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Communication & Dynamique des groupes restreints

Mme Sylvie PARRINI

▫ Ce cours va retracer l’historique de la naissance de la dynamique de groupe en la situant dans son contexte.
▫ Les Td sont constitués de 5 séances de 2 heures. Des animatrices interviennent au sein d’un groupe dit
« restreint » de 20 personnes placés en cercle, pour que chacun puisse voir tous les autres membres. Les groupes
sont constants de séance en séance.
▫ Partiel : 1 question de réflexion, non pas sur un chapitre particulier mais sur un ensemble.

25/09/06

Introduction

Le but de la dynamique de groupe est de rendre le groupe plus efficace dans sa tâche.
Le leadership intervient dans un groupe du moment où est élue une personne qui recueille
l’opinion générale de tout le monde et peut la transmettre. C’est pourquoi ce n’est pas l’autorité
qui fait le leader, ce qui peut poser problème dans des hiérarchies.
Une autre vision des choses dit que les hommes ont peur par définition, et qu’ils se défendent en
érigeant un groupe. Cela signifie-t-il pour autant qu’un groupe fort n’a pas besoin de leader ?

02/10/06
Principes de la dynamique de groupe

La dynamique de groupe sollicite la capacité à se mettre en scène, non pas à devenir un


personnage artificiel, mais à jouer l’un de nos rôles, un de ceux que nous autorise notre
personnalité.
La question se pose « comment vais-je me présenter face à CE groupe comme face à tout groupe
dans lequel je dois m’intégrer ? ».
La dynamique de groupe me fait alors entrer dans une spatialité et une temporalité qui s’inscrira
dans mon historicité, car notre histoire est un enchaînement de mouvements (spécialité =
comment on investit l’espace et inversement. Ex : une pièce qui sent le moisi aura une influence
sur les attitudes du groupe).

Chacun de nous construit un livre de mémoire, fait de pages personnelles, et c’est pourquoi
dans un espace moisi certaines personnes verront ressurgir des réactions inconscientes dues à
l’inscription de cette trace olfactive sur l’une de nos pages. C’est pourquoi dans la dynamique de
groupe, l’intervention du corps est prédominante.
Ces réminiscences s’attachent plus aux sensations corporelles qu’à l’intellectualisation des
évènements.
Ainsi, face à une même situation, chacun d’entre nous a des sensations différentes. Cette
différence est due au marquage corporel du vécu antérieur.

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Prise de parole, projections et regards.
Puis vient la prise de parole, qui est surtout la décision de se mettre en avant, c'est-à-dire en
scène. Une prise de parole efficace correspond à une organisation optimale des arguments en un
minimum de temps.

L’idée de la dynamique de groupe est de jouer un jeu : notre jeu propre dans un cercle
bienveillant où toute agressivité n’existe que dans la peur de celui qui se présente. Il est si
difficile de prendre la parole car avant le contact, il y a un bref instant où on est seul avec nous-
mêmes et avec les projections qu’on se fait des autres : « qu’est ce qu’on va penser de moi ? ».
Cette notion de projection est attachée à celle du regard et des jeux.
La notion de regard fonde la dynamique de groupe et fait que l’on va y trouver ce que l’on
y met : En effet el groupe a beau être bienveillant, nos peurs font que le groupe ne nous apparaît
pas si bienveillant. On va chercher une connaissance de soi. Le système de représentation y est
sollicité avec cet aspect double : la représentation individuelle et la représentation sociale,
collective qui m’offrent une interface interactionnelle en générant du lien social.

A la suite du lien social, les boucles rétroactives dues aux interactions démarrent l’histoire du
groupe, elles sont le début de son historicité.
Remarque : une incidence méthodologique de la dynamique de groupe est que le groupe de soit
d’être stable (inchangeant).

Historique de la dynamique de groupe.

Par rapport à la mécanique d’une institution, d’une entreprise, de toute organisation en générale,
le problème humain (ou comme le dit Christophe Dejeurs, le Facteur Humain) est toujours le
grain de sable qui peut empêcher la machine de tourner.
Souvent dans un groupe, l’aspect économique institutionnel ou technique est plus considéré que
les problèmes humains, qui restent encore aujourd’hui des vues de l’esprit.

La réalité des groupes humains a des lois aussi déterministes que celle de la physique.
Pour traiter rationnellement les problèmes humains, il faut connaître les lois qui régissent les
réalités humaines. La dynamique de groupe est une connaissance théorique posée au fil des
recherches sur l’organisation des groupes humains.
Au-delà de cette connaissance théorique, elle est aussi la liberté et la créativité, et à ce titre elle
s’ouvre en thérapie.

Il faut avoir soi-même évolué, avoir personnellement changé ses attitudes à l’égard d’autrui pour
percevoir, comprendre et traiter les problèmes humains. L’expression « dynamique de groupe »
est utilisée de façon floue à partir de 1935. Elle sera définie plus clairement par Kurt Lewin en
1944.
Si l’expression date de 1944, une multitude d’écrits sur la psychologie des petits groupes fleurit
autour de ces années. De ces études sur les petits groupes naît la psychologie sociale, dont la

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dynamique de groupe sera un des plus importants chapitres (préalablement existait la psychologie
des groupes).

1900-1920 : Wundt écrit « la psychologies des peuples » en 10 volumes, il est l’auteur à l’origine
du structuralisme qui est la psychologie du contenu. Il a fait des recherches expérimentales sur la
perception et la sensation. D’un point de vue méthodologique, il a favorisé l’observation directe.
Les psychologies du grand nombre s’opposent à ce qui se passe dans les groupes restreints. Le
groupe est aussi le lieu privilégié d’expérimentations, d’observations, de réflexion sur les
phénomènes interactionnels à l’intérieur de petits groupes.

I. Contexte historique et données sociales ayant favorisé le développement de la dynamique


de groupe

1.1► Les conditions sociales aux Usa, qui est un pays où naissent énormément d’association,
du fait de la présence d’une multitude de peuples.
Les conditions historiques particulières aux Usa : Au niveau industriel d’abord, le soucis de
rendement va ouvrir la construction de notion d’équipe et de chef d’équipe. Au niveau politique
ensuite, l’efficacité de la propagande nationale socialiste va déclencher des recherches sur
l’analyse des phénomènes collectifs et sur les moyens d’action sur les groupes humains. Sur
le plan militaire enfin, avec l’entrée en guerre des Usa en 1917 qui a favorisé le développement
de la psychotechnique pour la sollicitation des chefs. La préparation rapide de la 2ème guerre a
fait intensifier les recherches sur les facteurs de cohésion et d’efficacité des petites unités sur les
élements du moral des petites troupes isolés en opération, et sur les moyens de formation
accélérés par les méthodes de groupe.

16/10/06
1.2► Evolution propre de la psychologie et de la sociologie.
La psychologie est née la première et est devenue objective et expérimentale à la fin du 19ème s,
où l’on voit la création des premiers laboratoires (1880-1890). Cette psychologie s’oriente vers la
compréhension de la personnalité individuelle.
La sociologie est créée officiellement à la fin du 19ème par Auguste Comte. Ses travaux sont
orientés vers l’étude des constitutions politiques, des phénomènes collectifs des grands groupes et
vers l’étude des mentalités socioculturelles. C’est dans la première moitié du 20ème siècle que
l’évolution de chacune des 2 disciplines les entraînent vers un espace commun : celui des petits
groupes.

La psychologie rencontrait à l’époque les interférences du groupe sur l’individu au point qu’il en
modifie son comportement. La sociologie découvre elle des sub-cultures dans les cultures pour
aboutir au concept des microcultures, qui va donner la microsociologie.
Les 2 sciences sœurs psychologie et sociologie sont prêtes à explorer le domaine de la structure
des petits groupes.

1.3► L’importance des idées politiques et leur évolution.

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Une autre science du développement va favoriser les recherches sur les petits groupes : c’est la
sociologie politique. Toujours dans cette première moitié du 20ème s on a :
Les marxistes qui pensent le changement sous forme d’une révolution totale, qui aurait des
répercussions sur la structure socio-économique, politique, morale, familiale… que ce soit au
niveau des états ou des continents.
Les conservateurs condamnent le groupe à l’immobilisme, où la sécurité du groupe passe par la
conservation de toutes les idées anciennes sans possibilité de modification de leur forme. Entre
les deux se développe une position politique nouvelle : retrouvant les conceptions des
socialistes français d’avant Karl Marx, elle base le changement nécessaire sur une prise en
considération de réalité économique, géographique et sociologique des groupes humains
naturels étant capables de se réorganiser avec des structures pas forcément identiques car ils
tiennent compte des formes particulières de leurs ressources, de leur potentialité, de leur cadre de
vie et de leur folklore.
Chaque communauté naturelle atteint la conscience d’être une réalité collective autonome et les
idées politiques de l’époque imaginaient un fédéralisme démocratique.

1.4► Racines de la dynamique de groupe.


▫ 1er pilier de l’historique de la dynamique de groupe :
Cf. « Hawthorne » = ville où a été réalisée l’enquête de « Hawthorne » de 1927 à 1932 : une
enquête est menée dans l’usine « Western electric company » dans cette ville. Elton Mayo a
inspiré cette enquête. Un compte-rendu de l’enquête sera fait par ses associés Roethisberger &
Dickson en 1939, dans le livre « management and the worker ». Ce compte-rendu est exposé pour
la première fois en France par Georges Friedmann : « Problèmes humains du machinisme
industriel ».

Il s’agit au départ d’étudier le rapport probable entre les conditions de travail et les variations de
rendement des ouvriers.
Protocole d’observation : « Après avoir fait varier de nombreuses conditions objectives
(éclairage, chaleur, humidité, horaire de travail, nombre de pauses, système de rémunération,
simplicité ou complexité de la tâche) et après avoir interrogé 20000 personnes, les chercheurs
concentrèrent en 1931 leur attention sur les phénomènes psychologiques de groupe dans les
ateliers. Ils constatèrent l’importance considérable des réactions spécifiques du groupe et des
réactions interhumaines informelles, c'est à dire non-officielle, retentissant sur le travail, sur le
rendement et sur les relations officielles hiérarchiques et fonctionnelles.

> Un petit groupe de 14 ouvriers, constituant un atelier dans la salle de câblage, fut
systématiquement pendant 8 mois et on décrivait son existence comme « atelier », avec sa vie
collective propre, ses malheurs et ses normes secrètes, ses interactions, ses relations avec le
milieu humain et socio-économique et enfin sa structure interne.
Les individus de ce groupe de 14 câblistes se reconnaissaient entre eux et parmi les autres
employés grâce à un caractère commun : celui d’appartenir au groupe expérimental observé par
les chercheurs. Ensuite on a fait évoluer les conditions de travail et on constate que le rendement

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ne change pas (!). Ainsi a-t-on découvert l’importance d’un paramètre particulier : l’attention
(portée ici par les chercheurs), d’où l’importance de la reconnaissance au travail.
Ainsi dès qu’on a des remarques sur les conditions de travail (j’ai chaud, j’ai froid, etc)
c’est qu’il y a un problème ailleurs, de relation ou de communication hiérarchique.

Tout l’environnement du travail, et tout ce qui se passe pour être objectif, tout apparaît aux
chercheurs comme imprégné de signification psychologique ou sociale.
Le groupe engendre une organisation informelle, c'est à dire non-officielle qui a pour fonction de
maintenir par un système d’évaluation à usage interne, un modèle de comportement collectif
destiné à protéger le groupe lui-même contre les changements et les pressions de l’extérieur.

23/10/06
▫ 2ème pilier de l’historique de la dynamique de groupe : la psychothérapie de groupe, ancêtre de
la dynamique de groupe.
La connaissance des caractéristiques de la psychothérapie de groupe permet de différencier les
dynamiques de groupe communicationnelles. L’un des points majeurs de différenciation concerne
les objectifs de la discipline.
La psychothérapie de groupe vise l’évolution de l’individu par le groupe. Les dynamiques de
groupe communicationnelles sont centrées sur la tâche à accomplir par le groupe au moyen des
individus. Dès la fin du 19ème s, on retrouve l’idée selon laquelle le malade mental est surtout un
« déraciné social » : c’est un réfugié en lui-même qui a coupé la communication, soit à causse de
l’impossibilité à s’adapter, soit à cause des satisfactions inconscientes qu’il tire de son état de
malade mental, soit à cause des chocs ou des traumatismes qui ont empêché son insertion sociale.
Sous l’impulsion de Freud et de la psychanalyse, la cure des névroses s’oriente en occident, à
partir de 1900, vers l’analyse du passé et de l’inconscient individuel.

Dans le même temps, d’autres médecins sans coordination ni doctrine sont à la recherche de
méthodes directes, de réadaptation sociale des malades mentaux par des participations à des
groupes.

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Parenthèse : la théorie Freudienne
Charco dit « chez les gens, l’hypnose fait raconter des évènements traumatiques tellement
honteux qu’ils ne les aurait jamais avoués ». Freud dit que ces gens là n’ont pas leur place dans
des asiles, de même que les hystériques. Freud va travailler sur la névrose, différente de la
psychose. Il ne travaillera pas sur les psychotiques car il a besoin des mots pour travailler.
Freud dira que dans notre tête se trouve une conscience + des souvenirs te des injections
parentales stockées dans le préconscient : c’est la première topique.

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Freud dit que l’inconscient est une description du psychisme qui était utile mais non-
fonctionnelle. Il crée alors une deuxième topique fonctionnelle :
Le ça = toutes les pulsions, ce qu’on aimerait bien faire mais qu’on ne peut pas (sexe, violence,
domination, etc.).
Le surmoi = barrière par laquelle les pulsions passent du côté conscient, uniquement si elles
sont transformées en éléments acceptables par le groupe.
Des zones de contact dans lesquelles on rencontre des conflits intrapsychiques : « est-ce
acceptable dans le groupe social ? »

► Cette approche permet de savoir si quelqu’un a les éléments pour être responsable de ses
actes. On peut ainsi savoir que les névrosés ont des sentiments de culpabilité et que les
psychotiques n’en ont pas. C’est pour cela que les psychotiques sont intraitables par la
psychothérapie.
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Exploration historique.
On trouve en Norvège, dans les années 1900, un médecin qui s’appelle Ranier VOGT, qui
organise des classes dans des cliniques, qui sont dîtes « de contrôle de pensée », pour expliquer
aux malades la nature de leurs troubles, et ainsi tenter de liquider la centration sur soi et l’anxiété.
Dans les années 1918, certains médecins font appel à d’anciens malades dits « guéris », pour
former des groupes capables d’influencer des sujets profondément atteints, comme on l’a fait
après avec les alcooliques anonymes.

Avant MORENO, un psychiatre danois utilise comme méthode thérapeutique l’improvisation de


scènes de théâtre. Aux USA, en 1920, le psychologue GREEN psychothérapie de groupe soigne
le bégaiement par la méthode de groupe. Puis dans les années 1930, SLAVSON crée la
psychothérapie de groupe de jeux, pour des malades mentaux d’âge préscolaire. Il crée aussi la
psychothérapie de groupe par la discussion pour les adolescents et les adultes (« groupes de
parole »).
En 1934, Louis WENDER travaille sur le traitement des malades mentaux par les dynamiques de
la psychothérapie de groupe, où il dit que l’individu est un « animal social » et un « produit
social » dont les inhibitions et les refoulements sont motivés par les mœurs du groupe. Il reprend
les idées de BURROW, et crée le « groupe analyse », qui est une méthode pour la névrose
sociale, qui est une impossibilité à communiquer authentiquement.

→ Pour ces praticiens, la participation à des groupes devait amener des modifications
favorables dans la structure de la personnalité.

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▫ 3ème pilier de l’historique de la dynamique de groupe : la sociométrie de MORENO.
En 1913, à Vienne, Jacob Levy MORENO est âgé de 21 ans, il est étudiant en médecine et
participe à des expériences de réadaptation sociale des prostituées, qui comportent des séances de
discussion libre par petits groupes. Il se rend compte que chaque participant peut devenir agent
thérapeutique de l’autre, que le groupe a une existence propre, une consistance (= homogénéité
des membres du groupe) et une structure spécifique.
Il constate qu’il y a un principe de bouleversement de la conception traditionnelle de la
personnalité comme intériorité à la faveur du rôle social que chacun joue dans un groupe.
Pendant la première Guerre, Moreno s’occupe d’un camp de personnes déplacées, il y étudie le
développement des institutions spontanées (structures qui s’installent dans un groupe et tend à
durer) et des phénomènes de tension collective.

30/10/06 Pas de Cours


07/11/06 Pas de Cours
14/11/06 Pas de Cours
20/11/06

Le groupe est une réalité dans le temps et l’espace : pour cela il faut une forme. La forme du
groupe correspond aux membres qui le composent, qui ne sont pas interchangeables. Les
membres de ce groupe sont liés par une tâche, chacun a une tâche à accomplir.
→ Quelle est l’importance de la tâche dans la constitution des liens interpersonnels. Les liens se
créent donc autour d’une tâche, jusqu’à la réalisation commune de la tâche : c’est ce qu’on
appelle l’illusion groupale (ex : le sentiment de cohésion qui se crée pendant les séances de
dynamique de groupe, jusqu’à la fin du td).

2 idées :
1. Moreno lance après 1918 des « essais de théâtre thérapeutique à Viennes et des idées majeures
vont en émerger : la dimension sociale est l’essentiel de la personnalité. La personnalité n’est
pas une intériorité cachée, et séparée d’autrui, mais un ensemble de rôles sociaux avec la
possibilité de les jouer et la possibilité d’en changer, et seulement ceux là.
2. Tout groupe humain a une structure affective informelle qui détermine les
comportements des individus du groupe les uns par rapport aux autres.
► De la première idée va naître le psychodrame et le jeu de rôle, la psychothérapie de groupe.
De la seconde idée vont naître la sociométrie et les méthodes d’analyse du même genre, qui
étudient la structure et les relations affectives informelles, dans un groupe restreint.

En 1925, Moreno émigre aux Usa, il crée le psychodrame en 1928 et le test sociométrique de
1932. En 1923, Moreno propose les premiers diagrammes d’interaction, repris plus tard par
Bales. Moreno va aussi élaborer le diagramme de position, repris par Kurt-Lewis, ils se sont
rencontrés en 1934 et une grande polémique va naître sur la découverte de la dynamique de
groupe entre les hommes. Au final, Moreno est une des sources indiscutables et la sociométrie et
la dynamique de groupe sont 2 méthodes voisines de la même réalité.

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▫ 4ème pilier de l’historique de la dynamique de groupe : Kurt-Lewin
Les études sur la dynamique de groupe démarrent les recherches de Lewin, qui seraient les
premières de la psychologie sociale. Selon Lewin, tout groupe se forme et s’installe dans une
forme, selon l’équilibre des forces et des tensions qui régissent les relations et qui sont
relatives qu champ perceptif des individus. La notion d’équilibre d’une forme et la notion de
dynamique des énergies permettent d’analyser l’organisation et les changements dans les
groupes restreints.

La théorie de Kurt Lewin sera critiquée par Sartre et les existentialistes, selon lequel cette
approche est trop statique, alors que le fondement du groupe est pour lui la conscience et la
volonté des acteurs dans leur lutte pour la reconnaissance et le contrôle de l’environnement. Une
autre approche plus mécaniste s’attache aux équilibres d’un groupe, avec son environnement,
toute forme vivante appartenant à la nature entrerait dans un équilibre de formes en relation avec
le monde environnant par la manifestation de flux de matière, d’énergie et d’information, entre
les différents membres, ainsi qu’entre le groupe et l’environnement.

> Cette approche mécaniste va donner l’étude des systèmes, dont on peut voir l’influence sur
l’école de Palo Alto et sur les théories systémiques des SIC.
Il transpose au plan des groupes les notions de psychologie de la forme, c'est à dire de la
« Gestalt ». C’est une théorie selon laquelle, dans une perception, les éléments tendent à se
constituer comme un ensemble limité et structuré. C’est ce qu’on appelle la prégnance d’une
forme.
C’est une forme qui est facilement perçue et qui conserve ses caractéristiques de façon constante.
Ex : la mélodie d’une chanson est ce que l’on conserve quelque soient les arrangements
rajoutés.

Les principes qui en découlent sont applicables à l’individu et/ou au groupe, et se différencient de
la Gestalt de cette psychologie de la relation, du type stimulus / réponse qu’on a chez les
Behavioristes. Un individu ne réagit pas à des stimuli simples mais il répond à un
environnement structuré comme une forme, ceci en fonction de son champ perceptif et de
son champ psychologique propre. Ainsi, il existe dans un groupe des forces dynamiques qui
créent un état d’équilibre dont l’origine est les interactions entre individus.

► Le groupe n’est pas la somme de ses éléments composants mais le résultat de ces forces
dynamiques jusqu’à un équilibre qui se maintient de façon constante et un état quasi-
stationnaire des caractéristiques du groupe. Cette théorie est fondamentale autant en
psychosociologie qu’en économie. Le groupe constant animé de forces est sans cesse en train de
lutter entre des forces de changement (qui le poussent à évoluer) et des forces de non-
changement (qui le forcent à garde son identité). Car si un groupe n’évolue pas pendant un
moment, il meurt.

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Le groupe est une totalité dynamique, résultat d’interactions entre ses membres, qui
réalisent des formes d’équilibre au sein d’un champ de force. Kurt Lewin va réaliser une
observation d’un groupe confronté au changement.
→ Si le groupe est un champ de force, la pression extérieure va exercer des modifications sur ce
groupe. Si on appuie sur un ballon il peut soit éclater (comme quand la résistance d’un groupe au
changement est trop forte > il éclate), soit on peut délicatement faire sortir l’air par le trou et/ou
on ajoute de l’air neuf (comme quand un groupe intègre une information extérieure et change de
forme).

Expérience de Lewin :
- Dans les années 1943, les Usa connaissent une pénurie de viande due au déplacement de
l’armée américaine. Les autorités cherchent alors à changer les habitudes alimentaires des
Américains au pays. Le gouvernement tente alors de persuader les gens que les bas-morceaux
sont de même qualité que la viande de premier choix, et propose même 2 avantages : contribuer à
l’effort de guerre, et profiter d’un produit pas cher. Les autorités tentèrent d’abord une campagne
de publicité > le changement opéré est négligeable. Lewin fut chargé d’étudier un nouveau mode
d’action. Dans un premier temps, il constate que la ménagère est l’élément de décision pour tout
achat de viande, du coup il porte son action sur des petits groupes de ménagères (10 à 12
personnes). A partir de là, soit il accentue le côté positif des bas morceaux, soit il diminue les
réticences. La moitié des groupes reçoivent une information de spécialiste qui expliquent par
A+B les bienfaits des bas-morceaux : 3% des membres de ces groupes acceptent les informations
et changent leurs comportements alimentaires. Dans l’autre moitié des groupes, Lewin demande
aux membres du groupe par quel moyen il peut changer la consommation de viande, et il laisse la
discussion se développer.
> De la discussion émerge l’opinion de chaque ménagère qui peut parler de son propre
comportement et qui peut analyser ses propres habitudes face à ce problème. Il leur apparaît que
leur refus de ces aliments repose sur des craintes subjectives possiblement dépassables.

27/11/06
Distinctions entre groupe restreint / grand groupe
Dans le cas d’un grand groupe, je m’anonymise. C’est un avantage qui devient inconvénient car
l’anonymat me fait aussi perdre mon identité, même si je gagne le fait de ne pas avoir de relations
publiques.
Dans le groupe restreint, je conserve la possibilité d’avoir des interactions avec celui qui parle
(qui peut être le leader et/ou le chef nommé). Le nombre de participants, l’organisation spatiale,
etc. ont une influence sur les interactions. En effet, un groupe restreint se caractérise par un
nombre limité de personnes, dans une organisation spatiale où les participants se voient et où la
tâche est identifiée, et le temps défini au préalable.
Ainsi, comme le montre l’expérience de Lewin, les gens changent leurs habitudes du moment où
ils sont sous influence d’une personne référente qu’il appelle le « portier ». La récupération
d’informations ne suffit pas pour changer les habitudes

→ (Retour à l’expérience de Lewin)

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Les craintes subjectives possiblement dépassables sont fondées sur les représentations issues de
l’inconscient collectif, relatif aux abats, associées à une symbolique qui fait que, de façon
collective, nous pouvons manger ou imaginer tel aliment plutôt qu’un autre.
La sélection se fait par rapport à une relation à l’objet et au symbole qui lui est rattaché.
Les résolutions sont prises en groupe, le groupe possède en lui le pouvoir de convaincre et les
participants décident de changer leurs attitudes uniquement par rapport à ce groupe-là, ici et
maintenant. Le résultat est notable : 32% des participants modifient leurs habitudes d’achat
(contre 8% pour les groupes où on a utilisé une simple campagne publicitaire).

Bilan de l’expérience de Lewin


○ Dans les groupes où on a donné le moins d’informations : la pression vers le changement
augmente mais pour modifier le comportement, il aurait fallu une pression beaucoup plus
autoritaire. La réaction à une fonction impérieuse est double : soit les participants obtempèrent
(contraints et forcés), soit ils se révoltent.
○ Dans les autres groupes : Lewin réduit les résistances qui s’opposent au changement et aux
déplacements vers un nouvel équilibre, car dans cette situation précise, la décision de conserver
des abats correspond à l’adoption d’un nouvel équilibre.
> Convaincre les personnes une par une est une technique inadaptée puisqu’un processus de
groupe est mis en jeu :
Parler ou s’impliquer dans un débat sur la remise en cause d’une habitude sociale permet
de réduire les craintes d’une potentielle et imaginaire modification de soi.

La norme sociale
Intrinsèquement, la norme n’a pas de valeur → si tout le monde consomme des abats, la norme
sociale se modifie et la norme antérieure ne joue pas. Cette organisation est relative à la
dynamique de groupe suivant une évolution précise :
1► Dans un premier temps, on note une restructuration du champ perceptif.
C’est la phase de désinstallation (« Unfreezing ») > c’est dans cette phase que les informations
arrivent, expliquées et désensibilisées.
2► Une réduction des tensions
C’est la phase de « Moving », où l’on déplace les résistances et on réduit les tensions.
3► Possibilités de changement
C’est la phase de recristallisation (« Freezing ») qui correspond à l’installation d’un nouvel
équilibre satisfaisant pour tous les membres du groupe. C’est le moment de consolidation de
l’état.

Il est donc plus facile de changer les habitudes d’un groupe que celles d’un individu →
chaque individu réagit différemment alors que les membres d’un groupe s’attachent à l’opinion
d’un facilitateur (qui ouvre la porte d’un état vers l’autre). C’est un facilitateur du changement,
qui accompagne la résistance au changement.
Dans le cas des habitudes alimentaires, le facilitateur est une ménagère de 40 ans, elle représente
l’image de la bonne ménagère et elle convainc les autres membres grâce à la représentation

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sociale dont elle bénéficie. Au bout du compte, elle-même devient leader d’opinion, les membres
du groupe convaincus deviendront eux-mêmes leader d’opinion.

Le groupe n’est donc pas clos, car chacun des membres va devenir leader hors de ce groupe
dans d’autres contextes. C’est sur cette force que se basent les sectes.
Dans les groupes de Lewin, les ménagères filtrent l’information et les réorganisent avant de les
diffuser. Elles se comportent en « portier », leader d’opinion et trient les informations et les
diffusent de la façon dont les participants s’attendent à les recevoir → Ce serait une réponse de
l’attente au rôle.

Les rôles sont interactifs et il existe des attentes quant aux rôles.
On attend pas la même attitude de la part d’un PDG que d’une poissonnière, etc. Aller à
l’encontre de ces attentes, c’est s’exposer à un risque d’exclusion du groupe.
Dans tous les groupes existe un système équilibré qui fait que tout groupe possède son champ
dynamique d’équilibre, avec ses canons, avec ses portiers et ses barrières.

L’expérience de Lewin a souvent été répétée, mais on n’a jamais dépassé les 32% de gens
convaincus. Il reste les deux problèmes de représentation du niveau social, et de relation
symbolique qui suscite des interprétations personnelles, les deux correspondant à un niveau de
résistance intériorisée personnelle.

04/12/06
Remarque
De Tocqueville est un auteur important de la dynamique de groupe, qui a écrit sur la
démocratisation des USA, notamment sur le phénomène de petits groupes dans le grand groupe,
en mettant à jour importance du processus de contextualisation, essentiel à la dynamique de
groupe.
Exemple des immigrants Américains : au début les USA se construisent autour de multiples
petites communautés : Français, Hollandais, Italiens, Anglais,… mais la communauté anglaise
étant essentiellement militaire elle s’est imposée et, avec elle, a imposé son langage. C’est
pourquoi l’anglais est devenu la langue des USA. Donc un petit groupe à l’intérieur d’un
grand groupe est obligé d’y laisser des plumes et de subir des influences des autres.

Retour à l’expérience de Lewin


Ce qui émerge de l’expérience « princeps » (= pivot d’une théorie) est la notion de résistance au
changement, relative à l’attachement aux normes ambiantes. Ce sont les normes qui
alimentent la résistance au changement et, en même temps, la difficulté à s’adapter. A ces
normes extérieures s’ajoutent des normes internes qui sont, elles, en relation avec la notion de
conviction. Les convictions ont un double enracinement, l’un dans le discours des parents, l’autre
dans l’expérience personnelle.

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Ex : un enfant qui est confronté à l’école à des normes qui ne sont pas celles de la maison, va
devoir choisir quelle norme adopter, ce qui crée la résistance au changement et fait que
l’évolution est très longue.

Si le changement remet en question les habitudes culturelles acquises pendant l’enfance, alors le
changement atteint la personnalité profonde, qu’il est difficile d’atteindre dans les situations de
communication de groupe, sauf dans les groupes psychothérapeutiques, où le groupe se centre
spécifiquement sur une seule personne. Dans le cas de la transmission, il existe une mécanique
comportementale, un système d’identification-projection avec l’interlocuteur, c’est un cycle
dans lequel les normes peuvent s’installer. La seule façon de briser le système de norme est de
se centrer sur l’individu dans le but de le faire changer.
> Ce principe s’illustre avec le cas de l’identification à l’agresseur dans le cas de kidnapping :
Sous le choc de l’extirpation aux racines, les personnes vivent dans un groupe qui n’a pas les
mêmes valeurs.
Si la personne détenue rejette les nouvelles normes, elle risque la solitude.
Si la personne veut survivre, elle va « communiquer » avec les agresseurs et, au bout, s’identifier
à eux : c’est le syndrome de Stockholm, qui est une réaction de survie. Ce besoin de s’adapter
aux nouvelles normes = dissonance cognitive.

Le principe du groupe thérapeutique est la centration sur la personne, seul moyen de faire
changer les normes est notamment appliqué dans le psychodrame, qui fait rejouer aux gens des
scènes de leur vie avec leurs propres rôles.
Les dynamiques de groupes socio-professionnels sont des dynamiques communicationnelles qui,
d’une certaine façon, s’opposent aux dynamiques psychothérapeutiques car elles supposent des
interactions entre chaque membre du groupe visant une circulation de l’information et la
naissance d’un processus de changement.
A partir de ces études sur les états d’équilibre dans un groupe restreint, Lewin et son équipe vont
chercher quelle est « la bonne forme » pour un groupe, c'est à dire vers quelle organisation un
groupe doit se diriger, pour vivre et être productifs le plus longtemps possible. Une autre
expérience fondamentale, menée par Lewin, Lipitt et White : l’expérience des 3 climats sociaux
affectifs des groupes…

L’expérience de Lewin, Lipitt & White

C’est de cette expérience que découle la notion de climat. Trois groupes d’enfants réunis par
affinité pour construire un théâtre. La consigne est donnée par un animateur. Chaque groupe est
cohérent et motivé, donc les résultats ne dépendront que de l’organisation mise en place.
L’organisation dépend de l’animateur et donc de la consigne.

► But = faire construire un théâtre à des enfants.


○ Le groupe 1 est dit autocratique :
L’organisation est définie de l’extérieur par l’expérimentation. L’animateur donne les objectifs et
les moyens. Il pose les consignes sans y participer.

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○ Le groupe 2 est dit démocratique : l’animateur détaille la consigne et reste disponible pour
toute question.
L’animateur a une interaction avec les individus pour trouver une organisation optimale. Il définit
avec les enfants les buts, les moyens et la répartition des tâches.
○ Le groupe 3 est dit « laisser-faire » :
La consigne est réduite à l’ordre le plus strict. L’expérimentateur ne revient plus, ne participe pas
et ne surveille pas.
> A ces 3 types d’organisation correspondent 3 types de réaction de la part des enfants.

Résultats
La question qui se pose est « pourquoi certains travaux sont faits plus vite que d’autres ? » : tout
dépend de la consigne donnée par l’animateur.
Ainsi, dans le groupe 1 : les interactions sont tendues, il y a de la frustration, des oscillations
entre apathie et agressivité. Si l’animateur sort, la tâche est interrompue, le groupe n’est pas
autonome et les résultats sont médiocres.
Dans le groupe 2 : bonne production, le niveau de satisfaction est élevé, les relations entre les
différents membres fondés sur la coopération et la volonté de réduire les tensions. La tâche se
poursuit quand l’animateur sort → le groupe est autonome et a de bons résultats.
Dans le groupe 3 : la production est faible ; le sentiment de frustration est important, le groupe
rencontre des échecs. Les comportements sont agressifs, le groupe n’est pas autonome et les
résultats sont mauvais.

Un critère qui n’apparaît pas mais qui est déterminant est le plaisir à la tâche.
Le groupe laisser-faire pose un problème : il laisse s’exprimer plusieurs leaders. Il semble que le
groupe démocratique soit le meilleur, or il se peut que cette « bonne forme » corresponde, à
l’époque de Lewin, aux valeurs idéologiques, au type de comportement intériorisés, relatifs au
contexte de l’époque qui, du point de vue socio-économique et politique, prônait le modèle
démocratique comme seul capable d’apporter le bonheur.
Or certaines expériences ont infirmé ces résultats, à la faveur du groupe autocratique, à condition
d’y installer un expérimentateur leader. De ces études, pas vraiment contradictoires, débouchent
les études sur la propagande et la communication d’influence.
Nos modèles et valeurs intériorisées donnent la bonne forme pour un groupe. Quant à son
organisation, elle est relative aux modèles et valeurs spécifiques, et répond à un équilibre
momentané des forces mises en présence.

Pour finir sur les travaux de Lewin : le T-Group


En 1946 ; Lewin quitte Harvard pour Ann-Arbor et intègre le centre de recherche sur la
dynamique de groupe à l’institut pour la recherche en sciences sociales de cette même université.
Une session historique de dynamique de groupe fait naître la notion de « T-Groupe » (groupe de
diagnostic, ou Basic Skills Training Group) lors d’un séminaire où Lewin organise, avec ses
premiers élèves, à l’intérieur d’un groupe, une nouvelle méthode pédagogique qui permet aux
participants de faire évoluer ses relations interpersonnelles.

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Protocole : 12 personnes, sur 12 séances, étalées sur plusieurs jours. Les gens ne se connaissent
pas à l’avance. Il n’y a ni ordre du jour, ni ordre de séance, ni organisation de débats. Les gens
parlent entre eux de ce qu’ils veulent. Le moniteur a pour seul rôle d’analyser avec les
participants les processus psychologiques qui surviennent. De tels groupes permettent de
sensibiliser les participants à la psychologie des relations interpersonnelles et des groupes, et
de provoquer chez eux des changements dans les attitudes envers les autres et envers les tâches à
accomplir. Ces travaux seront repris par Max Pages en France.
La dynamique de groupe va se particulariser selon les types de groupes. On fait des travaux sur la
famille, sur la classe scolaire et les bandes. Il en ressort les groupes BALINT, qui regroupent les
gens par pratique professionnelle.

La dynamique de groupe se trouve définie par la convergence des courants multiples, elle est
inaugurée par la théorie et les méthodes de Kurt Lewin, mais aussi par la sociométrie de Moreno,
par les catégories de Bales, qui mesurent mathématiquement les interactions dans les réunions de
discussion, et plus récemment Moscovici, qui travaille sur le rôle décisif des minorités actives
dans le groupe.

11/12/06
Le Groupe Primaire

L’histoire de la psychologie sociale et de la sociologie permet, grâce aux recherches sur les
groupes de mettre en évidence des réalités sociales dont l’existence est vécue depuis longtemps Il
s’agit de celle des petits groupes, ce genre de petits groupes se retrouve aussi loin que remonte
l’histoire des hommes ou que s’étend la géographie humain. Ainsi l’équipe, l’atelier,
l’association, le sous-régiment, etc : sont tous des petits groupes avec leur propre
fonctionnement pour des questions pratiques (proximité, interaction, efficacité des relations
interpersonnelles).

PION, médecin psychiatre, fit des recherches sur les relations dans les petits groupes, en
particulier quand le leader est tué, pour étudier l’apparition des binômes.

Pour définir le groupe primaire, citons les éléments communs :


- leur découpage et délimitation ne correspondent pas à une catégorie abstraite (les fumeurs
sont une catégorie abstraite, les blondes ont un seul élément en commun, pas de lieu réel qui leur
est commun).
- leur découpage ne correspond pas à une catégorie démographique. Ex : les catégories
socio-culturelles comme « les Français ».
►Ils représentent les groupes limités par le nombre, et à ce titre ce sont des groupes
restreints.

> Remarquons que la réduction du nombre est insuffisante malgré tout pour faire un groupe
restreint, si ces groupes correspondent à une des catégories citées plus haut. Il représente un
groupe où chacun connaît les autres et peut établir avec eux une relation personnelle.

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Dès qu’un groupe est assez important pour que les relations dites directes, de face à face,
deviennent impossibles ou partielles, on considère que ce groupe est hors du champ de la
dynamique de groupe → c'est à dire à partir de 3 personnes (à 2 on est dans une relation de
binôme), jusqu’entre 50 et 80, quoique cette limite détermine aussi la nature et la qualité des
échanges qui ont tendance à se diluer plus le nombre de membres est important. On considère que
le nombre optimal est entre 15 et 20 personnes.

→ Jean STOETZEL « la psychologie sociale » :


Si le groupe a une vie commune dense, le nombre peut s’accroître un peu plus (ex : les
communautés) à condition de respecter l’élément fondamental d’une dynamique de groupe, c'est
à dire l’existence de relation de chacun avec tous. C’est la base de la dynamique de groupe et
du groupe restreint.
Si le groupe n’a qu’une existence commune partielle (atelier, jury), les relations interpersonnelles
« vraies » ne sont possibles que par la réduction du nombre. On suppose l’existence d’une unité
psychologique spécifique, solidarisant les membres du groupe par rapport à l’environnement
matériel ou social. Dans tous les cas le groupe se distingue comme thème de son contexte. Tous
ces groupes seront appelés groupes primaires.
C’est une expression qui a été utilisée pour la première fois au début du 20ème siècle (1909) par
Charles COOLEY. Pour lui le groupe primaire désigne les ensembles humains caractérisés par
une association ou une coopération de face çà face. L’auteur reprend la distinction faite
précédemment entre les « communautés » (où les relations sont directes et personnelles) et les
« sociétés organisées » où les relations sont structurées et impersonnelles ». Le groupe primaire
résulte d’une intégration intime d’une fusion des individualités dans un tout commun, de
telle sorte que la réalité immédiate pour chacun est la vie commune et les buts du groupe. Le
groupe devient un « nous », il englobe cette sympathie, ses identifications mutuelles dans le nous
collectif qui s’est substitué au jeu individuel.

Classification des groupes primaires :


→ Naturels / Artificiels (discussion sur la nature)
→ Momentanés / Persistants (discussion sur la durée)
● Les groupes primaires naturels (famille, village, groupe d’amis) sont caractérisés par des
relations affectives spontanées, ils ont une existence naturelle.
● Les groupes primaires artificiels ou occasionnels (camps de vacances, groupes de laboratoire,
expérimentaux, de formation) sont caractérisés par le fait que la motivation à se regrouper est
extérieure à la vie quotidienne habituelle.
● Les groupes primaires persistants (clubs, classe) ont une existence collective qui se poursuit
sur une longue durée.
● Les groupes primaires momentanés (réunions d’un comité, groupes de discussion) sont
caractérisés par leur limitation dans le temps et donc par leur faible empreinte sur l’existence
globale de leurs membres.
> Un groupe primaire peut être à la fois naturel et durable (village) et momentané (famille de
stage linguistique), artificiel et durable (atelier), artificiel et momentané (discussion).

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Caractéristiques du groupe primaire, des phénomènes typiques :
1- Les interactions
Les échanges verbaux ou non-verbaux, les réactions, c'est à dire le processus communicationnels
d’intercation. Cela suppose que les conduites, les interventions et les opinions émises ne sont pas
des expressions personnelles mais sont déterminées par la situation.
2- L’émergence des normes
C’est l’émergence des règles de conduite, celles des valeurs du groupe.
3- L’existence de buts collectifs communs : la communauté de buts est le ciment du groupe
(cohésion du groupe).
4- L’existence d’émotions et de sentiments collectifs.
5- L’émergence d’une structure informelle qui est de l’ordre de l’affectif. Cela renvoie la
sociométrie, la répartition de la sympathie / l’antipathie, l’émergence de leader, le sous-groupe.
6- L’existence d’un inconscient collectif.
L’historicité permet la création d’un inconscient commun où le groupe n’a pas conscience des
phénomènes déterminant les conduites des membres du groupe, de la même façon que les
membres eux-mêmes n’ont pas conscience des phénomènes qui déterminent leur conduite en
groupe.
7- L’établissement d’un équilibre interne et d’un ensemble de relations stables avec
l’environnement.
Le groupe engendre une double situation d’équilibre, intérieure et extérieure, c'est à dire
l’intérieur lui-même et par rapport à son contexte. Si cet équilibre est remis en question, le groupe
résiste puis s’adapte, puis reconstitue un nouvel équilibre en fonction de toutes ses
caractéristiques, ses critères permettent de définir et de comprendre ce que l’on appelle des
groupes primaires, appelés plus communément « petit groupe restreint ».

CONCLUSION FINALE
On définit la dynamique de groupe en 2 parties
En tant que domaine de connaissance de réalité, elle se définit en fonction de 2 ensembles :
- l’ensemble des phénomènes psychos-sociaux qui se produisent dans les petits groupes ainsi que
les lois naturelles qui régissent ces phénomènes.
- l’ensemble des méthodes qui permettent d’agir sur la personnalité par le moyen de groupe ainsi
que celles que permettent au petit groupe (cf. Lewin) d’agir sur les grands groupes. Du coup la
dynamique de groupe correspond à la science des phénomènes de groupe et un sens plus étroit est
une action psycho-sociologique.

Livres conseillés :
« Les motivations » - A. Muchielli – Ed. Que sais-je ?
« La dynamique de groupe » - Maisonneuve.

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