. Ils sont fréquemment
polymorphes, et distribués uniformément le long du génome.
→ Un autre ensemble de séquences répétées en tandem est représenté par les
minisatellites, dont la longueur du motif de base est de 14 à 500 paires de bases. Leur
répétition peut s'étendre sur 0,5 - 30 kb. (Bernot, 2001)
→ De l’ADN à l’ARNm
Un gène est une séquence de l’ADN susceptible d’être transcrite sous la forme d’un ARN.
La partie du gène copiée sous la forme d’un ARN (par transcription), puis transformée en
protéine (par traduction) est appelée partie codante.
L’expression d’un gène (la quantité d’ARN produite à partir d’un gène) est soumise à de
nombreux facteurs de régulation (accessibilité de l’ADN...). Parmi ces facteurs existe une
classe de protéines appelées Facteurs de Transcription (FT), qui ont la capacité de se fixer sur
des séquences spécifiques de l’ADN. Ces sites de fixation des facteurs de transcription (TFBS,
Transcription Factor Binding Site) sont généralement portés sur la partie de la séquence située
en amont du gène (appelée zone upstream). Un gène codant pour une protéine est constitué
de segments pouvant potentiellement composer un ARNm mature, les exons, et de segments
éliminés au cours de la maturation de l’ARNm, les introns. Le mécanisme qui permet d’obtenir
un ARNm à partir d’un gène est appelé transcription. (Antoine-Lorquin, 2016)
→ De l’ARNm à la protéine
La traduction est le mécanisme qui permet la synthèse d’un enchaînement d’acides
aminés, la protéine, à partir de la séquence d’un ARNm. Le complexe biologique permettant
cette synthèse est le ribosome.
Le ribosome "lit" les nucléotides de l’ARNm par groupes de trois, appelés codons. Chaque
codon correspond exactement à un acide aminé spécifique (mais un même acide aminé peut
correspondre à plusieurs codons). Le ribosome assemble les acides aminés en fonction de la
séquence ARNm et forme une protéine.
Ce découpage de l’ARNm en codons est appelé cadre de lecture ouvert ou ORF (Open
Reading Frame). Pour être valide, un ORF doit commencer par un codon start (AUG), qui initie
43
Chapitre III : Analyse des génomes
la synthèse d’une protéine, et se terminer par un codon stop (UAA, UAG ou UGA), qui conclut
la synthèse d’une protéine. (Antoine-Lorquin, 2016)
44
Chapitre III : Analyse des génomes
Figure 21. Production alternative d’une protéine par l’effet d’une structure frameshift-1. (Antoine-
Lorquin, 2016)
45
Chapitre III : Analyse des génomes
Les doigts de zinc sont de petits motifs structuraux trouvés dans les protéines et capables d'ordonner
en complexe un ou plusieurs ions zinc pour stabiliser leurs plis
Ainsi, l’expression régulière : A-T-x(1,2)-T reconnait tous les motifs de taille 4 et 5 commençant
par "AT" et finissant par "T". Cependant ; il n’y a pas réellement d’outils de recherche dédiés
car les expressions régulières font partie intégrante de nombreux langages de programmation
(Bash, Python, ...). (Antoine-Lorquin, 2016)
46
Chapitre III : Analyse des génomes
47
Chapitre III : Analyse des génomes
Needleman- Wunsh, mais débute la solution à la position avec le score le plus haut et remonte
l’alignement jusqu’à atteindre une extrémité du tableau ou arriver à un score nul (figure 24).
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Chapitre III : Analyse des génomes
Les modèles matriciels ont la particularité de définir un score pour toutes les séquences de
même taille que le modèle. Plus la séquence est similaire au consensus de la matrice, plus le
score est élevé. Il revient à l’utilisateur de fixer un score seuil de validation, qui déterminera
quels sont les matchs valides. (Antoine-Lorquin, 2016)
49
Chapitre III : Analyse des génomes
Ces deux logicielles identifient plusieurs structures possibles et les classent par probabilité,
proportionnellement au minimum d’énergie libre de chaque structure : la plus basse, donc la
plus stable, obtient la probabilité de formation la plus haute. (Antoine-Lorquin, 2016)
Par exemple, KnotInFrame est un outil spécialisé dans la recherche des motifs
Frameshift-1 (décrits plus haut en début de cette section). Cette recherche s’effectue en 3
étapes :
— Phase de recherche : le programme analyse la séquence pour identifier des sites de
glissement sur le cadre de lecture 0. La région upstream directement en aval de ce site est
analysée pour vérifier sa compatibilité avec une structure en pseudo-nœud.
Cette analyse de la structure est faite par une approche thermodynamique (basé sur
pknotsRG-mfe et RNAfold
— Phase de filtre : trois critères basés sur l’énergie libre et les contraintes de repliement sont
appliqués pour réduire le nombre de candidats
— Phase de classement : les candidats restant sont classés par une fonction d’évaluation
basée sur la dominance normalisée de l’énergie du pseudo-nœud. (Antoine-Lorquin, 2016)
50
Chapitre IV : La place des organismes modèles dans la recherche
51
Chapitre IV : La place des organismes modèles dans la recherche
En Europe, les animaux sont principalement utilisés dans les domaines suivants :
•Diagnostic de maladie (2 %)
Ainsi, l’ensemble des animaux modèles utilisés sont répartis comme suit :
61 % de souris
14 % de rats
12 % d'animaux à sang froid (reptiles, amphibiens, poissons)
6 % d'oiseaux
7 % d'autres animaux (chevaux, les ânes, les porcins, les caprins, les ovins et les bovins, les
carnivores (qui incluent chats et chiens) et les primates non humains)
52
Chapitre IV : La place des organismes modèles dans la recherche
Ces techniques sont devenues très sophistiquées pour reproduire les complexes
structures 3D des tissus. Elles représentent des avancées scientifiques majeures qui ont
remplacé l’utilisation d’animaux. Mais par ailleurs, l’exploration des fonctions physiologiques
et des interactions systémiques entre organes ne peut être réalisée que sur des organismes
complets. C’est par exemple le cas pour la plupart des régulations hormonales, pour la
dissémination des micro-organismes à l’occasion de maladies infectieuses, pour l’influence
des micro-organismes sur les défenses immunitaires ou pour le développement des fonctions
du cerveau. Dans ces nombreux cas, aucun modèle in vitro n’est actuellement disponible pour
reproduire complètement ces interactions, et des études sur les humains et les animaux sont
encore nécessaires. Des hypothèses et des modèles peuvent émerger d’études in vitro mais
ils doivent être testés et validés sur un organisme complet, sinon ils restent spéculatifs. Les
scientifiques sont bien loin de pouvoir prédire le fonctionnement d’un organisme complexe à
partir de l’étude de cellules, tissus et organes séparés.
Les plus grands défis rencontrés par la recherche biomédicale moderne concernent
entre autres les maladies complexes et multifactorielles comme le cancer, les maladies
cardiovasculaires, les maladies infectieuses, les désordres neuro-dégénératifs, les maladies
liées au vieillissement, pour lesquelles l’ensemble des approches expérimentales sont
indispensables du fait de leur complémentarité: biochimie, génomiques, culture cellulaire,
modélisation informatique, modèles animaux et études cliniques. (Barré-Sinoussi, 2015)
53
Chapitre IV : La place des organismes modèles dans la recherche
Ce petit poisson « Danio rerio », qui se rencontre en Inde possède pratiquement le même génome que
l’être humain. Une caractéristique unique au monde qui fait de cette espèce un intéressant sujet
d’étude pour les maladies génétiques. Possédant un génome de 26.000 gènes codants, le patrimoine
génétique du poisson zèbre se trouve être actuellement le plus imposant jamais décrypté chez un
vertébré. Une caractéristique qui fait de ce petit poisson un très sérieux sujet d’étude chez les
généticiens qui affirment aujourd’hui pouvoir comprendre certaines maladies génétiques qui touchent
l’être humain simplement en procédant à des comparaisons avec les gênes du poisson. (Lambert ;
2013)
Exemple des cancers : En effet, de nombreux cancers chez l'homme sont caractérisés par ce
que l'on appelle l'aneuploïdie, c'est-à-dire un nombre anormal de chromosomes au sein de la
cellule. Habituellement, dans une cellule saine diploïde, le nombre de chromosomes est fixe :
chacun de nous possède 46 chromosomes, soit 23 paires.
En général, si le nombre de chromosomes n'est pas correct, la cellule ne peut vivre,
mais on connaît des exceptions. La trisomie 21 (trois chromosomes 21 au lieu de deux) est un
exemple d'aneuploïdie totale (toutes les cellules de l'organisme sont touchées). D'autres
trisomies en revanche ne permettent pas le développement du fœtus, qui meurt bien avant
la naissance.
54
Chapitre IV : La place des organismes modèles dans la recherche
L'aneuploïdie ponctuelle est aussi néfaste pour l'organisme. Certains gènes surreprésentés ou
au contraire absents dérégulent le cycle cellulaire et entraînent une prolifération des cellules,
ou cancer. Le processus d'apparition de l'aneuploïdie est encore peu compris, mais il est
supposé qu'elle a pour origine une répartition incorrecte des chromosomes dans les cellules filles
lors de la division cellulaire. (Lambert ; 2013)
Les travaux déjà réalisés chez la drosophile en rapport avec les maladies
neurodégénératives seront présentés en trois parties : premièrement, l’étude de mutants
développant spontanément des neurodégénérescences ; deuxièmement, l’induction de
phénotypes de dégénérescence par transgénèse et les modèles de maladies à expansion de
triplets ; et troisièmement, les applications possibles des recherches effectuées dans notre
groupe sur la neurotransmission chez la drosophile
Les modèles drosophile des maladies à expansion de triplets devraient permettre de
comprendre pourquoi certains types cellulaires sont plus sensibles que d’autres à la présence
de ces homopeptides. Ils devraient également être utiles pour rechercher des gènes
fonctionnellement impliqués dans le mécanisme des dégénérescences. En effet, la
dégénérescence rétinienne est un phénotype immédiatement visible chez la drosophile, ce
qui rendra aisée la recherche de mutants réduisant ou au contraire exacerbant l’expression
de ce phénotype. Enfin, une caractéristique des maladies à expansion de triplets est
l’anticipation génétique : la longueur des séquences de triplets peut augmenter à chaque
génération, provoquant une apparition plus précoce de la maladie et augmentant parfois la
gravité des symptômes. Il serait intéressant de voir si un phénomène comparable pourra être
mis en évidence dans ces lignées de drosophiles transgéniques.
En revanche, l’expression dans les cellules épithéliales des disques imaginaux,
progéniteurs de structures adultes diverses comme les ailes, les pattes ou les antennes, n’a
aucun effet délétère sur ces structures (Tableau VII). (Serge Birman, 2000)
Tableau VII : Conséquences de l’expression ciblée d’un fragment polyglutamine de l’ataxine-3 dans
différents tissus de drosophile (Serge Birman, 2000)
Lignée GAL4 Tissu d’expression Phénotype
gmr-GAL4 rétine formation d’inclusions nucléaires,
dégénérescence progressive des photorécepteurs
elav-GAL4 neurones longévité très réduite des mouches adultes,
absence de signes patents de neurodégénéres-
cence dans le cerveau
lignée 24B muscles mortalité au stade larvaire
dpp-GAL4 cellules épithéliales aucun effet
des disques imaginaux
Depuis le 19e siècle, la souris est le modèle le plus utilisé pour la recherche génétique
chez les mammifères. Bien que la levure (Caenorhabditis elegans), le nématode
(Caenorhabditis elegans) ou la drosophile puissent être de bons modèles pour certaines
55
Chapitre IV : La place des organismes modèles dans la recherche
études comme celles du cycle cellulaire et du développement, la souris est un meilleur modèle
pour l’étude des systèmes complexes comme les systèmes immunitaire, musculaire,
endocrinien, nerveux, cardio-vasculaire, squelettiques et d'autres systèmes physiologiques
complexes communs aux mammifères. Et ce, principalement en raison de ses étroites
similitudes génétiques, physiologiques et pathologiques avec l'homme. Le génome de la souris
est environ 14% plus petit que le génome humain (2,5 gigabase (Gb) comparativement à 2,9
Gb) mais les deux génomes contiennent chacun environ 24000 à 25000 gènes codant pour des
protéines. En effet, 75-80% des gènes de la souris possèdent un orthologue unique et
identifiable chez l’homme et moins de 1% des gènes semblent n’avoir aucun homologue entre
les deux génomes (Waterston et al. 2002). On peut donc penser que les génomes murin et
humain sont issus d'un ancêtre commun datant ~85 millions d'années. Les évolutions
technologiques, et en particulier de génie-génétique ont permis de manipuler le génome de
la souris pour produire tous types de mutation et ainsi faciliter son analyse. Il est ainsi possible
de créer des souris «modèles» de nombreuses pathologies humaines, permettant d’évaluer
et valider de nouveaux traitements pour ces maladies. (Birman, 2000)
Exemple en oncologie : L’espèce animale la plus couramment utilisée comme modèle en oncologie est
la souris commune Mus musculus. (figure 25). Sa petite taille, sa grande fécondité et son coût de
production et d’entretien relativement peu élevé en font un animal de choix pour les laboratoires. De
plus, le développement de nombreuses souches consanguines a permis d’obtenir des lots d’animaux
génétiquement très similaires, facilitant ainsi les études comparatives. Enfin, le génome de la
souris a été séquencé et de nombreux outils permettent de le manipuler, notamment par
transgénèse ou mutagénèse ciblée. (Lopez 2013)
56
Chapitre IV : La place des organismes modèles dans la recherche
Figure 25. Quelques souches de mus musculus utilisées dans la recherche médicale
Voici quelques souches de souris couramment utilisées et leurs caractéristiques :
Tableau VIII : Caractéristiques de plusieurs souches de souris utilisées dans la recherche médicale
(Lopez 2013)
57
Chapitre IV : La place des organismes modèles dans la recherche
58
Chapitre V : Transgénèse, stratégies à grandes échelles
En général, le nouveau morceau d'ADN renferme un gène qui code pour une protéine
particulière. Par conséquent, les organismes transgéniques acquièrent habituellement une
nouvelle fonction ou un nouveau trait caractéristique. Par exemple, on a obtenu des cultures
possédant un gène offrant une résistance aux insectes; on a créé des animaux qui produisent
dans leur lait des protéines pouvant être recueillies et utilisées pour traiter des infections
aiguës; et certaines bactéries sont capables de décomposer en toute sécurité des déchets
toxiques. On peut également désigner les organismes transgéniques par l'expression
organismes génétiquement modifiés (OGM). En fait, on utilise généralement le terme
transgénique lorsqu'on fait allusion à des animaux, et l'expression génétiquement modifié
lorsqu'on veut parler de plantes ou de microorganismes auxquels on a intégré de l'ADN
recombinant. Mais les deux termes signifient exactement la même chose. (Cottier, 2000)
59
Chapitre V : Transgénèse, stratégies à grandes échelles
nombreux types de plantes, les biotechnologues peuvent amener une cellule de plante
transgénique à donner naissance à une plante transgénique. Toutefois, pour créer des
animaux transgéniques, il faut modifier les cellules germinales. Les cellules germinales
(comme l'ovule et le spermatozoïde) sont les seules cellules animales capables de donner
naissance à une nouvelle progéniture. D'autres cellules dans l'animal (appelées cellules
somatiques comme les cellules du sang, de la peau, du cerveau ou du cœur) ne sont pas
capables de donner naissance à de nouveaux animaux qui deviendront adultes. (Cottier, 2000)
Pour produire un animal transgénique, on peut entre-autres avoir recours à la micro-
injection. Le nouvel ADN est injecté directement dans un ovule fécondé (zygote) avant qu'il
ne commence à se diviser. Le nouvel ADN s'intègre dans un chromosome dans le noyau et
sera dès lors présent dans chaque cellule de l'animal qui en résultera. Le nouvel ADN sera
également présent dans les cellules germinales de l'animal qui en résultera, ce qui signifie que
le nouvel ADN sera transmis à nombre de descendants de cet animal. (figure 26)
60
Chapitre V : Transgénèse, stratégies à grandes échelles
Si le transgène s'intègre dans l'une de ces régions inaccessibles, la protéine associée ne sera
pas produite ou sera peut-être produite uniquement dans certains types de cellules. (Cottier,
2000).
Une des limites de la transgénèse par addition de gènes réside dans le fait que
beaucoup de transgènes ne fonctionnent pas de manière satisfaisante. Il apparaît de plus en
plus clairement que ceci est dû à l’incapacité des expérimentateurs à construire des gènes
actifs, et à la méconnaissance qu’ils ont encore de ce que sont réellement les mécanismes de
contrôle de l’expression génétique. La transgénèse apporte dans ce domaine une moisson
d’informations essentielles dont elle est directement bénéficiaire. (Houdebine, 2000)
61
Chapitre V : Transgénèse, stratégies à grandes échelles
Les gènes peuvent être isolés par les méthodes classiques de clonage (1), par l’utilisation de marqueurs
microsatellites (2) ou par la séquence systématique des ADNc et des génomes (3). Les gènes isolés
peuvent être étudiés en tant que tels, utilisés pour réaliser des diagnostics et de la sélection ainsi que
pour produire les protéines correspondantes et procéder à une thérapie génique ou à une
transgénèse.
62
Chapitre V : Transgénèse, stratégies à grandes échelles
microinjection dans les pronoyaux mais moins performante que le protocole mettant en
œuvre le transfert de noyau. (Houdebine, 2000)
La mise en contact direct des spermatozoïdes avec des solutions d’ADN, suivie d’une
fécondation in vitro ou in vivo, n’a conduit qu’à l’obtention d’un très petit nombre d’animaux
transgéniques. Plusieurs invertébrés marins, des poissons, des poulets, une vache et un porc
transgéniques ont pu être obtenus de cette manière. Dans beaucoup de cas, les gènes intégrés
étaient très profondément réarrangés et inexploitables. Il se pourrait qu’une activité
DNAsique localisée en périphérie des spermatozoïdes les protège contre une invasion
intempestive par des gènes étrangers. Une inhibition de cette enzyme permettrait peut-être
à ce procédé d’être utilisable. Une méthode mise au point chez le xénope, et étendue très
récemment à la souris, consiste à perméabiliser préalablement la membrane du
spermatozoïde avant de l’incuber en présence d’ADN et de procéder à une fécondation par
ICSI (intracytoplasmic sperm injection). L’efficacité du procédé dépend alors du rendement de
l’ICSI. La maturation de cellules précurseurs des spermatozoïdes in vitro, suivie d’un transfert
dans des testicules adoptifs, pourrait en principe permettre une addition ou un remplacement
de gènes. ( Baccetti B, 2000).
Chez les mammifères, l’injection de quelques milliers de copies du gène isolé se fait
couramment dans les pro-noyaux (figure 28). Cette technique perd très nettement de son
efficacité chez les gros mammifères, du fait de la rareté relative des embryons et des femelles
adoptives, mais aussi du faible taux d’intégration de l’ADN étranger. Pour contourner ces
difficultés, les embryons peuvent être obtenus après maturation des ovocytes et fécondation
in vitro. Après microinjection, les embryons sont cultivés jusqu’au stade blastocyste, ce qui
permet une élimination spontanée des embryons non viables et un tri des transgéniques, si
l’on a pris soin d’introduire un gène marqueur avec le gène d’intérêt. Ce protocole, qui a fait
ses preuves chez la vache, a été presque aussitôt remplacé par la technique mettant en œuvre
le transfert de noyau. La microinjection de gènes dans l’embryon de poulet, qui ne peut avoir
lieu que dans le cytoplasme car les pronucléus sont invisibles, impose que l’embryon achève
son développement après avoir été transféré dans le jaune d’un œuf non fécondé .
(Houdebine, 2000)
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Chapitre V : Transgénèse, stratégies à grandes échelles
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Chapitre V : Transgénèse, stratégies à grandes échelles
A. Méthodes de transfert de gènes dans les gamètes et les embryons. L’ADN peut être introduit dans le
spermatozoïde par contact direct mais surtout après altération de la membrane plasmique. Dans ce deuxième
cas, la fécondation doit être réalisée par ICSI. Des vecteurs rétroviraux peuvent apporter un gène étranger dans
le génome des ovocytes après introduction des particules infectieuses entre la zone pellucide et la membrane
plasmique. Chez les mammifères, la microinjection de quelques milliers de copies du gène isolé dans un des
pronucléus conduit à l’établissement de lignées transgéniques. Chez les vertébrés inférieurs et les invertébrés, les
pronucleus ne sont pas accessibles. L’injection de plusieurs millions de copies du gène doit avoir lieu dans le
cytoplasme. Transfert de gènes via les cellules ES et formation d’embryons chimères. Cette technique, surtout
utilisée depuis plus de dix ans pour inactiver des gènes cellulaires, ne peut pas être exploitée chez d’autres espèces,
car la transmission à la descendance de la mutation provoquée dans les cellules ES n’a pratiquement jamais lieu.
C. Transfert de gènes via la technique de clonage. Des cellules fœtales sont transfectées avec des gènes étrangers
pour procéder à une addition ou un remplacement de gènes. Les cellules sélectionnées sont ensuite utilisées pour
engendrer des animaux clonés transgéniques. Cette technique permet de procéder plus simplement à une
addition de gènes, surtout chez les animaux peu prolifiques. C’est la seule technique disponible actuellement pour
obtenir un remplacement de gènes par recombinaison homologue chez les espèces autres que la souris.
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Chapitre V : Transgénèse, stratégies à grandes échelles
prouver. De tels vecteurs sont en principe transférés et transmis avec une efficacité maximale.
L’obtention d’animaux ou de plantes transgéniques deviendrait aisée avec ces outils. Les
vecteurs épisomaux sont par ailleurs souvent présents sous forme de plusieurs copies
indépendantes dans les cellules. Les gènes insérés dans les vecteurs épisomaux ne subissent
pas l’influence d’éléments de la chromatine puisqu’ils n’en font pas partie. Ils ne sont donc
soumis qu’à l’action limitée des composants du vecteur. Il y a par ailleurs de bonnes chances
que ces effets soient évaluables avec fiabilité dans des cellules en culture, et transposables à
l’échelle d’un organisme entier. (Bilang ,1998 ; Houdebine 2000)
Techniques de Clonage
Le terme « clone » désigne un objet ou un organisme considéré comme identique à un autre.
En biotechnologie, le clonage désigne la reproduction en laboratoire de gènes, cellules ou
organismes à partir d'une même entité originale. Par conséquent, il est possible de produire
des copies génétiques exactes du gène, de la cellule ou de l'organisme original. Dans le monde
végétal, le clonage n'est pas un phénomène sensationnel car les boutures, les greffes, les
pousses, sont toutes des manières de produire des exemplaires d'une même espèce à base
d'une seule cellule. (Figure 29).
Depuis plus de vingt ans, le clonage, ou la reproduction exacte de gènes particuliers et
de types individuels de cellules , est une technique employée en biotechnologie afin de
produire des médicaments et des vaccins pour traiter les crises cardiaques, des maladies du
rein, le diabète, divers cancers, l'hépatite, la sclérose en plaques, la fibrose kystique et d'autres
maladies. On nomme ces deux types de clonage :
Le clonage moléculaire: On prend des parties de l'ADN, qui contiennent des gènes, on
les duplique dans un milieu bactérien. . On utilise cette technique en génétique thérapeutique,
pour mettre au point des vaccins, des drogues et des tests génétiques
Le clonage cellulaire: On fait plusieurs exemplaires de la même cellule pour pouvoir faire des
recherches médicales. Il existe deux autres types de clonage possibles, qui nous intéressent
plus particulièrement dans ce chapitre. On les appelle clonages reproductifs et ils consistent
en un clonage en vue de l’obtention d’individus et organismes génétiquement identiques.
Transfert Somatique Nucléaire (TSN) A partir d'un individu, on prend le noyau d'une
cellule et on l'injecte dans l'œuf d'un autre individu dont on avait déjà enlevé le noyau. Le
noyau peut venir d'un embryon, d'un fœtus. On peut utiliser les cellules d'un être vivant (les
cellules sont prises dans un laboratoire de culture ou de tissus congelés). L'œuf peut venir de
l'individu qui porte le fœtus à qui il va donner naissance ou d'un autre donneur.
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Chapitre V : Transgénèse, stratégies à grandes échelles
La technique de clonage
Un ovule est prélevé sur une femme. Son contenu génétique situé dans le noyau est
enlevé. On parle ainsi d'ovule énucléé. Une cellule somatique (non sexuelle, comme une
cellule de peau par exemple) est prélevée sur un homme ou une femme, puis mise en culture.
L'ADN de cette cellule somatique est extrait et implanté dans l'ovule vide de la donneuse.
L'œuf ainsi reconstruit contient maintenant le matériel génétique du donneur. Grâce à des
chocs électriques et un certain cocktail chimique, l'œuf commence alors sa division et son
développement. L'œuf poursuit son développement jusqu'au stade de plus de 100 cellules
(blastocyste ou embryon préimplantatoire). La couche externe va former le placenta, la partie
interne (futur embryon) contient les cellules souches. Houdebine, 2000)
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Chapitre V : Transgénèse, stratégies à grandes échelles
Le clonage reproductif
En 1996 est paru le résultat du premier clonage reproductif d'un mammifère, la
fameuse brebis Dolly, obtenue par reproduction asexuée. La technique, mise au point
antérieurement chez les amphibiens, repose sur le transfert du noyau d'une cellule somatique
adulte dans un ovule (cellule germinale femelle) dont le propre noyau a été ôté. En quelques
heures, le noyau transféré subit une «reprogrammation» qui lui permet de prendre le contrôle
du développement embryonnaire jusqu'au stade de blastocyste. Celui-ci est ensuite transféré
dans l'utérus d'une brebis porteuse et il poursuit son développement jusqu'à obtention d'un
clone, soit une brebis possédant un patrimoine génétique identique à celui de la brebis adulte
dont était issue la cellule somatique. (Figure 30). (Houdebine, 2000)
Les essais de clonage reproductif de primates ont échoué; les chercheurs qui ont
essayé de comprendre les raisons de cet échec ont mis en évidence des anomalies
chromosomiques majeures dans les blastocystes clonés de primates. Ces «monstruosités
chromosomiques» illustrent l'influence fondamentale des facteurs épigénétiques (nucléaires
et cytoplasmiques) sur la reprogrammation du noyau transféré dans l'ovule. La
reprogrammation nucléaire en quelques heures d'un noyau somatique n'équivaut pas à la
programmation nucléaire des gamètes qui prend des mois (pour le gamète mâle) ou des
années (pour le gamète femelle).
La nature de ces facteurs épigénétiques est encore largement inconnue et leur contrôle n'est
pas envisageable avant longtemps.
C'est pour ces raisons que la communauté scientifique mondiale condamne de manière
absolue toute idée de clonage reproductif appliqué à l'homme et considère comme un crime
les tentatives proposées par des individus et des sectes aux motivations les plus suspectes.
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Chapitre V : Transgénèse, stratégies à grandes échelles
Le clonage thérapeutique
Le «clonage thérapeutique» est un terme ambigu et impropre qui a été proposé par
facilité pour désigner l'utilisation des cellules souches multipotentielles dérivées de
blastocystes humains obtenus selon la même technique de départ, à savoir le transfert du
noyau d'une cellule somatique dans un ovule préalablement énucléé.
L'idée sous-jacente est d'utiliser les capacités de différenciation multiple des cellules souches
embryonnaires (ES) ainsi générées pour réparer des tissus adultes malades (maladie de
Parkinson, diabète, cancers, infarctus,...).
Cette voie a été explorée avec un certain succès dans des modèles animaux de ces maladies,
mais son application se heurte à l’impossibilité actuelle d’obtenir des blastocystes humains en
suivant cette technique. (Cottier, 2000)
Parallèlement, des recherches explorent de plus en plus la possibilité d'utiliser des
cellules souches issues de sources ne passant pas par l’obtention de blastocystes par transfert
nucléaire. Les sources de cellules souches adultes sont principalement le sang de cordon
ombilical, le sang lui-même, mais surtout la moelle osseuse.
Que leur origine soit embryonnaire ou adulte, les cellules souches ne se heurtent pas au
problème du rejet immunologique et elles seront parfaitement tolérées par le système
immunitaire du receveur puisqu'elles partagent le même patrimoine génétique. (Cottier,
2000)
C’est évidemment le bénéfice thérapeutique de cette parfaite «tolérance» qui est
recherché dans l’usage des cellules souches adultes ou des ES obtenues par transfert
nucléaire. Pour des raisons évidentes, un tel bénéfice n’existe absolument pas dans
l’utilisation d’ES provenant d’embryons surnuméraires issus de FIV. (Figure 31).
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Chapitre V : Transgénèse, stratégies à grandes échelles
La naissance de la brebis Polly, annoncée par le Roslin Institute au cours de l'été 1997,
fit moins de bruit que celle de Dolly, quelques mois plus tôt. Il est vrai que Polly avait été
clonée à partir d'un fibroblaste de fœtus, cellule moins différenciée que celle utilisée pour la
création de son illustre congénère. Elle n'en constituait pas moins une nouveauté scientifique
considérable puisqu'il s'agissait du premier gros mammifère cloné porteur du gène d'une
protéine humaine : le facteur IX de coagulation. Cette application concrète du clonage aux
biotechnologies animales représente pour la transgénèse une avancée notable.
Absorbées par voie orale, ces protéines devraient stimuler la réaction immunitaire requise
pour protéger l’individu contre l'infection. De tels vaccins présenteraient différents
avantages : ils seraient moins coûteux ; ils pourraient être conservés à température ambiante
dans l’emballage naturel que constitue le fruit ; et enfin, ils seraient plus sûrs et efficaces que
les vaccins classiques. (Mallet, J. 2005)
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Chapitre V : Transgénèse, stratégies à grandes échelles
Le porc a été retenu comme donneur potentiel de part ses atouts : omnivore, proche de
l'homme, ayant des organes de taille comparable à celle de l'homme. De plus, les techniques
d'élevage de porcs dépourvus de germes pathogènes sont bien maîtrisées. Toutes ces raisons
sont en faveur du porc plutôt que des primates supérieurs, très coûteux, plus dangereux et
moins acceptables éthiquement.
Les organes de porc sont vigoureusement rejetés par les receveurs humains. D'où la
transgénèse effectuée chez le porc qui vise à définir des substances mais aussi des gènes dont
l'action pourrait inhiber les réactions de rejet.
L'ajout par transgénèse des gènes ayant des effets antirejet vise à protéger les greffons
d'origine porcine mais aussi l'inactivation des gènes porcins responsables de l'activation des
mécanismes de rejet. Ainsi, la transgénèse mise en œuvre permet l'inactivation du gène de
l'alpha-1-2 galactosyl transférase qui ajoute des groupements glucidiques très immunogènes
sur des protéines de surface des cellules de porc.
La thérapie Génique
Certaines maladies sont provoquées par des gènes défectueux qui produisent des protéines
défectueuses. Les symptômes des maladies héréditaires apparaissent souvent par suite de
l'interruption de processus cellulaires vitaux subséquents causée par l'absence ou le mauvais
fonctionnement de protéines. Si un gène particulier est défectueux, il risque de ne pas
fabriquer de produit protéique ou encore d'en fabriquer un qui fonctionne mal ou se
comporte de manière trop agressive.
Par exemple, la mucoviscidose (ou fibrose kystique) est provoquée par l'absence ou la
mutation d'un gène qui donne lieu à une protéine de transport membranaire défectueuse.
S'ensuit l'accumulation d'un épais mucus dans les poumons et dans les voies aériennes du
corps.
Aussi, Les cancers, provoqués par la division et la prolifération incontrôlable de cellules. Des
gènes particuliers peuvent provoquer une telle croissance cellulaire s'ils sont défectueux. On
appelle ces gènes défectueux oncogènes. D’autres servent de régulateurs négatifs de la
division cellulaire, ce sont les gènes suppresseurs de tumeurs. Lorsque ceux-ci sont également
défectueux, on n’a plus de régulation et contrôle de la quantité de division cellulaire qui se
fait, et très souvent cancer. (Mallet, J. 2005 ; Cottier, 2000)
La thérapie génique constitue un autre mode de traitement d'un trouble génétique par
lequel on insère ou intègre de nouveaux gènes dans les cellules humaines. De nombreux
essais en thérapie génique visent à ajouter dans un certain type de cellule un gène utile qui
compensera la version manquante ou défectueuse. D'autres efforts visent à doter la cellule
cible de nouvelles propriétés. Cette dernière méthode est souvent employée dans le
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Chapitre V : Transgénèse, stratégies à grandes échelles
traitement du cancer, où l'on ajoute des gènes toxiques aux cellules cancéreuses en vue de
les éliminer. (Mallet, J. 2005)
Selon les types de cellule affectés, on peut classer la thérapie génique en deux grandes
catégories : la thérapie de la lignée germinale et la thérapie de la lignée somatique.
La thérapie de la lignée germinale consiste à modifier les cellules germinales (cellules
reproductrices), ce qui signifie que les modifications génétiques subséquentes seront
transmises à la descendance du patient.
La thérapie de la lignée somatique implique l'altération de cellules somatiques (cellules
non reproductrices du corps, comme les cellules de la peau, du cerveau ou des muscles).
Cette manipulation génétique n'affectera que l'individu chez lequel on a effectué ces
changements. La thérapie de la lignée somatique est le seul type actuellement envisagé
pour les êtres humains. (Cottier, 2000)
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Chapitre V : Transgénèse, stratégies à grandes échelles
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Chapitre V : Transgénèse, stratégies à grandes échelles
En conclusion, la route qui mène vers les applications cliniques des méthodes
de transfert de gènes est désormais ouverte et s'avère séduisante.
Néanmoins, pour que le domaine de la thérapie génique et cellulaire
atteigne sa maturité, il s’avère nécessaire d’évaluer plus précisément les
risques inhérents à ces technologies et de répondre en toute clarté et
objectivité aux questions de sécurité relatives à ces méthodes.
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