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Petite histoire de la pudeur

Par Christine Brion, le 11/08/2006

La pudeur n’a pas échappé à la règle du temps, obligée


d’évoluer.

Sommaire du dossier

* La pudeur et vous

* Petite histoire de la pudeur

* La pudeur : atout ou handicap ?

* Quand la pudeur devient l’exception

* La pudeur et l’art : une relation ambiguë

* Qu'en dit la Bible?

Les différences sont nombreuses entre ce qu’on montrait


auparavant de son corps et ce qu’on en montre aujourd’hui.
Petit tour d’horizon de la pudeur à travers le temps et
l’espace.
La pudeur à travers les âges

Comme toute notion, la pudeur est relative. Voici quelques


éléments de l’évolution du rapport au corps au cours de
l’histoire de l’humanité, en Europe :

* Au Moyen-Age : période de contradiction : les bains,


public ou bien privés, se prennent souvent à plusieurs
personnes, mais l’exhibition d’une personne nue est un
châtiment. Quant à l’amour courtois, il s’exprime avec
ferveur…mais reste toujours chaste.

* A la Renaissance : c’est l’époque ou débute la pratique


des dissections. Le corps étant découvert, son exposition
devient gênante, particulièrement en ce qui concerne la
femme. Il est ainsi désormais formellement interdit de
peindre tout sexe féminin.

* Au XVIIe : la cour de Versailles suit une étiquette très


stricte. Une attitude peut être jugée décente ou indécente
en fonction de la personne devant qui on l’adopte : ainsi,
montrer son corps ou bien dévoiler ses sentiments devant
une personne de rang inférieur n’est pas gênant. Mais ce
n’est absolument pas permis devant une personne de rang
supérieur.

* 1791 : date charnière dans l’histoire de la pudeur.


Faisant suite aux droits de l’homme, apparaît la notion de
vie privée et ainsi, d’attentat à la pudeur. Désormais on
dissocie la sphère privée et la sphère publique.

* Au XIXe : siècle de retour à une morale conservatrice,


notamment avec les règles strictes de la bourgeoisie. Même
seul chez soi, on se lave en chemise. L’Angleterre
victorienne est connue pour sa pudibonderie. Cependant
apparaît parallèlement le romantisme, le courant par
excellence des sentiments excessifs et passionnés.

* XXe siècle : la psychanalyse, en essor depuis la fin du


XIXe, aboutit à la déculpabilisation de la nudité corporelle et
exhorte les individus à exprimer ce qu’ils ressentent. C’est le
début d’une libération qui sera particulièrement importante
à partir de mai 68, date à partir de laquelle les femmes
osent bronzer seins-nus à la plage.

* XXIe : l’avenir nous le dira…

mais aussi une notion relative dans l’espace

Les convenances varient d’un continent à un autre, parfois


même entre différents pays. En effet, ce qui est décent pour
nous, français, peut être considéré comme totalement
indécent et, par conséquent, inacceptable dans un autre
pays. L’inverse est également vrai.

Voici quelques exemples de différences au sein du globe :

* au Brésil, le port du string relève quasiment de la norme


et le port du maillot reste une exception, presque à l’inverse
de chez nous.

* si en France, depuis les années 70 les femmes bronzent


sein-nus sur les plages après avoir pendant de très
nombreuses années cachés ceux-ci, en Afrique, avant le
début de la colonisation, aucune femme n’avait l’habitude
de cacher sa poitrine. Par contre, montrer ses cuisses ou ses
mollets était impensable.

* dans les pays nordiques, les familles sont habituées à se


jeter tous ensemble nus dans les lacs. Mais, si ceci ne les
gêne pas, ils se sentent beaucoup moins à l’aise face au flux
de paroles des Latins.

et enfin une notion qui varie d’un individu à un autre

Entre individus, nous avons nécessairement des conceptions


différentes de la pudeur. Cette relativité provient du fait que
c’est essentiellement l’éducation que nous avons eue étant
enfant, les valeurs que nous ont inculquées nos parents, qui
forgent notre conception de ce qu’est la pudeur. Vient
ensuite s’ajouter l’histoire propre de la personne, les
complexes qu’elle peut avoir… D’où le fait que nous n’ayons
pas les mêmes comportements que le voisin/la voisine,
quand il s’agit de se baigner… De même nous n’adoptons
pas les mêmes attitudes face à une publicité : ce qui peut
paraître beau à une personne peut paraître obscène à une
autre…