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Communiqué de presse sur le jugement du Conseil d’Etat – le placement des fonds déposés aux

comptes chèques postaux par les particuliers

Date : 09/10/2018

En 2014, l'Office des postes et télécommunications (OPT) a déposé un recours au tribunal


administratif de Papeete contre le refus de l'administrateur général des finances publiques en
Polynésie française d'effectuer une opération de virement destinée à placer auprès d'une banque de
la place de Papeete une partie des fonds déposés par les particuliers aux comptes chèques postaux
(CCP).

L'OPT rappelle que ces opérations de placement ont été couramment réalisées, selon les dispositions
de la convention Etat-Pays du 3 décembre 1985, depuis la fin des années 1990. Et c'est en 2013, soit
23 ans plus tard, qu'une opération a été bloquée.
Ces opérations de placement, génératrices de produits financiers, ont permis d'atténuer très
partiellement le montant du déficit important de l'exploitation des services financiers, en particulier
dans les îles éloignées.

Le récent jugement du Conseil d'Etat annule le précédent jugement de la cour administrative d'appel
de Paris favorable à l'établissement en concluant que l'OPT peut disposer des fonds déposés par les
particuliers aux CCP, à charge pour lui de les restituer aux clients.
De ce fait, ces fonds sont qualifiés de "libres" et entrent ainsi dans les dispositions de la loi organique
de 2004 qui prévoient que le conseil des ministres autorise le placement des fonds libres de la
Polynésie française et de ses établissements publics en valeurs d'Etat ou garanties par l'Etat.
Ainsi, l'OPT relève que c'est l'application de ces dispositions le concernant en tant qu'établissement
public qui l'empêcherait de placer les fonds des particuliers déposés aux CCP auprès des banques de
la place de Papeete. L'OPT souligne que les placements en valeurs d'Etat ou garanties par l'Etat,
dans le contexte des taux négatifs ou très bas, ne permettent absolument pas d'obtenir des produits
financiers, contrairement à ceux obtenus grâce aux placements réalisés dans les banques locales.
La disparition de ces produits financiers entraînera une aggravation du déficit de l'activité des services
financiers, mission assurée par l'OPT seul dans la plupart des îles éloignées et qui ne relève pas du
service public.

L'OPT note que le Conseil d'Etat renvoie l'affaire devant la cour administrative d'appel de Paris. L'OPT
entend bien à nouveau défendre ses arguments devant la cour.

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L'OPT espère obtenir des autorités compétentes de l'Etat et du Pays une modification de la loi
organique afin de faire évoluer les dispositions en matière de placement des fonds déposés aux CCP.
Enfin, dans le cadre de l'évolution de l'organisation du Groupe OPT, il est envisagé de confier
l'exécution du service postal et des services financiers à une filiale qui ne relèverait pas des
dispositions actuelles de la loi organique. Il ne s'agit pas de contourner la réglementation, mais de
donner un cadre juridique et économique à des activités coûteuses, mais essentielles pour le Pays.

Jean-François MARTIN
Président-directeur général de l’OPT

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