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Renseignez-vous sur l'UPR : <a href=https://www.youtube.com/watch?v=3e88OtO6598 Retranscription de la présentation d'Henri Guillemin : l'autre avant-guerre 1971-1914. XIII, l'explosion de 1914. Nous arrivons au dénouement, et c'est le moment d'avoir les yeux bien ouverts. Alors je vais partir de l'article 231 du traité de Versailles : « l'Allemagne et ses alliés sont responsables pour les avoir causé de toutes les pertes et les dommages rencontré par les alliés en conséquence de la guerre, qui leur a été imposé, par l'Allemagne et ses alliés ». Alors ça c'est le dogme, c'est ce que l'on trouve dans la plupart des ouvrages, M. Bourgeois par exemple dans ce manuel politique étrangère qui répète « la guerre a été imposé à la France et à la Russie par l'Allemagne ». Et c'est dans cet état d'esprit que j'ai grandi que j'ai vécu, et pour vous dire, jusqu'à l'année dernière avant que j'ai commencé cette enquête, j'avais la conviction que l'Allemagne était responsable de cette guerre, étant donné que l'évidence est là, c'est l'Allemagne qui a déclaré la guerre. Donc c'est bien elle qui responsable. Dans le journal le temps le 2 mai 1919, c'est-à-dire au moment ou le plénipotentiaire allemand allait venir discuter du traité qui sera le traité de Versailles, Ernest Lavisse que vous avais déjà vu à deux reprises déjà dans mes exposés, celui qui avait écrit les petites et histoires pour servir à l'instruction des enfants, celui qui avait écrit une petite histoire de France illustrée, le même Ernest Levisse, maintenant comblé d'honneurs, écrivait ceci, s'adressant aux allemands : « vous voilà devant vos juges pour répondre du plus grand crime de l'histoire. Vous allaient mentir car le mensonge vous est congénitale, mais prenez garde, car mentir est difficile quand on sait que ceux qui vous écoutent et vous regardent savent que vous mentez ». Il fallait mentir en disant c'est nous seuls qui sommes responsable. Alors croyez-vous que les Allemands soient seuls à mentir. Ben quand j'ai commencé mon enquête, je me suis aperçu que de très grave mensonge avait été commis dans les milieux officiels en français et ailleurs. Savez-vous ce qu'est le livre jaune ? Le livre jeune est un résumé, un recueil de dépêches diplomatiques, préparé par le Quai d'Orsay, le ministère des affaires étrangères françaises et qui en décembre 1914, quelques mois après le début de la guerre, pour montrer sur les faits, enfin sur les pièces même, à quel point la France avait joué un jeu noble et droit défendant la paix. Eh bien on s'est aperçu, c'est pas moi qui ai découvert, pas mal de gens se sont aperçus que ces fameux documents officiels dans ma crédulité à laquelle je me disais « ce sont des pièces irréfutables », en fait c'est un livre que l'on peut pas considérer comme sérieux. Étant donné que ces documents sont déjà censuré, sont filtrés et que certains même, vous entendez bien, sont inventés. En particulier, il a une certaine dépêche de 1918 très importants sur laquelle j'appelle votre attention qui est une dépêche fictive, qui n'a jamais existé. Comme d'autres par le gouvernement russe avait lui aussi " id="pdf-obj-0-2" src="pdf-obj-0-2.jpg">

Renseignez-vous sur l'UPR : https://www.youtube.com/watch?v=3e88OtO6598

Retranscription de la présentation d'Henri Guillemin : l'autre avant-guerre 1971-1914. XIII, l'explosion de 1914.

Nous arrivons au dénouement, et c'est le moment d'avoir les yeux bien ouverts. Alors je vais partir de l'article 231 du traité de Versailles : « l'Allemagne et ses alliés sont responsables pour les avoir causé de toutes les pertes et les dommages rencontré par les alliés en conséquence de la guerre, qui

leur a été imposé, par l'Allemagne et ses alliés ». Alors ça c'est le dogme, c'est ce que l'on trouve dans la plupart des ouvrages, M. Bourgeois par exemple dans ce manuel politique étrangère qui répète « la guerre a été imposé à la France et à la Russie par l'Allemagne ». Et c'est dans cet état d'esprit que j'ai grandi que j'ai vécu, et pour vous dire, jusqu'à l'année dernière avant que j'ai commencé cette enquête, j'avais la conviction que l'Allemagne était responsable de cette guerre, étant donné que l'évidence est là, c'est l'Allemagne qui a déclaré la guerre. Donc c'est bien elle qui responsable.

Dans le journal le temps le 2 mai 1919, c'est-à-dire au moment ou le plénipotentiaire allemand allait venir discuter du traité qui sera le traité de Versailles, Ernest Lavisse que vous avais déjà vu à deux reprises déjà dans mes exposés, celui qui avait écrit les petites et histoires pour servir à l'instruction des enfants, celui qui avait écrit une petite histoire de France illustrée, le même Ernest Levisse, maintenant comblé d'honneurs, écrivait ceci, s'adressant aux allemands : « vous voilà devant vos juges pour répondre du plus grand crime de l'histoire. Vous allaient mentir car le mensonge vous est congénitale, mais prenez garde, car mentir est difficile quand on sait que ceux qui vous écoutent et vous regardent savent que vous mentez ». Il fallait mentir en disant c'est nous seuls qui sommes responsable. Alors croyez-vous que les Allemands soient seuls à mentir. Ben quand j'ai commencé mon enquête, je me suis aperçu que de très grave mensonge avait été commis dans les milieux officiels en français et ailleurs.

Savez-vous ce qu'est le livre jaune ? Le livre jeune est un résumé, un recueil de dépêches diplomatiques, préparé par le Quai d'Orsay, le ministère des affaires étrangères françaises et qui en décembre 1914, quelques mois après le début de la guerre, pour montrer sur les faits, enfin sur les pièces même, à quel point la France avait joué un jeu noble et droit défendant la paix. Eh bien on s'est aperçu, c'est pas moi qui ai découvert, pas mal de gens se sont aperçus que ces fameux documents officiels dans ma crédulité à laquelle je me disais « ce sont des pièces irréfutables », en fait c'est un livre que l'on peut pas considérer comme sérieux. Étant donné que ces documents sont déjà censuré, sont filtrés et que certains même, vous entendez bien, sont inventés. En particulier, il a une certaine dépêche de 1918 très importants sur laquelle j'appelle votre attention qui est une dépêche fictive, qui n'a jamais existé. Comme d'autres par le gouvernement russe avait lui aussi

publié un livre, mais pas un livre jaune, mais qui est un livre officiel et publié par les affaires étrangères russe pour expliquer leur non-responsabilité dans la guerre, et bien on s'est aperçu lorsque les archives russes ont été intégralement publiées, que sur 76 pièces, 29 avait été supprimées et que 19 avaient été falsifiées. Et ben vous voyez à quel point il faut regarder les choses de près.

Je voudrais également vous citer un phrase de Renouvin. Renouvin c'est l'auteur de ce livre considérable, espèce de Bible, qui s'appelle la grande guerre et Renouvin passe encore aujourd'hui pour celui qui connaît le mieux les origines de la guerre. Eh bien il s'est permis d'écrire dans son livre : « il est difficile d'apercevoir un lien précis entre la politique intérieure et la politique extérieure des états ». C'est raide tout de même, quand on pense à ce qui s'était passé en 1870 et que je vous ai expliqué, à savoir ce qui reconnaît aujourd'hui que la déclaration de guerre du 19 juillet 1870 avait vraiment des mobiles de politique intérieure, et quand on pense à ce qui s'était passé en 1892, ou les girondins qui avaient déclaré la guerre à l'Europe. Pourquoi l'avaient-ils fait ? Mais ils l'on fait de la manière la plus claire, et le duc de Narbonne le duc de Narbonne, dans une tribune de l'assemblée législative qui avait dit le 14 décembre 1991 : « si on ne fait pas la guerre, attention, nos finances vont être ruinées, le sort des créanciers de l'État en dépend » parce qu'on était sur le bord de la faillite. Le même Brissot, un autre girondin, qui avait dit le 30 décembre 1791 « la guerre est indispensable à nos finances et à la tranquillité intérieure » . Et bien c'est clair : on sait qu'il y a des gens qui font des guerres pour faire de l'argent, pour prendre de l'argent des autres. Et bien regardons s'il ne s'est pas passé quelque chose de semblable en 1914.

Je venais de vous raconter qu'en décembre 1913, il s'est produit un événement de politique intérieure extrêmement grave en France, c'est-à-dire la réapparition de Joseph Caillaux, qui avait un nouveau ministère qui s'appelait le ministère Doumergue, et Doumergue avait pris aux finances Caillaux qui était l'homme de l'impôt sur le revenu. J'ai ajouté que les élections de 1914 n'étaient pas loin puisque la constitution du ministère Doumergue est de décembre 1913 et que les prochaines élections étaient en Mai 1914. Caillaux était la bête noire, c'était l'homme à abattre, il aura une chance si je puis dire, c'est que la campagne épouvantable dirigée contre lui par le Figaro contre lui, va faire que Mme Caillaud va aller tuer d'un coup de revolver le directeur du Figaro qui s'appelait Calmette. Ça se passe en mars 1914. Caillaux ne pouvait plus rester l'époux d'une femme assassine et dont on se débarrasse de lui. Une bonne chose de faite, mais on n'est pas débarrassé des élections.

Les élections qui vont avoir lieu deux mois plus tard en mai 1914 et qui seront des élections terrifiantes, laissez-les moi dire le mot, des élections terrifiantes pour les conservateurs. Pourquoi ? Parce que pour la première fois on va voir les socialistes dépasser les chiffres de 100, ils sont 126 député socialiste, et parce que pour la première fois depuis 1879 le centre-gauche n'est plus en mesure de renverser le ministère.

Jusqu'à présent pendant toute la 3e républiques, le centre-gauche avait été l'axe, c'était lui qui sous des noms divers pouvaient faire tomber des ministères qui lui déplaisaient. Et maintenant avec la nouvelle chambre, ce jeu là est fini. Par conséquent le coût de l'impôt sur le revenu est réglé et va passer. Il faut dire aussi que des événements nouveaux se produisent, inaperçus mais ceux qui savent, les connaissent. Dans la répartition des forces françaises la paysannerie est de moins en moins nombreuses, on n'est plus qu'à 40 % maintenant et le nombre des salariés dépasse en 1914 le nombre des non-salariés, j'appelle non-salariés les petits patrons.

Et ben 1914, il y a 11 millions de salariés et plus que 8 millions et demis de non-salariés. D'autre part la CGT dont les progrès avaient été très lents, et qui en 1906 ne sont encore que 200 000, voilà maintenant qu'ils sont 600 000 ! Il se passe quelque chose de bien plus redoutable, c'est que du côté de cette paysannerie comme disait Ferry « le roc de granit sur laquelle repose la république, la

république opportuniste et conservatrice, à l'intérieur même de la paysannerie les idées socialistes se répandent ». Au point qu'avec terreur, le journal l'Echo de Paris du 2 mai 1914 a écrit ce qui suit :

« le progrès du socialisme dans les campagnes est en fait lourd de sens, effrayant ».

Alors maintenant je vais vous apporter deux citations auxquels je tiens considérablement. Je ne

veux pas en tirer des conclusions excessives mais je veux que vous les entendiez. Alors voici ce que je vais écrire un général dans la libre parole, qui est un journal d'extrême droite, le 13 décembre

  • 1914 : « la guerre seule pouvait nous sauver. C'est alors que la providence s'est manifestée en

imposant à l'empereur Guillaume II de nous attaquer ». Et je remonte maintenant à 1848, c'est encore la révolution, on est encore dans les journée de juin qui vont faire tourner tranquille le

prolétariat et lui ôter, au moyen de la mitraille, un goût inconsidéré pour les revendication. Mais en mai 1948, il y a encore une grande menace sociale et un texte du correspondant dans le journal catholique de mai 1848 écrivait les mots que voici : « parmi les moyens propres à dissoudre à l'accumulation des prolétaires, que des promesses exaltent, et à qui le travail répugne, beaucoup de personnes mettent au premier rang l'avantage que l'on aurait à déverser dans une guerre étrangère

le trop-plein de la population industrielle ». Parce que comme en 1848, je suis convaincu que beaucoup de personnes y pensaient également en 1914 étant données que le 2 juillet 1914, c'est l'impôt sur le revenu est voté. Mais entre le vote d'une loi et l'application d'une loi, il peut intervenir des événements qui font que la loi n'est pas appliquée. Et justement ces événements

« sauveurs » comme disait le général, cet événements sera l'attentat de Sarajevo. C'est très célèbre cet attentat de Sarajevo qui est du 7 janvier 1914. Je vais le rappeler ce qui s'est passé : la Bosnie Herzégovine avait été annexée par l'Autriche en 1909, il y avait des gens qui n'acceptaient pas cette domination autrichienne, il y avait des révolutionnaires, et c'était donc deux révolutionnaires qui en

  • 1914 avait tué le prince héritier, l'archiduc François-Ferdinand celui dont on s'attendait à ce qu'il

soit bientôt l'empereur d'Autriche, étant donné que le vieux François-Joseph, qui était monté sur le trône en 1848 était déjà tout déclinant et au bord de la tombe. Alors évidemment cette assassinat de l'archiduc, du prince héritier du 28 Juin 1914 à Sarajevo, a été l'étincelle qui va tout faire sauter. Surtout si l'on peut établir que ces révolutionnaires, c'est deux gars qui se sont jetés sur l'archiduc, sont des émissaires du gouvernement serbe.

Mais il y avait des incertitudes sociales dont je vous ai parlé en France. Elle n'était pas propre à la France, il y avait les mêmes inquiétudes des sociales qui existaient en Allemagne. Songez donc à la social-démocratie : c'est entendu qu'il y avait une aile droite, mais il y avait aussi une puissante aile gauche dans la social-démocratie qui représentait 35 % de l'électorat allemand. Je voit bien que ce n'est pas la majorité, mais 35 % c'est quelque chose. Il y avait 4 250 000 adhérent à la social- démocratie allemande. Et vous savez à quel point Guillaume II en était inquiet. Le parti du centre en Allemagne qui est le parti du centre catholique à plusieurs reprises a même confirmé que c'était extrêmement inquiétant ce nombre de socialistes étant donné que s'ils avaient des difficultés à l'intérieur et que nous sommes obligés d'envoyer des soldats pour tirer sur les ouvriers, mais comme ce sont des tas d'ouvriers syndiqués qui sont des soldats allemands, qu'est-ce que ça donnera ? Donc l'inquiétude sociale considérable en Allemagne, même inquiétude sociale en Autriche avec les grandes manifestations pacifistes et ouvrières et révolutionnaires en 1913, et bien entendus en Russie, suprême inquiétude.

Piotr Stolypine, qui était le président du conseil et qui avait été été assassiné par des révolutions en 1911, et ben vous avez vu assez qu'il y avait un clan puissant en Russie avec Alexander Izvolsky en

particulier, qui pesait sur cette faible volonté du tsar et pour lui dire « c'est le moment ». « C'est le

moment »

c'est l'expression même que va employer Izvolsky en adressant ce télégramme de Paris

... à Saint-Pétersbourg « si on peut utiliser la force française c'est le moment ». Il faut vous dire que Millerrand, ministre de la guerre, avait eu l'imprudence de dire à Izvolsky « nous somment prêts », il avait employé ce mot là. Et les Russes qui avaient au fond un grand mépris pour le gouvernement français, les aristocrates russes qui disaient « qu'est-ce que sont que ces français, ces jacobins, ce

sont des francs-maçons, ce sont des incroyants », le gouvernement russe disait que la France était sur une mauvaise pente. Avec la veulerie du radicalisme, avec la baisse démographique en France, il est vrai que le taux de natalité était très très bas. « Si nous attendons trop, la France ne se sera plus ce qu'elle est aujourd'hui », mais elle est en 1914 à l'apogée de sa puissance, et c'est le moment de l'utiliser.

Et même s'il y avait un parti de la paix en Russie, le parti du tsar qui nous fait penser au fond à Napoléon III. Dont je vous ai assez dit en 1870, Napoléon III contrairement à sa femme, n'était pas enthousiaste de faire la guerre, et que c'est le parti de la guerre qui lui a imposé. De même il y avait un faible parti de la paix auprès du tsar qui était là à lui dire : « mais attention de saccageont pas trop ». Alors on va voir la presse française, soldée et payée par Izvolsky, ce qui va le mettre dans le coup pour essayer de persuader le tsar qu'il ne faut pas etre si magnanime. Et Stéphane Lausanne, grand journaliste français, il a publié dans le matin, une série de cinq articles intitulés la plus grande Russie, ou il va commencer par déclarer que la Russie à une réserve de 7 millions d'hommes. Et il va mettre en scène un général fictif russe qui lui aurait dit exactement ceci : « nous autres russes, nous sommes toujours sûrs de vaincre par simple inondation parce que nous sommes 7 millions ». Quand aux ressources, d'après Stéphane Lausanne, payé par Izvolsky : « elles sont inépuisables ». Et attentions à la phrase de la fin, la Russie est un « colosse débonnaire laissant la France parfois un peu étonnée de ne pas voir cette grande Russie parler avec l'autorité que confère la plus formidable des puissances ». Le travail que Izvolsky en Russie est semblable au travail que fait un Demolte en Allemagne, car les chefs d'État major allemand désire la guerre et c'est au mois de mai qu'il a dit : « tout ajournement diminuerait nos chances de succès ». C'est pourquoi M. Chastenet dans son livre sur la IIIe République a dit un mot que je trouve absolument juste : « on voit de plus en plus s'agiter en 1913 et en 1914 dans les chancelleries, c'est-à-dire dans le monde diplomatique, des porteurs de brandon ».

Bon alors, la suite l'affaire de Sarajevo : il s'agit de savoir si c'est le gouvernement serbe qui est ou non responsable et qui a armé c'est deux Yougoslaves qui ont tué François-Ferdinand. Et bien à mon sens et je pense que l'histoire est à peu près établi, c'est que le gouvernement serbe ni était pour rien. Et quelqu'un qui était pour quelque chose c'était l'attaché militaire russe Artamanoff. Les deux gars qui avaient fait l'attentat à Sarajevo appartenait à un groupe que l'on appellera la main noire, un groupe dirigées par le chef des services secrets serbes Dragutin Dimitrijević. Ce Dimitrijević était en liaison constante avec l'attaché militaire russe Artamanoff. Mais je crois pouvoir vous dire que le chef des services secrets serbes, Dimitrijević, n'était pas dans la main gouvernement sari, vous savez que des services secrets ont une politique du personnel. Et bien le gouvernement serbe n'était certainement pas dans le coup, il avait peur de l'Autriche et n'avait certainement pas armé les deux révolutionnaires qui s'étaient jetés sur François-Ferdinand. Alors Guillaume II, qu'est-ce qu'il va faire ? Et ben on le voit plein d'hésitation. Vous vous rappeler que je vous ai décrit comme j'ai pu, le personnage est un personnage multiple, hésitant avec des facettes avec des coûts sang. Il est zigzaguant. Le 12 juin François-Ferdinand qui n'est pas encore mort, parce que ça va lui venir dans quelques semaines, il est à Berlin, pour demander si l'Autriche peut compter sur l'Allemagne au cas d'une nouvelle crise balkanique. Et Guillaume II avait éludé, il avait refusé de s'engager. Ca c'était le 12 juin. Le 30 juin, il y a une note de sa main celle-là est antithétique : « il faut en finir avec les Serbes, c'est maintenant ou jamais ». Voilà ce qu'il dit aux Autrichiens. Les 5 et 6 juillet recevant l'ambassadeur d'Autriche Guillaume II a été cette fois catégorique : « il faut éliminer la Serbie comme facteur politique dans les Balkans ».

Qu'est-ce qu'elle veut l'Autriche à l'égard de la Serbie ? Est-ce qu'elle veut l'avaler ? Non pas du tout les Autrichiens sont déjà assez embêtés d'avoir chez eux une quantité de slave, pour ne pas indexer encore des millions de slaves qui la rendrait la position encore plus d'intenable. Mais ce que veut l'Autriche à l'égard de la Serbie, c'est la réduire à l'état de vassal. Ne plus avoir à craindre la Serbie. Et essaie de couper, si l'on peut, la Serbie de la Russie. C'est pas commode, et Guillaume II à ce

moment-là voyant la menace qui pèse sur l'intégrité de la Autriche Hongrie avait dit le 5 juillet :

« allez ici cette fois réduisez les Serbes ». Mais la question est encore de savoir si l'on peut considérer le gouvernement serbe comme responsables de l'attentat de Sarajevo. Nous arrivons aux événements capitaux. Le 13 juillet 1914 l'émissaire secret que les émissaire autrichien avaient envoyé pour pour faire une enquête, pour savoir si oui ou non le gouvernement serbe était dans le coup, le 13 juillet il envoie son rapport qui est parfaitement clair : non. On ne peut pas dire que le gouvernement serbe était dans le coup et ils avaient toutes les raisons de penser qu'il n'y est pas. Par conséquent, la situation est en train de se détendre, puisque l'Autriche reconnaît que le gouvernement serbe n'est pas responsable de l'attentat de Sarajevo.

Or c'est au moment où la situation est en train de se détendre que Poincaré, président de la république française, décide de se rendre de nouveau en Russie. Il est déjà la Russie quand il n'était pas encore président de la république mais président du conseil, en août 1912 est en aout 1910, il avait pris un engagement terrible puisqu'il avait dit : « la France soutiendra la Russie si jamais elle a une guerre avec l'Autriche ». Alors qu'est-ce qu'il va faire cette fois de nouveau là-bas ? Eh bien figurez vous qu'on ne sait pas avec exactitude, on le devine mais on n'a pas de preuves parce que le fameux livre jaune des documents diplomatiques français est totalement muet sur ce qui s'est passé à Saint-Pétersbourg. Ce sont du 22 aux 23 juillet que Poincaré était en face de Nicolas II, qui n'a pas osé venir à Saint-Pétersbourg à sa rencontre parce qu'il y a grève générale des ouvriers à Saint- Pétersbourg. Vous voyez où en est la situation sociale russe : alors il n'est pas aller au devant, le tsar n'est pas allé au devant de la république française, il se contente de le recevoir dans sa propriété de campagne, avec bien entendu, des militaires français et des militaires allemands et Russes qui sont là à converser. Mais si nous n'avons pas de documents diplomatiques, si on nous a câché des documents diplomatiques révélant ce qu'il a été dit, on le sait cependant grâce aux indiscrétions de Maurice Paléologue, qui était l'ambassadeur de France en Russie à Saint-Pétersbourg. Et en 1921, le 15 janvier 1921, dans la revue le monde, il a publié son journal. Et il dit que ce jour-là, Poincaré a sonné du clairon.

Essayons de prendre une vue de hauteur de la situation. Il y a l'Autriche qui est menacée dans sa sécurité intérieure par le panslavisme. Elle est obligé par les armes à faire cesser le pan-slavisme chez elle. Il y a l'Allemagne qui n'a qu'une seule alliée sur le continent et qui sait qu'elle encerclée et qui ne peut pas se laisser écraser matériellement son Autriche.

Alors si l'Autriche s'engageait dans une guerre il est bien certain que l'Allemagne serait obligée de bouger. Mais la Russie a comme l'Autriche, un intérêt vital du côté du panslavisme. Il impossible de prétendre l'arrêt du panslavisme en Autriche, alors que c'est une question de vie ou de mort pour la Russie.

Et encore moins pour la France : or je crois pouvoir vous dire sans imprudence ce que Poincaré va faire à Saint-Pétersbourg c'est ceci : il va expliquer au Russie qu'il est extrêmement important que nous ne portons pas dans l'histoire la responsabilité du conflit. Il faut que nous nous arrangions pour que le premier geste de déclenchement officiel de la déclaration de guerre vienne des puissances centrales, c'est-à-dire de l'Allemagne de l'Autriche. Nous nous arrangerons pour que la déclaration soit faite de l'Allemagne, et nous arrangerons pour que cette déclaration ait lieux. Nous la provoquons en douce, et l'idée de Poincaré c'est de se servir de la Russie comme détonateurs.

Il faut dire que l'Autriche va entrer dans les projets de M. Poincaré, puisque brusquement le 23 juillet l'Autriche envoie un ultimatum, qui ne se justifiait nullement à la Serbie. L'Autriche savait depuis le rapport du 13 Juillet que le gouvernement serbe n'était pour rien dans l'affaire des attentats du Sarajevo mais néanmoins des le 23 juillet au soir ils envoient un ultimatum à la Serbie avec des conditions à peu près inacceptables. Dont une qui est intolérable parce que dorénavant ce sont les policiers autrichiens qui doivent collaborer avec la police serbe qui vivront en Serbie et qui

surveilleront l'activités des révolutionnaires yougoslaves.

Le 25 Juillet 1914, la Russie décide de procéder à une mobilisation partielle. Je me reporte là au journal de Paléologue, l'ambassadeur de France à Saint-Pétersbourg, et qui écrits à 19h00 :

« J'accompagnais Izvolsky qui regagnait Paris à la gare, des trains sont bondés de soldats nous concluons tous les deux ensemble cette fois c'est la guerre ». Et le 28 juillet, alors que les Serbes ont accepté les 2/10 de l'ultimatum autrichien, sauf un, celui qui leur imposerait la présence de policiers autrichiens sur leur propre sol, alors qu'ils ont démontré une bonne volonté quasi totale, mais malgré tout l'Autriche décide : « c'est la guerre, vous n'avez pas répondu sérieusement à notre ultimatum, nous attaquons ». Et ils commencent à envoyer des obus sur Belgrade.

Alors la regardons bien les choses de près parce que on ne nous en parle pas bien souvent de ce que je vais vous dire et qui est capitale. À savoir que les 28 et 29, Guillaume II va faire tout ce qu'il pourra et avec une insistance extraordinaire pour stopper les opérations. Déjà une première proposition de médiation anglaise était intervenu, Guillaume II les avait écarté en disant : « laissez l'Autriche régler son affaire avec la Serbie ». Mais maintenant, il sait qu'il y a une très forte mobilisation russe, on commence déjà à réunir des leurs troupes, Guillaume II va peser de toutes ses forces sur François-Joseph pour lui dire : « arrêter vous arrêtez-vous ». On pourrait très bien s'arrêter à Belgrade. Les Anglais proposent un stock de vos troupes à Belgrade et une réunion dans une conférence internationale.

Et dans les notes que nous avons retrouvées de la main de Guillaume II il y a des aveux complets de François-Joseph disant : « cela je ne l'aurais pas fait ». Il n'y avait plus aucune raison de guerre. Et figurez-vous qu'il va y avoir 6 télégrammes du chancelier Bethmann Hollweg à l'ambassadeur d'Allemagne en Autriche, dans la nuit du 28 au 29 juillet, pour essayer de stopper les opérations. :

« Nous devons refuser de nous laisser entraîner par Vienne dans une conflagration internationale, nous allons-nous trouver deux contre cartes si nous nous lançons dans une pareille opération ». Donc une chance mais voilà que le 30 juillet 16h00, le malheureux tsar Nicolas II, qui se laisse arracher, le mot n'est pas trop fort, se laisse arracher un ordre de mobilisation du général. C'est là que va intervenir cette très grave falcification, dont je vous ai parlé en commençant à propos du télégramme 118 de notre livre jaune Français. Si vous vous reportez à ce document qui semble un document de base irrésistible, un document officiel français vous y voyez sur le numéro 118 un long télégramme de l'ambassadeur Paléologue expliquant au gouvernement français : « devant la mobilisation autrichienne, le gouvernement russe s'est décidé à prononcer lui aussi sa mobilisation générale ». C'est faux, c'est un document complètement truqué on la connaît maintenant la dépêche, elle signalais simplement en une ligne : « j'avertis le gouvernant français d'une mobilisation générale en Russie ». Tandis que le numéro 118 est un télégramme factice avec cet énorme mensonge que la mobilisation Russe est une riposte à la mobilisation autrichienne. Alors savez-vous des dates et les heures ? Et ben la mobilisation générale russe est du 30 juillet à 16h00, et la mobilisation générale autrichienne est du 31 juillet à 8h00 du matin. Cette fois ça y est, c'est le déclenchement de la mobilisation générale russe.

L'Allemagne s'inquiète. L'Allemagne se dit que l'Autriche va être écrasée, qu'on ne peut pas la laisser écraser. Et il va y avoir un télégramme de Guillaume II à Nicolas de le 1er août en disant :

« je vous en supplie, stoppez les opérations ». Nicolas II refuse de stopper les opérations :

déclaration de guerre de l'Allemagne à la Russie et déclaration de l'Allemagne à la France le 3 août.

Qu'elle avait été la position des pour la France ? Et bien sous Poincaré il y avait un président du conseil qui était René Viviani, un socialiste, et le troisième membre du parti socialiste qui a trahi le parti, le premier ayant étant Millerrand et le second étant Brilland, le troisième est Viviani. Viviani qui a pris le pouvoir et qui a fait voter le loi de l'impôt sur le revenu, a tout de même dit a Poincaré : « cette loi, nous ne sommes pas très favorables mais d'une manière provisoire et d'une

manière passagère, nous l'acceptons de la loi de croissance ». C'est tout ce que demandait Poincaré.

Et il y a des télégrammes de Viviani qui sont en apparence apaisants, et qui dise à la Russie de ne pas aller trop fort. Mais nous avons par bonheur la correspondance secrête d'Isvolski qui a été publié et Isvolski explique a son gouvernement qu'il ne faut pas prêter attention à ce qu'elle dit M. Viviani parce que ces télégrammes sont destinés à l'histoire et qu'en réalité le ministre de la guerre lui disait : « mais bien entendu oui, continuez votre mobilisation, et même accélérer là ! ». Voici ce que disait le ministre de la guerre. On nous dira également que la France a été dit totalement irresponsable de cette affaire puisque M. Viviani, prenant des risques incroyables, a ordonné aux troupes françaises un recul de 10 km et afin qu'il n'y ait pas d'incident frontale entre la France et l'Allemagne. Et en janvier 1919, après la guerre Viviani tirera la tribune de la chambre un grand effet de ce recul en disant que c'était là : « un sublime qui sacrifice qu'aucune nation, exceptée la France, était capable de commettre ». Et nous savons ce qu'ils font en penser du recul de 10 km parce que nous avons fini les documents établissant ce qui s'était dit en secret aux chefs de corps :

« loin de reculer, avancer si c'est nécessaire » et il y a surtout cette phrase terrible de Viviani à Paul Cambon et qui était à Londres et qui disait : « la seule raison pour laquelle nous agissons ainsi c'est de prouver au gouvernement britannique que les Français et les Russes ne tireront pas les premiers ».

Si le gouvernement français avait été vraiment résolu à faire la paix et à protéger la paix, il aurait pesé de tout son poids avec le gouvernement anglais sur la Russie pour dire : « arrêtez-vous, c'est la dernière seconde, mais arrêtez vous ». Au lieu de cela il y a une connivence franco-russe pour entraîner définitivement les anglais dans la guerre. Mais vous savez que le public a été dupée comme je vous l'ai dit. Et Jaurès a été dupé, ou quand il se rendait à une réunion extraordinaire, et pathétique, de l'internationale à Bruxelles, le 29 juillet, il va faire saluer le gouvernement français en disant : « ce que je peux vous dire, c'est que mon pays n'est pas responsable et qu'il fait tout ce qu'il peut pour sauvegarder la paix ».

Mais c'était trop tard. Il y avait un énorme mouvement de chauvinisme, qu'il faudrait ici analyser, une passion militaire à ce moment-là en France. Le gouvernement s'était méfié des insubordinations possibles. Des états majors anticipaient 13 % d'insoumission, de gars révolutionnaires qui ne vont pas les rejoindre. Saviez-vous combien y en aura ? 13 % prévus mais il y n aura 2 % ! On appliquera pas le fameux carnet B, où la police référençait les noms des agitateurs révolutionnaires qu'il fallait arrêter en cas de guerre. On n'aura pas à utiliser le carnet B parce que tout le monde va se précipiter. Avec le sentiment que l'on est attaqué.

Parce que l'Allemagne a déclaré la guerre, il faut bien défendre le sol national. Il y a aussi l'idée sportive de la revanche, il a tout de même des provinces à reprendre avec l'Alsace-Lorraine, même si elles n'atteignaient plus qu'un petit nombre de gens. Mais il y avait tout de même l'idée qu'on avait été battu autrefois, on sera victorieux cette fois-ci. Il y avait l'idée comme quoi c'est la guerre des démocraties. On en avait assez dans cet état d'esprit d'inquiétude à l'égard d'une menace perpétuelle, à l'égard de l'Allemagne, et bien on va l'écraser l'Allemagne et après on pourra respirer et ce sera la paix.

Mais il faut ajouter encore autre chose, et qui descend encore plus profond du cœur de l'homme. C'est-à-dire cette espèce de passion honteuse et inavouable pour le sang et pour la violence. Je pense toujours à ces mots Victor Hugo qui a parlé de la chair à canon amoureuse du canonnier, il est certain qu'il y a dans le fond de l'homme une espèce de goût du sang, un goût de la mort. Et tout ça fait que le 2 août 1914, il y a un incroyable enthousiasme et le secrétaire CGT de la fédération des métaux dira plus tard que : « si nous avions voulu songer une seconde a faire une protestation, si nous avions voulu nous opposer à la guerre, ce ne sont pas les agents la force publique des flics qui nous auraient abattu, ce sont des ouvriers eux-mêmes ».

Et ça y est, c'est la guerre. Et on va constituer un gouvernement dit 'd'union nationale'. De ce gouvernement d''union nationale', on va voir pour la première fois depuis 40 ans, les catholiques qui vont réapparaître. On va voir un certain M. Denis Cochin, qui est en même temps quelqu'un qui s'occupe des intérêts de Saint-Gobain, qui va être ministre.

'Union nationale', ça veut dire qu'on ne pense plus aux revendications et on ne pense plus en particulier à l'impôt sur le revenu. Et cette fameuse histoire de l'impôt sur le revenu qui était tellement importante dans l'esprit des affairistes, elle est étouffée, elle est finie et le budget de 1915 sera établie sans impôt sur le revenu. Il faudra attendre seulement 1916, parce que la guerre tourne mal, qu'on commence pour une petite part à l'appliquer.

Je ne veut pas dire, ne me faites pas dire que le gouvernement français a déclaré la guerre à cause de l'impôt sur le revenu, mais ce que je peux vous dire, c'est qu'il y a eu chez Poincaré, c'est le moins que l'on puisse dire, une connivence à l'idée d'un conflit général.

Henri Guillemin Lien vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=cAxsflgw_m0

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