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Le droit communautaire doit être distingué du droit européen, l'un à un but de protection des droits de l'homme

l'autre du commerce.
La procédure communautaire vise le premier pilier, c'est à dire les institutions et les quatre grandes libertés du
marché commun et les politiques communautaires. Les matières du deuxième et troisième pilier ne sont que
partiellement couverts par la procédure.
La procédure communautaire repose sur le principe que la communauté européenne et l'UE sont des
organisations de droit. La CJCE a eu l'occasion en 1986 Parlement européen contre les Verts de préciser que
l'UE est une communauté de droit. Article 6 du traité de l'UE. L'idée qui ressort c'est :
qu'il existe un droit communautaire autonome, indépendant des droits nationaux, c'est la conséquence de la
reconnaissance de l'effet direct
le droit permet l'existence d'un véritable contrôle juridictionnel et on va pouvoir sanctionner l'application du
droit communautaire s'il n'est pas conforme au système qu'on a voulu.
Il faut un tribunal indépendant et impartial. Ce système repose sur le système communautaire mais aussi sur les
juges nationaux. Les juges nationaux sont les premiers juges du droit communautaire, ce sont les juges de droit
commun.
L'article 220 définit l'organisation juridictionnelle : la CJCE et le TPI assure dans le cadre de leurs compétences
respectives le respect du droit dans l'interprétation et l'application du présent traité.
On retire de l'article : sur le plan organique TPI et CJCE
d'un point de vue fonctionnel : ce système se définit comme l'ensemble des voies de recours permettant de
garantir la légalité communautaire.

PROCEDURE COMMUNAUTAIRE ET EUROPEENNE


PARTIE 1 : PROCEDURE COMMUNAUTAIRE
CHAPITRE 1 : L’ORGANISATION JURIDICTIONNELLE COMMUNAUTAIRE
Section 1 : Les compétences de la CJCE et du TPI

A. L’évolution des compétences des juridictions


Depuis 1957, la CJCE a connu 2 évolutions majeures : l’élargissement de la Communauté Européenne qui est
devenue l’UE (6 à 27 membres) + extension constante des compétences de la communauté européenne et de
l’UE (économique à environnemental, industriel, social). L’institution prévue en 1957 ne pouvait résister à
l’évolution sans être réformée.

1) Les textes applicables


A l’origine institution juridictionnelle prévue avec chacun des traités. Le traité CECA puis les 2 traités de
Rome avaient prévu des dispositions particulières relatives à l’institution juridictionnelle. Il a fallu éviter des
règles différentes en fonction de la communauté face à laquelle on se trouvait. Il subsiste des règles de
procédures différentes selon communauté/euratom (CECA n'existe plus)
On a opéré une concentration des trois juridictions en une institution commune en 1957 mais il a fallu attendre
le traité de Nice 2001 pour unifier les statuts (3 statuts différents annexés à chacun des traités constitutifs). Ce
statut est prévu par le traité instituant la communauté européenne à l’art 245.

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Le statut unique facilite la compréhension du fonctionnement de la juridiction. But du statut : préciser les
modalités d’organisation et de fonctionnement de la Cour : juges, avocats généraux, éléments complétant les
dispositions sur les voies de droit, procédures accessoires ou extraordinaires.
Ce statut a été adopté le 10 mars 2001 et il a été modifié à plusieurs reprises 2003, 2004, 2005. Décision prise
en 2004 de créer le Tribunal de la fonction publique de l’UE. A travers ces décisions on a pris en compte
l’élargissement pour modifier le nombre de juges.
Ce statut appartient à la CJCE car il n’est modifié qu’à la demande de la Cour ou de la Commission. Il faut
ensuite une consultation du Parlement européen, et ensuite le Conseil de l'UE statue à l’unanimité.
A côté de ce statut, il y a des règlements de procédure. Chacune des juridictions a son propre règlement de
procédure (le TPI en a un et la CJCE aussi). On doit aussi s’y référer car éléments précis sur la façon dont la
procédure doit être produite. Il faut approbation du Conseil à la majorité qualifiée (depuis le traité de Nice).La
Cour et le Tribunal doivent donner leur approbation au projet pour qu’il soit appliqué.

2) L’évolution organique de la CJCE


Dès 1970 nombre de recours sans cesse plus importants. Dans les 90’s + de 500 recours/an. En 1974, les juges
ont demandé la création d’un Tribunal Administratif des Communautés Européennes pour décharger la Cour.
Dans un 1er temps, la proposition est refusée par les Etats-membre. Il a fallu attendre l’Acte Unique Européen
pour voir une évolution. L’obstacle vient des Etats-Membres qui sont peu favorables au développement de la
CJCE. L’Acte Unique Européen laisse la possibilité dans un article à la Cour de demander au Conseil (qui
statue à l'unanimité), après consultation de la Commission et du Parlement, la création d’une juridiction mais
qui lui serait seulement adjointe. Idée de créer une juridiction de 1ère instance.
Décision prise le 24 octobre 1988 : création du TPI des CE. But : décharger la CJCE d’une partie du
contentieux : droit de la concurrence, contentieux de la fonction publique. Le TPI commence à siéger en 1990.

B. La répartition des compétences

1) Le TPI
Marqué par une croissance de ses prérogatives. Va devenir une juridiction à part entière alors qu’à la base
seulement adjoint à la Cour. Avec le Traité de Maastricht, le TPI trouve une origine textuelle. Le Traité de
Nice va aller encore plus loin car on va supprimer le terme « adjoint ». Prévu avec la Constitution pour
l’Europe de le rebaptiser TGI, le traité de Lisbonne prévoit la dénomination de tribunal. Aujourd’hui le TPI
dispose d’une grande autonomie qui se traduit notamment par l’existence d’un règlement de procédure qui lui
est propre. On a créé une nouvelle juridiction : le TPI a pour juridiction adjointe le Tribunal de la Fonction
publique de l’UE.
Le Traité de Nice va conduire à une réorganisation des compétences.

a. La répartition des compétences avant le Traité de Nice


Avant, la CJCE était compétente pour les renvois préjudiciels, les recours en annulation et en carence introduits
par les institutions (commission européenne conseil de l'UE, le parlement européen, la cour des comptes, la
CJCE est aussi une institution) ou la BCE ou par les Etats-Membre, pour tous les recours en manquement, pour
les recours en responsabilité extracontractuelle introduits par les Etats-Membres et pour les recours en
responsabilité contractuelle.
Le TPI était compétent pour les recours en annulation introduits par les particuliers, les recours en carence
introduits par les particuliers et pour les recours en responsabilité extracontractuelle introduits par les
particuliers.

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Tout ce qui pouvait relever de l’administratif relève du TPI et dès qu’approche le droit constitutionnelle
relevait de la CJCE.
Evolution incomplète  délai déraisonnable pour rendre des arrêts de la CJCE.

b. L’après Traité de Nice


Les compétences du TPI vont être très importantes, définies aujourd’hui à l’art 225 TCE. Elle connaît des
affaires en 1ère instance : recours en annulation, recours en carence, recours en responsabilité extracontractuelle,
recours en responsabilité contractuelle, clauses compromissoires dans des contrats conclus par la CE,
contentieux de la fonction publique mais depuis transféré au TFPUE et il pourrait connaître des renvois
préjudiciels.
Le TPI est très largement compétent, compétence de principe.
TPI est compétent pour appel des décisions sur brevet européen et TFPUE.
Eléments dans le Traité de Nice : renvoi préjudiciel. Théoriquement on pourrait voir évoluer la compétence du
TPI vers ce type de contentieux. Art 234 : le TPI pourrait devenir compétent. Néanmoins pas une compétence
de principe. Il ne pourrait intervenir que sur des matières spécifiques. Ces matières spécifiques doivent être
déterminé dans les statuts. Or la cour n'a pas défini pour l’instant les matières spécifiques concernées. La CJCE
ne perdrait pas beaucoup de compétence car les décisions rendues par le TPI en matière préjudicielle pourrait
faire l’objet d’un recours devant la CJCE. Pour les autres recours, toujours possible de faire pourvoi devant la
CJCE. Dans le cas où l’affaire est particulière et susceptible d’affecter l’unité et la cohérence du droit
communautaire, la question pourrait faire l'objet d'un réexamen devant la CJCE parce qu’on pense qu’elle
appelle une décision de principe.

2) La CJCE
La CJCE garde une compétence exclusive sur les recours en manquement. Par dérogation à l’art 225 TCE, elle
peut être compétente pour des recours en annulation et pour des recours en carence. Il faut pour cela que le
recours soit formé à l’encontre d’un acte ou d’une abstention du Parlement européen et/ou du Conseil ou encore
acte ou carence de la Commission.
Elle est parallèlement compétente systématiquement lorsque les recours en annulation et en carence sont formés
par les institutions communautaires auxquelles s’ajoute la BCE.
Les renvois préjudiciels ne sont que de la compétence de la CJCE
Dans ces conditions, le TPI devient le juge de droit commun pour tous les recours directs. Donc on se situe de
plus en plus dans une logique de juxtaposition des 2 juridictions que dans un rapport de subordination. En fait la
CJCE ne doit connaître que des contentieux qui ont un rapport avec le Traité, elle assure le contrôle de l’activité
normative de base et les conflits interinstitutionnels.
Il a été prévue des chambres spécialisées :
A été créé le TFPUE et va apparaître un Tribunal du brevet communautaire. Ce qui est intéressant c’est qu’il
n’existe pas mais a déjà une existence dans le statut de la Cour : les membres de ce futur tribunal pourront aussi
devenir membres du TFPUE.

Section 2 : L’organisation des juridictions communautaires


Repose sur une très large indépendance qui n’a rien à voir avec les autres institutions. Cet élément apparaît
aussi bien dans l’organisation que dans le fonctionnement. Le fondement de cette indépendance découle des
règles de droit qui encadrent les CJCE. Beaucoup d’éléments sont inscrits dans le traité. Pour revenir sur des

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dispositions concernant l’organisation, il faut modifier le traité, et comme il est très difficile de le faire, cela
garantit l’indépendance. Parallèlement, la Cour a la maîtrise d’une partie des dispositions, que ce soit par
rapport à son statut où elle donne son accord, mais surtout par rapport au règlement de procédure. Sans son
accord, le règlement de procédure ne peut voir le jour = critère d’indépendance de la Cour. Seule difficulté :
nomination des juges qui sont issus des Etat-Membres et nommés en accord entre tous les gouvernements il y a
donc la possibilité de faire valoir des considérations politiques et non plus juridiques. Cependant, la cour
désigne son président et elle a une autonomie budgétaire.

A. La Cour de Justice

1) Les membres de la Cour de Justice


2 types de membres :
- 27 juges
- 8 avocats généraux
Organe supranational et indépendant. EX. Art 18 Statut : une partie ne peut invoquer soit la nationalité d’un
juge, soit l’absence au sein de la Cour ou d’une de ses chambres d’un juge de sa nationalité pour demander la
modification de la composition de la Cour ou d’une de ses chambres.

a. Les juges
A l’origine fixé par le traité. Principe : un juge par EM (221 TCE). Question de savoir si le nombre de juges ne
devrait pas être réduit. Pour l’instant non car contradictoire de le faire alors que le nombre d’affaires ne cesse
d’augmenter.
Pour être juge : art 223 TCE : 2 conditions :
- La personne doit offrir toutes les garanties d’indépendance
- La personne doit réunir les conditions requises pour l’exercice dans leurs pays respectifs des plus hautes
fonctions juridictionnelles ou alors être un jurisconsulte qui possède une compétence notoire.
Ce sont les EM qui choisissent et déterminent si une personne est apte à exercer des compétences
juridictionnelles. Pas de contrôle en la matière.
Mandat : 6 ans renouvelable. Pose la question de l’indépendance des juges car pour être renouvelé, il faut
l’accord de son Etat. Il a intérêt à être tolérant avec le pays d’origine. Le renouvellement est partiel (tous les 3
ans). But : assurer une continuité de la JP. Ils sont nommés d'un commun accord des gouvernement et les autres
organes notamment le parlement européen ne peut nommer un juge ni aucun organes. Aujourd’hui le juge
français est Bonichot.
La fonction prend fin :
- En l’absence de renouvellement.
- En cas de décès
- En cas de démission.
Fonction des juges incompatibles avec toute autre fonction politique ou administrative, de même qu’avec toute
autre activité professionnelle. Les juges prêtent serment à leur entrée en fonction et à la fin de leur fonction ils
ont encore des devoirs : devoir d'honnêteté et de délicatesse. Incompatibilité qui se prolonge au-delà du
mandat : ils continuent à être payés par la Cour, pour ne pas exerce une activité qui viendrait à les mettre en lien
avec une affaire qu’ils ont traitée.

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Immunité de juridiction = on peut les poursuivre pénalement mais il faudra d’abord que leur immunité soit
levée par la Cour de Justice, et ne pourront être jugés que par la plus haute juridiction de l’EM compétente pour
juger un magistrat de l’EM.
Obligation de résidence au siège de la Cour.
Rôle du juge : limité : prononcer des arrêts.
Les juges prêtent serment à leur entrée en fonction et à la fin de leur fonction ils ont encore des devoirs : devoir
d'honnêteté et de délicatesse.

b. Les avocats généraux


Mêmes règles que pour les juges : nommés par les gouvernements, mandat de 6 ans. Une évolution du nombre
d’avocats généraux peut avoir lieu sur décision du Conseil statuant à l’unanimité. Les 4 grands Etats en ont :
Allemagne, France, GB et Italie. Pour la France c’est Yves Bot. Pour les quatre autres, il y a une rotation des
Etats. Le traité de Lisbonne prévoit un membre permanent supplémentaire : la Pologne et deux non permanent
supplémentaire.
Fonction : un peu commissaire du gouvernement = chargé de présenter publiquement et en toute impartialité et
indépendance des conclusions sur les affaires qui sont soumises à la Cour de Justice.
Rôle : assister la Cour dans l’accomplissement de sa mission (222 TCE).
Pendant longtemps, les conclusions de l’avocat général étaient obligatoires et systématiques  TN a modifié :
elles sont facultatives sachant que cette règle a été reprise dans les statuts de la Cour (article 20). L’absence de
conclusion est réservée :
- Aux affaires qui ne soulèvent aucune question de droit nouvelle = 30% environ.
- Dans le cas d’une procédure accélérée. Cela ne veut pas dire qu’il ne peut pas être entendu : possible
d’entendre la prise de position de l’avocat général au cours de l’audience.
L’avocat général est le dernier à s’exprimer. Si on l’écoute c’est qu’il a une influence sur les juges pour les
aider à délibérer. Problème du respect du principe du contradictoire. L’avocat général ne participe pas au
délibéré. Mais les parties ne peuvent pas s’exprimer sur les conclusions de l’avocat général. Droits de la défense
= PGDC.
CEDH VERMEULEN 1996 a évoqué le problème du respect du contradictoire.
CJCE, 2000, Emesa Sugar : le fonctionnement de la Cour avec l’avocat général ne pose pas de problème par
rapport au respect du principe du contradictoire car l’avocat général ne constitue pas le Ministère Public, il n’est
pas une autorité extérieure à la CJCE, et la Cour prétexte que si on laissait aux parties le droit de s’exprimer, on
rallongerait le temps de la procédure, donc refus dans un souci de bonne administration de la justice.
L'adhésion de la communauté européenne à la CEDH prévu dans le traité de lisbonne pourrait remettre en cause
cette pratique.
Les référendaires : personnes qui aident les juges et les avocats généraux à rédiger les arrêts et les conclusions.
Ne font pas partie de la Cour.
Greffiers : font partie de la Cour.

2) Organisation du travail de la Cour


La Cour a différentes formations : formation plénière et formation en chambre (221 TCE).

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Principe : une chambre est normalement chargée de l’instruction de l’affaire, mais on peut lui confier le
jugement de certaines catégories d’affaires. Dans un 1er temps, on leur avait exclu les recours exercés par les
EM et les institutions. Problème : compliqué et pas efficace.
Le Traité de Nice a modifié le travail de la Cour avec une nouvelle distinction : chambre et grande chambre
(221 TCE). A disparu la formation plénière. En fait la formation plénière n’intervient plus
qu’exceptionnellement : elle interviendra pour relever de ses fonctions le médiateur, un commissaire, un juge ou
encore un membre de la Cour des Comptes, pour des affaires d’une importance exceptionnelle. La formation
plénière se réunit rarement.
Les 2 formations les plus courantes : les chambres (3 ou 5 juges) et la grande chambre (13 juges).
La grande chambre ne siège qu’à la demande d’un Etat-Membre ou d’une institution partie à l’instance. La
formation ordinaire est la chambre.
On a 6 chambres, 3 à 3 juges et 3 à 5 juges, les chambres sont renouvelées tous les trois ans.
Pour délibérer en chambre, il faut au moins 3 juges pour les chambres, 9 pour la grande chambre et 15 pour
l’Assemblée Plénière. Une chambre ne peut statuer valablement que si elle est composée en nombre impair. Le
délibéré se déroule entre les seuls juges par un vote à la majorité si pas de consensus : pas d’opinion dissidente
ou concurrente. Différence majeure avec la CEDH, le but étant de préserver l'indépendance du juge vis-à-vis de
son gouvernement.

B. Le Tribunal de 1ère instance des communautés européennes


Au moins 1 juge/EM. Le nombre est fixé par les statuts et non le traité. Le statut est fixé par la CJ. En principe
pas d’avocats généraux devant le tribunal. Si affaire particulière, l’un des juges peut prendre le rôle de l’avocat
général pour l’affaire en question.
Désignation des membres : par des gouvernements, pour 6 ans.
Le tribunal a son propre président, organisé en chambres de 3 à 5 juges, actuellement il y a 5 chambres de 5
juges qui peuvent être chacune divisée en deux chambre de trois juges (un juge siégeant alternativement dans
l'une et l'autre). Le quorum est de 3 juges. A la différence de la CJ, il est possible pour certaines affaires de les
juger en formation plénière ou en grande chambre. Il faut pour cela qu’il y ait une difficulté de droit ou des
circonstances particulières. Modification en 1999 : instaure la possibilité du juge unique. La formation en juge
unique est très encadrée. 3 conditions :
- Unanimité de la chambre dans laquelle il siège.
- Que l’affaire ne pose pas de difficultés.
- Que l’affaire ait une importance limitée
- sont exclus les actes de porté générale.
Le tribunal peut se réunir en formation plénière ou en grande chambre lorsqu'il y a une difficulté de droit
particulière, une affaire importante ou des circonstances particulières.
le TPI a des référendaires et des greffiers comme la CJCE.

C. Le tribunal de la fonction publique de l'Union Européenne


Décision 2 novembre 2004 instaure une chambre juridictionnelle. Ce tribunal figure dans le statut de la CJ.
Particularité : nomination des membres par le Conseil sur un avis d’un comité composé de 7 membres. Les
membres nommés sont soit d’anciens membres de la CJ, soit d’anciens membres du TPI, soit du Tribunal du
brevet communautaire, soit des juristes possédant une compétence notoire.

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7 membres nommés pour 6 ans. Quorum pour juger : 3 membres. On permet dans certains cas de revenir au
juge unique.
Tout jugement du tribunal pourra faire l’objet d’un pourvoi devant le TPI. Le pourvoi peut être fondé sur
l'incoméptence du tribunal, irrégularité de la procédure ou violation du droit communautaire. Si le pourvoi est
fondé, c’est le TPI qui statuera lui-même sur le litige. Sa décision pourra faire l'objet d'un pourvoi devant la
CJCE.

Section 3 : La procédure
La procédure devant les juridictions communautaires connaît plusieurs spécificité car on a une organisation
internationale et deux juridictions situées dans un lieu unique.

A. L’introduction de l’instance
S’effectue par le dépôt d’une requête présentée par le requérant auprès du greffe. Seule spécificité : pour le
renvoi préjudiciel, seul le juge national pourra introduire la question.
Pour être recevable, la requête doit se conformer à plusieurs exigences :
- Délai de présentation de la requête : variable selon les types de recours, mais toujours d’ordre Public.
Dans certains cas s’ajoute un délai de distance en fonction de l’éloignement de Bruxelles (pour la France
on rajoute 6 jours). C’est le lieu de résidence des parties qui détermine le calcul et on peut assister en cas
de FM ou de cas fortuit à une prolongation du délai, mais c’est très rare. Le problème se pose par rapport
au point du départ du délai qui est en principe le lendemain de la survenance de l'évenement ou de l'acte
concerné auquel on rajoute un délai de distance. (2 mois en recours en annulation et 5 ans en
responsabilité). Si le délai à pour terme un jour férié, un samedi ou dimanche, le délai est reporté au jour
suivant.
- Conditions de la requête :
 Conditions de forme : la requête introductive doit être l’original signé par l’avocat ou
l’agent de la partie. Il faut autant de copies qu’il y a de parties + 5 copies pour la
juridiction. Si les éléments sont adressés correctement, le greffier va donner un avis au
JOCE pour signifier la requête. Théoriquement, il appartient au requérant de choisir la
langue de la procédure (22 langues) mais en fait ne choisit pas : si le défendeur est un
Etat-Membre ou un ressortissant d’un Etat-Membre, la langue de la procédure sera celui
de cet Etat ou de l’Etat où réside le ressortissant. Si difficulté au niveau de la langue, le
président de la Cour ou du tribunal peut autoriser le choix d’une autre langue. Cas
spécifique : renvoi préjudiciel : c’est la langue de la juridiction nationale qui a effectué le
renvoi.
 Contenu de la requête : elle doit permettre d’identifier clairement les parties au litige que
ce soit le nom, le domicile du requérant et on doit indiquer aussi la ou les parties contre
lesquelles l’action est engagée. Doit figurer aussi l’objet du litige : la décision que
souhaite le requérant, si demande d'indemnité il faut qu'elle soit chiffrée, un exposé
sommaire des moyens, les preuves qu’on peut produire. Si règles pas respectées alors
irrecevabilité de la requête
L’introduction de la requête à d'autres conséquences car la requête introductive lie l’instance donc pas possible
d’y faire apparaître ensuite des conclusions nouvelles même s’il existe des moyens nouveaux.

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B. La représentation des parties
Toutes les parties doivent être représentées : elle est obligatoire. Cette règle figure dans les statuts et dans les
règlements de procédure.
Cette obligations vaut pour tous les actes de procédure aussi que pour les plaidoiries. Les Etats et les institutions
peuvent être représentées par un agent qui pourra être aidé par un avocat ou un conseil supérieur. Pour les
représentants ordinaires, l’avocat doit être inscrit dans l’un des barreaux d’un EM de la CE. L’idée est qu’à
l’origine on voulait que l’affaire ait déjà vu par un professionnel du droit = raison d’efficacité. Problème du coût
mais il existe des aides juridictionnelles. Problème : si on est condamné aux dépens, on est obligé de rembourser
l’aide = obligation de résultat. Le seul cas où la représentation ne s’applique pas : pour la procédure du renvoi
préjudiciel à la condition que la représentation des parties ne soit pas obligatoire devant les juridictions
nationales (CJCE, 1975, Coenen).

C. La domiciliation
Toute partie doit pendant toute la durée de la procédure être domiciliée au Luxembourg

D. Le principe de gratuité
En principe la procédure est gratuite, toutefois la CJCE peut demander à titre exceptionnel le remboursement
des procédures qui auraient été engagées sans fondement. Parallèlement, existence du système de l’assistance
juridictionnelle gratuite. Elle est accordée rarement : 2 conditions :
- Problème de moyens économiques.
- Action pas manifestement irrecevable.
Si on est condamné aux dépens, il faudra rembourser.

E. Le déroulement de l’instance

1) Une phase écrite


De l’essence de la procédure communautaire. On a une procédure écrite qui se fait sous l’échange de mémoires
(4) :
- Requête introductive et parallèlement un mémoire de défense.
- Réplique et duplique.
Le président de la cour ou du tribunal établit des dates qui devront être respectées. Si la requête introductive est
indispensable et le mémoire de la défense aussi, la réplique et la duplique sont facultatives (il faut une difficulté
dans l’affaire).
La phase écrite n’est pas publique. But : éviter toute influence extérieure et toute divulgation.

2) Une phase orale


Elle est publique. Parfois huis clos.
Phase orale obligatoire devant le TPI. Exceptions :
- Le défendeur fait défaut, car c’est pour le principe du contradictoire.
- Recours irrecevable ou mal fondé

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A l’origine obligatoire devant la CJCE. Depuis 1991, facultative. Le juge doit demander à chacune des parties si
elle ne s’y oppose pas = si une partie ne répond pas positivement, la phase orale devient obligatoire.
Phase orale en 2 temps :
- Plaidoirie des 2 parties avec questions posées par les juges.
- 2ème audience : sera lue une partie des conclusions de l’avocat général.
Ensuite on a le délibéré puis l’arrêt rendu en séance publique.
En parallèle de ces phases, mesures d’instruction. Dès que l’affaire est inscrite au rôle, on nomme un juge
rapporteur. Lais c’est la chambre qui suit le procès dans son ensemble.
Dans son rapport préalable, le juge rapporteur peut proposer des mesures d’instruction, mais ce n’est pas lui qui
les prend, c’est la juridiction : comparution personnelle des parties, audition de témoins, demandes de
renseignement, production de documents, demande d’expertise, descente sur les lieux.
Peuvent s’ajouter des mesures préparatoires = terme utilisé devant la Cour, devant le TPI on dit mesures
d’organisation. But : donner tous les éléments de manières suffisamment précise aux juges pour qu’ils puissent
délibérer et donner leur décision.
Terme de la mesure d’instruction : avis public publié au JO pour indiquer la date et l’objet du litige. Important
car va faire partir des délais pour que toute personne intéressée par l’affaire puisse intervenir.

F. L’intervention
Très important dans la procédure communautaire. On est dans le cadre d’une organisation internationale.
Intervention : acte par lequel un tiers se joint à la procédure lorsqu’elle est pendante devant la juridiction.
Limites : la personne qui va intervenir ne pourra le faire que pour soutenir les conclusions de l’une ou l’autre
des parties. Principaux intervenants = EM et institutions. L’intervention doit être demandé dans un délai
maximal de 6 semaines. On a restreint le délai : avant jusqu’à la clôture de l’instruction sauf qu’interventions
arrivaient trop tard et reculait d’autant le règlement de l’affaire.
La cour se prononce ensuite par ordonnance sur la recevabilité de la requête.
2 types de personnes peuvent intervenir :
- Les EM et les institutions : à leur égard aucune restriction n’existe.
- Les particuliers : ne peuvent intervenir que s’ils ont un intérêt à la solution du litige. Impossible
d’intervenir dans un litige entre EM, entre institutions, et entre EM et institutions. Il faut qu’ils justifient
d’un intérêt qui doit être suffisamment caractérisé. Il faut que le particulier puisse tirer un avantage du
succès des conclusions déposées par l’une des parties. La Cour admet dans certains cas qu’un intérêt
puisse être collectif (évolution).
Modalités d’intervention : l’intervenant est intégré à l’instance, il s’apparente à une partie à l’instance. Il sera
limité par les moyens soulevés par l’une ou l’autre des parties. Pas de moyens nouveaux apportés par
l’intervenant. L’intervenant doit exposer dans son mémoire les raisons pour lesquelles il a intérêt à intervenir.
Son mémoire est transmis à toutes les parties pour qu’elles puissent à leur tour présenter des observations.

G. Les procédures liées à l’urgence


2 types de procédures liées à l’urgence complémentaires :

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1) La procédure de référé
But : garantir l’efficacité du recours principale. Eviter que le litige perde de sa pertinence car à cause de délais
trop longs il aura disparu.
- Conditions de procédure : la demande en référé doit faire l’objet d’un acte séparé par rapport à la
demande principale. ∆ On ne peut pas faire seulement une demande en référé. Sinon demande irrecevable.
Lorsque la demande est présentée, une phase d’instruction est ouverte : la demande est signifiée à l’autre
partie et celle-ci dispose d’un délai pour répondre. Dans certains cas exceptionnels et devant l’urgence, le
président de la juridiction peut faire droit à la demande avant même que l’autre partie n’ait répondu
(urgence absolue). Le juge se prononce toujours par une ordonnance motivée insusceptible de recours.
Raisons : caractère provisoire + ne préjuge en rien de la décision principale.
- Conditions de fond : plusieurs conditions cumulatives :
 La mesure demandée doit présenter un lien avec l’objet du litige au principal.
 Les moyens de fait et de droit invoqués par les parties doivent justifier du bien-fondé de la mesure. Il
faut qu’on ait un doute sérieux sur la légalité de la mesure.
 L’urgence doit être caractérisée. Cour restrictive dans la notion d’urgence : il faut un préjudice grave et
irréparable, mais elle ne considère jamais qu’un préjudice purement financier est réparable.
 Il faut que les mesures demandées par le juge respectent les intérêts communautaires. L’intérêt
communautaire doit être contrebalancé par l’intérêt des parties.
Mesures en référé :
- Sursis à l’exécution
- Mesures provisoires : mesures positives qui vont obliger l’une des parties à adopter un comportement. Pas
de liste, c’est à la juridiction à s’adapter en fonction des litiges.

2) La procédure accélérée
On vise à ce qu’une décision soit rendue plus rapidement sur le fond.
- CJCE : 2 cas :
 Renvois préjudiciels : art 104 R de procédure. Lorsque la cour a déjà donné une réponse ou la réponse
se déduit clairement du texte, la cour va statuer par ordonnance en renvoyant à l’arrêt en cause. On peut
supprimer une partie de la procédure orale.
 Recours directs : art 62 bis R procédure. La cour peut décider de supprimer le mémoire en réplique et
le mémoire en duplique. Cette décision relève du président.
- TPI : art 76 bis R procédure. Pour le contentieux en matière économique qui demandent des délais
courts (concentration, abus de position dominante). On va se focaliser sur la procédure orale, la phase écrite
étant limitée à la requête introductive et au mémoire en défense. L’affaire sera jugée en priorité. Il faut qu’il
y ait urgence + que l’affaire se prête à la phase orale. La procédure accélérée doit être demandée par un acte
séparé.

H. La spécificité des voies de recours


Différent des voies de droit. Les voies de recours sont les moyens de faire appel d’une décision de justice. Tant
que la décision n’est pas devenue définitive.
- CJCE : juridiction souveraine qui statue en dernier ressort  seules voies de recours = voies de
rétractation sachant qu’elles demeurent exceptionnelles : 4 :
 L’opposition : procédure à la disposition de la partie défaillante contre laquelle il a été rendu un arrêt par
défaut. Elle peut demander une opposition à l’arrêt tant que le défendeur ne s’est pas manifesté.
L’opposition n’est recevable que dans un délai d’1 mois à compter de la signification de l’arrêt.
 La tierce opposition : contre un arrêt qui porte atteinte aux droits d’un justiciable. Il faut que cet arrêt ait
été rendu sans qu’il ait été appelé à participer à la procédure. Délai de 2 mois à compter de la

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publication. Demande de sursis à l’exécution de l’arrêt attaqué qui peut être demandé à la demande du
tiers opposant.
 La révision : particularité : permet de rouvrir la procédure : on va découvrir un fait nouveau, encore faut-
il qu’il puisse exercer une influence décisive sur la solution finale et qu’il ne soit pas connu de la cour et
des parties avant le prononcé de la décision. Délai de 3 mois à compter de la découverte du fait mais elle
ne peut concerner que les arrêts qui ont moins de 10 ans pour assurer une sécurité juridique.
 L’interprétation ou la reformulation : voie largement ouverte. Pas de délai. Ouverte aux parties + aux
institutions dès lors qu’il est justifié d’un intérêt. Il s’agit d’obtenir une précision sur le sens ou la portée
d’un arrêt.
- TPI : on parle de voies de réformation : 2 :
 Le pourvoi : les arrêts du TPI sont susceptibles de faire l’objet d’un recours devant la CJCE à condition
que ce pourvoi soit introduit dans les 2 mois à compter de la notification de l’arrêt. Le pourvoi est ouvert
aux parties qui ont succombé, aux intervenants affectés par la décision, les EM et les institutions (même
s’ils ne sont pas intervenus en 1ère instance). Le pourvoi est limité aux questions de droit. Seuls quelques
moyens sont invocables : incompétence du TPI, irrégularités de procédure, violation du droit
communautaire. La cour a 2 solutions si elle estime que le pourvoi est fondé :
o Soit elle statue définitivement, ce qui est fait le plus souvent
o Elle peut renvoyer au TPI mais peu utilisé
 Le réexamen : fait suite à une décision du TFP qui a fait l’objet d’un appel devant le TPI. Quand le TPI
a rendu son appel, il est susceptible encore d’un pourvoi. Dans ce cas on appelle çà un réexamen. Il
s’agit de la même chose techniquement qu’un pourvoi  même procédure. Cette voie de droit doit
rester exceptionnelle. Une décision du TFP peut faire l’objet d’un appel dans un délai de 2 mois devant
le TPI. Peuvent le faire la partie qui a succombé, les parties intéressées, les EM et les institutions.
Devant le TPI là aussi ne seront examinées que les questions de droit. Le TPI a 2 solutions :
o Tranche sur le fond
o Renvoie au TFP.
La forme des décisions de la Cour : elle peut statuer sous différentes formes :
- Par voie d’arrêt : met fin à la procédure devant une chambre. 3 parties dans un arrêt de la Cour :
 1ère partie : exposé des faits, déroulement de la procédure, moyens et arguments développés par les
parties repris dans le rapport du juge rapporteur.
 2ème partie : motifs = ensemble du raisonnement de la cour. Elle va discuter des prétentions des parties et
affirmer sa position.
 3ème partie : dispositif = solution donnée à l’affaire.
- Par voie d’ordonnance : peut mettre fin à une procédure mais pas systématique. Sert aussi pour les
mesures d’urgence, les mesures d’instruction ou encore le règlement des dépens.
Ils doivent tous 2 être motivés, même si l’ordonnance est motivée plus succinctement.
La Cour peut aussi prendre des avis.

CHAPITRE 2 : LES DIFFERENTES VOIES DE DROIT


Le pouvoir juridictionnel de la Cour est exercé à travers l’ensemble des différentes voies de droit qui lui sont
données. L’ensemble des voies de recours proposé représente un véritable système général = s’articulent les uns
avec les autres et la Cour fait en sorte de protéger leur autonomie (CJCE, 1971, Lutticke). Elle va veiller à ce
qu’il n’y ait pas de dénaturation ni de contournement des règles posées dans le traité. A ce niveau, la Cour est
très stricte sur les conditions de recevabilité. Idée : un particulier ne saurait se servir d’une voie de droit afin
d’avoir un accès autre à la Cour. 3 types d’attribution à la CJCE :

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- Attribution contentieuse : lorsque la juridiction est saisie par un plaideur. Elle va trancher elle-même le
litige = saisie directement et immédiatement. Vaut pour le recours en annulation, en manquement, en
carence, exception d’illégalité et responsabilité extracontractuelle. T Euratom.
- Attribution préjudicielle : c’est la juridiction nationale qui saisit lorsqu’elle doit appliquer le droit
communautaire. La Cour n’intervient qu’à titre incident du litige principal. Voie de droit la plus utilisée :
50% des affaires soumises à la Cour. T Euratom.
- Attribution consultative : la Cour va émettre un avis pas vraiment consultatif, car les décisions prises
après les avis montrent un caractère obligatoire. Ex : Avis 1/94 relatif aux accords sur l’OMC : a réparti
les compétences entre celles exclusives à la CE et celles partagées ; Avis 2/94 relatif à l’adhésion à la
CESDH : a signifié que la CE n’avait pas la compétence pour adhérer à cette convention sans disposition
expresse (sera sûrement inséré dans le traité simplifié). Théoriquement, cet avis n’est pas lié à un
contentieux mais en réalité latent. Art 300 TCE. La saisine est facultative et peut venir du Conseil de l’UE,
de la Commission, des EM et depuis le TN, le Parlement Européen. La plupart du temps l’avis porte sur la
compatibilité du traité avec un accord international auquel la CE envisage d’adhérer. ∆ Il faut que ce soit a
priori sinon refuse d’examiner.

Section 1 : Le recours en manquement


Art 226 à 228 TCE. 228 introduit par TM. Cette voie de droit vise à sanctionner la violation par un EM du
droit communautaire. En principe toute violation de droit communautaire par un EM peut faire l’objet d’un
recours en manquement car le traité est obligatoire. Sont exclues de cette procédure certaines dispositions :
déficits publiques, aides d’Etat (87 et 88 : procédure particulière). Autres règles spécifiques : art 95 §9
(procédure en matière d’harmonisation) + 238 TCE (clauses compromissoires).
Le manquement en droit permet d’assurer l’exécution des obligations par les Etats. Le TCE ne prévoit pas une
obligation de réciprocité. Le recours en manquement permet d’assurer cette réciprocité de manière indirecte.
Dans le cadre de ce recours, la poursuite n’est pas laissée aux seuls EM : on a confié à la Commission le soin de
pouvoir agir comme gardienne des traités et à même de le faire car c’est la seule institution supranationale, donc
indépendante, donc gardienne des traités.
Ce recours ne fait que constater que l’Etat a manqué à ses obligations. Idée de sauvegarde la légalité
communautaire. Obligatoire = l’Etat doit s’y conformer, mais aucune mesure ‘exécution ne peut être prise à la
suite d’un recours en manquement : c’est une constatation de manquement.

A. La définition du manquement
Le manquement = toute violation du droit communautaire imputable aux EM.

1) La notion de droit communautaire


Au sens large = droit primaire et droit dérivé :
- Droit primaire : traités + protocoles. On inclurait 1, 2 et 3ème pilier, donc le traité de l’UE (TM). Or il ne
relève pas de 226 car les 2 derniers piliers sont de la coopération  seul le traité instituant la CE est pris en
compte  on enlève le 2ème (politique extérieure et de sécurité commune) et 3ème pilier (justice et affaires
intérieures). ∆ Art 35 §7 TUE : la Cour a compétence pour statuer sur les différends des EM sur
l’interprétation et l’application des actes adoptés en application de l’art 34 §2. Pour cela, la Cour peut être
saisie par un EM mais jamais par la Commission. La Cour est également compétente pour statuer sur tout
différend entre les EM et la Commission concernant l’interprétation et l’application des conventions établies
en vertu de l’art 34 §2. : il ne peut s’agir d’un recours en manquement car n’a pas de compétence générale,
ne peut agir que dans un cas restreint. Toutes les dispositions du traité ne sont pas susceptibles de faire
l’objet d’un recours en manquement car elles ne sont pas toutes obligatoires. Plus largement, on oppose les
dispositions à valeur obligatoire des dispositions ayant une valeur programmatique.

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- Droit dérivé : on vise l’absence de respect de l’ensemble des actes pris par les institutions. Toute
absence de respect au droit dérivé peut conduire à un recours en manquement. Il faut distinguer : les actes
dépourvus de force contraignante ne peuvent faire l’objet d’un recours en manquement : avis,
recommandations. Pas de difficulté pour les règlements (CJCE, 1970, Com° contre Italie), directives aussi
(CJCE, 1970, Com° contre Italie), décisions (CJCE, 1969, Com° contre France). Parallèlement JP de la
CJCE susceptible de faire l’objet lorsque pas appliquée correctement d’un recours en manquement (CJCE,
1972, Com° contre Italie). ∆ Les directives doivent être nécessairement transposées :
 Avant l’expiration du délai de transposition : EM seulement tenus de s’abstenir de prendre des
dispositions qui pourraient compromettre l’objectif de la directive (CJCE, 1997, Région
interenvironnement Wallonie).
 Après le délai de transposition : les EM doivent garantir la compatibilité du droit national avec les
obligations de la directive  toute absence ou mauvaise transposition  recours en manquement
engagé. La Com° a donné le signal aux EM qu’à chaque fois que leurs obligations ne seraient pas
remplies.
Engagements internationaux : dès lors que la CE est partie à un traité, si un état vient à ne pas respecter ses
engagements, CJCE admet d’en contrôler le manquement (CJCE, 2004, Com° contre France).

2) Les auteurs de la violation


Il faut que le manquement soit imputable à un EM au sens large. L’interlocuteur pour la Commission
européenne ne peut être que l’Etat, pas la collectivité locale. C’est à l’Etat de prévoir au cas où comment
sanctionner la collectivité (L 13 août 2004). CJCE, 1970, Com° contre Belgique. Valable aussi pour les
organes constitutionnellement indépendants : le législateur ne peut pas échapper à ses obligations, tout comme
les juridictions pourraient aussi entraîné la mise en œuvre d’un recours en manquement, notamment juridictions
suprêmes. CJCE, 2003, Kobler + Com° contre Italie : a refusé d’imputer le manquement directement à la
juridiction et a préféré l’imputer au législateur, considérant qu’il aurait dû modifier la loi et n’aurait pas dû
obliger la juridiction à appliquer ces dispositions. Raisonnement particulier car une juridiction nationale a
toujours l’obligation d’écarter les dispositions nationales contraires au droit communautaire (CJCE, 1978,
Simmenthal).
Tous les manquements qui sont le fait de particuliers (citoyens et entreprises) ne peut faire l’objet d’un recours
en manquement. On renvoie aux dispositions en matière de concurrence.

3) La violation objective du droit communautaire


Le recours en manquement vise toute violation du droit communautaire, dans le but de sauvegarder la légalité
communautaire. CE qui compte est qu’il y ait un comportement qui viole, peu importe l’intention. Pas lieu
d’établir une faute. La Commission européenne comme les Etats n’ont pas à démontrer un intérêt spécifique
pour agir et engager la procédure (CJCE, 1974, Com° contre France). Même si le manquement disparaît :
CJCE considère qu’en 2 circonstances intérêt à savoir si le manquement a été commis, sauf que l’intérêt n’est
pas présumé, la Com° devra le démontrer :
- Importance du problème soulevé : utilité à ce que la Cour interprète le droit communautaire
- On va aller jusqu’au bout de la procédure en manquement pour montrer que l’Etat a bien violé le droit
communautaire. Le manquement constituera une preuve et permettra aux entreprises et particuliers de
réclamer des indemnités.
Les comportements peuvent être le fruit d’un manquement ou d’une inexécution tardive, elle peut être grave. La
violation peut être le fait de transposer une directive par une pratique administrative qui le plus souvent n’est
pas suffisante pour transposer une directive car n’offre aucune sécurité juridique (peut être remplacée par une
autre pratique administrative, un règlement ou une loi)  portée limitée. La Com° européenne veut connaître
l’état de transposition d’une directive, ce que ne permet pas de vérifier une pratique administrative. Ne constitue

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pas un manquement lorsque en interne protection suffisante par l’intermédiaire d’un PGD (CJCE, 1985, Com°
contre Allemagne). Présomption de la Com° de violation du droit communautaire.
La violation peut venir de tout acte interne ou de l’absence de tout acte interne.
Justifications irrecevables :
- Invoquer pour justifier son manquement le fait que d’autres Etats violent aussi le droit communautaire :
pas d’obligations réciproques en droit communautaire (CJCE, 1966, Com° contre Allemagne).
- Violation commise par une institution communautaire. Idée : directive à transposer illégale. CJ ne
l’accepte pas car les Etats sont des requérants privilégiés : si avaient estimé que directive illégale, ils avaient
2 mois pour la contester ; après c’est trop tard.
- Principe de confiance légitime.
- Liées à l’ordre juridique interne des EM : les EM vont invoquer des faits politiques plus ou moins
imprévisibles et plus ou moins irrésistibles. Ex : application du droit parlementaire, retard dans la procédure
législative, nécessité d’accomplir des formalités constitutionnelles, mouvements sociaux. CJCE, Com°
contre France, Guerre des Fraises : agriculteurs empêchaient libre circulation en brûlant les fraises
espagnoles. Exceptions : imprécision ou équivoque de la norme communautaire, FM (attentat terroriste en
Italie avait détruit des bases de données  l’Italie ne pouvait plus communiquer sur l’état de transposition :
CJCE, 1985, Com° contre Italie).

B. La constatation du manquement
2 phases.

1) La phase précontentieuse
Phase administrative. Maîtrisée par la Com° européenne, même si les EM peuvent être à l’initiative. Va
déterminer le contenu de la phase contentieuse.

a. L’initiative de la Commission Européenne


226 :
- Phase précontentieuse informelle : fait par la Com° qui va chercher à détecter l’infraction cad la
violation du droit communautaire par l’EM. Simple : systématiquement les EM doivent rendre compte de
l’état de leur transposition  l’absence d’information = violation. Parallèlement, la Com° est informée par
les tiers soit par l’intermédiaire de questions au Parlement, ou d’un dispositif de plainte sur Internet. La
Com° va alors lancer une enquête : ses services vont examiner si les éléments allégués sont vrais. A la suite
de cette enquête, va décider si oui ou non elle déclenche les poursuites.
- Phase précontentieuse formelle :
 Elaboration d’une lettre de mise en demeure adressée à l’EM : but : que l’EM puisse présenter ses
observations dans un délai fixé dans la mise en demeure. Formalité substantielle pour 2 raisons :
o Indispensable à la régularité de la procédure : son absence  recours irrecevable devant la CJCE.
o Cette lettre fixe les raisons et les motifs pour toute la procédure. Elle ne pourra plus apporter de
nouveaux griefs.
 Avis motivé : ne peut arriver qu’après le terme du délai fixé dans la lettre de mise en demeure et une fois
les observations faites. La Com° n’est pas obligée de le faire  procédure suspendue ou arrêtée. Cet
avis va préciser les raisons et les faits qui amènent la Com° à estimer qu’il y a un manquement. Cet avis
constate déjà le manquement : il est avéré pour la Com°. L’Etat dès l’avis motivé doit mettre fin au
manquement. Cet avis fixe un délai pour que l’EM puisse se mettre en conformité. C’est uniquement
une fois ce délai dépassé qu’on aura la 3ème étape :
- Saisine de la Cour : la Com° a encore un pouvoir discrétionnaire : pas obligée de saisir la Cour, même si
le manquement semble établi. Question d’opportunité.

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b. L’initiative d’un EM
Un EM peut saisir la Cour s’il estime qu’un autre EM a manqué à ses obligations. La Com° intervient dans le
cadre de 227 car l’EM doit préalablement la saisir. La Com° va demander à l’EM de présenter ses observations
et en fonction va émettre un avis motivé (libre de le faire ou non). C’est par contre l’EM qui décide de saisir la
CJ. La Com° même si elle est convaincue de la violation ne peut saisir la Cour, elle devra rouvrir une procédure
sur le fondement de 226. L’EM a le choix de suivre ou non l’avis motivé de la Com°. Procédure utilisée
rarement car si un EM lance une procédure à l’encontre d’un autre, l’autre se vengera.

2) La phase contentieuse
Phase juridictionnelle. N’intervient que si l’EM dans les délais fixés ne s’est pas mis en conformité avec le droit
communautaire ou du moins n’a pas répondu aux demandes de la Com°  saisine de la Com° ou d’un EM. La
saisine et le moment de cette saisine résultent d’un choix. Si la Com° ne saisit pas, ne peut donner lieu à un
recours en carence ni à un recours en annulation. Cette absence de saisine ne peut être contrôlée par le juge. La
Com° comme l’EM n’a pas à se justifier.
Phase contentieuse liée aux griefs qui figurent dans la lettre de mise en demeure. La Cour avant d’examiner le
fond regarde si le recours en manquement est recevable : délais fixés pas trop brefs. Parallèlement, examine si
les griefs ne sont pas nouveaux et correspondent à ceux de la mise en demeure. Ensuite examine le fond. Là la
charge de la preuve pèse sur la Com° : CJCE, 2007, Com° contre Finlande : une simple allégation ou une
simple présomption ne suffit pas, il faut des preuves tangibles.
La Cour rend un arrêt par lequel elle constate ou non le manquement. L’arrêt ne revêt qu’une nature
déclaratoire : la Cour ne fait que constater = la Cour ne peut pas annuler les règles nationales contraires au droit
communautaire (CJCE, 1960, Humblet), pas de pouvoir d’injonction, n’indique pas les mesures que l’EM doit
prendre. L’arrêt en manquement oblige l’EM à aboutir à l’élimination effective du manquement dans les plus
brefs délais. Pas exécutoire.

C. La sanction du manquement
Si l’EM persiste à ne pas mettre fin au manquement  procédure exécutoire : 228 TCE : parle de mesures qui
comportent l’exécution de l’arrêt CE.
Parallèlement, autre type de sanction : les tribunaux de l’EM doivent tirer toutes les conséquences des arrêts de
la Cour, et parmi eux les arrêts en manquement (CJCE, 1982, Waterkeyn). Tous les particuliers peuvent
demander au juge national l’annulation ou l’inapplication des mesures nationales constitutives du manquement.
Autre sanction : CJCE, 1972, Com° contre Italie : il convient d’aboutir à l’élimination effective du
manquement et de ses conséquences passées et futures. Le recours en responsabilité est complémentaire au
recours en manquement  un particulier pourra demander la mise en cause de la responsabilité de l’EM.
L’arrêt en manquement a l’autorité de la chose interprétée = opposable aux institutions communautaires et
surtout aux EM = un EM dans la même situation ne peut ignorer ces arrêts.

Sanction la plus importante : 228 TCE. Préalablement, on connaissait la procédure du manquement sur le
manquement : pouvait conduire à ce que la Com° saisisse une nouvelle fois la CJCE. Le TM a modifié la
procédure pour obliger les EM à se mettre en conformité : la Cour peut prononcer un nouvel arrêt en
manquement en enjoignant l’EM de payer une somme forfaitaire ou une astreinte. CJCE, 2005, Com° contre
France, Merluchon : filet de poissons pas aux normes européennes : pour la 1ère fois la Cour a prononcé une
astreinte et une somme forfaitaire. Cette procédure est comparable à celle de 226 TCE. La Com° surveille
l’exécution du 1er arrêt en manquement. Si elle s’aperçoit que pas de mesures d’exécution, demande à l’EM de
présenter ses observations. Si pas satisfaisantes, la Com° dresse un avis motivé. Après absence d’exécution dans
le délai imparti, saisit la CJ. La Com° a le choix de saisir ou non et du délai. Si saisit la CJ, la CJ va prononcer
l’une ou l’autre des sanctions pécuniaires ou les 2 :
- Astreinte : inciter l’EM à mettre fin au manquement.

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- Somme forfaitaire : sanctionner l’EM. Correspond à une amende. Prononcée seulement dans les cas
graves. Par son importance, elle doit avoir un effet dissuasif. Les 2 montants sont déterminés à partir d’une
proposition de la Com°. Il existe des lignes directrices sur ce point de 1996 et 1997. En dernier lieu, c’est la
CJ qui détermine les montants, sachant qu’elle n’est pas liée par les demandes de la Com°.

Section 2 : Le recours en carence


But du recours : sanctionner l’inaction des institutions, faire en sorte que l’administration agisse. Il s’agit pour
le juge de censurer l’abstention lorsque l’autorité communautaire est tenue de prendre un acte. Fondement du
recours : 232 TCE. Aboutit à une constatation de carence.

§1 La recevabilité du recours en carence

A. Les conditions relatives à l’abstention


- Auteur de l’abstention : une institution communautaire : Com° européenne, Conseil de l’UE et depuis le
TM le Parlement Européen et la BCE (∆ organe communautaire).
- Saisine préalable : l’institution doit avoir été saisie préalablement : avant d’engager tout recours devant
la CJ, le requérant doit avoir saisi l’institution à laquelle il reproche de ne pas avoir adopté un acte alors que
celle-ci y était tenue par le traité. Idée : il ne suffit pas que le requérant ait manifesté clairement son
intention de solliciter l’adoption d’un acte. Une fois cette saisine faite, si pas de réponse de l’institution, il
pourra y avoir exercice du recours dans un délai raisonnable parce qu’on veut faire en sorte qu’il y ait une
sécurité juridique pour le requérant (CJCE, 1971, PB contre Com°). Effet de la saisine préalable : délimiter
l’objet du litige + déterminer le point de départ du délai pour agir.
- Absence de prise de position : principe : dans les 2 mois de la saisine, l’institution doit avoir pris
position. Dans le cas contraire, cela constitue une absence de prise de position. Prise de position :
 A adopté l’acte demandé.
 A adopté un autre acte que celui demandé.
 A répondu par une décision explicite de rejet (CJCE, 1966, Lutticke)
Un recours en annulation sera possible si le requérant n’est pas satisfait et devra remplir les conditions de
230 TCE. La personne peut avoir demandé la prise d’un acte. Si l’institution prend un acte qui n’a rien à
voir  pas de carence : la carence prend fin quand un acte et pris, peu important son contenu. Exceptions :
 Réponse d’attente : logique car pas d’éléments.
 Réponse d’information : l’institution fait juste état de ce qui a déjà été fait.
2 difficultés :
 L’institution agit au-delà du délai : entre l’expiration du délai de 2 mois et la saisine du juge 
recours en carence irrecevable.
 Si intervient après la saisine du juge mais avant le prononcé de l’arrêt : l’institution a agi  la Cour
doit présenter un non lieu (CJCE, 1988, Parlement contre Conseil).

B. Les conditions relatives au requérant


On distingue 2 catégories de requérants :

1) Les requérants privilégiés


N’ont pas à justifier d’un intérêt à agir  ne doivent remplir aucune condition. Institutions communautaires,
BCE, les EM. La CJ ni le TPI ne peuvent le faire car manque de partialité. Ces institutions peuvent le faire pour
tout type d’actes : règlements, directives, décisions, recommandations, avis, projets de budget (CJCE, 1988,
Parlement contre Conseil).

2) Les requérants ordinaires

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Sont soumis à des conditions. Faut qu’il reproche à l’institution d’avoir manqué de lui adresser un acte autre
qu’une recommandation ou qu’un avis. Tout acte qui ne produirait pas d’effets juridiques à l’égard du requérant
ne peut pas fonder un recours en carence. Cas de l’absence par la Com° européenne de saisine de la CJ dans le
cadre d’un recours en manquement (CJCE, 1966, Lutticke). La Cour a une vision assez large de l’acte qui a
manqué d’être adressé à un requérant, notamment quand c’est un particulier pour lui assurer une large
protection juridique. Sans être le destinataire formel, le requérant peut être en réalité concerné par cet acte de
manière analogue à celle d’un destinataire. La Cour reprend la même logique de recevabilité que celle qui existe
pour le recours en annulation. Il suffit que l’acte dont l’omission est reprochée concerne directement et
individuellement le requérant (CJCE, 1989, Star Fruit). Ainsi même un règlement ou une décision peuvent
faire l’objet d’un recours en carence par un particulier. Limite : être directement et individuellement concerné
(CJCE, 1982, Lord Bethell).

§2 Le prononcé de la carence

A. La notion de carence
Carence caractérisée lorsque l’institution s’est abstenue d’agir alors qu’elle en avait l’obligation. Difficulté :
déterminer cette obligation. L’institution n’a pas d’obligation d’agir lorsqu’elle dispose d’un pouvoir
discrétionnaire pour décider d’adopter un acte. Ex : refus d’engager une procédure en manquement ou une
procédure en matière de concurrence. L’existence d’un pouvoir discrétionnaire sur le fond ne dispense pas dans
certains cas l’institution de prendre les actes de procédure prescrits par le traité ou le droit dérivé. Il faut que
cette obligation d’agir soit inconditionnelle mais l’existence d’une certaine marge de manœuvre d’appréciation
quant aux modalités d’une action ou quant à la nature d’une mesure à prendre ne font pas obstacle à la
constatation de la carence.

B. L’arrêt en carence
L’arrêt constate la carence. Il revêt un caractère déclaratoire en se bornant à reconnaître l’illicéité du
comportement de l’institution mise en cause. Le recours en carence va obliger l’institution à agir (CJCE, 1972,
Nordgetreide). La CJ ne peut pas adresser d’injonction à l’institution. L’institution doit agir dans un délai
raisonnable sachant que l’exécution incorrecte ou l’inexécution de l’arrêt constitue une faute qui pourra
permettre d’engager la responsabilité de la communauté.

Section 3 : Le recours en annulation


230, 231, 233 TCE : s’apparente très largement au REP. Se distingue par la question de sa recevabilité.

§1 La recevabilité du recours en annulation

A. L’acte susceptible de recours

1) L’auteur de l’acte
Seuls sont attaquables les actes adoptés par les institutions ou les organes communautaires : Parlement, Conseil,
Com°, Cour des comptes ; BCE, actes du Conseil européen. A l’origine, seuls les actes du Conseil et de la
Com° étaient attaquables. Les délibérations du Parlement non. Evolution liée à la CJ : CJCE, 1986, Parti
écologiste les Verts : a considéré que les délibérations du Parlement pouvaient faire l’objet d’un recours en
annulation, en appliquant l’idée que la CE était une communauté de droit  les actes pris par les institutions
doivent respecter les traités = pendant de l’Etat de droit. La Cour a affirmé que c’était une évolution logique par
rapport à l’évolution des pouvoirs confiés au Parlement (passage de la procédure consultative au passage à la
procédure de coopération qui permet au Parlement de participer pleinement à l’élaboration d’un texte, de
présenter des amendements que le Conseil ne peut rejeter qu’à l’unanimité). La Cour a étendu cette JP aux

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différents bureaux du Parlement et aux décisions prises par le Président du Parlement européen (CJCE, 1986,
Conseil contre Parlement). Sont exclus les actes pris par les EM qui ne peuvent faire l’objet d’un recours
devant la CJ. Pour un acte national c’est le juge national, et si difficulté on peut passer que par le recours
préjudiciel. ∆ Certains actes pris par l’ensemble des EM dans le cadre du Conseil Européen sont exclus car çà
reste des actes d’EM (CJCE, 1993, Parlement, contre Conseil). C’est le cas des organismes nationaux qui
agissent par délégation : dans ce cas il se peut que cet organisme n’ait pas du tout de pouvoir d’appréciation
(applique les décisions communautaires)  on prendra en compte l’acte initial qui lui sera attaquable (CJCE,
1959, Snuport). Mais dès lors que l’organisme national a une marge d’appréciation, il s’agit de sa propre
décision  juge national compétent  acte exclu.

2) La nature de l’acte attaqué


Le traité à l’origine fonctionne par exclusion : tous les actes autres que les recommandations ou avis. La CJ a du
préciser cette notion d’acte : sont attaquables les actes décisoires des institutions, cad ceux qui produisent des
effets de droit obligatoires = tous les actes qui font grief. Dès lors peu importe la qualification de l’acte (nommé
ou innommé...) donné par l’institution communautaire. La CJ n’est pas liée par la qualification car examine le
contenu de l’acte pour déterminer sa qualification. De même va déterminer la portée de l’acte (CJCE, 1993,
France contre Com°). Sont attaquables les règlements, les directives, les décisions et tout autre acte décisoire
innommé. La Cour a posé le principe de l’universalité du recours en annulation. Seule limite : que l’acte ait des
effets de droit vis-à-vis des tiers. Il faut que l’acte soit autonome par rapport à l’organisation interne d’une
institution.
Ne sont pas attaquables les actes préparatoires parce qu’ils ne sont pas une manifestation définitive de la
volonté. Idée : acte intermédiaire pas attaquable car pas définitif (CJCE, 1981, IBM contre Com°). De même
les propositions de règlement, les PV de procédure, une lettre adressée au plaignant ne sont pas attaquables. De
même ne sont pas attaquables les actes confirmatifs car pour la Cour ce serait rouvrir un délai de recours en
annulation ; or l’acte n’apporte rien de nouveau (CJCE, 1977, Métro).
En revanche, dès lors que l’acte fixe une position définitive, celui-ci devient attaquable : cas de la lettre de
classement. En droit de la concurrence : entente possible lorsque dans le cadre d’une exemption. De même
certaines mesures d’ordre intérieur = mesures définitives = idée de la circulaire en France. Tout ce qui concerne
les règlements intérieurs (CJCE, 1988, Parti Ecologiste les Verts). Dans le cas où un député subissait une
sanction, le député peut attaquer l’acte (O TPI Martinez 1999). De même certaines décisions verbales = actes
attaquables, ce qui est le cas pour le président de la Cour des comptes (CJCE, 1984, Kohler). Refus d’accès au
dossier, refus d’engager une procédure contre une infraction.
Accords interinstitutionnels peuvent être attaquables car assimilés à des actes unilatéraux. Il faut que 3
institutions au moins l’aient signé et doit juste préciser des dispositions du traité. Attaquables que si modifient
des dispositions du traité (O TPI, 2002, Stauner). Se fait au cas par cas.
Accords internationaux : pas attaquables en eux-mêmes car risque d’une annulation. Or, la CE est liée par les
accords qu’elle signe au même titre que les autres organisations. Par contre on peut attaqué la décision de
ratification.
De même les accords avec les Etats tiers ne sont pas attaquables : seul l’habilitation à signer est attaquable.
Actes du 2ème et 3ème pilier : pas attaquables au titre de 230 TCE. Pour le 3ème pilier : 35 en lien avec 45
TUE :donne une petite compétence à la CJCE pour vérifier que les actes adoptés sur le fondement du 3 ème pilier
n’empiètent pas sur les compétences du pilier communautaire (CJCE, septembre 2005, Com° contre Conseil
portant sur les sanctions pénales en matière de pollution maritime : a donné une compétence pénale).

B. La qualité pour agir

1) Les requérants privilégiés

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Conseil, Com° et EM. A l’origine, Parlement européen exclu. Evolution de la CJCE, 1980, Roquette Frères :
un recours en annulation déposé par le Parlement européen n’est pas recevable. Elle admet juste que le droit
européen peut avoir un droit d’intervention. La légitimation passive : la Cour admet que le Parlement européen
puisse défendre ses prérogatives : recours en annulation acceptés que quand la procédure pour adopter n’aura
pas été la bonne (CJCE, 1990, Parlement Européen contre Conseil). Le Parlement européen reconnu comme
pouvant exercer ses prérogatives telles que codifiées par le TM. Même évolution pour la BCE. TA : la Cour des
Comptes peut déposer un recours en annulation, même au-delà de ses seules prérogatives. TN : c’est seulement
avec lui que le Parlement européen va devenir un requérant privilégié.
Quand on vise les EM, on vise seulement les autorités gouvernementales, mais pour les autres : démembrements
de l’Etat notamment collectivités territoriales, sont assimilées à des requérants ordinaires = devront prouver un
intérêt à agir soit parce qu’elles sont destinataires de l’acte soit parce qu’individuellement et directement
concernées (CJCE, 1997, Région Wallonne).

2) Les requérants ordinaires


Les particuliers, les PM, les collectivités territoriales et les états fédérés. Difficulté : ces personnes vont
systématiquement devoir prouver leur intérêt à agir :
- Destinataire de l’acte : 230 al 4 : CJCE, 1992, Nordgetreide : lorsqu’un requérant ordinaire est
destinataire de l’acte, il a intérêt à agir.
- Personne directement et individuellement concernée par l’acte :
La personne doit jouir d’une capacité à agir en vertu de son droit national. Il faut que l’intérêt à agir soit né et
actuel.
La Cour admet facilement que l’intérêt à agir soit né et actuel, même si l’acte n’est plus en application parce
que dans certains cas l’acte peut quand même avoir des conséquences : condamnation droit de la concurrence.
Une société a toujours intérêt à contester la sanction même si pas pécuniaire (CJCE, 1978, BP contre Com° +
TPI, 1994, Scottish Foot Association).
CJCE, 1963, Plaumann : le requérant doit démontrer qu’il est directement et individuellement concerné. La
Cour exige un lien direct. « Les sujets autres que le destinataire d’une décision ne saurait prétendre être
concerné individuellement que si cette décision les atteint en raison de certaines qualités qui leur sont
particulières ou d’une situation de fait qui les caractérise par rapport à toute autre personne et de ce fait les
individualise d’une manière analogue à celle du destinataire ». L’acte doit avoir des conséquences juridiques sur
la personne = difficile à prouver (CJCE, 1978, Topfer) : remet en cause le droit au recours effectif. CJCE va
alors considérer que le requérant n’est directement concerné que si l’acte attaqué a par lui-même pour effet
immédiat de le priver d’un droit ou de lui imposer une obligation. On est bien dans l’esprit d’un acte qui fait
grief puisque modifie la situation juridique de la personne. Recours perdu chaque fois qu’il y aura une
intervention discrétionnaire d’une autorité nationale ou communautaire (CJCE, 1979, NTM Tokyo Baring).
Le requérant n’est pas individuellement concerné s’il n’a pas ces qualités-là : l’acte doit avoir un effet
particulièrement préjudiciable pour lui. Même sans être désignée nommément, on doit pouvoir identifier la
personne, ou elle doit être pour le moins identifiable.
Actes de portée générale : de la même façon, dans le cadre des mesures de sauvegarde, CJ : les entreprises
peuvent être individualisées (CJCE, 1990, Sofrimport). CJCE, 1994, Codorniu : producteur espagnol qui
appelle çà Crémant alors que appellation contrôlée  comme appartient à un groupe restreint, est recevable.
Dès lors que groupe abstrait, pas possible (CJCE, 1962, Confédération nationale des producteurs de fruits
et légumes). CJCE, 1994, Unifruit Hellas : pour établir la recevabilité, on doit se placer au moment où l’acte a
été élaboré.
Problème du recours effectif : articulation droit national/droit communautaire. La notion de recours effectif est
largement influencée par la CESDH. CJCE, 1986, Johnston : les justiciables ont le droit à un recours effectif
en droit national pour que le droit communautaire soit appliqué. TPI, 2002, Jegoquere : question de l’extension
de la recevabilité ; s’est fondé sur la Charte des droits fondamentaux : il insiste sur la nécessité d’assurer une

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protection juridictionnelle effective et écarte les 2 condition « individuellement et directement concerné » = on
ouvre un véritable accès au recours en annulation pour les requérants ordinaires. CJCE, 2002, UPA : les
questions de recevabilité en matière de recours en annulation doivent se faire au regard du Traité qui dit
« individuellement et directement concerné »  la Cour conserve son interprétation restrictive  refuse
d’ouvrir plus largement. La Cour le justifie en disant que les requérants ont toujours la possibilité de soulever la
question en droit national + recours préjudiciel + recours en exception d’illégalité. Système pas bon : CJCE,
2007, Unibelt : système absurde où une disposition communautaire est soupçonnée d’invalidité, transposée en
droit national et Unibelt est obligé de se faire sanctionner pour soulever l’exception d’illégalité de la norme
nationale et communautaire = l’Etat n’a pas assuré un recours effectif car la norme de transposition aurait dû
être attaquée devant le juge national. CJCE, 2004, Jegoquere : a sanctionné l’arrêt TPI.
CJCE, janvier 2007, PKK : fonds de ce parti kurde gelé. L’association PKK a le droit d’attaquer la décision de
geler les fonds même si elle a disparu juridiquement car dans les faits a subsisté par l’intermédiaire d’une autre
association.

§2 Les moyens
- L’incompétence : règles de lieu, règles matérielles et les règles de temps = toutes les habilitations faites
par le traité et par le droit dérivé :
 Absence de compétence d’un auteur
 Tout le contentieux du défaut de base juridique : toutes les règles liées au choix de la procédure qui doit
être utilisée pour adopter l’acte.
- Les violations de forme substantielle :
 Application des modalités de vote (CJCE, 1988, RU contre Conseil)
 Toutes les nécessités de consultation :
o Procédure de consultation du Parlement européen dans le cadre de la procédure consultative (CJCE,
1980, Roquette Frères)
o Cas où on doit demander l’avis du comité des région ou du comité économique et social.
Même si l’avis n’a pas à être suivi. CJCE a exigé que le texte définitivement voté soit bien celui proposé
au Parlement européen.
 Tous les droits de la défense :
o Respect du contradictoire.
o Obligation de motivation sachant que cette obligation est variable selon la nature (CJCE,
1968, Beus) et l’objet (CJCE, 1992, Company Italia Alcool) de l’acte = pas de motivation
stéréotypée. CJCE, septembre 2007, Akzo : la Com° a pris des docs dans l’entreprise : la Cour
vérifie si c’est confidentiel ; en l’espèce non car ne concernait pas seulement les moyens de la
défense.
- La violation du traité ou de toute règles de droit : dispositions du traité, PGD communautaires. De même la
violation des accords internationaux est vérifiée à ce moment-là.
- Le détournement de pouvoirs : ne pas appliquer le texte dans son but initial ou ne pas avoir appliqué la
bonne procédure (CJCE, 1995, Parlement contre Conseil). Ce moyen aboutit rarement car la Cour et le
TPI sont peu enclins à constater que les fonctionnaires ont fait un détournement de pouvoir.
Si la requête n’indique pas expressément le moyen soulevé, la Cour va qualifier elle-même la nature du moyen.

§3 Le délai de recours
2 mois à compter de la publication de l’acte ou de la notification de l’acte. Délai de distance pour les parties
n’ayant pas leur domicile au Luxembourg s’applique (prévu dans le R de procédure).
Dans le cadre de la publication, le délai court au jour de la publication de l’acte au JO de l’UE : on doit mettre
dans ce cadre le délai d’acheminement du JO. Pour les actes notifiés, le délai court à partir du lendemain du jour

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de la notification. Si ni publication ni notification, le délai court à partir du moment où le requérant est réputé
avoir une connaissance suffisante et complète de l’acte. La Cour et le TPI tranchent au cas par cas.
Théorie de l’inexistence de l’acte (s’apparente au recours en annulation) : pas inconnue en droit français. Idée
qu’un acte a été pris avec une telle irrégularité à tel point qu’il ne peut être conservé dans l’ordre juridique : pas
de délai de recours, on peut la soulever à tout moment. Il faut juste que la gravité soit suffisante. Reconnue une
seule fois en 1959.

§4 Les effets de l’annulation


Le juge ne peut annuler que l’acte illégal. Le juge ne veut pas le réformer, il peut seulement l’annuler mais il
peut n’annuler que les seules dispositions illégales. Condition : que ces dispositions soient détachables.
Conséquence : disparaît de l’ordre juridique (231 TCE). Si le recours est fondé, la CJ déclare nul et non avenu
l’acte contesté. 233 TCE impose à l’institution ou à l’organe qui a adopté l’acte de prendre toutes les mesures
que comporte l’exécution de l’arrêt  les actes ayant la même illégalité devraient aussi être annulés. Si les
institutions ne le font pas, risque que la responsabilité de la CE soit engagée. La CJ comme le TPI au regard de
231 al 2 peuvent limiter les effets de l’annulation de l’acte = faire savoir quels sont les effets qui seront
considérés comme définitifs = on peut limiter la portée rétroactive de l’annulation. C’est à la CJ de le
déterminer, et l’institution est liée par l’arrêt de la CJ.

Section 4 : L’exception d’illégalité


Voie de droit visant à faire déclarer l’acte inapplicable et non à l’annuler = on vise que le cas d’espèce soumis à
la Cour. Intérêt de l’exception d’illégalité : on peut la soulever après le délai de recours en annulation. Ce
recours est régi par 241 TCE : principe : l’exception d’illégalité = contentieux incident  faudra le rattacher à
un autre recours qui peut être fondé sur la violation de différentes sources écrites ou non écrites (TPI, 2001,
Martinez contre Parlement) 241 : toute partie peut à l’occasion d’un litige mettant en cause un règlement.

§1 Les actes pouvant être visés par l’exception d’illégalité


241 vise uniquement le règlement. La Cour interprète largement en admettant qu’on puisse former une
exception contre :
- Un acte de portée générale produisant des effets analogues à un règlement, intégrant aussi les directives
(CJCE, 1979, Simmenthal).
- Des lignes directrices (CJCE, 2005, Danks).
A travers cette logique, la Cour essaie de contrer, compenser l’impossibilité d’attaquer pour des requérants
ordinaires certains actes par des recours directs notamment le recours en annulation. Les exceptions ne peuvent
jouer contre des actes qui auraient pu être attaqués précédemment par le requérant (CJCE, 1978, Com° contre
Belgique). CJCE, 1984, Busseni contre Com° : idem pour le recours en carence. Interdit de remettre en cause
devant une juridiction nationale la validité d’un acte qui aurait pu être attaqué par la voie du recours en
annulation (CJCE, 1994, TWD contre Com°). Les requérants privilégiés ne devraient pas pouvoir recourir à
l’exception d’illégalité contre les actes généraux. Cour pas claire car n’a pas tranché envers les EM en faveur
d’un refus d’accès à l’exception d’illégalité (CJCE, 1966, Italie contre Conseil). Pour les institutions ne s’est
pas prononcée clairement mais ce serait un refus. Seule exigence : un lien juridique direct entre l’acte attaqué et
l’acte contre lequel est soulevée l’exception d’illégalité (CJCE, 1958, Meroni).

§2 Les auteurs de l’exceptions


Requérants privilégiés : pour les Etats question pas tranchées. Refus pour les institutions (CJCE, 2003, Com°
contre Conseil).
Les requérants ordinaires doivent avoir un double intérêt à agir :
- Intérêt à agir contre l’acte en cause
- Intérêt à soulever l’exception = influence sur la solution du litige.

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L’exception d’illégalité ne peut être soulevée que devant le juge communautaire  si soulevée devant le juge
national, il aura l’obligation de faire un renvoi préjudiciel en validité. La compétence appartient exclusivement
à la CJ sur ce point.

§3 La procédure
Les requérants ne peuvent former une exception d’illégalité que dans la mesure où il existe un droit de recours
principal (CJCE, 1981, Albini). La recevabilité de l’exception d’illégalité dépend de la recevabilité du recours
principal.

§4 Les effets
L’exception d’illégalité n’a en principe d’effets qu’à l’égard des parties (CJCE, 1958, Meroni).
2ème effet : si la CJ ou le TPI reconnaît l’illégalité d’un acte même dans un cas d’espèce, va avoir une porté
dépassant le cadre de l’affaire. Dès lors l’institution devra en tirer des conséquences par rapport aux mesures
qu’elle aurait pu prendre sur le fondement de cet acte constaté comme étant illégal. Ce n’est pas une obligation.

Section 5 : La responsabilité extracontractuelle


288 al 2 TCE : la CE est tenue de réparer les dommages causés par ses institutions et par ses agents dans
l’exercice de leurs fonctions. Distinction du droit français (CJCE, 1969, Sagal). :
- Faute personnelle : responsabilité de l’agent public.
- Faute de service : engagement de la responsabilité de la CE.
Le juge communautaire a une compétence exclusive : il lui revient d’établir la responsabilité et le montant de
l’indemnisation.

§1 La recevabilité du recours
- Délai de 5 ans à compter de la survenance du fait générateur de la responsabilité.
- Il faut que le dommage se soit concrétisé pour que le délai commence à courir.
- CJCE, Plaumann : le recours en recevabilité ne peut être lié qu’à un autre recours = recours incident : il
fallait qu’il y ait eu annulation de l’acte pour qu’il y ait recevabilité du recours en responsabilité. Pas
logique. Rapidement la cour a reconnu l’autonomie du recours en responsabilité par rapport aux autres
recours :
 Recours en carence (CJCE, 1971, Zuckerfabrik)
 Recours en annulation (CJCE, 1971, Lutticke)
Ce recours est de l’exclusivité de la CJ  CJCE, 1973, Merkeu : le juge national n’est pas compétent.

§2 Les conditions
- Comportement fautif = fait générateur pour l’imputation de la responsabilité à la CE. Difficulté : on
s’inspire de la notion de faute (CJCE, 1967, Kampffemeyer), mais on ne la retient pas car les EM n’en ont
pas tous la même définition  le comportement fautif est donc un comportement illégal car adoption d’un
acte pas fait conformément aux règles ou omission d’adoption.  La Cour parle « d’illégalité de
comportement » ou « d’erreur » = irrégularité.
- Violation suffisamment caractérisée d’un droit protégeant les particuliers (CJCE, 1996, Brasserie du
Pêcheur) : auparavant il fallait la violation d’une règle supérieure : cet arrêt unit les régimes de
responsabilité de la CE et des EM en cas de violation du droit communautaire. 1 ère application : CJCE,
2000, Bergaderm. Idée d’une méconnaissance manifeste et grave des limites qui s’imposent à l’exercice du
pouvoir du législateur (CJCE, 1978, Bayerisch HNL).
 « Violation suffisamment caractérisée »= trop haut  CJCE fait maintenant une distinction selon que
les institutions disposent ou non d’un pouvoir d’appréciation :
o S’il y a une marge d’appréciation : il faut une violation manifeste et grave.

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o Si la marge d’appréciation est restreinte : une simple infraction du droit communautaire suffit à
engager la responsabilité car on estime que l’institution ne peut pas violer le droit car encadrée dans
ses pouvoirs.
 « Règles de droit protégeant les particuliers » : on vise les PGD de droit communautaire tels que le
principe du respect des droits acquis, le principe de non rétroactivité, principe de non discrimination,
principe de proportionnalité, protection de la confiance légitime... Il faut que la règle de droit sauvegarde
les droits des particuliers. Il faut l’existence un dommage, que le demandeur en rapporte la preuve + lien
de causalité.

Existence d’une responsabilité sans faute : liée à l’existence d’un préjudice anormal (dépasse les limites des
risques économiques pris par un opérateur économique) et spécial (affecte une catégorie particulière
d’opérateurs de façon disproportionnée). Reconnue par CJCE, 2000, Dorsch : si le TPI admet qu’une telle
responsabilité soit engagée, la CJ n’a jamais reconnu un cas de responsabilité sans faute
Com° contre Grèce, 2005 : la Grèce taxait l’Ouzo moins que d’autres alcools de la même catégorie. Logique
que la Com° soulève le problème de l’illégalité de la directive mais ne l’a pas fait car se doutait qu’ayant
participé au processus décisionnel, elle aurait été irrecevable  obligation de soulever l’inexistence de la
directive. Mais conditions pas réunies car pas d’illégalité suffisamment grave  la Grèce fait toujours la
discrimination. C’est plus une approche casuistique et d’équité  CJCE, 1994, TWD. On ne peut définir
l’exception d’illégalité qu’en fonction des cas d’espèces soumis à la Cour.

Section 6 : Le renvoi préjudiciel


Voie de droit à part qui s’explique car le juge national est le juge de droit commun du droit communautaire.
Idée posée dès 1957. Principe de primauté + effet direct  le juge national applique le droit communautaire.
On a une coopération judiciaire : les juridictions nationales se tournent vers les juridictions communautaires.
Renvoi préjudiciel : garantir l’uniformité de l’interprétation et de l’application du droit communautaire par les
juridictions nationales.

§1 Les conditions du renvoi préjudiciel

A. La définition de la question préjudicielle


234 TCE : c’est une juridiction nationale qui doit poser la question.

1) La notion de juridiction
Plus large au niveau de la CEDH que de la CE. Seule une juridiction peut poser une question préjudicielle. La
Cour a interprété de manière extensive cette notion pour assurer l’effet utile du droit communautaire. La cour
est indifférente à la qualification donnée au niveau nationale et examine elle-même la notion de juridiction.
CJCE, 1966, Vaassen Gobbels : 2 éléments :

a. Le critère organique
La cour va donner un faisceau d’indices :
- Tribunal constitué par la loi
- Permanence du tribunal
- Caractère obligatoire du recours au tribunal
- Nomination des membres par l’autorité publique
- Indépendance vis-à-vis de l’autorité publique
Pas nécessaire qu’ils soient tous réunis mais nécessaire qu’il y en ait plusieurs.

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Sont des juridictions : juridictions statuant dans le cadre d’une procédure gracieuse ; le juge d’instruction dans
le cas où il cumule les fonctions de MP et de juge d’instruction ; les commissions de recours d’origine
professionnelle (CJCE, 1981, Broeckmeulen : ordre des avocats se réunissant en commission disciplinaire).
N’est pas une juridiction un arbitre privé dès lors que ses compétences sont des compétences facultatives.
2 critères déterminants : indépendance et impartialité  Commission hellénique de la concurrence non car pas
d’indépendance de ses membres.
CCel, 19 novembre 2004 : refusait de saisir la CJCE car considérait que la Cour ne tranchait pas assez vite. Les
membres du CCel sont nommés pour 9 ans non renouvelables + organe indépendant.

b. Les critères fonctionnels


264 TCE : si la juridiction pose une question c’est pour rendre un jugement  doit poser la question dans le
cadre de l’exercice de son pouvoir juridictionnel. L’organe doit trancher un litige par voie de décision
juridictionnel sur la base du droit et selon une procédure contradictoire. Le jugement ne doit pas être déclaratif.
La cour ne rend pas un avis consultatif mais un arrêt qui doit servir à trancher un litige. CJCE, 1981, Foglia
Novello : faisceau d’indices :
- Procédure contradictoire
- Application de la règle de droit
- Résolution des litiges par des décisions obligatoires
- Possibilité pour le juge de tenir compte de la réponse (CJCE, 1988, Pardini) : exclut les procédures
d’urgence)
Conseil de l’Ordre des Avocats statuant sur l’admission d’un membre : pour la CJCE dans le cas d’espèce c’est
une fonction administrative et non juridictionnelle  irrecevabilité du renvoi (CJCE, 1980, Burker).

2) La question de droit communautaire


234 TCE : la CJ peut statuer à titre préjudiciel soit en interprétation soit en validité.

a. Les 2 types de questions


- L’interprétation du droit communautaire : le juge national peut poser une question de droit
communautaire  CJ habilitée à interpréter tout le droit primaire et le droit dérivé de la CE.
 Droit primaire : traités, annexes, protocoles, traités d’adhésion. Refus d’interpréter les dispositions
générales du TUE. 46 TUE : extension des compétences de la Cour depuis le TA  en matière de
coopération policière et judiciaire, la Cour peut interpréter les dispositions de la JAI (3 ème pilier) à
l’exclusion des mesures individuelles. La PESC (2ème pilier) est totalement exclue. Art 6 §1 faisant
référence aux droits fondamentaux : la Cour ne peut interpréter le droit en la matière que par rapport aux
règles communautaires et donc aux compétences de l’UE en la matière. Il existe 2 procédures
dérogatoires (visa, asile, immigration/coopérations renforcées).
 Droit dérivé : tout le droit dérivé peut être saisi par la CJ. Il faut que ce soit des actes pris par les
institutions ou même par la BCE. La Cour s’est autorisée à interpréter des recommandations voire des
résolutions du Conseil. La Cour admet d’interpréter les accords internationaux car les assimile sur
certains aspects à des actes des institutions (logique car intègrent l’ordre juridique communautaire) :
mais les interprète par rapport au Traité de Vienne (à la lumière de leurs objectifs et de la manière dont
ils ont été rédigés). Tout ce qui est acte préparatoire comme les propositions de règlement ou de
directives, la Cour refuse de les interpréter ou de se prononcer sur leur validité  irrecevabilité de la
question. La Cour ne se prononce pas sur la compatibilité du droit national mais exclusivement sur le
droit communautaire. Elle apporte des éléments au juge national qui vont lui permettre de trancher le
litige, mais ce n’est pas à la Cour de le remplacer.
- L’appréciation en validité : conduit la Cour à contrôler la légalité externe et/ou interne des actes. La Cour
va s’appuyer sur les moyens, les arguments soulevés (plus ou moins long selon les pays). Ce contrôle se fait

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sur les actes des institutions de la CE et de la BCE (lien avec le recours en annulation). Conséquence
majeure : le recours préjudiciel en validité permet de compenser dans une certaine mesure les limites
d’accès au recours en annulation. CJCE, 1994, TWD : la CJ dans un souci de cohérence refuse qu’un
particulier puisse par l’intermédiaire d’un recours préjudiciel remettre en cause un acte qu’il aurait pu
attaquer sur le fondement du recours en annulation. Elle considérera le recours irrecevable uniquement si la
personne était manifestement recevable = remplissait les conditions de directement et individuellement
concernée : si doute, admettre le renvoi en validité. Idée d’alternative : on ne peut jamais bénéficier d’un
recours en annulation et d’un renvoi en validité, de même pour l’exception d’illégalité. Même limites au
niveau des actes qu’il est possible d’examiner que pour le recours en annulation : actes préparatoires. De
plus, un renvoi en validité ne peut servir pour remettre en cause un arrêt de la CJ (CJCE, 1986, Wunsche).

b. L’exception de l’application du droit communautaire au-delà du champ de sa compétence


Lorsque directives transposées, il arrive que le législateur étende des dispositions communautaires à des champs
matériels au-delà du champ communautaire. La CJ admet de répondre à ces questions alors qu’elles sont
purement internes. La CJ suit le champ matériel dessiné par le législateur. Sans cesse réaffirmé : CJCE, 2003,
Biao.

B. L’obligation de poser la question préjudicielle


∆ CJCE, 1982, Cilfit+ CJCE, 1987, Fotofrost.
La CJ a peu à peu encadré la philosophie du renvoi préjudiciel car voie de droit essentielle pour la préservation
du caractère communautaire du droit et pour assurer en toutes circonstances que ce droit ait les mêmes effets
dans tous les EM de la CE. Idée de la CJ : éviter qu’une juridiction y échappe.

1) L’obligation de renvoi découlant du Traité


Art 64 : l’origine, l’obligation de renvoi ne pèse que sur les juridictions dont les décisions ne sont pas
susceptibles d’un recours juridictionnel en droit interne (juridictions suprêmes). Pour les autres juridictions,
c’est laissé à leur libre appréciation, le juge devant se baser sur la pertinence de la question pour résoudre le
litige. Pour les juges intervenant en référé, celui-ci ne liant pas sur le fond, le juge des référés n’a pas
l’obligation de poser la question sauf si on ne peut former un recours contre sa décision (CJCE, 1977,
Hoffmann Laroche).

2) Les évolutions imposées par la CJ


2 évolutions opposées :

a. L’atténuation de l’obligation de renvoi dans le cadre de l’interprétation


La cour s’aperçoit qu’elle doit faire face à de plus en plus de renvois préjudiciels. La cour a levé dans 2
hypothèses l’obligation de renvoi : CJCE, 1982, Cilfit :
- Lorsque la question posée est identique à une question déjà posée. Mais la cour se base de plus en plus sur
les faits : sont-ils vraiment identiques ?  laisse une marge de liberté aux juridictions pour renvoyer ou non.
- Lorsque l’application du droit communautaire ne laisse aucun doute raisonnable : théorie de l’acte clair. Il
faut que l’application du droit communautaire s’impose avec une telle évidence qu’elle ne laisse place à
aucun doute raisonnable sur la manière de résoudre la question posée. Pour cela, la juridiction doit
envisager :
 Caractéristiques propres du droit communautaires
 Difficultés particulières que présente l’interprétation
 Risques de divergences de la JP.
∆ Ces 2 hypothèses ne s’appliquent que pour le renvoi préjudiciel en interprétation (CJCE, 2005, Gaston
Schul).

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b. Le renforcement de l’obligation de renvoi préjudiciel en validité
CJCE, 1987, Fotofrost : l’obligation vaut non seulement pour les juridictions suprêmes mais aussi pour toutes
les autres juridictions, même celles susceptibles de prendre des décisions qui peuvent faire l’objet d’un recours
dès lors qu’elle a un doute = dès lors qu’un renvoi préjudiciel en validité se présente
- Soit la juridiction nationale estime que les moyens sont sérieux  doit renvoyer
- Soit moyens pas susceptibles de remettre en cause la validité de la norme  doit statuer. Car pas d’atteinte à
l’application uniforme du droit communautaire sur le territoire des EM.
CE, Arcelor : le requérant soulevait par rapport au droit français la remise en cause d’un de ses droits
fondamentaux. Quand droit fondamental protégé par le droit national et communautaire, doit renvoyer. En
revanche, lorsque protégé que par le droit français sans équivalent dans le droit communautaire, le juge français
doit déterminer lui-même si la règle communautaire est conforme au droit français = JP en opposition avec les
règles et la JP communautaire  le juge doit normalement renvoyer car seul le juge communautaire peut
constater l’invalidité d’un acte communautaire.

C. La recevabilité de la question préjudicielle


Il faut que la question émane d’une juridiction et porte sur un acte communautaire.
Tout juge national peut/doit poser une question préjudicielle. Idée majeure : seule la juridiction nationale saisie
du litige a le choix de saisir ou non la Cour (pas les parties). Il doit apprécier si la question peut être pertinente
par rapport au litige qui lui est soumis = est-ce que la réponse de la CJ pourrait permettre de trouver une
solution au litige ? Cependant la Cour au fur et à mesure de sa JP a été amenée à vérifier que les conditions
étaient bien réunies par rapport à cette notion de pertinence  2ème phase  le juge communautaire va vouloir
avoir connaissance du dossier. La Cour intervient très tôt pour examiner la recevabilité de la question et du
renvoi préjudiciel.

1) Les conditions liées au juge national


Le juge national doit expliquer en quoi la question qu’il pose est nécessaire. Un juge peut poser plusieurs
questions en même temps. Le juge doit établir les faits qui ont donné lieu au litige et dire en quoi çà lui pose un
problème pour trancher le litige. Il doit démontrer la nécessité d’une décision préjudicielle. Le juge ne doit pas
être l’instrument des parties au litige. Les parties n’ont pas à intervenir. Il faut un raisonnement du juge qu’il
devra présenter devant la Cour.
La Cour va vérifier la procédure qui a amené à la question préjudicielle et de là il va déterminer s’il y a
pertinence ou non de la question = vérifier que le droit communautaire est applicable dans le litige.
La demande doit être motivée ce qui n’apparaît pas dans 64 TCE qui peut entraîner une irrecevabilité si
éléments pas présents.
Toutefois le juge national n’est pas toujours au faîte du droit communautaire  la Cour reformule dans certains
cas les questions posées si elle les considère impropres ou si elles dépassent le cadre communautaire.
Notamment quand la question du juge nationale aboutit à un examen de la compatibilité de la règle nationale
avec le droit communautaire  renvoi en interprétation. Idée d’une bonne administration de la justice.

2) Les cas d’irrecevabilité


- Saisine non valide : la CJ doit toujours être saisie au moment où la juridiction nationale statue  si
juridiction nationale dessaisie  irrecevabilité.
- Absence d’incidence sur le litige au principal : le juge de renvoi n’est plus susceptible de rendre une
décision car va s’apparenter à une procédure consultative. La Cour refuse que ses arrêts en renvoi
préjudiciel puissent correspondre à des avis. CJCE, 1995, Grossmann : la Cour a admis de rendre un
renvoi préjudiciel alors que savait pertinemment qu’arrêt déclaratoire au niveau national car hypothèse
d’une violation future d’un droit menacé.

26
- Absence de question pertinente :
 La Cour se prononce quand elle dit que l’interprétation demandée est sans rapport avec la réalité ou
l’objet du litige au principal. La Cour contrôle la réalité du litige. Si pas réel, la Cour n’y répond pas :
CJCE, 1980, Foglia Novello : a estimé que le litige était fictif  si avait rendu une interprétation 
pas d’effet. CJCE, 2005, Mangold : discrimination sur les personnes ayant des contrats en Allemagne
après 55 ans. Un chef d’entreprise demande interprétation : question du renouvellement des contrats tous
les ans. Litige fictif car contrat à peine signé. Principe de non discrimination s’appuie directement sur la
directive : du coup CJCE y a vu un intérêt pour elle et a statué. Pas de JP constante.
 Lorsque la question ne servira pas à résoudre le litige  irrecevabilité.
 Lorsque le renvoi n’est pas suffisamment motivé. La cour abuse de ses prérogatives car dans art 234
TCE, il n’est pas dit que l’ordonnance doit être motivée et faire apparaître les moyens de droit. CJCE,
1993, Telemarsicabruzzo : 1er arrêt dans lequel la CJE se prononce pour irrecevabilité du renvoi
préjudiciel car pas assez motivé. Contradiction dans la JP de la Cour. Très subjective. Un juge national
n’a jamais la certitude de justifier suffisamment sa question car la cour se montre plus ou moins souple
selon la question.
 Cas de forclusion du recours en annulation : la Cour ne répond pas au renvoi préjudiciel en validité
(CJCE, 1994, TWD).

§2 La procédure

A. La saisine
Le renvoi s’effectue toujours selon les règles du droit national. Il faut une suspension au niveau national de la
procédure jusqu’à ce que la CJ ait statué. Aucune formalisme imposé pour la juridiction nationale pour former
une question préjudicielle. Mais en fait question doit être accompagnée de nombreux éléments. La transmission
de la question à la Cour se fait toujours par l’intermédiaire des greffes : le greffe de la juridiction nationale
prend contact avec le greffe de la CJ : tous les documents doivent être joints à ce moment-là.

B. Le déroulement de la procédure
Pb des observations : dans le cadre de la question préjudicielle, le greffe va transmettre cette question aux
parties au litige au plan national, à la Com° européenne, aux EM et au Conseil de l’UE seulement s’il est
l’auteur de l’acte visé dans la question préjudicielle (art 23 statut CJ). Le Parlement européen a été écarté : il
ne peut intervenir que s’il est directement sollicité par la CJ.
Les parties au litige (CJCE, 1965, Singer), la Com° et les EM peuvent faire des observations dans un délai de 2
mois : permet de faire valoir son interprétation du droit. Ecrites ou orales. Rapport CE 2007 sur les activités
de 2006 portait sur l’application du droit communautaire : CE a insisté sur l’importance de l’Etat français à faire
des observations (109 entre 2002 et 2006).
Parallèlement aux observations, un juge rapporteur est désigné : peut ordonner des mesures d’instruction si cela
s’avère utile.

C. L’accélération de la procédure
Ordonnance d’irrecevabilité manifeste : rejet par une ordonnance motivée. Que procédure orale. Renvois par
ordonnance : la Cour répond à la question, mais ne le fait que lorsque identique à une question qui a déjà été
posée. Dans tous les cas de figure, délai de 15 jours minimum pour que les différentes parties puissent déposer
leurs observations. La Cour statue soit par arrêt, soit par ordonnance. Elle peut rendre un arrêt de non-lieu si
l’objet lui paraît avoir disparu. Il n’y a pas d’opposition ni d’autres recours possibles à l’encontre des arrêts sur
renvoi préjudiciel.

§3 L’autorité des arrêts sur renvoi préjudiciel

27
Les décisions prises par la Cour sont transmises à la juridiction nationale. La juridiction va devoir mettre en
œuvre la réponse. Pb : la réponse donnée n’oblige-t-elle que la juridiction de renvoi ou a-t-elle une portée +
large ?
Au moment où la Cour rend son arrêt, elle n’a pas tranché le litige. Mais de plus en plus d’arrêts sur renvoi
préjudiciel sont très précis. Certes la Cour ne tranche pas mais donne tous les éléments que doit adopter la
juridiction nationale y compris en droit national. CJ a les moyens aujourd’hui de trancher quasiment le litige qui
sert de support à la question préjudicielle = marge moindre au juge national. Or le but n’est que l’interprétation
du droit communautaire = ambiguïté du rôle du juge communautaire. Glissement dans la répartition de la
coopération judiciaire ente le juge communautaire et nationale.

A. L’autorité de l’arrêt préjudiciel à l’égard de la juridiction de renvoi


Portée obligatoire : l’interprétation donnée par la Cour s’impose au juge national qui doit en tirer toutes les
conséquences. CJCE, 1977, Benedetti : il s’agit pour le juge national d’appliquer au litige le texte
communautaire tel qu’il a été interprété par la CJ. Variante : non application du texte communautaire. Mais le
juge national peut saisir à nouveau la CJ pour une nouvelle question. Mais la CJ a limité les hypothèses : cette
nouvelle question ne doit pas aboutir à remettre en cause l’arrêt de la CJ (CJCE, 1986, Wunsche) :
- Difficulté de compréhension ou d’application de l’arrêt.
- Nouvelle question de droit ou un nouvel élément d’appréciation.
Le non respect par le juge national de ses obligations  peut-être sanctions internes, mais au niveau
communautaire, la responsabilité de l’Etat peut être engagée (CJCE, 2003, Kobler). On pourrait aussi avoir un
recours en manquement à l’encontre de l’Etat car le juge n’a pas respecté ses obligations communautaires.
On admet que le renvoi préjudiciel a autorité de la chose jugée au niveau national.

B. L’autorité de l’arrêt à l’égard des autres juridictions


On ne parle pas d’autorité absolue de la chose jugée, on parle seulement « d’effets généraux ». Effets à l’égard
des autres juridictions des 27 EM car elles doivent tenir compte des arrêts rendus à la suite d’un renvoi
préjudiciel que ce soit en interprétation ou en validité. Les arrêts dépassent le cas d’espèce. Idée : La Cour ne
tranche pas un litige mais rend une interprétation communautaire  vocation à s’appliquer à chaque fois qu’une
question semblable s’impose.
Pas autorité absolue de la chose jugée car les autres juridictions ont le droit de saisir à nouveau la CJ (ce n’est
pas comme si le problème avait été définitivement tranché). Les juridictions devront à leur tour démontrer la
pertinence de leur question. Si la question n’est pas différente  O de renvoi. Valable pour les arrêts en
interprétation et en validité. Cohérence avec CJCE, 1987, Fotofrost. CE, 2004, Sté Gillot : pour la 1ère fois le
CE admet de prendre en compte dans sa JP et dans son raisonnement les arrêts en renvoi préjudiciel quand le
CE n’a pas lui-même posé la question. La Cour dit que ses arrêts ne sont pas irrévocables, mais elle est la seule
à pouvoir le faire  importance qu’elle soit à nouveau saisie. Elle est la seule à pouvoir modifier ou préciser sa
JP (CJCE, 1969, Portelange).

C. L’autorité spécifique des arrêts en validité


2 éléments :
- Oblige les juridictions nationales à prendre en compte l’arrêt : si la Cour prononce une invalidité, la
juridiction nationale doit en tirer toutes les conséquences sur les actes nationaux pris en application de l’acte
communautaire invalide.
- Les institutions communautaires doivent aussi en tirer les conséquences : corriger les vices. Si invalidité,
conséquence analogue au recours en annulation (233 TCE).

D. Les effets rétroactifs

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Idée majeure : l’arrêt en renvoi préjudiciel a des conséquences sur la période depuis que le texte a été adopté.
Toutes les situations juridiques nées avant l’arrêt devront être remises en cause. Cela vaut pour l’arrêt en
interprétation comme pour l’arrêt en invalidité (CJCE, 1980, Denkavit). La Cour a limité les effets rétroactifs
pour des raisons de sécurité juridique. A titre exceptionnel, la Cour va limiter les effets de ses arrêts. But : tenir
compte des troubles graves que l’arrêt pourrait entraîner pour le passé dans les relations juridiques établies de
BF. CJCE, 1976, Defrenne : question du départ à la retraite des hommes et des femmes. Les conséquences
financières ne peuvent limiter la portée d’un arrêt

29
La procédure devant la CEDH
La CEDH est l'organe juridictionnel du contrôle de la satisfaction par les hautes parties contractantes des
stipulations de la convention tel que n'a pas été le cas à l'origine.
En 1950, seules les hautes parties contractantes pouvaient saisir la cour. Les particuliers ne pouvaient saisir la
cour, il a fallu attendre le protocole n°9. Il n'était pas possible de saisir directement la cour, il fallait passer par
le filtre de la commission européenne des droits de l'Homme dont le rôle essentiel portait sur la recevabilité des
requêtes.
Pour assurer une plus grande efficacité, le protocole n°11 a été voté et est entré en vigueur le 1 er octobre 1998
et désormais, dans le texte même de la convention, il est prévu que les particuliers peuvent saisir la CEDH et
ceci directement depuis la suppression de la Commission. Aujourd'hui, la CEDH fait fasse à un nombre énorme
de requêtes et une réforme est envisagée avec le protocole n°14 qui n'est pas encore en vigueur (entrera en
vigueur 6 mois après ratification de toutes les hautes parties contractantes)*

Chapitre 1 les organes de Strasbourg


On avait coutume de parler des «organes de Strasbourg » pour parler de la Cour et de la Commission.
Maintenant, c'est la Cour et le Comité des ministres qui contrôle la bonne application du traité.

Section 1 la CEDH
Quant à l'organisation, la Cour est composée de juge et de différentes formations juridictionnelles.
Il y a autant de juges que de parties contractantes (aujourd'hui 47). les juges sont élus par l'assemblée
parlementaire du Conseil de L'Europe sur une liste de 3 candidats choisis par la Haute Partie contractante
concernée. Les Hautes Parties contractantes ne sont pas obligées de présenter un national. La durée du mandat
des juges et de 6 ans avec une limite d'âge fixée à 70 ans. (si atteinte de la limite, élection pour nommer juge
pour le temps restant). Pour être juge, Les juges doivent jouir de la plus haute considération morale et réunir
les conditions requises pour l’exercice de hautes fonctions judiciaires ou
être des jurisconsultes possédant une compétence notoire.
Les juges ne peuvent exercer aucune activité politique ou administrative, ni aucune autre activité
professionnelle.
Il se peut qu'un juge se trouve empêché. Si l'affaire concerne un magistrat qui a siégé au niveau national, il doit
alors être écarté de la formation de jugement et alors il appartient à la Haute Partie concernée de désigner un
juge ad hoc.
Lorsque le protocole n°14 sera en vigueur la durée du mandat sera de 9 ans non renouvelable afin d'augmenter
l'indépendance d'un juge.
La présidence de la Cour est assuré par un juge qui est élu par l'assemblée plénière de la Cour. Il en est de même
pour les deux vice-présidents et les présidents de section. Le président est JP COSTA. Il préside l'assemblée
plénière, la grande chambre et préside le collège de 5 juges chargé de déterminer s'il y a lieu de renvoyer
l'affaire en grande chambre.
Quant aux formations de la Cour.
L'assemblée plénière

30
Elle n'a que des fonctions administratives: élection du président, règlement intérieur.
La cour est composée en sections, 5, de 10 juges. Gestion quantitative des requêtes. Pour chaque section: Il y a
un comité de 3 juges
qui statuent sur la recevabilité, trois chambres de 7 juges, la grande chambre de la CEDH composé de 17 juges.

§2 Compétence de la Cour
A l'origine, la Cour avait une compétence consultative. Le protocole 11 permettait encore cette fonction
consultative en cas de demande issu du comité des ministres et dont l'objet ne peut porter sur le contenu ou
l'étendu des droits garantis par la convention. La Cour va être saisi non pas de l'étendu de la Convention mais in
concreto sur les dispositions d'une pratique administrative. Aujourd'hui, aucun avis consultatif n'a été émis par
la CEDH. Elle fait face à un engorgement du prétoire et dès lors elle tend à déclarer irrecevable toute demande.
Ex: 2 juin 2004 doc 4. rejet au motif que l'avis porte sur une question susceptible de donner lieu à une requête
individuelle. Les avis consultatifs ne peut donc alors porter que sur des projets de loi car tous les textes en
applications peuvent donner lieu à une requête individuelle.
Quant à la compétence contentieuse:
Elle peut être saisi par une partie contractante ou un particulier. Extension étendu par l'arrêt Handyside contre
RU du 7 décembre 1976 où la CEDH s'est reconnu le pouvoir de soulever d'office des moyens de droit.
La procédure devant la cour est proche du système accusatoire puisque la procédure est oral, public,
contradictoire.
Publicité sauf décision contraire du président de la Chambre. En principe, la phase sur la recevabilité n'est pas
oral. La Convention européenne des droits de l'Homme prévoit la possibilité pour la Cour d'entendre toute
personne sur l'affaire jugée.
Dans l’intérêt d’une bonne administration de la justice, le président de la
Cour peut inviter toute Haute Partie contractante qui n’est pas partie à
l’instance ou toute personne intéressée autre que le requérant à
présenter des observations écrites ou à prendre part aux audiences.Initialement, la cour estimait que seules les
hautes parties contractantes devaient être entendu mais cela ne mettait pas en valeur le rôle du requérant qui
s'est accru avec l'article 38 de la convention qui suite au protocole n°11 qui prévoit que le requérant doit être
représenté à toutes les audiences

Le Conseil des Ministres est composé d'autant de membres qu'il y a de parties contractantes, soit 47 aujourd'hui
le comité des Ministres n'est pas un organe indépendant d'où la suppression de la fonction juridictionnelle qui
lui avait été attribuée en 1950. A l'époque, la Commission ayant statuée sur la recevabilité, elle renvoyait soit au
comité, soit à la Cour. Aujourd'hui, le comité a le rôle de vérifier la bonne exécution des arrêts de la cour et
saisine pour les avis consultatifs. Toutes décisions doivent être prises à la majorité des 2/3

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Chapitre 2 le déroulement de la procédure

Section 1 la phase préparatoire

§1 la saisine de la cour

recours étatique
article 33: Article 33 . Affaires interétatiques
Toute Haute Partie contractante peut saisir la Cour de tout manquement aux dispositions de la Convention et de
ses Protocoles qu’elle croira pouvoir être imputé à une autre Haute Partie contractante.
La partie contractante n'a pas à démontrer un préjudice. L'article 33 institue une actio popularis au profit des
seules parties contractantes. Ceci est essentiellement intervenu dans le cadre du respect à la vie et à l'intégrité
morale des individus. Depuis 10 ans, il n'y a plus de recours étatique dû au risque d'effet boomerang.

Recours individuel
protocole 11 1978
Article 34 . Requêtes individuelles
La Cour peut être saisie d’une requête par toute personne physique, toute organisation non gouvernementale ou
tout groupe de particuliers qui se prétend victime d’une violation par l’une des Hautes Parties contractantes des
droits reconnus dans la Convention ou ses Protocoles. Les Hautes Parties contractantes s’engagent
Quant au caractère du recours individuel
Le protocole 11 a supprimé la compétence facultative de la cour s'agissant des recours individuels afin d'assurer
une pleine effectivité des contrôles des stipulations de la conventions. La France n'a ratifié la convention qu'en
1974 et le recours individuel qu'en 1981.
La saisine est directe, il n'y a plus le filtre de la commission. Cependant, il y a le filtrage par le comité de trois
juges.

Quant aux titulaires de requêtes individuelles

Toute personne physique peut saisir la CEDH sachant qu'il n'est pas nécessaire que cette personne soit un
national de la partie contractante concernée. Ce qui compte c'est que l'acte contesté par le particulier relève de la
compétence d'une Haute Partie contractante. La Cour n'applique pas les règles internes sur les incapacités. Une
personne incapable peut saisir la Cour sans recours à son tuteur, curateur. L'idée est d'assurer la plus grande
protection des incapables notamment quand il conteste le système en place. L'article 33 vise également toute
organisation non gouvernementale. Concernant les personnes morales de droit public qui n'ont pas de PPP et qui
sont indépendantes de l'Etat sont les seules à pouvoir saisir la Cour. Ex: Radio France. L'idée est d'éviter un
détournement des procédures via l'Etat. 23 novembre 1999: décision sur recevabilité: section de Communes
D'antilly contre France (irrecevabilité de la demande des communes).
Article 34 prévoit enfin que seules les personnes qui subissent un préjudice personnel peuvent agir en quelque
sorte, il n'y a pas la possibilité la possibilité pour les particuliers de critiquer in abstracto d'une pratique
administrative, d'une loi... Néanmoins, cette exigence se trouve nuancée: acceptation par la cour européenne des
droits de l'Homme de juger les hypothèses d'atteintes potentielles aux stipulations. SOERING contre RU 7
juillet 1989.
CEDH s'est également reconnue compétente pour connaître des atteintes par ricochet. Notamment, les proches
d'une victime directe: personne souffrant de la souffrance d'un Etre. Ex: FUNKE contre France 6 octobre 1988

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où la Cour s'est déclarée compétente dans le cas d'une victime par ricochet: l'épouse de la personne enfermée
sans avoir eu droit à un procès équitable.
§2 recevabilité de la requête

Conditions de fond

Doit être satisfaite la compétence ratione loci. Il faut que les faits dénoncés soient intervenus sur le territoire
d'une Haute Partie contractante sachant que cette compétence a été étendu aux faits des agents publics d'une
Haute Partie contractante commis à l'étranger, même hors du territoire d'une autre partie contractante. EX:
Chypre Contre Turquie 4 octobre 1983.

Compétence ratione personnae. Question de la compétence relative à la qualité du défendeur. Une difficulté est
apparue lorsque la Haute Partie contractante s'est vue reprochée des faits dûs à ses engagements internationaux
et notamment communautaire. La CEDH n'a pas hésité à reconnaître sa compétence car au-delà de l'acte
communautaire, c'est la juridiction nationale qui s'exerce. Cela a été admis non seulement dans le cas
d'application nationale d'acte communautaire. Ex: Matthews contre RU. Bosphorus Airways du 30 juin 2005
doc 5: règlement communautaire qui faisait embargo contre ex-Yougoslavie. Cela revient à attribuer à la CEDH
un pouvoir d'organe supérieur des organes communautaires.

Doc 6 arrêt Berami contre France: la cour considère qu'elle ne peut pas statuer sur les actes nationaux issus des
résolutions des Nations Unies en matière de maintien de la paix.

Conditions de forme

Il faut distinguer les dispositions communes et les dispositions propres à la requête individuelle.

Conditions communes

condition de délai
La requête doit être adressé au greffe de la CEDH dans un délai de 6 mois à compter de la date de la décision
interne définitive. Deux nuances: si la requête porte sur une pratique continue, le délai ne commence pas à
courir. Il en va de même en cas de décision, acte qui n'ont pas été communiqué, publié...

condition relative à l'épuisement des voies de recours interne


article 35 §1
Article 35 . Conditions de recevabilité
1 La Cour ne peut être saisie qu’après l’épuisement des voies de recours internes, tel qu’il est entendu selon les
principes de droit international généralement reconnus, et dans un délai de six mois à partir de la date de la
décision interne définitive.
2 La Cour ne retient aucune requête individuelle introduite en application de l’article 34, lorsque :
a elle est anonyme ; ou
b elle est essentiellement la même qu’une requête précédemment examinée par la Cour ou déjà soumise à une
autre instance internationale d’enquête ou de règlement, et si elle ne contient pas de faits nouveaux.
3 La Cour déclare irrecevable toute requête individuelle introduite en application de l’article 34, lorsqu’elle
estime la requête incompatible avec les dispositions de la Convention ou de ses Protocoles, manifestement mal
fondée ou abusive.
4 La Cour rejette toute requête qu’elle considère comme irrecevable par application du présent article. Elle peut
procéder ainsi à tout stade de la procédure.

33
La preuve relative à l'épuisement des voies de recours interne doit être fournie par le requérant.

Toutefois, lorsque la requête interétatique concerne une actio popularis et non en la violation des droits de
l'Homme dans une procédure particulière alors la condition d'épuisement des voies de recours interne ne
s'applique.
L'exigence d'épuisement des voies de recours interne est nuancée de trois manière:
la liberté protégée par la Convention a du être invoqué en substance devant les autorités internes. Substance
différent de formellement. L'article 6§2 sur présomption d'innocence: pas besoin de se baser sur cet article mais
possible de 9§2 du Civil.
La Convention ne vise que les voies de recours utiles et efficaces: La CEDH dispense d'épuiser les voies de
recours qui ne sont pas susceptible de remédier aux violations alléguées parce que la jurisprudence en la matière
est clairement figée ou parce que le recours en lui-même ne peut statuer sur la violation alléguée.
Ex: GAUTRIN contre France: refus de CE d'appliquer article 6 de la convention en cas de recours disciplinaire
ex: cas d'une détention provisoire trop longue: question de fait, la cour de cassation ne statuera pas dessus.
CIVET contre France : en détention provisoire il faut épuiser le pourvoi en cassation 1999, doc 7: solution
critiquable car la Ccass ne peut faire de contrôle
Hypothèse d'existence de circonstances particulières: lorsque le requérants établis que les autorités des Hautes
Parties contractantes se désintéressent de l'affaire, étouffent l'affaire, alors le requérants pourra saisir la cour de
Strasbourg sans que les recours internes soient épuisés. SELMOUNI contre france 1999.

conditions propres aux requêtes individuelles

règle dite « non bis in idem »: si la requête a déjà donné lieu à une saisine d'un organe de protection des droits
de l'homme alors pas possible de saisir la CEDH, notamment le comité du pacte des droits civils et politiques.
Exclusion des requêtes abusives ou mal fondée. On écarte la requête qui est instrumentalisé par le requérant
pour retarder décision en droit interne. En effet, la cour a la possibilité d'imposer des mesures conservatoires
aux Etats. Hypothèse de celui qui utilise son droit de requête de manière fantaisiste ou frivole.
Requête qui n'est étayé par aucun commencement de preuve.

Une fois la requête introduite, elle est examinée par un juge rapporteur qui va soumettre la requête soit à un
comité de trois juges, soit à une chambre. Le comité de trois juge dispose du pouvoir de rejeter à l'unanimité les
requêtes irrecevables. Décision insusceptible de recours. Si le comité de trois juges l'estime recevable, elle sera
renvoyé à la chambre.
Si l'affaire semble fondé le juge rapporteur la transmet à la chambre qui statue elle-même sur la recevabilité puis
sur le fond.
Le protocole 14 va modifié la recevabilité des requêtes: procédure à juge unique qui aura la compétence pour
déclarer des requêtes irrecevables sachant que sa décision ne pourra pas faire l'objet de recours.
Le comité de trois juges pourra statuer sur le fond.
Condition de fond qui tient à l'absence de préjudice important: refus de recevabilité pour défaut de préjudice
important. C'est critiquable, capitulation face à l'engorgement

§3 l'examen de la requête recevable


La chambre examine la requête au fond. Pour cela, elle a pour tache d'établir les faits et de découvrir la vérité.
La CEDH se voit conférer des pouvoir d'instruction. Elle peut exiger des parties la production d'élément de

34
preuve, elle va pouvoir mener des investigations matérielles. l'Etat défendeur doit coopérer, si il ne le fait pas, il
y a violation de l'article 38.
la CEDH doit passer par le stade du règlement amiable. La Cour doit se mettre à la disposition des parties pour
permettre un règlement amiable de l'affaire. La CEDH va s'assurer dans le cadre du règlement amiable va
s'assurer que l'Etat défendeur a bien réparé le dommage du requérant. Au-delà, la CEDH se soucie que l'Etat
renonce au comportement incriminé.
S'il n'y a pas de règlement amiable, la chambre statue sur le fond.

Section 2 le jugement sur le fond


§1 solution de l'instance
Une fois que l'audience a eu lieu, la Cour délibère en chambre du conseil, vote à la main levée à la majorité. Les
juges dissidents, opinion concordante mais fondement différent peuvent manifester une opinion dissidente ou
concordante.

L'arrêt de la chambre
Elle va statuer sur la violation alléguée par le requérant. La CEDH peut reconnaître une violations. Selon les
termes de l'article 41 de la CEDH, la Cour ne fait que déclarer la compatibilité ou l'incompatibilité des mesures
nationales avec la convention. Ce n'est pas un contentieux de la légalité mais un contrôle de compatibilité
déclaratif. La Cour ne peut imposer à l'Etat de faire modifier sa loi, jurisprudence ou pratique. Quant à la
situation du requérant, l'article 41 prévoit la possibilité de lui attribuer une satisfaction équitable et alors la Cour
condamne l'Etat à la réparation du constat de violation. Cette condamnation va pouvoir conduire à des actes
quasi-coercitifs en procédant à des astreintes. Le système de la satisfaction équitable était subsisdiaire et elle
n'intervenait que si l'Etat ne répondait pas au constat. Aujourd'hui, la CEDH statue sur la violation et la
satisfaction équitable.
Grande chambre
Elle peut être saisie de deux manières, suite au dessaisissement d'une chambre article 43 prévoit la possibilité
pour une chambre de se dessaisir de l'affaire au profit de la grande chambre si affaire importante ou risque de
revirement de JP. Cette procédure doit donner lieu à un consentement des parties au cas où les parties
voudraient garder la possibilité d'un réexamen.
Quant au réexamen, la convention prévoit la possibilité de soumettre de nouveau l'affaire à sa grande chambre.
La demande doit être formée dans un délai de trois mois à compter de la décision de la chambre. Le renvoi est
décidé par un comité de 5 juges selon les mêmes critères que précédemment.

§2 portée des arrêts de la cour

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