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Droit Constitutionnel.

Constitution : règle de Droit. Renvoie à des normes fondamentales. Ensemble des normes
fondamentales dans l'ordre juridique. Elles sont données par le Souverain ( = titulaire du
pouvoir politique souverain = le Peuple) afin de constituer la Société en un Etat.
Le droit constitutionnel est une discipline du Droit public. Sous un angle historique et
théorique : étude du constitutionnalisme (1789 → 4/10/1958). Puis sous un angle de Droit
positif ( = actuellement en vigueur).

Qu'est ce qu'une Constitution parmi l'ensemble des règles de Droit applicables en France ?
(l'ordre juridique). C'est une règle supérieure de Droit. La constitution est un ensemble
d'articles qui conditionnent la validité des règles de rang inférieur. La Loi a une valeur
inférieur à la Constitution. La Loi doit être Constitutionnelle. Le Conseil Constitutionnel est
le Juge de la Constitution. L'ordre juridique Français comprend 5 étages hiérarchisés entre
eux :
1.Le rang Constitutionnel. Les 106 articles de la Constitution du 4/10/1958. + 3 textes des
Droits de l'Homme qui ont des valeurs Constitutionnelles. La DDHC du 26/08/1789 ; le
préambule de la Constitution du 27/10/1946 (IVème République, le préambule est une
déclaration des Droits économiques et sociaux (liberté syndicale ; droit de grève ; droit à
l'instruction) ; La Charte de l'Environnement (1/03/2004) (principe de précaution:ne pas agir
si il y a un risque pour l'environnement)
2.Les Traités internationaux ratifiés. Droit de l'UE. En 2013 : 1 Loi sur 2 adoptée par le
Parlement Français a été adoptée pour transposer le Droit Européen
3.L'échelon législatif. La Loi doit respecter la Constitution et les traités internationaux pour
être valide. La Loi est adoptée par le Parlement (Art.24 de la Constitution). La loi résout les
problèmes.
4.Les Actes Administratifs Réglementaires. Actes adoptés en France par des autorités
Administratives. Au niveau central, le Premier Ministre (Art.21 de la Constitution), il
intervient par les Décrets. Le Président de la République par Décret. Les membres du
Gouvernement par les Arrêts.
Au niveau local : le Préfet , le Maire.
Ces 4 actes sont des actes généraux : ils ont vocation à saisir des catégories
abstraites
5.Les faits/actes juridiques particuliers. Dans toutes les branches du Droit. Le principal
est le contrat ( = acte négocié entre 2 parties. Contrat de droit privé, et de droit public)
Les décisions administratives individuelles (autorisations administratives:c'est unilatéral, ce
n'est pas négocié comme un contrat. Délivrer le permis de conduire. L'attribution de
L'ensemble des faits juridiques (ensemble des normes qui sont produites mais qui ne
nécessitent pas d'écrits)
A chaque échelon , un juge intervient. Droit Public: Conseil d'Etat. Droit Privé : Cour de
Cassation.

Lois = Actes législatifs. Décrets = Actes Administratifs

Quelles sont ses fonctions dans un régime politique dit « démocratique et libéral » ?
Dans un premier temps, il faut définir ce qu'est la démocratie. Demos : le peuple ; Cratos : le
Pouvoir. → le Pouvoir appartient au Peuple.
Le pouvoir politique suprême, la souveraineté appartient au peuple.
La principale manifestation de cette souveraineté est le pouvoir constituant. C'est à dire que
la Constitution est faite par le peuple et pour le peuple. Elle protège les libertés
fondamentales. Le pouvoir constituant permet d'établir, de modifier, de réviser et d'adopter
la Constitution.
La Constitution de 1958. De Gaulle par référendum.
Art.1 : La France est une République démocratique.
Art.3 : La souveraineté Nationale appartient au peuple qui l'exerce par la voix de ses
représentants (indirect) et par la voix du référendum (direct).
Les représentants : institutions élues au suffrage universel.
Définition du Peuple. : citoyens majeurs disposant de la Nationalité Française et de ses
droits civiques. Le peuple est différent de la population.
3 représentants du peuple : Le Président de la République et les députés qui sont élus au
suffrage universel direct, et les Sénateurs (indirect car élus par un collège de grands
électeurs (maires, collectivités territoriales)

Quels sont les objets de la Constitution ?

– Garantir constitutionnellement les droits fondamentaux de rang constitutionnel (La


Constitution de la Vème République + les 3 textes : DDHC ; Préambule de la
Constitution de la IVème République de 56 ; Charte de l'Environnement).
– Assurer la primauté de la Constitution sur les normes inférieures.
– Parvenir à un Gouvernement modéré : fixer des règles de dévolution et d'exercice du
pouvoir politique pour éviter le non-respect des règles. C'est un des principes du
libéralisme.
– Eclater le pouvoir/séparer les pouvoirs.
→ il faut identifier les fonctions politiques de l'Etat et les confier à des organes
distincts : (les britanniques l'ont appliqués en 1er, en France, Montesquieu l'a
théorisée : « De l'esprit des Lois » (1748))
1) la Loi = le Pouvoir Législatif. Le Parlement possède le Pouvoir législatif.
Nécessité du bi-camérisme pour opposer les intérêts, pour pas qu'il y ait un
« avantage », de l'abus si il n'y avait qu'une seule chambre.
2) l'exécutif : Exécuter les Lois votées par le Parlement ; maintenir l'Ordre Public et
assurer la représentation de la France à l'étranger. C'est de l'ordre du Président de la
République et du Gouvernement.
3) le pouvoir juridictionnel/judiciaire : faire appliquer les Lois, trancher les différents
à travers les règles de Droit. Le pouvoir de la Justice, du Juge.

Mais cette séparation n'est jamais absolue. Car il y a 2 sortes de régime avec le pouvoir
partagé : le Régime Parlementaire et le Régime Présidentiel.
Régime Parlementaire : le Gouvernement, l'exécutif a besoin de la confiance du Parlement.
Le Chef de l'exécutif est nommé par la majorité au Parlement, il n'est pas élu directement.
Régime Présidentiel : Le Président/l'exécutif et le législatif sont indépendants.
La Vème République est hybride. Car l'Assemblée Nationale peut renverser le
Gouvernement, il faut avoir la confiance. Mais le Président dispose de pouvoirs propres et
est élu au suffrage universel.
Introduction générale.

Qu'est ce que le Droit constitutionnel ?


Expression apparue vers 1775-1777.
Droit : polysémique.
– faculté d'accomplir une action garantie par une norme juridique (ex : le droit de vote)
– un ensemble de normes juridiques (ex : le Droit français, Droit civil, etc … ).
– la discipline qui étudie les normes juridiques (ex : la Faculté de Droit).

L'adjectif « constitutionnel » exprime l'idée que le droit constitutionnel est un droit relatif à
la Constitution.
2 approches de la notion de constitution entendue comme norme juridique :
– Approche matérielle : la Constitution désigne l'ensemble de normes juridiques
caractérisées par leur contenu, à savoir les institutions politiques et les relations entre
les gouvernés et les gouvernants.
– Approche formelle : la Constitution désigne l'ensemble de normes juridiques
caractérisées par leur place dans l'ordre juridique, à savoir qu'elles se situent au
plus haut niveau de cet ordre et qu'elles ne peuvent être modifiées que par des normes
du même niveau.

N.B : dans l'intro : Constitution matérielle. Et le Droit comme un ensemble de normes


juridiques (2) puis comme la discipline qui étudie cet ensemble (3).
Annonce de plan de l'introduction générale. En 2 paragraphes. Le droit constitutionnel
comme l'ensemble des normes juridiques relatives au pouvoir politique (I) puis comme la
discipline universitaire qui étudie cet ensemble (II)

I/ Le droit constitutionnel comme l'ensemble de normes juridiques relatives au pouvoir


politique.

A. Un « ensemble de normes juridiques ».


La norme juridique. Qu'est ce qu'une norme ? On choisit de définir la norme comme la
signification d'un énoncé prescrivant un modèle de conduite :
signification d'un énoncé: cela implique que la norme est le sens donné à une phrase, elle
n'est pas cette phrase prescrivant : la norme est un commandement, elle n'est pas une
description, elle est valide ou non valide. un modèle de conduite : elle prescrit un certain
comportement à suivre.
Qu'est ce qu'une norme juridique ?
La spécificité de la norme juridique réside dans la source de l'émission de la norme : la
norme juridique est celle posée, directement ou indirectement, par l'Etat. On parle à cet
égard de « droit positif » pour désigné l'ensemble des normes juridiques en vigueur dans un
Etat.
Art.1134 du Code Civil. « Les conventions légalement formés tiennent lieu de loi à ceux qui
les ont faites. ».
B. Un « ensemble de normes juridiques relatives au pouvoir politique. ».

On peut définir le pouvoir politique comme le phénomène qui lie les gouvernés aux
gouvernants pour la conduite des affaires publiques.
Quels sont les rapports du pouvoir politique avec les normes juridiques ?
– Le pouvoir politique est la source de normes juridiques. : c'est lui qui décide du
contenu de ces normes.
– Le pouvoir politique est, en principe, soumis aux normes juridiques. : ex : les députés
sont soumis au code électoral pendant les élections. La volonté politique ne peut pas
aller à l'encontre des normes constitutionnelles.

II/ Le droit constitutionnel comme la discipline étudiant l'ensemble de normes


juridiques relatives au pouvoir politique.

A. La recherche en droit constitutionnel.


Qui sont les acteurs de la recherche en droit constitutionnel ?
– Les universitaires (professeurs et maîtres de conférences en droit public, docteurs en
droit public et étudiants en thèse de doctorat de droit public, etc … )
– les non universitaires (juges constitutionnels et administratifs, hauts-fonctionnaires,
etc … )
La « doctrine » désigne la pensée et l'ensemble des auteurs ayant un regard savant sur les
droit.
Quels sont les autres discours sur le droit constitutionnel ?
– le discours du personnel politique et des militants
– le discours des philosophes
– le discours des médias
Le discours savant sur le droit constitutionnel a une utilité spécifique dans la sté : sa logique
est celle de l'élucidation. Il vise à permettre une meilleure connaissance et
compréhension des interactions entre le droit et le pouvoir politique.

Hétérogénéité de la recherche en droit.


Cause  les normes juridiques sont la traduction d'un choix politique qui va régir, de façon
impérative, l'ensemble de la population (y compris les membres de la doctrine). En tant
qu'individu, chaque personne a des convictions politiques et morales. La question se pose
alors au chercheur de savoir s'il doit mettre de côté ses convictions personnelles dans
l'accomplissement de son travail ?
L'approche positiviste repose sur l'idée d'une séparation aussi rigoureuse que possible entre
l'analyse savante et le jugement de valeur (neutralité axiologique). Cette posture du
chercheur, qui apparaît comme un observateur extérieur, signifie que la science juridique
doit se borner à analyser les phénomènes juridiques tels qu'ils sont et non tels qu'ils
devraient être.
L'approche dogmatique renvoie à une étude savante du droit visant à trouver la solution
souhaitable, au regard de valeurs prédéterminées. Cette approche refuse l'idée que le
chercheur en droit soit un observateur extérieur. Elle l'érige en acteur du droit, qui participe
à son élaboration et à son application.
B. L'enseignement du droit constitutionnel.
Sous l'Ancien Régime, aucun cours de droit constitutionnel n'existe. Parmi les explications,
on peut en relever deux principales :
– Le droit constitutionnel moderne, comme ensemble de normes juridiques, est
véritablement né à la fin du 18ème siècle, aux E.-U (1787) puis en France et en
Pologne (1791).
– Les autorités politiques craignaient que l'enseignement du droit constitutionnel
n'incite à la critique du régime et, in fine, à l'insurrection.
Création du premier cours de droit constitutionnel : 1834 en France sous la Monarchie de
Juillet (Faculté de Droit de Paris), le cours est confié à un professeur d'origine italienne
Pellegrino Rossi. 1797 en Italie (Université de Ferrare)
Le 24 juillet 1889 est crée en première année de licence un cours semestriel obligatoire
d’Élément de droit constitutionnel et organisation des pouvoirs publics, qui sera confié, à la
Faculté de droit de Paris, à Adhémar Esmein. A cette époque, la IIIème République est bien
ancré.

Première partie : Théorie Constitutionnelle.


Deuxième partie : Pratique Constitutionnelle.
La théorie étudie les concepts fondamentaux et généraux du droit (savoir théorique). Ex :
l'Etat, la Constitution, le régime parlementaire.
La pratique étudie directement le droit positif (savoir pratique). Ex : le droit français, le
droit américain, le droit allemand, etc …

Première partie : Théorie Constitutionnelle.


I/ L’État.
L'Etat s'entend comme « un groupement humain, fixé sur un territoire déterminé et sur
lequel une autorité politique exclusive s'exerce ». (Gicquel, Droit constitutionnel et
institutions politiques). Il ne faut pas confondre le constitutif de l'Etat et les éléments
juridique de la définition. Cette définition est les éléments constitutifs d'un Etat.
Eléments constitutifs :
1) Territoire
2) Puissance publique
3) Population
ces éléments peuvent être également appliqués à un département. Or il faut une vision plus
juridique.

Chapitre I : La structure de l'Etat.


La théorie de l'Etat vaut pour tous les Etats.
Section 1 : les attributs de l'Etat.
L'Etat est un ordre juridique souverain doté de la personnalité juridique.
L'Etat comme ordre juridique. « l'Etat est un ordre juridique relativement
centralisé, limité dans son domaine de validité spatiale et temporelle. » (Hans Kelsen,
Théorie pure du droit, 1962, p.226). L'Etat est un enjeu juridique. Il faut s'intéresser aux
normes juridiques pour voir les 3 éléments constitutifs. Ils ne peuvent être définis que par le
droit :
– la population est l'ensemble des individus soumis aux normes appartenant à un
certain ordre juridique.
– le territoire est l'espace sur lequel ces normes sont applicables.
– La puissance publique est celle qui s'exerce sur le fondement et à l'aide de ces
normes.
Pour Kelsen, l'Etat français en 1920 n'est pas le même que celui de 2014. l'Etat se définit
par le droit.
Il existe pour Kelsen 2 types d'ordre juridique :
– ceux qui sont décentralisés dans lesquels ce ne sont pas des organes spécialisés qui
créent et appliquent les normes juridiques mais les sujets eux-mêmes.
– Ceux qui sont centralisés, dans lesquels l'ordre juridique institue des organes
spécialisés pour créer et appliquer les normes juridiques.
Hiérarchisation de l'ordre juridique étatique : une norme juridique n'est valide que si elle
est conforme à la norme ou aux normes juridiques qui lui sont supérieures.

La personnalité juridique de l'Etat. (Personne morale/personne physique.)


l'Etat se définit comme « l'être de droit en qui se résume abstraitement la collectivité
nationale ou la personnification de cette dernière ». (Raymond Carré de Malberg,
Contribution à la théorie générale de l'Etat, 1920)
l'Etat est « la personnification juridique d'une Nation ». (Adhémar Esmein, Eléments de
droit constitutionnel français et comparé, 1897, p.1)
La Nation renvoie à un groupement humain dans lequel les individus se sentent unis les aux
autres par des liens, à la fois matériels et spirituels, et se conçoivent différents des individus
qui composent les autres groupements nationaux.
« […] de même que l'Etat ne peut former une personne en dehors de la nation, de même la
nation n'a de personnalité que dans et par l'Etat. Finalement donc, les mots nation et Etat ne
désignent que les deux faces d'une seule et même personne » (R. Carré de Malberg, p.15)
De façon générale, la notion de personne morale est une construction juridique destinée à
prendre en charge de façon permanente les intérêts d'un groupe humain indépendamment
des personnes physiques qui agissent en son nom.
L'idée de la personnalité juridique de l'Etat permet de remplir plusieurs fonctions :
– Elle assure l'unité de l'Etat
– Elle assure la continuité de l'Etat
– Elle assure l'autonomie de l'Etat.
L'idée de personnalité juridique de l'Etat assure l'unité de l'Etat, face à la diversité et
l'hétérogénéité des individus qui composent la collectivité nationale. En outre, elle permet
d'expliquer que l'Etat dispose d'une volonté unique, distincte de celle des individus.
L'idée de personnalité juridique de l'Etat assure la continuité de l'Etat, face à l'alternance
des régimes politiques et l'évolution de la population.
L'idée de personnalité juridique de l'Etat assure l'autonomie de l'Etat en permettant
l'existence de moyens propres à l'Etat, puisque, en tant que personne juridique, il dispose
d'un patrimoine propre, dont le budget constitue l'élément essentiel, destiné à la gestion des
services publics.

La souveraineté de l'Etat. « Ce qui distingue l'Etat de tous les autres groupements,
c'est la puissance dont il est doué. Cette puissance, dont lui seul est capable et que par suite
l'on peut déjà suffisamment caractériser en la qualifiant de puissance étatique, porte, dans
la terminologie traditionnellement consacrée en France, le nom de souveraineté. » R. Carré
de Malberg, 1920)
Qu'est ce que la souveraineté ? Polysémie du mot « souveraineté : 4 sens existent
dans le langage juridico-politique.
1) La souveraineté désigne le caractère d'une puissance qui est supérieure à toute aurte
entité interne et n'est soumise à aucune entité extérieure. (Souveränität) , souveraineté
Internationale, de l'Etat.
2) La souveraineté désigne le caractère d'un organe juridique qui, étant situé au sommet
d'une hiérarchie, n'est soumis à aucun contrôle (« la souveraineté du Parlement », « la
souveraineté du Juge Constitutionnel ») (Herrscher)
3) La souveraineté désigne la position ou la qualité de l'être, réel ou fictif, au nom de
qui est exercé la pouvoir suprême. Cela n'existe qu'en France, souveraineté au Peuple
ou à la Nation ?
Selon les partisans de la souveraineté populaire, la souveraineté appartient au
Peuple, conçu comme l'ensemble des individus vivant sur les territoire.
Démocratie directe ; suffrage universelle.
Selon les défenseurs de la souveraineté nationale, la souveraineté appartient à la
Nation, càd une entité abstraite qui n'est pas seulement composée des individus
présents sur le territoire à un moment donné, mais qu'on définit en prenant en compte
la continuité des générations ou un intérêt général qui transcenderait les intérêts
particuliers.
Gvt représentatif ; suffrage restreint.
4) La souveraineté désigne l'ensemble des pouvoirs que l'Etat peut exercer au titre de sa
puissance étatique. (Staatsgewalt) (utilisation principale en Droit Constitutionnel)
« Il y a plénitude de puissance étatique par cela seul que l'Etat a, pour les objets rentrant
dans sa compétence, pouvoir législatif, pouvoir gouvernemental ou administratif ou
exécutif, pourvoir judiciaire » (R. Carré de Malberg, 1920, p.142.)
La caractéristique essentielle de la puissances étatique réside dans son pouvoir d'auto-
organisation, autrement dit dans son pouvoir d'adopter une constitution qui va
distribuer les grandes fonctions de l'Etat.

Section 2 : Les formes de l'Etat.


La confédération n'est pas un Etat. La confédération se présente comme une association
d'Etats qui demeurent indépendants, mais qui ont, par traité, délégué l'exercice de certaines
compétence à une institution commune. (Ex:Confédération américaine (1777-1787).
Il existe deux formes d'Etat :
– L'Etat unitaire (ex : France, R-U … )
Il est un Etat qui ne comprend qu'une seule entité étatique, autrement dit, qu'un seul
Etat. Concrètement, cela signifie qu'il n'existe qu'une seule Constitution habilitant
l'ensemble des pouvoir nationaux et locaux. Par conséquent, toutes les normes
juridiques, tant nationales que locales, sont adoptées, directement ou indirectement,
en application de la Constitution nationale.
– L'Etat fédéral (ex : E.-U., Allemagne, Suisse)
C'est un Etat composé de plusieurs entités étatiques, en d'autres termes de plusieurs
Etats :
d'une part la Fédération qui est la structure étatique nationale.
d'autre part, les entités fédérées qui sont les structures étatiques locales.
L'Etat fédéral se caractérise ainsi par une pluralité de Constitutions (la constitution
fédérales de la Fédération et les constitutions locales des entités fédérées).
A la différence de la Confédération, l'Etat fédéral est un véritable Etat car la Fédération est
souveraine, elle dispose d'une capacité d'auto-organisation politique, d'adopter sa propre
constitution.
A la différence de l'Etat unitaire, les entités locales de l'Etat fédéral sont de véritables Etats,
puisque chacune dispose d'une capacité d'auto-organisation politique.
Signalons un problème lié à l'approximation du langage juridique français, l'expression
« Etat fédéral » désigne potentiellement deux choses :
– soit la structure étatique composée de tous les Etats (par exemple, lorsqu'on oppose
« l'Etat fédéral » à « l'Etat unitaire »)
– soit seulement la Fédération, càd le niveau national seulement (par exemple,
lorsqu'on oppose « l'Etat fédéral » et les « Etats fédérés ».

L'Etat unitaire. C'est celui dans lequel il n'existe qu'une seule structure
étatique. C'est la même autorité nation qui établit directement les normes nationales et
indirectement les normes locales.
– Dans l'Etat unitaire centralisé, toutes les normes juridiques sont prises par des
autorités nationales, dites aussi centrales.
– Dans l'Etat unitaire décentralisé, les normes locales sont émises par des collectivité
locales, juridiquement distinctes de l'Etat et dotées d'organes autonomes, en règle
générales élus par les citoyens concernés.
La décentralisation se définit comme le transfert de compétences de l'Etat vers des
autorités locales dites décentralisées, càd des entités non étatiques dotées d'une
personnalité juridique distincte de celle de l'Etat.
La décentralisation ne doit pas être confondue avec la déconcentration.
La déconcentration est un processus d'aménagement territorial du pouvoir qui
consiste à implanter dans des circonscriptions administratives locales des autorités
représentants le pouvoir. La déconcentration existe aussi bien dans les Etats unitaire
(ex : le préfet en France) et dans les Etats fédéraux.
L'Etat régional est la forme la plus élevée de la décentralisation de l'Etat unitaire (ex : Italie
et Espagne). Dans l'Etat régional, les entités locales doivent leur autonomie non à la loi,
mais à la constitution nationale et ce, de deux manières :
– elle leur attribue une liste de matières que la loi nationale ne peut modifier
– elle leur permet, dans une certaine mesure, de déterminer elle-mêmes
l'organisation et le mode de fonctionnement des autorités régionales.

L'Etat fédéral. Il existe une pluralité de structures étatiques au sein d'un Etat
fédéral, qui s'articule, en règle générale, sur deux niveaux : le niveau fédéral (la Fédération
ou l'Etat fédéral au sens strict) et le niveau fédéré (les Etats fédérés).
4 principes pour caractériser l'Etat fédéral.
1) Le principe de supériorité du droit fédéral sur le droit fédéré.
Il signifie que le droit adopté par les organes de la Fédération prime sur le droit
adopté par les organes des Etats fédérés. Ce principe n'est pas propre à l'Etat fédéral.
2) Le principe de séparation constitutionnelle des compétences.
Il signifie que c'est la Constitution fédérale (et non la loi nationale) qui répartit les
compétences entre la Fédération et les Etat fédérés. Ce principe n'est plus propre à
l'Etat fédéral.
3) Le principe de participation des Etats fédéraux.
Il signifie que les Etats fédérés participent à l'exercice du pouvoir politique de la
Fédération. Cette participation se manifeste, en règle générale, de deux façons : l'une
organique, l'autre normative.
La participation organique : elle se réalise, en principe, par le biais d'une seconde
Chambre au sein du Parlement fédéral qui représente spécialement les Etats
fédérés (ex : le Sénat aux E.-U. et au Canada, le Bundesrat en RFA, le Conseil des
Etats en Suisse) et dont la composition assure la prise en considération des
intérêts des Etats fédérés (ex : aux E.-U. , la population de chaque Etat désigne
quel que soit son importance démographique, deux sénateurs ; en Allemagne, les
membres du Bundesrat sont choisis directement par les gouvernements des
Länder)
La participation normative se réalise par la participation des entités fédérées à la
procédure législative et à la procédure de révisions de la Constitution fédérale
(par exemple, aux E.-U., une révision constitutionnelle doit être ratifiée à la
majorité des ¾ des Etats.).
4) Le principe d'autonomie constitutionnelle des Etats fédérés.
Il signifie que ces derniers organisent eux-mêmes leur système politique. Ils
disposent de leur propre constitution et, le plus souvent, de leurs propres pouvoirs
exécutif, législatif et judiciaire. Mais les Etats fédérés ne peuvent pas faire tout ce
qu'ils veulent car le principe de suprématie du droit fédéral s'oppose à leur entière
liberté juridique.
Le principe d'autonomie constitutionnelle est celui qui permet de distinguer l'Etat
fédéral de l'Etat régional. Dans l'Etat régional, c'est la Constitution nationale qui
habilite les structures locales à déterminer, dans une certaine mesure, leur
organisation et le mode de fonctionnement de leurs autorités. Dans l'Etat fédéral, ce
sont les Constitutions locales qui sont la source du pouvoir d'organisation du système
politique local (c'est pourquoi on parle d'auto-organisation)

Chapitre II/ La direction de l'Etat.


Section I/ Les fonctions de l'Etat.
« séparation des pouvoirs » → séparation des fonctions ?
→ séparation des organes ?
La Fonction Législative.
Matériellement, la loi se définit comme une norme juridique dont le contenu présente
certains caractères, tels que la généralité et l'abstraction.
Formellement, on appelle loi une norme juridique qui a été posée dans une certaine forme,
càd par un certain organe (ex : Parlement) au terme d'une procédure particulière.
Deux étapes de la confection de la loi :
– La première étape est l'initiative de la loi, càd le dépôt d'un projet (initié par
l'exécutif) ou d'une proposition (initié par un Parlementaire) de loi.
– La seconde étape est l'adoption de la loi, càd la décision de faire passer le projet ou
la proposition au stade de norme juridique.

On est en présence d'un organe législatif unique lorsqu'une autorité dispose, seule et sans
l'intervention obligatoire d'autres organes, du pouvoir d'élaborer (F.Hamon, M.Troper, Droit
constitutionnel)
Un organe législatif partiel est une personne ou un groupe de personnes dont le
consentement est nécessaire à l'édiction de la loi ou dont l'opposition l'empêche.
Il existe 4 catégories d'organes législatifs partiels :
1) Une assemblée parlementaire
2) L'organe exécutif
3) Le corps électoral
4) La cour constitutionnelle. Juridiction crée pour connaître spécialement du contrôle de
constitutionnalité des lois, située hors de l'appareil juridictionnel ordinaire (Louis
Favoreu). Elle doit être considérée comme un organe législatif partiel dès lors qu'elle
dispose du pouvoir de modifier ou de supprimer les lois adoptées par les autres
organes.

La Fonction exécutive.
A l'origine, la fonction exécutive était perçue comme une fonction d'exécution stricte de la
loi. La tâche des autorités exécutives consistait seulement à accomplir des actes matériels et
donner les ordre nécessaires pour que la loi soit appliquée. De nos jours, la fonction
exécutive est perçue comme la fonction gouvernante, celle qui dirige la politique du pays.
« Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la nation. » Article 20, alinéa 1er,
de la Constitution du 4 Octobre 1958.
Les Parlements apparaissent comme des « dinosaures décisionnels » (Yves Mény, Yves
Surel, Politique comparée, 2009, p.341)

La direction de la fonction exécutive appartient à un ou plusieurs organes connus sous le


nom de gouvernement, cabinet, président, roi, etc …

La fonction juridictionnelle.
La fonction de l'Etat qui consiste à trancher les litiges relatifs à une question juridique. Cette
fonction suppose un pouvoir de décision, autrement dit un pouvoir normatif. Les juges
peuvent prendre 2 types de normes juridiques.
– la norme juridictionnelle : c'est la norme juridique que constitutie l'objet de la
décision de justice. Il s'agit de la chose jugée. Toute décision de justice, par cela
même qu'elle prescrit une solution à un litige, signifie une norme nouvelle à
l'égard des destinataires de la sentence. Si elle s'impose c'est une norme juridique.
Qu'elle soit prise par n'importe quel juge, toute décision fait une norme
juridictionnelle . C'est une réponse précise.
– la norme jurisprudentielle : c'est la norme juridique qui est susceptible d'être
contenue dans la motivation d'une décision de justice, en principe celle rendue par
une juge suprême. La norme jurisprudentielle est une norme de référence,
générale et abstraite, que le juge crée pour accomplir sa mission. Seule les cours
suprême peuvent créer des normes jurisprudentielle. Elle a le même rôle que la
loi, elle émane du juge et non du Parlement. Elle est abstraite et générale.
La fonction juridictionnelle est exclusivement exercée par le Juge. Alors que la fonction
législative peut être exercé par la Parlement ou par le 1er Ministre ou le Président.
Chaque Etat comporte un système juridictionnel organisé de façon hiérarchique (juges de
premier ressort, juges d'appel et juge de cassation). Il existe parfois plusieurs ordres
juridictionnels au sein d'un système étatique, comme en France où on compte deux ordres
juridictionnels (l'ordre administratif et l'ordre judiciaire), ainsi que des juridiction
indépendantes (Conseil constitutionnel, Tribunal des conflits).
En droit constitutionnel, quels sont les juges qui interviennent ?
– Surtout la cour constitutionnelle qui contrôle principalement les actes du Parlement.
– Mais également le juge administratif qui contrôle les actes du Chef de l'Etat et de ses
ministres.
– De façon plus rare, le juge judiciaire qui statue sur la responsabilité pénale des
ministres et des parlementaires.
Mais avec la justice constitutionnelle , tous les juges peuvent intervenir en tant que gardien
de la constitution.

Section II/ Les organes de l'Etat.


Pour Carré de Malberg, les organes de l'Etat sont les « personnages ou corps qui exercent
une partie quelconque de la puissance publique […] (et) la puissance qu'ils détiennent est
celle de l'Etat. » (Contribution à la théorie générale de l'Etat, 1920)
Les organes de l'Etat sont les organes qui expriment la volonté de l'Etat. Dans le langage
juridico-politique, on les désigne souvent comme les gouvernants ou encore les pouvoirs
publics.
C'est le concept juridique de représentation qui permet d'identifier les organes de l'Etat.
La représentation en droit privé. : une personne (le représentant) en représente une autre (le
représenté) lorsqu'elle peut légalement vouloir et agir à sa place et en son nom. Le rapport
de représentation peut résulter soit de la volonté du représenté qui souhaite confier à une
autre personne la mission de le remplacer, par exemple un contrat de mandat (représentation
subjective), soit de la loi qui va créer ce rapport indifféremment de la volonté des parties,
par exemple, la représentation du mineur par les parents (représentation objective).
La représentation en droit constitutionnel : Représenter, c'est vouloir pour l'Etat, càd à sa
place et pour son compte. En droit constitutionnel, il n'y a pas , comme en droit privé, deux
personnes réels. A supposer que le peuple ait une volonté, il n'y a aucun moyen de s'assurer
que c'est bien elle qui est exprimée par les représentants. On ne peut pas comparer la
volonté des représentants. avec celle du peuple qui est un être collectif et abstrait, parce
qu'on ne peut connaître la seconde indépendamment de la première.
On ne peut connaître la volonté de l'Etat que par le biais des représentants de l'Etat.
En droit constitutionnel, le représenté n'existe qu'à partir du moment où une volonté est
exprimée en son nom, càd à compter du moment où il est représenté.
Nous retiendrons une approche extensive de la notion d'organe de l'Etat : est un organe
de l'Etat toute personne ou groupement qui adopte une norme juridique, càd exprime une
volonté juridique, au nom et pour le compte de l'Etat. Par cette définition, le Préfet est par
exemple un organe de l'Etat.
Approche restrictive de la notion d'organe de l'Etat (Carré de Malberg) : n'est organe de
l'Etat que celui qui exprime la volonté du souverain (Nation ou Peuple). Donc seuls les
organes qui participent à la fonction législative sont des organes de l'Etat. Pourquoi cette
approche restrictive ? Selon l'article 6 de la DDHC du 26 Août 1789 : « la Loi est
l'expression de la volonté générale ».
Les institutions politiques.
Tous les Etats se sont dotés, plus ou moins rapidement en fonction de l'importance de leur
territoire et de leur population, d'un gouvernement représentatif, càd des institutions
politiques gouvernantes exprimant la volonté de l'Etat.
Le gouvernement représentatif peut être une démocratie ou un régime autoritaire.
Traditionnellement, on considère que ce qui fait le caractère démocratique d'une institution,
c'est son mode de désignation. Si cette institution est élue au suffrage universel, on dira
qu'elle est une institution démocratique. Si cette institution dirige la politique de l'Etat ou
contrôle ceux qui la dirigent, on dira que l'Etat est une démocratie représentative.
Ne pas confondre représentation et représentativité.
A. Le corps électoral.
Dans les régime démocratiques, le corps électoral est souvent confondu avec le Peuple.
Mais le corps électoral n'est pas le Peuple, il est l'un des organes qui le représente, composé
de l'ensemble des électeurs. Le Peuple est l'être fictif au nom duquel sont prises les
décisions souveraines par les organes qui sont habilités à s'exprimer en son nom, autrement
dit à exprimer sa volonté. (les députés et les sénateurs , les électeurs)
Le peuple n'est pas les électeurs. Le Peuple ne s'exprime jamais lui-même, il est toujours
représenté, même au travers de procédures dites de « démocratie directe ». L'une des
conséquences de cette affirmation est de nier le prétendu caractère souverain du corps
électoral. Ce n'est qu'un organe étatique habilité par le droit, un parmi d'autres.
Le corps électoral se compose des personnes possédant le droit de vote, dit encore droit de
suffrage, et inscrites sur les listes électorales.
Le suffrage est l'acte par lequel l'électeur, lors d'une consultation électorale, exprime un
choix (désignation=élection ou décision).
Le suffrage est dit « universel » lorsque le droit de vote aux élections politique est accordé à
l'ensemble des nationaux majeurs. L'universalité du suffrage signifie seulement que l'octroi
de l'électorat n'est soumis à aucune condition de naissance, de fortune ou de capacité. Mais
il peut être subordonné à d'autres conditions : âge , moralité , dévouement à la chose
publique, etc …
Constitution du 4/10/1848. Art.24. – Le suffrage est direct et universel. Le scrutin est secret.
Art.25. – Sont électeurs, sans condition de cens, tous les Français âgés de 21 ans, et
jouissant de leurs droits civils et politiques.
→ universalité ?
Les pouvoirs du corps électoral.
1) L'élection. Mode de désignation d'une personne ou d'une liste de personnes reposant
sur un choix opéré par l'intermédiaire d'un vote ou d'un suffrage.
2) Le référendum. Procédé par lequel le corps électoral est appelé à exprimer, par une
votation populaire, son avis ou sa décision à l'égard d'une mesure qu'une autorité a
prise ou envisage de prendre.
Typologies des référendums : selon le cadre territorial:référendum national ou local.
Selon la force contraignante : référendum consultatif ou décisionnel. Décisionnels
selon l'objet : référendum abrogatif ou normatif (modifier les normes existantes :
créer ou modifier) ; selon la valeur juridique de la norme adoptée ou abrogée :
référendum constitutionnel ou législatif.
Lorsque la réponse populaire au référendum est donné, non en fonction de la
question, mais en fonction de la personnalité de l'auteur de la question, on dira que le
référendum prend des accents de plébiscite = pour ou contre une personne.
L'initiative du référendum. Référendum obligatoire : le vote est organisé
automatiquement en vertu des dispositions constitutionnelles en vigueur. Ex : Art.140
de la Constitution Suisse du 18/04/1999 : « sont soumises au vote du peuple et des
cantons […] l'adhésion à des organisations de sécurité collective ou à des
communautés supranationales.
Référendum facultatif : le vote est organisé à l'initiative d'un ou plusieurs organes
sur le fondement d'une habilité constitutionnelle ou législative. En pratique, il peut
s'agir d'institutions politique ou de collectivités publiques, d'une partie du corps
électoral ou bien d'une association des deux. Exemple de référendum d'initiative
institutionnelle : Art.11,alinéa1er de Constitution française de 1958. exemple de
référendum d'initiative populaire : Art.75 de la Constitution italienne du 27/12/1947 :
« un référendum populaire est fixé pour décider l'abrogation, totale ou partielle, d'une
loi ou d'un acte ayant valeur de loi, lorsque 500 000 électeurs le demandent. ».
exemple de référendum d'initiative mixte : Art.11, al.3 de la Constitution de 1958.
3) L'initiative populaire. Procédé par lequel une partie du corps électoral propose un
texte de loi qui devra ensuite être soumis au vote de l'ensemble du corps électoral ou
à celui du Parlement (n'existe pas en droit constitutionnel français).
Combinaison de l'initiative populaire et du référendum. Art.141 de la Constitution
suisse : « Si 50000 citoyens et citoyennes ayant le droit de vote […] le demandent
dans les 100 jours à compter de la publication officielle de l'acte, sont soumis au vote
du peuple ». Initiative populaire et vote du Parlement : Art.71 de la Constitution
italienne : « […] le peuple exerce l'initiative des lois au moyen de la proposition
présentée par 50000 électeurs au moins, d'un projet rédigé en articles.
4) La révocation populaire. (ou ''recall'' en anglais = ''rappel'') est une procédure qui a
pour objet, par le biais d'un vote du corps électoral, de mettre fin au mandat d'un élu
avant son terme normal. (cela n'existe pas en France). Ex : Art.95 de la Constitution
Roumaine du 8/12/1991. les E.-U. Sont les principaux utilisateurs, les Etats fédérés.
À l'encontre de toutes les fonctions, sénateur , etc … ex de Gray Davis et
Schwarzenegger en Californie en 2003. peut etre d'initiative institutionnelle ou
populaire.
Le mandat impératif est un mandat confié par les électeurs à un élu et qui a pour
conséquence que ce dernier a pour obligation de se conformer aux instructions reçues
de la part des électeurs et de leur rendre des comptes. (interdit en France, un député
ne peut pas etre révoqué par les électeurs de sa circonscription car il ne représente
pas sa circonscription mais la France)

B. Le chef de l'Etat.
Apparu pendant la guerre de Cent ans, l'expression s'est répandue avec les progrès de la réflexion
sur la souveraineté. Elle est ainsi attestée par le dictionnaire de la Furetiere qui, à la fin du 17ème
siècle, donne du Prince la définition suivante: "nom de dignité ; il se dit d'un souverain ou
monarque ou chef d'un Païs, d'un Etat "
La conception monarchique du chef de l'Etat.
Le chef de l'Etat est apparu avec la création de l'Etat moderne, dans les régimes monarchique oi
impériaux. A cette époque, le chef de l'Etat incarne l'Etat ; il jouit d'une puissance sans partage.
"c'est en ma personne seule que réside la puissance souveraine ;... Les droits et les intérêts de la
Nation... Sont nécessairement unis avec les miens et ne reposent...??? " louis XV.
Mais la révolution française de 1789 va profondément changer les choses, en affectant l'Etat a une
nation impersonnelle. Elle va faire du chef de l'Etat un organe de l'Etat, au même rang que les
autres, un pouvoir subordonné à la volonté de la nation.
Le chef de l'Etat incarne la continuité de l'Etat, est le garant des institutions et représente l'Etat a
l'étranger. Il ne peut pas être révoqué pour des motifs politique en France: le gouvernement peut
l'être par le parlement mais pas le chef de l'Etat.
En principe le chef de l'Etat est une personne, président ou roi selon le régime. Mais en Suisse c'est
une institution collective: le conseil fédéral est l'autorité directoriale et exécutive suprême de la
Confédération : Constitution Suisse.
On oppose les chefs de l'Etat élus soit par le corps électoral, par un collège de grands électeurs, par
le Parlement et héréditaire.

C. Le Gouvernement.
Organe collégial en charge de la fonction exécutive, composé de membres nommés par le chef de
l'Etat ou élus par le parlement (les ministres ou les secrétaires).
Dans les exécutifs monistes, le chef de l'Etat est à la fois le chef du gouvernement. Le
gouvernement (Cabinet aux États-Unis) se compose de secrétaires choisis et nommés par le chef de
l'état.
Dans les exécutif dualiste, le chef de l'Etat est distinct du chef du gouvernement. C'est un ministère
disposant d'une prééminence institutionnelle, qui dirige le Gouvernement. Ce dirigeant prend le
nom de Premier Ministre (France, G-B), président du Conseil (Italie) ou Chancelier (Allemagne)

D. Le Parlement.
Le parlement est la ou les assemblées délibérantes qui ont pour ambition principale de voter les lois
et le budget.
Avant la révolution, le terme "parlement" était utilisé en France pour désigner les cours de justice
supérieures du Royaume (ex parlement de Paris, de Rennes,etc... Équivalent à peu près d'une cour
d'appel aujourd'hui).
Le parlement peut être monocaméral ou bicaméral. Parlement bicameral: une chambre haute et une
chambre basse (upper / lower house) chambre haute: noblesse.
Raisons expliquant la préférence pour le bicamérisme :
- Limiter la puissance du parlement
- Assurer une représentativité différente de la population ou du pays.
Il y a dans le monde plus de parlement monocamerale (Chine, Mali, Norvège...) que
bicameral.
(peut être complété par des données sur les diapos)
Le terme « législature » peut désigner la durée du mandant d'une assemblée législative. Elle
correspond, en principe, à la durée du mandat des membres qui la composent.
Ex : en France, la législature est de 5 ans pour l'Assemblée Nationale. La législature 2012-
2017 sera la 14ème législature de la Vème République.
Les membres des parlements sont désignés :
– soit par l'élection par le corps électoral (suffrage direct)
– par l'élection par un collège électoral (suffrage indirect)
– soit par la nomination par d'autres institutions
– soit par une combinaison des procédés

E. La Cour constitutionnelle.
La cour constitutionnel est un tribunal situé hors de l'appareil juridictionnel ordinaire et crée
pour connaître spécialement du contrôle de constitutionnalité des lois. (Louis Favoreu).
La cour constitutionnelle ne doit pas être confondue avec la cour suprême (Conseil d'Etat,
cours de Cassation ex en France) qui est une juridiction à compétence générale dont les
décisions sont in-susceptibles de recours et qui, dans certains Etats, peut contrôler la
constitutionnalité des lois.
Les cours constitutionnelles sont apparues en Europe, après la 1èreGM (ex : Autriche,
1920). Aujourd'hui, elles sont surtout implantées en Europe, mais également en Afrique et
Amérique du Sud.
C'est la Constitution qui établit l'existence, fixe le statut et détermine les attributions de la
cour constitutionnelle. Elle est protégée du législateur.
Exemples de composition des cours constitutionnelles européennes :
4 membres en Andorre ; 9+anciens Président de la République ; 9 en Roumanie et
Luxembourg ; 14 en Autriche ; 16 en Allemagne … (détails sur diapo).
Nomination des membres des cours constitutionnelles
– Par les organes exécutifs (Chef de l'Etat ou Gouvernement)
– Par les organes législatifs (assemblée parlementaire ou Président de l'assemblée
parlementaire)
– Par les organes juridictionnels (Hautes juridictions ordinaires)
Comparaison :
France : 3 membres nommés par le Président de la République, 3 par le Président du Sénat,
3 par le Président de l'Assemblée Nationale. Il existe également des membres de droit : les
anciens Présidents de la République sont membres à vie du Conseil Constitutionnel.
Allemagne : 8 membres choisis par le Bundestag et 8 membres par le Bundesrat.
Italie : 5 membres désignés par le Président de la République, 5 membres par les deux
chambres réunies en assemblée commune, 5 membres par les Hautes juridictions du pays.
La durée du mandat des membres des cours constitutionnelles : 9 ans en France, Espagne et
Italie ; 12 ans en Allemagne.
Attributions des cours constitutionnelles
– Attributions juridictionnelles (activités de justice constitutionnelle, de justice
électorale ou de justice pénale).
– Attribution non juridictionnelles (activités administratives ou consultatives).

F. La Cour suprême.
La cours suprême est une juridiction à compétence générale dont les décisions sont in-
susceptibles de recours devant aucune autre juridiction.
La cour suprême est , en principe, au sommet d'une hiérarchie juridictionnelle, càd qu'elle
contrôle et , le cas échéant, réforme les décisions de juridictions qui lui sont subordonnées.
Mais une cour suprême peut constituer un ordre juridictionnel à elle toute seule (ex :
tribunal des conflits en France)

II/ Les rapports entre les institutions politiques.


« J'appelle faculté de statuer, le droit d'ordonner par soi-même, ou de corriger ce qui a été
ordonné par un autre. J'appelle faculté d'empêcher, le droit de rendre nulle une résolution
prise par quelque autre. » (Montesquieu, De l'esprit des lois, 1748)
Seuls les rapports juridiques entre les organes de l'Etat, càd ceux qui s'exercent sur le
fondement et par le biais d'un pouvoir normatif, seront pris en considération.

A. Les rapports de domination.


Un organe de l'Etat exerce une domination sur un autre organe de l'Etat s'il peut agir sur cet
autre organe ou sur ses actes.
Types de rapports de domination :
1) Les actions portant sur l'existence d'un organe de l'Etat.
Exemple : si l'existence d'un organe de l'Etat est prévue par une loi et non protégée par la
Constitution, le législateur peut décider de supprimer cet organe.
2) Les actions portant sur le statut d'un organe de l'Etat.
Exemple : le nombre de membres de la Cour suprême des E.-U. Est prévu non par la
Constitution, mais par la loi. En 1869, à la suite d'une opposition entre la Cour conservatrice
et le Congrès progressiste sur le question de l'esclavage, le Congrès augmenta le nombre de
juges de 7 à 9.
3) Les actions portant sur la composition d'un organe de l'Etat.
Il s'agit des hypothèses dans lesquelles un organe de l'Etat peut, seul ou en collaboration,
désigner ou révoquer la ou les personnes physiques qui composent un autre organe de l'Etat.
(ex : en France, le Président de la République peut révoquer/dissoudre l'Assemblée
Nationale, les membres, les députés.) la portée du pouvoir de révocation est beaucoup plus
forte que celle du pouvoir de nomination car le statut de l'organe peut rendre ses membres
indépendants après la nomination (ex : l'inamovibilité des membres d'une cour
constitutionnelle). Le pouvoir de révocation est un pouvoir juridique, càd qu'il s'exerce en
application d'une norme juridique (la Constitution le plus souvent, ex Art.12 de la
Constitution pour le dissolution de l'AN, c'est une norme juridique) et par le biais d'une
norme juridique (décision de révocation) . Il ne doit pas être confondu avec un pouvoir
factuel, une pression politique ou une influence sociale.
4) Les actions portant sur les ressources d'un organe de l'Etat.
Il s'agit de l'hypothèse dans laquelle un organe de l'Etat peut modifier le budget d'un autre
organe de l'Etat. L'action porte donc sur les moyens qui assurent le fonctionnement de
l'organe. Exemple : en France, jusqu'en 2012, c'est le Parlement qui fixait la
rémunération du Président de la République et des membres du Gouvernement. Mais le
Conseil constitutionnel a mis un terme à cette pratique en jugeant qu'elle portait atteinte à
l'indépendance de l'Executif (Conseil Constitutionnel, décision du 6 août 2012.)
5) Les actions portant sur les actes d'un organe de l'Etat.
Il s'agit de l'hypothèse dans laquelle un organe de l'Etat peut modifier ou supprimer un acte
adopté par un autre organe de l'Etat. Ex : l'abrogation d'une loi du Parlement par la Cour
constitutionnelle.

B. Les rapports de collaboration.


Un organe de l'Etat collabore avec un autre organe de l'Etat lorsqu'ils accomplissent une
tâche commune que l'un ne peut réaliser sans l'intervention ou l'accord de l'autre.
Deux types de rapports de collaboration.
1) La collaboration entre les organes de l'Etat porte sur l'exercice des fonctions de l'Etat.
Ex : en France, le référendum d'initiative institutionnelle peut faire collaborer le Corps
électoral, le Président de la République et le Premier Ministre (Art.11, al.1er de la
Constitution de 58)
2) La collaboration entre les organes de l'Etat porte sur l'exercice des rapports de
domination à l'encontre d'un autre organe de l'Etat.
Ex : « le Président de la République peut, sur l'avis conforme du Sénat, dissoudre la
Chambre des députés avant l'expiration légale de son mandat » (Art.5 de la loi
constitutionnelle du 25 février 1875 relative à l'organisation des pouvoirs.

Titre II : La Constitution.

Précisions terminologique.

Le mot « Etat » : désigne un ordre juridique souverain doté de la personnalité juridique.


Le mot « Constitution » : désigne la constitution d'un Etat en particulier.
Le mot « constitution » : désigne le concept général de constitution.

Vers 325 avant J-C , Aristote a composé un vaste recueil de constitutions, comprenant
l'analyse de textes concernant 158 cités ou confédérations. Cet ouvrage est perdu depuis
longtemps à l'exception d'un fragment consacré à la Constitution d'Athènes. C'est dans ce
fragment que l'on peut observer la présentation des origines des institutions d'Athènes, ainsi
qu'un exposé des institutions du droit positif de l'époque.

C'est au besoin de fixer par l'écriture l'état des relations entre gouvernants et gouvernés
que correspondent les premiers documents politique de caractère constitutionnel en Europe
tels que par exemple la Grande Charte (Magna Carta) de 1215 en Angleterre, qui
correspondait à des revendications des seigneurs acceptées par le Monarque (ex : droit d'être
jugé par ses pairs/les autres seigneurs)
Il faut attendre la fin du 18ème siècle pour assister à l'apparition des premières
constitutions écrites modernes, càd des premiers documents normatifs intitulés
« constitution » dont l'objet était d'organiser les institutions politique et de limiter
l'exécution du Pouvoir. Virginie : 1776 ; E.-U. : 1787 ; Pologne : Mai 1791 ; France :
Septembre 1791

Deux conceptions de l'idée de constitution :


– La constitution entendue comme un ensemble de faits politiques , désigne les
pratiques des acteurs politiques observables dans un pays donné (la Constitution
descriptive)
– La constitution entendue comme un ensemble de normes juridiques, désigne les
normes juridiques qui sont soit matériellement soit formellement constitutionnelles
(la Constitution prescriptive)
Matérielle/formelle → début du cours

Une norme peut être constitutionnelle au sens matériel et au sens formel : exemple le
droit de dissolution de l'Assemblée Nationale par le Président de la République est inscrit à
l'Art.11 de la Constitution. Matérielle : relation entre le Parlement et le Président de
la République. Formelle : inscrite dans la Constitution.
Une norme peut être matériellement constitutionnelle sans l'être au sens formel.
Exemple : le mode de scrutin des élection des députés et des sénateurs français est
déterminé par une loi contenue dans le code électoral. Matérielle : relations entre
gouvernés et gouvernants. Informelle : pas inscrite dans la Constitution mais dans le
code électoral.
Une norme peut être formellement constitutionnelle sans l'être au sens matériel. Ex :
Art.75-1 de la Constitution prévoit « les langues régionales appartiennent au patrimoine de
la France ». non-matérielle : pas de relations. Formelle : inscrite dans la
Constitution.

Chapitre I/ La constitution formelle.


Au sens formel, sont constitutionnelles toutes les normes, quel que soit leur objet, qui sont
énoncées dans la forme constitutionnelle : elles sont en générale contenue dans un document
spécial mais , surtout, elles ont une valeur supérieure à celle de toutes les autres normes et
ne peuvent être modifiées que conformément à une procédure spéciale.

Section 1 : L'élaboration de la constitution.


L'élaboration de la constitution renvoie à deux interventions possibles du pouvoir
constituant :
– l'adoption de la constitution
– la modification ou la révision de la constitution
Le pouvoir constituant. Le pouvoir constituant est dit originaire lorsqu'il aboutit à
l'adoption d'une nouvelle constitution. Le pouvoir constituant est dit dérivé
lorsque son objet consiste à amender ou à réviser la constitution.

I/ L'adoption de la constitution.
A. L'origine de l'adoption d'une nouvelle constitution.
Circonstances fréquentes à l'origine d'une nouvelle constitution :
– Une Révolution, pacifique ou non (E.-U. : 1776 → 1787 ; Portugal : 1974 → 1976 ;
Tunisie : 2013 → 2014)
– Une crise politique majeure : France : 1958
– Coups d'Etats : France : 1851 → 1852
– Création d'un nouvel Etat, indépendant (Tunisie : 1956 → 1959 ; Kosov : 2008 ;
Soudan du Sud : 2011, ou non indépendant : République de Crimée : 2014.

B. Le processus d'adoption d'une nouvelle constitution.


Procédure non démocratique d'adoption d'une nouvelle constitution : la Constitution
octroyée à la population, elle est imposée. Ex : charte du 4/06/1814.
Procédure démocratique d'adoption d'une nouvelle constitution : la Constitution est
consentie, directement ou indirectement par le corps électoral.
Préparation du projet de constitution :
– Organe élu par le corps électoral (ex : Constitution française de 1946)
– Organe non élu par le corps électoral mais désigné par une assemblée qui a été élue
par le corps électoral. (ex : Constitution française de 1958)
Adoption définitive de la constitution par :
– Organe élu par le corps électoral qui prend le nom d'assemblée constituante (ex :
Constitution allemande du 31/07/1919 ; Constitution autrichienne du 1/10/1920)
– Corps électoral par la voie du référendum constituant (ex : Constitutions française de
1946 et 1958)

II/ La révision de la constitution.


Deux exigences contradictoires :
– Assurer la stabilité et la protection de la constitution
– Ne pas figer la constitution et permettre son évolution dans le temps.
Le pouvoir de révision ou pouvoir constituant dérivé s'analyse comme un pouvoir institué
par le pouvoir constituant originaire : dès lors, il n'a pas la même autorité que lui et doit
lui être subordonné.
Mais la subordination du pouvoir constituant dérivé au pouvoir constituant originaire n'est
pas la même que la subordination du pouvoir législatif au pouvoir constituant :
– Le pouvoir législatif ne peut pas modifier la constitution ;
– Le pouvoir de révision peut modifier la constitution.
Double nature de la constitution par rapport au pouvoir de révision : la constitution initiale
habilite le pouvoir de révision mais elle entend également le limiter pour se protéger.

A. L'habilitation du pouvoir de révision.


Parfois, la Constitution ne prévoit pas de procédure de révision (ex : Charte du
4/06/1814) Que déduire de ce silence ?
– Soit on estime que la révision est impossible, seule l'adoption d'une nouvelle
constitution est envisageable
– Soit on estime que la révision est possible mais qu'elle ne peut être réalisée que par
l'organe doté du pouvoir constituant originaire
Le plus souvent, la constitution prévoit une procédure de révision. L'article (ou les
articles) de la constitution fixant la procédure de révision est communément appelé « clause
de révision ».
Parfois, la constitution prévoit plusieurs procédures de révision, en fonction de l'objet de
la révision. Par exemple, dans la Constitution espagnole de 1978, l'article 167 fixe la
procédure normale de révision de la Constitution et l'article 168 fixe une procédure spéciale
pour « toute proposition visant à la révision totale de la Constitution ou à une révision
partielle du titre préliminaire, du chapitre deux, section première du titre 1, ou du titre II ».
Autre exemple : Art.79 de la Loi fondamentale du 23/05/1949.

Dans le cas d'une habilitation explicite, se pose une question cruciale : le pouvoir de
révision peut-il modifier la clause de révision.
Pour certains, cela est impossible car ce serait illogique : une clause de révision ne peut
pas autoriser sa propre révision, sans quoi elle ne sert à rien.
Pour d'autres, cela est possible puisque cela n'est pas interdit par la norme constitutionnelle.
En outre, cela s'est déjà produit (ex : en France, en 1884, où une révision constitutionnelle a
introduit une interdiction de modifier la forme républicaine du gouvernement).

Deux thèses s'affrontent :


– La constitution doit être préservée contre les modifications postérieures qui
pourraient la dénaturer en portant atteinte à ses valeurs fondamentales
– La constitution n'est pas une norme intangible car une génération n'a pas le droit
d'assujettir à ses règles les générations futures.

B. La limitation du pouvoir de révision.

Qu'est ce qu'une limitation ?


Limiter, c'est tracer une ligne entre le licite et l'illicite. Limiter, c'est donc interdire.
Mais limiter peut également signifier rendre plus difficile à atteindre.
Les limitations du pouvoir de révision concernent :
– L'encadrement du pouvoir de révision.
– L'interdiction du pouvoir de révision.

Est dite « souple » la constitution qui peut être modifiée selon une procédure similaire à la
procédure législative ordinaire. Si la procédure de révision est identique à la procédure
législative, alors il n'y a plus de constitution au sens formel.
Est dite « rigide » la constitution qui ne peut être modifiée qu'en application d'une
procédure plus contraignante que la procédure législative ordinaire. Le degré de rigidité
d'une constitution est proportionnel à l'importance des contraintes pesant sur le pouvoir de
révision.
Les conditions formelles d'adoption de la loi de révision sont souvent plus contraignantes
que celles prévues pour la loi ordinaire.
Par exemple, il peut être prévu :
– Un délai incompressible, soit pour prolonger la durée de la procédure de révision
par rapport à celle de la procédure législative ordinaire, soit pour établir un intervalle
minimum entre deux révisions
– Une étape supplémentaire
– L'exigence d'une majorité renforcée.

Interdiction du pouvoir de révision :


– Interdiction circonstancielle : il est interdit de réviser la constitution dans certaines
circonstances. Exemples : « Aucune procédure de révision ne peut être engagés ou
poursuivie lorsqu'il est porté atteinte à l'intégrité du territoire » Art.89 alinéa 4 de la
Constitution de 58. « On ne pourra pas entreprendre une révision
constitutionnelle en temps de guerre ou tant que demeurera en vigueur l'un des états
prévus à l'article 116 ». Art.169 de la constitution espagnole de 1978. (art.116 : divers
dispositions des états d'urgence)
– Interdiction matérielle : il est interdit de réviser certaines dispositions de la
Constitution en toute circonstance. « toute modification de la présente Loi
fondamentale qui toucherait à l'organisation de la Fédération en Länder, au principe
du concours des Länder à la législation ou aux principes énoncés aux articles 1 et20,
est interdite » (Art.79, alinéa 3, de la Loi fondamental allemande de 1949)
« La Tunisie est un Etat libre, indépendant et souverain, l'Islam est sa religion, l'arabe
sa langue et la République son régime. Il n'est pas permis d'amender cet article ».
(Art. 1Er de la Constitution tunisienne de 2014).
– Interdiction mixte : il est interdit de réviser certaines dispositions de la constitution
dans certaines circonstances.
En règle générale, les interdictions matérielles visent à protéger les valeurs essentielles
reconnues par le pouvoir constituant originaire. Ceux qui défendent la légitimité de telles
limites expliquent que ces limites sont absolues. Il est interdit en toutes circonstance d'y
porter atteinte. Par conséquent, ils estiment qu'il est interdit de réviser la clause de révision
pour déroger aux valeurs protégées.
Au contraire, les opposants aux limites matérielles expliquent que ces limites sont relatives
car la clause de révision peut toujours être modifiée. Les partisans des interdictions absolues
ont recherché une parade contre ce dernier argument. Ils l'ont fait en plaçant les limites
absolues au dessus de la constitution. Ils ont ainsi défendu la thèse que l'interdiction de
modifier les valeurs essentielles reconnues par la constitution, ainsi que la clause de
révision, n'avait pas sa source dans la constitution mais dans une norme ou idée qui lui est
supérieure.

La supra-constitutionnalité désigne l'idée selon laquelle certaines éléments de la


constitution sont par essence situés à un échelon supérieur et, à ce titre, qu'ils doivent être
placés hors d'atteinte du pouvoir de révision.

Comment peut-on répondre à cet argument ?


– D'abord, en niant l'existence d'une supra-constitutionnalité dont la consistance paraît
floue. Elle n'est qu'une réminiscence de l'idée de droit naturel. Qui désignerait les
règles ?
– Ensuite, en modifiant les termes de la question : le pouvoir de révision peut-il tout
faire ? Admettons qu'il ne peut pas et qu'il existe des interdictions. Mais qui sera le
juge du respect de ces limites ? Qui pourra dire si les limites matérielles ont été
effectivement respectées ?

Qui sera le juge du respect des limites matérielles ?


Pour les partisans de la liberté du pouvoir de révision, ce doit être l'organe habilité à réviser
la Constitution ( = pouvoir constituant dérivé)
Pour les partisans d'une limitation du pouvoir de révision, de doit être le gardien de la
Constitution (le juge constitutionnel, en principe) neutralité.
En France, le conseil constitutionnel refuse de contrôler les lois de révision (décision
n°2003-469 DC du 26/03/2003.)

Section II/ La garantie de la constitution.


La question de la garantie de la constitution se ramène à savoir comment sanctionner la
violation des normes constitutionnelles par les pouvoirs publics ou les citoyens ?
On observe une tendance à la réduction du sujet de la protection de la constitution à la
question de la subordination de la loi à la Constitution, pour des raisons historiques et
politiques.

Qui est suffisamment légitime pour s'opposer à la volonté des représentants du Peuple au
nom d'une violation de la Constitution ?
– L'organe constituant (pouvoir constituant dérivé)
« Sûrs de nos intentions, forts de notre conscience, nous nous engageons,
devant l'Assemblée qui nous écoute, à être fidèles à cette Charte
constitutionnelle nous réservant d'en juger le maintien … » (Préambule de
la Charte constitutionnelle du 4/06/1814)
– Les citoyens
« Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le
peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus
indispensable des devoirs » (Art.35 de la Constitution français du
24/06/1793.)
– Le Chef de l'Etat
– Une Chambre du Parlement
– Les juges
– Un juge spécialisé (la Cours constitutionnelle)

I/ La garantie non juridictionnelle de la constitution.


A. La protection de la constitution par un organe parlementaire.
La mission de protecteur de la constitution est confié à un organe parlementaire, soit
spécialement investi de cette tâche, soit investit d'autres tâches en plus de celle de gardien
de la constitution.
Le jury constitutionnaire. Proposé par Emmanuel Sieyès qui le définit comme « un véritable
corps de représentants […] avec mission spéciale de juger les réclamations contre toute
atteinte qui serait portée à la constitution ». Assemblée composée de 108 membres, choisis
par les chambre parmi les anciens parlementaires.
Constitution du 22 firmaire an VIII ( = 13/13/1799) Le Sénat conservateur « maintient ou
annule tous les actes qui lui sont déférés comme inconstitutionnels par le Tribunat ou par le
gouvernement … » (Art.21)

B. La protection de la constitution par le Chef de l'Etat.


Carl Schmitt cherchait à ériger le Chef de l'Etat en « gardien de la constitution ». il y voyait
un moyen de cimenter l'unité du peuple allemand menacée – selon lui – par les intérêts
sectoriels qui se seraient emparés de l'Etat.
Art.5 de la Constitution du 4 /10/1958 « Le Président de la République veille au respect de
la Constitution. Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics
ainsi que la continuité de l'Etat » impartialité ? Convictions politiques ?
II/ La garantie juridictionnelle de la constitution.
Trois grands modèles de justice constitutionnelle.
La justice constitutionnelle est assurée.:
– Par tous les juges de l'état avec a leur sommet une cour suprême, tous les juges sont les
gardiens de la constitution (modèle né aux États-Unis)
– Par un juge spécialisé que l'on dénomme cour constitutionnelle
– Par tous les juges et une cour constitutionnelle

La fonction de justice constitutionnelle englobe tous les contentieux où un juge, quel qu'il
soit, est amené à contrôler si une norme juridique , quelle qu'elle soit, est conforme à la
constitution et, le cas échéant, sanctionne sa méconnaissance.
A. La protection de la constitution par les juges ordinaires.

La protection de la constitution est confiée à la juridiction ordinaires, lorsque tout juge, quel qu'il
soit (administratif, civil, pénal,...) , peut déclarer une norme juridique contraire à la constitution et
écarter son application dans le litige qui lui est soumis
Le plus souvent, la sanction de la violation de la constitution n'est pas la fonction principale du juge
ordinaire mais une fonction accessoire. Il doit trancher un litige au cours duquel se pose la question
de la conformité d'une norme juridique à la constitution
Absence d'habilitation constitutionnelle du juge ordinaire à contrôler la constitutionnalité des
normes juridique, à l'inverse des cours constitutionnelles l'accès au juge ordinaire est très largement
ouvert, à l'inverse de l'accès aux cours constitutionnelles

La sanction de la violation de la constitution par le juge ordinaire est


- Soit l'inapplication de la norme inconstitutionnelle dans le litige qui lui est soumis.
- Soit sa suppression de l'ordonnance juridique
Exemple de protection potentielle de la constitution par le juge ordinaire.
Le recours pour excès de pouvoir devant le juge administratif permet à toute personne
intéressée de contester une décision de l'administration nationale ou locale dans un délai de
2 mois suivant la publication de la décision
Un juge ordinaire peut-il controler la constitutionnalité d'une loi ?
En France :
1) le juge ordinaire refuse de controler si une loi méconait la constitution
2) le juge ordinaire refuse aussi de controler si l'acte d'application de la loi
méconnait la constitution dès lors que celui-ci se borne à appliquer la volonté du
législateur
3) Depuis 2010 , le juge ordinaire peut renvoyer au Conseil constitutionnel la
question de conformité d'une loi à la Constitution posée par un jusiticable.

Aux E.-U. :
Tout juge peut controler si une loi fédérale méconnaît la Constitution fédérale depuis
l'arrêt de la Cour suprême Marbury versus Madison de 24/02/1803.

B/ La protection de la constitution par la cour constitutionnelle.


La cour constitutionnelle se définit comme le tribunal crée par la Constitution pour
connaître spécialement du contrôle de constitutionnalité des lois, situé hors de l'appareil
juridictionnel ordinaire. (Louis Favoreu).

A quel moment s'exerce le contrôle de constitutionnalité de la loi par la cour


constitutionnelle ?
Controle a priori : le contrôle intervient apres l'adoption de la loi par le Parlement et avant
sa promulgation par le Chef de l'Etat.
Controle a posteriori : le contrôle intervient après sa promulgation par le chef de l'etat, en
regle générale au moment de son application.

Saisine de la cour constitutionnelle.


– Par des autorités politiques (organes de l'etat ou des entités fédérées ou
décentralisées)
– par des juridictions ordinaires (procédure de renvoi préjudiciel
– par les citoyens (procédure de recours direct)
– par des juridictions ordinaires , sur demande d'un justiciable (procédure de saisine
mixte)
Controverse sur la légitimité des cours constitutionnelles.
Est-il légitime que les cours constitutionnelles puissent censurer le législateur alors mêmes
qu'elles ne sont pas des organes désignés par le corps électoral ou responsables devant lui ?
La légitimité, c'est la qualité d'une personne ou d'une chose qui est conforme à une valeur ou
à un idéal à atteindre.
Si on estime que la valeur de référence réside dans la défense des droits fondamentaux
(inscrits dans la Constitution) des individus , alors que la juridiction constitutionnelle est
légitime dès lors qu'elle veille à leur protection et ce, contre l'ensemble des autres pouvoirs
publics (pouvoir législatif, exécutif, mais également pouvoir constituant dérivé. )
Si on estime que la valeur de référence est le respect de la volonté du Peuple , alors la
juridiction constitutionnelle est légitime tant qu'elle exerce sa mission de protection de la
Constitution sans porter atteinte à la volonté du Peuple ou de ses représentants ou qu'elle est
légitime parce qu'elle veille au respect de la volonté du peuple qui est exprimée dans la
Constitution.

Les rapports entre la juridiction constitutionnelle et les juges ordinaires.


– Les juges ordinaires doivent appliquer les décisions de la juridiction
constitutionnelle ;
– Les juges ordinaires peuvent saisir la juridiction constitutionnelle (ex : Italie)
– Les décisions des juges ordinaires peuvent être déférées à la juridiction
constitutionnelle (ex : Allemagne, Espagne) .
Chapitre II. La constitution matérielle.
Au sens matériel, sont constitutionnelles toutes les normes, quel que soit le statut des textes
qui les contiennent , qui ont un contenu constitutionnel, càd celles qui établissent les
institutions politiques et fixent les relations entre les gouvernants et les gouvernés.

Section I/ L'organisation des pouvoirs.


I/ Le principe de la séparation des pouvoirs.
Art.16 de la DDHC du 26/08/1789.
« Toute société dans laquelle la garantie des Droits n'est pas assurée, ni la séparation des
Pouvoirs déterminée, n'a point de Constitution ».
1ère interprétation du principe de la séparation des pouvoirs : un principe de technique
constitutionnelle combinant deux règles.
La règle de l'indépendance : il faut créer des organes mutuellement indépendants, ce qui
signifie que les individus qui composent chacun de ces organes ne doivent pas être nommés
par les autres organes et surtout qu'ils ne doivent pas être révocables par eux.
La règle de la spécialisation (fonctionnelle, des fonctions de l'Etat) . Chacun des organes
doit être spécialisé dans l'exercice de l'une des fonctions de l'Etat (législative, exécutif,
juridictionnelle), càd qu'il ne doit en exercer qu'une et l'exercer toute entière et, qu'en
revanche, il ne doit pas participer en rien à l'exercice des autres.
Le résultat escompté de la combinaison de ces deux règles est que, selon une formule
célèbre, « le pouvoir arrête le pouvoir » (Montesquieu, De l'esprit des lois).
Mais cette interprétation présente deux faiblesses : ainsi entendu, le principe de la
séparation des pouvoirs est incapable garantir contre le despotisme de l'organe législatif. En
outre, comment assurer une modération du pouvoir de chacun des organes s'ils ne peuvent
pas interagir les uns avec les autres, ni du point de vue organique, ni du point de vue
fonctionnel ?
« La grande sécurité contre une concentration progressive de plusieurs pouvoirs dans le
même département, consiste à donner à ceux qui administrent chaque département les
moyens constitutionnels nécessaires et les motivations personnelles pour résister aux
empiétements des autres ». James Madison, Le Fédéraliste, n°51, 1788. libéralisme
politique.
2ème interprétation du principe de séparation des pouvoirs : pour les autres de la
Déclaration de 1789, la référence à la « séparation des pouvoirs » signifiait simplement le
refus de confier tous les pouvoirs à une même autorité.
Le mécanisme de la « balance des pouvoirs » exige que le pouvoir politique soit divisé
entre une pluralité d'organes et exclut tant la spécialisation de la fonction exécutive , la
fonction législative que l'indépendance mutuelle des organes exécutifs et législatifs.
Le mécanisme de la balance des pouvoirs vise surtout à instituer un équilibre au sein
même du pouvoir législatif entre plusieurs organes partiels, par exemple deux chambres et
un chef d'Etat doté d'un droit de veto, comme aux E-U

II/ La classification des régimes politiques.


Classification des régimes proposés par Aristote (Ethique à Nicomaque, Le Politique)

QUI gouverne ? Un Plusieurs Multitude


Forme correcte Royauté Aristocratie Politeïa
(poursuite de l'intérêt
commun)
Forme corrompue Tyrannie Oligarchie Démocratie
(poursuite de l'intérêt
personnel des
gouvernants)

La classification contemporaine des régimes politiques est très éloignée de celle d'Aristote.
Il s'agit d'une classification au sein des gouvernements représentatifs qui adhèrent au
principe de la séparation des pouvoirs et organise une balance des pouvoirs.
Il existe plusieurs façons d'établir la classification des régimes politiques mais on retrouve
toujours les mêmes catégories : le régime parlementaire et le régime présidentiel.
La classification qui est proposées reprend ces deux catégories et repose sur un critère
unique de distinction : l'existence ou l'absence de responsabilité politique de l'organe
exécutif devant l'organe législatif.
Qu'est ce la responsabilité politique ?
Est politiquement responsable un organe qui doit rendre des comptes de ses actions devant
un autre organe qui peut juridiquement le révoquer. Autrement dit, la responsabilité
politique repose sur l'existence d'une norme juridique qui habilite un organe à contraindre un
autre organe à démissionner en raison d'une divergence d'opinions.

Le régime parlementaire est le régime dans lequel le gouvernement est politiquement


responsable devant le Parlement.
D'autres auteurs ajoutent un critère supplémentaire : le droit de dissolution de la chambre
par l'exécutif. Mais cet ajout est inutile et trompeur, et néglige l'existence de plusieurs types
de régimes parlementaire.
L'avantage du critère tiré de la responsabilité politique est que cette responsabilité constitue
le socle de la logique politique inhérente au parlementarisme : l'unité de vues entre la
majorité parlementaire et le gouvernement.

On distingue les mécanismes de mise en cause de la responsabilité politique qui sont à


l'initiative du responsable et ceux qui sont à l'initiative des personnes ou organes juges de la
responsabilité :
– La question de confiance est la procédure par laquelle un organe engage sa
responsabilité devant un autre en lui demandant de lui accorder sa confiance. Si la
défiance l'emporte, l'organe responsable doit démissionner.
– La motion de censure ou de défiance est la procédure par laquelle un organe
entreprend, de son propre chef, d'obtenir la démission de l'organe responsable devant
lui.
Art.49 de la Constitution française : preuve que la France est un régime Parlementai.
Le régime parlementaire est souvent présenté comme un régime de collaboration des
pouvoirs. D'une part, le Parlement et l'Exécutif exercent chacun une part de la fonction
législative et de la fonction exécutive. D'autre part, ces organes sont dépendants l'un de
l'autre, dans le sens où le Parlement peut renverser le Gouvernement et, en contrepartie,
l'Exécutif peut dissoudre le Parlement.
Toutefois, le premier point n'est pas propre au régime parlementaire et l'existence d'un droit
de dissolution n'est pas systématique.
Le régime parlementaire est dualiste lorsque le Gvt , non seulement est politiquement
responsable devant le Parlement, mais également devant le Chef de l'Etat. Il y a donc une
double responsabilité politique du gouvernement , qui implique une entente entre le Chef
de l'Etat et le Parlement et contraint à leur collaboration. (ex:France)
Le régime parlementaire est moniste lorsque le Gvt est seulement responsable
politiquement devant le Parlement. (Allemagne, Italie, Espagne, R-U...)
Dans le régime parlementaire moniste, il existe en principe un équilibre entre la majorité
parlementaire et le gouvernement qui en procède. Lorsque l'équilibre est rompu et que
l'avantage bascule durablement au profit de l'un des deux organes, le régime parlementaire
évolue en deux modèles opposés :
– Le régime d'assemblée est un régime parlementaire caractérisé par l'affaiblissement
des organes exécutifs et l'omnipotence des chambres (ex : Ivè République française)
– Le gouvernement de cabinet ou régime primo-ministériel est un régime parlementaire
caractérisé par la prépondérance de l'organe exécutif et l'affaiblissement du Parlement
(ex : R-U avant 2010)

Le régime présidentiel est celui dans lequel on trouve un Chef de l'Etat irresponsable
politiquement, assisté de ministres qui sont également politiquement irresponsables. Dans ce
type de régime, le Chef de l'Etat ne peut pas dissoudre le Parlement.
Le régime présidentiel est parfois présenté comme un régime de séparation « stricte » ou
« rigide » des pouvoirs, càd qu'il serait caractérisé par une spécialisation absolue des
fonctions et une indépendance totale des organes. Attention, il s'agit d'une erreur comme le
montre l'organisation des pouvoirs politiques fédéraux aux E-U. Le président participe aux
activité législatives, le Sénat participe aux activités exécutives, le Congrès peut mettre en
cause la responsabilité pénale du président.
La responsabilité, c'est l'obligation de supporter les conséquences de ses actes. La
responsabilité peut être civile, pénale ou politique.
La distinction de la responsabilité politique et de la responsabilité pénale n'est pas toujours
évidente en droit constitutionnel. Comment distinguer la responsabilité pénale des ministres
de la responsabilité politique du Gvt lorsque les mêmes organes la mettent en cause ? La
responsabilité politique est mise en cause par le Parlement. La responsabilité pénale est
mise en cause par un juge.

Comment distinguer la responsabilité pénale de la responsabilité politique ?


– Le caractère individuel ou collectif de l'engagement.
– Le motif de l'engagement de la responsabilité.
– La procédure de jugement.
– Le type de sanction.
Mais il y a toujours un risque que la responsabilité pénale évolue en responsabilité politique.
Le parlement peut engager la responsabilité entière du gouvernement , l'ensemble du gvt.
Ou la responsabilité pénale d'UN ministre.

Section 2 la protection des droits et libertés


I / la doctrine de l'état de droit
La doctrine de l'état de droit défend l'idée que les gouvernants ne sont pas placés au dessus des lois,
mais qu'ils exercent une fonction encadrée et régie par le droit. L'état, les organes de l'état sont
soumis au droit.
Ce concept (Reechtsstaat) est apparu au cours du 19ème siècle dans la pensée juridique allemande.
Selon les auteurs et les époques, L'état de droit c'est
- Soit l'état qui agit au moyen du droit et est assujetti au droit (conception formelle)
- Soit l'état dont le droit comporte certains attributs intrinsèque (conception matérielle)

La conception formelle de l'état de droit.


L'état de droit est un type particulier d'état, soumis à un "régime de droit", cad dont l'action est
entièrement encadrée et régie par le droit: ses divers organes ne peuvent agir qu'en vertu d'une
habilitation juridique et faire usage que des moyens autorisés par le droit.
La conception matérielle de l'état de droit.
L'état de droit est entendu comme impliquant, en plus, l'adhésion à un ensemble de principes et de
valeurs bénéficiant d'une consécration juridique explicite.

Deux aspects de l'état de droit dans la conception matérielle


-L'impératif de sécurité juridique (le droit doit être clair, précis, stable et prévisible)
-La protection des droits et libertés fondamentaux.

II/ la consécration des droits et libertés fondamentaux.


L'approche matérielle consiste à définir les droits fondamentaux en fonction de leur contenu.
L'approche formelle consiste à définir les droits fondamentaux comme les droits et libertés qui
s'imposent aux pouvoirs législatif, exécutif et juridictionnel parce qu'ils sont protégés par la
Constitution ou les traités internationaux
Les droits fondamentaux rendent compte de la constitutionnalisation et de l'internationalisation de
la protection des droits et libertés qui se développent à partir de 1945. Leur respect s'impose
désormais même au législateur.

Le processus de constitutionnalisation des droits fondamentaux.


-par l'incorporation expresse au texte constitutionnel (ex: titre premier de la loi fondamentale
allemande du 23/05/1949)
-Par la jurisprudence de la cour constitutionnelle (ex: décision du conseil constitutionnel du
16/07/1971 dite "liberté d'associations")

Le processus d'internationalisation des droits fondamentaux.


-déclaration universelle des droits de l'homme adoptée le 10/12/1948 par l'assemblée générale des
Nations unies
- Pacte international relatif aux droits civils et politiques conclus à New-York le 16/12/1966
- Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels à New-York le 16/12/1966

La convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,


signée à Rome le 4/11/1950
-La charte des droits fondamentaux de l'union européenne, adoptée le 7/12/2000. Elle a valeur
contraignante depuis le traité de Lisbonne signé le 13/12/2007.

Deuxième partie. Pratique constitutionnelle.


Titre I/ Les systèmes constitutionnels étrangers.
Dans les régimes parlementaires, le Gouvernement est politiquement responsable devant le
Parlement ou la chambre basse du Parlement. Il peut donc être révoqué par lui. En
contrepartie, le Gouvernement dispose, en règle générale, du pouvoir de dissoudre le
Parlement ou la chambre basse du Parlement.
Le régime politique américain est souvent désigné « régime présidentiel » pour l'opposer au
régime parlementaire. Le régime présidentiel est alors défini comme celui dans lequel
l'exécutif n'est pas politiquement responsable devant le Parlement et ne dispose pas du
pouvoir de le dissoudre.

Capitre I/ Le régime politique des États-Unis d'Amérique.


1607 : Fondation de la première colonie de l'Empire britannique, la Virginie.
4/07/1776 : Déclaration d'indépendance des 13 colonies situées sur la côte est de l'Amérique
du Nord.
La confédération des Etats d'Amérique est établie le 14/11/177 par un traité conclu entre
treize Etats indépendants. Le seul organe de la Confédération est une assemblée de
diplomates (le « Congrès de la Confédération ») , au sein de laquelle, en vertu d'une voix.
L'unanimité est requise systématiquement et aucun mécanisme n'est prévu pour l'Etat
refusant de respecter ses obligations.
Une convention constitutionnelle se réunit à Philadelphie le 14/05/1787 afin de remédier
aux problèmes de la Confédération.
Mais, sous la pression des grands Etats (Massachussets, Pennsylvanie et Virginie), elle
s'orienta rapidement vers la rédaction d'une constitution que les petits Etats (New-York,
New-Jersey, Maryland et Delaware) finirent par accepter, grâce à un certain nombre de
concessions (ex : rôle et composition du Sénat).
Le projet de constitution fut sign é le 17/09/1787 par les délégués et ratifié par les Etats au
cours de l'année 1788. la Constitution des Etats-Unis d'Amérique est entrée en vigueur le
1/01/1789.
Le Fédéraliste est un ouvrage constitué par 77 articles publiés entre octobre 1787 et août
1788 dans la presse new-yorkaise, auxquels ont été ajoutés huit articles supplémentaires lors
de la première édition de la série, sous le titre The federalist, or the New Constitution , en
1788. l'ensemble des 85 essais , rédigés sous le pseudonyme de Publius, par Alexander
Hamilton, James Madison et John Jay, avaient pour objectif de convaincre l'opinion
publique de l'Etats de New-York de l'importance de ratifier la Constitution des E-U.
Les E.-U. : 315 Mons d'habitant, 50 Etats fédérés et un district fédéral (district de
Columbia), 1 Constitution , modifiée 27 fois en 226, Le siège des institutions fédérales est
à Washington (District of Columbia)

Section I/ Les institutions fédérales.

I/ Le Congrès des E-U.


Art.1er, Section 1, de la Constitution.
« Tous les pouvoirs législatifs accordés par cette Constitution seront attribués à un Congrès
des E.-U. , qui sera composée d'un Sénat et d'une Chambre des représentants ».
A/ La composition du Congrès.
Un Parlement bicaméral : La Chambre des représentants (House of representatives) ; Le
Sénat (Senate).
Compromis du Connecticut. 1787.
Un Parlement bicaméral avec :
– une chambre dont les membres sont désignés en fonction de la population de chaque
Etat fédéré
– une chambre dont les membres sont désignés de façon strictement égalitaire par les
Etats fédérés.
Les représentants / les sénateurs.
Elus au suffrage universel direct dans le cadre des Etats fédérés (depuis 1913 pour les
sénateurs)
Entre 53 et 1 représentants par Etats fédérés / 2 sénateurs par Etats fédérés.
Mandat de 2 ans pour les représentants / mandat de 6 ans pour les sénateurs.

435 membres à la Chambre des représentants. Californie : 53 ; Texas : 32 ; N-Y : 29. …
Alaska, Dakota du Nord, Dakota du Sud, Delaware, Montana, Vermont, Wyoming : 1.

L'organisation de la vie politique américaine est marquée par un bipartisme historique qui
oppose, à l'origine, les Fédéralistes aux Anti-fédéralistes, et, depuis 1860, le Parti
Républicain au Parti Démocrate.
De nos jours, le bipartisme américain se caractérise par :
– le localisme des partis
– l'indiscipline des parlementaires
– le pragmatisme des programmes

B/ La fonction législative du Congrès.


Les membres du Congrès ont l'initiative exclusive des lois. En matière budgétaire,
l'initiative est réservée aux représentants. Mais, en pratique, c'est la présidence qui prépare
le budget du gouvernement fédéral.
Les propositions de lois doivent être adoptées en termes identiques par les deux Chambres.
En cas de désaccord une commission mixte est convoquée, mais si cette commission échoue
élaborer un texte commun ou si le texte commun n'est pas adopté par les deux Chambres, il
est considéré comme rejeté.
II/ Le Président des E-U.
A/ L'élection du Président.
Trois étapes de l'élection présidentielle.
1) Choix des candidats à l'élection présidentielle par les partis politiques et constitution
du ticket (président et vice-président).
2) Élection des grands électeurs par le corps électoral.
3) Désignation du Président et du Vice-Président par les grands électeurs.
Chaque Etat fédéré désigne un nombre de grands électeurs égal au nombre total de sénateurs
et de représentants de l'Etat. 583 grands électeurs au total (100 + 435 + 3 électeurs pour le
District de Columbia) . Il faut la majorité absolue, soit 270 voix de grands électeurs pour
être élu président.
Californie : 55 grds électeurs ; Texas : 34 ; N-Y : 31 ; les petits Etats : 3.
Scrutin majoritaire de liste : la liste qui arrive en tête à l'issue du scrutin remporte tous les
postes de grands électeurs de l'Etat.
Depuis 1804 (12ème amendement) , si les grands électeurs ne parviennent pas à dégager une
majorité absolue entre les candidats, alors le président sera élu par la Chambre des
représentants parmi les trois candidats arrivés en tête. Le vote a lieu par Etat et chaque Etat
a une voix. Seul John Quincy Adals a été désigné selon cette procédure en février 1825.

Mandat du Président et du Vice-président : 4 ans.


Renouvelable 1 fois (depuis 51 et l'adoption du 22ème amendement)
Vice-président = Président du Sénat.

B/ La fonction exécutive du Président.


Art.2, section 1, de la Constitution. « Le pouvoir exécutif sera confié à un Président des
Etats-Unis [...] »
Le Président est le Chef de l'administration et le Chef des armées. Le Président conduit les
relations internationales.
Pour accomplir ses mission, le Président dispose de l'administration fédérale et il est
assisté d'un cabinet composé de secrétaires choisis par lui, avec l'assentiment du Sénat, et
responsables uniquement devant lui. Le Président ne peut pas choisir un sénateur ou un
membre de la chambre des représentants ou alors ce dernier doit démissionner .

III/ la cour suprême des États-Unis


Art.3, section 1, de la Constitution. "Le pouvoir judiciaire des États-Unis sera dévolu à une cour
suprême et à telles cours inférieure que le Congres pourra, le cas échéant, ordonner et rétablir,... "
A/ La composition de la cour suprême.
Le nombre de juges à la cour suprême est déterminée par une loi du congrès. Ainsi, celui-ci a évolué
à plusieurs reprises: 6 juges en 1789. 7 en 1807, 9 en 1837, 10 en 1864, 9 en 1869. Ils sont
nommés à vie par le président, avec l'avis conforme du Sénat.
Chief justice: président de la cour suprême
Associate Justice: autre membre de la cour suprême.
John Marshall (1801-1835): Marshall Court
Earl Warren (1953-1969): Warren Court
John G. Roberts (2005-...): Roberts Court.

La procédure de destitution (impeachment) est applicable aux juges fédéraux et donc aux membres
de la Cour suprême en cas de crimes ou délits.
B. La fonction juridictionnelle de la cour suprême.
La cour suprême des États-Unis se trouve à la tête des 12 cours d'appel fédérales (US Courts of
Appeals) et des 94 cours de district fédéral (US district Courts) , auxquels il faut ajouter des
juridictions fédérales spécialisées (ex: tribunaux militaire).
La cour suprême intervient comme cour de première instance dans les affaires qui mettent en cause
les ambassadeurs, les autres ministres et les consuls, et d'autre part, les affaires dans lesquelles un
état est partie.
La cour suprême intervient comme cour d'appel pour toutes les catégories d'affaires tranchées e
première instance par les cours fédérales inférieure ou par les cours d'état et qui ressortent de la
compétence du pouvoir judiciaire fédéral.
Trois fonctions de la cour suprême
- Résoudre des différents qui mettent en cause les états de l'union
- garantir l'interprétation et l'application uniforme du droit fédéral
- Faire respecter la constitution fédérale

Arrêt Marbury versus Madison. 24/02)1803.: tout juge fédéral est compétent pour contrôler la
conformité d'une loi fédérale à la constitution fédérale

Section II. L'organisation des pouvoirs aux États-Unis


Séparation souple / rigide
La séparation "rigide" signifierait une indépendance des institutions fédérales et une spécialisation
des fonctions de l'état fédéral
"la grande sécurité contre une concentration progressive de plusieurs pouvoir dans le même
département, consiste à donner à ceux qui administrent chaque département les moyens
constitutionnels nécessaires et les motivation personnelles.."
Au niveau fédéral, il existe une indépendance relative des organes et pas de véritable spécialisation
des fonctions. Des freins et contrepoids ont été mis en place pour limiter les abus de pouvoir (droit
de veto du président sur les lois votées par le congrès)

I/ l'exercice des fonctions étatique.


-La fonction législative est-elle exclusivement confiée au congrès ?
- La fonction exécutive est-elle exclusivement confiée au président ?
- La fonction juridictionnelle est-elle exclusivement confiée aux cours fédérales ?

A) La fonction législative.
Le président et la fonction législative.
Initiative indirecte des lois: "le président informera périodiquement le Congrès de l'état de
l'union, et recommandera à son attention telles mesures qu'il estimera nécessaires et expédientes "
art.2, section 3 de la Constitution.
Jusqu'en 1921, le budget était préparé par deux comités du Congrès, celui des voies et des moyens
(recettes) et celui des appropriations (dépenses) désormais, la préparation du budget fédéral
incombe au président, qui, par l'intermédiaire du Office of Management and Budget, présente au
Congrès, une proposition de budget.
Droit de veto du président sur les propositions de Lois adoptées par le congrès (art.1, section 7,
paragraphe 2 de la constitution).
Lorsque le Congrès lui transmet, après son adoption, une proposition de loi, le président a trois
options :
1) signer la proposition, qui deviendra immédiatement une loi
2) refuser de signer la proposition dans le délai de 10 jours, ce qui revient à lui opposer son veto
3) ne pas agir. La proposition deviendra une loi au bout de 10 jours, sauf si le Congrès est sur point
de séjourner
Le veto est relatif et non absolu
Une majorité qualifiée des 2/3 des membres de chaque chambre peut surmonter le veto et adopter
définitivement la loi. 2/3 des membres du Sénat: 66 sénateurs. 2/3 des membres de la Chambre des
représentants: 290 représentants.

2564 vélos dont 1607 de poches. 110 ont été surmonté par le congrès

B. La fonction exécutive.
Le Sénat et la fonction exécutive. Le Président « présentera au Sénat et, sur l'avis
conforme de ce dernier, nommera les ambassadeurs, les autres ministres publics et les
consuls, les juges à la Cour suprême, et tous les autres fonctionnaires des E.-U. Dont la
nomination n'est pas prévue par la présente Constitution, et dont les postes seront crées par
la loi » (Art.2, section 2, §2)
Le Président « aura le pouvoir, sur l'avis conforme du Sénat, de conclure des traités,
pourvu que deux tiers des sénateurs présents donnent leur accord ». (Art.2, section 2 , §2)
Les Présidents on partiellement réussi à contourner l'obstacle du Sénat en concluant, non pas
des traités, mais des accords en forme simplifiée (executive agreements) , par lesquels il
pouvait engager les E.-U. Par leur seule signature.
Pour éviter le reproche de négliger le Congrès, une autre technique est parfois employée, les
« congressional-executive agreements » . au lieu de soumettre les traités au seul Sénat, le
Président fait approuver les accords par les deux Chambres à la majorité simple (ex : traité
créant l'OMC).
Art. Premier, Section VIII , « Le Congrès aura le pouvoir : […] 11) De déclarer la guerre ».

C. La fonction juridictionnelle.
Le Président et la fonction juridictionnelle : « Le Président […] aura le pouvoir
d'accorder des sursis et des grâces pour crimes contre les E.-U., sauf dans les cas
d'impeachment (Art. 2, Section 2, §1)
Le Congrès et la fonction juridictionnelle
– « Chaque chambre sera juge de l'élection de ses membres, du nombre de voix qu'ils
ont obtenues et de leur éligibilité » (Art. 1, Section 5, §1)
– Procédure d'impeachment du Président et des fonctionnaires et juges fédéraux.

II/ Les rapports inter-organiques.


(il n'y a pas d'indépendance stricte des organes)
A. L'indépendance absolue du Congrès. (rappel : régime parlementaire/ présidentiel)
– Pas de dissolution des Chambres,
– Pas de procédure de destitution individuelle par une autre institution fédérale.
B. L'indépendance relative du Président.
Il n'est pas responsable politiquement devant le Congrès.

Procédure exceptionnelle de désignation du Président par la Chambre des représentants


(Art.2, Section 1) . En 1787, il était prévu que si les grands électeurs ne parviennent pas à
dégager une majorité absolue au sein du collège électoral, alors le Président et le Vice-
Président seront désignés par la Chambre des représentants par une procédure identique qui,
en plus, pouvait aboutir à une égalité parfaite entre 2 candidats.
Depuis 1804 (12ème amendement), si les grands électeurs ne parviennent pas à dégager une
majorité absolue au sein du collège électoral, alors le Président sera élu par la Chambre des
représentants parmi les trois candidats arrivés en tête. Le vote a lieu par Etat et chaque Etat
a une voix. Dans la même situation , le vice-Président est désigné par le Sénat.
– En 1800, pour la désignation de Thomas Jefferson.
– En 1824, pour la désignation de John Quincy Adams.

Art. 2, Section 4 de la Constitution.


« Le Président, le Vice-Président et tous les agents civils des Etats-Unis seront destitués de
leurs fonctions sur mise en accusation ( = impeachment) et condamnation pour trahison,
corruption ou autres crimes et délits. ».
Procédure d'impeachment. Mise en accusation votée par la Chambre des représentants (Art.
1Er, Section 2, §5) . Condamnation votée par le Sénat à la majorité des deux tiers (Art.1er ,
Section 3, §6) . La sanction est la destitution du Président de son mandant.

C. L'indépendance relative de la Cour suprême.


L'impeachment contre les juges fédéraux. Tout juge fédéral peut être visé par la procédure.
Un membre de la Cour suprême a été mis en accusation par la Chambre des représentants
(Samuel Chase en 1804), aucun n'a été destitué par le Sénat.
Quinze juges fédéraux (cour d'appel ou cours de district) on été mis en accusation, huit ont
été destitués par le Sénat (le dernier, Thomas Porteous, en 2010).
Le nombre de membres de la Cour suprême est prévu, non pas par la Constitution, mais par
la Loi. En 1869, à la suite d'une opposition entre la Cour et le Congrès sur la question de
l'esclavage, le Congrès augmenta le nombre de juges de 7 à 9 pour essayer de modifier la
jurisprudence de la Cour. En 1937, le Président Roosevelt menaça de faire augmenter le
nombre de membres pour faire pression sur la Cour.

Chapitre II/ Le régime politique du Royaume-Uni.


(R-U de G-B et d'Irlande du Nord)
Par la Grande Charte (Magna Carta) de 1215, le Roi Jean sans Terre concédait un certain
nombre de droits et de privilèges et posait le principe qu'aucun impôt ne pouvait être levé
sans le consentement du Grand Conseil, où siégeaient les vassaux du Roi.
Ce Grand Conseil, qui au 19ème siècle, prend le nom de Parlement, se sépare en deux
Chambres, l'une dans laquelle délibèrent les barons et les représentants de l'Eglise (House of
Lords) , l'autre composée de délégués des Communes (House of Commons)
Jusqu'au 19ème siècle, on appelle « Parlement » l'organe complexe formé du Roi et des
deux Chambres et c'est ce Parlement – et non plus le roi – qui est le souverain. Le système
britannique est alors considéré comme un gouvernement mixte, puisque le pouvoir législatif
est exercé conjointement par un Roi, l'aristocratie (la Chambre des Lords) et la population
(Chambre des communes).
La naissance du régime parlementaire comment assurer un contrôle de l'Exécutif ?
L'irresponsabilité du Roi interdit qu'il soit personnellement mis en cause. C'est sur les
ministres du Roi que le contrôle va progressivement s'exercer.
L'impeachment consistait dans un acte d'accusation voté par la Chambre des Communes
pour une conduite des ministres qu'elle estimait criminelle. Les ministres étaient ensuite
jugés par la Chambre des Lords. Démission individuelle de Walpole en 1742. démission
collective du Cabinet de Lord North en 1782. ( = naissance du régime parlementaire)

Section 1 : Les institutions politiques.


Qu'est ce que la Constitution au R-U ?
– Des lois adoptées par le Parlement (ex : Parliament Act de 1911, House of Lords Act
de 1999, Constitutionnal Reform Act de 2005)
– Des conventions de la Constitution, càd règles politiques non écrites.
Cela se conforme aux conditions de la Constitution au sens matériel.

I/ Le Parlement.
A. La composition du Parlement.
Parlement bicaméral.
La Chambre des communes. 650 membres élus pour cinq ans au scrutin majoritaire à un
tour (Parliament Act de 1911) ( = 650 circonscriptions)
Les partis politiques au R-U Le Parti travailliste (Labour Party) , Le Parti Conservateur
(Conservative Party) ; ''Le Parti libéral-démocrate (Liberal Democrats) ''
le scrutin majoritaire à un tour favorise en général le bipartisme.
Le Composition de la Chambre des Lords , avant le House of Lords Act de 1999. 759
pairs (=Lords) héréditaire (hereditary peers) ; 542 pairs à vie (Life peers (choisis)) ; 26
pairs spirituels (Lords Spiritual(haut clergé))
Le House of Lords Act de 1999 a supprimé les pairs héréditaire (92 d'entre-eux,
sélectionnés à la suite d'une élection au sein de la chambre, sont devenus pairs à vie).
Composition actuelle de la Chambre des Lords (760 membres)
– 646 pairs à vie (nommés par la Rein sur proposition du Premier ministre. Cependant,
depuis 2001, une commission indépendante joue un rôle déterminant dans ces
nominations)
– 89 anciens pairs héréditaires
– 25 archevêques et évêques

B. Les attributions du Parlement.


Les parlementaires ont le droit d'initiative législative. Les textes d'initiative parlementaire
portent le nom de Private Members' Bills (les textes d'initiative gouvernementale :
Government Bills). L'initiative législatie n'est cependant pas ouverte aux parlementaire en
matière financières. Les parlementaires disposent du droit d'amendement.
Tout projet ou proposition de loi doit, en principe, être approuvé sous une forme identitque
par les deux chambres avant de devenir loi (Act of Parliament). La Chambre des Communes
possède cependant le droit de faire prévaloir son point de vue lorsque la Chambre des Lords
rejette un texte votée par elle ou l'amende dans un sens contraire à sa volonté.
Jusqu'en 1911, la Chambre des Lords disposait d'un pouvoir identique à celui de la Chambre
des Communes, mais à la suite du Parliament Act, elle ne conservait qu'un droit de veto
suspensif de deux ans ( = au bout de deux ans, la loi entre en vigueur (réduit à un mois en
matière financière)) . En 1949, un nouveau Parliament Act réduit la durée du véto à un
an. De plus, conformément à une convention de la constitution, les Lords ne s'opposent pas
à une réforme figurant au programme du parti majoritaire aux dernières élections.
La Chambre des Lords était traditionnellement la juridiction suprême au R-U (Law Lords) .
Le Constitutionnal Reform Act de 2005 a supprimé cette fonction juridictionnelle en créant
la Cour suprême du R-U.
La Chambre des communes et la Chambre des Lords contrôlent l'activité du Gouvernement.
Mais seule la Chambre des communes peut engager la responsabilité politique du
Gouvernement et, le cas échéant, le contraindre à démissionner.

II/ La Couronne.
Le R-U est une monarchie héréditaire où la dévolution de la couronne se faisait par ordre de
primogéniture avec priorité pour les personnes de sexe masculin et exclusion de ceux dont
le conjoint était de confession catholique.
L'acte de succession à la Couronne de 2013 (Succession to the Crown Act) modifie les
règles fixant l'ordre de succession à la Couronne britannique en établissant la primogéniture
absolue et en abolissant l'exclusion des personnes mariées à des personnes de confession
catholique.

III/ Le Cabinet.
Le cabinet correspond à ce qu'on appelle le gouvernement dans la plupart des autres Etats
européens.
Au R-U , il ne faut pas confondre le Cabinet et le Ministère qui représente l'organisme
gouvernemental lato sensu.
Le ministère comprend toutes les personnes qui, unies par les liens de la solidarité du parti
majoritaire, sont collectivement responsables devant le Parlement de la politique de la
majorité(environ une centaine de personnes)

Le cabinet constitue le noyau dur du Ministère. C'est une structure réduite qui comprend,
aux côtés du Premier Ministre , les ministres en charge des postes les plus importants.

A. La composition du cabinet.
Le Cabinet est dirigé par le Premier ministre et composé de ministres qui lui sont
subordonnés.
Le Premier ministre est nommé par le Monarque en fonction du résultat des élections à la
chambre des communes : c'est le chef du Parti qui obtient la majorité aux élections
législatives. Il est toujours membre de la Chambre des communes (depuis 1923)
Désignation quasi-populaire du Premier ministre.
En théorie, l'électeur désigne seulement un candidat dans sa circonscription pour siéger à la
Chambre des communes. En fait, par le jeu du bipartisme et de la discipline partisane et de
l'obligation pour le monarque d'entériner la volonté majoritaire, l'électeur choisit tout à la
fois, un député, et plus encore un chef de gouvernement.
Leqs membres du Cabinet sont choisis par le Premier ministre et nommés par le Monarque
qui ne peut refuser une nomination.
L'usage exige que les ministres appartiennent à l'une des deux chambres du Parlement.
Le Ministers of the Crown Act de 1937 prévoit que le Cabinet doit comprendre au moins 3
Lords en plus du Ministre de la justice qui est obligatoirement un Lord.
Aujourd'hui Premier ministre : David Cameron (Parti Conservateur) ; Vice-premier
ministre : Nick Clegg (Parti Libéral-démocrate)

Tendance à la présidentialisation des institutions


Le premier ministre n'est plus seulement un primus inter pares (le premier parmi ses pairs),
il est le Chef réel de l'Exécutif et le leader de vie politique nationale.

B/ Les attributions du Cabinet.


Le Premier ministre dispose en pratique de tous les pouvoirs inialement confiés au
monarque (négociation des traités, direction de l'administration et de l'armée , etc … ). il
contre-signe les documents signés par le monarque. il dirige la vie politique du R-U avec le
concours du Cabinet

IV/ La Cour suprême.


Apparue en 2005.
La chambre des lords était traditionnellement la juridiction supreme au R-U . lorsque la
Chambre devait statuer comme juridiction , seule siégeait une catégorie particulière des
pairs à vie, les Law Lords, qui formaient un comité judiciaire, et étaient en fait des
magistrats.
Elle est l'héritière de la formation judiciaire de la Chambre des Lords qui a disparu en 2009.
Le Constitutionnal Reform Act de 2005 a mis en place de la Cour supreme , opérationnelle
depuis le 1er octobre 2009.
Composée de 12 membres nommés à vie par le Monarque sur proposition du Premier
minsitre et avec l'avis d'une commission indépendante composée de juges.
La cour supreme n'a pas le pouvoir d'annuler ou d'écarter l'application d'une loi qu'elle
jugerait contraire aux droits et libertés applicables au R-U . elle reste subordonnées au
pouvoir du législateur.

Section II / Le fonctionnement du régime parlementaire.


Le gouvernement de cabinet désigne un régime parlementaire caractérisé par la
prépondérance du gouvernement et l'affaiblissement du Parlement.

I/ La responsabilité politique du Cabinet devant la Chambre des Communes.


La responsabilité politique du Cabiner devant la Chambre des communes implique une
convergence des vues politique : les membres du Cabinet sont choisis en fonction de la
composition de la Chambre . Les électeurs choisissent donc leurs députés en fonction du
Cabinet et surtout du Premier ministre qu'ils souhaitent.
La chambre des communes contrôle l'action du cabinet et peut mettre en cause sa
responsabilité politique en répondant négativement à une question de confiance ou votant
une motion de défiance. Dans ces deux cas, le Cabinet serait obligé de démissionner.
Le gouvernement de Ramsay Mac Donald a démissionné en 1924 à la suite d'une réponse
négative à la question de confiance qu'il avait posée à la Chambre des Communes. Le
gouvernement de James Callaghan a démissionné en 1979 à la suite d'une motion de
défiance votée à une voix près.
A l'heure actuelle , en raison du bipartisme et de la stricte discipline de vote, la mise en
cause de la responsabilité politique du gouvernement par la chambre n'existe plus dans les
faits.
Le régime parlementaire britannique est dominé par le Premier ministre et le Cabinet qui, en
pratique, sont seulement « responsables » devant le corps électoral au moment des
échéances électorales et devant les instances dirigeantes de leur parti politique.
Margaret Thatcher fut contrainte à la démission en 90 par les cadres du Parti conservateur et
Tony Blair par ceux du Parti travailliste en 2007.
Qu'est ce qui peut expliquer l'emprise du Premier ministre sur les autres institutions ?
– Système britannique de partis politique (bipartisme et strict discipline de vote)
– Tendance générale à la personnalisation du pouvoir. (membres de l'exécutif).

II/ La dissolution de la Chambre des Communes.


Dans un régime parlementaire, la dissolution appartient traditionnellement à l'exécutif et est
souvent présentée comme la contrepartie du pouvoir de la chambre basse de renverser le
gouvernement.
Dans un régime parlementaire , la dissolution présente trois finalités potentielles :
– récompenser la majorité (dissolution tactique) (moment opportun pour que le parti
soit reconduit)
– menacer la majorité (dissolution disciplinaire)
– sortir d'une crise politique grave.
Jusqu'en 2011, c'est le Monarque qui prononçait la dissolution de la Chambre des
Communes sur proposition du Premier Ministre. La dissolution était un pouvoir
discrétionnaire du Premier ministre qui était maître de sont utilisation.
La dissolution de la Chambre des communes était une pratique courante (seules 3
législatures depuis 45 n'ont pas été écourtées : celles de 59 ; 87 et 92/
La menace d'une dissolution a été utilisée par John Major en 93 pour obtenir la ratification
du traité de Maastricht.
La loi sur la durée déterminée des législatures (Fixed Term Parliaments Act) du 15/09/2011
interdit la dissolution discrétionnaire de la chambre des communes par l'exécutif.

Deux procédure de dissolution prévues par le FTPA.


1) Auto-dissolution de la chambre des communes votée à la majorité des 2/3 de ses
membres.
2) Dissolution automatique de la Chambre des communes à la suite d'une crise
gouvernementale d'un durée de 14 jours.
Si la chambre des communes adopte une motion de censure expresse (notion of no
confidence) contre le gouvernement et n'accorde pas expressément sa confiance, dans un
intervalle de 14 jours , au nouveau Gouvernement mis en place (quel qu'il soit) , la
dissolution doit etre prononcée.

Chapitre III/ Le régime politique de la République Fédérale d'Allemagne.


Régimes politiques de l'Allemagne moderne :
– Empire fédéral allemand (1871-1918)
– République fédérale de Weimar (1918-1933)
– Troisième Reich (1933-1945)
– Zones d'occupation par les puissances Alliées (1945-1949)
– République fédérale d'Allemagne (1949 - … ) / RDA (1949-1990)

L'ordre constitutionnel allemand repose sur la Loi fondamentale du 23/05/1949 (dite aussi
« Loi fondamentale de Bonn ») , qui a permis aux Länder des trois zones occidentales
d'occupation de s'unie pour former la RFA. Elle était alors conçue comme un document
provisoire , en attendant « la Constitution qui aura été adoptée par le peuple allemand libre
de ses décisions » (Art.146).
La Loi fondamentale de 49 est toujours en vigueur mais elle a été révisée plus d'une
cinquantaine de fois depuis 49. elle met en place un Etat fédéral et un régime parlementaire
rationalisé.
Qu'est ce que le parlementarisme rationalisé ?
A l'origine, c'est une expression de Boris Mirkine-Guetzévich utilisée en 28 pour désigner la
codification des pratiques du parlementarisme (motion de censure, investiture du
gouvernement , … ) à laquelle avaient procédé les pays d'Europe centrale et orientale apres
1918.
Après 45 , l'expression désigne le courant de réformes qui, empruntant la même technique
de réglementation juridique des rapports politiques, poursuivait le but de préserver la
stabilité gouvernemental des débordements parlementaires.

Section 1 : Les institutions fédérales.


I/ Le parlement fédéral .
A/ La composition du Parlement.
Parlement fédéral bicaméral :
– Le Bundestag assure la représentation du peuple de la Fédération (Bund)
– Le Bundesrat assure la représentation des Länder.
Les membres du Bundestag sont élus au suffrage universel direct pour 4 ans en application
d'un mode de scrutin mixte dit de « double vote » .
Mode de scrutin des députés allemands
Chaque électeur dispose de 2 voix :
– La première voix permet de voter pour un candidat au scrutin majoritaire à un tour
dans le cadre de 331 circonscriptions
– La 2ème voix permet de voter pour une liste de candidats au scrutin proportionnel
dans le cadre de chaque Land (16 circonscriptions)
A la suite des élections de septembre 2013 , le Bundestag se compose de 631 députés
répartis de la façon suivante :
– 311 députés de la CDU/CSU (Union chrétienne)
– 193 députés du SPD (Parti Social Démocrate)
– 64 députés de Die Linke (La Gauche)
– 63 députés de l'Alliance 90/Les Verts
Le FDP (parti libéral-démocrate) n'est plus représenté au Bundestag.
Le Bundesrat se compose de membres des gouvernements des Länder , qui les nomment et
les révoquent/
Composition du Bundesrat.
– 6 sièges pour les Länder avec une population supérieure à 7 millions d'habitants
– 5 sièges pour les Länder avec une population comprise entre 6 et 7 millions
d'habitants
– 4 sièges pour les Länder avec une population comprise entre 2 et 6 millions
d'habitants
– 3 sièges pour les Länder avec une population inférieure à 2 millions
Il y a 69 sièges actuellement au Bundesrat. Exemple de répartition :
Rhénanie du Nord-Westphalie : 18 millions d'habitants et 6 sièges
Brême : 660 000 habitants et 3 sièges.
Au Bundesrat, chaque Land s'exprime uniformément : le poids du vote dépend du nombre
de siège. Selon la cour constitutionnelle , le vote du Land est considéré comme nul s'il n'est
pas unanime.

B/ Les attributs du Parlement.


L'initiative de la loi appartient aux membres du Bundestag et du Bundesrat (ainsi qu'au
Gouvernement)
Bundestag : une initiative collective réservée aux groupes parlementaires et à 5% des
députés
Bundesrat : le droit d'initiative s'apprécie globalement , en tant qu'assemblée. Un Land
soumet à l'ensemble des membres un texte qui, en cas d'adoption à la majorité absolue ,
devient une proposition de loi du Bundesrat.
La loi est, en principe, adoptée par le Bundestag par un vote à la majorité.
Le pouvoir législatif du Bundesrat varie selon l'objet de la loi : il dispose soit d'un veto
relatif (pouvant être surmonté) pour les lois simples, soit d'un veto absolu pour certaines
lois (Art.77 de la LF de 49) .

Veto absolu pour les lois qui :


– mettent en cause l'existence d'un Land ou des Länder
– restreignent la protection des droits fondamentaux
– concernant les partis politique ou le régime électoral
– visent à transférer à l'UE des attributs de la souveraineté

Pour les autres lois, le veto du Bundesrat est relatif


– si le veto est voté à la majorité des voix du Bundesrat , il peut etre surmonté par le
Bundestag à la majorité de ses membres.
– Si le veto est voté à une majorité des 2/3 au moins de ses voix , il peut etre
surmonté par la majorité des 2/3 des voix du Bundestag et, au moins, la majorité de
ses membres.
Le Bundestag participe à l'élection du Président fédéral (Art.54 de la LF) et élit la moitié des
membres de la Cour constitutionnelle (Art.94 de la LF)
Il élit le chancelier (Art.63 de la LF) qu'il peut renverser au moyen d'une motion de censure
constructive , en lui désignant un successeur (Art.67 de la LF)
Il contrôle l'action du gouvernement fédéral (Art. 43 et 44 de la LF)
Le Bundesrat élit la moitié des membres de la Cour constitutionnelle.

L'état de nécessité législative est une technique exceptionnelle qui permet, sous de strictes
conditions , au gouvernement de faire adopter par le Bundesrat une loi rejetée par le
Bundestag (Art.81 de la LF)

II/ Le Président fédéral.


Le président est élu pour un mandat de cinq ans par l'assemblée fédérale qui se compose des
membres du Bundestag et d'un nombre égal de membres élus par les assemblées populaire des
Lander.
Le président fédéral ne peut appartenir ni au gouvernement ni à un organe législatif de la fédération
ou d'un Land
Il ne peut pas être révoqué par le Bundestag, mais seulement mis en accusation pour violation
délibérée de la LF ou d'une autre loi fédérale par le Bundestag ou le Bundesrat devant la Cour
constitutionnelle
La mise en accusation est votée à la majorité des deux tiers des voix du Bundesrat ou à la majorité
des deux tiers des membres du Bundestag
Si la Cour constitutionnelle juge le Président coupable, elle le déclare déchu de ses fonctions.
La LF allemande ne lui accorde qu'un rôle de faible importance.
Il dispose des pouvoirs symbolique traditionnellement dévolus au chef de l'état dans un régime
parlementaire: la promulgation des lois. La nomination et la révocation des fonctionnaires fédéraux
et des ministres fédéraux, sur proposition du Chancelier, l'exercice du droit de grâce, etc...
Les actes du président sont, sauf exceptions, revêtus du contreseing ministériel. Le président ne
peut jamais imposer sa volonté au gouvernement ou au Bundestag
C'est le Chancelier qui est le chef réel de l'exécutif, tant au regard des prérogatives dont il
dispose que de son emprise sur la vie politique du pays
III/ Le Gouvernement fédéral
A/La composition du Gouvernement.
Chancelier et ministres.
Election et nomination du Chancelier
Le Chancelier est élu par le Bundestag sur proposition du Président fédéral. Est élu celui qui
réunit sur son nom les voix de la majorité des membres du Bundestag. L'élu doit etre
nommé par le Président fédéral.
Si le candidat proposé n'est pas élu, le Bundestag peut élire un Chancelier à la majorité de
ses membres dans les quatorze jours qui suivent le premier scrutin.
A défaut d'élection dans ce délai, il est procédé à un nouveau tour de scrutin, à l'issue duquel
est élu celui qui obtient le plus grand nombre de voix :
– si l'élu réunis sur son nom les voix de la majorité des membres du Bundestag , le
Président fédéral doit le nommer.
– Si l'élu n'atteint pas cette majorité, le Président doit, soit le nommer, soit dissoudre le
Bundestag.
Les ministres sont nommés et révoqués par le Président fédéral sur proposition du
Chancelier.
Les fonctions du Chancelier et du Gouvernement prennent fin soit avec la réunion d'un
nouveau Bundestag (donc après les élections législatives) soit avec le vote d'une motion de
censure constructive contre le Chancelier.

B/ Les attributions du Gouvernement.


Le Gouvernement et le Chancelier constituent la pièce maitresse du régime politique
allemand en raison de la logique du parlementarisme majoritaire.
Aussi, on désigne parfois ce régime parlementaire Kanzlerdemokatrie. = démocratie du
Chancelier.

Le chancelier fixe les lignes directrices de la politique nationale ainsi que les moyens
appropriés pour y parvenir et en assume la responsabilité devant le Bundestag (Art.65 de la
LFA)
Sous son autorité, le Gouvernement possède les attributs classiques du pouvoir exécutif
(administration, etc...) et, avec le soutien de la majorité du Bundestag, dirige le pays.
Le Gouvernement dispose de l'initiative législative.
Le Chancelier peut proposer la dissolution du Bundestag au Président fédéral lorsqu'il ne
dispose plus du soutien politique de la majorité de cette chambre.
L'état de nécessité législative est une technique prévue par l'Art.81 de la LFA qui permet de
maintenir provisoirement en fonction et en activité un Gouvernement bien qu'il ait perdu le
soutien de la majorité au Bundestag.
Conditions : Si le Bundestag répond négativement à une question de confiance et qu'il n'est
pas dissous, le Président fédéral peut, à la demande du Gouvernement fédéral et avec
l'approbation du Bundesrat , déclarer l'état de nécessité législative à propos d'un projet de loi
rejeté par le Bundestag.
1ère conséquence : si le Bundestag rejette à nouveau le projet ou si il l'adopte dans une
rédaction que le Gouvernement fédéral a déclaré inacceptable, la loi est considérée comme
définitivement adoptée dans la mesure où le Bundesrat l'approuve.
2ème conséquence : Pendant un délai qui ne peut dépasser 6 mois et tant que le Chancelier
minoritaire demeure en fonction, tout autre projet de loi rejeté par le Bundestag peut
également être adopté par le Bundesrat en application de cette procédure législative
exceptionnelle.

IV/ La Cour constitutionnelle fédérale.


« Le pouvoir de rendre la justice est confié aux juges ; il est exercé par la Cour
constitutionnelle fédérale, par les cours fédérales prévues par la présente Loi fondamentale
et par les tribunaux des Länder » (Art.91 de la LF) la Cour constitutionnelle est à part dans
le système juridictionnel.
La cour constitutionnelle fédérale siège à Karlsruhe.
Elle est composée de 16 membres, élus pour moitié par les 2/3 au moins du Bundestag et
pour l'autre par les 2/3 au moins du Bundesrat.
Le mandat d'un juge constitutionnel est de 12 ans.

Compétences de la Cour constitutionnelle


elle examine les litiges relatifs au fonctionnement des pouvoirs publics :
– conflits de compétences entre les Länder ou entre le Bund et les Länder ;
– conflits entre des institutions fédérales ;
– mise en accusation du Président fédéral par l'une des chambres
Elle assure le contrôle a posteriori de constitutionnalité des normes juridiques à la
demande :
– du gouvernement fédéral, d'un tiers du Bundestag ou d'un Land ;
– par un tribunal qui, au cour d'un litige, est confronté à une norme qui lui semble
inconstitutionnelle
– par quiconque qui estime qu'une norme serait contraire à ses droits fondamentaux
protégés par la Loi fondamentale.
Elle peut être saisie en vue d'interdire un parti politique présentant un danger pour la
démocratie.
52 : interdiction du SRP (néo-nazi) ; 56 : interdiction du KPD (communiste)
Section II/ Le fonctionnement du régime parlementaire rationalisé.
Parlementarisme rationalisé : la réglementation juridique des rapports entre l'exécutif et le
Parlement vise à préserver la stabilité gouvernementale des débordements parlementaires.
Les gvts restent au pouvoir et ne soit pas renversé à la moindre crise politique, pour assurer
la longévité du gvt.
Parlementarisme majoritaire : le Gouvernement dispose au sein du Parlement (ou de la
Chambre basse du Parlement) d'une majorité stable et disciplinée pour soutenir sa politique.
Le parlementarisme allemand est rationalisé et majoritaire. Tant que les règles
constitutionnelles que les circonstances politiques conduisent à une forte emprise du
Chancelier et du Gouvernement fédéral sur le Bundestag.

I/ La responsabilité politique du Gouvernement fédéral devant le Bundestag.


Motion de défiance constructive. « Le Bundesrat ne peut exprimer sa défiance envers
le Chancelier fédéral qu'en élisant un successeur à la majorité de ses membres et en
demandant au Président fédéral de révoquer le Chancelier fédéral. Le Président fédéral doit
faire droit à la demande et nommer l'élu. » (Art.67 de la LFA)
1 motion de censure constructive votée depuis 49 :
Helmut Schmidt, Chancelier fédéral du 16 mai 74 au 1er octobre 82
Helmut Kohl, Chanceloer fédéral du 1er octobre 82 au 27 octobre 98.
Ludwig Erhard, Chancelier fédéral du 16 octobre 63 au 1er décembre 66 : il a
démissionné à la suite d'une rupture de la coalition qui l'avait porté au pouvoir.
Juridiquement, un vote négatif à une question de confiance n'entraine pas nécessairement la
démission du Gouvernement. Soit il démissionne soit il décide de demander au Président de
dissoudre le Bundestag, ou alors utilise l'état de nécessité législative.
Seule l'adoption d'une motion de défiance constructive le contraint à démissionner.

II/ La dissolution du Bundestag.


La dissolution du Bundestag n'est permise que dans deux cas seulement, prévus par la LFA.
1) A défaut d'élection d'un chancelier à la majorité absolue des membres du Bundestag,
le Président fédéral doit, soit nommer le candidat qui a obtenu le + de voix, soit
dissoudre la Bundestag (Art.63 LF)
2) Si une question de confiance posée par le Chancelier fédéral n'obtient pas
l'approbation de la majorité des membres du Bundestag, le Président fédéral peut, sur
proposition du Chancelier, dissoudre le Bundestag dans les 21 jours. (Art.68 LF).
Le Chancelier ne dispose pas librement du droit de dissolution. Toutefois, le soutien et la
confiance politique de la majorité des membres du Bundestag lui permettent de contourner
cette contrainte juridique.
Le Chancelier, désireux de dissoudre alors qu'il dispose encore d'une majorité à la Chambre,
peut poser la question de confiance et demander aux députés de son parti de voter contre lui.
Il pourra ainsi demander au Président de dissoudre le Bundestag.
C'est ce qu'ont fait Helmut Kohl en 82 et Gerhard Schröder en 2005.
Décision de la Cour constitutionnelle du 16 février 83 sur la dissolution du Bundestag.
Le vote de confiance ne peut être demandé que dans deux buts :
– soit renforcer l'autorité du Chancelier
– soit, au contraire, constater l'existence d'une crise politique qui empêche le
Gouvernement d'agir, faute de majorité solide et ouvrir ainsi la voie à une dissolution
permettant de mettre fin à cette crise.

TITRE II. L'HISTOIRE CONSTITUTIONNELLE FRANCAISE.


L'Ancien régime. Monarchie absolue de droit divin. Lois fondamentales du Royaume.
Principales dates de la Révolution.
5/05/1789 : réunion des Etats généraux à Versailles.
17/06/1789 : le représentants du Tiers Etat se proclament AN
20/06/1789 : serment du Jeu de Paume aux termes duquel les membres de l'AN jurent « de
ne jamais se séparer et de se rassembler partout où les circonstances l'exigeront, jusqu'à ce
que la Constitution du Royaume soit établie et affermie sur des fondements solides. ».
9/07/1789 : l'AN se proclament en ANConstituante
14/07/1789 : l'ANC élit le premier comité de constitution et arrête « que la constitution
contiendrait une Déclaration des Droits de l'Homme ».
26/08/1789 : l'ANC décide l'ajournement de la discussion sur la DDHC pour se consacrer à
l'élaboration de la constitution qui sera finalement votée le 3/09/1791 et acceptée par le Roi
qui lui jure fidélité le 14/09/1791.

15 Constitutions françaises.
1) Constitution de 1791 : Monarchie constitutionnelle
2) Constitution de l'An I (1793) – Première République
3) Constitution de l'An III (1795) – Directoire
4) Constitution de l'An VIII (1799) – Consulat
5) Constitution de l'An X (1802) – Consulat à vie
6) Constitution de l'An XII (1804) – Empire
7) Charte de 1814 – Restauration
8) Acte additionnel aux Constitutions de l'Empire (1815) – Cent jours
9) Charte de 1830 – Monarchie de Juillet
10) Constitution de 1848 – II ème République
11) Constitution de 1852 – Second Empire
12) Lois constitutionnelles de 1875 – III ème République
13) Loi constitutionnelle de 1945 – Gouvernement provisoire
14) Constitution de 1946 – IV ème République
15) Constitution de 1958 – V ème République
Chapitre I. L'émergence du régime parlementaire.
Section I. La naissance du régime parlementaire dualiste sous la monarchie.
Première constitution de la France, la constitution de 1791 organise une monarchie limitée dont le
régime s'inspire partiellement de la monarchie parlementaire britannique et du régime présidentiel
américain.
Constitution de 1791
Le pouvoir exécutif est délégué au Roi, personne inviolable et sacrée qui accède à sa fonction par
hérédité et porte le titre de Roi des Français, et non plus Roi de France.
Le pouvoir législatif est délégué à une assemblée monocamerale de 745 membre élus pour 2 ans au
suffrage censitaire, le Corps législatif.
Le Roi est le Chef du Gouvernement. Il nommé et révoque les ministres et les hauts fonctionnaires
et promulgue les lois dont il n'a pas l'initiative.
Il dispose d'un droit de veto suspensif sur les lois adoptée par le corps législatif d'une durée de 6
ans.
Ses actes sont contresigné par les ministres.
Le Roi ne peut pas dissoudre l'assemblée et le Corps législatif ne peut pas destituer le Roi.
Les ministres sont pénalement, mais non politiquement responsable devant le corps législatif.
Mars 1792: mise en accusation du ministre des affaires étrangères, Delassart, accusé d'avoir manqué
de fermeté dans sa correspondance avec L'empereur D'Autriche. Louis XVI accepte sa démission
ainsi que celles d'autres ministre qu'il remplace par des ministres politiquement plus proche de la
majorité au corps législatif.

I.l'apparition du régime parlementaire sous la Restauration.


Après l'abdication de Napoléon le 4 avril 1814, Louis Stanislas Xavier de France,revient en France
pour restaurer la monarchie. louis XVIII octroie à ses sujets une Charte constitutionnelle le 4 juin
1814 qui met en place une monarchie de droit divin, faiblement limitée, mais qui va évoluer vers le
régime parlementaire à l'anglaise.

A. La charte constitutionnelle du 4 juin 1814


Le Roi :
-Promulgue seul, sanctionne (veto) et promulgue la loi.
- Peut suspendre les lois par voie de règlement ou d'ordonnance
- Exerce le pouvoir réglementaire
- Nomme à tous les emplois publics, y compris les juges.
Parlement bicameral :
Chambre des pairs, nommés par le Roi à titre héréditaire ou à vie.
Chambre des députés (élus pour cinq ans au suffrage censitaire) qui peut être dissoute.
Les chambres votent la loi sans pouvoir proposer des amendements.

Éléments favorable à l'émergence du régime parlementaire.


Les fonctions de ministre et de parlementaire sont compatibles
Les ministres peuvent être accusés pour des faits de trahisons ou de corruption par les chambres
Les chambre votent le budget et consentent l'impôt.

B. La pratique institutionnelle.
Le Duc de Richelieu, ministre principal du Roi, démissionne en 1818 après que la chambre des
députés ait exprimé son mécontentement à l'égard de sa politique.
Decazes démissionne en 1820 après que les chambres aient systématiquement refusé de voter ses
projets de loi.
Charles X succède en 1824 à son frère Louis XVIII et tente de briser l'évolution vers le régime
parlementaire. Il essaye de gouverner sans tenir compte de l'opinion de la majorité des
parlementaires et nommé en conséquence des ministres principaux non souhaités par La Chambre
des députés.
Le 18 mars 1830, la majorité libérale de la chambre exprime sa défiance à l'égard du ministre dirige
par le Duc de Polignac (Adresse des 221)
Le 16 mars 1830, la chambre est dissoute par le Roi mais les libéraux remportent une
victoire très nette aux élections de juin et juillet 1830. Les 27, 28 et 29 juillet 1830, une
révolution renverse Charles X.

II/ La consolidation du régime parlementaire sous la Monarchie de Juillet.


La Révolution de Juillet 1830 provoque l'abdication de Charles X et l'élimination de la
branche ainée des Bourbons au profit de Louis-Philippe, Duc d'Orléans et cousin de Louis
XVI, Louis XVIII et Charles X.
Contrairement à ses prédécesseurs, Louis-Philippe passe un véritable compromis avec les
idées de la Révolution et admet l'implantation du régime parlementaire dualiste.
A. La charte constitutionnelle du 14/08/1830
La référence au droit divin est abandonnée et la religion catholique n'est plus la religion de
l'Etat. Le Roi est de nouveau le Roi des Français (= Constitution 1791) et non plus le Roi de
France. Le drapeau est de nouveau le drapeau tricolore et non plus le drapeau blanc à fleur
de lys. Libéralisation.
Mais le suffrage est toujours censitaire (même si le cens est abaissé) et les institutions
restent les mêmes que sous la Charte de 1814 (Monarque, Chambre des députés, Chambre
des pairs)
Réformes constitutionnelles de 1830 :
– les pairs à titre héréditaire sont supprimés
– les chambres obtiennent l'initiative des lois, ainsi que le droit d'amendement
– le Roi ne peut plus suspendre les lois par ses règlements ou ordonnances mais le veto
subsiste.
B. La pratique institutionnelle.
Louis-Philippe veut gouverner. C'est pourquoi il choisit les ministres et les révoque. Mais
comme il ne veut pas gouverner sans le soutien des Chambres, il admet que les ministres
soient aussi responsables politiquement devant elles.
L'interpellation est une question posée par un parlementaire à un ministre suivie d'un débat
général qui set conclu par le vote d'un ordre du jour favorable ou non à ce ministre. S'il est
défavorable, le ministre démissionne.
L'instabilité gouvernementale (17 ministères en 18 ans) montre la difficulté de
fonctionnement du régime parlementaire dualiste lorsque les deux institutions devant
lesquelles le gouvernement est responsable ont des vues politiques différentes et disposent
d'une légitimité équivalente.
En cas de désaccord entre le Chef de l'Etat et le Parlement, qui doit avoir le dernier mot ?
La contestation par la Chambre des députés des choix du Roi et de son ministère par Guizot
mènera à la Révolution de 1848.
22-25/02/1848 : à la suite d'une insurrection populaire à Paris, Louis-Philippe abdique en
faveur de son petit-fils le Comte de Paris et s'exile. Mais le Seconde République est très vite
proclamée par Alphonse de Lamartine, entouré de révolutionnaires, et un gouvernement
provisoire est aussitôt formé.
5/03 : convocation pour élire l'assemblée constituante d'un corps électoral élargi à tous les
français âgés de 21 ans. Suffrage universel direct masculin
4 mai : L'assemblée se réunie et proclame officiellement la République.

Section II/ l'instauration du régime parlementaire moniste sous la République.


I/ Le refus du régime parlementaire sous la Deuxième République.
La Constitution de la Deuxième République est adoptée le 4 novembre 1848 par
l'Assemblée Constituante. Elle n'est pas soumise à l'approbation du Corps électoral. Son
contenu s'inspire des principes issus de la Révolution de 1789 et de la Constitution des E.-U.
Le pouvoir législatif est confié à une seule chambre, composée de 750 députés élus pou
suffrage 3 ans au suffrage universel direct. L'Assemblée Nationale ne peut pas être dissoute.
Le pouvoir exécutif est confié à un Président de la République élu pour 4 ans au suffrage
universel direct (rééligible après un intervalle de 4 années) . Ce dernier nomme et révoque
les ministres qui sont irresponsables devant l'Assemblée. La constitution prévoit l'existence
d'un vice-Président de la République « nommé par l'Assemblée nationale sur la présentation
de trois candidats faite par le Président dans le mois qui suit son élection ».
Louis-Napoléon Bonaparte, neveu de Napoléon, est élu Président le 10/12/1848 avec 74%
des suffrages. Elue le 13/05/1849, la nouvelle Assemblée est largement dominée par les
partisans su conservatisme social et de l'ordre (légitimistes, orléanistes, républicains
modérés et bonapartistes) .
EN 1851, l'Assemblée refuse à Louis-Napoléon Bonaparte une révision constitutionnelle qui
lui permettrait de se représenter à l'élection présidentielle de 1852.

Le 2/12/1851, la République est renversée par un coup d'Etat de Louis-Napoléon Bonaparte


qui, entre autres mesures, dissout l'Assemblée.

II/ La consécration du régime parlementaire sous la Troisième République.


La chute du second empire : 2/09/1870 : après la défaite à la bataille de Sedan, Napoléon III
capitule et se rend aux Prussiens. 4/09/1870 : un Gouvernement de la Défense nationale se
constitue provisoirement à Paris, avec notamment Léon Gambetta et Jules Ferry , et
proclame la République à l'Hôtel de ville.
2/12/1870 : un Gouvernement provisoire présidé par le Général Trochu se forme.
18/01/1871 : signature de l'armistice avec la Prusse.
8/02/1871 : élection d'une assemblée nationale.
L'assemblée nationale a été élue principalement pour achever la guerre et préparer la paix.
Elle n'a pas été désignée en tant qu'assemblée constituante. Elle avait été élue sur la base de
la question de la guerre ou de la paix : la guerre avec l'Allemagne pouvait-elle être
continuée ou non ? Les français se prononcèrent pour la paix et pour la monarchie , sous
l'influence de la France de province parce que les monarchistes étaient favorables à la paix
et les républicains étaient bellicistes.
Les monarchistes sont largement majoritaire dans l'assemblée élue (400 sur environ 650
membres), mais ils ne s'entendent pas sur la monarchie à instaurer. D'un côté, les
légitimistes défendent le retour au pouvoir de la branche aînée de la dynastie des Bourbons,
en la personne du Comte de Chambord , petit-fils de Charles X.
De l'autre, les orléanistes soutiennent le retour au pouvoir de la branche cadette de la
dynastie des Bourbons, la branche d'Orléans, en la personne du Comte de Paris ; petit-fils
de Louis-Philippe.
L'assemblée nationale élit le 17/02/1871 Louis Adolphe Thiers , alors réputé sympathisant
orléaniste , « Chef du Pouvoir exécutif ». l'Assemblée se consacre essentiellement à la paix
et signe le traité de Francfort du 10 mai 1871, qui entraîne notamment la perte de l'Alsace et
de la Moselle.
Ensuite, l'Assemblée adopte quatre lois provisoires pour organiser le régime politique de
transition :
– la loi du 31/08/1871 , dite « Constitution Rivet ». prévoit que « le chef du pouvoir
exécutif prendra le titre de président de la République française , et continuera
d'exercer, sous l'autorité de l'Assemblée nationale, tant qu'elle n'aura pas terminé ses
travaux les fonctions qui lui ont été déléguées par décret du 17/02/1871 » (qui a
institué Thiers) Cette loi prévoit aussi que le Président et les ministres qu'il nomme et
révoque sont « responsables devant l'Assemblée ».
– la loi du 15/02/1872, dite « loi Trévéneuc ». elle est toujours en vigueur, . Elle
organise la suppléance de l'Assemblée nationale ou de celles qui lui succéderont, par
une assemblée des délégués des conseils généraux, au cas où elle serait illégalement
dissoute ou empêchée de se réunir.
– la loi du 13/03/1873, dite « loi des Trente » ou « Constitution de Broglie ». elle met
en place un système compliqué de communication entre le Président de la
République et l'Assemblée, qualifié de « cérémonial chinois » par Thiers.
Le 24/05/1873, l'Assemblée nationale contraint le président Thiers à démissionner
et le remplace par le maréchal de Mac Mahon, monarchiste convaincu.
– la loi du 20/11/1873, dite « loi du septennat ». . elle confie pour 7 ans le pouvoir
exécutif à Mac Mahon, pouvoir qui « continuera à être exercé avec le titre de
Président de la République et dans les conditions actuelles jusqu'aux modification qui
pourraient y être apportées par les lois constitutionnelles. ».
La Troisième République est instaurée le 30/01/1875 avec le vote d'un amendement proposé
par Henri Wallon (353 pour et 352 contre). L'amendement prévoit que « le Président de la
République est élu à la majorité absolue des suffrages par le Sénat et la Chambre des
députés réunis en Assemblée nationale. Il est nommé pour sept ans. Il est rééligible ».
institutionnaliser la fonction de Président de la République, impersonnelle. En fixant le
statut constitutionnel de la Présidence de la République, indépendamment de la personne de
son titulaire, l'amendement Wallon institutionnalise la fonction. La République est
effectivement mise en place.
A/ Les lois constitutionnelles de 1875.
La constitution de la Troisième République se compose de trois loi constitutionnelles :
– la loi constitutionnelle du 25/02/1875 relative à l'organisation des pouvoirs publics
– la loi constitutionnelle du 24/02/1875 sur le Sénat (première loi à être votée et
adoptée)
– la loi constitutionnelle du 16/07/1875 sur les rapports entre les pouvoirs publics
les lois constitutionnelles sont brèves (34 Art en 1875, → 25 Art en 1940) . Ainsi, certaines
fonctions, telles celle de Président du Conseil ne sont pas prévues par les lois
constitutionnelles.
Les lois constitutionnelles sont faciles à réviser : les chambres doivent , par délibérations
séparées prises à la majorité absolue des voix, soit spontanément, soit sur la demande du
Président de la République, déclarer qu'il y a lieur de révision les lois constitutionnelles. Si
la résolution de révision est adoptée, les chambres se réunissent à la révision à la majorité
absolue des membres composant l'AN.

Institutions de la Troisième République.


– Un Président de la République élu pour 7 ans par la Chambre des députés et le Sénat.
– Une Chambre des députés élus pour 4 ans au suffrage universel direct.(environ630)
– Un sénat élu au suffrage universel indirect : 225 élus pour 9 ans dans le cadre des
départements et des colonies et 75 élus à vie par la Chambre des députés. (300)
– Des ministres nommés par le Président.
Rapports entre les organes :
– Le Président de la République et les parlementaires ont l'initiative des lois.
– Les chambres votent la loi (bicamérisme égalitaire).
– Le Président est politiquement irresponsable.
– Le Président peut dissoudre la Chambre des députés avec l'avis conforme du Sénat.
– Les ministres sont responsables devant les chambres.
Les lois constitutionnelles ne précisent pas qui dirige le gouvernement. Jusqu'en 1875, le
Président de la République chargea un membre du Parlement de former un gouvernement
qui porte le titre de Vice-président du Conseil des ministres. Ce n'est qu'à partir de la
promulgation des lois constitutionnelles de 1875 que le premier des ministres porte le titre
de Président du Conseil des ministres, sans que la fonction ne soit reconnue par un texte.
La Constitution de la Troisième République organise d'emblée un régime parlementaire.
Selon l'Art.6 de la loi constitutionnelle du 25/02/1875 : « les ministres sont solidairement
responsables devant les chambres de la politique générale du Gouvernement et
individuellement de leurs actes personnels. »

ce régime parlementaire résulte d'un compromis entre monarchistes et républicains.


Les monarchistes ont obtenu :
– l'absence d'un Déclaration des Droits
– une chambre haute puissante
– un Chef de l'Etat fort élu par le Parlement
– le siège des institutions à Versailles (jusqu'en 1879)
Les républicains ont obtenu :
– le maintien du suffrage universel pour l'élection des députés
– l'existence d'un Président de la ''République'' dont les pouvoirs sont tous soumis à
contreseing
– l'encadrement du limitation du droit de dissolution

B/ La crise du 16 mais 1877 et ses suites


La crise du 16 mai 1877 a deux incidences majeures dans l'histoire constitutionnelle
française :
– elle annonce le passage du régime parlementaire dualiste au régime parlementaire
moniste
– elle explique l'affaiblissement du Président de la République et plus généralement de
l'Exécutif jusqu'en 1958
dans les premiers mois de la Troisième République, Mac Mahon interprète les lois
constitutionnelles de 1875 dans un sens favorable au parlementarisme dualiste. Aussi, il
nomme des ministres qui ont sa confiance et les renvoie lorsque ce n'est plus le cas et
menace d'utiliser le droit de dissolution pour s'opposer à la Chambre des députés en
s'appuyant sur le Sénat.
En 1876, les républicains remportent une large victoire aux élections législatives et exigent
que le cabinet soit composé d'hommes favorables à leurs idées. Mac Mahon appelle Jules
Dufaure à la présidence du Conseil. L'hostilité de la Chambre des députés à sa politique le
contraint rapidement à démissionner. Il est remplacé par Jules Simon, un républicain modéré
qui essaye de concilier les deux tendances de la Chambre.
Le 16 mai 1877, Mac Mahon renvoie Jules Simon qui a eu le tort, selon lui d'accepter un
ordre du jour voté par la Chambre des députés. Le 19 mais 1877, Mac Mahon fait appel au
Duc de Broglie, un monarchiste orléaniste, pour former un ministère qui ait sa confiance
personnelle. Le 19 juin 1877 , à la rentrée des chambres, le ministère de Broglie est mis en
minorité par la Chambre des députés.
Mac Mahon dissout la Chambre des députés le 25 juin 1877. les élections législatives qui
suivent ont un enjeu considérable : il s'agit pour les électeurs de déterminer si le
ministère doit seulement traduire la volonté de la majorité du Parlement ou bien s'il
doit également tenir compte de la volonté du Président de la République.
Les républicains, menés par Léon Gambetta, remportent largement les élections d'octobre
1877. mais, dans un premier temps, Mac Mahon refuse de se soumettre à la volonté
populaire et nomme un cabinet présidé par le général Gaëtan de Rochebouët.
Le 24 novembre 1877, la Chambre des députés refuse de rentrer en rapport avec le nouveau
ministère. Dès lors, Mac Mahon se soumet à la volonté populaire :
– il nomme Jule Dufaure, qui avait voté contre la dissolution et gardé une attitude
hostile au cabinet de Broglie , président du Conseil
– il annonce qu'il n'utilisera plus le droit de dissolution jusqu'à la fin de son mandat

Mac Mahon démissionne le 30 janvier 1879 quand les républicains obtiennent la majorité
absolue au Sénat. Il est remplacé le jour même par Jules Grévy, un républicain modéré. (élu
par l'AN républicaine)
Dans son discours du 6 février 1879 devant la Chambre des députés (« Constitution
Grévy ») , Jules Grévu accepte le principe :
– de la non utilisation du droit de dissolution
– du choix des ministres dans la majorité, ces derniers n'étant responsables que devant
le Parlement.
A partir de 1879, le Président perd, en pratique, la grande majorité de ses pouvoirs.
Néanmoins, il conserve un rôle effectif dans deux domaines :
– il continue à intervenir dans les domaines consensuels (diplomatie, politique
coloniale, haute administration)
– il choisit réellement les ministres et le Président du Conseil.

Chapitre II/ L'évolution du régime parlementaire

Les lois constitutionnelles de 1875 ont installées de nouvelles institutions qui ne seront pas
profondément modifiées par le pouvoir constituant.
Il y a eu 3 révisions constitutionnelles en 70 ans dont deux portent sur les institutions :
– la révision du 21/01/1879 : Paris redevient le siège des pouvoirs publics, à la place
de Versailles.
– la révision du 14/08/1884 : d'une part, la forme républicaine du gvt ne peut faire
l'objet d'une proposition de révision et les membres des familles ayant régné sur la
France sont inéligibles à la présidence de la République ; d'autre part, les Art 1 à 7 de
la loi du 24/02/1875 relative au Sénat sont dé-constitutionnalisées pour être
modifiées par une loi ordinaire. Ensuite, la loi du 9/12/1884 supprime les sénateurs
inamovibles pour le futur et le collège électoral est élargi.
– la révision du 10/08/1926
Les répercussions de la crise du 16/05/1877, en particulier la « Constitution Grévy) , vont
affaiblir considérablement l'Exécutif , parce que le Président ne peut plus dissoudre la
Chambre des Députés et ne peut plus choisir ou imposer sa volonté aux ministres.
Ce faisant, le régime parlementaire moniste est durablement établi en France. Mais il va
progressivement évoluer vers un régime d'assemblée.
Au 19ème siècle, la pratique du parlementarisme est très éloignée de la pratique anglaise du
parlementarisme majoritaire. La domination du Parlement sur le Gouvernement s'affirme
tout au long de la Troisième République et sera renforcée par la Constitution et la pratique
des institutions sous la Quatrième République.

Section I/ La crise du parlementarisme sous la Troisième République.


I/ L'hégémonie parlementaire. = la puissance absolue du Parlement.
La Troisième République a donné naissance à une forme de parlementarisme absolu, que va
dénoncer , notamment, Carré de Malberg dans son ouvrage , La loi, expression de la
volonté générale (1931)
Cause de l'hégémonie parlementaire :
– les chambres ne peuvent de facto plus être dissoutes
– l'Exécutif est entièrement issu des chambres
– la loi est souveraine (domaine illimité, aucun contrôle de constitutionnalité , faible
rigidité constitutionnelle)
– pas de procédure référendaire

II/ L'affaiblissement de l'Exécutif.


A/ L'effacement du Président de la République.
14 Présidents de la République. Albert Lebrun : 32-40 ; dernier Pdt de la IIIème.
Raymond Poincaré : 13-20, contexte de la 1ère GM « je suis un manchot de la Constitution)
Grévy, Mac Mahon, Thiers , …
Plusieurs tentatives de restauration de la Présidence de la République ont eu lieur mais elles
ont échoué. Par exemple, Alexandre Millerand, élu en 1920, a revendiqué un rôle actif pour
le chef de l'Etat, souhaitant appliquer la Constitution de 1875 dans son esprit originel. Mais
il fut conduit à la démission en 24 , à la suite de la victoire du Cartel des gauches , au terme
d'une crise qui l'opposa aux assemblées.
Face à l'affaiblissement du Président de la République, la présidence du Conseil n'arriva pas
véritablement à s'imposer face aux chambres, malgré quelques titulaires d'envergure.

B/ L'instabilité gouvernementale.
L'instabilité gouvernementale consiste en un changement fréquent et répété de
gouvernements (104 gvts se sons succédé en 70 ans) . Elle n'implique par pour autant
l'instabilité ministérielle car ce sont souvent les mêmes personnes politiques que l'on
retrouve d'un gvt à l'autre.
1876-1881 : 10 gvts (3 par la mm personne (Jule Dufaure))
1899-1909 : 8 gvts se succèdent dont 3 ont duré plus de 2 ans et demi :
– Waldeck-Rousseau reste Président du Conseil pendant près de 3 ans (1899-1902)
– Combes qui lui succède reste en fonction 2 ans et demi (1902-1905)
– Clémenceau dirige un gouvernement pendant presque 3 ans (1906-1909)
De 1920 à 1940 , les gouvernements ont une durée moyenne de 6 mois.
Chaque désaccord, même mineur, entre le gouvernement et la majorité de la Chambre
censée le soutenir pouvait déboucher sur une crise ministérielle. Cependant, si le
Gouvernement était remplacé, nombre de ministres de l'ancien cabinet figuraient dans le
nouveau.

Quels sont les facteurs de l'instabilité gouvernementale ?


D'abord, les lois constitutionnelles de 1875 n'ayant prévu aucune procédure particulière pour
la mise en jeu de la responsabilité politique du Gouvernement , celui-ci prend l'habitude de
se retirer dès qu'il est mis en minorité par l'une ou l'autre des chambres, même s'il s'agit
d'une questions d'importance mineure.
Ensuite, la multiplicité des partis politiques, l'absence de bipolarisation structurante de la vie
politique et l'absence d'une stricte partisane expliquent la fragilité des coalitions
gouvernementales.
Enfin, l'absence de leadership gouvernemental contribue à fragiliser les Gouvernements
dont la solidarité est soumise à rude épreuve. On écarte de la présidence du Conseil les
personnes dont on pouvait attendre ou redouter un exercice énergique des prérogatives
gouvernementales. Ainsi, après son élection, Grévy ne nomme pas immédiatement
Gambetta comme Président du Conseil, pourtant chef du parti républicain.

Des efforts sont réalisés pour restituer au régime une efficacité et restaurer l'Exécutif :
1) Organisation de la Présidence du Conseil : En 14, la Présidence du Conseil est
organisée administrativement (création d'un Secrétariat Gouvernemental par Décret) ;
en 34, une loi de finance reconnaît l'existence d'un « Ministre chargé de la Présidence
du Conseil » qui aura un local particulier : l'Hôtel de Matignon.
2) Apparition de la pratique des décrets-lois : pendant la Guerre de 14-18, le Parlement
accepte de déléguer au Gouvernement le pouvoir de faire la loi. Puis, à partir de 24,
le Président Poincaré obtient de nouveau l'autorisation du Parlement. Il y aura
généralisation des décrets-loi entre 34 et 40.
La crise du parlementarisme explique en partie la chute de la IIIème République. De
nombreuses crises politique secouent le régime comme, par exemple, le boulangisme en
1887, du nom du général Boulanger qui fut fortement incité à prendre le pouvoir, mais finit
par y renoncer, l'affaire Dreyfus en 1898 ou l'action des ligues factieuses antirépublicaines
en 34.
Le 16 40, Pétain est nommé Président du Conseil par le Président de la République Albert
Lebrun et signe l'armistice le 22/06. Le 10/07, l'assemblée nationale « donne tout pouvoir au
Gouvernement de la République, sous l'autorité et la signature du Maréchal Pétain, à l'effet
de promulguer par un ou plusieurs actes un nouvelles constitution de l'Etat français. »
Le 11/07, Pétain adopte trois actes constitutionnels qui organisent le régime de Vichy.

Section II/ L'établissement du régime d'assemblée sous la 4ème République.


Le 22/06/1940, le Général De Gaulle fonde à Londre le Comité de la France Libre qui , le
24/09/1941, devient le Comité national Français.
Le 3/06/43, ce gouverneent provisoire fusionne à Alger avec le Commandant en Chef civil
et miliatire du Général Giraud pour devenir le Comité français de Libération nationale
Le 3/06/1944, le Comité français de Libération nationale prend le nom de Gouvernement
provisoire de la République Française. (GPRF)

Le référendum du 21 octobre 1945.


Les électeurs doivent répondre à 2 questions :
– souhaitent-ils, oui ou non, élire une assemblée constituante chargée d'élaborer une
nouvelle constitution ? Si la réponse est non, il y a maintien de la Constitution de
1875 et donc de la Troisième République.
– Si la réponse est oui, souhaitent-ils que les pouvoirs de l'assemblée constituante soit
limités (sept mois pour faire une constitution qui sera soumise au référendum
Les élections donnent en sièges la majorité absolue à la gauche (PCF et SFIO) , ce qui aura
pour effets :
– la démission du général De Gaulle (pourtant élu par l'assemblée le 2/11/45) le
20/01/46
– l'élection de Felix Gouin (SFIO) comme Président du GPRF
– l'élaboration d'un projet de constitution adopté le 19/04/46 où une assemblée unique
domine l'Exécutif.
Le 5/05/46, le projet de Constitution du 19 avril est soumis au référendum. Le corps
électoral vote son rejet par 10.584.359 non, contre 9.454.034 oui.
Le 2/06/46, une nouvelle AN constituante est élue dans laquelle la gauche perd la majorité
absolue et le premier parti en nombre de sièges est le MRP. Georges Bidault (MRP) est élu
Président du GPRF.

Le 13/10/46, un référendum est organisé au sujet du nouveau projet de Constitution.


Les résultats :
– Oui : 9.297.470
– Non : 8.165.459
– Abstentions : 8.519.835
La Constitution de la IVème République française est promulguée le 27/10/46.

I/ Le régime politique de la Constitution du 27/10/46.


La constitution d'octobre 46 est le résultat d'un compromis entre le MRP, le PC et la SFIO .
Il est marqué par le retour à un bicamérisme inégalitaire et un renforcement de la position
du Pdt du Conseil. Elle est précédée d'un préambule reconnaissant des droits économiques
et sociaux complétant les droits de la DDHC de 1789.

L’Assemblée nationale est élue au suffrage universel direct, par un mode de scrutin
proportionnel dans le cadre départemental. Jusqu'à la révision constitutionnelle du 7/12/54,
elle vote seule la loi, puis après 54, avec la deuxième chambre mais elle gardera cependant,
en cas de désaccord avec elle, le droit de faire prévaloir sa volonté. Elle seule peut mettre en
cause la responsabilité du gouvernement.
Le Conseil de la République (chambre haute) est élu au suffrage universel indirect par un
collège d'élus nationaux et locaux. Ses pouvoirs sont réduits, et si, avant 54, il ne pouvait
émettre que des avis, depuis cette date il participe au vote de la loi. Il ne peut pas mettre en
cause la responsabilité politique du gouvernement.

Le Président de la République est élu pour sept ans par le Parlement réuni.
Il dispose de moins de pouvoirs que ceux prévus en 1875 mais il conserve celui de désigner
le Président du Conseil. Ses actes sont soumis au contreseing des ministres.
Vincent Auriol (1947-1954) et René Coty (54-58) ont été les deux présidents.

Le Président du Conseil est désigné par le Président de la République et reçoit seul


l'investiture de l'AN, à la majorité absolue, après avoir présenté son programme ; enfin, il est
nommé par le Pdt de la République et fait nommer par ce dernier les ministres qu'il a
choisis. Après la révision de 54 , cette procédure est modifiée.
Il a trois fonctions essentielles : il est le chef réel de l'exécutif ; il choisit ses ministres et
peut, dans la pratique, les révoquer ; il est le chef de la majorité parlementaire.

II/ L'échec de la rationalisation du parlementarisme.


La rationalisation du parlementarisme doit permettre à un Gouvernement de trouver une
majorité stable pour le soutenir à l'AN alors que le mode de scrutin (représentation
proportionnelle) et le système de partis (multipartisme) ne la fournissent pas.
Mai 47 : « l'union sacrée » des trois partis politiques (PCF, SFIO et MRP) qui gouverne la
France s'effondre. Les communistes quittent le gouvernement et devienne des opposants
systématiques aux institutions et à la politique du régime, comme l'étaient déjà les partisans
du Général de Gaulle. Ces opposants représenteront jusqu'en 58 1/3 des députés à l'AN.

La Constitution de 46 utilise principalement deux techniques de rationalisation du


parlementarisme :
1) Le Gouvernement procède de l'AN grâce à un « contrat de législature » liant le
Président du Conseil et sa majorité ; l'AN investit le Pdt du Conseil au vu de son
programme à la majorité absolue des députés (Art.45 de la Constitution de la IVème
République)
Paul Ramadier, premier Président du Conseil accepte, après avoir été investi le 21/01/47, de
revenir devant l'AN pour répondre à des interpellations (interpellation d'un ministre qui se
prononce puis vote de l'AN) concernant la composition de son Gvt. Dès lors va se dvper la
pratique de la « double investiture » : une première investiture à la majorité absolue sur le
nom du Président du Conseil et le programme du Gvt ; une deuxième investiture à la
majorité relative sur la composition du Gvt.
La révision constitutionnelle du 7/12/54 réforme la procédure en prévoyant une investiture
unique : le Président du Conseil désigné par le Pdt de la République présente son
programme et la composition de son Gvt à l'AN qui l'investit à la majorité relative.
2) La responsabilité politique du Gouvernement ne peut être mise en cause qu'à la
majorité absolue des membres de l'Assemblée, et non par le simple jeu
d'interpellations.
La question de confiance ne peut être posée que par le Président du Conseil, après
délibération du Conseil des ministres.
Le vote sur les question de confiance (Art.49) , ou sur la motion de censure (Art.50), ne peut
intervenir qu'un jour franc après qu'elle a été posée ou déposée devant l'Assemblée ; la
défiance ne peut être refusée au Gouvernement qu'à la majorité absolue des députés à
l'Assemblée.
Art.51 de la Constitution de 46 : « Si, au cours d'une même période de 18 mois, deux crises
ministérielles surviennent dans les conditions prévues aux Art.49 et 50 , la dissolution de
l'AN pourra être décidée en Conseil des ministres, après avis du Président de l'Assemblée.
La dissolution sera prononcée, conformément à cette décision, par décret du Pdt de la
République. »
Non utilisation du droit de dissolution. Les députés calibraient leur vote pour mettre en
minorité le Gvt sans l'obliger à démissionner, càd sans voter à la majorité absolue des
membres de l'AN, mais à la majorité simple ou relative . Une seule dissolution intervint le
2/12/55 , à la demande d'Edgar Faure, à la suite de deux erreurs de calibrage des députés (en
février 55 , contre Pierre Mendès-France, en Décembre 55 , contre Edgar Faure).

24 gvts se succèdent de 47 à 58 :


– 6 mois en moyenne
– 16 mois pour le plus long (Gvt de Guy Mollet, du 1/02/56 au 13/06/57)
– 10 jours pour le plus court (Gvt de Henri Queille du 2 au 11/07/50)