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EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

SOMMAIRE

INTRODUCTION GENERALE.............................................................................................1

PREMIERE PARTIE:APPRECIATION DES ACTIFS D’UNE SOCIETE DE


LEASING...................................................................................................................................5

CHAPITRE I : PRESENTATION DU CADRE GENERAL REGISSANT


L’ACTIVITE DE LEASING..............................................................................................6

Section 1 : Définition des concepts et genèse de l’activité.....................................................6


Section 2 : Cadre réglementaire lié au statut de l’établissement de leasing.........................11
Section 3 : Exigences organisationnelle liées aux établissements de crédit.........................30

CHAPITRE II : ASPECTS COMPTABLE ET FISCAL DE L’OPERATION DE


LEASING.............................................................................................................................45

Section 1 : Aspects comptables de l’opération de leasing....................................................46


Section 2 : Traitement comptable des opérations spécifiques liées à l'activité de leasing.. .62
Section 3 : regime fiscal des opertions de leasing................................................................67

CONCLUSION PREMIERE PARTIE.............................................................................74

DEUXIEME PARTIE : METHODOLOGIE D’EVALUATION DES


ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING.....................................................75

CHAPITRE I : IDENTIFICATION DES ACTIFS A EVALUER ET


METHODOLOGIE PRATIQUE DE CLASSIFICATION............................................76

Section 1 : Identification des engagements à évaluer...........................................................76


Section 2 : Règles de classification des engagements..........................................................78
Section 3 : Classification des actifs : Méthodologie pratique...............................................93

CHAPITRE II : EVALUATION DES ELEMENTS DE COUVERTURE DE


RISQUES...........................................................................................................................105

Section 1 : Evaluation des agios réservés...........................................................................106


Section 2 : Evaluation des éléments de garanties...............................................................116
Section 3 : Evaluation des provisions.................................................................................134

CONCLUSION DEUXIEME PARTIE..........................................................................136


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TROISIEME PARTIE : CAS PRATIQUE....................................................................137

CHAPITRE I : PRESENTATION, PROBLEMATIQUE ET SYNTHESE...............138

Section I : Présentation du cas et traitement des données...................................................138


Section II : Synthèse...........................................................................................................140

CHAPITRE II : DONNEES GENERALES DU CAS...................................................141

Section I : Appréciation de la classification des actifs.......................................................141


Section II : Evaluation des éléments de garantie................................................................153

CONCLUSION TROISIEME PARTIE.........................................................................166

CONCLUSION GENERALE..........................................................................................167

BIBLIOGRAPHIE............................................................................................................170
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GLOSSAIRE

 ACNM : Autres Concours Non Mobilisés

 BCT : Banque Centrale de la Tunisie

 CA : Conseil d’Administration

 CAC : Commissaire Aux Comptes

 CDET : Code des Droits d’Enregistrement et de Timbres

 CDR : Code des Droits Réels

 CSC : Code des Sociétés Commerciales

 CPF : Conservation de la Propriété Foncière

 CV : Curriculum Vitae

 IAS : International Accounting Standards

 NCT : Norme Comptable Tunisienne

 VR : Valeur Résiduelle

 TVA : Taxe sur la Valeur Ajoutée

 TCL : Taxe sur les Collectivités Locales

 DGELF : Direction Générale d’Etudes et de Législation Fiscale

 IRPP /IS : Impôt sur les Revenus de Personnes Physiques/ Impôt sur les Sociétés

 APIA : Agence de Promotion des Investissements Agricoles


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INTRODUCTION

La libéralisation des systèmes financiers des pays de l’occident et les mutations


structurelles conséquentes ont considérablement influencé la composition du secteur financier
Tunisien. En conséquence, les établissements de crédit Tunisiens sont obligés de chercher des
solutions stratégiques afin de créer leurs propres atouts concurrentiels et riposter face à une
entrée massive de concurrents étrangers dans le secteur financier.

Le secteur financier se trouve ainsi, en pleine mutation et le souci de restructuration


constitue une préoccupation majeure pour le gouvernement Tunisien qui incite les
établissements de crédit à améliorer leurs politiques stratégique et organisationnelle.

Ce besoin de restructuration devient de plus en plus urgent, surtout avec les


exigences prévues par la nouvelle approche pour la gestion du risque, approuvée par l’accord
de Bâle 2, qui consacre les forces de marchés comme les principales références dans
l’évaluation et le traitement de risques.

Le souci de renforcer les indicateurs financiers des structures existantes a été


essentiellement à l’origine de l’émergence de phénomènes de concentration (fusion,
partenariat, …) et d’autres phénomènes tels que les actions de privatisation des établissements
publics.

Le secteur de leasing n’est pas resté à l’abri de cette mutation structurelle, ainsi,
plusieurs mouvements de capitaux ont vu le jour et d’autres pourront éventuellement
apparaître telles que des opérations de fusions, d’introduction en bourse, des alliances
stratégiques etc….

Pour parvenir à la réalisation de ces objectifs, l’intervention de professionnels tels


que l’expert comptable sera indispensable pour l’accomplissement de travaux d’évaluation
dont les résultats permettront aux organes de décision de statuer sur la faisabilité et l’intérêt de
l’opération et serviront de base pour les réunions de négociation.

De ce fait, certaines difficultés majeures peuvent rencontrer les professionnels


intervenants lors des travaux d’évaluation d’une société de leasing, on cite principalement les

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travaux d’évaluation des engagements de la société envers la clientèle ainsi que la


détermination des risques encourus.

Ainsi, l’évaluateur ne peut être en mesure d’achever le plan d’évaluation de la


société qu’après l’accomplissement des travaux d’évaluation des engagements de la société.

Ces travaux ne sont qu’une phase de la mission, et dont la réalisation nécessite


d’engager des coûts très élevés en terme de temps budgétisé et des compétences à fournir par
l’évaluateur- expert comptable- pour les réaliser.

Face a la complexité et a la délicatesse de cette phase de la mission d’évaluation et


pour assurer une meilleure finalité des travaux accomplis, il semble utile pour tout
professionnel intervenant, d’être guidé par une démarche méthodologique, lui servant comme
outil pratique pour réaliser ses travaux.

Ainsi, le présent mémoire présente comme intérêt principal la proposition d’une


démarche pratique afin d’aider à assurer le bon déroulement de la mission.

Ce cadre pratique qui est certes incomplet, mais harmonieux, permet une application
raisonnable des règles prudentielles mises à la charge des sociétés de leasing en matière de
couverture et de division de risques.

Cette démarche revêt plusieurs aspects particuliers en rapport avec la spécificité de


l’activité de leasing et la complexité propre du contexte d’évaluation, surtout en présence d’un
système prudentiel dont les textes ne prévoient pas les règles spécifiques d’évaluation des
risques dans les sociétés de leasing.

Ceci dit, et en présence de plusieurs insuffisances réglementaires, la démarche


proposée doit répondre à ces préoccupations :

- les risques encourus par les sociétés de leasing sont-ils assimilés aux risques
encourus par les banques ?

- Quelles sont les spécificités liées à l’activité de leasing ?

- Quelles sont les règles d’appréciation et d’évaluation du risque de


contrepartie ?

- et enfin quels sont les types de garanties pouvant être admises en déduction de
risques encourus ?

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A ces questions et à tant d’autres, le présent mémoire se propose d’apporter les


réponses appropriées à travers une étude structurée comportant trois parties :

- Une première partie, réservée aux aspects fondamentaux permettant


d’apprécier les actifs à évaluer, dans laquelle sera présenté, dans un premier
chapitre, l’historique du leasing ainsi que les aspects juridiques, réglementaires et
organisationnels liés à l’activité de leasing.

Dans le deuxième chapitre, nous traiterons le contexte pratique de


l’opération de leasing, en ce sens nous essayerons de présenter tous les aspects
contractuels qui peuvent naître entre le bailleur et le preneur, tout en proposant les
différents schémas comptables, selon les deux approches de comptabilisation, qui
peuvent découler de cette relation contractuelle. Cette présentation sera consacrée
en outre, à la présentation et le traitement des opérations spécifiques à l’activité de
leasing et qui ont une incidence significative sur les travaux d’évaluation. Ce
chapitre sera clôturé par une présentation du régime fiscal régissant l’opération de
leasing.

- La deuxième partie sera réservée à la proposition d’une démarche


méthodologique pour accomplir les travaux d’évaluation du tableau
d’engagements.

Le premier chapitre sert pour la présentation des actifs à évaluer à savoir


les engagements bilantiels et les engagements hors bilantiels ainsi que l’exposition
des règles de classification des actifs à évaluer en mettant l’accent sur l’importance
des critères qualitatifs (analyse financière, notation interne..), dont l’importance se
développe face à la rigidité des critères quantitatifs, et afin de consacrer les
nouvelles exigences prévues par le protocole d’accord de Bâle 2.

Ce premier chapitre sera clôturé par la proposition d’une méthodologie


pratique de classification des engagements.

Le deuxième chapitre est réservé à l’évaluation des éléments de


couverture de risques encourus émanant des engagements bruts par relation. La
validation et l’évaluation des valeurs attribuées aux agios réservés et aux éléments
de garanties réelles constituent la tâche la plus délicate pour parvenir à la
détermination du risque net encouru qui sera couvert par les provisions pour
dépréciation des engagements douteux à affecter par relation.

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La finalisation de ces travaux, dans un contexte d’évaluation financière,


nécessite plusieurs investigations supplémentaires à prévoir par le professionnel
intervenant, qui seront proposées à titre indicatif.

- La troisième partie est purement empirique. Elle a pour but de mettre


en application la méthodologie proposée pour l’évaluation du tableau
d’engagements.

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PREMIERE PARTIE

APPRECIATION DES ACTIFS D’UNE SOCIETE DE


LEASING

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CHAPITRE I : PRESENTATION DU CADRE GENERAL


REGISSANT L’ACTIVITE DE LEASING

Le leasing, connu également sous le nom de crédit bail, a connu son apparition et son
développement en Tunisie pendant plus d’une vingtaine d’année.

Le secteur et malgré la stagnation de tous les indicateurs trouve son cadre


réglementaire en pleine mutation.

Ainsi, les accords à l’échelle national ainsi qu’international et la nécessite de la


réforme du secteur financier ont influencé largement la réglementation liée aux établissements
de crédit (loi et circulaire), d’où la naissance d’une nouvelle génération d’obligation et de
mesures.

Pour le besoin de l’analyse, j’examinerai dans ce qui suit la définition des concepts de
l’activité ainsi que la genèse et le développement de leasing en Tunisie (section 1), le cadre
réglementaire liés au statut de l’établissement de leasing (section 2) et enfin les exigences
organisationnelles incombant aux établissements de leasing (section 3).

Section 1 : Définition des concepts et genèse de l’activité

Paragraphe 1 : Définition des concepts

Le leasing est une technique financière qui a été introduite en Tunisie depuis plus
d’une vingtaine d’années.

La loi N° 94-89 du 26 juillet 1994 concernant le leasing a défini, dans son article
premier, le leasing comme étant : « une opération de location d’équipements, de matériels ou
de biens immobiliers achetés ou réalisés en vue de la location, par le bailleur qui en demeure
propriétaire et destinés à être utilisés dans les activités professionnelles, commerciales,
industrielles, agricoles, de pêche ou de service ».

L’opération de leasing s’effectue par un contrat écrit, pour une durée bien déterminée,
en échange d’un loyer et permet au preneur l’acquisition à l’expiration de la durée de la
location, de la totalité ou d’une partie des équipements, du matériel ou des biens immobiliers,

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moyennant un prix convenu qui tient compte, au moins en partie, des versements effectués à
titre de loyers.

Une autre définition peut être avancée pour rejoindre celle prévue par l’article premier
de la loi n°94-89, le contrat de location-financement est défini par le §3 de la norme IAS 17
ainsi que le §4 de la NCT 41 relative aux contrats de location comme « un contrat de location
ayant pour effet de transférer au preneur la quasi–totalité des risques et des avantages
inhérents à la propriété d’un actif. Le transfert peut intervenir ou non in fine ».

Par ailleurs, le leasing est une location financière avec promesse unilatérale de vente
en fin de contrat au profit du locataire à un prix convenu d’avance.
Il est différent :
- du crédit
- de la location simple
- de la location vente
- ou de la vente à tempérament où le transfert de propriété est immédiat.

Paragraphe 2 : Genèse de l’activité en Tunisie

2-1- Apparition du leasing en Tunisie

C'est en 1984 que le leasing a fait son apparition en Tunisie. Le leasing mobilier s'est
développé de 1984 à 1994 sans cadre juridique spécifique. Les contrats se conformaient au
droit commun.

Grâce au travail important fourni durant cette période par la société pionnière "Tunisie
Leasing", à la valeur de son encadrement et à la qualité de son actionnariat, le leasing a
progressé lentement mais sûrement de 1984 à 1990.

A partir de cette année les banques commerciales ont perçu dans le leasing un produit
financier supplémentaire au service de leur clientèle, d'où la création de sociétés de leasing
adossées aux banques (8 sont opérationnelles actuellement), en 2001, naît la première société
non adossée à une banque.

L’introduction et l'évolution du leasing s'inspirent largement du crédit-bail français


tant sur le plan de la finalité que sur le plan de la technique de gestion. En 1994 et alors que
cinq sociétés étaient en activité, le leasing a été codifié et élargi à l'immobilier. (JEBALI,
2001, p.34)

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Dans son article 6, la loi 94-89 du 26 juillet 1994 qui régit le secteur a :

- Confirmé le leasing comme « une forme de crédit »

- spécifié les institutions financières qui peuvent, moyennant un agrément, effectuer


des opérations de leasing il s'agit1:

 des établissements bancaires et financiers ; régis par la loi du 7 décembre 1967;

 et des sociétés de leasing

La loi sur le leasing est ainsi claire et motivante. Elle a permis en effet aux cinq
premières sociétés de bien se développer et a facilité la création de sept autres sociétés.

La loi a permis aussi à certaines banques de pratiquer le leasing et surtout elle a facilité
le développement du leasing immobilier dès sa promulgation.

2-2- Le développement du leasing en Tunisie

Durant la première quinzaine d'années d'activité, le secteur a connu une évolution


rapide due notamment à : (JEBALI, 2001, p.37)

- Une loi relative au secteur claire et motivante, la loi 94-89 du 26 juillet 1994 ;
- des sociétés de leasing dynamiques, bien structurées, bénéficiant de fonds propres
appréciables, répondant pleinement aux règles prudentielles en vigueur et surtout
qui ont adopté au niveau de leur gestion la transparence, la notation et la cotation
en bourse ;
- une adhésion franche et loyale du secteur bancaire partenaire des sociétés de
leasing ;
- l'adoption et la bonne compréhension de l’activité de leasing de la part de la
clientèle.

Tous ces éléments ont permis une croissance très nette du secteur tant au niveau du
nombre de sociétés (12 sociétés à la fin de 20072) qu'au niveau de sa contribution au
développement de l'économie nationale. (MARRAKECHI, 2003, p.57)

1
Les établissements de leasing sont régis par les dispositions de la loi 2001-65 tel que modifiée et complétée par la loi
2006-19 du 2 mai 2006 relative aux établissements de crédit qui abroge la loi 67-51 du 7 décembre 1967.
2
Source : Rapport de gestion de la société Arab International Lease 2007.

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Mais ce succès ne doit pas cacher des préoccupations qui peuvent à long terme altérer
ou même ralentir l'évolution du secteur3. Il s'agit notamment :

- du taux de croissance : outre le maintien d'un taux de croissance compatible avec la


croissance des investissements du secteur privé, le leasing devra continuer à
améliorer progressivement son taux de pénétration tout en maintenant une bonne
qualité du portefeuille et une rentabilité acceptable. D'où la nécessité d'élargir le
champ d'intervention du leasing et d'accroître le montant moyen des dossiers
(60 000 dinars pour le leasing mobilier et 300 000 dinars pour l'immobilier) ;

- du refinancement : Les conditions du leasing (taux d'intérêt) doivent être


compatibles avec les autres formes de crédit accordés par les banques d'où la
nécessité d'un refinancement adapté.

Le maintien de la marge sur le coût de financement a provoqué l’application de


taux assez élevés par les sociétés de leasing qui se refinance auprès des banques ou
du marché financier à des conditions nettement supérieur aux conditions sur le
marché monétaire.

L’accès au marché monétaire par les sociétés de leasing présente une meilleure
solution pour un refinancement adapté, et l’amélioration des conditions de
financement jugées excessives.

- de la bonne exécution des termes du contrat surtout en cas de rupture de celui-ci


suite au non règlement des loyers par le client. Si la résiliation et le droit de
récupération par voie judiciaire s'obtiennent dans des délais raisonnables (jugement
en référé), l'exécution du jugement c'est-à-dire la récupération du matériel propriété
de la société de leasing est toujours difficile. Une amélioration des procédures est
alors nécessaire. De plus la création de sociétés de recouvrement pourrait aider à la
bonne exécution des jugements ;

- de la consolidation du secteur et son ouverture sur l'extérieur ;

- le nombre et la taille des sociétés de leasing : si la concurrence était un élément


stimulant du secteur, la taille des sociétés de leasing pourrait être un handicap à la
veille de l'ouverture du marché financier Tunisien.

3
Ces arguments confirment la position de Mr Ahmed ABDELKEFI président du conseil d’administration de la société
Tunisie Leasing qui considère que le secteur de leasing est en phase de maturité d’où la régression de tous les indicateurs.
(Voir article publié au forum du site www.webmanagercenter.com).

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Pour le développement de leur activité, les sociétés de leasing utilisent les


financements suivants : (JEBALI, 2001, p.5)

- le marché financier :

 Des emprunts obligataires sur 5,7 voire 10 ans à taux fixe ou variable, d'où la
nécessité pour les sociétés de leasing d'être notées et cotées en bourse.

 L’émission d’emprunts subordonnés qui présentent plusieurs similitudes avec


les emprunts obligataires. Le titre subordonné se distingue de l’obligation de
par son rang de créance contractuellement défini par la clause de subordination.

- le secteur bancaire local : octroi de crédits à moyen terme : 5 ans en général.

- des lignes de crédits extérieurs souvent affectées à la consolidation du système


financier Tunisien.

- des crédits relais à moins d'un an.

Paragraphe 3 : Les règles de base d’une opération de leasing

Elles sont définies par la loi relative au leasing. Citons notamment :

- un contrat écrit entre le bailleur et le client est obligatoire ;

- le contrat doit avoir une durée déterminée à l'avance ;

- le loyer est fixé pour toute la durée du contrat ;

- le client (le locataire) supporte tous les risques, frais et charges consécutifs à la
jouissance du bien loué ;

- l'option d'achat au profit du client est contenue dans le contrat et le prix (valeur
résiduelle) fixé d'avance. Cette option permet au client de devenir en fin de contrat
propriétaire du bien.

- Le loyer est en général :

 mensuel pour les biens mobiliers ;

 mensuel ou trimestriel pour les biens immobiliers.

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Section 2 : Cadre réglementaire lié au statut de l’établissement de leasing

Les mouvements réglementaires internationaux ont largement influencé la


réglementation interne et le souci d’application des exigences de base insérées par l’accord de
Bâle 2, dans les brefs délais, est la cause principale pour avoir une nouvelle génération de
mesures.

Les amendements ont touché, en premier temps, plusieurs articles de la loi 2001-65
(par la loi 2006-19 du 19 Mai 2006) relative aux établissement de crédit, cette reforme
s’articule autour de trois grands axes :

- la facilitation des conditions d’accès à la profession.

- la promotion de la qualité des services.

- le renforcement des règles de la bonne gouvernance.

La refonte de la loi n°2001-65 a doté le conseil d’administration, afin de mieux


renforcer la règle de la bonne gouvernance et d’assurer un contrôle approprié de la gestion des
établissements de crédit, des moyens nécessaire en exigeant :

- La création d’un comité exécutif de crédit chargé notamment d’examiner l’activité


de financement et de formuler des propositions sur la pratique de financement.

- L’institution d’un système de contrôle de la conformité chargé notamment de


déterminer et d’évaluer les risques de la non-conformité aux lois et
réglementations en vigueur, aux règles de bon fonctionnement de la profession et
aux bons usages.

- La mise en place d’un système approprié de contrôle interne qui garantit


l’évaluation continue des procédures internes, les mesures, le suivi et la maîtrise
des risques.

Ensuite, et afin de concrétiser les règles de la refonte et renforcer le système de


contrôle interne des établissements de crédit, une panoplie de circulaires ont vu le jour pour
mieux éclaircir les nouvelles règles. Les organes de contrôle se multiplie ainsi, deux
circulaires ont été promulgué conjointement et qui se rapporte à :

- La création d’un organe de contrôle de la conformité (circulaire n°2006-06 du 24


Juillet 2006) ;

- La création d’un comité exécutif de crédit (circulaire n°2006-07 du 24 Juillet 2006).

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Et finalement, la circulaire n° 2006-19 du 28 Novembre 2006 qui constitue le nouveau


cadre réglementaire régissant tout système de contrôle interne dans les établissements de
crédit.

Paragraphe 1 : Conditions de fonds et de forme

1-1- Conditions d’accès à l’activité

1-1-1- L’octroi de l’agrément

La réalisation des opérations de leasing à titre habituel, suppose aux termes de l’article
7 de la loi 2001-65 l’obtention suite à une demande l’agrément d’exercer qui est adressée à la
Banque Centrale de Tunisie.

L’autorisation de l’exercice de l’activité est accordée par arrêté du ministre des


finances pris sur rapport de la Banque Centrale de Tunisie (Article 8 de la loi n° 2001-65).
Cette dernière se charge de notifier aux intéressés les décisions du ministre des finances dans
un délai maximum de 4 mois à compter de la date de communication de tous les
renseignements exigés.

L'agrément est accordé compte tenu du programme d'activité de l'établissement


requérant, des moyens techniques et financiers à mettre en oeuvre, de la qualité des
pourvoyeurs de capitaux, de la compétence et de l'honorabilité de ses dirigeants ainsi que de
son aptitude à réaliser ses objectifs de développement dans des conditions compatibles avec le
bon fonctionnement du système bancaire et l'impératif d'assurer la sécurité des dépôts.

Les établissements de crédits doivent notifier, sans délai, à la Banque centrale de


Tunisie tous les changements intervenus dans la composition de leur conseil d'administration
ou de leur conseil de surveillance ainsi que toute nouvelle désignation du président directeur
général, du président du conseil d'administration ou du conseil de surveillance, du directeur
général ou du président du directoire.

Le silence de la Banque centrale de Tunisie durant un mois à compter de la date de


notification vaut acceptation.

L'ouverture de toute succursale, agence ou bureau périodique en Tunisie par un


établissement de crédit agréé est soumise à un cahier des charges arrêté par la Banque
Centrale de Tunisie.

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Les établissements de crédit doivent informer la Banque Centrale de Tunisie


préalablement à toute opération d'ouverture ou de fermeture de succursale, agence ou bureau
périodique. L'ouverture ou la fermeture de succursale ou agence à l'étranger est soumise à
l'autorisation du ministre des finances et de la Banque Centrale de Tunisie.

L'agrément de la Banque Centrale de Tunisie est requis dans les cas suivants:

- Fusion d'établissement de crédit,

- acquisition, directement ou indirectement, d'une part du capital d'un établissement


de crédit susceptible d'entraîner le contrôle de celui-ci et dans tous les cas, toute
opération dont il résulte l'acquisition du dixième, du cinquième, du tiers, de
la moitié ou des deux tiers des droits de vote. Le délai maximum prévu pour que
la Banque Centrale de Tunisie notifie aux intéressés les décisions est ramené à un
mois.

- tout acte dont peut résulter la cession d'une part importante de l'actif d'un
établissement de crédit susceptible d'entraîner un changement dans sa structure
financière ou dans l'orientation de son activité.

1-1-2- Le retrait

L'agrément peut être retiré par décision du Ministre des Finances: (Article 15 de la loi n°
2001-65)

- A l'initiative du Ministère des finances et sur la base d'un rapport du Gouverneur


de la Banque Centrale de Tunisie, après avis de l'association professionnelle des
banques et des établissements financiers,

- à la demande de l'établissement du crédit lui-même, présentée par la Banque


Centrale de Tunisie après avis de l'association professionnelle des banques et des
établissements financiers,

- sur demande de la Banque Centrale de Tunisie lorsque l'établissement de crédit:


 n'a pas fait usage de son agrément dans un délai maximum de douze mois ;
 ne remplit plus les conditions en fonction desquelles l'agrément a été accordé ;
 a obtenu l'agrément au moyen de fausses déclarations ou de tout autre moyen
irrégulier ;

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EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

 ne justifie plus que son actif excède le passif dont il est tenu envers les tiers
d'un montant égal au capital minimum ou à la dotation minimale.
L'établissement de crédit qui s'est vu retirer l'agrément entre en liquidation.
(Article 16 de la loi n° 2001-65)

Dans ce cas, le Ministre des Finances nomme sur proposition du Gouverneur de la


Banque Centrale de Tunisie un liquidateur choisi parmi les experts comptables inscrits au
tableau de l'ordre des experts comptables de Tunisie.
Les dispositions du droit commun relatives à la liquidation des entreprises sont
applicables tant qu'il n'y est pas dérogé par la loi n° 2001-65 du 10 Juillet 2001 telle que
modifiée par la loi n°2006-19 du 2 mai 2006.

1-1-3- La forme juridique

Les sociétés de leasing, comme établissement de crédit, ne peuvent être constituées


que sous la forme de société anonyme.

1-1-4- Capital minimum

Avant la promulgation de la loi 2001-65 du 10 juillet 2001, relative aux


établissements de crédit, le législateur n’a pas prévu un capital minimum pour les
établissements financiers. L’article 8 de la loi 67-51 du 7 décembre 1967 a subordonné
l’octroi de l’agrément à l’adéquation entre le programme d’activité de l’établissement et les
moyens techniques et financiers qu’il prévoit de mettre en œuvre.

L’appréciation de cette adéquation a été laissée aux soins des autorités compétentes,
dans la mesure où l’alinéa 4 du même article prévoit que l’agrément précise le capital initial.

L’article 13 de la loi 2001-65 du 10 juillet 2001 a donné lieu à la fixation d’un capital
minimum pour un établissement financier, s’élevant à 3.000.000 DT libéré en totalité lors de
la création de l’établissement.

Ce capital minimum a été ramené à 10.000.000 DT par l’amendement apporté par la


loi n°2006-19 du 2 Mai 2006 modifiant et complétant la loi 2001-65 du 10 Juillet 2001.

Toute succursale ou agence d’un établissement de leasing étranger autorisé à exercer


son activité en Tunisie, doit affecter à ladite activité une dotation minimale d’un montant égal
au capital minimum ci dessus indiqué.

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1-2- Conditions d’exercice de l’activité

1-2-1- Prise de participation

Une société de leasing ne peut détenir directement ou indirectement plus de 30 % du


capital d’une même entreprise (Article 21 de la loi n° 2001-65). Toutefois, cette participation
peut à titre temporaire, dépasser ce pourcentage lorsque la participation est faite en vue de
permettre le recouvrement de ses créances.

1-2-2- Notoriété des dirigeants

Les dirigeants d’un établissement de factoring exerçant en Tunisie doivent répondre


aux exigences d’une bonne moralité et jouir d’une bonne notoriété, ils doivent, à cet effet,
vérifier les conditions :

- De respect du secret professionnel ;

- de l’interdiction de cumul de fonctions, (être dirigeant dans un autre établissement


de crédit, être simultanément dirigeant dans une assurance) ;

- de la nationalité tunisienne. Toutefois, lorsque les statuts prévoient la dissociation


entre la fonction de président du conseil d’administration et celle de directeur
général ou la dissociation entre la fonction du président du directoire et celle du
président du conseil de surveillance, l’une de ces fonctions doit obligatoirement
être assurée par une personne de nationalité tunisienne.

1-2-3- Date de clôture des comptes

La date retenue par l’article 32 de la loi 2001-65 du 10 juillet 2001, pour la clôture de
chaque exercice social est celle du 31 décembre de chaque année.

1-2-4- Obligations de déclaration

La société de leasing doit fournir à la Banque Centrale de Tunisie tous les documents,
renseignements, éclaircissements et justifications nécessaires à l’examen de leurs situations et
permettant de s’assurer qu’elle fait une application correcte de la réglementation édictée en
matière de contrôle du crédit. (Article 32 de la loi n° 2001-65)

Les situations comptables doivent être établies compte tenu de règles particulières
énoncées par la Banque Centrale de Tunisie, notamment en matière de traitement, de
classification des créances et de constatation des revenus.

15
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Les documents mensuels à communiquer comprennent notamment :

- la situation mensuelle comptable ;

- les déclarations à la centrale des risques.

Les documents trimestriels comprennent en plus, notamment :

- la ventilation des concours par agent économique ;

- l’état nominatif des arriérés de paiement par ancienneté ;

- les états destinés à la surveillance du respect des ratios de couverture et de


division des risques ;

- l’état récapitulatif des actifs et de couverture des risques.

Les documents annuels comprennent en plus, notamment :

- les rapports du commissaire aux comptes ;

- le projet de résolution relatif à l’affectation du résultat.

Paragraphe 2 : Organes de contrôle de l’activité des sociétés de leasing

Le contrôle des activités des établissements de crédit est assuré principalement par :

- Des organes internes tels que le comités d’audit interne, le comité exécutif et le comité
de contrôle de conformité, ces organes ont été instaurés par les dispositions de l’article
34 de la loi N° 2001-65 du 10 Juillet 2001 tel que modifié par la loi 2006-19 du 19
Mai 2006, relative aux établissements de crédit ;
- des organes externes tels que les commissaires aux comptes, la Banque Centrale de
Tunisie et accessoirement par le Conseil du Marché Financier.

2-1- Organes de contrôle interne

2-1-1-Comité permanent d’audit interne 

L’instauration de cette obligation est régie par les dispositions de l’article 34 de la loi
2001-65 du 10 juillet 2001 ainsi, les établissements de crédit doivent créer un comité
permanent d’audit interne.

Ce comité permanent d’audit interne est chargé notamment :

- De veiller à ce que les mécanismes appropriés de contrôle interne soient mis en place
par l’établissement.

16
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

- de réviser et de donner son avis sur le rapport annuel y compris les états financiers de
l’établissement avant sa transmission au conseil d’administration ou au conseil de
surveillance pour approbation.
- de revoir tout relevé de l’établissement avant sa soumission aux autorités de
supervision.
- d’examiner tout placements ou opérations susceptibles de nuire à la situation
financière de l’établissement et portés à sa connaissance par les commissaires aux
comptes ou les externes.

2-1-1-1- Composition du comité permanent d’audit interne 

Cette composition a été définie par les dispositions de l’article 56 de la circulaire


2006-19 du 28 Novembre 2006.

La composition ainsi que les personnes intervenantes sont fixées comme suit :
- Les membres sont au nombre de trois au moins dont un président choisi par ses pairs.
Ils sont désignés par le conseil d’administration et choisis autant que possible parmi
les membres ayant des qualifications dans le domaine financier et comptable.
- le Président Directeur Général, le Directeur Général, le Directeur Général Adjoint ou
les membres du directoire ne peuvent être membres du comité permanent d’audit
interne.
- possibilité d’invitation à la réunion du comité permanent d’audit interne des membre
de l’organe de direction, le responsable d’audit interne, les Commissaires aux
Comptes, les auditeurs externes ou toute autre personne dont la présence est jugée
utile (article 59).

2-1-1-2- Fonctionnement du comité permanent d’audit interne 

Le fonctionnement du comité est fixé par les dispositions de l’article 59 de la


circulaire 2006-19 comme suit :
 Le comité permanent d’audit interne se réunit sur convocation de son président quatre
fois au moins par an et chaque fois jugée utile avec la présence obligatoire de trois
membres au minimum.
 les décisions du comité permanent sont prises par consensus.
 Un procès-verbal est établi pour chaque séance du comité permanent d’audit interne.
 le secrétariat du comité est assuré par la structure d’audit interne.

17
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

2-1-1-3- Attributions du comité permanent d’audit interne 

Dans le cadre de l’exercice de ses attributions prévues par l’article 34 de la loi


2001-65 et relatives à la mise en place de mécanismes appropriés de contrôle interne, le
comité permanent d’audit interne est appelé à procéder à : (L’article 57 de la circulaire aux
établissements de crédit N°2006-19)

- La vérification de la clarté des informations fournies et l’appréciation de la cohérence


des systèmes de mesures, de surveillance et de maîtrise des risques.

- l’examen des insuffisances du fonctionnement du système de contrôle interne relevées


par les différentes structures de l’établissement et autres organes chargés des missions
de contrôle et l’adoption des mesures correctrices.

- le contrôle et la coordination des activités de la structure d’audit interne et le cas


échéant les travaux des autres structures de l’établissement chargées des missions de
contrôle.

- l’agrément de la désignation du responsable de la structure chargée de l’audit interne


ainsi des auditeurs.

- la proposition de la nomination du ou des Commissaires aux Comptes et/ou des


auditeurs externes et donner un avis sur le programme et les résultats de leurs
contrôles.

2-1-1-4- Moyens mis à la disposition du comité permanent d’audit interne 

Obligation de fournir au comité permanent d’audit interne tout document ou


information que le comité juge utile et notamment : (L’article 58 de la circulaire aux
établissements de crédit N°2006-19)

- Les rapports des missions d’audit interne ainsi que le suivi des recommandations des
dites missions.

- la documentation relative aux moyens destinés à assurer le bon fonctionnement du


contrôle interne.

- les notes sur la stratégie de développement de l’établissement et les projections


financières.

- les états financiers intermédiaires et annuels.

18
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

- les notifications des résultats de contrôle sur pièces et sur place de la Banque Centrale
de Tunisie.

- les rapports de contrôle effectué par les autorités publiques compétentes, les
Commissaires aux Comptes et les auditeurs externes.

- les rapports des agences de notation et des instances internationales.

2-1-1-5- Obligation du comité permanent d’audit interne :

Le comité permanent d’audit interne est tenu :

- D’informer le conseil d’administration de son programme d’activité.


- de rendre compte régulièrement au conseil d’administration de l’exercice de sa
mission.

- d’élaborer un rapport d’activité dessiné au conseil d’administration et dont une copie


est adressée à la Banque Centrale de Tunisie, quinze jours au moins avant le tenu de
l’assemblée générale ordinaire de l’établissement.

2-1-2- Comité exécutif de crédit

Les établissements de crédit, et selon les dispositions de l’article 34 ter, doivent


instituer dans leur organigramme un comité exécutif de crédit, présidé par le président
directeur général ou le directeur général ou le président du directoire et composé d’au moins
de deux membres du conseil d’administration ou du conseil de surveillance.

Le comité exécutif de crédit est chargé notamment d’examiner l’activité de


financement et de faire des propositions au conseil d’administration ou au conseil de
surveillance sur la politique de financement de l’établissement.

Le comité exécutif de crédit soumet au conseil d’administration ou au conseil de


surveillance, lors de ses réunions périodiques, un rapport détaillé sur son activité.

La Banque Centrale de Tunisie a fixé les conditions d’application du présent article


par les dispositions de la circulaire de la BCT aux établissements de crédit n°2006-07 du 24
Juillet 2006.

19
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

2-1-3- Organe de contrôle de la conformité

Les établissements de crédits doivent et, selon les dispositions de l’article 34 quarter,
mettre en place un système de contrôle de la conformité, approuvé par le conseil
d’administration ou le conseil de surveillance et revu annuellement.

A cet effet, les établissements de crédit doivent instituer dans leur organigramme un
organe permanent de contrôle de la conformité qui exerce sous l’autorité du conseil
d’administration ou du conseil de surveillance. Il est chargé notamment de déterminer et
d’évaluer les risques de non conformité aux lois et règlements en vigueur, aux règles de bon
fonctionnement de la profession et aux bonnes pratiques.

La banque Centrale de Tunisie a fixé les conditions d’application du présent article


par les dispositions de la circulaire de la BCT aux établissements de crédit n°2006-06 du 24
Juillet 2006.

2-2- Organes de contrôle externe

2-2-1- Le contrôle par les commissaires aux comptes4

La mission, les attributions, les prérogatives ainsi que les obligations et responsabilités
incombant aux commissaires aux comptes sont définies et régies, en ce qui concerne les
sociétés anonymes, par les dispositions des articles 258 à 273, 300, 313, 340 et 375 du code
des sociétés commerciales, qui en délimitent, ainsi, le cadre général.

Les commissaires aux comptes sont également, en ce qui concerne les établissements
de crédit, chargés de missions spécifiques d’audit et de contrôle dont les termes de références,
l’étendue et les modalités sont fixées dans :

- La loi N° 94-117 du 14 Novembre 1994, relative à la réglementation du marché


financier,
- la circulaire de la Banque Centrale de Tunisie N° 91-24 du 17 Décembre 1991,
portant sur la division, la couverture des risques et le suivi des engagements, ainsi que
les textes qui l’ont ultérieurement complétée ou modifiée,
- la note de la Banque Centrale de Tunisie N° 93-23 du 30 Juillet 1993, fixant les termes
de références pour l’audit des comptes et ses annexes N° 1 et 2.

4
L’obligation de désigner deux ou plusieurs commissaires aux comptes a été instituée par les dispositions de la loi n°2005-96
du 18 Octobre 2005, relative au renforcement de la sécurité des relations financières.

20
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

2-2-1-1- le cadre général de la mission des commissaires aux comptes

Par application des dispositions ci-dessus citées du code des sociétés commerciales,
les commissaires aux comptes sont chargés d’une mission d’audit, de vérification de la
régularité et de la sincérité des comptes ainsi qu’au respect des prescriptions édictées par les
articles 12 à 16 du code sus visé, relatifs aux formalités de publications obligatoires.

Dans le cadre de cette mission, les commissaires aux comptes sont appelés à formuler
une opinion claire sur les états financiers de la société contrôlée et apprécier si les états
financiers ont été ou non, établis dans tous leurs aspects significatifs, conformément aux
règles et normes comptables en vigueur. A ce titre, ils accomplissent les opérations suivantes :

- Procéder à un contrôle approfondi des états financiers préalablement arrêtés et


approuvés par le conseil d’administration ou le directoire, selon le cas, en vue
d’apprécier leur régularité, leur sincérité ainsi que leur conformité à la réglementation
en vigueur.

Le rapport général ainsi établi doit être rédigé conformément aux dispositions de
l’alinéa deuxième de l’article 269 du code des sociétés commerciales qui
prescrit : « les commissaires aux comptes doivent déclarer expressément dans leur
rapport qu’ils ont effectué un contrôle détaillé et qu’ils approuvent expressément ou
sous réserves, les comptes ou qu’ils les désapprouvent. Est considéré nul et de nul
effet, le rapport qui ne contient pas d’avis explicite ou qui renferme des réserves
incomplètes et imprécises. »,

- vérifier les livres, les caisses, le portefeuille et les valeurs détenues par la société,

- contrôler la régularité et la sincérité des inventaires,

- vérifier l’exactitude des informations données sur les comptes de la société, par le
conseil d’administration ou le directoire, selon le cas,

- s’assurer du respect des formalités de dépôt et de publicité des actes et des


délibérations soumis à de telles formalités en vertu des dispositions des articles 12 à
16 du code des sociétés commerciales, dont notamment celles relatives aux
modifications des statuts, à la nomination, à la cessation ou au renouvellement des
fonctions d ’administrateur, de membre du directoire et du conseil de surveillance, s’il
y en a , des commissaires aux comptes et des dirigeants sociaux,

21
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

- s’informer et vérifier le respect des dispositions des articles 200, 202 et 252 du code
des sociétés commerciales, relatifs aux conventions et opérations particulières,
soumises à l’autorisation préalable du conseil d’administration ou du conseil de
surveillance, selon le cas et devant être mentionnées dans le rapport spécial établi à cet
effet par les commissaires aux comptes en vue de leur approbation par l’assemblée
générale des actionnaires de la société auditée,

- vérifier et attester l’exactitude des bases de calcul contenues dans les rapports destinés
à l’assemblée générale des actionnaires, dans le cas d’une augmentation de capital
comportant suppression ou modification quelconques du droit préférentiel de
souscription des actionnaires ou dans celui de conversion des obligations en actions,

- donner, conformément aux prescriptions de l’article 375 du code des sociétés


commerciales, avis sur toute opération de scission d’actions en certificats
d’investissement et certificats de droit de vote,

- contrôler et vérifier que l’activité et la vie sociales se déroulent dans des conditions
normales. Cette mission, prescrite par l’article 270 du code des sociétés commerciales,
impose aux commissaires aux comptes de signaler à l’assemblée générale des
actionnaires, toutes les irrégularités et inexactitudes relevées au cours de
l’accomplissement de leur mission,

- révéler au procureur de la république, conformément aux prescriptions de l’alinéa


deuxième de l’article 270 ci-dessus, les faits délictueux dont ils ont eu connaissance au
cours de leurs investigations courantes.

2-2-1-2- Les missions spécifiques 

Les obligations spécifiques aux établissements de crédit, mises à la charge des


commissaires aux comptes ainsi que leur accomplissement selon les modalités fixées par la
Banque Centrale de Tunisie, revêtent leur mission d’audit, d’objectifs particuliers qui ont
élargi le domaine de leurs investigations d’un rôle traditionnel et classique de protection des
intérêts des actionnaires vers celui de la protection des déposants à travers la surveillance de
la conformité de l’activité de l’établissement de crédit, aux normes et règles prudentielles
édictées.

22
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

a)- La validation de l’état prudentiel du ratio de solvabilité 

A ce titre, les commissaires aux comptes sont appelés à :

- Vérifier les procédés et modes de calcul des risques encourus en regard des garanties
et des sûretés prises en déduction,

- vérifier l’adéquation entre les ressources et les emplois et recalculer le ratio de


solvabilité en prêtant une attention particulière au respect des seuils réglementaires,

- évaluer le montant des fonds propres nécessaires pour absorber les risques encourus,

- formuler toutes recommandations susceptibles d’améliorer le ratio de solvabilité de


l’établissement de crédit audité et, le cas échéant, alerter les organes de direction de
l’établissement et la Banque Centrale de Tunisie, dés le franchissement de la norme de
solvabilité, en vue de prévenir toutes défaillances et remédier à temps, à leurs
conséquences négatives sur la confiance des déposants et, plus largement encore, sur
la pérennité du système bancaire tout entier.

b)- La vérification du respect des normes de division des risques

A ce titre, il est notamment recommandé aux commissaires aux comptes, dans le cadre
des prescriptions de l’annexe N° 2 à la note de la Banque Centrale de Tunisie, aux banques
N° 93-23 du 30 Juillet 1993 :
- D’identifier les risques encourus sur un même bénéficiaire qui dépassent 25 % des
fonds propres nets de la banque,
- d’arrêter le montant total des risques encourus, sur un même bénéficiaire, qui dépasse
15% des fonds propres et vérifier qu’il ne dépasse pas 2 fois les dits fonds propres nets
de la banque,
- d’arrêter le montant total des risques encourus sur un même bénéficiaire qui dépasse
5% des fonds propres et vérifier qu’il ne dépasse pas 5 fois les dits fonds propres nets
de la banque,
- d’arrêter le montant total des risques encourus sur les dirigeants, les administrateurs et
les actionnaires détenant une participation dans le capital de la banque auditée,
supérieure à 10% et comparer ce total au plafond de 3 fois les fonds propres nets,
- d’identifier et d’évaluer les concours accordés aux personnes ayant des liens avec
l’établissement et considérées comme telles au sens de l’article 23 de la loi
N° 2001-65 du10 Juillet 2001, relative aux établissements de crédit, ainsi que ceux

23
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

rentrant dans le cadre des dispositions prescrites par les articles 21 et 22 de cette
dernière loi, fixant les critères de plafonnement des participations qu’un établissement
est autorisé à prendre dans une même entreprise.

c)- L’appréciation des provisions constituées 

Les commissaires aux comptes ont également pour devoir d’apprécier les provisions
constituées par l’établissement, de les rapprocher des dispositions réglementaires y afférentes
dont notamment les articles 8, 9 et 10 de la circulaire N° 91-24 du 17 Décembre 1991, les
alinéas N° 3, 4, 5 et 6 de la note aux banques N° 93-23 du 30 Juillet 1993, relatifs aux
modalités d’établissement des rapports d’audit des commissaires aux comptes et les alinéas
N° 5 et 6 du second paragraphe de la même note, afférents à la portée et aux modalités de la
révision des comptes.

Dans le cadre des prescriptions générales ci-dessus énumérées, les commissaires aux
comptes sont tout particulièrement invités, par référence aux critères techniques relatifs à
l’évaluation des actifs, prévus dans l’annexe N° 2 à la note N° 93-23 susvisée, à :

- Comparer les provisions constituées par l’établissement de crédit audité, à celles


requises réglementairement, pour les différentes opérations et rubriques,
- identifier et apprécier les garanties et les sûretés détenues par l’établissement et prises
en considération pour le calcul des provisions et la détermination des décotes,
- évaluer les dotations et les reprises de provisions au cours de l’exercice sur lequel
portent leurs investigations,
- préciser les critères d’approvisionnement et de réservation des agios.

2-2-1-3- les rapports des commissaires aux comptes 

A l’achèvement de leurs travaux d’investigation et de contrôle et après


accomplissement des diligences rentrant dans le cadre des missions qui leur sont dévolues, les
commissaires aux comptes arrêtent leurs premières conclusions et rédigent les trois rapports
suivants :

- Le rapport sur le système de contrôle interne : Dans ce rapport, les commissaires aux
comptes font leur diagnostic des faiblesses du système de contrôle interne de
l’établissement en mentionnant, s’il y a lieu, l’incidence directe ou indirecte des
insuffisances constatées, sur les états financiers de l’établissement.

24
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

- le rapport général d’audit des comptes : Dans le cadre de ce rapport, les commissaires
aux comptes formulent leur opinion sur les états financiers et certifient, s’il y a lieu,
que lesdits états sont sincères, réguliers et donnent une image fidèle de la situation
financière et du patrimoine de l’établissement de leasing et ce, sur la base des
diligences normalement requises en application des termes de références et des normes
internationales en vigueur, en matière d’audit des comptes des établissements de
crédit.

- le rapport spécial : dans ce rapport, rédigé en application des dispositions des articles
200, 202 et 252 du code des sociétés commerciales, les commissaires aux comptes
informent l’assemblée générale des actionnaires sur les conventions conclues entre
l’établissement audité et l’un de ses dirigeants qui sont soumises à autorisation.

- le rapport sur les provisions constatées : ce rapport comporte une énumération des
engagements de l’établissement de leasing, des garanties affectées pour la sûreté de
remboursement ainsi que les provisions constatées et détermine, éventuellement,
l’insuffisance de provisions par l’application de la méthodologie réglementaire.

2-2-2- Le contrôle par la Banque Centrale de Tunisie

L’article 32 de la loi N° 2001-65 du 10 Juillet 2001 telle que modifiée par la loi 2006-
19 du 2 Mai 2006, a confié à la Banque Centrale de Tunisie le pouvoir de contrôler les
établissements de crédit.
Elle la dote, à cet effet, des instruments de surveillance suivants :

2-2-2-1- Le droit d’être informée

a)- le devoir d‘information incombant aux établissements de crédit

Les établissements de crédit sont tenus de fournir à la Banque Centrale de Tunisie tous
documents, renseignements, éclaircissements et justifications nécessaire à l’examen de leurs
situations et permettant de s’assurer qu’elles font une application correcte de la
réglementation édictée en matière de contrôle des établissements de crédit.

Ce droit est consacré par les obligations édictées à ses établissements afin de faciliter
la collecte d’information par la BCT d’où la nécessité de :

- Tenir une comptabilité conforme au système comptable des entreprises,

25
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

- se conformer aux normes et règles spécifiques fixées par la Banque Centrale de


Tunisie dans ce cadre, à l’effet d’exercer son contrôle sur les établissements de crédit,
conformément aux dispositions de la présente loi,
- clore leur exercice social, chaque année, le 31 Décembre et établir, dans les trois mois
qui suivent la clôture de l’exercice écoulé, les « états financiers qui doivent être soumis à
l’assemblée générale des actionnaires et publiés au Journal Officiel de la République
Tunisienne,
- dresser en cours d’année, des situations comptables selon une périodicité et
conformément à une formule type établie par la Banque Centrale de Tunisie,
- se soumettre, à la demande de la Banque Centrale de Tunisie, à un audit externe. »

L’article 36 de la loi susvisée, ajoute dans son second alinéa, que « lorsque la situation
d’un établissement de crédit le justifie, la Banque Centrale de Tunisie peut adresser aux
membres de son conseil d’administration, aux membres de son directoire, à ses dirigeants ou à
ses mandataires, une injonction à l’effet notamment :
 D’augmenter son capital,
 d’interdire toute distribution de dividendes,
 de constituer des provisions.

b)- le devoir d‘information incombant aux Commissaires aux Comptes

Le contrôle de la Banque Centrale de Tunisie se manifeste, également et de manière


indirecte, à travers l’obligation faite par l’article 35 de la loi du 10 Juillet 2001, aux
commissaires aux comptes, de lui communiquer toutes les informations requises pour lui
permettre de se faire une opinion aussi juste que possible de la situation financière de
l’établissement de crédit audité.

C’est ainsi que les commissaires aux comptes sont tenus :

- « De signaler immédiatement à la Banque Centrale de Tunisie, tout fait de nature à


mettre en péril, les intérêts de l’établissement et des déposants,

- de remettre à la Banque Centrale de Tunisie, dans les six mois qui suivent la clôture
de chaque exercice, un rapport concernant le contrôle qu’ils ont effectué. Ce rapport
est établi dans les conditions et selon les modalités fixées par la Banque Centrale de
Tunisie,  

26
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

- d’adresser à la Banque Centrale de Tunisie, une copie de leur rapport destiné à


l’assemblée générale et aux organes de l’établissement de crédit qu’ils contrôlent. »

Cette dernière obligation d’information n’implique pas en fait, l’accomplissement, de


la part des commissaires aux comptes, de diligences supplémentaires à celles prévues par les
dispositions des articles 258, 266 et 270 du code des sociétés commerciales.

Le contrôle exercé par la Banque Centrale de Tunisie résulte également et


incidemment des termes de la note aux banques N° 93-23 du 30 Juillet 1993, fixant les termes
de références pour l’audit des comptes des établissement de crédit et ses annexes N° 1 et 2,
portant respectivement sur la détermination des procédures organisationnelles, administratives
et comptables de ses établissements et sur l’évaluation de leurs actifs, les découverts, les
arrangements ou consolidations et la constitution des provisions.

De tels termes de références, avec les objectifs qualitatifs qu’ils assignent, donnent aux
missions d’évaluation et d’audit des commissaires aux comptes des établissements de crédit,
une dimension spécifique dans la mesure où ils sont appelés à porter leurs investigations sur
l’application des normes prudentielles et la constitution des provisions requises et à apprécier
les risques encourus par l’établissement audité.

2-2-2-2- contrôle sur pièces

Il est exercé sur la base des documents comptables et financiers et des données
statistiques communiquées périodiquement par les établissements de crédit.

2-2-2-3- contrôle sur place

Il est effectué par des missions d’inspection globale inscrites dans le cadre d’un
programme annuel établi par la Banque Centrale de Tunisie. Il constitue un moyen de
vérification de l’exactitude des informations transmises et d’appréciation de l’organisation et
du fonctionnement interne des établissements de crédit.

L’objectif de ces missions est de faire un diagnostic financier et organisationnel de


l’établissement de crédit inspecté afin de prévenir les différents risques inhérents à l’activité.

En plus de ces vérifications périodiques, le contrôle sur place peut revêtir la forme
d’une mission d’inspection ponctuelle ayant l’aspect d’une enquête de courte durée et portant
sur des opérations particulières.

27
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

2-2-3- Le contrôle du Conseil du Marché Financier

Puisqu’ils sont qualifiés, aux termes de la loi N° 94 -117 du 14 Novembre 1994


organisant le marché financier, de sociétés ou organismes faisant appel public à l’épargne, les
établissements de crédit sont soumis à une obligation générale d’information du public que le
conseil du marché financier a la charge de faciliter et de contrôler  selon les modalités prévues
dans les diverses dispositions de la loi susvisée.

L’article deuxième de la loi N° 94-117-du 14 Novembre 1994, impose aux sociétés qui
émettent des valeurs mobilières ou des produits financiers, par voie d’appel public à
l’épargne, de publier des prospectus d’émission destinés, remis ou adressés à toute personne
dont la souscription est sollicitée et préparés ou établir selon les modèles fixés par le conseil
du marché financier qui prévoient, parmi leurs composantes, l’avis des commissaires aux
comptes, sur la sincérité des informations financières contenues dans lesdits prospectus.

Les établissements de crédit sont également tenus d’adresser au conseil du marché


financier et à la Bourse des Valeurs Mobilières de Tunis, à partir de la date de convocation de
toute assemblée générale ordinaire, les documents suivants :

- L’ordre du jour de l’assemblée générale ordinaire,


- les projets de résolutions proposés par le conseil d’administration,
- le rapport du conseil d’administration sur la marche de l’établissement,
- les états financiers,
- les rapports des commissaires aux comptes.

L’information du public, sur ce plan, procède d’une attitude sélective, dans la mesure
où l’insuffisance de provision n’est pas portée à sa connaissance.

Après la tenue de l’assemblée générale et au plus tard dans les quatre jours ouvrables
qui suivent, les sociétés faisant appel public à l’épargne doivent adresser au Conseil du
Marché Financier et à la Bourse des Valeurs Mobilières de Tunis :

- Les résolutions adoptées,


- les états financiers dûment approuvés,
- la liste des actionnaires,
- éventuellement la liste des titulaires des certificats de droit de vote et d’obligations
avec droit de vote,
- et les rapports des commissaires aux comptes.

28
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Elles doivent aussi publier dans un quotidien paraissant à Tunis, au plus tard, dans un
délai d’un mois de leur adoption, leurs états financiers de synthèse, accompagnés des
conclusions des commissaires aux comptes.

Le devoir d’information du public s’étend également aux assemblées générales


extraordinaires, avant et après leur tenue.

A cette fin, les sociétés faisant appel public à l’épargne, adressent au conseil du
marché financier et à la Bourse des Valeurs Mobilières de Tunis, à partir de la date de
convocation de l’assemblée générale extraordinaire :

- l’ordre du jour de cette assemblée,

- les projets de résolutions, les documents mis à la disposition des actionnaires, à


l’appui des résolutions proposées.

Nous ajoutons encore que ces sociétés sont tenues de fournir aux mêmes organes ci-
dessus cités, tous les renseignements et documents nécessaires à la négociation ou à
l’appréciation de leurs titres. Elles doivent, par ailleurs et à la demande du conseil du marché
financier, procéder à la diffusion de ces informations et de toute autre explication
supplémentaire exigées.

Cette même obligation est reprise dans l’article 21 de la loi N° 94-117 du 14


Novembre 1994 qui prescrit ce qui suit :

« Les sociétés admises à la cote de la bourse, sont tenues de fournir au conseil du marché
financier et à la Bourse des Valeurs Mobilières de Tunis, outre les documents prévus à
l’article 3 de la présente loi, des états provisoires établis sous la responsabilité du conseil
d’administration, au plus tard un mois après la fin de chaque semestre couru de l’exercice.
Ces états doivent être accompagnés de l’avis des commissaires aux comptes sur les résultats
provisoires. Lesdites sociétés doivent procéder à la publication des états provisoires dans un
quotidien paraissant à Tunis, dés leur envoi au conseil du marché financier ».

29
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Section 3 : Exigences organisationnelle liées aux établissements de crédit

Paragraphe 1- Système d’information de gestion

Le contexte d’une société de leasing, comme tout autre établissement de crédit, se


caractérise par une multiplicité des transactions. Il est, ainsi, indispensable de se doter des
structures et des moyens nécessaires pour la gestion de son patrimoine et la protection de ses
actifs afin que leurs états financiers puissent refléter une situation fiable et sincère.

La société de leasing doit disposer d’un système d’information fiable et fluide,


permettant de fournir les données répondant aux exigences des différents niveaux
hiérarchiques. En effet, ceux-ci n’ont pas tous besoin des mêmes informations. En revanche,
ils doivent pouvoir discuter entre eux sur la base de données cohérentes. La direction, doit
pouvoir disposer des informations dont elle est destinataire, afin qu’elle puisse exercer son
rôle décisionnel et la supervision des opérations.

Le système d’information, pour être performant, doit favoriser une circulation


ascendante et descendante des données. En effet, mise à part le cadre réglementaire, et la
spécificité de son activité, une société de leasing est dans l’obligation de fournir des
informations très diversifiées, fiables et en temps réel.

Parallèlement, les utilisateurs ont besoin aussi d’informations ayant trait à l’analyse du
portefeuille de la société de leasing.

En outre, le cadre réglementaire de l’activité de leasing fait incomber à la société


l’obligation d’établissement et de communication de situation périodique à la Banque
Centrale de Tunisie.

Les informations demandées dépassent le cadre d’une situation active et passive pour
s’étendre principalement au détail des engagements individuels de chaque relation.

Pour pouvoir répondre aux différentes exigences en matière d’information, la société


de leasing est dans l’obligation de mettre en place un système d’exploitation informatique
capable de gérer l’ensemble des opérations effectuées dans le cadre de l’activité de la société,
tout en assurant à l’occasion de chaque arrêté périodique d’une situation la cohérence des
informations issues du système d’information, par le biais des rapprochements nécessaires.

30
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Paragraphe 2- Système de contrôle interne

L’obligation d’instituer un système de contrôle interne date de plus de 15 ans ainsi le


resserrement des normes prudentielles par la circulaire aux banques n° 91-24 du 7 décembre
1991 met en outre, à la charge des commissaires aux comptes des établissements de crédit de
se prononcer expressément sur :

- Les dispositifs de contrôle interne mis en place ;

- les principes comptables appliquées aux différentes opérations et la justification des


comptes.

- les pratiques de crédit, de recouvrement des créances et le suivi des engagements.

- la comptabilisation des produits des opérations de crédit et les provisions constituées


pour la couverture des risques.

La pratique des établissements de crédit a montré la disparité de l’application et de la


compréhension de cette nouvelle fonction de contrôle interne. (GHRIBI.S, 2007)

D’où la nécessité règlementaire d’identifier des conditions uniformes de mise en place


d’un système de contrôle interne.

Ces conditions ont été fixées par la circulaire de la BCT n°2006-19 du 28 novembre
2006 qui a prévu le 1er janvier 2008 comme date d’entrée en vigueur.

Cette circulaire constitue une rénovation importante et un tournant dans la


réglementation Tunisienne en la matière qui a, jusqu’à ce jour, imposé seulement une
obligation de résultat que les établissements de crédit doivent remplir par les moyens qu’ils
jugent appropriés.

Elle s’inscrit également dans le cadre :

- De mise en place des meilleures pratiques internationales par l’exigence d’un


contrôle interne adéquat en rapport avec l’accroissement des risques de toute nature.

- d’une étape nécessaire et importante pour l’adoption de Bâle 2.

- d’une nécessité de compléter le dispositif prudentiel quantitatif par un contrôle


qualitatif adéquat.

- d’une valorisation de la fonction de contrôle interne dans la gestion des risques


bancaires.

31
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

2-1- Objectifs et principe clés :

2-1-1- Objectifs:

La définition du système de contrôle peut nous permettre d’identifier les objectifs de


conception.

Un système de contrôle interne est définie comme : « un ensemble de processus,


méthodes et mesures appropriés et adaptés visant à assurer en permanence la sécurité,
l’efficacité, et l’efficience des opérations, la protection des actifs, la fiabilité de l’information
financière et la conformité de ces opérations avec les lois et les réglementations en vigueur ».

L’interprétation de cette définition permet de dégager trois types d’objectifs assigner


dans tout système de contrôle interne à savoir :
- Les objectifs opérationnels liés à l’efficience et l’efficacité de l’établissement dans
l’utilisation de ses actifs et des autres ressources ainsi que dans sa protection en cas
de pertes.
- les objectifs d’information liés à la préparation des rapports pertinents, fiables et
aussi récents que possible, indispensables à la prise de décision au sein de
l’organisation de l’établissement. Ils recouvrent également la nécessité d’établir des
comptes annuels, états financiers et autres communications et rapports de caractère
financier qui soient fiables pour les actionnaires, autorités de contrôle et autres
parties extérieures.
- les objectifs de conformité qui garantissent que l’activité de l’établissement de crédit
est conforme aux lois, réglementations en vigueur, aux normes et usages
professionnels et déontologiques et aux orientations de l’établissement.

2-1-2- Les principes clés :

L’analyse des objectifs assignés à tout système de contrôle interne permet d’identifier
la multitude de principes simples sur lesquels repose ce système.

L’énumération suivante des principes clés ne peut être qu’a titre indicatif et non
limitatif : (GHRIBI, 2007, p.9)

- Conformité aux dispositions législatives et réglementaires et aux orientations de


l’établissement ;

- procédures écrites et traçabilité des opérations ;

32
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

- fixation des limites par type de risque encourus, leur respect et leur surveillance,
l’évaluation de l’adéquation des fonds propres au regard de chaque type de risque
avec la prise des actions correctrices à temps en cas de dépassements ;

- garantie d’une information financière fiable et pertinente ;

- séparation des fonctions ;

- Principe des « quatre yeux » (contre vérifications, double contrôle des actifs, doubles
signatures, etc. ...) ;

- simulations de crises des différents risques ;

- révision permanente des dispositifs opérationnels et ceux de contrôle ;

- communication régulière de l’information.

2-2- Principaux éléments du système de contrôle interne.

D’après l’article 3 de la circulaire n° 2006-19 du 28 novembre 2006, le système de


contrôle interne comprend notamment :
1. Un système de contrôle des opérations et des procédures internes ;
2. Une organisation comptable et de traitement de l’information ;
3. Des systèmes de mesure, de surveillance et de maîtrise des risques ;
4. Un système de documentation et d’information.

Cette composition est uniforme à tous les établissements de crédit mais la conception
de ce système doit être adaptée à la nature et aux volumes de leurs activités, à leurs
tailles et aux risques auxquels ils sont exposés.

2-2-1- Système de contrôle des opérations et des procédures internes

La lecture des articles 6 et suivants de la circulaire n° 2006-19 permet d’identifier les


exigences à vérifier par tout système de contrôle des opérations et de procédures interne :

- Exigence de conformité : La conception du système de contrôle des opérations et des


procédures doit être conforme aux législatives, réglementaires et aux normes et usages
professionnels et déontologiques et aux orientations de l’établissement de crédit.

- Exigence de fiabilité : Obligation de vérifier la qualité de l’information comptable et


financière et ce quelque soit le destinataire, sa traçabilité ainsi que la vérification de la
qualité des systèmes d’information et de communication.

33
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

- Exigence d’exhaustivité : Le contrôle doit être permanent, hiérarchisé et englobe


toutes les activités de l’établissement.

- Exigence de prévoir deux niveaux de contrôle : (Article 7 de la circulaire aux


établissements de crédit n° 2006-19)

 Le premier niveau : Contrôle permanent de la conformité, de la sécurité, de la


validation des opérations et du respect des diligences liées à la surveillance des
risques par des agents dédiés exclusivement à cette fonction au niveau de services
centraux et des agences ou par d’autres agents exerçant des activités
opérationnelles.
 Le second niveau : Contrôle périodique de la conformité des opérations, du profil
risque, du respect des procédures, de l’efficacité et du caractère approprié des
mesures par des agents autres que ceux en charge du contrôle permanent.

Ces deux niveaux de contrôle sont la conséquence directe de la distinction entre la


notion de contrôle permanent et celle de contrôle périodique.

L’indépendance des deux niveaux de contrôle ne peut être assurer que par :
- L’affectation d’un ou plusieurs agents pour chaque niveau de contrôle permanent ou
périodique.
- la distinction claire entre les agents chargés exclusivement du contrôle permanent et
ceux responsables des contrôles périodiques.
- l’existence de responsables du contrôle permanent et d’un responsable du contrôle
périodique dont l’identité et le CV de ce dernier est communiquée BCT. (Article 8 de
la circulaire aux établissements de crédit n° 2006-19)

Outre, l’exigence de cette distinction entre les deux niveaux de contrôle, la circulaire
n° 2006-19 et à travers les articles 8,9 et 10 met l’accent sur les qualités majeures d’un
contrôle interne efficient à savoir :
- indépendance et séparation de la fonction de contrôle par rapport aux unités
opérationnelles à travers :
 un rattachement hiérarchique différent jusqu’à un niveau suffisamment élevé, ou
 une organisation qui garantisse une séparation claire des fonctions d’autorisation,
d’exécution, de comptabilisation et de contrôle, ou
 des procédures informatiques.

34
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

- compétence avec des moyens adaptés : le nombre et la qualification des personnes


impliquées dans le dispositif de contrôle interne ainsi que les moyens mis à disposition
(outils de suivi et méthodes d’analyses des risques) doivent être adaptés aux activités
et à la taille de l’établissement.

- réexamen périodique des systèmes existants : l’affectation de moyens suffisants aux


contrôles périodiques permettant de mener un cycle complet d’investigation de
l’ensemble des activités sur un nombre d’exercices aussi limité que possible avec
l’établissement de programme annuel de missions de contrôle comportant les objectifs
annuels des organes sociaux.

Ce schéma peut éclaircir d’avantage la répartition et la séparation exiger pour les deux
niveaux de contrôle dans un système de contrôle des opérations et des procédures internes.
(GHRIBI, 2007, p.13)

Contrôle permanent Contrôle périodique

Agents dédiés
Central

Agents autres que


Agents dédiés ceux du contrôle
Local
ou par ligne permanent
métier

Agents pouvant
Opérationne
exercer des fonctions
l
opérationnels

2-2-2- Organisation comptable et traitement de l’information

Les exigences instaurées par les articles 12,13 et 14 de la circulaire ont comme
objectifs principaux la mise en place par les établissements de crédit d’une organisation
comptable qui permet le traitement de l’information dans le respect des obligations légales et
réglementaires5.

L’organisation comptable mise en place doit garantir une multitude d’exigences


procédurales « appelé piste d’audit », permettant :
- de reconstituer dans un ordre chronologique les opérations ;

5
L’article 12 fait référence aux normes comptables bancaires Tunisiennes et particulièrement celles relatives au contrôle
interne.

35
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

- de justifier toute information par une pièce d’origine permettant de remonter par un
cheminement ininterrompu au document de synthèse et réciproquement ;
- d’expliquer l’évolution des soldes d’un arrêté comptable à l’autre par la conservation
des mouvements ayant affecté les soldes comptables des postes des états financiers.
Outre les exigences de conception procédurales de l’organisation comptable, d’autres
exigences de contrôle et de sécurité informatiques et technologiques, ainsi il faut prévoir :
- un contrôle périodique des évaluations et des enregistrements comptables dont
l’inadéquation se révèle un facteur de risque important pour la fourniture d’une
information comptable exhaustive, fiable et pertinente ;
- un rapprochement mensuel des résultats comptables et de gestion pour les activités de
marché ;
- le maximum de garanties pour un niveau de sécurité informatique satisfaisant et son
adéquation aux exigences des différents métiers de l’établissement à travers un
réexamen périodique et la mise en place des procédures de secours informatiques ;
- un plan de continuité de l’activité (selon divers scénarios de crises) cohérent et
efficace dans le cadre d’un plan global qui intègre les objectifs définis par
l’établissement ;
- une évaluation régulière de l’organisation et de la disponibilité des ressources
humaines et matérielles au regard des risques liés à la continuité de l’activité.

2-2-3- Systèmes de mesures, de surveillance et de maîtrise de risques

Les exigences pour un bon fonctionnement du système de contrôle interne se


poursuivent ainsi que la nouveauté majeure du circulaire aux établissements de crédit
N°2006-19 est l’instauration de l’obligation de la mise en place sur base consolidée des
systèmes d’analyse, de mesure et de surveillance des risques, adaptés à la nature, au volume et
au degré de complexité des activités de l’établissement.

L’article 16 de la circulaire 2006-19 à énuméré les types de risques menaçant les


établissements de crédit à savoir :
- Le risque de crédit ou de contrepartie ;
- le risque de marché ;
- le risque de taux d’intérêt qui doit être global et couvrir les éléments de bilan ou du
hors bilan ;
- le risque de liquidité.

36
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Quatre risques ont été évoqués par la réglementation en vigueur mais la nouveauté de
la circulaire est l’introduction de deux nouveaux types de risques en l’occurrence :
- le risque de règlement ;
- le risque opérationnel.

Pour mieux maîtriser ces risques, les systèmes de mesures, de surveillance et de


maîtrise de risques doivent répondre à plusieurs exigences lors de la mise en place et ce à
travers : (Article 19,20 et 21 de la circulaire aux établissements de crédit n° 2006-19)
- La conception de procédures définies et formalisés ;
- Une fixation dans le respect des normes en vigueur, des limites internes globales par
type de risque et le suivi de leur respect avec une révision annuelle de ces limites par
l’organe de direction et son approbation par le conseil d’administration et ce, en tenant
compte du niveau des fonds propres de l’établissement ;
- La création de comités chargés d’assurer le suivi de certains risques spécifiques en
rapport avec le volume et la diversité de l’activité de l’établissement ;
- L’intégration de mesures dans la gestion quotidienne des risques, analyse des
dépassements avec une information de l’organe de direction et le cas échéant les
comités de risques concernées ;
- La définition de procédures d’information, au minimum trimestrielle, pour le respect
des limites de l’organe de direction, le conseil d’administration et, le cas échéant, le
comité des risques ainsi que le comité d’audit ;
- La proposition des actions correctrices nécessaires.

Ces exigences sont d’ordre général et évoquent les risques comme un tout
indissociable mais l’apport de la circulaire est d’identifier et de proposer le système de
mesure, de surveillance et de maîtrise des 6 risques énumérés plus haut tout en présentant la
spécificité de chacun d’eux.

2-2-3-1 : Systèmes de mesure .de surveillance et de maîtrise du risque de crédit.


(Articles 22 à 30 de la circulaire aux établissements de crédit N°2006-19)

L’article 22 de la circulaire 2006-19 définit le risque de crédit comme suit « Le risque
de crédit s’entend du risque encouru en cas de défaillance d’une contrepartie ou de
contreparties considérées comme un même bénéficiaire au sens de la réglementation en
vigueur ».

37
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Afin de remédier à la gravité d’un tel risque, l’établissement doit disposer d’une
procédure de sélection et d’un système de mesure des risques crédit qui permet d’identifier les
engagements bilantiels et hors bilan à l’égard d’une contrepartie ou de bénéficiaires liés par le
même secteur géographique ou économique.

Les demandes de crédit présentées par une relation doivent satisfaire à un minimum
d’informations et de documents lors de la constitution du dossier de crédit.

Ces dossiers doivent contenir les informations quantitatives et qualitatives les plus
récentes (les états financiers des trois derniers exercices 6, situation patrimoniale, les
prévisions d’activités et de trésorerie……).

Le suivi des dossiers de crédit se fait régulièrement par des mises à jour permanentes
et qui doivent être trimestrielles pour les contreparties dont les créances sont classées ou qui
présentent des risques significatifs.

Aussi, l’article 25 de la circulaire 2006-19 exige une étude du profil risque de crédit de
la contrepartie, sur la base de la situation financière et en particulier sa capacité de
remboursement, qualité de gouvernance, secteur d’activité et situation de groupe.

En d’autre terme, la tendance de législateur est d’affaiblir l’importance accordé aux


garanties par les établissements de crédit pour se couvrir contre le risque de crédit et de
considérer de cette façon les garanties obtenues d’une importance secondaire.

→ Les dispositions des articles précités confirment l’orientation de notre pays au


renforcement de la culture de crédit afin de renforcer les bases d’initiation à l’application de
l’IAS 39 instruments financiers. (GHRIBI, 2007, p.13)

Le même article exige aux établissements de crédit l’institution d’un système de


notation interne qui doit permettre d’évaluer avec pertinence les caractéristiques d’un
emprunteur, de différencier les risques et de les quantifier avec suffisamment de précision et
de cohérence.

Les organes de direction doivent procéder à l’élaboration d’un système de notation et


assurer en permanence sa bonne marche et son efficacité.

Outre la notation à priori des relations, il est exigé de procéder au début à une mesure
fine de la rentabilité des opérations de crédit (dans le cadre de la décision d’action de crédit)
qui se poursuit avec une périodicité semestrielle.
6
Ces exigences permettent à la Tunisie de se préparer à la création d’une centrale de bilans analogiquement à son homologue
Français.

38
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Les exigences instaurées par cette circulaire, dans la phase de conception d’un système
de mesure, de surveillance et de maîtrise de risque de crédit, sont renforcées d’avantage.

Ainsi, l’article 27 incite à la définition de la formalisation claire des procédures de


décision de prêt et de délégation et pour les opérations d’importance significative, l’analyse
du dossier doit être réalisée par une unité spécialisée et indépendante des unités
opérationnelles et la décision de prêt est prise par au moins deux personnes.

→ Cette panoplie d’exigences n’est en finalité qu’une étape préparant le passage aux
recommandations de Bâle 2.

L’application de ces exigences nécessite la conception d’un système de surveillance


permettons au mieux la maîtrise de ce type de risque. Ce système sera consacré par
l’application de trois instructions :
- Une évaluation trimestrielle de la qualité des engagements pour les reclasser,
comptabiliser les créances classées et déterminer le niveau de provisionnement requis
conformément à la réglementation (Article 28) ;
- l’information régulière du conseil d’administration du respect des normes
prudentielles et des concours accordés aux personnes ayant des liens avec
l’établissement (Article 29) ;
- des simulations de crise au moins annuelle pour les principales concentrations de
risque de crédit avec communication des résultats au conseil d’administration
(Article 30).

2-2-3-2 Systèmes de mesures, de surveillance et de maîtrise du risque de marché.

L’article 31 de la circulaire 2006-19 du 28 novembre 2006 dispose que « on entend


par risque de marché, les risques de pertes qui peuvent résulter :

- Des fluctuations des prix sur les titres de transaction et de placements tel que définis
par les normes comptables et sur tout autre instrument financier prévu par la
réglementation en vigueur.
- Ou des positions susceptibles d’engendrer un risque de change, notamment les
opérations de change au comptant ou à terme ».

La circulaire a introduit une exigence très forte de formalisation pour une activité à
caractère souvent instantané de prise de décision mais à un risque de perte immédiat et
important.

39
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

- Le risque de marché représente un aspect sensible et il doit faire l’objet de deux types
de mesures à savoir :
 Des mesures quotidiennes pour la détermination de l’ensemble des positions, le
calcul des résultats et l’intégralité des risques de marché avec un suivi du
respect des limites, des procédures internes en la matière et de l’adéquation des
fonds propres au regard des risques de marché.
 Des mesures régulières portant sur le développement des scénarios de crise qui
doivent permettre à chaque établissement d’étudier les conditions extrêmes de
marché et leurs éventuelles conséquences.
 L’évaluation des risques de marché sur une base consolidée.
 Les résultats des mesures des risques de marché doivent être communiqués
conseil d’administration.

2-2-3-3 Systèmes de mesures, de surveillance et de maîtrise du risque global de


taux d’intérêt 

L’article 35 de la circulaire 2006-19 définit le risque global de taux


d’intérêt comme : «  le risque encouru en cas de variation des taux d’intérêt, mesuré sur
l’ensemble des opérations de bilan et de hors bilan à l’exception, le cas échéant, des
opération soumises aux risques de marché mentionnés dans le chapitre 2 de la présente
circulaire ».

Les nouveautés apportées par la circulaire, comme source règlementaire, à ce niveau


consistent à :

- Obliger les établissements de crédit d’instaurer un suivi de leur exposition globale au


risque de taux d’intérêt sur l’ensemble des postes du bilan et du hors bilan.
- mesurer exhaustivement et de façon périodique les risques y afférents.
- élaborer régulièrement des scénarios de crises avec des contrôles périodiques sur les
hypothèses retenues.
- communiquer les résultats de mesure du risque global de taux d’intérêt au Conseil
d’administration afin d’apprécier ces risques notamment par rapport aux fonds propres et
aux résultats de l’établissement.

2-2-3-4 Systèmes de mesures, de surveillance et de maîtrise du risque de liquidité

40
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Le risque de liquidité s’étend comme : « le risque pour l’établissement de crédit


et la banque non résidente de ne pas pouvoir s’acquitter, dans les conditions normales, de
leurs engagements à leurs échéances ». (Article 38 de la circulaire 2006-19).

Le dispositif de contrôle de ce risque doit permettre :

- De s’assurer que l’établissement est en mesure de faire face, à tout moment, à ses
exigibilités et d’honorer ses engagements de financement envers la clientèle.
- d’évaluer l’adéquation des fonds propres en fonction du profit de liquidité et de la
liquidité des marchés sur lesquels ils opèrent (article 39 de la circulaire 2006-19).
- d’évaluer les entrées et sorties de trésorerie prévisionnelles à des échéances bien
déterminées et de préciser les différents impasses de liquidité (article 40 de la
circulaire 2006-19).

Comme mesures de surveillance de chaque type de risque, l’établissement de crédit


doit prévoir :

- D’élaborer à un rythme régulier de scénarios de crises ;


- des contrôles périodiques sur la base des hypothèses retenues ;
- que les résultats de ces contrôles doivent être communiqués systématiquement au
conseil d’administration.

2-2-3-5 Systèmes de mesures, de surveillance et de maîtrise du risque de


règlement

Ce type de risque a été définie comme : «  le risque de survenance, au cours du


délai nécessaire pour le dénouement de l’opération de règlement, d’une défaillance ou de
difficultés qui empêchent la contrepartie d’un établissement de crédit ou d’une banque
non résidente de lui livrer des instruments financiers ou les fonds convenus, alors que le
dit établissement de crédit ou la dite banque non résidente a déjà honoré ses engagements
à l’égard de la contre partie ».

D’après cette définition, la circulaire introduit un nouveau risque et a défini les


lignes directrices pour une gestion prudente de ce risque en précisant les principaux
éléments pour le mesurer à travers :

- Une évaluation des différents instruments et des différentes phases du processus du


règlement.

41
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

- la mise en place des procédures permettant de connaître leur exposition actuelle et


future au risque de règlement.

Comme mesures de surveillance pour chaque type de risque, l’établissement de


crédit doit prévoir :

- D’élaborer à un rythme régulier des scénarios de crises.


- des contrôles périodiques sur la base des hypothèses retenues.
- les résultats de ces contrôles doivent être communiqués systématiquement au Conseil
d’Administration.

2-2-3-6. Systèmes de mesures, de surveillance et de maîtrise du risque


opérationnel

La définition avancée, par l’article 45 de la circulaire 2006-19, à ce type de risque


est la suivante : «  le risque opérationnel se définit comme étant le risque de pertes,
résultant de carences ou de défaillances attribuables à la conception, à l’organisation et
à la mise en œuvre des procédures, aux erreurs humaines ou techniques ainsi qu’aux
évènements extérieurs. La définition inclut, entre autres, le risque juridique mais exclut
les risques stratégiques et de réputation ».

Il s’agit du deuxième nouveau risque introduit par la circulaire 2006-19.

La mise en place d’un système de gestion de ce risque permettant de :

- S’assurer que les risques qui pourraient découler de défaillance ou d’insuffisance


de procédures et d’erreurs humaines ou techniques sont identifiés et mesures
périodiquement.
- évaluer l’adéquation des fonds propres au regard de ce risque.
- enregistrer systématiquement les données relatives à ce risque opérationnel,
notamment les pertes significatives par catégorie d’activité.

Le système de gestion de ce risque doit s’intégrer dans le système global des


processus de gestion des différents risques de l’établissement.

Aussi, l’exposition à ce risque doit être régulièrement notifiée à l’unité de gestion


du risque opérationnel, à la direction générale et au Conseil d’administration.

La finalité est d’analyser pour parvenir à proposer les mesures correctrices


adéquates.

42
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

2-2-4. Le système de documentation et d’information : (Les articles 48 à 55 de la


circulaire aux établissements de crédit N°2006-19)

Ce volet sera consacré aux exigences informationnelles et de documentation qui


incombe aux différents intervenants comme :
- L’examen annuel par le Conseil d’administration de l’activité et des résultats du
contrôle interne à travers des informations transmises par l’organe de direction et
le responsable des contrôles permanent et périodique ainsi que par le comité
permanent d’audit interne.
- l’obligation de disposer de manuels de procédures mis à jour et adaptés aux
différentes activités et d’une documentation sur les moyens du contrôle interne.
- l’obligation d’établir deux rapports annuels :
 sur les conditions dans lesquelles le contrôle interne est assuré
 sur la mesure et la surveillance des risques avec mention des risques
auxquels le groupe est exposé
- la communication de ces deux rapports au conseil d’administration, au comité
permanent d’audit interne, au commissaire aux comptes et à la Banque Centrale
de Tunisie, au plus tard, quatre mois à compter de la clôture de l’exercice
comptable et quinze jours au moins avant la tenue de la l’Assemblée générale
ordinaire.
- l’Obligation de se doter d’une politique écrite en matière de communication
financière.

Paragraphe 3- Direction des risques : Risk credit

L’importance de suivi de cette panoplie de types de risques, met à la charge de la


société de leasing une obligation de les maîtriser.

Ce suivi peut être assuré soit par des cellules au sein d’une direction déjà existante,
soit par la création d’une nouvelle direction soit la « direction des engagements » (ou
direction des risques).

La naissance de cette direction est une décision spécifique à chaque établissement 7 qui
répond généralement à un sentiment de la part des directions générales, de mal maîtriser leurs
risques. (NOUY, (1997), p.24)

7
Danièle Nouy, secrétaire général adjoint de la comite de Bâle, rappelle que « c’est à chaque établissement de crédit de
trouver, en fonction de son histoire, de ses risques et de ses spécificités, l’organisation qui lui convient le mieux ».

43
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

3-1- Rôle de la direction des engagements.

Les activités d’une direction des engagements au sein d’une société de leasing peuvent
être variées. A titre d’exemples :

- Une fonction de contrôle proprement dite, mais limitée d’une part aux
procédures générales, et d’autres part, à un examen des états d’engagements ou
d’anomalies permettant de mettre en lumière les carences éventuelles.
- la définition et la mise en place de la centralisation des engagements. La
direction des engagements sera en pratique au cœur du développement d’une
base « Engagements » ; elle en assure par la suite l’évolution et la maintenance.
- l’application globale des engagements des grands secteurs d’activité de
l’établissement, par types d’engagements, zone géographique, groupes…en
liaison avec la documentation.
- un avis motivé sur les propositions de financement signifiantes et qui vérifie
certains critères.

3-2- Place de la fonction de suivi des risques dans le contexte Tunisien 

L’existence de telle direction dans les établissements de leasing est un objectif à


atteindre pour se conformer aux exigences et recommandations de Bâle 2. (AMOURI, 2004,
p.32)

Ainsi, et dans la plupart des établissements de crédit, des chantiers importants sont en
cours afin d’améliorer leurs politiques de gestion de risques et ce suite à la promulgation de la
circulaire 2006-19 du 28 novembre 2006.

L’objectif des organes de contrôle de notre système financier est d’inciter les
intervenants à consacrer d’avantage plus de ressources afin de parvenir à créer des dispositifs
robustes de mesure et de suivi indépendants des risques de crédit.

CHAPITRE II : ASPECTS COMPTABLE ET FISCAL DE


L’OPERATION DE LEASING

44
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

La spécificité essentielle du leasing est la combinaison de deux opérations: la location


et le financement. En effet, le leasing est un contrat de location portant sur un bien mobilier
ou immobilier acheté par l’établissement de leasing, lequel en demeure propriétaire, et
donnant au locataire l’option de l’acheter à un prix préalablement fixé.

Pour le bailleur, le leasing est une opération de crédit, garantie par un droit de
propriété sur le bien. Il s’agit en fait de placer un capital pour obtenir des remboursements
successifs qui excèdent la somme décaissée, la différence constitue la rémunération du service
rendu. La conservation de la propriété du bien loué durant la période de remboursement ne
constitue qu’une garantie.

Le cadre règlementaire a présentait pour longtemps une certaine ambiguïté


d’application due aux divergences d’application entre les règles fiscales et les conventions
comptables.

Ainsi, les schémas de comptabilisation de l’opération doivent s’aligner à la suprématie


du cadre fiscal qui obéit à une conception patrimoniale du bilan.

L’application de l’approche économique de comptabilisation de l’opération de leasing


était impossible, les sociétés de leasing ne peuvent pas supporter les conséquences fiscales
lourdes émanant de l’adoption de cette approche.

Ainsi, le passage d’une comptabilité patrimoniale à une comptabilité qui traduit


l’opération sous son aspect financier n’était possible qu’après les amendements apportés au
cadre fiscal régissant l’opération de leasing qui a supprimé toutes divergences d’interprétation
avec le système comptable Tunisien.

Pour les besoins de l’analyse, nous examinerons dans ce chapitre les aspects pratiques
de l’opération de leasing en commençant par une présentation détaillée des aspects
comptables de l’opération de crédit bail (section 1), le traitement comptable consacré aux
opérations spécifiques liées à l’activité (section 2) et enfin la présentation du régime fiscal
ainsi que les nouvelles amendements apportés au cadre fiscal (section 3).

Section 1 : Aspects comptables de l’opération de leasing

Paragraphe 1 : Présentation des approches de comptabilisation

45
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Les opérations et les évènements de la vie de l'entreprise doivent être enregistrés et


présentés conformément à leur réalité financière sans tenir compte uniquement de leur
apparence.

Le système comptable Tunisien a consacré cette position, ainsi la convention de


prééminence du fond sur la forme permet à la société d'inscrire à son actif, des biens avant
même que la propriété juridique ne lui soit transférée.

Contrairement à cette vision purement économique, l'analyse de la loi 94-89 du 26


juillet 1994 régissant le secteur de leasing, permet de déceler une deuxième vision dite
patrimoniale.

Ainsi, la loi 94-89 a soutenu le principe de patrimonialité en lui donnant un cadre


légal. Ceci résulte aussi bien des dispositions de l'article premier définissant l’opération de
leasing ainsi que les dispositions de l'article 15 de la même loi définissant les modalités de
traitement comptable des opérations de leasing chez le preneur.

L'article 1er de cette loi a défini le leasing comme étant une opération de location
d'équipements, de matériel ou de biens immobiliers achetés ou réalisés en vue de la location,
par le bailleur qui en demeure propriétaire et destinés à être utilisés dans les activités
professionnelles, commerciales, industrielles, agricoles, de pêche ou de services.

Ainsi, la Tunisie se trouve alignée à la position des pays latins qui s'attachent à la
réalité juridique de l'opération en la qualifiant d'opération de location et non de financement.
(MEDHIOUB, 1997, p.42)

Cette interprétation est appuyée par les dispositions de l'article 15 de la même loi qui
stipule que "Le preneur doit inscrire les opérations de leasing dans sa comptabilité en faisant
apparaître séparément dans son compte de résultat, les loyers correspondant à l'exécution du
contrat de leasing…"

Les contrats de leasing ont été toujours comptabilisés, comme étant une opération de
location pure et simple. Le bien donné en location ne peut figurer parmi les immobilisations
de la société et les loyers que paye le preneur sont constatés comme des charges
d'exploitation.

L'apparence juridique l'a donc emporté sur la réalité économique et ce contrairement


aux conventions comptables de bases reconnues à l'échelle national et international.

46
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

La promulgation de la loi n° 96-112 du 30 Décembre 1996 relative au système


comptable des entreprises et précisément la définition de la convention de la prééminence du
fond sur la forme, peut laisser à croire à un possible changement des méthodes de
comptabilisation des opérations de leasing.

La tendance du législateur de consacrer l'approche économique paraît évidente, et


l’apparition d'un projet de norme relative au contrat de location porte preuve.

Le blocage réglementaire était toujours fiscal, ce qui a suspendu l’apparition de la


norme sous sa forme définitive pendant plus de dix ans.

Ainsi, il est primordial de remédier aux divergences entre le système comptable et les
règles fiscales pour appliquer la convention de prééminence du fond sur la forme aux contrats
de leasing.

Le législateur conscient de l’importance d’accélérer le processus de reforme fiscal que


comptable, se voit promulguer un cadre réglementaire transitoire à ce passage.

Les dispositions des articles 41, 42, 43 et 44 de la loi 2006-85 du 25 décembre 2006
portant loi de finances de l’année 2007, visant l’harmonisation des dispositions fiscales aux
règles comptables, ont consacré ce passage.

En effet, ces dispositions ont permis au preneur de déduire du résultat imposable,


l’amortissement des actifs immobilisés objet de contrat de leasing.

Parallèlement, ces dispositions permettent au bailleur de constater l’opération comme


une créance financière et non comme une opération de location.

Le bien ne peut plus figurer au bilan du bailleur, mais il faut noter que ces
dispositions s’appliquent aux contrats de leasing conclus à partir du 01/01/2008.

Pour les contrats en cours à la date du 01/01/2008, l’approche en vigueur à la date de


mise en force reste applicable (patrimonial).

1-1- Approche patrimoniale

47
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Cette approche reste valable pour les années de la période transitoire, qui s’étale
pendant la durée des contrats en cours conclus avant le 1er janvier 2008.

Ainsi, et conformément aux dispositions de la loi n°94-89, le bailleur doit enregistrer


les biens donnés en location parmi les immobilisations corporelles et constate par conséquent
les amortissements correspondants.

Les loyers reçus par la société de leasing constituent donc son chiffre d'affaire (le
montant du principal et les intérêts figurant sur l’échéancier de remboursement présente le
revenu d’exploitation).

Les dotations d'amortissement ne présentent aucune ambiguïté, l'encours financier du


contrat de location est lui-même la valeur comptable nette de l'immobilisation loué.

Le législateur a opté pour unifier le mode de résorption du principal du contrat de


location avec le mode de dépréciation du bien objet du contrat.

Les sociétés de leasing avaient toujours une lourde tâche de retraitement du décalage
résultant de la divergence des modes de résorption.

Ainsi, à partir de l'exercice 2001 on ne parle plus de comptabilité financière et


comptabilité fiscale, on n’a qu’un seul traitement.

De ce fait, aucune discordance entre l’amortissement comptabilisé et la dotation


admise en déduction.

1-2- Approche économique

Avant la promulgation des dispositions de la loi de finances 2007, la divergence entre


le traitement comptable et le traitement fiscal apparaît nette par l'application de la norme
internationale N°17 (la norme Tunisienne reste à ce stade dans la phase d’un projet).

Le régime fiscal des opérations de leasing à été remanié à travers une série de mesures
introduites par les lois n° 2006-85 du 25 décembre 2006 et n° 2007-70 du 27 décembre 2007.

L’atténuation de cette divergence a permis de voir la promulgation de la norme


comptable N°41 relative aux contrats de location.
Cette norme n’est qu’une copie à l’identique de la norme internationale N°17 qui
normalise, entre outre, le schéma de comptabilisation de l’opération de leasing chez le bailleur
qui se présente comme suit : (GHRAB, 2008, p.22)

48
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

- Les biens détenus dans le cadre de contrat de leasing doivent être comptabilisés au
bilan du bailleur comme des créances pour une valeur égale à l'investissement net de
l'opération et non en immobilisation corporelle (§33 de la NCT 41).
- les loyers sont considérés par le bailleur comme un remboursement progressif du
capital investi auquel s'ajoute un produit financier rémunérant son investissement et
ses services (§34 de la NCT 41).

Pour chaque exercice, le bailleur comptabilise les loyers après déduction du coût des
services, il doit porter la totalité de la somme principale, en déduction de son investissement
brut8.Dans ce cas aucun résultat n'est dégagé à ce stade.

La partie du loyer qui rémunère l'investissement du bailleur et ses services présente les
revenus financiers9.

1-3- Nouveautés apportées par la loi de finances pour la gestion 2007

Le législateur Tunisien s'est intervenu à travers l'article 41 de la loi n° 2006-85 du 25


décembre 2006 portant loi de finances pour la gestion de l'année 2007 pour admettre la
déductibilité des charges d'amortissement des biens acquis en leasing10.

Le principe de la prééminence du fond sur la forme sera adopté, à partir du 1 er janvier


2008, par les entreprises Tunisienne (pour le preneur et le bailleur).

Ainsi, l'approche juridique cédera sa place à l'approche économique, du coté du


preneur et du bailleur, pour les contrats conclus à partir du 1 janvier 2008.

Le bailleur ne présente plus son financement en tant qu’immobilisation données en


leasing, mais comme une créance en principal et intérêts.

La question qui se pose à ce stade est la suivante : Est ce que les sociétés de leasing
seront amenées à adopter l’approche économique pour les contrats conclus avant la date de
passage et retraiter les données historiques par conséquence ?

La réponse à cette question a été avancée par le paragraphe 65 de la norme comptable


Tunisienne N° 41 relative aux contrats de location, qui dispose que l’application
rétrospective est encouragée mais non imposée.

8
Investissement brut : total des paiements minimaux du point de vue du bailleur ainsi que toute valeur résiduelle non garantie
lui revenant.
9
Revenus financiers : Investissements brut – sa valeur actualisée.
10
Dans ce cas, l'article 15 de la loi 94-89 du 26 juillet 1994 portant le schéma de comptabilisation des opérations de leasing,
est abrogé à partir du 1er janvier 2008.

49
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Sur le plan pratique, les travaux de reclassement des biens donnés en location du
poste « immobilisations données en location » vers les « immobilisations financières »,
compte tenu, bien entendu, des différents retraitements liés à l’évaluation du contenu de
chaque compte divisionnaire présentent une tache très lourde et coûteuse.

Ainsi, le bailleur applique simultanément les deux approches pendant la phase


transitoire.

Ce qui nous encourage à la présentation, dans la section suivante, des schémas de


comptabilisation d’une opération de leasing selon les deux approches.

Paragraphe 2 : Phases de déroulement et traitements comptables appropriés

Le déroulement d'une opération de financement par le recours à un contrat de crédit-


bail passe obligatoirement par trois intervenants de base et trois phases consécutives.
Cette relation tripartite peut être schématisée comme suit11 :

Dans un premier temps, le client négocie l’achat avec le fournisseur dans le cadre
d’une acquisition au comptant. Le preneur potentiel reçoit les devis, mène les négociations
d’achat et opte pour l'une des offres reçues.

A ce stade, il contacte une société de leasing et discute ses besoins de financement.

La société de leasing émet sa promesse de financement au client, qui passe alors la


commande auprès du fournisseur préalablement retenu. Après la signature du contrat de

11
Présentation de l’activité de leasing en Belgique (site web d’une société de leasing belge www.inglease.be)

50
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

leasing entre le preneur et la société de leasing, celle-ci fait office d'acheteur (pour le compte
du client) vis-à-vis du fournisseur et conclu avec ce dernier un contrat de livraison (contrat
d'achat) pour réaliser les conditions de transfert de la propriété au bailleur.

Le fournisseur livre le bien directement au client qui, en signant le procès-verbal de


prise de possession, atteste que l'objet est conforme aux spécifications convenues.
Sur la base de ce procès-verbal, la société de leasing active alors le contrat de leasing
et procède au paiement du fournisseur selon les modalités convenues entre le fournisseur et le
preneur.
Cette description sommaire laisse penser à la simplicité de l’activité de leasing, malgré
l’existence de plusieurs difficultés, liées à des opérations spécifiques, qui peuvent surgir
pendant la phase contractuelle et post contractuelle.

Nous essayerons dans ce qui suit d’étayer de façon détaillée le contenu de ces étapes
toute en proposant le schéma comptable qui en découle.

2-1- Phase pré contractuelle

Cette phase est la plus importante car elle définie les éléments constitutifs de la
relation contractuelle entre le bailleur et le preneur à savoir : le choix du bien, sa livraison par
le fournisseur et son acceptation par le preneur.

L’accomplissement de ces étapes déclenche de façon concrète la relation contractuelle


et donne naissance à plusieurs obligations qui incombent aux deux parties contractantes.

2-1-1- Choix du bien

L’objet des sociétés de leasing est le financement de l'acquisition de biens dont les
spécificités techniques sont validées par le soin du preneur.

En effet, la décision d'investir incombe seulement à l’entrepreneur. Ce dernier choisi,


en fonction de ses normes de production, le bien le plus adapté à ses besoins, le plus durable
et dont le rendement escompté lui procure le meilleur cash-flow.

C'est ainsi que l'article premier des conditions générales d'un contrat de crédit-bail12
prévoit que le locataire choisi librement le bien et le fournisseur qui lui permet d’assurer le
rendement recherché. Il négocie les prix, les délais et les conditions de paiement du dit bien,
pour ensuite définir les conditions, le lieu, les délais et les modalités de livraisons.

12
Par référence au contrat type de la société Tunisie Leasing.

51
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Cette étape permet de définir l'objet du contrat et engendre par conséquent une relation
entre le bailleur et le fournisseur choisi.

La finalité de cette étape est la signature du contrat d'où la naissance d'un engagement
de financement pour le montant de l'investissement dont le bailleur doit l’enregistrer dans
ses engagements hors bilantiels.

2-1-2- La mise à disposition du bien

Une fois, le choix du bien et du fournisseur est fait, l'entreprise fournit à la société de
leasing un certain nombre d'informations permettant d'examiner la situation financière du
preneur, d'évaluer l'impact probable de cet investissement additionnel sur sa rentabilité.

Comme suite et en cas d'accord, un mandat prend juridiquement naissance en vertu


duquel le bailleur mandant s'engage à l'exécution d'un engagement d'achat à l'égard du
fournisseur formellement désigné par la convention qui reprend également les spécifications
techniques de l'équipement telles que établies dans la facture proforma.

Le matériel est délivré au locataire dans les conditions et au lieu librement convenus
avec le fournisseur.

En tant que mandataire du bailleur, mais également en sa qualité de locataire, ce


dernier doit, à la livraison du matériel, attester par un procès verbal de livraison, que le bien
livré est conforme à la commande, qu'il est en bon état de fonctionnement, que le fournisseur
et le bailleur ont valablement exécuté leur obligation de délivrance et que la location peut
prendre effet.

Ce procès verbal est adressé au bailleur dans les délais convenus par remise en main
propre contre décharge ou par lettre recommandée avec accusé de réception et il entraîne le
paiement du prix du matériel.

En aucun cas, un matériel non conforme, avarié, impropre à l'usage auquel il est
destiné ou livré hors le délai limité, ne doit être accepté par le locataire, sauf, accord écrit du
bailleur pour cette dernière éventualité. Toute impossibilité doit être constatée par acte.

Au cours de cette étape, le bailleur peut payer une partie du montant de


l'investissement, dans l'attente d'une liquidation ultérieure du reliquat.

Le schéma comptable de la phase précontractuelle sera présenté selon les deux


approches.

52
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

2-1-3- Le schéma comptable de la phase pré contractuelle (M. MEDHIOUB, 1997,


p.53)

Les écritures suivantes sont à constater13 : (DERBEL, 2008)


Approche juridique :

 Constatation de l'avance fournisseur

Débit : 2386 Avances sur immobilisation en cours (X)

Crédit : 532 Trésorerie (X)

Parallèlement, le montant de l'engagement hors bilan est amorti pour le même montant (X).

 A la date de réception de la facture fournisseur :

Débit : 2326 Immobilisation en cours (I)


4366 Etat, TVA récupérable (I*18%)
Crédit : 2386 Avances sur immobilisation en cours (X)
404 Fournisseurs (1) (I*1,18 –X)

I : Montant de l’investissement


X : Montant de l’avance

(1) A solder le jour du règlement par le crédit d'un compte de trésorerie.

Parallèlement, le montant de l'engagement hors bilan est soldé.

Approche économique :

 Constatation de l'avance :
Débit : 2663 Créance sur contrats encours (X)
Crédit : 532 Trésorerie (X)

Parallèlement, le montant de l'engagement hors bilan est amorti pour le même montant.

 A la date de réception de la facture fournisseur :

Débit : 2663 Créance sur contrats encours (I – X)


4366 Etat TVA récupérable (I x 18%)
Crédit : 404 Fournisseurs (1) (I*1,18 – X)
13
La nomenclature utilisée est à titre indicatif.

53
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

I : Montant de l’investissement


X : Montant de l’avance
(1) A solder le jour de règlement par le crédit d'un compte de trésorerie.

Parallèlement, le montant de l'engagement hors bilan est soldé.

2-2- Phase contractuelle

Cette phase débute juste après la livraison du bien et s'étend sur une période plus ou
moins importante que sa durée de vie. Au cours de cette période le preneur a la jouissance du
bien considéré et verse à l'établissement de leasing des redevances périodiques couvrant le
remboursement de la mise de fonds initiale, les frais financiers, les frais de gestion ainsi que
la marge de l'établissement de leasing.

La phase contractuelle se déclenche par la décision de mise en force du contrat, cette


date permet la gestion automatique du contrat sur le logiciel d’exploitation.

Elle permet notamment l'établissement de l'échéancier définitif des loyers, tout en


distinguant, pour chaque échéance, la portion qui vient en amortissement du capital investi et
le montant des intérêts. (MEDHIOUB, 1997, p.55)

L'échéancier de loyers géré sur la base de données commerciale constitue le support


informationnel permettant de procéder aux travaux de facturation par le service réalisation.

A la date de démarrage du contrat de location et avant de virer les investissements en


immobilisations achevées (créances brutes), il est généralement procédé au décompte et à la
facturation des intérêts intercalaires.

La traduction comptable de cette opération est :

Approches juridique et économique : (même écriture)


Débit : 411 Clients
Crédit : 7052 Intérêts intercalaires
4367 Etat, TVA collectée

Enfin, le comptable procède au virement de l’investissement :

Approche juridique (en immobilisation achevée) :

Débit : 2261 Immobilisations données en location


Crédit : 2326 Immobilisation en cours.

54
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Approche économique :

A la date de mise en force du contrat, le coût de l'investissement est généralement


arrêté de manière définitive, à défaut, il sera procédé d'une estimation pouvant être sujet à une
régularisation ultérieure.

A la date d'entrée en vigueur du bail, le bailleur comptabilise le montant total des


paiements minimums exigibles dans le compte loyers à recevoir, tandis que le coût du bien
loué (ou sa valeur comptable en cas de relocation) est retranché de l'actif. Si le bail comporte
une valeur résiduelle non garantie, celle-ci est alors comptabilisée dans un compte distinct.

La différence entre les loyers à recevoir plus la valeur résiduelle non garantie, le cas
échéant, et le coût du bien (ou sa valeur comptable) est inscrite à titre de produits financiers
reportés.
Débit : 2662 Créances brutes de leasing
517 Echéances à (-) d'un an / créances de leasing14
2666 Valeur résiduelle
Crédit : 2663 Créances sur contrat en cours (pour solde)
2669 Revenus non acquis à plus d'un an15
519 Revenus non acquis à moins d'un an16

 Facturation des préloyers

Pour des considérations pratiques, les sociétés de leasing optent pour une échéance
fixe de facturation des redevances.

La rémunération, prévue, dite "préloyers" pour couvrir la période allant de la date du


début de location à la date de l'échéance retenue, est facturée d'avance, il est à préciser que ce
produit n'inclut pas une portion du capital investi.

La traduction comptable est la suivante :


Approches juridique et économique : (même écriture)
Débit : 411 Clients
Crédit : 7053 Préloyers
4367 Etat, TVA collectée.

14
Montant des loyers HT exigibles à moins d'un an (principal + Intérêts).
15
Produit de financement (Intérêts) à plus d'un an.
16
Produit de financement (Intérêts) à moins d'un an.

55
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

 Pendant la période de la location :

Les opérations réalisées pendant cette période sont généralement limitées à la


facturation des loyers et aux flux financiers qui s'y rattachent.

Il demeure toutefois, possible au bailleur de procéder à la facturation d'intérêt en cas


de retard de paiement par le preneur17.

La traduction comptable d'une facture de loyer est :

Approche juridique 

Débit : 411 Clients


Crédit : 7051 Loyers
4367 Etat, TVA collectée.

Approche économique

Les opérations réalisées pendant cette période sont aussi limitées principalement à la
facturation des loyers et aux flux financiers s'y rattachant.

Débit : 411 Clients


Crédit : 517 Echéances à moins d'un an/ créances de leasing
4367 Etat, TVA collectée

Parallèlement :

Débit : 519 Revenus non acquis à moins d'un an18


Crédit : 7051 Revenus de leasing

Ce traitement est conforme à la règle qui consiste à imputer les produits reportés aux
résultats sur la durée du bail, selon une formule permettant de dégager un taux de rendement
constant de l'investissement restant dans le contrat de location. (STOLOWY, 2003, p.4)
2-3- Phase post-contractuelle

La troisième phase correspond aux modalités d'expiration du contrat, c'est-à-dire au


moment où la durée de location du bien considéré s'achève. C'est à ce stade qu'on rencontre
une très grande variété de solutions dont certaines, ont été rendues impératives par le
législateur dans certains pays.

17
La facturation des intérêts de retard ne peut être systématique pour tous les clients, par soucis de non
aggravation de la situation de ceux qui rencontrent des difficultés financières.
18
Montant du produit de financement (Intérêt) relatif à la 1 ère échéance du contrat de location.

56
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Dans la généralité des cas, l'opération se dénoue par l'accession du preneur à la


propriété du bien.

Dans d'autres cas, le contrat est renouvelé pour une durée variable contre une
redevance réduite. Il peut se produire, dans des cas beaucoup plus rares, que le bien soit
restitué à l'établissement de leasing qui le met en rebut s'il est totalement déprécié ou le
revend dans le cas contraire.

 A l'arrivée à terme du contrat.

L'option d'achat est ouverte au profit du preneur dès la conclusion du contrat de


leasing. Cette option ne peut être en principe levée qu'au terme du contrat, le prix de cession
étant prévu dans le contrat lui-même, il est égal à la valeur résiduelle du bien loué.
Toutefois, une cession anticipée, partielle ou totale, au profit du preneur demeure
toujours possible en cas d'accord du bailleur.
Les conditions de vente pendant la durée de location peuvent être fixées dès la
conclusion du contrat ou déterminées en accord avec le bailleur, au moment où le preneur
manifeste la volonté de rachat.
Une cession anticipée se solde généralement par une plus value.
Théoriquement, une cession ne peut s'opérer que si le locataire a satisfait à ses
obligations contractuelles et payé le prix de vente. (MEDHIOUB, 1997, p.58)
Approche juridique 

 A la fin du contrat.
Débit : 2264 Immobilisations, contrat échu.
28261 Amortissements des biens en location.
Crédit : 2261 Immobilisation en location
28264 Amortissement de l’immobilisations/Ct échu

 Au moment de la cession du contrat.

Débit : 411 Clients (V.R).


28264 Amortissement de l’immobilisations/Ct échu
Crédit : 2264 Immobilisation, contrat échu
4367 Etat TVA

57
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

736 Produit nets sur cession d'immob. (A)

(A) La plus value sur cession est nulle, le bailleur tient sa comptabilité conformément aux
dispositions fiscales prévues par la loi de finances pour la gestion de l’année 2001,
néanmoins le montant de la valeur résiduelle constitue un produit imposable qu'il convient
d'en tenir compte au niveau du tableau de la détermination du bénéfice fiscal.

Approche économique

 Au moment de la cession du contrat.

Débit : 411 Clients (V.R).


Crédit : 2666 Valeurs résiduelle
4367 Etat, TVA (A)
(A) Le montant de la TVA à reverser dépend de la partie acquéreuse du bien19.

Paragraphe 3 : Travaux d'inventaire

Les travaux d'inventaire rattachés aux opérations de leasing, autres que la couverture
des risques portent sur :

3-1- Régularisation des produits

Approche juridique 

Les loyers sont facturés d'avance, il convient de procéder à la régularisation des


produits constatés d'avance :
Débit : 7051 Loyers
Crédit : 472 Loyers constatés d'avance (1)

(1) Loyers constatés d'avance : Mt Redevance *(nbre j en N+1/nbre j entre les 2 échéances)

Approche économique

Les loyers sont facturés d'avance, il convient donc de procéder à la régularisation des intérêts
constatés d'avance.
Débit : 7051 Revenus de leasing (même Mt que l’approche juridique)
Crédit : 472 Produits constatés d’avance (1).

19
Pour plus de détails, voir la partie relative au régime fiscal de l’opération de leasing.

58
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

(1) Produits constatés d'avance : Mt Intérêts *(nbre j en N+1/nbre j entre les 2 échéances)

3-2- Constatation des amortissements.

Approche juridique 

N'exerçant sur le bien qu'un simple droit de jouissance, l'entreprise ne saurait pratiquer
d’amortissement déductible. Seule la société de leasing est en droit d'effectuer
l'amortissement.

Les sociétés de leasing en tant que sociétés commerciales, peuvent inclure dans leurs
charges déductibles, les amortissements de biens donnés en location.

La loi 94-90 régissant l'activité de leasing a prévu un régime spécial pour


l'amortissement des biens donnés en location, dans l’objectif de réduire l'effet résultant d'un
contrat dont la durée contractuelle est inférieure à la durée de vie fiscale du bien loué.

Les immeubles bâtis objet de contrats de leasing sont amortis en fonction de la période
prévue par ce contrat.

Pour les biens d'équipements et le matériel exploités sous la forme d'un crédit-bail
peuvent être amortis selon les modes suivantes :
- L'amortissement linéaire accéléré.
- l'amortissement dégressif.
- l'amortissement linéaire simple.
Malgré ce régime de faveur prévu par la loi 94-90, les sociétés de leasing ont rencontré
plusieurs difficultés. Ainsi, vu leur caractère hybride de "location-financement", elles sont
dans l'obligation de pratiquer un amortissement physique relatif à la dépréciation des biens
d'équipements et des immeubles objets des contrats de crédit bail, ainsi qu'un amortissement
financier composé par les loyers nécessaires à la reconstitution du matériel après
rémunération des fonds investis20.
Le législateur conscient des difficultés rencontrées lors des travaux de retraitements et
dans l’objectif de faciliter la présentation d’états financiers reflétant la situation réelle et
d’anéantir toute source de divergence nécessitant des travaux de rapprochement lors de la
préparation du résultat fiscal.

20
Les travaux de retraitements pour se conformer aux dispositions fiscales ont présentaient toujours des tâches très
coûteuses en termes de temps alloués ainsi qu’une source d’augmenter le risque fiscal.

59
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

La loi des finances pour l'année 2001, a permis l’harmonisation des règles fiscales
avec les pratiques comptables. A partir de cette date, on ne parle plus d’amortissement
physique mais d’amortissement financier.
Les annuités sont conformes au tableau d'amortissement financier, arrêté en fonction
du prix d'acquisition, du taux d'intérêt, de la durée de location et du prix de cession.
Toutefois, le montant à déduire fiscalement au titre des amortissements financiers ne
doit pas dépasser la différence entre le prix d'acquisition des équipements, matériels ou
immeubles et le prix de cession aux termes de la période de location.
Ainsi, la traduction comptable des dotations d'amortissements ne dépend plus de
l'option retenue par le bailleur quant à la nature financière ou fiscale de sa comptabilité.
L'écriture comptable est la suivante :
Débit : 6811 Dotations aux amortissements
Crédit : 28261 Amortissements des immobilisations en location.

Approche économique
La notion d'amortissement ne se pose pas pour une comptabilité tenue selon l'approche
économique. Ainsi, les immobilisations données en location sont à évaluer parmi les
engagements hors bilan.
Le suivi de la dépréciation de ce type d’engagement peut s’effectuer conformément à
la méthode de l'évaluation forfaitaire retenue pour la détermination des provisions en
application des normes prudentielles, elle consiste à affecter la valeur d'origine du bien d'une
décote déterminée en fonction du type et de l'âge du bien.
Cette méthode pourrait être maintenue pour l'évaluation des engagements reçus.
3-3- Evaluation des actifs et couvertures des risques

Bien que le type de retraitements comptables à l’occasion de l’arrêté des situations


périodiques ou de fin d’année dépend étroitement du système d’information mis en place, les
méthodes d’évaluation des produits réservés et des provisions issus de l’application des règles
édictées par la Banque Centrale de Tunisie devraient être uniformes. (DERBEL, 2008, p.19)

Dans ce qui suit, on présentera les traitements comptables appropriés des produits
réservés et des provisions.

3-3-1- Traitement des produits réservés

60
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Les retraitements comptables à opérer à l'occasion de l'arrêter des situations


périodiques dépendent de la méthode retenue pour la comptabilisation des revenus.

Cas 1 : Dans le cas où les revenus nets (Intérêts, inclus dans les loyers) et les autres
produits (préloyers, intérêts intercalaires, intérêts de retard) sont comptabilisés au moment de
la facturation dans un compte de produits réservés, puis virés dès leur encaissement aux
comptes de produits, les retraitements à opérer à l'occasion de l'arrêté de chaque situation
consistent à virer les revenus afférents aux actifs classés en B1, bien qu'ils ne soient pas
encaissés, aux comptes de produits et par conséquent les incorporer au résultat de la période.

Cas 2 : tous les revenus acquis sont enregistrés aux comptes de produits, les
retraitements à opérer consistent à déduire du résultat, tous les produits non encaissés et qui
concernent les actifs classés en B2, B3 et B4. Ces produits sont classés dans un compte d’actif
soustractif à présenter au niveau de la sous rubrique "produits réservés", faisant partie
intégrante de la rubrique générale « Clients et comptes rattachés ».
Dans la pratique, c'est la deuxième méthode de comptabilisation qui est retenue car
elle est simple et permet de limiter le nombre d'opérations comptables. (MEDHIOUB, 1997,
p.64)

3-3-2- Traitement comptable des provisions

Les sociétés de leasing optent, généralement, en matière de couverture de risque, pour


une politique d’indexation de la provision globale sur le niveau de l’activité de l’entité (la
pratique est d’appliquer un pourcentage21 sur l’encours financier net).

Dans le cas où le montant de la provision résultant de l’application de la circulaire


n°91-24 est inférieur à celui calculé en référence au niveau d’activité, l’excèdent est porté au
passif du bilan sur la rubrique des provisions pour risques (non identifiés).

Dans le cas contraire, l’écart dégagé est prélevé sur la provision inscrite au passif du
bilan et en cas d’insuffisance, il est procédé à la dotation d’une provision complémentaire.
(DERBEL, 2008, p.)

Section 2 : Traitement comptable des opérations spécifiques liées à


l'activité de leasing.

Paragraphe 1 : Opérations de consolidation, rééchelonnement et arrangement

21
Ce pourcentage varie entre 1% et 1,25% et qui peut être révisé par le commissaire aux comptes s’il juge qu’il est excessif.

61
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Le parcours ordinaire d'un contrat de crédit-bail peut ne pas être respecté par un client,
dont le dossier a été transféré du service recouvrement au service juridique.

Ce transfert n'est effectué qu'après épuisement de toutes les solutions à l'amiable et


sans faire intervenir l’avocat de la société.

Cette phase peut être suivie par des négociations entre le client, le service juridique et
parfois l'avocat du bailleur pour parvenir à un arrangement à l'amiable sans recourt aux
tribunaux.

Les solutions envisageables pour cet arrangement sont :

1-1- Arrangement entre le bailleur et le preneur

L'objectif du bailleur par ce type d'arrangement est d'obtenir un engagement du


locataire d'apurer sa dette selon un échéancier précis. Dans ce cas, l'opération est interprétée
comme étant un octroi de crédit à court terme dont le montant correspond au volume des
impayés.

Les intérêts qui en découlent seront classés, en application des normes prudentielles,
en produits réservés.

1-2- Réaménagement de l'échéancier des loyers

1-2-1- Présentation de l'opération

Cette opération consiste soit à aménager la répartition des loyers dans le temps et sur
la même durée fixée initialement au contrat, de manière plus rationnelle du point de vue du
locataire, soit à prolonger la durée de contrat, avec ou sans période de grâce.

Sur le plan pratique, un avenant au contrat de location initial est rédigé par le bailleur.

Cet avenant porte les modifications apportées au montant des loyers et s'il y a lieu du
taux d'intérêt22.

Le réaménagement de l'échéancier peut être précédé par l'annulation de factures de


loyers. Ce cas se présente généralement lorsque le locataire s'est trouvé affronté à des
difficultés d'installation ou d'exploitation du bien objet de la location.

L'opération de réaménagement entraîne, en cas de report d'échéance, la constatation


d'intérêts intercalaires qui peuvent être soit capitalisés soit facturés.

22
Définition avancée par le service réalisation de la société Hannibal Lease pour l'opération du rééchelonnement financier.

62
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Dans tous les cas et au même titre que les décisions d’arrangements, ces intérêts
doivent être logés dans un compte de produits réservés. La constatation des revenus est
tributaire de la certitude du bailleur quant au respect du preneur des clauses du nouveau
arrangement (au moins une année, au sens de l'article 12 de la circulaire n°91-24 du 17
décembre 91).

1-2-2- Traitement comptable.

Approche juridique23

Le traitement consacré à une opération de rééchelonnement ne présente ni difficulté ni


répercussion sur le total engagement du preneur vis-à-vis du bailleur.

Approche économique

Le traitement comptable selon cette approche présente plusieurs difficultés pratiques


liées à l’incidence de l’opération de rééchelonnement sur la valeur de la créance (principal et
intérêts).

Dans ce cas le schéma comptable serait la suivante :

 Annulation de la créance, antérieurement constatée.

Débit : 2664 Créances, contrats en cours d'aménagements (A)

2669 et 519 Revenus non acquis (B)

Crédit : 2662 Créances brutes de leasing (B)

517 Echéances à moins d'un an/ créances de leasing (B)

2666 Valeur résiduelle

Et, le cas échéant

Débit : 2664 Créances, contrats encours d'aménagement (C)


43 Produits réservés (D)
436 Etat, TVA (E)
Crédit : 411 Clients (F)

23
Dans ce cas, le montant de l'immobilisation donnée en location ne sera pas modifié, au contraire de l'approche économique
ou le raisonnement se concentre sur la valeur de la créance accordée à l'emprunteur.

63
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Et / ou :

Débit : 2664 Créances, contrats encours d'aménagement (G)


Crédit : 43 Produits réservés (H)
436 Etat, TVA
(A) Correspond à l'encours de l'investissement net.
(B) Pour solde.
(C) Portion du principal inclus dans les loyers échus, ayant fait l'objet d'avoirs.
(D) Portion des intérêts inclus dans les loyers échus, ayant fait l'objet d'avoirs.
(E) TVA, ayant fait l'objet d'avoirs.
(F) Montant des factures d'avoir.
(G) Intérêts intercalaires et intérêts de retard facturés le jour de l'opération TVA comprise.
(H) Intérêts intercalaires et intérêts de retard facturés le jour de l'opération Hors TVA.
(I) TVA facturée.

 Constatation de la nouvelle créance.

Débit : 2662 Créances brutes de leasing (A)


517 Echéances à moins d'un an sur créances de leasing (A)
2666 Valeur résiduelle (B)
Crédit : 2664 Créances, contrats encours d'aménagement (C)
2669 Revenus non acquis à plus d'un an (D)
519 Revenus non acquis à moins d'un an (D)
(A) Paiements minimaux en vertu de l'avenant au contrat initial (loyers issus du nouvel échéancier).
(B) Nouveau prix pour la levée de l'option d'achat.
(C) Pour solde des montants restant dus au titre du contrat initial, qui constituent la base locative du
nouvel échéancier.
(D) = (A) – (B) avec défalcation entre la partie à long terme et celle à moins d'un an.

1-3- Consolidation des impayés24.

1-3-1- Présentation de l'opération

Cette opération appelée aussi le rééchelonnement consolidé. Ce type de


rééchelonnement à pour conséquence de consolider le montant des impayés figurant sur le

24
Les opérations de consolidations des impayés sont d'application rares pour les sociétés de leasing contrairement aux
établissements bancaires.

64
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

compte client ainsi que l’ encours financier, de telle sorte que l'encours de rééchelonnement
est le cumul de l'encours financier et des impayés avant consolidation25.

Un nouvel échéancier de loyers est établi sur une période qui dépasse généralement la
durée du contrat initial.

La décision de consolidation s'opère pratiquement de deux manières : (MEDHIOUB, 1997,


p.93)

1-3-1-1- Consolidation pure et simple

Le bailleur et le locataire procèdent en commun accord à l'incorporation de la masse


des impayés dans la base locative.

Les loyers futurs sont alors fixés sur cette base pour permettre au bailleur de récupérer
aussi bien le reliquat du montant initialement investi que la masse des impayés au jour de la
consolidation.

1-3-1-2- Consolidation en passant par une opération de lease back.

Cette opération consiste à procéder simultanément à une cession anticipée du bien et à


une acquisition du même bien dans le cadre d'une opération de Lease back.

Le prix d'acquisition est généralement fixé à un niveau qui permet d'éponger tous les
montants dus au titre du contrat initial.

1-3-2- Traitement comptable

Approche juridique

 Consolidation pure et simple.


L'opération est traduite par une réévaluation implicite du bien objet de la location dans
la mesure où elle va donner lieu à des avantages économiques futures, escomptés le jour de la
consolidation au profit du locataire.
Ainsi, il est procédé à l'écriture suivante :

Débit : 2461 Immobilisation en location


Crédit : 411 Clients.

 Consolidation à travers une opération de Lease back.

25
Définition avancée par le service réalisation de la société Hannibal Lease.

65
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Le schéma serait la suivante :

Débit : 2846 Amortissement des immobilisations données en location.


411 Client
Crédit : 2461 Immobilisation en location.
4366 Etat, TVA.
736 Plus value sur cession anticipée (A)

(A) généralement : Ce type d'opération affiche comme résultat une plus value.

Et simultanément

Débit : 2461 Immobilisations en location.


4366 Etat, TVA.
Crédit : 411 Client.

Approche économique

Le schéma de comptabilisation des opérations de réaménagement est valable pour les


consolidations.
Néanmoins, l'émission de la facture d'avoir n'est pas le plus souvent envisagée du fait
du volume important des impayés.

Paragraphe 2 : Opération de Lease-Back

Dans une opération de cession bail, un bien est vendu puis repris en location par le
vendeur. Les loyers et le prix de vente sont souvent interdépendants, puisqu'ils sont
habituellement négociés comme un tout et ne sont pas nécessairement fondés sur des valeurs
vénales.

Il s'agit d'une seule opération comportant deux volets : un volet "vente" 26 et un volet
"reprise à bail".

Le traitement comptable du volet "reprise à bail" ne pose pas de problèmes particuliers


par rapport à toute autre opération de location, il suffit d'analyser la disposition du bail pour
savoir s'il s'agit d'un contrat de location financement ou d'un contrat de location simple.

26
Le traitement du résultat de la vente, prévu par la norme Tunisienne relative aux contrats de location, dépend aussi bien du
type de bail en question, que la relation qui s'établit entre d'une part le prix de vente et les loyers futurs, et d'autre part la
valeur général et la valeur comptable.

66
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Ainsi, dans un contrat de location financement, l'opération revient pour le bailleur à


financer le preneur en disposant le bien en garantie. C'est pourquoi il ne faut pas considérer la
plus-value dégagée comme un profit réalisé. Au cas où une plus-value est constatée, elle doit
être différée et amortie sur la durée du bail (§ 56 de la NCT 41).

Toutefois, et lorsque la juste valeur au moment de l'opération de cession-bail est


inférieure à la valeur comptable du bien, la différence doit être traitée comme suit : (§ 61 de la
NCT 41) : (BEN AMOR, 2002, p. 25)

 S'il apparaît que le bien a une perte de valeur définitive, la valeur comptable du
bien est ramenée à sa valeur récupérable (Réduction de valeur)27.

 Si la perte de valeur n'est pas définitive, la différence n'est pas comptabilisée.

Cette position est justifiée, par le fait que lorsque la valeur comptable d’un bien
excède sa juste valeur marchande, cela signifie que l’entreprise n’a pas suffisamment amorti
au fil des années ou qu’elle n’a pas constaté la baisse de valeur du bien comme elle aurait du
le faire en vertu du principe de prudence.

SECTION 3 : REGIME FISCAL DES OPERTIONS DE LEASING

Les règles fiscales applicables au bailleur, englobent les régimes fiscaux des
opérations de leasing, en matière de taxes assises sur le chiffre d’affaires (TVA et TCL),
impôts direct (IS), les avantages fiscaux et le droit d’enregistrement.

Paragraphe I : Taxes assises sur le chiffre d’affaires 

Les taxes assises sur le chiffre d’affaires examinées dans le cadre de cette présentation
portent sur la TVA et la TCL.

1-1- La Taxe sur la Valeur Ajoutée 28 

Ayant la qualité d’assujettis obligatoires à la TVA, les bailleurs collectent la TVA sur
les montants facturés au titre des opérations de leasing et déduisant celle ayant grevé les
acquisitions utiles à leurs activités, avec les régularisations qui s’avèrent nécessaires en la
circonstance.

27
En se réfère à la NCT 5 ou la NCT6. 
28
Pour plus de détails, on peut se référer à la note commune N°24/2008 intitulée «  clarification des règles d’imposition à la
TVA des opérations relatives au leasing ».  

67
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

1-1-1- Collecte de la TVA 

L’article 49 de la loi n° 2007-70 portant loi de finances pour l’année 2008 a prévu que
la collecte de la TVA est faite pour les opérations de leasing sur la base de tous les montants
facturés au titre de ces opérations. Il s’en suit que l’assiette comprend :
- Pour les contrats conclus jusqu’au 31 décembre 2007, les montants relatifs au
loyer facturé au titre des opérations de leasing.
- Pour les contrats conclus à partir du premier janvier 2008, les montants relatifs
au remboursement du coût d’acquisition des éléments d’actif ainsi que les intérêts
facturés au titre des opérations de leasing.
Par ailleurs, tous les autres montants facturés par les entreprises de leasing, à leurs
clients, dans le cadre des contrats de leasing, sont soumis à la TVA, nous citons :
- Les intérêts de retard pour payement tardif des loyers même lorsqu’ils se
rapportent à des biens bénéficiant du régime suspensif sont soumis à la TVA au taux
de 18%. (DGELEF 1070 du 24/7/99).
- Les intérêts intercalaires perçus sur la période qui couvre la date de payement
du fournisseur -par la société de leasing au lieu et à la place du client- et la date de
départ de l’échéancier d’un contrat de leasing.
Ces intérêts sont considérés comme étant des intérêts débiteurs non bancaires et sont
par conséquent soumis à la TVA au taux de 6%.
- L’autofinancement revêt, avant l’entrée en vigueur des nouvelles mesures, le
caractère d’un premier loyer. Même s’il correspond à un remboursement anticipé du
principal ou à une « prise en charge » par le preneur d’une quote-part du prix du
bien, le montant payé à ce titre est soumis à la TVA. N’échappent à l’imposition
que les montants payés à titre de dépôt de fonds (garantie) qui ne viennent pas en
diminution du capital investi.

1-1-2- TVA déductible 

L’article 50 de la loi de finance pour l’année 2008 a prévu que les entreprises qui
réalisent des opérations de leasing peuvent déduire la TVA grevant leurs achats
d’équipements, matériels et immeubles destinés à être utilisés dans le cadre de contrats de
leasing et ce, nonobstant l’enregistrement comptable de ces achats.

Par conséquent, les entreprises de leasing peuvent :

68
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

- Déduire la TVA relative aux équipements, matériels et immeubles destinés à


l’exploitation dans le cadre de contrat de leasing et ce, nonobstant l’enregistrement
comptable de ces achats.
- déduire la TVA relative aux autres équipements, matériels et immeubles
nécessaires à l’activité, ainsi que tous les achats nécessaires à l’activité sous réserve
des dispositions de l’article 10 du code de la TVA.

1-1-3- Régularisation de la TVA 

1-1-3-1- Cession de biens autres que les terrains

Selon le §4 2 bis de l’article 9 du code TVA : « en cas de cession par les entreprises exerçant
l’activité de leasing des équipements, matériels et bâtiments objet des contrats de leasing au
profit des personnes autres que les contractants soumis à la TVA, il doit être procédé à la
régularisation … ».

On constate que cet article prévoit un régime de faveur pour les équipements,
matériels et bâtiments objet des contrats de leasing, d’où découlent les constatations
suivantes :

- Les sociétés de leasing sont dispensées de procéder à la régularisation de la


TVA lorsque la cession des biens objet des contrats de leasing est faite aux clients
assujettis (selon les termes de l’article 51 de la loi de finances pour l’année 2008), à
condition que ces derniers s’engagent à ne pas céder lesdits biens avant l’expiration
des délais légaux à partir desquels le droit à déduction devient définitif pour ces
biens.

L’interrogation soulevée à ce stade est le sort de la TVA lorsque la cession est faite à
un client non assujetti ?

Le reversement de la TVA est obligatoire. Dans ce cas le preneur du bien se trouve


pénalisé qui en plus de la TVA supportée au titre de loyers, il supporte la TVA reversée par la
société de leasing objet de facturation.

En d’autres termes, la TVA déduite (ou suspendue) par l’entreprise de leasing doit
faire l’objet d’une régularisation lorsque les biens objets du contrat de leasing ont été cédés au
profit des tiers après leur récupération, et ce, dans les délais prévus à l’alinéa IV de l’article 9
du code de la TVA.

69
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Cette régularisation s’opère par voie de reversement (et de facturation conséquente) de


la TVA déduite ou suspendue diminuée ou 1/5 par année civile pour les biens meubles ou de
1/10 par année civile pour les constructions.

1-1-3-2- Cession des terrains

Le §4 2 bis de l’article 9 du code TVA a exclu implicitement les terrains du régime de


faveur concernant seulement les équipements, matériels et bâtiments objet des contrats de
leasing, dans ce sens, toute cession par les entreprises de leasing portant sur les terrains donne
lieu à un reversement de la totalité de la TVA déductible initialement selon les règles de droit
commun.

En effet, cet élément (le terrain) peut être considéré comme étant doublement imposé
(lors de sa location et lors de sa cession).

1-2- La taxe sur les établissements à caractère industriel, commercial ou


professionnel « TCL »

En application des dispositions de l’article 37 du code de la fiscalité locale, la taxe sur


les établissements à caractère industriel, commercial ou professionnel est calculée sur la base
du chiffre d’affaires brut local réalisé par les établissements qui sont soumis. Le taux de cette
taxe est de 0.2%, et son montant est plafonné à 100.000 dinars (décret 2006-3360).

Avant l’entrée en vigueur des nouvelles mesures fiscales introduites par la loi de
finances pour l’année 2008, les entreprises de leasing payaient la TCL sur la base de leur
chiffre d’affaires qui correspond au loyer facture (principal et intérêt). Le nouveau mode de
comptabilisation conduirait à ne constater en chiffre d’affaires que le revenu du leasing c’est-
à-dire les « intérêts » facturés. Ceci aurait pour effet de réduire considérablement le montant
de la taxe supportée par les sociétés de leasing.

Paragraphe 2 : En matière d’Impôt Direct

2-1- Impôt sur les sociétés

Pour les contrats conclus avant le premier janvier 2008 et avant l’entrée en vigueur de
la NCT 41, les entreprises de leasing, comptabilisaient, parmi leurs produits, le montant total
des loyers (facturés ou encaissés selon le cas) sous la rubrique des « revenus bruts de
leasing ».les amortissements financiers, c’est-à-dire les fractions du capital incluses dans des

70
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

redevances de loyers, sont constatés parmi les charges, et sont par conséquent, déduits des
revenus bruts (produits locatifs).

Avec l’entrée en vigueur des nouvelles dispositions prévues par le loi de finances
supprimant la déduction des amortissements financiers (&VII-19 de l’article 48 Code de l’IRPP
et l’.IS), les entreprises de leasing n’ont plus à constater ces amortissements dans la mesure où
les biens donnés en location sont enregistrés, comme actif financier pour le principal.
Les nouvelles mesures n’auront aucun effet sur la charge fiscale supportée par les
entreprises de leasing au titre de l’impôt sur les sociétés. Elles impliquent des changements
dans le traitement comptable du chiffre d’affaires qui se limitera au revenu net du leasing
c’est-à-dire les produits nets, qui correspondent, selon l’ancien mode de comptabilisation, des
loyers diminués des amortissements financiers.

Par conséquent, il n’y aurait ni augmentation ni diminution de la charge fiscale


supportée au titre de l’Impôt sur les Sociétés.

2-2- Retenue à la source

Dans une note commune n°40/98, la DGELF a précisé que les loyers du leasing ne
peuvent pas être considérés comme loyers au sens de l’article 52 du code de l’IRPP et de l’IS
et sont par conséquent en dehors du champ d’application de la retenue à la source (15%) du
fait que l’article 6 de la loi n°94-89 du 26/07/1994 relative au leasing considère les opérations
de leasing comme une forme de crédit et de ce fait, les montants versés dans le cadre de ces
opérations constituent comme étant une partie des avances sur le prix de cession des biens
donnés en leasing en cas de leur acquisition par le locataire aux termes dudit contrat.

De plus, et au sens de l’article 52 (§1 g) du code de l’IRPP et de l’IS , la retenue à la


source de 1.5% ne s’appliquent pas aux contrats du leasing conclus au titre d’un marché
même si le montant d’acquisition payé dépasse les 5000 dinars.

Paragraphe III : Les avantages fiscaux : Bénéfice du régime suspensif

Lorsque le preneur bénéficie du régime suspensif au titre de ses acquisitions de biens


d’équipements et autres biens nécessaires à l’exploitation en vertu de la législation en vigueur
régissant les avantages fiscaux, le bénéfice de cet avantage peut être « transféré » à
l’entreprise de leasing qui bénéficiera de l’exonération ou de la suspension ou de la réduction
du taux de la TVA au titre de leurs achats des biens couverts par le régime suspensif.

71
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Les entreprises de leasing, facturent pour ces cas les loyers en suspension de la TVA.

Par ailleurs, la facturation est faite en suspension de la TVA toute les fois que le client
présente à l’entreprise de leasing une attestation d’achat en suspension valable dans le temps
et que les autres formalités régissant la vente en suspension sont accomplies (bon de
commande visé par les services compétents de la douane ou de l’administration fiscale).

Dans ce cadre, nous relevons dans la doctrine administrative les précisions suivantes :
(DERBEL, 2008, p.74)

- Les loyers au titre de la location d’un terrain agricole (projet agrée par l’APIA)
dans le cadre d’un contrat de leasing, bénéficient de la suspension de la TVA
(DGAFF 1648 du 18/11/1999).

- La cession bail effectuée par une entreprise totalement exportatrice entraîne en


matière de TVA les conséquences suivantes :

 Le reversement de la TVA selon un système fractionné si la cession des


équipements est intervenue avant l’expiration de la période de 5 ans.
 Les opérations de location de ces équipements dans le cadre d’un contrat de
leasing bénéficient de la suspension de la TVA.

- Les rééchelonnements des loyers de leasing d’un bien ayant bénéficié de la


suspension de la TVA, bénéficient de la suspension au titre des nouveaux loyers
(DGCF 643 du 15 juillet 2002).

- La cession d’un équipement donné en leasing sous le régime suspensif met à la


charge du locataire la détention de l’équipement pendant le reste de la période
d’incessibilité de 5 ans. En cas de cession avant la fin de cette période, le
propriétaire doit procéder à la régularisation nécessaire ( DGELF 2226 du 8 octobre
2000).

Paragraphe VI : Les droits d’enregistrement

Les contrats de leasing portant sur des biens meubles sont soumis à l’enregistrement
au droit fixe de 15 dinars par page.
Par ailleurs, il y a lieu de préciser que les opérations de leasing se rapportant aux
immeubles s’effectuent en deux étapes (l’acquisition et la vente).

72
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

4-1- Régime applicable lors de l’acquisition


L’acquisition d’immeubles par les sociétés de leasing est soumise au droit
proportionnel de 5%, calculé sur la base de la valeur commerciale réelle de l’immeuble, au
droit de 3% en cas de défaut d’origine de propriété et à un droit de 1% perçu au profit de la
conservation de la propriété foncière.
Le régime général a été dérogé par les dispositions de l’article 58 du code d’incitation
aux investissements qui dispose que : « Sont enregistrés au droit fixe les contrats relatifs à
l'acquisition auprès des promoteurs immobiliers de bâtiments ou terrains aménagés pour
l'exercice d'activités économiques ou de terrains destinés à la construction d'immeubles à
usage d'habitation à condition qu'ils n'aient pas fait l'objet d'une exploitation ou d'une vente
antérieure par ces promoteurs ».
En plus, l’article 23 point 12 ter du code des DET, portant enregistrement au droit fixe
de 15 DT la page, dispose que : « Les contrats portant première mutation à titre onéreux de
lots ou de bâtiments aménagés pour l'exercice d'activités économiques bénéficiant des
dispositions du code d'incitation aux investissements et réalisés dans le cadre de
l'aménagement de zones industrielles ou touristiques ou de zones pour l'exercice d'une
activité artisanale ou professionnelle conformément aux plans d'aménagement urbain à
condition qu'ils n'aient pas fait l'objet d'une exploitation antérieure ».
Ainsi, Lorsque l’acquisition d’immeuble est éligible à l’enregistrement au droit fixe de
15 dinars par page au lieu du droit de mutation de 5%, l’avantage est transféré à la société
de leasing.
4-2- Régime applicable à la vente
La cession de ces immeubles à fin du contrat de leasing au profit du client ayant
exploité l’immeuble, bénéficie de l’enregistrement du contrat d’acquisition au droit fixe de 15
dinars par page. (Article 3 point 12 CDET)

Par contre, le contrat de vente d’immeuble a une personne autre que le preneur écarte
le régime de faveur et rend exigible le paiement du droit de mutation de 5% par l’acquéreur.

CONCLUSION

Au cours de cette première partie, nous avons procédé à l’étude du deuxième noyau du
secteur financier, après les banques, soit l’activité de leasing. Pour parvenir, nous avons été
amenés à examiner la nature et les fondements juridiques des opérations de leasing ainsi que
son cadre réglementaire qui se trouve en pleine mutation.

73
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Ainsi, plusieurs amendements et nouveautés ont été promulgués et qui ont touchés en
premier lieu la loi régissant les établissements de crédit, et en deuxième lieu la présentation
d’un cadre formel de contrôle interne consacré par une panoplie de circulaires aux
établissements de crédit, comme préparatif à l’application par notre système financier des
recommandations de l’accord de Bâle 2.

Ces circulaires ont été présentées avec le maximum de détails afin de mettre l’accent
sur un tournant réglementaire concernant l’analyse quantitative des risques, qui peuvent
menacer tout établissement, ainsi que l’amélioration du dispositif prudentiel existant par
l’intégration d’un contrôle qualitatif adéquat.

Les nouveautés réglementaires n’ont pas touché uniquement l’activité de leasing,


comme faisant partie des établissements de crédit, alors que, plusieurs amendements aient
directement affecté le secteur de leasing.

Ainsi, les nouveautés ont cerné en premier temps le cadre fiscal permettant la
requalification de l’opération de leasing, ce qui a permis le déblocage de la promulgation de la
norme comptable relative aux contrats de location.

De suite, ces réformes ont permis l’application de l’approche économique de


comptabilisation de l’opération de leasing qui devient obligatoire pour les contrats conclus à
partir du 1er janvier 2008.

Ces mutations réglementaires nous ont emmenés à la proposition, avec le maximum de


détails, des schémas de comptabilisation, selon les deux modèles, surtout pour le traitement
des opérations spécifiques liées à l’activité de leasing.

Après la présentation du cadre réglementaire et des nouvelles exigences


organisationnelles liés aux sociétés de leasing, nous pouvons être en mesure de proposer une
démarche pratique pour l’évaluation du tableau d’engagements d’une société de leasing et de
consacrer davantage le volet qualitatif lors de l’application des règles prudentielles.

74
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

DEUXIEME PARTIE

METHODOLOGIE D’EVALUATION DES

ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE

LEASING

75
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

CHAPITRE I : IDENTIFICATION DES ACTIFS A EVALUER ET


METHODOLOGIE PRATIQUE DE CLASSIFICATION

Dans l’exercice de leurs activités, les sociétés de leasing sont exposées à des risques de
différentes natures. Ces risques sont principalement liés au preneur qui présente un risque de
défaillance contre lequel la société de leasing doit se couvrir en disposant des fonds propres
suffisants pour absorber les pertes éventuelles de ses engagements (risques encourus).

Le risque encouru par le bailleur comprenant les actifs bilantiels et les engagements
hors bilantiels dont les règles prudentielles de couvertures de risques ont édicté des normes de
mesures des risques encourus et d’évaluation des éléments de couvertures de ces risques.

Ces règles fixées par les organes de surveillances du secteur (BCT) présentent un
caractère général pour les banques.

Ainsi, et afin d’harmoniser entre les différents établissements de crédit en matière


d’application des règles prudentielles, nous allons, comme première étape de la démarche à
proposer, déterminer l’incidence des particularités liées au contexte des sociétés de leasing sur
les travaux de classification.

En outre, les changements organisationnels instaurés par les recommandations de


l’accord de Bâle 2, peuvent être à l’origine d’un changement de la pratique d’utilisation des
critères de classification et précisément la minimisation de l’importance des critères
quantitatifs et le développement des critères qualitatifs.

L’objectif de ce chapitre est de présenter, dans un premier volet, les engagements à


évaluer (section 1), les règles et les critères de classification des engagements (section 2) pour
enfin proposer une méthodologie pratique de classification des actifs pour une société de
leasing.

Section 1 : Identification des engagements à évaluer

Paragraphe 1 : Présentation du cadre réglementaire

L’exposition au risque de contrepartie est mesurée par les montants susceptibles d’être
perdus en cas de défaut de la contrepartie. Elle englobe les engagements figurant au bilan
ainsi que les engagements hors bilan.

76
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Dans ce sens, et pour déterminer les engagements de la société de leasing, il faudrait,


non seulement, tenir compte des risques nés des éléments figurant au bilan mais aussi des
autres éléments extra – bilantiels.

Les risques encourus ou les risques bruts sur la clientèle ont été définis par l’article 6
de la circulaire de la BCT n°91-24 du 17 décembre 1991 : «  comme étant le total des
concours consentis sous toute les formes (crédit, opération de leasing, participations, apports
en comptes courant associés, engagement par signature…) ».

Paragraphe 2 : Identification des engagements du bailleur

Pour l’activité du leasing, les engagements bruts sont limités généralement :

- Aux encours financiers des contrats encourus

- Au volume des impayés

- Au montant des contrats signés et non encore engagés (engagements par


signatures).

Les engagements bilantiels sont limités aux deux premières rubriques soit aux encours
financiers des contrats en cours (le montant du principal du financement non encore facturé au
client), et au volumes des impayés qui présentent les annuités facturées et non encore réglées
(figurant au solde du compte client).

Ces deux rubriques peuvent subir plusieurs retraitements afin de dégager le montant
réel de l’engagement bilantiel du preneur. Ces retraitements seront examinés lors de la
présentation de la démarche d’évaluation du tableau d’engagements.

De ce fait, la deuxième composante de l’engagement du bailleur n’est que les


engagements hors bilantiels, appelés aussi les engagements par signatures. Ils sont définis
comme étant des « opérations qui ne donnent pas lieu à utilisation en trésorerie.

Toute fois, leur exécution éventuelle pourrait modifier le montant ou la consistance de


patrimoine de la banque ».29

L’engagement qui traduit l’existence d’une obligation contractuelle qui conduit la


société de leasing à enregistrer un engagement à son hors bilan, s’apprécie à travers
l’irrévocabilité de l’engagement donné.

29
Annexe à la circulaire aux banques et établissements financiers n°93-08 du 30 juillet 1993 commentaires relatifs à
l’établissement de la situation mensuelle comptable.

77
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Le caractère irrévocable de l’engagement signifie que la société de leasing ne peut pas


se désister de son engagement. En effet, ne sont enregistrés en hors bilan que les engagements
irrévocables, c'est-à-dire ceux dont il sera impossible de se rétracter.
L’existence d’un contrat écrit permet dans la majorité des cas de justifier le caractère
irrévocable de l’engagement.
La société de leasing est donc tenue d’enregistrer à son hors bilan, toutes les
approbations des financements consenties par elle, et non encore prises en charge.
Les engagements par signature peuvent être donnés, reçus ou réciproques. Seuls les
engagements donnés sont considérés dans la détermination des risques encourus bruts de la
société de leasing. (CHAABANE, 2003, p.107)
Pour les établissements de crédit, les engagements hors bilan donnés englobent les
engagements de financement, les engagements de garantie et les opérations en devises.
Alors que pour les sociétés de leasing, les engagements par signatures sont limités aux
accords de financement irrévocable, qui se composent principalement des contrats signés et
non engagés.
Ainsi, un engagement de financement constitue une promesse irrévocable faite par la
société de leasing en faveur du client afin de lui consentir un financement sur l’acquisition
d’une immobilisation (en cours de réalisation).
Le montant de l’engagement figure en hors bilan si aucune avance de fonds ou un
paiement intégral du montant de l’investissement n’est servi au fournisseur du bien.

Section 2 : Règles de classification des engagements


La Banque Centrale de Tunisie recommande dans ses différentes instructions et
circulaires, une méthodologie de classement des engagements bilantiels et extra-bilantiels des
établissements de crédit envers leurs relations, fondée sur le risque de non recouvrement.
Cette attitude se trouve confirmée par la note aux banques n°93-23 du 30 juillet 1993
qui dispose que : « lors de l’évaluation de la qualité des actifs, l’accent devra être mis sur la
capacité de l’emprunteur à générer des fonds liquides pour rembourser ses dettes ».
Les recommandations de la Banque Centrale de Tunisie, telles qu’elles sont formulées
dans ses circulaires, suggèrent une application mécanique des critères dits quantitatifs. Cette
situation ne peut pas nier l’importance des critères qualitatifs d’appréciation présentant une
source éventuelle d’aggravation de la situation de la relation.

78
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Ainsi, l’appréciation de la qualité du risque client est fonction, d’une part, des critères
quantitatifs tels que l’existence d’impayés, la régularité des règlements, le recours au lease
back, le recours au rééchelonnement où à la consolidation, etc.…. d’autre part, elle est
tributaire de critères qualitatifs portant sur les données économiques et financières du client,
de son secteur d’activité (conjoncture du secteur), de l’assise financière du client, de la
rentabilité du projet, de l’engagement vis à vis du secteur financier, de la notation interne ou
même externe allouée à la relation, etc.…

Paragraphe 1 : Présentation du cadre général de classification des actifs 

Les établissements de crédit sont tenus de procéder à la classification de tous leurs


actifs qu’ils figurent au bilan ou en hors bilan, qu’ils soient libellés en dinars ou en devises
en : (Article 8 de la circulaire du BCT n° 91-24)
‘(A) - Actifs « courants »
(B) - Actifs « classés » en fonction du risque de la probabilité de recouvrement.

Notant que les actifs détenus directement sur l’Etat ou sur la banque centrale de
Tunisie ne font pas l’objet de classification.

1-1- Actifs courants (Classe A)

Sont considérés comme actifs courants, les actifs dont la réalisation ou le


recouvrement intégral dans les délais paraît assuré et sont détenus sur des entreprises qui
présentent les caractéristiques suivantes :

- La situation financière est équilibrée et confirmée par des documents


comptables certifiés datant de 18 mois et des situations provisoires datant de moins de
3 mois ;

- la gestion et les perspectives d’activité sont jugées satisfaisantes sur la base des
rapports de visite ;

- la forme et le volume des concours dont elles bénéficient sont compatibles tant
avec les besoins de leur activité principale qu’avec leur capacité réelle de
remboursement.

1-2- Actifs classés (Classe B)

La circulaire de la BCT n° 91-24 du 17 décembre 1991, distingue quatre classes de


risques à savoir :

79
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

1-2- 1- Actifs nécessitant un suivi particulier (Classe B1)

Font partie de cette classe, tous les actifs dont la réalisation ou le recouvrement
intégral dans les délais est encore assuré et qui sont détenus sur des entreprises qui présentent
l’une au moins des caractéristiques suivantes :

- Le secteur d’activité connaît des difficultés

- La situation financière se dégrade

1-2-2- Actifs incertains (Classe B2)

Font partie de cette classe, tous les actifs dont la réalisation ou le recouvrement
intégral dans les délais est incertain et qui sont détenus sur des entreprises qui connaissent des
difficultés financières ou autres pouvant mettre en cause leur viabilité et nécessitant la mise en
œuvre de mesure de redressement.

Outre les caractéristiques définies à la classe B1, ces entreprises présentent l’une au
moins de celles qui suivent :

- La forme et le volume des concours ne sont plus compatibles avec leur activité
principale ;

- l’évaluation de la situation financière ne peut plus être mise à jour à cause


d’une défaillance au niveau de la disponibilité de l’information ou la documentation
nécessaire ;

- L’existence de difficultés d’ordre technique ou de litiges entre associés ;

- l’existence de difficultés d’ordre technique, de commercialisation ou


d’approvisionnement ;

- la détérioration du cash flow qui compromet, en l’absence d’autres sources de


financement, le remboursement des dettes dans les délais ;

- l’existence de retards de paiement des intérêts ou du principal supérieur à 90


jours sans excéder 180 jours.

Font également partie de classe 2, les autres actifs restés en suspens et non apurés dans
un délai de 90 jours sans excéder 180 jours.

80
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

1-2-3- Actifs préoccupants (Classe B3)

Font partie de la classe 3, tous les actifs dont la réalisation ou le recouvrement est
menacé et qui sont détenus sur des entreprises dont la situation suggère un degré de pertes
éventuelles appelant une action rigoureuse de la part de l’établissement de crédit pour les
limiter au minimum.

Ces actifs sont généralement détenus sur des entreprises qui présentent, avec plus de
gravité, les caractéristiques de la classe 2.

Les retards de paiement des intérêts ou du principal sont généralement supérieurs à


180 jours sans excéder 360 jours.

Font également partie de la classe 3, les autres actifs restés en suspens et non apurés
dans un délai de 180 jours sans excéder 360 jours.

1-2-4- Actifs compromis (Classe B4)

Font partie de la classe 4 :


- Les créances pour lesquelles les retards de paiement des intérêts ou du
principal sont supérieurs à 360 jours ;
- les actifs restés en suspens au-delà de 360 jours ;
- les autres actifs qui doivent être passés par pertes. L’établissement de crédit est
tenu, néanmoins, d’épuiser toutes les procédures de droit tendant à la réalisation de ces
actifs.

La B.C.T visait à travers la mise en place de ce système à fixer les normes objectives
de financement de créances et de constatation des revenus. En effet, seuls les actifs des classes
B2, B3 et B4 sont considérés comme présentant un caractère douteux nécessitant pour
l’établissement de crédit :
- La constitution de la provision : d’après l’article 10 de la circulaire 91-24 du 17
décembre 1991, les provisions doivent être constituées à concurrence de 20 % pour les
actifs de la classe 2, de 50 % pour les actifs de la classe 3 et de 100 % pour les actifs de
la classe 4.
- la non constatation des produits non encaissés : dans ce cadre, il est stipulé que
seuls les produits afférents aux actifs courants et aux actifs de la classe A sont

81
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

susceptibles d’être incorporés dans le résultat de l’exercice. Pour le cas des autres
actifs, l’incorporation des produits dépend de leur paiement effectif.

Cette classification constitue un caractère fondamental permettant la mesure du risque


de non recouvrement. En effet, la note aux banques n° 93-23 du 30 juillet 1993, précise que
lors de l’évaluation de la qualité des actifs, l’accent doit être mis sur la capacité de
l’emprunteur à générer des fonds liquides pour rembourser ses dettes.

Les garanties obtenues doivent être considérées d’importance secondaire,


spécialement quant elles sont constituées par des fonds de commerce ou des actifs fixes
d’exploitation. En tout cas, les garanties prises en considération devront être expressément
mentionnées, ainsi que leur base d’évaluation.

Pour apprécier les risques inhérents à l’insolvabilité des débiteurs, les circulaires de la
B.C.T mettent en évidence deux critères objectifs, à savoir l’ancienneté des impayés et le
transfert au contentieux.

Paragraphe 2 : Critères de classification des actifs 

2-1- Critères quantitatifs  

2-1-1- L’ancienneté des impayés : présentation du critère

C’est le critère prépondérant retenu par la B.C.T pour les besoins de la classification
des créances des établissements de crédit.

Ce critère trouve son bien fondé dans deux raisons, d’une part, il constitue un moyen
d’interprétation des difficultés que connaît le preneur et qui peuvent altérer sa solvabilité
envers la société de leasing.

En effet, les retards de paiements constituent des clignotons de difficultés financières


rencontrées par les débiteurs et qui menacent sa capacité de faire face à ses engagements
envers la société de leasing. D’autre part, il constitue un critère objectif de classement des
créances puisqu’il ne fait pas appel à des jugements ou à des appréciations subjectifs.
(CHAABANE, 2003, p.119)

D’autant plus que, la Banque Centrale de Tunisie, dans chaque définition de la qualité
d’une classe de créance a insisté sur le caractère certain, incertain ou menacé du recouvrement
intégral dans les délais des créances objet de classification.

82
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Par ailleurs, la B.C.T qualifie, explicitement, le caractère de l’ancienneté des impayés


comme étant une norme objective, lorsqu’elle évoquait le traitement particulier des créances
ayant fait l’objet de rééchelonnement, d’un arrangement ou d’une consolidation.

En effet, l’article 12 de la circulaire de la B.C.T n° 91-24 du 17 décembre 1991 stipule


que « les arrangements, le rééchelonnement ou la consolidation relatifs à des créances
n’excluent pas le maintien des normes objectives établies pour déterminer l’ancienneté des
échéances de paiement. Ils ne permettent la reprise des provisions, déjà constituées, qu’en
cas de la consolidation des garanties et du respect du nouveau calendrier de
remboursement ».

2-1-2- Application d’ordre général du critère de l’ancienneté des impayés 

Une application stricte de ce critère amène la société de leasing à classer ses


engagements, en fonction des intervalles de périodicité de l’ancienneté des impayés des
relations selon les 5 classes de risque définies par la Banque Centrale de Tunisie de la manière
suivante :
Taux de risque minimum
Ancienneté de la créance par jour Classe de risque
associé à la classe de risque
0 jours A 0%
Entre 0 jours et 90 jours B1 0%
Entre 90 jours et 180 jours B2 20 %
Entre 180 jours et 360 jours B3 50 %
Au-delà de 360 jours B4 100 %

2-1-3- Limite de l’application du critère de l’ancienneté des impayés 

L’application stricte du critère de l’ancienneté des impayés pour la classification des


engagements de la société de leasing se traduit par les implications suivantes :

- Une pénalisation des entreprises connaissant des difficultés temporaires

- la non prise en compte de l’importance des impayés

- une éventuelle mauvaise appréciation des risques

2-1-3-1- La pénalisation des entreprises connaissant des difficultés temporaires

Les retards de paiement constituent généralement un indicateur de difficultés des


entreprises à honorer leurs engagements et notamment ceux à court terme. Toutefois, ces

83
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

retards ne peuvent pas être toujours significatifs de difficultés sérieuses menaçant la


continuité d’exploitation de l’entreprise ou sa survie.

En effet, certaines structures peuvent connaître des difficultés financières ou de


trésorerie conjoncturelles. Ces difficultés sont liées à la nature de leurs activités ou suite a des
écarts significatifs et non prévus entre les flux de trésorerie générés par l’exploitation ou à la
suite d’un investissement qui a dépassé les prévisions budgétaires.

Cette situation doit être prise en compte par le bailleur lors de l’application du critère
de l’ancienneté des impayés pour les besoins de la classification des créances.

2-1-3-2- Le non prise en compte de l’importance des impayés

Le montant des impayés doit être pris en compte pour la classification des créances
suivant le critère de l’ancienneté des impayés. En effet, les impayés portant sur des montants
peu significatifs ne peuvent pas être considérés comme un indicateur de risque.

La consistance des impayés par référence à l’importance relative du montant total de


financement et au rythme de règlement du client en question, est un élément qui ne doit pas
être ignoré lors de la classification des créances des preneurs.

2-1-3-3- Une éventuelle mauvaise appréciation des risques

L’application objective du critère de l’ancienneté des impayés conduit à classer tous


les engagements envers une relation au niveau de la classe de risque B2 et ce, à cause d’un
retard de paiement de 91 jours. Alors que pour une autre relation, dont le montant des
impayées remonte uniquement à 90 jours, conduit à classer tous les engagements de cette
relation parmi les engagements figureront parmi la classe de risque 1.

En conclusion, et après l’exposé des différentes limites et implications dans


l’application du critère de l’ancienneté des impayés pour la classification des engagements
des sociétés de leasing, nous pensons que la considération d’autres critères conjugués avec le
critère de l’ancienneté des impayés est impérative pour une présentation d’une information
fiable sur les contreparties et une meilleure appréciation des risques encourus par les sociétés
de leasing.

2-1-2- Autres critères quantitatifs 

2-1-2-1- Importance de la rubrique ACNM sur la centrale de risque

84
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Le client a droit de bénéficier des concours de plusieurs établissements de crédit pour


se financer.

Lors de remboursement de ses concours financiers, le client peut employer une


politique sélective de remboursement envers les établissements dont il a eu recours.

En mainte reprise, la classe « A » attribué à un client, en se basant sur le critère de


l’ancienneté des impayés, ne reflète pas sa classe sur le secteur.

La situation de la relation envers la société de leasing est en discordance totale avec


l’image du preneur par rapport aux autres établissements du secteur (surtout les banques).

Ainsi, le client essaye d’éviter la reprise du matériel ou des équipements loués qui
représente le plus souvent le noyau de son activité.

Face à cette situation, la Banque Centrale a essayé d’homogénéiser la classification


des clients douteux pour tous les établissements du secteur. Ainsi, même s’il ne présente pas
d’impayés envers l’établissement de leasing, un client peut être reclassé en créance douteuse,
pour refléter son image sur le secteur.
Aussi, il est fortement recommandé de reclasser au moins en B2, les clients présentant
au niveau de la centrale des risques un ACNM30 très important.
De suite, et lors des réunions de mi-parcours, les recommandations des directions de
supervision de la Banque Centrale de Tunisie, peuvent être aussi source d’aggravation de la
classe de risque.

2-1-2-2- Classification hétérogène des sociétés du même groupe

Pour des besoins de classification, il est indispensable d’examiner les relations qui ont
le même code groupe et détecter toute discordance de classe entre les sociétés adhérentes.
Ainsi, l’évaluateur passe d’une vision individualisée à une vision du groupe.
Dans ce cas le professionnel peut décider d’aggraver ou d’améliorer la classe du client
en fonction de l’état général des sociétés du groupe et la notoriété de ses dirigeants.
Ce critère peut être appliqué pour les groupes de sociétés connus pour le sérieux et la
solvabilité de leurs dirigeants ou à l’inverse pour leur insolvabilité.

2-1-2-3- Règlement des impayés postérieurement à la date de clôture

30
La rubrique ACNM renferme le total des concours et des impayés du client envers le secteur financier.

85
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Le règlement des impayés postérieurement à la date de clôture peut entraîner


l’amélioration de la classification du client.

L’évaluateur doit s’assurer que la diminution du solde des impayés, postérieurement à


la date de clôture de l’exercice, est due à des règlements effectifs opérés par le client.

En cas de confirmation, la classification de cette relation peut être améliorée.

2-2- Critères qualitatifs

2-2-1- La notation externe (external scoring)

L’évaluation du risque de contrepartie peut être effectuée par le recours aux agences
spécialisées de notation externe. En effet, les sociétés de leasing peuvent demander à leurs
clients, notamment ceux qui sont cotés en bourse, de présenter une notation récente attribuée
par une agence de notation agréée.
De même, étant un établissement de crédit soumis au contrôle de la Banque Centrale
de Tunisie et à l’application de ses circulaires, le bailleur doit demander avant tout
engagement auprès du système financier dépassant vingt cinq millions de dinars, de fournir
une notation récente attribuée par une agence de notation. (Article 2 de la circulaire BCT
n°2001-12)
Ainsi, le recours à la notation externe, comme critère qualitatif, offre l’avantage de
fournir des éléments quantifiés selon des bases comparables du risque émanant de la relation.
Le degré de confiance quant aux notes attribuées par les agences de notation trouve
son fondement dans la méthodologie de mesure (notation) qui est basée sur un suivi
statistique du comportement de défaillance des sociétés. (ABDELGHANI, 2007, p.119)
Toutefois, les éléments d’informations fournis et constamment réactualisés par les
agences de rating ne constituent pas un moyen de prévention totale du risque de contre partie
mais une mesure statistique qui constitue la première approche pour une appréciation
raisonnable du risque de crédit et pour la mesure de l’allocation optimale des fonds propres.
(VEVERKA, 2001, p.46)
En effet, le recours à la notation externe ne permet pas au bailleur de se couvrir contre
le risque de contrepartie relatif aux petites et moyennes entreprises non cotées et qui n’ont pas
d’engagements assez importants envers le secteur financier.

L’objectif d’une information pareille est d’avoir une assurance préalable quant au
risque émanant de l’investissement.

86
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Ainsi, il est essentiel de se méfier de la note attribuée par l’agence de rating qui ne
reflète jamais une mesure pertinente du risque d’où le risque de pénaliser un investissement et
réagir excessivement à une dégradation de note.

L’évaluateur contrôle le respect des exigences de la Banque Centrale par la demande


des notations récentes sur les relations dont le total des engagements envers le secteur
financier dépasse le seuil mentionné dans l’article 7 de la circulaire 91-24. (Article 2 de la
circulaire BCT n°2001-12)

2-2-2- La notation interne

En matière de gestion de risque de crédit, il reste beaucoup d’effort à fournir par les
établissements de crédit Tunisiens. Ainsi, outre l’obligation de classification des
engagements, les établissements de crédit doivent concevoir des bases de données
informationnelles permettant une préclassification de la relation (note interne).

De ce fait, l’élaboration d’un système de notation interne commence par l’amélioration


des procédures de collecte des informations requises sur la clientèle.

Une action de restructuration informationnelle est donc nécessaire afin de concevoir


un système de notation interne fiable et performant.

La refonte prévoit la sophistication des technologies utilisées (tableau Excel ou base


Access) en intégrant un module de notation dans le progiciel de gestion.

Les changements réglementaires récents confirment les directives de la refonte et la


volonté des autorités de contrôle du secteur financier de s’aligner au contexte réglementaire
international.

Ainsi, la conception et la mise en place d’un système de notation passe de la phase


d’une recommandation à celle d’une obligation, qui incombe aux établissements de crédit
dans les brefs délais.

Tout système de notation permet d’identifier des mesures convenues annexées à une
échelle de risque de contrepartie.

Pour faciliter le recours à ce système par les professionnels, une description sommaire
des bases de conception et de ses composantes parait cruciale.

87
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

En effet, et d’après une description avancée par Eric TORDJMAN31et Naji Freiha32 qui
rappèlent que le « système de notation » au sens de Bâle doit reposer sur une structure
bidimensionnelle :
- La première dimension doit être  « orientée vers le risque de défaut de
l’emprunteur », sa classe de risque et sa probabilité de défaut (PD) associée ;
- la seconde composante, séparée et distincte, doit prendre en compte les facteurs
spécifiques de la transaction et refléter la mesure de la perte en cas de défaut (LGD).

Ainsi, au sein du large spectre de « système de notation » une attention particulière est portée
aux aspects méthodologiques :

- Il s’agit de méthodes permettant l’établissement, l’utilisation d’une « échelle de


notation significativement discriminante » en termes de PD estimées ;
- relativement à la deuxième composante, il s’agit de méthodes permettant d’estimer
une « LGD économique moyenne de long terme ».  

En conséquence, il n’existe plus de modèle standard en matière de notation.

Le principe étant de rationaliser en un seul indicateur, une appréciation globale sur la


qualité du débiteur.

La notation interne a été développée à partir d’échelles de notation simples (A, B, C


etc., ou 1, 2, 3…) permettant de décomposer le portefeuille de crédit en plusieurs catégories.
En effet, le processus de notation sera d’autant plus complexe que la décomposition
sera grande33 (recueil d’informations plus détaillées, mise à jour des informations, nombre
d’indicateurs et de clignotants, analyse des indicateurs discriminants, modèles
mathématiques…). (ABDELGHANI, 2007, p.118)

Cependant, l’échelle de notation doit être suffisamment large pour ne pas concourir à
une discontinuité démesurée de l’appréciation du risque.

Les sociétés de leasing font généralement recours à la notation interne en se basant


d’une part, sur l’ensemble des informations collectées au cours de la phase de diagnostic
financier des dossiers de réalisation des clients et, d’autre part, sur un horizon temporel
généralement court, ce qui permet d’améliorer la qualité des informations prévisionnelles sur
les contreparties et de limiter le risque d’impayé.
31
Eric TORDJMAN, senior manager, responsable du département gestion des risques de crédit dans Price Water
House-coopers.
32
Naji Freiha, manager, département gestion des risques de crédit P.W.C.
33
Les variables quantitatives sont, en pratique, comprises entre 5 et 10.

88
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Toutefois, il est important de souligner que les procédures mises en place doivent être
définies et contrôlées avec précision afin de garantir un bon arbitrage par le système de
notation interne.

Ainsi, il faut mettre en place des dates de révision obligatoires du système de notation
interne ce qui permet de faire un suivi automatique des mises à jour non effectuées des bases
de données, de l’échelle de notation ou de l’horizon temporel.

En plus, les paramètres doivent être contrôlée à priori (mesure de performance


prédictive) et à posteriori (back testing).

La supervision à priori ou à posteriori doit être planifiée et autorisée par une autre
autorité (le comité de crédit ou même la direction générale).

Explicitement, le système doit être testé régulièrement. En effet, un certain nombre de


contrôles de cohérence peut être mis en place pour vérifier la performance du modèle :

- Rapprocher les notations internes avec les notations externes ;


- Vérifier que les défaillances ne viennent pas à l’encontre des relations bien
notées ;
- Vérifier que les débiteurs notés de la même manière ont bien les mêmes
caractéristiques.

Le professionnel doit vérifier à travers ses tests que le modèle de notation est
conforme aux exigences minimales prévues par la réglementation locale et internationale.

Pour ce faire, et vue la complexité de ces tâches et l’exigence d’une maîtrise éprouvée
des techniques de modélisation, l’évaluateur peut recourir à un autre professionnel de métier
pour les travaux de validation de toutes les composantes du système de notation interne.

Cette confirmation de la crédibilité du système de notation accentue la fiabilité de ce


critère qualitatif, et améliore intensivement la qualité des travaux de classification.

2-2-3- Informations sur les supports financiers 

La demande, ou la communication volontaire des supports financiers constitue un


avantage pour profiter d’un outil majeur d’évaluation du risque des dossiers de financement.

89
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Les établissements de crédit et notamment, les sociétés de leasing exigent de leurs


clients de fournir les états financiers, appuyés des rapports du commissaire aux comptes dans
le cas où sa désignation est obligatoire.

La pratique a créé l’obligation de demander les supports financiers mais aussi


plusieurs exigences réglementaires obligent la société de leasing de demander une liste bien
déterminée de ces supports.

En effet, étant soumise à l’application des circulaires de la Banque Centrale de


Tunisie, et plus particulièrement à la circulaire n°91-24 du 17 décembre 1991 relative à la
division, couverture des risques et suivi des engagements, telle que modifiée par la circulaire
aux banques n°2001-12 du 4 mai 2001, la société de leasing doit exiger, pour le suivi de ses
concours financiers accordés aux entreprises ayant auprès d’elles des engagements dépassant
10% de ses fonds propres, un rapport d’audit externe.

De même, les sociétés de leasing doivent, avant tout engagement, exiger de leurs
clientèles dont les engagements auprès du système financier dépassent cinq millions de dinars,
les états financiers de l’exercice qui précède l’année de l’octroi de crédit, certifiés par un
commissaire aux comptes légalement habilité.

Elles doivent, également, exiger les états financiers des exercices qui suivent l’année
de l’octroi de crédit, certifiés par un commissaire aux comptes légalement habilité.

Toutefois, les sociétés de leasing peuvent à l’appui de tout engagement pris au cours
des six premiers mois de l’année de l’octroi de financement, accepter les état financiers de
l’avant dernier exercice à condition qu’ils soient certifiés par le commissaire aux comptes.

Les rapports financiers demandés par les sociétés de leasing, permettent de s’informer
sur la structure financière de la société, leurs engagements bilantiels et hors bilan, la structure
du groupe, actionnariat et garanties réciproques au sein du groupe, etc.…

Ceci permet de garantir la solidarité financière dont peut bénéficier la société de


leasing en cas de difficultés de ses clients.

2-2-4- Evaluation des indicateurs financiers 

2-2-4-1- Présentation des indicateurs financiers

La demande des supports financiers permet aux sociétés de leasing de procéder à une
évaluation de la situation du client par une analyse financière.

90
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Cette analyse s’effectue par le calcul de certains ratios permettant de se renseigner sur
les capacités de remboursement des relations.

Les ratios et les commentaires associés sont basés sur un choix personnel de quelques
indicateurs jugés significatifs. Toutefois, tout professionnel peut élargir le périmètre de
sélection.

Dans le contexte d’évaluation, nous allons étudier les ratios et les données s’y
rattachant.

Pour ce faire, ce tableau synthétise les données collectées, l’indicateur utilisé et la


formule correspondante :
Donnée Indicateur utilisé Formule du ratio
Structure Ratio de solvabilité Fonds propres/total bilan
Générale
Niveau d’activité Chiffre d’affaire Tendance du chiffre d’affaire
Rentabilité Ratio de rentabilité EBE (résultat
économique d’exploitation+amortissement/total
bilan)
Ratio de rentabilité Résultat net/KP avant résultat
financier
Liquidité Ratio de liquidité (actifs courant/passifs courant)
globale
Solvabilité Ratio de couverture de Cash flow*/passif financier et concours
dette bancaire
Solvabilité Concours bancaire/CA _

*Cash Flow = Résultat net + Amortissements.


2-2-4-2- Commentaires des ratios 

1- Solvabilité générale ou le risque liquidatif : d’après les financiers, les fonds propres
sont un amortisseur de crise, plus ce ratio est élevé moins est la dépendance envers les
créanciers de la société.

2- Liquidité Générale : ce ratio mesure la capacité de la société à honorer ses


engagements à court terme, en utilisant des montants disponibles en caisse, en vendant
ses actifs négociables, en récupérant ses créances d’exploitation et éventuellement en
liquidant ses stocks.
Ces différents éléments du bilan sont considérés comme des actifs liquides et
constituent dans une certaine mesure des ressources permettant la couverture des
engagements à court terme.

91
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

3- Rentabilité financière ou rentabilité des fonds propres : dans les normes de ce ratio, le
rendement pour les actionnaires compte tenu des risques doit être supérieur au
rendement monétaire.

4- Rentabilité économique : c’est le ratio qui mesure la rentabilité économique qui est
dégagée par l’ensemble des capitaux investis dans l’entreprise.

5- Couverture de la dette : ce ratio est calculé périodiquement et permet d’avoir une


vision en continue (ponctuelle) de la capacité de l’investissement à alimenter le service
de la dette. Il permet, entre autre, de modifier le profil de remboursement de la dette
dans le cas où les valeurs obtenues faisaient apparaître une disparité trop important en
cours de cycle de financement.

2-2-5- Risque inhérent au client

Le bailleur doit veiller, outre la collecte des supports financiers et les travaux
d’évaluation par l’analyse financière, à centraliser d’autres informations qualitatives d’une
utilité accrue et qui se rapportent, d’une part au domaine d’activité du client, à son évolution
et à sa position par rapport à la concurrence etc….

92
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Section 3 : Classification des actifs : Méthodologie pratique

Paragraphe 1- Classification préliminaire

Dans un premier temps, la démarche de classification des engagements sera basée sur
les critères quantitatifs développés ci-dessus.

Les travaux de validation de la classification des relations ne peuvent pas être


exhaustifs d’où le recours à un échantillonnage. Le jugement du professionnel jouera un rôle
prépondérant pour déterminer son étendu tout en respectant les exigences des circulaires de la
Banque Centrale de Tunisie.

1-1- Détermination de l’étendue de l’échantillon

La planification des travaux de classification dépend du volume des engagements de la


société de leasing, l’évaluateur se trouve souvent obligé de définir un échantillon représentatif
de relations pour la population cible.

L’étendu de l’échantillon est défini en se basant sur :

- Les dispositions réglementaires régissant les travaux de classification, qui prévoit


comme critère de sélection l’ordre d’importance de l’engagement client envers la
société de leasing ;
- des requêtes d’ordre pratique dont les résultats présentent des zones de risques à
couvrir.

1-1-1- Présentation du cadre réglementaire

La réglementation en vigueur fixe des normes à respecter lors de la définition de


l’étendu de l’échantillon des travaux qui doit se faire obligatoirement en conformité avec
l’alinéa 2 de l’article 10 de la circulaire 91-24 qui dispose que : « Ces provisions doivent être
affectées spécifiquement à tout actif classé, égal ou supérieur à 50 mille dinars ou à 0,5% des
fonds propres nets».

Et la circulaire 93-23 qui prévoit que les commissaires aux comptes doivent :

« Couvrir dans le cadre de leurs évaluations, au moins 80% du total des actifs du
bilan et hors bilan et particulièrement la totalité des actifs en contentieux, douteux ou
litigieux ainsi que ceux ayant fait l’objet de réservation d’intérêts ou ayant été marqués par
un incident de paiement de quelque nature que ce soit……..»

93
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Ainsi que l’annexe 2 à la note aux banques 93-23 prévoit que « La Banque Centrale
de Tunisie exige des banques, une classification de tous leurs actifs quelle qu’en soit la forme
qu’ils figurent au bilan ou en hors bilan et qu’ils soient libellés en dinars ou en devises.

Les provisions constituées doivent également être affectées spécifiquement à tout actif
classé égal ou supérieur à 50 md ou 0,5% des fonds propres nets. ….  »

Les dispositions des circulaires précités utilisent la notion de banques et non


d’établissements de crédit. Ces exigences réglementaires ne peuvent s’appliquer de la même
manière pour les sociétés de leasing, dont l’échelle de grandeur en nombre et en valeurs des
engagements est loin d’être le même que les banques.

Ainsi, un taux de couverture de 80% des engagements bruts peut être suffisant comme
première étape, même si l’engagement de la dernière relation de l’échantillon est largement
supérieur à 50 md ou 0.5% des fonds propres nets.

1-1-2- Consignes d’ordre pratique

L’évaluateur peut, en se basant sur ses connaissances des zones de risques de l’activité
et de la société, inclure d’autres relations dans l’échantillon.

Pour parvenir, et vue le volume important des données à exploiter, le recours du


professionnel à des requêtes informatiques parait indispensable.

Dans ce qui suit, des requêtes d’ordre pratique seront présentées notamment :

Requête 1 : Etat des améliorations de risque

L’analyse de l’état d’améliorations de risque peut couvrir le risque d’insuffisance de


provisions requises sur des décisions d’amélioration de classe sans juste motif.

Ces améliorations peuvent être justifiées par :

- L’amélioration de la classe de risque justifiée par une baisse du total des impayés
suite à un règlement réel.
Les cas d’amélioration de la classe de risque sans baisse de l’engagement global
nécessitent une attention particulière.
- l’amélioration de la valeur de garanties : la revue des relations dont une action de
consolidation de garanties permet de valider les éléments de couvertures de risque
source d’amélioration du risque encouru.

94
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Requête 2 : Classification hétérogène des sociétés du même groupe

En se basant sur le code groupe attribué à chaque relation, l’évaluateur retient les cas
de divergences de classification entre les sociétés appartenant au même groupe.

La revue des motifs de divergences peut être source, en général, d’aggravation de la


classe de risque surtout lorsque la société mère présente un actif classé. L’amélioration de la
classe reste rare par mesure de prudence.

Requête 3 : Total ACNM par rapport à l’engagement global sur le secteur

Cette requête permet d’identifier des relations dont la solvabilité sur le secteur est
remise en cause. Le volume assez important des autres crédits non mobilisables peut avoir son
influence sur l’image financière du preneur et par conséquent sur la classe à attribuer à la
relation.

L’évaluateur peut fixer le seuil à partir duquel la relation sera incluse dans
l’échantillon de travail.

Outre ces requêtes, d’autres recommandations pratiques sont à appliquer, si le


professionnel prévoit leur nécessité, on cite notamment :

- la validation, selon les critères de choix de l’échantillon développés dans le titre


précèdent, de l’exhaustivité des relations classées en A, B1, B2 et B3.
- la validation de la classification des relations classées en B4 ne présente aucun
intérêt, la classe de risque ne peut s’aggraver mais le risque qui se présente est
rattaché à la validation des éléments de couverture de risques qui peuvent avoir une
incidence valorisable sur le montant de la provision requise ;
- L’échantillon doit couvrir la totalité des relations bénéficiant d’avenant pour
rééchelonnement, arrangement ou consolidation de leurs engagements ;
- l’examen des relations dont le solde d’impayé a été couvert par des règlements
autres que par numéraire.

95
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

1-2- Démarche de classification

La démarche de classification préliminaire sera basée uniquement sur les critères


quantitatifs.

Les différentes étapes de cette démarche seront les suivantes :

- Validation de la classification de l’échantillon des relations retenues outre les cas


présentés ci-après ;

- retraiter les cas de rééchelonnement, d’arrangement et de consolidation


conformément aux exigences des circulaires de la BCT ;

- examiner, sur la base de l’état des opérations de lease-back de l’année, les opérations
n’ayant pas donné lieu à un mouvement effectif de fonds. Auquel cas, la
classification du client est opérée abstraction faite de ces opérations ;

- examiner, sur la base de l’état des effets escomptés et non échus, les effets donnés en
règlement d’impayés. Dans ce cas, ces règlements sont considérés comme non
effectués.

1-2-1- Validation de l’engagement brut par relation 

Les travaux de validation des engagements d’une société de leasing prévoient


l’existence d’une table de correspondance entre le code risque affecté pour chaque relation sur
le système d’exploitation et le code comptable.

Ce rapprochement permet de vérifier la concordance des mouvements des relations sur


les deux bases, et dégager par conséquence tout compte comptable non traduit sur le tableau
d’engagement. Et inversement, bien que ces divergences présentent des signes préoccupants
quant à la performance et la crédibilité du système d’exploitation, de telles défaillances sont
généralement soulevées par les commissaires aux comptes comme insuffisance procédurale
dans le système de contrôle interne du bailleur, et qui nécessitent une attention particulière de
la part de l’évaluateur.

Ensuite, l’évaluateur rapproche les données du tableau d’engagement avec les données
comptables. Toute différence entre le montant de l’encours financier global
(encours+impayés) sur le tableau d’engagements et les soldes comptables des rubriques
« immobilisations financières » (encours sur financements octroyés) et « client et comptes
rattachés » (cumul des soldes comptables des comptes clients) sera analysée.

96
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

L’analyse des écarts détectés permet de cerner les relations nécessitant des
retraitements quant à leurs encours ou à leurs soldes des impayés.

Ces écarts sont l’effet de quelques opérations particulières qui seront validées ou
même retraitées par l’évaluateur.

Ces retraitements peuvent être source d’aggravation de la classe de risque et


l’accroissement de la valeur de provisionnement.

Les opérations qui peuvent être retraitées sont :


- Un contrat ayant fait l’objet de rééchelonnement, d’arrangement ou de
consolidation.
- un client ayant conclu une opération de lease back sans mouvement réel de fond.
- un règlement autre qu’en numéraire.
- l’effet des cessions partielles sur l’engagement brut du client

1-2-2- Retraitements des opérations spécifiques

1-2-2-1- Retraitement des opérations de consolidation et de rééchelonnement 

Ces arrangements peuvent toucher à la fois l’encours financier ainsi que les impayés
du client (pour les accords de consolidation). Le risque associé à ce type d’opération est la
minoration des provisions.
L’évaluateur doit être vigilant à détecter tout déguisement de la réalité de l’opération,
et de retraiter son incidence sur la classe de risque et le montant de la provision requise.

a)- Opérations de consolidation

Le retraitement des opérations de consolidation doit se faire conformément aux


critères spécifiques de classification prévue par l‘article 12 de la circulaire du BCT n°91 – 24.

L’obligation de traitement des opérations de consolidation réside dans la nature même


de cette pratique qui permet d’effacer les impayés du client par un simple jeu d’écriture, ce
qui n’entraîne pas en soi une baisse ou une augmentation des risques encourus et par
conséquent la classification du client ne peut être améliorée.

Le retraitement volontaire, par les sociétés de leasing, de l’incidence des opérations de


consolidation n’est pas systématique d’où l’obligation qui incombe au professionnel
intervenant de les réétudier.

97
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Afin d’y parvenir, il est recommandé d’examiner l’état d’améliorations de la classe de


risque, non justifié par une baisse du total engagement du client, pour cerner les cas de
consolidation déguisés.
La valeur de l’engagement total suite à une opération de consolidation ne subit aucune
variation mais juste le fusionnement des impayés avec l’encours financier.
Ainsi, une opération de consolidation ne peut pas être source d’amélioration de la
classe de risque.

Une dérogation à ce principe a été prévue par l’article 12 de la circulaire 91-24 qui
énumère deux conditions à respecter pour l’amélioration de la classe de risque suite à une
opération de consolidation :

- La consolidation des garanties.


A ce stade, le risque juridique attaché à une action de consolidation de garanties est
comment conserver la validité et le rang du contrat initial d’hypothèque ?
L’évaluateur vérifie que le contrat d’hypothèque a été aménagé afin d’indiquer la
nouvelle valeur garantie ainsi que les références du nouveau contrat de consolidation (ou
avenant pour le contrat initial).

- le respect du nouveau calendrier de remboursement.

En fait, l’évaluateur peut confirmer la position de la société pour l’amélioration de la


classe attribuée, en cas de respect de l’une de deux conditions puisque :

- La consolidation des garanties entraîne normalement l’augmentation de la


couverture des engagements.

- le respect du nouveau calendrier de remboursement peut entraîner l’amélioration de


la classe de risque.

L’évaluateur peut se trouver par conséquence devant trois scénarios, suite à la


conclusion de l’accord de consolidation des impayés.

1ére situation : respect du nouveau calendrier de remboursement, l’amélioration de la


classe parait obligatoire.
2ème situation : le non respect du nouvel échéancier avec l’existence d’une action de
consolidation des garanties. L’évaluateur et en se basant sur le caractère répétitif des incidents
de paiement, peut demander de maintenir la classe 4 pour ce client. L’incidence globale sur le
montant de la provision est nulle vu la valeur de couverture des garanties.

98
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

3ème situation : le non respect du nouvel échéancier. L’évaluateur demande la classe 4


pour ce client dont la situation est irrémédiable. L’incidence sur le total des provisions peut
être élevé.

b)- Opérations de rééchelonnement

Le deuxième type d’action de faveur que les sociétés de leasing peuvent l’accorder à
certains clients en difficultés d’honorer leur engagement, est le rééchelonnement du restant dû
de l’encours client.

Cette opération permet de soulager le client par le prolongement de la période de


remboursement restante et la baisse des annuités à payer mensuellement.

Le risque des opérations de rééchelonnement est moins important, le montant de


l’encours et de l’impayé ne subit aucune variation.

L’amélioration de la classe de risque suite à une opération de rééchelonnement est


soumise aux mêmes conditions que les opérations de consolidation.

1-2-2-2- Retraitement des opérations de lease back sans mouvement réel de fond 

L’opération de lease back ou cession-bail consiste au financement par la société de


leasing d’un bien acquis auprès du preneur.

Les annuités et le prix de vente sont interdépendants, puisqu’ils sont habituellement


négociés comme étant un tout et ne sont pas nécessairement fondés sur des valeurs vénales.

La fréquence des financements sous forme de lease back est importante, les sociétés de
leasing acceptent souvent le financement d’une relation en contre partie d’un bien qui lui
appartient.

Le risque inhérent aux opérations de lease back concerne les relations classées dont le
volume des impayés est important.

Ainsi, ces relations peuvent bénéficier de l’accord du bailleur à un financement sous


forme de lease back dans l’objectif d’apurer les impayés.

Le client renonce à l’encaissement des revenus de cession qui seront imputés à son
crédit de compte. Malgré, l’absence de tout mouvement réel de fonds, l’opération de lease
back à permis d’absorber le montant des impayés et d’avoir même un solde créditeur
garantissant le remboursement des échéances futurs.

99
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Pour les besoins de classification, l’évaluateur peut procéder au retraitement du solde


des impayés du client.

Ainsi, cette opération ne doit en aucun cas camoufler la situation réelle du client qui
doit figurer parmi les relations classées.
L’amélioration de la classe de risque est tributaire du respect des échéances futures des
anciens contrats ainsi que le nouveau contrat relatif à l’opération de lease back.

1-2-3- Retraitement de l’incidence des cessions partielles

La démarche d’une opération de leasing peut aborder suite à l’aggravation du volume


d’impayé d’une relation, à une décision de récupération d’une partie des biens loués à une
relation.

La société de leasing procède, selon une procédure bien dictée par la direction, à la
cession du bien récupéré et l’imputation des montants encaissés sur le crédit du compte client.

Cette opération affecte le compte client à deux reprises :

- En premier temps le compte client sera touché par le montant de l’encours


financier restant du bien cédé. Ainsi, le paiement de l’encours est devenu
exigible après la cession du bien d’où la nécessité de reclasser l’encours dans
l’impayé.

- Le deuxième mouvement est relatif à l’imputation du montant de la cession sur


le crédit de compte client (par un mouvement réel de fond). Ce revenu couvre
en premier lieu l’encours du bien cédé pour passer au solde des impayés en
second lieu.

La validation de ces deux mouvements permet de dégager le solde réel des impayés et par
conséquence de déterminer la classe de risque appropriée.

1-2-4- Retraitement des règlements autres qu’en numéraire 

La pratique des sociétés de leasing est de matérialiser leurs créances par des effets de
commerce.

Les organes de contrôle et de supervision des établissements de crédit de la BCT


interdisent aux sociétés de leasing d’escompter les effets reçus des clients.

100
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Malgré ces instructions, le recours des sociétés de leasing à l’escompte d’effets est très
probable. Les fonds reçus sont imputés sur le crédit du compte client et réduits par suite du
montant des impayés.

Ces montants ne peuvent être considérés comme des règlements en numéraire mais
une opération de financement à court terme dont le sort de l’encaissement n’est certain qu’à
l’échéance.

Afin de retraiter l’incidence de ces montants, l’évaluateur doit retracer la valeur des
effets à l’escompte pour chaque relation et dégager l’incidence des effets sur le solde client.

A ce niveau, le meilleur moyen de recoupement est la circularisation des banques


quant à l’existence d’effets remis à l’escompte.

1-2-5- Classifications des contrats suspendus 

La décision de suspension d’un contrat, c'est-à-dire suspendre la facturation, n’est


qu’une décision de la « direction des engagements » en concertation avec le service juridique.

L’obtention d’un jugement contre le client est le fondement de toute décision de


suspension de la facturation.

En effet, la suspension de la facturation n’est pas opérée suite à la survenance d’un


nombre d’échéances impayées mais suite à une procédure contentieuse.

Pour les besoins de la classification de ces engagements, l’évaluateur vérifie de façon


exhaustive que les contrats suspendus devront être rattachés à des relations classées.

Paragraphe 2 : Confirmation ou aggravation de la classe de risque

Une deuxième étape des travaux de classification des actifs est entamée dans l’objectif
d’affirmer ou d’aggraver la classe de risque attribuée lors de la phase préliminaire. Au cours
de cette étape, les critères qualitatifs de classification sont employés afin de reconstituer une
base de données reflétant l’image financière de la relation envers le bailleur en particulier et
vis-à-vis le secteur financier en général.

Cette phase porte sur l’appréciation du risque client eu égard aux données financières
de son projet, à la situation générale de son secteur d’activité, au volume de ses engagements
envers le système financier etc.…

101
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

L’appréciation de ces critères ne peut donner lieu à l’amélioration de la classe


déterminée lors de la classification préliminaire. Elle aboutit nécessairement soit à la
confirmation de la classe ou l’aggravation de celle-ci.

L’évaluateur entame une étude par relation qui commence par la collecte des scores et
notes attribués à chaque client successivement par les agences de notation externe (si le score
existe) ainsi que les notes internes accordées par la « direction des engagements ».

Le rapprochement entre les notes et les scores attribués aux clients avec les classes de
risques octroyées lors de la phase de classification préliminaire, permet de fournir une
assurance préalable quant à la situation financière du client. (Les divergences dégagées
peuvent être source pour étendre l’échantillon des relations étudié).

Dans ce cadre, la divergence entre la classe de risque et la note d’évaluation de la


structure par les agences de rating ou par le bailleur ne peut en soi être source d’aggravation
de la classe de risque, entre autres, cette décision doit être appuyée par d’autres critères qui
peuvent soit l’affirmer ou l’infirmer.

Ainsi, les critères qualitatifs de base qui peuvent déclasser une relation, sont : le
comportement des ratios, les indicateurs financiers et l’importance de la rubrique ACNM.

Au cours de cette phase, le jugement du professionnel est capital pour le choix de la


meilleure combinaison des critères qualitatifs. Ainsi, l’évaluateur doit définir les
caractéristiques et les indicateurs financiers rattachés à chaque classe de risque.

Pour y parvenir, il doit se référer préalablement aux caractéristiques portées au niveau


de la circulaire de la Banque Centrale de Tunisie N° 91-24. Ensuite, et en se basant sur ses
connaissances, il doit, pour chaque ratio financier, déterminer les fourchettes de valeurs ainsi
que les commentaires appropriés.

102
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Dans ce cadre, le tableau suivant résume notre point de vue quant au comportement
des ratios et des indicateurs financiers.

Classe Caractéristiques Indicateurs

A - Situation financière équilibrée + EF certifiés<18 mois - Ratio de solvabilité>20%


- Gestion et perspectives satisfaisantes - CA en croissance
-Concours compatibles avec les besoins et la capacité réelle de - Rentabilité économique>8%
remboursement
- Ratio de couverture de dette>20%
- Ratio de liquidité générale >1

B1 - Le secteur d’activité connaît des difficultés - Tourisme/ textiles/ chaussures


- La situation financière se dégrade - CA ou rentabilité économique en baisse
- Ratio de solvabilité<20%
- Ratio de couverture de la dette<20%
- Ratio de liquidité générale compris entre 0,8 et 1

B2 - Outre les caractéristiques de la classe B1, - Concours/CA > 25%


- Concours non compatibles avec les besoins réels - Ratio de solvabilité< 20%
- Défaillance au niveau de la communication financière - CA et cash flow en nette régression
- Problème de gestion ou litiges entre associés - Ratio de couverture de la dette nettement< 20%
- Existence de difficultés d’exploitation - Ratio de liquidité générale < 0,8
- Détérioration du cash flow - Rentabilité économique < 8%
- Centrale des risques : engagements importants
surtout en ACNM.

B3 - Caractéristiques de la classe B2 avec plus de gravité - Indicateurs de la classe B2,


- Concours/ CA > 50%
- Rentabilité financière< 0
- Rentabilité économique et ratio de couverture de
la dette très faibles (proches de 0)

B4 - Caractéristiques de la classe B3 à un degré alarmant - Indicateurs de la classe B3 avec plus de gravité


- Clients en contentieux
- Client soumis au régime de redressement des entreprises en
difficultés

103
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Toutefois, la disponibilité d’une information fiable et récente sur le client suppose une
certaine taille de celui-ci, l’application des critères qualitatifs est fonction du volume des
engagements du client :

- Pour les clients ayant un total des engagements inférieur à 50 md (si l’évaluateur
présume étendre son échantillon sous le seuil de 50 md) : seul le critère d’âge
d’impayés est appliqué.
- pour les clients ayant des engagements supérieurs à 50md, l’application combinée
des critères quantitatifs et qualitatifs exposés ci-dessus est exigée.

A titre d’exemple, l’absence d’états financiers récents et certifiés par un commissaire


aux comptes d’une relation classé en actifs courants, permet de le reclasser systématiquement
en B2 et ce pour absence de toutes bases informationnelles.

Ce motif est suffisant pour réduire le niveau de solvabilité financier du client et le


remonter à la classe de risque suivant.

Cette décision de reclassement peut être écartée, si l’une des conditions suivantes est vérifiée :

- Il ressort de la consultation de la centrale des risques que les engagements du client ne


sont pas significatifs (la totalité ou la quasi totalité des engagements sont envers le
bailleur).
- le client est classé « excellent » au niveau de la notation interne de la société, aussi la
consultation de l’historique du compte client affirme qu’il n’a jamais eu d’incident
réel de paiement.

Pour conclure, l’évaluateur possède une large marge de manoeuvre pour confirmer ou
aggraver la classe de risque.

Ainsi, la combinaison de tous les critères et indicateurs disponibles, selon leur degré
d’importance, permet d’avoir une base de données suffisante pour se prononcer sur la classe
de risque appropriée.

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EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

CHAPITRE II : EVALUATION DES ELEMENTS DE COUVERTURE


DE RISQUES

Le risque d’insolvabilité du preneur est un scénario très probable contre lequel les
sociétés de leasing cherchent de se prémunir.

Ainsi, les éléments de couverture de risques sont des plus en plus multiples qui
permettent aux sociétés de leasing, avec différents degrés d’efficacité, d’échapper du risque
d’insolvabilité du preneur.

En outre, ces éléments sont diversifiés et de natures différentes tels que les agios
réservés et les garanties imputables qui peuvent couvrir une partie ou la totalité de
l’engagement.

La réservation des agios n’est qu’une suite à une obligation règlementaire de soustraire
les produits ou les revenus dont l’encaissement est raisonnablement incertain et qui ne
peuvent faire partie de l’engagement brut à provisionner.

Aussi, une partie très importante des engagements classés est couverte par la demande
de plusieurs types de garanties dont les sociétés de leasing font appel en se référant à toutes
les techniques consacrées par la loi (hypothèques, …) ou que la liberté contractuelle permet
(les fonds de garanties, les titres sicav…), sans oublier l’élément de garantie le plus important
attaché à la spécificité de l’activité de leasing soit la valeur du matériel loué.

Nous présenterons, dans ce chapitre, la méthodologie pratique de validation et


d’évaluation des différents éléments de couverture de risques soit les agios réservés (section
1) et les garanties (section 2), afin de parvenir à l’évaluation des provisions requises à la
couverture du reliquat de risques encourus (section 3).

105
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Section 1 : Evaluation des agios réservés

La notion de réservation des agios dans le secteur de leasing trouve son fondement
dans l’application de deux conventions comptables prévu par le cadre conceptuel du système
comptable Tunisien :

- La convention de réalisation de revenu : Le revenu de leasing résulte du service


rendu par l’établissement, en mettant à la disposition du preneur le bien pendant une période
déterminée.
La réalisation et la prise en compte du revenu sont effectuées pendant toute la période
de la location.
Le revenu brut du leasing correspond principalement aux montants des loyers (avant
le1er Janvier 2008). La prise en charge des loyers en comptabilité s’opère en distinguant le
remboursement d’investissement net du produit financier.
Le montant des produits financiers inclus dans les loyers représente le revenu net de
leasing (pour les contrats conclus après le 1er Janvier 2008, pas de distinction entre le revenu
brut et le revenu net).
Ainsi, la détermination et la constatation, en produit, du revenu financier sont
généralement fondées sur la base d’une formule permettant de dégager un taux d’intérêt
constant sur l’encours de l’investissement net.
- La convention de prudence : l’application de cette convention dans les sociétés de
leasing nous amène à l’application des normes prudentielles édictées par la Banque Centrale
de Tunisie, ainsi, les produits financiers ne peuvent être comptabilisés que si leur
encaissement est raisonnablement sûr.
Ceci amène les sociétés de leasing à virer la montant des produits sur encaissement
douteux à un compte de bilan intitulé « Agios réservés » et ce, pour assurer le reclassement
comptable de ces montants dans le revenu de la période lors de l’encaissement définitif des
produits.

Les agios réservés sont donc des revenus nets courus dont l’encaissement est douteux,
comptabilisés dans des comptes spécifiques d’actifs soustractifs. (Ben Ahmed, 2005, p.37)

Nous présentons dans cette section, le cadre réglementaire régissant les agios réservés
comme préalable pour proposer une démarche de validation et d’évaluation de leurs montants.

106
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Paragraphe 1 : Présentation du cadre réglementaire

La notion de réservation d’agios lors du calcul des provisions des sociétés de leasing
sont prévues par l’article 9,11 et 12 de la circulaire n° 91-24, l’article 10 de la circulaire 93-
08, le paragraphe 4-3-2 de l’annexe 1 à la note aux banques n° 93-23 et par les paragraphes C
et suivants de l’annexe 2 de la même note.
Pour la détermination du montant des agios à réserver par les sociétés de leasing, il
faut se référer aux dispositions des circulaires citées ci-dessus. La notion de banques
employée par ces circulaires doit être élargie à la notion d’établissements de crédit dont les
sociétés de leasing et d’affacturage font partie.
La circulaire 91-24 prévoit que :
Article 9 : « Pour les actifs des classes 2, 3 et 4 décrites à l'article 8, toute banque ne
doit incorporer dans ses résultats que les intérêts (ou produits) qui, sans ses propres
concours sous quelque forme que ce soit, ont été effectivement remboursés par ses débiteurs.
Tout intérêt (ou produit) précédemment comptabilisé mais non payé est déduit des résultats. »
Article 11 : «  A l'exclusion des déficits structurels, peuvent faire l'objet de découvert
pour un montant qui se situe entre quinze et trente jours de chiffre d'affaires, les besoins de
trésorerie même répétitifs, nés de décalages entre les flux de recettes et de dépenses.
Au delà de ce montant, les banques doivent mettre en place des concours dont la
forme et la durée sont mieux adaptées aux besoins réels de l'entreprise.
Les montants non justifiés par ces besoins doivent être réclamés aux bénéficiaires en
vue de leur règlement immédiat.
Au cas où un règlement immédiat s'avère difficile à réaliser, lesdits montants feront
l'objet, une seule fois, d'un échéancier de remboursement en principal et intérêts.
Sont applicables au découvert, les caractéristiques des classes 2, 3 et 4 définies à
l'article 8 de la présente circulaire.
Lorsqu'il est écoulé un délai de 90 jours après l'arrêté des intérêts sans que le compte
n'enregistre des mouvements de recettes susceptibles de compenser le montant intégral des
intérêts débiteurs et autres charges, le découvert (ou le compte débiteur) est considéré
généralement gelé et doit faire partie de la classe 2. Lorsque ce délai dépasse 180 jours sans
excéder 360 jours, le découvert doit faire partie de la classe 3. Au delà d'un délai de 360
jours, le découvert doit faire partie de la classe 4.

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EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Pour les découverts classés, les banques ne doivent incorporer dans leur résultat que
les intérêts effectivement perçus. Tout intérêt précédemment enregistré mais non payé est
déduit des résultats. »

Article 12 : « …..Les intérêts réservés ou différés, ayant fait l'objet d'un arrangement,
d'un rééchelonnement ou d'une consolidation, ne doivent pas être incorporés au résultat de
l'exercice auquel se rapportent l'arrangement, le rééchelonnement ou la consolidation. Seule
la partie effectivement encaissée est incorporée au résultat de l'exercice…..

Dans le cas de nouveaux incidents de paiement, les impayés doivent être totalement
provisionnés. Si le cumul des impayés en principal atteint 25% du total de la créance, celle-ci
doit être inscrite à la classe 4. »

L’article 10 de la circulaire 93-08 reprend, en ce qui concerne les agios réservés,


exactement les mêmes termes de l’article 9 de la circulaire 91-24 susvisée.

le paragraphe 4-3-2 de l’annexe 1 à la note aux banques n° 93-23 prévoit que


l’auditeur doit vérifier que la banque n’a incorporé, parmi ses produits, que les intérêts ou
produits effectivement perçus, pour le cas des actifs des classes 2,3 et 4.

Le paragraphe C de l’annexe 2 de la même note prévoit que « pour les actifs des
classes 2,3 et 4, seuls les intérêts (ou produits) effectivement perçus seront incorporés dans le
compte de résultat. Tout intérêt enregistré mais non payé devrait être déduit du résultat. »

Le commentaire des dispositions prévues par les circulaires de la B.C.T nous amène à
tirer les conclusions suivantes :

- Les intérêts ou produits sur les créances classées 2, 3 et 4 ne doivent être incorporés en
résultat que s’ils ont été effectivement remboursés par le débiteur et sans le concours
de la société de leasing.

- Les intérêts impayés, comptabilisés en produits, doivent être déduits du résultat.

- Puisque les arrangements, rééchelonnements et consolidations sont de nature à effacer


les impayés par un jeu d’écriture comptable, sans effort de règlement de la part du
client, les intérêts réservés ne doivent être incorporés au résultat qu’à concurrence de la
partie effectivement encaissée.

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EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Paragraphe 2 : Démarche pratique pour l’évaluation des agios réservés

La notion d’intérêts ou produits énoncée par la circulaire 91-24 doit être clarifiée
davantage, ainsi les différents produits à réserver sont :

- Les intérêts rattachés aux loyers.


- les intérêts de retard prévus comme sanction dans les conditions générales du contrat de
crédit-bail dans l’objectif d’inciter les clients à régler les échéances à temps. Ces intérêts
de retard sont calculés systématiquement à partir du jour suivant la date d’échéance non
réglée.
Ces intérêts sont aussi à réserver, conformément aux dispositions de l’article 9 de la
circulaire n°91-24.
- Les factures de préloyers : ce montant correspond à une rémunération couvrant la
période allant de la date du début de location, dite aussi date de mise en force, à la date
de la première échéance.
Ce produit est facturé d’avance dés le commencement du contrat et n’inclut pas une
portion de capital investi. (MEDHIOUB, 1997, p.87)

Le cumul de ces montants présente le montant d’agios réservé pour chaque créance
classée.

La question qui se pose à ce niveau : est-ce qu’il est obligatoire d’intégrer le montant
des intérêts intercalaires non encore encaissés dans le montant global des agios Réservés ?

La réponse parait positive et ce par analogie au revenu encaissé au titre des préloyers,
les intérêts intercalaires couvrent la période entre le paiement du fournisseur du bien et la date
de mise en force.

La nature des revenus est presque la même d’où l’obligation de réserver les revenus
provenant des intérêts intercalaires qui n’incluent pas aussi une portion de capital investi.

2-1- Vérification d’un échantillon de relations

Les travaux d’évaluation des agios réservés constituent une tâche de validation de
cette rubrique du tableau d’engagements par relation.

L’incidence des agios réservés par relation sur le montant des provisions est de plus en
plus signifiant, surtout pour les sociétés de leasing ayant des engagements classés assez
importants.

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EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

D’où une intime corrélation entre la décision d’aggravation ou d’amélioration de la


classe d’un actif et la détermination du montant des agios réservés. Ces décisions ont pour
conséquence la modification du montant de l’engagement brut du client et du montant de la
provision requise.

Pour valider cette rubrique, l’exhaustivité n’est pas une finalité en soi mais l’essentiel
est de vérifier un échantillon représentatif de relations.

Le jugement du professionnel, qu’il soit évaluateur ou commissaire aux apports, est


l’outil fondamental pour définir l’entendue de l’échantillon permettant la validation de la
réalité et de l’exactitude du montant des agios réservés qui seront déduits de l’engagement
global du client.

Dans un objectif de simplification, l’évaluateur peut couvrir les mêmes relations


retenues lors des travaux de classification, tout en écartant les relations classées
définitivement en « A » et « B1 ».

A cet échantillon, d’autres peuvent s’ajouter suite aux résultats de requêtes pratiques
conçus pour les travaux de validation, on cite à titre d’exemple :

Requête 1 : Baisse du montant des agios réservés sans amélioration de classe 34

L’analyse des variations à la baisse de la rubrique des agios réservés peut amener
l’évaluateur à revoir la classification d’autres relations non prévues dans l’échantillon initial
de classification.

Il doit vérifier que la baisse des agios est due à des règlements effectifs du client afin
de prévoir la possibilité d’amélioration de la classe de risque.

Dans le cas contraire, et si le client à été déjà traité et la classe de risque est maintenue,
l’évaluateur vérifie l’existence de produits financiers non encaissés qui sont inclus dans le
résultat de l’exercice.

Requête 2 : Amélioration de la classe sans baisse des agios réservés

La revue d’une façon exhaustive des relations figurant sur l’état définitif des améliorations de
classe permet de s’assurer que le reclassement a été suivi par la baisse des agios à réserver.

34
L’étendue de la requête peut être élargie pour couvrir aussi les cas de baisse des agios réservés sans pour
autant diminuer l’engagement global.

110
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Outre ces requêtes, d’autres consignes sont toujours valables telles que la revue
exhaustive des agios réservés relatifs aux opérations particulières tels que les opérations de
consolidation et de rééchelonnement.

2-2- Validation des agios réservés relatifs aux opérations de consolidation et


de rééchelonnement

Les opérations ou les circonstances particulières qui peuvent influencer le montant


définitif des agios réservés sont de plus en plus multiples.

L’évaluateur peut se trouver devant des situations prévues par la réglementation en


vigueur et dont les solutions ont été avancées.

Parfois, ce professionnel peut se trouver devant des situations où les solutions doivent
émaner de l’interprétation et le jugement du professionnel, en absence de toute solution
avancée.

Aussi, l’évaluateur peut se référer à la pratique courante convenue entre les


professionnels et la Banque Centrale.

La particularité de ces opérations est régie par les dispositions de l’article 12 de la


circulaire de la BCT n°91-24 qui stipule que : « les intérêts réservés qui ont fait l’objet de
consolidation, d’un arrangement ou d’un rééchelonnement, ne doivent être incorporés au
résultat de l’exercice qu’a concurrence de la partie effectivement encaissée ».

Sur le plan pratique, ce type d’opération n’est pas très récurrent et surtout pour les
décisions de consolidation d’un engagement client.

Les instructions de la BCT, lors des réunions périodiques avec les organes de direction
et de contrôle des sociétés de leasing, cherchent à éviter le recours à ce type d’opérations.

Cependant, et compte tenue de leur incidence sur les travaux de classification,


l’évaluateur réexamine le montant des agios à incorporer dans le résultat de l’exercice.

De ce fait, les opérations de consolidation et de rééchelonnement nécessitent une


validation exhaustive.

Les praticiens ont soulevés plusieurs interrogations relatives aux difficultés de


validation des agios réservés des opérations régies par l’article 12 de la circulaire N° 91-24.

L’évaluateur doit veiller à deux aspects fondamentaux :

111
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

- Puisque par principe, la consolidation regroupe l’ensemble des engagements sous forme
d’un encours en principal non échu, la difficulté qui se pose à l’occasion d’un règlement,
réside dans la manière d’affecter les versements du client entre intérêts et principal.

Une solution à cette situation a été apportée par la norme comptable sectorielle n°24
consacré aux banques qui prévoit que « le montant des revenus repris en résultat, est égal au
montant des encaissements pondérés par le rapport entre le montant total de ces revenus
avant la date de restructuration ou de consolidation et le montant total de l’engagement
après cette même date».

Cette règle de prorata peut être consacrée pour les sociétés de leasing, pour similitude
des contextes, l’exemple d’illustration suivant peut éclaircir cette position : (BEN AHMED,
2006, p.34)

Au 30 juin N, le client X a bénéficié de la consolidation de ses engagement qui se


détaillent comme suit :
 Encours principal 150 md
 Loyers impayés (principal) 85 md
 Loyers impayés (intérêts) 65 md
Total 300 md

A cette date les agios réservés s’élève à 30 md

Le 15 juillet N, le client a versé 100 md, pour règlement partiel de l’engagement


consolidé.

La reprise d’agios doit être calculée comme suit : 30*(100/300)=10md (ce montant est
à constater au produit de l’exercice)

- Au contraire des opérations de consolidation, les opérations de rééchelonnement ne sont


pas régies par la règle du prorata. En effet ce type d’opération n’entraîne pas en principe, le
regroupement du principal et des intérêts, mais uniquement le reclassement des impayés dans
un compte de créances non échues (la distinction de l’encours et des intérêts reste toujours
évidente).

Les règlements reçus ultérieurement peuvent être affectés entre principal et intérêts et,
par conséquent, la reprise des agios réservés peut être constatée en fonction des règlements
des intérêts.

112
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Le deuxième aspect consiste dans la possibilité d’une reprise totale des agios réservés,
justifiée par le règlement de la majorité de l’engagement.

La pratique des choses a donné la possibilité aux sociétés de leasing de prévoir l’une
des deux solutions suivantes :

- Malgré que le règlement de l’engagement client soit partiel, les agios réservés peuvent
être repris en totalité.
- La reprise des agios réservés reste toujours soumise à la règle du prorata.

Ces deux pratiques sont tolérées par la Banque Centrale, l’évaluateur doit calculer
l’incidence de l’application de chaque pratique et s’il est nécessaire il peut traiter les cas de
consolidation au cas par cas afin de statuer sur la pratique à appliquer en se basant sur la
collecte de maximum d’informations sur la situation de ses clients.

2-3- Investigations supplémentaires

2-3-1- Incidence des critères de classification

Le recours aux divers critères de classification, développé au niveau de la section


précédente, par les professionnels, peut permettre de reclasser une créance parmi les actifs
douteux (classe 2,3 et 4).
Les critères les plus signifiant sont :

- La situation générale du groupe et essentiellement l’image de la société mère.


- L’importance de l’A.C.N.M dans la composition du total engagement du client
sur le secteur financier.
- La dégradation de la situation financière du client suite à une analyse de ses
perspectives.
- La situation générale du secteur dans lequel le client opère.

Cette décision engendre automatiquement une opération de réservation des intérêts et


produits sur l’engagement classé.

2-3-2- Incidence des recommandations de la B.C.T sur le montant des agios


réservés 

La Banque Centrale peut être source de reclassement d’un engagement parmi les
créances douteuses.

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EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Ainsi, lors des réunions de mi-parcours, relatives aux situations du 30 juin, la BCT
présente des recommandations de classification à prendre en compte à l’occasion de l’arrêté
des états financiers au 31 décembre.
Pour les travaux d’évaluation, l’évaluateur ou le commissaire aux apports recueilli les
recommandations avancées au cours de la période intercalaire d’évaluation.
Ces recommandations ont une incidence directe sur la classe de la relation, d’où
l’obligation de réestimer le montant des agios à réserver.
2-3-3- Incidence des évènements survenus dans la période intercalaire 
Si un ou plusieurs règlements substantiels ont été réalisés par un client,
postérieurement à la date de clôture, et par conséquence il a été reclassé en « B1 »,
l’évaluateur doit vérifier la reprise des agios réservés.
A ce stade, les deux questions qui se posent sont les suivantes :
- Quel est l’ordre d’imputation de ses règlements sur l’engagement du client ?
- Quelle est l’incidence de cet ordre sur la valeur des agios réservés ?
Pour la première question, la pratique des sociétés de leasing réside dans l’imputation
de ses règlements selon l’ordre suivant :
1. les intérêts de retard
2. les préloyers
3. les intérêts intercalaires
4. les intérêts sur loyers
5. le montant du principal

Ainsi, l’imputation des règlements couvre en premier lieu les composantes de l’agio à
réserver. L’effet de cet ordre d’imputation a pour conséquence l’augmentation de
l’engagement brut.

Exemple d’illustration :

- Encours financiers : 800 md


- Impayés : 250 md
Dont : Intérêts de retards = 25 md
Préloyers = 10 md
Intérêts / loyers = 30 md
Principal = 185md

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EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Le montant des règlements reçus du client est de 150 md, ce qui a permis d’améliorer
la classe de risque pour passer à la classe « B2 ».

Dans ce cas, l’ordre d’imputation a une incidence considérable sur l’engagement


global.

Cas 1 : l’imputation commence par les produits financiers

Le détail de l’engagement du client sera le suivant :

- Encours financiers : 800 md

- Impayés : 100 md

Dont : Principal = 100md

→ L’engagement brut est de 900 md.

Cas 2 : l’imputation commence par le montant du principal

- Encours financiers : 800 md

- Impayés : 100 md

Dont : Intérêts de retards : 25 md

Préloyers : 10 md

Intérêts / loyers : 30 md

Principal : 35md

Le montant des intérêts et des préloyers sera réservé et déduit par conséquence de
l’engagement global.

→ L’engagement brut est de (900- 65) = 835 md

De suite, l’évaluateur suit tout évènement susceptible d’influencer l’appréciation des


risques encourus.

Les évènements suivants sont à prendre en considération : (NCT 14 § 33 et 34)

- Faits ou informations sur l’existence ou le montant d’un risque ;

- information conduisant à modifier la dépréciation des encours ;

- révélation de la situation compromise d’un client rendant la créance douteuse.

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EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Section 2 : Evaluation des éléments de garanties

Dans le cadre de son activité, toute société cherche de se prémunir contre les risques
d’insolvabilité du débiteur. En effet, lorsque l’obligation n’est garantie par aucune sûreté, un
double danger menace le créancier : (Chaker, 2004, p.)
- D’une part le débiteur peut, entre le jour où sa dette est née et celui où il est poursuivi
par son créancier, aliéner les biens qu’il possédait, car faute de droit de suite, le créancier ne
pourra pas se payer sur les biens cédés sans fraude par son débiteur.
- D’autre part, n’ayant pas de droit de préférence, le créancier se trouve en concours avec
d’autres et ne sera payé qu’au prorata de sa créance.
Pour limiter le risque de crédit, la société de leasing exige parfois de son client, des
garanties, en faisant appel à toutes les techniques consacrées par le droit ou que la liberté
contractuelle permet.
Le droit Tunisien prévoit plusieurs types de garanties qui permettent aux
établissements de crédit, avec différents degrés d’efficacité, de se prémunir contre le risque
d’insolvabilité des débiteurs. (Ben Ahmed, 2005, p.66)
Nous présentons dans ce qui suit, les différents types de garanties que les société de
leasing demandent pour assurer la solvabilité du client.
Cette présentation sera suivie par l’exposition de quelques diligences pour la
vérification des conditions de validité des garanties et l’approbation de leur valeur imputable
sur l’engagement brut pour la couverture de risques.
De même, l’évaluateur procède à d’autres investigations afin de confirmer ou infirmer
la valeur de garantie.
La revue des dispositions de la circulaire 91-24 permet de retracer la typologie des
garanties. Ainsi, l’article 10 dispose que : « La constitution des provisions s’opère compte
tenu des garanties reçu de l’Etat, des organismes d’assurance et des banques aussi que des
garanties sous forme de dépôts ou d’actifs financiers susceptible d’être liquidés sans que leur
valeur soit affectée ».
Les biens meubles et immeubles donnés en garantie par les emprunteurs, ne sont
considérés comme des garanties valables que dans le cas où la société de leasing dispose
d’une hypothèque dûment enregistrée et que des évaluations indépendantes et fréquentes de
ces garanties sont disponibles. En outre, la possibilité d’une liquidation rapide sur le marché
au prix d’évaluation doit être assurée.

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EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Les circulaires de la BCT prévoient une liste de garanties dont le recours à leur
demande par les sociétés de leasing varie d’un type à l’autre.

Les deux catégories énumérées par l’article 10 de la circulaire n°91-24 peuvent être
résumées ainsi :

Catégorie 1 :

 Garanties reçues de l’Etat ;


 Garanties reçues des banques et d’organisme d’assurance ;
 Garanties sous forme de dépôts ou d’actifs financier susceptibles d’être liquides sans que
leur valeur soit affectée.

Catégorie 2 :

 Les biens meubles et immeubles donnés en garantie par les emprunteurs, à condition que :

- L’hypothèque soit dûment enregistrée.

- Des évaluations indépendantes et fréquentes de ces garanties soient disponibles.

- La possibilité d’une liquidation rapide sur le marché au prix d’évaluation, soit assurée.

Partant de cette énumération, l’analyse des garanties sera divisée en deux catégories :

- Les sûretés réelles qui peuvent se limiter aux hypothèques pour les sociétés de leasing ;

- Les autres garanties à savoir les actifs financiers, les dépôts de garantie et les cautions
bancaires ou Etatiques.

La spécificité de l’activité de leasing est que le bien reste toujours à la propriété de la


société. Une autre composante des garanties imputables serait alors la valeur du matériel loué.

La naissance juridique de ce type de garantie est intimement liée à la mise en force du


contrat de location- financement. De ce fait, la valeur du bien financé présente une première
garantie quant au recouvrement des créances.

Cette source de confiance a influencé la pratique des sociétés de leasing quant à la


demande systématique d’autres garanties.

Ainsi, et d’après l’examen du tableau d’engagement, on remarque le nombre réduit des


garanties réelles.

117
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Paragraphe 1 : Les hypothèques 

1-1- Définition :

L’hypothèque est définie comme étant une sûreté réelle, essentiellement immobilière,
constituée sans la dépossession du débiteur, par une convention, une loi ou une décision de
justice et en vertu de laquelle le créancier a la faculté de faire vendre l’immeuble grevé en
quelques mains qu’il se trouve et d’être payé par préférence à d’autre créanciers. (CHAKER,
2004, p.4)

Une deuxième définition avancée par le droit français : « une hypothèque est une
sûreté immobilière constituée sur un bien immeuble apporté en garantie de la dette par le
débiteur ou un tiers. Elle confère au créancier un droit de préférence et un droit de suite qui
lui permettant de poursuivre la vente en quelque mains que le bien se trouve ». (LAMBERT ;
LANCIAUX, 2005, p.4)

1-2- Caractéristiques de l’hypothèque :

Un aperçu des caractéristiques juridiques de l’hypothèque a une grande importance


pour l’accomplissement des travaux d’évaluation. La connaissance des spécificités
réglementaires attachées à la composante « hypothèque » du tableau d’engagements facilite
au professionnel, la planification des travaux et l’identification des zones de risques.

Les particularités juridiques liées à ce type de garantie sont les suivantes :

- La pluralité des sources réglementaires : le cadre réglementaire régissant les


hypothèques est essentiellement le Code des Droits Réels (Article 270 à 302),
quelques articles du code des procédures civiles et commerciales ainsi que d’autres
textes (Code foncier, lois spécifiques). Toutefois, les règles du C.D.R constituent la
source principale et fondamentale.

- Quelle que soit la forme de l’hypothèque, elle est définie comme un droit réel
immobilier. Ce caractère peut se vérifier à travers les aspects suivants :

 L’hypothèque est considérée par les dispositions de l’article 12 du CDR


comme un droit réel immobilier.

118
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

 L’hypothèque est opposable à l’égard de tous, au point que le créancier peut


poursuivre le bien hypothèqué en quelques mains qu’il se trouve, lui conférant ainsi
un droit de suite outre le droit de préférence. (Article 270 CDR)
- L’hypothèque a ensuite un caractère accessoire : elle suppose une créance à garantir
et suit son sort. (LEGEAIS, 2002, p.239)

En conséquence :

 L’hypothèque ne peut naître sans créance à garantir ;


Il n’est donc pas possible de constituer valablement une hypothèque sans une
créance à garantir, de même la nullité de la créance garantie entraîne la nullité de
l’hypothèque. Cependant, cette règle est atténuée par le fait que la créance peut
être conditionnelle ou même éventuelle (Article 206 CDR) auquel cas
l’hypothèque est affectée de la même modalité. Ainsi, l’hypothèque est
immédiatement valable et peut donc être immédiatement inscrite.
Par exemple, une hypothèque constituée et publiée pour garantir une ouverture de
crédit ne dépend jamais de l’utilisation35 du montant emprunté.
 La transmission de la créance garantie entraîne celle de l’hypothèque : il est
ainsi même en cas de cession de créance ou de subrogation 36, les garanties de la
créance sont transférées de façon systématique.
 L’hypothèque s’éteint avec le paiement et plus généralement chaque fois que la
créance garantie est honorée. Mais l’inverse n’est pas toujours vrai.

1-3- Règles de prise en compte des hypothèques 

Les hypothèques consenties au profit de la société de leasing et particulièrement celles


se rapportant aux actifs définitivement classés, sont à valider exhaustivement.
Les deux étapes d’investigations de la démarche à suivre pour la prise en compte
d’une hypothèque se résument comme suit :

1-3-1- Vérification des conditions de validité de l’hypothèque 

Sur le plan pratique, les difficultés rencontrées pour assurer la validité et l’opposabilité
de l’hypothèque à l’égard des tiers, résident dans l’accomplissement et la finalisation des
formalités juridiques et administratives.

35
Le montant de l’emprunt contacté peut être débloque par tranche, le terme utilisation signifie la partie débloqué.
36
La pratique de quelques établissements de crédit est de céder des créances compromise aux sociétés de recouvrement.

119
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Cette situation résulte principalement de la diversité du patrimoine foncier en Tunisie


et de l’organisation souvent approximative des directions juridiques des établissements de
crédit37 de la place. (Ben Ahmed, 2005, p.70)

1-3-1-1 : Vérifier l’existence de certificat de propriété indiquant les hypothèques


grevant le bien

La circulaire de la BCT n°91-24 indique dans son article 10 que la validité de ce type
de garantie n’est assurée que lorsque l’hypothèque est dûment enregistrée.

Est-ce que le terme « dûment enregistrée » donne le sens cherché par les autorités qui
ont rédigé les articles de la circulaire précitée ?

Ainsi, les biens objet de titres fonciers sont des biens immeubles immatriculés sur les
registres de la conservation de la propriété foncière (CPF), et par conséquent, sont identifiés
par leur superficie, leur emplacement, leur statut juridique, leur propriétaire ainsi que les
droits, les charges et les servitudes qui les grèvent.

L’opposabilité de la constitution d’hypothèque aux tiers est subordonnée à son


inscription à la conservation de la propriété foncière38.

Aussi, l’article 275 al 2 du C.D.R pose le principe de spécialité de l’hypothèque


conventionnelle ″ L’immeuble sur lequel l’hypothèque est consentie ainsi que le montant de
la créance doivent être déterminées dans l’acte ″. Ce principe spécifie l’assiette et la créance :
- Quant à l’assiette : la validité de l’hypothèque conventionnelle et subordonnée à
précision de la nature et de la situation de chacun des immeubles hypothèqués.
- quant à la créance : l’hypothèque conventionnelle n’est valable que lorsque le
montant de la créance est déterminé dans l’acte de constitution.
Le recours à la pratique quant à la constitution des dossiers juridiques des biens
hypothèqués, la société de leasing procède à :
 collecter les certificats de propriété émis par la CPF qui comportent la
matricule, la superficie, l’emplacement, les propriétaires et les charges détaillées
par rang grevant le titre foncier.

37
Les formalités à accomplir par les banques pour assurer la validité et l’opposabilité des hypothèques sont identiques pour
tous les établissements de crédit (banque, société de leasing, société de factoring)
38
Conformément à l’article 277 du C.D.R : l’hypothèque sur les titres fonciers est valable et prend rang à la date de son
inscription au registre de la conservation de la propriété foncière, sans égard aux époques successives de la délivrance des
fonds.

120
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

 établir le contrat de location-financement comportant la clause de


l’hypothèque.

 établir un contrat d’hypothèque qui fait référence à la créance contenue dans le


contrat de location-financement.

 enfin, solliciter auprès de la CPF, un certificat de propriété attestant la


transcription de la charge d’hypothèque sur le titre foncier. Ce qui justifie la
validité et l’opposabilité du privilège à l’égard des créanciers chirographaires.

Auparavant, la pratique se base sur la demande d’un certificat d’inscription 39qui n’est
qu’un document transitoire précédant l’obtention d’un certificat de propriété. Ce document
n’est plus servi par les services compétents de la CPF.
Ainsi, il nous paraît clairement que le terme ″ hypothèque dûment enregistrée″  n’est
pas approprié, et doit être modifié afin de s’assurer que la prise en compte des hypothèques
sur les titres fonciers ne peut se faire qu’après leur inscription à la CPF, et ce en fonction du
rang attribué et des charges grevant le titre.
La pratique de la Banque Centrale ne permet de retenir une hypothèque sur un titre
foncier que si elle est inscrite à la CPF. (Ben Ahmed, 2005, p.70)
De même, l’existence d’un certificat d’inscription dans le dossier juridique justifiant
l’inscription de l’hypothèque à la CPF n’est pas suffisante.
Ces certificats, à l’inverse des titres des propriétés, ne permettent pas de déterminer le
rang de cette inscription.
Dans ce cas, l’évaluateur n’à aucune assurance quant au rang de l’hypothèque ce qui
pose des difficultés pour la détermination de la valeur de la garantie, par mesure de prudence
toute valeur attribuée présente une surestimation à redresser.
Le jugement de l’évaluateur peut lui permettre d’adopter une attitude moins rigide qui
se résume ainsi 40 :

Puisque l’hypothèque est inscrite, elle est valablement constituée et opposable aux
tiers. Au pire des cas, la société de leasing aura le dernier rang.
Il y a lieu donc de :

39
Le certificat d’inscription ne comporte pas le détail des hypothèques grèvent le titre foncier. Seule l’inscription, objet de la
demande, est mentionnée.
40
Cette position est pratiqué par plusieurs établissements de crédits, les professionnels intervenants (C.A.C) pour l’audit de
ces entités adoptent des positions différentes dont leur fondements est argumenté, ce qui permet de les accepter tous.

121
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

- Déterminer, par déduction, à partir de la centrale de risques, l’engagement du client


au niveau du secteur financier.

- déduire de la valeur du bien hypothèqué, l’ensemble des engagements du secteur


autres que ceux de la société de leasing : le résultat correspond à la valeur de la
garantie à retenir.
Une autre hypothèse est à prévoir, à savoir le cas des titres fonciers hypothéqués au
profit d’autres établissements de crédit.
L’évaluateur ne doit vérifier le rang de la société de leasing que sur la base d’un
certificat de propriété41.
Généralement, le bailleur exige une hypothèque sur un bien permettant d’avoir le
premier rang sur le certificat de propriété.
Ce principe a des dérogations surtout lorsque le client est bien coté pour les dirigeants
de la société de leasing. Dans ce cas, le bailleur peut accepter un rang autre que le premier.
Le professionnel évalue sous sa responsabilité la valeur allouée à cette hypothèque en
se référant à plusieurs sources d’informations à savoir :

 le total des engagements du client sur la centrale des risques ;

 le rang réel du bailleur reconstitué après redressement des engagements atténués par des
actes de mains levés non présentés au CPF.

L’évaluateur tirailla son jugement pour valider ou redresser la valeur de l’hypothèque.

1-3-1-2-Vérification de l’existence d’un titre arabe comportant l’inscription de


l’hypothèque
L’évaluateur peut se trouver devant des relations dont les engagements sont garantis
par des hypothèques sur des biens immeubles non immatriculés42.
En pratique, les hypothèques sur les biens non immatriculés, collectées par les
établissements en couverture des engagements octroyés à la clientèle, sont en général mise en
place conformément à l’article précité et sont aussi prises en compte lors de la détermination
des provisions.

41
Parfois l’examen des contrats d’hypothèques et les certificats de propriété peuvent présenter des rangs différents.
42
Les hypothèques conférées sur des biens immeubles non immatriculés, sont régies par l’article 279 du CDR qui prévoit
que : « l’inscription sur les registres de la conversation de la propriété foncière est remplacée par la mention de l’hypothèque
sur le titre de propriété, portée par deux notaires »

122
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Cependant, la mention de l’hypothèque peut se faire soit par deux notaires, soit sur un
acte séparé du contrat d’achat. Cette dernière modalité n’est pas acceptée par la Banque
Centrale de Tunisie aux motifs que cette hypothèque n’est pas inscrite conformément à la
réglementation en vigueur et que le propriétaire risque de vendre le bien hypothèque, sans
communiquer à l’acheteur l’acte de l’hypothèque annexé au contrat de vente.

De ce fait, il devient difficile à qui de droit, de mettre en œuvre le droit de suite


instauré par les articles 280 à 289 du CDR.

Cette position de la BCT nous semble fondée. (Ben Ahmed, 2005, p.78)

1-3-2- Evaluation de l’hypothèque

Lors de l’évaluation de ce type de garantie comme moyen de couverture de risque des


engagements clients, l’évaluateur doit satisfaire aux conditions de validité de l’hypothèque
qui permettent son opposabilité aux autres tiers.

L’accomplissement des diligences relatives à la validité de l’hypothèque n’est qu’un


préalable pour entamer la tâche la plus délicate de validation des montants de garanties à
déduire des engagements bruts des clients.

Donc, l’importance de cette phase réside dans la détermination de la somme que la


société de leasing peut récupérer en cas de cession du bien hypothéqué revenant au débiteur.

En pratique, et dans le cadre des missions d’audit légal, le commissaire aux comptes
exige aux établissements de crédit de fournir des expertises externes ou des évaluations
internes.

Les arguments soutenant cette pratique sont relatifs aux manquements de compétences
particulières en matière d’évaluation des bien immeubles et aux coûts très élevés pour
l’engagement de spécialistes pour évaluer les biens en question.

Pour le contexte des sociétés de leasing, le nombre de l’hypothèque est largement


moins élevé par rapport aux banques.

Ainsi, la désignation d’un ou plusieurs professionnels indépendants nous semble


nécessaire, afin de garantir aux mieux la fiabilité des valeurs attribuées à chaque bien.

L’exhaustivité est toujours recherchée pour maximiser la fiabilité des valeurs


attribuées aux biens hypothéqués.

123
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Si l’exhaustivité est écartée pour des raisons pratiques, un échantillon représentatif est
à définir, l’évaluateur fixe un seuil au delà duquel des expertises sont exigées. Ce seuil dépend
de l’importance de l’engagement du bailleur.

L’évaluateur essaie de couvrir en premier lieu les garanties attachées à des


engagements classés, fourni par les travaux de classification préliminaire.

Avant d’achever la mission d’évaluation, le professionnel intervenant peut procéder au


reclassement de plusieurs engagements d’un actif courant à un actif classé d’où la nécessité
d’étendre l’échantillon pour couvrir les hypothèques sur créances reclassées.

Cela ne peut pas être systématique, car l’évaluateur doit comparer l’avantage de
procéder à une expertise externe et l’incidence de la valeur de l’hypothèque sur la valeur de
l’engagement, et le montant des honoraires à supporter sont les critères permettant la sélection
de l’échantillon.

Ainsi, lorsque les autres éléments de couvertures de risques parviennent à couvrir les
engagements à provisionner, l’expertise indépendante du bien hypothéqué devienne inutile.

Par contre, et pour les relations à risque, l’évaluateur doit exiger au professionnel
externe de motiver au maximum son rapport d’évaluation. Ainsi, sa lecture doit nous fournir
un niveau élevé de confiance quant à la valeur attribuée au bien évalué, et qui présente une
meilleure documentation à cette valorisation.

Cette documentation sert de support lors des réunions de travail avec le commissaire
aux apports (Article 417 du CSC), les organes de direction et évidemment avec les services
de la Banque Centrale de Tunisie qui veillent au déroulement des travaux d’évaluation à
travers des réunions périodiques avec l’évaluateur.

Ce dernier peut se référer ensuite aux rapports d’expertise externe fournis par le
service juridique de la société de leasing, comme moyen de recoupement.

Les données fournies par le service juridique permettent au professionnel d’avoir une
assurance suffisante quant à la crédibilité des évaluations effectuées en interne et de procéder
par conséquent à quelques tests de vraisemblance pour les relations se trouvant hors
l’échantillon choisi.

L’évaluateur qui se trouve dans un contexte où les expertises sont réalisées en grand
nombre par le même expert, ce qui risquerait de créer un lien de dépendance de fait, et dans
l’obligation d’intensifier les tests de vraisemblance.

124
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Ces tests de vraisemblance peuvent constituer à :

- Vérifier que les rapports d’expertise comportent un minimum de détails tel que la
date de l’expertise, la méthodologie, les hypothèses, les critères d’évaluation,
l’emplacement du bien, les superficies couvertes, l’état général, la vétusté…

- Comparer les prix d’un mettre carré du terrain par rapport au standard connu et par
rapport à des évaluations de biens semblables réalisés par d’autres experts.

- Comparer le prix d’un mètre carré construit en charpentes ou en dur par rapport aux
standards connus.

Ces tests de vraisemblances peuvent amener l’évaluateur, en cas de constatation


d’incohérence, à procéder à des décotes prudentes à la valeur d’expertise ou même rejeter le
rapport de l’expert.

Le professionnel peut se trouver devant des rapports qui sont motivés mais dont la date
d’expertise est ancienne.

Dans ce cas, il est souhaitable d’éviter le rejet de l’évaluation et d’opérer des


actualisations basées sur des critères objectifs est prudente afin de ne pas biaiser les résultats
de travaux.

L’objectif n’étant pas de dégager le maximum de provision requise mais plutôt de


déterminer d’une manière prudente, la provision nécessaire pour couvrir les risques encourus.
(Ben Ahmed, 2005, p.102)

Cette position est parfois contestée par des professionnels qui recommandent à la
société de leasing de procéder à une nouvelle expertise pour avoir des données plus récente et
une valeur plus proche de la réalité à la date du déroulement de la mission d’évaluation.

Cette position est défendable, surtout que la mutation environnementale est très rapide
pour les biens immobiliers, surtout dans les zones urbaines à proximité des centres de villes.

1-2-3- Investigations supplémentaires

Ces investigations visent principalement à apprécier la possibilité effective de


liquidation de l’hypothèque sur le marché au prix d’évaluation retenue. Ces investigations
découlent des dispositions de l’article 10 de la circulaire de la BCT n°91-24.

Pour ce faire, l’évaluateur peut poursuivre la démarche suivante :

125
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

- En premier lieu, l’évaluateur peut exploiter la base de données stockés au niveau du


service juridique (généralement, tout un module sur le logiciel d’exploitation est
consacré au suivi des actions en justice pour le recouvrement des créances).

Le rôle de l’évaluateur est de répertorier toutes les actions en justice portant sur la
réalisation d’hypothèque.

- En deuxième lieu, l’examen de la démarche suivie par le service juridique en


coopération avec l’avocat de la société pour exécuter les jugements obtenus, peut
nous permettre de déduire le sort de ces actions et relever tout indicateur mettant en
doute la possibilité de réalisation de l’hypothèque et par conséquence la valeur de
l’évaluation précédemment retenue.
Sur le plan pratique, le bailleur cherche à obtenir rapidement un jugement pour la
saisie exécution43du bien hypothéqué. La question qui se pose : comment se déroule cette
possibilité juridique ?
La saisie exécution est la dernière phase de la procédure de recouvrement des
créances. Elle consiste à mettre en vente les biens du débiteur saisis. Elle se fait,
généralement, aux enchères publiques qui présentent la pratique générale et la plus fiable.

Finalement, l’évaluateur doit ajuster la valeur de l’hypothèque à concurrence de la part


de la société de leasing dans les produits nets attendus de l’exécution de la saisie.

Ainsi, et dans le cadre de ses investigations supplémentaires, l’évaluateur essaie de


confirmer tout indicateur qui remet en doute la possibilité de liquidation du bien, 44 dans ce cas
l’évaluateur peut renoncer de façon catégorique à la prise en compte de l’hypothèque.

Paragraphe 2 : Valeur du matériel 

2-1- Notion de la valeur du matériel 

Les sociétés de leasing financent l’acquisition d’un bien mobilier ou immobilier au


profit du client. Ce bien, et en vertu du contrat de leasing, reste durant la période contractuelle
de location à la propriété de la société de leasing.

43
La saisie exécution est régie par les articles 390 à 474 du code de procédure civile et commerciale.
44
En maintes reprises, la société de leasing obtient un jugement pour la réalisation d’un bien mais la vente reste impossible
pendant une longue période malgré les efforts déployés.

126
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

A partir de ce qui précède, on conclut que le bien génère toujours des flux futurs
même en cas d’insolvabilité du débiteur. La récupération du bien et sa cession à n’importe
quelle date permet des rentrées de fonds à la société de leasing.

Partons de cette réalité juridique, une pratique courante 45 s’est propagée dans le secteur
de leasing pour tenir compte de la valeur des flux futurs générés par le matériel loué. Ce
matériel présente en soi une couverture de risque qui peut être déductible de l’engagement
brut du client.

La mise en œuvre de cette pratique consiste à l’application d’une décote forfaitaire sur
la valeur du bien loué (financé), déterminée par référence à sa nature.

La typologie suggérée pour déterminer la nature des biens, n’est pas la même que celle
prévue par l’article 1er de la loi 94-89, qui énumère les biens mobiliers ou immobiliers.

Alors que la typologie pratique retenue pour l’application de cette décote est :
- 20% par an
d’âge pour le matériel roulant.
- 40% par an
d’âge pour le matériel spécifique.
- 5% par an
d’âge pour les biens immobilières.

Ainsi, pour chaque catégorie le professionnel 46 doit juger la meilleure combinaison à


allouer (l’usage de la Banque Centrale de Tunisie reste la seule référence régissant ce type de
garantie ainsi que la détermination de la combinaison de chaque groupe).

Des terminologies utilisées par les praticiens comme les notions de matériel roulant et
matériel spécifique, restent vagues et leurs clarifications nécessitent de répondre à deux
questions :

- Quels sont les


biens à considérer comme matériel roulant ou standard ?

- et ceux
comme matériel spécifique ?
45
Cette pratique ne trouve aucun fondement juridique qui l’appui et ce pour l’absence d’un circulaire régissant ce volet.
46
Le professionnel à la liberté de choisir de se référer ou écarter cette pratique, aussi son jugement peut le mener à modifier
la composition de chaque catégorie.

127
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Pour répondre, il faut se référer à l’usage des sociétés de leasing 47. En fait, le matériel
roulant englobe tous les moyens de transport (voiture de tourisme, camionnette pick-up,
voiture utilitaire, tracteur, camion y compris les bennes, les bus…), le matériel de bâtiments et
de travaux publics (chargeuse, pelle excavatrice sur chenille, brise rochet, bétonnière
hydrostatique…) et le matériel de manutention (chariot élévateur, grue portique…).

La composition du matériel spécifique est très large puisqu’elle couvre tous les
domaines d’où et par élimination on peut dire que, tout matériel non inclut dans la catégorie
du matériel roulant sera considéré comme matériel spécifique dont on peut énumérer quelques
exemples (unité d’injection de plastique, densificateur avec accessoires, matériels de
confection, matériels de climatisation…).

2-2- Règles de prise en compte 

2-2-1- Validation de la valeur de garantie 

Les travaux de validation des valeurs retenues, au niveau du tableau des engagements,
à ce type de garantie commence par la définition d’un échantillon 48 représentatif de relations
(la même relation peut conclure plusieurs contrats d’où la possibilité de possession de
plusieurs types de matériel), afin de vérifier la conformité des taux de décote saisis ou
programmés sur le logiciel d’exploitation de la société de leasing aux taux d’usage.
Ainsi, des corrections sont à apporter pour les contrats dont les taux de décote sont
différents de 5%, 20% ou 40%49 .

De toute façon, il faut corriger les taux qui ne correspondent pas à la catégorie, ce type
d’erreur peut engendrer des écarts significatifs quant aux valeurs des éléments de couvertures
de risque et simultanément sur le montant des provisions requises.

Parfois, des contestations peuvent surgir entre le service engagement et l’évaluateur


quant à la catégorie du matériel.

47
Cette classification a été approuvée par les organes décideurs de T.L et Amen Lease lors des travaux d’évaluation.
48
La vérification de l’exhaustivité de la valeur matériel ne pose aucune difficulté pratique puisque l’utilisation des logiciels
bureautique (Excel ou Access) facilité ce travail.
49
Cette sécurité doit être prévu lors du paramétrage du logiciel afin de réduire au maximum la marge d’erreur.

128
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

D’après des données pratiques d’une société de leasing qui a consacré une bonne
partie de ses financements au secteur du textile, le service engagements a considéré le
matériel loué comme étant un matériel standard50 d’où l’application d’une décote de 20%51.

L’évaluateur n’a pas partagé la même position du service engagement et il a considéré


ce matériel comme spécifique d’où la nécessite d’appliquer une décote de 40%.

Cette position a été par la suite confirmée par les services de la B.C.T, d’où
l’accroissement de la valeur des provisions nécessaires pour ses relations.

D’autres diligences sont à planifier afin de valider la base locative et la date du


commencement de la décote (cette date est généralement la date de mise en force du contrat).

Ainsi, l’évaluateur peut se contenter d’un échantillon de relations qui coïncide de


préférence à l’échantillon sélectionné pour les travaux de classification.

Ainsi, et afin de valider les bases locatives et la date de calcul de la décote,


l’évaluateur peut préparer des fiches de valorisation du matériel par relation et par contrat.

Afin de maximiser la fiabilité des données inscrites sur les fiches de valorisation, il est
impérativement recommandé de se référer aux dossiers de réalisation des relations
sélectionnées.

Le souci du professionnel est de vérifier la réalité du financement et la validation de la


valeur d’origine définie sur la base d’exploitation. Pour confirmer ses données, l’évaluateur
peut se référer aux pièces justificatives notamment :

- Pour le matériel standard : la facture fournisseur ainsi que la carte grise permettons
de s’assurer du montant de l’investissement et de la date de livraison du bien au
preneur.
- Pour le matériel spécifique : la facture, le bon de livraison ainsi que le procès verbal
de la livraison du bien, signé conjointement permettant de déterminer la base
locative ainsi que la date de livraison.

Il est à préciser que la date retenue pour le calcul de la décote est la date de facturation
ou de la réception du bon de livraison.

Généralement, cette date est très proche de la date de mise en force retenue pour le
calcul des décotes.
50
Cette notion est utilisée par la majorité des sociétés de leasing au lieu du matériel roulant.
51
La BCT a accepté pour longtemps de considérer le matériel de confection comme standard mais à partir de l’exercice
2004, ce type de matériel est classé comme matériel spécifique (la conjoncture économique l’à exigé).

129
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

L’évaluateur peut retenir la date de mise en force comme point de départ, si les deux
dates sont proches, et ce afin d’éviter les écarts entre les valeurs retenues par le bailleur et
l’évaluateur.

Dans ce cadre, l’attention du professionnel doit être focalisée davantage, lors des
travaux de validation des valeurs retenues, sur le matériel spécifique et précisément les
dossiers d’importation.

L’examen des dossiers d’importation a soulevé toujours des écarts significatifs entre la
date de mise en force et la date des factures ou des quittances de dédouanement. L’incidence
de ce décalage consiste à la surévaluation de la garantie.

Pour les biens immobiliers, le travail de l’évaluateur sera défalqué en deux sous
groupes à savoir :

- Les contrats immobiliers ordinaires (tels que les locaux professionnels à usage de
bureaux, commerciale…) ; et

- les contrats de bail à construction : ce type d’opération se résume au financement des


travaux de construction d’un immeuble (siège sociale, usine…) sur le terrain apporté
par le preneur.

La validation de la base locative et la date de mise en force pour les contrats


immobiliers dépend de la vérification du :

- contrat de vente conclu entre la société de leasing et le vendeur en cas d’opération de


« lease back ».

- procès verbal de remise des clés signé par le preneur prouvant la date de réception de
l’immeuble.

Ces diligences ne peuvent pas être les mêmes pour les contrats de bail à construction 52,
la validation de la valeur et la réalité de ce type de contrat dépend de ses termes mais une
expertise indépendante permet de confirmer la réalité et la finalisation des travaux de
construction ainsi que la cohérence entre la valeur du financement et la valeur réelle de la
construction.

2-2-2- Retraitement de la valeur du matériel sur opérations spécifiques 

52
Ce type de contrat est toujours conjuguer avec un contrat d’hypothèque sur le terrain et la construction à édifier.

130
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

La société de leasing peut accorder des faveurs à quelques relations, sous forme
d’accords pour aménager les termes du contrat initial afin de faciliter de remédier aux
difficultés financières du client.

Les opérations de rééchelonnement, consolidation ou lease back, ont une incidence


majeure sur la base locative initiale ainsi que sur la date de mise en force.

Conséquemment, l’évaluateur vérifie que le système retient, pour ses opérations, la


date de mise en force et la base locative du contrat initial.

Toutefois, le risque pratique émanant de ces opérations est de retenir la date et la base
locative de l’avenant au contrat initial. Ce nouveau contrat porte des nouvelles dispositions
relatives à cet arrangement.

Ainsi, l’évaluateur doit se référer aux dossiers de réalisation initiaux pour vérifier la
base locative d’origine et la date de mise en force avant l’accord de rééchelonnement ou de
consolidation.

Pour les cas de relocation53, la consultation du dossier de réalisation du client défaillant


parait nécessaire pour reconstituer la base locative d’origine et la date de la facture
fournisseur comme date de départ pour le calcul de la décote.

Le retraitement de la valeur du matériel sur opérations spécifiques permet d’anéantir


le risque de gonflement de la rubrique des garanties.

Enfin, une autre pratique des sociétés de leasing, consiste à l’achat du matériel auprès
du preneur dans l’objectif d’une reprise de jouissance par ce dernier sous forme d’un contrat
de lease back.

Dans ce cas, l’évaluateur doit accomplir deux diligences :

- En premier lieu, il exige un rapport d’expertise externe permettant l’évaluation des


biens achetés et servant comme base locative (en maintes reprises, la valeur de
l’expertise est largement supérieur au valeur de financement, mais par prudence la
base de calcul de la décote reste toujours la nouvelle base de financement).

Ce rapport doit être motivé et inclure toutes les pièces justificatives (factures,
contrats…) d’achat du matériel faisant l’objet d’opération de lease back.

- En deuxième lieu, choisir la date génératrice de la décote en se référant à ces pièces


(une date moyenne pour les grandes valeurs parait tolérable).
53
Suite à la récupération d’un bien d’un client défaillant, le bailleur peut opter à une deuxième location pour un tiers.

131
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

2-2-3- Investigations supplémentaires 

La valeur du matériel ne peut être retenue comme élément de couverture de risque que
dans la mesure où il y a une forte probabilité que le matériel loué peut engendrer des rentrées
de fonds, pour la société, en cas de vente.

Il s’ensuit que, la valeur de la garantie n’est retenue qu’après la vérification de tous les
indices remettant en cause la possibilité de récupérer le bien ou sa liquidation pour une valeur
proche de celle inscrite sur l’état des engagements.

Nous considérons que ces indices peuvent altérer d’une façon significative le bien
fondé de la prise en compte de la valeur du matériel en tant qu’élément de couverture :

- La valeur du matériel, objet d’un jugement de récupération datant de plus de six


mois et qui se trouve dans l’impossibilité d’être récupéré par les voies d’exécution
judiciaires, doit être déduite de la case de garantie.

- Le matériel, bien que récupéré et disponible à la vente depuis six mois et qui ne peut
être vendu ou que la vente ne peut être réalisée que moyennant un bas prix qui ne
coïncide pas avec la valeur théorique du matériel telle que déterminée par
l’application des décotes susvisées. (dans ce cas, un rapport d’expertise peut
permettre de définir la valeur de ce matériel).

- Dans le cas d’un immeuble récupéré et si la procédure d’exécution est en cours, la


valeur retenue ne peut excéder la valeur d’évaluation telle que déterminée d’après le
rapport de l’expert indépendant, s’il en existe, ou à défaut par référence au rapport
d’évaluation des immeubles par zone géographique (expertise récente pour les biens
se rapportant à des actifs classés).

Toutes ces informations sont en pratique disponibles dans les états suivants54 :

- Etat des actions de récupération dont le sort est négatif ;

- Etat des actions de récupération dont le sort est positif et appuyé par un jugement
remontant à plus de six mois et dont l’exécution est encore en cours (matériel non
récupéré, ou matériel récupéré non vendu).

Pour conclure, le professionnel intervenant peut engager toute investigation


complémentaire avant de tenir compte de la valeur du matériel.

54
La nomination de ses états peut varier d’une compagnie à un autre mais le contenu est presque le même.

132
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

L’exclusion partielle ou totale de cette rubrique de garantie peut être fondée si le


professionnel juge nécessaire de la prévoir.

En d’autres termes, La pratique a montrée que l’annulation de la valeur d’un matériel


est une alternative défendable lorsque les conditions suivantes sont réunies :

- Le matériel spécifique présente des caractéristiques techniques spécifiques au


preneur ;

- Aucun marché n’existe pour la liquidation du matériel en cas de récupération du


bien.

Paragraphe 3- Autres garanties

Les autres types de garanties sont nombreux, mais la fréquence de leur utilisation dans
la pratique reste faible par rapport à l’importance de la rubrique « hypothèque ».
3-1- Les dépôts de garanties55 
Il s’agit de fonds reçus par la société de leasing auprès de leurs clients et qui sont
affectés en garantie de leurs engagements.
La validation de ces montants est très simple car l’évaluateur ne vérifie que les pièces
justificatives pour tenir compte de ces fonds parmi les garanties déductibles des engagements.
3-2- Les garanties reçues des banques 
Il s’agit de garanties accordées par les banques pour leurs clients qui vont se procurer
une opération de leasing et ce afin de faciliter l’acceptation du dossier.
Généralement, ce type de caution est avancé au client lorsque la société de leasing est
filiale de la banque ou la participation de cette dernière au capital est importante.
De même, ce type de garantie est vérifiable par simple consultation des pièces
justificatives. Une attention particulière est accordée pour vérifier la date de validité de la
caution.
3-3- Les actifs financiers 
Les dépôts d’actifs financiers, tels que les obligations, actions, titres participatifs
etc. …, sont reçus de la clientèle pour garantir le remboursement des concours accordés56.

55
En pratique, l’avancement de fonds à la société de leasing fournit une assurance supplémentaire quant à la solvabilité du
preneur et qui permet une meilleure négociation du taux d’intérêt.
56
Annexe à la circulaire aux banques établissement financiers n°93-08 du 30 juillet 1993 commentaires relatifs à
l’établissement de la situation mensuelle comptable.

133
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Il en découle que, la notion d’actifs financiers peut couvrir des valeurs mobilières
(actions ordinaires, actions à dividendes prioritaires sans droit de vote, certificats
d’investissement, obligations…) ou encore des titres de créances négociables (billets de
trésorerie). (CHAABANE, 2003, p.141)
Les différentes catégories d’actifs financiers précitées ne sont pas toutes admises
comme garanties couvrant le risque client, ainsi les actifs financiers pris en compte sont les
titres susceptibles d’être liquidés sans que leurs valeurs soient affectées tels que les actions
SICAV qui vérifient les conditions suivantes :
- La valeur retenue correspond à la valeur liquidative globale des actions nanties à la
date de la clôture des travaux d’évaluation.
- Confirmation du nantissement à travers une attestation récente.

Pour ce faire, et vue la simplicité de validation des conditions de prise en compte,


l’évaluateur peut assurer l’exhaustivité.

Section 3 : Evaluation des provisions

Les provisions sont généralement déterminées pour chaque relation, en appliquant les
taux de provisions par classe et les risques bruts diminués de l'évaluation des garanties
détenues sur le client et de la valeur du matériel (propriété de l'établissement de leasing)57.

Ne sont considérées comme valables, aux termes des articles 6 et 10 de la circulaire


91-24, que les :

 Garanties reçues de l'Etat;


 Garanties reçues des organismes d'assurances et des banques ;
 Garanties sous formes de dépôts ou d'actifs financiers susceptibles d'être liquidés
sans que leurs valeurs soient affectées.

Par ailleurs, les biens meubles et immeubles, donnés en garantie par les emprunteurs,
ne sont considérés comme des garanties valables et par suite déductibles du calcul des
provisions que dans le cas où la société de leasing dispose des éléments suivants :

 Une hypothèque dûment enregistrée ;


 Une disponibilité des évaluations indépendantes et fréquentes;

57
Ce type de garantie reste valable quelque soit l’approche adoptée de comptabilisation des contrats de leasing.

134
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

 Une assurance sur la possibilité d'une liquidation rapide sur le marché au prix
d'évaluation.

En ce qui concerne l'évaluation du bien objet du contrat de crédit-bail, la quasi-totalité


des sociétés de leasing ; ont opté pour une évaluation forfaitaire en affectant la valeur
d'origine d'une décote déterminée en fonction du type et de l'âge du bien en question. Cette
approche a été retenue pour des considérations pratiques (nombre très important des biens
donnés en location) et économiques (coût de recours à des évaluations indépendantes et
périodiques). (MEDHIOUB, 1997, p.63)

Le montant de la provision affectée à tout actif classé est déterminé ainsi :


 Encours financiers
 Loyers et autres produits impayés.
 Montants à facturer et autres actifs

Total Bilan (A)

Engagements par signature (B)


(Principalement contrats signés, non engagés)

Total des engagements bruts (A) + (B)

 Produits réservés. (C)


 Garanties imputables sur encours (D)
 Garantie de l'Etat.
 Banques et assurances.
 Actifs financiers.
 Dépôt de garantie.

 Garanties non imputables.


 Hypothèques inscrites ayant fait l'objet d'évaluation indépendante. (E)
 Valeur des biens objets du ou des contrats.

Base de calcul des provisions A+B–C–D–E


(Risques Bruts)

135
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Les provisions requises sont déterminées de la manière suivante :


 Provisions requises : (Risques Bruts – Garanties déductibles – Agios réservés) x
taux de l'actif classé58.

L'affectation de ces provisions est effectuée à tout actif classé dont le montant est supérieur ou
égal à 50 milles Dinars ou à 0,5% des fonds propres nets.

CONCLUSION

Au cours de cette deuxième partie, nous avons proposé une méthodologie pratique
d’évaluation du tableau d’engagements d’une société de leasing. Cette démarche est requise
afin de surmonter les ambiguïtés, les insuffisances et les incohérences de la réglementation
tunisienne en matière de provisionnement, constituée principalement par les circulaires de la
Banque Centrale.
Ces ambiguïtés et insuffisances se sont traduites par des difficultés pratiques liées à
l’harmonisation des règles prudentielles, destinées aux banques, aux contextes des sociétés de
leasing ainsi qu’à la multiplication des prises de positions de la part des services de la Banque
Centrale ce qui a donné naissance à un complément officieux et non formalisé à la
réglementation en vigueur.
Les insuffisances, au niveau de la réglementation, présentées dans cette deuxième
partie ont touché :
- La Classification et le provisionnement : cette phase est quasiment réduite à une
classification mécanique des créances en fonction du critère de l’ancienneté des
impayés. Cependant, les critères qualitatifs étant d’application secondaire.
L’application mécanique de ce critère est atténuée par la prise en compte de
certaines situations particulières plus ou moins réglementées telles que les
58
20% sur les actifs de classe 2, 50% sur les actifs de classe 3 et 100% sur les actifs de classe 4.

136
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

règlements postérieurs à la date de clôture, le règlement des impayés par de


l’escompte des valeurs, le recours à des arrangements de nature à effacer les
impayés d’une relation…
- Les Garanties : les dispositions des circulaires de la BCT sont très peu développées
en matière de prise en compte des garanties. Ainsi, une véritable pratique officieuse
et non formalisée a été instaurée et appliquée de manières très différentes d’un
établissement de crédit à un autre.
Ainsi, les méthodes d’évaluation des garanties diffèrent sensiblement au niveau des
établissements et des professionnels. Ces méthodes sont fondées sur des hypothèses
de calcul plus ou moins prudentes et aboutissent à des résultats très divergents.
Face à cette réglementation, les établissements de crédit vont se trouver prochainement
face à l’obligation de mettre en œuvre les exigences de l’accord de Bâle 2 qui aura
certainement des incidences sur le provisionnement des créances, et notamment sur le recours
au volet qualitatif lors des travaux de classification.

TROISIEME PARTIE

137
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

CAS PRATIQUE

Chapitre I : Présentation, problématique et synthèse

A travers ce cas pratique, on va présenter les aspects développés dans la précédente


partie et qui sont liés essentiellement à la démarche d’évaluation du tableau d’engagements
d’une société de leasing.

La démarche consiste à proposer une méthodologie cohérente et intelligible pour la


prise en compte des engagements du bailleur envers ses relations en vue d’aboutir à une
classification desdits engagements suivie de l’évaluation des risques encourus et de la
détermination de la provision requise.

Section I : Présentation du cas et traitement des données

Le présent cas empirique traite des dossiers de réalisation (ainsi que le dossier
juridique) d’une société de leasing (dans un contexte d’évaluation) se rapportant à des
financements accordés.

Les dossiers traités dans le cadre de cette étude ont été sélectionnés lors d’une mission
d’évaluation financière d’une des sociétés fusionnantes, tout en apportant certaines
modifications aussi bien au niveau des montants des financements qu’au niveau des autres
composantes des engagements des preneurs, dans un double objectif : de couvrir de manière

138
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

quasi exhaustive tous les cas de figure qui méritent d’être analysés et de s’éloigner des
données réelles de la société par souci de confidentialité.

A ce titre nous avons traité les cas spécifiques suivants :


1. La confirmation de la classe de risque en se basant sur les critères quantitatifs et
qualitatifs ;
2. Le retraitement des encaissements autres qu’en numéraire (escomptes d’effets) ;
3. Le retraitement d’une opération de consolidation ;
4. Incidence de la rubrique ACNM et des recommandations de la BCT sur la
classification ;
5. Les conditions de prise en compte d’une hypothèque ;
6. L’incidence du rang du bailleur sur la valeur de l’hypothèque ;
7. La valorisation d’une hypothèque, sur un bien immatriculé,  en cas de discordance entre
la valeur existante dans le contrat d’hypothèque et celle émanant d’une expertise
récente;
8. La validation de la valeur du matériel en cas de transfert de contrat ;
9. La validation de la valeur du matériel en cas de créance rééchelonnée ;
10. La validation de la valeur du matériel en cas de créance consolidée ;
11. La validation de la valeur d’un matériel spécifique ; ainsi que
12. D’autres difficultés rattachées à la validation de la valeur du matériel loué.

Paragraphe I : Revue des travaux de classification

Nous allons présenter quelques dossiers de réalisation dont les données empiriques ont
été regroupées dans des « fiches d’évaluation des engagements » conçues pour les besoins de
la mission.
Chaque dossier aura une analyse distincte permettant de :

- valider la base locative et la date de jouissance du bien par le preneur ;


- déterminer le montant total des engagements du preneur, en tenant compte des
engagements par signature ;
- confirmer ou infirmer la classe attribuée par la société de leasing en se basant sur les
critères quantitatifs et les retraitements opérés sur les opérations spécifiques ;
- déterminer les montants de facturation et de recouvrement de l’année, (en distinguant
les encaissements autres qu’en numéraire) ;

139
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

- mettre à jour la classification des relations en se basant sur les critères qualitatifs
(notation interne et externe, analyse des ratios, situation financière, ACNM…).
Ces travaux n’ont pour objectif que de refléter la situation réelle du preneur en tenant
compte de toutes les informations disponibles.

Paragraphe II : Validation des éléments de couvertures de risques

L’analyse va porter sur des dossiers de réalisations et des dossiers juridiques dont des
divergences d’appréciation de valeurs entre le bailleur et l’évaluateur sont décelés et qui
présentent une incidence sur la valeur de provisionnement global.
Ces travaux permettront de :
- valider les éléments venant en déduction des risques encours tels :
 Les garanties (dépôt de garantie, valeur du matériel, hypothèques, autres
garanties).
 Les agios réservés (ce montant est déduit normalement des engagements bruts).
- déterminer le montant des provisions affectées.

Ces données feront partie intégrante de la « fiche d’évaluation des engagements »


permettant le regroupement outre les soldes des engagements bruts par relation, les éléments
de couvertures de risques afin de déterminer par la suite le montant de la provision à affecter.

Section II : Synthèse

Comme il a été susvisé, la détermination des risques encourus par les sociétés de
leasing n’obéit pas à une méthode reconnue et préconisée par les autorités monétaires. Il
devient alors nécessaire de recourir aux normes applicables aux établissements bancaires
moyennant des ajustements et adaptations nécessaires au contexte de l’activité de leasing.

Ces alignements ont été inspirés de la pratique du secteur et de l’analyse des


opérations réalisées. Elles constituent l’œuvre que nous avons proposé pour synthétiser notre
contribution en matière d’appréciation et d’évaluation des risques dans les sociétés de leasing.

Ainsi, nous espérons que cette démarche ayant le mérite d’être un guide aux
professionnels concernés (experts comptables, commissaires aux apports, responsables des
engagements…) face à un vide réglementaire.

Elle repose sur le processus suivant :

140
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

- Une première phase qui consiste, pour chaque relation, à la détermination des
engagements bilantiels et hors bilantiels en procédant à tout retraitement nécessaire lié
au particularisme de l’activité du bailleur. Les engagements ainsi cernés feront l’objet
d’une classification préliminaire, reposant sur l’antériorité des créances telles qu’elles
relèvent de la balance par âge.
- Une deuxième étape de classification basée sur les critères qualitatifs.

Sur la base de ce qui précède, les données traitées du cas présenté seront développées
dans les paragraphes qui suivent.

Chapitre II : Données générales du cas

Les dossiers sélectionnés pour la démarche d’évaluation sont répartis en deux lots distincts :
- Un premier lot de relations retenu pour l’appréciation des travaux de classification des
actifs du bailleur (selon différents critères).
- Et un deuxième lot de dossiers sélectionnés afin de mieux présenter la démarche de
validation des valeurs et les conditions de validité des éléments de couverture de
risques (hypothèques, valeur de matériel…).
Les données de chaque relation seront présentées dans des « fiches d’évaluation des
engagements » permettant comme finalité de déterminer la provision requise.

Section I : Appréciation de la classification des actifs

L’appréciation des travaux de classification se base sur deux axes :

- La présentation des engagements bruts et des éléments de couverture de risque


dans les fiches d’évaluation est voulue être en conformité avec la conception
prévue par la circulaire 91 - 24 tout en adoptant le contenu des rubriques au
contexte des sociétés de leasing.

141
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

- La présentation des critères qualitatifs tels que les données et les indicateurs
financiers, l’engagement envers le secteur financier, les notes internes et
externes…, servant pour la détermination de la classe de risque définitive.

Pour des mesures de simplification, la présentation de l’échantillon sera étalée


seulement sur deux ans.

Fiche d’évaluation n° 1 : Relation « A » 

FICHE D'EVALUATION DES ENGAGEMENTS

Nom ou Raison sociale Relation A


Secteur d'activité Commerce xxxxxxxxxx divers
Code risque XXXXXX
Code interne XXXXXX
Code groupe XXXXXX

ENGAGEMENTS ENVERS LA SOCIETE Valeurs en md


Année N-1 N N
Bailleur Evaluateur

Classe BCT Déclarée A A A


  Rectifiée A A A

Mises en force   963 1 233 1 233


Nombre de contrats mis en force   1 1 1
Nombre de contrats en cours   9 10 10

Montants investis (Cumul des MEF des contrats vivants)   3 499 4 732 4 732
Encours financier (a) 2 245 2 745 2 745

142
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Impayés (b) 10 14 14
Nombre d'échéances impayées   0 0 0
Agios réservés sur impayés (c) 0 0 0
Engagements par signature (d)   180 180

Total des engagements (a+b-c+d) 2 255 2 939 2 939

Facturation   819 1 169 1 169


Recouvrement   836 1 165 1 165
Dont autre qu'en numéraire (*)   0 0 0
(*) ET : Escompte ; LB : Lease back . CONS : Consolidation      

Dépôt de garantie (e)      


Valeur du matériel (f) 1 797 1 890 1 890
Hypothèque (g) 0 0 0
Autres garanties (h)      

Provisions sur encours financiers        


Provisions sur impayés        
Total des provisions (f) 0 0 0

ENGAGEMENTS ENVERS LE SECTEUR 3 208

Analysés ainsi : ET/T ACE C/MN A/CA


        294
  ACNM CMT CLT AV&C
  13 2 901    

SITUATION FINANCIERE DU CLIENT

Données et Indicateurs financiers

2001 2002 2003

Actifs immobilisés   7 661 10 859 12 257


Autres actifs non courants   22 23 23
Liquidités et équivalents de liquidités   409 424 799
Autres actifs courants   1 209 1 787 1 986
   
Capitaux propres   -28 552 818
Passifs non courants (consignations)   7 971 10 177 12 306
Passifs financiers courants   0 0 0
Concours bancaires   0 20 0
Autres passifs courants   1 358 2 344 1 941

143
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Chiffres d'affaires   5 843 6 979 8 723


Amortissements   702 929 1 159
Diverses charges d'exploitation   5 492 6 376 7 667
Résultat d'exploitation   -351 -326 -103
Charges financières   2 9 6
Autres   160 53 211
Résultat des activités ordinaires   -193 -282 102
Résultat net de l'exercice   -195 -284 99
         
Cash flow (Résultat net + Amortissements)   507 645 1 258
Solvabilité générale (Fonds propres / Total bilan)   -0,30% 4,22% 5,43%
Liquidité générale (Actifs courants / Passifs courants)   119,15% 93,53% 143,48%
   
Rentabilité financière (Résltat net / Capitaux propres avant résultat) -116,77% -33,97% 13,77%
Rentabilité économique (EBE (Résultat d'exploit + Amortis) / Total
3,77% 4,61% 7,01%
bilan)
   
Concours bancaires courants / Chiffre d'affaires   0,00% 0,29% 0,00%
Couverture de la dette (Cash flow / Passifs fin. et Concours banc.) 0 32,25 0

* Classification préliminaire.

Les conclusions et commentaires qu’ont peut tirer sont les suivants :

- La classe a été attribuée au preneur est la classe (A) justifiée par le solde d’impayés quasi
nul.

- La revue des rubriques de facturation et de recouvrement nous permet de confirmer la


solvabilité du client dont le compte commercial ne présente aucun incident de paiement.

- L’inexistence de tout encaissement suite à l’escompte d’effets ou l’injection de fonds après


conclusion d’un contrat de lease back.

→ Aucun retraitement du montant des impayés n’est obligatoire, ce qui confirme la classe de
risque attribuée à la relation en question.

* Confirmation ou aggravation de la classe.

L’étude des critères qualitatifs présentés en annexe du tableau d’engagements, nous


permet de tirer les conclusions suivantes :

- L’analyse de l’engagement du client envers le secteur financier, soulève ces


constatations :

144
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

 L’engagement global du preneur envers le secteur financier est inférieur à 5MD d’où,
et d’après la circulaire 91 - 24, la notation externe n’est pas obligatoire.

 La quasi-totalité de l’engagement du preneur envers le secteur financier est conclu


avec le bailleur.

 Le montant de l’ACNM est très faible, preuve de la solvabilité de la relation.

- La note interne accordée au client est excellente.

Ensuite, l’analyse de la situation financière du client et le comportement des ratios,


dégage les remarques suivantes :

- Les états financiers communiqués n’ont pas été appuyés par le rapport du commissaire
aux comptes ;

- La majorité des ratios retenus pour l’analyse sont signe de la bonne santé financière :

 Le résultat de l’exercice ainsi que le cash flow sont améliorés d’une année à l’autre.

 Le chiffre d’affaire est en croissance.

 Le ratio de liquidité générale est nettement supérieur à 1.

 Le ratio de couverture de la dette est soit nul, soit supérieur à 20%, la société ne
présente pas de concours bancaires et de passifs financiers (presque nul).

 Le ratio de rentabilité économique s’améliore et s’approche du niveau optimal soit


8%.

→ D’après l’analyse des données disponibles, l’évaluateur ne peut que confirmer la classe
« A » attribuée à la relation étudiée.

145
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Fiche d’évaluation n°2 : Relation « B » 

FICHE D'EVALUATION DES ENGAGEMENTS

Nom ou Raison sociale Relation B

Secteur d'activité Travaux Publics


Code risque XXXXXX
Code interne XXXXXX
Code groupe XXXXXX

ENGAGEMENTS ENVERS LA SOCIETE


N N
Bailleur Evaluateur
 
Classe BCT Déclarée A  
  Rectifiée   B2
 
Mises en force   1 632 1 632
Dont Arrangement, Rééchelonnement, Consolidations    
Nombre de contrats mis en force   3 3
Nombre de contrats en cours   11 11
 
Montants investis (Cumul des MEF des contrats vivants) 5 732 5 732

146
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Encours financier (a) 4 786 4 786


Impayés (b) 9 659
Nombre d'échéances impayées   0 5
Agios réservés sur impayés (c) 0 142
Engagements par signature (d) - -

Total des engagements (a+b-c-d+d) 4 795 5 303


 
Facturation   1 635 1 635
Recouvrement   1 626 1 626
Dont autre qu'en numéraire (*)   650 650
(*) ET : Escompte ; LB : Lease back . CONS : Consolidation ET ET

Dépôt de garantie (e) - -


Valeur du matériel (f) 3 310 3 310
Hypothèque (g) - -
Autres garanties (h) - -
 
Provisions sur encours financiers (a)-(f)*20% - 295
Provisions sur impayés (b)-(d)*20% - 103
Total des provisions (A)+ (B) 0 399
ENGAGEMENTS ENVERS LE SECTEUR 55 801
Analysés ainsi : ET/T ET/E ACE C/MN A/CA
  25       13 078
  ACM ACNM CMT CLT AV&C
  223 6 236 18 642   17 597

* Classification préliminaire 

La classification de cette relation comme actif courant par le bailleur, ne cache pas la
situation réelle du preneur. Ainsi, et d’après l’examen du dossier de réalisation et du compte
client, on constate que :
- Malgré que l’indice de recouvrement indique le règlement de toute facturation de
l’année, la réalité démontre qu’une partie assez importante des encaissements ne sont
pas en numéraire mais se sont des entrées de fonds suite à des effets remis à
l’escompte.
→ Le suivi du sort des effets à leurs échéances respectives montre qu’ils ont été rejetés
d’où la nécessité de retraiter le solde des impayés à un montant équivalent aux effets
escomptés.
Cela permet de reclasser évidemment la relation en « B2 ».

* Confirmation ou aggravation de la classe

147
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

- Le recours aux critères qualitatifs de classification nous permet de tirer les conclusions
suivantes :
 Absence de toute notation externe (malgré l’important du volume de
l’engagement du client envers le secteur financier qui dépasse largement les 5MD) ;
 La rubrique ACNM montre le niveau critique du preneur envers le secteur
financier (presque 12% de l’engagement total).
 Absence de toutes informations financières (ni des états financiers, ni rapport
du commissaire aux comptes).
- Ces indices contredisent la bonne note attribuée par le bailleur au preneur.

→ Les critères qualitatifs rejoignent le critère d’ancienneté d’impayés quant à la classe


attribué (B2).

Cette décision de reclassement engendre systématiquement :


- La réservation des agios relatifs aux cinq dernières échéances facturées.
- La détermination du montant de la provision requise s’il y a lieu.
Fiche d’évaluation n°3 : Relation « C » (décision de consolidation)

FICHE D'EVALUATION DES ENGAGEMENTS

Nom ou Raison sociale Relation C


Secteur d'activité commerces multiples
Code risque XXXXXX
Code interne XXXXXX
Code groupe XXXXXX

ENGAGEMENTS ENVERS LA SOCIETE


N-1 N-1 N N
Bailleur Evaluateur Bailleur Evaluateur

Classe BCT Déclarée B4   B1  


  Rectifiée   B4   B4

Mises en force   151 151 3 153 3 153


Dont Arrangement, Rééchelonnement, Consolidations       3 153 3 153
Nombre de contrats mis en force   1 1 4 4
Nombre de contrats en cours   3 3 4 4

Montants investis (Cumul des MEF des contrats vivants) 3 651 3 651 3 153 3 153
Encours financier (a) 2 666 2 666 3 039 3 039
Impayés (b) 404 404 1 1

148
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Nombre d'échéances impayées   5 5 0 0


Agios réservés sur impayés (c) 128 128 0 0
Agios réservés sur opérations de consolidation (d) - - - 162
Engagements par signature (e) - - - -

Total des engagements (a+b-c-d+e) 2 942 2 942 3 040 2 878

Facturation   782 782 344 344


Recouvrement   378 378 748 748
Dont autre qu'en numéraire (*) (f) 0 0 490 490
(*) ET : Escompte ; LB : Lease back. CONS : Consolidation     Cons (404(N-1)+86(N))

Dépôt de garantie (g) - - - -


Valeur du matériel (h) 3 048 3 048 2 398 2 398
Hypothèque (i) - - - -
Autres garanties (j) - - - -

Provisions sur encours financiers (A) (a)-(f)-(g) - - - 151


Provisions sur impayés (B) (b)-(d) - - - 329
Total des provisions (A)+ (B)       480
ENGAGEMENTS ENVERS LE SECTEUR 39 626

Analysés ainsi : ET/T ET/E ACE C/MN A/CA


           
  ACM ACNM CMT CLT AV&C
    18 535 13 001   8 051

* Présentation du dossier 

Suite aux difficultés financières chroniques dont le client souffre, divers


établissements de crédit (en concertation avec les organes de la BCT), ont décidé de
consolider les encours et les impayés de cette relation.

* Classification préliminaire

Suite à la décision de consolidation des engagements du client, le bailleur à repris la


classe déjà attribué pendant l’exercice N-1, soit la classe « B4 ».

Cette reprise est, conformément à l’article 12 de la circulaire 91-24, n’est admise que
suite à la consolidation des garanties et le respect du nouveau calendrier de remboursement.

Pour la première condition, aucune action de consolidation des garanties n’est


entamée. Alors que le suivi du nouvel échéancier nous montre clairement la persistance de

149
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

plusieurs incidents de paiements, prouvant que la situation financière du client est


irrémédiable.
→ Dans ce cas, la reprise de la classe se trouve non fondée, d’où il est fortement recommandé
de maintenir la classe « B4 ».

L’évaluateur doit reconstituer le montant des agios réservés générés par les échéances
impayées suite à l’avenant de consolidation.

* Confirmation ou aggravation de la classe 

Le recours aux critères qualitatifs par l’évaluateur ne présente aucune utilité pratique
pour confirmer sa position de classer cette relation en « B4 ».

Fiche d’évaluation n°4 : Relation D 

FICHE D'EVALUATION DES ENGAGEMENTS

Nom ou Raison sociale Relation D


Secteur d'activité Hôtellerie restauration
Code risque XXXXXX
Code interne XXXXXX
Code groupe XXXXXX

ENGAGEMENTS ENVERS LA SOCIETE


N-1 N N
Bailleur Evaluateur

Classe BCT Déclarée A B2  


  Rectifiée B1   B4
 
Mises en force   1 000    
Dont Arrangement, Rééchelonnement, Consolidations        
Nombre de contrats mis en force   2    
Nombre de contrats en cours   5 5 5
 
Montants investis (Cumul des MEF des contrats vivants)   4 000 4 000 4 000
Encours financier (a) 2 285 1 619 1 619
Impayés (b) 4 458 458
Nombre d'échéances impayées   0 5 5

150
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Agios réservés sur impayés (c) 0 89 89


Agios réservés sur opérations de consolidation (d) - - -
Engagements par signature (e) - - -
 
Total des engagements (a+b-c-d+e) 2 289 1 988 1 988
 
Facturation   1 062 1 099 1 099
Recouvrement   1 057 641 641
Dont autre qu'en numéraire (*)   255 0 0
(*) ET : Escompte ; LB : Lease back. CONS : Consolidation ET    
 
Dépôt de garantie   - - -
Valeur du matériel   3 318 3 118 3 118
Hypothèque   - - -
Autres garanties   - - -
 
Provisions sur encours financiers   - - -
Provisions sur impayés   - - -
Total des provisions (f)   - -
ENGAGEMENTS ENVERS LE SECTEUR 27 792

Analysés ainsi : ET/T ET/E ACE C/MN A/CA


           
  ACM ACNM CMT CLT AV&C
    8 866 10 447 8 476 3

SITUATION FINANCIERE DU CLIENT

Données et Indicateurs financiers

N-3 N-2 N-1

Actifs immobilisés     50610 49004


Autres actifs non courants     56 45
ABSENCE D'ETATS FINANCIERS

Liquidités et équivalents de liquidités     197 62


Autres actifs courants     2076 3054
     
Capitaux propres     21917 20809
Passifs non courants     20178 21366
Passifs financiers courants     0 0
Concours bancaires     8376 8216
Autres passifs courants     2468 1773

Chiffres d'affaires     4908 2398


Amortissements     3593 1716

151
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Diverses charges d'exploitation     774 270


Résultat d'exploitation     541 412
Charges financières     2713 1455
Autres     -4 -65
Résultat des activités ordinaires     -2176 -1108
Résultat net de l'exercice     -2178 -1108
Cash flow (Résultat net + Amortissements)        

Solvabilité générale (Fonds propres / Total bilan)     41,40% 39,89%


Liquidité générale (Actifs courants / Passifs courants)     20,96% 31,19%

Rentabilité financière (Résultat net / Capitaux propres avant résultat)   -9,04% -5,06%
Rentabilité économique (EBE (Résultat d'exploit + Amortis) / Total bilan)   7,81% 4,08%

Concours bancaires courants / Chiffre d'affaires     170,66% 342,62%


Couverture de la dette (Cash Flow / Passifs fin. et Concours banc.)   0,00% 0,00%

* Classification préliminaire 
Le bailleur a attribué la classe « B2 » à cette relation. Ce jugement se trouve fondé car
la balance d’âge des impayés indique un délai de 150j d’ancienneté (inférieur à 6 échéances).

* Confirmation ou aggravation de la classe

L’examen des données de la relation a permis à l’évaluateur de soulever les remarques


suivantes :

- Absence des états financiers de l’exercice précédent.

- L’analyse de la situation financière des deux années précédentes confirme la


dégradation de la situation de la société :

 Chiffre d’affaire en nette régression ;

 Volume important du concours bancaires ;

 Le ratio de liquidité générale est très faible ;

 La rentabilité financière est négative ;

 Dégradation accrue du ratio de rentabilité économique.

- Le volume de l’ACNM par rapport au total engagements envers le secteur est très
élevé (> 30%).

152
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

- Toutes ces informations ne facilitent pas le reclassement d’une relation de la classe B2


à la classe B4, mais cette décision n’a été prise que suite à deux autres indices :

 Lors des travaux de classification de la même relation dans deux autres


compagnies de leasing, le preneur se trouve classé en B4.

 Aussi, et lors des réunions de mi parcours avec les organes de supervision des
établissements de crédit de la BCT, le preneur figure dans la liste des clients
classés en B4.

→ D’où, l’évaluateur exige de s’aligner aux autres établissements.

Section II : Evaluation des éléments de garantie


La partie empirique relative aux éléments de couverture de risques sera consacrée aux
deux composantes les plus présentes dans le tableau d’engagement de toute société de leasing
soit les hypothèques et la valeur du matériel loué.

Paragraphe 1 : Validation de la rubrique hypothèque

L’analyse portera sur un échantillon de relations dont l’étude de leurs dossiers de


réalisation et leurs dossiers juridiques ont dégagé des divergences d’appréciation, entre le
bailleur et l’évaluateur, sur la valeur de l’hypothèque.

Dossier N°1 : Relation E


Présentation des données récapitulatives de la « fiche d’évaluation des engagements »
du preneur.
Classe de risque B4
Engagement Brut 182 000
Valeur du Matériel   0
Hypothèque (retenue par le 190 000
bailleur)
Provision requise 0

153
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Lors de l’examen du dossier de la relation E, l’évaluateur a dégagé les constatations


suivantes :

 Existence d’une expertise récente.

 Le dossier juridique ne contient ni le titre de propriété ni le titre arabe, indiquant la


valeur du dernier transfert et le rang de l’hypothèque du bailleur.

→ L’évaluateur ne peut pas admettre la déduction de la valeur de l’hypothèque et ce


malgré l’existence d’une expertise récente qui ne peut couvrir le vide juridique dû à
l’inexistence du titre de propriété ou tout document équivalent.

La situation corrigée serait la suivante :


Engagement Brut 182 000
Valeur du Matériel   0
Hypothèque (retenue par le 0
bailleur)
Provision requise 182 000

Dossier N°2 : Relation F


Présentation des données récapitulatives de la « fiche d’évaluation des engagements »
du preneur.
Classe de risque B4

Engagement Brut 1840 000


Valeur du Matériel   680 000
Hypothèque (retenue par le 1200 000
bailleur)
Provision requise 0

Lors de l’examen du dossier de réalisation et du dossier juridique de la relation F,


l’évaluateur a dégagé les constatations suivantes :

- Le bailleur a désigné un expert indépendant pour l’évaluation du bien hypothéqué,


dont la valeur retenue émanant d’un rapport motivé est de 3400.000D.

- L’extrait du registre foncier précise une hypothèque de 1er rang attribuée à une banque
de la place d’une valeur de 2200.000D.

154
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Afin de valider la valeur de l’hypothèque, l’évaluateur a désigné un expert immobilier


afin de confirmer la situation juridique du bien et la valeur de l’expertise.

Le rapport de l’expert immobilier dégage une valeur de 3110.000D.

La valeur de l’hypothèque à retenir est de 910.000 D uniquement. Cette valeur est


justifiée par le rang du bailleur (2éme) indiqué sur un registre foncier récent du bien.

Ainsi, le bailleur et en cas d’aliénation du bien hypothèqué n’a droit qu’au reliquat,
après règlement des engagements du preneur envers la banque, des entrées de fond.
La situation corrigée serait la suivante :

Engagement Brut 1840 000


Valeur du Matériel   680 000
Hypothèque 910 000
Provision requise 250 000

Dossier N°3 : Relation G

Présentation des données récapitulatives de la « fiche d’évaluation des


engagements  » du preneur.
Classe de risque B4
Contentieux
Engagement Brut 865.000
Lors de l’examen du dossier
Valeur du Matériel   167.000
de réalisation et du dossier juridique
Hypothèque (retenue par le 850 000 de la relation G, l’évaluateur a dégagé
bailleur)
Provision requise 0 les constatations suivantes :

- L’hypothèque porte sur un titre


foncier valorisé selon une expertise récente à 855.000 D, ce qui justifie le montant
retenu par le bailleur.

- Le contrat d’hypothèque a limité le montant de couverture de l’engagement en question


à 342.000 D.

→ Le bailleur ne peut prétendre à un montant supérieur au montant stipulé au contrat


d’hypothèque.

155
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

La situation corrigée serait la suivante :

Engagement Brut 865.000

Valeur du Matériel   167.000

Hypothèque 342 000

Provision requise 356 000

Paragraphe 2 : Validation de la rubrique « Valeur du matériel »

Pour déterminer la valeur du matériel, l’évaluateur a regroupé les détails du dossier de


réalisation tels que la base locative, la date d’acquisition et la nature du bien dans un état
récapitulatif nommé « Fiche de valorisation du matériel ».

Ces données comparatives (bailleur/évaluateur) sont présentées par contrat, afin de dégager
les écarts et les analyser.

Dossier N°4 : Relation H (Cas de transfert du bien)

Présentation des données récapitulatives de la « fiche d’évaluation des engagements » du


preneur.

Classe de risque B2

Engagement Brut 1 168.000


Valeur du Matériel   1 188.603
Hypothèque 0
Provision requise 0

Lors de l’examen de la fiche de valorisation du matériel de la relation « H » l’évaluateur a


dégagé la constatation suivante :

156
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

 Le bailleur se réfère à la base locative ainsi que la date de la 1 ére échéance du nouveau
contrat pour déterminer la valeur du matériel suite au transfert du bien d’un preneur à
un autre (le transfert est généralement volontaire).
→ La détermination de la valeur du matériel suite à un transfert de contrat se fait par la
reconstitution des données d’origine du contrat initial ainsi mentionnées :

Valeur d’origine du bien : 161.200


Date de la facture fournisseur : 29/01/2004
Valeur du matériel corrigée* : 34.748

*161 200- (161.200*20%*1412(Nbj)/360)
La situation corrigée serait la suivante :
Engagement Brut 1 168.000
Valeur du Matériel   1 126.934
Hypothèque 0
Provision requise (1168.000- 8.213
1126.934)*20%

157
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Dossier N°5 : Relation I (Cas de créance rééchelonnée)

Présentation des données récapitulatives de la « fiche d’évaluation des engagements » du


preneur.
Classe de risque B4

Engagement Brut 71.790


Valeur du Matériel (sur la base de 73 471*
l’avenant de rééchelonnement)  
Hypothèque 0
Provision requise 0
* 180 174-(180.174*20%*1066/360)

Lors de l’examen de la fiche de valorisation du matériel de la relation « I », l’évaluateur a


dégagé la constatation suivante :
Le bailleur se réfère, pour déterminer la valeur du matériel, à la base locative ainsi qu’à la
date de la 1ére échéance de l’avenant pour rééchelonnement du contrat initial.
→ L’évaluateur a révisé la valeur du matériel en se référant aux données du contrat initial
avant la décision de rééchelonnement.

La situation corrigée serait la suivante :

158
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Engagement Brut 71.790


Valeur du Matériel   52.773*
Hypothèque 0
Provision requise (1168.000- 19.017
1126.934)*20%
* 204 724-(204.724*20%*1336/360)

159
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Dossier N°6 : Relation J (Cas de créance consolidée)

Présentation des données récapitulatives de la « fiche d’évaluation des engagements » du


preneur.
Classe de risque B2

Engagement Brut 460.480


Valeur du Matériel (sur la base de 484.819*
l’avenant de consolidation)  
Hypothèque 0
Provision requise 0
* 543.722 - (543.722*5%*780(Nbj)/360)

Lors de l’examen de la fiche de valorisation du matériel de la relation « J » (Annexe3)


l’évaluateur a dégagé la constatation suivante :
Le bailleur se réfère, pour déterminer la valeur du matériel, à la nouvelle base locative ainsi
qu’à la date de la 1ére échéance de l’avenant pour consolidation de l‘encours et des impayés.
L’évaluateur a révisé la valeur du matériel en se référant aux données du contrat initial avant
la décision de consolidation soit :
- La valeur de l’immeuble indiquée sur le contrat de vente conclu entre le propriétaire et
le bailleur (610 000D).

160
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

- La date à retenir pour le calcul de la décote est celle du procès verbal de remise de clé
signé par le preneur (le 1er octobre 2001).

La situation corrigée serait la suivante :


Engagement Brut 460.480
Valeur du Matériel (sur la base 419.375*
de l’avenant de consolidation)  
Hypothèque 0
Provision requise (460.480- 8.221
419.375)*20%
* 610.000-(610.000*5%*2250/360)

161
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Dossier N°7 : Relation K

Présentation des données récapitulatives de la « fiche d’évaluation des engagements » du


preneur.
Classe de risque B4

Engagement Brut 2288.280


Valeur du Matériel 494.348

Hypothèque 1000.000
Provision requise 793.932

L’analyse de l’écart de valorisation du matériel de la relation « K » dégagé entre les travaux
du bailleur et ceux de l’évaluateur permettent de déceler les constatations suivantes :
- Pour le calcul de la valeur du matériel d’un bien reloué, la base locative à considérer
est la valeur d’origine du bien émanant de la facture fournisseur et non celle de
l’encours financier à la date de mise en force ou de la 1 ère échéance du nouveau
contrat.

162
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

- L’évaluateur a considéré l’installation de concassage (matériel de bâtiments et travaux


publics) comme un matériel spécifique au contraire du bailleur qui le considère
comme un matériel standard. (la décote serait de 40% par an).
En d’autres termes, l’opération d’importation de l’installation s’est effectuée sur 5 tranches
distinctes et une durée de deux ans pour se conformer aux spécificités techniques et de génie
civile recherchées par le preneur.
Aussi, l’évaluateur a jugé la difficulté accrue de toute rentrée de fonds en cas de cession du
bien suite à une défaillance probable du preneur (surtout que le contrat est suspendu).

→ La conclusion était d’annuler toute valeur attribuée à cette installation.

La situation corrigée serait la suivante :


Engagement Brut 2288.280
Valeur du Matériel 104.611
Hypothèque 1000.000

Provision requise (2288.280- 1183.669


104.611-1000.000)

163
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Dossier N°8 : Relation L

Présentation des données récapitulatives de la « fiche d’évaluation des engagements » du


preneur.

Classe de risque B4
Engagement Brut 607.875
Valeur du Matériel 276.619
Hypothèque 0
Provision requise 331.256

L’analyse de l’écart de valorisation du matériel de la relation « L » dégagé entre les travaux
du bailleur et celles de l’évaluateur se justifient ainsi :

- Pour le premier contrat (2503004/00), la date d’acquisition du matériel avant son


transfert au nouveau preneur est le 13-06-2002 ainsi, la période de 5 ans est expirée
(matériel standard dont la décote se fait à raison de 20% par an).

164
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

→ La date à considérer pour le calcul de la décote est celle de la facture fournisseur qui se
trouve dans le dossier de réalisation du contrat initial avant le transfert du bien.

- Pour le 2ème et le 3ème contrat (2502065/00 et 2503022/00) et malgré que le matériel


présente une valeur théorique, l’évaluateur en examinant l’« état des biens récupérés »
a constaté que les biens en question n’ont pas pu être cédés malgré l’expiration de plus
d’une année de leurs date de récupération.

→ La probabilité que le matériel loué peut engendrer des rentrées de fonds est remise en
question, ce qui amène à annuler toute valeur attribuée comme garantie.
- Pour le 4ème contrat (2411083/00), on a tenu compte de la cession partielle effectuée
sur l’une des deux véhicules objet du contrat.

→ L’évaluateur doit retraiter les données de toute cession partielle en veillant à


l’annulation de l’encours financier du bien cédé inclut dans l’engagement brut du preneur
et de soustraire toute valeur du matériel imputable comme garantie.

La situation corrigée serait la suivante :

Engagement Brut 607.875


Valeur du Matériel 13.100
Hypothèque 0
Provision requise (607.875-13.100) 594.775

165
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

166
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

CONCLUSION

Le but que nous cherchons de cette partie, purement pratique, est de mettre en oeuvre
la méthodologie proposée pour l’évaluation du tableau d’engagements.

L’échantillon des dossiers retenu est voulu couvrir au maximum les difficultés et les
spécificités pratiques émanant du contexte de leasing.

Ces cas pratiques ont permis de tirer deux conclusions majeures à savoir :

- l’importance ainsi que l’incidence valorisable du recours aux critères qualitatifs de


classification,

- la nécessité de mieux se couvrir contre le risque de contrepartie en apercevant les


garanties réelles comme étant d’importance secondaire.

Ces conclusions permettent de prévoir l’amendement, par les autorités compétentes,


des règles prudentielles destinées aux établissements de crédit afin de se conformer aux
recommandations du comité de Bâle 2.

A cet effet, un équilibre est à instaurer entre les critères quantitatifs et qualitatifs afin
d’aboutir à une meilleure démarche de classification.

Ainsi, la vision des établissements de crédit quant aux garanties réelles, comme
éléments de couverture de risque, doit être révisée et ne considérer les garanties obtenues que
d’une importance secondaire.

167
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

CONCLUSION
Considéré comme produit de financement en phase de maturité, le leasing n’a cessé,
pendant plus de vingt ans, de prouver son utilité pratique comme technique de financement.

Les services offerts par les sociétés de leasing sont fortement sollicités surtout par les
petites entreprises, qui optent de plus en plus à ce moyen de financement.

Comme conséquence à toute décision de financement pour l’acquisition de matériel


objet des contrats, les sociétés de leasing sont exposées, comme scénario probable, au risque
de défaillance des preneurs. Le bailleur doit ainsi adopter une politique d’engagements et de
choix des contreparties adéquate aux risques encourus, qui suppose une organisation et un
système d’information fiable et en rapport avec cette politique de financement sélective.

La détermination de la rentabilité financière et l’estimation du risque de contrepartie


lors de la décision de financement doivent être systématiques par le recours à plusieurs
techniques d’évaluation telles que l’analyse des données financières et l’octroi de note interne
attribuée par le système de notation interne propre au bailleur.

La quantification du risque de défaillance n’est réalisable qu’avec une actualisation


permanente des dossiers de financement afin de minimiser les dérives incontrôlables.

Les dirigeants des sociétés de leasing ainsi que les professionnels intervenants doivent,
plus que jamais, être sensibilisés sur les risques qui affectent le métier du bailleur, d’autant
plus que sur la différence avec les risques des établissements bancaires, du fait que les risques
des sociétés de leasing n’ont pas fait l’objet d’une définition claire, ni d’une réglementation
prudentielle particulière à leurs contextes.

Si un effort a été accompli par le législateur tunisien pour étendre les obligations de
contrôle, de communication des informations et de création d’un comité d’audit au sein des
sociétés de leasing et ce, par la promulgation de la loi n° 2001-65 du 10 juillet 2001 modifiée
et complétée par la loi 2006-19 du 2 mai 2006 relative aux établissements de crédit, qui a
classé les sociétés de leasing parmi les établissements de crédit, la réglementation prudentielle
demeure encore incomplète et insuffisante en matière d’appréciation et d’évaluation de leurs
risques.

168
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

La circulaire n° 91-24 du 17 décembre 1991, relative à la division, la couverture des


risques et le suivi des engagements, demeure, à notre avis, incomplète pour appréhender les
risques du bailleur. A cet effet, on retiendra que ses articles sont désormais destinés
principalement aux établissements bancaires et ne permettent pas, par conséquent, la
perception convenable des risques découlant de la spécificité de l’activité de leasing pouvant
affecter l’actif du bailleur, aussi que l’absence d’un cadre détaillé de présentation des
modalités de provisionnement.

En plus, l’application restreinte des critères de classification limite ces travaux à une
application mécanique des critères quantitatifs et anéantit la finalité soutenue par le recours
aux critères qualitatifs.

Cet état de fait nous a conduits à engager la réflexion sur les modalités d’application
de la réglementation prudentielle aux sociétés de leasing dans le cadre de cette recherche.

Nous avons, a cet effet, développé dans la première partie du mémoire la nature, le
fondement juridique et les aspects théoriques du contrat de leasing en procédant à une revue
de littérature en la matière et en insistant sur les aspects pratiques et organisationnels liés aux
établissements de leasing et notamment leurs traitements comptable et fiscal.

La deuxième partie, en rapport direct, avec notre problématique, a porté sur


l’appréciation et l’évaluation des risques de contrepartie tout en mettant en relief les
difficultés d’application et de mise en œuvre du dispositif réglementaire en vigueur, institué il
y a quelques années dans une optique plutôt bancaire.

Cette appréciation a été étendue à travers la proposition d’une démarche pratique


d’évaluation du tableau d’engagements en mettant l’accent sur les spécificités pratiques liées
à l’opération de crédit bail.

A travers cette démarche, un autre objectif est recherché, soit l’importance de la


combinaison des critères quantitatifs et qualitatifs de classification pour se prononcer sur la
classe de risque appropriée à attribuer au preneur.

Finalement, la démarche proposée a été achevée à travers une méthodologie purement


pratique pour l’appréciation et la prise en compte des éléments de couverture de risques dont
le plus important, soit la valeur du matériel, ne trouve dans son application aucun fondement
réglementaire.

169
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Enfin, L’illustration de la démarche envisagée a été conçue à travers l’analyse de


plusieurs dossiers de réalisations regroupés dans un cas pratique que nous avons présenté dans
la troisième partie du mémoire, et dans laquelle nous avons proposé une méthodologie de
détermination des engagements d’une société de leasing qui permet d’étudier le maximum de
difficultés pratiques liées aux spécificités du contexte du bailleur.

Conscients de l’apport que requièrent les pistes de recherche dans ce domaine, et eu


égard aux limites du système prudentiel en vigueur, nous avons essayé, à travers cette étude,
d’enrichir le débat sur les sources de dysfonctionnements de ce système et par la même
occasion de proposer des solutions pratiques en la matière.

170
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

BIBLIOGRAPHIE

OUVRAGES  :

 LEGEAIS. D, (1996), « Les garanties conventionnelles sur créances », Edition


Economica.
 LEGEAIS. D, (2002), « Sûretés et garanties du crédit », Edition L.G.D.J.

MEMOIRES  :

 ABDELGHANI. H, (2007), Mémoire d’expertise comptable, « Gestion et prévention


du risque client dans les sociétés de factoring : le recours à l’assurance crédit ».
 AMOURI Hichem, (2004), Mémoire d’expertise comptable, « la gestion du risque de
crédit ».
 BEN AHMED .M, (2005), Mémoire d’expertise comptable, « L’insuffisance de
provision sur les engagements bancaires vis à vis de la clientèle ».
 CHAABANE. F, (2003), Mémoire d’expertise comptable, « Les sociétés de factoring
appréciation et évaluation des risques sur les comptes adhérents et les comptes
acheteurs ».
 MEDHIOUB. M. (1997), Mémoire d’expertise comptable, « Les contrats de leasing
dans le contexte du nouveau système comptable ».

ARTICLES ET ETUDES  :

 DERBEL. F, (2006), « Commentaire de la loi de finances pour la gestion de l’année


2006 ».
 DERBEL. F, (2007), « Commentaire de la loi de finances pour la gestion de l’année
2007 ».
 CHOYAKH. F, (2007), « Commentaire de la loi de finances pour la gestion de
l’année 2007 ».
 CHAKER Khaled, (2002 – 2003) « Les contrats spéciaux et sûretés ». faculté de droit
de Sfax.
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

 FAKHFAKH BEN AMOR. Saida, (2003), Cours polycopié : « Système comptable


comparé », E.S.C. Sfax.
 Hannibal Lease, (2005), « Définition des concepts : opérations spécifiques à
l’activité de Leasing ».
 JEBALI. S, (2001), Magazine Réalités, « Présentation du secteur de leasing dans les
pays du Maghreb arabe ».
 LAMBERT.P et LANCIAUX. M. (2005), « Sûretés, cautions, garanties,
nantissements : comprendre pour mieux négocier avec son banquier ».STOLOWY.H,
(2002), « Dualité des approches en matière de crédit bail ».
 Nouy Danièle, (1997), "Le risque de crédit est plus délicat à évaluer que le risque de
marché", Banque MAGASINE n°579. p 23-25.
 VEVERKA François, (2001), « Réforme du ratio cooke : Le nouveau rôle des agences
de rating », Revue Banque N°623, p.44-47

SEMINAIRES ET COLLOQUES  :

 BEN AHMED. M, (2006), « Les agios réservés ».


 BEN AHMED. M, (2006), « Les garanties réelles : règles de prise en compte ».
 DERBEL. F, (2008), « Le leasing en Tunisie : analyses et commentaires explicatifs
de la NCT 41 et des nouvelles dispositions fiscales », séminaire de formation au
personnel de Tunisie Leasing Group.
 GHRAB.M.I. (2008), séminaire de formation, « Divergences entre le système
comptable des entreprises et la fiscalité tunisienne ».
 Samir MARREKHCHI, (2001), « Banque et libéralisation », intervention dans un
colloque à Alger
 GHRIBI Samira, (2007), « le contrôle interne dans établissements de crédit »,
séminaire organisé par l’institut de la BCT.

TEXTES REGLEMENTAIRES  :

 Circulaire aux Banques 91-24 du 17 décembre 1991 relative à la division, couverture


des risques et suivi des engagements.
 Circulaire aux banques 93-23 du 30 juillet 1993 relative aux termes de référence pour
l’audit des comptes
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

 Circulaire aux banques et établissements financiers 93-08 du 30 juillet 1993 relative à


l’établissement des situations et documents comptables périodiques communiqués à la
BCT.
 Circulaire aux établissements de crédit n°2006-19 relative à la mise en place d’un
système de contrôle interne et l’institution d’un comité d’audit interne.
 Financial Accounting standard Board (FASB): FAS n°13 «Accounting for leases».
 Loi n°94-89 du 26 Juillet 1994 régissant le secteur de leasing.
 Loi 94-90 du 26 Juillet 1994 portant dispositions fiscales relatives au leasing.
 Loi 94-117 du 14 Novembre 1994 portant réorganisation du marché financier.
 Loi 96-12 du 30 Décembre 1996 relative au système comptable des entreprises.
 Loi 2001-65 tel que modifiée et complétée par la loi 2006-19 du 2 Mai 2006 relative
aux établissements de crédit.
 Loi n°2005-96 du 18 Octobre 2005 relative au renforcement de la sécurité des relations
financières.
 Loi 2006-85 du 25 Décembre 2006 portant loi de finances par la gestion 2007.
 Note commune n°24 de l’année 2008.
 Norme internationale de comptabilité, IAS n°17, « Traitement des contacts de
location ».

CODES  :

 Code de l’impôt sur le revenu des personnes physiques et de l’impôt sur les sociétés.
 Code de la taxe sur la valeur ajoutée.
 Code des droits et procédures fiscaux.
 Code des droits d’enregistrement et de timbre.
 Code des obligations et des contrats.
 Code des sociétés commerciales.
 Code des droits réels.

Sites Web

 www.inglease.be (consulté le 09/08/2008)


 www.webmanagercenter.com (consulté le12/02/2007)
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

TABLE DES MATIERES

INTRODUCTION GENERALE.............................................................................................1

PREMIERE PARTIE:APPRECIATION DES ACTIFS D’UNE SOCIETE DE


LEASING...................................................................................................................................5

CHAPITRE I : PRESENTATION DU CADRE GENERAL REGISSANT


L’ACTIVITE DE LEASING..............................................................................................6

Section 1 : Définition des concepts et genèse de l’activité.................................................6


Paragraphe 1 : Définition des concepts...................................................................................6
Paragraphe 2 : Genèse de l’activité en Tunisie.......................................................................7
2-1- Apparition du leasing en Tunisie....................................................................................7
2-2- Le développement du leasing en Tunisie........................................................................8
Paragraphe 3 : Les règles de base d’une opération de leasing..............................................10

Section 2 : Cadre réglementaire lié au statut de l’établissement de leasing.................11


Paragraphe 1 : Conditions de fonds et de forme...................................................................12
1-1- Conditions d’accès à l’activité......................................................................................12
1-1-1- L’octroi de l’agrément...............................................................................................12
1-1-2- Le retrait....................................................................................................................13
1-1-3- La forme juridique....................................................................................................14
1-1-4- Capital minimum......................................................................................................14
1-2- Conditions d’exercice de l’activité................................................................................15
1-2-1- Prise de participation..................................................................................................15
1-2-2- Notoriété des dirigeants.............................................................................................15
1-2-3- Date de clôture des comptes......................................................................................15
1-2-4- Obligations de déclaration.........................................................................................15
Paragraphe 2 : Organes de contrôle de l’activité des sociétés de leasing.............................16
2-1- Organes de contrôle interne...........................................................................................16
2-1-1-Comité permanent d’audit interne..............................................................................16
2-1-1-1- Composition du comité permanent d’audit interne................................................17
2-1-1-2- Fonctionnement du comité permanent d’audit interne...........................................17
2-1-1-3- Attributions du comité permanent d’audit interne..................................................18
2-1-1-4- Moyens mis à la disposition du comité permanent d’audit interne........................18
2-1-1-5- Obligation du comité permanent d’audit interne :..................................................19
2-1-2- Comité exécutif de crédit...........................................................................................19
2-1-3- Organe de contrôle de la conformité..........................................................................20
2-2- Organes de contrôle externe.........................................................................................20
2-2-1- Le contrôle par les commissaires aux comptes..........................................................20
2-2-1-1- le cadre général de la mission des commissaires aux comptes...............................21
2-2-1-2- Les missions spécifiques.......................................................................................22
a)- La validation de l’état prudentiel du ratio de solvabilité................................................23
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

b)- La vérification du respect des normes de division des risques.......................................23


c)- L’appréciation des provisions constituées......................................................................24
2-2-1-3- les rapports des commissaires aux comptes...........................................................24
2-2-2- Le contrôle par la Banque Centrale de Tunisie..........................................................25
2-2-2-1- Le droit d’être informée..........................................................................................25
a)- le devoir d‘information incombant aux établissements de crédit....................................25
b)- le devoir d‘information incombant aux Commissaires aux Comptes.............................26
2-2-2-2- contrôle sur pièces..................................................................................................27
2-2-2-3- contrôle sur place....................................................................................................27
2-2-3- Le contrôle du Conseil du Marché Financier.............................................................28

Section 3 : Exigences organisationnelle liées aux établissements de crédit...................30


Paragraphe 1- Système d’information de gestion.................................................................30
Paragraphe 2- Système de contrôle interne...........................................................................31
2-1- Objectifs et principe clés :.............................................................................................32
2-1-1- Objectifs:....................................................................................................................32
2-1-2- Les principes clés :.....................................................................................................32
2-2- Principaux éléments du système de contrôle interne....................................................33
2-2-1- Système de contrôle des opérations et des procédures internes.................................33
2-2-2- Organisation comptable et traitement de l’information.............................................35
2-2-3- Systèmes de mesures, de surveillance et de maîtrise de risques................................36
2-2-3-1 : Systèmes de mesure .de surveillance et de maîtrise du risque de crédit...............37
2-2-3-2 Systèmes de mesures, de surveillance et de maîtrise du risque de marché..............39
2-2-3-3 Systèmes de mesures, de surveillance et de maîtrise du risque global de taux
d’intérêt.................................................................................................................................40
2-2-3-4 Systèmes de mesures, de surveillance et de maîtrise du risque de liquidité...........41
2-2-3-5 Systèmes de mesures, de surveillance et de maîtrise du risque de règlement........41
2-2-3-6. Systèmes de mesures, de surveillance et de maîtrise du risque opérationnel.........42
2-2-4. Le système de documentation et d’information.........................................................43
Paragraphe 3- Direction des risques : Risk credit.................................................................43
3-1- Rôle de la direction des engagements...........................................................................44
3-2- Place de la fonction de suivi des risques dans le contexte Tunisien............................44

CHAPITRE II : ASPECTS COMPTABLE ET FISCAL DE L’OPERATION DE


LEASING.............................................................................................................................45

Section 1 : Aspects comptables de l’opération de leasing................................................46


Paragraphe 1 : Présentation des approches de comptabilisation...........................................46
1-1- Approche patrimoniale..................................................................................................48
1-2- Approche économique...................................................................................................48
1-3- Nouveautés apportées par la loi de finances pour la gestion 2007................................49
Paragraphe 2 : Phases de déroulement et traitements comptables appropriés......................50
2-1- Phase pré contractuelle..................................................................................................51
2-1-1- Choix du bien.............................................................................................................51
2-1-2- La mise à disposition du bien.....................................................................................52
2-1-3- Le schéma comptable de la phase pré contractuelle..................................................53
2-2- Phase contractuelle........................................................................................................54
2-3- Phase post-contractuelle................................................................................................57
Paragraphe 3 : Travaux d'inventaire.....................................................................................58
3-1- Régularisation des produits...........................................................................................58
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

3-2- Constatation des amortissements..................................................................................59


3-3- Evaluation des actifs et couvertures des risques..........................................................60
3-3-1- Traitement des produits réservés...............................................................................61
3-3-2- Traitement comptable des provisions........................................................................61

Section 2 : Traitement comptable des opérations spécifiques liées à l'activité de


leasing...................................................................................................................................62
Paragraphe 1 : Opérations de consolidation, rééchelonnement et arrangement...................62
1-1- Arrangement entre le bailleur et le preneur...................................................................62
1-2- Réaménagement de l'échéancier des loyers..................................................................62
1-2-1- Présentation de l'opération.........................................................................................62
1-2-2- Traitement comptable................................................................................................63
1-3- Consolidation des impayés............................................................................................65
1-3-1- Présentation de l'opération.........................................................................................65
1-3-1-1- Consolidation pure et simple..................................................................................65
1-3-1-2- Consolidation en passant par une opération de lease back....................................65
1-3-2- Traitement comptable...............................................................................................65
Paragraphe 2 : Opération de Lease-Back..............................................................................66

Section 3 : Regime fiscal des opertions de leasing............................................................67


Paragraphe I : Taxes assises sur le chiffre d’affaires............................................................67
1-1- La Taxe sur la Valeur Ajoutée......................................................................................68
1-1-1- Collecte de la TVA....................................................................................................68
1-1-2- TVA déductible..........................................................................................................69
1-1-3- Régularisation de la TVA..........................................................................................69
1-1-3-1- Cession de biens autres que les terrains..................................................................69
1-1-3-2- Cession des terrains................................................................................................70
1-2- La taxe sur les établissements à caractère industriel, commercial ou professionnel
« TCL ».................................................................................................................................70
Paragraphe 2 : En matière d’Impôt Direct............................................................................71
2-1- Impôt sur les sociétés....................................................................................................71
2-2- Retenue à la source........................................................................................................71
Paragraphe III : Les avantages fiscaux : Bénéfice du régime suspensif...............................72
Paragraphe VI : Les droits d’enregistrement........................................................................73
4-1- Régime applicable lors de l’acquisition........................................................................73
4-2- Régime applicable à la vente.........................................................................................73

CONCLUSION PREMIERE PARTIE.............................................................................74

DEUXIEME PARTIE : METHODOLOGIE D’EVALUATION DES


ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING.....................................................75

CHAPITRE I : IDENTIFICATION DES ACTIFS A EVALUER ET


METHODOLOGIE PRATIQUE DE CLASSIFICATION............................................76

Section 1 : Identification des engagements à évaluer......................................................76


Paragraphe 1 : Présentation du cadre réglementaire.............................................................76
Paragraphe 2 : Identification des engagements du bailleur..................................................77
EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Section 2 : Règles de classification des engagements.......................................................78


Paragraphe 1 : Présentation du cadre général de classification des actifs............................79
1-1- Actifs courants (Classe A)............................................................................................79
1-2- Actifs classés (Classe B)...............................................................................................79
1-2- 1- Actifs nécessitant un suivi particulier (Classe B1)..................................................80
1-2-2- Actifs incertains (Classe B2)....................................................................................80
1-2-3- Actifs préoccupants (Classe B3)..............................................................................81
1-2-4- Actifs compromis (Classe B4)..................................................................................81
Paragraphe 2 : Critères de classification des actifs...............................................................82
2-1- Critères quantitatifs......................................................................................................82
2-1-1- L’ancienneté des impayés : présentation du critère...................................................82
2-1-2- Application d’ordre général du critère de l’ancienneté des impayés........................83
2-1-3- Limite de l’application du critère de l’ancienneté des impayés................................83
2-1-3-1- La pénalisation des entreprises connaissant des difficultés temporaires................83
2-1-3-2- Le non prise en compte de l’importance des impayés............................................84
2-1-3-3- Une éventuelle mauvaise appréciation des risques.................................................84
2-1-2- Autres critères quantitatifs.........................................................................................84
2-1-2-1- Importance de la rubrique ACNM sur la centrale de risque...................................84
2-1-2-2- Classification hétérogène des sociétés du même groupe........................................85
2-1-2-3- Règlement des impayés postérieurement à la date de clôture…………………...85
2-2- Critères qualitatifs........................................................................................................86
2-2-1- La notation externe (external scoring).......................................................................86
2-2-2- La notation interne.....................................................................................................87
2-2-3- Informations sur les supports financiers....................................................................89
2-2-4- Evaluation des indicateurs financiers.........................................................................90
2-2-4-1- Présentation des indicateurs financiers..................................................................90
2-2-4-2- Commentaires des ratios.........................................................................................91
2-2-5- Risque inhérent au client............................................................................................92

Section 3 : Classification des actifs : Méthodologie pratique..........................................93


Paragraphe 1- Classification préliminaire.............................................................................93
1-1- Détermination de l’étendu de l’échantillon...................................................................93
1-1-1- Présentation du cadre réglementaire..........................................................................93
1-1-2- Consignes d’ordre pratique........................................................................................94
1-2- Démarche de classification............................................................................................96
1-2-1- Validation de l’engagement brut par relation............................................................96
1-2-2- Retraitements des opérations spécifiques..................................................................97
1-2-2-1- Retraitement des opérations de consolidation et de rééchelonnement..................97
a)- Opérations de consolidation............................................................................................97
b)- Opérations de rééchelonnement......................................................................................99
1-2-2-2- Retraitement des opérations de lease back sans mouvement réel de fond............99
1-2-3- Retraitement de l’incidence des cessions partielles................................................100
1-2-4- Retraitement des règlements autres qu’en numéraire.............................................100
1-2-5- Classifications des contrats suspendus.....................................................................101
Paragraphe 2 : Confirmation ou aggravation de la classe de risque...................................101

CHAPITRE II : EVALUATION DES ELEMENTS DE COUVERTURE DE


RISQUES...........................................................................................................................105

Section 1 : Evaluation des agios réservés........................................................................106


EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

Paragraphe 1 : Présentation du cadre réglementaire...........................................................107


Paragraphe 2 : Démarche pratique pour l’évaluation des agios réservés............................109
2-1- Vérification d’un échantillon de relations...................................................................109
2-2- Validation des agios réservés relatifs aux opérations de consolidation et de
rééchelonnement.................................................................................................................111
2-3- Investigations supplémentaires...................................................................................113
2-3-1- Incidence des critères de classification....................................................................113
2-3-2- Incidence des recommandations de la B.C.T sur le montant des agios réservés.....113
2-3-3- Incidence des évènements survenus dans la période intercalaire............................114

Section 2 : Evaluation des éléments de garanties...........................................................116


Paragraphe 1 : Les hypothèques.........................................................................................118
1-1- Définition :.................................................................................................................118
1-2- Caractéristiques de l’hypothèque :..............................................................................118
1-3- Règles de prise en compte des hypothèques..............................................................119
1-3-1- Vérification des conditions de validité de l’hypothèque.........................................119
1-3-1-1 : Vérifier l’existence de certificat de propriété indiquant les hypothèques grevant le
bien......................................................................................................................................120
1-3-1-2-Vérification de l’existence d’un titre arabe comportant l’inscription de
l’hypothèque.......................................................................................................................122
1-3-2- Evaluation de l’hypothèque.....................................................................................123
1-2-3- Investigations supplémentaires................................................................................125
Paragraphe 2 : Valeur du matériel......................................................................................126
2-1- Notion de la valeur du matériel..................................................................................126
2-2- Règles de prise en compte...........................................................................................128
2-2-1- Validation de la valeur de garantie..........................................................................128
2-2-2- Retraitement de la valeur du matériel sur opérations spécifiques............................130
2-2-3- Investigations supplémentaires................................................................................131
Paragraphe 3- Autres garanties...........................................................................................132
3-1- Les dépôts de garanties...............................................................................................133
3-2- Les garanties reçues des banques................................................................................133
3-3- Les actifs financiers.....................................................................................................133

Section 3 : Evaluation des provisions..............................................................................134

CONCLUSION DEUXIEME PARTIE..........................................................................136

TROISIEME PARTIE : CAS PRATIQUE....................................................................137

CHAPITRE I : PRESENTATION, PROBLEMATIQUE ET SYNTHESE...............138

Section I : Présentation du cas et traitement des données............................................138


Paragraphe I : Revue des travaux de classification.............................................................139
Paragraphe II : Validation des éléments de couvertures de risques....................................139

Section II : Synthèse..........................................................................................................140


EVALUATION DU TABLEAU D’ENGAGEMENTS D’UNE SOCIETE DE LEASING : PROPOSITION D’UNE DEMARCHE PRATIQUE

CHAPITRE II : DONNEES GENERALES DU CAS...................................................141

Section I : Appréciation de la classification des actifs...................................................141

Section II : Evaluation des éléments de garantie...........................................................153


Paragraphe 1 : Validation de la rubrique hypothèque.........................................................153
Paragraphe 2 : Validation de la rubrique « Valeur du matériel ».......................................156

CONCLUSION TROISIEME PARTIE.........................................................................166

CONCLUSION GENERALE..........................................................................................167
BIBLIOGRAPHIE............................................................................................................170