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.,Un gOllvenlerlltmt réguliu, le gOllvernclllerlf à/!

$ Kluùifc$ il
envoyé des armées régulières, cQ~,duùes p:u des g&,éra,lX. des
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aires lIIilifilires et sw'vies plU le cadre d ',me adlllimSII.uJcm.
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geoJlS à ce que cela signifie. Nor, seulerTlent, COlIHne /br, KluJdOlUl
Je
SOUliplC. cette cOllqul}rc il été la plus simple ulstali.1ooll de
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el de bureaux daz19 les viDes, Illl1Ù eIu'ore CCS Arabes de }
ü'V<lsiOIl étalellf
tous praO'9UelI1eIIf des célibataires. Les fMuilles qu'ils 11 'ont pas
llUlIIqué de fOllder filIe1/( de s,mg 1llix(e.~
~Le resllltaf fur celw' qu'(m a vu : hl cOllquhe 11011 sew elllCllt
lI1atéridJe 11UI1'$ 1110rale de rout de qm' avait un <,,,",cau, le
criornp},e
total de l'Islam'- »
ContraUcwem à l'opinion de Marçais, la pénétration de J'Is
lam
en Berbérie il été faite par \Ulc année d'élite, par les «Sohahas:-,
ceux qui furent les compagnons du Prophète. 11 existe aujourd'hui
en Kabylie des familles de Marabouts, respectées et vénérées par les
populations. On peut déduire, en toute logique, que ces familles ont
élé fondées par ces mêmes cSohabas ~. Ils ont islanùsé la Berbérie.
À leur tour. ils furent berbérisés. sans rien perdre du respect qui les
entourai t.
Aujourd'hui nous pouvons donc affinner, sans exagération, que
l1s1am est pour le Maghreb l'élément fondamemal de l'édifice
social.
Une politique qui voudrait lïgnorer et ne pas tenir compte de ce fac
teur
humain eS t certainement vouée à l'échec.
En occ'.pant l'Algérie, la France a mésestimé ce facteur Islam.
Elle s'est dOilllé pour objectif la . francisation_ du pays, envers et
contre tOut. Prévost-Paradol parlera de la «Nollvdft!, Frtll'U». Quant
à É. - F. Gautier, il dira qu'en Algérie <llouS aVOllS VOl/lu occidetualiser
lUlcoù, de 1·Orietu».
Dans l'élan colonial, penOlUle ne s'est demandé: pourquoi cene
e1.ll"opéanisatiou? El corrullent la réaliser? Ce fut l'eneur première.
Si
le maréchal d'Empire de Bounnom. qui débarqua à Sidi Ferruch à la
tête du corps expéditionnaire, avait été un fin diplomate, son
premier
geste aurait été de retoùr le Dey d'Alger et de signer avec lui Wl traité
de protectorat. Ce protectorat nous aurait évité bien des confusions.
Les rapports de colonisateurs à colonisés auraient été plus simples.
i. É.-F. Ga utier: .Les Siù'" obsC/lrsdu Maghub •.
AUTOPSIt O ' UNt eUH/RI; 37
Le Dey était lUI monarque puissant ayant sous :roll autorité trois
Beys, ceux de Médéa. de Constantine et d'Or3lL Un traité de
prote<:torat,
comme celui du Bardo qui sera sigué en 1881 ave<: la T\llùsie,
se comprenait davantage pour l'Algérie. ét3llt dOlmé l'import3lICe
de
sa population et de son terri toire.
Mais en 1830 le Roi Cliarles X et les hOlumes qui rentomaient
ignoraient tout de 11s1am, du monde arabo-berbère et du bloc
maghrébin. Louis-Plùlippe et la deuxième République ne nlrent pas
tnieux éclairés.
Tous ces régimes s'engagèrem les yeux fermés dans la politique
«3l111exiomùste.. Transfonner en province française UIl pays
habité
par des Arabo-Berbères, profondélllent attachés à l'lslam, était UIle
grande 3lubitiOlI et UIle lourde entreprise. La France CTUt pouvoir
l'eJUreprendre en s'appuyant sur rrois leviers de conunande:
1 ) le peuplement fr3llçais réalisé grâce à la contri bution des
peuples
européens, à la naturalisation rapide des éuangers de confession
chrétienne, et à raCCeSsiOll globale des juifs algériens â la
citoyelmeté
fr3l1ÇaiSe:
2) la transfonnatiOlI du pays et de son agriculture grâce à lUle
infraslnlcture moderne;
3) l'éman cipation des musuhnans d3llS le cadre des instirutiOllS
françaises. À cet effet, les musulmans sont déclarés «français •.
Le pretnier volet fut encouragé par des lois appropriées. Si le
peuplement ne nif pas à la meSllre des espérances fr3l1çaises, c'est
parce que le Français n'aime pas émigrer. fi a toujours été dominé
par
_l' esprit de clocher •.
Le deuxième volet par contre se révéla payant. ÉconOlniquemenc,
l'Algérie se transforma. Une infrastnlcture se développa d'aImée en
3lmée. et dOlma à l'Algérie la physionomie d'Ull pays d'Europe.
Quant à :roll troisième pOÙH, il Ile fut jaInais réalisé.
L'émancipatiOlI
des musuhruuu; d3llS le cadre de la loi fr3l1çaise ne se fit pas.
Quoique dit de nationalité française, l'indigène reSta en fait .. sujet
fr3lIÇaiS' «régi et SOllllÙS à des lois d'exceptiOllo. Les projeu
concernant
son ém3l1cipation civique et politique s'accwnulèretll saIlS
qu'aucUll d'eux Ile soit adoptél. Cette situatioll de l'.ùldigèue. pesa
1. Voir: LI' !l'Uf/1' Algù;I'IJ. du même auteur.
38 AUTOPSIE D'UNE CUERRE
lourdement sur le Slaru! de l'Algérie. NoU$ pouvons ré$U11ler très
brièvement les différentes phases de SOli évolution.
1830- 1834. L'Algérie cs/ confiée à Wl régime militaire centralisé
entre les mains du Commandant en chef de l'occupation.
1831 1848. À la tête de l'Algérie est placé lUi Gouvemeur génér
al pour les .possession s françaises dans le Nord de l'Afrique».
1848- 1858. L'Algérie devie1l1 territoire français, peuplé de
Français,
soumis à l'assinùlatioll progressive des institutions républicaines.
Mais . l'indigène musuhuan. reSle étranger au bénéfice des lois.
n COllSenre SOIl statut de sujet
1858- 1860. Création d'un Ministère de l'Algérie. Localement
l'administration revient aux militaires c 'est-à-dire aux . bureaux
arabes"_
1860-1870. Politique du Royaume Arabe chère à Napoléon m.
L'empereur dira: . l'Algérie est un royaume arabe, wle colonie
européenne et Wl camp français~.
1870-1898. La III' République inaugure la politique dite de
«rattachelnent
». L'Algérie eS! con~tituée par «O"ois départements fral\çais~
rattachés au Ministère de l'I.ntérieur. Dans ces départements,
les Français sont ciloyem, les indigenes resteJ:J{ sujets.
1898- 1900. Retour il. la politique dite de .décentralisation~.
Paris accorde il. la Colonie des franchises algériennes, kOllonùques
et
financières (Délégations Financières :1 l'intérieur desquelles la .
Section
Colom» domine les débats).
1900--1914. Les franchises algérieJ.Ules sont complétées par
la .Q.arte de l"Algérie., accordant au pays la per$Olu\alité civile et
l'amonomie financière. L'Algérie devienT «Wl État dans l"État» el
éch appe de plus en plus au contrôle r éel de la Métropole.
1914-1919. L' «indigène» fail la guerre cOlTUne les Français.
Depuis 1912, il eSI astreint au service nùlilaire obligatoire. c'est-
àdire
il. l'impôt du sang. À la fin de la guerre, le Président Georges
Oemenceau
lui oc troie certains droits. MaiheureusemeJ.\I, celle petiTe
réfomle sc heurte à l"opposition farouche des maires d'Algérie.
1919-1939. La cololùe française eST :1 J'apogée de sa puissance.
Elle fêle bruyanune:nt le centenaire de l'Algérie française durant
10Ul
le printemps et tout l'été 1930. Elle fait même défiler des soldats
portant
l'wùfonne de l'année de Bugeaud.