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Situation économique et financière de l’Angola en 2009

1 er juin 2009

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Environnement

politique

Environnement politique
Environnement politique

La paix est revenue. La guerre civile est terminée depuis le cessez-le-feu avec l’Unita en 2002. Les tensions interethniques sont faibles. Le Gouvernement est constitué de membres du parti MPLA, le Parlement également, suite aux élections législatives de septembre 2008 qui se sont déroulées dans le calme et ont vu la victoire du MPLA. Des présidentielles sont annoncées pour 2009 ou 2010. Le défi du Gouvernement est d’utiliser avec visibilité, sans dérapage macroéconomique et sans syndrome hollandais, l’argent du pétrole et montrer que celui-ci est effectivement utilisé. Dans cette optique, le Gouvernement a lancé entre 2006 et 2008, avec publicité, de nombreux projets (infrastructures, éducation, santé publique), visibles, réalisés par des entreprises chinoises, brésiliennes et portugaises. Des liaisons entre villes ont été rétablies et le temps de trajet se réduit pour les voyages dans le pays. La crise mondiale a modifié les plans.

Eléments structurels sur l’économie

Eléments structurels sur l’économie

L’Angola fait partie des pays les mieux dotés d’Afrique : potentiel minier, diamantifère, pétrolier, gazier, agricole, halieutique, hydraulique. Pourtant, l’économie est encore déséquilibrée.

La production pétrolière représente 57,1% du PIB, 90% des exportations, les deux-tiers des recettes fiscales. L’Angola est le troisième producteur de pétrole d’Afrique avec 16950 M b/j, après la Libye et l’Algérie, devant le Nigeria. La production est plafonnée dans le cadre de l’OPEP. Le potentiel est d’au moins 2 Mb/j.

Hors pétrole, la composition du PIB était en 2007 : agriculture 7,0%, industries extractives hors pétrole 1,1%, services 19,9%, BTP 5,8% l’industrie 4,9%, électricité 0,8%, autres 1,7%. Le pétrole emploie 27% de la population, l’agriculture 5%.

Le chômage, le sous-emploi, le manque de formation affectent autour des deux tiers de la population angolaise, dont 48% a moins de 18 ans. Le taux de chômage est évalué à 60%, mais il n’y a pas de statistiques fiables et l’évaluation ne tient pas compte de l’économie informelle et de l’auto-emploi. Les indicateurs sociaux restent bas. L’Angola se situait en 2006 à la 161 ème place sur 177, en termes d’indice de développement humain (IDH). Le revenu moyen par habitant est de 2 847 USD. Cependant, 70% de la population vivrait avec moins de 2 USD par jour, tandis que 3% de la population se partagerait 70% de la richesse nationale. L’indice Gini est de 0,62 (2000), bien au-dessous de 0,50. L’espérance de vie à la naissance est de 41 ans, 31% des enfants souffrent de malnutrition. Toutefois, le taux de sida est un des

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plus faibles d’Afrique subsaharienne, de 3,9% selon l’aide suédoise.

Conjoncture

économique

Toujours très dépendante du secteur pétrolier, l’économie angolaise a connu une croissance réelle exceptionnelle ces dernières années. La croissance réelle a été ainsi 20,3 % en 2007 et 14,5 % en 2008. Le secteur non-pétrolier a profité également de la manne pétrolière et a connu des taux de croissance très élevés (20,1 % en 2007 et 18,4 % en 2008), notamment sous l’impulsion des larges projets d’investissement publics.

L’Angola est affecté par la crise économique et financière internationale par deux canaux principaux. Le premier, de loin le plus marqué, est celui du ralentissement de la demande et de la baisse des prix des matières premières (quasi-essentiellement le pétrole, diamants dans une mesure bien moindre), le second étant la difficulté grandissante des agents économiques angolais à se financer sur les marchés internationaux. L’année 2009 devrait voir un ralentissement très fort de l’économie angolaise dans son ensemble (-3,2 % pour le FMI), La reprise est attendue dès 2010. Le choc sur la croissance angolaise est essentiellement un choc d’offre. La demande des ménages et des entreprises reste soutenue, mais la capacité de production du pays et ses infrastructures sont confrontées à des limites désormais très claires.

Le secteur pétrolier angolais subit un double ralentissement en 2009, mais les perspectives à moyen terme du secteur du pétrole restent bonnes et les réserves identifiées déjà conséquentes. Sur le volume de production, l’entrée de l’Angola dans l’OPEP lui crée des obligations en termes de quotas de production, fixé à 1,65 Mb/j, alors que la production a pu monter jusqu’à 2 Mb/j. D’autre part, la baisse du prix du baril réduit largement le chiffre d’affaires du secteur. La question d’un éventuel relèvement du quota OPEP pour l’Angola reste ouverte, même si à moyen terme, il n’est pas nécessairement dans l’intérêt du pays de produire plus à un moment où le pétrole est au plus bas.

La croissance du secteur non-pétrolier est attendue en net ralentissement autour de 10 %, même s’il devrait continuer à bénéficier de l’élan de ces dernières années. La politique de diversification n’a pas conduit le secteur non-pétrolier à représenter un poids suffisant dans l’économie angolaise (moins de 50 %). En outre, la révision à la baisse du programme d’investissement public pourrait davantage encore ralentir la croissance. Le secteur financier angolais est peu développé et caractérisé par un isolement fort. Cela lui a permis d’éviter d’être affecté par les conséquences directes de la crise financière internationale.

La croissance de ces dernières années semble avoir été supérieure au potentiel de l’économie. Tous les signes d’une surchauffe sont présents et le ralentissement de la croissance angolaise ne devrait pas être en mesure d’apaiser ces tensions. L’inflation, certes largement importée (notamment sur les biens alimentaires) est restée élevée (12,5 % en 2008). La balance courante hors pétrole est largement déficitaire et les contraintes sur l’offre sont évidentes. Les infrastructures du pays sont saturées, particulièrement dans le domaine des transports (port, en particulier où le temps d’attente à Luanda est de 2 mois).

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Finances publiques

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Le budget angolais reste très dépendant de l’évolution du secteur pétrolier et largement pro-cyclique. Portés par des recettes pétrolières (85 % des recettes fiscales) à des niveaux record, les budgets 2007 et 2008 ont été conclus par de larges excédents (11,5 et 12,4 % du PIB respectivement). L’accroissement de ces recettes a permis d’augmenter les dépenses, notamment sociales et d’investissement. Un très large éventail de projets, particulièrement dans le domaine des infrastructures, ont ainsi été envisagés, dans le cadre d’un programme d’investissement public qui représente environ 1/3 du budget 2009 (14 Mds USD). Néanmoins, les finances publiques angolaises souffrent d’un taux d’exécution des dépenses d’investissement faible (50 à 60 %).

Les revenus budgétaires issus du pétrole devraient chuter en 2009 (jusqu’à - 50 %), remettant en cause une partie des dépenses qui avaient été programmées sur des hypothèses plus hautes (baril à 55 USD et production

de l’ordre de 2 Mb/j). Ainsi, les grandes lignes d’une révision à la baisse du budget ont déjà fait l’objet d’un accord au sein du Gouvernement et les réductions devraient être rendues publiques fin juin après validation par le Parlement. D’ores et déjà, il a été annoncé qu’un cours du baril à 37 USD

serait retenu

sous-exécution chronique des dépenses reste toutefois incertain. Un certain nombre des projets du Gouvernement devant être lancés en 2009 (bourse des valeurs, fonds pour le logement, fonds souverain) pourraient voir leur mise en place souffrir de cette période plus difficile.

L’impact d’une telle révision budgétaire dans un contexte de

La soutenabilité des finances publiques angolaises ne semble pas à risque à moyen terme, selon les IFIs, et des marges de manœuvre, bien qu’en diminution, existent toujours (la dette publique atteint 18 % du PIB en 2008). Le Gouvernement a commencé à émettre des obligations libellées en kwanzas et indexées sur l’USD (1, 2, 3 et 4 ans, à libor + 3,0 %, 3,5 %, 4,0 % et 4,5 %, respectivement) pour financer le programme d’investissement (pour un total allant jusqu’à 9 Mds USD). Néanmoins, les autorités semblent se heurter à une demande plus faible qu’escompté, ce qui pourrait amener à émettre moins que prévu ou bien à émettre des papiers, par exemple, en kwanzas et indéxés sur l’inflation.

Sur le plan monétaire, les larges influx de devises liés au pétrole ont créé ces dernières années des tensions à l’appréciation du kwanza dont l’ancrage au dollar a conduit à la constitution de réserves de change à un niveau élevé (jusqu’à 20 Mds USD fin 2008). Les tensions naturelles à l’appréciation réelle de la devise se sont traduites par une inflation élevée. Depuis quelques mois, les tensions sont inverses avec une tendance à la dépréciation nominale qui pèse sur le niveau des réserves (qui ont été réduites de 30 %) et a alimenté des rumeurs de dévaluation. Les autorités tiennent néanmoins à conserver l’ancrage au dollar. Elles l’ont illustré en ancrant leurs émissions de Bons du Trésor au dollar. Le maintien de l’ancrage au dollar est peu motivé par les questions de compétitivité (qui ne se posent qu’à moyen terme), mais plutôt par souci de crédibilité de la politique monétaire et de contrôle de l’inflation. Les pressions de ces derniers mois ont déjà conduit à un léger réajustement. début juin 2009, le taux de change était de 78 kwanzas pour un USD. Elles ont également poussé les autorités à mettre en œuvre les contrôles de change dont l’application avait été officieusement suspendue (présentation de factures pour les montants élevés pour les biens importés et plafond sur les services, paiement par lettres de crédit et non plus virement). Ces mesures se traduisent par une difficulté de plus en plus forte à trouver des USD dans les banques, d’autant que la banque centrale vend aux banques commerciales 60

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MUSD/j au lieu de 300 MUSD en début d’année.

Sur le plan structurel, les séquelles de 27 ans de conflit sont encore apparentes et le besoin de reconstruction toujours élevé. Les infrastructures restent insuffisantes et n’ont pas su croître à la même vitesse que le reste de l’économie. Les défis sociaux restent considérables, avec des inégalités de revenu très marquées et une pauvreté répandue. L’environnement des affaires souffre de l’insuffisance des infrastructures, de l’accès local aux financements, de la bureaucratie, et de la pénurie très marquée de travailleurs qualifiés, problèmes les plus souvent relevés.

Relations

multilatérales

L’Angola a connu un isolement prolongé vis-à-vis de la communauté financière internationale. Désormais, son poids économique et financier en fait un acteur évident sur le plan régional. Le pays est membre de plusieurs groupements régionaux (SADC, COMESA).

L’Angola accroît progressivement sa présence sur la scène internationale en commençant par le secteur pétrolier. L’Angola est devenu membre de l’OPEP en 2006. Il en assure la présidence pour 2009. Ses relations avec les institutions financières internationales et la communauté financière ont été progressivement rétablies malgré le fait que la conférence des donateurs prévue en 2003 n’a pas eu lieu. La relation avec le FMI reste peu chaleureuse après les Staff Monitored Program (SMP) de 1995 et 2000 restés sans suite

Pour plus d’informations

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L’actualité angolaise est rapportée dans la Lettre de l’Angola (mensuelle) de la Mission économique de Luanda (abonnements marina.ivo@dgtpe.fr 77 EUR/an pour 11 numéros).

Collection l’Essentiel d’un marché L’essentiel d’un marché en Angola vient de paraître. L’ouvrage est disponible chez Ubifrance à Paris, au 77 boulevard Saint-Jacques. Il est possible de le télécharger à partir du lien suivant (Librairie du commerce international en ligne – site web Ubifrance) :

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qui supposent l’étude et l’analyse de cas particuliers. Auteur : Service Économique de Luanda Adresse :

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Service Économique de Luanda Adresse : Rua Rev. Pedro Agostinho Neto, 31 CP 5609 Luanda ANGOLA Rédigée par : Olivier JONGLEZ Revue par : Michel GELENINE

michel.gelenine@dgtpe.fr

Version n°1 du 1 er juin 2009

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