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<a href=Bibliothèque de l'école des chartes Un récit perdu de la première croisade. Citer ce document / Cite this document : Un récit perdu de la première croisade .. In: Bibliothèque de l'école des chartes. 1883, tome 44. pp. 259-262 ; http://www.persee.fr/doc/bec_0373-6237_1883_num_44_1_462442 Document généré le 19/05/2016 " id="pdf-obj-0-2" src="pdf-obj-0-2.jpg">

Citer ce document / Cite this document :

Un récit perdu de la première croisade

..

In: Bibliothèque de l'école des chartes. 1883, tome 44. pp. 259-262;

Document généré le 19/05/2016

<a href=Bibliothèque de l'école des chartes Un récit perdu de la première croisade. Citer ce document / Cite this document : Un récit perdu de la première croisade .. In: Bibliothèque de l'école des chartes. 1883, tome 44. pp. 259-262 ; http://www.persee.fr/doc/bec_0373-6237_1883_num_44_1_462442 Document généré le 19/05/2016 " id="pdf-obj-0-23" src="pdf-obj-0-23.jpg">

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tions et belles-lettres (concours des antiquités nationales de 1882), a été nommé membre de la commission des Gobelins.

— Par arrêté du 27

avril,

notre confrère M.

Ulysse

Robert

a été

chargé d'examiner les collections de manuscrits

conservés dans

les

bibliothèques municipales, de se rendre compte de leur nombre, de

leur importance, de la manière

dont ils sont

tenus et catalogués et de

procéder au récolement de l'inventaire de ces documents.

— Par

décision en date du 13 mai, nos confrères MM. Himly et Ser-

vois ont été appelés à faire partie de la commission des

archives de la

marine et des colonies. —

Par arrêté du

12

juin , notre

confrère M.

Jules

Guiffrey a

été

nommé membre de la commission de publication du Répertoire des travaux historiques. — Par arrêté du 12 juin, notre confrère M. Gustave Desjardins a été nommé commissaire responsable de la publication qui a pour titre Procès du maréchal de Gié et dont M. de Maulde est éditeur. — Par arrêté du préfet de la Seine, en date du 14 juin, notre confrère M. Jules Guiffrey a été nommé membre de la commission des travaux historiques de la préfecture de la Seine.

UN RÉCIT PERDU DE LA PREMIÈRE CROISADE.

M.

le comte Riant a communiqué la note suivante à

la Société des

antiquaires de France, dans la séance du 19 avril 1882 :

« II y a quelque temps, mon ami M. Augustin Chassaing, juge au tribunal du Puy et associé correspondant des Antiquaires, attira mon attention sur une lettre intéressante qu'il avait trouvée dans le manuscrit 12,663 du fonds latin de la Bibliothèque nationale. « Ce manuscrit fait partie d'une collection considérable de documents épistolaires et autres, formée au siècle dernier par les bénédictins pour

l'histoire de divers monastères de leur

ordre, et reliée en 47 volumes

(nos 12,658-12,704 du fonds latin). Il contient toutes les pièces relatives aux monastères de Saint-Pierre de Gand, Blangy-en-Temois, Blesle, Boheris, Bonneval-en-Rouergue, Boscandon, Brantôme, Conques, Bre- teuil, Bourbourg, Boisgrolland, Bourgueil, Buzay, Saint-Sulpice de Rennes. La lettre en question, très longue (7 p. in-fol.) et très curieuse,

est adressée, le 19 avril 1704, par dom Claude Berras, originaire d'Auvergne et moine bénédictin de Saint-Michel-en-1'Herm, à Mabillon, qui l'avait chargé d'une sorte de mission littéraire en Auvergne. « Voici le passage de cette lettre qui se rapporte plus spécialement à mes travaux ordinaires :

« F.

756.

J'ay

aussi appris de mon père qu'à trois lieues d'Au-

... « rillac, le seigneur de Tournemire, ancienne maison dont sont sorties

«

260

« mes deux ayeules paternelle et maternelle, lui avoit montré un vieux

« manuscrit, dans

lequel il avoit conté jusqu'à trois cent feuillets de

« parchemin, contenant une histoire de la Guerre sainte du tems d'Ur-

« bain

II, composée en latin par

un

moine de l'abbaye d'Aurillac, qui apporta de Jérusalem une sainte

« suivit Rigald de Tournemire, qui

« épine, qu'on voit encore aujourd'huy, et ensanglantée, les vendredis

« saints, enchâssée dans une pierre précieuse, au pied d'une ancienne

« croix,

où le nom et les armes de ce Rigald sont gravés.

Tous les gen-

« tilshommes du païs assistent à une procession solennelle, qu'on fait

«

tous les vendredis

saints, portant

sur leurs habits une croix de drap

« rouge en mémoire de la croisade. Nous avons même dans notre com-

« munauté

ans

la

un

religieux du païs

se

qui recouvra à

l'âge de sept ou huit pierre précieuse où

« « est enchâssée

vue

en

faisant appliquer ce jour-là la

la sainte Épine, sur l'œil gauche dont il voit parfaite-

« ment bien depuis. Mon père m'a dit que cette maison ayant eu

«

des affaires on

ne sçavoit qu'étoient

devenus les papiers, mais j'ay

« appris qu'on pourroit apparemment trouver ce manuscrit chez quel-

« qu'un des gentilshommes conseigneurs aujourd'huy de Tournemire.

« Le temps ne me permit pas

...

»

« Cette lettre relatait trois points intéressants :

«

L'existence,

vers 1704,

à Tournemire, près d'Aurillac, d'une

relique rapportée d'Orient.

« 2° La coutume

extraordinaire d'une procession, où la noblesse du

pays revêtait encore à cette époque les insignes de la croisade. « 3° Enfin la conservation jusqu'à cette date d'un récit de la première

croisade, rédigé par un témoin oculaire, et, sinon d'une importance, au moins d'une étendue exceptionnelle.

« II

n'était point

difficile de vérifier

si

ces trois assertions se

trouvaient encore

exactes au bout de près

de

deux siècles.

Des

renseignements que j'ai reçus,

il résulte que, si la relique

existe encore et aussi

en partie le reliquaire, la tradition locale n'a gardé aucun souvenir de

cette procession, commémoration singulière du concile de Clermont.

«

Le reliquaire,

conservé aujourd'hui dans l'église paroissiale

de

Tournemire (Cantal, canton de Saint-Cernin), n'a plus de la croix que

le pied d'argent quadrilobé

qui

contient

la relique, épine de

0m03 de

longueur ; elle est enfermée entre deux pierres blanchâtres de la

grosseur d'un

œuf de pigeon, et

qui paraissent être, soit des morceaux de

quartz blanc taillé en cabochon, soit peut-être des opales altérées.

« Autour

de

ces

deux pierres,

qui chacune ornent

l'une

des

faces

opposées du reliquaire, étaient disposées quatre pierres, huit en tout,

dont

il

ne

reste plus

que

sept : d'un côté une améthyste, un rubis et

une opale ; de l'autre, trois améthystes

et un rubis. Aucun ornement,

aucune inscription ne décore l'objet, dont il est difficile de déterminer

261

Tâge ; on ignore également à quelle époque a disparu

la croix dont il

formait le pied. « L'exactitude de dom Berras à l'endroit de l'une des trois assertions contenues dans sa lettre devait m' encourager à pousser plus loin mes investigations au sujet de la dernière et de la plus importante :

l'existence du manuscrit de trois cents feuillets de vélin. Il ne pouvait s'agir,

en effet, d'une copie de

quelques-uns des textes déjà connus de la

première croisade. D'abord aucun d'eux, sauf Albert d'Aix, n'a une

étendue qui réponde

à ce chiffre de

300 feuillets ; aucun d'ailleurs de ceux

qui ne portent pas encore de nom d'auteur n'a été rédigé par un moine

auvergnat; aucun enfin ne fait mention de Rigald de Tournemire,

personnage tout à fait nouveau dans l'histoire de la première croisade. Il

y avait donc là un document de premier ordre à retrouver ;

et, comme

il ne semblait

point, au premier abord, que, depuis

1704, le manuscrit

eût pu être exposé, dans ces montagnes reculées, à de grandes chances

de destruction, j'ai nourri quelque temps l'espoir très vif de le rendre à la lumière. « La maison de Tournemire était représentée, à la fin du xvne siècle, par plusieurs gentilshommes appartenant à la branche cadette de cette famille, la branche aînée s'étant éteinte dès le xve siècle, et le château de Tournemire lui-même ayant cessé d'être habité en 1543.

« Mais,

comme dom Berras laissait entendre que,

de son temps, le

manuscrit avait déjà quitté Tournemire pour passer aux mains de l'un

des coseigneurs de ce fief, c'était évidemment chez les représentants de

ces derniers qu'il convenait de

le chercher. Or, dans le territoire de la

paroisse de Tournemire se dresse

encore, sur une aire élevée, le

château d'Anjony, construction du xve siècle, parfaitement conservée, et habitée par le petit-fils de l'un des coseigneurs de Tournemire, le

marquis de Léotoing d'Anjony, qui compte dans son ascendance plusieurs alliances avec la maison de Tournemire. Le château d'Anjony possède

encore toutes ses archives, que la Révolution a respectées : c'est là que j'eus un moment l'espoir de retrouver le précieux manuscrit.

« Autorisé par

le marquis,

gentilhomme aussi courtois que lettré,

mon ami et confrère

M. Ulysse Robert s'est rendu

cet hiver à Anjony :

il y a trouvé un nombre relativement considérable de manuscrits, dont il a fait le récolement. Malheureusement ce n'étaient que des chartriers et terriers locaux, quelques-uns fort anciens ; mais le manuscrit du

moine d'Aurillac ne s'est point retrouvé parmi eux, ni en original ni en copie moderne.

«

Je n'ai pas

besoin de dire qu'il manque également dans les dépôts

publics du département du Cantal.

 

«

J'ai

voulu

cependant lui consacrer

la

petite note

que

je viens

d'avoir l'honneur de vous lire, pour attirer sur cette recherche intéressante l'attention de nos correspondants de province. Si Le manuscrit n'a

262

pas été détruit, il se trouve dans quelqu'une des bibliothèques ou archives

privées de l'Auvergne, où les dépôts de ce genre sont assez nombreux,

et, pour la plupart, inexplorés.

»

UN SCEAU DE SAINT-MAC AIRE EN GUYENNE.

Dans une collection de matrices de sceaux, communiquée l'an

dernier par

M. J. C. Hankinson à

la Société des antiquaires de Londres,

et dont le dernier cahier des Proceedings of the Society of antiquaries of London (IX, 44) contient la description, nous avons remarqué la pièce

que M. С

S. Perceval décrit en ces termes :

 

« Sceau des coutumes ou sceau pour les obligations à Saint-Malo (?),

du temps d'Edouard

Ier.

Sceau

circulaire , bien

gravé ,

d'environ

1 pouce

1/4 de diamètre, offrant les armes d'Angleterre sur un champ

diapré, avec cette légende

:

S.

ED. REG. ANG. DVC. AQVIT. AP.

SCM.

MACH. Je ne puis rapporter

ce

sceau

à

aucune autre localité

qu'à

Saint-Malo,

quoique je n'aie pas réussi à

déterminer la

date

à

laquelle

ce

port

put tomber

au

pouvoir

des

Anglais

du temps

d'Edouard Ier. En effet, le sceau doit être rapporté au règne de ce prince,

puisque, sur la légende, le mot ED. n'est point accompagné du numéro

de série II ou III.

Je ne sais si

» cette dernière observation est fondée; mais ce qui n'est

pas douteux, c'est que

le sceau

de M. Hankinson ne saurait être cité

comme un monument de la domination anglaise à Saint-Malo. C'est

incontestablement le sceau de la juridiction anglaise de Saint-Macaire en Guyenne, au хше ou au xrve siècle.

L. Delisle.

VOYAGE A JÉRUSALEM DE NICOLAS LOUPVANT, EN 1531.

M. Génin, professeur au lycée de Nancy, veut bien nous

communiquer la note suivante, sur un manuscrit de la bibliothèque de Saint- Mihiel, dont le texte paraît inédit, malgré l'assertion contraire de l'auteur du catalogue des manuscrits de Saint-Mihiel.

« Je viens

de

lire dans les journaux le compte rendu des séances des

Sociétés savantes, et j'y vois

sous le n° 4 la question suivante, à propos

de laquelle je puis fournir quelques éclaircissements :

« Chemin

que

« prenaient les pèlerins pour se rendre à Jérusalem, в

« Un manuscrit entièrement inédit de la bibliothèque de Saint-Mihiel (Meuse), écrit en 1531 par Nicolas Loupvant, religieux et tresaurier de l'ordre de Saint-Benoit en l'abbaye de Mgr saint Mihiel de Saint-Mihiel,

intitulé :

Itinéraire transmarin

de

la

cité

sainte de Jerusalem, trace

l'itinéraire suivant : Saint-Mihiel, Pont- à- Mousson, Saint -Nicolas,

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