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Air humide

par Maxime DUMINIL

Professeur à l’Institut Français du Froid Industriel (CNAM) et à l’École Centrale des Arts et Manufactures

1.

Air atmosphérique

B 2 230 - 3

3

3

1.1

Pression et température en fonction de l’altitude

1.2

Composition de l’atmosphère type

— —

2.

Propriétés et grandeurs de l’air humide

4

2.1

Pressions et masses volumiques

4

2.2

Humidité spécifique

5

2.3

Volume massique. Volume spécifique

6

2.4

Humidité relative

6

2.5

Degré de saturation

6

2.6

Enthalpies. Chaleurs massiques. Chaleurs spécifiques

6

2.7

Températures caractéristiques de l’air humide

9

2.8

Diagrammes de l’air humide

11

3.

Opérations élémentaires de traitement de l’air humide

14

3.1

Mélange adiabatique de deux airs humides de caractéristiques différentes

14

3.2

Échauffement de l’air à humidité spécifique constante (apport purement sensible, air non sursaturé)

15

3.3

Refroidissement de l’air à humidité spécifique constante (refroidissement purement sensible)

16

3.4

Refroidissement de l’air avec déshumidification

17

3.5

Humidification de l’air

18

3.6

Déshumidification de l’air

22

3.7

Synthèse des conditions d’évolution de l’air

22

4.

Schéma général d’une installation climatique. Nomenclature des airs

23

5.

Exemples d’évolution de l’air dans une installation de conditionnement d’air

24

5.1

Conditionnement d’hiver

24

5.2

Conditionnement d’été

25

5.3

Traitement d’air : puissances calorifique et frigorifique, débit d’eau

26

5.4

Bilans globaux, massiques et énergétiques

26

L ’air est un mélange gazeux d’une rare complexité. Sa pression et sa température varient constamment en un même point, sa composition même

subit des changements dans l’espace et dans le temps en fonction des corps qu’on y rejette ou qu’on y prélève. Pesant et soumis aux lois de la thermo- dynamique, sa pression et sa température varient fortement avec l’altitude. Dans ce mélange, une vapeur condensable joue un rôle particulièrement important : l’eau. Au centre des phénomènes vitaux, des processus physiologiques, des manifestations météorologiques, l’eau accompagne l’air toujours sous la forme de vapeur, très souvent sous ses formes condensées, eau liquide ou glace, conférant à l’air humide des propriétés particulières que l’on s’attache à utiliser ou contre lesquelles on cherche à se défendre.

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite. © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie énergétique

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AIR HUMIDE

Les importants phénomènes thermiques qui accompagnent les changements d’état de l’eau jouent également un grand rôle dans les processus naturels ou industriels. Tous les phénomènes évaporatoires qui affectent les êtres vivants, les opérations industrielles, les conditions climatiques sont directement liés à la richesse en eau de l’air atmosphérique. La conservation des produits, des œuvres d’art, des documents est dépendante de la teneur en eau de l’air qui les baigne. C’est dire les multiples raisons qui poussent l’homme à s’intéresser à l’air humide. Les conditions du confort humain imposent que l’atmosphère qui nous entoure ait une température et une humidité comprises, somme toute, dans des limites assez étroites. Les techniques de la climatisation tendent vers ce but et elles intègrent diverses opérations élémentaires de traitement de l’air humide :

mélange, échauffement, refroidissement, humidification, déshumidification. Ces traitements d’air intéressent également le conditionnement d’air industriel qui vise à préparer l’air à satisfaire aux conditions, généralement assez précises, imposées pour la mise en œuvre correcte d’un processus industriel. Le document qui suit se propose tout d’abord de faire connaître les grandeurs fondamentales de l’air humide et les relations qui les lient. On fera état des diagrammes de l’air humide, ou diagrammes psychrographiques, généralement mis à la disposition des ingénieurs. On étudiera ensuite les principales opérations élémentaires de traitement de l’air, ainsi que le schéma général d’une installation climatique et l’évolution de l’air dans une installation de conditionnement d’air en régimes d’hiver et d’été.

 

Notations et symboles

Symbole

Unités

Définition

H

kJ/kg

Enthalpie

M

kg/s

Débit-masse

Q

kJ

Quantité de chaleur

T

K

Température absolue

V

m

3

Volume

W

 

Degré de saturation

c

kJ/kg · K

Capacité thermique massique

j

Rapport caractéristique de traitement de l’air

Latence

m

kg

Masse

p

Pa

Pression

En l’absence de désignation et de symboles normalisés, nous avons adopté les désignations et symboles en cours au Comité Scientifique et Technique des Industries du Chauffage et de la Climatisation (COSTIC) :

les grandeurs massiques seront représentées par un * en exposant

(m*, V *, H*) bien que la norme recommande ρ, v et h ; les grandeurs dénommées spécifiques, ce qui exprime ici qu’elles sont rapportées à l’unité de masse d’air sec, seront représentées par un s en exposant (r s , V s ,

 

Notations et symboles

Symbole

Unités

Définition

q

kJ/kg

Chaleur latente (ou enthalpie de vaporisation)

q

s

kJ/kg

Chaleur sensible

r

J/kg · K

Constante des gaz parfaits

r

s

kg eau

Humidité spécifique

----------------------------

 

kg air sec

s

Facteur de chaleur sensible

v

Vitesse de circulation de l’air

θ

m/s

Température

ρ

sat

o

C

Rendement de saturation

ψ

 

Humidité relative

En l’absence de désignation et de symboles normalisés, nous avons adopté les désignations et symboles en cours au Comité Scientifique et Technique des Industries du Chauffage et de la Climatisation (COSTIC) :

les grandeurs massiques seront représentées par un * en exposant

(m*, V *, H*) bien que la norme recommande ρ, v et h ; les grandeurs dénommées spécifiques, ce qui exprime ici qu’elles sont rapportées à l’unité de masse d’air sec, seront représentées par un s en exposant (r s , V s ,

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1. Air atmosphérique

1.1 Pression et température en fonction de l’altitude

Le tableau 1 donne un exemple de variation de la température, de la pression et de la masse volumique de l’air en fonction de l’altitude. Ces valeurs peuvent varier en fonction de la situation géographi- que de l’endroit, du moment, des conditions atmosphériques, etc.

1.2 Composition de l’atmosphère type

L’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI) définit l’air sec type sur les bases suivantes :

— l’air est considéré comme un gaz parfait ;

— l’humidité est négligée ;

AIR HUMIDE

— les constantes physiques sont les suivantes :

• masse molaire : 28,964 4 kg/ kmol,

• pression atmosphérique au niveau de la mer : 101 325 Pa,

• température au niveau de la mer : 15 o C,

• masse volumique au niveau de la mer : 1,225 kg/m 3 ,

• constante universelle des gaz parfaits : 8 314,32 J/K · kmol ;

— la composition molaire de l’air est donnée dans le tableau 2.

Tout ceci constitue l’air sec. Avec l’altitude z, la pression atmosphérique varie selon la relation :

p at = 1,197 45 × 10 –8 (288,15 – 0,006 5 z ) 5,255 88 (en Pa) (1)

Dans l’air atmosphérique nous devons, en outre, prendre en compte :

— l’humidité qui se présente sous forme de :

• vapeur dont la teneur dans l’air est fonction de la saison, de l’heure et du lieu,

• phase condensée : liquide (eau en gouttelettes, nuages, brume, brouillard) ou solide (neige, glace, etc.) ;

— les impuretés : vapeurs industrielles ou de provenance naturelle, poussières, micro-organismes ;

— l’électricité atmosphérique : ions.

(0)

 

Tableau 1 – Variation des caractéristiques de l’air en fonction de l’altitude

 

Altitude

(km)

0

1

2

3

5

10

15

20

Température

( o C)

10

7,5

0

– 5

– 15

– 40

– 56,5

– 56,5

Pression

(mmHg)

760

715

592

524

403

204

90

41

(Pa)

1,013 25 × 10 5

9,532 × 10 4

7,892 6 × 10 4

6,986 × 10 4

5,372 9 × 10 4

2,719 8 × 10 4

1,199 9 × 10 4

5,466 × 10 3

Masse volumique(kg/m 3 )

1,226

1,165

0,992

0,894

0,711

0,397

0,193

0,088

On rappelle que la pression atmosphérique normale est de 760 mmHg, soit 101 325 Pa.

 

(0)

Tableau 2 – Composition molaire de l’air sec type de l’OACI (1)

Composants

Fraction molaire

Masse molaire

Azote Oxygène Argon Dioxyde de carbone Néon Hélium Krypton Hydrogène Xénon Ozone Radon

0,780 9 0,209 5 0,009 3 0,000 3 0,000 018 0,000 005 24 0,000 001 0 0,000 000 50 0,000 000 08 0,000 000 01

28,013 4

31,998 8

39,948

44,009 9

20,183

4,002 6

83,80

2,015 9

131,30

47,998

10 – 20

222

(1)

OACI : Organisation de l’Aviation Civile Internationale.

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AIR HUMIDE

2. Propriétés et grandeurs de l’air humide

Hypothèse simplificatrice pour les calculs : l’air sec et la vapeur d’eau se comportent comme des gaz parfaits.

2.1 Pressions et masses volumiques

2.1.1 Loi des gaz parfaits

Comme l’air sec et la vapeur d’eau suivent la loi des gaz parfaits

(2)

pV * = rT

avec

V * (m 3 /kg) r (J/kg · K)

volume massique, constante du gaz,

on a :

pour l’air sec :

p a V

*

a

=

r

a

T

avec

p a (Pa)

V

*

(

a

m

3

/ kg)

pression de l’air sec,

volume massique de l’air sec,

et une masse volumique :

avec

soit

m *

a

=

r a = 287,05 J/kg · K,

m

*

a

=

1

----------

V* a

p

a

= -----------

r a T

-------------------------- 287,05 p a T

pour la vapeur d’eau :

p v V *

v

=

r

v

T

avec

p v (Pa)

V

*

(

v

m

3

/kg)

pression de la vapeur d’eau,

volume massique de la vapeur d’eau,

et une masse volumique :

avec

soit

r v

m

*

v

=

= 461,51 J/kg · K,

m

*

v

=

1

----------

V

*

v

p

v

= -----------

r v T

------------------------ 461,51T p v

(3)

(4)

(5)

(6)

(7)

(8)

2.1.2 Application de la loi de Dalton

L’application de la loi de Dalton conduit à :

(9)

pression

atmosphérique. La masse volumique de l’air sec est alors, d’après les relations (5) et (9) :

p = p at = p a + p v

avec

p

pression

(totale)

de

l’air

humide ;

c’est

la

m

*

a

=

p

p v

--------------------------

287,05 T

(10)

La masse d’air sec occupant un volume V à la température T est :

m a

=

m

*

a

V

)V

= --------------------------- 287,05 T

(

p

p

v

(11)

La masse de vapeur d’eau occupant un volume V à la tempéra- ture T est :

m v

=

m

*

v

V

= ------------------------ 461,51T p v V

(12)

Si l’air est saturé de vapeur d’eau, la pression partielle de la vapeur d’eau est alors la pression maximale (ou tension maximale) p s . La masse de vapeur d’eau présente dans le volume d’air V est alors maximale :

m v,s

p s V = ------------------------ 461,51T

(13)

La pression de saturation p s dépend de la température (figure 1). On notera que, au-dessus de 0 o C, on doit se préoccuper bien sûr uniquement de la pression de vapeur sur l’eau ; par contre, au-dessous de 0 o C, on peut être amené à considérer la pression de vapeur au-dessus de la glace ou celle au-dessus de l’eau surfondue (tableau 3) ; celles-ci sont sensiblement différentes. Pour représenter les pressions de vapeur sur la glace p s, g et sur l’eau p s, e , Cadiergues a proposé les relations empiriques suivantes :

— sur la glace :

— sur l’eau :

lg p s,g

lg p s,e

=

=

9,756 θ

--------------------------

272,7

+

θ

7,625 θ

--------------------------

241,0

+

θ

+ 2,787 7

+ 2,787 7

(14)

(15)

Comme on le voit dans la colonne 5 du tableau 3, ces relations

conduisent à une assez bonne représentation de la pression de vapeur saturante de l’eau dans l’air.

Un air humide peut éventuellement renfermer plus d’eau que l’air

saturé. Cette eau supplémentaire se présente alors sous forme de vésicules d’eau en suspension, ou de paillettes de glace également en suspension : brouillard, buée, nuages, brume, etc. Un volume V peut alors, en général, renfermer une masse d’air humide totale m :

m = m a + m v + m e + m g (16) avec
m = m a + m v + m e + m g
(16)
avec
m a
m v
m e
masse d’air sec,
masse de vapeur d’eau,
masse d’eau (liquide) en suspension,
masse de glace en suspension.
m g
Figure 1 – Diagramme d’équilibre de l’eau
(0)

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AIR HUMIDE

 

Tableau 3 – Pression de vapeur saturante de l’eau

 
   

 

 

➂➃ = ×

 

Température

Pression de vapeur saturante de l’eau (vapeur pure)

Coefficient

Pression de vapeur saturante

Pression

calculée par les relations (14) et (15)

f

de l’eau (dans l’air)

(

o C)

 

(Pa)

(1)

 

(Pa)

 
 

50

 

3,933

1,006 1

 

3,957

 

3,956

40

12,83

1,005 6

12,90

12,90

 

sur

30

37,97

1,005 2

38,17

38,17

la glace

20

103,15

1,004 8

103,65

103,65

10

259,66

1,004 6

260,85

260,81

0

610,64

1,004 5

613,39

613,34

 

10

 

286,22

1,004 55

 

287,52

 

286,82

0

610,70

1,004 4

613,39

613,34

+

10

1

227,1

1,004 4

1

232,5

1

234,82

 

sur

20

2

337,1

1,004 5

2

347,6

2

355

l’eau

+

 

+

30

4

247,7

1,004 7

4

267,66

4

283,47

+

40

7

377,3

1,005 1

7

414,92

7

466,35

+

50

12 339

1,005 5

12 406,86

12 526,72

(1)

En raison de l’imperfection du mélange air-vapeur d’eau (forces intermoléculaires vapeur d’eau-air), la pression de vapeur de l’eau (dans l’air) est très légèrement différente de la pression de vapeur de l’eau en présence de sa vapeur pure [colonnes 3 (coefficient de correction f ) et 4].

Bien sûr, m e et m g ne coexistent pas obligatoirement. On peut avoir :

m

= m a + m v

:

air non saturé ou saturé ;

m

= m a + m v + m e

:

brouillard de particules d’eau ;

m

= m a + m v + m g

:

brouillard de particules de glace.

2.2 Humidité spécifique

Par définition, l’humidité spécifique r s est le rapport de la masse de vapeur d’eau contenue dans un volume V d’air humide à la masse d’air sec contenue dans ce même volume. L’humidité spécifique (on devrait même préciser humidité spécifique en vapeur d’eau) est encore parfois appelée rapport de mélange, humidité absolue, teneur en eau, etc.). D’après les relations (11) et (12), on a :

avec

m* v

m*

a

r s

m

v

----------

==

m

a

m * v V

------------------

*

a

m

V

=

m* v

------------

m*

a

=

287,05

p v

-------------------- ------------------

p v

461,51

p

masse volumique de la vapeur d’eau,

masse volumique de l’air sec.

r s

=

p

v

0,622 ------------------

p

p

v

en

----------------------------------

kg deau

kg dair sec

(17)

On préfère rapporter la masse d’eau renfermée dans l’air humide à la masse d’air sec plutôt qu’à la masse d’air humide parce que, dans les évolutions de l’air au cours de son traitement, la masse d’eau , donc celle d’air humide, est généralement variable , alors que la masse d’air sec reste constante .

Remarque : la pression atmosphérique p est beaucoup plus grande généralement que p v . Dans l’expression de l’humidité spécifique de l’air saturé :

s

r s

= 0,622 ----------------- p s

p s

p

(18)

p p s est peu variable avec la température et il apparaît que est à peu près proportionnel à p s .

s

r s

Si l’air saturé est à une température supérieure à 0 o C, la

pression de saturation p s correspond à celle de l’eau :

s

r s

=

0,622 ----------------- p s

p s

p

=

p s,e

0,622 ----------------------

p

p s,e

(19)

Si l’air saturé est à une température inférieure à 0 o C , la pression

de saturation que l’on prend généralement en compte correspond à

celle de la glace. L’humidité spécifique de saturation par rapport à la glace est alors :

r

s

s

=

p s,g

0,622 ----------------------

p

p s,g

(20)

Si l’air humide saturé renferme, en plus, une masse m e d’eau

sous forme vésiculaire , il est sursaturé et l’humidité spécifique totale est alors :

s

r t

=

m

v

+ m

e

-------------------------

m

a

=

r

s

s

+

r

s

e (21)

sec :

s représente la masse d’eau liquide rapportée à la masse d’air

r e

r

s

e

m e

= ----------

m a

Au-dessous de 0 o C si l’air est sursaturé et renferme une

masse m g de glace en suspension , l’humidité spécifique totale est

alors :

r

s

t

=

m

v

+

m

g

------------------------- =

m a

r s

s

+

s (22)

r g

s étant l’humidité spécifique rapportée à la pression de vapeur de la glace,

r

s

r

s est alors la masse de glace rapportée à la masse d’air sec :

g

s

r g

=

m g

----------

m a

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AIR HUMIDE

2.3 Volume massique. Volume spécifique

2.3.1 Volume massique

Le volume massique V * est le volume occupé par l’unité de masse d’air humide. Un volume V renfermant une masse m = m a + m v d’air humide, on a :

Si la température est inférieure à 0 o C, la pression de vapeur est prise par rapport à la glace : p s = p s ,g . On précise alors qu’il s’agit de l’humidité relative par rapport à la glace.

2.5 Degré de saturation

V *

V

-------------------------

==

m

a

+

m v

V

1

---------------------------------------- = ------------------------------

m* V

a

+

m*

v

V

m* a

+ m*

Le degré de saturation est le rapport de l’humidité spécifique de

v l’air r s à l’humidité spécifique de l’air saturé à la même tempéra-

(23)

En fonction de la pression de vapeur d’eau et de la température T, la relation (23) devient, d’après les relations (5), (8) et (9) :

T

V* = ---------------------------------------------------

(

p

p

v

)

p v

---------------------- + --------------------

287,05

461,51

en

3

-----------------------------------------------

m

kg dair humide

(24)

Cette relation montre que lorsque l’air humide s’enrichit en eau à p et T constants, p v s’accroît et p p v diminue. Le dénominateur décroît et V * croît. L’air humide s’allège en s’enrichissant en eau. De la relation (24), on déduit de façon simple l’expression de V * en fonction de T et de r s [relation (17)] pour une pression atmo- sphérique donnée p at = p :

ture

s

r s, θ

:

W = ------------ r s

s

r s, θ

(30)

Si la température est supérieure à 0 o C, l’humidité spécifique de

saturation

Si la température est inférieure à 0 o C, l’humidité spécifique de saturation est prise par rapport à la glace ; on précise qu’il s’agit du degré de saturation par rapport à la glace. D’après les relations (17) et (18) on a :

s est prise par rapport à l’eau.

r s

V*

=

)T

---------------------------------------------------------

461,51 0,622

(

+

r

s

(

1

+

r

s

)p

en

-----------------------------------------------

m

3

kg dair humide

(25)

W =

p

v

(

p

p

s

)

-------- -----------------------

p

s

(

p

p

v

)

Tout ceci est basé sur l’exacte application de la relation des gaz parfaits. Pour tenir compte de l’imperfection de l’air et de la vapeur d’eau, on adopte une relation très légèrement différente :

V*

=

)T

---------------------------------------------------------

461,24 0,622

(

+

r

s

(

1

+

r

s

)p

2.3.2 Volume spécifique

en

-----------------------------------------------

m

3

kg dair humide

(26)

et d’après la relation (29) :

W

=

(

p

p

s

)

ψ ----------------------- –

(

p

p

v

)

(31)

W ψ si p s et p v sont petits devant p, ce qui est généralement le cas dès que la température de saturation est inférieure à environ 30 o C.

Compte tenu de ce qui a été dit au paragraphe 2.2, on préfère généralement rapporter le volume occupé par l’air humide à l’unité de masse d’air sec, d’où la définition du volume spécifique V s :

volume d’air humide renfermant l’unité de masse d’air sec (spécifique signifiant ici rapporté à l’unité de masse d’air sec ) :

2.6 Enthalpies. Chaleurs massiques. Chaleurs spécifiques

2.6.1 Enthalpie

d’où :

V s =

V

----------

m

a

=

(

V* ------------------------------

m

a

+

m

v

)

m

a

en

V s = V * (1 + r s )

----------------------------------

m

3

kg dair sec

Dans ces conditions, selon la relation (26) on a :

V s =

)T

---------------------------------------------------------

p at

461,24 0,622

(

+

r

s

en

----------------------------------

m

3

kg dair sec

L’enthalpie est une fonction thermodynamique de la plus haute

importance pour le calcul énergétique des équipements.

(27)

Rappelons que seules ses variations sont calculables et qu’il convient donc de fixer, conventionnellement, une origine aux différentes enthalpies. L’enthalpie de l’air humide doit tenir compte de l’enthalpie de l’air sec et de l’enthalpie de l’eau qui l’accompagne. On est donc amené à fixer respectivement une origine à l’enthalpie de l’air sec et une origine à l’enthalpie de l’eau. L’enthalpie doit tenir

également compte de la présence éventuelle, dans l’air, de l’eau

(28)

solide ou liquide en suspension. On adopte habituellement les conventions suivantes :

2.4 Humidité relative

L’humidité relative ψ est le rapport entre la pression partielle de la vapeur d’eau dans l’air p v et la pression de saturation p s,θ de cette vapeur d’eau à la température θ :

ψ

= ------------ p v

p s, θ

(29)

Si la température est supérieure à 0 o C, la pression de vapeur est prise par rapport à l’eau : p s = p s ,e .

fixe la valeur 0 pour l’air sec

à 0 o C ;

enthalpie de l’eau : on se fixe la valeur 0 pour l’eau liquide

à 0 o C. On considère, pour les calculs d’équipements :

— l’enthalpie massique H * pour l’air sec, l’eau ou l’air humide ; elle est rapportée à l’unité de masse du corps considéré et on

l’exprime en J/kg, ou plus souvent en kJ/kg ; on la rencontre encore souvent exprimée en unités thermiques : kcal/kg ;

— l’enthalpie spécifique H s pour l’air humide seulement ; elle est rapportée à l’unité de masse d’air sec ; on l’exprime en J/kg d’air sec, ou en kJ/kg d’air sec, mais aussi en kcal/ kg d’air sec. D’après ce qui a été dit au paragraphe 2.2, c’est surtout cette seconde notion qui est utilisée.

enthalpie de l’air sec :

on se

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2.6.2 Enthalpie massique de l’air sec

Dans le domaine du conditionnement d’air, les valeurs de la

capacité thermique massique à pression constante sont données

dans le tableau 4.

 

(0)

 

Tableau 4 – Capacité thermique massique de l’air sec dans le domaine du conditionnement d’air

θ

(

o C)

20

10

0

10

20

30

40

50

c p,a

(kJ/kg · K)

1,004

1,005

1,005

1,006

1,006

1,007

1,007

1,008

L’enthalpie massique de l’air sec est alors :

 
 

H* a

=

θ

0

c p,a dθ en

----------------------------------

kJ

kg dair sec

 

(32)

En adoptant la valeur moyenne de la capacité thermique massique entre – 20 et + 50 o C tirée du tableau 4, on peut écrire :

H* a

=

1,006 θ en

----------------------------------

kJ

kg d air sec

(33)

2.6.3 Enthalpie massique de l’eau liquide

Dans le domaine du conditionnement de l’air, les valeurs de la capacité thermique massique de l’eau sont données dans le

(0)

tableau 5.

Tableau 5 – Capacité thermique massique de l’eau liquide dans le domaine du conditionnement d’air

θ

(

o C)

0

10

20

30

40

50

c e

(kJ/kg · K)

4,218

4,192

4,182

4,178

4,178

4,181

L’enthalpie massique de l’eau est :

H* e

=

θ

0

c e dθ

en

--------------------------

kJ

kg deau

(34)

On peut adopter la relation suivante en prenant comme valeur moyenne de la capacité thermique massique c e = 4,194 kJ/kg d’eau :

H* e

=

4,194 θ en

--------------------------

kJ

kg d eau

(35)

Pour mieux représenter l’enthalpie de l’eau dans un domaine plus vaste de température, Cadiergues a proposé la relation suivante :

(36)

H* e

θ

= ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

0,237 4

+

4,015

×

10

5

θ

2,721

×

10

7

θ

2

Le tableau 6 permet la comparaison entre les valeurs réelles de l’enthalpie de l’eau (2 e colonne) et celles obtenues par l’application des relations (35) et (36).

2.6.4 Enthalpie massique de la vapeur d’eau

Pour passer de l’eau liquide à 0 o C à l’eau à l’état de vapeur à la température θ (sous la pression p v ), il faut :

— fournir de la chaleur à température constante (chaleur latente ) pour vaporiser l’eau ; — fournir de la chaleur à pression constante qui a pour résultat de surchauffer la vapeur (chaleur sensible ).

(0)

 

AIR HUMIDE

 

Tableau 6 – Enthalpie massique de l’eau

   

H*

H*

Température

H*

réelle

e

e

e

[relation (35) ]

[relation (36) ] (kJ/kg d’eau)

(

o C)

(kJ/kg d’eau)

(kJ/kg d’eau)

 

0

 

0,00

0,00

0,00

10

42,04

41,94

42,06

20

83,90

83,88

84,00

40

167,49

167,76

167,67

60

251,13

251,64

251,23

80

334,96

335,52

334,91

100

419,10

419,40

418,95

120

503,76

503,28

503,57

140

589,14

587,16

589,01

160

675,51

671,04

675,51

180

763,16

754,92

763,32

200

852,41

838,80

852,71

Les expressions donnant l’enthalpie massique de la vapeur d’eau H * comporteront donc un terme indépendant de la tempé-

v

rature et un terme (ou une série de termes) fonction de la

température :

(37)

H *

v

=

a + bθ +

On peut utiliser la relation linéaire suivante :

H* v =

2

500,8

+

1,826 6 θ en

---------------------------------------------------------------------------------

ou plus simplement d eau

kJ

kg de vapeur d eau

(38)

qui donne des résultats acceptables jusqu’à 50 o C environ (tableau 7). Pour représenter l’enthalpie de la vapeur dans un plus grand domaine de température, on utilisera de préférence la

relation (39) ci-dessous, également proposée par Cadiergues :

H* v =

2 500,8

+

1,826 6 θ

+

2,818

×

1,086 2

10

4

× 10

θ

5

2

θ 3

en

--------------------------

kJ

kg d eau

(39)

(0)

Tableau 7 – Enthalpie massique de la vapeur d’eau

Température

H* v

réelle

H* v [relation (38) ]

H* v [relation (39) ]

(

o C)

(kJ/kg d’eau)

(kJ/kg d’eau)

(kJ/kg d’eau)

 

0

2

500,8

2

500,8

2

500,8

20

2

537,4

2

537,3

2

537,4

40

2

573,7

2

573,8

2

573,6

60

2

609,0

2

610,4

2

609,1

80

2

643,1

2

646,9

2

643,2

100

2

675,2

2

683,4

2

675,4

120

2

705,2

2

720

2

705,3

140

2

732,3

2

756,5

2

732,2

160

2

756,0

2

793,0

2

755,8

180

2

775,6

2

829,6

2

775,4

200

2

790,3

2

866,1

2

790,5

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B 2 230 7

AIR HUMIDE

2.6.5 Enthalpie massique de la glace

Toujours

selon

Cadiergues,

l’expression suivante :

H

*

g

=

333,7

+

2,109 θ

+

elle

peut

être

représentée

0,003 66 θ 2 en

---------------------------------

kJ

kg de glace

par

(40)

Comme précédemment, on a l’intervention d’une chaleur latente (chaleur de solidification) et d’une chaleur sensible, terme qui varie donc avec la température (tableau 8 ). (0)

 

Tableau 8 – Enthalpie massique de la glace

Température

H* g

réelle

H* g

[relation (40) ]

(

o C)

(kJ/kg de glace)

(kJ/kg de glace)

– 50

– 429,88

– 430

– 40

– 412,19

– 412,20

– 30

– 393,67

– 393,68

– 20

– 374,41

– 374,42

– 10

– 354,42

– 354,42

 

0

– 333,7

– 333,7

2.6.6 Enthalpie spécifique de l’air humide

2.6.6.1 Air humide ne renfermant ni particule de glace ni vésicule d’eau

Soit un volume V renfermant une masse d’air humide m = m a + m v . L’enthalpie de cette masse est :

H

=

m

a

H

=

H

*

a

m

+

a

H

*

a

+

m

v

---------- H

m a

*

v

m

v

=

H

*

v

m

a

(en kJ)

(H

*

a

+

r

s

H

*

v

)

(41)

L’enthalpie spécifique, rapportée à l’unité de masse d’air sec, rappelons-le, est alors :

H s

=

H

----------

m a

=

H

*

a

+ r s H

*

v

en

----------------------------------

kJ

kg dair sec

(42)

D’après les relations (33) et (38), on a alors :

H s

=

1,006 θ

+

r

s

(2 500,8 + 1,826 6 θ) en

----------------------------------

kJ

kg d air sec

(43)

Le tableau 9 permet de comparer, pour diverses températures et différentes valeurs de r s , l’enthalpie spécifique réelle à celle déduite de la relation (43).

2.6.6.2 Air humide sursaturé renfermant des vésicules d’eau

Le volume V renferme alors une masse d’air humide :

avec

m e

m = m a + m v + m e

masse d’eau liquide.

L’enthalpie de cette masse d’air humide est alors :

H

= m

a H

*

a

+

m

v

H

*

v

+

m

e

H

*

e (en kJ)

(44)

(0)

 

Tableau 9 – Enthalpies spécifiques de divers airs humides

Température

(

o C)

r s

kg deau

---------------------------------

kg dair sec

H s réelle

kJ

---------------------------------

kg dair sec

H s [relation (43) ]

kJ

---------------------------------

kg dair sec

– 20

 

0,000 0

 

– 20,081

 

– 20,12

– 20

 

0,000 6

 

– 18,603

 

– 18,630

– 10

 

0,000 0

 

– 10,045

 

– 10,06

– 10

 

0,001 6

 

– 6,074

 

– 6,088

 

0

 

0,000 0

 

0,000

 

0,000

 

0

 

0,003 8

 

9,503

 

9,503

 

10

 

0,000 0

 

10,056

 

10,06

 

10

 

0,003 8

 

19,631

 

19,632

 

10

 

0,007 5

 

28,952

 

28,953

 

20

 

0,000 0

 

20,116

 

20,12

 

20

 

0,007 0

 

37,876

 

37,88

 

20

 

0,014 0

 

55,634

 

55,642

 

30

 

0,000 0

 

30,182

 

30,180

 

30

 

0,012 0

 

60,853

 

60,847

 

40

 

0,000 0

 

40,252

 

40,240

 

40

 

0,025 0

 

104,584

 

104,587

 

50

 

0,000 0

 

50,328

 

50,300

 

50

 

0,030 0

 

128,105

 

128,06