Vous êtes sur la page 1sur 13

Document téléchargé depuis www.cairn.info - -

- 190.220.240.242 - 13/05/2012 04h05. © Pub. linguistiques

- 190.220.240.242 - 13/05/2012 04h05. © Pub. linguistiques

Document téléchargé depuis www.cairn.info - -

THÉORISER LA TRADUCTION

Jacqueline Guillemin-Flescher

- - THÉORISER LA TRADUCTION Jacqueline Guillemin-Flescher Pub. linguistiques | Revue française de linguistique

Pub. linguistiques | Revue française de linguistique appliquée

2003/2 - Vol. VIII pages 7 à 18

ISSN 1386-1204

Article disponible en ligne à l'adresse:

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

http://www.cairn.info/revue-francaise-de-linguistique-appliquee-2003-2-page-7.htm

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Pour citer cet article :

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Guillemin-Flescher Jacqueline, « Théoriser la traduction »,

Revue française de linguistique appliquée, 2003/2 Vol. VIII, p. 7-18.

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Distribution électronique Cairn.info pour Pub. linguistiques.

© Pub. linguistiques. Tous droits réservés pour tous pays.

La reproduction ou représentation de cet article, notamment par photocopie, n'est autorisée que dans les limites des conditions générales d'utilisation du site ou, le cas échéant, des conditions générales de la licence souscrite par votre établissement. Toute autre reproduction ou représentation, en tout ou partie, sous quelque forme et de quelque manière que ce soit, est interdite sauf accord préalable et écrit de l'éditeur, en dehors des cas prévus par la législation en vigueur en France. Il est précisé que son stockage dans une base de données est également interdit.

Document téléchargé depuis www.cairn.info - -

- 190.220.240.242 - 13/05/2012 04h05. © Pub. linguistiques

- 190.220.240.242 - 13/05/2012 04h05. © Pub. linguistiques

Document téléchargé depuis www.cairn.info - -

Théoriser la traduction

Jacqueline Guillemin-Flescher Université Paris 7-Denis Diderot

Résumé : Après un bref rappel de la situation antérieure, la réflexion sur la traduction est ici envisagée plus particulièrement par rapport au 20ème siècle. Parallèlement au débat central concernant l’orientation vers la langue source ou la langue cible – débat qui perdure depuis l’Antiquité – de nouvelles perspectives ont vu le jour à la suite d’une évolution à la fois dans l’activité de traduction et dans les positions théoriques. Les courants qui se sont dégagés sont analysés en fonction de leur rapport avec la pratique, la théorie du langage et la façon d’envisager le concept même de théorie.

Abstract: Theory of translation is approached in this paper with special emphasis on the 20 th century. The previous situation is briefly recalled to trace back to its origin the prevalent bone of contention:

namely, orientation towards the source language or the target language. The large-scale development in both the practice and theory of translation in recent years has opened out new perspectives. These are defined and examined with respect to the relation between practice and theory and between theory of language and theory of translation. Finally the differences that are brought to light are shown to affect the concept of theory itself.

La réflexion sur la traduction a été caractérisée pendant plusieurs siècles et, dans une certaine mesure encore aujourd’hui, par des oppositions binaires : langue source / langue cible ; texte original / texte traduit ; littéralisme / traduction libre ; traduction de la lettre, traduction de l’esprit. Comme en témoigne la terminologie, ces polarités ne sont pas strictement du même ordre. En dépit des variations, un phénomène reste cependant central, l’orientation vers le texte source ou vers le texte traduit. L’alternance entre ces deux courants s’observe aussi bien dans les positions individuelles que dans les positions collectives à des époques données. Deux facteurs semblent avoir joué un rôle décisif dans ce débat. Le premier concerne le rapport entre pratique et théorie. Les traducteurs justifiaient a posteriori les choix opérés dans leur activité de traduction et érigeaient en théorie les principes qui avaient motivé les solutions retenues. Ces positions s’exprimaient sous forme de préface à l’oeuvre traduite ou de lettres polémiques. Le deuxième facteur est lié à la nature des textes traduits qui nourrissaient cette réflexion. Il s’agissait presque exclusivement d’une part de la Bible, d’autre part de la littérature et plus particulièrement de la poésie.

1. Avant le 19e siècle

1

Document téléchargé depuis www.cairn.info - -

- 190.220.240.242 - 13/05/2012 04h05. © Pub. linguistiques

- 190.220.240.242 - 13/05/2012 04h05. © Pub. linguistiques

Document téléchargé depuis www.cairn.info - -

L’origine de ce débat remonte à l’Antiquité. Si le fait de privilégier la langue source ou la langue cible est depuis cette époque une préoccupation majeure et constante, les motivations qui la sous-tendent sont cependant loin d’être univoques. C’est à Cicéron que

revient le rôle d’initiateur et ceci à double titre, puisqu’il a le premier exprimé ses positions quant à l’activité de traduction, et a parallèlement ouvert le débat sur le pôle à privilégier. Il entendait en effet « latiniser » les textes grecs. Son objectif, qui était à la fois politique et culturel traduisait le souci d’affirmer la suprématie romaine. Sur le plan linguistique, il manifestait par ailleurs une conscience aiguë de l’hétérogénéité des langues, et on ne peut exclure la possibilité que ce paramètre ait joué un rôle dans la position adoptée. Sa célèbre devise « traduire sens pour sens et non mot pour mot » a cependant été reprise tantôt par les partisans du texte original, tantôt par les partisans du texte traduit. Dans la mesure où la teneur exacte de ces propos n’est pas spécifiée, il est aisé de comprendre pourquoi sa devise

a été diversement interprétée. Au Moyen Âge création littéraire et traduction étaient

souvent mises sur le même plan. Ainsi Chaucer, dans ses écrits, n’établissait guère de différence entre ses œuvres originales et celles qu’il avait traduites. Ces dernières étaient envisagées comme création à part entière avec un statut autonome par rapport à l’oeuvre originale.

A l’époque de la Renaissance et plus particulièrement dans la traduction de la Bible de

Luther, une nouvelle préoccupation se fait jour : celle de rendre les textes traduits intelligibles pour le peuple. C’est à cette fin que Luther mettait l’accent sur la langue courante et justifiait la modification des termes et des structures qui n’étaient pas facilement reconnaissables en allemand.

Au 17e siècle et dans une large mesure au 18e, la conception de la traduction marque un tournant radical. Au nom de la liberté, les traductions transforment l’oeuvre originale au point d’être souvent une adaptation, d’où l’expression « les belles infidèles »

Si les courants évoqués jusqu’ici privilégient à des titres divers le texte cible, l’orientation

vers le texte source est néanmoins également largement représenté. Ainsi, dans la traduction de la Bible, à diverses périodes de l’histoire le souci de ne pas trahir la parole

divine a entraîné un respect de la forme d’origine qui allait parfois jusqu’au littéralisme. On peut citer dan cette optique, les traductions bibliques de l’Antiquité, la Revised Version de

la Bible en Angleterre (1881-1885) et la American Standard Version (1901).

La valorisation du texte source était également au cœur de l’idéologie allemande à l’époque

du romantisme. Il s’agissait alors de ressourcer sa propre langue et d’enrichir sa littérature par le biais du texte original.

2. Le 20e siècle

2.1. Traduction et théorie du langage

Au 20e siècle la situation devient beaucoup plus complexe. Si le débat central évoqué plus haut continue, un changement radical apparaît néanmoins parallèlement dans plusieurs ouvrages théoriques. L’avènement de la linguistique marque en effet un tournant dans les positions adoptées.

2

Document téléchargé depuis www.cairn.info - -

- 190.220.240.242 - 13/05/2012 04h05. © Pub. linguistiques

- 190.220.240.242 - 13/05/2012 04h05. © Pub. linguistiques

Document téléchargé depuis www.cairn.info - -

L’incidence de la linguistique apparaît tout d’abord dans le cadre théorique du structuralisme, à la fois en Europe de l’Est avec le Cercle de Prague et aux États-Unis, sous l’impulsion d’Eugene Nida, président de l’Association de la Traduction de la Bible. La traduction, jusque là considérée comme un art, devient un objet d’étude scientifique. Comme en témoignent les publications de Nida : Toward a Science of Translating (1964) et Language Structure and Translation (1975), et en collaboration avec Charles Taber : The theory and Practice of Translation (1969), la théorie de la traduction était pour la première fois étroitement liée à la théorie du langage. L’influence de la linguistique s’est par la suite fait sentir en Europe avec une diversification des cadres théoriques. La nécessité du lien entre une théorie de la traduction et une théorie du langage est soulignée par plusieurs théoriciens : Georges Mounin dans Les problèmes théoriques de la traduction (1963), Henri Meschonnic dans Pour la Poétique II (1973), George Steiner dans After Babel (1975), Louis Kelly dans The True Interpreter (1979), Jean-René Ladmiral dans Traduire :

théorèmes pour la traduction (1979), Peter Newmark dans Approaches to Translation (1981) et Antoine Berman dans L’épreuve de l’étranger (1984) et Pour une critique des traductions : John Donne (1995). Des différences marquées apparaissent cependant entre les auteurs cités, et ceci sur plusieurs points. De même que les débats sur langue source / langue cible, les divergences s’expriment généralement en termes antinomiques. Le premier point, et ceci peut paraître paradoxal, concerne le rapport entre linguistique et théorie du langage. Si pour la majorité des théoriciens l’association des deux notions ne fait pas problème, pour Henri Meschonnic elles sont nettement dissociées, la linguistique étant rejetée comme non pertinente à la théorie de la traduction. Ce rejet est motivé par une des propositions clefs de : Pour la

on ne traduit pas de la langue dans un texte. On traduit et

poétique II (314), à savoir : «

on théorise un rapport de texte à texte, non de langue à langue ». Il insiste en revanche (325) sur la nécessité de lier la réflexion sur l’écriture et la traduction à une théorie du langage et inversement de lier la théorie du langage à une théorie de l’écriture et de la traduction. Lorsqu’il s’attaque à la linguistique c’est principalement au structuralisme et à la linguistique transformationnelle et c’est dans cette perspective qu’il met en cause les propositions d’Eugene Nida.

Ces critiques sont reprises par George Steiner dans After Babel. Il s’inscrit, comme

Meschonnic, contre une linguistique abstraite et souligne l’importance de la spécificité des langues et des cultures : « There is room, I submit, for an approach whose bias of interest

» (After Babel, 107). Il envisage la traduction

dans une perspective très large qui inclut la traduction à l’intérieur d’une même langue et s’élève contre les orientations extrêmes vers le pôle source ou le pôle cible, en proposant une position plus nuancée, axée sur un équilibre entre les deux. Georges Mounin s’exprimait déjà sur ce thème. Dès le premier chapitre des Problèmes théoriques de la traduction , il pose clairement son point de vue « Pourquoi étudier la traduction comme un contact de langues ? Tout d’abord parce que c’en est un » (4). Il consacre une partie importante de son livre aux obstacles que représentent, dans l’activité de traduction, l’organisation différente selon les langues des données de l’expérience. Le chapitre V de cet ouvrage s’intitule d’ailleurs « L’activité traduisante et la multiplicité des civilisations ». Jean-René Ladmiral, adoptant la distinction entre langue et parole, déclare « On ne traduit pas des signes par des signes, non pas tant des unités de langue par des

focuses on languages, rather than Language

3

Document téléchargé depuis www.cairn.info - -

- 190.220.240.242 - 13/05/2012 04h05. © Pub. linguistiques

- 190.220.240.242 - 13/05/2012 04h05. © Pub. linguistiques

Document téléchargé depuis www.cairn.info - -

unités de langue, mais bien plutôt des unités de parole ou de discours théorèmes pour la traduction, 206).

Eugene Nida se situe explicitement dans une perspective qui envisage le langage dans une dimension universelle. Selon la tradition américaine il associe la linguistique dans ses rapports avec l’ethnologie. Il distingue deux types d’équivalence : l’équivalence dynamique et l’équivalence formelle : la première étant l’équivalent le plus proche du message de la langue source, la deuxième la correspondance entre unités linguistiques au niveau de la structure syntaxique. Sa théorie englobe l’auteur et le destinataire et se rattache en ceci à un modèle de communication. George Steiner insiste également sur la nécessité d’associer la traduction à un modèle de communication : « Any model of communication is at the same time a model of trans- lation, of a vertical or horizontal transfer of significance » ( After Babel, 45). Mais il ne limite pas la fonction du langage à la communication. La prise en compte ou non du modèle « communicationnel » est en fait largement conditionnée par le type de traduction auquel se sont attachés les théoriciens. Mais un deuxième paramètre entre en jeu, qui est dans une certaine mesure lié au premier : c’est le fait que pour la majorité des théoriciens l’objectif de la traduction ne constitue pas un enjeu. C’est Louis Kelly qui en souligne explicitement la nécessité. « The basic variable » dit-il « is not one of subject matter, but one of intent. The translator assesses the function in Buhler’s terms of his source text ; he judges his responsibility in relation to his reader, even if, as in the case of Benjamin, that means

ignoring him » (The True Interpreter, 220) et plus loin «

translation theory in the context of anthropological research and Christian missionary activity, the English to fit the needs of colonial administration » (Ibid, 225). Sauf lorsqu’il s’agit de traduction technique (cf. l’article de Nicolas Froeliger dans ce numéro), ce critère a trop souvent été minimisé. Il explique en effet dans une certaine mesure, l’orientation des traducteurs littéraires qui vont parfois jusqu’à occulter complètement le destinataire. L’attention portée à la forme du texte source dépendra également largement de la nature du texte à traduire. Plusieurs théoriciens s’insurgent, en effet, contre une conception dualiste de la forme et du sens. Ce dualisme va, chez certains théoriciens comme Charles Taber, jusqu’à considérer que le style n’est qu’un rajout, un embellissement. Or, comme le dit Meschonnic séparer le sens et le style, poser d’abord le sens, puis le style, n’est ni innocent ni simple. Sans entrer dans le débat de la typologie des textes, qui est nécessairement problématique, il va de soi qu’au delà d’un certain seuil les difficultés de traduction ne seront pas du même ordre pour un texte littéraire que pour un texte technique. Qu’il s’agisse du fonctionnement du langage ou de la traduction, on ne peut pas pour autant poser le problème en termes de dichotomie. Dans les cas les plus extrêmes, comme dans Les belles infidèles de Georges Mounin, la poésie est opposée à la science. D’autres théoriciens, en revanche, envisagent à juste titre le fonctionnement du langage dans le cadre d’un continuum. George Steiner s’inscrit dans cette perspective lorsqu’il dit : « Between the most hermetic poem or the most banal prose, the question of translatability is only one of degree » (op. cit., 144). De même, Louis Kelly déclare : « Multiplicity of genre does not preclude unified theory ; unity in theory does not deny variety in genre » (op. cit., 219)

2.2. Développement de la traduction

the Americans developed

» (Traduire :

4

Document téléchargé depuis www.cairn.info - -

- 190.220.240.242 - 13/05/2012 04h05. © Pub. linguistiques

- 190.220.240.242 - 13/05/2012 04h05. © Pub. linguistiques

Document téléchargé depuis www.cairn.info - -

Si la théorie de la traduction a été longtemps centrée sur la littérature et la bible, le plaidoyer de Louis Kelly pour une théorie unifiée est d’autant plus pertinente que l’on voit

s’accroître aujourd’hui la « variété des genres » dans l’activité de traduction. Ainsi textes juridiques, ouvrages scientifiques et économiques, modes d’emploi, articles de presse,

publications des organismes internationaux

exhaustive, tant les domaines sont nombreux. C’est à la fois la quantité des informations et la nécessité de les diffuser à une échelle internationale qui a donné naissance à la traduction automatique. Le programme Eurotra lancé par la Communauté Européenne avait pour objectif de traduire un même texte directement dans plusieurs langues, ce qui a motivé de nombreuses recherches dans les pays concernés. Les résultats obtenus ont cependant obligé les chercheurs à réorienter cette perspective. Plutôt que de traduction automatique ils parlent actuellement de « traduction assistée par ordinateur ». Leur recherche est sans doute orientée davantage vers la pratique de la traduction que vers une réflexion théorique. Néanmoins l’échec reconnu de certaines tentatives met le doigt sur le fait que la traduction automatique ne peut pas prendre en compte tous les paramètres qui conditionnent le passage d’un texte d’une langue à l’autre. Elle met à jour et ceci indirectement la complexité de l’activité de traduction. Le fait que la traduction a acquis dans la deuxième partie du 20ème siècle un statut institutionnel a également motivé de nombreuses publications dans le domaine de la traduction. Ainsi en 1947 est créée la Société française des traducteurs, en 1953 la Fédération internationale des traducteurs et en 1973 l’Association des traducteurs littéraires. La création de centres de traduction, pour la traduction littéraire à Strahlen en Allemagne et à Arles en France, pour la traduction technique à Paris, témoigne largement de l’intérêt croissant pour cette activité.

2.3. Multiplication des courants théoriques

; il est difficile d’en donner une liste

Conjointement avec cette évolution dans le domaine pratique, les courants théoriques se multiplient et se diversifient. Au-delà des spécificités, on distingue actuellement trois démarches essentielles, le modèle idéal fondé sur la critique des traductions et sur un jugement qualitatif, le modèle scientifique fondé sur la systématisation des phénomènes observables, et le modèle qui vise l’opération de traduction au moment même où l’on traduit. Les adeptes de l’approche « évaluative » se réclament de Walter Benjamin. Les critères proposés dans La tâche du traducteur (1923) que l’on peut associer à l’optique du romantisme allemand, ont largement influencé tout un courant de réflexion sur la traduction. Benjamin envisage la traduction comme une transformation qui dans un même temps modifie l’oeuvre originale, et enrichit la langue maternelle grâce à la langue étrangère. Henri Meschonnic se réclame de Benjamin dans son rejet de « l’annexion traductrice ». En revanche, il s’inscrit contre le littéralisme formel d’André Chouraqui (traductions de la Bible, 1951, 1952) qui constitue pour lui une violation de la langue (De Jonas à Jona, 1981). Meschonnic insiste sur la nécessité d’une théorie qui s’appuie sur la pratique et qui tienne compte de la dimension globale du discours. Il souligne tout particulièrement l’importance du rythme et de « l’oralité » dans le texte écrit.

5

Document téléchargé depuis www.cairn.info - -

- 190.220.240.242 - 13/05/2012 04h05. © Pub. linguistiques

- 190.220.240.242 - 13/05/2012 04h05. © Pub. linguistiques

Document téléchargé depuis www.cairn.info - -

Antoine Berman se situe également dans la lignée de Benjamin et consacre son premier ouvrage, L’épreuve de l’étranger, à l’Allemagne romantique dans ses rapports avec la culture. Comme Meschonnic il s’élève contre « la négation systématique de l’étrangeté de l’oeuvre étrangère »et affirme la nécessité de dégager une éthique de la traduction. Dans son deuxième ouvrage, Pour une critique des traductions : John Donne, il envisage la possibilité d’évaluer les traductions selon des critères consensuels et avance deux critères pour fonder un jugement qui dépasserait la dimension subjective. Le premier est d’ordre éthique et constitue donc une reprise des critères déjà avancés dans son premier ouvrage ; le deuxième est d’ordre poétique. Berman centre son analyse sur la critique des traductions et plus particulièrement celles de John Donne. Il s’exprime par ailleurs sur les mérites respectifs des démarches théoriques orientées vers le texte source ou le texte cible. Lorsque Jean Laplanche et son équipe entreprennent de traduire l’oeuvre de Freud en français, ils adoptent une position qui contrairement à la majorité des théoriciens se définit antérieurement à l’oeuvre traduite. Ils entendent, au nom de la cohérence, traduire toutes les occurrences d’un même mot chez l’auteur par un même mot en français. Ils se réclament en ceci de la lignée de Berman, mais il semble que cette assimilation soit quelque peu abusive. Berman lui-même a récusé cette déclaration : sa position à l’égard du texte étranger n’a, en effet, jamais pris la forme d’un littéralisme lexical. Lorsque le volume XIII, le premier à paraître dans la collection, est sorti en 1988, il a donné lieu à un débat parmi les traducteurs, qui faisait suite aux divergences antérieures à ce sujet entre psychanalystes et grammairiens. Les psychanalystes, avec l’appui de Freud, estimaient qu’il fallait germaniser le français, les grammairiens, en revanche, s’orientaient vers la francisation de l’allemand. Ces divergences nous ramènent une fois de plus au débat pôle source / pôle cible. La deuxième démarche évoquée plus haut n’est fondée ni sur une critique des traductions, ni sur un jugement qualitatif mais sur l’observation neutre des textes traduits. La relation entre pratique et théorie est centrale dans les deux cas mais elle n’est pas du tout du même ordre. La première propose un modèle idéal. Cette position se reflète dans la terminologie utilisée : « la tâche du traducteur » (W. Benjamin), « la visée du traducteur » (A. Berman). La deuxième cherche, à partir d’un ensemble de textes traduits, à déterminer de façon objective les « normes » intériorisées qui conditionnent le texte cible. Il s’agit d’une démarche déductive et non prescriptive. Elle se manifeste essentiellement dans deux approches, celle de Gideon Toury ( In Search a Theory of Translation, 1980) et l’école de Tel-Aviv, et de José Lambert (Literature and Translation, 1978) qui met l’accent sur l’aspect historique et socio-culturel des traductions et les normes qui conditionnent leur acceptabilité dans une culture donnée, à une époque donnée, et celle de Jacqueline Guillemin-Flescher 1 et al. 2 , et de Michel Ballard (La Traduction de la théorie à la didactique, 1984) qui est directement liée à une théorie du langage. Celle-ci cherche à déterminer, à partir des choix récurrents et dans certains cas quasi-contraignants dans la pratique des traducteurs, les critères intériorisés qui conditionnent leur activité. La troisième démarche se situe en dehors du débat texte source / texte cible mais s’inscrit néanmoins dans la lignée prescriptive. Il s’agit de la théorie de Danika Seleskovitch et Marianne Lederer exposée dans Interpréter pour traduire (1984). Tout en englobant les

1 Syntaxe comparée du français et de l’anglais : problèmes de traduction, 1981.

2 Collection Linguistique contrastive et traduction, Paris, Ophrys, 1992 .

6

Document téléchargé depuis www.cairn.info - -

- 190.220.240.242 - 13/05/2012 04h05. © Pub. linguistiques

- 190.220.240.242 - 13/05/2012 04h05. © Pub. linguistiques

Document téléchargé depuis www.cairn.info - -

textes écrits, leur théorie est centrée sur l’interprétation, et cherche à cerner les étapes qui caractérisent l’acte de traduction, au moment même où on traduit. Cette opération se décompose pour les auteurs en trois étapes : l’interprétation du texte afin d’en dégager le sens, la « déverbalisation » du texte d’origine, et la ré-expression du sens dans le texte d’arrivée.

2.4. Mise en regard des théories

Est-il possible au terme de cet exposé, d’évaluer les différentes théories dont il a été question ? La tâche s’avère difficile en ceci que les divergences découlent dans la plupart des cas d’objectifs différents et par conséquent de conceptions différentes de la notion de théorie. Cette situation a engendré des malentendus constants, les uns reprochant souvent aux autres de ne pas avoir fait ce qu’ils n’ont jamais cherché à faire. Il semble donc pertinent de mettre à jour la ou plutôt les sources de ces malentendus. Prenons tout d’abord le débat central sur les orientations pôle source / pôle cible. A partir du 20ème siècle ce débat est directement lié au domaine dont relève la théorisation :

littérature et psychanalyse d’un côté, sociologie et linguistique de l’autre. Le rapport entre pratique et théorie en est directement affecté, puisque dans le premier cas il s’agit d’une théorie prescriptive, dans le deuxième d’une théorie déductive . Cette distinction demande à être nuancée puisque à l’intérieur de la position prescriptive plusieurs tendances se dégagent ; les traducteurs littéraires fondent en effet leurs critères sur la critique de traductions existantes, alors que les traducteurs de Freud déterminent les critères qui doivent orienter leur pratique préalablement à l’acte de traduire. Il faut rendre hommage à l’un et à l’autre de leur souci de respecter le texte original. Cette motivation implique cependant dans certains cas une méconnaissance du fonctionnement du langage. Si certains tenants de cette position parlent de compenser les effets stylistiques du texte de départ, d’autres considèrent que chaque effet stylistique doit être rendu dans le texte d’arrivée. Cette position se rapproche de la position des traducteurs de Freud, plus extrême cependant, puisque celle-ci consiste à traduire toutes les occurrences d’un même terme dans le texte d’origine par un même terme dans la langue d’arrivée. L’observation d’un ensemble de textes traduits fait apparaître clairement que rendre systématiquement un effet stylistique par un même effet stylistique ne peut aboutir qu’à un texte incongru. D’une part tout effet stylistique est conditionné par la grammaire de la langue envisagée, d’autre part certains effets stylistiques font partie de l’usage commun dans une langue donnée et non dans l’autre. L’effet produit pourra de ce fait être tout à fait naturel dans un cas, et marqué, voire incongru dans l’autre. La traduction systématique d’un terme par le même terme ne tient pas compte du fait que les champs sémantiques ne sont pas identiques d’une langue à l’autre . Il est bien sûr naturel que les théoriciens littéraires soient concernés plus particulièrement par l’aspect créatif d’une œuvre. Il est d’autre part impossible pour les linguistes qui s’inscrivent dans une théorie qui vise une systématisation des phénomènes observés, et de ce fait leur prédictibilité, de prendre en compte ce qui est spécifique à chaque œuvre. Il s’ensuit que leur réflexion s’arrête précisément au seuil à partir duquel commence la théorie de la traduction littéraire. Contrairement à ce que l’on suppose souvent, cela n’implique d’aucune façon qu’ils nient l’existence d’effets stylistiques. Ils les considèrent au contraire comme faisant partie intégrale du langage et non comme « un écart par rapport à une

7

Document téléchargé depuis www.cairn.info - -

- 190.220.240.242 - 13/05/2012 04h05. © Pub. linguistiques

- 190.220.240.242 - 13/05/2012 04h05. © Pub. linguistiques

Document téléchargé depuis www.cairn.info - -

norme ». Il convient de souligner, en outre, le fait que les théories prescriptives s’attachent presque systématiquement à une catégorie de textes et ne peuvent donc constituer une théorie unifiée de la traduction. A titre d’exemple, on ne peut que souscrire à l’importance qu’accorde Meschonic au rythme dans les traductions bibliques ou littéraires. La pertinence de ce critère semble cependant moins évidente pour des textes techniques. Un des préceptes qui sévit de façon diffuse est la nécessité de traiter dans la réflexion théorique tous les paramètres qui entrent en jeu dans la traduction : c’est à dire, les phénomènes linguistiques, littéraires, sociologiques, etc. Une telle perspective ne peut s’appliquer qu’à une théorie prescriptive. Une tentative d’intégrer toutes ces dimensions dans une théorie dont l’objectif est de systématiser, en vue d’une explication, les faits observés ne pourrait aboutir à des conclusions cohérentes, puisque chacun de ces aspects relève d’un domaine théorique distinct. La théorie interprétative de la traduction constitue un cas à part dans la mesure ou elle est centrée sur le processus même de traduction. L’insistance sur la reformulation du sens dégagé à partir de l’interprétation du texte d’origine compte tenu de facteurs externes non- explicites a nécessairement sa place dans une théorie ancrée essentiellement sur la traduction orale. Elle s’applique également dans une certaine mesure à la traduction écrite. Il semble cependant qu’on ne peut assimiler totalement ces deux types d’opérations. Pour ne parler que des textes littéraires, la prise en compte du rythme et de la qualité poétique d’un texte implique davantage qu’une reformulation du sens. D’un point de vue terminologique l’emploi de l’expression « déverbalisation », de même que le « vouloir dire » du locuteur, semble quelque peu abusif. Il est certain qu’il est souvent nécessaire de s’écarter de la structure syntaxique et du lexique d’origine pour aboutir à une traduction réussie, mais la construction du sens peut-elle pour autant être dissociée du langage ? Par ailleurs, si on sait ce que dit le locuteur ou l’auteur d’un texte écrit, peut-on vraiment savoir ce qu’il « veut dire » ? Il semble difficile faute de preuves objectives, de parler du caractère univoque, non-ambigu du langage. La théorie interprétative est largement fondée sur une mise en question de la linguistique mais seuls certains cadres linguistiques sont envisagés : le structuralisme, la linguistique générative et la psycholinguistique. Deux aspects de la linguistique sont plus particulièrement visés. Premièrement le caractère abstrait, virtuel, hors contexte de la langue par opposition au discours. On peut s’étonner du fait que cette critique reste inchangée dans la version revue et corrigée de Interpréter pour traduire qui date de 2001, alors que tout un courant de la recherche en traduction depuis plus de vingt ans s’appuie sur une linguistique du discours, insiste sur les valeurs contextuelles, sur la construction des valeurs référentielles à partir de la mise en relation des termes de l’énoncé, du repérage de relation prédicative par rapport à l’énonciateur et la situation d’énonciation. La deuxième objection de la théorie interprétative est que les linguistes ne voient dans l’opération de traduction qu’une « réaction de substitution d’une langue à l’autre » 3 . Si les linguistes s’attachent aux énoncés du texte original et du texte traduit, ce n’est aucunement parce qu’ils imaginent que l’on passe directement « de langue à langue » sans reconstruire le sens, mais parce qu’ils présentent les seuls faits objectivement attestables. Par ailleurs, l’objectif est radicalement différent de celui de la théorie interprétative. Ils ne cherchent pas

3 D. Seleskovitch in Interpréter pour traduire, page 308.

8

Document téléchargé depuis www.cairn.info - -

- 190.220.240.242 - 13/05/2012 04h05. © Pub. linguistiques

- 190.220.240.242 - 13/05/2012 04h05. © Pub. linguistiques

Document téléchargé depuis www.cairn.info - -

à saisir l’opération de traduction au moment où elle s’effectue, mais à dégager les phénomènes généralisables dans l’activité de traduction.

3. Activité de traduction et contraintes linguistiques

Qu’entend-on par les phénomènes généralisables dans l’activité de traduction ? Il s’agit des paramètres culturels qui se reflètent dans l’organisation du discours. S’il est vrai que l’on traduit des textes et non de la langue, il semble cependant illusoire de penser que l’on puisse systématiquement rendre « le marqué par le marqué et le non-marqué par le non- marqué » 4 Cela supposerait que le niveau créatif du langage soit indépendant de la grammaire et de l’usage. La traduction sera alors perçue non comme re-création du texte original, mais selon le cas comme étrange ou incongrue. Le problème est clairement posé par George Steiner : « Should a good translation edge its own language towards that of the original, this creating a deliberate aura of strangeness, of peripheral opaqueness ? Or should it neutralize the character of the linguistic import so as to make it at home in the speech of the translator and its readers ? » (op.cit., 266) Plus que les théoriciens, ce sont les écrivains qui se sont exprimés à ce sujet. On pourrait citer, en particulier, Michel Tournier qui fait allusion à son expérience de traducteur dans un essai intitulé Le vent Paraclet. Voici ce qu’il dit :

« La traduction est certainement l’un des exercices les plus profitables auquel puisse se soumettre un apprenti écrivain, l’objectif étant la formulation d’une pensée étrangère dans un français aussi coulant, souple et familier que possible. Le traducteur se doit d’apprendre à manier en virtuose les clichés, locutions, formules toutes faites, tournures usuelles et autres idiotismes qui constituent le fond de la langue dans laquelle il écrit, et dont l’absence ou la rareté caractérise ce jargon abominable qu’on a appelé le « traduit du ». Et il dit plus loin :

« Or, cet exercice prépare excellemment à l’oeuvre originale. En effet, le maniement constant des pièces essentielles constituant l’automatisme de la langue apprend non seulement à s’en servir dans la traduction mais à les gauchir et à les éliminer dans l’oeuvre originale. » (op. cit.,164) On pourrait encore citer l’essai d’Yves Bonnefoy : Shakespeare et le poète français (1962), ou les réflexions de Julien Green dans Le langage et son double (1985). Chacun d’eux dit à sa manière combien il est difficile d’exprimer une pensée et une vision de l’univers dans une langue qui correspond à une autre culture.

Essayons de voir à partir d’exemples concrets concernant la désignation par deixis, comment se manifestent ces différences dans l’organisation discursive en français et en anglais. Je ne m’attarderai pas sur la différence entre les marqueurs déictiques dans les deux langues. Celles-ci devront nécessairement être prises en compte, mais l’essentiel concerne les repérages qui prédominent dans l’organisation des énoncés. Voici les exemples :

(1) Les moindres bruits parlent. Un son mat ? C'est un rocher qui se détache de la

falaise [

]

un écho feutré et sourd ? C'est un pan de neige qui glisse ; ce névé qui

4 H. Meschonnic, Pour la poétique II, p. 315.

9

Document téléchargé depuis www.cairn.info - -

- 190.220.240.242 - 13/05/2012 04h05. © Pub. linguistiques

- 190.220.240.242 - 13/05/2012 04h05. © Pub. linguistiques

Document téléchargé depuis www.cairn.info - -

brille ? A contourner si possible, la neige y est molle. Cette glace noire ? A éviter, elle se déroberait sous le pied. Cette glace blanche ? Bonne, épaisse.

(J. Malaurie, Les derniers rois de Thulé, 407)

The smallest noises were eloquent. A dull thud ? A rock had broken loose and fallen

A low, muffled echo ? A section of snow had slid down some

slope. A patch of shining névé ? Better skirt it, because there the snow was soft.

Black ice ? Avoid that, too, for it would give way under me. White ice ? Good, thick

(2)

from the cliff [

]

(A. Foulke, p. 290) prix des produits locaux est incroyablement bas : cet ananas me coûterait

vingt sous, ce régime de bananes deux francs, ces poulets qu'un boutiquier italien

fait rôtir à la broche, quatre francs.

le

(C. Lévi-Strauss, Tristes tropiques, 95)

the

prices of local produce were incredibly low. A pineapple cost twenty sous, a

bunch of bananas two francs, ø chickens, spit-roasted by an Italian shopkeeper, four francs each.

Le premier exemple renvoie à une classe d’occurrences hypothétiques : ce nevé ; Cette glace noire ? ; Cette glace blanche ?, le deuxième à une classe d’occurrences quelconques :

cet ananas, ce régime de bananes, ces poulets. Dans les deux cas la classe d’occurrences renvoie à un domaine notionnel qu’elles exemplifient, à savoir : Les moindres bruits parlent (en 1) et le prix des produits locaux est incroyablement bas (en 2). Chaque élément est désigné en français par deixis, en anglais par un article indéfini au singulier et un marqueur Ø au pluriel. Si les déictiques étaient maintenus dans la traduction, les éléments évoqués seraient interprétables comme des occurrences discrètes dans un contexte situationnel spécifique. En d’autres termes la valeur hypothétique ou quelconque serait neutralisée. En français, l’effet stylistique dans les deux exemples provient du fait que les éléments sont envisagés comme occurrences quelconques tout en figurant dans des mises en situation simulées. Or, en raison des contraintes évoquées on ne peut maintenir ce jeu d’ambiguïté en anglais. Citons encore un exemple tiré d’un commentaire au cours d’un match de hockey sur glace aux Jeux Olympiques :

J’espère vous annoncer bientôt cette victoire et ce soir cette qualification Il s’agit de la victoire hypothétique d’une équipe française en vue d’une qualification non moins hypothétique dans un tournoi. La victoire n’étant pas acquise au moment de l’énonciation, les déictiques ne pourraient pas être maintenus dans une traduction anglaise.

(J. & D. Weightman, 81-82)

Conclusion

Théoriser la traduction ? On peut se demander, compte tenu de la complexité du problème, si cette théorisation est possible. La divergence entre les positions dominantes entraîne des interrogations. Il semble, en effet, difficile de concilier les différents courants. La raison en est que le concept même de théorie est radicalement différent selon le cas. Ce fait est rarement pris en compte, voire même perçu. C’est la raison même des malentendus entre théoriciens. Les partisans du texte source entendent par théorie une idéologie de la traduction. Ils érigent des principes, fondés dans la majorité des cas, sur une critique des

10

Document téléchargé depuis www.cairn.info - -

- 190.220.240.242 - 13/05/2012 04h05. © Pub. linguistiques

- 190.220.240.242 - 13/05/2012 04h05. © Pub. linguistiques

Document téléchargé depuis www.cairn.info - -

traductions et sur une évaluation subjective de leur qualité. Le courant fondé sur l’observation neutre de textes traduits vise, dans la mesure du possible, une systématisation des faits et, par conséquent, leur prédictibilité. L’articulation entre pratique et théorie s’en trouve sensiblement modifiée. Dans un cas la réflexion du théoricien est fondée sur sa pratique personnelle, dans l’autre sur la pratique d’un ensemble de traducteurs. La deuxième démarche est motivée par un double souci : s’appuyer sur des critères objectifs et envisager une variété de textes afin de tendre vers une théorie unifiée et une généralisation. Une prise de conscience des deux acceptions du terme « théorie », permettrait au moins de dissiper les malentendus

Jacqueline Guillemin-Flescher Université Paris 7-Denis Diderot

Département d’Etudes Anglophones 10, rue Charles V 75004 Paris E-mail : guillemin.fl@paris7.jussieu.fr

Références

Arrowsmith, W. & Shattuck, R. (eds.) (1971) : The Craft and Context of Translation. Réimpression (1e ed., 1961), Austin, University of Texas Press. Ballard, M.(1992) : De Ciceron à Benjamin. Traducteurs, traductions, réflexions. Lille, Presses Universitaires de Lille.

- La traduction de la théorie à la didactique, Lille, Presses Universitaires de Lille, 1984

Bassnett-McGuire, S.( 1980) :. Translation Studies. Londres, Methuen. Benjamin, W. (1923) : Die Aufgabe des Ubersetzers. Préface à la traduction des Tableaux parisiens de Baudelaire, Weisbach, Heidelberg. Trad. française de Maurice de Gandillac, La tâche du traducteur, in Oeuvres, vol 1, Mythe et violence , Paris, Denoël, 1971, 261-275.

Berman, A.(1984) : L’épreuve de l’étranger. Culture et traduction dans l’Allemagne romantique. Paris, Gallimard (coll. ‘Les essais’ CCXXVI).

- Pour une critique des traductions : John Donne , Paris, Gallimard, 1995.

Bonnefoy, Y.( 1962) : Shakespeare et le poète français. Dans Hamlet, traduction d’Yves Bonnefoy, Paris, Mercure de France. Brower, R.A. (1966) : On Translation. Réimpression (1e éd., 1959), New-York, Oxford University Press (Galaxy Books n° 175). Cary, E.(1956) : La traduction dans le monde moderne. Genève, Georg. Catford, J.-C. (1965) : A linguistic theory of translation. Londres, Oxford University Press.

Green, J. (1985) : Le langage et son double. Paris, Éditions de la Différence.

Guillemin-Flescher, J

traduction. Paris, Ophrys. Holmes, J. S. (éd.) (1970) : The Nature of Translation, Essays on the Theory and Practice of Literary Translation. La Haye-Paris, Mouton. van Hoof, H. (1973) : Internationale Bibliographie der Übersetzung, International Bibliography of Translation, Pullach bei München, Verlag Dokumentation,1973 (Handbuch der internationalen Dokumentation und Information, n°11). Kelly, L.G.(1979) : The True Interpreter. A history of Translation Theory and Practice in the West. Oxford, Blackwell.

(1981)

: Syntaxe comparée du français et de l’anglais : problèmes de

11

Document téléchargé depuis www.cairn.info - -

- 190.220.240.242 - 13/05/2012 04h05. © Pub. linguistiques

- 190.220.240.242 - 13/05/2012 04h05. © Pub. linguistiques

Document téléchargé depuis www.cairn.info - -

Ladmiral J.-R. (1979) : Traduire : théorèmes pour la traduction. Paris, Payot / Gallimard, 1994. Lambert, J. (1978) :. Literature and Translation. Leuven, J. S. Holmes, J. Lambert & R. van den Broeck,. Larbaud, V. (1984) :. De la traduction. Arles, Actes Sud. Levi-Strauss, C.( 1955, 1976) : Tristes tropiques. Paris, Plon, Trad. anglaise par Weightman J.& D., New York, Pocket Book, 1977. Malaurie, J. (1976) :. Les derniers rois de Thulé. Paris, Plon, collection "Terre Humaine". Trad. Anglaise par Foulke A., Londres, Jonathan Cape, 1982. Meschonnic, H.(1973) : Pour la Poétique II, Epistémologie de l’écriture, Poétique de la traduction. Paris, Gallimard. Meschonnic, H.(1981) : Traduire la bible, de Jonas à Jona. Langue Française 51, 35-52. Mounin, G.(1955) :. Les belles infidèles. Paris, Cahiers du Sud. Mounin, G.(1963) :. Les problèmes théoriques de la traduction. Paris, Gallimard. Newmark, P. (1984) : Approaches to Translation. Réimpression (1e éd. 1981), Oxford, Pergamon Press.

Nida, E

(1964)

: Toward a Science of Translating. Leiden, Brill,.

Nida, E

(1975)

: Language structure and translation : essays. Stanford, Stanford University Press.

Nida, E. & Taber, C. R. (1969) : The theory and practice of translation. Leiden, Brill.

Reiss, K.(1971) : Möglichkeiten und Grenzen der Übersetzungskritik. Kategorien und Kriterien für eine sachgerechte Beurteilung von Übersetzungen. Munich, Hueber. Rener, F. (1989) : Interpretatio : Language and Translation from Cicero to Tytler. Amsterdam, Rodopi. Seleskovitch, D. & Lederer M. (1984) : Interpréter pour traduire. Paris, Didier Erudition(rééd. 2001). Steiner, G.( 1975-1977) : After Babel. Aspects of Language and translation. New-York London, Oxford University Press. Trad. française par Lotringer L. : Après Babel. Paris, Albin Michel,

1978.

Tournier, Michel. Le vent Paraclet, Paris, Gallimard « Folio », 1981.

Toury, G. In search of a theory of translation, The Porter Institute for Poetics and Semiotics, Tel- Aviv University, 1980.

Tytler, A. F

Dent. Wilss, W. (1982) : The Science of Translation, Tübingen, Gunter Narr Verlag.

1907) : Essay on the Principles of Translation, réimpression (1e éd., 1791), Londres,

(

12