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Savoie

La Savoie (prononciation : /sa.vwa/, en savoyard, francoprovençal ou arpitan :


Savoie
Savouè) est une région historique française située dans les Alpes du Nord. Elle tire son
Savouè (frp)
nom, entre autres, d'un ancien duché cédé par ses princes à la France en 1860 en
échange de son aide militaire contre l'empire d'Autriche lors de deuxième guerre
d'indépendance italienne. Elle correspond aujourd'hui au territoire de deux
départements français de la Savoie et de la Haute-Savoie, au sein de la région
Auvergne-Rhône-Alpes.

Le territoire et le terme dérivent en partie de la Sapaudia gallo-romaine, puis de la


Saboia franque. Comme l'indique le chanoine Adolphe Gros dans son Dictionnaire
étymologique des noms de lieu de la Savoie (1933), on trouve différentes variations au
cours des siècles de la définition d'un territoire de Savoie. Il existe ainsi, une Savoie
antique, une Savoie carolingienne, une Savoie médiévale, berceau des seigneurs de
e
Savoie, comté au XI siècle, puis duché en 1416 avant de n'être qu'une des
Localisation en Europe de la Savoie
composantes du royaume de Sardaigne. Le duché est réuni ou annexé à la France par
le traité de Turin en 1860, en échange de l'aide apportée au roi de Sardaigne dans le
projet de réunification de l'Italie. La Savoie est composée de six bailliages devenues
provinces : la Savoie Propre, la Maurienne, la Tarentaise, le Chablais, le Genevois et
le Faucigny, auxquels on distingue parfois l'Avant-Pays savoyard. Les deux Détail Détail
départements actuels — Savoie et Haute-Savoie —, issus de la négociation entre deux
souverains, ont pu garder le nom historique dans leur dénomination, mais cela a pu ou Administration
peut aussi prêter à confusion dans les usages. Observateurs, médias ou institutionnels Pays France
utilisent donc parfois les expressions « Pays de Savoie », « les Savoie » et depuis Statut actuel départements :
2015 « Savoie Mont Blanc » (initialement pour un usage promotionnel) pour parler - Savoie (73)
de la région. - Haute-Savoie (74)
Préfectures - Chambéry (73)
Ses habitants sont appelés communément Savoyards, mais le terme Savoisien est tout - Annecy (74)
2, 3
aussi correct. On trouve plus rarement le termeSavoyen .
Sous-préfectures Albertville (73)
Bonneville (74)
Saint-Jean-de-
Maurienne (73)
Saint-Julien-en-
Genevois (74)
Thonon-les-Bains (74)
Démographie
Gentilé Savoyard(e),
Savoisien(ne)
Population 1 222 142 hab. (2015)
Densité 117 hab./km2
- Savoie (73) 428 204 hab. (2015) 1

- Haute-Savoie (74) 793 938 hab. (2015) 1

Géographie
Coordonnées 45° 34′ 12″ nord,
5° 54′ 42″ est
Superficie 10 416 km2
- Savoie (73) 6 028 km2

- Haute-Savoie (74) 4 388 km2


Divers

Sommaire Hymne Les Allobroges


Langues français, francoprovençal
Géographie (arpitan) dont le
Localisation savoyard
Les sous-régions naturelles
Fêtes 19 février (élection du
Hydrographie duché de Savoie)
Climat 22 septembre (fête du
Urbanisme saint patron Maurice
Origine du nom et usages d'Agaune)

Histoire
La Savoie gallo-romaine et carolingienne
La Savoie médiévale
La Savoie contemporaine
Politique
Administration
Coopération administrative
Courants identitaires
Population et société
Démographie
Médias
Télévision
Presse écrite
Radio

Économie
Tourisme
Culture locale et patrimoine
Langue
Annexion française
Situation actuelle
Religion
Littérature et tradition orale
Musique
Cinéma
Gastronomie
Costumes
Emblèmes et symboles de Savoie
Drapeau
Hymne
Quelques autres emblèmes et symboles
Voir aussi
Bibliographie
Articles connexes
Liens externes
Institutionnels
Touristiques et culturels

Notes et références
Notes
Références

Géographie

Localisation
Le territoire de la région historique de Savoie correspond à l'ancien territoire du duché de Savoie. Le chanoine Gros donne une description d'un
4
« pays situé entre le Rhône et les Alpes, au sud dulac Léman et au nord du Dauphiné » . Plus précisément, il délimité par :

le Léman au nord ;
la crête des Alpes, d'est au sud : massif du Chablais, massif du Mont-Blanc, col du Petit-Saint-Bernard, massif frontalier avec
le Val d'Aoste dont la Grande Sassière, massifs des sources de l'Isère et de l'Arc juxtaposant le Grand Paradis,massif du
Mont-Cenis, massif des Cerces (Mont Thabor), col du Galibier, massif des Arves, massif des Grandes Rousses, Belledonne ;
la commune les Marches et la ville Le Pont-de-Beauvoisin, au sud, frontière avec leDauphiné ;
le massif de la Chartreuse, au sud-ouest ;
le Rhône et la rivière Guiers, à l'ouest.
La Savoie forme ainsi un « bloc solide, une sorte d'épais tronc d'arbre allongé du Nord au Sud sur 145 km et gonflé d'Est en Ouest sur une
5
centaine, soit une superficie un peu supérieure à 10 000 km2 » . Ce territoire compact offre des paysages variés, marqués par l'empreinte alpine,
des Préalpes, les basses terres, aux sommets enneigés des Alpes, reliées par de grandes vallées intra-alpines. Ces dernières se trouvent à l'origine
du découpage provincial traditionnel.

Les sous-régions naturelles


On peut distinguer quatre types de régions
Note 1
naturelles en Savoie :
Lac Léman
en tout premier lieu, en venant de
l'Ouest, l'avant-pays alpin (Avant-Pays
Pays de Gavot
savoyard, Chautagne) constitué de plis Pays de la Côte-en-Chablais
jurassiens, précédant une plaine Chablais
formée par des molasses jurassiennes Val d'Abondance
(Val du Bourget et le lac du Bourget, Val Vallée Verte
d'Yenne, Albanais, Semine, bas-
Genevois). Un fleuve, le Rhône,
entrecoupe ce paysage monotone. Il
est rejoint par quelques rivières,
7
encaissées dans ce relief , comme, au
Genevois Pays de Fillière Faucigny
Sud, le Guiers, puis le Fier et son
affluent le Chéran, plus au nord, Les Pays du Mont-Blanc
Usses.
Albanais Aravis
puis viennent les Préalpes avec des Chautagne
Lac d'Annecy Mont-Blanc
massifs autonomes, de moyennes Val d'Arly
altitudes, séparés entre eux par des Lac du Bourget Pays de Faverges
cluses, et également des Alpes par le Beaufortain
Bauges
sillon alpin. Du Nord au Sud, le
Chablais ; les Bornes ; les Aravis ; les
Bauges. Paul Guichonnet les décrit Avant-Pays savoyard
Lac d'Aiguebelette
comme : « une symphonie en trois
couleurs : blancs bleutés du calcaire, Combe de Savoie Tarentaise
8 Savoie Propre
sapins noirs et verts pâturages » . De
nombreuses rivières découpent ces
ensembles montagneux : lesDranses
dans le Chablais ; le Giffre ; le Borne
dans le massif du même nom ; le
Chéran ; le Guiers-Vif. Maurienne Haute-Maurienne
ces massifs sont séparés par des
grandes vallées transversales
— appelées parfois dans de vieux
ouvrages « vestibules de
montagnes » — qui « vivent chacun
9
sous leur nom distinctif » : la vallée de
l'Arve de Genève à Chamonix, qui
correspond à la région historique du
Les pays de Savoie.
Faucigny ; le Genevois ponctué par la
cluse d'Annecy et son lac, les cluses de
Faverges et d'Ugine avant de rejoindre
la Combe de Savoie, partie intégrante du sillon alpin, où débouche la vallée de l'Isère, à la sortie de la vallée alpine de la
Tarentaise à Albertville ; à la confluence avec l'Arly, cette dernière est rejointe par l'Arc en provenance de la seconde majeure
vallée alpine de Savoie, laMaurienne ; au bout, le sillon se poursuit en Dauphiné et il est rejoint par la cluse de Chambéry
pour se poursuivre dans le département de Isère.
l'
enfin, les Alpes, grands massifs cristallins, que l'on peut diviser en sous-ensembles massif : du Mont-Blanc, massif du
Beaufortain, massif de la Lauzière et du Grand Arc et la partie savoyarde de Belledonne, que l'on qualifie d'Alpes d'externes,
et les alpes dites internes comme laVanoise faisant partie de la zone desalpes Grées. Sans oublier des massifs plus
10
proches du Briançonais comme lesAiguilles d'Arves, dont leur constitution fait l'objet de nombreuses études , ou encore les
massifs du Thabor, des Grandes Rousses, le Mont-Cenis qui avec la pointe de Charbonnel possède l'un des plus hauts pics
du département de la Savoie culminant à3 752 mètres, puis une partie du massif du Grand Paradis, dont les crêtes telles
que l'ouille d'Arbéron, la Grande aiguille Rousseou encore la Levanna forment la frontière orientale avec l'Italie, ou se situent
11
notamment les sources de l'Arc .
Le paysage alpin fait l'objet d'une préservation particulière face au développement urbain et touristique de ces trente dernières années. Ainsi la
Savoie s'est vue attribuer trois parcs permettant la protection et le développement de ce milieu fragile :

dès 1963, la création du parc national de la Vanoise ;


en 1995, création du parc naturel régional du Massif des Baugeset du parc naturel régional de Chartreuse.
D'autres lieux ne bénéficiant pas de statut particulier réussissent à maintenir un milieu moins marqué par l'anthropisation, comme la Beaufortain
ou le Chablais.

Hydrographie
Tous les cours d'eau, rivières et fleuves savoyards se jettent directement ou indirectement dans lehône
R et dans la Méditerranée.

Fleuve : Rhône, qui longtemps servit de frontière avec la France.


Rivières :

Le Guiers, dans l'avant-pays savoyard, qui se jette dans le Rhône, près deSaint-Genix-sur-Guiers
L'Isère, qui traverse la Tarentaise et la Savoie Propre, après avoir passé le département homonyme, se jette dans le
Rhône, et ses affluents le doron de Bozel, l'Arly et le doron de Beaufort.
L'Arc, traverse toute la Maurienne avant de se jeter dans l'Isère àAiton.
L'Arve, traversant le Faucigny, se jette dans le Rhône à1 kilomètre en aval du lac Léman.
La Leysse, qui traverse Chambéry puis le lac du Bourget, se jette dans le Rhône à Chanaz.
Le Gelon, prend sa source à Mont Gilbert, traverseLa Rochette, coule le long de la vallée dite du Gelon pour se jeter
dans l'Isère près de Bourgneuf

Climat
Bien que de type montagnard (reposant sur le triptyque pente, altitude et versant), le climat savoyard doit être différencié selon la situation en
vallée (avant-pays/préalpes/cluses avec l'exemple de Chambéry), où le vent joue un rôle important, et l'altitude, c'est-à-dire les massifs alpins
(station Chamonix). Le préfet du département du Mont-Blanc, Jean-Joseph de Verneilh-Puyraseau, dans son Statistique générale de la France,
Département du Mont Blanc (1807) indique : « Souvent au fond d'une vallée, le voyageur supporte avec peine l'ardeur d'un soleil brûlant, en
même temps qu'il aperçoit sur les monts qui l'environnent, les frimas d'un éternel hiver ; d'autres fois, après avoir traversé des neiges ou des
glaces sur les cols des montagnes, il rencontre, en descendant dans la plaine, d'abord des bois, ensuite une riante verdure, plus bas des fleurs ou
même des fruits. (p.164) »

La partie haute de la vallée de la Maurienne illustre le propos du préfet Verneilh de par sa situation encaissée par de très hauts massifs en grande
partie recouverts de glaciers, et subissant les puissants effets de foehn, est l'une des régions de France où les précipitations sont les plus faibles.
12
On compare très souvent cette région au climat quasi méditerranéen qui sévit en
Valais central en Suisse, aux alentours deSierre .

Urbanisme
La Savoie connaît un taux d'urbanisation de 70 %.
Elle appartient en partie au territoire nommé par
Raoul Blanchard, le sillon alpin, dans les années
1910. L'espace se situe plus précisément dans une
longue dépression située dans les Préalpes, entre
Valence (France) et de Genève (Suisse), dans un Thonon-
les-Bains
axe sud-ouest - nord-est. Les espaces de l'avant-
pays savoyard — Chambéry, le val du Bourget et Chablais
Aix-les-Bains, l'agglomération annécienne, et la
région frontalière de Saint-Julien-en-Genevois à Genève
Annemasse — font donc partie de cet ensemble Gaillard
Annemasse
géographique. L'ancien site sillonalpin.com
définissait le territoire comme « Espace moteur de Saint-Julien-
l’ensemble des Alpes du Nord, le Sillon alpin en-Genevois Bonneville
Cluses
désigne, entre Genève, Annecy, Chambéry, Faucigny
Genevois
Grenoble et Valence, un ruban de villes et de
territoires qui, en trente ans, a connu un essor Annecy Sallanches

Passy
spectaculaire ».
Rumilly
Ce territoire est considéré, depuis 2005, comme
l'un des deux espaces métropolitains, avec la
Région urbaine de Lyon, de l'ancienne région
13
française Rhône-Alpes par la DATAR .
Aix-les-Bains
Albertville
La Motte-Servolex

Tarentaise
Chambéry
Savoie Propre

Saint-Jean-
Grenoble de-Maurienne
Maurienne

Préfectures, sous-préfectures et villes de plus de10 000 hab. de Savoie.

Les aires urbaines savoyardes sont en 2012 :

Légende :

AU : population de l'aire urbaine (zonage de 2010).


NC : nombre de communes (zonage de 2010).
UU : population de l'unité urbaine (zonage de 2010).
CC : population de la commune-centre.

Rang AU UU CC
Aire urbaine 14, 15 NC 16
national (2012) (2011) (2011)
Aire urbaine de Genève - Annemasse (partie
35 17, 16 292 180 114 161 684 32 657
française)
44 Annecy 221 111 69 159 124 51 012
45 Chambéry-Aix-les-Bains 217 356 88 180 974 58 437
x Thonon-les-Bains 84 505 27 34 661
x Cluses 68 226 16 17 525
x Sallanches-Chamonix 60 234 9 15 957
x Albertville 40 264 22 19 271
x Bourg-Saint-Maurice 11 488 4 7 741
x Saint-Jean-de-Maurienne 13 503 10 8 067
Origine du nom et usages
18, 19
Le nom de Savoie dérive en partie de la Sapaudia gallo-romaine, puis de la Saboia franque ou carolingienne . Le nom passe ensuite au
comté, puis au duché, désignant l'espace géographique concerné après la disparition de ce dernier
.
20
Le nom désigne ainsi une « région et département, ancien pays des Sabaudes » , reprenant les recherches effectuées par le chanoine Adolphe
4 20
Gros . Le toponyme signifie « [le pays des] sapins », dérivant dugaulois *sapo- qui veut dire « sapin », etuidu-, « arbre, bois » .
21
Lorsqu'en 1860, le duché de Savoie est réuni ou annexé, suivant les observateurs, à la France, deux départements sont créés le 25 juin . Le nom
de cette province passe alors aux deux nouveaux départements. L'historien et spécialiste de la période, Paul Guichonnet, à propos du choix des
21
noms des deux départements, précise qu'une seule source existe :

« Les noms des départements annexés ont été accordés par l'empereur lui-même, sur la proposition d'un très grand nombre de
Savoisiens et, en agissant ainsi, il a donné satisfaction à l'immense majorité de nos compatriotes. La situation n'est plus la
même qu'en 1792, où le pays subissait une crise suprême. Aujourd'hui, pas de rivalité avec les départements anciens ; l'esprit
de nationalité y est aussi vivace que dans toute autre partie de l'Empire, l’assimilation est complète. Léman ne pouvait
convenir, Genève et son littoral n'étant plus français ; Mont-Blanc ne pouvait être appliqué qu'à la Haute-Savoie, et le Mont-
Cenis ne pouvait convenir à la Savoie, le Mont-Cenis ayant été laissé, dans la plus grande partie, à l'Italie. Conserver au pays
son ancien nom était une idée patriotique et heureuse qu'il faut approuver

21
— La Gazette de Savoie, édition du 22 juin 1860
21
« Haute » dans Haute-Savoie n'est pas une précision d'altitude, mais la position septentrionale, au nord, de cet ensemble . Dans la littérature
régionale ainsi que l'usage chez certains régionalistes dans les années 1970, on trouve également les expressions « Savoie du Sud » pour désigner
22
la Savoie et « Savoie du Nord » pour la Haute-Savoie .

Afin de ne pas confondre l'usage administratifs et la région historique, les différents commentateurs ou institutionnels utilise depuis la seconde
partie du XXe siècle quelques expressions dérivées comme les « Pays de Savoie » — que l'on retrouve dans l'appellation de l'Orchestre des Pays
de Savoie (1984) ou la structure supra-départementale : l'Assemblée des Pays de Savoie (2001) — parfois le terme « les Savoie » — avec le
Crédit Agricole des Savoie ou dans le titre ou la désignation par les médias régionaux. Des titres d'articles ou d'ouvrages utilisent le terme mis au
23
pluriel : Savoies. Un article paru en 2013 dans le quotidien régional, Le Dauphiné libéré, s'interroge d'ailleurs sur les usages . L'auteur de
l'article s'appuie ainsi sur leLarousse des difficultés (1998-2001) de Daniel Péchoin et Bernard Dauphin, pour indiquer « les noms géographiques
peuvent prendre la marque du pluriel, à condition que ce pluriel désigne plusieurs pays, fleuves… du même nom », précisant que le dictionnaire
23
prend l'exemple de « les deux Savoies » .

Depuis 2005, la promotion touristique de la région a fait le choix de la marque « Savoie Mont Blanc » que l'on retrouve en 2011 dans le projet
24
politique des deux présidents des conseils généraux savoyards de créer une collectivité territoriale de Savoie Mont Blanc , sur l'exemple corse,
ou en 2014 lorsque l'université opte pour une nouvelle identité Université
l' Savoie Mont Blanc.
25
En francoprovençal, appelé parfois arpitan, le mot « Savoie » se traduit par « Savouè » .

Histoire
La région historique de la Savoie correspond au territoire composé aujourd'hui des deux départements français de la Savoie et de la Haute-Savoie.
Ce territoire est issu du découpage du duché de Savoie, donné à la France en 1860 par le roi de Sardaigne Victor-Emmanuel II, prince de la
maison de Savoie et futur roi d'Italie, en échange de l'aide deNapoléon III afin d'accomplir l'unité italienne.

Selon les périodes, la Savoie recouvre des réalités géographiques et historiques différentes. Ancien pays gaulois — « [le pays des] sapins » —,
romanisé au Ier siècle av. J.-C., il est mentionné dans le partage de l'empire deCharlemagne. La Sapaudia, puis la Saboia carolingienne représente
un grand territoire mais aux contours mal connus aujourd'hui. Par contre, la Savoie médiévale qui leur succède s'est réduite à une petite portion
comprise entre les bourgs de Montmélian et de Chambéry, pour devenir un comté dont des princes installés en Maurienne feront leur titre
principal. Les futurs comtes de Savoie du XIe au XVe siècles s'évertuent à accroître leur territoire et le comté de Savoie recouvrira cette réalité
politique, mais mouvante. L'histoire de Savoie prend en compte également les autres régions historiques qui seront peu à peu placées sous le
contrôle des seigneurs de Savoie : dans un premier temps la Maurienne, berceau de la maison de Savoie avec la Savoie Propre, la Tarentaise et le
Chablais, puis viendront plus tardivement au gré des alliances et des achats le Faucigny et le Genevois, qui formaient deux puissantes seigneuries
durant la période médiévale.
Ce noyau de provinces forme le cœur du territoire des Savoie qui étendent cependant leurs possessions à cheval sur les Alpes en maîtrisant les
principaux cols de cet espace, vers Lyon, la Suisse alémanique et de plus en plus vers le versant italien du Piémont, jusqu'à vouloir devenir les
maîtres de la péninsule en devenant roi de Sicile de 1713 à 1720, puis roi de Sardaigne en 1720 et en prenant finalement le titre de roi d'Italie en
1861, après avoir cédé à la France l'ancien duché de Savoie.

« Curieuse destinée que celle des pays que nous nommons Savoie : terre d’empire au Moyen Âge, mais partagée dès l’origine
entre l’appel de la vallée du Rhône et celui de la vallée du Pô. Berceau au cours des siècles, d’une dynastie de langue et de
culture française, mais dont les hasards de l’histoire ont fait la mère de l’unité italienne, en lutte selon les époques, contre le
Dauphiné, contre le Valais, contre la calviniste Genève, contre le Milanais, et réussissant malgré ces guerres incessantes, à se
doter d’une armature administrative d’une remarquable précocité, longtemps sujet de discorde entre la France et le Saint-
Empire, puis entre la France et l’Espagne, enfin entre la France et l’Autriche, aujourd’hui trait d’union entre les deux pays
amis qui occupent les deux versants desAlpes. »
26
— Avant-propos par André Chamson, directeur général des Archives de France, de l’Académie française

La Savoie gallo-romaine et carolingienne


Durant la période gallo-romaine, ce que l'on nomme aujourd'hui Savoie appartient au territoire
18, 19
de la Sapaudie (en latin Sapaudia) . Ammien Marcellin fait mention de cette région gauloise
e
dans ses Res Gestae à la fin du IV siècle en décrivant le cours du Rhônes : « d'où sans perte il va
à travers la Savoie et les Séquanes ; et, ayant beaucoup avancé, il longe la Viennoise du côté
27, Note 2
gauche, la Lyonnaise du côté droit (...) » . L'historien Pierre Duparc, dans une
27
publication de 1958, rappelle les différentes définitions de ses prédécesseurs , citant l'historien
Camille Jullian qui considère que ce « pays que traverse le Rhône dés sa sortie du lac Léman et
avant son entrée dans la région du Bugey. » ; l'historien suisse P.-E. Martin il s'agirait plutôt du
Partition des alpes occidentales
territoire entre Genève et Grenoble avec probablement les vallées de Tarentaise et de Maurienne
entre les provinces de laGaule et de
ou encore le médiéviste français Ferdinand Lot « La Sapinière (...) la partie montagneuse et l'Italie au temps de l'empire romain.
27
sylvestre du grand territoire des Allobroges. » . L'étude du texte de Marcellin par l'historien
Pierre Duparc amène à voir qu'il faut traduire la citation par « à travers la Sapaudia où sont les
27
Séquanes ». Cette lecture permettant de définir le territoire ainsi désigné comme s'étendant de « la vallée du Rhône depuis le défilé de l'Écluse,
27
en aval de Genève, et se serait étendue probablement jusqu'au confluent de Ain
l' .»
28
En 443, la Sapaudia est concédée aux Burgondes . La Chronica Gallica (452) mentionne la région en décrivant l'installation des Burgondes
4, 27
dans la province de Sapaudia . « La 20e année du règne de Théodose la Sapaudia est donnée au reste des Burgondes pour être partagée avec
27
les indigènes . » (Sapaudia Burgondionibus data est ci un indigents dividenda), soit vers 443. Le territoire désigné pourrait ainsi s'identifier à la
27
Savoie actuelle . D'autres mentions sont faites au Ve et au début du VIe siècle, à propos des Burgondes et la Sapaudia, mais sans apporter de
4, 27
précision sur la délimitation de l'espace géographique de laSapaudia .
18, 19 27
Durant la période carolingienne, la forme Saboia n'apparait qu'une seule fois . Louis, le fils de Charlemagne reçoit en héritage en 806 :
27 , Note 3
« (...) de Lyon, la Saboia, la Maurienne, la Tarentaise, avec le Mont-Cenis et le Val de Suse jusqu'aux cluses pour accéder en Italie » .
18
Pour l'historien Bernard Demotz cette Saboia est « étendue (...) des abords de Nantua à ceux de la Tarentaise et de la basse Maurienne . » Selon
27
Pierre Duparc, la mention de la Saboia de 806 correspondrait au diocèse de Belley, mentionné en lors de l'accord de 858 . L'analyse de Pierre
27
Duparc tend à démontrer que laSapaudia, dont est issu le nom de la Savoie, n'aurait aucun lien avec la Savoie actuelle .

La Savoie médiévale
Les mentions de la Savoie de la fin du Xe siècle et 1036 ne désigne plus qu'une portion réduite des territoires antiques qu'étaient la Sapaudia ou la
18
Saboia et correspondent désormais un petit comté comprenant les territoires de Montmélian et de Chambéry . Il est mentionné au cours de cette
période dans différents actes provenant de cartulaires le désignant sous les formes ager Savogensis, de pagus Savogensis ainsi que comitatus
Note 4, 31
Savogensis .

Pendant plusieurs siècles, la ville de Chambéry sera la capitale des États de Savoie, avant qu'elle ne soit transférée en 1563 de l'autre côté des
Alpes au profit de la cité deTurin, conséquence de l'occupation française conduite parFrançois Ier.
Le château des Ducs de Savoie.

La Savoie contemporaine
Le Duché de Savoie et les autres
À la suite du Traité de Turin, en 1860, le duché de Savoie est « réuni » ou annexé à la France en
Note 5 états italiens en 1494.
devenant deux départements : la Savoie et la Haute-Savoie.

e
Au XX siècle, l'industrie électrochimique est très forte grâce à la croissance rapide d'Ugine
aciers, qui a produit la moitié de l'acier inox français
.

Politique

Administration
L'entité géographique et historique de la Savoie ne possède aucune existence administrative au sein de la République française. Elle est composée
de deux départements laSavoie et la Haute-Savoie, qui se trouve au sein de larégion Auvergne-Rhône-Alpes.

L'organisation des deux départements


savoyards :

Découpage administratif
Haute-
Départements Savoie
Savoie
Nb.
3 4
d'arrondissements
Nb. de cantons 19 17
Nb. de communes 285 281
Localisation de la Savoie. Localisation de la Haute-Savoie.

Coopération administrative
En 1983, dans le cadre de la Loi du 5 juillet 1972, dite « Loi Pompidou », les conseils généraux de Savoie et de Haute-
32, 33
Savoie forment une « structure interdépartementale », appelée Entente régionale de Savoie . L'institution est co-
32
gérée par sept conseillers généraux de chacun des départements . Les domaines d'action sont le tourisme (Maison de
Savoie à Paris), l'université de Savoie, la culture (Orchestre des Pays de Savoie) ou encore l'agriculture de montagne.

Le 14 février 2001, L'Entente évolue pour donner naissance, sous l'égide des deux présidents des conseils généraux, à
34, 35
l'Assemblée des pays de Savoie(APS), « un établissement public de coopération interdépartementale » .

À l'été 2014, lors du débat sur le projet de loi relatif à la délimitation des régions, aux élections régionales et Logo de l'APS
départementales et modifiant le calendrier électoral, le député et président du Conseil général de Savoie, Hervé
Gaymard, soutenu par son homologue de la Haute-Savoie, Christian Monteil, propose un amendement qui permettrait la
36, 37
création d'une collectivité territoriale de Savoie–Mont-Blanc . Celui-ci a été rejeté.
Courants identitaires
La Savoie possède des mouvements identitaires depuis les années 1860. Toutefois, les prémices d'une demande de reconnaissance émergent lors
e
de l'expression des nationalismes du XIX siècle. Les Savoyards affirment leur particularisme au sein d'un ensemble devenu de plus en plus
italophone. Ceux-ci connaissent un nouveau dynamisme en 1859 et l'année suivante lors des débats sur l'avenir de la Savoie, dont un choix partiel
se pose : le maintien dans le futur royaume d'Italie, l'intégration à la France, voire la division et la possibilité de rejoindre la Suisse pour la partie
nord du duché.

Dès 1815 et surtout à partir de l'Annexion de 1860, les sociétés savantes locales effectuent un travail de sauvegarde de l'identité et de la culture
savoyarde.

Le réveil politique régionaliste se fait à l’occasion de la discussion de la création desrégions puis de la décentralisation au début des années 1970.
Des Savoyards voient là l’opportunité de créer une unité politique, venant légitimer l’unité culturelle, à travers le projet d'une région Savoie. En
juillet 1972, deux associations culturelles s’associent pour fonder le Mouvement Région Savoie (MRS), qui sert de réceptacle politique à la
volonté de certains d’unir les deux départements de la Savoie. Parmi les impacts majeurs de la création du MRS, il faut retenir la mise en débat
32
dans les deux conseils départementaux de Savoie de la question de la création d’une région Savoie, distincte de la région Rhône-Alpes ou
38
encore une pétition en faveur de la création d'une région qui réunit plus de 100 000 signatures . Au cours des deux décennies suivantes, malgré
la poursuite du jeu politique, le mouvement perd en audience.

Quelques années après les Jeux Olympiques d’Albertville, la question sur l'avenir de la Savoie se pose à nouveau. Deux ans plus tard, le premier
mouvement indépendantiste, dit « désannexionniste », apparaît. La Ligue savoisienne officialise sa naissance et tient son premier congrès le 26
34
mai 1996, à Albertville . Son impact sur la politique local est important notamment lors des élections régionales de 1998 où le mouvement
Note 6, 39
obtient un siège régional ainsi qu'en provoquant la naissance en 2001 de l'Assemblée des Pays de Savoie.

Population et société

Démographie
Évolution démographique du duché de Savoie de 1776 à l'Annexion
Territoire 1776 1790 1801 1822 1838 1848 1858
Duché de Savoie 346 386 441 091 422 306 499 368 533 817 582 294 542 258
40
Chiffres publiés dans l'ouvrageLa Savoie de Révolution française à nos jours(1986) .
Démographie des Pays de Savoie depuis l' Annexion
Territoire 1861 1911 1946 1975 1990 1999 2007 2012 2015
Département
259 181 237 447 226 053 305 109 348 261 373 350 403 500 421 105 428 204
de la Savoie
Département
de la Haute- 255 883 247 492 263 345 447 794 568 286 631 963 693 000 756 501 793 938
Savoie
Savoie 515 764 484 939 489 398 752 903 916 547 1 005 313 1 096 500 1 177 606 1 222 142
41
Chiffres INSEE/ Hebdo Eco des Pays de Savoie(1998)

Histogramme de l'évolution démographique depuis1776 :


La densité sur son territoire avoisine les 100,3 hab/km² avec une très nette différence entre le département de la Savoie (66,9 hab / km²) et la
Haute-Savoie (157,9 hab / km²).

Médias

Télévision

La Savoie possède sa chaîne locale (avec couverture d'une partie du Pays de Gex et une partie du Bas-Bugey ainsi que les Cantons de Genève et
partiellement de Vaud) depuis l'aventure de la8 Mont Blanc, lancée en 1989, et devenueTV8 Mont-Blanc, présente aussi sur le câble et la TNT.

Presse écrite

Éditions savoyardes duDauphiné Libéré. Plusieurs hebdomadaires : ceux appartenant au groupe Presse Alpes-Jura (ex-Socpresse) (Le Messager,
L'Essor Savoyard, La Savoie) ; L'Hebdo des Savoie (Albanais et Aix-les-Bains) ; La Vie Nouvelle ; La Maurienne (vallée de la Maurienne).
Journaux associatifs ou institutionnels : Le Savoisien, organe de la Ligue savoisienne, Terres savoyardes (Chambre d'agriculture), ou satiriques
comme La Voix des Allobroges (secteur Pays de Savoie) ou Le Faucigny (secteur vallée de l'Arve). Dans le nord de la région, le quotidien
helvétique La Tribune de Genève.

Des magazines mensuels dédiés à l'économie ou à la politique en Savoie : l'Eco des Pays de Savoie, L'Essentiel des Pays de Savoie, Alpes
Magazine (Milan Presse).

Radio

Station locale de France Bleu, France Bleu Pays de Savoie. Stations locales, le plus souvent associatives, dans les vallées (Bauges, Tignes,
Chambéry, Perrine FM, etc.) ; antenne locale de RCF. Radios publiques suisses Couleur 3, RSR-La Première et Espace 2 en Chablais, en
Faucigny et en Genevois. Radios commerciales : ODS Radio,Rouge FM, Radio Plus, Radios Associatives: Radio RFR Fréquence Rétro …

Économie
Les deux départements savoyards possèdent une économie relativement dynamique, par rapport à la majorité des départements français. Après
une traditionnelle vision, au début du XXe siècle, du département de la « Savoie = grandes entreprises publiques, énergétiques et métallurgique »
et celui de la « Haute-Savoie = concentration de PME-PMI tournée vers Genève et vers le Monde », le visage économique savoyard s'est modifié
en prenant le virage du tertiaire, notamment dans les transports et le tourisme. L'économie de la Haute-Savoie garde cependant une spécificité
vers la mécanique et les activités associées tout en supportant le développement du phénomène transfrontalier avec la région genevoise. La
croissance de la population transfrontalière a été de 12 % en 2006.

Côté chiffres, selon l'INSEE, le PIB cumulé pourles deux départements, en 2000, équivaut à 24 438 M€ (soit 2 % du PIB métropolitain)
42
La Savoie participe à sept des 67 pôles de compétitivité labellisés le 12 juillet 2005 , parfois en partenariat avec d'autres départements et
agglomérations :

Tenerrdis (Photovoltaique, avec notamment le centre de recherche de pointeINES)


VIAMECA ICI (Mécanique)
CETIM (Mécanique et Mécatronique)
Arve Industries Haute-Savoie Mont Blanc(Mécanique)
Minalogic (numérique, micro-nanoélectronique, photonique & logiciel)
Sporaltec (Pôle de Compétitivité de l'Industrie du Sport et des Loisirs)
Imaginove (Image)
Institut national de l'énergie solaire(Énergie solaire)

Tourisme
Le tourisme, tant hivernal qu'estival, occupe une grande partie de l'activité économique en Savoie, il repose principalement sur les atouts de son
relief. Toutefois, la Savoie recèle aussi de nombreux sites historiques ou thermaux.

Les deux départements savoyards ont mis en commun leurs compétences pour promouvoir la
Savoie. Cette orientation remonte aux années 1930 avec la création du Comité Régional Savoie-
43
Mont-Blanc et la mise en place d'une Maison de Savoie à Paris (1934) . Sous l'impulsion de
l’Assemblée des pays de Savoie (APS), qui poursuit la gestion de la Maison de Savoie à Paris,
les deux agences touristiques départementales collaborent à nouveau et créés l'appellation
44
« Savoie Haute-Savoie » . En 2005, une nouvelle marque de destinations voit le jour « Savoie
44
Mont Blanc », ainsi qu'une nouvelle structure commune Savoie Mont Blancourisme
T .

En 2014, selon l'organisme Savoie Mont Blanc, la capacité d'accueil des communes est estimée à
Note 7
1 380 492 lits touristiques, répartis dans 206 038 établissements . Outre ces nombreuses stations de
ski, la Savoie est réputée pour ses
randonnées en été grâce à une
Culture locale et patrimoine nature préservée.

Langue
46
La Savoie appartient au territoire linguistique delangues gallo-romaneset principalement à l'arpitan (ou francoprovençal).

Comme dans de nombreux pays et provinces européens, où langues véhiculaires (généralement langues du pouvoir et de l'administration) et
langues vernaculaires se côtoient, en Savoie il existe traditionnellement, jusqu'à aujourd'hui, deux langues parlées. D'une part le francoprovençal,
dont l'usage a été entretenu par la population (langue aujourd'hui menacée de disparition, son usage quotidien est de 2 % des habitants dans
47
l'espace rural et négligeable en zone urbaine ) et d'autre part le français, langue de l'État civil du duché depuis le XVe siècle est rendue officielle
48
par l'Ordonnance de Villers-Cotterêts en 1539, puisque celui-ci est occupé par les troupes françaises . Toutefois il semblerait que l'application
48
fut très aléatoire .

Le français a été la langue d'usage véhiculaire dès le XIVe siècle et elle est devenue la langue administrative depuis Emmanuel-Philibert à la suite
49
d'un édit du 11 ou 15 février 1560 la substituant au latin dans les actes des tribunaux . Cette décision s'applique au Bugey et au Val d'Aoste à la
50, 49
suite d'un nouvel édit, qui modifie les prescriptions précédentes, par lettres patentes du 22 février 1561, précisant les règles d'application . Il
49
faut indiquer que l'italien n'a jamais été une langue utilisée par l'administration en Savoie À la même époque, le duc de Savoie décrétait
49
l'italien, dérivé du toscan, pour la langue administrative dans ses terres du Piémont . De plus, pour occuper le royaume de Sicile (anciennement
d'Aragon-Sicile) les rois de France entreprirent de passer en Italie avec leurs armées (en huit guerres), en passant obligatoirement par la Savoie
soumise au pillage (absence d'intendance militaire pour le ravitaillement) et occupant le Piémont. Au cours de l'histoire le prince de Savoie,
administrateur de Hollande pour les Habsbourg perdit ses terres de Savoie, prises par le Roi de France avant de se les voir restituer
.

Par la suite Louis XIV envahit la Savoie pour massacrer ses sujets protestants « vaudois » (disciples du lyonnais Pierre Valdo) qui s'exilèrent dans
le haut val de Suse. Il fit de même en massacrant les sujets francs-comtois des Habsbourg, catholiques, en utilisant des mercenaires lorrains
également catholiques) avant l'annexion de la Franche-Comté. Le massacre des 3 000 paysans « vaudois » traumatisa la famille de Savoie car le
roi de France exigea la caution morale (sous peine de sanctions militaires) du Duc qui renforça la décision de rendre la religion catholique
obligatoire sous peine de lourdes sanctions pénales en cas de refus, sauf près de Genève et en certains points du Val d'Aoste. La messe devant être
dite en français. EnsuiteSaint François de Sales, pour contrer les écrits de Calvin (réformateur venu de Noyon puis réfugié à Genève, qui écrivait
en français, la langue du culte réformé par opposition au latin), imposa de fait ses libelles en français, avec grand succès. Il favorisa encore le
« parler français ».
Autre cause de l'adoption du français comme langue courante par les Savoyards, le fait qu'avec une démographie excédentaire, l'émigration était
forte, principalement vers la France (Paris et Bordeaux), la Bavière et l'Autriche (Vienne), les habitants des vallées alpines pratiquant le
colportage depuis le Moyen Âge. Le certificat du curé servait à la fois de pièce d'état-civil et de recommandation à l'étranger. Chaque village
savoyard avait une école catholique où on apprenait le français (il y en avait encore 800 avant 1940), la messe étant aussi dite en français, « la
langue du dimanche ». Cela facilita l'intégration des 100 000 Savoyards installés hors de Savoie (pour une population de 500 000) mais toujours
menacés d'expulsion en cas de crise économique. Cela aida aussi un échange monétaire des Savoyards émigrés avec la Savoie. De leur côté, les
paysans proches de Genève faisaient commerce en français. Las des occupations fréquentes du roi de France, le duc de Savoie finit par transférer
sa capitale de Chambéry à Turin, en Piémont, en délaissant un peu la Savoie considérée comme « glacis » militaire face à son puissant voisin. Les
ducs octroyèrent cependant à leur terre d'origine un parlement spécifique et un code cadastral favorisant une juste répartition de l'impôt.

Pour sa part, le Faucigny — français par héritage — fut échangé avec la France contre toutes les terres savoyardes de l'autre côté du Rhône.
Preuve de la parfaite maîtrise du français par les savoyards, Vaugelas, fut l'un des fondateurs de l'Académie française (créée à l'origine par
Richelieu pour uniformiser la langue juridique des tribunaux du roi de France).

La Savoie restant sous la tutelle (morale et théorique) du Saint-Empire ne pouvait prétendre à un titre royal sans l'accord du pape ou de
l'empereur, ce qui gênait ses ambitions dynastiques européennes sur ses proches voisins. Finalement en 1713, à l'issue de la Guerre de succession
d'Espagne, le duc Victor-Amédée II de Savoie et de Piémont se voit attribuer le royaume de Sicile par le traité d'Utrecht, mais en 1720, à la paix
de La Haye, il échange ce royaume (qui trouvait les Savoyards « pingres ») contre le royaume de Sardaigne. la Savoie est alors considérée,
comme le Piémont, comme apanage du « royaume sarde » jusqu'en 1860. À la même époque, les Sardes, alliés des Français, repoussent les
Autrichiens avec l'aide du républicain Garibaldi et réalise l'unité italienne autour de la monarchie sarde, dont le souverain, Victor-Emmanuel II,
prend le titre de roi d'Italie.

Annexion française
En échange de ses services militaires, et conformément aux accords de Plombières deux ans plus tôt, la France organise en 1860 l'annexion de la
Savoie sous le double titre « oui » (à l'Annexion) et « zone » (faveurs fiscales pour l'arc lémanique et la vallée de l'Arve). La France crée une
administration avec un fonctionnaire central (le préfet) et constate avec surprise que la population est plus francophone que la moyenne nationale.
L'unification linguistique française est la conséquence de la guerre de 1870, ou de nombreux conscrits ne parlant que mal le français ne peuvent
exécuter les ordres de leurs supérieurs. Cette situation est pour de nombreux stratèges militaire l'une des raisons de la défaite française. À la sortie
du conflit, la IIIe République organise une francisation accélérée des différentes régions de France.

Situation actuelle
L'article 2 de la Constitution de la Ve République définit que « la langue de la République est le français ». ce qui était déjà le cas séculairement
du duché de Savoie, où français et francoprovençal étaient conjointement traditionnellement pratiqués, en proportions quotidiennes certes
différentes par les uns et les autres, selon leur groupe social d'appartenance où leur région d'origine (à noter par exemple que la région de
l'Albanais à beaucoup plus conservé l'usage du francoprovençal que la région pourtant limitrophe du nord annécien, précisément à cause de la
proximité de cette ville avec laquelle les échanges marchands avec la bour
geoisie étaient plus fréquents).

Cette constatation du bon niveau du français des savoyards amène à faire deux remarques :

La première est que les Savoyards ayant parlé le français depuis longtemps, sa forme locale est un peu férente dif de la
norme académique, comme c'est également le cas en Suisse ou en Belgique.raditionnellement
T notamment, on compte
comme septante, huitante et nonante, ainsi que cela se pratiquait plus généralement dans beaucoup de campagnes
françaises. D'autre part on trouve dans ce français régional, des francoprovençalismes traditionnels, tel que le neutre « y »
(j'y sais, j'y fais), également rencontré dans une bonne partie de la région Rhône-Alpes (correspondance avec l'aire
francoprovençale). De nombreuses autres particularités purement savoyardes existent, encore appelées sabaudismes,
comme la prononciation des « e » finaux (par exemple : « ils cotoient », prononcé cotoillent, « jolie » prononcée jolille, etc.),
comme le pratiquent aussi les Suisses romands (avec des mots comme « cheminée » prononcé cheminéye). Par ailleurs les
lettres "x" et "z" lorsqu'elles sont situées en fin de mot ne sont pas prononcées (exemple: "Chamonix" se prononce
"Chamoni" et "La Clusaz" se prononce "La Clusa"). On y trouve aussi l'usage d'un temps interdit en français académique,
mais pourtant tout à fait correct, lepassé surcomposé. De nombreuses expressions de formes anciennes du français ont
perduré en Savoie, notamment duXIXe siècle. Toutes ces particularités sont liées àla bonne pratique ancestrale du français
par les Savoyards qui étaient naturellement bilingues, mais elles suivent la même voie que le francoprovençal, et ce français
riche en couleurs du terroir savoyard tend à disparaître sous l'ef fet de la normalisation. On ne l'entend plus que dans les
poches de résistances où le francoprovençal lui-même a pu continuer à survivre, en milieu rural.
La seconde remarque que l'on peut faire est que ça n'est pas « la France » qui a appris à parler et à écrire le français aux
savoyards, mais la Savoie elle-même.
Religion
La religion principale de la Savoie est, selon un sondage Ifop paru dans la Vie, le Catholicisme Romain, qui concernerait entre 64 % et 70 % des
Hauts Savoyards et entre 55 % et 63 % des Savoyards. Les témoignages de la christianisation de la Savoie, et principalement pour Genève,
daterait du IVe siècle. Il faut toutefois attendre plus tard vers 450 pour l'installation du premier évêque en Tarentaise et le début du VIe siècle pour
la sacralisation d'une église en Savoie du Nord. La Savoie est divisée entre l'archidiocèse de Chambéry (pour la Savoie) et le diocèse d'Annecy
(pour la Haute Savoie), et ces deux diocèses font partie de la province ecclésiastique de Lyon. Le saint patron de la Savoie est St Maurice
d'Agaune, martyr légendaire duValais, tandis que le patron du diocèse d'Annecy et de la cathédrale de Chambéry est St François de Sales natif de
la Savoie, évêque de Genève et personnage religieux le plus important de la région connu dans le monde entier
.

On y retrouve également des communautés protestantes : en effet, la proximité de la Rome Protestante que fut Genève et l'invasion même par les
cantons réformés de Genève et de Berne du Chablais et du Genevois (1536) a permis l'apparition de communautés protestantes, parfois mêmes
majoritaires (Thonon par exemple devient une ville calviniste). Par la suite, les missions de plus en plusficaces
ef (et pacifiques) de St François de
Sales font diminuer très nettement le nombre de protestants dans la région : le Chablais revient progressivement au catholicisme. Enfin le roi
Charles Emmanuel de Savoie, catholique, soucieux de préserver son autorité sur la base du "une Foi, un Roi, une Loi" emploiera des moyens
beaucoup plus répressifs afin de rendre ces régions au catholicisme. L'apparition d'église baroques, voire roccocos, dont la très grande majorité se
51
trouve en Savoie . Comme dans le Beaufortain, la Tarentaise de La commune de la Léchère à Val d'Isère, tout en traversant la Maurienne à
partir de la commune de La Chambre. Ces églises baroques dotées de retables uniques sont mis en valeur par un programme de découverte appelé
"Le Chemin du Baroque". Des concerts de musique baroque sont organisés chaque été dans ces églises. Cela est sans nul doute le signe de cette
reconquête dans une politique de Contre-Réforme. En effet, les hautes vallées alpines comme la Tarentaise, ou la Maurienne, et dans une moindre
mesure certains vallons alpins reculés du Faucigny proches de la Savoie comme Les Contamines-Monjoie ou Chamonix, pratiquaient en hiver le
système dit "du Colportage". Les paysans ne pouvant travailler dans les champs en hiver, partaient commercer principalement en Italie du nord,
en Bavière et en Autriche. Les nombreux Ex Voto qui jalonnent la Savoie, sont autant de remerciements faits par ces marchands pour remercier
les cieux de les avoir protégé durant leur périple. Le cas de la Tarentaise est quant à elle encore plus singulier, car elle fut pendant très longtemps
au Moyen Âge, une possession Autrichienne. La monnaie de commerce était d'ailleurs frappée en Autriche. La Livre Viennoise était la monnaie
d'usage. Aussi la Tarentaise à longtemps eu des liens privilégiés avec l'Autriche, la politique de contre réforme a donc impactée de plein fouet la
Vallée, et fourmille par conséquent d'églises baroques.

On remarque de grande similitudes dans les clochers tarin et autrichiens, avec un sommet dit à bulbe, comme à Conflans, Bozel, ou encore
Hauteluce.

Dans le nord de la Savoie (l'actuel département de la Haute Savoie), les habitants proches de la cité de Calvin, comme la Vallée de l'Arve et le
Genevois Savoyard, s'adonnaient à la sous traitance des pièces de précisions destinés à l'horlogerie genevoise. Ainsi était née la tradition du
décolletage. De nos jours, il reste beaucoup moins de protestants qu'autrefois dans les pays de Savoie, et ils sont surtout concentrés en Haute
Savoie (une douzaine de temples réformés en service, contre quatre seulement en Savoie du fait de l'influence de la Genève protestante
principalement). De nos jours, alors que la paix est revenue, la proximité de la Suisse a encore une influence : on retrouve des Suisses expatriés
dans ces communautés dans les villes proches de la frontière (temple à Annemasse, Thonon, Évian)… le tourisme a également une grande
influence sur les communautés, renforcées en hiver par des touristes étrangers venant de pays protestants (Britanniques, Suisses, Américains,
Allemands…), notamment dans les stations de sport d'hiver, comme à Val d'Isère, Courchevel, ou avec la station de Méribel, créée par un
Anglais. Au siècle dernier, un cimetière a été construit autour du temple de Chamonix pour y accueillir les dépouilles des alpinistes anglais morts
au cours de leur ascension des sommets. Cette influence s'est également fait sentir dans villes et stations thermales comme Saint-Gervais, Évian,
La Léchère, ou encore Brides-les-Bains. Le protestantisme en Savoie a donc un visage multiple : concentré au Nord de par la proximité de
Genève et épargné par la contre réforme diffusée par les colporteurs par leurs échanges commerciaux avec l'Europe centrale. Ce courant religieux
est l'héritier d'une longue histoire, mais aussi le fruit d'arrivées plus récentes et du développement du tourisme. On note également l'apparition de
communautés évangéliques.

L'islam en Savoie est la conséquence d'une immigration plus récente, et se concentre plutôt dans les grandes agglomérations comme Chambéry,
Annecy et l'aire genevoise mais également dans des bassins d'emplois comme la vallée de l'Arve (industrie du décolletage), et les bassins
sidérurgiques de Tarentaise et de Maurienne.

Littérature et tradition orale


La Savoie compte de nombreux auteurs ayant laissé leur empreinte dans la littérature. On peut à ce titre citer Henry Bordeaux, Amélie Gex et
bien d'autres.
Musique

Cinéma
De nombreux acteurs viennent du territoire savoyard, comme Agnès Soral ou André Dussollier, ainsi que plusieurs films, produits ou tournés en
Savoie.

Certains d'entre eux ont précisément pour thème la Savoie et sa culture, comme la Trace ou la Dernière saison (pour plus de détails, voir La
52
Savoie au cinéma, dans la collection L'histoire en Savoie de la Société Savoisienne d'Histoire et d'Archéologie ).

En 1999 est fondée la Cinémathèque des Pays de Savoie.

La Savoie est ou a été aussi le lieu de festivals du cinéma :

à Avoriaz avec le festival du film fantastique.


à Annecy avec le festival du film d'animation(FIFA) organisé par le Centre international du cinéma d'animation (CICA), qui se
pose aujourd'hui comme le « premier festival compétitif au niveau international » entièrement dédié àanimation,
l' et « la
référence mondiale pour tous les professionnels de l'animation ».
à Annecy, le festival du cinéma italienau début du mois d'octobre chaque année.
53
ou encore la biennale du cinéma espagnol, à Annecy également .
D'autre part, Annecy abrite laCité de l'image en mouvement(CITIA).
54
Le festival du film rural àla Biolle .

Gastronomie
La gastronomie savoyarde est essentiellement basée sur des produits du terroir riches et adaptés
aux rigueurs du climat montagnard, fromages, et charcuterie en tête. Les vins et alcools forts
dont les typiques liqueurs de Genépi et de Gentiane dont chaque famille garde leur recette de
fabrication, font également partie intégrante du patrimoine culturel.

Plats et ingrédients typiques :

Fromages : abondance, beaufort, reblochon, tomme de Savoie, tome des


Bauges, Bleu de Termignon, etc.
Plats régionaux: fondue, tartiflette, crozets, rissoles, matafan, farçon ou
farcement, polente, etc. Le reblochon de Savoie, un fromage
55 AOC
Charcuterie : pormonaise (Chablais), attriaux (Thonon-les-Bains), longeoles
(au carvi à Annemasse et au fenouil en Haute-Savoie), Diots, dans la région
viticole de Montmélian ,etc.
Pommes et Poires : Doyenne de comice, Conférence, William verte et rouge, Golden, Gala, Canada Grise ou Blanche, Fuji,
etc.
Vin de Savoie : Chignin Bergeron, Seyssel, Mondeuse, etc.

Costumes
Il existe une vingtaine de costumes folkloriques savoyards différents selon la vallée ou le village, constitués pour les femmes d'un châle, d'un
jupon, d'un tablier et d'une coiffe (par exemple : la « frontière » en Tarentaise), agrémentés de bijoux, de dentelles…, et pour les hommes d'une
e
chemise ample, d'un gilet, d'un pantalon et d'un chapeau l'été associé à un bonnet l'hiver. Ces costumes apparaissent dès le XVII siècle et sont
e Note 8
portés jusqu'au XX siècle dans certaines vallées. Aujourd'hui, ceux-ci sont portés lors de représentations de folklore local . Par exemple la
procession du 15 août en Haute Maurienne, ou un grand nombre d'habitants se parent de costumes traditionnels.

Emblèmes et symboles de Savoie

Drapeau
Le drapeau de la Savoie est la reprise des armes des comtes de Savoie. La première apparition de ce blason remonte au XIIe siècle, durant le règne
56 56
du comte Amédée III de Savoie . Il est composée d'une croix blanche sur fond rouge ou en héraldique De gueules à la croix d'argent .
Aujourd'hui, on peut apercevoir de nombreux drapeaux flotter au fronton des mairies ou de certains bâtiments publics et historiques dans les deux
départements savoyards.

Version de l'hôtel de ville Version du château de Blason de Savoie figuré


de Chambéry (croix fine) Chambéry (croix large) en carreaux de
céramique sur une pile
du pont autoroutier
d'Alby sur Chéran,
Haute-Savoie

Hymne

« Allobroges vaillants ! Dans vos vertes campagnes

Accordez-moi toujours asile et sûreté


Car j'aime à respirer l'air pur de vos montagnes :

Je suis la Liberté ! la Liberté ! »


57, 58
Le chant des Allobroges est considéré comme l'hymne savoyard, bien qu'il n'ait pas été officialisé . Ce chant patriotique est composé en 1856
59
à Chambéry, durant la guerre de Crimée, parJoseph Dessaix, écrivain et journaliste libéral. Il se popularise après l'Annexion de 1860 .

Quelques autres emblèmes et symboles


60, 61
Le 19 février est considéré comme une fête nationale par des mouvements identitaires . Ce jour correspond à l'érection du comté de Savoie
62
en duché, le 19 février 1416 . Le choix de cette date est à associer avec l'éveil du nationalisme savoyard du XXe siècle. En 1970, le Cercle de
63
l'Annonciade fait la promotion de cette date, reprenant les idées du fondateur du mouvement antérieur Savoie Libre, Henri Dénarié . Le
mouvement savoisien officialisera lui aussi cette coutume.
64, 65
Maurice d'Agaune était le saint patron de l'ancien duché de Savoie, puis par extension à la Savoie, célébré le 22 septembre .

Quelques autres symboles, moins importants mais bien répandus, identifient la Savoie et les Savoyards, et que l'on retrouve dans la plupart des
e
échoppes des lieux touristiques. On peut citer le personnage caricatural du ramoneur, symbole de la migration savoyarde du XVII siècle au
e
XIX siècle et principalement enfantine.

La tartiflette devient le symbole gastronomique du territoire depuis les années 1980. Toutefois, la Savoie jouit d'une culture gastronomique riche
et diversifiée, en fonction des provinces qui la constitue. Des crozets tarins, en passant par les diots, les pormoniers, des recettes fromagères
comme la fondue. Des boissons alcoolisées sont aussi typiques de la région telle que la liqueur de génépi, dont chaque famille des hautes vallées
alpines conserve jalousement leur propre recette.

La chanson Étoile des neiges, qui trouve son origine dans un chant allemand, également devenu un standard américain en 1947, dont Jacques
Hélian et le parolie Jacques Plante réalise une traduction française en 1949. Le thème de la Savoie est choisi. Il devient une sorte d'hymne repris à
la sauce rock par un groupe local, Simon et les Modanais, formé en 1987. Le groupe vend un million de disque et arrive en seconde place du hit-
66
parade, obtenant un disque d'or en 1988 .

La proximité avec la Suisse fait que les représentations associent les deux cultures notamment autour des chalets d'alpage, des chiens Saint-
bernards élevés à la base sur les deux cols, savoyard et suisse, de la raclette, de même que des expressions comme « ça va ou bien », retrouvées
dans des parodies, notammentLes Inconnus et leur représentation d'un journal régionalà l'heure des Jeux olympiques d'hiver de 1992.
Voir aussi

Bibliographie
Ouvrages dans l'ordre chronologique inversé de parution.

Thérèse Leguay, Jean-Pierre Leguay, La Savoie, des origines à nos jours, Rennes, Éditions Ouest-France,coll. « Histoire
des provinces », 2014, 128 p.
Johannès Pallière, Sur l'origine mystérieuse du nom Savoie, La Fontaine de Siloé,2011, 292 p. (ISBN 978-2-84206-450-1)
Paul Guichonnet, Nouvelle encyclopédie de la Haute-Savoie : Hier et aujourd'hui , La Fontaine de Siloé, 2007, 399 p.
(ISBN 978-2-8420-6374-0). .
Christian Sorrel (dir.), Histoire de la Savoie en images : images & récits , La Fontaine de Siloé,coll. « Les Savoisiennes »,
2006, 461 p. (ISBN 2-84206-347-3, lire en ligne).
Jean-Marie Jeudy, Les mots pour dire la Savoie : Et demain, j'aurai autre chose à vous raconter , La Fontaine de Siloé,2006,
540 p. (ISBN 978-2-8420-6315-3)
Emmanuel Le Roy Ladurie, Jacques Julliard, Histoire de France des régions : la périphérie française des origines à nos
jours, Éditions du Seuil, coll. « Points », 2005, 438 p. (ISBN 978-2-0207-8850-2)
Association pour le développement de l'Université de Savoie,Réalités des pays de Savoie. Rencontres à l'Université de
Savoie, Montmélian, 1986, 230 p.
Pour la thématique historique, on pourra consulter laBibliographie sur l'article Histoire de la Savoie.

Articles connexes
Culture en Savoie Histoire de la Savoie Savoyards
Culture en Haute-Savoie Chronologie de la Savoie Nationalisme savoyard

Liens externes
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Institutionnels
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L’Assemblée des Pays de Savoiesur le site www.cg73.fr
Dossiers sur le site des Archives départementales de la Savoieet de la Haute-Savoie - Sabaudia.org

Touristiques et culturels

Fondation Facim, Action culturelle en montagne


Guides du Patrimoine des Pays de Savoie
Conservatoire du Patrimoine Naturel de la Savoie
Observatoire de la Biodiversité Savoie
Collectif, « Savoie » dans le Dictionnaire historique de la Suisseen ligne, version du 15 janvier 2015.

Notes et références

Notes
1. Le conservateur des Archives départementales de la Savoie, Jules-Joseph Vernier, précise ces quatre espaces géologiques :
« La structure géologique de la Savoie est très simple dans ses grandes lignes. On y distingue quatre régions bien marquées
en allant de l'ouest à l'est : le Jura ; les Pré-Alpes ; l'arrête des Alpes, et enfin la région alpine. (désignant
» l'espace entre le
6
mur des Alpes et la frontière italienne).
4, 27
2. Unde sine jactura rerum per Sapaudiam fertur et Sequanos (...) .
27
3. Lugdunensem, Saboiam, Moriannam, T arentasiam, montem Cinisium, vallem Segusianam usque ad clusas .
4. Il y a six différents actes, dont on conserve une copie, qui dont la mention du comté de Savoie29, 30. Les documents sont :

Cartulaires de l'église cathédrale de Grenoble


, Notre-Dame de Grenoble(v. 976-1031), Chartularium B, n° CXVIII :
« comitatu Savogensi » ;
Cartulaire de l'abbaye de Savigny(1013), abbaye Saint -Martin de Savigny, n°582 : « in agro Savogensi » ;
Regum Burgundia e stripe Rudolfina diplomata et actan°108, d'après le cartulaire deSaint-Maurice de Vienne (1016) :
« in comitatu Savoignese», « in pago Gratiopolitano vel Savoiense» (deux mentions) ;
Archives du prieuré du Bourget (v. 994-1048) : « in comitatu Savogensi » (cité par Samuel Guichenon, Histoire de la
royale Maison de Savoie, t. III, p. 5) ;
Monumenta Novaliciensia vetustiora, Abbaye de la Novalaise, t.I, n°LXVIII, (1036) : «in pago Savogiense ».
5. Le découpage départemental a déjà été expérimenté au cours des conquêtes napoléoniennes avec Département le du Mont-
Blanc entre 1792 et 1815 avec pour chef-lieu Chambéry, puis celui du Léman, entre 1798 et 1815, avecGenève. Organisation
partiellement reprise lors de la restauration sarde en 1815 et confirmée à la suite de l'annexion.
6. La liste « Renaissance savoisienne », menée par Patrice Abeille en Haute-Savoie, obtiendra plus de 5 % des suf frages
exprimés et donc un siège de conseiller régional pour sa tête de liste. Celle pour le département de la Savoie obtiendra un peu
plus de 4 %.
7. La structure Savoie Mont Blanc, pour ces données statistiques de capacité d'accueil en termes de lits touristiques d'une station
ou d'une commune, additionne les établissements marchands, qui appartiennent au secteur dehôtellerie, l' et les
hébergements non marchands, qui n'implique donc pas de transaction commerciale comme les résidences secondaires45.
8. Sur les costumes, se reporter aux détails édités dans larevue de Savoie de 1941 à 1947 et de 1956 à 1960, notamment les
articles écrits par le C.T. Emile Gaillard et D. Freppaz, d'autres livres traitent des différentes traditions vestimentaires de la
région, voir la bibliographie.

Références
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Recensement de la population), INSEE, consulté sur www .insee.fr le 14 janvier 2018
2. André Palluel-Guillard, L'aigle et la croix : Genève et la Savoie, 1798-1815 , Éditions Cabedita, 1999, 662 p.
(ISBN 978-2-8829-5260-8), p. 14-16.
3. Jean-Marie Jeudy, Les mots pour dire la Savoie : Et demain, j'aurai autre chose à vous raconter , La Fontaine de Siloé,2006,
540 p. (ISBN 978-2-8420-6315-3), p. 466-467.
4. Adolphe Gros, Dictionnaire étymologique des noms de lieu de la Savoie , La Fontaine de Siloé (réimpr. 2004) (1re éd. 1935),
519 p. (ISBN 978-2-84206-268-2, lire en ligne (https://books.google.com/books?id=JV-hg4Ul-iEC&pg=PA443)), p. 443.
5. Raoul Blanchard, « La Savoie. Tableau géographique »,p. 25, in Mémorial de Savoie. Le Livre du Centenaire 1860 - 1960 ,
sous les auspices du Comité d'organisation des fêtes du centenaire du Rattachement de la Savoie à la France, Presses des
imprimeries réunis de Chambéry, 1959.
6. Jules-Joseph Vernier, Étude historique et géographique sur la Savoie , Le Livre d'Histoire - Res Universis r(éimpr. 1993) (1re éd.
1896), 137 p. (ISBN 2-7428-0039-5, ISSN 0993-7129 (http://worldcat.org/issn/0993-7129&lang=fr)).
7. Voir ainsi les ponts suspendus del'Abîme sur le Chéran et de la Caille sur Les Usses.
8. Paul Guichonnet, Maurice Morel, Henri Menabrea, Émile Vesco, Visages de la Savoie, éditions Horizons de France, coll.les
Provinciales, Paris, 1947, 210 pages,p. 26.
9. Paul Vidal de la Blache, Tableau de la géographie de la France, édition de La Table Ronde, première éditionen 1903,
réimpression en 2000,p. 378.
10. Aiguilles d'Arves (http://www.geol-alp.com/h_maurienne/_lieux_maurienne_Sud/Aig_dArves.html)sur le site http://www.geol-
alp.com.
11. [PDF]Thèse sur l'évolution structurale et métamorphique d’une croûte continentale subductée (Grand Paradis) (http://www.geo
sciences.univ-rennes1.fr/IMG/pdf/LeBayon.pdf) , auteur: Le Bayon, p. 32.
12. [PDF] Lucien Richard, Annie Tonnel, « Contribution à l'étude bioclimatique de l'arc alpin», Document de la Cartographie
Écologique, Grenoble, vol. XXVIII, 1985, p. 33-64 (lire en ligne (http://ecologie-alpine.ujf-grenoble.fr/articles/DCE_1985__28__
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13. « La capture du Sillon alpin», Mappemonde, avril 2008, p. L'image du mois (lire en ligne (http://mappemonde.mgm.fr/actualite
s/sillon_alp.html)).
14. « Résultats du recensement de la population 2011» (http://insee.fr/fr/bases-de-donnees/default.asp?page=recensement/result
ats/2011/rp2011.htm), sur le site de l'INSEE (consulté le 30 mai 2015).
15. « Les 60 premières aires urbaines en 2012» (http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATTEF01203), sur
le site de l'INSEE (consulté le 30 mai 2015).
16. Seule la partie française de l'unité ou de l’aire urbaine est prise en compte.
17. Partie française de l’agglomération: 114 communes, dont 90 sont situées dans la Haute-Savoie et 24 dans l'Ain.oir V
également Unité urbaine de Genève - Annemasse (partie française) .
18. Bernard Demotz, « La frontière au Moyen Âge d'après l'exemple du comté de Savoie (début XIIIe - début XV e siècles) », Actes
des congrès de la Société des historiens médiévistes de l'enseignement supérieur public , vol. 4, no 4, 1973, p. 95-116 (lire en
ligne (http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/shmes_1261-9078_1979_act_4_1_1253) ).
19. Laurent Ripart, « Du royaume aux principautés : Savoie-Dauphiné,Xe-XIe siècles », dans Op. cit. (lire en ligne (https://www.aca
demia.edu/6778612/_Du_royaume_aux_principaut%C3%A9s_Savoie-Dauphin%C3%A9_Xe-XIe_si%C3%A8cles_dans_Christi
an_Guiller%C3%A9_Jean-Marie_Poisson_Laurent_Ripart_Cyrille_Ducourthial_dir ._Le_royaume_de_Bourgogne_autour_de_l_
an_mil_Chamb%C3%A9ry_2008_p._247-276) ), p. 210-214.
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Suisse romande, Savoie et environs » - henrysuter .ch, 2000-2009 (mis à jour le18 décembre 2009) (consulté le 30 mai 2015).
21. Guichonnet 2007, p. 19.
22. Pierre Préau, « La Savoie dans l'organisation régionale française ,»dans Collectif, La région et la vie régionale : actes du
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Saint-Etienne, 1975 (lire en ligne (https://books.google.fr/books?id=zSDNqtGBDfUC&pg=P A57)), p. 64.
23. La Rédaction, « Doit-on écrire Savoie ou Savoies ?», Le Dauphiné libéré, 7 avril 2013 (lire en ligne (http://www.ledauphine.co
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24. L'Obs avec AFP, « Adieu les deux Savoies, bonjour la Savoie Mont-Blanc ?», L'Obs, 11 juillet 2014 (lire en ligne (http://tempsr
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25. Dominique Stich, Parlons francoprovençal : Une langue méconnue , L'Harmattan, 1998, 432 p. (ISBN 978-2-73847-203-8),
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26. [PDF] « Archives de l'ancien duché de Savoie» (http://www.sabaudia.org/v2/archives73/inventai/seriesa/IR101a_intro.pdf), sur
www.sabaudia.org (consulté le 19 avril 2009) : « « Avant-Propos » Archives de l'ancien duché de Savoie(série SA), Inventaire,
tomé 1 : « Archives de cour », Gardet, 1966. ».
27. Pierre Duparc, « La Sapaudia », Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres , vol. 102, no 4,
1958, p. 371-384 (lire en ligne (http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/crai_0065-0536_1958_num_102_4_109
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Christian Guilleré, Jean-Michel Poisson, Laurent Ripart et Cyrille Ducourthial, Le royaume de Bourgogne autour de l'an mil,
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30. Les différents actes sont étudiés aussi dans el volume 3 de la thèse de Laurent Ripart, « Les fondements idéologiques du
pouvoir des comtes de la maison de Savoie (de la fin duXe au début du XIIIe siècle) », Université de Nice, 1999, 3 volumes
(sous la direction d'Henri Bresc).
31. Mention faites dans la« donation d'Arbin par l'évêque de Maurienne au monastère de Savigny (1022), »in Revue savoisienne,
Académie florimontane, 1867, p. 51. Ou encore dans le capitulaire appelétestament de Charlemagne.
32. Guichonnet 2007, p. 49.
33. AK, « Déception des élus des Pays de Savoie après le refus des Alsaciens de fusionner Haut et Bas-Rhin » (https://france3-re
gions.francetvinfo.fr/alpes/2013/04/08/deception-de-l-assemblee-des-pays-de-savoie-face-au-refus-des-alsaciens-de-fusionner
-le-haut-et-le-bas-rhin-230867.html), sur le site de France 3 Régions, 8 avril 2013 (consulté le 9 juin 2015).
34. Guichonnet 2007, p. 50.
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36. Le Monde.fr avec AFP, « Réforme territoriale : la Savoie et la Haute-Savoie veulent s'unir», Le Monde, 11 juillet 2014 (lire en
ligne (http://www.lemonde.fr/politique/article/2014/07/11/reforme-territoriale-la-savoie-et-la-haute-savoie-veulent-s-unir_445571
4_823448.html)).
37. Le Nouvel Observateur avec AFP, « Adieu les deux Savoies, bonjour la Savoie Mont-Blanc ?», Le Nouvel Observateur,
11 juillet 2014 (lire en ligne (http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20140711.OBS3523/adieu-les-deux-savoies-bonjour-la-s
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38. Benoît Brassoud, « L'identité savoyarde : Défense ou recherche d'une identité ? ,»p. 113, paru dans CISM-LGUS, Cahiers
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39. Renaud Dely, « Patrice Abeille, le bourdon de Millon», Libération, 5 janvier 1999 (lire en ligne (http://www.liberation.fr/portrait/1
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40. André Palluel-Guillard, Christian Sorrel, A Fleury, J. Loup, La Savoie de Révolution française à nos jours,XIXe-XXe siècle, t. 4,
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=0#v=onepage&q&f=false)]
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54. Festival du film rural de la Biolle(http://festcinerural-labiolle.org/)
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60. Xavier Crettiez, Isabelle Sommier, La France rebelle, Éditions Michalon, 2000, 569 p. (ISBN 978-2-84186-178-1), p. 81
61. Lucien Bajulaz, Fillinges et son passé, vol. 1, Académie salésienne, 2005, 1080 p. (ISBN 978-2-9111-0220-2), p. 53.
62. Bernard Demotz, Le comté de Savoie duXIe au XVe siècle : Pouvoir, château et État au Moyen Âge, Genève, Slatkine, 2000,
496 p. (ISBN 2-05101-676-3), p. 8, « En 1416 l'érection de la Savoie en duché marque à peu près l'apogée de la puissance du
grand état alpin ».
63. Brice Perrier, « Pour lui, c’était Savoie libre !», La Voix des Allobroges, 28 février 2010 (lire en ligne (http://www.lavoixdesallobr
oges.org/histoire/340-hommage-a-henri-denarie-part-2) ), Article publié dans le numéro 13 de laVDA (été 2007).
64. Jean Prieur et Hyacinthe Vulliez, Saints et saintes de Savoie, La Fontaine de Siloé,1999, 191 p. (ISBN 978-2-8420-6465-5),
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65. Conférence de Christian Regat aux Amis du V al de Thônes, le 2 décembre 2011, « Saint Maurice et les foires de la Saint-
Maurice » (Lire en ligne (http://www.amisduvaldethones.fr/saint-maurice-et-les-foires-de-saint-maurice/)).
66. Bernard Demotz, François Loridon, 1000 ans d'histoire de la Savoie : La Maurienne , vol. 2, Cléopas, 2008, 845 p.
(ISBN 978-2-9522-4597-5), p. 446.

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