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Gilles Malatray - Desartsonnants

ÉCOUTE VOIR LE LOCLE

Points d’ouïe, points de vue

Récits autour d’une résidence artistique
Récits autour d’une résidence artistique
Points d’ouïe, points de vue Récits autour d’une résidence artistique Desartonnants - LuXor Factory - Octobre

Desartonnants - LuXor Factory - Octobre 2018

Points d’ouïe, points de vue Récits autour d’une résidence artistique Desartonnants - LuXor Factory - Octobre
Sommaire Récit 1 Le Locle, Points d’ouïe, Points de vue Récit 2 Une résidence artistique,

Sommaire

Sommaire Récit 1 Le Locle, Points d’ouïe, Points de vue Récit 2 Une résidence artistique, un

Récit 1

Le Locle, Points d’ouïe, Points de vue

Récit 2

Une résidence artistique, un territoire

Récit 3

Vers la limite des flux

récit 4

Le Locle, entrailles sonores

Récit 5

Aire du temps

Récit 6

Écoute voir Le Locle, une carte postale sonore

Récit 7

Points d’ouïe, Points de vue, villes chantiers, impermanences

Récit 8

Derèglements temporels

Récit 9

Points d’ouïe et mouvements pendulaires

Récit10

Ce qui cloche joliment

Récit 11

PAS - Parcours Audio Sensible en duo d’écoute

Récit 12

Remerciements

Ce qui cloche joliment Récit 11 PAS - Parcours Audio Sensible en duo d’écoute Récit 12
Ce qui cloche joliment Récit 11 PAS - Parcours Audio Sensible en duo d’écoute Récit 12
Ce qui cloche joliment Récit 11 PAS - Parcours Audio Sensible en duo d’écoute Récit 12
Points d’ouïe, points de vue En résidence avec Jeanne Schmid, à Luxor Factory, Le Locle

Points d’ouïe, points de vue

Points d’ouïe, points de vue En résidence avec Jeanne Schmid, à Luxor Factory, Le Locle cité

En résidence avec Jeanne Schmid, à Luxor Factory, Le Locle cité Neuchâteloise dont l’urbanisme hor- loger est classé au patrimoine Mondial de l’Unesco, nous posons une écoute et un regard croisé sur le site investi, arpenté au pas à pas.

Le Locle, Point d’ouïe, Point de vue

Aborder une ville par les sens, cherchant son essence, dans tous les sens, c’est l’arpenter pour tenter d’en lire des lignes fortes, directrices, saillantes ou sous-jacentes.

Après un temps de tâtonnements, errances, déambulations, hésitations, hypothèses, nous appréhen- dons Le Locle via trois axes qui nous semblent pertinents, si ce n’est évidents.

Il s’agit pour nous de retranscrire des parcelles de vie, de respirations, d’évolution d’une ville en mou- vement perpétuel, d’en capturer des instants, fragments, paysages, au travers le filtre de nos pratiques artistiques. La ville et ses activités, ses habitants, ses industries, vivantes ou disparues, ses pratiques collectives, est le vivier de notre investigation, de notre récit en construction.

Comme dans tout récit, les traces du passé, du présent, et certainement d’un imaginaire assumé, d’une fiction audio-visuelle, tissent une petite histoire du Locle, à notre façon.

Le flux, le temps, l’impermence sont les trois lignes fortes que nous posons d’emblée comme fils conducteurs.

Points d’ouïe, points de vue

sont les trois lignes fortes que nous posons d’emblée comme fils conducteurs. Points d’ouïe, points de

Points d’ouïe, points de vue

Points d’ouïe, points de vue La ville flux est une ville sans cesse traversée de flux,

La ville flux est une ville sans cesse traversée de flux, aquatiques ou autres.

– Une rivière souterraine, une trentaine de fontaines, des moulins enterrés, la pluie parfois… L’eau est une quasi constante, structurante ici

– Les flux humains qui traversent la ville, flux de pas et de voix.

– Flux de voitures, dont les chuintements se mêlent parfois à ceux de l’eau.

La ville temps s’impose au Locle, un point fort de l’horlogerie, de la micromécanique de précision, du décolle- tage, avec sa quarantaine de fabriques. La mesure du temps qui passe, du présent et du passé est sans cesse rappellé au promeneur, via notamment l’urbanisme horloger (site classé au Patrimoine Mondial de l’Unesco).

En regard de notre première approche, le temps est également un flux, de celui qui marque l’histoire d’un lieu, entre passé présent et vision d’avenir.

La ville impermanence, c’est la ville qui bouge, qui connaît une succession d’incendies, démolissions, qui se fissure par endroits, subit des affaissement, écroulements. Les transformations sont permanentes, déconstruc- tions et reconstructions. La ville est chantier, son impermanence la fait résistante aux flux comme au temps qui passe, et lui assure une résilience vitale.

comme au temps qui passe, et lui assure une résilience vitale. © Photos Jeanne Schmid Points

© Photos Jeanne Schmid

comme au temps qui passe, et lui assure une résilience vitale. © Photos Jeanne Schmid Points

Points d’ouïe, points de vue

Une résidence artistique, un territoire

Une résidence artistique, un territoire Une résidence artistique est un moyen de s’immerger dans un territoire,

Une résidence artistique est un moyen de s’immerger dans un territoire, ville, espace naturel, ou autres lisières et interstices hybrides.

C’est un moyen de gratter les lieux, d’y imprimer le poids de ses pas arpenteurs, de s’y asseoir aussi, écouteur observateur, à la recherche de balises.

Par exemple sur cette place publique, presque tous les jours, à certaines heures, se retrouvent des personnages sur des bancs, souvent les mêmes, moi compris.

Couples, ados, marginaux, retraités, cadres…

L’histoire se tisse, façon Pérec.

Les rythmes se précisent.

Et de ce fait les espaces.

Sortie d’écoles, flux de travailleurs, une acmé, un apaisement avec la nuit qui tombe ; des cycles qui au final ne varient que par de menus événements.

Les sons et lumières entretiennent de réelles accointances.

Les ambiances se précisent aussi, au rythme des jours et des saisons.

La résidence nous offre de nouveaux repères, qu’ils nous faut aller chercher, des rituels, des ailleurs à se construire, des surprises à accueillir.

L’ailleurs stimule la sérendipité qui nous ouvre des portes.

Ici, des évidences, des récurrences, quasi universelles, des voix, du vent, de l’eau, des flux.

Ici des singularités, des accents, des expressions, des codes couleurs qui changent, des signalétiques du cru, des architectures singulières, anachroniquement entremêlées.

Ici, nous nous re-créons nos propres symboles, dans un lieu où nous n’avons pas (encore) d’espaces qui puissent nous situer fortement dans l’ancrage d’une géographie sensible.

Une résidence, c’est un moment, plus ou moins long, où le temps et l’espace s’offrent autrement. Ils nous permettent à la fois d’adapter des gestes, des postures, des dispositifs d’écritures nomades, et de nous créer une nouvelle palette de jeux, ou tout au moins de l’élargir, de l’adapter aux contextes, aux ambiances.

L’hétérotopie de Foucault y prend souvent tous son sens, strates de territoires géographiques, esthé- tiques, politiques, sociaux…

Mon oreille par exemple, procède par une forme de syntonisation, oscillant entre le moi de mes sou- venirs, de mes expériences, et l’extérieur plus ou moins inconnu, que j’appréhende peu à peu, me mettant autant que faire ce peu au diapason des lieux.

Une résidence artistique,

peu à peu, me mettant autant que faire ce peu au diapason des lieux. Une résidence

Un territoire

Une résidence, c’est augmenter une collection de parcours et de sites liés à des expériences

Une résidence, c’est augmenter une collection de parcours et de sites liés à des expériences sensibles, ici des Points d’ouïe, Points de vue, des parcours sensibles, entre autres choses.

C’est aussi se frotter à d’autres personnes, autochtones ou non, à d’autres pra- tiques, d’autres connaissances, hybridations.

Un moyen de travailler l’altérité, pourfendre l’a priori.

De résidence, non assignée, à résistance, quelques pas, sans plus.

Quitte à déstabiliser notre confort bâti sur une série de repères (trop) bien iden- tifiés.

Une résidence, ou plutôt l’enchainement de différentes résidences, nous fait nous sentir appartenir à un monde multiple, complexe, mouvant, si possible accueil- lant, sans enraciner nos pensées et gestes dans un cocon terreau trop sédentari- sant.

enraciner nos pensées et gestes dans un cocon terreau trop sédentari- sant. Une résidence artistique, Un

Une résidence artistique,

Un territoire

enraciner nos pensées et gestes dans un cocon terreau trop sédentari- sant. Une résidence artistique, Un
enraciner nos pensées et gestes dans un cocon terreau trop sédentari- sant. Une résidence artistique, Un
Vers la limite des flux Fluctuat Parcourant avec Jeanne la ville du Locle, de gauche

Vers la limite des flux

Fluctuat

Vers la limite des flux Fluctuat Parcourant avec Jeanne la ville du Locle, de gauche à
Vers la limite des flux Fluctuat Parcourant avec Jeanne la ville du Locle, de gauche à

Parcourant avec Jeanne la ville du Locle, de gauche à droite, et inversement, d’Est en Ouest, de haut en bas – collines, voire montagnes oblige - la question des flux urbains traverse nos parcours piétons, voire les influe, les détourne.

Nous nous faufilons dans les méandres de circulations capricieuses, piétons, voitures, et parfois surprenons un vent qui glisse, chuitant au travers de la ville.

Parmi ces mouvements, tantôt fugaces, tantôt prégnants, il est cependant un flux qui paraît résister, per- sister, sinon émerger, comme une signature urbaine.

L’eau en effet irrigue le territoire investi.

Non pas des rivières et fleuves majestueux, larges, voire ostentatoires, mais un flux caché, souterrain, que l’on peut imaginer courant sous nos pieds, dans le ruissèlement de circulations enterrées. Le Bied, c’est le nom de cette rivière, visible en amont et en aval de la cité, traverse la ville à l’insu des piétons, qui peut-être suivent son courant par une sorte d’attirance inconsciente.

Suivre en surface le Bied, c’est imaginer un monde dont l’accès ne s’offre pas spontanément, mais qui laisse la liberté de construire un récit fluctuant au fil d’ondes intangibles, mais aux énergies fertiles

En surface, de multiples résurgences. Pas forcément celles du Bied, mais néanmoins des résurgences liq- uides.

Le Locle est constellé d’une trentaine de fontaines.

Pour la plupart discrètes elles aussi, pas de celles qui érigent des Naïades géantes aux formes arrondies, des chevaux écumants, fougueux, au bronze lustré crachant l’eau bouillonnante de leurs naseaux furieux.

Ce sont des fontaines oasis, aux eaux fraiches et gouteuses.

l’eau bouillonnante de leurs naseaux furieux. Ce sont des fontaines oasis, aux eaux fraiches et gouteuses.

Coulée

Vers la limite des flux Pour jouir pleinement de ces haltes bruissantes, il faut leurs

Vers la limite des flux

Vers la limite des flux Pour jouir pleinement de ces haltes bruissantes, il faut leurs tendre

Pour jouir pleinement de ces haltes bruissantes, il faut leurs tendre l’oreille, ou mieux encore, s’approcher au plus près, s’asseoir sur la margelle, intime, jusqu’à ce que le flux masque pratiquement toute ambiance sonore alentours, et devienne un point focal parfois quasi hypnotique. Expérience de la durée…

Nous croisons des fontaines aux sonorités variées, dans différents registres, différentes tonalités. Certaines plus sourdes, d’autres plus cristallines. Certaines au débit régulier, d’autres aux émergences entrecoupées de petits soubresauts fugaces.

Chacune a son ambiance, ses attraits pour capter les promeneurs découvreurs que nous sommes. Les mi- roitements de la lumière, les clapotis de micro-vagues retiennent l’œil et l’oreille. Prendre et travailler une empreinte au frottis de charbon, capter l’image, le son, comme des matières fécondes à alimenter notre récit en cours.

Une sorte de circuit se dessine alors, dans un pointillisme aquatique, jalonné de marqueurs Points d’ouïe et Points de vue, cartographie naissante d’une cité liquide.

Dans la cité horlogère du Locle, le temps est rythmé par l’histoire et l’activité des fabriques de montres et chronographes en tous genres, mais aussi des fontaines qui ponctuent la ville, repères de cheminements sensibles, guides partitionnant l’espace urbain au pas à pas, éléments d’un récit urbain en marche.

Aux limites de la cité, au col des Roches, une anfractuosité minérale, cassure frontalière Franco-Suisse en- taillant le relief, des moulins souterrains se cachent sous nos pieds. Un conteur qui vécut ici en parlait en ces termes.

«Nous nous trouvons maintenant dans un moulin à eau, un moulin souterrain. Bien au-dessous du sol mugit un torrent ; personne, là-haut, ne s’en doute ; l’eau tombe de plusieurs toises sur les roues bruis- santes, qui tournent et menacent d’accrocher nos habits et de nous faire tourner avec elles. Les marches sur lesquelles nous nous trouvons, sont usées et humides ; des murs de pierre l’eau ruisselle, et, tout près, s’ouvre l’abîme.»

Hans Christian Andersen, 1836

La limite des flux, c’est ici de perdre la trace de l’eau qui disparaît sous la ville, de la fontaine qui se tait en hiver, de la quasi intangibilité du liquide, des distances entre deux points bouillonnants…

La limite des flux, c’est aussi désirer un brin de stabilité, d’immobilité, assis sur un banc par exemple, sans autre volonté que de résister un instant aux mouvements perpétuels de la cité.

Aqua

sans autre volonté que de résister un instant aux mouvements perpétuels de la cité. Aqua Vers
sans autre volonté que de résister un instant aux mouvements perpétuels de la cité. Aqua Vers

Vers la limite des flux

sans autre volonté que de résister un instant aux mouvements perpétuels de la cité. Aqua Vers
Le Locle, entrailles sonores Une balade, sous un soleil radieux, nous emmène du centre du

Le Locle, entrailles sonores

Le Locle, entrailles sonores Une balade, sous un soleil radieux, nous emmène du centre du Locle

Une balade, sous un soleil radieux, nous emmène du centre du Locle vers sa périphérie, le Col des roches, faille frontière avec la France. Ici, un spectaculaire effondrement géologique, en crête d’une balme, a dé- coupé nettement un passage frontalier trans-jurassien.

Nous avons suivi, pour y arriver, le capricieux cours du Bied, rivière parfois contrainte et enterrée, parfois batifolant à l’air libre.

Après les fontaines du Locle, nous continuons logiquement d’explorer les flux - aquatiques - ambiants.

A l’arrivée, au pied d’une falaise, nous nous rendons au site des Moulins souterrains, but de notre visite,

Un musée à la scénographie très agréable nous accueille; tout savoir sur les moulins locaux, minoteries, boulangeries, électricité, scieries… La puissance hydraulique qui s’expose dans sa diversité.

Les personnes qui animent le lieu ce jour sont vraiment très coopératives, et nous aident généreusement

à éclairer notre lanterne pour mieux appréhender le site.

Enfin, ce que nous attendons avec impatience se présente devant, et sous nos pieds. Nous franchissons une entrée, quelques escaliers pour descendre dans les entrailles de la terre, dans un gouffre assez pro- fond, humide et un brin frisquet.

Une grotte aménagée, profonde, entrailles bouillonnantes et humides, se découpe à la verticale, aménagée d’escaliers de pierre ou de métal glissants. Le pas se fait très prudent.

L’eau nous saute d’emblée aux oreilles, encore lointaine, réverbérée par sa niche de roche majestueuse. Me voila rassuré, les ondes aquatiques seront bien du voyage ! Et même bien plus présentes que je ne me l’imaginais a priori.

Ça chuinte joliment sous nos pieds.

Nous rencontrons un premier mécanisme de moulin, tournant à l’horizontale. Il cliquette, grince, grogne sourdement, se révèle dans un joli panel sonore. Une première manne.

Quelques marches encore, plus profondément, une roue de moulin. Énorme, imposante, comme un mé- canisme vivant, une clepsydre peut-être, dans cette ville horlogère… !

On peut toujours se risquer à cette association métaphorique à la fois improbable et qui pourtant coulerait de source…

Nous la frôlons, ou elle nous frôle, de toute sa hauteur. L’eau qui court, qui jaillit, animant ses pales de bois, change parfois de débit, dans un bruit étrangement métallique. Elle finit par venir s’ébrouer au fond d’un bassin pierreux, avant que de continuer sa chute. Toujours plus bas.

par venir s’ébrouer au fond d’un bassin pierreux, avant que de continuer sa chute. Toujours plus

Souterrains

Le Locle, entrailles sonores Quasiment au centre de la grotte, l’eau nous entoure, nous submerge,

Le Locle, entrailles sonores

Quasiment au centre de la grotte, l’eau nous entoure, nous submerge, nous enveloppe de ses nappes so- nores, dans une étrange verticalité. Eau dessus, eau dessous, eau proche, eau lointaine… Une palette de sonorités aquatiques en offrande, pour le bonheur des oreilles et micros.

De la matière fluctuante, une spatialité à capturer et retravailler. Très inspirant !

D’autres marches, des détours via des couloirs quasi organiques, suintants et ruisselants, nous conduisent de plus en plus profondément dans ces entrailles bruissantes.

Une deuxième roue, du même acabit que la première, nous attend un peu au dessous, toujours aussi im- posante, sonore, mais avec de nouvelles variations lumineuses et auriculaires

La roche, le bois, l’eau, sont comme des éléments et mouvements-flux intimement liés, aussi naturels qu’aménagés, domptés.

Nous remonterons par un autre cheminement souterrain, au fil d’une gangue rocheuse, comme une ma- trice baignée d’eau fraîche, découvrant ainsi d’autres Points d’ouïe et Points de vue.

De la gouttelette à la chute, de reflets en reflets, ce site, vraiment spectaculaire, s’offre dans toute sa puis- sance, jusque dans ses infimes nuances et subtilités, mises en exergue par la pénombre environnante.

Parcours sensible s’il en fut

sensible s’il en fut Écoutez les entrailles souterraines Ecoutez les tourbillons aquatiques © Photos Jeanne Schmid
les entrailles souterraines Ecoutez les tourbillons aquatiques © Photos Jeanne Schmid Le Locle, entrailles sonores

© Photos Jeanne Schmid

les entrailles souterraines Ecoutez les tourbillons aquatiques © Photos Jeanne Schmid Le Locle, entrailles sonores

Le Locle, entrailles sonores

les entrailles souterraines Ecoutez les tourbillons aquatiques © Photos Jeanne Schmid Le Locle, entrailles sonores
Dans l’aire du temps Une traversée urbaine dans l’aire du temps passant en parcelles pixels

Dans l’aire du temps

Dans l’aire du temps Une traversée urbaine dans l’aire du temps passant en parcelles pixels vaguelettes

Une traversée urbaine dans l’aire du temps passant en parcelles pixels vaguelettes mouvantes bribes scansions de sons pointillismes couleurs traits de bruits lumineux qui fragmentent l’espace dans des flux modulants parcours décomposé parcours recomposé comme un songe troublé point par point pas à pas.

© Dessin Jeanne Schmid

CliquezTraversez

comme un songe troublé point par point pas à pas. © Dessin Jeanne Schmid Cliquez Traversez

Dans l’aire du temps

comme un songe troublé point par point pas à pas. © Dessin Jeanne Schmid Cliquez Traversez
Une carte postale sonore Une carte postale sonore Une histoire qui démarre tissée de sons

Une carte postale sonore

Une carte postale sonore

Une carte postale sonore Une carte postale sonore Une histoire qui démarre tissée de sons moteur

Une histoire qui démarre

tissée de sons

moteur joyeux comme une douceur que viennent confirmer des cloches douze coups de l’église puis en écho la volée du temple en rumeur lointaine descente vers la ville cœur de ville Hôtel de ville un mariage lui aussi joyeux du soleil musiques du Maghreb cris danses klaxons Drapeaux (inaudibles) l’espace s’ébroue acoustique festive le convoi s’ébranle puis tout s’assagit en apparence De l’autre côté de la rue un chantier fébrile voix moteurs marteaux grincements raclements échos un toit refait peau neuve toujours du soleil qui n’imprègne pas mes micros si ce n’est d’une allégresse ambiante perceptible la ville bruissonne l’oreille s’en régale.

perceptible la ville bruissonne l’oreille s’en régale. © Photos et dessins Jeanne Schmid Écoutez la cate
perceptible la ville bruissonne l’oreille s’en régale. © Photos et dessins Jeanne Schmid Écoutez la cate

© Photos et dessins Jeanne Schmid

s’en régale. © Photos et dessins Jeanne Schmid Écoutez la cate postale sonore Locloise Une carte

Une carte postale sonore

Ville-chantier et impermanences Trous, brèches, gravats fissures, coques vides, facades, ossatures, lézardes, poutres,

Ville-chantier et impermanences

Ville-chantier et impermanences Trous, brèches, gravats fissures, coques vides, facades, ossatures, lézardes, poutres,

Trous, brèches, gravats fissures, coques vides, facades, ossatures, lézardes, poutres, moellons, poussière, béton, rambardes… La ville chantier se chante et se déchante, en bruissements organiques. Craquements, sifflements, heurts, fracas, grondements, raclements, gémissements, stridences, échos, roulements, martèlements… La ville en chantier n’en finit pas de gronder, sans oublier de rire, entre démolitions et résurrections, phé- nix malgré elle, de pierre, de verre, de briques et de broc. Chantiers permanents, certains faisant fi du passé, tables rases radicales, ou perspectives ménageant des poches de souvenirs, des rémanences incertaines, des ouvertures à venir, traversées hasardeuses, brèches intemporelles… Desdélaissés, dentscreuses, friches, terrainsvagues, recoinspresquesauvages, enclosàl’abandon, ruines, quasi non lieux, un panel hétéroclite d’agencements pour marcheur impudent… La ville interstitielle déplace sans arrêt ses lisières, quitte à s’étonner sans cesse, contraint ses évolutions, ses impatiences chroniques, hésite à reconquérir des espaces encore trop entre-deux.

hésite à reconquérir des espaces encore trop entre-deux. © Photo et dessin Jeanne Schmid Ville-chantier et

© Photo et dessin Jeanne Schmid

à reconquérir des espaces encore trop entre-deux. © Photo et dessin Jeanne Schmid Ville-chantier et impermanences

Ville-chantier et impermanences

Ville-chantier et impermanences Étalements voraces, érections urbaniques, la ville louvoie entre verticalité et

Ville-chantier et impermanences

Ville-chantier et impermanences Étalements voraces, érections urbaniques, la ville louvoie entre verticalité et

Étalements voraces, érections urbaniques, la ville louvoie entre verticalité et horizontal- ité, parfois toutes deux s’imposant, agressivement invasives. La ville palimpseste, stratifiée, se réécrit sans cesse en couches de bitume, de pierre, de terre et de verdure, lorsque celle-ci survit encore à l’ogresque appétit minéral. La ville comme paysage sonore n’échappe pas aux chantiers, ceux-là mêmes qui vont la faire vivre, même spasmodiquement, en tous cas perdurer. Quand tout les chantiers se taisent, les ruines s’imposent alors, sans complexe, avec le silence allant de paire. Un grand pan de désolation. La ville ici, n’est pas silence mais chantier. Elle est sertie, dans un écrin de combes et de forêts dont les contours se font indécis au fil des périphéries repoussées. Elle est aussi une cité minée, fissurée, malmenée dans son centre, par un cours d’eau souterrain, et sans doute par l’audace inconsciente de bâtisseurs bravant les marécages ancestraux. Ici, des pieux souterrains, remèdes à l’instabilité, cherchant la roche mère pour asseoir la cité sans qu’elle ne penche et tangue trop, ne craquèle dangereusement. Ici des chantiers salvateurs luttant sans répit contre l’impermanence intrinsèque des choses. Y compris celles qu’on pourrait croire indestructibles. Ici les bravades, architectures édifiantes, défiant l’érosion du temps et des eaux sour- noisement complices. Et tout cela s’entend comme un écho, tout à la fois proche et lointain, une résonance surannée d’un manifeste d’architecture sonore post Russolo. Et tout cela se regarde comme le film qui déroulerait le chronos d’une ville fragile et néanmoins résiliante.

le chronos d’une ville fragile et néanmoins résiliante. Écoutez la ville chantier Ville-chantier et impermanences
le chronos d’une ville fragile et néanmoins résiliante. Écoutez la ville chantier Ville-chantier et impermanences

Ville-chantier et impermanences

le chronos d’une ville fragile et néanmoins résiliante. Écoutez la ville chantier Ville-chantier et impermanences
Dérèglements temporels Le temps tic vraiment vrai ? le temps tac passe comme il peut

Dérèglements temporels

Dérèglements temporels Le temps tic vraiment vrai ? le temps tac passe comme il peut s’écoule

Le temps tic vraiment vrai ? le temps tac passe comme il peut s’écoule comme il pleut comme il veut en non fleuve tranquille il s’ébroue soubressaute est compté mesuré scandé montré montres en main mécanismes à l’appui roues âge défilants chronos féériques faucheuse irrémédiable hors loges sécurisantes balanciers funambules sur le fil de je ne sais quoi et de fils en aiguilles globe-trotteuses réveils difficiles secondes et moi une minute s’il vous plait vous n’êtes pas alors en retards retors sans excuse

© Dessins Jeanne Schmid
© Dessins Jeanne Schmid
s’il vous plait vous n’êtes pas alors en retards retors sans excuse © Dessins Jeanne Schmid

Dérèglements temporels

s’il vous plait vous n’êtes pas alors en retards retors sans excuse © Dessins Jeanne Schmid
Dérèglements temporels pont que tu, elle nous avançons ou retardons dés lors d’été qui n’est

Dérèglements temporels

Dérèglements temporels pont que tu, elle nous avançons ou retardons dés lors d’été qui n’est plus

pont que tu, elle nous avançons ou retardons dés lors d’été qui n’est plus dés lors diverses qui est un tic qui est un tact toujours fuyant tout passe en ses temps dans passés composés, ou bien décomposés de rendez-vous manqués l’heure des traqués sur des ruines battant la chamade y’a quelque chose qui cloche et quand sonne l’heure la retraite fuyante vie est, est-ce demeure le temps l’emporte levant car l’arythmie nous guette en cassures métriques des pas cadencés des non cas danses coucou, montre moi ce qui s’écroule en sablier ce qui flux en son temps aiguilles âges des croisements l’horloge rit toujours de nous voir retardés nous croyant en avance des mesurés sommes nous m’user du temps musée du tant tempus fugit.

sommes nous m’user du temps musée du tant tempus fugit. © Photos Jeanne Schmid Écoutez les

© Photos Jeanne Schmid

musée du tant tempus fugit. © Photos Jeanne Schmid Écoutez les dérèglements temporaires Dérèglements temporels

Dérèglements temporels

musée du tant tempus fugit. © Photos Jeanne Schmid Écoutez les dérèglements temporaires Dérèglements temporels
Mouvements pendulaires Au sommet d’une combe, surplombant la ville, un musée du temps. Histoire d’une

Mouvements pendulaires

Mouvements pendulaires Au sommet d’une combe, surplombant la ville, un musée du temps. Histoire d’une cité

Au sommet d’une combe, surplombant la ville, un musée du temps. Histoire d’une cité horlogère. En extérieur, une fontaine, monumentale, métallique. Un long balancier rythme le temps de son mouvement en va et vient lancinants, inlassablement. Cet assemblage chronométrique se fait également entendre. Il grince, gémit, ferraille, cliquète, avec parfois de réels désynchronisations semblant contrarier la rigu- eur du balancier tel qu’on le voit osciller. De petites contradictions véritablement anachroniques, où le son et le mouvement observés, ne par- tageraient pas toujours le même espace-temps.

Au bas de la ville, le remontoir. Une petite cabine ascenseur-funiculaire qui permet d’avaler rapidement la raide pente menant à la gare, à moindre effort. Là encore, un mouvement pendulaire, tout autre. Linéaire, de haut en bas, et vice et versa. Ce remontoir est très utilisé, parcourant chaque jours d’innombrables trajets. Dedans-dehors, il a aussi sa façon de souligner à l’oreille ses rotations verticales. Les poulies et câbles grincent, grondent, les portes chuintent; toute une palette sonore associée aux flux de voyageurs transitant de bas en haut de la cité.

Et si, par un dérèglement, un glissement géographique, l’horloge du musée dialoguait avec le remon- toir, créant une ligne sonore, contrepoint imaginaire du bas de la ville jusqu’à une ligne de crêtes ?

du bas de la ville jusqu’à une ligne de crêtes ? © Photos Jeanne Schmid Écoutez

© Photos Jeanne Schmid

ville jusqu’à une ligne de crêtes ? © Photos Jeanne Schmid Écoutez les mouvements pendulaires Mouvements
ville jusqu’à une ligne de crêtes ? © Photos Jeanne Schmid Écoutez les mouvements pendulaires Mouvements

Mouvements pendulaires

ville jusqu’à une ligne de crêtes ? © Photos Jeanne Schmid Écoutez les mouvements pendulaires Mouvements
Ce qui cloche joliment S’il est une signature sonore que j’apprécie tout particulière- ment, c’est

Ce qui cloche joliment

S’il est une signature sonore que j’apprécie tout particulière- ment, c’est bien celle, aérienne, imprimée dans un paysage auriculaire, qu’égrènent les cloches.

Les déferlantes campanaires, vigoureuses, vivifiantes, celles qui balaient la ville, la secouent parfois de sa torpeur, me mettent les oreilles en liesse.

Chaque volée a sa personnalité, ses rythmes, ses couleurs,

ses harmonies, son écrin acoustique, architectural. C’est ce

une sonnerie n’est ri-

goureusement identique à l’autre. C’est pourquoi je consi- dère les cloches, à l’instar des fontaines, lorsque l’on prend le

temps d’écouter l’une et l’autre dans leurs cadres, comme de véritables signatures acoustiques.

qui fait que, rarement, voire jamais,

Les volées du grand temple du Locle sont superbes. De la terrasse où nous résidons, à quelque encablures du clocher, nous les entendons clairement, éclats d’airain virevoltant au dessus des toits, semblant tout à coup se rapprocher, ou s’éloigner, selon les caprices d’un vent complice.

Traverser une ville, c’est souvent pour moi l’occasion de le- ver les oreilles, et de tendre les micros vers les clochers, pour augmenter peu à peu une collection d’objets sonnants, qui participent activement à la fabrique de paysages sonores.

sonnants, qui participent activement à la fabrique de paysages sonores. Écoutez ce qui cloche Ce qui
sonnants, qui participent activement à la fabrique de paysages sonores. Écoutez ce qui cloche Ce qui

Ce qui cloche joliment

sonnants, qui participent activement à la fabrique de paysages sonores. Écoutez ce qui cloche Ce qui
PAS - Parcours Audio Sensible en duo 18H30 environ Ciel bleu, très bleu Température au

PAS - Parcours Audio Sensible en duo

18H30 environ

Ciel bleu, très bleu

Température au sol, environ 18°

Guide Jeanne Schmid

bleu Température au sol, environ 18° Guide Jeanne Schmid Presque tous les jours, on se dit

Presque tous les jours, on se dit que milieu novembre, à 1000m d’altitude, dans le Jura Suisse, cet été indien qui n’en finit pas de perdurer a, malgré la douceur ambiante, quelque chose d’inquiétant, en ces temps anthropocéniques.

Néanmoins, nous commençons notre PAS. Une exception puisque, si les conditions res- tent les mêmes, un compagnon guidant et moi, enregistreur guidé, nous ne sommes plus cette fois-ci à Lyon. Une première internationale extra Lugdunum !

Deuxième exception, des petites parties seront filmées, autres traces de ma comparse plasticienne Jeanne Schmid.

autres traces de ma comparse plasticienne Jeanne Schmid. Regardez un extrait du PAS Regardez un extrait
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PAS - Parcours Audio Sensible en duo

Regardez un extrait du PAS Regardez un extrait du PAS Regardez un extrait du PAS PAS
PAS - Parcours Audio Sensible en duo Commençons par une longue volée de marches pour

PAS - Parcours Audio Sensible en duo

PAS - Parcours Audio Sensible en duo Commençons par une longue volée de marches pour descendre

Commençons par une longue volée de marches pour descendre vers le cœur de la ville. Celle-ci, nichée dans une combe allongée, verdoyante, est entourée de deux balmes escarpées, donc les cheminements se révèlent très souvent pentus, ce qui nous réservent de beaux points d’ouïe et de vue.

La ville est apaisée, les badauds et consommateurs en terrasses, intrigués par nos harnache- ments audio-visuels, nous regardent en souriant, et nous saluent. Les passants comme les automobilistes sont d’une grande courtoisie, certains chauffeurs atten- dant que nous ayons enregistré et filmé au milieu d’une chaussée pour passer, sans même un coup de klaxon ! Le jour tombe progressivement, et nous montons sur les hauteurs de la ville, tout en devisant, commentant, examinant, écoutant… Plus nous prenons de la hauteur, plus les lumières s’adoucissent, avec la nuit tombante, de même que les sons se font plus doux, plus épars. De splendides lumières, la rumeur de la ville à nos pieds valent bien quelques volées de marches raides. Nous ferons ainsi une boucle urbaine, de collines en collines, qui nous ramènera à notre point de départ, la terrasse de notre lieu de résidence, en attendant le prochain PAS.

terrasse de notre lieu de résidence, en attendant le prochain PAS. Écoutez le PAS PAS -
terrasse de notre lieu de résidence, en attendant le prochain PAS. Écoutez le PAS PAS -

PAS - Parcours Audio Sensible en duo

terrasse de notre lieu de résidence, en attendant le prochain PAS. Écoutez le PAS PAS -
Mille mercis à Remerciements Jeanne Schmid, ma comparse de cette résidence, artiste plasticienne avec qui

Mille mercis à

Remerciements

Mille mercis à Remerciements Jeanne Schmid, ma comparse de cette résidence, artiste plasticienne avec qui nous

Jeanne Schmid, ma comparse de cette résidence, artiste plasticienne avec qui nous avons

travaillé à quatre mains, oreilles, yeux

et de haut en bas pour en traquer les matières qui fabriqueraient nos récits pluriels. Testé des recettes de cuisines locales, ou non

Arpenté le Locle et ses alentours de droite à gauche

Sylvie et François, organisateurs de résidences, de programmations culturelles, événements artistique dans leur superbe lieu de la LuXor Factory, pour leur accueil, leur gentillesse et toute l’aide qu’ils nous ont très généreusement apportée.

Les belles rencontres faites au cours de notre balade publique, Françoise, Aar Rouna et d’autres encore.

Aux personnel du Musée des moulins souterrains du col des Roches, pour leur précieuse aide lors de notre exploration underground.

Aux habitants du Locle, pour la chaleur de leur accueil, leurs sourires au détour d’une rue, d’un banc d’observation, les renseignements prodigués.

Et à l’Épicerie Coopérative pour leurs merveilleux yaourts bios !

les renseignements prodigués. Et à l’Épicerie Coopérative pour leurs merveilleux yaourts bios ! Remerciements
les renseignements prodigués. Et à l’Épicerie Coopérative pour leurs merveilleux yaourts bios ! Remerciements
les renseignements prodigués. Et à l’Épicerie Coopérative pour leurs merveilleux yaourts bios ! Remerciements

Remerciements

les renseignements prodigués. Et à l’Épicerie Coopérative pour leurs merveilleux yaourts bios ! Remerciements
©Graphisme Franz - LuXor Factory Desartsonnants - Gilles Malatray Octobre 2018 - La LuXor Factory

©Graphisme Franz - LuXor Factory

©Graphisme Franz - LuXor Factory Desartsonnants - Gilles Malatray Octobre 2018 - La LuXor Factory -
©Graphisme Franz - LuXor Factory Desartsonnants - Gilles Malatray Octobre 2018 - La LuXor Factory -

Desartsonnants - Gilles Malatray Octobre 2018 - La LuXor Factory - Le Locle

©Graphisme Franz - LuXor Factory Desartsonnants - Gilles Malatray Octobre 2018 - La LuXor Factory -

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