Vous êtes sur la page 1sur 96

OMBRE ET

LUMIÈRE SUR
SAINT-CALIXTE

Un regard sur une


municipalité en
mutation

Monique Bourgoin Granier


août 2010
Cette recherche a été produite à frais d’auteure.
ISBN 978-2-9812065-0-3 (Version imprimée)
ISBN 978-2-9812065-1-0 (CD)
ISBN 978-2-9812065-2-7 (PDF)
Dépôt légal – Bibliothèque et Archives nationales du Québec - 2010
Dépôt légal – Bibliothèque et Archives Canada - 2010
Tous droits réservés. Toute reproduction partielle ou totale à des fins autres que personnelles à partir d’une
version papier ou informatisée doit faire l’objet d’une autorisation formelle de l’auteure.

Ce document est disponible sur demande : monique.granier@hotmail.com


- Version informatisée gratuite
- Version papier 15,00 $.

Toute reproduction partielle ou totale doit être accompagnée de la mention de la source :


BOURGOIN GRANIER, Monique. Ombre et lumière sur Saint-Calixte. Un regard sur une municipalité en mutation,
juillet 2010.
RÉSUMÉ
À l’aube d’un développement économique et social significatif, Saint-Calixte doit veiller à ce que
la richesse ainsi générée soit en partie consacrée ou soutien et à l’intégration sociale des plus
démunis de ses citoyens.

Actuellement, Saint-Calixte est encore la municipalité la plus défavorisée de la MRC de


Montcalm. Loin d’en faire un objet de critique, il faut admirer la résilience des citoyens les plus
pénalisés qui ont su résister et rester dans leur municipalité. Il ne faut pas, non plus, verser dans
un optimisme lyrique et penser que tout se règlera sans effort.

La population calixtienne est dispersée sur un vaste territoire dans une mixité de niveaux de vie.
Si la mixité est socialement souhaitable, les distances sont des freins aux interventions de toute
nature. Ce dernier facteur est singulièrement pénalisant pour les personnes démunies ou en
perte d’autonomie. Les difficultés de transport reviennent à toutes les étapes de l’analyse :
accès à l’emploi, à la formation, aux services de dépannage et de santé, aux sources
d’approvisionnement, aux loisirs et à l’information autant à l’interne qu’à l’externe.

Quelques chiffres et constats permettent de faire l’état de situation actuel de Saint-Calixte :

 La population est vieillissante


 1 Calixtien sur 10 est situé dans la catégorie des personnes à faible revenu
 Le parc immobilier résidentiel est composé à 97 % de maisons unifamiliales
 1 ménage sur 5 éprouve des difficultés financières pour se loger
 1/3 des familles sont monoparentales
 Le taux de chômage : 14,7 % (2006)
 35 % de la population n’a pas de diplôme
 Les enfants sont les premières victimes des conditions de vie défavorables de leur famille

Le renouveau économique et social qui se dessine à Saint-Calixte offre heureusement des


perspectives prometteuses. Divers facteurs entrent en jeu : un regain d’intérêt pour la vie de
famille associé au désir de vivre dans une localité à taille humaine située dans un
environnement sain ; les migrations de retraités ; la pénurie de terrains à vendre dans les
municipalités situées plus au sud.

Pour améliorer la qualité de vie des citoyens les plus défavorisés, attirer des jeunes familles afin
de diminuer les effets du vieillissement de la population et pour occuper une place de choix
parmi les municipalités environnantes, Saint-Calixte doit faire preuve de dynamisme et de
créativité. Les solutions qui s’offrent autant à la municipalité qu’aux intervenants du milieu sont
multiples. Ce sont en particulier :
 La préservation de l’environnement sous toutes ses formes et son exploitation raisonnée
(foresterie et récréotourisme)
 Les mesures de réinsertion socioprofessionnelle
 Des politiques associées à la qualité de vie des familles et des aînés
 Un leadership dans la création ou le soutien d’activités économiques novatrices et peu
énergivores
 La participation citoyenne

Le développement économique et social doit reposer sur la consultation, la concertation et


l’engagement des citoyens. Faute de quoi, les progrès risquent de n’être pas durables et de ne
concerner que les minorités les plus revendicatrices.
Cette recherche est dédiée aux résidents et
résidentes de Saint-Calixte en gage de
reconnaissance pour la chaleur de leur accueil. Elle
a été élaborée dans l’espoir qu’elle puisse être
utile à ceux et celles qui contribueront à bâtir un
meilleur avenir pour les plus démunis de notre
communauté. Cette étude est aussi écrite en
l’honneur de Maria qui l’aurait faite bien mieux
que moi si son désir d’étudier s’était réalisé.
REMERCIEMENTS
De nombreuses personnes ont collaboré à cette étude par leurs conseils, leurs encouragements
et leurs informations. Nous ne saurions trop les remercier.

Il y eut, dès le début, un trio qui s’est dépensé sans compter pour ouvrir les portes, recueillir des
renseignements et soutenir l’auteure :

 Thérèse Desjardins, Club de l’âge d’or


 Mireille Dubreuil, Club optimiste
 Lise Charest, Club de l’Âge d’or, Club optimiste

Elles formèrent le noyau d’un comité auquel se sont joints par la suite :

 Micheline Blouin, Cercle de Fermières


 Carolle Cyr, Société d’horticulture et d’Écologie de Saint-Calixte
 Michel Jasmin, conseiller municipal, observateur auprès du comité
 Jean-Yves Lapointe, Société d’horticulture et d’écologie de Saint-Calixte

En outre, Odette Lavallée a participé aux débuts du comité.

Ces personnes sont avec l’auteure à l’origine de la fondation (août 2010) de la Table de
concertation sociale de Saint-Calixte, conclusion logique de cette étude.

La cueillette de données statistiques s’est enrichie des commentaires et des informations des
personnes suivantes :

 Bélair Tremblay Pierrette, Les Ailes de l’espoir


 Blanchard Suzanne, Regroupement bénévole de Montcalm
 Gagné Marie-Josée, les Ailes de l’espoir
 Girard Marc-André, CLSC de Saint-Esprit
 Guertin Ghyslaine, Association des personnes handicapées – Atelier mon soleil
 Hénault Céline, École L.J. Martel – la Gentiane
 Jalbert Lise, Centre d’entraide familiale de Saint-Lin
 Labelle Nicole, Maison des jeunes de Saint-Calixte
 Lajoie Colette, Comptoir familial
 Lajoie Mantha Micheline, Association des personnes handicapées – Atelier mon soleil
 Laplace Mélanie, Carrefour famille de Montcalm
 Lapointe Céli, Cercle de fermières
 Lapointe Michel, Sûreté du Québec
 Martel Lyette, municipalité de Saint-Calixte
 Moreau Gaétane, Club de l’Âge d’or
 Rivet Pierre, chef du service des incendies
 Saint-Georges Mario, Agence de la Santé et des Services sociaux de Lanaudière
 Saint-Jacques Josée, Association Carrefour famille de Montcalm
 Thibodeau Liliane, municipalité de Saint-Calixte
 Tremblay Pauline, Les Ailes de l’espoir
 Zbona Dinu P., municipalité de Saint-calixte

La mise en page du document a été effectuée par :

 Marie-France Dumont

N.B. : Le nom d’organisme est associé à celui des personnes pour signifier leur mileu
d’appartenance et n’a aucune signification organisationnelle.
NOTE :

La cueillette de données spécifiques à Saint-Calixte a présenté de nombreuses difficultés.


Cependant, nous avons pu nous appuyer sur les travaux de la Direction de la santé publique de
l’Agence de la santé et des services sociaux de Lanaudière (Service recherche et évaluation) :
Coup d’œil sur la MRC de Montcalm et SYLIA (Système Lanaudois d’Information et d’Analyse). En
effet, les travaux de l’équipe d’experts de madame Élisabeth Cadieux nous ont donné une base
solide pour pénétrer dans la réalité calixtienne.

Les bases de données sont parfois établies sur des paramètres différents. Il faut donc prendre
les statistiques pour ce qu’elles sont : des indicateurs de tendances. Parfois, seules des
statistiques portant sur l’ensemble de la MRC de Montcalm sont disponibles. S’il s’agit de
données liées aux conséquences de la pauvreté, il est fort vraisemblable qu’elles soient
applicables, parfois avec un facteur multiplicateur, à Saint-Calixte qui a gagné le triste
championnat de la pauvreté.
OBJECTIFS DE L’ÉTUDE
Le but de cette étude est de souligner la situation précaire d’un grand nombre de Calixtiens au
moment où la municipalité est à la veille de passer de l’ombre de la précarité à la lumière du
développement économique et social. Il est important que les plus démunis ne soient pas
marginalisés durant cette période de changements rapides. Notre communauté a le talent et les
ressources nécessaires pour que tous ses membres puissent connaître une qualité de vie
acceptable dans un climat d’harmonie sociale.

Cette étude est composée d’un ensemble de données qui permettent de prendre la mesure des
problèmes vécus par un grand nombre de Calixtiens. Ces données sont assorties d’analyses de
tendances sociales et de pistes de solutions. Ainsi est proposée une base pour des travaux
menant à l’élaboration d’une politique sociale.
TABLE DES MATIÈRES

1- LA POPULATION ET SON ORGANISATION GÉOGRAPHIQUE ...................................................... 1


1.1 Le territoire municipal ....................................................................................................... 3
1.2 L’organisation du territoire ............................................................................................... 3
1.3 Les communications .......................................................................................................... 4
1.4 Le peuplement .................................................................................................................. 5
2- LA POPULATION ET SON MODE DE VIE ...................................................................................... 7
2.1 Les groupes d’âge .............................................................................................................. 9
2.2 Les familles calixtiennes .................................................................................................. 10
2.3 Les modalités de vie ........................................................................................................ 13
2.4 Le logement ..................................................................................................................... 15
2.5 Les migrations particulières ............................................................................................ 19
2.6 La population saisonnière ............................................................................................... 22
3- LA VIE ÉCONOMIQUE ............................................................................................................... 24
3.1 Les revenus ...................................................................................................................... 26
3.2 La vie professionnelle ...................................................................................................... 27
3.2.1 Le niveau d’activité ........................................................................................... 27
3.2.2 Le lieu de travail ............................................................................................... 28
3.3 Le niveau de scolarité...................................................................................................... 29
4- LES DIFFICULTÉS LIÉES AUX CONDITIONS DE VIE AINSI QU’À LA SANTÉ PHYSIQUE ET
MENTALE .................................................................................................................................. 31
4.1 La sécurité ....................................................................................................................... 33
4.2 Les enfants et les adolescents (0-17 ans) ....................................................................... 34
4.3 Les adultes (18-64 ans).................................................................................................... 36
4.4 Les aînés (65 ans et plus) et les personnes en perte d’autonomie................................. 38
5- LES PISTES DE SOLUTION ET LES OUTILS DE DÉVELOPPEMENT SOCIOÉCONOMIQUE ............ 43
5.1 Les tendances générales ................................................................................................. 45
5.2 Un aperçu des atouts pour développer et rajeunir la population de Saint-Calixte........ 48
5.3 Les enfants, des Calixtiens à protéger et conserver parmi nous .................................... 52
5.4 Les adolescents, des Calixtiens à soutenir et à conserver parmi nous ........................... 54
5.5 Les familles, piliers de la société ..................................................................................... 57
5.6 Un devoir de solidarité : le soutien aux personnes en perte d’autonomie .................... 59
6- QUESTIONNEMENT SUR LES COMMUNICATIONS ................................................................... 62
7- UNE SIGNATURE POUR SAINT-CALIXTE ................................................................................... 66
CONCLUSION.................................................................................................................................. 70
BIBLIOGRAPHIE .............................................................................................................................. 72
ANNEXE : Déclaration de Shawinigan (22-04-2010) ...................................................................... 76
1- LA POPULATION ET SON ORGANISATION GÉOGRAPHIQUE
1.1 Le territoire municipal

Un vaste territoire Avec une superficie de 143,3 km2, Saint-Calixte est de loin la municipalité
mal desservi par les la plus étendue de la MRC de Montcalm. Le territoire est essentiellement
voies de composé de lacs et de montagnes couvertes de forêts. Les exploitations
communication
agricoles et forestières de jadis ont disparu en presque totalité. Un
regard sur la carte de la municipalité permet de constater que l’habitat
humain s’est développé presque en totalité le long de la route 335. Cette
route serpente entre les lacs les plus importants du territoire. Les voies
établies à partir de cet axe sont souvent dépourvues de revêtement
d’asphalte. La population résidente se situe aux alentours de 7100
personnes en 2009 contrairement aux données officielles.

Du point de vue des communications avec les autres municipalités, la


situation est souvent difficile. Le trajet Saint-Lin-Laurentides est en bon
état, mais les dépassements y sont le plus souvent impossibles. Cela
nuit évidemment à la circulation et donc aux échanges commerciaux et
industriels. Les petites routes menant à Rawdon, Chertsey, Sainte-Sophie
et Sainte-Julienne offrent des paysages magnifiques propres à attirer des
touristes romantiques. Cependant, dans la vie quotidienne, la poésie
compte moins que la rapidité des déplacements.

1.2 L’organisation du territoire

Un habitat humain À la dispersion de l’habitat humain correspond une centralisation des


dispersé, des services et de l’offre d’activités dans le noyau villageois. Quelles que
services centralisés, soient les raisons économiques et historiques qui ont généré cette
des bureaux
gouvernementaux à situation, des questions doivent être posées, en particulier :
l’extérieur : des
difficultés pour les  Par manque de ressources financières, des personnes et des
personnes démunies familles ne peuvent entretenir une automobile. Dans ces
ou en perte conditions, comment se rendre aux lieux où l’aide est disponible
d’autonomie
(objets de première nécessité, soins médicaux, aide
psychosociale)?
 Même remarque pour les personnes en perte d’autonomie
 Le mobilier récréatif et les activités destinées aux enfants sont
centralisés dans le noyau villageois. Les enfants dépendent donc
de leurs parents pour s’y rendre. En outre, les districts sont privés
de parcs qui sont des lieux par excellence de socialisation pour les
enfants et leurs parents. Quelques associations de lacs possèdent

Page |3
des équipements pour les enfants mais ils sont réduits à leur plus
simple expression et généralement accessibles seulement en été.

 Les adolescents vivent le même problème au moment où la vie de


groupe leur est si importante. La Maison des jeunes est fréquentée
en presque totalité par les jeunes du noyau villageois qui peuvent
donc y venir à pied. Les autres jeunes dépendent du bon vouloir de
leurs parents. Ce sont donc les adolescents dont les parents sont
les plus attentifs à leurs besoins qui fréquentent ce lieu.
Cependant, ce sont les plus négligés qui auraient besoin de
rencontrer leurs amis et leurs animateurs.

Il faut ajouter à ces quelques exemples que les services publics (emploi,
santé, etc.) sont tous situés hors municipalité. Donc, plus on a besoin de
soutien et de services, plus on en est éloignés.

Cette configuration de l’habitat rend plus complexe à la fois les


interventions d’urgence et les mesures de prévention et d’aide à
domicile.

1.3 Les
communi
cations :
Développement Les communications de toute nature rythment le développement
économique et
social freiné : des économique et social d’une communauté. Enclavée dans ses forêts,
médias souvent peu Saint-Calixte n’est guère favorisée au plan des communications.
accessibles ou peu
consultés par les Internet et même parfois le téléphone ne sont pas accessibles sur
usagers. l’ensemble du territoire. À l’inaccessibilité s’ajoute le fait que nombre de
familles démunies n’ont pas les revenus nécessaires pour se pourvoir
d’un ordinateur et payer l’abonnement à Internet. Donc, résoudre le
problème d’accessibilité ne suffirait pas à rejoindre l’ensemble des
familles. De plus des frais d’interurbains sont associés aux
communications téléphoniques avec des municipalités voisines où se
situent des services essentiels.

Au plan de la presse écrite, un hebdomadaire, l’Express Montcalm, et


deux feuillets mensuels (municipalité et paroisse catholique) sont
disponibles. Leur taux de pénétration n’est pas connu. La distribution de
la presse nationale est très inégalement répartie sur le territoire.

Page |4
Le courrier est bien souvent distribué dans des boîtes aux lettres
disposées en pigeonniers collectifs relativement éloignés du domicile des
usagers. Les personnes dont l’autonomie est limitée temporairement ou
définitivement doivent donc compter sur la bienveillance de leurs
voisins. Le programme de vigilance postale ne peut être implanté dans
ces quartiers.

Nombre de nos interlocuteurs se plaignent du manque d’informations. Il


serait sage d’étudier le taux de pénétration des médias actuels, leur
attractivité et de déterminer quelle est l’information recherchée par les
citoyens avant de se lancer dans de nouvelles initiatives. Le bouche à
oreille initié par des « ambassadeurs » n’est pas organisé. Or ce système
qu’on pourrait juger artisanal, voire archaïque, présente de nombreux
avantages : messages personnalisés, clientèle ciblée et accessibilité pour
les personnes éprouvant de grandes difficultés pour lire (21 % au
Québec).

1.4 Le peuplement

Un bloc de L’histoire explique la composition des communautés sur le territoire. À


population l’origine, le territoire a été occupé par des exploitations agricoles et
hétérogène forestières desservies par un noyau villageois. Une deuxième vague de
socialement parlant,
de nouveaux migration s’est produite. Les nouveaux arrivants, souvent plus aisés que
quartiers les premiers, se sont installés sur des terres vacantes entre les
homogènes : une exploitations ou ont racheté certaines de ces dernières. D’autres
harmonie à trouver personnes s’installèrent autour des lacs les plus proches des voies de
communication. Le résultat de ces mouvements de population est une
occupation du territoire longitudinale avec une population hétérogène.
Ainsi peut-on parler d’îlots de pauvreté, mais non pas de quartier
entièrement défavorisé.

Une troisième vague d’occupation du territoire est en cours. Alentour du


territoire déjà occupé, se développent de nouvelles constructions
domiciliaires sur des terrains vierges de toute occupation antérieure. Il
s’agit d’un habitat relativement homogène destiné pour la plus grande
part à des personnes de la classe moyenne aisée. Advenant le cas où les
poids politique et démographique de ces nouveaux arrivants
augmentent au point d’être significatifs, il sera primordial de veiller à ce
que leurs exigences soient compatibles avec les besoins et les moyens
des résidents plus anciens. C’est un écueil que certaines municipalités
n’ont su ni prévoir ni éviter.

Page |5
2- LA POPULATION ET SON MODE DE VIE
Statistique Canada relève que la densité de la population était de 39,7
personnes au km2 à Saint-Calixte en 2006. Ceci la plaçait au sixième rang
des municipalités de la MRC de Montcalm. Le bas niveau de densité ne
s’explique pas seulement par la géographie physique du territoire, elle
est aussi la conséquence de la faiblesse des développements
commercial, industriel et touristique.

2.1 Les groupes d’âge

Nous utiliserons dans ce chapitre les données de Statistique Canada pour


2007 telles que rapportées dans Coup d’œil sur la MRC de Montcalm
publié par l’Agence de la santé et des services sociaux de Lanaudière.
Nous assumons qu’il y a eu peu de variations entre les groupes d’âge
entre 2007 et 2009 et que, par conséquent, l’importance relative des
groupes d’âge a peu varié à l’exception des 0-5 ans dont le nombre a
augmenté.

Composition de la population selon certains groupes d’âge


et le sexe en 2007

Groupes Masculin Féminin Total


% % %
d’âge (nombre) (nombre) (nombre)
0-5 213 6,6 139 5,3 352 6,0
6-11 208 6,4 150 5,7 358 6,0
12-17 265 8,2 181 6,9 446 7,5
18-24 205 6,3 175 6,6 380 6,4
25-44 842 26,0 686 26,0 1 528 26,0
45-54 556 17,2 495 18,8 1 051 17,8
55-64 507 15,6 438 16,6 945 16,0
65-79 408 12,6 329 12,5 737 13,0
80+ 36 1,1 43 1,6 79 1,3
TOTAUX 3 240 100,0 2 636 100,0 5 876 100,0
Sources : PAYETTE, Josée et Marie-Ève SIMONEAU; Coup d’œil sur la MRC de
Montcalm; Statistique Canada.

Population Faisons maintenant parler les chiffres en nous concentrant sur les
vieillissante,absence pourcentages comme indicateurs de tendance.
de relève : attirer
des familles avec
enfants

Page |9
Les personnes de sexe féminin sont généralement moins nombreuses
que celles de sexe masculin et cet écart diminue avec l’âge.

Les enfants de 0-11 ans représentent 12 % de la population. Les


adolescents (12-17 ans) ne représentent que 7,5 %. Les jeunes adultes
(18-24 ans) ne comptent que pour 6,4 % de la population. Ces chiffres
confirment que la population de Saint-Calixte est vieillissante comme
partout ailleurs au Québec. Quelles que soient les politiques familiales
gouvernementales, elles ne peuvent pallier le manque de relève dans les
années à venir.

Les personnes qui pourraient compter pour la population active (25-64


ans) représentent 59 % de la population. Cette cohorte constitue donc
pour Saint-Calixte, dans l’immédiat, un bassin de main d’œuvre potentiel
intéressant bien que peu nombreux. Cette main-d’oeuvre devrait aussi
être analysée en fonction de ses qualifications professionnelles. De ce
groupe se détache le sous-groupe des 25-44 ans (19 %). En effet, leur
disponibilité sur le marché du travail est encore grande et ils peuvent
fonder une famille ou l’augmenter.

La situation est pour le moins préoccupante. Alors que faire? Laisser


Saint-Calixte devenir une vaste maison de retraite? Ou, plutôt, faire
preuve de dynamisme et de créativité. Puisque biologistes et généticiens
ne peuvent créer instantanément des jeunes de 12 à 24 ans, attirons des
familles qui ont des enfants de cet âge. D’ailleurs, le prix des maisons en
construction correspond plutôt au pouvoir d’achat de familles déjà bien
établies professionnellement et socialement.

2.2 Les familles calixtiennes

Quelle est la composition des familles de Saint-Calixte? Comment ont-


elles progressé dans le temps? Autant de questions d’un intérêt marqué
pour les sociologues comme pour les urbanistes et les édiles municipaux.
Citons quelques secteurs influencés par la composition des familles :
taille des logements, services récréatifs et sociaux, espaces publics
(parcs, salles à vocation culturelle et récréative), etc.

P a g e | 10
Composition des familles de Saint-Calixte
comparée à celle des familles de la MRC de Montcalm
2001-2006

Familles 2001 2006 Variation


Définition (nombre) (nombre) en %
Familles avec enfants
Saint-Calixte 740 945 +27,7
MRC de Montcalm 6 810 7 475 +9
Familles monoparentales
Saint-Calixte 210 290 +38,1
MRC de Montcalm 1 555 1 930 +12,1
Familles monoparentales
dont le chef est un homme
Saint-Calixte 45 85 +88,9
MRC de Montcalm 380 560 +47,4
Familles monoparentales
dont le chef est une femme
Saint-Calixte 165 205 +26,2
MRC de Montcalm 1 175 1 370 +16,6
Familles ayant au moins 1
enfant
Saint-Calixte 535 675 +26
MRC de Montcalm 5 150 5 470 +6,2
Familles ayant au moins 1
enfant de moins de 6 ans
Saint-Calixte 245 250 +2,0
MRC de Montcalm 2 040 1 970 -3,4
Familles ayant au moins 1
enfant entre 6 et 14 ans
Saint-Calixte 320 385 +20
MRC de Montcalm 3 065 3 055 -0,3
Familles ayant au moins 1
enfant entre 15 et 17 ans
Saint-Calixte 100 160 +60
MRC de Montcalm 1 015 1 150 *13,3
Sources : Coup d’œil sur la MRC de Montcalm; Statistique Canada.

P a g e | 11
Le nombre de Nous constatons que de 2001 à 2006, le nombre de familles calixtiennes
familles a augmenté s’est accru beaucoup plus que celui de l’ensemble des familles de la MRC
considérablement de Montcalm, et ce, quel que soit l’âge des enfants.
plus que dans
l’ensemble de la
MRC, quel que soit En 2006, les 290 familles monoparentales de Saint-Calixte représentaient
l’âge des enfants 30,7 % des familles calixtiennes, soit une famille sur trois. Cet important
(fait étonnant pourcentage est un vecteur de fragilité sociale et économique. Les
compte tenu des familles monoparentales dont le responsable est un homme
conditions
socioéconomiques). représentaient, en 2006, 41,7 % des familles monoparentales soit
Une presque la moitié de ces familles. Fait nouveau et significatif d’un
famille sur 3 est changement dans les relations parentales, le taux de familles
monoparentale, les monoparentales prises en charge par des hommes a augmenté de 88,9
familles % entre 2001 et 2006, soit presque deux fois plus que pour l’ensemble
monoparentales
dont le chef est un
de la MRC. Ce phénomène mériterait d’être documenté afin de vérifier si
homme de nouvelles pratiques sociales devraient être mises en place. Quitte à se
représentent 41,5 % faire taxer de naïveté, on ne peut que s’étonner de la croissance
des familles importante du nombre de familles dans une municipalité aussi pauvre en
monoparentales. logements à bas prix et en emplois quand on considère que le revenu
moyen des familles est faible (voir chapitre 3.1). L’explication tient-elle
seulement aux migrations particulières que nous évoquons dans le
chapitre 2.5 ? Par ailleurs, on a peine à croire que cet afflux de nouvelles
familles puisse être le fait uniquement de familles relativement aisées,
chose qui serait plus plausible depuis 2 ou trois ans (rappelons que la
croissance est constatée entre 2001 et 2006 seulement).

La précarité économique est reflétée par le nombre d’enfants adultes


résidant encore chez leurs parents :

Enfants adultes résidant chez leurs parents


2001-2006

Variation
2001 2006
en %
Enfants à la maison âgés de 18 à 24 ans
Saint-Calixte 200 263 32,5
MRC de Montcalm 1 850 2 210 19,5
Enfants à la maison âgés de plus de 25 ans
Saint-Calixte 110 160 45,5
MRC de Montcalm 915 1 070 16,7
Source : Coup d’œil sur la MRC de Montcalm.

P a g e | 12
Un nombre Ici encore, nous constatons des taux de croissance beaucoup plus élevés
significatif d’enfants que pour l’ensemble de la MRC. Au total, ce sont 425 enfants de 18 ans
de plus de 18 ans et plus qui résident chez leurs parents en 2006, soit 7,2 % de la
vivant encore chez
leurs parents population en se fondant sur le chiffre de 5876 résidents retenu par
Statistiques Canada pour 2006. Ces chiffres sont pour le moins
inquiétants et la crise économique dont nous semblons sortir n’aura rien
fait pour améliorer cette situation.

Ne disposant d’aucune analyse précise à ce sujet, nous ne pouvons


qu’émettre des hypothèses :

 Causes liées à la santé (maladies chroniques, handicaps)


 Causes économiques :
- Emplois précaires
- Chômage
- Manque de logements à prix modéré
 Causes psychosociales et familiales :
- Rupture du couple
- Répugnance à vivre seul
- Soutien dispensé à des parents en perte d’autonomie

L’ensemble de ces causes peut avoir joué à des degrés divers ne rendant
que plus complexe une situation difficile.

2.3 Les modalités de vie

Nous nous attardons ici aux personnes vivant seules en étudiant les
variables liées au sexe et à l’âge.

P a g e | 13
Personnes vivant seules selon le sexe
2001-2006

2001 2006 Variation


(nombre) (nombre) en %
Nombre de femmes vivant
seules
Saint-Calixte 185 270 45,9
MRC de Montcalm 1 445 1 675 15,9
Nombre d’hommes vivant seuls
Saint-Calixte 455 530 14,5
MRC de Montcalm 2 080 2 450 17,8
Nombre total de personnes
vivant seules
Saint-Calixte 640 800 25,0
MRC de Montcalm 3 325 4 125 17,0
Source : Coup d’œil sur la MRC de Montcalm.

Un grand nombre de En chiffres absolus et quelle que soit l’année considérée, plus d’hommes
personnes vivant que de femmes vivent seuls à Saint-Calixte. Cependant, le nombre de
seules, de moins de femmes vivant seules a nettement progressé entre 2001 et 2006 (+ 45,9)
65 ans pour la
plupart, mais le tandis que le nombre d’hommes vivant seuls a augmenté dans une
nombre de moindre mesure (+15,9 %). Proportionnellement, l’augmentation du
personnes âgées nombre de femmes vivant seules à Saint-Calixte (+45,9 %) est de près
vivant seules trois fois plus élevée que pour l’ensemble de la MRC de Montcalm. Ce
augmente de plus en phénomène serait-il uniquement lié au vieillissement accéléré de la
plus. Besoin de
logements pour
population calixtienne et à la désorganisation faimiliale ? La question
personnes seules mériterait d’être approfondie.

Dans la mesure où 800 personnes (13,6 % de la population totale) vivent


seules à Saint-Calixte, on peut raisonnablement souligner que l’offre de
logements pour personnes seules est largement inadéquate quel que
soit l’âge considéré.

L’âge des personnes vivant seules est aussi un facteur à considérer.

P a g e | 14
Nombre de personnes vivant seules selon le sexe et l’âge
2001-2006

2001 2006 Variation


(nombre) (nombre) en %
Nombre de femmes de 65 ans
et plus vivant seules
Saint-Calixte 65 90 +38,5
MRC de Montcalm 620 700 +12,9
Nombre d’hommes de 65 ans
et plus vivant seuls
Saint-Calixte 70 110 +57,1
MRC de Montcalm 425 530 +24,7
Nombre de personnes de 65
ans et plus vivant seules
Saint-Calixte 135 200 +48
MRC de Montcalm 1 070 1 230 +15
Source : Coup d’œil sur la MRC de Montcalm.

En comparant les deux tableaux, nous nous rendons compte qu’en 2006,
la majorité des personnes vivant seules étaient âgées de moins de 65
ans. Cette proportion est sensiblement la même pour la MRC. Elle
diminuera d’importance avec le vieillissement de la population. L’arrivée
de nouveaux résidents aura peu d’influence, car ce sont généralement
des familles et non des personnes seules. Ici encore, l’offre de logements
n’est pas, en théorie, adéquate pour le nombre de personnes vivant
seules. Cet écart augmentera avec le vieillissement de la population, car
nombre de personnes âgées ne pourront plus assumer la charge d’une
maison individuelle. Ces données confirment le bien-fondé des
démarches entreprises pour la construction d’H.L.M. pour personnes
âgées.

2.4 Le logement
La nature des logements disponibles s’ajoute au portrait sociologique
d’une communauté. Nous utilisons les données du « Rôle d’évaluation
2010 » de la municipalité de Saint-Calixte dans le texte qui suit.

La méthode adoptée pour établir le rôle retient le mode de construction


des immeubles et non leur mode d’occupation. Par exemple, à la
rubrique « Maisons unifamiliales » figurent aussi bien des logements
occupés de façon permanente que des résidences saisonnières.

P a g e | 15
Par ailleurs, à la rubrique « Chalets » figurent non seulement des bâtisses
occupées de façon saisonnière, mais aussi des logements utilisés toute
l’année. Dans ce dernier cas, la majorité des occupants n’ont pas les
moyens financiers nécessaires pour isoler convenablement leur maison.
En l’absence d’autres données, nous ne pouvons départager les
immeubles occupés de façon permanente des constructions
saisonnières. Il serait opportun que la municipalité se donne les moyens
de faire un décompte circonstancié des logements disponibles sur son
territoire. Le lecteur tiendra compte de ces faits dans l’analyse qui suit.

Types et nombre d’immeubles résidentiels – 2010

Types d’immeubles résidentiels Nombre %


Maisons unifamiliales 2 594 97 %
Immeubles en copropriété (condominium) 0 0%
Immeubles comportant 2 logements 62 2,3 %
Immeubles de 3 à 5 logements 14 0,5 %
Immeubles de 6 à 9 logements 2 0,1 %
TOTAUX 2 673 100 %

Un parc immobilier Les maisons unifamiliales constituent donc 97 % du parc immobilier


résidentiel constitué résidentiel de la municipalité. Leur valeur moyenne est de 123 115 $
à 97 % de maisons (terrain plus bâtiment) en hausse de 36,49 % par rapport au rôle
unifamiliales, 84 %
de logements d’évaluation 2007-2009. Il s’agit évidemment d’une valeur théorique, la
possédés : accès à la valeur de revente dépendant des tendances du marché. Les données qui
propriété difficile nous ont été communiquées ne permettent pas de calculer le nombre de
pour les familles à maisons unifamiliales par tranche de valeur. Il est cependant fort
bas revenus possible que la moyenne indiquée ci-dessus corresponde à des écarts
significatifs entre les maisons les plus chères et les moins chères. Nous
ne sommes donc pas en mesure d’évaluer le niveau d’accès à la
propriété en fonction des prix. Par ailleurs, le rôle ne donne pas de
précisions sur les logements possédés ou loués. En général, un logement
loué correspond à des occupants susceptibles de changer de logement
assez rapidement, donc mobilité interne ou externe de la population.

Le document « Clin d’œil sur la MRC de Montcalm » nous donne des


indications intéressantes. Elles portent sur 2007 et ne spécifient pas le
type de logement. L’année de cueillette des données n’est pas si
lointaine ; quant au type de logement, les précisions sont de peu
d’importance puisque nous savons que le parc immobilier résidentiel

P a g e | 16
comporte 97 % de maisons unifamiliales. Nous relevons les tendances
suivantes :

 En 2007, 2125 logements (84 % du total des logements) étaient


possédés par leurs occupants, en hausse de 25 % par rapport à
2001, augmentation deux fois plus élevée que la moyenne de la
MRC de Montcalm. Donc, une activité marquée.
 En 2007 encore, 405 logements (16 % du total des logements)
étaient loués, en baisse de 5,8 % par rapport à 2001 alors que la
MRC de Montcalm voyait les logements loués augmenter de 10 %.

Toute planification Ce que cela signifie? Alors que l’ensemble de la MRC a augmenté son
de développement parc immobilier locatif (donc plus accessible aux familles à bas revenus),
économique devra Saint-Calixte a privilégié les logements possédés donc moins accessibles
comporter un volet
logements à prix aux familles à bas revenus. Un paradoxe dans la municipalité la plus
modérés pauvre de la MRC et l’indice d’une absence totale de préoccupation
sociale et familiale.

Soyons concrets, à Saint-Calixte, il est pratiquement impossible de se


loger si on ne peut louer ou acheter une maison unifamiliale. Les familles
à bas revenus doivent donc consacrer une part importante de leur
budget à leur logement au détriment d’autres dépenses pourtant
indispensables. De plus, si Saint-Calixte devait voir le nombre d’emplois à
bas revenus croître à la faveur d’un développement économique (c’est le
cas de l’activité récréotouristique), il est fort probable que les employés
migrent vers des municipalités offrant des conditions de logement plus
favorables. Dans un tel scénario, Saint-Calixte investirait dans un essor
économique dont une partie des bénéfices lui échapperait, les salaires
engendrés étant dépensés ailleurs. De plus, à moyen terme, une partie
de ces travailleurs voudra trouver un emploi plus près de leur domicile
d’où mobilité de la main-d’œuvre dans notre municipalité. On voit donc
que le logement doit entrer dans une stratégie de développement
économique. Le social n’est jamais bien loin de l’économie.

Des chalets mal Les chalets, comme indiqué au rôle d’évaluation, sont au nombre de 712
Isolés qui servent de en 2010. Leur valeur moyenne (terrain et bâtiment) est de 58 233 $ en
logements hausse de 39,87 % par rapport au rôle 2007-2009. Comme pour les
permanents, des
logements maisons unifamiliales, cette donnée est théorique, car la valeur réelle
insalubres : pour dépend des tendances du marché. Les chalets représentent 20 % en
certains, des nombre de la catégorie dite « résidentielle » inscrite au rôle d’évaluation
conditions de vie (logements, chalets, maisons mobiles, roulottes, habitations en
inadmissibles commun).

P a g e | 17
Un certain nombre de ces chalets a perdu depuis longtemps sa vocation
saisonnière et sert de résidence permanente. Les propriétaires qui y
résident n’ont souvent pas les moyens de les rénover. Les programmes
de rénovation et l’aide généreuse que propose l’organisme Rénovaction
solidaire supposent une mise de fonds initiale de la part du propriétaire.
Cela représente un obstacle insurmontable pour certains. Quand bien
même ces personnes auraient-elles les moyens de faire la mise de fonds,
auront-elles les moyens de faire face à une hausse d’impôt foncier à la
suite des travaux de rénovation? Certains suggèrent de reporter la
hausse de l’impôt foncier à quelques années plus tard. Ceci ne ferait que
reporter le problème pour les personnes qui ont un très bas revenu peu
indexé au coût de la vie. C’est le cas des personnes âgées recevant le
Supplément de revenu. Leur revenu est si bas que les postes comme les
vêtements et les loisirs ne peuvent exister dans leur budget qu’au
détriment de besoins encore plus essentiels. Une hausse de taxes est
dramatique dans ces circonstances. Existe-t-il une autre solution que les
deux options suivantes : 1) continuer à vivre dans un logement
inadéquat, 2) se trouver une place improbable dans un HLM loin de
l’endroit où ils ont passé toute leur vie ?

Près de 400 L’insalubrité des logements est un sujet de préoccupation qu’il ne


logements faudrait pas négliger. Il est inadmissible qu’au XXIe siècle après avoir
insalubres en 2007 conquis la lune, domestiqué l’atome et porté la biologie à un niveau
inimaginable, on puisse constater que des êtres humains vivent dans des
conditions effroyables :

En 2007, Statistiques Canada dénombrait 395 logements privés


nécessitant des réparations majeures à Saint-Calixte. La situation s’est-
elle améliorée en 2010?

Un ménage calixtien Le logement doit aussi être étudié en fonction de la part du budget que
sur 5 éprouve des les familles lui consacrent. On considère qu’un ménage qui consacre 30
difficultés % ou plus de son revenu au coût d’habitation connaît d’importantes
financières pour se
loger difficultés financières. À Saint-Calixte et en 2006, sur 2530 ménages de
recensement, 470 consacraient 30 % ou plus de leur revenu à leur
logement. Ceci représente 18,6 % des ménages calixtiens. Ce nombre
était en hausse de 40,3 % par rapport à 2001. La crise économique
actuelle n’a certainement pas ralenti ce mouvement à la hausse.
Retenons donc qu’un ménage calixtien sur 5 éprouve des difficultés
financières pour se loger. Il est donc souhaitable que les
développements immobiliers futurs prennent en compte les besoins des
ménages à faible revenu.

P a g e | 18
2.5 Les migrations particulières

Il s’agit là de phénomènes migratoires connus, souvent documentés,


mais peu ou pas quantifiés.

Premier groupe : les personnes en difficulté

Malgré bien des variantes, il est possible de distinguer deux sous-


groupes : les personnes sans domicile fixe et les familles ou personnes à
la recherche d’un mieux-être à la campagne malgré des revenus faibles.

Des personnes sans Les personnes sans domicile fixe se rattachent au concept d’itinérance.
domicile fixe et Ce sont des personnes à très faible revenu ou même sans revenu
démunies en nombre régulier qui viennent en majorité de la région montréalaise. La plupart
indéterminé
d’entre elles correspondent à la définition du ministère de la Santé et
des Services sociaux telle qu’inscrite dans le Plan d’action en itinérance
2001-2003-Région de Lanaudière.

« La personne itinérante est une personne qui n’a pas d’adresse fixe, de
logement stable, sécuritaire et salubre pour les 60 jours à venir, à très
faible revenu, avec une accessibilité discriminatoire à son égard de la
part des services, avec des problèmes de santé physique, de santé
mentale, de toxicomanie, de violence familiale et de désorganisation
sociale et dépourvue de groupe d’appartenance stable »

S’ajoute à ce groupe un certain nombre de personnes qui ont peut-être


tout ou partie des caractéristiques décrites ci-dessus, mais surtout celle
de s’éloigner de difficultés liées à leurs relations avec leur famille, leur
propriétaire, les autorités publiques ou leur réseau social.

Ces personnes sont difficiles à dénombrer, car elles se fondent dans


l’environnement et sont très mobiles (Plan d’action communautaire en
itinérance – Montérégie – John Britton et Monique Bourgoin Granier).
Elles trouvent un hébergement de fortune chez leurs parents, leurs amis
ou des maisons de chambre non déclarées. La plupart restent inscrites à
leur adresse antérieure pour recevoir ce qu’on appelle communément
l’aide sociale. On ne sait quand elles arrivent dans la municipalité ni
quand elles la quittent. L’association les Ailes de l’Espoir est le seul
groupe communautaire qui ait un contact avec celles de ces personnes
qui demandent de l’aide alimentaire. Une analyse statistique est donc
impossible

P a g e | 19
Les familles et personnes démunies à la recherche d’un mieux-être à la
campagne – Ces personnes viennent chercher une installation stable et
Des familles à bas économique dans notre région rurale qu’ils parent de toutes les vertus :
revenus s’installent logement bon marché, approvisionnement économique en nourriture,
croyant bénéficier
possibilité de produire une partie de leur nourriture, environnement
de conditions de vie
plus faciles. devant sain, retour aux sources, etc. Leurs revenus sont faibles et ils espèrent
les difficultés une vie meilleure :
rencontrées, elles
doivent demander La réalité vient rapidement à bout de leurs illusions :
de l’aide aux
organismes
communautaires  À Saint-Calixte, il faut pouvoir louer ou acheter une maison : ont-ils
un répondant suffisant pour que la banque leur consente un prêt
ou une hypothèque?
 Le poste « transport » du budget (accès à l’emploi, besoins de
première nécessité) est plus important qu’ils ne l’avaient prévu.
 La production de nourriture n’est pas évidente.
 Les biens de consommation à prix réduit ne sont disponibles qu’à
des dizaines de kilomètres.
 Sur le plan de la santé, Saint-Calixte a le privilège des disposer des
services d’un médecin et d’une pharmacie. Cependant pour des
soins plus complexes ou les services du CLSC, il faut se déplacer.
Quel que soit le mode de transport privilégié, des coûts entrent en
jeu.
 Enfin, la clé de voûte de l’édifice familial, l’emploi, est quasi
absente de Saint-Calixte et relativement rare dans les environs
immédiats. Il faut donc se déplacer pour obtenir et conserver un
emploi.

L’ensemble de ces raisons fait que certaines familles à bas revenus


atteignent rapidement le niveau du désarroi et ont un besoin urgent de
soutien social. Ici encore, Les Ailes de l’espoir et d’autres organismes
sont souvent le dernier recours alors qu’ils sont déjà débordés par des
résidents de longue date de la municipalité.

P a g e | 20
Deuxième groupe : les retraités

Les retraités : Nous aborderons plus loin l’apport inestimable des aînés ainsi que les
expérience et problèmes qu’ils peuvent rencontrer. Pour l’heure, nous nous attachons
compétence au seul phénomène des migrations des retraités.
pouvant être mises Les raisons ou circonstances qui poussent une personne retraitée à
au service de la
communauté. Plus migrer en milieu rural, plus précisément à Saint-Calixte, sont
tard, besoin de principalement de deux ordres :
services pour
conserver leur Elles ont déjà un chalet à Saint-Calixte qu’elles préparent de longue date
qualité de vie pour en faire une résidence permanente le moment de la retraite venu.
D’autres choisissent Saint-Calixte seulement le moment de la retraite
venu car elles désirent profiter d’un environnement naturel. Les
motivations sont similaires mais le premier groupe est plus intégré à la
communauté pour y avoir séjourné auparavant de façon saisonnière.

Chantal Girard, dans sa publication La migration interne de 55 à 65 ans


au cours de la décennie 1995-2008 apporte un éclairage sur les
migrations des retraités. En voici les principaux traits :

 Les personnes vivant en milieu urbain cherchent en général à


s’établir dans un autre milieu de même nature.
 Les personnes vivant en milieu rural ou dans de petites villes
cherchent à se rapprocher des centres où elles trouveront plus de
services.
 Malgré tout, en raison du bassin de population important qu’est
Montréal, la région de Lanaudière reçoit un nombre significatif de
personnes de 55 à 65 ans (augmentation de 25 % entre 1995 et
2005).
 Si l’on tient compte des entrées (44,9 %) et des sorties (18,2 %)
dans les secteurs ruraux de Lanaudière, le taux net correspondant
aux personnes de 55 à 65 ans qui restent dans leur nouveau milieu
est de 26,7 %.

Pourquoi est-ce important de savoir combien de retraités ont l’intention


de s’installer à Saint-Calixte ou l’ont déjà fait ? Dans un premier temps
parce qu’il s’agit de personnes dont l’expérience, le dynamisme et la
disponibilité bénéficieraient au développement de Saint-Calixte. Il faut
donc les accueillir et les aider à s’intégrer à la communauté en
collaborant avec les forces vives du milieu. Dans un deuxième temps,

P a g e | 21
ces personnes auront besoin de services lorsqu’elles atteindront un âge
avancé d’autant plus que leur réseau social sera probablement réduit. Il
faut donc prévoir dès aujourd’hui les services, logements et
équipements qui leur seront nécessaires. C’est en quelque sorte bâtir
une communauté débitrice et responsable de ses aînés.

2.6 La population saisonnière

Aucun décompte de Voici le chapitre le plus court de cette étude : aucun décompte, aucune
la population estimation n’ont été faits du nombre des résidents saisonniers. Saint-
saisonnière Calixte semble s’orienter pour partie vers une vocation
récréotouristique. Il serait donc opportun qu’elle se dote des outils lui
permettant d’évaluer l’importance numérique de la population
saisonnière.

La population saisonnière stimule l’économie locale. Elle génère aussi


des besoins. Il est relativement complexe de planifier des services quand
la demande en est saisonnière. Quelques exemples : augmentation de la
consommation d’eau potable dans les secteurs desservis par un
aqueduc, augmentation de la demande de biens de consommation,
insistance pour avoir accès à la nature, besoin d’un climat festif, etc.

P a g e | 22
P a g e | 23
3- LA VIE ÉCONOMIQUE
La vie économique et le travail sont pris ici sous l’angle de vue des
travailleurs et des travailleuses puisqu’il s’agit d’une étude axée sur les
phénomènes sociaux. Ainsi ne seront pas abordés des sujets comme le
potentiel économique de la municipalité ou la création d’entreprises et
de commerces.

Saint-Calixte est la municipalité la plus pauvre de la MRC de Montcalm,


l’a-t-on assez répété ! Il est donc important de documenter cette réalité
le mieux possible afin de soutenir et orienter le développement
économique qui se dessine.

3.1 Les revenus

Saint-Calixte est de toutes les municipalités de la MRC de Montcalm celle


qui compte le plus de personnes à faible revenu soit, 520 personnes sur
5670 représentant 10,9 % de la population en 2006. Comparativement,
l’ensemble de la MRC compte 8 % de personnes à faible revenu.

En termes plus concrets, cela signifie qu’en 2006, plus d’un Calixtien sur
10 avait un faible revenu.

À quoi correspond la notion de faible revenu? C’est dépenser 63 % du


revenu net d’impôt pour les dépenses de première nécessité alors
qu’une famille moyenne y consacre 43 %. D’autres facteurs entrent en
jeu comme la taille de l’unité familiale et celle de l’agglomération de
résidence.

Nous remarquons qu’en 2006, le revenu moyen des calixtiennes (18 449
$) était inférieur à celui des Calixtiens (27 653 $). Cependant, entre 2001
et 2006, le revenu des Calixtiennes a augmenté de 29,5 % tandis que
celui des Calixtiens n’avait augmenté que de 14,4 %. Est-ce une
conséquence de la politique d’équité salariale ?

Quant au revenu moyen des familles, il était de 49 307 $ (une hausse de


près de 25,5 % par rapport à 2001). Les conditions économiques vécues
à partir de 2008 ne permettent pas de croire à une hausse significative
des revenus depuis 2006 à moins d’une migration significative de
familles aisées venant de l’extérieur.

P a g e | 26
3.2 La vie professionnelle

3.2.1 Le niveau d’activité

La population active comprend les personnes qui travaillaient la semaine


précédant le recensement (16 mai 2005) ou étaient absentes de leur
travail ou entreprise (maladie, vacances, conflit de travail, etc.) ainsi que
les personnes sans emploi salarié, mais en démarche de recherche
d’emploi.

Variation du taux d’activité de la population de 15 ans ou plus


2001-2006

Variation
2001 2006
en %
Saint-Calixte 51,1 % 57,1 % 11,7 %
MRC de Montcalm 60,3 % 62,7 % 4,0 %
Source : Sylia.

En 2006, Saint-Calixte avait le taux d’activité le plus bas de la MRC mais


croissance plus élevée.

Variation du taux d’emploi de la population de 15 ans et plus


2001-2006

Variation
2001 2006
en %
Saint-Calixte 43,2 % 48,7 % 12,7 %
MRC de Montcalm 54,5 % 57,7 % 5,9 %
Source : Sylia.

Le taux d’emploi de Saint-Calixte est le plus bas de la MRC de Montcalm


mais croissance significative.

P a g e | 27
Variation du taux de chômage de la population de 15 ans et plus
2001-2006

Variation
2001 2006
en %
Saint-Calixte 15,5 % 14,7 % -5,2 %
MRC Montcalme 9,6% 8,0% -16,7%

3.2.2 Le lieu de travail

Le niveau d’activité économique local a une influence sur le lieu de


travail des résidents. Voici comment s’est présentée la situation de 2001
à 2006.

Variation (%) du nombre de personnes résidant


et travaillant à Saint-Calixte
2001-2006

2001 2006 Variation


Lieu de travail selon le sexe
(nombre) (nombre) en %
Femmes 220 155 -29,5
Hommes 130 80 -38,5
TOTAUX 350 255 -32,9
Source : Coup d’œil sur la MRC de Montcalm.

Faute d’emplois Au vu de ces chiffres, il est clair que la très grande majorité des Calixtiens
locaux, les Calixtiens travaille à l’extérieur de la municipalité.
doivent travailler à
l’extérieur de la
municipalité Quant à ceux et celles qui travaillent dans Saint-Calixte, la situation est la
suivante : plus de Calixtiennes travaillent dans Saint-Calixte même que
de Calixtiens. Cependant, leur nombre est faible et en baisse de 2001 à
2206. S’il y a eu, entre 2006 et 2009, une augmentation de résidents de
Saint-Calixte travaillant dans la municipalité, elle a dû être faible. En
effet, un examen attentif du rôle d’évaluation permet de constater qu’en
2010 la municipalité ne comptait que :

P a g e | 28
 26 immeubles à caractère commercial
 10 dédiés aux services
 12 installations correspondant à des activités agricoles et
forestières

La reprise économique qui s’annonce permettra de corriger la situation.


Encore faut-il que les nouveaux emplois correspondent aux
compétences des Calixtiens.

3.3 Le niveau de scolarité

Une population L’accès à l’emploi est directement lié à la scolarité et l’expérience de la


sous-scolarisée qui main-d’œuvre disponible. En 2006, selon Statistique Canada, la situation
risque de ne pas était la suivante pour les personnes de 25 ou plus résidant à Saint-
profiter du
développement Calixte :
économique prévu
 35 % n’avaient aucun certificat, diplôme ou grade universitaire
(1490 personnes)
 Seulement 3,6 % avaient un certificat, un diplôme ou un grade
universitaire (150 personnes)
 Ajoutons qu’au Québec, 21 % de la population éprouve des
difficultés pour lire telles que cela nuit à leur intégration sociale et
professionnelle (L’alphabétisation au Québec – Espace Alpha –
2008) .
 Depuis 2006, de nouveaux résidents se sont installés. IIs ont
souvent un niveau de scolarité appréciable, mais si cela améliore le
niveau de scolarité moyen de la municipalité, cela ne change en
rien la situation des résidents sous-scolarisés.
 Le niveau de décrochage scolaire de nos jeunes est de l’ordre de
50 %.
 Tout développement économique local devra donc être
accompagné de mesures de formation et le groupe
d’alphabétisation devra être soutenu afin qu’il puisse s’adresser à
un plus grand nombre de personnes.

P a g e | 29
P a g e | 30
4- LES DIFFICULTÉS LIÉES AUX CONDITIONS DE VIE AINSI QU’À
LA SANTÉ PHYSIQUE ET MENTALE
4.1 La sécurité

La sécurité est l’un des éléments importants de la vie d’une


communauté. La Sûreté du Québec intervient lorsque la sécurité des
personnes est en jeu ou la loi bafouée. Tous les cas ne sont cependant
pas rapportés à la Sûreté du Québec. Il faut parfois plusieurs agressions
sexuelles ou cas de violence conjugale avant qu’une plainte soit
déposée. Donc, les statistiques que nous présentons ci-dessous
représentent un nombre de cas minimal. L’ensemble des données
indiquées dans ce chapitre nous ont été communiqués par la Sûreté du
Québec.

Les interventions les À Saint-Calixte en 2008, la Sûreté du Québec est intervenue 18 fois pour
plus fréquentes de la transférer une personne en crise, conséquence directe de la politique de
Sûreté du Québec en désinstitutionnalisation en santé mentale. Ce chiffre est en hausse par
2009 :
 32 pour voies de rapport à 2006 (12 transferts).
fait
 18 transferts de Au chapitre des agressions sexuelles, les données ne font pas état de
personnes en l’âge des victimes. Il y eut au total 5 interventions en ce domaine.
état de crise L’auteur des agressions est presque toujours un proche de la victime.
 18 pour querelles
familiales
La violence, surtout verbale, n’est pas absente du tableau : 18
interventions en 2009 pour des querelles familiales, 32 pour des voies de
fait et 7 agressions armées causant des lésions corporelles.

La clientèle rencontrée par les policiers est très souvent difficile.


Plusieurs causes entrent en jeu : tissu social effrité, pauvreté,
consommation d’alcool et de drogue.

Au plan des jeunes de moins de 18 ans, la Sûreté du Québec a acheminé


5 signalements au directeur de la Protection de la jeunesse (DPJ) en
2009. Les signalements interviennent lorsque la sécurité et le
développement de l’enfant sont compromis.

La Sûreté du Québec est aussi interpelée lorsque des personnes vivent


dans des conditions d’insalubrité majeure pouvant mettre leur santé en
danger. Après le constat, les cas sont signalés au CSSS ou à la
municipalité qui devront prendre les mesures nécessaires.

Limiter le rôle de la Sûreté du Québec à des mesures répressives serait


par trop réducteur. Elle diffuse des conseils de sécurité dans divers
domaines particulièrement auprès des enfants, des adolescents, des

P a g e | 33
aînés, des femmes, des parents et des enseignants. Elle est
fréquemment présente dans les écoles pour des campagnes de
prévention, collabore avec des organismes communautaires et participe
à divers paliers de concertation.

4.2 Les enfants et les adolescents (0-17 ans)

Nous ne possédons qu’un portrait partiel de la situation sociale et


sanitaire des enfants et adolescents. Nous avons constaté dans les
chapitres précédents qu’il y avait un nombre important de familles
monoparentales, que le revenu des familles était bas. Pour les enfants
de 6 à 12 ans en grande difficulté, l’école primaire est souvent le seul
refuge offrant un espace de confort affectif et sécuritaire. On imagine
alors le travail admirable du personnel de l’école auprès de ces enfants
en l’absence de toute ressource de proximité.

Un grand nombre d’enfants vivent dans des conditions très précaires. À


cet égard, la nature des signalements au directeur de la Protection de la
jeunesse pour la région de Lanaudière est significative.

De nombreux Nombre et taux de signalements retenus par les


enfants ont des Centres jeunesse de Lanaudière selon la problématique
conditions de vie (nombre annuel et taux pour 1000 enfants lanaudois
très difficiles. L’école
primaire est le lieu âgés de 0 à 17 ans)
er
privilégié pour la Du 1 avril 2008 au 31 mars 2009
prévention et
l’intervention et MRC de Montcalm Lanaudière
parfois le seul refuge Problématiques Population Population
pour les enfants en Nombre Taux Nombre Taux
2008 2008
grande difficulté.
Négligence 183 9 735 18,8 1 053 96 705 10,9
Abus physique 51 9 735 5,2 322 96 705 3,3
Abus sexuels 36 9 735 3,7 198 96 705 2,6
Troubles de
37 9 735 3,8 319 96 705 3,3
comportement
Abandon 3 9 735 0,3 16 96 705 0,2
Mauvais
traitements 39 9 735 4 236 96 705 2,4
psychologiques
TOTAUX 349 9 735 35,9 2 144 96 705 22,2
Source : Sylia.

P a g e | 34
Les taux de signalements retenus pour la MRC de Montcalm figurent
parmi les plus élevés des taux des MRC de Lanaudière. Donc des
situations très difficiles vécues par les enfants de la MRC de Montcalm.

L’analyse selon la problématique révèle la prédominance de la


négligence. Le facteur pauvreté est déterminant bien qu’il ne soit pas le
seul à entrer en jeu. D’autres données indiquent que les signalements
retenus sont plus fréquents de 0 à 15 ans avec une majeure de 6 à 11
ans. Ces derniers chiffres révèlent l’importance de l’école primaire tant
sur le plan de la prévention que de la vigilance des professeurs et
travailleurs sociaux.

Prévention, développement des compétences parentales, vigilance et


relèvement des revenus familiaux sont des solutions efficaces.

Les enfants handicapés

Les statistiques indiquées ci-dessous ne concernent que les enfants


handicapés dont les familles reçoivent le supplément pour enfants
handicapés (SEH). Le nombre total d’enfants handicapés est donc plus
élevé que ne l’indiquent les chiffres. Le supplément pour enfant
handicapé est de 165 $ par mois et par enfant. Il s’agit d’un montant
forfaitaire non imposable indépendant de la nature du handicap et des
revenus familiaux.

Nombre et taux d’enfants âgés de moins de 18 ans bénéficiant du


supplément pour handicap selon le handicap et le territoire
(taux exprimé en nombre d’enfants pour 1000)

MRC de Montcalm Lanaudière


Type de handicap
Nombre Taux Nombre Taux
Moteur 28 2,9 225 2,3
Auditif 11 1,1 82 0,8
Visuel 3 0,3 31 0,3
Mental 99 10,1 689 7,0
Chronique 54 5,5 504 5,1
TOTAUX 195 19,9 1 531 15,5
Source : Sylia.

P a g e | 35
Des données en deçà Ce tableau démontre la prédominance du handicap mental qu’on
de la réalité. considère la MRC de Montcalm ou la région de Lanaudière.
Prédominance des Comparativement aux autres MRC de la région, celle de Montcalm a le
enfants ayant un
handicap mental triste privilège d’être dans le peloton de tête pour le taux d’enfants
handicapés. Ce taux est significativement supérieur à la moyenne
régionale : 19,9 pour la MRC de Montcalm; 15,5 pour Lanaudière. Ceci
devrait inspirer une réflexion particulière quant à l’aide à apporter aux
familles de cette MRC ainsi que les mesures visant à faciliter l’insertion
sociale des enfants et leur intégration socioprofessionnelle lorsqu’ils
auront atteint l’âge adulte.

Notons que, contrairement à la maladie mentale qui suscite un


comportement et un niveau de compétences variant selon les épisodes
de crise, le handicap mental permet un développement des
compétences et du comportement atteignant un plateau stable. Ceci
signifie que, dans une société ouverte à la différence, nombre de
personnes ayant un handicap mental pourraient jouer un rôle actif dans
leur milieu.

Les enfants et la santé mentale

La fragilité Un tiers des jeunes de 12 à 14 ans connaît des épisodes de détresse


psychologique d’un psychologique. Les jeunes de 15 à 19 ans constituent, avec les aînés, le
nombre important groupe subissant le plus de stress. Le suicide constitue 50 % des causes
d’adolescents
requiert une de décès chez les jeunes de 12 à 14 ans, 25 % chez ceux de 15 à 24 ans.
mobilisation de la
communauté pour La fragilité psychologique des jeunes retient l’attention de nombreux
offrir aux jeunes des intervenants et parents. Il revient à la communauté de participer à ces
conditions efforts en créant des conditions plus favorables à l’épanouissement des
favorables à leur
développement jeunes.

4.3 Les adultes (18-64 ans)

Pauvreté, problèmes Rappelons quelques chiffres cités précédemment :


de santé physique et
mentale  30,7 % des familles sont monoparentales
 Un nombre significatif d’enfants adultes vivent encore chez leurs
parents
 La population est vieillissante

P a g e | 36
 Plus d’hommes que de femmes vivent seuls
 Un Calixtien sur 10 a un faible revenu
 Présence de maisons en état de délabrement avancé et insalubres
(395)
 Un nombre indéterminé d’itinérants

L’arrivée de nouveaux résidents plus aisés modifie peu à peu le rapport


aisés/démunis, mais ne change en rien le nombre réel de personnes en
difficulté. Il faut donc se garder de conclure à un recul de la pauvreté.

La situation de pauvreté endémique dans la plupart des municipalités de


la MRC de Montcalm et plus particulièrement à Saint-Calixte a des effets
négatifs sur l’équilibre familial et la santé physique et mentale des
résidents.

Le nombre de suicides dans Lanaudière a baissé de 17 % (baisse de


17,5% chez les hommes, hausse de 60 % chez les femmes). Mais trois
fois plus d’hommes que de femmes se suicident (Simoneau Marie-Ève
« Quelques chiffres sur le suicide dans Lanaudière – 2000-2005 » – mai
2009). Les facteurs entraînant le plus de risques sont :

 La maladie physique
 La maladie mentale
 L’excès d’alcool
 La consommation de drogue
 Des tentatives antérieures
 Une perte ou un changement important

Les autorités de la Santé publique préconisent trois types


d’interventions :

 Prévention (améliorer les conditions de vie, réduire l’accessibilité


des moyens)
 Intervention (augmenter le nombre de sentinelles, personnes-relai
entre la personne à risque et les ressources pertinentes), réduire
l’intensité de la crise.
 Postvention (soutien, reconnaissance des circonstances
psychosociales du suicide).

Nous nous sommes attardés au problème du suicide parce qu’il est


malheureusement emblématique du désarroi suscité par des conditions

P a g e | 37
de vie précaires et qu’aborder ce sujet est un moyen d’interpeler ceux
par qui le changement peut arriver.

4.4 Les aînés (65 ans et plus) et les personnes en perte d’autonomie

Les futurs retraités Les aînés d’aujourd’hui - et encore plus ceux de demain - sont
plus conscients de généralement plus longtemps en forme que leurs prédécesseurs dans
leurs besoins et de cette catégorie d’âge. Plusieurs facteurs y contribuent : meilleure
leurs droits
alimentation, conditions de travail souvent moins dures et, pour la
plupart, une attention plus grande accordée à leur santé. Il faut donc
nuancer quelque peu le portrait tragique qu’en font certains médias.

Les données concernant l’espérance de vie permettent d’avoir une idée


plus exacte de la situation.

Espérance de vie à la naissance


selon le sexe et le territoire
2006

Espérance de Sans incapacité En bonne santé


Sexe
vie totale fréquente (sans incapacité)
Femmes 80,7 73,4 66,5
Hommes 75,7 68,9 63,7
Moyenne hommes
78,2 71,2 65,7
et femmes
Source : Sylia.

L’ « espérance de vie totale » se rapporte à toute la durée de vie. Les


termes « espérance de vie sans incapacité fréquente » correspondent
aux années pendant lesquelles une personne, généralement en bonne
santé, n’a que peu de problèmes de santé. Quant à la notion « en bonne
santé sans incapacité », ils réfèrent aux années au cours d’une vie où
une personne n’a pas eu de maladie incapacitante. Sans que cela ne soit
une règle absolue, le vieillissement peut entraîner des incapacités. De ce
point de vue, on peut situer approximativement l’âge charnière auquel
des incapacités peuvent se révéler de 70 à 75 ans. Cette notion est
importante, car elle situe l’âge où les aînés sont susceptibles d’avoir
besoin de soins particuliers comme l’aide à domicile, des logements
adaptés, etc.

P a g e | 38
Si les autorités concernées ne veillent pas à planifier ces services, la
génération montante des plus de 55 ans saura défendre ses intérêts avec
force le moment venu. En effet, un sondage CROP récent a permis de
tracer le portrait suivant (La Presse – 7 mai 2010) :

 Ils considèrent qu’ils ne seront vieux qu’à 80 ans


 78 % veulent rester dans leur logis
 48 % estiment pouvoir subvenir à leurs besoins le moment de la
vieillesse venu
 29 % pensent pouvoir compter sur leur famille ou leurs amis, ou,
en tout dernier recours, aux services gouvernementaux

De son côté, Jacques Légaré, professeur en démographie à l’Université


de Montréal, souligne que, par leur nombre et leur expérience, les
« baby-boomers » sauront défendre avec vigueur leurs intérêts et
surtout s’organiser avec leurs propres moyens pour que leurs conditions
de vie restent bonnes (La Presse – 7 mai 2010).

Il ressort de cette analyse que les besoins croissants en aide à domicile


et autres services seront défendus avec fermeté par leurs bénéficiaires
de demain.

Dès 2001, le nombre La situation actuelle des aînés à Saint-Calixte est la suivante :
d’aînés a amorcé
une augmentation  Entre 2001 et 2007, soit bien avant que les premiers baby-boomers
qui sera encore plus
significative durant atteignent leurs 55 ans, l’accroissement de la population âgée à
les prochaines Saint-Calixte a été de :
années. Vivant - 20 % pour les personnes de 55 à 64 ans
souvent seuls, isolés - 11 % pour les personnes âgées de 65 à 74 ans
et avec de faibles - 30 % pour les personnes de 85 ans et plus
revenus, les
personnes âgées ont  En 2006, on a constaté que plus les personnes avançaient en âge,
besoin d’aide et de plus elles étaient nombreuses à vivre seules :
soutien à domicile - 55-59 ans : 10,1 %
- 60-64 ans : 18 %
- 66 ans et plus : 26,5 %
 Le pourcentage de personnes âgées de 65 ans et plus recevant le
Supplément de revenu garanti a légèrement baissé. Il est passé de
62,4 % en 2001 à 60,3 % en 2007. Ce taux indique que 2/3 des
personnes âgées de Saint-Calixte vivent dans des conditions très
difficiles.

P a g e | 39
 Les services de soutien à domicile prodigués par le CLSC de Saint-
Esprit se détaillent ainsi en pourcentage du total des services
rendus dans la municipalité en 2007-2008 :
- Personnes âgées de 55 à 64 ans 14,4 %
- Personnes âgées de 65 à 74 ans 32,4 %
- Personnes de 75 et plus 53,2 %
- Services donnés à 111 personnes de 55 ans et plus
 Saint-Calixte figure au 2e rang des municipalités desservies pour le
nombre de bénéficiaires et au premier rang pour les personnes de
65 ans et plus recevant le Supplément de revenu garanti. Ces
chiffres correspondent à l’état de la population concernée
 Le CLSC quoique louant un local n’a pas de point de service à Saint-
Calixte malgré l’importance des besoins. Par exemple, les
prélèvements se font à Saint-Esprit.
 Les personnes de 15 ans et plus offrant des services aux aînés sans
rémunération se répartissent comme suit à Saint-Calixte (2006) :
- Femmes 13,5 % de la population totale
- Hommes 14,4 % de la population totale
 Pour les hommes, le pourcentage est légèrement inférieur à celui
de l’ensemble de la MRC (-1 %). Pour les femmes, le pourcentage
est inférieur de 4 % à la moyenne de la MRC. Et surtout l’avant-
dernier sur la liste des pourcentages par municipalité. Le fait de
vivre seul et isolé géographiquement joue dans ces évaluations.
Hommes et femmes sont également impliqués dans le soutien aux
personnes en perte d’autonomie. Ces personnes ne reçoivent
aucune aide significative malgré la lourdeur de leur tâche.
 Les activités récréatives offertes par le Club d’âge d’or ont un
aspect thérapeutique : socialisation, musculation, etc. Elles
jouissent de la faveur de nombreux aînés.
 Les personnes de 80 ans et plus ne fréquentent guère les activités
destinées aux aînés, leur perte d’autonomie et les problèmes de
transport les confinent à cet isolement. Il y a là un facteur de
risque car si personne, voisin, ami ou parent ne veille sur elles, ces
personnes peuvent connaître de grandes difficultés qui resteront
ignorées de tous.
 Certaines personnes âgées répugnent à demander des services.
Elles craignent que les autorités sanitaires concluent à un
« placement ». D’autres ayant mis tout leur honneur à assumer
seules leurs responsabilités ne peuvent accepter de recevoir de
l’aide. Il n’existe aucun recensement de ces personnes et donc
aucune intervention raisonnée auprès d’elles.

P a g e | 40
 Le logement des aînés est un projet en gestation dont la
concrétisation n’est pas encore à l’ordre du jour.
 Si la santé physique des aînés peut être fragile, leur santé mentale
est souvent précaire : les aînés sont avec les jeunes les personnes
les plus à risque au plan du suicide.
 La situation est la même pour les personnes handicapées et celles
ayant une maladie chronique

P a g e | 41
5- LES PISTES DE SOLUTION ET LES OUTILS DE
DÉVELOPPEMENT SOCIOÉCONOMIQUE
Les pistes de solution sont présentées à titre d’exemple et seront enrichies par l’expérience et
l’imagination des lecteurs. Comme dans un remue-méninge, elles ne sont pas évaluées quant
à leur pertinence et leur faisabilité. Elles figurent sans ordre de priorité dans chacun des
thèmes. Ce choix relève de la cohérence : on ne peut adhérer aux principes de consultation de
la population, de concertation au sein de la municipalité, de participation citoyenne et, du
même souffle, prétendre fixer soi-même des priorités. Ce sera donc aux citoyens d’élaborer un
projet de société. Malgré ces bonnes intentions, notre subjectivité et nos convictions
transparaissent : que le lecteur fasse la part des choses et veuille bien nous accorder sa
compréhension.

5.1 Les tendances générales

La manière dont la situation sociale et économique évoluera devrait influer sur les décisions
d’aujourd’hui. En 2009, Joel Kotkin, spécialiste américain internationalement reconnu en
développement économique, politique et social, professeur à l’Université Chapman (Orange,
Californie) publiait The next hundred million. Il y développe une théorie sur le développement
économique et social d’ici 2050 fort utile pour envisager l’avenir de Saint-Calixte. Nous
reprenons ici quelques caractéristiques de l’évolution décrite par Joel Kotkin, soit le
«localisme» :

 Les gens cherchent de plus en plus à consommer près de leur lieu de résidence
 Ils ont tendance à se fixer plus longtemps dans une communauté à laquelle ils s’identifient
et pour laquelle ils s’impliquent (vie sociale, économique et politique)
 Les principaux facteurs soutenant cette tendance sont :
o Le vieillissement de la population (choix d’une résidence définitive par les
retraités)
o Choix d’un cadre de vie plus convivial (extension des banlieues jusque parfois
dans les milieux ruraux)
o Développement d’Internet (possibilité pour les petites et micro-entreprises
de travailler loin des grands centres)
o Importance accrue donnée à la famille (une récente enquête commandée par
Workopolis au Québec confirme que la famille entre au premier plan des
préoccupations des travailleurs au point qu’une réduction de salaire serait
acceptée si elle permettait de consacrer plus de temps à la famille)

Donc, dispersion d’une partie de la population à l’écart des grands centres et attachement accru
à la communauté de résidence.

Dans un bulletin publié le 10 mai 2010, Joel Kotkin reprend cette analyse en donnant quelques
précisions :

P a g e | 45
 Les aînés et les familles qui auront choisi de vivre hors de grands centres veilleront
activement à ce que les raisons qui ont motivé leur choix ne disparaissent pas (ex. : refus
d’un accroissement de la concentration immobilière)
 Le consensus se faisant autour de petites municipalités, il sera plus facile à des politiciens
non-professionnels de se faire élire. Leur influence sur le développement local sera donc
différente de celle de leurs prédécesseurs (phénomène en cours de démonstration à
Saint-Calixte)
 La volonté des résidents de petites localités de répondre à leurs besoins et leur plus haut
degré d’information grâce aux télécommunications tendront à diminuer l’influence du
pouvoir central qui, lui, vise plutôt à uniformiser les pratiques.
 Le regroupement de la population en petites ou moyennes communautés favorisera
l’innovation et l’implication des citoyens :
- Nouveaux médias
- Initiatives : marchés paysans, festivals, etc.
- Augmentation du bénévolat et partant du nombre d’associations caritatives, sportives
et culturelles

Nous ajoutons aux prévisions de Joel Kotkin sur le bénévolat que ce volontariat sera fondé sur
des compétences que les personnes auront plaisir à exercer auprès de la communauté. Il se
peut donc que certaines tâches soient encore plus désertées qu’aujourd’hui (par exemple :
ménage, cuisine).

Nous sommes d’autant plus tentés de nous écrier : « Nous y sommes déjà! » puisque la
migration des familles et des retraités a déjà débuté dans notre municipalité. Une autre raison
pousse à l’optimisme. L’institut de la Statistique du Québec (perspectives démographiques du
Québec 2006-2056) prévoit que la population de Lanaudière s’accroîtra de 164 000 personnes
d’ici 2031 soit une croissance de 33 % de beaucoup supérieure à celle des autres régions. Plus
intéressant, cette augmentation proviendra en grande partie des migrations. Ceci implique
logiquement un accroissement du nombre de personnes de moins de 65 ans.

Il s’agit donc de tendances à long terme. Ce ne sont cependant que des tendances générales. Ne
versons pas dans un optimisme lyrique. Saint-Calixte n’est encore qu’en devenir. De plus, la
municipalité est en compétition avec les municipalités voisines dans ce mouvement migratoire.

Il faut donc que Saint-Calixte soit compétitive, dynamique et quelque peu visionnaire pour
alimenter sa créativité. Il lui faut bâtir un plan de développement à long terme qui respecte les
objectifs suivants :

P a g e | 46
 Augmenter la population de 25 à 35 ans
 Créer une infrastructure propre à satisfaire toutes les catégories de citoyens afin, entre
autres, de limiter les migrations vers l’extérieur de la municipalité
 Créer suffisamment de richesse pour à la fois faire progresser l’économie locale et venir
en aide aux plus défavorisés des citoyens
 Protéger l’environnement naturel dont elle est dotée
 Favoriser la cohésion et la mobilisation des populations ancienne et nouvelle autour
d’objectifs définis démocratiquement

Le défi est grand, mais d’autres collectivités l’ont relevé avec succès. On ne saurait trop
s’inspirer des travaux remarquables de Solidarité rurale et de ceux de Villes et villages en santé
qui s’ajouteront très valablement à ceux déjà envisagés par Rues principales.

Avant de passer aux solutions concrètes, car il en faut, continuons notre parcours sur la route
du développement en compagnie de Solidarité rurale. Cet organisme rappelle que « la finalité
du développement durable – un développement viable, vivable et équitable – est le bien-être
des personnes vivant en harmonie avec toutes les composantes de leur environnement ».
Solidarité rurale rapporte aussi les principes du Plan de développement du Québec ; « le
développement durable repose sur l’engagement de tous ; la participation des citoyens et le
partenariat de tous les groupes de la société sont nécessaires pour assurer la durabilité sociale,
économique et environnementale du développement ». Solidarité rurale précise que, dans le
cas particulier de la forêt, ses diverses vocations et possibilités doivent être incluses dans le plan
de développement.

Que dire de plus? Les grands principes sont énoncés, il ne reste qu’à passer à l’action tous
ensemble.

La suite de ce chapitre est constituée d’idées inspirées par les personnes rencontrées à Saint-
Calixte, des observations faites dans diverses régions du Québec, des conclusions de divers
auteurs et de pistes inspirées par l’expérience. Les pistes sont énoncées sans priorisation et sans
évaluation de leur faisabilité. Certaines sont déjà en cours d’application dans la municipalité. Il
reviendra au lecteur de retenir les pistes qui lui conviennent le mieux, d’en approfondir le
contenu et la faisabilité et de déterminer qui seront les maîtres d’œuvre. Mais rappelons que
quelle que soit la piste, quel que soit son bien-fondé, elle ne sera efficace que si la communauté
la choisit démocratiquement et s’implique dans la réalisation du projet. Une fois l’inventaire des
possibles fait, une rencontre des citoyens s’impose pour bâtir un plan de développement social,
économique et environnemental durable. La collaboration de Villes et villages en santé ou de
Solidarité rurale serait à ce point des travaux un soutien indispensable.

P a g e | 47
5.2 Un aperçu des atouts pour développer et rajeunir la population de Saint-
Calixte

Saint-Calixte a des atouts, mais il faudra les développer en gardant à l’esprit que notre
municipalité est en concurrence avec les municipalités environnantes, qu’il faut éviter l’écueil
de la cité-dortoir et que la richesse générée par le développement doit être consacrée en partie
à améliorer le niveau de vie des plus démunis.

Il est impératif de contrer le vieillissement de la population locale en attirant des familles de 25


à 35 ans. Les parents comme leurs enfants contribueront à corriger la pyramide des âges. Saint-
Calixte dispose déjà d’atouts et peut en développer d’autres.

Atout logement :

 Diversifier le parc résidentiel afin d’accueillir une population à revenus variés et d’offrir
des logements adaptés aux besoins des personnes en perte d’autonomie

Atout nature :

Jouer sur le facteur « nature ». Actuellement, il y a à Saint-Calixte deux plages publiques à accès
confidentiel, des forêts privées, des projets récréotouristiques encore sur la planche à dessin.
Mais il faut faire plus :

 Créer au moins une plage publique convenablement aménagée (ex. : Rawdon)


 Établir une promenade publique dans le noyau villageois en l’assortissant de panneaux
rappelant l’histoire du village (ex. : Matane)
 Susciter la création de corridors récréo-touristiques : VTT, randonnée, raquette, ski de
fond. En garantir l’accès aux familles démunies.
 Créer un parc faunique
 Installer des haltes le long des routes de la municipalité fréquentées par des cyclistes et y
disposer du matériel informatif sur la municipalité
 Développer l’hébergement touristique en organisant un réseau de chambres d’hôtes
compensant ainsi le manque d’hébergement touristique dans les environs
 Mettre en place une politique de conservation de l’environnement et de développement
écologique
 Prendre des initiatives à caractère écologique qui serviraient de phare pour établir la
signature promotionnelle de Saint-Calixte comme municipalité verte :
- Politique de recyclage et récupération dans tous les services municipaux
- Éclairage public avec piles solaires ou autre procédé non énergivore
- Ilot immobilier consacré uniquement à des constructions respectant intégralement les
critères de respect de l’environnement (certification LEED)

P a g e | 48
- Application stricte des règlements portant sur la conservation du patrimoine naturel
- Mesures d’information et de prévention auprès de la population et des jeunes en
particulier
- Ouverture d’un marché Équimonde (Regroupement de consommateurs responsables
Équimonde) pour développer la consommation de produits de proximité ou toute
initiative promouvant l’achat local

Atout convivialité

Les résidents actuels de Saint-Calixte sont généralement accueillants et chaleureux. Il ne reste


donc qu’à prendre quelques mesures pratiques pour convaincre les nouveaux arrivants qu’ils
trouveront chez nous une belle qualité de vie et pourront s’intégrer harmonieusement à la
population :

 Élaborer un guide du citoyen et de la citoyenne : tous les renseignements nécessaires pour


s’intégrer rapidement à la communauté (histoire locale, conseil municipal, services
municipaux, principaux règlements, organismes communautaires locaux et régionaux,
carte géographique, calendrier de ramassage des résidus, adresse des services la
municipalité, services de santé, etc.)
 Parrainage des nouveaux arrivants par d’anciens résidents
 Création dans chaque district d’un pôle de rassemblement en collaboration avec les
associations locales et équiper ces lieux à la fois de mobilier récréatif et de matériel
informatif (ex. : panneaux sur l’histoire locale, la faune, la flore, la conservation du
patrimoine naturel). Prêter une attention particulière aux besoins des enfants.
 Soutenir des initiatives comme la Fête des voisins qui requiert la participation des
résidents d’un secteur et les amène à mieux se connaître.
 Favoriser les événements festifs en misant sur la créativité et la participation active des
citoyens à l’organisation.
 Adhésion de la municipalité à certaines politiques gouvernementales et à des organismes
nationaux regroupant les municipalités autour d’enjeux sociaux. Entre autres :
o Municipalité amie des Aînés
o Municipalité amie des Enfants
o Carrefour action municipale et famille
o Adhésion ou soutien à des politiques et programmes liés à la santé et la
sécurité
o Élaboration par la municipalité de diverses politiques :
o Charte des droits des citoyens (cf. : Rawdon)
o Politique familles et aînés
o Soutien à des mouvements comme ISO familles

D’autres possibilités sont offertes par des associations de retraités (AQRP, par exemple), des
compagnies d’assurances (ex. : La Capitale), des organismes issus de groupes de pharmacies

P a g e | 49
(Info-Stop pour Pharmaprix, la Fondation Chagnon) et bien d’autres ressources de grande
envergure.

Atout emploi :

Ce sujet est évidemment plus ardu que le précédent, mais rien n’est impossible quand le terrain
est vierge ou presque. Nous parlons ici d’accès à l’emploi soit la création d’emploi et les
transports vers l’emploi.

Le soutien à la création d’emplois peut prendre des formes multiples. En voici quelques
exemples :

 Créer un parc industriel


 Susciter le mentorat : un industriel ou un commerçant chevronné accompagne
bénévolement dans ses démarches une personne qui veut développer son entreprise ou
son commerce. Cette méthode a été mise en pratique avec succès par la Chambre de
commerce de Valleyfield. Exemple : accompagnement lors de démarches auprès d’une
banque, aide au recrutement de personnel dans le cas où le futur patron en est à sa
première expérience en ce domaine.
 Favoriser l’accès aux cours d’alphabétisation et d’équivalence de secondaire V
 Faciliter l’accès à la formation professionnelle en organisant périodiquement sur place des
sessions d’orientation professionnelle, en facilitant le transport ou en déplaçant les cours
dans la municipalité. Les ressources sont actuellement situées à des kilomètres de la
municipalité et les problèmes de transport sont propres à décourager les plus motivés.
 Exiger que les nouvelles entreprises venant s’installer dans la municipalité qu’elles
engagent du personnel local. Si la main-d’œuvre locale n’a pas les compétences requises,
conclure une entente avec le CLE pour qu’il organise une formation sur mesure. Deux
préalables sont indispensables lorsque la main d’œuvre potentielle est éloignée du
marché du travail depuis longtemps : cours de connaissance de soi et court stage pour
tester les capacités à s’intégrer en milieu de travail. De telles initiatives reviendraient à
fournir du personnel clé en mains tout en diminuant le taux de pauvreté du milieu.
 Favoriser le travail à domicile en garantissant l’accès à Internet haute vitesse, mais aussi
aux services téléphoniques sur tout le territoire
 Vérifier les besoins des petites et micro-entreprises en imprimerie et reprographie, créer
au besoin une coopérative dans ce domaine ou des liens rapides à des tarifs économiques
avec des ressources extérieures.
 Créer un café Internet associé à un lieu de rencontre pour que les entrepreneurs,
commerçants et travailleurs à domicile puissent échanger entre eux et avec des
entreprises extérieures (ex. : expérience d’agriculteurs dans le Bas-Saint-Laurent)
 Tout en profitant largement des ressources offertes par la MRC, le CLD et la SADC, se tenir
au courant des initiatives prises ailleurs

P a g e | 50
 Prendre en considération l’exploitation de la forêt de proximité en ne se limitant pas à
l’exploitation des produits ligneux, diversifiant l’exploitation des tenures, favorisant la
transformation du bois sur place, recherchant les nouveaux produits liés, par exemple, à
l’industrie pharmaceutique (cf. : solidarité rurale).
 Attirer des entreprises liées aux nouvelles technologies peu gourmandes en énergie, non
polluantes et ne nécessitant pas d’infrastructures complexes et enfin donnant à la
municipalité une image faite de jeunesse, de dynamisme, de créativité et de respect de
l’environnement
 Étudier les possibilités offertes par les entreprises d’économie sociale. Ces entreprises
sont des coopératives qui comportent un volet de réinsertion socioprofessionnelle. Le
réseau des entreprises d’économie sociale est très bien organisé et offre un soutien
appréciable à ses membres.
 Développer le micro-crédit

L’accès à l’emploi ne passe pas uniquement par la création d’emploi. Il passe aussi par des
moyens de transport accessibles, économiques et – souhaitons-le – respectueux de
l’environnement. Saint-Calixte est dramatiquement privée de moyens de transport, mais ce
n’est pas une fatalité incontournable, des solutions pourraient être mises en place. Soulignons
cependant que si on se contentait d’améliorer les transports sans créer d’emplois locaux, Saint-
Calixte deviendrait une Belle au bois dormant qu’aucun prince ne pourrait réveiller. Quelques
pistes :

 Créer un club de covoiturage et en outre


- Obtenir un rabais des stations service locales pour les covoitureurs. Les stations-service
pourraient ainsi fidéliser leur clientèle
- Appuyer le mouvement du co-voiturage par des mesures valorisantes : vignettes
d’identification, rencontres périodiques, certificat officiel de co-voitureur ou tout autre
signe d’appréciation et d’encouragement
 Faire la promotion des transports publics existants
 Obtenir un transport public régulier et fiable permettant d’atteindre les gares de chemin
de fer de Saint-Jérôme et Mascouche ou les terminus régionaux d’autobus
 Vérifier les possibilités que pourraient offrir des entreprises comme Communauto
 Faciliter la gestion des horaires des parents en leur offrant un service de garde adapté à
leurs besoins

Cette liste d’initiatives soit existantes, soit à venir repose sur une synergie entre tous les acteurs
de la municipalité : la municipalité elle-même, les commerçants, les entrepreneurs, les services
gouvernementaux, les organismes communautaires et ceux des citoyens qui voudront bien
mettre leur expérience et leur bonne volonté au service de la communauté. Qui dit synergie, dit
aussi : consultation, concertation, collaboration, partage des compétences le tout fondé sur les
désirs et les besoins de la population.

P a g e | 51
5.3 Les enfants, des Calixtiens à protéger et conserver parmi nous

Protéger les enfants :


Les enfants sont les premières victimes d’une situation familiale difficile. Les adultes doivent
donc les aider et les protéger.

Avant d’entreprendre un survol des conditions qui pourraient améliorer le sort des enfants,
nous ne saurions trop recommander la lecture du rapport « Un Québec fou de ses enfants »
piloté par Camil Bouchard. La plupart des constats et des recommandations qui y figurent sont
encore d’actualité. L’esprit qui anime ce document est encore aujourd’hui source d’inspiration
pour ceux et celles qui aiment les enfants.

Certaines des initiatives décrites dans la liste ci-dessous existent déjà. Il faut alors se demander
si l’on a suffisamment interpelé le réseau public, si les services sont accessibles à ceux qui en
ont le plus besoin, s’ils sont en mesure de répondre à tous les besoins et enfin si la municipalité
et/ou les Calixtiens sont impliqués à la mesure de leurs responsabilités et de leur capacité
d’intervention.

Voici quelques options à étudier :

Diffuser avec insistance et régularité des informations concernant les ressources auxquelles
l’enfant en difficulté pourra se référer de façon autonome et confidentielle

Respecter et soutenir les efforts que le corps professoral doit faire devant la démobilisation de
certains parents

Multiplier et rendre accessibles les activités visant le renforcement des compétences parentales

Renforcer le lien parents-enfants par des activités pertinentes

Offrir des options de répit aux familles :


 Maison des enfants (activités pour les enfants, pédopsychiatrie, hébergement de courte
durée) sur un modèle dérivé de celui du Dr Julien en l’adaptant aux réalités de notre
communauté
 Halte-garderie pour permettre aux mères de jeunes enfants d’avoir du temps pour leurs
propres besoins
 Service de gardiennage gratuit pendant les sessions de formation données aux parents

Au plan de la santé , il est indispensable réseau public de la santé et des services sociaux donne
des services dans la municipalité même, en particulier en ce qui a trait à :

P a g e | 52
 Suivi des grossesses à risque
 Compléments alimentaires pour les mères démunies (OLO)
 Interventions visant à diminuer les naissances de bébés de petit poids
 Suivi des nourrissons à risque
 Vaccination des enfants en bas âge
 Nutrition et diététique (lutte contre l’obésité, les carences alimentaires et promotion
d’une alimentation saine)
 Compétences parentales (YAPP ou autre programme du même type)
 Aide et suivi psychosocial
 Et bien d’autres initiatives relevant pour la plupart de programmes existants

La sécurité des enfants doit être assurée dans de nombreux domaines. Mentionnons-en
quelques-uns :

 Sécurité dans les transports scolaires (état des véhicules, comportement des enfants,
pertinence de la détermination des arrêts, respect du code de la route par les
automobilistes, état des routes et des voies municipales, mesures d’urgence quand le
transport est impossible, etc.
 Sécurité des enfants dans la cité : prévention par l’information et responsabilisation des
citoyens
- Inceste, pédophilie
- Consommation de drogue et d’alcool
- Déplacements à pied ou en vélo
- Utilisation sécuritaire d’équipement de loisirs
- Dangers que peuvent présenter les éléments naturels comme l’eau
- Toute situation oû l’intégrité physique et mentale de l’enfant peut être mise en danger

Plusieurs familles éprouvent des difficultés, la plupart des parents ont des horaires chargés et
certains ont peu d’instruction. Dans ces circonstances, un service bénévole d’aide aux devoirs
est nécessaire malgré la dispersion des enfants sur le territoire.

L’accessibilité des services reste un problème majeur dans un territoire étendu où tous n’ont
pas de moyen de transport.

Des enfants à conserver parmi nous :

Beaucoup se désolent du fait que les jeunes quittent tôt Saint-Calixte. Des organismes ont
compris avec raison qu’il fallait très tôt développer un sentiment d’appartenance chez les
enfants. Chez un enfant, le sentiment d’appartenance au milieu se développe lorsqu’il :

 Prend conscience de la place spécifique qu’il occupe dans la communauté


 Est respecté dans son individualité

P a g e | 53
 A un groupe d’appartenance qui correspond à ses aptitudes et ses aspirations (école,
loisirs, etc.)
 Est soutenu par le milieu dans ses efforts quel que soit le domaine où il les exerce
 Joue un rôle dans la cité en étant consulté et en y « construisant »
 Connaît l’histoire de son milieu
 Dispose de lieux de rassemblement correspondant à ses besoins de socialisation (ex. : parc
de proximité)

Les enfants eux-mêmes et les personnes qui les côtoient ( parents, professeurs et intervenants
dans divers domaines) sauront certainement enrichir la liste de pistes suivante :

 Conseil municipal des jeunes (ce qu’ils veulent pour eux-mêmes, ce qu’il veulent pour la
communauté)
 Élaboration de concepts graphiques à l’intention de la municipalité ou d’organismes
communautaires : cartes, bannières, murales, affiches, etc.
 Travaux divers : aménagement de locaux ou d’espaces verts, exposition sur la protection
de l’environnement, etc.
 Publication de livrets : cuisine, histoire, contes, etc.
 Implication auprès des aînés : visites, spectacles
 Apprentissage de diverses techniques sur le modèle des cours de tricot donnés par le
Cercle de Fermières

Les adultes pourraient apporter leur concours aux professeurs en initiant des activités qui
permettraient aux enfants de mieux appréhender l’identité de leur milieu de vie :

 Visite de commerces et d’entreprises ou rencontre avec des travailleurs : connaissance


des métiers, exigences d’un milieu de travail, utilité de la formation académique
 Histoire locale sous forme ludique
 « Chemin des pionniers » (histoire locale)
 Arbre généalogique en photos des familles pionnières
 Toponymie de la municipalité et histoire
 Activités pour la semaine du patrimoine

Comme nous le notions auparavant certaines de ces activités existent déjà et ne sont là que
pour mémoire.

5.4 Les adolescents, des Calixtiens à soutenir et à conserver parmi nous

Des adolescents à soutenir

Les adolescents trouvent une panoplie de services à leur école secondaire. Cependant le lien
avec l’école secondaire est limité aux horaires de cours à cause de l’éloignement de l’école. Il ne

P a g e | 54
reste dans la municipalité que la Maison des jeunes. Celle-ci ne peut donner tout le soutien
nécessaire, en particulier dans le domaine de la santé. Il est donc nécessaire de répondre
localement au moins à certains besoins. Certaines mesures devraient être sérieusement
considérées :

 Diffusion d’information sur les recours en cas de crise (Jeunesse j’écoute et autre)
 Diffusion d’information concernant la prévention : MTS, détresse psychologique,
consommation de drogue et autre
 Ouverture périodique d’un service du CLSC aux heures auxquelles les jeunes pourraient les
fréquenter
 Lien avec un service d’accueil en cas de crise
 Renforcement du lien parent-jeune
 Groupes de discussion et de soutien pour parents d’adolescents
 Groupes de discussion et de soutien pour adolescents
 « Travailleur de rue » professionnel au moins à temps partiel (plus efficace que des
mesures coercitives)
 Appui financier et matériel à la Maison des jeunes ainsi que soutien moral
 Mentorat par des adultes pour le soutien scolaire
 Soutien aux initiatives des jeunes

Ces suggestions seront certainement enrichies par les jeunes eux-mêmes et leurs intervenants.
Il est important de noter que toute initiative doit recueillir l’adhésion des jeunes sous peine
d’être ignorée, voire rejetée par eux.

Des adolescents à conserver parmi nous :

Tout comme les enfants, les adolescents développent un sentiment d’appartenance à leur
milieu lorsqu’ils y sont respectés, peuvent y jouer un rôle de citoyen actif et s’approprient
l’histoire de leur lieu de résidence. S’ajoutent les éléments particuliers à leur âge : leur
autonomie plus grande, leurs compétences plus élevées, leurs interrogations face à l’avenir,
l’évolution rapide de leur physique.

Pour un adolescent, le groupe d’appartenance est constitué par les camarades recrutés le plus
souvent en milieu scolaire. Or, l’école secondaire est loin de la municipalité. Les groupes qui s’y
forment sont souvent constitués de jeunes venant de plusieurs municipalités. De ce fait,
l’appartenance à Saint-Calixte se dilue si les jeunes ne peuvent y développer des groupes.
Certains le font tout naturellement avec leurs voisins. Cependant, d’autres éprouvent plus de
difficultés personnelles, vivent dans des secteurs où les jeunes sont quasi absents ou dans des
lieux très isolés. À cause des distances, de l’absence ou du manque d’intérêt de certains
parents, les déplacements sont pour beaucoup un obstacle à la participation à des activités
collectives. La preuve en est que la maison des jeunes touche généralement les jeunes du noyau
villageois mais fort peu les jeunes des autres districts. Force est de constater qu’il faudrait se

P a g e | 55
rendre à Havre-Jeunesse pour consulter les adolescents de Saint-Calixte afin de s’assurer que
tous les districts seront représentés. Une autre solution consisterait à faire la tournée des
districts. Sans quoi, comme la maison des jeunes, on ne verrait pratiquement que les jeunes du
noyau villageois. L’absence de CEGEP dans la MRC isole encore plus les plus âgés des jeunes.

Des initiatives pourraient être entreprises localement dans la mesure où elles recevraient
l’adhésion des jeunes et l’implication des adultes :

 Au plan des études et de la prévention du décrochage scolaire : mentorat (par des


retraités, par exemple)
 Recours au Comité régional pour la valorisation de l’éducation (CREVALE)
 En ce qui a trait au choix de carrière, à l’initiation aux exigences d’un milieu de travail, aux
compétences requises donc de la nécessité de la formation académique ;
- Rencontres avec des employeurs
- Accès local aux agents de migration de Place aux jeunes/Desjardins qui accompagnent
les jeunes de 18 à 35 ans dans leurs démarches pour s’établir dans leur région d’origine
- Faciliter l’accès à Carrefour Jeunesse (accès à l’emploi)
- Stages dans les commerces et entreprises de la municipalité
- Développement d’emplois d’été sur le territoire
- Étudier les possibilités des entreprises d’économie sociale comme débouché au sortir
de l’adolescence
- Formation pour les adultes : soit faciliter le transport vers les ressources, soit organiser
des cours sur place
- Panneau d’affichage pour les offres d’emploi locaux

Ce qui ressort de ce court tour d’horizon est que de nombreuses ressources existent mais
qu’elles sont singulièrement absentes de Saint-Calixte à cause de l’isolement de la municipalité
et d’une certaine myopie intellectuelle d’acteurs locaux. En outre, les distances à parcourir dans
la municipalité constituent un obstacle à la participation. Les adolescents n’ont généralement
pas de moyens de transport personnels. Ils dépendent de leurs parents dont certains ne sont
pas enclins à les véhiculer. Par conséquent, il arrive souvent que les jeunes qui ont le plus besoin
de soutien ne puissent participer aux activités qui leur seraient nécessaires. L’hypothèse d’une
navette pour favoriser la participation des enfants et des jeunes pourrait séduire mécènes et
commanditaires.

En ce qui a trait à la participation citoyenne comme facteur d’appartenance au milieu, certaines


initiatives répertoriées pour les enfants pourraient être reprises avec succès pour les
adolescents en les adaptant.

Être utile à la communauté, venir en aide à quelqu’un a un grand pouvoir de valorisation pour
quiconque est à la recherche de soi comme le sont les adolescents. Voici une brève liste
d’initiatives qui pourraient être soutenues :

P a g e | 56
 Gestion par les jeunes d’un café Internet intergénérationnel
 Cours d’informatique donnés par les jeunes aux adultes (ex. : le partenariat établi entre le
CEGEP, La Capitale mutuelle de l’administration publique et l’AGEP en Estrie)
 Participation à l’organisation d’événements
 Offre de services pour menus travaux (Emplois jeunes)
 Le Conseil municipal des jeunes (ce qu’ils veulent pour eux-mêmes et pour les autres,
apprentissage de la démocratie)
 Comité environnement et autres groupes à vocation communautaire

Les possibilités sont nombreuses, les obstacles financiers et matériels beaucoup moins
importants lorsqu’il s’agit de projets bien structurés appuyés par la communauté.

5.5 Les familles, piliers de la société

Nous avons délibérément choisi de parler des enfants et des adolescents en premier. Peut-être
est-ce parce qu’ils nous sont l’amour de toute une vie mais certainement parce qu’ils sont notre
avenir. La famille est le lieu où tout se joue. Elle devrait donc constituer une priorité dans notre
société.

Avant de passer aux pistes de solution, il importe de faire quelques mises au point.

Certaines familles démunies peuvent avoir des comportements faciles à stigmatiser quand on
vit soi-même dans une certaine aisance. On critique les achats superflus, voire nocifs pour la
santé ; on réprouve le manque de prévoyance. Facile à dire ! En fait, ces achats sont souvent un
moyen d’acquérir un plaisir éphémère pour échapper à une réalité désastreuse. La prévoyance
et la prévention n’ont plus aucun sens lorsque l’horizon se limite à chercher désespérément
comment nourrir les enfants le lendemain. La transmission des savoirs est souvent absente car
l’état de pauvreté est parfois transmis de génération en génération. Les habiletés de base
enseignées jadis dans les écoles ont été remplacées par d’autres connaissances tout aussi
indispensables mais personne n’a pris le relai sauf de courageux organismes communautaires.
Avant de juger, il faut retenir les principes des organismes communautaires du réseau de la
santé et des services sociaux : sans déroger à ses propres valeurs et à celles de la société,
accueillir, écouter, comprendre, faire preuve de tolérance et AIDER.

Certains attribuent trop facilement le triste privilège de comportements à risque (alcoolisme,


violence conjugale, etc…) aux familles démunies. Voilà qui est loin de la vérité. Ces
comportements sont souvent plus discrets et mieux traités dans les familles aisées d’où une
fausse impression d’absence.

Au chapitre des familles en difficulté, nous avons constaté la mobilisation des organismes
communautaires calixtiens quels que soient leurs objectifs initiaux. Le terrain est donc propice à
de nombreuses initiatives parmi lesquelles :

P a g e | 57
 Faire un bilan complet des services publics et communautaires dispensés sur le territoire
 Harmoniser les pratiques
 Prévoir ou renforcer des services d’urgence :
- Aide alimentaire, cuisines collectives, groupes d’achat
- Hébergement d’urgence en cas de crise ou après sinistre
- Aide au logement après sinistre, séparation ou autre événement privant une personne
ou une famille de sa résidence habituelle
 Ajout automatique de mesures de réinsertion socioprofessionnelle lors de toute aide à
moyen ou long terme
 Collaboration avec le CLSC pour donner à Saint-Calixte même des services qui ne sont
actuellement disponibles qu’à Saint-Esprit ou Chertsey (prélèvements, suivi psychosocial,
soins aux enfants en bas âge, compétences parentales et autres)
 Instauration de liens avec des organismes régionaux pour qu’ils viennent donner leurs
services sur place périodiquement en respectant certaines conditions :
- Que les intervenants calixtiens soient consultés et jouent un rôle dans la prise de
décision
- Que les organismes calixtiens ou services publics locaux ne soient pas en mesure de
donner les services
- Que l’organisme extérieur tienne compte des orientations que détermineront la table
de concertation sociale locale, les divers comités ou les services publics
- Que l’organisme régional puisse, dans certains cas, former des intervenants
appartenant aux organismes locaux, lesquels pourront prendre la relève ensuite

Un exemple permet de justifier le recours à des organismes régionaux. Une famille démunie
désire mieux gérer son budget. Elle doit se rendre à Joliette pour consulter l’ACEF (Association
coopérative d’économie familiale), des experts en ce domaine. Mais comment assumer les frais
de déplacement quand le budget familial est épuisé bien avant la fin du mois ? L’ACEF pourrait
venir une ou deux fois par mois (ou selon les besoins) donner ses consultations à Saint-Calixte.

D’autres mesures favoriseraient le développement des familles :

 Élargir à un plus grand nombre de personnes les cours d’alphabétisation et d’équivalence


de secondaire V
 Collaborer avec le CLE (Centre local d’emploi) pour mettre en place localement des cours
de réinsertion socioprofessionnelle
 Ouvrir un service conseil pour accompagner les personnes qui désirent entreprendre des
démarches pour obtenir de l’aide financière (assurance emploi, aide de dernier recours,
subventions liées à la santé) ou créer ou améliorer leur emploi (formation, micro-crédit,
création de micro-entreprise). Ce service devrait être bien documenté, apte à saisir une
situation dans son ensemble et devrait pouvoir venir en aide aux personnes peu habituées
aux démarches administratives.
 Créer, si possible un service de micro-crédit sur place

P a g e | 58
 Organiser des jardins communautaires où la mixité des familles sera stimulante et où la
production de légumes pourra constituer la base d’une saine alimentation tout en faisant
la promotion de la culture biologique. Profiter du rassemblement de familles pour
diffuser de l’information.
 Dans la mesure où les problèmes de santé des animaux domestiques et leur surpopulation
peuvent influer sur la santé des familles qui les hébergent, faire des campagnes
d’information, du dépistage et de la prévention sous forme de vaccination et de conseils
pour le dressage.
 Globalement, élargir les campagnes d’information en s’appuyant sur les groupes existants
et en profitant des rassemblements tels que les festivités.
 Faire un inventaire des résidences abritant des personnes à mobilité réduite (démarche
prévue pour 2011 par le Service des incendies).
 Faire l’inventaire des résidences insalubres habitées et prévoir soit de les assainir, soit de
reloger les occupants
 Former des premiers répondants : toute attente peut être fatale en cas d’urgence
médicale. L’intervention des premiers répondants est donc essentielle.
 Adhérer aux programmes susceptibles d’identifier Saint-Calixte et/ou ses commerces
comme étant particulièrement accueillants pour les familles.
 Élaborer une politique municipale de la famille

Et tant d’autres initiatives à entreprendre pour que la vie soit plus douce dans la municipalité.

5.6 Un devoir de solidarité : le soutien aux personnes en perte d’autonomie

Nous regroupons dans ce chapitre les personnes qui, en raison de leur état de santé physique
ou mentale, ont besoin de soutien à domicile temporaire ou permanent. On se réfèrera pour
plus de précisions à des organismes publics ou communautaires spécialisés dans diverses
problématiques. Nous recommandons la Table de concertation en soutien à domicile de
Montcalm, le Regroupement bénévole de Montcalm et le CLSC de Saint-Esprit.

Plusieurs mesures relevées pour les familles au chapitre 5.5 peuvent aussi s’adresser aux
personnes en perte d’autonomie. D’autres pistes pourraient être explorées :

 Désigner une personne ou un organisme qui, d’une part, recevra les signalements ne
nécessitant pas d’intervention immédiate et réfèrera les cas, d’autre part, servira de pivot
pour les campagnes de prévention et d’information.
 Adhérer au programme PAIR
 Veiller à la distribution de bracelets ou pendentifs de sécurité

P a g e | 59
 Dans la mesure du possible, organiser le branchement du téléphone des usagers qui y
consentiront à une centrale de surveillance (Vincent Claude – «Les nouvelles technologies
et la sécurité des aînés» - Reflets de l’AQRP – mars 2010) : rappels pour prises de
médication, vérification du taux de glycémie ou degré de pression, rappel pour les rendez-
vous médicaux, les exercices physiques ou toute routine pour laquelle la personne ou ses
proches désirent un rappel. Si un tel service n’est pas disponible, serait-il possible que nos
jeunes conçoivent un programme similaire avec la collaboration d’une personne
expérimentée ?
 Vigilance postale : après accord des usagers, le facteur signale les incidents laissant
craindre une situation de crise (ex. : courrier pas relevé depuis plusieurs jours alors que la
personne n’a pas averti de son absence).
 Veiller à ce que les accès de la résidence soient dégagés en tout temps afin de permettre
le passage des secours.
 Sécurité alimentaire :
- Organiser un transport collectif vers les points de distribution commerciale ou
communautaire pour les personnes ne pouvant se faire aider pour ce type de
démarches
- Diffuser largement de l’information sur le programme de livraison de repas à prix
modique à domicile (Regroupement bénévole de Montcalm)
 Médication sécuritaire
- Programme Info-Stop de Pharmaprix
- Avec l’autorisation préalable de la personne et la collaboration de la pharmacie, vérifier
les dates de péremption des médicaments lorsque la personne n’est pas visitée par le
CLSC.
 Qualité de vie : Outre les éléments de confort et de sécurité habituels veiller à ce que les
personnes en perte d’autonomie ne souffrent pas de leur isolement :
- Visites d’amitié
- Transport vers des activités
- Accès aux médias
- Prêt d’équipement adapté en collaboration avec le CLSC et le Centre Lucie Bruneau
- Gestes d’amitié pour les événements importants : anniversaires, Noël, etc.
- Diffuser les renseignements concernant le programme PEFSAD qui, à certaines
conditions, permet d’obtenir des services d’aide à domicile à prix raisonnable (ménage,
lavage, préparation de repas, etc)
- Diffuser l’information concernant le Supplément de revenu garanti et autres aides financières
- Instaurer des mesures de prévention en matière de violence faite aux aïnés

Une initiative municipale qui pourrait être envisagée : l’adhésion au programme « Soutien aux
initiatives visant le respect des aînés » du ministère de la Famille et des Aînés que Québec afin
d’obtenir le label « Ville amie des aînés » (cf. : expérience menée à Gatineau). Autant de pistes
qui pourraient être explorées par tous ceux et celles que le sort des personnes en perte
d’autonomie préoccupe.

P a g e | 60
P a g e | 61
6- QUESTIONNEMENT SUR LES COMMUNICATIONS
Techniquement des moyens de communication de toute nature existent. Certes, mais l’accès en
est parfois loin d’être évident sur le territoire de Saint-Calixte.

 Les médias électroniques ne sont pas disponibles sur l’ensemble du territoire


 Internet haute vitesse reste encore une utopie dans certains secteurs
 Le téléphone qu’il soit fixe ou cellulaire n’est pas non plus disponible sur l’ensemble du
territoire
 Certains quotidiens ne sont pas distribués en-dehors du noyau villageois
 L’information locale est peu couverte et de façon sélective selon la nature du média :
- Express Montcalm
- Bulletin municipal
- Bulletin paroissial
 L’information concernant les divers organismes communautaires n’est souvent diffusée
en-dehors du cercle des membres qu’à l’occasion d’événements importants : ouverture de
saison ou activité spéciale. Les commerces servent de point de distribution mais ils sont
rares et ne touchent pas les citoyens qui se servent hors de la municipalité.

À ces inconvénients s’ajoutent d’autres difficultés :

 Certaines familles n’ont pas d’ordinateur


 D’autres ne peuvent ou ne veulent pas se brancher sur Internet
 Parce qu’ils doivent se déplacer quotidiennement, les travailleurs ont peu de temps à
consacrer à la consultation des médias.
 Enfin 21 % de la population du Québec éprouve des difficultés insurmontables pour lire

Rien n’est donc facile mais rien n’est impossible. Il s’agit d’utiliser tous les médias à la fois, de
mobiliser les commerces et bureaux pour qu’ils distribuent les dépliants et mettent en bonne
place les affiches qui leur seront confiées, de motiver les organismes communautaires pour
qu’ils relaient l’information et de ne manquer aucune occasion pour répéter verbalement
l’information.

Un autre média existe, peu connu officiellement, mais efficace et relativement facile à organiser
dans une petite communauté. Il s’agit des « Ambassadeurs ». C’est un système vieux comme le
monde, rappelons-nous des quêteux qui faisaient voyager les nouvelles d’une famille à l’autre.
Il est seulement modernisé et systématisé dans certaines communautés. À partir d’un pivot, on
choisi des personnes qui connaissent tout le monde dans leur environnement, qui ont de
l’entregent et acceptent de contribuer bénévolement au développement de leur milieu. Les
Ambassadeurs ainsi choisis reçoivent l’information et la relaient par la distribution de matériel
écrit ou en la transmettant oralement. Cette méthode cache sous son aspect artisanal une
efficacité incomparable car l’Ambassadeur peut faire de la sensibilisation et décortiquer une
nouvelle complexe pour ses interlocuteurs. Il peut aussi aller chercher ceux que personne
n’atteint.

P a g e | 64
7- UNE SIGNATURE POUR SAINT-CALIXTE
Les constats et la liste des options de développement inspirent la définition d’une identité pour
Saint-Calixte, la signature avec laquelle elle pourrait désormais se faire connaître. Nous livrons
ici quelques mots qui pourraient contribuer à la définition de la signature de Saint-Calixte. Nous
laissons le soin aux spécialistes d’en faire un tout cohérent et attrayant :

 Famille-enfants-retraités
 Qualité de vie et services
 Accueil et convivialité
 Nature – air pur – activités de plein air
 Protection de l’environnement-Innovation- Dynamisme
 Micro- entreprises, Travail à domicile en harmonie avec la nature
 Municipalité propice à l’innovation

N’oublions cependant pas que la définition d’une signature doit être précédée, dans l’ordre, par
une consultation des citoyens permettant de définir des priorités, par une politique de
développement municipal économique et social, l’élaboration d’un plan d’urbanisme lié à cette
politique et la définition de priorités incluses dans un échéancier. Faute d’être issue de ces
étapes, la signature ne serait qu’une opération de marketing de plus, décevante comme toutes
celles qui ne reposent sur rien de plus que sur l’opportunisme.

P a g e | 68
CONCLUSION

Malgré les difficultés actuelles, Saint-Calixte est à l’aube d’un renouveau économique et social.
La gamme des possibilités est d’autant plus grande que de vastes champs d’activité sont encore
en friche et que la société calixtienne manifeste un dynamisme et un engagement dignes de
mention.
Souhaitons que cette étude leur soit un outil utile.

P a g e | 70
BIBLIOGRAPHIE
AGENCE DE LA SANTÉ PUBLIQUE DU CANADA – Initiative des collectivités rurales et éloignées
amies des aînés – octobre 2009

AGENCE DE LA SANTÉ ET DES SERVICES SOCIAUX DE LANAUDIÈRE. SYLIA – SYstème Lanaudois


d’Information et d’Analyse, Direction de la Santé publique et d’Évaluation, Service de
surveillance, recherche et évaluation.

DOMINIQUE, André. La population des municipalités au Québec au 1er juillet 2009 – Quelques
constats et Coup d’œil démographique, Institut de la Statistique du Québec, numéro 2,
février 2010.

BOUCHARD, Camil. Un Québec fou de ses enfants, Ministère de la Santé et des Services sociaux
du Québec, Groupe de travail pour les jeunes, décembre 1991.

BRITTON, John, et Monique BOURGOIN GRANIER. Plan communautaire en itinérance, Initiative


de partenariats en action communautaire II, Agence de la Santé et des Services sociaux de la
Montérégie, juillet 2003.

COALITION SOLIDARITÉ SANTÉ. Les organismes communautaires ne sont pas des


établissements du réseau de la Santé et des Services sociaux, mémoire présenté à la
Commission des affaires sociales sur le projet de loi 67, Loi sur l’Institut national d’excellence
en santé et services sociaux, 14 janvier 2010.

COMITÉ D’IMPLANTATION DE L’INSTITUT NATIONAL D’EXCELLENCE EN SANTÉ ET SERVICES


SOCIAUX (INESSS). Rapport, Ministère de la Santé et des Services sociaux, décembre 2008.

CONSEIL DU BÂTIMENT DURABLE DU CANADA (CBDCa). Le système d’évaluation LEED


(Leadership in Energy and Environnemental Design).

EMPLOI QUÉBEC – Enquête sur les caractéristiques de la demande de main-d’œuvre dans la


région de Lanaudière – MRC de Montcalm – Août 2006

EMPLOI QUÉBEC. Le marché du travail dans la région de Lanaudière – Perspectives


professionnelles 2009-2013, Direction du partenariat et de la planification de la région de
Lanaudière, 2009.

ESPACE ALPHA. Situation de l’alphabétisation au Québec, 2008.

FONDATION RUES PRINCIPALES. Documentation.

P a g e | 72
GIRARD, Chantal. La migration interne de 55 à 65 ans au cours de la décennie 1995-2005, extrait
de la publication La situation démographique au Québec, bilan 2006, Institut de la Statistique
du Québec.

INSTITUT DE LA STATISTIQUE DU QUÉBEC. Perspectives démographiques du Québec 2006-2016,


édition 2009.

INSTITUT POUR LE PROGRÈS SOCIOÉCONOMIQUE – Planification communautaire pour


l’insertion sociale et professionnelle des jeunes de la région de Lanaudière – Compte-rendu –
MRC de Montcalm - Consensus-Action – 19 acril 2006

KOTKIN, Joel. Growing America and Destiny, bulletin électronique, 3 mai 2010.

KOTKIN, Joel. Pourquoi les Américains n’ont plus la bougeotte, tiré de Newsweek – Courrier
international, numéro 1000, 1er au 6 janvier 2010.

KOTKIN, Joel. The next hundred million – America in 2050, Penguin Press, février 2010.

LEROUX, BEAUDRY, PICARD ET ASSOCIÉS INC. Données provenant de la confection du rôle


triennal 2010, 2011, 2012, 5 novembre 2009.

MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION, DU LOISIR ET DU SPORT DU QUÉBEC. L’alphabétisation au


Québec, rapport provincial déposé à la Commission provinciale et territoriale en
alphabétisation, 2008.

MRC DE MONTCALM. Sommaire du rôle d’évaluation foncière – Municipalité de Saint-Calixte,


2010.

OUIMET, Lysane, et François FALARDEAU. Plan d’action en itinérance 2001-2003, région de


Lanaudière, Agence de la santé et des services sociaux de Lanaudière, juin 2001.

PAYETTE, Josée, et Marie-Ève SIMONEAU. Coup d’œil sur la MRC de Montcalm, Agence de la
santé et des services sociaux de Lanaudière, Direction de la Santé publique et d’Évaluation,
service de Surveillance, recherche et évaluation, octobre 2008.

SIMONEAU, Marie-Ève. Quelques chiffres sur le suicide dans Lanaudière 2000-2005, Agence de
la santé et des services sociaux de Lanaudière, Direction de la Santé publique et d’Évaluation,
service de Surveillance, recherche et évaluation, mai 2009.

SOLIDARITÉ RURALE DU QUÉBEC. Développement durable et approche territoriale : pour une


occupation durable des territoires, mémoire au sujet du Plan de développement durable du
Québec intitulé Miser sur le développement durable : pour une meilleure qualité de vie et de
l’avant-projet de loi sur le développement durable remis au ministre du Développement
durable, de l’Environnement et des Parcs, M. Thomas J. Mulcair, Nicolet, mai 2005.

P a g e | 73
SOLIDARITÉ RURALE DU QUÉBEC. Élargir le champ des possibilités pour le développement de
communautés forestières, mémoire déposé dans le cadre de la consultation sur le Livre
Vert intitulé La forêt pour construire le Québec de demain, 25 mars 2008.

SOLIDARITÉ RURALE DU QUÉBEC. L’avenir des communautés forestières par la prise en charge
de leur ressource comme levier d’un développement durable, mémoire déposé à la
Commission de l’économie et du travail de l’Assemblée nationale du Québec dans le cadre
des consultations particulières et auditions publiques portant sur le document de travail
intitulé L’occupation du territoire forestier québécois et la constitution de sociétés
d’aménagement des forêts, octobre 2008.

SOLIDARITÉ RURALE DU QUÉBEC. De vrais changements pour un régime forestier décentralisé


et diversifié, mémoire déposé auprès de la Commission de l’économie et du travail dans le
cadre de la consultation générale sur le projet de loi numéro 57, loi sur l’occupation du
territoire forestier, 19 août 2009.

VINCENT, Claude, Ph.D., ergothérapeute; professeur titulaire, Département de réadaptation,


Université Laval; chercheur au CIRRIS (Centre interdisciplinaire de recherche en réadaptation
et intégration sociale). Les nouvelles technologies et la sécurité des aînés, reflets de l’AQRP,
mars 2010.

P a g e | 74
ANNEXE

DÉCLARATION
Pour un Québec fort de ses communautés
SHAWINIGAN, 22 avril 2010

PRÉAMBULE

Nous,

Organisations de la société civile québécoise issues des domaines social, économique, culturel, environnemental,
agricole, syndical, coopératif, forestier, financier, municipal, de l’éducation et de l’économie sociale, engagées
dans une démarche collective sur l’enjeu de l’occupation des territoires.

Considérant qu’
Une nouvelle ère basée sur la solidarité et la confiance doit s’ouvrir entre les différentes composantes
territoriales du Québec. Elle requiert une cohabitation et une volonté mutuelle de se connaitre. Elle exige la
reconnaissance de l’interdépendance entre le monde urbain et le monde rural, et la complémentarité entre la
métropole, la capitale et les régions ainsi que l’apport des communautés autochtones.

LES ENJEUX
Nous nous mobilisons sur les grands enjeux de développement des territoires, pour :
1. Faire face aux défis de la démographie, de la main-d’oeuvre et de l’urgence de renverser la
dévitalisation sociale et économique des communautés les plus vulnérables;
2. Faire face aux effets de la mondialisation sur l’économie des territoires dans le contexte
actuel des finances publiques;
3. Préparer, dès à présent, les territoires à s’adapter aux changements climatiques et à réduire
la dépendance aux énergies fossiles.

UNE VISION PARTAGÉE


4. L’avenir des territoires passe par une vision globale qui s’appuie sur notre capacité collective et locale de les :
– Habiter par l’engagement des communautés dans l’aménagement écologique du territoire
et dans l’amélioration du cadre de vie des citoyens;
– Développer par une approche propre aux territoires, et en renforçant les capacités des
communautés à innover, à développer une culture entrepreneuriale, à prendre en change leur
développement durable;
– Desservir par l’accompagnement des communautés à entreprendre un virage majeur en
matière de transport et de mobilité, par une couverture du territoire en technologies de
l’information et par l’accessibilité aux services de proximité;

P a g e | 76
– Se réapproprier par un meilleur accès à la culture et à l’information de qualité sur les
territoires, par une gouvernance renforçant la maîtrise des leviers de développement et par
l’action citoyenne.

LES PRINCIPES DE DÉVELOPPEMENT


5. Pour ce faire, des principes et des valeurs doivent guider les actions et les choix des acteurs et des intervenants :
– La solidarité entre toutes les communautés et le rôle de l’action collective (solidarité);
– L’accès aux services pour les citoyens et le partage des ressources (équité);
– Le rapprochement des décisions du citoyen et la prise en charge du développement par les
milieux (subsidiarité);
– L’adaptation des actions aux réalités différentes des territoires (modulation);
– Le développement des territoires par la mise en valeur de tous les potentiels, économiques
ou non, ce qui invite à considérer à la fois la multifonctionnalité des territoires et la
diversification de sa base économique (diversification);
– L’environnement comme une valeur qui rassemble les communautés pour préserver les
ressources et la biodiversité, et qui suscite l’engagement pour un développement réduisant
notre empreinte écologique (environnement);
– L’éducation comme facteur de l’épanouissement des individus et du développement
économique et culturel des communautés (éducation).

LES ENGAGEMENTS COMMUNS :


6. Nous nous engageons à,
– Poursuivre notre mobilisation sur l’avenir des territoires, et travailler à arrimer nos actions
et nos engagements;
– Demander que le gouvernement s’engage à mettre en oeuvre d’un plan d’action concerté
sur le développement des territoires qui s’appuie sur la vision et les principes énoncés.

Liste des organisations nationales :


 Association des centres locaux de développement (ACLDQ)
 Chantier de l’économie sociale
 Confédération des syndicats nationaux (CSN)
 Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ)
 Conseil québécois de la coopération et de la mutualité (CQCM)
 Culture pour tous
 Culture Montréal
 Mouvement Desjardins
 Fédération des cégeps
 Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ)
 Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ)
 Fédération québécoise des coopératives forestières (FQCF)
 Fédération Québécoise des Municipalités (FQM)

P a g e | 77
 La Coop fédérée
 Nature Québec
 Regroupement des sociétés d’aménagement forestier du Québec (RESAM)
 Regroupement national des conseils régionaux de l'environnement (RNCREQ)
 Solidarité rurale du Québec (SRQ)
 Union des municipalités du Québec (UMQ)
 Union des producteurs agricoles (UPA)
 Ville de Montréal

P a g e | 78